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Ne Peut être vendu Le cinéma du « Monde » DVD n°9

Série Saddam en son Palais

Gilda

Supplément TéléVisions

en plus du « Monde »

1,30 ¤ ou 6,90 ¤ avec le DVD (en France métropolitaine uniquement). Ne peut être vendu sans « Le Monde TéléVisions ». www.lemonde.fr

Dimanche 11 - Lundi 12 janvier 2009

65 e Année - Nº 19895 - France métropolitaine ---

Films, expos... La culture ne connaît pas la crise

Fondateur : Hubert Beuve-Méry - Directeur : Eric Fottorino

Nouvelles Exclusif Les confidences du couple Obama recueillies en 1996 manifestations contre la guerre de Gaza n Europe comme au Maghreb, la guerre menée par Israël contre le Hamas à Gaza provoque d’importantes manifestations. Dans les capitales du Maghreb, celles-ci ont eu lieu, vendredi 9 janvier, après la prière. La colère des populations dépasse les milieux islamistes. Au Maroc, le roi Mohammed VI, « Commandeur des croyants », affiche son soutien à la cause palestinienne. En Europe, la mobilisation est variable selon les pays. Plutôt moyenne en Espagne, en Italie et aux Pays-Bas, elle semble plus importante en Grande-Bretagne et en Belgique. En France, où des manifestations devaient avoir lieu dans une cinquantaine de villes, dont Paris, samedi 10 janvier, les autorités et de nombreuses associations s’attendaient à une participation massive. Sur le terrain, la diplomatie semble toujours aussi impuissante. a

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Succès Picasso, les « Ch’tis », Millénium... L’année 2008 est celle de tous les records a culture affiche une santé insolente. Malgrélacrise, lepublic estau rendezvous. A tous les rendez-vous : les salles de cinéma ou de théâtre sont pleines, des concerts refusent du monde, les festivals ne désemplissent pas, des musées affichent des chiffres record. L’année 2008 est excellente, voire exceptionnelle, avec une fréquentation à la hausse dans la plupart des secteurs. Courir à une exposition ou assister à un spectacle de danse serait-il le meilleur antidote contre la morosité, une « valeur refuge », comme le suggèrent des experts du ministère de la culture ? Un exemple : les Français se sont rués sur les livres en décembre 2008 – notamment la trilogie Millénium, de Stieg Larsson (Actes Sud), ce qui permet à l’édition de bien terminer une année qui avait mal commencé. On manque de recul pour savoir si cette trèsbonne santé sera durable. Mais les chiffres sont là. Le cinéma, baromètre des sorties culturelles des Français, a donné le ton. Le 7 janvier, le Centre national de la cinématographie (CNC) annonçait en fanfare une augmentation de la fréquentation en salles de 6,2 % par rapport à 2007, soit 188,8 millions d’entrées. Et le dernier trimestre 2008 fut excellent. Les 195 millions de spectateurs de 2004 ne sont pas atteints, certes, mais la moyenne des dix derniersexercices –179millions – estnettement dépassée. Dans quelques jours, le CNC devraitdévoiler une autre bonne nou-

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Demain dans 0123

velle : jamais les films français ne se sont aussi bien vendus à l’étranger qu’en 2008. Les musées ? Ils n’ont jamais été aussi visités. Quelques gros établissements parisiens ont même publié des communiqués triomphants : 8,5 millions de visiteurs en 2008 au Louvre, soit 200 000 entrées de plus que l’année précédente. Et surtout « une haussede 67 % depuis 2001 ». Le Centre Pompidou affiche les chiffres « les plus élevés » depuis les travaux de rénovation du mammouth coloré, en 2000 : 2,75 millions de visiteurs dans les expositions temporaires et les collections permanentes, soit une hausse de 6,3 % par rapport à 2007. Versailles aussi a réalisé une année record, avec une fréquentation dopée par l’exposition Jeff Koons. Seul le Musée d’Orsay fait un peu exception,avec une baisse de 4,4 % de fréquentation (3,25 millions de visiteurs en 2008), maisle nombre de billetsvendus aaugmenté dans ce musée de 15 % depuis le mois d’octobre, au moment même où le pays était gagné par les difficultés économiques. Cela visiblement grâce au succès des expositions Pastel (250 000 visiteurs) et Picasso-Manet (437 800). Les gros établissements parisiens ne sont pas seuls à la fête. Des musées plus modestes, partout sur le territoire, affichent un bel exercice 2008. Clarisse Fabre, Nathaniel Herzberg et Marie-Aude Roux

Lire la suite page 19

Lire pages 6, 8, l’éditorial page 2 et la chronique de la médiatrice page 16

Forte aggravation du chômage aux Etats-Unis

MARIANA COOK

Barack Obama, jeune avocat, en 1996. C’est un document exceptionnel que Le Monde publie. Par son contenu et son histoire. En novembre 1996, une photographe, Mariana Cook, prépare un livre sur « Des couples en Amérique ». Parmi les personnes qu’elle rencontre : l’avocat de Chicago, qui entame une carrière politique, et son épouse, Michelle, qui, elle, va rejoindre l’université. Dans cette partie du livre qui, finalement, n’est jamais parue, Michelle et Barack décrivent leurs origines familiales, la façon dont ils sont tombés amoureux et leur vision de l’avenir et de la politique. Un texte à la fois glamour et passionnant. Lire pages 14 et 15

Reliée à Internet, la télévision continue de défier l’ordinateur

Entretien avec Valéry Giscard d’Estaing : l’euro, la crise, l’Union… Les obligations d’Etat : le prochain krach ? « Le Monde de l’économie »

La web-thérapie au secours des Irakiens Enquête

Abonnez-vous Tél. : 0 825 000 778 (0,15 TTC/min.) Internet : www.lemonde.fr/quotidien

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Joyau en péril Waterford Wedgwood, grand groupe angloirlandais des arts de la table, a été placé sous administration judiciaire. Étranglé de dettes, le fournisseur de cristal et de porcelaine de la Couronne était mal en point depuis plus de cinq ans.

Boules de neige

Débats

Portrait

Lire page 10

Intempéries

La guerre de Gaza : Mezri Haddad, Théo Klein Suzanne Lachelier, commise d’office à Guantanamo

amais l’Amérique n’a détruit autant d’emplois depuis 1945. Le nombre de chômeurs a augmenté en décembre 2008 de 524 000, après 585 000 au mois de novembre. En quatre mois, 1,9 million d’emplois ont été supprimés. Le taux de chômage aux Etats-Unis s’élève désormais à 7,2 %. Un chiffre qui ne donne pas toute la mesure de la crise : le taux du travail à temps partiel non volontaire (chômage technique, diminution imposée des horaires…) atteint 13,5 %, soit 8 millions de personnes. Au total, la crise affecte plus d’un salarié américain sur cinq, avec d’importantes répercussions sur la consommation : l’indemnisation des exclus du travail se limite en effet à 26 semaines. a

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Le stand Kodak expose au salon de Las Vegas. E. MILLER/GETTY/AFP Las Vegas (Nevada), le Salon de l’électronique grand public ferme ses portes le dimanche 11 janvier. Bravant la crise, pas moins de 2 700 exposants ont présenté leurs nouveautés à environ 130 000 visiteurs. Principale tendance de l’année 2009, la bonne vieille télévision fait mieux que résister à l’ordinateur.

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Proposant des images en 3 D sur des écrans, plats bien sûr, mais toujours plus grands, la télévision est de nouveau perçue comme un produit d’avenir. Grâce à Internet, il sera même bientôt possible de recevoir des programmes inédits ou davantage de films à la demande sur nos écrans télé. a Lire page 21

Le blocage de Marseille par la neige a suscité une vive polémique. François Fillon a dénoncé des « blocages inacceptables », s’attirant une réplique des élus locaux. Page 9

Recherche

Cancer et gène Robert Weinberg, pionnier de la génétique du cancer, décrit l’écologie cellulaire qui rend les tumeurs envahissantes. Page 17

Algérie 80 DA, Allemagne 2,00 ¤, Antilles-Guyane 2,00 ¤, Autriche 2,00 ¤, Belgique 1,40 ¤, Cameroun 1 500 F CFA, Canada 3,95 $, Côte d’Ivoire 1 500 F CFA, Croatie 18,50 Kn, Danemark 25 KRD, Espagne 2,00 ¤, Finlande 2,50 ¤, Gabon 1 500 F CFA, Grande-Bretagne 1,40 £, Grèce 2,20 ¤, Hongrie 650 HUF, Irlande 2,00 ¤, Italie 2,00 ¤, Luxembourg 1,40 ¤, Malte 2,50 ¤, Maroc 10 DH, Norvège 25 KRN, Pays-Bas 2,00 ¤, Portugal cont. 2,00 ¤, Réunion 2,00 ¤, Sénégal 1 500 F CFA, Slovénie 2,20 ¤, Suède 28 KRS, Suisse 2,90 FS, Tunisie 1,9 DT, Turquie 2,20 ¤, USA 3,95 $, Afrique CFA autres 1 500 F CFA,


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Editorial

Photoshop, magie et trucages

Conflits oubliés

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our obtenir l’arrêt des combats à Gaza, la diplomatie américaine a commencé à se mobiliser, ne serait-ce qu’en s’abstenant de voter contre l’appel au cessez-le-feu lancé jeudi 8 janvier par l’ONU. Pour tenter de stabiliser le nouvel axe de tous les dangers – Afghanistan-Pakistan-Inde –, le vice-président élu, Joe Biden, est déjà en visite dans la région. Et l’équipe de Barack Obama surveille la corne de l’Afrique, où il faudra empêcher la Somalie – ce qu’il en reste – de devenir l’une des plus solides bases arrière d’Al-Qaida. Quel point commun entre ces trois théâtres de conflit ? L’islamisme militant, certes, y est partout l’une des forces en présence. Mais il n’y a pas que cela. Chacun de ces conflits est aujourd’hui plus virulent que jamais. Que s’est-il passé ces dernières années ? Au nom de la « guerre contre le terrorisme » déclarée par l’administration de George Bush au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, Washington a cessé de chercher des solutions politiques. Parce que le Hamas ici, les djihadistes là-bas, les militants du Cachemire et autres talibans ailleurs usent du terrorisme – dans toute son horreur –, Washington s’est borné à soutenir ceux qui les combattaient. Sans autre vision. Le « terrorisme islamiste » a été érigé en entité unique avec lequel on ne saurait traiter : on ne traite pas avec le Mal. Pas question d’approcher dans leur singularité les conflits qui le nourrissaient. Laissés à l’abandon, ils ressurgissent aujourd’hui avec cette caractéristique : dans ces trois zones, l’islamisme n’a jamais été aussi fort. Dans le passé, les Etats-Unis n’ont pas attendu que l’OLP reconnaisse le droit à l’existence d’Israël pour négocier avec les nationalistes palestiniens ; ils n’ont pas hésité à travailler main dans la main avec les islamistes les plus extrêmes pour chasser les Soviétiques d’Afghanistan. La rupture se produit avec George Bush, qui, sous influence néoconservatrice, cède à l’idéologie : en l’espèce, la construction d’un ennemi incarnant le mal absolu, contre lequel il faut mener, non pas des opérations de police, non pas de saines tentatives de corruption intelligente, voire de négociation prudente, mais la guerre, uniquement la guerre. Comme si les bombes allaient produire de la modération. Le résultat est là, qui appelle urgemment à faire de la politique, pas de l’idéologie. a Société éditrice du « Monde » SA Président du directoire, directeur de la publication : Eric Fottorino Vice-président, directeur général : David Guiraud Secrétaire général du directoire : Pierre-Yves Romain Directeur du « Monde » : Eric Fottorino Directeur adjoint : Laurent Greilsamer Editeur : Michel Sfeir Directeur de la rédaction : Alain Frachon Directeur adjoint de la rédaction : Jacques Buob Directeur éditorial : Gérard Courtois Rédacteurs en chef : Patrick Jarreau, Michel Kajman, Franck Nouchi (« Le Monde 2 ») et Isabelle Talès Chef d’édition : Françoise Tovo Directeur artistique : Quintin Leeds ; Veille de l’information : Eric Azan ; Secrétaire général : Jean-Pierre Giovenco Médiatrice : Véronique Maurus Directeur des relations internationales : Daniel Vernet Conseil de surveillance : Louis Schweitzer, président Jean-Pierre Tuquoi, vice-président Anciens directeurs : Hubert Beuve-Méry (1944-1969), Jacques Fauvet (1969-1982), André Laurens (1982-1985), André Fontaine (1985-1991), Jacques Lesourne (1991-1994), Jean-Marie Colombani (1994-2007) Le Monde est édité par la Société éditrice du Monde SA Durée de la société : quatre-vingt-dix-neuf ans à compter du 15 décembre 2000. Capital social : 149 017 497 ¤. Actionnaires directs et indirects : Le Monde SA, Le Monde et Partenaires Associés, Société des rédacteurs du Monde, Société des cadres du Monde, Société des employés du Monde, Société des personnels du Monde, Fonds commun de placement des personnels du Monde, Société des personnels du groupe des publications de la Vie catholique, Association Hubert-Beuve-Méry, Société des lecteurs du Monde, Le Monde Entreprises, Le Monde Europe, Le Monde Investisseurs, Le Monde Presse, Le Monde Prévoyance, Claude-Bernard Participations, Investmonde.

Rédaction : 80, boulevard Auguste-Blanqui,75707 Paris Cedex 13 Tél. : 01-57-28-20-00 ; télex : 202806F ; télécopieur : 01-57-28-21-21 Courrier des lecteurs : par télécopie : 01-57-28-21-74 ; Par courrier électronique : courrier-des-lecteurs@lemonde.fr Médiateur : mediateur@lemonde.fr Abonnements : Par téléphone : de France 0-825-000-778 (0,15 TTC/min) ; de l’étranger : (33) 3-44-31-80-48. Sur Internet : www.lemonde.fr/abojournal/ Changement d’adresse et suspension : 0-825-022-021 (0,15 TTC/min) Tarif 1 an : France métropolitaine : 374 ¤ Internet : site d’information : www.lemonde.fr finances : http://finance.lemonde.fr Emploi : www.talents.fr/ Immobilier : http://immo.lemonde.fr Documentation : http://archives.lemonde.fr Collection : Le Monde sur CD-ROM : CEDROM-SNI 01-44-82-66-40 Le Monde sur microfilms : 03-88-04-28-60

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est édité par la Société Editrice du Monde (SA). La reproduction de tout article est interdite sans l’accord de l’administration. Commission paritaire des publications et agences de presse n° 0712 C 81975 ISSN 0395-2037 Imprimerie du Monde 12, rue Maurice-Gunsbourg 94852 Ivry cedex Président : David Guiraud Directrice générale : Bénédicte Half-Ottenwaelter

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lors qu’il y aura 150 000 centenaires en France en 2050, selon les prévisions des démographes, il sera de plus en plus difficile, en apparence, de retarder la course au temps. Facile pourtant pour les logiciels de retouche photo capables en quelques clics d’effacer rides et pattes d’oie, de diminuer ou d’accroître des formes, d’étoffer une chevelure, de supprimer un bourrelet disgracieux à un président de la République ou une bague Chaumet à une ministre en exercice. La retouche photographique n’est, certes, pas un phénomène récent, mais elle s’est systématisée et amplifiée à un point sans précédent. Outre le classique travail de lissage, le gommage des imperfections, les directeurs artistiques des magazines n’hésitent plus à falsifier les traits, rétrécir un nez, arrondir un menton, accentuer des pommettes, gonfler seins et fesses, de sorte qu’on peine parfois à identifier l’original dans sa doublure numérique. Les journaux publiant ce type de photos ou les annonceurspublicitaires devraient indiquer« photo réalisée avec trucage (Photoshop) ». Il en a été ainsi du coup marketing de la campagne publicitaire Dove, primée à Cannes, avec la vidéo de la transformation d’une femme en mannequin. A la vue d’une « une » de Vogue, le chroniqueur Perez Hilton s’emporte contre les « photoshoppeurs » qui ont redessiné le cliché de l’actrice Gwyneth Paltrow « difficilement reconnaissable » : « Gwyneth ressemble plus à un robot qu’à un être humain. » Chaque semaine, l’échotier mondain Perez Hilton décerne sur son blog à succès les trophées Photoshop, publicités et couvertures de magazines à

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l’appui. Dernière en date, Kate Hudson à la « une » d’Harpers’Bazaar de janvier. En fonction des photos de Liza Minelli, Serena Williams, Kylie Minogue, Mariah Carey, Madonna, le blogueur épingleou salue le travail desmagiciens du numérique. De nombreux sites mettent en ligne les photos avant/après des stars, tel Ellf.ru. Or le visage a ceci de singulier qu’il est un paysage. La romancière Colette en parlait dans une lan-

Analyse Macha Séry Service TéléVisions gue sensible, exaltant la botanique. Ses portraits d’hommes politiques tiennent de la nature morte, du tableau de chasse, de l’inventaire d’un herboriste : Joseph Caillaux et sa tête « modelée dans une dure céramique », « d’une aridité calcinée qui a repoussé toute végétation », son « emboîtage crânien, en forme de v, le v qui se joue sous la peau de tous les félins », le « regard d’un marron un peu verdi par le reflet des feuillages nouveaux, agile, aisément empreintd’amabilité volontaire, mais aussi intraduisible, aussi impénétrable que le regard des oiseaux » ; Aristide Briand et sa « prunelle large, un bleu extensible qui semble parfois atteindre, déborder et farder la paupière elle-même » ; Gaston Doumergue, sa joie « peinte aux couleurs de la pomme d’hiver », « l’œil où danse un point d’or, rit d’un rire moins familier que la bouche ». Avec Photoshop, son flou optimisé et son option

Cassons le thermomètre par Pessin

decolorisation, le visage quitte le domaine du végétal – ce qui se fane –, même du minéral – ce qui s’érode –, pour entrer de plain-pied dans l’univers chimique de la reproductibilité. Grain de peau identique, sans pores visibles à la loupe, carnations en série, souvent dans les nacrés, grâce aux logiciels. Quelques cernes en moins, des rides soustraites, mais le plus frappant, à la vue des portraits de stars passés au pinceau numérique, est ce teint de poupon en celluloïd. A l’épiderme se substitue un masque diaphane, quasi irréel, oublieux de la corporéité, sans imperfection ni expression, à l’instar des pires excès de la chirurgie clonant des airs de panthère aux aguets. Du plastique sans plasticité Cette texture virtuelle est un artifice commun, dupliqué partout. L’exception manque à la règle, l’émotion ne surgit plus, pas davantage ce trouble susceptible de saisir le spectateur face à l’harmonie d’une composition, cette sidération de quelque chose qui est là, dans sa singularité, dans lequel on peut se perdre, comme dans l’énigme d’un tableau. Le simple maquillage, si sophistiqué fût-il, n’interdit pas le sentiment chez les spectateurs. Encore moins les lumières et le noir et blanc travaillés des studios Harcourt qui nimbaient de mystère un regard, le charnu d’une lèvre, rendaient vaporeux une chevelure. Mieux, ils augmentaient le trouble. Avec la technologie mise en œuvre par la direction artistique des magazines, un phénomène différent se produit. Une impression factice, du plastique sans plasticité. En somme, une carnation… désincarnée. Dans l’ouvrage Mythologies (Seuil, 1957), Roland Barthes consacrait un chapitre au visage de Greta Garbo, archétype de la beauté parfaite. Visage objet, visage totem, « visage non pas dessiné, mais plutôt sculpté, dans le lisse et le friable, c’est-à-dire à la fois parfait et éphémère ». A la différence d’autres actrices qui acceptaient de laisser contempler le travail de la maturité, joues creusées ou ovale épanoui, la Divine avait choisi le retrait et le silence : « Il ne fallait pas que l’essence se dégradât, il fallait que son visage n’eût jamais d’autre réalité que celle de sa perfection intellectuelle, plus encore que plastique. » Quelque chose d’un peu impassible, que nulle émotion humaine n’animait. Aux regards, la star hollywoodienne donnait l’offrande d’une pure contemplation. « Le visage de Garbo, notaitRoland Barthes, est idée, celui de Hepburnévénement. » Il n’y eut qu’une Greta Garbo, et rares sont les célébrités qui acceptent aujourd’hui, devant les objectifs, de suivre l’exemple d’Audrey Hepburn. Exceptions faites de Jeanne Moreau et d’Edith Scob. Difficile, certes, de faire son deuil d’une beauté tant vantée, celle-ci étant déjà une réputation exorbitante à soutenir face au public cruel. Malaisé tant que la beauté et la jeunesse seront assimilées à la séduction. Un diktat renforcé par les fabricants de cosmétiques, qui jouent la surenchère en promettant dix ans de moins, un rajeunissement total. La chanson du générique de la série américaine « Nip/Tuck » consacréeà deuxchirurgiens esthétiques, Make me beautiful, est devenue l’injonction detoute uneépoque familière du Botox et de l’acide hyaluronique. Celle-ci ne tolère plus les yeux étoilés,ces fous rires cristallisés, ces marques de déception, la vie qui passe avec ses regrets, ses joies et ses amertumes. Faut-il pour autant ôter le rose aux joues et toute manifestation d’une fatigue émouvante ? A sa maquilleuse, la comédienne italienne Anna Magnani répétait : « Ne cachez pas trop mes rides, j’ai mis tellement de temps à les avoir. » a Courriel : sery@lemonde.fr

Dix ans après la mort de Michel Petrucciani, musicien

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e 6 janvier 1999, Michel Petrucciani, pianiste né à Orange le 28 décembre 1962, meurtà New York, à l’âge de 36 ans. Célébré des deux côtés de l’Atlantique, il était atteint d’une grave maladie osseuse qui ne l’avait pas frappé de nanisme, mais d’ostéogenèse imparfaite. Rendre hommage, sous forme épistolaire, à son extraordinaire créativité reste la forme la plus humble d’une analyse du jazz de l’instant : la joie de jouer, la science de la communication dans l’instant. En club, par exemple, le 15 juin 1994, avec l’organiste Eddy Louiss, au Petit Journal Montparnasse, à Paris. Très cher Michel Petrucciani, c’est si étrange d’écrire à un mort. Ainsi un 6 janvier, vous êtes parti. Vous aviez 36 ans. On ne sait même pas ce qu’est devenu votre piano, votre Steinway de l’Opéra de San Francisco. En 1983, Frank Cassenti vous avait dédié un film : Lettre à Michel Petrucciani. Votre dernier éditeur, Francis Dreyfus, le réédite en DVD, sous le même coffret rouge et noir que l’intégrale de votre participation à son label. Le gotha du jazz y défile, bien sûr. Mais si l’on veut se faire une idée de la joie de jouer, c’est en duo avec Eddy Louiss (orgue) qu’il faut vous écouter sans fin. La meilleure façon de vous faire cette petite bafouille, c’est d’écouter en boucle votre So What avec Eddy Louiss. Parce que « j’y étais » ? Non, tout de même pas.

Derrière vous, donc, à vos côtés, Eddy Louiss. Eddy Louiss qui ferait swinguer une portière de Twingo. Eddy avec son art du tenu des notes, son génie des mobilités qui le change, au pédalier de l’orgue, en plus grand bassiste du monde. Ça bouge, ça groove et ça déboule : ni basse continue, ni basse ambulante, ni basse assommante. Non, gambade, jeu de jambe, jeu d’iambe, jeu de pieds, jeu de vilains. On se ferait damner pour entendre Eddy Louiss. Le public s’est damné. Je vous aurai tant aimé, Michel Petrucciani. J’aurai tout aimé de vous : votre énergie vitale, vos

Analyse Francis Marmande Service Culture paris sur la vie, vos histoires drôles d’un mauvais goût parfait, votre goût des excès, votre incroyable séduction en club ou en secret. Un soir de décembre aux Antilles, en 1991, dans une maison de type « colonial », vous improvisez à quatre mains avec Gonzalo Rubalcaba. Puis d’un coup, ce soir-là, hop, ni vu ni connu, vous disparaissez. Vous étiez si petit, notez bien : cela vous était facile. Mais quelques minutes plus tard, sur le balcon de la belle maison qui vous accueillait, à l’occasion du festival

Jazz à la Martinique, vous réapparaissez. Les filles les plus belles se relayaient pour vous fêter, vous prendre sur leurs genoux, comme un homme qui n’eût point fait peur. Vous, avec vos histoires à la noix, l’histoire du pianiste de trente centimètres, l’histoire du hérisson amoureux d’une étoile, vous buviez des coups et les faisiez rire aux éclats. Au fil du temps, j’ai tout aimé de vous, surtout la défiance des vrais spécialistes de la spécialité, que vous suscitiez parfois. Chez des hommes, toujours. Vous, vous aimiez tellement jouer. Jusqu’à vous en briser les doigts. Oui, vous vous brisiez les doigts en jouant. Mais enfin, tout pianiste qui respecte l’autre devrait avoir la courtoisie de se briser les doigts en jouant. C’est la moindre des choses, non ? So What ? Cher Michel Petrucciani ? Quoi ? Ici ? Par chez nous, quoi de neuf ? Rien, mon ami, rien. Tout vieux. Ils ont définitivement liquidé les guerres. Viré les luttes de classes au vide-ordures. On touche à la perfection du bonheur. La Liberté arpente les quais, bras dessus, bras dessous avec l’Egalité. La Fraternité, n’en disons rien, ça en devient lassant. Quant à votre musique, je n’en finis pas de savoir tous les soirs à quoi elle ne ressemble pas. Mais la mort, elle, elle ressemble à quoi, au juste ? a Courriel : marmande@noos.fr


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Véritable institution outre-Manche, le groupe propriétaire de grandes marques britanniques des arts de la table – porcelaine et cristal – a été placé sous administration judiciaire

God Save Waterford Wedgwood !

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magnat de la presse irlandaise Sir Anthony 0’Reilly, PDG non exécutif, et son beaufrère, Peter Goulandris, se sont démenés pour lever des fonds et sauver le groupe. Par trois fois depuis 2003, le syndicat d’établissements bancaires conduit par Bank of America avait consenti à rééchelonner la dette du groupe, estimée par la presse britannique à 449 millions d’euros. Lors du dernier terme échu – début janvier –, ce groupement financier n’a pas voulu se montrer aussi complaisant qu’auparavant. Les deux actionnaires avaient pourtant accepté, en 2008, de piocher dans leurs propres fortunes quelque 60 millions d’euros afin de boucler une augmentation de capital de près de 154 millions d’euros annoncée en septembre. Par le passé, ils avaient, selon le Financial Times, injecté au total près de 400 millions d’euros depuis qu’ils avaient repris cette coûteuse danseuse. Mais là, la machine s’est grippée. La santé financière du groupe n’est guère flamboyante : le chiffre d’affaires s’est étiolé de 741,5 millions d’euros à la fin de l’exercice clos en avril 2007 à 671,8 millions d’euros en 2008. Pendant ce temps, les pertes ont triplé, passant de 71,2 millions d’euros à 232,8 millions. Un premier plan de réduction d’effectifs n’a pas suffi. Les effets de change ont aussi joué de façon défavorable, d’autant plus que Wedgwood exporte principalement aux Etats-Unis et au Japon.

es symboles de l’économie britannique qui semblaient les plus solides tombent aujourd’hui comme des dominos. Outre les grands magasins Woolworths et 29 chaînes de distribution placées ces derniers temps sous administration judiciaire, le luxe n’est pas épargné outre-Manche. En moins de trois mois, les très chics magasins de thé et de porcelaine Whittard of Chelsea ont déposé leur bilan, tout comme la célèbre maison de couture Hardy Amies qui habillait la reine Elizabeth II depuis 1952 ouson fournisseur de porcelaine Royal Worcester & Spode (Le Monde du 12 novembre 2008). Le 5 janvier, un autre grand fournisseur de cristal et de porcelaine de la Couronne, le fabricant anglo-irlandais Waterford Wedgwood UK – issu de la fusion, en 1986, de ces deux marques plus que bicentenaires – étranglé de dettes, a été placé sous administration judiciaire. Des maisons qui s’apparentent en France à Lalique ou Baccarat pour Waterford et à une grande maison de Limoges, comme Bernardaud par exemple, pour Wedgwood. La crise économique et le resserrement du crédit ont précipité la chute de cette institution, mal en point depuis plus de cinq ans. Le fondateur de la marque de porcelaine, Josiah Wedgwood (1730-1795), était doté d’un sacré caractère et d’une clairvoyance étonnante. Issu d’une dynastie de potiers anglais, il a travaillé dès l’âge de 9 ans dans l’entreprise familiale avant de créer sa propre manufacture et de s’imposer, dès 1759, comme l’un des pionniers de la révolution industrielle. Sa céramique dure s’est, la première, prêtée à l’application mécanique de décorations. Son service à thé de couleur crème, rebaptisé Queen’s Ware, lui vaut les faveurs de la reine Charlotte, l’épouse de George III (1738-1820), qui l’adoube comme l’un de ses fournisseurs. Industriel à succès toujours en quête d’innovations technologiques,Josiah Wedgwood était un progressiste et un fervent partisan de l’abolition de l’esclavage. Peu à peu, la marque Wedgwood est devenue un symbole. Dans l’imaginaire des clients, elle est liée à la porcelaine un peu désuète, le fameux biscuit, ornée de petites figures blanches. Ce sont aussi des services classiques en faïence ivoire, même si l’on trouve des assiettes répondant aux doux noms de Fraises sauvages, Papillon bleu ou Chinoiserie blanche… Un effondrement spectaculaire De son côté, la cristallerie irlandaise Waterford, créée en 1783 par George et William Penrose et reprise à la fin des années 1940 par deux émigrés tchèques, Karel Bacik et Miroslav Havel, a longtemps fait le bonheur de la ville de Waterford, dans le sud-est de l’Irlande. Les salaires y étaient, dit-on, les plus élevés de l’île. La proximité du port permettait d’exporter par bateaux les élégantes carafes taillées, les flacons, les lampes de cristal, les verres ciselés, les chandeliers et même les ornements pour les sapins de Noël… Que vont devenir ces deux institutions ? Le cabinet Deloitte a été désigné comme administrateur judiciaire et David Carson, partenaire de Deloitte en Irlande, épaulé par quatre autres experts, est chargé de recueillir les offres des éventuels

Le magasin de la fabrique Wedgwood de Stoke-on-Trent (Royaume-Uni) solde aussi la luxueuse vaisselle représentant la reine d’Angleterre Elizabeth II. PHIL NOBLE/REUTERS repreneurs. Jeudi 8 janvier, son entourage laissait entendre à Londres qu’une dizaine de candidats semblaient intéressés et pourraient déposer une offre de reprise. Une première lettre d’intention émanant du fonds américain KPS Capital Partners a été reçue dans la journée. Il en va du sort de 2 025 personnes, vendeurs des magasins spécialisés ou salariés des usines de production de Waterford Wedgwood installées dans le village de Barlaston à côté de Stoke-on-Trent (nord-

ouest de Londres). Les autres filiales du groupe – Waterford ou Wedgwood à l’international ou encore le porcelainier allemand Rosenthal et le britannique Royal Doulton plus récemment englobés par le groupe – emploient près de 4 000 salariés, aux Etats-Unis, en Allemagne, au Canada, en Indonésie, au Japon et en Asie. Elles ne sont pas directement concernées par cette faillite. Toutefois, l’offre de KPS pourrait englober tous les actifs, anglais et internationaux.

Ce grand groupe des arts de la table s’est effondré de façon spectaculaire, au point que son action avait dégringolé peu après le 1er janvier, jusqu’à un plancher fantomatique de 0,001 euro… La Bourse de Dublin, où est cotée l’entreprise, a d’ailleurs dû se résoudre à suspendre purement et simplement la cotation. Ce n’est pourtant pas faute de ne pas avoir tout fait pour renflouer la société. Les deux actionnaires de référence depuis le début des années 1990 – le

« Désastre national » Comment s’explique une telle disgrâce ? Jean-Louis Jarrige, directeur général de Rosenthal France, qui distribue aussi Wedgwood dans l’Hexagone, est formel : « Il y a moins de mariages, moins de listes de mariage et, sur ces listes, moins de demandes. » Tout se perd pour les porcelainiers. Phénomène partagé dans toute l’Europe, les jeunes mariés préfèrent demander en cadeaux de noces de quoi partir en voyage, s’offrir un écran plat ou de la hi-fi, mais les services à thé, les soupières ou les plats à légumes ne font plus rêver. « Chaque gros pays européen comptait 50 fournisseurs de porcelaine il y a trente ans, ils n’en comptent plus chacun, que trois ou quatre importants », reprend-il. Une bonne partie de la production de Wedgwood a été délocalisée. Les « grosses pièces », comme les saladiers, les plats, les soupières, sont fabriquées, peintes ou décorées à la main en Indonésie, tandis que les assiettes et les tasses sont toujours exécutées dans l’usine de Barlaston. Malgré de nombreux efforts pour tenter d’être un peu plus à la mode, en confiant par exemple des lignes à des stars du design comme Marc Jacobs, John Rocha, Martha Stewart, Jasper Conran ou Barbara Barry, Waterford et Wedgwood ont du mal à résister à la concurrence venue d’Asie. En début de semaine, Jack Walsh, le maire (Labour) de la ville de Waterford, n’a pas hésité à qualifier l’éventuelle fermeture de la manufacture irlandaise de « désastre national ». Pour conjurer une liquidation et croire en une rapide reprise du groupe. Mais avec la récession qui s’abat aujourd’hui sur l’Irlande, Waterford Wedgwood est loin d’être la seule institution en péril. a Nicole Vulser

Un joyau de l’« empire O’Reilly » LONDRES CORRESPONDANT

La baraka a-t-elle abandonné Sir Antony O’Reilly, le magnat anglo-irlandais symbole du défunt dynamisme du tigre celtique ? Avec 52 % du capital, il est l’actionnaire principal du fabricant de porcelaines Waterford Wedgwood placé sous administration judiciaire. Le dépôt de bilan de l’enseigne, qu’il avait déjà sauvée de la faillite, coûterait à cet ex-international du rugby à XV, devenu un grand de la mine, de l’industrie et des médias au moins 180 millions de livres (177,5 millions d’euros). Cette déroute met en lumière les faiblesses du conglomérat que ce septuagénaire affable et intuitif a bâti. « Son “empire” est trop dispersé et dépassé quand l’incendie se déclare à plusieurs endroits », dit un

analyste de la City à propos de ce groupe qui a des intérêts en Irlande, au Royaume-Uni, en Afrique du Sud, au Canada et en Australie. Son portefeuille de participations subit l’effet de la crise. La chute du prix des matières premières a mis à mal ses investissements miniers ; celle du prix de l’or noir, sa société de prospection pétrolière. Le groupe Independent News and Media (INM) – il le préside et en est le principal actionnaire – bat de l’aile. The Independent, le Belfast Telegraph au Royaume-Uni ou l’Irish Independent dans son pays natal souffrent du recul de la presse. Son ennemi juré, Denis O’Brien, pourrait lancer une offre publique d’achat sur INM. « Le marketing et l’Irlande » : telle est la devise de Tony O’Reilly. Il s’est fait connaître en lançant le

beurre irlandais Kerrygold sur les marchés mondiaux avant que la famille américaine Heinz viennent le chercher pour diriger son groupe agroalimentaire. Il a épousé en deuxièmes noces une héritière des Goulandris, famille d’armateurs grecs. Propriétaire de pur-sang, d’une collection d’impressionnistes, il vit à Lyford Cay (Bahamas), refuge de milliardaires de son acabit, et il a le goût de la finance. Pour acquérir, en 2001, l’opérateur de télécommunications Eircom, cédé depuis avec une plus-value, il s’est associé à George Soros. Ses difficultés actuelles pourraient alimenter les accusations de népotisme dont il est la cible : ses trois fils, Tony Jr, Gavin et Cameron, occupent en effet d’importantes fonctions au sein du groupe. a Marc Roche

Du 7 janvier au 2 février

w w w. r o c h e - b o b o i s . c o m PARIS 12. 10, 14, 16, 18, rue de Lyon (10 H à 19 H 30) • PARIS 3. 92, 98, 105, 107, bd de Sébastopol (10 H à 19 H 30) • PARIS 7. 193, 197, 207, 213, bd St-Germain • PARIS 9. Lafayette Maison *. 35, bd Haussmann (nocturne tous les jeudis) • PARIS 17. 52, av. de la Gde Armée – 5, 6, rue Denis Poisson. À PARIS, SERVICE DE VOITURIER LES 10, 11, 17 ET 18/01 (sauf * ). MAGASINS OUVERTS LES DIMANCHES 11 ET 18/01 (sauf * ). ATHIS-MONS. RN 7 – 37, 53, 55, av. François Mitterrand • CHEVREUSE. 90, rue Por te de Paris • COIGNIÈRES. RN 10 • PRINGY-PONTHIERRY. RN 7 • MONTIGNY LES C. RN 14 – 17, 21, bd Bordier • MONTLHÉRY. RN 20 – La Ville Du Bois • ORGEVAL. RN 13 • PAVILLONS S/BOIS. RN 3 – 79, 296, av. Aristide Briand ROSNY S/BOIS. C/Cial Domus – 16, rue de Lisbonne • SURESNES. 33, 39, bd Henri Sellier • VERSAILLES. 6, rue au Pain (Place Du Marché). MAGASINS OUVERTS LES DIMANCHES 11 ET 18/01. Soldes dans tous les magasins Roche Bobois de France participant à l’opération. Liste des magasins : N° vert 0 800 39 52 45.


Planète

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0123 Dimanche 11 - Lundi 12 janvier 2009

Energie L’approvisionnement des futures centrales nucléaires semble assuré pour plusieurs décennies

La course à l’uranium reprend dans le monde etour à la mine ! Les chercheurs d’uranium ont repris leurs activités de prospection, après les avoir abandonnées durant les vingt ans d’« hiver nucléaire » qui ont suivi l’accident de Three Mile Island (1979), aux Etats-Unis, et la catastrophe de Tchernobyl (1986), en URSS. Ils courent de nouveau le monde, de l’Australie à la Namibie, du Kazakhstan à la Mongolie et au Canada, en quête du précieux minerai. Avec une obsession en tête : pour relancer la construction de centrales nucléaires, il faut assurer leur approvisionnement en combustible. L’uranium extrait des mines ne représente qu’une grosse moitié de la fourniture des centrales, 45 % de celle-ci provenant dela reconversion des stocks militaires russes et américains et des réserves accumulées par les grandes compagnies d’électricité. Des quantités considérables qui sont en voie d’épuisement. « Les ressources en uranium ne devraient pas être unobstacle au développementde nouvelles capacités nucléaires, estime cependant l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Les réserves prouvées sont suffisantes pour répondre à la demande bien au-delà de 2030. » Y compris dans l’hypothèse d’un quasi-doublement des capacités électronucléaires installées (443 réacteurs dans le monde), ajoutent les experts de l’AIE. Un recensement global – unique au monde – est établi tous les deux ans par l’Agence de l’énergie nucléaire (AEN), qui dépend de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), et par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Dans sa dernière édition (Uranium 2007), l’AEN évalue les ressources globales exploitables à 5,5 millions de tonnes. Dix millions de tonnes devraient également être découvertes dans des régions que les géologues ont déjà identifiées comme uranifères. « Il faut comparer ce chiffre de 5,5 millions de tonnes à la consommation annuelle des centrales, qui est de 70 000 tonnes, précise Georges Capus, vice-président marketing du secteur mines-chimie-enrichissement du groupe Areva. Cela assure la ressource pour exploiter le parc mondial

actuel pendant environ quatre-vingts ans. » Et au-delà ? Les millions de tonnes emprisonnées dans les phosphates et les milliards de tonnes contenues dans l’eau des océans pourraient être exploitées, affirment les experts, même si les obstacles techniques et financiers sont encore – à ce jour – insurmontables. Les données des pronucléaires laissent les écologistes sceptiques. Outre le coût des centrales, la gestion des déchets et les risques d’accidents et de prolifération militaire, ils invoquent la rareté de la ressource pour réclamer l’arrêt de la filière électronucléaire. « La théorie du “pic” de production des énergies non renouvelables vaut pour l’uranium comme pour le pétrole et le gaz, juge Yves Cochet, député (Vert) de Paris et spécialiste de ces questions. On a de l’uranium pour deux ou trois décennies,

SÉISME

CLIMAT UNE ÉQUIPE GERMANO-INDIENNE LANCE UNE OPÉRATION CONTESTÉE DE GÉO-INGÉNIERIE

R

Un tremblement de terre fait au moins quinze morts au Costa Rica Le dernier bilan du séisme qui a secoué le Costa Rica, jeudi 8 janvier, s’élève à 15 morts, 42 disparus et des dizaines de blessés, a annoncé, au lendemain du tremblement de terre, la Commission nationale d’urgence (CNE). Quelque 150 touristes étrangers, en majorité américains, français, canadiens et espagnols, ont été évacués, vendredi, de la zone proche du volcan Poas, épicentre du séisme. Celui-ci, d’une magnitude de 6,2 sur l’échelle de Richter, selon l’Observatoire vulcanologique et sismologique du Costa Rica, est le plus violent qu’ait connu le pays depuis cent cinquante ans. Le bilan officiel pourrait s’alourdir encore, des hameaux restant isolés et des voitures ayant été ensevelies sous des coulées de terre. Les pays d’Amérique centrale, la Colombie, les Etats-Unis et la Chine ont proposé leur aide au Costa Rica. L’ambassadeur américain a annoncé une première aide de 50 000 dollars (37 000 euros). – (AFP.)

LEXIQUE

L'Australie détient un quart des réserves d'uranium PRODUCTION MONDIALE D’URANIUM en tonne par an

RÉPARTITION MONDIALE DES RESSOURCES IDENTIFIÉES Exploitables à un prix d’extraction inférieur à 130 dollars par kilo

42 000

De 1 % à 7 %

De 8 % à 14 %

Canada 8%

40 000

De 15 % à 23 %

Ukraine 4%

Kazakhstan 15 %

Russie 10 %

38 000 36 000 2000

2005 Etats-Unis 6% Niger 5%

RÉPARTITION DE LA PRODUCTION EN 2006 Canada Australie Kazakhstan Niger Russie Namibie Ouzbékistan Etats-Unis Afrique du Sud Autres

Chine 1,2 % Inde 1,3 %

Brésil 5%

Namibie 5%

Ouzbékistan 2%

Afrique du Sud 8%

Australie 23 %

Treize pays détiennent environ 93 % des ressources mondiales identifiées, les 7 % restants étant répartis entre 30 autres pays. 0

5 000

10 000

Source : OCDE/AIEA

ce qui n’est pas grand-chose quand on prétend relancer massivement le nucléaire. » A moins, dit-il, de développer les surgénérateurs, ce que les écologistes rejettent. « En plus, ajoute Yves Cochet, on a jusqu’à présent exploité les gisements les plus faciles. » Terres d’exploration vierges « Ce sera plus difficile qu’au début, quand il suffisait de se promener avec un compteur pour trouver un gisement », admet Georges Capus. Il existe pourtant des terres d’exploration, certes parfois inhospitalières mais encore vierges : l’extrême-orient russe, les régions canadiennes proches de l’Arctique, certains pays d’Afrique, l’Asie centrale, le bassin de l’Amazone au Brésil… Silareprisedel’explorationestréelle,celle de l’exploitation des mines est beaucoup

plus lente. Les coûts de développement ont explosé, et il est souvent difficile de relancer des mines fermées depuis des décennies. Le secteur doit aussi former des spécialistes (géologues, foreurs) que d’autres « miniers » s’arrachent. Quant à la compétition pour l’accès aux gisements, elle est chaque jour plus rude. L’époque où les sociétés occidentales détenaient 100 % des droits d’exploitation est révolue : les pays producteurs veulent tirer le meilleur prix de leurs ressources. Areva a perdu en 2007 son monopole au Niger, et il lui a fallu un an pour y décrocher le permis d’exploitation d’Imouraren, la deuxième mine du monde, à la barbe des Canadiens et des Chinois. De plus en plus d’entreprises se bousculent en effet sur le marché : les groupes intégrés (mine, combustible, réacteurs,

Les experts distinguent trois types de ressources (réserves) en uranium. Les ressources « raisonnablement assurées ». Les plus sûres, elles atteignent 3,34 millions de tonnes. Elles sont récupérables à un coût d’exploitation de 130 dollars le kilogramme au maximum. Les ressources « déduites ». Elles s’élèvent à 2,13 millions de tonnes. Il s’agit d’uranium dont on a géologiquement déduit l’existence et dont on est certain qu’il est exploitable. Les ressources « partiellement ou non découvertes », mais dont on sait qu’elles existent dans le sol. Elles s’élèvent à 2,8 millions de tonnes, auxquelles s’ajoutent environ 7,8 millions de tonnes dont les études montrent l’existence. Ce sont les ressources de cette catégorie que les géologues doivent mieux identifier dans les années à venir. Sans compter le minerai des régions inexplorées. Au total, ces ressources atteignent 16 millions de tonnes. Depuis le début de l’industrie nucléaire, 2 millions de tonnes ont été produites. Certaines mines canadiennes donnent 200 kg d’uranium pour une tonne de roche, d’autres 200 g. La moyenne se situe entre 1 et 5 kg.

retraitement) comme Areva ; les fabricants de réacteurs (Toshiba-Westinghouse) ; les compagnies minières traditionnelles (BHP Billiton, Rio Tinto) ; des groupes d’électricité qui veulent sécuriser leurs approvisionnements à long terme. L’envolée du prix de l’uranium jusqu’à 130 dollars (97 euros) la livre en 2006-2007 avait même fait pousser les petites sociétés minières comme des champignons. « On en a dénombré jusqu’à 700 », note Georges Capus. Le prix est retombé depuis à 50 dollars (37 euros) et nombre de ces « start-up de l’uranium » ont disparu. La crise financière a aussi entraîné le report de certains projets, mais les partisans de l’atome restent optimistes : l’énergie nucléaire et l’uranium ont, selon eux, un avenir… radieux. a Jean-Michel Bezat

Une expérience d’ensemencement en fer de l’océan dans l’Atlantique Sud LE POLARSTERN (« l’étoile polaire ») vogue vers les 40es rugissants. Parti mercredi 7 janvier du Cap, en Afrique du Sud, il doit atteindre une zone située dans l’Atlantique sud, par 50˚ S de latitude et 37˚ W de longitude. Le bateau de l’institut de recherche allemand Alfred-Wegener ne navigue pas dans les mêmes eaux que ceux du Vendée Globe : sa mission est de voir si l’ensemencement de l’océan en fer pourrait limiter le changement climatique. L’expérience, baptisée Lahofex et menée en coopération avec l’Institut national d’océanographie d’Inde, consiste à répandre environ 20 tonnes de fer sur 300 km2 d’océan. « Dans cette zone, la mer est pauvre en fer, ce qui limite le développement du phytoplancton, explique Lars Stemmann, du laboratoire d’océanographie de Villefranche-sur-Mer (AlpesMaritimes), scientifique français impliqué dans l’expérience. Si l’on apporte du

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fer, le phytoplancton peut se développer et absorber par photosynthèse du gaz carbonique de l’atmosphère. » Piégé biologiquement, le CO2 serait alors entraîné au fond de l’océan. A très grande échelle, on peut imaginer que le procédé réduise le gaz carbonique présent dans l’atmosphère. Quantité de CO2 absorbée Le fait que du plancton se développe en cas d’apport de fer est déjà bien établi. Les scientifiques de Lahofex vont en fait étudier comment la chaîne alimentaire utilise le CO2 absorbé par le phytoplanction. Soit les organismes (des diatomées) se coagulent et, à leur mort, tombent au fond de l’océan, entraînant avec eux les molécules de carbone. Soit le phytoplancton est mangé par le zooplancton, et des espèces telles que le krill, et le carbone atteindra le fond de l’océan dans les fèces ou les cadavres de ces petits animaux.

L’Amérique

en transition

La cinquantaine de chercheurs présents dans l’Atlantique sud cherchera à établir le fonctionnement de cette chaîne alimentaire, modifié par l’apport en fer, ainsi qu’à mesurer les différents effets biologiques qui en résulteront, notamment la quantité de CO2 absorbée. Ils resteront soixante-dix jours en mer. Il s’agit de la plus grande expérience scientifique jamais réalisée sur le sujet. L’ensemencement de l’océan en fer, qui relève de la géo-ingénierie (la transformation forcée des mécanismes naturels à l’échelle de la planète), est cependant très polémique. Evoqué en tant qu’hypothèse scientifique depuis la fin des années 1980, il a fait l’objet de plusieurs expériences à petite échelle, mais a aussi suscité des questions portant sur les effets secondaires possibles : « Le phytoplancton pourrait réémettre d’autres gaz à effet de serre, comme l’oxyde nitreux, estime Stéphane Blain,

du laboratoire d’océanographie de Banyuls-sur-Mer (Pyrénées-Orientales). La biomasse développée par le fer pourrait aussi appauvrir l’océan en oxygène. L’acidification de l’océan est une autre possibilité. » Ces craintes ont conduit à interdire les expériences à échelle industrielle que voulaient mener des entreprises américaines. En mai, la Convention sur la biodiversité biologique a adopté une décision jugeant que « les opérations à grande échelle ne sont pas justifiées ». « Mais notre expérience n’est pas à grande échelle, se défend Uli Bathmann, de l’Institut Alfred-Wegener. La quantitéde fer répandue n’est pas plusimportante que celle issue de la fonte d’un iceberg de 300km2, quise produitrégulièrement etnaturellement. » Selon l’association canadienne ETC Group, Lahofex n’en défie pas moins « ouvertement l’accord d’interdiction passé par la communauté internationale ». a Hervé Kempf

Du 12 au 16 janvier

SÉRIE SPÉCIALE ÉTATS-UNIS

A la veille de l’investiture de Barack Obama, retrouvez chaque jour le bilan des années Bush et les défis du nouveau président : • Les héros oubliés du 11 septembre 2001 • Retour à Guantanamo avec l’interview d’un juge militaire

• Reportage sur La Nouvelle-Orléans • L’Amérique noire de l’administration Dick Cheney • Wall Street : le nouveau bûcher des vanités

et toutes les clés et les rappels historiques


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International

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Pakistan Visite du vice-président américain élu, Joe Biden, en Asie du Sud, à dix jours de l’investiture

L’équipe Obama prépare sa lutte contre Al-Qaida et les djihadistes se combattant au Cachemire. Une accusation, rejetée par Islamanique visite à l’étranger de bad, qui vise les services de renseil’un des deux futurs diri- gnement militaire pakistanais geants des Etats-Unis (ISI), parrains historiques des avant l’investiture de Barack islamistes armés tant cachemiris Obama, le voyage en Asie du Sud que talibans. D’autre part, un signe d’espoir du vice-président élu, Joe Biden, souligne la priorité internationa- est apparu à l’occasion de la prele de l’équipe démocrate. M. Oba- mière visite officielle en Afghanisma avait déjà prévenu, avant son tan du président pakistanais Asif élection, qu’il considérait la Ali Zardari, qui a qualifié de « frèzone Afghanistan-Pakistan com- re » le président afghan Hamid me le « front central » de la Karzaï. Les deux hommes ont insguerre américaine contre Al-Qai- crit leur entente dans la perspective de la lutte contre les djihadistes. da et les djihadistes. M. Biden est arrivé samedi « Cette nouvelle relation permettra 10 janvier à Kaboul, où il devait ren- un combat résolu contre le terroriscontrer le président Hamid Karzaï me », a indiqué M. Karzaï. « Nous ainsi que le général américain voulons dire aujourd’hui au monde David McKiernan, chef des forces que nous sommes ensemble dans ce de l’OTAN déployées dans le pays. combat », a renchéri M. Zardari. Joe Biden a indiqué à M. ZardaLes Etats-Unis doivent envoyer ri, selon Islamabad, 20 000 hommes en renque le prochain gouverfort pour lutter contre M. Obama recevra nement américain soul’insurrection talibane. ces prochaines tiendrait le Pakistan, En 2008, 151 soldats semaines dont il a salué « l’imporaméricains ont perdu la les « plans tante contribution et les vie sur le sol afghan. de bataille » sacrifices » dans la lutte La veille, il avait fait préparés contre les extrémistes étape à Islamabad, où il par le Pentagone islamistes. Le vice-préa été reçu par le présisident élu a également dent pakistanais, Asif Ali Zardari, le premier ministre, rencontré le chef de l’armée pakisYoussouf Reza Gilani, et le minis- tanaise, le général Ashfaq Kayatre des affaires étrangères, Shah ni, et le chef de l’ISI, le général Mahmoud Qureshi. Ces rencon- Ahmad Shuja Pasha. Islamabad a donné des signaux trent se déroulent à l’issue d’une semaine riche en événements sur contradictoires depuis le 11-Seples trois « fronts » pakistanais : tembre, arrêtant certains responsables des attaques contre les Inde, Afghanistan et Al-Qaida. New Delhi a franchi un cap en Etats-Unis et envoyant son armée accusant, pour la première fois combattre les talibans dans les depuis l’attaque meurtrière de zones tribales frontalières de Bombay fin novembre 2008, « cer- l’Afghanistan, mais sans convaintaines agences officielles au Pakis- cre que ses services de renseignetan » d’avoir soutenu les ment ont rompu les liens avec des assaillants, membres présumés islamistes pouvant lui être utiles du Lashkar-e-Taiba (LeT), une en Afghanistan ou au Cachemire. organisation islamiste pakistanai- Or ces groupes mènent la guérilla ISLAMABAD

ENVOYÉ SPÉCIAL

U

Des soldats pakistanais patrouillent lors d’une opération contre les talibans dans la zone tribale de Khyber, le 1er janvier. QAZI RAUF AFRIDI/AFP contre les armées occidentales sur le sol afghan, et abritent Al-Qaida dans leurs sanctuaires pakistanais. La visite de Joe Biden intervient, par ailleurs, dans un climat à la fois de victoires américaines contre Al-Qaida et de tensions américano-pakistanaises, avec la répétition de tirs de missile par des drones de la CIA au Pakistan. Selon le Washington Post, huit dirigeants d’Al-Qaida ont été tués depuis que la CIA a entamé, à l’été 2008, une campagne plus agressive dans les « zones tribales » pakistanaises. L’opinion publique pakistanaise réagit très violemment à ces attaques, dont elle présume qu’elles sont menées avec l’accord secret du pouvoir pakistanais. De même que le président Zardari affirme que les forces pakistanaises et afghanes pourraient combattre seules l’insurrection talibane, le premier ministre, Youssouf Reza Gilani, a demandé à M. Biden que Washington lui fournisse l’équipement militaire permettant à son pays de lutter contre les sanctuaires d’Al-Qaida. Le voyage de Joe Biden indique

ÉTATS-UNIS NOMINATIONS

L’amiral à la retraite Dennis Blair va diriger le renseignement américain CORRESPONDANTE

Barack Obama met la dernière mainà son équipe gouvernementale. A dix jours de son investiture, le président élu a annoncé, vendredi 9 janvier, qu’il avait choisi l’amiral à la retraite Dennis Blair pour diriger les 16 agences du renseignement américain. Il a confirmé qu’il désignait l’ancien chef de cabinet de Bill Clinton, Leon Panetta, comme directeur de la CIA, l’Agence centrale de renseignement. A ces deux nouveaux membres de l’équipe de sécurité nationale, il a demandé de mettre en avant « des appréciations fondées seulement sur les faits », sans rechercher « des informations qui viendraient en soutien d’un programme idéologique ». Pour couper court aux critiques contre M. Panetta, 70 ans, un gestionnaire sans expérience précise du renseignement, il a souligné que celui-ci « avait toute sa confianÉTATS-UNIS

Lloyds TSB paie 350 millions de dollars pour régler un contentieux sur l’Iran WASHINGTON. Labanque britanni-

que Lloyds TSB Bank a accepté de verser 350 millions de dollars pour solder les poursuites engagées aux Etats-Unis pour avoir facilité des virements de ressortissants de

vastes régions d’Afghanistan et de l’ouest du Pakistan. Enfin, des interrogations restent toujours en suspens sur la nature du lien à tisser avec Islamabad. Car si M. Obama, comme il s’y est engagé, souhaite des victoires contre Al-Qaida, en procédant, notamment, à des changements stratégiques destinés à mettre fin aux guerres en Afghanistan et en Irak, il devra décider de la confiance qu’il accorde au Pakistan, soupçonné d’avoir, durant les années Bush, joué double jeu. a

CHRONOLOGIE 14 août 1947 : création de la République islamique du Pakistan. Octobre : première des trois guerres indo-pakistanaises. Décembre 2001 : attaque du Parlement indien par des séparatistes cachemiris basés au Pakistan. Démenti d’Islamabad. Juillet 2006 : attentats à Bombay. Arrêts des pourparlers de paix entre Inde et Pakistan. 26 novembre 2008 : attaques à Bombay (153 morts). Nouvelles accusations contre Islamabad.

Rémy Ourdan

MNP ENTREPRISE ET NO MONEY PRODUCTIONS PRÉSENTENT

YOLANDE MOREAU

BOULI LANNERS

UNE COMÉDIE DE BENOÎT DELÉPINE ET GUSTAVE KERVERN

«LE GRAND RETOUR DE LA COMÉDIE SOCIALE ET MORDANTE.» Ciné Live

ce » et aurait une « influence substantielle » à la tête d’une agence très malmenée par la rivalité avec le Pentagone dans la préparation de la guerre contre l’Irak. M. Obama a aussi annoncé la désignation de John Brennan, un ancien hiérarque de la CIA, comme conseiller présidentiel en matière de lutte antiterroriste. Il avait été question de lui pour diriger l’agence, mais cette hypothèse a été écartée. Questionné en 2006 sur les méthodes d’interrogatoire de la CIA, M. Brennan avait estimé qu’il fallait de temps en temps « retirer les gants ». Selon la presse, il a réussi à convaincre M. Obama qu’il n’était pas intervenu dans la mise en place des techniques de torture comme le waterboarding (simulation de noyade). Du côté du département d’Etat, Hillary Clinton aurait choisi l’ancien négociateur Dennis Ross comme envoyé spécial pour le Pro-

che-Orient et l’Iran. L’ancien ambassadeur à l’ONU Richard Holbrooke serait chargé du Pakistan et de l’Afghanistan. L’un des fondateurs du Center for a New American Century (CNAS), Kurt Campbell, devrait devenir le chargé de l’Asie, remplaçant notamment Christopher Hill sur la Corée du Nord. Professeur à Princeton, Anne-Marie Slaughter devrait diriger le département de la planification stratégique. Enfin, Philippe Gordon, spécialiste de l’Europe et des stratégies antiterroristes à la Brookings Institution, doit devenir secrétaire d’Etat adjoint chargé de l’Europe. Au Pentagone, Michele Flournoy,cofondatrice du CNAS, deviendrait directrice de la planification. Les auditions de confirmation au Sénat de Mme Clinton doivent commencer dèsle 13 janvier, une semaine avant la prise de fonctions. a

pays comme l’Iran ou le Soudan, a annoncé, vendredi 9 janvier, le département de la justice. Selon un communiqué du ministère, Lloyds TSB a maquillé pendant douze ans des virements bancaires internationaux « qui impliquaient des pays ou des personnes faisant l’objet de sanctions américaines ». – (AFP.)

Le fils de Charles Taylor condamné à Miami

«DRÔLE À EN PLEURER.» Paris Match

«UN FILM CULTE.» Le Parisien

«À HURLER DE RIRE.» Télérama

Corine Lesnes

MIAMI. Charles McArthur Emmanuel Taylor, dit « Chuckie », fils de l’ex-dictateur du Liberia Charles Taylor, a été condamné, vendredi 9 janvier, par une cour fédérale américaine, à 97 ans de prison, pour tortures et assassinats commis en Afrique. – (AFP.)

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WASHINGTON

que Barack Obama cherche à recueillir tous les avis afin de prendre des décisions rapides, une fois à la Maison Blanche, concernant le front afghano-pakistanais. Il recevra ces prochaines semaines les « plans de bataille » préparés par le Pentagone, notamment celui du chef d’état-major interarmées, l’amiral Mike Mullen, et celui du commandant des guerres en Afghanistan et en Irak, le général David Petraeus. Le sentiment à Washington est que le temps presse, alors que les talibans ont conquis, en 2008, de


International LaguerredeGaza

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La diplomatie toujours impuissante après deux semaines de combats meurtriers à Gaza palestiniennes », a déclaré Ehoud Olmert, premier ministre. Le Hamas a également rejeté le texte de l’ONU, ne s’estimant « pas concerné » par cette résolution « plutôt en faveur d’Israël car elle lui donne une chance de rester plus longtemps dans la bande de Gaza » parce qu’elle n’est pas contraignante. « Nous voulons un cessezle-feu immédiat, durable et pleinement respecté, menant au retrait complet des forces JÉRUSALEM israéliennes de Gaza », a insisté Moussa CORRESPONDANT eux semaines après le début de Abou Marzouk. Le cabinet de sécurité israélien, réuni, l’opération israélienne contre Gaza, « Plomb durci », la diploma- vendredi, pour étudier la résolution de tie est au point mort. L’initiative franco- l’ONU et entendre Amos Gilad, conseiller égyptienne lancée lors du voyage de Nico- politique d’Ehoud Barak, ministre de la las Sarkozy au début de la semaine n’a défense, après son voyage au Caire, a décirien donné de concret pour le moment. Il dé de poursuivre les opérations dans la reste encore un petit espoir, avec la visite, bande de Gaza pour « atteindre les objecsamedi au Caire, de deux émissaires du tifs fixés, c’est-à-dire changer la réalité sécuritaire d’Israël et empêcher la contrebande Hamas pour négocier un cessez-le-feu. D’ores et déjà, Moussa Abou Marzouk, d’armes dans la bande de Gaza ». Pour le numéro deux du bureau politique du moment, aucune décision n’a été prise de Mouvement de la résistance islamique, a passer à une troisième phase de l’opéraaverti depuis Damas qu’« aucune proposi- tion « Plomb durci » pour pénétrer plus tion ne sera acceptée si elle n’appelle pas à la profondément dans les villes afin de tenter de neutraliser les éléments fin du blocus et à l’ouverture des armés et de détruire les caches points de passage ». Ce dont L’ONU a décidé d’armes. Pour l’instant, les Israël ne veut pas entendre parde reprendre son roquettes palestiniennes contiler, estimant que cela revienaide humanitaire nuent de tomber sur le sud d’Isdrait à conforter le Hamas et estimant qu’elle raël. Vendredi, une trentaine surtout pratiquement à le avait obtenu ont été tirées sur Beersheba et reconnaître. L’Etat juif contides garanties Ashdod, faisant un blessé. La nue d’exiger la fermeture de la suffisantes capacité d’action du Hamas frontière avec l’Egypte et l’arde sécurité n’a donc pas été éradiquée. rêt de la contrebande d’armes. de la part d’Israël Au moins 300 membres préCe qui revient en fait à isoler sumés du Hamas ont été arrêdavantage la population de la bande de Gaza, qui n’a survécu jusqu’à tés depuis le début de l’opération, mais la présent que grâce aux tunnels par les- quasi-totalité des dirigeants, tant politiquels passe également la presque totalité ques que militaires, échappent toujours à des vivres. « Israël a agi, agit et n’agira l’armée. Une vingtaine de Palestiniens qu’en fonction de ses propres considéra- ont encore été tués, vendredi, ce qui porte tions, des besoins de ses citoyens en matière à plus de 800 le nombre des victimes. de sécurité et de son droit à l’autodéfense », Condoleezza Rice, secrétaire d’Etat améa déclaré, vendredi 9 janvier, Tzipi Livni, ricaine, a estimé qu’il était « difficile » pour Israël d’épargner les civils, en raison ministre des affaires étrangères. C’est pourquoi la résolution 1860 du de la densité de la population, et parce Conseil de sécurité des Nations unies, que les combattants du Hamas utilisent adoptée jeudi, a été rejetée immédiate- « des bâtiments qui ne sont pas désignés ment. « Israël n’a jamais accepté qu’une comme des bâtiments militaires ». L’ONU influence extérieure décide de son droit à a décidé, samedi, de reprendre son aide défendre ses citoyens. Les tirs de roquettes de humanitaire, estimant qu’elle avait obtece matin [vendredi] prouvent que la résolu- nu des garanties suffisantes de sécurité tion 1860 n’est pas applicable et ne sera pas de la part d’Israël. a respectée par les organisations terroristes Michel Bôle-Richard

Israël exige l’arrêt des tirs palestiniens et la fin de la contrebande d’armes via l’Egypte. Le Hamas réclame la fin du blocus de Gaza et le retrait de l’armée israélienne

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Des sympathisants du Hamas et le député indépendant Moustafa Barghouti (à droite) manifestent, vendredi, à Ramallah, brandissant un portrait du président vénézuélien Chavez, qui a renvoyé l’ambassadeur d’Israël à la suite de l’opération menée sur Gaza. ABBAS MOMANI/AFP

Tensions entre le Fatah et le Hamas en Cisjordanie RAMALLAH ENVOYÉ SPÉCIAL

A Ramallah, le « jour de la colère » décrété par le Hamas a dégénéré en un jour de la discorde. Vendredi 9 janvier, au lieu de dénoncer d’une seule voix les ravages de l’offensive israélienne à Gaza, les militants des deux mouvements ont fait une nouvelle fois étalage de leur division. Sous les yeux de la police, au mieux passive et souvent complice, les manifestants du Fatah se sont même livrés à une ratonnade en règle de leurs frères ennemis islamistes. Un déferlement de violence rarement vu dans les rues de Ramallah. En fin de matinée, à l’issue de la prière, les deux cortèges se sont ébranlés simultanément. Celui du Fatah, parti de la Mouqata’a, quartier général de l’Autorité palestinienne, était inhabituellement massif. En ce 9 janvier, terme théorique du mandat du président Mahmoud Abbas, son mouvement avait à cœur de rassembler large. Au moyen d’un artifice juridique, le successeur de Yasser Arafat a en effet décidé de se maintenir au pouvoir un an de plus, contre l’avis du Hamas, qui menace de ne plus reconnaître sa légitimité. Décidé à mener une démonstration de force, le Fatah avait donc recruté des troupes d’un genre particulier. Non pas de simples militants, mais des jeunes, membres

pour la plupart des services de sécurité, habillé en civil pour l’occasion et affublés d’une casquette et d’une écharpe à damier noir et blanc. En face, le défilé islamiste, parti de la mosquée de Ramallah, était plus hétéroclite, avec des jeunes mais aussi des femmes et des pères de famille, agitant les couleurs vertes du Hamas. Arrivés à la hauteur du Manara, la place centrale de Ramallah, les deux mouvements se sont d’abord toisés, puis, très vite, les nervis du Fatah sont passés à

Demande d’enquête après une nouvelle bavure militaire L’association américaine de défense des droits de l’homme Human Rights Watch (HRW) a demandé à l’état-major israélien d’ouvrir une enquête sur la mort du juge palestinien Akram Al-Ghoul, 48 ans, et de son fils Mahmoud Salah, 17 ans, le 3 janvier. Un missile lâché d’un F-16 s’est abattu sur la ferme, à la lisière de la frontière israélienne, dans laquelle habitait la famille Al-Ghoul, la réduisant instantanément en gravats. Le juge avait démissionné de ses fonctions après l’accession du Hamas au pouvoir à Gaza, en juin 2007. Son fils était lycéen. Ils étaient le père et le frère du représentant à Gaza de HRW. – (Corresp.)

l’action. Les drapeaux qu’on leur avait distribués se sont transformés en matraques, et les coups ont commencé à pleuvoir sur les militants islamistes. Bousculé au milieu de la mêlée, le visage rouge de honte, un vieil homme en turban s’époumonait : « Mais arrêtez imbéciles, arrêtez donc, vous ne comprenez pas que c’est exactement ce qu’Israël veut ! » Des policiers en uniforme, formés aux techniques de contrôle des foules par la mission d’assistance de l’Union européenne, ont extrait les principaux meneurs du cortège islamiste, tandis que leurs collègues femmes appréhendaient les manifestantes les plus bruyantes. Un homme dont le seul tort était de brandir un portrait de Hugo Chavez, le président du Venezuela, nouvelle idole de la rue arabe depuis qu’il a expulsé l’ambassadeur d’Israël à Caracas, s’est retrouvé le visage en sang. « C’est la haine qui parle, la haine à l’état brut, explique Hossam Ezzedine, un journaliste palestinien. L’offensive israélienne à Gaza aurait dû nous ramener sur le chemin de l’unité. Au contraire, cette attaque creuse la division née du coup de force du Hamas en juin 2007. » Dans l’ensemble de la Cisjordanie, la répression des manifestations par la police et le Fatah a fait treize blessés. a Benjamin Barthe

Forte mobilisation dans tout le Maghreb pour soutenir les Palestiniens et condamner Israël SAISIES par un sentiment d’humiliation collective, les populations du Maghreb vivent intensément les événements de Gaza. Les yeux rivés presque 24 heures sur 24 sur la chaîne de télévision Al-Jazira qui consacre une large place à l’offensive israélienne, elles suivent minute par minute, depuis le 27 décembre 2008, les bombardements sur l’enclave palestinienne.

Partout, les gens bravent les interdictions de manifester et sortent dans les rues pour exprimer leur colère et leur solidarité. De Rabat à Tunis en passant par Alger et Nouakchott, le sentiment d’impuissance est immense et l’émotion l’emporte sur l’analyse politique, rapportent tous les observateurs. Le principal souci des pouvoirs en place est de récu-

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pérer le ressentiment populaire pour mieux le canaliser. Vendredi 9 janvier, jour de prières et de rassemblements dans les mosquées, a constitué un pic dans la mobilisation. A Alger, ils sont sortis par milliers dans les rues, après la prière du vendredi, pour dénoncer « les massacres » d’Israël et appeler à la « démission » les régimes arabes. Des incidents violents se sont produits. La police est intervenue. Il y a eu de nombreux blessés, dont certains grièvement. Les manifestants – des jeunes pour la plupart – ont scandé des slogans hostiles aux Etats-Unis et aux dirigeants arabes, en particulier au président égyptien Hosni Moubarak. « Emmenez-nous à Gaza, donnez-nous des armes » et « Allahou akbar », ont-ils crié. Ali Benhadj, l’ex-numéro deux du Front islamique de salut, a été interpellé par la police pour la septième fois en quinze jours et conduit au commissariat. La colère des Algériens est cependant loin d’être l’apanage des islamistes. Le chanteur de raï Cheb Khaled, a déclaré il y a quelques jours qu’il était prêt « à prendre les armes pour aller combattre à Gaza ». La presse algérienne juge « partiale » la couverture des médias occidentaux, et la déclaration (rectifiée) de la présidence tchèque sur le « caractère défensif » de l’opération israélienne a suscité des commentaires rageurs. Beaucoup y ont vu la

preuve que l’Europe n’est qu’un ves de la faim dans les prisons en signe de solidarité… Les initiati« supplétif » des Etats-Unis. Une coordination de soutien à ves se multiplient. De nombreula résistance palestinienne a ses manifestations, spontanées adressé cette semaine une lettre ou organisées par des ONG, ont au président Abdelaziz Boutefli- eu lieu ces derniers jours, notamka, réclamant le retrait de l’Algé- ment à Casablanca, Marrakech, rie de l’Union pour la Méditerra- Fès, et Oujda. Mais la plus impornée (UPM) créée en juillet 2008 et tante s’est déroulée le 4 janvier à Rabat. 40 000 persondans laquelle siège nes ont défilé dans les Israël. « La place d’IsLe président rues, stigmatisant « le raël n’est pas à l’UPM. Moubarak, accusé massacre collectif de Elle est à Nuremberg d’avoir « vendu Gaza » et appelant à la aux côtés des nazis », a Gaza en échange vengeance, aux cris de déclaré un membre de de dollars », a été « djihad, victoire et marla coordination. particulièrement tyr » et « non à la norAu Maroc, la colère conspué à Rabat malisation [avec est la même. Là aussi, Israël] ». Le président Al-Jazira permet de suivre en direct les événements. S’y Moubarak, accusé d’avoir « venajoute Internet, en particulier les du Gaza en échange de dollars », a sites Daily Motion et YouTube, qui été particulièrement conspué. Le palais royal n’est pas en reste passent en boucle des vidéos dramatiques d’enfants palestiniens pour manifester son soutien à la cause palestinienne. Vendredi, à tués dans les combats. Sit-in de protestation, soirées l’initiative de Mohammed VI, (qui de soutien, collectes de dons, grè- porte le titre de « Commandeur

Des heurts violents avec la police en Mauritanie La décision de la junte qui a pris le pouvoir à Nouakchott, en août 2008, de rappeler son ambassadeur en Israël, le 5 janvier, n’a pas calmé les Mauritaniens. Vendredi 9 janvier, de violents heurts se sont produits dans les rues de la capitale. Les manifestants réclamaient la rupture des relations diplomatiques avec Israël (établies en 1999) en signe de protestation contre l’offensive

israélienne à Gaza. La Mauritanie est le seul pays du Maghreb, et l’un des trois de la Ligue arabe (avec l’Egypte et la Jordanie), à entretenir des relations diplomatiques avec l’Etat juif. En février 2008, des membres d’AlQaida au Maghreb islamique avaient ouvert le feu sur l’ambassade d’Israël à Nouakchott. Trois Français, qui se trouvaient non loin de là, avaient été blessés.

des croyants »), un premier groupe de blessés palestiniens est arrivé à Rabat pour être soigné. Les caméras de la télévision nationale les ont longuement filmés. Pendant ce temps, des avions bourrés de médicaments et de produits alimentaires, s’envolaient en direction de la ville égyptienne d’Al-Arich, proche de la frontière de Gaza. En Tunisie, l’émotion et la mobilisation sont également très fortes. Le 1er janvier, une manifestation a été autorisée, mais elle été soigneusement encadrée par le pouvoir. L’opposition qui tentait, avec plusieurs ONG, d’organiser un défilé à part, pour « ne pas être récupérée par le pouvoir », a vite été rappelée à l’ordre. Des tonnes de médicaments, de nourriture et de médicaments sont collectées chaque jour et les Tunisiens prennent d’assaut les centres médicaux pour offrir leur sang, quitte à patienter pendant des heures. Mais c’est via Internet que la mobilisation est la plus grande. « On assiste, ces derniers temps, à une explosion du site Facebook. Chacun crée son profil et y met une photo d’enfant palestinien massacré ou le drapeau palestinien », témoigne Taïeb Moalla, journaliste. Ce « militantisme électronique » se propage à une vitesse fulgurante, semble-t-il, non seulement en Tunisie mais dans l’ensemble du monde arabo-musulman. a Florence Beaugé (avec Amir Akef à Alger)


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International Europe

Le « Roi du Caqueta », vieux « narco » colombien, rattrapé par un tueur dans un hôpital de Madrid

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’homme décharge son arme, munie d’un silencieux, sur le malade de la chambre 543. Le « Roi du Caqueta », un « narco » colombien sur le retour, meurt sur le coup. Puis, le tueur et son complice posté dans le couloir quittent tranquillement l’hôpital madrilène Doce de Octubre. Digne d’un bon polar, la scène a eu lieu jeudi 8 janvier. Arrêté en 2006 en Espagne, le Colombien Leonidas Vargas, 59 ans, devait y être jugé pour trafic de drogue et blanchiment d’argent. En raison de problèmes pulmonaires, il était en liberté surveillée depuis mi-2008 et hospitalisé depuis le 2 janvier. La police espagnole privilégie l’hypothèse d’une vendetta menée par des sicaires colombiens. Les images filmées par les caméras de sécurité de l’hôpital n’ont pas permis, semble-t-il, de les identifier. En Colombie, Leonidas Vargas était depuis longtemps tombé dans l’oubli. Originaire du département du Caqueta, dans le sud du pays, l’homme a appartenu à la première génération des grands trafiquants de cocaïne qui, dans les années 1980, ont appris le métier aux côtés du célèbre Pablo Escobar et de Gonzalo Rodriguez Gacha, dit le « Mexicain ». Fils de paysans, employé de boucherie, il va accumuler en quelques années une gigantesque fortune et des milliers d’hectares. Le « Roi du Caqueta » fait construire à Florencia, chef-lieu du département, une réplique des arènes de Madrid. Ses autres surnoms – « le Vieux », « le Lion », ou « Patte de tenailles » – en disent long sur son autorité. Selon la police colombienne, Leonidas Vargas est l’un des premiers trafiquants qui aient traité avec les Forces armées révolution-

naires de Colombie (FARC, extrême gauche). Contre de l’argent et des armes, la guérilla protège les cultures illicites et les installations où sont distillées des tonnes d’alcaloïdes. Toujours selon la police, les relations ont fini par se gâter. Une autre querelle, sanglante, a opposé Leonidas Vargas et Victor Carranza, un trafiquant d’émeraudes converti au narcotrafic. En 1990, la fille de Vargas est séquestrée et assassinée. « Bonne conduite » Entre-temps, Leonidas Vargas est monté à Bogota. Il s’y fait construire une somptueuse demeure avec une piscine qui a la forme du Caqueta. C’est la belle époque du style « narco-déco ». Arrêté en janvier 1993, dans la ville de Carthagène, Vargas est condamné deux ans plus tard à dix-neuf ans d’emprisonnement pour trafic de drogue et vingt-six ans pour homicide. La justice colombienne est généreuse – laxiste, diront certains – avec les détenus qui se tiennent bien. Pour « bonne conduite, travail et études », « le Vieux » ne passera que sept ans en prison. Il y échappe à une tentative d’assassinat. Parallèlement, les juges saisissent des dizaines de ses propriétés – cent trente-cinq ont déjà été expropriées, dont la valeur se chiffre en plusieurs millions de dollars. A sa sortie de prison, il quitte la Colombie et part, semble-t-il, pour le Chili. En juillet 2006, la police espagnole l’arrête sur le perron d’un hôtel, en possession d’un faux passeport vénézuélien. Les autorités hésitaient au début sur la véritable l’identité du « Roi du Caqueta ». Les assassins, eux, n’ont pas douté. a Marie Delcas (Bogota, correspondante)

CHILI LE CENTRE GAUCHE FRAGILISÉ

La droite chilienne part en tête dans la course à la présidence À MOINS d’un an de l’élection présidentielle à laquelle la socialiste Michelle Bachelet ne peut se représenter, la droite chilienne est en bonne posture. Son leader, Sebastian Piñera, dispose de 25 points d’avance sur le démocrate-chrétien Eduardo Frei, candidat de la coalition de centre gauche qui gouverne le Chili depuis 1990. Le scrutin est prévu pour le 11 décembre. Un sondage de l’institut Mori, diffusé le 8 janvier, attribue 36 % des intentions de vote au premier, contre 11 % au second. A la question de savoir qui sera leur prochain président, 50 % des Chiliens répondent Sebastian Piñera. « C’est la première fois, depuis la fin de la dictature, que la droite est en tête des sondages », souligne Marta Lagos, directrice de Mori. La coalition Concertation démocratique regroupe la démocratiechrétienne, le Parti socialiste (PS), le Parti pour la démocratie (PPD, gauche) et le petit Parti radical social-démocrate. Eduardo Frei, ancien président du Chili (1994-2000), bénéficie du désistement des deux poids lourds du PS, l’ex-président Ricardo Lagos et l’ancien ministre José Miguel Insulza, actuellement secrétaire général de l’Organisation des Etats américains (OEA). « Nous sommes devant un défi », a admis M. Insulza, le 5 janvier, lorsqu’il a annoncé sa décision. A son avis, M. Frei « est la personne la mieux placée pour le relever ». La députée socialiste Isabel Allende, fille de l’ancien président Salvador Allende, a regretté ce désistement et exprimé sa préférence pour des primaires au sein de la coalition. « Les disputes internes et le manque de cohésion de la Concertation pourraient provoquer sa défaite », plaide M. Insulza, qui souhaite éviter les primaires. Provenant d’une famille démo-

crate-chrétienne, Sebastian Piñera est parvenu à moderniser et à rassembler la droite. Comme le centre gauche, il a voté « non » au plébiscite de 1988, qui a poussé les militaires à quitter le pouvoir. Avec une fortune évaluée par la revue Forbes à 1,2 milliard de dollars, M. Piñera contrôle la compagnieaérienne Lan Chile, le populaire club de football Colo Colo et une chaîne de télévision. « Si nous voulons un pays qui renoue avec la croissance et la création d’emplois, gagner la bataille contre la délinquance et la corruption, améliorer la qualité de la santé et de l’éducation, nous ne pouvons pas continuer sur la même voie », dit le milliardaire, qui prétend incarner le changement. Le « vote jeune » « La Concertation reste très forte, le scrutin sera serré, comme toujours », confie Ernesto Ottone, politologue proche de M. Lagos. « Les partis de la coalition n’ont pas su renouveler leur leadership, et souffrent de l’usure du pouvoir, admetil. Mais la Concertation garde une capacité d’entraînement bien supérieure à la somme de ses partis. » La crise mondiale favorise le centre gauche, qui a soigné les fondamentaux de l’économie et accumulé des réserves appréciables grâce à l’envol des prix du cuivre, estime M. Ottone. A en croire des sondages, la gestion de la crise a suscité une augmentation des indices d’approbation de Mme Bachelet. L’inconnue provient de l’éventuelle inscription automatique des jeunes sur les listes électorales, une réforme en cours d’adoption au Congrès. Jusqu’ici, la jeunesse s’est massivement abstenue aux scrutins. L’incidence d’un « vote jeune » sur les rapports de force entre le centre gauche et la droite est imprévisible. a Paulo A. Paranagua

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La présidence tchèque de l’Union s’active pour régler la crise du gaz Le premier ministre tchèque, Mirek Topolanek, s’est rendu à Moscou pour obtenir la reprise des exportations russes. Il a été épaulé par Angela Merkel PRAGUE ENVOYÉ SPÉCIAL

a méthode Sarkozy, sans Nicolas Sarkozy mais avec Angela Merkel : le premier ministre tchèque, Mirek Topolanek, mise sur la guerre du gaz entre la Russie et l’Ukraine pour prendre ses marques à la tête de l’Union européenne (UE). Comme le président français pendant ses six mois de présidence, son successeur a multiplié les réunions, entretiens téléphoniques et visites impromptues afin d’assurer la reprise « au plus vite » des exportations de gaz russe vers l’Europe. Samedi 10 janvier, il devait rencontrer le premier ministre Vladimir Poutine à Moscou, dans l’espoir de fixer les dernières modalités d’une mission d’observateurs chargée de contrôler le transit en Ukraine du gaz destiné à l’Europe. Vendredi, il s’est envolé pour Kiev afin de convaincre les dirigeants ukrainiens d’accueillir des observateurs russes sur leur territoire, une des conditions posées par le Kremlin pour rouvrir les vannes fermées depuis mercredi. Un accord définitif sur la mission butait sur un ultime problème de signature, samedi matin ; la reprise des exportations n’est pas acquise. Mais le comportement de M. Topolanek s’inspire de celui de M. Sarkozy lors du conflit russogéorgien de l’été 2008 puis dans la gestion de la crise financière : « Nous sommes réactifs, nous avons pris des risques », résume Alexandr Vondra, le vice-premier ministre tchèque chargé des affaires européennes. Pour faire face aux événements, les Tchèques bénéficient d’une alliée de poids : Angela Merkel. Depuis lundi, la chancelière alle-

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Un ouvrier travaille sur le gazoduc qui achemine le gaz russe à travers l’Ukraine vers l’Ouest. SERGEJ VASILJEV/REUTERS

mande a elle aussi multiplié les contacts avec le premier ministre russe, M. Poutine, le président ukrainien, Viktor Iouchtchenko, et son premier ministre, Ioulia Timochenko. Jeudi soir, les négociations sur le déploiement des observateurs n’ont pu être relancées qu’après l’intervention de Mme Merkel et de M. Topolanek, qui ont tour à tour appelé M. Poutine après s’être concertés. La première tentative de médiation menée par la Commission européenne entre Gazprom et son client ukrainien avait échoué dans l’après-midi. « Intervention cruciale » « L’intervention de la chancelière a été cruciale jusqu’ici : elle bénéficie de la qualité de ses relations avec M. Poutine et du poids de l’Allemagne dans la région », observe un industriel français du secteur. Mme Merkel s’est mobilisée avec d’autant plus de fermeté que l’Allemagne importe de Russie un tiers du gaz qu’elle consomme. Lui aus-

si très actif, le géant énergétique allemand E.ON détient environ 6 % du capital de Gazprom. Du côté du gouvernement français, on se réjouit de voir les Tchèques s’inspirer de la présidence française : « Les Tchèques ont d’abord voulu se démarquer du style Sarkozy, mais la façon dont ils réagissent démontre que l’élan donné par M. Sarkozy continue », indique un haut diplomate. Pourtant, le rapprochement entre M. Topolanek et la chancelière est d’autant plus net que les relations entre Paris et Prague pâtissent des crispations apparues dans les dernières semaines de la présidence française. « Mme Merkel a vécu à Prague dans les années 1980, elle connaît notre sensibilité », indique un haut fonctionnaire tchèque, qui n’a toujours pas digéré la façon dont les autorités françaises ont semblé mettre en cause la capacité de la République tchèque à prendre la relève de la France. Quand, à l’automne, M. Sarkozy a suggéré

de conserver la présidence de la zone euro pour continuer à occuper les avant-postes européens, les Tchèques ont été parmi les plus actifs pour demander à Mme Merkel de tuer ce projet dans l’œuf. Depuis le début de l’année, le conflit à Gaza est venu raviver la méfiance de M. Topolanek envers M. Sarkozy. La tournée du chef de l'Etat dans la région, en début de semaine, a volé la vedette à celle de la troïka européenne, dirigée par le ministre tchèque des affaires étrangères, Karel Schwarzenberg. En privé, les responsables tchèques craignent que « l’omniprésence » du chef d’Etat français leur complique la tâche et brouille le message porté par l’Europe. M. Topolanek n’exclut pas de se rendre lui-même au ProcheOrient. Mais, en public, il tente d’arrondir les angles. « Nos démarches se complètent », a indiqué le premier ministre tchèque, les efforts de médiation de M. Sarkozy sont « bienvenus ». a Philippe Ricard

LIBRE CIRCULATION RÉFÉRENDUM SUR LES ACCORDS DE LA CONFÉDÉRATION HELVÉTIQUE AVEC BRUXELLES

Les populistes suisses ne veulent pas de Roumains et de Bulgares GENÈVE CORRESPONDANCE

Le 8 février, les Suisses se prononceront par référendum sur la reconduction de l’accord de libre circulation signé avec l’Union européenne (UE), qui permet déjà aux citoyens de 25 Etats membres de l’UE de travailler et de résider en Suisse, et, dans le même vote, sur l’extension de cet accord aux Bulgares et aux Roumains. C’est contre ce dernier point que l’Union démocratique du centre (UDC), parti nationaliste populiste arrivé en tête aux élections législatives de 2007 (29 % des suffrages), vient de lancer sa campagne. Des affiches montrant deux corbeaux noirs qui s’attaquent avec leurs becs pointus à la petite Suisse rouge à croix blanche, alors qu’un troisième volatile, en retrait, attend, ont été placardées. Avec ce slogan : « Ouvrir la porte aux abus ? Non ! » Après les moutons noirs qui symbolisaient les étrangers criminels à expulser, les potentiels travailleurs bulgares et roumains sont dans le collimateur de la droite populiste, qualifiés de « maind’œuvre bon marché », source de GRÈCE

Nouveaux affrontements entre des jeunes et la police ATHÈNES. Une nouvelle manifes-

tation de quelque 3 000 jeunes s’est conclue par des affrontements avec les forces de l’ordre, vendredi 9 janvier, à Athènes. Des escarmouches ont d’abord opposé, devant le siège de l’uni-

chômage et de criminalité. Dans ces deux pays, « les plus pauvres et les plus corrompus » du continent européen, la plupart des habitants n’ont « qu’une chose en tête : émigrer », affirme sur le site Internet de l’UDC Yvan Perrin, le vice-président du parti, qui brandit aussi la menace d’une invasion de Roms. L’UDC est la seule formation politique d’importance à prôner le non lors de cette votation populaire. Largement majoritaires, les partisans du oui regroupent les socialistes, les partis de droite, les représentants des milieux économiques, du patronat et des syndicats, qui agissent en ordre dispersé. Des parlementaires et des entrepreneurs de l’UDC ont même rejoint ce camp. Tous estiment que le scrutin de février est capital pour la prospérité du pays, surtout en période de crise économique et de différend fiscal avec Bruxelles. La Suisse a conclu une première série de sept accords bilatéraux avec Bruxelles, les « Bilatérales I », entrés en vigueur en 2002. Liés juridiquement, ces accords portent sur l’agriculture, les transports, la recherche, les marchés

publics, la levée des obstacles techniques au commerce et la libre circulation. Si ce dernier venait à être rejeté par les urnes, tous les autres pourraient être annulés, selon une « clause guillotine » prévue dans les textes. A la mi-décembre 2008, Michael Reiterer, l’ambassadeur de l’UE à Berne, affirmait que Bruxelles n’hésiterait pas à l’appliquer en cas de vote négatif le 8 février.

versité, des dizaines de jeunes cagoulés et des policiers des forces antiémeute, qui ont fait usage de gaz lacrymogènes pour les disperser. Des manifestants ont mis le feu à des poubelles et lancé des morceaux de bois et des pierres sur les policiers. Les incidents se sont poursuivis dans la zone, fermée à la circulation et où des cen-

taines de manifestants sont restés massés. D’importantes forces antiémeute ont chargé pour les disperser et elles ont procédé à de nombreuses interpellations. Parmi les personnes arrêtées en marge des échauffourées figuraient quatorze avocats, relâchés après une intervention du barreau d’Athènes. Des journalistes ont

Menace Le gouvernement fédéral prend très au sérieux cette menace. Une brochure du Bureau de l’intégration (le service fédéral qui coordonne la politique européenne) rappelle que la Suisse gagne 1 franc sur 3 grâce à ses relations avec l’UE et qu’elle a toujours eu un besoin vital de main-d’œuvre étrangère. « Sans les étrangers, les hôpitaux, l’hôtellerie, la restauration et le secteur du tourisme seraient paralysés », peut-on lire. Six ans après l’ouverture progressive du marché du travail, Berne estime que l’immigration est restée sous contrôle. Les contingents (en vigueur jusqu’en 2011) applicables à des pays comme la

Pologne, la Hongrie ou la Slovaquie ont jusqu’ici suffi à la demande et les mesures de lutte contre le dumping salarial et social ont été efficaces. En ce qui concerne la Bulgarie et la Roumanie, un délai transitoire de sept ans sera appliqué. Le nombre d’autorisations de séjour sera limité jusqu’en 2016, avec la possibilité de prolonger ces contingents pendant encore trois ans. Ces arguments sont rejetés par Christoph Blocher, l’ancien homme fort de l’UDC, évincé du gouvernement en décembre 2007. Depuis le 5 janvier, le « tribun zurichois » s’est lancé dans la bataille, à la tête d’un comité « de l’économie ainsi que des arts et métiers » censé contrer les arguments des milieux économiques, massivement acquis au oui. Rappelant que la Suisse est entrée en récession, M. Blocher prédit, en cas d’ouverture des frontières aux travailleurs bulgares et roumains, que le chômage, pour le moment le plus bas d’Europe, s’abattra sur les Suisses et que les caisses des assurances sociales se videront. a Agathe Duparc

été pris à partie par des policiers. La manifestation intervient un mois après la mort d’un adolescent, tué par un policier à Athènes, qui avait déclenché une série de manifestations. Le premier ministre conservateur, Costas Caramanlis, a remanié son gouvernement pour tenter de reprendre la main. – (AFP.)


France

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Manifestations Des cortèges dans toute la France, samedi, contre l’offensive israélienne à Gaza

Des mosquées s’efforcent de canaliser la « colère » es invocations, psalmodiées d’une voix de plus en plus vibrante par l’imam, tirent des larmes à plusieurs des femmes recueillies dans la partie féminine de la mosquée de la Fraternité à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) pour la prière du vendredi 9 janvier. La salle de prière est comble, les fidèles de tous âges se tassent sur le tapis aux bandes vertes orientées vers La Mecque. « Nous invoquons Dieu pour qu’il vienne en aide à nos frères et sœurs palestiniens », répète Hassen Bounamcha, durant plusieurs minutes. L’imam vient de rappeler la « situation

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Les institutions juives poursuivent leur soutien à Israël Le Conseil juif européen a lancé un appel à des manifestations de solidarité avec Israël à Rome, samedi, à Londres, Munich, Francfort et Berlin, dimanche, et à Vienne, lundi. En France, aucune manifestation nationale n’est prévue. L’Appel unifié juif de France, le Fonds social juif unifié et le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) organisent « une mission de solidarité en Israël du samedi 10 au mardi 13 », à laquelle participeront des responsables communautaires et, indique le CRIF, des personnalités comme le journaliste de France Inter Ivan Levaï ou l’ancien ministre François Léotard. Le CRIF de Rhône-Alpes organise un rassemblement contre l’antisémitisme dimanche 11. Jeudi 8, le grand rabbin de France, Gilles Bernheim, et le président du Consistoire central, Joël Mergui, avaient appelé les communautés juives de France à prier « pour que le peuple d’Israël soit protégé ». M. Bernheim avait souligné que « prier, c’est marquer son humilité, comme cette guerre faite sans orgueil et sans souci de puissance ». M. Mergui avait pour sa part indiqué que la prière « nous permet de renforcer le lien avec Israël qui a besoin de nous autant que nous en avons besoin ».

d’injustice » dans laquelle vivent les Palestiniens, les « 780 morts et les 3 200 blessés ». Les mouchoirs, les mains, essuient les larmes. Dans son prêche, l’imam insiste sur la « nécessité pour tout être humain de dénoncer le mal ». Le responsable de l’Association des musulmans d’Aubervilliers (AMA) prend aussi la parole pour s’élever contre « l’embargo » auquel est soumise la bande de Gaza. Il donne au passage les résultats de la collecte effectuée la semaine passée pour venir en aide aux Palestiniens : près de 5 000 euros, soit le double d’une quête « normale ». La prière s’achève. Une bénévole d’une association propalestinienne met dans les mains des fidèles un tract, les appelant à venir manifester, samedi 10 à Paris, pour protester contre l’offensive israélienne dans la bande de Gaza. « Venez avec les enfants, venez nombreux », répète Malika, une fonctionnaire de 43 ans. « Il ne faut pas laisser retomber la pression, il faut occuper le terrain, ici en France, car nos frères là-bas sont étranglés. » Samedi, les manifestants d’origine arabo-musulmane pourraient se déplacer en masse. « Il faut garder son calme » Comme Malika, nombre de fidèles disent spontanément leur « colère » et leur « haine ». « Comment supporter cette injustice, alors que l’on voit agir une armée contre un peuple ? », lâche Khalid, à la sortie de la mosquée. « J’ai de la haine contre les militaires israéliens, contre les Etats européens et les Etats arabes qui laissent faire », lance aussi Yasmine, une hôtesse d’accueil de 21 ans. Malika s’emporte, elle, contre « les sionistes », « des nazis », ose-t-elle. « Je ne peux même pas dire l’étendue de ma rage. » Tous n’ont pas l’intention d’aller manifester en dépit des appels de Mehdi, le responsable de l’AMA : « En France, nous avons notre liberté de parole ; le minimum que l’on puisse faire pour nos frères, c’est de nous exprimer par le biais de manifestations. Mais il ne faut pas nous embrouiller

avec les juifs. Même pendant la manif, il faut garder son calme. » Dans nombre de mosquées depuis une semaine, le message est le même : canaliser la colère et informer sur les moyens d’action, afin de préve-

nir les dérapages, troubles à l’ordre public ou violences envers la communauté juive. « Si on ne parle pas de la Palestine à la mosquée, d’autres s’en chargeront dans les quartiers, et de manière sans doute plus radi-

cale », estime Toufik Chergui, président d’une association musulmane en RhôneAlpes, familier du dialogue avec les autorités et les représentants des autres religions. « C’est à nous de gérer le stress et le désarroi », confirme Abdelhak Eddouk, l’imam de Grigny (Essonne). « On informe les gens sur les manifestations organisées plutôt que de laisser chacun courir derrière n’importe quel slogan. » Quant aux jeunes qui ne fréquentent pas les mosquées… « là, des débordements sont possibles », estime, avec d’autres, M. Bounamcha. Pour couper court aux risques de communautarisation et de transposition du conflit en France, un scénario redouté par les autorités, Salem Bouchene, un fidèle d’Aubervilliers, estime que « c’est en tant que citoyen qu’il faut réagir. Si on voit le conflit sous l’angle des communautés, le dialogue ne peut avoir lieu ». Au ministère de l’intérieur, on semble craindre davantage les actes non organisés venus des quartiers populaires que de réels conflits entre les courants religieux. Malgré de fortes critiques de certains représentants musulmans, notamment ceux de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF) envers le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), accusé « d’importer et de communautariser le conflit », les responsables nationaux et locaux affichent un souci commun de « cohésion nationale ». Et les initiatives locales se multiplient : à Lyon, les responsables musulmans, juifs, chrétiens et politiques ont appelé vendredi leurs communautés à « vivre ensemble dans la paix ». En Alsace, les représentants des religions ont lancé un appel commun « au respect et au dialogue », condamnant « toute tentative d’instrumentalisation ou d’importation des conflits du Proche-Orient ». A Paris, les communautés juive, musulmane et catholique du 15e arrondissement organisent mercredi 14 « une soirée d’appel à la paix au Moyen-Orient ». a Stéphanie Le Bars

En Europe, où plusieurs défilés sont prévus, la mobilisation est inégale LA GUERRE à Gaza mobilise inégalement en Europe. Plusieurs manifestations étaient programmées samedi 10 et dimanche 11 janvier. Grande-Bretagne. Sur son site Internet, la coalition pacifiste Stop the War appelle à une nouvelle manifestation à Londres samedi. Au programme, un lancer de chaussures contre l’ambassade d’Israël, référence au geste du journaliste irakien qui a lancé ses souliers contre George Bush, en décembre 2008. Une première manifestation avait été organisée dans la capitale britannique le 3 janvier, rassemblant plus de 10 000 personnes selon la police, 60 000 selon les organisateurs. Depuis une semaine, chaque jour, des rassemblements propalestiniens sont organisés devant l’ambassade d’Israël. Mercredi soir, pour la première fois, des manifestants pro-israéliens leur ont succédé, demandant « la fin du terrorisme du Hamas ». Scotland Yard recommande dorénavant aux personnalités juives de veiller à leur sécurité. Une synago-

gue a été incendiée au nord-ouest de Londres. Dans une tribune au Guardian parue jeudi, des représentants des musulmans, actifs dans la lutte contre l’extrémisme, ont averti Gordon Brown que les attaques d’Israël à Gaza ont « revigoré les groupes extrémistes et légitimé leur message de violence et de conflit perpétuel » chez les musulmans du Royaume-Uni. Belgique. La tension est vive. Diverses manifestations ont été organisées, à Anvers notamment, et ont parfois dégénéré, des jeunes d’origine maghrébine laissant éclater leur colère. Un nouveau défilé devait avoir lieu samedi dans la principale ville flamande, à l’initiative d’un mouvement extrémiste très controversé, la Ligue arabe européenne. La municipalité socialiste avait exigé de connaître les noms des membres du service d’ordre avant de délivrer une autorisation de manifester. Les organisateurs ont refusé, mais maintenu leur mot d’ordre. A Bruxelles, quelques centaines de représentants de la communauté juive ont défi-

lé la semaine dernière devant l’ambassade d’Iran pour dénoncer le soutien de Téhéran au Hamas. Les participants ont évoqué diverses attaques contre des habitations et des commerces juifs. Des cocktails Molotov ont été lancés sur des synagogues, à Charleroi et à Bruxelles notamment. Pays-Bas. A La Haye, où un défilé de soutien à Israël a été organisé vendredi, la polémique est plutôt politique. Le gouvernement de centre gauche a affirmé son soutien à la « riposte » israélienne. La gauche radicale, le Socialistische Partij, qui compte une forte représentation parlementaire, a, elle, participé activement, il y a quelques jours, à un défilé qui clamait « Hamas, Hamas, les juifs au gaz ». Allemagne. Les manifestations se sont jusqu’à présent déroulées dans le calme. Il y a une semaine, quelque 30 000 personnes ont défilé à travers le pays, dont 7 500 à Berlin. De nouveaux rassemblements sont prévus ce week-end. La colè-

re des manifestants s’accompagne d’une critique du gouvernement allemand, accusé d’être trop indulgent, voire partisan, à l’égard d’Israël. A Berlin, la communauté juive a appelé à un rassemblement dimanche. Italie. Le pays reste pour l’heure relativement épargné par les retombées du conflit. Une manifestation propalestinienne de 5 000 personnes a eu lieu dimanche 4 janvier à Milan. Une polémique a surgi lorsque les manifestants se sont prosternés en direction de La Mecque devant le Dôme, « une incroyable provocation » pour la Ligue du Nord. A Rome, un syndicat de commerçants a provoqué l’indignation en proposant le boycott des commerces tenus par des juifs. Cette initiative a été vivement dénoncée par toutes les forces politiques. Espagne. Alors que le gouvernement a condamné « la réponse disproportionnée d’Israël », les réactions ont été très limitées. Samedi 3 janvier à Madrid, un rassemblement autorisé devant le ministère

des affaires étrangères s’est prolongé en manifestation spontanée dans le centre de la capitale. Un millier de manifestants brandissaient des chaussures et des panneaux dénonçant « le terrorisme d’Etat ». Dans l’enclave espagnole de Melilla, où la moitié des 71 000 habitants sont musulmans, 1 300 fidèles ont participé à une prière de rue le 2 janvier. Turquie. Les organisations islamistes d’un côté, les syndicats et les partis d’extrême gauche de l’autre, se sont largement mobilisés. Plusieurs manifestations ont été organisées, notamment à Istanbul, où 5 000 personnes ont défilé le week-end dernier. Samedi, Amnesty International et des associations de gauche organisaient également une manifestation. La sécurité autour des synagogues d’Istanbul a été renforcée. A Ankara, des manifestants ont jeté des chaussures sur l’ambassade israélienne. a

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« Quelle que soit la religion ou l’appartenance culturelle d’un élève, il est un petit Français » QUATRE élèves du collège LéonBlum de Villiers-le-Bel (Vald’Oise), âgés de 13 à 15 ans, soupçonnés d’avoir agressé une adolescente juive de 14 ans, lundi 5 janvier, ont été mis en examen par un juge du tribunal pour enfants de Pontoise, jeudi 8 janvier. Trois d’entre eux pour « violences volontaires » ayant trait à « l’appartenance de la victime à un groupe religieux », le quatrième pour « nonempêchement de délit ». Sans antécédents judiciaires, tous quatre ont été laissés en liberté à l’issue de leur garde à vue, mais ils font l’objet d’une mesure de « réparation pénale » : un « suivi » de la protection judiciaire de la jeunesse. Alain Boissinot, recteur de l’académie de Versailles, précise qu’ils

ont été exclus de leur établissement « à titre conservatoire », dans l’attente d’un conseil de discipline. Un cinquième collégien, qui pourrait être impliqué, a été entendu, jeudi, en qualité de témoin assisté. Frappée aux jambes à la sortie du collège, dépouillée de son manteau, jetée à terre et contrainte à manger de la neige, la victime avait déposé plainte, en compagnie de sa mère, le 6 janvier, pour « violences volontaires aggravées » et « insultes à caractère antisémite ». « Il est établi que des propos antisémites ont été tenus à son encontre, a déclaré Alain Boissinot au Monde, mais nous sommes incapables de nous prononcer sur un lien éventuel avec le conflit israélo-palestinien. » « Très traumatisée », l’élève agres-

sée n’apas repris les cours. Et le rectorat s’est « engagé à l’accompagner dans son souhait éventuel de changer d’établissement ». Selon les vœux du recteur, le collège Léon-Blum a organisé une « action éducative » pour dénoncer ces comportements et faire prendre conscience à ces jeunes élèves de la gravité de ces actes. « Nous voulons insister sur le fait que, quelle que soit la religion ou l’appartenance culturelle d’un élève, il est un petit Français », précise M. Boissinot. S’il reconnaît « une montée et une banalisation des injures à caractère religieux ou raciste », il précise que ça n’est « heureusement pas courant à ce niveau de gravité et de violence physique ». a Patricia Jolly

De nos correspondants à Londres, Bruxelles, Berlin, Rome, Madrid et Istanbul

SANTÉ

Nicolas Sarkozy rassure les psychiatres sur la réforme de l’hospitalisation d’office Nicolas Sarkozy s’est efforcé, jeudi 8 janvier, de rassurer les professionnels de la psychiatrie qui avaient dénoncé la vision « sécuritaire » de son projet de réforme de l’hospitalisation d’office, tel qu’il l’a exposé le 2 décembre 2008 après le meurtre d’un passant par un schizophrène (Le Monde du 4 décembre). Lors d’un entretien à l’Elysée, le président de la République a expliqué que la psychiatrie « devait être une priorité, qui ne ferait que s’accentuer, à l’avenir ». « L’aspect non sécuritaire de ses préoccupations nous a semblé dominant », a réagi l’Intersyndicale de défense de la psychiatrie publique (IDEPP), qui parle d’une « atmosphère positive » de la rencontre. M. Sarkozy a fait part de son intention de se rendre à nouveau dans un hôpital psychiatrique dans les prochaines semaines.


0123 Dimanche 11 - Lundi 12 janvier 2009

France

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Intempéries : Marseille fait bloc contre le coup de semonce parisien

CORSE UN ANCIEN MILITANT NATIONALISTE APPRÉHENDÉ

Interpellation à Ajaccio d’un fugitif sur fond de guerre des polices AJACCIO CORRESPONDANT

Quatorze mois de cavale et une arrestation en douceur : Antoine Nivaggioni, un ancien militant nationaliste en fuite depuis le 17 novembre 2008, a été appréhendé vendredi 9 janvier à Ajaccio en fin d’après-midi alors qu’il se déplaçait à proximité de l’hôpital d’Ajaccio. L’interpellation, réalisée par des hommes du RAID (recherche, assistance, intervention, dissuasion) et de l’OCLCO (office central de lutte contre la criminalité organisée) a été suivie du transfert immédiat de M. Nivaggioni à l’Hôtel de police d’Ajaccio où il était toujours placé en garde à vue samedi matin. Depuis novembre 2007, la justice le recherchait pour l’entendre sur une série de malversations présumées, abus de biens sociaux et marchés publics truqués dont aurait bénéficié la SMS (Société méditerranéenne de sécurité), une entreprise de gardiennage qu’il avait fondée à l’orée des années 2000 et qui s’était rapidement imposée comme l’un des principaux employeurs de Corse.

Scènes inédites à Marseille, devant Notre-Dame-de-la-Garde, après la chute de 30 à 40 centimètres de neige, mercredi 7 janvier, au petit matin. JEAN-PAUL PELISSIER/REUTERS

Qui est responsable de la mauvaise gestion des caprices de la météo ? En réclamant une enquête, François Fillon a heurté la susceptibilité marseillaise loquée, isolée, paralysée. La « blanche pagaille », selon la formule du quotidien La Provence, provoquée par l’abondante quantité de neige qui est tombée, mercredi 7 janvier au petit matin, sur Marseille a aussi suscité une vive polémique entre le premier ministre François Fillon et le maire (UMP) de Marseille, Jean-Claude Gaudin, sur les conditions et les moyens d’intervention. Avec le retour progressif à la normale, dès vendredi, l’un et l’autre ont tenté d’en atténuer les effets. Durant deux jours, l’agglomération et le département des Bouches-du-Rhône ont vécu à l’écart du pays en raison des 30 à 40 centimètres de neige lourde et collante. Des automobilistes et des routiers sont restés bloqués sur les autoroutes et rocades de la ville durant de nombreuses heures. Les trains, bus et métros ont cessé de fonctionner.Des passagersont passéla nuit à l’aéroport. Des foyers ont été privés d’électricité. Un grand nombre de services publics (écoles et transports scolaires, crèches…) ont été interrompus. Cet événement, exceptionnel depuis 1987, a produit des scènes inédites, de patinage sur les pentes et de parcours à ski dans la ville. Dès jeudi, le premier ministre s’est irrité de ces « blocages inacceptables ». « Quand il y a des milliers de gens bloqués pendant des

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heures et des heures, quand des aéroports incidents de l’hiver. Tous deux sont restés dans un pays moderne ne fonctionnent plus à l’écart de la polémique. Les critiques les parce qu’il y a de la neige, c’est qu’il y a des plus vives ont été formulées par la CGT déficiences », avait-il expliqué en annon- des Bouches-du-Rhône, qui a dénoncé un çant la nomination d’une mission d’exper- « manque d’investissements, de moyens et tise chargée de « dresser un constat et de d’effectifs » et de l’UPE 13, le Medef local, tirer des enseignements ». Venu de Paris, le qui, de son côté, a reproché « un blocage coup de semonce a été particulièrement inadmissible de l’activité économique. » Dans un entretien à La Provence, samemal ressenti. Sans exception, les élus de la ville, de l’agglomération et du départe- di 10 janvier, François Fillon a tenté de corment ont fait bloc, y compris avec le préfet. riger le tir. « Il ne s’agit pas de stigmatiser qui que soit, a-t-il indiqué, (…) Premier à réagir, Jean-Claude mais de travailler en étroite collaGaudin a sèchement répliqué « Nous ne boration avec tous les acteurs en relevant « l’absence de dégâts sommes pas pour établir un diagnostic comcorporels ». « Nous ne sommes à Montréal ou plet et faire des propositions pas à Montréal ou à Chamo- à Chamonix » concrètes. » Dès leur arrivée, nix », a-t-il indiqué pour explivendredi à Marseille, les quatre quer l’absence de chasse-neige Jean-Claude Gaudin représentantsde la mission gouet de moyens appropriés. Maire (UMP) vernementale, qui doivent renLe préfet, Michel Sappin, qui, de Marseille dre leurs premières observadès mercredi à 5 heures, avait tions pour le 20 janvier, ont muldéclenché le plan « Neigel » issu des dernières chutes de 1987, et activé tiplié les précautions. « Il s’agit d’un traditionnel retour d’enseiune cellule de crise, a abondé dans son sens : « Est-ce que, pour un événement qui se gnement après des épisodes naturels extraorproduit tous les vingt ans, il faut que la ville et dinaires », a expliqué Philippe Sauzey, insla communauté urbaine investissent des pecteur général de l’administration du dizaines de millions d’euros dans des équipe- ministère de l’intérieur, en citant la tempêments qui serviront de façon aléatoire ? », te de Noël 1999, les inondations de la baie de Somme en 2001 ou encore le blocage de s’était-il interrogé, jeudi, sur France 3. « Je ne dis pas que tout a été parfait, l’autorouteA10en2006 danslarégionparimais je dis que nous avons fait au mieux », sienne. Cette mission devrait surtout pers’est justifié Eugène Caselli, président mettre de vérifier l’efficacité de la nouvelle (PS) de Marseille-Métropole, chargée de directiondes territoires, issue de la réforme la voirie dans les dix-huit communes de de l’Etat et de la fusion des services de l’agglomération, tandis que Jean-Noël l’équipement et de l’agriculture dans les Guérini, président (PS) du conseil géné- régionsetlesdépartements. Avecune attenral, a mis en valeur le travail des tion particulière sur la coordination entre 300 agents des routes, des 870 sapeurs- l’Etat et les collectivités locales, qui exerpompiers et des 160 forestiers plus habi- cent des responsabilités enchevêtrées. a tués à gérer les incendies de l’été que les Michel Delberghe

ENTRETIEN AVEC LE SECRÉTAIRE D’ÉTAT À LA DÉFENSE ET AUX ANCIENS COMBATTANTS

Jean-Marie Bockel : « La différence entre moi et Eric Besson, c’est que je ne rejoindrai pas l’UMP » COMME Eric Besson, Jean-Marie Bockel a quitté le PS pour rejoindre le gouvernement de Nicolas Sarkozy. Mais contrairement à lui, il n’est pas prêt à prendre sa carte de l’UMP. Explications. Nicolas Sarkozy souhaite placer l’UMP sous le signe de l’ouverture, en intégrant notamment des ministres issus des rangs du PS. Allez-vous, comme Eric Besson, rejoindre le parti majoritaire ?

Non. Je n’irai pas à l’UMP. Compte tenu de mon parcours, ma démarche d’ouverture n’a de sens, depuis le premier jour, qu’au sein de la Gauche moderne, le mouvement que j’ai créé. C’est un parti libre et indépendant, qui entend incarner la gauche décomplexée au sein de la majorité. La démarche de M. Besson est tout à fait respectable, mais elle s’inscrit dans son propre parcours personnel et politique. Elle permet une clarification dont on ne peut que se réjouir. Moi j’entends incarner des Français de gauche qui ne se retrouvent plus dans le PS actuel, déchiré entre Martine Aubry et Ségolène Royal,

complexé face à l’extrême gauche. Des déçus par la gauche qui se refusent à diaboliser le président de la République et le gouvernement, mais qui, pour autant, ne rejoindront jamais l’UMP. J’ai une légitimité à leur parler, car je n’ai pas varié dans le discours social libéral que je tenais déjà au PS.

ble à la problématique de l’immigration. J’ai toujours été demandeur d’une politique d’immigration. J’ai toujours été solidaire de M. Hortefeux. Donc, qu’il soit remplacé par un homme de gauche, cela ne me choque pas. Je trouve ça même plutôt bien. Cela permettra de montrer que ce n’est pas une politique camp contre camp.

Vous n’êtes pas prêt, comme Eric Besson, à franchir le tabou de passer du PS à l’UMP et d’accepter de prendre les rênes du ministère le plus contesté par la gauche, celui de l’immigration et de l’identité nationale ?

Accepterez-vous de faire partie de la confédération de la majorité que Nicolas Sarkozy s’apprête à créer pour rassembler dans une maison commune les différentes composantes de la majorité, l’UMP, les radicaux, le Nouveau centre et les mouvements, tels que le vôtre, issus de la gauche ?

Je n’ai pas de difficulté à transgresser un tabou. Je l’ai fait en acceptant l’ouverture. J’ai été en dissidence pendant dix ans au PS. Mais la différence entre moi et Eric Besson, c’est que je ne rejoindrai pas l’UMP. Ma crédibilité pour parler aux déçus de la gauche, c’est de rester distinct de l’UMP, pas de m’y fondre. Concernant la promotion de M. Besson au ministère de l’immigration, elle ne me choque pas personnellement. Je suis maire de Mulhouse et sensi-

Oui, je l’ai dit au président de la République. Mais à une condition : que cette confédération permette à des formations ou sensibilités distinctes de l’UMP d’exister réellement, notamment au moment des échéances électorales. Cette structure nous permettra d’avancer en amont idées et critiques. a Propos recueillis par Sophie Landrin

Une très embarrassante affaire Cette enquête, ouverte depuis 2006 et conduite par la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Marseille menace plusieurs notables locaux dont Raymond Ceccaldi, ancien président démissionnaire de la chambre de commerce et d’industrie d’Ajaccio, que les juges d’instruction en charge du dossier tiennent pour un rouage essentiel de l’affaire. De simple procédure de délinquance

financière, « le dossier de la SMS » est cependant devenue, au fil du temps et des révélations, une très embarrassante affaire pour certains fonctionnaires de police, accusés d’avoir protégé et aidé Antoine Nivaggioni avant, pendant et après sa fuite, sur fonds de guerre larvée entre services. De nombreux relevés d’écoute réalisés par le groupe d’intervention régional de Corse et versés au dossier montrent que des policiers de la direction centrale des renseignements généraux (devenue direction centrale du renseignement intérieur, DCRI) étaient en contact étroit et régulier avec M. Nivaggioni et plusieurs de ses proches. Ils avaient tenté, à plusieurs reprises, d’obtenir des informations sur l’enquête en cours auprès de leurs collègues de la police judiciaire locale (Le Monde du 11 novembre 2008). Le 24 novembre 2008, la voiture du commissaire principal Robert Saby, en charge de l’enquête, avait été détruite par un attentat, une semaine avant que ce dernier ne soit muté hors de Corse. Deux semaines plus tard, un ancien policier des RG et un brigadier-major en poste à la DCRI avaient été entendus par les magistrats de la JIRS. Le premier avait été muté à la suite de l’audition. En plus d’une année de cavale, le seul signe de vie laissé par Antoine Nivaggioni était un entretien accordé au mensuel Corsica au mois de novembre 2008. Le fugitif annonçait son intention de se rendre à la justice dès que les « conditions seraient réunies ». a Antoine Albertini

SOCIAL ENTRE 110 ET 140 FAMILLES DANS UN GYMNASE À PARIS

Les associations de mal-logés interpellent à nouveau le gouvernement « BOUTIN m’a congelé » : la pancarte autour du cou du bonhomme de neige installé devant le gymnase, avenue de la Porte-d’Ivry dans le 13e à Paris, donne le ton. Chaque soir, entre 110 et 140 familles soutenues par Droit au logement (DAL) et le Comité des sans-logis (CDSL) viennent échapper au froid de la rue. Des mal-logés qui parfois travaillent, ont une chambre en foyer ou en hôtel, mais qui attendent un logement social depuis des années. Le DAL reproche au ministre du logement de n’avoir « pas respecté » le protocole d’accord signé en décembre 2007 sur le relogement des familles qui avaient installé un campement rue de la Banque, à Paris. Alors il a repris son action. Et souhaite rencontrer le premier ministre, François Fillon. Le 4 janvier, les manifestants ont tenté d’approcher l’Hôtel Matignon. Sans succès mais avec quelques heurts. Jeudi 8 janvier, ils se préparaient à un rassemblement, une « nouvelle lutte » pour dimanche après-midi. « Pointage interne » En attendant, la vie s’organise dans le gymnase. Deux matelas pour trois personnes, sauf pour les femmes enceintes, et un sac de couchage bleu marine pour tout le monde, le repas servi de 21 heures à 22 heures, puis extinction des feux entre 23 heures et 5 heures. Entre-temps, deux personnes se relaient toute la nuit pour noter ceux qui rentrent tard. Un « pointage interne » qui permet au DAL de voir « qui milite le plus pourlacause »,selonNorbert Fuster,membre de l’association. « Depuis le début, 376 personnes ont passé au moins une nuit avec nous. Les mal-logés qui dorment le plus au campement, on donne leurs noms en premier à la préfecture. » Ainsi, un adolescent et son père qui s’ap-

prêtent à passer leur deuxième nuit au gymnase. Eux ont une chambre d’hôtel, métro Louis-Blanc, dans le 10e arrondissement, mais espèrent faire avancer leur dossier en venant dormir avec le DAL. En 2004, le jeune Algérien, 14 ans, arrive en France et « passe directement du bled à l’hôtel ». Seul le père a la nationalité française, les autres membres de la famille attendent des nouvelles de la préfecture. D’autres n’ont pas le choix, tels Drame Dramen, Sénégalais qui a rejoint le DAL trois semaines auparavant. Agent d’entretien, il demande un logement social depuis dix ans, pour lui, sa femme, « française », et Waria, sa fille de 19 mois. Les familles soutenues par le DAL se mêlent aux personnes seules, une quinzaine, aidées par le CDSL : « Classiquement des sans-papiers algériens, des jeunes qui dorment dans leur voiture, chez des amis ou à l’hôtel, des réfugiés politiques statutaires… », détaille Jean-Yves Cottin, ancien SDF et membre fondateur du Comité des sans-logis. Ceux-là se couchent tard, ne dorment pas du tout ou ne rentrent pas. Abdel Al-Assraoui, 23 ans, travaille dans une supérette. Il dort « une fois, deux fois maximum par semaine au gymnase ». Impossible de savoir où il passe ses autres nuits. Avec le froid, des sans-abri viennent les rejoindre. Une situation qui soulève des difficultés nouvelles pour le DAL : « On essaie de les réorienter vers des structures plus adaptées. Souvent, ils passent une nuit et ne reviennent pas. Mais on est un peu dépassé », reconnaît Norbert Fuster. Les mal-logés sont assurés de rester au gymnase jusqu’à la fin de la période de grand froid. Ensuite ? Un nouveau déménagement est sans doute à prévoir. a Elsa Marnette

CONJONCTURE

VAGUE DE FROID

Baisse de la production industrielle et déficit commercial à 6,2 milliards d’euros en novembre 2008

Augmentation « significative » du nombre de personnes âgées accueillies aux urgences

Les indicateurs économiques se suivent et se ressemblent : ils ne sont pas bons. L’Insee a annoncé, vendredi 9 janvier, une baisse de 2,4 % en novembre 2008 de la production industrielle. Hors énergie et agroalimentaire, le recul atteint 3,1 % : il est de 8,1 % dans l’automobile et de 5,6 % dans les biens intermédiaires. Les douanes ont indiqué que le déficit commercial français (6,2 milliards en novembre 2008) dépassait 57 milliards sur les douze derniers mois, alors que le ralentissement s’étend aux importations.

Le ministère de la santé a lancé une alerte, vendredi 9 janvier, en raison d’une augmentation « significative » du nombre de personnes âgées accueillies dans les services d’urgence en raison de la vague de froid. Selon un communiqué de l’Institut de veille sanitaire (InVS), nombre de personnes vulnérables présentent des « symptômes de déshydratation », étant restées plusieurs jours isolées à leur domicile, sans sortir, en raison des conditions climatiques. L’institut a recommandé la diffusion de messages de prévention.


Economie & Entreprises

10 Jeanne d’Arc - Tome 4 Ingrid Betancourt - Tome 22

0123 Dimanche 11 - Lundi 12 janvier 2009

Conjoncture 524 000 emplois en moins en décembre

L’Amérique s’enfonce dans le chômage de masse NEW YORK CORRESPONDANT

a cinquantaine dégarnie, il se tient droit, en plein Times Square, lieu mythique des lumières new-yorkaises. Accroché au cou, un immense panneau couvre le haut de son corps. « Presque SDF. Gestionnaire expérimenté. Cherche désespérément travail à plein temps avec couverture santé pour moi et ma famille. Femme handicapée nécessitant 15 médicaments quotidiens. Demandez CV. Toute aide hautement bienvenue. » Sa photo a récemment fait la « une » de Business Week, sous le titre : « Emplois : la panique estelle justifiée ? » Cet hebdomadaire manifestehabituellement unecompassion peu excessive pour les chômeurs. Vendredi 9 janvier, il a obtenu un début de réponse : en décembre2008, lesEtats-Unis ont denouveau perdu plus d’un demi-million d’emplois, 524 000 précisément, après 585 000 en novembre. Sur les 2,6 millions d’emplois détruits en 2008 – le pire chiffre depuis 1945 –, les trois quarts l’ont été lors des quatre derniers mois. Pour Ellen Zentner, chef économiste de Bank of Tokyo-Mitsubishi, « le pire » est passé. Mais Jessica Hoverson, de la société financière MF Global, craint des données mensuelles de « 700 000 à

L

800 000 » début 2009. Si la tendance actuelle devait simplement se maintenir, cette année verrait s’ajouter 6,5 millions d’emplois perdus, et le taux de chômage se situer dans une fourchette de 9 % et 10 %, selon le rythme des créations de postes qu’engendreront les mesures de l’administration Obama, qui prendra ses fonctions le 20 janvier. Paniquer ? De quoi « paniquer » ? Des pays européens, France incluse, connaissent ou ont connu le chômage à deux chiffres. Mais sa montée aux Etats-Unis y a des conséquences plus vastes pour l’économie générale. L’indemnisation des exclus du travail se limite à 26 semaines, affectant plus fortement la consommation et la capacité de remboursement du crédit. Ces derniers perdent généralement leur assurance-maladie, les frais étant souvent pris partiellement en charge par l’employeur. Le nombre des entreprises qui licencient augmente chaque jour, et tous les secteurs sont touchés. Après Bank of America, DuPont, Walgreen, EMC, Alcoa ou AT & T récemment, Boeing (4 500 suppressions d’emplois) s’est ajouté à la liste. Petites et moyennes entreprises (PME), commerces de

détail sont durement atteints. Et ces pertes d’emplois ne disent pas tout : le taux du travail à temps partiel non volontaire (chômage technique, diminution imposée des horaires…) atteint 13,5 %, soit 8 millions de personnes. Au total, la crise affecte plus d’un salarié américain sur cinq. Le bilan de l’administration Bush, notamment l’usage des 700 milliards de dollars (520 milliards d’euros) de son plan de sauvetage du secteur financier, est critiqué. Barack Obama a ordonné à son futur secrétaire au Trésor, Timothy Geithner, et à Larry Summers, son conseiller économique, de le « réexaminer ». L’idée est d’en réaffecter une partie vers l’immobilier, en particulier pour éviter des expulsions massives de propriétaires insolvables. Ceux-ci sont 4,6 millions, souvent de nouveaux chômeurs. Jeudi, Citigroup a déjà annoncé un accord conclu avec des sénateurs démocrates pour réviser la loi sur les faillites individuelles afin de permettre une renégociationmassive des conditions de remboursement des emprunts. Il préfigure une des premières lois que le nouveau Congrès pourrait voter. L’essentiel du plan Obama – d’au moins 800 milliards de dollars – sera consacré à l’emploi. Hors l’allongement de la durée de l’indemnisation-chômage et la remise fiscale de 3 000 dollars par salarié embauché pour les PME, il prévoit une aide aux projets publics des Etats à court de liquidités et le lancement de grands chantiers d’infrastructure. L’objectif – 3 millions d’emplois créés en deux ans (80 % dans le privé) – laisse les observateurs sceptiques. Mais M. Obama a jugé que les chiffres de l’emploi en décembre 2008 constituent « un rappel brutal de l’urgence ». La veille, il avait considéré que, sans son plan, les Etats-Unis s’enfonceraient dans « une récession longue » et que le chômage dépasserait les 10 %. Sur le forum de débats du New York Times, l’internaute Arthur Yeager, d’Edison (New Jersey), écrit : « Les baisses d’impôts des huit dernières années étaient censées nous amener une longue prospérité. Merci beaucoup, monsieur Bush ! » a Sylvain Cypel

TRANSPORT AÉRIEN LA COMPAGNIE FRANÇAISE PREND 25 % DU CAPITAL

Alitalia redécolle avec Air France-KLM ROME

- Crédit photo : Corbis - Remerciements à la FICIB

CORRESPONDANCE

Essentiel, universel et actuel

Le conseil d’administration de la compagnieAir France-KLM a donné, vendredi 9 janvier, son accord à une prise de participation dans Alitalia. Le transporteur franco-néerlandais débourserait plus de 300 millions d’euros pour une part de 25 %. Ce partenariat devrait être officialisé lundi 12, ou au plus tard mardi 13, jour où la nouvelle compagnie italienne prendra officiellement son envol. Cette solution met un point final à un feuilleton de près d’un an. En 2008, le gouvernement Prodi, avant sa chute, avait engagé des pourparlers avec Air France-KLM pour un rachat d’Alitalia, au bord de la faillite après des années de gestion aventureuse. S’appuyant IMMOBILIER

En France, hausse du coût de la construction

DÈS LE 13 JANVIER

L’Insee a publié, vendredi 9 janvier, l’indice du coût de la construction (ICC) pour le troisième trimestre 2008. A 1 594 points, il progresse de 10,46 % en glissement annuel (après + 8,85 % au deuxième trimestre). C’est une mauvaise

sur l’hostilité des syndicats, Silvio Berlusconi avait torpillé cet accord au motif qu’« Air France porterait les touristes voir les châteaux de la Loire plutôt que le Colisée ». Une fois élu, il a utilisé toute son énergie pour constituer un pool d’investisseurs regroupant la fine fleur du patronat italien, pour les convaincre d’investir un milliard d’euros dans la partie saine de l’entreprise fusionnée avec Air One et sauvegarder l’italianité de la compagnie. Les dettes étant laissées à la charge du contribuable. M. Berlusconi avait aussi milité pour un accord avec Lufthansa. En vain. De grèves à répétition en négociation serrées, la nouvelle compagnie s’est amaigrie. Désormais, la plupart de ses vols décolleront de l’aéroport romain de Fiumicino,

finalement choisi pour être le « hub » de la compagnie. Pour le gouvernement, le profit est mince. Certes, le président du Conseil se targue d’avoir sauvé la compagnie nationale « des mains étrangères ». Mais à quel prix ? « Le gouvernement Berlusconi l’a vendue au rabais (…) déchargeant sur les épaules des Italiens un poids de 3 milliards d’euros », s’insurge Walter Veltroni le leader du Parti démocrate (centre gauche). M. Berlusconi a aussi déçu son principal allié, Umberto Bossi, le puissant patron du parti autonomiste, la Ligue du Nord. Partisan acharné de la solution allemande, il se pose désormais en unique défenseur des intérêts de l’Italie septentrionale. a

nouvelle pour les locataires de bureaux, dont le loyer est révisé en fonction de l’ICC.

tées au sein de l’indice boursier Dax – se sont engagées à essayer d’éviter tout licenciement cette année, dans un communiqué publié vendredi 9 janvier par le ministère de l’emploi allemand. Siemens a nuancé cette promesse en fonction des « situations d’urgence » et « en cas d’acquisition ou de vente d’activités ».

EMPLOI

Les grandes entreprises de la Bourse de Francfort s’engagent à ne pas licencier Les trente plus grandes entreprises cotées allemandes – représen-

Philippe Ridet


Economie & Entreprises

0123 Dimanche 11 - Lundi 12 janvier 2009

11 Louis Pasteur - Tome 15 VIH - Tome 15

Les Big Three détiennent désormais moins de 50 % de leur marché national PARTS DE MARCHÉ EN 2008,

MARCHÉ DE L’AUTOMOBILE AMÉRICAIN, en millions d’unités

en %

17,3

Toyota

22,3

16,7

Sur décembre 2008

16,6

– 53,1 Chrysler – 30,0

16,9 16,5 16,1

Autres Kia

14,4

Ford 15,0

2,1

BMW

Chrysler

2,3

11,0

Volkswagen

13,2

Honda 10,8

2,4

(– 18 %)

Hyundai 3,0

2000 02

04

Sur 2008

06 2008

– 36,7 – 15,4

Toyota

– 34,7 – 7,9

Honda

– 32,3 – 20,5

Ford

– 31,2 – 22,7

GM*

– 30,7 – 10,9

Nissan

* General Motors

Source : Autodata

Detroit se prépare à un Salon de l’automobile sinistre La métropole du Michigan est le berceau des trois constructeurs américains – GM, Ford et Chrysler. Les « Big Three » vivent une crise sans précédent, qui menace leur existence ’est un Salon automobile de crise et de transition qui ouvre ses portes à Detroit (Michigan) dimanche 11 janvier. Aux médias et aux professionnels d’abord. Puis, du 17 au 25 janvier au grand public. L’ambiance ne devrait pas être à la fête, même si 58 nouveaux modèles seront présentés – dont 44 en première mondiale. Un certain nombre de constructeurs, comme Porsche ou encore Land Rover, ont même décidé de ne pas participer à ce salon, pourtant le plus important outre-Atlantique. Néanmoins, parmi les grands groupes présents aux Etats-Unis, seul Nissan sera absent. Le groupe japonais réserve ses nouveautés pour les salons de Los Angeles et de New York. Désormais, l’heure est aux économies marketing. Miné par une double crise – financière puis économique –, le marché automobile américain a plongé de 18 % en 2008 à 13,2 millions d’unités vendues, le niveau le plus bas depuis 1992, date de la dernière grande crise du secteur. L’année 2009 devrait être encore pire si l’on en croit les prévisions des analystes.

C

« Nous tablons sur 12 millions de me. « Toutefois, ce ne sont pas les véhicules avec un point bas à 11 mil- modèles hybrides ou électriques qui lions », indique Xavier Mosquet, sauveront l’industrie automobile. du Boston Consulting Group. Le Cela restera des voitures de niche. cabinet JD Power anticipe 11,4 mil- La Ford Fusion hybride et ses dérilions de véhicules. General vés devraient se vendre au maxiMotors (GM) entrevoit un scéna- mum entre 25 000 et 45 000 unirio encore plus pessimiste tés », pronostique M. Mosquet. Dansce contexte de crise, Chrys(10,5 millions d’unités). Les Big Three (GM, Ford et lersemblele plus fragile. EndécemChrysler) sont les plus touchés par bre 2008, le groupe, détenu par le la crise. Ils détiennent désormais fonds d’investissement Cerberus, a moins de 50 % de leur marché vu ses ventes s’effondrer de 53 % national contre 60 % % il y a cinq par rapport au même mois de ans.Confrontés à degravesdifficul- 2007, à seulement 89 813 unités. tés financières, GM et Chrysler ont Les quatre milliards de dollars réussià obtenir des autorités améri- d’aide reçus en décembre risquent caines, un prêt de 17,4 milliards de departir très vite sises ventescontidollars (12,9 milliards d’euros), nuent de chuter à cette vitesse. « Il mais ces sommes ne devraient leur leur faut encore au moins 4 milliards de dollars pour espérer permettre de tenir que pouvoir continuer jusjusqu’en mars. Dans ce L’heure est qu’au printemps », esticontexte délicat, les aux économies me M. Mosquet. constructeurs améride marketing. La situation du plus cains auront à cœur de Et à l’adaptation petit des constructeurs montrerqu’ilssont capades véhicules aux américains est aussi la bles de s’adapter aux nouvelles attentes plus critique sur le plan attentesdes clients, comdes clients desa capacité à renouveme le leur demandent ler sa gamme de véhicules pouvoirs publics en les. Car si Ford et GM y travaillent échange de l’aide financière. Ford va ainsi présenter le modè- d’arrache-pied, Chrysler a pris un le modifié de la Verve, sa petite énorme retard. Le constructeur est citadine. GM fera de même avec encore trop dépendant des 4 × 4. Or, les attentes des Américains une déclinaison de petites voitures. Quelques modèles phares ont beaucoup changé. Séparé du seront aussi montrés comme la groupe allemand Daimler en nouvelle Prius de Toyota, le nou- 2007, Chrysler n’a plus aujourveau modèle hybride d’Honda, d’hui les moyens d’adapter vérital’Insight. Ford présentera égale- blement sa gamme au marché ment une version hybride de la américain, alors que les EtatsFusion. Le constructeur présente Unis représentent aujourd’hui cette voiture comme le plus écono- l’essentiel de ses ventes. a me des véhicules moyenne gamNathalie Brafman

Crédit photo : Corbis - Remerciements à l’Institut Pasteur

General Motors

BAISSE DE VENTES DE VOITURES AUX ÉTATS-UNIS, en %

Essentiel, universel et actuel

SERVICES LE GROUPE DE LOGICIELS EST AU CŒUR D’UN SCANDALE COMPTABLE

Le patron du géant indien de l’informatique, Satyam, a été placé en détention NEW DELHI CORRESPONDANCE

Le patron du quatrième groupe indien de logiciels et de services informatiques, Satyam, au centre d’un vaste scandale de fraude comptable, a été placé en détention et devait être présenté, samedi 10 janvier, à la justice. B. Ramalinga Raju et son frère Rama Raju – ancien dirigeant de Satyam – se sont livrés à la police vendredi soir. Le cours de Bourse de Satyam a terminé vendredi à Bombay en repli de 87 % par rapport à son cours du 7 janvier, jour de la découverte de la fraude. Ramalinga Raju a reconnu une fraude comptable de près d’1 milliard de dollars (745 millions d’euros). La survie de la société est menacée. Le directeur général par intérim, Ram Mynampati, a déclaré au cours d’une conférence de presse, jeudi,ne pas disposerd’unetrésorerie suffisante pour payer les salaires de janvier, l’obligeant à recourir à des emprunts. Il n’aura pas le temps de lever l’argent dans la mesure où, samedi, le ministre

indien de l’économie a dissous le conseil d’administration. Ce groupe – ironie du sort, Satyam signifie « vérité » en hindi – était perçu comme un géant indien de l’informatique jusqu’à ce son président révèle, dans une lettre adressée aux autorités boursières, la fraude dont il est responsable. Satyam compte parmi ses clients 185 des 500 plus grandes entreprises du monde, travaille dans 66 pays, et emploie 53 000 salariés. Faiblesse des contrôles La fraude a consisté à gonfler artificiellement la trésorerie de 800 millions de dollars. Cette irrégularité est passée inaperçue pendant huit ans. Or, il suffisait que le cabinet d’audit, PriceWaterhouseCooper (PWC), vérifie les relevés bancaires pour la déceler. Le président de Satyam a aussi admis que la marge opérationnelle ne dépassait pas les 3 % (contre 24 % annoncés, moyenne du secteur). Fin 2008, il a tenté d’acquérir deux firmes de construction appartenant à sa famille, pour 1,3 mil-

liard d’euros, afin de transformer les actifs fictifs de sa société en actifs réels. Le cours de Bourse de la sociétés’est alors effondré et Ramalinga Raju a dû renoncer. La fraude, qui a démarré en 2001, permettait de valoriser les actions du groupe. Pendant ce temps, la part de la famille fondatrice dans l’actionnariat est passée de 25,6 % à 8,76 %. PWC,quirisque devoir sesactivités suspendues en Inde, estime que « les normes d’audit ont été appliquées ». Une équipe d’enquêteurs du SEBI, le gendarme de la Bourse indienne, et du registre national des sociétés a saisi, le 8 janvier, des documents comptables de la société à son siège situé à Hyderabad. Le même jour, deux cabinets d’avocats représentant les intérêts d’investisseurs américains ont déposé plainte contre Satyam, aussi cotée à la Bourse de New York. Alors que les entreprises indiennes s’internationalisent, ce scandale révèle la faiblesse des procédures de contrôle de la part des autorités boursières locales. a Julien Bouissou

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FRANCFORT

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DAX 30

LONDRES

EUROSTOXX 50

NEW YORK

NASDAQ

TOKYO

– 2,48 %

– 1,97 %

– 4,82 %

– 3,71 %

– 0,26 %

Footsie 100

4 783,89 points

0123 Dimanche 11 - Lundi 12 janvier 2009

4 448,54 points

Dow Jones

2 486,59 points

8 599,18 points

1 571,59 points

Nikkei

8 836,80 points

Le chômage américain inquiète les Bourses Après un bon début d’année, la brutale dégradation du marché du travail aux Etats-Unis en décembre 2008 a refroidi les investisseurs près un rallye de six jours, qui a porté le CAC 40 tout près des 3 400 points, la publication de statistiques économiques inquiétantes outre-Atlantique a fait rechuter les marchés d’actions. Sur la semaine, la place parisienne abandonne 1,5 %, revenant à 3 299,50 points. De même, le Dax a perdu 3,8 % à Francfort et le Footsie a reculé de 2,48 % à Londres. Les marchés européens réalisent néanmoins un meilleur début d’année que Wall Street, qui a cédé 4,82 % en cinq séances. Les déclarations successives du président élu Barack Obama n’ont pas suffi à rassurer les investisseurs. A onze jours de son entrée en fonctions, il a plaidé, vendredi 9 janvier, pour son plan de relance de l’économie – actuellement en discussion au Congrès – qu’il espère faire adopter d’ici à la mi-février. La veille, il avait promis une déduction fiscale de 1 000 dollars (745 euros) pour chaque famille gagnant moins de 200 000 dollars par an, soit 95 % des Américains (40 % du plan de

A

En 2008, 2,6 millions d’emrelance doit prendre la forme de plois salariés non agricoles ont réductions d’impôts). M. Obama n’en a pas chiffré le été détruits outre-Atlantique, coût, mais la plupart des spécialis- dont 1,9 million sur le dernier trites estiment que le montant de mestre. Les plans de licenciement 775 milliards de dollars (580 mil- s’y succèdent à un rythme effréné. liards d’euros) précédemment Après Alcoa mercredi, Dell et évoqué pourrait être dépassé. Lenovo jeudi, Boeing a annoncé « Cela représente 4 points de pro- vendredi qu’il supprimerait duit intérieur brut (PIB) pendant 4 500 postes en 2009. « Une chose deux ans. C’est considérable, com- est sûre, résume Bruno Cavalier, mente Jean-Louis Mourier, écono- chef économiste chez Oddo. La miste chez Aurel BGC. L’impact dégradation du marché du travail de ce plan devrait commencer à se aux Etats-Unis n’est pas achevée. faire sentir au second semestre Du coup, la contraction du PIB amé2009. Mais attention, les attentes ricain pourrait atteindre 5 % à 6 % sont fortes et les risques de déception en rythme annuel au quatrième trimestre 2008. » élevés. » Une opinion En France, la forte partagée par PierreJour après jour, chute de l’activité au Alexis Dumont, gérant les plans quatrième trimestre, actions chez OFI AM : de suppressions annoncée par les enquê« C’est un montant d’emplois tes de confiance, se préimpressionnant, mais il se succèdent à un cise aussi. La producfaut relativiser : cela rythme effréné tion manufacturière a représente moins d’un encore reculé de 3,1 % dixième des 15 000 milliards de dollars que les ménages en novembre 2008, alors que la américains ont perdu suite à l’effon- balance du commerce extérieur drement des marchés financiers et à continue de se dégrader et que le moral des ménages est au plus la chute de l’immobilier. » Les statistiques économiques bas. Seul point positif, le recul publiées cette semaine ont confir- rapide de l’inflation, dans le sillamé l’urgence d’un tel plan. Le ge du prix des matières premièdépartement du travail américain res, donne aux banques centrales a annoncé, vendredi 9 janvier, la liberté de poursuivre les baisses que l’économie avait détruit de taux. « La BCE devrait abaisser 524 000 emplois en décem- [le sien] de 25 ou de 50 points de bre 2008 aux Etats-Unis, portant base jeudi 15 janvier, puis un noule taux de chômage à 7,2 %, son veau geste portera son principal taux directeur à 1,5 % trois semaiplus haut niveau depuis 1993.

TAUX ET CHANGES

1 ¤ = 1,347 $

b

nes plus tard », prévoit Gérard Couturier, directeur général chez Ecofi Investissements. Ces baisses de taux vont-elles provoquer un rebond des actions en zone euro ? « C’est peu probable, répond M. Dumont (OFI AM). Leur impact sera limité car elles influent peu sur le comportement des ménages et des entreprises à l’heure actuelle. » La semaine prochaine, les marchés seront davantage guidés par les publications de résultats d’entreprises aux Etats-Unis et en Europe au quatrième trimestre 2008. Le coup d’envoi sera donné lundi 12 janvier par Alcoa. « Les chiffres seront exécrables, mais ces mauvaises nouvelles sont déjà anticipées par les investisseurs. Paradoxalement, ils pourraient provoquer un rebond des actions s’ils sont un peu moins mauvais que prévus », estime M. Dumont. Côté valeurs, les banques ont de nouveau été attaquées cette semaineà laBoursede Paris.Jeudi,le gouvernement a annoncé qu’il envisageait de leur prêter 10,5 milliards d’euros supplémentaires, après une première tranche d’un même montant en 2008. « Les actionnairesontfroidement accueillila nouvelle car ils redoutent une dilution du capital », explique M. Couturier (Ecofi). BNP Paribas a cédé 3,61 %, Société générale 3,52 %, Natixis, 10,5 % et Dexia 5,26 %. a Jérôme Porier

Taux à 10 ans (France) = 3,472 %

b

Taux à 10 ans (US) = 2,392 %

La nette détérioration de la conjoncture met la BCE sous pression LES CERTITUDES n’ont jamais été aussi fragiles. Avec la crise des subprimes, tout va très vite et les vérités d’hier sont rapidement contredites par les faits. En juillet 2008, face au risque inflationniste, la Banque centrale européenne (BCE) augmentait encore ses taux d’intérêt d’un quart de point de pourcentage, pour les porter à 4,25 %. Depuis, l’institut d’émission francfortois les a baissés à trois reprises et a ramené le loyer de l’argent à 2,5 %. Le 31 décembre 2008, JeanClaude Trichet, le président de la BCE, laissait entrevoir, dans un entretien au quotidien allemand Börsen Zeitung, une pause dans le mouvement de baisse des taux en Europe : « Nous [les] avons déjà abaissé [s] de 175 points de base [1,75 %] dans un bref délai. Cette impulsion est, à l’heure actuelle, loin d’être complètement transmise à

TAUX DIRECTEUR DE LA BANQUE CENTRALE EUROPÉENNE (BCE), DE LA BANQUE D’ANGLETERRE (BOE) ET DE LA RÉSERVE FÉDÉRALE AMÉRICAINE (FED) 6 5

BOE

4 3 2

BCE

2,5 1,5

1 0 2004

FED

0 2005

2006

2008

8 janv. 2009

Source : Bloomberg

l’économie. » Mais, désormais, les marchés financiers, comme la quasi-totalité des observateurs, sont convaincus que la BCE baissera de nouveau le loyer de l’argent lors du prochain conseil des gouverneurs,

s 20 09 old e s Sur la période légale

janvier

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le 15 janvier. René Defossez, responsable de la stratégie taux chez Natixis, s’attend à « une baisse de 0,5 point de pourcentage, puis à une pause en février, et enfin à une nouvelle diminution de 0,5 point ». Il faut dire que la conjoncture se dégrade brutalement. M. Trichet, d’ordinaire très prudent, en convient lui-même : « Il est clair que nous avons eu une détérioration significative de l’économie réelle, a-t-il déclaré jeudi au magazine américain Institutional Investor. Ce qui me frappe, c’est que les prévisions lesplus récentes sont aussi les plus pessimistes. » Car l’agonie se précise : la confiance des entreprises et celle des consommateurs de la zone euro s’est écroulée à un niveau jamais vu, le chômage repart violemment à la hausse, les productions industrielles s’effondrent… Péril Et comme si ce péril ne suffisait pas, les craintes de déflation – une baisse généralisée des prix – se matérialisent de plus en plus. L’inflation est déjà descendue à 1,6 % en décembre 2008. Et selon une estimation commune de l’Insee, de l’IFOet de l’ISAE– les instituts économiques français, allemand et italien –, la hausse des prix dans la zone euro pourrait se limiter à 1,2 % au premier trimestre 2009 et

même à 0,6 % au deuxième. Soit largement en dessous du plafond de2 % d’inflation quela BCEs’attache à maintenir. Pour éviter d’entrer dans le cercle inextricable récession-déflation, elle n’a donc pas d’autre choix que de baisser le loyer de l’argent pour faire repartir le crédit, et donc la consommation. La Banque d’Angleterre, elle, a déjà opté pour une position radicale : jeudi, elle a abaissé son taux directeur à 1,5 %, un niveau jamais vu depuis sa création en 1694 sous le règne de Guillaume III. Et la perspective de voir le loyer de l’argenttomber, outre-Manche, à presque 0 %, à l’instar de ce qu’a fait la Réserve fédérale américaine, ne relève plus de la chimère. Car l’arme de la politique budgétaire risque d’être de plus en plus inefficace. Les centaines de milliards déversés par les Etats pour relancer l’activité économique ne pourront pas gonfler éternellement. Cet argent, il faut aller le chercher sur les marchés financiers : selon les chiffres de BNP Paribas, quelque 800 milliards d’euros devraient être levés par les Etats de la zone euro en 2009. Or les marchés ont déjà donné des signes de lassitude devant la multiplication de ces titres de dettes souveraines qu’ils s’arrachent en temps normal, car considérés sans risques. Le 10 décembre 2008, déjà, deux émissions obligataires réalisées par Berlin et Washington – les deux « signatures » jugées les plus sûres par les investisseurs – n’ont pas rencontré le succès escompté. Et, mercredi, l’Allemagne a de nouveau subi un revers en ne levant que 4 milliards d’euros, contre 6 milliards espérés. Le volet budgétaire risquant de devenir sans effet, reste l’autre levier traditionnel : la politique monétaire. Et là, contrairement aux Etats-Unis ou au Japon, où les taux sont déjà nuls, la BCE a encore quelques cartes en main. a Clément Lacombe

La Berezina de l’année 2008

A

insi font, font, font trois petits tours et puis s’en vont. » La comptine est en sourdine aux oreilles des gestionnaires de fonds de pension, de hedge funds, de fonds d’investissements, de fonds d’ici et de fonds de là. Ils avaient massivement envahi les marchés des matières premières depuis 2005, promues nouvelle classe d’actif aux côtés des actions, des obligations, de l’immobilier, des monnaies, etc. Avec leurs milliards de dollars (120, 200, 300 ?), ils avaient bouleversé les cours des métaux comme ceux des céréales et propulsé les prix à des niveaux fabuleux. Jusqu’à cette mi-juillet 2008, où la mécanique s’est inversée, lorsque les gros joueurs du tapis vert mondial ont pris conscience que la récession approchait et que l’appétence du monde pour les produits dits de base allait singulièrement se calmer.

Chronique Matières premières Alain Faujas

Résultat : nos moutons de Panurge s’en sont enfuis et le vieil indice CRB new-yorkais, qui collationne les évolutions des produits énergétiques, alimentaires ou industriels, a engagé un inouï mouvement de retraite, une véritable Berezina, puisqu’il a reculé de 37,1 % entre le 10 janvier 2008 et le 9 janvier 2009. L’indice S & P GSCI a fait pire : – 47,4 % au 8 janvier 2009. Le nickel est le champion de cette débandade avec – 59,7 %, et non le pétrole (– 58 %), comme on aurait pu le croire.

La chute INDICE RJ CRB en points, à New York 480 420 360 300

363,89

228,75

240 180 10 janv. 2008

9 janv. 2009

Source : CRB

Dans l’ensemble, les métaux voient leurs prix chuter de 40 % à 60 % et les produits agricoles, leurs cours baisser de 20 % à 40 %. Ce qui laisse à penser qu’on peut moins se passer de nourriture que de produits industriels. Quelques raresmatièresontfait de larésistance. Evidemment l’or a profité de la poussée de l’aversion au risque qui a résulté des folies bancaires et de la volatilité des monnaies. Il n’a reculé que de 2,4 %, mais son compère, l’argent, a perdu 28,5 %. C’est l’inattendu cacao qui conserve seul la tête haute et un résultat positif d’une année sur l’autre : + 19 %. Il a fallu pour cela que le premier producteur mondial, la Côte d’Ivoire, écœure ses planteurs baoulés en raison des prélèvements exorbitants réalisés par l’Etat ivoirien sur leurs fèves : la récolte est médiocre et les cacaoyères se réduisent comme peau de chagrin. Mais la courbe des cours de 2009 n’aura pas le profil de celle de 2008. Le riz, le blé, le soja donnent des signes de regain. Nous allons vers les beaux jours, n’estce pas ? a

Bombance

A

près la diète, la bombance. Le marché primaire obligataire de l’euro a démarré l’année par un feu d’artifice. Aucun compartiment, ou presque, n’a échappé à cette frénésie. BNP Paribas a même réussi à émettre en son nom pour 5 milliards d’euros remboursables dans cinq ans d’obligations sécurisées. C’est la première opération de ce type depuis septembre 2008. Le prix à payer : 110 points de base, cher mais toujours moins que si la banque était venue emprunter sans sûreté particulière, ce qu’elle avait fait en toute fin d’année.

Chronique Capitaux Isabelle Ehrhart

Cette façon de faire a d’ailleurs séduit une autre banque, HSBC, venue demander aux investisseurs, sans autre garantie que sa propre qualité de crédit, 1,5 milliard d’euros. Une façon de faire passer le message : « Je tiens debout toute seule. » Ce n’est certes pas le cas, outreRhin, de la Commerzbank. Avec le soutien de l’Etat, cet établissement a emprunté 5 milliards d’euros remboursables dans trois ans. Un paradoxe, alors que l’Etat allemand tout seul a eu

bien du mal à boucler sa première émission de l’année… Cependant, le plus impressionnant a été la performance réalisée par les entreprises non financières qui ont émis plus de 11 milliards d’euros en neuf jours. De Schneider à Vodafone, en passant par Volkswagen ou Daimler, la ruée a été générale. C’est peu dire que les émetteurs ont compris une des leçons de 2008 : il ne faut pas laisser échapper les occasions lorsqu’elles se présentent, et ne pas hésiter à payer le prix. GDF-Suez est un bon exemple. Le groupe doit faire face en 2009 à 2 milliards d’euros de tombée. Il a emprunté 4,25 milliards d’euros en deux jours, de quoi aborder de façon plus sereine les mois à venir. Les obligations proposaient trois maturités différentes, dont la plus longue depuis de longs mois (douze ans). Toutes ces émissions, dont pas une n’a soulevé de critique, ne doivent faire croire que les intervenants ont oublié la crise financière. Seules les meilleures signatures séduisent les investisseurs, qui disposent certes d’argent à placer, mais pas encore dans les entreprises les plus fragiles. Enfin, cette abondance de début d’année inquiète plus d’un banquier, soucieux qu’ils sont de ne pas submerger trop vite et trop tôt leurs clients investisseurs sous ce flot de titres obligataires. a

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Dedebele

Les valeurs de la semaine

0123 Dimanche 11 - Lundi 12 janvier 2009

13

en euros à Paris

en euros à Paris

en euros à Paris

en euros à Paris

en euros à Paris

21,5

21

14,4

11,0

103

52

10,8

101

20,55 20,5

20

19,5

19

19,905

13,81

14,0 13,6

10,6

13,2

10,4

97

12,8

10,2

95

12,4

10,0

93

10,425

Source : Bloomberg

en euros à Paris

99

50 48

+ 15,7 % + 10,7 % + 10,6 % – 5,05 % – 7,35 % – 8,60 %

18,5

18

17,5

17

2 JANVIER 2009

2 JANVIER 2009

2 JANVIER 2009

2 JANVIER 2009

9 JANVIER 2009

9 JANVIER 2009

94,505

44

2 JANVIER 2009

2 JANVIER 2009

9 JANVIER 2009

45,70

46

9 JANVIER 2009

9 JANVIER 2009

9 JANVIER 2009

APRIL GROUP

KLÉPIERRE

PEUGEOT

TF1

HERMÈS INTERNATIONAL

PPR

Recommandé April Group a progressé de 15,71 % à 20,55 euros la semaine du 5 au 9 janvier. Le 8 janvier, ce groupe, qui conçoit, commercialise et gère des produits d’assurance auprès de distributeurs indépendants, a gagné 8,39 %, à la suite d’un changement de recommandation sur le titre de la Société générale passant de « vente » à « achat ». D’autre part, Evolem, l’actionnaire principal, a acquis plus de 425 000 actions entre le 18 et le 24 décembre 2008 pour 7 millions d’euros environ, avec un prix moyen de 16,9 euros par action.

Solide Propriétaire de centres commerciaux et contrôlée par BNP Paribas, Klépierre bénéficie de la résistance de la consommation. Klémurs, sa filiale à 84 %, a acquis fin décembre 2008 21 magasins King Jouet avec des loyers record de 9 %. La Foncière, endettée après le rachat de la firme scandinave Steen & Storm, avait levé 356 millions d’euros de capitaux en novembre. Elle peut, si nécessaire, renégocier sa dette avec BNP Paribas. L’action Klépierre en a profité (+ 10,71 % sur la semaine à 19,90 euros).

Aides en perspective Le titre Peugeot est résolument orienté à la hausse depuis le début de l’année. Cette semaine, en cinq séances, le titre du groupe automobile s’est apprécié de 10,6 % à 13,81 euros. La perspective que les pouvoirs publics aident les constructeurs français à obtenir de nouvelles lignes de crédit est de nature à rassurer les marchés. Peugeot comme Renault ont effectivement de grandes difficultés à lever de l’argent auprès des banques pour assurer leur fonctionnement, notamment en matière d’investissements.

Audience en baisse Le titre TF1 s’est replié de 5,05 % à 10,425 euros entre le 5 et le 9 janvier. A la clôture, sur la journée de vendredi, l’action de la chaîne privée engrangeait toutefois 1,47 % et terminait la semaine sur une note positive. Cette baisse hebdomadaire de l’action est le résultat de la perte d’audience de TF1 en 2008. Selon le Médiamat annuel, la part d’audience de la Une a reculé de 3,5 % l’an passé pour atteindre 27,2 %. Un repli supérieur à celui de ses concurrentes directes – pour M6, cette érosion fut plus limitée (de 11,5 % à 11 %).

Réajustement Seule valeur de l’indice SBF 120 à sortir indemne d’une année boursière catastrophique en 2008, Hermès International avait progressé sur un an de 15,7 %. Le groupe de luxe a toutefois cédé du terrain et de la valeur cette semaine (– 7,35 % à 94,505 euros, sous la barre symbolique des 100 euros). Ce réajustement tient à la fois au fait que l’action semblait surévaluée aux yeux de la majorité des analystes et à la multiplication d’études pessimistes, prouvant que le secteur du luxe pâtit lui aussi de la crise.

Plombé par Wal-Mart A l’instar de l’ensemble des titres du secteur de la distribution, l’action PPR (Fnac, La Redoute, Conforama, Gucci…) a connu une semaine difficile. Elle a abandonné 8,6 % en Bourse, à 45,70 euros. Le marché a réagi négativement à l’avertissement lancé par WalMart, qui a abaissé ses perspectives de résultats. Le groupe de distribution américain a annoncé que ses ventes à magasins comparables, hors carburants, avaient grimpé de 1,7 % en décembre aux Etats-Unis, alors que les analystes anticipaient une hausse de 2,8 %.

Valeur

% var. 31/12

Valeur

VALEURS DU SBF120 Valeurs françaises et zone euro Vendredi 9 janvier 19h40 Valeur

Dernier cours

Sem. préc.

% var. /heb.

% var. 31/12

ACCOR ............................◗ 33,95 36,27 -6,40 -3,30 ADP ....................................◗ 48,58 49,20 -1,25 0,39 AIR FRANCE-KLM .............◗ 9,98 9,80 1,85 8,84 AIR LIQUIDE ......................◗ 66,95 67,50 -0,81 2,30 ALCATEL-LUCENT .............◗ 1,65 1,59 4,16 7,83 ALSTOM.............................◗ 40,56 42,98 -5,61 -3,37 ALTEN ................................◗ 13,61 15,43 -11,83 -10,43 ALTRAN TECHNO..............◗ 3,15 2,94 6,96 15,81 APRIL GROUP ....................◗ 20,55 17,76 15,71 13,54 AREVA CIP ........................... 367,62 372,28 -1,25 5,03 ARKEMA ............................◗ 13,70 13,02 5,26 11,84 ATOS ORIGIN ....................◗ 19,16 18,35 4,44 6,98 AXA....................................◗ 15,44 17,04 -9,39 -2,59 BENETEAU.........................◗ 7,08 6,86 3,21 4,89 BIC......................................◗ 44,44 41,22 7,81 7,94 BNP PARIBAS ....................◗ 34,06 32,70 4,17 12,61 BONDUELLE ......................◗ 57,50 58,50 -1,71 -2,04 BOURBON .........................◗ 23,00 18,90 21,72 27,52 BOUYGUES........................◗ 33,36 30,85 8,14 10,46 BUREAU VERITAS .............◗ 29,24 28,60 2,24 1,74 CAP GEMINI ......................◗ 27,36 28,31 -3,36 -0,51 CARBONE-LORRAINE .......◗ 18,70 18,03 3,72 5,03 CARREFOUR ......................◗ 27,75 29,48 -5,88 0,84 CASINO GUICHARD .........◗ 50,90 54,00 -5,74 -6,26 CGG VERITAS ....................◗ 11,93 11,59 2,98 12,55 CIMENTS FRANCAIS.........◗ 67,49 61,99 8,87 11,89 CLUB MEDITERRANEE......◗ 13,34 12,65 5,45 11,35 CNP ASSURANCES............◗ 57,52 51,70 11,27 10,91 CREDIT AGRICOLE ............◗ 8,82 8,60 2,56 10,25 DANONE............................◗ 44,44 44,59 -0,35 2,91 DASSAULT SYSTEMES......◗ 32,86 32,05 2,53 1,66 DERICHEBOURG ...............◗ 1,82 1,67 9,12 12,71 DEXIA .................................. 3,42 3,54 -3,61 6,72 EADS ..................................◗ 13,69 12,63 8,39 13,80 EDF .....................................◗ 43,76 41,95 4,30 5,45 EDF ENERGIES NOUV.......◗ 28,92 27,00 7,11 14,53 EIFFAGE .............................◗ 39,40 38,05 3,56 5,43 ERAMET .............................◗ 169,50 176,82 -4,15 22,82 ESSILOR INTL.....................◗ 33,18 34,60 -4,10 -1,16 EULER HERMES.................◗ 36,55 35,88 1,85 4,22 EURAZEO...........................◗ 33,25 34,00 -2,21 -0,89 EUTELSAT COMMUNIC....◗ 17,30 17,64 -1,90 2,37 FIMALAC............................◗ 24,40 23,10 5,63 8,93 FONC.REGIONS. ...............◗ 50,37 53,45 -5,76 2,80 FRANCE TELECOM ............◗ 20,29 20,45 -0,78 1,65 GDF SUEZ ..........................◗ 33,20 35,32 -5,99 -6,00 GECINA ..............................◗ 60,00 53,80 11,53 20,87

Plus haut

Plus bas

37,50 32,98 52,65 46,80 10,18 9,06 68,90 65,22 1,81 1,54 44,90 40,30 15,69 13,40 3,40 2,72 20,82 17,63 378,00 341,00 14,58 12,30 20,09 17,70 17,35 15,40 7,47 6,65 45,35 40,97 35,83 29,91 58,80 57,00 23,45 18,00 34,60 29,71 30,38 27,86 29,70 26,37 19,45 17,61 29,50 27,23 55,16 50,88 13,16 10,71 70,74 59,51 14,00 12,15 58,00 51,12 9,03 8,08 45,81 42,62 34,05 31,35 1,92 1,61 3,82 3,21 13,95 11,86 44,15 41,01 30,30 25,01 40,24 37,49 193,00 138,11 35,26 32,91 37,99 35,05 34,75 32,80 18,16 16,90 24,44 21,70 59,50 48,50 20,83 19,86 36,00 32,82 64,85 49,80

Divid. net

3,15 1,63 0,58 2,25 0,16 1,60 n/d 0,20 0,44 6,77 0,75 0,40 1,20 0,39 1,35 3,35 1,50 1,00 1,50 0,60 1,00 0,85 1,08 2,30 1,22 2,50 1,00 2,85 1,20 1,10 0,46 0,09 0,68 0,10 0,64 0,26 1,20 6,00 0,62 5,00 1,20 0,60 1,50 5,30 0,60 0,80 5,01

T T T T T T T T T T T T T T T T T T T T T T T T T T T T T T T T A T T T T T T D T T A A T

Code ISIN

FR0000120404 FR0010340141 FR0000031122 FR0000120073 FR0000130007 FR0010220475 FR0000071946 FR0000034639 FR0004037125 FR0004275832 FR0010313833 FR0000051732 FR0000120628 FR0000035164 FR0000120966 FR0000131104 FR0000063935 FR0004548873 FR0000120503 FR0006174348 FR0000125338 FR0000039620 FR0000120172 FR0000125585 FR0000120164 FR0000120982 FR0000121568 FR0000120222 FR0000045072 FR0000120644 FR0000130650 FR0000053381 BE0003796134 NL0000235190 FR0010242511 FR0010400143 FR0000130452 FR0000131757 FR0000121667 FR0004254035 FR0000121121 FR0010221234 FR0000037947 FR0000064578 FR0000133308 FR0010208488 FR0010040865

Indice

Dernier cours

% var. /heb.

Maxi 2008

Mini 2008

PER

DAX Index 4783,89 9/1 Euro Neu Markt Price IX 559,91 9/1 Austria traded 1815,25 9/1 AUTRICHE BELGIQUE Bel 20 1973,95 9/1 DANEMARK Horsens Bnex 271,86 9/1 Ibex 35 9378,50 9/1 ESPAGNE FINLANDE Hex General 5630,54 9/1 CAC 40 3299,50 9/1 FRANCE CAC Next20 3757,38 9/1 CAC Mid100 4688,74 9/1 CAC Small 90 4018,15 9/1 SBF 250 2316,49 9/1 CAC IT20 2941,69 9/1 GRÈCE ASE General 1892,29 9/1 Bux 13004,96 8/1 HONGRIE IRLANDE Irish Overall 2686,14 9/1 ITALIE S&P Mib index 20093,00 9/1 Lux Index 1058,76 9/1 LUXEMBOURG PAYS BAS Amster. Exc. Index 266,18 9/1

-3,80 5111,02 6/1 -4,30 599,69 6/1 0,15 1899,38 7/1 -0,34 2016,78 5/1 4,51 281,36 6/1 -1,14 9800,00 6/1 0,66 5940,40 7/1 -1,50 3426,04 6/1 -0,44 3968,75 7/1 2,26 4754,64 7/1 5,29 4018,15 9/1 -1,12 2382,16 6/1 -2,02 3058,79 6/1 4,44 1941,81 7/1 6,24 13506,41 7/1 11,02 2728,82 9/1 0,70 20996,00 6/1 4,00 1068,38 9/1 3,08 271,91 6/1

4744,03 556,66 1752,54 1924,31 247,72 9219,10 5403,52 3219,55 3659,75 4454,68 3728,61 2268,34 2911,05 1783,31 12568,68 2343,92 19436,00 980,91 247,83

9/1 9/1 2/1 2/1 2/1 2/1 2/1 2/1 2/1 2/1 2/1 2/1 8/1 2/1 5/1 2/1 2/1 2/1 2/1

10,60 7,00 9,80

NEW YORK ($) TOKYO (¥) PARIS (¤) LONDRES (£) ZURICH (FR. S.)

Cours de l'euro

100 Yens

1,10816 90,24000 0,74438 0,65848 1,11370

0,82491 0,73094 1,23320

Euro

1,34340 121,22500 0,88480 1,49595 Achat

Livre

1,51864 136,81000 1,12820

Dernier cours

WSE Wig 20 PSI 20 FTSE 100 index ROYAUME UNI FTSE techMark 100 index OMX SUÈDE Exchange PX 50 TCHÉQUIE

1863,25 6592,21 4448,54 1272,83 685,83 874,50

Plus haut

4,42 5,09 1,75 104,65 65,87 68,00 36,00 13,95 12,40 30,24 19,50 13,94 20,41 52,34 31,70 14,93 65,39 49,90 14,83 8,94 40,62 1,49 67,90 48,94

Plus bas

3,85 4,51 1,47 93,95 58,00 61,50 32,16 9,30 11,08 28,00 16,82 12,24 16,76 43,40 29,32 13,61 60,00 45,68 13,85 8,20 37,69 1,25 64,14 43,00

Divid. net

n/d 0,22 0,04 1,00 3,25 0,31 1,90 1,10 0,25 0,66 0,40 0,44 1,25 4,00 1,30 0,70 1,38 0,35 1,00 1,20 1,60 0,45 3,65 2,00

T T T T T T T T T T T T T T T T A T T T T T T

Code ISIN

FR0010533075 FR0000066755 FR0000121881 FR0000052292 FR0000035081 FR0004035913 FR0000120859 FR0000033904 FR0000125346 FR0010259150 FR0000073298 FR0000077919 FR0000121964 FR0000120537 FR0000130213 FR0010307819 FR0000120321 FR0000121014 FR0000053225 FR0000051070 FR0000121261 FR0000120685 FR0000120560 FR0000044448

8/1 9/1 9/1 9/1 9/1 8/1

% var. /heb.

4,11 2,56 -2,48 1,78 -1,15 0,80

Maxi 2008

1920,44 6720,01 4675,68 1308,29 704,49 904,70

Mini 2008

PER

6/1 7/1 6/1 6/1 7/1 6/1

1863,25 8/1 9,20 6356,70 2/1 12,60 4410,48 8/1 9,30 1216,91 2/1 662,33 2/1 10,30 867,59 30/12 7,30

ICEX 15 344,85 8/1 -2,08 355,21 2/1 RTS 631,89 31/12 0,00 2487,91 19/5 Swiss market 5697,24 9/1 2,94 5881,47 6/1 National 100 26210,37 8/1 -2,43 28732,54 6/1

344,85 8/1 549,42 24/10 5648,01 9/1 10,60 26120,63 8/1

POLOGNE

EUROPE RUSSIE TURQUIE

AMÉRIQUES Merval 1192,44 8/1 Bovespa 41619,04 9/1 CANADA TSX Composite 9084,04 9/1 Ipsa 2504,06 9/1 CHILI ETATS-UNIS Dow Jones ind. 8599,18 9/1 Nasdaq composite 1571,59 9/1 Nasdaq 100 1223,01 9/1 Wilshire 5000 8985,78 9/1 Standards & Poors 500 890,35 9/1 MEXIQUE IPC 21791,53 9/1 ARGENTINE BRÉSIL

9,60

7,10 15,00 8,00 8,30

MARCHÉ DES CHANGES 9/1, 22h18 Dollar

Indice

SUISSE

9,20

% var. /heb.

Franc S.

0,89791 81,08985 0,66847 0,59259

1,68750

Sem. préc.

% var. /heb.

% var. 31/12

NEXITY...............................◗ 12,23 11,90 2,77 10,18 NICOX.................................. 8,10 7,92 2,27 4,38 ORPEA................................◗ 27,41 26,00 5,40 6,10 PAGESJAUNES ..................◗ 7,74 7,35 5,31 10,10 PERNOD RICARD ..............◗ 53,80 55,75 -3,49 1,58 PEUGEOT ...........................◗ 13,81 12,48 10,66 13,66 PPR .....................................◗ 45,70 50,00 -8,60 -1,93 PUBLICIS GROUPE ............◗ 18,95 18,80 0,82 3,04 REMY COINTREAU............◗ 31,60 32,06 -1,43 6,65 RENAULT ...........................◗ 20,76 19,95 4,03 11,91 REXEL .................................◗ 5,72 5,19 10,21 20,19 RHODIA .............................◗ 4,88 4,99 -2,18 8,35 SAFRAN .............................◗ 10,18 10,16 0,10 5,62 SAFT..................................... 19,99 20,00 -0,05 3,58 SAINT-GOBAIN.................◗ 35,52 35,68 -0,43 5,74 SANOFI-AVENTIS .............◗ 47,34 46,69 1,38 4,26 SCHNEIDER ELECTRIC.......◗ 54,71 55,66 -1,70 3,23 SCOR SE .............................◗ 16,98 16,46 3,16 3,76 SEB .....................................◗ 22,09 21,95 0,64 2,94 SECHE ENVIRONNEM. .....◗ 47,31 44,23 6,97 6,82 SECHILIENNE SIDEC .........◗ 31,46 33,00 -4,67 -1,69 SILIC ...................................◗ 78,70 70,40 11,80 18,28 SOCIETE GENERALE ..........◗ 36,00 37,09 -2,94 n/d SODEXO.............................◗ 39,57 40,39 -2,03 -0,01 SOITEC ...............................◗ 3,51 3,35 4,81 10,41 SPERIAN PROTECTION.....◗ 44,12 46,35 -4,81 -1,35 STALLERGENES ................... 38,70 38,65 0,13 1,57 STERIA GROUPE................◗ 8,63 8,25 4,58 8,28 STMICROELECTRONICS ...◗ 4,94 4,78 3,22 3,26 SUEZ ENV. .........................◗ 12,69 12,27 3,42 5,31 TECHNIP ............................◗ 24,94 23,74 5,05 14,35 TELEPERFORMANCE.........◗ 22,20 21,05 5,49 11,47 TF1 .....................................◗ 10,43 10,98 -5,05 -0,14 THALES ..............................◗ 32,38 30,49 6,20 8,55 THEOLIA .............................. 3,35 3,27 2,45 10,20 THOMSON ........................◗ 1,18 1,06 10,33 22,40 TOTAL ................................◗ 39,98 41,00 -2,50 2,74 UBISOFT ENTERTAIN .......◗ 13,48 14,10 -4,36 -3,33 UNIBAIL-RODAMCO ........◗ 115,85 109,58 5,72 8,78 VALEO................................◗ 11,64 11,00 5,82 9,66 VALLOUREC.......................◗ 92,90 86,33 7,62 14,69 VEOLIA ENVIRON. ............◗ 21,73 22,52 -3,51 -2,12 VINCI..................................◗ 30,86 30,91 -0,16 2,88 VIVENDI.............................◗ 22,41 23,90 -6,21 -3,65 WENDEL ............................◗ 38,21 37,99 0,57 7,94 ZODIAC..............................◗ 28,50 28,65 -0,51 9,63 ARCELORMITTAL................ 20,10 18,80 6,91 17,48 GEMALTO..........................◗ 17,69 18,00 -1,72 -1,17 SES......................................◗ 13,88 14,15 -1,91 0,43

10,45 1214,28 6/1 3,42 42525,21 9/1 -1,39 9505,72 6/1 3,37 2505,36 6/1 -4,82 9088,06 6/1 -3,71 1665,63 6/1 -3,22 1286,08 6/1 -4,04 9511,85 6/1 -4,44 943,85 6/1 -6,30 23250,96 2/1

1079,66 30/12 37550,31 2/1 8918,11 2/1 2375,87 2/1 8576,96 9/1 1570,46 9/1 1208,91 2/1 8972,81 9/1 888,42 9/1 21654,90 9/1

7,60 7,90 10,90

Pays

Indice

Plus haut

Plus bas

12,69 11,25 9,09 7,76 28,45 25,84 7,82 7,06 56,00 51,24 14,16 12,02 52,75 45,07 19,39 18,10 32,74 29,55 21,93 18,55 5,98 4,76 5,22 4,51 10,82 9,75 20,95 19,20 36,73 33,59 48,43 45,20 58,00 53,03 17,05 15,28 23,27 21,48 47,55 43,25 34,52 30,15 79,74 65,40 38,17 35,51 42,43 38,11 3,73 3,18 48,00 44,03 40,00 36,60 8,81 7,90 5,29 4,61 13,21 12,10 27,00 22,02 22,23 19,98 11,13 10,00 32,99 30,23 3,74 3,01 1,25 0,95 42,47 38,33 14,70 13,26 118,18 106,41 12,25 10,62 98,18 82,06 23,09 21,02 31,97 29,73 24,00 21,30 39,17 36,49 29,95 26,41 22,94 17,32 18,97 16,16 15,00 13,09

Divid. net

2,00 n/d n/d 0,96 0,69 1,50 3,45 0,60 0,65 3,80 0,37 0,25 0,08 0,68 2,05 2,07 3,30 0,80 2,80 1,30 1,21 4,00 0,90 1,15 n/d 1,50 0,40 0,42 0,06 n/d 1,20 0,44 0,85 1,00 n/d 0,33 1,14 n/d 1,75 1,20 7,00 1,21 0,52 1,30 2,00 2,00 0,25 n/d 0,51

Code ISIN

T FR0010112524 FR0000074130 FR0000184798 T FR0010096354 S FR0000120693 T FR0000121501 T FR0000121485 T FR0000130577 A FR0000130395 T FR0000131906 T FR0010451203 T FR0010479956 A FR0000073272 T FR0010208165 T FR0000125007 T FR0000120578 T FR0000121972 T FR0010411983 T FR0000121709 T FR0000039109 T FR0000060402 T FR0000050916 T FR0000130809 T FR0000121220 FR0004025062 T FR0000060899 T FR0000065674 T FR0000072910 S NL0000226223 FR0010613471 T FR0000131708 T FR0000051807 T FR0000054900 T FR0000121329 FR0000184814 D FR0000184533 A FR0000120271 FR0000054470 A FR0000124711 T FR0000130338 T FR0000120354 T FR0000124141 A FR0000125486 T FR0000127771 T FR0000121204 D FR0000125684 S LU0323134006 NL0000400653 T LU0088087324

All ordinaries 3680,40 9/1 Shangaï B 118,67 9/1 Shenzen B 285,02 9/1 CORÉE DU SUD K Composite 1180,96 9/1 HONG KONG Hang Seng 14377,44 9/1 HKEX LargeCAp 17879,58 9/1 INDE Bombay SE 30 1124,65 9/1 Tel Aviv 100 594,88 8/1 ISRAËL Nikkei 225 8836,80 9/1 JAPON Topix index 855,02 9/1 MALAISIE KL composite 910,52 8/1 NOUVELLE-ZÉLANDE All ordinar. 696,95 7/1 SINGAPOUR Straits Time 1810,69 9/1 TAÏWAN Weighted 4502,74 9/1 Thaï SE 460,48 9/1 THAILANDE AUSTRALIE CHINE

All share 22220,76 9/1 BRVM 170,92 7/1

OR

france royaume-uni italie allemagne japon états-unis suisse

2,15 1,50 2,15 2,15 0,28 0,10 0,24

2,69 2,38 2,69 2,69 0,78 1,26 0,60

3,39 3,45 4,35 3,08 1,33 2,34 2,06

4,07 4,08 5,38 3,79 1,99 3,39 2,79

Marchés à terme le 9/1, 22h18 Echéance

paris cac 40 ter. euro notio. euro st. 50 francfort bund 10 ans londres euribor 3m. new york dow jones s. & poors

Premier prix

Dernier prix

Contrats ouverts

1/9 3334,00 3292,50 323474 0,00 0,00 0 0/0 3/9 2525,00 2484,00 2376656 3/9

123,64

124,77 857196

3/9

97,86

98,01 721111

3/9 8715,00 8545,00 11713 908,30 885,70 478573 3/9

Crédit immobilier à taux fixe taux effectif moyen .......................................5,52 % usure ................................................................7,36 % Crédit immobilier à taux variable taux effectif moyen .......................................5,60 % usure ................................................................7,46 % Crédit consommation (- de 1 524 euros) taux effectif moyen.....................................15,82 % usure ..............................................................21,09 % Crédit renouvelable, découverts taux effectif moyen.....................................15,54 % usure ..............................................................20,72 % Crédit consommation (+ de 1 524 euros) taux effectif moyen .......................................7,33 % usure ................................................................9,77 % Crédit aux entreprises (+ de 2ans) moyenne taux variable .................................6,93 % usure taux variable ........................................9,24 % moyenne taux fixe.........................................6,11 % usure taux fixe................................................8,15 % (Taux de l’usure : taux maximum légal)

PER

0,68 3762,50 7/1 6,81 118,25 7/1 6,10 288,51 7/1 2,04 1228,56 7/1 -4,42 15763,55 7/1 -4,38 19521,74 7/1 -6,05 1235,79 6/1 1,72 618,23 6/1 -0,26 9325,35 7/1 -0,49 896,21 7/1 3,85 922,23 6/1 1,77 703,32 7/1 -0,91 1959,94 7/1 -1,93 4817,44 7/1 4,04 488,11 6/1

3614,80 8/1 9,80 112,20 5/1 272,30 5/1 1118,83 2/1 14297,41 9/1 9,80 17761,49 9/1 1104,07 9/1 564,09 31/12 8876,42 8/1 14,80 860,16 8/1 894,36 2/1 11,70 676,60 31/12 1760,00 31/12 4532,74 8/1 15,30 455,44 8/1

PER - Price Earning Ratio (ou cours/bénéfice) : cours de Bourse divisé par le bénéfice par action estimé pour l'exercice courant. PER : FactSet JCF Estimates ; données : la Cote Bleue. n/d : valeur non disponible.

COTE D'IVOIRE

Vendredi 9 janvier 22h18

Taux 30 ans

Mini 2008

11,80 11,70

AFRIQUE DU SUD

TAUX COURANTS Taux 10 ans

Maxi 2008

AFRIQUE

Taux de base bancaire...................................6,60 % Taux des oblig. des sociétés privées ...........4,54 % Taux d'intérêt légal .......................................3,99 %

Taux 3 mois

% var. /heb.

11,50 14,90 13,90

TAUX Taux j.le j.

Dernier cours

ASIE-OCÉANIE

Taux d'intérêt le 9/1

Vente

couronne danoise ..................................................7,4533...................................7,4543 couronne norvég. ..................................................9,4217...................................9,4277 couronne suédoise ...............................................10,6760 ................................10,6810 couronne tchéque................................................26,6150 ................................26,6350 dollar australien ...................................................1,9115...................................1,9125 dollar canadien......................................................1,5983...................................1,5993 dollar hongkong .................................................10,4202 ................................10,4253 dollar néo-zéland..................................................2,2713...................................2,2813 forint hongrois..................................................277,7900 ..............................278,7900 leu roumain......................................................................................................................... rouble......................................................................39,3040 ................................39,4030

Dernier cours

Cours en euros. En gras : CAC40. ◗ : valeur pouvant bénéficier du service de règlement différé (SRD). # : valeur faisant l'objet d'un contrat d'animation. Plus haut et plus bas : depuis le 1/1/2008. n/d : valeur non disponible. A : acompte, D : divers, S : solde, T : totalité.

ISLANDE

9,30

Sem. préc.

4,40 3,97 10,83 14,29 4,90 4,70 4,30 10,11 1,66 1,51 9,64 13,08 94,50 102,00 -7,35 -5,50 64,13 62,00 3,44 7,78 65,69 62,20 5,60 5,94 32,79 33,59 -2,40 0,91 11,40 10,22 11,55 23,24 11,40 11,47 -0,61 2,80 29,10 28,77 1,15 3,97 17,80 19,40 -8,25 -7,65 13,01 13,25 -1,81 5,82 19,91 17,98 10,71 13,74 50,68 46,17 9,76 16,91 31,05 30,59 1,52 7,07 14,31 14,34 -0,21 4,76 60,70 65,04 -6,67 -2,57 45,99 48,40 -4,97 -3,72 14,15 14,60 -3,08 2,20 8,56 8,53 0,36 4,68 38,98 39,28 -0,79 3,74 1,35 1,34 0,75 8,00 67,00 67,56 -0,83 3,35 46,62 45,86 1,66 9,57

PORTUGAL

UNION EUROPÉENNE ALLEMAGNE

GROUPE EUROTUNNEL ..... HAULOTTE GROUP...........◗ HAVAS ...............................◗ HERMES INTL ....................◗ ICADE................................... ILIAD ..................................◗ IMERYS ..............................◗ IMS(INT.METALSER) .......... INGENICO..........................◗ IPSEN .................................◗ IPSOS .................................◗ JC DECAUX ........................◗ KLEPIERRE .........................◗ LAFARGE............................◗ LAGARDERE ......................◗ LEGRAND...........................◗ L'OREAL .............................◗ LVMH MOET HEN.............◗ M6-METROPOLE TV .........◗ MAUREL ET PROM............◗ MICHELIN ..........................◗ NATIXIS .............................◗ NEOPOST...........................◗ NEXANS.............................◗

Pays

LES BOURSES DANS LE MONDE 9/1, 22h18 Pays

Dernier cours

MÉTAUX Cours

% var. /heb.

ONCE D'OR EN DOLLAR .................842,50.......-3,13 OR FIN KILO BARRE....................20200,00 ........2,02 OR FIN LINGOT...........................20200,00 ........2,02 PIÈCE 20 FR. FRANCAIS..................129,00 ........2,46 PIÈCE 20 FR. SUISSE .......................124,90.......-0,08 PIÈCE UNION LAT. 20.....................124,90 ........6,30 PIÈCE 10 US$ ..................................360,00 ........4,27 PIÈCE 20 US$ ..................................700,00......11,11 PIÈCE 50 PESOS MEXICAINS .........755,25 ........0,03

DENRÉES Vendredi 9 janvier 22h18

2,09 23046,15 7/1 21344,07 31/12 -4,07 178,16 31/12 170,91 7/1

Cours

% var. /heb.

BLE ($ CHICAGO) ............................630,00 ........3,28 CACAO ($ NEW YORK) ................2705,00 ........0,00 CAFE (£ LONDRES) .......................2021,00 ........9,72 COLZA (¤ PARIS) .............................295,50 ........8,24 MAÏS ($ CHICAGO).........................412,00 ........0,49 ORGE ($ WINIPEG) .........................154,40 ........2,25 JUS D'ORANGE ($ NEW YORK) .....135,00 ........0,00 SUCRE BLANC (£ LONDRES)..........339,40 ........3,10 SOJA TOURT. ($ CHICAGO) ...........316,50 ........5,32

Cours % var. Vendredi 9 janvier 22h18 /heb. LONDRES ALUMINIUM COMPTANT ($/T)..1516,50 ........4,23 ALUMINIUM À 3 MOIS ($/T) ......1552,00 ........3,67 CUIVRE COMPTANT ($/T)...........3170,50 ........9,25 CUIVRE À 3 MOIS ($/T) ...............3210,00 ........9,37 ETAIN COMPTANT ($/T) ...........11250,00 ........8,64 ETAIN À 3 MOIS ($/T)................11075,00 ........9,60 NICKEL COMPTANT ($/T) .........11475,00 ........6,15 NICKEL À 3 MOIS ($/T)..............11555,00 ........5,77 PLOMB COMPTANT ($/T) ...........1145,50......20,71 PLOMB À 3 MOIS ($/T)................1145,50......23,84 ZINC COMPTANT ($/T) ...............1230,00 ........9,77 ZINC À 3 MOIS ($/T) ....................1250,50 ........8,27 NEW YORK ARGENT À TERME ($/once)....................................... PLATINE À TERME ($/once) .......................................

PÉTROLE Vendredi 9 janvier 22h18

Cours

% var. /heb.

LIGHT SWEET CRUDE.......................40,68 ....-12,04 BRENT (LONDRES)............................44,56.......-4,97 WTI (NEW YORK)..............................41,78.......-6,32


14

Décryptages En 1996,

0123 Dimanche 11 - Lundi 12 janvier 2009

Document

les confidences de Michelle et Barack Obama Pouvez-vous me donner votre nom et votre âge ?

Michelle Obama : Je m’appelle Michelle Obama et j’ai 32 ans.

Ce projet s’appelle « Des couples en Amérique ». J’essaye de resituer les relations personnelles d’un couple dans un contexte sociologique plus large. Si vous pouviez m’en dire un peu plus sur vos origines sociales et familiales, votre rencontre avec Barack, vos relations avec lui et vos objectifs dans la vie.

M. O. : Je viens d’un milieu afro-américain très traditionnel. J’ai grandi à Chicago, dans les quartiers du South Side, pas très loin de l’endroitoù nous vivons aujourd’hui, à Hyde Park. Je suis très proche de ma famille, j’ai un frère aîné et nos parents appartiennent à la classe populaire. Ils nous ont transmis des valeurs, nous avons fréquenté des établissements privés, ici à Chicago, et après le lycée j’ai étudié dans des universités de la Côte est, à Princeton et à la faculté de droit d’Harvard. D’abord pour passer une licence ?

M.O. : Oui. Que faisait votre père ?

M.O. : C’était un employé municipal, un pompier affecté à la surveillance d’une station d’épuration d’eau. Votre mère travaillait ?

M. O. : Oui, jusqu’à ce que j’entre au collège. Après, elle était mère au foyer dans un quartier où seules deux mères ne travaillaient pas, dont la mienne. Ce qui est inhabituel.

M. O. : Oui. Mais aller à Princeton sort aussi de l’ordinaire.

M. O. : Oui. Vous deviez être une élève brillante.

M. O. : Je me débrouillais bien. Et j’ai eu la chance d’être parrainée pour l’Ivy League [les universités les plus prestigieuses Harvard, Yale, Columbia, Brown, Cornell, l’université de Pennsylvanie, de Portsmouth]. Mon frère, de deux ans plus âgé que moi, était boursier et jouait bien au basket. Il avait de bonnes notes, c’était un bon athlète, et il avait été parrainé pour entrer à Princeton, où il avait été admis. Du coup, j’ai estimé que je pouvais y arriver aussi. Cela m’a familiarisée avec l’Ivy League. Et l’a rendue plus accessible ?

M. O. : Et l’a rendue plus accessible. Vous intégrez cet objectif à votre écran radar et une fois lancée dans cette voie, vous commencez à chercher. La faculté de droit était une option possible. Et

Réalisant un livre sur « les couples en Amérique », une photographe s’est entretenue avec le jeune couple, il y a douze ans. Mais l’éditeur s’est montré peu intéressé. Et l’entretien n’est jamais paru. « Le Monde » le publie en exclusivité

après ça qu’est-ce que j’allais faire ? Pour moi, il s’agissait moins d’une décision réfléchie que de la possibilité de bien gagner ma vie, d’exercer une profession prestigieuse et valorisante socialement. Mais ce n’était pas vraiment ce que vous recherchiez.

M. O. : Ce n’était pas ce que je recherchais, mais je ne le savais pas. Quand je suis sortie de la faculté de droit, j’ai exercé dans un grand cabinet d’avocats. J’y ai passé trois ans et cela ne m’a pas plu. Je me disais quel intérêt de faire des études pareilles si c’est pour être malheureuse. A tous points de vue j’étais complètement détachée de ma communauté. Les clients et les affaires sur lesquelles je travaillais ne me motivaient pas. Quand je me levais le matin, je n’étais pas contente d’aller au travail. J’ai donc décidé de m’éloigner de l’exercice libéral, j’ai travaillé pendant deux ans comme assistante du maire [de Chicago] dans l’administration municipale, puis je suis passée assistante du responsable de la planifica-

tion et du développement économique. Rencontrer des gens ordinaires et traiter de questions concrètes concernant la ville m’a donné un avant-goût de la politique. Puis j’ai dirigé un programme appelé Public Allies, qui est une formation de développement managérial que j’ai créée ici à Chicago, ce qui m’a mise en contact avec les jeunes et m’a obligée à entreprendre quelque chose par moi-même, à le gérer et à le faire vivre. J’ai donc mis ce projet sur les rails, il existe depuis trois ans et cela marche plutôt bien. Maintenant je vais rejoindre la communauté universitaire où j’ai l’intention de proposer le même type d’activités pour une population différente. Cela vous résume à peu près d’où je viens. Je suis une fille de Chicago, j’y suis née, j’y ai été élevée et j’aime cette ville. Quant à ma rencontre avec Barack, eh bien, cela s’est passé au cabinet d’avocats où il travaillait pendant l’été…

C’était chez Sidney and Austin ?

M. O. : C’était au cabinet Sidney and Austin [en 1989]. Il avait obtenu un poste de stagiaire pour l’été. Je venais d’être promue associée. On m’avait demandé de lui servir de mentor : je devais prendre en charge un étudiant et j’avais hérité de Barack. Je m’acquittais de ma tâche avec beaucoup de sérieux, je lui donnais des conseils, je le promenais un peu partout, je m’assurais que tout allait bien pour lui, je lui trouvais des missions qui l’intéressaient et après un mois à ce régime, il m’a invitée à sortir avec lui et je me suis montrée très réticente. Je pensais : « Non, je suis votre conseillère, ce serait mal d’accepter un rendez-vous avec vous », mais mes hésitations n’ont pas duré longtemps, et cet été-là, on a commencé à se fréquenter. Une fois diplômé de la faculté de droit, il est revenu plusieurs étés. Nous nous sommes fiancés l’été suivant l’obtention de son diplôme. Il sortait tout juste de la faculté de droit.

M. O. : Oui, c’est ça. Voila la version

Genèse d’un entretien exclusif C’ETAIT une après-midi de novembre 1996. La photographe Mariana Cook se souvient d’un appartement modeste, près de l’université de Chicago. Elle se souvient d’un parquet en bois, de peintures balinaises et de statues africaines. Elle se souvient surtout d’un couple, amoureux et très naturel. Lui, Barack, était avocat et écrivain. Il venait de terminer son premier livre, Les Rêves de mon père (publié en France aux Presses de la Cité en 2008, 554 p., 21 ¤), et songeait à se présenter au Sénat. Elle, Michelle, parlait du bébé qu’ils voulaient avoir. Tous deux étaient très présents dans la vie communautaire de leur quartier et de la ville. Mariana Cook se souvient d’avoir fait six ou sept rouleaux de pellicule en deux heures et avoir été touchée par le charme du couple. Elle était allée à Chicago pour

un projet de livre sur les couples. Un ami lui avait signalé les Obama, qui s’étaient mariés en 1992. Elle les a donc photographiés et interrogés, mais ils ne seront pas dans le livre… Chronicle Books, l’éditeur, les a supprimés à l’impression. Trop ordinaires. Il a préféré un autre couple noir plus exotique. A ce jour, cet entretien n’a donc jamais été publié. Mariana reverra Michelle en 2007 au début de la campagne de son mari, lors d’un rallye à Martha’s Vineyard. Elles parleront d’enfants. Michelle en a deux, Mariana un, une fille de 14 ans, avec Hans Kraus, le plus important marchand de photographies du XXe siècle. Chez les Kraus-Cook, la photographie est une passion. Mariana y est venue très jeune. Fille d’un couple flamboyant, elle est une enfant timide au-delà de toute expression.

abrégée de notre rencontre et de notre engagement mutuel.

Que pensiez-vous de lui quand vous le pilotiez dans ce cabinet d’avocats ?

M. O. : C’était bizarre, cette agitation autour de cet étudiant de première année, si brillant, si beau, si intelligent, tout le monde n’en avait que pour Barack… Moi, je suis plutôt du genre sceptique, je pensais, ouais, c’est sûrement un crétin, enfin… – j’étais très sceptique parce que j’ai toujours pensé que quand les juristes s’extasient sur quelqu’un, ils négligent les qualités sociales, donc je me disais, il est génial, mais il est sûrement très ordinaire. Et voilà que le premier jour, il arrive en retard. Il est arrivé en retard parce qu’il pleuvait ! Et puis il s’est avancé dans le bureau et nous nous sommes tout de suite bien entendus parce qu’il est très charmant et très beau, enfin, je le trouvais beau. Je crois que nous étions attirés l’un vers l’autre parce que nous ne prenions pas nos rôles très au sérieux, contrairement à certains. Il aimait mon humour pince-sans-rire et mes réflexions sarcastiques. J’ai trouvé que c’était un type bien, intéressant, et j’étais fascinée par son histoire personnelle, si différente de la mienne.

Jean-Jacques Naudet

Le plus aventureux ?

M. O. : Oui. Je suis plus prudente. Il me semble que cela transparaît sur les photos. Il est plus extraverti, plus expansif, moi je suisplutôt du genre attendons de voir comment ça se présente et ce que ça apporte. Je crois que c’est une bonne façon d’envisager les choses. Très bien, c’est parfait.

M. O. : Bon. Merci.

M. O. : Je vous en prie. La bande se casse.

Il y a de fortes chances que Barack poursuive une carrière politique, encore que ce ne soit pas tout à fait clair. C’est un test intéressant, le Sénat d’Etat

Dans quel sens ?

M. O. : Eh bien Barack a grandi dans un milieu multiracial. Sa mère était blanche, son père kényan, il a vécu à Hawaï où il est né, et il a passé une bonne partie de son adolescence en Indonésie parce que sa mère était anthropologue. Ce n’est pas souvent qu’une fille des quartiers du South Side de Chicago rencontre quelqu’un qui parle indonésien, a voyagé et vu plein de choses fascinantes. Cela lui ajoutait une dimension plutôt rare dans mon environnement professionnel de classes moyennes supérieures. Généralement, ces gens-là sont tous coulés dans le même moule mais lui, il venait d’ailleurs. Il avait un niveau de conversation assez élevé tout en demeurant un type normal. Il avait eu un parcours étonnant, mais était très terre à terre et aimait bien jouer au basket. Voilà ce qui m’a attirée chez lui. Notre relation a d’abord été basée sur l’amitié. Nous sommes partis de là. Avez-vous une vision – vous êtes tous les deux jeunes, avez-vous une vision de l’avenir ? de votre vie commune ?

Pour aller vers les autres, s’ouvrir un tant soit peu, mais néanmoins rester protégée, Mariana choisira la photographie. Son professeur particulier : Ansel Adams. Son maître : Walker Evans. Son mentor à l’université Yale : Walter Rosenbaum. Mariana reste très méconnue dans le monde photographique, malgré ses huit livres et ses trente expositions. Groupie francophile, pour un projet raté avec Agathe Gaillard, elle a photographié à la fin des années 1980 toute une partie de l’intelligentsia française, de François Mitterrand à Jacques Attali, d’Alain Finkielkraut à Patrice Chéreau. Son prochain livre de portraits de mathématiciens, intitulé An Outer View of the Inner World, sera publié au printemps par l’université de Princeton. a

ce que la vie a à nous offrir. Nous sommes prêts à nous lancer dans l’aventure pour plusieurs raisons, par exemple, les opportunités que cela peut nous apporter. Plus vous avez d’expérience, plus c’est facile d’agir à différents niveaux. Si j’étais restée dans un cabinet d’avocats comme coassociée, ma vie serait totalement différente. Je ne connaîtrais pas les gens que je connais, je serais moins exposée et je ne prendrais pas autant de risques. Barack m’a aidée à vaincre ma timidité, à affronter des risques, puis à essayer un itinéraire plus classique, juste pour voir, parce que c’est comme ça qu’il a été élevé. Donc il est celui qui… je suis plus traditionnelle, dans le couple il est le plus audacieux.

M. O. : Eh bien, il y a de fortes chances que Barack poursuive une carrière politique, encore que ce ne soit pas tout à fait clair. C’est un test intéressant, le Sénat de l’Illinois, bien que nous ayons des accrochages à ce sujet. Quand vous vous impliquez dans la politique, votre vie devient publique et les gens qui s’y intéressent ne sont pas forcément bien intentionnés. Je suis assez secrète et j’aime m’entourer de gens que j’apprécie et dont je suis sûre de la loyauté. Quand vous entrez en politique, vous devez vous confier à toutes sortes de personnes. Il est possible que nous nous engagions dans cette direction, même si je veux aussi avoir des enfants, voyager, consacrer du temps à ma famille et à mes amis. Il n’est pas sûr que nous y parvenions. Mais nous allons être occupés par des tâches très variées, et ce sera intéressant de voir

Le projet s’appelle « Des couples en Amérique ». Donc, j’essaye d’établir des relations personnelles avec des couples américains et je ne sais pas trop comment m’y prendre, il n’y a pas de méthode, mais j’essaye de faire un portrait de ce pays. Cela ne vous ennuie pas de parler un peu de vos origines ? De qui vous êtes ?

Barack Obama : Puis vous me poserez des questions. Oui, c’est ça.

B. O. : Vous me relancerez. Oui.

B. O. : J’ai une histoire un peu particulière parce que comme je l’ai déjà dit, mon père était un Africain noir et ma mère une Américaine blanche. Leurs relations n’ont duré que deux ans, à Hawaï, quand ils étaient étudiants, et ils se sont séparés. Je n’ai donc pas connu de vie de famille traditionnelle. Ensuite ma mère s’est remariée et j’ai vécu pendant un temps en Indonésie, puis je suis retourné à Hawaï. Vos parents ont-ils été mariés ?

B. O. : Oui, pendant deux ans, puis ils ont divorcé. Je crois que d’une certaine façon j’ai toute ma vie essayé de me fabriquer une famille à travers des histoires, des souvenirs, des amis ou des idées. Le contexte familial de Michelle était différent, très stable avec deux parents, une mère au foyer, un frère, un chien, ce genre de décor. Ils ont vécu dans la même maison toute leur vie. Et je crois que d’une certaine façon nous sommes complémentaires, nous représentons deux modèles courants de vie de famille dans ce pays. Un très stable et solide, et un autre qui s’affranchit des contraintes de la famille traditionnelle, voyage, se sépare, est très mobile.


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Michelle et Barack Obama dans leur appartement d’Hyde Park à Chicago. Le jeune couple est marié depuis quatre ans et projette d’avoir des enfants. MARIANA COOK Etiez-vous attiré par l’idée de former une famille stable ?

B. O. : Une partie de moi se demandait à quoi ressemblerait une vie de famille solide, sécurisante. Alors que Michelle, d’une certaine façon, avait envie de rompre avec ce modèle. D’une certaine façon seulement, parce qu’elle tient beaucoup aux valeurs familiales, mais je crois que parfois elle voit en moi un modede vie plus aventureux, plus exotique, et dans ce sens, nous sommes complémentaires.

contre le népotisme et le tribalisme. Il a eu une vie amère et il est mort jeune. Le père de Michelle a lui aussi relevé quelques défis et il a été frappé par la sclérose en plaques. Lui aussi est mort jeune, mais je pense qu’il avait une vie plus régulière et mieux établie. Votre mère était anthropologue ?

B. O. : Pas quand mes parents se sont mariés. Elle l’est devenue par la suite et a déménagé en Indonésie. Elle est morte récemment, il y a environ un an.

Quel genre de métier exerçait votre père ?

J’en suis désolée. Elle devait être assez jeune.

B.O. : Il était économiste et il a pas mal travaillé pour le gouvernement.

B. O. : Oui, elle n’avait que 53 ans. Et quand vous appartenez à une petite famille dont tous les membres vous sont très proches… cela a été une période difficile pour moi.

Le gouvernement des Etats-Unis ?

B. O. : Non, le gouvernement kényan. Il est retourné au Kenya et a fini par se retrouver dans une situation difficile. Il appartenait à cette génération d’Africains noirs qui étaient venus ici pour faire des études avant de retourner chez eux. Il a étudié l’économie ?

B. O. : Il a étudié l’économie aux EtatsUnis, à l’université d’Hawaï et à Harvard. Il se voyait contribuant au développement du Kenya et, pour finir, il a été très déçu, il s’est retrouvé impliqué dans les difficultés politiques et le gouvernement l’a inscrit sur une liste noire parce qu’il s’insurgeait

Vous avez des frères et sœurs ?

B. O. : J’ai une sœur du côté de ma mère, elle est à moitié indonésienne comme le second mari de ma mère, et j’ai aussi des frères et sœurs du côté kényan. Ils sont très dispersés, certains vivent en Allemagne, d’autres au Kenya, d’autres ici, aux Etats-Unis. Qu’avez-vous ressenti quand vous avez rencontré Michelle pour la première fois ? Qu’avez-vous pensé ?

B. O. : Eh bien, j’ai trouvé qu’elle avait

beaucoup d’allure, ça me plaisait. Et puis Michelle est une personne forte, elle sait qui elle est et d’où elle vient. Mais si vous la regardez au fond des yeux, vous y lirez une certaine vulnérabilité. En tout cas, moi, je la vois même si la plupart des gens ne s’en doutent pas : elle arpente le monde, grande, belle, sûre d’elle, très compétente… Il y a une part d’ellemême qui est fragile, jeune, effrayée parfois, et je crois que ce sont ces contradictions qui m’ont attiré chez elle. Et puis elle me rend très heureux. Elle m’est très familière et donc je peux être moi-même avec elle, elle me connaît bien, je lui fais entièrement confiance, mais en même temps, par certains côtés, elle demeure un mystère pour moi. Parfois, lorsque nous sommes couchés, je la regarde et je suis saisi d’un vertige en réalisant qu’ici est étendue une personne distincte de moi, qui possède des souvenirs, des origines, des pensées, des sentiments différents des miens. Cette tension entre la familiarité et le mystère tisse quelque chose de solide entre nous. Même si vous construisez une vie basée sur la confiance, l’attention et l’entraide, je crois que c’est important que l’autre continue de vous étonner et de vous surprendre.

Qu’attendez-vous de l’avenir et de votre vie commune ?

B. O. : Les enfants sont une priorité importante. Nous les attendons avec impatience. Je pense que le problème sera de trouver un équilibre entre la vie publique et la vie privée, qui contrebalancera mon tempérament davantage porté sur la prise de risque et l’ambition que celui de Michelle, qui a un instinct pour la stabilité, la famille etlesvaleurssûres.Lafaçondontnousaborderons ces questions sera cruciale. Qu’espérez-vous accomplir quand vous entrerez en politique ? Je ne voudrais pas… mais vous devez avoir des projets ou une qualité de vie à…

B. O. : Vous voulez parlez des autres. Vous savez, je crois que j’aimerais… ce qui me préoccupe le plus, ce sont les enfants et la façon dont ils sont traités. En tant qu’Africain-Américain, je suis très inquiet pour les enfants dans les quartiers défavorisés, les difficultés qu’ils traversent, le manque total de cadre stable qui leur permette de grandir et de se développer. Cela tient beaucoup à l’économie, aux chances et aux possibilités qui leur sont offertes, à eux et à leurs parents. Cela tient aussi aux valeurs, par exemple aux valeurs familiales dont on parle sans arrêt, les politiciens ne cessent de s’y référer.

Mais les valeurs ne sont pas qu’individuelles, elles sont collectives. Les valeurs, les enfants les trouvent autour d’eux, et s’ils constatent que la vie de leurs parents et de leur communauté n’est pas valorisée, si leurs écoles et leurs foyers s’effondrent, de même que la vie des gens parce qu’ils n’ont pasdetravailou d’opportunitésintéressantes, comment voulez-vous que des enfants créent des valeurs à partir de rien ? Ma priorité est de ramener les valeurs publiques ou collectives au centre du débat, car nous formons tous une grande famille, au-delà des clivages de races ou de classes sociales, et nous avons des obligations et des responsabilités les uns envers les autres. C’est peut-être là que le public et le privé se rencontrent quand on en vient aux couples, aux relations, à la famille ou aux tribus. La priorité, c’est l’empathie, la conscience des responsabilités partagées, la capacité de vous mettre à la place de l’autre. C’est ainsi que mon mariage avec Michelle reste vivant, parce que nous sommes capables d’imaginer les espoirs, les douleurs ou les combats des autres, et le défi pour tous est de faire passer cela d’une cellule familiale au domaine public. a Propos recueillis par Mariana Cook Traduction de l’anglais par Helene Prouteau


Dialogues

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Gaza, sujet maudit Médiatrice Véronique Maurus

I

l est des chroniques désespérées, comme des cas. Quoi qu’il écrive, l’auteur est certain de se faire incendier. Il n’y peut rien. Comment passer sous silence les centaines de courriels contradictoires, mais tous virulents, qui inondent notre boîte depuis le début de l’attaque israélienne de Gaza, le 27 décembre 2008 ? Mais comment les citer sans déclencher illico une nouvelle vaguedeprotestations tout aussivéhémentes ? La violence des messages reçus laisse à vrai dire peu d’espoir : le sujet est maudit. Jamais, dans d’autres domaines, le journal ne se fait à ce point insulter, maudire, voire menacer. « C’est écœurant d’être aussi antisémite », dit par exemple Geoura Stern, tandis que Slama Hamadi nous traitede « journal sioniste » – toutes deux refu-

sant de donner leur adresse postale. D’un côté, un anonyme (signé « en direct d’Israël ») écrit : « Un jour la vérité éclatera au grand jour… et vos bureaux aussi, je l’espère, par la même occasion. » De l’autre, « Cheikh Yassine » tonne : « Soyez certains que nous vous frapperons là où ça fait le plus mal ! » Il y a pire, hélas ! Il serait vain de se satisfaire de cet équilibre de l’injure et de conclure que, se faisant honnir des deux bords, le journal a donc une juste position sur cette guerre. Ces courriers, par leur excès même, s’annulent. Cela, par parenthèse, explique que Lemonde.fr,comme la plupartdes sites d’information, n’a pas ouvert ses articles aux réactions des lecteurs –, qui nous le reprochent. Le comptage strict n’a guère plus de sens. Certes, une large majorité de lecteurs (plus de trois sur quatre) défendent les Gazaouiset nous reprochent une indulgence excessive vis-à-vis d’Israël. Mais le courrier ne vaut pas sondage, et, en temps de guerre médiatique, les groupes de pression faussent la donne. La médiation n’a pas pour objet de départager les uns et les

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autres, seulement de prendre en compte les remarques les plus pertinentes afin de pousser la rédaction à un salutaire exercice d’introspection. Les plus graves critiques portent sur deux éditoriaux publiés au tout début du conflit. « Dans l’éditorial “Gaza angle mort”, le 26 décembre, j’ai lu le bout de phrase suivant : “… aux tirs de roquettes palestiniens sur Israël (…) qui entrent dans la catégorie des crimes de guerre…” Je me suis demandé si j’avais bien lu, remarque Colette Georges (Rochefort-du-Gard, Gard). Il y a hélas eu mieux ! Dans l’éditorial du 30 décembre intitulé “Un bain de sang inutile”, vous avez osé écrire : “… aux tirs de roquettes qui arrosent le territoire d’Israël depuis un mois (…). Que ces tirs, visant des zones civiles, constituent autant de crimes de guerre ne fait de doute pour personne…” Le thème est le même : une condamnation unilatérale du Hamas ! Mais cette fois vous désinformez. En effet, le territoire israélien n’est pas “arrosé” par des roquettes puisque cellesci ne franchissent que de courtes distances. » Remarque similaire d’Henri Saviot (Lagos, Pyrénées-Atlantiques), à propos du deuxième éditorial, maladroitement titré « Un bain de sang inutile » (un bain de sang peut-il être utile ?) : « Ces tirs de roquettes inadmissibles ont fait 2, 3, peutêtre 4 morts, et un nombre équivalent de blessés : c’est un “crime de guerre” (7e ligne). Qu’une puissante armée fasse en réplique 300 à 400 morts, des milliers de blessés : c’est “l’attaque la plus meurtrière” (ligne 22). Si par malheur notre beau pays a un ennemi, je souhaite que ce dernier se contente de

Au courrier des lecteurs A M. André Glucksmann Après la lecture de la tribune d’André Glucksmann « Une riposte excessive ? », je me suis permis de suivre son conseil et de consulter le premier dictionnaire venu, un Larousse en un volume, édition 1990, qui trône constamment sur mon bureau depuis que je me suis intéressé à Kant et à sa philosophie du doute. J’y ai trouvé la définition suivante de « disproportionné(e) » : « Qui manque de proportion, anormal. » Je préfère éviter de m’épancher sur la notion d’anormalité, et choisis plutôt de vous suggérer de regarder ce que ce même dictionnaire mentionne en ce qui concerne « proportion » : « Du latin proportio (rapport, analogie). Rapport et convenance des parties entre elles et avec l’ensemble. » Vu que la décision d’attaquer la bande de Gaza a été prise sans discussion, arrangement et accord de l’ensemble des diverses parties et d’après les chiffres, la réaction paraît effectivement « disproportionnée », ce qui n’est absolument pas en désaccord avec le fait qu’on tente de lui trouver une justification qu’on jugera, suivant sa sensibilité, condamnable, inacceptable ou non. Mais, d’après ces diverses argumentations, la juste « proportion », au sens communément admis aujourd’hui de « par rapport », qu’il lui faudrait respecter pour qu’Israël mérite la faveur des opinions serait, semble-t-il, celle prônée dans le point de vue d’Esther Benbassa publié dans les colonnes de votre journal. Thomas Guimbault Chelles (Seine-et-Marne)

Etat palestinien A en entendre certains, on dirait que c’est à cause de l’Etat d’Israël qu’il n’y a toujours pas d’Etat palestinien. Mais c’est aux Palestiniens de déclarer la création d’un Etat palestinien (…). Pourquoi ne l’ont-ils pas encore fait ? Qu’est-ce qui les en empêche ? Qu’attendent-ils depuis 1947 ? Car l’ONU avait déclaré en 1947 qu’il y aurait deux Etats, un palestinien, un israélien. Ben Gourion avait saisi l’occasion en 1948. Mais on se souvient que les Arabes, tous ligués, avaient refusé, parce qu’ils refusaient qu’il y ait un Etat israélien. C’est à se demander si la tête politique des Palestiniens, ou de certains Palestiniens, n’a pas un inconscient, et que la raison inavouée à ce qu’ils n’aient toujours pas déclaré un Etat palestinien, c’est qu’ils

reconnaissent l’Etat israélien. En fait, les Palestiniens, soit par euxmêmes, soit sous la pression d’autres Etats arabes, en restent, dans leur blocage, à la situation de 1947 (…). Henri Meschonnic Chelles (Seine-et-Marne)

Elections de 1996 en Israël Au Proche-Orient, la situation actuelle rappelle de façon très frappante les élections de 1996 en Israël. Qu’on se souvienne de cet incroyable scénario : Shimon Pérès, qui a pris la suite d’Itzhak Rabin, mène par plus de 20 points dans les sondages face au candidat de droite Benyamin Nétanyahou. Les travaillistes vont garder le pouvoir, l’esprit d’Oslo continue à régner, la paix avec la Syrie est en vue. Et, soudain, le malheur surgit, une épouvantable série d’attentats-suicides frappe Israël, faisant des centaines de victimes. Le peuple israélien se laisse malheureusement prendre dans cette manipulation orchestrée vraisemblablement par des extrémistes à Damas et à Téhéran, et Nétanyahou, le « meilleur ennemi » de l’Iran et de la Syrie, est élu sur le fil. Il entraînera Israël dans de graves difficultés diplomatiques et sociales. Douze ans après, le même Nétanyahou a resurgi. Comment expliquer autrement que le Hamas ait décidé de rompre la « trêve » et de lancer cette campagne de bombardement à quelques semaines des élections israéliennes ? Comment ne pas voir que certains extrémistes, à Damas et à Téhéran, rêvent de le voir à nouveau au pouvoir et à nouveau de s’assurer que le Proche-Orient sera, pour longtemps encore, une terre de conflit ?

A

utre reproche adressé au journal, cette fois par les supporteurs d’Israël : celui d’en « faire trop », sur Gaza. Trop d’articles, trop de « photos dégoulinantes de sang et de souffrance » (François Chevaleyre, Orly, Valde-Marne). Ainsi David Haddad (courriel) remarque:« Israël compte 5 millionsd’habitant. En additionnant la Palestine, ça fait environ 10 millions d’habitants. Au maximum, cela représente environ 0,2 % de la population mondiale pour un territoire grand comme la Corse… Pourtant, en ce moment, vous consacrez à ce sujet 50 % de vos articles d’information internationale. » Dans le même temps, nombre de lecteurs regrettent que nous ayons sous-traité (une brève) les manifestations de soutien qui se sont déroulées dans le monde au cours du week-end des 3 et 4 janvier… Tollés contradictoires encore après la publication, les 6 et 7 janvier, dans les pages « Débats », de deux tribunes. L’une,

d’André Glucksmann, intitulée « Une riposte excessive ? », a soulevé l’indignation. Faute de place, il nous est impossible de citer ici les très nombreux argumentaires contraires – sans compter les qualificatifs peu aimables adressés à l’auteur. La seconde opinion, de Dominique Eddé, intitulée « Logique de purification ethnique à Gaza », a fort logiquement scandalisé le camp adverse. Seule (et maigre) consolation : sur les 118 articles consacrés à ce conflit depuis deux semaines, quatre seulement concentrent le maximum de critiques. Pour le reste, il s’agit surtout de remarques de détails, témoignant de la passion avec laquelle nos lecteurs ont épluché le journal, lisant tout, jusqu’aux brèves, légendes, cartes, courriers, etc. Notons aussi que les informations sont très peu contestées, l’essentiel des griefs portant sur les opinions – ce qui témoigne de l’intolérance croissante des lecteurs vis-à-vis de tout ce qui ne va pas dans leur sens. Merci enfin à Maurice Hommet (Vigneux-sur-Seine, Essonne), seul lecteur à se déclarer satisfait : « Certains accusent Le Monde de parti pris pro-israélien. Je ne ressens pas un déséquilibre aussi marqué. Beaucoup d’articles dans la partie “Débats” reflètent la diversité des opinions (…). Une relation des faits est à ce jour cruciale. Un tournant géopolitique apparaît : l’utopie du “Grand Israël” a vécu et il faudra bien donner une terre et un état viable aux Palestiniens. » a Courriel : médiateur@lemonde.fr

Angoisse par Peter Brookes pousse les Palestiniens dans leurs derniers retranchements. Jean Vinciguerra Paris

Drôle de cessez-le-feu Un adversaire commun, voilà qui met d’accord des ennemis : « Et ils devinrent amis, d’ennemis qu’ils étaient auparavant. » Ce que l’Evangile dit de Pilate et d’Hérode, au lendemain de la mise à mort d’un dangereux perturbateur, pourra-t-on le dire un jour de Moubarak et d’Olmert ? Ce qui est sûr, c’est que, sous l’égide de Sarkozy, ces deux-là sont en train de se mettre d’accord sur le dos du Hamas. Denis Monod-Broca Paris

Israël, comme Carthage… Par quelle aberration en est-on venu à dire ouvertement que l’on ne peut tout simplement pas négocier avec le Hamas parce qu’il ne reconnaît pas l’existence d’Israël ? Se souvient-on qu’on ne pouvait pas discuter avec les « terroristes » français parce qu’ils ne reconnaissaient pas l’existence de la Grande Allemagne ? Ni avec les « terroristes » bosniaques en Grande Serbie ? Ou les « terroristes » algériens des départements français d’outre-Méditerranée ? Michel Husson Bruxelles

Mort à la paix Guerre totale dans la bande de Gaza. Plus de 500 morts et des milliers de blessés. L’homme semble voué à l’échec. Les guerres, après tant de douleur, ne l’ont pas arrêté. Telle est la véritable crise dans le monde. Joseph Robert Reig Barcelone

David Dornbusch Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne)

Loi du Talion Indécence La manifestation à Paris en faveur de l’attaque de Gaza ne peut que choquer. Ces manifestants ne font que renforcer le fossé entre les communautés. Heureusement, il y a bien des membres de la communauté juive qui ont exprimé dans le passé leur préoccupation et compréhension des Palestiniens, ainsi que des Palestiniens qui ont exprimé comprendre [le besoin] des juifs d’avoir un foyer national. Mais la politique des dirigeants israéliens démolit toujours un peu plus la possibilité de vivre ensemble ou seulement à côté, et

“crimes de guerre” et surtout pas d’“attaques meurtrières.” » Dans le même numéro du 30 décembre, un titre de « une » – « Que peut vraiment Israël face aux islamistes du Hamas ? » – a aussi choqué. « En assimilant le Hamas à ses islamistes, le coupable paraît plus facile à désigner. Aurait-on pu titrer : “Que peut vraiment l’Etat (?) palestinien face à l’extrême droite d’Israël ?”, remarque Jacques Couffignel (Bor-et-Bar, Aveyron). Le choix, en ces temps de folie meurtrière, aurait simplement mérité une délicatesse d’écriture. »

Comment se fait-il que le peuple juif, qui, par ses brillantes individualités, politiques, artistiques ou scientifiques, a tant apporté à l’humanité, se voit constamment endurcir le cœur envers le peuple palestinien ? Tel Pharaon, qui s’obstinait à retenir Moïse et son peuple, le gouvernement israélien gâche toute initiative de paix, précipitant chaque fois un peu plus le peuple palestinien dans le désespoir, le meilleur terreau du terrorisme. On aimerait mieux, bien sûr, voir des Palestiniens réveiller les consciences israéliennes de manière non violente à la manière d’un Martin Luther

« Adieu monde cruel ! » Dessin paru dans « The Times » du 7 janvier. « THE TIMES »

RECTIFICATIFS ET PRÉCISIONS

Discours. Contrairement à ce

TéléVisions. A la suite d’une

Travail. Contrairement à ce que

qu’indiquait l’article consacré au discours de Nicolas Sarkozy sur le rôle de l’Etat (Le Monde du 9 janvier), le président de la République n’a pas abordé le concept de « projet de civilisation » emprunté au sociologue Edgar Morin, que nous avons prénommé par erreur Hervé.

erreur de notre part, nous avons attribué dans le supplément « TéléVisions » du 12 janvier le dossier « Saddam en son palais » à notre journaliste Patrice Claude. Les textes de ce dossier proviennent en fait du blog de Pierre Serisier, consacré aux séries télé et édité sur le site Lemonde.fr. Toutes nos excuses aux auteurs et à nos lecteurs pour ce malentendu.

nous indiquions dans Le Monde du 19 décembre 2008 à propos du projet de directive européenne sur le temps de travail, les eurodéputés UMP n’ont pas voté l’amendement qui supprime la dérogation à la semaine de 48 heures aménagée à la demande de Londres. Mais ils ont bien soutenu celui qui revenait sur la distinction entre temps de garde « active » et « inactive ».

Google. Dans la tribune d’Augustin Besnier (Le Monde daté 4-5 janvier) intitulée « Quand Google juge l’histoire par un “clic” », la date de la mise en ligne des photographies du magazine Life est le 19 novembre 2008 et non 2006.

Vienne. C’est par erreur qu’il a été indiqué dans l’article consacré à la stérilisation des insectes (Le Monde du 29 décembre 2008) que celui-ci avait été rédigé depuis la ville de Vienne en Isère. Notre correspondante Laurence Monnot est établie à Vienne en Autriche.

plus que discutable d’une telle dénomination. Qu’est-ce qu’un état « juif » ? Quel est le critère reconnu pour une telle dénomination ? Certes, le rêve des dirigeants actuels et aussi probablement futurs du pays est d’aboutir à un état « ethniquement » (?) pur, débarrassé de son million et demi d’Arabes israéliens. Encore récemment, Mme Livni envisageait de donner une partie de la Galilée avec ses habitants arabes (qui ne le souhaitent nullement) à un éventuel Etat croupion palestinien. En échange, bien sûr, des

vastes colonies dites de peuplement tel Ariel ou Maale Adoumim avec ses 40 000 habitants qui coupe en deux la Cisjordanie. Je rappelle qu’Israël n’a toujours pas de frontières officielles, de Constitution ni de définition de la citoyenneté des habitants de ce pays. Nous sommes un certain nombre de citoyens français d’origine juive irrités de voir utiliser cette définition fautive de l’Etat d’Israël ! Merci d’en tenir compte.

Proche-Orient. Contrairement à ce que nous avons écrit dans l’article consacré à la tournée de Nicolas Sarkozy au ProcheOrient (Le Monde du 6 janvier), l’Egypte n’est pas le seul pays de la Ligue arabe à avoir conclu un traité de paix avec Israël. La Jordanie a également normalisé ses relations avec l’Etat juif en 1994. King ou d’un Gandhi, facile à dire quand on est à l’extérieur. Pour l’heure, nous aurons une nouvelle fois la démonstration que la loi du Talion (euphémisme hélas en l’occurrence) est impuissante à résoudre un conflit. Jean-Pierre Simon Rennes

Comment nommer Israël ? Dans différents articles du journal, Israël est appelé « Etat juif ». Il y a des années, j’avais attiré l’attention sur le caractère

Marcel-Francis Kahn Paris


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Découvertes

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Télescope Entomologie Combats de criquets : la sagesse des anciens Chinois Chez les criquets mâles, c’est bien la taille de la tête qui fait la différence lors des combats territoriaux. Une étude américaine confirme ce que les anciens Chinois, parieurs invétérés, avaient déjà relevé il y a huit siècles : les combattants à plus grosse tête l’emportent, indépendamment de la longueur du corps. (Judge & Bonanno, in PLoS du 24 décembre 2008.)

Médecine

L’Everest, terrain d’étude du sang La Voie lactée a donné lieu ces derniers jours à une débauche d’annonces scientifiques. L’image infrarouge la plus précise jamais réalisée du centre de notre galaxie a ainsi été présentée en ouverture d’une réunion de la Société américaine d’astronomie à Long Beach (Californie), lundi 5 janvier. Le cliché (ci-dessus) couvre une région de 300 années-lumière par 115 – une année-lumière équivaut à 9 460 milliards de kilomètres. L’image résulte de la fusion de 2 300 prises de vue d’Hubble et d’observations faites par le télescope spatial Spitzer. Lors de la même réunion, Mark Reid, du centre Harvard-Smithsonian d’astrophysique, a annoncé que la Voie lactée n’avait pas à rougir face à sa voisine, Andro-

mède. Notre galaxie serait 15 % plus vaste et 50 % plus massive qu’on ne le supposait, ce qui en ferait « une jumelle et non une petite sœur d’Andromède ». Son centre tourne aussi plus vite qu’on ne le pensait : 965 600 km/h contre une évaluation précédente de 804 672 km/h, si l’on en croit les mesures obtenues grâce à un réseau de radiotélescopes. Autre indication, « la spirale de la Voie lactée compte probablement quatre et non deux bras de gaz et de poussière, des pépinières où se for-

ment des étoiles », avance Mark Reid. En étudiant la distribution du gaz moléculaire, une équipe internationale vient, elle aussi, de distinguer quatre bras symétriques (carte ci-contre). Martin Pohl (Iowa State University) estime que notre système solaire se situe sur l’un de ces embranchements, à 28 000 années-lumière du centre galactique. Les discussions sur le nombre de bras de notre galaxie courent depuis 1958, lorsque Jan Oort proposa la première carte de la Voie lactée. a PHOTO STCI/NASA ; CARTE IOWA STATE UNIVERSITY

La mécanique des métastases Robert Weinberg, pionnier de la génétique du cancer, décrit la façon dont les tumeurs migrent dans l’organisme : pour lutter, il faut décrypter les relations entre les cellules déviantes et leur environnement

R

La très grande majorité des cancers se développe à partir de l’épithélium [tissus de revêtement]. On les appelle dans ce cas les carcinomes. Mais au départ les cellules épithéliales sont incapables de migrer et d’envahir un autre tissu. C’est par l’activation de la TEM qu’elles acquièrent les caractéristiques des cellules mésenchymateuses [tissus de soutien des organes] leur permettant de devenir invasives et de donner des métastases. Il y a la résurrection d’un programme existant chez l’embryon, également à l’œuvre plus tard, mais seulement de manière transitoire, dans les processus de cicatrisation.

obert Weinberg, professeur de biologie au Massachusetts Institute of Technology (MIT), est mondialement connu pour ses recherches sur le cancer. Il a notamment découvert le premier oncogène humain – un gène provoquant la transformation tumorale d’une cellule normale – et le premier gène suppresseur de tumeur. Son laboratoire au Whitehead Institute (Cambridge, EtatsUnis) travaille sur les interactions entre cellules à l’origine des cancers et sur les processus par lesquels les cellules cancéreuses envahissent d’autres tissus et métastasent. Alors qu’un gène favorisant les métastases dans certains cancers du sein vient d’être découvert, il décrit l’écologie cellulaire qui rend les tumeurs envahissantes.

Cela veut-il dire qu’elles sont devenues d’authentiques cellules mésenchymateuses ?

Sait-on par quels mécanismes un cancer s’étend ?

Robert Weinberg, professeur de biologie au Massachusetts Institute of Technology. DR

Aujourd’hui, nous avons une assez bonne idée de la manière dont des cellules normales donnent une tumeur primitive. Au moins cinq voies de signalisation sont perturbées à l’intérieur d’une cellule normale quand celle-ci se transforme en cellule cancéreuse. En revanche, c’est un processus extrêmement complexe qui rend des cellules d’une tumeur primitive capables de devenir invasives et de donner des métastases à distance dans des tissus de nature différente. Or 99 % des décès par cancer sont dus aux métastases.

Les cellules des cancers très agressifs expriment certains facteurs de transcription [protéines indispensables au déclenchement ou à la régulation de la transcription des parties codantes de l’ADN en ARN]. Ces facteurs sont normalement exprimés chez l’embryon au moment où ses cellules doivent migrer pour donner différents types cellulaires. Cette conversion s’appelle la transition épithéliummésenchyme (TEM).

Que faut-il pour qu’un cancer donne des métastases ?

L’invasion d’un tissu à distance du site de la tumeur primitive résulte d’une série d’événements que l’on appelle la cascade de la métastase. La cellule cancéreuse doit avoir une capacité d’envahissement local, puis elle doit passer dans la circulation sanguine. Par ce biais, elle migre vers un site à distance de son point de départ. Elle doit ensuite pénétrer dans cet autre tissu où se formeront des micrométastases. Ces dernières donnent ensuite des macrométastases, reflet d’un processus que l’on qualifie de colonisation. Cela requiert donc beaucoup de compétences pour la cellule qui doit parcourir toute cette cascade, qui est quelquefois inefficace : dans les cancers du sein, il peut y avoir 100 ou 1 000 micrométastases dans la moelle osseuse, mais dans 50 % des cas, il n’y aura pas de macrométastase. Commençons par le commencement : comment une cellule cancéreuse s’échappe-t-elle de la tumeur ?

Non. Elles acquièrent des propriétés des cellules mésenchymateuses, mais aussi beaucoup de celles des cellules souches, qui ont la capacité de s’autorenouveler. Cette transition est donc cruciale. Qu’est-ce qui déclenche la TEM ?

La mise en action de ce programme résulte de l’expression de certains facteurs de transcription. Ceux-ci ont été préalablement activés par des signaux qui peuvent provenir des gènes mutés dans le génome des cellules cancéreuses, mais aussi des cellules non cancéreuses environnantes du tissu conjonctif, ce que l’on appelle le stroma. Ces cellules non cancéreuses sont recrutées par les cellu-

Dans le cancer du sein, un gène facilite la diffusion des cellules tumorales DES CHERCHEURS de l’université de Princeton et de l’Institut du cancer du New Jersey (Etats-Unis) ont identifié un gène lié à la diffusion de métastases dans le cancer du sein. En aidant les cellules tumorales à adhérer aux vaisseaux sanguins dans d’autres organes que le sein, ce gène situé sur le chromosome 8 jouerait un rôle majeur dans la dissémination du cancer, selon l’article publié dans le numéro du 6 janvier de la revue Cancer Cell. De nombreuses altérations génétiques et épigénétiques (résultant de l’interaction entre les gènes et leur environnement) se produisent au cours du processus faisant passer d’une tumeur localisée à des métastases potentiellement fatales. Différents gènes liés à des métastases

les cancéreuses ayant migré, par exemple pour former des néovaisseaux, indispensables à la croissance de la tumeur. Quand les cellules cancéreuses arrivent, le stroma devient réactif. Ses cellules renvoient des signaux aux cellules cancéreuses qui les ont recrutées.

P. Be.

Zoologie L’iguane rose des Galapagos est bien une espèce à part Cet iguane rose avait été observé pour la première fois en 1986 sur les flancs du volcan Wolf, au nord d’Isabela, l’île principale des Galapagos (Equateur). Une étude génétique vient de montrer que ce « rosada » est bien une espèce distincte

Quel lien existe-t-il entre la TEM et l’acquisition de caractéristiques des cellules souches ?

Il y a une association entre les deux, mais elle semble exister aussi bien pour les cellules devenues cancéreuses que pour les cellules épithéliales normales. Les cellules souches et les cellules cancéreuses partagent beaucoup d’analogies. On retrouve des cellules souches au sein des tumeurs, mais nous ne savons pas encore à quel moment elles y apparaissent. Les cellules souches épithéliales normales possèdent aussi beaucoup des attributs des cellules mésenchymateuses. Faut-il rediriger les stratégies thérapeutiques vers les cellules souches présentes dans les tumeurs ?

Nous n’avons pas, à l’heure actuelle, de bons agents pour tuer les cellules souches cancéreuses. Peut-être que, lorsque nous parvenons à réduire la taille d’une tumeur, il reste des cellules souches tumorales à partir desquelles le cancer peut redémarrer… Un traitement des leucémies par un anticorps monoclonal comme l’imatinib [commercialisé sous le nom de Glivec] élimine la plupart des cellules cancéreuses, mais laisse derrière lui les cellules souches. Même s’il prolonge beaucoup la vie, il ne guérit pas la leucémie. L’objectif est alors de maintenir la maladie sous contrôle. Peut-on imaginer prévenir la formation des métastases ?

ont déjà été identifiés. Pour avancer dans ce maquis, Guohong Hu et ses collègues ont utilisé un algorithme afin de cartographier les altérations génomiques récurrentes dans les cancers du sein de mauvais pronostic. Ces altérations sont importantes pour la progression du cancer du sein à la fois sur le plan clinique et fonctionnel. Cette stratégie a permis d’identifier un gène appelé MTDH, pour métadhérine, qui remplit des fonctions importantes tant dans la formation de métastases que dans la résistance aux chimiothérapies. Surexprimé dans plus de 40 % des cancers du sein et associé à une évolution péjorative, ce gène pourrait devenir une cible pour de futures thérapeutiques. a

Les alpinistes, qui gravissent l’Everest (8 848 m) sans assistance respiratoire, présentent des taux d’oxygène dans le sang si faibles qu’ils seraient considérés comme alarmants au niveau de la mer. Lors d’une expédition conduite par des médecins britanniques sur le Toit du monde en 2007, quatre grimpeurs ont livré des échantillons sanguins prélevés dans l’artère fémorale, alors qu’ils redescendaient du sommet, à 8 400 mètres d’altitude. Et qu’ils avaient ôté leur masque à oxygène depuis vingt minutes. Les analyses ont révélé une pression d’oxygène dissous très faible : 3,28 kilopascals (kPa), alors qu’elle se situe entre 12 et 14 kPa chez un individu en bonne santé – et que l’on considère qu’en dessous de 8 kPa, en soins intensifs, la situation est critique ! Des simulations en caisson hyperbare conduites en 1997 à la Comex avaient montré des résultats similaires. Pour le chef d’expédition Michael Grocott (University College de Londres), ces observations « peuvent être riches d’enseignements sur les changements physiologiques afin d’améliorer les soins intensifs dans les hôpitaux ». (Grocott et al., in New England Journal of Medicine du 8 janvier.)

C’est compliqué. On risque de fermer la porte de la grange une fois que la vache est sortie. Cependant, les cellules métastatiques sont très semblables à celles du cancer primitif. Les cellules des métastases d’un carcinome ressemblent à des cellules épithéliales. Cela laisse penser que la TEM serait probablement un phénomène réversible : la cellule retrouverait certaines de ses caractéristiques de départ lorsqu’elle ne reçoit plus les signaux qui ont induit la TEM. Il y avait un dogme qui voulait que, pour comprendre une cellule cancéreuse, il fallait regarder ses gènes. Nous savons à présent qu’il faut élargir la vision aux signaux qu’elle reçoit de son environnement. a Propos recueillis par Paul Benkimoun

GALAPAGOS NATIONAL PARK/AP

des deux autres iguanes terrestres, « jaunes », présents dans l’archipel. Plus intriguant, l’iguane rose (dont une trentaine d’individus ont été dénombrés) semble avoir divergé de l’ancêtre de ces cousins à une époque où les îles actuelles, d’origine volcanique, n’existaient pas. Il vit aujourd’hui sur un volcan qui n’est pas le plus ancien d’Isabela. Une situation qui constitue « une énigme », reconnaissent les chercheurs. Ce mystère aurait sans conteste intrigué Darwin qui, lors de son séjour aux Galapagos (1835), n’ayant pas arpenté les pentes du volcan Wolf, avait manqué l’iguane rose. (Gentile et al., in PNAS du 5 janvier.)

Cosmétique Le vieillissement de la peau révélé par ses protéines Comment la peau vieillit-elle ? Par quelles modifications moléculaires, l’épiderme devient-il avec l’âge de plus en plus mince, et le derme de moins en moins ferme et élastique ? Pour la première fois, des recherches menées sur de la peau humaine, reconstruite à partir de cellules en culture, ont permis d’analyser les signatures protéiques de tissus cutanés jeunes et âgés. En collaboration avec l’hôpital Saint-Louis (Paris) et le centre hospitalo-universitaire de Laval (Québec), des chercheurs de L’Oréal ont mis en évidence plus de 700 protéines différentes à la surface de la peau et montré que l’expression de plusieurs centaines d’entre elles, en cas de stress notamment, diffèrent selon l’âge. Ces recherches ont donné lieu à un dépôt de brevet et ouvrent la voie, selon le leader mondial du cosmétique, à des produits « adaptés à la signature de chaque type de peau ».


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Enquête

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Rahm Emanuel

Un bouledogue à la Maison Blanche

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ar où commencer ? Sa formation de danseur de ballet ? Sa réputation de « bouledogue » ? Sa carrière à Chicago ? Ses liens avec Israël ? Son frère Ari, qui est agent de stars à Hollywood ? Avec un personnage aussi extraverti que Rahm Emanuel, on ne sait pas où donner de la tête. Barack Obama, qui en a fait son Corine Lesnes chef de cabinet, l’a dit lui-même. « Il est unique en son genre. » Mais, a-t-il aussitôt tives d’extorsion de fonds du gouverneur ajouté, « Dieu merci ». Une image, d’abord. Rahm Emanuel démocrate de l’Illinois, Rod Blagojevich. descend d’un autocar avec un petit sac à La voix d’Emanuel figure sur les écoutes dos. Nous sommes à Selma, Alabama, en téléphoniques du FBI. Le staff du gouvermars 2007. On commémore l’un des évé- neur essayait d’obtenir une contrepartie nements marquants de la bataille contre à la nomination du successeur de Barack la ségrégation : la traversée du pont Obama au Sénat. Rahm Emanuel l’encouEdmund-Pettus, le 7 mars 1965, par un rageait à nommer Valerie Jarrett, une groupe de militants antiracistes, matra- amie des Obama, afin, dit-on, d’écarter qués par la police. Les primaires sont une rivale potentielle dans l’entourage de encore loin (nous sommes dix mois avant Barack Obama à la Maison Blanche. Le les caucus de l’Iowa !), mais les deux président a ordonné une enquête interne rivaux démocrates sont là, chacun en son mais conclu qu’aucune conversation église, à deux extrémités de la rue Martin- « inappropriée » n’avait eu lieu. Luther-King. Hillary Clinton a prévu de faire un discours à la First Baptist Church arack Obama et Rahm Emadevant les pontes du combat des droits nuel se connaissent bien, civiques, dont le représentant John notamment par l’interméLewis, l’un des blessés de Selma. Barack diaire de David Axelrod, le Obama doit intervenir à Brown Chapel. conseiller en communicaLa foule déborde sur le trottoir. tion. YouTube porte encore Rahm Emanuel est venu avec son fils la trace du gala de charité donné en 2005 « Zach », âgé de 10 ans. Tout le monde se par le couple Axelrod au profit de leur demande de quel côté le parlementaire va fondation contre l’épilepsie. C’était l’une se ranger. Hillary ou Obama ? Le choix de ces soirées typiques, où un invité est n’est pas sans conséquences. Représen- passé sur le gril. Avec un personnage tant de l’Illinois, il est le quatrième per- comme « Rahmbo », les convives se sont sonnage du Congrès. Son cœur penche bien amusés. Obama a provoqué l’hilaripour Barack Obama, son frère d’armes à té en rappelant qu’Emanuel, qui est Chicago. Sa loyauté l’oblige à se ranger connu pour son usage des obscénités, a du côté des Clinton. En 1991, Rahm Ema- perdu un doigt – le majeur – lors d’un nuel a été l’un des principaux collecteurs accident dans le fast-food où il travaillait de fonds de la campagne de Bill Clinton. adolescent. « Cela l’a rendu quasiment Après l’élection, il est devenu l’un des muet », a-t-il lâché sous les fous rires de conseillers politiques de la Maison Blan- l’intéressé. che. C’est peu dire qu’il doit beaucoup Rahm, 49 ans, est né dans une famille aux Clinton. aisée de Chicago, d’un père pédiatre, oriCe jour-là, à Selma, Zachariah a sur- ginaire de Jérusalem, et d’une mère fille tout envie de voir Obama. Le papa a l’air de syndicaliste devenue assistante sociad’avoir prévu plutôt l’inverse. Désœuvré le. Si les Noirs peuplent les quartiers sud, sur le trottoir, il a l’air abordable. Accepte- les familles de la bourgeoisie juive sont rait-il de donner une interview ? « Oui », plutôt installées dans le nord, le long du aboie-t-il. Là-dessus, il tourne les talons lac. Il n’a étudié ni le droit ni les sciences sans attendre la question. Ainsi est Rahm politiques, mais la communication. Emanuel. Un rien goujat, ce qui ne le Quand il a voulu faire de la politique, il dérange pas. Trois ans avant de devenir s’est tout de suite réfugié dans l’ombre président, Barack Obama l’a décrit ainsi : tutélaire du maire Richard Daley. Après « Un peu intense, émotionnel, agressif, avoir travaillé à la Maison Blanche, sujet aux sautes d’humeur. » quand il est revenu à Chicago, il a pris un Un an et demi après Selma, quand job dans un cabinet d’avocats. Les deals Hillary a abandonné la course, Rahm qu’il y a faits lui ont rapporté 18 millions Emanuel a enfin pu passer, la conscience de dollars. Tout bouledogue qu’il soit, tranquille, chez Obama. Rahm Emanuel est un cenImmédiatement, on l’a vu au « Il est clair qu’il triste. Sous Bill Clinton, côté du candidat au forum de c’est lui qui a négocié le pasl’AIPAC, le lobby pro-israé- va influencer sage de l’accord de librelien, en train de courtiser le le président échange avec le Mexique et vote juif. Quand le président dans un sens le Canada (Alena), celui-là élu lui a demandé d’être son même que son patron – penchef de cabinet (l’équivalent pro-israélien » dant la campagne – a prode secrétaire général) de la mis de réaménager. Maison Blanche, les milieux Benjamin Emanuel Sa nomination serait respolitiques ont frétillé – voilà Son père tée américano-américaine un choix qui n’était pas celui s’il n’avait de fortes de la neutralité ! Les républicains ont pro- connexions avec Israël, un pays où il allait testé : Rahm Emanuel n’était pas l’hom- en colonie de vacances quand il était me du consensus promis par Obama. enfant, et qu’il est allé défendre pendant « Le gentil président a décidé de jouer la guerre du Golfe – il n’a pas servi dans dur », a commenté la revue Foreign Poli- l’armée, comme l’en ont vite accusé ses cy. Rahm Emanuel n’est pas un tendre. Il détracteurs, il a été mécanicien dans un a envoyé un jour un poisson mort à un bureau de recrutement militaire et est respolitologue qui l’avait irrité, comme un té deux mois près de la frontière libanaise. vulgaire mafioso. Mais voilà, en Israël, on a salué sa nominaAujourd’hui, Rahm Emanuel est mis tion de manière plus que bruyante : en cause dans ce qui est la première « Notre homme à la Maison Blanche », a « affaire » de la galaxie Obama : les tenta- titré le quotidien Maariv, en dressant le

Il a 49 ans, une année passée au service des Clinton, une relation forte avec Israël et un caractère bien trempé. Portrait de l’homme que Barack Obama a choisi comme chef de cabinet

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Il n’a étudié ni le droit ni les sciences politiques, mais la communication. Il sera l’homme de confiance d’Obama. CHRISTOPHER MORRIS/VII

portrait d’un homme bien sous tous rapports (il envoie ses enfants à l’école hébraïque et, s’il travaille pendant la fête de Rosh Ha-Shana, c’est seulement après avoir obtenu une dispense de son rabbin). Et son père Benjamin Emanuel, un homme qui a été membre de l’Irgoun, a enfoncé le clou. « Il est clair qu’il va influencer le président dans un sens pro-israélien, a-t-il dit. Pourquoi pas ? Qu’est-ce qu’il est ? Un Arabe ? Non, il ne va pas à la Maison Blanche pour cirer les parquets. » Rahm Emanuel a dû présenter ses excuses au comité des Arabes-Américains contre la discrimination. Reste à savoir ce que cette nomination dit de la politique proche-orientale de Barack Obama. Est-ce le signe d’une tentative de rassurer Israël, par un homme dont il a été beaucoup rappelé que son deuxième prénom est Hussein ? Dans sa newsletter, The Washington Note, Steve Clemons écrit que la gauche progressiste a de quoi « avoir une crise cardiaque » en pensant qu’un homme aussi centriste sur la politique intérieure et faucon sur la politique étrangère va devenir l’un des princi-

paux hommes de confiance du nouveau président. Jeffrey Goldberg, un de ses amis, a au contraire écrit dans l’Atlantic Monthly tout le bien qu’il pensait de la nomination de Rahm Emanuel, y compris sur le plan des négociations de paix. Mieux vaut un fin connaisseur des capacités dilatoires du gouvernement israélien qu’un diplomate bien intentionné mais facile à berner. « Quand le prochain premier ministre israélien dira au président Obama qu’il lui est impossible de démanteler la colonie de Neve Manyak, a) pour des raisons de politique intérieure, b) de sécurité, c) à cause de la Bible, Rahm ne tombera pas dans le panneau et il sera difficile à la droite israélienne de l’accuser d’être un juif qui souffre de la haine de soi », estime-t-il. Pour Daniel Levy, qui a été membre de la délégation israélienne aux négociations de Taba en 2001, et qui est aujourd’hui chercheur à la New America Foundation à Washington, « Rahm Emanuel est de toute évidence un ami d’Israël. Mais je ne crois pas qu’il va être en aucune manière un obstacle, dit-il. Il sera le fidèle servi-

teur du programme de Barack Obama. » Hillary Clinton, elle aussi, est considérée comme très pro-israélienne. Mais leur poids pourra être nuancé par le futur conseiller à la sécurité nationale, James Jones, qui a été l’envoyé spécial de Condoleezza Rice pour la sécurité, et qui en est revenu bien disposé à l’égard d’un déploiement de forces de l’OTAN en Cisjordanie, une idée longtemps écartée par Israël et les Etats-Unis. Pour Daniel Levy, le temps presse. « L’administration Obama est probablement la dernière qui peut pousser de manière crédible à la solution des deux Etats », dit-il. Lorsqu’il était à la Maison Blanche de Bill Clinton, Rahm Emanuel n’était chargé que de politique intérieure, mais c’est lui qui a orchestré la signature des accords d’Oslo et la poignée de main historique de 1993 entre Rabin et Arafat. Quinze ans plus tard, on ne peut que relever ce symbole fort, encore un, qui verra après le 20 janvier un enfant d’immigrant israélien et un fils de musulman travailler ensemble à la Maison Blanche. Et, qui sait, travailler à la paix. a


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Culture&vous

Bilan Cinémas et musées affichent des entrées record pour 2008

En période de crise, la culture est un refuge pour les Français Suite de la première page

Les chiffres ne sont pas définitifs, mais la direction des musées de France (DMF) au ministère de la culture pronostique une croissance des entrées de l’ordre de 2 % à 3 % pour la trentaine de musées nationaux. La DMF s’attend à retrouver le même schéma dans les 1 200 musées du territoire : un très bon premier semestre, un été décevant, mais une belle embellie à l’automne. Le plafond de 52 millions d’entrées, atteint en 2007, devrait donc être battu. Le ministère de la culture cite le « record » du Musée d’Aquitaine, à Bordeaux (176 000 visiteurs), ou celui du Musée Fabre, à Montpellier, qui vient d’être rénové et a franchi la barre des 300 000 billets. Marie-Christine Labourdette, directrice des musées de France, en est persuadée : « La crise incite les gens à se tourner vers des lieux préservés. Le monde change, l’ave- « Dans la nuit, des images », le 18 décembre 2008, au Grand Palais, à Paris. LIONEL MOREAU POUR « LE MONDE » nir inquiète ? L’intangibilité des œuvres d’art et la stabilité des Centre national des variétés sur le menacée, et, par solidarité, des spec- se du pouvoir d’achat, mais la prix des billets de concert : il tateurs s’abonnent. » Il ajoute : culture demeure une pratique sociamusées rassurent. » Des économistes de la culture devrait correspondre aux 7,5 mil- « Le public abonné a peut-être aussi le, un moment de partage. » a un pouvoir d’achat qui l’écarte de la constatent en effet qu’en période lions d’euros perçus en 2007. Clarisse Fabre, On note bien quelques notes dis- crise. » de crise, les ménages sacrifient des Nathaniel Herzberg et Ainsi, au Théâtre des Amangrosses dépenses, mais pas les sor- sonantes. « La fréquentation de la Marie-Aude Roux ties culturelles bon marché. Et Salle Pleyel a un peu flanché avec la diers, à Nanterre, « le public augque, après la crise de 1929, les sal- crise, surtout les places les plus chè- mente depuis quatre ans », le taux les de cinéma étaient bondées aux res. En revanche, la Cité de la musi- de remplissage reste au beau fixe, que n’a pas subi de recul », constate et « atteint même 100 % pour la pièEtats-Unis… Un prix d’entrée abordable n’ex- Laurent Bayle, qui dirige les deux ce Le Silence des communistes ». « On n’a jamais eu autant d’abonplique pas tout. Sinon comment établissements parisiens. Pour le théâtre, une fracture nés », se réjouit de son côté Alain interpréter l’affluence dans les opéras et dans certains concerts de semble se dessiner. Pour Georges- Herzog, administrateur du ThéâFrançois Hirsch, res- tre de la Colline, à Paris, l’un des musiques actuelles, pluponsable du secteur au six théâtres nationaux. tôt coûteux, entre 50 Après la crise Les responsables de musées, ministère de la culture, euros et 100 euros, voire de 1929, les salles « les théâtres publics théâtres, opéras, salles de spectalargement au-dessus ? de cinéma semblent à l’abri », cles bénéficiant d’aides publiques L’opéra ne s’est étaient bondées alors que les salles pri- restent prudents pour trois raijamais aussi bien porté, aux Etats-Unis vées ont « connu une sons. Certains, surtout les gros à écouter la directrice baisse de 4 % en 2008, musées, sont fortement tributaide l’association Réunion des Opéras de France, Lau- particulièrement en octobre et en res de la venue de touristes étrangers. Que vont faire les Amérirence Lamberger-Cohen. « Pour novembre ». Il est vrai que les tickets sont cains ou les Japonais, frappés par les grands titres, le remplissage atteint 100 %. A Angers-Nantes- beaucoup moins chers dans les la crise ? Ensuite, les subventions Opéra, ils n’ont jamais eu autant de théâtres publics – subventionnés sont à la baisse. Ce qui induit une monde et ils sont inquiets de ne pou- par l’Etat ou les collectivités loca- réduction de l’offre – de spectavoir répondre à la demande, obser- les – que dans les théâtres privés. cles à l’affiche, par exemple –, et ve-t-elle, Tosca, à Bordeaux, est « Les premiers, ajoute Georges- donc du public. Dernière crainte : le reflux du quasiment complet, comme Sieg- François Hirsch, tiennent aussi le fried, à Strasbourg, Carmen, Faust choc grâce à leur politique d’abonne- mécénat, en raison de la crise écoet Salomé, à Toulouse. » Laurence ment. » Les spectateurs réservent nomique. Il est déjà perceptible Lamberger-Cohen ajoute un plusieurs pièces en début de sai- dans plusieurs gros musées. Nombémol : « Nous vivons sur les abon- son et bénéficient de tarifs préfé- bre de festivals aidés par des marques, note Emmanuel Négrier, nements pris en septembre 2008, rentiels. Emmanuel Négrier, chercheur pourraient également déchanter à avant la crise. L’épreuve de vérité sera au printemps », au moment au CNRS et analyste des politi- l’horizon 2010, alors que leur fréoù sortiront les brochures de la sai- ques culturelles, fait l’hypothèse quentation reste stable ou augque, dans le théâtre public, il pour- mente. « Peut-être, à Avignon ou son 2009-2010. Le rock ou la chanson ne sont rait y avoir un abonnement mili- ailleurs, suggère Emmanuel pas en reste. Un bon indice est le tant. « Les budgets régressent, la Négrier, le festivalier a-t-il réduit montant de la taxe perçue par le culture comme symbole paraît ses dépenses pour faire face à la bais-

Bande dessinée Astérix survivra à ses créateurs Le dessinateur Albert Uderzo, 81 ans, a autorisé Hachette Livre à faire vivre, après sa mort, la célèbre série de bande dessinée « Astérix », dont il est le créateur

MANOEL DE OLIVEIRA à Paris le mercredi 14 janvier 2009 à 18h30

Le Centre culturel Calouste Gulbenkian vous invite à une rencontre avec le réalisateur portugais à l’occasion de son 100e anniversaire Entrée libre dans la limite des places disponibles RSVP : 01.53.23.93.93

avec le scénariste René Goscinny, a-t-on appris vendredi 9 janvier. Hachette Livre a acquis, en décembre 2008, auprès d’Albert Uderzo et d’Anne Goscinny, la fille de René Goscinny, décédé en 1977, 60 % des éditions Albert René, qui publient les 33 albums d’Astérix. Hergé avait fait un choix opposé pour Tintin. Albert Uderzo, d’abord réticent, s’est laissé convaincre. Hachette pourra confier la réalisation d’albums à des auteurs de son choix.

Art Le Louvre prête cent Corot à Vérone La ville de Vérone (Italie), a signé, vendredi 9 janvier, avec le Louvre un accord pour accueillir une exposition du peintre JeanBaptiste Corot, à partir de novembre. Le Louvre prêtera une centaine de peintures et de dessins, qui

seront exposés au Palazzo della Gran Guardia. – (AFP.)

Musique « M » quitte EMI pour Universal Le chanteur M, alias Matthieu Chedid, 37 ans, – un des poids lourds de la musique française – a quitté la maison de disques EMI pour rejoindre la major Universal, confirmant une information du site Internet 20minutes.fr. M est désormais sous contrat avec Barclay, un des labels d’Universal. Il y rejoint Vanessa Paradis, dont il a écrit l’essentiel de l’album Divinidylle. Le dernier album de M, Qui de nous deux ?, remonte à 2003. EMI, rachetée en 2007 par le fonds d’investissement Terra Firma, a perdu plusieurs artistes importants : les Rolling Stones, Radiohead, Paul McCartney. – (AFP.)

19 Actualités

Ici&ailleurs

Ils veulent tous chanter pour Obama

B

arack Obama est devenu, à son corps défendant, le bras armé du marketing musical. La multitude des événements organisés autour de la cérémonie d’investiture du président américain (Le Monde du 9 janvier) – qui aura lieu le 20 janvier – a ouvert aux manageurs d’artistes des espaces de communication. Euphorisés par la victoire de M. Obama, les milieux culturels, souvent acquis à la cause du métissage et du premier président noir des Etats-Unis, ont tout de suite eu envie d’en être. Emporté par la vague, l’entourage même de Barack Obama a un temps imaginé une cérémonie très RnB, avec en stars le couple vedette de l’Amérique de 2008, la chanteuse Beyoncé et le rappeur Jay Z. Mais, très vite, les conseillers du président sont revenus à la dure réalité : le glamour et le bling-bling se conjuguent très mal avec la dépression économique, aussi récente que brutale. Le programme musical de la cérémonie d’investiture, réservé à des artistes et citoyens de nationalité américaine, se réduit donc à l’essentiel : des ensembles militaires, la chanteuse soul Aretha Franklin, le violoncelliste Yo-Yo Ma inter-

prétant le compositeur John Williams. En revanche, en marge de la cérémonie officielle, la ville de Washington accueille une flopée d’événements musicaux privés. C’est ainsi que des dizaines de stars de la chanson sont apparues dans les gazettes, prétendument choisies par le président Obama ou ses proches, pour se produire lors de l’investiture. Les Etats-Unis ont évité la confusion : les bals, concerts de charité ou de soutien y sont courants. Mais ailleurs ce n’est pas le cas. Des sites Internet britanniques annonçaient, en décembre 2008, que le chanteur Elvis Costello « sera la tête d’affiche du concert de l’investiture d’Obama ». Puis l’information se dégonfle mais peu importe. Même chose en France où la maison de disques Because Music voit une excellente opportunité de pousser la gloire des Maliens Amadou et Mariam en suggérant que le duo africain irait « chanter à l’investiture ». Le « couple aveugle du Mali » devient le chouchou supposé de Michelle Obama, fait des titres et des pages de magazine. Et comme leur album Sabaly vient de sortir, ça tombe bien. a Véronique Mortaigne


Culture

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0123 Dimanche 11 - Lundi 12 janvier 2009

Danielle Darrieux... pas si légère La Cinémathèque française, à Paris, célèbre les 92 ans de l’actrice en programmant 97 de ses films Cinéma

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En 1942, Danielle Darrieux interprète Lise dans « Caprices », de Léo Joannon. DR

ourner, tourner beaucoup pour devenir vedette et avoir mon nom en gros sur les affiches. Si je parviens au titre de grande star, cela prouvera que j’ai bien servi le cinéma. » Ainsi s’exprimait en 1931, à la sortie de son premier film, Le Bal, une jeune Bordelaise de 14 ans. La suite va au-delà de ses espérances.La Cinémathèquefrançaise, à Paris, fête les 92 ans de Danielle Darrieux en programmant 97 de ses films. Une longévité exceptionnelle d’autant que l’actrice tourne encore. Danielle Darrieux incarne d’abord l’insouciance des années 1930. Espiègle et romantique, elle « devient star en inventant l’antistar, dit le cinéaste Paul Vecchiali. Jouant n’importe quoi, jamais n’importecomment,chantant, riant,pleurant, hurlant de sa manière à elle, désormais inimitable. Gamineapparemment écervelée ; jolie, avec des pointes d’émotion qu’elle communique sans le moindre pathos. » Ingénue, dit-on. Elle précise : « Je suis une actrice légère, je ne suis pas une femme légère. » Ou encore : « Je n’étais qu’une jeune fille alors que les autres jouaient déjà à la vamp. » Elle devient la petite fiancée des Français : une façon d’« incarner le rêve de façon unique, dit encore Vecchiali. Elle met l’inaccessible à la portée de chacun ». Sa faculté à teinter ses rôles les plus dramatiques – comme elle distille une discrète gravité dans ses personnages exubérants – fera d’elle une grande dame. Sa malice et son ironie resurgiront en 1949 dans Occupe-toi d’Amélie, alors qu’on la croit finie. Carl’Occupationa failli luiêtrefatale. En contrat avec la Continental, société de production allemande installée à Paris et dépendante du ministère de la propagande de

Leschoixdu«Monde »

Notre sélection de musique classique Des orchestres prestigieux et des grands pianistes, en France, de janvier à juin Musique

L

a rentrée symphonique a lieu en fanfare et en province avec La Folle Journée de Nantes (28 janvier-1er février) : cinq jours de musique baroque allemande avec Heinrich Schütz

(1585-1672) et Bach (1685-1750), déjà tête d’affiche en l’an 2000. Pendant ce temps, la bataille symphonique parisienne se poursuit à coups de prestigieux orchestres et de baguettes magiques. D’abord, au Théâtre des ChampsElysées, avec l’Orchestre philhar-

À l’occasion du bicentenaire des Archives nationales à l’hôtel de Soubise

le s A rch s e r i ve s n a t a co n io t e n t n a le s

E XP O SI TI O N ÉV ÉN EM EN T 19 novembre 2008 > 15 juin 2009 Hôtel de Soubise 60, rue des Francs-Bourgeois 75003 Paris www.archivesnationales.culture.gouv.fr

Archives nationales

monique de Vienne, conduit par Zubin Mehta (20 février), Valery Gergiev (25 mai), puis Seiji Ozawa (22 juin). Ce théâtre de l’avenue Montaigne est aussi le fief de l’Orchestre national de France, qui y donnera plusieurs événements autour de Brahms : avec le chef d’orchestre Daniele Gatti (22 janvier), les pianistes Emmanuel Ax (16 avril) et Bertrand Chamayou (23 avril). Mais l’événement sera la création mondiale de l’œuvre intégrale d’Henri Dutilleux, Le Temps l’horloge, interprétée par Renée Fleming sous la direction de Seiji Ozawa (7 mai). La Salle Pleyel accueillera à nouveau le London Symphony Orchestra dirigé par John Eliot Gardiner (9-10 février), puis dans un cycle Prokofiev, sous la férule fougueuse du chef Valery Gergiev (18-19 mai). Autres habitués de Pleyel, l’Orchestre national de Russie avec Mikhaïl Pletnev (24 janvier), et deux hôtes de marque, l’Orchestre du Concertgebouw d’Amsterdam sous la direction d’Ivan Fischer (11 avril) et celui du Gewandhaus de Leipzig avec Riccardo Chailly (11-12 février). Résidents de la maison Pleyel, l’Orchestre philharmonique de Radio France plébiscitera par deux fois Schönberg, sous la direction de Peter Eötvös (23 janvier), puis de Pierre Boulez (20 février). Avant de terminer avec le terrible chef Gustavo Dudamel (26 juin) dans la Symphonie « Titan » de Mahler. L’Orchestre de Paris, quant à lui, poursuivra son explo-

Goebbels, elle se prodigue, dit-on, se dans La Vérité sur Bébé Donge en cocktails et galas à l’ombre de la d’Henri Decoin (1951), puis Mme de croix gammée, jusqu’à participer Raynal de Stendhal (Le Rouge et le au fameux voyage à Berlin, en Noir, de Claude Autant-Lara, 1942, qui jettera une ombre sur la 1954), Mme de Montespan (L’Affaire biographie de tous les acteurs qui des poisons, 1955), avant d’être en furent : Albert Préjean, Suzy enquêtriceardentedesheures somDelair ou Viviane Romance. bres de l’Occupation dans MarieDe cette affaire elle s’est expli- Octobre de Julien Duvivier (1959). quée. Divorcée du cinéaste Henri Darrieux reste « la séduction Decoin,en1941, ellese remariel’an- française, la jeune fille des romans de née suivante avec l’ambassadeur Jacques Chardonne et de tous ces de la République dominicaine en écrivains qui ont dépeint des femmes France, Porfirio Rubirosa. Mais ce à la fois fantaisistes, pleines d’inteldernier, soupçonné d’espionnage, ligence, d’une redoutable énergie », est vite interné en Allemagne. dit Pascal Thomas qui, avec L’HeuDanielle Darrieux dit alors qu’elle a re zéro (2007), lui a fait tourner un signé un contrat avec la Continen- de ses derniers films. tal parce que Alfred Greven, le Après avoir tourné à Hollywood patron de la firme, menace d’exer- (L’Affaire Cicéron de Mankiewicz, cer des représailles à l’encontre de 1952), séduit la Nouvelle Vague son mari. Elle a aussi dit (dans Les Parapluies de ne pas avoir « une idée « On m’a traitée Cherbourg, 1964, et Une bien précise » de ce chambre en ville, 1982, de collabo. J’ai dû qu’était la Continental. Jacques Demy la fait me justifier Le voyage à Berlin plus de cent fois » chanter), elle devient la était, selon elle, le vieille dame qui séduit moyen de voir son mari les générations actuelmais son attitude aurait été si néga- les : André Téchiné dans Le Lieu du tive qu’elle fut placée en résidence crime (1985), Benoît Jacquot dans surveillée à Megève, avec interdic- Corps et biens, François Ozon dans tion de tourner. Evadée avant la fin Huit femmes (2002), Anne Fontaide la guerre, elle raconte avoir tra- ne dans Nouvelle chance (2006). versé la France avec de faux Des films qui, avec d’autres, modipapiers pour se réfugier dans sa fient l’image d’ingénue. « Une maison des Yvelines. « On m’a trai- coquette métaphysique, résume jolitée de collabo, dit-elle, j’ai dû me jus- ment le critique Jean-Marc Lalantifier plus de cent fois devant le ne. Tout est dans le miroitement des bureau d’épuration. » Sans être apparences. » a inquiétée. Jean-Luc Douin La grande affaire de son retour à l’écran, c’est Madame de (1953), de Hommage à Danielle Darrieux. CinémaMax Ophuls, où elle interprète une thèque française. 51, rue de Bercy, aristocratefourvoyéedans sesmen- Paris-12e. M˚Bercy. Tél. : 01-71-19-33-33. songes. La rencontre avec Ophuls Jusqu’au 2 mars. Conférences : Dominila fait entrer dans la légende : « Tu que Païni, le 15 janvier ; Bernard Benopeux tout jouer, lui dit-il, surtout les liel, le 22 janvier ; Jean-Marc Lalanne, le rôles tragiques, parce que tu es tou- 29 janvier. Le cinéma Le Champo préjours un peu ridicule. » Elle veut sente, à partir du 28 janvier, la réédition alors corriger son image, se venger en copie restaurée d’Occupe-toi d’Amédetous ceuxquipensentque« Dar- lie, de Claude Autant-Lara, avec Danielle rieux, c’est du champagne ! » Elle Darrieux. 51, rue des Ecoles, Paris-5e. Mo estépousebafouéeetempoisonneu- Odéon. Tél. : 01-43-54-51-60.

ration mahlérienne sous la direction de Christoph Eschenbach (avec Thomas Hampson, Nathalie Stutzmann, Christine Schäfer). Question piano, la rentrée se fera avec Hélène Grimaud sans ses loups à la Cité de la musique (23-24 janvier). Dans le même temps, plusieurs Russes débarquent au Théâtre des Champs-Elysées : Nikolaï Lugansky (14 janvier, et à Lyon le 17), Evgueni Kissin (18 janvier), Denis Matsuev (29 janvier). Il y aura aussi le Turc iconoclaste Fazil Say (11 mars), le jeune Polonais prodige Rafal Blechacz (27 mars). On retrouvera avec plaisir le poète Alexandre Tharaud (17 juin) et la trop rare Maria Joao Pires (24 juin). Au Théâtre du Châtelet, doublé chinois avec Lang Lang (27 avril) et Yundi Li (14 mai). Lyon enfin n’est pas peu fière de programmer l’intégrale des concertos de Beethoven par Radu Lupu (16, 17 et 18 avril). a Marie-Aude Roux

Le Centre culturel Calouste Gulbenkian vous invite à assister à une conférence par

JORGE SAMPAIO

Haut représentant des Nations Unies pour l’Alliance des Civilisations, ancien Président de la République portugaise

sur le thème Nous et les autres - défis et dilemmes du dialogue interculturel. L’approche de l’Alliance des Civilisations le mardi 13 janvier 2009 à 19 heures

Entrée libre dans la limite des places disponibles RSVP : 01.53.23.93.93

Danse

Musique

« Kontakthof »

Dominik Coco au New Morning

LYON. La Maison de la danse de Lyon présente une nouvelle mouture de la pièce de Pina Bausch Kontakthof, créée en 1978 par sa compagnie. Depuis, elle a été reprise par des amateurs – des personnes âgées de plus de 65 ans –, et fait aujourd’hui l’objet d’une relecture par des adolescents également non professionnels. Maison de la danse, rue Mermoz, Lyon-8e. Tél. : 04-72-78-18-18. Du 15 au 17 janvier à 19 h 30. De 20 ¤ à 30 ¤.

Billetterie Fnac

Magasins Fnac 0 892 68 36 22 (0,34€TTC/mn)

PARIS. Dominik Coco, chef de file de la nouvelle scène musicale guadeloupéenne, se produira le 16 janvier sur la scène du New Morning. Son répertoire est varié, allant du zouk love à la « kako music ». Digne représentant du groove et du blues créole, il sera accompagné par des musiciens caribéens. Le New Morning, 7-9, rue des Petites-Ecuries, Paris-10e. Mo Château-d’Eau. Le 16 janvier à 20 heures. 25 ¤.


&vous

0123 Dimanche 11 - Lundi 12 janvier 2009

21 Joutes téléguidées pour cadres stressés En 2008, chez eux ou au bureau, ces messieurs ont beaucoup joué avec un petit hélicoptère téléguidé, histoire de décompresser. Ils ont aussi expérimenté les batailles à coups de chars miniatures. En 2009, les grands enfants devraient s’amuser avec un autre joujou télécommandé qui permet, cette fois, de se livrer à des minijoutes moyenâgeuses. Conçu par la société britannique Bluw, le gadget (une paire de chevaliers en plastique bleu et rouge montés sur leur destrier avec lance et armure) connaît déjà un succès considérable chez les cadres branchés et stressés de la City qui ont pris un coup au moral et au portefeuille avec la crise financière. Très prisé, notamment à l’heure de la pause déjeuner, cet « executive toy » est en vente sur une myriade de sites Internet. Compter environ 30 euros pour se le faire livrer en France avant que le gadget ne débarque dans les rayons des grandes enseignes de jouets. En attendant, il suffit de taper « Jousting Knights » sur YouTube.com, pour mesurer que le joujou possède déjà sa tribu et se préparer aux joutes entre collègues ou copains. a St. M. (PHOTO DR) www.bluw.co.uk ; www.youtube.com

Les Français restent d’irréductibles fumeurs

Reliée à Internet, la télévision prend sa revanche sur l’ordinateur La grand-messe de l’électronique, à Las Vegas, fait la part belle aux nouveaux écrans

U

n an après sa mise en œuvre, l’interdiction de fumer dans les lieux publics et de convivialité est entrée dans les mœurs. Les serveurs et les barmen respirent mieux mais les Français restent des irréductibles… fumeurs. Malgré le durcissement de la loi, le tabagisme actif s’élève toujours à 30 % de la population (un chiffre inchangé depuis quatre ans), quand la moyenne européenne s’établit à 28 %. « On a arrêté de se focaliser sur les fumeurs, pour se concentrer sur le tabagisme passif. Or ces campagnes n’ont eu aucun impact sur les fumeurs », estime le professeur Bertrand Dautzenberg, président de l’Office français de prévention du tabagisme (OFT). L’évolution du nombre de fumeurs a atteint un palier, reconnaît le directeur général de la santé, Didier Houssin : « On doit maintenant trouver de nouveaux moyens pour s’attaquer au cas des gros fumeurs, qui ont beaucoup de mal à arrêter. »

Hausse des prix En termes de santé publique, l’impact de l’interdiction de fumer reste encore à préciser. Un premier « coup de thermomètre », non renouvelé depuis, avait été réalisé en février 2008 et notait une baisse de 15 % des admissions aux urgences pour infarctus du myocarde et accidents vasculaires cérébraux. La ministre de la santé, Roselyne Bachelot, a annoncé, mercredi 7 janvier, le lancement d’une étude scientifique sous l’égide de l’Institut de veille sanitaire (InVS). « Les études réalisées dans les pays qui ont mis en place cette mesure avant nous (Italie, Ecosse, Irlande, Etats-Unis) nous incitent à être optimistes, indique Than Le Luong, directrice de l’Institut national de prévention et d’éducation sur la santé (Inpes). Le recul des infarctus du myocarde et des syndromes coronaires aigus s’élève à 11 % en moyenne. » Alors que l’OFT déplore la stagnation du nombre de cigarettes vendues (autour de 54 milliards par an depuis quatre ans), les buralistes soulignent que les ventes réalisées en 2008 (53,3 milliards) représentent une baisse d’un tiers comparées à celles réalisées en 2002 (80,5 milliards). Des chiffres qui ne prennent pas en compte les cigarettes achetées à l’étranger, pas plus que la contrebande et la contrefaçon. Finalement, seule la hausse des prix du tabac dans les années 2003-2004 a vraiment permis de diminuer la consommation. Les fumeurs semblent s’être habitués au tarif des cigarettes et ne plus faire attention aux messages de prévention inscrits sur les paquets. D’où le souhait de la ministre de la santé, Roselyne Bachelot, d’y apposer des images chocs « pour ne pas dire très dures » d’ici à la fin de l’année. a Elsa Marnette

Les enfants aimantés aux télésièges

L

Las Vegas Envoyé spécial

P

eu importe ce qui arrive avec l’économie, nos vies digitales vont devenir plus riches. » C’est avec un brin de méthode Coué que le patron de Microsoft, Steve Ballmer, s’est exprimé, cette semaine, au Consumer Electronic Show (CES), la grande manifestation annuelle de l’électronique grand public à Las Vegas. Bravant la crise mondiale, les géants du high-tech gardent le cap de la course à l’innovation. Il faut dire que les ventes devraient encore progresser en 2009 de 4,3 % dans le monde (contre 13,7 % en 2008), selon la Consumer Electronics Association, qui réunit les acteurs américains du secteur. Le CES est l’occasion de montrer des objets qui seront commercialisés dans un avenir plus ou moins lointain. Sony a ainsi dévoilé un écran ultra-fin et flexible qui utilise la technologie Oled (diode électroluminescente organique). Chez Toshiba, on a plongé dans un aquarium un téléphone portable étanche qui diffuse de la vidéo, tandis qu’à deux pas une jeune femme pilote à distance avec les mains un téléviseur sur lequel est placé un capteur de mouvement. Une technique qui est aussi développée par une filiale d’Orange. Il faudra attendre longtemps pour s’équiper d’une télévision en trois dimensions dont les constructeurs ont fait la démonstration. Après la haute définition, cette technique va changer la façon de regarder la télé. A condition que les constructeurs se mettent d’accord entre eux pour définir un standard commun. Car, pour le moment, Sony, Samsung, LG ou encore Panasonic ont développé chacun leur propre système. Celui de Panasonic est particulièrement impressionnant. Le groupe nippon a filmé la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Pékin. En la revoyant sur un écran plasma HD, chaussé de lunettes spéciales, le téléspectateur a l’impression d’être au milieu des centaines d’acteurs participant au spectacle. En attendant l’arrivée des télévisions 3D, les fabricants ne cessent de lancer de nouveaux modèles. La course au gigantisme et à la finesse des écrans marque le pas. Si les télévisions OLED développées par Sony et désormais LG ne font que quelques millimètres d’épaisseur, elles restent limitées à des tailles de seulement 21 pouces de diagonale et sont vendues à des prix très élevés, même si LG prévoit de commercialiser d’ici la fin de l’année un écran de 15 pouces à environ 1 500 euros. Du côté des téléviseurs LCD, les plus répandus, les

Aujourd’hui

Des spectateurs portent des lunettes spéciales pour regarder un match de football américain retransmis en direct en 3D, au Consumer Electronic Show. JAE C. HONG/AP

es enfants ne devraient plus tomber des télésièges ! Bien que rarissime, ce risque d’accident inquiète les parents des tout jeunes skieurs, et plus encore les moniteurs qui en ont la responsabilité. Pour éviter que les enfants ne tombent sur la piste en glissant sous le garde-corps, l’Ecole du ski français a participé à l’élaboration d’un dispositif de sécurité. Mis en place cet hiver sur six télésièges de Courchevel, La Tania et Méribel-Mottaret, le système Magnestick consiste en un dossard comportant une protection dorsale, doté d’une large pastille métallique. Celle-ci est rendue solidaire, dès l’embarquement, du dossier du télésiège par un puissant électro-aimant qui fonctionne avant même que le garde-corps soit baissé. En se relevant à l’arrivée, un dispositif déconnecte les électro-aimants et libère l’enfant. Les assureurs qui se sont associés à cette initiative reconnaissent que le risque de chute d’un télésiège est très faible : « Il s’agit surtout de lutter contre le sentiment d’insécurité qui peut empêcher des parents de mettre leurs enfants dans une école de ski. » Le système, d’un coût représentant environ 2 % du prix du télésiège, est désormais proposé à l’ensemble des stations. a C. de C.

Psychologie A la rencontre de l’Autre A l’occasion de l’exposition « 6 milliards d’Autres » qui se tient au Grand Palais, à Paris, du 10 janvier au 12 février, quatre rencontres sont prévues sur le thème de la relation à l’autre avec l’association GoodPlanet. Au programme de ces « Conversations essentielles » : l’authenticité, la transmission, la reconstruction et la maîtrise de son destin. www.conversationsessentielles.org

Le téléviseur géant (108 pouces) de Sharp. ETHAN MILLER/GETTY IMAGES/AFP

plus fins mesurent 2 centimètres d’épaisseur. Et ils reprennent même des formes, lorsque Sharp, le seul constructeur à le faire, y incorpore un lecteur de Blu-Ray. Mais les consommateurs européens devront attendre la seconde moitié de l’année pour pouvoir les acheter. « La frontière s’abolit » Les fabricants d’écrans multiplient les systèmes de traitement de l’image pour en améliorer la qualité. Il est parfois difficile d’y voir clair parmi ces différentes technologies. Panasonic prétend réinventer l’écran plasma avec des contrastes améliorés. Le taux de rafraîchissement de l’image – mesuré en hertz – est sans cesse plus élevé, jusqu’à 200 hertz

pour les modèles qui seront vendus en Europe. Résultat : les images en mouvement sont plus nettes. Cependant, la plus grande nouveauté en matière de télévision n’est pas très spectaculaire. La connexion du téléviseur à l’Internet se développe. Il ne s’agit pas de retrouver les sites Web tels que l’on peut les consulter sur son ordinateur, mais des Widget, des raccourcis formatés pour la télévision pour avoir accès à la météo, aux cours de la Bourse mais aussi les photos mises en ligne, tout en regardant ses programmes préférés. Le portail d’accès à Internet Yahoo! a signé des accords avec Samsung, Sony, LG Electronics ou encore Toshiba dans ce domai-

ne. Il sera aussi très prochainement possible de voir des programmes inédits ou des films à la demande via Internet. En France, Panasonic ou LG devraient s’entendre avec TF1 ou Canal+ pour donner accès à de nouveaux contenus. Avec le site de socialisation MySpace, les internautes pourront échanger leurs impressions sur une émission qu’ils sont en train de regarder. L’iPhone d’Apple avait fait tomber la frontière entre le PC et le téléphone portable. Reliée au Web, la télévision devient plus que jamais l’appareil central de la vie numérique, au détriment de l’ordinateur. « La frontière s’abolit entre la télévision et l’ordinateur », prédit Steve Ballmer. a Joël Morio

Prévention Les risques d’accidents de la vie quotidienne Une plate-forme de prévention des accidents de la vie courante (www.stopauxaccidentsquotidiens.fr) vient d’être lancée par la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), la direction générale de la santé, la commission de la sécurité des consommateurs, l’Institut national de la consommation (INC), l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes) et l’Institut de veille sanitaire (InVS). Chaque année, on dénombre 19 000 décès et 11 millions d’accidents, dont 4,5 millions qui ont nécessité un recours aux urgences.


Météo & Jeux

22 Dimanche 11 janvier Léger redoux 65 km/h

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LEVER: 08h41 COUCHER: 17h14

ST-PAULIN COEFF. DE MARÉE: 93

En France

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Amsterdam ensoleillé Athènes couvert Barcelone ensoleillé beau temps Belgrade beau temps Berlin nuages bas Berne beau temps Bruxelles Budapest beau temps Bucarest beau temps Copenhague ensoleillé Dublin faible pluie Edimbourg faible pluie Helsinki faible neige Istanbul éclaircies Kiev beau temps La Valette averses éparses Lisbonne beau temps Ljubljana beau temps Londres très nuageux Luxembourg beau temps Madrid beau temps Moscou faible neige Nicosie beau temps Oslo couvert Prague beau temps Reykjavik couvert

Tripoli Tripoli Jérusalem

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DANS LE MONDE

Alger éclaircies ensoleillé Amman beau temps Bangkok ensoleillé Beyrouth beau temps Brasilia Buenos Aires beau temps beau temps Dakar averses modérées Djakarta faible pluie Dubai Hongkong beau temps Jérusalem éclaircies averses éparses Kinshasa éclaircies Le Caire ensoleillé Mexico ensoleillé Montréal ensoleillé Nairobi

New Delhi ensoleillé New York neige Pékin beau temps Pretoria forte pluie éclaircies Rabat Rio de Janeiro éclaircies Séoul éclaircies Singapour éclaircies ensoleillé Sydney éclaircies Téhéran éclaircies Tokyo très nuageux Tunis Washington averses de neige Wellington ensoleillé

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OUTREMER Cayenne Fort-de-Fr. Nouméa Papeete Pte-à-Pitre St-Denis

averses modérées ensoleillé ensoleillé éclaircies éclaircies averses éparses

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Météorologue en direct au 0899 700 703 (1,34 € l’appel + 0,34 € la minute) 7 jours/7 de 6h30-18h

Jeudi

Nord-Ouest

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Ile-de-France

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DE. T TOUT LE MON N VA A E G IÈ S E TR CHOISISSEZ VO

Solution du no 009

SUDOKU Nº 010

Retrouvez nos grilles sur www.lemonde.fr 1

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I II III IV V VI VII VIII Le Loto

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Les résultats sont publiés dans cette page dans nos éditions datées dimanche-lundi, mardi, mercredi et vendredi

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Les jeux

HORIZONTALEMENT

VERTICALEMENT

I. Le plaisir est total quand elle est entière. II. Dépasse les mesures. Du sucre prêt à entrer en ébullition. III. Parlé chez les Afghans. Cours franco-belge. Note. IV. En Mésopotamie. Le mal des autres leur fait du bien. Possessif. V. Vous transforment en citron. Pions en jeu. VI. Prépare les sommets. Adoucit les peines et les coups. VII. Se prend à grands bols. Suisse amateur de chiffres. Métal. VIII. Fils d’Agrippine. Manière d’être. IX. Frappe de la pointe. Enfant d’Emile. X. Tout ce qui se passe au jour le jour.

1. Ne laissera personne indiffèrent. 2. Confusion générale. 3. Maître du Tonnerre. Dans son coin. 4. Donner des couleurs. Trois points. 5. Dans un spasme. Prend les mesures. 6. A mis de la farce dans son Dindon. Club de foot. 7. Lancé quand tout va mal. Fixe en tirant. 8. Bonnes prises. Sa prise crée des problèmes. 9. Jeu de balles. Cordage marin. 10. En Bourgogne. Plaisir du greffier. Couleur de robe. 11. Capitale au nord. En mer et dans les airs. 12. Un de nos ancêtres. Philippe Dupuis

Solution du n° 09 - 009 Horizontalement

Verticalement

I. Transparence. - II. Ravier. Il En. III. Otalgie. Ubac. - IV. Pur. Membre. - V. Prisée. Recrû. - VI. Leçon. Man. Or. - VII. Introït. Ma. VIII. Ipé. Sûrs. Tag. - IX. Noue. Suétone. - X. Sexothérapie.

1. Trop-pleins. - 2. Rature. Poe. 3. Avaricieux. - 4. Nil. Son. EO. 5. Segments. - 6. Priée. Rush. - 7. Em. Morue. - 8. Ri. Braiser. - 9. Elurent. Ta. - 10. Bec. Top. - 11. CEA. Romani. - 12. Encouragée.

Série [1 et 2/4]. Avec Patrick Chesnais (2008) 0 d. 22.10 SOS 18. Le Puits. Série (S3, 1/6). Avec Arnaud Bédouet d. 23.05 Météo, Soir 3. 23.40 Lindbergh, l’aigle solitaire d. 1.05 La Case de l’oncle Doc. Documentaire. Sandrine Dumarais (55 min) d.

CANAL +

Tous les jours Mots croisés et Sudoku Samedi daté dimanche-lundi Echecs

Dimanche 11 janvier à 18 h 10

Hervé Morin

Ministre français de la défense Xavier Lambrechts (TV5MONDE), Bruno Daroux (RFI) et Annick Cojean (Le Monde). Diffusion sur les sept chaînes TV5MONDE, en direct sur les antennes de RFI et en différé sur internationales.fr

et

avec

20.35 Un crime au paradis Film Jean Becker. Avec Jacques Villeret, Josiane Balasko, André Dussolier (Fr., 2001) d. 22.15 Au secours, j’ai 30 ans ! Film Marie-Anne Chazel. Avec Pierre Palmade, Nathalie Corré (France, 2009). 23.50 Journal, Météo (15 min).

FRANCE 3 20.35 Duel en ville. Série [3 et 4/4]. Avec Patrick Chesnais 0 d. 22.20 Météo, Soir 3. 22.55 Haute tension. Centre spécial pour filles rebelles Documentaire 0. 0.50 L’Image vagabonde a a Film Fritz Lang. Avec Mia May, Hans Marr, Rudolf Klein-Rogge (All., 1920, Muet, N., 95 min).

21.00 Football. Championnat de L 1 (20e journée). Multiplex. 23.00 Jour de foot. Magazine. 0.05 Hostel chapitre II a a Film Eli Roth. Avec Lauren German, Heather Matarazzo, Bijou Philips (EU, 2007, 95 min) 6 d.

CANAL + 21.00 Football. Bordeaux - Paris-SG Ligue 1 (20e journée). 23.00 L’Equipe du dimanche. Présenté par Nathalie Iannetta (60 min).

ARTE 19.00 et 20.55 La Rondine. Opéra de Puccini. Par le Metropolitan Opera Orchestra, dir. Marco Armiliato. 20.00 Arte info, Météo. 21.35 L’Aventure humaine. Akhetaton, 1350 avant J.-C. Documentaire d. 22.25 Metropolis. Magazine d. 23.10 Grand format (2009, 95 min).

ARTE 20.44 Thema - L’Horreur judiciaire. 20.45 Au nom du père a a Film Jim Sheridan. Avec Daniel Day-Lewis, Emma Thompson (GB - Irlande, 1993) d. 22.55 Erreurs fatales Documentaire. Katy Chevigny et Kristen Johnson (EU, 2004). 23.45 La Lucarne. Santiago Documentaire (2007, N., v.o., 20 min).

M6 20.45 Medium. Le Couguar. Série (S4, 11/16, inédit) 0. Mort d’un amoureux transi 0. Une simple intuition 2. Raison et sentiments (S3, 9-6/22 ; S2, 15/22) d. 23.45 Alias. Le Passager. Il dire. Série (S3, 17 et 18/22) 0. Avec Jennifer Garner (Etats-Unis, 90 min) d.

air france.fr

MOTS CROISÉSPROBLÈME Nº 09 - 010N° 09 - 010 MOTS CROISÉS

FRANCE 3

FRANCE 2

20.35 Duel en ville.

Fortes pluies en Afrique du Sud -4 9 7 -9 -6 -6 -7 -6 -8 -5 7 7 -4 -2 -16 10 1 -10 3 -8 -6 -14 7 2 -8 -8

Bons baisers de New York. Détour vers le futur. Série (saison 4, 3 et 4/21, inédit) 0 ; Un mort dans la foule (saison 2, 2/24) 0 d. 23.20 Dragon rouge Film Brett Ratner. Avec Anthony Hopkins, Edward Norton (Etats-Unis, 2002, 135 min) 6 d.

Beyrouth

Rabat

Riga Rome Sofia Stockholm Tallin Tirana Varsovie Vienne Vilnius Zagreb

des animateurs. Divertissement. 23.15 New York unité spéciale. Ne jamais oublier. La Vérité sous silence. Série (S9, 19/19, inédit ; S6, 5/23, 105 min) 2 d.

Divertissement. Invités : Serge Lama, Umberto Tozzi, Caroline Loeb, Raft, Michel Fugain... d. 22.55 On n’est pas couché. Invités : Harlem Désir, David Douillet, Mélanie Thierry, Gérard Lanvin, Pierre Perret... (180 min).

Athènes

Tunis Tunis

TF 1 20.50 Les Experts : Manhattan.

20.35 Les Années bonheur.

Istanbul

Dépression Front froid

-10 à -5° - 5 à 0°

5 102

TF 1

Dimanche 11 janvier

20.50 Le Grand Concours

FRANCE 2

Odessa

Bucarest

Sofia

Rome

Barcelone Barcelone

Alger

D

Front chaud

EN EUROPE

LEVER: 17h46 COUCHER: 09h04

5° 8°

Anticyclone

Le 11.01.2009

Ajaccio

Jours suivants

Sud-Est

5° 13°

Lundi

Dimanche, l’anticyclone se décalera très légèrement vers l’est du continent. Le temps restera toutefois sec et calme sur la plupart des régions. Des brouillards se formeront sur le flanc est, et tarderont localement à se dissiper, tout comme le long de la Garonne. Quelques voiles d’altitude circuleront sur le Nord-Ouest, voire sur le pourtour méditerranéen, avec du vent fort le long de la Manche. Le soleil brillera encore largement. Les gelées resteront très sévères à l’aube.

A

Kiev

Ankara Séville

0° 10°

20 km/h

Zagreb Belgrade

Madrid

Marseille

Perpignan

Températures à l’aube et l’après-midi

Région

A

A

Budapest

Berne

Lisbonne Lisbonne

Nice

H

1030

Munich Vienne

Paris

1030

5 102

Toulouse

Copenhague 1025

Milan

-6° 4°

-2° 6°

Biarritz

3° 15°

20 10

Moscou

Minsk Amsterdam Berlin Varsovie Prague Bruxelles

Londres

995

Grenoble

Bordeaux Bordeaux 20 km/h

Edimbourg Dublin

-13° -1°

-6° 7°

0° 7°

St-Pétersbourg

1015 Riga

-8° 3°

Lyon -6°

Samedi 10 janvier

Helsinki

Oslo 1005 Stockholm

Chamonix ClermontFerrand

Limoges 30 km/h

D

Besançon

-8° 1°

Nantes

-6° 7°

995

990

975

-9° -2°

-7° 4°

-4° 7°

-10°

Rennes

980

Metz

-11° 1°

PARIS Châlons1° -7° en-Champagne Strasbourg

-1° 5°

970

Reykjavik Reykjavik

-4° 4°

Rouen

Caen Brest

D

www.meteonews.fr

Amiens

0° 7°

70 km/h

11.01.2009 12h TU

-5° 1°

0123 Dimanche 11 - Lundi 12 janvier 2009

Les soirées télé

En Europe Lille Lille

Cherbourg

Ecrans

M6 20.45 Zone interdite. Racket à l’école et au travail : la loi du silence Magazine présenté par Claire Barsacq d. 22.40 Enquête exclusive. Macao : dans l’enfer du jeu Magazine 0. 0.00 100 % Foot. Magazine (65 min).

ÉCHECS N˚166 LA RELÈVE UKRAINIENNE A l’inverse du championnat de Russie, le championnat d’Ukraine se dispute traditionnellement sans les meilleurs joueurs, soit en l’absence de tous les membres de l’équipe nationale. A ce simple indice, on peut ainsi mesurer la différence de soutien dont bénéficient respectivement les fédérations ukrainienne et russe, cette dernière étant dirigée par un vicepremier ministre. L’Ukraine dispose néanmoins d’un formidable vivier de joueurs prometteurs. Le championnat national est donc l’occasion de voir ces jeunes talents à l’œuvre. La partie suivante oppose l’ancien prodige Anton Korobov à Ilya Nyzhnyk, âgé de 12 ans seulement et déjà détenteur d’une norme de grand maître. KorobovNyzhnyk, championnat d’Ukraine 2008 : 1. d4, d5 ; 2. c4, d×c4 ; 3. Cf3, Cf6 ; 4. e3, e6 ; 5. F×c4, c5 ; 6. 0-0, a6 ; 7. Fb3 (avec 3. e4, cette ligne est actuellement considérée comme la plus dangereuse contre le gambit dame accepté), Cc6 ; 8. Cc3, c×d4 ; 9. e×d4, Fe7 ; 10. Fg5, 0-0 ; 11. Dd2 (une conception introduite par Kramnik lors d’une victoire mémorable contre Anand en 2001), Ca5 ; 12. Fc2, b5 ; 13. Df4!, Fb7 ; 14. Dh4, g6 ; 15. d5! (un excellent sacrifice de pion, permettant l’ouverture d’une des colonnes centrales

« d » ou « e »), F×d5 (la pression aurait été insoutenable après 15. …, e×d5 ; 16. Tfe1) ; 16. Tad1, Cc6 ; 17. Tfe1, Te8 ; 18. Fb3, Rg7? (une erreur déjà fatale) ; 19. F×d5, C×d5 ; 20. Dh6+, Rg8 ; 21. F×e7, T×e7 ; 22. Cg5!, f6 ; 23. C×e6, Dd6 ; 24. C×d5, T×e6 ; 25. C×f6+ abandon. A noter que 25. T×e6?, D×e6 ; 26. Cc7 se heurtait à 26. …, De2. Problème n˚166 : RodshteinCaspi, championnat d’Israël 2008. Les Blancs jouent et gagnent**. Les Noirs sont en mauvaise posture, mais voyez-vous le chemin le plus rapide vers la victoire ? 8 7 6 5 4 3 2 1 a b c d e f g h Solution du problème n˚165 : 1. F×a6! (l’immédiat 1. Fh5+ ne donne rien après 1. …, g6), T×a6 ; 2. Dh5+, Rg8 ; 3. D×e8+, Cf8 ; 4. Fg5!, Ff6 ; 5. F×f6, g×f6 ; 6. T×f6, Dg7 ; 7. Taf1, et les Noirs abandonnèrent. Joël Lautier

EUROMILLION Résultats du tirage du vendredi 9 janvier. 7, 15, 22, 28, 48, 1 e et 4 e Rapports : 5 numéros et e e : 57 199 762,00 ¤; 5 numéros et e : 298 391,20 ¤; 5 numéros : 78 630,10 ¤ ; 4 numéros et e e : 4 914,30 ¤ ; 4 numéros et e : 218,50 ¤ ; 4 numéros : 92,30 ¤ ; 3 numéros et e e : 85,80 ¤ ; 3 numéros et e : 26,10 ¤ ; 2 numéros et e e : 27,10 ¤ ; 3 numéros : 14,10 ¤ ; 1 numéro et e e : 11,90 ¤ ; 2 numéros et e : 8,90 ¤.


Carnet

0123 Dimanche 11 - Lundi 12 janvier 2009

Nous avons l’immense tristesse de faire part du décès de

0123

cette semaine

---------------------------------------------------

AMIENS

2 pages spéciales, Le mardi 6 janvier daté 7 janvier 2009

Le Carnet Faites part de vos événements par téléphone : 01 57 28 28 28 par e-mail : carnet@mondepub.fr par fax : 01 57 28 21 36

Tarifs 2009 (prix à la ligne) Naissances, Anniversaires de naissance, Mariages, Fiançailles… : 18 g TTC Décès, remerciements, Avis de messe, Anniversaires de décès, Souvenirs : 24 g TTC

Enquête

Sommes-nous trop nombreux ?

Portrait

Thèses : 15 g TTC Réduction abonnés Un justificatif d’identité sera demandé.

AU CARNET DU «MONDE»

Nathalie Kosciusko-Morizet, la ministre qui monte

Archives

Lincoln : le président de l’union

Naissances Bruno DUVAL LEMONNIER et Anne Le MOUEL ont la joie d’annoncer la naissance, le 30 décembre 2008, de leur fils,

collections ------------------------------------------------------

Matthieu.

me

M. et M Alain-Serge MESCHERIAKOFF ont la joie de faire part de la naissance de

sœur de Domitille, Eugénie, Guilhem,

chez Cyril MESCHERIAKOFF et Carine, née MERMILLOD-BLARDET.

Anniversaires de naissance Les Chouans, Une passion dans le désert

Papa, Papy, Jean-Pierre,

dès le jeudi 8 janvier ---------------------------------

nous t’aimons et te souhaitons un joyeux anniversaire. 69, âge érotique !

Fiancailles

L'anthologie du design en 20 volumes

Perrine van de VELDE a la joie d’annoncer les fiançailles de sa petite-fille

Pauline van de VELDE avec

Pacs L’histoire de 999 objets cultes qui ont changé votre quotidien avec Le Monde 2 du 9 janvier ---------------------------------

Marie-Ange et Dominique ROBERT-CASANOVA ont la joie d’annoncer le pacs de leur fille

Anna

N° 9 Gilda avec « Le Monde TELEVISIONS » daté 11-12 janvier

Nos services ------------------------------------------------Lecteurs

Michel et Eve Berthod, Laurent et Catherine Berthod, Marie-Christine et André Chambon, Anne et Pierre Chatauret, ses enfants, Saskia Berthod et David Quesemand, Nicolas Berthod, Marjolaine Berthod et Thierry N’Guyen, Mathurin Berthod, Fabrice Chambon et Anne Delbende, Raphaël Chambon, Marine Chatauret, Coralie Chatauret, ses petits-enfants, Simon, Maïa, Théotim, Eliott, ses arrière-petits-enfants, Les familles Berthod, Jouffrault, Zaborowski, Gouge, Sandoz, ont la tristesse d’annoncer le décès, le 8 janvier 2009, dans sa quatre-vingthuitième année, de

• Abonnements Tél. : 0-825-000-778 (0,15 € TTC/min) www.lemonde.fr/abojournal

• L’actualité dans votre magasin

Hélène BERTHOD, née ZABOROWSKA, docteur ès sciences physiques. La levée du corps aura lieu à son domicile, le 14 janvier, à 8 h 30, suivie de l’inhumation à 14 h 30, au cimetière de Cernans (Jura), où elle reposera aux côtés de son mari

www.lemonde.fr/kiosque

• Boutique du Monde 80, bd Auguste-Blanqui, 75013 Paris M° Glacière ou Corvisart Tél. : 01-57-28-29-85 www.lemonde.fr/boutique

Henri BERTHOD, décédé le 22 décembre 2006. 15, rue Madame, 75006 Paris.

Tél. : 01-57-28-28-28

• Service des ventes Tél. : 0-805-05-01-46

M Hermione Brayer, M. et Mme Jean-Paul Schroeder, ses grands-parents,

ont la douleur de faire part du décès accidentel de

Victor BRAYER,

L’inhumation aura lieu au cimetière des Baux-de-Provence (Bouches-du-Rhône).

Paris. Étaples (Pas-de-Calais). La Talaudière. Usson-en-Forez (Loire). Ses enfants, Ses petits-enfants, Ses arrière-petits-enfants, ont la douleur de faire part du décès de

Raymonde CARALP-LANDON,

professeur des Universités, chevalier de la Légion d’honneur, commandeur des Palmes académiques, survenu dans sa quatre-vingt-dixième année. Elle s’est éteinte paisiblement à son domicile entourée de l’affection des siens.

Pierre CARALP, ingénieur civil des Mines. Les obsèques ont eu lieu dans l’intimité familiale. 83, boulevard Saint-Michel, 75005 Paris.

M. Jacques CLAVIER,

ingénieur général de l’Armement (cr), X 53-ingénieur Supaéro et Supélec,

Une messe sera dite à son intention, le dimanche 18 janvier 2009, à 9 heures, en l’église Saint-Martin de Cormeilles-enParisis.

En union avec Michèle (†), son épouse. Les obsèques ont eu lieu dans l’intimité. 8, rue Charles Marie Widor, 75016 Paris. Jacques Delaborde, Geneviève et Hans-Josef Terhardt et leurs enfants, Chantal et Bruno Hourcade, Anne (Yves †) le Blanc et leurs enfants, Brigitte Delaborde et son fils, Marie Sargueil-Delaborde, sa fille, Anne-Marie Sargueil, Ses proches et ses amis, ont la grande tristesse de faire part du décès de

Michel DELABORDE, à l’âge de soixante-treize ans.

L’inhumation aura lieu le lendemain, dans l’intimité, à Bonlieu (Jura). 13, rue Cels, 75014 Paris. 5, rue de Messine, 75008 Paris.

Avis de messe

Yvonne Terrel, son épouse, Marie-Pascale et Gilles Malaterre, Françoise et Frédéric Salmon, Marilie Ménager et Philippe Rabusseau, Philippe et Isabelle Terrel, ses enfants, Pauline, Adeline, Martin, Charlotte et Cédric, Lucie et Xavier, Camille, Cécile et Nicolas, Antoine, Florent, ses petits-enfants et leurs conjoints, Lola, Valentin, Margot, Raphaëlle, ses arrière-petits-enfants, Le père Paul Terrel, son frère, Ses beaux-frères et belles-sœurs, Les familles Terrel, Loron, Grandjean, ont la tristesse de faire part du rappel à Dieu de

Jacques TERREL, le 9 janvier 2009, à l’âge de quatre-vingt-six ans. La cérémonie religieuse aura lieu en l’église Saint-Pierre - Saint-Paul, de La Celle-Saint-Cloud, le mercredi 14 janvier, à 16 h 15, et l’inhumation au cimetière de Juliénas (Rhône), le jeudi 15 janvier, à 14 heures. Cet avis tient lieu de faire-part. 3, les Milans, Domaine Saint-François d’Assise, 78170 La Celle-Saint-Cloud. Le personnel, La direction de BERIM Et ses filiales,

Mme Catherine TREMAUVILLE,

décédée le 4 janvier 2009, compagne de M. Jacques TRICOT, ancien président directeur général de la société BERIM. berim.dg@berim.fr

Remerciements Neuilly. Nantes. Périgueux. Mlle Anne-Marie Boirac, sa sœur, M. et Mme François Boirac, son frère et sa belle-sœur, M. Xavier Boirac, son neveu, Mlle Anne-Sophie Boirac, sa nièce, Les familles Boirac, Fossey et Pagès, Parents, alliés et amis, très touchés par les nombreuses marques de sympathie et d’amitié que vous leur avez témoignées lors du décès de

M. Jean, Michel BOIRAC,

Samedi 10 janvier 2009, Jésus au regard du judaïsme par Hervé Élie Bokobza, chercheur conférencier sur le judaïsme Samedi 24 janvier, Jésus au regard de l’islam par père Henri de La Hougue, islamologue, sulpicien, ISTR Samedi 7 février, Jésus au regard de l’hindouïsme par Catherine Clémentin Ojha, indianiste, EHESS Samedi 14 mars, Jésus au regard du bouddhisme par Dom Pierre Massein, spécialiste du bouddhisme, abbé de Saint-Wandrille

Une messe sera célébrée à l’intention

Samedi 4 avril, Jésus au regard du christianisme par frère Thierry-Marie Courau, dominicain, directeur de l’ISTR

de

Michel ROYER, décédé le 19 décembre 2008 et inhumé au Barroux (Vaucluse), en l’église Saint-Antoine du Chesnay (Yvelines), le 16 janvier 2009, à 16 heures.

www.icp.fr/istr Institut de Science et de Théologie des Religions - ISTR Faculté de Théologie de l’Institut catholique de Paris 21, rue d’Assas, Paris 6e Tél. : 01 44 39 84 80 - istr@icp.fr

Anne-Marie Royer, La Tulière, 84330 Saint-Hippolyte-le-Graveyron.

94, rue Jean Mermoz, 78600 Maisons-Lafitte. www.pfg.fr Rubrique l’Espace Condoléances envoi de message.

conservateur en chef, ancienne directrice de la bibliothèque d’Institut d’arts et d’archéologie de Paris,

Marc BLOCH, a la tristesse de faire part du décès, survenu le 7 janvier 2009, à son domicile de SaintLubin de la Haye (Eure-et-Loir), à l’âge de quatre-vingt-sept ans.

Les obsèques ont eu lieu dans l’intimité familiale à Thônes (Haute-Savoie).

De la part de Anne et Michel, François, Paul et Véronique, Georges et Véronique, ses enfants, Ses petits-enfants, Michel et Marie-Noëlle, son frère et sa belle-sœur Et toute la famille,

Hélène Douine-Veil, sa sœur d’Avignon.

ont le chagrin de faire part du décès de

s’associent à la douleur de la famille de

Etienne BLOCH, fils de

François Sauvageot, 89270 Avigny.

s’est éteint le 5 janvier 2009, à l’hôpital militaire du Val-de-Grâce.

La cérémonie religieuse aura lieu le jeudi 15 janvier 2009, en l’église Saint Saturnin, à Nogent (Val-de-Marne), 132, Grande rue Charles de Gaulle.

La famille de

• Le Carnet du Monde

Professionnels

me

licencié-es-lettres, bibliothécaire diplômé, co-fondateur avec Roland Barthes, en 1936, du Groupe Théâtral Antique de la Sorbonne, sous-lieutenant FFI, né à Paris le 14 juillet 1917, abattu à la mitraillette sous le nom de Gustave NUTTE, par la Gestapo de Marseille dans la nuit du 10 au 11 janvier 1944, mort pour la France, chevalier de la Légion d’honneur à titre posthume.

à Fréjus, le 8 janvier 2009.

survenu accidentellement le 29 décembre 2008, à l’âge de quatre-vingt-huit ans.

les samedis de 10 heures à 12 heures

Jacques Jules Gustave VEIL,

« Bing »,

La cérémonie aura lieu au crématorium du Père-Lachaise, le mercredi 14 janvier 2009, à 14 heures.

le regard de cinq grandes religions

In memoriam.

Germaine, Jacqueline DAUDE,

Michèle Salon, son épouse, Madeleine Salon, sa fille et Roland Montanari, Georges Salon, son fils, Céline, Lucie et Juliette, ses petites-filles Et toute sa famille,

Qui est Jésus ?

Souvenir

a la douleur de faire part du décès de

André SALON,

Emilie OLIVER,

Décès

François Sauvageot

Notre amour infini ne se tarira jamais.

et de

le vendredi 9 janvier 2009, à la mairie du 13e arrondissement de Paris.

DVD série 13

Roselyne, sa mère, Thomas, son fils, Lola, sa fille, et leur mère Rosine, Simon, son petit-fils, Catherine, sa sœur, Guillaume, son neveu, Elisabeth, sa compagne et leur fils William.

Elle a rejoint son époux bien aimé,

Cyrille BARREAU.

VOLUME 13• 601-650

survenu le 6 janvier 2009, à Paris, à l’âge de cinquante-cinq ans.

Une cérémonie religieuse rassemblera sa famille et ses amis en l’église SaintSulpice (Paris 6e), le samedi 17 janvier, à 11 heures.

le 26 décembre 2008,

DU DESIGN

architecte DPLG, enseignant à l’ENSA Paris Val-de-Seine,

dans sa vingt-et-unième année.

Philippine,

TOME 18 BALZAC

Franck BOLZE,

Olivier et Corinne Brayer, ses parents, Camille et Céline, ses sœurs,

Lyon. Paris.

Les

23

Conférences

Ouverture du cycle sur le développement durable Conférence de Jean-Marc Jancovici, spécialiste de l’énergie et du climat Présenté par Frédéric Denhez Lundi 12 janvier 2009, à 18 h 30 Bibliothèque nationale de France site François Mitterrand, quai François Mauriac, Paris 13e auditorium, hall Est - entrée libre. A la Sorbonne : « La finance est-elle en train de tuer le capitalisme ? » Quatrième conférence des « Lundis de l’ Économie » lundi 12 janvier, à 20 h 15, avec Nicolas Véron (Centre de réflexion européen Bruegel) et Philippe Trainar (économiste en chef du Groupe de réassurance SCOR). amphithéâtre Richelieu, entrée libre par le 17, rue de la Sorbonne, Paris 5e. Alain Vernholes : 01 34 51 83 71 ou lundi.ajef@yahoo.fr

Bain de culture à Châtenay-Malabry. Le samedi 17 janvier 2009, première rencontre Futurbulences au Théâtre La Piscine. Le groupe de réflexion Prospectives Futurbulences organise au Théâtre La Piscine (Châtenay-Malabry) sa première université d’hiver. Débats d’idées, interventions artistiques, spectacle et concert de jazz rythmeront une journée exceptionelle. Ouvert à tous. Inscriptions au 01 46 66 02 74. Théâtre La Piscine, 254 avenue de la Division Leclrec, 92290 Châtenay-Malabry, www.theatrefirmingemier-lapiscine.fr

Université populaire du quai Branly, à Paris, saison 2008-2009. Prochains rendez-vous du théâtre Claude Lévi-Strauss

Communications diverses L’Association des anciens élèves du lycée d’État de Pontoise prépare la journée du cinquantenaire du lycée, le samedi 21 mars 2009. Anciens élèves et anciens professeurs inscrivez-vous : assofetelycee@orange.fr ou écrire : association anciens élèves, 81, route de Gisors, 95300 Pontoise.

Cycle : Histoire mondiale de la colonisation, Pondichéry, une fenêtre sur le monde, Jacques Weber, le 13 janvier 2009, à 18 h 30 Cycle : Grands témoins Henri Cueco, le samedi 17 janvier 2009, à 14 h 30

Rencontres philosophiques Descartes-Diderot. Le groupe de philosophie, épistémologie GEPECS de l’université Paris-Descartes (docteur Yves Charles Zarka) et l’Institut de la pensée contemporaine de l’université Paris-Diderot (docteur François Jullien), vous convient à la première d’une série de six conférences :

Cycle : Est-ce ainsi que les hommes vivent ? Part maudite / part obscure de la société, Elisabeth Roudinesco, le jeudi 22 jnavier 2009, à 18 h 30

Axel Khan « Liberté, liberté chérie », suivie d’un débat, avec la participation notamment de Robert Damien, François Jullien, Jacques de Saint-Victor, Bernard Valade, Yves Charles Zarka, le mardi 13 janvier 2009, de 18 h 30 à 20 h 30, Sorbonne, amphitheâtre Durkheim, 1, rue Victor Cousin, 75005 Paris.

Cycle : Histoire mondiale de la colonisation La fabrique de la nation indienne, Christophe Jaffrelot, le mardi 27 janvier 2009, à 18 h 30 Cycle : Rencontres avec un artiste Maria de Medeiros, le samedi 29 janvier 2009, à 18 h 30. Entrée libre dans la limite des places disponibles www.quaibranly.fr

LE MONDE 60 NOS POUR 36 € AU LIEU DE 90 €*  Bulletin d’abonnement

A retourner dans une enveloppe affranchie, accompagné de votre règlement à : Le Monde - Service Abonnements - B 1200 - 60732 Sainte-Geneviève Cedex – Tél. : 0 825 000 778 (0,15 € TTC/min) (01)

bénéficier de cette offre spéciale. Merci de m’adresser Le Monde chez moi pendant  OUI, je10souhaite semaines (soit 60 numéros et tous leurs suppléments), plus, chaque week-end, le magazine

Le Monde 2. Je paie 36 € seulement au lieu de 90 € (prix de vente au numéro). Je réalise une économie de 54 €. J’ai bien noté qu’ensuite je n’aurai aucune obligation d’aucune sorte. 82BMQNL N335

Nom : __________________________________________ Prénom : ____________________________________ Adresse : ____________________________________________________________________________________ __________________________________________________________________________________________ Code postal : ___________________________ Ville : _______________________________________________

tiennent à exprimer leurs sincères remerciements.

Anniversaires de décès Il y a seize ans,

Xavier CORMENIER nous quittait. Avec celui que nous aimons nous avons cessé de parler et ce n’est pas le silence. Gérard Lavergne.

Tél. : ________________________________ E-mail : _______________________________________________

MODE DE PAIEMENT

 Chèque bancaire ou postal de 36 € (à l’ordre de la Société éditrice du Monde)  Carte bancaire :  Visa  Mastercard  American Express N°

Expire fin

Je note les 3 derniers chiffres du numéro figurant au dos de ma carte, près de la signature :

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Dimanche 11 - Lundi 12 janvier 2009

Bonne année quand même ! Economie Pierre-Antoine Delhommais

O

n serait encore plus soulagés d’en avoir fini avec 2008, d’avoir tourné la page de cette annus horribilis « financiaribus » si on n’éprouvait pas une légère inquiétude à l’idée que 2009 se révèle nettement pire. Car, après tout, et même s’il faut se pincer pour s’en convaincre, l’année qui vient de s’achever n’a pas été un si mauvais cru pour l’économie mondiale. Son taux de croissance a atteint 2,5 %, ce qui est certes bien moins élevé que les deux années précédentes (3,7 % en 2007 et 4 % en 2006), mais ce qui reste un score honorable. Obtenu pour l’essentiel grâce aux performances de la Chine, de l’Inde, de la Russie et du Brésil, dont les économies ont tourné à plein régime. C’est seu-

lement en toute fin d’année que la crise financière a commencé à provoquer un peu partout ses ravages dans l’« économie réelle ». En clair, on, c’est-à-dire le citoyen ordinaire, n’a encore rien vu. L’avantage de 2009 sur 2008, c’est que, au moins, la crise se déplace en terrain connu. Celui de l’économie et non plus celui de la finance. Celle des carnets de commandes, des exportations, des licenciements et des investissements et non plus celle des dérivés de crédit, des produits structurés et des taux interbancaires. Car il faut bien l’avouer, on n’est pas certain d’avoir parfaitement compris tout ce qui s’est passé à l’automne. Pourquoi la finance américaine a-t-elle soudainement implosé alors que la tempête des subprimes, de l’avis de la majorité des spécialistes, semblait baisser d’intensité ?

Billet

UN

Robert Solé

Bonnes résolutions ADOPTÉE vendredi, la résolution 1860 du Conseil de sécurité de l’ONU appelait à « un cessez-le-feu immédiat, durable et pleinement respecté, menant au retrait complet des forces israéliennes de Gaza ». Israël l’a rejetée, la déclarant inapplicable et inefficace, tandis que le Hamas l’a ignorée, la jugeant injuste et discriminatoire. Les bombardements ont donc continué de plus belle. Les diplomates sont épuisés. Pour faire adopter ce genre de texte, il faut des tractations infinies. Chaque mot est pesé, chaque virgule négociée. On se trouve bombardé jour et nuit de faux espoirs et de mille hypocrisies. Mais le vote finit par vous consoler de toutes ces fatigues. « Résolution » est un mot féminin, exprimant la volonté, la détermination (encore des féminins), mais avec un côté viril, presque martial : le Conseil de sécurité a tranché, ce-sera-comme-çaet-pas-autrement ! Qui dit résolution dit résoudre, découvrir la solution. L’ONU n’en finit pas de solutionner le conflit israélo-arabe. Ses bonnes résolutions remplissent des armoires. La 1860 a été votée. Vivement la 1861 ! a IL Y A 50 ANS DANS « LE MONDE »

« Cinq colonnes à la une » LES TÉLÉSPECTATEURS sont comme ces malades dont un régime trop austère rétrécit peu à peu l’estomac : le menu plantureux préparé par Pierre Lazareff, Pierre Desgraupes et Pierre Dumayet, coauteurs de « Cinq colonnes à la une », était peut-être trop riche par rapport à celui que nous sert habituellement la télévision pour que nous l’absorbions sans malaise. Il ne faudrait pas en conclure trop rapidement que nous préférons nos choux maigres quotidiens à ceux-ci, un peu trop gras. Nous ne demandons qu’à prendre de nouvelles habitudes. Souhaitons seulement que l’entreprenante équipe qui a rassemblé pour ce premier numéro deux heures de reportages, d’interviews, de confidences et d’histoires diverses, dont je renonce à faire même une simple énumération, soit capable de renouveler

chaque mois un pareil effort, et que la télévision puisse toujours mettre à la disposition d’une telle émission les mêmes moyens techniques. Deux dangers cependant la menacent, que ce premier numéro n’a pas toujours réussi à éviter : vider de leur substance des émissions qui ont trouvé par ailleurs leur équilibre, comme « Cinépanorama » ou « Voyons un peu », et ne pas savoir sacrifier impitoyablement certains documents qui ont peut-être coûté cher en temps et en peine, mais se sont révélés décevants, trop longs, voire inutiles. Ce sont là pourtant des fautes vénielles : « Cinq colonnes à la une » n’a sans doute pas trouvé du premier coup son équilibre et son rythme, mais cette émission choc représente sans doute la télévision de demain. a J. Arbois

(11-12 janvier 1959.)

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la catastrophe actuelle, il faudrait en théorie que les Américains épargnent davantage et que les Chinois consomment plus. Mais ce monde idéal peut attendre. L’urgence, c’est au contraire que les Américains recommencent au plus vite à consommer, à dépenser sans compter, quitte à s’endetter jusqu’au cou, quitte à réinventer les subprimes, pour permettre aux Chinois de fabriquer, de faire tourner leurs usines et d’éviter le chaos politique et social. Comme dirait le poète, tout le reste est littérature économique. La grande reconstruction de l’économie mondiale, sur des fondations assainies, ce sera pour plus tard. Il faut d’abord empêcher les derniers murs de s’effondrer. Pour que les Américains retrouvent le goût de consommer, les prix de l’immobilier doivent cesser de baisser. C’est de là que le mal est venu, c’est de là que viendra la guérison. Pour savoir ce que réserve vraiment l’année économique 2009 – sera-t-elle simplement exécrable ou totalement apocalyptique ? –, mieux vaudra

Comment la faillite de Lehman Brothers a-t-elle pu immédiatement paralyser le système bancaire mondial ? Comment, enfin, la crise du crédit a-t-elle pu se propager de façon aussi fulgurante à l’industrie automobile ? Tout cela reste entouré de mystère, qu’il faudra peut-être plusieurs décennies de travaux universitaires pour réussir à percer. Et ce n’est même pas sûr. Car, comme le remarque l’économiste britannique Robert Skidelsky, seul Dieu serait en mesure de comprendre la crise financière, car « seul Dieu est parfaitement informé. Mais il ne spécule pas en Bourse ». Puisque l’entendement humain a été mis en échec en 2008, il va essayer de se rattraper en 2009. En commençant par se trouver quelques repères qui lui permettront de suivre la course de l’économie mondiale et de ne pas trop s’égarer. Reste à savoir lesquels. L’amour propre européen dût-il en souffrir, ce n’est pas sur le Vieux Continent que la partie économique va se jouer. Bien sûr, il faudra regarder comment les Mercedes se vendent, et si les Français continuent à oublier leurs soucis en faisant du shopping. Il faudra aussi guetter d’éventuelles catastrophes, comme celle qui verrait le Royaume-Uni demander l’assistance du FMI ou l’Italie et la Grèce faire défaut sur leur dette. Mais tout cela ne changera pas, au fond, grand-chose. C’est en « Américhine » que le sort de l’économie mondiale va se décider. Les experts sont unanimes : pour mettre fin aux grands déséquilibres ayant conduit à

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L’avantage de 2009 sur 2008, c’est que, au moins, la crise se déplace en terrain connu. Celui de l’économie et non plus celui de la finance

donc suivre l’évolution du prix des maisons dans le Wyoming que décortiquer les grands indicateurs macroéconomiques traditionnels. Ce sera à la fois plus dépaysant et plus simple. Autre indicateur à surveiller de très près : la participation de la banque centrale de Chine aux adjudications de bons du Trésor américains. Avec un stock supérieur à 600 milliards de dollars, Pékin est le premier créancier des Etats-Unis. Une moindre demande chinoise pour les US T-Bonds aurait des conséquences catastrophiques : flambée des taux d’intérêt à long terme aux Etats-Unis avec pour effet presque garanti de transformer la récession en dépression, risque de défaut de paiement sur sa dette de la première puissance économique mondiale. C’est, enfin, en Américhine qu’il faudra observer si la crise économique et financière dégénère ou non en crise sociale. Dix millions d’ouvriers migrants chinois auraient perdu leur emploi au cours du deuxième semestre de 2008, selon Outlook Magazine, un hebdomadaire publié par l’agence officielle Chine Nouvelle, a priori peu suspect de noircir le tableau. Outlook évoque la menace d’une multiplication des quntixing shijan, des incidents de masse. Les Etats-Unis n’en sont pas à l’abri. Des économistes prévoient que le taux de chômage des jeunes Noirs y monte, en cas de récession très sévère, jusqu’à 80 %. De quoi provoquer dans les banlieues des grandes villes américaines de sérieux quntixing shijan. Au fait, bonne année quand même. a

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123 Nos abonnés et PAD trouveront avec ce numéro le cahier « TéléVisions ». a Tirage du Monde daté samedi 10 janvier : 398 817 exemplaires.

100 pages - 7,50 € CHEZ VOTRE MARCHAND DE JOURNAUX

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