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EDITORIAL L’équipe d’Echos Money Raphaël Darty Sophie Uriot Thibault Vanvincq

P#$% '( )#$*+,-. année consécuti‑ ve, l’équipe des rédacteurs d’Echos  Money,  le  magazine  économique  de  la  Junior  Entreprise  HEC  Lau‑ sanne,  a  allié  intense  labeur,  col‑ laboration  et  bonne  humeur  pour  vous  délivrer  une  édition  de  qua‑ lité ! CeOe  année  encore,  nous  avons  été  mis  au  défi  de  réaliser  une  re‑ vue aOrayante tant pour le monde  professionnel  qu’estudiantin.  La  conception  de  ceOe  édition  reflète  parfaitement le but poursuivit par  notre association, à savoir créer et  renforcer le lien entre universitaires  et spécialistes. La Junior Entreprise  HEC vise en effet, par la réalisation  de mandats, à impliquer au maxi‑ mum les étudiants dans la réalisa‑ tion de travaux qui les rapprochent  du monde professionnel. CeOe ex‑ périence permet de meOre en pra‑ tique les connaissances acquises au  cours du cursus universitaire.  Un  premier  dossier  consacré  à  la  finance  à  l’école  des  HEC  de  Lau‑ sanne  expose  les  nouvelles  voies  d’études offertes en programme de  Master pour tout passionné de flux  financier. Vous y découvrirez l’im‑ portance croissante de la recherche  dans  le  domaine  de  la  finance  à  HEC,  ainsi  que  la  nouvelle  colla‑

boration entre l’institut de Banking  et Finance de Lausanne et le Swiss  Finance  Institute.  Enfin,  les  nou‑ veaux métiers bancaires de demain  y seront présentés. Une discussion autour de la globali‑ sation constitue la matière de notre  second dossier. Une situation géo‑ politique  complexe  et  qui  évolue  rapidement suscite aussi bien chez  les profanes que chez les spécialis‑ tes  interrogations  et  incertitudes.  Nous avons ainsi jugé opportun de  faire le point sur la situation en sol‑ licitant  aussi  bien  un  représentant  de  la  Confédération  Helvétique,  qu’un  professionnel  du  secteur  bancaire  ou  encore  l’opinion  des  étudiants. Leurs témoignages sont  recueillis dans ceOe section. Le  monde  des  affaires  est  aujourd’hui  de  plus  en  plus  ré‑ glementé. Les scandales financiers  passés et le durcissement des loi de  nombreux pays à amené le Conseil  Fédéral  à  proposer  un  projet  de  modification du Code des Obliga‑ tion  suisse.  Sur  le  plan  européen,  l’institution  d’une  Constitution  commune  aux  pays  membres  fait  débat.  Ces  deux  sujets  sont  ainsi  traités  dans  un  dossier  « Droit »  qui leur est réservé.

Nous achèverons  ceOe  douzième  édition sur le sujet chatoyant qu’est  l’industrie  du  luxe  en  Suisse  et  ailleurs.  Les  nouvelles  frontières  du luxe et les récentes possibilités  offertes par Internet y seront déve‑ loppées. Cet  ouvrage  n’aurait  pu  être  réa‑ lisé  sans  la  confiance  et  le  soutien  de  nos  sponsors,  ainsi  que  la  par‑ ticipation  de  professeurs,  profes‑ sionnels et étudiants à la rédaction  des  articles  constituant  ceOe  pu‑ blication. Au nom de la Junior En‑ treprise HEC, nous tenons à les en  remercier. Il ne nous reste dès lors  qu’a vous souhaiter une excellente  lecture  en  compagnie  de  l’Echos  Money, douzième édition !

E"#$%&' Junior Entreprise HEC Lausanne, Internef CH ‑ 1015 Dorigny, Tel.: +41 21 692 33 33 info@jehec.ch R%)*+,)-./%) "% /- *&./#1-$#+, Raphaël Darty Sophie Uriot Thibault Vanvincq C+,1%*$#+, G'-*4#5&% Jean‑Sébastien Monzani / jsmonzani.com I7*'#7%&' Imprimerie Baillod SA Rte du Vignoble 1 / 2017 Boudry + D#)$'#.&$#+, Universités suisses et EPFL Milieux Professionnels de Suisse Romande

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SOMMAIRE TABLE DES MATIÈRES 3 7 8

Editorial Mot du doyen Mot du Président

FINANCE : PRIORITÉ LAUSANNE 10 14 18 20

IBF : La finance à HEC Lausanne Swiss Finance Institute : Une collaboration Exemplaire Life after School in Switzerland Nouveaux métiers bancaires

GLOBALISATION 24 28 32

L’ouverture de la Suisse vis-à-vis de l’Europe Un monde à globaliser Discussion autour de la levée du secret bancaire en Suisse

DROIT 36 38

La Constitution Européenne et ses implications pour la Suisse Adaptation du droit des sociétés aux tendances du corporate governance

LUXE 44 48

e-Luxury Les Nouvelles Frontières du Luxe

ACTUALITÉJUNIOR ENTREPRISE 52 54 55

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La Junior... Cercle des anciens 15ème coupe de Golf


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Perspectives

Vous voyez toujours plus loin, vous allez à l'essentiel rejoignez-nous. Forte de quelque 120'000 collaborateurs dans le monde entier, Deloitte est une entreprise de premier plan en matière d'audit, de services juridiques et fiscaux, conseil, services financiers et risques d'entreprise. Rencontrons-nous: nous vous présenterons vos perspectives de carrière. Contactez Marie-France Tischhauser pour un entretien: mtischhauser@deloitte.com www.deloitte.ch

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MOT DU DOYEN François Grize Doyen de l’Ecole des HEC Lausanne

A}.w w.~~.  12,-.  édition  d’Echos  Money,  la  Junior  Entreprise  nous  offre à nouveau un sommaire varié  et  riche  en  contenu.  Finance,  Glo‑ balisation,  Droit,  Luxe,  autant  de  domaines où nombre de réflexions  peuvent être menées et d’idées dé‑ baOues.

son centre  de  recherche  et  d’autre  part  de  former  des  spécialistes  de  niveau universitaire. Dans ceOe op‑ tique  HEC,  par  l’intermédiaire  de  son Institut de Banque et Finance, a  réussi à se profiler comme l’un des  principaux acteurs et nous nous ré‑ jouissons de ceOe situation. 

En guise  d’introduction  et  n’ayant  à disposition que relativement peu  de  place,  je  m’aOarderai  plus  spé‑ cialement sur un thème cher à HEC  Lausanne: la finance.  

Etant donné le rôle primordial que  jouent les établissements financiers  dans  l’économie de notre Pays, les  étudiants misant sur une formation  dans ce secteur font un investisse‑ ment fort rentable pour leur avenir.  Et le succès de notre Master en fi‑ nance est aussi là pour le rappeler.

Ce n’est bientôt plus un secret pour  personne,  HEC  a  l’ambition  de  se  positionner  comme  un  des  princi‑ paux acteurs de ce domaine sur la  place européenne. A vrai dire, quoi  de  plus  normal  lorsqu’on  sait  que  le secteur bancaire suisse représen‑ te plus de 9 % du PIB, gère plus de  4000 milliards de francs sous forme  de papiers‑valeur en dépôt de client  ainsi qu’un tiers de la fortune pri‑ vée  internationale.  Pour  HEC,  cet  objectif  est  en  passe  de  se  concré‑ tiser,  notamment  avec  la  création  du  Swiss  Finance  Institute  (SFI).  Fondation  privée  née  d’un  parte‑ nariat entre l’association suisse des  banquiers,  la  confédération  ainsi  que  les  universités.  Le  but  du  SFI  est d’une part d’aOirer des profes‑ seurs de renommée mondiale dans 

diants y trouveront également leur  compte.  Pour  preuve,  dès  la  ren‑ trée  de  cet  automne,  le  professeur  Bernard  Dumas,  sommité  mon‑ diale,  donnera  des  cours  à  HEC  Lausanne  dans  les  programmes  de premier, deuxième et troisième  cycle. Ainsi, les étudiants pourront  tous bénéficier de ses conseils. Avec  la  création  du  SFI,  un  signal  clair est donné en faveur de la pro‑ motion  de  la  recherche  et  de  l’en‑ seignement en matière bancaire et  financière.  Ceci  pour  le  bien  de  la  formation, mais aussi pour celui de  la place financière suisse.   

Nous ne  pouvons  donc  que  nous  réjouir de ceOe volonté de créer  un pôle national de com‑ pétence  dédié  à  la  finance et il est  certain que  les  étu‑

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MOT DU PRÉSIDENT Marcus Andersson Président de la Junior Entreprise HEC Lausanne

D.‡$+y ‡'$y  ).  20  ans  une  quin‑ zaine  d’étudiants  HEC,  d’équipes  constamment  renouvelées,  coopè‑ rent pour rapprocher deux mondes  distants mais inséparables, profes‑ sionnels et estudiantins. Dynamiques  et  motivés  nous  cherchons  à  apporter  une  vision  nouvelle  à  nos  clients  par  des  so‑ lutions  concrètes  à  leurs  préoccu‑ pations.  Nous  pouvons  aider  une  Entreprise  dans  l’élaboration  de  stratégies  marketing,  financières  ou évènementielles qui demandent  des compétences théoriques acqui‑ ses mais également une ouverture  d’esprit  et  une  volonté  d’innova‑ tion qui font de notre jeunesse une  réelle force. Nous  visons  une  meilleure  com‑ préhension  entre  l’établi  et  l’inno‑ vation  et  c’est  par  notre  pont  que  vous faites preuve d’une confiance  en l’avenir.

C’est sans doute la raison pour la‑ quelle plus de 300 sociétés ont déjà  fait appel à nous pour des mandats  très variés sur toute la scène écono‑ mique Suisse. La variété est en effet un challenge  que nous accueillons à bras ouvert  et  c’est  grâce  au  grand  nombre  d’étudiants présents entre nos murs  et leurs orientations différentes que  nous  saurons  trouver  un  chef  de  projet apte à toute situation. Car,  outre  notre  très  bonne  rela‑ tion  qualité  prix,  c’est  bien  là  que  se situe notre force principale : un  consultant spécifique pour chaque  situation. Notre  volonté  d’échange  entre  deux  mondes  ne  s’arrête  pas  là.  Plusieurs  évènements,  organisés  par  nos  membres,  ont  pour  vo‑ cation  l’enrichissement  mutuel  et  les échanges d’idées. Tout d’abord  notre  coupe  de  golf  (ceOe  année  à 

sa 15ème  édition)  rassemblant  un  étudiant  et  un  chef  d’entreprise  pour unir leurs efforts dans un jeu  d’équipe.  Il  y  a  également  notre  gestion  de  nos  anciens  membres  regroupant  ainsi  chaque  année  plusieurs  générations  autour  de  notre  concept  jamais  vieillissant.  Nous cherchons finalement à créer  des échanges d’idées entre profes‑ seurs,  étudiants  et  professionnels  en confrontant les opinions au tra‑ vers de ceOe revue. CeOe  dernière  ne  serait  entre  vos  mains  sans  le  dévouement  de  nos  trois  responsables  de  la  publica‑ tion,  Sophie,  Thibault  et  Raphaël  qui ont su meOre aux défis chaque  rédacteur  par  des  thèmes  d’actua‑ lité. Je les félicite pour leur parfaite  organisation et le travail accompli. Il ne me reste plus qu’à vous laisser  le plaisir de découvrir ces quelques  articles en vous souhaitant une lec‑ ture des plus enrichissante.

Nous visons  une  meilleure  compréhension  entre  l’établi  et  l’innovation  et  c’est  par  notre  pont  que  vous  faites  preuve  d’une confiance en l’avenir. 8


FINANCE : PRIORITÉ LAUSANNE


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FINANCE

Michael Rockinger  est  professeur  de  fiance. Après  des  études  à  l’EPFL  en  mathématiques,  il  a  rejoint  l’UNIL en tant qu’étudiant de l’une des premières volées du Master en Economie (se nommant pompeu‑ sement Diplôme Postgrade en Economie Politique). Il a poursuivi ses études de doctorat à Harvard où il  s’est promu en 1992. Après avoir franchi les échelons de professeur assistant, de professeur associé, puis  de professeur ordinaire à HEC Paris, il a rejoint HEC Lausanne en 2001. Rapidement il a pris la direction  de l’IBF ainsi que du MBF. En 2004 il a débuté des activités de vice‑doyen. Désormais, il aOend avec im‑ patience la fin de son mandat afin de pouvoir se dédier à nouveau avec plus de vigueur à ses activités de  recherche et d’enseignement…

IBF : LA FINANCE À HEC LAUSANNE D(zy '.  w()%.  de  l’économie,  ces  trois dernières décennies ont connu  l’émergence  de  nouveaux  domai‑ nes  dont  en  particulier  celui  de  la  finance.  Plusieurs  raisons  peuvent  expliquer ceOe émergence. La pre‑ mière  est  probablement  de  nature  académique.  Tandis  qu’un  grande  nombre  de  modèles  économiques  néglige la prise en compte de l’in‑ certitude,  la  finance  place  la  com‑ préhension  et  la  maîtrise  de  l’aléa  au  cœur  même  de  ses  préoccupa‑ tions.  A  titre  d’exemple,  on  peut  citer  les  progrès  qui  ont  été  réali‑ sés  dans  le  choix  de  portefeuille  ainsi  que  dans  la  valorisation  des  actifs  financiers  dérivés,  tels  que  10

les options. La seconde raison, cer‑ tainement  liée  à  la  première,  est  l’aOribution récente du prix Nobel  d’économie  à  des  financiers  ou  à  des économètres de la finance. Ces  prix ont permis de rendre la finan‑ ce crédible, au point qu’on observe  aujourd’hui un retour des connais‑ sances: de plus en plus de modèles  économiques, comme par exemple  ceux de la macroéconomie, utilisent  les  outils  développés  initialement  pour la finance. La dernière raison,  ceOe fois non académique, est que  le marché de la banque et de la fi‑ nance a connu un essor incroyable.  Il  a  fallu  former  des  banquiers  et  tandis  que  les  premiers  financiers 


F+z(zw. étaient souvent  des  économistes  recyclés, désormais il y a des filiè‑ res d’études dédiées purement à la  finance… Le  développement  du  banking  et  de la finance à Lausanne a débuté  il  y  une  quinzaine  d’années  envi‑ ron.  A  l’époque,  deux  postes  de  professeurs,  dont  un  seulement  à  plein  temps,  ont  été  repourvus  dans l’optique de couvrir les deux  grands domaines de la finance que  sont  la  finance  d’entreprise  et  la  finance  des  marchés.  On  retrouve  ces  deux  grands  axes  également  dans l’industrie bancaire. La finan‑ ce  d’entreprise  permet  de  mieux  comprendre,  par  exemple  quand  il faut émeOre des titres, quand in‑ vestir ou comment effectuer des in‑ vestissements étagés, dans le cadre  des options réelles. L’autre finance,  celle  des  marchés,  a  d’avantage  pour objectif de donner des direc‑ tives sur la façon de gérer un por‑ tefeuille avec des outils quantitatifs  et de valoriser, de pricer, comme on  dirait en jargon financer, des actifs. C’est  en  1993  qu’une  étape  im‑ portante  a  été  franchie,  celle  de  la  création d’un programme d’études  spécialisé: Le master in Banking and  Finance  (MBF).  Il  est  remarquable  que ce programme ait pu être crée,  non pas parce qu’il y a eu des prio‑ rités  au  niveau  universitaire  pour  soutenir ce programme, mais parce  que les praticiens ont reconnu son  utilité et sa valeur pour l’industrie  bancaire. Ainsi, l’Association Vau‑ doise des Banques a décidé d’aider  ce  programme  par  son  soutien  à  l’Institut du Banque et Finance. Ce  soutien a été effectif depuis longue  date  et  a  permis  de  faire  du  MBF  l’un  des  programmes  phares  en  formation financière en Europe. Ce  qui  a  caractérisé  le  MBF  était  tout d’abord une excellente forma‑ tion  quantitative.  CeOe  formation  était dispensée par les professeurs  de finance mais également par des  professeurs d’économie. Ainsi, par  exemple,  en  1995,  un  spécialiste  de  la  finance  d’entreprise  théori‑ que  et  de  la  théorie  bancaire,  Elu  von Thadden, a été recruté sur un 

poste de  microéconomie.  Ce  type  de  recrutement  illustre  comment  pendant  de  longues  années  des  ressources ont été peu à peu aOri‑ buées dans le cadre d’HEC au MBF.  L’interaction entre l’économie pure  et un domaine d’application a per‑ mis grâce à leur caractère transver‑ sal la création de postes dédiés à la  finance. Comme une grande partie  de  l’enseignement  du  MBF  était  quantitatif, afin d’équilibrer le pro‑ gramme, des praticiens ont montré  aux étudiants à quoi servent finale‑ ment les outils quantitatifs et com‑ ment  les  appliquer  dans  la  vie  de  tous les jours. En parallèle à la formation Master,  la  formation  au  niveau  de  la  Li‑ cence  s’est  également  développée.  CeOe excellente formation de base,  et  en  particulier  en  finance,  a  été  appréciée  par  les  universités  par‑ tenaires  qui  ont  accueilli  des  étu‑ diants d’HEC Lausanne.

Du fait  de  l’absence  de  sélection  à  l’entrée,  le  taux  d’échec  est  très  élevé. Ainsi, on peut dé‑ plorer le coût social très  élevé de ce nouveau sys‑ tème  poussant  de  nom‑ breux  étudiants  étran‑ gers vers un échec. Avec la signature des accords de Bo‑ logne, l’enseignement au niveau de  la Licence sur une durée de 4 ans a  basculé vers une formation du type  Bachelor  sur  une  durée  de  3  ans.  Par  ailleurs,  le  MBF,  programme  payant et d’une durée d’une année,  est devenu le Master of Science in  Finance,  MScF.  Ce  nouveau  pro‑ gramme,  avec  des  frais  de  scola‑ rité bas et une  durée de deux ans  a débuté avec la rentrée 2005/2006.  Le  programme  MScF  a  connu  un  très  vif  succès  avec  le  plus  grand  nombre  d’inscrits  parmi  tous  les  masters d’HEC. Le bilan, après un  premier  semestre  est  alarmant  et  rassurant en même temps. Du fait  de l’absence de sélection à l’entrée, 

le taux  d’échec  est  très  élevé. Ain‑ si,  on  peut  déplorer  le  coût  social  très  élevé  de  ce  nouveau  système  poussant  de  nombreux  étudiants  étrangers  vers  un  échec  dont  les  directeurs  des  programmes,  forts  d’années  de  sélection,  pouvaient  prédire l’occurrence avec une gran‑ de probabilité. Outre un coût moral,  vient s’ajouter un coût réel dans la  mesure où des familles entières ont  serré  les  coudes  pour  permeOre  à  l’un  des  leurs  d’effectuer  des  étu‑ des dans un pays lointain au coût  de  la  vie  élevé.  Au  départ  les  in‑ tentions étaient probablement tout  autres.  Les  enseignants  du  MScF,  ayant également enseigné aux étu‑ diants du MBF, ont par ailleurs re‑ marqué une certaine autosélection  de la part des étudiants. Ainsi, un  étudiant  non  familier  avec  le  ni‑ veau exigeant de la formation Lau‑ sannoise, peut être conduit à pen‑ ser que le faible niveau des frais de  scolarité  et  la  moindre  sélection  à  l’entrée  impliqueraient  des  études  faciles  à  Lausanne.  Mauvaise  sur‑ prise: il n’en est rien. De même un  étudiant excellent, conscient de ses  capacités, désirera être sélectionné  afin de pouvoir signaler au marché  du  travail,  de  plus  en  plus  global,  qu’il  est  bon.  Tant  que  des  pays,  tels  que  la  Grande  Bretagne,  pro‑ poseront des masters sur un an, ces  excellents  étudiants  choisiront  la  formation courte, démontrant ainsi  leurs capacités d’apprentissage ra‑ pides.  S’il  le  faut,  ils  effectueront  par ailleurs un emprunt afin de fi‑ nancer leur scolarité, conscients de  pouvoir  rapidement  rembourser  leur deOe avec des salaires corres‑ pondant au signal envoyé dans un  marché  international  compétitif,  qui fera appel aux meilleurs même  s’il  faut  les  aOirer  d’un  continent  à  un  autre.  CeOe  autosélection  a  malheureusement  conduit  les  très  bons étudiants internationaux à se  détourner  vers  d’autres  program‑ mes situés au nord de l’Europe. Il est à noter, et c’est cela qui est ras‑ surant,  que  l’échec  ne  touche  que  peu  les  étudiants  venant  d’HEC  Lausanne, démontrant ainsi la très  bonne  formation  du  programme  Bachelor  d’HEC,  mais  beaucoup  11


Ewx#y M#z.{ 12 ‑ 2006 plus  les  étudiants  d’origine  étran‑ gère. Il  est  à  remarquer  qu’en  parallèle  avec  ceOe  formation  au  niveau  de  base,  la  formation  doctorale  s’est  également  développée.  Ainsi,  en  automne  1996  l’International  Cen‑ ter  for  Financial  Asset  Manage‑ ment  and  Engineering,  générale‑ ment connu sous le nom de FAME,  a  été  créé.  CeOe  fondation  a  créé  une année plus tard le programme  doctoral FAME, établi en collabora‑ tion avec les Universités Genevoise  et Neuchâteloise. Malgré quelques  réticences  initiales  de  la  part  des  Universités partenaires, peu à peu,  l’enseignement au niveau doctoral  a été inclus dans le cahier des char‑ ges des enseignants. Actuellement,  le  programme  doctoral  FAME  est  en  train  de  migrer  sous  l’égide  du  Swiss  Finance  Institute,  SFI.  D’autre part, dans le cadre de la ré‑ forme de Bologne, qui préconise au  niveau des Universités une forma‑ tion doctorale, le programme doc‑ toral FAME a été incorporé dans le  curriculum  des  Ecoles  Doctorales  des universités partenaires. Le SFI,  fondation  nouvellement  créé  en  Janvier 2006, avec comme horizon  non  seulement  la  Suisse  romande  mais la Suisse toute entière, est di‑ rigée par le professeur Jean‑Pierre  Danthine, notre collègue de l’IBF. Il  est  clair  qu’avec  la  mise  en  pla‑ ce  de  ces  programmes  un  besoin  supplémentaire  d’enseignants  est  né.  Comme  déjà  mentionné,  sans 

l’aide extérieure, le développement  des enseignements n’aurait pas pu  se  faire.  Outre  l’aide  de  l’Associa‑ tion des Banques Vaudoises à l’IBF,  la  fondation  FAME  a  permis  des  financements  de  postes.  Pour  cer‑ tains de ces postes, le financement  a été repris par HEC et l’Université  de Lausanne. Par ailleurs au niveau  Suisse, s’est créé le National Center  of Competence in Research, NCCR.  CeOe initiative a permis le recrute‑ ment d’un certain nombre d’ensei‑ gnants  et  de  chercheurs.  Du  côté  de  Lausanne,  on  peut  mentionner  le  recrutement  d’Enrique  Schroth, 

l’IBF a  été  reconnu  comme l’un  des  centres  les  plus  productifs  en  Europe de Daniela Fabbri, d’Henri Schell‑ horn ainsi que d’Alessandro Beber  qui ont été rendus possibles grâce  au  financement  du  NCCR  qui  fi‑ nance  50%  de  ces  postes,  l’autre  moitié  étant  financée  par  l’UNIL.  Par  ailleurs,  en  2004,  l’Université  de Lausanne a reconnu l’utilité de  la  finance,  et  a  permis  la  création  d’un  certain  nombre  de  postes  de  professeurs  occupés  par  Eric  Jon‑ deau,  Erwan  Morellec,  Julien  Hu‑ gonnier, Norman Schuerhoff, ainsi  que  par  Tony  Berrada.  Un  certain  nombre  d’autres  postes  ayant  un  lien avec la finance ont été créé au  sein  du  département  d’économie. 

On peut  mentionner  ainsi  Jean  Imbs,  Pascal  St‑Amour,  ainsi  que  Lucy White. Egalement avec l’aide du SFI, l’IBF  a pu offrir des conditions suffisam‑ ment  aOractives  permeOant  d’aOi‑ rer  le  professeur  Bernard  Dumas,  actuellement  professeur  à  l’IN‑ SEAD à Fontainebleau ainsi qu’à la  très  prestigieuse  Wharton  School  de  l’Université  de  Pennsylvanie.  Son  arrivée  en  automne  2006  est  aOendue  avec  impatience  par  les  membres de l’IBF. On  peut  donc  constater  que  l’IBF  a  connu  d’importants  et  excitants  développements  au  cours  de  ces  dernières  années.  Au  niveau  du  corps professoral, nous nous som‑ mes  également  significativement  développés.  Au  niveau  des  cours  enseignés,  la  finance  propose  ses  services  à  tous  les  niveaux  et  di‑ rige  ses  propres  programmes.  Au  niveau  de  la  recherche,  l’IBF  a  été  reconnu  comme  l’un  des  centres  les  plus  productifs  en  Europe.  Nous  allons  bientôt  accueillir  un  nouveau membre, très prestigieux  et  reconnu  sur  la  place  mondiale,  Bernard  Dumas.  Nous  aOendons  également  avec  une  certain  impa‑ tience  notre  retour  sur  la  campus  de Dorigny; retour qui devrait s’ef‑ fectuer  à  l’automne  2006  dans  un  bâtiment qui devrait être en grande  partie dédié à la finance. 

Les praticiens ont reconnu l’utilité du master in Banking and  Finance (MBF) et sa valeur pour l’industrie bancaire.

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Ewx#y M#z.{ 12 ‑ 2006

FINANCE

Professeur d’économie  politique  et  de  finance  a  l’école  des  Hautes  Etudes  Commerciale  de  l’Université  de  Lausanne,  Jean‑pierre  Dan‑ thine a également enseigné  dans diverses universités à l’étranger tel‑ les que University of Southern California (Los Angeles),  Université  Laval (Québec).Il est également membre actif au sein de divers insti‑ tuts. Nous citerons en exemple l’IGBF (Institut de Gestion Bancaire et  Financière), le CEPR, le CEPS (Groupe de la Politique macroéconomi‑ que), le Conseil de l’Association Européenne d’économie…

SWISS FINANCE INSTITUTE : UNE COLLABORATION EXEMPLAIRE La succession de FAME Créé en 2005 et opérationnel depuis  le 1er janvier 2006, le Swiss Finance  Institute  prend  la  succession  du  Centre  international  FAME  pour  la  gestion  du  patrimoine  et  de  l’ingénierie  financière  dans  lequel  HEC‑Lausanne était partie prenante  depuis  l’automne  1996.  Comme  FAME  avant  lui,  le  Swiss  Finance  Institute  sera  actif  dans  le  soutien  à  la  recherche,  à  l’enseignement  doctoral  ‑  gérant  en  particulier  le  programme  doctoral  en  finance  commun  aux  universités  de  Lausanne, Genève, Neuchâtel et de  l’Institut HEI ‑ et dans la formation  14

continue. Sur  ce  dernier  plan,  le  Swiss  Finance  Institute  reprend  non  seulement  les  activités  de  FAME mais aussi celles de la Swiss  Banking  School  active  à  Zürich  depuis  1991.  Le  Swiss  Finance  Institute  est  lié  de  manière  forte  à  5  universités  partenaires  dont  les  Universités de Lausanne et Genève  qui  ensemble  formeront  le  centre  Swiss  Finance  Institute  ‑  Léman  ainsi  que  l’Université  de  Zürich  et l’ETHZ (Swiss Finance Institute  ‑  ZH)  et  l’université  du  Tessin  (Swiss Finance Institute ‑ Lugano).  Ces  universités  bénéficieront  en  particulier  de  co‑financement  de  chaires  professorales  au  niveau 


F+z(zw. junior (professeur  assistant  avec  pré‑titularisation  conditionnelle)  ou  senior  (professeur  ordinaire  avec chaire Swiss Finance Institute)  ainsi  que  de  financement  pour  des  professeurs  visiteurs.  HEC‑ Lausanne  peut  aOendre  du  Swiss  Finance  Institute  un  soutien  substantiel  dans  son  objectif  de  constituer  un  département  de  finance  compétitif  sur  le  plan  international. 

Recherche et  enseignement  de  premier  plan  pour  une  place  financière  de  premier  plan Lors de son entrée en fonction il y  a un peu plus de deux ans, Pierre  Mirabaud,  Président  de  l’Associa‑ tion  suisse  des  banquiers  (ASB),  a  lancé  une  initiative  visant  à  ren‑ forcer  durablement  la  recherche,  la  formation  doctorale  et  la  for‑ mation  continue  en  matière  ban‑ caire  et  financière.  L’idée  était  et  demeure  aussi  claire  qu’évidente:  pour  rester  compétitive  dans  un  contexte de concurrence mondiale,  une  place  financière  doit  disposer  d’une  recherche  et  d’un  enseigne‑ ment  d’envergure  internationale.  Les  universités  suisses  doivent  at‑ tirer  les  meilleurs  spécialistes  des  marchés  financiers  en  provenance  du  monde  entier,  afin  d’élever  le  niveau de formation des étudiants  locaux  et  de  permeOre  à  nos  ban‑ ques  de  disposer  d’une  relève  de  premier  plan  dotée  d’une  forma‑ tion de qualité. Ces considérations sont à replacer  dans  leur  contexte,  à  savoir  l’im‑ portance  primordiale  du  secteur  bancaire  et  financier  pour  la  Suis‑ se: celui‑ci génère 11% du produit  national brut de notre pays et son  rayonnement  international  est  lar‑ gement reconnu.  Une telle position  n’est  pas  acquise  pour  toujours!  Elle justifie un investissement dans  la matière grise pour qu’en matière  de  recherche  et  d’enseignement  bancaires et financiers aussi la pla‑ ce financière suisse tienne un rang  digne  de  sa  réputation  internatio‑ nale. L’initiative de l’ASB vient sur  les  traces  de  plusieurs  initiatives 

aux buts similaires prises dans les  quelques  dernières  années:  créa‑ tion du centre de recherche NCCR  FINRISK  par  le  Fonds  national  suisse en 2001, mise sur pied de la  Swiss Banking School, active en for‑ mation  continue,  et  du  Centre  in‑ ternational FAME déjà mentionné,  en  particulier.  Le  regroupement  en date du 1er janvier 2004 des ac‑ tivités  d’executive  education  de  la  Swiss  Banking  School  et  de  FAME  a constitué une première forme de  coopération performante entre ins‑ titutions  suisses  aux  ambitions  si‑ milaires. L’objectif du Swiss Finan‑ ce Institute est de préparer l’avenir  en  renforçant,  regroupant  et  coor‑ donnant  davantage  toutes  ces  ini‑ tiatives.  L’ambition  est  de  doter  la  Suisse  de  structures  de  recherche  et  d’enseignement  qui  puissent  se  mesurer aux meilleures universités  européennes. 

Produire le  savoir  et  le  dis‑ séminer Le  Swiss  Finance  Institute  a  deux  domaines  d’intervention  privilé‑ giés: la recherche et l’executive edu‑ cation.  Il  s’agit  dans  les  deux  cas  de  faire  de  la  Suisse  un  pôle  d’aOraction  pour des personnalités de premier  ordre  –  chercheurs,  enseignants,  étudiants et participants à des pro‑ grammes  de  formation  continue.  L’objectif  est  que  le  pays  ne  soit  plus perçu à l’étranger comme une  grande  place  financière  unique‑ ment, mais aussi et de plus en plus  comme  un  grand  centre  de  com‑ pétence et de formation. A moyen  terme, la recherche suisse dans les  domaines bancaire et financier doit  occuper une position de pointe en  Europe.  Soutien à la recherche Le  soutien  à  la  recherche  par  le  Swiss Finance Institute se fait selon  trois axes.   Soutien aux structures. En  co‑finançant  des  chaires  dans  les  matières  précitées,  le  Swiss  Fi‑ nance  Institute  entend  inciter  les  universités  à  confier  ces  chaires  à  des enseignants d’envergure inter‑

nationale. A terme le Swiss Finance  Institute constituera une organisa‑ tion de recherche comptant jusqu’à  50 chaires professorales dont 30 au  moins devraient être détenues des  personnalités  susceptibles  d’ob‑ tenir  un  poste  similaire  dans  les  institutions internationales les plus  prestigieuses. Le nombre de publi‑ cations dans les revues financières  les  plus  prestigieuses  devrait  être  multiplié  par  un  facteur  trois.  La  nomination  récente  du  Professeur  B.  Dumas  à  l’Ecole  des  HEC  de  l’UNIL  est  un  premier  pas  très  si‑ gnificatif sur la voie ainsi définie. Soutien  aux  projets.  En  deuxième  lieu,  le  Swiss  Finance  Institute  sou‑ tient  et  encourage  des  projets  de  recherche  promeOeurs  dans  cer‑ tains  domaines  spécifiques.  Les  subsides  seront  aOribués  sur  une  base concurrentielle, en étroite col‑ laboration avec le NCCR‑FINRISK  financé par le Fonds national de la  recherche  scientifique.  Toutes  les  universités et hautes écoles spécia‑ lisées pourront prétendre au finan‑ cement  de  projets  et  déposer  des  dossiers. Programme PhD. En troisième lieu,  le Swiss Finance Institute finance le  développement  d’un  programme  PhD  coordonné  sur  l’ensemble  de  la  Suisse.  L’accès  à  ce  programme  se  fera  selon  des  critères  qualita‑ tifs  clairs,  les  doctorants  les  plus  brillants étant privilégiés.  Le pro‑ gramme proposé suivra un modèle  internationalement  reconnu  déjà  adopté  dans  le  cadre  de  FAME  et  de FINRISK.  Le Swiss Finance Ins‑ titute financera des bourses offertes  aux  doctorants  et  leur  permeOant  de se concentrer à plein temps sur  un  cursus  exigeant    pendant  leur  première  année  d’études  avant  de  devenir  assistants  d’enseignement  ou  de  recherche.  Il  s’agit  de  don‑ ner  aux  meilleurs  talents  des  con‑ ditions optimales pour lancer leur  carrière. L’ensemble des activités de recher‑ che du Swiss Finance Institute sera  placé  sous  la  supervision  d’un  conseil  scientifique  composé  de  chercheurs  internationalement  re‑ 15


Ewx#y M#z.{ 12 ‑ 2006 connus placés sous la direction du  Professeur  René  Stulz,  Ohio  State  University,    et  composé  des  pro‑ fesseurs  Patrick  Bolton  et  Ioannis  Karatzas  de  Columbia  University,  Tim Bollerslev de Duke et Michael  Brennan de UCLA.  

Formation continue En  matière  de  formation  continue  (Executive  education),  le  Swiss  Fi‑ nance  Institute  s’appuiera  dans  un  premier  temps  sur  les  program‑ mes déjà proposés avec succès par  FAME et la Swiss Banking School. La  gamme existante des cursus propo‑ sés  sera  regroupée  sous  un  même  toit  ou  coordonnée  dans  le  cadre  d’une stratégie cohérente. Il est en  outre prévu de développer certains  cursus spécialisés et de réactualiser  certains  diplômes,  par  ex.  un  Exe‑ cutive  Master  in  Bank  Management  bénéficiant  d’une  accréditation  internationale. Le transfert recher‑ che‑enseignement‑pratique  sera  amélioré: les résultats de la recher‑ che seront davantage intégrés dans  l’enseignement et, inversément, les  besoins de la pratique et/ou de l’en‑ seignement  seront  pris  en  compte  pour le choix des thèmes de recher‑ che.  S’agissant  de  l’aménagement  stratégique de l’offre de formation,  il  sera  supervisé  par  une  instance  composée  d’éminents  spécialistes  et  praticiens  issus  du  secteur  de  la formation et/ou de la formation  continue  et  placé  sous  la  prési‑ dence de M. Urs Hoffmann, Chief  Learning  Officer,  Credit  Suisse.  Cet  «Executive  Education  Advisory  Board»  surveillera  la  qualité  et  la  réputation  de  l’executive  education  et en sera le garant. 

Structures performantes  et  légères Le  Swiss  Finance  Institute  dispose  d’une  structure  organisationnelle  claire  et  légère,  reposant  sur  des  structures et ressources existantes.  Tous  les  groupes  d’intérêt  impli‑ qués  dans  la  fondation,  à  savoir  les  banques,  la  Confédération  et  les universités, sont représentés au  Conseil  de  fondation.  Ceci  garantit  que leurs divers intérêts et besoins  16

soient pris en compte, au plan stra‑ tégique, dans l’activité de la fonda‑ tion.  Le  Conseil  de  fondation  est  composé  d’éminentes  personna‑ lités  issues  des  milieux  économi‑ ques,  politiques  et  universitaires.  Il  a  en  charge  l’orientation  straté‑ gique  de  la  fondation  ainsi  que  la  définition  des  thématiques  et  des  critères de qualité. Le Président du  Conseil de fondation est Monsieur  Olivier Steimer, Président du Con‑ seil d’administration de la Banque  Cantonale  Vaudoise.  Les  vice‑pré‑ sidents sont Messieurs Marcel Ro‑ hner,  Chairman  and  CEO  Global  Wealth Management and Business  Banking,  UBS,  et  Ulrich  Körner,  COO et CFO, Credit Suisse. La di‑ rection,  qui  assure  la  gestion  opé‑ rationnelle  de  la  fondation  ainsi  que des tâches de coordination est  directement subordonnée au Con‑ seil de fondation. 

Financement assuré  à  long  terme La création de ce pôle de recherche  et de formation en matière bancai‑ re  et  financière,  bénéficiant  d’une  reconnaissance  internationale  et  à  même de se mesurer aux meilleures  universités  européennes,  requiert  des moyens financiers supplémen‑ taires.  Ces  moyens  résultent  d’un  partenariat entre les universités qui  s’engagent au financement de base  des chaires professorales existantes  et  nouvelles,  la  Confédération  qui  à travers le Fonds national suisse et  le  NCCR  FINRisk  contribue  quel‑

que 3  millions  de  CHF  par  an  au  financement  de  projets  de  recher‑ che, les fondations privées dont la  fusion  est  la  base  juridique  de  la  nouvelle  fondation  (FAME,  Swiss  Banking School, Züricher Banking  Sti–ung,  qui  apportent  les  reve‑ nus  de  leur  capital  à  hauteur  de  2  millions  de  CHF  par  an  et  enfin  les  banques  qui  ont  constitué  en‑ semble un fonds de 75 millions de  CHF. La contribution des banques  est  versée  au  prorata  par  tous  les  établissements membres de l’ASB.  Certains  d’entre  eux,  notamment  les  banques  fondatrices  du  Swiss  Finance  Institute,  apportent  une  contribution supplémentaire signi‑ ficative. Au total, les contributions  de  tous  les  participants  couvrent  des besoins financiers représentant  18  millions  de  CHF  par  an  pour  un budget spécifique du Swiss Fi‑ nance  Institute  de  l’ordre  de  7  à  8  millions de CHF annuellement.

Vers l’excellence  universi‑ taire Le  Swiss  Finance  Institute  consti‑ tue  un  projet  extraordinaire  sus‑ ceptible de conduire les universités  partenaires  à  l’excellence,  qui  doit  être leur objectif constant, dans un  domaine  de  l’enseignement  et  de  la  recherche  particulièrement  im‑ portant pour l’économie et l’emploi  en Suisse. Etudiants, professeurs et  autorités universitaires et cantona‑ les  peuvent  se  réjouir  de  ce  déve‑ loppement  exemplaire  pour  notre  place universitaire.

Le secteur  bancaire  génère  11%  du  pro‑ duit  national  brut  de  notre  pays  et  son  rayonnement international est largement  reconnu.


 

      

 

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Ewx#y M#z.{ 12 ‑ 2006

FINANCE

Kaifeng “Kevin”  Chen  is  a  Director  of  Morgan  Stanley  &  Co.  He  gra‑ duated with a Ph.D. from International Center for Financial Asset Mana‑ gement and Engineering (FAME) and University of Lausanne, Switzer‑ land. Prior to that, Kevin did Master’s in Finance at CentER for Economic  Research,  Tilburg  University,  the  Netherlands.  Previously,  Kevin  spent  two years with China Development Bank as a portfolio manager in the  International Finance Department and Investment Banking Department.  Kevin is a Chinese national. 

LIFE AFTER SCHOOL IN SWITZERLAND I %.(''{ (‡‡%.w+(~. Junior Enterpri‑ se  HEC  Lausanne  gave  me  this  op‑ portunity to share something with  my alumni at HEC Lausanne.  First  of  all,  the  life  a–er  years  at  HEC  Lausanne  is  good.  When  I  was at HEC, I kept on asking my‑ self,  why  I  have  to  study  so  hard,  why  I  have  to  pass  one  exam  af‑ ter  another;  why  I  have  to  write  research papers; and why not just  quit?  Nothing  is  easy,  and  the  HEC  time  was  particularly  chal‑ lenging  for  me.  When  I  arrived  in  Lausanne  at  2001,  I  did  not  speak  one  French  word  and  I  needed  to  go  though  a  lot  of  difficulties  to  18

obtain my “Permit B”. For the first  half  of  year  that  I  was  waiting  for  my  document  paper,  I  could  not  go  anywhere  outside  of  Switzer‑ land. I still remember well my first  Christmas at Lausanne, stuck with  a  book  of  financial  mathematics  that I had to finish during the holi‑ day time. Now I can definitely say  that  the  effort  is  worthwhile. As  a  financial  professional  now  work  in  the  United  States,  people  asks  my  background  a  lot.  Whenever  I  mentioned  that  I  got  my  edu‑ cation  in  Switzerland,  it  brought  instant  credibility.  In  fact,  many  of my clients know FAME program  and University of Lausanne. They 


F+z(zw. would say, wow, you did study in  Switzerland, which must be good!  Switzerland has a very strong and  positive image in the States. Thanks  to  the  education  at  Lau‑ sanne  I  landed  a  very  interesting,  but  challenging  job.  The  firm  I  work for is a world‑class financial  institution.  They  are  regarded  as  a  powerhouse  in  financial  inno‑ vation.  I  met  many  well‑educated  co‑workers,  many  refined  clients,  and  many  opportunities.  We  keep  on  following  the  latest  academic  research  and  try  to  contribute  to  the application side. Globalization  is  creating  more  and  more  oppor‑ tunities for young generation. I am  a  Chinese,  I  received  education  in  Europe, and I am working in Ame‑ rica. There is not any more a clear  identity, but I am expected to deli‑ ver  high  quality  solutions  for  our  clients. I communicate with people  in Europe and Asia on daily basis.  Each  week  we  have  at  least  one  global conference call, which typi‑ cally  is  morning  time  in  Chicago  and  New  York,  a–ernoon  time  in  London  and  Geneva,  and  evening  time  in  Hong  Kong  or  Singapore.  It  is  a  professional  environment  unimaginable  even  some  years  ago.  I  see  multi‑national  compa‑ nies  are  more  and  more  managed  in “product lines”, instead of tradi‑ tionally  managed  geographically  or country by country. Members of  a  team  can  be  located  in  multiple  countries  or  continentals. As  a  re‑ sult, I know my team members in  London  beOer  than  other  teams’  employees  in  Chicago,  although  we  work  for  the  same  firm  in  the  same city. Specially, my job has to  do  with  something  called  alterna‑ tive  investment,  which  includes  hedge  funds,  private  equity,  real  estate etc. Switzerland is at the fo‑

Some of my trips in America

refront of  the  research  and  indus‑ try  of  alternative  investments.  At  Chicago I heard people o–en refer  research works of some professors  in  Switzerland,  including  Profes‑ sor  Lhabitant  of  HEC  Lausanne.  The  time  at  Lausanne  really  gives  me  a  solid  foundation  for  applied  research. Personally, I believe Ame‑ rica is a great country to gain expe‑ rience.  Academically,  it  is  the  top  of the world. Professionally, it has  also  one  of  the  most  competitive  and sophisticated environment. So  far I have stayed for about 2 years  in Chicago and have learned a lot  of new things. But, most of all, it is  the spirit of being able to innovate  and  challenge.  The  stint  here  will  be  my  treasure  for  the  rest  of  my  career.

Talking about Chicago, I feel Chica‑ go’s beauty and aliveness is a well‑ kept secret. It has a great network  of bike roads and was voted as “the  bike‑town  of  America”  in  2004.  I  do about 50 KM bike riding in the  weekends at the lakeside here from  time  to  time.  Lake  Michigan  is  huge. It has surface water of 57800  KM2, which is larger than the who‑ le  Switzerland.  There  are  many  other rivers and lakes around, so it  is  great  for  kayak,  canoe,  sail  and  any  other  water  sports.  Chicago  also  has  an  unbelievable  diversi‑ fied  culture  and  population.  Afri‑ can  Americans  brought  Chicago  blues  music;  the  restaurants  in  Chinatown,  Greektown  or  LiOle  Italy  are  great.  The  large  Irish  po‑

Whenever I  mentioned  that I got my education  in Switzerland, it brou‑ ght instant credibility Private life part, I am a big traveler,  as  most  of  my  friends  know.  I  en‑ joyed taking the holidays to travel  in the U.S. By the way, it is not true  that  Americans  do  not  take  vaca‑ tion.  There  are  some  workaholics,  but I do meet a lot of travelers. So  far I have visited about 21 states in  America. The most recent one is a  weekend trip to the state of Rhode  Island. It is one of the oldest states  of America, seOled in 1636 by some  religious  refugees.  It  is  also  the  first colony in North America that  declared  independence  from  En‑ gland.  The  longest  trip  was  a  dri‑ ving trip from Chicago to Houston,  about 3000 miles round trip (about  4000  KM).  I  took  this  opportunity  to  see  the  heart  land  of  America,  also visited cities like Memphis that  has great Blues music. The furthest  trip  I  did  was  to  Hawaii,  which  has  three  hours  time  difference  to  Chicago.  It  was  interesting  to  see  many couples got married there or  spending  honey  moon  at  Hawaii,  and watch many whales mate and  deliver baby whales there, for mil‑ lions  of  years.  Human  and  nature  is closer than we thought.

Chicago City aVer Snow (Photo: K. Chen)

pulation brought great Irish pubs.  Of course as a city has more poles  than in Warsaw, you would bump  into  Polish  sausage  places  a  lot  in  Chicago. So  that  is  a  short  essay  about  the  life  a–er  school.  I  encourage  you  to  go  abroad  a–er  HEC  time,  get  your international exposures, chal‑ lenge  yourself,  and  of  course,  if  you come to Chicago, please let me  know. I will be happy to invite you  for a Swiss fondue.

I encourage  you  to  go  abroad  aVer  HEC  time,  get  your  inter‑ national  exposures  and  challenge  your‑ self.

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FINANCE

Paul Coudret,  sous‑directeur,  est  con‑ seiller  économique  à  la  BCV.  Ancien  rédacteur  économique  à  l’Agefi,  au  Journal de genève et au Temps.

NOUVEAUX MÉTIERS BANCAIRES

Banque SA  cherche  ingé‑ nieur  multilingue  pour  gé‑ rer ses risques  Gœ#•%(‡x.,  +z•œz+.$%,  -(~xœ-(‑ ~+w+.z,  astronome,  physicien,…  Depuis  quelques  années,  souvent  dans la plus grande discrétion, des  professions  inaOendues  investis‑ sent les emplois bancaires.  Certes,  derrière  la  façade  des  gui‑ chets, le style de l’employé bancai‑ re  classique  reste  de  circonstance.  Pour  le  client,  rien  ne  change.  En  coulisses  par  contre,  sous  l’in‑ fluence  de  mutations  structurelles  importantes,  les  métiers  bancaires  20

évoluent rapidement,  avec  une  tendance  très  marquée  vers  les  sciences  exactes,  l’ingénierie  ou,  de  manière  plus  globale,  vers  les  compétences en matière de gestion  de projets. Conséquence : dans une  majorité  d’établissements  bancai‑ res  suisses,  les  profils  universitai‑ res sont de plus en plus demandés.  A  titre  d’exemple,  pour  la  seule  BCV  (Banque  Cantonale  Vaudoi‑ se),  leur  proportion  est  passée  de  10%  de  toutes  les  embauches  il  y  a à peine 10 ans à 30%, voire 40%,  aujourd’hui.  CeOe  évolution  s’ex‑ plique aisément. 


F+z(zw.

Métier « béni des Dieux » en  pleine (r)évolution Dans le monde entier, la banque a  longtemps été un métier « béni des  Dieux » :  dans  un  environnement  relativement bien régulé, avec des  taux d’intérêt et des marchés finan‑ ciers assez prévisibles et un climat  concurrentiel  plutôt  modéré,  les  affaires ronronnaient. La globalisa‑ tion des marchés aidant, des pres‑ sions  structurelles  convergentes  ont pourtant commencé à s’exercer  sur les établissements. Elles sont de  plusieurs ordres. Ces  pressions  viennent  des  mar‑ chés eux‑mêmes, où la concurrence  nationale  ou  trans‑nationale  entre  établissements  est  devenue  féroce  dans  un  contexte  de  dérégulation  totale  des  opérations  financières  et  bancaires.  CeOe  concurrence  va  de  pair  avec  une  conscience  tou‑ jours  plus  aigue  des  clients  pour  de meilleurs services et prestations  financières.  Ces  derniers  exercent  donc  une  influence  toujours  plus  grande  sur  les  banques,  notam‑ ment en ce qui concerne la qualité  des prestations.  Les Etats, voire les  instances  supra  étatiques  ne  sont  pas  en  reste :  ils  souhaitent,  avec  plus ou moins de fermeté, réguler  au  mieux  les  activités  bancaires  pour éviter autant que faire se peut  que  d’éventuelles  déroutes  finan‑ cières  aient  un  effet  de  domino  destructeur  sur  tous  les  marchés.  Last but not least, ces 15 à 20 der‑ nières  années,  l’évolution  dans  les  technologies de l’information a été  phénoménale, permeOant des éco‑ nomies d’échelle impressionnantes  dans le traitement électronique de  l’information,  une  des  bases  tech‑ niques  de  l’exercice  des  métiers  bancaires. 

Consolidation en cours Le  résultat  de  ces  pressions  con‑ vergentes  sur  les  banques  se  dé‑ cline au quotidien dans les médias  économiques  et  financiers :  le  sec‑ teur bancaire est en voie accélérée  d’industrialisation.  Et,  ses  respon‑ sables  raisonnent  désormais  de  plus en plus en termes de « chaîne 

de valeur »  ou  de  « maîtrise  des  marchés »,  des  idées  qui,  pour  le  commun  des  mortels,  sont  plus  courantes  dans  le  monde  indus‑ triel que dans les sphères financiè‑ res. La consolidation de la branche  bancaire est un autre résultat, tout  aussi visible, de ces pressions. Les  regroupements,  sous  forme  de  fu‑ sions  ou  d’acquisitions,  de  même  que les disparitions pure et simple  d’institutions  financières  de  toute  taille sont à l’ordre du jour dans le  monde entier. La  Suisse  n’est  pas  épargnée  par  ces  tendances  de  fond.  Le  nom‑ bre  de  banques  autorisées  par  la  Commission fédérale des banques  (CFB)  y  est  passé  de  626  en  1988  à  près  de  300  aujourd’hui.  Et,  les  exemples du rapprochement entre  UBS et SBS à la fin des années 90,  de la fusion des banques cantona‑ les à Genève et Vaud ou encore des  concentrations  en  cours  dans  le  milieu des banques Raiffeisen sont  parlant.  Selon des études récentes  de  IBM  Consulting1  et  du  CS  Re‑ search2, vers 2015, la consolidation  en  cours  devrait  avoir  permis  à  quatre  catégories  d’établissements  bancaires de voir le jour :  • des grandes banques universel‑ les, style UBS et CS, où les métiers  et les talents sont très concentrés ; • des  banques  de  proximité,  orientées  vers  un  service  et  des  prestations pour des clients au pro‑ fil  redéfini,  à  l’image  des  banques  cantonales  ou des banques Raiffei‑ sen ; • des banques spécialisées, à l’ins‑ tar des banques de gestion de for‑ tune  ou  des  banquiers  privés,  au  métier très profilé et parmi lesquel‑ les une concentration des forces est  en cours en Suisse ; • des  acteurs  « non  bancaires »,  comme  une  hypothétique  Banque  postale ou issus de la grande distri‑ bution  (Coop,  Migros)  qui  auront  investi  des  niches  d’activités  lais‑ sées vacantes par certaines institu‑ tions bancaires classiques.

Les enjeux des technologies  et des talents Dans ce contexte, les banques doi‑ vent  pouvoir  relever  deux  enjeux  de taille pour être dans la course :  rester au niveau le plus élevé pos‑ sible en ce qui concerne la techno‑ logie et aOirer les talents humains.  En  effet,  la  technologie  (notam‑ ment,  celle  de  l’information)  per‑ met  une  meilleure  automatisation  des opérations, une externalisation  des procédures et donc, assure une  maîtrise  des  coûts,  ce  qui  donne  des avantages concurrentiels en ga‑ rantissant  une  souplesse  d’action,  notamment en ce qui concerne les  prix des produits et prestations. En  ce  qui  concerne  les  talents  hu‑ mains,  il  s’agit  essentiellement  pour  les  banques  de  pouvoir  at‑ tirer  des  spécialistes,  notamment  dans les nouveaux métiers bancai‑ res  très  techniques,  qui  amènent  une  réelle  valeur  ajoutée  aux  éta‑ blissements  et  leur  facilitent  ainsi  la  tâche  dans  l’acquisition  d’une  nouvelle  clientèle.  C’est  ainsi  que,  depuis quelques années, on assiste  à la disparition de certains métiers  bancaires alors que d’autres appa‑ raissent  ou  connaissent  un  regain  de popularité.  Ainsi, victimes de l’automatisation  croissante  des  opérations,  les  mé‑ tiers  de  back‑office  ou  de  traders‑ brokers ont tendance à disparaître.  De  même,  les  analystes  financiers  font  les  frais  de  l’évolution  ban‑ caire.  Ainsi,  des  équipes  entières  disparaissant des banques suisses,  leurs  postes  étant  transférés  dans  les  filiales  londoniennes  ou  new‑ yorkaises  des  établissements  ou,  comme cela s’est passé tout récem‑ ment,  complètement  sous‑traités  auprès de partenaires hindous.  Par contre, les métiers qui montent  sont liés à l’évolution de la législa‑ tion, comme les compliance officers  chargés  de  surveiller  le  comporte‑ ment  éthique  des  établissements.  Ils sont aussi liés à l’aOention nou‑ velle portée aux clients (conseillers  à  la  clientèle,  chefs  de  produits,  conseillers  en  marketing).  Enfin,  21


Ewx#y M#z.{ 12 ‑ 2006 ces  nouveaux  métiers  ont  souvent  une connotation technique, comme  les  gestionnaires  des  risques  très  demandés dans les banques actuel‑ lement, les experts en planification  financière  ou  les  ingénieurs  finan‑ ciers,  spécialisés  dans  la  création  de nouveaux produits financiers.

L’afrait des ingénieurs Schématiquement, on pourrait dire  que  le  profil  professionnel  le  plus  recherché  par  les  banques  actuel‑ lement  correspond  à  un  univer‑ sitaire,  de  préférence  technicien,  multilingue,  au  bénéfice  d’une  formation complémentaire de type  MBA, doté de solides compétences  d’analyse et de synthèse et, ce qui  serait un « plus », d’une expérience  bancaire  ou  dans  le  conseil.  Dans  ce  sens,  ceux  qui  ont  effectué  des  études dans les sciences exactes et  les ont complétées par un diplôme  de  management  et/ou  quelques  années chez un consultant d’enver‑ gure  internationale  sont  particu‑ lièrement  appréciés.  Notamment,  parce  que  ces  personnes  ont  sou‑ vent aussi une solide expérience de  la gestion de projets. Inutile  de  préciser  que  le  profil  « ingénieur »  est  donc  actuelle‑ ment  particulièrement  recherché.  Un tel spécialiste a en effet une ex‑ périence  pointue  de  la  gestion  de  projets, pour laquelle il a reçu une  formation spécifique et qui est une  manière de travailler toujours plus  en  vogue  dans  les  banques.  Il  est  évidemment  doté  de  connaissan‑ ces techniques et a des capacités de  modélisation qui renforcent son es‑ prit analytique et de synthèse. Par 

contre, dans  le  contexte  bancaire,  il  lui  manque  certainement  des  compétences  sociales  pour  diriger  des équipes ainsi que des capacités  pour « s’extraire » d’un univers in‑ tellectuel  trop  orienté  sur  les  chif‑ fres.  Ces  prochaines  années,  il  est  cer‑ tain que les nouveaux profils ban‑ caires  vont  gagner  en  puissance.  Les  ingénieurs  seront  de  plus  en  plus  demandés  pour  occuper  des  postes dans la finance et le contrôle  (gestion  des  risques,  contrôle  de  gestion) ou dans l’ingénierie finan‑ cière (nouveaux produits, produits  alternatifs,  structurés/dérivés).  Mais on ne va pas pour autant vers  une  « technisation »  des  banques.  Ces dernières développent en effet  en  parallèle  des  structures  de  for‑ mation  toujours  mieux  adaptées  pour faire se rencontrer l’esprit in‑ génieur et l’esprit banque.

Une formation  de  pointe  pour des métiers de pointe Au  niveau  des  établissements  en  particulier, les plus puissants d’en‑ tre eux disposent depuis longtemps  de quasi‑universités internes ou de  centres  de  formation  spécialisés.  C’est  le  cas  des  grandes  banques  comme  l’UBS  et  le  CS  mais  aussi  des  banques  cantonales  qui  dis‑ posent, au niveau romand et tessi‑ nois, d’une centre de formation des  banques  cantonales  latines  à  Lau‑ sanne‑Prilly. Au niveau de la place  financière suisse, une structure de  formation de pointe a aussi été ré‑ cemment mise en place.

suisse, la Confédération et les uni‑ versités, le Swiss Finance Institute  (SFI),  présidé  par  Olivier  Steimer,  le président du Conseil d’adminis‑ tration de la BCV,  est le résultat de  la  fusion  entre  la  Swiss  Banking  School  de  l’Université  de  Zurich  et  l’institut  Fame.  Son  directeur,  le professeur Jean‑Pierre Danthine  de  l’Institut  de  banque  et  finance  à  l’Ecole  des  HEC  de  l’Université  de  Lausanne,  estime  que  le  Swiss  Finance  Institute  « doit  devenir  la  référence  européenne  et  pourquoi  pas mondiale en matière de mana‑ gement  bancaire,  de  techniques  et  d’ingénierie financières3. » Au sein du SFI, les nouveaux mé‑ tiers  bancaires  pourront  aussi  être  stimulés.  CeOe institution a en ef‑ fet comme ambition, au niveau de  la  place  financière,  de  dispenser  une formation de pointe pour aOi‑ rer les talents, d’être une référence  dans la formation au management  bancaire et à l’ingénierie financière  et,  de  soutenir  la  recherche  pour  encourager  les  compétences  ban‑ caires et financières. Références 1   IBM  Business  Consulting  Serv‑ ices,  « The  Paradox  of  Banking  2015 », novembre 2005 2  Credit Suisse Economic Research,  « Les  banques  face  à  la  mutation  des  structures,  à  la  désindustriali‑ sation et à la crise de croissance »,  Spotlight, avril 2005 3   « Swiss  Finance  Institute,  Se  po‑ sitionner  parmi  les  meilleures  for‑ mations  en  Europe »,  Banque  &  Finance, janvier‑février 2006

Soutenu par les banques, la Bourse 

En ce qui concerne les talents humains, il s’agit essentiellement  pour les banques de pouvoir a[irer des spécialistes, notamment  dans  les  nouveaux  métiers  bancaires  très  techniques,  qui  amè‑ nent une réelle valeur ajoutée aux établissements et leur facili‑ tent ainsi la tâche dans l’acquisition d’une nouvelle clientèle.

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GLOBALISATION


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GLOBALISATION

Micheline Calmy‑Rey,  61  ans,  mariée,  2  enfants,  3  petits‑enfants,  conseillère  fédérale,  Vice‑présidente  de la Confédération (2006). Formation : Licence en sciences politiques, à l’Institut de Hautes Études In‑ ternationales de Genève, en 1968. Parcours politique : Militante de la première heure, elle s’est toujours  engagée en faveur des femmes. «Les droits de l’homme sont aussi ceux de la femme!» Entrée au Parti  socialiste  genevois  en  1979,  elle  le  présidera  pendant  2  périodes.  De  1981  à  1997,  elle  est  députée  au  Grand Conseil de la République et Canton de Genève. En 1997, elle est élue au Conseil d’État genevois,  qu’elle préside pendant l’exercice 2001‑02. Le 4 décembre 2002, elle est élue au Conseil fédéral. Depuis le  1er janvier 2003, elle est à la tête du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE).

L’OUVERTURE DE LA SUISSE VIS-À-VIS DE L’EUROPE L( S$+yy.  z.  peut  échapper  à  son  destin  géographique  et,  de  ce  fait,  l’ouverture  a  pour  elle  avant  tout  une  connotation  européenne.  L’Union européenne (UE) est notre  principal  partenaire,  tant  sur  les  plans économique et politique que  social  et  culturel.  La  Suisse  figure  en effet au rang des trois plus im‑ portants  partenaires  commerciaux  de l’UE avec la Chine et les Etats‑ Unis :  80%  de  nos  importations  proviennent de l’UE et nous y ex‑ portons  60%  de  nos  produits ;  un  franc sur trois est gagné dans l’UE.  180’000  frontaliers  viennent  cha‑ que  jour  travailler  en  Suisse,  sans  lesquels des économies comme cel‑ 24

les de Genève ou de Bâle ne pour‑ raient fonctionner. Sans oublier les  800’000  ressortissants  de  l’UE  qui  résident  et  souvent  travaillent  en  Suisse.  Sur  le  plan  culturel,  trois  de  nos  quatre  langues  officielles  appartiennent aux grands groupes  linguistiques  européens  et  de  ce  fait  nous  rapprochent  de  nos  voi‑ sins allemands, autrichiens, italiens  ou français. Que ce soit au niveau  culturel,  économique  ou  politique  la Suisse est liée à l’UE, ou plutôt la  Suisse et l’UE sont interdépendan‑ tes. Autant  l’une  que  l’autre,  ainsi  que  leurs  citoyennes  et  citoyens,  ont intérêt à collaborer et à faciliter  les  échanges,  quelle  que  soit  leur 


G'#Ÿ('+y(~+#z nature. En 1992,  le  peuple  suisse  refusait  l’Espace  Economique  Européen  (EEE).  Dès  lors,  le  Conseil  fédéral  s’est  engagé  sur  la  voie  bilatérale  qui s’est peu à peu imposée comme  la  voie  d’une  politique  d’intérêts  pragmatique et fructueuse. Les Ac‑ cords  bilatéraux  I  ont  été  conclus  en  1999.  Ils  font  figure,  en  quel‑ que sorte, d’alternative à l’EEE qui  aurait  permis  à  la  Suisse  le  plein  accès  au  marché  unique.  Ces  ac‑ cords  concernent  essentiellement  l’ouverture  réciproque  des  mar‑ chés:  ils  couvrent  les  transports  terrestres  et  aériens,  les  marchés  publics,  le  commerce  de  produits  agricoles,  la  suppression  des  obs‑ tacles  techniques  au  commerce,  et  surtout la libre circulation des per‑ sonnes.  Sans  oublier  la  participa‑ tion de la Suisse aux programmes  de recherche de l’UE.  Grâce  à  ces  accords,  les  entrepri‑ ses  suisses  ont  aujourd’hui  de  meilleures  cartes  pour  déployer  leurs activités à l’échelon européen  et  ainsi  tirer  parti  de  potentielles  économies  d’échelle.  A  l’inverse,  les  entreprises  établies  dans  l’UE  obtiennent  un  meilleur  accès  au  marché  suisse,  ce  qui  tend  à  ac‑ croître la concurrence dans les sec‑ teurs concernés et ainsi à stimuler  la  productivité.  L’impact  le  plus  important du point de vue écono‑ mique, devrait cependant provenir  de  l’introduction  de  la  libre  circu‑ lation  des  personnes.  Cet  accord  élargit  de  fait  le  marché  suisse  du  travail au territoire de l’UE, respec‑ tivement de l’EEE dans son ensem‑ ble. Ce qui signifie non seulement  que les entreprises suisses peuvent  plus facilement recruter le person‑ nel dont elles ont besoin et qu’elles  ne trouvent pas en Suisse, mais que  les  citoyennes  et  citoyens  suisse  peuvent  aussi  aller  s’établir  et  tra‑ vailler dans n’importe quel pays de  l’UE aux mêmes conditions que les  ressortissants  européens.  La  libre  circulation  représente  donc  une  opportunité  pour  les  Suissesses  et  les Suisses, qu’ils soient étudiants,  salariés  ou  retraités.  Ils  sont  déjà  370’000 citoyennes et citoyens suis‑

ses à vivre dans l’UE. Enfin, l’intégration pleine et entière  de la Suisse à l’Espace européen de  la recherche favorisera le dévelop‑ pement de savoir‑faire spécifiques,  ce qui est primordial pour un pays  comme le nôtre qui ne possède pas  de matières premières pour garan‑ tir sa prospérité. Si la majeure partie des avantages  des Accords bilatéraux I se situent  au  niveau  économique,  il  ne  faut  pas  oublier  les  conséquences  sur  le  transport  routier  ainsi  que  sur  l’environnement.  L’Accord  sur  les  transports  terrestres  a  permis  à  la  Suisse  d’instaurer  la  redevance  poids  lourds  liée  aux  prestations  (RPLP)  de  manière  concertée  avec  l’UE. Elle a pour buts de freiner la  croissance  du  trafic  routier  poids  lourds,  d’encourager  et  de  finan‑ cer  le  transfert  du  trafic  marchan‑ dises  sur  le  rail.  En  contrepartie,  la  limite  maximale  autorisée  pour  les camions a été augmentée de 28 

La Suisse figure au rang  des  trois  plus  impor‑ tants  partenaires  com‑ merciaux de l’UE à  40  tonnes.  CeOe  augmentation  ainsi  que  la  RPLP  ont  permis  une  diminution  du  nombre  de  poids  lourds,  ce  qui  a  naturellement  en‑ traîné une réduction des émissions  polluantes. Entre 2000 et 2004, soit  après  l’entrée  en  vigueur  de  l’Ac‑ cord sur les transports terrestres, le  nombre  de  camions  traversant  les  Alpes  suisses  a  diminué  de  10%,  après  avoir  augmenté  de  près  de  8%  par  an  dans  les  années  90.  Si  la  tendance  constatée  sur  les  trois  premiers  trimestres  de  l’année  2005 se confirme, le nombre de ca‑ mions traversant  les Alpes suisses  aura  même  diminué  de  14%  à  la  fin 2005 par rapport à 2000. A plus  long  terme,  la  mise en  oeuvre  des  Nouvelles lignes ferroviaires à tra‑ vers les Alpes (NLFA) devrait per‑ meOre de réduire encore le nombre  de  camions  en  transit  à  travers  la  Suisse.  Le deuxième cycle de négociations  bilatérales  a  abouti  en  2004.  Les 

Accords bilatéraux  II  permeOent  d’étendre la coopération à d’autres  domaines  dépassant  l’objectif  d’une  ouverture  réciproque  des  marchés.  Pour  la  Suisse,  il  impor‑ tait en particulier de participer aux  coopérations  de  Schengen  et  de  Dublin  en  matière  de  sécurité  et  d’asile.  Les  autres  domaines  cou‑ verts  par  les  Accords  bilatéraux  II  sont  la  fiscalité  de  l’épargne,  la  luOe  contre  la  fraude  douanière,  le commerce de produits agricoles  transformés, la coopération en ma‑ tière de statistiques et d’environne‑ ment,  la  participation  de  la  Suisse  aux programmes communautaires  de  promotion  du  film  européen  (MEDIA). Les accords bilatéraux ont permis à  la Suisse de renforcer ses liens avec  l’UE,  liens  qui  profitent  tant  à  la  Suisse qu’à l’UE. En matière écono‑ mique,  ils  offrent  aux  entreprises  suisses un accès plus facile au mar‑ ché  européen.  Et  inversement,  les  entreprises européennes ont un ac‑ cès facilité au marché suisse. En ce  qui concerne les revenus de l’épar‑ gne,  la  Suisse  participe  désormais  au système européen d’imposition  des  revenus  de  l’épargne.  Les  col‑ laborations  dans  les  domaines  de  la  sécurité  (Schengen,  luOe  contre  la  fraude)  améliorent  la  sécurité  des  deux  parties.  Grâce  à  cela,  la  Suisse et l’UE vont renforcer leurs  instruments  d’entraide  judiciaire  et  d’assistance  administrative  afin  de mieux luter contre la fraude, la  contrebande  ou  la  criminalité.  La  participation  de  la  Suisse  au  pro‑ gramme  MEDIA  améliore  la  posi‑ tion du cinéma suisse et du cinéma  européen.  La  collaboration  scien‑ tifique  et  culturelle  sera  renforcée  par  la  participation  de  plein  droit  aux  programmes  de  formation  pour lesquels la Suisse et l’UE vont  conclure  un  accord.  La  réalité  de  notre société et de l’environnement  sera mieux perçue et connue grâce  à la coopération en matière de sta‑ tistiques  et  d’environnement.  Cel‑ le‑ci nous permeOra, tant au niveau  suisse qu’européen, de prendre les  meilleures  mesures  possibles  de  manière  fondée.  Finalement,  en  matière scientifique, grâce aux dif‑ 25


Ewx#y M#z.{ 12 ‑ 2006 férents  accords  et  collaborations,  les  pôles  suisses  et  européens  se  trouvent renforcés. Les  relations  entre  la  Suisse  et  l’UE n’ont jamais été aussi intenses  qu’aujourd’hui. L’UE étant toutefois  une  entité  en  constante  évolution,  il  convient  de  s’interroger  régulièrement sur la forme que doit  épouser  notre  relation  avec  notre  principal partenaire. CeOe dernière  n’est guère statique, mais doit être  vue  comme  un  processus  continu  et  dynamique  dont  l’objectif  final  reste  la  défense  des  intérêts  de  notre  pays.  Afin  de  mieux  cerner  ce  processus  et  de  se  donner  les  moyens  de  mener  une  politique  européenne  active  à  même  de  répondre  aux  intérêts  suisses  à  l’avenir, le Conseil fédéral adoptera  un  rapport  sur  les  options  en  matière  de  politique  européenne.  Ce  rapport  présentera  un  état  des  lieux de notre relation avec l’UE et  définira les instruments dont peut  disposer  la  Suisse  pour  faire  face  aux défis qui apparaîtront dans ce  cadre. Dans  l’immédiat,  la  priorité  reste  toutefois la mise en vigueur et l’ap‑ plication  des  accords  bilatéraux  existants.  Les  Accords  bilatéraux  I  sont  entrés  en  vigueur  le  1er  juin  2002. Parmi les Accords bilatéraux  II, trois d’entre eux  sont entrés en  vigueur  en  2005  déjà.  Ce  sont  les  accords  sur  les  produits  agricoles  transformés, sur la suppression de  la double‑imposition des pensions  de fonctionnaires de l’UE retraités  vivant  en  Suisse,  et  sur  la  fiscalité  de  l’épargne.  L’accord  concernant  les  programmes  communautai‑ res  de  promotion  du  film  MEDIA  ainsi que celui sur l’environnement  sont  entrés  en  vigueur  le  1er  avril  dernier.  L’Accord  de  coopération  statistique  entrera  quant  à  lui  en  vigueur le 1er janvier 2007. La mise  en  œuvre  des  Accords  d’associa‑ tion à Schengen/Dublin nécessitera  plus de temps. Elle ne devrait pas  intervenir avant 2008 compte tenu  des dispositions à prendre, notam‑ ment l’installation des systèmes in‑ formatiques. Aucune date n’a pour  l’instant  été  fixée  quant  à  l’entrée  26

en vigueur de l’Accord sur la luOe  contre  la  fraude.  C’est  un  accord  mixte,  ce  qui  signifie  que  chaque  Etat  membre  doit  le  ratifier.  Cela  prendra donc du temps. Ces  accords  ne  meOent  toutefois  pas  un  point  final  à  notre  politi‑ que  européenne.  Des  discussions  exploratoires  ont  lieu  avec  l’UE  concernant  de  nouveaux  thèmes  bilatéraux  dans  l’intérêt  des  deux  parties.  Il  s’agit  par  exemple  du  secteur de l’énergie pour lequel les  discussions  portent  sur  le  transit  transfrontalier  d’électricité,  l’accès  réciproque  au  marché  et  la  recon‑ naissance des certificats de garantie  pour  l’électricité  produite  à  partir  de  sources  d’énergies  renouvela‑ bles. Il y a aussi le système de na‑ vigation par satellite Galileo qui a  pour but de réduire la dépendance  des Européens vis‑à‑vis du système  américain  GPS.  Dans  ce  domaine, 

Il est  essentiel  que  la  Suisse  et  l’UE  institu‑ tionnalisent leur coopé‑ ration la  Suisse  et  l’UE  se  sont  fixé  pour  objectif  une  participation  de  plein  droit  de  la  Suisse  à  ce  projet.  En  matière de santé publique, la Suis‑ se et l’UE ont, en maintes occasions  déjà,  exprimé  leur  intérêt  récipro‑ que  à  renforcer  leur  coopération  avec, à l’avant‑plan, la participation  de la Suisse au Centre européen de  prévention  et  de  contrôle  des  ma‑ ladies, situé à Stockholm. Ce Cen‑ tre  soutient  la  Commission  euro‑ péenne  et  les  Etats  membres  dans  la  prévention  et  la  luOe  contre  les  maladies  infectieuses,  par  le  biais  de  conseils  scientifiques  indépen‑ dants et d’un système d’alerte pré‑ coce. L’exemple de la grippe aviaire  démontre toute l’importance d’une  communication  efficace  au  niveau  international. C’est pourquoi il est  essentiel que la Suisse et l’UE ins‑ titutionnalisent  leur  coopération.  Dans  ceOe  perspective,  la  Suisse  a  participé  déjà  en  2005  à  deux  exercices  de  communication  entre  autorités  sanitaires  en  situation 

d’épidémie. Toujours  en  matière  de  santé  publique,  une  coopéra‑ tion est également envisagée dans  le  cadre  de  l’Autorité  européenne  de sécurité des aliments implantée  à Parme. Finalement, une première  analyse  montre  qu’un  accord  de  libre échange agricole avec l’UE se‑ rait  globalement  avantageux  pour  l’économie  suisse.  Il  s’agit  main‑ tenant  de  sonder  les  milieux  con‑ cernés  sur  l’opportunité  d’un  tel  accord  et  d’engager  des  entretiens  exploratoires avec l’UE quant à sa  faisabilité. Le but premier du processus d’in‑ tégration européen est la paix et la  stabilité,  construites  petit  à  petit  par  la  collaboration  et  la  solida‑ rité.  Solidarité  intra‑européenne,  mais aussi extra‑européenne. Sans  elle,  ni  l’Europe,  ni  l’UE  ne  se‑ raient  sans  doute  ce  qu’elles  sont  aujourd’hui.  Grâce  à  la  solidarité  américaine et au Plan Marshall au  sortir  de  la  Seconde  Guerre  mon‑ diale,  l’Europe  de  l’Ouest  a  pu  se  reconstruire rapidement et connaî‑ tre  des  périodes  prospères.  Grâce  à  la  solidarité  intra‑européenne,  notamment  aux  politiques  com‑ munautaires de cohésion, de nom‑ breux  pays  de  l’UE  ont  connu  un  développement  important.  Ce  fut  le cas des pays du Sud, mais aussi  de  l’Irlande  dont  le  PIB  par  habi‑ tant  est  aujourd’hui  l’un  des  plus  élevés.  C’est  aujourd’hui  le  cas  avec  les  nouveaux  Etats  membres  en Europe centrale et orientale qui  sont dans une phase de raOrapage  économique. La Suisse profite elle aussi de l’élar‑ gissement de l’UE. Sur le plan po‑ litique premièrement, elle tire parti  de la stabilité accrue du continent.  L’amélioration  des  conditions  de  vie dans les nouveaux Etats mem‑ bres de l’UE diminuera également  la  pression  migratoire.  Deuxième‑ ment,  sur  le  plan  économique,  la  Suisse  a  tout  à  gagner  de  parte‑ naires  économiques  dynamiques.  Grâce  à  l’extension  des  accords  bilatéraux à ces pays, nos entrepri‑ ses gagnent un meilleur accès à des  marchés en forte croissance. 


G'#Ÿ('+y(~+#z Parce qu’elle  reconnaît  toute  l’im‑ portance du dernier élargissement  de l’UE pour la sécurité et le bien‑ être  de  tous  en  Europe,  la  Suisse  entend octroyer aux dix nouveaux  Etats membres de l’UE une contri‑ bution  de  200  millions  de  francs  par  an  sur  cinq  ans.  Elle  souhaite  ainsi  participer  à  la  réduction  des  disparités économiques et sociales  dans l’UE élargie. Elle entend ainsi  marquer  sa  solidarité  envers  l’UE  et  l’aider  à  faire  de  son  élargisse‑ ment  à  l’Est,  le  plus  important  de  son  histoire,  un  nouveau  succès.  Cet  engagement  s’inscrira  dans  le  prolongement des importants pro‑ grammes d’aide à la transition dé‑ ployés par la Suisse dans les pays  d’Europe  centrale  après  la  chute  du  Mur  de  Berlin.  La  base  légale  à cet effet est la loi fédérale sur la  coopération avec les pays d’Europe  de l’Est (LF Est), approuvée par le  Parlement  à  une  large  majorité  en  mars dernier. CeOe contribution de la Suisse n’est  en aucun cas un chèque à l’aOention  de  Bruxelles.  Elle  n’a  aucun  lien  avec  la  politique  de  cohésion  de  l’UE,  puisque  la  Suisse  coopérera  directement et de manière bilatéra‑ le avec les pays bénéficiaires. L’aide  de  la  Suisse  prendra  la  forme  de  programmes et de projets concrets,  que nous choisirons en étroite col‑ laboration avec les pays concernés.  Ces  projets  pourraient  concerner  par exemple les bourses et les pro‑ grammes d’échanges pour les étu‑ diants et les jeunes chercheurs. En  matière d’environnement, des pro‑ jets sont envisageables dans le but  de réduire les émissions polluantes  provenant  de  la  combustion  des  énergies  fossiles  ou  d’améliorer  le  traitement  des  eaux  usées.  Dans  le  domaine  de  la  sécurité,  l’accent  pourrait être mis sur la modernisa‑ tion  des  autorités  policières  et  ju‑ diciaires et sur le renforcement de  la sécurité à la frontière extérieure  de l’espace Schengen. Un autre do‑ maine  pourrait  être  celui  du  sys‑ tème de santé.

des compensations  dans  les  bud‑ gets  des  Départements  fédéraux  des Affaires étrangères et de l’Eco‑ nomie, éventuellement complétées  par  les  receOes  issues  de  l’Accord  sur  la  fiscalité  de  l’épargne  avec  l’UE.  L’aide  au  développement  pour  les  pays  les  plus  pauvres  ne  doit pas être affectée. CeOe  contribution  fait  partie  in‑ tégrale  de  notre  politique  euro‑ péenne. Elle est indispensable à la  réussite  et  à  la  poursuite  de  notre  voie  bilatérale.  Elle  prouve  que  la  Suisse est un partenaire fiable, res‑ ponsable et solidaire. Elle est dans  l’intérêt  de  la  Suisse.  Si  nous  ne  pouvons  prévoir  quelles  seraient  les conséquences d’un éventuel re‑ fus populaire en cas de votation, il  est certain que cela desservirait les  intérêts de la Suisse. Les enjeux de nos bonnes relations  avec l’UE sont à la fois primordiaux  et  multiples.  Primordiaux,  car  un  franc  sur  trois  est  gagné  à  travers  nos relations avec l’UE. Multiples,  car  de  nombreux  domaines  de  la  société  sont  concernés :  l’environ‑ nement,  l’emploi,  la  sécurité,  la  santé, etc. A l’heure actuelle, on ne  peut imaginer un quelconque pays  qui soit prospère tout en vivant en  autarcie.  Ceci  est  particulièrement  vrai  pour  la  Suisse  qui  doit  beau‑ coup de sa prospérité aux échanges  avec ses voisins. Toute la question  réside dans le type et l’intensité des  liens avec l’extérieur. Des relations  qui ne seraient qu’économiques ne  sont  pas  suffisantes  pour  garantir  le  bien‑être  et  la  prospérité.  Une 

coopération dans  le  sens  le  plus  large  du  terme  est  tout  autant  né‑ cessaire.  Comment  de  nos  jours  faire  face  à  des  épidémies  telles  que  le  syndrome  respiratoire  aigu  sévère (SRAS) ou la grippe aviaire  sans  une  coordination  et  une  coo‑ pération  internationale ?  Comme  luOer  contre  la  criminalité  ou  le  terrorisme  sans  une  collaboration  internationale ?  Seule  la  coopéra‑ tion  permet  de  luOer  efficacement  contre ces dangers. De la même fa‑ çon, les problèmes environnemen‑ taux  ne  trouvent  pas  de  solutions  strictement  nationales.  Il  suffit  de  penser  à  la  pollution  atmosphéri‑ que ou à la qualité des eaux. Nous  pouvons bien évidemment prendre  des mesures ponctuelles afin de di‑ minuer  les  gaz  d’échappement  ou  de réduire les rejets de phosphates.  Mais, à long terme, il faut trouver  des solutions à l’échelle internatio‑ nale.  Pour  cela,  il  faut  nous  coor‑ donner avec nos voisins et trouver  ensemble  des  solutions  viables,  comme ce fut le cas pour l’Accord  sur les transports terrestres. Dans  une  société  de  plus  en  plus  globalisée,  les  problèmes  le  sont  aussi.  Ils  nous  poussent  à  trouver  des solutions internationales. Pour  la  Suisse,  ces  solutions  se  situent  dans  une  large  mesure  au  niveau  européen.  La  coopération  avec  l’UE est donc dans l’intérêt vital de  la Suisse. Elle ne signifie pas la per‑ te de notre souveraineté, mais une  ouverture contrôlée, indispensable  à notre prospérité. Le Conseil fédé‑ ral a toujours œuvré dans ce sens,  et continuera de le faire à l’avenir.

La Suisse entend octroyer aux dix nou‑ veaux Etats membres de l’UE une con‑ tribution de 200 millions de francs par  an sur cinq ans.

Le financement n’engendrera aucu‑ ne dépense supplémentaire pour  la  Confédération. Il sera effectué par  27


Ewx#y M#z.{ 12 ‑ 2006

GLOBALISATION Louis Maja est étudiant en 3ème année  de management à l’école des HEC de  Lausanne. Vice‑président de l’AIESEC  de Lausanne, il a été le lauréat du con‑ cours « Echos Money ». La Junior En‑ treprise lui réitère ses félicitations !

UN MONDE À GLOBALISER

L. ‡%#Ÿ',-.  ~%,y  en  vogue  de  la  globalisation  mérite  certaines  dis‑ cussions. Elle évoque une multitu‑ de de choses, et si quelques happy  few peu versés dans les lectures de  Huntington ou Fukuyama s’en co‑ gnent, elle apparaît au plus grand  nombre comme une guerre impla‑ cable  qu’il  est  important  de  pou‑ voir  maîtriser.  D’autres  arguent  qu’il  suffirait  de  la  comprendre  pour  mieux  la  vivre,  en  tout  cas  dans  notre  paisible  Suisse  et  tout  autour.   Y  a‑t‑il  une  différence  entre  mon‑ dialisation  et  globalisation ?  Au  lendemain  de  l’anniversaire  de  28

son fils,  une  ménagère  de  cin‑ quante  ans,  une  femme  souriante  et  bien  en  chair,    apprend  qu’au  coin  d’un  boulevard  de  son  quar‑ tier  se  construit  un  restaurant,  un  MacDonald’s.  Mondialisation  ou  globalisation ?  Si  j’avais  écrit ;  au  lendemain de l’anniversaire de son  fils, une ménagère dans la fleur de  l’âge,  apprend  que  sur  un  boule‑ vard très fréquenté de son quartier,  défile  un  cortège  de  manifestants  islandais  protestant  contre  la  po‑ litique  tarifaire  sur  l’huile  de  foie  de  requin.  Qu’en  est‑il ?  L’emploi  de  ces  deux  termes  est  de  plus  en  plus  courant,  et  ils  sont  souvent  confondus. Ils affectent l’ensemble 


G'#Ÿ('+y(~+#z de notre société, et sont la cause de  sentiments passionnels à l’égard de  ce qu’ils désignent. Tous deux sont  devenus  des  phénomènes  incon‑ tournables  des  relations  interna‑ tionales, pourtant il est difficile de  distinguer  la  différence  entre  eux.  Nous  avons  trop  souvent  enten‑ du  les  plaintes  des  ennemis  de  la  mondialisation  et  de  la  globalisa‑ tion, qui puisent certaines de leurs  frustrations dans le non‑respect gé‑ néral  de  l’environnement  ou  dans  l’antiaméricanisme. Ces ennemis se  trouvent au quatre coins du monde  et ne partagent pas les mêmes va‑ leurs,  sauf  peut‑être  celle  d’être  contre  ces  ordres  qui  gouvernent  le monde. Reprenons : mondialisa‑ tion  ou  globalisation ?  La  distinc‑ tion a‑t‑elle un sens dans la mesure  où l’une est la traduction de l’autre,  expression  utilisée  par  les  anglo‑ saxons ?  Pour  certains  utilisateurs  érudits  de  l’Internet,  la  mondiali‑ sation  représente  aujourd’hui  en  quelque  sorte  l’extension  des  re‑ lations  et  des  échanges  internatio‑ naux à l’échelle du monde, qui sont  la  conséquence  de  l’accroissement  des  transports  et  des  communica‑ tions. La globalisation, quant à elle,  met  l’accent  sur  les  modalités  de  réalisation du phénomène. Il s’agit  donc de l’intégration des principes,  des méthodes, des produits et des  techniques qui en assurent la réus‑ site. Néanmoins, malgré les défini‑ tions  proposées  par  les  serials  in‑ formateurs du Net, ces deux mots  sont employés à la même sauce et  les professeurs d’université ne s’en  formalisent  pas.  La  voix  suprême  académique  a  parlé.  Elle  tranche :  mondialisation  et  globalisation,  c’est pareil.  Peut‑être  qu’un  bref  retour  histo‑ rique  s’impose.  Quand  est‑ce  que  la  mondialisation  naquit‑elle ?  Il  n’y  a  apparemment  pas  de  con‑ sensus.  On  lui  aOribue  une  date  de  naissance  qui  correspond  aux  premières  heures  du  capitalisme  européen  qui  prit  son  essor  dans  le seizième siècle.  Plus tard, le dé‑ veloppement des multinationales à  la  fin  de  la  Seconde  Guerre  Mon‑ diale,  l’émancipation  des  colonies,  la  chute  du  mur  de  Berlin  et  l’In‑ ternet  ont  contribué  au  mouve‑

ment…Tout au  long  du  processus  de  formation,  les  nouveautés  qui  ont  accru  l’échange  global  sont  les  suivants :  l’émergence  depuis  ces  derniers  cinquante  ans  d’états  souverains  très  dépendants,  l’ex‑ plosion  démographique  et  les  mi‑ grations, la diffusion de la culture  et des arts, la mobilité croissante, et  le développement de réseaux dans  le monde. 

Dans ce  monde  décrié  par  les  altermondialis‑ tes,  tout  le  monde  boit  Coca‑Cola,  rêve  de  Pa‑ mela  Anderson  et  s’ali‑ mente  chez  le  nouveau  traiteur  du  quartier  :  l’ami  de  tous,  Macdo‑ nald’s. La  mondialisation  dérange‑t‑elle ?  Les altermondialistes, entre autres,  scandent à grands coups de bande‑ roles multicolores que l’écart entre  pauvres et riches se creuse, que l’on  dénombre un nombre croissant de  produits  américains  tels  que  les  films ou la musique sur le marché  mondial. Il est aussi prédit par les  mêmes protagonistes que l’une des  conséquences  de  la  globalisation  sera la fin de la diversité culturelle,  et le triomphe d’une culture unique  qui profitera aux entreprises et or‑ ganisations  transnationales.  Dans  ce  monde‑ci,  tout  le  monde  boit  Coca‑Cola, rêve de Pamela Ander‑ son  et  s’alimente  chez  le  nouveau  traiteur du quartier : l’ami de tous,  Macdonald’s.  Les  contestataires  sont  opposés  à  une  société  inte‑ ragissant  avec  le  reste  du  monde,  particulièrement  avec  les  Etats‑ Unis  et  la  Grande  Bretagne  qui,  à  leurs  yeux,  font  figure  de  cataly‑ seurs  hard  de  mondialisation.  Le  retour  aux  valeurs  traditionnelles  en  matière  de  mœurs  et  la  purifi‑ cation  culturelle  (alimentation  et  vêtements par exemple) est l’idéal  qu’ils prêchent.  A leurs côtés figu‑ rent  les  mollahs  et  islamistes  qui  résistent  encore  et  toujours  à  l’en‑

vahisseur, à  savoir  l’occidentalisa‑ tion  de  la  planète.  Récemment,  le  boycoO de produits danois a remis  au goût du jour le fameux clivage  qui  existe  entre  deux  mondes,  ce  fameux Clash of Civilizations auquel  on  croit  ou  non. Ainsi,  au‑delà  de  l’argument  politico‑économique  des  marxistes  et  des  altermondia‑ listes  s’ajoute  l’idéologie  d’une  ci‑ vilisation en guerre contre les prin‑ cipes  de  globalisation  assimilée  à  une  invention  judéo‑chrétienne  farouche. On citera aussi le cas du  plombier polonais qui, au dire des  dignes  garants  du  protectionnis‑ me  de  l’intégration  économique,  menace  le  métier  de  ses  collègues  français.  Ainsi,  les  arguments  fu‑ sent  de  toute  part  et  ne  sont  pas  prêts  de  s’arrêter.  Tout  ce  qui  tou‑ che à l’étranger en Suisse est perçu  comme une menace latente qui vise  à  l’insécurité  sociale,  économique  sans  oublier  la  paix  au  travail.  La  presse relaye les échos angoissants  de certains et de ce fait aOise le feu.  Amalgames ? La  globalisation  aOise  les  conflits  religieux,  nationalistes  et  la  luOe  des  classes.  Mais  le  principal  pro‑ blème,  selon  des  économistes  tels  que  Daniel  Cohen1,  réside  dans  le  fait qu’  « elle ne tient pas ses pro‑ messes. »  Elle  modifie  les  aOentes  de  la  population  mondiale  qui  la  considère comme un fait accompli.  Or, c’est parce qu’elle n’  « advient  pas,  et  non  pas  parce  qu’elle  est  déjà  accomplie,  que  la  mondiali‑ sation  aiguise  les  frustrations. »  L’Afrique, dont la population dou‑ blera  d’ici  2050  malgré  des  condi‑ tions  misérables,  est  victime  de  la  globalisation parce qu’elle est trop  peu  touchée  par  elle.  Il  est  assez  évident d’observer et de croire que  de  plus  en  plus  d’Etats‑nations  s’organisent  au  même  titre  que  les  individus  sur  des  schémas  de  fournisseurs‑clients,  relations  qui  ont tendance à devenir exclusives,  engendrant  les  concentrations  et  les  distorsions  commerciales,  ce  qui  est  le  cas  avec  l’Afrique  tou‑ jours et encore. Pour preuve, il est  plus  facile  de  commercer  avec  ses  voisins  et  moins  coûteux  de  créer  son entreprise là où les économies  29


Ewx#y M#z.{ 12 ‑ 2006 d’Êchelle sont moindres‌Les pays  europĂŠens  commercent  plus  vo‑ lontiers  et  plus  facilement  avec  leurs  voisins  de  l’union,  à  cause  de  l’homogĂŠnĂŠitÊ  des  prĂŠfĂŠren‑ ces  et  des  goĂťts  dans  les  produits  semblables.  L’  ancienne   mon‑ dialisation  qui  consistait  en  un  commerce  de  produits  très  diÊ‑ rents  entre  pays  dissemblables  du  temps  du  colonialisme  reprĂŠsente  une part inďŹ me dans les Êchanges  internationaux  aujourd’hui.  Les  ĂŠconomies  d’Êchelle  citĂŠes  prÊ‑ cĂŠdemment  jouent  ĂŠgalement  un  rĂ´le  (dans  la  liOĂŠrature  ĂŠconomi‑ que,  on  les  qualiďŹ e  d’internes  par  opposition à externes) ; une entre‑ prise  telle  que  Patek  Philippe  a‑t‑ elle intĂŠrĂŞt à s’Êtablir en Tanzanie ?  L’idĂŠe  est  la  suivante :  l’entreprise  se  retrouverait  dans  un  espace  oÚ  il n’existe pas une grande industrie  horlogère.  Elle  ne  jouirait  plus  de  l’approvisionnement  eďŹƒcace  en  services,  machines  et  technologies  de  pointe  à  moins  de  coĂťts  exor‑

bitants. En  comparaison,  la  Suisse  apparaÎt toujours, malgrÊ les nom‑ breux concurrents, comme un pôle  d’aOractivitÊ ;  il  y  a  une  diusion  du  savoir  exceptionnelle  au  sein  des clusters, et du fait de la proxi‑ mitÊ  des  entreprises  et  des  four‑ nisseurs,  les  coÝts  sont  rÊduits  et  demeurent  bien  plus  intÊressants 

Il existe encore à ce jour  ÊnormÊment  d’obsta‑ cles à la mondialisation,  dont  la  corruption,  les  intÊrêts  de  groupes  mi‑ noritaires  et  même  de  certains  pays  entiers,  qui se traduisent par des  tarifs, des quotas et bar‑ rières techniques parfois  areusement superues

que ceux engendrÊs dans le cas oÚ  l’entreprise  dÊmÊnagerait.  Y  a‑t‑il  alors  vraiment  un  intÊrêt  particu‑ lier  à  s’installer  ailleurs ?  Ration‑ nellement  non.  De  ce  fait  et  pour  d’autres  raisons  qui  dÊpassent  le  cadre  d’une  analyse  sommaire,  la  mondialisation  a    provoquÊ  un  malentendu,  ce  qui  fait  qu’elle  est   incapable  de  rÊaliser  les  aOentes  de populations pauvres. Outre les  opposants citÊs plus  haut, il existe  encore à ce jour ÊnormÊment d’obs‑ tacles à celle‑là, dont la corruption,  les intÊrêts de groupes minoritaires  et  même  de  certains  pays  entiers,  qui  se  traduisent  par  des  tarifs,  des  quotas  et  barrières  techniques  parfois areusement superues, et  qui  vont  à  l’encontre  des  souhaits  de  l’OMC.  Il  est  donc  intÊressant  de voir la globalisation comme un  malentendu global qui peine à pa‑ raÎtre comme la meilleure solution  possible à un monde en perpÊtuel  questionnement. 

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G'#Ÿ('+y(~+#z Il est  tentant  d’invoquer  la  com‑ munauté de destin. Ceci est discu‑ table  à souhait.  Il s’agit  de l’adage  employé    par  les  partisans  de  l’union monétaire européenne qui,  face aux chocs asymétriques liés à  une  monnaie  commune  dans  les  pays  membres  et  à  une  politique  unique  en  matière  de  change,    re‑ commandaient  d’accepter  les  ef‑ fets  parfois  indésirables  pour  une  cause  meilleure :  la  construction  de  l’Union  Européenne.  Les  re‑ proches  que  certains  adressent  à  la  mondialisation  ne  la  concer‑ nent  pas  toujours  entièrement.  Les  riches  deviennent  de  plus  en 

riches, les pauvres de plus en plus  pauvres ;  le  cantique  est  actionné  et  le  tableau  affreux  de  la  réalité  humaine  apparaît  au  grand  jour,  plus  sombre  que  jamais.  Sont‑ce  les  acteurs  de  la  mondialisation  les  principaux  responsables ?  Po‑ sons la question autrement : de qui  parlons‑nous ? Qui sont les acteurs  de  la  mondialisation ?  La  réponse  est : aujourd’hui tout le monde est  concerné.  Et  tous  ceux  qui  sont  à  l’origine d’une politique de protec‑ tionnisme et des lobbies favorisant  des industries mal gérées, mouran‑ tes  et  peu  efficaces,  et  quiconque,  parmi  nous,  ayant  eu  ne  serait‑ce 

qu’une seule fois une pulsion égo‑ ïste à faire valoir un intérêt person‑ nel  arbitraire  ou  non  par  rapport  à  l’étranger,  scandant  les  grandes  phrases d’un discours nationaliste  ou religieux,  sont aujourd’hui res‑ ponsables de l’échec de la libérali‑ sation  et  de  la  globalisation.  Criti‑ quer les multinationales et le mode  de vie américain rappelle à l’esprit  que  rares  sont  ceux  qui  balayent  devant  leur  porte  avant  de  regar‑ der la poudre de leurs voisins.  Référence 1  Les ennemis de la mondialisation  (Grasset), Daniel Cohen

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Ewx#y M#z.{ 12 ‑ 2006

GLOBALISATION Pierre Schneider, Docteur en droit, est actuellement membre de la di‑ rection d’American Express Bank à Genève et responsable « complian‑ ce » de l’ensemble des activités financières et non financières du groupe  American Express en Suisse ainsi que des activités de gestion de fortune  de la compagnie à Monaco, Guernsey et Dubaï. Précédemment, il était  en charge du départment « compliance » du groupe BNP Paribas pour  l’activité gestion de fortune à Genève. Auparavant, il a créé le départe‑ ment juridique et « compliance » de la banque Heritage en Suisse.

DISCUSSION AUTOUR DE LA LEVÉE DU SECRET BANCAIRE EN Le Secret  Bancaire  &  les  accords  bilatéraux  avec  l’Union Europénne : état des  lieux Les grandes banques suisses et no‑ tamment les banques de gestion de  fortune  ont  annoncé  ceOe  année  d’excellents résultats financiers.  Au‑delà  de  l’exubérance  de  cer‑ taines  primes  aOribuées  par  de  grands  groupes  à  quelques  colla‑ borateurs  privilégiés,  le  secteur  fi‑ nancier emploie en Suisse environ  150’000  personnes1  et  représente  une  part  importante  de  notre  éco‑ nomie.    Quel  rôle  faut‑il  aOribuer  aujourd’hui au secret bancaire dans  32

SUISSE

ceOe prospérité du moment et quel  impact  nos  relations  avec  l’Union  européenne  vont‑elles  avoir  sur  le  secret  bancaire  et  sur  le  secteur  financier  suisse dans  les  années  à  venir? Au‑delà de réactions émotionnelles  qui lui sont favorables ou hostiles,  le secret bancaire et ses enjeux sont  souvent mal compris.

Retour aux sources du secret  bancaire suisse Contrairement  à  une  idée  large‑ ment répandue, le secteur bancaire  suisse  ne  s’est  pas  construit  sur  le 


G'#Ÿ('+y(~+#z secret bancaire. La  naissance  juridique  du  secret  bancaire remonte à 1934, en pleine  tourmente  économique  et  politi‑ que. L’institution est donc apparue  bien après la fondation des grandes  banques de gestion du pays dont la  réputation était alors internationa‑ lement établie. Si  le  secret  bancaire  a  certaine‑ ment contribué au développement  de  la  place  financière  suisse,  bien  d’autres pays ont depuis lors adop‑ té une institution comparable. Si  l’on  ajoute  à  ceOe  concurrence  les aOaques soutenues à l’encontre  de la Suisse et de la confidentialité  de ses banques, l’avantage concur‑ rentiel  du  secret  bancaire  suisse  doit être aujourd’hui relativisé.

Qu’est‑ce que le secret ban‑ caire ? Il s’agit simplement du secret pro‑ fessionnel du banquier. La  violation  de  ce  secret  entraîne  des sanctions renforcées et expres‑ sément prévues par la loi bancaire  suisse2.  En  substance,  la  sanction  pénale  d’une  violation  du  secret  profes‑ sionnel dans le monde bancaire est  plus lourde que dans d’autres sec‑ teurs de notre économie. La  loi  bancaire  suisse  lui  consacre  un  article  particulier :  l’article  47  LB. Il ne s’agit donc pas d’une boîte  noire….

Le secret  bancaire  et  «  l’ar‑ gent du crime » Le  blanchiment  d’argent  sale  est  une  notion  relativement  nouvelle.  Elle  remonte  à  une  époque  où  les  difficultés rencontrées dans le com‑ bat  contre  les  cartels  de  la  drogue  ont  amené  notamment  les  Etats‑ Unis à revoir leur stratégie et à se  concentrer  sur  les  flux  financiers  des  organisations  criminelles  plu‑ tôt  que  sur  une  répression  armée  peu efficace du trafic de drogue . Aujourd’hui, la notion a une signi‑ fication plus large et se réfère à tout  argent  d’origine  criminelle.  Cer‑ tains pays ont accusé le secret ban‑ caire  de  favoriser  le  blanchiment  d’argent  sale.  Qu’il  s’agisse  d’ac‑

cusations malveillantes  ou  d’une  sincère  volonté  de  luOer  contre  la  criminalité, la législation suisse en  matière  de  luOe  contre  le  blanchi‑ ment d’argent est aujourd’hui con‑ forme  aux  standards  internatio‑ naux3 en la matière et les aOaques à  son encontre ne se justifient pas.   Concrètement,  la  Suisse  exige  de  ses  institutions  financières  une  identification  formelle  des  ayant  droits  économiques  finaux  des  fonds déposés sur leurs livres ainsi  qu’une  connaissance  approfondie  de leur activité professionnelle. Le  tout doit être consistent et suffisam‑ ment  précis  pour  que  le  banquier  ait une vision claire des affaires de  son client. Les  sociétés  « boîtes  aux  leOres »,  incorporés  dans  des  centres  dits  « offshore »,  ne  peuvent  donc  pas  occulter la source des fonds qu’el‑ les  déposent  en  Suisse.  Les  ban‑ ques  ont  d’ailleurs  l’obligation  de  dénoncer  les  situations  douteuses  dans  le  cadre  de  la  luOe  contre  la  criminalité, le terrorisme et le blan‑ chiment d’argent sale. Enfin, une autorité suisse peut exi‑ ger d’une banque établie en Suisse  toute  information  et  ordonner  le  blocage  d’un  compte  dans  le  ca‑ dre d’enquêtes criminelles menées  indifféremment  en  Suisse  ou  à  l’étranger.  Néanmoins,  les  autorités  suisses  sont  un  passage  incontournable  de  toute  investigation  sur  territoi‑ re  suisse.  Il  s’agit  là  d’une  mesure  de  souveraineté  identique  à  celle  que  l’on  trouve  dans  les  pays  de  l’Union Européenne. Malheureusement, le problème est  international  et  touche  la  plupart  des  Etats  sous  des  formes  très  di‑ verses.  Les  techniques  de  blanchi‑ ment  se  sophistiquent  au  gré  des  mesures  de  luOe  que  les  Etats  et  organisations  internationales  en‑ treprennent. Aujourd’hui, la Suisse  n’offre  pas  d’aOrait  particulier  en  matière de blanchiment.

La Suisse  et  la  fiscalité  de  l’Epargne Européenne Nous nous rapprochons de l’enjeu. L’Union européenne a adopté une 

intra‑communautaire directive4  sur  l’épargne  incluant  un  échange  automatique  d’informations  entre  autorités fiscales européennes: l’in‑ formation  relative  aux  revenus  de  l’épargne produits dans un pays A  est ainsi mécaniquement transmise  au pays B. Seuls  trois  pays  font  exception :  l’Autriche, la Belgique et le Luxem‑ bourg  qui  appliquent  un  système  d’impôt  à  la  source  et  préservent  ainsi leur secret bancaire. Afin  d’éviter  un  quelconque  con‑ tournement  du  système,  l’Union  européenne a en outre conclu avec  la Suisse un accord spécifique à la  fiscalité de l’épargne européenne. Cet  accord  fait  parti  du  second  paquet  d’accords  passés  entre  la  Suisse et l’Union européenne dans  le cadre des accords bilatéraux.  Afin  de  mieux  comprendre  l’en‑ jeu, il est important de revenir sur  quelques  notions,  ici  vulgarisées,  de nature fiscale. En effet, la Suisse  fait une distinction entre la fraude  et la soustraction fiscale. La nuance  est d’importance et propre à notre  pays.  La soustraction fiscale est, au sens  du droit suisse, une dissimulation  d’éléments  de  revenus  ou  de  for‑ tune.  La  fraude  fiscale  implique  l’usage  de  faux  dans  les  titres  in‑ duisant  le  fisc  en  erreur  ou  tout  autre astuce suffisamment caracté‑ risée pour constituer une forme de  fraude fiscale. Cependant,  la  Suisse  considère  la  soustraction fiscale comme une in‑ fraction administrative pénale aux  conséquences limitées et exclut par  conséquent la levée du secret ban‑ caire dans le cadre de l’entraide in‑ ternationale. Au contraire, la frau‑ de fiscale est considérée comme un  crime et implique la levée du secret  bancaire, notamment dans le cadre  de  l’entraide  internationale.    Ce  que l’on reproche aujourd’hui à la  Suisse, c’est son approche différen‑ ciée de l’infraction fiscale.  Au  terme  des  négociations  Bilaté‑ rales  II,  la  Suisse  et  l’Union  euro‑ péenne ont convenu d’un système  de prélèvement à la source des re‑ venus générés par l’épargne des ti‑ 33


Ewx#y M#z.{ 12 ‑ 2006 tulaires de comptes en Suisse dont  la résidence fiscale est située dans  un pays de l’Union européenne5.  Le taux d’imposition est forfaitaire  et  ne  concerne  que  les  intérêts  de  l’épargne.  De  15%  aujourd’hui,  il  passera  à  20%  en  2008  et  finale‑ ment à 35% en 2011. Le fruit de ces  prélèvements  est  en  majeure  par‑ tie  reversé  à  l’Union  européenne  (75%).  Au  terme  des  six  premiers  mois  d’existence  de  l’accord,  CHF  138  millions  ont  été  ainsi  générés  dont  CHF  103  millions  ont  été  re‑ versés à l’Union européenne. Les ressortissants de l’Union euro‑ péenne  ont  cependant  la  possibi‑ lité  de  se  voir  imputer  le  montant  de la retenue d’impôt par l’autorité  fiscale  de  leur    pays  de  résidence  sur  présentation  d’une  aOestation  de retenue de l’impôt.  Il convient  de préciser que l’accord ne touche  que les personnes physiques et non  les  sociétés.  Dans  le  cadre  de  cet  accord,  la  Suisse  accordera  l’assis‑ tance  administrative  aux  pays  de  L’Union  européenne,  à  l’exclusion  du cas de soustraction fiscale. L’ac‑ cord  pourra  être  revu  ultérieure‑ ment mais pas avant 2013.

Quel avenir pour la gestion  de  fortune  face  à  l’Union  Européenne ? Dans  le secteur bancaire suisse et  indépendamment de la hausse des  marchés  financiers,  la  croissance  de  la  gestion  de  fortune  privée  a  été  bonne  ces  dernières  années  malgré  les  multiples  aOaques  à  l’encontre de son secret bancaire et  des  importantes  concessions  que  la  Suisse  a  dû  faire  dans  le  cadre  notamment des accords bilatéraux  avec l’Union européenne ou précé‑ demment avec les Etats‑Unis.

Si l’on  met  en  perspective  le  fort  développement  de  la  gestion  de  fortune en Suisse aujourd’hui et le  récent « affaiblissement » du secret  bancaire, il y a certainement plus à  dire sur le succès de la place finan‑ cière que de le limiter à une insti‑ tution. L’importance  du  secret  bancaire  n’est  peut‑être  aujourd’hui  plus  aussi  décisive  pour  les  banques  suisses  qu’il  n’y  paraît.  Cela  ne  veut certainement pas dire qu’il est  dépourvu  de  substance.  La  seule  protection  de  la  sphère  privée  de  chacun  est  une  réelle  préoccupa‑ tion dans un univers où les moyens  technologiques permeOent de con‑ trôler, de cibler ou de nuire à tout  individu ou société.  La Suisse n’a pas aOendu le secret  bancaire  pour  développer  une  ex‑ pertise  reconnue  en  matière  de  gestion de fortune. La stabilité éco‑ nomique,  sociale  et  monétaire  du  pays a par ailleurs toujours consti‑ tué des facteurs favorables aux af‑ faires bancaires. La banque de ges‑ tion en Suisse a ainsi vécu plusieurs  décennie de prospérité sans soucis  majeur de renouvellement, capita‑ lisant sur sa réputation, son exper‑ tise  et  sur  la  légendaire  discrétion  de ses banquiers. Cependant, com‑ me le souligne une célèbre phrase  de  la  « Mégère  apprivoisée »  de  William  Shakespeare :  «celui  qui  croit que le monde tourne en rond  est  étourdi».  Le  succès  aOire  les  convoitises. Ainsi,  le  secteur  de  la  gestion  de  fortune  s’est  transformé  en  Suisse  et les résultats de ceOe nouvelle dy‑ namique sont au rendez‑vous. Les  aOaques  contre  le  secret  bancaire,  justifiées ou non, font certainement  parties des raisons de ceOe remise 

en question. A ce titre, elles ont été  bénéfiques. Cependant, la concurrence se dur‑ cit  et  la  bonne  tenue  des  marchés  ne sera pas perpétuelle. On aOend  certes  des  modifications  législati‑ ves  imminentes  qui  devraient  ra‑ jeunir le cadre réglementaire suisse  actuel aux besoins du secteur ban‑ caire6. La concurrence se joue aussi  à  ce  niveau.  La  Suisse  est  ainsi  confrontée  à  une  compétition  tout  azimut  qu’elle  ne  pourra  contenir  qu’au travers d’un effort d’adapta‑ tion et d’innovation permanent.  Références 1   « Le  secteur  bancaire  suisse »,  Compendium  Edition  2006,  Asso‑ ciation suisse des banquiers 2  Article 47 LB : les sanctions maxi‑ males sont la prison pour six mois  au plus ou d’une amende maxima‑ le de CHF 50’000.‑. 3   Notamment  les  49  recomman‑ dations  du  GAFI  relatives  au  blanchiment  d’argent  sale  et  au  financement  du  terrorisme  (www.fatf‑gafi.org) 4  Directive européenne 2003/48/CE 5  L’Accord sur la fiscalité de l’épar‑ gne entre la Suisse et l’Union euro‑ péenne est entré en vigueur le 1er  juillet 2005. Un ensemble de règles  interprétatives  à  l’aOention  des  « agents payeurs » (les banques no‑ tamment) ont été émises par l’AFC  afin de préciser les contours de cet  accord sur la fiscalité de l’épargne.  6  On peut notamment citer les tra‑ vaux  qui  sont  en  cours :  l’actuelle  Loi  fédérale  sur  les  fonds  de  pla‑ cement  qui devrait être prochaine‑ ment remplacée par la Loi fédérale  sur les placements collectifs de ca‑ pitaux,  plus  moderne,  ou  la  rati‑ fication  de  la  convention  conclue  à  La Haye en 1985 relative à la loi  applicable  au  trust  et  à  sa  recon‑ naissance.

Contrairement à une idée largement répandue, le secteur bancaire  suisse ne s’est pas construit sur le secret bancaire

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Roland Bieber est  professeur ordinaire et titulaire de la «Chaire Jean Monnet» à la fa‑ culté de droit de Lausanne depuis 1991. Il a enseigné, entre autres, à l’Institut Univer‑ sitaire Européen de Florence, au Collège d’Europe à Bruges et à l’Université de Saar‑ brücken où il a reçu son Habilitation à l’enseignement universitaire pour les branches  de droit public, droit international public, droit européen et droit comparé. Originaire d’Allemagne, il a travaillé pendant de nombreuses années au service du  Parlement  européen,  notamment  comme  conseiller  juridique  de  celui‑ci  et  comme  conseiller personnel de deux présidents. 

LA CONSTITUTION EUROPÉENNE ET SES IMPLICATIONS POUR LA L’entrée en  vigueur  de  la  «Consti‑ tution pour l’Europe», signée le 29  octobre  2004  par  les  représentants  des  25  Etats  membres  de  l’Union  européenne,  n’apportera  point  de  révolution,  tout  en  constituant  cependant  un  acte  d’importance  symbolique  et  pratique.  Même  sans  ceOe  Constitution,  l’Union  européenne dispose déjà d’un droit  constitutionnel.  En effet, le processus d’intégration  européenne,  les  multiples  réfor‑ mes  des  traités,  l’activité  législa‑ tive et judiciaire des institutions de  l’Union ont créé un ordre juridique  autonome  qui  confère  des  droits  36

SUISSE

et des  obligations  aux  Etats  mem‑ bres, mais également aux citoyens  de l’Union. Deux éléments propres  à ce processus sont le principe de la  primauté du droit communautaire  sur le droit national, ainsi que celui  de  l’application  directe  des  traités  et  d’une  partie  de  la  législation  à  ses citoyens. La  jurisprudence  de  la  Cour  de  justice  de  l’Union  a  notamment  mis  en  lumière  des  principes  juri‑ diques  qui  caractérisent  un  ordre  juridique  constitutionnel,  comme  par  exemple  le  principe  de  la  hié‑ rarchie  des  normes,  la  création  et  l’organisation d’un pouvoir public 


D%#+~ communautaire, l’établissement  d’une  structure  quasi‑fédérale  avec  répartition  des  compéten‑ ces,  l’indépendance  des  tribunaux  communautaires  dont  la  jurispru‑ dence  doit  être  respectée  par  les  cours nationales, l’expression et la  protection  des  valeurs  telles  que  les droits fondamentaux. Formellement,  la  nouvelle  Consti‑ tution  est  destinée  à  se  substituer  aux  traités  qui  établissent  actuel‑ lement  encore  les  fondements  de  l’Union  européenne,  notamment  le Traité sur l’Union européenne et  le Traité instituant la Communauté  européenne.  Mais dans les faits, la Constitution  donne  un  cadre  plus  transparent  et  plus  visible  à  l’ordre  juridique  de  l’Union.  Elle  confirme  l’acquis  tout  en  le  modernisant  et  en  ren‑ dant  l’Union  plus  démocratique,  notamment  par  une  meilleure  ré‑ partition  des  aOributions  entre  les  institutions. D’importantes  parties  de  la  Cons‑ titution  ne  font  que  consolider  la  jurisprudence  et  la  pratique  insti‑ tutionnelle. On cite, à titre d’exem‑ ple,  la  reconnaissance  formelle  du  principe de primauté de droit euro‑ péen  par  rapport  au  droit  interne  des Etats membres. Le fait que ces  précisions  soient  inscrites  dans  la  Constitution leur octroie une noto‑ riété supplémentaire et ceci même  si les procédures de ratification ne  sont pas terminées. Aussi  en  ce  qui  concerne  le  droit  matériel  de  l’Union,  la  Constitu‑ tion maintient pour l’essentiel l’ac‑ quis  qui  se  trouve  actuellement  dans le Traité CE. Afin de pouvoir  abroger intégralement le Traité CE,  les règles de droit matériel (marché  intérieur,  droit  de  la  concurrence,  droit  économique  et  monétaire)  furent réinscrites dans la troisième  partie de la Constitution. Lors des  référenda, un malentendu a été dé‑ clenché  en  France  et  au  Pays‑Bas  portant  sur  le  fait  que  la  décision  sur la Constitution impliquait aus‑ si  une  décision  sur  ces  domaines  de  droit  matériel.  Or,  le  refus  de 

la Constitution  entraîne  nécessai‑ rement le maintien du Traité CE et  constitue  en  conséquence  un  vote  conservateur. L’entrée en vigueur de la Constitu‑ tion  dépend  de  l’accomplissement  des procédures de ratification dans  les  25  Etats  membres  de  l’Union  européenne. Bien qu’en date du 1er  avril 2006, 15 Etats membres repré‑ sentant la majorité des Etats et des  peuples de l’Union, aient accompli  leur procédure de ratification, l’en‑ trée en vigueur de la Constitution  n’est  pas  encore  certaine.  En  effet,  dans deux Etats (France, Pays‑Bas),  le résultat des référenda sur la ra‑ tification  de  la  Constitution  a  été  négatif. Or, selon son article 447, la  Constitution  ne  peut  entrer  en  vi‑ gueur qu’après le dépôt des instru‑ ments  de  ratification  par  tous  les  Etats membres (soit 25 Etats).

La Constitution  ne  peut  entrer  en  vigueur  qu’après  le  dépôt  des  instruments de ratifica‑ tion  par  tous  les  Etats  membres (soit 25 Etats) Toutefois, déjà avant son entrée en  vigueur,  la  Constitution  déploie  un  effet  majeur  de  clarification  du  droit  européen,  notamment  en  matière  des  droits  fondamentaux  garantis au niveau de l’Union. Cer‑ tes,  elle  apporte  des  nouveautés  comme  par  exemple,  l’initiative  populaire  (art.  47),  une  procédure  législative unique (art. 34) ou l’ins‑ titution  d’un    ministre  des  affaire  étrangères qui resteront en suspens  jusqu’à l’accomplissement des rati‑ fications.  Les  institutions  européennes  et  la  plupart  des  gouvernements  des  Etats  membres  sont  déterminés  à  continuer  le  processus  de  consti‑ tutionalisation  de  l’Union  et  ceci  afin  de  moderniser  et  de  rendre  plus  démocratique  l’Union  euro‑ péenne. Certes, l’Union peut conti‑ nuer de fonctionner sur la base des  textes  actuels,  mais  la  complexité  de  l’appareil  institutionnel  et  de 

procédure, les  faibles  possibilités  de  participation  des  parlements  et  des  peuples  des  Etats  membres  aux  décisions  rendent  une  entrée  en vigueur de la Constitution hau‑ tement souhaitable. Ironie de l’his‑ toire,  l’adoption  du  texte  le  plus  démocratique  de  toute  l’intégra‑ tion européenne a été rendue plus  difficile  par…des  décisions  de  dé‑ mocratie directe. La  Suisse  est  concernée  par  la  Constitution  pour  plusieurs  rai‑ sons.  Pour  autant  que  la  Suisse  hésite  encore  de  devenir  membre  de  l’Union,  elle  se  voit  pour  la  première  fois  reconnaître  un  droit  à  «des  relations  privilégiées»  que  l’Union,  en  vertu  de  l’article  57  de  la  Constitution,  envisage  de  développer  avec  les  pays  de  son  voisinage.  On  note  avec  intérêt  que cet espace de prospérité et de  bon  voisinage  «sera  fondé  sur  les  valeurs  de  l’Union».  L’idée  d’une  adhésion à l’Union sous le régime  de la Constitution peut apparaître  plus  aOractive  pour  ceux  qui  sont  en  Suisse  plus  réticents  à  entrer  dans  l’Union  européenne :  en  ver‑ tu de l’article 60 de la Constitution,  un  Etat  membre  pourra  à  l’avenir  se  retirer  de  l’Union  même  sans  le  consentement  des  autres  Etats.  Enfin,  les  adeptes  de  la  démocra‑ tie  directe  trouveront  à  l’article  47  un instrument pour faire valoir les  voix des citoyens auprès des insti‑ tutions de l’Union. Au‑delà  de  ces  aspects  ponctuels,  on  peut  constater  depuis  le  début  des  procédures  de  ratification  de  la Constitution, une prise de cons‑ cience de l’Union sur les enjeux de  l’intégration européenne ainsi que  sur  l’identité  et  le  destin  commun  des  peuples  de  l’Union.  La  Suisse  ne  peut  pas  ignorer  la  réalité  qui  fait qu’elle fait partie de ceOe iden‑ tité et de ce destin. La Constitution  européenne  accentuera  ainsi  le  choix de la Suisse entre la satellisa‑ tion  et  le  rôle  actif  et  responsable  comme  membre  à  part  entière  de  l’Union.

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Avocat et  associé  du  cabinet  Ernst  &  Young SA, Olivier Dunant est respon‑ sable du conseil juridique en Suisse ro‑ mande.  Il  est  spécialiste  du  corporate  governance et du droit des sociétés.

ADAPTATION DU DROIT DES SOCIÉTÉS AUX TENDANCES DU CORPORATE GOVERNANCE Dès le deuxième semestre 2007, de  nouvelles dispositions du droit des  sociétés et de la révision entrent en  vigueur.  Les  nouveautés  concer‑ nent notamment le droit de la Sàrl,  l’obligation  de  révision  dans  le  droit  des  sociétés  et  la  surveillan‑ ce  des  réviseurs.  Parallèlement,  le  Conseil fédéral a mis en chantier la  prochaine grande réforme du droit  des sociétés anonymes. La fréquence des modifications du  doit des sociétés impose de faire le  point sur les réformes en cours et à  venir. En effet, même les spécialis‑ tes du droit des sociétés pourraient  y perdre leur latin. 38

Les modifications  présentées  ici  sont  les  suivantes avec  leur  en‑ trée en vigueur probable          1.  Transparence  des  indemnités  (début 2007) 2.  Modification  de  l’obligation  de  révision  en  droit  des  sociétés  (mi‑ 2007) 3.  Loi sur la surveillance des révi‑ seurs (mi‑2007) 4.  Nouveau droit de la Sàrl  (mi‑2007)  5.  Petite révision du droit de la SA  (mi‑2007) 6.  Avant‑projet :  droit  de  la  SA  et  droit comptable (Quelques années)

 


D%#+~

Obligation de révision Sous  l’influence  des  tendances  actuelles  du  gouvernement  d’en‑ treprise,  le  parlement  a  modifié  le  Code des obligations et adopté une  nouvelle  Loi  fédérale  sur  l’agré‑ ment  et  la  surveillance  des  révi‑ seurs  (LSR).  La  réforme  vise  trois  buts : ∙  améliorer  l’ensemble  des  pres‑ criptions en vigueur en matière de  révision, ∙  garantir la qualité de l’audit par  l’agrément et la surveillance des ré‑ viseurs et  ∙  régler l’obligation de révision de  manière  uniforme  pour  toutes  les  formes de sociétés. CeOe nouvelle réglementation con‑ tribue  à  garantir  un  corporate  go‑ vernance  de  qualité.  Elle  s’inscrit  dans la ligne des réformes adoptées  aux Etats‑Unis par la loi Sarbanes‑ Oxley et dans l’Union européenne  avec la 8ème directive. Les grands traits de la réforme sont  les suivants :  •  Une  réglementation  indépen‑ dante  de  la  forme  juridique  de  l’entreprise. La différence de traite‑ ment entre la SA et la Sàrl (dispen‑ sée d’audit) ne se justifie pas. •  Quatre  catégories  d’entreprises,  des plus grandes aux plus petites. •  Deux  types  d’audit :  le  contrôle 

ordinaire et la review. •  Une  surveillance  différenciée  des réviseurs. •  Trois niveaux d’indépendance.   Le  tableau  de  l’illustration  1  résu‑ me tous les cas de figure, en fonc‑ tion  de  l’importance  économique  de l’entreprise concernée. 

Mêmes règles  pour  l’audit  de la SA et de la Sàrl  Dès 2007, l’obligation de révision ne  se fonde plus sur la forme juridique  des  sociétés.  On  opère  plutôt  une  distinction entre les sociétés ouver‑ tes au public, les entreprises d’une  certaine importance économique et  les petites et moyennes entreprises  (PME).  Actuellement,  les  sociétés  anonymes sont soumises à l’obliga‑ tion de révision, contrairement aux  sociétés à responsabilité limitée. A  l’avenir,  les  mêmes  règles  seront  applicables aux sociétés anonymes,  aux  sociétés  à  responsabilité  limi‑ tée, aux sociétés coopératives, aux  associations et aux fondations. Les  sociétés de personnes bénéficieront  d’un régime particulier. Le  besoin  de  protection  varie  se‑ lon  la  taille  de  l’entreprise.  Dans  les  sociétés  ouvertes  au  public,  la  révision sert en premier lieu à pro‑ téger  les  investisseurs,  alors  que  dans  toutes  les  autres  entreprises  d’une  certaine  importance  écono‑

mique, elle  est  également  justifiée  par la sauvegarde des intérêts pu‑ blics. Dans les sociétés privées en‑ fin, la révision peut être dictée par  le besoin de protéger les personnes  disposant  d’une  participation  mi‑ noritaire  ainsi  que  les  créanciers.  CeOe  protection  revêt  cependant  une  importance  moindre  pour  les  PME,  raison  pour  laquelle  la  loi  prévoit la possibilité d’effectuer un  contrôle restreint, voire d’exempter  les PME du régime obligatoire (op‑ ting out).  Les sociétés ouvertes au public sont  tenues de soumeOre leurs comptes  annuels  et,  le  cas  échéant,  leurs  comptes consolidés, au contrôle de  leur organe de révision. On entend  par société ouverte au public toute  société faisant appel au marché des  capitaux et qui, à ceOe fin, détient  des titres de participation cotés en  Bourse  ou  est  débitrice  d’un  em‑ prunt obligataire. Parmi  les  sociétés  d’une  certaine  importance  économique  figurent  toutes les entreprises qui, au cours  de  deux  exercices  successifs,  dé‑ passent  deux  des  valeurs  suivan‑ tes :  total  du  bilan  de  10  millions  de  francs,  chiffre  d’affaires  de  20  millions  de  francs,  effectif  com‑ prenant  50  postes  à  temps  plein  en  moyenne  annuelle.  Selon  ceOe  définition, on estime à 2% le nom‑ bre  des  entreprises  suisses  d’une 

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Ewx#y M#z.{ 12 ‑ 2006 certaine  importance  économique.  Comme  les  sociétés  ouvertes  au  public,  les  sociétés  d’une  certaine  importance économique ont l’obli‑ gation de soumeOre leurs comptes  annuels  (ou  comptes  consolidés)  au  contrôle  ordinaire  de  leur  or‑ gane de révision.  Quant aux petites et moyennes en‑ treprises,  elles  regroupent  toutes  les  sociétés  ne  remplissant  pas  les  critères visés ci‑dessus. La loi n’as‑ treint ces dernières qu’à un contrôle  restreint par l’organe de révision et  va  même  jusqu’à  dispenser  d’une  révision de leurs comptes annuels  les petites entreprises comptant au  maximum dix postes à temps plein,  à condition cependant d’obtenir le  consentement  de  tous  les  associés  (opting out). 

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Le contrôle ordinaire (pour les so‑ ciétés  d’une  certaine  importance  économique)  correspond  fonda‑ mentalement  à  l’audit  tel  qu’il  est  actuellement pratiqué. Il y a toute‑ fois deux nouveautés pour les avis  obligatoires :  le  réviseur  doit  an‑ noncer les violations du règlement  d’organisation,  qui  contient  égale‑ ment  des  règles  de  gouvernement  d’entreprise.  De  plus,  l’assemblée  générale  doit  être  informée  non  seulement des violations graves de  la loi, mais également si le conseil  d’administration  omet  de  prendre  des  mesures  malgré  un  avertisse‑ ment écrit de l’organe de révision.

Contrôle restreint On  introduit,  avec  le  contrôle  res‑ treint, une forme nouvelle d’audit. 

Ce type  de  révision  s’est  d’ores  et  déjà  imposé  au  niveau  interna‑ tional  et  correspond  à  ce  que  l’on  appelle  actuellement,  d’après  les  normes d’audit nationales et inter‑ nationales, « examen succinct » ou  « review ». Ainsi, les entreprises qui renoncent  au contrôle en vertu des divers al‑ lègements accordés aux PME peu‑ vent néanmoins décider de faire ré‑ viser leurs comptes à titre facultatif  en  faisant  appel,  à  ceOe  fin,  à  un  réviseur  ne  satisfaisant  pas  entiè‑ rement  aux  exigences  profession‑ nelles imposées (opting down). La  nécessité pour les PME de s’adres‑ ser  à  un  seul  prestataire  rend  les  exigences  en  matière  d’indépen‑ dance moins sévères. Ainsi, la col‑ laboration de l’organe de révision à  la tenue de la comptabilité est‑elle 


D%#+~ autorisée à condition que la tenue  de la comptabilité et le contrôle ne  soient pas réalisés par le même col‑ laborateur. Le cas échéant, l’organe  de révision devra le spécifier dans  le rapport de révision. En complément de la modification  de l’obligation de révision, la nou‑ velle  Loi  sur  la  surveillance  de  la  révision  (LSR)  règle  l’agrément  et  la  surveillance  des  personnes  qui  fournissent des prestations en ma‑ tière  de  révision.  La  loi  définit  les  exigences  professionnelles  mini‑ males des réviseurs, afin de garan‑ tir la fiabilité du contrôle.  A l’avenir, les personnes physiques  et  les  cabinets  d’audit,  fournissant  des  prestations  en  matière  de  ré‑ vision devront être agréés par une  nouvelle  autorité  de  surveillance  en matière de révision, à créer.  L’entrée  en  vigueur  de  la  modi‑ fication  du  Code  des  obligations  sur l’obligation de révision et de la  LSR est prévue pour le second se‑ mestre  de  2007.  La  date  sera  fixée  par  le  Conseil  fédéral  lorsque  les 

ordonnances d’application du nou‑ veau droit auront été adoptées. Les  nouvelles  règles  sur  l’obligation  de  révision  seront  applicables  dès  l’exercice qui commence avec l’en‑ trée  en  vigueur  de  la  révision  ou  qui  la  suit.  Ainsi,  les  comptes  de  l’exercice 2006 seront révisés selon  les règles actuelles.

Autres petites modifications  du droit de la SA Le parlement a modifié le droit de  la société anonyme à l’occasion de  l’adoption  du  nouveau  droit  de  la  Sàrl.  Les  nouveautés  sont  notam‑ ment l’abandon de l’exigence pour  un  administrateur  de  détenir  au  moins une action. Les accords bila‑ téraux avaient relativisé l’exigence  d’une  majorité  d’administrateurs  suisses.  Le  Code  des  obligations  précise  dorénavant  que  la  société  doit  pouvoir  être  représentée  par  un administrateur ou un directeur  domicilié en Suisse, même s’il n’est  pas de nationalité suisse ou ressor‑ tissant  d’un  état  de  l’Union  euro‑ péenne.  En  outre,  la  SA  peut  être 

constituée par  un  fondateur  uni‑ que. Pour réduire les cas de conflit  d’intérêts, les contrats passés entre  la  SA  et  son  représentant  devront  être passés par écrit.

Refonte du droit de la Sàrl Le  droit  actuel  de  la  Sàrl  remonte  à 1936. La refonte vise à rendre la  Sàrl  plus  aOrayante.  Le  nouveau  droit  permet  la  constitution  d’une  Sàrl  par  un  seul  fondateur.  Le  ca‑ pital  minimal  reste  à  CHF 20’000,  comme  actuellement,  mais  le  pla‑ fond de CHF 2 millions est suppri‑ mé. Actuellement, il est nécessaire  de  passer  chez  le  notaire  pour  la  cession  d’une  part  sociale.  Cet  in‑ convénient est supprimé et un con‑ trat écrit sera suffisant. Par manque  de  place,  il  n’est  pas  possible  de  mentionner  de  nombreuses  autres  modifications. Au  vu  de  la  liberté  d’aménager  les  rapports  internes  entre  les  associés,  la  Sàrl  est  une  forme  qui  se  prête  bien  aux  joint‑ ventures entre deux entreprises.

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Prochaine grande  réforme  du  droit  de  la  société  ano‑ nyme Fin  2005,  le  Conseil  fédéral  a  mis  en consultation un avant‑projet de  modification  du  droit  de  la  SA  et  du droit comptable. L’avant‑projet,  qui ne manquera pas de susciter un  vif débat, vise quatre objectifs : •  le  renforcement  du  gouverne‑ ment d’entreprise, •  l’adaptation  de  la  structure  du  capital, •  la  modernisation  des  règles  de  l’assemblée générale et •  la réforme du droit comptable. Par  exemple,  l’avant‑projet  pro‑ pose  de  permeOre  de  tenir  une  assemblée  générale  en  plusieurs  lieux, à l’étranger, ou par voie élec‑ tronique.  Il  introduit  une  marge  de  fluctuation  du  capital.  Pour  les  sociétés  cotées,  l’avant‑projet  prévoit  que  les  comptes  doivent  être  établis  suivant  un  référentiel  comptable,  tel  que  Swiss  GAAP 

RPC, IFRS  ou  US  GAAP.  L’avant‑ projet envisage aussi de supprimer  l’action au porteur, pour suivre les  recommandations du Groupe d’ac‑ tion  financière  sur  le  blanchiment  de  capitaux  (GAFI).  Ce  dernier  point est contesté, notamment par  EconomieSuisse.

Besoin d’action Parmi  les  nombreuses  modifica‑ tions, deux d’entre elles retiennent  l’aOention et pourraient influencer  la manière dont sont gérées les so‑ ciétés  suisses.  Elles  concernent  le  contrôle  interne  et  la  gestion  des  risques. 

gane de  révision  doit  procéder  à  un contrôle formel des indications  fournies  dans  l’annexe  aux  comp‑ tes annuels. D’autre  part,  l’organe  de  révision  devra dorénavant vérifier s’il exis‑ te  un  système  de  contrôle  interne  (art. 728a al. 1 chiffre 3 du Code des  obligations  révisé).  Le  législateur  démontre  ainsi  que  toute  société  soumise au contrôle ordinaire doit  disposer d’un audit interne. Le  conseil  d’administration  et  la  direction  des  sociétés  devraient  étudier déjà maintenant la mise en  place d’un contrôle interne efficace  et d’une politique des risques.

D’une part,  le  nouvel  article  663b  chiffre 12 du Code des obligations  prescrit  que  l’annexe  aux  comptes  annuels  doit  contenir  des  « indi‑ cations  sur  la  réalisation  d’une  éva‑ luation  des  risques ».  Les  étapes  à  considérer sont l’identification des  risques,  l’analyse  des  risques  puis  la  planification  des  mesures.  L’or‑

Les grands traits de la réforme sont les suivants :  • Une réglementation indépendante de la forme juridique de l’entreprise.  La différence de traitement entre la SA et la Sàrl (dispensée d’audit) ne se  justifie pas. • Quatre catégories d’entreprises, des plus grandes aux plus petites. • Deux types d’audit : le contrôle ordinaire et la review. • Une surveillance différenciée des réviseurs. • Trois niveaux d’indépendance.

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LUXE


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LUXE

Bassel Tabet  est  assistant  de  cours  et  de  recherche  à  l’école  des  HEC  Lausanne.  Il  participe  à  la  création  du  cours  «Management  of  Luxury  Goods»  qui  sera  proposé  aux étudiants de Master dès 2007. De plus, il supervise un mémoire sur le «Luxe et  Internet» et coordonne un cours sur «le rôle de la direction générale» dans le cadre  d’un programme entre l’EPFL et HEC.  Finissant sa licence (Master) en management en décembre 2006, Bassel Tabet a pour  objectif de lier sa formation d’économiste aux métiers des Arts et du Luxe.

E-LUXURY

Opportunité ou menace ? Au  milieu  des  années  quatre‑ vingt‑dix  déjà,  près  de  95%  des  maisons  du  Luxe  avait  commencé  une  réflexion  autour  d’une  éven‑ tuelle présence sur Internet. A ceOe  époque,  la  question  que  les  entre‑ prises du secteur se posaient était :  « Luxe  et  Internet,  opportunité  ou  menace ? » Dix  années  plus  tard,  ce  secteur  est  parvenu  à  convertir  les  mena‑ ces  en  opportunités.  Cet  article  a  donc pour objectif de présenter les  utilisations  principales  d’Internet  comme  outil  Marketing  dans  l’in‑ dustrie du Luxe. 44

Au départ, pour les marques dont  l’image était synonyme d’excellen‑ ce et dont les moyens de distribu‑ tion  étaient  sélectifs,  la  crainte  de  détérioration  de  l’image  de  mar‑ que a ralenti leur entrée sur le Web.  Par la suite, ils ont vite réalisé que  l’utilisation d’Internet peut être un  moyen efficace de s’adresser à des  clients  potentiels  qui  seraient  inti‑ midés par les magasins de luxe ou  à  ceux  qui  n’ont  pas  de  points  de  ventes  à  proximité.  Aujourd’hui,  la  grande  majorité  des  maisons  du Luxe ont réalisé qu’Internet est  compatible  avec  l’image  qu’elles  véhiculent et ont finalement rejoint  la toile. Non seulement l’image de 


L$£. marque ne  subit  pas  de  déprécia‑ tion importante lors d’une présen‑ ce sur Internet mais pour certaines  cultures, à l’exemple des pays asia‑ tiques, elle en est même valorisée.  Mais  il  faut  tout  de  même  garder  en tête que la notoriété d’une mar‑ que  se  crée  essentiellement  par  l’ensemble  des  actions  Marketing,  le  site  Web  ayant  pour  fonction  de  reproduire  l’image  de  manière  adéquate et de marquer une diffé‑ renciation par rapport à la concur‑ rence.  Internet permet d’explorer de nou‑ velles  possibilités  graphiques  que  les moyens de communications ha‑ bituels  ne  peuvent  pas  reproduire  et qui, dans certains cas, répondent  à  d’autres  faceOes  du  secteur.  La  personnalisation des produits étant  une  des  caractéristiques  du  Luxe,  l’acheteuse  potentielle  peut,  par   exemple,  visualiser  le  sac  à  main  qu’elle  désire,  avec  les  couleurs  et  finitions de son choix afin de se fai‑ re une idée plus précise du produit  en question. Ce type de prestation  reste essentiellement réalisable par  le  biais  d’Internet,  d’autant  plus  que  tous  les  modèles  ne  sont  pas  toujours disponibles aux points de  ventes. La toile n’est pas un réseau de dis‑ tribution qui correspond à la vente  d’un produit dont l’acte d’achat lui‑ même est chargé d’affectif, d’émo‑ tions et de contact avec le produit.  Mais le Web pourrait être un moyen  de créer une relation avec une nou‑ velle catégorie de clients, la connaî‑ tre  et  la  fidéliser.  Les  marques  de  prestige  encouragent  parfois  les  intéressés  à  être  tenus  au  courant  des nouveautés et événements par  une «NewsleOer» sous forme de e‑ mail, parfois même personnalisée.  CeOe  personnalisation  est  réalisa‑ ble  grâce  à  différents  questionnai‑ res que le visiteur peut remplir lors  de  son  inscription  sur  le  site  afin  de définir son profil. Ainsi le client  ou prospect éprouve un sentiment  d’exclusivité  et  la  société  parvient  à le cerner. Internet est une des clefs de la re‑ lation  client  de  demain.  La  pro‑ blématique est de savoir comment 

l’utiliser: nouveau  canal  de  vente  ou  vitrine  servant  exclusivement  d’outil de communication ?

Une vitrine  sur  Internet  :  Un  outil  de  communication  complémentaire précieux

souvent une  localisation  des  bou‑ tiques  se  situant  près  du  domicile  du visiteur pour l’encourager à s’y  rendre.  Ainsi,  le  prospect  pourra  voir,  toucher  ou  encore  essayer  le  produit  présélectionné  sur  le  site  Web.

L’utilisation d’Internet,  en  tant  que  vitrine,  cible  les  marques  très  prestigieuses  ne  voulant  pas  com‑ muniquer leurs prix et utilisant des  moyens de distribution trop sélec‑ tifs pour ce rabaOre sur la vente en  ligne. 

Les sociétés  de  prestige  utilisent  donc  Internet  comme  vitrine,  et  pour une part d’entre elles, comme  outil de fidélisation client.

Une des  fonctions  majeures  du  Web est l’information menant à la  familiarisation  avec  le  produit  ou  le  service.  Internet  se  développe  à  grande  vitesse  mais  ne  suffit  pas  encore à transmeOre la globalité des  messages,  émotions  et  valeurs  du  Luxe.  Cependant,  Internet  est  un  outil complémentaire très précieux  car il offre une haute précision aux  niveaux  qualitatif  et  quantitatif  des  informations  qu’une  marque  veut et peut transmeOre. Il cultive  le savoir du client par rapport aux  produits et à l’historique de la mar‑ que. La toile permet de fournir de  l’information  et  de  l’expertise  aux  visiteurs et a aussi son utilité dans  la phase de persuasion. De plus, si  le visiteur du site est déjà client de  la marque, la frilosité de ce dernier  sera aOénuée et ce moyen de com‑ munication  pourra  encourager  le  ré achat.

Les éléments  décourageant  les  marques  prestigieuses  à  passer  à  la  vente  en  ligne  sont  la  crainte  de  dévaloriser  la  marque,  ne  pas  afficher  un  prix  pouvant  varier  en  fonctions  des  marchés,  la  can‑ nibalisation  des  boutiques  ou  en‑ core faciliter le travail des réseaux  de  contrefaçon. Mais  les  aOentes  des  consommateurs  sont  en  train  d’évoluer et une personne sur deux  aOend d’un site de Luxe de dispo‑ ser  d’une  boutique  en  ligne.  Les  raisons  de  ceOe  forte  aOente  sont  propres à ce secteur : la rareté qui  peut  mener  un  client  à  faire  plu‑ sieurs  magasins  avant  de  trouver  le  produit  recherché  ou  encore  comme cité précédemment, la dif‑ ficulté que certains clients rencon‑ trent  à  rentrer  dans  une  boutique  de  Luxe.  C’est  donc  la  notion  de  confort  qui  encourage  la  clientèle  à  faire  ses  achats  sur  Internet.  De  plus,  les  clients  réguliers  de  pro‑ duits  de  Luxe  ne  sont  plus  forcé‑ ment  à  la  recherche  du  sentiment  d’exclusivité,  transmis  par  les  for‑ ces de vente, lors de l’acte d’achat.  Ces clients sont donc des acheteurs  en ligne potentiels.

Les menaces liées à la banalisation  de la marque amènent les maisons  de  prestige  à  utiliser  leur  site  de  la  manière  la  plus  esthétique  pos‑ sible,  avec  de  nombreuses  vidéos,  photos  et  animations  flash.  Ceci,  parfois  accompagné  d’une  bande  son  créant  une  ambiance  corres‑ pondant  à  l’image  des  produits  présentés  ou  à  l’image  de  marque  elle‑même. Ces maisons cherchent  donc à rendre leur site aussi raffiné  que  leur  image  et  leurs  produits,  en  meOant  un  fort  accent  sur  une  présentation  artistique  des  collec‑ tions.  Pour  compenser  le  fait  de  ne  pas  vendre  en  ligne,  ces  sites  offrent 

La vente en ligne : Plus qu’un  nouveau point de vente

Du point  de  vue  de  l’entreprise,  trois facteurs clefs de succès sont à  prendre en compte pour s’aventu‑ rer  dans  ce  mode  de  distribution.  Premièrement, une forte image de  marque, deuxièmement une distri‑ bution  rare  et  contrôlée  et  finale‑ ment un produits fortement désiré  des  clients  comme  le  sac  à  main  monogramme  de  Louis  VuiOon,  par exemple. Sans ces trois facteurs,  le  succès  de  ce  canal  de  distribu‑ 45


Ewx#y M#z.{ 12 ‑ 2006 tion n’est pas garanti. Ces facteurs  sont  indispensables  mais  ne  suffi‑ sent pas forcemment. Les produits  dits “expérientiels” qui nécessitent  l’odorat,  le  toucher  ou  encore  fai‑ sant appel à l’imaginaire sont relati‑ vement incompatibles avec le Web.  Le  parfum  «Dior  J’Adore»  qui  est  un des leader du marché américain  fait appel, en toute logique, à l’odo‑ rat et est disponible dans toutes les  parfumeries, par conséquent, ne se  vend pas bien sur Internet. Les  sociétés  de  luxe  doivent  par‑ venir à créer une réelle différentia‑ tion face aux boutiques classiques.  La stratégie adoptée par les acteurs  du  secteur  est  de  développer  une  forte  fidélisation  des  clients.  Pour  ce  faire,  la  création  d’un  compte  client est devenu la solution usuel‑ le.  Le  profil  du  client  sera  défini  par  un  questionnaire  proche  de  ceux  des  sites  vitrines,  mais  sera  agrémenté par des achats effectués  en  ligne.  La  maison  pourra  donc  analyser  les  préférences  et  désirs  des clients pour mieux répondre à  leurs  aOentes.  Les  abonnés  pour‑

ront bénéficier  de  promotions,  ta‑ rifs  préférentiels  ou  d’avants  pre‑ mières. L’objectif étant de parvenir  à  simuler  la  douce  ambiance  des  boutiques  accompagnée  des  pré‑ cieux  conseils  et  aOentions  d’une  vendeuse qui connaît personnelle‑ ment la clientèle. Pour ce faire, la maison Dior a crée  «Diorboutique.com». Ce site, pour  l’instant réservé à la France et bien‑ tôt en Grande‑Bretagne, offre plus  d’une  centaine  de  produits  de  la  marque.  Afin  de  fournir  le  plus  de  confort  possible  aux  visiteurs  du  site,  une  assistance  téléphoni‑ que  est  prévue  pour  conseiller  et  accompagner  la  clientèle  tout  au  long  de  l’achat  en  ligne.  Ce  site  a  bénéficié de l’expérience de LVMH  dans la vente en ligne, car le grou‑ pe leader du secteur détient le site  «eLuxury.com», portail de vente en  ligne de produits de Luxe. Ce site  offre  une  assistance  en  direct  par  téléphone et «chat» afin de réduire  les  craintes  des  prospects  lors  de  leurs achats en ligne.

La vente en ligne est donc envisa‑ geable  par  certaines  maisons  de  l’industrie du Luxe, mais reste plus  appropriée  aux  maisons  offrant  des  produits  peu  expérientiels,  à  des  prix  relativement  bas  pour  le  secteur  et  pouvant  répondre  aux  facteurs clefs de succès de ce mode  de distribution. Au  fil  du  temps,  les  habitudes  et  aOentes  des  consommateurs  évo‑ lueront  indéfiniment  et  seront  souvent  imprévisibles.  La  géné‑ ration  naissant  aujourd’hui  dans  un  monde  bercé  par  Internet  sera  la clientèle du secteur du Luxe de  demain.  Ceci    risque  de  favoriser  le marché de la revente et d’inciter  de nouvelles sociétés de Luxe à se  créer  en  utilisant  Internet  comme  seul outil de communication et de  vente et cela à moindre frais…

Internet peut être un moyen efficace de s’adresser à des clients po‑ tentiels qui seraient intimidés par les magasins de luxe ou à ceux  qui n’ont pas de points de ventes à proximité

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Linda Abdelli, Analyste  Financier,  responsable  du  suivi  in‑ ternational des secteurs liés à la consommation (hors médias  et automobile) à la Banque privée Edmond de Rothschild S: A: à Genève depuis 1998. Elle couvre entre autres le secteur  du  Luxe  avec  des  valeurs  comme  LVMH,  Hermès,  Swatch,  Tiffany ou Coach.

LES NOUVELLES FRONTIÈRES DU LUXE Définir le Luxe reste un exer‑ cice difficile  Dœ¤+z+%  .z  2000  mots  ce  qu’est  le  Luxe est un exercice difficile et pé‑ rilleux tant le terme revêt de mul‑ tiples faceOes. De quoi parle‑t‑on ?  S’agit‑il  de  joaillerie,  d’horlogerie,  de maroquinerie, de prêt‑à‑porter,  d’automobiles, de palaces, d’un dî‑ ner  à  la  table  d’un  grand  chef,  de  temps libre….Et j’en oublie…… Mais  ne  nous  égarons  pas  dans  des  considérations  trop  éloignées  du  sujet  qui  nous  occupe.  Aux  oreilles  de  l’analyste  financier,  le  48

Luxe, avant tout et à l’origine, était  synonyme  de  bijouterie,  joaillerie,  horlogerie  haut  de  gamme  et  arts  de  la  table.  C’est  ce  qu’on  appelle  aujourd’hui dans le jargon le «hard  luxury», avec ce côté «solide» com‑ me  s’il  s’agissait  des  fondements  du  Luxe….Concrètement,  c’est  le  segment  occupé  par  des  groupes  comme Richemont ou Bulgari. Puis, progressivement, les contours  de  la  définition  du  Luxe  se  sont  élargis  pour  englober  des  articles  à plus large distribution, générant  des actes d’achat plus fréquents et  s’adressant à une clientèle plus vas‑ te (sacs à mains, foulards, luneOes,  chaussures,  vêtements).  C’est  ce 


L$£. qu’on appelle  aujourd’hui  le  «so–  luxury»,  plus  léger,  plus  frivole,  plus  facile  à  remplacer…..On  pla‑ cera  dans  ceOe  catégorie  notam‑ ment LVMH ou encore Gucci. Le Luxe de notre siècle ne s’adresse  plus  à  la  même  cliente  qu’autre‑ fois.  Jadis  réservé  à  une  élite  de  connaisseurs,  il  touche  désormais  aussi  bien  l’adolescente  de  15  ans  soucieuse de ressembler à ses ido‑ les  de  magazines  que  la  fameuse  ménagère de moins de 50 ans jus‑ qu’à  la  «fashion  victim»  à  l’affût  des  dernières  tendances.  Bien  en‑ tendu, les commandes spéciales et  certains objets très haut de gamme  restent accessibles seulement à une  petite frange de la population. Les  frontières  géographiques  du  Luxe se sont, elles aussi étendues.  Aujourd’hui,  la  plupart  des  mar‑ ques  ont  un  statut  mondial  qui  s’étend  des  pays  industrialisés  jusqu’aux  marchés  dits  émergents  à l’avenir si promeOeur. Mais, gar‑ dons encore et toujours en tête que  le Luxe est de tradition européen‑ ne  et  le  restera….La  construction  d’une  image  de  marque  ne  se  fait  pas  du  jour  au  lendemain.  Ceci  étant, nous pourrions disserter en‑ core  longtemps  sur  ce  qui  fait  le  succès d’une marque mais laissons  cela aux experts du marketing. En‑ tre  rêve  et  subjectivité,  la  marque  «vache  à  lait»  est  celle  reconnue  par le plus grand nombre, symbole  d’accession à un nouveau statut.

Quelques éléments  de  ca‑ drage Il est assez difficile de trouver des  chiffres  précis  concernant  la  taille  du  secteur  du  Luxe.  Il  s’agirait  en  tout premier lieu de pouvoir le dé‑ finir  clairement  et  nous  avons  dé‑ montré  la  difficulté  de  l’exercice.  En  opérant  de  nombreux  recou‑ pements,  on  estime  le  marché  du  Luxe  à  €85‑€90  milliards.  Par  seg‑ ments, le prêt‑à‑porter, les Parfums  et  Cosmétiques  et  la  Maroquine‑ rie  génèrent  à  eux  seuls  près  des  3/4 du marché. Le reste se répartit  dans  l’ordre  entre  les  Spiritueux,  la Bijouterie‑Horlogerie et les Arts 

de la Table. La décomposition par  zones  géographiques  montre  la  prépondérance  de  l’Asie,  de  l’Eu‑ rope et des Etats‑Unis. L’analyse la  plus intéressant, et surtout la plus  pertinente,  consiste  à  décomposer  la  clientèle  du  Luxe  par  nationa‑ lité  sans  tenir  compte  du  lieu  où  se  produit  l’acte  d’achat.  CeOe  ap‑ proche  est  bien  évidemment  plus  difficile à meOre en place mais elle  reflète de manière plus juste la ré‑ partition de la clientèle. Elle prend  non  seulement  en  compte  l’aspect  domestique des achats mais égale‑ ment les flux qui sont générés par  les dépenses des nombreux touris‑ tes  qui  écument  encore  le  monde  afin  de  s’approvisionner  en  objets  d’ostentation.

Le secteur du Luxe croît  en  moyenne  annuelle  sur  un  rythme  de  2x  à  3x le PIB mondial Il convient également d’aborder le  secteur  en  gardant  à  l’esprit  qu’il  existe  des  disparités  entre  les  ca‑ tégories  de  produits  en  termes  de  croissance  et  de  rentabilité.  Ainsi,  les articles de maroquinerie et plus  généralement  les  produits  en  cuir  ainsi que la catégorie des accessoi‑ res sont les plus rentables avec des  marges  avoisinant  les  30%  et  des  taux  de  croissance  généralement  proches des 10%. Viennent ensuite  les Montres et la Soie dont les mar‑ ges  sont  de  l’ordre  de  20%.  En  re‑ vanche, les taux de croissance dif‑ fèrent puisque les montres sont sur  des tendances de l’ordre de 7%‑8%  tandis  que  la  Soie  est  un  segment  dont la croissance est faible à moins  de  3%.  Les  Bijoux  et  Instruments  d’écriture dégagent une rentabilité  d’environ 15% avec là aussi des di‑ vergences en termes de croissance.  Viennent ensuite le Prêt‑à‑Porter et  les  Chaussures  dont  les  marges  et  les taux de croissance sont équiva‑ lent (environ 10% et 6% respective‑ ment) mais dont la taille de marché  diffère. Enfin, le parent pauvre du  secteur  reste  le  segment  des  Arts  de la Table, dont la sénescence fait 

aujourd’hui peu de doutes. Globa‑ lement, la règle à retenir est que le  secteur du Luxe croît en moyenne  annuelle sur un rythme de 2x à 3x  le PIB mondial. Pour  capter  le  potentiel  de  toutes  ses  catégories  et  se  meOre  à  l’abri  des aléas liés à la conjoncture, nom‑ bre de groupes ont choisi une stra‑ tégie  de  diversification  (LVMH).  D’autres restent monomarque avec  un  nombre  de  catégories  limitées  (Hermès).  Dans  son  ensemble,  l’industrie  reste  fragmentée  avec  les  grands  noms qui se taillent la part du lion  (LVMH, Richemont, Gucci Group)  et  toute  une  constellation  de  mar‑ ques plus petites et souvent spécia‑ lisées (Coach, Tiffany, Chanel, Dol‑ ce & Gabbana, etc). Par conséquent,  il  n’est  pas  inepte  d’envisager  de  nouvelles vagues de consolidation  au sein du secteur. A ce titre, Her‑ mès  et  Bulgari  font  régulièrement  l’objet de rumeurs.  Nous avons évoqué furtivement la  pertinence de l’analyse de la clien‑ tèle du Luxe par nationalités. Celle‑ ci prend tout son sens lorsque l’on  sait le degré de dépendance du sec‑ teur au flux touristiques et elle est  valable pour l’ensemble du secteur.  Selon  une  étude  publiée  récem‑ ment par Merril Lynch, les Japonais  restaient  les  principaux  clients  du  Luxe  (26%)  suivis  des Américains  (25%) et des Européens (23% hors  Russie). On trouve ensuite les Chi‑ nois  qui  représentent  seulement  11%  des  clients  d’aujourd’hui.  Les  Russes  représentent  quant  à  eux 6% du total et les Indiens 1%.  D’ici  2014,  les  Chinois  devraient  avoir  pris  le  dessus  et  représenter  23%  de  la  clientèle  du  secteur  de‑ vant  les  Américains  (22%)  et  les  Japonais  (20%).  Nous  analysons  régulièrement les flux touristiques  mondiaux  pour  lesquels  de  nom‑ breuses  bases  de  données  fiables  existent. Il existe également des données spé‑ cifiques à certains segments. Ainsi,  l’analyste  intéressé  par  l’étude  de  Swatch  (85%  du  chiffre  d’affaires  dans  les  Montres  et  la  production  horlogère)  ne  fera  pas  l’économie  49


Ewx#y M#z.{ 12 ‑ 2006 de l’examen des chiffres des expor‑ tations horlogères suisses.  Enfin,  relevons  également  l’im‑ portance  de  l’analyse  des  taux  de  change pour tout bon analyste qui  prétend aborder le secteur comme  il se doit. Outre la parité Euro‑Dol‑ lar qui impacte les revenus comme  les  coûts,  le  Yen  entre  également  en  ligne  de  compte  du  fait  de  la  structure de la clientèle du secteur.  Les couvertures de change opérées  par  les  industriels  diffèrent  dans  leur  formes  et  sont  difficiles  à  ap‑ préhender  tant  du  fait  de  la  com‑ plexité  croissante  des  instruments  utilisés que du manque de commu‑ nication  financière  précise  sur  les  techniques utilisées.  Les  outils  d’analyse  sont  posés  et  nous  pouvons  désormais  nous  in‑ téresser aux thématiques en vogue  dans  le  secteur  à  l’heure  où  nous  écrivons cet article.

Les nouvelles  frontières  du  Luxe A  w#$%~  ~.%-.,  les  thèmes  à  la  mode  dans  le  secteur  du  Luxe  re‑ lève  de  considérations  monétaires  (faiblesse du dollar contre Euro et  fermeté du Yen), de potentiels rap‑ prochements (avec des cibles com‑ me  Hermès  ou  Bulgari)  et  autres  cessions  d’activité  (LVMH  et  ses  marques  secondaires  font  réguliè‑ rement l’objet de débats) ou encore  de  l’intérêt  géographique  immé‑ diat de telle ou telle zone industria‑ lisée.  Nous  ne  développerons  pas  davantage ces thèmes ici, préférant  nous concentrer sur les considéra‑ tions de long terme. La  question  des  nouvelles  frontiè‑ res  du  Luxe  se  pose  à  plus  long  terme  tant  pour  sa  dimension  in‑ dustrielle  que  géographique.  Ces  dernières années ont vu l’émergen‑ ce  d’un  nouveau  type  de  clientèle  aspirant à sa part de rêve et forçant  les grands intervenants du secteur  à s’adapter (ou non !). Force est de constater que la clien‑ tèle des groupes de Luxe a changé  ces  dernières  années  et  a  mené  50

l’ensemble du  secteur  à  revisiter  plus  régulièrement  son  offre  de  produits. La cliente du Luxe est de  moins  en  moins  fidèle  à  une  mar‑ que spécifique mais elle reste néan‑ moins  exigeante.  La  concurrence  accrue  des  enseignes  de  commer‑ ce  de  masse,  considérées  comme  plus  bas  de  gamme,  y  sont  pour  beaucoup  et  ont  forcé  les  indus‑ triels  du  Luxe  à  offrir  davantage  de  nouveautés  sans  trop  cultiver  la rareté (encore chère aux groupes  les  moins  flexibles).  Le  corollaire  direct réside dans l’importance ac‑ crue ces dernières années des équi‑ pes  de  création  et  l’émergence  de  stars  comme  Marc  Jacobs  ou  Tom  Ford.  La  nécessité  de  produire  vite  et  bien  a  modifié  la  donne  en  termes  de  structures  également.  L’époque du Made In Europe sem‑ ble  pour  l’essentiel  révolue.  Sauf  quelques  irréductibles,  les  clients  actuels y sont probablement moins  sensibles,  ils  sont  pour  la  plupart  prêts  à  sacrifier  la  qualité  pour  la  quantité,  mêlant  allègrement  un  sac à mains Louis VuiOon avec un  accoutrement acheté chez H&M re‑ haussé d’une ceinture Gucci. C’est  ce que, dans le jargon anglo‑saxon,  on  appellera  le  «blurring  chan‑ nel».  QuiOe  à  choquer  les  oreilles  des  puristes,  la  réalité  veut  que  la  cliente  des  enseignes  de  Luxe  se  ravitaille aussi dans des enseignes  considérées  comme  plus  bas  de  gamme. L’exclusivité n’est plus à la  mode, en tous cas pour la majorité  des consommatrices. En termes géographiques, la Chine  semble s’imposer comme le nouvel  Eldorado  de  demain.  Cependant,  la façon d’aborder le marché diffè‑ re selon les groupes. On peut ainsi  établir  une  forme  de  typologie  en  distinguant :  •  ceux  dont  l’œil  reste  critique  et  qui  considèrent  que  le  pouvoir  d’achat  des  chinois  n’est  pas  à  la  hauteur  de  leurs  exigences  (Her‑ mès). Pour ceux‑là, l’expansion res‑ te  très  contrôlée  et  cantonnée  aux  grandes villes. •  ceux qui abordent le marché en  se  focalisant  sur  le  consommateur  avide de statut social (LVMH). D’ici  moins de 10 ans, les Chinois pour‑

raient bien supplanter les Japonais  dans le rôle de premiers clients du  Luxe. C’est pourquoi, il convient de  s’implanter  rapidement  afin  d’as‑ seoir  sa  marque  auprès  de  clients  potentiels  dont  toute  l’éducation  est  à  construire.  Cela  passe  égale‑ ment  par  des  initiatives  visant  à  séduire la clientèle touristique qui  constitue  ensuite  un  bon  véhicule  publicitaire de retour au pays. •  et  ceux  qui  voient  dans  la  Chi‑ ne  une  opportunité  de  produire  à  moindres coûts (Coach). Le revers  de la médaille pour ceux‑là réside  dans le fait qu’ils pourront diffici‑ lement  vendre  leurs  produits  aux  locaux  comme  étant  des  produits  de  Luxe  puisque  les  Chinois  ne  sont  pas  très  friands  de  produits  «Made In China» (peur de la con‑ trefaçon).  Cela  dit,  c’et  le  meilleur  moyen  d’offrir  des  produits  adap‑ tés à la demande des clientèles que  nous décrivions plus haut (volages  et exigeantes en termes de prix).  Il  semble  prématuré  de  s’enthou‑ siasmer plus que de raison. Même  si  l’opportunité  chinoise  existe,  elle meOra du temps à prendre de  l’ampleur.  D’ailleurs,  la  Russie  ou  l’Inde  pourraient  également  pré‑ tendre  à  prendre  la  relève  du  Ja‑ pon. L’Inde se présente comme un  marché plus difficile tant parce que  les infrastructures nécessaires à des  implantations  rapides  et  rentables  ne sont pas optimales, que du fait  de  la  spécificité  du  client  Indien  (plus  soucieux  d’exclusivité,  plus  culturellement sensible à la qualité  des produits offerts et plus aOaché  à des traditions vestimentaires que  ne pourraient l’être des clients Chi‑ nois). Le tour d’horizon est fait et il serait  prétentieux de le vouloir exhaustif.  Nous  avons  donné  ici  au  lecteur  quelques  éléments  d’analyse  qui,  pris  dans  leur  spécificité,  mérite‑ raient  chacun  de  longues  disser‑ tations. Comme le veut l’adage : le  Luxe est et restera éternel….


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ACTUALITÉ JUNIOR ENTREPRISE 51


Ewx#y M#z.{ 12 ‑ 2006

LA JUNIOR...

Fondée en  1985,  notre  association  d’étudiants  à  but  non  lucratif  canalise les compétences de quelque  600 étudiants HEC et bénéficie du  soutien  du  corps  professoral  de  l’Ecole. Sa vocation est d’offrir des  services aux entreprises sous forme  de  mandats.  De  plus,  l’association  salue le soutien de notre partenaire  de renom : Ernst & Young, un des  leaders  mondiaux  des  sociétés  de  conseils. L’association  tire  son  nom  d’un  concept  mondial.  Le  nom  « Junior  Entreprise » est un nom de marque  déposé.  Il existe plus de 300 Junior  Entreprises en Europe, regroupées  sous  l’association  JADE  (Junior  Association  for  Development  in  Europe),  basée  à  Bruxelles.  La  Suisse compte actuellement 9 Junior  Entreprises,  détenant  chacune  des  compétences complémentaires. Les  Junior Entreprises ne sont pas des  filiales et se livrent une concurrence  saine et constructive.  Le but principal de la Junior Entre‑ prise HEC est de faire le lien entre le  monde académique et le monde pro‑ fessionnel et de permeOre ainsi aux  étudiants  HEC  de  meOre  pratique  leurs  connaissances  acquises  du‑ rant les cours. La Junior Entreprise  joue un rôle de coordination entre  52

les mandants  et  les  étudiants  en   meOant  à  disposition  toutes  les  ressources  nécessaires  (chef  de  projet,  sondeurs,  structure,  savoir,  réseau,  etc.)  au  bon  déroulement  du  projet  tout  en  s’occupant  du  suivi  du  mandat  (délais,  budgets,  qualité, etc.).

Un contact privilégié avec le  corps  professoral  de  l’École  des HEC.

Expérience

Le soutien  du  « Cercle  Des  Anciens ».

De nombreuses  entreprises  ont  fait  confiance,  dans  de  nombreux  domaines,  à  la  Junior  Entreprise  HEC, depuis 20 ans.

Dynamisme La motivation  et  l’ambition  des  étudiants génèrent une implication  et une volonté de se surpasser sans  égal. 

Professionnalisme La rigueur et le sérieux des métho‑ des employées garantissent la qua‑ lité des prestations fournies

Rapport Qualité‑Prix Le  statut  non  lucratif  de  l’associa‑ tion  permet  d’offrir  des  services  de haute valeur ajoutée à des tarifs  compétitifs.

Les conseils avisés de notre  partenaire   Ernst&Young.

La Junior offre ses services aussi bien  dans le domaine marketing (études  de marchés, sstratégies marketing,  éétudes  de  positionnement,  étu‑ des  d’environnement),  que  la  fi‑ nance  (  business  plans,  stratégies  d’entreprise, études de faisabilité),  le  développement  informatique  (création  de  bases  de  données,  conception  de  sites  Internet)  et  la  communication  (  organisation  et  gestion d’événements). La Junior Entreprise HEC Lausanne  est  une  alternative  compétitive  pour les entreprises à la recherche  d’idées  novatrices,  de  solutions  et  de résultats. Elle est à pour but de  répondre à leurs aOentes et fournir  des services sous forme de mandats  à des tarifs très concurrentiels.


Marcus Andersson : En réplique à ceux qui préten‑ dent que l’entreprenariat ne peut s’apprendre sur les  bancs universitaires je vous invite à rencontrer notre  équipe  de  jeunes  étudiants  motivés  qui  s’inspirent  mutuellement tout au long de leurs parcours. Je re‑ mercie la Junior Entreprise pour son influence, son  atmosphère et sa volonté d’innover qui me permet  aujourd’hui d’aborder le monde professionnel avec  un énorme enthousiasme

Pauline Pheulpin : Une année à la Junior? C’est une  année où l’on apprend sur le plan professionnel, où  l’on mûrit sur le plan humain, où l’on tire des leçons   de chaque expérience. Une année à la Junior c’est une  nouvelle  bande  d’amis,  une  tempête  de  fous‑rires.  Une année à la Junior, ça vaut de l’or!

Michael Weber  :  Les  connaissances  et  expériences  apprises  à  la  Junior  nous  suivent  tout  le  reste  de  notre vie, nous sont toujours utiles, et quelquefois,  nous consolent de bien des peines.

Antoine Clasen : The more you study, the more you  know. The more you know, the more you forget. The  more  you  forget,  the  less  you  know…  Fortunately,  the Junior‑Expierence you shall always remember. 

Chiara Müller : La cerise sur le gâteau de mon ex‑ périence  universitaire  :  du  côté  humain  et  du  côté  professionnel! Great minds think alike…

Ky‑Anh Le‑Hoang  :  Pour  un  ingénieur‑chimiste  EPFL  comme  moi,  la  Junior  Entreprise  m’a  permis  de  me  diversifier  et  d’acquérir  une  expérience  pro‑ fessionnelle  qu’aucun  cours  HEC  ni  EPFL  ne  peut  m’apporter.  Une  année  de  dur  labeur,  mais  ornée  d’activités inoubliables et d’un cercle d’amis qui res‑ tera toujours dans mon cœur… Priceless…

Christophe de  KalbermaOen:  When  you  accept  a  job as a challenge and wade into it with joy and en‑ thusiasm, great things can happen (Arland Gilbert).  Great minds think alike…

Amandine FrascoOi : Un nouveau regard tourné vers  l’avenir, curieux et impatient de rencontrer la vie pro‑ fessionnelle, un coeur rempli de nouveaux amis qui  m’acompagnerons  partout  dans  mes  pensées,  une  personne plus sûr d’elle meme prête à quiOer l’uni‑ versité, voilà ce que j’ai reçus de ceOe belle années au  sein de la Junior Entreprise.

Sophie Schaller  :  Prenez  une  dose  de  mandats  en‑ richissants agrémentés de postes à l’interne stimu‑ lants,  saupoudrez  avec  une  équipe  en  or,  enrobez  de bonne humeur et de fous rires à profusion, faîtes  bouillir le tout pendant deux belles années et vous  obtenez  la  receOe  parfaite  pour  une  extraordinaire  expérience…

Alessandro Bernasconi  :  Dans  l’univers  des  notions  théoriques universitaires, la fenêtre ensoleillée sur la  vie professionnelle…  

Raphaël Darty:  Ce  fut  une  année  en  groupe  d’une  incomparable  intensité.  Il  va  être  maintenant  diffi‑ cile de trouver une expérience aussi enrichissante et  comme le dit si bien Gérard de Nerval « la pensée se  glace en se traduisant en phrase » alors venez plutôt  rejoindre la JEHEC.

John Argi : Le travaille d’équipe est une science qui  ne s’apprend pas en cours, mais qui s’expérimente à  la Junior. En communication constante avec le mon‑ de  professionnel,  on  apprend  à  se  responsabilisé  et  se surpassé !

Sophie Uriot : La Junior c’est l’occasion d’entrepren‑ dre,  d’apprendre  et  de  progresser  tant  sur  le  plan  personnel que professionnel. C’est la chance d’allier  une ambiance de travail stimulante et des moments  heureux partagés ensemble !

Raluca Alda  :  Les  années  passées  à  la  Junior  Entre‑ prise m’ont aidé à développer mes forces et vaincre  mes faiblesses. Une preuve qu’il n’y a pas seulement  que  les  études  qui  sont  importantes  mais  aussi  les  expériences  professionnelle  est  humaine  que  nous  vivons. 

Stan Bosshard : La junior, c’est un avant‑goût pour  la  suite.  Elle  vous  confronte  à  vous‑mêmes  et  aux  autres en vous plaçant dans un contexte profession‑ nel  dans  le  cadre  de  vos  études.  On  reproche  sou‑ vent aux étudiants de ne pas avoir d’expérience au  sortir de leur vie académique : Nous voici !

Thibault Vanvincq: Les étudiants ont souvent soif de  meOre en pratique la théorie qui leur est enseigné à  l’université, selon moi la Junior Entreprise et certai‑ nement le meilleur moyen pour eux d’y parvenir. Tra‑ vail en groupe, contact avec des entreprises de toutes  taille, réalisation de projet, vie associative…tant d’as‑ pect  enrichissant  à  la  fois  pour  notre  vie  d’étudiant  que pour notre profession future.


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CERCLE DES ANCIENS Le Cercle des Anciens : Plus qu’un réseau, une force…

Sophie Schaller

Une passerelle entre les gé‑ nérations « Junior » Passerelle entre l’histoire et l’avenir  de  la  Junior  Entreprise,  le  Cercle  des Anciens garantit le transfert du  savoir, des compétences mais aussi  des  expériences  que  les  anciens  membres ont vécues à la Junior En‑ treprise. 

Quand Knowledge  Mana‑ gement rime avec Cercle des  Anciens Tout  au  long  de  l’année,  les  150  Anciens  épaulent  les  membres  de  la  Junior  et  se  chargent    dès  les  premiers  jours  de  leur  intégration  grâce à un système de parrainage.  C’est  toujours  avec  brio  qu’ils  en‑ dossent  le  rôle  de  formateurs  le  temps  d’une  journée  afin  d’initier  les nouveaux membres aux exigen‑ ces  du  monde  professionnel.  De  plus,  les  différents  workshops,  dî‑ ners et soirées permeOent non seu‑ lement  de  garder  le  contact  après  l’université  et  de  se  remémorer  entre  amis  les  bons  souvenirs  de  « l’époque Junior », mais représen‑ tent  aussi  de  véritables  moments  d’échange entre Seniors et Juniors.  En  effet,  les  Anciens,  exerçant  aujourd’hui  pour  la  plupart  dans  les domaines de la finance, du con‑ 54

sulting, de l’informatique ou enco‑ re du marketing, constituent un vé‑ ritable network. Ayant très souvent  dû  franchir  les  mêmes  obstacles,  que ce soit dans le cadre d’un man‑ dat, à l’interne ou tout simplement  durant leurs études à HEC, ils peu‑ vent  ainsi  prodiguer  de  précieux  conseils pour l’avenir.

La Journée des Anciens ver‑ sion 2006 CeOe année, pour célébrer le sixiè‑ me  anniversaire  du  Cercle,  toutes  les  générations  Junior  confondues  (Anciens, membres actuels et nou‑ veaux fraîchement recrutés) se sont  unies,  armées  de  pagaies,  casques  et  combinaisons,  pour  affronter… les  rapides  de  l’Arve (et  sa  tem‑ pérature  glaciale)!  C’est  dans  un  climat  convivial  et  détendu  que  tous ont pu échanger, autour d’un  barbecue,  les  fous  rires  et  petites  frayeurs  de  la  journée  mais  aussi  partager  les  anecdotes  qui  ont  ja‑ lonné leur parcours à la Junior, de  quoi faire rêver les nouveaux à qui  s’ouvrent  les  portes  de  l’aventure  Junior… Un grand merci à tous les  Anciens !


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15 COUPE DE GOLF ÈME

Le team golf Raluca Alda John Argi Charles Henri de Marignac  

Pour la  15ème  année  consécutive  la  Junior  En‑ treprise  HEC  a  organisé  la  tra‑ ditionnelle  Coupe  de  Golf  « Chefs  d’entreprises  –  Etudiants »  au  très  prestigieux  Golf Club de Lausanne. Ce concept  lancé en 1992 a su garder toute son  originalité  à  travers  le  temps.  Les  réussites  précédentes  nous  incli‑ nent  à  aOeindre  un  même  objectif  tout  en  apportant  une  touche  de  fraîcheur  à  chaque  édition.  CeOe  compétition a un but ultime qui est  de  rapprocher  le  monde  universi‑ taire à celui de la vie active.   Plus  de  huit  mois  de  travail  ont  été  nécessaires  pour  organiser  un  tel événement. Le temps n’est rien  comparé à l’aide précieuse et au sa‑ voir faire transmis de génération en  génération par les équipes succes‑ sives qui ont su promouvoir  les  valeurs  de  la  Junior  Entreprise  HEC.  Bien  entendu  rien  n’aurait  été  possible  sans  l’appui et la confian‑ ce  qu’ont  su,  une  nouvelle  fois,  nous  accorder  nos  spon‑ sors.  Le  succès  de  la 

journée est aussi du à la motivation  et l’enthousiasme des participants,  étudiants et chefs d’entreprises al‑ liés sur le parcours le temps d’une  partie ainsi que lors de la soirée.  CeOe  15ème  édition  a  offert  à  nos  participants  une  journée  riche  en  émotions  et  animée  par  de  nom‑ breuses  activités  en  tout  genre :  driving test, tests de matériels des  plus grandes marques, « pitch and  puO » et autres. Tous ceci saupou‑ dré  d’un  zeste  de  bonne  humeur,  de détente et surtout d’une grande  portion de fair‑play.

fut un  franc  succès  pour  le  team  golf et une grande fierté pour notre  association.  Merci  à  nos  sponsors  et  Bravo  aux  participants.  Nous  espérons  vous  revoir  tous  l’année  prochaine  pour  une  nouvelle  édi‑ tion.

La bonne  humeur  et  les  sourires  nous  ont  accompagnés  tout  au  long  de  la  soirée,  lors  du  cocktail  où plein de discussions se sont en‑ tamées, de la remise de prix où les  meilleurs ont été récompensés pour  leurs performances sur le parcours  et lors du dîner pendant lequel étu‑ diants  et  chefs  d’entreprises  ont  pu  partager  leurs  exploits de la jour‑ née,  leurs  expé‑ riences  et  des  conseils  pré‑ cieux  pour  l’avenir.  Comme  cha‑ que  année,  la  Coupe de Golf  55


Ewx#y M#z.{ 12 ‑ 2006

15ème coupe de Golf

Chefs d’entreprises-Etudiants

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Le bureau 2006 de la Junior Entreprise HEC adresse ses  remerciements à toutes  les personnes  qui ont participé à  ce[ e édition.


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JEHEC Echos Money N.12  

Le magazine « Echos Money » est une revue de qualité qui regroupe plusieurs domaines économiques actuels.

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