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IWACU N°487 – Vendredi 13 juillet 2018 – 2000 Fbu Quartier INSS, Avenue Mwaro n°18 Bujumbura - Burundi Tél. : 22258957

Burundi-UE

Le Parlement européen enfonce le clou © Droits réservés

POLITIQUE Interview avec Pierre-Claver Nahimana

ÉCONOMIE P.4

Le corridor central, moins cher mais…

AU COIN DU FEU P.7

Pr Joseph Gahama

P.11


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LA DEUX Editorial

Vendredi, 13 juillet 2018 - n°487

Par Léandre Sikuyavuga Directeur des rédactions

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Rencontre des ministres chargés de l’Intégration au sein l’EAC prévue le 14 juillet Cette session va clôturer la 28ème réunion du Conseil sectoriel des ministres de la Planification et de l’Intégration dans la CEA. Inaugurée le 10 juillet, elle avait pour objectif d’analyser le rapport sur l’état des lieux de la mise en œuvre du protocole portant la création du marché commun. Les sessions des experts et des secrétaires permanents ont été aussi ténues conformément aux statuts de la communauté.

Semaine de la diaspora du 24-27 juillet à Bujumbura Au programme de l’édition de cette année, des conférences et expositions sont prévues en date du 24 au 25 juillet. Les deux dernières journées seront consacrées aux visites des lieux touristiques et sites de projets.

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our avoir remporté le meeting suisse de Lausanne du 5 juillet. Elle a signé son meilleur chrono de la saison (1’57’’ 80).

En baisse

Burundi Events © Droits réservés

umuri », le flambeau. C’est ce nom élogieux que l’on donne à un universitaire. Tout un symbole. Pour les Burundais, un universitaire devrait être un modèle de la société, un éclaireur de ses petits frères et parents laissés à la colline. Il est supposé avoir une formation, des compétences et une largeur de vue et surtout de la hauteur qui le démarquent du reste de la population. Cependant, l’intolérance politique qui s’installe dans les campus ces derniers temps suscite des doutes quant à leur mission d’éclaireur. Au campus Mutanga des tracts menaçants ont été trouvés en début de semaine . On pouvait lire notamment  : «  Des irréductibles sont très nombreux à l’Université du Burundi. Nous allons vous redresser quoi que vous fassiez. Celui qui ne veut pas s’aligner n’a pas de place ici.» Pour les étudiants qui ont trouvé ces tracts devant leurs portes, les commanditaires seraient des jeunes étudiants affiliés au parti au pouvoir. «Ceux qui ont écrit ces tracts seraient du Cndd-Fdd dans le but d’intimider ceux qui n’adhèrent pas à leurs idéaux ». Deux camps s’opposent donc dans un même campus. Certes, les étudiants ont le droit d’appartenir aux formations politiques de leur choix. Partout au monde, l’université est le lieu par excellence pour le combat des idées. Le Burundi a opté pour la démocratie comme système de gouvernance. Celle-ci est fondée sur l’acceptation et le respect d’autrui. La tolérance des droits fondamentaux et les libertés de ceux dont on ne partage pas les points de vue. Du reste, un adversaire politique n’est pas un ennemi. Il est triste que des étudiants, ces « éclaireurs » ne comprennent pas ou ignorent sciemment ces principes de base de toute démocratie. Les responsables politiques doivent aller vers ces étudiants pour leur expliquer qu’ils ont l’obligation de pratiquer la tolérance dans leurs propos et dans leurs actes. Les autorités universitaires, elles, ont l’obligation de décourager la politisation malsaine de cette institution. La diversité, le pluralisme politique ne représentent ni une menace, ni un danger. Ainsi, elles auront joué réellement leur rôle de former des élites qui portent le flambeau qui éclaire et non la torche qui incendie.

Ce samedi 14 juillet, l’équipe nationale de football junior croise le fer avec celle de la Zambie. C’est dans le cadre du troisième tour des éliminatoires comptant pour la coupe d’Afrique des nations des moins de 20 ans. Elle se tiendra au Niger du 24 février au 10 mars 2019.

Francine Niyonsaba © Droits réservés

Eliminatoires de la Can U20, Burundi Vs Zambie à Lusaka Le flambeau et non la torche !

En hausse

Sur le vif

En coulisse

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our avoir failli à sa mission d’organiser la compétition Miss Burundi édition 2018, initialement prévue le 21 juillet.

ANNONCE

COMMUNIQUE : CONCOURS SPECIAL Le Centre Africain d’Etudes Supérieures en Gestion (CESAG) basé à Dakar, au Sénégal, lance un appel spécial pour le recrutement, par voie de concours, de candidats aux diplômes de Licence, de Master et de MBA (ancien DESS) pour la rentrée académique 2018-2019:

Un chiffre

3% Est le taux de séroprévalence en mairie de Bujumbura

Source : Ministère de la Santé Une pensée

Lieu de retrait des dossiers de candidature : Siège du Centre National de Transfusion Sanguine (CNTS), Avenue des EtatsUnis, près de la Croix-Rouge Burundi, moyennant un montant de 10.000 F CFA soit seize (16) euros correspondant aux frais de traitement du dossier.

Ou par téléchargement sur le site du CESAG : www.cesag.sn •

Date limite de dépôt des dossiers : 20 juillet 2018

Pour tout autre renseignement, contacter Docteur Jean Bosco

NDUWARUGIRA, Email : jeanbosconduwa@gmail.com ; Tél : 77 844 887 / 76 920 612.

www.iwacu-burundi.org – abakunzi@iwacu-burundi.org

« La démocratie est, comme tout régime politique, mortelle. Elle doit certes s’ouvrir et devenir plus tolérante, mais également se défendre en protégeant ses valeurs fondamentales et en combattant l’intolérable » Yves-Charles Zarka, professeur de philosophie politique


L'ÉVÉNEMENT

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Encore une résolution qui dérange © Droits réservés

Le parlement européen a adopté une résolution sur le Burundi. Il dresse un tableau plutôt sombre de la situation qui prévaut au Burundi. Bujumbura crie à la calomnie

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’est un réquisitoire sévère. Impunité permanente, exécutions sommaires, torture, disparitions forcées et détentions arbitraires, le pouvoir législatif européen exprime sa profonde préoccupation. Le bilan de la crise qui débute en 2015 est alarmant. Il évoque notamment quelques 1,67 million de personnes ayant besoin d’une aide humanitaire et de plus de 410 mille réfugiés. Pour cette institution, pas question de se laisser distraire par le discours du président annonçant son retrait en 2020. La CPI doit poursuivre son enquête préliminaire. Il y a risque que la crise politique actuelle ne se transforme en un conflit ethnique. La preuve : des discours de

Le parlement européen en plein débat sur la situation du Burundi

haine indiquant « Les opposants, les membres de la société civile, les journalistes et les Tutsis comme des «ennemis du régime» qui doivent être éliminés » Il est donc hors de question de reprendre l’aide financière directe, les sanctions doivent être maintenues. Un dégel n’est pos-

sible que s’il y a retour à l’État de droit et à la démocratie. Ce parlement européen va plus loin. Il demande de fermer le robinet pour tout paiement supplémentaire aux contingents burundais engagés dans des missions de maintien de la paix des Nations unies et de l’Union africaine.

Une résolution condamnée par Bujumbura Selon cette résolution, la piste essentielle pour redynamiser le dialogue inter-burundais qui accuse une lenteur serait une reprise urgente des pourparlers de manière inclusive

et sans conditions préalables. Le projet de résolution avait été soumis le 5 juillet. Le débat sur ce draft a eu lieu en fin de semaine dernière au parlement européen. Des députés, à l’instar du Belge, Louis Michel l’ont défendu bec et ongles. Le parlement européen a statué sur l’adoption de la résolution. Il reste toutefois à l’exécutif européen de décider jusqu’où il veut aller dans la prise en compte de cette proposition parlementaire. En tout cas, Bujumbura condamne et parle d’acharnement. Ce groupe de parlementaires européens qui a soumis le projet de résolution sont de mauvaise foi et éludent la nette amélioration de la situation du Burundi. Au sein du parti Cndd-Fdd, on ne décolère pas. Cette résolution n’est qu’une autre preuve de plus du soutien des putschistes par certains cadres européens. Ces derniers ont actuellement du mal à digérer leur défaite et s’amusent à falsifier la vérité sur la situation du pays. Agnès Ndirubusa

Réactions • Willy Nyamitwe : « Ils ont du mal à reconnaître qu’ils se sont trompés »

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e Conseiller principal à la présidence de la République évoque une animosité, vu la teneur de la résolution en question. Selon l’ambassadeur Willy Nyamitwe, on est en droit de s’interroger si la paix, la sécurité et la quiétude qui prévalent au Burundi ne sont pas de nature à déranger certains individus qui ont tout donné et investi dans la déstabilisation du Burundi et qui ont du mal à reconnaître qu’ils se sont trompés dans leurs analyses et qu’ils ont tout simplement échoué.

• Anicet Niyonkuru «  L'argent du contribuable européen ne doit pas renforcer la dictature»

• Agathon Rwasa : «C’est Bujumbura qui donne matière »  Le premier vice-président de l’Assemblée nationale indique que c’est le pouvoir qui donne matière à ceux qui pondent des résolutions en sa défaveur. Selon Agathon Rwasa, les arrestations de ceux qui ont voté non à la révision de la constitution se poursuivent jusqu’à présent. « Pourquoi dresser la liste de ceux qui ont milité pour le non et procéder aux arrestations et aux intimidations si on se dit être un pays des droits de l’Homme.» Il estime que Bujumbura devrait privilégier le dialogue pour régler les tensions avec ses partenaires. .

• Abel Gashatsi : « Les troupes burundaises au service de la sécurité internationale »

Le secrétaire exécutif du Cnared salue « l’initiative et la hauteur d’esprit de ces députés européens » qui ont émis cette proposition de résolution. Anicet Niyonkuru avait encouragé sur twitter tous les députés du parlement européen à voter pour « cette précieuse résolution ». Selon lui, « l'argent du contribuable européen ne doit pas renforcer la dictature. »

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Pour le président de l’Uprona, c’est d’abord dans l’intérêt de la sécurité internationale que les troupes burundaises assurent le maintien de la paix en particulier en Somalie, au péril de leur vie. Abel Gashatsi demande au parlement européen de reconnaître l’amélioration de la situation au Burundi et de ne pas prêter une oreille attentive aux rumeurs et aux médisances. Il encourage cette institution européenne d’aider le Burundi à cheminer vers les élections de 2020. A.N.


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POLITIQUE

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Interview exclusive avec Pierre-Claver Nahimana

«Un dialogue plus sérieux comme à l’époque de Mandela» Le nouveau président du parti du héros de la démocratie, affirme que le Frodebu reste membre du Cnared, la plateforme de l’opposition en exil. Sa formation politique en appelle au dialogue inclusif pour mieux préparer les élections de 2020. Il s’est confié à Iwacu.

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uels seront les grands axes de votre programme pour redynamiser le parti ?

Quid des contributions pour les élections de 2020 ? Les Burundais se trouvent dans une situation financièrement embarrassante. Partout dans le pays, les gens vivent difficilement. Ils ne font que survivre. Vu sous un angle politique, demander ces contributions, c’est montrer la fierté nationale. D’un autre angle, au regard des conditions dans laquelle vivent la population, c’est injustifiable. On ne peut pas donner ce que l’on ne possède pas.

La première chose est nous adapter à l’environnement sociopolitique et économique. Il est très changeant ces dernières années dans le pays. Nous devons absolument mettre en place des stratégies d’adaptation. Dans le cas contraire, on disparaît. Nous allons baser notre stratégie sur la formation de nos militants. En effet, de nos jours les gens entrent en politique en ignorant l’idéologie qu' ils suivent. C’est ce qui est à la base des échecs et des différends dans les partis politiques. Pour cela, nous allons consulter les différents organes du parti pour constituer un plan qui devra comprendre la plupart des actions que nous allons mener durant notre mandat de 5 ans.

Seriez-vous prêt à faire bloc commun avec le gouvernement pour plaider en faveur de la levée ou de l’allègement des sanctions économiques pesant sur Bujumbura ? Il est impossible de plaider dans le vide. Il faut un cadre de négociation inclusif. Une chose est sûre, le Frodebu n’irait pas dans le sens de dire aux bailleurs de durcir les sanctions. Nous demandons fermement au gouvernement de faire tout son possible pour négocier la levée de ces sanctions. Après tout, c’est la population qui en pâtit.

Depuis 2015 le Burundi a basculé dans une crise politique, peut-on toujours dire que la crise perdure actuellement? Au niveau de notre parti nous ne l’analysons pas à partir de 2015. Nous l’analysons à partir des années antérieures précisément avec l’assassinat du président Melchior Ndadaye. Une crise profonde s’en est suivie. Différentes consultations ont été menées pour résoudre cette crise de confiance. Alors les évènements de 2015 sont venus envenimer une situation qui n’était pas encore dissipée. Lorsqu’on est allé à Arusha, l’objectif était de trouver une vision commune permettant aux Burundais de trouver des solutions aux problèmes qui minaient le pays. Les éléments de 2015 sont venus s’ajouter à une situation assez compliquée. Tant que le travail de la CVR ne sera pas bien fait et que les différentes couches de la population s’y retrouvent, il sera difficile de maîtriser la situation. En 2015, ce sont les signes des crises antérieures qui sont revenus. Notre société est très fragile. Il serait impensable de dire que tout est terminé. Il y a encore des choses sérieuses à faire pour que le pays puisse retrouver réel-

lement une stabilité politique et sécuritaire durable. Quel est la position du parti par rapport à la reprise du dialogue inter- burundais? Après l’assassinat du président Ndadaye, il y a eu des négociations pour aboutir à des compromis. L’une des étapes emblématiques est la signature de l’Accord d’Arusha. Le conflit que nous connaissons résulte de l’échec de la mise en application de cet accord. Et cela parce que, nous les Burundais avons été incapables de nous l’approprier. Mais aussi les garants dudit accord ont failli à leurs missions. Ils ont carrément abandonné leurs rôles. Après 2015, il y a eu tentative de reprise du dialogue sous la médiation du président Yoweri Museveni et du facilitateur Benjamin Mkapa. Force est de constater que ces deux personnalités n’ont pas la même consistance que Mandela ou Nyerere. D’où l’échec.

Et maintenant, s’il y a reprise de dialogue sous les hospices des mêmes personnalités, sans doutes que le dialogue sera de nouveau un échec. Il faut refondre ce processus et chercher plus de méthodologies. Trouver des personnalités capables de le mener à bon port. Nous voulons que le dialogue reprenne dans des conditions plus sérieuses comme à l’époque de Mandela. Certains soutiennent que seule la feuille de route pour les élections mérite de figurer sur l’agenda des négociations ? Il y a une incompréhension dans l’interprétation de notre position. L’accord d’Arusha est durable dans le temps. C’est une vision pour le développement du pays. Il contient des principes qui devraient guider le Burundi pour son avenir. Nous pouvons faire des élections en 2020 tout en continuant à parler des principes d’Arusha. En attendant un cadre propice

pour débattre cela, notre parti va continuer avec les activités politiques dont les élections de 2020.

L’honorable Agathon Rwasa serait-il sur le point de rejoindre votre formation politique ?

Qu’est ce qui devrait être fait pour que les élections de 2020 se déroulent dans un climat apaisé ?

Je l’ai appris comme tout le monde via les réseaux sociaux. C’est carrément une rumeur non fondée. De nos jours, les gens ont la facilité de publier tout ce qui leur passe par la tête. Il est judicieux de prendre avec des pincettes de telles informations relayées sur les réseaux sociaux.

Il faut l’ouverture d’un espace de dialogue sur cette prochaine échéance électorale. Tous ceux qui s’y intéressent devraient y prendre part. Mais une question reste en suspens. Sous quelle égide se tiendront ses rencontres ? Bien entendu, le gouvernement sera là, mais y aura-t-il des personnalités externes qui y seront conviées. Difficile à dire. Il faut aussi penser aux textes légaux qui organisent les élections. Ils doivent refléter le consensus de tout le monde. En outre, il faudrait qu’on se convienne sur une Ceni crédible, non contestable. Autre fait important : l’environnement politique n’est pas rassurant. Et croire qu’on peut l’assainir avec les élections est pratiquement impossible.

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Le parti Frodebu reste-t-il membre du Cnared, la plateforme de l’opposition en exil ? La question des alliances ou des coalitions est gérée par le conseil des délégués nationaux au sein du parti. C’est l’organe dirigeant entre les deux congrès. La dernière fois que cette instance s’est réunie, l’option était de rester dans cette plateforme. Propos recueillis par Arnaud Igor Giriteka


POLITIQUE

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Communes Makamba et Ndava

Zones d’ombres dans le limogeage des administratifs à la base Sept chefs collinaires, dans la commune Makamba et six autres de la commune Ndava ont été destitués en cascade. Les concernés ignorent les mobiles. Mais certains habitants parlent de mobiles politiques.

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reize conseillers collinaires dans les communes Makamba et Ndava, respectivement en province de Makamba et Mwaro ont été destitués par les administrateurs communaux, la semaine dernière. Du côté de la zone Gitaba, commune Makamba, sur dix collines, cinq conseillers collinaires ont été remplacés. Il s’agit de Prosper Nduwamahoro de la colline Muvumu, Melchiade Nyabenda de la colline Murango, Tharcisse Nimubona de la colline Nyabangwo, Cyriaque de la colline Murambi, Zebédée Ndayambaje de la colline Mahembe. Signalons, que le chef de zone Gitaba a été remplacé par le chef collinaire de Muvumu. Dans la zone Makamba, il s’agit de Rénovat Niyonizigiye de la colline Makamba I. Dans la zone Kabuye, il s’agit de Misago Egide de la colline Nyabigina. Une particularité pour la colline Nyabigina, tous les membres du conseil collinaire ont été limogés. Du côté de la commune Ndava, il s’agit de Manirakiza de la colline Nyabisaka, Pascal Inamugayo de la colline Mpanuka, Lazare

Les bâtiments de la commune Makamba

Nyakamwe de la colline Kamatongo, Venant Mbuzenakamwe de la colline Kamushiha et Ladislas Ntahiraja de la colline Ndava. Interrogé sur les mobiles qui seraient derrière ce limogeage, Japhet Ntungwanayo, administrateur de la commune Makamba n’a pas voulu faire de commentaire. Selon des informations re c u e i l l i e s auprès du conseil communal de Makamba, ’’ces administratifs à la base seraient victimes du mauvais comportement qu’ils auraient affiché avant et après le référendum constitutionnel’’. Sans pourtant autant préciser les fautes commises au cours de cette période.

«Si le ’’non’’ a remporté dans leurs entités administratives, je n’y vois aucun manquement..»

Des non-dits Les conseillers collinaires se disent étonnés de la décision prise par les administrateurs communaux en dehors de toute procédure légale. «Nous n’avons pas été informés sur les griefs à notre

encontre». Ils affirment qu’ils n’ont jamais eu aucune mise en demeure. Non plus, ils n’ont, jusqu’à présent, reçu une correspondance annonçant leur destitution. Tous ces administratifs se disent scandalisés. Ils signalent qu’ils participent chaque semaine dans une réunion de sécurité mais que l’autorité communale n’a jamais soulevé aucun manquement à l’endroit de l’un ou l’autre chef collinaire. Et de préciser : «Nous avons été élus. Notre destitution devrait être motivée et devrait emprunter le chemin des élections». Et de rappeler l’article 170, § 2 du code électoral qui dispose  que ’’les conseillers de colline ou de quartier ne sont pas élus sur la base de listes de partis politiques. Tous les candidats se présentent à titre indépendant’’. Et d’ajouter : « C’est en quelque sorte un coup de force contre nous», avant de renchérir : « C’est une aberration dans un Etat démocratique». Certains habitants de la commune Makamba rencontrés se disent indignés. Ils estiment qu’il y a des non-dits derrière ces limogeages qu’ils qualifient de fallacieux. Ils soutiennent que ces

administratifs à la base ont toujours fait preuve de compétence. «C’est dommage qu’on limoge ceux en qui nous avions placé notre confiance et espoir », se lamente N.K. « Si le ’’non’’  a remporté dans leurs entités administratives, je n’y vois aucun manquement. C’est le résultat de la compétition», martèle-t-il.

tique. « Les décisions se prennent ailleurs. Il n’y a pas eu de transparence dans leur destitution». Il affirme qu’ils ont été destitués en dehors de toute procédure légale. Et d’invoquer, l’article 179, §3 du Code électoral: «En cas de manquement grave, le conseil communal doit délibérer et se prononcer sur les accusations portées à l’encontre de l’intéressé avant sa révocation». Cet élu du peuple précise que ces chefs collinaires sont plutôt victimes du « non » référendaire qui a remporté dans leurs circonscriptions. En effet, explique-t-il, la commune de Makamba est composée de 5 zones. C’est dans les zones de Gitaba et Makamba où le « non » a largement remporté durant le référendum constitutionnel du 17 mai dernier. Ce score n’a pas plu au parti au pouvoir.

« Il n’y a pas eu de transparence dans leur destitution»

Victimes du « non » référendaire «L’administrateur communal agit sur les injonctions lui dictées par le parti Cndd-Fdd », affirme Rénovat Nduwumwami, député d’Amizero y’Abarundi élu dans la province de Makamba et membre du conseil communal de Mabayi. Cet élu déplore la décision de l’autorité communale. L’administrateur communal, explique-t-il, nous a mis devant un fait accompli. Personne n’a été consulté. Le conseil communal, poursuit-il, n’a jamais statué sur d’éventuels manquements de ces administratifs à la base ou voir s’il y aurait des reproches fondés ou pas contre ces derniers. D’après lui, c’est toujours la même pra-

Félix Haburiyakira

Quid du mandat et du remplacement d’un conseiller de colline ou de quartier ? Article 179. Le mandat d’un conseiller de colline ou de quartier commence où il entre en fonction et prend fin à l’expiration d’un délai de cinq ans. Il prend fin avant son terme normal par suite de décès, de démission, d’inaptitude physique, d’incapacité permanente, de manquement grave, de déchéance consécutive à une perte d’une condition d’éligibilité ou à la survenance d’une cause d’inéligibilité constatée par le conseil communal. En cas de manquement grave, le conseil communal doit délibérer et se prononcer sur les accusa-

tions portées contre l’intéressé avant sa révocation. Article 180. Lorsque la vacance d’un poste au sein d’un conseiller de colline ou de quartier est dûment établie, le candidat qui suit immédiatement dans les suffrages exprimés devient d’office membre du conseil, à moins qu’il n’ait perdu, entre-temps, son droit d’éligibilité. En cas d’épuisement de la liste des candidats qui se sont fait élire, il est procédé à l’élection partielle dans les trois mois de la vacance, sauf si la vacance intervient dans les six derniers mois du mandat et/

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ou si le conseil compte au moins trois conseillers. De même, en cas de vacance du poste de chef de colline ou de quartier, le candidat placé en seconde position dans les suffrages exprimés devient d’office le chef de colline ou de quartier. La vacance est constatée par l’administrateur communal, saisi à cet effet par au moins trois membres du conseil de colline ou de quartier.

F.H. Source : Code électoral


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ÉCONOMIE

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Une foire inondée des produits non certifiés L’Association burundaise des consommateurs(ABUCO) appelle les consommateurs à vérifier si les produits achetés à la foire sont certifiés. Le ministère du Commerce rassure que presque tous les produits sont de bonne qualité.

I

l est 10h, lundi 10 juillet, aux terrains de tempête abritant la foi re« Made in Burundi » 2018. Une foire silencieuse, tout est calme. Une foire pas comme les autres, il n’y a pas de sonorisation. De loin personne ne peut deviner ce qui s’y pense. A l’intérieur de tentes, les exposants occupent leurs stands. Les produits de toutes sortes sont sur les étalages. En jetant un coup d’œil sur les emballages de ces produits, il est facile de constater que tous les produits exposés dans cette foire ne sont pas soumis à des normes obligatoires de qualité. Certains articles ne comportent pas la marque de certification accordée par le Bureau burundais de normalisation et de contrôle de qualité (BBN). Cette dernière atteste qu’un produit doit remplir les normes de qualité exigée pour qu’il soit mis en consommation. Parmi les entreprises qui exposent les produits non certifiés, on cite Best Food Company, UHACOM  (Union Haruguruka des coopératives), Association promotion médicale traditionnel, Azam Wheat Flour et Azania. Voulant savoir pourquoi ces dernières commercialisent des articles non certifiés, certaines avancent que le processus de certification de leurs produits est en cours. Pour d’autres, leurs certificats ont expiré. Quant aux entreprises qui produisent la farine, ces dernières affirment détenir les certificats même si la marque de certification n’apparaît pas sur les emballages. Concernant la nature des produits non certifiés, la catégorie des boissons et de jus occupe la première place. Les jus de plusieurs sortes sont étalés sur les stands. On cite nectar de prune de japons, nectar de prune de maracuja. Les produits utilisés dans la cuisson des aliments viennent en deuxième position. On cite Taamu (double concentré de Tomate), purée de tomate, pili-pili. Les médicaments traditionnels non certifiés apparaissent également sur les stands. Il s’agit notamment, le médicament  «  couple  » de couleur jaune fabriqué par l’Association promotion médicale traditionnelle. A l’entrée des stands, deux agents commerciaux vantent les vertus de ces produits :« Ce médicament est destiné aux couples qui ont des problèmes d’éjaculation précoce, l’impuissance sexuelle et de trichomonas vaginale.» Interrogés sur les composants chimiques de ce médicament, l’un d’eux a estimé que ce n’est

Noël Nkurunziza : « Nous appelons le ministère du Commerce à se réveiller et à retirer les produits non certifiés dans cette foire.»

pas nécessaire de donner les détails« Nous sommes reconnus par le ministère de la Santé.»

Les consommateurs appelés à la prudence Selon Noël Nkurunziza, le vice-président de

l’Association Burundaise des Consommateurs(ABUCO), la présence des produits non certifiés dans un grand évènement comme foire « Made in Burundi» montre que les services de contrôle de qualité surtout le ministre de Commerce, de l’Industrie

Samson Ndayizeye : « Presque tous les produits exposés à la foire ont des certificats et ceux qui n’en ont pas, ils sont sous analyse.»

et du Tourisme sont absents. Ils ont failli à leur mission de protéger les consommateurs contre les produits périmés, les contrefaits et les produits qui ne remplissent pas les normes exigés. D’après N o ë l Nkurunziza, les consommateurs burundais sont les victimes de cette fraude. Ils sont exposés à tout danger lié au nonrespect des normes de qualité «Nous appelons le ministère du Commerce à se réveiller et à retirer les produits non certifiés de cette foire.» La majorité des consommateurs qui fréquentent cette exposition savent lire et écrire, poursuit ce défenseur de droits des consommateurs. « Soyez prudent. Vérifiez si les produits sont certifiés.» A propos de ces produits non certifiés, Samson Ndayizeye, secrétaire permanant au ministère du Commerce, de l’Industrie et du Tourisme indique que certains produits n’ont pas de marque de certification. Il révèle qu’il y a des entreprises qui exposent des produits non certifiés. Ce président de la commission de l’organisation de la foire affirme que certaines de ces entreprises ont des certificats expirés. Elles ont demandé un renouvellement des certificats

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« Nous ne pouvons pas leur refuser de participer à la foire alors que les échantillons de leur sproduits sont au laboratoire du BBN.» Pour d’autres, poursuit-t-il, elles n’ont pas de certificats mais ils ont commencé le processus de certification de leur produits. Samson Ndayizeye avoue qu’il y a une autre catégorie d’entreprises participant dans la foire qui n’ont pas d’information sur les normes de qualité. Il estime que c’est une bonne occasion de les sensibiliser et de recenser. « Nos inspecteurs sont sur place, ils recensent ceux qui n’ont pas de marque de certification et recueillent les échantillons de leur produit.» Par ailleurs, se félicite le patron de la commission d’organisation de cette foire, celles qui osent participent alors qu’ils n’ont pas de certificats sont des entreprises à encourager et à soutenir. Car, ils veulent malgré leur ignorance quitter le secteur informel. Ils sont prêts à respecter les normes de qualité. Et de tranquilliser les consommateurs : « Presque tous les produits exposés à la foire ont des certificats et ceux qui n’en ont pas, ils sont sous analyse.» Et de rappeler que l’objectif de cette foire est de faire la publicité des produits fabriqués au Burundi et non la vente des produits non certifiés. Concernant les médicam e n t s non certifiés en exposition, M. Ndayizeye admet qu’il n’en est pas au courant.

« Soyez prudent. Vérifiez si les produits sont certifiés.»

Que dit la loi ? En principe, tout produit transformé doit avoir une marque de certification avant sa mise en consommation. Une fois que l’entreprise ne répond pas aux normes, il y a des sanctions qui sont prévues dans la loi n°1/03, du 4 janvier 2011. Entre autres sanctions, il y a l’avertissement écrit, l’interdiction des ventes des marchandises, la saisie des marchandises, la destruction des entreprises, la suspension temporaire ou définitive des certificats de marque déposé ou de conformité et la fermeture temporaire de l’entreprise. Pierre-Claver Banyankiye


ÉCONOMIE

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Corridor central : Moins cher mais…. L’Autorité portuaire tanzanienne (TPA) a organisé, du 3 au 4 juillet à Dar-Es-Salaam, un forum à l’endroit des opérateurs économiques empruntant le corridor central. L’objectif de la réunion était d’échanger sur les défis rencontrés par les usagers des ports tanzaniens.

T

racasseries policières, insécurité routière, lenteur dans la délivrance des documents, pots de vin, frais de scellés exorbitants, etc., entre autres défis soulevés par les opérateurs économiques burundais présents dans le forum. Parfait Ruhiza, responsable commercial à la Sodetra, entreprise d’import-export, dénonce la lenteur des autorités portuaires dans la délivrance des documents nécessaires pour la sortie des marchandises des entrepôts. «Ils veulent que le délai de stockage gratuit de 15 jours des marchandises dans les entrepôts du port s’épuise». Si ces deux semaines se terminent, explique-t-il, le propriétaire des marchandises doit payer une amende de 20 dollars américains par tonne et par jour durant les sept premiers jours. Au cours de la deuxième semaine les amendes passent à 40 dollars américains par tonne et par jour, etc. Cet homme d’affaires demande aux responsables de l’autorité portuaire en Tanzanie de proroger la période de grâce jusqu’à trente jours. Il déplore également le nombre de pesages des camions sur les ponts-bascules. Les camions vers le Burundi doivent passer

au moins sur 6 ponts. Là où le bât blesse, regrette-t-il, le poids du camion varie bizarrement d’une balance à l’autre. Ainsi, l’importateur est contraint de décharger la quantité qui excède. Sinon, il se retrouve obligé de soudoyer les contrôleurs pour franchir ce passage obligé. Au cas où le poids est inférieur par rapport au pesage précédant, la cargaison franchit la balance et passent comme une lettre à la poste. Parfait Ruhiza appelle à la réduction de ces pesages à au moins trois pontsbascules.

Tracasserie policière, pots de vin, … Méthouchellah Niyoyankunze, assistant du directeur général de l’Itracom (International Trading Company), déplore l’insécurité routière en Tanzanie. «Les camions transportant nos marchandises ont été attaqués à maintes reprises.» Un de ses chauffeurs a été sérieusement blessé l’année passée lors d’une embuscade contre son camion. Il sera retrouvé dans la forêt deux jours après. M. Niyoyankunze pointent du doigt les policiers. Ceux-ci exigent des importateurs des pots de vin. De surcroît, tout le tron-

Le terminal à conteneur déchargeant un cargo au port de Dar-Es-Salaam

çon est parsemé de barrières : «Au moins huit.» Ces arrêts répétitifs augmentent le temps de transport des marchandises qui varient entre quatre et cinq jours dans les conditions normales. Et par conséquent le coût de transport. Ce responsable de l’Itracom soutient que n’eussent été les barrières tarifaires et non tarifaires, le corridor central (Dar-Es-SalaamBujumbura) est moins cher par rapport au corridor nord. Les frais de transport d’un camion de 28 tonnes varient entre 3.800 et 4.200 dollars américains. C’est au moment où ils s’élèvent à 6 mille USD pour le corridor nord (Mombasa- Bujumbura). Face à de nombreux défis, souligne-t-il, certains opéra-

teurs économiques burundais préfèrent faire transiter leurs marchandises par le port de Mombasa. Ce dernier est plus coûteux : «Les transporteurs fixent le coût en fonction du poids de la marchandise et de la distance.» Le trajet Mombasa-Bujumbura est plus long (2.300 km) par rapport à celui de Dar-Es-Salaam Bujumbura (1.600 km). Alfred Nijimbere, responsable d’import-export à l’entreprise Ubucom et Musumba Steel quant à lui, déplore l’absence d’un entrepôt des marchandises en provenance et vers le Burundi.  «Les opérateurs économiques burundais l’ont réclamé depuis longtemps, en vain».

L’existence de cette infrastructure permettrait aux commerçant d'éviter des amendes liées à l’expiration de la période de grâce. Et de préciser que les autres pays de la communauté Est-africaine ont leurs propres entrepôts à DarEs-Salaam. M. Nijimbere fustige la lenteur des autorités du port dans la délivrance de la facture des charges portuaires. Et d’ajouter la multiplicité des agences intervenant dans l’octroi des documents. Pour qu’un importateur puisse récupérer ses marchandises, il doit bénéficier de l’autorisation d’au moins 6 organes différents. Parfait Gahama

L’autorité portuaire de la Tanzanie rassure

D

eusdedit C.V. Kakoko, directeur général de l’Autorité portuaire tanzanienne, tranquillise les opérateurs économiques burundais : «Qu’ils soient rassurés. Les solutions à leurs problèmes seront bientôt trouvées». Il leur promet que le nombre de ponts-bascules sera réduit de 6 balances à trois balances comme ils le souhaitent. Contrairement aux anciennes balances manuelles, précise-t-il, l’Autorité portuaire tanzanienne prévoit l’installation de balances électroniques difficiles à truquer. Il explique l’incohérence des résultats relevés par les mesures de poids des camions par deux facteurs essentiels. La vieillesse des équipements et la tricherie de certains contrôleurs. M. Kakoko indique, par ailleurs, que son institution a ouvert une agence à Bujumbura pour faciliter les importateurs burundais dans leurs activités : «Toutes les

vail et l’établissement des sociétés burundaises sur le territoire tanzanien.

Des mésententes

Deusdedit C.V. Kakoko : «Le nombre de ponts-bascules sera réduit de 6 à 3 balances»

formalités qui s’effectuent pour le moment à Dar-Es-Salaam seront traitées au Burundi.» Ce qui leur permettra de réduire le coût des services de la TPA sans aucun devoir de se déplacer. Le directeur général de la TPA promet que l’attribution du terrain destiné au stockage des

marchandises à destination ou en provenance du Burundi sera bientôt effective. «Les tarifs de manutention au port de Kigoma et au Port de Dar es Salaam seront prochainement harmonisés». Il accepte de plaider auprès des autorités tanzaniennes pour faciliter l’octroi du permis de tra-

Aimable Nkezumwami, assistant du ministre du Commerce et chef de la délégation burundaise, dénonce plusieurs cas de mésentente entre la TPA et les opérateurs économiques burundais. C’est notamment le refus de la liste des marchandises inscrites sur le bill of loading, un document remis par le commandant d’un navire de transport à l’expéditeur d’un chargement accepté à bord. Parfois, souligne-t-il, ce refus intervient souvent au moment de la sortie des marchandises du port de Dar-Es-Salaam. Selon lui, cette situation ne favorise pas le propriétaire des marchandises : «Il doit attendre le second paiement.» Sur ce, il demande aux responsables de

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TPA que la vérification des bills of loading se fasse au moment du déchargement du bateau afin que la facture à payer prenne en considération tous les redressements éventuels. M. Nkezumwami réclame aussi l’harmonisation des tarifs de manutention portuaires sur les ports de Kigoma (12, 5 dollars américains par tonne) et de Dar-Es-Salaam (9 dollars américains par tonne). Les deux infrastructures portuaires sont sous l’autorité de la TPA. Le chef de la délégation burundaise fustige aussi le refus d’octroi du permis de travail et d’établissement des sociétés burundaises sur le territoire tanzanien. Notons que le forum réunissait des délégations en provenance du Burundi, de la Tanzanie, de la RDC, de la Zambie, de l’Ouganda, du Rwanda, du Malawi et des îles Comores P.G.


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ÉCONOMIE

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Elections 2020 : Une contribution décriée Le ministère de l’Intérieur a lancé officiellement à Gatumba, le 5 juillet, la campagne de collecte des contributions des ménages aux élections de 2020. Certains habitants de la capitale parlent d’une contribution de trop.

D

eux mille BIF par ménage, mille BIF par élève ou étudiant ayant l’âge de voter, sont les contributions annuelles prévues par le ministère de l’Intérieur dans cette campagne. Térence Ntahiraja, assistant du ministre de l’Intérieur a indiqué que plus de deux millions de ménages, plus de 460 mille élèves et plus de 480 mille étudiants ont été recensés à travers tout le pays. « Le montant total des contributions annuelles est provisoirement estimé à 5 milliards de BIF.» M. Ntahiraja a tenu à préciser que la collecte des contributions concerne tous les ménages sans exception aucune. «  Personne ne peut s’y soustraire prétextant avoir contribué autrement». La sélection ferait par ailleurs un désordre. Néanmoins, certains habitants de la capitale Bujumbura ne l’entendent pas de cette oreille. S.G., habitant du quartier Jabe estime que les contributions des ménages concernent des nonsalariés : «Les fonctionnaires con-

tribuent mensuellement grâce au retrait sur leurs salaires.» D’après lui, certains fonctionnaires contribuent au sein de leurs institutions. Leur exiger une autre contribution, c’est les enfoncer dans la pauvreté. Cet infirmier affirme que pour un bon nombre de fonctionnaires, il est difficile de joindre les deux bouts du mois. P. S., un chômeur rencontré tout près de l’immeuble « Bata » estime que la contribution aux élections devrait être volontaire. Marié et père de deux enfants, il dit qu’il ne va pas donner sa contribution aux élections. Motif : « Il n’a pas de moyens financiers pour le faire.» Parfois, pour nourrir sa famille, témoigne-t-il, il fait recours à ses amis. Il se demande alors où il va trouver de l’argent pour contribuer.

Une contribution dénoncée par la Cosybu Marie Bukuru, secrétaire exécutive de la Confédération des Syndicats du Burundi (COSYBU) s’inscrit en faux contre des

«contributions multiples » aux élections de 2020. «Il est incompréhensible que nous contribuions encore.» Elle rappelle que les fonctionnaires contribuent chaque mois suite au retrait à la source sur leurs salaires. Par ailleurs, certains fonctionnaires contribuent à travers leurs institutions de travail. Pour elle, c’est une contribution de trop. «Les fonctionnaires seront maintenant obligés de contribuer dans leurs foyers et pour leurs enfants en âge de voter.» Ces derniers sont pour l’essentiel des chômeurs, n’ayant pas de ressources financières. La secrétaire exécutive de la Cosybu n’en revient pas. D’après elle, les fonctionnaires seront contraints de contribuer pour leurs parents, ces derniers n’ayant pas de travail. «Où trouveront-ils ce montant?» Avant de s’exclamer : «C’est vraiment une contribution quintuplée pour les fonctionnaires  !» Aux yeux de cette syndicaliste, cette nouvelle contribution n’est

Marie Bukuru: «C’est une contribution quintuplée pour les fonctionnaires !»

pas compatible avec la situation salariale du fonctionnaire burundais. «Le gouvernement ignore qu’il a gelé les annales. Les fonctionnaires vivent dans des conditions de désespoir». Ces contributions viennent miner ces condi-

tions de vie. Et de conclure : «Nous demandons au gouvernement de nous laisser contribuer une fois. Sinon, ces contributions perdent leur caractère volontaire». Parfait Gahama

Le Burundi promet d’apurer les 9 millions USD d’arriérés à l’EAC d’ici décembre sation facilitera le gouvernement à payer tous ses arriérés envers l’EAC». Elle assure que le Burundi a déjà payé 50% de ses arriérés. Le rapport du dernier Conseil des ministres des Etats de la Communauté de l’Afrique de l’Est montre que seul 59% du budget avait été recouvré jusqu’au 25 avril dernier. Et jusque-là, le Burundi n’avait rien payé.

Depuis 2016, le Burundi ne s’est pas acquitté de ses contributions. La ministre des Affaires de la Communauté Est Africaine tranquillise. A la fin de l’année, la dette sera payée.

C

e lundi 9 juillet, devant des journalistes, Isabelle Ndahayo, ministre chargée des Affaires de la Communauté Estafricaine a tenu à rassurer. Elle a déclaré que d’ici décembre, le Burundi se sera acquitté des 9 millions de dollars américains que le pays doit à la communauté. Selon le rapport du Conseil des ministres, le budget de l’année fiscale 2017-2018 des Etats de la Communauté de l’Afrique de l’Est était fixé à 113 millions USD. Et chaque pays membre devait y contribuer à hauteur de 8,3 millions USD. Le Burundi ne s’en est pas acquitté. A la dette de l’année fiscale qui a pris fin avec le mois de juin, il s’ajoute les arriérés de l’année budgétaire 2016-2017. Ces der-

Quid des autres pays de la communauté ?

Isabelle Ndahayo: «le Burundi a déjà payé 50% de ses arriérés.»

niers se comptent à plus de 530 mille USD. D’après Mme Ndahayo, ce retard était dû à une différence de six mois de l’année fiscale de l’EAC par rapport à celle du Burundi. «Elle commence le 1er juillet et se termine le 30 juin de l’année suivante. C’est au moment où celle du Burundi commençait

le 1er janvier pour se terminer au 31 décembre de la même année». Cette ministre chargée des Affaires de la Communauté Estafricaine estime que la nouvelle Constitution pourra conduire à la régularité. L’année fiscale sera harmonisée avec celle de la communauté : «Ainsi, cette harmoni-

Ce même rapport montre que la Tanzanie, le pays qui héberge le siège de la Communauté Est Africaine s’est déjà acquittée de toute sa contribution à 100%, suit le Kenya qui a déjà payé à 97%, en 3ème position vient l’Ouganda qui a déjà donné plus de 79%. Le Rwanda, quant à lui, est à la 4ème place avec 67% de contribution et le Sud-Soudan, pays nouvellement admis a déjà contribué à hauteur de 12%. Ce Conseil des Ministres qui s’est tenu à la fin du mois d’Avril dernier a recommandé aux pays membres de l’EAC de s’acquitter de leurs contributions avant le 31 mai 2018. Signalons que l’article 132 alinéa

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4 du Traité pour l’établissement de la Communauté de l’Afrique de l’Est du 20 août 2007 montre l’importance des contributions des pays membres. Ce dernier stipule que les ressources du budget proviennent des contributions annuelles, d’un montant égal, des États membres, de donations régionales et internationales ainsi que d’autres sources qui peuvent être identifiées par le Conseil. Ce Traité prévoit par ailleurs des sanctions à l’endroit de tout pays qui ne s’acquitte pas de ses contributions. Son article 143 dispose que tout État membre qui ne respecte pas ses obligations financières et les autres obligations lui incombant en vertu du présent traité est passible d’actions décidées par le Sommet sur recommandation du Conseil. L’article 146 alinéa 1 montre noir sur blanc que le Sommet peut suspendre un État membre s’il ne respecte pas ses obligations financières vis à vis de la Communauté pendant une période de dix-huit mois. Chanelle Irabaruta


Droits de l'Homme

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Lycée communal Ndava-Ryansoro

Victimes de leurs revendications ? Quatre enseignants du Lycée communal Ndava-Ryansoro, en province Gitega sont sous les verrous depuis le 28 juin 2018. Ils ont dénoncé la mauvaise gestion de l’école. Mais ces éducateurs sont accusés d’avoir insulté l’administrateur.

F

ulgence Bizimana, Jean Bosco Butoyi, Prosper Ngirimbere et Emile Niyomwungere, enseignants au Lycée communal de Ndava-Ryansoro ont été arrêtés, le 28 juin 2018, sur ordre de l’administrateur de cette commune, Seconde Ndayisenga. D’après les sources à Ryansoro, ces 4 enseignants seraient accusés d’avoir injurié cet administratif. «Ce sont des mensonges. Ils ont été arrêtés parce qu’ils avaient écrit beaucoup de correspondances pour dénoncer la mauvaise gestion du lycée par le directeur», assurent des sources à Ryansoro. Se sentant menacé, poursuivent ces sources, le directeur du Lycée communal NdavaRyansoro, Léonidas Junjika, aurait sollicité l’aide de l’administrateur communal afin de se débarrasser de ces 4 éléments gênants. Le 5 juillet 2018, ces derniers ont été transférés au chef-lieu de la province Gitega. Elèves et parents sont inquiets. «Nous risquons de ne pas avoir les résultats de fin d’années.» Ceux qui ont le plus peur, ce sont les élèves qui vont passer l’examen d’Etat. «On ne sait quoi faire. Nous risquons d’être les victimes de cette situation.» D’autres parlent d’un climat morose et de suspicion qui règne à ce lycée. «On se regarde en chiens de faïence.»

Les quatre enseignants emprisonnés

En mai 2018, les enseignants de cette école lancent un préavis de grève arguant qu’ils avaient envoyé une correspondance à la direction afin de vider toutes les questions gangrénant cet établissement sans recevoir aucune réponse. Les griefs avancés sont nombreux : les éducateurs du lycée ne sont pas informés de la gestion de l’école, les activités pédagogiques sont mal organisées, certains élèves sont renvoyés en catimini sans que le directeur avise les autres éducateurs ce qui perturbe les activités pédagogiques. Ce n’est pas tout comme reproches, il y a le dénigrement que subissent les enseignants devant les élèves et le plus souvent au salut du drapeau, Ces enseignants dénoncent également l’ingérence du directeur dans les affaires privées des éducateurs, les demandes d’explication adressées aux éducateurs alités alors qu’ils avaient informé la direction, la convocation ’’clandestine’’ des réunions des parents, le directeur qui perturbe les activités parascolaires, … «Là aussi, la direction brille par son silence. Il a plutôt cherché à nous intimider», confie un travailleur de ce lycée. Le 6 juin 2018, les 4 enseignants emprisonnés envoient une correspondance à l’inspecteur provincial de l’enseignement. Ils énumèrent les mêmes griefs contre le directeur et ils soulignent qu’ils ont sollicité l’intervention

«La direction brille par son silence. Il a plutôt cherché à nous intimider»

Des griefs à gogo Tout commence avec une lettre des professeurs dudit lycée, du 7 mars 2018, demandant au directeur une tenue d’une réunion «suite à certaines incompréhensions observables pouvant entraver la période des examens.» Une réunion qui n’a jamais eu lieu. Les 4 enseignants étaient signataires de cette lettre.

du directeur communal de l’enseignement (DCE) mais qu’aucune réponse satisfaisante n’a été donnée par les envoyés du DCE. «Comprenant que nous ne pouvions pas entériner de telles défaillances, c’est pour cette raison que nous avons voulu vous mettre au courant de la situation pour solliciter votre intervention et nous aider à comprendre ou à corriger ces imperfections.» Ne recevant pas de réponse, les 4 enseignants décident d’écrire au ministre de l’Education, de la Formation Technique et Professionnelle. Dans cette lettre, ils dénoncent les mêmes agissements du directeur. «Ayant constaté que tout ce que nous venons

d’évoquer risque de précipiter notre école dans le gouffre, nous sollicitons votre intervention.» Ils ne reçoivent aucune réponse.

«Je n’y suis pour rien!» Contacté, Léonidas Junjika, réfute toute responsabilité dans cet emprisonnement : « Je ne suis concerné ni de près ni de loin par cette affaire. » Et de demander à la justice de faire rapidement son travail afin que ces enseignants regagnent leur poste. Concernant les accusations portées en son encontre sur des détournements qui seraient à la base de l’incarcération de ces quatre enseignants, le directeur

rétorque ne pas être au courant de ces accusations. A la question de probables conséquences sur les résultats des élèves, le directeur répond que la direction est en train de tout faire pour que les résultats de ces examens soient disponibles : «Ces enseignants avaient fait passer les examens et les élèves auront leurs points». Interrogé, l’administrateur de la commune Ryansoro, Seconde Ndayisenga, ce sont leurs écrits qui causent problème  : «Je n’y suis pour rien, que la justice fasse son travail». Fabrice Manirakiza Christian Bigirimana

Au Lycée communal Ndava-Ryansoro, les élèves craignent de ne pas recevoir leurs résultats de fin d’année

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SOCIÉTÉ

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Démographie

Plus de 3 millions burundais en une décennie Le monde entier célèbre la Journée mondiale de la population tous les 11 juillet. Le représentant du Fnuap au Burundi appelle au concours de tous pour la vulgarisation des méthodes du planning familial.

L

a population burundaise augmente à un rythme alarmant. Elle est passée de plus de 8 millions en 2008 à environ 12 millions en 2018», a fait savoir Nicolas Ndayishimiye, directeur de l’Institut des statistiques et d’études économiques du Burundi (Isteebu). Il est intervenu mercredi 11 juillet à l’occasion de la Journée mondiale de la population. Selon lui, une augmentation de plus de 3 millions d’habitants en une période de 10 ans devrait inciter la population à l’éducation reproductive. «Cette discipline devrait répondre au souci du planning familial du gouvernement.» Faustin Ndikumana, président de la Parcem, l’ONG militant

Le rythme de la croissance démographique est alarmant

pour le changement des mentalités, soutient que le Burundi fait face à un danger imminent d’explosion démographique. La population s’accroît à environ 3%. Plus de mille enfants naissent chaque jour. Le taux de fécondité est de 6 enfants par femme. Il évoque une densité de 350 habitants par km2. Selon cet activiste de la société

civile, les conséquences sont nombreuses et fâcheuses. Il parle notamment de l’exiguïté des terres : «L’espace cultivable est passé de 1,5 ha en 1960 à 0,12 ha par ménage en 2015».

«L’évaluation du planning familial est positif » Pour lui, cette démographie est d’autant plus préoccupante

que les jeunes croupissent dans le chômage : «Plus de la moitié de la jeunesse burundaise sont chômeurs et le taux de croissance économique va decrescendo». Il recommande au gouvernement de penser à une politique claire de planification familiale. Richmond Tiemoko, représentant du Fonds des Nations unies pour la population (Fnuap) au

Burundi, se dit satisfait de l’état de la limitation des naissances : «Les résultats des enquêtes démographiques sur le planning familial sont positifs». Les femmes mariées pratiquant volontairement le planning sont passées de 9% en 1987 à 29% en 2016. M. Tiemoko tient à ajouter tout de même un hic : «Il est des besoins non satisfaits». 31% de femmes souhaitent la prévention des grossesses, sans succès et cela pour diverses raisons. Le représentant du Fnuap cite notamment l’indisponibilité des services de qualité pour la contraception. Il ajoute également la crainte de la discrimination sociale, l’opposition du conjoint et l’absence de communication sur la vie sexuelle. «Nous voudrions satisfaire tous ces besoins. Cependant, nous n’en sommes pas capables seuls», a-t-il indiqué. M. Tiemoko appelle tous les Burundais à s’investir pour la réussite du planning familial. «Avec le concours de chacun, on aura investi dans le bien-être des femmes». Edouard Nkurunziza

Mugamba

Une adduction d’eau qui n’a pas fait long feu En 2004, l’ONG locale Coped a alimenté en eau potable certaines collines de la commune Mugamba en province Bururi. A moins de deux mois, aucune goutte ne filtrait. La population réclame la réhabilitation de ces infrastructures hydrauliques.

L

’eau n’a duré que quelques semaines. C’était en 2004. La forte dénivellation explique cette situation. Des réservoirs avaient été construits et des robinets installés sur plusieurs collines», indique Célestin Hingendore, le chef de la colline Muyange-Kavumu. La population des collines Nyakimonyi, Rukere, Coma et Muyange-Kavumu avait fondé beaucoup d’espoirs sur cette manne. «Avoir l’eau de robinet tout près de chez soi, c’était un luxe qu’on avait jamais eu. Certains ménages avaient même de l’eau à la maison». Ces habitants ont vite déchanté. «Et pourtant, ces infrastructures avaient été officiellement réceptionnées par l’autorité commu-

nale», relèvent les habitants. Actuellement, les robinets sont à sec. Les réservoirs d’eau construits par Coped sont en ruine. Ils ne sont pas entretenus. «Nous accusons un manque criant d’eau potable. Nous nous approvisionnons dans des cours d’eau ou des bornes-fontaines», souligne un habitant. Et d’ajouter que ces bornes-fontaines sont insuffisantes. «C’est un grand problème. Parcourir des kilomètres pour la lessive. De plus, trois sous-collines puisent sur une même borne-fontaine», renchérit une femme de MuyangeKavumu.

Une solution en vue? Pour Guide Mboninyeretse, un domestique de la sous-colline

Un des châteaux d’eau non entretenu sur la colline MuyangeKavumu

Muyange, la saison sèche est un calvaire. « Avec le mois d’août, nous sommes obligés d’aller chercher de l’eau à Ntentamaza où se trouve l’usine de transformation

du thé de Tora. C’est à peu près 8 kilomètres de chez moi.» D’après ce jeune homme, l’eau est souvent la cause de conflit entre lui et sa patronne.

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Les habitants de ces localités appellent au secours car, d’après eux, les sources tarissent pendant la saison sèche. «On ne sait plus à quel saint se vouer. Il est pour le moment difficile de trouver de l’eau à boire pour nos familles et pour notre bétail». Les autorités communales assurent qu’ils sont au courant de ce problème. « En commune Mugamba, nous avons un projet d’alimenter toute la population en eau potable », tranquillise Rémy Ndayubaha, conseiller communal chargé du développement. Selon lui, la Croix-Rouge Burundi a promis de financer ce projet. «Lundi dernier, les soumissionnaires ont effectué une visite de terrain pour voir comment ces infrastructures d’eau pourront être réhabilitées». Rémy Ndayubaha assure qu’avec la fin des travaux, les habitants de Muyange-Kavumu, Coma, Rukere, Nyakimonyi et Munini auront de nouveau l’eau. Emery Kwizera


Au coin du feu

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Avec

Joseph Gahama

Dans le Burundi traditionnel, le soir, au coin du feu, la famille réunie discutait librement. Tout le monde avait droit à la parole et chacun laissait parler son cœur. C’était l’heure des grandes et des petites histoires. Des vérités subtiles ou crues. L’occasion pour les anciens d’enseigner, l’air de rien, la sagesse ancestrale. Mais au coin du feu, les jeunes s’interrogeaient, contestaient, car tout le monde avait droit à la parole. Désormais, toutes les semaines, Iwacu renoue avec la tradition et transmettra, sans filtre, la parole longue ou lapidaire reçue au coin du feu. Cette semaine, au coin du feu, Joseph Gahama

V

otre plus beau souvenir ?

C’est quand le 9 décembre 1980, j’ai soutenu brillamment ma thèse de Doctorat en Histoire des sociétés africaines à l’Université de Paris 1 Panthéon- Sorbonne après trois années d’intenses recherches en France, en Italie, en Angleterre, en Belgique et évidemment au Burundi. Mon Directeur de thèse, le Pr. Yves Person, venait d’être opéré d’une tumeur au cerveau, mais avait tenu à assister à la soutenance, se joignant ainsi aux amis burundais, africains et français qui étaient venus nombreux partager ma joie. Cette thèse, légèrement remaniée, fut rapidement publiée en 1981 et me permit d’entamer une bonne carrière universitaire. Votre plus triste souvenir ? La disparition subite de mon père en 1977 m’a beaucoup touché. Je venais d’être engagé comme professeur d’histoire et de géographie à l’Ecole normale des Filles de Gitega. La terrible nouvelle me parvint par l’intermédiaire de la femme de mon cousin, qui par ailleurs avait été condisciple de classe. Cela fut d’autant pénible que la Sœur directrice refusa de me prêter le véhicule de l’Ecole pour aller rapidement à l’enterrement à Ijenda. Un ami, Dr. Luc Sahabo qui avait été mon professeur de biologie au Petit Séminaire de Kanyosha accepta de m’accompagner dans sa voiture. Nous sommes arrivés tard dans la nuit. Mon père avait été déjà inhumé ! Quel serait votre plus grand malheur ? Comme je commence à prendre de l’âge, je me prépare à affronter les durs derniers moments de la vie, mais mon plus grand malheur serait de décéder après une longue maladie qui m’aurait cloué au lit et m’aurait rendu infirme, m’obligeant de me ruiner et de laisser ainsi

ma famille dans le besoin. Le plus haut fait de l’histoire burundaise ? C’est à mon avis quand l’armée de Mwezi Gisabo a repoussé vaillamment les envahisseurs esclavagistes sous la conduite de Mohammed Kalfan el Khamis bin Baruani dit Rumaliza. Les Burundais toutes ethnies confondues ont défendu leur souveraineté nationale. La plus belle date de l’histoire burundaise ? C’est sans doute le 1er juillet 1962, lorsque les Burundais retrouvent leur indépendance après plusieurs années de colonisation marquées par les nombreuses humiliations et souffrances imposées par les étrangers. La plus terrible date de l’histoire burundaise ? 1965  : début de cycles de violences politiques et ethniques qui se sont imposés et marquent de manière indélébile l’histoire contemporaine du Burundi. Le métier que vous auriez aimé faire ? J’aurai aimé être pilote de ligne et si j’avais les moyens, j’aurais payé les études à un de mes enfants pour qu’il apprenne ce métier.

dans la deuxième moitié des années 1960. Je lis tout : depuis les bandes dessinées (Je connais par cœur toutes les histoires de Tintin et Milou, de Lucky Luke, etc.) jusqu’aux ouvrages philosophiques en passant par ceux qui traitent de mon métier : celui de l’historien. Il y a quelques années, je faisais du sport, mais le temps passant, je le fais de moins en moins. Votre lieu préféré au Burundi ? C’est sans doute Rukina, l’endroit où je suis né. Lorsque je monte chez moi comme on dit, j’ai de la peine à retourner à Bujumbura, tant cette place représente beaucoup de choses pour moi : elle évoque mon enfance, les liens avec mes parents, mon voisinage, etc. Le pays où vous aimeriez vivre ? Malgré les souffrances dont il fait actuellement l’objet, le Burundi est un pays merveilleux pour moi. J’ai l’intention d’y passer mes vieux jours. Pourquoi ? Depuis la fin de mes études, j’ai beaucoup voyagé et séjourné à l’étranger, mais tout compte fait, rien ne vaut sa terre natale. Le voyage que vous aimeriez faire ?

Pourquoi ? Bien que j’aie la chance et le privilège de voyager souvent, je suis fasciné par la manière dont les pilotes peuvent faire décoller et surtout faire atterrir, toujours sur le train- arrière, des avions qui pèsent des tonnes et des tonnes. En plus, c’est un métier qui paye bien, alliant ainsi l’utile à l’agréable. Votre passe-temps préféré ? La lecture depuis que je suivais l’enseignement secondaire

J’aimerai visiter la Chine et le Japon. Je ne connais pas ces pays d’Asie qui ont vu émerger et s’épanouir de grandes civilisations et qui sont devenus il n’y a pas longtemps des puissances économiques. C’est également sur ce continent qu’on trouve les plus grandes concentrations humaines. Votre rêve de bonheur ? Etre grand-père et arrièregrand-père dans un envi-

ronnement familial épanoui et à l’aise. Votre plat préféré ? Je n’en ai pas tellement. Je mange un peu de tout. Mais j’ai un penchant de plus en plus vers les plats végétariens arrosés d’un peu de vin rouge choisi avec le plus grand soin. Votre chanson préférée ? Difficile à dire. J’aime les chansons françaises des années 1970 et 1980 : Mike Brant, Michel Sardou, Cabrel, etc.

aux dépens du Major Pierre Buyoya. Votre définition de l’indépendance ? L’indépendance ne doit pas seulement être que politique comme cela a été le cas pour la plupart des pays africains dans les années 1960, elle doit être aussi économique et culturelle. Ce qui est loin d’être le cas. Le monde continue d’être dominé par l’Occident, bien que la Russie et la Chine essaient de s’imposer comme des interlocuteurs indispensables.

Quelle radio écoutez-vous ? C’est la Radio Rwanda, je travaille dans ce pays depuis 2000. J’écoute aussi RFI. Avez-vous une devise ? Non Votre souvenir du 1er juin 1993 ? Il s’agit des élections présidentielles qui se sont soldées par la victoire de Melchior Ndadaye

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Votre définition de la démocratie ? Il n’y a pas à proprement parler une seule définition de la démocratie. Celle-ci doit être comprise comme un idéal qui met au centre le bien-être et le bonheur de l’individu et de la société dans laquelle il vit. La démocratie à l’occidentale qui s’est imposée à partir du siècle des Lumières et qui s’est résumée


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Au coin du feu

dans «un gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple» proposé par Lincoln n’est pas forcément la meilleure. Les peuples africains et asiatiques avaient des systèmes «démocratiques» qui pourraient inspirer bon nombre de régimes actuels. Votre définition de la justice ?

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faudrait insister sur la qualité des enseignements dispensés et des recherches effectuées. Deuxièmement, réhabiliter la carrière universitaire : c’est-àdire recruter de bons enseignants et chercheurs et leur donner un environnement approprié pour un bon travail et leur permettre de s’épanouir économiquement et socialement. C’était le cas jusque dans les années 1980.

que l’homme est naturellement bon, mais que c’est la société qui le corrompt, c’est vrai en partie, il faut se référer aux comportements des enfants et des innocents. Mais dès qu’on touche aux intérêts (politiques, économiques, sociaux et culturels » de l’être humain, il devient un loup, comme le disait l’adage romain, «homo homini lupus». Pensez-vous à la mort ?

Encore une fois, une définition de la justice est difficile à établir. Rendre justice à quelqu’un, c’est le rétablir dans ses droits : ceux liés au bien-être et au bonheur, c’est-à-dire ses droits de posséder, de penser, de s’épanouir, etc. individuellement et collectivement. Si vous étiez ministre de l’Education et de la Recherche scientifique, quelles seraient vos deux premières mesures ? Premièrement, redorer le blason de l’université comme institution où on dispense le savoir au plus haut niveau. Il

Si vous étiez président de la République, quelles seraient vos deux premières mesures ? Comme c’est utopique, ma première mesure serait de ramener la paix à tout prix. Ensuite, engager des discussions à tous les niveaux pour relancer l’économie du pays et l’engager sur la voie de l’épanouissement social et culturel. Croyez-vous à la bonté naturelle de l’homme ? Sans verser totalement dans la pensée de Rousseau qui disait

Evidemment, mourir c’est normal, c’est la voie obligée. Ce qui est mauvais, c’est « mal mourir », comme un chien, dit-on. Toutes les sociétés croient dans l’au-delà, depuis que l’homme a acquis une dimension religieuse, il y a plus de 10.000 ans. Comme d’autres, j’y songe et si je pouvais, je m’y préparerais comme les empereurs japonais qui, passés la soixantaine, abdiquaient en faveur de leurs enfants, se retiraient dans un monastère pour attendre le voyage vers l’au-delà.

Bio express

L

e Pr. Joseph Gahama est détenteur d’un Doctorat en Histoire des sociétés africaines et d’une Habilitation à diriger des recherches (HDR) obtenus à l’Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne respectivement en 1980 et en 1996. Il est actuellement Recteur de l’East African University Rwanda après avoir exercé de hautes fonctions à l’Université du Burundi, au Kigali Institute of Education, à l’University of Rwanda- College of Education en tant que directeur du Département d’Histoire. Il a également été directeur de recherche et doyen de la Faculté des Sciences sociales. Il a une longue expérience d’enseignement et de recherches dans plusieurs

universités africaines et européennes. Il a été consultant pour l’Unicef, l’Unesco, le PNUUD, l’Union Africaine, les gouvernements du Burundi et du Rwanda, ainsi que diverses ONG internationales. Il a participé avec présentation de communications à plus d’une centaine de conférences et séminaires internationaux. Il est l’auteur de plusieurs livres, articles et chapitres dans des ouvrages collectifs sur l’histoire sociopolitique de l’Afrique des Grands Lacs, spécialement le Burundi et le Rwanda. Il est enfin membre de nombreuses associations scientifiques et culturelles nationales et internationales..

Pierre Claver Banyankiye

SOCIÉTÉ

Bujumbura au rythme de l’été Camps de travail, cours de langues et informatique, ateliers artistiques… De quoi s’occuper utilement, pour les élèves vacanciers, durant cette période estivale.

D

es enfants jouant au football, des jeunes en train de lire dans une bibliothèque, d’autres à suivre des documentaires… le Centre Jeunes Kamenge(CJK) est au rythme des vacances d’été. A quelques encablures de là, dans la zone Buterere, une trentaine de jeunes s’activent. A deux rues, un autre groupe s’aperçoit. Sous un soleil accablant mais dans un climat enjoué, ces jeunes fabriquent des briques d’adobe. Ce sont des camps de travail organisés par le CJK, chaque année. Du 19 juin au 25 août, 2.500 jeunes des quartiers nord de la capitale seront réunis autour d’un même travail : la fabrication des briques au profit des plus démunis, le curage des caniveaux et le débroussaillage des rues. D'après Claude Nkurunziza, coordinateur du CJK, ces briques serviront à construire les mai-

sons des sinistrés de Buterere détruites par les eaux de la rivière Mutimbuzi, il y a environ trois mois. Plus qu’une occupation, une manne. Grâce à ces camps, certains jeunes issus de milieux défavorisés oublient pour un temps la vie misérable de leurs familles pauvres : deux repas sont garantis avant et après le travail : un petit déjeuner et un déjeuner chaque jour. «Un luxe» pour certains. Une jeune adolescente, 16 ans, confie que c’est dur pour sa famille de trouver de quoi mettre sous la dent. Souvent, elle mange une fois par jour. «  Mais grâce aux camps, je sais au moins que je mangerai tous les jours pendant deux mois», révèle-t-elle, rayonnante. Ce n’est pas tout. Ils recevront, à la fin de ces travaux, du matériel scolaire, selon le coordinateur du centre. Ce que la plupart d’entre eux trouvent difficilement, au début de l’année, selon les témoignages. Les après-midi, ces jeunes sont formés en santé sexuelle, entrepreneuriat, droits des enfants, environnement, etc., dans une salle du CJK.

Vive les vacances à l’IFB ! Changement de cap. Les élèves plus ou moins nantis s’offrent

Des élèves en plein camps de travail à Buterere

des cours de danse, de théâtre, de français… à l’Institut français du Burundi(IFB). 11h ce mardi 10 juillet, le patio de cet institut affiche une autre allure. Un grand mouvement des enfants s’observe. Ce sont les vacances d’été, sans doute. Une trentaine d’enfants sont concentrés devant un dessin animé, dans la salle de cinéma. Une dizaine d’autres suivent un cours d’informatique. Certains

d’entre eux s’en lassent vite. Ils préfèrent jouer dehors. «C’est pour la première fois qu’ils viennent ici », dira le père de trois de ces enfants. Ces derniers lui demandent de rentrer, semblent déboussolés. «J’ai payé pour rien ? », s’énervera le papa. Ateliers artistiques, cours de langues et informatique, jeux… l’IFB organise, du 9 au 31 juillet, des activités estivales. Un pro-

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gramme composé d’un encadrement gratuit, moyennant l’abonnement (jeux de société, vidéos, contes, cinéma) et payant (ateliers artistiques et cours de langues). Les ateliers artistiques (danse, slam, théâtre) se payent à 15 mille BIF. Les cours de français à 90 mille BIF et 110 mille, combiné avec l’informatique. Clarisse Shaka


SOCIÉTÉ

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RN18 : La phase II se fait attendre Les usagers de la route Nyakararo-Gitega (RN18) dénoncent la lenteur du début des travaux de finissage. Selon les officiels, la reprise est pour bientôt. 

I

l y a un grand retard pour commencer la deuxième phase. Il est important que les travaux s’achèvent avant la prochaine saison pluvieuse», plaide un habitant de Nyakibari, zone Muyebe, commune Kayokwe, province Mwaro, au centre du pays. En effet, certains tronçons comme Gitaka, jonction des communes Nyarusange (province Gitega) et Nyabihanga & Kayokwe (toutes de la province Mwaro) deviennent très glissants et impraticables en cas de pluies. Pour lui, le finissage a trop traîné. « C’est déjà presqu’une année qu’on attend le début des travaux.  Si ce tronçon n’est pas urgemment bitumé, il nous sera difficile d’arriver à Gitega ». Gabriel, un charbonnier de Musama, estime que cette situ-

ation risque d’hypothéquer les attentes de la population. D’après lui, sûrement qu’avec le bitumage de la partie Kibumbu-Gitega, le trafic sera trop intense. « Au lieu de passer par Bugarama, plusieurs transporteurs de Gitega vont l’emprunter ». En témoignage, le premier tronçon est bénéfique pour la population. « Des restaurants, de petits commerces s’installent et se développent. Le transport KibumbuBujumbura est devenu plus facile et rapide ». Deux agences de transport ont déjà ouverts leurs bureaux à Kibumbu. Il s’agit de Volcano et Memento. Ce qui rend également facile l’écoulement des produits vivriers comme les pommes de terre, les patates douces, ainsi que le charbon, … vers Bujumbura.

Les officiels tranquillisent En contrepartie, François Nkundwa, administrateur de la commune Kayokwe signale qu’actuellement, des mandarines, des oranges, des Ndagala, … en provenance de Bujumbura, dit rural, arrivent frais à Mwaro. La caisse communale en prof-

C’est à Bambiro, en commune Kayokwe que la phase I des travaux de bitumage de la RN18 s’est terminée

ite aussi: « Nous encaissons au moins 20 mille BIF par jour en provenance du transport routier ». Et de préciser que la partie déjà bitumée traverse deux zones de sa commune à savoir Mwaro et Kayokwe. La partie restante étant localisée dans la zone Muyebe. Concernant le bitumage du 2ème tronçon, M. Nkundwa se dit très optimiste. « Ils sont déjà en train de rassembler du matériel. Dans deux ou quatre jours, les travaux vont reprendre ». Il annonce d’ailleurs que sa commune a déjà arrêté des

mesures pour le bon entretien de cette infrastructure. Sur chaque colline de recensement, un comité de cinq personnes a été mis en place. « Elles ont la mission de veiller à ce que la route reste en bon état et d’alerter l’administration en cas de délabrement ou d’écroulement d’une montagne  ». Et d’interpeller d’autres communes traversées par la RN18 d’adopter cette stratégie. Face à cette impatience, le ministère des Transports, travaux publics et de l’aménagement du

territoire tranquillise. « Nous sommes dans le processus du marché. Les travaux vont bientôt commencer », a affirmé Vincent Nibayubahe, directeur général de l’Office des routes. Les travaux de bitumage du deuxième tronçon de la RN18 concernent une distance de 24 km séparant Kibumbu-Gitega. La phase I de cette route (Nyakararo-Mwaro-Kibumbu) est déjà terminée et a été réalisée par le Groupement Sogea Satom et Getra sur une distance de 30km. Rénovat Ndabashinze

ENVIRONNEMENT

Le "Mukeke", la prise de plus en plus maigre Depuis quelques temps, les pêcheurs peinent à trouver dans leurs filets le poisson dit ’’mukeke’’, la fierté du lac Tanganyika. Ils pointent du doigt l’usage du matériel prohibé, la vétusté des équipements de pêche et la surexploitation.

L

e ’’mukeke’’ nous manque cruellement. On ne voit plus les vendeurs à la criée de ce type de poisson sillonner les rues de notre quartier», se lamente Natacha, une maman de Bwiza, à la 8ème avenue, commune Mukaza, au centre de Bujumbura. Et cela vient de durer plus d’un mois. Cette mère de quatre enfants ajoute que même aux marchés comme Ex-Cotebu, Ruvumera, … ce produit est presqu’inexistant ces derniers jours. Un autre habitant de Buyenzi indique que cette situation a fait grimper son prix. «Avant, c’était facile d’avoir cinq poissons pour 20.000 BIF. Mais, aujourd’hui, le prix a doublé», confie-t-elle. Cette rareté se manifeste aussi dans d’autres centres de négoce riverains du lac Tanganyika. Sur les principaux sites de pêche, les explications de cette diminution de la production du ’’mukeke’’ sont nombreuses. Noa, un

pêcheur de Mvugo, commune Nyanza-Lac, province Makamba évoque l’augmentation du nombre de pirogues sur le lac. Ce qui entraîne une surexploitation. Selon lui, entre 1998-2000, il y avait seulement une trentaine de pirogues sur le site de Mvugo. «Mais, aujourd’hui, les embarcations se comptent par centaines». Onésime Niyoncuti alias Muhutu, un autre pêcheur de cette localité n’est pas de cet avis. Pour lui, le manque de matériel moderne en est la principale cause. «Nos filets sont petits et ne sont pas efficaces pour attraper de gros poissons». En outre, il signale l’usage des lampes-tempêtes normalement utilisées dans les ménages. «C’est une lacune, parce que ces dernières ne sont pas capables d’éclairer jusqu’au fond du lac». Et de rappeler que dans les années 90, il y avait une trentaine de pêcheurs grecs

Onésime Niyoncuti : «Nos filets sont petits et ne sont pas efficaces pour attraper des gros poissons»

sur le lac avec des bateaux bien équipés de lampes de longue portée. «Cela permettait une bonne production». L’autre problème, argumente Abdul Ndayisaba, un autre pêcheur, c’est l’usage du matériel prohibé dans la pêche. Il indexe ici les filets maillants qui raflent les alevins et d’autres petits poissons. Pour rappel, 300 filets de ce type ont été saisis au mois de mai 2017 lors d’une opération

menée conjointement avec la direction des Eaux, de la Pêche et de l’Aquaculture, l’Autorité maritime, la direction du Commerce international maritime.

«ll est temps d’agir» Un autre pêcheur de Magara, commune et province Rumonge trouve que cette diminution est conséquente du degré de pollution du lac. Et de déplorer que presque tous les déchets provenant des huileries, des

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ménages, … finissent dans le lac sans traitement. Il évoque en outre les récentes pluies sur les collines surplombant le lac. « Des sédiments ont envahi les zones de frayère empêchant ainsi les poissons de se reproduire». De son côté, Albert Mbonerane, environnementaliste précise qu’en cas de pollution, les poissons migrent vers des eaux encore propres. «  Que les gens arrêtent de se lamenter. Comment voulez-vous que le lac continue de donner des poissons alors que nous lui servons des déchets ?» Inexorablement, le lac se retrouve dans une situation lamentable. Il interpelle tous les riverains et pouvoirs publics : « Il est temps d’agir pour sauver notre lac. Sinon, bientôt, nous serons obligés d’importer du poisson alors qu’il était à notre portée». Pour sa part, Oscar Siyabeza, conseiller socio-économique de l’administrateur de Nyanza-Lac propose de diminuer le nombre des pirogues présentes sur le lac. «Il faut qu’une partie de pêcheurs investisse dans d’autres secteurs d’activités ». Il leur demande en outre de former des coopératives. Il invite les investisseurs à mettre des capitaux dans la pêche pour acheter des équipements modernes. Rénovat Ndabashinze


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SANTÉ

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Se faire soigner, un casse-tête dans certains hôpitaux Manque de réactifs médicaux, prise en charge inadéquate des patients, total refus d’hospitalisation sans caution, etc. Les patients en viennent à se demander si les hôpitaux n’ont pas troqué leur vie à l’argent.

je devais me faire soigner ailleurs ». Ce manque de réactifs et de certains médicaments a induit des effets néfastes sur les prix des consultations. Plus que tout impacte sur la prise en charge des patients.  Il y a quelques temps, les patients de l’HMK se plaignaient de la montée des prix pour les consultations, bien plus de la caution que demande certains hôpitaux pour être hospitalise  «  Des mesures à l’opposé de leur vocation de veiller sur notre santé». Pour elle, l’hôpital doit leur informer avant de prendre cette mesure.

P

lus un secret pour personne. Depuis quelques jours certains hôpitaux accusent la sérieuse lacune .Ils ne sont plus en mesure de faire certains tests médicaux voire procéder à des hospitalisations. La cause : l’absence latente soit des anesthésies, des fils pour suturer, bombonnes à oxygène, etc. Un désastre sanitaire à venir, déplorent même le personnel médical.  «  Un délicat problème pour nous autres qui étions censés sauver la vie des gens  », révèle sous anonymat un infirmier de l’hôpital mili-

Une avalanche de conséquences

Une patiente aux urgences en attente d'hospitalisation

taire de Kamenge (HMK) . Avant de continuer : « Imaginez-vous le mal que l’on ressent quand vient le moment de faire un examen médical à un patient et que par faute de réactifs, le malade rentre sans se faire soigner.» Une situation déjà vécue par

Lyse Iradukunda, une patiente qui confie attendre depuis une semaine l’examen de numération sanguine. « On m’a dit que l’appareil ne fonctionne pas. Mais, quand je demande au personnel, sans vergogne il m’a dit qu’il n’y a plus de réactifs pour faire l’examen,

Face aux allégations de cette obligation de payer la caution, un médecin sous anonymat de cet hôpital confie que tout ce désagrément est la conséquence de la politique de natalité gratuite. « A un certain moment, les hôpitaux se retrouvent dans l’incapacité de fonctionner. Dans ce cas, ils prennent des mesures ‘’quelque part contraignantes’’ pour renflouer leurs caisses ». Avant de relativ-

iser :« Au regard de la catégorie des gens qui viennent se faire soigner dans les hôpitaux publics , ça serait incongru de leur part de prendre de telles mesures  » Plutôt, indique-t-il, notre priorité reste leur sante . Quant à la Centrale d’achat de médicaments essentiels du Burundi (Camebu), la société parapublique auprès de laquelle s’approvisionnent tous les hôpitaux et districts sanitaires du pays. « Les information faisant état d’une éventuelle rupture de stock sont des rumeurs diffusées par certains partenaires pour tenter de créer une situation d’urgence  » dit A.N, un agent de la boîte. Il fait observer que la Camebu a déjà pallié à cette éventualité de la rupture de stocks de certains hôpitaux. Pour lui donc, les patients ne devraient pas s’en faire, en pensant qu’il y a a une rupture des stocks de certains réactifs ou autres produits médicamenteux. «Le problème est à chercher dans les finances des hôpitaux» Hervé Mugisha

Annonce

ADVERTISEMENT REQUEST FOR PROPOSALS (RFP) TENDER TITLE: TERMS OF REFERENCE FOR THE BASELINE SURVEY FOR MOMBASA WEST ROADS IMPROVEMENT PROGRAMME AND MOMBASA COUNTY PORT ACCESS ROADS TENDER NUMBER: PRQ20171141 TradeMark East Africa (TMEA) is an organization funded by a range of development agencies to promote regional trade and economic integration in East Africa. TMEA through its support to Kenya Ports Authority (KPA) and Kenya National Highway Authority (KeNHA) is to conduct a study on traffic and operational movement of cargo and vehicular traffic along selected roads within the Mombasa West Urban metropolis and Mombasa County Port Access Roads in Shimanzi area. It will also seek to investigate the possible causes of congestion at various nodes. TMEA is seeking the services of a consultancy firm/consortium to conduct a Baseline Survey for Mombasa West Roads Improvement Programme and Mombasa County Port Access Roads. Terms of reference for this consultancy and the Request for Proposals (RFP) document can be obtained at http://www.trademarkea.com/get-involved/ procurement/. All queries quoting the above Tender Title and Number should be emailed to procurement@trademarkea.com. The closing date for submission is 30 July 2018. Applications are open only to consultancy firms/consortiums. Interested and qualified consultancy firms/consortiums must register and apply online ONLY on the TMEA procurement portal at the website: http://procurement.trademarkea. com and all attachments must be 10 MBs or less. TMEA cannot answer any query relating to this tender five days or less prior to the submission deadline.

EXPRESSIONS OF INTEREST (EOI) TENDER TITLE: DEVELOPMENT, IMPLEMENTATION AND SUPPORT OF TMEA RESOURCES INFORMATION MANAGEMENT SYSTEM (TRIMS) TENDER NUMBER: PRQ20171242 TradeMark East Africa (TMEA) is an aid-for-trade organization that was established with the aim of growing prosperity in East Africa through increased trade. TMEA operates on a not-for-profit basis and is funded by the development agencies of the following countries: Belgium, Canada, Denmark, Finland, the Netherlands, UK and USA. TMEA works closely with East African Community (EAC) institutions, national governments, the private sector and civil society organizations. TMEA wishes to identify and shortlist reputable firms/consortiums for the Implementation of a TMEA Resources Information Management System (TRIMS). The Expression of Interest (EOI) document can be obtained at https:// www.trademarkea.com/get-involved/procurement/. All queries quoting the above Tender Title and Number should be emailed to procurement@ trademarkea.com. The closing date for submission of the expressions of interest is on Monday, 30 July 2018 at 4.00 p.m. (Kenya Time). Only successful applicants will be contacted. Interested and qualified firms/consortiums must submit their expressions of interest through TMEA’s mail box using the email address, procurement. trademarkea.com. All attachments must be 5 MBs or less. TMEA cannot answer any query relating to this tender 7 days or less prior to the submission deadline

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Région Ouest

AU CŒUR DU PAYS

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Cibitoke

Le patchouli hausse le niveau de vie de la population Les patchouliculteurs de Cibitoke se disent satisfaits de l’impact de cette culture aromatique du complexe agro-industriel Rugofarm sur la qualité de vie de leurs familles. Ils souhaitent que cette plante qui produit de l’huile essentielle soit vulgarisée dans toutes les communes. De notre correspondant Jackson Bahati

L

e patchouli est cultivé dans les communes Rugombo, Mabayi, Mugina et Murwi par 3 200 personnes. C’est ce qu’affirme le service en charge de cette culture à Rugofarm. Il indique que pour que le projet soit très rentable aujourd’hui, les pépinières et des semi-pépinières ont été implantées sur chaque colline de ces 4 communes. Et cela, pour favoriser aux patchouliculteurs d’en trouver facilement au lieu de se rendre au siège de l’usine localisé dans la commune Rugombo. Jean Paul Ndihokubwayo pratique cette culture de patchouli dans la commune Murwi. Ce père de 7 enfants affirme avoir

Région Sud

déjà acheté deux vaches et ériger sa propre maison grâce au patchouli. Selon Claude Nzinsabira de la colline de Buhoro en commune Mabayi, cette culture lui a permis de bâtir une maison et de s’acheter des terres cultivables. Les patchouliculteurs de ces communes affirment que le patchouli est une plante qui leur a permis de lutter contre la pauvreté dans leurs familles. Dans la commune Rugombo, la majorité de gens contactés disent qu’ils sont arrivés à monter différents projets(taxi-motards, taxi-vélos, commerce, machines à moudre) grâce aux capitaux gagnés dans la culture du patchouli. Vu l’importance de cette culture dans la communauté, les patchouliculteurs demandent que cette plante aromatique

Elles sont en train de cueillir les feuilles de patchouli

soit vulgarisée dans toutes les communes de Cibitoke et surtout dans la commune Buganda et Bukinanyana restantes. Ils demandent également au complexe agro-alimentaire Rugofarm de revoir à la hausse le prix d’achat de cette plante dont le

prix est de 300 BIF par kilo des feuilles non-sèches.

Des patchouliculteurs sont encadrés Selon le directeur général de cette entreprise Rugofarm, Chadrick Habonimana, cette culture

a commencé depuis 4 ans dans les milieux villageois, grâce à l’initiative de Trademark East Africa. Pour bien assurer le développement de cette culture de patchouli, Trademark East Africa porte son soutien dans l’organisation, la sensibilisation et la formation des moniteurs agricoles ainsi que les patchouliculteurs. Ce responsable de cette entreprise agro-alimentaire précise que les procédures de vulgarisation de cette plante qui apporte des devises au pays et avec laquelle l’on produit des parfums est déjà en cours. Il demande aux patchouliculteurs d’être patients, la question d’augmentation du prix d’achat doit être revue afin de faciliter et favoriser la vulgarisation de cette culture. Le conseiller économique du gouverneur à Cibitoke salue l’apport de l’ entreprise Rugofarm dans la lutte contre la pauvreté. Il affirme que le patchouli permet à un grand nombre de la population de Cibitoke de se créer des emplois et d’être des entrepreneurs.

Rumonge

Des vaches en transhumance indésirables Des centaines de vaches en transhumance en provenance des différentes communes des provinces de Bururi et Makamba ont été chassées ces dernières semaines. Les éleveurs disent ne pas avoir des moyens pour faire la stabulation permanente. De notre correspondant Félix Nzorubonanya

C

es vaches arrivent nombreuses surtout dans les zones de Kigwena, Gatete et Buruhukiro de la commune Rumonge à la recherche des pâturages surtout en cette période de grande saison sèche. C’était de tradition, chaque année des troupeaux de vaches arrivaient et passer trois mois. Aujourd’hui, elles sont chassées brutalement. Selon les éleveurs, certains administratifs à la base les font payer des amendes. « Il arrive que même les vaches soient emprisonnées. » Yollande Ntihabose, chef de zone Kigwena en commune de Rumonge indique que le gouverneur de la province de Rumonge

a donné des instructions claires aux administratifs à la base de chasser toutes les vaches qui viennent en transhumance. Elle précise que plus de 200 vaches en provenance de la commune de Vyanda ont été chassées ces deux dernières semaines grâce à la vigilance des cultivateurs. Ces derniers indiquent que ces vaches ravagent leurs champs de cultures. Madame Ntihabosa pécise que quelques fois des amendes sont perçues sur chaque vache pour les récidivistes et cette somme est versée dans la caisse de la commune. Pour le chef de zone Kigwena, il n’y a plus d’espace libre où ces vaches pourront brouter de l’herbe sauf qu’elles peuvent se rabattre dans les champs de culture de la population. Ce qui pourra engendrer des conflits

Les propriétaires de ces vaches doivent payer des amendes à la commune

ouverts entre agriculteurs et éleveurs.

«Pas de moyens pour la stabulation permanente » Les éleveurs ne savent plus à quel saint se vouer. Ils indiquent qu’ils n’ont pas de moyens de pratiquer l’élevage par stabulation permanente. « Nous n’avons pas de moyens d’acheter de l’herbe ou des cultures fourragères pour nourrir nos vaches.  » Par ailleurs, ils regrettent qu’ils n’aient pas été avisés à temps afin qu’ils prennent des dispositions qui s’imposent.

Ils dénoncent que ces vaches sont chassées brutalement et leurs bergers sont souvent mis en prison et dénoncent des tentatives de corruption lors de ces opérations de chasse. Ils indiquent que l’agriculture et l’élevage sont des activités complémentaires et interdépendantes. Ils demandent au ministère ayant l’élevage dans ses attributions de voir comment les petits éleveurs puissent continuer à exercer leur métier. Certains même ont indiqué que le gouvernement n’a pas encore mis en place une loi qui institue la stab-

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ulation permanente au Burundi. D’où, disent-ils, une souplesse s’impose. Certains agriculteurs contactés indiquent avoir salué cette mesure prise par les autorités administratives car ces vaches détruisaient leurs champs de culture. Les associations qui travaillent dans le domaine de la bonne gouvernance indiquent qu’une odeur de corruption est sentie au cours de ces opérations de chasse de vaches en transhumance. Ils interpellent les autorités à suivre de près la conduite de ces opérations.


AU CŒUR DU PAYS

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Région Centre

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Gitega

Dur de traverser la route Dans la ville de Gitega, la circulation est devenue de plus en plus dense et le parc automobile aussi. Surtout pendant les heures de pointe, les piétons et les cyclistes peinent à traverser la route suite au nonrespect des codes de la routes des automobilistes et motocyclistes. De notre correspondant Jean-Noël Manirakiza

A

ucun jour ne passe sans que l’on trouve une voiture au fond d’un caniveau, que l’on assiste à une collision des véhicules ou qu’un motard fauche un piéton. Avec le bitumage de la voirie urbaine, les nids de poule ont disparu. Ce qui fait que les automobilistes roulent à tombeau ouvert. Et malheureusement, ce sont les piétons et les cyclistes qui en payent le prix. Dimanche 8 juillet au quartier Yoba, une camionnette est sortie de la route pour aller s’encastrer dans le mur d’une maison. Problème mécanique ou erreur humaine ? Rien de concret n’a filtré au terme de nos investigations. Cet accident n’est pas un cas isolé dans la ville de

Région Nord

Gitega. « Il y a deux semaines une voiture a failli me tuer. J’ai été projeté à dix mètres. Le conducteur m’a accusé d’avoir traversé sans regarder le sens inverse », s’indigne Ildephonse, tout en indiquant qu’il n’y avait pas eu un constat de la police de roulage pour déterminer le fautif. Secoué par le choc, il a été transporté à l’hôpital, le chauffeur en question en avait profité pour prendre le large. Un témoin a expliqué que l’homme au volant n’était pas le conducteur attitré.

Pas de notion du code de la route D’après Nuhu Ciza, président d’une auto-école A .V.D.N (Association villageoise pour le développement national), tout le monde est concerné par le nonrespect du code de la route et des règles de la circulation. Les pro-

Les conducteurs des vélos ignorent le code de la route

priétaires de véhicules de transport en commun, les chauffeurs eux-mêmes, les pouvoirs publics et le citoyen lambda. Il situe le problème au manque de notion du code de la route. ». «  Comment expliquer que quelqu’un qui n’a jamais fréquenté aucune maison d’auto-école ou avoir passé un permis de conduire

se trouve sur le volant d’une voiture ? », s’est-il interrogé. Ceux qui sont les plus cités sont les femmes. Les conducteurs des taxis-motos et taxis-vélos sont aussi pontés du doigt. Sans aucun respect pour le code de la route, ils stationnent où ils veulent et tournent partout, même quand les règles de la circulation le leur

interdisent. Les panneaux de signalisation censés régler la circulation ne constituent guère une préoccupation pour eux. Il propose de retirer pour un bon temps, le permis de conduire aux réfractaires ou aux mauvais chauffeurs, en leur infligeant une lourde amende.

Ngozi/Tangara

Les agriculteurs saluent la construction des greniers communautaires Des hangars de stockage ont été construits pour la bonne conservation de différents produits récoltés en zones Gasezerwa et Nyagatovu. La population apprécie cette action de l’organisation Welt Hunger Hilfe. De notre correspondant Apollinaire Nkurunziza

L

es greniers communautaires de Gasezerwa et Nyagatovu ont été construits en 2014. Au chef-lieu de la zone. Ils peuvent contenir cent tonnes de produits récoltés. Toutes les récoltes sont admissibles à ces hangars de stockage : haricots, maïs, pommes de terre, riz, arachides, etc. Selon les responsables, les plus conservés sont surtout les haricots et les pommes de terre. A Gasezerwa, ce grenier est en briques cuites et la toiture en tôles. Il contient des étagères sur lesquelles on dépose les récoltes. La gestion a été accordée à l’association Tezimbere Uburimyi. « Après la construction, Welt Hunger Hilfe a choisi notre association qui était dynamique.

On nous a appris comment bien conserver la récolte et comment mettre une dose d’insecticides », indique Aristide, président de l’association. La conservation des produits est sanctionnée par un prélèvement de 5kg sur 100 kilogrammes déposés ou un demi-kilogramme sur 10 kg. Cela en faveur de l’association qui assure la gestion, la sécurité et l’entretien des récoltes. Les dépositaires sont mentionnés dans un registre. Ils se munissent également d’un cahier pour y mettre les kilogrammes déposés. En ce qui concerne le retrait, les responsables du hangar sont disponibles trois fois par semaine. Selon Aristide, la récolte pour cette saison culturale n’a pas été bonne. «  L’année passée, nous avons reçu aux environs de 60 tonnes. Malheureusement,

Le haricot qui sera stocké dans l'un des greniers communautaires

cette année on enregistre à peu près 23 tonnes ». Ce responsable attribue cette baisse de la récolte aux aléas climatiques : « La pluie est tombée abondamment et longtemps. Les champs de culture ont été endommagés ».

Des avantages multiples La population indique que le hangar est venu à point nommé. Les cas de vol, surtout des hari-

cots, se faisaient enregistrer de temps en temps. « Les voleurs fonçaient les maisons et s’emparaient des haricots pendant la période de récolte. Aujourd’hui, nous mettons tout ici. C’est sécurisé. Le poste de police est juste à côté. Il y a aussi un veilleur », se réjouit un agriculteur trouvé sur place. Il ajoute que cela permet de réglementer la consommation. En effet, il faut toujours un consensus familial avant d’aller opérer un retrait.

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Par ailleurs, en cas de mésentente au niveau du foyer, l’un des conjoints en informe aux responsables du stock pour retirer le droit de retrait à l’autre sans qu’ils soient tous ensemble. D’après le président de Tezimbere Uburimyi, cela permet également de garder l’union des foyers : « Personne ne peut s’arroger le droit d’aller retirer les haricots, par exemple, sans accord de l’autre. Ils doivent se concerter. Donc un dialogue ». Cependant, il arrive que le dépositaire ne trouve pas ses produits. Dans ce cas-là, c’est l’association qui doit payer. « Ça arrive que l’un ou l’autre manque ses produits. C’est normal parce que les gens qui amènent les récoltes sont nombreux. Aujourd’hui, on compte 349 personnes. Le grenier est ouvert pour tout le monde. Même ceux des autres zones viennent. Alors, pour éviter les conflits, l’association paie les pertes », explique Aristide. Il invite les agriculteurs qui n’ont pas encore adhéré à ce système de stockage à se joindre aux autres.


SPORT

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Football

Eliminatoires CAN U20: Le Burundi face à son destin © Droits réservés

Ce samedi 14 juillet à Lusaka, la sélection nationale des moins de 20 ans livre un match capital contre la Zambie. Elle tentera de décrocher sa qualification pour une phase finale de la Coupe d’Afrique des Nations.

A

près la génération dorée de 1995 des Rukundo Mbanza, Blaise Butunungu, etc, qui s’est hissée, contre toute attente, jusqu’en finale de la CAN Junior de 1995, la réédition de cet exploit est le rêve de toute une nation : revoir le Burundi jouer une phase finale de la CAN. Mais pour y arriver, les protégés de Joslin Bipfubusa, le sélectionneur doivent parfaitement négocier leur match-aller à Lusaka. «  Au vu de la bonne préparation et l’actuel bon état d’esprit, un exploit est à leur portée», avance Haruna, un fan. Auteurs d’une bonne campagne qualificative, ponctuée d’un meilleur ratio de victoires à l’extérieur, cette fois-ci, les protégés de Joslin ont la chance de jouer le match retour à domicile. «  Terminer à domicile, un avantage ? Je ne sais pas. Sinon, nous savons pertinemment que le billet qualificatif passe par Lusaka  », opine le coach. Un point de vue partagé par Selemani, le capitaine. Il indique que les Zambiens voudront à tout prix marquer très tôt pour

Les jeunes Intamba dans l’obligation d’arracher un bon résultat pour espérer une qualification

s’installer dans le match. Pour ce, explique-t-il, nous devons bien jouer les longs ballons et éviter les coups de pieds arrêtés. Avant de renchérir : «Plus que tout, nous montrer disciplinés tactiquement». Devant évoluer en 4-2-3-1, Joslin espère qu’avec 2 milieux récupérateurs et 4 défenseurs, sauf surprise, défensivement, ils seront bien en point. Seul bémol : sa capacité à créer le danger devant le but adverse avec un seul attaquant. Pour le moment, une situation loin de l'alarmer. « Un des trois milieux offensifs pourra l’appuyer et jouer en parallèle».

Mettre le paquet Outre le fait de ne pas évoluer à domicile, la sélection nationale aura à son désavantage, le climat froid sec de Lusaka.  « Le stade de Nkoulouma se trouve un peu en altitude», témoigne C.M, un ancien joueur de Vital’o. Cet ancien joueur craint que les joueurs burundais n’arrivent en 2 ème mi-temps émoussés. « Sans doute qu’il leur faudra du temps pour entrer dans le bain du match».  Néanmoins, cette donne ne semble pas effrayer Joslin. «Ce sont des professionnels

aguerris aux sorties à l'etranger». Quant à Sudi Ntirwaza et Brandon Chebby, les deux nouveaux visages, le sélectionneur confie que malgré leur arrivée tardive, ils intègrent bien le groupe. Autre inquiétude : la fougue et la rapidité des Zambiens. Percutants dans le jeu de couloirs, le coach avoue que ses latéraux doivent redoubler de vigilance et éviter les contre-attaques assassines. Les conditions d’accueil lors du dernier match contre le Soudan ayant fait le buzz sur les réseaux sociaux, Joslin assure que ce désagrément ne

se répètera pas. «  Nous sommes en contact avec nos hôtes et nous osons espérer que le malentendu ne vas pas se répéter  ». Quant à la prime promise en cas de qualification, une source proche du staff affirme qu’elle a été doublée  :  «30 millions de BIF pouvant être majorés». De quoi motiver les joueurs burundais. Précisons que le match retour se joue le 22 juillet au stade Urukundo de Buye à Ngozi. Hervé Mugisha

Volleyball

Coupe du président: le tournoi entre dans une nouvelle phase Après un 1er tour ponctué par la qualification de tous les cadors, ce samedi 14 juillet, ce sont de belles affiches des quarts de finale qui promettent.

U

ne véritable guerre de tranchées » , s’accordent à dire les entraîneurs des équipes encore en lice .Entre Muzinga, Bujumbura Uwezo wa Ndani(BUN),Amical Sportif de Bujumbura(ASB) et Rukinzo, deux formations doivent quitter la compétition. « Enfin, la périlleuse phase où l’erreur de l’une profite à l’autre  », soupire Jean Nahimana, un fan. A ce stade de la compétition,

il fait savoir que les « outsiders  » tels que Bisoro et Espoir de Vyanda sont à craindre. Fort compréhensible, une donne, observe-t-il, qui contribue à rendre plus attrayant le spectacle. Quant à Charles Niyongabo, coach de Bisoro, il se félicite que le tournoi a déjà produit sa magie. «  Depuis le début de la compétition, l’engouement va croissant. » Aussitôt d’ajouter : «Dans les provinces, telles que Rumonge, Gitega, rien que les matches du 1er tour , se sont joués à guichet fermés ». Révélations du tournoi, Espoir de Vyanda et Christ Roi ont ébloui par la beauté de leur jeu. Toutefois, elles doivent se confirmer respectivement face à Muzinga et ASB. Une situation aux antipodes de Bisoro. L’année passée, la forma-

Les équipes de l'association de volleyball de Bujumbura partent favorites.

tion en provenance de Mwaro a surpris, se hissant en demi-finales, un  exploit qu'il lui sera difficile de rééditer. «La lacune, c’est notre faiblesse du banc, sinon nous

avons la carrure pour tenir tête au grands», explique son coach. Au programme, au terrain du Département des Sports: Espoir de Vyanda croise le fer avec Muz-

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inga tandis qu'Amical sera opposé à Christ Roi de Gitega. A Gitega, BUN se mesurera au MinInter alors que Bisoro tentera de venir à bout de Rukinzo. H.M


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CULTURE

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Miss Burundi 2018 : le fiasco ! Retrait du comité d’organisation et des candidates finalistes, à quelques jours de la finale, puis le report de l’évènement… Cette édition semble vouée à l’échec. Le ministère de la Culture s’en lave les mains.

C

’est une nouvelle qui n’a pas manqué de faire le buzz sur les réseaux sociaux, ces derniers jours. « Burundi Events », la société initiatrice du concours, annonce, lundi 9 juillet, le report de l’évènement initialement prévu ce 21 juillet prochain. C’est dans la foulée du retrait des candidates à la finale et du comité d’organisation. Dans leur lettre de démission adressée au patron de Burundi Events, les prétendantes à la couronne dénoncent des promesses jamais tenues, à seulement 15 jours de la grande finale. D’après ces jeunes dames, les prix des élues (terrain de 4 ares, comptes bancaires) annoncés publiquement, il y a cinq mois, n’étaient pas jusque-là disponibles. Le montant des comptes n’est toujours pas dévoilé. Elles déplorent l’absence de campagnes de votes en ligne et médiatique pour parler de leurs

Les candidates au concours Miss Burundi se préparant à la sélection des finalistes, en avril.

projets. Pourtant, Burundi Events en avait fait parole d’honneur depuis juin. Le site web de miss Burundi n’est même pas accessible, selon ces candidates. Le déclic pour claquer la porte : la démission de l’équipe organisatrice avec qui elles venaient de passer un bon moment. «Leur retrait nous a beaucoup touchés. Il nous a mis devant notre responsabilité en tant que candidates à une élection qui perd sa crédibilité».

La miss 2017, Annie Bernice Nikuze, garde la couronne jusqu’à la nouvelle élection.

Des révélations… Au-delà de ces accusations rendues publiques, quelques candidates contactées révèlent, sous anonymat, les défaillances de la société qui gère Miss Burundi. Un manque de transparence est dénoncé. Bien avant de s’inscrire à la compétition, témoigne une des finalistes, la plupart des candidates avions déjà une mauvaise image de l’évènement. « Nos grandes sœurs parlaient d’une miss qui n’a pas de valeur, une fois élue, qui n’existe que par son label. » Mais en participant, elles avaient espoir que cette édition allait être différente. « Mais force était de constater que Burundi Events est mal organisé». D’après cette candidate, la société n’assume pas ses responsabilités comme détentrice de la licence d’organiser l’évènement. Elle reconnaît que Burundi Events n’a pas de sponsors. Mais elle devrait investir au lieu de compter sur des sponsors seulement. « J’imagine que pour obtenir la licence, le minimum de moyens est requis». Pour cette démissionnaire, rien n’est sérieux dans l’organisation. Même la voiture (le prix de la miss) circulait déjà dans les rues. Cela montre davantage que le concours est très minimisé. De surcroît, rien ne prouvait que la parcelle et les comptes bancaires soient là, à deux semaines de la compétition. « C’est louche ! » L’équipe qui s’est retirée abonde dans le même sens. Comme raison de démission, elle insiste entre autres sur les fonds promis par le patron de Burundi Events mais jamais disponibles. Ce dernier, Amine El Kosseifi,

Le patron de Burundi Events parle de manque de sponsors comme nœud du problème

avait rétorqué, il y a une semaine, que Burundi Events fait face à un sérieux problème de sponsors. 30% du budget requis étaient jusque-là disponibles. Certaines dépenses ont dû être annulées. Le patron de Burundi Events a refusé de s’exprimer sur les accusations des candidates.

Le ministère de la culture s’en dédouane Le directeur général de la Culture, Léonard Sinzinkayo, s’en lave les mains. Pour lui, Miss Burundi est un ’’évènement privé’’. Les problèmes doivent donc être réglés à l’interne de la société. « Le ministère ne peut pas s’ingérer dans ce bouillonnement». Le ministère de la Culture a accordé une licence d’exploitation de 5 ans à la société

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« Burundi events », depuis 2016. «Si le projet cadre avec la culture du pays, aide les jeunes à promouvoir la beauté du pays, ne compte pas sur des sponsors en l’air… rien n’empêche que l’on accorde la licence à une société qui le demande. » Il juge toutefois normal si un projet échoue. A la question des moyens, il indique que le ministère n’entre pas en détails. «On ne pouvait pas imaginer qu’une société comme Burundi events qui gère Loto Burundi peut manquer les moyens pour organiser Miss Burundi». Le DG de la Culture affirme qu’il ne peut pas prendre les choses en main tant qu’il n’y a aucune plainte reçue par le ministère. «Nous nous informons petit à petit et nous saurons quoi faire». Clarisse Shaka


ANNONCES

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AVIS D’APPEL A MANIFESTATION D’INTERET A REPRESENTER LE SECTEUR NON GOUVERNEMENTAL AU SEIN DE L’INSTANCE DE COORDINATION NATIONALE DES SUBVENTIONS DU FONDS MONDIAL DE LUTTE CONTRE LE SIDA, LA TUBERCULOSE ET LE PALUDISME AU BURUNDI

L’Instance de Coordination Nationale des subventions du Fonds mondial de lutte contre le Sida, la tuberculose et le paludisme au Burundi, l’ICN Burundi en sigle, est un cadre national multisectoriel de concertation et de partenariat public-privésociété civile pour la lutte contre ces trois maladies ainsi que le renforcement du système de santé.

Etre établie et fonctionner de manière opérationnelle au Burundi par une présence physique et active; Démontrer une expérience technique et/ou une expertise dans au moins un des domaines suivants :

- Lutte contre le VIH/Sida, la tuberculose, le paludisme; - Renforcement du système national de santé; - Gestion programmatique ou financière de programmes sectoriels ou multisectoriels de développement; - Promotion et défense des droits humains ;

L’ICN Burundi a pour mission d’orienter et de coordonner les actions de mobilisation de subventions auprès du Fonds mondial de lutte contre le Sida, la tuberculose et le paludisme ainsi que d’autres partenaires et, d’en assurer le suivi selon la politique sanitaire nationale et les directives du Fonds mondial. Dans le cadre du Nouveau modèle de financement du Fonds mondial en vigueur depuis 2014, une évaluation des performances et de l’éligibilité de l’ICN Burundi est conduite annuellement dans le but d’améliorer la fonctionnalité de celle-ci ainsi que la qualité du suivi des subventions mises à sa disposition par le Fonds mondial.

• •

Justifier de la représentativité du secteur au sein de l’ICN ; Disposer d’une convention de partenariat avec le Ministère de la Santé Publique et de la Lutte contre le Sida en cours de validité ; S’engager à se conformer au Règlement Intérieur de l’ICN d’une part, ainsi qu’à la politique relative aux ICN du Fonds mondial d’autre part; et signer une lettre d’engagement qui l’atteste.

L’évaluation annuelle de l’ICN Burundi réalisée en 2017 a conclu que l’ICN Burundi n’était pas totalement conforme par rapport à certains critères, notamment : - (i) le rang, le niveau de représentativité et de séniorité des membres ; - (ii) le non-respect de certaines dispositions des Directives du FM relatives à la prévention et la gestion des conflits d’intérêt; - (iii) l’insuffisance des compétences clés au sein du Comité de Suivi Stratégique de l’ICN ; - (iv) la taille et la composition de l’ICN. Tenant compte de ces conclusions, l’Assemblée Générale de l’ICN du 13 janvier 2017 a décidé qu’une réforme en profondeur soit amorcée afin de mettre l’ICN Burundi en totale conformité avec les critères d’éligibilité et les normes minimales du FM afin de lui permettre de jouer pleinement son rôle d’élaboration et de suivi stratégique des subventions. Selon l’option de réforme de sa taille adoptée par l’assemblée générale du 14 juin 2018, l’ICN Burundi sera composée de 21 membres titulaires et autant de suppléants répartis comme suit : • • •

Secteur gouvernemental : 7 sièges ; Secteur non gouvernemental : 9 sièges ; Secteur des partenaires au développement : 5 sièges

Au sujet du secteur non gouvernemental, l’assemblée générale a décidé que ce secteur sera représenté à l’ICN Burundi par les entités suivantes et avec les sièges répartis comme suit : • • • • • • • •

Sous Secteur des personnes vivant avec la maladie (VIH-SIDA) / Réseaux engagés dans la lutte contre la maladie (TB, Paludisme) : 1 titulaire et un suppléant ; Sous secteur des populations clés les plus exposées au risque d’infection par l’une ou l’autre des 3 maladies: 2 titulaires et 2 suppléants; Sous Secteur des ONGs / Associations nationales intervenant dans le secteur de la santé: 1 titulaire et 1 suppléant; Sous Secteur des ONGs / Associations internationales intervenant dans le secteur de la santé: 1 titulaire et 1 suppléant; Sous secteur des confessions religieuses: 1 titulaire et 1 suppléant; Sous Secteur privé [(Chambre fédérale de l’Industrie et du Commerce; Ordre national des médecins, Ordre national des pharmaciens, Secteur privé médical non lucrative: 1 titulaire et 1 suppléant; Sous secteur éducatif/académique: 1 titulaire et 1 suppléant; Sous Secteur des ONGs / Associations en charge de la promotion et de la défense des droits humains : 1 titulaire et 1 suppléant.

Par le présent communiqué, l’ICN Burundi invite les organisations œuvrant dans chacun des sous secteurs susmentionnés qui satisfont aux critères ci-dessus, à présenter leurs dossiers de candidatures aux élections de nouveaux membres de l’ICN Burundi représentant le secteur non gouvernemental qui seront organisées au cours du mois d’août 2018. Les organisations intéressées peuvent obtenir des informations supplémentaires à l’adresse mentionnée ci-dessous aux heures d’ouverture de bureaux suivantes : de 7 heures à 13 heures, heure locale. Avenue des Etats Unis, Immeuble du Centre National de Transfusion Sanguine1èétage, Bureau 217. Téléphone : 22 25 63 98 Les documents de référence attestant la satisfaction des critères requis à présenter obligatoirement avec la manifestation d’intérêt sont les suivants : • • • •

Les dossiers de candidatures doivent parvenir au Président de l’ICN sous pli fermé dans une enveloppe portant la mention «A n'ouvrir qu'en séance plénière, Candidature du Secteur non gouvernemental pour le renouvellement des membres de l’ICN-Burundi», avec accusé de réception au plus tard le 24 juillet 2018 à 12 h, au Bureau du Secrétariat Exécutif de l’ICN Burundi sis Immeuble du Centre National de Transfusion Sanguine, 1ère étage N° 217 où le présent avis est disponible. A la réception du dossier de candidature, le Secrétariat Exécutif de l’ICN-Burundi émettra un accusé de réception. Le dépouillement des dossiers reçus sera effectué du 25 au 26 juillet 2018 par une commission ad hoc mise en place par l’ICN-Burundi. La liste électorale validée sera publiée le 30 juillet 2018 et affichée au Bureau du Secrétariat Exécutif de l’ICN-Burundi. Le vote aura lieu le 3 août 2018 à partir de 9h dans un lieu qui sera communiqué ultérieurement au public. A l’issue des élections, il est requis, pour chaque sous-composante du secteur: •

Selon le règlement d’ordre intérieur de l’ICN Burundi, est éligible à représenter son sous secteur au sein de l’ICN Burundi, toute organisation faisant partie d’un des sous secteurs ci-avant cités et répondant aux critères suivants : • •

Le document attestant l’existence légale de l’organisation ; Le Curriculum Vitae de l’organisation ; Le plan d’action et le rapport d’activités de l’organisation pour l’exercice 2017 ; La convention de partenariat avec le Ministère de la Santé Publique et de la Lutte contre le Sida.

Une lettre de désignation de la personne physique désignée (ainsi que toute la documentation du processus qui a abouti à l’élection de cette dernière), précisant les noms, prénoms, adresses complètes (téléphones, courriels, boîte postale, etc.), titres/fonctions, organisme d’appartenance, de ces personnes physiques mandatées (membres titulaires et membres suppléants) signée du premier responsable de la structure de provenance Le Curriculum Vitae de la personne sélectionnée.

Jouir d’une reconnaissance légale au Burundi ;

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Avis d’appel d’offre n° 83291476 GIZ-ADLP Publication de l’offre pour le recrutement d’un bureau chargé d’appuyer les communes de Gitega et Mwaro dans l’élaboration des Plans Communaux de Développement Communautaire (PCDC).

Le programme d’appui à la décentralisation et à la lutte contre la pauvreté (ADLP) mis en œuvre dans les provinces de Mwaro et Gitega est un programme de la coopération germanoburundaise et exécuté par la GIZ. Dans le cadre de son champ d’action Gouvernance locale, le programme va notamment renforcer les capacités des communes à la planification communale participative et à l’actualisation des plans communaux. Cet appui va ainsi permettre aux communes des provinces mentionnées de se doter de la troisième génération des plans communaux. C’est dans ce contexte que le Bureau GIZ- Burundi lance un appel d’offre pour recruter un bureau d’étude national expérimenté et intéressé par la présente prestation. L’objectif global de la consultance est de permettre aux communes de Gitega et Mwaro à disposer des

capacités techniques de planification participative et élaborent les PCDC 3ème génération conformément au guide national de planification communale. Les principaux résultats attendus sont les suivants : 1. Les communes maîtrisent les techniques de planification participatives et les appliquent durant le processus de d’actualisation des PCDC ; 2. Les ECP maitrisent les étapes de planification proposées par le guide national et les suivent durant le processus d’actualisation des PCDC ; 3. Les ECP améliorent leurs capacités opérationnelles depuis la préparation des ateliers de planification jusqu’à la rédaction finale des PCDC Le bureau d’étude intéressé doit proposer une méthodologie et un ensemble d’outils pour pouvoir arriver à ces résultats. Il doit en outre aligner 5 experts en matière de planification participative communale dont un chef de mission pour la période allant du 01 Août 2018 à 31 Octobre 2019 et 4 consultants communaux. Les responsabilités pour chaque consultant devront être clairement définies par le même bureau. Le bureau doit se rassurer que les personnes alignées seront disponibles durant la phase de la

consultance qui va de 01 Août 2018 au 31 Octobre 2019.

Remise des offres. La GIZ suit une procédure d’enveloppes doubles pour la soumission séparée de l’offre technique et financière. Veuillez observer les instructions suivantes : • Offres de services : à remettre impérativement sous pli fermé. • Identifier l’enveloppe en y opposant le tampon de votre bureau • Offre financière : à remettre impérativement sous pli fermé. • Ces deux offres doivent être glissées dans une troisième enveloppe portant également le tampon du bureau, et l’inscription « Offre pour l’élaboration des PCDC des communes de Gitega et Mwaro ». A n’ouvrir qu’en séance d’ouverture des plis. Les termes de références détaillés sont à retirer au Bureau de la GIZ, croisement avenue de la JRR n°1, chaussée Prince Louis Rwagasore. Le dépôt des offres se fera jusqu’au 23 Juillet 2018 à 16h30.

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IWACU 487  

Hebdomadaire IWACU de ce vendredi le 13 Juillet 2018

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