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La vie des plantes comme les Dolichopoda, membres français de cette même famille (les Rhaphidophoridae). Elle est omnivore et ne semble pas faire de dégâts vraiment préjudiciables aux cultures contrairement aux blattes, autres habitantes des serres chaudes. La bibliographie indique la présence d’adultes sur l’ensemble de l’année (Bellmann & Luquet, 2009 et Baur, 2006) sans préciser s’il s’agit d’observations dans le milieu naturel ou en serre. A Lyon, il semblerait que l’accouplement ait lieu généralement vers août-septembre. La femelle va pondre jusqu’à 800 œufs qu’elle enfoncera en terre grâce à son oviscapte. L’éclosion a lieu au bout de 3-4 mois et le développement (larve et adulte) demande 6 à 7 mois (Chopard, 1952). Des observations menées dans les petites serres du Jardin botanique de Lyon courant janvier 2014, nous ont permis d’observer quelques dizaines d’individus, tous juvéniles. N’ayant prospecté qu’une seule soirée en ce début d’année, on peut admettre avoir manqué des individus adultes isolés. Cette forte proportion de juvéniles à cette période confirmerait les pontes automnales mentionnées par la littérature. Comme cité plus haut, les Rhaphidophoridae sont représentés en France par le genre Dolichopoda, confiné au sud du pays. On différencie D. asynamora des Dolichopoda par le nombre d’épines sur les tibias des pattes postérieures (entre 50 et 80 chez D. asynamora et moins de 30

chez Dolichopoda) et surtout, au premier regard, par la forme des fémurs des pattes postérieures, beaucoup plus larges chez D. asynamora. Cette détermination s’appuie sur des ouvrages européens, ne considérant que la présence de D. asynamora sur ce territoire. Nous pouvons émettre l’hypothèse de l’introduction d’espèces proches dans le même cas de figure. D. japanica Blatchley, 1920 est signalée aux Etats-Unis en situation identique (bugguide.net). L’identité des populations signalées en France et en Europe mériterait d’être vérifiée avec des ouvrages plus exhaustifs, incluant des clés du genre Diestrammena. Les populations de Lyon ne feront pas exception à cette vérification. Origine de l’introduction et de l’expansion Cette espèce, originaire d’Asie (Chine, Japon), a une répartition encore mal circonscrite. Elle est devenue cosmopolite suite à des introductions involontaires. Son origine tropicale et son mode de dissémination anthropique la confine sous notre climat aux situations artificielles et notamment aux serres des jardins botaniques. Cette situation écologique très particulière peut sembler étonnante. Elle résulte très probablement d’une dispersion de l’espèce via des œufs placés dans le substrat des pots de plantes échangées entre institutions botaniques mais aussi par les conditions rencontrées par cette espèce dans les serres chaudes et humides.

© P. Dubois

Etats des lieux sur les localités en milieu artificiel

Spécimen en train de muer au revers d’une tablette de culture 30 • Sauvages & Cultivées - Décembre 2014

Mentions historiques Cette espèce est signalée de situation artificielle dès la fin du XIXe siècle (1891) en République Tchèque au Jardin botanique de Prague. Puis elle fut notée rapidement dans d’autres pays européens comme l’Allemagne, l’Italie, l’Angleterre, le Danemark, la France, mais aussi aux Etats-

Unis et au Canada. C’est d’ailleurs à partir d’une population vivant sous serre à Saint-Pétersbourg (Russie), que cette espèce fut décrite en 1902 par N. N. Adelung. En France, L. Chopard (1952) l’indique dans des serres de Lille, Paris, Tours, Amboise, Châtellerault, Clermont-Ferrand, Vichy, Saint-Max près de Nancy, Parc de la Tête d’Or à Lyon (Remy, 1941), Tournus, Strasbourg et de Schweighouse-sur-Moder. Selon les cas, il s’agit de serres de jardins botaniques ou de serres de production horticole, mais sans précision dans le texte. Mentions actuelles Dans le but d’actualiser les données, plusieurs jardins botaniques ont été contactés. Le choix s’est orienté vers des structures ayant été mentionnées historiquement pour la présence de Diestrammena (Clermont, Strasbourg) et quelques autres structures botaniques ayant des installations chauffées (Amiens, Besançon, Bordeaux, Caen, Mont-pellier, Nancy, Nantes, Nice, Rouen et Jardin des Serres d’Auteuil à Paris). Un grand nombre de mentions historiques correspondent à des structures désormais détruites. Plusieurs réponses nous sont parvenues, dont quelques bonnes surprises. Des populations sont connues au Jardin botanique de Strasbourg (S. Hugel, 2011), aux serres du Muséum d’Histoire Naturelle de Paris (com. pers. B. Noël, 2013) et au Parc de la Tête d’Or, plus précisément dans les serres du Jardin botanique et à la fauverie du Jardin zoologique (J-F Thomas, obs. 2013). Une population fut découverte à Yzeure (03) en 1998 dans la serre d’un horticulteur mais elle disparut du site en raison de la destruction de la serre qui l’abritait (com. pers. S. Puissant, 2013). Il existait des mentions historiques sur Amboise et Tours. Un passage récent (avril 2014) dans les nouvelles installations du Jardin botanique de Tours (les anciennes ayant été détruites) n’a donné aucun résultat. L’hypothèse d’une

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Sauvages et cultivées 2014  

Revue du Jardin botanique de la ville de Lyon, N° 6 edition 2014

Sauvages et cultivées 2014  

Revue du Jardin botanique de la ville de Lyon, N° 6 edition 2014

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