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Le Magazine Immobilier commercial vol. 6 no 1

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ENTREVUE

PHOTO : COLLECTION PERSONNELLE DE CHARLES BRONFMAN

L’anecdote relatée par Stephen Bronfman vaut la peine d’être contée. En 1939, le roi George VI et sa femme, en visite officielle au Canada, font un arrêt à Montréal. Ils descendent au Windsor qui, avant de devenir une adresse d’affaires de prestige où loge le Claridge, la compagnie d’investissement privée de Stephen Bronfman, était alors un hôtel de renom. Afin de souligner la venue du couple royal, Samuel Bronfman, le président de Seagram qui a le génie du marketing et de la publicité, a l’idée de concevoir un whisky unique au nom emblématique : le Crown Royal. La bouteille, dont la forme rappelle une couronne, est enveloppée dans une pochette pourpre, couleur de la royauté. Le succès du Crown Royal sera immédiat et mondial ! Cette simple anecdote révèle à quel point l’histoire de la famille Bronfman se mêle à celle du pays et, plus intimement encore, à celle de Montréal. Lorsqu’on lui demande quelle est la part d’héritage laissée par sa famille à la ville, Stephen Bronfman, 48 ans, qui s’exprime dans un excellent français, donne une réponse qui permet d’en mesurer l’ampleur : « C’est un mélange de choses. Il y a l’immobilier, le nom de Seagram, les sports avec les Expos, mais aussi les Canadiens dont mes cousins ont été propriétaires, la philanthropie, les arts et l’éducation », nous dit l’homme qui ajoute que c’est un honneur pour lui « de rester à Montréal et de continuer à faire grandir cet héritage ».

Charles et Stephen Bronfman en 1999

LE CŒUR MONTRÉALAIS PHOTO : COLLECTION PERSONNELLE DE STEPHEN BRONFMAN

Mais qui est Stephen Bronfman ? Si plusieurs membres de sa célèbre famille ont fait la manchette, le fils aîné du milliardaire Charles Bronfman demeure peu connu du grand public et est probablement l’un des individus les moins médiatisés et les plus discrets de la dynastie. Contrairement à son père et à sa sœur qui vivent maintenant aux États-Unis, Stephen Bronfman a choisi d’élire domicile à Montréal. Il est d’ailleurs le seul héritier masculin de la famille à résider encore dans la métropole. Hormis un séjour de quatre ans dans le Massachusetts, au Williams College, une université privée où il étudie les humanités, il n’a jamais songé à s’établir ailleurs qu’à Montréal et avoue même « avoir renoncé à sa citoyenneté américaine » qui lui vient de sa mère. Attaché à ses racines montréalaises, l’homme a choisi d’embrasser la double identité linguistique de la ville. Un choix de vie concrétisé par son mariage avec Claudine Blondin, une diplômée de l’École des Hautes Études commerciales de Montréal et ex-cadre chez Molson, avec qui il a quatre enfants : « Ma femme est Québécoise et mes enfants vont à l’école française, tient-il à préciser. Nous sommes un couple montréalais, anglophone et francophone, et nous sommes très fiers d’être impliqués non seulement dans la communauté juive, mais aussi dans la grande ville de Montréal, le Québec et le Canada. »

REDONNER CE QUE L’ON A REÇU Avec sa tante, Phyllis Lambert, sœur de Charles et fondatrice du Centre canadien d’architecture (CCA), et sa femme, Stephen Bronfman maintient vivant l’héritage familial grâce à son rôle de philanthrope. À l’instar des membres de sa famille, il poursuit son engagement envers la communauté par l’intermédiaire de ses deux fondations et celles créées par sa famille, et ce, tout en siégeant aussi au conseil d’administration du CCA. Son engagement philanthropique est non seulement une tradition familiale encouragée par son grand-père Samuel, mais aussi une valeur au cœur du judaïsme, la tzedeka, qui 8

IMMOBILIER COMMERCIAL — Mars-avril 2013

Avec sa femme, Claudine Blondin Bronfman


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