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février - mars

n° 14 CôTE

D’aZUR

PREMIER MAGAZINE DE SPORT DES ALPES-MARITIMES & MONACO

DAKAR 2012 DAVID CASTEU À FORCE DE COURAGE PATINAGE ARTISTIQUE L’élite mondiale à Nice J.O. DE LA JEUNESSE Médaille historique pour les Monégasques RALLYE MONTE-CARLO Insaisissable Lœb HANDBALL Villeneuve-Loubet cherche l’équilibre

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BASKET Un nouvel investisseur à Antibes


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Les Chalets d’Auron

Dans les Alpes du Sud, à 1h30 de Cannes, Nice et Monaco, au pied d’un domaine skiable de 133 kms, découvrez un domaine fermé de 4 chalets individuels. Constructions traditionnelles. Chalet neuf d’une superficie de 220 m², accès aux pistes à ski. Composé d’un séjour de 60 m² avec cheminée ; Une cuisine équipée ; 5 chambres, 10 couchages ; 4 salles de bains ; Toilettes ; Hammam, Jacuzzi ; Parking et Garage.

Southern Alps, 1h30 from Cannes, Nice and Monaco, on a skiing domain of 133 kms, new development of a gated estate with 4 detached and chalets of traditional construction. Brand new chalet, 220 m², direct access to the slopes. Made up of a living room 60 m² with f ireplace ; A f itted kitchen ; 5 bedrooms, 10 beds ; 4 bathrooms ; Toilets ; Hammam, Jacuzzi ; Parking, Garage.

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S ommaire 10 PLEIN CADRE NOS IMAGES GRAND FORMAT POUR VOIR LE SPORT SOUS UN AUTRE ANGLE

18 INFRASTRUCTURES DÉCOUVREZ LE FUTUR "TEMPLE" DU SPORT ANTIBOIS P.30

20 LES NEWS L'ESSENTIEL DE L'ACTUALITÉ SPORTIVE AZURÉENNE EN BREF

28 LES MOTS DU SPORT NOTRE SÉLECTION LECTURE

30 AUTOMOBILE P.38

RALLYE MONTE-CARLO, LES PROMESSES DE LOEB TURINI, À L'ASSAUT D'UN MYTHE

38 HANDBALL VILLENEUVE-LOUBET, À LA RECHERCHE DE L'ÉQUILIBRE LES MOINS DE 18 ANS DANS LA COUR DES GRANDS

42 BOXE ANGLAISE P.42

AS MONACO, LES PRINCES DU RING PORTRAIT : SULIMAN ABDOURACHIDOV

48 CARRIÈRES LES DEUX VIES DE PASCAL GOUSSET

50 HOCKEY SUR GLACE LES AIGLES DE NICE SORTENT LEURS GRIFFES P.50

56 RALLYE-RAID DAKAR 2012 : DAVID CASTEU À BOUT DE SOUFFLE

62 GYMNASTIQUE ACROBATIQUE LES ANTIBOISES SONT ACCROS À L'ACRO

66 VOLLEY-BALL P.62

LES MINIMES DE L'AS CANNES EN QUÊTE D'EXCELLENCE

70 BASKET-BALL ANTIBES VA PRENDRE L'ACCENT BELGE

74 PATINAGE ARTISTIQUE P.74

L'ÉLITE MONDIALE ATTENDUE À NICE INTERVIEWS : BRIAN JOUBERT ET DIDIER GAILHAGUET

80 STOCK-CAR MICHEL DISDIER, LE NIÇOIS QUI RÊVAIT DE NASCAR

84 SPORTS D'HIVER MÉDAILLE HISTORIQUE POUR LES MONÉGASQUES AUX JO JEUNES P.92

88 BASKET-BALL LES FILLES DU CAVIGAL VEULENT ENCORE Y CROIRE

92 VOILE MONDIAUX : LA ROUTE DE LONDRES PASSAIT PAR PERTH Code Sport Côte d'Azur 6


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C S C D' ZUR ODE

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PORT

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Edito

Jetables

Aujourd'hui, c'est la fin du mercato d'hiver, les soldes du football, le grand déballage d'attaquants qui n'ont jamais servi et de défenseurs à la tête dure. Pendant un mois, ce fut la frénésie. Ambitieux ou frileux, chaque club dressait sa liste, sans même avoir un kopeck en poche. Tout le monde faisait le tour des étalages en attendant les prix cassés de fin de marché. Pas fiers, les joueurs, d'être des produits comme les autres ? Vous n'y êtes pas. En quête d'un nouveau "challenge", d'une nouvelle "aventure humaine" vantée par un agent qui avait justement besoin de changer de coupé sport, ils étaient nombreux à attendre avec leurs valises devant la porte. Tant pis pour l'amour du maillot, pour cet écusson qu'ils embrassaient comme du bon pain quelques semaines auparavant. Adieu et bienvenue à vos remplaçants, à qui l'on transmettra peut-être le message un peu plus tard. Adieu également aux footballeuses, qui avaient pris le relais médiatique pendant que ces messieurs étaient encore en préparation. On les trouvait rafraîchissantes, jolies, douées. On spéculait sur le temps qu'il leur faudrait avant de crever l'écran. Les clubs ont joué le jeu, en invitant des filles au stade. Certains ont même poussé l'audace jusqu'à organiser un match féminin en lever de rideau. Depuis ? Rideau sur les demoiselles cramponnées, sorties du radar médiatique. D'avance, on dit aussi adieu (ou à dans quatre ans, si vous préférez verser dans l'optimisme) à toutes ces disciplines qui auront l'occasion de s'afficher au grand jour pendant les Jeux olympiques. Escrimeurs, haltérophiles, rameurs : vous retrouverez votre place douillette dans les tréfonds des rubriques d'échos que vous concéderont aimablement les grands quotidiens nationaux. Comme le reste de l'actualité, le sport est devenu jetable. Avec des émotions à consommer avant péremption, des champions à aduler puis brûler après emploi. Un scandale en fait oublier un autre, une défaite remet tout en question. De notre côté, on n'ira pas pointer notre bec de plumitif au fast-food de l'information. 

Jimmy Boursicot

CODE SPORT COTE D'AZUR • Edité par SAM EDICOM – "Le Roqueville" Bat C – 20 Bd Princesse Charlotte - 98000 MONACO – Tél. : (+377) 97 97 06 27 – Fax : (+377) 97 97 06 28 – E-mail : contact@codesportmonaco.com

• Editeur : JM MORENO – E-mail : contact@codesportmonaco.

com • Directeur de la publication : Jean-Marc MORENO – E-mail : moreno@sam-edicom.com • Journalistes : Jimmy Boursicot, Eric Luci, L.S. E-mail : redac@codesportmonaco.com  •  Comité de rédaction : Sabine TOESCA, Marc TOESCA, Jean-Marc MORENO • Secrétaire de rédaction : Cathy MORENO – E-mail : contact@codesportmonaco.com • Publicité : Jean-Marc MORENO – E-mail : moreno@sam-edicom. com & Dominika SZCZYPKOWSKA - E-mail : commercial@codesportmonaco.com • Graphisme & illustrations : Anthony HOUAL • Impression : Imprimerie de Monaco • Reproduction, même partielle, interdite sans autorisation de CODE SPORT COTE D'AZUR • Photo de couverture : DR • ISSN 2079-4789

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de Monte-Carlo Festival international du cirque

Des acrobates suspendus dans l'arène

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es tenues et l'espace d'expression diffèrent mais l'esprit reste le même. En observant de près le CV des artistes qui se sont produits sous le chapiteau de Fontvieille, à l'occasion du 36e Festival international du cirque de Monte-Carlo, on remarque que beaucoup d'entre eux ont été, dans une autre vie, des sportifs de haut niveau. Gymnastes, trampolinistes, ils ont décidé de mettre leur technique et leur corps façonnés par des milliers d'heures d'entraînement à contribution pour émerveiller encore et toujours le public. En jeu ? Des salves d'applaudissements et des trophées, comme au bon vieux temps. Les trapézistes brésiliens Zuniga (notre photo) sont ainsi repartis avec le "clown de bronze" entre les mains. Pour la première année, de jeunes talents étaient réunis pour le festival Next génération. Parmi les participants, on retrouve les spécialistes de gymnastique acrobatique à Monaco fémina sports ou encore Piste d'Azur, le centre régional des arts du cirque basé à La Roquette-sur-Siagne.


© Monte-Carlo festivals © XXXXX


toujours plus nombreux Toujours plus vite,

Prom'classic 7 000 sur la ligne

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'il fallait encore enfoncer le clou pour rappeler à tout le monde que la Prom'classic est bien la course sur 10 kilomètres la plus importante de France, c'est désormais chose faite. A l'occasion de la treizième édition de l'épreuve, disputée sur la promenade des Anglais, 7 000 participants se sont présentés sur la ligne de départ, dimanche 8 janvier. Un chiffre qui fait voler en éclats le record établi en 2011, puisque les compteurs s'étaient arrêtés à "seulement" 6 100. A peine remis des agapes de fin de d'année, la meute de coureurs aux profils divers s'est élancée comme un seul homme, lors d'un départ qui n'était pas échelonné. Le premier à couper la ligne était Abdellatif Meftah, licencié au Mans. Celui-ci n'a mis que 28'47'' pour empocher la victoire. Depuis 2008, personne n'avait réussi à passer sous la barre des 29 minutes. Chez les femmes, Laurane Picoche s'est imposée avec une confortable avance sur ses poursuivantes immédiates? Fanny Pruvost et Nathalie da Ponte (respectivement 33'19'', 34'32'' et 35'49''). Forcément satisfait, Pascal Thiriot, président d'Azur sport organisation, espère réunir au moins autant de concurrents en 2013.


Š Focalive


à l'épreuve des voiles

Monaco Optimist team racing

Découverte de la compétition à Monaco

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uit nations, douze équipes en lice, un jury international et quarante-deux manches à disputer. Pour les jeunes de 12 à 15 ans qui se sont côtoyés pendant trois jours lors de la Monaco Optimist team racing, le rendez-vous n'avait rien à envier aux compétitions destinées aux "grands". Doté d'une section sportive, impliqué dans l'initiation à la voile des enfants scolarisés sur le Rocher, le Yacht club de Monaco avait invité plusieurs homologues étrangers pour cette épreuve d'Optimist (un petit bateau léger de 2,3 mètres, avec 3,5m2 de voilure et une coque à fond plat) relevée. Le format "team race", prenant en compte les résultats de quatre équipiers, a permis de niveler les forces en présence. Les ados, qui ont été encouragés par la princesse Charlene, avaient effectué deux jours de stage avant les premières régates. La victoire est revenue aux Suisses du Gstaad yacht club, qui ont devancé les Italiens du lac de Garde. Les sociétaires du Yacht club de Monaco se sont classés onzièmes.


Š Yacht club Monaco


pour briser la glace Lâcher les chevaux

Trophée Andros Passes d'armes à Isola

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u côté d'Isola, le public avait tout intérêt à ne pas miser d'argent sur le résultat final. Car lors de la quatrième manche du Trophée Andros à Isola 2000, tout le monde attendait Alain Prost, Jean-Philippe Dayrault ou encore Olivier Panis. Mais c'est Benjamin Rivière qui a pris les commandes des opérations. Sans jamais faiblir, le pilote du team speedaventure.com a signé les meilleurs temps des deux manches disputées dans les Alpes-Maritimes. En parallèle, une lutte musclée a opposé Panis à Dayrault. Après un contact entre les deux pilotes, le premier nommé a dû renoncer avec rage. Un avant-goût de ce qui allait se passer durant la finale programmée à Superbesse. En route vers un troisième titre consécutif, Alain Prost entrait en collision avec l'ancien champion du monde de F1, Jacques Villeneuve. Seul le Canadien était sanctionné et relégué en dernière ligne. Prost, lui, pouvait réparer son véhicule et profiter d'un deuxième départ pour s'envoler vers la victoire. De quoi plonger les protagonistes dans une ambiance glaciale…


© Trophée Andros


Palais des sports des Trois-Moulins

LE FUTUR "TEMPLE" DU BASKET ANTIBOIS Début 2013, l'Olympique d'Antibes devrait évoluer dans le Palais des sports de 5 000 places actuellement en construction dans la zone industrielle des Trois-Moulins. Un équipement ultramoderne qui lui permettra d'entrer de plain-pied dans le monde du sport-spectacle. Visite guidée. Par Jimmy Boursicot. Documents : Ville d'Antibes

ECOLOGIQUE

ESTHÉTIQUE

MODULABLE

740 m de capteurs photovoltaïques installés sur la toiture fourniront la moitié de la consommation en énergie du bâtiment (électricité et chauffage). Des capteurs solaires fourniront 40% de la consommation en eau chaude sanitaire. Un bassin de rétention construit sur le site rendra possible l’utilisation des eaux pluviales pour l’arrosage ou le nettoyage extérieur.

Conçue par le cabinet d'architectes allemand Auer & Weber, à qui l'on doit le stade olympique de Munich, la future arène disposera d'un toit métallique en forme de galet ou de soucoupe volante, selon les avis. Un vaste parvis permettra au public de converger vers l'entrée de l'arène. Les tribunes seront aménagées de manière à donner une grande impression de proximité aux spectateurs.

Le parquet et les gradins de la salle des TroisMoulins seront amovibles, ce qui laissera la possibilité de s'adapter facilement suivant l'événement programmé dans l'enceinte. En plus des matches de basket, Antibes espère y accueillir des compétitions internationales (trampoline, handball, tennis, boxe…) mais aussi des spectacles et des concerts d'envergure.

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Infrastructures

SURFACE :

FINANCEMENT :

13 600 m2

Ville d'Antibes

CAPACITÉ MAXIMALE :

d'agglomération Sophia-

5 000 places COÛT TOTAL : 25,3 millions d'euros

ACCUEILLANTE

OMNISPORTS

Le palais des sports comportera des espaces VIP et des salles de restauration (500 m2 à l'intérieur et 300 m2 en terrasse). Proche de la sortie d'autoroute, la salle disposera d'un parking de 700 places. Un système de "bustram" devrait également être mis en place dans quelques années.

En plus des basketteurs, d'autres sportifs bénéficieront de la structure. Le pôle France trampoline-gym acrobatique entrera dans une salle de 1000 m2, tandis que les judokas hériteront d'un nouveau dojo. Le site aura également vocation à recevoir les étudiants du campus de SophiaAntipolis, situé à moins d'un kilomètre.

(11,8 millions), communauté Antipolis (5 millions), conseil général (4,5 millions), conseil régional (2,5 millions) et Etat (1,4 millions)


Brèves

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Lors des championnats de France jeunes en petit bassin, Charlotte Bonnet n'a pas laissé une miette à ses adversaires. La représentante de l'Olympic Nice natation a raflé la mise sur 50, 100 et 200 m nage libre, mais aussi sur 100 m papillon et 200 m 4 nages. A 16 ans, elle fait déjà le poids chez les "grandes", comme l'ont confirmé ses trois podiums lors des France seniors et sa victoire sur 200 m 4 nages lors du meeting de Nancy.

RUGBY

INSTITUTIONS

Double visite du ministre des Sports dans le département Fin novembre, David Douillet avait fait un large tour du département, avec une visite du chantier du Nice olympic stadium, une rencontre avec les présidents d'associations à Cagnes-sur-mer et l'inauguration d'un nouveau stade à Villeneuve-Loubet, avant d'assister à la soirée des champions du Stade laurentin. Le 25 janvier, l'ancien judoka est revenu à Nice pour signer la convention permettant de lancer les préparatifs des Jeux de la francophonie, programmés du 6 au 15 septembre 2013. Accompagné par le ministres des Affaires étrangères, Alain Juppé, David Douillet a évoqué "l'excellent souvenir" qu'il a de cette compétition, qu'il avait remportée en 1994.

FÉDÉRALE 2 : LE RO GRASSE ENTRE DEUX EAUX

LUTTE

Avec quatre victoires, un nul et cinq défaites après dix rencontres, les joueurs du Rugby olympique de Grasse sont calés à la cinquième place de sa poule de Fédérale 2, qui compte dix équipes. Les hommes de Kevin Campbell et Pierre Pujo, qui doivent terminer dans les quatre premiers pour disputer le tour suivant, viennent de s'incliner deux fois à domicile.

Titres pour Cynthia Vescan et Chakir Ansari Recrutée par le Nice olympic lutte en début de saison, la Strasbourgeoise Cynthia Vescan a déjà eu l'occasion de briller sous ses nouvelles couleurs. Lors des championnats de France organisés à Sarrebourg (Lorraine), celle qui vise une qualification pour les JO a remporté le titre national en moins de 72 kilos. En finale, elle a disposé de sa rivale Sheherazade Bentorki (Tourcoing). Aurélie Basset, également licenciée à Nice, a récolté la médaille de bronze dans la catégorie des moins de 55 kilos. Du côté des hommes, Chakir Ansari a dominé la compétition chez les moins de 55 kilos. Le tableau d'honneur est complété par le bronze obtenu par Anthony Patte en lutte gréco-romaine (moins de 74 kilos).

AUTO

RALLYE MONTECARLO HISTORIQUE : 15E ÉDITION RÉUSSIE

Partis de Barcelone, Oslo, Reims, Turin ou encore Varsovie, les concurrents de la quinzième édition du rallye Monte-Carlo historique ont pris la relève des Loeb, Solberg et autres participants du rallye "contemporain". Le 4 février, ils devaient arriver sur les quais du port Hercule de Monaco. Au total, 293 équipages étaient sur les routes.

NATATION

Alain Bernard ne devrait pas être porte-drapeau

Champion olympique du 100 m nage libre en 2008, le sociétaire du CN Antibes fait partie des noms qui reviennent régulièrement pour le rôle de porte-drapeau français aux Jeux de Londres. Interrogé à ce sujet en marge du meeting de Nancy, fin janvier, Alain Bernard a assuré que "ce serait un honneur d'être choisi". Néanmoins, le nageur estime qu'il ne pourra être en mesure de répondre à une telle sollicitation. "Si jamais on me propose cette tâche, je pense que je devrais refuser, à contre-cœur, parce que le lendemain, il y aura le relais 4x100 mètres. Il faut un candidat qui soit dévoué à cette tâche et qui représente tous les athlètes français." Le Comité national olympique et sportif (CNOSF), qui rendra son choix public à moins de cent jours de la cérémonie d'ouverture, hésiterait entre Tony Parker, Laura Flessel et Julien Absalon.

HOCKEY SUR GAZON

DEUX AZURÉENS EN TOURNÉE AVEC LES BLEUS

François Scheefer et Olivier Sanchez étaient en tournée avec l'équipe de France en Argentine et se trouvent actuellement en stage à Valence (Espagne). L'objectif ? Arriver dans les meilleures conditions au tournoi de qualification pour les JO, qui démarrera le 11 février à New Delhi (Inde).

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Brèves

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Le passeport du cycliste Aurélien Passeron commence à ressembler à celui d'un véritable globe-trotter. Après l'Italie, l'Allemagne, la Roumanie, le Canada et la Corée du Sud, celui-ci va poser ses bagages aux Etats-Unis, où il participera au National criterium calendar sous le maillot des Wonderful Pistachios, sa nouvelle équipe. Le Niçois de 29 ans retrouvera d'autres Européens aux USA, notamment Oscar Sevilla et Francisco Mancebo

INFRASTRUCTURES UN NOUVEAU COMPLEXE AQUATIQUE À SOPHIA

Début janvier, un nouveau complexe aquatique nommé Nautipolis a ouvert ses portes à Valbonne Sophia-Antipolis. Equipé d'une piscine de 25 mètres (6 lignes d'eau), d'un bassin de détente de 250 m2, d'une pataugeoire et d'un toboggan de 30 mètres, Nautipolis vise les 280 000 entrées par an. Géré par la Communauté d'agglomération de Sophia-Antipolis, le projet a coûté 18 millions d'euros.

CYCLISME

Paris-Nice 2012 : le tracé dévoilé

Du 4 au 11 mars, les dix-huit équipes professionnelles engagées dans l'UCI World tour et quatres formations continentales se retrouveront sur le tracé du Paris-Nice 2012. Remportée l'an dernier par l'Allemand Tony Martin, la course comportera huit étapes à son programme. Au total, les concurrents devront parcourir 1155,5 km pour espérer s'imposer. Le samedi 10 mars, le peloton partira de Sisteron pour la septième étape, longue de 220 km, dont l'arrivée sera jugée à Nice après un passage par Tourrettessur-Loup et le col de Vence. Le lendemain, les coureurs termineront par un contre-lamontre de 9,6 km entre Nice et le col d'Eze. En 2011, les deux dernières étapes avaient particulièrement souri aux Français : Rémi di Gregorio s'était imposé à Biot sous la pluie, tandis que Thomas Voeckler avait levé les bras sur la promenade des Anglais. Le public espère déjà revivre un tel scénario.

ROLLER

Un tour de Corse pour promouvoir le don du sang La Niçoise Aurélia Randazzo n'a peur de rien, et surtout pas des nouveaux défis qui pourraient s'offrir à elle. Après avoir fait un aller-retour Nice-Marseille en 3 jours sur ses rollers (soit 300 km), cette sportive âgée de 30 ans a décidé d'effectuer un tour de Corse par le littoral. Une "balade" longue de 750 km, qu'elle veut réaliser pour donner un coup de projecteur à l'Etablissement français du sang, pour lequel elle travaille. L'Azuréenne, qui a prévu de loger chez l'habitant, au gré des rencontres, devrait démarrer son aventure en avril. Aurélia Randazzo se donne douze jours pour réussir ce challenge pas banal.

GYMNASTIQUE

UN GALA INTERNATIONAL À MONACO

Dimanche 19 février, plusieurs disciplines de la "famille" de la gymnastique (artistique, acrobatique, rythmique, trampoline) seront mises en avant à l'occasion du Gala international princesse Grace, qui débutera à la salle Gaston-Médecin à partir de 15 h 30. Un rendez-vous qui rassemblera des gyms de premier plan.

DEUX ANTIBOIS EN QUÊTE D'UNE SÉLECTION

Licenciés à l'OAJLP, Hamilton Sabot et Samir Ait Said espèrent toujours obtenir leur sélection pour les Jeux olympiques de Londres. Dans la capitale anglaise, l'équipe de France a obtenu sa qualification sans eux en terminant troisième d'un "test event", derrière l'Italie et le Canada. Amoindris par des blessures, ils devront batailler ferme pour gagner leur place au sein d'un collectif talentueux.

TRIATHLON

Une étape du TriStar 111 à Cannes Forts de la réussite de la première édition du TriStar de Monaco en septembre 2011, les responsables de la société Star events ont décidé mettre sur pied un deuxième événement similaire sur la Côte d'Azur. Le 29 avril, Cannes rejoindra ainsi la longue liste des villes choisies pour accueillir ce triathlon au format particulier (1 km de natation, 100 km de vélo et 10 km de course à pied). Parrainée par Paul Belmondo, la manifestation offrira une partie cyclisme attractive mais exigeante, avec un total de 1 600 m de dénivelé positif, entre l'Estérel, Peymeinade et Auribeau-sur-Siagne. Le 4 mars et le 1er avril, des sorties de reconnaissances seront proposées aux futurs participants. Renseignements sur www.tristarcannes.com

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Brèves

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Mal en point en Ligue 2, l'AS Monaco n'a pas fait dans la demimesure lors du mercato d'hiver. Entre le 1er et le 31 janvier, dix joueurs ont été recrutés par les nouveaux dirigeants. Les nouveaux venus (Tziolis, Subasic, Barazite, Kagelmacher, Wolf, Touré, Koman, Jemal, Dirar, Tzavellas) ont coûté 18,5 millions d'euros à Dmitri Rybolovlev, dont 7,5 millions pour le seul Nabil Dirar, milieu de terrain marocain qui évoluait jusqu'alors au FC Bruges. L'été dernier, les rouge et blanc avaient fait encore "mieux" en débauchant douze joueurs.

VTT DESCENTE

Le Cagnois Loic Bruni franchit encore une étape A seulement 17 ans, Loic Bruni s'affiche comme l'un des plus grands espoirs du VTT  hexagonal. Sacré champion de France juniors l'été dernier, celui qui fait partie de la jeune garde de l'US Cagnes, un club présidé par son père, JeanPierre, ne semble pas avoir de complexe. Recruté par le team professionnel Lapierre, qui compte plusieurs riders de prestige dans ses rangs, le Cagnois ne se contente pas de faire de la figuration. Auteur de plusieurs apparitions remarquées en coupe du monde de descente (notamment une 14e place chez les seniors à Windham, aux USA), Bruni a repris sa saison en terminant 5e de la Razorbike, une course enduro disputée à Théoule-sur-Mer.

FOOTBALL

L'US CAGNES ET L'ES CROS-DE-CAGNES VONT FUSIONNER

Dès le début de la saison 20122013, l'Union sportive de Cagnessur-Mer et l'Entente sportive du Cros-de-Cagnes ne devraient faire qu'un. Les deux clubs ont en effet répondu à l'appel du pied de la municipalité, qui souhaitait les voir s'unir. Une première tentative avait déjà été effectuée en ce sens en 2009. Les statuts de la nouvelle association seront déposés avant le 31 mars.

UNE "SOCCER NIGHT" À SOCCER PARK

Après avoir célébré sa première année d'existence, Soccer park Antibes multiplie les événements. Le 10 février, la "soccer night" opposera des équipes de foot à 5 dans les structures haut de gamme de cet espace dédié aux parties endiablées entre amis. Renseignements sur www.soccerpark.fr

BOXE FRANÇAISE NICE BOXING, PREMIER CLUB DE FRANCE

Avec 421 inscrits, la structure gérée par Franck May se porte très bien. La Fédération française vient même de lui attribuer le trophée du meilleur club de France. Adeline et Marine May, filles du directeur technique, sont respectivement championne du monde des moins de 18 ans et vicechampionne du monde universitaire. Joli travail !

FOOTBALL

L'OGC Nice n'ira pas au stade de France

Finaliste malheureux de la coupe de la Ligue en 2006 face à Nancy (1-2), l'OGC Nice aurait aimé retourner au stade de France. Après avoir chuté l'an dernier en demi-finales de la coupe de France face à Lille (0-2), les Aiglons ont une nouvelle fois été éjectés à ce stade de la compétition, en coupe de la Ligue cette fois. A Marseille, les partenaires d'Anthony Mounier ont opposé une pâle résistance à un OM pourtant pas flamboyant (défaite 2-1). Une soirée à oublier, d'autant plus que des supporters niçois ont été agressés pour des Phocéens pas vraiment accueillants. Le même jour, le Gym apprenait qu'Emerse Fae, son milieu de terrain ivoirien, devait mettre un terme à sa carrière à cause de phlébites chroniques. Actuellement 18es de Ligue 1, les rouge et noir ont un peu de mal à voir la vie en rose…

VOLLEY-BALL

Le RC Cannes rêve d'un destin européen

Victorieuses à deux reprises de la Ligue des champions, en 2002 et 2003, les filles du Racing club de Cannes entretiennent une relation particulière avec la plus relevée des compétitions européennes. Et dix ans après leur premier sacre, même si la donne a changé et que la concurrence dispose désormais de moyens bien plus important, les Cannoises jouent leurs chances à fond. Lors de la phase de groupes, elles ont signé six victoires, un sans-faute. Qualifiées pour les huitièmes de finale, Victoria Ravva et ses coéquipières doivent écarter les Polonaises de Muszyna pour poursuivre l'aventure (3-0 à l'aller en Pologne, retour le 7 février à Cannes).

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Brèves

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C'est le nombre de victoires remportées par l'AS Monaco basket après 16 journées de Nationale 2. Auteurs d'un départ canon et portés par de grosses ambitions, les hommes de Jean-Michel Sénégal sont sur la bonne route. S'ils poursuivaient sur la même cadence, ils pourraient obtenir leur maintien en N1, le troisième échelon national. Dans la même poule, Golfe-Juan, promu de N3, fait mieux que résister et occupe le troisième rang.

TENNIS DE TABLE BONNE SÉRIE DES PONGISTES DU CPC NICE Pensionnaires de Pro B, ces derniers n'ont pas connu le goût amer de la défaite depuis le 6 décembre. Les Niçois restent sur quatre victoires et trois nuls à la veille de la 11e journée. Une dynamique positive qui permet de se rapprocher du maintien, leur objectif initial. Actuellement cinquièmes, les pongistes du CPC recevront Auch le 14 février à la salle Raoul-Dufy.

INSTITUTIONS

Association mondiale des olympiens : le prince Albert succède à Samaranch Seul chef d'Etat à avoir pris part à cinq olympiades en tant qu'athlète (en bobsleigh, durant les Jeux de 1988, 1992, 1994, 1998 et 2002), le prince Albert a pris la tête de l'Association mondiale des olympiens (AMO), l'entité qui regroupe les 100 000 sportifs ayant participé aux JO. C'est le président de l'AMO, Joël Bouzou, qui a proposé au souverain monégasque de devenir le patron du mouvement. Albert II succède donc à Juan Antonio Samaranch, décédé en 2010, qui avait créé l'AMO en 1994. "Son implication et ses capacités de persuasion nous permettront d'accroître notre influence et de convaincre de nouveaux acteurs que les Olympiens, partout dans le monde, peuvent et doivent contribuer à améliorer le monde dans lequel nous vivons", a déclaré Joël Bouzou au sujet du prince.

SOLIDARITÉ

Stars et footballeurs unis pour les enfants malades Passer un bon moment et récolter des fonds destinés à apporter un peu de réconfort à des enfants malades ou handicapés ? C'est le souhait des membres de l'association "Un sourire, un espoir pour la vie", dont l'ancien gardien de but Pascal Olmeta est la figure de proue. Samedi 11 février, en collaboration avec Fight Aids Monaco des artistes et des footballeurs participeront au "Show beach soccer", qui sera organisé sous le chapiteau de Fontvieille, à Monaco. La totalité des fonds récoltés servira à financer le rêve d'enfants malades. L'an passé, Eric Cantona et Zinédine Zidane avaient notamment fait le déplacement.

RÉCOMPENSES PLUSIEURS AZURÉENS HONORÉS PAR LES GRANDS PRIX DU SPORT Le conseil régional a souhaité récompenser treize sportifs azuréens et provençaux lors de la septième édition des Grands prix du sport. Les nageur Yannick Agnel, Charlotte Bonnet et Camille Muffat figurent, comme souvent, parmi les champions primés. Alexandre Farrugia, du Cannet basket handisport, a reçu le prix d'excellence de l'éducateur sportif ; Aude Bongiorni (aviron) a reçu le prix du jeune arbitre, Karina Puveland (karaté) a eu le prix d'excellence de l'arbitrage, Cannes-Mougins (golf) a hérité du statut de meilleure équipe masculine et l'ES Villeneuve-Loubet haltérophilie de celui du meilleur collectif féminin. Enfin, Marie-Marguerite Trifogli a reçu le prix d'excellence du dirigeant.

OMNISPORTS

Les victoires du Sport à Nice

Le 20 février prochain, les Victoires du sport rassembleront tous les clubs niçois à Acropolis. L'occasion pour la ville de mettre en avant les performances de premier plan établies par les athlètes du cru durant une année 2011 très réussie. En vous rendant sur www.nice.fr, il est même possible de voter pour élire le meilleur sportif de l'année (catégories hommes, femmes et handisport). A la mairie principale et dans les bureaux annexes, des invitations sont à retirer pour assister à cette soirée destinée à réunir des compétiteurs peu habitués à se croiser et des amateurs de sport à la sauce nissarte. Judokas, nageurs, voileux, escrimeurs, boxeurs et autres défileront sur la scène durant un événement qui devrait également comporter quelques apartés artistiques et des démonstrations.


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ESCRIME

Résultats de premier plan pour Maximilien Chastanet

Le jeune fleurettiste de l'OGC Nice, club qui compte de nombreux talents dans ses rangs, aligne les performances de choix ces derniers temps. Lors d'une manche du circuit européen cadets à Cabriès, Maximilien Chastanet a réussi à monter sur la troisième marche du podium. Avec l'équipe de France, il a par ailleurs obtenu la médaille d'argent. A Varsovie, il a de nouveau terminé deuxième sur la scène continentale. Surclassé en juniors lors du 2e circuit national organisé à Sainte-Geneviève, le Niçois n'a pas mis beaucoup de temps à prendre la mesure de ses adversaires. Il a accroché le bronze.

TENNIS

Monte-Carlo Rolex Masters : Nadal pour un grand huit ? Les fans de tennis devront patienter jusqu'au 14 avril avant d'assister aux premiers échanges sur la terre battue du prestigieux Monte-Carlo country club. Mais du côté des organisateurs, on s'active déjà pour proposer un rendez-vous toujours plus proche de la perfection. Lors d'une conférence de presse, le directeur du tournoi, Zeljko Franulovic, a annoncé quelques nouveautés pour la 106e édition (écran géant sur le court des Princes, réaménagement des espaces de restauration, nouvelle zone d'animations pour les jeunes, "quartier général" des joueurs étendu…). Vainqueur pour la septième fois consécutive en 2011, Rafael Nadal devra faire face à une redoutable concurrence. La liste des engagés devrait être rendue publique le 19 mars.

Brèves

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C'est le rang occupé par les handballeuses de l'OGC Nice en Division 2 et le nombre de défaites concédées par les troupes de Carine Bertrand (qui a succédé à Franck Bulleux mi-décembre) après quatorzes journées. A miparcours, solidement accrochées au fauteuil de leader, les rouge et noir sont aux portes de la D1, l'objectif initial de cette équipe ambitieuse.

FORMULE 1

JULES BIANCHI RÉSERVISTE CHEZ FORCE INDIA

Ses compatriotes Pic, Grosjean et Vergnes ont obtenu un poste de titulaire pour la saison prochaine en F1 et lui devra  se "contenter" d'un rôle de troisième pilote au sein de l'écurie Force India. Jules Bianchi le reconnaît, cela lui a fait mal "de voir les autres monter en F1". Mais le Niçois est fier de pouvoir s'étalonner face à Di Resta et Hulkenberg. "Ce n'est pas comme être titulaire, mais c'est déjà un grand pas en avant."

FOOT US

LES IRON MASKS DÉMARRENT FORT

SKI ALPIN

Nastasia Noens revient dans la course Présente à six reprises dans le top 10 de la coupe du monde, Nastasia Noens avait terminé huitième du classement général en 2011, tout en obtenant la neuvième place aux championnats du monde. Une belle saison contrariée par une blessure au genou gauche, qui a nécessité une opération et près de six mois de convalescence pour la jeune slalomeuse de 23 ans. La Niçoise retrouve rapidement ses marques, si l'on se fie à ses récents résultats (7e à Courchevel le 18 décembre, 5e à Flachau le 20 décembre, 9e à Kranjska Gora le 22 janvier). Pas suffisant, toutefois, pour la satisfaire : "Je suis complètement déçue du résultat, et de la façon dont j'ai skié sur le mur. C'était mon point fort avant. Je vais rentrer et faire du géant et du super-G, ça va me faire du bien", a-t-elle déclaré à Kranjska Gora. 26 27

Pensionnaire de Division 2, l'équipe cannoise de football américain a pris un très bon départ en championnat. Grâce à deux succès, contre les Cannoniers et les Servals, les Iron Masks pointent en tête. Le prochain match des hommes de Christophe Keller est prévu le 14 février, contre les Kangourous.

BOXE ANGLAISE

YOANN BOYEAUX CHUTE DEVANT SON PUBLIC

Champion en titre des poids coqs (- de 53 kg), Yoann Boyeaux n'a pas réussi à conserver sa ceinture face à son public, dans la salle Leyrit de Nice. Le boxeur âgé de 24 ans n'a jamais pu faire douter son challenger clermontois, Anthony Settoul. Cruelle désillusion pour celui qui se voyait déjà aller chercher le sacre européen dans quelques mois.


LES MOTS DU SPORT "Histoire du sport et géopolitique" Collectif, sous la direction de Thierry Terret. 33 euros, 318 pages. Editions L'Harmattan Lorsque l'on traite de l'histoire du sport, il faut souvent sortir des limites du terrain pour mieux en analyser certains épisodes. Car derrière des compétitions et des confrontations qui font lever les foules se cachent parfois d'autres enjeux. Que ce soit pour asseoir leur domination sur l'échiquier géopolitique ou pour affirmer leur propre identité, nombreux sont les pays qui se sont appuyés sur le sport pour mener à bien leur entreprise. Dans un ouvrage dense, très documenté, des chercheurs et des spécialistes font le tour de la question.

"Boxe, descente de ring" Photos de Laurent Gudin, textes d'Eric Breton. 35 euros, 288 pages. Budo éditions Des ambiances, des lumières, des visages bruts "avec encore tout le combat dans les yeux". Laurent Gudet a abandonné son poste de directeur artistique dans plusieurs magazine nationaux pour vivre au milieu de boxeurs, dont il a immortalisé le quotidien pendant près de six ans. Travail de sape dans les salles d'entraînement, concentration dans un vestiaire mal éclairé, combats de longue haleine… Le photographe apporte un éclairage intéressant sur l'univers de "l'anglaise".

"L'histoire passionnée du rugby" De Romain Allaire, Jean-Pierre Gonguet et Olivier Villepreux. 40 euros, 200 pages. Editions Hugo et Cie D'entrée, les auteurs affichent leur parti pris, leur volonté de ne pas être exhaustifs ni sentencieux. Cette histoire du rugby, de sa création au XIX

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siècle à aujourd'hui, ils la livrent avec le cœur. Ça

"Hippisme, le grand livre des courses de chevaux" De Dominique Cellura et Alissia Grifat. 29,95 euros, 167 pages. Verlhac éditions Le PMU, qui organise les paris sur les courses hippiques, annonce sept millions de parieurs réguliers en France. A l'abri des regards indiscrets, certaines ventes de pur-sang se règlent à coups de millions d'euros. Au-delà de ces chiffres faramineux, certains ont les yeux de Chimène quand ils voient ces chevaux lancés vers le poteau d'arrivée. Hippodromes, jockeys, drivers, jargon, origines et légendes de la disciplines : les auteurs ne laissent rien au hasard.

sent le french flair, les maillots couverts de boue et de sang et les fameuses "valeurs de l'ovalie", mais pas seulement. Entre coups de poing, coups de génie et coups de pompe, ils n'hésitent pas à déborder du cadre pour évoquer l'évolution de ce sport qui entretient une relation particulière avec la littérature. Enrichi de 700 images, cet ouvrage robuste comme un troisième-ligne deviendra un pilier de votre bibliothèque sportive.

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"L'aventure des Jeux olympiques, un siècle de passion olympique" De Guy Benamou. 21 euros, 376 pages. Editions Jacob-Duvernet Entre Athènes, en 1986 et Vancouver 2010, 141 209 athlètes ont défendu les couleurs de leur pays aux Jeux Olympiques d'été ou d'hiver. Cela paraît beaucoup… et très peu à la fois. Dans nos rêves de gosse, nous étions certainement des milliards à s'imaginer succéder un jour aux mythiques Zatopek, Comaneci, Spitz, Lewis, Bolt et tant d'autres. Du grand n'importe quoi des JO de Paris en 1900 (avec des concours de triple saut sans élan, de natation avec obstacles…) aux méthodes d'entraînements ultra-poussées, on parcourt cent ans aux côtés des champions et d'anonymes qui ont laissé une trace dans l'Histoire.


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RALLYE MONTE-CARLO 2012

LES PROMESSES

DE LOEB Sébastien Loeb, octuple champion du monde a démarré la saison en fanfare lors du rallye Monte-Carlo, où il a maîtrisé de bout en bout la concurrence lâchée à ses trousses. La sixième victoire de l'Alsacien a offert un épilogue attendu mais spectaculaire à l'épreuve monégasque, qui a réussi son retour en WRC.

Par Jimmy Boursicot. Photos : Sébastien Nogier, Mickaël Chaumien Citroën racing et Ford racing

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49 C'est l'âge du Français François Delecour, qui a repris le volant d'une Ford Fiesta dix ans après sa retraite en WRC. Vainqueur du Monte-Carlo en 1994, il avait gardé quelques repères. A la clé pour le Nordiste ? Une valeureuse sixième place au général.

2'45''50

C'est la confortable avance dont disposait à l'arrivée Sébastien Loeb sur son premier poursuivant, l'Espagnol Dani Sordo (Mini). L'Alsacien a ainsi décroché sa 68e victoire en championnat du monde et inscrit 28 points à l'occasion de l'épreuve d'ouverture de la saison 2011-2012

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'est mon rallye !", a clamé Sébastien Loeb, à la manière d'un gosse qui rechignerait à partager son jouet préféré. Pour la sixième fois de sa carrière, le pilote français s'est imposé à Monte-Carlo, sans trembler outre-mesure. Ceux qui se demandaient si l'homme aux huit titres mondiaux allait encore imprimer un cadence infernale, quasi impossible à tenir pour ses poursuivants, ont eu un début de réponse cinglant. Auteur d'un carton plein pour sa première sortie de l'année (avec les 25 points de la victoire et les trois unités de bonus acquises lors de la Power stage), Loeb a annoncé la couleur. Et les parieurs en quête de grosses cotes devront sans doute passer leur chemin pendant quelque temps encore, tant l'immense favori du championnat du monde WRC semble être en mesure d'étendre la durée de son règne. "La Citroën DS3 WRC a parfaitement fonctionné, je me suis senti à l’aise dès le début du rallye et j’ai pu adopter un bon rythme. Ca fait du bien de débuter la saison de la sorte", déclarait le Français, juste avant de déboucher le cham-

pagne sur le Rocher.

RETOUR DANS LE GOTHA

26 C'est le nombre d'abandons recensés entre le départ du Monte-Carlo à Valence et le col de la Madone, point d'arrivée de la "power stage". Sébastien Ogier, vainqueur de cinq rallyes en WRC l'an dernier, a notamment été victime d'une impressionnante sortie de route lors de la spéciale n°10, alors qu'il roulait à 160 km/h. "C'est le plus gros accident de ma carrière. Nous avons été chanceux, les conséquences auraient pu être pire." L'équipage de la Skoda Fabia S2000 est sorti indemne du choc.

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"Je suis heureux de remporter un rallye qui me tient à cœur. Il y avait énormément de supporters au bord des routes et j’avais aussi envie de gagner pour eux", a poursuivi Loeb, accompagné par son copilote monégasque, Daniel Elena. Pour les deux hommes, l'absence du rallye Monte-Carlo dans le calendrier du championnat WRC était une anomalie. Eux qui étaient habitués à jouer les équilibristes sur les routes montagneuses de l'arrière-pays avaient dû composer sans leur étape fétiche entre 2009 et 2011. La raison ? Le passage de la course en International rally championship (IRC) durant cette période. A l'instar du duo, nombreux étaient les observateurs qui militaient pour le retour du mythe. Michèle Mouton, ancienne pilote devenue manager général du WRC, estime que "cela s'imposait. C'était une priorité pour nous, il était impossible qu'on enlève ce rallye du calendrier". Ecarté en 2008 par la direction du WRC d'alors, qui souhaitait mettre en place un


1 400 € A système d'alternance, l'encadrement de l'Automobile club de Monaco (ACM), qui organise le rallye, s'était rabattu sur l'IRC. Un championnat de moindre envergure, mais aussi moins contraignant sur le plan de la réglementation et du tracé. Bon an mal an, l'épreuve de légende avait continué son histoire. Une histoire qui a connu de nouveaux rebondissements à quelques jours du départ, et pas des moindres. La Fédération internationale de l'automobile (FIA) annonçait la résiliation du contrat qui la liait à North one sport, promoteur et diffuseur des championnats du monde de rallye (le propriétaire de cette structure, le Russe Vladimir Antonov est soupçonné de malversations et a été arrêté récemment). Dans l'urgence, l'ACM devait trouver un autre prestataire afin d'assurer la couverture télévisuelle de l'événement. C'était finalement Eurosport qui débarquait à la rescousse.

DIFFICILE DE SUIVRE LA CADENCE… Devant leur écran ou sur le bord des routes,

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les fans de sport auto n'ont pas boudé leur plaisir et ont suivi avec délectation cette première levée de la saison 2012. Les amateurs de scénarios à suspense, eux, sont restés sur leur faim. Comme souvent depuis quelques années. Au départ du Monte-Carlo, qui se situait en fait à Valence (Drôme), plusieurs rallymen aux dents longues espéraient profiter d'un faux pas de Loeb ou d'une entrée en matière moins percutante du boss pour se rapprocher de la victoire. Le Finlandais JariMatti Latvala menait la troupe des "insurgés" et parvenait même à occuper la tête après trois spéciales. Lors de la quatrième, le pilote Ford prenait encore plus de risques et était obligé d'abdiquer après une sortie de route. Sébastien Ogier, qui formait il y a peu un équipage pas vraiment ami-ami avec l'autre "Seb" chez Citroën, connaîtra le même sort dans l'Ardèche, lors de l'ES 10 (lire par ailleurs). Peu à peu, la meute devenait plus clairsemée. Seuls Dani Sordo (Mini), Petter Solberg et Evgeny Novikov (tous deux sur Ford) parve-

C'est le montant de l'amende infligée au Norvégien Petter Solberg. La fougue du pilote Ford lui a permis de grimper sur la troisième marche du podium. Samedi soir, après la dernière spéciale, il semblait encore en avoir sous la pédale. Alors qu'il était à l'entrée de Monaco, Solberg a coupé une ligne blanche à 106 km/h (au lieu des 50 autorisés) afin de doubler "un véhicule lent". On ne se refait pas…


 CLASSEMENT GÉNÉRAL 1ers : Sébastien Loeb/Daniel Elena (Citroën DS 3

6es : François Delecour/Dominique Savignoni

2es : Dani Sordo/Carlos del Barrio Corral

7es : Pierre Campana/Sabrina de Castelli

3es : Petter Solberg/Chris Patterson

8es : Ott Tanak/Kuldar Sikk (Ford Fiesta WRC), à

4es : Mikko Hirvonen/Jarno Lehtinen

9es : Martin Prokop/Jan Tomanek

5es : Evgeny Novikov/Denis Giraudet

10es : Armindo Araujo/Miguel Ramalho

WRC), 4 h 32' 39''

(Mini Cooper WRC), à 2' 45'' 500 (Ford Fiesta WRC), à 3' 14'' 200

(Citroën DS3 WRC), à 4' 06'' 800 (Ford Fiesta WRC), à 6' 03'' 400

(Ford Fiesta WRC), à 7' 47'' 900

(Mini Cooper WRC), à 8' 31'' 400 10' 34'' 600

(Ford Fiesta WRC), à 16' 10'' 700 (Mini Cooper WRC), à 16' 16'' 600

NOMBRE DE SPÉCIALES REMPORTÉES 9 : Sébastien Loeb/Daniel Elena 4 : Petter Solberg/Chris Patterson 3 : Mikko Hirvonen/Jarno Lehtinen 1 : Dani Sordo/Carlos del Barrio et Jarri-Matti Latvala/Mikka Antila naient à s'intercaler entre les deux Citroën, celles de Sébastien Loeb et de son co-équipier finlandais, Mikko Hirvonen. Ce dernier, nouvelle recrue de la marque au chevron, n'a pas tardé à prendre ses marques. "Ce n’était pas le rallye le plus facile pour débuter avec une nouvelle voiture, mais je suis satisfaisait. Il fallait y aller en douceur et viser l'arrivée pour marquer des points", glissait Hirvonen.

"GÉNIAL DE ROULER LE SOIR" Embarqués sur des tracés rendus glissants et piégeux par la neige lors de leur passage dans le Vercors, les concurrents ont ensuite retrouvé des routes sèches en ralliant Monaco. Dans ces conditions, le classement n'allait connaître aucune modification majeure, malgré le net regain de forme de Petter Solberg, qui réalisait trois fois le meilleur chrono sur les quatre spéciales du samedi (MoulinetBollène-Vésubie et Lantosque-Lucéram, par-

courus à deux reprises). Sébastien Loeb, sans signer aucun scratch depuis l'ES 10, gérait son avance et se rapprochait un peu plus de la victoire. Pas blasé pour un sou, l'Alsacien évoquait la magie du Turini de nuit : "C'était vraiment génial de rouler le soir, en étant en tête du rallye et en essayant de se diriger vers une victoire. L'ambiance dans le Turini était impressionnante, avec des fumigènes et des feux d'artifice. Il y a toujours un bel enthousiasme, c'est vraiment chaud et ça fait plaisir." Galvanisé par cette "balade" nocturne et désireux de frapper fort d'entrée, Sébastien Loeb mettait un point d'honneur à remporter la Power stage (une spéciale qui permet au plus rapide d'inscrire trois points supplémentaire au classement) disputée le dimanche matin entre Sainte-Agnès et le col de la Madone. L'Espagnol Dani Sordo, deuxième du général, se satisfaisait de sa semaine : "Je suis très 34

content de ce résultat, c'est une très bonne place pour moi et pour l'équipe Mini. C'est très encourageant pour la suite." Classé troisième et vainqueur de trois spéciales, le Norvégien Petter Solberg était dans le même état d'esprit que les deux autres pilotes présents sur le podium "Je suis ravi, j'ai adoré ce rallye, du départ à l'arrivée. Je n'avais jamais aussi bien démarré une saison. La Ford Fiesta est très rapide, je peux vous le dire." A l'image de ces concurrents, les fans de rallye avaient également des raisons de repartir avec le sourire. Souvent tancé pour son côté de plus en plus froid et inaccessible, le plateau WRC a fait des efforts pour ne pas se couper de son public. Sur le port de Monaco, le parc d'assistance était plus ouvert que de coutume. Les supporters n'en demandaient pas plus, heureux d'avoir pu côtoyer leurs idoles quelques instants.


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COL DE TURINI, À L'ASSAUT D'UN MYTHE

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amedi 21 janvier, avant-dernier jour du rallye Monte-Carlo. Il est un peu moins de midi et des centaines, des milliers de spectateurs arpentent le bitume. Une procession païenne en marche vers le saint des saints. Tant pis s'il faut grimper pendant huit kilomètres parce que les gendarmes ont déjà barricadé les routes. Tant pis s'il faut zizaguer entre les voitures qui se sont engouffrées dans la brèche, s'imaginant emprunter le même itinéraire que les bolides pétaradants qui débouleront plus tard. Seul un profane ou une brebis égarée pourrait se demander vers où se dirige cette foule bigarrée. Oser poser la question, c'est faire offense au mythe qui les attend là-haut. Là-haut, c'est le col de Turini. Avec ses 1 604 mètres d'altitude, il fait presque figure de "pitchoun" des Alpes. Mais dans la tête des fondus d'auto, il a le visage d'un géant. Les pères de famille ont beau grommeler, assurer à leurs enfants que, de toute manière, rien ne sera plus jamais comme avant, que la magie du Turini s'est peu à peu évanouie, ils y reviennent toujours. En espérant avoir la chance de revivre un de ces moments qui ont flotté dans leurs rêves de gosses. De notre côté, le rallye Monte-Carlo 2012 était l'occasion d'aller voir pour la première fois de quoi il en retournait, savoir si ceux qui nous promettaient monts et merveilles étaient dans le vrai.

A MANGER POUR DIX JOURS Les organisateurs savent que les journalistes sont de petites natures. Chaque membre de la caravane médiatique a hérité d'autocollants qui ont valeur de sésame pour franchir toutes les barrières menant vers le départ de la spéciale numéro 14, entre Moulinet et la Bollène-Vésubie. Déjà installés, des fans espagnols se chauffent la voix et nous haranguent au passage. D'autres, cramponnés sur les bords de la route, tendent le pouce pour qu'on les prenne en stop. Difficile d'embarquer tout le monde. Notre photographe, pilote d'un jour, joue la carte de la sécurité. Pas le moment de rester en rade sur le tracé, les furies mécaniques nous réduiraient en charpie…

Arrivés à Moulinet, il nous reste exactement 11,78 kilomètres avant d'arriver. A la place du copilote (ou du mort, selon le degré d'optimisme), on a consciencieusement étudié le tracé. Sage décision. Car une fois à destination, on sera privé d'une bonne partie de notre "savoir", nos smartphones déclarant rapidement forfait. Ironie du sort : tout en étant sur place, nous serons moins bien renseignés que nos collègues confortable-

ment affalés dans leur canapé. Peu importe : eux n'auront pas idée de l'effervescence qui règne là-bas. On essaye de se frayer un chemin parmi la foule imposante qui s'amasse sur le bas-côté. Prendre un café dans l'un des bars ou des auberges plantées autour de l'épicentre de l'événement ? Injouable, c'est déjà bondé comme une plage juanaise sous le cagnard. Ceux qui ont déjà traîné leurs guêtres sur le Turini ont prévu le


coup. Ici ou là, des bandes de potes s'installent autour d'une immense cagette remplie de fruits, de charcuterie et d'à peu près tout ce dont on aurait besoin pour survivre en milieu hostile pendant dix jours.

MELTING POTES Il n'est même pas 15 heures et le thermomètre commence déjà à nous la faire à l'envers. On sort la panoplie du parfait Eskimo, au cas où. Et dire que cette année, il ne neige même pas… Voir défiler les concurrents du championnat du monde, ça se mérite : impatients, s'abstenir. Deux cent mètres plus bas, le décor change encore. Les lacets s'enchaînent, élastiques et périlleux. Des troncs d'arbre débités avec précision sont stockés près du "circuit". Erreur interdite, tous les pilotes le savent bien. Posés sur des rochers, calés sur une branche robuste, les spectateurs font passer le temps en taillant le bout de gras avec leurs voisins. Les chasseurs d'images, simple amateurs ou passionnés sur-équipés, sont légion. Des familles à l'organisation épatante, des jeunes avec un stock de bières monumental, des anciens qui ont ramené leur chaise tout confort. Tout le monde

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se mélange et profite de la journée. Le rallye ? Ils l'ont presque oublié avec tout ça. Sans crier gare, on passe à l'action. La Citroën de Loeb file comme l'éclair. La photo est loupée pour les distraits. La suite du peloton débarque, réglée comme une horloge. Les gamins ont des yeux ronds comme des billes, les adultes se lancent dans des discussions techniques. On compare le bruit des moteurs, on vanne allégrement les pilotes trop mollassons. Petit à petit, une bonne partie des joyeux campeurs replonge dans son casse-dalle, sans un regard pour les sans-grade qui s'échinent maintenant sur ces courbes vertigineuses.

AMBIANCE "GUERRE DU FEU" L'air est encore plus glaçant, le soleil s'éclipse. Le décor de la fameuse nuit du Turini est planté. Les fans se réchauffent comme ils peuvent, agitant des drapeaux tchèques, espagnols, portugais… Débarqués par hordes entières, les voisins italiens ne sont pas les derniers à donner de la voix. "Fratelli d'Italia" l'emporte haut la main sur une timide "Marseillaise". Heureusement que Loeb est là pour mettre tout le monde d'accord. Tiens, cet aprèsmidi, il n'a pas signé le scratch sur la spéciale 14, nous apprend un supporter bien informé. C'est son coéquipier chez Citroën Total, Mikko Hirvonen (photo de gauche), qui a raflé la mise. Il est un peu plus de 19 heures et le faible éclairage nous plonge dans une atmosphère particulière. Ambiance "guerre du feu" avec des morceaux de bois grignotés par les flammes, des barbecues improvisés et des Tchèques qui beuglent à tout-va. Sur la colline d'en face, quelqu'un leur répond en activant le moteur d'une tronçonneuse. Boucan d'enfer, l'intensité monte d'un cran. Congelée, la foule s'agite tout de même encore un peu plus. Les as du volant sont de retour, en quête de gloire, d'un exploit qui leur permettrait de se faire une petite place dans la légende. D'autres se lancent avec une certaine appréhension sur cette route où le succès et l'échec se frôlent constamment. Ce soir, le plus véloce sera Petter Solberg. On ne s'en rappellera pas forcément dans dix ans. Mais on gardera toujours des images en tête de notre "baptême du Turini".


H a n d b a l l

ES VILLENEUVE-LOUBET HANDBALL

A LA RECHERCHE DE L'ÉQUILIBRE Tout en essayant de préserver son étiquette de club familial et en renforçant son travail de formation, l'Etoile sportive de Villeneuve-Loubet parvient à maintenir son équipe première depuis dix ans en Nationale 1. Un défi permanent pour les dirigeants du club. Par Jimmy Boursicot. Photos : Sébastien Nogier

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n voulant se rapprocher des feux de la rampe, certains se brûlent parfois les ailes. A l'Etoile sportive de Villeneuve-Loubet (ESVL), il est arrivé que la grenouille (l'emblème de la ville) veuille devenir aussi grosse que le bœuf. Quitte à y laisser… des plumes et une ardoise de taille. Il y a bientôt quatre ans de cela, l'ESVL avait frôlé la disparition pure et simple, plombée un déficit de 230 000 euros. Les sommes dépensées pour construire une équipe capable d'accrocher l'accession en Division 2 n'étant pas couvertes par les maigres recettes issues du sponsoring et des cotisations, le déficit se creusait chaque jour un peu plus. Un scénario qui se répète chaque année dans des centaines de clubs à l'ambition destructrice. Aujourd'hui, même si l'association continue

de combler le trou des années 2000, l'horizon semble tout de même plus dégagé. Villeneuve a retrouvé la voix de la sagesse et dispute actuellement sa dixième saison consécutive en Nationale 1 et une restructuration a été opérée dans les catégories de jeunes.

"IL Y A UNE VRAIE VIE AUTOUR DE CETTE ÉQUIPE" Frédérique Térol, qui occupe le poste de présidente depuis janvier 2009, veille au grain afin d'éviter de nouvelles déconvenues. "On continue toujours de rembourser notre dette. On ne peut pas effacer des sommes pareilles d'un coup de baguette magique. D'autant plus que la conjoncture pousse les collectivités à baisser ou ne pas augmenter leurs subventions. Les aides gouvernementales concernant les emplois ont 38 39

également disparu." Même s'il a fallu réduire la voilure, l'ESVL handball continue d'être le vaisseau-amiral de la ville. "Il y a aussi l'haltérophilie ou le hockey sur gazon. Mais à chaque fois qu'on joue ici, la salle est pleine. Il y a une vraie vie autour de cette équipe." Une équipe première emmenée par Sylvain Fresu, qui en a pris les commandes au début de la saison 2008-2009 après avoir entraîné Montélimar. Porté sur la formation, le technicien villeneuvois n'a pas hésité à donner un autre visage à son groupe. "Avant, il y avait une politique basée sur le haut niveau, avec beaucoup de recrutement. On a fait venir des jeunes qui ne connaissaient pas forcément la N1, mais qui sortaient parfois d'un centre de formation. On leur a proposé un challenge sportif, la possibilité d'évoluer à un niveau intéressant, mais pas d'argent. Comme on a la chance d'avoir une ville étudiante à proximité avec Nice, on arrive à conserver certains éléments. Certains sont là depuis trois-quatre ans." Au sein du troisième échelon national, l'Etoile sportive n'a désormais plus vraiment le même profil que certains de ses adversaires, qui comptent parfois près d'une dizaine de professionnels dans leurs rangs (bien que le championnat soit officiellement amateur). Dans cet effectif où la moyenne d'âge tourne autour de 24 ans, deux joueurs disposent d'un contrat. "Tout le monde a un contingent de pros. De notre côté, c'est le maximum qu'on peut faire. On a dû faire partir notre troisième joueur salarié à l'intersaison pour faire face à de nouvelles contraintes budgétaires. Je lui ai trouvé un club pour ne pas qu'il reste sur le carreau", explique l'entraîneur villeneuvois.


Sylvain Fresu est à la tête d'un groupe très jeune, "capable de soulever des montagnes et de s'écrouler juste après".

LE MAINTIEN AVANT TOUT Quoi qu'il en soit, l'ESVL n'a pas baissé son niveau d'exigence. Il n'est évidemment plus question de lorgner du côté de la D2, mais de se stabiliser en Nationale 1, "le véritable niveau du club", selon Frédérique Térol. Face à des écuries mieux armées, les Azuréens ne peuvent pas se permettre d'être dans un jour sans. Chaque semaine, ils avalent quatre à cinq séances d'entraînement pour mettre toutes les chances de leur côté. Neuvièmes puis deux fois septièmes lors des trois dernières saisons, les partenaires du capitaine Mohamed Maziane sont partis sur des bases un peu moins élevées. A l'intersaison, cinq nouveaux éléments ont rejoint l'équipe fanion, et la greffe a mis un certain temps à prendre. "Nos joueurs ne sont pas des produits finis, je le dis souvent. Forcément, on a moins de certitudes sur la régularité des résultats. Ils sont capables de soulever des montagnes un jour et de s'écrouler juste après", observe le coach. Premiers non-relégables après dix rencontres, les jaune et noir avaient enregistré six revers pour trois succès et un nul. La fin des matches aller aura été encore plus délicate à gérer pour les Villeneuvois, qui ont encaissé trois défaites lors de leurs trois dernières confrontations. Lors d'un mois de janvier à oublier très vite, ou bien à garder en mémoire pour gommer

toutes les imperfections qui ont coûté cher, les homme de Sylvain Fresu ont chuté face à Schiltigheim, Montpellier et Aubagne avant de relever la tête contre Folschviller.

L'ÉTAT D'ESPRIT EST PRIMORDIAL" Si le revers face à la réserve montpelliéraine est "acceptable", les deux autres revers, à domicile et face à des concurrents directs dans la course au maintien, pourraient être lourds de conséquence en fin de parcours.

Ces résultats sportifs, la présidente les suit évidemment avec attention. Mais ils ne sont pas sa seule source de préoccupation. "La performance compte, mais il faut avoir des valeurs. L'état d'esprit est primordial, les joueurs ne sont pas des numéros. Même si on en avait la possibilité, je ne voudrais pas d'un mercenaire qui prenne son chèque et s'en aille au bout d'une saison. On cherche à construire quelque chose de solide."Avec un collectif mieux rôdé et forcément plus accrocheur après avoir disputé la première moitié du championnat, l'ESVL va continuer sa route, qui devrait être moins tortueuse. "On a fait beaucoup de matches à l'extérieur pour le moment, on recevra plus par la suite. Nous sommes une des plus petites villes de la division et on a déjà rencontré plusieurs adversaires solides. Je pense qu'on va mieux se débrouiller. J'y crois, sinon je ne serais pas là", sourit Frédérique Térol. "Gérer une équipe de jeunes qui perd, ce n'est pas évident. Ça peut vite tourner à la psychose. On n'a pas beaucoup de marge de manœuvre car quatre équipes descendront en N2 (sur 14 ndlr). On a perdu trois fois d'un but, deux fois à la dernière seconde sur des injustices d'arbitrage. Alors, je leur dis que la roue va tourner, mais ce n'est pas facile. Deux joueurs qui ont été blessés pendant très longtemps vont faire leur retour, ça va nous aider."


M O I N S D E 1 8 ANS

LES VILLENEUVOIS

DANS LA COUR DES GRANDS

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'ils parvenaient une nouvelle fois à conserver leur place en Nationale 1, les membres de l'équipe fanion feraient certainement le bonheur des jeunes pousses du club, qui se verraient bien évoluer à leurs côtés dans le futur. "Pour la première fois, nos moins de 18 ans se sont qualifiés pour la poule haute du championnat du France. Pendant la première phase, ils ont même réussi à battre Montpellier, le champion en titre. C'est une réelle satisfaction", assure Frédérique Térol. Exigeant, Sylvain Fresu a également apprécié cette performance. Sans toutefois verser dans l'euphorie. "Ils ont été un peu surpris par mon discours. Je leur ai dit que pour le moment, il ne se sont pas assez entraînés. Pour ne pas faire de la figuration dans un groupe beaucoup plus relevé, il doivent mieux se préparer", estimait l'entraîneur général. Olivier Marty, qui dirige le groupe des moins de 18, est sur la même longueur d'ondes. Lui aussi aimerait que ses troupes affichent plus de régularité et d'implication durant l'entrainement. "C'est vrai qu'à certains moments, il y a un peu de relâchement. C'est gênant, d'autant plus que nous ne disposons pas d'énormément de créneaux. Dans le meilleur des cas, on peut faire trois séances par semaine, alors que certaines équipes du haut de tableau en ont sept ou huit."

"UN VERROU MENTAL A SAUTÉ" Novices à ce stade de la compétition, les joueurs de l'ESVL mesurent le fossé qui les sépare encore de formations comme Montpellier, champion de France en titre chez les moins de 18 ans comme en seniors, et Saint-Raphaël, qui peut s'appuyer sur de nombreux éléments du Pôle espoirs de Nice. Ejecter l'un de ces deux mastodontes des deux premières place relève quasiment de la mission impossible. Alors, le staff villeneuvois a fixé un objectif plus réaliste : terminer entre la troisième et la quatrième place afin de disputer

les phases finales Excellence. "On découvre totalement ce niveau, il y a des matches compliqués. Mais c'est là que les jeunes vont le plus apprendre. En se qualifiant, on a fait sauter un verrou mental. Ce qui est positif, c'est que tout le monde a encore une bonne marge de progression", estime Olivier Marty. Pour l'heure, Villeneuve-Loubet compte une victoire (30-29 contre Valence) et deux défaites (30-20 contre Saint-Raphaël et 34-33 contre Vénissieux). "Le calendrier est très haché, on a du mal à avoir une certaine continuité", note le technicien.

PRÉPARER L'AVENIR Quelle que soit l'issue de cette deuxième phase, les Villeneuvois repartiront avec plus d'ambition lors des prochaines saisons, avec l'envie de faire au moins aussi bien qu'en 2011-2012. Ce qui est loin d'être irréalisable, si l'on en croit Olivier Marty. "Cette équipe n'a pas grandi ensemble dans les catégories inférieures, mais l'amalgame s'est vite fait. Je pense que notre 40 41

victoire au Cavigal (31-20 lors de la première phase) a soudé le collectif. J'avais des doutes sur les capacités de certains, je ne m'attendais pas à ce qu'ils progressent aussi vite." L'effectif, qui compte sept première année, a cependant tendance à se reposer sur un trio d'individualités (Quentin Saiki, Sylvain Jaume et Rémi Rubio). "Le groupe est assez restreint. Nous avons 12 joueurs, le nombre exact que l'on peut coucher sur la feuille de match. L'année prochaine, avec quelques moins de 16 qui nous rejoindrons, on pourra faire quelque chose de bien. Et j'espère que certains de mes gars intègreront les rangs de la N1", poursuit Marty. Envisageable pour certains, cette promotion express n'est pas la norme, comme l'explique Sylvain Fresu : "Entre les catégories de jeunes et la N1, le palier est énorme. Notre équipe deux évolue en Prénationale (PNM), une division intéressante pour poursuivre sa progression. Les deux groupes sont très liés et Didier Ghibaudo, le coach de la PNM, m'aide énormément."


A S M O NAC O BOXE

Entre la principauté et le noble art, l'histoire a commencé au début des années 20 avec l'organisation de plusieurs combats prestigieux et la création d'une section boxe au sein de l'AS Monaco. Aujourd'hui, le club compte près de cent adhérents, parmi lesquels quelques compétiteurs aguerris. Par Jimmy Boursicot. Photos : Sébastien Nogier

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videmment, les gens d'ici sont toujours un peu étonnés. Quand on participe à des compétitions c'est la même chose. Personne ne s'attend à trouver des boxeurs en principauté. Alors, on suscite la curiosité. Mais il y a beaucoup de respect." André Micallef, président de l'AS Monaco boxe depuis la rentrée, a idéalement planté le décor. Effectivement, la présence de puncheurs sur le Rocher en laisse plus d'un pantois. Pourtant, cela fait un siècle que le petit Etat se passionne pour l'anglaise. En février 1912, le légendaire Georges Carpentier était venu y décrocher un titre de champion d'Europe des poids moyens après avoir couché Jimmy Sullivan dès la deuxième reprise. Le Boxing club de Monaco puis le Club pugilistique de Monaco permettent à la discipline de connaître des heures fastes. A partir de 1949, l'aventure se prolonger sous la bannière de l'ASM, sans jamais connaître d'interruption jusqu'à aujourd'hui.

HORIZONS DIVERS Mais dans l'imaginaire collectif, rien n'y fait. Entre le décor de rêve, les fastes et les discussions feutrées, difficile de rajouter une paire de gants à l'image d'Epinal. Qu'importe, les membres du club ne se préoccupent pas de ces considérations et viennent suer plusieurs fois par semaine dans les entrailles du stade Louis-II, où ont lieu les entraînements. Beaucoup viennent principalement pour maintenir leur forme physique et dépenser l'énergie qu'il leur reste avant de regagner leurs pénates. D'autres, moins nombreux, se préparent avec détermination pour les prochaines face-à-face. C'est notamment le cas d'Anthony Picard, 26 ans, qui a terminé vice-champion régional en moins de 60 kilos "Chez nous, nous faisons beaucoup de boxe loisir. Environ 85 % de nos licenciés ne font jamais de compétition et on compte pas mal de gens qui travaillent à Monaco et qui ont envie de se dépasser. C'est assez amusant car on a tous


B les profils. Régulièrement, on voit des femmes très élégantes qui arrivent avec leur sac Chanel pour s'entraîner. Après, même si c'est du loisir, il y a tout de même une certaine rigueur et certains font jusqu'à trois séances par semaine", poursuit André Micallef, inspecteur des jeux au casino de Monte-Carlo. Dotée d'une bonne réputation et appuyée par quatre éducateurs bénévoles (Gilles Landais, Hicham Mouden, Jérôme Hoareau et Nasser Yefsah), l'ASM boxe doit néanmoins lutter pour exister. Sans chercher à "taper dans le tas". "On privilégie la qualité du travail au volume. Evidemment, on aimerait se développer encore. Mais on ne pourra pas accueillir beaucoup plus de monde", résume André Micaleff, qui fut vicechampion de France universitaire.

LES JEUNES S'Y METTENT AUSSI Sur le Rocher, celui qui chercher une nouvelle activité a l'embarras du choix. Ce qui n'empêche pas l'association de séduire plusieurs jeunes. "On n'est pas vraiment en concurrence avec les autres sports de combat ou les arts martiaux, selon moi. Souvent, les enfants commencent par le judo. Puis ils essayent d'autres disciplines avant de se fixer. Les parents n'hésitent pas à amener leurs enfants ici. Ils savent que l'on fait les choses correctement et que personne n'est en danger."

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Pour pénétrer dans la salle et débuter sa progression, il faut être âgé d'au moins dix ans. Aujourd'hui, une quinzaine de jeunes apprend les rudiments du noble art, sans toutefois monter sur le ring. Pour le moment, les graines de champions boxent à la touche, en attendant d'imiter les grands. Hugo, le fils du président, a déjà laissé entrevoir certaines qualités et a atteint la finale du championnat de Provence chez les minimes (poids coqs) l'an dernier.

LA VIE SANS CHEBAH Pour eux et les autres jeunes pousses de l'ASM, jusqu'à il y a peu, l'exemple à suivre se nommait Ali Chebah. Champion du monde espoirs WBC chez les super-légers et considéré comme une étoile montante dans le milieu, celui qui était entraîné par Nasser Yefsah depuis janvier 2009, ne fait désormais plus partie des effectifs du club. Avant de quitter Monaco, ce professionnel au punch redoutable, habile contreur, aura réussi à obtenir deux "Trophées d'or", qui récompensent le meilleur athlète de chaque section de l'ASM. A n'en pas douter, ils seront bientôt nombreux à vouloir marcher sur les traces de Suliman Abdourachidov, membre de l'équipe de France amateur en moins de 81 kilos (lire en pages suivantes).

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André Micaleff occupe le poste de président depuis le début de la saison.


SUL I M AN ABDOU RACHI DOV

LA RAGE DE VAINCRE Originaire de Tchétchénie, arrivé à Nice à l'âge de 13 ans, Suliman Abdourachidov défend les couleurs de l'AS Monaco depuis 2007 et a même été élu sportif de l'année 2011 sur le Rocher. A 21 ans, il domine la catégorie des mi-lourds en France et rêve d'accrocher le bon wagon pour les Jeux olympiques de Londres.

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l a le regard sombre, on le voit percer à travers son casque. La sueur perle sur son front et vient s'écraser sur le sol. Il accélère la cadence et ses poings martèlent les paos, encore et encore. Le temps d'enlever son protège-dents, de s'envoyer une ou deux gorgées d'eau et Suliman Abdourachidov s'installe sur une chaise, prêt à enchaîner les réponses. Le jeune homme, que l'on disait peu causant, se livre avec conviction. De temps à autre, une lueur traverse

son regard quand il prononce les mots "Jeux olympiques" ou "équipe de France". Quand il a débarqué sur la Côte d'Azur il y a huit ans de cela, ce garçon venu de Tchétchénie n'imaginait pas une seconde que ces termes feraient partie de son vocabulaire un jour. Trop loin, trop flou, trop fou. "Honnêtement, je ne pensais pas arriver là où j'en suis aujourd'hui. J'ai commencé la boxe grâce à mon cousin, qui m'a donné envie d'essayer. Lui, il était en équipe de Russie", raconte Suliman.

"JE LE VOULAIS, CE MAILLOT" Le déclic interviendra un peu plus tard. Suliman assiste aux championnats de France organisés à Nice. Il profite de la qualité des combats, étudie les gestes de chacun. Mais ce qui retient encore plus son attention, c'est la tenue des boxeurs. "J'ai vu le maillot de l'équipe de France et je me suis dit qu'un jour, je l'aurai moi aussi. Je le voulais, celui-là". Alors, quand il finit par obtenir pour la première fois son paquetage de Bleu, le


B petit gars du Sud se prend en photos sous toutes les coutures. "J'ai été cinq fois champion régional chez les jeunes. Mais je ne pouvais pas viser mieux, je n'avais pas encore la nationalité française. J'ai dû attendre sept ans avant de l'avoir." Pour Nasser Yefsah, l'entrée de Suliman en sélection fut un grand moment. Ce robuste gaillard aux cheveux bruns qui grignotent une partie de son visage, c'est son protégé depuis leur rencontre à Nice Azur boxe, en 2005. "Quand je suis arrivé là-bas, il y avait deux groupes. Les Maghrébins d'un côté, les Tchétchènes de l'autre. On m'a demandé de m'occuper des jeunes et j'ai repéré Suliman. Il n'avait pas encore de technique de boxe, c'était seulement de la bagarre de rue. Mais il avait du potentiel, il fallait faire une formation accélérée pour rattraper le retard. Je lui ai dit que s'il m'écoutait, il y arriverait. Puis on a commencé à s'entraîner cinq ou six fois par semaine."

EN QUATRIÈME VITESSE Le duo part ensuite vers l'AS Monaco, fait les trajets en bus dans un premier temps, et renforce ses liens. Nasser tape sur le biceps de Suliman et lui dit : "Allez, raconte-lui ce que tu faisais avant". Le boxeur sourit timidement et rentre la tête dans les épaules. "Bon, je vais vous le dire. A l'époque, il avait toujours un paquet de gateaux à la main. Je n'avais jamais vu quelqu'un manger autant !", s'esclaffe Nasser. Aujourd'hui, les M&M's restent un peu plus longtemps au fond de la poche. La carrière du sociétaire de l'ASM a pris des allures plus sérieuses, plus studieuses. En plus des cours de Bac pro comptabilité qu'il suit à Drap, Abdourachidov enchaîne les séances, fait même du rab' à la maison. "Mon père est toujours là pour me pousser, il ne veut pas que je reste planté derrière l'ordi. Alors, je fais des exercices ou je vais courir", explique celui qui avait d'abord choisi la lutte. Au contact de sparring partners de meilleur niveau et boosté par ses stages en équipe nationale, Suliman a rattrapé le temps perdu. En 2011, il a remporté la coupe de France et atteint la finale des championnats de France. "Au début, il n'y avait pas de communication entre le club et la fédé. Mais depuis, on a parlé avec Dominique Nato, le directeur technique national, et on travaille en collaboration", indique Nasser Yefsah.

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MENTAL DE GUERRIER, OBJECTIF CIBLÉ Un technicien qui loue "la rapidité d'exécution et la mobilité du tronc surprenante" de son poulain, tout en pointant son "manque d'expérience". "Il n'est pas encore arrivé à maturité, il faut lui laisser trois-quatre ans de plus. Mais en s'entraînant avec les meilleurs du pays, il a déjà amélioré son coup d'œil, il prend confiance. Au sein de l'encadrement fédéral, on a expliqué à Suliman qu'il faisait partie des éléments qui pourraient faire partie de l'aventure olympique… à Rio, en 2016. Trop loin pour cet ambitieux, qui veut à tout prix voir Londres cet été. Premier du "ranking" dans sa catégorie de poids, il espère briller lors du prochain tournoi qualificatif en Turquie, fin mars. Elu athlète de l'année à Monaco, honoré par S.A.S. le prince Albert, Abdourachidov trépigne déjà. "Je n'ai pas envie de perdre quatre ans, je veux relever le challenge. A l'entrainement, j'essaie toujours de rester un peu plus que les autres, je me donne à fond."

Suliman bénéficie des conseils de Nasser Yefsah, qui l'accompagne depuis le début de sa carrière de boxeur. Complice, le duo a envie d'aller encore plus haut. 44 45


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D U F O O TB AL L À L'I MMOBI LI ER

LA DEUXIÈME VIE DE PASCAL GOUSSET Ancien joueur de football professionnel, Pascal Gousset a su rebondir avec brio. A 50 ans, celuici occupe actuellement le poste de directeur général au sein de BNP Paribas immobilier résidentiel promotion Méditerranée. Entre deux réunions, il est revenu sur son parcours étonnant, dans son bureau de l'Arenas. Par Jimmy Boursicot. Photo : J.B.

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on nom ne dira peut-être pas grand chose aux plus jeunes de nos lecteurs. Et il sera difficile de leur jeter la pierre. Pascal Gousset le concède sans détour : il n'a jamais été une star du football. Ce qui ne l'a pas empêché de faire un bout de chemin en Division 1, dans les années 80. Sur internet, les sites spécialisés le créditent de 90 rencontres disputées au plus haut niveau français sous les couleurs de Lille et Brest, et 73 autres parties avec Strasbourg et Dijon, en D2. "Oui, ça doit être à peu près ça. Vous savez, j'ai gardé quelques bons souvenirs mais je n'ai jamais été un grand collectionneur. J'ai très peu de choses qui me ramènent à cette époque. A un moment, j'ai vraiment déconnecté du football", expose Pascal Gousset, qui a rapidement trouvé un autre mode d'expression après avoir tourné la page du sport pro. Son quotidien se résume désormais à des allers-retours entre Marseille et Nice. Depuis plus de vingt ans, l'ancien défenseur a délaissé la sphère de cuir pour la pierre, avec une certaine réussite. Aujourd'hui, après avoir gravi les marches une à une, il est responsable de la filiale promotion immobilière de BNP Paribas dans une zone qui s'étend de Nîmes à Menton.


C a r r i è r e s "J'ÉCOUTE ETJ'APPRENDS TOUS LES JOURS" Tout sauf un hasard. Pascal Gousset a d'abord fait ses armes pendant quinze ans dans d'autres entreprises du secteur, où il s'est occupé du développement foncier puis de la gestion de programme, avant de rejoindre les rangs de la BNP en 2005. Sous sa direction, il a actuellement vingt-cinq personnes chargées de rechercher des terrains, de concevoir des projets d'aménagement et de commercialiser entre 600 et 800 logements par an. "Dans notre zone d'activités, et notamment sur la Côte d'Azur, il y a une grosse concurrence. Mais on ne fait pas la course au plus grand nombre d'appartements vendus. Le but est de conserver une échelle humaine, de ne jamais verser dans la surenchère et d'afficher une bonne image de notre société", détaille ce natif de la Gironde. L'image, encore et toujours. On lui demande si la sienne, celle d'ex-footeux, lui a ouvert des portes. "Pas vraiment, c'est juste qu'à l'époque, l'immobilier était un domaine dans lequel on pouvait évoluer sans avoir de diplôme particulier. Aujourd'hui, il y a nettement moins d'autodidactes. De mon côté, je ne connaissais pas grand chose à ce milieu. J'avais fait quelques investissements durant ma carrière sportive, mais c'était purement financier. Au début, je n'ai pas compté mes heures et j'ai essayé d'emmagasiner de l'expérience, de me montrer curieux. Ce n'était pas évident parce que j'étais encore semi-pro à Aix, en D3." Ce qui lui plaît tant dans cette "deuxième vie" ? "Le fait de toujours devoir anticiper, de partir d'une feuille blanche et de faire naître un projet. On reste tout de même dans un métier de création. Joueur, je n'étais pas spécialement extraverti, j'étais plutôt concentré sur mes performances. L'immobilier m'a permis de m'ouvrir plus aux autres. On rencontre tellement de gens qui évoluent dans différents domaines… J'écoute, j'apprends tous les jours."

"L'ÉTIQUETTE DU SPORTIF A ÉTÉ DIFFICILE À DÉCOLLER" Si Pascal Gousset a rapidement baissé le rideau sur ses années foot, d'autres se chargeaient régulièrement de remettre son CV sur le tapis. "Au début, on ne me présentait que comme l'ancien

joueur pro. On ne me parlait que de ça et on n'évoquait pas mes autres compétences. L'étiquette du sportif a été difficile à décoller. Je n'ai jamais mis mon passé en avant, je veux être reconnu pour mon travail et rien d'autre." Afin de s'éviter ces tracas, n'aurait-il pas pu jouer la sécurité, en restant plus près des terrains ? "On m'a proposé d'entraîner des équipes ou d'être commercial pour des marques de sport, mais ça ne me séduisait pas. Ça restait trop proche de ce que j'avais connu, d'un milieu dans lequel j'étais immergé non-stop depuis mon adolescence. Quand on arrête, ce n'est pas évident. Parce qu'on a déjà accompli son rêve et qu'il faut trouver autre chose à faire." Le clap de fin est intervenu en 1990 pour celui qui a occupé tour à tour les postes de stoppeur, libero ou latéral. Seulement âgé de 29 ans, il a volontairement dit "stop". "Je jouais à Dijon, en D2. J'avais la possibilité de continuer encore à ce niveau, mais je voulais maîtriser la suite, ne pas subir les événements. Je savais que ça allait forcément décliner avec le temps." Dans son deuxième job, le sportif de haut niveau s'appuie sur certains acquis pour faire son trou. "De la rigueur, de la combativité, l'envie d'aller au fond des choses. C'est ce qui m'a permis d'y arriver."

AU MARQUAGE D'HALLIDODZIC, ONNIS, LACOMBE… Au bout d'un certain temps, on parviendra tout de même à tromper la vigilance de l'ancienne tour de contrôle. Qui finira par extirper de sa mémoire quelques belles batailles et autant de rencontres remarquables. "J'ai débuté ma carrière pro en 1981, ça n'avait vraiment rien à avoir avec ce que l'on connaît aujourd'hui. Les grosses sommes d'argent commençaient à peine à arriver dans le milieu. Dans mes meilleures années, je devais toucher dans les 30 000 francs. C'était déjà considérable mais je n'avais pas assez pour prendre ma retraite sans rien faire" Sorti du centre de formation de Lille, Pascal Gousset est lancé dans le grand bain par José Arribas, père du jeu "à la nantaise". "C'était un personnage, c'est lui qui m'a donné ma chance. Il nous faisait beaucoup travailler les déplacements, le jeu en mouvement et les gestes de base." 48 49

Au Losc, Gousset fait équipe avec Philippe Bergeroo, Pierre Dréossi, Thierry Froger ou encore René Marsiglia, actuel entraîneur de l'OGC Nice. Après trois ans chez les Dogues, il rejoint le Stade brestois. L'aventure durera à nouveau trois ans, le temps de côtoyer Slavo Muslin, Bernard Pardo, Gérard Buscher, Yvon Pouliquen ainsi que Vincent Guérin et Paul Le Guen, alors jeunes pros. Sans jamais remporter de trophée, Pascal Gousset accumule quelques satisfactions, comme ce derby breton remporté 4-0 sur le terrain de Rennes. "Dans les clubs où je suis passé, on jouait toujours le maintien. Mais certaines soirées sortaient de l'ordinaire, quand je devais marquer des gars comme Vahid Hallilodzic ou Delio Onnis, de vrais phénomènes. Même chose quand, en face de nous, on retrouvait Platini, Giresse ou Bernard Lacombe…" Avant de glisser vers un relatif anonymat à Dijon, le stoppeur fera partie du RC Strasbourg version Daniel Hechter, avec le "Sphynx" Robert Herbin sur le banc. Un casting vraiment pailleté pour un homme qui n'aura jamais cherché la lumière.

"LE FOOT

A ÉNORMÉMENT CHANGÉ"

Souvent, quand un ancien pro évoque le football actuel, il y va au marteau et au burin, fracassant une bonne partie des joueurs qui ont repris le flambeau après leur âge d'or. Pascal Gousset ne fait pas partie de ceuxlà. "Bien évidemment, je rgarde les matches d'une manière différente par rapport aux autres spectateurs. Le jeu a évolué, mais je ne pense pas qu'il soit moins technique qu'avant, comme on l'entend souvent. Parce que maintenant, tout se fait avec beaucoup de vitesse, on réclame plus de polyvalence aux footballeurs. Vous savez, je ne suis pas nostalgique et je trouve que ce sont des sportifs beaucoup plus accomplis qu'à mon épooque." S'il devait ne retenir qu'une équipe ? Ce serait le Barça, sans hésitation possible. "J'ai eu la chance d'aller au Nou Camp pour assister à un match de Ligue des champions contre Lyon (le 11 mars 2009, les Catalans avaient balayé les Gones 5-2, ndlr). C'est une autre planète, on ne peut pas faire mieux ! Messi, c'est la proue, la perle. Mais le collectif est impressionnant dans tous les secteurs."


NICE HOCKEY CÔTE D'AZUR

LES

AIGLES SORTENT LEURS

GRIFFES Avec un budget serré, les hockeyeurs niçois font mieux que résister en Division 1, l'antichambre de l'élite française. D'ores et déjà qualifiés pour les playoffs, ils pourraient être la bonne surprise de la saison. Autour de la patinoire, les choses évoluent également dans le bon sens pour le NHCA, qui entame seulement sa neuvième année d'existence. Par Jimmy Boursicot. Photos : Sébastien Nogier


Hockey sur glace

D

ans quelques semaines, les meilleurs patineurs du monde se produiront dans les parages. Mais pour l'heure, les rois de la glace, ce sont ces Aigles du Nice hockey Côte d'Azur (NHCA). Dans un registre nettement moins artistique, ils enchaînent les allers-retours entre les murs de Jean-Bouin avec acharnement. La motivation est là, le talent aussi, et les résultats suivent. Sans faire de bruit, les joueurs du NHCA sont en train de déjouer pas mal de pronostics en Division 1, soit la deuxième division nationale après la Ligue Magnus. Auteurs d'une première moitié de championnat de qualité, en dépit d'un "trou d'air" entre la deuxième et la cinquième journée (trois défaites en quatre matches), les bleu et rouge semblent avoir trouvé la bonne recette. Ce qui ne va pas forcément de soi, surtout quand l'on s'appuie sur un effectif à l'allure juvénile.

PEU DE MOYENS MAIS UNE EXCELLENTE AMBIANCE Pour cette équipe qui compte de nombreux joueurs slovaques et finlandais dans ses rangs, la barrière de la langue ne semble pas être insurmontable. Comme l'affirme Sylvain Roy, défenseur présent au club depuis 2008, "L'équipe a un très bon état d'esprit. Le fait que l'on gagne y est pour beaucoup, mais d'une manière générale, l'ambiance est excellente. Tout le monde cherche à communiquer." Solidaires et déterminés, les Aigles planent actuellement. Invaincus depuis le 10 décembre et

Une fin de saison palpitante Deuxièmes de D1 après vingt-et-un matches disputés, les Niçois sont dans une position idéale avant d'aborder les dernières rencontres de la saison régulière. Sa participation aux playoffs étant acquise, le club de la Côte d'Azur peut légitimement nourrir de sérieuses ambitions pour la suite. Néanmoins, pas question de s'endormir puisqu'en visant le classement le plus élevé possible, les hommes de Stan Sutor auraient l'avantage d'affronter une équipe a priori plus abordable en quarts de finale. Surtout, ils évolueraient à domicile pour le match retour, mais aussi pour une éventuelle rencontre d'appui. Pour atteindre le Graal, l'accession en ligue Magnus, les Azuréens n'auront pas le choix : ils devront être sacrés champions de France. Avant de faire leur apparition au plus haut niveau national, ils ont encore un bon bout de chemin à faire.

auteurs d'une série de huit succès consécutifs au soir de la 21e journée, ils sont la bonne surprise de D1. Dans une poule de quatorze équipes où certains disposent de moyens confortables, le NHCA n'était pas vraiment destiné à jouer les premiers rôles. "On a l'un des plus petits budgets du championnat, garantit Alexandre Duick, le manager général. L'économie du hockey est très fragile. Nous n'avons aucun joueur salarié ni de primes de matches." Les dirigeants ont appris à 50 51

Le coach slovaque des Niçois, Stan Sutor, a recruté plusieurs de ses compatriotes.

composer avec ces paramètres et s'organisent pour être en mesure de concurrencer les grosses cylindrées. Stan Sutor, l'entraîneur slovaque de l'équipe première, active ses réseaux pour attirer des compatriotes qui tâtent du palet depuis leur tendre enfance. Le club fait en sorte de les aider à trouver un emploi et un logement, afin d'accélérer leur intégration. Trois jeunes Finlandais, tous étudiants à l'Ipag (une école de commerce niçoise, ndlr) sont à leur tour venus garnir les rangs azuréens. Une "filière" alimentée par un ancien Aigle originaire du pays des 1 000 lacs. L'art de la débrouille à son paroxysme.

CONVAINCRE, ENCORE ET TOUJOURS Et ce n'est pas Alexandre Duick qui vous dira le contraire. Arrivé en septembre dernier de Grenoble, ce jeune homme de 23 ans a vite trouvé comment occuper ses journées… et une bonne partie de ses soirées. Si vous apercevez de la lumière en haut des gradins de Jean-Bouin, c'est


que le manager du NHCA a encore hérité d'un nouveau dossier. "Il y a pas mal de choses à faire, c'est vrai, sourit Alexandre. Ce n'est pas toujours évident parce que notre sport reste assez méconnu ici. Il faut se battre pour exister, pour essayer de convaincre de nouveaux partenaires." Une problématique qui concerne nombre de clubs sportifs du département qui évoluent à haut niveau, avec des postes de dépenses importants et peu de solutions pour développer leurs ressources. A défaut d'avoir réussi à équilibrer ses comptes, le Nice hockey club, "ancêtre" du Nice Hockey Côte d'Azur, avait ainsi été contraint de mettre la clé sous la porte au début des années 2000. Aujourd'hui, les Aigles s'appuient sur les résultats sportifs et l'enthousiasme qu'ils suscitent pour frapper à la porte des entreprises. "Cette saison, on a régulièrement 900 spectateurs à Jean-Bouin. Mine de rien, je pense que l'on a la meilleure moyenne d'affluence après l'OGC Nice", avance Alexandre Duick. Un argument de poids en faveur des hockeyeurs, habitués à évoluer bien à l'écart des projecteurs. "La plupart du temps, les contacts se font par le bouche à oreille. On invite les gens et on essaye de leur montrer ce qu'on fait. L'idée, c'est d'arriver à faire un show à l'américaine, à notre échelle", poursuit le manager.

PROGRESSER CHAQUE SAISON Pour attirer le regard, il faut évidemment que le spectacle proposé sur la glace soit à la hauteur. Car la perspective de se déplacer un samedi soir dans un endroit plutôt frisquet pour voir un collectif brouillon disputer une partie dont les règles sont peu évidentes à décrypter pour le profane ne serait pas très réjouissant, convenons-en. Depuis le mois de septembre, c'est tout l'inverse qui se produit. A la maison, les Aigles ont offert des prestations de qualité à leurs supporters. Avec 61 buts inscrits et seulement 27 encaissés, ils pointaient même au premier rang du classement à domicile (dix victoires en onze matches fin janvier). De quoi faire naître des espoirs de grandeur dans l'esprit des fidèles de Jean-Bouin. Stan Sutor, qui se décrit comme un homme "assez rigide, pas facile à approcher mais fidèle en amitié", a fixé un objectif à ses troupes : faire mieux que l'an dernier. Pour que Sutor soit sans reproche, ses troupes devront atteindre le dernier carré des playoffs, la saison 20102011 s'étant conclue par une élimination en quarts contre les Bisons de Neuilly-surMarne, futurs champions de France.

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UN EFFECTIF JEUNE ET COSMOPOLITE GARDIENS Jimmy Lundberg (Suède, 25 ans), Kevin Fouassier (20 ans) DÉFENSEURS Andrej Brejka (Slovaquie, 22 ans), Sylvain Roy (30 ans), Roope Rautanen (Finlande, 19 ans), Lukas Cvejn (Slovaquie, 27 ans), Jan Tomaska (Slovaquie, 27 ans), Pierre Balbiano (20 ans), Joni Räikkönen (Finlande, 21 ans) ATTAQUANTS Jan Babic (Slovaquie, 24 ans), Nathan Bernier (21 ans), Michal Dian (Slovaquie, 31 ans), Alexis Dicharry (20 ans), Franck Fullop (18 ans), Karri Koivu (Finlande, 20 ans), Aurélien Macon (23 ans), Stefan Majernik (Slovaquie, 25 ans), Stefan Rusnak (Slovaquie, 26 ans), Joonas Saari (Finlande, 22 ans), Jozef Slaninak (Slovaquie, 28 ans), Marcel Holcz (Slovaquie, 22 ans) ENTRAÎNEUR : Stan Sutor ENTRAÎNEUR ADJOINT : Michal Divisek MANAGER : Alexandre Duick


Certains sports sont faciles d'accès, nécessitent peu de matériel et peuvent se pratiquer presque partout. Des caractéristiques qui ne concernent pas le hockey, discipline qui évolue dans l'ombre sur le sol français. Ce qui n'empêche pas les Niçois de proposer aux enfants d'apprendre les rudiments de ce jeu passionnant dès l'âge de 4 ans. Soucieux d'assurer la pérénnité de sa structure et de former de futurs éléments de son équipe première, le NHCA a ouvert une section sportive au collège Don Bosco.

E

ngoncés dans leur tenue de "combat", fiers comme Artaban, ils tournoient autour des buts, gardés par un bout de chou encore mieux protégé que ses copains. Certains ont déjà un brin d'assurance, glissent comme si de rien n'était sur la surface givrée. D'autres, en revanche, finissent par se cramponner à la rambarde et domptent un instant ces lames qui leur servent à se propulser derrière le puck, crosse en main. Quelques minutes après, les membres de l'équipe des "moustiques" quittent

l'aire de jeu. Après les moins de 9 ans, d'autres Aiglons, plus remplumés, se jettent dans l'arène. Les benjamins et minimes ont tout juste le temps d'enchaîner deux-trois exercices avant de recevoir une belle soufflante de la part de leurs entraîneurs, irrités par le manque de concentration générale. Tout le monde retourne à ses affaires, dans de meilleures dispositions. Les enchaînements repartent de plus belle. Ne disposant pas d'un réservoir inépuisable, les éducateurs font en sorte de donner le goût des mises en échec, des slap shots qui claquent

(tirs frappés avec l'appui de tout le haut du court, différents des tirs du poignet).

DIFFICILE DE CONSERVER SES JEUNES Pour le moment, cela représente un challenge de taille selon Alexandre Duick. "Notre volonté, c'est d'atteindre les 50 enfants inscrits à l'école de glace (4-7 ans). Pour le moment, on en est à la moitié. Les petits apprennent d'abord à patiner et touchent petit à petit le palet. Ça leur plaît, mais on a du mal à garder tout le monde après la catégorie benjamins." Le


Hockey sur glace problème se situe parfois au niveau du portemonnaie. Coûteux, le matériel doit être régulièrement remplacé. Une crosse vaut environ 300 euros et le reste de l'équipement revient à plus de 600 euros. Pour ne rien arranger, la licence est loin d'être bon marché (440 euros dès les U9). "C'est sûr, cela revient très cher. Il y a des parents qui font d'énormes sacrifices pour leurs enfants. Au club, nous avons mis en place un système d'échanges et d'achats d'occasion pour limiter les dépenses", indique le manager du NHCA. Outre le volet financier, la grande disponibilité demandée aux jeunes qui démarrent en compétition peut être rédhibitoire. Etant donné le faible nombre de clubs dans le sud de la France, le moindre déplacement se chiffre en centaines de kilomètres.

DE L'ÉCOLE DE GLACE À LA D1 ? C'EST POSSIBLE Malgré ces obstacles aussi difficiles à franchir qu'une défense nord-américaine, le club niçois

ne renonce pas et tente de trouver d'autres moyens de conserver ses jeunes les plus prometteurs. L'association peut désormais profiter des liens établis avec le collège Don Bosco afin de proposer une entrée en section sportétudes. Le système prend ses marques, avec cinq ados concernés. Des horaires aménagés leur permettent de bénéficier de deux heures supplémentaires d'entraînement par semaine et d'un travail particulier avec Michal Divisek, entraîneur général des jeunes. Ceux qui poursuivent leur carrière sur les patins savent qu'ils sont susceptibles de faire partie du groupe de hockeyeurs sur lequel s'appuie Stan Sutor en D1. Même s'ils ne disposent pas tous d'un temps de jeu mirobolant, plusieurs joueurs de la catégorie juniors (moins de 22 ans) ont réussi à se glisser dans les rotations. Certains, bourrés d'énergie, enchaînent parfois deux matches dans le week-end. Au sein de cette nouvelle vague, il y a Aurélien Macon, 23 ans. L'ailier gauche présenté par Stan Sutor comme un élément "volontaire, à l'accélération impressionnante", a la particularité d'avoir débuté à l'âge de 4 ans chez les Aigles. Après une saison 2009-2010 brillante, les observateurs l'imaginaient capable de grimper jusqu'à la ligue Magnus. Le Niçois n'a pas encore atteint cet objectif, mais il reste un modèle à suivre pour les jeunes pousses du NHCA. Et avec son gabarit passe-partout (il mesure 1,73 m), il prouve que son sport ne se résume pas à un affrontement de colosses bas de plafond.

Aurélien Macon a débuté le hockey à l'âge de 4 ans. Aujourd'hui, il fait partie de l'effectif de D1. 54 55


DAKAR 2012

DAVID CASTEU À BOUT DE SOUFFLE A 37 ans, David Casteu pensait avoir l'occasion de se mêler à la lutte pour le podium jusqu'à l'arrivée du Dakar, à Lima (Pérou). Mais après avoir bien négocié les premières étapes, le sort s'est acharné sur le Niçois, freiné par une série de tuiles mécaniques et de lourdes blessures. Combatif, le pilote a tout donné pour aller jusqu'au bout. Prêt à oublier très vite cette désillusion. Par Jimmy Boursicot. Photos : Eliseo Mici, Theo Ribeiro et Jean-Pierre Aujoulet.


Rallye-raid

D

'autres auraient tout envoyé valser. Auraient laissé la moto sur le bas-côté pour grimper illico dans l'hélico. Victime d'une casse moteur lors de la neuvième étape disputée au Chili, entre Antofagasta et Iquique, David Casteu n'aurait pas été accusé de désertion s'il avait jeté l'éponge à ce moment-là. Pour l'Azuréen, venu en Amérique du Sud avec l'envie d'accrocher l'une des trois premières places, cette avarie donnait un coup de canif à ses ambitions. Lors de notre rencontre, sur le port de Monaco, nous lui avons demandé pourquoi il avait souhaité continuer, quitte à mordre la poussière dans les profondeurs du classement. "Entre le moment où je me suis arrêté et l'arrivée de l'hélico de l'assistance, il s'est écoulé une heure. J'étais complètement ailleurs, j'étais très mal. On m'a proposé de monter, d'en finir avec ce Dakar. Et j'ai dit non. J'ai pensé à tous ces amateurs qui se sacrifient pour y être, tous ceux qui rêvent de nous rejoindre une fois dans leur vie…" Ses rêves de podium envolés, David a continué sa route. A ce moment-là, il ne s'attendait peut-être pas à vivre une fin d'épreuve aussi pénible. Retour un Dakar où il aura dû lutter de bout en bout pour ne pas lâcher prise.

SOUS PRESSION Malgré son expérience, David Casteu l'avoue sans détour : avant de prendre le départ de l'édition 2012, la pression était sur ses épaules. "C'était la première fois que je ressentais ça. Pendant la première spéciale, j'avais une boule dans le ventre. Yamaha m'a fait confiance et il fallait que je fasse du mieux possible pour les récompenser, ils attendaient beaucoup de moi. Porter le blouson bleu, passer derrière des pilotes comme Stéphane Peterhansel ou Jean-Claude Olivier, c'est quelque chose !" Au fur et à mesure, le Niçois a retrouvé un peu plus de sérénité, s'appuyant sur l'expérience accumulée au cours d'une carrière atypique. "C'est vrai que je suis un peu un cas à part dans le milieu. J'ai longtemps été amateur, j'ai eu mon propre magasin de motos du côté de Fayence et je suis père de quatre enfants, dont des triplés. J'ai tout fait dans le désordre par rapport aux autres", relève-t-il avec humour. Entre coups d'éclat et grosses galère, il s'est forgé une réputation d'aventurier, de pilote fiable depuis ses débuts professionnels chez KTM. "Le fait d'avoir eu ce parcours incroyable me permet d'avoir une certaine maturité, j'ai la tête sur les épaules. C'est impératif en rallye-raid." 56 57

De nouveaux défis en tête David Casteu n'aura pas le temps de gamberger sur ce Dakar 2012 cauchemardesque. Fin mars, il reprendra à nouveau la route à l'occasion de la première manche des championnats du monde de rallye tout-terrain, à Abu Dhabi (Emirats arabes unis). Le Qatar, la Tunisie, un raid Estoril-Marrakech, la Sardaigne puis le Brésil et l'Egypte suivront assez rapidement. Avant d'entamer ce programme, David s'est rendu au Maroc, où il possède une maison. "Làbas, je me repose, j'en profite pour rouler avec des copains, en mode détente. Dans les dunes de Merzouga, je peux faire le vide et recharger les batteries." Focalisé sur les championnats du monde, qu'il a remportés en 2010, Casteu a également fait part des ses intentions pour le futur. "Ce n'est pas encore l'heure, mais je m'imagine bien passer à la voiture dans quelques années. Ce qui me manque parfois en moto, c'est la notion de partage. J'aimerais vivre cette aventure avec quelqu'un à côté de moi." Casteu aimerait également avoir la possibilité de lancer de jeunes talents au sein de sa structure.


SUR DE BONNES BASES Lors de l'étape inaugurale, entre Mar del Plata et Santa Rosa (Argentine), Casteu fait le job sur un tracé très court. "Je termine neuvième, ce qui était plus ou moins l'objectif. Le sprint, ce n'est pas vraiment ma spécialité." Le lendemain, le peloton a un avant-goût plutôt corsé de ce qui l'attend dans les jours à venir. "D'entrée, c'était très dur. Je pense qu'il s'agissait du parcours le plus complet depuis que le Dakar se déroule en Amérique du Sud, avec peu de temps de récupération". Sixième pilote à couper la ligne d'arrivée à San Rafael, David adopte la bonne cadence au guidon de sa Yamaha 450 YZF. Les jours suivant sont du même acabit. Il traverse l'Argentine sans encombre et rejoint le Chili avec de sérieux espoirs, malgré une première alerte. "J'ai eu un problème : de l'eau rentrait dans mon réservoir pendant les ravitaillements. Il y

a eu quelques moments de tension car on ne savait pas vraiment ce qui s'était passé, si quelqu'un avait commis une erreur. En tout, j'ai perdu 40 minutes à cause de ça. J'ai commencé à douter, mais je me suis reconcentré. Et deux jours plus tard, je me retrouvais quatrième au général."

TOUT S'ÉCROULE En mettant le contact à Antofagasta, l'intrépide n'a qu'une chose en tête : grignoter le retard accumulé par rapport au trio de tête. "Je voulais gratter les onze minutes qui me séparaient du troisième. A la hauteur du deuxième checkpoint, il y avait des blocs de pierre. Je saute par-dessus un trou et je tape un rocher. Mon carter est cassé, je perds de l'huile mais je ne m'en rends pas compte car je n'ai pas de voyant." La moto file comme si de rien n'était, avant de stopper net. Le moteur a rendu l'âme.

"Là, j'ai vraiment pris une claque. Tu morfles dans des situations comme ça. Même si je faisais une croix sur le podium, il fallait que je trouve une solution pour aller au bout." A quarante kilomètres d'Iquique, point de chute de la neuvième étape, le Sudiste puise dans ses réserves mentales, finit sur les rotules. "J'ai failli abandonner. D'autres concurrents et des personnes du public m'ont aidé. On m'a poussé, tracté, tiré…" Casteu, classé parmi les pilotes de l'extrême, reconnaît avoir fondu en larmes. De retour au bivouac, la nuit est longue et triste. "J'ai eu le temps de repenser à tout ça, la déception était énorme. Heureusement, l'équipe a vraiment fait bloc. Même s'ils étaient abattus, les gars m'ont soutenu. Je sais que je peux leur demander n'importe quoi, ils seront toujours là."


UN CORPS EN SOUFFRANCE Le Niçois repart du soixantième rang, aux côtés des sans-grades qui "bouffent du sable toute la journée". Il ne se décourage pas et atteint la vingt-deuxième place, en essayant de laisser la meilleure impression possible au moment d'atteindre le Pérou. "Les paysages étaient vraiment magnifiques. Les pilotes de devant géraient leur avance et moi je remontais un peu." Sans triomphe mais avec la conviction d'avoir jeté toutes ses forces dans la bataille, David Casteu se dirigeait vers une fin de parcours plus linéaire. Peut-être trop. "L'avant-dernier jour, j'arrive dans un passage à faible vitesse dans les dunes. Je n'avais pas assez de rythme, j'ai manqué de concentration pendant un instant en doublant et

PASSE D'ARMES j'ai tapé quelque chose. Je suis passé par-dessus la moto, qui est retombée sur moi. J'avais trois côtes cassées et je me suis fait une entorse acromio-claviculaire. Les douleurs étaient horribles, il a fallu serrer les dents pour terminer l'étape. Le soir, les médecins m'ont mis sous morphine. Le lendemain, on m'a strappé et donné des antidouleurs pour aller au bout." Quarante-et-unième du général, Casteu rentre sur la Côte d'Azur via Madrid avec de lourdes séquelles. "J'ai eu un pneumothorax avec perforation de la plèvre. On m'a hospitalisé d'urgence à Monaco."

De retour en France, David Casteu a répondu à de nombreuses sollicitations médiatiques, comme toujours après la fin d'un Dakar où la presse a envie d'entendre les paroles du motard. Cette fois-ci, un autre volet, plus polémique s'est ajoutée aux discussions. L'Azuréen a dû poursuivre l'échange acide qui l'a opposé à distance avec Cyril Despres (1). "J'ai réagi de la sorte quand on m'a montré des images du vainqueur qui s'en allait en laissant un autre pilote coincé dans la boue. Je ne me vois pas faire ça, mettre les gaz à côté de l'autre et faire comme si de rien n'était. Ce n'est pas ça le ral-

1. Le 14 janvier, David Casteu avait déclaré : "Despres, ce n’est pas un pilote facile. Il n’y a pas beaucoup de pilotes qui l’aiment. On va même dire que dans les tops pilotes, personne ne s’entend avec lui. On ne se parle pas depuis 2007. On ne se regarde même pas. Il n’existe pas. C’est un choix de ma part..C’est quelqu’un que je n’apprécie pas du tout. Je préfère ne pas gagner le Dakar que de le gagner comme il le fait. Il tuerait père et mère pour ça. Il n’est vraiment pas dans l’esprit. Ce n’est pas un pilote avec lequel j’ai des atomes crochus."


R s

étvroe ti pec »»Né le 9 avril 1974 à

Nice. Marié, quatre enfants. Pilote Yamaha, patron de sa propre équipe, le Team Casteu.

lye-raid. On vit énormément de choses ensemble, on est dans la même galère." Toujours est-il que les propos de Casteu en ont surpris plus d'un. "On me voit toujours comme un gentil, un mec souriant. Mais là, ces images m'ont vraiment mis les boules. Je me fiche de ce qu'on en dira. Je n'ai pas eu besoin d'affirmer ma personnalité. Je suis comme je suis, je ne joue pas un rôle. De toute manière, il faut arrêter avec ça, Despres est détestable…"

RÊVES D'ÉVASION Bien que les épisodes peu réjouissants se soient accumulés sur son parcours, David retient quelques moments forts de son escapade sudaméricaine comme "le passage sur la Cordillière des Andes, absolument impressionnant. Ce continent est tellement vaste qu'on n'a encore découvert qu'une infime partie de ce superbe terrain de jeu. Là-bas, il y a une vraie ferveur, la presse spécialisée est très présente et les villes font tout pour qu'on passe chez elles." En attendant de découvrir le Brésil, la Bolivie ou encore l'Uruguay, David Casteu est plein d'envies. Il aimerait avoir un jour la possibilité de disputer une course empruntant le parcours de l'ancien Dakar, "avec un départ sous la tour Eiffel, un passage par le sud de l'Algérie puis devant l'arbre du Ténéré, au Niger. J'aimerais aussi voir l'Afrique du Sud", assure celui qui prend plaisir à peaufiner sa préparation physique dans l'Estérel. "Tout ça, ça ressemble un peu à ce que je voyais à la télé quand j'étais gosse et que mon père me disait d'arrêter de rêver", sourit doucement David. 60

»»1992 : champion de France trial senior (Aprilia) »»1998 : ouvre une concession multimarques à Fayence »»2003 : toujours amateur, participe à son premier Dakar. Victoire au rallye Optic 2000 en 450 (Honda) »»2005 : devient pilote professionnel chez KTM »»2006 : termine huitième au Dakar, où il remporte sa première étape (KTM) »»2007 : deuxième du Dakar, troisième du championnat du monde des rallyes toutterrain (KTM officielle) »»2008 : Vainqueur des Dakar series Europe centrale, première victoire en championnat du monde (KTM) »»2010 : Champion du monde des rallyes tout-terrain 450 cm3 (Sherco)


OLYMPIQUE D'ANTIBES JUAN-LES-PINS

ACCROS À LA GYM ACRO Créée il y a 23 ans, la section gymnastique acrobatique de l'Olympique d'Antibes est devenue une référence en matière de formation. Méconnue, cette discipline spectaculaire séduit de plus en plus de jeunes filles. Qui rêvent de marcher sur les traces des membres du pôle France, également basé dans la cité du Fort Carré. Par Jimmy Boursicot. Photos : Sébastien Nogier

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our certains sportifs, qui ont choisi une autre voie que le football, le tennis ou encore le judo, il est très fréquent de devoir répondre à une sempiternelle question : "Mais tu fais quoi, exactement ?" Les spécialistes de la gymnastique acrobatique ne dérogent pas à la règle. Entre la gym artistique, la gym rythmique et l'acro, il y a effectivement de quoi s'emmêler les pinceaux quand on n'a jamais eu l'occasion de se pencher sur le sujet. Procédons par élimination : en gym acrobatique, rubans, cordes, cerceaux, ballons et massues restent au placard. Il n'est pas non plus question de tournoyer autour du cheval d'arçon ou des barres parallèles. La gym acro, que l'on appelait acrosport au moment de sa création, au début des années 40 en URSS, mêle gym au sol, danse et figures acrobatiques. Elle est pratiquée par des groupes de deux, trois ou quatre personnes. Du côté du centre d'entraînement de l'Olympique d'Antibes Juan-les-Pins, situé entre la piscine municipale et les courts de tennis du TCA, cela fait plus de deux décennies que ce sport se développe harmonieusement.

CONVAINCRE, ENCORE ET TOUJOURS "Nous essayons de proposer une activité très ludique et gracieuse. Nous tournons régulièrement autour de cinquante licenciés. C'est correct et nous ne cherchons pas à faire de la masse", explique Margo Bardy, à l'origine de la création de la section gym acro au sein de l'OAJLP trampoline, il y a 23 ans. Les premiers pas se font autour de 7-8 ans. Et malgré l'aspect divertissant, les séances sont déjà rythmées. Les débutantes (aucun garçon ne fait partie des effectifs antibois) prennent part à deux séances d'une heure

et demie par semaine. Le mercredi et le samedi, elles répètent leurs gammes avec application. "Pédagogiquement, il est prouvé qu'un enfant a besoin de temps pour assimiler certaines choses. Si on ne faisait qu'un entraînement par semaine, ce ne serait pas suffisant pour qu'elles mémorisent tout. L'objectif, ce n'est pas seulement de faire de la découverte. On essaye de leur apprendre des éléments techniques indispensables pour la suite", détaille Margo Bardy. L'attention qui leur est portée, les tenues scintillantes et l'aspect chorégraphique de la gym acrobatique rendent les nouvelles adhérentes totalement passionnées. Car pour percer dans cette spécialité, la motivation est indispensable. "En fait, nous avons très peu de moyens de com-


Gym acrobatique CHAMPIONNES PAR NATURE

munication. Les grandes compétitions ne sont visibles que sur internet et les médias s'intéressent rarement à nous. Alors, on essaye de multiplier les démonstrations durant l'année. Lors de la fête des associations, les gens qui passent par là sont toujours étonnés de voir ce que l'on fait. Ils sont agréablement surpris", poursuit la formatrice antiboise.

Avant de se présenter en public et de réaliser d'improbables pyramides humaines avec une insolente maîtrise de leur corps, ces sportives travaillent sans relâche. En débarquant durant les vacances de Noël pour réaliser notre série de photos, on ne s'attendait pas à voir autant de monde à l'entraînement… "En 2012, nous aurons plusieurs échéances assez rapprochées. Alors, on profite de ces moments libres pour se préparer dans les meilleures conditions. Nous allons disputer les championnats de zone, la coupe de France puis les championnats de France. Et nous avons deux groupes qui visent une qualification pour les championnats du monde à Orlando. Tout cela entre aujourd'hui et le mois de mai." Ces rendez-vous prestigieux, l'OAJLP les aime. Il faut dire qu'ils lui réussissent plutôt bien. Le club azuréen fait partie des acteurs majeurs de la scène nationale et revient chaque année des différentes épreuves avec un stock conséquent de médailles. Au niveau international, plusieurs Antiboises ont déjà réussi à porter l'équipe de France à bout de bras. En octobre dernier, Melissa Desvignes et Victoria DerreFragnoli se sont ainsi classées quatrièmes des championnats d'Europe juniors à Varna (Bulga-

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rie). Dans la catégorie 11-16 ans, Solenn Bardy et Manon Curti avaient accroché la cinquième place. Ces deux dernières espèrent désormais participer à leurs premiers mondiaux cette année, tout comme le trio Margaux LubranoCamille Curti-Noémie Nadaud. Sur la scène internationale, elles rêveront d'imiter Olivia Bardy et Tiffany Junqua, médaillées d'argent aux championnats du monde en 2006, ou encore le trio senior Magali Van EchelpoelMarlène Chameroy-Laura Purdy, huitièmes de l'Euro seniors en 2009 au Portugal.

18 HEURES D'ENTRAÎNEMENT PAR SEMAINE "La France fait aujourd'hui partie des cinq ou six pays qui comptent. Mais pour viser un podium, c'est encore très compliqué. On retrouve souvent la Russie, l'Angleterre, la Belgique ou la Biélorussie dans les premières places", résume Margo Bardy, qui a représenté la Pologne pendant plusieurs années avant de venir s'installer en France, dans les années 80. Pour soutenir la comparaison face à des nations où la gym acro est une véritable tradition, il faut travailler, régler les moindres détails pendant des journées entières. Certaines adolescentes, membres du pôle France installé à


Antibes, bénéficient d'horaires aménagés au lycée Audiberti. Ce qui leur permet de suivre dix-huit heures d'entraînement par semaine. Même si les carrières s'arrêtent souvent peu après la majorité, en fonction des études ou des impératifs professionnels de chacune, la cadence n'est pas évidente à suivre. D'autant plus que remporter des titres en gym acro n'a jamais permis de remplir son frigo… Les meilleures bénéficient d'une inscription sur la liste des athlètes de haut niveau mais ne peuvent pas espérer vivre de leur sport. Dans d'autres pays, certaines profitent de leurs aptitudes pour intégrer de prestigieuses troupes de spectacles (personne n'a suivi ce chemin parmi les pratiquantes de l'acro, mais un gymnaste et un trampoliniste antibois parcourent le monde avec le cirque du Soleil, ndlr). Totalement passionnées, les compétitrices font toutefois le maximum pour laisser ces considérations de côté au moment d'entrer sur le praticable. Là, pendant deux minutes trente, elle doivent tout donner. Enchaîner les difficultés techniques (répertoriées et dotés d'un barême officiel), proposer un programme original et apporter le supplément d'âme qui fera la différence. Et tant pis si les projecteurs ne se braquent jamais sur elles.

EN RECONSTRUCTION PERMANENTE "Notre sport n'est pas olympique et ce n'est pas près de changer car on ferait concurrence à d'autres disciplines gymniques. Tout est très politique à ce niveau-là. C'est parfois compliqué d'intéresser les gens car il nous manque cette vitrine. Mais ce que l'on peut mettre en avant, c'est le côté rassembleur de la gym acro. Il y a des grandes, des petites : tout le monde se complète. Il faut faire preuve de tolérance, comprendre l'aspect psychologique de chacune, avoir envie de progresser constamment… Quoi qu'il arrive, les filles qui s'investissent dans ce sport collectif en tirent un bénéfice pour le futur", plaide Margo Bardy. Pour celle-ci, l'acro a effectivement eu un impact majeur sur sa vie, puisque c'est lors d'une démonstration qu'elle a rencontré son mari (Franck, aujourd'hui entraîneur du Pôle France trampoline). C'est ensuite devenu une histoire de famille, leurs trois filles (Célia, Olivia et Solenn) ayant atteint le haut niveau. La cadette de la famille, Solenn, écrit désormais la suite de l'histoire. Championne du monde juniors de trampoline en synchronisé en 2010, elle a basculé sans trop de difficulté vers la gym acrobatique. "Elle a arrêté le trampoline car elle commençait à avoir peur lors des figures. Cela arrive parfois", précise sa 64

mère, qui est désormais sa coach. Entourée d'Isabelle Esposito, Eva Descamps, Claire Carmona, ses anciennes "élèves", Margo sait qu'elle doit toujours préparer la suite. "C'est un perpétuel recommencement. Quand certaines arrivent à maturité, elles décident d'arrêter. Cela a été le cas récemment avec Mélissa Desvignes et Victoria Derre-Fragnoli. La plus grande, Mélissa, a stoppé sa carrière. Et Victoria ne se voyait pas continuer avec quelqu'un d'autre. On doit toujours anticiper. Depuis que je suis là, j'ai formé une soixantaine d'internationales, alors…"


A S CA NNES V O L LE Y- BALL

JEUNES ET AMBITIEUX Acteur phare de l'élite hexagonale chez les seniors, l'AS Cannes volley-ball repose sur des bases solides et bénéficie d'une excellente réputation en matière de formation. Parmi les nombreuses équipes de la section amateur, les minimes parviennent ainsi régulièrement à décrocher des titres. Rencontre avec des jeunes joueurs qui débordent d'enthousiasme. Par Jimmy Boursicot. Photos : Sébastien Nogier et Charbon ardent.

M

ême en ayant vécu confiné dans un bunker pendant quelques décennies et sans véritablement aimer le sport, n'importe quel Azuréen pourrait vous le confirmer : à Cannes, on joue au volley. Que ce soit chez les hommes ou les femmes, la cité des Festivals a développé un goût prononcé pour la collection des trophées les plus prestigieux. Au point qu'à La Bocca, les deux clubs de la commune reçoivent leurs adversaires au palais… des Victoires. Voilà pour les présentations d'usage et

pardon pour ceux qui ne voient la vie qu'à travers un filet. Ce que le grand public sait moins, en revanche, c'est que les succès d'aujourd'hui ne doivent rien au hasard. Du côté des garçons l'AS Cannes (une entité différente du RC Cannes, qui est un club féminin), une structure est mise en place depuis de longues années pour former, génération après génération, des volleyeurs talentueux.

PLUSIEURS TITRES À DÉFENDRE Les membres de l'équipe minimes, comme l'en-

semble des jeunes qui portent le maillot rouge, n'ignorent rien de cette tradition d'excellence. Dans un passé récent, ils n'ont pas vraiment de peine à trouver des références, des modèles à suivre. Lors de la saison 2010-2011, les représentants de leur catégorie ont accumulé les titres. Champions de France avec l'ASC, mais aussi avec la sélection Côte d'Azur et le Pôle espoirs pour certains, difficile de faire mieux. "C'est évident. Mais cette année, on a à nouveau un groupe de qualité. Trois de nos joueurs (Grégory Chabrolin, Kevin Massué et Nathan


Volley-ball Tardioli, ndlr)  font partie du Pôle espoirs et ceux qui étaient déjà minimes la saison dernière ont un peu plus de vécu et de dimension physique. A cet âge-là, ils peuvent très rapidement évoluer, ils grandissent beaucoup", expose Simon Cayron, bien déterminé à conquérir une fois de plus l'Hexagone. "L'objectif, c'est d'amener le club en finale et de conserver notre titre. En 2011, on avait un super collectif, mais on peut faire aussi bien cette année", embraye l'ambitieux Kevin Massué. Pas question de briser la belle série, même si d'autres formations aimeraient se couvrir de lauriers. "Dans la dernière ligne droite, on retrouve souvent des clubs qui ont la réputation d'être formateurs, comme Montpellier, Asnières ou Saint-Jean-d'Illac, en Gironde. A Cannes, nous avons les moyens de bien travailler, la section amateur fait tous les efforts nécessaires pour nous", assure Simon Cayron, qui a débuté sa carrière d'entraîneur à 18 ans. Ce qui est certain, c'est que les Dragons n'ont pas intérêt à baisser de régime. Car dans les environs, la concurrence sait se montrer féroce. "Il arrive parfois que d'autres équipes disposent de meilleures générations que nous. C'est très bien, il y a une véritable émulation. Et si du côté de l'encadrement on ne fait pas les efforts nécessaires, les jeunes ont la possibilité de

s'orienter vers d'autres clubs du bassin cannois ou du département", détaille Simon Cayron. Un département qui fait office de place forte du volley français, quelle que soit la catégorie d'âge. Lors du dernier exercice, le département (cinquième de France en terme de licenciés, avec 4 600 inscrits) ont raflé neuf des vingt-quatre titres nationaux mis en jeu.

DES EXEMPLES À SUIVRE Fort de son statut de club référence chez les seniors, l'AS Cannes a-t-il parfois la tentation d'aller puiser dans l'important vivier qui se trouve à portée de smash ? "De notre côté, on ne fait pas de démarchage, on ne prend pas l'initiative de faire venir un jeune chez nous. Les choses se font plutôt naturellement. Parfois, ce sont eux qui nous sollicitent et qui nous disent qu'ils voudraient se rapprocher du haut niveau", avance Simon Cayron. Des ados passionnés de volley qui, secrètement ou pas, rêvent souvent de porter le maillot cannois en Pro A. Avant eux, bien d'autres éléments formés à l'ASC ont franchi toutes les étapes d'un parcours ardu pour se retrouver parmi l'élite. "C'est toujours très compliqué de percer et tous n'y parviendront pas, ils le savent. Mais dans chaque génération, on peut avoir un ou deux joueurs qui ont les capacités pour devenir pro",

Effectif N°3 Thibault Callewaert N°4 Paul Sabas N°5 Grégory Chabrolin N°7 Kevin Massué N°8 Sacha Delfino N°9 Anthony Onesine N°11 Jean-Charles Desmedt N°12 Alexandre Gambelin N°14 Benjamin Diez N°16 Nathan Tardioli N°17 Tom Massué N°18 Victore Lapouge Entraîneur : Simon Cayron Entraîneur adjoint : Rémi Pourrat

assure le coach des minimes. Olivier Ragondet, qui a porté les couleurs cannoises chez les jeunes, est membre de l'équipe de France juniors et a fait ses débuts en première division sous les couleurs de Rennes. Thibault Rossard, 18 ans, a également découvert ce niveau avec Toulouse, une formation qui a misé sur ce grand espoir. Eldin Demirovic, 19 ans, évolue aujourd'hui au Nice VB, en Pro B. Pour ces garçons, avides de temps de jeu, il a

Simon Cayrol tente de tirer le meilleur d'un groupe qu'il juge talentueux. 66 67


"LE CLUB RÊVÉ POUR LES JEUNES" Kevin Massué (au centre), 14 ans, est l'un des trois minimes de l'AS Cannes membres du pôle espoirs, assure "vivre à 100 % volley". Tu as été champion de France avec les minimes en 2011. On imagine que tu as envie de connaître à nouveau de telles émotions…

parfois été difficile de patienter afin de se faire une place parmi le riche effectif seniors de l'AS Cannes. Youssef Krou, lui, a choisi de persévérer sur la Côte. A 21 ans, il est l'une des valeurs montantes de l'équipe dirigée par Laurent Tillie.

UN CHEMIN ENCORE LONG Un univers encore très éloigné du quotidien des moins de quinze ans que nous avons rencontrés. Pour certains, la taille va rapidement devenir un atout. Ou bien un handicap quasi rédhibitoire dans ce monde de géants. "La suite dépendra de leur potentiel physique, mais évidemment de leurs qualités techniques et surtout de leurs capacités psychologiques.J'ai connu beaucoup de joueurs qui étaient en avance sur les autres mais qui n'ont pas pu aller plus haut à cause du mental", prévient Simon Cayron. Et il est parfois difficile de maintenir le niveau de concentration de ces grands gamins. Au gymnase des Coteaux, "coach Cayron" dût plusieurs fois rappeler ses troupes à l'ordre. Une fois le dos tournés, ses protégés avaient du mal à se remettre au travail. "Vous voyez, dès qu'on les

laisse un peu seuls, ils se relâchent. En compétition, ils ont toujours envie de bien faire, donc ça va. Mais à l'entraînement, c'est plus compliqué." Fort heureusement pour les jeunes Dragons, les possibilités de s'étalonner face à la concurrence sont nombreuses. Le championnat départemental, dans lequel l'AS Cannes n'a subi aucune défaite depuis le début de la saison, sert à peaufiner quelques réglages et à donner du temps de jeu à certains éléments. L'objectif majeur reste la coupe de France, celle qui fait briller les yeux des volleyeurs locaux depuis si longtemps. A l'heure de notre bouclage, ils venaient de franchir le quatrième tour de l'épreuve face à Lyon-Francheville et Pont-à-Mousson. A chaque étape, trois équipes sont opposées et deux accèdent à la marche suivante. Pour Cannes, une élimination avant la finale ferait office de camouflet. En définitive, ne risque-t-on pas de verser dans la championnite aigüe ? Non, selon Simon Cayron. "Nous sommes ouverts à tous, on ne refuse pas les débutants. Nous avons plusieurs équipes dans chaque catégorie. Chacun peut progresser et prendre du plaisir à son rythme, à son niveau." 68

Notre premier objectif est d'amener l'équipe en finale, puis de conserver notre titre. Cette année, on a encore de très bons éléments. Pour moi et les autres joueurs du Pôle, le niveau d'exigence est plus élevé puisqu'on s'entraîne tous les jours, contre deux fois par semaine pour les autres.

Ce statut fait-il de vous les leaders du groupe ? Il faut qu'on montre l'exemple, c'est sûr. Certains ont tendance à craquer trop vite ou à se déconcentrer. Mais l'AS Cannes, c'est le club rêvé pour les jeunes. On représente quelque chose de fort pour les autres équipes. Si on se laisse aller, ils n'hésiteront pas à nous éliminer.

Tu as toujours eu l'esprit de compétition ? J'ai fait beaucoup d'autres sports et j'étais souvent surclassé grâce à mes qualités physiques. Mais on ne prenait pas le temps de m'apprendre les gestes qui me manquaient. Je suis venu un peu par hasard au volley, d'abord à Grasse. Aujourd'hui, je vis à 100 % pour ce sport. Ça me défoule, j'en ai vraiment besoin.

Devenir pro, tu y penses ? Forcément oui. Mais je sais que c'est très compliqué. Pour le moment, il me manque des centimètres (il mesure "seulement" 1,87 m). D'après mes radios du genou, je pourrais arriver à 2,02 m. J'aimerais réussir à intégrer le CNVB (Centre national du volley-ball, l'équivalent de l'INF Clairefontaine en football, ndlr) On verra bien…


Ville de Cannes – Département communication – Janvier 2012

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12 > 24 mars 2012

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ANTIBES VA PRENDRE L'ACCENT BELGE Place forte du basket français, l'Olympique d'Antibes évolue loin des sommets depuis plus d'une décennie. Actuellement engagé en Pro B, le deuxième échelon national, le club lutte pour éviter la relégation, avec des finances pas vraiment au beau fixe. L'arrivée d'un nouvel actionnaire belge, déjà propriétaire d'un club dans son pays, devrait apporter une bouffée d'air à l'OAJLP. Par Jimmy Boursicot. Photos : Sébastien Nogier, DR.

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ela commence à faire un bout de temps que les discussions autour de l'OAJLP se conjuguent à l'imparfait. Habitués au super, les fidèles d'hier doivent aujourd'hui se contenter de l'ordinaire. Du quotidien d'une Pro B qui ne fait pas toujours rêver et de soirées à l'ambiance plombée. Parfois, Antibes recroise quelques vieux camarades aux noms prestigieux qui ont perdu un peu de leur superbe, comme Pau-Orthez il y a peu ou encore le CSP Limoges actuellement. Lors de ces duels, le public antibois se prend au jeu, s'enflamme pour son cinq majeur, comme s'il tutoyait encore les sommets. C'est certainement ce passé glorieux et cette ferveur populaire qui ne demande qu'à s'exprimer à nouveau qui ont décidé Eric Somme à vouloir entrer dans le capital de l'Olympique d'Antibes. Patron du Spirou Charleroi, club champion de Belgique et régulièrement engagé en EuroLeague, cet homme d'affaires de 62 ans va devenir l'actionnaire majoritaire de l'OAJLP en investissant un million d'euros sur trois ans (250 000 euros en 2012, 500 000 en 2013 et 250 000 en 2014). Entouré d'investisseurs et d'amis, il possèdera 90% des parts.

LE DÉBUT D'UNE NOUVELLE ÈRE Pour Antibes, l'arrivée d'Eric Somme permet de voir l'avenir avec plus de sérénité et d'ambition. Embourbés dans le bas du classement de Pro B (seizièmes sur dix-huit, les bleu et blanc, s'attendaient à vivre une année compliquée, avec un effectif remodelé à la moyenne d'âge assez basse. La masse salariale, amputée de 121 000 euros par rapport à la saison 2010-2011 (389 000 euros contre 510 000 euros), n'a pas permis

"Il faut assurer notre maintien et tout mettre en œuvre pour remonter au sein de l’élite dès la saison prochaine, puis viser le titre rapidement. Je n’ai jamais construit une équipe pour évoluer dans le ventre mou : la bataille, tu la gagnes tout de suite ou pas !", a-t-il déclaré au quotidien belge Le Soir.

"L'OLYMPIQUE VA POUVOIR TOURNER COMME UN VRAI CLUB PRO" Jeff Allen est l'une des satisfactions d'un recrutement effectué avec peu de moyens.

de faire des folies, même si les responsables du domaine sportif ont fait en sorte de réaliser quelques "coups" sur le marché. Si l'OAJLP a évité le pire après sa relégation en Nationale 1, en 2007, il n'a jamais réussi à accrocher les playoffs depuis son retour en deuxième division. Contraint d'évoluer dans son antique salle Foch, ce fameux "chaudron" où les adversaires les plus prestigieux tombaient autrefois sous les coups de boutoir des Antibes, le club présidé par Jean-Marc Casabo ne dispose actuellement pas des meilleures conditions pour séduire les partenaires privés. Partant de ce constat, le mot d'ordre était donc de faire le dos rond, en attendant des jours meilleurs et surtout la livraison d'un Palais des sports de 5 000 places dans la zone des Trois-Moulins, prévue pour le premier semestre 2013 (lire pages 18 et 19). Avec l'arrivée d'Eric Somme, le plan établi par l'Olympique va connaître un sérieux coup d'accélérateur. Alors qu'il devait signer les derniers documents officialisant son entrée dans l'actionnariat, celui-ci n'a pas fait de mystère sur ses projets. 70 71

Jusqu'à l'arrivée d'un nouvel investisseur, avancer de tels objectifs aurait paru fantaisiste. Toujours en train d'éponger les dettes accumulées dans les années 90 (trois traites d'environ 200 000 euros seraient encore dûes), l'OAJLP ne fait pas partie des plus gros budgets de Pro B et doit compter sur une subvention municipale tournant autour du million d'euros pour équilibrer ses finances. Du côté de la Ville, le soutien apporté par Somme à l'équipe la plus emblématique de la ville est accueilli avec soulagement. Comme l'a confié

Eric Somme a prévu d'investir un million d'euros en l'espace de trois ans.


Le Belge Sacha Massot (à droite) est prêté par Charleroi à Antibes pour la deuxième année consécutive. Le premier élément visible de la coopération entre les deux clubs.

l'adjoint au sport, Eric Pauget, à nos confrères de Nice-Matin, "la subvention devrait baisser progressivement à partir de 2014. L'Olympique va pouvoir tourner comme un vrai club pro. Dans son histoire, il a vécu en bonne partie grâce aux subsides publics. Une nouvelle page va s'ouvrir." Le maire, Jean Leonetti, a également donné son blanc-seing au self-made man du plat pays, qui possède des restaurants, des boîtes de nuit et des bars. "Cette situation, avec une équipe qui joue le maintien en Pro B et des coûts importants pour la Ville, n'est pas viable à long terme", a assuré l'élu. "Si Monsieur Somme veut mettre les moyens pour emmener le club plus haut, je n'y vois aucun inconvénient. Bien au contraire !"

PREMIERS RAPPROCHEMENTS EN 2008 Avant d'aller plus haut, il faudra prendre garde à ne pas basculer dans l'enfer de la Nationale 1. "Redescendre en N1, ce serait une catastrophe !", a prévenu le futur boss de l'OAJLP. Afin d'éviter ce scénario, le coach Julien Espinosa peut compter sur deux recrues estampillées Somme. Le pivot Moussa Badiane (30 ans, 2,08 m), élu meilleur joueur de Pro B de la saison 2009-2010, est arrivé du Sluc Nancy (Pro A). Chez le champion de France en titre, Badiane jouait peu, barré par une concurrence féroce. Jusqu'à la fin des matches retour, il devrait apporter sa présence dans le

secteur intérieur. Il côtoiera le pigiste médical de Cecil Brown, l'Américain Trevor Huffman. Ce meneur arrive tout droit des Spirou Charleroi, où il a disputé deux rencontres avant de mettre le cap sur la Côte. Capitaine de l'Olympique, Sacha Massot est le premier symbole visible des rapprochements opérés entre les nouveaux actionnaires et Antibes. Pour autant, la prise de contact entre les deux entités ne date pas d'hier. "J’ai rencontré le comité (directeur) du club, alors en Nationale 1 et en difficultés. Et j’ai avancé 200 000 euros en contrepartie d’un pourcentage des recettes publicitaires", a assuré Eric Somme. L'homme avait tendu une oreille attentive lorsque Savo Vucevic (coach de Charleroi entre 2002 et 2006), entraîneur de l'OAJLP entre 2007 et 2011, avait évoqué en sa compagnie l'attractivité du club azuréen.

"DES SYNERGIES ENTRE LES DEUX CLUBS" Fin 2009, une étape supplémentaire avait apparemment été franchie dans la discrétion la plus totale, avec la création d'une SARL nommée "Antibes Spirou basket", immatriculée au tribunal de commerce de Nîmes, qui a pour activité la "régie publicitaire de médias". Depuis cette date, les idées ont germé dans l'esprit de l'entrepreneur belge, qui imagine déjà "des synergies entre les deux clubs". Les paroles laisseront rapidement 72

Meilleur joueur de Pro B en 2009-2010, Moussa Badiane a été recruté en janvier.

UN NOM EN QUESTION(S) Fondé en 1933, l'Olympique d'Antibes Juan-les-Pins va-t-il hériter d'une nouvelle dénomination avec l'arrivée d'Eric Somme et de ses partenaires financiers belges ? A n'en pas douter, même si l'argent a facilement raison d'une supposée identité dans le sport professionnel, le sujet devrait susciter la controverse du côté des fidèles de l'OAJLP. Comme certains le subodorent déjà, le club deviendra-t-il "Antibes Spirou basket" ou bien "Spirou Antibes basket", afin d'imiter son homologue du plat pays ? Peu voire pas répandu en France, ce genre d'appellation est entré dans les mœurs de nombreux championnats européens. Les Italiens sont par exemple habitués à assister à des duels entre l'Emporio Armani Milan et le Benetton Trévise. Le journal belge Le Soir, pour sa part, annonçait sans l'ombre d'un doute que le nouveau club allait être baptisé "Azur Antibes", n'attendant plus que "le prénom d'un sponsor".

place aux actes, puisque le manager de Charleroi, Jacques Stas, aura la charge du recrutement antibois lors de la prochaine intersaison. En quête d'un nouveau challenge après avoir tout réussi à Charleroi, Somme devrait réutiliser les recettes qui lui ont permis de construire un club solide, au budget rondouillard. Il pourrait également se positionner pour obtenir la gestion du futur palais omnisports et le droit d'y organiser d'autres événements.


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CH A M PIONNATS DU MONDE À NICE

Du 26 mars au 1er avril, l'élite mondiale du patinage artistique s'affrontera à Nice. Un événement majeur que la France avait accueilli pour la dernière fois en 2000, également dans la capitale des AlpesMaritimes. Le public devrait se déplacer en masse pour encourager les représentants tricolores et admirer les étoiles de la discipline. Par Jimmy Boursicot. Photos : Remy Perthuisot - FFSG et DR

C

eux qui suivent depuis longtemps le patinage artistique savent bien que la vérité d'un jour n'est pas forcément celle du lendemain. Cela se vérifie sur le plan sportif et plus encore en coulisses, où les tractations, les revirements de situations et les dossiers épineux sont légion. Concernant ces Mondiaux 2012, plusieurs péripéties ont "animé" le quotidien des responsables de la candidature niçoise, qui avait pourtant été retenue en… 2009 par la Fédération internationale de patinage (ISU) comme ville hôte. Tout paraissait limpide, jusqu'à ce que Montpellier vienne s'en mêler et vante les mérites de son "Arena" flambant neuve, que les Héraultais mettaient en balance avec un "hall d'exposition à Nice" au moment de plaider leur cause. C'était en mars 2011. Dans la foulée, un élément supplémentaire modifiait la donne. Le Japon, frappé par la catastrophe de Fukushima, n'était plus en mesure d'accueillir les championnats du monde. La Fédération française proposait alors de passer son tour en 2012, en faveur de son homologue asiatique. Un peu plus d'un mois après cet épisode, l'initiative restait sans lendemain et la FFSG arrêtait son choix : direction la Côte d'Azur.

ATTEINDRE LA BARRE DES 100 000 SPECTATEURS Depuis plusieurs années, la ville de Nice multiplie les efforts pour occuper une place plus importante sur l'échiquier du sport international. Son travail de sape commence à payer, plusieurs événements d'envergure étant tombés dans l'escarcelle azuréenne. Parmi celles-ci, certaines créent une réelle effervescence. C'est évidemment le cas de l'Euro 2016 de football, qui a enclenché le processus de construction d'un stade de 35 000 places à Saint-Isidore. Mais dans les têtes, l'échéance est encore trop loin pour que l'on s'y attarde vraiment. Les Jeux de la francophonie, eux, ne disposent pas d'une aura suffisante pour "faire parler", du moins pour le moment. En revanche, en défendant bec et ongles son dossier de candidature pour l'attribution des Mondiaux de patinage artistique 2012 et en étant retenue par la Fédération française des sports de glace (FFSG) et l'Etat, la capitale du département a réalisé un très


Patinage artistique

beau coup. Car le précédent rendez-vous international qui s'était déroulé à Nice, en 2000, a laissé un excellent souvenir au public, qui avait accueilli les meilleurs patineurs du globe avec chaleur. Au total, 52 000 personnes avaient assisté aux différentes épreuves, dont celle de danse sur glace, remportée par le couple français Gwendal Peizerat - Marina Anissina. Cette fois-ci, la barre a été placée beaucoup plus haut par le maire, Christian Estrosi, qui a pour ambition d'attirer 100 000 spectateurs au Palais des expositions. Un objectif réalisable, même si le prix relativement élevé des billets oscillant entre 31,50 euros et 178,50 euros (des tarifs réduits sont tout de même proposés selon certains critères) selon les jours et les catégories de sièges refroidiront quelques curieux. Du côté des décideurs locaux, l'intérêt de miser sur cette compétition n'est déjà plus à prouver. "Il s'agit d'un événement sportif majeur qui apportera beaucoup à la ville en terme d'image", a assuré Eric Ciotti, président du conseil général.

300 COMPÉTITEURS ET UNE COLONIE FRANÇAISE TRÈS ATTENDUE Pendant une semaine, tous les regards sont effectivement braqués vers la baie des Anges. Près de 600 journalistes sont attendus et 550 millions de téléspectateurs observeront les prouesses techniques des 300 compétiteurs en lice. Chauvinisme oblige (bien que l'on attende 25% de spectateurs étrangers), les représentants français se devront de faire bonne figure sur leurs terres. Brian Joubert, qui a déjà remporté le titre mondial en 2007, sera le chef de file de la sélection (lire par ailleurs). Le nouveau chouchou du public, Florent Amodio, peut également faire partie des challengers crédibles. Sacré champion d'Europe en 2011, son style extravagant tranche dans un milieu où les codes sont bien établis. Les attentes seront différentes pour le couple Vanessa James-Morgan Ciprès. Il y a quelques mois, Jean-Roland Racle, directeur des équipes de France, avait fixé comme objectif le top 10 mondial aux jeunes patineurs (24 et 20 ans). En danse sur glace, Nathalie Péchalat et Fabian 74 75

Bourzat, qui ont dominé les débats européens ces deux dernières années, auront pour ambition d'aller décrocher un podium durant la semaine niçoise. Les fans locaux sont déjà prêts à les applaudir !

Nathalie Péchalat et Fabian Bourzat ont conservé leur titre européen à Sheffield.


B R I A N JO U B ER T

"JE NE REGARDE PLUS EN ARRIÈRE" Décevant lors des championnats d'Europe, le leader du patinage français espère montrer une meilleure image lors des Mondiaux. Celle d'un homme qui avance vers la fin de sa carrière, tout en espérant ajouter quelques lignes glorieuses à son palmarès. Très attendu par le public français, le Poitevin ne devra pas se laisser submerger par la pression.

2012 sera une année chargée pour les patineurs tricolores. Pourtant, juste après les championnats de France, vous et les autres membres de la sélection étiez présents à Nice pour une démonstration… Les championnats du monde se dérouleront à Nice, il est primordial de se présenter et de prendre contact avec le public niçois pour se sentir vraiment comme à la maison. On vous sent dans de meilleures dispositions à l'approche de ces grands rendez-vous. Avez-vous la même perception de la situation ? Depuis peu de temps, je me sens de mieux en mieux. Ça s'est concrétisé par un huitième titre de champion de France, avec des sensations qui étaient vraiment excellentes. Il faut continuer à travailler, il n'y pas grand chose à modifier, je suis sur la bonne voie. Je dois parvenir à maintenir la même intensité (entretien réalisé avant l'épreuve continentale organisée à Sheffield. Le Français a terminé en huitième position et était absent du podium pour la première fois en onze participations, ndlr). Vous serez certainement très attendu lors des Mondiaux. Pensez-vous pouvoir y réaliser une très bonne performance ? La compétition va arriver très vite, c'est l'objectif principal de la saison. C'est même un moment décisif de ma carrière. On se doit d'être présent. On sera devant le public français. Cela va nous donner des ailes. Après, ça peut apporter une pression supplémentaire si on n'est pas totalement au point dans sa préparation. A moi et aux autres patineurs du pays de travailler, après ce ne sera que du bonheur. Il s'écoulera très peu de temps entre les championnats d'Europe et l'échéance mondiale. Est-ce difficile à gérer ? On est dans la période la plus compliquée, celle qui conditionne tout le reste de la saison. Avec les fêtes de fin d'année, l'envie de se relâcher pouvait exister. Mais il fallait garder un rythme assez intense, rester sérieux, la tête dans le guidon. Doit-on s'attendre à des nouveautés lors de vos prochaines apparitions ?


Patinage artistique Je veux présenter de grosses difficultés techniques, que ce soit lors du programme court ou du programme libre avec un voire deux quadruples sauts. Je prépare tout cela à l'entraînement, maintenant il faut que je sois plus régulier. Entre votre sacre mondial et aujourd'hui, cinq ans ont passé, avec des périodes fastes et des moments moins agréables. Où en êtes-vous aujourd'hui ? Les derniers championnats de France m'ont fait beaucoup de bien, ça faisait au moins deux ans que je n'avais pas eu telles sensations. Maintenant, je prends plaisir à m'entraîner tous les jours, je ne me pose plus de questions. J'ai connu des moments très durs, je me demandais si j'étais toujours fait pour la compétition, le haut niveau… On se trouve donc en face d'un "nouveau" Joubert ? J'avance, je ne regarde plus derrière. J'ai changé beaucoup de choses dans mon comportement, ma façon d'être et j'ai appris à relativiser. Je sais que je suis en fin de carrière, il me reste deux ans à tenir. Pour ne pas avoir de regrets, il fallait que je m'engage à 100 % pendant ces deux dernières saisons. Pendant la compétition organisée à Nice, vous serez certainement le Français le plus sollicité par les médias et le public… Peut-être, parce que ça fait quand même dix ans que je suis sur le circuit. Mais il n'y aura pas que moi. On a quand même une bonne équipe de France, avec Nathalie (Péchalat), Fabian (Bourzat) ou Florent (Amodio), qui a été champion d'Europe en 2011. Je veux qu'on montre une bonne image et que l'on suscite des vocations chez les gamins qui nous regarderont. Selon vous, le patinage bénéficie-til d'une exposition suffisante ? La discipline est quand même moins médiatisée qu'il y a dix ou quinze ans, c'est sûr, mais on n'a pas à se plaindre. Ceci dit, je pense qu'on peut faire mieux en relançant pas mal de choses. On aimerait par exemple participer à une tournée de l'équipe de France, avec des galas dans tout le pays.

Le niveau général ne cesse d'augmenter et vous devez affronter une concurrence de plus en plus jeune… Oui, le niveau augmente. En tout cas je me concentre sur mon travail et ce n'est déjà pas évident. Aujourd'hui, j'ai plus d'expérience. Même si j'ai eu quelques contre-performances, notamment aux Jeux olympiques, j'ai quand même fait de bons résultats et je n'ai plus grand chose à prouver. Quel est votre quotidien avant ces échéances ? Je m'entraîne entre quatre et cinq heures sur la glace, avec un jour de repos par semaine. Je me rends compte que mon corps vieillit, je dois être beaucoup plus professionnel au niveau de la récupération, de l'échauffement, de l'hygiène de vie ou de l'alimentation. 76 77

Les JO de 2014 à Sotchi, en Russie, seront votre dernier grand objectif sportif. Pensez-vous déjà à la suite ? C'est tout réfléchi : je vais commencer à passer mes diplômes d'entraîneur à partir de cette année. Pour conclure, la ville de Nice vous évoque-t-elle un souvenir particulier ? En 2000, il y avait eu les championnats du monde, mais j'étais gamin. Je n'avais pas pu y assister. J'ai eu l'occasion de faire régulièrement des galas à Nice et je trouve que le public est chaleureux. Il le sera sans doute encore plus à l'occasion d'un rendez-vous très attendu.


D I D I E R G AIL HAG UE T, PRÉ SI DE N T DE LA F F SG

Les Mondiaux de Nice seront un grand succès Les meilleurs gagnent toujours, donc ? Oui, et cela doit être dit. Ce qu'i n'empêchera pas notre fédération d'être à la pointe du combat en juin à Kuala Lumpur, lors du congrès de la Fédération internationale. Nous voulons faire évoluer le système et sa lisibilité pour rendre le tout plus original.

A

vant de connaître le verdict des championnats d'Europe, le président de la Fédération française des sports de glace se montrait assez optimiste et avouait avoir "de secrets espoirs" pour ses patineurs engagés dans les Mondiaux. Il a également évoqué sa satisfaction concernant la situation financière de la FFSG et assuré que l'épreuve niçoise allait servir de moteur pour les années à venir.

La France a organisé les mondiaux pour la dernière fois en 2000, déjà à Nice. De quelle manière a évolué votre sport depuis douze ans? Le patinage a considérablement évolué même si l'exploit n'est pas autant valorisé que nous le souhaiterions. Les patineurs sont désormais des athlètes complets qui doivent réaliser des sans-faute durant deux journées pour s'imposer. Cela nécessite une condition physique irréprochable et un mental solide pour être le plus régulier possible. Cette recherche de la régularité n'empêche-t-elle pas les coups d'éclat ? Ce critère est effectivement privilégié par le système de jugement. L'aspect positif, c'est qu'il consacre la fiabilité, acquise grâce à un travail rigoureux et méthodique. Les seules qualités physiques ou physiologiques ne suffisent plus.

Pensez-vous que le fait d'accueillir des championnats du monde apportera un nouveau coup de projecteur à la discipline ? D'ores et déjà je peux affirmer ce championnat sera un grand succès populaire, médiatique et je l'espère, sportif. Il faut bien sûr que le public se mobilise et fasse de ce championnat une immense fête du patinage mondial. Les clubs, les comités et les ligues sont sur le pied de guerre. Nous avons reçu 500 demandes de volontaires alors que nous n'avions besoin que de 120 bénévoles. Parmi ceux qui ont été retenus, il y aura 60 Niçois. Est-ce que ce genre de challenge pourrait à nouveau être tenté dans un futur proche ? Il y a une dynamique. Pour la première fois en quinze ans, trois chaînes ont diffusé le Trophée Bompard. Ce n'est pas le seul fait du hasard. Je suis persuadé que le Mondial permettra à la France de rayonner internationalement. Si ces championnats devaient être une réussite, la France se portera candidate à l'organisation des championnats d'Europe 2015 et à la finale de la Coupe du monde de patinage 2016. La France dispose-t-elle des outils pour améliorer son niveau général et son nombre de pratiquants ? Il y a 180 patinoires fixes dans le pays et environ 400 mobiles, installées pendant les fêtes de Noël. nous avons 4.5 millions de pratiquants de manière fréquente ou occasionnelle chaque année (dans son media guide 2010-2011, la FFSG revendiquait 22 000 licenciés et 1,5 million de 78

pratiquants réguliers, ndlr). Nous venons juste de créer la licence Ice pass très incitative à 5 euros qui est un grand succès (8 000 adhésions). Qu'en est-il des moyens financiers ? Bien sur, nous aimerions être plus riches. Mais des partenaires prestigieux nous accompagnent et d'autres vont nous rejoindre. La FFSG est en train de changer de dimension malgré la crise économique mondiale. J'annoncerai lors de la prochaine assemblée générale de Biarritz, en juin, la très importante progression dans ce domaine. Le ministère des Sports nous a constamment soutenus, notamment pendant les heures les plus noires de cette fédération (en 1997, la Fédération avait déposé le bilan. Porté au poste de président un an plus tard, Didier Gailhaguet avait mis en place un plan destiné à éponger un passif de 55 millions de francs sur dix ans). Combien de médailles espérez-vous pour les Tricolores décrocher à Nice ? Je ne fais jamais de pronostics. Mettez vous sur deux lames de couteau, essayez de faire quatre tours en l'air et retombez sur une seule jambe. Le tout en glissant en musique, en donnant l'impression que tout est facile… Le patinage n'est pas une science exacte. On retente notre chance : attendez-vous de grandes performances de vos athlètes ? J'ai une très grande confiance en eux et de secrets espoirs. Nous avons la chance d'avoir des personnalités extraordinaires, qui doivent peut-être mieux comprendre encore le leitmotiv de leurs entraineurs : "Travailler plus pour gagner plus !" Nathalie Péchalat, Fabian Bourzat, Brian Joubert et le jeune Florent Amodio sont tous de brillants champions d'Europe ou du monde. Ils seront nos chefs de file. Je compte sur eux comme sur la talentueuse relève qui les accompagnera, sous la houlette du directeur technique national, Xavier Sendra, qui réside à Nice.


N A S C AR

L'INCROYABLE DÉFI DE MICHEL DISDIER Contre vents et marées, Michel Disdier se démène depuis des années pour vivre son rêve. L'objectif du pilote niçois ? Devenir l'un des rares Européens à avoir pris part au championnat Nascar. Sans jamais se décourager, il se bat quotidiennement pour y parvenir. Par Jimmy Boursicot. Photos : auto-us.com et DR

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uand il est sur la piste, Michel Disdier fait tout pour faire tomber les chronos. En dehors, en revanche, il est capable de complètement oublier sa montre, de vous embarquer dans son univers. Sans flancher, il vous racontera par le menu son itinéraire de fou du volant. Le sport auto, c'est sa vie. Une passion qui l'a pris aux tripes depuis son enfance et qui le mène depuis plusieurs années sur le continent américain. Presque sur un coup de tête, ce Niçois de 37 ans s'est lancé un challenge corsé : intégrer l'une des trois séries de la Nascar. Dans ce championnat de stock car suivi par des millions de spectateurs, il espère faire son trou. Loin d'être évident, comme a pu le constater Michel Disdier lors de ses précédentes escapades aux "States". Peu importe, le petit gars de Cimiez est du genre à revenir par la fenêtre quand on le sort par la porte. "Quand j'ai commencé à rouler,

je pensais que si je faisais partie des meilleurs, la route se dégagerait. J'étais un peu dupe, je n'avais pas envie de voir le mauvais côté des choses. Je n'ai toujours pas envie, d'ailleurs. C'est comme ça quand tu as des rêves…"

FREINÉ PAR LE MANQUE D'ARGENT Champion de France d'endurance moto à 16 ans, Michel avait déjà la tête ailleurs. Malgré ses bonnes performances sur deux-roues, il ne pensait qu'à une chose : faire du karting. "Mais mes parents ne voulaient pas que je me lance là-dedans. Ils voulaient surtout que j'aie mon Bac. Au départ, la moto était un loisir. Mais assez rapidement, des gens ont remarqué que je m'améliorais et ils m'ont conseillé de faire de la compétition." L'Azuréen délaissait les sentiers boueux et se lançait dans des courbes sinueuses. Karting, Formule Ford, F3000, Formule France, Grand

Tourisme : il saisit toutes les opportunités de faire ses armes avec un appétit d'ogre. Ses ambitions sont du même acabit. Quitte à passer pour un illuminé, il clame son envie d'intégrer la F1 à l'aube de l'an 2000. La marche est trop haute et les passerelles trop étroites. "La question de l'argent est toujours entrée en ligne de compte, je n'ai jamais pu me consacrer pleinement à la piste. Je n'avais pas de fortune personnelle ni d'énorme sponsor derrière moi, j'ai toujours dû me bagarrer pour trouver des partenaires. Dans ce milieu, on ne prend pas toujours les meilleurs. Certains achètent leur volant."

(RE)BORN IN THE USA Après avoir tant de fois espéré pénétrer dans des cercles toujours un peu plus fermés, Michel aurait pu se lasser, baisser les bras et passer à autre chose. Un poste dans la société de commerce de gros appartenant à son père l'occupe un


A temps, mais la faim de compétition, de pneus qui crissent et de sensations fortes se font constamment ressentir. Juste avant de passer le cap de la trentaine, le Sudiste commence à s'intéresser de plus près au mode de vie américain, qui le fascine et l'attire comme un aimant. Evidemment, son regard se braque rapidement sur les compétitions automobiles organisées chez l'Oncle Sam. Sans se démonter, il arpente les circuits où fait étape le grand barnum de la Nascar (National association for stock car auto racing). Le Frenchie ne connaît absolument personne, se glisse dans les stands au culot et lie quelques contacts avec des piliers de la discipline. Quand il apprend que le légendaire Alain Prost est venu prendre la température outre-Atlantique, il harcèle son avocat afin d'obtenir une entrevue avec le "Professeur"… qui finira par lui accorder de longues minutes par téléphone. Tenace, Michel Disdier continue d'y croire, même si les années défilent. En 2007, sa persévérance est une première fois récompensée. L'équipe du Canadien Mario Gosselin lui propose une session de test sur le Michigan international speedway. Un moment inoubliable pour Michel. "Tout ce que j'avais fait avant ne me servait plus à grand chose. En Europe, la base du pilotage, c'est le freinage. Là, tu dois rentrer super fort dans les

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virages. Au début, c'était super impressionnant, on est à 300-310 km/h de moyenne. Les virages sont surélevés, la force centrifuge est énorme", explique-t-il avec conviction. La suite est encore plus exaltante. Sa deuxième incursion dans cet univers d'ordinaire peu enclin à accueillir de nouveaux venus, il la fait sur le Super speedway de Daytona. Le top du top, un tracé mythique sur lequel toute l'attention se concentre en début de saison. "J'ai essayé de minimiser tout ça, d'y aller au feeling", se rappelle Michel Disdier.

"A L'ARRIVÉE, ON ÉTAIT TOUS EN PLEURS"

Après des débuts prometteurs, le Niçois n'a pas encore réussi à trouver une équipe.

Le Français est dans son élément, comme un Texan dans ses santiags. Comme un vrai Yankee, il se dit que tout est possible, à condition de s'en donner les moyens. Sauf que les moyens (financiers), il ne les a toujours pas. Tout en se battant contre les chronos, il doit se lancer dans une course de fonds. Du déjà-vu, ditesvous ? Michel sait que l'histoire ne repasse pas les plats et se jette corps et âme dans l'aventure. En 2008, une équipe engagée en Arca, une ligue mineure mais professionnelle de stock-car, lui accorde sa confiance. Michel ne la trahira pas. Pourtant, sa première course à Salem, Indiana, avait tout d'un traquenard. "Le circuit était très

EN COURSE DANS LA PRESSE

Il faut croire que Michel Disdier a horreur de s'ennuyer. En plus de sa préparation et des rendez-vous avec les différents partenaires, le Niçois a souhaité investir dans le secteur de la presse. En mars 2011, il a créé "Auto US", un bimestriel entièrement consacré à l'actualité du sport auto au pays des Yankees. "Il y a un vrai public de passionnés en France, mais aussi en Europe. Personne ne proposait une publication de ce genre avant nous", assure le pilote, qui profite de ses contacts pour ficeler quelques interviews avec des pointures de l'Indycar, des différentes séries de la Nascar ou des spécialistes d'endurance.  Régulièrement, l'équipe du mag (bénévole pour le moment) teste aussi les nouveaux bolides sortis des usines de l'Oncle Sam. A chaque numéro, Michel Disdier tient également une chronique, dans laquelle il revient sur son actualité, à la poursuite du rêve américain. Liste des points de vente et infos sur www.auto-us.com 80 81


difficile, bosselé. La pression était énorme parce que tout le monde me regardait et pensait que je n'allais même pas faire deux tours. Il a plu toute la journée, on a dû attendre quatre heures avant de prendre le départ. Je faisais le maximum pour me détendre, mais au bout d'un moment, je me demandais si ce ne serait pas mieux de faire ça un autre jour", s'amuse le pilote. L'épreuve finit par démarrer… pour s'interrompre provisoirement au bout de vingt tours, après un énorme crash. "C'était Mad Max, de la folie furieuse ! J'ai tapé une fois ou deux contre le mur, mais je ne pouvais pas arrêter. Si j'avais fait une connerie, on aurait dit que le Français avait encore foutu la merde." Cette journée qui aurait pu virer au cauchemar prend finalement une autre tournure. Sorti de nulle part, Disdier amène sa voiture n°21 jusqu'à la treizième place. Inespéré. "A l'arrivée, on était tous en pleurs, c'était tellement fort…"

ENFIN LA BONNE ? Le "French man" attire la curiosité tout en faisant bonne figure sur la piste. En 2009, il veut remettre ça et aller encore plus haut. Pour continuer, il doit trouver un budget de 400 000 dollars, minimum. L'équipe pour laquelle il roulait l'année précédente lui fait une fleur, accepte de

Sur les "speedways", les pilotes peuvent atteindre les 350 km/h. 82

tenter le coup avec "seulement" la moitié de la somme nécessaire. "Ces gars ont été exceptionnels, certains mécanos venaient même sans être payés. On n'avait pas assez d'argent pour faire des essais, alors je découvrais tous les circuits la veille de la course." Devant un public d'acharnés, "qui suivent toutes les courses avec leur camping car et qui sont d'une générosité incroyable" et qui sont régulièrement près de 100 000 dans les tribunes, le Tricolore renvoie l'image d'un pilote fiable et prêt à donner de son temps pour ses fans. Pas suffisant, néanmoins, pour prendre définitivement ses quartiers aux USA. S'estimant à deux doigts de mettre la main sur d'importants partenaires financiers, Michel Disdier finit à deux reprises le bec dans l'eau. 2010 et 2011 seront des années blanches, "mais avec une main toujours sur la valise, au cas où". A l'heure où nous imprimions, le Niçois était en passe de lier un partenariat avec "une grande entreprise étrangère, qui serait prête à miser sur moi pour toute la saison en Nascar camping world trucks". Michel Disdier a déjà fait une croix sur Daytona, première manche du championnat programmée le 24 février. Il espère enfin entrer dans la cour des grands le 31 mars à Martinsville. Il serait le premier Français à rouler en Nascar depuis Jo Schlesser (1964) et Claude Ballot-Léna (1978).


J E U X OLYM PIQUES DE LA JE UN ESSE

UNE MÉDAILLE HISTORIQUE POUR LES MONÉGASQUES Du 13 au 22 janvier, trois athlètes ont représenté la principauté lors des premiers Jeux olympiques de la jeunesse d'hiver, une compétition ouverte aux 15-18 ans. En bobsleigh à deux, Rudy Rinaldi et Jérémy Torre ont réussi à obtenir le bronze. Un moment fort pour le sport monégasque, qui s'invite à la table des grandes nations avec cette performance. Egalement en lice, le skieur Bryan Pelassy n'a pas démérité. Par Jimmy Boursicot. Photos : Stéphan Maggi/Comité olympique monégasque, GEPA, Xu Liang.


Spor t s d'hiver

Jérémy Torre et Rudy Rinaldi ont pu savourer leur podium en compagnie de S.A.S. le prince Albert, qui a assisté avec émotion aux deux descentes des jeunes Monégasques.

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arfois, il arrive que les rêves les plus incroyables se concrétisent. Pour Rudy Rinaldi et Jérémy Torre, le songe d'une nuit est devenu réalité. Les deux amis de longue date, sélectionnés pour représenter Monaco lors des épreuves de bobsleigh lors de la première édition des JO de la jeunesse d'hiver (JOJ), ont réussi à se hisser sur le podium. Un résultat formidable pour le petit état monégasque, qui entretient une relation passionnelle avec le sport depuis plusieurs décennies. Torre et Rinaldi, tout juste majeurs, ont pu savourer leur performance en compagnie de S.A.S. le prince Albert, qui était à Innsbruck pour assister à la compétition et qui leur a remis la médaille de bronze avec beaucoup de joie. De l'émotion aussi, pour un souverain qui a lui-même pratiqué le bob pendant de longues années, participant à cinq olympiades. Juste avant la cérémonie de clôture, la délégation du Rocher était gagnée par l'émotion. Un épilogue heureux pour cette olympiade réussie sur tous les plans.

COMME LES GRANDS Certainement soucieux de marquer les esprits et d'insuffler un peu de fraîcheur dans son environnement, le Comité international olympique avait mis sur pied un programme éclectique, qui

Âgé de 15 ans, Bryan Pelassy a disputé quatre épreuves à Innsbruck. Son meilleur résultat est une trentième place en super combiné.

comprenait également des volets éducatifs et culturels. Ainsi, des rencontres autour de l'environnement, la musique ou encore les médias ont été proposées aux participants, qui ont profité de l'occasion pour faire connaissance et échanger avec leurs homologues étrangers. Pour ce qui était du domaine sportif, le comité d'organisation a tout fait pour tendre vers l'excellence. Les jeunes en lice ont pu avoir un véritable avant goût de ce qui est susceptible de les attendre dans quelques années, s'ils poursuivent leur progression avec régularité. Plus de 1 000 athlètes représentant 70 pays, 1 400 volontaires pour assurer le bon fonctionnement de l'événement, 63 épreuves, 900 journalistes accrédités, un budget de 23,7 millions d'euros : les participants avaient de quoi être impressionnés dans le Tyrol autrichien. La cérémonie d'ouverture fut du même acabit, avec la présence de 15 000 spectateurs, venus assister au lancement de la troisième olympiade au Bergisel stadion d'Innsbruck (la ville avait déjà accueilli les JO d'hiver en 1964 et 1976). "C'était impressionnant de rentrer dans le stade, de lever les yeux et de voir autant de monde", raconte Rudy Rinaldi, le porte-drapeau monégasque. D'autant plus que de grands noms comme l'Américaine Lindsey Vonn, médaille d'or de descente en 2010, 84 85

avaient fait le déplacement. Dans la foulée, les trois athlètes engagés ainsi que leurs entraîneurs (Jean-Claude Mari pour le ski et David Plassais pour le bobsleigh) et le chef de mission, Sébastien Gattuso, ont pris leurs marques au village olympique. Pour l'occasion, 13 bâtiments ont été créés, offrant de très fonctionnelles conditions d'hébergement. L'ensemble de 444 appartements à basse consommation énergétique est désormais mis à disposition des habitants de la commune à la recherche d'un logement.

LES QUATRE TRAVAUX DE BRYAN Les bobeurs, dont le passage était prévu pour le dernier jour des Jeux, avaient tout loisir de travailler physiquement et de peaufiner leurs derniers réglages pour arriver dans les meilleurs dispositions. Bryan Pelassy, lui, devait entrer immédiatement dans le vif du sujet. A peine âgé de 15 ans, celui que ses parents ont emmené sur la neige dès qu'il a su marcher démarrait sa semaine par un Super G. Tout en haut de la piste de Patscherkofel, l'ado n'en menait pas large : "Au départ et sur les premières portes, j'étais stressé. Avant moi, plusieurs concurrents étaient tombés." Le skieur rouge et blanc ne chutait pas et terminait 38e. "Les épreuves de vitesse ne sont pas ma spécialité, mais j'ai eu un bon fee-


Jacques Rogge veut "rajeunir les Jeux" Présent à Innsbruck, Jacques Rogge, le président du Comité international olympique (CIO), a profité d'une conférence de presse pour afficher sa volonté de "rajeunir le programme olympique". "Nous devons l'adapter aux désirs et aux besoins Ci-dessus, le vice-président du Comité olympique monégasque, Henry Rey, Jérémy Torre, Rudy Rinaldi, S.A.S le prince Albert, Bryan Pelassy et Yvette Lambin-Berti, secrétaire générale du Comité olympique monégasque, réunis lors de la présentation des athlètes à l'hôtel Fairmount. Les bobeurs ont dû attendre les derniers instants de la compétition pour savourer leur performance. Une fois les résultats rendus officiels, c'était l'explosion de joie (ci-dessous, Rudy Rinaldi enlacé par son père, Charly).

ling. J'ai atteint mon objectif", indiquait l'un des plus jeunes engagés. Le lendemain, "avec moins d'appréhension" et "plus en phase avec la piste", Bryan allait signer sa meilleure performance des JOJ lors du super combiné. Sur une pente glacée qui flirtait avec les 30%, le Monégasque accrochait la 30e place devant ses parents, qui l'ont encouragé durant toute la semaine. Après un jour de repos, le skieur s'attaquait au slalom géant, un exercice qu'il affectionne. Tout n'allait pourtant pas se passer comme prévu. Lors de la première manche, Bryan tombait et évitait in extremis la disqualification. Au terme de la deuxième manche, il pointait au 33e rang. Emoussé, Pelassy terminait son marathon en quatre étapes par un slalom qui ne lui souriait pas. Après avoir accumulé du retard lors de la première manche, il partait à la faute dans la seconde. Une dernière note négative qui ne noircissait pas totalement le tableau. "Participer à ce genre manifestation, c'est positif. C'est une belle source de motivation", assure Bryan, qui projette d'intégrer une section sport-études.

L'HEURE DES BOBEURS Dimanche 22 janvier. En début de soirée, la flamme va s'éteindre. Pour Jérémy Torre et Rudy Rinaldi, les voyant vont enfin passer au vert.

Durant les entraînements officiels, ils ont navigué entre la 4e et la 7e position. Peu à peu, les deux potes ont augmenté leur seuil d'exigence. Ce sera le podium ou rien. Les deux garçons n'ont qu'un peu plus d'un an de pratique, mais ils apprennent vite. Jérémy, "très nerveux dans les vestiaires avant le départ", sait qu'il va devoir pousser sur ses jambes comme jamais pour lancer le bob monégasque comme un bolide. Rudy, de son côté, emploie des techniques de respiration pour faire le vide, "ne penser à rien sauf à mes lignes". C'est parti. La fusée rouge s'embarque sur le tracé d'Igls pour moins d'une minute. Quelques secondes durant lesquelles la moindre erreur est rédhibitoire. Le duo monégasque n'en commettra pas, ou très peu. Leur temps s'affiche sur le tableau lumineux : 54''65. Torre et Rinaldi 86

de la jeunesse et ne pas rester trop conservateurs. Les JOJ sont l'endroit idéal pour expérimenter cela." En Autriche, dix-huit disciplines ont fait leur apparition aux côtés des épreuves "traditionnelles". On retrouvait par exemple du ski halfpipe (figures sur une rampe en forme de "demi-tube"), qui deviendra olympique à Sotchi, en 2014, ou encore des exercices d'adresse en hockey sur glace. Certaines compétitions ont été disputées par équipes, en format mixte ou en mêlant plusieurs nationalités. Les prémices d'un véritable renouveau pour l'olympisme ?

figurent au troisième rang, derrière la Lettonie et l'Autriche. Les contours du rêve sont nettement moins flous. Mais tout peut encore arriver durant la deuxième descente. Jérémy et Rudy, réglés comme des horloges, en finissent en 54''66. Impeccable… et tout de même insuffisant pour conserver de l'avance sur des Italiens supersoniques. Au moment du dernier passage, celui de la Lettonie, les bobeurs du Rocher sont abattus, persuadés d'avoir dit adieu à leurs rêves de podium. Rapides en première manche, les Baltes sont censés réitérer leur performance. Ce qu'ils ne feront pas, avec un surprenant septième temps lors de l'assaut final. Rinaldi et Torre exultent : la médaille de bronze est à eux. Devant les caméras du CIO, Jérémy lâche des "amazing, marvellous, fantastic !" Le prince Albert et la secrétaire générale du Comité olympique monégasque, Yvette LambinBerti, viennent les féliciter chaleureusement. Leurs familles déboulent et les étreignent longuement. "La course était très serrée, on a bien géré le stress même si la pression était forte", résume Rudy. "Obtenir cette médaille pour Monaco, c'est une immense fierté, c'est beau, c'est grand", s'enthousiasmait Jérémy. De quoi donner envie au duo de connaître à nouveau de telles sensations lors des "grands" JO de Sotchi, en 2014.


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Vert, un monde réfléchi


CAV I G AL NIC E B ASKE T

LES NIÇOISES ONT DÉCIDÉ D'Y CROIRE Championnes de France de deuxième division l'an dernier, les filles du Cavigal luttent désormais pour leur maintien en LFB. Dernières depuis plusieurs mois, les joueuses d'Olga Tarasenko s'accrocheront jusqu'au bout pour réussir cette mission périlleuse. Par Jimmy Boursicot. Photos : Georges Martin

I

l n'y a pas qu'autour des grandes places financières mondiales que certains chiffres inspirent la crainte. Du côté de la Ligue féminine de basket-ball, l'élite française de la discipline, les statistiques du Cavigal Nice basket 06 (CNB 06) auraient fait tiquer plus d'un analyste. Lanterne rouge vif, le club azuréen ne comptait que quatre victoires après avoir joué dix-huit matches en première division. Alors, en allant faire un

tour du côté de la salle Leyrit, on s'attendait à tomber dans une atmosphère morose, moral en berne, yeux perdus dans les chaussettes. Mais en dépit d'un départ boiteux (le "Cavi" a attendu la neuvième journée pour fêter son premier succès), les Niçoises ont décidé de se retrousser les manches, de rattraper le temps perdu en affichant une détermination sans faille. Après une séance de shoots, en milieu de jour-

née, Stéphanie Dubois n'en disait pas moins. Pour la capitaine du CNB, pas question de baisser pavillon. Même si certains ont déjà jeté le voile sur les espoirs de maintien de cette équipe. "Dès le début, on savait qu'on allait être le Petit poucet, qu'on entrait dans une autre dimension. En LFB, l'impact physique est beaucoup plus important. Par rapport à ce qu'on a connu l'an dernier, les adversaires sont nettement mieux en place, tout est bien rôdé."


B a s k e t

MANQUE D'EXPÉRIENCE

"NE PLUS SE POSER DE QUESTIONS"

"ON A LE NIVEAU"

En 2010-2011, le ciel était effectivement plus bleu au-dessus des têtes. Avec seulement deux défaites lors de la phase retour, Nice s'était ouvert les portes du Final four, balayant tout sur son passage pour aller décrocher le titre national, avec une Jeanne Senghor élue MVP. A la baguette, Olga Tarasenko avait, pour sa part, été désignée par ses pairs "coach de l'année". Puis, à l'étage supérieur, l'horizon s'est assombri progressivement. "Les premières semaines ont été très difficiles, reconnaît Olga Tarasenko. On avait décidé de garder sept joueuses qui avaient participé à la montée, en misant sur le vécu de ce groupe pour avancer plus vite. Mais beaucoup de filles découvrent ce niveau", indique la technicienne russe, qui a coaché dans toutes les divisions sur la Côte (de la N3 à la LFB, entre 2004 et aujourd'hui). Stéphanie Dubois, qui avait déjà fréquenté l'élite avec Challes-les-Eaux sans toutefois faire partie des cadres, pointe le principal problème des Azuréennes, selon elle : "On manque d'expérience. En début de saison, on sentait qu'il y avait vraiment de l'appréhension. Et à force de courir après une première victoire, on faisait peut-être un blocage. Aujourd'hui, je pense qu'on est libérées."

L'ailière âgée de 28 ans estime par ailleurs que le collectif a trouvé ses marques peu avant le début de l'hiver. "On a franchi un palier, on maîtrise mieux notre jeu, on met plus de densité en défense. Contre Hainaut (12e journée, victoire 67-64 à l'extérieur, ndlr), on a livré un match de guerrières. Dans la presse, ils ont dit que c'était un combat de rue", sourit la blonde d'1,83 m. Olga Tarasenko, qui fut joueuse dans plusieurs pays (Russie, Lettonie, Finlande et France avec Clermont, Toulouse, Bordeaux et Nice), a un avis tranché sur le niveau actuel du championnat hexagonal. "Honnêtement, je trouve que le niveau général s'est appauvri par rapport à mon époque. Tactiquement et techniquement, c'est plus pauvre. En revanche, le physique a pris une place importante. Cela oblige à avoir de véritables athlètes." Même si les résultats tendent à prouver le contraire, la capitaine du Cavi est catégorique. Pour elle, Nice mérite de conserver sa place parmi les meilleures équipes de France à la fin de la saison. "Il faut qu'on arrive à laisser deux équipes derrière nous. Avec un très bon état d'esprit et de la combativité, on peut réussir à accrocher plusieurs adversaires. On ne doit plus se poser de questions et jouer le tout pour le tout."

A la lecture de ces lignes, certains doivent penser que la méthode Coué a tout de même ses limites et se demandent ce qui pousse les Azuréennes à y croire encore. "Il nous a fallu un temps d'adaptation, c'est logique. Mais une demi-saison, c'est déjà beaucoup. Dans notre situation, on doit toujours calculer, attendre le résultat des autres pour savoir où on en est. Mais on avait plus ou moins prévu ce démarrage difficile. On a également perdu deux joueuses majeures sur blessure. Maintenant, on doit faire

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Olga Tarasenko, élue meilleure coach de deuxième division l'an dernier, s'attendait à vivre une année difficile à l'étage supérieur.

beaucoup mieux durant les prochains mois de compétition", rappelle Olga Tarasenko. Condamnées avant même le premier entredeux de la saison par la grande majorité des observateurs, les filles du CNB 06 ne veulent pas voir leur rêve s'évanouir si vite. Alors, avant les fêtes de Noël, une nouvelle joueuse a atterri sous les paniers de Leyrit. La Polonaise Malgorzata Babicka (ailière ou arrière, 1,87 m, 26 ans), qui a participé à l'Euro 2011 organisé dans son pays, est venue pour remplacer l'Américaine Kesley Bolte (6 matches joués pour 3 points de moyenne). "C'était une erreur de recrutement, elle n'avait pas le niveau", résume le coach assistant, Greg Muntzner.

encore possible, mais il commence à y avoir urgence. Dans la dernière ligne droite, les "Niss'Angels" pourront enfin savoir s'il y a une bonne étoile au-dessus de leurs têtes.

RATTRAPER LE TEMPS PERDU Rassérénées après une embellie en novembredécembre, les Azuréennes ont à nouveau vu leur horizon s'assombrir ces derniers temps. Leur premier succès de l'année 2012 (73-69 contre Mondeville, 18 e journée) a mis un terme de quatre revers consécutifs. L'essentiel reste évidemment de prendre des points le plus vite possible en championnat pour Nice, qui compte un point de retard (un match gagné en rapporte deux mais un point est donné à chaque défaite). Tout reste

En quatre saisons, Fabienne Constant est passée de la NF2 à la LFB. 90

CONSTANT, MARCHE APRÈS MARCHE "On travaille beaucoup individuellement, car j'estime que l'on peut toujours progresser. Prenez par exemple une fille comme Fabienne Constant. En quatre saisons, elle est passée de la NF2 (le quatrièmev échelon national, ndlr) à la LFB", glisse Olga Tarasenko. Impressionnant, effectivement. D'autant plus que la technicienne du Cavi n'a même pas pris la peine de dérouler les stats de Fabienne Constant pour appuyer ses propos. A mi-saison, la Guadeloupéenne de 25 ans affichait une moyenne de 13 points par match et 4,7 rebonds. Pour sa première saison au plus haut niveau, celle qui évolue au poste de pivot est devenue la joueuse la plus prolifique de l'effectif niçois. L'an dernier, elle avait également terminé meilleure marqueuse de la finale des play-offs remportée par le CNB 06 avec 25 points. Cette saison, Fabienne Constant et ses 188 centimètres ont déjà dépassé à trois reprises la barre des vingt points. Prometteur pour la suite.


S T A N E L I N O VO I P M U A D E H D C N O M

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our tous les représentants français, les championnats du monde organisés à Perth étaient LE rendez-vous à bien négocier pour espérer qualifier leur série, dans un premier temps, puis obtenir une sélection tant espérée pour les JO de Londres. A l'instar de toute la flotte tricolore (à l'exception de l'équipage féminin de match racing, médaillé de bronze), les voileux azuréens n'ont pas vraiment été à la fête. Tenus à distance respectable des places d'honneurs, certains ont vite retrouvé le sourire en trouvant leur nom sur la liste des heureux élus qui verront la Grande-Bretagne cet été. Le Cagnois Stéphane Christidis (18e en 49er en Australie) et le membre du Pôle France d'Antibes, Jean-Baptiste Bernaz

(12e en Laser) en seront. Sociétaire du Yacht club d'Antibes, Sophie de Turckheim (21e en Laser radial) est encore en balance avec sa grande rivale, Sarah Steyaert. Enorme déception, en

NICOLAS CHARBONNIER ET JÉRÉMIE MION RESTENT À QUAI "Vivre des Jeux, c'est tellement fort… Mais je relativise, je sais très bien qu'on ne peut pas toujours gagner. Même quand tu te bats tous les jours pour un objectif, que tu hais la défaite, il faut savoir l'accepter." Voilà ce que nous déclarait Nicolas Charbonnier au printemps dernier. Pas sûr qu'aujourd'hui, celui qui fut médaillé de bronze en 470 lors des JO de Pékin, accepte aussi facilement la décision de la Fédération française, qui a choisi de miser sur le duo nantais Leboucher-Garos. Cinquièmes lors des mondiaux, Charbonnier et Mion avaient pourtant devancé leurs compatriotes d'un rang. Ces derniers, plus réguliers sur l'ensemble de la saison, ont fini par hériter du précieux sésame. "Nicolas Charbonnier est excessivement talentueux, mais il a connu un changement d''équipier l'année dernière, ce qui n'est pas anodin et l'a freiné dans sa préparation", a estimé le le DTN, Philippe Gouard. Le coup sera certainement dur à encaisser pour Nicolas (31 ans), qui a tenté de trouver ses marques avec Jérémie Mion pendant plusieurs mois. "Ce qui fait la différence entre les bons et les très bons, c'est que ces derniers arrivent toujours à se relever", nous avait glissé Charbonnier, qui ne pensait peut-être pas devoir se pencher sur le problème si tôt.

revanche, pour son partenaire de club Nicolas Charbonnier (5e en 470). Médaillé de bronze à Pékin en 2008, il dit adieu à son rêve olympique. L'autre Antibois en lice, Sofian Bouvet, a profité de sa première sortie à ce niveau chez les seniors pour engranger de l'expérience (19e en 470). Ceux pour qui les JO sont devenus une réalité devront en tout cas cravacher durant les prochains mois, si l'on en croit les propos du directeur technique national, Philippe Gouard. Il leur promet des "expéditions commandos" pour les transformer en "morts de faim". "Il faut travailler plus, quitte à empiéter sur la vie personnelle", a tranché le DTN. La France, qui vise six médailles aux Jeux, espère avoir mis les mondiaux de Perth à profit pour redresser la barre.


CHRISTIDIS ET DYEN, DES RAISONS D'Y CROIRE A 30 ans, Stéphane Christidis va vivre sa deuxième olympiade cet été, après Athènes. Ce licencié de l'Ecole de voile de Cagnes-sur-Mer aurait même pu être du voyage à Pékin si Manu Dyen, qui est aujourd'hui son barreur mais qui a longtemps été son adversaire ne lui avait grillé la politesse il y a quatre ans. Avec seulement un an et demi d'expérience en 49er (un bateau de 5 mètres qui ne pèse que 94 kilos), Christidis avait terminé onzième à Athènes, en 2004. Depuis, l'Azuréen a fait du

chemin. 2010 aura été une année particulièrement faste pour le duo Christidis-Dyen, lauréat de deux épreuves de coupe du monde, vice-champion d'Europe, quatrième aux mondiaux et en tête du classement ISAF pendant cinq mois. Fin 2011, les deux hommes n'ont pas eu la même réussite. Dix-huitièmes à Perth, ils avaient pourtant quelques raisons d'espérer mieux après un départ de bonne facture (deux des cinq premières régates remportées en Australie). "Nous sommes arrivés un

peu trop fatigués sur ces Mondiaux, nous n'avons pas tenu jusqu'au bout", a estimé le Cagnois. A leur décharge, il faut noter que Manu Dyen a également été blessé à l'épaule durant plusieurs mois. Maintenant, c'est un autre défi, encore plus colossal, qui attend les deux amis. Stéphane Christidis clame son envie "de faire quelque chose de grand". Le tandem a même trouvé sa devise pour les prochains mois : "2012, never lose".

SOPHIE DE TURCKHEIM EN SALLE D'ATTENTE "Aujourd'hui, on n'est pas capables de déterminer qui a les plus grandes chances de viser le podium", a affirmé Philippe Gouard en évoquant la série des Laser Radial, où Sophie de Turckheim (Yacht club d'Antibes) et Sarah Steyaert (CN Chatelaillon) sont toujours en concurrence pour obtenir une qualification olympique. La Fédération souhaite observer les deux femmes jusqu'au 20 mai, date à laquelle une décision tombera. Les deux voileuses auraient certainement aimé s'épargner ce suspense au moment d'entrer dans la dernière ligne droite de leur préparation. Mais les championnats du

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monde ont certainement changé la donne. Vingtet-unième, Sophie de Turckheim a fini juste devant Sarah Steyaert. Ce qui n'atténue pas le sentiment de gâchis du côté des instances fédérales, qui ont décidé de multiplier les stages durant les prochaines semaines pour mieux trancher. L'Azuréenne âgée de 30 ans (trois fois vice-championne du monde et vice-championne d'Europe) devra être au sommet de sa forme pour devancer Steyaert. A 25 ans, celle-ci a déjà participé aux Jeux en 2008 (elle s'était classée cinquième) et a déjà remporté les championnats d'Europe et du monde.


JEAN-BAPTISTE BERNAZ, L'ÂGE DE VAINCRE ? Son père, Laurent, le dépeint comme un garçon "instinctivement doué, toujours décontracté". Numéro un français en Laser, "JB" aurait pu tomber dans la facilité. Mais celui qui était le benjamin du clan tricolore lors de la dernière olympiade (à 21 ans, il avait terminé à la huitième place) avait d'autres plans en tête. " Depuis quatre ans, je m'entraîne pour les Jeux olympiques, pas pour obtenir cette sélection", martèle ce marin originaire de Sainte-Maxime. Pour ce membre du Pôle France d'Antibes, qui s'était fixé

comme objectif une place dans le top 10 à Perth, le contrat n'a pas été rempli. Après une entrée en matière plutôt satisfaisante, son parcours s'étant achevé au douzième rang. Sur le plan d'eau de Weymouth, site choisi pour les Jeux de Londres mais qui se situe à 190 kilomètres au sud-est de Londres, le grand échalas (il mesure 1,90 m) à la crinière blonde pourrait faire figure de solide outsider. Et la magie des Jeux fera peut-être le reste…

BOUVETGUILLARM, LA NOUVELLE VAGUE Dans la série des 470, personne ne peut dormir sur deux oreilles. Surtout quand de jeunes loups rôdent dans les parages. Membre du Yacht club d'Antibes, Sofian Bouvet prenait part à ses premiers Mondiaux chez les "grands". Associé au Breton Vincent Guillarm, le Sudiste âgé de 22 ans n'a pas véritablement semblé impressionné. Il faut dire que certaines lignes dorées à l'or fin figurent déjà sur son CV. En compagnie de Jérémie Mion, Bouvet a remporté un titre de champion d'Europe et deux sacres mondiaux chez les juniors, en 2010 et 2011. Largement suffisant pour classer le barreur né à Nice dans la catégorie des grands espoirs de la discipline. Sur le plan d'eau de l'Ouest australien, il a même démontré qu'il était déjà un peu plus que ça. Dixneuxième sur quatre-vingts engagés, Sofian Bouvet ne risque pas d'avancer masqué à l'avenir… 96


XXviiie primo cup

Trophée creDiT suisse 3-5 & 10-12 Février 2012

3-5 Février : Dragon, J24, melges20, surprise, plaTu 25 & sTar 10-12 Février : smeralDa 888, longTze premier, esse 850 & irc InformatIons & InscrIptIon : Yacht club de monaco www.ycm.org - Tél : +377 93 10 63 00


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Code Sport Côte d'Azur n°14