PROJET, UN SAVOIR-FAIRE À LA CONQUÊTE DU FAIRE-SAVOIR
Serigne Abdoul Aziz SY Al Amin, au cours de la Ziarra Achoura 2015, administrait à la Jeunesse Tidiane Malickite la pédagogie de l’action et de la responsabilité par un sermon prémonitoire en ces termes restés gravés dans les annales des Hikam ou sagesses pratiques : « ne me parlez plus de projets ; consacrez votre temps aux réalisations, au concret. » Cette injonction heureuse et responsabilisante coïncide depuis quelques années avec l’avènement dans la Hadara d’une mouvance constituée essentiellement de jeunes instruits, cadres mais qui sont avant tout d’abord des Talibés tidiane. Avec tout ce que cela
comporte comme obligations spirituelles et cultuelles, sans anicroche aucune avec l’effectuation de leurs obligations professionnelles et académiques. Au contraire, la soif de volonté combinée à l’éthique louable du disciple de Seydina Cheikh (rta) doivent faire de lui un athlète de l’excellence dans le bien et l’action de grâce.
PROJET, pour le citer, est une Plateforme de réflexion et d’orientation des jeunes Tidiane. A travers le sigle, le contenu et le contenant, l’ambition demeure majeure, les sentiers à battre immenses, et la prospective fine pour réussir à « occuper et habiter » la communauté par la formation spirituelle, intellectuelle et sociale. Divisée en pôles, ce mouvement tidiane est particulièrement percutant par une politique digitale qui fait tache d’huile au point d’être devenu le référentiel dans le contenu visuel et multimédia lors des évènements de la Hadara Mâlikiya ; un comité scientifique qui a brillamment produit le Journal du Gammù 2022 et qui récemment à travers Majalis, sous les auspices guidés du Professeur Abdoul Aziz KEBE, est entrain de réunir des éminents chercheurs de Tivaouane comme Docteur Bachir NGOM, le très pertinent
UNE NOUVELLE ÈRE
S’OUVRE
AVEC UN
MAGAZINE TIDIANE
PROJET a la chance d’être un hub où se côtoie plusieurs profils intellectuels qui font sienne la philosophie éducative de Maodo (rta) : jajuba. Jang, Juuli, Baay. C’est par la réflexion et l’orientation des jeunes vers les valeurs et vertus de l’Université de Tivaouane qu’il sera possible de créer ce club formateur des mécaniciens du développement digne et intègre de l’homo-Hadaratul-Mâlikiya ou le modèle humain tidiane. Dans un contexte chargé positivement par l’actualité de la Construction de la Grande Mosquée de Tivaouane pilotée des mains de maître par le Khalife Général, Serigne Babacar SY Mansour sous l’exécution de Jama’atun Nuur Assuniya, des attaques malsaines contre la communauté Hadaratul Mâlikiya se font jour . Face à l’impérieuse nécessité d’orienter les disciples au sens de la discipline et de la responsabilité, cette production scientifique « le Jeune tidiane » dicte un tempo orienté vers une nouvelle vision de nos énergies pour un développement économique et social de Tivaouane. Cette stratégie d’ailleurs rappelée depuis 2021 avec le lancement officiel de la Grande Mosquée par le Khalife Général a été davantage débattue entre autre lors du Centenaire de Seydil El Hadj Malick SY (rta) et plus récemment avec la Ziarra Générale.
Ce premier numéro de notre Magazine qui coïncide avec les travaux de finition de la Grande Mosquée de Tivaouane a donné parole à un brillant fils de la Hadara Mâlikiya, Moulaye Abdou Aziz DIOP, petit-fils de
Maodo, qui est largement revenu sur l’histoire, les trajectoires et l’état des travaux de finition de la Grande Mosquée de Tivaouane de 1904 à nos jours. Un prétexte formidable aussi pour PROJET qui à travers cette production intellectuelle dresse un portrait de l’Imam SAMB de la Grande mosquée de Dakar qui, à travers une résilience éloquente et une intelligence fine, a réussi une collecte exceptionnelle de fonds pour l’achèvement des travaux.
L’érection de la grande mosquée n’étant pas que spirituelle, l’interview du docteur en tourisme Papa Elimane Faye nous plonge carrément dans l’après inauguration avec les retombées que peuvent avoir cette mosquée notamment le développement d’un tourisme religieux dans ce qu’il comporte comme dividendes spirituels, économiques, culturels et sociaux dans la Ville Sainte et ses alentours mêmes.
In fine, ce magazine sous la plume de l’excellent Baba Gallé Diao, revient sur les attaques malsaines et une campagne haineuse fort heureusement déjouée par la Jeunesse Tidiane Malickite suite à l’appel de l’Imam de la Grande Mosquée. Tivaouane est une Lumière. PROJET, une torche qui veut éclairer la jeunesse dans un contexte de resserrement des rangs et des lignes pour combattre l’obscurantisme.
Cherif DIENG
Coordinateur de la Plateforme de Réflexion et d’Orientation des Jeunes Tidianes
Cheikh Ahmed At Tidiani
SOMMAIRE
ACTUALITES Scoop
Présentation de la grande mosquée
La Grande Mosquée de Dakar, avec son minaret unique de 67 mètres, se trouve sur les allées Pape Gueye Fall, ex-allées Coursin. Elle est inaugurée le 27 mars 1964 par le roi du Maroc Hassan II et le président Léopold Sédar Senghor sous la direction d’El Hadj Abdou Aziz Sy Dabakh. De style marocain, elle a été conçue par des architectes français et marocains, dirigés par Gustave Collet, l’architecte attitré du souverain chérifien. Ils se sont inspirés de la Mosquée Mohamed V de Casablanca. Elle a eu successivement comme imam, El H. Amadou Lamine Diène, de 1964 à 1976, El H. Maodo Sylla, de 1976 à 2001 et El H. Alioune Moussa Samb, actuel imam. L’imam ratib de Dakar fait partie des dignitaires de la collectivité léboue.
(Source, Page Facebook actualités éducatives)
Présence des autorités
Il y avait un ballet incessant d’autorités le jour de la collecte. Parmi les centaines d’autorités, nous avons noté entre autres la présence du ministre Alioune Ndoye venu apporter son soutien à l’imam, du Grand Serigne de Dakar Abdoulaye Makhtar Diop, du Saltigué Mamadou Mbengue président du collectif des 121 villages traditionnels lebous, de Abdoul Khadr Gaye Président de l’EMAD, de Doudou Séne directeur du PNLP et d’El Malick Ndiaye du Pastef.
Collecte de la jeunesse Tidiane Mâlikite
La grande mosquée de Dakar a refusé du monde le vendredi 28 Avril 2023. Des milliers de musulmans ont convergé vers ce lieu de prière pour apporter leur 1000 FCFA conformément à l’appel de l’imam Ratib de Dakar Alioune Moussa Samba. La collecte fut une réussite totale puisque, selon les chiffres officiels de la jama’atun Nuur Assuniya, 37 150 000 FCFA ont été collectés ce jour.
Délégation de Tivaouane
Tivaouane n’était pas en reste, Le khalife général des tidianes, Serigne Babacar Sy Mansour, a envoyé une forte délégation dirigée par Serigne Mame Alpha Sy accompagné de Serigne Pape Makhtar Kébé, Mame Ndiogou Sy, le coordonnateur de la jama’atun Nuur Assuniya et ancien ministre du pétrole, Makhtar Cissé.
Retour du khalife général des tidianes
Après un séjour en Europe pour des raisons de santé, le khalif général des tidianes Serigne Babacar Sy Mansour est de retour à Dakar. Son avion a atterri sur le tarmac de l’aéroport Blaise Diagne deux jours avant la laylatul qadri. Nous prions Allah Swt de lui accorder une meilleure santé afin qu’il puisse poursuivre avec nous les projets de la hadara Mâlikiya.
Coup de cœur
La présence du 13eme penc a été incontestablement l’attraction de la journée de collecte. Les peuls d’origine guinéenne de la rue sandinieri qui se définissent comme le 13eme penc, donc membre à part entière de la communauté léboue était venue avec une forte délégation remettre à l’imam de la grande mosquée de Dakar leur participation. Un geste hautement symbolique, du reste très apprécié.
Gamou Treviso
La présence du 13eme penc a été incontestablement l’attraction de la journée de collecte. Les peuls d’origine guinéenne de la rue sandinieri qui se définissent comme le 13eme penc, donc membre à part entière de la communauté léboue était venue avec une forte délégation remettre à l’imam de la grande mosquée de Dakar leur participation. Un geste hautement symbolique, du reste très apprécié.
Extension du réseau hydrique à Tivaouane.
Le maire Diop Sy vient de réussir un coup de maître avec l’extension du réseau hydrique aux villages qui n’en disposaient pas. Les populations, très heureuses, lui ont manifesté leur satisfaction. Mais selon Diop Sy, ceci n’est qu’un début, le réseau électrique va suivre, il compte, d’ici l’arrivée de l’hivernage, électrifier et assurer la disponibilité de l’eau à tous les villages de Tivaouane.
Gamou Treviso bis
Le stade a vibré avec la présence de Doudou Kende Mbaye, Sam Mboup et Ndiaga Ndiaye Jamil. Nul besoin de vous raconter l’ambiance de la salle qui était électrique.
Serigne Habib Sy
Mansour
Serigne Habib Sy Mansour a montré ses talents hors norme de conférencier. Réclamé par le grand public présent au stadium, il n’a eu autre solution que de répondre à cet appel. Son duo avec Sam Mboup montre une autre facette de Serigne Habib qui nous rappelle El Hadj Ibou Sakho Rta.
Challenges mariés contre célibataires ou l’art de joindre l’utile à l’agréable
La situation matrimoniale des jeunes de la Hadara a tenu en haleine les réseaux sociaux pour une raison bien utile, une collecte de fonds pour la finition des travaux de la grande mosquée de Tivaouane. Après une rude bataille longuement dominée par les mariés, les célibataires ont réussi une remontada spectaculaire. Résilients et endurants naturellement, les célibataires ont déjoué tous les pronostics. Puissent-ils tous trouver chaussures à leurs pieds bientôt ! En entendant, vivement d’autres tours de challenge du genre !
Abdou Aziz NDIAYE
Encore lui
Dans le cadre de la visite guidée effectuée le dimanche 14 Mai à Tivaouane, Abdou Aziz Ndiaye a promi une autre participation de 100 millions Bravo!
Nouveau Pin’s à 100.000fr
PORTRAI T du mois
Qui est Imam Moussa Samb, l’imam de la Grande Mosquée de Dakar ?
Son nom a fait dernièrement les choux gras de la presse nationale. Sa dernière sortie lors de la prière de l’Aïd El Fitr (Korité) avec son appel à participer à la collecte au profit de la grande mosquée de Tivaouane en construction a été diversement appréciée et commentée.
Apprécié, aimé, voire même adulé par la communauté léboue, respecté dans le milieu intellectuel arabe, Imam Alioune Moussa Samba est un personnage aux multiples facettes qui ne passe pas inaperçu.
Connu pour son franc parlé, son détachement de la mondanité, il ne laisse personne indifférent.
Dans ce premier numéro du magazine Le jeune Tidiane, nous allons vous faire découvrir cet illustre homme (de Dieu), célèbre, mais méconnu qui préside aux destinées de la grande mosquée de Dakar
H
Le jeudi 27 avril 2023, veille du vendredi de collecte décrété par la jeunesse Tidiane Mâlikite pour répondre à son appel, je me suis rendu à la Gueule Tapée où il réside. Je n’ai pas eu de mal à trouver sa maison, car il est connu et aimé dans ce vieux quartier lébou où habitaient des notabilités tels que, entre autres, El H. Ousmane Diop Coumba Pathé, El H. Alia Codou Ndoye, El H. Yahya DIOP et El H. Amadou Lamine Diène, premier imam de la grande mosquée de Dakar. Un étage carrelé de blanc, sobre et coquet. À l’intérieur de la maison, je suis correctement accueilli. Après avoir décliné mon identité, on m’installe sans trop de protocoles dans le salon privé de l’imam Ratib où il me rejoint aussitôt, sourire aux lèvres, mine joviale, tenue simple, bonnet carré rouge bien vissé à la tête, en bon talibé. Il me salue chaleureusement, non sans me lancer une petite
pique, une façon de me mettre à lèse : « Kane ngay seet ? » (tu cherches qui ?) « Yow xana » (nul autre que toi), lui répondis-je. « Bismilaahi » (une façon de dire « je suis à toi »), sourit-il en s’installant en face de moi.
Bien installé dans mon fauteuil et mis à l’aise par la bonne humeur de l’hôte, je lui offre deux exemplaires du livre de mon père sur la tariqa (Une Tariqa cachée dans le livre de Dieu. La Tariqa coranique). C’est parti pour une discussion très enrichissante et profonde sur la tariqa et sur l’histoire religieuse du Sénégal.
Les préparatifs pour le déjeuner vont couper cette discussion, ô combien intéressante. Je n’ai pas senti le temps passer.
Le repas, un bon thiebou dieune que je pris la peine de bien déguster avec la généreuse famille, me rappela la téranga sénégalaise.
Bien rassasié, je commençais mon entretien : des questions sur sa vie : son enfance, sa formation, l’imamat de la grande mosquée, etc.
Ses origines…
Né le 30 Mai 1943 au penc de Yakh Dieuf, dans le Plateau, imam Alioune Moussa Samba est un Lébou bon teint, fils de Alassane Dial Samba et de Khadidiatou Lô. Alassane Dial, son père, est originaire du village de Yoff, fondé après l’éclatement de Mboukhekh. Il est le petit-fils d’Imam Moussé Samba. Mboukhekh se trouvait à quelques encablures du stade Léopold Sedar Senghor. Les habitants de Yoff, Ngor et Ouakam possédaient des terres dans l’actuel centre-ville de Dakar où ils pratiquaient l’agriculture et vice versa. Par la suite, ces champs seront transformés en lieu d’habitation. Après l’éclatement de Mboukhekh, naîtront aussi le village de Beigne et Soumbédioune qui donneront naissance aux douze pencs : Kaay Findiw, Santhiaba, Mbakendeu, Gouye Salaane, Hock, Ngaraaf, Diecko, Mboot, Yakh Dieuf, Thieudème, Kaay Ousmane Diène et Thieurigne. Imam, en bon fils de penc, est une voix autorisée très attachée à la communauté léboue dont il fait partie des plus grands dignitaires et défenseurs.
Khadidiatou LO
EL H. Alassane Dial SAMBA Père de Imam Alioune Moussa SAMBSon enfance…
Né dans le Plateau, Alioune Moussa Samba a grandi avec ses frères et sœurs dans le cocon familial. Choyé par ses parents, il ne manquait de rien et vivait sous le regard protecteur d’un père chevillé aux valeurs islamiques. Traité comme un prince par ses oncles et ses tantes, il bénéficiait souvent de cadeaux qui ravissaient l’enfant qu’il était. En bon fils du Plateau, il était un bon sportif. Connu et apprécié grâce à ses talents de footballeur, ses amis se disputaient pour l’avoir dans leur équipe : il était un buteur hors pair qu’il valait mieux avoir avec soi que contre soi. Téméraire, courageux et même quelquefois belliqueux, il était un dur à cuire qui ne se laissait pas marcher dessus.
Études et vie professionnelle…
À l’âge de cinq ans, sur proposition d’un cousin de son papa du nom Mamadou Guèye Bara (disciple de Serigne Babacar SY), l’enfant Alioune Moussa Samba va vivre sa première expérience hors du paradis familial. Son oncle lui demandera de le rejoindre à Mbour. Pour convaincre l’enfant innocent qu’il était, friand de pain, comme tout bon lébou, il lui dira : « Là-bas, il y a du pain à gogo » (Foofu dafa bëri mburu).
Dans la station balnéaire, Serigne Mamadou Seck, petit frère de son oncle, se chargera de lui apprendre le Coran et les différentes sciences de la Charia. Ce dernier recevra l’ordre de son grand frère de l’amener partout où ses activités l’appelaient : « Il est dorénavant sous ta responsabilité », lui dira-t-il. C’est ce qui explique son passage à Bargny, village d’origine de son maître coranique. Mais également à Fann (camp Claudel) où il passera la majeure partie de son adolescence. À l’âge de sept ans, il revient dans la maison familiale pour rejoindre l’école française. Mais par manque de place dans les écoles du Plateau, il dut retourner chez son maitre coranique pour poursuivre ses études islamiques.
Comme tout enfant issu de l’école coranique, il lui est arrivé de mendier, mais pas pour longtemps. Le propriétaire de la maison d’hôte à Fann, le vieux Youssoupha Ndiaye, lui assurait les trois repas. « Il me choyait et m’avait pris sous son aile protectrice. Cette relation a duré jusqu’à son décès. Aujourd’hui, je suis toujours considéré comme l’aîné de sa famille.», dit-il.
Intelligent et très responsable, il va assister son maître en enseignant à ses frères de Daara les matières telles que Al ahdari, Ashmawi, Muqaddimat, Nahwu, etc.
Sa formation terminée précocement, le jeune Alioune Moussa Samba est inscrit à un concours pour devenir instituteur après la mise sur pied des premières écoles franco-arabes. Réussissant avec brio le concours, il passe trois ans au Daaral Mu’alimine puis est amené en Tunisie pour un stage. Ce stage qui a duré six au lieu des neuf mois prévus va lui permettre de rentrer au Sénégal en tant qu’instituteur. Métier qu’il exercera jusqu’à sa retraite.
Imam Alioune Samb, une voix qui renvoie au Maghreb… Ceci est d’abord le fait d’une formation rigoureuse qu’il a reçue de son maître, très à cheval sur la bonne prononciation mais également l’origine de chaque lettre. Ensuite la langue Wolof qui se prononce par le fatha nous permet de toujours avoir la bonne prononciation. C’est pourquoi le sénégalais est très à l’aise sur les autres langues. Il les prononce comme si elles étaient sa langue d’origine. Certains peuples utilisent le damma ou le kasra d’où leur difficulté à prononcer les langues étrangères.
La succession de l’imam
Maodo Sylla…
À l’âge de 31 ans, l’Imam Ratib de la grande mosquée de Dakar de l’époque, Maodo Sylla, fit appel à lui pour en faire un de ses assistants. Entre-temps, les dignitaires de Bargny lui avaient demandé de diriger les prières de la mosquée de leur quartier. Ce passage lui permit de se former davantage aux exigences de la fonction d’imam. Son charisme, couplé à la maîtrise de la charia, va faire de lui le successeur désigné du très adulé Imam Maodo Sylla. Ce qui fait qu’à la disparition de ce dernier en 2001, il est choisi par la communauté lébou pour le remplacer. Depuis cette date, imam Alioune Samba assume dignement cette lourde charge. Il faut dire que cette aventure au sein de la grande mosquée de Dakar n’avait pas été de tout repos. En effet, imam Alioune Moussa Samba, alors adjoint de l’imam Ratib Maodo Sylla a été suspendu par ce dernier pendant deux ans. Son franc parlé est passé par là. Déjouant un coup monté sur lequel Maodo Sylla n’avait pas la bonne information, le groupe à l’origine de ce coup se précipita pour le présenter en démon. Conséquences, une sanction de deux ans qu’il a « endurée d’une belle endurance », rejetant pendant cette période diverses propositions d’imamat, rétorquant à ses « bienfaiteurs » : « Ku may ñaanal na ma ñaanal ma muñ ». Il sera réhabilité par El Hadj Maodo Sylla, qui après avoir découvert la vérité, lui a fait une « promotion ».
Le football…
« Talentueux et technique des deux pieds », comme il se définissait, voir le jeune « Pape Samba » (son surnom) jouer au football était un pur régal. D’ailleurs, il était l’idole de l’ancien international sénégalais Roger Mendy et de son frère Ibrahima, qui s’est converti à l’Islam et est maintenant un grand disciple de Serigne Babacar Sy. Très courtisé par les équipes de nawétanes, le jeune Pape Samba faisait se lever les foules dans les gradins. Sa maîtrise parfaite du ballon, alliée à l’élégance qu’il dégageait, lui donnait une renommée extraordinaire.
Son marabout, Serigne Mamadou Seck, voyant sa cote de popularité qui ne cessait d’augmenter l’appela un jour pour lui demander de prendre le wird tidiane et de s’y consacrer, une façon de l’éloigner du ballon rond. Question du jeune Alioune Moussa Samba : « Le wird, on le demande ou il est proposé ? ». Son maître de lui répondre : « Il est demandé sans propagande ». « Je ne suis pas encore prêt à le prendre », lui répondit-il avec franchise.
À travers le football, sport collectif, imam, très pédagogue, décortique ces deux versets « at ta’âwunu alal birri wat taqwâ » et « wa’tassimû bi hablil Lâhi jamîhane wa lâ tafarraqû ». Deux paroles coraniques qui enseignent la générosité de celui qui donne et l’humilité de celui qui reçoit, qu’on retrouve dans la pratique du football. Parce que sans générosité et humilité on ne réussit rien dans la vie.
Toujours aussi attaché au foot, imam eut un déclic un soir à Bargny. Rentrant chez lui après un entraînement de nawétanes, il se dirige sous la douche pour prendre son bain. Comme s’il venait de se réveiller après une longue nuit de sommeil, la wazifa chantonnée dans la mosquée de son quartier avec cette prière « astaghfirul Lâhal azîmal lazî lâ ilâha illâ huwal hayyul qayyûm » le fit tressaillir, lui qui en comprend le sens et la signification. Il n’avait même pas encore fait la prière du timis à fortiori demander pardon au Bon Dieu, tout le contraire de certains de ceux qui étaient entrain de la réciter. Il s’empressa de terminer sa douche, fit sa prière du timis et partit rejoindre Serigne Mamadou Seck, son marabout, chez lui, pour demander le wird tidiane en précisant : « Il est temps pour moi de laisser le football et de me consacrer entièrement à la religion et à la pratique de la Tariqa Tidiane ». Son marabout, surpris par une telle décision, lui demande la cause de ce brusque changement. Alioune Moussa de lui expliquer la scène qui venait de se passer sous la douche. Il eut par la suite deux certifications de Serigne Mansour Sy Borom daara ji (idiâza itlâq) et de son jumeau Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy Al Maktoum par le biais de Samba Cissé. Ce qui explique le lien très fort qui le lie à Tivaouane et à la Hadara de Seydi El Hadji Malick Sy
RTA. Il est un inconditionnel de Tivaouane. Un amour dont je peux témoigner.
Le théâtre…
Durant son adolescence, imam a pratiqué le théâtre. Il se rappelle même d’une scène où imam Maodo Sylla, choisi en raison de son élégance et de sa beauté, avait joué le rôle d’un roi. La pratique du théâtre lui a permis de se familiariser et d’être à l’aise avec les foules, de vaincre le stress lié à la prise de parole en public.
Son franc parler…
Depuis son enfance, imam Alioune Moussa Samb est connu comme quelqu’un qui ne mâche pas ses mots et ne recule pas devant la vérité. Ceci est le fruit d’une éducation stricte basée sur le Coran et la Sunna. À la question de savoir d’où il tire son franc-parler, il répond « dama moom sama bopp si kanamu Yala » (je ne dépends de personne par la grâce de Dieu). Cette phrase sortie naturellement explique pourquoi Imam n’a pas froid aux yeux. Il vit selon ses moyens, n’écume pas les bureaux des autorités étatiques, ne fréquente ni les gens riches ni les hommes d’affaires.. Ce qui lui permet de garder son autonomie. De dire la vérité en tous lieux et en toutes occasions.
La vérité en bandoulière, imam n’a pas peur de prendre position, car tous ses actes sont pesés, soupesés dans la balance de la charia et de la sunna conformément aux recommandations du Prophète Muhammad Saws. Sa dernière sortie lors de la prière de la korité qui a fait du bruit ne l’ébranle pas dans la mesure où il ne fait que transcrire un hadith du Prophète Muhammad Saws.
INTERVIEWS
Nous avons le plaisir de recevoir Monsieur Moulaye Abdou Aziz Diop, brillant intellectuel et esprit éclairé pour discuter des points qui concernent la ville de Tivaouane . Petit fils de Seydi El Hadji Malick Sy et homonyme de Mame Abdou Aziz Sy Dabakh, il est également un membre éminent du comité scientifique de la hadaratoul Mâlikiya et du comité de pilotage de la jama’atun Nuur Assuniya. Dans cette interview nous allons passé en revue l’actualité de Tivaouane, la ville lumière.
Moulaye Abdou, la grande mosquée de Tivaouane occupe actuellement tous les esprits, où en est on avec les travaux de finition ? À quand prévoit on l’ouverture ?
Pour la grande mosquée de Tivaouane, avant de répondre à votre question , permets moi de faire juste un bref rappel historique.
Cette grande mosquée est un vœu exaucé lors du pèlerinage à la Mecque de Mame Elhadji Malick Sy en 1889. Elle a été construite par Seydi Elhadji Malick Sy Rta en 1904 après avoir obtenu l’autorisation de construire datée du 17 février 1903 délivrée par l’autorité coloniale à l’époque.
1904 qui a également coïncidé avec l’année de naissance de Mame Abdou Aziz Sy Rta et la fondation du village de fass diaksaw, fief spirituel de Mame Elhadji Malick Sy Rta. Ce village qu’on résume par le triptyque : Dia/Diou/ ba Diang/diouli/bay
Mame Elhadji Malick Sy a consacré toute sa vie à l’éducation, la formation, l’adoration de DIEU et le travail à travers l’agriculture et le commerce.
Cette grande mosquée de Tivaouane construite par Seydi Elhadji Malick Rta a connu sa première extension en 1979 sous le magistère de Mame Abdou Aziz Sy Dabakh Rta.
En 2021, l’actuel khalife général des Tidianes lança les travaux d’achèvement avec de nouvelles composantes sur une surface bâtie de 12000 m2 entièrement climatisée : extension de la mosquée, mosquée pour les femmes, toilettes souterraines, grande esplanade , salles
polyvalentes, assainissement, voirie, autonomie en eau et en électricité avec un forage et une centrale solaire.
MOULAYE ABDOU AZIZ
DIOP
Après le lancement des travaux en mai 2021, sous la direction de l’association Jamatou Nour Assouniya avec un comité de pilotage dirigé par Elhadji Makhtar Cissé avec différentes commissions composées du capital humain de la hadratoul Malikya , les travaux du gros œuvre ont été bouclés en moins de deux ans et les travaux du second œuvre ont démarré depuis le début de l’année en cours, 2023 et les responsables et techniciens sont à pied d’œuvre pour boucler l’essentiel des travaux au courant de l’année en cours.
Les prérogatives du comité de pilotage et des entreprises en charge des travaux se limitent à terminer les travaux dans les délais et à remettre les clés au maître d’ouvrage, le Khalife général des Tidianes Serigne Babacar Sy Mansour qui a la responsabilité et la prérogative de fixer la date d’ouverture après concertation avec les membres de la famille.
Nous avons constaté ces derniers jours un regain d’engouement des jeunes et des vieux au profit de la grande mosquée de Tivaouane. Comment jugez vous notamment l’appropriation par les jeunes de ce grand projet si cher au Khalif Général Serigne Babacar Sy Mansour et à des devanciers ?
La mobilisation, l’engouement, l’adhésion, l’appropriation des jeunes, hommes, femmes, vieux bref de la hadratoul Malikya principalement et au delà même de toute la ummah peut être appréciée à plusieurs niveaux :
- La dimension spirituelle et la vision de Seydi Elhadji Malick Sy, continuateur du modèle prophétique qui a bâti toute sa stratégie autour de la Charia et de la sunna. 100 ans après sa disparition, son legs est plutôt immatériel que matériel : des milliers de moukhadams formés et disséminés sur l’étendue du territoire, des milliers de mosquées et daara implantés, des millions de disciples, un capital humain abreuvé à la source du savoir, du culte de DIEU, des valeurs..
- L’exemplarité (à la place des miracles ) de Mame Seydi Elhadji Malick Sy Rta et de ses illustres descendants qui ont toujours montré la voie et mobilisé leurs disciples pour le culte de DIEU et non à leurs profits.
Cette mosquée qui est une maison de DIEU et une fierté de l’islam en est un exemple.
- le modèle de gouvernance transparente, le modèle économique et la démarche inclusive et participative qui structurent le projet.
De l’édification de la grande mosquée par Mame Elhadji Malick Sy en passant par l’extension par Mame Abdou Aziz Sy Dabakh jusqu’aux travaux d’achèvement sous le magistère de Serigne Babacar Sy Mansour, les fidèles et disciples ont toujours été au cœur des travaux avec leurs contributions diverses.
Contribution estimée à plusieurs milliards. Jamais ils n’ont voulu que des mécènes individuellement assurent les travaux malgré les différentes offres et propositions.
Ils ont toujours voulu que les contributions soient collectives pour faire bénéficier à tous les fidèles et croyants des dividendes ici bas et à l’au-delà liés à la participation aussi symbolique soit-elle à la construction d’une mosquée.
- autre élément très important, c’est la communication autour du projet avec les différents supports de la hadra : Asfiyahi, Malikya, les autres médias, les plateformes numériques de la hadra et les réseaux sociaux qui ont beaucoup contribué à la mobilisation, à la collecte, à l’accès et au partage instantané d’informations fiables et exhaustives.
Cette mosquée va changer le visage de Tivaouane
Comment la ville de Tivaouane doit elle accompagner ce joyau ?
Affirmatif la mosquée une fois achevée avec toutes ses composantes, va compléter modifier l’environnement de la ville sainte.
D’abord sur le plan du tourisme religieux et avec l’autoroute à péage Dakar / Tivaouane, la ville sainte risque d’être un point de ralliement hebdomadaire surtout les vendredis en plus des évènements religieux classiques : gamou et ziaar.
L’écosystème autour de la mosquée doit être bien pensé et aménagé avec un environnement en harmonie avec ce joyau, des voies d’accès fluides et élargies, la maintenance et l’entretien...
Penser à la formation des jeunes surtout de la hadra qui ont le profil pour le transfert de technologie, la création d’emplois, la gestion de la grande mosquée.
Après la grande mosquée de Tivaouane devrait aussi après bénéficier d’un institut ou d’une université digne de ce nom avec des filières diversifiées, qualifiantes et adaptées .
Tivaouane , aussi va être un hub et un pôle de développement économique et spirituel vu la position qu’elle occupe et il faudra une synergie entre le pouvoir spirituel et le pouvoir temporel tant au niveau national que local pour tous les projets et programmes relatifs au développement et le futur de la cité religieuse, en tenant compte surtout de la spécificité de la ville, commune et ville sainte à la fois à dimension humaine.
réalisée par
INTERVIEWS
Ces temps ci, il est beaucoup question de tourisme religieux dans le lanterneau médiatique sénégalais. Votre magazine “Le Jeune Tidiane” dans son premier numéro reçoit le Dr Papa Elimane FAYE, PhD en science du tourisme, Enseignant-chercheur à l’Université Iba Der Thiam de Thies pour passer en peigne fin, ce sujet qui intéresse les sénégalais mais particulièrement les tidianes depuis le démarrage de la grande mosquée de Tivaouane.
Dr Papa Elimane FAYE
1-Le tourisme religieux, qu’est ce que c’est ?
C’est vrai qu’on en parle de plus en plus dans certains pays et davantage au Sénégal. En effet, le tourisme religieux est l’une des premières formes de tourisme au monde. En réalité, le pèlerinage qui le symbolise a été la première mobilité touristique à voir le jour il y a des milliers d’années . Ainsi, bien que le tourisme moderne soit considéré comme un phénomène relativement récent, ses origines sont clairement ancrées dans la pratique séculaire du pèlerinage. Le tourisme religieux fait donc référence à un type de tourisme qui implique le voyage vers des lieux saints, des monuments religieux ou des sites culturels et historiques liés à la religion. Les pèlerinages, les visites de temples, de mosquées, de lieux de culte et de sites saints sont les principales activités, produits ou services dans le tourisme religieux.
2- Existe-t-il une politique tendant à développer le tourisme religieux au Sénégal ?
Oui, le Sénégal a une politique visant à développer le tourisme religieux. Le pays a une riche histoire culturelle et religieuse, avec une forte présence de l’Islam, du Christianisme et de la tradition animiste. Le gouvernement
sénégalais encourage la promotion du tourisme religieux pour attirer les visiteurs étrangers et stimuler l’économie locale.
D’ailleurs, je salue la tenue d’un forum national sur le tourisme religieux du 15 au 16 mai 2023 au Musée des civilisations noires de Dakar, sous la coordination du Professeur Mounirou Sy. Cette initiative est très intéressante pour favoriser la promotion et le développement du tourisme religieux au Sénégal.
Ce forum pourrait permettre de rassembler des experts, des professionnels du tourisme, des représentants du gouvernement et de la société civile pour discuter des enjeux liés au tourisme religieux, partager de bonnes pratiques et d’expériences réussies, ainsi que pour échanger sur les moyens de développer ce secteur tout en veillant à la préservation de l’héritage culturel et religieux de nos saints..
Je pense que la participation active des villes saintes de l’Islam et du Christhianisme à ce forum pourrait être un excellent moyen de présenter les initiatives en cours dans ces villes respectives pour le développement de leur tourisme religieux, et d’obtenir des recommandations et des suggestions pour renforcer les stratégies existantes.
3- Comment développer le tourisme religieux à Tivaouane ? Quelles sont les stratégies à mettre en place pour que Tivaouane devienne un hub du tourisme religieux ?
Pour développer le tourisme religieux à Tivaouane, il est important de mettre en place des stratégies efficaces. Ces stratégies peuvent inclure la promotion de la ville et de ses sites religieux auprès des touristes, le développement de l’infrastructure touristique, l’organisation de festivals et d’événements religieux, la formation de guides touristiques locaux, ainsi que la mise en place de services de transport et d’hébergement. Je pense qu’il faut aller vers la création d’un circuit touristique de la tidjaniya en mettant en avant les différents démembrements de Tivaouane, les muqqadams de Seydi El hadji Malick Sy et revaloriser Gaya comme point d’origine de l’histoire de la famille Sy de Tivaouane. Cela me paraît d’autant plus intéressant que les localités de Gaya mais aussi de Halwar pourraient pleinement jouer leur rôle dans ce circuit inédit. Ce circuit, faut-il le rappeler, pourrait inclure des visites guidées des sites historiques et des monuments religieux, de tout le patrimoine de la tidianiya ainsi que des événements culturels et religieux dans les différentes “Muqqadamiya”. En outre, la mutualisation entre les villes religieuses comme Touba, Kaolack, Yoff, Ndiassane, Prokhane, Médina Gounass et Tivaouane est une stratégie importante pour le développement du tourisme religieux au Sénégal. Ces villes ont des histoires et des traditions religieuses uniques qui attirent des pèlerins et des touristes du monde entier, et en travaillant ensemble, elles peuvent offrir une expérience touristique plus riche et plus diversifiée.
La mise en place de circuits touristiques qui incluent plusieurs villes religieuses serait un excellent moyen de promouvoir le tourisme religieux dans le pays et d’encourager les visiteurs à découvrir les différentes cultures et traditions religieuses sénégalaises. Les gouvernements locaux pourraient également collaborer pour la mise en place de stratégies communes de marketing et de promotion, et pour l’organisation d’événements touristiques conjoints.
Dans ce cadre, Tivaouane, en tant que capitale de la Tidianiya, peut jouer un rôle de premier plan dans la mutualisation avec les autres villes religieuses. Cela permettrait de mettre en avant les spécificités de la confrérie et/ou sensibilité religieuses, tout en offrant une expérience touristique plus complète et plus immersive pour les visiteurs.
4- L’ouverture prochaine de la grande mosquée de Tivaouane peut elle avoir un impact sur le plan touristique ?? et Quels sont les avantages qui peuvent naître de cette mosquée, l’une des plus belles du monde ?
L’ouverture de la grande mosquée de Tivaouane peut avoir un impact significatif sur le plan tour-
istique, car elle attirera de nombreux visiteurs intéressés par l’architecture et l’histoire de la mosquée. Les touristes pourront également participer aux événements religieux qui ont lieu dans la mosquée, ce qui pourrait stimuler l’économie locale en créant des emplois et en attirant des investissements. Il y a toujours une forte économie autour des grandes mosquées de cette nature. C’est pourquoi nous pensons que l’administration de la mosquée doit être impliquée à tous les aspects du développement touristique, y compris les services de transport, la collecte des déchets et le stationnement. La mise en place d’un service de navette de la mosquée et la création d’un parking souterrain pour les visiteurs permettraient de fluidifier la circulation et d’offrir une meilleure expérience de visite. La mise en place d’un système de collecte, tri et séparation des ordures permettrait de maintenir la propreté autour de la mosquée et de la ville.
Nous proposons également l’utilisation de calèches écologiques pour les visites autour de la mosquée. Cela peut être une excellente idée pour rappeler le mode de transport traditionnel utilisé par Maodo (wëtiir) et pour offrir une expérience de visite originale et respectueuse de l’environnement. Toutes ces propositions sont des stratégies intéressantes pour développer le tourisme religieux à Tivaouane et faire de la ville un hub du tourisme religieux.
Interview réalisée par Fatimata NGOM
Quand la bave du crapaud n’atteint point la
blanche colombe…
Terre de lumière, terreau de grâce et de bonté, terrier de connaissance et d’érudition, tanière de vaillants talibés, Tivaouane n’a jamais cédé au piaillement sournois d’une poignée d’individus dont le seul mérite est de porter la médiocrité en bandoulière. Ils sautillent et coassent bruyamment, baignent dans la démagogie et pataugent dans la duplicité à chaque fois que la ville sainte pose un acte fort. A une autre époque, la place publique du village leur aurait été interdite. Entre fabulations, manipulations et mensonges froids, nous somme en face d’une catégorie dangereuse d’energumènes qui devrait plus se taire qu’elle ne parle, plus écouter qu’elle ne bavarde. Ils ne ratent aucune occasion pour tourner en dérision les propos ou faits de certaines voix autorisées de la Hadara. D’aucuns iront jusqu’à désavouer leur passé de jeune entretenu par des guides de la famille
Sy en parlant d’eux avec un dédain digne d’un parvenu.
Alors, dans la mare boueuse des amphibiens rebelles, se trémoussent des politiciens mégalomanes à la rhétorique perfide pensant naïvement qu’une tirade faite de versets coraniques rend intelligent et honnête ; des syndicalistes néo politiques mal fagotés à la fois impertinents et inintéressants qui ne sont élégants ni dans les mots ni dans le port ; des charlatans reconvertis en chroniqueur signe d’une décadence annoncée de nos médias ; des intellectuels malhonnêtes aux ambitions inavouées et, des influenceurs, pas tous quand-même, au triste destin de ne devoir vivre que pour des « vues » et des « likes ».
Ils ont réussi à prendre en otage une
jeunesse désemparée qui est loin de constituer leur priorité, contrairement à la philosophie de la Hadara. Beaucoup, au nom d’une bien-pensance, ont renié le pacte qui les liait à la cité religieuse. Ils alimentent des confusions voulues afin de chambouler les principes sacrosaints de l’ordre social. Ils érigent la discourtoisie en règle et, comme possédés par le diable, s’attaquent aux symboles de notre société et de notre religion.
Leur dernier exploit, ou maladresse volontaire devrai-je dire, a été de tenter maladroitement de dénaturer les propos de l’Imam de la Grande mosquée de Dakar, lors de son appel à la collecte de fonds pour la finition des travaux de la Grande mosquée de Tivaouane.
Ils ont voulu nous faire croire que cet Imam, qui est l’un des plus grands contributeurs aux travaux de la grande mosquée, quémandait au jour de l’Eid el Fitr une collecte à son profit.
Cependant, à l’ère de la désacralisation souhaitée des emblèmes de notre communauté par quelques énergumènes, ce sont des Hommes qui fautent, mais c’est Dieu qui répond. Tant rejette-t-Il le côté obscur. Tant rejette-t-Il l’attitude cauteleuse.
On a voulu détourner les propos d’un homme de Dieu, Ce Dernier lui a envoyé une forte communauté, ragaillardie par une nette volonté de constituer la garde prétorienne de ce qu’elle chérie le plus, sa foi !
En moins d’une semaine, une initiative instantanée a vu le jour. Pilotée par de jeunes talibés, ce qui devait être une simple collecte remise à l’Imam à titre symbolique le vendredi suivant la prière de l’Eid el Fitr se transformera rapidement en une levée de fonds historique : plus d’une trentaine de millions issue d’un décompte provisoire ! Ainsi, à comportement de mouton, réaction de berger !
Des autorités politiques, des dignitaires religieux et coutumiers, des non musulmans et des non tidianes
ont contribué à rendre cette réaction mémorable, nous rappelant ainsi la nécessité de conserver notre commun vouloir de vie commune, n’en déplaisent aux oiseaux de mauvais augure.
En une semaine, ceux qui, autrefois, galvanisés par une notoriété digitale surcotée, ont dû reculer face à la grande offensive de la jeunesse tidiane malikite. Il s’en est suivi un retournement de situation entrainant une vague de démenties, de reprécisions et même de volteface. Certains, pour se donner bonne conscience, viendront prier le vendredi à la Grande mosquée quoique faisant partie de la corporation des brebis galeuses à l’origine de cette manipulation. D’autres souhaiteront même rencontrer l’Imam. Nous aurions pu dire, pour parler comme eux, que la peur a changé de camps ! Sauf que, nous autre, n’avons jamais eu peur ! Cette réaction de la jeunesse tidiane malikite démontre aisément qu’elle constitue un rempart solide contre la promotion de la démystification de nos foyers religieux. Elle sera la garde de nuit qui protégera le mur, la barrière qui découragera toutes ces personnes à la recherche éhontée d’un quart d’heure de gloire en attaquant la ville sainte de Tivaouane. La cité de Tivaouane continuera tranquillement son envol de blanche colombe. D’une blancheur qui rappelle sa pureté, d’un survole qui rappelle son détachement aux futilités. Elle fera parler, jaser, mais jamais atteinte ! On l’admirera de loin, on ne la déplumera jamais ! Alors, « saute, crapaud ! Ta queue a brûlé », dit la chanson créole ! Saute, « saute plus haut, elle va repousser », ajoute-t-elle ! Mais, crois-moi, une chose est sure, tu as beau sauté, tu as beau sursauté, tu as beau tressauté, jamais ta bave n’atteindra notre blanche colombe !
Équipe de Rédaction (PROJET)
Pôle Scientifique
- Cheikh Ahmed At Tidiani DIENG
- Sokhna Maimouna DIOP
- Fatimata NGOM
- Baba Galé DIAO
Pôle Multimédia
- Mouhamed DIEYE
- Modou GUEYE
- Ibrahima Khalil KANE
- Peinda FALL
- Papa Babacar Th. FALL