Page 1

2017

EDITORIAL L’électromobilité : un accélérateur d’innovations Francis Vuibert Préfet, délégué ministériel au développement territorial de l’électromobilité

Numéro

4

ENTRETIEN AVEC Didierr Houssin Président d’IFP Energies nouvelles ÉNERGIE

TELECOMMUNICATIONS

SIGNAL

COMPOSANTS

AUTOMATIQUE

INFORMATIQUE

Cet aperçu gratuit permet aux lecteurs ou aux futurs lecteurs de la REE de découvrir le sommaire et les principaux articles du numéro 2017-4 de la revue, publié en octobre 2017. Pour acheter le numéro ou s'abonner, se rendre à la dernière page.

ISSN 1265-6534

DOSSIERS

www.see.asso.fr


 

         

           





              31340 ".2  %600.125-03.3 *& & dĂƌŝĨƐĂďŽŶŶĞŵĞŶƚZϮϬϭϳ;ĞŶĞƵƌŽƐͿ ;DĞƌĐŝĚĞĐŽĐŚĞƌůĂĐĂƐĞĚĞǀŽƚƌĞĐŚŽŝdžͿ

dĂƌŝĨƐ&ƌĂŶĐĞΘhdd

dĂƌŝĨƐ,ŽƌƐh;,dͿ



   (.)

‰ (

)

    (/)

‰ 



dĂƌŝĨƐĂďŽŶŶĞŵĞŶƚZƐƉĠĐŝĂůĂĚŚĠƌĞŶƚ^

^ƚĂŶĚĂƌĚ

 (0)

‰ 



   (   )

‰ 



‰  

ZĞƚƌĂŝƚĠƐ͕ĞŶƐĞŝŐŶĂŶƚƐ͕ ũĞƵŶĞƐĂĐƚŝĨƐ;фϯϱĂŶƐͿ

ƚƵĚŝĂŶƚƐ͕ ĞŶƌĞĐŚĞƌĐŚĞĚ͛ĞŵƉůŽŝ

‰ 



‰ 

‰ 

(.)    (/) "    !       & (0)  '    ' & 

$!"  """""""""""""""""""""""""!

2"  """"""""""""""""""""""",, "## """"""""""""""""""""""""""""""

"#  """"""""!""% ‰   #    ‰ "$"/#*%" "- #$""0

""""""""""""""""""""""""""""""""""""""""

2"$

 ! #$  """"""""""""!

'#+""""""""""""""""""""""""""""""",, . """""""""""""""""""""""""""""",, 

$&$ "'!$ "  ‰ #""& "%$%"% #%&$! %"!$ "!$ +"""""""""""""""""""""""""""""""""! "##+"""""""""""""""""""""""""""""""""""!

      #   #%+

 ! #$  """"""""""""!""""!

'# """""""""""""""

2$" %%$"+""""""""""""""""""""""!

 



$ "! %""$ "#"

  "$ %&($&'$'+)*   #  #        !  #"&  $# + 1#,## ,"


EDITORIAL

Francis Vuibert

L

L’électromobilité : un accélérateur d’innovations

’idée de relancer la production de véhicules électriques et d’en encourager l’usage fut en son temps – il y a moins de 10 ans – considérée avec circonspection comme une singularité hexagonale. Aujourd’hui, l’électromobilité représente un marché planétaire dans lequel tous les constructeurs automobiles mondiaux développent des stratégies de conquête. Audelà de son indéniable contribution à la diminution de la pollution de l’air et des émissions de gaz à effet de serre, l’électromobilité emporte également d’indubitables enjeux industriels et économiques. Depuis le début de la décennie, la France conçoit et met en œuvre une politique publique en faveur de la mobilité électrique, avec le concours des collectivités territoriales et de leurs instances représentatives. Aux côtés des services ministériels en charge, une équipe pluridisciplinaire que j’anime et rassemblant des représentants de l’ensemble des métiers de la filière est mobilisée depuis bientôt quatre ans pour assurer une veille technologique, anticiper les évolutions matérielles et d’usage, apporter une contribution à la préparation des textes officiels et fournir au Gouvernement des analyses prospectives. L’électromobilité est un écosystème émergeant dont les paramètres évoluent constamment. Son développement est certes tributaire des progrès technologiques, souvent beaucoup plus rapides que prévu, mais également de la perception du public, conditionné par un siècle d’usage du véhicule thermique. Ainsi en est-il notamment des critères d'appréciation relatifs à l'autonomie, même s'ils sont en net décalage avec la réalité des usages ; il n’est pas inutile de rap-

peler à cet égard que 77 % de nos concitoyens parcourent en moyenne 31 km par jour1. Notre pays dispose du premier parc de véhicules électriques, particuliers et utilitaires légers, en Europe et de l’un des réseaux d’infrastructures de recharge ouvertes au public les plus denses du continent. Ce maillage territorial s’étoffe chaque semaine davantage. Il résulte de l’initiative de certains concessionnaires automobiles, de grandes enseignes de distribution, des opérateurs d’un projet reconnu de dimension nationale mais surtout des collectivités territoriales qui ont répondu aux appels à projet de l’ADEME, cofinancés par l’Etat à hauteur de 50 %. Le réseau national d’infrastructures de recharge est néanmoins encore perfectible : il reste des territoires où le nombre de stations publiques de recharge est insuffisant au regard du volume des véhicules électriques qui y circulent ou y transitent. Il s’avère en outre nécessaire d’offrir davantage de solutions de recharge de proximité, associées à du stationnement résidentiel ou dans les zones d’activités, pour permettre à celles et ceux qui ne disposent pas d’une possibilité de stationnement à domicile de se tourner vers l’électromobilité. Sur le plan technique, des progrès considérables ont été réalisés. En moins de quatre ans, la question de la standardisation des prises de recharge a été réglée, alors qu’elle ne l’est toujours pas pour les ordiphones utilisés depuis 2007 ! Depuis la fin de l’année dernière, les nouveaux véhicules électriques arrivant sur le marché ont ou auront une autonomie d’au moins 300 km. Grâce à la mobilisation de tous les opéra1

Enquête Ipsos pour Mobivia Groupe & Avere-France de septembre 2016.

REE N°4/2017 Z 1


EDITORIAL

teurs et à la mise en place de moyens appropriés, l’itinérance de la recharge, c’est à dire ce qui permet à un automobiliste d’utiliser les services d’un réseau de bornes sans être nécessairement abonné à son opérateur, est entrée dans une phase opérationnelle. Par ailleurs, le nombre croissant de véhicules électriques en circulation, associé à l’augmentation de la capacité des batteries, a favorisé l’accélération de la recherche et de l’innovation pour une utilisation raisonnée de l’énergie. Les travaux en cours sur la recharge « intelligente », les expérimentations sur l’échange d’énergie entre un véhicule électrique et le réseau ou un bâtiment ainsi que l’utilisation des batteries en seconde vie pour créer des dispositifs de stockage stationnaire afin de soulager la sollicitation du réseau aux heures de pointe, sont autant de domaines où notre pays est en pointe. Le propre d’un écosystème émergeant c’est d’être rythmé par des postulats que l’usage rend obsolètes et des paramètres encore inconnus qu’il convient d’anticiper. C’est le défi auquel est confronté l’en-

2 ZREE N°4/2017

semble de la filière de la mobilité électrique. L’innovation n’est plus uniquement dans l’évolution ou la rupture technologique. Elle impacte aussi les processus d’élaboration des programmes industriels dès lors que des véhicules électriques n’émanent plus uniquement des constructeurs historiques ; elle repose sur l’avènement et l’accompagnement de nouveaux métiers ; elle implique l’intégration de savoir-faire ou de procédés inédits mis au point, parfois à d’autres fins, par des start-up ; elle engendre la création de nouveaux services, avec des modèles économiques novateurs, qui ne visent plus nécessairement à faciliter l’usage ou la conduite d’un véhicule mais à simplifier la mobilité de tous. L’électromobilité est aussi un accélérateur d’innovations. Q

Francis Vuibert, préfet, conseiller du Gouvernement, délégué ministériel au développement territorial de l’électromobilité.


sommaire Numéro 4 

1

EDITORIAL L’électromobilité : un accélérateur d’innovations Francis Vuibert

4

SOMMAIRE

6

FLASH INFOS

7

VEDECOM Tech et Karamba Security estiment être en mesure de protéger les véhicules autonomes et connectés contre les cyberattaques Les transistors à nanotubes de carbone, une alternative à la filière CMOS silicium pour continuer la loi de Moore ? Un smartphone qui s’autorépare De la Terre à Alpha du Centaure en 20 ans

p. 1

9 10

15 ACTUALITÉS 18 20 22 p. 28

La chronique de la 5G : la virtualisation des fonctions de réseau Mobileye et le Road Experiment Management Les batteries Li-ion pour l’automobile : un marché en pleine évolution Vers un cluster de l’hydrogène dans la région de Liverpool-Manchester ?

24 A RETENIR Congrès et manifestations

26 VIENT DE PARAÎTRE La REE vous recommande

28 LES GRANDS DOSSSIERS Mobilité électrique Introduction : Le véhicule électrique et son interaction avec les réseaux Gilles Bernard & Jacques Horvilleur

31

p. 74

Panorama de la mobilité électrique : situation et perspective à moyen et long termes Marie Castelli

35

Transition vers la mobilité électrique – expression de deux constructeurs automobiles Mobilité électrique : la transition est en route Brice Fabry - Nissan

39

Electromobilité : changements sociétaux… et industriels Nicolas Leclère - PSA

41 p. 87

Photo de couverture : Fotoschlick - Fotolia

4 ZREE N°4/2017

p. 110

La recharge intelligente : perspectives de déploiement Claude Ricaud

47

La recharge intelligente : vision des gestionnaires de réseau d’électricité Alberto Tejeda, Loïc Jarrossay


Un marchÊ de services pour gÊnÊraliser l’usage des vÊhicules Êlectriques

0 40

59

/ C /IP es PS iv

La recharge en copropriĂŠtĂŠ

S Dr A. l3 al H

55

État de l’ART et ATO

John HonorĂŠ

Gilles Bernard, Bruno Lebrun

67

Les collectivitÊs locales, actrices de l’Êco-mobilitÊ Jean Facon, Charles-Antoine Gautier, Pascal Houssard

74

Dossier ICOLIM Introduction : ICOLIM 2017 (International Conference on Live Maintenance) Louis Devatine

76

Nouveaux outils TST BT BenoĂŽt ErtlĂŠ

79

Connexion et dÊconnexion d’une ligne 225 kV Franck Roussel, Gilles Ebeyre

82

ExpĂŠrimentation de drone pour la rĂŠalisation de travaux TST en HTA Thibaut Wagner

87 GROS PLAN SUR ‌ Le laser MÊgajoule, un grand instrument au service de la dissuasion nuclÊaire Daniel Vanderhaegen

99 CHRONIQUE Le niveau baisse mais la science et la technique progressent Bernard Ayrault

100 RETOUR SUR‌ Paul Dirac, l’arpenteur de l’antimatière et de la beautÊ mathÊmatique Marc Leconte

110 ENTRETIEN AVEC... Didier Houssin

L’IFPEN prÊpare l’après pÊtrole

SÊrie ATO Transformateurs de courant ouvrants  Compacts, auto-alimentÊs  Diamètres intÊrieurs de 10 et 16 mm  PrÊcision de classe 1 et 3  FrÊquence de fonctionnement : 50/60 Hz

SĂŠrie ART Boucle de Rogowski unique, fine et    

 Tension nominale d’isolation :

    PrĂŠcision de classe 0.5.

        Trou de passage du sceau de sĂŠcuritĂŠ de 2 mm  Ecran ĂŠlectrostatique

114 ENSEIGNEMENT & RECHERCHE Echos de l’enseignement supÊrieur

www.lemcity.com

Bernard Ayrault

117 LIBRES PROPOS L’ÊlectricitÊ et les nouveaux ÊlÊments de langage :  complÊmentaritÊ, paritÊ rÊseau, variabilitÊ  De quoi s’agit-il ?

At the heart of Smart Cities.

Pierre Audigier

120 SEE EN DIRECT La vie de l'association

REE N°4/2017 Z 5


FLASHINFOS

pénétrer à partir d’un smartphone et, de là, de propager

VEDECOM Tech et Karamba Security estiment être en mesure de protéger les véhicules autonomes et connectés contre les cyberattaques

une attaque vers les divers systèmes électroniques équipant le véhicule. La démonstration de la faisabilité d’une telle attaque avait amené FCA à rappeler 1,4 million de véhicules pour une mise à jour logicielle2.

Le 19 juin 2017, VEDECOM Tech, entité commerciale

Un des problèmes majeurs des véhicules autonomes

de l’Institut pour la transition énergétique VEDECOM, a

et connectés réside en effet dans le nombre de mo-

annoncé avoir fait le choix de la solution Carwall-Auto-

dules de commande électronique (ou ECU : Electronic

nomous Security développée par la société israélienne

Control Units) dont les véhicules sont dotés. Ces ECU

Karamba Security pour protéger contre les cyberattaques

sont généralement interconnectés par les réseaux de

les véhicules autonomes et connectés de niveau SAE 5

communication propres au véhicule. Cette intercon-

en cours de développement . Ce choix permettra, selon

nexion – qui va à l’encontre des principes de base de

VEDECOM Tech, de mettre sur le marché des véhicules

la cybersécurité industrielle prescrivant la segmentation

1

autonomes, auto-conduits et sécurisés contre les cyber-

des systèmes et leur découpage en zones de sécurité

attaques.

– pose un problème difficile en faisant de chaque ECU

Le risque de cyberattaque est un risque majeur pesant

un point d’entrée susceptible d’impacter l’ensemble du

sur les véhicules autonomes et connectés. Il a été démon-

système. Intel estime qu’il existe au moins 15 points

tré en juillet 2015 lorsqu’aux Etats-Unis deux hackers ont

d’entrée potentielle dans un véhicule autonome et

pris le contrôle à 10 miles de distance d’une Jeep Chero-

connecté (figure 1).

kee roulant sur l’autoroute, perturbant le fonctionnement

Créé en février 2014, VEDECOM est un Institut pour

de plusieurs organes du véhicule et l’envoyant finalement

la transition énergétique (ITE) mis en place dans le cadre

dans un fossé. L’attaque menée à des fins de démonstra-

du Programme d’investissements d’avenir (PIA) du Gou-

tion par deux experts en sécurité, commençait par une in-

vernement, dédié à la mobilité individuelle, décarbonée

trusion au travers du système de divertissement Uconnect

et durable. Ses membres fondateurs incluent notamment

équipant les véhicules. Ce système est en effet connecté à

PSA, Renault, Valeo et l’IFSTTAR. C’est une fondation par-

Internet ; la connaissance de son adresse IP, permettait d’y

tenariale de l’Université de Versailles Saint-Quentin-enYvelines. VEDECOM Tech est une société de droit privé

1

Les six niveaux d’autonomie, allant de 0 à 5, définis par SAE International font l’objet du standard SAE J3016 (voir http://www.sae. org/misc/pdfs/automated_driving.pdf ). Le niveau 5 correspond à l’autonomie totale en toutes circonstances.

2

Voir http://media.fcanorthamerica.com/newsrelease. do?&id=16827&mid=1

Figure 1 : les 15 points d’entrée principaux dans les systèmes d’un véhicule connecté – Source : Intel.

6 Z REE N°4/2017


FLASHINFOS

Figure 2 : Véhicule auto-conduit VEDECOM – Source : VEDECOM. qui constitue la branche opérationnelle de VEDECOM.

Rappelons que la SEE se propose en 2018 d’appro-

L’un de ses objectifs est d’offrir d’ici fin 2018 des véhi-

fondir, dans le cadre de son Cercle des entreprises, la

cules auto-conduits de niveau 5 (figure 2).

problématique du véhicule autonome et connecté. ■

JPH

Le choix du Carwall développé par Karamba Security s’explique par l’approche retenue par ses concepteurs. Il s’agit en effet d’un système pouvant protéger des cyberattaques chaque ECU, y compris celles commandant les systèmes de sécurité tels que les freins et la direction, sans nécessiter de mise à jour contre les logiciels malveillants et sans générer de faux positifs, c’est-à-dire de

Les transistors à nanotubes de carbone, une alternative à la filière CMOS silicium pour continuer la loi de Moore ? La feuille de route de l’ITRS3 qui planifie la miniaturisa-

fausses alarmes. L’impact sur la dynamique des systèmes serait également très minime. L’innovation apportée par le Carwall réside selon Ka-

tion croissante des circuits intégrés grâce à une réduction continue de la taille (l’empreinte) du transistor unitaire,

ramba Security dans trois principes :

prévoit que celle-ci ne devra pas excéder 40 nanomètres

s LESYSTÒMEESTMISENPLACESIMULTANÏMENTÌLINSTALLA-

au cours de la décennie à venir. Or, au fur et à mesure

tion de chaque ECU. Il verrouille tous les réglages d’usine

que l’on se rapproche des dimensions quantiques, il de-

(programmes légitimes, scripts, séquences d’appels de

vient de plus en plus difficile de respecter ce challenge

fonction), en étant ensuite en mesure d’identifier et de

dicté par la simple application de la loi de Moore qui sup-

valider tous les appels de fichiers binaires et tous les

pose une un doublement tous les 18 mois de la densité

appels de fonction ;

de transistors sur une puce électronique allant de pair

s IL VÏRIlE TOUTES LES OPÏRATIONS EN RUN TIME BLOQUANT tous les programmes seringues (droppers) et les appels

avec une augmentation de la vitesse de fonctionnement (figure 1).

mémoire qui ne correspondent pas aux réglages usine ;

La difficulté réside non seulement dans la difficulté

s CESVÏRIlCATIONSONTUNIMPACTNÏGLIGEABLESURLESPERR

croissante de réalisation des transistors eux-mêmes (on

formances. Même si un logiciel installé contient une faille de sécurité, celle-ci ne peut pas être exploitée car le Carwall en bloquerait la tentative éventuelle.

3

International Technology Roadmap for Semiconductors (ITRS) : feuille de route remise à jour régulièrement par un groupe d’experts issu des industriels des semi-conducteurs du monde entier (norme de facto).

REE N°4/2017 Z 7


ACTUALITÉS

Chronique de la 5G La virtualisation des fonctions de rĂŠseau Patrice Collet poursuit sa chronique sur les technologies qui vont sous-tendre la 5e gĂŠnĂŠration de communications mobiles. Dans ce numĂŠro, il nous parle de la virtualisation des fonctions de rĂŠseau.

Virtualization) hĂŠbergĂŠ par l’ETSI. Il rassemble en 2017 plus de 290 organisations dont 38 opĂŠrateurs de rĂŠseaux et a publiĂŠ une sĂŠrie de spĂŠciďŹ cations qui doivent servir de fondements Ă la dĂŠďŹ nition de nouveaux rĂŠseaux par les organismes de normalisation. Les bĂŠnĂŠďŹ ces attendus de la virtualisation par le groupe NFV sont nombreux : sLARĂ?DUCTIONDESCOĂ&#x;TSDESĂ?QUIPEMENTSDERĂ?SEAULARĂ?DUCTIONDESCONSOMMATIONSDĂ?NERGIE

La virtualisation est apparue dans le monde de l’infor-

sLOUVERTUREDUMARCHĂ?DESFONCTIONSDERĂ?SEAUAU DELĂŒDES

matique avec la disponibilitĂŠ de serveurs informatiques de

FOURNISSEURSTRADITIONNELSLARĂ?DUCTIONDUDĂ?LAIDEMISESUR

grande capacitĂŠ. Elle consiste Ă faire exĂŠcuter simultanĂŠment

LEMARCHĂ?DESNOUVELLESOFFRESDESERVICE

sur un même serveur physique plusieurs systèmes d’exploi-

sLADAPTATIONRAPIDEDELACONlGURATIONDURĂ?SEAUAUXmUC-

tation (OS) et plusieurs applications. Son intÊrêt est d’Êviter la multiplication des plates-formes matÊrielles quand un même

TUATIONSDUTRAlC sLAPOSSIBILITĂ?DEFOURNIRDESSERVICESSURMESUREAUXDIFFĂ?-

utilisateur doit faire exĂŠcuter des applications qui nĂŠcessitent

rents clients du rÊseau‌

des systèmes d’exploitation diffÊrents. Elle permet de mieux utiliser les ressources matÊrielles de traitement et de stoc-

Principes gÊnÊraux de l’approche NFV Les fonctions virtualisÊes (VNF) sont assurÊes par des

kage au prix d’une certaine consommation de puissance liÊe à la gestion de la virtualisation.

blocs logiciels exĂŠcutĂŠs sur des fermes de serveurs de grande

Traditionnellement, les rĂŠseaux de tĂŠlĂŠcommunications

capacitĂŠ partageant des ressources de stockage et interagis-

sont constituÊs de nœuds interconnectÊs par des artères de

sant avec des commutateurs Ethernet standard de grande

transmission. Ces nœuds sont fondÊs sur des matÊriels et des

capacitĂŠ (ďŹ gure 1). La mĂŞme infrastructure peut hĂŠberger

logiciels propres à l’industriel qui les a fournis ce qui rend l’Êvo-

un grand nombre de blocs logiciels de diffĂŠrentes caractĂŠ-

lution fonctionnelle du rĂŠseau dĂŠpendante du matĂŠriel installĂŠ

ristiques fonctionnelles : le lien ĂŠtroit qui existait entre un

et des capacitÊs de son fournisseur. Pour faciliter l’Êvolution,

matÊriel et les fonctions de rÊseau qu’il assurait est ainsi Êli-

les opĂŠrateurs ont maintenant recours Ă des plates-formes in-

minĂŠ. Les blocs logiciels peuvent ĂŞtre rĂŠpliquĂŠs en diffĂŠrents

formatiques auxquelles la commande des services peut ĂŞtre

points du rĂŠseau si sa topologie le nĂŠcessite. Ils peuvent ĂŠga-

momentanĂŠment transfĂŠrĂŠe. Cette approche impose des mo-

lement ĂŞtre dĂŠplacĂŠs dynamiquement pour faire face, par

diďŹ cations aux ĂŠlĂŠments de rĂŠseau existants mais permet de

exemple, Ă des pointes de traďŹ c en certains points du rĂŠseau.

donner plus de souplesse d’Êvolution.

Ces possibilitÊs permettent aussi de limiter la consommation d’Ênergie en arrêtant certains serveurs en pÊriode de faible

La virtualisation des fonctions de rĂŠseau

traďŹ c, les fonctions nĂŠcessaires n’Êtant plus exĂŠcutĂŠes que

La disponibilitĂŠ de serveurs de traitement de grande capa-

sur un nombre rÊduit de serveurs. L’indÊpendance entre l’in-

citÊ offrant des interfaces de communication à très haut dÊ-

frastructure et les fonctions de rĂŠseau virtualisĂŠes peut crĂŠer

bit et le dÊveloppement de l’infonuagique (cloud computing)

de nouvelles possibilitÊs analogues à celles qu’offre le cloud

permettent aujourd’hui de faire exÊcuter les fonctions d’un

computing : le propriÊtaire d’une fonction virtualisÊe n’est

certain nombre d’ÊlÊments de rÊseau par des serveurs infor-

pas forcÊment le propriÊtaire de l’infrastructure sur laquelle

matiques du commerce. Cette approche devrait faire dispa-

elle s’exÊcute.

raĂŽtre un certain nombre des inconvĂŠnients des architectures

Le groupe NFV a dĂŠďŹ ni des cas d’usage type de la virtua-

de rÊseau actuelles, à condition que l’ensemble des acteurs

lisation ainsi que le cadre architectural commun qui doit per-

se mettent d’accord sur un cadre architectural commun, sur

mettre de les mettre en Ĺ“uvre. Pratiquement, en termes de

des interfaces internes et sur des interfaces de programma-

cas d’usage, la majoritÊ des ÊlÊments des cœurs de rÊseau

tion d’application (API). La dĂŠďŹ nition de la virtualisation des

ďŹ xe et mobile sont ciblĂŠs :

ÊlÊments de rÊseau a ÊtÊ lancÊe par un groupe d’opÊrateurs

sROUTEURS PASSERELLES FONCTION.!41‌

et d’industriels en 2012, le groupe NFV (Networks Functions

1

NAT : Network Address Translation, traduction d’adresse rÊseau.

REE N°4/2017 Z 15


ACTUALITÉS

Figure 1 : Principe de la virtualisation des fonctions de rÊseau – Source : Network Functions Virtualization – Introductory White Paper ETSI NFV ISG (2012). sENTIT�SDEC“URDER�SEAUMOBILE COMMELESENREGISTREURS sENTIT�SDEC“URDER�SEAUMOBILE COMMELESENREGISTREURS 2

3

de localisation (HLR /HSS ) les passerelles de donnĂŠes

sSERVICESDINFONUAGIQUESOUVENTFOURNISPARDESOP�RATEURS s SERVICESDINFONUAGIQUESOUVENTFOURNISPARDESOP�RATEURS de rÊseau à leurs clients)‌

ENTITĂ?DURĂ?SEAUDACCĂ’SMOBILEE .ODE"5)... (PDN-GW W4 ENTITĂ?DURĂ?SEAUDACCĂ’SMOBILEE .ODE" ENTITĂ?SAPPLICATIVESDERĂ?SEAU#$. SERVEURSDECACHEx ssENTITĂ?SAPPLICATIVESDERĂ?SEAU #$. SERVEURSDECACHEx 2

HLR : Home Location Register, enregistreur de localisation nominal : dans les rĂŠseaux 2G et 3G, base de donnĂŠes qui dĂŠtient les donnĂŠes de service et de localisation des utilisateurs mobiles. 3 HSS : Home Subscriber Server, le HLR dans le rĂŠseau 4G. 4 PDN-GW : Packet Data Network Gateway. Dans les rĂŠseaux 4G, passerelle vers le rĂŠseau de donnĂŠes en mode paquet. 5 e-Node B : nom de la station de base dans le rĂŠseau 4G.

Le cadre architectural de la virtualisation Le cadre architectural dĂŠďŹ ni par le groupe NFV est prĂŠsentĂŠ de façon simpliďŹ ĂŠe dans la ďŹ gure 2. Il identiďŹ e des blocs fonctionnels et les principaux points de rĂŠfĂŠrence entre ces blocs. Les fonctions de rĂŠseau virtualisĂŠes VNFF constituent un premier bloc fonctionnel : chacune d’elles est la virtualisation d’une fonction du rĂŠseau traditionnel. Une fonction de

Figure 2 : Cadre architectural hi l simpliďŹ ĂŠ i liďŹ ĂŠ dde NFV – SSource : d’ d’après è ETSI NFV 002 Network N k Functions F i Vi Virtualization li i – Architectural A hi l Framework F (2013).

16 ZREE N°4/2017


ACTUALITÉS

NFV définit cet enchainement de fonctions de réseau par ce

réseau, où matériels et logiciels sont fournis par un unique

qui est appelé “VNF forwarding graph” comme le montre la

fournisseur limitent fortement les possibilités d’intrusion et

figure 4.

r d’attaques. La multiplication des acteurs contribuant à la fourniture des éléments constitutifs de l’architecture NFV peut être

Conséquences de la virtualisation des fonctions de réseau

la source de vulnérabilités. Des mécanismes de sécurité renforcés sont à l’étude pour assurer la sécurité de l’architecture.

La virtualisation des fonctions de réseau est porteuse

Par ailleurs, NFV, en multipliant les acteurs susceptibles de

d’une révolution dans l’industrie des télécommunications, à

fournir des éléments logiciels, peut bousculer la position des

l’occasion de l’arrivée de la 5 G notamment.

différents acteurs : les fournisseurs traditionnels n’ont plus la

La virtualisation de réseaux offre la possibilité de réaliser

protection de la vente liée du matériel et du logiciel associé,

de nouvelles organisations de réseau comme le décou-

les opérateurs voient la barrière à l’entrée sur le marché de

page en tranche des réseaux (Network slicing) qui consiste

la fourniture des services de télécommunications s’abaisser.

à fournir sur une même infrastructure de réseau différents

Enfin, NFV va certainement considérablement modifier

réseaux virtuels indépendants les uns des autres et ayant des

les pratiques d’exploitation et de maintenance des réseaux :

caractéristiques de service différentes. C’est l’un des objectifs

la recherche des causes de dysfonctionnement dans les

des réseaux de la 5e génération que de disposer de cette

réseaux, par exemple, risque d’être encore plus complexe

fonctionnalité. C’est pourquoi la 5 G doit être définie confor-

qu’elle n’est aujourd’hui, à moins que des outils spécifiques

mément aux principes de NFV.

ne soient intégrés aux éléments de l’architecture de gestion

Cependant l’approche NFV comporte des risques auxquels

de NFV comme le prévoit le groupe NFV. Q

PC

il faudra parer : les architectures traditionnelles d’éléments de

Mobileye et le Road Experience Management (REMTM) La nouvelle n’était pas passée inaperçue lorsque Intel avait

Industrial Engineering and Management. Elle s’est affirmée

annoncé, en mars 2017, le rachat de la start-up israélienne

comme le leader mondial des systèmes de vision artificielle

Mobileye pour le montant record de 15 milliards d’USD. Mo-

appliquée à l’automobile et dans le développement de sys-

bileye est une société créée en 1999 par Ammon Shashua,

tèmes avancés d’aide à la conduite (ADAS).

professeur à l’université hébraïque de Jérusalem, et Ziv

Son système de caméra mono-vision, doté d’intelligence

!VIRAM INGÏNIEUR DIPLÙMÏ DE LA "EN 'URION 5NIVERSITY EN

artificielle, permet d’identifier des formes, telles que les

Figure 1 : Analyse de scène par la technologie Mobileye.

18 ZREE N°4/2017


ACTUALITÉS

Figure 2 : Principes du Road Experience Management – Source : Mobileye. véhicules et les piétons, aussi bien que les textures, telles

les informations collectées par leurs caméras sur la géomé-

que les bandes de séparation des voies de circulation, bords

trie de la route et les repères stationnaires dans leur environ-

de route, barrières, etc. Ce système s’est révélé plus simple

nement. Ces informations sont traitées et agrégées dans le

et finalement plus performant que les systèmes stéréosco-

nuage puis renvoyées vers les véhicules qui disposent alors

piques utilisant la technologie radar qui étaient antérieure-

des informations complètes nécessaires à leur pilotage au-

ment considérés comme supérieurs. La confiance de Mobi-

tomatique.

leye dans la supériorité de systèmes mono-vision était fon-

Les informations transmises vers le nuage sont prétraitées

dée sur la constatation que les deux yeux de l’être humain

par des algorithmes d’intelligence artificielle de façon à ne

ne sont utiles que pour la vision à courte distance et que l’in-

transmettre que des informations utiles et à minimiser les

terprétation de scènes à moyenne et longue distance se fait

débits et les temps de transfert. Elles sont conditionnées en

chez l’être humain à partir de l’image fournie par un seul œil.

petites capsules dénommées Road Segment Data (RSD) qui

Cette intuition s’est révélée juste et les caméras et boîtiers

sont réconciliées et agrégées dans le nuage.

Mobileye équipent à présent plus de 15 millions de véhicules en provenance de nombreux constructeurs (figure 1).

Mobileye estime qu’il suffit d’avoir neuf véhicules circulant sur une voie donnée pour obtenir de façon collabora-

Aujourd’hui Mobileye s’attaque à un problème plus difficile

tive une précision cartographique de 10 cm avec des dé-

que la simple assistance à la conduite, celui du développe-

bits de transmission n’excédant pas 10 ko par km (figure 2).

ment de technologies ouvrant la voie à la voiture entièrement

La technologie-clé réside dans l’aptitude à transformer les

autonome et connectée. Pour arriver à ce stade, le véhicule

images captées par les caméras en informations utiles. Mobi-

doit pour cela disposer en temps quasi-réel d’une cartogra-

leye pense commercialiser en 2018 un nouveau composant

phie de son environnement à jour et de grande précision. On

EyeQ4 offrant les performances requises par le niveau 3 de

pourrait songer pour celà à continuer d’utiliser la technique

l’échelle SAE d’autonomie des véhicules. En 2020-21, échelle

DÏSORMAIS CLASSIQUE DE 'OOGLE ET DE (ERE DE mOTTES DE

de temps visée pour la commercialisation de véhicules de

voitures circulant sur les routes et dotées d’un système de

niveau 5 (véhicules totalement autonomes en toutes circons-

vision laser. Mais le travail serait immense, avec par exemple

tances), le composant EyeQ5 pourrait offrir une puissance de

aux Etats-Unis 4 millions de miles de route à cartographier à

calcul de 12 à 15 téra-opérations par seconde.

l’échelle de quelques centimètres.

General Motors, Volkswagen et, en avril, 2017 Nissan, ont

Mobileye a proposé au CES de Las Vegas de 2016 une

annoncé participer au système de crowd-sourcing proposé

autre approche fondée sur la collecte collaborative des don-

par Mobileye afin d’enrichir la base collaborative de données

nées de circulation ou Road Experience ManagementTM.

cartographiques. Tesla propose de son côté un système alter-

Dans cette approche, les véhicules équipés de caméras ap-

natif dénommé Autopilot. Q

propriées et participant au système, envoient vers le nuage

JPH

REE N°4/2017 Z 19


ACTUALITÉS

Les batteries Li-ion pour l’automobile : un marchÊ en pleine Êvolution

Figure 1 : Evolution du prix moyen des batteries Li-ion depuis 2010 (cellules et packaging) – Source : BNEF (2017). Les batteries li-ion constituent le composant stratÊgique

La question des infrastructures de recharge est discutĂŠe

dont dĂŠpend le dĂŠveloppement du vĂŠhicule ĂŠlectrique. On

dans l’un des dossiers de la prÊsente REE. Quant au prix des

attend des batteries davantage de capacitÊ pour plus d’auto-

BATTERIES "LOOMBERG .EW %NERGY &INANCE ".%& A PUBLIĂ?

nomie, une durĂŠe de vie toujours plus longue et un prix de

en juillet 2017 les rÊsultats d’une Êtude qui semble montrer

revient beaucoup plus compÊtitif qu’il ne l’est actuellement.

que la trajectoire du prix des batteries Li-ion est fortement

Il semble bien que ceux qui ont misĂŠ sur le dĂŠveloppement

orientÊe à la baisse et que l’on assiste à un phÊnomène

du vĂŠhicule ĂŠlectrique soient en passe de gagner leur pari. Tous

d’Êvolution similaire à celui que l’on a connu avec les Êcrans

les constructeurs intègrent à prÊsent dans leur gamme des vÊ-

plats et les panneaux photovoltaĂŻques.

hicules ĂŠlectriques ou hybrides rechargeables avec des batte-

On constate tout d’abord que le prix des batteries Li-ion

ries dont la capacitĂŠ est en train de passer de 30/40 kWh Ă

a fortement dÊcru au cours des dernières annÊes, passant,

60 voire 80 kWh. On annonce ainsi, pour les vĂŠhicules mis en

pour les packs, de 1 000 $/kWh en 2010 Ă 273 $/kWh en

service dans les toutes prochaines annĂŠes, une autonomie de

2016 (ďŹ gure 1). Cette ĂŠvolution est due aux amĂŠliorations

400 voire 500 km, mĂŞme si ces chiffres doivent ĂŞtre pris avec

technologiques et aux Êconomies d’Êchelle.

prudence, compte tenu de leur sensibilitĂŠ aux conditions de

Aujourd’hui, les capacitÊs de production installÊes dans le

conduite. LibĂŠrĂŠ de son ĂŠtiquette de vĂŠhicule de proximitĂŠ, la

monde sont excĂŠdentaires. Elles atteignent 103 GWh pour

voiture ĂŠlectrique pourrait ainsi devenir le vĂŠhicule de Monsieur

une demande ĂŠvaluĂŠe aux environs de 25 GWh (ďŹ gure 2).

tout-le-monde et plusieurs responsables gouvernementaux, en

La pression sur les prix va donc demeurer intense alors

Norvège, en Ecosse, en Chine et tout rÊcemment en France, ont

que de nouveaux progrès technologiques sont attendus.

annoncĂŠ la ďŹ n du vĂŠhicule thermique Ă l’horizon 2030/2040. Cette transition historique majeure est plausible mais, après que le problème de la capacitĂŠ des batteries et de celui de leur ďŹ abilitĂŠ ont ĂŠtĂŠ rĂŠglĂŠs (la durĂŠe de vie des batteries est souvent garantie pour huit ans Ă  prĂŠsent), il reste deux problèmes essentiels Ă  rĂŠsoudre : sCELUI DES INFRASTRUCTURES DE RECHARGE AlN DE PERMETTRE lorsque cela est nĂŠcessaire, une recharge rapide des batteRIESSANSMETTREĂŒMALLERĂ?SEAUĂ?LECTRIQUE sCELUIDUPRIXDEREVIENT LECOĂ&#x;TDESBATTERIESOBĂ?RANTENCORE de façon excessive le prix des vĂŠhicules et nĂŠcessitant une aide substantielle des pouvoirs publics dans tous les pays (jusqu’à 10 000 F d’aides de l’Etat en France, auxquelles peuvent s’ajouter des aides rĂŠgionales)

20 ZREE N°4/2017

Figure 2 : CapacitĂŠs de production installĂŠes dans le monde en Q1 2017. Source : BNEF (2017).


ACTUALITÉS

Figure 3 : Evolution prÊvisionnelle du coÝt des batteries fabriquÊes en CorÊe – Source : BNEF (2017)

Figure 4 : Evolution de la part des batteries dans la structure du prix de revient d’un vÊhicule Êlectrique de milieu de gamme aux Etats-Unis – En violet : courbe d’Êvolution du prix des vÊhicules thermiques – En milliers d’USD 2016 – Source : BNEF (2017).

".%&ESTIMEQUEDICI LEPRIXDUPACKDEBATTERIE,I ION ".%&ESTIMEQUEDICI LEPRIXDUPACKDEBATTERIE,I ION

"IEN ENTENDU UNE TELLE Ă?VOLUTION POSE DES PROBLĂ’MES PROBLĂ’MES

de première monte pourrait tomber aussi bas que 74 $/kWh

industriels. Un point clĂŠ est la maĂŽtrise de la fabrication des

pour des batteries fabriquĂŠes en CorĂŠe (ďŹ gure 3).

sĂŠparateurs dont dĂŠpend la performance de la batterie et

Cette Êvolution très marquÊe permettra au marchÊ du vÊhicule Êlectrique de se dÊvelopper. La part des batteries dans

aussi sa sĂŠcuritĂŠ. Des technologies de sĂŠparateurs ĂŠtouffant les ĂŠchauffements sont en dĂŠveloppement.

le prix des vĂŠhicules pourrait ainsi passer de 45 % environ

Par ailleurs, se pose la question de la disponibilitĂŠ en

en 2017 Ă 18 % en 2030, ce qui permettrait aux vĂŠhicules

matières premières nÊcessaires à la fabrication des bat-

Êlectriques d’être compÊtitifs sans subvention par rapport

teries. On pense en premier lieu au lithium mais celui-ci

aux vĂŠhicules thermiques dès 2025 (ďŹ gure 4).

semble assez largement rĂŠpandu dans le monde, au Chili,

L’Êvolution du prix des batteries, si elle se conďŹ rme aura un

EN"OLIVIEETEN!USTRALIENOTAMMENT,EPROBLĂ’MEDUCO-

effet très important sur la demande. Pour les seuls vÊhicules

balt semble devoir être regardÊ avec plus d’attention car

ĂŠlectriques, celle-ci pourrait atteindre 408 GWh/an en 2025

il s’agit d’un marchÊ très Êtroit. D’ores et dÊjà , des fonds

et 1 293 GWh/an en 2030. Mais la baisse du prix des batteries

spĂŠculatifs ont pris pied sur une partie des ressources.

ouvrira la voie Ă de nouvelles applications, en particulier pour

Il faut par ailleurs veiller à l’approvisionnement en terres

les dispositifs de stockage et de stabilisation sur les rĂŠseaux

rares (nĂŠodyme et dysprosium notamment) nĂŠcessaires

Êlectriques, ce qui facilitera l’insertion des Ênergies renouve-

Ă la fabrication des aimants permanents des moteurs. Le

lables intermittentes et permettra le dÊveloppement de l’auto-

lecteur pourra se reporter sur ce point au dossier paru

CONSOMMATION0OURLESAPPLICATIONSENAVAL COMPTEUR ".%&

dans la REE 2014-5. Q

prĂŠvoit un marchĂŠ de 200 GWh en 2030.

JPH

REE N°4/2017 Z 21


LES GRANDS DOSSIERS

Introduction

Le véhicule électrique et son interaction avec les réseaux Une révolution annoncée : la mutation du parc automobile vers l’électricité

Si les choses étaient si simples, cela ferait longtemps que cette conversion aurait été faite ; rappelons

En finir avec la com-

que, vers 1900, les voitures

mercialisation des voitures

électriques étaient les plus

roulant

performantes, du moins

à

l’essence

ou

au gazole en France d’ici 2040, tel est l’objectif affi-

Gilles Bernard Président de l’AFIREV1

ché le jeudi 6 juillet 2017

Jacques Horvilleur Secrétaire général de la SEE

par le ministre de la transi-

en termes de vitesse. Si le moteur thermique s’est ensuite imposé, c’est pour un ensemble de raisons tech-

tion écologique et solidaire, Nicolas Hulot, dans le

niques, économiques et sociologiques qui sont, au-

cadre du Plan climat présenté par le gouvernement.

jourd’hui encore, objets de débats. Les contraintes imposées par les batteries d’accumulateurs et les

Reconnaissant que cet objectif est « lourd »,

difficultés de leur recharge en constituent la cause

notamment pour les constructeurs automobiles, le

fondamentale : capacité des batteries, prix, durée

ministre a annoncé de premières mesures visant

de l’opération de recharge, risque de ne pas trouver

à faciliter le respect de cet objectif, notamment en

de borne lorsque c’est nécessaire, etc.

termes d’incitation des consommateurs. Mais il est clair qu’il ne suffira pas d’encourager les automobi-

Depuis une vingtaine d’années, la prégnance

listes à se convertir à l’électricité pour réussir en une

des problématiques environnementales et la raré-

vingtaine d’années cette révolution, après plus d’un

faction des ressources pétrolières ont progressi-

siècle de suprématie de la voiture à moteur ther-

vement conduit à considérer comme inéluctable

mique. En effet, passer au véhicule électrique n’est

la disparition des voitures à moteur thermique. En

pas seulement remplacer le moteur à pétrole par un

conséquence, la question du stockage de l’électri-

moteur électrique.

cité est venue au premier rang des progrès néces-

1

AFIREV : Association française pour l’itinérance de la recharge électrique des véhicules.

Figure 1 : recharge d’une voiture électrique au début du 20e siècle – Source : http://dailygeekshow.com

28 ZREE N°4/2017


Introduction

LES GRANDS DOSSIERS

Figure 2 : La Renault ZOE, voiture électrique la plus vendue en France en 2017 – Source : Kirill Borisenko — Travail personnel. saires, et des avancées rapides ont été constatées.

sIL FAUT EN FAIRE UNE SOLUTION DE PROGRÒS MAJEUR

En termes de prix, l’industrialisation et les incita-

pour la mobilité : moindre impact environnemen-

tions publiques feront le reste.

tal, plus grande efficience, plus grande fluidité et facilité de déplacement ;

Des questions multiples à résoudre pour rendre possible la conversion à l’électromobilité Ces progrès ont permis, au cours de ces dernières

sILFAUTASSURERLACONVERGENCEENTRELEDÏVELOPPEment de l’électromobilité et la transition énergétique vers plus d’énergies renouvelables et moins d’énergies fossiles.

années, l’apparition d’une offre commerciale de voitures électriques. Toutefois, malgré les réelles qualités

Ce dossier ne prétend pas passer en revue toutes

que leurs utilisateurs reconnaissent à ces véhicules et

les initiatives et toutes les recherches en cours pour

la forte croissance des ventes depuis 2010, ils ne re-

garantir que ces conditions seront remplies, mais il

présentent à ce jour qu’un peu plus de 1 % du marché

fait le point sur les principales problématiques.

automobile français et l’on n’assiste pas encore à un basculement massif vers cette nouvelle technologie.

S’inscrivant dans le cadre des politiques publiques (voir l’éditorial de cette revue par le préfet

Il faut remarquer qu’un fort taux de pénétration

Francis Vuibert, délégué ministériel au dévelop-

est possible, puisqu’il se réalise en Norvège : les

pement territorial de l’électromobilité), le dossier

ventes de véhicules rechargeables y atteignent près

s’ouvre sur une présentation de la situation actuelle

de 30 % du marché du neuf.

et des perspectives en matière de développement du véhicule électrique et des réseaux de bornes de

Mais pour atteindre un tel niveau et s’inscrire

recharge en France (Marie Castelli – AVERE).

dans un avenir en rupture avec le présent, plusieurs conditions doivent être remplies :

Il est ensuite illustré par la vision de deux

sLE VÏHICULE ÏLECTRIQUE DOIT DEVENIR ÏCONOMIQUE-

constructeurs automobiles (Brice Fabry - Nissan et

ment plus attractif, comparé au véhicule thermique ;

Nicolas Leclère – PSA) relativement à l’évolution

sILFAUTCRÏERLESCONDITIONSDUNUSAGEFACILE SPÏ-

vers l’électromobilité et leur offre de véhicules élec-

cialement pour sa recharge ;

triques.

REE N°4/2017 Z 29


LES GRANDS DOSSIERS

Introduction

Puis on aborde les questions centrales que sont : sLADAPTATIONDESSYSTÒMESÏLECTRIQUESPRODUCTION

Antoine Gautierr – FNCCR, Pascal Houssard – SyDEV)

d’électricité et acheminement par les réseaux de

- sur le domaine privé (domiciles et lieux de tra-

transport et de distribution) au développement

vail) : la question est particulièrement cruciale

massif de ce nouvel usage de l’électricité qui peut

dans le résidentiel collectif, qui représente près

notamment induire des pointes de demande très

de la moitié de l’habitat français et dans lequel

importantes, au plan national comme au plan lo-

de multiples obstacles se présentent, notam-

cal. Pour éviter des investissements immodérés au

ment en liaison avec la gestion des copropriétés

moment où se développent des énergies renouvelables par nature intermittentes, des solutions

(John Honoré – Borne Recharge Service) ; sLES DISPOSITIONS Ì PRENDRE POUR RENDRE POSSIBLE

« intelligentes » s’imposent,

l’utilisation par tous de toutes

dans lesquelles les capacités

Gilles Bernard, d après avoir apporté

les infrastructures de recharge,

de stockage des véhicules

son concours à EDF R&D puis à Enedis, a

sans frontières technologiques

seront parties prenantes à la

été particulièrement impliqué à partir de

ou commerciales et fournir aux

gestion de l’équilibre offre-

2009 dans le plan national français pour le

utilisateurs des services qui fa-

demande des systèmes élec-

développement de l'électromobilité.

cilitent l’électromobilité (Gilles

triques. Ce thème est traité à la fois par Claude Ricaud (consultant pour les activités véhicules électriques) et par

Il est président du comité d’orientation de la société GIREVE depuis juillet 2013. Il est également président de l’Association française pour l’itinérance des recharges électriques de véhicules (AFIREV).

les deux grands gestionnaires

Bernard – AFIREV et Bruno Lebrun – GIREVE) Dans tous ces domaines, beaucoup reste à faire. La re-

de réseaux français (Alberto (

Jacques Horvilleur est ingénieur

cherche et l’innovation sont

Tejeda – RTE et Loïc Jarros-

Telecom. Il a consacré l’essentiel de sa

très intenses sur tous ces

sayy – Enedis).

carrière, au sein du groupe EDF, à l’étude

sujets, des incertitudes sub-

s LEDÏVELOPPEMENTDELÏQUIPE-

et à la gestion des réseaux électriques. Il a

sistent, mais le mouvement

ment en bornes de recharge :

notamment été responsable des politiques

engagé est déjà sans précé-

- sur le domaine public, pour

techniques d’ERDF. Il a également, pen-

dent dans l’histoire industrielle

lequel les collectivités locales

dant une dizaine d’années, été en charge

de l’automobile par l’ampleur

jouent un rôle primordial

du développement d’EDF et d’ERDF dans

atteinte et les succès technolo-

(Jean Facon et Charles-

plusieurs régions du monde. Depuis 2015, il est le secrétaire général de la SEE.

giques obtenus. Q

LES ARTICLES

Panorama de la mobilité électrique : situation et perspective à moyen et long termes Marie Castelli (Avere-France) ..................................................................................................................................... p. 31 Transition vers la mobilité électrique – expression de deux constructeurs automobiles Mobilité électrique : la transition est en route Brice Fabry (NISSAN AUTOMOTIVE EUROPE) .................................................................................................... p. 35 Electromobilité : changements sociétaux… et industriels Nicolas Leclere (PSA)................................................................................................................................................... p. 39 La recharge intelligente : perspectives de déploiement Claude Ricaud, consultant ......................................................................................................................................... p. 41 La recharge intelligente : vision des gestionnaires de réseau d’électricité Alberto Tejeda (RTE) et Loïc Jarrossay (Enedis) ............................................................................................... p. 47 La recharge en copropriété John Honoré (Borne Recharge Service) .............................................................................................................. p. 55 Un marché de services pour généraliser l’usage des véhicules électriques Gilles Bernard (AFIREV) et Bruno Lebrun (GIREVE) ..................................................................................... p. 59 Les collectivités locales, actrices de l’éco-mobilité Jean Facon (FNCCR), Charles-Antoine Gautier (FNCCR) et Pascal Houssard (SyDEV) ................... p. 67 30 ZREE N°4/2017


MOBILITÉ ÉLECTRIQUE

DOSSIER 1

Panorama de la mobilité électrique : situation et perspective à moyen et long termes Marie Castelli Secrétaire générale de l’Avere-France Long considered a myth, the development of electro mobility turns out to be an undeniable industrial, commercial and marketing reality in France and all over the world. Several sets of proofs converge toward the statement that the vehicle of tomorrow will be largely electrified. The roadmap of the carmakers, the investment of the electrical industry on the subject and the commitment of governments reinforce this reality. In short, electric will prevail. But how fast and what is really happening in this sector?

ABSTRACT

Introduction

Longtemps considéré comme un mythe, le développement de la mobilité électrique s’avère être une réalité industrielle, commerciale et marketing indéniable en France et dans le monde entier. Plusieurs ensembles d’éléments convergents le prouvent et permettent d’affirmer que le véhicule de demain sera largement électrifié. La stratégie des constructeurs automobiles, l’investissement de l’industrie électrique sur le sujet et l’engagement des gouvernements renforcent cette réalité. En bref, l’électricité s’imposera. Mais à quelle vitesse et que se passe-t-il réellement dans ce secteur? RÉSUMÉ

ront tous plusieurs modèles 100 %

diction de la vente des véhicules ther-

Le développement de la mobilité

électriques ou hybrides rechargeables

miques en France envisagés à horizon

électrique fait couler beaucoup d’encre

à horizon 2020. L’investissement de la

2040, viennent renforcer cette réalité.

depuis le Grenelle de l’environnement.

filière électrique sur le sujet ensuite, qui

Bref, l’électrique va s’imposer. Mais à

Longtemps considéré comme un mythe

se mobilise pour offrir toutes les solu-

quelle vitesse et qu’en est-il réellement

par certains, il s’avère être une réalité

tions de recharge et de services ainsi

de cette filière, sur laquelle de nom-

industrielle, commerciale et marketing

que pour gérer l’impact de la recharge

breux messages, parfois contradictoires,

incontestable.

sur le réseau. L’engagement des pou-

circulent ?

En effet, plusieurs faisceaux de

voirs publics partout dans le monde

Pour lever les doutes et souligner les

preuves se conjuguent et permettent

enfin, avec la mise en place de règle-

challenges qui restent à relever, un tour

d’affirmer que le véhicule de demain

mentations de plus en plus restrictives,

d’horizon s’impose…

sera largement électrifié. La feuille de

et de mesures de soutien de plus en

route des constructeurs automobiles

plus ambitieuses. En France, l’annonce

d’abord, qui démontre qu’ils propose-

du plan Climat, et les objectifs d’inter-

La France parmi les leaders du marché Le véhicule électrique (VE) est aussi ancien que son homologue thermique. Dès la fin du 19e siècle, on pouvait se déplacer en tout électrique. En 1899, la « Jamais Contente » est même la première voiture à dépasser les 100 km/h. C’est le fordisme qui mettra fin à la compétition entre les motorisations thermiques et électriques en améliorant sensiblement le modèle économique du thermique. Depuis lors, on a observé des tentatives de retour régulières de la technologie, mais sans succès durable. Dès 2010, avec la nouvelle généra-

Figure 1 : Ventes de véhicules électriques dans le monde (en milliers) – 2012 -2016.

tion de véhicules électriques propulsés

REE N°4/2017 Z31


DOSSIER 1

MOBILITÉ ÉLECTRIQUE

grâce à des batteries lithium-ion, on assiste enfin à une percée significative et durable de l’électrique. On observe en effet depuis sept ans une progression impressionnante de ventes de VE (figure 1). Au premier rang de ce marché florissant : la Chine, les Etats Unis et… la France ! L’hexagone est en effet le premier marché européen en volume (figure 2). Mais précisons qu’elle reste largement derrière la Norvège pour ce qui concerne les parts de marché (1,4 contre 15 % en 2016). Ainsi, depuis 2010, le marché des véhicules électriques, et plus particuliè-

Figure 2 : Parc de véhicules électriques en Europe au 31 décembre 2016.

rement de la voiture particulière et de l’utilitaire léger sont particulièrement dynamiques (figure 3). En avril 2017, la France a même passé la barre symbolique des 100 000 véhicules 100 % électriques immatriculés ! Un moment fort pour les professionnels de la filière qui ont pu affirmer la solidité du marché. Et cette tendance s’accroît d’année en année. En effet, l’offre de véhicules électriques s’étoffant et les performances

Figure 3 : Marché des électriques et hybrides rechargeables 2010 – 2016.

techniques des véhicules allant croissant, le succès du marché ne fait que se confirmer. Alors certes, l’électrique ne représente aujourd’hui que 1,4 % du marché automobile français. Mais quand on regarde le rythme de croissance des ventes depuis le lancement des modèles actuels, on comprend aisément que la place du VE va être incontestablement de plus en plus importante. Cependant on constate encore de fortes disparités régionales dans le développement du VE. Celles-ci sont en général dues à l’inégale implication des

collectivités territoriales dans le

développement de l’électromobilité sur leur territoire. Elles ont en effet un rôle important à jouer, notamment dans le développement des infrastructures de recharge pour lequel elles ont la compétence.

32 ZREE N°4/2017

Figure 4 : Nombre de véhicules électriques par 1000 habitants au 31 décembre 2016.


Panorama de la mobilité électrique : situation et perspective à moyen et long termes

L'AU T E U R E

Figure 5 : Répartition des points de charge accessibles au public en France (31 décembre 2016). Source : Gireve. On le voit clairement, même si

point de recharge pour cinq véhicules

les choses sont bien engagées, pour

en circulation, deux fois plus que les

atteindre les objectifs ambitieux fixés

recommandations de la Commission

par le Gouvernement dans la loi pour

européenne !

la transition énergétique et dans le plan

Le développement des réseaux est

climat actuel, le soutien public à la fi-

particulièrement actif depuis un an.

lière électrique doit encore se mainte-

C’est notamment dû au dynamisme des

nir. Encore fragile face à un thermique

projets des collectivités locales, qui sont

produit à des millions d’exemplaires, les

fortement engagées dans le dévelop-

électriques ont besoin d‘un accompa-

pement des bornes grâce aux aides de

gnement à 360 degrés, que ce soit sur

l’Etat. A l’été 2017, près de 50 % des

le prix d’achat et le coût de détention

points de charges appartiennent à des

des véhicules, mais aussi sur l’accès à

collectivités et permettent une recharge

la prise.

en voirie, dans les grandes villes comme

Des réseaux de recharge qui s’étoffent

Marie Castelli est secrétaire générale de l’Avere-France. Diplômée d’un deug d’histoire et d’un master affaires publiques et représentation des intérêts à Sciences Po Bordeaux, elle a précédemment assuré l’accompagnement d’entreprises et de syndicats professionnels dans leurs relations avec la sphère publique en tant que consultante pour le cabinet de lobbying Domaines publics. Durant ces années, elle s’est spécialisée dans les enjeux et les problématiques énergétiques et industrielles. Depuis avril 2013, elle met ses compétences au service de la stratégie de l’AvereFrance dans ses nombreuses missions en faveur du déploiement de la mobilité électrique en France.

dans les plus petits villages ruraux. Et l'on observe que le monde du privé, en particulier les enseignes commerr

Sur le front de la recharge, il faut avoir

ciales, s'impliquent de plus en plus En

conscience que les choses se passent

effet, des acteurs tels que les grands de

plutôt bien dans l’hexagone. En tout cas

la distribution (Ikea, Auchan, Lidl, etc.), les

pour ce qui est de la recharge accessible

chaines hôtelières ou encore les conces-

au public. Fin juillet 2017, ce sont près

sions automobiles installent leurs propres

de 19 000 points de recharge acces-

réseaux qu’ils ouvrent à tous. Leurs sta-

sibles au public qui sont répartis sur

tions représentent aujourd’hui environ

le territoire français, soit quasiment un

20 % des réseaux publics.

REE N°4/2017 Z 33


LES GRANDS DOSSIERS

Introduction

Le salon ICOLIM, consacré aux tra-

tant il permet une souplesse indispen-

vaux sous tension en Europe, a été créé

sable dans l’exploitation des réseaux

il y a maintenant 25 ans. Ce salon a lieu

électriques pour la réalisation de tra-

tous les trois ans dans l’un des différents

vaux de maintenance sans coupure.

pays européens effectuant des travaux sous tension : la Hongrie, la France, l’Ita-

Les travaux sous tension sont une

lie, l’Allemagne, l’Espagne, le Portugal, la

technique sûre et largement éprouvée

Roumanie, la Pologne, la Croatie, et la République tchèque. Cette 12e édition a eu lieu à Strasbourg, du 26 au 28 avril 2017. Ce rendez-vous est devenu incontournable car de plus en plus de ges-

Louis Devatine Président de l’Association européenne des travaux sous tension (Live Working Association)

depuis plusieurs dizaines d’années, qui s’appuie sur

une organisation rigou-

reuse, des méthodes de travail qui ont fait leurs preuves, ainsi que sur le professionnalisme des opérateurs qui garantit une sécurité maximale.

tionnaires de réseau de transport ou distribution d’électricité dans le monde utilisent

Environ 600 personnes, venues de toute l’Eu-

des techniques de travail sous tension. L’intérêt

rope, ont participé à ce congrès pour échanger sur

des travaux sous tension n’est plus à démontrer,

différents thèmes dont les techniques utilisées, les

Démonstration de travaux sur une ligne à 400 kV (RTE) lors du congrès ICOLIM 2017.

74 ZREE N°4/2017


Introduction

LES GRANDS DOSSIERS

modes opératoires, les derniers développements,

développées par les gestionnaires de transport et

la formation, la réglementation, la sécurité, etc.

de distribution français en collaboration avec les fournisseurs et sont présentées dans ce dossier.

Les participants à ICOLIM ont pu assister à une journée de démonstration au poste 400 kV de

Le salon ICOLIM montre que les progrès dans

Scheer (près de Sélestat) où les différents GRT

les techniques et les outils sont nombreux et té-

(RTE) et GRD (ENEDIS et Strasbourg Electricité

moignent de la vivacité de l’activité des travaux

Réseau) ont présenté différentes opérations de

sous tension. Les réalisations à travers le monde

travaux TST en BT, HTA et HTB.

attestent de l’ingéniosité des équipes qui mettent au point des modes opératoires audacieux pour

Cette journée était l’occasion de montrer les

assurer la réalisation des travaux de maintenance

méthodes classiques et les méthodes les plus

sans gêne pour les clients utilisateurs du réseau

innovantes. Certaines des innovations ont été

électrique. Q

Démonstration de travaux sur des lignes 20 kV (Enedis et Strasbourg Electricité Réseaux) lors du congrès ICOLIM 2017.

LES ARTICLES

Nouveaux outils TST BT Benoît Ertlé ................................................................................................................................................................. p. 76 Connexion-déconnexion d'une ligne 225 kV Franck Roussel, Gilles Ebeire ............................................................................................................................... p. 79 Expérimentation de drone pour la réalisation de travaux TST en HTA Thibaut Wagner .......................................................................................................................................................... p. 82

REE N°4/2017 Z 75


DOSSIER 2

ICOLIM

Nouveaux outils TST BT BenoĂŽt ErtlĂŠ RTE - SERECT SERECT dĂŠveloppe rĂŠgulièrement de nouveaux outils TST basse tension, en partenariat avec des entreprises industrielles. A l’origine de ces dĂŠveloppements, il y a deux sources d’inspiration : d’une part, des idĂŠes venant des opĂŠrateurs (utilisateurs) et, d’autre part, l’analyse par SERECT des retours d’expĂŠriences (accidentologie, rapports d’incident, audits‌). Dans les deux cas, une analyse de la pertinence du besoin est effectuĂŠe aďŹ n de s’assurer que l’outil dĂŠveloppĂŠ sera sĂŠcurisant En conclusion, un outil innovant doit ĂŞtre ergonomique, pratique, et doit apporter une amĂŠlioration rĂŠelle Ă l’utilisateur en termes de confort et sĂŠcuritĂŠ. RÉSUMÉ

Introduction L’intervention en Travaux Sous Tension sur les rĂŠseaux Basse Tension (BT) est une condition essentielle de la qualitĂŠ et de la continuitĂŠ de fourniture d’Ênergie aux clients. Pour rĂŠaliser ces travaux en toute sĂŠcuritĂŠ plusieurs conditions doivent ĂŞtre vĂŠriďŹ ĂŠes. D’une part le respect des règles d’intervention (les Conditions d’ExĂŠcution des Travaux), et d’autre part l’utilisation par les opĂŠrateurs d’outillages agrĂŠĂŠs, adaptĂŠs aux opĂŠrations Ă rĂŠaliser. En rendant les opĂŠrations plus simples et plus sĂťres, un outil spĂŠciďŹ quement conçu Ă  cet effet est un facteur de prĂŠvention des accidents.

Pourquoi de nouveaux outils ? SERECT est le centre d’expertise des travaux sous tension pour les interventions sur les ouvrages français de distribution Êlectrique. Le dÊveloppement de nouveaux outils innovants et ergonomiques est une des ses missions principales. Les opÊrateurs rÊalisant des travaux sous tension sur le

multitude d’idĂŠes, en rĂŠponse aux problĂŠmatiques de terr RAINRENCONTRĂ?ES#ESIDĂ?ESSONTDĂ?CORTIQUĂ?ESETANALYSĂ?ES au travers des ÂŤ processus innovation Âť mis en place par les OPĂ?RATEURSDERĂ?SEAULESEMPLOYANT,ESIDĂ?ESLESPLUSPERTInentes sont sĂŠlectionnĂŠes et transmises Ă SERECT en vue de leur dĂŠveloppement en solutions concrètes. Il est important d’identiďŹ er le besoin rĂŠel Ă  l’origine de la proposition d’innovation, quitte Ă  le traduire parfois en une solution radicalement diffĂŠrente de celle proposĂŠe. L’autre source ĂŠmane de SERECT mĂŞme. Dans une dĂŠMARCHEPROACTIVEDINNOVATIONETDANTICIPATION 3%2%#4 DE par sa position centrale de centre d’expertise des TST, est Ă  mĂŞme d’identiďŹ er les dĂŠveloppements Ă  rĂŠaliser. Dans tous les cas il s’agit de promouvoir l’adaptabilitĂŠ aux ouvrages, la sĂŠcuritĂŠ, et l’efďŹ cacitĂŠ des interventions.

Deux exemples La pince coupante pour Êcran mÊtallique de câbles BT à isolation synthÊtique FT BT 506

rÊseau BT français ont à leur disposition un important panel d’outils agrÊÊs. Plusieurs raisons peuvent cependant motiver le dÊveloppement d’un nouvel outil : s L�VOLUTIONDESR�SEAUX�LECTRIQUESSURLEQUELILFAUTINTERVENIR  s LANALYSEDESSITUATIONSDACCIDENTSMONTRANTQUECERTAINES opÊrations ou pratiques sur le terrain interviennent de façon R�CURRENTEDANSCESACCIDENTS s LAVOLONT�DEGAGNERENEFlCACIT�LORSDESOP�RATIONS434 s LAM�LIORATIONDELERGONOMIE s LA PRISE EN COMPTE DES NOUVELLES TECHNOLOGIES NOUVEAUX matÊriaux disponibles.

Quels outils dĂŠvelopper ? (ou comment trouver les idĂŠes innovantes ?)

Figure 1 : Nouvelle pince coupante.

La principale pÊpinière d’inspiration est constituÊe des innovations proposÊes par les opÊrateurs. La communautÊ des agents de terrain forme une sorte d’intelligence collective au sein de laquelle Êmerge une

76 Z REE N°4/2017

Cet outil constitue un exemple de dĂŠveloppement initiĂŠ par SERECT (ďŹ gure 1).


Nouveaux outils TST BT

,ES CĂŠBLES "ASSE 4ENSION ĂŒ ISOLATION SYNTHĂ?TIQUE COMportent un ĂŠcran mĂŠtallique enrubannĂŠ autour des conducTEURS DE PHASE ,ORS DUNE INTERVENTION SUR CES CĂŠBLES (confection d’une boĂŽte de dĂŠrivation‌), cet ĂŠcran mĂŠtallique doit ĂŞtre retirĂŠ. ,ERETOURDEXPĂ?RIENCEETLANALYSEDESACCIDENTSONTMONtrĂŠ qu’il s’agit lĂ d’une situation potentiellement risquĂŠe : lors de la dĂŠcoupe des bandes d’Êcran mĂŠtallique du câble, l’outil EMPLOYĂ?TRADITIONNELLEMENTUNCOUTEAUISOLĂ? PEUTPERFORER LACOUCHEDISOLATIONDESCONDUCTEURSDEPHASEETPROVOQUER UNCOURT CIRCUITENTREPHASEETĂ?CRANMĂ?TALLIQUE$ANSCETTE situation la main de l’opĂŠrateur se trouve au plus près de l’arc ĂŠlectrique, Ă  quelques centimètres Ă  peine (ďŹ gure 2).

Figure 3 : OpĂŠration sĂŠcurisĂŠe - nouvel outil.

Figure 4 : Fonction supplÊmentaire. Figure 2 : OpÊration �à risque� avec couteau isolÊ. Partant de ce constat, il a ÊtÊ dÊcidÊ de dÊvelopper un outil permettant à la fois d’Êloigner la main de l’opÊrateur de la source d’un Êventuel arc Êlectrique, et surtout de prÊvenir le risque de court-circuit en sÊcurisant cette opÊration.

Le protecteur mallĂŠable FT BT 434 Ce deuxième exemple illustre le dĂŠveloppement d’un outil issu d’une idĂŠe nĂŠe sur le terrain. ConfrontĂŠ Ă des difďŹ cultĂŠs de mise en Ĺ“uvre des matĂŠRIELS DISOLEMENT COMMUNĂ?MENT EMPLOYĂ?S DANS CERTAINES

L’outil dÊveloppÊ en collaboration par SERECT et

SITUATIONS DE CHANTIER PAR EXEMPLE  NAPPES ISOLANTES UN

DERANCOURT est dotĂŠ de lames au design spĂŠciďŹ que,

opÊrateur d’ENEDIS, a imaginÊ pouvoir disposer d’un protec-

proďŹ lĂŠes pour pouvoir s’insĂŠrer entre les bandes de l’Êcran

TEUR POLYMORPHE MALLĂ?ABLE SADAPTANT AUX FORMES PARTICU-

mÊtallique du câble sans risquer d’endommager l’isolant des

lières des matĂŠriels sur lesquels il est appliquĂŠ (ďŹ gure 5).

CONDUCTEURSDEPHASE

#ETTEIDĂ?EORIGINALEAĂ?TĂ?SOUMISEVIALADĂ?MARCHEiINNOVA-

L’optimisation de la forme des lames et de l’ergonomie

TIONwDESONEMPLOYEURQUILATROUVĂ?PERTINENTE#ETTEIDĂ?E

gÊnÊrale Êtant un facteur clÊ de la rÊussite d’un tel outil, des

est d’autant plus intÊressante qu’ENEDIS est actuellement

formateurs et agents de terrain ont ĂŠtĂŠ sollicitĂŠs en amont,

confrontĂŠ au dĂŠďŹ de remplacer l’ensemble du parc de comp-

AUSTADEDESPREMIERSPROTOTYPESAlNDENĂ?VALUERLAFACILITĂ?

teurs Êlectriques français par un nouveau modèle de comp-

d’utilisation.

teur communiquant (compteurs LINKY). Le remplacement

Avec ce nouvel outil et en accord avec les règles d’interven-

de ces compteurs implique dans certains cas l’obligation de

tion TST, les opÊrateurs pourront intervenir sur les câbles plus

rÊaliser l’opÊration en TST, avec la contrainte de devoir isoler

simplement, plus rapidement, et en toute sĂŠcuritĂŠ (ďŹ gure 3 et 4).

SĂ?LECTIVEMENTCHACUNEDESBORNESDUCOMPTEUR

REE N°4/2017 Z 77


DOSSIER 2

ICOLIM

Figure 6 : Pistolet d’injection avec les cartouches. Figure 5 : Ancien compteur Êlectrique – le bornier à gauche est protÊgÊ avec le protecteur mallÊable.

r le mĂŠlange des deux composants dans les bonnes proportions et pour ĂŠloigner la main de l’opĂŠrateur des pièces sous TENSION LEPRODUITESTCONDITIONNĂ?DANSDESCARTOUCHESDOseuses, appliquĂŠ Ă l’aide d’un pistolet d’injection (ďŹ gure 6). 5NEĂ?PAISSEURDEMMDECECAOUTCHOUCSILICONEESTAMplement sufďŹ sante pour assurer l’isolement requis en Basse Tension compatible avec la classe 0 dĂŠďŹ nie dans les normes usuelles traitant des outils pour Travaux Sous Tension. Bien que dĂŠveloppĂŠ Ă  l’origine pour apporter une solution concrète dans le cadre du projet de remplacement des compteurs LINKY, ce nouveau protecteur ouvre de nouvelles pos-

Figure 7 : Retrait d’un protecteur mallĂŠable. ENEDIS a conďŹ ĂŠ Ă SERECT la mission de concrĂŠtiser cette

sibilitÊs de protection de parties d’installations sous tension.

Conclusion

IDĂ?EENUNOUTILQUALIlĂ?ETINDUSTRIALISABLE!PRĂ’SANALYSE ILSEST IDĂ?EENUNOUTILQUALIlĂ?ETINDUSTRIALISABLE!PRĂ’SANALYSE ILSEST

Pour assurer la sĂŠcuritĂŠ lors de Travaux Sous Tension en

AVĂ?RĂ?QUELEPRODUITLEPLUSĂŒMĂ?MEDERĂ?PONDREAUCAHIERDES AVĂ?RĂ?QUELEPRODUITLEPLUSĂŒMĂ?MEDERĂ?PONDREAUCAHIERDES

Basse Tension, le respect des règles d’intervention dĂŠďŹ nies en

SĂ?CURITĂ? CHARGES ET PERMETTANT DE SATISFAIRE AUX EXIGENCES DE SĂ?CURITĂ?

France dans les Conditions d’ExÊcution des Travaux est fon-

SERAITUNEPĂŠTEmUIDE POLYMĂ?RISANTDANSUNCOURTDĂ?LAIAPRĂ’S SERAITUNEPĂŠTEmUIDE POLYMĂ?RISANTDANSUNCOURTDĂ?LAIAPRĂ’S

damental. Une autre condition indispensable est l’utilisation

application.

DUNOUTILLAGEADAPTĂ?DETYPEAGRĂ?Ă?#ETOUTILLAGEESTAMENĂ? DUNOUTILLAGEADAPTĂ?DETYPEAGRĂ?Ă?#ETOUTILLAGEESTAMENĂ?

En collaboration avec l’entreprise BLUESTAR SILICONES la

à Êvoluer de manière gÊnÊrale pour accompagner l’Êvolution

meilleure formulation possible pour le produit a ĂŠtĂŠ dĂŠtermi-

des matĂŠriels de rĂŠseau, et pour prendre en compte les nou-

nÊe, ainsi que l’Êquipement adÊquat pour la mise en œuvre :

VELLESTECHNOLOGIESETNOUVEAUXMATĂ?RIAUX)LSAGITLĂŒDAUTANT

UNE PĂŠTE BI COMPOSANTS POLYMĂ?RISANT ĂŒ TEMPĂ?RATURE AM-

d’opportunitĂŠs de gagner en efďŹ cacitĂŠ, ergonomie et sĂŠcu-

BIANTEDANSUNDĂ?LAIDEQUELQUESMINUTESENUNCAOUTCHOUC

ritĂŠ. Le dĂŠveloppement de nouveaux outils innovants est une

SILICONE HAUTEMENT DIĂ?LECTRIQUE NON ADHĂ?RENT SOUPLE ET

des missions essentielles que SERECT s’emploie à accomplir,

rĂŠsistant. Pour garantir une mise en Ĺ“uvre ergonomique,

en collaboration avec un rÊseau d’entreprises.

78 ZREE N°4/2017


ICOLIM

DOSSIER 2

Connexion-déconnexion d'une ligne 225 kV Franck Roussel1, Gilles Ebeire2 RTE France - franck-hubert.roussel@rte-france.com1, RTE France - gilles.eibere@rte-france.com2 Depuis plusieurs années, le Réseau de transport de l’électricité RTE est confronté à des demandes de plus en plus fréquentes de raccordement de fermes éoliennes ou photovoltaïques. Souvent, le raccordement se fait par un branchement en dérivation sur une ligne existante. Cette solution économique est source d’une nouvelle contrainte d’exploitation car il n’est pas possible de mettre hors tension la ligne sans couper ce client. A minima, il est nécessaire de mettre temporairement hors tension le client le temps déconnecter une partie r de la ligne au niveau du raccordement afin de pouvoir faire ultérieurement la maintenance de la partie de ligne mise hors tension. RTE dispose d’un système de déconnexion sous tension appelé DG (Dispositif de guidage d’arc), mais la longueur de la ligne à déconnecter est limitée à 1,5 km en 225 000 V. En 2015, une nouvelle solution a été conçue avec un sectionneur à rupture brusque, pour augmenter la longueur des lignes pouvant être connectées ou déconnectées. Ce matériel, initialement utilisé dans les postes électriques, permet de déconnecter une partie de ligne de longueur égale à 40 km en 225 000 V. Une expérimentation a été menée sur une ligne 225 000 V du réseau de RTE, à un point de raccordement d’un client. L’objectif était d’isoler une part de la ligne, sans mettre hors tension le client. Le sectionneur à rupture brusque a été connecté sous tension sur le pylône voisin du point de raccordement afin de réaliser l’opération de déconnexion. Cette nouvelle technique confirme que l’utilisation des travaux sous tension permet une exploitation plus efficace du réseau, compte tenu des exigences des clients d’avoir une forte disponibilité du réseau et des raccordements simplifiés et économiques. Cette innovation permet aussi d’avoir plus de flexibilité dans la planification de la maintenance du réseau électrique. RÉSUMÉ

Evolution des contraintes d’exploitation On observe un nombre croissant de lignes à trois extrémités, dont l’une est un poste client. Ce nombre va augmenter avec l’arrivée d’autres projets de raccordement de parcs

Deux paramètres sont à prendre en compte : 1. la tension de l’installation (de 63 à 400 kV). 2. la valeur capacitive de la partie de la ligne à déconnecter. Ces opérations doivent être maîtrisées car il faut :

photovoltaïques (Gréoux, Cabriès) ou éoliens dans d’autres

sPROTÏGERLOPÏRATEURVIS Ì VISDUPOTENTIEL

régions, tous ayant comme point commun un raccordement

sLIMITERLAPUISSANCEDELARCQUIAPPARAÔTLORSDELADÏCON-

en piquage sur une ligne existante.

nexion), sMAÔTRISERLEDÏVELOPPEMENTDELARCÏLECTRIQUEPOURSASSUrer qu’il finira par s’éteindre et ainsi couper le courant). Lors des opérations de connexion–déconnexion : 1. La longueur de l’arc électrique est liée à la différence de potentiel entre l’installation ou la pièce à potentiel flottant, et l’installation à potentiel fixé. 2. La capacité C de la pièce conductrice (volume, forme, composition…)

Sur ce type d’ouvrage, quand une opération de maintenance doit être effectuée hors tension sur une partie de la ligne, il faut aussi mettre hors tension le client. Au mieux, la mise hors tension du client dure le temps de déconnecter la partie de ligne où sera effectuée la maintenance.

Connexion & déconnexion, gestion des risques Dans les CET (Conditions d’Exécution du Travail), ces opérations de changements d’états sont appelées «changement d’état de tension »

REE N°4/2017 Z 79


DOSSIER 2

ICOLIM

Les opérations de connexion-déconnexion doivent prendre en compte le risque énergétique, lié à l’apparition d’un arc capa-

Opportunité d’innover ,ES ÏQUIPES OPÏRATIONNELLES DE 24% ONT PROPOSÏ UNE

citif qui peut :

solution innovante.

1. Avoir une longueur importante et réduire la tenue élec-

s5N SECTIONNEUR Ì RUPTURE BRUSQUE EST UTILISÏ POUR DÏCONs5N

trique de l’intervalle. 2. Faire transiter un courant de plusieurs ampères.

necter la partie d’installation à mettre hors tension pour effectuer les opérations de maintenance.

Les limites actuelles ou les moyens de se protéger face à ces risques… Il faut être en mesure de maîtriser l’arc capacitif qui apparaît lors de la déconnexion d’une pièce ou partie d’installation. Pour cela, il faut : 1. Calculer la longueur assimilée La, (assimilable à une longueur de conducteur simple nu), 2. Vérifier cette longueur assimilée La par rapport aux limites des Lr, Lr’, Lr’’, fixés par les CET. Cela permet de déterminer les conditions opératoires.

Figure 1 : Schéma du réseau électrique avec le pylône où se situe le raccordement du client et le pylône où est effectuée la déconnexion.

Les moyens de se protéger face à ces risques sont les suivants : s ÏALISER LE TRAVAIL PAR LA MÏTHODE DE TRAVAIL Ì DISTANCE s2 2ÏALISER DISTANCE   L’opérateur n’est pas dans le circuit, et se trouve à une distance suffisante. s ÏALISERLETRAVAILPARLAMÏTHODEDETRAVAILAUPOTENTIEL s2 2ÏALISERLETRAVAILPARLAMÏTHODEDETRAVAILAUPOTENTIEL Le courant capacitif doit être compatible avec les limites acceptables par le corps humain et l’opérateur doit se trouver à une distance suffisante par rapport au point de connexion.

80 ZREE N°4/2017

Figure 2 : Zoom sur le pylône où a lieu la déconnexion avec le branchement du sectionneur à rupture brusque.


GROS PLAN SUR Figure 1 : Vue d’ensemble du bâtiment LMJ. Copyright CEA-Lilian Marolleau.

Le Laser MégaJoule, un grand instrument au service de la dissuasion nucléaire Daniel Vanderhaegen Directeur du programme Simulation de la Direction des applications militaires du CEA

lement – et la garantie sur le long terme – des armes qui équipent les deux composantes de la dissuasion nucléaire française. L’atteinte de ces objectifs a nécessité de construire le pro-

Introduction

gramme suivant trois axes :

Lancé en 1996, le programme Simulation a pour objectif de

sLAPHYSIQUEDESARMES DESTINÏEÌBÊTIRLESÏQUATIONSMA-

pérenniser la dissuasion française après l’arrêt définitif des

THÏMATIQUESMODÏLISANTLESPHÏNOMÒNESPHYSIQUESINTER-

essais nucléaires. Il a été bâti pour permettre le renouvel-

venant dans le fonctionnement des armes nucléaires ;

This paper deals with the Laser MégaJoule (LMJ), an impressive facility dedicated to French nuclear deterrence, and built on the CEA/DAM CESTA nuclear Center near Bordeaux. In association with the radiographic facility EPURE, the LMJ is enabling the experimental validation of the physical and numerical tools of the Simulation program. This program supports the guarantee of nuclear weapons since the definitive ban of nuclear tests in 1996. The LMJ contributes also to the training of weapons designers by allowing them to face experimental conditions close to weapons. The LMJ focuses 176 beams, producing nanosecond pulses up to a maximum power of 400 TW, inside the 10 m target chamber on a millimetric target. The associated energy is able to bring matter to extreme pressure and temperature conditions allowing a large variety of experiments. Reaching the ignition, that is thermonuclear burn with high gain, is an ambitious challenge for the next decade. This extraordinary facility also welcomes scientific academic researchers and the Nouvelle Aquitaine Region helped to acquire another beam, PETAL. This beam generates picosecond pulses with a petawatt power, making the LMJ PETAL laser a prominent worldwide facility for extreme physics research. In addition to defense and scientific applications, the LMJ fostered the emergence of a unique hightech optical industry in the Bordeaux district.

ABSTRACT

Cet article est consacré au Laser MégaJoule (LMJ), grand instrument hors du commun, au service de la dissuasion nucléaire, implanté sur le centre CEA/DAM du CESTA près de Bordeaux. Le LMJ, permet, avec l’installation de radiographie éclair EPURE, la validation expérimentale des outils physico-numériques du programme Simulation. Ce programme porte la garantie des armes de la dissuasion depuis l’arrêt des essais nucléaires en 1996. Le LMJ participe également à la formation des équipes de concepteurs en les confrontant à une réalité expérimentale proche de celle des armes. Ce laser focalise 176 faisceaux, délivrant des impulsions nanosecondes jusqu’à une puissance de 400 TW dans l’ultraviolet à l’intérieur d’une chambre d’expériences de 10 m de diamètre, sur des cibles de taille millimétrique. L’énergie associée permet de porter la matière dans des conditions extrêmes de pression et de température et de réaliser une grande variété d’expériences. L’ignition, c’est-à-dire la combustion thermonucléaire à gain élevé, est un objectif ambitieux pour la prochaine décennie. Cette installation exceptionnelle est ouverte à la communauté scientifique académique à hauteur de 20 à 30 % de son temps d’exploitation. La Nouvelle Région Aquitaine a permis d’y adjoindre un faisceau supplémentaire, PETAL. Ce faisceau produit des impulsions picosecondes pour une puissance supérieure au pétawatt, ce qui fait de LMJ-PETAL une installation unique au monde pour explorer la physique de l’extrême. Au-delà de l’intérêt pour la défense et la science, le LMJ a permis l’émergence d’une filière industrielle de haute technologie dans le domaine de l’optique en Région Aquitaine. RÉSUMÉ

REE N°4/2017 Z87


GROS PLAN SUR

Figure 2 : Les quatre halls laser et le hall d’expÊriences – Copyright CEA. sLA SIMULATION NUM�RIQUE QUI REGROUPE LENSEMBLE DES

PrĂŠsentation gĂŠnĂŠrale du LMJ

applications informatiques et l’approvisionnement des cal-

,E ,-* EST UNE INSTALLATION EXPĂ?RIMENTALE HORS DU COM-

culateurs de puissance nĂŠcessaires pour rĂŠsoudre les ĂŠqua-

MUN CONSTRUITESURLECENTRE#%!DU#%34!ĂŒPROXIMITĂ?DE

tions ;

Bordeaux). Le bâtiment (ďŹ gure 1) a des dimensions impo-

sLAVALIDATIONEXPĂ?RIMENTALE PERMETTANTDERĂ?ALISERDESEX-

santes (environ 300 m de long, 100 m de large et 50 m de

PĂ?RIENCES EN LABORATOIRE DESTINĂ?ES ĂŒ VALIDER LES DIFFĂ?RENTS

HAUT SURTOUTCOMPARĂ?ESĂŒLATAILLEMILLIMĂ?TRIQUEDESCIBLES

MODÒLES S�PAR�MENTOUDANSLEURENCHAÔNEMENT

QUIYSONTEXPĂ?RIMENTĂ?ES

La validation expĂŠrimentale en laboratoire repose princi-

Dans sa conďŹ guration nominale, 176 faisceaux sont focali-

palement sur deux très grands Êquipements :

SĂ?SSURLACIBLEPLACĂ?EAUCENTREDELACHAMBREDEXPĂ?RIENCES

sLINSTALLATION DE RADIOGRAPHIE Epure, pour ĂŠtudier le com-

Leur ĂŠnergie est ampliďŹ ĂŠe dans l’infrarouge (IR, h= 1 053 na-

PORTEMENT HYDRODYNAMIQUE DES MATĂ?RIAUX DANS LA PHASE

nomètres) pour être convertie en lumière ultraviolette (UV,

prĂŠ-nuclĂŠaire du fonctionnement des armes ;

h = 351 nanomètres). Les faisceaux sont distribuÊs dans

sLELaser MÊgajoule (LMJ), permettant d’atteindre en labora-

QUATREHALLSLASERRĂ?PARTISAUTOURDUHALLCONTENANTLACHAMBRE

toire des conditions de tempĂŠrature et de pression (souvent

d’expĂŠriences (ďŹ gures 2 et 3). Les procĂŠdĂŠs mis en Ĺ“uvre

DĂ?NOMMĂ?ESiHAUTESDENSITĂ?SDĂ?NERGIEw SIMILAIRESĂŒCELLES

DANSLINSTALLATIONSONTREGROUPĂ?SENDEUXSOUS SYSTĂ’MES

rencontrĂŠes lors du fonctionnement nuclĂŠaire des armes.

sLEsous-système laser assure le fonctionnement des 176

,ESCARACTĂ?RISTIQUESDU,-*ONTĂ?TĂ?DĂ?lNIESĂŒPARTIRDES

FAISCEAUXREGROUP�SENCHAÔNES#HAQUECHAÔNEESTAINSI

catÊgories d’expÊriences prÊvues sur cette installation tout

composĂŠe de deux quadruplets (2x4 faisceaux). Les fais-

au long de sa durĂŠe de vie opĂŠrationnelle. Sa mise en ser-

CEAUX SE CARACTĂ?RISENT PAR UNE DURĂ?E DE LORDRE DE   ĂŒ

vice opĂŠrationnel a ĂŠtĂŠ prononcĂŠe par le Premier ministre le

25 nanosecondes, soit une puissance totale de 400 TW

23 octobre 2014, en parallèle de la rÊalisation de la première

dans l’UV ;

expĂŠrience.

sLE sous-système expÊriences permet de positionner les

Cet article propose une description gĂŠnĂŠrale du LMJ, ainsi

CIBLESDETAILLEMILLIMĂ?TRIQUEAUCENTREDELACHAMBREDEX-

qu’une prÊsentation des premières expÊriences. Ses retom-

pĂŠriences et de recueillir les mesures expĂŠrimentales en

bĂŠes en termes d’ouverture scientiďŹ que et d’impact indus-

TEMPS RĂ?EL ĂŒ LAIDE DE DISPOSITIFS DISPOSĂ?S TOUT AUTOUR DE

triel sont ensuite rappelĂŠes.

LACHAMBRE

88 ZREE N°4/2017


Le Laser MĂŠgaJoule, un grand instrument au service de la dissuasion nuclĂŠaire

Figure 3 : SchÊma du hall d’expÊriences – Copyright CEA.

Figure 4 : SchÊma de principe d’un faisceau laser.

Le sous-système Laser ,ARCHITECTUREDEPRINCIPEDESFAISCEAUXDU,-*ESTREPRĂ?sentĂŠe sur la ďŹ gure 4.

ultraviolet. La lumière est donc gĂŠnĂŠrĂŠe et ampliďŹ ĂŠe en infrarouge puis convertie en UV, avant son introduction dans la CHAMBREDEXPĂ?RIENCES

Pour les besoins des expĂŠriences, qui utilisent les converr

Ainsi le pilote dĂŠlivre le faisceau initial IR de faible ĂŠnerr

SIONS DE LA LUMIĂ’RE EN RAYONNEMENT 8 IL EST PLUS EFlCACE

gie et lui confère sa forme temporelle et son spectre.

que les faisceaux laser arrivent sur la cible en UV. Or, il est

Ce faisceau est ampliďŹ ĂŠ dans la section ampliďŹ catrice (SA)

impossible d’ampliďŹ er de façon raisonnable des faisceaux en

PAR QUATRE PASSAGES DANS DES AMPLIlCATEURS ĂŒ VERRE PHOS-

REE N°4/2017 Z 89


CHRONIQUE

Le niveau baisse mais la science et la technique progressent !

E

n cette période de rentrée universitaire, les soucis réels de la ministre de l’ESRI sont largement commentés : le chroniqueur de la REE ne se range spontanément ni dans la confrérie journalistique, ni dans le clan des déclinistes qui semblent fort bavards en ce moment ! Et pourtant, comment l’auteur de ces lignes ne reconnaitrait-il pas que le niveau baisse puisqu’il a connu le naguère célèbre « Cours de mathématiques élémentaires » de Commissaire et Cagnac : cet ouvrage, hérité de son père, était fort classique dans l’entre deux-guerres dans la classe de terminale éponyme. Le chroniqueur peut témoigner qu’à la fin des années 1950, à programmes pratiquement inchangés, il dépassait de fort loin ses compétences d’élève de « math’élem » comme celles de ses condisciples. Quant aux lauréats de la dernière session du bac S (91,8 % des candidats) on peut sans crainte affirmer qu’ils considéreraient l’essentiel de ce manuel des années 1930 avec l’incrédulité étonnée qui était celle d’Un Indien à Paris débarquant dans la capitale ! Si seulement l’orthographe était respectée, les scientifiques auraient une bribe de consolation, mais là aussi c’est la Bérézina, dont personne ne sait plus ni l’époque, ni le lieu car, voyez-vous, l’histoire et la géographie sont bien, comme toujours, le parent pauvre de l’enseignement secondaire… Comment penser que ce bac, qu’on donne à tout le monde (75 % d’une classe d’âge dit le ministère) puisse garantir l’accès aux études universitaires, sans sélection, ni orientation, ni même vérification des connaissances requises pour tel ou tel cursus ? L’Université n’est-elle pas encombrée d’étudiants fantômes ou de bache-

liers fourvoyés, au hasard d’un tirage au sort, vers des disciplines dont ils ne connaissent rien ? Bref tout va fort mal et le nouveau président de la République risque fort de ne pas tenir, aux yeux des électeurs, toutes ses récentes promesses ! Après le naufrage du dispositif APB on va devoir cesser de se voiler la face : déjà la moitié des bacheliers sont confrontés à une forme de sélection ; on refuse beaucoup de monde dans quelques secteurs alors qu’ici ou là il reste des places disponibles, notamment dans les formations scientifiques ! Simultanément, selon un sondage récent cité par la conférence des grandes écoles (CGE), 60 % des français considèrent que l’insertion professionnelle devrait être la priorité des formations universitaires et 70 % que la sélection devrait conduire à des diplômes mieux reconnus… Pour en revenir à la baisse du niveau des bacheliers scientifiques, comparaison n’est pas raison : nul ne peut penser que le recrutement du lycée Louis le Grand ou celui de Normale Sup aient beaucoup baissé et les plus récentes médailles Fields appartiennent aux générations postsoixante-huitardes ! Dans les années 30, les bacheliers de math’élem représentaient moins de 1 % d’une classe d’âge alors que le bac S est obtenu par plus de 20 %, ce qui suffit à fausser largement bien des comparaisons ; ne parlons pas des contenus qui évoluent désormais sérieusement : les coniques et la géométrie ont certes disparu avec l’arithmétique, mais probabilités et statistiques relèvent désormais des programmes, avec les nombres complexes et les primitives de base, après les tentatives – infructueuses et largement décriées – d’introduction de mathématiques dites modernes !

Le niveau requis pour une insertion professionnelle réussie a beaucoup augmenté : le CAP et même le BAC ne vaccinent plus contre le chômage, mais depuis 50 ans et pour une population en augmentation de 50 %, on a créé BTS et IUT et multiplié le nombre d’ingénieurs diplômés par environ 5, même si certains déplorent le malthusianisme des recrutements conduisant à ces qualifications. Dans les domaines de la SEE, qui ne constate combien les choses devenues complexes exigent des compétences inédites, ce qui confère d’ailleurs au monde universitaire des missions de formation continue s’ajoutant à celle d’une formation initiale, largement perfectible ? Le monde dans lequel nous vivons est empreint de savoir technique sophistiqué et inédit, fruit d’un progrès scientifique souvent récent : les brevets de base concernant le transistor sont postérieurs à 1945 et le smartphone n’existait pas il y a 10 ans alors qu’il s’en produit annuellement plus de 200 millions d’exemplaires ! La complexité, va bouleverser encore nos modes de vie : en voyant que 30 ans ont suffi pour généraliser le numérique avec le PC et le portable, qui peut imaginer comment d’ici une génération l’intelligence artificielle aura transformé les modes de vie en matière de santé, de transports ou de loisirs ? Et qui peut croire que l’on y parviendra sans de profondes transformations de l’enseignement supérieur, dans ses modes de formation (pensons aux MOOC !) comme de ses contenus ? Méfions-nous du déclinisme ambiant : au train où les choses, ceux qui pensent qu’hier tout était mieux qu’aujourd’hui vont bientôt regretter que la République fut bien plus belle naguère… du temps de la Monarchie, sans doute ? Q B.Ay.

REE N°4/2017 Z 99


❱❱❱❱❱❱❱❱❱❱❱ RETOUR SUR

Paul Dirac L’arpenteur de l’antimatière et de la beauté mathématique Marc Leconte Membre émérite de la SEE

pour la première, fois les solutions des équations de la physique théorique avaient conduit à prédire l’exis-

Introduction

tence d’objets physiques inconnus

Le 4 juillet 2012, le CERN annon-

tels que le positron, le neutron ou le

çait, par une conférence médiatisée

neutrino.

dans le monde entier, que deux expé-

C’est un théoricien anglais, Paul

riences, menées chacune par plus de

Adrien Maurice Dirac, qui a inventé

3 000 chercheurs, avaient permis de

cette méthode physique déductive

découvrir dans les collisions produites

qui est aujourd’hui le standard de la

par le LHC une nouvelle particule, le

recherche en physique théorique.

boson de Higgs, dont l’existence avait

Sa célèbre équation admettait des

été postulée par trois théoriciens 30

solutions apparaissant comme im-

ans auparavant. Même si cette découverte avait de quoi surprendre, elle

Photo 1 : Paul Dirac à l’âge de 30 ans Source : Wikipédia.

marquait une étape importante pour

possibles aux physiciens. Mais Dirac, avec audace, postula qu’elles représentaient une particule inconnue, le

compléter le modèle standard de la physique des

positron d’antimatière, qui fut découvert par hasard

particules. Mais développer d'énormes et de coûteux

peu de temps après. Sa découverte de l’antimatière

dispositifs pour vérifier les résultats des équations

est évidemment son œuvre majeure bien qu’il ait

physico-mathématiques et valider le modèle standard

publié beaucoup d’autres contributions essentielles.

de la physique des particules, semblait encore insolite

Moins connu dans le grand public qu’Einstein, Bohr,

à nombre de nos contemporains. C’est pourtant ce

Schrödinger ou même Heisenberg, Dirac, par ses

qui était déjà survenu dans les années 30 lorsque,

écrits théoriques, a exercé une profonde influence

Figure 1 : Les collisions électron-positron réalisées au LHC au CERN ont permis la mise en évidence du boson de Higgs dont l’existence avait été prévue dans les équations du modèle standard 30 ans auparavant. Dirac avait quant à lui postulé en 1932 l’existence du positron – Source CERN.

100 ZREE N°4/2017


Paul Dirac

sur les physiciens et a inventé des outils mathématiques très

manière approfondie. Plus tard, il rappela que le monde de

féconds tels que les distributions.

cette époque sortait de la première guerre mondiale et tout le monde voulait oublier cette période et se tourner vers la

Les premières années

relativité apportait un nouveau cadre de pensée. « A Bristol,

L’enfance d’un timide

tous les étudiants en parlaient » disait Dirac.

Paul Adrien Dirac est né à Bristol le 8 août 1902, de Charles Dirac, né en Suisse puis naturalisé anglais, et de Florence Hanna Holton de 12 ans sa cadette. Paul Dirac a

Une formation d’ingénieur et de mathématiques

été profondément marqué par l’éducation reçue

En janvier 1920, Dirac assista à une série

de son père, professeur au lycée technique de

de conférences sur la relativité données par un

Bristol, très antisocial et du genre « tyran domes-

professeur de philosophie de Bristol, Charly D.

tique ». A l’inverse des grands physiciens comme

Broad. Dirac s’aperçut assez vite qu’il préférait

Niel Bohr, Erwin Schrödinger ou Werner Heisen-

les aspects théoriques aux implications phi-

berg, Dirac ne grandit pas dans une atmosphère

losophiques et fut plus intéressé par le best-

culturelle et sociale stimulante. Réservé et plu-

seller d’Arthur Eddington “Space Time and Gra-

tôt taciturne, iI gardait pour lui ce qu’il pensait et

vitation”. Alors qu’il n’était pas encore ingénieur,

ressentait. Sa mère de surcroît voulait le proté-

Dirac dévora cet ouvrage qui lui permit d’entrer dans la complexité mathématique de la relati-

ger de la fréquentation des filles. A 12 ans, Paul était scolarisé dans la même école que son père dans laquelle l’enseignement était focalisé sur

Photo 2 : Arthur Eddington. Source : Wikipedia.

vité, comprise alors par peu de monde. Clairement, la technologie et l’ingénierie ne le pas-

les sciences pratiques et les langues modernes.

sionnaient pas du tout mais il ne faisait rien, par

Dès cette époque, le jeune Dirac manifestait des

timidité et réserve, pour changer de voie et reçut

dispositions pour les mathématiques. Il affirmera

son diplôme d’ingénieur en électricité de Bristol.

plus tard qu’il avait été satisfait de cet enseigne-

Que ce soit en raison de son caractère ou de

ment, tout en ne sachant pas à cette époque vers

ses aptitudes, il n’arriva pas à trouver du travail.

quelle voie il s’engagerait.

Cela fut d’une certaine manière une chance, car durant cette période d’inactivité, on lui offrit la

La formation à Bristol En 1918, il est admis au collège d’ingénieur de l’université de Bristol avec comme spécialité l’électricité. C’était la suite logique de l’enseignement reçu jusque-là. Bien que sa matière préférée fût les mathématiques, son extrême timidité l’empêchait de se projeter comme enseignant, fût-ce en mathématiques. Durant cette période,

possibilité, d’étudier les mathématiques à l’uniPhoto 3 : Ernst Rutherford, âme du laboratoire Cavendish à Cambridge. Son modèle d’atome marque le début de la théorie atomique. Source Wikipédia.

versité de Bristol. C’est ainsi que de 1921 à 1923, Dirac entra dans le monde des raisonnements. Ses professeurs remarquèrent ses capacités et lui conseillèrent d’aller étudier à l’université de Cambridge. A l’été 1923, ayant terminé à Bristol avec de bon résultats, Dirac obtint une bourse pour le DSIR (Department of Scientific and In-

il acquit les bases fondamentales des sciences de l’ingénieur,

dustrial Research) de Cambridge où il commença une nou-

avec une préférence pour les aspects théoriques. Mais il se

velle vie qui devait l’amener à devenir un physicien théoricien.

rendit compte qu’il lui manquait les aspects les plus récents de la physique de pointe de l’époque, à savoir l’électrodynamique maxwellienne, la théorie atomique et la relativité.

Un nouvel environnement : l’université de Cambridge

En 1919, le sujet qui occupait les scientifiques et touchait

Admis au St John College, l’un des plus vieux de l’université

même le grand public, était la spectaculaire confirmation, ef-

de Cambridge, Dirac eut la chance d’entrer dans un établisse-

fectuée par les astronomes britanniques, des prédictions de

ment de plus grande renommée que Bristol, car Cambridge

la relativité générale qu’Einstein avait énoncées quelques an-

était l’une des plus vieilles universités d’Europe (XIIIe siècle),

nées auparavant. En effet, Frank Dyson et Arthur Eddington

célèbre pour son activité scientifique et en particulier pour

annoncèrent que les décalages de la lumière des étoiles par

la chaire “Lucasian Professorship of Mathematics” fondée

le soleil observé au cours d’une éclipse étaient conformes

en 1664 et occupée pendant 30 ans par le grand Newton,

aux prédictions de la théorie. Dirac fut littéralement fasci-

ce qui avait conféré à Cambridge une position prestigieuse

né par cette annonce et voulut comprendre la théorie de

dans l’enseignement des mathématiques. Quand Dirac

REE N°4/2017 Z 101


ENTRETIEN AVEC...

Didier Houssin Président d’IFP Energies nouvelles

L’IFPEN prépare l’après pétrole REE : IFPEN est un grand établissement

succès notables ont été obtenus dès

les hydrocarbures continueront à jouer un

de recherche. Pouvez-vous cependant

les années 1960, comme la création

rôle important au cours des prochaines

nous présenter de façon synthétique

de Technip à l’époque filiale d’IFPEN.

décennies. Ce sont les ressources déga-

ce que représente aujourd’hui IFPEN

Ces développements industriels se

gées par les activités traditionnelles qui

et quels sont ses principaux axes de

poursuivent aujourd’hui au travers des

nous permettent de mener des travaux

recherche et de développement ?

sociétés filiales, dont Axens qui valorise

sur les nouvelles technologies de l’énergie

Didier Houssin : IFPEN est un acteur ma-

les brevets détenus par IFPEN dans les

dont les perspectives sont plus lointaines.

jeur de la recherche-développement dans

domaines des procédés de raffinage

les domaines de l’énergie, du transport et

et des catalyseurs, et Beicip-Franlab,

de l’environnement. Il dispose de moyens

conseil en géosciences et fournisseur

importants : 1 150 chercheurs sur un effec-

de logiciels pour l’industrie du pétrole

tif total de 1 700 salariés répartis pour moi-

et du gaz.

tié entre les sites de Rueil-Malmaison (92) et de Solaize (69). Son action comporte trois volets :

Notre budget annuel est de l’ordre

Préparer l’après-pétrole tout en reconnaissant que les hydrocarbures vont continuer à jouer un rôle important

de 290 MF financé pour moitié par une subvention de l’Etat et pour moitié par

s)&0%.ESTUNORGANISMEDERECHERCHEET nos ressources propres. Celles-ci ont évi-

Dans cet esprit, notre contrat d’objectifs 2016/2020 retient trois axes principaux :

d’innovation axé sur la mobilité durable,

demment souffert de la baisse des prix

sla mobilité durable : électrification des

les énergies nouvelles et les hydrocar-

du pétrole constatée au cours des toutes

véhicules, mobilité connectée, optimisa-

bures responsables ;

dernières années.

tion des motorisations thermiques, carburants alternatifs. C’est une activité en

sCESTÏGALEMENTUNORGANISMEDEFORMAtion au travers d’IFP School et d’IFP training.

REE : La mise en place par le gouver-

croissance que nous développons avec

IFP School est une école d’ingénieurs qui

nement français de la politique

divers partenaires dont le réseau des

apporte à des étudiants et jeunes profes-

de transition énergétique et le vote

sionnels du monde entier une formation

par le parlement de la loi pour la

de niveau master dans les domaines de

transition énergétique et la croissance

seulement où elles correspondent à des

l’énergie, et comprend également un col-

verte ont-ils conduit à infléchir nota-

compétences que nous possédons :

lège doctoral qui encadre une centaine de

blement votre stratégie ?

biocarburants, chimie du végétal, éner-

doctorants. IFP Training, filiale d’IFPEN, est

D. H. : Nous avons tout d’abord fait évo-

gies marines (logiciels d’optimisation,

un organisme de formation profession-

luer notre nom qui marque désormais

ingénierie des plates-formes flottantes),

nelle qui organise chaque année plus de

clairement l’importance que nous don-

stockage de l’énergie, CCUS (Carbon

1 200 sessions de formation ;

nons aux énergies nouvelles.

instituts Carnot ; sles énergies nouvelles, dans la mesure

Capture, Utilization, and Storage) ;

s)&0%.ESTENlNUNORGANEDEVALORISA-

Sur le fond, la tendance est de préparer

sles hydrocarbures responsables, avec

tion industrielle des innovations. Des

l’après pétrole tout en reconnaissant que

des actions positionnées sur l’amont et

110 ZREE N°4/2017


ENTRETIEN AVEC...

sur l’aval. Sur l’amont : logiciels de simu-

inattendues se sont manifestées : la

lation de bassins et de réservoirs, récu-

Libye par exemple atteint aujourd’hui le

pération assistée (dans le cadre d’une

seuil de 1 Mb/j de production.

alliance entre Solvay et Beicip-Franlab),

Il faut aussi intégrer le risque potentiel

équipements offshore, etc. Sur l’aval :

d’ici 2 à 4 ans d’un sous-investissement

procédés, catalyseurs… Autant de do-

sur la production susceptible de créer

maines qui actuellement intéressent

une pression sur les prix.

beaucoup les pays émergents qui souhaitent adopter des normes sur les carburants aussi exigeantes que celles des pays les plus avancés, en matière de désulfuration notamment. Ces tech-

Il ne faut plus parler de “peak oil” mais de pic de la demande qui pourrait intervenir entre 2030 et 2050

nologies aval sont en fort développement dans nos laboratoires de Solaize,

Sur le long terme, on ne parle plus

elles impliquent évidemment fortement

désormais de “peak oil”, mais la question

notre filiale Axens.

importante est de savoir quand surviendra le pic de la demande : vraisembla-

tification ni d’opportunité pour IFPEN à

REE : Quelle vision avez-vous du rôle

blement entre 2030 et 2050, à une date

relancer ces activités.

et du marché des hydrocarbures

qui sera fonction de l’efficacité des poli-

et du charbon à horizon 2050 ?

tiques climat et de la rapidité de déve-

REE : Avez-vous des actions sur le

Pensez-vous que de nouveaux épi-

loppement des solutions alternatives au

charbon propre et notamment sur la

sodes de tension puissent survenir ?

pétrole dans le domaine des transports.

capture et la séquestration du CO2 ?

Pourquoi ? Comment voyez-vous l’évo-

Les politiques climatiques influencent

D. H. : Malgré un contexte qui n’a pas

lution du prix des hydrocarbures ?

aujourd’hui fortement l’évolution des mix

encore permis son essor à l’échelle indus-

D. H. : Sur le court terme, on constate une

électriques mais la décarbonation des

trielle, la filière captage/stockage du CO2

augmentation soutenue de la consom-

transports pose des problèmes beau-

reste un contributeur potentiel à la réduc-

mation pétrolière avec des croissances

coup plus difficiles. La mobilité élec-

tion des émissions de CO2. IFPEN a été

de l’ordre de 1,5 Mb/j par an. Depuis l’ef-

trique a maintenant de bonnes chances

historiquement présent sur l’ensemble de

fondrement en 2014, les prix ont un peu

de conquérir une place importante dans

la chaîne : nous avons étudié différentes

remonté mais la production américaine

le domaine du transport individuel. Mais

formes de captage ainsi que les possibi-

s’est révélée très réactive avec une reprise

il reste à trouver des solutions pour

lités de stockage en aquifères salins et

très nette des productions de pétrole non

toutes les autres formes de transport

dans des réservoirs arrivés à maturité.

conventionnel. En conséquence, la baisse

qui consomment aujourd’hui au moins

Nous disposons donc de connaissances

des stocks est plus lente que prévu. En

autant de pétrole que les véhicules in-

et d’une expérience confirmées.

2018, on peut même prévoir que la crois-

dividuels. Il faut aussi tenir compte des

sance de la production non OPEP va être

consommations non énergétiques d’hy-

plus forte que celle de la demande. Donc

drocarbures qui représentent en France

le contexte des prix restera déprimé, ce

près de 13 Mt de pétrole.

qui pose un problème sérieux pour l’in-

L’intérêt pour le captage et le stockage du CO2 semble renaître

dustrie parapétrolière, dans un contexte

REE : Si la demande en pétrole

où très peu de nouveaux grands projets

est amenée à rester forte pendant

d’investissement sont lancés.

encore de nombreuses années,

deux technologies de captage :

travaillez-vous sur les pétroles non-

sle captage par boucle chimique (CLC

A court terme, la disponibilité en pétrole devrait rester excédentaire avec des prix relativement bas

Aujourd’hui nos travaux portent sur

conventionnels et en particulier

pour Chemical Looping Combustion)

sur les techniques alternatives

qui consiste à opérer une oxycombus-

à la fracturation hydraulique ?

tion grâce à un matériau solide porteur

D. H. : Nous n’avons aucune activité

d’oxygène injecté dans la zone de com-

sur les techniques de fracturation. Les

bustion. A la sortie, le CO2 contenu dans

travaux sur l’usage du propane ont été

les fumées peut être séparé par simple

Bien évidemment, il y a toujours des

arrêtés, les perspectives technologiques

refroidissement. Nous avons construit,

risques politiques mais des souplesses

n’étant pas avérées. Il n’y a pas de jus-

en collaboration avec Total, un pilote de

REE N°4/2017 Z 111


ENTRETIEN AVEC...

courant biosourcés tels que les plastiques

Les biocarburants de 2e génération constituent une filière prometteuse mais la filière doit être soutenue

de type polyéthylène. Avec Michelin et Axens, nous participons au projet Biobutterfly financé par l’ADEME et qui vise à développer un procédé original de production de buta-

L’accent est donc mis actuellement

diène biosourcé qui trouvera des appli-

sur les biocarburants de 2e génération.

cations notamment dans la fabrication

Une proposition de directive européenne

de caoutchouc de synthèse.

publiée le 30 novembre 2016 fixe un objectif de 3,6 % pour les biocarburants avancés à l’horizon 2030. En France, la programmation pluriannuelle de l’énergie

Le produits biosourcés deviennent une réalité

(PPE) retient une cible d’incorporation de biocarburants avancés à horizon 2023,

Enfin nous participons avec la société

de 2,3 % pour le gazole moteur et de

Anellotech et Axens au développement

10 kWth sur le site de Solaize. Nous parr

3,4 % pour l’essence. Il serait en outre

d’une technologie de production de

ticipons également à un nouveau projet

souhaitable de définir un sous-objectif

bioaromatiques (benzène, toluène, xy-

de coopération avec des partenaires

spécifique aux biocarburants ligno-cellu-

lènes) à partir de biomasse ligno-cellu-

chinois financé par la commission euro-

losiques.

losique. Ces bioaromatiques trouveront

péenne.

Ces filières sont prometteuses et des

des applications nombreuses en parti-

ssle captage post-combustion par la-

premières installations d’éthanol de 2e

culier dans les polyesters pour les bou-

vage des fumées par un solvant appro-

génération ont été construites aux Etats-

teilles et fibres textiles.

prié. Nos travaux portent sur l’utilisation

Unis et au Brésil. Avec un panel d’indus-

de solvants démixants permettant de

triels, nous sommes partie prenante du

REE : Quel regard portez-vous sur

ne régénérer qu’une partie du solvant

projet Futurol qui vise à mettre sur le marr

l’hydrogène ? Quelle filière pour la

et donc de réduire fortement la pénalité

ché un procédé enzymatique, ainsi que

production ? Quelles applications ?

énergétique du procédé.

les levures et les enzymes associées, perr

D. H. : IFPEN développe le procédé

L’intérêt pour ces techniques semble

mettant la production de bioéthanol de

Hygensys qui est un procédé de pro-

reprendre au niveau européen, les

deuxième génération à partir de plantes

duction d’hydrogène par vaporéformage

Chinois s’y intéressent aussi car ils pourr

entières dédiées mais aussi de copro-

permettant une réduction des émis-

raient disposer de capacités de stockage

duits agricoles et forestiers, résidus verts

sions de CO2. Le concept combine un

facilement mobilisables. Notre parte-

et autre biomasse ligno-cellulosique.

réacteur-échangeur thermique avec une

naire Total y voit aussi de l’intérêt, mais

Mais le problème reste difficile et

turbine à gaz. La chaleur nécessaire à la

il faudrait un prix du CO2 d’au moins

l’hétérogénéité de la biomasse est une

réaction de reformage est cédée par les

30 F/t pour relancer véritablement les

difficulté pour parvenir au stade de l’in-

fumées chaudes produites dans la turr

travaux.

dustrialisation. Il faut donc une politique

bine à gaz. Grâce à cette intégration therr

d’aide au démarrage pour que ces filières

mique, l’efficacité globale est améliorée

REE : Où en est-on de la politique

puissent décoller. La production de bio-

et la consommation de gaz naturel et

de développement des carburants de

produits, moins médiatisée, est plus avan-

donc les émissions de CO2 sont réduites.

substitution ? Les objectifs fixés par

cée que celle de biocarburants.

Bruxelles ont été relâchés et l’arrivée

Nous ne travaillons pas sur l’aval et en particulier pas sur la pile à combustible. Si

des biocarburants de 2e génération

REE : Quels sont ces produits et quelle

l’hydrogène est pour le moment consom-

semble marquer le pas.

part IFPEN prend-il à leur développe-

mé essentiellement dans des applications

D. H. : IFPEN a été très actif sur les filières

ment ?

industrielles, à terme, sous réserve d’une

dites de première génération et notam-

D. H. : IFPEN est très actif sur la valorisa-

évolution à la baisse des coûts, son essor

ment sur la production de biodiesel et

tion de la biomasse en bioproduits.

est envisagé dans le secteur des trans-

de biokérosène. Mais ces techniques

En partenariat avec Total et Axens,

ports. L’hydrogène pourrait également

ont un bilan CO2 inégal et viennent en

nous avons mis au point un procédé ori-

s’intégrer dans un système énergétique

concurrence avec l’utilisation des sols à

ginal de production d’éthylène biosourcé

global, assurant un complément aux énerr

des fins agricoles.

qui débouche sur des produits d’usage

gies renouvelables. C’est une option envi-

112 ZREE N°4/2017


LIBRES PROPOS

Pierre Audigier

L’ÊlectricitÊ et les nouveaux ÊlÊments de langage :  complÊmentaritÊ, paritÊ rÊseau, variabilitÊ  De quoi s’agit-il ?

O

n assiste aujourd’hui à un dÊveloppement

lorsqu’il Êtait conseiller de la ministre SÊgolène Royal

rapide des ĂŠnergies renouvelables ĂŠlectriques,

– est une première Êtape vers l’abandon du nuclÊaire.

essentiellement intermittentes (EnRi : ĂŠolien

Rappelons tout d’abord que deux biens Êconomiques

et solaire), puisque le potentiel de dĂŠvelop-

sont complÊmentaires s’ils satisfont le même besoin et

pement de l’hydraulique est, dans notre pays, limitÊ. Dans

peuvent se substituer l’un à l’autre en cas de dÊfaillance

le même temps, on assiste à l’Êmergence de nouveaux

ou d’absence de l’un d’eux. Ainsi les rÊacteurs nuclÊaires

ĂŠlĂŠments de langage que nous allons essayer de dĂŠcrypter.

sont bien complĂŠmentaires les uns des autres dans la

Trois exemples :

mesure oÚ la mise à l’arrêt d’un rÊacteur entraÎne une

sNUCLĂ?AIREET%N2ISONTiCOMPLĂ?MENTAIRESw

augmentation de la puissance fournie par le reste du

sLES%N2IONTATTEINTOUSONTSURLEPOINTDATTEINDRELA

parc. De mĂŞme, en fonction du vent ou du soleil, le

iPARITĂ?RĂ?SEAUw

nuclĂŠaire pourra faire varier sa puissance et ainsi pallier

sĂ?OLIENETSOLAIRESONTDESSOURCESDĂ?NERGIEiVARIABLESw

les consÊquences de l’intermittence.

ComplĂŠmentaritĂŠ

jourd’hui en exploitation disposent d’importantes capacitÊs

En effet, la moitiĂŠ des rĂŠacteurs nuclĂŠaires français auLes discours ofďŹ ciels (ministère, EDF, CEA, etc.) afďŹ r-

de fonctionnement en rÊgime exible. Ces rÊacteurs sont

ment qu’il y a complÊmentaritÊ entre les sources d’Êner-

capables d’ajuster en 30 minutes et jusqu’à 80 %, à la

gie ĂŠlectrique que sont le nuclĂŠaire et les renouvelables

hausse comme à la baisse, la puissance qu’ils fournissent.

(ici intermittentes). La Revue gĂŠnĂŠrale nuclĂŠaire a mĂŞme

Ils peuvent ainsi s’adapter à une consommation d’Êlec-

consacrĂŠ un numĂŠro spĂŠcial Ă la dite complĂŠmentaritĂŠ

tricitĂŠ variable suivant les jours et suivant les heures de la

pour en montrer les avantages.

journÊe. Cette exibilitÊ facilite Êgalement une intÊgration

Quant à la stratÊgie d’EDF CAP 2030, publiÊe à

croissante d'ĂŠnergies renouvelables intermittentes dans

l’automne 2016, elle s’inscrit dans la même lignÊe :

le rĂŠseau. L’AcadĂŠmie des sciences, conďŹ rmant ainsi des

RĂŠĂŠquilibrer le mix de production en accĂŠlĂŠrant le dĂŠve-

Êtudes conduites par EDF, estime que l’intÊgration de

loppement des ĂŠnergies renouvelables, en garantissant

30 % de renouvelables dans le mix ĂŠlectrique est, sur le

la sĂťretĂŠ et la performance du nuclĂŠaire existant et du

plan technique, parfaitement possible, mais ne dit rien sur

nouveau nuclĂŠaire.

les consÊquences Êconomiques de l’intÊgration de ces

Les propos tenus par Nicolas Hulot vont ĂŠgalement

30 %.

dans le mĂŞme sens. La loi relative Ă la transition ĂŠner-

En fait, cette complĂŠmentaritĂŠ ne joue que dans un

gÊtique pour la croissance verte (LTECV) – avait-il dit

sens : le nuclĂŠaire est effectivement complĂŠmentaire

REE N°4/2017 Z 117


LIBRES PROPOS

de l’Êolien et du solaire, comme le sont l’hydraulique et

comme sufďŹ sante pour alimenter une ville d’un nombre

les centrales thermiques à amme (CTF). L’hydraulique

d’habitants Êgal à la division de la production annuelle

ayant un potentiel de dĂŠveloppement quasi-nul et les

de la nouvelle installation de production par la consom-

CTF ayant vocation Ă disparaitre, il ne reste plus que le

mation annuelle moyenne en France d’un habitant. Ce

nuclĂŠaire et les effacements.

QUIDONNEPAREXEMPLECECIile QUIDONNEPAREXEMPLECECI i le parc ĂŠolien de la Mon-

Mais Êolien et solaire ne sont en aucune manière complÊmentaires du nuclÊaire. C’est bien ce que l’on

tagne ardÊchoise produira pendant 25 ans l’Êquivalent de la consommation annuelle de 72.000 habitants .

a pu observer en janvier dernier . Evoquer la complĂŠ-

L’erreur de raisonnement est pourtant agrante :

mentaritĂŠ pour justiďŹ er le dĂŠveloppement des EnRi au

un kWh disponible quand il y a du soleil et du vent

rythme que nous vivons aujourd’hui ne peut conduire

n’a pourtant pas la même valeur Êconomique qu’un

qu’à de graves malentendus.

kWh disponible quand le consommateur en a besoin.

1

Essayons maintenant de nous projeter dans l’avenir,

Ce qui devrait compter ici, c’est le coÝt total pour le

ce qui est difďŹ cile mais nĂŠcessaire dans un domaine oĂš

SYSTĂ’ME SYSTĂ’ME Ă?LECTRIQUE  NOUS Y REVIENDRONS DANS LA CON-

les investissements sont lourds et ne se rentabilisent

clusion.

que sur le long terme.

Bien sĂťr, le jour oĂš des moyens de stockage de

Les EnRi reprÊsentent aujourd’hui quelque 6 % du

masse de l’ÊlectricitÊ qui soient à l’Êchelle des pro-

mix Êlectrique soit l’Êpaisseur du trait. En 2025, elles de-

blèmes auront ÊtÊ dÊveloppÊs à des coÝts raisonnables,

vraient reprÊsenter quelque 15 %, c’est-à -dire le pourr

les arguments ci-dessus tomberont d’eux-mêmes. Des

centage atteint aujourd’hui en Allemagne. DÊjà dans ce

budgets considĂŠrables sont engagĂŠs Ă cette ďŹ n. Mais

pays, lorsque la demande est faible et qu’il y a du vent

pour l’instant ce serait prendre un risque considÊrable

et du soleil, les propriÊtaires d’Êoliennes peuvent être

si w QUEDEFAIREicomme siw

obligĂŠs de dĂŠconnecter leurs machines (tout en restant rĂŠmunĂŠrĂŠs), cela pour ĂŠviter les prix nĂŠgatifs. En 2025,

VariabilitĂŠ

le mix ĂŠlectrique allemand devrait comprendre quelque

La production des sources intermittentes d’Êlec-

35 % d’EnRi. Toujours en Allemagne, le poids des EnRi

tricitÊ est effectivement variable comme peut l’être la

a contribuÊ à un effondrement des valeurs boursières

demande. Ce qui conduit les avocats des EnRi Ă afďŹ rmer

des producteurs historiques. Une simulation Ă 10 ans

que les gestionnaires de rÊseaux savent gÊrer l’intermit-

du bilan Êconomique du parc nuclÊaire français dans

tence. En fait les ordres de grandeur ne sont pas les

son contexte europĂŠen serait du plus haut intĂŠrĂŞt. Nous

mĂŞmes, les variations sont beaucoup plus amples et

serons alors sortis de l’Êpaisseur du trait.

brutales que celles qui rĂŠsultent de la demande.

ParitĂŠ rĂŠseau

En guise de conclusion

Le coÝt de production de l’ÊlectricitÊ renouvelable

Quel besoin pour des EnR intermittentes ?

(Êolien et solaire) baisse effectivement de façon specta-

A cette question il n’est jamais rÊpondu. Le sujet

culaire. Les promoteurs de ces ĂŠnergies proclament ainsi

n’a pas ÊtÊ traitÊ dans le dÊbat national sur la transition

QUELLESONTATTEINTLAi PARITĂ?RĂ?SEAU w ENDAUTRESTERMES QUELLESONTATTEINTLAiPARITĂ?RĂ?SEAUw ENDAUTRESTERMES

ÊnergÊtique (DNTE). Il ne l’a pas ÊtÊ non plus dans la

qu’elles reviennent moins chères que le nuclÊaire et que

dernière PPE (Programmation pluriannuelle de l’Ênerr

par consÊquent, ce sont elles qu’il faut dÊvelopper en

gie) qui s’appuie sur les objectifs de la LTECV.

PRIORITĂ? i ,ES%N2S CESTLAVENIR w PRIORITĂ?i,ES%N2S CESTLAVENIRw

Plus gĂŠnĂŠralement, la diminution du pourcentage de

L’argument est repris par la plupart des journalistes

nuclÊaire dans le mix Êlectrique (de 75 à 50 %) n’a

qui, par exemple, lors de l’inauguration d’une nouvelle

jamais ĂŠtĂŠ justiďŹ ĂŠe, si ce n’est par le fameux accord de

ferme d’Êoliennes ou de panneaux solaires la prÊsente

fÊvrier 2012 entre le PS et les Verts. Pourquoi 50 % plutôt que 35 ou 25 % ? Si c’est parce que le nuclÊaire est

1

 Pendant les grands froids du mois de janvier, les ENRs ont produit l’Êquivalent de 6 à 7 rÊacteurs nuclÊaires, ce qui a permis d’Êviter le black out . C’est possible mais il devait s’agir de l’hydraulique puisque, le 25 janvier par exemple, l’Êolien Êtait au plus bas et la France a importÊ massivement d’Allemagne.

118 ZREE N°4/2017

dangereux, alors il faut tout arrêter le plus rapidement possible. Les dernières dÊclarations de Nicolas Hulot


Entre science et vie sociĂŠtale,

les ÊlÊments du futur Une publication de la Edition/Administration : SEE - 17, rue de l’Amiral Hamelin - 75783 Paris cedex 16 TÊl. : 01 5690 3709/17 Site Web : www.see.asso.fr Directeur de la publication : François Gerin

La SEE, sociÊtÊ savante française fondÊe en 1883, forte de 2 000 membres, couvre les secteurs de l’ÉlectricitÊ, de l’Électronique et des Technologies de l’Information et de la Communication. Elle a pour vocation de favoriser et de promouvoir le progrès dans les domaines : Énergie, TÊlÊcom, Signal, Composants, Automatique, Informatique.

ComitĂŠ de rĂŠdaction : Bernard Ayrault, Alain Brenac, Patrice Collet, AndrĂŠ Deschamps, Jean-Pierre Hauet, Jacques Horvilleur, Marc Leconte, Bruno Meyer

La SEE fĂŠdère un vaste rĂŠseau d’experts universitaires et industriels en faveur des )    #   (!!#

SecrĂŠtariat de rĂŠdaction : Alain Brenac, AurĂŠlie Courtoisier TĂŠl. : 01 5690 3717 Partenariats nariats ariats Presse & Annonces : Mellyhaa Bahous - TĂŠl. : 01 5690 3711

s 6 CLUBS TECHNIQUES

Automatique, Informatique et Systèmes Vous voulez... RÊgie ppublicitaire : FFE - Cyril Monod Tel : 01 5336 3787 IngÊnierie des Systèmes d’Information ett de Communication Port : 06 7969 6892 cyril.monod@revue-ree.fr et Philippe Sabban et RÊseaux intelligents Vous abonner à la REE ? CybersÊcuritÊ philippee.sabban@ffe.fr et Anne Girard anne.girard@revue-ree.fr Radar, Sonar et Systèmes RadioÊlectriqueees TÊl : 01 4805 2871 Stockage et nouveaux Moyens de Produccction Acheter un numÊro ? Cliquer ICI Promoootion et abonnements : 5 numÊros : Systèmes Electriques mars, m mai, juillet, octobre, dÊcembre. s 11 GROUPES Ou bien tÊlÊphoner au 01 56 RÉGIONAUX 90 37 04 AurÊlie Courtoisier - TÊl. : 01 5690 3717 - www.see.asso.fr/ree s 1 CERCLE DES ENTREPRISES Q Q Q Q Q Q

Prix de l’abonnement 2017 : France & UE : 120 F - Etranger (hors UE) : 140 F Tarif sppĂŠĂŠcial adhĂŠrent SEE : France & UE : 60 F - Etranger : 70 F Vente au numĂŠro ĂŠ : FFrance & UE : 28 F - Etranger Et : 30 F Conception & rĂŠalisation graphique JC. Malaterre - TĂŠl. : 06 7471 0709 Impression : Jouve - 53100 Mayenne. Siège social : 11 Bd de SĂŠbastopol - 75027 Paris cedex 1 TĂŠl. : 01 4476 5440 Origine du papier : Belgique - Taux de ďŹ bres recyclĂŠes : 0 CertiďŹ cation : PEFC - Ptot : 0,023

CPPAP : 1017 G 82069 Copyright : Toute reproduction ou reprĂŠsentation intĂŠgrale ou partielle, par quelque procĂŠdĂŠ que ce soit, des prĂŠsentes pages publiĂŠes faite sans l’autorisation de l’Êditeur, est illicite et constitue une contrefaçon. Toutefois les copies peuvent ĂŞtre utilisĂŠes après autorisation obtenue auprès du CFC - 20 rue des Grands Augustins, 75006 Paris (TĂŠl. : 01 4404 4770) auquel la SEE a donnĂŠ mandat pour la reprĂŠsenter auprès des utilisateurs (loi du 11 mars 1957, art. 40 & 41 et Code PĂŠnal art. 425). La revue REE est lue par plus de 10 000 ingĂŠnieurs et cadres de l’industrie, dirigeants d’entreprises, directeurs des ressources humaines, formateurs... ProďŹ tez de ce lectorat ciblĂŠ et de qualitĂŠ pour publier vos annonces. RĂŠpertoire des annonceurs REE Abonnement ............................................................................... C2 3EI Abonnement .............................................................................. p. 3 LEM ... ................................................................................................ p. 5 CATU ............................................................................................ .... p. 13 REE Archives ............................................................................... ... p. 14 3EI Archives ................................................................................... p. 54 Souscription Etude IoT 2018 ......................................................... p. 86 JICABLE HVDC'17.......................................................................... p. 116 Prix Jerphagnon ................................................................................ C3 Salon Microwave ............................................................................... C4 Prochains Grands Dossiers Dossier 1 : Acoustique sous-marine Dossier 2 : JournĂŠes scientiďŹ ques URSI 2017 Impression : Jouve - 53100 Mayenne

124 ZREE N°4/2017

DĂŠpĂ´t lĂŠgal : octobre 2017

s 1 CERCLE HISTOIRE

La SEE contribue Ă l’organisation l’orga an  !"     #  $  

 "    %&&' 

   (#

et ses Groupes rĂŠgionaux s ConfĂŠrences nationales et internationales s JournĂŠes d’Êtudes thĂŠmatiques s ConfĂŠrences-DĂŠbat s Congrès internationaux, en partenariat ou non, avec d’autres sociĂŠtĂŠs scientiďŹ ques La SEE favorise le partage du savoir, et contribue aux dĂŠbats sur des problèmes de sociĂŠtĂŠ en ĂŠditant des revues   #  !)  (* #

s Revue de l’ÉlectricitÊ et de l’Électronique (REE) s Revue 3EI s Publications Êlectroniques : SEE ActualitÊs

La SEE rÊcompense les contributeurs Êminents au progrès des sciences et technologies dans ses domaines s Grades Senior et EmÊrite SEE s Prix : Brillouin-Glavieux, GÊnÊral FerriÊ, AndrÊ Blanc-Lapierre, ThÊvenin s MÊdailles : Ampère, Blondel

SOCIÉTÉ DE L’ÉLECTRICITÉ, DE L’ÉLECTRONIQUE ET DES TECHNOLOGIES DE L’INFORMATION ET DE LA COMMUNICATION 17, rue de l’Amiral Hamelin - 75783 Paris cedex 16 TÊl. : 01 56 90 37 09/17 - www.see.asso.fr

Aperçu du numéro 2017-4 de la REE (octobre 2017)  

Cet aperçu permet de découvrir le sommaire et les principaux articles du numéro REE 2017-4 publié en octobre 2017 - Pour s'abonner, merci de...

Advertisement