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LA RENAISSANCE EUROPEENNE, P. Burke Introduction :Cadrer la Renaissance Histoire d’un mvt culturel qui commence avec Pétrarque et se termine avec Descartes. Un mvt qui a autant innové que rénové :enthousiasme pour l’Antiquité et la résurrection, réception et transformation de la tradition classique. Les inventeurs de la Renaissance présentent leurs trouvailles comme une redécouverte de l’Antiquité après une longue parenthèse qu’ils ont nommé le « Moyen » Age. →insister sur cette récupération de l’Antiquité est traditionnelle, cf Burckhardt qui y ajoute l’inspiration italienne Dissocier Renaissance et modernité. Pour Burckhardt, la Renaissance est le 1er pas de l’époque moderne. Ms on ne peut aujourd’hui être d’accord avec cette thèse qui fait de l’Italien le « premier-né des fils de l’Europe moderne ». →rupture avec le MA est moins radicale qu’on ne l’a dit :les savants de la Renaissance ne st pas « modernes ». Réexaminer la place de la Renaissance ds l’histoire européenne et mondiale Présentation d’une Renaissance « dé-centrée » :voir la culture occidentale comme une culture parmi les autres, parmi la culture byzantine ou musulmane. En outre, cette culture occidentale est elle-même plurielle comprenant des cultures minoritaire :les Juifs ont largement participé à la Renaissance et ailleurs +contribution des Arabes comme Hassan elOuazzan= Léon l’Africain. Intérêt de l’Occident pour un manuel de magie arabe du XIIe(le Picatrix) et un traité de mystique en hébreu du XIIIe(le Zohar). L’idéal des érudits musulmans, l’adab, qui associe litt et enseignement est peu éloigné de celui de la Renaissance, l’humanitas. Les architectes et les artistes s’inspirent aussi du monde musulman (les plans des hôpitaux de Florence et de Milan au XVe s’inspirent de ceux des villes de Damas ou du Caire). Prendre l’Europe comme un tout :une analyse du mvt à l’échelle de tte l’Europe, pas seulement occidentale : pas d’étude monographique pour tel ou tel pays et s’ouvrir à une réflexion sur la Hongrie, la Pologne… Imp de la circulation des hommes :quatre diasporas ont un impact particulier : *les Grecs :un des mythes de la Renaissance attribue la résurrection des études à l’arrivée des réfugiés grecs ap la chute de Constantinople. Cette thèse est peu convaincante. Les savants grecs cpdt arrivent en Europe de l’ouest vers le début du XVe (les typographes grecs st indispensables pour l’impression d’ouvrages ds leur langue maternelle ;gloire du Greco, un des rares artistes grecs ayant émigrés à l’ouest) *les Italiens :des artistes, des humanistes, des marchands (Lyon, Anvers…) *les Allemands, notamment les imprimeurs ms ne pas sous-estimer le rôle des peintres all à l’étranger *les Flamands et les Hollandais, stt peintres et sculpteurs, stt actifs ds les pays Baltes Expansion du style classique hors d’Italie :une entreprise européenne collective d’échanges culturels (maçons fr exportent style italien ds l’architecture écossaise à Linlithgow, qui a inspiré des palais danois construits par des artisans des Pays-Bas ;grotesques romains associés aux arabesques espagnoles ou turques et aux cuirs flamands). →style international. Processus de réception :processus d’assimilation et de transformation des idées antiques et italiennes. Se concentrer sur les contextes de réception :filières ou situations locales.

Réception : Différents modèles pour expliquer diffusion de la Renaissance hors d’Italie : *modèle de l’impact :mvt pénètre une région après l’autre *modèle épidémiologique :on « attrape » la Renaissance par contagion *modèle commercial des « emprunts » au sens propre (exportations ou importations d’œuvres) ou au sens figuré pour les idées *modèle hydrologique est l’un des plus courants :mvt « se répand », influence, canaux et absorption Burke s’intéresse moins aux intentions des artistes qu’aux façons dont les œuvres ont été reçues et interprétées par les contemporains, en particulier hors d’Italie →écart de réceptivité entre générations, régions, milieux sociaux. Aujourd’hui on considère que tt ce qui est transmis change inévitablement au cours de sa transmission : « tt ce qui se reçoit est reçu à la manière du récepteur – Quid-quid recipitur, ad modum recipientis recipitur ». La réception ellemême devient une forme de production →créativité des actes d’appropriation, d’assimilation, d’adaptation ou de rejet. →la Renaissance a créé l’Antiquité autant que l’Antiquité a créé la Renaissance :on a moins imité que transformé. D’ailleurs, les deux auteurs fascinés par la métamorphose, Ovide et Apulée, st extrêmement lus.

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On construit des choses nv à partir d’objets préexistants. Ds son Anatomie de la mélancolie (1621), Robert Burton affirme que « Omne meum, nihil meum – tt de moi, rien de moi ». idée de réception créatrice. →1930’s :études des transformations de la tradition classique →Aby Warburg →1920’s :Lucien Febvre rejette le concept d’emprunt, montrant plus le travail de « bricolage »(p. 16)des artistes et des écrivains de la Renaissance →1980’s :Braudel déplore l’absence d’une hist complète de la diffusion des « biens culturels » italiens, étend idée de diffusion aux adaptations et aux rejets Carl von Sydow, folkloriste suédois parle d’ « écotype » pour qualifier les variantes locales stables que les contes folkloriques ont dév ds telle ou telle région, un terme utile pour l’architecture, art collectif ms que le terreau local personnalise. Les auteurs de la Renaissance parlent de même du pb de l’ « imitation », le Flamand du XVIe Hans Vredeman de Vries parle de la nécessité d’ « accommoder l’art à la situation et aux besoins du pays ». Thème du « filtre » qui laisse ou non passer certains éléments. Pour la Renaissance, plusieurs filtres : *filtre romain antique :adaptation de la culture grecque selon les besoins des Romains *filtres byzantin et arabe à travers lesquels la culture grecque a été reçue au MA *filtre médiéval *filtre italien :l’Europe a svt reçu l’Antiquité via l’Italie.

Contextes : Recevoir des idées de manière créatrice, c’est les adapter à un nv contexte, ce qui suppose d’opérer en deux phases : *d’abord, on décontextualise, on délocalise, on s’approprie *puis on recontextualise, on domestique→examiner le répertoire des éléments qu’on s’est appropriés et la logique de leur sélection et de leur usage. On donne un sens nv aux éléments → « bricolage, syncrétisme, hybridation » (p. 18). Ms de nb contemporains ont exécré ces « modes » italiennes ou antiques, se moquant de ceux qui « singeaient », d’autres condamnant l’aspect païen de ces cultures romaines et grecques dont les humanistes s’inspiraient . ambivalence amour – rejet, admiration – jalousie. ⇒résistance d’une partie de l’Europe, de la part des chrétiens à l’encontre du paganisme, des logiciens // à la rhétorique, du Nord // à l’Italie… et divers degrés de résistance aux courants nv selon les milieux

Réseaux et lieux : Intérêt pour les canaux de diffusion de la Renaissance, pour les cercles ou les réseaux. Part écrasante des monographies sur les individus, une tradition aussi ancienne que la Renaissance elle-même, cf l’histoire de l’art de Vasari, dominée par les héros comme Giotto, Léonard et stt Michel-Ange. Ce st en fait moins les individus que les groupes qui jouent un rôle ds le processus d’innovation stt si émulation entre eux et engagement ds interactions sociales intenses. Contact entre individus facilités par des lieux :cours, chancelleries, universités, académies, musées ms aussi les monastères qui jouent rôle éminent ds l’hist de l’humanisme ds tte l’Europe. Par ex, à Florence, les moines L. Marsili et A. Traversari appartiennent au cercle de L. Bruni et leurs cellules des monastères de Santo Spirito et Santa Maria degli Angeli st des lieux de rencontre humanistes. Des établissements bénédictins italiens st aussi des foyers imp du mvt ;au PB, les monastères st les gds centres de l’humanisme au XVe cf le couvent cistercien d’Aduard au N de Groningue fréquenté par Rudolf Agricola et ses amis ;rôle en All de l’abbaye bénédictine de Sponheim qd l’érudit Johannes Heidenberg, dit Trithemius, était son abbé), +imp de la correspondance, pour Pétrarque, Erasme et Lipse… +invention décisive de l’imprimerie qui permet diffusion plus rapide et imp des idées

Centres et périphéries : Pb de définition :où est le centre de l’Europe :Prague, Florence, Rome où les hab se vantent d’habiter le « centre du monde » ? Place évidemment centrale de l’Italie ms la « périphérie » varie selon la période, l’art ou la discipline. →arts plastiques :Hongrie et stt Buda reçoit la Renaissance plus tôt que la plupart des autres régions d’Europe même si elle se trouve géographiquement à la périphérie. La Croatie, peu svt jugée centrale est pourtant proche de l’Italie :l’humanisme y commence relativement tôt. Intéressant de voir quelles st les régions que les contemporains considéraient comme éloignées des foyers de la culture. A la fin du XVIe, l’Angleterre apparaît comme une zone périphérique puisque les guerres de religion en France et aux PB la coupent du reste de l’Europe en raison de la difficulté à traverser ces pays en guerre.

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La Renaissance tardive : Début du XIVe à la fin du XVe :Début de la Renaissance : « redécouverte » de l’Antiquité ou de certains de ses fragments, en Italie, et les répercussion de ces découvertes sur le reste de l’Europe. 1490-1530 :« haute Renaissance », époque où les fragments st plus étroitement liés entre eux= âge de l’ « émulation », les Italiens se sentant capables de rivaliser avec les Anciens, tandis que l’Europe entière tente de rivaliser avec l’Italie 1530-1630 :Renaissance tardive, la date de 1530 passant pour certains pour être la date de la fin du mvt. C’est justement au cours de cette période que les contributions ont été les plus originales, en traduisant styles antique et italien ds les langues locales. Preuves de la « domestication » (p. 24) de la Renaissance, càd diffusion ds la société et intégration aux pratiques quotidiennes et effets sur cultures matérielles comme sur les mentalités. Violation cs des règles.

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1-L’AGE DE LA REDECOUVERTE 1300-1490 :1ère phase de la Renaissance italienne :découverte de la culture des Romains antiques, et ds une moindre mesure, des Grecs + époque de réforme inspirée par ces modèles classiques. « Le gd paradoxe de tte réforme culturelle, c’est que les réformateurs st issus de la culture qu’ils veulent changer » (p. 29). Pour de nb raisons, on considère ces « découvreurs » comme des médiévaux. ⇒inutile de tracer une ligne de partage entre MA et Renaissance, leurs cultures respectives ayant coexisté. L’ « européanisation de l’Europe » commence bien avant la Renaissance, son unification culturelle pouvant déjà être perçue au MA avec le dév du style gothique, qui devient un style international en dépit de variantes locales, de même que l’idéal de la chevalerie est international (Roland trouve son équivalent en Ang avec Lancelot…), la scolastique dès le XIIe- XIIIe, séduit un milieu restreint ms international, les maîtres ès arts ont « le droit d’enseigner partout », la culture savante étant véritablement paneuropéenne. Ces trois formes de la culture médiévale (gothique, scolastique et chevalerie) perdurent au XVe et même jusqu’au XVIIe, ms ce qui change c’est qu’elles ont perdu le monopole. →tt ceci émane de la France :apogée du MA= époque d’hégémonie culturelle fr. // apparition en Italie de styles et principes nv :pourquoi ? en Italie, les modèles fr ont pénétré moins profondément qu’ailleurs en Europe. Les cités italiennes, dont bcp étaient autonomes depuis le XIe, ont créé une culture différente, laïque et civile.

A-Quand la Renaissance a-t-elle eu lieu ? On n’est ni d’accord sur le lieu ni sur la date à l’origine de la Renaissance, présentant Florence, Rome, Avignon, Padoue et Naples comme « berceau » du mvt. Bcp la font débuter en Italie ms à différentes dates : *courant de choisir l’époque de Pétrarque, 1330’s ou 1340’s. *certains commencent une génération plus tôt, avec Giotto →nv style de récit pictural en partie fondé sur les sculptures antiques vues à Pise. Les humanistes l’évoquaient avec respect et son œuvre est une source d’inspiration. Ms pb car son contemporain, Dante, un homme médiéval, même si ds la Florence des XVe et XVIe on l’associait étroitement à Pétrarque. Ds le champ de la pédagogie, certains estiment qu’un tournant a lieu vers 1300. On pourrait aussi la faire commencer, en peinture, au XIIIe avec Cimabue, et en sculpture avec Nicola et Giovanni Pisano dont les œuvres ont parfois été inspirées par des modèles romains antiques. + portée des chgt du XIIIe avec la réception d’Aristote en Occident par Thomas d’Aquin et d’autres penseurs. Certains historiens ont établi des parallèles entre les centres d’intérêt d’hommes de lettres du XIIe et ceux du XVe. Au XIIe, l’Ang Jean de Salisbury par ex connaissait certains auteurs classiques dont Cicéron et Sénèque, le Timée de Platon et l’Enéide de Virgile, adaptant ces textes à sa culture, en leur donnant une portée morale ou religieuse. →survie de la tradition classique :certains anciens comme Horace ou Virgile n’ont jamais cessé d’être lus au MA ; la tradition du droit romain est restée vigoureuse en Italie et ds le Midi de la France ; la culture des rép italiennes a de nb similitudes avec celle de l’Antiquité, ce qui rend la litt et la philosophie classiques exceptionnellement pertinentes pour les citoyens. Cette tradition antique se poursuit ds les arts plastiques :on parle d’art ou d’architecture « roman », ce qui est révélateur de la dette des bâtisseurs à l’égard des Romains. Des villes ont encore leurs monuments antiques qui suscitent l’admiration des contemporains :l’amphithéâtre romain de Vérone, le temple de Nîmes, le Panthéon, le Colisée ou la colonne Trajane à Rome ⇒ces vestiges de l’Antiquité ont aidé les renaissances, le Panthéon inspirant par ex la chapelle Palatine à Charlemagne et au XIIe, le baptistère de Florence. La redécouverte de la tradition classique a été facilitée par les rencontres avec les cultures byzantine et arabe. Les Byzantins avaient aisément accès aux auteurs grecs et éditaient et commentaient déjà ces textes comme les humanistes allaient le faire au XVe et XVIe. Les écoles d’Athènes et d’Alexandrie se st transférées à Bagdad :les érudits musulmans ont commenté Platon et Aristote ;le philosophe Ibn Sina (=Avicenne) est néoplatonicien et Ibn Ruchd (=Averroès) est aristotélicien. D’ailleurs des auteurs antiques comme Aristote, Ptolémée, Hippocrate ou Gallien ont été traduits en latin au MA à partir de traductions de l’original grec.

B-Pétrarque et son cercle gd poète épique et lyrique, Un de ses héros personnels est Cicéron Intérêt pour l’Antiquité classique pour elle-même : gde passion de la Rome antique et recherche et transcrit des manuscrits d’auteurs antiques stt Cicéron et Tite Live, imitant les anciens jusque ds sa graphie. Ms il est à bien des égards un personnage médiéval : Boccace est à la fois un érudit et un auteur en langue vernaculaire, participant aux recherches de manuscrits d’auteurs antiques, découvrant en 1355 L’Âne d’or d’Apulée au monastère du Mont-Cassin. Il est lui aussi un esprit médiéval :s’inspire de la tradition rhétorique italienne, donne des cours publics sur Dante

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Cpdt sentiment de chgt émane des écrits de Pétrarque et de son cercle :Pétrarque est le 1er à utiliser les termes de rénovation et de réforme en litt, termes déjà avancés ds un contexte ecclésiastique, et Cola di Rienzo les applique à la pol. Ce mvt d’innovation prend tte son ampleur à la génération suivante.

C-La seconde génération Cette nv génération s’est familiarisée dès sa jeunesse avec Pétrarque, étant désireuse de pousser plus loin ses idées.

Florence et la Toscane Œuvre de Pétrarque poursuivie par Coluccio Salutati qui a étudié la rhétorique à Bologne pour être notaire et intérêt pour la critique des textes. Un gd admirateur des héros de la Rép romaine et lecteur fervent des stoïciens. Les lettres que le Pogge échange avec son ami Niccoli illustre l’enthousiasme de cette génération pour tt ce qui est romain, à commencer par l’écriture, la typographie présente ds leurs lettres, inspirée de manuscrits qu’ils croyaient romains. Ils s’échangent leurs découvertes, les dernières informations sur tel texte antique découvert…s’excitant mutuellement lors de la redécouverte de certains œuvres de Cicéron puisque ce dernier apparaît comme un héros :latin élégant, homme de lettres engagé ds la vie active de la pol rép… +redécouverte de la culture grecque :Salutati fait venir à Rome un professeur de grec qui reste 5 ans et enseigne la langue et l’art de la rhétorique à Bruni et à qq autres à qui il faut bien des années pour maîtriser la langue. Ms Bruni ouvre la voie ds la méthode de traduction (il est le 1er à parler de translatio) :il se concentre sur le sens et non sur les mots, s’efforçant d’éviter les anachronismes, et tentant d’imiter le style de l’auteur. Il traduit la Politique d’Aristote, Démosthène, Platon et Plutarque, ce dernier inconnu jusque ds les 1390’s, exerçant alors une influence massive sur la culture de la Renaissance. Il découvre l’hist de la guerre du Péloponnèse de Thucydide… Bruni et le Pogge st aussi les historiens officiels de la Rép :ils apparaissent à certains comme des humanistes civiques. Le classicisme est controversé à l’époque : →pb majeur de la compatibilité ou non entre les sagesses antique et chrétienne

D-Les arts plastiques Réception de Vitruve est un bon ex des liens entre l’humanisme et les métiers. Cette œuvre redécouverte par le Pogge est un éloge de l’architecture en tant que science fondée sur les math et un exposé des méthodes de construction des édifices. Pour comprendre ce texte, association nécessaire des talents philologiques des humanistes et des compétences techniques des bâtisseurs qu’on appelle désormais grâce à Vitruve les « architectes » (pas d’illustration ds l’œuvre)

Florence Retour à l’Antiquité plus visible ds les 1ère années du XVe à travers un petit cercle d’amis autour de l’architecte Filippo Brunelleschi, groupant autour de lui L.B. Alberti, Donatello, Ghiberti et le peintre Masaccio. →intérêt croissant pour l’architecture « à l’antique » →le gothique et le classique ne st pas encore perçus comme des styles incompatibles On surnomme Brunelleschi et Donatello les « chercheurs de trésor » Longtemps méprisés par les intellectuels à cause de leur côté manuel, les métiers retrouvent une place à cette époque. Le mécénat public est imp à l’époque et l’art donne une matérialité au civisme patriotique. Les œuvres les plus célèbres de la période st des bâtiments publics. Les valeurs et thèmes publics st cpdt moins en vue ds la Florence du milieu et de la fin du XVe dominée par les Médicis :les érudits florentins réunis autour de Cosme de Médicis et de Laurent le Magnifique privilégient la vie contemplative et l’étude de la sagesse ésotérique, leur philosophe favori étant Platon, appelant en son honneur, l’ « Académie » le groupe de discussion fondé ds les 1460’s. trois exemples : *Landino est connu pour ses commentaires de Dante et de Virgile qu’il présentait comme un platonicien. Pour M. Ficin, Platon était un théologie, un Moïse de langue grec. Ficin pensait que les penseurs antiques avaient préparé le christianisme, anticipant sur les doctrines de l’Eglise, et affirmait que les poètes étaient des prophètes, affirmant durant leur extase des vérités sur Dieu. *Pic de la Mirandole :appartient au cercle de Ficin, s’intéresse au savoir occulte, partagé par les initiés ms caché au peuple. Il voit un sens philosophique secret ds l’Odyssée ;célèbre pour son discours De la dignité de l’homme, mêlant la Bible à Platon. Ses 900 thèses débattues sur la place publique de Rome en 1486, s’inspirent des traditions grecque et romaine, de la tradition juive, les conciliant ttes une fois qu’on avait compris leurs mystères. *Politien, admirable poète en latin et en italien, gd érudit. Ses Miscellanae en 1489 st un recueil d’études sur la litt classique, virtuosité philologique, écrivant à l’intention des autres érudits. ⇒le mvt « néoplatonicien » de Florence comme on l’appelle aujourd’hui est en quête de connaissances ésotériques destinées à de petits cercles d’érudits. // tournant de l’art public à l’art privé :les œuvres les plus célèbres st maintenant des commandes privées, visibles de très peu de gens et intelligibles à moins encore (allusions à la litt et philo antiques)

Rome, Naples et Milan

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Se garder de la vision « florentinocentrique ». L’innovation peut venir d’ailleurs : →gd humanistes du début du XVe :Francesco Barbaro, patricien de Venise ; Pietro Paolo Vergerio, du NE de l’Italie ; Antonio Loschi, de Vicence. De même, les Florentins n’ont pas été les seuls à découvrir des manuscrits. En témoigne la découverte à Lodi (près de Milan) par l’évêque local des écrits de Cicéron sur la rhétorique.

a)Milieu du XVe :Rome= foyer de l’humanisme plus imp que Florence deux humanistes st papes à cette époque :Nicolas V et Pie II b)Milan sous les Visconti et les Sforza Eloge de Milan par C. Decembrio en riposte à celui de Florence par Bruni. A. Averlino dit « le Filarète » arrive à Milan en 1451 et dessine les plans de l’Ospedale Maggiore qui symbolise la rupture avec le passé. Le Filarète comme Léonard de Vinci qui arrive à Milan ds 1480’s atteste de cette diaspora d’artistes florentins ds l’extension du style classique à l’ens de l’Italie.

Ferrare, Mantoue, Venise Ces nv formes d’art intéressent donc les princes et les rép car elles les rapprochent du modèle prestigieux de la Rome antique. Imp évidente des écoles humanistes ds deux petites cours, Ferrare et Mantoue :G. de Vérone et V de Feltre F. de Montefeltro tente d’allier les armes aux belles-lettres, un portrait le montrant en armure en train de lire Mantegna fait le lien entre l’art et l’humanisme, c’est un ami des érudits, partageant leur passion des antiquités romaines cf. ses 9 gdes tapisseries du Triomphe de César où son souci de la précision historique est notable A Venise, la Rép est lente à accepter les chgts :les patriciens vénitiens (F. Barbaro, E. Barbaro l’Ancien et L. Giustinian) st d’anc élèves de Guarino de Vérone et ne perdent rien de leur intérêt pour l’Antiquité. Les Vénitiens ne commencent à apporter leur contribution aux studia humanitatis que ds la 2nde partit du XVe. E. Barbaro le Jeune est un ami de Politien et un gd philologue, donnant des cours à l’université de Padoue sur L’Ethique et la Politique d’Aristote revenant à l’original grec. Les Vénitiens résistent aussi au style nv ds les arts plastiques.

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2-RECEPTION ET RESISTANCE Débat historiographique entre Burckhardt et l’historien néerlandais Johan Huizinga (L’Automne du MA, 1919→ métaphore de l’automne pour évoquer à la fois la maturité et le déclin) qui se fait imitateur(œuvre d’hist culturelle très évocatrice :vie sociale d’une époque vue à travers son art et sa litt, insistant comme Burckhardt sur les tensions sociales et le réalisme artistique), et contradicteur de Burckhardt (soutenant que les Italiens n’étaient pas les pionniers de l’évolution, il souligne la continuité et non le chgt, la mise en forme de traditions médiévales et non la volonté de faire du neuf comme l’affirmait l’hist suisse)

A-Une Renaissance ou deux ? Modèle de la cour de Bourgogne au XVe :la peinture à l’huile(sur toile et non sur bois) est une invention flamande du XVe attribuée à Van Eyck, introduite en Italie ds 1470’s. Innovations franco-flamandes ds le domaine musical : Parmi les gds compositeurs de la musique polyphonique de l’époque, on peut citer J. Ockeghem, H. Isaak et Josquin Des Prés. ⇒certains spé pensent qu’il y a eu au XVe « deux Renaissances », respectivement centrées sur l’Italie du Nord, et les Pays-Bas du Sud, càd sur les deux régions les plus urbanisées d’Europe. Influence du mvt franco-flamand à l’étranger :en 1431, Alphonse V envoya un peintre de Valence s’instruire en Flandre auprès de Van Eyck ;le roi d’Ang Edouard IV possédait une vaste bibliothèque de manuscrits dus aux copistes et enlumineurs flamands ;Henri VII d’Ang fut aussi un mécène d’artistes et d’écrivains franco-flamands Ms, artistes et écrivains bourguignons n’ont pas opéré de ruptures avec le passé, ne s’inspirant pas par ex de l’Antiquité. De plus il ne faut pas surestimer l’indépendance des « deux Renaissances » :intérêt porté à l’Antiquité ne se limite pas à l’Italie, même au XIVe, cf l’essor des traductions ;ds le domaine de l’éducation, les Frères de la Vie commune établissent ds villes des PB un réseau d’écoles :par leur insistance sur la litt latine et refus de la scolastique, leurs dirigeants s’apparentent aux humanistes italiens. Un de leurs anc élèves :Erasme. ⇒l’intérêt pour la trad° classique n’est pas au XVe le monopole de l’Italie +Echanges culturelles entre le Nord et le Sud Contact entre les humanistes italiens et européens de +/+ fréquents :Pétrarque se rend à Paris, Bologne, Prague ;le poète et diplomate ang, Geoffrey Chaucer visite l’Italie en 1373 et sa poésie révèle son intérêt pour Pétrarque et Boccace. Imp de la diffusion des idées et formes culturelles nv issues de l’Italie + rôle crucial des Italiens pour le retour à l’antique

B-Premières réactions Les érudits d’Espagne st les 1er à s’intéresser aux cultures classiques et italiennes. Avignon est au XIVe une médiatrice entre l’Italie et le reste de l’Europe. Vers 1380, intérêt pour l’Antiquité et pour la culture italienne gagne Paris, au sein d’un petit cercle (Jean Gerson, Nicolas de Clamanges et Jean de Montreuil) :ils reprochent à Pétrarque d’affirmer qu’hors d’Italie il n’y a pas de gd poète ni de gd orateur.

C-Les contacts avec l’Italie Entre 1420 et 1450, x° des contacts entre l’Italie et le reste de l’Europe + début d’un vaste mvt qui fait d’humanistes italiens mineurs ds leur pays des personnalités majeures à l’étranger : « de la périphérie du centre, ils passeraient au centre de la périphérie » (p.71). de +/+ de témoignages sur les voyages des étrangers en Italie. Les érudits cpdt se pressent ds les universités italiennes pour suivre les cours, faisant parfois la connaissance d’humanistes. Certains gds aristocrates importent des livres d’Italie.

D-Les universités, les chancelleries et les cours Milieu XV :universités deviennent des lieux de réception des idées venues d’Italie :des Italiens st employés pour donner des cours à l’université de Paris. Chancelleries et cours :autres hauts lieux de la réception de la Renaissance :la chancellerie florentine fait parfois figure de modèle, même si à la fin du XVe, rares st les monarques européens qui s’intéressent réellement à l’art de la Renaissance ou à l’humanisme. l’un deux était René d’Anjou, qui, durant son siège de Naples, découvrit la culture italienne et fit la connaissance d’érudits italiens. On trouve ainsi ds sa bibliothèque des œuvres de Platon et Cicéron, Hérodote et Tite-Live, Boccace et Valla. Les monarques les plus intéressés par la nv culture, st des souverains des marges : *Mehmed le Conquérant à Istanbul :fan de Tite Live, invite Bellini à Istanbul malgré l’interdit officiel de l’Islam sur l’art figuratif) *Mathias Corvin à Buda :le roi de Hongrie a reçu une éducation humaniste et devient collectionneur et mécène des hautes études, invitant des humanistes italiens à sa cour. Vaste bibliothèque et choisit comme bibliothécaire un érudit italien proche de Ficin. Attentif à l’art italien :son épouse, Béatrice d’Aragon, est italienne, fille du roi de Naples,

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a étudié Cicéron et Virgile, passionnée de musique ;elle est entourée à la cour d’érudits italiens. Il fait refaire son palais d’après la mode italienne (style toscan), mettant en pratique recommandations d’Alberti et du Filarète

E-L’âge des incunables Fabrication d’estampes dès la 1ère ½ du XVe pratiquée par des artistes comme Botticelli qui réalise les illustrations de la Divine Comédie. Invention du caractère typographique mobile vers 1450. La presse à caractères mobiles a sans doute été inventée en All par Gutenberg, et elle se répand rapidement ds tte l’Europe, atteignant Bâle en 1466, Rome en 1467, Paris en 1468, Venise en 1469, Louvain en 1473, Westminster en 1476 et Prague en 1477 ⇒1500 : des presses ds 250 villes environ, qu’on devait svt à des All x° rapide des livres ap 1450 :à Venise, on imprime davantage d’ouvrages que ds tte autre ville d’Europe. On imprime bcp de classiques, Cicéron devenant par ex à la mode à Paris ds les 1470’s ;on trouve aussi de +/+ de classiques grecs en version imprimée grâce notamment à Alde Manuce de Venise :édite Aristote en 5 volumes de 1495 à 1498. On publie également les œuvres des humanistes italiens, comme Pétrarque dont les poèmes st publiés en 1470 et réimprimés plus de 20 fois avant 1500, Le Pogge et Ficin st aussi publiés ds les 1470’s. On les exporte partout en Europe, en particulier pour les immigrés italiens qui séjournent à l’étranger. Des érudits se font imprimeurs et des imprimeurs s’intéressent à l’érudition :la 1ère presse à Paris est créée par Guillaume Fichet, prof de théologie et de rhétorique. De nb humanistes sans emploi gagnent leur vie comme correcteurs d’épreuves. ⇒l’imprimerie est cpdt + qu’un moyen de diffusion :elle favorise et stimule la « décontextualisation » ou la « distanciation » // l’œuvre :lecture = détachement et esprit critique plus imp que durant une discussion ;le lecteur peut de plus comparer différentes thèses ds des textes différents, sans se laisser submerger par l’éloquence d’un orateur en chair et en os.

F-Résistance Périphérie orientale de l’Europe :la Moscovie :contact entre cette région est l’Europe perdu depuis le XIIIe ; comme les Slaves et les Bulgares, les Russes regardent vers Constantinople et non vers Rome. Certes intérêt d’Ivan III pour l’Italie ms des limites :il prend le nom de tsar, dérivé de César, continuité avec Rome, épouse la nièce du dernière empereur de Byzance, elle a vécu à Rome, est la filleule du pape et goûts italianisants. Lors de son mariage, Leto fait partie de sa suite. Ds les 1480’s on reconstruit les remparts et tours du Kremlin entièrement ds un style italien. Côté laïc, les formes italianisantes parviennent à pénétrer la culture russe, ms d’un pt de vue religieux, résistance :cf insistance du tsar Ivan III qui tente par tt les moyens de convaincre Fioravanti de construire la cathédrale de l’Assomption en suivant les plans de la cathédrale orthodoxe de l’Assomption à Vladimir. La cathédrale incarne l’interprétation perso de Fioravanti de la tradition russe. On a fait venir un Italien en Russie pour l’obliger à travailler ds le style local traditionnel Braudel parle de « refus » culturel :difficulté pour idées et formes italianisantes de franchir frontières d’un monde orthodoxe. Si Ivan IV fait amener une presse à Moscou, celle-ci est détruite par des émeutiers en 1565.

G-Changement contre continuité Quelle place à l’innovation culturelle ? →Pétrarque plus connu pour ses ouvrages en latin, dont le plus connu et populaire est sans doute le plus traditionnel :De remediis. →le roman courtois emporte encore de nb succès, comme Lancelot et Giron le Courtois.

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3-L’AGE DE L’EMULATION :LA HAUTE RENAISSANCE Période 1490-1530 :la « haute » Renaissance→en peinture, époque de Léonard, de Raphaël et Michel-Ange ; en litt, époque de l’Arioste, et en Europe du Nord d’Erasme et de Dürer. Frontière entre classique et médiévale s’est marquée plus profondément. On pourrait plutôt parler d’une période d’émulation :on commence à affirmer sa supériorité // aux Anciens. L’Europe entière en outre se présente en rivale des Italiens

A-La centralité de Rome Préférer les dates de 1494-1527 :de l’invasion de l’Italie par les Français au sac de Rome par des soudards de Charles Quint, deux événements qui ont un impact immense sur la culture italienne. Par ex, les réf à 1494 st constantes ds l’œuvre de Machiavel ou de Guichardin :l’invasion et la non-résistance des Italiens ont structuré la pensée des 2 hommes. Le sac de Rome dispersent les artistes et penseurs qui ont travaillé ds la ville →fin de l’époque de la centralité culturelle de Rome même si la ville éternelle avait des rivales. →un des chefs-d’œuvre de la période, le poème Roland furieux de l’Arioste, qui prétend avec cette œuvre faire mieux que Virgile, associant le style de l’épopée au roman courtois, est composé à Ferrare. Son mécène est le duc de Ferrare, Hercule d’Este →Florence, imp manifeste des petits cercles, par ex cercle qui rassemble Machiavel, Guichardin, le diplomate Vettori, Giannotti (analyse du régime pol vénitien), Bernardo Rucellai. Machiavel compose son Prince en résidence surveillée, en 1513, prenant le contre-pied de la sagesse pol traditionnelle, même si par le ton, il ressemble à d’autres textes de son époque. Soutient qu’il faut prendre pour modèle pol, artistique…l’Antiquité, afin de comprendre comment conserver son indépendance. Restauration rép à Florence→ retour aux commandes publiques :le David de MichelAnge(1501) svt considéré comme personnification de la Rép. La Rép demanda à Léonard et à Michel-Ange de décorer la salle du Grand Conseil de scènes glorifiant l’hist florentine, ms aucune de ces fresques n’est achevée. →Venise :époque de cs civique forte, d’identification à la Rome rép et mécénat public pour litt et arts. Dès 1516 on nomme des historiens officiels. On commande aux frères Bellini puis à Titien de peindre au Palais des Doges des scènes de l’histoire vénitienne (détruites par incendie). Insistance sur la couleur // Florentins insistent sur le dessin. Cpdt, aux yeux du reste de l’Europe, c’est encore Rome qui demeure le centre culturel italien, c’est la « tête » du monde (caput mundi) :d’ailleurs, elle reste un foyer d’innovation en particulier de 1503 à 1521, sou Jules II et Léon X. Le centre du centre est composé d’artistes de renom :une fois les Médicis chassés de Florence en 1494, Michel-Ange se rend à Rome et y reste jusqu’en 1501, puis étant reparti pour un bref séjour à Florence, retourne à Rome dès 1505 : peint plafond de la chapelle Sixtine de 1508 à 1512 et sculpte vers 1513 la statue de Moïse pour le tombeau de Jules II. Le sculpteur florentin Sansovino s’y installe en 1505 ;Léonard y vit de 1513 à 1517 ;Bramante arrive vers 1500 et commence le nv Saint-Pierre en 1506 ;Raphaël vient vers 1508, présenté au pape par Bramante, et chargé de décorer les appartements de Jules II au Vatican. →ne pas exagérer la cohésion de ce petit groupe, même si ils apprenaient bcp les uns des autres « La Rome de cette époque est d’abord celle de Michel-Ange et Raphaël » (p. 89)ms on la célèbre à l’époque aussi comme foyer poétique d’expression latine. L’humanisme y prospère, stt sous Léon X, ancien élève de Politien. On y invite des lettrés gr, comme Bembo en 1512, nommé conseiller apostolique par Léon X en 1513. A. Navagero, éditeur critique des œuvres d’Ovide, est ambassadeur de Venise à Rome ;Castiglione, un autre diplomate, auteur du Courtisan, réside à Rome dès 1513. →certains de ces humanistes deviennent des amis intimes :Castiglione montre son manuscrit à Bembo et Sadoleto qui lui conseillent qq corrections, aide Raphaël à écrire un rapport au pape sur la nécessité de préserver les antiquités de la ville. Bembo est un pape de la culture, fixant la loi en matière de langue et de littérature :distingue trois niveaux de langage, chacun adapté à tel sujet, en latin, la prose doit copier le style de Cicéron, en poésie celui de Virgile. Ms il ne recommande pas une imitation servile :nécessité d’assimiler le modèle, ms « devait toujours se joindre l’émulation » (Bembo) ;il n’est pas le seul à préconiser l’imitation de Cicéron :Le Pogge, Cortesi, Politien… →c’est la règle de Bembo qui influence la génération suivante. Il offre modèle d’écriture pure et élégante en vernaculaire. Effort pour consacrer le toscan comme langue littéraire de l’Italie, ms son idéal n’est pas le toscan de son époque→modèle= langue de Pétrarque et de Dante en poésie, et langue du Décaméron de Boccace en prose. Ses conceptions sur la langue st parfois contestées ms l’imprimé lui est un allié de taille :l’imprimé aide à l’uniformisation de la langue. Même tendance à la formulation de règles ds les arts plastiques :le voc servant à décrire et critiquer les œuvres d’art est en construction, s’inspirant largement du voc de la critique litt antique, en particulier Cicéron, Quintilien et l’Art poétique d’Horace. pour la peinture, pas de modèles antiques car très peu de fresques conservées. Ce st certains peintres modernes qui servent de modèles :Giotto, Masaccio. Engouement pour la sculpture antique :mode de la collection de sculptures antiques, dont les papes donne l’exemple :Jules II fait construire la cour des sculptures du Vatican pour montrer sa collection. Enthousiasme lié à la découverte de nv statues :Apollon du Belvédère et le Laocoon, statue que

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Michel-Ange est l’un des 1er à voir et avec laquelle il rivalise ds plusieurs de ses œuvres. En architecture, le rapport écrit par Raphaël à Léon X sonne comme un manifeste du style classique. →Imp de l’imprimé ds la formulation de ces règles artistiques :édition de Vitruve(dès 1490) et gravures des œuvres de Léonard, de Raphaël et de Michel-Ange. L’objectif de cette « haute » Renaissance est la « gde manière », la « majesté » (Bembo) ⇒exclusion des éléments bas, comme objets de la vie quotidienne ou expressions du langage parlé. Ms impossible d’évacuer totalement ces éléments →élaboration du « grotesque » ds le cercle de Raphaël :ornements de type nv, inspirés de ceux des « grottes » (salles souterraines datant de l’Antiquité, en particulier la Domus Aurea) :style décoratif avec des animaux, des plantes, monstres…très admiré et copié en Europe. Un style litt équivalent s’épanouit→poésie comique d’un moine italien, T. Folengo, en latin « macaronique » (emploi de mots latins ds une syntaxe italiennes, et terminaisons latines aux mots italiens) ⇒ « ‘’contre-offensive’’ du ‘’bas’’ » (p.95), en riposte à dictature litt et artistique (les Bemberie de Bembo= maniérisme poussé à l’extrême dont on se moque). L’Arétin est une des gdes figures de cette contre-attaque :ce fils d’artisan, ce qui est rare ds le milieu culturel, arrivé à Rome vers 1517, se fait rapidement une solide réputation de satiriste, se moquant de la vie de cour d’après le modèle de Castiglione, et des élégances litt et oratoires prônées par Bembo. Berni écrit d’ironiques éloges de l’ivrognerie, de la peste…, parodiant l’un des sonnets de Bembo. →cpdt la distinction entre les classiques et anti-classiques n’est pas franche :classicisme et anti-classicisme st complémentaires, plaisent parfois aux mêmes pers, selon le contexte, l’humeur…chacun est nécessaire à l’autre comme faire-valoir contre lequel se définir. D’ailleurs l’anti-classicisme est moins un mvt qu’une attitude, un irrespect joyeux qui coexiste avec l’admiration pour les anciens. « Avec le recul, la haute Renaissance apparaît comme un court moment d’équilibre instable » (p.96). on estime qu’elle prend fin en 1427 :à cette date, le pape est Clément VII, Raphaël et Bramante st morts, Léonard et Sadoleto st en France et Bembo à Venise. Le sac de Rome est perçu par les humanistes comme le retour des Barbares :bcp d’artistes s’expatrient et ne reviennent plus jamais « Désormais, la Renaissance serait polycentrique » (p.96)

B-Littérature et empire La suprématie culturelle italienne est contestée durant tte la période par des humanistes étrangers. Erasme ou l’ang John Leland pensent ainsi que l’inspiration humaniste s’est propagée au nord des Alpes, Leland affirmant que le poète Sir Thomas Wyatt est l’égal de Dante et de Pétrarque. De même pour l’Espagnol Antonio de Nebrija, le Français Claude Seyssel et l’All Conrad Celtis pour leur région respective.

C-Les arts C’est en gal le mécène qui choisit le sujet d’une œuvre ou le style d’un monument, d’une peinture ou d’une sculpture. →ex d’Isabelle d’Este qui est l’une des plus imp protectrices des arts à l’époque :gde collectionneuse de sculptures antiques, des œuvres d’artistes vivants→celles de Bellini, de Mantegna, du Pérugin, de Léonard et de Michel-Ange afin d’orner sa grotte et ses cabinets d’étude. ;elle est l’une des femmes de son tps qui parle le mieux le latin. Elle incite l’humaniste Mario Equicola à écrire sur l’amour comme Elisabeth de Gonzague avait encouragé Bembo et Castiglione. Début XVIe :nb imp de mécènes(monarques, gds ecclésiastiques et aristocrates = contraste net avec la situation en Italie où la noblesse joue un rôle moindre, alors que le mécénat urbain a plus largement marqué les arts→marchands) hors d’Italie commandent des œuvres ds le style classique →aristocratisation de la Renaissance de +/+ associée aux rois et aux gds Trois princes de l’Eglise marque plus particulièrement la période par leur mécénat et leur magnificence particulière, leurs visites à Rome les rendant très informés des tendances nv : *cardinal Tams Bakcz, primat de Hongrie. Sa chapelle ds la cathédrale d’Esztergom est de marbre rouge et de style florentin ;la médaille à son effigie témoigne de son intérêt pour l’art italien *cardinal Georges d’Amboise, admirateur de Mantegna. Son château de Gaillon possède une loggia, un cabinet, une chapelle décorée par peintre italien et une fontaine faite à Gênes. *cardinal Thomas Wolsey et son Hampton Court qui était plus grandiose que la cour du roi L’une des conséquences des guerres d’Italie :propagation de l’italianité ds tte l’Europe. dès 1495, Mazzoni arrive en France à la suite de Charles VIII…La tendance s’accentue largement au début du XVIe, les étrangers étant de +/+ convaincus de la supériorité des Italiens. François Ier découvre l’Italien en l’envahissant, invitant Léonard en France et prenant l’habitude de converser avec comme plus tard avec l’orfèvre Cellini ;Michel Ange est aussi invité en France. François Ier s’intéresse aussi à la sculpture et à l’architecture →château royal de Chambord dessiné par un Italien, da Cortona ;une nv aile est ajoutée au château de Blois avec des loggias imitant celles dessinées par Bramante au Vatican ;château de Fontainebleau ds un style italianisant, avec une galerie décorée par Rosso, l’une de ses fresques, L’ignorance chassée, symbolisant la Renaissance). Le château de Fontainebleau commencé en 1527, s’inscrit ds la rivalité entre François Ier et Charles Quint, ce dernier ne

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s’intéressant pas sans doute réellement à l’art et à l’humanisme, bien qu’il anoblisse certains artistes…Il est bien moins connaisseur des arts que son rival fr. Deux des tantes de Charles Quint st particulièrement connaisseuses : *Marguerite d’Autriche :protectrice des peintres, des sculpteurs et des architectes, adore la musique, en particulier celle d’Ockeghem et de Josquin *Marie de Hongrie :mécène de la musique. Elle commande à Titien une vingtaine d’œuvres ms s’intéresse aussi à la peinture flamande du Xve, possédant le portrait d’Arnolfini par Van Eyck. Comme les humanistes, les artistes de l’époque se rendent en Italie pour étudier :Dürer se rend deux fois à Venise ; Alonso Berruguete passe près de 14 ans en Italie…l’empreinte des modèles antiques sur leur imaginaires (cf leurs œuvres postérieures). L’exportation des gravures permet aux créateurs qui ne pouvaient se rendre sur place, de se familiariser avec le style nv →en Espagne, ds les 1520’s, des artistes imitaient les estampes de Raimondi d’après Raphaël. C’est à cette époque que les peintres du Nord commencent à traiter des sujets profanes :hist ancienne et mythologie→Lucas Cranach de Wittenberg représente Vénus et Lucrèce ;Altdorfer peint Alexandre le Grand à la bataille d’Issos…Cpdt certains, comme Erasme et Adriaan d’Utrecht regardent avec suspicion la résurrection de l’Antiquité et les formes classiques, expressions du paganisme. D’autres acceptent le classicisme ms pas la prédominance de l’Italie :l’idée d’émulation gagne du terrain→le château de Fontainebleau est qualifié de « seconde Rome » du fait de la très belle collection d’antiquités qui s’y trouve.

D-Les humanistes D’après Erasme et Budé, les humanistes ont aussi besoin du mécénat des rois, autant que les rois ont besoin des conseils des humaniste (cf leurs traités d’éducation des princes adressés à Charles Quint et à François Ier). François Ier se faisait lire des classiques gr et latin et demandait à son ambassadeur vénitien de lui procurer des manuscrits gr pour la bibliothèque royale. Charles Quint n’était pas un intellectuel ms l’un des rares livres qui ont pu l’intéresser est l’hist de Rome de Polybe. +rôle des princesses ds le mécénat des hautes études :la reine Bona, épouse du roi de Pologne Sigismond le Vieux, a reçu une éducation humaniste à la cour de Milan :on disait qu’elle parlait latin couramment, apprenant le polonais et protégeant les écrivains. La reine Isabelle de Castille savait elle aussi le latin, correspondant avec des humanistes. Sa fille reçut l’éducation d’un précepteur humaniste :elle pouvait improviser en latin. La plus imp de tte les princesses fut Marguerite de Navarre, sœur de François Ier, qui écrivait des poèmes, du théâtre et des nouvelles, protectrice et mécène de nb humanistes. Les princes st tjs + désireux d’attirer des érudits italiens à leur cour pour instruire leurs enfants ou pour écrire d’élogieux éloges de leurs exploits ou de leurs ancêtres. →Paolo Emili de Vérone écrit une histoire de France pour Louis XII, et Polidoro Vergilio d’Urbino une hist de l’Angleterre pour Henri VIII Flux encore plus intenses ds l’autre sens :ds les 1480’s, font le voyage vers l’Italie, Conrad Celtis, Thomas Linacre, Johannes Reuchlin qui rencontre Ficin et Laurent de Médicis. Ds les 1490’s on trouve Lefèvre d’Etaples, John Colet, Piotr Tomicki et Nicolas Copernic. Leur voyage et leurs rencontres st parfois des pts de départ à de nv réflexions : à la suite de ses contact avec le cercle de Ficin, Colet donne à Oxford ses célèbres cours sur saint Paul ;à son retour en Pologne, Tomicki introduit le latin classique à la chancellerie royale. Après 1500, trop d’étrangers se rendent en Italie pour en dresser la liste :qq ex illustres :Ulrich von Hutten, Heinrich Agrippa, Guillaume Budé, Symphorien Champier, Garcilaso de la Vega, Jean Gine de Sepulveda… →ms c’est à cette époque, vers 1520, que les Italiens perdent leur suprématie ds les études humanistes . C’est maintenant l’âge d’Erasme, de Reuchlin, de Budé, de Luis Vives, de Thomas More…qui avaient pour certains le sentiment d’une nv ère, Erasme parlant de l’ « imminence de l’âge d’or ». c’est aussi à cette époque que le terme « humaniste » se répand hors d’Italie :Lefèvre est par ex qualifié d’humanista theologizans, les successeurs de Reuchlin st nommés les humanistae, et en All on parle du « MA » (media antiquitas, media aetas). Les idées nv st svt élaborées ds de petits cercles :Celtis était une connaissance de Dürer et un ami de Trithemius, helléniste et hébraïsant. Celtis mena une vie vagabonde, ms ds les villes où il séjourna, il fonda des groupes de discussion (Cracovie, Vienne…), les sodalitates. A Paris, le cercle d’élèves, amis et connaissances d’Etaples :Gaguin, Bouelles, Budé et Beatus Rhenanus. +échanges de lettres entre les humanistes. L’expression de respublica litteraria remonte au début du XVe ms c’est pdt la haute Renaissance que les contacts internationaux commencent à donner à cette communauté virtuelle qq apparence de réalité. La cohésion de cette rép est de plus assurée par l’imprimé. ds ce domaine aussi d’ailleurs, la suprématie de l’Italie est aussi ébranlée après 1500 par Paris(Josse Badius appelé à Paris par Gaguin, devenant imprimeur de l’université en 1507, publiant des classiques ms aussi des ouvrages de Valla, de Ficin et de Politien, son imprimerie étant un lieu de rencontre pour les humanistes du cercle de Lefèvre), Bâle(imprimeurs érudits J. Amerbach, J. Froben)… L’université est un autre lieu propice à l’épanouissement du mvt. On peut le vérifier par l’hist de 3 matières :

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*poésie :gd centre d’intérêt du cercle de Ficin, en particulier de Politien et de Landino. Fin du XVe début de l’institutionnalisation de l’enseignement de la poésie. Une chaire de poésie est fondée à Louvain en 1477 et à Salamanque en 1484 ;cours sur poètes gr et latins :Celtis enseigne Horace à l’université d’Ingolstadt et Homère à l’université de Vienne, persuadant en outre Maximilien de fonder un Collège des poètes. *études gr se répandent pdt cette période :vers 1500, à Paris, un Grec enseigna sa langue maternelle à Erasme. En 1501, T. More fut initié au grec. La langue commence à être enseignée en fac :Cracovie vers 1500 par des Italiens, Leipzig en 1515, Paris en 1517…Le grec est la langue des auteurs antiques ms aussi celle du NT. *l’hébreu, la langue de l’AT, commence à être prise au sérieux par un cercle international d’érudits chrétiens. Qq rares érudits se st intéressés à l’hébreu au XVe et Pic de la Mirandole a pris des leçons auprès d’érudits juifs. Début du XVIe, la langue est solidement implantée ds plusieurs universités européennes :fondation en 1517 du Collège trilingue de Louvain, un collège du même type est créé à Alcala. L’enseignement de l’hébreu commence en 1530 au nv Collège royal de Paris fondé par François Ier. On étudie l’hébreu pour la lecture de l’AT ms aussi pour comprendre la kabbale, càd la tradition secrète des érudits juifs, une tradition mystique, un effort pour parvenir à Dieu en méditant sur ses nb noms. Ceux qui l’étudiaient pensaient que c’était la langue originelle, celle de Dieu, et qu’on pourrait en comprenant cette langue, convoquer les anges. Ces textes de la tradition antique st perçus comme anticipant donc confirmant le christianisme. En Italie, floraison d’études kabbalistiques au début du XVIe. Reuchlin publie en 1517 un livre sur la kabbale, dédicacé à Léon X. les humanistes all tentaient de percer le savoir occulte des mystères antiques, insistant sur la compatibilité entre christianisme et doctrines secrètes des Anciens.

E-Conflits Division profonde au sein du mvt :un humaniste a même parlé de « guerre civile entre cicéroniens et érasmiens ». Contraste entre Bembo, adepte du beau parlé, et Egidio da Viterbo, qui à la même époque voyait le latin comme une langue barbare comparé à l’hébreu. ces conflits relèvent de contradictions internes, latentes du projet humaniste : comment concilier respect pour l’Antiquité païenne et christianisme ? Suivre la lettre ou l’esprit de la tradition classique ? Des ennemis de l’humanisme (les Troyens), à l’Université d’Oxford, à l’université de Louvain contre l’enseignement du grec et de l’hébreu, et contre la philo de Valla et d’Erasme ;en France, opposition entre la Sorbonne et les lecteurs royaux partisans de méthodes nv. Deux célèbres controverses : *l’aff Pomponazzi :Pomponazzi est prof à l’université de Bologne, enseigne la philo d’Aristote, participe au mvt qui vise à redécouvrir le message d’Aristote. En 1516, il publie un ouvrage où il soutient qu’Aristote a affirmé la mortalité de l’âme (De l’immortalité de l’âme) :ce livre déclenche une immense controverse. Il est attaqué comme s’il était « mortaliste » lui-même. Son livre est brûlé à Venise et des théologiens écrivent contre lui. Cela ne lui fait pas que du tort puisque son université double son salaire ⇒le scandale et le débat provoqués par son œuvre montrent combien l’humanisme ne fait pas l’unanimité *l’aff Reuchlin :ds cette aff, l’antihumanisme se mêle à l’antisémitisme→Reuchlin est attaqué car il s’est opposé à la destruction de livres juifs. Il se défend de cette accusation, affirmant que ses « adversaires barbares » tentaient de discréditer les études gr et hébraïques pour défendre leurs propres travaux puérils ;Erasme lui assure son soutien et lui affirme aussi ds une lettre le soutien de partisans ang, T. More, J. Colet, Linacre et Grocyn. En All, la controverse est présentée ds les Epîtres des hommes obscurs comme un assaut de la barbarie contre l’humanisme. rôle considérable de van Hutten :des lettres imaginaires échangés par des philosophes scolastiques d’universités all, qui dressent un portrait des ennemis cléricaux de la poésie et du « latin dernier cri » :par leurs propos, ils se discréditent eux-mêmes, apparaissant ignorants, stupides et antisémites, leur langue étant hybride (latin médiéval qui reflète leur inculture, et vernaculaire). Puis attaque de l’humaniste espagnol Luis Vives contre les philosophes scolastiques de l’université de Paris (Contre les pseudo-logiciens), préconisant au contraire d’eux, l’étude des « disciples qui st dignes de l’homme et qu’on appelle donc les humanités ». Des humanistes comme Erasme, Vives et More st hostiles aux romans de chevalerie, mal écrits, « sans culture, stupides, idiots » (Erasme) et qui glorifient la guerre et l’amour hors mariage. Critique de la guerre ds l’Utopie de T. More et ds le commentaire d’Erasme sur d’adage Dulce bellum inexpertis. Ms ces protestations ont peu d’effets et ces œuvres de chevalerie ont tjs du succès(parmi un des livres aimés de Charles Quint se trouve Le Chevalier délibéré ;François Ier adore Amadis de Gaule, roman espagnol de 1508, qu’il fait traduire en fr) Ds les arts plastiques, contact et conflit entre les styles produit une culture hybride :le cardinal Georges d’Amboise et ses frères font construire des bâtiments renaissants ms aussi gothiques comme le palais de justice de Rouen et l’hôtel de Cluny. Parfois, la rivalité avec l’Italie pousse même à leur préférer l’art barbare. La fin du MA devient un objet d’intérêt et de sympathie

F-Erasme et le superhumaniste Erasme= équivalent ou rival septentrional de Bembo. Partage mépris pour les scolastiques, dénonce la barbarie, partage l’admiration générale pour les deux Antiquités en particulier pour antiquité chrétienne. Puise chez Cicéron, chez Lucien

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tt en éditant œuvres de plusieurs Pères de l’Eglise. Admire les humanistes antérieurs, dont Agricola et L. Valla. Il grandit à l’âge de l’imprimé, bonnes rel° avec les imprimeurs, en particulier Alde Manuce à Venise et la famille Froben à Bâle. Il est sans doute l’humaniste le plus brillant et le plus respecté de son temps. →Son Enchiridion ou Manuel du soldat chrétien, livre de piété destiné aux laïques, a 26 éditions latines de 1503 à 1521, traduit en tchèque, en all, en ang, en néerlandais, en espagnol, en fr, en italien et en portugais. →il est stt connu aujourd’hui pour son Eloge de la Folie, œuvre satirique, 36 éditions latines de 1511 à 1536 traduite en tchèque, en fr, et en all. Réputation internationale qui va très bien à celui qui a affirmé en 1522 qu’il « aimerai[t] être un citoyen du monde » (càd citoyen de la « communauté européenne du savoir ») : remonte triomphalement le Rhin en 1514, invité en Espagne, en France par François Ier, en Ang, en Bavière, en Suisse, en Hongrie, en Pologne. De nb partisans : *en Ang :T. More et J. Colet *en France :Lefèvre d’Etaples, Marguerite de Navarre et Rabelais qui lui écrit une lettre d’hommage *en Espagne :Vives et Valdés On donne un cours sur L’Eloge de la Folie à l’université de Wittenberg en 1520, ce qui est rare pour un érudit vivant ; on lui élève des statues à Bâle et ds sa ville d’origine Rotterdam, alors que cet honneur est normalement réservé aux soldats, aux princes et aux saints ;son disciple Beatus Rhenanus rédige sa bio juste après sa mort. Il écrit de nb lettres avec de nb correspondants ds l’Europe entière :parmi ses correspondants les plus fréquents st : *des All :B. Rhenanus et le juriste Ulrich Zasius *des Ang :More et Colet *des Français :Budé *des Italiens :Ammonio *des Espagnols :Vives *des Portugais :Damio de Gois *des Hongrois :Mikls Olh Il est aussi un cas à part ds l’imp de sa p° litt, et pourrait être l’équivalent litt de Raphaël, chef d’un atelier humaniste. Il est favorable à l’étude de l’hébreu ms ne l’apprend pas lui-même, émet des doutes sur l’étude de la philosophie occulte comme la kabbale. Sentiments mêlés pour l’humanisme italien :c’est des Italiens qu’il apprend l’imp de la philologie, admire les Annotations sur le NT de Valla, qu’il publie et qui l’inspirent. n’est pas transporté d’aise par son séjour à Rome en 1509, une visite qui l’incite même à récuser les humanistes romains ds le Ciceronianus (1528), où il campe un pédant sans cervelle qui se refuse à utiliser des termes qui n’existent pas chez Cicéron :Erasme souhaite ainsi montrer l’imp de la distinction entre imitation(suivre un modèle) et émulation(surpasser le modèle). Cette œuvre offusque bon nb d’Italiens, ce dont l’auteur est cs. Il met ainsi en valeur une tension interne au mvt, entre le désir d’imiter l’exemple de l’Antiquité, et son sens de la perspective historique. Cette œuvre publiée en 1528, càd un an après le sac de Rome, a de plus des connotations pol et religieuses :crainte que Bembo et ses partisans aient ressuscité le paganisme, puisque ce qui inspire l’imitation de Cicéron est la paganitas. Vénération d’un auteur païen= forme de « superstition », les cicéroniens étant une « nv secte ». Cpdt, il est doublement rejeté par les futurs réformateurs de l’Eglise (protestants comme catholiques) :pour Luther, il est trop timoré ou trop ambigu ne va pas assez loin ;on lui reproche sa ferveur pour certains aspects de l’Antiquité classique, Luther voyant en lui un « athée ». Les catholiques pensent qu’il est trop proche de Luther

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4-L’AGE DE LA DIVERSITE :LA RENAISSANCE TARDIVE Autrefois, on considérait que la Renaissance s’arrêtait avec la querelle ds les 1520’s qui opposait Luther et Erasme sur le libre arbitre. On percevait cette controverse comme le symbole du conflit entre Renaissance et Réforme. Pour les pays catho on a svt considérer que le concile de Trente (réaffirmation que la tradition latine traditionnelle de la Bible, la Vulgate, était la version officielle ⇒défaite de l’entreprise de retour aux sources, mise à l’Index des œuvres des gds auteurs de la Renaissance) mettait fin à la Renaissance. On a de plus lancer l’idée d’une « contre-Renaissance » :on a perçu les 1530’s comme un tournant, l’époque où la Renaissance fait place au maniérisme ds l’art, réaction contre l’harmonie, la proportion et même la raison :traduit crise spirituelle et pol. Pas de frontières objectives entre les périodes et tte périodisation suppose un choix. Certes, les 1520-1530’s marquent un tournant ds l’hist culturelle, cpdt ce n’est sans doute pas la fin de la Renaissance. Le sac de Rome offrait pour certains une image saisissante de la fin d’une époque. Pour Burke, la Renaissance se poursuit jusqu’en 1630, le maniérisme pouvant être perçu comme une variété tardive de l’art renaissant, art avec lequel les artistes ont pris certaines libertés, ont pris la liberté de jouer avec les règles. De nv variétés d’humanisme ont été créées en coexistence ou en interaction avec le protestantisme et le catholicisme réformé. Parfois même des efforts radicaux en art, en litt et musique pour rivaliser avec les exemples de l’Italie et de l’Antiquité. = « l’été indien » de la Renaissance (p.127). De +/+ d’expressions d’égalité avec les Anciens :on surnomme l’humaniste J. Osorio le Cicéron, et l’historien J. de Barros le Tite-Live, la « Pléiade » en Fr doit son nom à un groupe de poètes alexandrins…Les Italiens ne prennent pas au sérieux ce que font les autres Européens ⇒ « italophobie »

A-Diversité

A la fin du XVIe, place imp accordée par les analystes de l’art et de la litt à la varietas, le goût de la diversité inspiré par Quintilien qui soutenait qu’il y avait de multiples critères d’excellence ds l’art oratoire, et non un seul modèle correct. Certains continuaient certes à souligner l’imp de l’unité ds une œuvre litt, l’imprimé continuait son œuvre d’uniformisation culturelle, montée d’un style italianisant international aux dépens de styles régionaux MAIS c’est à cette époque qu’on interprète avec une plus gde liberté et créativité délibérée les modèles antiques et italiens + des réactions contre la manière italienne⇒de l’italophobie comme de l’italophilie. Le conflit sur les règles à appliquer ou non est encore plus vif qu’avant. En litt, on formule les règles sur la base de la Poétique d’Aristote ms aussi de Bembo sur le canon litt. Vasari encourageait l’idée d’un canon artistique. En architecture, le vitruvisme continuait (traduction et commentaire de Vitruve publié par le patricien vénitien Barbaro en 1556, devenant à cette date une célébrité hors d’Italie, son œuvre étant traduite en fr, en all) Ms ne pas exagérer la tyrannie des règles :certains les défient, le pétrarquisme est aussi à la mode que l’antipétrarquisme, le peintre hollandais Carel Van Mander souligne la relativité des normes. On pense savoir qd il convient d’enfreindre les règles à bon escient. Il y a des modèles rivaux en conflit : *en peinture, opposition de Florence à Venise, le dessin à la couleur *le dialogue a des modèles concurrents :Platon, Cicéron, Lucien *en litt, guerre entre les cicéroniens et les anticicéroniens. Bcp prennent Cicéron comme modèle d’expression écrite et orale, en latin et en vernaculaire. D’autres préfèrent les options d’autres auteurs antérieurs, Sénèque et Tacite Ds l’imprimerie, le monopole de Venise cède la place à situation de concurrence entre Anvers, Lyon, Bâle, et encore Venise →cette époque est « l’âge d’or du ‘’polycentrisme’’ » (p.130)

B-Les périphéries *ds les arts, diaspora d’artistes des PB :rôle imp ds la diffusion et adaptation du modèle italien en particulier autour de la mer Baltique où ils vont écrire l’hist(les Hollandais J. Meursius et J.I. Pontanus pour le Danemark), enseigner ds les universités, peindre des portraits, sculpter des tombeaux(Guillaume Boyen fait le tombeau de Gustave Vasa à Uppsala)… La Renaissance s’exporte hors d’Europe grâce aux marchands et à des missionnaires. Certains peintres d’Asie découvrent l’art renaissant ;en Inde, les jésuites offrent à l’empereur moghol des gravures et des peintures religieuses ds le style renaissant;en Chine, les gravures des frères Wierix d’Anvers, introduites par un jésuite, inspirent les paysagistes chinois. Echange entre culture occidentale et orientale :Ricci voit la Chine avec des yeux gr et romains et la philo chinoise ressemble pour lui aux doctrines de Pythagore, sa formation humaniste le rendant réceptif aux idées de Confucius :en retour il initie les Chinois à la philo de Platon et des stoïciens, et aux chefs-d’œuvre de l’art classique. Elle atteint le Nouveau Monde :il y a des pétrarquistes au Pérou ds les 1590’s…La connaissance du Nv Monde modifie la vision qu’on a du paganisme. Les deux cultures se mêlent ds les églises d’Amérique espagnole, comprenant des

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éléments classiques passés par le filtre de la Renaissance espagnole (façades et portails décorés) ms les sculpteurs st svt Amérindiens habitués à travailler ds d’autres styles →formes hybrides, cf le cas de Garcilaso, l’ « humaniste inca », dont la mère était une princesse inca, et son père un conquistador. En 1560, va en Espagne où il mène la vie d’un homme de lettres. Après avoir traduit des dial italiens, il écrit une histoire du Pérou avant l’arrivée des Espagnols, exprimant sa nostalgie pour l’empire perdu des Incas :critiquer les prétentions de l’occident à la supériorité culturelle. Refuse de comparer les Amérindiens à des Barbares ou à des idolâtres, affirmant qu’ils croyaient en un dieu unique et en l’immortalité de l’âme avant que les Espagnols arrivent. Ds son œuvre, histoire du Pérou et néoplatonisme st liés :culture péruvienne conforme au modèle de l’Antiquité vénérable et de la théologie antique. Syncrétisme entre cultures païenne et chrétienne

C-Modèles classiques Modèles romains antiques restent influents :Cicéron est réimprimé et traduit en vernaculaire(espagnol, fr, ang, tchèque, italien, portugais, all et polonais). Dolet et J. Sturm comptent parmi les partisans de l’imitation du maître. Les adversaires de Cicéron st Petrus Ramus (prof à l’université de Paris) et le plus gd humaniste de la 2 nd ½ du siècle :le Flamand Juste Lipse. Cpdt critiquer l’Antiquité ne signifie pas rejet de l’exemple de l’Antiquité :Lipse propose de remplacer Cicéron par des auteurs latins de l’époque de l’ « âge d’argent », càd postérieurs à Cicéron, comme Tacite ou Sénèque (style attique // style asiatique des cicéroniens) :souhaite la simplicité et la brièveté, tolère les irrégularités, usage fréquent des parenthèses…modèle devient à la mode ds les 1570’s et se répand en vernaculaire. En poésie la réf suprême demeure Virgile→publication de l’Enéide en vernaculaire (espagnol, all, fr, ang, écossais, parfois traduite par poète en exercice comme du Bellay ou Surrey). Pour le théâtre qui emporte tant de succès à l’époque, Plaute et Térence servent de modèles. Certains auteurs se tournent aussi bien vers des auteurs gr que latins :Jean Dorat à Paris initie ses élèves dont Ronsard fait partie à la litt gr, Homère compris, et traduit en italien, fr, ang et all. On s’intéresse aux tragiques gr Sophocle (Electre traduit en espagnol, fr, italien, adapté en hongrois) et Euripide. Pour la poésie lyrique, l’une des gdes découvertes est Pindare, en particulier ses odes, càd ses éloges d’athlètes olympiques . le mot « ode » devient à la mode de même que le genre lui-même :Ronsard écrit des odes à la gloire d’Henri II, de la victoire de 1544 et de la paix de 1550. On tente en outre d’écrire de la poésie en mètres antiques, cf en France, J.-A. de Baïf, ou en Ang G. Harvey →ces imitations posent pb qui soulèvent déception et critiques car difficile adaptation au vernaculaire par ex. On prend de +/+ svt la Rome antique comme thème poétique. Après 4 années passées à Rome, du Bellay écrit un volume entier de poèmes aux Antiquités de Rome (1558), mettant parfois en garde le voyageur contre la déception de n’y trouver que des ruines qui, comparées à l’orgueil passé de Rome, rappellent à l’homme l’inconstance des choses de ce monde. Du Bellay est d’ailleurs traduit en latin, puis en ang par Edmund Spenser, puis une version polonaise et espagnole. Les artistes viennent encore à Rome pour étudier, mesurer et faire des croquis des vestiges antiques, la Grèce étant moins accessible et retenant de tte manière moins l’attention. Les graffitis de la domus aurea st une preuves de l’intérêt des peintres :on lit les noms de Van Heemskerk, de Van Mander… Ces artistes nous ont en outre laissé en souvenir de leur voyage leurs carnets de croquis.

D-Modèles italiens Rôle imp des expatriés italiens ds la diffusion de la Renaissance à l’étranger :Rosso, Serlio et le Primatice(qui obtenait des œuvres d’art d’Italie pour les collections de François Ier…) passent une partie de leur vie en France. Le peintre et architecte Tibaldi passe une dizaine d’années en Espagne, et le peintre Arcimboldo une vingtaine d’années en Europe centrale. Peu d’artistes européens ne se rendent pas en Italie, s’intéressant autant à l’Italie moderne qu’aux antiquités. Ils y nouent des contacts avec des humanistes italiens, admirent leurs œuvres…Montaigne a admiré la place Saint-Marc, les statues sur le Belvédère à Rome, le palais Pitti à Florence, les monuments de Bembo et de l’Arioste à Padoue et Ferrare. L’essor du maniérisme flamand doit bcp aux années passées par Frans Floris en Italie à copier Michel-Ange. Les pèlerinages musicaux en Italie commencent, en particulier à Venise. En litt aussi, l’Italie reste un objet d’émulation, avec des voyages d’étrangers en Italie ou des Italiens expatriés qui faisaient connaître les formes nv. L’imprimerie répandait les nv modèles plus largement et permettaient aux étrangers de s’en distancer plus aisément. A Lyon, l’imp de la communauté italienne (marchands et banquiers)→demande forte de livres italiens que les imprimeurs locaux satisfaisaient. Jean de Tournes, ami de poètes fr, et Guillaume Rouillé, qui épouse une Italienne, publient des livres en italien, qui attiraient aussi l’intérêt des lecteurs fr. La musique imprimée répand aussi largement la connaissance des modèles italiens à l’étranger :dès la 2ème ½ du siècle, l’édition musicale est bien établie hors d’Italie, à Anvers par ex. x° des traductions de l’italien et des auteurs classique à la fin du siècle, en France par ex. la découverte de l’Italie encourageait la traduction, qui encourageait les lecteurs à aller eux-mêmes en Italie. Parmi les auteurs italiens les plus traduits :l’Arioste (Le Roland furieux), Castiglione (Le Courtisan), et le Tasse (Jérusalem délivrée, Aminta). Les traduction contribuaient à répandre l’art italien :traité d’Alberti est traduit ds diverses langues, et stt traductions de Serlio.

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E-Architecture Celui qu’on appelle désormais « architecte » est sensé connaître ses « lettres » aussi bien que les « œuvres manuelles ». Les nv palais offrent aux architectes l’occasion de donner leur mesure. A Paris ds les 1540’s, P. Lescot se vit confier le Louvre, palais de François Ier puis de son successeur Henri II. A Florence, ds les 1560’s, Cosme de Médicis commanda les Offices à Vasari, pour loger les bureaux de son adm tentaculaire et exposer sa collection d’œuvres d’art. Ds les 1560’s, Juan Bautista de Toledo et Juan de Herrera construisirent l’Escurial pour Philippe II. Les modèles architecturaux classiques ou italianisants séduisent monarques, cours, patriciens des villes et nobles ruraux. La Renaissance civique n’a pas entièrement disparu :nv bibliothèque de Saint-Marc à Venise, l’hôtel de Ville de Vicence et x° des constructions de divers hôtels de Ville hors d’Italie :Anvers, Tolède, Poznan…+université d’Alcala, la salle des Tapisseries à Cracovie, les arsenaux d’Augsbourg et de Gdansk, la Bourse de Copenhague… →ex intéressant de l’usage que l’on fait des dessins de Serlio :l’hôtel de Ville d’Anvers :façade avec arc de triomphe, des obélisques et l’inscription SPQA (« le Sénat et le Peuple d’Anvers ») qui présente la ville en nv Rome. En Angleterre, certaines autorités municipales (Leominster…) ont résisté à la Renaissance, commandant des hôtels de Ville ds le style local traditionnel, ne découvrant l’architecture classique qu’après 1660. A la campagne, c’est l’âge des villa en rel° avec les découvertes archéologiques (ruines de la villa d’Hadrien à Tivoli) et construction ds les 1540-1570’s des villas pour les patriciens de Venise par A. Palladio :ces résidences associent ferme et maison de campagne pour l’été et prennent une dimension nv avec les variations de Palladio sur des thèmes classiques (portiques, thermes antiques). Adaptation de ces villas et de ces palais à l’Europe, en f° des traditions locales et des besoins des aristocrates : *les châteaux de la Loire :parmi l’un des plus célèbres :le château d’Anet, palais en forme de pavillon de chasse, dessiné par Philibert de l’Orme pour Diane de Poitiers :description du palais ds les poèmes de Ronsard et Du Bellay →allusion à l’amour du roi pour la chasse et pour Diane déesse de la chasse à travers fontaine de Diane et sculptures sur le gd portail *les demeures de l’Angleterre élisabéthaine :l’âge des demeures élisabéthaines comme Hardwick ds le Derbyshire par ex. Leur place ds l’architecture européenne reste controversée :débat sur l’influence ou l’indépendance // architecture italienne des dessins des résidences ang. Difficulté de dire si les écarts par rapport au modèle classique st délibérés ou inconscients :incompréhension provinciale et/ou maniérisme. « La langue de l’architecture était simultanément classique et vernaculaire » (p. 147) :synthèse et style distinct, ou simple mélange ? Ce n’est qu’à la fin de la période que les éléments classiques deviennent dominants, cf Inigo Jones et le palais qu’il dessine pour la reine à Greenwich et qui est un bon ex d’imitation créatrice.

F-Peinture et sculpture Diffusion des thèmes classiques et italiens en Europe portés par des artistes expatriés ou imités par des artistes locaux →en peinture, scènes de la mythologie classique, par ex, svt empruntées aux Métamorphoses d’Ovide, livre traduit en vernaculaire ds nb de pays de l’W. Titien séduit de nb mécènes hors d’Italie, dont Philippe II. Certaines scènes circulent sous forme de reproduction et inspirent les imitateurs :Véronèse représente les dieux païens à la villa Maser ;à Fontainebleau, le Primatice réalise une série de peintures sur Ulysse ;l’ « Ecole de Fontainebleau » peint la déesse Diane (parfois sous les traits de Diane de Poitiers) et la métamorphose d’Actéon en cerf (Ovide) ;à Prague, Bartholomeus Spranger représente Mars, Vénus, Vulcain, Mercure, Hercule pour Rodolphe II. Même Pieter Bruegel qui appartient à Anvers à un cercle humaniste, a sa place ds ce courant, puisque son Icare est une illustration d’un passage des Métamorphoses d’Ovide qui décrit le vol d’Icare et de son père Dédale. →en sculpture :deux genres en plein essor : *les fontaines :de +/+ de places de ville et de cours de palais en st dotées. Sculptures élaborées et dessins svt empruntés à la mythologie. En Italie, la fontaine de Neptune à Florence, la fontaine de Neptune à Bologne de Giambologna, qui illustre le passage de l’Enéide où le dieu apaise les flots, peut être lue comme une allégorie de l’autorité du pape sur la ville. En All, fontaine d’Apollon à Nuremberg et celle d’Hercule à Augsbourg. En France, fontaine des Innocents à Paris de Jean Goujon avec des bas-reliefs de nymphes qui rappellent l’art hellénistiques *la statue équestre :sur le modèle romain et stt sur le modèle de la statue de Marc Aurèle à Rome, ressuscitée ds l’Italie du XVe pour les condottiere→le Gattamelata par Donatello à Padoue et la statue de Colleoni à Venise par Verrochio, maître de Léonard. Au XVIe, ce type de statues devient le privilèges des princes, dont Cosme de Médicis à Florence :statue sur la Piazza della Signoria est la 1ère à orner une place publique ;statue de Louis XII placée sur la porte de son palais à Blois ;statue d’Henri II commandée par Catherine de Médicis à l’élève de Michel-Ange, Daniele de Volterra ;statue d’Henri IV placée sur le Pont-Neuf en 1614 et réalisée par Giambologna

E-Variétés d’humanisme Le mot « humaniste » rentre à l’époque en usage ds plusieurs langues vernaculaires, dès les 1550’s en France et en Espagne. Les humanistes du XVe continuent à jouir d’une gde renommée, on réimprime leurs œuvres, et Valla suscite

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un intérêt particulier :sa critique de la « Donation de Constantin » est une arme pour les protestants, et le rend cher à Luther, son approche philologique du NT retient l’attention d’hérétiques italiens, les Sozzini. Ms évolution du mvt :bcp plus de diversité, voire fragmentation, ds les préoccupations et les positions. On peut d’ailleurs se demander si l’humanisme est encore un mvt…Les idéaux défendus au XVe st maintenant considérés comme allant de soi, on les a intégré et ils influent même sur la vie quotidienne d’une imp minorité d’Européens →perte de cohérence intellectuelle. En philosophie, résurrection de l’épicurisme, du scepticisme, stt du stoïcisme à côté du néoplatonisme. On ne s’intéresse plus seulement aux antiquités gr et latines ms aussi à la sagesse barbare des druides celtiques, des mages perses et des brahmanes indiens. On est de +/+ attentif à la culture arabe →Pic de la Mirandole ds les 1480’s, l’humaniste fr Guillaume Postel l’apprend à Istanbul en 1536, les Espagnols ont des raisons évidentes de s’y intéresser puisque c’est une langue parlée ds leur propre péninsule :chaire d’arabe créée à l’université de Salamanque en 1542 →espoir de convertir les musulmans au christianisme ms on finit par se passionner pour l’Islam en tant que tel. Intérêt pour l’Egypte antique et sa sagesse ésotérique en Italie dès la fin du XVe, stt cercle de Ficin qui étudie l’antique traité sur les hiéroglyphes de «Horapollo», et Rêve de Poliphile, roman qui a pour cadre un paysages de ruines antiques. Les Hieroglyphica d’ « Horapollo » et le Rêve de Poliphile st publiés en fr au milieu du XVIe ;mode des emblèmes en rel° avec les discussions sur le sens des hiéroglyphes et ces emblèmes influencent à leur tour l’interprétation des hiéroglyphes. Intérêt pour les obélisques, mot qui entre en italien fr et ang à cette époque :interprétés comme symbole de gloire éternelle, ils se multiplient sur les tombeaux, ds les manoirs :le pape Sixte Quint fait même ériger un obélisque à Rome en 1587 ;certains tentent même de ressusciter la religions des anciens Egyptiens ;collections d’antiquités égyptiennes dont des momies par un cercle provençal vers 1600. « Réhabilitation » humaniste du MA, liée à la diffusion de l’humanisme hors d’Italie :ex parmi d’autres du conflit entre l’esprit et la lettre en matière de résurrection de l’Antiquité :en France, résurrection celtique, éloge de Vercingétorix et non de son ennemi César, étude de la philosophie des druides ;litt médiévale fr discutée et célébrée par les érudits comme Etienne Pasquier. Les Ang redécouvrent leur passé anglo-saxon (érudits du cercle de l’archevêque M. Parker). En Italie, le Tasse fait des croisades le thème de la Jérusalem délivrée, et C. Sigonio écrit une hist de l’Italie entre 560 et 1200. Cet intérêt pour le passé non classique est net à la périphérie de l’Europe, càd la zone où les Romains n’ont pas pénétré : les Hongrois s’identifient aux Huns, les Espagnols et les Suédois aux Goths…

F-Humanisme, musique et philosophie naturelle Diversité des disciples et variations régionales. En musique, ce st les Italiens qui admirent la création étrangère, en particulier celle de Josquin auquel Castiglione fait allusion. Dès 1570’s, les humanistes (Baïf ou G. Mei) tentent de ressusciter la musique gr antique :ils préconisent la monodie, càd le canto fermo. -rôle des humanistes ds l’étude de la nature, conséquence pour les « philosophes naturels » :redécouverte d’auteurs antiques comme Hippocrate, Galien, Ptolémée, Aristote…les philosophes naturels partagent le respect pour l’Antiquité classique, ms souhaitent une réforme. Fossé faible entre culture des arts et culture des sciences :Kepler qui écrit de la poésie, et Galilée qui approuvait l’Arioste, montrent un vif intérêt pour les humanités + vogue du poème scientifique, sur le modèle du De natura rerum de Lucrèce. On est cpdt plus disposé à critiquer les Anciens :Copernic et Vésale dont les livres sur l’astronomie et la médecine st imprimés pour la 1ère fois en 1543. L’œuvre de Copernic qui prône l’héliocentrisme, est discutée ds les universités :à Salamanque, les nv statuts de 1561 mentionnent Copernic parmi les auteurs qu’on peut utiliser pour l’étude de l’astronomie, ms on ne peut mesurer exactement à quel pt son œuvre est connue. Copernic s’écarte des idées de Ptolémée et c’est ce qui fait sa gloire aux yeux de la postérité. Vésale s’emploie à corriger Galien qui n’avait disséqué que des singes et non des hommes, d’où des erreurs anatomiques. → « l’effort pour retrouver la sagesse des Anciens était en train de produire un savoir nv » (p. 161).

G-L’essor des vernaculaires Critique humaniste du latin :un disciple de Bembo, S. Speroni affirme que le latin n’est pas une langue parlée ms « seulement du papier et de l’encre ». Varchi oppose le latin et le gr « épuisés » au florentin « vivant ». Ce st les humanistes qui les 1er parlent de langue morte. →fin XVIe, gde époque de ce que Bakhtine appelle l’ « hétéroglossie » : « coexistence de langues et styles de discours très divers en interaction ou en dialogue entre eux » (p. 162).

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Des voix s’élèvent pour faire l’éloge des vernaculaires :Du Bellay ds sa Défense et illustration de la langue fr (1549) où il rejette l’assimilation du fr à une langue « barbare ». Du Bellay est soutenu par l’imprimeur-érudit Henri Estienne ds sa Précellence de la langue françoise (1579). Les Espagnols soutenaient que leur langue était la plus proche du latin, Estienne répliquant en disant que le français était la langue la plus proche du grec. Chacun critique la langue du voisin, trouvant que la sienne est la plus belle et la plus riche. Joan de Barros publie un éloge du portugais, et l’écrivain J. Fischart de l’all. Le poète ang E. Spenser se demande « pourquoi, au nom du Ciel, ne pouvons-nous pas avoir, comme les Grecs, le royaume de notre langue ? ». Concurrence entre les diverses langues qui revendiquent chacune son indépendance et sa supériorité par rapport aux autres. Floraison de manuels en vernaculaire et de vernaculaire :l’Art of Rhetoric de T. Wilson, la Rhétorique française de Fouquelin ou Rhetorica de L. Palminero…Epoque des 1ère grammaires des langues modernes, des 1ère histoires de ces langues et débats sur l’orthographe. Rôle capital des traductions vers les langues vernaculaires qui st bien plus nb que les traductions en latin : en France, centre 1525 et 1599, plus de 600 traductions à partir du grec, du latin, de l’italien et de l’espagnol. Entre traduction et imitation créatrice, la frontière est aisément franchie, cf traduction de Rabelais par Fischart qui se fait plus rabelaisien que l’auteur. La traduction étend le voc des vernaculaires, cf traité sur l’architecture d’Alberti traduit en fr en 1553 dont la dédicace au roi attire son attention sur l’enrichissement de la langue qu’avait effectué le traducteur. Fischart pour traduire Rabelais, doit inventer de nv mots all. Imp de la traduction de la Bible après la Réforme pour le dév des vernaculaires. On prend cs de la pauvreté des vernaculaires, qui rend les néologismes indispensables (Ronsard et la Pléiade st connus pour être des fabricants de mots), Du Bellay avouant que le fr est « pauvre et stérile » comparé au latin ou au grec. Emprunts au latin et à diverses langues pour enrichir le voc, certains rejetant la latinisation au nom de la pureté de la langue et en Ang on dénonce les « termes d’encrier », càd le voc forgé sans tenir compte du langage parlé ;en France, Malherbe s’efforce de purifier la langue des mots latins et dialectaux. Certaines langues st en retard par rapport à d’autres :par ex, l’all est un tard venu sur la scène des vernaculaires. La vague de traductions en All commence ds les 1570’s avec Rabelais, Bodin… Des polyglottes :Opitz, Roland de Lassus (latin, italien, fr, all), le poète hongrois Balassi (italien, all, turc), Van der Noot (néerlandais, fr, italien, espagnol)…L’italien est très répandu ds les classes sup de tte l’Europe et les inventaires de bibliothèques montrent que le fr et l’espagnol le suivent d’assez près.

H-La diversité des genres Temps des classiques en vernaculaire ds les genres romanesques, théâtraux ou poétiques les plus divers ms aussi ds les genres ne relevant pas de la fiction (histoire, dialogue, essai). Une Histoire d’Italie, par Guichardin, est exemple de ce réalisme nv :cf scènes de bataille, croquis psychologiques des gds hommes, des discours qu’il prêtre aux protagonistes, s’inspirant ainsi des modèles antiques, et ds le ton de la tragédie grecque lorsqu’il montre comment une situation peut se retourner contre ses initiateurs. Son soucis de l’analyse et de l’explication rappelle Thucydide ou Tacite, ms aussi Bruni même si ses portraits de personnages st plus haut en couleurs que ceux de ce dernier et ses récits st plus vivants. Œuvres de Machiavel publiées à titre posthume en 1532 apportent une contribution majeure à la litt vernaculaire autant qu’à la pensée pol, suscitant un intérêt considérable partout en Europe. Ses Discours st traduits dès 1544 en fr et son Prince est traduit deux fois en fr et en latin. L’Art de la guerre est traduit en anglais en 1560. Comme Machiavel, les auteurs pol écrivent le plus svt leurs œuvres en vernaculaire sans doute pour atteindre un public plus large. Cpdt, Les Six Livres de la Rép de Bodin, d’abord écrits en fr, en 1576 touchent rapidement l’étranger, où ils st discutés en Italie, en Espagne et en All, traduits en latin et ang. Les ouvrages ne relevant pas de la fiction adoptent svt la forme du dialogue, commode pour la lecture à haute voix, suivant divers modèles antiques, en premier lieu Cicéron et Platon. D’autres traités se présentent sous la forme de recueil de discours, comme c’est le cas pour les Essais de Montaigne, traduit en italien et en ang, très admiré en All et en Espagne, imité par Bacon à la fin du XVIe.

a)Epopées Il était de règle de voir l’épopée comme le genre litt noble par excellence. De multiples traductions du Roland furieux de l’Arioste ms encore plus de succès pour la Jérusalem délivrée du Tasse. Emulation inévitable. Les poètes épiques suivent de nb modèles italiens et classiques, dont Virgile, Homère et Lucain (Pharsale sur la guerre civile romaine, dont Agrippa d’Aubigné s’est inspiré pour décrire les guerres de religions en Fr) et les thèmes bibliques ont eux aussi bcp d’attrait (stt figures de Joseph, de Judith et d’Esther). Le passé national est un autre thème de choix :l’Italie libérée des Goths, de Trissino (1547-1548) dont l’action se passe au MA ;La Franciade de Ronsard, un poème inachevé dédiée à Charles IX, raconte la fondation de la nation fr par Francion, fils d’Hector de Troie, qui descend ds le monde d’En-bas et a une vision prophétique de la lignée des rois de France :ds sa préface, Ronsard affirme qu’il veut honorer le roi Charles IX.

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b)Romans Romans de chevalerie restent à la mode malgré les critiques des humanistes :pour faire face à ces critiques, certains modernisent le genre, d’autres le « classicisent »comme l’Arioste qui écrit en pensant à Virgile autant qu’aux exploits des chevaliers, d’autres encore comme Rabelais et Cervantès le parodient :Rabelais remplace la quête du Graal par la quête de la divine bouteille. L’Arioste, Rabelais et Cervantès connaissent bien la culture pop de leur tps :les élites st biculturelles, apprenant de leurs nourrices le savoir pop (chansons, contes), se différenciant des milieux pop non en rejetant leur culture ms en y ajoutant une autre :tradition classique enseignée ds les écoles. Défense du genre facilitée par la découverte du roman antique, stt les Ethiopiques du Grec Héliodore qui raconte les tribulations d’un couple d’amants jusqu’à leurs retrouvailles finales :publiées en fr ds les 1540’s, en italien ds les 1550’s. On prend davantage le roman au sérieux, perçu comme un équivalent en prose de l’épopée. Les romans puisent à la tradition de la poésie pastorale par ex :les Bucoliques de Virgile st très admirées et svt imitées puis l’enthousiasme pour la pastorale se répand hors d’Italie. Dév du genre opposé:le roman picaresque(héros voyou, un pcaro en espagnol),suivant des modèles classiques comme l’Ane d’or d’Apulée ou le Satiricon de Pétrone

I-Les Réformes Le théâtre est l’une des cibles des réformateurs religieux, de Calvin tt autant que saint Charles Borromée qui voit ds les pièces de théâtre la liturgie du diable. Certains de leurs partisans acceptent cpdt des pièces de théâtre qui serviraient des fins chrétiennes, pièce d’un disciple de Calvin, Théodore de Bèze sur le sacrifice d’Isaac par Abraham. De même ds les écoles protestantes all et hollandaises, les élèves jouaient svt des pièces écrites par leurs prof, où des sujets bibliques st traités ds un style classique (Térence). Les Jésuites st les pionniers du théâtre scolaire, en particulier en latin et sur des sujets religieux :c’est à Messine, Vienne et Cordoue qu’ont lieu les 1ère représentations de ce type. En outre, certains acteurs de la Réforme considèrent les humanistes comme leurs précurseurs →cf arme mis à disposition du protestantisme par Valla sur la « Donation de Constantin » sans que ce fusse toutefois son intention ;éducation humaniste de Zwingli et de Calvin qui commence sa carrière intellectuel par un commentaire sur le traité de Sénèque De la Clémence, citant plusieurs fois Platon(qu’il rejette pourtant) ds son Institution de la religion chrétienne. La diaspora protestante italienne joue rôle majeur ds la diffusion de la Renaissance ms aussi ds son assimilation en Europe du Nord :en Ang, par ex, John Florio, fils d’un réfugié protestant italien, connu comme traducteur des Essais de Montaigne, enseigne l’italien. Facile cpdt de trouver des ex d’agression religieuse contre la litt profane :T. de Bèze regrette les épigrammes en latin composés pdt sa jeunesse ;H. Estienne attaque Ronsard pour son paganisme ;Rabelais est attaqué personnellement par les calvinistes, il fait partie pour Calvin des « sales chiens » qui se moquent de la religion. Les gds écrivains de la Renaissance st regardés à travers le prisme réformé :comme Pétrarque a critiqué la cour du pape à Avignon, et Valla a contesté ses droits sur les Etats de l’Eglise, ils st ts deux considérés comme des protoprotestants ; de même d’Aubigné et Du Bartas révèlent leur protestantisme ds leurs épopées Réseau international des humanistes protestants :cf Album des amis tenu par l’Anversois Abraham Ortelius : des néerlandais, des Italiens, des Ang, des Fr et des Européens du Centre-Est. Cf correspondance de Juste Lipse qui vit à la fois ds la Leyde calviniste et ds la Louvain de la Contre-Réforme qui couvre la totalité des mondes catho (des érudits jésuites, magistrats, nobles, poètes…) et protestants (des nobles, des professeurs, des érudits, et écrivains…) =cette correspondance illustre la force de la rép des lettres. Pour les catho, l’humanisme inspire mélange d’attirance et de répulsion :on trouve choquant les emprunts à l’antiquité païenne et on inscrit de nb textes aux Index des livres prohibés : Gargantua et Pantagruel en 1544, le Décaméron de Boccace interdit par l’Index espagnol en 1559, de même que l’œuvre d’Erasme et plus tard les Essais de Montaigne. Synthèse entre le système de valeurs de l’humanisme et celui de la Contre-Réforme élaborée à l’aide de l’Antiquité chrétienne des Pères de l’Eglise →collèges jésuites après 1550 :Cicéron, Quintilien, Virgile et certains passages d’Ovide figurent largement ds les programmes de ces collèges. Les jésuites contribuent en outre à la diffusion de l’architecture de la Renaissance ds les villes de la périphérie où ils fondent des collèges

J-L’aristocratisation des arts Princes continuent à jouer un gd rôle et le mécénat urbain ne disparaît pas totalement. De +/+ de femmes de la noblesse entre autre, prennent une imp particulière:mécènes ms aussi auteurs. Etudier la base sociale du mvt en termes de lieux (cour, ville et manoir rural). Les cours des Habsbourg restent très actives :Philippe II s’intéresse à Titien tt autant qu’à Jérôme Bosch ; Jean III de Portugal qui a reçu une éducation humaniste invite à sa cour des érudits et envoie par ex l’artiste Francisco de Holanda étudier à Rome. Pour les villes, innovation la + frappante de la période:essor du théâtre comme activité commerciale:apparition de salles de spectacle ;une évolution qui repose sur croissance démog et exode rural. Le mécénat civique reste imp pour les écoles humanistes à la différence de l’humanisme civique qui lui est en déclin

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⇒participation accrue des nobles au mvt est fondamentalement due à des chgt éco et pol. La noblesse donne au mvt des mécènes et des écrivains stt des poètes :faire circuler des poèmes manuscrits parmi des lecteurs choisis est un activité compatible avec les valeurs aristo (à la différence de la sculpture ou de la peinture qui st des activités trop manuelles et de la litt qui peut leur valoir autant de mépris que d’admiration) →De nb poètes soldats :en Espagne, Garcilaso de la Vega et Alonso de Ercilla(à qui son expédition au Chili inspire son poème épique);au Portugal, Luis de Cames ;Ronsard et Kochanowski vivent en seigneurs ruraux. Les poètes de la Pléiade ont un statut social considérablement plus élevé que leurs prédécesseurs en poésie. Mécénat :en Fr, les Guise ou les Montmorency apportent un soutien imp à l’art et à l’architecture de style nv ; idem pour le gouverneur du Holstein en Scandinavie, H. Rantzau, correspondant de Juste Lipse, composant divers livres sur l’hist, les voyages, la santé, les rêves ou l’astrologie, qui fait (re)construire de nb demeures et rassembler plus de 6000 livres dont certains attestent son intérêt pour l’architecture de style classique (œuvres de Vitruve ou Serlio), faisant œuvre de mécène à une telle échelle qu’on l’a comparé à Laurent de Médicis. En Europe de nb mécènes aristocrates comme Don Diego Hurtado de Mendoza en Espagne, ambassadeur d’Espagne à Venise, fait faire son portrait par Titien, rassemble une belle bibliothèque de livres de la Renaissance, protège Vasari et l’architecte J. Sansovino. En Ang, ex de Robert Dudley, comte de Leicester :imp mécène des lettres et des centaines de livres lui st dédicacés :soutient E. Spenser, J. Florio et T. Blundeville (traducteurs), intérêt pour l’art italien 2 ex spectaculaires de mécènes ecclésiastiques :cardinaux Farnèse (qui connaît Vasari, collectionneur de livres, de manuscrits, de médailles) et Granvelle (prend l’humaniste J. Lipse pour secrétaire et l’emmène en Italie, encourage Plantin à imprimer des livres l’érudits italiens, son portrait peint par Titien, commande des œuvres d’autres artistes comme A. Mor ou Giambologna :il s’intéresse aux arts pour le plaisir et pas pour le prestige). Un ministre ang, W. Cecil=mécène de l’architecture et des hautes études :sa maison est peut-être la 1ère en Angleterre à s’inspirer des modèles italiens, et des statues de divinités romaines constituent le décor. Il soutient financièrement des écoles. Protège l’historien Camden. Commande des cartes en France et fait peindre des vues de villes européennes ds la Grande Salle de Theobalds. Plafond de la gde chambre orné de signes du zodiaque →parler de féminisation autant que d’aristocratisation de la Renaissance. Cf rôle des femmes ds la domestication du mvt. 2 anthologies italiennes du milieu du XVIe st entièrement consacrées à leurs œuvres(Lettres de nb femmes de bien en 1548,Vers variés de femmes nobles et talentueuses en 1559):les +célèbres st Vittoria Colonna (marquise, poétesse) qui correspond avec Marguerite de Navarre qui écrit des pièces de théâtre, des poèmes et un recueil de nouvelles(l’Heptaméron). Composante féminine de l’aristocratisation de la Renaissance : expansion du vernaculaire facilite les choses aux femmes et s’ensuit une immense vague de poésie Deux exemples célèbres de mécénat ang :Bess de Hardwick(=Elizabeth Talbot) et Mary Sidney (surnommée la « 2nde Minerve », sœur de Philip Sidney) qui fait de nb traductions (traduire est plus respectable pour une femme que le travail d’écriture) et protège E. Spenser et de S. Daniel, encourage N. Breton. Les femmes (Marguerite de Navarre, Geronima Palova en Esp, et Elizabeth Parr en Ang) incitent à traduire l’œuvre de Castiglione Intérêt attesté de femmes pour l’humanisme, intérêt maintenant mieux accepté par les hommes. Des femmes commencent à correspondre avec des humanistes :Marie de Gournay avec Montaigne et Lipse. Filles d’humanistes (Bembo, More, l’éditeur Plantin) très bien formées. La majorité des femmes nobles reçoit une éducation humaniste : Elisabeth Ier reçoit une formation de haut niveau par R. Ascham ;la 2nde épouse de W. Cecil, Mildred Cooke passe pour être la femme ang la plus cultivée de son époque :les quatre sœurs Cooke st engagées ds l’humanisme, ttes composants ou traduisant des œuvres. Difficulté de comprendre les centres d’intérêt de ces femmes en étudiant leurs bibliothèques puisque les ouvrages portent le nom du mari sauf exception. On connaît cpdt la richesse des bibliothèque de Marie de Hongrie, de Marie Stuart(pratique le latin, 4 langues modernes) ou de Catherine de Médicis. Des femmes qui n’étaient pas nobles se st aussi intéressées à l’humanisme. Des femmes artistes deviennent célèbres comme la peintre Catherine Van Hemessen aux PB qui devient femme d’honneur à la cour de marie de Hongrie, Levina Teerlinc en Ang de même à la cour d’Elisabeth Ire. Anna Coxcie, fils d’un sculpteur flamand, reprend le métier de son père. Deux courtisanes de Venise st célèbres pour leurs vers :Gaspara Stampa, la « nv Sapho », qui est aussi chanteuse, et Veronica Franco qui se livrait à des joutes poétiques avec des hommes. A Lyon, il y a parmi les poétesses Louis Labé, la « Belle Cordière », fille de marchand, qui adressait ses vers aux dames de la ville. Ds la ville d’Anvers, création d’une école de filles (le Laurier) où un humaniste faisait classe. Certaines femmes vont jusqu’à critiquer la société qui les oppresse :Louise Labé critique les hommes pour le mal qu’ils ont fait aux femmes en leur refusant l’accès à l’éducation. Cette critique de la société phallocrate prend encore plus d’ampleur à partir des 1590’s. Ms ne pas exagérer cette liberté d’écriture et stt de publier donnée aux femmes :bcp de leurs œuvres ne st publiées qu’à titre posthume. Malgré tt, cette période constitue une certaine évolution ds la vie des femmes que les humanistes commencent à prendre en considération. Vittoria Colonna publie ses poèmes en 1538, Tullia d’Aragona ses poèmes et un dialogue en 1547, Laura Terracina ses poèmes en 1548 et son discours sur l’Arioste en 1550… hors d’Italie les exemples st un peu moins faciles à trouver :Anna Bijns publie ses poèmes de 1528 à 1567, Louise Labé ses œuvres en 1555…

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→Renaissance tardive :période de plus gde extension du mvt, sociale, géo et sexuelle. Des milieux très différents adoptent et s’approprient des formes qui n’avaient jusque là séduit qu’une minorité érudite.

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La renaissance europeenne  
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