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Conservation et recherches

Une plante du Pérou dédiée par J. Dombey, parfait explorateur, à Claret de la Tourrette

Q

ui était Joseph Dombey ? (1742, Mâcon – 1794, Montserrat, Antilles). Suite à des études de médecine à la faculté de Montpellier, J. Dombey devient Docteur le 3 juillet 1767. Il ne souhaite pas être médecin, car ses maîtres Gouan et Cusson, lui font préférer la Botanique. Ses premières herborisations se font dans les Pyrénées dont la flore est peu étudiée et identifiée ; l’herbier Claret de la Tourrette du Jardin botanique de Lyon, renferme quelques parts pyrénéennes. C’est en parcourant les Alpes qu’il fait connaissance avec Jean-Jacques Rousseau dont il devient l’ami et ce dernier le recommande au grand naturaliste Buffon à Paris. Le 27 août 1776, Louis XVI le désigne Botaniste du Roy, et il accepte de faire un voyage d’exploration au Pérou encore mal connu. Pour s’y rendre il reçoit l’autorisation du roi d’Espagne, et C.G. Ortega, professeur au Jardin Royal de Madrid demande qu’il soit accompagné de 2 naturalistes espagnols : H. Ruiz, J. Pavon, et de 2 secrétaires : J. Brunette, I. Galvez, car le Pérou appartient à l’Espagne. Le départ a lieu le 28 octobre 1777. Lors de cette expédition J. Dombey est sans cesse confronté à des mesquineries, des jalousies et de la calomnie de la part de ses accompagnateurs espagnols, et il n’a de cesse de vouloir préserver le fruit de ses découvertes pour son pays. Hélas, tout ce travail sera dispersé et gardé jalousement en Espagne. Il passe 4 années au Pérou et 20 mois au Chili. Il revient malade à Paris en 1785, puis s’installe en 1786 à Gex (département de l’Ain) pour retrouver une meilleure santé. En 1793 il se retire à Lyon, et il part en 1794 pour la Guadeloupe, voyage qui se termine tragiquement : il est emprisonné par les Anglais à Montserrat où il décède le 18 octobre 1794. Au Jardin botanique du Parc de 44 • Sauvages & Cultivées - Décembre 2014

J. Dombey. Cette part contient également un fruit et des graines est ainsi décrits par Claret de la Tourrette : « Capsule renflée comme la lampourde... Les premières semences n’ont pas pu lever au jardin du roi, ni dans le mien. Elles ont levé au jardin du roi en 1784,1785 ». J. Dombey en fait la description en latin. J. Dombey, ce remarquable botaniste s’intéressait également aux plantes médicinales et comestibles et aux pratiques médicales des indiens.

Tourrettia lappacea, fruit récolté par J. Dombey au Pérou vers 1781 et plante cultivée au Jardin du Roy à partir de ses semences

la Tête d’Or à Lyon, l’herbier de Claret de la Tourrette (Conseiller à la Cour des monnaies, secrétaire perpétuel de l’Académie de Lyon) contient des parts de J. Dombey découvertes par Mme Jeannine Monnier (descendante d’un neveu du botaniste Ph. Commerson) au cours du dépouillement de liasses d’herbier. Elle y trouve notamment la plante Tourrettia dédiée à Claret de la Tourrette, accompagnée de la lettre de J. Dombey. Il s’agit de Tourrettia lappacea (L’Hér.) Willd. Synonymes Dombeya lappacea L’Hér., Tourretia volubilis Gmel.J.F. Nom vernaculaire : tourrette hérissonnée, famille des Bignoniacées. Comme expliqué sur l’annotation de cette part d’herbier, cette plante provient de la culture à partir de graines envoyées du Pérou par

Le quinoa : il découvre une petite graine, celle du Quinoa qui ne le laisse pas indifférent « il serait intéressant de le répandre en Europe. Les montagnes qui produisent le quinoa ont la température du printemps de Paris. Cette graine cultivée en France coûteroît moins cher que le riz. On ne saurait multiplier les choses utiles au bien de nos semblables. ». Les conquérants espagnols ne voient aucun avenir dans le quinoa qui n’est pas une céréale, qui doit être lavé avant d’être utilisé et dont la farine, en l ‘absence de gluten, n’est pas panifiable. J. Dombey, prépare un envoi de graines en France, mais le succès de Chenopodium quinoa L. en Europe attendra le XXe siècle. Il avait remarqué la variété aux graines blanches et celle aux graines rouges, cette dernière en décoction prévient des ecchymoses. Le quinquina : dès 1663, dans la province de Loxa, les jésuites utilisent l’écorce du Quinquina de Loxa, Cinchona officinalis L. pour soigner la malaria. J. Dombey découvre à Huanuco de nouvelles espèces de Quinquina « On commence à en apporter à Lima et si l’Europe le trouve aussi bon que celui de Loxa ce sera une richesse pour cette province et une nouvelle branche de commerce commence pour Lima ».   Il y a le rouge : Cinchona pubescent

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Sauvages et cultivées 2014  

Revue du Jardin botanique de la ville de Lyon, N° 6 edition 2014

Sauvages et cultivées 2014  

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