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automne 2016 | cultiver la foi en famille

L’éternIté Semez aujourd’hui l’espérance d’un monde meilleur votre mariage nourrit-il l’espoir ?

peut-on être chrétien et écolo ?

les villes ont besoin de votre famille


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Vivre d’espérance à l’exemple du Maïtre « Gardons les yeux fixés sur Jésus, qui nous a ouvert le chemin de la foi et qui la porte à la perfection. Parce qu'il avait en vue la joie qui lui était réservée, il a enduré la mort sur la croix, en méprisant la honte attachée à un tel supplice, et désormais il siège à la droite du trône de Dieu. » Hébreux 12.2

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Il peut être tentant de fixer ses yeux sur le passé. Personnellement, au lieu de considérer une circonstance qui se dresse devant moi avec l’attente enthousiaste d’un déroulement heureux, j’ai plutôt tendance à être nostalgique par rapport à la façon dont les choses étaient auparavant. Et si je ne fais pas attention, le découragement s’empare facilement de mon âme, et très vite, je me retrouve isolé au centre d’un épais brouillard dans mes émotions et mes pensées. Dieu soit loué, je ne voyage pas seul sur ce trajet de vie. Les membres de mon équipage, en particulier ma copilote qui est aussi mon épouse, ne tardent pas à me faire sortir de mon état nostalgique et me mettent au jour de ma situation. Leurs exhortations me sont tellement familières, que je me réveille très rapidement et me remets aussitôt sur la bonne trajectoire. Le brouillard ne se dissipe pas automatiquement et les circonstances difficiles ne sont pas immédiatement transformées. C’est ma perspective qui change et avec elle, tout ce qui est devant moi. Le texte que je m’efforce d’écrire présentement est un exemple tangible de ce processus. Il y a de cela près de deux mois, j’ai écrit un texte qui devait servir d’éditorial dans le magazine que vous tenez entre les mains. Suite à trois ou quatre brouillons jetés à la poubelle et des heures de travail, j’avais finalement réussi à pondre quelque chose que je considérais pertinent et susceptible d’encourager nos lecteurs. Et voilà que quelques jours plus tard, nos serveurs informatiques ont été engloutis dans un trou noir digital qui a avalé tout rond mon éditorial, ainsi que trois autres textes que je venais de terminer, et une bonne part de notre contenu pour ce magazine ! Je dois vous avouer que pendant quelques jours, je ne pouvais pas relever la tête. C’est difficile de communiquer le sentiment qu’un auteur éprouve à l’égard de ses écrits. C’est un travail de cœur et d’âme, dont la valeur ne se calcule pas de manière objective. Mais ma perspective est un choix qui m’appartient, me rappelle-t-on pour la énième fois. Je peux me morfondre sur le sort de mes articles chéris ou je peux saisir l’occasion de creuser encore plus profondément à l’intérieur de ma dépendance à Dieu et de ma vulnérabilité personnelle et voir ce qui en sera le résultat. Qui nous sommes, et ce qui nous arrive, ce n’est pas une réalité fixe si nous relâchons notre vie et notre avenir à Dieu, qui

œuvre constamment à rendre toutes choses nouvelles. Ce qui est vrai pour moi à un niveau personnel l’est aussi pour tout individu, peu importe ce qui peut se présenter à nous. Nous pouvons faire le choix de l’espérance au lieu du désespoir et de l’enthousiasme au lieu de la nostalgie face à nos circonstances personnelles, mais également face aux questions les plus fondamentales de l’existence. C’est tout particulièrement vrai en ce qui concerne nos croyances chrétiennes. L’avenir peut nous sembler bien noir en vue de toutes les tragédies qui se passent dans le monde. Les fondations morales de tant de gens semblent s’effriter sans que nous ne sachions comment y remédier. Nous pouvons regarder vers un passé qui nous semblait plus bienveillant à l’égard de la foi et des mœurs qui nous sont chères et soupirer nostalgiquement après ce temps perdu. Nous pouvons nous dire que le monde est sur une trajectoire de destruction sans remède. Ou nous pouvons lever les yeux, comme Jésus l’a fait, et croire que le royaume dont Il est Roi et Instigateur sera aussi porté à la perfection par Lui, quels que soient les supplices qui puissent avoir lieu entre les deux. La Bible est remplie d’espérance ! Lisez Romains 5.1-11 ou Romains 8 du début à la fin. Vous verrez que c’est l’espérance qui nourrit notre vie chrétienne dans le présent, et cela en vue d’un futur où Dieu sera enfin tout en tous (1 Corinthiens 15.28). L’espérance n’est pas un sentiment ou une belle pensée positive. Se munir d’une perspective d’espérance quant à l’avenir du monde, c’est une déclaration de guerre à la mort, à l’injustice, au mensonge, à tout ce qui déshumanise les gens et détruit notre planète. C’est se mettre d’accord avec ce que Dieu dit de ses projets pour l’avenir. C’est déclarer que Jésus n’a pas persévéré à travers la honte et la souffrance de la croix pour rien. C’est affirmer par l’exemple de nos vies que ce monde Lui appartient, et que ce qu’Il a commencé, Il le portera à terme.

Jeremy Favreau, rédacteur en chef de Focus Famille

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automne 2016 Focus Famille – Focus on the Family Canada Président : Terence Rolston Vice-Président : Derek Rogusky Président du conseil : Dan Loney Rédacteur en chef : Jeremy Favreau Éditrice : Alexandra Lopes Design et conception graphique : Équipe créative Écrivez pour Focus Famille La vision de Focus Famille est simple : Voir chaque famille transformée par l’amour, animée d’une foi dynamique et remplie d’espérance. Au travers des articles que nous publions dans notre magazine, notre infolettre et notre site internet, nous souhaitons offrir aux familles francophones un enseignement et des ressources de qualité, fondés dans la foi chrétienne. Nous acceptons différents types de textes : enseignements, témoignages, conseils/astuces, histoires ou portraits. Les thèmes principaux de Focus Famille sont la vie chrétienne, le couple et le célibat, ainsi que l’art d’être parent. Nos articles comptent généralement entre 350 et 1200 mots. Chaque article publié par Focus Famille est rémunéré à mesure de 20 cents par mot. Pour nous envoyer vos textes ou avoir plus d’informations, écrivez-nous à l’adresse editeur@focusfamille.ca.

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l’éternIté

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le s ommaire

Semez aujourd’hui l’espérance d’un monde meilleur L’éternité est la dimension la plus tangible qui soit. Contrairement à la conception populaire, la vie éternelle n’est pas un état d’être vidé de matérialité, mais plutôt la vie ayant enfin trouvé sa plénitude. Telle une fresque ne consistant au début que d’un tracé, le passage de la mort à la vie éternelle rajoute la couleur, la texture et les traits distinctifs qui font d’une existence un véritable être. Le salut de l’âme, c’est la restauration d’une personne à sa pleine humanité, vivifiée par le souffle divin qui de nouveau habite chaque cellule de son être. Et cette vie éternelle commence ici et maintenant. Mais l’être humain ainsi vivifié ne peut pas s’épanouir dans un environnement qui s’oppose à l’action divine agissante en lui. Il doit donc changer cet environnement. Nous ne verrons jamais ici-bas la perfection après laquelle nous soupirons, ni à l’intérieur de nous ni à l’extérieur. Mais nous ne devons jamais cesser de semer, par chacune de nos actions, l’espérance d’un monde meilleur. Le bien que nous permettons à Dieu d’accomplir à travers nos vies ne sera jamais perdu (1 Corinthiens 3.12-14). Dès aujourd’hui, nous pouvons vivre d’éternité dans les aspects mêmes les plus anodins de nos vies. Laissons l’espérance nous porter vers l’amour qui triomphe de tout ce qui détruit.

10 | Découvrir Dieu au cœur de nos corvées

aussi dans ce numÉro : 14 |

M A R IAG E

24 |

L’A RT D ’ Ê TR E PA R E N T

26 |

P O RTRA IT D E FA M IL L E

Votre mariage nourrit-il l’espoir ? Que dire à nos enfants, face à la violence de ce monde que nous leur léguons ? Chrétiens, les villes ont besoin de vous !

31 |

foi et parentalit É

36 |

PA R E N T C É L IB ATA IR E

37 |

VIE IN TE N TIO N N E L L E

Gardez le souvenir des empreintes de Dieu Seuls face à la maladie

Tu as fait quoi ce samedi ?

Les tâches ménagères jouent-elles un rôle significatif dans votre vie spirituelle ?

18 | La véritable mission de Jésus Comment étendre le royaume de Dieu dans le monde ?

rubriques : 3|

le fil directeur

6|

É d uq uer s on enfant

8|

accompagner s on ado

Vivre d’espérance à l’exemple du Maître

20 | Tout métier est un appel sacré Que vous soyez banquier d’assurance, balayeur ou pasteur, votre travail est plus beau et plus important que vous ne le pensez.

Apprenez à vos enfants à gérer leur argent Repousser les limites de nos ados

32 | Chrétien et écolo ? Pourquoi les chrétiens devraient-ils se soucier de l’environnement ?

38 |

les pied s s ur terre

Pleurer le sort de notre monde

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Éduquer son enfant

Apprenez à vos enfants à gérer leur argent Une méthode simple et efficace à leur inculquer pour les préparer au mieux à leur avenir.

par arnold machel

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Il n’est jamais trop tôt pour guider vos enfants sur le chemin de la liberté financière. Les enfants qui apprennent à gérer une somme d’argent, même un tout petit montant, auront plus de facilité que les autres à gérer leur argent une fois adulte. Ce n’est pas le montant qu’on leur donne qui compte ; ce sont les leçons de vie apprises qui font la différence. En tant que conseiller financier, j’ai constaté que les enfants à qui les parents ont enseigné la gestion de l’argent ont un avantage sur les autres par la suite. J’ai donc bien réfléchi aux principes que je voulais imprégner dans « l’ADN financier » de mes enfants avant qu’ils n’atteignent l’âge adulte. Avant de leur enseigner la gestion de l’argent, il est essentiel de commencer par réfléchir à notre objectif : « Quels sont les principes fondamentaux que nous souhaitons inculquer à nos enfants ? » Mon épouse et moi souhaitons par exemple que les quatre piliers suivants soient à la base de leur façon de gérer leur argent : • Générosité — avoir l’habitude de redonner • Économies — avoir l’habitude de mettre de l’argent de côté pour le futur • Liberté — pouvoir dépenser sans culpabilité (lorsqu’approprié) • Épargne — dépenser sagement, en comprenant que l’on ne peut pas avoir tout ce que nous voulons, et que nous n’avons pas besoin de tout ce que nous voyons. Pour leur enseigner ces piliers, nous avons encouragé chaque enfant à mettre en pratique la règle du 10/50/50.* Comment la règle du 10/50/50 fonctionne-t-elle ?

Tout d’abord, nous attendions de nos enfants qu’ils mettent de côté une dîme (un dixième de leurs revenus), pour la donner. Au début, nous avons fait en sorte que le montant de leur argent soit un nombre facile à gérer, pour les aider à apprendre les principes de gestion financière. S’ils recevaient dix pièces de

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1 dollar, ils devaient redonner une pièce à Dieu, qui en est la source initiale. Le restant de la somme était divisé en deux : • Une moitié était déposée dans leur jarre d’économie à long terme et ne pouvait être dépensée qu’avec notre permission. Une fois qu’ils ont grandi, ils ont déposé cette portion dans leur compte d’épargne ou de placement. • L’autre moitié allait dans leur jarre à dépenses. Ils pouvaient dépenser cet argent à leur guise, sans nécessiter notre permission. Cette portion de leurs revenus est devenue par la suite leur compte chèques. • S’ils le désiraient, nos enfants pouvaient mettre plus d’argent dans leur jarre d’économie à long terme, mais cela n’éliminait aucunement le besoin de nous demander la permission avant de dépenser de cette source. Impact observé au fil du temps

Nos enfants ayant commencé à un jeune âge, la règle du 10/50/50 est devenue pour eux un automatisme et ils ont continué à l’utiliser une fois qu’ils ont obtenu leurs premiers emplois et qu’ils sont passés de jarres à un compte bancaire. Au début, comme pour tout apprentissage, nous devions les aider chaque fois qu’ils recevaient une somme d’argent. Nous comptions les pièces avec eux et nous les divisions — en enlevant d’abord un dixième, puis en divisant le restant en deux. Mais avec le temps, il a été facile de laisser nos enfants s’en occuper eux-mêmes. Le calcul était simple et nous savions qu’ils feraient ce qu’il convient de faire. Nous nous contentions de leur demander de temps à autre de nous confirmer qu’ils continuaient de bien gérer leur argent. La règle du 10/50/50 a permis à nos enfants de prendre euxmêmes la responsabilité de leurs épargnes et de leurs dons, et a aiguisé leurs compétences en matière de prise de décisions. Cette approche leur a donné la liberté de dépenser s’ils le désiraient, et nous a donné une plus grande liberté de dire : « Nous ne payons pas pour cet article-là ; si tu le veux, tu devras le payer. » Nous avons eu le plaisir de découvrir comment cette approche évoluait à mesure que nos enfants grandissaient, qu’ils ont commencé des emplois à temps partiel et se sont fixé des objectifs d’économie plus importants, comme payer une portion de leurs études universitaires. L’un des avantages de cette approche que nous n’avions pas anticipé, c’est que cela a enseigné à nos enfants à ne pas être légalistes dans la gestion de leur argent. Parfois, surtout quand ils ont été plus vieux, leurs revenus ne se divisaient pas facilement selon la règle. Au lieu d’insister à ce qu’ils calculent au sou près, nous les avons plutôt encouragés à donner ou à économiser la petite somme supplémentaire, afin de mettre l’accent sur les dons et les épargnes et non sur les dépenses.


Les enfants à qui les parents ont enseigné à gérer l’argent ont un avantage sur les autres une fois adulte.

Soit dit en passant, nous n’avons jamais donné d’argent de poche à nos enfants. Ils ont gagné leur argent en faisant des corvées, mais ils n’étaient payés que pour les travaux qui étaient au-delà de leurs tâches habituelles. La plupart de leurs responsabilités étaient considérées comme « leur part » dans la répartition des tâches de la famille. Nous avons seulement rémunéré les tâches supplémentaires qu’ils accomplissaient comme pelleter de la neige, ou racler des feuilles. Il existe plusieurs façons d’enseigner à vos enfants l’art de gérer leur argent. Notre approche n’est peut-être pas celle que vous recherchez. Nos trois enfants ne sont pas encore tous des adultes, nous aurons donc à patienter encore un peu afin de voir si les résultats obtenus sont vraiment ceux escomptés, mais

les signes avant-coureurs sont encourageants. Je partage mon expérience avec vous dans l’espoir de vous inspirer à penser à la façon dont vous désirez enseigner à vos enfants la gestion de leurs finances.

* Bien que j’appelle cette règle « la règle du 10/50/50 », tout mathématicien soulignerait avec raison qu’il s’agit plutôt de la règle du 10/45/45. J’ai choisi de la nommer « 10/50/50 » parce que j’ai remarqué que nos enfants, dès le plus jeune âge, étaient capables de saisir plus facilement les concepts de dixième et de moitié. Arnold Machel est un planificateur financier accrédité, à White Rock, en Colombie-Britannique. © 2011 Arnold Machel. Tous droits réservés. Utilisation autorisée.

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aCCOmPaGner SOn aDO

repousser les limites de nos ados En cherchant à tout prix à garder nos ados en sécurité, nous empêchons souvent leur foi et leur caractère de grandir. par ray johnston

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L’année dernière, au moment de préparer notre voyage annuel au Mexique avec les jeunes de l’église, un père est venu me voir : « J’envisage de laisser ma fille de quinze ans participer à ce voyage, mais j’ai une question. Est-ce que vous pouvez me garantir qu’elle sera en parfaite sécurité ? » Je l’ai regardé droit dans les yeux et j’ai répondu : « Non. » Il a eu l’air choqué. J’ai continué : « Je ne peux pas garantir que ce voyage soit complètement sûr. Mais je peux vous garantir ceci : il sera beaucoup plus sûr pour votre fille de partir au Mexique et de partager sa foi publiquement, d’apprendre à servir, de développer sa générosité et de dépendre réellement de Dieu plutôt que de grandir dans une communauté où sa foi n’est jamais mise à l’épreuve, où elle ne prend aucun risque et suit une routine parfaitement huilée qui l’amènera à croire qu’elle peut se passer de Dieu. » En tant que parents, nous nous inquiétons souvent pour la sécurité de nos ados. C’est l’une des raisons pour lesquelles nous leur imposons des limites. Mais le problème, c’est justement que les adolescents aiment tester les limites. Si nous essayons de les garder sous clé, ils vont forcément chercher la faille pour s’échapper. Mais si nous les


Si nous les exposons à la réalité de la vie, dans des situations où ils sont appelés à mettre leurs valeurs en pratique, à exercer leurs dons et à dépendre de Dieu, ils développeront des convictions bien plus profondes et un caractère bien plus solide.

exposons à la réalité de la vie, dans des situations où ils sont appelés à mettre leurs valeurs en pratique, à exercer leurs dons et à dépendre de Dieu, ils développeront des convictions bien plus profondes et un caractère bien plus solide. Un âge pour tester les limites

Le directeur d’une école privée qui interdit à un jeune de choisir sa coupe de cheveux est surpris de le voir arriver quelques jours plus tard avec une perruque. Un père qui interdit à sa fille de fréquenter un certain garçon se retrouve choqué d’apprendre qu’elle sort en douce le soir pour aller le retrouver. Ces scénarios n’ont en fait rien de surprenant. Lorsqu’ils atteignent l’âge de treize ou quatorze ans, les enfants passent de la phase de « découverte » pour entrer dans la phase de « test » (un moment important de leur développement). C’est un âge où ils prétendent qu’ils n’ont pas de parents, nous demandent de les déposer loin de l’entrée de l’école, et deviennent maîtres dans l’art de répondre en levant les yeux au ciel. Durant cette phase, les parents ont souvent pour réflexe de les empêcher de tester les limites. Nous verrouillons tout jusqu’à ce qu’ils partent à l’université. Et quand ils reviennent au bout du premier semestre avec des notes en chute libre, une grossesse non désirée ou un casier judiciaire pour possession de drogue, nous nous demandons ce qui a bien pu se passer. Lorsque nous imposons à nos ados de faire les choses à notre façon, sans leur laisser aucun autre choix, nous les incitons à nous défier. Une meilleure approche est de diriger leur tendance à vouloir repousser les limites vers des comportements positifs. Encadrer leur phase de test

Bien sûr, même s’il est bon de laisser nos ados faire des choix, il reste important de poser des limites quand ces choix impliquent des comportements à risque. Ceci dit, il existe des manières saines et créatives d’encadrer nos ados dans ce type de situations. Avec ma femme Carole, nous n’avons jamais pris à la place de

nos ados une décision qu’ils pouvaient prendre par eux-mêmes. Au lieu de ça, je leur demandais régulièrement : « qu’est-ce que tu penses de...? » et cela lançait le débat. Les laisser développer leur propre réflexion les a aidés à prendre confiance en eux, et à avancer tout en restant encadré. Et si leurs choix s’orientaient vers des situations potentiellement malsaines, j’intervenais pour les aider à reconsidérer les choses. Je connais des parents qui ont donné à leur fille de seize ans une somme d’argent avec la responsabilité de s’occuper des factures de la maison. Elle a pu se rendre compte qu’elle était capable de gérer un budget, et elle a aussi appris, par la même occasion, que le fait d’allumer la lumière ou la télévision n’était pas gratuit. Elle a pris confiance en elle et a développé son sens des responsabilités, ce qui l’a éloignée du désir de toujours tester les limites posées par ses parents. L’une des choses qui nous préoccupent vraiment face à nos ados, c’est de savoir s’ils nous suivront ou non dans notre foi. Et le mieux que nous puissions faire, c’est de leur donner à voir concrètement les valeurs qui nous tiennent à cœur. S’ils voient que nous vivons vraiment ce que nous croyons, nous pourrons mieux les guider pour qu’ils mettent en acte leurs propres dons spirituels, leur foi en Dieu et leurs capacités personnelles. Qu’en est-il de ce papa qui s’inquiétait du voyage au Mexique ? Il a accepté avec joie de laisser partir sa fille. Et elle ne s’en est jamais remise… dans le meilleur des sens possibles. En lui offrant une possibilité de repousser ses limites, son père a influencé pour le mieux la manière dont elle a ensuite développé ses convictions et son caractère. Nous pouvons faire la même chose pour nos ados. Et c’est le meilleur moyen de garder nos ados « en sécurité » tout en les guidant vers une foi en Dieu plus solide et plus profonde. Ray Johnston est auteur et pasteur en Californie. Cet article a été publié dans le numéro de janvier 2016 du magazine Thriving Family sous le titre « Stretching the Limits ». Tous droits réservés © 2015 par Ray Johnston. Utilisation autorisée.

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Découvrir Dieu

au cœur

de nos corvées L e s tâ c h e s ménag è re s j o u ent- elle s u n r ô le s ignificatif dan s votre vie s pirit u elle ?

pa r jodi mc isaac mart e ns

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Se lever. Changer des couches. Préparer le déjeuner. Faire les lits. Changer des couches. Préparer le diner. Passer le balai. Changer des couches. Préparer le souper. Faire la vaisselle. Répéter cette routine pendant plusieurs années. Lorsque j’ai pris la décision de rester à la maison après la naissance de mon deuxième enfant, je savais qu’il y aurait une période d’adaptation. Je quittais un poste de direction que j’adorais pour passer du temps avec « Petit ours brun et ses amis ». Mais ce que je n’avais pas réalisé, c’est que j’étais sur le point d’affronter bien plus qu’une simple adaptation : j’étais sur le point de vivre une véritable crise d’identité. Du jour au lendemain, j’ai eu l’impression d’être passé de « femme de carrière accomplie » à « bonne à tout faire ». Mes journées consistaient désormais à préparer de la nourriture (qui était dévorée sur-le-champ), à essayer désespérément de finir la vaisselle qui ne cessait de s’accumuler, et à faire au moins une lessive par jour de vêtements imbibés de vomis. Je travaillais sans relâche depuis le premier biberon du petit matin jusqu’à l’heure du conte tard le soir, pour finir par réaliser que le tout serait à refaire le jour suivant… et le jour suivant… et le jour suivant. Voilà ce qu’était ma vie pour les deux prochaines décennies. Et cette pensée me terrifiait.

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Une nouvelle quête Refusant de passer les dix-huit prochaines années de ma vie à en redouter chaque instant, je suis partie en quête d’autres réponses. Chose étonnante, c’est l’œuvre d’un moine du 17 e siècle qui m’a le plus parlé. Le frère Laurent a travaillé dans les cuisines du couvent des Carmes pendant plus de 40 ans, et il voyait chaque journée comme un don précieux de Dieu. Il vivait sa routine quotidienne comme une façon d’exprimer son amour envers Dieu : il gardait constamment la présence de Dieu à l’esprit alors qu’il faisait la cuisine, nettoyait, et accomplissait ses « modestes » tâches domestiques pour son ordre monastique. Pour lui, chaque tâche, aussi petite soit-elle, était en fait d’une grande signification spirituelle. Son travail devenait sa prière puisqu’il l’offrait avec amour à Dieu. « Nous pouvons faire de petites choses pour Dieu », a-t-il écrit. « Je retourne le gâteau qui frit dans la poêle pour l’amour de Dieu, et une fois terminé, s’il n’y a rien d’autre qui m’attend, je me prosterne en oraison devant celui qui m’a donné la grâce de travailler ; après cela je me relève plus heureux qu’un roi. Ramasser ne serait-ce qu’un seul brin de paille du sol pour l’amour de Dieu me suffit. » La lecture de son œuvre m’a amené à me poser la question


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suivante : est-ce que mes tâches ménagères jouent un rôle significatif dans ma vie spirituelle ? La réponse était un non catégorique. J’ai alors commencé ma quête pour trouver une signification spirituelle au cœur de mes tâches quotidiennes de parent au foyer. Une véritable spiritualité Parents au foyer, admettons-le : nous n’avons pas vraiment le temps de participer à de longues retraites spirituelles ni de grimper au sommet d’une montagne pour communier avec Dieu. Mais penser qu’il faut atteindre de tels sommets pour vivre une vraie spiritualité peut nous empêcher de voir et d’expérimenter la présence de Dieu exactement là où nous nous trouvons. Simon Carey Holt, un théologien de l’université de Melbourne, a dit ceci : « La spiritualité concerne tous les aspects de notre vie, et toutes les facettes de qui nous sommes. Elle concerne les moments de retraite comme les embouteillages aux heures de pointe, les moments de silence comme le bruit des petits enfants, le recueillement silencieux à l’église comme les soupers tumultueux en famille. La promesse de “Dieu parmi nous” n’est pas restreinte au sommet de la montagne. » Édith Schaeffer, épouse de Francis Schaeffer, théologien et philosophe bien connu, est aussi devenue l’une de mes sources d’inspiration. Lorsqu’elle et son mari ont transformé leur maison en Suisse en un centre de retraite spirituelle, Édith a été nommée responsable de faire toute la cuisine et le ménage pour le flot incessant de visiteurs. Elle devait aussi prendre soin de ses quatre enfants, dont deux avaient des problèmes de santé. Voici ce qu’elle a écrit : « Être un martyr se faisant torturer ou persécuter pour sa foi, cela semble impressionnant. Mais devoir faire la cuisine, offrir chaque jour deux services de repas sans avoir le temps de s’asseoir entre les deux, nettoyer sans cesse ce qui s’est renversé ou cassé, vider des montagnes de déchets, et récurer un poêle sur lequel des choses ont débordé ou un four recouvert de résidus de nourriture calcinés, ce n’est ni impressionnant ni glorieux ! » Et pourtant ces simples services rendus ont contribué à lancer un mouvement qui a changé des milliers de vies autour du monde. Le sacré et le séculier Cela semble difficile à croire, mais les tâches simples et peu glorieuses que nous dédaignons constituent une forme de prière souvent négligée. Nous avons tendance à séparer nos vies entre « le sacré » et « le séculier ». Nous tendons à voir nos tâches de parent et le ménage comme étant purement séculiers, et de ce

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fait, nous manquons de voir la présence de Dieu et son dessein au sein de ces activités. Au lieu de cela, nous essayons souvent de les faire au plus vite et à contrecœur, pour avoir du temps à consacrer à nos activités « sacrées » comme aller à l’église, suivre une étude biblique ou faire notre propre dévotion. Mais lorsqu’accomplie en adoptant une bonne attitude, l’action de faire des repas, de trier les choses pour le recyclage ou d’essuyer le nez qui coule de votre enfant est tout aussi spirituelle que d’autres activités dites « religieuses ». JeanPierre de Caussade, un moine du 16e siècle, a écrit sur « le sacrement du moment présent » : la façon dont l’action et la présence de Dieu imprègnent tout, même les choses les plus triviales. Jean-Pierre de Caussade nous encourage à ne pas rechercher « la sainteté des choses, mais seulement la sainteté dans les choses ». David Collins, président de Paradigm Ministries à Abbotsford, élève ses taches du quotidien à un tout autre niveau : c’est pour lui une occasion d’être transformé à l’image de Dieu. « Le service est toujours axé sur l’autre », dit-il. « C’est l’occasion d’incarner l’évangile pour votre famille, de soumettre vos désirs, vos droits et vos libertés à la souveraineté de Dieu comme un acte de service. Et cela vous place alors dans un terreau très fertile où Dieu commence à transformer votre vie et à vous former à son image. »

* * *

Pour être honnête, il y a encore des jours où je crois que l’absolue banalité de toutes mes activités me rendra folle. Mais j’apprends à prendre du recul pour me rappeler de l’importance réelle de ce que je fais. Et je trouve que cela fait vraiment une différence pour moi. Rien n’a changé, excepté mon attitude : la vaisselle est toujours là, la couche du bébé a encore besoin d’être changée et le repas que j’ai passé la journée à préparer aura sûrement déjà été oublié d’ici l’heure du coucher. Mais je suis une personne plus heureuse et satisfaite, et notre maison est infusée d’une joie et d’une paix que seule une mère joyeuse peut apporter. Jodi McIsaac Martens trouve de la joie à cuisiner, à faire le ménage et à être au service de sa famille dans le sud de la Colombie-Britannique. © 2009 Focus on the Family Canada Association. Tous droits réservés.


« Les choses que vous faites dans le présent – peindre, prêcher, chanter, prier, enseigner, construire des hôpitaux, creuser des puits, vous battre pour la justice, composer des poèmes, prendre soin des démunis, aimer votre prochain comme vous-mêmes - demeureront jusque dans l’avenir de Dieu. Ces activités ne servent pas simplement à rendre le temps présent un peu moins pénible, un peu plus supportable, jusqu’au jour où nous délaisserons ce monde pour de bon. Elles font partie de ce que l’on pourrait appeler construire pour le Royaume de Dieu. » - N.T. Wright Surprised by Hope: Rethinking Heaven, the Resurrection, and the Mission of the Church


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pa r j ere my favre au

N

Nous connaissons tous ces couples qui semblent ne jamais avoir de problèmes. Tout se résume à un extérieur propre et poli et à des réponses toutes faites : « On va très bien, merci ! » Leur parler nous laisse un mauvais goût en bouche, comme si nous venions de consommer une pomme faite de cire. Passer du temps en leur présence nous laisse vides. Ils ne savent pas entretenir une véritable relation avec les autres, car ils ne présentent jamais la véritable substance de leur personne ou de leur couple. Ces mêmes personnes inconsistantes en face à face ont fréquemment une présence plus grande que nature sur les réseaux sociaux. Chaque jour, elles sont présentes avec des nouvelles photos d’elles-mêmes à des endroits plus enviables les uns que les autres. Le sourire aux lèvres, elles nous racontent leurs plus récentes découvertes, et combien elles sont donc heureuses d’être mariées à leur moitié chérie ! Elles ont trouvé le secret du bonheur parfait ! À nous alors, pauvres mortels, de

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f ocus o c u s f amille a m i l l e . ca ca

les envier et de chercher la clé de leur succès, tout en cachant notre réalité qui ne leur arrive pas à la cheville. Il n’est pas à nous d’enquêter sur nos couples d’amis afin d’apprendre si ce qu’ils nous présentent reflète réellement ce qui se passe au sein de leur mariage et de leur foyer. Mais il est crucial de nous examiner face au miroir pour vérifier si ce que nous permettons aux autres de voir est la vérité. Car offrir une image fausse de la réalité de nos vies n’est pas seulement un mensonge (un « faux témoignage »), il peut aussi faire beaucoup de tort aux autres. Le plus grand cadeau que nous avons à offrir aux autres, c’est le cadeau de nous-mêmes. Mais ce cadeau peut-être empoisonné. UN MARIAGE QUI FLÉTRIT L’ESPOIR Chaque expérience qu’il nous est donné de vivre, si elle est vécue avec un esprit humble et désireux d’être enseigné, se transforme en sagesse qu’il nous est ensuite accordé d’offrir


MARIAGE

aux autres pour leur croissance. Pour certaines personnes et certains couples, la crainte, la gêne, la fausse humilité ou une mauvaise estime de soi anéantissent tout le potentiel que leur expérience de vie pourrait leur donner pour encourager les autres. Ils s’isolent derrière leurs excuses, et ne partagent pas ce qu’ils ont appris. D’autres couples préfèrent se revêtir d’une fausse personnalité en raison de leurs imperfections. Ils ont honte de n’avoir pas encore atteint l’exemplarité qu’ils s’imaginent nécessaire pour avoir quelque chose de valeur à offrir aux autres. Ils se disent que seul un « bon témoignage » pourrait servir à édifier les couples qui les entourent. Et à leurs yeux, ce témoignage n’est rien de moins qu’un mariage sans plis et ordonné, ne souffrant plus d’accrochages ou de quelconques difficultés. Ces couples bien intentionnés ne s’imaginent pas le tort qu’ils infligent aux personnes qui les observent. Au lieu de voir des gens réels qui affrontent avec courage et humilité les

aspects de leurs vies qui les portent encore à trébucher, les couples à la recherche d’exemples observent un mariage sans difficulté qui leur est présenté comme la norme d’un couple qui cherche à plaire à Dieu. Ces jeunes couples se disent donc à l’intérieur d’eux-mêmes : « Voilà à quoi il faut ressembler. Tout ce qui n’est pas à la hauteur, nous le garderons sous couvert. » Sans dire un mot, le couple idéalisé vient de contaminer le sol fertile de l’honnêteté et de la confiance dans ce couple puéril. La vulnérabilité, catalyseur de toute relation profonde, ne pourra pas jouer son rôle vital. Leur couple, ainsi privé de plusieurs des éléments essentiels de sa croissance, sera fade, et au risque de flétrir. Le couple assoiffé d’exemples a maintenant aussi absorbé une leçon malheureuse au sujet de Dieu. Au lieu de concevoir Dieu comme un Père dont la porte est toujours ouverte, dans l’espoir que ses enfants viennent vers Lui avec leurs bonheurs tout autant que leurs erreurs, ils voient un Dieu insensible et

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MARIAGE

Le bon témoignage qu’il nous est donné d’offrir aux autres, c’est le récit de la grâce de Dieu à l’œuvre dans notre vie.

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fermé. Un maître qui ne s’intéresse qu’à leur performance et préfère ne rien entendre plutôt que d’entendre parler de leurs problèmes. L’âme de ces pauvres gens souffrira d’une déficience de grâce. Et cette déficience sera reproduite dans leur relation l’un envers l’autre et aussi dans la relation qu’ils auront avec leurs enfants. UN MARIAGE QUI NOURRIT L’ESPOIR Considérons l’exemple opposé. Deux jeunes tourtereaux décident qu’il est temps de se marier. En fait, ils ne peuvent plus attendre ! Ils sont issus, comme nous tous, de foyers imparfaits ayant à la tête des parents qui leur ont légué bien moins que le modèle exemplaire. Même si leurs parents n’ont pas su se munir d’un amour à vie, ils veulent croire que les choses seront différentes pour eux. Ils scrutent donc l’horizon de leur entourage pour voir qui pourrait bien leur servir d’exemple… Le mardi soir arrive et c’est la rencontre de leur petit groupe. Chrétiens depuis vingt ans et mariés depuis presque aussi longtemps, les hôtes dirigent le petit groupe qui fait présentement l’étude d’un livre sur le mariage. Quand vient le temps de partage, quelques couples racontent une anecdote amusante de leur passé, rien de trop intense ni personnel. Mais lorsque vient le tour du couple hôte, la discussion prend un tournant vers l’intime. Le mari raconte au groupe comment il est presque passé à côté de la chance d’épouser sa femme en raison de son incapacité de se brancher. Il pensait que sa future femme devait répondre à toutes ses attentes et satisfaire tous ses besoins. Il raconte les hauts et les bas de leur relation un peu rock’n roll, mais qui, grâce à Dieu, a abouti à leur union. Il vient ensuite le temps pour l’épouse de prendre la parole. Un peu hésitante au départ, elle commence tranquillement son récit en décrivant le contexte familial dans lequel elle a grandi. Elle révèle ensuite son passé d’abus et comment cet épisode de sa vie a laissé en elle un vide impossible à combler. Elle partage comment elle pensait ne plus jamais pouvoir faire confiance à un homme et comment Dieu, à travers le temps et l’intervention de plusieurs personnes clés, l’a aidé à guérir et à faire confiance de nouveau. Son histoire, toujours partagée avec la plus grande sensibilité, est devenue pour elle un moyen par lequel Dieu apporte la restauration dans leur entourage et leur église. Ensuite, ce sont les rires qui reprennent alors que l’hôtesse raconte leur dernière mésentente et l’origine de la longue grafigne au coin de la table… Le couple fiancé quitte la maison ce soir-là le cœur léger et avec l’assurance qu’ils sauront traverser toute difficulté auxquelles ils seront confrontés dans leur mariage. Tant et aussi longtemps qu’ils peuvent se parler ouvertement et recevoir le soutien d’une communauté qui les

aime et qui est là pour les encourager dans la vérité tout au long du chemin. Ce couple vient aussi d’apprendre une leçon importante au sujet de Dieu. Dieu n’est jamais loin de ceux qui souffrent et qui éprouvent des difficultés. Il est sensible à notre faiblesse et Il perçoit une grande valeur dans nos combats. Il souffre plus que quiconque lorsque nous souffrons et sommes victimes d’injustice. Ce Dieu est patient et Il nous invite à nous confier en Lui. Il n’est pas impressionné par notre performance, mais Il veut que nous nous tournions vers Lui avant toute autre chose, car pour tout ce qui peut nous peser sur le cœur, nous pouvons Lui faire confiance. RECEVEZ GRATUITEMENT, DONNEZ GRATUITEMENT Nous avons quelque chose à offrir, peu importe ce à quoi ressemble notre histoire. L’impact que nous pouvons avoir dépend peu des choses précises que nous avons à partager. C’est le message implicite qui est véhiculé à travers la manière dont nous vivons notre relation avec Dieu, avec nous-mêmes et avec notre conjoint, qui importe. Je suis persuadé que beaucoup de chrétiens auraient des vies beaucoup plus intentionnelles et donc plus inspirantes (et intéressantes !) s’ils croyaient seulement dans l’importance de leur histoire. Le bon témoignage qu’il nous est donné d’offrir aux autres, c’est le récit de la grâce de Dieu à l’œuvre dans notre vie. Tant et aussi longtemps que nous vivrons, nous dépendrons de cette grâce. Notre témoignage ne se concentre donc pas uniquement sur notre passé, mais sur notre présent. Toutes les difficultés, les erreurs et les imperfections comprises. En tant qu’individus, nous reflétons la personne de Dieu. En tant que couples et familles, nous reflétons l’harmonie relationnelle qui existe au sein de la Trinité. Ce reflet n’est pas parfait, car nous ne sommes pas Dieu. Mais lorsque nous témoignons de sa grâce à l’œuvre dans nos vies, nous donnons de l’espoir à ceux qui nous observent. Nous les encourageons à s’exposer à la guérison et à la croissance, car ces choses ne peuvent prendre place à l’ombre de nos murs protecteurs. Contrairement à l’exemple donné au début de cet article, nous parler ne laissera pas les gens vides et avec un mauvais goût en bouche. Ils goûteront plutôt à l’exceptionnelle espérance qui résulte d’une vie et d’un mariage mis à découvert devant Dieu et les hommes. Un mariage qui est un cadeau pour ceux qui l’observent. Jeremy est le rédacteur en chef de Focus Famille. Originaire du Québec, il réside en Colombie-Britannique depuis maintenant 5 ans. Lui et Selene sont parents de trois petits garçons. Tous droits réservés © 2016 Focus on the Family Canada Association.

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La

véritable mission de Jésus •

C omment étendre le R o ya u me de D ie u dan s le monde ?

— par ray vander laan —

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J

Je suis toujours frappé par l’énergie et l’enthousiasme des élèves de l’école secondaire chrétienne dans laquelle j’enseigne. Cet enthousiasme est palpable dans les couloirs, dans les discussions en classes, lors des évènements qu’on organise. Ces jeunes sont passionnés. Ils veulent avoir un puissant impact sur le monde et le transformer pour Jésus-Christ. Cette atmosphère est électrisante, et en tant que professeurs, nous ne demandons pas mieux. Mais avoir un impact sur le monde au nom de Jésus, qu’est-ce que cela veut dire au juste ? C’est une question de laquelle nous débattons souvent en classe avec mes élèves. Et au cours de mes discussions avec ces apprentis « révolutionnaires », j’ai réalisé que nous avons tendance à nous focaliser sur les objectifs qui sont importants aux yeux du monde.

Servir Dieu

Ce que veulent ces jeunes, c’est servir Dieu en allant dans la bonne université, pour avoir la bonne carrière et pouvoir influencer des gens importants. Et au fond, est-ce qu’on n’a pas tous pensé ainsi ? Il est tellement tentant de croire qu’en ayant du pouvoir sur le plan politique, économique ou médiatique, on pourra faire mieux avancer le royaume de Dieu. Je rappelle donc à mes étudiants que cela fait bien longtemps que les chrétiens sont aux prises avec cette tentation. À l’époque de Jésus déjà, de nombreux juifs attendaient du messie qu’il ait ce type de pouvoir et d’influence. Ils voulaient une libération politique, et un royaume politique. Ils voulaient quelqu’un qui les sauverait physiquement du joug de César. Ils n’étaient en revanche pas vraiment intéressés par un Messie qui leur offrirait le pardon, la délivrance de leurs péchés et qui les ferait entrer dans le royaume de Dieu en sacrifiant sa propre vie.

Changer réellement le monde

Je ne dis pas qu’il ne faut pas encourager nos jeunes à voir grand et à essayer de changer le monde en utilisant leurs dons. Bien sûr que les chrétiens doivent chercher à participer au pouvoir politique, économique et médiatique ; toutes ces choses peuvent être utilisées pour honorer le nom de Jésus. Mais lorsque je me penche sur le cœur du christianisme et son histoire avec mes élèves, je les pousse à réfléchir à ce qu’était la véritable mission que nous a confiée Jésus, l’exemple qu’Il nous a donné à suivre. Jésus a parlé à ceux qui le suivaient du royaume de Dieu, et de la manière dont il se répandait sur la terre. Dans nos esprits occidentaux, le concept de royaume fait référence à un territoire et à un pouvoir : la Grande-Bretagne, l’empire Romain… un pouvoir acquis par la violence, le sang et la force. C’est notre vision classique d’un royaume. Mais les enseignements de Jésus sur le royaume de Dieu étaient basés sur l’approche juive de ce terme. Le mot royaume, dans l’esprit juif, fait référence à un lieu et une situation où la volonté du roi est faite. Cette distinction est essentielle pour comprendre la mission que Jésus a donnée à ses

Chaque jour, quelle que soit notre situation, nous avons le choix entre étendre ou réduire le royaume. disciples. Jésus désire étendre son règne sur la terre à travers ses fils et ses filles. Mais sa volonté n’est pas que nous cherchions à avoir du pouvoir, de l’influence ou des terres. Ce qu’Il veut, c’est que ses disciples fassent la volonté du Roi, qui est de mettre la Parole de Dieu et son amour en action, comme Il l’a fait luimême.

Le défi

Chaque jour, je donne deux défis à mes élèves. Le premier est d’essayer d’obéir à Dieu en toutes choses, et de reprendre ainsi possession d’une situation, d’un moment, d’un petit bout de territoire dès que l’occasion se présente. Et le deuxième défi est de ne jamais céder quelque chose qui appartient au royaume de Dieu. Chaque fois que nous succombons à la volonté du malin plutôt qu’à celle de Dieu, nous cédons une situation, un moment, un petit morceau du royaume des cieux. Chaque jour, quelle que soit notre situation, nous avons le choix entre étendre ou réduire le royaume. Et alors que mes étudiants se préparent à devenir adultes, je leur rappelle ceci : « Une fois que vous serez à l’université, vous aurez des choix à faire chaque jour. Vous devrez décider si vous ferez la volonté de Dieu en classe, dans votre dortoir ou durant les fêtes de fin de semaine. Et soit vous allez céder un centimètre carré qui appartient au Roi en refusant de faire sa volonté, soit vous allez reconquérir un centimètre carré qui est entre les mains de l’ennemi en faisant la volonté de votre Roi. » Voilà la vraie mission de Jésus que nous devons enseigner à nos jeunes : être la présence de Dieu dans un monde brisé. Le royaume s’étend non par la position que nous avons ou le pouvoir que nous possédons, mais en accomplissant la volonté de notre Père. En aimant notre prochain, en aimant nos ennemis et en nous préoccupant des pécheurs. Chaque fois que nous mettons en pratique la volonté de Dieu, son royaume s’étend un peu plus. Combien de terrain cèderezvous ? Combien allez-vous en conquérir ? Tous droits réservés © 2016 par Ray Vander Laan et Focus on the Family. Utilisation autorisée. A U T O M N E 20 1 6

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Tout mĂŠtier appel sacrĂŠ est un

Q u e vo u s s o y e z ban q u ier d ’a s s u rance , balay e u r o u pa s te u r , votre travail e s t pl u s bea u et pl u s important q u e vo u s ne le pen s e z .

pa r cou rt ne y re issig

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« Que veux-tu faire quand tu seras grand(e) ? »

C

C’est une bonne question. De celles que vous avez probablement entendues souvent dans votre vie. Moi j’avais de nombreuses ambitions étant enfant. Je voulais devenir pilote de chasse ou professeure ou docteure ou chanteuse, ou alors nageuse olympique… Autant de rêves qui m’ont habitée avant même mes dix-huit ans. L’université n’a fait que nourrir mes désirs de grandeur puisque j’ai voulu devenir avocate ou écrivaine. Ma nouvelle vie en Christ à légèrement changé la donne, mais je continuais à vouloir faire un métier remarquable. Et en tant jeune convertie, il me semblait que pour faire quelque chose de vraiment important de ma vie, je devais devenir missionnaire. Pas nécessairement mourir sur le champ de mission, mais il fallait au moins que mon travail ait un lien direct avec l’œuvre de salut de Jésus. Je me projetais dans un organisme caritatif ou au sein d’une église, mais surtout pas dans un job d’employé de bureau dans un travail « séculier ». Un travail séculier me semblait avoir bien peu d’intérêt si on était vraiment passionné pour Christ. Une fois diplômée, j’ai enchainé les boulots pour des organismes caritatifs et des associations. J’allais tous les jours travailler avec le sentiment exaltant de voir mon rêve se réaliser. Je changeais la vie des gens à travers mon travail. Puis un jour, j’ai été licenciée. Et le seul poste que j’ai réussi à décrocher ensuite a été un poste au siège d’une grande compagnie d’assurance. Je travaillais au dix-septième étage d’un immeuble du centre-ville. Je portais des tailleurs classiques et je travaillais dans un cubicule. Je vivais le véritable cliché de l’entreprise américaine. J’en étais malade. La paperasse, les réunions d’équipe et le train-train des tâches quotidiennes avaient enterré toutes velléités de grandeur pour Jésus. Je me sentais terriblement ordinaire, ennuyeuse et inutile. J’avais l’impression de perdre mon temps, et mes saintes ambitions, dans ce travail de bureau qui n’avait rien de spirituel à mes yeux.

Le vrai sens du travail Mon désir d’accomplir de grandes choses pour Jésus n’est pas si rare. C’est en fait assez typique de ma génération. L’auteure Tish Harrison Warren a dû faire face à cette même difficulté le jour où elle s’est réveillée pour constater qu’elle menait une vie ordinaire. Elle écrit ceci :

«Aujourd ’hui, je suis une maman trentenaire

de deux enfants qui mène une vie plutôt ordinaire. Et ce que je réalise peu à peu, c’est que rester à la maison toute la journée avec un bébé et un enfant de deux ans me terrifie bien plus que d’aller dans un village africain ravagé par la guerre. Ce qui me demande du courage, c’est cet ordinaire, cet éternel recommencement du quotidien. M’occuper d’un enfant de la rue me semble plus excitant que d’être à l’écoute de mes proches. Faire don de mes vêtements ou chercher à atteindre des communautés chrétiennes marginales me demande moins d’effort que de me montrer gentille envers mon mari le mercredi martin, ou que de rappeler ma mère quand je n’en ai pas envie.

»

Warren a passé sa jeunesse à servir dans des associations aidant les pauvres et les ados sans abris. Et puis elle a épousé un homme qui avait un emploi ordinaire, s’est installée dans une vie ordinaire où elle a fait des choses ordinaires. Ce fut pour elle un vrai bouleversement. Dans notre recherche constante de sensationnel, nous avons perdu quelque chose de beau sur le sens du travail. Car le travail n’a pas toujours été considéré comme ordinaire et sans intérêt. Bien que l’effort quotidien du travail ait été maudit à cause du péché et qu’il ne puisse pas être exactement ce qu’il aurait dû être au départ, le but de notre travail reste d’aimer Dieu en aimant les autres. Nous sommes les porteurs de l’image de Dieu, et nous vivons cette identité à travers notre travail. Que ce soit dans un building au centre d’une grande ville ou dans une petite église de campagne. Nous répandons l’amour que Dieu a pour Son monde à travers le travail ordinaire, et même banal, que nous faisons chaque jour. Martin Luther, en plus de son rôle dans la réforme protestante, a beaucoup œuvré afin que toute personne sache qu’elle avait une vocation, et que la notion d’appel ne concernait pas seulement les prêtres et les sœurs. Au temps de Luther, le travail le plus élevé que l’on pouvait faire était le travail « religieux ». Si quelqu’un faisait quelque chose d’important, c’était forcément dans l’église et pour l’église (ça vous rappelle quelque chose ?). Mais Luther a fait changer cet état d’esprit en Europe en enseignant que nous sommes tous appelé à servir

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Quels que soient vos sentiments concernant votre travail, vous reflétez votre créateur par la manière dont vous travaillez. Dieu par notre travail. De l’aubergiste au fermier, chacun a pu voir que son travail avait du sens. Tout comme au temps de Luther, nous voyons une division entre travail sacré ou séculier. Mais la réalité est plus subtile qu’une simple opposition travail d’église/travail païen. Nous avons du mal à voir comment le travail d’un banquier d’affaire puisse être aussi important que construire des puits en Afrique. Nous présumons que l’avocat qui représente une grande firme n’est pas aussi utile et charitable qu’une femme qui nourrit des sans-abris. Et dans notre volonté de revaloriser la maternité au sein d’une culture où elle est dénigrée, nous avons du mal à voir qu’une femme d’affaires célibataire puisse être aussi fidèle à Dieu qu’une mère s’occupant de ses enfants. Nous avons créé une hiérarchie de valeur en ce qui concerne le travail qui n’a pas lieu d’être. N’oublions pas que l’objectif fondamental du travail n’est pas notre épanouissement personnel. La joie que peut nous procurer notre profession est un produit dérivé et non le but premier. Le but est d’aimer Dieu en aimant les autres. Notre travail est une forme de service envers notre prochain (collègues, famille, amis, communauté), et à travers ce travail, nous adorons le Dieu qui a créé tout travail et qui a trouvé ça bon (Genèse 1.31). Hannah Anderson, dans son livre Made for More, va plus loin sur ce sujet : « Travailler en étant l’image de Dieu, c’est comprendre que tout travail est sacré, que tout lieu est saint ; non pas à cause de ce que l’on fait, mais à cause de celui que nous reflétons. » Nous ne pouvons pas opposer travail sacré et séculier en tant que chrétiens parce nous savons grâce à la Parole que tout travail a de la valeur parce que Dieu, dont nous portons l’image, est le créateur du travail. Il a créé tous les métiers et leur a tous donné de la valeur.

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Deux tentations Lorsque nous percevons le travail à travers ce filtre sacré/ séculier, non seulement nous méprisons certains métiers, mais nous sommes aussi tentés de nous montrer paresseux quand nous sommes coincés dans un travail qui ne répond pas à nos « ambitions spirituelles ». Quand je travaillais dans une grande entreprise, je jugeais souvent les chrétiens qui semblaient heureux (voire même passionnés) par leur travail et qui mettaient de l’énergie à progresser et à être promu. Mais pour ma part je ne travaillais pas si dure. Quand j’étais employée dans des ONG, je ne comptais jamais mes heures, mais là, je gardais toujours un œil sur l’horloge pour ne pas donner à l’entreprise une minute de plus que ce qui était requis. Je ne me souciais pas du fait que mes collègues, eux, sacrifiaient régulièrement leurs soirées ou leur fins de semaines pour terminer des projets en cours. Si le travail est un moyen d’aimer Dieu en aimant son prochain, alors ces deux attitudes (le mépris et la paresse) n’ont pas lieu d’être sur votre lieu de travail, que ce soit un bureau, l’église ou même votre maison. Même si personne d’autre ne perçoit le cynisme ou la frustration qui sont installés dans votre cœur, Dieu les voit. Et quel que soit notre travail, c’est au fond pour lui que nous le faisons (Colossiens 3.23). Votre travail a un impact sur les gens, tout comme votre paresse. Quels que soient vos sentiments concernant votre travail, vous reflétez votre créateur par la manière dont vous travaillez. Quand vous trainez la patte au boulot parce que vos grandes ambitions ne sont pas comblées, vous renvoyez une image de Dieu qui est fausse et trompeuse.


Être grand c’est être fidèle Quand il s’agit de notre travail, il y a des choses plus importantes que nos rêves de grandeur. Je comprends que certains sont appelés à faire des choses grandioses et radicales au nom de Jésus et je ne dis pas que les missionnaires sont inutiles. Ils sont indispensables. Mais nous ne serons pas tous missionnaires. Nous avons besoins de gens qui travaillent dans des centres d’appels ou des compagnies d’assurance, des gens qui sont serveurs ou chirurgiens cardiaque. Les sociétés sont construites et portées par ceux qui travaillent. Les chrétiens savent qu’en travaillant avec diligence et fidélité, ils glorifient Dieu, celui qui voit notre travail et qui y prend plaisir. Dans son livre God at Work, Gene Edward Veith note que ce n’est pas le travail dans les églises qui a transformé l’Europe pendant la réforme protestante, ce sont les gens ordinaires accomplissant fidèlement leur travail quotidien. Martin Luther, en refusant la notion selon laquelle les prêtres et les sœurs avaient des vocations plus valables que les autres, a servi de catalyseur pour montrer aux gens que tout travail est important

pour l’épanouissement de l’humanité et pour rendre gloire à Dieu. Luther a aidé à rétablir l’idée de « sacerdoce de tous les croyants » et comme le dit Veith : « Cela n’a pas mené tout le monde à travailler pour l’église ; au contraire, cela a transformé tous les métiers en un appel sacré. » Cela signifie que vous pouvez travailler à fond dans votre domaine sans vous sentir coupable ou honteux ; votre travail a du sens dans le plan de Dieu. Quel que soit l’endroit où vous travaillez, Dieu vous a appelé à cette tâche. Et vous montrer fidèle dans votre travail, vous soumettre à votre employeur et montrer de l’amour à vos collègues, ce sont des signes de grandeur aux yeux de Dieu. Non pas parce que vous avez du succès dans ce que vous faites, mais parce que vous proclamez le nom de Dieu en le reflétant dans votre travail. Dieu a créé le travail pour notre bien et pour sa gloire, alors n’hésitez pas à travailler « comme pour le Seigneur » sachant que votre fidélité au travail, c’est la vraie grandeur. Tous droits réservés © 2015 par Courtney Reissig. Utilisation autorisée

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l ' art d ' Ê tre p arent

dirons-nous e u Q

? Q u e dire à no s enfant s , face à la violence de ce monde q u e no u s le u r lég u on s ?

pa r d ominiqu e ou rl in

M

Menace terroriste… Réchauffement de la planète… Violences de toutes sortes… Chômage… Instabilité… et j’en passe. D’où la question qui a le mérite d’être franche et honnête : Que dironsnous à nos enfants s’ils nous demandent un jour pourquoi nous les avons mis au monde ? D’autres, pour les mêmes raisons, demandent plutôt : Qui voudrait avoir des enfants pour leur offrir un monde pareil ? Que Dieu nous garde — ou nous délivre — des réponses toutes faites et trop faciles. Mais il n’est pas interdit de réfléchir et de partager certaines vérités. Tout d’abord, il est peu probable qu’un enfant pose une telle question. Ce n’est pas dans sa nature. L’enfant ne grandit pas en comparant sa vie avec celle des autres. Il vit sa réalité présente et s’y adapte pour le meilleur ou pour le pire – capacité que nous, adultes, perdons souvent en prenant de l’âge… Le propre

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de l’enfant est plutôt d’explorer son univers et de découvrir la réalité telle qu’elle s’offre à lui. Il est même capable de jouer et de rire là où tout porte à pleurer et désespérer. Il a une capacité de rebondir et de « faire avec », un instinct de vie et de survie qui le sauve et le garde tendu vers l’avenir, quel qu’il puisse être. C’est bien plutôt nous, adultes, qui sommes hantés par ces questions, et ce à juste titre. Après tout, nous sommes en grande partie responsables de la venue dans ce monde de ces enfants innocents. Avant, pendant et après les guerres et les temps les plus difficiles, des enfants sont nés. Parfois imprévus, mais le plus souvent voulus et désirés, fruit de l’amour d’un homme et d’une femme qui refusaient de laisser les événements déterminer leur destinée. Beaucoup d’entre nous ne seraient pas là aujourd’hui si ce n’est pour l’audace naïve de nos grands-parents et arrière-


« Car il est un avenir, et ton espérance ne sera pas anéantie. » P r 2 3 .18

grands-parents qui ont traversé des guerres mondiales, des récessions et autres épidémies dévastatrices. Ils ont osé croire en l’avenir — le leur et celui de leurs progénitures. Instinct de conservation ? Instinct d’espérance ? Oserions-nous le leur reprocher ? Un homme et une femme qui tombent amoureux l’un de l’autre ne sont pas forcément animés du désir d’avoir des enfants dès les premiers temps. Mystérieusement, le désir naît du plaisir de l’amour et devient souvent un besoin irrationnel, mais bien réel. Et voilà que l’enfant paraît… Que dire à nos enfants ? Je crois que la question est bien plus de savoir comment nous vivons devant nos enfants. Il est bien connu que la vision du monde et de l’avenir de l’enfant est bien davantage façonnée par l’attitude et l’exemple de ses parents que par leurs beaux (et pas si beaux) discours et autres leçons de morale. C’est là où, selon moi, le choix de la foi est crucial. Si la vie n’aboutit que sur le néant et la mort sur un grand trou noir, nous ne pouvons que nous accrocher désespérément à cette vie et aux plaisirs que nous pouvons glaner en chemin pendant nos quelques années sur terre. Si, au contraire, nous choisissons d’oser croire en un Créateur, un Dieu qui nous dépasse et qui nous aime, alors, tout change. Il y a un avenir fait d’espérance, possiblement dans ce monde, certainement dans l’autre. Notre monde, même dans sa folie, n’est pas semblable à une voiture dont les freins ont lâché et qui dévale une pente vers la tragédie. Certes, les choses peuvent aller plus mal avant d’aller mieux, mais il y a toujours l’attente d’un avenir avec un grand « A ». C’est l’espérance chrétienne — l’attente certaine de « nouveaux cieux » et d’une « nouvelle terre » où toutes choses seront nouvelles et bien différentes. Comment cela nous aide-t-il à aider nos enfants à vivre aujourd’hui en se préparant pour demain ? Je crois que ce choix de la foi peut et doit se refléter dans notre comportement quotidien. Par exemple :

• Surveiller nos propres réactions et attitudes. Éviter ce qui reflète un sentiment de panique, de haine ou d’esprit de vengeance, mais ne pas écarter ni dissimuler notre colère et notre émotion. • Au moment opportun, ne serait-ce qu’en quelques mots avant le repas ou le soir, prier en famille pour ceux qui souffrent de ces situations ; pour ceux qui exercent des responsabilités. • Être attentif aux remarques, commentaires et questions des enfants face aux événements étalés sous leurs yeux et y répondre en toute honnêteté. Nos enfants ont besoin de savoir que nous savons que… nous ne savons pas tout, mais que cela ne nous empêche pas de vivre confiants et paisibles parce que nous savons qui tient nos vies dans le creux de sa main et aura le dernier mot. Au temps de Jésus, les enfants étaient bien plus vulnérables que les nôtres face aux risques de maladie et à la folie des hommes. Quand on les lui apportait, il les bénissait (ce qui signifie dire, prononcer, déclarer du bien en leur faveur). Il ira jusqu’à dire : « Si vous ne devenez pas comme les petits enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux » (Mt 18.2). À nous, adultes, d’apprendre à faire une confiance aveugle et constante à Dieu, son amour et sa fidélité, comme les enfants savent compter sur leurs parents sans craindre de se voir abandonnés ou délaissés dans les temps difficiles. Certains y verront de la naïveté. C’est plutôt une source sûre de sérénité lucide dans un monde qui en a bien besoin. Nous puisons notre courage dans notre confiance en Dieu plus qu’en toute autre chose. Dominique Ourlin est pasteur au Québec depuis plus de 15 ans, avec son épouse Candy. Il est auteur de deux livres disponibles sur painsurleseaux.com. Tous droits réservés © 2016 par Focus on the Family Canada

• Ne pas surexposer les enfants aux nouvelles à la télé et dans les autres médias, mais ne pas les en écarter non plus. Peut-être s’informer avec eux, et observer leurs réactions pour mieux les accompagner.

« Car je connais les projets que j’ai formés sur vous, dit l ’Éternel, projets de paix et non de malheur, afin de vous donner un avenir et de l ’espérance. » Jr 2 9 .11

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p ortrait d e f amille

les villes

ont besoin de vous !

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p ortrait d e f amille

L’ab s ence de c h rétien s dan s le s ville s le s pl u s infl u ente s d u monde , et en partic u lier de famille s c h rétienne s , e s t criante .

- pa r e mily morric e -

A

Ayant grandi dans une petite ville de campagne très unie, je peux vous assurer que je n’avais pas la moindre envie de déménager dans une grande ville bruyante et surpeuplée. J’ai toujours imaginé mes enfants courant dans notre vaste jardin, plutôt que dans les escaliers du métro pour attraper le prochain train. Alors comment mon mari et moi avons-nous atterri dans la plus grande ville du Québec avec nos trois enfants ? Et bien il y a deux raisons à cela : l’appel de Jésus à faire des disciples, et puis le plus grand commandement.

illustrations par inca siojo

Là où sont les besoins, nous irons Quand j’ai rencontré mon mari, qui était déjà missionnaire au Québec à l’époque, je n’avais jamais mis les pieds dans La Belle Province. J’étais une chrétienne engagée, désirant ardemment partager ma foi avec ceux qui ne connaissaient pas Jésus, mais je n’avais aucune idée des ténèbres spirituelles qui régnaient au Québec et dans tout le monde francophone. Cela a vite changé quand nous avons commencé une relation à distance. En moins d’un an, je me suis retrouvée mariée et installée à Montréal. Et après avoir visité le Québec de long en large, cette région est devenue ma maison. Je suis tombée amoureuse de ce lieu, de ses habitants, et en particulier de Montréal. Maintenant, vous savez comment une anglophone issue d’une petite ville s’est retrouvée au Québec, mais pourquoi avoir choisi la ville de Montréal ? Les dernières paroles de Jésus à ses disciples ont été : « Allez donc, faites de toutes les nations des disciples, baptisez-les au nom du Père, du Fils et du SaintEsprit et enseignez-leur à mettre en pratique tout ce que je vous ai prescrit » (Matthieu 28.19-20). Nous croyons que cet appel nous concerne aujourd’hui autant que les disciples à l’époque. En tant que chrétiens, nous devrions utiliser ces paroles de Jésus comme base pour nombre de nos décisions, dont celle de

l’endroit où nous habitons. Nous nous sommes donc demandé où il y avait le moins de disciples de Jésus. Où y avait-il le moins de chrétiens cherchant à faire des disciples ? Où pouvait-on trouver le plus de personnes n’étant pas instruites à suivre tous les commandements de Jésus ? Le Québec nous est immédiatement venu à l’esprit, ainsi que Montréal. Comme pour l’apôtre Paul au début de son ministère, nous avons choisi d’œuvrer dans un milieu urbain. Les chrétiens peuvent et devraient faire des disciples où qu’ils soient, bien évidemment. Mais l’absence de chrétiens, et en particulier de familles chrétiennes, est vraiment criante dans les villes les plus influentes du monde. Prenez l’exemple de notre quartier : le Plateau-Mont-Royal, l’un des quartiers les plus influents de Montréal, contient 100 000 habitants concentrés sur six kilomètres carrés. Quand nous sommes arrivés ici pour y implanter une église il y a trois ans, il y avait exactement une seule église évangélique francophone, la nôtre. Soit une église pour 100 000 personnes. En tant que chrétiens, cela devrait nous poser problème. Le plus grand commandement peut se résumer ainsi : « Aime Dieu, aime ton prochain », et dans un quartier où chaque appartement est entouré de centaines de voisins, il n’y avait presque aucun chrétien pour se charger de les aimer. Parmi les quelques chrétiens qui vivent dans les grands centres urbains, il y a très peu de familles. Les villes attirent les jeunes avec leurs universités de renom et leurs opportunités d’emploi. En fait, les familles non chrétiennes sont aussi nombreuses à s’installer en ville. Statistiquement, les familles immigrant dans un nouveau pays s’installent généralement dans les villes. Le Times Magazine rapporte que le rêve américain semble être en train de s’inverser et de plus en plus de gens investissent en ville plutôt que d’acheter une maison dans une banlieue résidentielle. Les familles chrétiennes semblent être la seule exception. Pourquoi ?

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p ortrait d e f amille

Tordre le cou aux idées reçues La plupart de nos amis chrétiens sont installés en banlieue et nous ont fait part de leurs inquiétudes à de nombreuses reprises. Les villes peuvent être dangereuses, la vie y est chère, les enfants seront surement les seuls chrétiens de leur classe, voire de leur école. Il n’y aura surement pas de groupe de jeunes à l’église, et les enfants seront exposés aux choses du monde plus tôt que s’ils vivaient dans un environnement protégé. Estce que toutes ces craintes sont justifiées ? Sont-elles vraies ? Cela a-t-il de l’importance ? Il est vrai qu’il y a des désavantages à vivre en ville, mais il y en a autant à vivre ailleurs, ils sont juste différents. Les centres urbains abritent une multitude de vies brisées et de péchés, mais ce n’est pas propre à la ville, comme l’explique la Bible. Voici ce que je dis aux parents hésitant à aller vivre en ville par peur de ces désavantages : il est vrai que l’on trouve des clubs de strip-tease en ville, mais les banlieues n’échappent pas à la pornographie. Il y a de nombreux sans-abris en ville, mais les banlieues aussi ont des foyers brisés. Si drogues et violence semblent courantes en ville, les banlieues cachent ces mêmes choses derrière leurs jolies façades. Le monde entier est soumis à la malédiction du péché, les banlieues n’y échappent pas. Nous découvrons de plus en plus que notre environnement, plutôt que d’être un obstacle, aide nos enfants dans leur chemin de foi. Bien qu’ils n’aient pas beaucoup d’amis chrétiens et que l’effectif à l’école du dimanche se compte sur les doigts d’une main, nos enfants sont entourés de l’amour et de l’attention constante de chrétiens plus âgés qu’ils peuvent prendre comme exemple. Oui, nos enfants sont exposés au monde de manière précoce : d’autres religions, différentes orientations sexuelles, la pauvreté font partie de notre quotidien. Mais nous voulons qu’ils choisissent Jésus parce qu’ils réalisent qu’Il est le meilleur chemin, et non pas parce qu’ils ne connaissent rien d’autre. Nous croyons que la vérité brille plus fort que les mensonges et que nos enfants trouveront plus d’occasions d’aimer Dieu et leur prochain s’ils sont exposés au monde, pas l’inverse.

Des bénédictions uniques La ville est également source de bénédictions uniques ! Nous vivons dans un petit appartement, ce qui nous donne souvent l’opportunité de partager, et d’être simplement ensemble. Nous n’avons aucun long trajet à faire, ce qui nous donne plus

de temps en famille. Nous nous déplaçons partout à pied, car tout est proche de chez nous, du coup cela nous fait faire de l’exercice au quotidien. N’ayant pas notre propre jardin ni notre piscine, nous rencontrons beaucoup de nos voisins dans les parcs et les piscines publiques du quartier, ce qui est parfait pour notre ministère comme pour notre vie sociale. L’école des enfants, notre église, le supermarché, la pharmacie sont tout près de chez nous. Nos enfants peuvent découvrir différentes cultures du monde en faisant simplement le tour du quartier : d’un côté Chinatown, de l’autre la Petite Italie. Nous profitons aussi de la richesse culturelle de vivre près de musées de renommée internationale et de festivals gratuits. À Montréal, aller à l’opéra les jours à prix réduit est moins cher qu’une sortie en famille au cinéma !

Oui, nos enfants sont exposés au monde de manière précoce : d’autres religions, différentes orientations sexuelles, la pauvreté font partie de notre quotidien. Mais nous voulons qu’ils choisissent Jésus parce qu’ils réalisent qu’Il est le meilleur chemin, et non pas parce qu’ils ne connaissent rien d’autre. N’aurais-je pas pitié de la grande ville ? Aujourd’hui, nous aimons notre vie en ville, mais c’est grâce au travail que Dieu a fait dans nos cœurs au fil des années. Ni mon mari ni moi n’avons grandi en ville et pour être honnête, auparavant je n’aimais même pas visiter les villes. Je me sentais bien mieux dans ma charmante petite communauté où j’avais de l’espace, et personne pour venir me déranger. Toutefois, se peut-il que mon confort ne soit pas le but ultime de Dieu ? Nous


j e m’a bon n e au m aga zin e Merci de cocher l'une des cases suivantes : p Oui ! Je souhaite recevoir le magazine Focus Famille. Voici mon don de $ pour vous aider (découvrez les différentes options pour donner ci-dessous). p Oui ! Je souhaite recevoir le magazine. Je ne suis pas en mesure de faire un don pour vous aider pour le moment. NOM

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Emily Morrice est femme de pasteur, maman et auteur. Elle vit dans le quartier du Plateau-Mont-Royal à Montréal. Quand elle ne s’occupe pas de ses trois petits, elle aime lire, cuisiner et profiter des fameux cafés de sa ville. Elle aime son église, l’Église du Plateau, les voyages en famille et l’inimaginable grâce de Dieu. Vous pouvez lire son blogue ournestinthecity.com et la retrouver sur Instagram @emmorrice. Tous droits réservés © 2016 par Focus on the Family Canada

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avons compris que Dieu voulait peut-être que nous quittions notre zone de confort, et nous avons réalisé que le suivre peut vouloir dire le suivre dans un endroit inconnu, et même effrayant. Quand Jonas a fui la présence de Dieu après avoir été appelé à prêcher à Ninive, la grâce et l’amour de Dieu pour les perdus ont vite écrasé ses peurs et son rejet des ninivites. « Et moi, je n’aurais pas pitié de Ninive, la grande ville ? » a demandé Dieu à Jonas (Jonas 4.11). En tant qu’adulte, je me suis rendu compte que Dieu n’a jamais demandé à ses prophètes ou à ses disciples où ils se sentaient le plus confortable pour les y envoyer. Ceux qui suivent Jésus ne sont pas appelés à une vie tranquille, et avoir des enfants ne nous exempte pas de cet appel. La plupart d’entre nous font leurs choix de vie les plus importants par défaut, en se basant principalement sur leurs propres désirs. Mais qu’en serait-il si nous nous laissions guider par l’appel à évangéliser que nous a donné Jésus et par son commandement d’amour ? Nous ne deviendrons pas tous missionnaires, et ne nous installerons pas tous dans les grandes villes, mais nous espérons que beaucoup se joindront à nous, sur ce champ de mission largement délaissé. Notre famille se porte à merveille et il y a encore énormément de travail à faire ici pour le royaume de Dieu !

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Ce site web est conçu pour s’adapter à votre emploi du temps chargé. Vous choisissez les leçons et activités que vous préférez, ainsi que le moment idéal de votre journée. Les histoires bibliques, jeux, prières et activités manuelles vous permettront de transmettre à vos enfants la passion de suivre Jésus.

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f oi et p arentalit É

Gardez le souvenir

des empreintes de Dieu C omment créer u n « j o u rnal de foi » po u r vo s enfant s .

pa r r e ne e gray-w il bu rn

L

L’un des plus beaux cadeaux que j’ai jamais reçus, c’est le journal que m’ont offert mes parents le jour où j’ai quitté la maison. À chaque page, des mots écrits de la main de ma mère retraçaient la manière dont Dieu avait jusque-là répondu à leurs prières pour moi, la façon dont Il m’avait guidée dans les moments difficiles, et comment cela avait fait grandir ma foi en lui. Au moment de faire mes premiers pas de jeune fille indépendante, ce carnet a renforcé ma confiance en Dieu et m’a donné une vraie sécurité face à l’avenir. En gardant la trace des empreintes de Dieu dans la vie de vos enfants, vous leur créez un véritable patrimoine spirituel. Et pour garder ces traces, rien de mieux qu’un « journal de foi ». Notez-y les bénédictions de Dieu, et vos enfants pourront ensuite voir combien la main de leur Père céleste les a conduits à travers les temps difficiles ou troublés de leur vie, et combien Il a toujours pourvu à leurs besoins. Ce journal aidera vos enfants à vivre avec l’assurance de la présence constante de Dieu à leurs côtés. Si vous écrivez à la main, achetez un beau carnet relié qui fera un précieux souvenir. Vous pouvez aussi choisir de taper ces souvenirs sur votre ordinateur, en utilisant un programme spécifique ou en créant votre propre présentation. Il sera alors probablement plus prudent d’imprimer votre journal électronique au fur et à mesure pour éviter de perdre vos données. Notez les événements ou expériences lors desquels Dieu était

visiblement à l’œuvre dans la vie de vos enfants. Vous pouvez par exemple y inclure : • Un besoin concret auquel Dieu a pourvu. • Le réconfort et la paix accordés par Dieu à un moment donné. • La protection ou les guérisons visibles de Dieu. • Les réponses reçues par votre enfant à ses prières. • Les moments importants de sa croissance spirituelle. N’hésitez pas à rappor ter de petits événements qui paraissent insignifiants. Si Dieu en fait partie, ça vaut le coup. Vous ne savez pas ce qu’Il peut utiliser pour construire la foi de votre enfant. Si vous commencez tôt, vos enfants auront de nombreux souvenirs sur lesquels méditer… des souvenirs qui serons autant de témoins de l’amour de Dieu envers eux. Et s’ils sont déjà adolescents, n’hésitez pas à inclure dans votre journal des événements de leur enfance. Vous pourrez leur offrir ce journal le jour de leur remise de diplôme, ou pour leur mariage. Cela les aidera à entamer cette nouvelle étape de vie avec un trésor de souvenirs contant la fidélité de Dieu. Renee Gray-Wilburn vit dans le Colorado et a écrit des journaux de foi pour ses trois enfants. Cet article a été publié sur le site Focusonthefamily.ca. Tous droits réservés © 2007 par Focus on the Family. Utilisation autorisée.

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n e i t é r h C ? o l o c é et

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f ocus f amille . ca


P o u r q u oi le s c h rétien s devraient- il s s e s o u cier de l’ environnement ?

- pa r d ominiqu e ou rl in -

J

J’ai toujours passionnément aimé la nature. Cela est certainement dû au moins en partie au fait que j’ai eu le privilège de passer une partie de mon enfance dans la ferme de mes grandsparents et de ma tante. Je suis étonné de voir combien, avec l’âge, il m’arrive de plus en plus souvent de sentir une odeur, voir un paysage ou entendre un son qui me ramène près de quarante ans en arrière à Vauguières, petite commune en bout de piste de l’aéroport de Montpellier, dans le sud de la France où se trouvait la ferme familiale. Cet amour de la nature m’a toujours donné le goût de vouloir respecter tout ce qui la touche, et de ne jamais la prendre pour acquise. Cela ne fait pas de moi un écologiste ni un environnementaliste, mais certainement quelqu’un qui se sent concerné par la façon dont nous traitons la création. Je ne suis nullement qualifié pour aborder un tel sujet sur le plan technique et pratique. Permettez-moi cependant de partager quelques remarques avec vous alors que je réalise de plus en plus combien nos choix quotidiens ont une incidence directe sur l’équilibre de notre monde.

Dieu est-il écolo ? Les chrétiens ont souvent été accusés d’avoir largement contribué à la mentalité laxiste qui a régné sans partage jusqu’à récemment dans nos sociétés modernes quant à la gestion des ressources naturelles. La Genèse ne dit-elle pas : « Dieu les bénit et Dieu leur dit : “Soyez féconds, multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la. Dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel et sur tout animal qui rampe sur la terre” (Genèse 1.28). » On a en effet longtemps compris la domination sur la nature dans le sens de son exploitation. Descartes, philosophe du 17e siècle, considérait que l’homme est « maître et possesseur de la nature ». Tout devait servir à ses desseins. La rentabilité seule comptait. Nous voyons aujourd’hui où cela a mené nos sociétés : dégradation de la santé de la nature, extermination de bien des formes de vie, dépérissement des forêts, exploitation des matières premières et autres richesses des pays du tiers monde, aggravation de la pauvreté et des injustices sociales…

Certes, le langage employé dans la Genèse est très fort : soumettre, dominer. Mais cette phrase doit se comprendre par opposition aux religions ambiantes qui vouaient un culte à la nature et l’idolâtraient. Elle signifierait en fait : la nature n’est pas Dieu, car l’homme est placé au-dessus d’elle. En Israël, le roi était appelé à dominer, mais il était aussi appelé « berger » de son peuple. Dominer n’est pas être tyran, mais berger. La domination sur la nature implique le respect de la nature et de son équilibre. On ne peut prétendre honorer et respecter Dieu sans honorer et respecter l’homme ; on ne peut honorer et respecter Dieu et l’homme sans honorer et respecter la nature. Il est une autre raison pour laquelle les chrétiens se sont, à tort me semble-t-il, souvent désintéressés de la question écologique. Je veux parler de leur vision de l’avenir selon laquelle le monde va aller de mal en pis et que la terre est de toute façon destinée à la destruction et au jugement. Personnellement, je crois que cela est conforme à l’enseignement de la Bible. Mais cette conviction ne justifie en rien de se désintéresser du sort de la planète, bien au contraire. En effet, chacun est appelé à aimer Dieu et son prochain. Dans ce contexte-là, comment peut-on être indifférent au devenir de la nature, alors que nous sommes tellement dépendants d’elle ? Et que dire de nos enfants et petits-enfants, pour ne parler que d’eux ?

Question de motivation Si beaucoup parlent d’écologie au nom de la survie et de l’instinct de conservation, ce qui est certainement fort louable, je suggère que, pour le chrétien, c’est tout simplement au nom de l’amour – de Dieu, de son prochain, de sa création, des générations à venir – qu’il ne peut être insensible à ce qui touche à l’environnement. Une telle motivation devrait suffire à faire de lui un « vert » (après tout, c’est la couleur de l’espérance !) plus que tout autre. Peut-être pas de manière tapageuse et militante, mais certainement de façon discrète et efficace dans son quotidien. Frédéric Baudin, auteur et conférencier, écrit ceci : « Nous savons, en tant que chrétiens, qu’il n’y a pas (et qu’il n’y aura pas) d’écologie parfaite. Nous ne croyons pas que l’homme

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sera capable d’établir le règne de Dieu sur terre, grâce à son intelligence, son habileté technique, ni même grâce à ses mesures de protection de l’environnement ou pour assurer un développement durable. Nous devons rester vigilants et dénoncer la réalité du mal, comme nous devons aussi dénoncer l’utopie du progrès, de la productivité, ou de l’écologie qui nous délivreraient de ce mal ancré dans le cœur de l’homme… Nous ne sommes pas pour autant contre le progrès ou l’évolution des techniques qui nous procurent un certain confort ! Mais ce confort, sans Dieu, peut être un piège, dès lors qu’il nous conduit à ne plus reconnaître en Dieu notre Créateur, dont nous demeurons dépendants (cf. Deutéronome 8). Ce confort peut aussi nous donner l’illusion que notre pouvoir sur la création et les créatures est sans limites. L’annonce de l’Évangile, la conversion des hommes et des femmes à Dieu, un véritable changement de comportement dans tous les domaines de notre vie, peuvent atténuer les effets du mal, tant parmi les êtres humains que dans la nature. La création tout entière sera ainsi mieux respectée. Notre éthique de la création n’apportera sans doute qu’une amélioration partielle. Dieu seul reste souverain pour régénérer cette terre, pour “créer de nouveaux cieux et une nouvelle terre”. Cela ne doit pas nous empêcher de combattre le mal sous toutes ses formes, d’être sensibles à notre environnement, dans une authentique perspective chrétienne, en communion avec Dieu. Car prendre soin de la création, dans le temps présent, c’est aussi une façon d’aimer Dieu et notre prochain… »

Prendre soin de la création, dans le temps présent, c’est aussi une façon d’aimer Dieu et notre prochain. « C’est parce qu’il croit en Dieu, créateur, et qu’il se sait responsable devant Dieu de la bonne gestion de sa création que le chrétien ne peut être un exploiteur de la nature, insensible aux conséquences écologiques de son exploitation. C’est parce qu’il est témoin de l’évangile d’amour du prochain et qu’il se sait solidaire de tous les êtres de la planète, aujourd’hui et demain, qu’il ne peut utiliser la nature à son profit exclusif et l’exploiter de façon égoïste… Il y va, dans cette responsabilité écologique, des valeurs proprement bibliques et évangéliques. Elles tiennent à la reconnaissance de cette terre comme création de Dieu, mais aussi comme lieu où veut se manifester déjà, par des gestes, des actions, des comportements, des paroles qui soient significatifs, le Royaume de Dieu annoncé par les prophètes et par Jésus. »

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Saluons en passant des initiatives telles que celles de l’association internationale A Rocha qui a pour but de mettre en évidence les relations entre les activités humaines et l’état de l’environnement et de contribuer activement à la restauration du lien entre l’Homme et la Nature. Les activités de recherche privilégient les sujets qui apportent des éléments scientifiques nécessaires aux initiatives de conservation. Son équipe agit sur trois volets : l’accueil et la sensibilisation du public aux questions liées à l’environnement, les études scientifiques sur la faune, la flore et les écosystèmes, les actions de gestion et protection de sites sensibles ou menacés.

Par où commencer ? Comment, dans la simplicité, concrétiser cet amour et ce respect profond que nous devons au Créateur par la façon dont nous traitons sa création ? Il y a sans doute mille manières de le faire, mais toutes commenceront par de petits pas : • La façon de traiter son jardin – et celui des autres. • Le choix d’un véhicule en fonction de sa propreté autant que faire se peut. • La façon dont nous utilisons les ressources naturelles (eau, électricité…) en évitant le gaspillage non seulement pour soulager notre facture, mais aussi par égard pour les autres. Je vous laisse le soin de faire l’exercice de penser à quatre ou cinq autres moyens concrets d’y travailler dans votre contexte de vie quotidienne ou de travail.

« Les cieux racontent la gloire de Dieu, et l’étendue céleste annonce l’œuvre de ses mains. Le jour en donne instruction au jour, la nuit en donne connaissance à la nuit. Ce n’est pas un langage, ce ne sont pas des paroles, leur voix n’est pas entendue. Leur trace apparaît sur toute la terre, leurs accents vont aux extrémités du monde, où il a placé une tente pour le soleil. » Psaume 19.1-4

Bien des siècles après ce psaume, celui qu’on appela Saint François d’Assise écrivit un poème célébrant la splendeur de Dieu dans sa création. Durant l’automne 1225, épuisé par la maladie, François s’était retiré à Saint-Damien. Presque aveugle, seul dans une cabane de roseaux, abattu par la fièvre, François composa ce chant d’amour qu’il fit monter vers le Père de toute Création :


Très-Haut, Tout puissant, Bon Seigneur, à Toi louange, gloire, honneur, et toute bénédiction, à Toi seul, ô Très-Haut, ils conviennent, et nul n’est digne de dire ton nom. Loué sois-tu mon Seigneur, avec toutes tes créatures, et surtout Messire frère Soleil, lui, le jour dont tu nous éclaires, beau, rayonnant d’une grande splendeur, et de toi, ô Très-Haut, portant l’image. Loué sois-tu, mon Seigneur, pour sœur la Lune et les étoiles que tu as formées dans le ciel, claires, précieuses et belles. Loué sois-tu, mon Seigneur, pour frère le Vent, et pour l’air et le nuage et le ciel clair et tous les temps par qui tu tiens en vie toutes tes créatures Loué sois-tu, mon Seigneur, pour sœur Eau, fort utile, humble, précieuse et chaste. Loué sois-tu, mon Seigneur, pour frère Feu, par qui s’illumine la nuit, il est beau, joyeux, invincible et fort.

À méditer • La question de l’environnement me semble-t-elle superflue ou importante ? Pourquoi ? • Comment se préoccuper de la question et agir en conséquence sans faire de l’écologie une religion ? • Quels sont certains domaines très pratiques où je peux mieux montrer respect et égard envers la création autant qu’envers les créatures ?

Dominique Ourlin est pasteur au Québec depuis plus de 15 ans, avec son épouse Candy. Il est auteur de deux livres, incluant Vivre tout plus simplement, duquel cet article est tiré. Ses livres sont disponibles sur painsurleseaux.com. Tous droits réservés © 2016 par Focus on the Family Canada

Loué sois-tu, mon Seigneur, pour sœur notre mère la Terre qui nous porte et nous nourrit, qui produit la diversité des fruits, et les fleurs diaprées et l’herbe. Louez et bénissez mon Seigneur, rendez-lui grâces et servez-le, tous en toute humilité !

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Parent céli b ataire

Seuls face à la maladie L e c h oi x incro yable d ’ u ne m è re célibataire s o u ffrant d ’ u n cancer .

- pa r e lsa kok c ol op y -

R

Rashel Ross ne s’est pas tout de suite inquiétée quand elle a senti cette grosseur. Jeune femme active, elle ne pensait pas à la possibilité d’un cancer. Et puis en tant que mère célibataire, elle n’avait pas le temps de penser à sa santé. Le diagnostic de cancer du sein a été un choc. Son fils Maxwell n’avait que cinq ans. Elle s’est sentie submergée par la peur et le désarroi. Que faire ? Avec l’aide de ses nombreux amis, Rashel a pu affronter le traitement tout en consacrant à Max son énergie restante. Elle s’est portée volontaire pour être parente déléguée et a fait tout son possible pour partager du temps seule avec lui. Elle ne voulait manquer aucune occasion avec son fils, même si certains jours elle avait du mal à se déplacer. Pendant cette période chaotique, Rashel s’est rendu compte que beaucoup d’autres patients de l’hôpital n’avaient pas le même soutien qu’elle. Elle voyait leur peur et leur solitude ; leur douleur lui brisait le cœur. Mère célibataire se battant contre un cancer, elle avait toutes les raisons de se centrer sur elle-même, mais son cœur était si lourd en pensant à tous ces autres patients. Elle s’est souvenue de la décision qu’elle avait prise après être devenue parente célibataire : je m’engage complètement dans mon rôle de parent et je m’engage aussi complètement dans la vie, quoi qu’il arrive. Elle devait faire quelque chose pour les aider. Un de ses amis a eu l’idée de créer la Fondation Rashel, qui a ouvert ses portes alors que Rashel était encore sous traitement. Son but était de jouer le rôle d’une église dans cette ville pour ceux qui avaient un cancer. Les gens exposaient leurs besoins et la fondation les mettait en lien avec des bénévoles qui pouvaient les aider à faire le ménage, payer leurs factures ou les conduire à l’hôpital… Lorsque Rashel commença à se remettre, elle conduisit d’autres patients à leurs séances de chimiothérapie. Max adorait ces trajets. Ayant l’habitude des personnes malades, il n’était pas intimidé par les bombonnes d’oxygène, les fauteuils roulants ou les têtes chauves. Il s’asseyait à l’arrière et lançait des sujets de conversations qui n’avaient rien à voir avec le cancer et avec le charme de son enfance, il les faisait tous fondre.

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Cinq ans se sont écoulés depuis l’annonce de sa maladie. Rashel a récemment fermé la fondation pour mieux se concentrer sur son fils, mais avec Max ils continuent de faire ce qu’ils peuvent pour aider les autres. Max a développé une profonde compassion qui continue à illuminer des vies autour de lui. Pour Rashel et Max, la Fondation Rashel a été un cadeau, l’occasion d’oublier leurs préoccupations quand eux même étaient dans la douleur. À travers cela, ils ont pu se dépasser et servir ceux qui étaient dans le besoin autour d’eux.

La boite à outils du parent célibataire Le meilleur moyen de se sentir mieux soi-même est parfois d’aider ceux qui souffrent comme nous. Quelle que soit votre histoire, vous avez de très belles choses à offrir aux autres. Si vous souhaitez tendre la main aux gens autour de vous, voici quelques étapes pour vous y aider :

• restez connecté. Avant d’aider les autres, il est important d’avoir soi-même un bon réseau de soutien. Développez des amitiés au sein de votre église locale et investissez-vous dans ces relations. • parlez-en à un mentor. Que ce soit un pasteur ou un autre parent célibataire, parlez à quelqu’un en qui vous avez confiance et demandez-lui où il vous verrait bien servir. Vous avez peut-être un don pour écouter, gérer un budget ou servir à table. Toutes les compétences peuvent être transformées en opportunités d’aider quelqu’un. • demandez à dieu. Il nous a créés pour servir les autres et Il a un plan pour vous et vos enfants. Demandez-lui comment vous pouvez être utile et attendez qu’une porte s’ouvre.

Cet article a été publié dans le numéro de juillet-aout 2010 du magazine Thriving Family sous le titre « Rashel’s Choice ». Tous droits réservés © 2010 par Elsa Kok Colopy. Utilisation autorisée.


a i f t s q a u oi u T

vie intentionnelle

ce samedi ?

C omment compter vo s j o u r s po u r vivre pleinement c h a q u e in s tant.

illustration par inca siojo

J

pa r j im daly

Je n’ai jamais aimé les chaines de courriels. Mais il y a quelques années, un ami m’a envoyé un courriel de ce type qui m’a vraiment parlé. Après l’avoir lu, j’ai commencé à perdre la boule… ou la bille devrais-je dire. Laissez-moi vous expliquer. Le courriel racontait l’histoire d’un homme qui adorait les samedis. Un jour, il s’est demandé combien de samedis à peu près il lui restait à vivre. 52 samedis par an multipliés par l’espérance de vie moyenne de soixante-quinze ans : 3900. Ayant déjà cinquante-cinq ans, il en avait déjà vécu une bonne partie, et il lui en restait donc environ 1000. Décidé à profiter vraiment de ses samedis restants, il a acheté un grand pot en verre qu’il a rempli de 1000 billes. Chaque samedi, il ouvrait son pot pour jeter une bille à la poubelle. Ainsi, il se souvenait du temps qui passe et du cadeau que représente chaque jour. J’ai aussitôt été m’acheter mon propre pot rempli de billes. Comme l’homme de cette histoire, j’en enlève une chaque samedi. Évidemment, il n’y a que le Seigneur qui sait combien de samedis il me reste à vivre. Mais cela m’aide en me donnant un rappel visuel des jours qui passent. Ce pot de billes me rappelle que le temps que j’ai à passer avec ma famille n’est pas illimité, il ne me reste qu’un certain nombre de samedis avant que mes fils terminent l’école secondaire et encore quelquesuns de plus avant qu’ils partent à l’université. Le temps nous file entre les doigts à toute allure !

Il y a quelque temps, après un voyage d’affaires, j’ai passé une longue fin de semaine en famille. Quand je suis retourné au bureau, mes collègues m’ont posé les habituelles questions : « Tu as passé un bon weekend ? Qu’est-ce que tu as fait ? » Après avoir rapidement passé mes journées en revue à la recherche de quelque chose d’intéressant à partager, j’ai réalisé que j’avais simplement passé quelques jours tranquilles avec Jeanne et les garçons. J’ai alors répondu : « Je n’ai rien fait ce weekend. » Mais plus tard, j’ai repensé à ma réponse. Je n’ai rien fait ? Nous avions fait des jeux de société, lu des livres, nous étions allés à l’église et nous avions partagé de délicieux repas. Nous avions été faire de la luge dehors avant de rentrer prendre un bon chocolat chaud. Cette fin de semaine avait été merveilleuse ! Les événements les plus « excitants » que nous vivons à l’extérieur de la maison ne pourront jamais surpasser les moments que Jeanne et moi partageons avec nos garçons. Si seulement toutes mes billes étaient si sagement dépensées. Jim Daly est le président de Focus on the Family aux États-Unis. Cet article a été publié dans le numéro de mars-avril 2013 du magazine Thriving Family sous le titre « What Are You Doing This Weekend ? ». Tous droits réservés © 2013. Utilisation autorisée.

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Par PIeDS leS Ludivine SUr terre

pleurer Le sort de noTre Monde Aujourd’hui, plus que jamais, le monde a besoin de chrétiens à l’humanité restaurée. par jeremy favreau

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focusfamille.ca

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Le monde ne va pas bien. Certains jours, chaque coup d’œil à mon téléphone semble m’informer d’une nouvelle horreur. Les événements tragiques se multiplient, et en même temps se passent tellement loin de mon expérience personnelle qu’il m’est difficile de savoir comment je dois réagir, et à quel moment je peux retourner à mes moutons. Devrais-je même me laisser affecter ? Une part importante de l’enseignement populaire chrétien nous exhorte à « triompher de tous les obstacles », à « vaincre par la foi » et à « retrouver la joie en dépit des circonstances ». Ces messages semblent dire que la positivité est sœur jumelle de la sainteté, et que la volonté de Dieu est que nous passions à un autre sujet — un sujet plus heureux — dès que nous sommes confrontés à quoi que ce soit de triste ou de malheureux. Mais depuis un certain temps, j’ai mis de côté cette interprétation de la vie chrétienne qui me dicte le bonheur comme étant indéniablement mon plus grand bien. Au lieu de cela, je poursuis une vie spirituelle contemplative : une expression de ma foi plus intentionnelle et profonde, et plus à même de prendre conscience du moment présent — qu’il s’agisse d’un moment de joie ou de tristesse, de célébration ou de deuil. En raison de ce changement intérieur, qui transforme de plus en plus ma façon de voir et d’agir au quotidien, je ne cherche plus à passer le plus rapidement possible


Le deuil est un don de Dieu ; un don nous permettant de retrouver, un pleur à la fois, la véritable humanité enfouie au fond de nos êtres. des sujets tristes à des sujets plus joyeux. Je me permets de ressentir plus profondément la douleur qui se doit d’accompagner un événement tragique ou un sujet douloureux, et j’invite le Saint-Esprit à faire monter en moi une intercession pour les personnes et les communautés affectées. Et je gémis aussi en unisson avec l’Esprit Saint qui pleure la souffrance d’un monde subissant les conséquences de son éloignement de Dieu. Par le passé, je p ouvais lir e les actualités, ou même voir la souffrance humaine de mes pr opr es yeux, et facilement m’en distancer. Je pouvais, sans remords de conscience (ou presque), justifier mon désintérêt par toutes sortes d’arguments aussi légitimes les uns que les autres si l’on en croit les mœurs actuelles. Mais puisque je me dis disciple de Jésus Christ, et par ce fait complice de son projet de restauration global, je ne peux pas me permettre de partager la pensée populaire. Je dois incarner les valeurs du Royaume de Dieu, surtout en ce qui a trait à la valeur humaine. Je dois voir différemment, ressentir différemment, prier différemment et agir différemment. Ce n’est pas parce que je désire être une « élite spirituelle », gagner des points face à Dieu ou même faire de moi-même un meilleur chrétien. Je veux simplement honorer mon Créateur en étant un meilleur être humain. Au lieu d’être un homme de mon temps, autocentré et seulement soucieux de mon propre bonheur, je désire retrouver la capacité de pleurer avec ceux qui pleurent et le courage de ressentir la souffrance dans le monde, qu’elle me touche de près ou de loin. Je veux me laisser toucher par le flux de l’humanité, sensible et soucieux des besoins de ceux qui m’entourent

(Marc 5.24). Je veux être un signe avantcoureur, par mon humanité restaurée dans le présent, de l’avènement d’un monde meilleur où la guérison que Jésus a procurée par sa mort et sa résurrection effacera au final toute larme de nos yeux (Apocalypse 21.3). Cette restauration est la manifestation, imparfaite dans le présent, de l’espérance absolue qui nous attend dans le futur. Car « la fin du monde » ne signifie pas l’heure de sa destruction, mais plutôt le moment de son renouvellement. Le moment où, selon l’expression de l’apôtre Paul, la création entière sera « elle aussi libérée de l’esclavage de la corruption pour prendre part à la glorieuse liberté des enfants de Dieu » (Romains 8.21). C’est la restauration des chrétiens aujourd’hui qui garantit cette espérance. Jacques nous appelle « les prémices de ses créatures » (1.18), les preuves vivantes du grandiose projet de restauration de Dieu. Chaque manifestation d’amour, de bonté et de miséricorde concrétise ce témoignage. Mais aussi chaque pleur, chaque indignation face au mal et chaque acte de résistance envers la déshumanisation sous toutes ses formes. C’est pourquoi il est d’une importance critique pour les chrétiens de ralentir le pas, suffisamment pour prendre conscience de la souffrance qui les entoure. Nous devons investir suffisamment de temps à contempler Dieu et le mystère de son amour, pour pouvoir réaliser la valeur de chaque être humain créé à son image — et l’immensité de la perte lorsqu’une vie succombe à une mort prématurée. Et ce n’est pas tout. Toute chose créée par Dieu est d’une valeur incalculable, pour ceux qui savent voir. Alors que Dieu réveille notre sensibilité, nous valoriserons de nouveau son reflet dans les rivières, les animaux et les

plantes ; dans toute la création sans exception. Et nos cœurs seront brisés pour tous les abus que nous infligeons à ces œuvres de ses mains. Car le deuil est un don de Dieu ; un don nous permettant de retrouver, un pleur à la fois, la véritable humanité enfouie au fond de nos êtres. Lorsque nous pleurons le sort de notre monde, nous annonçons d’une voix forte l’existence d’un monde meilleur. Lorsque nous cœurs s’affaissent devant l’horreur d’une vie perdue, nous déclarons que la vie a un sens. Nous refusons de croire que la paix et l’amour ne sont que des chimères. Au contraire, nous consacrons chaque jour comme étant un don de Dieu pour faire avancer la paix et l’amour, et nous célébrons la vie dans toute sa richesse. Cette semaine, j’ai pleuré. J’ai pleuré les dernières attaques terroristes qui sans cesse se multiplient. J’ai pleuré en lisant le récit d’un homme esseulé dans ma propre ville. Cette semaine, j’ai aussi étendu la main pour relever un homme confus, allongé le long de mon chemin. Je ne sais pas quelles nouvelles je serai appelé à lire demain, ou quelles rencontres je pourrai bien faire, mais je sais que mon cœur doit être attendri si je veux répondre à la souffrance du monde avec la tendresse que seul le Père porte pleinement en Lui. Retrouver notre sensibilité, c’est retrouver notre humanité, et c’est une étape indispensable pour réellement Lui ressembler. Jeremy est le rédacteur en chef de Focus Famille. Originaire du Québec, il réside en ColombieBritannique depuis maintenant 5 ans. Lui et Selene sont parents de trois petits garçons. Tous droits réservés © 2016 Focus on the Family Canada Association.

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