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Le Taurillon dans

l’Arène

Dans ce numéro : Edito

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SIDA/VIH : que fait-on 2 en Europe ? L’Eurotour des facs est de retour !

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Elections au Kosovo 2010

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Nicolas DupontAignant, provocateur à deux francs

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Festival Cinemasciences 2010

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L’Union européenne vue d’ailleurs

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Agenda

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Février 2011, n° 11

Action FREE BELARUS, décembre 2010 - par Kévin Perrottet

Bonne année européenne du volontariat ! L’année 2010 s’est achevée avec un café sur le Sida en Europe, laissant place à 2011 qui commence en beauté : des étudiants Erasmus accueillis à leur arrivée à Bordeaux, une soirée plus que vivante, et déjà une longue liste de projets (pour plus de renseignements, rendezvous à la page Agenda) ! C’est ainsi avec enthousiasme que toute l’équipe des Jeunes Européens – Bordeaux vous souhaite une excellente année 2011, militante, européenne et surtout très heureuse ! Cette année, la devise sera : « Changez les choses : devenez bénévole ! ». L’injonction émanant du Parlement et de la Commission succède à celle de s’indigner, insufflée par l’ouvrage de Stéphane Hessel (Indignez-vous ! Indigènes Editions). 2011 sera donc l’année européenne du volontariat, c’est dit. Parmi les porteurs du projet, on compte notamment Viviane Reding, membre de la Com-

mission chargé de la justice, des droits fondamentaux et de la citoyenneté. Le volontariat serait une manière de renforcer les valeurs de l’Europe : solidarité, cohésion, paix sociale. Chacun peut trouver une infinité de manières de contribuer à un « monde meilleur ». L’engagement citoyen doit structurer notre société actuelle et promouvoir nos idées. Il y a le bénévolat évident (passer du temps { l’hôpital) et le volontariat de long terme : les échanges internationaux en sont une parfaite illustration. Aller dans un pays voisin, apprendre une nouvelle culture et échanger : voilà qui permet de consolider un monde meilleur. La rencontre et la découverte, notamment possible dans le cadre du Service volontaire européen sont structurant pour chacun d’entre nous. Vous aussi, vous pouvez devenir un SVE ! La mobilité, sous quelque forme qu’elle soit est bénéfique. La campagne de l’Eurotour s’inscrit

d’ailleurs dans cette veine : la seconde édition de la campagne nationale des Jeunes Européens – France a pour thème « Bougeons l’Europe » et a été labellisée par le ministère de l'Éducations nationale, de la jeunesse et de la vie associative (voir p. 3). Nous vous invitons donc à vous joindre à nous à travers nos diverses actions, qu’il s’agisse de se rendre dans une école pour expliquer l’Europe de manière pédagogique, ou bien d’être partie prenante du public lors des cafés-débats et autres conférences. Cette année encore, avec tout ce que l’actualité permet de dire ou de contredire sur l’Europe, nous sommes prêts à prendre la parole et défendre ce que nous pensons juste. Car c’est aujourd’hui, la seule manière de faire bouger les choses autour de soi ! Stéphanie Khoury


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SIDA/VIH : que fait-on en Europe ?

Denis Lacoste et Aristoménis Kanellopoulos Source : Stéphanie Khoury

Dans le cadre de la journée mondiale de la lutte contre le SIDA, en partenariat avec le Sidaction, les Jeunes Européens – Bordeaux ont organisé le jeudi 2 décembre un café européen sur le thème du SIDA en Europe, en présence du docteur Denis Lacoste, actuel président de la COREVIH Aquitaine (Coordination Régionale de la lutte contre le VIH) se distingue par son expertise au sujet du SIDA et des problématiques connexes. De nouvelles problématiques En France, le changement de paradigme et d’objectifs avec une lutte axée sur une réduction des nouvelles contaminations de 50% en 5 ans pose la question des moyens nécessaires pour atteindre ces objectifs. Le perfectionnement des méthodes de dépistage semble capital. Jusqu’{ aujourd’hui, le dépistage individuel est entièrement volontaire et repose sur la responsabilité de chacun. C’est un héritage direct de l’époque où il n’existait aucun traitement efficace contre le virus, désormais révolue : en 1996, la découverte de la trithérapie, véritable révolution médicale, a laissé entrevoir la possibilité d’endiguement de la maladie. Ce traitement médicamenteux permet une baisse puis une stabilisation de la charge virale ce qui a un double effet : sur le séropositif, puisqu’elle lui permet d’atteindre une espérance de vie quasiment égale à celle d’un individu en bonne santé, et sur la collectivité, car un traitement de la maladie permet de diminuer les risques de transmission. Les spécialistes considèrent que chacun devrait avoir fait au moins une fois dans sa vie un dépistage du VIH. En France, l’idéal serait que les médecins généralistes s’emparent de cet objectif et proposent un dépistage lors de consultations banales, où { l’occasion

de divers tests. L’opinion publique, au départ réservée quant { l’idée d’un dépistage systématique, semble de mieux en mieux en comprendre les enjeux. L’administration d’un traitement efficace doit être recherchée pour parvenir aux objectifs fixés. En France, les critères pour déclencher une trithérapie pour un séropositif ont changé. Aujourd’hui il suffit d’une baisse des lymphocytes T4 à 500 pour que le traitement puisse être administré (une personne en bonne santé dispose d’environ 1000 lymphocytes T4). Cependant le coût astronomique des trithérapies proposées les rend inaccessibles sans couverture sociale, donc inaccessibles à certaines catégories de population, notamment les immigrés et les sans-papiers. Des différences dans la prise en charge du SIDA dans les pays européens La prise en charge du SIDA en Europe est à la fois disparate et relativement standardisée. Les recommandations européennes (celles émises par la Commission européenne et le Conseil de l’Europe) ne sont pas forcément appliquées uniformément, y compris en France. Il est évident que les pays plus faibles économiquement ont plus de mal à appliquer ces guidelines. Les méthodes de prise en charge peuvent être assez différentes. En France, l’organisation des soins est très hospitalo -centrée et les médecins généralistes ne se sont pas investis d’entrée dans les mécanismes de prévention. Aujourd’hui, on observe une perte de moyens, des équipes fragilisées, un difficile maintien du niveau qui traduisent l’inadaptation de l’hôpital { la prise en charge de la maladie. Des méthodes et modèles de prise en charge innovant sont pris en compte tel que l’accompagnement associatif des patients, le cocooning psychosocial… En Allemagne, les méthodes sont très différentes, orientées vers la ville avec des maisons médicales et des cliniques de quartiers, pour le moment, inconnues en France. Par ailleurs, la prise en charge du virus dans le monde carcéral n’est pas homogène en Europe. Les associations d’ailleurs pointent du doigt le retard français en la matière. Faut-il pénaliser la transmission du SIDA ? La question est délicate et les pouvoirs publics des différents pays euro-

péens n’y répondent pas uniformément. On remarque une pénalisation forte dans les pays peu touchés par l’épidémie. Ainsi, au Danemark, le fait de prendre le risque de transmettre à autrui le VIH est punissable d’une peine de prison dont la durée maximale est de huit ans. En France, la Chambre criminelle de la Cour de cassation a élaboré une jurisprudence selon laquelle se rend coupable de l’infraction d’administration de substances nuisibles l’individu qui, connaissant sa contamination au VIH, a entretenu des relations sexuelles non protégées avec son compagnon ou sa compagne en lui dissimulant volontairement son état de santé et qui a pour conséquence de provoquer chez la victime une affectation virale constituant une infirmité permanente (Crim., 5 octobre 2009). En droit français, seule la transmission effective est punissable, contrairement au Danemark qui punit le risque de transmission. . En Allemagne, une personne séropositive qui transmet le virus du sida alors qu’elle s’en savait porteuse tombe sous le coup de l’article du code pénal relatif aux lésions corporelles dangereuses, à moins qu’elle n’ait fait le nécessaire pour éviter la contamination ou qu’elle n’ait prévenu son partenaire de sa séropositivité. Le risque de transmission, ou même la transmission, est alors possible « par amour », sans qu’aucune sanction pénale ne soit encourue. La pénalisation de la transmission soulève des enjeux moraux et sociaux importants. Certains considèrent en effet la négligence d’un séropositif comme condamnable, d’autres au contraire affirment qu’il appartient { chacun d’être vigilant et que la pose d’un préservatif est une décision qui se prend entre partenaires. Les pouvoirs publics néerlandais ont souligné les défauts d’une pénalisation accrue, qui pourraient selon eux constituer un obstacle au dépistage. Une pénalisation excessive entrainerait également une certaine forme de stigmatisation, et irait ainsi { l’encontre des objectifs poursuivis par les organisations européennes préconisant l’insertion des séropositifs dans la société. Aristoménis Kanellopoulos


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L’Eurotour des facs est de retour !

« Bougeons l'Europe » est le thème de la seconde édition de l'Eurotour des Facs qui se déroulera entre les mois de février et d'avril 2011 sur toute la France et qui sera parrainé entre autres par Sylvie Goulard, députée européenne Modem de la circonscription Ouest.

11. C'est le nombre de villes dans lesquelles s'arrêtera la caravane virtuelle de l'Eurotour des Facs pour cette édition 2010-2011. Le principe est simple : une caravane virtuelle sillonne la France sur plusieurs semaines. Pour l'accueillir, chaque groupe local organise plusieurs journées d'actions (stands, café-débats, conférence et actions Europe { l’Ecole axée sur la mobilité européenne) afin d'informer, d'échanger et de discuter. C'est une occasion de rassembler des personnes issues d'horizons divers et d'expériences variées qui apporteront leur expertise pour enrichir les rencontres et discussions.

Toutes les informations sont disponibles à cette adresse www.eurotourdesfacs.eu Rejoignez-nous sur Facebook, Twitter,et même sur Minitel (code 1957 Traités de Rome) et Télégraphe.

Inaugurée sous la Présidence française du Conseil de l'Union européenne (PFUE) par Nicolas Jean et son équipe, cette campagne avait été un formidable succès. Elle avait été, dans la tradition des Jeunes Européens, un véritable forum de débats, de discussions sur les enjeux et apports de la PFUE. Elle avait comme ambition d'apporter aux citoyens les éléments du débat pour mieux comprendre les questions posées par les élections européennes qui approchaient. C'était un pari difficile, mais réussi. Nous tenons à féliciter les organisateurs d'avoir lancé cette dynamique. Cette année, c'est le thème de la mobilité qui a été choisi à travers le credo « Bougeons l'Europe ». Informer sur les possibilités de mobilité étudiante, et plus largement de tous les citoyens, est une façon de sensibiliser et de promouvoir une conception de la citoyenneté européenne qui se veut active.

« C'est en allant vers eux que l'on construira l'Europe des citoyens ! » Nous avons par ailleurs reçu le label « 2011, Année européenne du bénévolat et du volontariat » de la Commission européenne qui a pour but de promouvoir la citoyenneté active. Cette campagne sera également l'occasion de dresser un bilan de la perception des obstacles à la mobilité, et de la perception de la mobilité par rapport à la citoyenneté. Un sondage sera disponible sur tous les stands de l'Eurotour, qui est d'ores et déjà disponible sur le site internet www.eurotourdesfacs.eu (rubrique Questionner). Premier rendez-vous en date : Paris, le 8 février 2011 !

D’Jor-Krévys Moueza


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Elections au Kosovo 2010 : l’agenda politique international n’attend pas révolution partisane n’a donc pas eu réellement lieu, se heurtant { l’ancrage social et territorial des partis traditionnels.

Source : Pierre Bonifassi

Le Kosovo aura donc attendu que l'hiver s'installe durablement pour en finir avec un cycle d'élections qui aura tenu en haleine le pays et la communauté internationale. Les résultats finaux des élections seront connus dans les jours prochains, mais sur les bases du premier scrutin du 12 décembre, les partisans d’Hashim Thaçi auront tout lieu de fêter leur victoire à nouveau. Pourtant, avec 33.5% des voix (en décembre), le PDK ne pourra gouverner seul et devra surtout faire accepter une victoire émaillée de lourds soupçons de fraudes qui a amené à la réorganisation des élections dans six régions au mois de janvier. Toutefois, le corps diplomatique international presse fortement pour la formation rapide d’un nouveau gouvernement. Bien plus que les Kosovars euxmêmes, Washington et Bruxelles veulent trouver dans ces élections le moyen de préparer l’avenir du Kosovo. Malgré une participation en hausse (47% en moyenne), les scrutins du 12 décembre et des 9 et 23 janvier n’ont pas été l’occasion d’un grand bouleversement du jeu politique national. Le PDK restera au pouvoir, la LDK, au bord de l’implosion en octobre, limite la casse (23.6%), tandis que l’AAK (10.8%) et l’AKR (7%) garderont leurs sièges au Parlement. Vetëvendosje, quant à lui, devient la troisième force politique du pays mais obtient un score inférieur à ce qui était attendu (12.2%). Fryma e Re, en dépit du soutien officiel des États-Unis, n’a pas atteint la barre des 5%. La

Cependant, les partis d’opposition, la LDK en tête, ont longtemps remis en question les résultats officiels, appelant { l’annulation du scrutin dans la région de la Drenica, fief du PDK. En effet, la promesse faite par l’ensemble des formations d’assurer des élections loyales a rapidement été rattrapée, et sans grande surprise, par la réalité du terrain : intimidations, convois organisés d’électeurs, contournement des procédures de contrôle des votes, et autres échanges et falsifications des procès verbaux. Ainsi, à Gračanica, une voix se négociait autour de 50 euros, tandis qu’{ Prizren les citoyens, même absents des listes, ont eu le privilège de voir leur nom inscrit sur les registres de vote. La municipalité Skënderaj affichait, quant à elle, une participation de 94% au mois de décembre, quand certains bureaux de vote de la région culminent à 148%. La réorganisation des élections a permis de faire redescendre ce chiffre à aux alentours de 45%, sans toutefois heurter l'écrasant leadership du PDK. Dans un pays où feu le Président Rugova, disparu en 2006, avait voté l’année suivante près d’une quinzaine de fois, les manipulations ont certes choqué par leur ampleur mais n’ont toutefois étonné personne. Les Serbes du Kosovo: entre pragmatisme et indifférence Par ailleurs, le vote serbe, très attendu, a confirmé le clivage entre le Nord et le reste du pays. Si 35% des Serbes des enclaves se sont rendus aux urnes en décembre, la participation au Nord a été quasi nulle : deux bulletins seulement ont été comptabilisés à Mitrovica et Leposavić. Les tensions perceptibles à Zvečan, où les bureaux de vote mobiles ont dû fermer prématurément, ne doivent pas faire oublier le calme relatif dans lequel se sont déroulées les élections.

Toutefois, si Pristina reste officiellement intangible sur la question de la partition du Kosovo, celle-ci n’est cependant plus seulement une situation de fait. Elle se trouve affirmée, voire justifiée, par la participation discordante des Serbes. En somme, par le pragmatisme contraint des uns, au Sud, et l’indifférence clairement affichée des autres, au Nord de l’Ibar. Et bien qu’elle ne soit une solution heureuse ni pour le pays, ni pour la région, aucune autre issue crédible n’est aujourd’hui envisageable. Sûrement bien plus que pour les Kosovars eux-mêmes, les élections revêtent ainsi une importance primordiale pour les diplomaties européenne et américaine. En dépit des cas de fraude reconnus par les observateurs, le corps diplomatique international presse le PDK de constituer au plus vite le prochain gouvernement. En jeu : le lancement des négociations tant attendues avec Belgrade. Et dans cette perspective, les premières élections du Kosovo indépendant ne pouvaient être un échec pour Washington et Bruxelles. La constitution définitive du gouvernement pourrait toutefois prendre encore plusieurs plusieurs semaines. L’AKR et le parti serbe SLS devraient vraisemblablement former la future coalition autour du PDK. Il faudra cependant attendre les résultats officiels et le règlement des nombreux contentieux électoraux. Mais compte-tenu du contexte politique tendu, marqué hier par la résurgence des affaires de trafic d'organes impliquant Hashim Thaçi et de nombreux ex-dirigeants de l'UCK, il possible que les Kosovars soient amenés à retourner aux urnes dans les mois prochains.

Pierre Bonifassi www.lechantdesmerles.wordpress.com


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Nicolas Dupont-Aignan : Provocateur à deux francs Nicolas Dupont-Aignan déchirait récemment un faut billet de 10 euros dans l’un de ses meetings. Député de l’Essonne, NDA (pour les intimes et partisans) a quitté l’UMP en janvier 2007 pour fonder son propre parti, Debout la République. Il a annoncé dès cet été qu’il serait candidat pour la présidentielle en 2012. Ses idées ? Un euroscepticisme à donner froid dans le dos. Du souverainisme au nationalisme il n’y a qu’un pas Un petit tour sur son blog et c’est la crise cardiaque assurée pour tout europhile qui se respecte. Florilège d’articles aux titres plus provocateurs les uns que les autres : « Retraites et création monétaire : vers la dictature », « Pour les Chinois Trichet c’est gagné ». Les articles quant à eux regorgent de raccourcis, le député y évoque une « fermeture de la Maison France », « une fusion avec l’Allemagne », prône « un retour à la souveraineté monétaire. » Et ce n’est pas tout : NDA s’est actuellement lancé dans un « tour de France de la sortie de l’euro » et propose sur son site de signer la pétition « L’euro tue » qui reprend la typographie bien connue des paquets de cigarettes. Défendre à ce point, la souveraineté, la République, diaboliser l’Europe. Cela ne vous rappelle pas quelque chose ? Oui, ses idées sont très proches de celles de Marine Le Pen et du FN. Quand on l’interroge sur la question, NDA répond que, certes, les idées sont proches, mais que, contrairement aux frontistes, il veut rassembler les français et non pas les diviser. Du souverainisme au nationalisme, il n’y a qu’un pas. Un étendard : la sortie de l’euro. Pour Dupont-Aignan, l’euro est { l’origine de tous les maux : de la vie chère, des délocalisations, du chômage, de la misère et de la pauvreté…Pourquoi ne pas ajouter le SIDA et le réchauffement climatique aux conséquences dramatiques qu’engendrerait « ce poison qu’est l’Euro » ? Cher M. Dupont-Aignan, les pays qui n’ont pas la monnaie unique, ne sontils pas tout autant empêtrés dans cette crise ? Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne ne nous dit-il pas que l’Euro n’est

pas responsable mais que ce sont les objectifs budgétaires qui n’ont pas été mis en œuvre ? N’avez vous pas peur d’avoir choisi un mauvais cheval de bataille ? Ceci dit, l’idée est { la mode. Difficile d’écouter un débat entre économistes sans qu’il y soit évoqué un retour { la « souveraineté monétaire. » Selon une étude IFOP réalisée en début d’année, près de 70% des Français regrettent ce bon vieux franc. Après tout, c’est cela une campagne électorale : choisir une idée choc qui rassemble, y ajouter dans le cas présent un soupçon de démagogie et une pincée de provocation. Reste plus qu’{ distribuer les tracts et coller les affiches. Ah, mais j’oubliais il faut obtenir les 500 parrainages d’élus pour être candidat { la présidentielle… Nicolas Dupont-Aignan n’avait pas réussi { réunir le nombre requis de signatures en 2007. Que serions-nous sans l’euro ? Sortir de l’euro, l’idée séduit parce que beaucoup de personnes convertissent encore en francs et se rendent compte que « le coût de la vie a augmenté. » L’idée séduit parce qu’on a l’impression de « payer pour les Grecs et les Irlandais. » Pourtant, l’euro nous a sans doute permis d’être un peu épargnés dans cette crise. Au commencement était Maastricht et la volonté des États membres de se contrôler les uns les autres. Les économies européennes sont très liées dans l’UE du fait du marché unique. Créer une monnaie unique c’était faire le constat de ce lien et choisir d’être capable de se

contrôler les uns les autres. C’était aussi l’idée de faciliter les échanges et de rendre le marché unique effectif. Tuer l’euro, ce serait tuer l’UE. Derrière cette proposition, plusieurs implications pratiques également. « L’addition serait salée » comme le révèle The Economist. Réintroduire une monnaie nationale présenterait un défi technique considérable. Refaire tourner la « planche à billet », reprogrammer les ordinateurs et les distributeurs automatiques. Au-delà de ces considérations, c’est grâce { l’UE que les États ont pu venir en aide { la Grèce, { l’Irlande. Et c’est l’UE que la France sera contente de trouver si elle connaît un sort commun à celui de ces deux pays. M. Dupont-Aignan, vous avez déchiré un billet de 10 euros. Sans doute un hommage à Serge Gainsbourg. Votre programme fait peur, comme tous les programmes très démagogiques. Sortir de l’euro, revenir au franc ce n’est pas seulement réactionnaire, c’est aussi très risqué. Vous essayez peut-être de dissimuler la faiblesse de vos idées derrières des phrases choc. Vous n’êtes qu’un provocateur { deux francs. N’est pas Gainsbourg qui veut. Ophélie Duprat

Retrouvez ces articles sur le Taurillon.org !


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Le Festival Cinémascience 2010 : comment marier la science, le cinéma et l’Europe ?

Dans le cadre de l’année France -Russie 2010, les Jeunes Européens-Bordeaux ont été partenaires du festival Cinémascience qui se déroulait à Bordeaux du 30 novembre au 5 décembre 2010. Petite rétrospective sur l’événement. Cinémascience 2010 : la découverte Le festival Cinémascience est un événement bordelais organisé par le CNRS en collaboration avec de nombreux partenaires publics ou privés. Loin d’être un simple festival international de films, il est unique en Europe et a pour vocation de diffuser la science par le biais du cinéma. Une vulgarisation, direz-vous ? C’est surtout l’occasion de faire un mariage détonnant entre cinéma, science et culture étrangère et d’inciter le grand public { s’intéresser davantage aux évolutions scientifiques de notre époque. Plus de quarante films internationaux de tout genre sont diffusés lors de ce festival, complétés par des documentaires et des conférences. Le programme de 2010 était très riche de découvertes et a permis au public de rencontrer et d’appréhender sous un autre jour les acteurs, mais aussi les cinéastes et surtout les chercheurs. Après une compétition officielle au théâtre Fémina de Bordeaux, entre dix films en provenance de divers pays et iné-

dits en France, cinq récompenses ont été décernées. Cette année, le Millésime du Grand jury, qui récompense le meilleur film, a été attribué à Gordos, un film espagnol de Daniel Sánchez Arévalo qui traite avec justesse le problème de l’obésité. Un film « techniquement et artistiquement maîtrisé », abordant « un sujet grave traité avec légèreté et intelligence. À la fois profond, drôle, social. », a précisé Isabelle Pasco, actrice française et présidente du Grand Jury. Autre récompense importante, le prix du jury Jeunes chercheurs, attribué à How I Ended This Summer, un film russe d’Alexei Popogrebsky. Les deux acteurs principaux du film ont reçu en 2010 l’ours d’argent du meilleur acteur au festival international du Film de Berlin. Le film explore les recoins d’une relation entre deux chercheurs installés pour plusieurs mois dans une station polaire, sur une île déserte de l’Océan Arctique, coupée du monde. Cinémascience 2010 : la Russie mise à l’honneur Cette année, le Festival Cinémascience a reçu le label « Evénement majeur de l’Année France-Russie 2010 », s’inscrivant ainsi dans la volonté de promouvoir la découverte, et la connaissance de nos deux pays l’un par rapport { l’autre. Le Festival aura été l’occasion pour nous de partir à la découverte du cinéma russe et d’appréhender différemment la culture et l’histoire de ce pays. Cinq films russes ont

été projetés au Théâtre Femina, Tsar de Pavel Lounguine (2009), Neuf jours d’une année de Mikhail Romm (1961), Dersou Ouzala d’Akira Kurosawa (1975), Solaris d’Andrei Tarkovski (1972) et surtout Le Cuirassé Potemkine de Sergei Mikhailovich Eisenstein (1925). Ce dernier, réalisé en pleine période révolutionnaire avait rencontré un grand succès en Union soviétique et a marqué l’histoire du cinéma russe. Racontant et retraçant la société russe et ses inégalités { travers l’équipage du cuirassé, le film démontre l’ampleur du talent novateur d’Eisenstein pour l’époque. Pour bien terminer l’année 2010, Bordeaux et le Festival Cinémascience auront su rapprocher la France et la Russie par la culture et le cinéma, dans un cadre agréable et convivial ! Marine Privat


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L’Union européenne vue d’ailleurs ...

Premièrement, l’Union européenne signifie pour moi le respect des gens et des hauts standards de vie. Si ceux qui font la propagande de l’Etat aiment comparer le Belarus avec l’Iran, la Russie ou l’Azerbaïdjan, dans la Pologne voisine, qui est membre de l’UE, les salaires sont trois à quatre fois plus élevés qu’au Belarus. Dans les Etats membres de l’UE les gens ne peuvent pas être arrêtés sans raison et mis en prison, il n’y a aucune persécution de langue, aucune torture ou peine de mort. Il y a bien sur beaucoup d’autres problèmes, mais ils ont un autre caractère. Deuxièmement, l’Union européenne est pour le Belarus un choix de civilisation et de restauration de la justice de l’histoire. Il ne peut pas être un pont éternel entre est et ouest, l’histoire et la culture biélorusses étant une partie intégrante de l’Europe. L’UE est pour nous une chance de rompre avec le passé soviétique qui nous maintient encore au XXe siècle. Viachorka Franak, 22 ans, Minsk, Belarus Quand je pense à l’Europe, je vois des cultures riches et variées sur un seul petit continent. Comme dans le cas du Japon, ces cultures sont très anciennes. Je pense surtout à la chance des Européens de pouvoir passer d’une frontière à l’autre sans problème alors que malheureusement, en ce moment, nous avons plus de problèmes avec nos pays voisins que de coopération. L’UE représente pour moi le progrès, dans le sens où nombre de ses Etats membres sont déterminés à répondre aux défis d’aujourd’hui, comme le réchauffement climatique et la pauvreté. Je ressens en Europe un attachement à l’égalité sociale et économique, également présent au Japon dans une certaine mesure, mais la “justice” n’y a pas le même sens. Ces préoccupations sociales semblent d’ailleurs dirigés vers les Européens eux-mêmes comme vers le reste du monde. Mais finalement ce qui me frappe le plus c’est à quel point, même si l’UE est unie, chaque pays a conservé son identité propre! Et j’adore aussi leur nourriture ! Taeka H. 22 ans (Kôbe, Japon)

Je pense que l'Union européenne est quelque chose de très positif car elle a permis d'éliminer les barrières existantes entre les pays. Il est facile de voyager en Europe et les citoyens européens peuvent travailler où ils le souhaitent. Cela rend l'Europe plus forte dans son ensemble lorsque les États agissent de concert. Si on considère la taille de mon pays, le Brésil, cela a du sens pour nous de percevoir l'Union européenne comme étant une seule fédération. En même temps, le traitement des touristes brésiliens n'est pas le même partout en Europe: dans certains pays on leur refuse l'entrée sans aucune raison. Je participe moi-même au programme Erasmus Mundus à Bruxelles et cela m'offre une excellente opportunité du point de vue universitaire et m'apporte une très bonne expérience culturelle. Rodrigo P. R., 25 ans, Brésil


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L’Agenda - février 2011

Mercredi 2, 10h-16h, Université Montesquieu Bordeaux IV Journée internationale : stand d’information des Jeunes-Européens Bordeaux

Mercredi 2 : 17h30, salle des actes de l’université Montesquieu Bordeaux IV Cérémonie de parrainage des étudiants Erasmus du 2 nd semestre 21h30, Connemara Irish Pub, Bordeaux : soirée Erasmus avec des tarifs préférentiels.

Vendredi 4, Archives municipales de Bordeaux Atelier : « Les Espagnols dans les Archives municipales de Bordeaux » - places limitées et réservation obligatoire à cenbur@cervantes.es

Mardi 8, 20h, Goethe-Institut Bordeaux Cinéclub en partenariat avec BEM, DAAD et IEP, Sept taches de rousseur/Sieben Sommersprossen de Hermann Zschoche, Allemagne (RDA) 1978, VOSTF. Karoline et Robby se rencontrent dans un camp de vacances, dans une petite ville en RDA. Au cours des répétitions pour Roméo et Juliette, un amour passionnel va naître…

Mercredi 9, Institut Cervantes, Bordeaux Conférence « 1931-1939, la IIème République espagnole »

Mercredi 16, 19h, Connemara Irish Pub Café européen : La montée de l’extrême droite en Europe, en présence du professeur Gilles Bertrand.

Le Taurillon dans l’Arène est la version bordelaise, mensuelle et papier du Taurillon.org, le magazine en ligne des Jeunes Européens-France. Il regroupe les articles publiés par les Jeunes Européens-Bordeaux et vous informe sur les prochains activités de l'association. Notre objectif est de montrer que la construction européenne ne se limite pas aux institutions et de promouvoir une Europe citoyenne. Si vous souhaitez participer { la rédaction du journal ou nous donnez votre avis, n’hésitez pas et écrivez-nous à journaljeb@yahoo.fr Editeur de publication : Association Les Jeunes Européens - Bordeaux , bordeaux@jeunes-europeens.org Directeur de publication : Yohan Baril Rédactrice en chef : Marine Privat Relecture : Stéphanie Khoury Imprimeur : COREP Pessac 1, 158, avenue du Dr Schweitzer, 336000 PESSAC Dépôt légal : à parution ISSN : 2112-3497

Ce numéro a été imprimé grâce au financement de l’Université Montesquieu Bordeaux IV, Sciences Po Bordeaux et l’Université Bordeaux I.


Le Taurillon dans l'arène - n°11