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Les couleurs du Vimeu


Les couleurs du Vimeu Photographies Michel Séméniako Texte Patrice Juiff

DIAPHANE éditions


À mon petit fils Raphaël, né au moment où ce livre paraît.


Qu’est-ce qu’un pays ? « Un morceau de l’espace qui se distingue nettement de l’espace voisin. » Un endroit. Un lieu. Le choix des hommes qui l’ont fabriqué, qui lui donne un contour, une géographie, une géologie, qui le modèle, l’estampille, lui forge un sens de toutes pièces. Une histoire. Une fiction qu’on se raconte, que l’on colporte et qui peu à peu devient une réalité. Une langue, aussi. Le Vimeu, un pays ? Une géographie, d’abord. Situé, « entre la Somme et la Bresle, deux rivières, aux confins de la Picardie ». Une géologie. Un plateau de larges plaines crayeuses qui s’animent de vallées sèches, de « fonds », recouvert de limons lourds, peu perméables, favorables à la prairie et à l’élevage. Et au bout, son ultime frontière, les falaises, ses dunes de sable, ses plages de galets. La mer pour unique horizon. Une histoire. Celle d’une population qui pratique la polyculture. La betterave à sucre, le lin aussi. Et puis, la crise agricole à la fin du XIXe siècle. L’exode rural vers les villes. La reconversion ouvrière. Le développement de l’industrie textile, celle de la serrurerie, de la robinetterie. La continuité d’un savoir-faire. Le Vimeu, un pays ? Peut-être. Peut-être, plus encore, un pays n’existe que par sa volonté de résistance, même souterraine, même passive. Dans la croyance de sa propre nécessité. De sa juste réalité. Il faut

s’égarer, errer en Vimeu pour s’en rendre compte. Comprendre le temps de l’éternité qui s’est construite à petits pas. S’arrêter aux détails des formes, des traces, des fantômes qui l’habitent. S’ajuster au rythme du cœur des hommes qui bat sous la carapace de tôles, derrière les murs de briques des usines. De ceux qui le font exister au jour le jour, laborieusement, en maintenant serrés les liens qu’ils ont tissés entre eux, sans autre revendication que celle de ne pas se laisser aller à disparaître. Une résistance donc, humble, un combat, une lutte faite de gestes sûrs, de bribes d’une langue, d’une mémoire fidèle. Comme si la terre promise n’était qu’un leurre ou seulement celle qu’on se construit chaque matin, au lever d’un nouveau jour. Encore. Et encore. Sans amertume, sans regret du passé. En s’acclimatant d’un avenir qu’on sait de toutes façons capricieux, avide de nouveaux sacrifices. Sans rien lâcher pourtant. Revendiquant la seule modestie de s’adapter au réel, aux circonstances de l’évolution des mondes, du temps, de l’Histoire. « Un compartiment de l’espace où les hommes vivent en solidarité d’économie et de comportement.» Le Vimeu. Un pays, donc. Mais discrètement. En sourdine. Presque caché dans l’ombre du vent. Qui ne se découvre que si on prend le temps de le déchiffrer, de le rendre à la lumière. Le travail du photographe, de l’artiste est là. En l’obligeant à apparaître, le violentant, le provoquant pour lui rendre ses contours, son mouvement interne en une série d’aplats conjugués. En le sculptant par la couleur. Ou plutôt les couleurs. Le vert. Le jaune. Le bleu. Le rouge. Les couleurs de son identité révélée.


Vert

Vert. Comme les champs semés de blé, de feuilles épaisses de betterave, de tiges de lin. Champs dominés par une armée disséminée de soldats immobiles, dominant tout. Les éoliennes. Remplaçant les anciens moulins à vent. Comme s’ils s’étaient transformés, adaptés. Étrange continuité. Les éoliennes. Hélices presque silencieuses brassant les courants d’air, qui composent un vent sifflant se mêlant à celui venu de la mer comme pour en prolonger l’écho. Hélices perdues de gigantesques, titanesques bateaux fantômes échoués en terre. Les éoliennes. Phares inversés, dont la petite lumière clignotante annonce la mer cette fois, au loin, la nuit. Les éoliennes encore. Géants qui apprivoisent l’aubaine des vents, leur souffle invisible et incertain, dont ils se nourrissent, qu’ils savent digérer et qu’ils transforment en énergie. Les éoliennes. Gardiens élégants qui protègent l’intégrité de la terre. La terre dont tout est issu, ici. La terre. Découpée en petites propriétés. Que le paysan n’a jamais vraiment abandonnée. Jamais. Seulement qu’il a su modeler, adapter. Qu’il s’est attachée comme une part enracinée de son identité. Même s’il a fallu la partager avec une autre activité. Petit à petit. Pour y survivre. Pour y rester.

S’ouvrir à l’artisanat donc. S’inventer serrurier. Fondeur. Robinetier. Devenir ouvrier paysan. Ouvrir « boutique ». Mais chez soi. Entouré de sa famille. Mais revenir aussi, aux champs, toujours. À la terre. Seule garantie de son indépendance. D’esprit, d’action. Ne jamais céder de terrain aux « seigneurs des champs » d’abord, à ceux de la métallurgie ensuite. Comme l’éolienne s’enrichit de sa capacité à résister au vent, acceptant sa force mais en la maîtrisant, l’homme du « pays » s’est plié aux nécessités de l’évolution de la contingence historique, économique, mais en ne se reniant jamais. Sans cesse revendiquant son appartenance à la terre. Sa terre. Ses racines rurales. Réhabilitant d’anciens bâtiments. Plutôt que de les laisser disparaître. Se régénérant par lui-même. Changeant de couleur s’il le faut. Plutôt sachant les mélanger. Mixant le vert de la terre au jaune du laiton, tempérant l’éclat éblouissant du métal par celui des champs de blé mûr attendri par le souffle marin.


Bleu

Et puis la mer. Bleu-gris. Frontière liquide du pays. À l’Ouest. Un trait d’horizon indéfini au loin quand elle se retire après s’être fatiguée à l’assaut des falaises. Ne laissant pour traces de combat que des « rognons » de silex exsangues sur la plage. Qu’elle reviendra façonner inlassablement. Qui deviendront galets à force de se frotter les uns contre les autres. Riches, très riches, très purs en silice ces galets de silex « bleus ». Qui se dissiperont jusqu’en volutes de sable animées par le vent. Des fantômes de poudre qui hantent la grève. La mémoire de la mer. Ou qui finiront blanchis calcinés à 1600 degrés et broyés pour se transformer en «Grenettes», «Farsils», «Granusil », « Granrose ». Sélectionnés, triés à mains nues par une demi-douzaine de femmes courbées huit heures par jour audessus d’un tapis roulant. Calcinés, broyés donc, puis tamisés et destinés à être incorporés dans les revêtements routiers, les bétons, la peinture de façade, les pâtes à céramique… Dans la cour de l’usine, recrachés par les longs membres arachnéens des tables de triage, les galets sont devenus terrils de sable blanc que le crépuscule seul rend à leur couleur d’origine. Le bleu profond des nuits.


Jaune

Le jaune comme de l’or. Comme des pièces d’or. Des pièces de laiton qui font illusion. Des morceaux de robinetterie. Mademoiselle M. en manipule des centaines par jour. Six cent cinquante exactement. Concentrée sur sa machine qui prolonge ses bras, la précision de son geste pour assembler parfaitement les parties de ces pièces qui valent de l’or. Un travail d’orfèvre que Mademoiselle M. se fatigue à répéter à l’infini. Les mains de Mademoiselle M. qui valent de l’or tellement elle seule peut sans faillir répéter ses gestes si délicats d’infinie précision. Une pièce d’or, plus une pièce d’or, plus une pièce d’or qui font ce si précis assemblage, si précieux, d’une qualité qu’on ne laissera pas à la concurrence puisque seul ce travail d’orfèvre, ce savoir-faire, peut transformer le laiton en or. Travail d’alchimiste. Mademoiselle M. en est un des éléments vitaux. Son endurance aussi. Sa disponibilité. Comme celles de messieurs les fondeurs, décolleteurs qui se meuvent et s’activent tout aussi précisément autour d’elle. Mademoiselle M. ne se laisse pas distraire. Un seul instant d’inattention et la chorégraphie millimétrée de ses gestes s’autodétruit. La machine se dévergonde, s’affole du tempo.

Et l’or redevient petit morceau de laiton bon pour la refonte. Mademoiselle M. s’accommode du bruit des presses, des laminoirs automatisés qui se sont émancipés de tout rapport humain. Elle s’accommode aussi du sol glissant d’huile crachotée pour tempérer les ardeurs du métal en fusion, de son corps douloureux parfois. Six cent cinquante pièces d’or par jour valent bien la peine de quelques tiraillements, crampes et tendinites. Mademoiselle M. ne fait qu’un avec sa machine. Toutes deux savent s’entraider pour maintenir leur objectif commun. Mademoiselle M. la magicienne et son assistante de machine. Dont la parfaite osmose transforme un vulgaire objet de laiton en un petit amas de pièces d’or sonnantes et trébuchantes. Six cent cinquante petits objectifs d’or par jour. Trois mille deux cent cinquante par semaine. Treize mille par mois. Cent trente mille par an. Mademoiselle M. ne flanchera pas. Pas avant sa machine en tous cas. Mademoiselle M. est une résistante. D’une résistance inaltérable. Aussi dure que le métal refroidi. Aussi précieuse que les caisses de pièces d’or qui étincellent tout autour d’elle sous le regard lumineux du photographe.


Rouge « Rouge, comme le ciel ce jour-là. À Fressenville. Le 3 avril 1906. Tu comprends, ils ont rien voulu savoir, les patrons, les Riquier, rien. Descayeux, le secrétaire général du syndicat, il n’a même pas pu discuter avec eux. Rien, je te dis. Aucune négociation possible. Et pourtant, tout ce qu’ils racontaient c’étaient des histoires. Ils ont juste voulu virer Depoilly parce qu’il était un des nôtres et qu’il remuait trop souvent dans les brancards. Ce jour-là, donc, le 3, on s’est pointés devant l’usine pour protester, nous les types du syndicat. Et le plus beau, c’est qu’au bout d’un moment tout le monde nous a suivi. Ouais, tous les ouvriers ont débrayé. On a défilé dans les rues du village en chantant « l’Internationale ». Nom de Dieu, on était remontés. Je te jure ça donnait la chair de poule d’entendre ça. D’en faire partie. Rien ne pouvait nous arrêter. D’ailleurs, on n’a pas vu la maréchaussée de la journée, je te jure, ils sont restés planqués, ouais, ouais. Juste la troupe le soir quand c’était trop tard. Eux non plus, ils n’ont pas bougé. Ils ont regardé le château brûler sans moufter. Peutêtre qu’après tout, ils étaient un peu de notre côté. Va savoir ? Je crois surtout qu’ils avaient les foies. Ils se sont planqués. Ouais. Ouais. On était bien trop nombreux et bien trop énervés pour qu’ils osent quoi que ce soit. On était trop forts pour eux. Trop. Ouais, donc, on s’est dirigés vers la maison du cousin, Julien Riquier. On est entrés et on n’a pas pu s’empêcher de foutre le bordel à l’intérieur. Mais ça ne nous a pas calmé pour autant. Il fallait qu’il paye l’Édouard, lui aussi.


Et plus encore. Ouais, surtout lui. Alors on a pris le chemin de son joli château tout neuf, sa villa de nabab. Et ça a été un vrai carnage. On a tout foutu à sac. Tout. Je crois qu’on lui a fait payer tout le peu de respect qu’il avait pour nous, pour tous les types qui faisaient tourner ses bécanes depuis toutes ces années. Juste un assemblage de pièces sans âme qu’on pouvait remplacer à l’identique si elles commençaient à tourner moins rond. Comme si on était rien d’autre qu’une partie de la mécanique qui les fabriquaient. Comme si le patron n’avait même pas besoin de se douter, imaginer qu’un jour, elles pourraient se souder entre elles pour se défendre, montrer qu’il ne suffisait pas d’ordonner pour qu’elles obéissent et qu’elles avaient besoin d’un minimum de reconnaissance pour continuer à engraisser son compte en banque. C’est ça qui était magnifique, la solidarité qui nous donnait le droit d’être des hommes à part entière, le groupe qui nous faisait exister chacun par rapport à l’autre. Cette force, je te jure, comme une lame de fond. C’était beau et chaud et indestructible. Et l’Édouard et tous les patrons du monde, ils ne pouvaient que s’incliner devant toute cette beauté, cette conscience des hommes en marche. Après ça, rien ne pouvait rester pareil. La donne avait changé, tu comprends. D’une certaine façon, ce jour-là, on a commencé d’exister. Comme si chacun de nous, on avait retrouvé une forme d’identité. Ce n’était pas de la politique, tu comprends. Juste un cri de nouveau-né qui découvre qu’il peut respirer tout seul.

À l’air libre. On est donc arrivés devant le palais des mille et une nuits du patron. Et on a seulement vu toutes les journées d’un boulot qui nous faisait vieillir plus vite que de nature, accumulées là dans les murs, les briques et les pierres de cette saloperie de château. Toute la misère de nos existences rassemblée là, comme si le bâtiment avait été construit avec nos futurs cadavres, tu comprends. Les nôtres, et ceux de nos enfants et ceux aussi de nos parents qui s’étaient tués à la tâche pour finir en moulures et colonnes de stucs. Alors, on n’a pas pu se retenir. C’était comme un flot de larmes rouges qui nous submergeait. Qui nous aveuglait. Rougissant tout. Ouais. La terre. Le ciel. Le feu s’est mis à dévorer la maison de l’ogre qui avait voulu se nourrir de nos carcasses. Comme si le château était devenu un gros cœur arraché qui crachait des flammes de sang, de notre sang, très loin audessus des toits scintillants de notre petite ville. Pour que les nôtres, de cœurs, puissent se remettre enfin à battre d’une manière plus humaine, ouais, comme le cœur d’un homme qui se respecte. C’est peut-être un peu lyrique la façon dont je te raconte tout ça. Mais, c’était tellement magnifique. Et puis, tu vois, le plus important, c’est que depuis ce jour-là, les patrons, ils ont dû se rendre compte que l’âge d’or des seigneurs tout puissants était révolu. Ouais. Et que celui de la résistance des âmes avait bel et bien commencé et qu’il était pas près de se terminer. »


Les couleurs du Vimeu


Nulle part plus qu’au Vimeu l’Homme n’a modelé le territoire par son activité, et pourtant, au premier regard, cela ne se voit pas : pas de terrils ni de monstrueuses tuyauteries fumantes. À mon arrivée, ce sont les éoliennes qui m’ont sauté aux yeux, dominant de leur élégante silhouette une verte campagne et côtoyant quelques anciens moulins. Voilà déjà une continuité historique évidente. Puis, si l’on s’attarde dans les bourgades, on découvre une constellation de petites et moyennes entreprises, soit regroupées dans des zones industrielles, soit intégrées dans le tissu urbain. Il faut pousser la porte (je fus toujours accueilli avec courtoisie) pour découvrir la nature de leur activité : fonderie, décolletage, serrurerie, robinetterie, verrerie si l’on s’approche de la vallée de La Bresle ou transformation des galets à Cayeux. L’agriculture s’impose aussi par sa dimension industrielle : traitement du lin, nombreux silos. Quelques friches industrielles sont en attente d’une reconversion, mais elles font exception. Le travail est enraciné au cœur de ce pays, il a marqué son histoire et sa culture, il imprègne la vie quotidienne de ses habitants. Les gestes des travailleurs prennent valeur de signes : ils se sont constitués dans le temps en adaptant les savoirs traditionnels des métiers à l’évolution des techniques.

La nuit, la lumière et les couleurs, voilà les trois ingrédients que j’ai mis en œuvre pour traduire ces quelques impressions. La nuit, le regard est plus affûté malgré, ou à cause de notre difficulté à voir. La lumière me permet de sculpter l’espace et d’en restituer une lecture intime (comme une écriture lumineuse). Les couleurs sont ici celles que j’ai recensées sur le terrain: le rouge du feu des fondeurs, le bleu de l’acier, le doré du laiton, les ocres et les verts de campagne. J’en use souvent à contrario du naturel, pour construire une vision décalée des lieux, pour révéler un monde que chacun peut s’approprier. L’activité humaine, qui a modelé le territoire du Vimeu, son histoire et les gestes des travailleurs a été le fil conducteur de mon travail tout au long de cette résidence. Michel Séméniako


Légendes

Éoliennes, St. Maxent.

Château d’eau, Aigneville.

Gare de Feuquières-en-Vimeu.

Pont-bascule, zone d’activité de Gros Jacques.

Moulin de Visse, Maisnière-en-Vimeu.

Silo agricole, Martainneville.

Silo agricole, zone d’activité de Gros-Jacques.

Coopérative linière, Martainneville.

Ancienne sucrerie, Beaucamps.

Cité Fleury, Friville-Escarbotin.

Statue de Jean-Jaurès devant la mairie, Friville-Escarbotin.

Friche, ancienne sucrerie, Beaucamps.

Friche, ancienne sucrerie, Beaucamps.

Friche de l’ancienne usine Bricard, Friville-Escarbotin.

SO-MA-CA, zone d’activité de Gros-Jacques.

Zone d’activité de Friville-Escarbotin.

Tirard & Burgaud, serrurerie, Feuquières-en-Vimeu.

Coopérative linière, Martainneville.

Stockage de parpaings, zone d’activité de Friville-Escarbotin.

Stockage de la Bresle, ancienne sucrerie, Beaucamps .

Silmer, calcination de galets, Cayeux-sur-Mer .

Silmer, calcination de galets, Cayeux-sur-Mer.

Delarue, exploitation de galets, Cayeux-sur-Mer.


Silmer, calcination de galets, Cayeux-sur-Mer .

Verrerie Pariche, Le Translay.

Tirard & Burgaud, serrurerie, Feuquières-en-Vimeu.

Chuchu-Decayeux, robinetterie gaz, Woincourt.

Tirard & Burgaud, serrurerie, Feuquières-en-Vimeu.

Fauquet, décolletage, Arrest.

Fauquet, décolletage, Arrest.

Silmer, calcination de galets, Cayeux-sur-Mer .

THG, robinetterie de luxe, Béthencourt-sur-Mer.

THG, robinetterie de luxe, Béthencourt-sur-Mer.

Verrerie Pariche, Le Translay.

Fauquet, décolletage, Arrest.

Chuchu-Decayeux, robinetterie gaz, Woincourt.

Verrerie Pariche, Le Translay.

Verrerie Pariche, Le Translay.

Chuchu-Decayeux, robinetterie gaz, Woincourt.

Fonderie Leclerc, Oust-Marest.

Verrerie Pariche, Le Translay.


Michel Séméniako réalise ses prises de vues de nuit (ou en lumière atténuée dans les ateliers). Son appareil est posé sur un trépied, il pratique un temps de pose très long (de dix secondes à une demi-heure selon les cas). Durant ce temps, il éclaire son sujet à l’aide d’une lampe torche en se déplaçant dans le cadre de l’image et en plaçant des filtres de couleur sur la lampe. Souvent l’image est décomposée en plusieurs prises de vues qu’il réassemble ensuite numériquement.

Le travail photographique de Michel Séméniako a été réalisé pendant l’année 2007 dans le cadre des résidences mises en place par Diaphane autour du patrimoine industriel en Picardie.


Michel Séméniako remercie particulièrement les entreprises qui lui ont ouvert leurs portes : Chuchu-Decayeux, Stockage de la Bresle, Coopérative Linière, Favi, Fonderie Leclerc, Silmer, Verrerie Pariche, Mairie de Friville, Tirard et Burgaud, THG, Fauquet et tous les salariés de ces entreprises qui ont accepté de se faire photographier. Il remercie également tous ceux qui ont collaboré à ce projet : Fred Boucher, Patrice Juiff, Michel Paradinas, Adriana Wattel, Jean-Baptiste Bochent, Nicolas Havette, Jenny Feray, Pascal Bardet, Marie-Jésus Diaz, Boris Séméniako, Jérôme Bignon, Thierry Balesdent, l’association Diaphane et la Direction de la Culture et du Patrimoine de la Région Picardie. Un grand merci à son assistant Clément Briend pour l’aide technique qu’il lui a apporté.


Maquette Michel Séméniako et Michel Paradinas Coordination éditoriale Fred Boucher Photogravure Vincent Risacher vincentrisacher@mac.com

Impression Le Govic, Treillières, France. Dépôt légal 2e trimestre 2008 ISBN 978-2-9530799-0-6 Achevé d’imprimer en mai 2008 © Photographies Michel Séméniako © Textes Patrice Juiff © Diaphane éditions Tous droits réservés.

DIAPHANE éditions 479 route de Grandvilliers F-60480 Montreuil sur Brèche Téléphone/03 44 80 52 97/info@diaphane.org www.diaphane.org



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