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Actualités du

ÉDITORIAL

14-Juillet : l’honneur revient ? “Honneur et Patrie” : c’est la devise gravée sur les drapeaux et les vaisseaux de l’Armée française, comme au revers des médailles de la Légion d’Honneur… Deux mots qui n’ont plus cours dans le langage des médias, bien que le défilé militaire de la fête nationale du 14-Juillet en réveille un instant l’écho dans le cœur de nombreux Français. Si les contours de la patrie s’embrument trop souvent sous les tempêtes de la mondialisation, beaucoup comprennent encore que l’honneur tire vers le haut les meilleurs d’entre nous, et aussi le meilleur de ce que chacun porte en lui. L’honneur de l’aristocratie française, avant de se dévoyer en esprit de caste, payait le prix du sang pour défendre les populations civiles contre les hordes barbares qui pillaient les greniers, violaient les femmes et assassinaient les enfants. Des Champs Catalauniques qui défirent Attila (451) à la cuvette de Dien Bien Phu qui n’arrêta pas le communisme (1954), le vrai ressort de l’honneur militaire en est directement issu : “J’ai donné ma parole, mis ma vie en gage de cette promesse, je la tiens !” Mais l’honneur au risque le plus élevé qui reste indissociable de la vocation militaire n’est certes pas le monopole des soldats. Fidélité à la parole donnée sur les enjeux essentiels de son existence, l’honneur d’un homme n’est autre que le sentiment vécu de sa propre dignité. Il y a de l’honneur chez l’artisan amoureux de “la belle ouvrage”. Chez l’enseignant qui revoit et

améliore son cours chaque année. Chez le policier qui sort de sa voiture en banlieue “difficile”, le brancardier de Lourdes, le popotier des soupes populaires de Saint-Eustache, les parents qui sacrifient des vacances pour soutenir leur enfant… Il y en a beaucoup aussi, mais ô combien plus rare, chez le philosophe, le dirigeant, le journaliste qui reconnaît ses erreurs ou chez l’homme politique qui fait passer ses engagements au service du bien commun avant les contraintes médiatiques de sa réélection… L’honneur en somme est ce qui pousse à faire plus et mieux que d’autres, parce que l’on se sait héritier de valeurs qui nous dépassent – c’est-à-dire débiteur – et que l’on s’attribue à soi-même davantage de devoirs que de droits vis-à-vis du prochain. C’est pourquoi la religion du “chacun pour soi”, du relativisme universel et de l’égocentrisme permissif l’a chassé depuis longtemps du vocabulaire national – à défaut de pouvoir l’interdire dans les cœurs français. H. K.


AVENIR DES VALEURS

Un voyage d’étude et de solidarité au Liban t

Pour fêter la fin de leurs études et mettre en pratique l’enseignement reçu, neuf élèves de la promo 2010 du Master Faco de journalisme ont décidé de découvrir les chrétiens du Liban. Ils ont préparé ce voyage de novembre 2009 à mars 2010 : recherche des financements auprès de médias ou d’institutions privées, préparation de rendez-vous avec les personnalités et les associations libanaises à rencontrer sur place. Leur priorité : découvrir et transmettre la véritable actualité culturelle et religieuse du Liban. Secours de France a souhaité valoriser cette expérience en participant financièrement au projet. L’ensemble de la promo a eu à cœur de porter, tout au long de ce voyage, les valeurs de l’association. L’un d’entre eux, Eric Dupuy, rend compte ici de sa mission.

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urant le séjour, chacun des ap- Schmitz, qui m’a orienté vers une prentis-journalistes de l’expé- congrégation des sœurs de Besandition avait son propre emploi du çon, œuvrant pour l’éducation des temps, selon les reportages qu’il avait enfants pauvres de Beyrouth. prévu de faire. Sœur Hélène est responsable de L’ensemble de la promotion es- l’école Sainte-Anne, située dans le sayait de se retrouver pour les grands quartier arménien de Beyrouth, Bourj rendez-vous, avec les responsables Hammoud. Elle a fondé un foyer pour permettre à de jeunes élèves en diffipolitiques et religieux. Le Secours de France nous avait culté de bénéficier d’une assistance scolaire en dehors des demandé d’identifier à Mgr Labaky cours et tout au long de l’occasion de ce voyage l’année. les initiatives où l’assoSubissant le coût ciation pourrait s’investir exorbitant des loyers de avec le plus d’efficacité. la capitale, cette sœur J’ai rencontré dans ce très active a besoin de but Monseigneur Manressources financières sour Labaky, grande fipour développer son gure du Liban chrétien et foyer. fidèle ami de Jean-Marie Monseigneur Labaky m’a également fait rencontrer un jeune médeUn programme chargé cin catholique que j’ai suivi pendant deux jours. Il s’occupe des réfugiés chrétiens irakiens qui sont en transit Voyage au liban du 21 mars au 31 au Liban durant quelques mois, logés mars 2010. dans des conditions déplorables, déPrincipales personnalités renconsidérés par tous. contrées : Monseigneur Sfeir, paIrad Beldjbel a été envoyé par une triarche de l’Eglise d’Orient, le docONG de l’université de médecine teur Samir Geagea, chef du parti Sainte Elisabeth de Bratislava. Cette des Forces Libanaises, le général Michel Aoun, chef du parti des Papetite ONG œuvre concrètement sur triotes Libres, le docteur Hussein Al le terrain de Beyrouth pour apporter Hajj Hassan, ministre de l’agriculune aide sociale, médicale et spiriture et membre du Hezbollah. tuelle aux réfugiés irakiens. Les deux jours durant lesquels j’ai suivi le docPrincipaux sujets traités : pour teur Beldjbel m’a permis de réaliser l’AEFE (Agence des écoles françaises à l’étranger) : portrait téléun reportage télévisé et de rencontrer visé d’une ancienne élève d’une plusieurs familles chrétiennes chalinstitution française de Beyrouth. déennes, exilées d’Irak. Pour le site internet de XXI : reportage photo “Une journée à la A Beyrouth, les chrétiens FINUL”. Pour Radio Notre Dame, réfugiés d’Irak sont désespérés cinq sujets traitant notamment de Passée d’un million d’individus en l’éducation des chrétiens au Liban 2003 à 400 000 aujourd’hui, selon et de l’avenir des chrétiens les estimations les plus optimistes, la en Orient… population chrétienne d’Irak subit en

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Dans le Foyer de Sœur Hélène…

effet un véritable génocide depuis la chute du régime de Saddam Hussein. Certains Chaldéens se réfugient au Liban, dans des conditions de détresse difficiles à imaginer, en attendant une autorisation de rejoindre l’Europe, l’Amérique du Nord ou l’Australie. Ils s’appellent Abou Daniel, Angel, Lina ... Ils n’appartiennent pas à la même famille, mais ils sont dans la même situation. Tous irakiens, ils n’ont aucun espoir de retrouver leur patrie. Ils ont tout quitté pour échapper à la barbarie islamo-terroriste et se sont exilés à Beyrouth, au Liban. Chrétiens chaldéens, ils ont subi les pires menaces pendant des années, avant de céder et de partir : “En Irak, les musulmans proposent trois solutions aux chrétiens: se convertir à l’Islam et offrir une de leurs filles en guise de soumission, quitter le pays ou rester et mourir”, explique

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Un voyage d’étude et de solidarité au Liban (suite)

le docteur Irad Beldjbel, Algérien converti au catholicisme. “Environ dix familles arrivent chaque semaine à Beyrouth. Ils ont un visa de tourisme valable deux mois, mais attendent dans l’illégalité entre 8 et 14 mois une autorisation de rejoindre l’Europe, l’Amérique du nord ou l’Australie.” C’est l’UNHCR, l’Agence des réfugiés des Nations-Unies qui traite leurs dossiers. Irad Beldjbel les soutient psychologiquement et les aide à vivre pendant leur transit au Liban. En Irak, la menace constante de kidnapping empêche les chrétiens

d’envoyer leurs enfants à l’école. Aussi, même si quelques institutions chrétiennes de Beyrouth, en association avec Caritas, acceptent les enfants réfugiés, elles les déclassent à cause de leur niveau scolaire. Le fils de Tissa, arrivée avec sa famille en octobre 2009 à Beyrouth, a 9 ans : “Il se retrouve dans une classe de Libanais de 6 ans, ce qui ne facilite pas son intégration”, déplore la mère de famille, qui recherche éperdument un travail. Le taux de chômage élevé au Liban et la situation illégale des réfugiés empêchent tout Irakien de trouver un emploi stable et décent. Pour payer leur loyer exorbitant à Beyrouth, certains trouvent de menus travaux. “Cela leur permet de récolter 250 à 300 dollars par mois, alors que leur loyer est de 400 à 500 dollars”, explique Irad. Beaucoup de familles n’ont aucun soutien spirituel. Les églises d’Orient sont divisées et gèrent seules la situation. Aucun pays n’aide ces chrétiens. “Plus on accueille les chrétiens d’Irak, plus on crée un appel d’air, qui amoindrit chaque jour la présence chrétienne en Orient. Si on ne les accueille pas, ils sont massacrés en Irak”, résume Irad. Un synode est prévu à Rome l’automne prochain sur l’avenir des chrétiens d’Orient, sous la responsabilité de Monseigneur Sfeir, patriarche d’Antioche. Eric Dupuy

Dès le début de la guerre civile du Liban, pays proche par le cœur et l’histoire, où des communautés chrétiennes admirables, dans un contexte violemment hostile, maintiennent la Foi et l’amour de la culture française, Secours de France a aidé les familles désemparées, matériellement et moralement, à survivre et à se retrouver. L’Association a organisé également le rapatriement en France et la prise en charge médicale d’enfants grièvement blessés. Elle a participé à la construction de l’hôpital de Kobayat et investi dans la reconstruction de l’Eglise Sainte Monique. Elle continue d’apporter aujourd’hui une aide concrète à trois communautés chrétiennes persécutées du Proche et du Moyen-Orient.

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Abou Daniel a été victime d’un AVC à 40 ans, peu après avoir été roué de coups par des musulmans. Ancien décorateur intérieur à Bagdad, Abou Daniel a été tabassé en 2006 au pied de chez lui par des musulmans, sous le seul prétexte qu’il était chrétien.

“Ils m’ont donné 24 heures pour quitter ma maison avec ma famille, sans aucune valise et en laissant ma voiture”, raconte ce solide quadra handicapé depuis l’accident vasculaire cérébral qu’il a eu peu après avoir été roué de coups. Sa femme ne travaillait pas en Irak pour s’occuper du foyer familial. A Beyrouth, elle travaille comme serveuse pour apporter un revenu à la famille. Les rôles parentaux ont changé, et c’est le mari qui est obligé de rester à la maison. A 44 ans et hémiplégique, il ne trouve pas de travail. Comme beaucoup de familles chrétiennes, la famille d’Abou Daniel a d’abord quitté Bagdad pour le nord de l’Irak. Mais très vite, les familles se retrouvent isolées. “Le village perdait chaque jour un peu de vie. Nous avons décidé de partir dans un pays stable où je pourrai assurer un avenir à mes enfants.” Abou Daniel a réuni toutes les économies qui ne lui ont pas été pillées et a rejoint Beyrouth, malgré la non-reconnaissance du statut de réfugié au Liban. “En Syrie et en Jordanie, nous sommes reconnus comme réfugiés, mais les délais d’attente pour rejoindre un pays stable sont deux à trois fois plus longs qu’au Liban.” Ce père de famille, comme tant d’autres en transit au Liban, espère d’abord se reposer et se stabiliser dans un nouveau pays, n’importe lequel. Il a l’espoir de refonder un foyer ailleurs, loin des atrocités d’Irak. En quittant le pays de ses ancêtres, il espère conserver son identité, mais en quelques mois à Beyrouth, il s’aperçoit qu’il n’en a plus. E.D.

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DEVOIR DE MÉMOIRE

Souvenir des “disparus d’Algérie” t

Nicolas Sarkozy s’est inquiété hier à juste titre du sort des trois otages français du Proche-Orient. C’est le moment de se souvenir que nous en avons eu des milliers en Algérie, voici bientôt 50 ans, et que la pratique du rapt est très antérieure, dans le monde arabo-perso-musulman, à l’avènement des républiques ou des réseaux armés ”islamistes” de l’ère post-coloniale : elle a plus de mille ans.

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ur les terres où l’esclavage a conservé sa définition traditionnelle – comme pour ces petits Noirs vendus chaque année par leurs familles sur le chemin de La Mecque, pour subvenir aux dépenses du “pèlerinage” –, la prise d’otages étrangers constitue une tradition historique et culturelle ancestrale. Pourquoi les médias font-ils semblant de la découvrir aujourd’hui comme une nouvelle monstruosité ? Nous avons eu, en France, plusieurs dizaines de milliers de frères chrétiens à arracher aux ravisseurs d’une terre d’Islam. C’était dans les années soixante et soixante-dix. On les appelait pudiquement, mais improprement, les “disparus d’Algérie”. Chacun a préféré les oublier : le gouvernement français, pour ne pas reconnaître l’atroce marché humain dont fut assorti l’abandon des trois départements français d’Afrique du Nord ; les médias, parce que l’honneur et la solidarité nationale ne leur sont plus des sentiments naturels…

On focalise avec effroi sur le rapt de quelques Occidentaux – journalistes, universitaires, touristes, ingénieurs expatriés – mais c’est l’arbre qui cache la forêt : la vieille barbarie des chefs de bande du Proche et du Moyen-Orient, dès qu’elle n’est plus tenue par une main de fer, prend des otages comme elle respire, c’est-à-dire pour des raisons indépendantes de sa volonté. Elle est dans la plus pure expression de son être collectif, et d’un “sens de l’Histoire” qu’on croyait assagi, lorsqu’elle emprisonne, assassine ou rançonne les voyageurs étrangers. Nous avons réveillé ce fanatisme en chassant du Proche et du Moyen Orient les mini-dictatures éclairées favorables à la culture et au mode de vie de l’Occident. Mais il ne sert à rien de vouloir opposer maintenant notre conception de la “justice”, de la “démocratie” et des ”droits-de-l’homme” à des interlocuteurs qui ne reconnaissent aucune des valeurs de notre civilisation. n

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Pour la justice et la charité envers les “oubliés de l’histoire”… Pour le devoir de vérité sur l’histoire de notre pays… Pour l’avenir des valeurs chrétiennes et françaises que nous défendons…

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