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DĂŠcouvrir le canal de Marseille Une alternative urbaine en coulisse

ENSAPL Jeroen Dupont - TPFE 2011


R E M E RC I E M E N T S


à Jens &Gaby, pour leur soutien à Keren &Else pour leurs encouragements à Bérengère et sa famille, pour m’avoir fait découvrir à Hélène Balu pour ses conseils à Christian Tamisier pour le partage de son savoir à l’employé de la SEM pour la découverte de l’intrigue à la promo pour ces quatre années.


I N T RO D U C T I O N


Le canal de Marseille, ouvrage hydraulique majeur à été construit pour le bien commun et avec des fonds publics municipaux. Maintenant qu’une des branches du canal n’a plus d’utilité d’approvisionnement en eau, ne serait-il pas naturel de faire de cet espace un espace public majeur ? Si le canal a participé à l’expansion de la ville de Marseille, n’aurait-il pas encore aujourd’hui, dans un contexte radicalement différent, quelques réserves pour retrouver son pouvoir régénérant et donner un second souffle à la métropole ? L’expansion et le renouveau de la ville de Marseille étaient bien les objectifs liés à la construction du canal en 1849. Son tracé a pris place à cette époque dans une campagne Marseillaise très peu exploitée et a permis la métamorphose de ces espaces. Ces objectifs ont été si bien atteints qu’aujourd’hui, le canal de Marseille se retrouve à la frontière entre une ville très étalée et des espaces naturels protégés. Il est désormais l’élément frontalier entre ces deux géants administratifs, réglementaires et spatiaux qui, à priori, s’opposent. Les évolutions techniques liées à la distribution d’eau potable et les usages d’eau brute ayant beaucoup évolué en 150 ans, une branche du canal se retrouve aujourd’hui inutile. Cet ouvrage ancestral a dû, pour son fonctionnement gravitaire, épouser une topographie importante se retrouvant ainsi intimement lié au territoire qu’il traverse. Mais paradoxalement le canal est complètement hermétique à la vie, à la ville et plus généralement aux espaces qui l’entourent. L’objectif du projet est de s’appuyer sur le tracé du canal pour: - Offrir une alternative de déplacement - Redynamiser la ville - Mettre en valeur une géographie - Désenclaver certains quartiers - Favoriser le dialogue entre espaces naturels et urbains. Je choisirais alors un site emblématique où nous retrouverons l’ensemble de ces questions tout en ayant un propos sur l’ensemble du tracé aujourd’hui abandonné.


SOMMAIRE

Présentation // Un site emblématique

Le site d’étude

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Les supports au projet

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La topographie Le parc des Calanques Le sous-sol

De l’eau à Marseille // Révolution d’une ville

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Une rencontre - Marseille

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Hier

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Aujourd’hui

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Demain

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Caractéristiques Comment et pourquoi? Chronologie urbaine Le palimpseste bastidiaire Le parcours Aujourd’hui, une autre utilisation Introduction à la branche de Montredon

Montredon // Une branche abandonnée

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Déclenchement d’envies - un fragment de balade

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Morphologie du parcours

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Différentes situations

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Un cheminement rythmé Un canal fermé Les typologies d’habitat Belvédère sur la ville Un itinéraire intime Un canal urbain

Le projet // Proposer l’alternative

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Objectifs du projet - J’aimerais

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Fonctionnement

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Carte de synthèse A l’échelle du bassin versant Beauvallon - Visite guidée

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Les outils

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Schéma d’intention

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Bibliographie

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Le chemin des vallons Principe de fonctionnement hydrologique

Depuis le chemin de Morgiou Le coeur Depuis le canal Regard transversal L’eau Les murs Les végétaux

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Massif de l’Etoile

Massif du Garlaban

Mont Carpiagne

Parc National des Calanques Fond de vallon - Talweg Canal de Marseille Montredon Branche secondaire du canal Site de Beauvallon L’Huveaune Massif de Marseilleveyre

Urbanisation

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10 kilomètres


P R E S E N TAT I O N / / U n s i t e e m b l é m at i q u e

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Le site d’étude

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Canal de Marseille

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Beauvallon

J’ai choisi ce site pour développer mon projet car il contient un ensemble de caractéristiques représentatives de la problématique Marseillaise. Sa topographie est prononcée et les typologies d’habitat sont variées. Il est une des portes d’entrée du Parc National des Calanques et le canal de Marseille, support principal de mon projet, traverse ce vallon. Je développe ensuite chacune de ces caractéristiques présentes sur ce site à l’échelle de la ville ou à l ‘échelle de la branche du canal sur laquelle je travaille afin d’avoir une meilleur compréhension globale de la situation.


Le site d’étude

Prison des Baumettes

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École primaire et maternelle La Baume 11

Parc Naturel des Calanques

Courbe

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Les supports au projet -La topographie Ce qui frappe dans le paysage de Marseille, c’est le rapport entre un amphithéâtre de collines escarpées et l’horizon de la mer. Au milieu se trouve la ville, grande étendue, impressionnante faisant face à la mer. Ces relations mer, ville et collines se reconnaissent distinctement, de la même manière qu’il est aisé de discerner la limite entre terre et mer. Il est possible de trancher avec autant de certitude la limite entre collines et espaces urbains. Là où la ville s’arrête c’est que les coteaux deviennent trop pentus, là où elle continue, c’est dans les vallons. Comme l’écrit M. Tamisier, paysagiste spécialiste du paysage méditerranéen, « Marseille est un chaos de matière urbaine qui se répand […] dans un site trop beau pour elle. »

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Les supports au projet Cote 150

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Mont Carpiagne 646m

Cote 61 Cote 49

Sommet de Marseilleveyre 433

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-Le parc des Calanques Le massif des Calanques est l’espace de loisirs d’extérieur privilégié des Marseillais. Beaucoup de sports, d’activités physiques et de loisirs s’y pratiquent tels que la marche et la course à pied, le Vélo Tout Terrain, l’escalade, la plongée ou la simple balade suivie d’une baignade rafraîchissante. Ici les conditions sont difficiles, pour les végétaux notamment. Il fait chaud et l’eau est clairement un facteur limitant. Dans les vallons et le long des cours d’eau proposant une humidité constante, sont installés des Peupliers blancs et des Frênes à fleurs. En remontant sur les collines, l’aridité se fait ressentir et la garrigue se déploie. Nous y trouvons le chêne kermès ainsi que les pelouses à Brachypode rameux, la « Baouco des provençaux.». Sur les sols plus meubles, où un substrat, avec le temps s’est installé, le romarin, l’ajonc de Provence et l’herbe aux pinceaux se développent. Plus loin, sur les hauteurs, la forêt de chênes verts originelle présente plusieurs stades de dégradation et est ponctuée de bosquets de Pin d’Alep. 14

L’ensemble des collines fait déjà l’objet d’une multitude de protections d’ordre environnemental (Z.N.I.E.F.F, Natura2000). Mais le site des calanques va bientôt devenir un parc national permettant d’avoir plus de moyens financiers assurant ainsi une meilleure gestion. La création du parc suscite bien évidement nombre de polémiques, entre les personnes pratiquant le site depuis plusieurs années, craignant des restrictions trop fortes et les institutions publiques soucieuses de la préservation de ces espaces. Je retiens pour mon travail le grand intérêt que la création de ce parc suscite, agissant comme un révélateur de l’importance que le massif développe à la fois pour la ville, qui souhaite le préserver et pour les habitants qui souhaitent continuer à en jouir. Je m’empare de cette problématique dans mon projet de paysage en retenant le besoin de valoriser cette spécificité Marseillaise, ce massif collinaire exceptionnel aux portes de la ville.

La présence du massif des Calanques aux portes de la ville fait partie de la spécificité Marseillaise. Une grande ville de plus de 850.000 habitants dans son amphithéâtre collinaire. La fréquentation du massif des Calanques au sud de la ville est nettement supérieure à celle qu’accueille le massif de l’Étoile se situant au nord, la présence du front de mer y étant pour beaucoup.

Le vallon du diable

Garrigue

Bosquet de Pins


Les supports au projet

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-Le sous-sol Marseille sur le calcaire. La première image me venant à l’évocation du nom de la ville est cette roche blanche omniprésente, à la fois dans la ville et sur tout le territoire environnant. Ces apparitions furtives du socle rocheux à l’intérieur d’un tissu urbain dense sont parties intégrantes des premières inclinations de développer un projet à Marseille. Mais en allant à la découverte de la ville, la situation apparaît comme bien plus complexe et hautement plus intéressante . Il n’y a pas que du calcaire à Marseille.

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Il est dominant certes. Mais la moitié sud de la ville marque l’exception. Marnes et Argiles plantent un autre décor géologique. L’ensemble des terres situées entre l’Huveaune et l’élévation franche du calcaire des Calanques est constitué de ces fines particules donnant au sol une relative imperméabilité. Cependant, cette terre est traversée par de nombreux vallons où apparaît un sol alluvionnaire, perméable. Ces vallons accueillaient précédemment à l’expansion de la ville, des cours d’eau temporaires. Ces vallons, qui pour certains ne sont pas aussi densément urbanisés que le reste de la ville, véritable bras tendu jusqu’au Calanques, sont le support idéal pour un projet de paysage proposant une nouvelle manière d’envisager l’eau en milieu urbain


Les supports au projet

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Alluvions rĂŠcentes Graviers fluviatiles

CĂ´nes torrentiels Wurmiens Marnes et Argiles Calcaire

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D E L ' E AU A M A R S E I L L E / / La révolution d’une ville

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Une rencontre

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MARSEILLE… Prend le train, prend l’avion, laisse derrière toi ces villes, qui, au vue de ta destination, sont bel et bien au nord. Fait ton sac, chaussures de rando’ et bouteille d’eau, nous reviendrons ce midi, les calanques sont pour les matinaux. Pour arriver dans les collines, sort de la ville et traverse le canal. Marche, découvre, questionne. Ce canal, il est là depuis longtemps ? Reste, cherche et dessine. Quel est son avenir ? Je le mettrais bien sous mon calque, l’imaginer, le découvrir.


Hier Caractéristiques

Date de construction: 1839 à 1854 Source: La Durance Villes desservies: - Marseille - Cassis - La Ciotat Longueur totale: 93 kilomètres Nombre de souterrains: 84 Longueur totale des souterrains: 21 kilomètres Nombre d’aqueducs: 20 Pentes: - Ciel ouvert: 0,03% soit 30cm/km - Souterrain: 0,1% soit 100cm/km - Aqueduc: 0,07% soit 70cm/km Largeur moyenne de la branche principale: 6mètres Largeur moyenne des branches secondaires: 1,5mètres 20

Propriétaire: Marseille Provence Métropole Gestionnaire: Société des Eaux de Marseille

Chômage du canal,vers 1900


Hier

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Comment et pourquoi? L’arrivée de l’eau en abondance à Marseille est un événement sans précédent. Celle-ci donne lieu et place au Palais Longchamp, symbole monumental de la joie qu’apporte l’eau de la Durance. Le canal de Marseille et son tracé de 93km, ont nécessité 12 années de travaux de 1839 à 1854, répondant ainsi largement aux besoins en eau de la ville qui a désormais les moyens de se développer. La situation précédant les travaux d’acheminement devenait critique, les Marseillais subvenant à leurs besoins en eaux dans quelques puits irrégulièrement alimentés répartis sur le territoire de la Cité. Ce manque d’aménagement a été la conséquence du déclenchement de terribles épidémies, dont le choléra qui a fait des milliers de victimes.

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L’arrivée de l’eau ne profite pas seulement à l’extension de la ville. L’agriculture est elle aussi révolutionnée, et peut maintenant répondre à elle seule à l’ensemble des besoins en lait et en légumes de la ville de Marseille. Cependant les vignobles et les cultures d’oliviers disparaissent petit à petit et le canal marque une limite forte entre les terres irriguées en aval et les terres restées arides et hostiles en amont.

Mais le 19 Novembre 1849, ces sombres épisodes de pénurie font définitivement partie de l’Histoire. Maintenant, la Durance à trouvé une nouvelle embouchure à Marseille. L’essor de la ville peut commencer. La campagne toute proche de la ville n’est plus aride, mais accueillante. L’eau peut donner place à toute sorte de loisirs et les notables marseillais ont pour projet d’installer leur résidence secondaire dans cette campagne nouvelle. De grandes bâtisses se construisent, les bastides. Ces grandes propriétés sont agrémentées de jardins, de potagers avec souvent des jeux d’eau, le tout enceint de larges murs assurant leur sécurité et permettant une pratique de la chasse plus aisée. L’ensemble de la campagne marseillaise prend alors un visage nouveau avec l’arrivée de ces grandes propriétés créant maintenant un énorme labyrinthe ou le mur d’enceinte est roi.

Implantation bastidiaire, 18e Siècle


Hier

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Carte minute d’état major 1866


Chronologie urbaine L’implantation des bastides est la première amorce significative de l’expansion urbaine de coeur de ville vers la campagne Marseillaise. Les notables font construire leurs maisons de villégiature autour de Marseille afin de profiter des bienfaits de la campagne et de son agréable cadre de vie. Ces résidences secondaires existaient déjà avant l’arrivée du canal, mais l’eau de la Durance a accéléré l’implantation des ces grandes propriétés en offrant la possibilité de jardiner, d’avoir un potager et de se baigner.

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Le développement des bastides fut la première étape d’une urbanisation plus dense notamment par le découpage parcellaire répondant à des critères d’accès et de possibilités de construction. Celui-ci est resté fortement présent jusqu’à aujourd’hui dans les formes données à des résidences privées ou à des îlots de maisons individuelles. Malgré le fait que la plupart des bastides sont à l’heure actuelle détruites, nous retrouvons parfois les murs d’enceinte des propriétés datant du XVIIIème ou XIXème siècle. Cette chronologie de construction dans la campagne de Marseille explique en partie le fonctionnement en îlots fermés actuel. Dans les tissus résidentiels, l’espace public est très restreint, se limitant uniquement à l’emprise des voies de communication et à quelques chemins de traverse.


hier

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Aujourd’hui Le palimpseste bastidiaire Murs et chemins de traverse Comme expliqué précédemment, les bastides ont laissé un impact certain sur l’urbanisme actuel et il n’est pas rare de croiser quelques murs témoins de l’implantation de ces grandes demeures. Montés en pierre calcaire et au calepinage incertain, ces ouvrages ancestraux témoignent également de la roche présente à proximité dont ils sont fait. Ils délimitent aujourd’hui des résidences au béton encore frais ou protège la propriété d’un commerçant. Ils grimpent parfois jusqu’aux sommets des collines ou n’offrent souvent qu’un fragment de leur grandeur originelle.

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Véritable réflexe du propriétaire, le mur, ancien ou nouveau, est très présent dans le paysage Marseillais. Les propriétés privées sont fermement délimitées, dans un sentiment de sécurité et d’intimité préservée. Les chemins de traverse créent la surprise dans ce dédale maçonné, nous ne savons jamais vraiment où ils nous amènent. Ils débutent et s’interrompent brusquement. Pour l’habitué, ce chemin est bien évidemment un raccourci n’ayant plus vraiment de secrets. Possibilité lui est alors donnée de traverser rapidement ces ensembles de maisons.


Aujourd’hui

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28 Bouzigue, aiguadier du canal dans le film «le chateau de ma mère» d’après l’oeuvre de M. Pagnol

Le parcours Après avoir dépassé le Massif de l’Étoile par l’Ouest, le canal de Marseille contourne la ville par ses hauteurs pour alimenter deux stations de traitement chargées de transformer l’eau brute de la Durance en eau potable. Elles sont au bout de deux dérivations du tracé principal, l’une au Merlan, l’autre à SaintJulien, deux quartiers du Nord et de l’Est Marseillais. Une fois ces deux stations desservies, le canal suit son cours jusqu’à La Ciotat, terminus de son trajet. Une troisième dérivation termine le contournement de la ville de Marseille, la dérivation ou branche de Montredon construite pour alimenter en eau une usine d’acide tartrique implantée sur la côte, dans ledit quartier. A l’origine, une multitude de rigoles partait de l’artère principale ou des branches secondaires pour acheminer l’eau à la parcelle. L’ensemble des vannes permettant d’irriguer les parcelles cultivées était géré par les cantonnier-arroseur, ou « aiguadiers », personnels de la Société des Eaux de Marseille. Aujourd’hui automatisées et mécanisées, les techniques d’acheminement de l’eau se sont perfectionnées pour répondre aux besoins d’une population grandissante.

Cabane de cantonnier-arroseur gérant la distribution de l’eau à la parcelle


Aujourd’hui Massif de l’Etoile

Le Merlan

Vers La Ciotat

Saint-Julien

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Branche de Montredon

Mont Carpiagne

Plage de l’Huveaune

Massif de Marseilleveyre

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Aujourd’hui, une autre utilisation.

1866

L’eau a permis à l’agriculture autour de Marseille de vivre une véritable révolution. Celleci s’est considérablement développée, entraînant l’augmentation des prix des propriétés foncières. Quelques années après la mise en service du canal, le prix des terres agricoles ne se calcule plus à l’hectare mais au mètre carré, préfigurant ainsi un découpage propice à l’urbanisation.

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Le pari est réussi, la ville de Marseille est métamorphosée et dans le trio industriel, agricole et urbain, c’est bel et bien l’urbanisation qui a le dernier mot. Un découpage en grandes propriétés bastidiaires apparaît en premier lieu pour ensuite être récupéré et redécoupé en entités plus petites, propices à la construction de maisons individuelles ou de résidences. Avec l’avancé de l’urbanisation le chevelu de rigoles partant des branches principales ou secondaires tend à disparaître. Ainsi le canal est aujourd’hui majoritairement utilisé pour répondre aux besoins en eau potable, les usages en eau industrielle et agricole ayant quasiment disparus.

L’implantation bastidiare

La distribution est assurée grâce à deux centres de traitement des eaux situés au Nord de l’Huveaune. La branche Sud, dite de Montredon, n’est pas destinée à l’alimentation en eau potable, celle-ci ayant alimenté jusqu’en 2010 l’usine d’acide tartrique située sur la côte. Les destinataires restant sont : - La carrière du mont Rouvière, qui se sert des eaux pour arroser les sols, limitant ainsi la dissémination de poussières - Le parc public Pastré, pour l’arrosage des massifs - Quelques petits agriculteurs. Les sommes versées à la Société des Eaux des Marseille (SEM) par ces quelques abonnés restant ne sont pas suffisantes pour assurer l’entretien de la branche de Montredon. C’est ainsi que la fermeture de cette branche a été envisagée. Cependant, l’attachement pour le canal reste fort et le potentiel urbain de cet ouvrage commence à être reconnu.

Le chevelu de rigoles originel et leur bassin d’irrigation


Aujourd’hui 2011

Étendue de la ville de Marseille

Carrières

Parc Pastré

Utilité et approvisionnement actuel

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Demain Introduction à la branche de Montredon

Le canal, en proie à la cognée, regarde tomber autour de lui ses branches.

Le premier tronçon victime de cet élagage est celui de Montredon, ramification sud, finissant le contournement de la ville de Marseille. Cette section du canal, d’une longueur de 18 kilomètres et traversant plusieurs ensembles urbains et souvent à la frontière de la ville et des Calanques, se présente comme un support idéal de projet pouvant répondre à des problèmes de mobilité piétonne reconnus par l’agence d’urbanisme de Marseille. Le canal construit avec des fonds publics peut aujourd’hui profiter aux habitants d’une nouvelle manière. L’intérêt urbain du canal de Marseille commence à être reconnu suite au travail mené par l’agence d’urbanisme auprès des maires des arrondissements concernés. L’intérêt pour cet ouvrage hydraulique par les acteurs mais aussi par quelques associations, représente un bon terreau de réflexions profitable à un projet urbain préservant l’intégrité linéaire de l’ouvrage. Il peut notamment proposer aux habitants des espaces agréables de balades et de déplacements augmentant la qualité de vie des ces quartiers.

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Demain

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M O N T R E D O N / / U n e b r a n ch e a b a n d o n n é e

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«En Provence, à Marseille, l’eau est aujourd’hui abondante, mais toujours cachée, sous-utilisée, ignorée. Notre société saura-t-elle s’affranchir des peurs et des liens qui entravent son désir d’eau ?» C. Tamisier dans «Chercheurs d’eau en Méditerranée»


Déclenchement d’envies

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UN FRAGMENT DE BALADE Je saute la barrière … Ca y est j’ai pénétré dans les coulisses de la ville, je suis en retrait par rapport au chahut, j’ai quitté le bruit, j’ai rejoint le jardin secret. Je marche… J’entame le long travelling qui me permet de voir un enchaînement de situations urbaines. Je traverse des résidences, je me faufile entre les maisons, la cîme des arbres dépasse des murs. Certains espaces sont dégagés, vraisemblablement abandonnés; je vois la ville et parfois jusqu’à la mer. Alors que je marche, que je traverse cet ensemble urbain, que les situations et les ambiances changent à chaque tournant emprunté par le canal, les collines me guettent, me surveillent et m’appellent. Je le sens, elles sont les gardiennes de la ville. Je m’arrête… Le linéaire que j’emprunte depuis dix minutes à l’abri des regards est brisé par la croisée d’une route. Je saute de nouveau une barrière pour retourner dans l’espace public. On me regarde, interrogé. « Mais d’où ce jeune homme peut-il bien sortir ? » Invisible, j’empruntais un passage secret. Vite! Je traverse la rue, le canal continue. Ici un trou a été fait à la va-vite entre les lignes du grillage, il est petit, je me contorsionne… Et je disparais à nouveau…


Morphologie du parcours Un cheminement rythmé Voici un aperçu de la pluralité des situations que nous traversons en suivant le cours du canal à travers la ville. Nous passons souvent, et ce sans transition, d’une situation très fermée, entourée par de larges masses végétales, où aucun bruit ne s’entend, à un espace urbain agité, très minéral et bruyant. En quelques foulées, nous quittons le milieu minéral pour marcher à nouveau sur la terre battue, les vues se dégagent puis glissent derrière un arbre. Le canal est ouvert, le bruit de l’eau nous apaise avant de disparaître sous une lourde chape de béton. Mont Carpiagne

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Morphologie du parcours

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1. Groupe Le Bosquet Valbarelle 2. La valbarelle 3. Résidence le St. Jacques 4. Saint Thys 5. Les Prud’Hommes 6. Résidence Les Collines 7. Les Trois Ponts 8. Résidence Parc Berger 9. Résidence Les Chloris 10. La Rouvière 11. Colline St. Joseph 12. Au dessus de la Gineste


Morphologie du parcours

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13. Résidence Michelet de Lattre 14. Beauvallon 15. Aqueduc de Beauvallon 16. La Cayolle 17. La Cayolle (bis) 18. Parc du Roy d’Espagne 19. Marseilleveyre 20. Ecole de la Marine Marchande 21. Campagne Pastré 22. Aqueduc de Montredon 23. Friche de Montredon 24. Usine de Montredon


Un canal fermé.

Le canal appartient à la ville de Marseille. Elle est propriétaire des terrains mais a confié en 1943 l’entretien de l’ouvrage et la distribution de l’eau à la Société des Eaux de Marseille. Celle-ci est soucieuse d’offrir une eau de qualité et d’éviter toute noyade ou accident du public. C’est pourquoi le tracé du canal a été interdit, clôturé ou recouvert de couvercles en béton au fil des années.

Donner le canal comme un espace public et communiquer sur les risques que cela comporte en terme de noyade principalement, permettra certainement de diminuer les accidents en responsabilisant le public. Il faudra alors penser lors du projet à une sécurisation raisonnée et graduelle et dessiner les espaces selon le public susceptible d’accéder au tronçon du canal retravaillé.

Cette politique du «tout sécuritaire» à rendu le canal absolument méconnu des Marseillais. Le nom leur évoque bien quelque chose, mais il leur est cependant souvent impossible de le localiser. Il est regrettable qu’un tel ouvrage public ne prenne aucune réalité spatiale uniquement dû au fait de cette politique sécuritaire. Le fait d’interdire l’accès au canal n’empêche pas les personnes d’y pénétrer et augmente certainement l’attrait d’accéder à cet espace atypique. L’interdiction n’empêche pas les accidents, elle permet de déresponsabiliser les gestionnaires et les propriétaires.

Toujours en terme d’accessibilité et de circulation, nous repérons sur la carte ci-dessous l’ensemble des impasses présentes à proximité du tracé du canal. Nous pouvons alors voir l’amélioration que pourrait apporter l’ouverture de celui-ci, accompagné d’un travail sur les accroches au tissu urbain pour désenclaver certains quartiers et optimiser les mobilités piétonnes.

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Mont Carpiagne

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Morphologie du parcours

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Massif de Marseilleveyre

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10 kilomètres l’Huveaune


Les typologies d’habitat Les espaces urbains traversés par le canal sont divers, collectifs ou individuels, délabrés ou neufs, chics ou précaires, le tout autour d’un grand nombre d’équipements publics, écoles, mairies, commissariats, musées et commerces.

«C’est l’enchevêtrement serré de deux villes distinctes, la ville-jardin et la ville minérale qui au cours de l’histoire de Marseille, a fondé l’originalité de son urbanité. Ici, nous sommes en présence d’un espace vernaculaire discontinu qui autorise la multiplicité des regards, le repli, le secret et favorise l’expression des différences. L’entrecroisement des paysages, l’infiltration de la campagne dans la ville, et réciproquement, ont fait de Marseille, une mosaïque de mondes juxtaposés.»

Avoir un élément « fil rouge » traversant cette diversité d’habitat et cette réalité sociale plurielle peut permettre de mettre en application et de rendre concrètes les volontés politiques de cohésion et de mixité sociales. Le nouveau chemin de traverse envisagé est accessible à tous et nous montre les manières d’habiter et de vivre de chacun.

Pierre A. Vidal-Naquet, Historien

Mont Carpiagne

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Résidence ouverte

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Maison individuelle


Morphologie du parcours

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Plage de l’Huveaune 10 kilomètres

Résidence fermée

Équipements


Résidence ouverte Les résidences ont une faible surface d’occupation des sols avec un grand nombre d’habitants. Les espaces aux pieds des immeubles sont alors utilisés pour le stationnement et la circulation automobile de l’ensemble des occupants et sont généralement complétés par une présence végétale morcelée. Des emplacements dédiés au sport sont souvent présents mais vraisemblablement peu utilisés. L’avantage de ce type d’habitat se trouve justement dans les opportunités d’intervention que la profusion d’espaces ouverts proposent.

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Résidence fermée La résidentialisation est une tendance actuelle très forte mettant dos à dos espaces privés et publics ne ménageant aucun espace intermédiaire médiateur. Ces ensembles hermétiques ne participent pas à la vie urbaine. Derrière le grillage, ces résidences présentent caractéristiques que les résidences ouvertes.

les mêmes


Morphologie du parcours Maison individuelle Les quartiers d’habitats individuels, issus de lotissements ou d’agrégation lente d’habitations variées, sont également hermétiques, exceptés par le fait qu’ils sont plus facilement traversables grâce aux rues les desservant. Nous en retenons cependant un caractère relativement opaque de part la présence quasi systématique de murs d’enceinte pour chaque propriété.

Équipements

Les équipements sont de diverse nature, mais qu’ils soient culturels, sportifs, hospitaliers ou commerciaux, ils présentent souvent à leurs abords beaucoup d’espaces ouverts. Dépendant de l’activité présente à l’intérieur des bâtiments, les espaces extérieurs sont aussi utilisés de manière différente selon les besoins. Une maison de retraite ou une clinique seront souvent entourées d’un parc, les centres commerciaux seront quant à eux agrémentés de larges espaces de stationnement.

L’ensemble de ces typologies urbaines sont traversées par le canal, qui par sa reconversion en espace public peut permettre de requestionner et de redessiner le rapport qu’entretiennent ces résidences, ces habitats individuels et ces équipements avec l’espace public. Le but n’étant pas de lisser cette diversité en place mais de donner à voir cette pluralité de situations, en rendant traversables ces espaces et de pouvoir proposer des interventions de requalification.

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Différentes situations Belvédère sur la ville Le fonctionnement gravitaire du canal nous amène sur les coteaux collinaires de Marseille. Nous sommes sur la corniche des collines, sur le château d’eau linéaire de Marseille. Souvent le canal est accroché, encaissé dans les parois rocheuses, créant un balcon sur la ville, d’où nous pouvons observer la vie en contrebas. De manière générale, les collines nous accompagnent dans notre balade, elles ne disparaissent complètement que très rarement et sont souvent toutes proches, renforçant le sentiment de quitter la ville quant nous empruntons le tracé du canal. Les percées sur la ville sont, quant à elles, plus occasionnelles, augmentant la singularité et le caractère remarquable de l’événement. 46


Différentes situations

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Plan de repérage des situations de belvédère

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Un itinéraire intime

Le canal, de part sa faible emprise, propose un espace linéaire relativement restreint. Ce faible espace, directement mitoyen à des parcelles privées, est généralement muré ou clôturé. Le végétal est peu présent dans l’emprise directe du canal. Souvent, l’ombre dont nous profitons provient des arbres dépassant des clôtures, les feuillages nous apportent de l’ombre et de la fraîcheur, nous cachent du monde extérieur mais nous laissent parfois entrevoir l’horizon.

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Ombre et lumière


DiffĂŠrentes situations

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2

2

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Plan de repĂŠrage des situations intimes

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Un canal urbain Le développement urbain succédant à la campagne Marseillaise a englobé le canal dans une atmosphère toute nouvelle. Il est parfois recouvert pour permettre le passage d’une route qui suivra ensuite son tracé. Toujours bien barricadé, il ne participe pas à la vie urbaine.

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4


Différentes situations

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2

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Plan de repérage des situations urbaines

Le canal de Marseille présente donc aujourd’hui, pour des raisons liées aux contraintes de construction et à l’évolution de la ville l’entourant, des caractéristiques spatiales qui lui sont propres. Son tracé détient une certaine qualité intimiste, tout en proposant des vues et des ouvertures à la fois sur le paysage l’environnant et sur la ville qu’il traverse. Ces trois caractéristiques seront à prendre en compte dans le projet, et feront l’oeuvre de renforcement ou de nouvelles créations telles que : - Proposer une nouvelle ouverture sur l’horizon - Renforcer une ambiance intimiste - Optimiser les relations avec le tissu urbain


P RO J E T / / P r o p o s e r l ’ a l t e r n at i ve

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J’aimerais...

« J’aimerais ne plus prendre la voiture… Pour aller chercher le pain, aller voir mes voisins. Dans les Calanques, j’irais à pied le dimanche, ou je resterais dans le quartier allongé sous une branche. Oui le canal serait ouvert, je me déplacerais en le suivant, ce serait plus pratique, je l’emprunterais souvent. Dans le vallon, les enfants pourraient y aller régulièrement pour jouer au ballon ou observer l’eau couler tout en s‘amusant. C’est sûr le quartier serait changé, je le trouverais plus attrayant. »


Fonctionnement Le chemin des vallons La ville, en se développant dans les vallons, profitant du moindre espace disponible pour son extension, a systématiquement busé les différents ruisseaux.

Le canal détient une position propice aux déplacements urbains inter et intra quartiers. Cette position profite ainsi aux habitants et aux personnes de passage découvrant la ville de Marseille. Le canal devient alors vecteur de déplacements humains rendant service à la ville et à ses habitants par la nouvelle possibilité de mouvements qui leur est offerte, mais pas seulement. Le canal, en contournant la ville par ses coteaux, traverse ou dessert plusieurs vallons, en suivant toujours cette limite entre la ville en contrebas et les espaces collinaires naturels au-dessus.

L’eau coulant au fond de ces vallons est alors captée dès son arrivée en milieu urbain, assimilée et mélangée aux eaux de voiries, pour ensuite être traitée et renvoyée en milieu naturel. Les eaux issues du milieu naturel sont, avant d’arriver en milieu urbain, considérées comme propres. Elles n’ont essuyé aucun hydrocarbure et sont chargées tout au plus de quelques particules de terre. Ces eaux de ruissellement peuvent être très abondantes en cas d’orage et ainsi saturer les réseaux d’assainissement de la ville, augmentant les risques de débordements et d’inondations.

Par conséquent, les vallons, grâce à leur morphologie naturelle, récoltent les eaux de pluies. Leurs tracés démarrent dans les collines, traversent la ville puis se jettent dans la mer ou dans l’Huveaune.

1 Aperçu des densités urbaines

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Les vallons dans la ville

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4

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10 kilomètres


Fonctionnement

En s’emparant de ces eaux collinaires, le canal peut les redistribuer dans les vallons présentant suffisamment d’espaces lacunaires et propose ainsi une réelle ramification de l’eau à ciel ouvert dans la ville et jusqu’à la mer. Un chemin de vallon est matérialisé, articule les collines à la ville, qui s’empare de la problématique de l’eau en la considérant comme facteur de renouvellement urbain.

3 Les vallons

disponibles

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4

Principe de fonctionnement hydrologique


Principes de fonctionnement hydrologique Gérer les eaux pluviales collinaires permet de délester le réseau d’assainissement de la ville, redonnant ainsi une utilité mécanique au canal de Marseille et favorisant par conséquent sa pérennité. Sa fonction redevient indispensable à la ville et assure l’intégrité de son tracé qui devient propice à la promenade. La nouvelle gestion des eaux de pluies pourrait également révéler les quelques rigoles encore existantes sur le territoire en se servant de celles-ci pour l’acheminement des eaux dans les vallons. Le régime pluviométrique Marseillais est typiquement méditerranéen, avec des hauteurs de pluies annuelles relativement basses (554mm) mais réparties sur très peu de jours dans l’année (50jours). Ces deux caractéristiques cumulées donnent des pluies abondantes sur un temps très court, obligeant la ville à créer un réseau d’assainissement surdimensionné et onéreux pour pouvoir gérer les pics d’affluence des eaux de ruissellement afin d’éviter les inondations.

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Fonctionnement

Mont Carpiagne

300ha

1200ha

Massif de Marseilleveyre 200ha

12ha

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350ha

66ha

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10 kilomètres


Carte de synthèse

Situation de belvédère

Séquence urbaine

Séquence intime

Talweg

Impluvium

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10 kilomètres


A l’échelle du bassin versant Le canal garde son caractère discret en proposant une alternative de déplacements aux habitants et une manière atypique de faire découvrir la ville aux touristes. Il reste intimiste sur une majeure partie de son tracé, excepté lorsqu’il croise des espaces publics majeurs ou lorsqu’il traverse les vallons, créant alors un événement dû au croisement de deux chemins d’eau. Le canal devient alors un vecteur au travers de la ville, reliant différents parcs et vallons propices à sa diffusion dans le tissu urbain en ayant pour accroche le parc des Calanques. Il est en quelque sorte le rempart liminaire et le premier signal nous indiquant que les calanques sont toutes proches. Schéma d’intention

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Chemin de vallon - Surverse dans la ville Intéresser les quartiers traversés Deux chemins d’eau - Un événement dans la ville


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Beauvallon - Visite guidée

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Représentatif de la diversité Marseillaise, le quartier de Beauvallon accueille une grande diversité d’habitats. Les espaces proposés sont plus ou moins ouverts et traversant selon la typologie d’habitat présente.

Ce quartier jouit également d’une grande diversité d’équipements; des petits commerces, une crèche, une école maternelle, une école primaire et une maison de retraite matérialisent la diversité des habitants présents sur le site.

Morceau de ville relativement aéré, le site de Beauvallon laisse une belle place au végétal. Les maisons individuelles sont enfermées derrière de hauts murs préservant l’intimité et la sécurité de leurs occupants.

Un autre équipement, plus atypique, se démarque par la présence des ses hauts murs: la prison des Baumettes, se situe en amont du canal aux pieds des immeubles et draine quotidiennement beaucoup de visiteurs.

Les résidences ouvertes sont traversables et disposent d’une présence végétale importante.


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Maison individuelle

Résidence ouverte

Résidence fermée

Équipements


Depuis le chemin de Morgiou

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7


Beauvallon - Visite guidée

Je propose d’illustrer la rencontre des deux chemins d’eau sur le site de Beauvallon dont un aperçu a été donné au début de ce document. Ce site est à la confluence entre le canal et le vallon le plus propice à accueillir les eaux en cas d’orage. De plus, la ville à l’intention de faire ici un bassin de rétention, en augmentant la capacité actuelle d’accueil des eaux. 1

5

2

3

6

4

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Les deux poches situées en aval du tracé du canal tournent complètement le dos aux habitations et équipements situés à proximité. Ce site est relativement hermétique et peu utilisé, malgré une route qui le traverse. Deux ourlets d’arbres marquent les coteaux de ce vallon et participent à son invisibilité.

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Le coeur

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Beauvallon - Visite guidĂŠe

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Depuis le canal

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Beauvallon - Visite guidĂŠe

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Regard transversal

A

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B

C


Beauvallon - Visite guidée A B C A’

C’

B’

A’

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B’

C’


Les outils

L’eau

Les murs

Une ressource, évidemment! Une source de loisirs, pourquoi pas. Un outil au projet de paysage et urbain, vraiment?

Il s’agit avec le mur de prendre un élément existant déjà fortement présent sur le site et tout au long du parcours du canal, pour en faire un véritable outil de projet. Cet élément, quasiment patrimonial, à la ville de Marseille permettra de composer les espaces et les ambiances souhaitées.

L’eau a cette incroyable caractéristique d’être en mouvement. Elle tombe du ciel puis disparaît, nous pouvons la garder. Elle coule, elle descend, nous pouvons la guider. Elle s’évapore, nous la laissons aller. Toutes ces situations peuvent être intégrées au projet et donner lieu à des espaces modelés par la présence ou le passage de l’eau. Elle façonne les espaces, fait événement. Elle est instructive, pédagogique, ludique. Elle amuse et génère la végétation présente.

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En mouvement, l’eau courant le long du canal invite à la balade et nous oriente. Nous savons si nous montons ou descendons, si nous nous éloignons ou si nous marchons vers la mer. Gardée dans un bassin, elle témoigne de l’orage qui est passé il y a deux jours et, en abondance dans le canal, elle apporte de la fraîcheur.

Nous pourrons : Éviter un vis-à-vis, créer un cadrage, ménager un accès, une ouverture, privilégier un passage, offrir un arrêt, une assise, guider un flux, retenir de l’eau, proposer un cheminement. Sur l’ensemble du tracé du canal il faudra effectuer un inventaire des murs présents, de leurs qualités esthétiques et structurelles. Nous trouverons des murs : - Saints et beaux (à garder) - Saints et disgracieux (à remplacer) - Abîmés et beaux (à rénover) - Abîmés et disgracieux (à remplacer en priorité)


Les végétaux Ils sont déjà très présents à Marseille et profitent du moindre espace où le bitume baisse la garde. Inutile de rappeler que les végétaux sont un des éléments majeurs constituant la palette d’un paysagiste. Ils permettent les nuances et les transitions, ils génèrent des ambiances et des situations. Ils sont statiques mais vivants, ils s’adaptent et évoluent dans le temps. Une bonne palette végétale va permettre de créer des transparences, occulter ou orienter. Marcher le long d’une lisière va appuyer notre regard. Cette même lisière va délimiter un espace, créer un fond et renforcer un modelé de terrain.

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Schéma d’intention

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Le canal - Chemin de traverse séquencé

Ouvrir le chemin du vallon


Permettre des traversĂŠes IntĂŠresser les habitants du quartier Offrir des espaces polyvalents

Ouvrir les coteaux sans perdre la lecture des berges

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BIBLIOGRAPHIE - Collectif, sous la direction de Chantal Aspe, Chercheurs d’eau en Méditerranée, éd du Félin, 1991. - Colloque, Eau et paysages méditerranéens: Permanences et transformations, Nimes les 6 et 7 Mai 1994 - Vidal-Naquet Pierre, Les ruisseaux le canal et la mer. Les eaux de Marseille, éd. L’harmattan Logiques sociales, 1993 - Langevin Philippe, Marseille et ses quartiers, revue culturelle, N°175, p.100 - Racine Michel, Monuments historiques Provence, revue, article, p.21 - Publication du groupement scientifique du CNRS, Cultures et civilisation meridionales, Rives nord méditerranéennes, N°8, 1993 - B. Bertoncello, J. Dubois, Marseille Euroméditerranée accélérateur de métropole, éd Parenthèses, 2010 - Tixier Jean-max, Un lavoir en Provence et autres histoires, éd le pré aux clercs, 2007 - Guieu G, Ricour J, Rouire J, Découverte géologique de Marseille et de son environnement montagneux, éd BRGM, 2008 - Roncayolo Marcel, Lectures de ville Formes et temps, éd. Parenthèses, 2002 - Rauch Anne-Laure, Marseille 30 balades par les chemins de traverse, éd. Dakota, 2010 - Préfecture des Bouches-du-Rhône, Directive territoriale d’aménagement, Mai 2007 - Communauté urbaine Marseille Provence Métropole, Inventaire des friches industrielles et commerciales, AGAM - Tamisier C, Fuzibet A, Patrimoine, paysage et banlieue a Marseille, Etude, 1995 - AGAM, Pour une promenade le long du canal dérivation de Saint Barnabé, Etude, 1991 - AGAM, Propositions d’aménagement du canal de Marseille La Savine, Etude, 1985 - AGAM, Canal de Marseille Branche Sud, Etude, 1990 - Marguerit A, Tamisier C, Provansal M, Marseille: le piedmont du massif de l’étoile, diagnostic paysager pour un projet de voies nouvelles, DDE des Bouches-du-Rhônes, 1996 -


Plaquette TPFE  

Document retraçant ma démarche, précisant mes intentions de projet et présentant le site d'étude.