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Propriétés médicinales traditionnelles De par leur composition chimique, les bégonias ont été identifiés et reconnus pour leurs propriétés médicinales, mais aussi pour certains troubles qu’ils peuvent causer. Certains sont très riches en oxalate et en curcurbitine ; ils peuvent provoquer des crises d‘anémie très graves et empêcher l’absorption de calcium. Dans beaucoup de pays, ces médecines traditionnelles sont très employées et l’intérêt porté à certaines espèces plus utilisées s’avère être la cause de leur déclin, comme Begonia glabra en Guyane et Begonia fimbristipula au Yunnan (Chine). Ils contiennent aussi de la rutine (glucoside contenu dans divers végétaux, ex: Ruta) contre les troubles veineux et capillaires. En Chine, déjà en 1765 paraît un fascicule sur les propriétés médicales des bégonias. Dans ce pays, les rhizomes et les feuilles de Begonia fimbristipula sont utilisés contre les maux d’estomac et de la rate. Les décoctions de feuilles servent à calmer les maux de dents, de gencives et les infections urinaires.

© E.Bouquet

La vie des plantes

Begonia glabra var. glabra

Les bégonias ont aussi des propriétés antioxydantes. On les mélange à du thé ou à des tisanes pour soigner les rhumes et les rhumatismes. Les feuilles de Begonia luxurians sont utilisées en décoction contre la fièvre. Les indigènes de la République Dominicaine servent en boissons chaudes Begonia dominicalis contre les coups de froid. Au Brésil, Begonia

bahensis contient des produits actifs contre des bactéries et est antipyrétique. En Amérique du Sud, certains bégonias sont utilisés contre le scorbut et les maladies vénériennes. Les tiges et les feuilles de Begonia glabra contiennent de la saponine, des tanins, des flavonoïdes (dérivés de diverses matières colorantes naturelles d’origine végétale et certaines vitamines B), des polyphénols (dérivés du benzène). Les indiens du Surinam et de Guyane font mâcher les feuilles aux petits enfants et l’utilisent beaucoup dans leurs médecines traditionnelles. Ce bégonia est très recherché, sarmenteux il pousse sur les arbres, qui sont abattus pour pouvoir le récolter, les feuilles se vendent 40 à 50 euros le kilo sur les marchés locaux. •  evelyne BOUqUeT, JaRdinieR

BOTanisTe

Bibliographie : Cuerrier Alain: « Les bégonias passent à table » Quatre-Temps: Volume 34, numéro 1: Bégonia Mania. Mars 2010 (volume 34, numéro 1). Duclos Jérôme (2003). Begoniaceae et ethnobotanique. Conservatoire du Begonia. Publication interne. http://www.begonia. rochefort.fr/ethnobot.htm]

Histoire de camellias et de leur serre

L

© F . Pautz

a culture du camellia (ou camélia) à des fins ornementales, en Chine remonte environ à 5 000 ans. Une espèce

La serre aux camellias du Jardin botanique 36 • Sauvages & Cultivées - Décembre 2014

particulière sert à la fabrication du thé, Camellia sinensis. Le camellia doit son nom à l’hommage rendu par Karl Linné à

Georges Joseph Kamel, Jésuite missionnaire, apothicaire et botaniste du XVII e siècle. Le premier camellia introduit en Europe l’aurait été au Portugal au XVII e siècle. Mais son histoire y commence vraiment au XVIIIe siècle en Angleterre où, en raison du climat, il est cultivé sous serre. En effet, lors de leurs voyages, les Anglais ramenaient beaucoup de végétaux. En 1739, voulant se procurer du thé (Camellia sinensis) ils en cultivent sur leur sol les premiers pieds ; ils importent également Camellia japonica pour la beauté de ses fleurs, plante alors réservée à une élite car rare est très chère. Puis le camellia se répandit très rapidement en Europe, dans les cours royales ; Georges III en fit planter

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Sauvages et cultivées 2014  

Revue du Jardin botanique de la ville de Lyon, N° 6 edition 2014

Sauvages et cultivées 2014  

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