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SÉRIE ANNIVERSAIRE CHAIRE IVANHOÉ CAMBRIDGE DE L’ESG UQAM

PRÉLUDE

Andrée De Serres, Ph. D. Professeure et titulaire de la Chaire Ivanhoé Cambridge d’immobilier, ESG UQAM

L’EFFICIENCE ÉCOÉNERGÉTIQUE DES IMMEUBLES EST À NOS PORTES

S

ous la pression des changements climatiques et de l’augmentation des coûts de l’énergie, les pro­ priétaires et les investisseurs en immobilier doivent adhérer au courant d’amélioration de l’efficacité énergétique et de réduction des gaz à effet de serre. Ces grands enjeux économiques, sociaux et politiques soulèvent des défis de taille qui menacent la performance financière des actifs immobiliers. Et si les innovations permettaient aujourd’hui de valoriser ce potentiel inutilisé des immeubles, qu’ils soient nouveaux ou existants ? Comment alors capter cette valeur trop souvent inexploitée ? Il est possible de se fixer des objectifs d’efficacité énergétique, mais en privilégier un seuil et le maintenir. Il faut avoir recours à des technologies de pointe et à l’expertise des ingénieurs et des différents spécialistes en énergie. Viser l’efficience représente aussi un autre but, tant du point de vue énergétique que sur le plan financier, en recherchant l’optimisation des résultats obtenus par rapport aux ressources utilisées pour y arriver, tout en se donnant les moyens de maintenir ou d’améliorer la performance sur une longue période de temps. Il faut alors prendre en considération les nombreuses sources potentielles de création de valeur. Certaines se mesurent facilement : les économies de coûts de l’énergie, une contribution tangible aux objectifs de réduction de la production des gaz à effet de serre ; l’obtention des points supplémentaires pour les certifications BOMA BEST, LEED et Wells. D’autres sources, de nature plus qualitative, se révèlent tout aussi intéressantes à court comme à long terme : une meilleure qualité de l’air, une qualité de vie accrue et plus de produc­ tivité bénéficiant aux occupants ; une amélioration

du système de gestion des risques de l’immeuble pour faire face à une hausse future des coûts de l’énergie et à l’imposition d’une éventuelle taxe carbone ; un nouvel atout pour la réputation et l’attractivité de l’immeuble, le maintien de son taux d’occupation actuel ou futur ; une preuve tangible de responsabilité sociale de la part du propriétaire ; et la stabilisation, voire la hausse, de la valeur financière de l’immeuble, notamment en présence de changements réglementaires. Pour les immeubles commerciaux, le défi est de trouver un point d’équilibre entre les intérêts des propriétaires, qui supportent les investissements, et ceux des locataires, qui assument en général les coûts énergétiques des locaux qu’ils occupent. Pour les immeubles institutionnels (écoles, collèges, universités, villes, ministères, sociétés d’État), l’efficacité énergétique permet de dégager une marge budgétaire fort appréciée des dirigeants dans une époque de budgets limités. À la clef : des immeubles plus performants, des usagers et des locataires plus satisfaits et plus productifs, un parc immobilier compétitif, la création ou le développement d’emplois innova­ teurs et d’entre­prises à valeur ajoutée dans un secteur d’avenir. Comment passer de la parole aux actes ? Pour viser l’efficience énergétique, il faut apprendre à combiner l’expertise technologique à l’expertise en ingénierie contractuelle. C’est l’objet de cet article qui traite de contrats innovateurs en performance énergétique mis au point par les entreprises spécialisées de services écoénergétiques. IMMOBILIER COMMERCIAL : : OCTOBRE – NOVEMBRE 2016

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Immobilier commercial volume 9 - numéro 5  

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