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SAVOIR ET FORMATION

LES NOUVEAUX ENJEUX DE CRÉATION D’EMPLOIS ET DE RICHESSE ÉCONOMIQUE

Andrée De serres

UNE AUTRE RÉVOLUTION INDUSTRIELLE EN COURS!

P

roductivité, innovation : voilà deux concepts populaires dont il est souvent question. A-t-on pour autant compris quelles en sont les implications pour les entreprises du secteur immobilier au Québec ?

Qu’en est-il pour les entreprises en immobilier au Québec et au Canada ? Comme l’immobilier est associé à un des besoins essentiels pour les humains et pour les entreprises, certains entrepreneurs et gestionnaires peuvent être tentés de croire que la demande pour leurs services est locale et les expose moins à de nouveaux concurrents et qu’en conséquence, ils peuvent continuer à offrir leurs services et produits en conservant leur modèle d’affaires actuel et demeurer à l’abri de ces diktats de productivité et d’innovation. La réalité semble être tout autre !

Nous vivons dans une époque fébrile marquée par un rythme intense d’innovations. Une partie d’entre elles provient des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC), de la robotique, de l’infonuagique, de nouveaux procédés industriels, etc. Une autre partie est liée à l’ingénierie financière, à l’ingénierie contractuelle, à la gestion des risques et à la gestion de projet. Résultat : le potentiel de changement est à ce point important qu’on évoque une nouvelle révolution industrielle.

Dans ce nouveau contexte, l’innovation, maître mot, est devenue le principal facteur de productivité. Innover peut favoriser la réduction des coûts, mais aussi conduire à faire les choses différemment. L’innovation peut viser l’amélioration de produits existants, de leurs caractéristiques, de leur processus de production ou de distribution. Elle intervient aussi dans le mode d’organisation, la stratégie et le modèle d’affaires. Levier de progrès pour les uns, épée de Damoclès pour les autres, l’innovation peut devenir un poids pour les entreprises et les travailleurs qui sont « condamnés » à s’adapter et à changer pour faire partie de cette nouvelle économie.

photo : istockphoto par sekulicn

Considérée comme une fracture numérique générationnelle et culturelle, cette révolution ne produit pas que des effets positifs sur le plan social, politique et économique. On sait maintenant que l’informatisation et l’automatisation sont appelées à remplacer les tâches répétitives, routinières et sujettes à l’erreur humaine. Les machines sont de plus en plus intelligentes et nécessitent de moins en moins d’intervention de travailleurs pour exécuter leurs tâches détruisant, du même coup, comme un rouleau compresseur, de nombreux emplois routiniers au fur et à mesure que progresse la conquête technologique. Ce changement de paradigme s’accompagne d’une hausse croissante d’inégalités entre les travailleurs qualifiés et ceux qui ne le sont plus. Paradoxalement, l’apport de cette main-d’œuvre qualifiée se transforme en vecteur de création de valeur des entreprises, véritable capital humain indispensable à sa pérennité. Le management est l’un des métiers à valeur ajoutée, sous réserve que les gestionnaires sachent conjuguer compétences techniques et habiletés en analyse critique, en résolution de problèmes, en gestion du temps et en communication, habiletés que les automates n’ont pas encore réussi à remplacer.

Andrée De Serres, LL.L, MBA, Ph. D., est titulaire de la Chaire Ivanhoé Cambridge d’immobilier ESG UQAM. Été ­­2014 —

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Maintenance volume 4 - numéro 2  

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