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Congrès de Nîmes Méditation du chapelet par le Père Gilles MICHEL Aumônier de l’Hospitalité Jean-Paul II Le chapelet est une prière ancienne. Dans sa forme actuelle, elle date du XIIe siècle. Mais on lui fait parfois quelques reproches : - « C’est une prière mécanique ». Peut-être un peu dans sa forme. Mais elle est comme une chaîne qui nous retient pour un temps en présence de Jésus et de Marie. - « On a sans cesse des distractions ». Oui mais c’est comme quand on est en présence de quelqu’un qu’on aime. Même si on ne le fixe pas sans cesse, il est là et ça suffit. - « C’est toujours pareil ». Répéter les même mots à la Vierge Marie, lui dire qu’on l’aime, ça ne la fatigue pas du tout ! Réciter le chapelet, c’est faire la joie de Marie. Dès son origine, la prière du chapelet est la prière des pauvres, de ceux qui ne savent pas lire, qui n’ont pas d’accès à la culture. C’est pour cette

raison qu’il a une place de choix à Lourdes, où les petits sont les premiers. En récitant le chapelet, nous avons tous des intentions particulières, des personnes qui nous sont chères. Mais il ne faudrait pas que cela absorbe tout notre esprit. Citons-les en commençant, puis laissons-nous guider par la méditation. Au cours de ce chapelet, je vous propose de ne rien demander de précis. Pas besoin de l’informer, le Seigneur sait ce qu’il nous faut et il nous le donnera, avant même que nous l’ayons réclamé. Ayons confiance et demandons-lui seulement de nous ouvrir à ses dons. C’est le sens des mystères douloureux : mystères d’abandon, de confiance et d’amour. Et c’est bien ce que nous montre la Vierge-Marie, elle qui n’a prié qu’une chose dans sa vie : « Que ta volonté soit faite ».


Mystères douloureux 1-Jésus est condamné à mort Cette condamnation du Seigneur nous projette en arrière dans le temps et nous revoyons Jérusalem, Pilate et ses soldats, la foule haineuse. Mais cette condamnation nous parle aussi aujourd’hui et nous rappelle que la condition humaine est une condition mortelle. Même si l’homme fait beaucoup de progrès, et même s’il en rêve, il ne changera pas son destin fatal. Le slogan : « Demain ça ira mieux », a bien des limites ! Seul le chemin ouvert par Jésus nous ouvre une véritable espérance. Nous voulons la vie, Dieu nous donnera la vie éternelle. « C’est dans le cœur de Jésus que je trouverai la douceur et la patience dans les épreuves ; C’est dans le cœur de Jésus que je trouverai la vraie consolation ». Ste Bernadette. 2-Jésus est chargé de sa croix Chercher à éviter les épreuves de la vie, ce serait se faire illusion. Personne ne peut y échapper, puisqu’elles font partie de la condition humaine depuis le péché originel. Du reste, le Seigneur dans

sa vie mortelle les a toutes acceptées. Cela me fait penser à la réflexion de Péguy : « Vous pouvez tout dire à Dieu. Il entend tous vos cris, vos doutes, vos révoltes. Mais il y a une chose que vous ne pouvez pas lui dire c’est : Mon Dieu, vous ne savez pas ce que c’est souffrir et mourir ». Le Seigneur nous a rejoints et il nous donne la force divine pour pouvoir porter les épreuves. Ou plus justement, il nous assure de sa présence en toutes circonstances. Nous ne sommes jamais seuls. « Je veux vous suivre O mon Jésus, et vous imiter. J’aime mieux être crucifiée avec vous que de gouter sans vous les délices du monde ». Ste B 3-Jésus est dépouillé de ses vêtements Il faut voir les 2 aspects de ce mystère : la misère de l’homme et en même temps sa dignité. Au-delà de ses apparences et de ses fragilités, quand on a enlevé ce qui se voit, l’être humain possède une incroyable dignité, celle d’être à image de Dieu. Le Sgr nous apprend toujours à garder cette dignité et aider les autres à la garder. Et c’est un des objectifs que nous nous fixons dans nos hospitalités, montrer


à nos frères malades qu’ils ont la même dignité que tous. On pourra tout nous prendre en ce monde, mais personne ne pourra nous enlever la foi, l’espérance et la charité. « Je ne vivrai pas un seul instant que je ne le passe en aimant. Celui qui aime fait tout sans peine, ou alors, sa peine, il l’aime ». Ste B 4-Jésus est cloué sur la croix Les clous semblent attacher Jésus, l’immobiliser. Extérieurement, il ne peut plus rien faire. Mais c’est oublier sa force intérieure. En cet instant, il est totalement libre et il donne librement sa vie. Nous comprenons aussi qu’il veut nous rendre libres, des pressions, des influences, des modes, de la force, de la peur, et même de toute autorité qui ne serait pas selon le cœur de Dieu. « O vous qui cherchez l’affection des créatures parce que vous avez besoin d’être aimée, venez à Jésus eucharistie et puisez la joie à la source du salut. Je suis plus heureuse ici avec lui, qu’une reine sur son trône ». Ste B

5-Jésus meurt sur la croix « Jésus rendit l’esprit ». Cette expression n’est pas celle d’un instant. C’est tous les jours de sa vie qu’il s’est « essoufflé » pour nous. Certains traduisent par : « Il remit l’Esprit ». Une simple majuscule nous projette à Pentecôte, aboutissement de l’amour qui se donne définitivement. Cette scène résume tous les moments de désespoir où l’homme se sent si impuissant, découragé, aigri, dans sa vie. Et pourtant, alors qu’il y aurait à désespérer de tout et de tous, Dieu espère encore. On pourrait presque dire que Dieu croit en nous, qu’il croit en moi. Comment pourrions-nous le décevoir ? Qu’il fasse de nous de courageux témoins de l’espérance. « Je ferai tout pour le ciel. Là, je trouverai ma Mère dans sa gloire et avec elle je recevrai le bonheur de Jésus lui-même ». Ste B


Chapelet