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Rh么ne-Alpes 2007


Couverture Perchée sur son petit promontoire rocheux, la Chapelle Saint-Michel du vieux village de La Laupie émerge des plaines du Pays de Marsanne (Drôme Provençale). Lundi 30 juillet 2007 (8:11) Toute duplication totale ou partielle, imprimée ou informatisée, de textes, photographies ou illustrations composant ce document est strictement interdite sans autorisation écrite préalable de l’auteur qui demeure seul propriétaire des contenus et de tous les droits qui y sont liés. © Jean-Louis Cuppens (2011)


Rh么ne-Alpes 21 > 31 juillet 2007


Dans les sillons refermés de l’Argonne De nos premiers voyages en jeep dans des contrées lointaines, nous avons gardé le goût des endroits calmes et isolés pour nos bivouacs et autres haltes pain-vin-fromage-saucisson. Aussi, après avoir largué Jim à son camp Patro de Bouillon, nous nous sustentons dans un champ qui connut jadis des événements moins paisibles. Samedi 21 juillet 2007 (18:13)


La Petite Venise en Champagne Cité princière de la Renaissance, voici Joinville en Champagne et ses ruelles étroites, ses maisons médiévales qui s’enchevêtrent et le Quai des Peceaux bordant les eaux grasses et paisibles de la Marne. Samedi 21 juillet 2007 (20:22)


Le Lac de la Mouche Dans le noir absolu d’un ciel épais, guidés par deux éclaboussures de phares et une carte imprécise, nous avons arrêté le moteur très tard, dans une clairière abandonnée, à un lancer de canne du Lac de la Mouche (réservoir de 97 hectares où abonde la carpe). Ce lac se trouve au confluent de la Mouche et du Morgon (entre les deux, je n’hésite pas). L’impressionnant barrage a été réalisé entre 1882 et 1890. Il est en forme de viaduc composé de 40 arches et long de 410 mètres. Son sommet supporte une route étroite. Le village le plus proche est Saint-Ciergues, département de la Haute-Marne et la région Champagne-Ardenne. Nuit du samedi 21 au dimanche 22 juillet 2007


Sur les Terres de Richart Nous avons sacrifié à l’agréable rituel d’une halte au cœur de la Bourgogne, en commençant par Tournus, où notre ami Richart Maire expose régulièrement dans la salle capitulaire de l’Abbatiale (c’est d’ailleurs à cette occasion que nous avions fait sa connaissance le 11 juillet 2001). Il exposait cette fois avec un nordiste, Patrick Boyé, qui travaille le chêne éclaté, le fer rouillé, les pigments du Roussillon et la feuille d’or. Le soir, nous avons rejoint l’atelier de Charbonnières, partagé la table de Monique et profité de l’hospitalité pour la nuit. Dimanche 22 juillet 2007 (20:11)


La Salle Capitulaire de l’Abbatiale de Tournus La mise en place de Patrick Boyé fait la part belle à des personnages figés taillés dans un seul tronc de chêne. Ces personnages «grandeur nature» aux faciès ébahis semblent visiter l’exposition avec nous, ne sachant trop où regarder. Richart occupe les 3 autres murs. Martine se repose sous deux petits formats plus anciens, en attendant l’arrivée de l’ariste qui déborde quelque peu le temps alloué pour la restauration de midi. Dimanche 22 juillet 2007 (14:40)


Pérouges Probablement fondée par une colonie gauloise de retour de Perugia (en Ombrie romaine), la Cité de Pérouges, que se disputèrent Savoie et Dauphiné ne connut jamais nul Seigneur ! Accrochée sur une petite croupe du plateau de la Dombes, une ellipse de verdure dissimule les vieux remparts. Une fois franchie la Porte d’Amont, Pérouges offre ses petites ruelles pavées, étroites et tortueuses, son vieux puits, son pressoir à écureuil, son église-forteresse (avec des meurtrières juste derrière l’autel !), ses maisons pittoresques bâties de pierres et de cailloux de la rue des Rondes, la Place de la Halle flanquée du Tilleul de la Liberté (1792), sa vieille Ostellerie, ses boutiques à éventaires et à enseignes évocatrices, son atelier de tisserands ainsi que son lieur de livres, nous transportent en plein moyen-âge. A noter qu’à l’Ostellerie du Vieux Pérouges, nous avons goûté de la Galette de Pérouges créée en 1912 par Mme Anthelme Thibaut d’après une tradition paysanne (pâte briochée au sucre et zestes de citron). Lundi 23 juillet 2007 (entre 14 et 15 h)


La Grande Cour de Saint-Antoine l’Abbaye Notre arrivée à Saint-Antoine l’Abbaye fut saluée par un orage tempétueux. Sous nos K-Ways, nous n’avions plus un poil de sec. Nous avons poussé la première porte éclairée du village : «Au Barral de Saint-Antoine», une crêperie bretonne tenue par un Corse (donc un régionaliste élevé au carré) : crêpes, salades, ravioles, mais surtout un abri au sec. L’averse dura 4 heures, puis il nous fut possible de prendre quelques photos nocturnes sans croiser âme qui vive. Le lendemain, le ciel apparut lavé de tout nuage, avec un bleu gagnant en profondeur. Antoine venait d’accomplir un miracle très local : apporter l’été en plein mois de juillet ! Lundi 23 juillet 2007 (20:36)

Mardi 24 juillet 2007 (7:54)


Le Mal des Ardents La Chronique de Frodoard stipule que, dès 945, dans la foulée des invasions normandes, un mal étrange se répand sur la France et que quantité de gens meurent dans d’atroces souffrances. Selon les régions, le mal mystérieux est appelé «Feu sacré», «Feu de Saint-Antoine», «Peste de Feu», «Feu de Saint-Marcel», «Fièvre maligne» ou encore «Convulsion de Sologne». Finalement, l’Histoire retiendra l’appellation de «Mal des Ardents» du latin “ardere” (brûler). Apparemment surnaturelle, cette terrifiante maladie se caractérise par une extrême chaleur d’entrailles et se présente sous deux formes distinctes : convulsive ou gangreneuse. Les muscles se raidissent, les artères se contractent et se referment, causant fortes céphalées et maux de reins, frissons et engourdissements, perte de sensibilité des extrémités (doigts et orteils), abcès, puis gangrènes irrémédiables accompagnées de plaies purulentes et nauséabondes. Les membres atteints deviennent noirs comme du charbon et se détachent du corps comme le bois mort de son arbre. La mauvaise irrigation du cerveau provoque chez le malade des prostrations, des syncopes ou un état hallucinatoire proche de la démence ou de la prise de LSD. “Le mal commençait par une tâche noire sur le corps. Cette tâche s’étendait rapidement causant une ardeur insupportable, desséchait la peau, pourrissait les chairs et les muscles qui se détachaient des parties osseuses et tombaient par lambeaux. Feu dévorant, il brûlait petit à petit et enfin consumait ses victimes sans qu’on put apporter de soulagement à leurs souffrances. Plusieurs éprouvaient ses plus cruelles atteintes dans l’espace d’une nuit, s’ils ne mourraient pas au bout de quelques Sigebert de Gembloux (XIe siècle) heures.” Durant six siècles, les malades seront considérés comme victimes de sorcellerie ou de démons, d’où le développement de pratiques propitiatoires pour rendre les saints “mieux disposés” et de fraternités religieuses chargées de soigner le mal des ardents. La principale est celle des Antonins (ou Ordre Hospitalier de Saint-Antoine).

En 1095, Gaston de Valloire, gentilhomme dauphinois, se rend avec son fils malade à La Motte Aux Bois (aujourd’hui Saint-Antoine l’Abbaye), où existe un prieuré Bénédictin venant de recevoir les reliques de Saint-Antoine l’Egyptien, ramenées de Terre de croisade en Terre Sainte (1070) par le Comte Josselin de Poitiers. Suite à ce pèlerinage et à l’intercession de Saint-Antoine, Gaston de Valloire obtient la guérison “miraculeuse” de son fils. I Ensuite, les nombreux miracles font accourir auprès des reliques tant de malades qu’il faut construire une église et un hôpital destiné à soigner les victimes du Mal des Ardents. Cet hôpital est confié aux Frères de l’Aumône qui fondèrent l’Ordre de Saint-Antoine. La maladie fait vivre l’Ordre qui a pour mission de la guérir. A son apogée, au XVe siècle, l’Ordre compte plus de 300 Abbayes et Commanderies et près de 10.000 moines. Si le salut ne peut venir que de Saint-Antoine, les hommes de foi administrent. Près de la fontaine sous la grande porte de l’Abbaye, les Antonins trient les pèlerins selon leurs symptômes. Des chirurgiens laïcs effectuent des amputations par milliers. Les membres sectionnés sont conservés et suspendus aux portes des hôpitaux et des églises en signe de reconnaissance. Ces ex-votos ont aussi valeur d’avertissement envers les faux malades et autres usurpateurs ! Le démembré est équipé de béquilles (certains pensent que le fameux TAU, emblème des Antonins, est la représentation stylisée de celles-ci). Les Antonins se distinguent par leur science novatrice en matière de médecine. Outre la prière, il y a les soins qui consistent essentiellement en une nourriture saine à base de viande de porc et de vin (d’où la présence fréquente d’un porc au pied des statues de Saint Antoine). On ajoutait à cela quelques remèdes comme des pommades et onguents à base de saindoux et de plantes. Le Saint Vinage était un remède très apprécié : mélange de vin, de plantes ayant macéré sur les ossements du pieux ermite, et administré aux malades lors dune cérémonie religieuse.

Présent dans la statuaire, le cochon n’aurait pourtant rien à voir avec la vie du Saint, mais bien avec l’Ordre religieux des Antonins qui bénéficiaient du privilège de laisser paître, sans paiement de taxes, un nombre illimité de porcs dans les forêts et de les laisser errer librement dans les rues à la seule condition qu’ils portent une clochette au cou. Ces porcs étaient souvent donnés aux Commanderies et constituaient la principale ressource financière des hôpitaux. Comme on le voit, ils furent aussi la base de la “pharmacopée” antonine ! En 1596, la Faculté de Médecine de Marbourg (Allemagne) attribue enfin l’origine du mal au seigle ergoté qui, absorbé, entraîne un empoisonnement du sang. L’ergot du seigle (Claviceps Purpurea) est un champignon parasite de certaines graminées qui se présente sous forme de minces bâtonnets de 2-3 cm de long accolés à la tige de l’épi. Il se développe surtout les années pluvieuses ; il peut se trouver mêlé au grain et moulu avec lui. Les terribles épidémies du Moyen-Âge sont dues surtout à la condition et à l’alimentation misérables des populations (en particulier, l’absorption de farines contaminées par l’ergot du seigle en période de disette). L’ingestion de seigle infecté déclenchait cette maladie (donc non contagieuse, mais évoluant par «épidémies» car le champignon se développait dans tous les champs d’une même région). Aujourd’hui, leurs principes actifs (alcaloïdes) sont utilisés en pharmacie, notamment dans le traitement de la migraine. Le porc sauva-t-il réellement l’homme ? En fait, les succès vinrent surtout de ce que les pèlerins s’éloignaient des sources de pain fabriqué à partir du seigle ergoté le temps que les stocks soient écoulés ! Dès que l’origine du Mal des Ardents fut connu, la vigilance augmenta, les intoxications diminuèrent et… l’Ordre déclina ! Mais attention ! La dernière en France eut lieu en 1951 à Pont Saint Esprit dans le Gard. Grâce aux antifongiques efficaces, la maladie a depuis totalement disparu.

Pourquoi Saint-Antoine ? Saint-Antoine aurait eu à souffrir toute sa vie de douleurs semblables à celles du «Feu Sacré» : sensations de brûlures, privations de sommeil, hallucinations, … Or, il sortit toujours vainqueur de ces épreuves orchestrées par le Démon. D’où l’invocation de son nom pour obtenir la guérison. Né en 251 à Qeman (Fayyoum) en Haute-Égypte et fervent chrétien, Antoine naquit d’une famille riche, mais devint orphelin à 18 ans. Dès l’âge de 20 ans, il prend l’Évangile à la lettre et distribue tous ses biens aux pauvres, puis part vivre dans le désert en ermite dans un fortin à Pispir, près de Qeman. Là, à la manière du Christ, il subit les tentations du Diable. Si pour le Christ cela ne dure que 40 jours, pour Antoine c’est beaucoup plus long et plus difficile, les Démons n’hésitant pas à s’attaquer à sa vie. Mais Antoine résiste à tout et ne se laisse pas abuser par les visions tentatrices qui se multiplient. En 312, il change de désert et va en Thébaïde, sur le mont Qolzum (où se trouve aujourd’hui le Monastère Saint-Antoine). Le Diable lui apparaît encore de temps en temps, mais ne le tourmente plus comme autrefois. Vénéré par de nombreux visiteurs, Antoine leur donne à chaque fois des conseils de sagesse, les invitant à la prière plutôt qu’à la violence. Il mourut en 356, à 105 ans. Sa sépulture fut gardée secrète jusqu’en 529 où son corps fut transporté à Alexandrie, puis à Constantinople en 704. Le Comte Josselin de Poitiers le découvrit lors d’un pèlerinage et obtint le droit de l’emmener en France où il fut enseveli dans le village de La Motte aux Bois, qui devient Saint-Antoine l’Abbaye ou Saint Antoine en Viennois. En janvier 2006, les reliques d’Antoine le Grand ont été déplacées en Italie sur l’île d’Ischia.

Porterie de l’Abbaye Saint-Antoine l’Abbaye (Isère) Construite en 1657, cette porte marquait la frontière entre le bourg et l’Abbaye. Elle abritait le portier de l’Abbaye au rez-de-chaussée et les appartements à l’étage étaient occupés par le Procureur chargé des relations extérieures. Lundi 23 juillet 2007 (22:31)


La Basilique

La Basilique fut élevée du XIIe au XVe siècle par les Antonins autour des reliques de Saint-Antoine. Certaines de ses chapelles ont conservé des fresques médiévales. Lundi 23 juillet 2007 (22:21)


Le Meilleur Pain du Monde Autour de l’Abbaye, le «faux bourg» est une sorte de dédale sans rues véritables, fait de petites maisons serrées autour d’une place asymétrique, et séparées par des venelles. Au XIIe siècle, avec la prospérité de l’Abbaye, apparurent de belles demeures en pierre de molasse, aux façades colorées, agrémentées de portes monumentales, de fenêtres trilobées ou à meneaux, de moulures Renaissance comme ces effrayantes têtes de faunes enchâssées ça et là dans la maçonnerie. D’ombrageux goulets relient entre eux les quartiers établis autour de la rue haute et de la rue basse. De retour de notre visite nocturne du village, allant vers l’esplanade de l’ancien château, nous sommes passés devant ka boulangerie L’Antonine. Il était près de minuit et le boulanger s’activait déjà. 8 heures plus tard, l’ergot de seigle lui avait grisé le menton. Mais ses pains au chocolat furent les meilleurs du monde ! Boulangerie L’Antonine d’Olivier Beckers Fabrications artisanales cuites au feu de bois

Place Ferdinand Gilibert 38160 SAINT-ANTOINE L’ABBAYE Cet homme est un bienfaiteur de l’humanité. Samedi 21 juillet 2007 (20:09)

La Mémoire des Pierres

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Deux rues parallèles de Saint-Antoine L’Abbaye se distinguent par des têtes enchâssées dans les murs, généralement sous les fenêtres. Ici, deux façades réunies avec, entre elles, deux têtes réincrustées. La fontaine de Saint-Antoine L’Abbaye est le lieu où l’on triait les pèlerins, faux malades d’un côté, candidats à l’amputation chirurgicale de l’autre…


Pont en Royans Mardi 24 juillet 2007 (10:36)


Pont en Royans, la trouée vers le Vercors Bonne surprise que notre arrivée à Pont en Royans, ce petit bourg étrange du Dauphiné aux maisons bariolées de tons pastels. Celles-ci, toutes très étroites, semblent suspendues dans les airs. Elles suivent au plus près la courbe des rochers ravinés depuis des millénaires par la Bourne. Depuis toujours, Pont en Royans est un point d’entrée stratégique vers les hauts plateaux du massif du Vercors. Dans ses frêles remparts effondrés, on trouve les vestiges de ce que l’on appelait «La Porte de France». Les ruines d’un château médiéval surplombent encore les gorges. Pont en Royans, qui se parfume des senteurs du buis l’été, doit son charme singulier à l’ingéniosité des hommes qui, dès le XVIe siècle, ont construit ce village perché pour favoriser le négoce du bois. L’ensemble m’évoque étrangement certains villages de la chaîne himalayenne.

Mardi 24 juillet 2007 (10:34)


Les 151 Âmes de Pontaix Pontaix fut bâti de part et d’autre de la rivière, à un endroit où la vallée de la Drôme se resserre. Un donjon éventré, ceinturé par deux restes de courtine, surplombe le village. Il appartenait à un château fort érigé à la fin du XIIe siècle pour contrôler l’accès vers la haute vallée de la Drôme et partiellement détruit au XVIe siècle. Sur un vestige de la chapelle romane du XIIe siècle a été construit, trois siècles plus tard, le temple actuel qui fut une église catholique d’abriter une communauté réformée dès 1561. De cette époque subsistent des fresques, le Christ en croix entre Marie et Madeleine, les écussons et insignes funéraires de Huguenots de Pontaix. Pour les voir, il faut avoir la chance de croiser l’une des 150 âmes de Pontaix, ce qui ne fut pas notre cas ! Sous le soleil étincelant, la Drôme est d’un ocre laiteux et opaque. Mardi 24 juillet 2007 (14:40)

On m’a vu dans le Vercors… Déjeuner au Col de la Machine dans le Vercors : tomates, camembert, Côte du Rhône, oignons au vinaigre, cornichons et fruits… dans le vent glacé. Pour digérer, nous avons suivi au pas la caravane d’un cirque local au fil des lacets du Col de Rousset. Pendant que Martine somnole, Jean-Louis aperçoit un loup assez pouilleux avançant à pas feutrés vers un petit groupe de touristes regardant les sommets à la jumelle. Mardi 24 juillet 2007 (12:50)


La Provence prend naissance à Bourdeaux Bourdeaux est un petit village tranquille en bordure du Roubion. C’est une terre de contrastes et de lumières, de pierres assoiffées, de marnes, de sous-bois et de garrigues exhalant le thym et la lavande en fleurs. Bourdeaux, c’est la frontière entre le Vercors et la Provence. Les artistes y sont nombreux (peintres et sculpteurs) et on y affine les Picodons de la Drôme. Un escalier de pierre mène à une porte fortifiée, puis à un beffroi carré. Haut lieu du protestantisme, ce bourg pittoresque est dominé par les ruines de deux châteaux : le château des Evêques de Die (mur-bouclier imposant dit «le Grand Manteau») et le château des Poitiers (donjon rectangulaire avec fenêtre romane). Mardi 24 juillet 2007 (16:12)


Le donjon massif du château domine le village. Erigé au XIIe siècle, il fut remanié au XIIIe puis au XVe, période où fut percée une élégante fenêtre gothique à double ogive. Le pigeonnier qui coiffe le donjon date du XVe siècle également ; il était, dit-on, le plus beau de toute la Provence. A l’aile occidentale du donjon fut alors adjoint un château. La chapelle Saint-Jean-des-Commandeurs a été construite au XIIe siècle. Il n’en subsiste qu’une partie de la nef et le chœur avec une abside en hémicycle à trois arêtes. Samedi 21 juillet 2007 (18:13)


Le Poët-Laval Une tour élancée, un solide et majestueux donjon, un vieux village de pierres patinées par les siècles, aux ruelles tortueuses et ceinturé de remparts… Le temps s’est arrêté ici… au Moyen âge ! La chapelle en hémicycle à trois arêtes offre un bel exemple d’art roman. La Tour Saint-Jean, érigée directement au-dessus de l’autel, date également de l’époque romane. Etabli sur un site escarpé de la vallée du Jabron, sur les contreforts des Alpilles, le village fortifié tient son nom de «Pogetum Vallis» qui, en latin, signifie «Monticule de la Vallée». Ancienne Commanderie des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem (ou Ordre de Malte), le Poët Laval se dresse fièrement depuis le XIIe siècle au milieu des blés et des champs de lavandes de la Drôme provençale. Dès le début des Croisades, les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem forment en Palestine un ordre mi-religieux mi-militaire. Peu après, ils établissent en Europe des commanderies dont la mission est à la fois de servir d’étape-refuge aux pèlerins partant pour la Terre Sainte et d’organiser la récolte de fonds. Le deuxième Grand-Maître de l’Ordre Raymond du Puy étant originaire de la région, ils bâtissent ici, à son instigation, l’une des commanderies les plus importantes de Provence. Il y a un peu moins de mille ans, déambulaient dans ces ruelles des moines-chevaliers au long manteau noir portant sur le côté gauche la croix blanche à huit pointes symbolisant les Huit Béatitudes du Sermon sur la Montagne. Mardi 24 juillet 2007 (18 - 18:30)

Raymond du Puy (1080 - † 1160) est issu d’une noble famille du Dauphiné. Il est le troisième fils de Hugues du Puy qui prit la croix en 1096 avec ses 3 fils et fut en Palestine l’un des plus vaillants capitaines. Raymond du Puy fut le deuxième chef de l’ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, succédant en 1120 à Pierre-Gérard de Martigues ; il en fit un ordre militaire, établissant la hiérarchie des membres en trois rangs (chevaliers, servants et chapelains). Il s’illustra à la tête de ses chevaliers pour la prise d’Ascalon en 1153.


Alors que nous progressions vers cette tour, nous parvint la voix cristalline d’une cantatrice répétant inlassablement ses vocalises.

Mardi 24 juillet 2007 (18:10)


A la Paix des Âmes Surpris par la nuit et cherchant sur une carte routière le raccourci qu’elle ne trouva jamais, Martine nous conduisit cette fois dans un joli cul-de-sac en pleine nature, où nous fûmes accueillis par le lointain braillement d’un chien de ferme inquiet. L’obscurité épaisse muselait quelques étoiles grelottantes. Nous passâmes la nuit abrités par la jolie petite chapelle Saint Blaise du Prieuré de Montbrison, avec son cul de four surmonté de lauzes et son cimetière étrange et minuscule. Au matin, il y avait juste ce qu’il faut d’ombre, un robinet d’eau fraîche pour vaisselles et ablutions. Et quelques randonneurs de l’aube, avec cannes et bonnes chaussures, courtisant avec respect la garrigue odoriférante… Là je découvris le simple hommage d’un cœur à un autre, et le texte confus d’un tailleur de pierres tombales, manifestement dépassé par les bizarreries de la nature et l’acharnement buté du mauvais sort. Mercredi 25 juillet 2007 (8:55)


Venterol Posé sur une légère hauteur au dessus de son vignoble, Venterol présente une harmonie complète de tons beiges et ocrés. Ses vieilles maisons en pierre se serrent autour d’un étrange clocher à campanile doté d’un escalier extérieur. L’ensemble prend l’allure étrange d’une grande volière en fer forgé. Et l’ensemble est bel et bien hétéroclite : un clocher du XVIe siècle surmonté d’un campanile du XVIIe, le tout couronnant une église de style roman dédiée à Sainte Perpétue, la martyre chrétienne qui abrégea ses souffrances ! Les ruelles tortueuses s’enroulent autour de l’église, s’ouvrant quelquefois sur des jardinets secrets protégés de murets de pierres sèches, des tonnelles de vigne grimpante, de vieilles portes ou des passages couverts voûtés… Mercredi 25 juillet 2007 (11:25) Page précédente : commerces de Venterol


Nyons, ville méditerranéenne Sous-Préfecture du sud du département de la Drôme, Nyons est la capitale du Nyonsais-Baronnies. Les plus anciennes traces d’implantations humaines en bordure de l’Eygues remontent au néolithique. Grecs et Romains y apprécièrent la douceur de vivre, les olives et les fruits de la vigne. Nous y passâmes quelques heures, dans la vieille ville, entre le pont romain et la place des Arcades, où, après une bonne bière pour Monsieur, une bonne salade pour Madame, nous fîmes quelques transactions marchandes en vue du prochain bivouac (juste avant Brantes, au Col des Aires, Mont Ventoux). Quittant Nyons, visite du charmant village de Buis-les-Baronnies aux vieilles maisons et arcades voûtées. Mercredi 25 juillet 2007 (13:35)

Bivouac au Col des Aires Après le petit déjeuner, bain revigorant dans le Toulourenc presque asséché Jeudi 26 juillet 2007 (8:55)

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La F1 à Venterol

Mercredi 25 juillet 2007 (11:40)

Le Téléspectateur (Nyons) Mercredi 25 juillet 2007 (13:44)


Baignade dans la lavande Situé à environ 600 mètres d’altitude au pied du Mont Ventoux, Montbrun-les-Bains doit tendre le cou pour échapper à la noyade des champs de lavande qui l’entourent (double page précédente et page de titre). Classé parmi les 100 plus beaux villages de France, il est parsemé de nombreuses fontaines d’eau fraîche et a gardé tout son caractère. Le climat est méditerranéen sec et ensoleillé, tandis que les murailles protègent du mistral. Mais ce ne sont pas ces fontaines qui ont fait la renommée du lieu. En retrait, se trouve une station thermale exploitant une source d’eau sulfurée déjà connue à l’époque romaine pour soulager les rhumatismes et soigner les voies respiratoires. Il était donc logique que nous arrivâmes à l’heure dite «en repérage» avec nos articulations endolories et nos sinus en colère. Le vieux village est construit sur une colline. A mi-hauteur se trouve le Beffroi (ou Tour de l’Horloge), témoin bien conservé de l’architecture militaire du XIIIe siècle. Cette ancienne tour de défense est encore pourvue de tous ses attributs guerriers : créneaux, meurtrières et mâchicoulis. Il manque juste la herse, dont la rainure est toujours visible sous l’édifice. Au sommet, les ruines d’un château : d’abord forteresse féodale, le Château de Montbrun fut saccagé en 1560 par le Gouverneur du Dauphiné sur ordre du Roi, à la suite de l’insurrection calviniste commandée par Charles Dupuy, Seigneur du lieu. Le Comte de Suze en acheva la ruine en le faisant complètement raser en octobre de la même année. Reconstruit 4 ans plus tard, flanqué d’une tour à chacun de ses angles, il se composait d’un corps de logis au centre et de deux ailes reliées par une terrasse ou cour intérieure. Les dimensions des murs encore debouts donnent une idée de la grandeur passée de l’édifice reconstruit par Charles Dupuy-Montbrun, qui compta parmi les plus beaux de la région et dont certains plafond auraient été peints, plus tard, par Mignard. On y pouvait loger «cent maîtres et vingt pages, et entretenir deux cent chevaux dans les écuries…». Ce château de rêve connut en 1789 le sort de beaucoup d’autres : abandonné de ses occupants, il fut vendu comme bien national le 19 novembre 1794 après avoir été pillé. Il fut ensuite cédé à plusieurs adjudicataires qui, ne pouvant faire face aux nécessaires réparations, le laissèrent tomber en ruines. En 1820, la rupture d’une poutre entraîna dans sa chute la toiture du bâtiment central ; la façade occidentale s’écroula quelque temps après et l’aile de l’Est finit par tomber à son tour. Les ruines du château Renaissance (double page suivante) ne sont visibles que de l’extérieur, l’ensemble du domaine étant propriété privée (les «proprios» vivent dans une tour ronde avec vue sur le sommet du Ventoux). Jeudi 26 juillet 2007 (entre 10:50 et 14:10)


O Berge de l’Anary Après cette longue promenade au fil des ruelles médiévales de Montbrun, Martine ne résista pas à l’apéro de l’O Berge de l’Anary, lequel se transforma de façon prévisible en une «petite faim pour une petite salade du terroir» : foie gras, gésiers, tomates, olives et pignons de pin. Pendant ce temps, à grands renforts de volontaire abnégation, j’approfondissais mes connaissances sur les joies du jeûne et les infinies saveurs de l’eau minéralisée. Jeudi 26 juillet 2007 (entre 10:50 et 14:10)

Vaison-la-Romaine Un arrêt rapide à Vaison, saisie par une stupeur caniculaire. Après visite de la cathédrale Notre-Dame de Nazareth et du splendide cloître qui la jouxte au nord, nous avons acheté une nappe provençale imprimée pour Ferrières et avons été boire du «très frais» à une terrasse de café disposant d’un amusant «rideau brumisateur» mouillant les piétons toutes les minutes. Jeudi 26 juillet 2007 (16:34)


Suze-la-Rousse A l’extrémité sud de la Drôme, Suze-la-Rousse doit son nom du celtique «uz» qui désigne un lieu élevé. Quant à «la Rousse», ce serait la couleur de la chevelure de Marguerite des Baux, noble fille du pays, ou celle de la pierre locale avec laquelle le château est bâti. Le vieux village de Suze est bâti sur le flanc d’un colline qui fut jadis un oppidum celtique et qui est aujourd’hui appelée «la Garenne» en souvenir des plaisirs de la chasse autrefois réservés aux nobles. Au cœur du Parc de la Garenne, de nombreux vestiges bâtis témoignent des différents âges du site : une glacière enterrée de conception antique, un jeu de Paume édifié au XVe siècle à l’occasion de la visite du futur Charles IX et de la Reine Mère Catherine de Medicis, un pigeonnier ancien, ou encore la Chapelle Saint Michel datant du XVIIe siècle. Dès le Moyen Age, la commune se développe autour d’un puissant château habité par une famille illustre de la région : les Princes d’Orange qui en furent les principaux gouvernants. Puis la maison des Baux donna à Suze de grands Seigneurs. Les Baux conservèrent le château pendant près de six siècles. Le «bourg castral» est défendu par un rempart appelé le «Barri», encore visible sur de larges tronçons avec des meurtrières au sud, un chemin de ronde à l’ouest et une échauguette sur le rempart est. Au XVIIIe siècle, le village s’enrichit d’une Halle aux Grains. Ses maisons de pierre sont décorées de détails architecturaux comme des encadrements de portes et de fenêtres (linteaux et meneaux), des sculptures ou d’autres curiosités. Hier encore, on fabriquait à Suze des draps et de la verrerie. L’élevage du ver à soie était ressource courante pour les familles. Depuis 1978, une partie du château abrite l’Université du Vin qui y développe des actions de sensibilisation et de formation à l’œnologie, notamment grâce à la création d’un jardin ampélographique. Jeudi 26 juillet 2007 (18:56)

Double page suivante :

La Baume-de-Transit

Vaison-la-Romaine Rien que cette Madonne romane et son petit d’Homme, valait la peine de braver la foule de Vaison. Jeudi 26 juillet 2007 (16:02)

On aperçoit de loin les ruines de l’ancien château féodal de La Baume-de-Transit, place forte que le Comte de Suze prit aux huguenots et saccagea en 1574. Non loin de là, l’église est l’un des plus curieux édifices de tout le Dauphiné. L’épaisseur de ses murs trahit le XIe siècle. Elle aurait été construite à l’époque de la première croisade par un noble chevalier qui voulait en faire son tombeau. Il prit modèle sur l’église du Saint-Sépulcre de Jérusalem et les quatre absides qu’il fit élever formèrent une croix grecque. Les guerres de religion ayant détruit l’église paroissiale, on abattit l’abside de l’Est et on construisit la nef actuelle sans grand intérêt. Les trois absides restantes sont devenues le sanctuaire de l’église actuelle et forment un trèfle. Leurs colonnettes avec chapiteaux d’un goût exquis et toute leur élégante décoration font de l’église de La Baume-de-Transit l’un des plus beaux monuments du Tricastin. Jeudi 26 juillet 2007 (21:08)


Montségur sur Lauzon Capitale de la truffe, Montségur sur Lauzon a peu d’arguments en sa faveur ; elle nous a plu, simplement parce que les gens y sont sympas : le vieil instituteur à la retraite, la tenancière du bar «Le Formidable», la boulangère, la sculptrice de santons provençaux, la conteuse qui prépare la Nuit du Conte, … et pour le «vieux village» en ruines, la vieille église et la buste sauce «sud américaine» de Véran Molinas ! Véran MOLINAS 1839 - † 1898 A la fin du XIXe siècle, Montségur s’enrichit de nombreux édifices... Né à Montségur en 1839, issu de famille modeste, Véran fait des études secondaires au petit séminaire de Valence, s’engage dans la garde impériale avec laquelle il fait campagne en 1870. La guerre finie il se marie à Paris. Sa femme meurt en lui délivrant une fille qu’il nommera Jeanne (en souvenir du saint patron de Montségur). Il épouse en deuxième noce une femme très riche, qui meurt de maladie en même temps que sa fille. Désespéré, sans famille, il reporte toute son affection sur son village natal. Il emploie sa fortune à embellir Montségur. Il fait agrandir et enjoliver la chapelle de Saint Jean (en souvenir de sa fille). Devant l’édifice, il fait tracer une large avenue, bordée d’arbres avec trottoirs et bancs. Il offre à la commune une pompe à incendie et un petit canon pour les réjouissances populaires. En 1897, il rédige un testament en faveur de la commune pour la construction d’une grande église dans le centre du village, ainsi qu’une mairie de style renaissance, surmontée d’un clocher avec horloge et paratonnerre. Face à la mairie, il offre une fontaine décorative et prévoit l’installation de canalisations pour amener l’eau de Saint Amans à Montségur. Enfin, Molinas finance la création d’un nouveau cimetière, d’une compagnie de sapeurs-pompiers et une société de secours mutuel... Vendredi 27 juillet 2007 (9:17)


Grignan

Le beau château «renaissance» était encombré d’un festival théâtral qui en défigurait la cour d’honneur. Madame de Sévigné y séjourna à trois reprises, puis mourut en 1696. Elle est enterrée dans la collégiale Les lettres qui firent sa célébrité étaient destinées à sa fille, la Comtesse de Grignan. Vendredi 27 juillet 2007 (10:45)


Tout un poème Rue Saint-Louis, se tient un petit restaurant gastronomique «Le poème de Grignan». Juste derrière la porte, une volée de marches mène à la salle principale. Le soir venu, notre menu à 38 e nous donna à savourer les talents du chef ! Une adresse à retenir. Pour la petite histoire, je dus expliquer à mon voisin britannique que son ris de veau n’était pas du riz avec du veau ! Vendredi 27 juillet 2007 (10:45)

Amuse-bouche *** Duo de foies gras chaud-froid au pain d’épices, Chutney aux figues ou Noix de Saint-Jacques en carpaccio, Petite salade aux truffes ou Beignets de fleurs de courgettes et son flan au basilic *** Filet de cabillaud aux olives de Nyons, Risotto aux girolles, Beurre blanc ou Duo d’agneau, Côtes poêlées persillées, Navarin au curry, Fine ratatouille ou Ris de veau poêlés et jus au Porto, Petite purée aux truffes d’été et girolles *** Assiette de fromages et Compote d’abricot au thé ou Fromage frais en faisselle au miel ou au coulis de fruits rouges *** Palette de sorbets : Abricots à la vanille, Sorbet de fruits rouges et Pêche à la menthe poivrée, Framboises et myrtilles ou Tarte fine aux abricots et Glace au lait d’amande ou Soufflé au chocolat, Framboises et myrtilles Glace à la verveine citronnée et à la Chartreuse, Crème anglaise ou Assiette de fruits rouges : Fraises marat des bois, Framboises et cassis, Tuile croustillante et Glace aux fruits rouges ou Figues rôties au miel et aux amandes, Glace à la vanille de Tahiti


Le Val des Nymphes Îlot de fraîcheur imprégné de mystère, le Val des Nymphes n’a jamais cessé de fasciner. Déjà aux temps anciens, on venait y invoquer les Nymphes, célébrer le culte de la fécondité et de la prospérité. La chapelle actuelle, seul vestige subsistant d’un important habitat et des 4 églises élevées en ce lieu, aurait été édifiée au milieu du XIIe siècle, à côté d’une source sortant des rochers. Tombée en ruine au XIXe siècle, sa restauration en 1991 permet la tenue de concerts en été. Pour la petite histoire, notons la réflexion profonde de cette jeune mystique rencontrée à cet endroit : «La puissance de Dieu est vraiment miraculeuse. Imaginez qu’il a fait jaillir une source juste à côté du Temple !». Vendredi 27 juillet 2007 (17:01)


Tout un poème Belvédère dominant la Vallée du Rhône, la Garde Adhémar surveille l’ouest du Tricastin. Vendredi 27 juillet 2007 (10:45)


L’église romane Saint-Michel L’église Saint-Michel est l’une des plus belles de la région, un joyau de l’art roman de la seconde moitié du XIIe siècle : harmonie des formes, équilibre des volumes, légèreté de l’ensemble, élégance et sobriété dans la décoration… La grande élévation de la nef, par rapport à sa largeur très modeste, donne à l’édifice une impression d’élan irrésistible. Grâce à l’appui de Prosper Mérimée, inspecteur des Monuments Historiques, l’église a été restaurée en 1849-1850. Le deuxième étage et la pyramide du clocher ont été élevés à cette époque. Vendredi 27 juillet 2007 (10:45)


Les 2 Camille Jean-Claude Rochetin arrive à La Garde-Adhémar un soir d’hiver. D’abord brocanteur, puis restaurateur, on retrouve dans le restaurant le témoignage de ses deux passions étroitement liées. À son décès, son fils Camille reprend les fourneaux avec son épouse... Camille ! La déco mêle donc les tableaux aux objets des plus hétéroclites. Malgré l’éloignement de la mer, les spécialités du Tisonnier tournent autour des poissons, lesquels sont présentés avant cuisson dans un panier afin de juger de leur qualité. Camille cultive ses légumes dans son potager de 400 m2. Les deux Camille reçoivent et conseillent avec chaleur et simplicité. L’apéritif s’éternisa… Vendredi 27 juillet 2007 (15:21)


N-D. de Bon Secours En Europe occidentale, l’époque romane représente Marie comme «Vierge de Majesté», trônant comme une reine et portant Jésus assis sur son genou gauche. On l’appelle aussi Sedes Sapientiae : le Trône de la Sagesse. La Vierge est assise sur un trône et sert elle-même de trône à son Fils, lui qui est la Sagesse du Père. Marie présente son Fils au monde. Jésus bénit de la main droite et tient le Livre de l’autre. Notre-Dame de Bon Secours a été taillée au XIIe siècle dans un bois de noyer, puis a été recouverte d’une légère polychromie qui laisse transparaître un énigmatique sourire. Les «restaurations» successives changeront son aspect complètement (ex.: la coiffe d’or de qualité très ordinaire).

Les couches de pigments se sont fondues. Les vers et micro-organismes ont fragilisé l’ensemble, lui conférant un air de momie égyptienne. Vendredi 27 juillet 2007 (14:43)


Le Jardin Botanique

La Garde AdhĂŠmar, Vendredi 27 juillet 2007 (14:39)


Bourg Saint-Andeol

Samedi 28 juillet 2007 (10:23)


Eglise Sant-AndĂŠol, Samedi 28 juillet 2007 (10:24)

Diane Chasseresse

Bourg Sant-AndĂŠol, Samedi 28 juillet 2007 (10:51)


Balazuc Perchée sur une falaise surplombant l’Ardèche, l’ancienne place forte des Seigneurs de Balazuc a conservé de nombreuses traces de son passé médiéval qui font d’elle l’un des plus beaux villages de France. Si Balazuc fut occupé aux VIII e et IX e siècles par les Maures, son architecture «actuelle» se compose d’éléments allant du XIII e au XVIII e siècle. Autrefois protégées par des fortifications, les maisons se sont regroupées autour d’un château féodal souvent remanié, mais préservant néanmoins une portion de tour du X e siècle. Balazuc est belle pour ses petites rues tortueuses et escarpées, ses arc-boutants et ses passages voûtés. Vendredi 27 juillet 2007 (15:21)


Valvignères Il faisait étouffant de chaud dans ce village de Valvignères. Après une visite au travers de ses passages voûtés et un regard de sa jolie fresque campagnarde en trompe-l’œil, nous avons mangé au seul restaurant de la place. Une villageoise vint y brûler ses culottes de jeune fille. La Cuvée du Val des Vignes 2003 (vin de coopérative du Pays des Coteaux de l’Ardèche) trouva les arguments pour plaire à Martine qui eut d’abord les yeux amoureux, puis fermés durant 3 heures, ce qui l’empêcha de découvrir le village suivant et la jolie église de Saint Thomé. Dimanche 29 juillet 2007 (13:32)


Saint-ThomĂŠ Dimanche 29 juillet 2007 (14:18)


érigé sur un piton rocheux au confluent de 3 rivières, Saint-Thomé possède deux châteaux-forts, des vestiges de remparts, la jolie église en pierre dédiée à Saint-Thomas (du X e siècle, auquel le village doit son nom), la minuscule chapelle Saint-Sébastien (VII e siècle), pleine de charme. Puis, sous le soleil qui chante, voici les calades tortueuses, le lavoir et un cachot de poche pour faire cuver les ivrognes du moyen-âge… L’origine de Saint-Thomé est mal connue ; sans doute, sa création remonte-t-elle au IV e siècle. Sur une pierre au-dessus de la porte d’entrée de la chapelle, l’épitaphe d’un évêque de Viviers date de 487 (ce qui remonterait au règne d’Alain II, Roi des Wisigoths ayant supplanté la domination romaine dans le sud-est de la Gaule). Le village a subi diverses calamités au cours des siècles : la terrible peste noire à Saint-Thomé en 1348, nombreuses guerres entre seigneurs Armagnacs et Bourguignons au XV e siècle, puis guerres de religions au XVI e siècle et une alternance de périodes de brigandages et de famines. Le développement du travail de la laine et de la soie lui redonne vie. En 1887, on atteint 760 habitants. Malheureusement, au début du XX e siècle, il subit encore les maladies du ver à soie et de la vigne. Le village se dépeuple alors jusque dans les années 60 (257 habitants) avant de remonter aux actuels 360 habitants.

Saint-Thomé, Dimanche 29 juillet 2007 (14:23)


Alba la Romaine Ce joli village ardéchois fut, du I er siècle avant J-C au IV e siècle après J-C, le chef-lieu de la cité des Helviens sous le nom d’Alba Helvorum. La plupart des maisons datent des XVI e et XVII e siècles. Dimanche 29 juillet 2007 (16:37)

Du côté d’Aubignas Dimanche 29 juillet 2007 (19:39)


Mirmande Lundi 30 juillet 2007 (8:17 et 9:43)


Mirmande Mirmande est un superbe vieux village médiéval. Une colline surmonte des vergers. A son sommet, on a édifié la petite église romane Sainte-Foy où l’on joue des concerts en période estivale. Les maisons qui s’égrènent au fil de ses ruelles tortueuses sont d’une grande unité de style, notamment grâce à l’usage de pierres identiques. Souvent, elles sont agrémentées de minuscules jardinets où fleurs à hautes tiges voisinent plantes aromatiques. Les remparts remontent au V e siècle. Pillée et incendiée lors des guerres de religion, Mirmande a retrouvé une prospérité au XVII e siècle avec la fabrication des tissus de chanvre et de soie. Elle conservera un seigneur jusqu’à la révolution de 1789. Le XX e siècle voit l’abandon et l’écroulement partiel de l’église Sainte-Foy. Par ailleurs, une loi exonérant d’impôts les «maisons sans toit», de nombreux propriétaires font découvrir les toitures et les maisons devenues ruines sont rachetées au prix des tuiles. Le village va renaître grâce à de nombreux artistes, dont André Lhote (1885-†1962), peintre cubiste et écrivain. En 1926, alors qu’il est de passage à Mirmande, l’artiste bordelais tombe amoureux du village. Il s’y installe et ouvre une Académie d’été. Il y fait venir ses élèves, tandis que d’autres peintres le rejoignent. La vocation artistique de Mirmande est née, entraînant sa véritable résurrection. La mémoire d’André Lhote est célébrée par le grand restaurant de Mirmande, La Compostelle qui occupe son ancienne maison et lui dédie en permanence un menu d’inspiration et expose plusieurs tableaux. Ne pouvant attendre l’heure du dîner, nous nous sommes jurés d’y retourner une prochaine fois, promesse qui allait être rapidement tenue, puis renouvelée, à notre grande satisfaction. Mirmande est l’un des plus beaux villages de France. Mais son paysage est hélas abîmé par la centrale nucléaire de Cruas dans la vallée en contre-bas… Lundi 30 juillet 2007 (9:55)


Hauterives : au Palais idéal du facteur Cheval Joseph Ferdinand Cheval (19 avril 1836 à Charmes-sur-l’Herbasse – † 19 août 1924 à Hauterives, Drôme) est connu pour avoir passé 33 ans de sa vie à édifier un «Palais idéal» et 8 années supplémentaires à bâtir son propre tombeau, tous deux considérés comme des chefs-d’œuvre d’architecture naïve. Après l’obtention de son certificat d’études primaires, il devient à 13 ans apprenti boulanger. Puis, le 12 juillet 1867, il est officiellement nommé «facteur aux postes» et devient le Facteur Cheval. En 1869, il est affecté à Hauterives, à une douzaine de kilomètres de son village natal, ayant en charge la «tournée de Tersanne», un parcours pédestre quotidien de 33 km. En avril 1879, le pied du facteur bute contre une pierre, manquant de le faire chuter. Attiré par la forme curieuse de la pierre, il la ramasse et la glisse dans l’une de ses poches avec l’intention de la regarder plus tard à tête reposée. Dès le lendemain, repassant au même lieu, il constate la présence d’autres pierres ayant des formes encore plus singulières et, à son goût, plus belles que celle qu’il avait trouvée la veille. Il se dit alors que, puisque la nature pouvait «faire de la sculpture», il pourrait très bien lui-même se faire architecte, maître d’œuvre et ouvrier dans la construction d’un «Palais idéal». Durant les 33 années qui suivent, Ferdinand Cheval ne cessera de choisir des pierres durant sa tournée quotidienne, les portant d’abord dans ses poches, puis se munissant d’un panier, voire d’une brouette en certaines occasions. Revenu à son domicile, il passe de longues heures à la mise en œuvre de son rêve, travaillant de nuit à la lueur d’une lampe à pétrole, assemblant les pierres une à une à la chaux, au mortier et au ciment. Il est alors considéré comme un excentrique par les gens du cru, qui ne disposent pas de la vision d’ensemble qu’avait l’architecte. Le Palais est aussi bien un hymne à la nature qu’un mélange très personnel de différents styles architecturaux, avec des inspirations puisées tant dans la Bible que dans les mythologies hindoue et égyptienne. Il ne faut pas oublier que Cheval fut facteur, à une époque où se développaient les voyages et la carte postale (apparue en France en 1873, cinq ans avant le début du Palais Idéal).

Martine au balcon et les 3 Géants Lundi 30 juillet 2007 (13:41 et 13:53)


Cheval passe les 20 premières années à construire la façade Est de ce qu’il nommera globalement le Temple de la Nature (le terme de «Palais Idéal» n’a été donné par Cheval qu’après sa rencontre avec le barde alpin Émile Roux Parassac en 1904). Il conçoit grottes et alcôves, façades majestueuses dignes de palais indiens entourées d’une luxuriante végétation de pierre. Il creuse des bassins, dessine des cascades (Source de Vie, Source de la Sagesse). Le Temple de la Nature est d’inspiration égyptienne. Comme s’il voulait établir une symétrie avec la partie Nord, Cheval édifie au Sud le Temple Hindou, à la faune et à la flore exotiques, et qui finira gardé par les 3 impressionnants Géants représentant César, Vercingétorix et Archimède. En toute simplicité, Ferdinand déclare : «La grotte où il y a 3 géants, c’est un peu de l’art égyptien. En dessous, on voit 2 momies que j’ai façonnées et sculptées. Ces 3 géants supportent la Tour de Barbarie où, dans une oasis, croissent figuiers, cactus, palmiers, aloès et oliviers gardés par la loutre et le guépard. À la source de la vie, j’ai puisé mon génie !».


Le façade Ouest s’orne d’architectures miniatures du monde entier placées dans des alcôves : une mosquée, un temple hindou, un chalet suisse, la maison carrée d’Alger, un château du moyen-âge. On accède également par là à une galerie longue de 20 mètres, s’enfonçant dans le Palais et agrémentée de sculptures. Par des escaliers, on accède à une grande terrasse de 23 mètres de long.


Ferdinand Cheval achève la construction de son Palais Idéal en 1912. Il manifeste aussitôt son désir d’être plus tard enseveli dans l’enceinte même de son œuvre, ce que la loi française ne permet pas lorsque le corps n’est pas incinéré. L’usage de la crémation n’étant à l’époque pas du tout entré dans les mœurs en France, Ferdinand Cheval se résout alors à se conformer aux contraintes légales en se faisant inhumer, le moment venu, dans le cimetière communal, mais en choisissant lui-même la forme de son tombeau. C’est ainsi qu’à partir de 1914, il passe huit années supplémentaires à charrier des pierres jusqu’au cimetière d’Hauterives et à les assembler, pour former le Tombeau du Silence et du Repos sans Fin, qu’il achève en 1922. Just in time ! Deux ans après, Ferdinand Cheval décède et est inhumé.

« Fils de paysan je veux vivre et mourir pour prouver que, dans ma catégorie, il y a aussi des hommes de génie et d’énergie. Vingt-neuf ans, je suis resté facteur rural. Le travail fait ma gloire et l’honneur mon seul bonheur ; à présent, voici mon étrange histoire, où le songe est devenu, quarante ans après, une réalité !»

Ferdinand Cheval, 15 mars 1905.


Au début des années ‘30, l’œuvre de Cheval reçoit le soutien moral de plusieurs artistes tels que Pablo Picasso force l’admiration des surréalistes comme André Breton. Le Palais idéal du Facteur Cheval est classé au titre des monuments historiques en 1969. André Malraux avait appuyé cette procédure de classement avant son départ du gouvernement, en déclarant qu’il considérait le Palais idéal comme «le seul représentant en architecture de l’art naïf».

Le problème des fautes gravées dans la pierre, c’est qu’elles sont également éternelles… Lundi 30 juillet 2007 (13:49)

Le Tombeau du Silence et du Repos sans Fin (ci-dessus) a été inscrit sur l’inventaire supplémentaire des monuments historiques, par arrêté du 12 septembre 1975. Le Palais Idéal est précurseur du phénomène dit des «Environnements d’art» et en reste peut-être le plus génial et spectaculaire exemple.


Les Routiers sont sympas Parfois c’est simplement bon, parfois c’est grandiose et toujours pour une addition très démocratique ! Parfois, au terme de la deuxième carafe, les forçats de la couchette nous regardent bizarrement. Là, c’était chez Madame Lucienne, une ancienne arpenteuse de la RN, reconvertie dans le plat mijoté. Fardée comme une voiture volée, le corsage blindé qui fait briller le zinc à force de s’y promener, elle a le ton haut et le vocabulaire efficace. Elle ne craint personne et les tatoués marchent au pas.

Quand elle te demande si t’as aimé le repas et pourquoi t’as pas fini la crème brûlée, tu as intérêt à trouver une excuse dare-dare. Déjà que mon «camion» a rétréci au lavage ! … Je ne sais plus très bien où sur la route, lundi 30 juillet 2007 (21:02)


RHONE-ALPES 2007  

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