Info Ixelles Elsene 07-08/2021

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Dossier

Le commerce local en un clic et deux coups de pédale Fin 2020, la plateforme ixelloise MaZone a rejoint le projet régional mymarket. Objectifs : soutenir le commerce local à travers la vente en ligne, le coaching digital et l’organisation de livraisons à vélo.

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Alimentation, textiles, artisanat, librairies,… mymarket regroupe de multiples secteurs.

Le 18 mars 2020, en plein pic de pandémie de Covid-19, la Belgique entre dans un premier confinement. Mot d’ordre : "Restez chez vous !". Les rues et les parcs se vident, les magasins "non essentiels" baissent le rideau, tout comme les théâtres et autres lieux culturels. La Commune d'Ixelles se mobilise aussitôt pour venir en aide à la population, sur différents fronts : un appel à bénévoles pour la confection de masques, un Call Center pour répondre aux questions des citoyen·ne·s, une Web-TV pour maintenir les liens sociaux, ou encore la mise en place d’une plateforme pour soutenir le commerce local : MaZone (un clin d’œil à la célèbre multinationale de vente en ligne presqu’éponyme). Ce projet est né en collaboration avec Groupe One, une organisation qui facilite la transition vers une économie durable, et Urbike, une coopérative de cyclo-logistique qui organise des livraisons à vélo. Plusieurs enseignes ont rapidement répondu à l’appel : Jungle Lab, Ready to Fix, Hopono, Nanuk ou encore Les gros mots. L’objectif était d’améliorer la visibilité en ligne des commerces locaux et de les accompagner dans le déploiement de leur activité d’e-commerce, avec livraison à vélo en période de Covid. L’initiative a permis de mobiliser plus de 30 magasins à Ixelles. Rapidement, Saint-Gilles et Woluwe-Saint-Pierre s’y associent. Fin 2020, MaZone fusionne avec une nouvelle plateforme soutenue à l’échelle de la Région bruxelloise : mymarket, développée par l’agence digitale solidaire et la Commune d’Uccle. "Mymarket propose l’accès à la plateforme en ligne (www.mymarket.brussels), les livraisons à vélo et un coaching commercial", explique Eve-Anne Henskens, coordinatrice de projet chez Groupe One.

"Les commerçant·e·s peuvent choisir une ou plusieurs de ces trois offres. La plateforme est facile d’utilisation mais nous proposons, par ailleurs, un accompagnement personnalisé à celles et ceux qui le souhaitent. Cela permet à certain·e·s de développer de nouvelles compétences en matière de visibilité en ligne". Alimentation, textiles, artisanat, librairies, … mymarket regroupe de multiples secteurs.

Entraide Sunshine, une boutique en ligne de vêtements bio, fait partie des commerces qui ont rejoint la plateforme mymarket. "Ce projet nous a permis de rebondir lors de l’épidémie mais aussi d’échanger avec d’autres entrepren·eur·euse·s, de nous entraider", explique Thomas Dekaise, un des fondateurs de Sunshine. "On s’est senti moins seul·e. C’était aussi l’occasion de réinventer des modes de fonctionnement et d’augmenter notre visibilité". Sunshine fait donc appel aux coursiers et coursières d’Urbike qui bénéficient de conditions de travail décentes (statut d’employé·e, matériel fourni, horaires de travail, protection en cas d’accident etc.), contrairement à d’autres organismes de livraisons à deuxroues. "Regrouper les livraisons de plusieurs commerces a permis d’obtenir des tarifs et un niveau de service pouvant rivaliser avec ceux des services en camionnettes, à savoir 5,4 euros par livraison", précise Eve-Anne Henskens. Hopono propose pour sa part des articles de décoration, des bijoux et des accessoires. La boutique dispose déjà de son propre site Internet qui présente ses quelque 1.500 produits. C’est donc surtout les livraisons à vélo qui intéressent les patrons d’Hopono.