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Et vous ?

Qui vous défend ?

Ethias, l’assureur de choix des avocats. RC professionnelle, assurance soins de santé, assurance conducteur… La meilleure couverture négociée par votre barreau et AVOCATS.BE en votre faveur.

www.ethias.be Ethias S.A. rue des Croisiers 24, 4000 Liège, RPM Liège – TVA : BE 0404.484.654 – IBAN : BE72 0910 0078 4416 – BIC : GKCCCBEBB


EDITORIAL Rencontres élégantes

Tout auteur, quoiqu'il s'en défende, recherche quelque chose au cours de son travail d'écriture: son plaisir d'écrire, ses souvenirs, et parfois une reconnaissance; tout lecteur ressent lui aussi quelque chose au cours de sa lecture : son plaisir de découvrir, une belle réminiscence, de l'admiration, de la curiosité... L’un et l’autre partagent ainsi des histoires, des styles, des images, des références, recréant chacun leurs propres toiles de fond de sentiments, d’impressions, de connaissances, de réflexions, d'évasions afin d'interpréter ce qu'ils écrivent ou qu'ils lisent en fonction de la conscience que l'un et l'autre ont d'eux-mêmes et des autres. Ecrire, c'est échanger avec les autres, lire, c'est donner un sens aux écrits des autres. Un texte, c'est une promenade à deux dans le temps de sa lecture. Nos pages profitent toujours des découvertes qu’elles tissent entre avocats pour inventer leur mutuelle satisfaction enthousiaste et avide. C'est un beau partage, du cerveau à la page pour l'un et de la page au cerveau pour l’autre. Le journal des avocats existe bien pour que toute l'élégance, l'intelligence et la qualité de nos nombreux auteurs procurent à tous nos lecteurs un beau moment de bonheur, et dans ce numéro, comme un beau grand voyage. Qu'il soit réellement tropical, ou sentimental ou tout simplement amical.

Myriam Robert-César Alligators & Cie S.A.


Imagine un peu... Pour illustrer les textes toujours formidables de nos auteurs je l'avais imaginé ce numéro tellement aisé, amusant, voire passionnant à monter, avec ces centaines de miliers d'images à ma disposition, les dizaines de régions humides ou sèches, chaudes ou glaciales et des pays de tous les continents à présenter ! Un rêve !? Et bien non, ce fut un dilemme continuel, une cruelle impossibilité de sélectionner dans tant de choix proposés émanant du monde entier sur mon écran d'ordinateur. Tant de couleurs profondes, tant de fleurs extravagantes, de plantes luxuriantes, d'arbres majestueux, tant d'animaux merveilleux,... et tant d'inconnu ! Ce soir là, en compulsant mes sompteuses banques d'images, j'avais rêvé de reproduire dans un immense album mes grands coups de coeur "tropicaux". Utopie ! Cauchemar ! Tristesse de devoir sélectionner "un jaguar sur fond noir" parmi les centaines d'autres proposés, tous aussi beaux. Et que dire du mot "Exotique" ? Imaginez un choix de 7 420 532 photos pour ce seul mot dans une seule banque d'images (Shutterstock, c'est 1 177 884 399 images et 1 386 174 nouvelles images cette semaine), 6 634 547 pour le mot "Tropical" et "Tropical Trees" en propose encore 1 688 828 ! Une palette infinie de couleurs,... des photos, des illustrations, des broderies, des tableaux, des dessins en noir et blanc, des pastels, des aquarelles, des images vectorielles de toutes sortes. C'est captivant, passionnant, étourdissant, cela prend des heures, des soirées, des demi-nuits. Finalement, éblouie par tant de merveilles, je suis arrivée à la conclusion que le monde entier est merveilleusement exotique, pour les uns ou pour les autres. MRC


SOMMAIRE - INHOUD - INHALT Du cahier de l'éditeur

Editorial Imagine un peu ! Save the tropical forests

Et ensuite, classé par ordre alphabétique du nom de leurs auteurs, les articles suivants : Jean-Pierre Buyle

BUY

Charles de Rosin, le disparu retrouvé de la bataille de Nieuport

Christian Cauwe

CAU

Barcelona

Jérôme Cochart

COC

Quelle partie de EYJAFJALLAJÖKULL n'avez-vous pas comprise ?

Francis Desterbeck

DES

Envie de faire un city trip à Vienne ? Zin in een citytrip naar Wenen ?

Koen Geens

GEE

De regel van 3 - Ce nombre 3 est spécial

François Glansdorff

GLA

Tintin et les instruments de musique

France Lambinet

LAM

#DragueMoiSiTuOses

Mathieu Lavens

LAV

The Queen of Calypso

Gérard Leroy

LER

Petit discours sur la galanterie

Xavier Miny

MIN

Au temps de la guerre des épices

David Ramet

RAM

Supplique pour un croquis

Juliette Richir

RIC

A journey in Cape Town

Ghislain Royen

ROY

Tropical

Jean-Jacques Vandenbroucke

VAN

Sans le jazz, la vie serait une erreur

Cavit Yurt

YUR

L'illusion du palmier

Tous en récré Le voleur de bouteille à la mer Coloriage anti-stress pour artistes Photos des auteurs ABC

Où retrouver tous nos auteurs


LA TOMBOLA DES AUTEURS

LE PR BO DE W ET À DE LA AVENU TH A L IDÉ RES

NOTRE PREMIER PRIX Envie d’être près du ciel de Bruxelles ? Pour la troisième fois, le journal des avocats a le grand privilège d’offrir au gagnant du premier prix un voucher de "The HotelBrussels". Deux fois une nuit pour 2 personnes en « Chambre Panorama » incluant petits déjeuners et un dîner à "The Restaurant" (Voir annonce).

The Hotel s’est imp sous l’impulsion suédois Pandox A symbole le plu quartier. Aujourd’hui étages, The Hotel acc du monde entier et d’excellence et une ex sein de la ca

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NOTRE DEUXIÈME PRIX Le journal des avocats vous offre un abonnement MULTI-SITES d'un an dans tous les clubs ASPRIA : (valeur 3.000 euros). Vous pourrez y accéder à des infrastructures exceptionnelles comprenant piscine, sauna, hammam, jacuzzi, salle de fitness mais aussi un large éventail d’activités familiales et un service attentif et personnalisé à vos besoins et objectifs. (Voir annonce)

NOTRE TROISIÈME PRIX Le journal des avocats est heureux de vous offrir un séjour de deux nuits en demi-pension “GASTRONOMIQUE” à l'hôtel TROPICAL à Durbuy : une expérience culinaire gastronomique grâce au chef Alexandre Willems, qui est un chef qui sait recevoir! Il vous accueillera dans son hôtel au décor exotique et tropical. Evidemment ! (Voir annonce)

Notre tombola est organisée tous les trimestres pour les auteurs du numéro, en remerciement de leur amicale et gracieuse contribution au beau succès de notre magazine! Les résultats du tirage sont envoyés par email à tous nos auteurs et les heureux gagnants sont aussi contactés par téléphone pour la remise de leur prix. La tombola est toujours aimablement contrôlée par notre huissier de Justice, Maître Frank SPRUYT, que nous remercions chaleureusement. Nous souhaitons BONNE CHANCE A TOUS !


EN 2017, PIERRE BALTHAZAR VOUS PROPOSE UNE TOUTE NOUVELLE MANIÈRE DE CONSTRUIRE SA CARTE

Trois ans déjà à The Restaurant... Trois ans dans ce bel écrin avec vue sur la Parc d’Egmont... Trois ans que Pierre y fait rayonner une cuisine généreuse, d’échanges et de partage... Le chef a décidé d’inscrire sa rentrée 2017 dans ce qu’il appelle « le choix du fournisseur » ou « les produits du moment ». Pierre Balthazar n’entend plus choisir ses produits à l’avance. C’est l’éleveur, le poissonnier ou le maraîcher qui dictent le contenu de l’assiette. Le chef construit sa carte en étroite collaboration avec ses fournisseurs, heureux de se fier à leur expertise. Quand il se rend chez ses producteurs, quand il prend son téléphone pour les joindre, il leur demande simplement quel est le meilleur produit dont ils disposent pour le moment et se laisse surprendre par le hasard de la suggestion. Contrôler la nouveauté, se mettre dans le parfait timing de ce que produit la terre, de ce que rapporte la marée, est un art auquel Pierre Balthazar goûte avec bonheur. La création culinaire du chef est galvanisée par cet exercice imposé. Livrer sa carte et son menu à la fantaisie du produit ravive l’esprit d’équipe.La brigade improvise avec l’arrivage, met à l’épreuve ses bases de données, retrouve une énergie instincive, des émotions nouvelles. La carte change tous les jeudis. Pas une semaine où les produits sont les mêmes du premier au dernier jour. Les clients habitués des déjeuners d’affaires, qui viennent à THE RESTAURANT en début et en fin de semaine, ont toujours la surprise du produit en ouvrant le menu.

The Restaurant by Pierre Balthazar Tuesday – Saturday 12:00 - 14:00 | 19:00 - 22:00. Monday – Sunday closed. reservations : +32 (0) 2 504 13 33 | reservations@therestaurant.be | www.therestaurant.be


SITUÉ SUR LE PRESTIGIEUX BOULEVARD DE WATERLOO ET À DEUX PAS DE LA CÉLÈBRE AVENUE LOUISE, THE HOTEL A TROUVÉ L’ENDROIT IDÉAL POUR RESPLENDIR.

The Hotel s’est imposé jour après jour, sous l’impulsion du groupe hôtelier suédois Pandox AB, pour devenir le symbole le plus emblématique du quartier. Aujourd’hui, du haut de ses 27 étages, The Hotel accueille des visiteurs du monde entier et leur offre un séjour d’excellence et une expérience unique au sein de la capitale de l’Europe.

LES CHAMBRES À The Hotel, chacune des 421 chambres a été pensée pour ses hôtes. Le design épuré et moderne est la meilleure réponse aux attentes des hommes et femmes d’affaires qui doivent désormais pouvoir travailler partout. L’association du blanc et du noir dégage d’ailleurs une atmosphère de sérénité propice au travail et au repos. L’agencement a donc été étudié pour convenir à tous ceux qui viennent travailler, mais également à tous qui voyagent et viennent visiter notre capitale. La vue est, quant à elle, époustouflante, hypnotique, inspirante. Bruxelles se dévoile lentement à nos hôtes à mesure que le jour se lève. Et les surprend à nouveau dès que le soleil se couche. MEETINGS & EVENTS Situé au centre de Bruxelles et à proximité de nombreuses entreprises et institutions, The Hotel s’est logiquement imposé comme lieu idéal pour les meetings et évènements privés. C’est aussi l’emplacement de ces salles qui en fait sa réputation. Situées entre les 25e et 27e étages, les 8 salles de réunion surplombent la capitale de l’Europe et offrent une vue panoramique rare. Leur équipement n’est pas en reste avec une connexion WiFi haut débit illimitée, des projecteurs LCD et des écrans encastrés. Au premier étage se trouvent deux salles de bal et un foyer permettant d’accueillir jusqu’à 400 invités. La ‘Park Ballroom’ donne directement sur la beauté du parc Egmont, espace vert au pied de The Hotel. La ‘Grand Ballroom’ quant à elle, donne sur le boulevard de Waterloo et peut se diviser en trois salles distinctes.

THE HOTEL. BRUSSELS Boulevard de Waterloo 38 1000 Brussels – Belgium book@thehotel.be www.thehotel.be


Un agréable hôtel de détente et de plaisir gastronomique, la piscine intérieure dans son environnement exotique vous transporte sous le soleil des tropiques à l’ombre des palmiers. L’hôtel dispose de chambres modernes et confortables équipées de salle de bains, toilette, téléphone, télévision, wifi, sèche-cheveux et peignoirs. Salle de fitness, sauna, cabine de massage, terrain de tennis, plaine de jeux et jardin japonais complètent notre infrastructure. Le matin, un succulent petit-déjeuner buffet vous ravira par sa qualité et sa fraîcheur. Alexandre Willems, chef du célèbre restaurant Kokejane, vous propose une cuisine de très haut niveau basée sur la qualité exceptionnelle des produits. Des menus gastronomiques, dont la saveur explose par sa mise en valeur et une carte proposant des recettes emblématiques telles, Consommé de volaille en gelée, caviar et crème aigre,… Carpaccio de foie de canard fumé maison, truffe et roquette, Volaille fermière aux morilles et vin jaune,… Porcelet Ibérique la pressa au gingembre et légumes nouveaux,… Filet de bœuf d’Irlande à l’ucceleto,… Moelleux au chocolat,… Trio de sorbets à la milanaise,… Nos salles de séminaires conviennent pour tout type de réunion et sont pourvues de tout le matériel didactique nécessaire. Nombreuses possibilités d’excursions, location de kayaks, golf, promenades, activités de team building… à proximité.

Een aangenaam hotel waar ontspanning en gastronomie hand in hand gaan. Met het binnenzwembad gelegen in een exotisch kader waant U zich in de tropen in de schaduw van de palmbomen. Het hotel beschikt over moderne en comfortabele kamers, allen uitgerust met badkamer en WC, telefoon, televisie, wifi, haardroger en badjassen. Fitnesszaal, sauna, massageruimte, tennisterrein, speeltuin en Japanse buitentuin verzekeren U van zalige momenten van ontspanning. ’s Ochtends kan U genieten van een uitgebreid en verzorgd ontbijtbuffet. Alexandre Willems, chef van het bekende restaurant Kokejane, presenteert U een zeer hoogstaande gastronomische keuken, gebaseerd op exceptionele kwaliteitsvolle producten. De gastronomische menu’s zullen uw smaakpapillen zeker weten te bekoren. Onze alomgekende recepten zoals Gelei van geklaarde bouillon kaviaar en zure room,… Carpaccio van huisgerookte eendenlever met truffel en ruccuola,.. Hoevegevogelte met morellen en gele wijn,... Spaans speenvarken la pressa met gembersaus en jonge groentjes,... Ierse ossenhaasfilet à l’ucceleto,… Chocolade moelleux, Trio van sorbet op Milanese wijze,… kan U steeds terugvinden op onze kaart. Onze seminariezalen zijn geschikt voor alle soorten vergaderingen en tevens uitgerust met al het nodige didactisch materiaal. Mogelijkheid tot golf, kayak, wandelen, teambuilding activiteiten… in de directe omgeving.


Hotelaaaaaa & RESTAURANT KOKEJANE

Parking privé Eigen parkeerplaats Rue des Comtes de Luxembourg 41 6940 Durbuy T 086 21 39 95 - F 086 21 39 93 www.tropical-hotel.be info@tropical-hotel.be


SAVE THE TROPICAL FORESTS

CARBET'S FALL, BASSE-TERRE, GUADELOUPE


Du cahier de l'éditeur


Jean-Pierre BUYLE

CHARLES DE ROSIN, LE DISPARU RETROUVÉ DE LA BATAILLE DE NIEUPORT

Photo de Marie-Françoise Plissart

Jean-Pierre Buyle Ancien bâtonnier du barreau de Bruxelles Président de Avocats.be


le journal des avocats

Il y a quelque temps, je rencontre une magistrate attachée comme moi au palais de justice de Bruxelles. Elle avait décidé d’écrire un livre sur ce bâtiment babylonien en interviewant 31 personnes. Ce qui l’intéresse, c’est le rapport humain entretenu par chacun des intervenants avec le bâtiment Poelaert. Au travers de différents souvenirs, je lui raconte notamment comment je suis fasciné par un grand tableau se trouvant dans la salle d’audience de la Cour militaire, au rez-de-chaussée, celle-là même où a été jugé récemment Salah Abdesslam. Quand j’ai commencé le barreau, c’est là que les introductions civiles se déroulaient. J’attendais mon tour, à l’appel du rôle, en silence, impressionné par tous les avocats ténors et plus âgés qui intervenaient avec emphase et détermination pour tantôt prendre en défaut, tantôt renvoyer au rôle, tantôt plaider l’une ou l’autre exception. De temps en temps, des procès importants s’y déroulaient. Je me souviens d’avoir suivi le procès du prince Charles contre son

ancien avocat Me Georges Bricmont et son épouse. Celle-ci n’arrêtait pas de tricoter tout au long des longues audiences au cours desquelles j’apprenais mon métier. C’est dans cette salle que je suis tombé en pamoison devant l’une des œuvres les plus grandes du palais, un tableau emblématique de JosephDenis Odevaere : la bataille de Nieuport. Ce qui m’impressionnait, c’était non seulement son côté tourmenté et romantique à la Delacroix mais aussi le mystérieux morceau manquant. Quelqu’un avait soigneusement découpé, à l’aide d’un scalpel, l’une des têtes du groupe d’adolescents situé à l’avantplan, à gauche du tableau. Le trou béant laisse apparaître impudiquement l’un des montants du châssis du tableau. Depuis toujours. Et sans doute pour toujours. C’est l’une des cicatrices, des scarifications de ce bâtiment, à l’abandon des pouvoirs publics. Tout ce qui s’y dégrade laisse indifférent les autorités. A quoi bon…

LA BATAILLE DE NIEUPORT Dans l’inventaire de la Régie des bâtiments, l’œuvre est répertoriée de la manière suivante : Nr : 337 Verdieping : 0 Foto RDG : ART 0209 Barcode : AR000176 Lokatie : Cour militaire, salle audience à droite Foto justitie : 101 Type familie : schilderij Sub familie : verkommerde werken Artist : Odevaere Joseph (1775-1830) Naam of omschrijving van het werk : la bataille de Nieuport (Ernstig beschadigd) Afmetingen : hoogte 3,800m Breedte : 5,300 m Opmerkingen : Kamer van Volksvertegenwoordigers

BUY


Odevaere est né à Bruges. Il était fils d’avocat. Il a travaillé à Paris, dans l’atelier du peintre David qu’il vénérait. Il a aussi travaillé 8 ans en Italie, après avoir été primé au concours de Rome. Il fut désigné peintre de la cour du Roi Guillaume Ier des Pays-Bas le 25 juin 1815. Le Roi le fit chevalier de l’Ordre du Lion Belgique. Il lui commanda plusieurs œuvres dont la bataille de Nieuport. Odevaere réalisa d’autres tableaux historiques : la bataille de Waterloo qui se trouve dans la même salle d’audience, la bataille d’Austerlitz… Il mourut au moment où naissait la Belgique.

espagnole furent tués sur les 12.000 fantassins et 3.000 cavaliers qu’elle avait engagés au combat. L’archiduc Albert retourna à Bruxelles, la gorge déchirée par un coup de hallebarde.

La bataille de Nieuport est l’un des épisodes de la guerre de 80 ans. Elle se déroule le 2 juillet 1600 à 16 heures. Elle oppose l’armée hollandaise commandée par le républicain Maurice de Nassau et l’armée espagnole commandée par les archiducs Albert et Isabelle de Habsbourg. Les hollandais prirent le dessus. Plus de 3.000 hommes de l’armée

Sur la gauche, entourant le cheval blanc de Maurice de Nassau, les 6 pages de la maison de l’archiduc: don Diego Gusman, don Petro de Montemayor, don Juan Verdugo, le comte Charles de Rosin (manquant), le comte d’Arthus de Croy et le jeune Mortier. Les six pages seront renvoyés sans rançon à leur maître le soir même de la bataille par le vainqueur.

La thème du tableau est peu banal puisqu’il s’agit du moment où un guerrier rend les armes. Le lieutenant d’Albert, l’amiral d’Aragon Don Francesco Mendoza est fait prisonnier. Il rend son épée au vainqueur. Il se montre calme, dans la dignité et sans abattement. Le vainqueur hollandais le regarde avec bonté et respect.


le journal des avocats

a cette toile dont un morceau a été découpé et que tu mentionnes d’ailleurs dans ton texte. En la regardant de plus près je vois qu’il y a deux visages qui ont disparu quand tu regardes le corps en-dessous. J’ai même l’impression que leur amour est l’objet de l’ire du monsieur à l’épée. Connaîtrais-tu une reproduction de ce tableau ou même l’histoire ? Y aurait-il une personne (ou un lieu) dans le palais qui pourrait nous renseigner ? ou n’importe quoi qui pourrait m’éclairer sur ce mystère ? »

TU ES MON LIBERATEUR ! J’en reviens au livre en cours de préparation sur le palais de justice écrit, par une savante haute magistrate. Elle avait décidé de faire illustrer cet ouvrage par une artiste photographe bruxelloise que j’aime beaucoup : Marie-Françoise Plissart. J’avais déjà travaillé avec elle quand j’étais bâtonnier. Elle avait réalisé un ouvrage de photos Pneuma publié aux éditions Filipson, représentant l’installation spectaculaire et audacieuse réalisée par Charles Kaisin à l’occasion du bicentenaire du barreau de Bruxelles : 10.000 iris en papier, pliés en origamis, suspendus au cœur de la salle des pas perdus, à 7 kilomètres de fil rouge. A la fin de l’été, Marie-Françoise m’envoyait un mail avec la photo qu’elle avait réalisée et reprise en illustration de cet article. Elle m’écrivait « seras-tu mon libérateur ? voilà ce qui me taraude l’esprit : il y

Je lui réponds : « le tableau est de Joseph Odevaere. Il est titré : la bataille de Nieuport. Voilà une première piste … peut-être qu’internet peut nous donner d’autres indices ou l’Institut du patrimoine artistique... ». Et moins d’une heure plus tard, Marie-Françoise m’envoie la photo en noir et blanc de la tête dérobée. Ce portrait est repris dans le corps de cette contribution. Voilà que le découpé de la toile réapparaissait à la demande, comme par un tour de magie. Et Marie-Françoise d’ajouter « tu es mon libérateur ! voilà ce que je viens de trouver sur internet ! » Et de lui répondre : « Waowh ! je me retrouve assez bien dans ce jeune garçon qui semble sourire. Je suis sûr qu’il cache dans son vêtement le "carré volé" ». « C’est une vraie poupée russe, ce tableau », réagitelle… J’adore la photo de Marie-Françoise Plissart, surtout avec les vraies têtes vivantes, elles-mêmes coupées, au premier plan, à droite, de justiciables, assistant sans doute à une audience. Nous sommes à une époque de têtes coupées, au propre comme au figuré. Voilà une œuvre qui nous le rappelle dangereusement.

Jean-Pierre Buyle

BUY


TROPICAL DIPTEROCARP RAINFPREST IN MIST ON BORNEO ISLAND


Christian CAUWE

BARCELONA 23.02.2018

Christian Cauwe is advocaat aan de Gentse Balie sedert 1975, gelukkig getrouwd, vader van vier kinderen en grootvader van negen kleinkinderen. Na een reis naar India en werk als vrijwilliger en bestuurder bij Iles de Paix, richtte hij in 1980 met gelijkgezinden in Vlaanderen de NGO Vredeseilanden thans RIKOLTO, op, waarvan hij 23 jaar voorzitter bleef. Als voorzitter van het Gentse jeugdteater De Kopergietery leidde hij twee decennia lang de Raad van Bestuur. Dialoog, inclusief denken en handelen en respect voor iedereen zijn waarden die hij van thuis uit meekreeg. De Gentse Balie verkoos hem in 2017 tot Stafhouder.


le journal des avocats

CAU

Moeizaam gaat hij de trap op, gebogen maar fier, de plooien van zijn toga aarzelen. Dankbaar ontvangt hij de medaille, het diploma, omhelst de Stafhouder, recht zijn rug voor de foto. 1968, de Sorbonne, zijn eedaflegging. 2018, zijn gouden jubileum, Spanje kraakt. “ Dit is geen justitie” roept hij, zijn ogen flakkeren op, herinneringen maken hem alert, het gele lint getuigt. De zaal klapt, genodigden aarzelen. Boe-geroep is niet ver. De voorzitter van het Catalaans Parlement klaagt aan, kaarsrecht, met donkere blik. “Justitie buigt voor de politiek.” Magistraten en jubilarissen verlaten de zaal. Oud-Stafhouders en genodigden volgen. Rumoer, kabaal, onenigheid. De jubilaris vereenzaamt. Het feest van San Raymon de Peynafort gaat verder. Laureaten worden gelauwerd. Enkelen komen terug, de zaal zit neer. De Spaanse Minister van Justitie draagt de toga van het Illustere College van Advocaten van Barcelona, kanten manchette en gouden halssnoer, zoekt voorzichtig de dialoog, kondigt maatregelen aan. Eenzaam staat de jubilaris op, Een tweede jubilaris volgt, Gele linten zoeken de uitgang. Mevrouw moet mee. Het feest gaat door, Gevangenen door hun opinie feesten niet.


Het koor zingt: Gaudeamus igitur, Juvenes cum sumus, Post iucundam juventutem Post molestam senectutem Nos habebit humus. Pereat tristitia, Pereant osores...


le journal des avocats

CAU


Que la tristesse périsse, Que périsse la haine. Quel besoin de dialogue. Madame le Bâtonnier le rappelle L’état de droit pour tous et pour chacun La beauté de Barcelone nous console, Le soleil peint ses couleurs sur les colonnes majestueuses de la Sagrada Familia, fait éclater le jour, adoucit le soir. La forêt de Gaudi nous entoure, sa grandeur nous berce. L’artiste peut-il sauver le monde, rétablir les équilibres, rétablir le dialogue ? Les perles de Barcelone brillent, Guernica de Picasso ne reviendra pas. Réjouissons-nous, tant que nous sommes jeunes. Après la jeunesse délicieuse et la vieillesse pénible, la terre nous reprendra.

Christian CAUWE


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GREEN TROPICAL TREE, NATURAL FIELD


Jérôme COCHART

QUELLE PARTIE DE EYJAFJALLAJÖKULL N’AVEZ-VOUS PAS COMPRISE ?

Ce jeune avocat du Barreau de Verviers, tout juste trentenaire, est un passionné de peinture, de théâtre mais aussi de voyages. Son idéal serait d'effectuer le tour du monde et de découvrir la richesse que notre Terre a à nous offrir.


le journal des avocats

Le fil conducteur de ce numéro du Journal des avocats se veut « exotique ». Tout naturellement, lorsque l’on pense à l’exotisme, on s’imagine les pieds dans le sable blanc et chaud, avec un cocktail à la main, face à un soleil qui se couche sur une mer d’un bleu turquoise et limpide. Et pourtant, c’est à l’opposé de cette image paradisiaque que cette modeste contribution entend vous emmenez. En effet, l’exotisme, ce n’est pas seulement les pays tropicaux, c’est aussi ce qui évoque les mœurs, les habitants ou les pays lointains ; c’est ce qui fait rêver en quelque sorte. Dès lors, cet article a pour vocation de vous emmenez attirer dans un pays où il existe plus de moutons que d’habitants, où le centre de la terre peut jaillir soit sous la forme d’une explosion volcanique soit sous la forme d’un geyser, où les paysages sont époustouflants, où il se murmure que le premier parlement au monde s’est créé en 930 après JC, ou encore où l’une des éruptions volcaniques – devenue célèbre depuis lors – a bloqué le réseau aérien mondial en 2010 et enfin où le « clapping » est devenu un phénomène incontournable lors de la 15ème édition du championnat d’Europe de football de 2016. Bref, vous l’aurez compris, c’est de l’Islande dont il s’agit. Que ce soit en été ou en hiver, le pays vaut le détour et, il ne fait aucun doute que vous reviendrez enchanté de ce pays nordique que ce soit pour la beauté des paysages, pour la culture ou encore pour la faune et la flore. Les adeptes de la série

télévisée « Game of Thrones » ne seront pas en reste car ils auront la possibilité de visiter des lieux de tournage. L’Islande est avant tout une île entièrement volcanique (près de 130 volcans dont 18 sont déjà entrés en éruption) où l’on peut voir la dérive des continents en temps réel. On peut y observer des édifices volcaniques, des geysers, des sources chaudes (avec la possibilité de se baigner dans certains lagons), des solfatares et des tunnels de lave. En parlant de « geyser », saviez-vous que ce mot vient de « Geysir » soit le nom d’une source jaillissante à Haukadalur, une région à la pointe nord-ouest de l’Islande ? Le nom de Geysir, à son tour, s’enracine dans le verbe islandais « geysa », qui signifie « jaillir ». Aujourd’hui, le mot geyser est utilisé aux quatre coins du monde.

COC


Sur le plan de la faune, vous ne serez pas déçu entre les baleines d’une part – que l’on peut facilement voir de la petite ville de pêcheur de Húsavík sur la côte nord de l’Islande, devenue d’ailleurs capitale européenne de l’observation des baleines et roquals (à bosse ou bleus) – et d’autre part les innombrables oiseaux. A cet égard, les falaises de Látrabjarg – qui marquent la partie la plus occidentale de l’Europe – sont la plus grande aire de reproduction d’oiseaux au monde. En d’autres termes cette falaise s’étendant sur 14 km de long et 440 mètres de haut regorge des millions de macareux moines, fous de Bassan, guillemots ou encore des petits pingouins. Bref, il s’agit de la plus grande falaise d’oiseaux en Europe.

Les hivers islandais, quant à eux, sont réputés, en plus des températures fraîches, pour les manifestations d’aurores boréales. Outre cet événement inoubliable, entre la visite des caves de glaces ou les randonnées sur les glaciers, les activités ne manquent pas durant cette période. Il existe aussi, pour les plus sportifs, la possibilité de faire du ski ou du chien de traîneau.

Point de vue culture, vous ne bouderez pas votre plaisir en visitant le célèbre musée du phallus à Reykjavik. Il s’agit d’une des attractions les plus insolites du pays car ce musée abrite la plus grande collection de pénis et de parties du pénis au monde. La collection compte 280 échantillons provenant de 93 espèces d'animaux, y compris 55 pénis de baleines, 36 de phoques et 118 de mammifères terrestres, dont parait-il certains d'elfes et de trolls. On a longtemps considéré que le peuple islandais descendait exclusivement des Vikings norvégiens qui se sont installés sur l'île à partir de 874. Pourtant, des études génétiques1 ont révélé qu'une partie importante de leur ascendance remonte, en fait, aux populations celtes d'Irlande et d'Écosse, qui ont été amenées en Islande comme esclaves par les Vikings. Les Islandais sont, par conséquent, mieux définis comme étant ethniquement hybrides celto-germaniques, tout comme les Lowlanders d'Ecosse, les Anglais, les Belges, les Allemands du Sud-Ouest et les Suisses. 1. A vrai dire ce texte reprend et développe un exposé fait par l’auteur à l’académie de tintinologie, au cours d’une réunion organisée par André Bruyneel le 19 mai 2017.


Cathédrale de Hallgrimskirkja" qui domine Reykjavik

À titre anecdotique et pour les amateurs de bières, saviez-vous que ce breuvage était interdit dans tout le pays jusqu'en 1989 et que l'âge légal pour la consommation d'alcool en Islande est fixé à 20 ans, soit le plus élevé en Europe ? D’ailleurs, encore aujourd’hui, l'alcool ne peut être acheté que dans des Vínbúð (magasins d'alcool, qui en Islande sont des monopoles d'État très chers – comme en Suède avec les magasins d’Etat « systembolaget »), ou dans les hôtels, les restaurants et les bars homologués.

des pays jouissant de la meilleure qualité de vie au monde.

En revanche, l'Islande est un des rares pays de taille relativement importante à ne pas disposer d'un réseau de chemin de fer public. Le 4x4 est d’ailleurs préféré comme moyen de locomotion et certaines routes sont impraticables en hiver. Avec tout ce qui vient d’être énoncé, il n’est pas surprenant que l’Islande soit réputée pour être l’un

Vous l’aurez compris, l’Islande est un pays qui se mérite d’être visité et nulle doute que cette destination fera partie de vos prochains voyages.

Il faut bien l’avouer qu’avec une inégalité de revenu et de richesse les plus basses au monde, un pays arrivant souvent en tête de l’indice de développement humain le plus élevé ou encore de l’indice de la paix (ce pays ne comprend que 600 policiers), ou encore en utilisant pratiquement que de l’énergie verte, on serait bien tenté d’aller vivre sur cette île malgré le coût de la vie relativement important.

Jérôme Cochart


SPANISH MOSS GARDEN TROPICAL EXOTIC RAIN FOREST PLANTS


Francis DESTERBECK

ZIN IN EEN CITYTRIP NAAR WENEN ? ENKELE PERSOONLIJKE INDRUKKEN

ENVIE DE FAIRE UN CITYTRIP A VIENNE ? QUELQUES IMPRESSIONS PERSONNELLES

Francis Desterbeck is al meer dan 30 jaar parketmagistraat te Gent en is er nu eerste advocaat-generaal. Hij heeft verschillende publicaties op zijn naam staan op het gebied van strafrecht, fiscaal recht en faillissementsrecht. Hij heeft een sterke interesse in filosofie en reist graag. Francis Desterbeck est magistrat du parquet à Gand depuis plus de trente ans, où il est actuellement premier avocat général. Il a déjà signé maintes publications dans les domaines du droit pénal, du droit fiscal et du droit de la faillite. Il s’intéresse à la philosophie et il aime courir le monde.


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VIENNA, AUSTRIA - April 24, 2017 - View of cobblestone street leading up to Hofburg Palace and lined with horse and carriages - Vicki L. Miller / Shutterstock.com

Het einde van de lente is het ideaal moment voor een citytrip naar Wenen. 2018 is bovendien voor Wenen een bijzonder jaar. Vier van de bijzonderste figuren van het tijdperk van het Weense modernisme overleden precies 100 jaar geleden. Dit wordt vooral in het Leopoldmuseum aan de Museumplatz herdacht. Het Weense modernisme Het Weense modernisme is de meest boeiende kunstperiode die Oostenrijk ooit gekend heeft. Het tijdperk begon op het einde van de negentiende eeuw. De periode rond 1900 werd in Wenen in het algemeen gekenmerkt door een grote intellectuele bloei. Tegelijk werd vanuit Wenen een wegen- en spoorwegnet aangelegd, wat op zijn beurt tal van nieuwe inwoners aantrok. In 1910 telde de stad 2,1 inwoners, het grootste aantal ooit. Ter vergelijking : Wenen telt vandaag 1,7 miljoen inwoners. Tot de vier bijzonderste figuren van het Weense modernisme behoren vooreerst de schilders Gustav Klimt en Egon Schiele. Gustav Klimt kennen we van het erotische ‘Der Kus’. Klimt kreeg op het eind van de negentiende eeuw de opdracht de universiteitshal van Wenen te versieren met fresco’s, maar de opdrachtgevende

autoriteiten vonden zijn werk al te aanstootgevend. Klimt betaalde daarop prompt zijn gage terug aan zijn opdrachtgevers, en nam zijn werken terug mee naar huis. Gedurende de tweede wereldoorlog gingen de werken verloren. ‘Der Kus’ kunt U met andere meesterwerken van Klimt, onder meer ‘Judith I’, bekijken in de Österreichischen Galerie Belvedere in het Oberes Belvedere aan de Prins Eugenstrasse. Van Egon Schiele, een andere belangrijke exponent van het Weense modernisme, zijn tal van werken te bezichtigen in het Leopoldmuseum in het museumkwartier, onder meer zijn ‘Zelfportret met Chinese lantaarn’. Ook architect Otto Wagner, verantwoordelijk voor de jugendstil Wagnergebouwen aan de Linke Wienzelle en de Karlsplatzpaviljoenen, en ontwerper Koloman Moser schitterden in diezelfde periode. Moser was mede-oprichter van de Secession, een beweging van negentien schilders, die in het begin van de twintigste eeuw braken met de toenmalige gevestigde orde. Bijzonderheden over de herdenking van het Weense modernisme is te vinden op de website https://wienermoderne2018.info/fr/.


Beautiful view of famous Kunsthistorisches Museum with park and sculpture in Vienna, Austria.

La fin du printemps est le moment idéal pour un city trip à Vienne. L'année 2018 est également une année particulière pour la ville de Vienne. En effet, Vienne fêtera en 2018, le centenaire de la mort de quatre des principaux représentants de l'ère du modernisme viennois. Ceci est commémoré surtout au Musée Leopold au Museumsquartier, Museumplatz. Le modernisme viennois Le modernisme viennois est la période artistique la plus florissante jamais connue par l'Autriche. L'ère a commencé à la fin du dix-neuvième siècle. La période aux alentours de 1900 à Vienne est caractérisée par un essor intellectuel particulier. En même temps, à partir de Vienne un réseau routier et ferroviaire est développé ce qui à son tour attirait une multitude de nouveaux habitants. En 1910, la ville comptait 2,1 millions d'habitants, le plus grand nombre jamais connu par la ville. A titre de comparaison: aujourd'hui Vienne compte 1,7 million d'habitants.

avec des fresques, mais les autorités mandantes estiment que l'œuvre est trop offensant. Klimt restitue alors sur-le-champ aux autorités mandantes le gage reçu et retourne chez lui avec ses œuvres. Pendant la deuxième guerre mondiale les œuvres en question ont été perdues. ‘Der Kus’ ensemble avec d'autres chefs-d'œuvre, entre autres 'Judith I', peuvent être visitées dans la Galerie Belvedere autrichienne, Oberes Belvedere, dans la Prins Eugensstrasse. De l'artiste Egon Schiele, un autre représentant majeur du modernisme viennois un grand nombre d'œuvres peuvent être visités au Musée Leopold au museumsquartier, entre autres son 'Autoportrait à la lanterne chinoise'.

Parmi les quatre personnes les plus remarquables du modernisme viennois figurent dans un premier temps, les peintres Gustav Klimt et Egon Schiele.

Egalement l'architecte Otto Wagner, responsable pour les immeubles Wagner en Jugendstil, dans la Linke Wienzelle et les pavillons sur la Karlsplatz, ainsi que le styliste Koloman Moser brillaient dans cette même période. Moser était co-fondateur du mouvement la Sécession, un mouvement de dixneuf peintres qui au début du vingtième siècle rompaient avec l'ordre établi de l'époque.

Nous connaissons Gustav Klimt de l'œuvre érotique 'Der Kus'. A la fin du dix-neuvième siècle, Klimt est chargé d'orner la halle universitaire de Vienne

Vous trouverez plus de détails concernant la commémoration du modernisme viennois sur le site internet https://wienermoderne2018.info/fr/.


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Te veel om op te noemen

Het Prater met zijn Riesenrad

Het is onbegonnen werk de meest interessante bezienswaardigheden van Wenen te beschrijven in het raam van een kort artikel.

Het Prater was heel vroeger een koninklijk jachtterrein, dat door keizer Jozef II voor het publiek werd opengesteld. Het Prater is 600 hectaren groot, maar het populairste gedeelte is het Volksprater, dat U het gemakkelijkst bereikt via het metrostation ‘Praterstern’.

Het meest populaire deel van de stad voor toeristen is de uiteraard de Hofburgwijk, zo genoemd naar de Hofburg, het voormalige keizerlijke paleis, waaraan gedurende honderden jaren gewerkt werd in opdracht van de familie Habsburg tot 1918, toen het Habsburgse Rijk teloor was gegaan. Het is nog steeds de verblijfplaats van de huidige Oostenrijkse president. Het oudste deel van de Hofburg is de Alte Hofburg, tussen de Michaelerplatz en de Heldenplatz, die dateert van de 13de eeuw. Doordat steeds nieuwe gebouwen aan het complex werden toegevoegd varieert de stijl van de gebouwen van de Alte Hofburg van middeleeuwse gotiek tot 19de-eeuwse barok. In een aantal gebouwen werden musea ondergebracht. Hoewel het niet publiek toegankelijk is moet U, wanneer U toch in Wenen bent, zeker eens het Hundertwasserhaus bekijken op de hoek van de Löwengasse en de Kegelgasse. Dit was oorspronkelijk een appartementsgebouw met sociale woongelegenheden. Het complex werd van 1983 tot 1985 heropgebouwd door architect Friedensreich Hundertwasser, die er een veelkleurig appartementsblok van maakte, waarvan geen twee ramen hetzelfde lijken, met honderden bomen en struiken op het dak en in de gevels.

Langs de Hauptallee bereikt U onmiddellijk het 64 meter hoge Riesenrad, dat, mede dank zij de Brits-Amerikaanse film ‘The third man’ uit 1949, met Orson Welles in de hoofdrol, uitgroeide tot een symbool van Wenen. Het Riesenrad werd gebouwd in 1897, maar functioneert nog altijd. Zoals ook uit de film blijkt krijgt U tijdens een rondje met het rad een onovertroffen uitzicht op de stad. Voor fans van ‘The third man’ is het Riesenrad uiteraard een must, maar voor liefhebbers is er ook een Third Man Museum (http://www.3mpc.net/) en verschillende commerciële agentschappen bieden zelfs Third Man Tours aan. Deze rondleidingen bezoeken ook het rioleringsstelsel van Wenen, waar de film zich gedeeltelijk afspeelt. Ze worden georganiseerd van mei tot oktober, wanneer het waterpeil in de rioleringen dit toelaat. Een Weense collega nam mij ooit mee naar restaurant ‘Schweizerhaus’ op wandelafstand van metrostation ‘Messe-Prater’, waar we de lokale specialiteit, Stelze, varkenshammetje, aten. Daarbij dronken we flink wat Budweiser. Niet het Amerikaanse bier, maar import uit het nabije Tsjechië. Licht en heel lekker.


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Trop nombreux pour mentionner Il est impossible de décrire les sites les plus intéressants de Vienne dans le cadre d'un article succinct. La partie la plus populaire de la ville pour les touristes est évidemment le quartier Hofburg, appelé ainsi d'après la Hofburg, l'ancien palais impérial, auquel on a édifié pendant des centaines d'années sur l'ordre de la famille Habsbourg jusqu'en 1918, l'année du déclin de l'Empire des Habsbourg. Le palais est toujours la résidence de l'actuel président autrichien. La partie la plus ancienne de la Hofburg s'appelle Alte Hofburg entre la Michaelerplatz et la Heldenplatz

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Le Prater avec sa Grande Roue A l'origine le Prater était une réserve de chasse impériale qui a été ouvert au public par l'Empereur Joseph II. Le Prater compte 600 hectares mais la partie la plus populaire est le Volksprater, accessible facilement via le station métro 'Praterstern'. Via la Hauptallee on atteint immédiatement la Grande Roue d'une hauteur de 64 mètres qui, grâce au film brittano-américain 'The third man' (le Troisième Homme) de 1949, avec Orson Welles dans le rôle principal, est devenu un symbole de Vienne. La Grande Roue a été construite en 1897 mais fonctionne toujours. Comme il ressort également du film, on obtient depuis la Grande Roue une vue inégalée sur la ville.

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et date du XIIIe siècle. Parce que des nouveaux immeubles ont toujours été ajoutés au complexe, le style des immeubles de la Alte Hofburg varie du gothique médiéval jusqu'au baroque du XIXe siècle. Certains immeubles abritent des musées. Quoique non accessible au public, si vous êtes à Vienne, vous devez quand même aller voir la Hundertwasserhaus au coin de la Löwengasse avec la Kegelgasse. Il s'agissait à l'origine d'un immeuble d'appartements avec des logements sociaux. Le complexe a été reconstruit de 1983 à 1985 par l'architecte Friedensreich Hundertwasser qui en a fait un immeuble d'appartements multicolores avec des surfaces vitrées uniques et avec des centaines d'arbres et arbustes sur le toit et les façades.

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Pour les fans du Troisième Homme la Grande Roue est évidemment un must, mais également pour les amateurs il y a un Third Man Museum (http:// www.3mpc.net) et différentes agences commerciales offrent même des circuits Troisième Homme. Lors de ces circuits on visite aussi les égouts de Vienne, où le film se déroule partiellement. Les circuits sont organisés de mai à octobre quand le niveau de l'eau dans les égouts le permet. Un collègue viennois m'a invité un jour au restaurant 'Schweizerhaus' à quelques pas de la station métro 'Messe-Prater', où nous avons goûté la spécialité locale 'Stelze' (jambonneau de porc), accompagnée de pas mal de Budweiser. Non pas la bière américaine, mais de la bière importée de la Tchéquie limitrophe. Légère et très bonne.


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Schönbrunn Een must is ook het zomerpaleis van de Habsburgers, het Slot Schönbrunn met bijhorende tuinen. Het indrukwekkende interieur is uiteraard alleen onder leiding van een gids te bezichtigen. Omdat de rondleidingen vaak vooraf volgeboekt zijn bestelt U de tickets best vooraf online : https:// www.schoenbrunn.at/unsere-tickets-touren/alletickets-touren/ . De rondleidingen door het kasteel zelf duren niet zo lang, maar er zijn ook combiticketten beschikbaar, waarmee U ook de tuinen kunt bezoeken. Wie vooral in het kasteel zelf geïnteresseerd is boekt bij voorkeur de Grand Tour. De Grand Tour start in de westelijke vleugel van het slot en leidt U door de privé-appartementen van het keizerlijk paar Frans-Josef en Elisabeth. Vervolgens gaat de rondleiding door het centrale gedeelte van het kasteel, met de grote zalen voor feesten en officiële plechtigheden, en tenslotte bezoekt U het oostelijk gedeelte, waar U onder meer de zaal kunt zien waar keizerin Maria-Theresia haar audiënties hield. UNO City En wist U dat Wenen ook een zeer belangrijke vestiging van de Verenigde Naties huisvest ? Verschillende agentschappen van de Verenigde Naties hebben er onderdak. Ik bezocht er meermaals het Unodc, het United Nations on Drugs and Crime, dat er zijn hoofdzetel heeft. Het Vienna International Center (VIC) of UNO City werd ingehuldigd op 23 augustus 1979. Het is, met New York, Genève en Nairobi, één van de vier zetelplaatsen van de Verenigde Naties. Het VIC werd gecreëerd in de jaren ’70 van vorige eeuw op

initiatief van kanselier Bruno Kreisky, die de stad hiermee meer internationaal aanzien wou geven. Het VIC beslaat een oppervlakte van 180.000 m² en heeft een extraterritoriaal statuut. Het telt ongeveer 4.500 kantoren en 9 grote vergaderzalen. Er werken ongeveer 3.600 internationale ambtenaren, afkomstig uit een honderdtal landen. De gebouwen zijn in een Y-vorm geconstrueerd en variëren in hoogte van 48 tot 120 meter. Door Uno City en bijhorende organisaties is het aantal buitenlanders, dat permanent in Wenen woont, zeer groot : meer dan 300.000. De Verenigde Naties organiseren geleide bezoeken aan het Centrum, in het Engels en het Duits, maar ook soms in het Frans : zie http://www.unis. unvienna.org/unis/en/visitors_service/index.html. UNO City beschikt ook over een indrukwekkende kunstverzameling, met onder meer werken van Friedensreich Hundertwasser. Ook deze verzameling kan U bezoeken. De ‘Focus Tour’, die elke woensdag georganiseerd wordt, combineert een bezoek aan het CIV met een bezoek aan de kunstcollectie : zie http://www.unis.unvienna.org/ unis/en/visitors_service/art_tour.html. Om het VIC te bezoeken neemt U metrolijn U1 richting Leopoldau en stapt U af aan de halte Kaisermühlen/Vienna International Centre.

Francis Desterbeck


le journal des avocats Schönbrunn Un must est évidemment le palais d'été des Habsbourg, le château Schönbrunn et le parc. Il va de soi que l'intérieur impressionnant ne peut être visité qu'avec un guide. Parce que souvent les visites sont déjà complètes d'avance, il vaut mieux de réserver les billets en ligne : https:// www.schoenbrunn.at/unsere-tickets-touren/alletickets-touren. Le Tour du château ne dure pas trop longtemps, mais il y a aussi des billets combinés avec lesquels il est également possible de visiter le parc.

Celui qui est surtout intéressé dans le château même, fait mieux de réserver le Grand Tour. Le Grand Tour débute dans l'aile occidentale du château, vous emmène à travers les appartements privés du couple impérial François-Joseph et Élisabeth. Le Tour vous conduit ensuite à travers le corps central avec ses salles de fête et de prestige pour vous guider ensuite à travers l'aile orientale du château où vous pouvez entre autres voir la salle d'audience du couple impérial Marie-Thérèse et François Stéphane de Lorraine.

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UNO City Est-ce que vous saviez que Vienne abrite également une implantation très importante des Nations Unies? Différentes agences des Nations Unies y sont implantées. J'y ai visité à plusieurs reprises l'UNODC, l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime qui y a son siège principal. Le Centre International de Vienne (CIV) ou UNO City, inauguré le 23 août 1979, est, avec New York, Genève et Nairobi, l'un des quatre sièges des Nations Unies. Le CIV a été fondé dans les années '70 du siècle précédent sur l'initiative du chancelier Bruno Kreisky qui voulait ainsi renforcer le prestige international de la ville. Le CIV couvre une surface de 180.000 m² et a un statut extraterritorial. Le Centre compte environ 4.500 bureaux, 9 salles de conférence et accueille près de 3.600 fonctionnaires internationaux originaires d'une centaine de pays. Les bâtiments en forme de Y mesurent entre 48 et 120 mètres de haut.

Par Uno City et les organisations accessoires, le nombre d'étrangers qui réside de façon permanente à Vienne est très élevé: plus de 300.000 personnes. Les Nations Unies organisent des visites guidées au Centre, en anglais et en allemand mais parfois aussi en français : voir http://www.unis.unvienna. org/unis/en/visitors_service/index.html. UNO City dispose également d'une collection d'œuvres d'art impressionnante, avec entre autres des œuvres de Friedensreich Hundertwasser. Il est également possible de visiter cette collection. Le ‘Focus Tour’, qui est organisé chaque mercredi, combine une visite au CIV avec une visite à la collection d'œuvres d'art: voir http://www.unis. unvienna.org/unis/en/visitors_service/art_tour.html. Pour visiter le Centre International de Vienne vous prenez la ligne de métro U1 direction Leopoldau et descendez à Kaisermühlen/Vienna International Centre. F.D.

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STEAMY TROPICAL FOREST MORNING MIST EVAPORATING


Koen GEENS

DE REGEL VAN

CE NOMBRE EST SPÉCIAL


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NOTE DES EDITEURS Son secrétariat nous a prié de rédiger la présentation de Monsieur Koen Geens sur base de ces pages : https://www.koengeens.be/minister/over(NL) https://www.koengeens.be/fr/ministre/a-propos (FR) ... C'est donc avec toute notre sympathie que nous répondons à l'honneur que le Ministre nous fait, en y consacrant dans ce numéro tropical... une page ! Là où il nous aurait fallu un cahier entier pour ce faire, tant notre Ministre, Professeur, Président, Directeur, Promoteur, Chef de Cabinet, Fondateur,... a été, et d'ailleurs l'est toujours, extraordinairement actif dans de nombreux domaines. Voici en résumé ces quelques exemples parmi d'autres : Promoteur de la VAO (« Voortgezette Academische Opleiding », Titulaire en 2004-2005 et en 2016-2017 de la Chaire Francqui au titre belge à l’ULB, Président de la Commission Permanente de l'Education de la Faculté des Sciences juridiques de la KU Leuven, Président de la haute école Thomas More, Fondateur en compagnie de Xavier Dieux de l’ULB, d’Eubelius, le plus grand cabinet d'avocats belge indépendant de renommée internationale, Président de la Fondation Commission d’enseignement, Co-Rédacteur en chef, Président de la Fédération des Professions Libérales et Intellectuelles, Chef de Cabinet Politique Socio-économique du MinistrePrésident flamand, Kris Peeters. Koen Geens est aussi Membre de l'Académie royale flamande de Belgique des Sciences et des Arts, et a été admis à la prestigieuse Academia Europaea. Sur la toile, vous y lirez aussi ceci: Koen(raad) Geens est né en 1958 à Brasschaat. Il étudia au Collège Sint-Jan Berchmans à Merksem, à l’UFSIA (Université d'Anvers), à l'Université catholique de Louvain (KUL) où il obtint son diplôme de licence en droit avec la plus grande distinction. Durant ses études, il trouva le temps de tomber amoureux de Griet Dupré, une camarade de classe. Ils se marièrent et partirent à Harvard où Koen décrocha un Master of Laws... Et déjà de nombreuses charges l'attendaient pour satisfaire sa passion pour l'enseignement et l'innovation dans l'enseignement... En 2014, c'est en mai que Koen Geens est élu député fédéral, et c'est en octobre qu'il devient Ministre de la Justice dans le gouvernement Michel 1.

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3 is een speciaal getal. Er zijn weinig complexe zaken die getalsmatig niet in

3 kunnen worden vervat. Metro, werk, slapen wat routine

betreft. De Heilige Drievuldigheid als geloofspunt. De 3 machten in de politiek. De wiskundige regel van 3. Voor België geldt tweemaal 3:

3 gewesten, 3 gemeenschappen. Een land, de eenvoud zelve. Zin in een 3 -maal-3’tje? Ten eerste doorloopt een mens

3 fasen tijdens zijn leven: de fase

van de jeugd, die slaagt waar zij kwaliteit aanboort; de fase van de middelbare leeftijd, die zin voor prioriteit vereist; de fase van de ouderdom, die tot slot rendement toelaat. Ten tweede tracht een mens zijn evenwicht te vinden binnen

3 cirkels: gezin, werk en sociocultureel milieu. Ten derde, wil een mens leven en niet louter overleven, heeft hij nood aan drie zekerheden: rechtszekerheid, sociale zekerheid en fysieke zekerheid.

Het binaire gegeven dient om een computer te programmeren, maar volstaat niet om de werkelijkheid te weerspiegelen. Het cartesiaanse denkkader - dat stelt dat alles man of vrouw is, roerend of onroerend goed, gehuwd of ongehuwd, vennootschap of vereniging, zwart of wit - behoeft meestentijds een derde alternatief om tot een alomvattende beschrijving te kunnen komen. Hij die verkondigt ‘non datur tertium’, is reeds in het defensief en stevent af op een mislukking. Zeker, de derde werkt verstorend en is vaak ongrijpbaar maar blijft alleszins onontbeerlijk.


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Le nombre

3 est spécial. Il y a peu de complexités qu’on ne

puisse saisir en

3. Métro, boulot, dodo concernant la routine. La

sainte Trinité en religion. Les

3 pouvoirs en politique. La règle de

3 en mathématiques. Pour la Belgique, il faut faire deux fois 3 : 3 régions, 3 communautés. Pays simple comme bonjour. Envie d’un 3 fois 3 ? Premièrement, l’homme passe par 3 phases dans sa vie : la phase de la jeunesse qui réussit si elle trouve la qualité, la phase de l’âge moyen qui requiert le sens de la priorité, la phase de la vieillesse qui permet enfin l’effectivité. Deuxièmement, la vie d’un être humain cherche son équilibre au milieu de

3 cercles : la famille, le travail et l’environnement socio-

culturel. Troisièmement, pour vivre et non simplement pour survivre, l’homme a besoin de 3 sécurités : la sécurité juridique, la sécurité sociale et la sécurité physique.

Le binaire sert à programmer un ordinateur, mais ne suffit pas à refléter la réalité. Le cartésien, qui veut que tout soit homme ou femme, meuble ou immeuble, mariage ou célibat, société ou association, blanc ou noir, a la plupart du temps besoin d’une 3e alternative pour avancer une description complète. Celui qui proclame "non datur tertium" est déjà sur la défensive et prépare son échec. Certainement, le tiers perturbe, il est fréquemment insaisissable, mais reste qu’il est nécessaire.

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Zoals u reeds begrepen hebt, ben ik een man van synthese, niet van de these en haar antithese. Ik ben diegene die vandaag met de vinger wordt gewezen als een man van compromissen, zonder heldere visie, die zijn besluiteloosheid verhult achter nuances. Niets is minder waar, in feite, omdat de synthese en de nuance geen tinten grijs zijn maar van turquoise de mooiste kleur maken die er bestaat. Wel vergt het enige tijd om opheldering te brengen. 140 tekens blijft moeilijk, 280 is al heel wat beter.

Ik herinner mij een vriend die de tijd nam om mij bij te brengen dat een koppel slechts twee kinderen kon grootbrengen, aangezien de ouders slechts twee handen hadden. Bij wijze van plaagstoot merkte ik op dat twee maal twee vier was. Hij had onmiddellijk door dat wij

3 kinderen hadden. Als ik hen zeg “ik zie je graag, maar...�? Nee toch, de liefde voor een kind is onvoorwaardelijk, en meer nog wederzijds. Niettemin staat de liefde niet alleen. Zij bevindt zich in het gezelschap van geloof en hoop. Elkeen brengt orde in die

3 deugden aan. Voor mezelf moge

het duidelijk zijn: als je niet langer kunt geloven, kan je steeds hopen, en als je niet langer kunt hopen, kan je steeds liefhebben.

Koen Geens Minister van Justitie


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Vous l’avez bien compris, je suis un homme de synthèse, non de la thèse ou de son antithèse. Je suis celui qu’on pointe aujourd’hui du doigt comme un homme de compromis, sans vision claire, qui cache son indécision derrière des nuances. De tout, en fait, parce que la synthèse et la nuance ne sont pas grises, mais font du turquoise la plus belle couleur qui soit. Cependant, il faut un peu de temps pour s’expliquer. 140 signes reste compliqué, c’est bien mieux avec 280.

Je me souviens d’un ami qui prenait le temps de m’enseigner qu’un couple ne pouvait éduquer que deux enfants parce que les parents n’avaient que deux mains. Je lui faisais remarquer pour le taquiner que deux fois deux faisait quatre. Il a tout de suite deviné que nous avions 3 enfants. Si je leur dis « Je vous aime, mais … » ? Mais non, l’amour pour son enfant est inconditionnel, et davantage vice-versa.

Néanmoins, l’amour ne va pas seul. L’espoir et la foi l’accompagnent. Chacun met de l’ordre dans ses

3 vertus. Le mien est clair : si on

ne sait plus croire, on peut toujours espérer, et si on ne sait plus espérer, on peut toujours aimer.

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GREEN FIELDS OF MOUNTAIN BARLEY IN THE TIBETAN VILLAGE, STRETCHED AMONG THE HIGH PEAKS AND MOUNTAIN RANGES, LADAKH, THE HIMALAYAS, NORTHERN INDIA.


François GLANSDORFF

TINTIN ET LES INSTRUMENTS DE MUSIQUE

Avocat à Bruxelles et ancien président de l’association Janson Baugniet, François Glansdorff a été batonnier du barreau de Bruxelles de 1996 à 1998. Il a aussi été l’un des fondateurs de l’OBFG, et président de celui-ci de 1998 à 2001. Il a enseigné le droit privé et plus spécialement le droit des contrats à l’ULB jusqu’en 2010. La Tintinologie, et plus encore le piano, sont aujourd’hui deux de ses activités principales. Le Journal lui a donné le moyen de parler des deux dans le même texte, que voici.


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Docile, je suivrai le fil rouge qui nous est suggéré dans ce numéro du Journal : l’exotisme. L’exotisme et/ou les tropiques, mais je préfère l’exotisme qui est plus respirable, moins étouffant, et qui évoque mieux le grand large, les horizons lointains. Bref, qui ramène à Tintin, éternel aventurier, reporter, justicier, ami fidèle, toujours prêt à courir à l’autre bout du monde, même dans les pays froids, voire sur la lune, pour faire triompher l’une ou l’autre cause ou faire telle ou telle découverte. Et quoi de plus exotique, pour évoquer les pays lointains, que de retrouver les instruments de musique qui les chantent et qui expriment leur folklore, leurs joies et leurs peines ? Mon sujet s’imposait dès lors : Tintin et les instruments de musique1

Pas la musique en général, parce que la matière serait trop vaste. Elle serait en grande partie consacrée à la Castafiore et à l’opéra, que ce soit l’ « Air des bijoux » du Faust de Gounod ou l’affiche annonçant Rino Tossi dans Boris Godounov. Ces études-là existent déjà et elles sont substantielles. Elles ne sont d’ailleurs pas très encourageantes. Je rappellerai seulement ce que disait Hergé luimême : « … l’opéra m’ennuie, je l’avoue à ma grande honte ! Ou alors il me fait rire, ce qui est encore pire ! (…) J’ai l’œil et l’esprit trop critiques : je vois la grosse dame derrière la chanteuse, même si elle a une voix admirable, le bellâtre derrière le ténor, le carton-pâte des décors, le fer-blanc des cuirasses, les barbes postiches des figurants qui chantent : « Partons, partons, partons » … et qui ne bougent pas d’une semelle ! » (Entretiens avec

N. Sadoul, cités par A. Algoud, Dictionnaire amoureux de Tintin, p. 459). Non : ma recherche à moi porte seulement sur les instruments de musique. A cela se limite mon ambition. Hélas, ici aussi j’ai vite compris pourquoi les tintinophiles n’avaient pas encore exploré le sujet. C’est que pour Hergé, les instruments de musique – sauf un – révèlent surtout le ridicule, la folie ou la duplicité de l’interprète, ou même évoquent le crime, excusez du peu. Si l’on a dit que Dieu témoignait de son mépris des richesses par le spectacle de ceux à qui il les distribue, on pourrait en dire autant d’Hergé et des musiciens. Pas de quoi se réjouir ni pavoiser. Mais reprenons par le détail.

1. A vrai dire ce texte reprend et développe un exposé fait par l’auteur à l’académie de tintinologie, au cours d’une réunion organisée par André Bruyneel le 19 mai 2017.

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© Hergé/Moulinsart 2018

En premier lieu, le ridicule. Il s’incarne sous la forme des instruments à vent, principalement les cuivres. La scène la plus saisissante est sans doute celle des Bijoux de la Castafiore où l’on voit se produire l’ « Harmonie de Moulinsart », fanfare dans laquelle les cuivres sont à l’honneur et qui comprend aussi bien le boucher Sanzot que le marbrier Boullu, et où tous finissent par glisser dans une douce ivresse sous l’effet du champagne proposé par l’illustre cantatrice. On imagine le tintamarre des clairons, des trombones à coulisses et autres tubas ! Tout aussi envahissantes sont les petites trompettes jaunes dans lesquelles souffle la progéniture de Séraphin Lampion quand la scarlatine force la famille à quitter Moulinsart à la fin de l’Affaire Tournesol, tout comme les instruments du même acabit dont usent et abusent les Joyeux Turlurons dans Tintin et les Picaros. Dans Tintin au Tibet, on est certes impressionné par l’énorme trompe

qui rehausse la procession organisée par le Grand-Précieux en l’honneur de Cœur pur (Tintin) et de Tonnerre grondant (Haddock), mais que ce dernier démystifie aussitôt en questionnant : « C’est une trompette, ça ?… Et c’est par ici qu’on souffle ? » (Rien à redire, en revanche, à propos des trompes qui accompagnent la cérémonie expiatoire organisée par les Incas dans le Temple du Soleil : personne ne s’en moque, l’atmosphère n’étant manifestement pas à la fête). Après le ridicule, la folie, ou même le simple dérangement d’esprit. Je ne fais qu’évoquer l’égyptologue Philémon Siclone, dans les Cigares du Pharaon, car il chante plutôt qu’il n’utilise un instrument (« Sur la mer calmée… »). Ce n’est pas le cas du prophète Philippulus dans l’Etoile mystérieuse, qui frappe et refrappe sur son tambour pour annoncer la fin du monde.

© Hergé/Moulinsart 2018


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GLA

© Hergé/Moulinsart 2018

Dong, dong, dong… « retourne chez Satan, ton Maître », dong, dong : le prestige du tambour n’en sort pas grandi, convenons-en. Même chose avec l’aubade donnée par l’Harmonie de Moulinsart, précitée. (ici aussi pourtant, on comparera avec les roulements de tambour nettement plus angoissants qui annoncent la mise à mort des malheureux sacrilèges par les Incas). Et le piano ? Ah, le piano ! J’aurais tant voulu qu’il trouve grâce aux yeux d’Hergé, et qu’on découvre un interprète digne de l’imposant piano à queue installé dans un des salons du château de Moulinsart ! J’aurais tant aimé voir Igor Wagner, « Monsieur Wagner », l’accompagnateur de la Castafiore, s’isoler du brouhaha ambiant pour nous jouer un prélude de Chopin ou un impromptu de Schubert ! Ce n’est malheureusement pas le cas, mais alors pas du tout : M. Wagner joue aux courses, c’est ce qu’on apprend dans Les Bijoux de la Castafiore; il a besoin

d’aller tous les jours au village pour téléphoner ses paris, et pour cela il donne le change en remplaçant ses gammes au piano par des gammes enregistrées sur un transistor, et donc pour donner l’illusion qu’il travaille. La, la, la, la à longueur de journée, et la Castafiore est satisfaite, jusqu’au jour où le pot aux roses est découvert. En somme le piano est ravalé au rang d’instrument de la duplicité. Il est l’artisan d’un « faux musical ». C’est une nouvelle catégorie de faux qui intéressera les pénalistes, mais une fois encore il n’y a pas de quoi pavoiser. Parfois même, l’instrument de musique devient l’instrument du crime, ou il feint de l’être. Je force un peu le trait sans doute, mais la sarbacane qui sert à envoyer des fléchettes empoisonnées, dans Les Cigares du Pharaon puis dans Le Lotus bleu, ne ressemble-t-elle pas étrangement à une flûte à bec ou à un pipeau ?

© Hergé/Moulinsart 2018


© Hergé/Moulinsart 2018

Ou alors, et c’est presque pire, Hergé témoigne de son mépris des instruments de musique par le vide, tout simplement. Là où l’on se serait attendu à en voir l’un ou l’autre, il n’y a rien. Trois exemples, tirés du Secret de La Licorne : aucun instrument de musique parmi les multiples objets offerts à la vente au Vieux Marché ; aucun instrument de musique auquel s’essayerait, même ivre, l’un ou l’autre pirate de l’équipage de Rackham Le Rouge, occupé à festoyer sur le pont de La Licorne ; aucun instrument de musique dans le capharnaüm qu’est la crypte du château de Moulinsart, à moins de voir un « instrument » dans la vieille boîte à musique qui, bousculée, se met à égrener ses mélodies. Rien non plus, pour revenir aux Cigares du Pharaon, dans le « bazar » hétéroclite du brave Oliveira da Figueira. Rien encore à l’occasion du bal costumé organisé par le marquis di Gorgonzola, dans Coke en stock. C’est donc maigre. Et pourtant… Et pourtant, il y a un instrument, un seul, qui trouve de la considération, de l’affection même auprès d’Hergé, c’est la guitare. J’ignore s’il en a joué dans sa jeunesse, mais en tout cas son attachement est allé croissant, jusqu’à culminer dans ses derniers albums. Je m’explique. Il y a tout d’abord, dans l’une des premières images de l’Oreille cassée (1937), la « Harpe guitare birmane » exposée en bonne place dans le musée ethnographique où va être dérobé le fétiche Arumbaya. L’instrument est indiscutablement mis

en valeur (il est vrai qu’on voit aussi, dans le même album, un cor de chasse bien mis en évidence… mais dans la chambre un peu décrépite de l’infortuné Monsieur Balthazar) (il est vrai aussi que la harpe guitare, qu’on voit à la page une, ne se trouve plus dans sa vitrine in fine, à la page 62, au moment où le fétiche est remis à sa place, mais bon…). Dans Tintin au Tibet (1960), Haddock s’est endormi et fait un rêve. Il porte accrochée à son dos une guitare de belle dimension, qui va se transformer en bouteille puis en cartable. Il rencontre Tournesol et lui dit : « Tiens, qu’est-ce que vous faites ici, vous ? » ; réponse de Tournesol : « Perdu mon parapluie ». Y a-t-il une symbolique derrière tout cela, positive ou négative pour la guitare ? Je laisse la question en suspens. Disons que l’observation est neutre. L’amour de la guitare s’exprime véritablement peu de temps après, dans Les Bijoux de la Castafiore (1963), presque en contrepoint du ridicule de la cantatrice que j’évoquais en commençant. On voit la scène : un soir, Tintin s’écarte des sentiers battus aux alentours de Moulinsart, il entend de la musique et il dit à Milou : « on dirait … Mais oui, c’est de la guitare … Oh ! c’est sûrement chez les tziganes ». De fait, c’est la guitare de Matéo qu’il entend. Tintin voit au loin les roulottes, le feu qui éclaire le guitariste et le cercle de gitans qui l’entoure. Il écoute avec émotion la musique flamenco qui monte dans l’air du soir, et il dit encore : « Quelle nostalgie dans cette musique ! … ». Evocation prenante des « gens du voyage ». Bouffée d’exotisme dans la campagne


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GLA

© Hergé/Moulinsart 2018

de Moulinsart. C’est le seul épisode, je pense, où Hergé, loin de toute moquerie, exprime une réelle émotion à l’écoute de la musique (sur cette séquence, voy. les belles pages de A. Algoud, op.cit., p. 549). Ma dernière évocation vient du dernier des albums de Tintin, et même du dernier à titre posthume puisqu’il n’est resté qu’à l’état d’ébauche : Tintin et l’Alph-Art (1986 ; Hergé est mort en 1983). Tout à la fin, presque en guise d’adieu, le capitaine Haddock, grossièrement dessiné, gratte une guitare, un pied sur un tabouret à la manière de Brel ou de

Brassens ; et juste à côté, ce commentaire de la main d’Hergé : « le capitaine fréquente les milieux « artistes » et s’entiche de l’art actuel, achète des sculptures et des peintures … et un jour fait livrer une peinture à Moulinsart… Tout change, l’intérieur, la décoration, les tableaux ». Mais là, je quitte mon sujet. La décoration, ce sera pour une autre fois.

François Glansdorff

L’auteur de cet article se joint à l’éditeur de ce magazine pour remercier chaleureusement la société Moulinsart pour ses recherches graphiques et la très haute qualité des images mises à notre disposition. © Hergé/Moulinsart 2018


BAOBABS TREES IN MADAGASCAR, MORONDAVA.


France LAMBINET

#DRAGUEMOISITUOSES

France Lambinet est avocate au barreau de Namur, où elle pratique le droit du travail et de la sécurité sociale. Elle est par ailleurs collaboratrice scientifique à l’Université catholique de Louvain et assistante à l’Université libre de Bruxelles.


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Dans la fameuse Tribune défendant la « liberté d’importuner », publiée dans le Monde du 9 janvier 2018, une centaine de femmes réagissait aux mouvements #MeToo et #BalanceTonPorc, nés dans le sillage de l’« affaire Weinstein », dans le but de dénoncer le puritanisme liberticide sous-jacent et d’apporter une « autre parole »1 sur la drague masculine. L’idée maîtresse de cette Tribune est que si le viol est un crime, et que le harcèlement sexuel n’est pas tolérable, la « drague maladroite » n’est pas (nécessairement) un délit, et que si certaines femmes sont confrontées à des paroles et des gestes (qu’elles estiment) problématiques et dénonçables, toute la gent féminine n’est pas favorable à une société pudibonde dans laquelle la galanterie et la manifestation du désir (masculin, en l’occurrence) est à proscrire. Le leitmotiv : ne pas réduire les femmes à « de pauvres petites choses sous l’emprise de phallocrates démons » au nom de leur émancipation.

Sans cautionner les dérives suscitées par la polémique à laquelle la tribune en question a donné lieu2, sans remettre en cause la légitimité du sentiment des femmes qui considèrent subir une atteinte injustifiable à leur dignité ou à leur intégrité du fait d’attitudes masculines (qu’elles jugent) dégradantes, humiliantes, ou offensantes, et sans dénier le rôle salvateur de l’initiative des « lançeuses d’alertes » qui ont mis fin à l’omerta ambiante dans certains milieux, force est de reconnaître que la violence avec laquelle la parole dissidente des signataires de la tribune du Monde a été accueillie par les « balançeuses de porcs » est édifiante.

1. Voy. l’interview de l’une des signataires de la tribune, Catherine Millet, publiée sur le site du Monde le 12 janvier 2018. 2. On pense en particulier aux propos de Brigitte Lahaie sur le viol lors d’une émission de BFMTV du 10 janvier 2018.

LAM


Cette « dictature du ressenti »3, imposée par certaines femmes, qui s’érigent en adversaires de la classe masculine, est interpellante en ce qu’elle procède d’une forme de monopolisme par lequel celles qui prétendent détenir la parole féminine autorisée confisquent le discours et condamnent toute divergence de vue par une forme d’excommunication du monde de celles qui détiennent la vérité et font progresser la condition des femmes. Le rejet de la voix alternative est tel que celles qui la portent sont qualifiées de suppôts de l’ennemi à combattre ; ainsi ne semble-t-il pas possible de défendre le droit de (se laisser) séduire sans être qualifiée d’alliée des « porcs » dénoncés par l’autre camp. C’est en tout cas l’impression que donnent certains médias étrangers lorsqu’ils présentent Catherine Deneuve – l’une des signataires du manifeste – comme étant surtout célèbre pour avoir joué le rôle d’une prostituée dans Belle de Jour4… Ce phénomène de sectarisme de la part de certaines femmes, dont l’aspiration est de libérer la parole, mais pas n’importe laquelle, n’est pas propre à la question du harcèlement sexuel. On le rencontre aussi, par exemple, dans les débats sur la prostitution ou sur le port du voile, où certains courants féministes tendent à s’approprier la parole des femmes et à jeter l’opprobre sur celles qui ne partagent pas leur point de vue, et qui sont, de ce fait, taxées de trahir la cause féminine.

3. Voy. l’interview de Catherine Millet précitée. 4. Theguardian.com, 9 janvier 2018.


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Certes, la tribune controversée n’est pas exempte de maladresses critiquables. Il n’en demeure pas moins que les idées qui y sont défendues ont toute leur place dans le débat. Certaines d’entre elles relèvent du reste, nous semble-til, du bon sens. Ainsi s’indiquait-il, selon nous, de mettre en garde contre les dangers des dénonciations via les réseaux sociaux, et de fustiger les amalgames inappropriés. Les violences faites aux femmes ne tolèrent ni justification, ni banalisation. Est-ce pour autant qu’il y a lieu de blâmer toute galanterie et toute séduction ? Ne peut-on pas permettre à celles qui ne s’offusquent pas qu’on leur fasse la cour de le faire savoir, en faisant le départ entre comportements illégaux et simples flirts ? N’est-il pas sain de respecter, aussi, la sensibilité et la subjectivité de celles, moins farouches, qui ne s’estiment pas agressées par le moindre geste à connotation sexuelle, qui, parfois, rendent la pareille aux hommes qu’elles côtoient, et qui préfèrent éconduire les importuns plutôt que renoncer au jeu de la séduction ? Ne relève-t-il pas du respect de la liberté individuelle d’accueillir le point de vue de celles qui ne décèlent aucune infériorité de genre dans les manifestations des convoitises de l’autre sexe ? N’est-il pas légitime d’être attentifs à ce que les rapports entre les hommes et les femmes ne deviennent pas totalement aseptisés et dénués de toute dimension sexuée ? Faut-il faire le deuil de la drague ? #AChacuneSonFéminisme

France Lambinet

LAM


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Mathieu LAVENS

THE QUEEN OF CALYPSO

Mathieu Lavens a déjà eu l’occasion de collaborer à deux reprises avec notre revue. Sa dernière contribution est intervenue alors qu’il venait d’ouvrir son propre cabinet à Tournai. Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts ces deux dernières années. Le cabinet LAVENS s’est renforcé en intégrant un réseau européen, Mathieu est devenu curateur auprès du Tribunal de commerce de Hainaut, juge de paix suppléant mais surtout l’heureux papa d’une merveilleuse petite Camille ! www.avocat-lavens.be


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Je dois bien avouer avoir été décontenancé par le thème de ce nouvel opus. Rien de très exotique à Tournai et sûrement pas de climat tropical. J’ai hésité à vous parler de voyages lointains sous le « sunlight des tropiques » ou encore de perroquets bleus « comme dans les – comme dans les ? - tableaux du Douanier Rousseau »… J’avoue cependant très mal maîtriser l’un et l’autre de ces sujets un peu clichés. J’avais en revanche une furieuse envie de faire rentrer un peu de soleil dans nos quotidiens, un peu gris en cette saison. Pour ce faire, j’ai fait choix de vous faire découvrir ou redécouvrir, un personnage atypique et rayonnant qui, j’en suis persuadé, mettra un peu de caliente dans votre journée : Madame Calypso Rose ! Calypso Rose, de son vrai nom Linda McArtha Monica Sandy-Lewis, est une chanteuse de calypso trinidadienne née en 1940 à Bethel Village. Contrairement aux rythmes ensoleillés qui la caractérisent et à ce que son pseudonyme pourrait laisser croire, Calypso n’a pas toujours vu la vie en rose.

LAV


Abandonnée par sa mère à son plus jeune âge, elle est victime d’un viol collectif durant son adolescence. Ces épreuves la pousseront à lutter contre les injustices et à suivre des études de droit avec pour ambition de devenir… avocate. Elle ne pourra cependant renoncer à son amour pour la musique et fera de la scène son unique prétoire. En 1974, elle écrit et interprète la chanson « No Madame » qui deviendra très vite un hymne à la désobéissance afin de reconsidérer le sort des domestiques de Trinidad-et-Tobago. Dans cette chanson Rose se glisse dans la peau d’une domestique lorsqu'elle chante : « Rose, vous vous occuperez des invités ! Non madame. Vous viderez le pot de chambre ! Non madame. Vous récurerez la cuisine ! Non madame, non madame, non madame... ».

© Aldo Paredes

Un journaliste italien s’empare du sujet pour rédiger un article dont prendra connaissance le Premier Ministre de l’époque, Eric Williams. Ce dernier, inspiré par les paroles de Rose, fera adopter une loi par le Parlement instaurant un salaire minimum pour les domestiques à Trinité-et-Tobago.


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Š Richard Holder

LAV


© Richard Holder

La carrière de Rose ne se résume cependant pas à une chanson. Et pour cause… elle en a écrit plus de 800 durant ses 40 ans de carrière ! Ce n’est cependant que récemment, à la suite d'une rencontre improbable avec un clandestino, un certain Manu Chao, que Rose se fera connaître dans nos contrées grâce à la distribution de son dernier album « Far from home » sortit en 2016. L’album sera à ce point un succès que Rose sera – enfin – consacrée en février 2017 aux Victoires de la musique dans la catégorie musiques du monde. Du haut de ses 76 ans, et d’autant plus compte étant tenu de toutes les épreuves franchies, ce petit bout de femme ne l’avait pas démérité. Source d’inspiration, d’énergie et de bonne humeur, son optimisme sans faille méritait d'être salué et reconnu. Rose est à elle seule un soleil, celui qui nous manque tant depuis l’été dernier si bien que je ne peux que vous inviter à rapidement écouter ces mélodies pour retrouver, sans plus tarder, joie et sérénité.

Mathieu Lavens


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Gérard LEROY

ETIT DISCOURS SUR LA GALANTERIE

Gérard LEROY est avocat honoraire après 50 ans de barreau. Il peut maintenant se consacrer davantage à son hobby, étant les conférences avec projections sur des sujets historiques ou culturels.


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Je vais vous parler de galanterie. Déjà s'allument certains regards féminins. Non, Messieurs, je ne vous parlerai pas de femmes galantes.

J'emprunte un trottoir - la liaison est malheureuse planté d'arbres à intervalles réguliers. Si une dame ou une jeune-fille arrive dans l'autre sens et que je m'efface légèrement, lui faisant signe qu'elle peut passer, d'où vient qu'elle le fasse en me gratifiant d'un aimable sourire ? D'où vient également que j'aie plaisir à la laisser passer et à profiter de ce sourire ? Il m'est arrivé de m'être pris un râteau, pour utiliser le langage de mes petites-filles. Voulant laisser passer une consœur à l'entrée du Palais, j'ai entendu: "Mon Dieu, que les hommes sont compliqués." Par galanterie, je ne nommerai pas la consœur. Ce monde est très masculin. Souvent les femmes se sentent peu à l'aise dans un espace public; je comprends qu'elles sourient lorsqu'on a une attention pour elles. Mais il y a autre chose, et si nous, les hommes, aimons être galants, ce n'est pas pour le plaisir de jouer les saint-bernards. Il est difficile pour un homme de l'admettre, mais d'une certaine manière, Mesdames, vous nous êtes supérieures. Vous êtes plus généreuses et plus altruistes. Ayant une femme, deux filles et quatre petites-filles, je me sens le plus heureux des hommes.

LER


En matière familiale, vous êtes plus fortes. Lorsqu'un couple se sépare, nous voyons parfois un homme, drapé dans sa dignité, sombrer sans un mot, tandis que vous, Mesdames, vous criez, tempêtez, pleurez sans aucune pudeur lorsqu'il s'agit de "sauver" vos enfants, et vous y arrivez. Mais il y a autre chose. Au jeu de l'amour, votre activité ne tient pas du hasard. Quand un jeune-homme croit découvrir une jeune-fille et souhaite la rencontrer davantage, il y a longtemps qu'elle l'avait repéré et s'était arrangée pour qu'il la remarque.

N'est-ce pas, Mesdames Certains grincheux diront : "Puisqu'elles ont voulu l'égalité, qu'elles ne nous embêtent plus avec la galanterie". Comme ils ont tort ! Hommes et femmes, nous avons tous besoin que les femmes développent leurs qualités de cœur et d'intuition. L'égalité ne donne pas l'assurance. La femme, même haut placée, garde le besoin d'être reconnue dans sa qualité de femme. Soyons galants, Messieurs, "parce qu'elles le valent bien", et elles nous le rendront au centuple.

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Xavier MINY

AU TEMPS DE LA GUERRE DES ÉPICES PETIT RETOUR SUR L'UNE DES PREMIÈRES MULTINATIONALES, LA V.O.C.

Né en 1990, à Verviers, Xavier Miny est chercheur à la Faculté de Droit de l’Université de Liège. Après un Master en droit spécialisé en droit public et administratif et un Executive Master en Droit fiscal, il a assuré les fonctions de Maître de conférences et d’assistant au sein du Service de Droit international économique ainsi qu’au sein du Service de Droit public et de Droit constitutionnel. Titulaire, depuis le 1er janvier 2018, d’une bourse de doctorat FRESH, il poursuit actuellement un projet de recherche sur la politique d’attraction des investissements étrangers dans les États fédéraux.


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« Les places et les forteresses qui ont été prises aux Indes orientales, ne doivent pas être regardées comme des conquêtes nationales, mais comme la propriété de marchands particuliers, qui ont le droit de les vendre à qui bon leur semble, fût-ce au Roi d’Espagne ou à tout autre ennemi des Provinces-Unies. » Déclaration des Heeren XVII, 16641

A chaque instant qui passe, il nous est rappelé une vérité à rapidement digérer pour mieux comprendre les enjeux de notre ère : nous sommes à l’heure de la mondialisation. Voilà, c’est dit ! Panacée à tous les maux de la terre pour les uns, prélude à l’apocalypse imminente pour les autres, les échanges et flux financiers qui franchissent les frontières, les délocalisations de centres de production et de distribution, les fusions et acquisitions et autres transferts de technologies appartiennent désormais au quotidien de l’activité des acteurs économiques modernes. Pour le meilleur et pour le pire, cette réalité s’insinue dans les moindres replis de nos existences, et il n’est pas impossible que l’ordinateur à l’aide duquel ce modeste texte a été rédigé ait plus voyagé sur terre lors de sa conception que l’auteur dans toute sa vie – et il le déplore d’ailleurs. Si l’on peut entendre à foison qu’il s’agit là de phénomènes tout à fait inouïs, et sans doute le sont-ils par leur intensité et leur fréquence, le pari qui est le nôtre est de remonter le fil de l’Histoire pour assister à la création de l’une des premières grandes structures transnationales, pour ne pas dire la première multinationale connue. Ce bond de plus de quatre siècles nous ramène ainsi à un temps qui sent bon les délicates épices venues d’Orient ainsi que la poudre à canon dont on fait usage à l’encontre des concurrents un brin gênants. Manque encore à ce capiteux bouquet de senteurs l’odeur de ce si cher métal, pourtant omniprésent, pour la simple et bonne raison qu’il en est dépourvu. Au cours des XVIIe et XVIIIe siècles, émergent un certain nombre de négociants qui vont jouir du monopole des armements, non seulement à destination des Amériques, mais aussi des territoires d’Asie. Parmi les structures qui, en définitive, ont assuré pratiquement la totalité des relations entre l’Europe et ces contrées exotiques, figure l’une des puissances financières, économiques et politiques les plus démesurées : la Vereenigde Oostindische Compagnie, la Compagnie néerlandaise des Indes orientales. Grâce à ses comptoirs, la V.O.C. a dominé d’une main de fer le commerce maritime, notamment des épices, pendant près de deux siècles, tout en exerçant des prérogatives étatiques, à un point tel qu’elle n’a pas hésité à développer sa propre politique internationale, différente de celle des Provinces-Unies dont elle relevait. Si Brel chantait le contraire, force est de constater qu’en ce temps-là, des sociétés anonymes pouvaient se muer en cachette en État souverain. 1. Fernand Braudel, Civilisation matérielle, économie et capitalisme XVe-XVIIe, t. 3, Paris, Armand Colin, 1979, p. 237.

MIN


I.-

À la conquète de l'est

Le récit commence comme toujours bien avant. Si les relations entre les Indes et l’Europe sont, l’on s’en doute, plus anciennes, la prise de Constantinople, en 1453, amène les nations européennes à dégager de nouvelles routes pour leurs marchands. Avec la découverte du Cap de Bonne-Espérance, Portugais et Espagnols se sont âprement disputés la mainmise sur les Indes tout au long du XVIe siècle, à l’avantage toutefois des premiers. A la fin de ce siècle, les Hollandais, forts des expériences de certains navigateurs, notamment celle d’un Jan Huyghen Van Linschoten de retour d’un séjour en Orient, se lancent également dans cette lucrative aventure. Dans l’effervescence de cette course orientale, une première expédition hollandaise à destination des Indes, l’Eerste Schipvaart, est armée par la Compagnie van Verre et appareille en 1595. Elle est commandée par Cornelisz de Houtman de Plancius – lequel a passé trois ans auparavant dans une prison portugaise après avoir été pris la main dans le sac lors d’une tentative de vol de cartes secrètes (on ne plaisante pas avec des cartes secrètes). Si cette première initiative n’est pas franchement un succès éclatant – et c’est peu de le dire : les maladies ont décimé l’équipage – elle sera rapidement imitée. L’objectif de ces premières navigations vers les Indes orientales est non seulement d’aller chercher sur place les précieuses épices, mais aussi d’affaiblir la Couronne espagnole. En effet, Philippe II est, depuis 1580, roi aussi bien de Portugal que d’Espagne, et finance grâce au commerce des épices la guerre onéreuse qu’il mène contre les Provinces-Unies depuis 1568. Menacés en outre par une interdiction d’accéder aux ports de la péninsule ibérique, les Hollandais nourrissent par conséquent le projet de briser le monopole portugais. Cependant, si la rentabilité

des denrées de luxe se trouve brillamment et définitivement démontrée, la multiplication des expéditions et des compagnies qui les soutiennent entraîne par définition une compétition virulente entre ces petites sociétés d’armement et une chute drastique des bénéfices. Het is een ramp !

II.- Un état dans l'état En conséquence, des représentants des compagnies concurrentes se réunissent et négocient la fondation d’une alliance économique, qui fusionnerait leurs intérêts en une seule grande compagnie soutenue par les Provinces-Unies. La Compagnie néerlandaise des Indes orientales est ainsi créée sous régime d’octroi le 20 mars 1602 en recevant le monopole du commerce dans les pays situés à l’Est du Cap de Bonne-Espérance jusqu’au détroit de Magellan. Rien que cela, Mesdames et Messieurs : monopole et soutien public, que demander de plus ? Seconde dans la chronologie des grandes compagnies des Indes, la V.O.C. est dirigée par un comité de dix-sept directeurs, les Heeren XVII, et est administrée par six chambres, chacune représentant une agglomération, soit Amsterdam, Zélande, Delft, Rotterdam, Hoorn et Enkhuizen. Elle bat aussitôt tous les records. En tant que société anonyme cotée en bourse, elle profite d’une structure financière permanente qui exclut le recours à une mise de fonds pour chaque armement. Le capital social est considérable : 6,3 millions de florins divisés en 3.000 actions qui diluent de la sorte le risque des expéditions. De plus, la souscription est ouverte à tous les citoyens, y compris aux étrangers qui résident dans le pays. En ce qui les concerne, les Heeren XVII prennent les mesures qui concernent l’ensemble de la flotte et fixent les prix. En outre, dans la limite de


The Noord-Nieuwland in Table Bay, 1762, by an anonymous painter. William Fehr Collection (Castle of Good Hope)

Map of the East Indies : the official trade zone (octrooigebied) of the VOC according to the VOC Charter, which was between Cape of Good Hope (South Africa) and Street Magallan (South America); rinted c. 1700.


The Trading Post of the Dutch East India Company in Hooghly, Bengal, by Hendrik van Schuylenburgh, 1665, Dutch Colonial painting, oil on panel. At left is the Ganges River. Around the factory are man - Everett - Art / Shutterstock.com


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ses territoires, la Compagnie, bien que soumise, en principe, à l’autorité des Provinces-Unies, peut, au nom des États généraux, conclure des pactes, déclarer la guerre, prendre possession de terres, construire des forteresses, nommer des fonctionnaires et battre monnaie. Même la célèbre Compagnie anglaise des Indes orientales, ne dispose pas d’une telle marge de manœuvre. Le succès de la Compagnie est immédiat.

III.- Un commerce à couteaux tirés Dotée de ces pouvoirs et d’une puissance financière sans comparaison, la V.O.C. intègre rapidement dans sa logique que sa prépondérance économique en Asie ne pourra être assurée que par une politique agressive à l’égard des Portugais, des Espagnols et des Britanniques ainsi qu’à l’égard des Arabes, des Persans et des populations locales qui sont obligées de ne vendre leurs produits qu’à elle. Par ailleurs, pour justifier en droit les fortunes prises aux caraques étrangères et éviter de la sorte toute controverse internationale, la V.O.C n’hésite pas à demander une jolie justification juridique (qui aboutira au traité De iure praedae commentarius) à un jeune juriste du Barreau de La Haye, Hugo Grotius, le célèbre auteur du De iure belli ac pacis (Le droit de la guerre et de la paix). Au cours de cette guerre mondiale avant l’heure, les succès militaires, diplomatiques et économiques se multiplient. La V.O.C. s’empare de plus en plus de comptoirs et de zones d’influence en écoulant les très rentables épices, provoquant par la même occasion l’ire d'Albion et celle des Portugais.

le prestige de la Compagnie, les prérogatives du Gouverneur général augmentent. Aussi, la position de la V.O.C. est fortifiée sous Jan Pietersz Coen, Gouverneur pour le moins ambitieux et brutal, en particulier à l’égard des indigènes2, de 1618 à 1623 et de 1627 à 1629. Sous ses ordres, la V.O.C. se lance dans de complexes opérations et dans des achats intermédiaires, afin de se procurer de l’argent en Asie et au MoyenOrient, et accentue l’usage de la violence envers les adversaires commerciaux. Ce comptable de formation déclare ainsi en 1614 : « Vos Honneurs devraient savoir d’expérience que le commerce en Asie doit être conduit et préservé sous la protection et à la faveur de Vos propres armes, et que ces armes sont payées grâce aux profits du commerce ; aussi ne pouvons-nous conduire le commerce sans la guerre, ni la guerre sans le commerce »3.

Son implantation solidement garantie, le besoin pour la V.O.C. d’une centralisation similaire à celle qui existe en Hollande se fait de plus en plus ressentir aux Indes, surtout depuis que les agissements de la Compagnie dépassent largement les simples ambitions commerciales. C’est chose faite, en 1609, avec la nomination d’un premier Gouverneur général. Or, par effet de vases communicants, à mesure que s’accroit aux Indes 2. En 1621, sur l’île de Banda, Coen dirige une expédition punitive envers les insulaires qui avaient eu le malheur de commercer avec les Anglais. Sur les 15 000 habitants de l'île, il n’en restera que 1 000.

3. Lettre aux Heeren XVII du 27 décembre 1614, citée in Herman Colenbrander, Jan Pieterszoon Coen. Levenbeschryving, s’Gravenhage, Martinus Nijhoff, 1934, p. 64.

MIN


Il fonde, en 1619, Batavia, capitale de la Compagnie à Java, sur les ruines de la ville de Djakarta conquise sur les indigènes. Passant outre les alliances des directeurs restés à Amsterdam, la V.O.C. poursuit sa diplomatie propre, en toute autonomie, et condamne à mort les contrebandiers.

IV.-

« tout emPIre PérIra »

Au fil des décennies, le pouvoir de la V.O.C. grandit. Elle est implantée partout : en Afrique du Sud, en Chine, en Inde ou encore au Japon, à Dejima. Non seulement la Compagnie expédie des biens à haute valeur ajoutée, comme la porcelaine, vers le Vieux Continent, mais, en plus, son centre Batavia est devenu le port le plus important de la région dans le cadre des échanges entre peuples d’Asie : de la soie à l’argent, en passant par le cuivre, l’étain, les perles, le sucre ou encore le salpêtre. Dans un même temps, la V.O.C. centralise la production d’opium et le vend avec zèle depuis ses fermes à travers toute l’Asie du sud-est, notamment à Formose. En 1735, près de 80.000 personnes travaillent pour la V.O.C. En deux siècles d’existence, elle a armé pas moins de 4.700 navires. Ce gigantisme sera, il faut l’admettre, en partie à l’origine de la chute de la Compagnie, minée qu’elle devient par la corruption. En effet, l’évolution des goûts des Européens, la guerre entre l’Angleterre et les Provinces-Unies au cours des années 1780 et la prévarication endémique qui frappe la Compagnie ont raison d’elle à la fin du XVIIIe siècle. De fait, en 1798, après la faillite de la V.O.C., les colonies orientales passent sous contrôle de l’État au moment où celui-ci tombe lui-même sous la domination de l’Empire français.

4. Cité par Karl Marx, « la domination britannique en Inde», New York Daily Tribune du 25 Juin 1853.

Formidable laboratoire du capitalisme financier, pionnière dans sa gestion rationnelle, la V.O.C. laisse tout de même un goût amer en matière d’humanisme et est symptomatique du processus de mondialisation des XVIIe et XVIIIe siècles. Comme l’a relevé Sir Stamford Raffles, le gouverneur anglais de Java : « La compagnie néerlandaise, mue uniquement par l’amour du gain et ayant pour ses sujets moins d’égards et de considérations qu’un planteur des Indes occidentales n’en avait autrefois pour les esclaves qui travaillaient dans son domaine […] fit marcher tous les ressorts existants du despotisme pour tirer du peuple ses derniers sous au moyen de contributions et tout le travail dont il était capable. Elle aggravait ainsi les maux causés par un gouvernement capricieux et semibarbare, allant à ses buts avec l’habileté de politiciens éprouvés et l’avidité sans bornes de marchands »4. Tout ça pour, à l’origine, quelques noix de muscade en plus…

Xavier Miny


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David RAMET

SUPPLIQUE POUR UN CROQUIS

David Ramet n’a aucune passion mais est un homme passionné. Véritable passionné de la vie bonne, cet épicurien aime parmi mille choses, le jazz, Georges Brassens, Woody Allen et New-York. Il use de sa voix de baryton aussi bien sur scène que dans les prétoires, pour le plus grand bonheur des oreilles averties. Il est tout simplement un homme fait de tous les hommes, qui les vaut tous mais que ne vaut pas n’importe qui.


le journal des avocats

© Collection de l’auteur de l’article

Tout grenier est potentiellement merveilleux. Pour certains, pour ce qu’on y met, pour d’autres, pour ce qu’on y trouve. Un dimanche d’hiver, au hasard d’un mansarde familiale, j’ai pu trouver, sous une poussière manifeste, un croquis d’audience de Pierre DE BELAY (1890- 1947). Une audience filmée ? Non. Une aquarelle. Des traits quelque peu imprécis, des couleurs foncées tirant dans les nuances de brun et un mouvement dans le dessin définissent l’ouvrage. L’imperfection de l’image, qui laisse une place à l’interprétation, séduit l’observateur et suscite l’interrogation. Le drame de l’enregistrement vidéo est qu’il fige le souvenir dans le temps. Le souvenir d’un événement évolue, au contraire de la vidéo, qui est suffisamment précise pour le figer.

RAM


© Collection de l’auteur de l’article

Figer le souvenir, c’est lui enlever le charme de l’évolution. Or l’imprécision du trait, qui laisse place à l’interprétation (et qui, en l’espèce, ne reflète en rien un souvenir vécu) réveille l’imaginaire et suscite la curiosité. Que peut-on voir dans le croquis ? L’étonnement, la circonspection ou la fatigue des juges ? Qui est cette femme, que l’avocat guide vers la barre ? Que va-t-elle dire ? Quel est le songe qui anime le confrère assis, qui semble attendre son tour ? Ce questionnement n’existe qu’à travers ces croquis d’audience, palliatif à l’absence de caméras dans les prétoires (la chose n’est plus tout à fait exacte à l’heure actuelle. Doit-on s’en réjouir ?), et qui laisse place à l’interprétation du spectateur. Le message est d’autant plus riche qu’il n’est pas exprimé.


le journal des avocats

Quelques fois, ces croquis d’audience deviennent de véritables œuvres d’art. L’on pense évidemment à Honoré DAUMIER (1808 -1879), dont certaines peintures se vendent à plusieurs centaines de milliers d’euros. DAUMIER a créé le genre, suivi par de nombreux autres jusqu’à nos jours : Paul GAVARNI (1804–1866), Jean Louis FORAIN (1852– 1931), Pierre DE BELAY (1890- 1947), puis plus récemment Astrid de LA FOREST, CABU, Jean SALOU, ou Noëlle HERRENSCHMIDT. Le croquis d’audience n’a donc pas succombé à l’avènement de la modernité technologique. Il garde, par rapport à l’enregistrement vidéo, une supériorité en ce qu’il exprime ce qu’il ne dit pas. Puisse-t-il perdurer longtemps dans les prétoires sombres, et résister à l’anéantissement du mystère et du questionnement que porte l’époque contemporaine.

David Ramet

RAM


GIANT KELP GROWS IN A THICK, SUBMERGED FOREST NEAR THE CHANNEL ISLANDS IN CALIFORNIA. THIS AREA IS PART OF A NATIONAL PARK AND IS TEEMING WITH THOUSANDS OF MARINE SPECIES.


Juliette RICHIR

A JOURNEY IN CAPE TOWN

Après avoir réalisé son cursus en droit à l’Université de Namur et à celle de Louvain-la-Neuve, Juliette Richir est partie un an étudier le droit international à l’Université de Cape Town. Avocate au Barreau de Dinant depuis avril 2016, elle pratique de manière préférentielle le droit des étrangers, le droit de la jeunesse, le droit pénal et le droit de la famille. Juliette Richir est également administratrice de l’ASBL Parents and Co’m organisant des ateliers de communication pour parents séparés.


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Selon le guide Lonely Planet, l’Afrique du Sud est le premier des 10 pays à découvrir absolument en 2018. Ça tombe bien, j’y ai vécu un an. Et si je vous emmenais une journée dans sa capitale parlementaire, Cape Town ? La ville de Cape Town s’élève à la pointe du continent Africain, lieu de rencontre de l’océan Atlantique et de l’océan Indien. Elle s’étend à l’ombre de la majestueuse Table Mountain, la Table des Géants. Afin de pouvoir circuler en toute liberté dans le cœur de cette capitale et ses rues à la végétation luxuriante, rien de mieux qu’une Beetle, louée pour l’occasion auprès d’authentiques Africaners, dont l’accent anglais nous renvoie aux confins nordistes de notre plat pays. Une belle entrée en matière. La voiture n’a guère fière allure avec ses trous dans le plancher et son odeur d’essence bien prononcée, mais aucune inquiétude, elle résiste à tout et surtout, le prix de la location défie toute concurrence. Le petit bonus ? La possibilité d’avoir trois vols ou accidents sans rien devoir rembourser. Difficile de résister n’est-ce pas ? Nous voilà alors partis dans notre Beetle sur les magnifiques routes du Cap. Une douce odeur d’essence dans le nez et le grondement, légèrement prononcé, du moteur dans les oreilles. Il est tôt et notre ventre gargouille à l’approche du Waterfront, première halte de notre extraordinaire journée. Au loin, la Table Mountain retient les derniers nuages blancs tandis que le soleil étend, étincelant, ses rayons qui nous réchauffent doucement le visage.

Le V&A Food Market nous met en appétit avec ses nombreux étals aux saveurs alléchantes et variées. On discute en déambulant entre les présentoirs, s’arrêtant pour déguster l’un ou l’autre produit mis à notre disposition dans de jolis petits bols blancs ou sur des planches en bois. Le choix est vaste. Personnellement, j’opte pour un yaourt blanc parsemé de fruits frais et agrémenté de granola. Le ventre bien rempli, Nous sortons nous promener sur le Victoria and Alfred Waterfront, la partie de plaisance du port du Cap.

RIC


On comprend bien pourquoi ce lieu constitue le quartier touristique par excellence. Les bâtiments, aux couleurs pâles et lumineuses telles que le bleu ciel et le jaune, témoignent de l’existence du port colonial construit en 1860 par le Prince Alfred, fils de la Reine d’Angleterre Victoria. C’est aussi le lieu de retrouvailles des sud-africains qui se rendent chez Mitchell’s Brewing, pour déguster des bières artisanales tout en supportant leur célèbre équipe nationale de rugby. Nous passons à côté d’un groupe de danseurs et chanteurs en tenues africaines, dont les voix résonnent encore dans nos têtes lorsque nous atteignons le Musée Nelson Mandela Gateway to Robben Island, ancien lieu d’embarquement des prisonniers vers la tristement célèbre île de Robben Island. Malheureusement, plus de possibilité pour embarquer vers l’île, tout est déjà réservé pour la journée. À la place, je vous propose de profiter de la halte de bateaux militaires pour les visiter. Le ciel est limpide et il faut chaud. Le vent, léger, fait soulever le drapeau d’une frégate battant pavillon allemand. La vie est déjà bien présente sur le port, les locaux s’affairant à préparer les tables des nombreux restaurants, les touristes flânant et choisissant dans quel voilier ils vont embarquer pour savourer un sunset sur l’océan, tout en dégustant une coupe de champagne (ou plutôt, un mousseux bien sucré, mais ça, ils le découvriront plus tard…). Il est déjà 10h et il est temps de se rendre dans le cœur de la Capitale. Tout en traversant, les rues droites et larges, on découvre au milieu des tours modernes, différents bâtiments datant de l’époque coloniale, tels que l’ancien hôtel de ville où Nelson Mandela prononça, le 11 février 1990, son premier discours d’homme libre, ou encore le Fort de Bonne-Espérance (Castle of Good Hope), construit originellement au pied de la Baie du Cap. Notre promenade nous amène à l’ancien jardin de la compagnie des Indes, The Company’s Garden, créé en 1625 par Jan Van Riebeeck afin de fournir en produits frais les navires franchissant le Cap de Bonne-Espérance sur la route des Indes. Nous rentrons dans ce lieu à la végétation abondante en longeant le magnifique Parlement sud-africain aux couleurs rouges et blanches, qui fait tant parler de lui ces derniers jours. Peut-être aurons-nous la chance de croiser le nouveau prédisant, Cyril Ramaphosa ?

Certains se reposent à l’ombre du plus vieil arbre d’Afrique du Sud tandis que d’autres se défient en jouant une partie d’échecs sur l’échiquier géant. Étonnamment, il fait particulièrement calme dans ce grand jardin situé au cœur du City Bowl. Alors que mes yeux se ferment doucement, allongée dans l’herbe fraîche, je sens quelque chose qui monte sur ma jambe. De petites griffes s’enfoncent dans ma peau. Elles appartiennent à un petit écureuil brun à la queue bien fournie. Il vient réclamer quelques morceaux de biscuits qui restent encore dans le fond de ma poche. L’animal n’est guère farouche et avale rapidement les miettes d’un crunchies, biscuit sudafricain composé d’avoine. Après ce petit repos bien mérité, nous nous rendons au pied de la Table Mountain à Bo Kaap ancien quartier d’habitations des esclaves. En route, nous passons devant différents magasins ou marchés ouverts étalant devant nos yeux demandeurs une profusion de tissus colorés, boucles d’oreilles en forme d’éléphant ou girafe, ou encore une variante impressionnante et inattendue de statuettes africaines. Les plus hardis se rendront chez les coiffeurs africains afin de s’y faire tresser les cheveux tout en discutant religion et bonne cuisine. Il faut dire que les sud-africains sont généreux dans le partage de savoir et d’histoire.


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Déjà, nous arrivons à l’entrée de Bo Kaap. Nos yeux sont éblouis par les couleurs vives des petites maisons alignées les unes à côté des autres. Les habitants sont déjà aux fourneaux. Une odeur d’épices fait frémir nos narines tandis que nous découvrons avec plaisir les entrées décorées des bâtisses. Au loin, une mariée prend la pose au coin d’une maison au vert chatoyant. Décidément, plus rien ne nous étonne dans cette ville aux mille facettes. Il est temps de manger, direction Madam Taitou, restaurant musée situé dans Long Street. Ce lieu attire directement l’œil avec sa végétation envahissante. Tellement envahissante, que l’on ne distingue pas tout de suite l’entrée. C’est un restaurant éthiopien où l’on mange avec les doigts. On prend place autour d’une table entourée de coussins, sous une mezzanine. En attendant d’être servis, on se faufile tant bien que mal au milieu des curiosités qui sont toutes à vendre. Une assiette de belle taille arrive devant nous, les ingrédients colorés sont disposés sur une grande crêpe dans laquelle on enroule petit bout par petit bout la viande savamment pimentée. Un délice pour le nez, les yeux et surtout le palais. La lumière tamisée de l’endroit favorise l’effet de somnolence. Le thé à la véritable menthe servi en guise de dessert, parfait notre bien-être. Vous êtes bien reposés ? Enfilez vos chaussures de marche, attachez bien vos lacets, direction

Platteklip Gorge pour une ascension vertigineuse de la Table Mountain. La montée est impressionnante, une enfilade de marches de géant qui nous emmène au sommet de la plate montagne. On grimpe dans le creux de la roche, la sueur ruisselant dans notre dos, les jambes supportant de moins en moins ces escaliers qui semblent ne jamais finir. Enfin, le sommet est là. Un musicien nous récompense par quelques notes de flûte. La mélodie est salvatrice. Mais la plus belle récompense, c’est la vue. Une vue sur la baie du Cap qui coupe le souffle, qui fait oublier les terribles douleurs (je n’exagère pas) endurées quelques minutes plus tôt. Déjà, il est 18h et le soleil montre des signes de fatigue. Vite, courons (et oui…) jusqu’à Signal Hill, colline à la pointe de la Table Mountain et qui surplombe Cape Town. Arrivés et installés, on savoure tranquillement un coucher de soleil orangé tout en regardant un deltaplane prendre son envol. La fatigue est bien là, il faut dire que la journée a été chargée. Les gens autour de nous sortent du fromage et ouvrent des bouteilles de vins. En parlant de vin, vous ais-je dit que l’Afrique du Sud regorge de vignobles et que Cape Town abrite le plus vieux d’entre eux ? Une petite dégustation à Groot Constantia s’impose…

RIC


On embarque dans notre petite Beetle, direction la banlieue Sud du Cap, Constantia. La route qui monte jusqu’au vignoble est pittoresque. La voiture longe les vignobles aux grappes prometteuses et nous amène devant l’entrée d’un bâtiment de pur style Cape Dutch, aux couleurs blanche et vert olive. Nous nous attablons dans le restaurant intimiste qu’abrite ce magnifique vignoble. Je vous fais savourer mon coup de cœur : le Cape Ruby. Je ne suis pas la seule à avoir été séduite par ce vin liquoreux qui rappelle le porto. En effet, il faut commander plusieurs mois à l’avance pour avoir la chance de retourner avec quelques bouteilles de ce précieux breuvage. On raconte d’ailleurs que l’un des derniers souhaits de Napoléon, en exil à Sainte-Hélène, fut d’en boire quelques gouttes avant de rendre son dernier soupir. Le choix du repas s’impose. Une spécialité du Cap : le bobotie. Un authentique plat malais composé d’haché de boeuf, de chutney, raisins, curry, gingembre et recouvert d’une purée d’œufs et de pain imbibé de lait. Déjà, la journée prend fin. Demain, si le cœur vous en dit, je vous emmènerai au Kirstenbosch Garden, l’un des jardins botaniques les plus renommés au monde. Mais pour le moment, nous savourons tranquillement et dans l’allégresse (renforcée par les nombreux vins dégustés) ce moment unique au bout du monde, dans les vignobles sud-africains.

Juliette Richir


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ettre de Ghislain

l'éditrice.

our la présentation de l’auteur, voyez ses nombreuses, diverses et antérieures contributions à cette revue aux numéros 3, 4, 6, 8, 9, 11, 12, 17, 21 et 24

OY EN


le journal des avocats

Aubel, le 30.11.2017

Chère Madame Robert, Non mais quel culot ! Quelle audace !? Ou quelle inconscience ? Mais qu’est-ce qui vous a pris ? Quelle mouche vous a donc piquée ? Que dis-je - qu’écris-je ? Quelle mouche ? C’était plutôt quelle guêpe, hier ? Quel frelon frelatant ? Quelle piqûre vous prit taon et temps ? Quel risque entendez-vous assumer en consacrant tout un numéro, encore plus spécial que tous les autres, à ce sujet brûlant sur papier glacé ? Imaginez… Non ! Pensez à toutes les tempêtes que la seule évocation de ce thème va provoquer dans votre E – Lectorat que vous chérissez tant et pourtant, sous ces crânes parfois dégarnis, souvent grisonnants. Tropique du Capricorne ! Tropique du Cancer ! Mais c’était à l’enfer des bibliothèques ! Carrément à l’index que ces courbes de taille …astronomique ! Touchettes en mode …majeur. Frictions, ébats et frottements. Plages de sables blancs, accortes demoiselles et musclés éphèbes. Un goût de paradis, matins mutins sur le Bounty. Touamotou ou tu-as-bon-goût ? N’avez-vous donc aucune pitié pour les vénérables muscles cardiaques de vos fidèles abonnés, ni pour ces artères encombrées de quelques mauvais cholestérols, ou de résidus hormonaux ? D’aucuns risquent de rejoindre le Cercle de vos lecteurs disparus.

ROY


Car ainsi que le disait fort bien la poétesse :

Tropique au compteur

Change pas l’moteur

Tropique dans mon cœur

Change pas l’moteur

Et n’était-ce que les anciens ou, parlant politiquement correct, les moins jeunes, que n’avez-vous pensé à tous ces jeunes palpitants, stagiaires qui, l’œil humide, regardent leur fringant-e patron-ne... l’oreille attentive à ses conseils et leçons, émerveillé-e-s, ahuri-e-s1 parfois. Avez-vous imaginé que, pour donner à leurs collaborateurs une image digne des attentes de ceux-ci, et ceux-là pour plaire à leur patron, tous se précipiteront en voyage d’étude à Cancun, même si ce Cancun peut être ne sera que la raison sociale d’un nouveau solarium installé au bout de l’avenue de Messidor2. Pitoyables succédanés des sunlight des tropiques, là où l’amour se raconte en musique… Et pourtant,

Colliers de fleurs ! Vahinés ! Moorea !

Nouméa ! Tournez Canaques ! Cocotiers ! Chocos glacés

Le teint halé, haletants hélant leurs passés ahanés, les vieux beaux seront… vieux et les vieilles belles itou. Tristes tropiques. Certes, j’en conviens, tout, là-bas, s’imagine plus coloré, plus juteux, plus offert... : les fruits sont de la passion, la nature luxuriante, les oiseaux des pailleen-cul mais jaune est la fièvre et le moustique est tigré. J'ai comme un malaise en Malaisie.. 1. Ah, quelle inclusivité dans cette écriture 2. Messidor, le mois qui compte à son catalogue le jour du Solstice d’été, jour où l’astre rayonnant se trouve au zénith du Tropique du Cancer ( je sais, j’étale, j’étale )


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Et puis, quelque malveillant pourrait être tenté de casser l’ambiance; après tout, le tropique nordiste, celui du crabe, traverse d’aussi accueillantes contrées que le sud libyen, le Sahara ex-espagnol ou l’Arabie Saoudite… Il peut paraître étrange que ces 23° 27‘ puissent témoigner d’une fièvre... mais s’il ne s’agit que de se perdre et de perdre son sang froid, pourquoi pas ? Le notaire y perdra sa cravate et certains zôtres subiront l’effet papillon. Mais je m’égare, peut être aije quitté la plage pour m’enfoncer dans la jongle, dans l’arrière-pays, dans l’eau du lagon. Tempérons cet é-garnement : dans cette géographie rode la petite mort. Aujourd’hui 30 novembre, il neige entre La Clause et St Jean Sart, le froid est piquant et le prochain qui me parle du réchauffement climatique prendra une claque. Mes doigts sont gourds, une goutte pend à mon nez, alors vous savez, vos idées exotiques…. Je vous le dit tout net : choisir, sous nos latitudes ( 50° 51’ 01 ‘’ quand même) un tel sujet procède de la provocation ! Vous ne vous en tirerez pas comme cela, car… Mon coco ! 3

Bientôt Noël : On cherche un sapin bien droit, de jolies boules colorées,

ROY


des anges dans nos campagnes, on va chanter des cantiques... et au détour d’une page, on trouvera le plus beau d’entre eux : « Voici, tu es belle, mon amie ! Voici, tu es belle ! Tes yeux sont des colombes derrière ton voile; tes cheveux sont comme un troupeau de chèvres sur les pentes de la montagne de Galaad. Tes lèvres sont comme un fil écarlate, et ta bouche est charmante; ta joue est comme un quartier de grenade derrière ton voile. Ton cou est comme la tour de David, bâtie pour y suspendre des armures ; 1 000 boucliers y sont suspendus, tous les boucliers des hommes forts. Tes deux seins sont comme deux faons jumeaux d'une gazelle, qui paissent parmi les lys. »4

Votre ( bien ) dévoué Ghislain Royen Réponse de l'éditrice : Cadeau pour 2018

3. À l’adresse de ceux qui entendraient (à raison ) se gausser de cette référence commerciale pour un produit conçu sous le climat tropical de Chambery, qu’ils notent que ledit slogan a été trouvé par l’autodéclaré génial Thierry Ardisson. 4. Si si, c’est bien dans la bible, cela s’appelle le cantique des cantiques et il est dommage qu’on ne le lise pas plus souvent dans les célébrations… il y aurait plus de monde à l’église.


A CLOSE UP OF THE MAGNIFICENT MANGROVE FOREST


Jean-Jacques VANDENBROUCKE

« SANS LE JAZZ, LA VIE SERAIT UNE ERREUR… » (Boris VIAN)

Jean-Jacques VANDENBROUCKE a prêté le serment d’avocat en septembre 1975 au Barreau de TOURNAI. Membre à plusieurs reprises du Conseil de l’Ordre, il a été bâtonnier de 2012 à 2014. Pendant près de 30 ans, il a été Premier échevin de la Ville de COMINESWARNETON (ayant notamment eu la culture dans ses attributions) et président de nombreuses associations sportives et culturelles. Passionné de vélo, de Beaux arts, de musique, il reste très impliqué dans la vie associative de sa région.


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J'

ai organisé mon tout premier concert1 lorsque j’étais en première candi et, depuis, j’ai dû en organiser plusieurs centaines – je n’étais pas tout seul - , avec toujours le même plaisir du partage et des rencontres mais aussi avec le regret (le complexe ?) de ne pas être musicien moi-même2. J’affirme ici que les musiciens de blues et de jazz sont des gens très fréquentables. Ils sont passionnés, globe-trotters infatigables, curieux de tout, et pour la plupart d’entre eux, dotés d’un solide sens de l’humour. Fin des années quatre-vingts, avec une petite centaine de copains/pines (c’est la dernière fois que je fais usage de l’écriture inclusive, promis !), j’ai mis sur pied un festival de blues qui eut son heure de gloire, le Blues Rock Festival d’Houthem, avec des têtes d’affiche prestigieuses : Robben Ford3, Dr Feelgood, Rufus Thomas, Otis Grand, Alvin Lee, entre autres ! En 1997, nous avons décidé de mettre fin à cette belle aventure. Les financements devenaient plus compliqués ; les cigarettiers4 jusque là fort généreux ne pouvaient plus sponsoriser les événements musicaux. Bref, notre comité ne voulait pas connaître le déshonneur d’une déconfiture de l’ASBL. Il est vrai que nous étions entre-temps devenus des notables de province bien installés (on ne disait pas encore « bobos » à l’époque...) et qu’il eût été hautement préjudiciable à notre (bonne) réputation de ne pas honorer nos créanciers. Avec les quelques sous qui lui restaient, notre ASBL continua à organiser bon an mal an des concerts « juste pour nous faire plaisir ». Bj Scott (elle ne sévissait pas encore dans une infâme émission de télé crochet), El Fish, Big Dave, Dany Klein, Arno, Memo Gonsales, Gatemouth Brown, The Yardbirds (!), ...ont notamment fait la joie des retrouvailles annuelles des bénévoles de la glorieuse époque du Bues Rock Festival.

1. ARKHAM, avec notamment le regretté Paolo RADONI. 2. Même si j’ai joué – fort mal – de l’harmonica dans un groupe très éphémère, le Vandenbluesband…. 3. Robben Ford n’est pas venu… Il a filé à la dernière minute à MONTREUX (c’est plus prestigieux que HOUTHEM-COMINES, je vous l’accorde) ; ça vous donne une idée des joies de l’organisation d’un festival… 4. On a connu le temps des miss labellisées « Philip Morris » qui distribuaient des clopes aux festivaliers. O tempora, o mores !

VAN


En 2012, nous décidons de reprendre des activités musicales plus resserrées, au rythme d’un concert par mois. Notre association modifie sa raison sociale ; elle devient « ASBL OPEN MUSIC »5 et a pour ambition d’inviter régulièrement des musiciens de jazz. Du jazz, au sens large, « open music ». Nous pensons en effet que de Louis Amstrong à Eric Truffaz (ou Ambrose Akinmusire ou Ibrahim Malouf ou Avishai Cohen6 …, pour ne prendre que des trompettistes d’aujourd’hui), il y a toutes sortes de rythmes et de notes bleues, il y a tant de chants, de vibrations, tant de swing, de groove, de cool attitude(s), de bebop, de hardbop, de jazz-rock, de free, d’électro, tant de chagrins et de joie exprimés, d’exaltations et d’extases, qu’il serait dommage de nous en priver et de nous cantonner à un seul format de jazz. C’est un lieu commun – et je l’assume – que de rappeler que le jazz est avant tout la musique de la liberté, de l’impro, de la révolution toujours à faire, la bande-son de toutes les libérations. Non, le jazz ce n’est pas seulement de la (très bonne) musique, c’est aussi une manière de penser et de vivre7. A ce jour, nous avons organisé une soixantaine de concerts dans différentes salles de l’entité cominoise. Notre public est non seulement très réceptif mais aussi très fidèle (en moyenne 100 personnes par concert, ce qui constitue, en jazz/club, un record d’affluence en Fédération Wallonie-Bruxelles). Je vous concède bien volontiers que ce que je vous ai narré de la vie d’une association « organisatrice de concerts de jazz et de blues et autres bonnes musiques » n’a rien de bien original. Sachez cependant qu’à côté de l’ASBL OPEN MUSIC, nous avons lancé récemment une société coopérative8 pour acquérir un immeuble sur la Grand’place de COMINES (B) et l’aménager en véritable club de jazz.

5. Voir le site www.openmusicjazzclub.be 6. Il y a deux formidables Avishai Cohen, l’un est contrebassiste, l’autre est trompettiste. 7. (re)voir les œuvres « jazz » d’Alechinsky, de Matisse, de Van Dongen, de Paul Colin, d’Otto Dix, de Picasso, d’Andy Warhol, (re)lire Jean Cocteau (qui fut un batteur approximatif au Bœuf sur le Toit !), Georges Perec, Boris Vian ou Jack Kerouac et tant d’autres qui ont raconté leur jazz par leurs images ou leurs écrits. 8. SCRL LE CLUB (de jazz), 13, Place Sainte-Anne, à 7780 COMINES (B)


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VAN


En quelques mois, nous avons réuni près de 500.000 euros (les copains et les copines, voir supra …) ; le permis de construire a été obtenu et les travaux commencent « incessamment sous peu » pour transformer une ancienne boîte de nuit en club de jazz (pour une jauge de 150 personnes) avec scène, piano à queue, une mezzanine « horeca », un espace livres/cd’s, un studio pour les musiciens au 2e étage, le tout dans un décor postindustriel et sympa9, à Comines, entre Vlaanderen et la métropole lilloise. Je ne peux pas m’empêcher ici de vous recommander la lecture de « Monk »10 (Laurent De Wilde), qui nous entretient notamment de l’impérieuse nécessité de maintenir la tradition des clubs de jazz. (…) « Quand on est musicien, il y a beaucoup de choses que l’on n’apprend que sur scène (…). Le piano du club peut être affreusement faux sur une octave, il faut aller chercher ailleurs sur le clavier une expression satisfaisante (…). Un mauvais dîner absorbé à la hâte affecte l’humeur du trompettiste qui saute une ligne dans l’énoncé du thème. Le batteur, détourné un instant de son jeu par le sourire d’une fille, perd un temps et se met à l’envers (…) (…) Quand on est un jeune musicien, avec des idées précises et nouvelles sur le jazz, il est impératif de trouver un club où il sera possible de jouer régulièrement et qui servira de laboratoire (…) Voilà pourquoi les clubs de jazz ont joué un rôle tellement important dans le développement de cette musique et pourquoi il me semble préférable d’aller écouter des musiciens dans ce cadre plutôt qu’en concert où leur prestation perdra un peu de cette spontanéité si essentielle. »(…) Si tout va bien comme nous le voulons, l’ouverture du club aura lieu en début d’année 2019. Ce sera le début d’une nouvelle aventure, culturelle, communautaire, un brin utopique … de quelques cinglés qui, à Comines-Warneton, au bout du bout de la Wallonie, se relaieront tous les week-ends pour faire tourner la boîte parce qu’ils pensent encore et toujours que la musique adoucit les mœurs et que le jazz, open music, libère les esprits et encourage les énergies positives. 9. Pour l’ambiance et le décor, on lorgne plutôt du côté du Jazz Village et du Duc des Lombards que du Bim Huis (le cube de verre à Amsterdam qui est au club de jazz ce que Michael Buble est à Frank Sinatra …) 10. « Monk » de Laurent De Wilde, Folio 3009


le journal des avocats

Avec la volonté de partager leurs valeurs avec le plus grand nombre, et, grâce à cette modeste contribution dans « le journal des avocats », avec des avocats qui pensent avec Boris Vian que, sans le jazz, la vie serait une erreur … That’s all, folks !

Jean-Jacques Vandenbroucke, Ancien bâtonnier – Barreau de TOURNAI, fan de J.S. Bach, de Chostakovitch, de Mahler, d’Arvo Pärt, de Django Reinhardt, de Miles Davis (toutes périodes confondues), de Thelonious Monk, de John Coltrane, de Charlie Mingus, de Led Zeppelin, des Doors, de Georges Brassens, de Bobby Lapointe, de Claude Nougaro, de Johnny Cash, de Neil Young, de Glass Museum, de Dans Dans, de Charles Loos, d’Anthony Braxton, d’Antoine Pierre, de Mélanie de Biaso, d’Eric Lenigni, d’Aka Moon, de TaxiWars, d’Ivan Paduart et de Greg Houben11, et de centaines d’autres musiciens(-nes) qui nous rendent la vie plus belle.

Illustration de l’article par Gaël LE FUR, architecte, vice-président de l’ASBL OPEN MUSIC et de la SCRL LE CLUB (de jazz).

11. Ils ont joué hier soir à Comines et logent à la maison. Je ne peux pas décemment les oublier dans la liste de mes chouchous alors qu’ils jettent un coup d’œil sur l’article que je suis occupé à rédiger…

VAN


SUNSET ON THE BEACH TAKAMAKA, MAHE ISLAND, SEYCHELLES


Cavit YURT

L'ILLUSION DU PALMIER

Cavit Yurt est avocat au barreau de Bruxelles. Connaisseur averti du droit de la procédure pénale, il s'est spécialisé en droit pénal du roulage et en cassation pénale. Il consacre l'autre moitié de sa vie à l'illusionnisme. c.yurt@avocat.be


le journal des avocats

L'image est connue, régulièrement ressassée par les vagues récurrentes de notre insatisfaction : une plage de sable fin, une eau tellement pure qu'on en aperçoit le fond, un palmier enraciné à l'endroit précis où se prélasser devient possible. Le paradis sur terre. C'est peut-être une destination de lune de miel, le point de fuite de rêves d’ailleurs, un fond d'écran contrastant avec la forme du quotidien. C’est en tout cas l’une des définitions habituelles du paradis ici-bas. Mais est-ce réellement le cas ? Je lisais dans un passionnant livre consacré au vagabondage : « Dans nombre de films d’action, le but des protagonistes a été de voler une coquette somme d’argent (un million de dollars est toujours un bon montant) et s’enfuir vers quelque paradis tropical dans un coin au calme de la planète. Parvenir à ce paradis terrestre reculé, butin en mains, est ce qui constitue un happy ending – et peu de temps d’écran est consacré à ce qui se passe ensuite. Ceci implique que des liasses de billets et une planque tropicale fournissent les ingrédients idéaux du bonheur personnel, et que rien de mieux ne pourrait être exigé de la vie que de rester assis à ne rien faire et boire des cocktails de rhum jusqu’à ce que la Faucheuse finisse par vous appeler. Comme beaucoup de choses au cinéma, ce scénario est un cliché d’évasion, mais vous ne devez pas braquer une banque pour le prouver. En effet, emportez avec vous une somme modeste et légale – disons cinq mille dollars – vers une plage calme et peu chère au Guatemala, en Grèce ou à Goa et voyez ce qui se passe.

YUR


Selon toute vraisemblance, votre enthousiasme à rester assis à ne rien faire, enduit de crème, va s’évaporer avant votre argent. Ce n’est pas parce les plages tropicales dans ces lieux sont ennuyeuses (au contraire, ce sont parmi les plus beaux et merveilleux endroits au monde), mais parce que ce que la plupart des gens considèrent comme le paradis est défini par contraste avec les stress du quotidien. » (Rolf POTTS, Vagabonding : An Uncommon Guide to the Art of Long-Term World Travel, Villard Books, 2003, pp. 171-172, traduction libre de l’extrait) Je n’aurais pu mieux m’attaquer à l’illusion du palmier que ne l’a fait le voyageur Rolf Potts. Mais poursuivons la rêverie iconoclaste. Pourquoi, au-delà des tracas du quotidien, est-ce plutôt la plage que la haute montagne qui arrive en tête de nos images de rêves de félicité ? Qu’est-ce qui se cache derrière ces fonds d’écran dont nous peinons à voir le fond ? Est-ce la possibilité d’un hamac ou ce que Philippe Delerm appelle joliment les eaux troubles du mojito qui nous fait perdre la tête ? Je vais tenter une hypothèse symbolique plus antique : peut-être l’illusion du palmier réconcilie-t-elle de façon unique et irrésistible les quatre éléments, proposant de la sorte un illusoire équilibre à nos indicibles envies. Car il y a l'eau de l'océan, le feu du soleil, la terre du sable et l'air frais que permet l'ombre du palmier. Il y a la langueur océane, les rayons solaires et des grains changeant au gré du vent et des pieds nus. Ah ! Il faut que ces bruits et que ce mouvement Entrent dans mes poèmes et disent Pour moi ma vie indicible, ma vie D'enfant qui ne veut rien savoir, sinon Espérer éternellement des choses vagues Le poète Larbaud n’a pas dit ces vers devant une plage de sable fin, mais comme toute poésie, cette musique des mots résonne au-delà de son occurrence d’origine. L’illusion du palmier renvoie à notre vie indicible, à notre vie d’enfant qui ne veut rien savoir, sinon espérer éternellement des choses vagues. Caresser une illusion est peut-être plus agréable et rassurant que d'admettre le vide que cette illusion masque à la façon d'un exotique paravent. Car l'illusion du palmier revient à proposer, pour solution de remplacement au fatigant labeur quotidien, l'apaisant farniente éternel. Loin de moi l'idée de jeter le palmier avec l'eau de l'océan. Je veux juste lui restituer ses dimensions réelles : celui d'un arbre masquant en plein soleil la vacuité d’une réponse apportée à une question fondamentale, celle de la destination de notre temps.

Cy


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SWAMP PART OF DEEP TROPICAL FOREST SCENE


Tous en récré… Les femmes vont... apprécier !!! C'est un gars qui va au poste de police déclarer que sa femme a disparu : Le gars : Ma femme est partie faire les boutiques et elle n'est pas revenue depuis deux jours. Policier : Combien mesure-t-elle ? Le gars : Je ne lui ai jamais demandé. Policier : Maigre ou grosse ? Le gars : Pas maigre, elle est peut-être grosse. Policier : Couleur des yeux ? Le gars : Je ne pourrais pas vous dire. Policier : Couleur des cheveux ? Le gars : Je ne sais plus, elle change chaque mois. Policier : Qu'est-ce qu'elle portait ? Le gars : Une robe ou un pantalon... me rappelle plus exactement. Policier : Était-elle en voiture ? Le gars : Oui Policier : Description de la voiture, s'il vous plaît. Le gars : Une Audi RS4 V6 Bi-Turbo de 2,7 litres et 380 cv, couleur bleu Nogaro, avec une transmission Tiptronic semi-automatique à 6 rapports, rétroviseurs extérieurs brossés aluminium, phares à LED à faisceau matriciel, GPS intégré, sièges baquets en cuir signée Recaro et une légère égratignure sur la porte du conducteur. Et alors là, le gars se met à pleurer... Policier : On se calme, on va la retrouver, votre voiture…!

Terreur au mariage...

Samedi dernier, j'étais dans la salle des mariages de Namur pour celui d'un ami. Quand le bourgmestre a dit : "Si une personne s'oppose à ce mariage qu'elle se manifeste maintenant ou se taise à jamais". Alors du fond de la salle, une jolie jeune femme blonde enceinte s'est levée et s'est avancée dans l'allée avec un enfant de 3 ans. Le marié transpirait, la mariée s'est évanouie. Tous les cœurs battaient.

Arrivée devant le maire, elle a dit: "Quand on est derrière, on n’entend pas bien...".


Du cahier de l'éditeur

Le sermon tombé du ciel

Un jeune curé mexicain, très angoissé, est incapable de prononcer un seul mot le jour de son premier sermon. Le lendemain il va voir l'archevêque et lui demande quelques conseils pour être à la hauteur au sermon du dimanche suivant. L'archevêque lui conseille alors de se verser quelques gouttes de rhum dans un grand verre pour se sentir plus détendu. “Le dimanche suivant, le jeune prêtre suit le conseil et réussi à parler sans être paralysé, et sans avoir le trac. Plus tard, de retour à la sacristie, il trouve une lettre laissée par l'archevêque, ainsi rédigée : Mon Fils, La prochaine fois, mettez quelques gouttes de rhum dans un grand verre d'eau et non quelques gouttes d'eau dans la bouteille de rhum. D'autre part, je tiens à vous faire part des quelques observations suivantes, afin que vous amélioriez encore un peu vos prochains prônes. 1. Il n'est nul besoin de mettre une rondelle de citron sur le bord du calice. 2. Évitez de vous appuyer sur la statue de la Sainte Vierge et surtout, évitez de l'embrasser en la serrant étroitement dans vos bras. 3. Il y a 10 commandements et non pas 12. 4. Les apôtres étaient 12, non pas 7, et aucun n'était nain. 5. Nous ne parlons pas de Jésus Christ et ses apôtres comme de "JC & Co". 6. Nous ne nous référons pas à Judas comme à "ce fils de pute". 7. Vous ne devez pas parlez du Pape en disant "Le Parrain". 8. Ben Laden n'a rien à voir avec la mort de Jésus. 9. Les murailles qui se sont effondrées au septième jour ne se trouvaient pas à Mexico mais à Jéricho ! 10. L'eau bénite est faite pour bénir et non pour se rafraîchir la nuque. 11. Ne célébrez jamais la messe, assis sur les marches de l'autel. 12. Ponce Pilate a dit "vos histoires je m'en lave les mains", et non "vos conneries, je m'en bas les couilles". 13. Les hosties ne sont pas des gâteaux à apéritif à consommer avec le vin de messe. 14. Les pêcheurs iront en enfer et non "se faire enculer chez les papous". 15. L'initiative d'appeler les fidèles à danser était bonne, mais pas celle de faire la chenille dans l'église. 16. L'homme assis près de l'autel et que vous avez qualifié de "vieux pédé" et de "travelo en jupe", c'était moi... Pieusement vôtre L'Archevêque. PS : Jésus n'a pas été fusillé, mais crucifié


Le voleur de la bouteille Ă la mer


La jungle des perroquets


Du cahier de l'ĂŠditeur

Coloriage anti-stress pour avocats artistes


La jungle du jaguar


Du cahier de l'ĂŠditeur

Coloriage anti-stress pour artistes


L’avis du journal des avocats Certainement LA référence en matière de cuisine gastronomique italienne et ce à juste titre, la qualité des mets et du service est présente en tout ! Sous la baguette d’Americo Serfilippi, le charmant maître des lieux, qui promène son élégance décontractée de table en table, l'oeil du maître est partout, et cela, je vous l’assure, vous garantit toute la classe à l'italienne.

La carte, qui change très régulièrement avec les saisons, présente aussi de grands et rares classiques italiens. On propose ici une cuisine de produits de grande qualité et de mets raffinés.

Harmonie Harmonie gris et pourpre en salle, marbres de Vérone et de Carrare, verre de Murano et les beaux effets de marbre brillant, du stucco veneziano aux murs, c’est toute la chaleur et la douceur de l’Italie. Un repas à L’Opera de Waterloo est un voyage romantique et délicieux par la grâce d'une cuisine gastronomique raffinée initiée par Americo Serfilippi.


Ils ont prêté leur plume et leurs images… Nos plus vifs remerciements aux auteurs de ce numéro pour leur sympathique et toujours talentueuse collaboration.

Jean-Pierre BUYLE

Christian CAUWE

Jérôme COCHART

Francis DESTERBECK

Koen GEENS

François GLANSDORFF

France LAMBINET

Mathieu LAVENS

Gérard LEROY

Xavier MINY

David RAMET

Juliette RICHIR

Ghislain ROYEN

Jean-Jacques VANDENBROUCKE

Cavit YURT


ATTEINDRE LES PERSONNES

QUI COMPTENT

ILS SONT des gens cultivés une cible intelligente un monde très fermé des personnes surchargées il leur faut la diversité, la légèreté, la qualité, la nouveauté,... et si cela émane de leurs confrères, ils n'en sont que plus HEUREUX !

BRUSSEL & BRUXELLES

SORTIE du N°28 le 3 septembre 2018 Rédaction réservée à des auteurs des 2 barreaux de Bruxelles


OÙ RETROUVER TOUS NOS AUTEURS Dans vos numéros 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018 du -journal des avocats- vous retrouverez, classés par ordre alphabétique, les avocats, magistrats, juristes, auteurs et artistes suivants : Les auteurs du numéro HORS-SERIE du 1er septembre 2016 sont répertoriés par

A

Michel Amas Anne Ariën Roman Aydogdu

15 25 4 - 18

B

Jean-Pierre Babut du Marès Philippe Balleux Jochen Bauerreis (DE) Robrecht Bauwens Alain Berenboom Michel Benichou Pascal Bertrand Marina Blitz Julie Bockourt Pierre Bogaerts Olivier Bonfond Thierry Bontinck Stéphane Boonen Jacques Borlée (Coach) Xavier Born Pierre Bouchat (expert) Martine Bourmanne Jean-Pierre Bours Thierry Braibant Jean-Paul Brilmacker Christine Brüls Jean-Pierre Buyle

1 - 12 9 - 16 - 17 - 20 - 23 14 11 - 17 - 23 12

C

Sylvie Callewaert François Canonica Sandrine Carneroli Jean-Marc Carnicé Christian Cauwe Benoît Cerexhe Roger Chaidron Françoise Chauvaux Thérèse Chotteaux (sculptrice) Michel Claise Jérôme Cochart Daniela Coco Philippe Coenraets Marteen Colette (OVB) François Collon Olivier Collon Jean-Philippe Cordier Sébastien Courtoy Katrien Crauwels Guillaume Croissant

6 15

19

4 - 8 - 12 - 20 16 6 11 8 11

19

12 - 15 - 17 7 - 25 10 1-2-3-4-5-6-7 11 - 14 - 16 - 20 - - 23 - 27

10 15 4 15 27 11 8 - 11 - 12 - 18 - 19 4 11 9 13 - 27 8 - 9 - 10 3 - 19 4 7 1 - 20 17 15 26 9

D

Georges-Albert Dal Marc Dal Christian Dalne David Dandoy Jérôme Dayez Bruno Dayez Robert De Baerdemaecker Jérôme de Brouwer Stefaan De Clerck Jean de Codt Herman De Croo Jean-Pierre De Cuyper Jacques De Dobbeleer Vincent Defraiteur Isabelle De Jaegere Thierry Delaey Caroline Delaude (FR) Romain Delcoigne Caroline Delesie (FR) Stéphane de Lobkowicz Anna Dejonckheere Martine Delierneux Francis Delpérée François Dembour Willy Demeyer Didier Dequévy Nicole Deprez Guy De Reytere Yves Derwahl Aimery de Schoutheete Charline Desmecht François Dessy Francis Desterbeck Patrick Dewael Xavier Dewaide Bernard Dewit Denis Dobelstein Véronique Drehsen Caroline Dubois Nicolas Dubois Marie-Fraçoise Dubuffet Roland Dumas (Fr) Axel Dumont Marie Dupont

3 1 - 23 7 23 1 1-2-9 4 - 19 4 12 18 - 26 12 - 17 12 4 1-3 17 - 23 14 11 11 14 8 6 - 20 - 22 - 24 - 26 2 - 25 7 25 12 4 2 - 5 - 19 - 23 4 10 5 - 6 - 7 - 9 - 12 - 14 - 15 16 - 17 - 20 - 21 - 23 27 11 11 15 2 1 - 2 - 10 4 6 11 3 - 21 7


le journal des avocats

E

F

G

H

Isabelle Ekierman Elie Elkaim (CH) Marie-Céline Elleboudt Vincent Engel (écrivain) Alexis Ewbank Pascal Eydoux

4 14 8 11 18

Marine Fabbricotti Maxime Fabry Julien Feltz Christiane Féral-Schuhl Benoît Feron Jérôme Flahaut Nathalie Fonsny Roland Forestini Michel Forges Jean-Jacques Forrer Alezio Fulmini

10 13 - 20 13 9 2 - 11 13 18 5 - 19 15 - 20 - 21 24

4 - - 27 11 - 18 - 26 1 - 2 - 5 - 21 - 26 16 11 2 20 2

Andrea Haas Olivier Hamal Bernard Hanotiau

16 11 9

Paul Hautecler (architecte) Klaus Heinemann Marie-Paule Helpens Astrid & Alexandra Heykens Patrick Henry Pierre Henry Delphine Heritier Elvira Heyen Jean-Paul Hordies Guy Horsmans Frédéric Huart Jean-Damien Huberty

11 12 5 - 18 26 5 - 12 -

Olivier Haenecour

I

Guido Imfeld

20

J

Valentin Jadot Alain Jacobs-von Arnauld

9 4 - 9 - 12 - 18 - 21 - 24 - 22 26 20 8 4

Laila Jalajel

Edward Janssens Christian Jassogne Ingrid Jodocy Dominique Jossart

K

18 - 19 - 20 - 22 - 23 - 26 27 24

Patrick Geelhand de Merxem Koen Geens Ruthven Gemmell WS Vincent Ghislain Alexandre Gillain François Glansdorff Didier Goeminne Jean-Marc Gollier Michel Graindorge Vincent Grévy Simon Gronowsky Anne Gruwez Emmanuel Gueulette

20 26 24 3 - 4 - 25 22 3

ABC

L

Axel Kittel Charles Kaisin Michel Kaiser Charles Kaufhold Philippe Kenel Andreas Keutgen Louis Krack

3 11 4 14 17 - 23

Vinciane Labeye Marie-Jo Lafontaine (artiste) Karl-Heinz Lambertz France Lambinet Hugo Lamon Frédéric Laurent Véronique Laurent Mathieu Lavens Marc Lazarus Daniel Leclercq Juan Le Clercq Cédric Lefèbvre Pierre Legros Eric Lemmens Rolf Lennertz Serge Léonard Antoine Leroy Gérard Leroy

5 11 1-9 13 - 27 19 - 21 - 26 16 3 - 10 13 - 17 - 27 1 - 26 22 4 3 - 25 3 4 - 8 - 23 - 26 8 2 - 11 3 1 - 2 - 3 - 5 - 6 - 7 - 8 -9 15 - 17 - 20 - 22 - 23 - 26 - 27 2-5 24 22 14 5 12

Luc Lethé

Matthew Levitt Jean-François Libert Laurent Liégeois Vincent Lurquin Aurelia Luypaerts

19

22 - 23


M

O

P

Robert MacLean Xavier Magnée Michel Mahieu Bernard Mairiaux Jacques Malherbe Dominique Matthys Christophe Marchand Luc-Pierre Maréchal Bee Marique Paul Martens Amandine Martin Christine Matray Cécile Meert Jan Meerts Hugh Mercer Jean-Pol Meynaert Wilfried Meynet Yola Minatchy Xavier Miny Luc Misson Stéphanie Moor Pierre Moreau François Motulsky Céline Mouthuy

24 4 - 16 4 8 9 18 - - 26 9

Judith Orban Martin Orban Yves Oschinsky Marco Ossena Cantara

13 - 26 4 48 - 9 - 15

Mathieu Parret Alice Pastor (MC) Pierre Paulus de Châtelet Jean-Baptiste Petitat Alix Philippe Marie-Françoise Plissart Marie-Andrée Pieters Alexandre Pirson Claude Pirson Damien Poncelet Corinne Poncin Andrée Puttemans

13 14 2-4 19 5 5 16 13 10 13 1-2 10

13 1 13 2 - 10 6 25 24 1 14 5-6 7 - 13 - 15 - 17 - 27 1 3 - 7 - 24 18 9 - 26 16

R

S

Carole Raabe David Ramet Frédéric Reard Myriam Rémion Bernard Renson Pierre-Jean Richard Juliette Richir Jean-Marc Rigaux Yohann Rimokh Jean-Philippe Rivière Jacqueline Rousseaux Ghislain Royen

7 27 11 - 19 20 - 21 - 22 - 25 11 1 - 2 - 5 - 15 - 22 27 16 - 18 - 22 6 - 11 - 19 - 21

Myriam Royen (son épouse) Anne-Sophie Rutsaert

2 3 - 4 - 6 - 8 - 9 -11 12 - 17 - 19 - 21 - 24 - 27 11 11

Jean Saint-Ghislain Arianne Salve Nicolas Saspi (photographe) Vincent Sauvage Frank Samson André-Marie Servais Pierre-Dominique Schupp (CH) Pierre Sculier Alain Smetryns (Magistrat) Luc Simonet Jehanne Sosson Pierre-Marie Sproockeels Marcel Siraut Daniel Spreutels Frank Spruyt Benoît Stévart Jo Stevens (OVB)

4 13 - 15 - 22 11 8 - 23 17 4 14 16 11 3-6 1 - 10 - 20 - 21 - 22 9 - 21 - 23 1 25 8 4 - 20 4


le journal des avocats

T

Fabienne Tainmont Alex Tallon Marc Taylor Patrick Thevissen Eric Therer Nicolas Thieltgen (GDL) Pierre-Yves Thoumsin Catherine Toussaint Miguel Troncoso Ferrer

23 14 24 1 22 14 13 - 24 26 7

V

Gauthier Vael Louis Van Bunnen Tamar Van Colenberghe Dirk Van Gerven Catherine Van Gheluwe Xavier Van Gils Jean Van Rossum Jozef Van Waeyenberge Séverine Vandekerkove Jean-Jacques Vandenbroucke Claude Vanwelde Benjamin Venet Kathleen Vercraeye Benjamin Verheye Guy Verhofstadt Liliane Versluys Kati Verstrepen Samuel Vieslet François Vincke François Viseur Michel Vlies Olivier Vrins

19 2-3-6 13 11 - 16 - 22 4 - 17 - 25 4 24 11 3 27 7 - 21 3 16 19 - 22 11 9 - 10 - 19 - 24 - 26 19 13 17 25 8 5 - 6 - 7 - 8 - 9 - 15

ABC

W

Jean-Paul Wahl Jennifer Waldron Alexandre Wattiez-Raemaekers Vincent Wauthoz Christophe Wilner Pierre Winand Anne Witmeur Hippolyte Wouters Paul Wouters

5 - 18 2 15 6 25 4 23 1 - 22

Y

Victor Yangandi Cavit Yurt Y Onur Yurt

22 3 - 5 - 6 - 11 - 14 - 16 17 - 18 - 20 - 21 - 22 - 23 24 - 25 - 26 - 27 4 - 11 - 17 - 18 - 20

Marie Zagheden

6 - 21

Z

Les opinions exprimées par les auteurs n’engagent qu’eux-mêmes et ne reflètent pas nécessairement celles des éditeurs. La présentation de nos auteurs est toujours rédigée par chacun d’eux.


Ma couverture noire est lavable

Editeur responsable : Myriam Robert-César Conception Coordination générale Direction artistique : Myriam Robert-César +32 475 907 901 Ont collaboré à ce numéro : les Ministre, Présidents, Bâtonniers, Magistrats et Avocats suivants : - Jean-Pierre Buyle - Christian Cauwe - Jérôme Cochart - Francis Desterbeck - Koen Geens - François Glansdorff - France Lambinet - Mathieu Lavens - Gérard Leroy - Xavier Miny - David Ramet - Juliette Richir - Ghislain Royen - Jean-Jacques Vandenbroucke - Cavit Yurt Pour proposer votre collaboration rédactionnelle En cas de changement d’adresse Pour commander des exemplaires supplémentaires Pour vous abonner Pour toute insertion publicitaire Envoyez simplement un e-mail à info@journaldesavocats.com ou téléphonez au +32 (0)475 907 901 Mise au net Anthony Lackner - Peek's +32 (0)495 340 590 Imprimé en Belgique Imprimé sur papier FSC et ECF Papier Multi Art Silk – Intérieur en 150 gr. - Couverture en 300 gr. Finition : Pelliculage mat soft-touch Embellissement au vernis à chaud Dépôt légal : Année 2018 - 1er trimestre Edité par : Alligators & Cie s.a. Boulevard du Souverain, 47/2 Bruxelles +32 (0)2 688 15 57


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le journal des avocats - N°27 magazine de loisirs • sans connotation juridique • printemps 2018

Journal des avocats - N°27  

EXOTIQUE & TROPICAL. Save the tropical Forest

Journal des avocats - N°27  

EXOTIQUE & TROPICAL. Save the tropical Forest

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