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ANALYSE DE MARCHÉ

Il faudra sans doute attendre la fin des grands chantiers d’infrastructure prévue pour 2020 avant de constater une solide relance du marché commercial et industriel.

ISTOCK PAR UNKAS_PHOTO

moins important de chantiers d’agrandissement, de modernisation ou de construction de nouvelles installations. Cette situa­tion contribue au déclin relatif de l’inventaire industriel québécois, et montréalais particulièrement. Le secteur manu­ facturier montréalais fait face, depuis plusieurs années, à une concurrence internationale. L’inven­ taire industriel de la métropole québécoise est vieillissant par rapport à celui de Toronto, par exemple. De plus, le faible rythme de croissance du nombre de bâtiments industriels dans la grande région de Montréal nuit à sa compétitivité à long terme. La forte croissance du secteur industriel torontois ces dernières années témoigne de ce déclin relatif. Montréal pourrait bénéficier de nouveaux investissements, comme c’est le cas sur le marché des locaux pour bureaux depuis quelques années. Les données sur les heures travaillées dans le secteur industriel n’y indiquent malheureusement pas de relance. Le secteur de la construction commerciale, notam­­­ment les locaux pour bureaux, est toujours en croissance, bien qu’un ralentissement s’y fasse sentir. Les travaux dans les commerces de détail et de services sont un peu plus vigoureux, alors que les investissements dans les immeubles de bureaux s’amoindrissent. Aucun autre projet de l’enver­gure de l’immeuble de bureaux Maison Manuvie, entrepris en 2015, n’est envisagé à court terme. La tour SSQ (215 000 pi2) à Longueuil est maintenant terminée. La grande région de Montréal fait toujours face à une offre de locaux pour bureaux excédentaire, ce qui génère une pression à la baisse sur les loyers3.

3. Perspectives, Commission de la construction du Québec, janvier 2016. 4. MarketView, Montreal Industrial Q2 2016, Manufacturing is alive and well in Montreal.

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IMMOBILIER COMMERCIAL : : OCTOBRE – NOVEMBRE 2016

La conversion de vieux espaces industriels en bureaux est une tendance qui se poursuit. Pour ce qui est de la location, le courtier immobilier CBRE rapporte que le taux de disponibilité des locaux pour bureaux est demeuré stable à 13,3 % au deuxième trimestre de 2016. La demande d’espace émanant du secteur des technologies, notamment les développeurs de jeux vidéo, demeure forte, et les exigences des locataires sont plus importantes. Le courtier CBRE se montre optimiste relativement au marché industriel de la grande région de Montréal, faisant écho aux prévisions du Conference Board du Canada. Celui-ci prévoit une croissance de 2,6 % du secteur manufacturier dans la région métropolitaine au cours des 18 prochains mois. Le courtier souligne que plusieurs investissements dans la mise à niveau de nombreux bâtiments sont en cours, ce qui devrait se répercuter positivement sur le marché. Soulignons toutefois que l’absorption des espaces industriels a été fortement négative au deuxième trimestre de 20164. Il faudra sans doute attendre la fin des grands chantiers d’infrastructure prévue pour 2020 avant de constater une solide relance du marché commercial et industriel. Les gains anticipés dans la fluidité du transport des marchandises et des travailleurs devraient dynamiser le marché immobilier du centre-ville. Sans compter que la fin des travaux marquera probablement la réconciliation entre des consommateurs de la banlieue et les commerçants du marché de détail de l’île de Montréal.

Immobilier commercial volume 9 - numéro 5  

RICHARD BERGERON > POUR UNE RENAISSANCE DU CENTRE-VILLE > Solar de Devimco > La génèse d'un mégaprojet

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