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BORD DE

VERRE 32 Le bimestriel du département IHECS Internationnal et Formation continue

N° JANVIER • FÉVRIER 2010 RÉDACTION Laure Englebert Jean-Philippe Fontaine Sophie Henrard Jean Lemaître Charlotte Maisin Séverine Payet Marc Sinnaeve

Télex

IHECS l 02 Zoom

«Shaking Europe»... ou comment l 03 secouer (dans le bon sens) le cocotier Formation continue

S’initier au journalisme européen l 06 de proximité International

Micro-Europa : les étudiants à l’oeuvre! l 07 International

L’expérience de l’IHECS l 08 à l’honneur à Bari En débat

Journalisme, un mal être croissant l 10 Télex

Europe l 11 Agenda l 12

sommaire

édito

Pour dire l’ouverture, la transparence D

epuis plus de quatre ans, avec la régularité du métronome, le département IHECS «International et Formation continue» vous livre son journal électronique. Voici 2010 et le début d’une décennie. Nous avons décidé de donner un petit coup de printemps au journal, de rajeunir sa mise en page et, au passage, de le doter d’un nouveau titre: «Bord de Verre». «Bord-de-Verre», quel drôle de nom, direz-vous! C’est l’appellation du bâtiment récent de l’IHECS, au sommet duquel se nichent les bureaux de notre département. Le hasard fait bien les choses. Car, dans ce nom, il y a le mot «verre», que nous aimons bien. Le verre se forge, se travaille. C’est une matière vivante, qui permet la communication entre les espaces. C’est le symbole de l’ouverture. Et l’ouverture constitue, véritablement, la «marque de fabrique» de l’IHECS. Ouverture au monde. L’Europe est un fil conducteur pédagogique au sein de notre Institut, qu’il s’agisse de la formation initiale (baccalauréat et master), de nos formations spécialisées de troisième cycle en «Communication et Affaires européennes» et en «Journalisme européen», ou encore des modules en formation continue. Mais que serait l’Union européenne sans des relations équilibrées avec le reste du monde? À l’IHECS, l’approche européenne est indissociable des liens solidaires à établir entre le Nord et le Sud de la planète.

Ouverture à la société. L’enseignement à l’IHECS est à la fois théorique et pratique. Les deux sont indissociables. Ce souci du concret se traduit par les multiples coopérations nouées avec les associations de la société civile, les médias, les entreprises, les organisations sociales. L’IHECS est une ruche bourdonnante, en phase avec tout ce qui bouge. Ouverture aux nouveautés. L’IHECS prépare à l’emploi. Mais son but est aussi de transmettre des convictions, des valeurs, l’envie de progresser, de faire progresser: ce qui dépasse le seul enjeu de s’adapter aux donnes existantes. L’école de la formation continue, qui vient d’être créée, poursuit également ce but: prendre la pleine mesure des mutations professionnelles, expérimenter des pédagogies novatrices, améliorer la vision même de la formation initiale. En définitive, l’«international» et la «formation continue» sont à la fois des pôles d’animation interne à l’IHECS et autant de fenêtres vers l’extérieur. Vers. Verre. Vert, l’espoir.

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Jean Lemaître, Directeur d’IHECS International et Formation continue


Télex

IHECS «60 ans d’Europe». Quelle Europe voulons-nous bâtir ? Les étudiants en Relations Publiques, master I, participeront le 30 mars à un colloque organisé par les Jeunes Européens-Lille à l’occasion du soixantième anniversaire de la déclaration Schuman. Le colloque aura une durée de deux jours. Au sein de chaque demi-journée se tiendront deux tables rondes. Jean Lemaître, pour l’IHECS, interviendra lors de la table ronde consacrée aux relations extérieures de l’Union européenne.

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> Plus d’infos : Olivier BEDDELEEM, beddeleem@hotmail.com http://jelille.canalblog.com

L’IHECS sur la Canebière Deux déléguées de l’IHECS – Séverine Payet et Pauline Debacker – se sont rendues à Marseille du 1er au 6 mars 2010 pour participer au projet «L’Europe en cours...» mené par l’association française Crysalis. Ce projet consiste à enrichir un manuel pédagogique. Ce manuel est destiné aux enseignants qui souhaitent aborder les questions européennes dans leurs cours. Cet atelier a réuni une quinzaine de jeunes de plusieurs pays européens. Des jeunes qui construisent des outils pédagogiques pour les professeurs, ce n’est pas banal!

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> Plus d’infos : Séverine PAYET, severine.payet@galilee.be http://europe-chantier.crysalis.fr

10ème anniversaire! Du 8 au 18 juillet 2010 aura lieu à Cluny l’édition 2010 du Campus Européen d’Eté. Cette année, la Convention des Jeunes Citoyens Européens, qui organise cette rencontre en Saône-et-Loire (Bourgogne) depuis 2001, aura pour objectif d’imaginer des pistes pour l’Europe en 2030. Luca Copetti, professeur de langues à l’IHECS, y participe depuis sa création, tout d’abord comme participant lors de la première édition, il fait depuis 2002 partie de l’équipe d’animation. Plus de 500 jeunes provenant d’une cinquantaine de pays ont déjà participé à ces rencontres.

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> Plus d’infos : Luca COPETTI, luca.copetti@galilee.be http://www.e-urope.net

Tour du monde en 365 jours Voilà deux mois que Kelly Ferris (étudiante en Master 2 Relation Publiques) a quitté la Belgique pour entamer un tour du monde avec le support de la firme Coca-Cola. L’objectif? Visiter les 206 pays dans lesquels la boisson est vendue. Au-delà des villes, grandes et petites visitées, ce périple lui permettra de participer à des événements mondiaux. Kelly vient de quitter les Jeux Olympiques d’Hiver de Vancouver. Elle participera aussi à la Coupe du Monde FIFA en Afrique du Sud et visitera l’Exposition Universelle en Chine.

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> Plus d’infos : http://www.expedition206.com

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Télex


Zoom

«Shaking Europe»… ou comment secouer (dans le bon sens) le cocotier Charlotte Maisin, Chargée de Mission IHECS

La Fondation Charles Léopold Mayer pour le Progrès de l’Homme n’en est pas à ses débuts. Depuis plus de 20 années, elle est active sur la scène française. Mais aussi mondiale. Sa ligne de pensée? «Participer à la création d’une communauté mondiale». Un vaste sujet... qui implique de larges collaborations. Depuis près d’un an, la Fondation s’est liée avec l’IHECS pour être davantage présente sur le «front européen». Face à l’indifférence des citoyens relative à l’Union européenne et à ses actions, l’objectif est de réveiller un débat public endormi et soporifique. Un vaste challenge, qui doit être mené autant par les organisations de la société civile que par les journalistes. C’est ce que s’efforce de faire «Shaking Europe».

«S

haking Europe», c’est le nom choisi par la Fondation Charles Léopold Mayer pour le Progrès de l’Homme et par l’IHECS pour exister dans le paysage européen. Secouer, bouger, faire avancer l’Europe, l’idée de mouvement fait partie de l’intitulé même du projet. Car le but n’est pas de créer un ixième think tank ou de se transformer en un lobby moins puissant que ceux mis sur pied par le secteur privé. L’effet serait minime, si pas insignifiant. L’objectif n’est pas non plus de se suppléer aux coupoles d’ONG, très organisées et consultées. Si ce n’est pas ça, ni ça, ni ça… qu’est-ce donc, Shaking Europe?

Des associations de terrain absentes du débat bruxellois Que l’on se promène dans la région des Pouilles en Italie, dans l’Auvergne française, dans la Sarre ou dans le pays de Herve en Belgique, il y a peu de chances que l’on entende parler d’Europe. Et pourtant… c’est là qu’elle se construit au jour le jour, autant que dans les institutions du village européen. Pourquoi ces deux mondes ne parviennent-ils pas à se parler? Que l’on se détrompe: si l’Europe est peu présente dans le débat public local, elle est très présente dans la gestion quotidienne de la vie locale. Et les associations de terrain s’en rendent compte. Il y a une quinzaine de jours, un violent accident de train avait lieu à Hal-Buizingen, en région flamande, faisant plusieurs morts et de nombreux blessés. Tout d’un coup, dans le débat qui suivit sur les causes de l’accident, il fut

question de directive européenne… L’Europe se mêlerait-elle des règles de sécurité du rail national? Il faut croire que oui. Quelque temps avant, les médecins en formation se rebellaient contre leurs conditions de travail, arguant que les heures qu’ils prestent sont supérieures à celles prévues par la directive européenne sur le temps de travail. Et que les outils de protection du travailleur ne sont pas respectés comme définis dans la directive. On pourrait multiplier les exemples. L’Europe est partout. Et pourtant, elle n’est nulle part. Ni dans les conversations et à peine dans la presse.

Snober le niveau européen ? Dangereux ! De plus en plus, l’Europe s’immisce dans les débats publics nationaux. Les associations de terrain, les groupes citoyens, les organisations de la société civile, etc. s’en servent pour alimenter les débats, pas toujours parce que le droit européen leur est plus favorable mais parce qu’il a une importance qu’on ne peut plus snober. Ils doivent pouvoir l’influencer pour que, ensuite, leur pays soit dans l’obligation de s’y soumettre. D’où cette constatation, il faut connecter ces associations de terrain à l’Europe, et cela doit se faire de plusieurs manières: en réformant certaines institutions (on pense

...

Brochure reprenant les 55 propositions

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«Shaking Europe»… ou comment secouer (dans le bon sens) le cocotier ... au Comité économique et social européen qui pourrait davantage refléter le dialogue civil en cooptant des personnes issues du terrain local) et en relayant la voix de ces associations de terrain au sein même de la bulle européenne basée à Bruxelles. Comment? Les associations de terrain ne peuvent pas marcher seules

les débats nationaux, il faut faire de l’actualité européenne une «histoire à raconter», prenant sa source dans une réalité locale et concrète. Actuellement, les journalistes nationaux et locaux manquent sans doute de prise sur ces «histoires européennes quotidiennes» car elles ne sont pas relatées et regroupées par les agences de presse. C’est une ambition que se donne Shaking Europe.

Une interface entre les journalistes et les associations de terrain C’est le constat que la FPH (et l’IHECS) a dressé. Partant de ce constat, nous avons imaginé plusieurs choses. Les organisations de la société civile, les associations de terrain, les groupes citoyens qui ont des choses à dire à l’Europe le feront sous forme de «propositions concrètes et engagées». Des appels seront lancés aux moments chauds de l’actualité européenne: en effet, il vaut mieux évoquer la libéralisation de la poste avant que le débat au Parlement n’ait lieu plutôt que juste après...

Les participants de «Shaking Europe» débatent à l’IHECS

sur Bruxelles en brandissant leurs revendications au bout de leur drapeau. Elles ont besoin d’aide, celle, entre autres, des…

Journalistes, réveillez-vous ! Dire que l’Europe ne fait pas vendre n’est pas vrai. Tout dépend du traitement de l’information. Aujourd’hui, l’Europe se cache derrière chaque instant de notre vie quotidienne, qu’il s’agisse de transport, de temps de travail, de téléphonie mobile, de normes alimentaires, des jouets de nos enfants, d’immigration ou de libre circulation des personnes et des biens… Il est essentiel de parler de l’Europe en des termes qui touchent les citoyens. En effet, évoquer les luttes intestines entre pays pour savoir qui arrivera à placer son pion au poste de commissaire au Commerce n’est pas réjouissant. C’est surtout restrictif. Au même titre que

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Ensuite, des journalistes reliront et travailleront sur ces propositions, pour qu’elles soient accessibles par tous, et surtout par les parlementaires européens qu’on a tendance à qualifier de «politiciens généralistes»: intéressés par tout, spécialisés en rien. Ces propositions (l’originale et la réécrite) seront compilées sur le site de Shaking Europe et promues par l’équipe du projet. Non pas en courant après des parlementaires dans les dédales du Caprice des Dieux mais en restreignant les cibles. Cibler pour mieux toucher, telle serait la devise du plan-promotion de Shaking Europe. En parallèle de cette première cible, ce sont les journalistes nationaux et locaux que nous visons. Shaking Europe pourrait devenir le puits où ces journalistes viennent s’abreuver en «histoires européennes» à raconter. Nous ne rêvons pas. Ou juste un peu. Advienne que pourra mais espérons qu’en bout de course, nous serons parvenus à secouer, un temps soit peu, le cocotier européen. _ CM


Quand un réseau se rencontre… Le 21 janvier 2010, trente organisations de la société civile se sont retrouvées à l’IHECS, pour une rencontre sous les auspices de la Fondation pour le Progrès de l’Homme. But de la journée: fixer les objectifs et la méthode pour la poursuite du projet «Shaking Europe». Les organisations présentes à l’IHECS formaient un groupe assez hétéroclite. Tant mieux puisque si le but est de secouer quelque chose, mieux vaut ne pas porter d’uniforme. Matthieu Calame et Inga Wachsmann, respectivement directeur de la Fondation pour le Progrès de l’Homme et chargée des programmes européens de la Fondation, menaient la danse. Une danse divisée en deux actes: le premier était davantage formatif. Pour renforcer un réseau, rien de tel que d’apprendre ensemble et accumuler des connaissances génériques sur l’Europe. La seconde laissait la place au débat. Car si l’on espère qu’un débat public sur l’Europe naisse, mieux vaut expérimenter les choses à petite échelle. Et, de fait, nous n’étions pas d’accord sur tout. Qu’importe, c’est la diversité d’opinion qui compte. Et l’unité dans l’esprit. Si l’on se veut constructif et engagé sur l’Europe, si l’on souhaite créer et mener un débat constructif, nous ne voulons pas préjuger des avis de tous. «Unis dans le diversité», à notre niveau, nous en avons fait l’expérience à la journée de rencontre de Shaking Europe. _

Lors de la rencontre du 21 janvier 2010

CM

> Plus d’infos: Charlotte MAISIN, Chargée de Mission IHECS charlotte.maisin@galilee.be www.fph.ch www.citizensforeurope.shakingeurope.eu (en ligne dès le 15 mars 2010)

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Formation continue

S’initier au journalisme européen de proximité Laure Englebert, Coordinatrice de l’École de la Formation continue

L’Union européenne, par ses législations, ses politiques, ses programmes, a désormais une influence directe sur les aspects les plus concrets de notre vie: transports, environnement, emploi, formation, santé, logement… Une partie croissante du droit de chaque pays dérive de la législation européenne. Mais hélas! Les questions européennes sont très peu traitées dans les rubriques des médias locaux et régionaux, ceux- là mêmes qui sont en contact étroit avec les citoyens.

L Avec le soutien financier du programme Jean Monnet de la Commission européenne

e «journalisme européen de proximité» constitue pourtant un créneau porteur. Il fournit une niche d’emplois nouveaux pour les journalistes, mais aussi des opportunités intéressantes pour les médias à la recherche de nouveaux lecteurs et auditeurs. À partir du 1er juillet 2010 la Belgique prendra les rênes de la Présidence du Conseil de l’Union européenne. Et, à cette période, on aura besoin, plus encore, d’informations européennes. Eurobaromètre, l’institut de sondage des institutions européennes, constate: «Près de 5 Belges sur 10 estiment que les chaînes de télévision et de radio en Belgique ne couvrent pas suffisamment les informations sur l’Union européenne». (Eurobaromètre 68) Voilà qui tord le cou à un canard, selon lequel l’Europe, par définition, ferait fuir auditeurs et téléspectateurs! L’IHECS, avec le support de la Commission européenne, organise des modules de formation de 4 jours sur le journalisme européen de proximité. La première journée de formation sera donnée à Bruxelles le 23 mars 2010 et sera suivie d’une journée de formation en avril, mai et juin 2010. _ LE > Plus d’infos : laure.englebert@galilee.be Tel. : +32 2 549 55 37

NOS PROCHAINES FORMATIONS 23/03 – Journalisme européen de proximité (formation destinée aux journalistes) 22/04 – Communication de crise 26/04 – EU media coverage 04/05 – Communication interne 04/05 – Écriture web ergonomique (formation destinée aux journalistes) 17/05 – Investigations assistées par ordinateur (formation destinée aux journalistes) 27/05 – Plan de communication

Le module de formation abordera les thèmes suivants : Journée 1: • Le b.a.-ba de la salle des machines européennes. • Miser sur le journalisme européen, quelles plus-values? En quoi cela en vaut la peine? • Couvrir la Présidence belge du Conseil de l’Union européenne. Journée 2: • Comment trouver facilement et rapidement les bonnes sources d’information européenne? • Comment traduire une information technique en termes clairs et compréhensibles? Journée 3: • Quels angles d’attaque privilégier pour le «journalisme européen de proximité»? • Témoignages de journalistes couvrant les affaires européennes et exemples pratiques. Journée 4: • Mettre l’union européenne en image photo et infographie. • Débat et débriefing. Le programme complet peut être consulté sur le site Internet : www.ihecs-fc.be

Coût pour les 4 jours de formation : 165 euros Inscription : www.ihecs-fc.be Lieu de formation : IHECS 58-60 rue de l’Etuve, 1000 Bruxelles

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Formation continue


International

Micro-Europa: les étudiants à l’œuvre ! Séverine Payet, Chargée de Mission IHECS

Une délégation de l’IHECS s’est rendue à Malines (Belgique) les 22 et 23 février dernier pour participer à la deuxième réunion internationale de Micro-Europa, le réseau européen des campus radio. Cette réunion s’est déroulée dans les locaux de la Katholieke Hogeschool où une salle de conférence ainsi qu’un studio radio ont été mis à notre disposition. Cette rencontre dédiée aux travaux concrets a fait la part belle aux étudiants présents en leur permettant de réaliser une émission radio européenne.

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icro-Europa: le réseau des radios d’étudiants en journalisme, composé de huit partenaires (IHECS-Belgique, Katholieke Hogeschool Mechelen-Belgique, Hogeschool WestVlaanderen-Belgique, City University London -Royaume-Uni, Eur@dioNantes-France, University of Tuebingen-Allemagne, BiTS Iserlohn -Allemagne, Université de Cluj-Roumanie) et présents dans cinq pays européens, a franchi une nouvelle étape dans la réalisation de reportages et émissions européennes. En effet, la deuxième réunion internationale du réseau qui a eu lieu les 22 et 23 février derniers à Malines a vu naître une émission radio entièrement préparée et réalisée par les étudiants du réseau. Pour la première fois depuis la création du réseau, une émission radio gérée de façon autonome par les étudiants participant au projet a été réalisée lors d’une rencontre internationale. Au-delà de la production de reportages mensuels et de la réalisation d’émissions propres à chaque partenaire, cette rencontre a permis à ces étudiants issus de cultures et pays différents de mettre en commun leurs expériences et compétences pour produire une émission commune repoussant ainsi les frontières du réseau et ouvrant la voie à l’accomplissement d’un nouvel objectif. Le mardi 23 février, les étudiants se sont attelés à produire une émission à la manière d’un journal présentant l’actualité des différents pays agrémenté d’interactions sur les clichés et stéréotypes associés à chacun d’eux. Cela a donné lieu à un réel échange culturel permettant aussi bien aux étudiants qu’aux auditeurs de dépasser leurs idées reçues et d’acquérir une vision plus réaliste et illustrée de l’Europe. Cette émission a été réalisée dans les studios de «Supo», organe de production et réalisa-

tion de nos hôtes de la Katholieke Hogeschool Mechelen. Les activités de Supo couvrent plusieurs domaines. Cela va de la production d’émissions radios et télés en passant par la presse écrite et par la presse online. Vous trouverez plus d’informations sur chacune de ces activités sur www.supo.be

Le site, relooké Au-delà de l’opportunité de produire une émission commune, cette réunion internationale a permis d’évaluer et d’apprécier les progrès réalisés par les étudiants dans la production de reportages mensuels. Chacun s’est accordé à mentionner cette amélioration tant dans la qualité du contenu que dans la qualité technique de chaque reportage. Ceux-ci permettent par la suite d’enrichir les émissions de chacun des partenaires par l’intégration de reportages venus de France, d’Angleterre, de Belgique, d’Allemagne ou de Roumanie. Les progrès réalisés résident également dans la participation accrue de chacun des participants dans les activités du réseau. Preuve que le concept de Journalisme européen de proximité qui allie dimension européenne et approche régionale a trouvé une oreille attentive au sein de chaque institution mais également auprès des étudiants. Le mois de mars verra l’achèvement et la mise en ligne du nouveau site Internet Micro-Europa (www.micro-europa.eu). Vous pourrez y retrouver toutes informations concernant Micro-Europa ainsi que l’ensemble des reportages et des émissions réalisés par chacun des partenaires depuis la création du réseau. _ SP > Plus d’infos : Séverine PAYET, severine.payet@galilee.be www.micro-europa.eu

International

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International

L’expérience de l’IHECS à l’honneur à Bari Marc Sinnaeve, Président de la section «Presse & Information»

Une dizaine de jours après le vote suisse sur la construction des minarets, le témoignage de Paola Guarnieri recueilli à Bari, en Italie, tenait à la fois de la proclamation de résistance et d’antidote. Du 9 au 11 décembre dernier, cette jeune journaliste radio de la RAI a pu, associée à une homologue roumaine, pénétrer dans un camp de Tziganes, roumains eux aussi, installé dans la capitale des Pouilles. Grâce à sa coéquipière, spécialiste de la question et roumanophone, elle a réussi à interviewer en toute confiance le chef de la communauté et obtenir ainsi un sujet d’une justesse et d’une richesse qu’elle n’aurait jamais imaginé pouvoir réaliser seule. Paola a avoué avoir mesuré à cette occasion tout l’écart entre une approche «monoculturelle» classique et un traitement concrètement interculturel.

C

ette expérience qui a impliqué quatre autres équipes similairement «interculturelles» de jeunes journalistes constituait en quelque sorte les travaux pratiques d’un Forum interculturel organisé à Bari à l’occasion du 60ème anniversaire du Conseil de l’Europe. À l’initiative du programme Cités interculturelles de la 1 DG IV , la rencontre était consacrée aux politiques d’accueil et d’intégration mises en œuvre par les communautés locales en Europe et en 2 Méditerranée . L’objet? Faire circuler les initiatives et projets interculturels expérimentés de part et d’autre de la Méditerranée au plan local pour faire de la diversité culturelle, en fonction de la manière dont on l’aborde, un atout assumé en tant que tel plutôt qu’une contrainte ou une nuisance subie (voir ci-après). Il s’agissait somme toute de «favoriser la contamination positive de la culture», comme l’a joliment dit Franco Corradini, en charge de la Culture et de la coordination du programme Cités interculturelles pour la Ville de Reggio Emilia. Au cœur de ce processus de contamination (inter)culturelle, le rôle des médias, de l’information et de la communication de proximité est fréquemment mis en avant. De même que la responsabilité en la matière des instituts de formation des journalistes. C’est pourquoi, depuis plus d’un an maintenant, la section Presse et Information (Journalisme) de l’IHECS est devenue un partenaire actif du programme des Cités interculturelles à l’invitation de la directrice de celui-ci, Irena Guidikova.

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International

À Bari, il s’agissait pour nous de présenter, réalisations écrites et visuelles des étudiants 3 à l’appui , l’approche pédagogique et journalistique des enjeux de la diversité et de l’interculturalité tentée au niveau local dans le cadre d’un cours d’Information sociale. Une question de démarche autant que de contenu, à vrai dire: comment amener de futurs journalistes à baisser la garde ou l’assurance de leurs préjugés culturels? Par la délocalisation des cœurs et des esprits… En devant travailler dans des communes de Wallonie et de Bruxelles jusque là inconnues pour eux, les étudiants ont été amenés à vivre un déracinement de leur environnement social, affectif et culturel familier; ils ont de la sorte été confrontés à une expérience de mise en danger personnelle qui n’est pas sans points communs, jusqu’à un certain degré, avec ce que peuvent vivre les «primoarrivants». Du vécu jaillira la remise en question... _ MS

1. Education, Culture et Patrimoine, Jeunesse et Sport. 2. Y participaient des représentants politiques de Bari et de la région des Pouilles, mais aussi des parlementaires nationaux et internationaux du Conseil de l’Europe, des représentants d’organisations internationales comme l’UNESCO ou l’ALESCO (l’Unesco arabe), des représentants de villes méditerranéennes, dont Fès au Maroc, une délégation de la ville de Mexico, des professionnels du secteur, des journalistes et professeurs d’université… 3. Un «clip» sur la ville de Seraing, notamment, réalisé par les étudiants de la spécialisation Journalisme européen de deuxième année de Master. 4. Dans la foulée de l’adoption par l’Assemblée parlementaire de Strasbourg du Livre blanc sur le dialogue Interculturel (mai 2007). 5. Izhevsk (Russie), Lublin (Pologne), Lyon, Melitopol (Ukraine), Neuchâtel, Neukölln (banlieue de Berlin), Oslo, Patras, Reggio Emilia, Subotica (Serbie) et Tilburg.


Le programme Cités interculturelles du Conseil de l’Europe

C

omment transformer la diversité culturelle de plus en plus présente dans les communautés locales en outil de développement, d’initiative, de créativité? En somme quels principes, quelles politiques et quels moyens mettre en œuvre au sein de la cité pour ne plus voir seulement la réalité multiculturelle croissante en milieu urbain comme une contrainte ou une menace, mais comme un bénéfice potentiel tant sur le plan humain, social et (inter)culturel qu’économique ? C’est clairement l’ambition du programme Cités interculturelles du Conseil de l’Europe à l’échelle de la «grande Europe» (47 Etats membres représentant… 800 millions d’Euro4 péens). Lancé en 2008 , ce programme est sur le point d’entrer dans sa deuxième phase en s’ouvrant à de nouveaux membres. Lors de la 5 phase pilote, onze villes ont été admises, sur candidature et après sélection, au sein du réseau au titre, donc, de cités interculturelles. Qu’est-ce à dire? À l’opposé des modèles dits assimilationnistes ou communautaristes, la dynamique interculturelle suppose une intégration mutuelle à la fois à la collectivité locale et à la diversité culturelle. C’est un principe d’acceptation et d’engagement réciproque. Ce que résume à sa façon le slogan imaginé par la ville de Neukölln: «Soyez Berlin. Soyez Neukölln. Soyez différent». Jugées pionnières en la matière sur base, notamment, d’une véritable volonté politique et d’un engagement fort, ces onze villes pilotes bénéficient désormais d’un apport de moyens spécifiques, tant méthodologiques que financiers, pour développer leur approche interculturelle des problèmes de migration, d’intégration et de cohésion sociale, mais aussi pour bâtir une vision et une stratégie politique globale dans ce domaine. Que ce soit dans l’administration communale, à l’école, au niveau des commerces, du logement, de l’aménagement

urbain, des loisirs et de la culture…, l’idée de base est de concevoir les fonctions essentielles de la cité, désormais, à travers le prisme interculturel pour se demander comment organiser la ville différemment à l’avenir. L’originalité du programme est aussi de faire émerger des «modèles» ou exemples de politiques, de bonnes pratiques éventuellement applicables ailleurs par l’échange et le métissage d’expériences entre villes du réseau. D’où les rencontres – ateliers organisées régulièrement dans l’une ou l’autre de ces villes sur un thème donné (éducation, gouvernance, médias…). Un processus qui s’inscrit dans la durée, très loin du bruit et de la fureur des politiques d’instrumentalisation sécuritaires ou anxiogènes de la question. _ MS > Plus d’infos : marc.sinnaeve@galilee.be www.coe.int/t/dg4/cultureheritage/culture/ cities/default_fr.asp

International

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En débat

Journalisme, un mal être croissant Laure Englebert, Coordinatrice de l’École de la Formation continue

Le journalisme ne se porte pas bien. Moral en berne et emplois en baisse. Et la crise économique a bon dos. Car le malaise est plus profond. Heureusement, la maladie n’est pas incurable. Des remèdes existent. La preuve avec un nouveau venu sur l’espace médiatique: le Magazine XXI.

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n l’a dit, lu et vu, le journalisme comme pratique professionnelle souffre. Les conférences, working groups, Task force se multiplient sur le sujet mais les symptômes sont éloquents, le diagnostic est sans appel. Il y a un mal-être profond qui trouve son origine bien avant la crise économique, il faut remonter aux premiers mouvements de convergence et de concentration des médias ainsi qu’au début de la mutation des modèles économiques. Mais il est vrai que la crise économique est la plus belle excuse pour tous ces licenciements hémorragiques. S’ils ne se retrouvent pas sans emploi, les journalistes travaillent dans une atmosphère dépressurisée difficilement tenable. Dans ce contexte gangréneux, le journalisme d’investigation trépasse, pendant que des média tels que FOX news voient leurs taux de popularité s’accroître. Mais rajoutons un peu de sel dans sa plaie pour qu’il souffre bien, ou mieux. Alors que certains médias sont brutalement amputés d’une partie de leurs revenus publicitaires voilà que les journalistes se trouvent en compétition avec leur audience: le journaliste citoyen. C’est une maladie auto-immune qui contagionne également le journalisme photo: le 10 février dernier, le quotidien gratuit Métro (France) lance MetroReporter, un service qui va permettre à ses lecteurs de devenir reporters en partageant sur le site leurs photos et leurs vidéos d’actualité. Youpie, ça c’est du vaccin! Un journal gratuit qui fait appel aux citoyens reporters, c’est ce

Banner du blog www.leblogde21.fr

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En débat

qu’on appelle un nouveau modèle, d’autres diront une dégénérescence. Peu importe finalement le prix du journal, le plus important est que le modèle soit garant de la qualité et de la pluralité d’information, épine dorsale de la démocratie. Nous pouvons organiser d’autres conférences ou groupes d’étude pour se morfondre entre nous sur notre triste sort mais la solution n’est pas là. Une piste de guérison repose peut-être sur l’analyse empirique des nouveaux modèles économique, structuraux et fonctionnels. Présentons par exemple le Magazine XXI (France). Il s’agit d’un trimestriel qui remet à l’honneur le journalisme de reportage, qu’il s’agisse de reportages photos ou écrits. Très différent donc des formats auxquels nous sommes habitués (cfr Le Soir, La Libre) XXI propose ce qu’on trouve difficilement ailleurs, des reportages fouillés, des points de vues décalés, une alchimie subtile entre le roman, la bande dessinée, le polar, la photographie, le documentaire et le journalisme. Dès la page de couverture le ton est donné: couleur, créativité et originalité. Le Magazine est tiré à 40.000 exemplaires au prix de 15 euros. Oui, c’est cher, mais peutêtre est-ce ça le remède: comprendre et accepter que la qualité et la pluralité de l’information ait un prix. À qui de payer? _ LE > Plus d’infos : Laure ENGLEBERT, laure.englebert@galilee.be


Télex

Europe Bravo Laurence ! Laurence Aubron, directrice et fondatrice d’Eur@dioNantes (partenaire du réseau Micro Europa), s’est vue remettre fin janvier 2010, la médaille de l’Ordre national du mérite des mains de Jérôme Clément, président d’Arte, accompagné du député-maire de Nantes, Jean-Marc Ayrault. Son action en faveur de la coopération européenne via sa radio école a été saluée. Créée en 2006, Eur@dioNantes a pour objectif la mise en avant de l’information européenne, à travers un angle local.

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Instaurée par le traité de Lisbonne, l’initiative citoyenne est une nouvelle forme de participation à l’élaboration des politiques de l’Union européenne. Elle permet à des citoyens européens, au nombre d’un million au moins, et ressortissants d’un nombre significatif d’États membres, d’appeler directement la Commission à soumettre une proposition sur des questions présentant pour eux un intérêt et couvertes par les domaines de compétence de l’Union européenne.

> Plus d’infos : http://www.euradionantes.eu

Le prix Charlemagne pour la jeunesse européenne L’IHECS participe au prix Charlemagne de la jeunesse européenne. Le projet en lice pour ce concours est le journal Comment parler d’Europe dans les quartiers populaires de Bruxelles-Région Capitale finalisé début 2009 par la classe de Master 2 en «Presse et Information» option Presse régionale et locale en partenariat avec le Bureau de Liaison BruxellesEurope. Les lauréats seront proclamés le 11 mai 2010. Le prix Charlemagne pour la jeunesse européenne est décerné chaque année conjointement par le Parlement européen et par la Fondation du prix international Charlemagne d’Aix-la-Chapelle. Ce prix vise à encourager le développement d’une conscience européenne parmi les jeunes, ainsi que leur participation au projet d’intégration européenne.

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> Plus d’infos : www.charlemagneyouthprize.eu

Respect des engagements d’aide de l’UE vis-à-vis des pays en voie de développement

L’initiative citoyenne européenne a-t-elle un avenir, va-t-elle devenir un modus operandi législatif, ou estce une illusion de démocratie?

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> Plus d’infos : www.ipetitions.com/petition/promises

Erasmus pour les jeunes entrepreneurs Inspiré du programme Erasmus pour les étudiants, «Erasmus for Young Entrepreneurs», incite les jeunes Européens à effectuer un court séjour (de 1 à 6 mois) dans une entreprise d’un autre Etat membre de l’Union. Ils sont ainsi placés sous la responsabilité d’un «entrepreneur expérimenté» et bénéficient d’une aide financière. Le programme a pour but d’encourager et d’activer la constitution de réseaux de relation d’affaires à travers l’Europe.

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> Plus d’infos : http://www.erasmus-entrepreneurs.eu

Télex

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agenda 03 / 03 / 2010 @ Hotel de Ville de Saint-Gilles (salle des mariages) 39, Place Van Meenen 1060 Bruxelles

L’EUROPE EN CAPITALES

Quel rôle pour les capitales de l’Europe dans la construction d’une Union européenne proche des citoyens? La Commission du Dialogue sur l’Europe de la Commune de Saint-Gilles et l’asbl Europe en Progrès ont le plaisir de vous inviter à ce débat animé par Carlo LUYCKX, Échevin des Affaires européennes de Saint-Gilles, Président de la Commission du Dialogue sur l’Europe et d’Europe en Progrès asbl, en présence de Catherine TRAUTMANN (Ancien Maire de Strasbourg, ancien Ministre français de la Culture, Députée européenne, Présidente de la délégation du PS français au Parlement européen) et Charles PICQUÉ (Bourgmestre de Saint-Gilles). Entrée gratuite. > Plus d’infos : Carlo Luyckx, c.luyckx@stgilles.irisnet.be

05 / 03 /2010 @ Gare de Bruxelles-Congrès Boulevard Pacheco 1000 Bruxelles

IHECSTIVAL

Ce festival des artistes Ihecsiens propose cette année à l’affiche, des groupes et dj’s talentueux tel que Jali, Mad Radios, Frannce, The Last City Sons, le Clan d’Estinnes, ReservoirDub, Cats Club et Mr. Monk. Nouveauté cette année: exposition photo et performances d’artistes de rue Ihecsiens bien sûr... Ouverture des portes à 19h30. Début des concerts à 20h00 et dj’s jusque 04h00 du matin ! > Plus d’infos : Lise Vercheval, lisevercheval@hotmail.com

27 / 04 / 2010 @ European Management Centre 118, Rue de l’Aqueduc 1050 Ixelles

COLLOQUE «PAUVRETÉ ET VIEILLISSEMENT»

IHECS International & Formation Continue 58-60 Rue de l’Etuve – 1000 Bruxelles Editeur responsable: Jean Lemaître, Directeur d’IHECS International & Formation Continue jean.lemaitre@galilee.be Secrétaire de rédaction : Jean-Philippe Fontaine

Stimuler un débat sur des thèmes tels que les pensions, la santé, les soins, la mobilité, le logement et l’énergie. La Fondation Roi Baudouin organise à Bruxelles une conférence sur ‘la pauvreté et le vieillissement’. Celle-ci s’inscrit dans un projet plus large du Think Tank européen ‘Pour la Solidarité’ (PLS). Elle a pour objectif de sensibiliser le public au rôle que joue l’Union européenne dans la lutte contre la pauvreté grâce à la méthode ouverte de coordination et, en particulier, le Plan d’action national Inclusion sociale. > Plus d’infos : Pascale Taminiaux, 02/549.02.91

Vous ne désirez plus recevoir cette lettre d’information bimestrielle ? Faites-le savoir à : jeanphilippe.fontaine@galilee.be

maquette : Natacha Brixy - IHECS 2010


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