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Sommaire n° °0 La pierre dans le jardin japonais (Naginata) - historique - la pierre dans le sakutei-ki - exemples historiques de l’utilisation de la pierre o le Ryoan-ji o le Daisen-in o le Ginkaku-ji o le Sambo-in - de nos jours Le saké japonais (Jean-Michel) - origines - élaboration - riz - vieillissement - mise en bouteille - types de saké - saké et poésie - dictons Les baguettes japonaises (Tcha) - formes - matériau - différentes sortes - les gestes - hashi-oki Télévision et animation au Japon (Jean-Michel) Kanji (Jean-Michel) - piège à éviter - JLPT : un livre Femmes et proverbes japonais (Jean-Michel) Le marché aux poissons de Tsukiji (Piri) - historique - aujourd’hui - le thon - la vente Tanizaki – Puisque je t’aime (Antoine) - résumé - acte premier o scène I o scène II Cinéma – Kitano Takeshi (Gattaca) - ses parents - son parcours - le réalisateur - l’acteur - le scénariste - le monteur Les fêtes japonaises en avril (Jean-Michel)

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La Gazette du Japon La pierre deuxième élément du jardin japonais (auteur : Naginata) La pierre dans l’environnement japonais : La forme actuelle des îles du Japon résulte de la lente collision de différentes parties mouvantes de l’écorce terrestre, de l’activité volcanique et du glissement conséquent des côtes océaniques. L’histoire géologique peut être lue dans la forme des terres japonaises. La plus grande partie du Japon est constituée de hautes montagnes séparées d’étroites vallées. En fait 68 % du Japon est montagneux. La plupart des gens choisissent de vivre dans les régions de plaines ou peu vallonnées, où l’agriculture et le transport des biens de consommations sont plus aisés. Les montagnes japonaises sont un des attributs naturels les plus beaux de ce pays. Les Alpes japonaises, a Honshu, sont très célèbres, mais la montagne le plus connue du Japon est sans conteste le mont Fuji ; ce volcan culmine à 3776m.

Un dixième de l’ensemble des volcans du monde se trouve au Japon (165 dont 60 encore actifs). Non seulement la montagne domine l’esthétique paysagère nippone, mais elle intervient largement dans la cosmologie religieuse. C’est dans les profondeurs de la forêt de montagne que le Shinto place le siège de la divinité ; disposition que reproduisent métaphoriquement les bois sacrés (miya no mori) qui entourent les sanctuaires dans les plaines et dans les villes. Mais revenons à nos montagnes. L’environnement naturel est splendide, mais il n’est pas inoffensif, et les Japonais ont du apprendre à vivre avec les caprices de leur terre. Ainsi outre les volcans, les séismes sont monnaie courante, comme en 1995 a Kyoto (plus de 5000 morts). Les secteurs publics et privés consacrent leur énergie à créer un système qui puisse assurer une protection contre de tels désastres. Après cette petite intro on constate que la montagne et par extension la pierre est un élément dominant de l’environnement nippon. On la retrouvera par conséquent beaucoup dans les jardins, et de par son caractère volcanique, la pierre la plus rencontrée au Japon est le granit. Aperçu historique : Les roches représentent, dans les jardins, cette présence de la montagne dans le milieu naturel nippon. Ces roches aux formes et aux couleurs étranges qui reposaient dans les ténèbres depuis l’aube du monde sont mises à jour et deviennent des éléments décisifs dans la construction du jardin. Leur dimension ou leur éclat retiendra l’intérêt attentif d’un amateur averti. Telle © http://www.lejapon.org


La Gazette du Japon pierre, en apparence banale, apparaîtra particulièrement précieuse. Elle régnera peut-être sur l’ensemble du domaine, y exercera son pouvoir d’attraction ou de répulsion. Comme le plus modeste grain de sable ou l’Okime a tracé sa courbe, incisif trait de pinceau, elle attestera de la toutepuissance de la nature. Les pierres, ces os de la terre voués à l’éternité, reflètent, immuables, le passage inexorable du temps. La pierre éternelle, représente l’île émergeant de la mer de gravier dans les paysages secs (kare-sansui), de même, la rivière sèche, dont le torrent tumultueux, matérialise par la pierre, semble couler dans un vrombissement assourdissant. Le kare-sansui constitue, le second prototype du jardin japonais, qui n’a pas seulement été une source d’inspiration inépuisable pour les paysagistes nippons mais également pour les occidentaux. Cependant, quelque soit le style du jardin, les Japonais ont toujours utilisé l’élément minéral dans celui ci pour une raison très simple, il est abondant dans leur environnement. Mais la pierre n’est pas uniquement utilisée à l’état brut, le pas japonais, les chemins de pierres et les lampes, les vasques destinées à la cérémonie du thé constituent bien d’autres éléments importants du jardin. Cependant notons que l’architecture traditionnelle n’utilise les pierres que pour les châteaux ou les fondations des bâtiments, l’une des raisons de ce choix est la menace omniprésente du séisme. La pierre dans le Sakutei-ki : Le Sakutei-ki a, bien entendu, codifié de manière très précise la forme et la disposition des pierres dans le jardin, et ce pour les différents paysages représentés. S’y trouve mentionné la signification anthropomorphique des pierres qui, incite le concepteur à les placer de manière spécifique. Pour un japonais une pierre a clairement une face et un dos. C’est dans le Sakutei-ki qu’apparaît pour la première fois nommément le style kare-sansui (jardin sec) . Il le désigne comme un jardin paysager sec de dimension réduite à l’intérieur d’un grand jardin étang aménagé dans le style de l’époque Heian. A l’époque de la rédaction du Sakutei-ki, le concept de kare-sansui était un terme technique employé exclusivement dans le langage spécialisé des architectes paysagistes. Exemples historiques d’utilisation de la pierre : Le Ryoan-ji Ce jardin rectangulaire réalisé en 1499 se compose de 15 pierres. Ce jardin où domine le néant, est en réalité rempli de symboles rarement expliqués : les quinze pierres rassemblées en trois groupes forment cinq sous groupes : 5 et 2, 3 et 2, 3, arrangement comprenant la série des nombres impairs 7-5-3, série reprise dans de nombreux jardins des XVème et XVIIème siècles. Le dernier groupe de pierres représente le Bouddha et ses deux disciples, triade sacrée que l’on retrouve dans bien d’autre arrangement de jardins.

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Le Daisen-in En effectuant le tour du jardin de gauche a droite, le promeneur découvre successivement la pierre de Bouddha, la pierre baleine, évoquant une légende de la mer, les pierres de la mère tigre et ses petits, rappelant le conte chinois sur la tranquillité populaire du tigre au repos, la pierre tortue, symbole de longévité, et la pierre oiseau migrateur, considérée comme messager des dieux. L’ensemble représente des évocations classiques du paradis et de la jeunesse éternelle. Ce jardin nous apprend à quel point les pierres des jardins peuvent être chargées de symboles divers. Signalons que le tigre, la tortue, la grue et le dragon, symboles forts de la géomancie, sont les plus fréquemment rencontrés.

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La Gazette du Japon Le Ginkaku-ji Le mont Fuji de sable du jardin du pavillon d’argent est probablement la plus célèbre représentation créée dans un jardin. La montagne, représentée soit par une pierre, soit un monticule de gravier ou de sable représente dans la plupart des cas le domaine des dieux ; le Mont Fuji.

Le Sambo-in Pou fabriquer ce jardin Hideyoshi fit apporter quelques 700 pierres, célèbres pour leurs formes, leur taille ou leur couleur furent transportées d’anciens jardins vers celui-ci. De nos jours : La pierre, toujours autant utilisée dans les jardins, l’est de plus en plus pour son caractère sculptural. L’amour de la roche à l’état brut, les fissures, les éclats, les montagnes, bref tous les aspects de la pierre, trouvent leur place dans les compositions contemporaines nippones. Ainsi à l’ambassade du Canada à Tokyo, Toshiaki Masuno a composé un jardin en terrasse où les sculptures se confondent facilement avec la beauté des roches qui les entourent. Cette nouvelle façon de composer avec la pierre ne prétend plus imiter la nature, mais traduit la volonté de l’artiste, l’expression de son individualité par son travail. Les nouveaux architectes de jardins, qui se considèrent en premier lieux comme des individus, sont désormais des sculpteurs, des architectes et des paysagistes munis de diplômes universitaire. Constatons également que, dans la plupart des cas, la pierre et l’eau, ces deux éléments omniprésents dans l’environnement naturel nippon, se marient souvent, dans le cadre d’une fontaine ou un d’un paysage de bord de mer. Mais la pierre trouve aussi de nouvelles utilisations dans les jardins entre autres parce que ceux-ci sont devenus publics. Ainsi les bancs sont souvent réalisés en pierre, luxe que les japonais peuvent se permettre. Les jeux pour enfant bénéficient de l’esthétique de la pierre. Ainsi au parc du Memorial Showa, le concepteur de l’équipe Takano n’a pas hésité à plonger les enfants

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La Gazette du Japon dans un univers de rêves ou des dragons de pierre émerveillent les visiteurs du bac à sable.

Mais l’utilisation de la pierre par les anciens est restée gravée dans la mémoire des paysagistes d’aujourd’hui. Les compositions actuelles s’inspirent encore souvent des jardins étangs ou des jardins secs d’autrefois.

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La Gazette du Japon 日本酒 Le saké japonais : la boisson des dieux (auteur : Jean-Michel) Souvent appelé « la boisson des dieux » par les japonais eux-mêmes, le saké est fabriqué à partir de riz, d’eau, de « kaji-kin » (une enzyme) et de levure avec un contenu d’environ 15% d’alcool. Le saké est brassé comme la bière et se sert comme un vin accompagnant le repas. Les meilleurs saké sont généralement servi frais alors que les saké de moins bonne qualité se servent tièdes. Origines Comme beaucoup de choses touchant à la culture japonaise, on pense que le saké vient de Chine. Ses plus lointaines origines remonteraient aux années -4800 av JC, dans la vallée jouxtant le fleuve Yangtze. Le saké serait ensuite apparu au Japon vers le 3ème siècle, à une époque où les japonais découvraient la riziculture. Vers la fin du 7ème siècle, le saké devint plus raffiné et un département « saké impérial » fut même créé à la cour japonaise. A la fin du 19ème siècle, alors que les connaissances se développaient dans les domaines de la chimie, de l’utilisation des levures et des contrôles sanitaires, la qualité de cette boisson de développa considérablement. Le ministère des finances créa même un centre de recherche sur le saké.

La fabrication Dans toutes les entreprises créant du saké, il y a une personne que l’on appelle « toji » qui est le responsable de la fabrication. Il est aidé par plusieurs autres personnes que l’on appelle « kurabito ». Les relations entre le toji et les kurabito ont traditionnellement toujours étés de type féodal. Toutes ces personnes se réunissaient en hiver, quand il y avait moins de travail dans les campagnes. Auparavant, quand il n’y avait ni ordinateur, ni thermomètre, ni aucune méthode pour mesurer l’acidité et les composants chimiques exacts, la fabrication d’un bon saké était entièrement basée sur l’expérience et l’intuition. Aujourd’hui tout est contrôlé à chaque étape de la fabrication. - le riz et sa préparation La première étape consiste à préparer le riz en le polissant de façon à enlever le plus possible des graisses et des protéines qui se trouvent sur la périphérie des grains de riz. © http://www.lejapon.org


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La partie restante (35% à 73%) est appelée « seimaibuai » et dépend du type de saké que l’on veut faire. Après avoir été lavé, le riz est ensuite bouilli, mais pas autant que lorsqu’il est simplement consommé. la fabrication du « koji-kin » Cette enzyme provient du riz bouilli et sa préparation peut durer de 43 à 48 h. Elle dépend en grande partie de la température et de l’humidité. Cette phase nécessite une attention constante dans une salle particulière et dépend aussi de la qualité de l’eau utilisée. la fabrication de la levure Avant la fermentation dans un grand récipient, le « toji » doit préparer la levure. Nous n’entrerons pas dans les détails techniques mais chaque entreprise utilise ses propres méthodes pour produire des arômes plus ou moins fruités. le « sandan shikomi » On transfert et on mélange le tout ensuite, progressivement et en 3 étapes dans de grands récipients cylindriques. En procédant par étape, on s’assure que les quantités de sucre créé et d’alcool restent parfaitement équilibrées. la fermentation Quand tous les composants ont été soigneusement ajoutés, on procède à la fermentation. Celle-ci peut durer de 18 à 32 jours. La température et tous les aspects de cette fermentation sont maintenant totalement contrôlés automatiquement. filtration Le saké est ensuite filtré, pasteurisé et mis en bouteille.

Le riz Les riz consommés et ceux utilisés dans la fabrication du saké sont différents. Alors que l’on va manger le riz entier, le riz du saké sera plus ou moins poli. Quand il en reste 70% on obtient du « junmai shu », avec 60% du « ginjo shu » et avec 50% restant du « junmai daiginjo shu ».

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La Gazette du Japon Vieillisement La plupart des saké sont conservés pendant 6 mois avant d’être commercialisés, mais d’autres peuvent attendre un an ou un an et demi. A l’inverse du vin, il n’est pas recommandé de conserver le saké après l’avoir acheté car sa qualité ne sera pas maintenue. La mise en bouteille Presque tous les saké sont mis en bouteille avant leur commercialisation. Les bouteilles sont fermées avec des bouchons vissés. En aucun cas des bouchons en liège ne seront utilisés car d’une part, le saké n’est pas destiné à vieillir et d’autre part un bouchon en liège pourrait affecter la couleur du breuvage. Les différents types de sake -

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junmai-shu Signifie « riz pur ». Aucun alcool distillé n’est ajouté. La boisson de certains puristes. honjozo-shu Une certaine quantité d’alcool a été ajoutée vers la fin de la fermentation, juste avant la filtration. ginjo-shu Pour ce saké, il ne reste après polissage que 60% de chaque grain de riz. La fermentation se fait à une plus basse température et dure plus longtemps. De l’alcool peut y avoir été ajouté. On trouve donc du junmai-ginjo-shu (sans apport d’alcool) et du honjozo-ginjo-shu (avec apport complémentaire d’alcool). daiginjo-shu Il ne reste que 50% de chaque grain de riz après polissage. Plus léger et plus fruité que le ginjo-shu. futsu-shu Tous les saké qui n’ont pas les caractéristiques données ci-dessus. Ce sont des sake de base. nama sake Se dit des saké non pasteurisés. Genshu Saké mélangé à 20% d’alcool pendant la fermentation. Koshu Vieux saké. Comme expliqué plus haut, le saké n’est pas supposé vieillir, mais il y a un intérêt croissant de l’industrie pour faire vieillir le saké. On peut donc en trouver qui ont entre 3 et 10 ans. nigori sake Saké qui a été grossièrement filtré. Avant le développement des techniques de filtration, tous les saké étaient des « nigori sake ». autres types de saké Il y a encore bien d’autres types de saké comme par exemple les « taru sake » (saké conservés dans des fûts en cyprès, les « yamahai shikomi », « kimoto », « sanzo-shu ».

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La Gazette du Japon Sake et poésie Un illustre poète chinois connu sous le nom de Rihaku au Japon était réputé pour son grand amour du saké. Il a composé de nombreux poèmes y faisant référence. En voici un exemple : Kakan ikko no sake Hitorikunde ai shitashimasu nashi Hai o agete Meigetsu wa mukae Kage to taishite Sannin to naru Parmi les fleurs, une bouteille de saké Je bois seul, sans aucune compagnie Je lève mon verre à la lune, si brillante, et après un toast Aux 3 d’entre nous : la lune, mon ombre et moi Dictons -

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Sake nakute, nan no onore ga sakura kana 酒なくて何の己が桜かな Pour moi que sont les cerisiers en fleurs, s’il n’y a pas de sake? Sake wa hyaku yaku no chô 酒は百薬の長 Le saké est le meilleur remède entre cent Sake wa honshin o arawasu 酒は本心をあらわす Le vin dévoile le vrai cœur (la vérité est dans le vin) Sake wa koshu, onna wa toshima 酒は古酒、女は年増 Vin vieux, femme mûre

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La Gazette du Japon 箸

Hashi – Les baguettes japonaises (auteur : Tcha)

L’origine de l’utilisation des baguettes semble provenir de Chine où elles étaient réservées à la cour et aux dieux. Au Japon, les baguettes étaient à l'origine employées exclusivement dans les cérémonies religieuses. Les premières baguettes utilisées pour se nourrir ressemblaient à des brucelles (sorte de pinces fines) faites à partir d’une seule pièce de bambou jointe au-dessus. C’est seulement au 10ème siècle que les baguettes furent séparées en deux pièces distinctes. Ustensile indispensable en Asie, les baguettes japonaises se distinguent des autres par leurs formes et leurs décorations raffinées. Elles sont de formes arrondies et leurs extrémités inférieures effilées en pointes. Elles sont aussi plus courtes que leurs homologues chinoises. Mais la grande particularité est qu’il existe une distinction entre les baguettes selon le sexe de l’utilisateur. Cette particularité est leur longueur : 7 pouces de long pour les femmes et 8 pouces de long pour les hommes.

Le matériau utilisé : traditionnellement c’est le bois de bambou qui a été utilisé pour créer les premières hashi. Au 17ème siècle on trouvait également des hashi en bois laqué mais celle-ci étaient d’une utilisation difficile (trop glissantes). Le bambou reste donc le matériau le plus populaire car il est peu coûteux, aisément disponible, facile de se dédoubler, résistant à la chaleur, et il n’à ni odeur ni goût perceptible. Pour fabriquer les O-hashi (baguettes pour déguster) on utilise également le bois le cèdre, le bois de santal, le teck, ou le pin. Les personnes les plus fortunées peuvent également se procurer des baguettes en or, en bronze, en corail, en ivoire, en jade, en laiton, en argent ou en laque traditionnelle. Nous pouvons répertorier plusieurs sortes de baguettes japonaises selon l’usage : Les « O-hashi » : pour manger et déguster. Les « sai-hashi » : pour cuisiner. © http://www.lejapon.org


La Gazette du Japon Les « hashi » : pour la cérémonie du thé Au Japon, l’ustensile fait l’art culinaire et dans la cuisine japonaise, tout est déjà coupé, décortiqué, apprêté et présenté pour que l’usage des baguettes soit aisé. L’ensemble du repas (sauf les desserts) est servi sur la table en même temps. Cela permet aisément de pouvoir passer d’un plat à l’autre comme bon vous semble avec vos baguettes. Les « sushi » sont le seul plat qui se mange sans baguette, à la main. De part leur histoire, les japonais voyageaient beaucoup et devaient trouver pendant leur périple de quoi se restaurer et dormir. Les baguettes étant des couverts personnels, elles voyageaient avec leur propriétaire bien rangées dans leur boite de stockage. C’est pendant l’ère Meiji que l’on voit apparaître les « Wari-bashi » ou baguettes jetables. Moins coûteuses et plus hygiéniques, ces Waribashi ont alors envahi les tables des restaurants et auberges.

L’apprentissage de l’utilisation des hashi faisait parti de l’éducation des enfants japonais, et savoir parfaitement utiliser les hashi en société où à la maison était un signe de bonne éducation. Voici quelques gestes à ne pas effectuer avec des baguettes : « Kaki-Bashi »: ratisser sa nourriture du plat à sa bouche avec ses baguettes. « Yose-Bashi » : faire des dessins dans son plat avec ses baguettes. « Namida-Bashi » : égoutter la sauce ou ses baguettes « Neburi-Bashi » : lécher les bouts de ses baguettes. « Watashi-Bashi » : poser ses baguettes sur un plat « Nigiri-Bashi » : tenir ses baguettes comme un bâton

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La Gazette du Japon Il existe même des écoles comme l’Ogasawara-ryu sur l’Etiquette et la manière d’utiliser correctement des hashi.

On ne peut parler de hashi sans évoquer le « hashi-oki » ou repose baguettes. Petit objet pratique et fondamental dans l’art et la bonne manière d’utiliser les baguettes le « hashi-oki » a lui également son histoire et ses propres matériaux. On l’utilise pour accentuer un moment faste ou important (changement de saison, anniversaire…) Indissociable des hashi le hashi-oki de par son importance pourrait à lui seul faire l’objet d’un article.

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La Gazette du Japon Télévision et animation au Japon (auteur : Jean-Michel) La télévision japonaise pourrait-elle survivre sans les films d’animation ? La question est posée et il semble bien que la réponse soit : non ! pour s’en convaincre, il suffit de regarder les programmes de télé pour voir que simplement pour le mois d’avril, pas moins de cinq films d’animation sont programmés, c'est-à-dire plus que de nouveaux doramas. On peut facilement en conclure que la télévision japonaise se tourne vraiment vers son jeune public en leur proposant des animés. Pourtant, il ne faudrait pas penser que seules les chaînes de télévision en profitent. En effet, les producteurs d’animés indépendants, pour pouvoir rentabiliser leur production, se tournent eux aussi vers la télévision, mais pas n’importe laquelle : les petites chaînes UHF. Jusqu’à il n’y a pas si longtemps, ces petites chaînes ne faisaient que diffuser des programmes passés précédemment sur les plus importantes chaînes. Maintenant ils programment très souvent après minuit, des films d’animation qui n’ont jamais été diffusés nulle part. Les trois principales chaînes UHF : TVK (Kanagawa), Chiba TV et Saitama TV, diffusent le soir tard de nouveaux dessins animés tels que Stratos 4, Raimuiro Senkitan ou Gun Parade March. Le principe initié par TV Tokyo en 1995 en est le suivant : un comité de production composé de plusieurs entreprises achète un créneau horaire à une chaîne et diffuse son programme. Plus tard, elle rentabilise l’opération par la vente de cassettes vidéos, de DVDs, ou d’autres produits dérivés. Les tarifs de ces créneaux horaires ont cependant considérablement augmenté ces derniers temps et les producteurs se tournent maintenant vers les chaînes à moindre coût. Ils y trouvent deux avantages : le premier est le prix et le deuxième, une audience importante car ces chaînes UHF sont également diffusées sur le cable. Stratos 4 est ainsi diffusé sur plusieurs chaînes à Mie et à Hyogo. Raimuro Senkitan, une histoire de science-fiction pendant la guerre Russo-japonaise, est proposé sur 13 chaînes. Narue no sekai, débutera en avril sur TVK, Chiba TV et Saitama TV. Un autre avantage à passer sur ces chaînes est que les contraintes sont moins importantes. Sur les grandes chaînes de télé, on peut demander de ne pas utiliser telle ou telle expression, mais sur ces chaînes UHF, la liberté d’expression est plus grande surtout dans le domaine de l’érotisme. Enfin, le créneau très souvent entre minuit et 1h du matin est un horaire ou la concurrence est moins forte, puisque les principales chaînes y programmes leurs nouvelles émissions.

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La Gazette du Japon 漢字 Kanji : piège à éviter (auteur : Jean-Michel) Regardez attentivement ces kanji : 左 [ひだり] gauche 右 [みぎ] droite Ils se ressemblent, s’apprennent en même temps puisque le premier signifie « gauche » et le deuxième « droite », et on imagine que la clé est la même : les 2 premiers petits traits qui se croisent, en haut à gauche. Eh bien non ! Dans le premier (hidari) la clé est 工 et dans le deuxième (migi) la clé est 口 . Plus gênant encore : l’ordre des traits n’est pas le même : Si on commence bien par la gauche dans le tracé de ces kanji, dans le premier cas le premier trait sera le trait horizontal en haut, puis celui qui le croise en allant vers le bas. Dans le deuxième cas, on doit commence par le trait vertical de haut en bas, puis par celui qui le croise horizontalement en haut. Voici d’autres exemples qui illustrent la même difficulté dans l’ordre des traits : 有 clé : 月 布 clé : 市 Dans ces 2 kanji le premier trait est le trait horizontal du haut comme dans 左 En revanche dans le kanji suivant : 友 clé : 又 Le premier trait est le trait vertical… comme dans 右 En fait votre écran d’ordinateur vous induit en erreur, car ces deux premiers traits ne sont pas exactement les mêmes. Voyez tout simplement la différence :

migi

hidari

日本語 Se préparer au JLPT : un livre (auteur : Jean-Michel) Voici un livre qui pourra vous aider à préparer le test JLPT organisé une fois par an en décembre et qui comporte 4 niveaux. Dans ce petit livre de 300 pages, tous les kanji utiles sont répertoriés avec mentions du niveau JLPT et vocabulaire associé. - classement par nombre de trait avec lectures ON et KUN - classement par clé avec mention du niveau d’étude au Japon - particularités sur des transcriptions en katakana - les différents types de tracé (ordre) - les différents types de clés - l’origine des kana à partir des kanji - la liste de tous les kanji avec mention du niveau JLPT - le vocabulaire associé à ces kanji nécessaire au test - les lectures ON et KUN Kanji Power Handbook for the japanese language proficiency test ISBN4-87234-234-X Edition ALC 14 Ş/

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Les femmes dans les proverbes japonais (auteur : Jean-Michel)

Les femmes : -

犯罪の陰に女あり hanzai no kage ni onna ari (Il y a une femme dans l’ombre de tout crime) Equivalent français : « Cherchez la femme »

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女は弱し、されど母は強し onna wa yowashi, saredo haha wa tsuyoshi (la femme est frêle, mais les mères sont puissantes)

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女の知恵は鼻の先 onna no chie wa hana no saki (la sagesse des femme s’arrête au bout de leur nez – la sagesse des femmes est superficielle) Equivalent français : « Longs cheveux, courte cervelle »

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亭主を尻に敷く teishu o shiri ni shiku (mettre le mari sous ses fesses) Equivalent français : « La femme porte la culotte »

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女三人寄れば姦しい onna san-nin yoreba kashimashii (trois femmes ensemble, ça fait beaucoup de bruit) Equivalent français : « Quatre femmes font plein marché »

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La Gazette du Japon « Tsukiji » Le marché aux poissons de Tokyo (auteur : Piri) Le marché aux poissons de Tsukiji est sans doute le plus grand du monde, et près du tiers du trafic japonais du poisson y passe. Il vaut le détour de par l'ambiance très particulière et dynamique qui y règne, ainsi que par les très nombreux restaurants de sushi des environs qui sont parmi les meilleurs de Tôkyô. 1. Historique : Tsukiji est situé dans l'arrondissement de Chuo à Tokyo et occupe un quartier de la rive droite de la rivière Sumida. Issue d'une terre remblayée du 17ème siècle. Après un incendie de l'ère Mereki en 1657, le temple Nishi-honganji fut transféré ici et Tsukiji fut urbanisé. Après le grand tremblement de terre du Kanto en 1923, le premier marché, familièrement appelé Uogashi fut transféré de Nihonbashi et devint l'actuel marché central détaillant Tsukiji de Tokyo. 2. De nos jours : Le marché central grossiste de Tokyo est devenu une immense base de distribution et est responsable d'alimenter les habitants de la région métropolitaine. Au marché Tsukiji, plus de 4000 tonnes de poissons et légumes arrivent chaque jour et le chiffre d'affaire y est de 3 milliards de yens. 3. Le Thon : Le thon se trouve dans les zones tempérées et tropicales dans l'océan pacifique spécialement près du Japon. Il est pêché à la canne, à la ligne, au filet dérivé etc.…, et la meilleure saison pour en manger est l'hiver. Sa chair est rouge foncée et mangée en Sashimi, Sushi, Teriyaki (grillé avec de la sauce de soja) etc.… Grâce à un grand progrès des techniques de pêche et de congélation, les produits arrivent de loin comme de l'océan indien et de l'atlantique. 4. La vente aux enchères : Tout se vend aux enchères dans ce marché. Les pêcheurs doivent avoir une autorisation du ministère de l'agriculture et de la pêche pour devenir vendeurs grossistes du marché central. 5. Une journée à Tsukiji : Vers 3 heures du matin, avant que le soleil ne soit encore levé, le marché commence à recevoir les différentes marchandises et produits. Les produits frais et autres affluent de diverses régions du monde par avion, bateau et camion. Aux environs de 5 heures, les grossistes présentent les marchandises pour préparer la vente aux enchères. Les futurs clients examinent soigneusement la qualité des marchandises et estiment le prix. À 5h 30 débute la vente à la criée et quelle criée… d’abord le thon frais pour continuer par celui congelé. "Combien vous m’offrez ?" demande d’une voix forte et dans un « langage » incompréhensible pour nous, le vendeur d'une société en gros. 6. A savoir : Le marché aux poissons est ouvert de 04h00 à 11h00 heures du matin, fermé les dimanches et jours féries, Pour y accéder, la station la plus proche est Tsukiji sur la ligne Hibiya, ou encore dix à quinze minutes à pied de la station de Shimbashi ligne Yamanote.

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Tanizaki Ai sureba koso – Puisque je l’aime (auteur : Antoine)

Puisque je l’aime est une pièce de Tanizaki Junichirô écrite en deux fois. En 1921 paraît le premier acte dans la revue Kaizô, et en 1922 la revue Chûô kôron publie les deux actes suivants sous le titre Daraku (Décadence). Cette pièce fut jouée pour la première fois par la troupe du Shingeki-za en mai 1932, dans la salle de spectacle de l’hôtel Impérial.La version française que nous vous présentons aujourd’hui a été traduite en 1925 par Messieurs S. ASADA, H. YOKOYAME, et C. JACOB. Elle n’a été, à ma connaissance, publiée qu’une seule fois en France dans le numéro 14 des CAHIERS DU MOIS des éditions Emile-Paul Frères. Cette pièce repose sur trois personnages principaux : - Sumiko, une jeune fille de bonne famille. - Yamada, un acteur désœuvré compagnon de Sumiko. - Miyoshi, un ami de la famille amoureux de Sumiko.

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Auxquels s’ajoutent les personnages secondaires : Makiko Hashimoto, veuve d’un haut fonctionnaire et mère de Sumiko. Keinosuke, le fils aîné de Makiko. Hideko, actrice et maîtresse de Yamada Le policier Le domestique Une collègue de travail de Sumiko

Lors du premier acte, la famille de Sumiko reçoit la visite d’un policier leur apprenant que Yamada trempe dans une affaire d’escroquerie et que Sumiko de part les liens qui l’unissent à lui se retrouve être sa complice. Le policier leur explique comment disculper leur fille tout en trouvant par la même occasion le moyen de se débarrasser du gênant compagnon qui maltraite la jeune fille. Suite à une discussion avec sa mère, Sumiko accepte de quitter Yamada et de rejoindre le bon Miyoshi qui l’aime d’un amour sincère. Mais cet état de fait qui réjoui toute la famille ne durera que l’espace d’un instant, Sumiko ne peut se résoudre à quitter Yamada et est finalement obligée de se séparer définitivement de sa famille, répudiée par celle-ci. Au deuxième acte nous retrouvons les trois protagonistes juste après la sortie de prison de Yamada. Sumiko est devenue hôtesse dans un bar, Yamada vit des revenus de Sumiko tout en la trompant, et Miyoshi a coupé tous les ponts avec ses amis et la famille de celle qu’il aime. Ce dernier reprend contact avec la demoiselle de son cœur, lui expliquant ce qu’il est devenu depuis leur séparation, lui disant qu’il l’aime toujours malgré qu’elle l’ait trahi, et qu’il veut la revoir. Au troisième acte, Sumiko apprend à Yamada qu’elle a revu Miyoshi. Au lieu de vouloir les séparer, Yamada insiste pour que Sumiko entretienne sa relation avec Miyoshi, la poussant dans les bras de ce dernier. Fort de cet amour de plus en plus présent, Miyoshi va voir Yamada, lui avoue sa relation avec Sumiko et lui demande de la lui céder. Yamada se moque de lui, lui faisant savoir que c’est lui qui a demandé à Sumiko de le fréquenter, lui apprenant aussi qu’il n’est pas le seul homme que celle-ci rencontre à l’hôtel. Miyoshi ne peut supporter la cruelle réalité et quitte définitivement Sumiko. Après cette rapide présentation de la pièce, je vous propose les deux premières scènes du premier acte, nous publierons la suite de cette pièce lors des prochains numéros.

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ACTE PREMIER SCENE I Mme MAKIKO. LE DOMESTIQUE (Un salon. Intérieur occidental, sobre et de bon goût. Une table au centre. Plusieurs sièges. Deux portes, l'une à droite, l'autre à gauche. Au fond, à droite, une petite fenêtre avec appui à mi-corps. Devant la fenêtre, un divan et un guéridon, sur lequel est un vase de fleurs. Une après-midi d'automne. Mme Makiko, assise sur le divan, tricote. Le domestique entre par la droite, tenant à la main une carte de visite.) LE DOMESTIQUE Madame... MAKIKO Qu'est-ce qu'il y a ? Une visite ? LE DOMESTIQUE (s'approchant de Makiko et lui remettant la carte.) Oui Madame. Ce Monsieur demande à parler à Madame. MAKIKO (inquiète, balbutiant.) Tiens ! Qu'est-ce que ça veut dire ? Cet individu désire me voir ? LE DOMESTIQUE Mais oui. Madame. MAKIKO Est-ce bien à moi ?... à moi qu'il... LE DOMESTIQUE Oui, Madame. Il m'a affirmé que sa visite ne comportait rien de fâcheux. Il m'a prié instamment de l'annoncer à Madame. MAKIKO (tenant à paraître calme.) Bien ! Je vais le recevoir. Tu le feras entrer ici. LE DOMESTIQUE (sortant.) A vos ordres. Madame. MAKÎKO (brusquement.) Dis ! Une minute ! Keinosuke est-il là ?

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LE DOMESTIQUE Oui, Madame, il est là. Il a quelqu'un chez lui. MAKIKO Qui est-ce ? LE DOMESTIQUE C'est M. Miyoshi. MAKIKO Alors, ça ne fait rien. Dis à Keinosuke de venir ici avec M. Miyoshi. Apres, tu feras entrer cette personne au salon.

LE DOMESTIQUE Bien Madame. (Il sort par la gauche. Makiko laisse son tricot ; elle se lève, pensive. Elle va vers la table du centre, prend une chaise à droite. Elle est inquiète. Un temps. Keinosuke, accompagné de Kasuma Miyoshi, entre par la gauche. Tous deux, environ 30 ans, ont gardé des manières d'étudiants.)

SCENE II Mme MAKIKO. MIYOSHI, KEINOSUKÉ KEINOSUKE Mère, vous avez quelque chose à me dire ? MIYOSHI (saluant Makiko) Bonjour, madame Hashimoto. Il y a si longtemps que je ne vous avais vue! Vous allez toujours bien ? MAKIKO Très bien, Monsieur. C'est tout-à-fait à propos que vous vous trouvez à la maison en ce moment. KEINOSUKE Mais qu'est-ce qu'il y a donc? Qu'est-ce qu'il vous arrive ? MAKIKO (lui faisant voir la carte) Voici la personne qui demande à me voir. KEINOSUKE (prenant la carte.) Et alors ?... (Il réfléchit.)

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MIYOSHI (regardant la carte par dessus son épaule.) Un agent de la Sûreté ! (Il semble associer ses réflexions à quelque affaire grave et ses regards s'assombrissent.) KEINOSUKE C'est de Yamada qu'il s'agit, ça c'est sûr. Sans ça, il n'y aurait aucune raison pour qu'un policier vînt nous voir. MAKIKO C'est bien la réflexion que j'ai faite, moi aussi. Mais quoi ?... Le policier dit qu'il n'y a aucun ennui pour nous. Tout de même, je crains que nous ne finissions par être ennuyés nous aussi. KEINOSUKE Ennuyés ? Pourquoi ? Mais non, mais non 1 Nous n'avons rien à faire avec Yamada. MAKIKO Sans doute, sans doute. Pourtant, c'est une affaire qui n'est pas encore finie. Il est évident que nous n'avons rien de commun avec Yamada. Mais ne vois-tu pas que ma fille est probablement mêlée à tout ça ? KEINOSUKE Oh ! mère, je vous en prie. Ne dites pas de Sumiko : « ma fille », surtout devant M. Miyoshi. Souvenez-vous qu'un jour vous m'avez dit nettement : « Jamais plus je ne la regarderai comme ma fille.» Nous venons de parler d'elle avec M. Miyoshi. Je ne la considère plus comme ma sœur. Elle est au ban de l'humanité. MIYOSHI II ne faut pas parler ainsi, je t'en supplie. Il m'est très pénible de t'entendre traiter aussi durement Mlle Sumiko. Cela me fait beaucoup de peine. MAKIKO (larmes dans les yeux.) Ah! on ne peut pas savoir tout ce que je souffre quand je pense à elle !... Keinosuke a raison, bien sûr. Mais moi, qui suis mère, je ne puis l'écouter. Et puis, elle aussi, de son côté, commence à se repentir dans le secret de son âme. Pourvu que son réveil ne tarde pas. Le principal, c'est qu'elle quitte Yamada, je le voudrais tant. KEINOSUKE Si elle l'avait voulu, il y a longtemps qu'elle l'aurait fait. Les occasions de se réveiller ne lui ont pas manqué. MAKIKO Écoute, Keinosuke ! Si tu veux répondre fidèlement au sentiment profond de M. Miyoshi, il ne faut pas toujours condamner si sévèrement Sumiko. Je désire que tu sois plus indulgent et que tu n'oublies pas qu'elle est ta sœur. KEINOSUKE Moi, mère ! Mais je n'ai pour elle aucun sentiment de haine. Je n'oublie nullement que c'est ma sœur et c'est justement pour cela...

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MAKIKO Eh! oui, je ne dis pas... Mais n'oublie pas non plus que c'est une femme. Lorsqu'une femme quelconque se trouve dans une passe comme celle où est engagée Sumiko, elle ne pourra jamais en sortir sans l'aide d'autrui. Pour Sumiko en particulier, elle s'est sûrement réveillée déjà dans le fond de sa conscience, ça je l'affirme. Mais, au moment où elle recommençait à voir clair, déjà elle ne pouvait plus que se laisser entraîner par la destinée. Et si on l'abandonne, jamais l'heure du salut ne viendra. KEINOSUKE Cependant, combien de fois déjà ne l'avons-nous pas aidée ? Est-ce qu'aucune de nos tentatives pour la sauver a jamais réussi ? MAKIKO Hélas, non ! Mais moi, ce que je sens, c'est à quel point il est facile d'émouvoir son cœur. Tout en sachant fort bien que Yamada est un vaurien, entraînée par sa pitié de femme aimante, elle n'a pas le courage de le quitter : je pense qu'il faut en tenir compte. KEINOSUKE II y a tout de même une limite à la sensibilité du cœur le plus tendre. Qu'elle aime un vaurien comme Yamada, cela me révolte. Si elle est tellement sensible, alors pourquoi ne pense-t-elle pas à nous : à sa mère, à son frère,... surtout à son père mort ? (Makiko réfléchissant, baisse la tête sans parler.) MIYOSHI Je ne vois aucune raison pour prétendre que Mlle Sumiko ne pense pas à vous. Plus elle voit Yamada misérable, moins elle a le courage de l'abandonner. Là se trouve, précisément, la beauté de sa nature. (Le domestique entre par la droite.) LE DOMESTIQUE Pardon, est-ce que je peux introduire la personne ? MAKIKO (un peu perplexe) Oui, mais encore une seconde. En tout cas, il faudra toujours le recevoir, (à Keinosuke) n'est-ce pas, Keinosuke ? Je ne sais pas ce que le policier a à nous dire ; mais je te demande d'être là. Le policier a bien spécifié qu'il n'y avait rien de fâcheux pour nous. Mais, malgré tout, je doute que nous puissions nous en tirer sans ennuis. Si le nom de la famille est livré au public, nous serons forcément atteints. Cela exige que nous nous concertions sur la conduite à tenir. MIYOSHI (à Makiko) Rassurez-vous. Malgré les paroles un peu tranchantes de Keinosuke, tout ceci, au fond, le préoccupe très vivement. Commençons déjà par recevoir le policier, et réservons jusqu'à nouvel ordre notre opinion. C'est après cette entrevue que nous étudierons ensemble la question. MAKIKO (à Miyoshi) Je suis désolée de vous mêler ainsi... (au domestique). Introduisez ce Monsieur.

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LE DOMESTIQUE Bien, madame. A vos ordres. {Il sort.) KEINOSUKE (à Migoshi) Cher ami, moi aussi, je suis navré de t'imposer ces tracas. MAKIKO C'est bien à propos que vous vous êtes trouvé aujourd'hui à la maison. Tout à fait à propos. MIYOSHI Ce que je pourrai faire sera, malheureusement, bien peu de chose. Je peux dire paurtant que je suis le seul à comprendre parfaitement bien ce qui se passe dans l'âme de Mlle Sumiko. La tirer de cette situation, — ou tout au moins la rendre heureuse, dans le plein sens du mot — voilà la tâche à laquelle je vous promets de consacrer jusqu'au bout toutes les forces dont je disposerai. C'est d'ailleurs la seule chose qui puisse apporter à mon chagrin quelque adoucissement. MAKIKO Quelle reconnaissance elle devrait vous avoir ! Pour qu'elle ne le sente pas, il faut qu'elle soit une bien triste créature ! MIYOSHI Mais pas du tout. Il ne faut pas dire cela. Ce qui se passe dans mon cœur, Mademoiselle le comprend très bien. En tout cas, je le crois. MAKIKO S'il en est ainsi, pourquoi ne nous revient-elle pas ? Rester acoquinée à ce vaurien ! A la visite de ce policier, il n'est pas difficile de le deviner : il y a quelque chose qui va mal. Yamada est un homme qui finira un jour en prison, je le souhaite. Sumiko serait alors capable de faire l'effort de rompre résolument avec lui.

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La Gazette du Japon Cinéma : Kitano Takeshi (auteur : Gattaca)

Date Lieu

de de

naissance naissance

:

18 :

Janvier Asakusa,

1947, Tokyo,

Ses parents : Son père, commença comme peintre en bâtiment, mais cela ne l'intéressait guère. Il décida de faire ce qui le passionnait : des objets en laque. Il était également très proche du milieu yakusa. il n'était pas à proprement parlé un gangster, mais il était quand même tatoué sur les épaules. Il se vantait souvent de ses relations avec le milieu. Mais c'était aussi un joueur invétéré qui perdait souvent, ce qui obligea sa famille à déménager d'Asakusa pour Senju, un quartier populaire. Sa mère était issue d'une famille de militaires. Elle fut également l'épouse d'un lieutenant colonel, avant de rencontrer son père. C'est elle qui instruisit Takeshi. A Senju, recevoir de l'instruction était considéré comme un privilège. Son parcours : C'est ainsi que Takeshi Kitano pu aller à l'université de Meiji. C'était en 1968. Les révoltes étudiantes battaient leur plein à ce moment, et les mouvements marxistes socialistes étaient légions. Il se laissa entraîner par le président de l'association étudiante dans une manifestation contre la hausse des frais de scolarité. Il déclare lui même : "Ça m'amusait parce qu'on nous distribuait des casques. A un moment, on nous a dit de charger le Kôban. Je me suis retrouvé coincé entre les forces © http://www.lejapon.org


La Gazette du Japon de l'ordre et les manifestants, et on me donnait des coups de bâtons sur la tête. C'est à ce moment que j'ai laissé tomber le militantisme : j'étais d'accord pour m'amuser, mais certainement pas pour prendre des coups. D'ailleurs, je ne connaissais rien ni à Marx ni au socialisme." Il laissa tomber l'université par la même occasion. Les

perspectives

de

devenir

salary

man

ne

l'enchantaient

guère.

Il enchaîna alors des petits boulots dans les cabarets. Dans le premier cabaret où il travailla, il apprit la danse, les claquettes et l'expression corporelle. En 1972, il remplace au pied levé un comédien tombé subitement malade. Avec un ami, il va former le duo "The 2 beat", qui est à l'origine de son nom d'acteur "Beat Takeshi". Le succés arrive enfin.

Il fait de nombreuses émissions de télévision. Mais l'image de comique lui reste collée à la peau. A tel point que lorsqu'il apparaît dans Furyo de Nagisa Oshima, les spectateurs éclatent littéralement de rire à chacune de ses apparaitions à l'écran. Il joua ensuite dans une série télévisée qui rencontra un grand succès populaire (Hokubuki Hoshi qui retrace l'histoire du meurtrier de 7 ou 8 femmes). Son premier film, il le doit à Kinji Fukasaku. Ce dernier était pressentit pour réaliser "Sono otoko kyobo ni tsuki" (Violent cop), mais refusa au dernier moment. Il ré-écrit alors le scénario pour en accentuer la noirceur et la folie. C'est juste après avoir terminé "Minna yatteruka" (getting any ?) qu'il est victime d'un accident de moto en 1994. Il restera un mois à l'hôpital. © http://www.lejapon.org


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Aujourd'hui, il continue à mêler cinéma, télévision, peintures. Ce qui ne lui laisse pas beaucoup de temps pour la réalisation et le montage de ses films. Il suffit de voir combien de temps sépare chacun de ses films. Il partage ses journées entre le tournage et le montage de ses émissions de télé, l'écriture de scénarios, le tournage de films. Filmographie en tant que réalisateur : * 1989 : Sono otoko, kyobo ni tsuki (Violent cop), * 1990 : 3-4X Jugatsu (Jugatsu), * 1992 : Ano natsu, shizukana umi (A scene at the sea), * 1993 : Sonatine, * 1995 : Minna yatteruka (Getting any ?), * 1996 : Kids return, * 1997 : Hana bi, * 1999 : Kikujiro no natsu (l'été de Kikujiro), * 2000 : Brother (Aniki, mon frère), * 2002 : Dolls, Filmographie en tant qu'acteur : * 1980 : Makoto chan, * 1981 : Danpu Wataridori de Ikuo Sekimoto, Manon de Yoichi Higashi, * 1983 : Senjou no Merii Kurisumasu (Furyo) de Nagisa Oshima, Jukkai no mosquito de Yoichi Sai * 1985 : Yasha de Yasuo Furuhata * 1986 : Komikku zasshi nanka iranai de Yojiro Takita * 1988 : Anego de Tatsuichi Takamori * 1990 : Hoshi o tsugumono de Kazuo Komizu © http://www.lejapon.org


La Gazette du Japon * 1992 : Sakana kara daiokoshon de Ryudo Uzaki, Erotikkuna kankei de Koji Wakamatsu * 1993 : Kyôsho tanjô de Toshiro Tenma * 1995 : Johnny Mnemonic de Robert Longo, Gonin de Takashi Ishii * 1998 : Tokyo Eyes de Jean-Pierre Limousin * 1999 : Jam session - Kikujiro no natsu Koshiki kaizokuban (making of de "Kikujiro no natsu") de Makoto Shinozaki, Gohatto de Nagisa Oshima, Takeshi Kitano l'imprévisible (documentaire) de Jean-Pierre Limousin * 2000 : Battle Royale de Kinji Fukasaku, Scenes by the sea (documentaire) de Louis Heaton, Hyaku nen no monogatari (série TV). Scénariste : Dolls, Brother, Kikujiro no natsu, Hana bi, Kids Return, Minna yatteruka, Kyôsho tanjô, Sonatine, Ano natsu ichiban shizukana umi Monteur : Dolls, Brother, Kikujiro no natsu, Hana bi, Kids return, Minna yatteruka, Sonatine, Ano natsu ichiban shizukana umi

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La Gazette du Japon Les fêtes japonaises en avril (auteur : Jean-Michel) 曲水の Kyokusui-no-en 曲水の宴 - Kyoto – Temple Jônangu – 29 avril Le kyokusui est une ancienne pratique qui consistait à lâcher une tasse pleine de saké dans une rivière et à la laisser voguer dans le courant. Pendant ce temps, les participants sur les berges devaient composer un tanka (petit poème), puis boire le saké quand la tasse les rejoignait. Cette fête est donc un retour symbolique à cette pratique, le temps d’un jour. La même fête a lieu également à Fukuoka, au temple Tenmangû, le premier dimanche de mars. Un tanka est un poème de 5 lignes et de 31 syllabes qui suit le rythme 5-7-5-7-7. 高山まつり 高山まつり Takayama matsuri - Takayama (Gifu) – Temple Hie-Jinja – 14 et 15 avril Cette fête a lieu 2 fois par an. Une fois au printemps et une fois en automne. Elle est célèbre pour sa parade flottante de petites baraques richement décorées représentant des aspects du folklore japonais. La musique populaire jouée pendant cette parade s’appelle tôkeiraku (variété de diverses percussions). 御柱まつり 御柱まつり Ombashira matsuri - Suwa-shi, Nagano – Temple Suwa-taisha Pendant cette fête, de gros troncs d’arbre sont coupés dans la forêt puis plantés dans l’enceinte du temple, pour symboliser la re-construction du temple. Il y a 4 phases : o yamadashi : prendre les troncs dans la forêt o satobiki : parader avec dans les rues o kawawatashi : la traverser de la rivière avec o hikitate : ériger les troncs dans l’enceinte du temple 上杉まつり 上杉まつり Uesugi matsuri - Yonezawa-shi (Yamagata) – Temple Uesugi – Entre le 29 avril et le 3 mai Il s’agit d’une parade de guerriers en costumes anciens pour commémorer un seigneur célèbre du 16ème siècle : Uesugi Kenshin (1530-1578) Des scènes de batailles y sont reconstituées. 信玄公まつり 信玄公まつり Shingenkô matsuri - Kôfu-shi (Yamanashi) – samedi et dimanche vers le 12 avril Reconstitution en costumes de guerriers,d’un shutsujinshiki, cérémonie qui avait lieu avant une bataille pour commémorer l’anniversaire de la mort d’un autre guerrier célèbre : Takeda Shingen 犬山まつり 犬山まつり Inuyama matsuri - Inuyama-shi (Aichi) – Temple Harizuna – samedi et dimanche vers le 7-8 avril Parade flottante de 13 bateaux décorés comme à l’époque d’Edo. Le soir ils sont ormés de 300 lanternes en papier illuminées.

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La Gazette du Japon 日田火防まつり 日田火防まつり Hitaka matsuri - Mizusawa-shi (Iwate) – Temple Hitaka – 29 avril Parade musicale (tambours, flutes) flottante qui a pour but de se protèger symboliquement des incendies. 曳山まつり 曳山まつり Hikiyama matsuri - Nagahama-shi (Shiga) – Temple Nagahama-hachimangû – 14-16 avril Fête pendant laquelle des enfants de 5 à 12 ans sont regroupés sur une scène appelée hikiyama et réalisent des spectacles de kyôgen et de kabuki en habits.

Transport d’un mikoshi à Asakusa

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