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lisière le plus beau thÊatre du monde 2010


je suis venu revenu vous dire à reculons que je me blottis me roule les genoux me tient et file l’horizon plongé un pendule frémissant devant les yeux, une roue, un carré de terre, un lopin, un espace spirale qui se recroqueville périphérique ouvert qui s’enroule autour de l’autre, de l’arbre, la jambe en sortie, en fuite, fil expulsé craché reste le souffle, l’air, à tourner autour, à frétiller, à jongler là


Becs qui se taisent

coudent coupent couturent

et crient l’espace


la retenue de nos gestes intĂŠrieurs

navigable

Le presque parlĂŠ

en libre circulation


le flux et reflux vaque liquide à ses passivités une voix sans réponse répandu là à suivre le chemin du bout des doigts les micro mouvements dévalant les veines s’étirent s’étalent et déploient il, se tord tend pousse et s’étreint, grésil s’éloignant toujours un peu plus


pieds, l’un sur l’autre, cette ridicule luciole magie qu’agite le corps, tremblement de la terre et de l’oeil jusqu’à trouver la tournade mots dans le tourment, tourbillon en code social 1 2 3 les émotions tenues au nombril

mots vrillés et le chant comme un arc tiré dans la gorge une corde pour symétrie invisible

Thésée divague mais Ariane ne se pendra plus


danse de 6 le cercle le fil danse de 6 puiser intĂŠrieur, jeter extĂŠrieur

des trous dans le ciel

des trous dans la terre labour du souffle


le cirque en cordon Êlastique danse de 6 le cercle l’errance de 6 danse

1 2 3 vient le temps 1 2 3 vient le temps

et retourner dans les yeux de ma voisine


le temps du labour doublé le temps du tambour chanté en 6 claquements de doigts le tremblement de la terre et du ciel, de la stupidité agiter les fils, les terres marionnettes les ancêtres et les fleuves


le souffle monte du ventre puis déposé sur les dalles froides_ une dureté_ cette poche chaude ventre ou posées sur _un frémissement _ les dalles froides s’essoufflent le rôle glisse entre les rainures encore souffle un grésil le doux froid et tranquille grésil_une tranquillité_ qui s’installe et se pose se rétracte pousse et se contracte étendu là sur ces dalles froides ce grésil en circulation entre les rainures et notre poids, posé sur les dalles


la main sur le front, les yeux les yeux sur un balancement le sol git d'une contagion catastrophe, cueille à droite avec douceur, soutient maitient le fond une main sur son pied en arrière, le pied pris, avec douceur, de tremblements


il, se dÊplie articule tourne se lève et laisse passer, fais passer, passe, il frotte en apnÊe prends position se tourne sur le ventre pousse sur placese retourne comme une langue sept fois sur un ventre un nombril


s’entortillant sur un autre lui même


corps logique donnĂŠ pris et repris corps par grappe


en 3 sur 2 l’attention du dernier cercle le décrochage des torses prennent perdent contact faire valser les doigts, comme des corps et creuser la panse, danser les fantômes

une voix file en sillon une voix ouverte

l’ogre orage des campagnes se lève et dévale les côtes les rues pour deviner des villages et dans les villages des cercles, et dans les cercles des danses, s’approcher vers le centre le feu l’axe et en dessous du feu en son centre trouver en tournant et transer


sur l’énergie de l’autre transe entre le trop de regard et le ramassé, la musique et le milieu, tenir le monde tambourin contre son ventre sa peau animal tendue et imiter circuler la trace le cercle la carte le code le calque prendre feu prendre forme

passe le sac danse de maçon / passe le sac étreint le feu axe de transmission danse de paysan / passe le sac amassé sur la terre / construis une charge et retend le ventre vautour du tambour pince le feu et tchappe l’invisible, faire vibrer une dernière fois le pendule et tes bras sur l’écho des derviches Abierto

je prends et je passe souviens toi du sac


Être inadapté diaporama de désirs

nous ne cessions de vouloir déclouer les papillons ouvrir sous la peau la parenthèse des continents


faire le tour


rouler appui_racine_contact_ rouler autour de sa boule noire, de son trou, de l’épanchement de son trou qui se diffuse un corps sorti de son intention, entré dans ses structures, ressorti en bourdonnements


crépitement sur les bords littoral lié aux enlacements lié à la lassitude lié à la rature corps qui vrille à nouveau, bat à reculons des ailes des cils bat des bras, cordes, arc et membres fantômes se tapent la bouche là où s’enroulent s’enfoncent s’envolent martèlent et s’effondrent, là où tombent les impossibilités. en une fraction de seconde, s’arrêtent ici mes mots, corps friables frottent et s’arrêtent, se retirent maintenant de maintenant, pulsation, arrêt d’urgence de la machine, s’arrêtent et se reprennent là où ils s’étaient laissés tomber


adossé aux bords de la scène adossé à sa propre impuissance corps adossé


déplier étirer la figure fragments amplifiés déplier étirer la glu


accroupis vestes-vertiges, jusqu’aux bleus-rouges profonds


écluses qui rampent dans les lisières, ventriculées pataugeant, des peaux mortes aux monstres enfouis, l’inertie qui longe les bords


une casquette de faim de fer, mordue nerveusement des yeux aux lèvres pieds qui saluent et tournent les talons


le temps de faire ici lever les yeux au ciel sur un plafond métallique entre couches de ciel couchées et cercles de mot qui mâchent remâchent et ricochent une couche, déploiement d’une main qui glisse effrite une couche ici une musique, un corps un archet déplacé, une couche un centre et les doigts


Transformations en lisière des mouvements au plus près des pieds le genoux à terre elle règne sur ses bassins, force des frontières, troue l’espace, navigue, prend par tous les points les ports les surfaces, et descend, bascule le scribe de l’angle déploie ses ailes ses techniques le ventre poche en devenir et venir s’enliser. ouvrir une brèche une jointure et tête contre tête, pénétrer


Photographies : Jessica Hervo textes : Louis Hautefort

lisière  

photographie et poésie festival le plus beau théâtre du monde 2009

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