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LA VILLE EN PARLE

LES COLLECTIFS RÉINVENTENT LA NUIT Désignée capitale romande de la fête dans les années 1990, Lausanne vit un renouveau grâce à de jeunes organisateurs de soirées qui féminisent et politisent la musique. Mais les grands clubs gardent de belles cartes à leur programme. Par Alexandre Lanz et Sylvain Menétrey

Dans les années 1980, le street artist new-yorkais Keith Haring venait faire la fête à Lausanne. Il a d’ailleurs dessiné l’enseigne du légendaire club de rock de la Dolce Vita. Vingt ans après la fermeture du club, la conservation de ce fétiche dans les collections du Musée historique de la ville témoigne de la reconnaissance de la culture alternative et noctambule. Lausanne se targue d’ailleurs depuis les années 1990 du titre de capitale romande de la nuit. Une réputation qui a connu quelques épisodes sulfureux, mais qui renvoie surtout à un attrait pour la fête qui ne cesse de se renouveler et de s’adapter au fil du temps. En 2019, Lausanne compte 23 discothèques qui peuvent ravir les fans de techno, de musique latino, de hip-hop ou de rock à l’ancienne. Mais ces murs et ces styles musicaux disent mal la petite révolution qui a lieu dans les nuits lausannoises.

LES FEMMES AUX PLATINES

Comme à Londres, Berlin et Paris, où l’on est moins fidèle à un club qu’à un concept de soirées qui peut se dérouler n’importe où, ce sont désormais de jeunes collectifs de DJ’s et d’organisateurs de soirées qui mènent la danse. S’ils sont divers, ces collectifs se caractérisent par une même volonté de décloisonnement, aussi bien du cadre classique de la boîte de nuit, des genres musicaux que des identités et orientations sexuelles. « Par exemple, les soirées queer sont devenues un vrai phénomène à Lausanne », explique l’organisatrice et DJ StaStava. Elle-même participe au mouvement de féminisation et d’hybridation à travers les fêtes qu’elle orchestre avec son association Mega Mood au Bourg. « On a vu beaucoup de collectifs qui défendent la mixité et un éclectisme musical se développer à Berlin. Les jeunes Lausannois se sont dit qu’ils pouvaient répliquer ce mouvement ici. 6

Au D! Club (photo) comme ailleurs, les initiatives se multiplient pour faire vibrer Lausanne la nuit.

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The Lausanner: Nature Urbaine  

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