Page 1


TdF page 1


Jacques Lanzmann "Fou de la marche"

Jacques Lacarrière "Chemin faisant"

TdF page 2


TdF page 3


TdF page 4


TdF page 5


TdF page 6


TdF page 7


TdF page 8


TdF page 9


TdF page 1 0


TdF page 1 1


TdF page 1 2


TdF page 1 3


TdF page 1 4


TdF page 1 5


TdF page 1 6


TdF page 1 7


TdF page 1 8


TdF page 1 9


TdF page 20


TdF page 21


TdF page 22


TdF page 23


TdF page 24


TdF page 25


TdF page 26


TdF page 27


TdF page 28


TdF page 29


Walfroy ou Wulfilaic, ou Wolf, ou Vulfe. Le seul "Stylite"occidental (un stylite était un ermite des premiers temps du christianisme, qui plaçait sa cellule au sommet d'une colonne ou d'un portique ou d'une tour pour se livrer à la méditation solitaire). Originaire de Lombardie, il avait entendu parler des vertus et de la sainteté de saint Martin dont il voulut copier les faits et gestes. "Je ne savais pas, disait-il, s'il avait été martyr ou confesseur. Je ne connaissais pas le pays où il avait vécu." Il mendiait pour distribuer aux plus pauvres ce qu'il avait pu recueillir. Mais cela ne lui suffit bientôt plus. Alors il partit pour la France et d'étapes en étapes, il s'en vint à Limoges où Arédius, l'abbé du monastère de Saint Yrieix, le conduisit lui-même à Tours. Il quitta ensuite le Limousin pour se rendre dans le diocèse de Trêves qui s'étendait jusque dans les environs de Reims et dont une grande partie de la population était encore païenne. Il éleva une colonne non loin du temple de Diane, la déesse de la chasse. Il vécut sur cette colonne durant des années, sans rien pour se protéger des rigueurs de l'hiver au point que les gelées lui faisaient tomber les ongles eux-mêmes. Jusqu'au jour où l'évêque du lieu lui déclara : "La voie que tu suis n'est pas la bonne. Tu n'as pas à te comparer à Siméon d'Antioche (qu'on appelle actuellement saint Syméon le Stylite). La rigueur du climat ne te le permet pas." Selon l'historien saint Grégoire de Tours, Walfroy obéit et rejoignit le monastère le plus proche :"L'obéissance est plus chère à Dieu que le sacrifice." L'évêque fit détruire la colonne. "Je pleurai amèrement, dit saint Walfroy à Grégoire de Tours venu le visiter. Mais je ne voulus pas relever ce qu'ils avaient démoli de peur de désobéir aux évêques. Depuis lors j'habite ici et je suis content d'habiter avec les frères."


L'Alsace-Moselle


Transition cycliste

127 km pour un coup d'essai en VTC, de Breusch. à Rixheim, mais seulement 216m. de dénivelée! Parti vers 7h.30, je serai à un peu plus de 16h. Chez Bertrand et Corine, accueilli par Nicolas avec qui je ferai un peu de maths. J'ai découvert le matin, après un chemin de halage peu recommandable (car pas du tout aménagé) le canal du Rhône au Rhin longeant l'autoroute et l'église de Neunkirch près de Rhinau. Pique nique au bord du Rhin à Neuf-Brisach. La D20 n'est pas un rêve pour les cyclistes! Heureusement une piste leur est réservée ensuite vers Mulhouse.


La soirée est enrichie par l'arrivée de Simone et Denis, lequel vient de terminer sa première étape du chemin de... Compostelle entre Sausheim et Le-Puy soit 750 km. Corine n'arrive que vers 22h. , heure habituelle apparemment pour un mardi! On se couche tard, trop tard et la nuit sera courte. 6 juin Départ à 8h. pour un parcours un peu moins plat entre Rixheim et Fesches-le-Châtel : 584m. C'est vallonné de Rixheim au canal du Rhône au Rhin, retrouvé à Zillisheim! J'avais rencontré auparavant Fabienne et Jean-Pierre partant au boulot en scooter!


Je m'étais aussi égaré sur un chemin de terre qui me valut une chute sans gravité mais dans les orties quand même! Un coup de fil de Jean-Marc pour apprendre qu'il s'est déchiré un quadriceps en jouant au football.Six semaines d'immobilisation et adieu la traversée d'une partie du Jura ensemble! Après un arrêt casse- croûte à Fesches-le-Châtel , d'où j'ai décidé de repartir à pieds bientôt , je gagne Montbéliard pour attendre plus de 2 heures sur une terrasse ensoleillée le train de 16h. Le trajet en VTC de la gare de Strasbourg à Breusch. sera particulièrement pénible sur la N4! J'ai choisi la voie de la vallée du Rhin pour traverser l'Alsace, estimant être dispensé de la traversée des Vosges déjà connue. Mais le vélo ne m'a que partiellement convaincu à cause des frayeurs sur route ... 64 km. aujourd'hui,ce qui fait 191 km au compteur à ajouter aux "kilomètres pédestres". soit un total de 817 km. Dont 626 à pieds sur 21 jours (dont 19 à pieds).


11 juin Départ à 6H.30 , en voiture (celle de Marcel), de Breusch. pour Rixheim. Marcel Raffray avait décidé de m'accompagner pendant quelques jours au début de cette nouvelle étape. Malheureusement, des petits ennuis de santé en décideront autrement et il ne marchera qu'une journée avec moi à l'approche du Jura dont la traversée par le G.R. constitue l'essentiel du programme. La GTJ, grande traversée du Jura, dure normalement 16 jours. A Rixheim, nous repartons avec deux voitures. Celle de Bertrand doit permettre de laisser celle de Marcel au terme de la première journée de marche. Et nous repartons vers Fesches-le-Châtel pour un vrai départ à pieds à 10 heures pour une arrivée à la papeterie (Glay) vers 17 heures. On se sera trompé 3 fois de route, alors que cela ne m'arrive que rarement quand je suis seul et plus attentif au tracé du sentier. Et par 3 fois aussi, nous nous serons abrités des orages au moment où ils sont les plus violents! Car le beau temps n'est pas avec nous et Marcel dont les chaussures ne sont pas des plus étanches, n'aurait pas pu continuer la rando demain, car ses pieds ont souffert d'être trop dans l'eau! Après l'erreur de route en allant près d'Etupes, nous aurons cassé la croûte à Dasles (ça ne s'invente pas!) dans un abribus, il y a plus bucolique! Le pont des Sarrazins , un passage proche d'un camp à l'époque de leur invasion, aura aussi le mérite de pouvoir nous épargner de la pluie (je ne sais pas encore que la référence aux Sarrazins reviendra souvent pendant cette marche).


La papeterie (près de Glay) s'avère être une bonne adresse et la vacherin et le vin d'Arbois nous requinquent après cette journée fort humide. 12 juin Réveil à 6 heures. Il pleut, il pleut, il pleut!Les pieds sont sensibles et il a fallu renforcer encore avant le départ " l'emmaillotage" confectionné au lever pour le pied gauche. Très intéressant chemin des bornes entre France et Suisse et jolies fontaines de Villarsles-Blamont avant la pause à la chapelle du Mont face à Saint-Hyppolite, un beau village dont je fais une rapide visite avant de repartir. Les pieds enflent beaucoup et je crains le pire..


La pluie avait cessé mais elle reprend dans la montée vers Trevillers. Montée régulière , ce qui est bien pour les pieds, mais monotone. Je rencontre 2 vététistes bernoises que je retrouverai au gite de Trevillers et qui m'offriront à l'arrivée un bouillon réconfortant. Leur arrivée avant moi a permis le préchauffage du local, propre et fonctionnel, qui coûtera 5,5 €! Le prix le plus bas de toute la marche en 2007! 31 km et environ 1000m. de dénivelée aujourd'hui.


13 juin Belle journée!Je quitte Trevillers après un bon petit déjeuner au resto du coin (notre table d'hier soir). Montée au village de Urtière à 956 m. dont j'admire la chapelle mais surtout les lambréchures en demi-lune et arabesques des immenses fermes. Et pourtant il n'y a que 4 pièces par étage! Descente à Goumois vers 500m. et pause dans le village à la frontière suisse.

Puis je longe le superbe Doubs , paradis du canoë à cet endroit car cest le seul moyen de locomotion autorisé. Quelques pêcheurs avant un grand silence interrompu seulement par le chant des oiseaux. Le débit s'accélère de nouveau au Bief d'Etoz. Le bief est la rivière et les Toz étaient une espèce de pin aujourd'hui disparue.


J'apprends aussi qu'une princesse Esterhazy s'est cachée ici pendant 4 ans pour échapper au mari que son père lui avait choisi! Près de l'usine du refrain, je rate les échelles de la mort qui devaient me permettre de remonter sur le plateau. La honte! Ces échelles, bien solides aujourd'hui, étaient un point de passage des contrebandiers qui risquaient leur vie sur des échelles de bois fragiles et précaires au retour de Suisse. Il faudra un grand détour pour atteindre le Bois-de-la-Biche à 930m.où se trouvent, en tout et pour tout, un gite (que j'ai choisi) et un hôtel restaurant


(où je dégusterai ce soir une terrine aux morilles, un saumon au vin du Jura avec le vin du même nom). Surprise à l'arrivée dans ma chambre du gite: une carte d'encouragement de Marcel qui a fait le parcours en voiture. En buvant ma bière sur la terrasse de l'hôtel, j'apprécie le doux paysage de la vallée du Doubs et je pense qu'elle est belle, la vie! Un bon moment est consacré à la préparation de l'itinéraire des jours à venir, cartes à l'appui. Ce sera un rituel journalier souvent exécuté dès l'arrivée le soir au moment de la boisson récompense. Parfois même avant la douche, la peur du manque?La marche est une drogue!

14 juin Il ne faisait pas très chaud dans la chambre à 1000m.réveil à 5h.30 et départ à 7h. Je redescends par la grotte des moines, aperçue hier et j'ai la chance d'admirer deux chamois qui descendront beaucoup plus vite que moi.. et avec tellement plus de souplesse!Le Bois-de-la-Biche porte bien son nom. Je suis le Doubs par les hauteurs aujourd'hui avant d'atteindre le barrage de Châtelot et le saut du Doubs , remarquable. Je me perds un peu autour de Vions , puis je confonds Villers-le-Lac avec les Brenets (rive suisse)et c'est seulement vers 16 h. que j'entre dans Villers-le-Lac alors que la pluie commence à tomber.Autant le pays était beau, autant cette ville est triste.


Le gite des randonneurs, vide et où on s'annonce par téléphone à l'entrée, est minable. J'y renonce et repars pour 2km. supplémentaires à l'hôtel du cygne , hors la ville. A l'arrivée, j'appelle par précaution les gîtes possibles pour demain. Bonne idée, car il faudra 4 appels pour trouver un logement. Pas très loin, mais demain sera une journée cool après ces 120km. sur 4 jours avec grimpettes. 15 juin Départ à 8h. et retour vers Villers-le-lac. Montée à Surla-Roche, un joli gîte dans lequel j'entre espérant un coca mais il n'y a personne. Je poursuis la montée sur la crête franco-suisse avec ses bornes et son muret-frontière. Mais quelle pluie!Qui me fait glisser sur les pierres et arriver trempé au Gardot, à la frontière suisse.


La patronne de l'auberge locale me propose..un vin chaud!Je me change et décide de prendre mon temps et le repas du jour à 10 € (le rêve). Je repars deux heures plus tard pour le Vieux-Châteleu, gîte retenu la veille. Quelle bonne idée de l'avoir retenu malgré sa proximité de Villers-le-lac! Une jolie vue, malgré la pluie (qui cessera quand j'arriverai vers 15H. au gîte!) sur le village de Derrière-les-Monts. Je découvre que c'est d'ici que, pendant la deuxième guerre mondiale, un homme du réseau AGIR a permis aux alliés de connaître les V1 en passant des plans en Suisse. L'auberge est sympa et décorée avec goût de meubles, de veilles photos et d'outils locaux. Et le menu comtois est parfait pour les marcheurs: crème de morilles,jambon au four avec röstis du Jura,concoillote,morbier, mamirol et roucoulon en fromage et une glace au Pont (le pastis de Pontarlier)!Avec un verre de blanc en apéro et un petit vin du Jura pour le repas. Au lit à 21h. dans mon dortoir de 6 pour moi tout seul avec "Thérapie" , un livre d'un auteur bien britisch. que Marie m'a prêté et j'ai commencé à apprécier cet après-midi. 16 juin Départ à 7H. après un solide petit déjeuner, pris en solitaire. Quand je désire partir tôt, les hôteliers me préparent le p'tit- déj la veille. Ca n'améliore pas la qualité du café mais comme , en général, il est moyen... Le chien du gîte m'accompagne. Malgré mon insistance pour lui faire faire demi- tour, il me suivra pendant 4 heures.


Aux "Alliés", je demande à une dame de prévenir le gîte et son maître vient récupérer le brave Scoubidou, un bouvier de 7 ans à qui, d'après ses dires, il manque un chromosome. Il était gentil, Scoubidou, sale mais gentil. Il se trempait dans les flaques d'eau boueuse sans doute pour se rafraîchir?Mais, avec son énorme toison noire, ça lui faisait des croûtes de boue genre Noah mais en plus épais! Je suis le G.R. scrupuleusement en allant de hameau en hameau. Les noms me plaisent, tels: le Nid du Fol , chez Blaiset, la Côte du Cerf, le Cernet du Doubs, la ferme des Bonjours,la ferme de la Barillette, le moulin Maréchal , les Ouillettes et le Chasel du Creux Grande peur dans la forêt quand je vois un puma! Ou un jaguar? Non, pas ici!Mais il est gros pour un chat sauvage!Je crie pour " voir"...mais la statue ne bouge pas.


J'apprendrai quelques minutes plus tard qu'une association de tir à l'arc a installé ce fauve ainsi qu'un loup et même un ours que j'aurai aussi pu rencontrer. Des cibles doivent encore être posées à leurs pattes pour le concours de demain! Je passe le défilé des Dames d'Entreportes avant de laisser une bifurcation vers Pontarlier tout proche (3km.) et d'atteindre le Frambourg, commune de la Cluse-Mijoux. par le fort Mahler qui protégeait le château de Joux et la cluse.Le temps est beau, comme le site. Pas une goutte d'eau aujourd'hui et une température douce mais un petit vent frisquet sur les crêtes. Pour ce soir, l'auberge du château de Joux s'avère être un hôtel miteux. Le papier peint genre "Deschiens" se décolle des murs, l'éclairage est défaillant et le bon goût de l'ensemble n'arrange rien. Mais le prix est le plus fort payé jusqu'à présent! 17 juin Jour 7: départ vers 7h. avec un beau temps. Montpetot est charmant sous le bel éclairage du matin.le village des « Fourgs » me plaît aussi. Je rate « les petits Fourgs « (sic) sur le chemin de droite... quand je vais à gauche. Je trouve une épicerie , me régale d'abricots et achète chocolat noir et pamplemousse. Par bois et pâtures , je gagne « les Hôpitaux vieux » puis « les Hôpitaux neufs » Je ne pourrai pas être à Mouthe ce soir.


C'est confirmé par une erreur de chemin qui m'amène aux Tavins (Jougne), un joli détour en dénivelée. Pause déjeuner et il n'y a plus qu'à grimper les 600 m. qui me séparent du sommet du Mont d'Or. Je les grimpe facilement en admirant au passage la chaîne du Mont Blanc et les villages suisses en contrebas. Je ne regrette pas cette variante qui me fait découvrir les falaise du Mont d'Or. La descente est moins royale car je veux couper par la forêt la longue route de Longeville et m'égare.

Le village des Hôpitaux-Vieux est situe sur la voie romaine reliant Vesontio (Besançon) à Rome. Il doit à Jean de Chalons-d’Arlay, dès la fin du XIIIe siècle, son statut de lieu de soins et d’aide aux victimes des conflits entre seigneurs locaux. Au siècle suivant, ce sont les malades de la peste et de la lèpre qui viennent se faire soigner. Anéanti en 1669 par des mercenaires suédois à la solde du roi de France (période de la guerre de Trente Ans qui oppose la France à l'Espagne), le village ne se relèvera que lentement de ces temps de troubles. Le site voisin, sur lequel s'édifiera une nouvelle église, prendra en 1780 le nom de village des Hôpitaux-Neufs. Les deux villages sont longtemps restés tournés, pour l’essentiel, vers l'agriculture et l'élevage. Le village des Hôpitaux-Vieux possède toujours sa fruitière. Quant aux village des Hôpitaux-Neufs, fort d’un cadre naturel de grande qualité et d’un accès aisé vers le bassin d’emploi helvétique, il s’est peu à peu ouvert au tourisme vert et blanc en relation avec la station proche de Métabief et a favorisé l'implantation de travailleurs frontaliers.


Trois années étaient nécessaires pour construire une maison de pays. La première année était consacrée à la coupe et à l’équarrissage des grumes. On taillait la charpente la seconde année et, au cours de la troisième année, celle-ci était montée lorsque le bois était bien sec. Dans les campagnes du HautDoubs du XVIIIe siècle, la structure principale d’une ferme était conçue intégralement en bois de sapin, des fondations jusqu'au faîtage. La toiture, comme le bardage de la façade de la ferme, étaient réalisés en tuiles de bois (tavaillons ou clavin). Les fines planchettes de bois assuraient l’étanchéité de la toiture. Les chéneaux (gouttières) recueillaient l’eau de pluie qui était ensuite guidée vers une citerne. L’habitat des hommes était traditionnellement situé du côté le plus froid (orientation au nord) de la maison, ceci afin de préserver le bétail. La grande cheminée en bois, le tué, pièce centrale et maitresse des fermes du Haut-Doubs, produisait une chaleur qui séchait le fourrage dans la grange et les greniers, réchauffait les bêtes dans l'écurie et permettait à toute une famille de se tenir au chaud dans le « poêle », la pièce attenante au tué. Dans l'âtre, on utilisait le chaudron pour la fabrication du fromage et pour la cuisine. Dans le corps de cheminée pyramidale et sur les longues perches de bois, on disposait les saucisses, les jambons …


Mais quand j'arrive vers 18h. et sous la pluie revenue, je trouve un hôtel sympa et net , et moins onéreux que le miteux logement de la veille. J'ai dépassé les 200 km. depuis Fesches-le-Châtel. 18 juin C'était bien calme dans la salle de restaurant hier soir. Un peu de musique douce n'aurait pas nui..Il pleut encore ce matin. La patronne, au sourire sans chaleur, me dit qu'il ne peut se passer deux jours sans pluie dans ce pays...Ce n'est pas la première fois que je l'entends et "ce pays" est vert comme la Normandie! Depuis une semaine, je marche dans une campagne merveilleuse mais le pays est rude et les villages sont parfois tristes, les moyens manquent pour soigner les habitations. Je démarre à 8h. avec le sourire car


l'UMP a pris une claque aux élections et surtout, Juppé a perdu et démissionne de son poste de ministre!Je boirai un Coca à sa santé à Mouthe! Je renonce aux sources du Doubs que j'avais a priori retenues dans le parcours car je suis le fleuve depuis plusieurs jours mais 8km., aller retour, c'est trop. Exit le Doubs et en avant pour "la Chapelle des Bois" Je rencontre enfin un randonneur qui fait le GR5 dans l'autre sens. Il est hollandais et son objectif est Maastricht! Je croise encore un couple d'américains puis un autre couple et je termine la journée avec Claire, jeune alsacienne de Munster qui poursuit des études à Strasbourg. Elle s'entraîne pour une rando avec des éclaireurs en faisant la GTJ. Que de monde aujourd'hui! Arrêt au gîte très sympathique des " Montagnons", avec une heure de sauna, spa et hammam.

Un petit Pont ,le pastis de Pontalier avant le repas partagé à la stammtisch avec les patrons qui offrent la gentiane et elle est de qualité! Un prix défiant toute concurrence et une adresse à retenir...mais les conversations me font craindre des problèmes financiers...


19 juin Je démarre une fois de plus par une montée sur la crête frontière: rocher Champion et roche Bernard. La pluie a cessé et le point de vue est beau. Une longue marche en forêt jusqu'aux Rousses qui commencent à se réveiller pour les touristes. Quelques courses et je me sauve car la petite ville n'a rien de séduisant.


Je m'arrêterai à l'extérieur, aux Cressonnières. Une journée monotone. 20 juin Sur les conseils du patron de l'hôtel, je quitte la GTJ et je passe en Suisse pour gravir la Dôle (1677m.) car m'a-t-il dit, par rapport au crêt Pela, y-a pas photo pour le point de vue. Et, en effet, il n'y aura pas de photo panoramique sur les Alpes qui sont dans le brouillard!Mais la montée m'a plu et on voit quand même le jet d'eau du lac de Genève!

J'ai rencontré 4 filles volontaires pour entraîner leur chien au sauvetage en montagne, activité bénévole soutenue par la protection civile suisse. Je pouvais monter tranquille! Au sommet de la Dôle, je comprends que les grosses boules blanches vues des Rousses sont un centre de radars pour l'aéroport de Genève tout proche et une station de météo. De la Dôle au col de la Faucille, c'est d'abord beau puis " bordélique" à la descente vers le col ( chemins non balisés et mal entretenus), mais j'admire une biche à 10 m. J'emprunte le chemin de Maréchaude pour éviter le Colomby de Gex mais je grimperai quand même à 1500m. et je dépasserai Lelex en atteignant le refuge de la Loge. proche du crêt de la neige. Une longue journée et j'approche ce soir les 300km.


Le refuge est sommaire. Pas de douche. Mais le jeune gardien est très accueillant, sa copine est charmante, son chien Nomade est tranquille et la bière ne manque pas. Deux randonneuse suisses alémaniques sont aussi présentes. Un bon repas arrosé de Pulsard (du rouge pas rouge d'Arbois) et au lit!


Radio Suisse SA a construit une station radio à la Dôle en 1954, à 1677 mètres

Radio Suisse SA a construit une station radio à la Dôle en 1 954, à 1 677 mètres. Elle compte aujourd'hui parmi les principales stations radar et météorologiques en Suisse. La dernière innovation avec l'installation d'un nouveau radar de type secondaire. D'ici à 2005, les sept stations helvétiques en seront pourvues. Ce type d'équipement est basé sur la technique du transpondeur, un émetteurrécepteur qui répond automatiquement au signal d'un radar par un message d'identification. La position des avions en croisière peut être détectée dans un rayon de 280 kilomètres. Les données électroniques traitées par l'antenne située à l'intérieur du radôme sont transmises au centre de contrôle aérien à l'aéroport de Genève. Jusqu'à fin 1 997, deux techniciens occupaient en permanence les lieux dans un bâtiment annexe, véritable lieu de vie construit par l'architecte Vincent Mangeat. « Les permanences duraient de deux jours à une semaine. Aujourd'hui, cela n'est plus nécessaire grâce à la superposition des réseaux de surveillance », raconte Laurent Martin. La station a ainsi employé jusqu'à douze personnes. Aujourd'hui, elles ne sont plus que quatre.

21 juin Nous avons entendu un très gros orage cette nuit. Il n'y aura pas de départ matinal car au dehors la pluie ne cesse pas et il faudra attendre plus de 10H. à la pendule pour que le vent se calme et que le brouillard se lève. Avec les deux randonneuses bernoises, nous n'irons que jusqu'au refuge du Gralet à 10 km. car Bellegarde est trop éloigné.


Que le Crêt de la Neige et le Reculet sont beaux! A la limite peut-être dangereux , surtout par temps de brouillard car les failles et les gouffres sont nombreux dans cette zone purement calcaire. Le sommet du Reculet est 1 mètre en dessous de celui du Crêt de la Neige (1720m.) mais il a plus d'allure. La vue sur le lac et les villes autour de Genève est aussi très belle. Mais une grosse masse de nuages empêche la vue sur les Alpes. Seul le Salève est visible. Nous serons avant 16h. au refuge non gardé du Gralet. Mes amies suisses préparent une infusion de Jura avec les plantes environnantes (stéria?) . A 19h. Repas de spaghettis au fromage (offerts par le gardien de la Loge), bleu de Gex, café et chocolat. A 20 h. , au lit! La belle vie! Coût du refuge:5 €! 22 juin Départ à 6h.30 sous la pluie, mais ça se lévera après 2 heures environ. Séparation après l'abri de la Poutouille.Je descends sur Menthières puis Confort où j'apprécie un express au café du tram avant de prendre la voie du même nom, là où passait le tram avant de se transformer en café-resto sédentaire. Le chemin conduit aux " pertes"' de la Valserine avant d'entrer dans Bellegarde. La ville n'est pas folichone surtout avec les travaux du TGV. Je peux au moins acheter


les cartes IGN de la suite du parcours avant de me sauver et de regrimper vers Ochiaz et Le Catray dont l'auberge est accueillante. Glace et sieste et le soir, je me paie la raclette bien servie par la patronne qui pense qu'un marcheur doit avoir de l'appétit. Arrosée de Roussette (obligée près de Seyssel!), ça passe mieux. La chaîne du Mont Blanc se découvre un peu ce soir. 23 juin Départ peu après 7 heures pour une très longue journée...car l'arrivée à Culoz se fera à presque 20 heures...J'aurai marché 43 km.(dont quelques uns en savates le soir pour trouver le restaurant ouvert à 21h. qui bien entendu est à l'autre bout de la ville). De plus , pas mal de dénivelée et en particulier une longue, très longue descente sur Culoz qui se trouve à 300m.!En prime, une nouvelle ampoule au gros orteil droit.


Le plateau du Retord est parcouru sous le vent. Ce qui justifiera pleinement le port du coupe vent.Le plateau fut un haut lieu de la résistance en 43/44. A la ferme de Planvanel, une affiche annonce le concept de "vie autrement", basé sur l'amour de l'esprit de vérité (sic).Ca me fait penser à Tintin et au lotus bleu: la recherche de la vérité en coupant la tête...je ne m'arrête pas. A la Grange Haute où je pense casser la croûte, je tombe dans une réunion de copains style les JAMBES qui pensent y passer le week-end. L'alcool ne manquera pas ce soir, pas plus que les gâteaux. Je me fais offrir un petit blanc et surtout de l'eau dans ce pays qui en manque tant. Le Grand Colombier est très beau , mais la chaîne du Mont Blanc a de nouveau disparu. Cependant, je ne bouderai pas la vue sur le lac du Bourget. A la descente, je croise un renard à 10m. à peine avant l'assaut d'un troupeau de vaches, à droite, à gauche..Je crie et elles détalent avant de revenir au galop! Impressionnant! Interminable descente sur Culoz et gîte à 20h.Nicole avait prévenu le gardien du gite.


Au restaurant, je rencontre un M.Martin qui vient, comme moi, de terminer la GTJ en 15 jours.Il n'a pas envie de parler et me quitte rapidement.Je le retrouverai au gite, où nous ne sommes que 2, toujours aussi peu loquace. J'ai marché 378 km.dans le Jura sur 13 jours. 24 juin Grasse matinée et départ cool à 9H.15 après un petit déjeuner au café du coin avec croissant et Pims orange achetés au petit Casino. Journée agréable mais chaude à basse altitude. Je suis le Rhône en suivant le GR9.


Léon Serpol l et étai t u n i n d u stri el fran çai s, n é à Cu l oz, en 1 858, et m ort à Pari s en 1 907. I ssu d 'u n mi l i eu d e peti ts arti san s men u i si ers d e l 'Ai n , i l con tri bu a, d an s l es an n ées 1 880 à l a mi se au poi n t d u premi er g én érateu r à vapori sati on i n stan tan ée, i n ven té par son frère aîn é H en ri (1 848-1 91 5), et breveté en 1 881 . C'est à Léon q u e revi en t d 'avoi r trou vé en l a person n e d e l 'i n d u stri el Larson n eau , u n parten ai re en th ou si aste q u i l 'ai d a à créer l a Soci été d es M oteu rs Serpol l et frères et Ci e, en 1 886, et à ou vri r d es atel i ers ru e d es Cl oÿs à Pari s, d an s l e d i x-h u i ti ème arron d i ssemen t. Les premi ers bén éfi ces permi ren t à Léon d 'en trepren d re l a con stru cti on d 'u n e au tomobi l e. Ce sera l a premi ère foi s, en 1 888, q u 'u n tel proj et con vai n c d es i n vesti sseu rs: l e tri cycl e à vapeu r Serpol l et est l a premi ère au tomobi l e i n d u stri el l e, et l es comman d es son t n ombreu ses. De n ombreu ses au tomotri ces à vapeu r, an cêtre d es au torai l s fu ren t ég al emen t propu l sés par d es moteu rs à vapeu r Serpol l et, en col l aborati on avec Decau vi l l e et Bu ffau l t-Robatel pri n ci pal emen t. U n certai n Peu g eot, con stru cteu r d e bi cycl ettes d an s l e Dou bs, ach eta d es moteu rs Serpol l et pou r éq u i per ses premi ères au tomobi l es. M ai s comme d 'au tres con stru cteu rs, i l passera au tou t n ou veau moteu r à expl osi on . Cepen d an t, l 'au tomobi l e à vapeu r resta en l i ce j u sq u e peu avan t l a Gran d e Gu erre, et el l e se d éfen d i t bi en : c'est u n e Serpol l et q u i pu l véri sa l e record d e vi tesse à 1 20, 8 km/h eu re en 1 903!

M ort en 1 907, à l 'âg e d e q u aran te-n eu f an s, Léon Serpol l et fu t i n h u mé en g ran d e pompe. I l ne connaîtra pas l'abandon de la vapeur pour les automobiles. Son frère Henri, resté dans l'ombre, lui survivra huit ans. A l'ouverture du canal de Savières, le joli village de Chanaz est en plein soleil. Le canal relie le lac du Bourget au Rhône, la France à la Savoie.De nombreux hommes célèbres l'ont emprunté. Dans un vieux moulin à noix et noisettes, je goûte les délicieuses huiles de première pression.Puis je monte dans le vignoble de Chautagne, avec en toile de fond, la dent du Chat, le Molard et la montagne de Charvaz.Est-ce encore le Jura? Je me traîne ensuite à Aimavigne, Jongieux, Chapelle Saint-Romain , pourtant les paysages sont superbes.


Long de quatre kilomètres, le canal sert de réservoir naturel aux eaux du Lac du Bourget vers le Rhône et inversement lorsque le fleuve est en crue. Il fut au cours des temps agrandi, rectifié, curé pour faciliter la navigation marchande et passagère, car il était jusqu'au siècle dernier, une importante route commerciale. Ce fut grâce au canal que de grands personnages tels que Jules César, le pape Innocent IV, Alexandre de Médicis, Charles Emmanuel Ier, le comte de Provence, futur roi Louis XVIII, Victor Amédée III, Napoléon III..., purent se rendre de Savoie en France. De très nombreuses marchandises, venues d'Orient, étaient chargées au Bourget sur des barques qui passaient à Chanaz, remontaient le Rhône jusqu'à Seyssel où des chars les attendaient pour être transportées à Genève. Ces barques étaient chargées de sel, de draps, d'objets de mercerie et d'autres effets, et devaient s'acquitter d'un droit de péage à l'entrée du canal. Le 1 7 août 1 838, un bateau à vapeur de Lyon franchit pour la première fois les passes étroites du Canal de Savières. Ce fut un progrès énorme pour la rapidité des communications. Dans les années suivantes, de nouvelles compagnies de navigations s'implantèrent dans la région. Ce fut ainsi qu'en 1 855, quatre bateaux à vapeur assuraient quotidiennement le service de transport des voyageurs et des marchandises d'Aix-enSavoie à Lyon, en desservant tout le littoral.


Descente sur le Rhône où un agréable sentier découverte boisé me mène à Yenne. Hôtel sympathique et bière fraîche à 17h. Et une agréable soirée avec 3 marcheurs allemands qui sont sur une route de Compostelle depuis Lausanne, Genève ou Interlaken. Car , je suis pour un petit moment sur un chemin de Saint Jacques. En soirée, bel orage et un couple d'anglais en tandem arrive trempé!


25 juin Début de la troisième semaine de marche sous la pluie. Départ à 7h.30 et ça tombe! L'éclair ne passera pas loin pendant l'orage. La pluie cessera après 4 heures et j'arriverai à 12 heures tapantes au clocher de l'église à Saint-Maurice-de- Rotherens. J'apprends l'existence de M.Galleti, précurseur dans le domaine de la TSF mais son musée est fermé... Depuis hier, je suis dans le département de Savoie, après le Doubs, le Jura et l'Ain.


Je passe trois petits cols dans une solitude absolue sous la pluie. Voici une journée pour me convaincre que j'aime la marche! Je suis au pays de Mandrin (château et grotte à son nom).A Dullin, je suis au dessus de l'autoroute que je cherchais depuis un moment.La super-secrétaire de mairie, Patricia, me cherche l'hôtel ou le gîte le plus proche du GR.Il pleut et il tonne de nouveau depuis 15h. et 30 km. dans ces conditions , ça suffit. Pourtant , l'humeur est excellente. Arrêt à la Curiaz (Saint Alban de Montbel) dans un hôtel qu'aimerait bien avoir l'air, mais qui a pas l'air du tout.Le plus mauvais rapport qualité/prix de cette rando.


Roberto Clemens Galletti di Cadilhac est un ingénieur italien, pionnier de la TSF. Il est né à Torre San Patrizio (Italie) le 29 décembre 1 879 et mort à Murs (Ain) le 1 8 août 1 932. Fils d'un colonel et député italien et d'une aristocrate anglaise, Robert Galletti a grandi dans un milieu aisé. Il étudia à l'École d'ingénierie de Rome, se passionna pour la télégraphie sans fil et travailla pendant quelques années pour la compagnie Marconi, avant d'inventer une nouvelle technique pour augmenter l'efficacité des transmissions télégraphiques et de lancer sa propre entreprise en 1 907. Marconi détenant le monopole de la TSF en Italie et dans plusieurs autres pays d'Europe, Galletti émigra en France, où il travailla pour le Ministère des Postes et Télégraphes. Il réussit à réaliser des transmissions entre la station de Villeurbanne (Rhône) et celles des Saintes-Maries-de-la-Mer (Bouches-du-Rhône) et de Fort-de-l'eau (Algérie). En 1 91 3, Galletti s'installa dans le hameau de Leschaux, dans la commune de Champagneux, en Savoie. Cette commune, riveraine du Rhône, a la particularité d'être située au pied d'une falaise abrupte, haute de 500 mètres. Cette déclivité lui permit d'installer dix très longs câbles, qui firent office d'antenne. La station radio de Galletti, très puissante et sophistiquée pour l'époque, était destinée à réaliser des émissions transatlantiques. En 1 91 3 et 1 91 4, il réussit à communiquer avec la station de Tuckerton (New-Jersey), mais le déclenchement de la guerre de 1 91 4-1 91 8 l'empêcha de poursuivre ses travaux et son matériel fut réquisitionné par l'armée française. Après la guerre, Galletti dissout son entreprise (1 925) et continua ses travaux en Angleterre, où il mit au point un radiotransmetteur à faisceau destiné au radio-guidage des avions. Il est décédé brusquement dans sa maison de Murs, le village qui fait face à Champagneux, de l'autre côté du Rhône. Le village de Saint-Maurice-de-Rotherens (Savoie), où était située l'antenne de Galletti, a ouvert un musée en son honneur: le radio-musée Galletti. 26 juin La journée sera longue: plus de 10 heures pour atteindre Saint Pierre d'Entremont. Le parapluie est encore bien vu. J'entre dans le parc naturel régional de Chartreuse et je passe aux Echelles. La cité ne manque pas de remercier sa bienfaitrice Béatrice de Savoie et aussi Stendhal (qui a séjourné plusieurs fois chez sa tante, venant de Grenoble).


Le village des Échelles est construit sur l'ancien site romain de Labisco, dans lequel passait la voie romaine de Lugdunum (Lyon) à Mediolanum (Milan) ; cette route sera jusqu'à la construction de l'autoroute A43 le poumon économique du bourg. Le toponyme vient du passage des échelles, une gorge étroite et escarpée qui, selon la légende n'aurait pu être franchie au Moyen Âge que par des escaliers ou des échelles. Le nom de ce passage escarpé vient du latin scala : échelle, escalier. Dès le haut Moyen Âge, le village se constitue en bourg fortifié, dont les remparts ont aujourd'hui disparus. La princesse Béatrice de Savoie, épouse du comte de Provence y vécut et y mourut en 1 266. Elle fonda le château sur les hauteurs du Menuet, ainsi qu'une commanderie de l'Ordre de Saint Jean de Jérusalem. La ville accueillit également une léproserie et des casanes lombardes (banques).


Pour le moment tout est fermé et sombre. Heureusement, j'ai fait mon petit marché juste à temps: un merveilleux saucisson dont la charcutière a dégagé quelques tranches pour le repas, un bon pain offert par la boulangère qui admire le marcheur, un morceau d'Abondance chez le crémier.Le café du coin est vide de tout autre client et j'y prends mon coca seul, car même la patronne s'éclipse pour voir sa télé! Sur la route de Pont Saint-Martin, un savoyard me refuse un abri, car il y a une grange plus loin...Merci!Pas de grange plus loin, mais le lavoir m'abrite. Après le déjeuner, longue montée humide au col des Egaux (957m.) et aux Egaux. Descente sur Corbel où malheureusement gîte et restaurant sont fermés. C'était pourtant joli... Il faut descendre sur les deux Saint-Pierre-d'Entremont ,celui de Savoie et celui d'Isère adjacent pour trouver une chambre dans un logis de France.


Les gorges du Guiers étaient remarquables, celles du Guiers vif car il y a deux Guiers (l'autre est le Guiers mort) et même un village qui s'appelle Entre-deux-Guiers. Cette région a été beaucoup disputée entre Savoie et Dauphiné et c'est François 1er qui aurait tranché pour le Dauphiné. L'hôtel a 4 clients silencieux comme la serveuse qui s'emm... est-ce un couvent de Chartreuse?

27 juin J'ai prévu une courte journée avec au menu : le petit Som (c'est ainsi que se nomment les sommets de la Grande Chartreuse qu'il faut prononcer "son" ), le couvent de la Grande Chartreuse et arrivée à saint Pierre de Chartreuse. Je commence par une balade dans St Pierre d'Entremont dont l'austérité me plait. Appels de Nicole, de Jacqueline, de Marcel , je suis gâté; Je monte au col de Bovinant à 1646m. tout proche du sommet des Som , mais il fait vraiment trop froid et je n'irai pas.


En montant, je lis des pancartes qui annoncent que les moutons sont encadrés par des chiens dont il ne faut pas avoir peur. Il faut rester calme, ne pas s'approcher du troupeau ou ne plus bouger quand ils font preuve d'agressivité. Les chiens sont utilisés pour éviter les attaques des loups.Rassurant: on choisit le chien ou le loup? Après la chapelle Saint Bruno, fondateur de l'ordre, à l'emplacement du premier monastère, et la chapelle Casalibus, j'atteins le nouveau monastère, impressionnant par la taille dans la zone de silence du désert de Charteuse. Rencontre avec 3 cafistes de Montbéliard, mon point de départ! Le repas sera tiré du sac dans la salle du même nom de la Cotterie, où je visiterai le musée de la Chartreuse (histoire de l'ordre et vie des chartreux).


Descente sur St Pierre, poussiéreux hôtel du Nord et une flasque de whisky et des cahuètes pour se remettre, la première fois depuis le départ. Petite étape mais beau dénivelée. Repas du soir dans un restaurant savoyard avec de l'ambiance qui compense la tristesse de l'hôtel! 28 juin On dirait que le beau temps revient. Grimpette sur le Charmant Som à 1867m. et à 3h.30 de Saint Pierre.Le ciel est bleu et il attire le vacancier!Je double un groupe qui jacasse et me gâcherait presque le sommet, mais quelle vue sur le couvent, sur Belledonne et le massif de la Chartreuse! Descente et remontée sur le Mont Fromage, passage au pied de la Pinéa, pic assez spectaculaire , col de Porte et arrivée à Sapey en Chartreuse.


29 juin Vraiment,quelle bonne idée, le café dans la salle de bains! Départ à 8h. Après un petit déjeuner royal, à rendre gourmand un chartreux. La grande descente sur Grenoble commence par une montée de 350m.au fort Saint Eymard. Vue qui vaut le détour sur le massif de Belledonne , Grenoble et le Vercors. 1100 m. de descente sur Grenoble (à 200m. d'altitude, c'est la ville la plus plate de France) via Corenc par une voie officiellement interdite par la maire.Les graffitis sur le panneau d'interdiction montrent que tout le monde n'est pas d'accord!En plus, le GR9 officiel retrouvé passe par là...

Une chambre d'hôte superbe avec vue de mon lit sur Chamechaude, le point le plus élevé et un des plus beaux de la Grande Chartreuse. Quelle bonne idée, le café dans la salle de bains! Je suis fatigué, mais il faudra encore marcher pour le repas à Sapey.Je m'empifre de tartiflette avant de déguster une crème brulée à la Chartreuse.


Un jogger gravit le chemin: chapeau bas! J'évite le mont Rachais et passe en biais par La Tronche (ah!ah!).J'achète le pain chez une boulangère envieuse de mon sort.Elle est picarde, la serveuse et aimerait mieux connaître la montagne. Grande traversée de Grenoble, finalement pas désagréable, ce que je craignais.Le vieux Grenoble n'est pas inintéressant. Casse croûte sur le banc à Seysssinet Pariset . JJ Rousseau a du se balader et rêver dans le coin car un parc naturel porte son nom. Grimpette via La-Tour-sansVenin (curieux , le nom) à Saint Nizier de Moucherotte (1160m.) où Nicole m'a trouvé une chambre dans un village de vacances avec piscine et sauna. Je les ai mérités après 1100m. de descente et 1300m. de montée.Me voici dans le Vercors maintenant. Le soir, moules frites! Dans le Vercors!Dans une ambiance maison familiale qui malheureusement va fermer bientôt..rentabilité...


30 juin Un Lillois me demande si je ne me ctoyais pas à la braderie de Lille la veille. Sympathique façon de saluer un ch'ti. Madame ressemble à Dudule. Je prends le GR 91 pour le sommet de Moucherotte. Après la brume, voici le beau temps .Quelle récompense là-haut à 1896m. deux bonnes heures plus tard! Vue au dessus des nuages sur le Mont Blanc, la Meije et le massif des Ecrins. C'est vraiment le bonheur.


Lente descente sur Lans en Vercors, un petit col, puis Villars de Lans. Je croise de plus en plus de randonneurs.. après 7, je ne compte plus. C'est samedi et demain, juillet. Attention, touristes! La descente ma parait longue. Je me sens patrac cet après-midi (les moules?l'eau?) Un coca et une badoit à Villars de Lans pour faire passer?En pensant aux cartes postales reçues de ma maman qui, avec les amis Ruckebusch, découvrait ici une station de sports d'hiver pour la première et la dernière fois de sa vie à 60 ans. Je termine cette dernière et 20ième étape à Corençon-en-Vercors à l'hôtel des Clarines.Le plus chic de cette série. J'y attendrai Nicole demain. Ah! terminer la marche en dégustant un filet de boeuf au foie gras...classe!


20 jours de marche et 560 km. de plus au compteur qui indique maintenant 1186km. à pieds et 191 en vélo soit un total de 1377km. en 41 jours. Le 1er juillet, Nicole sera là et nous irons à saint Nicolas pour un mois de flotte et de froid. Une semaine avec Cécile et retour Breusch anticipé Une semaine sur les bords de Loire avec les enfants début août Et route vers Barcelonnette les 11 et 12 août pour rejoindre Annick, Sally et Dany et les marcheurs normands ...une autre étape


Le massif du Vercors est célèbre pour les résistants qui se sont réfugiés dans les maquis lors de la Seconde Guerre mondiale : certains plateaux y sont difficiles d'accès pour les non-initiés. Les jeunes français voulant échapper au Service du travail obligatoire (STO) s'y réfugient. Ils sont plusieurs centaines début 1 944, contribuant ainsi à la création d'un réduit autonome. Le porche d'entrée de la grotte de la Luire servit brièvement d'hôpital de campagne au Maquis. L'un des monuments de Gresse-en-Vercors mentionne les noms de 1 2 jeunes combattants tués. Mais le général allemand Karl Pflaum lance en juin 1 944 depuis Grenoble une offensive qui est fatale à ce Maquis, utilisant notamment des troupes aéroportées par planeurs. Le Maquis du Vercors fut anéanti, mais sa résistance permit de retenir plusieurs divisions allemandes au moment des débarquements en Normandie et en Provence. À la fin de la guerre, Vassieux-en-Vercors fut élevé au rang de Compagnon de la Libération, avec quatre autres communes méritantes de France.


10 septembre Après un agréable week-end avec Françoise et Guy, nous quittons Glézé, direction Grenoble vers 10h.Petite visite de la ville avec Nicole et retrouvailles avec Dany à la gare à 15h. Direction: Corrençon pour faire la jonction CorrençonBarcelonnette d'où je suis parti en août avec les marcheurs normands (c'est écrit plus loin...). De l'hôtel du Caribou à bout de brousse, Nicole nous ramène à Corrençon car il ne faut pas que le tracé pédestre soit interrompu! 2km. Aujourd'hui au compteur pour 110 m. de dénivelée! Le patron de l'hôtel est un original qui aime.. la voile!En Vercors, il faut le faire. C'était son métier avant qu'il reprenne l'hôtel. Il nous avoue 3 passions dans la vie: le bâteau, le caribou (son hôtel bien sur, pas l'animal) et les femmes!

11 septembre Et c'est parti...dans le brouillard au pas de la Balme à 1839m. soit 600m. en 1h.30. Mais nous avons froid.Gants et goretex sont les bienvenus.Nous ne remonterons pas l'assez impressionnant “mur de Sarrazins” car le G.R. descend sur le balcon juste avant.Le brouillard se dissipe peu à peu et le soleil arrive. Long, long, très long sentier balcon que nous suivrons de 10h.30 à 16h. avec un arrêt au refuge-abri de Pérouse à 1600m.Jolie vue sur les falaises du Vercors et au loin déja sur le Mont Aiguille.


Après Pérouse, ça remonte pour mieux redescendre au col “des Deux” et aux “Petits Deux” où nous découvrons un gîte immense pour nous deux.Grande salle, salon télé et vidéo, des douches bien chaudes et des bières à boire en attendant Madame Martin qui a annoncé son arrivée pour 19h.30. Sa fille nous fait un brun de causette et nous raconte comment elle a râté son examen d'accompagnatrice de montagne pour 4 petites minutes de trop dans une épreuve. Madame Martin ,qui a ouvert pour nous, nous régale de melon au jambon cru,de croziflette (la tartiflette aux pâtes) arrosée d'un petit blanc, de fromage et d'une tarte aux pommes maison toute fraiche!

12 septembre Comme annoncé la veille, un gars du pays nous apporte du pain frais pour le p'tit déj. Merci Madame Martin! Démarrage après quelques courses à Gresse-en Vercors;peu de dénivelée aujourd'hui.


La vedette du jour sera sans conteste le fameux et admirable Mont Aiguille.Nous grimperons jusqu'au col de l'Aupet à 1653m, au pied du mont dont l'ascension en 1492 marque le début de l'alpinisme. Descente sur La Richardière à 1050m. à l'hôtel “du gai soleil du Mont Aiguille”. C'est vrai qu'il rayonne le soleil depuis ce matin.Il n'est que 14h.30 , mais faute de logement plus loin, nous nous arrêterons ici.


Selon Salvaing de Boissieu dans Septem miracula Delphinatus, des déesses chassées de l'Olympe seraient venues s'y réfugier et furent surprises dans le plus simple appareil par le chasseur Ibicus. L'affaire provoqua le courroux de Jupiter qui changea le voyeur en Bouquetin et sépara le mont sacré du reste du Vercors! Au moyen âge, le Mont Aiguille, baptisé en latin Supereminet Invius qui signifie "Il se dresse, inaccessible", est perçu comme un énorme rocher d'une hauteur prodigieuse. Les dessinateurs de l'époque le représentent sous la forme d'un champignon ou d'une pyramide renversée. Sous l’ancien Régime, il jouit d’une popularité supérieure à celle des géants des Alpes, ignorés du plus grand nombre. En 1 211 , Gervais de Tilbury, neveu du roi d'Angleterre Henri II, le décrit comme un mont inaccessible duquel choit une source transparente; au sommet, de l’herbe verdoie et l’on y voit parfois des draps blancs, étendus pour sécher, selon l’usage des lavandières. Les lambeaux de neige qui subsistent au printemps sur la prairie sommitale et l'imagination du narrateur juché sur la cime du grand Veymont suffisent pour accréditer la légende des lavandières du Mont Aiguille. Certaines des légendes qui s’y rapportent ont pu retenir l’attention des princes. La plateforme sommitale apparaissait en effet, dans bien des esprits, comme une sorte d’Eden, un territoire préservé du monde profane. 1 492, première au Mont Aiguille A la fin du Moyen-age en 1 490, le jeune roi Charles VIII impressionné par la silhouette de cette tour rocheuse lors d'un voyage de Lyon à Notre Dame d'Embrum, pour accomplir un pèlerinage sur les traces de de son père, le roi Louis XI le pieux, charge Antoine de Ville,

seigneur de Dompjulien, spécialiste de l’assaut des places-fortes, de se risquer à


l’ascension de la divine montagne. Cette expédition, authentifiée par un acte notarié, a été réalisée à la fin du mois de juin 1 492. Yves Lévy, huissier de son état effectue le constat depuis le bas "Ne voulant pas s'exposer d'y monter par le danger qu'il y avait d'y périr et par l'impossibilité d'y arriver de peur qu'il ne parût tenter le seigneur...". Antoine de Ville se fait assister par Sébastien de Carrecte, prédicateur apostolique, Reynaud, escalleur du roi (échelleur), Cathelin Servet, maître tailleur de pierres de l'église Sainte Croix de Montélimar, Pierre Arnaud maître charpentier de Montélimar, Guillaume Sauvage, laquais, Jean Lobret, habitant de Die, François de Bosco, aumônier. L'ascension est réalisée par cette équipe de "spécialistes" au moyen d'échelles, de cordes et de grappins. Ils découvrirent "un beau pré qui demanderait 40 hommes pour le faucher, avec des fleurs de couleurs et de parfums divers, et une belle garenne de chamois". Antoine de Ville et ses compagnon séjournèrent plusieurs jours sur la prairie sommitale, y burent et y mangèrent, firent dire des messes, baptisèrent le mont "Agulle Fort", érigèrent 3 croix et bâtirent une petite maison de pierres sèches. L’événement est aujourd’hui considéré comme l’acte de naissance de l’alpinisme. Il est cependant difficile de savoir ce qui a pu motiver une telle entreprise conquérante. Sans doute la date de cette ascension –correspondant à un autre événement majeur de la prise de possession de l’espace (la découverte du « nouveau monde » par Christophe Colomb)– témoigne-t-elle des motivations des souverains de l’époque désireux d’étendre leurs prérogatives sur des territoires nouveaux, assimilés, dans l’imaginaire de l’époque, au paradis terrestre. Rabelais évoque dans son Quart Livre quelques années plus tard l'expédition et la région. Il évoque une contrée "scabreuse, pierreuse, montueuse, infertile, mal plaisante à l'oeil, très difficile aux pieds et un peu moins inaccessible que le mont du Dauphiné, ainsi dit pour ce qu'il est en forme de potiron", son ascension, et la surprise des grimpeurs trouvant au sommet un vieux bélier, sans doute apporté là après avoir été enlevé tout agneau par quelque aigle ou duc chat-huant". 1 957, un avion se pose sur le Mont Aiguille Le 27 août 1 957, Henri Giraud, virtuose de pilotage en montagne formé par Hermann Geiger le pilote des glaciers, pose un petit Piper J 3 américain sur la prairie sommitale. Henri Giraud avait commencé par escalader le Mont Aiguille par la voie normale. quelques jours plus tard 2 hélicoptères déposaient du matériel et des hommes pour aménager une piste sommaire de 90 mètres de long, 1 0 de large. Le même jour il effectuera 3 rotations successives avant de récidiver sur la neige en 1 959, accumulant au total 53 atterrissages entre 1 957 et 1 975 sur le porte-avion Mont aiguille. 1992, célébration nationale de la naissance de l'alpinisme.


13 septembre Il fait un peu frais à 7h.30 mais le soleil arrivera vite sur Chichiliane, un joli nom pour un tout petit village.Col du Prayez, ermitage d'Esparron, col de Menée avant de changer de direction pour la montée au Mont Barral à 1903m.Les paysages sont désormais très différents des clichés classiques du Vercors. Crête de Jiboui et on rattrape le G.R. 93 avant le col de Seysse.Dure montée après le casse croûte dans l'herbe et hors sentier que nous avons perdu jusqu'au sommet du Jocou à 2051m. Descente à Grimone à 1150m., joli hameau et gîte super chouette aux patrons sympathiques et accueillants;je recommenderai le gîte aux amis (quelques “JAMBES” ont prévu d'y séjourner en 2008). C'était long aujourd'hui :1300m. en dénivelée et 9h.depuis le départ dont 8 de marche.Etirements et bières bien méritées en attente du coucher de soleil sur la terrasse.Elle est pas belle, la vie?


14 septembre Nous passerons en Dévoluy aujourd'hui.Il fera chaud et orageux, mais il ne pleuvra pas. Auparavant, il faut passer le col de Grimone et traverser Lus-la-croix-haute.Et c'est reparti sur le G.R. vers “La Jarjatte”! Et non! Erreur, une heure de détour et retour à Lus par le bitume...dur, dur. Montée sous un soleil de plus en plus fort au col de Lauzon puis du Charnier , de 1000m. à 2103m. Il fait chaud! Nous voyons sur la carte des indications de “chouroums” dont on apprendra ce soir qu'il s'agit de grottes ou plutôt de gouffres dans ce massif calcaire. Très longue descente en pente douce pour Lachaup...mais erreur encore, nous arrivons à Maubourg et il faut encore un dernier effort pour atteindre le gîte à 1392m.Un gîte pour groupes et nous sommes ...2! Le jeune gardien nous parle du Dévoluy: 1000 habitants sur l'ensemble des communes et 25.000 moutons! Il y a trop de moutons, qui viennent d'ailleurs.La végétation est soit brûlée par le soleil soit mangée trop tôt.On a bâti trop de logements à Super Dévoluy et à La Joue du Loup et installé des canons à neige...sans eau.Bref, c'est pas la joie pour ce jeune adepte d'un vrai retour à la nature.


15 septembre Grand et beau ciel bleu et zéro nuage.Nous prévoyons une courte étape pour récupérer.Hélas, je me trompe encore de chemin et nous perdons de nouveau une heure.Je m'en veux, je suis nul! On passera deux cols peu élevés pour finalement arriver sous le cagnard à Montmaur(château classé) à 950m. L'hôtel Sarrazin est simple mais accueillant.Le patron ne s'appelle pas Sarrazin, comme pourtant presque tous les habitants du Dévoluy .Il est vrai qu'à Montmaur, les “Bonnardel” l'emportent sur les “Sarrazin”. Il nous fait manger de bonne heure, car il reçoit ce soir les fans de modèles réduits automobiles.Beaucoup de marseillais arriveront, on boit le pastis et on s'embrasse!

16 septembre Journée chaude et orageuse (les orages du midi avec le minimum de gouttes d'eau!) et peu de dénivelée.Passage obligé le long d'une voie ferrée et sur une dangereuse route droite vers La Roche des Arnauds avant “les Allemands”.Descente sur le lac, bien sec, de Pelleautier, des villages perchés comme Neffes.Cependant, le Gapençais ne nous passionne pas.On rencontre très peu de monde et les habitants semblent méfiants, si on en juge par l'attitude de ce Monsieur à qui on demandait seulement un peu d'eau.


Nous contournons la montagne de Céüse sur laquelle on apercoit des installations de ski.Il aurait peut-être mieux vallu traverser Gap que de se traîner ici. Nous serons dans l'après midi à Tallard.Terrasse bien venue sur la place, même la Heineken est bonne! Beau château que nous visiterons en cette journée du patrimoine.Tallard compte 2000 habitants, 1 château , 2 terrasses de café, 3 restaurants, 2 boulangers...quel luxe, jamais vu depuis 6 jours! A table, le soir , “au petit marseillais”, nous goûtons le vin local de Tresbaudon (13°).ma fois...

17 septembre 7ième jour de marche.Nous avons décidé de partir à la fraiche.Lever à 5h.45 , p'tit déj. au PMU de Tallard et descente avant le jour sur la Durance par la route des 3 lacs (pendant 2h.30).Cette route est goudronnée mais agréable.Nous longerons un canal de dérivation presqu'à sec avant le lac d'Espinasse.Quelques grappes de raisin et pommes maraudées ..mais pas très mures..gare aux coliques!


A hauteur du barrage de Serre-Ponçon, nous montons au village de La Bréole.Un petit bar comme on en trouve plus à l'ombre de superbes arbres nous y attend. Il est tout proche de l'école du village mais c'est heureusement la pause de midi. 10 heures après notre départ matinal ,nous arriverons à l'Auchette où Nicole nous a dégotté un hôtel-pension avec piscine!Détente.


Le lac de Serre-Ponçon se partage entre deux départements, * Les Hautes-Alpes, avec ses nombreux aménagements pour la navigation ou la baignade, avec des villages comme Rousset ou se situe le Barrage, Espinasses en bordure du Bassin de compensation, et * Les Alpes de Haute-Provence plus sauvage avec sa cote plus découpée et plus abrupte ressemblant beaucoup aux cotes de la Corse, avec les villages de la Bréole à l’entrée de la Vallée de l’Ubaye et Saint-Vincent les Forts avec sa plage aménagée dont le village domine le Lac de ses 1 280m d’altitude. Plus grande retenue d’eau en France, avec ses 1 ,2 milliards de m3 d’eau, alimentée coté Hautes-Alpes par la Durance, coté Alpes de Haute-Provence par l’Ubaye est au plus haut à la cote 780m, et à une surface de 2800 hectares (le lac est aussi vaste que celui d’Annecy). Le climat provençal, les équipements adaptés et l’eau la plus pure font du Lac de SerrePonçon un petit paradis où vous pourrez pratiquer tous les sports d’eau, les pêcheurs n’étant pas oubliés. EDF s’efforce d’exploiter la retenue de façon que son remplissage soit optimal au début de l’été, le lac permet aussi le remplissage des Canadairs utilisés pour la lutte contre les feux de forêts malheureusement fréquents en période estivale.


18 septembre Le temps est couvert et la pluie et un vent fort feront leur apparition aujourd'hui. Montée avant 7 heures vers Saint-Vincent-les-Forts , première suée et première erreur.Montée au Clot-du-Dou, début de pluie fine.Descente sur le Lauzet et perte en forêt..Une heure au moins de supplément au programme. Lauzet-Ubaye est désert. Heureusement, la boulangerie est ouverte et vend jambon, fromage et coca. Marche sur route, grosse pluie et vent jusqu'à Méolans.Le repas sera pris à l'abri d'une école de rafting déserte.On reste sur la route pour ne plus se perdre.Ce parcours n'est guère sympathique et Barcelo, comme disent les locaux, sera atteint à 17h., 10heures une fois encore après le départ.Les jambes sont douloureuses. Le soleil est revenu.Vive la bière au café de la Paix, en attendant le bus pour ...Gap à 18h.30. L'épopée des Barcelonnettes (ainsi

appelle-t-on les habitants de Barcelonnette)

La vallée de l'Ubaye et ses longs et rudes hivers avaient de tout temps obligé une partie de la population à aller s'employer ailleurs durant la moitié de l'année. D'abord ouvriers agricoles, bergers et précepteurs, la fabrication de vêtements de laine et de fils de soie dans la vallée poussa les plus aventureux à devenir colporteurs. Certains allaient sur Lyon ou la Bourgogne, d'autres jusque dans les pays Rhénans et Flamands. Partout ils étaient appréciés pour leur honnêteté. Cette réputation de marchands ne laissait tout de même pas penser qu'ils iraient si loin... LES PETITS COUSINS D'AMERIQUE... La maison du MexiqueEn 1 81 4, Joseph-Antoine Coutollenc part à 1 8 ans pour le nouveau monde et s'installe au Mexique. En 1 821 , les Frères Arnaud s'installent également à Mexico, après un détour en Louisiane où leurs descendants fonderont Arnaudville (6.000 habitants aujourd'hui, jumelée avec Jausiers). Profitant du départ des colons espagnols suite à l'indépendance du Mexique, ils ouvrent un magasin de textile à l'enseigne de "EL CAJON DE ROPA DE LAS SIETE PUERTAS". Comme les affaires marchent bien, ils font venir vers 1 830 trois de leurs anciens employés nommés Caire, Jauffred et Teissier pour les aider. En 1 845, Caire et Jauffred reviennent au pays à la tête de 250.000 francs/or chacun. Cette somme mirobolante qui "hanta dès lors toutes les imaginations" déclenche une vague d'immigration qui touche non seulement la vallée de l'Ubaye, mais aussi les Alpes-de-HauteProvence et les Hautes-Alpes. En 1 900, 5000 familles de ressortissants français sont recensées à Mexico.


Ce ne fut pas un parcours remarquable depuis la fin du Dévoluy.Il aurait sans doute été préferable de traverser la montagne plus au nord plutôt que de suivre l'Ubaye dont la vallée étroite ne se prête pas à la balade faute de sentiers.Nous avons parcouru 243 km en 8 jours. à Gap, le patron du retaurant “le refuge” me parle du “Valgau”.Il a été gardien au refuge du Pigeonnier (ou de Gioberney?).Il connaît les Perier bien sur, mais pas Gilles et ça l'intrigue! Une énorme côte de boeuf et un irish cofee pour fêter la fin de cette marche et pour passer une mauvaise nuit à ne pas digérer!

19 septembre J'ai laissé Dany à sa grasse matinéeet je prends le petit déjeuner à l'hôtel Michelet face à la gare.Les patrons ne sont pas jeunes.Lui me parle de Strasbourg où il était en 44 pour la libération de la ville avec De Lattre de Tassigny.Il avait eu son baptême du feu à Besançon.Tous ses souvenirs sont dans son regard ! Bus pour Veynes, trains pour Grenoble puis Lyon et enfin Strasbourg. C'est la fin de cette 7ième partie du tour de France. Je dois rentrer pour finaliser le film sur les 3 cols demandé par Georges pour son mariage avec Claire le 6 octobre.Je repartirai ensuite d'Aspremont atteint à la fin de la partie précedente..mais présentée ci après!

Depuis l'édification de ses premières tours de défense sur la falaise du village, il y a 800 ans, ce château, classé Monument Historique du XIVe-XVIe siècle, domine la Durance et le vieux bourg de Tallard.


12 août Un petit prologue de Barcelonnette à Jausiers. Je quitte "Barcelo" après un bon café sur la place ensoleillée. Enfin un ciel bleu après huit jours d'eau sur la Loire.25° au thermomètre. J'évite la route principale en traversant les hameaux qui la longent. Test des nouvelles semelles orthopédiques : déjà une ampoule à chaque talon. La hanche droite est un peu sensible du fait de la tendinite décelée après la longue marche précédente.

Hôtel "Sans Souci" à Jausiers. Et sans beaucoup d'espace : à peine 50 cm d'un seul côté du lit et l'autre côté contre le mur!. Mais je paierai quand même un supplément car je suis seul de dix euros. On doit crever à 2 dans cette minichambre. 8km. seulement pour ce prologue mais une bière quand même à l'arrivée et une Fischer, hop là!


13 août

Au petit déjeuner, 2 randonneurs espéraient que je leur prêterais un topo guide du coin. Ils ont débarqué la veille en Ubaye à cause du mauvais temps partout ailleurs en France et Suisse et apparemment les librairies locales ont été dévalisées. Hélas, je n'ai rien à leur offrir en dehors de ma carte IGN. Je les retrouverai le soir à Larche.

Le parcours qui paraissait gentil et plutôt moyen en distance s'avérera long et parfois escarpé. Je croise un chamois, mais ce sont surtout les mouches qui m'accompagnent. Des nuées d'insectes qui empêchent tout arrêt pendant 5 heures. Mais, comme celles de Trénet , elles ne piquent pas et "je chante sur mon chemin", dégoulinant de sueur.1200m., 1875m.,1645m.,2015m.,1700m. Arrêt pique-nique et rencontre avec un groupe de marcheurs à l'accent caractéristique: des ch'tis de Cambrai, heureux dans cette belle montagne. Descente sur Meyronnes à 1500m.avant de remonter à Saint-Ours à 2075m. Et de descendre à nouveau sur Larche à 1680m.Dénivelée du jour:1550m. Retrouvailles avec Annick, Sally et Dany, Pierre et le groupe de normands mené par Catherine.11 personnes au total! Nous logeons au gîte de Pierre Lombard qui a fait le Shisha en 1991.Sa femme est actuellement au BC du K2.

14 août

Départ à 8H.du camping-alimentation où nous nous ravitaillons et montée au lac du Lauzanier à 2284m. accompagnés de nombreuses marmottes. C'est ici que Nicole nous quitte.Trop dur pour elle. Elle repartira vers Larche après le casse croûte d'où elle rejoindra Barcelo et ma voiture.Laquelle la ménera à Bourg d'Oisans. J'aurai marché une demi-journée avec elle! Nous restons 10 pour monter au pas de la Cavale à 2671m. puis au col des Fourches à 2262m. avant Bousieyas à 1883m.


Le gîte est rustique mais d'autant plus sympathique que nous sommes les seuls clients (des autrichiens arriveront en soirée).Dénivelée du jour:1266m.sur 20km. environ.Temps doux, pas d'eau! Chef de groupe: Catherine, membres du CAF Rouen: Caroline, Pierre2 et Martine,Evelyne et bien sur Annick, Sally et Dany . Nous nous sommes ,Pierre1et moi, intégrés au groupe.

15 août Avant de partir, nous comprenons, grâce aux locaux, que les demi-cylindres


métalliques au sol sont les "tonneaux des espagnols".C'était leur rudimentaire logement lorsqu'ils travaillaient à la création de la route de la Bonnette (col de Restefond, la route la plus haute d'Europe).Notre gîte nous paraît tout de suite plus confortable! On quitte des autrichiens, entrevus la veille, qui attaquent leur 72ième jouir de marche (mais on en doute un peu) depuis Vienne. Sally chante avec eux. Col de Colombière à 2237m.Descente sous un soleil de plus en plus fort et au milieu d'une végétation qui devient méditerranéenne: beaux chardons bleus, lavande. Saint Delmas est un charmant petit village restauré et transformé en village de résidences secondaires. On retrouve nos autrichiens et un groupe de jeunes que l'on croisera encore plus d'une fois.


Pique nique et sieste au col d'Anelle et descente sur St Etienne de Tinée à 1144m., la "grande ville" au charme tout italien et aux facades colorées, rouges ou ocres sur fond de ciel bleu. Sur le chemin, Auguste qui prend le frais sur sa terrasse, nous a recommandé l'hôtel des amis tenu par Martine del Fabro. Ca tombe bien,c'est celui que l'on a réservé!


L'étape a été courte (dénivelée positif de 695m. et négatif de 1236m.) mais on en apprécie pas moins Afflighem ou Fischer sur la terrasse du café de la place de l'église avec de la tourte à la bette (sucrée) et des fagots dénichés chez le boulanger. On fera quand même honneur aux lasagnes aux épinards le soir en les arrosant du vin rouge de la table voisine des gendarmes...

16 août La journée commence par une belle montée sur Auron à 1650m., station de sports d'hiver des niçois,où nous admirons la très belle église romane de Saint Erige. Fresques de la vie de ce Saint..et de son ours et aussi de Saint Denis, avec sa tête sous le bras de Montmartre à St Denis. L'église a été vandalisée la veille, ce qui nous permet cette visite mais les fresques sont intactes. Dany a préféré gardé nos sacs en terrasse.Mais il dort bien à notre retour.


Nouvelle montée au col du Blainon à 2014m., passage dans la vallée de la Roye et refuge à 15h.! Pietra corse en terrasse du refuge de la vieille école. Fort sympathique, tenu par Mathieu du Val de Tinée et Mélanie du val du...Saint Laurent au Québec. Nous goûterons en digestif l'apéro maison à la chataîgne, au sirop d'érable et au vin blanc.


17 août Départ à 7H.30 pour le col de Crousette à 2480m.Rencontre avec un berger,ses 2400 moutons,24 ânes et 16 chèvres. Un de ses moutons a été dévoré par un loup. Les loups du Mercantour ne sont pas une légende. Sans agressivité, notre berger nous déclare qu'il faudrait qu'ils bouffent un touriste, on en parlerait... L'environnement est des plus secs, sommets dénudés, caillasse. Superbes paysages de rochers érodés autour des portes de Longon.


Notre logement du soir est aux vacheries de Roure tenues par un jeune baba cool. La journée a été chaude et ensoleillée et la bière est encore la bienvenue. Dénivelées positif de1400m. et négatif de 1030m.


18 août Vers 7h.30, nous commençons une longue descente sur Roure. Vue sur Roubion, nid d'aigle sur la route de Beuil Valberg.Arrivée à Saint Sauveur de Tinée, notre point le plus bas à 496m.Déjeuner en terrasse et montée sous le cagnard au village perché de Rimplas. Sur les perrons et marches des maisons, des bouteilles d'eau pour éviter les pipis des chiens et des chats, parait-il. Puis , nous entrons dans la commune de Valdeblore jusqu'à St Dalmas..


...pour atteindre le GTA (gîte) où tout est interdit! Des pancartes partout mises en place par Lorenzo Garofalo, le patron qui parait-il est guide de montagne. On le voit sur des photos jaunies collées sur les murs.Un poème à lui seul, Lorenzo. Il se prend très au sérieux, il est triste et lamentable. Mais, la Hacker-Pschorr est une bière de Bavière légère et gouleyante tout à fait recommandable.


19 août Belle et longue journée avec 1128m. de montées et 1586m. de descentes sur 24km.Aucun village sur le parcours si ce n'est les granges de Brasque et leur source fraiche, seul point d'eau du jour. Crêtes et cols se succèdent. Les genoux et les orteils souffrent le soir à Utelle , autre joli village perché. Le gîte communal est rustique.


20 août Départ d'Utelle cafouilleux vers 7h.30.Passage au cros d'Utelle et déjeuner en terrasse à Levens à midi.575m. d'altitude, mais ensuite, surprise! On monte plus qu'on ne descend et il fait chaud! Mais à 14h.on entend les cigales et on voit la mer! Monte Cima vers 800m.avant Aspremont atteint à 16H.30 où la majorité déshydratée décide de prendre le bus pour Nice.

Fin de la rando avec +1000m. et -1250m. Seuls, Catherine,Caroline,, Pierre2 et Martine continueront à pieds pendant 3heures pour nous rejoindre à l'auberge de jeunesse de Nice.


Pendant ce temps et comme prĂŠvu, baignade dans la grande bleue pour Annick,Sally , Dany et moi. J'estime que nous avons parcouru 175km. pendant ces 9 jours.Cool!


Avec les 243km. de la 7ième partie le total s'élève pour moi à 1795km. dont 1604 à pieds en 58 jours (56 à pieds); Un pot offert par Evelyne au bar de l'auberge de jeunesse et un dîner en commun dans un restaurant dégoté par Pierre (qui aime la cuisine et rêve d'ouvrir un restaurant et de quitter l'Education Nationale).Le groupe éclate. Demain, Annick sera chauffeur d'une voiture de location pour Sally, Dany et moi jusqu'à Bourg D'Oisans où je retrouverai ma voiture au siège trempé (Nicole a oublié de fermer une fenêtre).Sally et Dany retrouvent leur véhicule dans le Queyras où nous les menons. Nous laissons Annick près de Grenoble et avec Sally et Dany, mais en deux voitures, rejoignons St Nicolas. Martine et Claude nous y attendent. Je les quitte dès le 22 août pour retrouver Nicole à Breusch et prendre la route de la Bretagne et rejoindre les JAMBES! La vie de retraité est usante... La prochaine rando reliera Corrençon-en-Vercors à Barcelonnette...elle est déjà décrite plus haut! Dany sera avec moi.


8 octobre

Nicole et Marie sont en Croatie et c'est Christophe qui m'amène à la gare de Strasbourg. Départ à 6h.20 pour Lyon. Georges et Claire se sont mariés le 6 entourés de leurs amis montagnards et la projection des 3 cols fut un succès. A Lyon, le TGV pour Nice a du retard, ça permet d'arroser mes sandwichs d'une petite "pression". Le temps devrait être beau pour cette nouvelle étape d'Aspremont à ...au moins Gréoux-les-Bains où il est prévu que je rejoigne Nicole pour sa cure destinée à soigner la maudite arthrose. En lecture, "la vie interdite ou les premières heures d'un mort" de Van Cauwelaert, émouvant et drôle. J'arriverai à 18h.15 à Aspremont par bus, le même qui nous avait descendu à Nice en août dernier. Conduite sportive du chauffeur! A l'arrivée , un danois inquiet me dit que l'hôtel est fermé! Curieux, je l'avais réservé? Je téléphone et le patron arrive, tranquille, sans un mot d'excuse...le sud, sans doute... Il ne sera pas plus aimable le soir pour un repas standard, conserves et surgelés. Promenade dans Aspremont, une bonne centaine de marches dans un joli village

9 octobre Dès 7h.30, descente vers le Var par un sentier parfois interdit par la compagnie générale des eaux à cause des sautes d'humeur des eaux du canal de la Vésubie, pourtant si mignon! Passage du Var pour remonter sur Gattières puis Saint Jeannet, deux villages perchés de l'arrière pays niçois, dominés par des baous , comme on appelle ici les sommets rocheux à pic. Paysages de garrigues au milieu de sommets calcaires.


Le G.R. 51 remplace le G.R.5. Déjeuner vers 13h. à 700m. d'altitude;Il fait chaud et les vêtements sont trempés. Le trajet de l'après midi est bien plus long que je l'imaginais combes se succèdent, et ça monte et ça descend! Combe du Poirier, combe de Barbe..Je renonce à Saint Barnabé et à Courmes et descend à Tourrettes-surLoup;hélas, l'hôtel des"Belles Terrasses" est complet! La patronne de l'hôtel , très sympathique, me conduit en voiture à Vence après s'être assurée qu'une chambre était libre au "Parc Hôtel". Je prendrai le bus demain matin à Vence pour Tourrettes et le petit déjeuner chez elle. Une pizza et au lit!

10 octobre Départ de l'hôtel à 7h. en mettant la clé sous le paillasson. Je cherche le bus pour Tourrettes par des allers et retours sur la route pour finalement le trouver à 100m. de l'hôtel! Merci pour les indications! J'aurai pu dormir une heure de plus. Comme dit le chauffeur du bus dont je suis le seul passager, si la patronne de l'hôtel vous offre le petit déjeuner, laissons pas refroidir, on part tout de suite! Tourrettes est un joli village médiéval sans doute dégradé par le tourisme de masse en été. De Tourrettes,la route départementale s'impose jusqu'à Pont-sur-Loup. Un essai de raccourci ne fera que rallonger le parcours. Et à Pont-sur-Loup une autre départementale me conduit à la cascade de Courmes (le village prévu la veille). Le site du saut du Loup est fermé, hélas! C'est payant ou non visible... Enfin , un petit chemin montant permet de rattraper le G.R. 51 que je longe en suivant une grosse canalisation qui s'avère être le canal du Foulon.Cette canalisation emprunte moulte tunnels que je suis.


La vue sur les gorges du Loup est belle entre deux tunnels.. il y en aura 5 ou 6 peu élevés et la tête cogne! Halte enfin à 13h.30 après 20 km. En fait, les tunnels continueront l'après midi.. j'en franchirai 15 peut-être avant de quitter le sentier et de monter sur Gourdon par le chemin du paradis, tout un programme! Célèbre village perché, Gourdon est à 760m. un ancien site sarrasin (encore eux!). Joli point de vue malheureusement dans la brume. Le village est défiguré par toute la camelote exposée pour les touristes. Ça doit être l'horreur en plein été. Pas de logement si ce n'est un gîte que je loue pour moi seul. Pas d'alimentation non plus et pas de boulanger. Et les restaurants ferment le soir en cette saison. Je m'achète à prix fort, dans un magasin pour touristes, pâté d'étourneau (sansonnet), ratatouille et vin rouge et je chine du pain à la taverne provençale. Petite lessive, petit repas et petite balade dans Gourdon déserté par les touristes et au lit à 8 heures!

11 octobre Départ à 7h.30 en espérant que le café de "la bergerie" en bas du village sera ouvert pour le petit-déj. C'est le cas. Deux bons express et descente sur Grasse!


Je traverse une zone de loisirs avec quads, karts, paint ball... c'est plutôt la zone tout court. En plus les chasseurs sont dans le coin et ça me rappelle les forêts du Nord en octobre 2006. Suit un agréable sentier balcon au dessus de Grasse. Je croise la route Napoléon à l'entrée de la ville que j'évite. Le G.R. S'appelle ici G.R. triangle du soleil et il fait effectivement beau et doux ce matin. Je contourne Grasse par les hauteurs en passant entre la prison et le golf d'après la carte. Je ne verrai ni l'un ni l'autre à cause de la forêt mais aussi à cause du long mur qui entoure...le golf! Chercher l'erreur. Midi à la croix de Cabris, descente sur le col de Cabris et je suis tout prêt de SaintCézaire-sur-Siagne. La charmante employée de l'office du tourisme me trouve une chambre d'hôte (négociée à 45€ au lieu de 60€) et me convainc de visiter sa ville.


La chambre est à 1 bon km. du centre mais il y a une piscine et j'y plonge!Bon, l'eau était un peu froide, mais ça fait du bien. Saint-Cézaire a une belle église romane du XIIième et les maisons du centre forment une remarquable enceinte. Un village pittoresque bien plus sympa que le village d'opérette de Gourdon. Retour à l'office du tourisme où une seconde employée me recherche avec plaisir les références de logements à venir (comme elle le souligne : " on est content d'avoir un client"). Le soir, pastis, pizza, tagliatelles avec un pichet de rouge.


Saint-Cézaire-sur-Siagne Ce très beau village médiéval accroché sur des falaises verticales dominant la Siagne mérite largement votre détour. St Cézaire sur Siagne est posé sur un piton rocheux dans un idyllique paysage de collines boisées avec vue sur les Maures et l'Estérel : un site qui a attiré les hommes depuis le Néolithique. Habité dès le 9ème siècle par les moines de Lérins, qui cultivent la terre et éduquent la population, fief durant le Moyen-Age des familles d'Esclapon puis de Villeneuve et de Grasse, Saint Cézaire sur Siagne connut durant de nombreux siècles une économie florissante, ses nombreux moulins produisant du blé et de l'huile d'olive et même du papier au 1 9ème siècle.


Pause méritée à l'hôtel du " petit bonheur" après 3h.30 de marche. Nouvelle montée sur un plateau quasi désertique vers 1000m, impressionnant par son calme. Je suis à la limite d'un terrain militaire interdit (zone de tir). Après le casse croûte , montée encore mais heureusement à l'ombre presque jusqu'au Mont Lachens, sommet du département du Var. Puis ce sera long, long, long jusqu'à La Bastide puis Bargème et son éperon rocheux.


La chambre d'hôte est au sommet près des ruines du vieux château. Bargème est le plus haut village du Var à 1087m.Il a 3 habitants permanents!J'y arrive à 18h. Et j'ai marché 9h.30 aujourd'hui sur 30 km. et 1400m. de dénivelée. Fa-ti-gué! La maison d'hôte est superbe et faute de bière, la patronne m'offre un petit rosé bien frais.


13 octobre Je contourne d'immenses propriétés privées, en particulier le domaine de Cuiros dont j'apprendrai plus tard en interrogeant les autochtones qu'il appartient à un émir! Lequel doit venir rarement sans doute, mais certains sont très fiers d'être invités à la chasse quand il l'organise. Aujourd'hui c'est le calme absolu, seulement perturbé par le brame du cerf, très impressionnant. Beaucoup de panneaux d'interdiction d'entrer dans ce pays, ce n'est pas ch' nord! Pause à Trigance, encore un village perché et son château. Je décide de prendre mon temps mais je serai quand même moins long que les buveurs de pastis..

Le reste du chemin est plus long que prévu, une nouvelle montée, une belle descente et un dernier coup de cul pour le village de Rougon situé à 960m. au dessus du point sublime des gorges du Verdon.


Montée aux ruines du château d'où la vue est superbe, comme de la terrasse du village occupée par la pétanque et où je dois être le sujet de conversation des commères rassemblées. Je loge dans un gîte-crêperie ce soir. Il s'appelle "le mur d'abeilles" (un mur de ruches est sur la terrasse). Je serai le seul client et je papoterai avec la patronne le soir en dégustant crêpes salée puis sucrée. La ville lui manque un peu parfois et elle la retrouve avec plaisir l'hiver. Nicole et Marie sont rentrées de Croatie. Nicole me réveillera à presque minuit...


14 octobre J'ai dormi comme un ange malgrĂŠ ce coup de fil. C'est tant mieux, car aujourd'hui je descend sur le sentier Martel au fond des gorges du Verdon. Il fait beau et les couleurs de l'automne sont splendides.


Point sublime, puis les gorges avec d'abord deux tunnels avant le défilé de Samson. Je rencontre mon premier randonneur 3h. après le départ. Le canon est magnifique et le Verdon porte bien son nom.

Le bruit arrive avec une bande de scouts puis une bande de braillards chantant des paillardes. Hélas, c'est le week-end! Le clou sera pour le repas de midi à la Mescla, confluent du Verdon et de l'Artuby : une vraie kermesse avec tout le bruit que savent faire les gens du midi. Je me sauve et trouve la paix au pré d'Issane, oasis de verdure.


Nouveau départ à 14h. pour la Maline , refuge CAF. Arivée à 15h.30, une petite mais très belle journée! Je rêvais de faire ce chemin depuis lonfgtemps et je ne suis pas déçu! Je partage le repas avec deux couples d'ardéchois en vacances. A la table voisine, deux jeunes flamands qui alternent marche et vélo et partent pour Barcelonnette et le Mercantour.

15 octobre

Lever à 6h. mais départ à 8h. car je parlerai beaucoup avec le gardiendu refuge du peu d'intérêt des conseils général et régional pour la randonnée même s'ils participent un peu financièrement. Il aurait aimé qu'une variante de la Via Alpina (grande traversée des Alpes de la Slovénie à Monaco) passe par le Verdon, mais les français ne sont pas actifs dans ce domaine comme les suisses ou les italiens. Mais nous nous réjouissons ensemble à l'évocation du Népal qui lui rappelle aussi plein de bons souvenirs.Ah! Si je lui avais parlé de ses drapeaux de prière hier soir, il m'aurait projeté le film de son treking!


Namasté à 8h. et je marche à bonne allure vers La Paluz. Montée par des restanques (muret de pierres sèches formant terrasse) et en longeant des Jas (grandes bergeries de pierres sèches) au col de "plein voir" puis au col de l'âne. Au signal de l'Ourbès, la vue est *** sur le lac de Sainte Croix formé par le Verdon et de la même couleur vert jade.


Descente l'après midi sur Moustiers-Sainte-Marieoù je retrouve la même chaîne fixée entre deux monts avec son étoile centrale, posée par un chevalier rentrant d'une croisade. Je l'avais admirée il y a plus de 40 ans, en vacances pour la première fois aussi loin de ch'nord avec les Burcourt... Moustiers est aussi un haut lieu de la fabrication de la faïence et possède une église médiévale qui vaut la montée. Mais je ne la ferai pas (ce sera chose faite un peu plus tard avec Nicole), car le village est à 2km. de ma chambre d'hôte et j'ai assez marché aujourd'hui! Un petit confit arrosé d'une petit vin varois au dîner.

L'histoire de Moustiers-Sainte-Marie Vers l'an 300, la cité romaine de Rietz devient un évêché et prend alors le nom de "Moustiers" du latin "monasterium" avec un "s" en plus indiquant que plusieurs monastères y étaient installés. En effet, des moines venus des îles de Lerins pour évangéliser la contrée élirent domicile dans les grottes de Tuf de Saint-Maurin à proximité de la cité. Ils défrichèrent le terrain, aidés des paysans qui constituèrent la première communauté villageoise. Des sanctuaires troglodytiques furent ainsi créés. Plus tard, cette communauté fut régulièrement attaquée et pillée, successivement par

les Francs, les Wisigoths, les Vikings puis les Sarrasins au IXème siècle.


L'église Notre-Dame qui fut à l'origine la chapelle d'un monastère important, est constituée d'un ancien cloché lombard à la structure bien étrange. Cette tour carrée haute de 22 m est composée de quatre étages de baies romanes. Datant de 1 447, elle fait partie des quatre clochers mouvants recensés en Europe, construits avec tant d'habileté qu'ils bougeaient en même temps que les cloches. Pendant longtemps, on crut à une défaillance de la construction ce qui entraîna un renforcement des murs pour l'immobiliser. Autre caractéristique de cette église, son choeur qui renferme un sarcophage du IVème siècle en marbre blanc servant aujourd'hui d'autel. Une deuxième église, Notre-Dame-de-Beauvoir, située dans l'échancrure où coule le torrent du Riou est un important centre de pélerinage. Perchée dans les grottes de Tuf, à l'endroit où s'installèrent les premiers moines, elle offre un point de vue incomparable sur toute la vallée. Seuls les courageux auront le loisir de l'admirer en gravissant les 365 marches. En levant les yeux vers cette église, on remarque une étrange étoile dorée à la feuille, suspendue à 250 m au-dessus du vide grâce à une chaîne tendue entre les deux pans de montagne qui s'ouvrent autour du torrent. Selon la légende, elle aurait été placée là en exvoto par le chevalier Blacas au XIIème siècle pour remercier dieu d'être revenu vivant des croisades. Une cité de faïence Outre le charme de son site et de ses ruelles, la petite citée s'enorgueillit de produire de très belles faïences, qui ont fait sa renommée dans les cours d'Europe aux XVIIème et XVIIIème siècles. Mais la nouvelle mode de la porcelaine et de la faïence fine anglaise mit fin à ces deux siècles d'intense activité. Cet artisanat connaît un renouveau de son

activité depuis 1 930.


16 octobre

Montée sur le plateau de Valensole. Il fait froid le matin. Je mettrai presque les gants mais la flemme de les rechercher dans le sac est plus forte que le besoin de se réchauffer. Immenses champs de lavande qui doivent être bien jolis et colorés en saison. Descente sur Roumoules, remontée et redescente sur Riez, Saint Maxime, sa colline et sa source qui guérit les maladies des yeux comme celle de Sainte Odile en Alsace. Riez est tentant pour un arrêt en terrasse dans un village typiquement provençal pour manger le sandwich au café recommandé par la vendeuse du Casino et en écoutant Dalida qu'un amateur du resto d'en-face veut faire apprécier de tous les voisins. Je décide de quitter le G.R. pour Allemagne-en-Provence , car Nicole m'a dit que le gîte loué pour sa cure à Saint Martin de Brômes est sur la route d'Allemagne. Merci! Ca me fera 14km. de bitume (ma carte IGN s'arrête à Riez...); Curieux château médiéval et renaissance d'Allemagne. Rencontre avec Monsieur et Madame Dodin, les propriétaires du gîte de Saint Martin. L'appartement est petit mais il fera l'affaire pour le temps de la cure. L'hôtel de la fontaine est fermé jusqu'à 18h. Impossible d'avoir les clés, le téléphone est sur répondeur. C'est parti pour 6 km. de plus pour Gréoux où , par chance,je trouverai vite une chambre d'hôtes bien jolie. Repas en table d'hôtes avec des patrons souriants, une charmante hôtesse, un couple original et une vieille fille de Lorraine.


17 octobre

Puisque je suis à l'avance de 2 jours sur Nicole, je repars de Gréoux vers Pertuis où j'espère rejoindre ce soir Pierrette et Rolf Kühdorf. Je leur ai annoncé mon arrivée mais ils pensent que le trajet à pieds est trop long de Gréoux pour que je sois chez eux ce soir sans les appeler au secours (pour un dépannage en voiture). C'est promis , j'appellerai en cas de besoin! Je longe d'abord le Verdon avant de suivre la route, obligatoire pour passer des Alpes de Haute Provence aux Bouches du Rhône. Je longe les terrains bien clos et bien surveillés apparemment du CEA de Cadarache. Les pancartes du voisinage indiquant des passages de gibier montrent des biches ailées!


Puis je suis un sentier le long d'un canal de la Durance. Reprise de la route à Saint-Paullez-Durance pour franchir le pont de Mirabeau, sous lequel, contrairement à une idée faussement répandue ne coule pas la Seine mais la Durance et entrer en Vaucluse. Pause déjeuner le long de la Durance. Le chemin pour Pertuis sera beaucoup plus long qu'espéré. Une perte de chemin dans le lit de la Durance avant une perte en forêt et une montée bien rude avec la chaleur et surtout inutile. Enfin, à Pertuis, je ne trouve pas la rue Kléber et les gens questionnés ne la connaissent pas..ou n'ont pas de temps à perdre.Anne viendra me chercher en voiture...à 500m. à peine!


J'aurai marché près de 40km. aujourd'hui, mais Pierrette a prévu de la bière fraiche!

18 octobre Grasse matinée. Je suis réveillé par le téléphone à 9h.30! Et une agréable journée de détente avec Rolf et Pierrette. Un repas d'huitres et une balade à Aix, une ville toujours aussi séduisante, sans doute celle que je préfère en Provence. Pas de marche aujourd'hui. Demain Anne me conduira à Saint Martin où j'attendrai l'arrivée de Nicole. Je pensai remarcher 3 jours pendant la cure pour rallier Arles. Il n'en sera rien et Pertuis marquera la fin du périple 2007 de ce tour de France; J'ai marché 263km. cette fois et le total depuis Phalempin est de 2058km.dont 1867 à pieds en 67 jours (65 à pieds) avec une moyenne de 28,7km. par jour. La suite en 2008!


Aix-en-Provence est la capitale historique de la Provence. Au IVe siècle av. J.-C., la Basse-Provence est occupée par la tribu celto-ligure des Salyens ou Salluviens, dont la capitale, l'oppidum dit d'Entremont, se situe au nord d'Aix, sur la route de Puyricard. En 1 23 avant J.-C., suite à l'appel des Grecs de Massalia (Marseille), le consul Sextius prend et détruit cette ville-oppidum, ensuite y installe, près des sources thermales, un camp retranché appelé Aquæ Sextiæ (« Eaux de Sextius ») afin d'assurer la sécurité des transports commerciaux entre Rome et la cité phocéenne de Massalia. En 1 02 avant J.-C., lors de la bataille d’Aquae Sextiae, Gaius Marius tient tête, au pied de la Sainte-Victoire, aux hordes d'Ambrons et de Teutons qu'il défait. Au IVe siècle, Aix devient la capitale de la Narbonnaise deuxième. Elle est ensuite occupée par les Wisigoths en 477. Au siècle suivant, elle est envahie tour à tour par les Francs et les Lombards, puis en 731 par les Sarrasins. Aix ne retrouve sa splendeur qu’à partir du XIIe siècle, époque à laquelle les comtes de Provence (maisons d’Anjou et d’Aragon) y tiennent une cour raffinée et lettrée, et au XVe siècle sous le bon roi René, duc d'Anjou, comte de Provence, roi titulaire de Sicile, la ville prend tout son essor et devient un célèbre centre culturel et universitaire (1 409). À partir de 1 486 et le rattachement de la Provence à la France, le gouverneur y réside. En 1 501 , Louis XII y établit le Parlement de Provence qui perdure jusqu’à la Révolution. Le plus souvent, les États s'y réunissent pour voter l'impôt. Aix-en-Provence est la ville où est né et décédé Paul Cézanne (1 839-1 906) et où à vécu

jusqu'à dix-huit ans Émile Zola. C'est au collège Bourbon (actuel collège Mignet) que s'est forgée la profonde amitié entre eux.


Mon Tour de France, Première partie  

Première partie de mon tour de France à pieds, 2006-2007

Advertisement
Read more
Read more
Similar to
Popular now
Just for you