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Hautes-Alpes 2008


Couverture En fond : cavalant librement du côté du Monêtier-les-Bains (Hautes Alpes), la Guisane est un affluent de la Durance, avec laquelle elle conflue en aval immédiat de Briançon. Longue d’à peine 28 km, elle prend sa source au Col du Lautaret et collecte les fontes de nombreux glaciers, notamment au Casset et au Monêtier-les-Bains. Son nom vient de «Aqui Sanatio», nom latin du village du Monêtier-les-Bains qui signifie «L’Eau qui donne la Santé». Monêtier-les-Bains / Mardi 8 juillet 2008 (18:13) Incrustation «en amande» : panneau droit du retable de l’Assomption de la Vierge Marie, un tableau attribué au peintre niçois d’origine italienne François Brea (1560) présent dans l’Eglise Saint-Laurent à Roure (Alpes Maritimes). On y voit Marie-Madeleine, drapée d’un manteau d’un rouge éclatant, soulevant le couvercle de son rituel vase de parfum. Ce récipient l’accompagne dans les étapes de sa vie spirituelle : lors de sa conversion, en versant du parfum sur les pieds du Christ en signe d’amour ; 6 jours avant la Pâque, elle oint de parfum Jésus qui va entrer dans sa passion ; au tombeau du Christ enfin, quand elle porte les arômates. Roure / Mardi 15 juillet 2008 (17:48)

Dessin original de Richart Maire


Hautes-Alpes 5 > 20 juillet 2008


Vaudémont Village de Meurthe et Moselle, Vaudémont devient une place forte dès l’époque romaine. Son nom viendrait du dieu germanique Wotan. En 1071, le premier Comte de Vaudémont entreprend de construire un donjon (le plus ancien de Lorraine) que l’on nommera plus tard la Tour de Brunehault et dont les vestiges restent visibles aujourd’hui. Le château-fort en éperon barré fut démantelé sur ordre de Richelieu en 1639 (le dessin ci-contre le montre peu auparavant). Aux maux de la guerre, s’ajoutèrent les ravages de la peste. Née avec ce funeste dix-septième siècle dans la région, l’épidémie diminua à partir de 1640, mais les conséquences durèrent près d’un siècle ! Chassés de l’enceinte, les pestiférés se rendaient à la maladrerie au pied de la colline de Sion où ils mourraient rapidement. Privé de bras, de bestiaux, d’outils, Vaudémont connut la misère et la faim, au point que l’anthropophagie fit son apparition ! Le village actuel, qui compte une bonne soixantaine d’habitants, est toujours inscrit dans les remparts de jadis. Vaudémont / Samedi 5 juillet 2008)


Ici, le temps s’est arrêté Vaudémont / Samedi 5 juillet 2008 (12:43)


VaudĂŠmont Samedi 5 juillet 2008 (12:41)


Collégiale Saint Jean Baptiste Fondée en 1325 à l’initiative du Comte Henri III de Vaudémont et d’Isabelle de Lorraine, la Collégiale Saint Jean-Baptiste fut terminée dès avant 1352. L’édifice fut conçu au milieu du cimetière, lui-même au centre de la ville. Il servait de chapelle funéraire aux comtes de Vaudémont et fut détruit en 1762. L’église actuelle (XVIIIe s.) abrite une jolie piéta… et un grand poêle à charbon, volant la vedette à la chaire de vérité. Vaudémonjt / Samedi 5 juillet 2008 (12:10)


La Colline inspirée de Sion-Vaudémont Maurice Barrès est né à Charmes dans les Vosges, le 19 août 1862. Après avoir publié quelques articles socio-politiques dans des revues d’avant-garde, il fonde la sienne «Les Taches d’Encre» (1884). Barrès est un intellectuel, acteur majeur du mouvement nationaliste. Malgré de nombreux écrits résolument orientés dans ce sens (et autant de déclarations antisémites qu’il regrettera bien plus tard), il écrit «La Colline inspirée» en 1913 qui a pour cadre la colline de Sion-Vaudémont. Le 4 décembre 1923, Barrès qui a présidé le «pèlerinage de la victoire», décède subitement. Dès 1927, la «Lanterne des Morts» élevée à sa mémoire sur la colline. Elle est inaugurée le 23 septembre 1928 par le Président du Conseil. Sion-Vaudémont / Samedi 5 juillet 2008 (13:05)


Etoiles de Sion au Saut de la Pucelle Les étoiles de Sion sont des fossiles d’animaux marins non mobiles, vivant là pendant l’ère secondaire durant laquelle la région était submergée par les océans (± 80 millions d’années). Encore appelés «lys de mer», «encrines» ou «crinoïdes», ces sortes d’oursins en forme d’étoiles de mer abondent à cet endroit. Sur la colline de Sion-Vaudémont se trouve un endroit escarpé et dangereux nommé le «Saut de la Pucelle». Son apparence est celle d’une portion de forêt dont le sol serait incliné presque à la verticale absolue - en fait, une haute falaise à pic, mais boisée -. On raconte qu’une très jolie jeune fille, Princesse de Vaudémont, aimait prier la Vierge au Sanctuaire de Sion. Un soir qu’elle rentrait au château, chevauchant dans cette forêt dressée sur un aplomb, elle rencontra un cavalier épris d’elle et aux intentions mauvaises. Au saut de la Pucelle, elle implora la Vierge avec ferveur et empressement. Marie s’empara d’une poignée d’étoiles qu’elle lança violemment au visage de son poursuivant. Aveuglés, cheval et cavalier tombèrent dans le ravin. Sur une pierre en contre-bas, les sabots longtemps restèrent incrustés, Mais les vents et autres intempéries se sont multipliés et aujourd’hui les empreintes du cheval ont été effacées. Aujourd’hui, une barrière en bois protège le visiteur de la chute. Un sentier balisé permet d’y accéder facilement. Sion / Samedi 5 juillet 2008 (12:10)


Basilique de Sion Sur cette colline, les Celtes vénéraient Rosmerta, déesse de la fertilité et de l’abondance. Les Romains y prièrent Mercure, dieu des voyageurs et du commerce. Puis les Chrétiens y supplièrent Marie qui, selon la légende, serait apparue à Saint Gérard à qui elle aurait demandé de construire là une chapelle. Au Moyen Age, les comtes de Vaudémont lui érigèrent une nouvelle chapelle qui devînt un lieu de pèlerinage pour toute la région. Sion / Samedi 5 juillet 2008 (13:36)


La vie au moyen-âge Châtillon a conservé son aspect médiéval autour de l’église Saint-André (1272) et des halles gigantesques qui s’y sont adossées. De style gothique flamboyant assez sobre, l’édifice à façade triangulaire fut construit en carrons savoyards (briques). Les Halles remontent à 1440 (date de l’agrandissement de l’église), mais furent partiellement détruites en 1670 par un incendie, avant d’être reconstruites à l’identique. Le bâtiment partagé en trois travées est soutenu par d’énormes piliers de chêne sur lesquels repose la charpente également en chêne. Le tout présente des allures de cathédrale : 80 m de long, 20 m de large et 10 de haut. Elles accueillent, tous les samedis matins, le marché aux produits frais et servent de refuge aux manifestations de plein air surprises par les intempéries (ce qui était le cas lors de notre passage). Tout le voisinage présente de vieilles maisons à colombage. Page de droite : porte de l’Hôtel de la Tour «Gastronomie & Cocooning» pour grands bourgeois et statue annonçant les toilettes publiques jouxtant les halles. Châtillon sur Chalaronne / Dimanche 6 juillet 2008 (11:35)


Abbaye d’Ambronay La petite commune d’Ambronay abrite une superbe abbaye bénédictine fondée au début du IXe siècle. Celle-ci a beaucoup souffert d’un incendie et de la révolution,, allant jusqu’à devenir une écurie. Aujourd’hui, l’abbaye d’Ambronay reste célèbre grâce au festival international de musique baroque qui s’y déroule, profitant de son acoustique exceptionnelle. Aubronay / Dimanche 6 juillet 2008 (14:24)


Tour des Archives Cette tour de défense a été érigée pendant la première moitié du XIIIe siècle. A gauche, l’aile sud de l’Abbaye d’Ambronay a été rénovée et agrandie par les Bénédictins de Saint- Maur au XVIIe. Elle abritait le réfectoire des moines, le dortoir et les cuisines. Au sous-sol, d’immenses caves servaient au stockage des denrées. Ambronay / Dimanche 6 juillet 2008 (14:13)


Abbaye d’Ambronay Fondée au début du IXe siècle par Barnard, officier de Charlemagne, l’Abbaye d’Ambronay est rattachée à la Règle de Saint Benoît. Par privilège papal, elle jouit d’une totale souveraineté, ne dépendant que de Rome. En 1282, elle est mise sous la protection du Comte de Savoie. Dans les luttes frontalières avec le Dauphiné, un corps de logis de deux tours est édifié pour la fortifier, rendant la façade étrangement asymétrique. Ses moines deviennent les administrateurs d’un fief de plus en plus riche, qui attire les convoitises des hauts dignitaires. Les abbés se succèdent au «Château d’Ambronay», tandis que la Règle est peu à peu délaissée. Un incendie ravage l’abbaye en 1632. En 1652, l’Abbaye d’Ambronay est rattachée à la Congrégation de Saint-Maur. Renouant avec la vie monacale, les moines mauristes rénovent et transforment les bâtiments, réunissent des archives, ouvrent une école. Décapité à la Révolution, le clocher a été maintes fois restauré. Située à l’angle du pignon sud, l’échauguette en bois aurait servi d’horloge. En 1789, avec la mise à disposition de la nation des biens du clergé, les offices paroissiaux ont lieu dans l’église abbatiale. Au plus fort du mouvement, elle est transformée en temple de la raison pour redevenir l’église que l’on connaît actuellement. Au fil du temps, les bâtiments conventuels connaissent de nouvelles destinations liées aux événements : grange, prison, école, bâtiment de garnison, logements sociaux etc. Un siècle plus tard, en 1889, le classement de l’église amorce une politique de protection et de restauration qui prendra véritablement son essor après la seconde guerre mondiale. Dans les années 60, en même temps que s’épanouissait un courant pour la conservation du patrimoine, naissait le mouvement de la musique ancienne. En 1980, l’Association Art et Musique crée le Festival d’Ambronay autour de la diffusion puis de la production de concerts de musique ancienne et baroque. Aujourd’hui, implanté dans l’abbaye, le Centre culturel de rencontre d’Ambronay est à la convergence de ces deux dynamiques. Ci-contre, 4 jolis accoudoirs des stalles de l’abbatiale. Ambronay / Dimanche 6 juillet 2008 (13:56)

Lost Café Là, il y avait une gare. Et il y avait un café. On a tout perdu. Même le nom de la ville. Près de Dompaire dans les Vosges. Samedi 5 juillet 2008 (15:48)


Parc National des Ecrins Dominant Le Monêtier-les-Bains et la vallée de la Guisane, voici la haute montagne : le pic des Agneaux, les glaciers du Monêtier et du Casset. Le soleil dynamise les forêts de mélèzes et les vastes pâturages d’adret. Nous évoluons dans d’odorants bouquets de fleurs. Mais la descente vers le Casset est douloureuse à nos mollets ! Les Ecrins / Mercredi 9 juillet 2008 (entre midi et 16 h)


Le Casset Dominant Le Monêtier-les-Bains et la vallée de la Guisane, voici la haute montagne : le pic des Agneaux, les glaciers du Monêtier et du Casset. Le soleil dynamise les forêts de mélèzes et les vastes pâturages d’adret. Nous évoluons dans d’odorants bouquets de fleurs. Mais la descente vers le Casset est douloureuse à nos mollets ! Le Casset / Lundi 8 juillet 2008 (16:19)


Il y a douleurs et douleurs Le nombre d’habitants au Casset ne cesse de décroître. Monsieur Jourdan est mort et son Café des Glaciers fermé depuis belle lurette.Quant aux 7 douleurs, ce ne sont en aucun cas les séquelles affichées par Martine mais celles glorifiées par le Stabat Mater Dolorosa. La première, annonciatrice de toutes les autres, est la prophétie de Siméon dans le temple de Jérusalem. Viennent ensuite : la fuite en Egypte, la disparition de l’Enfant Jésus, le portement de Croix, la crucifixion, la déposition de Croix et la mise au tombeau. Le Casset / Mardi 8 juillet 2008 (16:30)


Portes à ventaux sculptés et maisons à courts fermées Tout l’intérêt du Casset réside dans son moulin, bâti sur la Guisane et les quelques vieilles portes de mélèze moulurées, ornées de vantaux sculptés de motifs géométriques ou floraux. Des têtes de personnages surveillent quiconque approche. Les tympans sont souvent ornés de grilles de ferronnerie. Derrière chacune de ces portes se cachent un long vestibule commun aux bêtes et aux hommes, la «court», qui débouchait ensuite sur l’étable et les pièces d’habitation. Le Casset / Mardi 8 juillet 2008 (16:50)


Même les pierres font le gros dos pour résister aux hivers S’il est bien un village qui se découvre comme un joyau dans l’écrin du Haut-Oisans, c’est Besse. Tout y a été construit à l’aide de «calades», ces galets polis par le torrent du Guay. Niché à 1.050 m d’altitude, Besse s’ouvre sur les alpages où 10.000 moutons circulent en transhumance, sans nous adresser le moindre regard, trop pressés de se gaver de cette délicieuse herbe de montagne et les fleurs multicolores qui font de la montagne une fresque pointilliste. Besse / Lundi 7 juillet 2008

(15:45)


Le diamant du Bugey Communément appelé le Diamant du Bugey, Oncieu est un village pittoresque classé site historique sans doute pour la particularité d’avoir jadis été construit en rond autour d’un vaste pré. Vivent là 68 Onciolans, perdus entre deux terres et deux époques, mais parés pour faire face aux rigueurs des hivers. Oncieu / Dimanche 6 juillet 2008 (16:18)


Cache-cache Au bout de l’ascension, on croit avoir mérité le paradis qu’un clocheton nous promet mais soudain la terre s’entrouve et nous rappelle que pour y prétendre il faut se débarrasser de ce corps encombrant.

Blotti contre une arête schisteuse, le village fleuri de Clavans se caractérise par ses fontaines, ses placettes, sa petite église pleine de charme, et ses anciennes habitations (certaines ont accueilli des huguenots en des temps plus anciens). La flore y est exceptionnelle et constitue l’une des plus représentatives des montagnes d’Europe (lys, edelweiss, …). La faune y est aussi très riche et le chamois est l’emblème de Clavans. Il n’est pas rare de les apercevoir à la croisée d’un sentier et d’observer gypaètes, bartavelles et autres sympathiques marmottes... Clavans / Lundi 7 juillet 2008 (16:22)


Attente Serait-ce la salle d’attente de l’ardoisier ? Clavans / Lundi 7 juillet 2008 (16:13)

La petite porte de la ville : l’Entrée au Sud Le petit village de La Salle-les-Alpes présente, dans sa partie haute, une rue principale très étroite et sinueuse, où deux véhicules ne peuvent se croiser. On peut y pénétrer par l’«Entrée au Sud» aux aspects très provençaux avec ses murs délavés, l’usage de pavés peints et de nombreux cadrans solaires. La Salle-les-Alpes / Jeudi 10 juillet 2008 (10:31)


Le lion de Saint-Marcellin

Toutes blessent, la dernière tue … Cadran solaire d’Hippolyte Laurençon (1811) sur la façade de la Maison Chaix. La Salle-les-Alpes / Jeudi 10 juillet 2008 (10:58)

L’église Saint-Marcellin de La Salle-les-Alpes a été édifié entre le XIIe siècle et 1532, date à laquelle elle fut consacrée. Marcellin (311-353) fut le premier évêque d’Embrun. Le porche (fin XVe siècle) réutilise des éléments romans du XIIe : les colonnes et leurs chapiteaux, deux splendides bénitiers de part et d’autre d’un lion de pierre. Les lions naissent les yeux clos mais dorment les yeux ouverts. C’est pourquoi, d’après Saint-Augustin, leur confie-t-on la garde des église et la protection des lieux sacrés. Il est symbole de vigilance et de force, mais également de résurrection. Sous sa queue recourbée, un homme dont seule apparaît la tête se dissimule entre ses pattes. La Salle-les-Alpes / Jeudi 10 juillet 2008 (11:26)


Les trésors de la chimère Saint-Marcellin présente une porte en plein cintre romane pourvue d’une serrure à verrou plat terminé par une tête de chimère (XIVe siècle). L’église abrite un superbe retable, mais ma préférence va à cette Vierge à l’Enfant sur bois polychrome (XVe s.). Quel doux regard ! Dans son descriptif à l’inscription au patrimoine national, on peut lire que la Vierge tient une grenade ou une poire. Personnellement, hormis la couleur, j’y vois la forme d’une figue… La Salle-les-Alpes / Jeudi 10 juillet 2008 (11:13)


Château-Fort Queyras Construit avant 1250 sur un piton rocheux à 1.400 m d’altitude, le Fort Queyras est un nid d’aigle veillant sur le haut pays et l’ancienne capitale du Queyras (Ville Vieille). Véritable verrou bloquant l’accès au Briançonnais, la vallée encaissée du Guil, (un tumultueux torrent rejoignant la Durance à Mont-Dauphin) a jadis contenu les ardeurs barbares et celles des pillards. Au Moyen âge, le fort est l’ultime destination de malheureuses femmes accusées de sorcellerie. Au XVIe siècle, est la proie des guerres de religions. Suite à une invasion savoyarde, Vauban vient inspecter la frontière des Alpes et déclare l’édifice «à l’abri du mousquet, mais pas du plus petit canon !». Il faut dire également qu’il est mal placé car de hautes montagnes le dominent. Vauban le fait enfermer dans une vaste enceinte qui double l’étendue du château primitif. Mais le château n’était pas un bon ouvrage pour la guerre. Les fossés ne seront jamais rempli de cette eau de pluie réservée aux assiégés. Le fort fut désarmé de 1940 à 1944, puis rendu à la vie civile en 1967. Philippe de Broca y tourne «Le Bossu» avec Daniel Auteuil, Fabrice Luchini, Vincent Perez et Marie Gillain. Château Queyas et Ville Vieille / Jeudi 10 juillet 2008 (10:58)


Là où le coq picore les étoiles… Située à 2.042 m d’altitude, Saint-Véran est considéré à tort comme plus haut village d’Europe. Il semble bien qu’il soit le plus élevé de France (sans doute parce que le territoire communal s’étend de 1.750 à 3.175 m dans le parc naturel régional du Queyras). Par contre, il est acquis qu’il soit l’un des beaux villages de France ! Sur un cadran solaire, il est dit qu’à Saint-Véran, le coq picore les étoiles… L’air y est très pur. Par ailleurs, la pollution lumineuse y étant inexistante, c’est le meilleur endroit pour s’émerveiller sous la voie lactée. Un observatoire astronomique, créé en 1974, est mis à disposition des astronomes amateurs. Saint-Véran abrite 290 habitants dans ses vieilles maisons traditionnelles en rondins de mélèzes (les «fustes»). La plus ancienne (le «Soum», c’est-à-dire «au bout du pays») date de 1641. Hommes, vaches et moutons y cohabitèrent jusqu’en 1976. Le Soum est devenu un musée où l’on peut voir de vieux outils et machines agricoles, des meubles, des skis en bois, mais aussi cartables ou trottinettes en bois ! Il reste un coutelier et deux ébénistes dans le village. Au-dessus de la porte d’un bar, les oiseaux peuvent élire domicile dans une petite fuste. A la terrasse panoramique d’un autre, aux ors du couchant, j’ai bu une Edelweiss, bière blanche citronnée. Saint-Véran / Jeudi 10 juillet 2008 (18:20 > 19:30)


Une difficile autarcie Il y a moins de 50 ans, Saint-Véran vivait en autarcie dans des conditions difficiles : «Huit mois d’hiver, quatre mois d’enfer». Sous des mètres de neige accumulée, dans les chalets de pierre et de bois, les vivants (humains et animaux confondus) se tenaient chaud comme ils pouvaient. Les étages en rondins servaient au stockage du foin. Les balcons ajourés permettaient au blé d’achever de mûrir jusqu’aux premières gelées. Pour tuer le temps durant les longues journées d’hiver, les hommes sculptaient de splendides rosaces sur des panneaux de mélèze, futures ornementations de leurs portes et fenêtres. Le Soum a gardé son caractère queyrassien jusque dans ses moindres détails : il a conservé sa menuiserie d’origine ou encore la «resserre à pains», où étaient autrefois stockés entre 600 et 700 pains, la réserve d’une année entière, cuite en une seule fois. Chaque hameau de la Vallée possédait son four à pain. Il était utilisé par les familles du village pour deux grandes fournées annuelles : la première au printemps pour la provision de l’été, et la seconde à l’automne pour celle de l’hiver. La durée des cuissons s’étalait un mois et le four fonctionnait en feu continu. Chaque famille préparait la pâte à pain à la maison dans le pétrin familial. Séché, le pain ressuscitait dans les soupes. Pour notre part, nous avons dans nos besaces, un pain «consacré» portant une étoile incisée sur le dos. Il provenait du fournil de Molines en Queyras. Le boulanger est connu dans toute la région pour ses recherches auprès des «anciens» du pays. Il élabore ensuite des pains venus du fond des âges avec des ingrédients authentiques qui lui garantissent une assez longue conservation. Saint-Véran / Jeudi 10 juillet 2008 (18:20 > 19:30)


Saint-VĂŠran : Chapelle Notre Dame de Clausis


Remontant la Clarée Qu’elle est belle la vallée de la Clarée qui nous mène à Névache via Plampinet, en égrenant en chemin ses perles d’églises et de chapelles aux murs peints. Plampinet, hameau de fermes depuis le XIIIe siècle, comptait encore 300 habitants au XIXe. Il fut ensuite déserté jusqu’à ne plus avoir en 1975 qu’une seule habitante permanente, la veuve Prat. De nombreuses maisons étaient alors en ruines. Aujourd’hui, une cinquantaine de personnes y vivent tout au long de l’année et le tourisme revitalise peu à peu l’endroit. Etabli non loin de la frontière, Plampinet a été construit en rond, au temps où la vie ensemble était le quotidien de la communauté, et où la route n’était qu’accessoire. Il possède deux remarquables ensembles de peintures murales. Construite en 1510, l’église Saint-Sébastien est de style roman. Elle est surmontée d’un clocher à bulbe abritant trois cloches fondues par les frères Vallier, habitants du village. Elle décorée de splendides fresques murales (1532) représentant l’annonciation et la passion de Jésus depuis le jardin des oliviers jusqu’à la résurrection. La richesse de ces fresques s’explique par la volonté de l’archevêque d’Embrun d’enseigner de façon «pédagogique» la religion aux habitants du pays afin de combattre la propagation de «l’hérésie» vaudoise. Les mouvements des personnages, les couleurs symboliques, l’enchaînement rigoureux des étapes de la passion étaient en effet autant d’éléments favorables à cet apprentissage religieux. Ces peintures furent restaurées en 1823 par un peintre plampinard, Hippolyte Laurençon (1755- †1827), le même qui a réalisé ici et à La Salle-les-Alpes des cadrans solaires, et l’autre en 1970 par les monuments historiques. Plampinet / Vendredi 11 juillet 2008 (12:25)


Ponce Pilate se lave les mains du choix de Jésus par les Juifs

Judas veut se débarrasser des 30 deniers en les restituant au Temple

L’âme du traître est emportée par le diable. Impure, elle est extirpée de ses entrailles, sources du mal et des pestilences


Jésus aux enfers Entre sa mise au tombeau et sa résurrection, l’âme de Jésus descendit aux enfers et y séjourna tant que son corps demeura dans la tombe. Jésus fut le premier «né d’entre les morts», après avoir été délivré des douleurs de l’Enfer. Les représentations de ce séjour de Jésus aux enfers, entre mort et résurrection, sont rarissimes. Plampinet / Vendredi 11 juillet 2008 (14:37)

Les outrages Autre détail de la passion du Christ représentée dans l’église Saint-Sébastien : les outrages subi par Jésus. Le premier lui jette un sort, le deuxième le gifle, le troisième lui tire la barbe et les cheveux, enfin le dernier lui tire la langue et le couvre de crachats, tournant ainsi en dérision ses onctions de roi et de prophète. Plampinet / Vendredi 11 juillet 2008 (14:35)


Notre Dame des Grâces La Chapelle des Grâces fut édifiée en 1450 dans le style roman. Elle comporte plusieurs merveilles de peintures murales du XV e siècle : les classiques vices et vertus (datés de 1475), une annonciation, un martyre de Saint Sébastien, un martyre de Sainte Lucie et une superbe Vierge allaitant l’Enfant. Marie a l’air d’être bien lasse et songeuse. Elle offre à son fils le sein droit qu’elle presse de la main opposée, l’autre main soutenant délicatement la tête auréolée de l’enfant. Bien en chair, le bébé montre à la fois son appétit, en saisissant lui-même la blanche mamelle, et son plaisir, en se caressant distraitement le pied. Plampinet / Vendredi 11 juillet 2008 (14:37)


Vices & Vertus à Plampinet Tout le fond de la Chapelle des Grâces de Plampinet présente une belle série de Vices & Vertus selon la structure traditionnelle. Au registre supérieur, les Vertus, toutes incarnées par des femmes priant agenouillées, dans la même direction, chacune figurant comme au centre d’une niche ou d’un cabinet privé. En dessous, voici la sarabande des Vices, incarnés par des personnages enchaînés par le cou, chevauchant des animaux dociles. Chaque Vice correspond et s’oppose à la Vertu qui se trouve au-dessus de lui. Enfin, le registre inférieur représente les châtiments, particulièrement sophistiqués et raffinés, qui sont en quelque sorte le prix à payer pour chaque péché selon le Tribunal de Dieu. A Plampinet, ce niveau inférieur est très détérioré, par l’humidité sans doute, mais peutêtre aussi volontairement par les paysans forts inquiets du sort qui aurait pu être le leur ! Ces fresques datent de 1475, même si le hennin de La Luxure est typique de 1450. Il est fréquent que les artistes du moyen-âge aient quelque retard dans la représentation des modes, phénomènes citadins auxquels ils

n’assistaient que sporadiquement, avant de partir pour de longs chantiers dans des zones parfois très reculées. Revenons aux Vices dont on sait depuis Thomas d’Aquin (XIIIe s.) qu’ils ne sont pas les péchés capitaux mais des tendances à commettre certains de ces péchés. Fermant la marche, à gauche, La Paresse, mains vides et ballantes, s’endormant sur son âne. Au départ, il stigmatise l’acédie, «forme de dépression due au relâchement de l’ascèse et de la prière» (paresse morale). Son démon est Belphégor. Vient L’Envie sur son lévrier, ou plus exactement la tristesse ressentie face à la possession d’un bien par autrui et la volonté de se l’approprier par tout moyen et à tout prix (à ne pas confondre avec la jalousie). Ses bras croisés seraient un signe de renoncement. Son démon est Léviathan. Suit La Colère sur son léopard, «la courte folie» comme la nommaient les Anciens, entraînant parfois des actes regrettables. La Colère est une violence envers soi-même, d’où l’usage du poignard envers sa propre poitrine. Son démon est Satan.

Seule femme parmi les Vices, La Luxure sur un bouc à la sexualité vulgaire. Se contemplant dans un miroir, troussant haut sa plus belle robe pour dévoiler sa cuisse aguicheuse, elle symbolise le plaisir sexuel recherché pour lui-même. Son démon est Asmodée. Voici le tour de La Gourmandise ou plus précisément la gloutonnerie impliquant l’idée de démesure et d’aveuglement. Son véhicule est le chien. Gros et pansu, le glouton tient un cruchon de vin et un cuissot. Son démon est Belzébuth. L’Avarice chevauche un blaireau. C’est un marchand (il tient une balance et une bourse) qui accumule les richesses. Son démon est Mammon. Ouvrant le cortège sur son lion royal, c’est L’Orgueil, qui attribue à ses seuls mérites toutes les qualités jusque là perçues comme des dons de Dieu. Son démon est Lucifer. Tous sont entraînés par le diable vers la gueule de l’Enfer. Plampinet / Vendredi 11 juillet 2008 (14:56)


Névache Du nom du premier évêque d’Embrun, l’église Saint-Marcellin de Névache a été fondée en 1490 dans une ancienne «maison forte» sous l’impulsion du Roi Charles VIII. L’ancienne tour du château est devenue le clocher «roman lombard», lequel a reçu sa flèche en 1633. A sa base, on trouve une prison qui fut utilisée jusqu’en 1600 ! Saint-Marcellin recèle de nombreux attraits patrimoniaux : fresques murales du XVI e siècle, grand autel et retable de style baroque en bois de mélèze doré à la feuille (on n’est qu’à 3 kilomètres de l’Italie). Je donne mes étoiles au portail roman en plein cintre. Il est doté d’un tympan orné d’une fresque représentant une très belle Annonciation et d’une incroyable porte en bois en pin cembro (1498) comportant de nombreux panneaux sculptés dont la finesse permet encore de contempler toutes les côtes de Jésus sur la Pièta, les cheveux ondulés de Marie-Madeleine et la torpeur des soldats romains endormis au pied du sépulcre vide. Notez aussi le jeu de jambes du ressuscité, «en majesté», sur le panneau de gauche. Névache / Vendredi 11 juillet 2008 (13:21)


L’hôtel-restaurant Guillaume présente le charme rustique des années 1920. Ses six chambres étaient meublées d’époque avec le lavabo dans un coin. Désormais, le mobilier des chambres aurait été entièrement rénové avec douches et WC dans le couloir. L’église est à 50 mètres. Névache/ Vendredi 11 juillet 2008 (13:55)


La légende du Pré de Madame Carle Alors Président du Parlement de Grenoble, Geoffroy Carle est très investi dans la vie du village des Vigneaux où il possède château au hameau dit de la Bâtie et habite avec sa jeune et jolie épouse Louise. Dévot, il décide de faire réaliser à ses frais sur les murs de l’église Saint-Laurent aux Vigneaux une fresque qu’il veut magnifique. Pour ce faire, l’inconscient engage un jeune et séduisant peintre italien. Au moment où celui-ci commence son travail, Geoffroy est appelé à rallier Louix XII dans une de ses campagnes en Italie. Il confie donc à Louise, en qui il a totale confiance, le soin de surveiller les travaux durant son absence. A la fois obéissante et curieuse, Louise n’est pas longue à monter aux Vigneaux. — «Que peignez-vous ?» demande-t-elle à l’Italien. — «Les sept péchés capitaux» répond-il. «J’en ai terminé quatre, il me reste à représenter l’Orgueil, la Luxure et la Colère». Les jours suivants, Louise s’acquitte de sa tâche avec d’autant plus d’allant qu’elle n’est pas insensible aux charmes du beau transalpin. Usant de charmes très persuasifs, elle enjôle le jeune artiste. Mais leur passion est de courte durée et, lors d’une soirée donnée par le Seigneur de Rame, la volage succombe à son tour aux avances de son hôte. Pendant ce temps, la fresque n’avance pas : le peintre a perdu inspiration et joie de vivre. Un jour, Louise Carle quitte la Seigneurie de la Durance et remonte enfin à l’église des Vigneaux, au bras du noble Seigneur de Rame. Fou de douleur et de jalousie, l’éconduit décide aussitôt de se venger en donnant à l’Orgueil le visage du prétentieux Seigneur de Rame,à la Luxure celui de sa bien-aimée et enfin à La Colère les traits de son commanditaire, Geoffroy le cocu. De retour au pays, ce dernier entend les rires narquois et apprend la rumeur qui a gagné toute la vallée. Devant la fresque, il n’a aucun mal à reconnaître les 3 Vices ainsi dépeints. Rageur, il paie puis chasse le peintre. De retour au château, il ne dit mot mais enferme sa mule dans l’écurie sans lui donner à boire. Au bout de trois jours, il selle son cheval et sa mule, et le couple Carle se rend au pré qui leur appartient au fond de la Vallée. Lorsqu’ils arrivent, Geoffroy Carle lâche la bride de la mule sur laquelle est montée sa femme. Assoiffé, l’animal se précipite aussitôt vers le Gyr pour boire et Louise, déséquilibrée par la fougue de la monture, tombe dans les flots tumultueux du torrent qui l’emportent. On retrouvera son corps au bout d’une demi-journée et une belle messe fut célébrée à l’église des Vigneaux. Pré de Madame Carle / Dimanche 13 juillet 2008 (17:56)

La “luxuriante” Louise Carle La Luxure représentée sur le flanc de l’église Saint-Laurent des Vigneaux a-t-elle le visage de la jeune et jolie Louise Carle ? Les Vigneaux / Vendredi 11 juillet 2008 (17:22)


L’actuel Pré de Madame Carle est un cirque glaciaire grandiose, un univers minéral bordé de mélèzes, sculpté par le travail acharné de la glace et de l’eau. C’est le point de départ de randonnées en haute montagne vers le Glacier Blanc. Pré de Madame Carle Dimanche 13 juillet 2008 (18:25)


Vices & Vertus aux Vigneaux Voici la fresque de la légende. L’humidité a décapité presque tous les pécheurs, sauf le riche Orgueilleux sur son lion royal et la belle Luxure à califourchon sur son bouc. Derrière, le lévrier de l’Envie est parvenu à voler un os ! Les Vigneaux / Vendredi 11 juillet 2008 (17:24)


Au registre réservé à leurs châtiments, les Vices sont suspendus au-dessus de brasiers à l’aide de cordes nouées sur des anneaux fixés aux murs ocres rouges de l’enfer. Les châtiments de l’Avarice, de la Luxure et de l’Envie se lisent encore. Auprès de l’Avarice, le cou entravé par un sac empli de pièces, s’affairent deux démons. La Luxure, de lourdes pierres attachées aux chevilles et au cou, est brûlée par un démon armé d’une torche. La Colère est poignardée.


La Provence couve Briançon sous son aile Briançon est une très ancienne cité du Dauphiné (- 800 av. JC) orientée vers le commerce. Deux incendies successifs la ravagèrent au XVIIe siècle. La structure urbaine est néanmoins restée très compacte avec un réseau irrégulier de rues étroites et sinueuses bordées de maisons hautes. Durant l’été 1692, Victor Amédée de Savoye et ses 30.000 soldats attaquent la France. Louis XIV envoie Vauban l’année suivante pour fortifier la ville et concevoir une couronne de postes avancés sur les montagnes qui dominent et enserrent la ville. Aujourd’hui, Briançon a un charme étrange, un air de ville provençale chaudement colorée d’ocres, transportée à 1.326 mètres d’altitude ! Soudain, alors que nous visitions la ville et contemplions un mariage, la chaleur se transforma en pesanteur et l’on eut droit à un terrible orage, typique des phénomènes climatiques changeants en haute montagne. Briançon / Vendredi 11 juillet 2008 (16:15 > 17:28)


Le génie de Vauban A partir de 1693, à la suite d’une invasion des troupes du Duché de Savoie l’année précédente, le Maréchal Vauban entreprend sur ordre de Louis XIV la construction de la place forte de Mont-Dauphin. Construite en étoile sur les à-pics d’un plateau désertique dit des «mille vents», elle défendait Provence et Dauphiné en verrouillant l’accès à la vallée de la Durance depuis l’Italie. La frontière ayant été reportée vers l’Est en 1713, la forteresse perdit de son utilité. A l’image de son église Saint-Louis, la ville que Vauban avait projetée resta inachevée (il n’existe que le chœur de cet édifice, dont on aurait par ailleurs repris les pierres pour consolider les ouvrages de défense). Peu à peu abandonnée par l’armée, la place forte est devenue monument historique en 1966 inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO en 2008. Remparts et bastions sont renforcés par des falaises abruptes du côté de la Durance et du Guil, par des fossés et une fortification avancée du côté du glacis d’Eygliers. N’ayant pas connu la bataille, remparts en pierre rose et bâtiments militaires sont parfaitement conservés et offrent une plongée unique dans la vie militaire du XVIIIe siècle. Au milieu vit un village insolite, avec ses fontaines et ses lavoirs, entouré de montagnes de tous côtés, préservé par les remparts de l’agitation et des bruits des vallées, baigné du soleil du midi, étincelant de neige l’hiver. Mont-Dauphin / Lundi 14- juillet 2008 (17:24)


Les parfums de Guillestre Nous avons passé la fin de la matinée du 14 juillet dans la petite ville médiévale de Guillestre, déambulant au fil des ruelles étroites de ses vieux quartiers, en pleine agitation populaire car c’était jour de marché. Nous y avons acheté des savons de Marseille parfumés, une superbe pierre d’alun et du fromage de chèvre. L’église Notre-Dame d’Aquilon a été construite par l’architecte lombard Galéas entre 1507 et 1532. Son porche d’entrée ou «Réal» (1545) constitue un auvent composé d’une voûte à 3 arcs gothiques et de 4 colonnes dont les deux centrales sont supportées par des lions couchés (XI-XII e s.) provenant peut-être de l’église primitive. Ce Réal ressemble très fortement à celui de Saint-Marcellin de La Salle-les-Alpes et les lions ont un air de famille avec ceux de Saint-Véran ou de la cathédrale d’Embrun. Les appuis de voûte sont également sculptés de petits personnages en position accroupie. Le sol est dallé de marbre rose à ammonites extrait des carrières locales. La porte se situe dans un encadrement de pierres roses composé de 3 colonnes rondes se joignant en un arc de plein cintre. Le linteau est chargé d’arabesques et de décorations symboliques. Les ventaux en bois sculpté de la porte figurent des draperies. Ils sont encadrés de clous forgés dont les têtes représentent des cœurs, des coquilles, des fleurs de lys et des dauphins. La plaque de serrure (XVI e s.) représente des personnages à la mine sévère portant mitres et tiares. Il s’agit de l’archevêque de Guillestre, flanqué d’un juge et d’un consul, ainsi que de deux oiseaux (dont celui de gauche est hélas décapité). Une tour carrée surmontée d’une flèche pyramidale domine la vieille cité. Guillestre / Lundi 14 juillet 2008 (10:15 > 12:45)


Embrun, Nice des Alpes Embrun doit l’origine celte de son nom à sa position (Eb : «eau» et Dunum : «élévation»). Cette ville fut capitale des Alpes sous l’empire romain. On a ensuite surnommé Embrun la «Nice des Alpes» pour la qualité de vie qu’offre aujourd’hui cette cité touristique. Une promenade à travers la vieille ville permet d’admirer bâtisses multiséculaires, passages voûtés, porches, fontaines de marbre rose du XVI e siècle, gargouilles et autres sculptures... sans oublier ses trois fleurons : la Cathédrale Notre Dame du Réal (XII e s.), la Tour Brune (XIII e s.) et la Maison des Chanonges (XIV e s.). Dédiée à la Vierge Marie, on ajouta «du Réal» au nom de la cathédrale, en référence aux nombreux rois venus en pèlerinage à la suite de Louis XI qui y aurait trouvé la guérison. Louis XI souffrait cent misères : il était goutteux, congestif et harassé de continuelles fièvres ; il présentait des troubles digestifs, des crises de rein, d’affreux malaises de l’estomac et du foie. Le 30 août 1483, à 9 heures du soir, tandis que François de Paule récitait la prière des agonisants, Louis XI murmura une dernière fois : «Notre-Dame d’Embrun, ma bonne maîtresse, aidez-moi !», puis il rend l’esprit. La cathédrale a été bâtie entre 1170 et 1220, au moment où l’art Roman cède sa place au Gothique, sur les ruines de la première cathédrale érigée entre 810 et 826 avec l’aide de l’Empereur Charlemagne, et qui avait été détruite par les Sarrasins. Elle se compose d’une alternance de pierres noires (schiste) et blanches (tuf). Si plusieurs éléments architecturaux comme sa rosace à 12 volets la lie indéniablement au style gothique, Notre Dame du Réal possède toutefois une identité très particulière issue de la tradition lombarde et italienne. Il est vraisemblable que ses bâtisseurs vinrent de l’autre côté des Alpes, ce qui explique la sobriété et l’harmonie de ses proportions «romanisantes». Embrun / Lundi 14 juillet 2008 (12:45 > 15:50)


Utilisant astucieusement la rotonditÊ du deuxième pilier nord de la nef, un artiste hollandais a peint cette Flagellation vers 1470.


Le Prévôt avare L’entrée principale de la cathédrale Notre Dame du Réal est abritée par un porche soutenu par 4 colonnes en marbre rose, dont les deux premières reposent sur deux lions couchés en marbre du Queyras symbolisant la force divine. Les secondes se composent d’un faisceau de 4 colonnettes soutenues par deux atlantes accroupis. Mais sur celle de gauche, j’ai remarqué la présence d’un petit personnage semblant se cacher derrière cette colonne. La légende veut qu’il s’agisse là du prévôt du chapitre qui, refusant de payer les ouvriers de la Cathédrale, fut immortalisé par eux en représailles «prisonnier des colonnades». Embrun / Lundi 14 juillet 2008 (13:35)

Le sein de Marie Sur le panneau de ce retable en bois sculpté et doré à la feuille, la mère de Jésus apparaît poitrine dénudée et couverte de sang Embrun / Lundi 14 juillet 2008 (13:40)

Fougères de fer Le lys et l’enfant La fresque extérieure de la visite des Rois Mages devant laquelle se recueillirent Louis XI et tant de têtes couronnées a été détruite. Cette statue et cette mosaïque ponctuée de fleurs de lys font office depuis lors. Embrun / Lundi 14 juillet 2008 (13:20)

La porte de la cathédrale Notre Dame du Réal est ornée de ferrures du XVIe siècle dessinant des motifs floraux. Leur mission était plus fonctionnelle qu’utilitaire : maintenir une solide cohésion entre les planches et émousser toute lame qui voudrait les entamer. Embrun / Lundi 14 juillet 2008 (13:34)


Tours et vieilles demeures fortifiées Tintin lâche Tchang pour suivre le Dalaï Lama Au printemps 2008, peu avant les J.O. de Pékin, de violentes émeutes opposent Tibétains et Chinois à Lhassa. La répression n’empêchera pas les puissances occidentales de se taire. Mais, aux frontons des mairies et bâtiments officiels un peu partout en Europe, les drapeaux tibétains se multiplient. Même Tintin a opté en faveur du Tibet libre ! Embrun / Lundi 14 juillet 2008 (14:46)

La Tour Brune est un donjon carré du XIIIe siècle, seul élément demeurant de la muraille médiévale originelle. Son nom est la déformation de «Tour Embrune». Elle sert de donjon aux archevêques abritant, jusqu’à la Révolution, le trésor, l’arsenal et même la prison. Elle est utilisée ensuite comme citerne d’eau par l’armée, puis une nouvelle fois comme prison. Des dessins, réalisés par les prisonniers durant l’époque napoléonienne, subsistent encore dans une des trois salles de la Tour. Jusqu’au début du XXe siècle, la Tour Brune garde une toiture en charpente de bois à quatre pans en forme de pyramide. Son couronnement en créneaux est refait en 1927, suivant le modèle du Palais des Papes d’ Avignon. Aujourd’hui, la tour a été aménagée en musée du paysage du Parc National des Ecrins. Embrun / Lundi 14 juillet 2008 (13:47)


Le Couvent des Cordeliers Construit à l’extérieur de l’enceinte médiévale, le Couvent des Cordeliers d’Embrun est l’un des tout premiers couvents franciscains du Sud-Ouest. Fondé en 1220, il présente une taille importante et reprend l’esprit et les traditions romanes de l’époque. Son réfectoire s’appuie au quatrième côté du Cloître. En octobre 1368, des bandes de routiers ravagent le pays et incendient le couvent. Dès 1413, il est reconstruit et la nouvelle église se voit consacrée en 1443. Les dons importants des fidèles embrunais permet de doter le nouveau couvent de fresques somptueuses réalisées par des artistes italiens de l’école de Savoie Piémont. La beauté de ces scènes bibliques est telle, que Embrun rivalise avec Assise et Florence. Malheureusement, Embrun connaît un autre destin tragique : le feu prend dans l’église des cordeliers, et la décision est prise en 1907 de détruire une grande partie des bâtiments. Aujourd’hui, il ne reste plus que les chapelles collatérales de l’édifice, de style gothique, restaurées en 1969, et qui abritent le syndicat d’initiative. Sur cette page, Saint-Antoine de Padoue guérissant les possédés, les pestiférés et les infirmes. Page suivante : fragments contant l’arrestation de Sainte-Catherine d’Alexandrie ou représentant le Christ aux deux extrémités de son existence terrestre, Embrun / Lundi 14 juillet 2008 (14:20)


La Maison des Chanonges La Maison des Chanonges tire son som des chanoines, administrateurs des biens de l’archevêché, qui résident là dès le XIV e siècle. Malgré les mutilations endurées au fil des siècles (et sa récente remise en l’état originel), elle est un rare exemple d’architecture civile romane du XIII e siècle. La porte est bordée d’un large arc en plein cintre alternant pierres blanches et noires. On y accède par un petit escalier de façade. Une touche de légèreté est apportée par 4 couples de fenêtres dont 3 éclairent l’étage. Elles présentent une même arcature bichromique et les baies géminées sont formées d’élégantes colonnettes à chapiteaux ornés d’inflorescences d’acanthes. En haut à gauche, une sculpture en haut-relief représente un lion affamé dévorant une chevrette. Embrun / Lundi 14 juillet 2008 (13:07)

Deux flux perpendiculaires de transhumance estivale La transhumance estivale désigne la montée aux alpages de montagne des troupeaux originaires des basses plaines. Ce jour-là, au sommet du Col de Vars, le troupeau est mené par trois Montagnes des Pyrénées particulièrement attentifs. Après avoir été rassemblé et mis en branle sous forme d’un grand triangle, le cheptel traverse la route. Les 3 chiens ont stoppé le trafic, se plantant au milieu de la chaussée et aboyant sur quiconque avance à moins de 10 mètres. Trouvant l’opération trop longue, le motard forcera le passage, se faisant poursuivre et mordre copieusement par les gardiens du troupeau ! Col de Vars/ Lundi 14 juillet 2008 (14:20)


Col de la Bonette / Mardi 15 juillet 2008 (11:13)

Col de la Bonette / Mardi 15 juillet 2008 (10:49)

Bivouac de montagne Le Pis, entre Jausiers et Col de la Bonette / Lundi 14 juillet 2008 (20:51)


Col de la Bonette / Mardi 15 juillet 2008 (9:22)

Col de la Bonette Dans le Massif du Mercantour, le col de la Bonette relie la vallée de l’Ubaye à celle de la Tinée. La route qui y passe est classée route impériale par Napoléon III en 1860. Contrairement à ce que prétend le panneau routier, elle n’est pas la route la plus haute d’Europe, au mieux est-elle la route goudronnée la plus haute de France et des Alpes. Le Tour de France est y passé plusieurs fois et, depuis, les amateurs de la petite reine (et de potions magiques ?) s’y attaquent régulièrement. Col de la Bonette / Mardi 15 juillet 2008 (10:54)


L’ennui des diables bleus Camp des Fourches / Mardi 15 juillet 2008 (11:55)

En octobre 1925, Joséphine Baker apparaît vêtue de quelques bananes dans la revue nègre…


2 Ă‚nes et 132 Sandalmassiens ! Saint-Dalmas le Selvage / Mardi 15 juillet 2008 (13:01)


L’affaire du siècle Embrun / Lundi 14 juillet 2008 (15:29)

Cascade de Vens / Mardi 15 juillet 2008 (12:30)


Saint-Etienne de TinĂŠe / Mardi 15 juillet 2008 (14:16)


Saint-Etienne de TinĂŠe / Mardi 15 juillet 2008 (14:12)

Saint-Sauveur sur TinĂŠe / Mardi 15 juillet 2008 (16:26)


Une discrète devanture Saint-Sauveur sur TinÊe / Mardi 15 juillet 2008 (16:19)


L’intrusion de Saint-Sébastien Les vacances 2008 ont été, en ce qui me concerne, marquées par les fresques murales des chapelles de la vallée de la Tinée et par le style délicat de Francesco Brea. Pour les premières, la merveille des merveilles se trouve à Roubion, du moins est-ce l’œuvre la plus naïve et émouvante dans sa réalisation. Puis, à 12 km à l’est, Roure avec son église Saint-Laurent et sa chapelle Saint-Sébastien. Enfin, à 35 km au sud, La Tour sur Tinée et son écrin : la chapelle des Pénitents blancs. Ces découvertes confirment mon attrait pour les danses macabres, cavalcades des vices et vertus, et les chapelles de Saint-Sébastien avec, en guise de fil rouge, la peste et la mort au Moyen-Âge. Roure veille sur les vallées de la Vionène et de la Tinée à 1.130 mètres d’altitude. L’accès au vieux village se fait par une petite route sinueuse creusée dans la roche rouge. Il fut longtemps un village isolé puisque cette route ne fut réalisée qu’après la seconde guerre mondiale. Les demeures aux toits de lauzes des XVIIe et XVIIIe siècles se mélangent aux granges de schiste violet. Une des spécialités de la commune est le «brous», un fromage de vache à consommation essentiellement familiale ou régal des chasseurs : il ne se déguste qu’en groupe afin de ne pas incommoder les voisins (dit-on). Tous les ans en novembre se déroule la fête des châtaignes et du «brous», ce qui n’est pas sans rappeler la Corse, à l’instar des petites ruelles tortueuses et de l’organisation très collective de la communauté.

Chapelle Saint-Bernard et Saint-Sébastien En amont du village, la chapelle à nef unique dite de «Saint-Bernard et Saint-Sébastien» ressemble à une bergerie de montagne affublée d’un grand auvent. Elle a été érigée pour conjurer le retour de la peste à la fin du XVe siècle. Il faut aller chercher la clé au restaurant du village. Passé le porche, on découvre un superbe ensemble de fresques murales très bien conservées. Elles sont attribuées à Andrea de Cella (1510). Les murs et la voûte de la chapelle comportent douze panneaux peints dont six concernent Saint-Bernard de Menthon (patron de la Montagne protégeant les voyageurs en dégageant les chemins, d’où le nom donné par la suite au chien de secours) et les six autres, Saint Sébastien, intercesseur contre la peste. La connexion du martyre par «sagittation» avec la peste n’est pas due au hasard. Dans la mythologie gréco-romaine, Apollon, le dieu-archer, est protecteur de la peste et l’image de Sébastien fut le moyen de christianiser cette tradition. Cette dévotion tient aussi d’un miracle qui se serait produit à Pavie au Ve siècle. La ville était alors ravagée par une violente épidémie de peste, qui cessa dès qu’on eut érigé un autel à la gloire du saint dans l’église de Saint-Pierre-aux-Liens. Rome fut sauvée d’une épidémie de peste dévastatrice vers 680, à nouveau dit-on grâce à l’intercession du saint. Roure / Mardi 15 juillet 2008 (17:34 > 18:45)

Le grand guetteur Roure est un village haut perché, un véritable nid d’aigle dominant la Tinée. À la place du donjon de l’ancien château détruit en 1621, s’élève la sculpture aérienne de Nicolas Lavarenne intitulée «Le Grand Guetteur». Elle renvoie au Moyen-Âge et à la fonction de défense de ces villages surplombant les vallées. Saint-Sauveur sur Tinée / Mardi 15 juillet 2008 (16:21)

Roure / Mardi 15 juillet 2008 (17:59)


Saint-Bernard chasse le démon Sur le mur oriental de la chapelle, Saint-Bernard a fort à faire avec diables et démons, ce qu’il fait sans que son visage ne trahisse jamais l’inquiétude ou l’agacement. Les créatures fuient comme de vulgaires mouches, d’autres, griffues, sont enchaînées, l’anus crachant le feu et la diarrhée. En face, côté ouest, sous les panneaux réservés à Saint-Sébastien se déroule une scène édifiante. La «fresque des vices» illustre les conséquences du péché de chair commis en 1427 par le curé du village et l’une de ses paroissiennes, Delphine Bovis. La voilà nue, à quatre pattes, chevauchée par un lubrique diable noir qui ébouriffe ses cheveux roux et lui palpe les seins. Un diable brun lui met la main à la croupe et empoignant son sexe, se prépare à la pénétrer. Enfin, un diable vert accompagne le son d’une trompe géante en battant la cadence sur son tambour. Devant le groupe, voici l’homme d’église à genoux ; un autre diable à la langue pendue caresse le crâne du religieux. Toute cette procession se dirige droit vers la monstrueuse gueule béante et enflammée de l’enfer ! L’humidité ascensionnelle menace cette étonnante séquence, peinte au ras du sol. Roure / Mardi 15 juillet 2008 (18:32)


Les retables des Brea L’église Saint-Laurent a été construite à la fin du XVIIe siècle en style classique piémontais ; son clocher est roman. Elle possède une belle façade italienne «à niches» portant l’inscription «Sancte Laurenti Intercede Pro Nobis». Saint-Laurent abrite plusieurs retables de toute beauté dont celui de Saint-Laurent, mais surtout celui de l’Assomption de la Vierge attribué à Francesco Brea et daté de 1560. Francesco Brea (vers 1495 - † vers 1562) est membre d’une famille d’artistes d’origine italienne, établie à Nice dès le début du XVe siècle. Devenu «peintre niçois», «François» est le neveu de Ludovico Brea et de Pietro Brea, spécialistes des retables. Il se dégage une profonde tendresse des visages apaisés représentés par Francesco Brea. Roure / Mardi 15 juillet 2008 (17:48)


La falaise rouge de Roubion La sinueuse D30 grimpe dans une gorge de schiste rouge. Soudain, Roubion surgit, accroché à la falaise. Fondé 800 ans avant Jésus-Christ par les Celto-Ligures, Roubion est aujourd’hui un village médiéval avec ses ruelles escarpées, ses vieux passages voûtés et sa superbe «fontaine du mouton» datant du XVIIe siècle. Sur les anciens remparts du XIIe siècle dont il ne reste que deux tours rondes, on a installé deux bancs pour permettre d’admirer une vue à couper le souffle sur le village et les montagnes environnantes. Fief des Thorame-Glandèves, Roubion passe aux mains des Grimaldi de Beuil à la suite du mariage d’Astrugue de Beuil avec Andaron Grimaldi en 1315. Pendant 3 siècles, Roubion reste sous l’autorité de cette puissante famille qui fortifie le village. En 1621, Annibal de Beuil est condamné à mort pour haute trahison et félonie, puis exécuté. Tous ses châteaux sont rasés, y compris celui de Roubion, qui est inféodé aux Badat, puis aux Caissotti en 1684. Roubion / Mercredi 16 juillet 2008 (10:54)


Fontaine du mouton Roubion / Mercredi 16 juillet 2008 (10:44)


Chapelle Saint-Sébastien Au pied du village de Roubion, au lieu-dit du «Collet de la Font», en contrebas d’un lacet routier, se dresse une modeste chapelle offerte par un donateur pour protéger les villageois de la peste : Erige Lubonis, prieur de Roubion, a la volonté et «le désir de laisser un souvenir salutaire par le moyen d’une pieuse dévotion». L’acte notarié est daté du 12 avril 1513. Sur le mur nord, on devine encore un Saint-Michel aux ailes carmin terrassant le dragon. Martine fait tourner la lourde clé dans la serrure et, chassant les ombres furtives, la lumière éclabousse la petite nef soudainement réveillée et dont les peintures bariolées se mettent à revivre comme si nous venions de pénétrer dans une tombe restée inviolée de la vallée des rois. A l’intérieur, douze scènes peintes sur la voûte et les cotés reprennent le cycle de la vie de SaintSébastien. Elles sont légendées en ancien provençal et en caractères gothiques.

Erige Lubonis A gauche des Vertus, le donateur s’est fait représenter. Ce prêtre agenouillé est Erige Lubonis, qui desservit la chapelle de 1513 à 1518. Roubion / Mercredi 16 juillet 2008 (11:38)

Commençons par le chevet qui, au registre supérieur, présente une crucifixion où le Christ est encadré par la Vierge, Saint-Jean le Baptiste et Marie-Madeleine. Cette scène domine trois compartiments. Au centre, la Sagittation de Saint-Sébastien. Deux archers enturbannés au service de l’Empereur Dioclétien le criblent de flèches à bout portant. A gauche, une Piéta qui a de particulier que Marie joint les mains en prière et ne tient absolument pas son fils (dont une tache sombre au niveau de la bouche semble signifier que c’est à cet instant et non sur la croix qu’il rend son dernier souffle et son âme au Père !). Enfin, à droite, Saint-Antoine abbé, muni de sa crosse, lit les écritures. Des pilastres renaissance ornés d’arabesques délimitent les panneaux.


Sébastien naît en Gaule et s’engage dans l’armée romaine en 283 dans l’unique intention d’affermir le cœur des chrétiens qu’il voyait faiblir dans les tourments. Il est nommé capitaine de la garde de Dioclétien. L’empereur apprend qu’il est chrétien et le livre à ses archers qui le percent de flèches. Sébastien est laissé pour mort. Cependant une chrétienne, Irène, le recueille et le guérit. Il se présente alors devant l’empereur pour lui reprocher son comportement vis à vis des chrétiens. Dioclétien le fait tuer à coups de bâtons.

Dans la succession de tableaux dont voici une sélection : l’ange apparaît à Sébastien, Sébastien est armé chevalier (il reçoit un éperon), le Saint prêchant (notez les icônes diaboliques qui défaillent et vacillent sur leurs piédestaux), Saint-Sébastien est arrêté avant d’être flagellé. Puis, après présentation devant Dioclétien, Sébastien est «sagitté». Dieu lui ayant rendu la vie pour défendre la cause des chrétiens auprès de l’Empereur, il est à nouveau tué par bastonnade (un ange s’empare aussitôt de son âme). Pour éviter qu’il ne soit honoré comme martyr, le corps de Sébastien est jeté au cloaque, d’où il est retiré plus tard par Sainte-Lucine et quelques chrétiens, puis enseveli auprès des apôtres.


Vices & Vertus à Roubion Si les Vices sont aisément identifiables dans leur cavalcade vers la gueule de l’Enfer, il faut reconnaître qu’il n’en va pas de même pour les Vertus, lesquelles voient leurs appellations fluctuer. Par ailleurs, l’ordre varie et la correspondance entre Vices et Vertus n’est pas toujours garantie. La Mort bat la cadence sur son tambour. La musique, comme la danse, est fréquemment associée aux vices qu’elle favorise. Un des pieds du squelette est déjà engagé dans la gueule de l’Enfer. Tirant sur le bout de la chaîne, un Diable cornu dirige la sarabande vers son funeste destin. Les Vices sont invariables. Souvent, l’Orgueil ouvre le cortège que ferme la Paresse. L’ordre des 5 autres n’est pas fixe. Les véhicules peuvent changer également (retournez comparer avec Plampinet !). Si l’orgueil est royal, il monte le roi des animaux. Celui qui peine à suivre la farandole, c’est l’âne. N’oublions pas que ces images simples s’adressent à des paysans qui connaissent bien les qualités respectives des animaux. Il reconnaîtra sans erreur l’avidité de son chien, la gloutonnerie de ses porcs ou la libido de ses chèvres.

Derrière le prêtre commanditaire, les vertus sont représentées par des jeunes vierges, selon une tradition qui remonte aux premiers temps de l’ère chrétienne. La foi est souvent omise dans les représentations de nos simples chapelles car elle est une évidence et n’a pas besoin d’être prêchée, tout comme l’espérance. Par contre, il est toujours nécessaire d’inciter à la diligence, la charité, la tempérance, la patience, la chasteté, la largesse et l’humilité… Et comme dit précédemment, le vocabulaire étant extensible, risquons un rapprochement entre Vices et Vertus : Orgueil > < Humilité Avarice > < Charité, Générosité, Don, Pardon Luxure > < Chasteté Colère > < Patience Gourmandise, Gloutonnerie > < Tempérance, Patience Envie, Ignorance > < Connaissance Paresse, Acédie > < Diligence, Allégresse, Joie


Orgueil

Avarice

Luxure

Colère

Gourmandise

Envie

Paresse


Barbus de luxe à Vignols Sur les hauteurs de Roubion, face à l’église, la montagne a été percée et s’ouvre sur une piste large de 5 m et longue de 9 km, taillée dans les abrupts versants boisés des gorges de la Vionène. Là, la roche est rouge comme le sang caillé. L’état de la piste est digne du Paris-Dakar, au point qu’il faut plus de 20 minutes pour en venir à bout, en priant que nul ne vienne dans l’autre sens ! L’ambiance pastorale du hameau, entouré de larges pelouses alpines dominées par le Mont Mounier (2.817 m) contraste avec l’itinéraire d’accès si ardu. Ici, règnent le calme et la sérénité. On se croirait dans un désert. A Roubion, on nous a dit que le village a été acheté en entier par de riches Monégasques qui viennent à la belle saison jouer aux écolos avec leurs micro-potagers ! Après leurs maisons de bois et de pierre, ils ont entrepris de restaurer la chapelle en la dotant d’un mobilier d’époque. Aucun câble électrique n’arrive à Vignols. La pollution lumineuse est nulle la nuit. Surplombant les maisons surhaussées, d’énormes «balmes» (ou grottes) trouent le pied des falaises de cargneule, offrant aux troupeaux d’ovins un abri original pendant les heures chaudes de la journée ou en cas de pluie. En 1993, le site de Vignols a été choisi par le Parc National du Mercantour comme lieu de réintroduction du gypaète barbu (une des rares espèces de vautours européens). Plusieurs lâchers de jeunes oisillons y ont été effectués depuis avec succès. Vignols / Mercredi 16 juillet 2008 (12:50 > 14:35)


Villages perchés comme au Tibet Blotties les unes contre les autres, les maisons séculaires du haut village de Touët, aux assises de pierres grises et aux toits ocres de tuiles romaines, lancent un défi au temps qui passe. Le nom étrange de ce village médiéval découle du mot ligure «teba» (rocher). Entre le XIII e et le XVII e siècles, le village subit successivement la servitude des Templiers installés dans le village voisin de Rigaud où ils jouent le rôle de seigneurs, les intempéries et les ravages provoqués par la peste noire. Devenu français en 1793, Touët repasse sous la domination sarde en 1814 et vote enfin à l’unanimité pour l’annexion à la France en 1860. L’église paroissiale Saint-Martin a été bâtie au XVII e siècle sur une arche jetée au-dessus du torrent qui naît de la cascade tombant de la falaise. En soulevant une dalle du chœur, on peut voir le ruisseau dévaler sous l’église. Touët sur Var / Jeudi 17 juillet 2008 (11:02)


Le retour des Brea et l’arrivée de Ronzen

J’ai conservé peu de souvenirs de Villars sur Var, hormis les retables de l’église Saint-Jean-Baptiste (et des dorades grillées que nous mangerons le soir du 17 juillet à la surréaliste et kitschissime Taverne Villaroise tenue par Roger «le Pin’s», ami autoproclamé des anciennes gloires de la côte, d’où toutes ces photos des vedettes de la chanson et de l’écran figées dans leur insolente jeunesse et qui nous regardent béqueter !). L’église date du début du XVIe siècle. Elle est édifiée en style gothique flamboyant «baroquisé» au XVIIIe siècle. Son clocher reconstruit en 1766 en style roman provençal porte sur chaque face de sa pyramide 12 pierres en saillie de signification mystérieuse (fait unique dans le département des Alpes-Maritimes).

Le grand retable du maître-autel (XVIIe s.) a été commandé par le Seigneur Honoré de Grimaldi, baron de Beuil, pour la chapelle du château. Il est attribué à l’Ecole de Brea. Au sommet, trois superbes peintures hélas un peu cachées dans la courbure inférieure du fronton : adoration des Mages (l’Etoile brille au-dessus de l’auréole de la Vierge), couronnement de la Vierge par la Trinité et fuite en Egypte (à la ceinture de Joseph, un poignard est attaché à côté d’une petite bourse). La partie centrale se focalise sur une belle mise au tombeau. A gauche, le bourreau tient tenaille et clous. Viennent ensuite Saint Jean et Joseph d’Arimathie. Dans le coin droit, les saintes femmes en prière (Marie, Madeleine et Véronique). Un très beau marteau et un clou sont posés près de Jésus. De part et d’autre de ce tableau on trouve Saint Antoine de Padoue et Saint Roch. Sous ces derniers, deux cartouches présentent les armes de Villars. Enfin, au registre inférieur, Saint François d’Assise percé des stigmates et Sainte Claire d’Assise guérissant l’ophtalmie, Sainte Lucie de Bologne (sacrifiant ses yeux à sa foi pour écarter son fiancé concupiscent) et Saint Honorat de Lérins encadrant une Vierge dorée du XVIIe siècle. Villars sur Vars / Jeudi 17 juillet 2008 (12:00 > 21:00 pour le restaurant)


Le retable de l’Annonciation (± 1515) est typique de l’école niçoise. Il est surmonté par 3 tableautins. Le premier représente la Nativité dans le style occidental (la vierge est assise et non allongée ; à noter le phylactère de l’ange au-dessus de l’étable), la descente de la croix (Nostra Dona De Pietat) et la Fuite en Egypte (Joseph a emporté ses outils et un ange veille dans le dattier).

Villars sur Vars / Jeudi 17 juillet 2008 (12:09 > 12:21)


Balèze la falaise Une route étroite et sinueuse, vertigineuse par endroits, conduit au petit pont romain surplombant les gorges encaissées de la Roudoule. Plus loin, nous franchissons le pont suspendu à 65 m du sol (Pont de Saint-Léger, 1889), proche du pont muletier (1842). Au détour d’un virage, nous arrivons enfin au joli village de La Croix sur Roudoule perché sur un éperon rocheux. La Croix sur Roudoule / Vendredi 18 juillet 2008 (11:10 > 12:31)


Sur les traces des Hospitaliers Descendant de Clovis, Childebert II réunit à sa couronne la région actuelle des Alpes-Maritimes. Mais les Lombards détruisent complètement Cimiez, Nice, Vence et Glandèves. Pour leur échapper, les habitants se replient dans les montagnes (± 580). Ceux de Glandèves fondent ce qui deviendra La Croix sur Roudoule. La Croix sur Roudoule devient plus tard une Commanderie des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem). En 1137, les Templiers édifient au sommet du village un château fort dont la tour maîtresse est surmontée d’une immense croix que l’on peut voir des lieues à la ronde (il ne reste plus de cet ouvrage que de rares vestiges de l’enceinte et le nom du village). Partagé avec une succession de seigneurs au cours du XVIe siècle, le village revient au Royaume de Sardaigne en 1760. Affaibli par une importante famine en 1812, il connaît ensuite une période de grande prospérité : des mines de cuivre sont exploitées qui produisent 70 % du cuivre français. Mais, la fermeture des mines devenues non rentables en 1886 entraîne la dépopulation du village (de 500 habitants à moins de 100). La cité garde de son passé médiéval quelques morceaux de remparts et une porte fortifiée (début du XVe s), de hautes maisons de vieilles pierres jaunes ou ivoire, des passages couverts à plafonds en poutres de bois, en plus de jardinets coquets et de petites fontaines.

Flanquée de ses deux tours carrées, la maison seigneuriale signale l’entrée du village. Elle date du XVIIe siècle, mais a été remaniée au XIXe. Elle était en vente lors de notre passage… La Croix sur Roudoule / Vendredi 18 juillet 2008 (12:01 > 12:19)


Le dragon de Saint-Michel De style romano-gothique, l’église Saint Michel est la gardienne de très beaux retables datant du XVIIe siècle. Le corps principal de l’édifice date de l’époque des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem qui l’ont bâtie au XIe siècle. Au XVIe siècle, l’édifice est agrandi et surélevé d’un étage, lequel sert, en 1791, au stockage du blé du mont-de-piété. Dans le chœur, trois panneaux peints (milieu du XVIe) représentant Saint Jean Baptiste, Saint Michel et Sainte Catherine d’Alexandrie témoignent de l’influence des Bréa. La Croix sur Roudoule / Vendredi 18 juillet 2008 (11:28)


Ceci n’est pas la vraie Croix de Roudoule Croix au sommet du village sur une stèle de grés datée de 1867. La face sud-ouest porte dans sa structure une tête couronnée, probablement celle du Christ-Roi. Mais ce qui fait l’originalité du monument est le petit «masque effrayant» sculpté sur la face nord-est. Si vous n’apercevez pas tout cela, ce n’est pas grave, contentez-vous de la souriante Martine, dont on ne sait si elle se tient ou retient l’objet. La Croix sur Roudoule / Vendredi 18 juillet 2008 (11:10 > 12:31)


Pastis La région PACA ne serait pas la même sans le pastis. A La Croix sur Roudoule, il y a 86 habitants et manifestement pas mal d’alcooliques. L’ancienne Place de l’Opéra a été débaptisée au profit de Place de l’Apéro. Non loin de là, à Thiéry, un autre aime boire seul, ce qui le rend méchant… La Croix sur Roudoule / Vendredi 18 juillet 2008 (11:24 > 11:59) Thiéry / Jeudi 17 juillet 2008 (15:39)


Thiéry assommé à l’heure de la sieste Autrefois, les paysans éclairaient leur maison à l’aide de torches de bois résineux appelés «lumés», lesquels occasionnaient de fortes et épaisses fumées grasses. Celles-ci enfumaient l’intérieur des maisons et, par la même occasion, les habitants. Ceci explique la noirceur des murs et l’appellation «village des Tubans» qui signifie «village des Enfumés». Longtemps, le village de Thiéry a été le grenier à blé du canton. Un dicton énonce : impossible de trouver Thiéry sans grains et Villars sans vin ! Thiéry / Jeudi 17 juillet 2008 (13:17 > 15:37)


La Tour sur Tinée / Jeudi 17 juillet 2008 (17:16)

Attention, Merveille ! Avec Roure, Roubion et Plampinet, La Tour sur Tinée est l’un des plus beaux villages que nous avons rencontrés sur notre chemin en 2008. C’est pour découvrir -au hasard ou presque- de tels endroits magiques que nous zigzaguons sur les routes de France, en long et en large, depuis si longtemps ! Bâtie sur une crête dominant vertigineusement la vallée de la Tinée, entourée de pics et de collines boisées alternant sapins, cyprès et tilleuls, La Tour offre une vue panoramique sur une superbe nature ! Et puis il y a cette «Grand’Place» pavée où de splendides maisons colorées entourent une fontaine octogonale. Il s’agit de plusieurs demeures médiévales aux arcades gothiques, la plupart aux façades en trompe l’oeil parfaitement restaurées, dans des couleurs à l’italienne, jaunes, roses, rouges, bleus pâles, que l’on doit au pinceau talentueux du grand fresquiste Guy Ceppa. La Tour sur Tinée / Jeudi 17 juillet 2008 (17:56)


Chapelle des Pénitents Blancs La Tour sur Tinée / Jeudi 17 juillet 2008 (17:53)

Sous les canisses du Bistrot des Panissiers, nous avons bu une bière fraîche en écoutant du Brassens. Il était plus de 17 heures et nous étions bien tristes d’être arrivés trop tard pour visiter la Chapelle des Pénitents Blancs. Nous nous sommes adressés à une dame qui discutait sur un banc avec ses copines pour lui demander les heures d’ouverture du lieu. Elle a souri et a dit qu’en tant qu’adjointe au Maire, elle disposait de la clé. Elle ne se fit pas prier pour nous conduire, tongues aux pieds, à la belle chapelle au bout du village. La visite très privée et agrémentée d’intéressantes discussions sur les peintures murales allait durer près de trois quarts d’heure. La Chapelle Sainte-Croix est située à l’extrémité du village. On la connait davantage sous le nom de Chapelle de la Confrérie des Pénitents blancs. Elle fut bâtie en 1475 et ornée de splendides peintures murales en 1491, œuvre de deux peintres niçois, Curraud Brevesi et Guirard Nadal. Ces Pénitents étaient une association de villageois s’étant engagés ensemble au service de la population. En y entrant, ils se liaient, comme le Christ, à l’humanité souffrante pour son salut et sa rédemption. La Tour sur Tinée / Jeudi 17 juillet 2008 (17:57)


Comme à Guillestre La plaque de serrure de la chapelle représente deux pénitents blancs en aube et cagoule, agenouillés face à face pour présenter la Sainte Croix. Dommage d’avoir fait un second trou dedans ! La Tour sur Tinée / Jeudi 17 juillet 2008 (18:13)

Chapelle des Pénitents Blancs La Tour sur Tinée / Jeudi 17 juillet 2008 (18:12)


Le triptyque des titulaires A gauche, Saint Bernard de Menthon (± 1081), protecteur des voyageurs à travers les Alpes, porte une croix de Lorraine et tient en laisse le Démon des Alpes à l’aide d’une corde de paille tressée.

A droite, Sainte Brigitte de Suède (1302-1373) tient ouvert le livre de ses Révélations Célestes et foule du pied un dragon.


L’Enfant Jésus au moulinet Etrangement tenu d’une main, le Jésus bien en chair dont le détail de l’auréole forme des oreilles de Mickey, joue avec un moulinet. La Tour sur Tinée Jeudi 17 juillet 2008 (17:33)

Le Christ de l’Apocalypse Le fond de la chapelle propose à son sommet et sur ses côtés le Jugement dernier et, dans sa partie centrale, le triptyque des titulaires. D’abord, voici le Christ de l’Apocalypse (ou du Jugement dernier), drapé dans son manteau rouge, trônant sur un double arc-en-ciel et montrant ses stigmates. De sa bouche sort le glaive de la justice. Il est encadré de sa mère sur sa droite et de Jean-Baptiste sur sa gauche, tous deux agenouillés et priant pour intercéder. Le Seigneur proclame à ceux qui sont à sa droite : «Venez, les Bénis de mon Père ! Prenez possession du Royaume qui est préparé pour vous depuis la création du monde !». A ceux qui sont à sa gauche, il annonce : «Retirez-vous loin de moi, Maudits ! Allez brûler au feu éternel qui a été préparé pour le Démon et pour ses Anges !». L’arc-en-ciel sur lequel le Christ du Jugement dernier est assis et la Voie Lactée étaient considérés comme des ponts entre les différents niveaux de l’existence. C’est le passage vers une vie nouvelle, l’entrée dans un espace fondamental, comme une porte. Cette fonction particulière exige, pour avoir une valeur concrète, que les rituels spécifiques soient accomplis. Le pont met le chrétien sur une voie étroite où il se trouve face à une inéluctable obligation de choix. Or ce choix, sans qu’il puisse s’en assurer à l’avance, va le damner ou lui ouvrir le ciel. La Tour sur Tinée / Jeudi 17 juillet 2008 (17:29>17:33)


Le jugement dernier De partout, les tombes s’ouvrent et les défunts abandonnent leur linceul pour affronter, nus, le jugement dernier. Sur le panneau gauche, l’Ange immaculé doté d’ailes d’hirondelle conduit les Elus vers l’escalier qui les mène au Paradis. Ceux-ci sont nus car ils sont innocents et sanctifiés. Ils se tiennent par la main, signe de leur solidarité et de leur destin commun. De stature imposante, Saint-Pierre les protège de sa main gauche, tandis qu’il utilise sa clé donnant accès à la Jérusalem Céleste. Le panneau droit est dédié aux tourments des Damnés. Les morts sont réveillés sans ménagement et extraits de force de leur tombe par un dragon ailé. Un démon cornu les emmène par lots dans sa hotte. A son bâton, un pécheur qui semble coiffé d’une mitre a été embroché. Tout le coin droit est occupé par le Léviathan, gueule béante de l’Enfer d’où sortent des flammes qui viennent lécher les chairs écorchées et sanguinolentes des Damnés fouettés. Soumises à quatre pattes, les femmes sont chevauchées par des diables. La Tour sur Tinée / Jeudi 17 juillet 2008 (17:29)


La Mandorle du Christ en Gloire Le Christ en gloire est un sujet particulier de l’iconographie chrétienne. Il est la représentation eschatologique du Christ dans son corps de gloire nimbé de lumière (lors de la seconde parousie à la fin des temps après le jugement dernier ou «Christ du jugement»). Ce thème du Christ glorieux au-delà du monde matériel s’oppose aux autres scènes de la vie terrestre de Jésus (adoration, passion, crucifixion, pietà, mise au tombeau…) par un traitement non réaliste d’une figure hiératique codifiée, rejoignant les représentations de l’Ascension ou de la Transfiguration. Le Christ est représenté de face, barbu, cheveux longs, traits figés, entouré d’un nimbe souvent dans un cercle ou une mandorle (amande ovale), seul ou entouré de différents motifs. Le Christ en gloire a une attitude d’embrassement du monde ou d’enseignement plutôt qu’un geste de bénédiction : il accueille et montre le chemin de la vie éternelle. Habillé en Roi, il est représenté en maître du monde, dans l’éternité, tenant un globe terrestre surmonté de la croix dans sa main gauche. La figure reprend aussi le geste de l’orateur qui a l’autorité et enseigne (et que l’Occident interprétera fréquemment à tort comme un geste de bénédiction). Dans ce cas particulier, ce dernier peut surprendre car il n’est pas constitué de l’index et du majeur levés. On dirait davantage un signe de mesure du style : «Tu n’es plus qu’à ça (deux doigts) de l’Illumination».

La mandorle est souvent bordée de figures marquantes de la croyance chrétienne comme les évangélistes, les apôtres ou la Vierge et de symboles comme l’agneau. Cette fois, le Christ est entouré par les 4 évangélistes figurés par leurs animaux-symboles (le tétramorphe). Le tétramorphe (ou encore les «quatre êtres vivants») représente les quatre animaux ailés tirant le char de la vision d’Ezéchiel. L’origine de cette iconographie remonte à la nuit des temps. On la retrouve dans diverses civilisations de l’Antiquité avant de figurer dans la Bible. Les Pères de l’Église en ont fait l’emblème des quatre Évangélistes : le lion ailé pour Marc, le taureau ailé pour Luc, l’homme ailé (et non l’ange) pour Matthieu et l’aigle pour Jean. L’évangile de Matthieu débute en effet par la généalogie humaine de Jésus. Dans les premières lignes de l’évangile de Marc, Jean-Baptiste crie dans le désert (comme le lion). Aux premiers versets de son évangile, Luc fait allusion à Zacharie qui offre un sacrifice à Dieu, or dans le bestiaire traditionnel, le bœuf est signe de sacrifice. Enfin, l’aigle est Jean car son évangile commence par le mystère céleste. La Tour sur Tinée / Jeudi 17 juillet 2008 (17:41)


Le Cycle de la Passion

La Tour sur Tinée / Jeudi 17 juillet 200817:37>17:40)

Entrée à Jérusalem

La dernière Cène

La Flagellation

L’entrée à Jérusalem est un prélude joyeux et glorieux aux douloureuses humiliations que connaîtra Jésus. En signe d’humilité, le Christ pénètre dans la ville monté sur un âne. Les habitants l’accueillent avec enthousiasme, étendant leurs vêtement sur son chemin. Ils devaient être bien pauvres car les riches tiennent trop à leurs affaires pour les offrir ainsi aux sabots d’un âne. Le peuple chante en répandant des branchages et des rameaux : les palmes expriment la victoire et l’olivier exprime la paix.

«En vérité, je vous le dis : l’un de vous me livrera.» La veille de sa Passion, Jésus prend son dernier repas avec ses douze apôtres, ce qui sera funeste au chiffre 13 jusqu’à la fin des temps. Il s’agit du repas principal, celui du soir, appelé du nom latin «cène». Jean l’Evangéliste s’est assoupi dans les bras de son ami. Le Christ identifie son corps au pain et son sang au vin, symboles de la nouvelle alliance entre Dieu et les hommes jusqu’à la fin des temps. Sur la table on trouve du pain, du vin et un agneau grillé, qui rappelle qu’il s’agit du repas de la Pâque juive (d’où aussi les 3 coupes que l’on buvait à cette occasion). Quant au poisson qu’a saisi Judas, il est le symbole antique du Christ car les lettres du mot grec IXTUS («poisson») sont les initiales de la phrase «Jésus Christ Fils de Dieu Sauveur» en grec. Certains y voient un symbole du malin… La trahison de Judas est révélée par sa main droite saisissant la coupe de Jésus, symboliquement proche du couteau.

Ponce Pilate fut préfet de la province romaine de Judée de 26 à 36. Il est né à Lyon en 10 avant notre ère et, converti, mourut en martyr (ou se serait suicidé) en exil à Vienne (Gaule) en 39. Représenté ici assistant à la flagellation de Jésus, Pilate (qui était le seul à posséder le «droit de glaive») aura tenté beaucoup de choses pour lui éviter sa condamnation à mort (Barrabas…). Luc présente d’ailleurs la flagellation comme une proposition de compromis de la part du Romain en remplacement de la mise à mort : «Je vais donc, dit Pilate, lui infliger un châtiment puis le relâcher». Jean n’est pas précis : «Alors Pilate emmena Jésus et le fit fouetter». Chez Matthieu et Marc, la flagellation n’est pas présentée comme un châtiment alternatif, mais bien comme la conséquence de la décision de mise à mort. Dans cette optique, la flagellation est la première étape du supplice de la crucifixion.

Le Cycle de la Passion se décline en quatre séries de cinq pans qui pourraient s’inspirer de Giotto. Sur fond d’ocres, de schiste et de garance (une plante tinctoriale cultivée dans la région de Toulouse) les diverses scènes relèvent d’un art populaire traditionnel.


La Couronne d’Epines

Pourquoi m’as-tu abandonné ?

Jésus sort en vainqueur du tombeau

Deux hommes enfoncent la couronne d’épines à l’aide de deux bâtons croisés, mais sans abîmer l’auréole. Un troisième lui tend un sceptre de pacotille, le couvrant d’un flot de crachats. Ce sont les soldats romains qui tressèrent et placèrent cette couronne sur la tête du «Roi des Juifs», se moquant de son Royaume «virtuel». Une autre explication serait que, en ancienne Égypte, les jeunes filles vierges portaient de telles couronnes qui témoignaient de leur virginité. Cette pratique antique peut peut-être éclairer le texte évangélique, suggérant que les soldats romains se moquèrent du Christ en raison de la virginité qu’il prétendait toujours détenir et qui pouvait nuire à son image de virilité.

La crucifixion était un supplice romain réservé aux esclaves, voleurs et bandits de grand chemin (les Juifs lapidaient). Sur le mont chauve (Golgotha), entre deux larrons qui l’injurient parce que son Père ne les délivrent pas, Jésus a un instant de doute. Un nuage lui cache la face de son Père. Le ciel est sombre ; la terre, sèche et morne. Il ne voit plus que l’ingratitude des hommes et se repent peut-être de souffrir pour une race vile. Il s’émeut : «Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?». Mais son instinct divin l’emporte encore. A mesure que la vie du corps s’éteint, son âme se rassérène et revient peu à peu à sa céleste origine : il voit dans sa mort le salut du monde. Assis au pied de la croix, les exécuteurs, auxquels on abandonnait d’ordinaire les menues dépouilles (pannicularia) des suppliciés, jouent ses vêtements aux dés. Selon une tradition, Jésus aurait prononcé : «Père, pardonne-leur ; ils ne savent ce qu’ils font». Au bout de 3 heures, il meurt en criant : «Tout est consommé !».

Trois jours après la mort de Jésus, Marie (sa mère), Marie Madeleine, Marie (mère de Jacques) et Marie Salomé viennent avec parfums et aromates pour préparer le corps à l’embaumement. La pierre qui sert d’opercule a été bougée et elles trouvent un tombeau vide. Un personnage vêtu en blanc leur dit : «Ne craignez point. Je sais bien que vous cherchez Jésus le crucifié. Il n’est plus ici, car il est ressuscité ainsi qu’il l’avait dit. Venez voir le lieu où il gisait et courrez dire à ses disciples qu’il est ressuscité d’entre les morts». Le mot résurrection signifie se lever une nouvelle fois. «Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts ?» Endormis, soudoyés ? Les soldats gardant la tombe n’ont rien vu ni entendu. Les disciples ont-ils récupéré le corps ? Possible… La polémique fait toujours rage. Dans la représentation de La Tour sur Tinée, Jésus se dresse, le drapeau vainqueur à la main, parmi les soldats endormis.


Avarice

Luxure

Colère


Envie

Gourmandise

Paresse

La Cavalcade des Vices

Suivant traditionnellement un démon et ouvrant la cavalcade, l’orgueil («Superbia») manque ici. Il cède la place à l’avarice, partiellement dégradé, où le pécheur se voit décoiffé par un diablotin malicieux. Viennent ensuite la luxure (dans une attitude que nous lui connaissons bien désormais), la colère (portant massue et se poignardant), l’envie (où l’homme est dominé par le singe), la gourmandise sur dos de cochon, buvant vin au cruchon et portant des pièces de viandes à même la broche, enfin la paresse, yeux clos et bras croisés, sur un âne indolent. La Tour sur Tinée / Jeudi 17 juillet 2008

(17:33)


La Ronde des Vertus L’Ange salue quelques unes des vertus à commencer par la première accourue : la diligence. Elle est ici suivie de la Clémence et de la Pitié. La Tour sur Tinée / Jeudi 17 juillet 2008

(17:35)


Au confluent du Var et de la Chalvagne, la fière cité médiévale d’Entrevaux


Imprenable Entrevaux Durant la Renaissance, la guerre oppose François I à Charles Quint qui convoite la Provence et s’empare d’Entrevaux en 1536 grâce à la trahison du Seigneur de la ville, Jacques de Glandevez. La moitié de la population est massacrée et la ville est incendiée. La cité se révolte cependant : le gouverneur espagnol est égorgé, puis la population et Jacques de Glandevez reprennent la ville, qui se donne alors au Roi de France. Reconnaissants, le Dauphin et le Roi déclarèrent Entrevaux ville royale du Royaume de France, dépendant directement du Roi et exemptée de toutes tailles, emprunts, services et devoirs (1541). er

Entrevaux / Jeudi 18 juillet 2008 (13:15 > 14:12)


Lac de Castillon Vendredi 18 juillet 2008 (15:20)

Notre Dame de Valvert (Vergons) Ancien prieuré de l’abbaye de Lérins, de très faible importance, puisque seuls un prieur et un moine y vivaient (deuxième moitié du XIIe siècle) Vendredi 18 juillet 2008 (15:20)


Une dernière fresque ? Les fondations romanes de la Cathédrale Notre Dame du Bourg datent du IXe siècle. Victime de nombreuses attaques et pillages, elle a été rénovée dès la fin du XIIe siècle, en style roman tardif, à une époque où le gothique florissait en Europe du Nord. Seule sa rosace coiffant le portail emprunte au gothique, sans rompre vraiment l’austère pureté de ses lignes. Ce sont en effet les travaux de la façade (portail et rosace) qui achevèrent les travaux de reconstruction. Notre Dame est consacrée en 1334. Notre-Dame-du-Bourg eut à souffrir de tous les dévastations des troupes protestantes (1562, 1568 et 1574) ou des Ligueurs (1591) et celles de la Révolution. Sans parler de l’incurie des hommes et des injures du temps. Néanmoins, malgré la mutilation de son clocher et la surélévation de ses murs gouttereaux (probablement au début du XVIIe siècle) qui altérèrent l’élégance de ses lignes architecturales, la cathédrale Notre-Dame-du-Bourg demeure l’une des réussites majeures de l’architecture romane des Alpes françaises. Une fois encore, ce sont les peintures de la fin du XVe siècle qui emportent l’enthousiasme. Au sud de la façade, un médaillon trilobé présente un apôtre portant une belle croix. Un autre médaillon figure Saint-Jean sur autre médaillon. Mais les plus belles peintures couvrent les murs latéraux. Sur le mur de droite, la fresque peut-être divisée en 4 cadrans. Ceux de gauche portent sur le Jugement dernier : en bas, les Damnés sont tourmentés aux Enfers. On notera que, parmi les pécheurs anonymes mijotant dans le chaudron de feu, se trouvent 3 personnages remarquables : le Roi (et sa couronne), l’Evêque (et sa mitre) et le Pape (et sa tiare) ! On y apercevrait également quelques Princes… Au centre, menés par Saint-Pierre et sa grande clé, les Elus sortent de leurs tombeaux et sont accueillis dans la Nouvelle Jérusalem dont les forts remparts sont synonymes de protection. Ils présentent leurs mains vierges de tout crime. Mais ils sont jugés par Jésus-Christ, assis au cœur de sa mandorle. Sur tout le pourtour des remparts, les Saints sonnent l’heure de la comparution dans leurs longues trompes. Les enfants, trépassés dans leur initial état d’innocence, évitent le jugement et sont accueillis directement, de façon différenciée (par le biais d’une grande échelle). Enfin, le cadran supérieur gauche illustre le Paradis… Digne les Bains / Vendredi 18 juillet 2008 (16:24>17:08)


Le lait et le sang Au centre de la Cité Céleste, plusieurs figures font office d’intercesseurs. Parmi celles-ci, la Vierge Marie a largement ouvert son corsage et présente, en réponse à son Fils qui produit ses plaies comme preuves de sa souffrance, ses seins symboles d’accueil et de réconfort. Elle montre aussi que son cœur saigne, signe de compassion. Marie rappelle à son Fils que lui aussi a bénéficié de l’amour des hommes. Pris au sein, le lait de femme était perçu comme guérisseur et revigorant, de nature à rendre la vie aux morts. L’allaité, qui était primitivement un enfant adopté, devient ici un souffrant restauré. Digne les Bains / Vendredi 18 juillet 2008 (16:39>16:54)


Vertus Vices et Supplices ! Les cadrans à droite de la fresque présentent, au registre supérieur, les Vertus et les Vices correspondants juste en dessous d’elles. Le registre inférieur est dévolu aux Supplices «raffinés» dont la mise en scène s’inspire parfois lourdement des Vices auxquels ils répondent. Orgueil > < Humilité Avarice > < Bienfaisance Luxure > < Chasteté Colère > < Patience Envie > < Charité Intempérance > < Tempérance Paresse > < Diligence.

L’ordre de préséance des Vices et Vertus est légèrement autre de celui de Roubion, même si l’orgueil mène toujours la danse et la paresse ferme le convoi. Leur nom est sensiblement différent également. Ainsi, par exemple, la Gourmandise cède-t-elle la place à l’Intempérance, la Charité s’oppose-t-elle ici à l’Envie (en remplacement de la Connaissance) et non plus à l’Avarice… L’humidité a dégradé la fresque entre le Christ et les Vices et Vertus, nous privant des deux premiers couples (Orgueil/Humilité et Avarice/bienfaisance). Du côté des Supplices (que l’on nomme également les Châtiments), un seul a disparu : celui qui punit la paresse. Digne les Bains / Vendredi 18 juillet 2008 (16:53)


La tour de Crest La toponymie de Crest vient de la position de l’ancienne cité, perchée sur l’extrémité d’une crête rocheuse. Les Seigneurs du lieu portaient ce nom (lequel se prononce «Cré»). Dès le X e siècle, pour se protéger des invasions barbares, burgondes, goths... les habitants cherchent à s’abriter derrière de puissantes enceintes. Se développe un bourg médiéval portant le nom du maître des lieux, Arnaud de Crest. La tour de Crest est le plus haut donjon de France (52 mètres). Elle est le seul vestige d’un imposant château qui fut détruit en 1632 par Richelieu sur ordre de Louis XIII, lequel revenait de la campagne de Piémont et trouvait cet édifice potentiellement dangereux. La massive tour fut épargnée et servit par la suite de prison d’état : y seront enfermés des libertins, des huguenots lors des guerres de religion (1685), des opposants au coup d’État de Louis Napoléon Bonaparte. Les galeries supérieures du donjon, défensives à l’origine, sont transformées en geôles : elles resteront en fonction jusqu’en 1873. Les murs sont couverts d’inscriptions de proscrits du Second Empire.

La fresque du mur d’en face Un saint se fait crucifier. Digne les Bains / Vendredi 18 juillet 2008

(16:39)

Crest / Samedi 19 juillet 2008

(11:16)


Tatouages de bistrot Sur la place de Crest, la serveuse du Café de Paris a un lierre tatoué qui lui grimpe l’échine, depuis reins jusqu’à la nuque. Le client boit une bière. Il aimerait arrêter le temps, le temps d’une Stella, mais n’y croit pas. Son tatouage porte en effet «Tempus Fugit». Crest / Samedi 19 juillet 2008 (13:19>13:23)


Triomphe de la pierre A lâ&#x20AC;&#x2122;ombre de la tour de Crest, mĂŞme les anciennes demeures prennent des airs de forteresse Crest / Samedi 19 juillet 2008

(12:41 et 10:48)


La Dame de la Tour Martine, SĹ&#x201C;ur Martine, ne vois-tu rien venir ? Crest / Samedi 19 juillet 2008 (11:54)


Banquet médiéval au château de Crest éternelles). On y offre des dragées et bonbons au miel et aux épices, ainsi que des vins facilitant la digestion. Les épices dont on parle ici sont le gingembre, la cannelle, le poivre, la girofle, la muscade, la cardamome et la graine de paradis ou maniguette. Elles viennent de loin, sont rares et chères, réservées aux Seigneurs et aux Princes.

TE

Genièvre

Lentille

Pois chiche Raisin vert

Poire Millet

Pourpier

Champignon Champignon vénéneux comestible

Citrouille Concombre Courge Abricot Citron

Cubèbe Cannelle Noix sèche Muscade Cumin Pignon Fenouil Menthe Carvi Cerfeuil Roquette Cresson de rivière Amande amère

Sorgho Orge Avoine Pois, Epeautre Fève sèche

Lapin Vesce

Eau Laitue Blette Epinard Fève fraîche

Froment Amande douce Safran Radis Canne à sucre

Sel

Lait frais Panais Haricot Datte

Gingembre Semence de radis

CHAUD

FROID

Nèfle

Ail Senevé Poivre Menthe Pouliot sauvage Girofle Cardamome Garingal Sauge Curcumin, Persil Pouliot, Poireau Cresson de jardin Hysope de montagne

U

RR

E

SEC

FE Echalotte

Prune

HUMIDE

R

Oignon

AI

Les viandes ou mets secs ou peu humides sont servis sur une plaque de bois ou de métal, ordinairement ronde, appelée «tranchoir». Il y a autant de tranchoirs que de convives. Sur ces plaques, on dispose des tranches de pain, le plus souvent rassis, destinées à absorber les jus : «le pain tranchoir». Pour les festins, c’est un pain rassis de deux jours qui est utilisé, alors que pour les repas ordinaires on utilise un pain de quatre jours. Ces pains tranchoirs ne sont jamais mangés par les convives mais recueillis dans la corbeille à aumônes pour être distribués aux pauvres ou aux chiens. La lingerie est placée sous la direction d’un officier ou d’un serviteur de confiance appelé «garde-nappe». L’emploi de la nappe est si courant dans les repas que les expressions «mettre nappe» et «lever la nappe» sont synonymes de début et de fin du repas. Le repas comporte 7 services. Le premier service consiste en une sorte de mise en bouche où sont servis de l’hypocras (vin épicé) avec des toasts, des fruits de saison ou d’autres plats qui ouvrent l’appétit (charcuterie, …). Le deuxième service est le début du repas où sont servis des potages (préparations cuites dans un pot, du bouillon ou du ragoût) et des «grosses chars» (pièces grossières de boeuf ou de mouton bouillies et servies en sauce), gros poissons (harengs, anguilles), pâtés, rissoles et beignets. Le troisième service est réservé aux rosts (viandes fines : volaille, gibier) et aux poissons frais non salés, servis en sauces. Le quatrième service est l’entremet pour divertir et éblouir les convives: jonglerie, musique, saynètes, pièces montées (en forme de châteaux et de cathédrales), gigantesques pâtés, renfermant des oiseaux qui s’envolent, animaux vivants ou cuits mais savamment reconstitués et mis en scène, fontaines, arbres à mets… un souci de présentation resté inégalé depuis ! Au cinquième service, sont servies venaisons (produits de chasse à poils et à plumes), fromenteries (bouillies de froments aux œufs), gelées et galantines. Le sixième service se nomme l’«yssue» de table et sert à fermer l’appétit et le repas. On y sert des pâtisseries cuites au fer comme des gaufres, accompagnées de vins épicés. On récite alors les grâces, les mains sont à nouveau lavées et les tables desservies et démontées. Le septième service est appelé «boute-hors» et consiste en une sorte de pousse-café servi dans une pièce attenante à la grande salle d’apparat. Il est composé de vin et d’épices que l’on peut comparer à nos digestifs (les eaux de vie étaient déjà bien connues au XIIIe siècle sous les noms d’eaux d’or, d’eaux de vin, d’eaux ardentes ou d’eaux

U EA

Contrairement à ce que l’on croit souvent, l’art de bonne chère existe au Moyen-Âge. Organisés par les Princes et Seigneurs, les banquets sont pour eux l’occasion de montrer leur puissance en proposant quantité de plats dont le but est autant d’impressionner que de nourrir les convives. Un cuisinier et toute une équipe de marmitons (ils étaient près de 600 lors du mariage du Duc de Bourgogne !) officient durant plusieurs jours pour constituer ce repas qui durera de nombreuses heures et dont l’ordre est très précis. Variété et nombre de plats déterminent la grandeur du banquet. L’hiver est marqué par une grande frugalité dont la monotonie est rompue par des festins : donner banquet en cette période est preuve d’une grande richesse. Christine De Pisan signale qu’il a parfois fallu parfois dresser des barricades pour empêcher l’accès d’invités indésirables. Le début du repas est annoncé par une sonnerie de cor : le «cornerl’eau» qui signale le moment de se laver les mains (les mets solides sont en effet mangés avec les pouce-index-majeur de la main droite). Une fois ce lavage effectué, chaque convive se place à l’endroit qui lui est assigné selon son rang ou sa valeur. La plupart du temps, les gens ne sont assis que d’un seul coté de la table : ainsi le service est facilité et la visibilité meilleure pour les spectateurs. La place à la table joue un rôle important de discrimination sociale. C’est pourquoi les chroniqueurs s’y attardent longuement en insistant toujours sur l’ordonnance précise. Apparaîtront bientôt les tables rondes, évitant tout problème de préséance. Le bénédicité devance l’arrivée des premiers plats. On procède alors à «l’essai» car, avant d’être dégusté, chaque plat doit être goûté à la fois par mesure de sécurité (crainte du poison) et par souci de l’adapter au goût du prince, comme pour le vin. Placés derrière l’hôte, les médecins goûtent, évaluent, conseillent et surveillent. La présence de personnel religieux s’explique par la relation de la nourriture et du sacré, chaque plat ou boisson devant également être béni avant d’être consommé. Le vin, boisson sacrée, médiateur entre les mortels et le ciel (et vecteur facilitant la communication entre les vivants), occupe une place primordiale qui explique l’importance de l’office qui en est chargé. Il n’est jamais bu pur mais coupé avec de l’eau. L’échanson ajoute de l’eau au vin : il «l’attrempe au goût du prince et à sa complexion». Cette opération est souvent supervisée par le médecin du prince. En général, la salle d’apparat est utilisée pour les festins (sinon les repas ordinaires sont pris en chambre). Le sol est recouvert de fleurs et d’herbes odorantes. Il existe des récits de repas pris en plein air ou en rue ; dans ce cas, le noble mange à table et ses accompagnateurs assis par terre autour d’une nappe. Chaque convive se sert dans le plat qui est devant lui. Il n’a ni assiette ni fourchette (elle arrivera d’Italie au XVII e s) : seuls les nantis disposent d’un petit plat en argent ou en étain. Un gobelet est réservé aux boissons et une écuelle aux soupes et plats en sauce. Jusqu’au milieu du XVIe siècle, il n’y a souvent qu’un seul verre et une seule écuelle sur la table pour deux convives. Quand l’un boit, il doit vider d’un trait son verre avant de le passer à son comparse.


Le menu offert par le Comte de Foix à l’Ambassade du Roi de Hongrie en 1458 nous est parvenu : 1) Hypocras blanc avec rôtis. 2) Grands pâtés de chapons de haute graisse et de jambons de sangliers accompagnés de 7 sortes de potages. 3) Grands plats de rôts uniquement composés de gibier comme faisans, perdrix, lapins, paons, butors, hérons, outardes, oies sauvages, cygnes, bécasses, oiseaux de rivière et plusieurs autres oiseaux, chevreuils et cerfs accompagnés par sept autres sortes de mets et de potages. 4) Oiseaux armés et quantité d’autres manières de potages. 5) Desserte à base de tartes, compotes, darioles faites de crème, oranges frites. 6) Hypocras rouge avec oublies (fines gaufres roulées) et autres gâteaux cuits entre deux fers. 7) Confiseries aux épices en forme de grands lions, cerfs, singes et oiseaux faits de sucre dont chacun portait une bannière aux armes du Roi de Hongrie et des Seigneurs présents. Au Moyen-Âge, les saveurs acides sont très prisées. La plupart des sauces d’accompagnement sont acides et les produits généralement utilisés pour les confectionner sont le vinaigre et/ou le verjus (jus de raisin vert). Les sauces sont particulièrement diététiques car elle ne

comportent aucune matière grasse. Elles sont liées au pain, ce qui renforce les savers acides et épicées. La cuisine médiévale est souvent réputée grasse, monotone, trop épicée «pour masquer le manque de fraîcheur». Elle est pourtant le fruit de savants mélanges pour la rendre légère et raffinée. Les aliments utilisés sont hiérarchisés selon leur appartenance à l’un des 4 éléments terrestres : le feu (chaud et sec), l’air (chaud et humide), l’eau (froide et humide) et la terre (froide et sèche). L’alimentation est considérée comme la première médecine. La digestion est perçue comme une cuisson des aliments par la chaleur interne du corps. L’alliance du chaud et du sec facilite la combustion digestive. Ainsi un aliment froid et humide comme la salade est mal perçu. L’assaisonnement et le mode de cuisson permettent de corriger en rééquilibrant un aliment initialement difficile à digérer. Par exemple, la chair de bœuf, froide et sèche et souvent bouillie ou braisée pour la réchauffer et combler son manque d’humidité. L’usage des épices est lié à cet impératif diététique car elles sont perçues comme des médicaments qui corrigent les déséquilibres d’autres aliments.

A ces principes généraux qu’il est impératif de respecter, s’ajoutent des considérations sociales. Paysans et Seigneurs ne se nourrissent évidemment pas de la même façon, mais cette distinction n’est pas uniquement basé sur des critères pécuniaires. Toujours selon la conceptions des 4 éléments, l’air et le feu sont considérés comme des éléments nobles, l’eau et la terre étant beaucoup moins raffinés. Aux Seigneurs, les aliments de première catégorie (fruits qui poussent sur les arbres er oiseaux…), tandis que les aliments tirés du sol ou y vivant (légumes, bœuf ou porc) ou de l’eau (poissons de fond), étant plus grossiers, sont destinés aux paysans. Cette distinction est d’ailleurs légitimée par le fait que les aliments lourds et nourrissant correspondent mieux au travail manuel des gens du peuple. En revanche, Princes et Seigneurs ne digérer que des mets fins et délicats ! Crest / Samedi 19 juillet 2008 (12:30)


La Capitelle Au fil des ans, nous avons été amenés à changer de restos de cœur. Les Trois Pigeons poitevins n’étant plus à la hauteur de nos exigences, nous avions opté en 2007 pour «Le Poème de Grignan». Peu plus tard, le jour de mon anniversaire, nous passions tôt matin devant une carte attirante et une table recommandée par Jean-Claude Petitrenaud. Je m’étais juré d’y venir un jour à horaire de repas. En 2008, le hasard fit que nous repassâmes dans le coin. Le Poème affichait complet ; il restait une table à la Capitelle : aussi, les 50 km nous servirent d’amuse-bouche. Le repas gastronomique fut remarquable pour une ardoise finalement légère. Les internautes se déchaînent volontiers sur l’hôtel ***, mais vantent unanimement la cuisine de Nicolas Laurent et de son équipe. Depuis, nous sommes retournés (le 1er août 2009) à cette terrasse adossée aux remparts du village de Mirmande. Toujours pour notre plus grand plaisir. Mirmande / Vendredi 18 juillet 2008 (23:10)


Crest / Samedi 19 juillet 2008 (13:23)


Forteresse de Bressieux Construite en briques roses au sommet de la colline qui domine le village, la Forteresse militaire de Bressieux date du XIIIe siècle. Elle est entourée d’un impressionnant fossé sec toujours visible (85 à 120 m de diamètre, 30 m de large, 12 m de profondeur !). L’entrée est encadrée par deux tours portières partiellement éventrées qui présentent les étapes caractéristiques de l’évolution architecturale militaire (crénelage, hourdage, mâchicoulis), ainsi que le haut donjon cylindrique (1276). La porte étant le point faible, ils la placent entre deux tours en forme de fer à cheval. L’entrée, protégée par deux fentes de tir, se compose d’une porte en arc brisé surmontée d’un mur derrière lequel vient se loger la herse. Occupé jusqu’au XVIIIe siècle, le corps de logis fut la résidence des puissants seigneurs de Bressieux pendant tout le Moyen âge. Le donjon allie trois fonctions essentielles : défense, habitat seigneurial et architecture puissante, symbole du pouvoir. A Bressieux, le donjon perd sa situation centrale pour occuper une position stratégique privilégiée dans l’ensemble castral. Placé sur un point faible, il renforce la défense des courtines Nord et Est qu’il domine de sa masse imposante. Il se compose d’une salle enterrée dite «basse fosse», de deux étages à plancher, surmontés d’une coupole en briques qui soutient une terrasse, dont il manque l’étage crénelé. L’importance de la maçonnerie (2 m d’épaisseur) réduit considérablement la surface habitable. Organe essentiel du château médiéval, rendu inexpugnable par sa masse et sa hauteur (23 mètres), le donjon de Bressieux relevait avant tout d’un système de défense passive. Quant au puits, il serait profond d’une soixantaine de mètres ! Bressieux / Samedi 19 juillet 2008 (18:04)


Bèze La Bourgogne, cela sent les vacances à l’aller et la rentrée au retour. Mais que c’est beau, la Côte d’Or ! Bèze est équidistant de Dijon et de Langres. Son nom vient de la source d’une rivière éponyme, la Bèze. Ce lieu était appelé «Bezv» par les Celtes, ce qui signifie «source» ou «rivière à sa naissance». Alamans, Vandales et Burgondes enflamment ses vastes plaines lors des premiers siècles de notre ère. En 628, Dagobert Ier devient «le bon roi» de Bourgogne et décide de la fondation de l’Abbaye dite de Bèze-Fontaine. Entre 660 à 937, elle sera détruite à 7 reprises par des seigneurs locaux mais aussi les Austrasiens (Reims-Metz), Hattuaires (Westphalie), Normands, Hongrois… Malgré ses richesses, la vie dans le monastère de Bèze est précaire et laborieuse. Les moines doivent assainir les sols marécageux et endiguer la rivière pour se préserver des inondations. Or celle-ci est imprévisible. Sa source se déverse à l’air libre par un siphon de type «vauclusien» dont le débit peut atteindre 20 m³ par seconde ! Bèze / Dimanche 20 juillet 2008 (11:46>12:11)


L’école du Monastère (1280) L’abbaye de Bèze fut une des premières à posséder une école monastique, dès 655. Celle-ci se trouvait dans l’enceinte de l’abbaye afin d’éduquer les jeunes moines. Plus tard, elle reçut des enfants des seigneurs et des nobles désirant s’instruire. Pour faire face à son succès grandissant, une école extérieure fut fondée en 1280. En 1380, elle accueillait 40 garçons et 20 filles. Sa façade a été plusieurs fois remaniée. On peut remarquer des tripodes (trèfles) au-dessus des fenêtres, des têtes sculptées et des arcades de style gothique. En 1872, «l’hôtel du vieux monastère» s’y installa, puis une épicerie et la gare des autobus reliant Dijon à Gray. La façade a failli partir pour les États Unis en 1913. Heureusement, ce bâtiment fut sauvé de la démolition et obtint son classement par les Beaux-Arts en 1914. Bèze / Dimanche 20 juillet 2008 (12:05)


La Tour d’Oysel La tour d’Oysel est la deuxième tour des fortifications de l’abbaye. Elle servait de colombier au XVIIIe siècle. Les murs ont près de 2 mètres d’épaisseur. Accolé à cette tour, il y a le «lavoir des sœurs». L’école primaire Claude Monet est installée dans le grand bâtiment qui part de cette tour. Cette partie était l’ancienne cuverie des moines. La Bèze est gardée par une armée d’oies. Quant aux canards, ils nagent librement dans l’eau cristalline et glacée de la résurgence. Bèze / Dimanche 20 juillet 2008 (12:05)


Saint Nicolas de Port Dimanche 20 juillet 2008 (16:17)


Saint Nicolas de Port / Dimanche 20 juillet 2008 (17:03)


Du petit doigt de Saint Nicolas aux voix de Jeanne D’Arc Au XIe siècle, Aubert de Varangéville rapporte à Port, alors capitale marchande du Duché de Lorraine, la «dextre bénissante» de Saint-Nicolas (une phalange de la main droite de l’évêque). Autour de cette relique, une première église est consacrée au saint au XIIe siècle. Cunon de Réchicourt, un chevalier lorrain emprisonné en 1230 lors de la 6e croisade aurait été miraculeusement libéré de sa geôle dix ans plus tard par Saint-Nicolas. Transporté pendant son sommeil par le saint, il se réveille devant le porche de l’église. Pendant l’office qui suit, ses chaînes tombent d’elles-mêmes. Rentré dans son fief, le Sire de Réchicourt ordonne qu’une procession ait lieu tous les ans le jour de la Saint Nicolas. Rapidement, le pèlerinage à Saint-Nicolas (devenu patron des Lorrains) s’étend bien au-delà de la Lorraine. La légende veut que ce soit dans l’édifice précédent la basilique que se recueillie Jeanne d’Arc avant de partir porter son message au Dauphin de France. Il est plus probable qu’elle soit passée à l’église Saint-Nicolas afin d’y prier, après avoir rendu visite au Duc Charles II de Lorraine qui était très souffrant.

La Basilique tordue La basilique de Saint-Nicolas de Port (Meurthe et Moselle), de style gothique flamboyant, est érigée dès 1481 par René II, Duc de Lorraine, suite à sa victoire contre Charles le Téméraire lors de la bataille de Nancy le 5 janvier 1477, qui a permis à la Lorraine de rester indépendante. Achevée en 1545, la basilique est consacrée en 1560, après l’édification des deux tours-clochers. Particularité bien visible dès l’entrée : l’axe de la nef n’est pas rectiligne, mais accuse une déviation de six degrés vers la droite qui semble due à des contraintes cadastrales. Fortement détériorée par les bombardements du 19 juin 1940, elle fut restaurée dès 1983 grâce au legs d’une riche Portoise mariée à un Américain : Camille Croué Friedman. La restauration prit 15 années pour redonner à l’édifice sa splendeur initiale.

Saint Nicolas de Port / Dimanche 20 juillet 2008 (16:55)


Metz / Dimanche 20 juillet 2008 (20:38)


Metz / Dimanche 20 juillet 2008 (18:29)


La Montagne Jaune Vieille cité gauloise, Metz devient le siège d’un évêché dès le IIIe siècle. Le sanctuaire abritant les reliques de Saint-Etienne qui se trouvait à l’emplacement actuel de la cathédrale fut le seul monument épargné par les Huns lors du sac de la cité le samedi saint 7 avril 451. Aux alentours de l’année 1220, selon la volonté de l’Evêque Conrad de Scharfeneck, l’édification de la cathédrale Saint Étienne, est entreprise. L’époque est très propice à de tels projets puisque, en même temps, il est décidé la construction des cathédrales de Reims (1211), du Mans (1217), d’Amiens et de Toul (1221). Elle s’étalera sur 3 siècles pour s’achever vers 1520. La hauteur de ses voûtes (41,7 m) place la cathédrale de Metz derrière celles de Beauvais (48 m avant son effondrement) et d’Amiens (42,3 m) dans la course aux records gothiques. Le maître d’œuvre, l’architecte Pierre Perrat, connut aussi par ses travaux à Toul et Verdun, fut également autorisé en 1386 à avoir sa sépulture dans la cathédrale. Saint-Etienne est bâti en pierre de Jaumont, exploitée en Moselle au-dessus d’anciennes mines de fer désaffectées à une quinzaine de kilomètres au nord-ouest de Metz. L’oxyde de fer présent dans les mines, donne à la pierre de Jaumont sa couleur jaune d’or, qui par ailleurs a donné le mot Jaumont en latin Galbinus Mons (la montagne jaune). Couramment cette couleur se définit par jaunâtre ocreux. Metz / Dimanche 20 juillet 2008 (19:53)


La Lanterne du Bon Dieu Surnommée «Lanterne du bon Dieu», Saint Etienne est la cathédrale de France offrant la plus grande surface vitrée : près de 6 500 m2 . Elle présente les plus grandes verrières gothiques d’Europe. Un contrat est passé en 1381, entre le Chapitre et le maître-verrier Hermann de Münster, pour la réalisation de la rose occidentale. Hermann de Münster eut le privilège d’être inhumé à l’intérieur de la cathédrale. En 1959, Marc Chagall accepte de peindre les cartons de deux baies du déambulatoire nord avec pour sujets des épisodes de l’Ancien Testament. L’univers biblique et onirique de Chagall est admirablement servi par le savoir-faire de l’atelier verrier à Reims. L’œuvre, d’une grande liberté, met à contribution toutes les ressources de la gravure et de la peinture sur verre. Un vitrail de Marc Chagall de 1963 représentant la scène d’Ève et de la pomme a été brisé par un ou plusieurs cambrioleurs dans la nuit du 10 août 2008. Metz / Dimanche 20 juillet 2008 (20:50)


HAUTES ALPES 2008  

Personal travel photo album (in French)

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