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IWACU N°479 – Vendredi 18 mai 2018 – 2000 Fbu Quartier INSS, Avenue Mwaro n°18 Bujumbura - Burundi Tél. : 22258957

Référendum constitutionnel

Qui gagnera?

POLITIQUE

ÉCONOMIE

SÉCURITÉ

Dossier spécial référendum

Transparence budgétaire : le Burundi à la traîne

Carnage de Ruhagarika : La population encore sous le choc

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LA DEUX Editorial

Vendredi, 18 mai 2018 - n°479

En coulisse

Sur le vif

En hausse

Un référendum clivant, déplore le Haut-commissaire de l’ONU Une autre date pour l’histoire Par Léandre Sikuyavuga Directeur des rédactions

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«  En raison du flot constant de violations des droits de l’homme au cours de ces trois dernières années, et de ce référendum extrêmement controversé et clivant, les actions des autorités sont perçues avec une méfiance considérable par une partie importante de la population », a déclaré Zeid Ra’ad Zeid Al-Hussein, le Haut-commissaire aux droits de l’Homme, mardi, 15 mai. Tout le monde souffrira, poursuit-il, si le Burundi plonge dans la violence pendant ou après le référendum. Il exhorte donc le gouvernement burundais à assumer ses responsabilités.

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our avoir organisé avec succès à Bujumbura les 18èmes championnats d’Afrique cadets et junior du 10 au 13 mai.

L’EurAc recommande à l’UE des actions concrètes Bujumbura Dans son nouveau rapport du 15 mai, le Réseau européen pour l’Afrique centrale (EurAc) demande à l’UE de prendre les mesures suivantes : étendre les sanctions ciblées européennes déjà adoptées en octobre 2015 à l’égard de quatre personnes, suspendre le soutien financier utilisé pour financer les salaires et indemnités de déploiement du contingent burundais de l’AMISOM et stopper le soutien de l’UE au processus de médiation tel qu’il est mené actuellement par l’EAC.

Imboneza FC gagne la troisième place

En baisse

Les auteurs du carnage de Ruhagarika, © Droits réservés

7 mai 2018 entre dans l’histoire du Burundi. Le peuple burundais vient d’exercer son droit civique en se prononçant par référendum, sur la Constitution amendée. Dans l’histoire du Burundi, la période électorale a été, à maintes reprises, caractérisée par des violences politiques, des conflits. Pour mémoire, rappelons-nous la période d’après les législatives du 18 septembre 1961, celles du 10 mai 1965, les élections présidentielles du 1er juin 1993 et les législatives du 29 juin de la même année, pour ne citer que celles-là. Les raisons de ces violences sont nombreuses. Les adversaires politiques n’ont pas respecté les règles ou accepté le verdict des urnes, les résultats électoraux comme l’expression légitime de la volonté des Burundais. Les élections ont été, pour une partie de la population, une opportunité d’exprimer ses griefs au sujet du partage des ressources, de la justice sociale, de la marginalisation, des rivalités ethniques, de l’intimidation ou d’autres malaises. L’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi du 28 août 2000 résumera le mal burundais comme «un conflit fondamentalement politique avec des dimensions ethniques extrêmement importantes» et «découlant d’une lutte de classe politique pour accéder au pouvoir et/ou s’y maintenir». Question : Avec ce scrutin du 17 mai que certains qualifient déjà de «référendum de tous les dangers», comment éviter toute rechute et conjurer le mal et éloigner tout spectre de la guerre ? Il convient alors d’analyser si avant le scrutin la confiance entre toutes les parties prenantes a été (ré) instaurée pour l’établissement du cadre juridique et légal. La compétition a-t-elle été saine, équitable et juste ?  Pendant la période électorale, la transparence a-t-elle été requise pour toutes les opérations électorales qui sont menées ? Il n’y a pas eu d’actes d’intimidation ? Si tel est le cas, les parties en lice devront accepter et respecter le verdict populaire. Les vainqueurs éviter de verser dans le triomphalisme. Ils devront par contre rassurer les perdants, et la raison primer sur la passion. En cas de contestation des résultats, par l’une ou l’autre des parties, le peuple est en droit d’exiger une impartialité du système judiciaire. L’institution chargée de trancher les différends ne devrait prendre, ni donner l’impression de prendre, fait et cause pour l’une ou l’autre des parties. Croisons les doigts.

La Fédération nationale du Judo

Le club New Génération, le représentant le Burundi à la Coupe du monde des ex-enfants en situation de rue à Moscou, a remporté la 3ème place. Elle a battu l’Indonésie sur un score de 3-1. Le 1er but a été marqué par Ndihokubwayo Christian, le 2ème par Assumani Massudi (capitaine) et le 3ème par Arnaud Ndahabonimana. La finale opposera le Pakistan à l’Ouzbekistan.

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our avoir assassiné sauvagement 24 civils dans la nuit du 12 mai en commune Buganda de la province Cibitoke

Poème DE LA JUSTICE Elle suppose la justice, que chacun ait des droits ! Que ces droits soient bien respectés, Et qu’il n’y ait personne qui soit en proie, Aux revendications publiques ou privées ! Des gens s’attribuent des biens publics, D’autres des biens privés, D’autres encore des biens privés et publics, Dans les trois cas, la justice est activée. Elle doit dès ce moment intervenir pour réparer, Pour rétablir l’équité selon l’éthique, Elle doit rendre à chacun son du, sans ignorer, Qu’elle le fait suivant la loi, et non suivant une tactique ! Car dans un pays où le juge est nommé, Il arrive qu’il y ait vol de conscience, Que la loi soit bafouée ou gommée, Au détriment de la justice, qui le cède à la diligence ! Ainsi, si chaque individu a droit à une justice, Celle-ci doit tenir compte de ses biens, de ses gestes, de ses paroles et de ses actes, Qu’elle doit gérer autant qu’un bien altruiste, Dont l’importance est aussi valable que celle d’un pacte ! La justice doit rétablir et remettre à son propriétaire, Tout bien, geste, parole ou action, Qu’un intrus ou même un dignitaire, S’est approprié ou en a fait aliénation !

Ntirubuza Simon

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Un chiffre

1, 5 millions de dollars américains est l’enveloppe accordée par le Japon au HCR Burundi pour le rapatriement des réfugiés.

Source HCR Une pensée

« Plus grand est le pouvoir, plus dangereux est l’abus. » Edmond Burke


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Référendum constitutionnel

Paisible mais entaché d’irrégularités Ce matin du 17 mai 2018, le pays s’est réveillé au rythme du vote pour ou contre le projet de la nouvelle Constitution. 5.008.742 électeurs étaient attendus pour ce référendum constitutionnel. La population avait répondu massivement. En général, le scrutin s’est bien déroulé hormis des irrégularités relevées dans plusieurs provinces.

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es rues grouillaient de monde très tôt le matin dans la zone urbaine de Kamenge (nord de la capitale Bujumbura). A 5h 45, la circulation ressemblait à celle observée à l’heure de pointe à Bujumbura. Malgré la fraîcheur matinale, les électeurs formaient déjà de longues files. A l’Ecole fondamentale (Ecofo) Kamenge, le vote a commencé à 6h du matin. Sur place, l’on compte 3 centres de vote : Teza, Twinyoni et Songa. Le centre de vote Teza compte 7 bureaux de vote où sont attendus 3250

électeurs. Celui de Twinyoni compte 6 bureaux de vote où sont attendus 3500 votants et Songa 9 bureaux de vote pour 4700 électeurs. Devant chaque bureau de vote, de longues files d’attente s’observent.

Une sécurité plus qu’assurée Côté sécurité, plusieurs policiers sont visibles à l’intérieur comme à l’extérieur de l’Ecofo. Ils se tiennent à l’écart des votants mais surveillent de près le déroulement du vote. Sur la route

principale, l’ambiance est bonne enfant. Les gens forment de petits groupes, l’on entend des éclats de rire ici et là, preuve que le scrutin se déroule dans la tranquillité. Seul bémol, comme l’indique Augustin Hakizimana, un des présidents du bureau de vote au centre de vote Teza, certains électeurs veulent voter sur place alors qu’ils se sont faits inscrire à l’intérieur du pays : «  Nous leur avons demandé d’attendre la consigne de la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante. »

Longues files d’attente à l’Ecole fondamentale de Kamenge où le vote se déroule dans une ambiance bonne enfant.

Christian Bigirimana

Zone Gihosha

Une grande affluence dans les bureaux de vote

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u centre de vote de l’Ecofo Gasenyi II, quartier Taba, zone Gihosha, en commune urbaine de Ntahangwa, les électeurs se sont présentés bien avant 6 heures du matin. Ledit centre compte 8 bureaux de vote. Tout le matériel de vote était en place. Les opérations de vote ont commencé à 6 heures 20 minutes avec une grande affluence. De longues files d’attente sont observées. Sur les visages, on pouvait lire la soif de voter de la population. Vers 8 heures, 1016 électeurs avaient déjà voté sur 40033 attendus. Signalons que seuls le parti Cndd-Fdd et la coalition Amizero y’Abarundi ont dépêché des mandataires politiques. Le parti au pouvoir en avait au moins deux dans chaque bureau de vote, tandis la coalition, elle, en comptait au moins un dans chaque bureau de vote. Quant aux observateurs, il y avait ceux du Codip et de l’Eglise Libre Méthodiste Au Lycée Municipal Gasenyi, le décor semble le même. Le même engouement des électeurs s’observe. Le vote se déroule dans le calme. Vers 9 heures, sur 4059 électeurs attendus, 1167 votants s’étaient déjà acquittés de leur devoir civique. A l’Ecofo Gasenyi I, les opérations de vote ont commencé à 6 heures. Des files d’attente s’y

De longues files d’attente des électeurs devant les bureaux de vote à l’Ecofo Gasenyi II.

observent également. La population a été matinale. Certains votants interrogés indiquent qu’ils ont voté trop tôt pour vaquer à leurs activités. Selon les mandataires et les observateurs, aucun incident n’a été signalé. A 9 heures 49 minutes, 704 personnes avaient déjà voté sur un total de 2002 électeurs. Quant au centre de vote de l’Ecofo Gihosha, 3570 personnes avaient déjà voté sur 5235 électeurs attendus. C’était vers 12 heures.

Cas d’arrestation suivi d’emprisonnement La nommée Emelyne Ndayishimiye, 15 ans, élève à l’Ecofo Gasenyi I, a été arrêtée et conduite par les agents de l’ordre à la zone Gihosha. C’était aux environs de 9 heures. Selon des témoins, la fillette serait accusée d’avoir prononcé les mots « voter Non » lorsqu’elle se promenait à quelques 300 mètres du lieu du vote. Selon les mêmes sources,

un jeune Imbonerakure qui l’a entendue a vite alerté la police. Celle-ci l’a vite embarquée. Après interrogatoire, l’Officier de police judiciaire (OPJ) qui s’est saisi du dossier l’a mise au cachot. Information confirmée par sa mère et le chef de quartier Taba, Masud Ndizeye. Sa mère, Micheline Ndayishimiye ne cache pas sa douleur. En sanglots, elle raconte. « A la sortie de la messe matinale à la paroisse Saint Jean Baptiste de Gihosha,

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j’apprends que ma fille vient d’être arrêtée. C’est en badinant qu’elle a prononcé ces mots. Ma fille est une enfant de cœur à la paroisse. Elle est victime d’une incompréhension». Mme Ndayishimiye demande la libération de sa fille. Signalons que la fillette arrêtée habite dans le quartier Taba, à quelques 300 mètres du centre de vote de l’Ecofo Gasenyi II. Félix Haburiyakira


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Ngozi

Un vote très matinal Depuis très tôt le matin, des files d’électeurs s’étaient formées aux différents bureaux de vote. Agathon Rwasa est allé voter sur sa colline natale. Un vote entaché d’irrégularités, selon ce président de la Coalition Amizero y’Abarundi.

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ous sommes à l’Ecole fondamentale Ngozi I. Des dizaines d’électeurs sont devant les bureaux de vote à 5h 40 min. Un conducteur de taximoto m’appelle : « Monsieur le journaliste, ils sont plus nombreux à l’Ecofo Ngozi II.» Je m’y rends. A 5h50, plus de 400 personnes à majorité des femmes apparemment rurales forment des files devant les bureaux de vote. Tout le monde est calme mais impatient de voter. « Igikorwa ni ica kare/Un travail doit finir tôt  », indique une dame en souriant. Le président du centre de vote avait déjà prêté serment. Les membres des bureaux de vote étaient en train de vérifier tout le matériel. A 6 h2 minutes, le premier bureau de vote ouvre. Le responsable du bureau montre

aux électeurs que l’urne est vide, avant de la sceller. Ce que feront les autres bureaux quelques minutes plus tard. Et le vote commence. Je prends la route vers Kiremba, plus précisément à Ciri, colline natale d’Agathon Rwasa. Pas de files remarquables avant 8heures. « Ce centre de vote n’enregistre pas beaucoup de personnes. C’est pourquoi il n’y a pas beaucoup de monde. Le gros des électeurs ont déjà voté », explique un membre des trois bureaux de vote. Une masse de femmes sont assises dans la cours alors qu’elles ont voté. Des jeunes hommes et des enfants sillonnent ici et là. «Mutama araje» («Rwasa vient»)  , chuchotent les électeurs chaque fois qu’ils entendent le bruit d’un véhicule.

Agathon Rwasa en train de voter

Agathon Rwasa parle d’irrégularités A 10h6minutes, Agathon Rwasa arrive. Tous ceux qui étaient éparpillés se rassemblent. La joie se lit sur leurs visages. Le premier vice-président de l’Assemblée nationale est avec son épouse. Elle se dirige vers un autre bureau.

M. Rwasa lève la main en signe de salutation. La foule acclame. Après le vote, il vérifie s’il y a ses mandataires dans le bureau. La réponse est affirmative. Il fait savoir qu’il vient voter pour montrer à « ses détracteurs qu’il participe aux élections  ». Avant parle des manquements

entachant l’événement. « Je déplore beaucoup d’irrégularités. Des intimidations de toutes sortes, des gens qui forcent les gens à voter contre leur gré. » Quant à savoir s’il va accepter les résultats si le « Oui » l’emporte, Agathon Rwasa se veut prudent : «  Attendons peut-être les résultats. Sinon ce serait de la spéculation ». A p rè s l ’ i n t e r v ie w a u x journalistes, il se rend dans un autre bureau de vote et demande au responsable s’il met le cachet sur récépissé et celui-ci répond non. M. Rwasa trouve cela obscur car, selon lui, il est difficile de savoir si tel ou tel autre a voté. Alors qu’il se dirigeait vers son véhicule, certaines personnes finissent par lui donner des poignées de mains malgré le refus de son chargé de protocole. Parmi la foule, une vieille dame bien habillée. « C’est sa mère. Cède-lui le passage », lance une dame. Ce qui est vite fait. Elle embarque dans l’un des véhicules du convoi. La foule suit le cortège du natif de Ciri et la cour du centre de vote se vide petit à petit. Onesphore Nibigira

« Un grand jour pour la majorité des Burundais »  Le président de la République et son épouse se sont présentés très tôt le matin au bureau de vote de l’Ecole fondamentale de Buye, dans la commune de Mwumba, province Ngozi. Pour le chef de l’Etat, c’est un grand jour attendu par la majorité des Burundais.

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6h 30, le couple présidentiel était déjà à l’école fondamentale de Buye pour le référendum constitutionnel, au village natal du président Pierre Nkurunziza, en commune de Mwumba dans la province de Ngozi. « C’est un grand jour attendu par la majorité des Burundais. C’est aussi un geste patriotique qui prouve à suffisance que tout le peuple burundais doit contribuer à l’édification de son

pays », a déclaré le numéro Un burundais juste après avoir voté. Sur cette école, il y avait 4 files d’électeurs. La tendance était la même jusqu’ à 9 heures. Les militaires, les policiers et les journalistes étaient prioritaires et leurs centres d’inscription n’étaient pas considérés. C’était autorisé par la Commission Electorale  Nationale Indépendante (Ceni). Jusqu’ à 9h 15, 173 sur 473 électeurs avaient déjà votés sur le

premier bureau. Le second avait accueilli 199 dans 462 électeurs. Le troisième bureau de vote avait 194 sur 468 électeurs attendus. Et le dernier,   225 avaient déjà voté sur 445 électeurs. Certains électeurs se disaient satisfaits du fait que le scrutin se déroulait en toute sécurité. « Nous espérons que nous avons fait le bon choix pour changer les choses au pays  », a indiqué un électeur de Buye. Dorine Niyungeko

Rumonge

Très tôt le matin, le président de la République avait terminé de voter.

Amizero y’Abarundi dénonce la fraude électorale

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Des fils d'attente d'électeurs sur la colline Gashasha, zone Kigwena, commune Rumonge.

a coalition Amizero Y’Abarundi a dénoncé les fraudes et les irrégularités observées au cours du vote référendaire surtout en commune de Rumonge dans les zones de Kizuka et Minago. Leurs mandataires ont été empêchés d’observer le déroulement du scrutin. Un député élu dans la circonscription de la province pour cette coalition dénonce l’influence de certains présidents des bureaux de vote et l’arrestation arbitraire de leurs militants en commune de Muhuta du nom de Pascal Ndikumazambo.

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Il a dénoncé la présence des jeunes Imbonerakure près des lieux du vote pour intimider ceux qui venaient voter. Contacté, Jean Buregeya, vice-président de la CEPI Rumonge, a indiqué que des instructions claires ont été données aux présidents des bureaux de vote de laisser tous les mandataires des partis politiques et coalitions ayant des lettres d’accréditations d’observer le vote. Signalons que le taux de participation a dépassé 95%. Félix Nzorubonanya


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Gitega

Priorité au référendum Sur tous les bureaux de vote visités, que ce soit dans la commune Giheta ou Gitega, la moitié des inscrits avaient déjà voté à midi. Les longues files d’attente observées au début des élections avaient disparu.

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epuis le matin, toute la vie à Gitega semblait arrêtée. Le marché fermé, les bureaux administratifs jusque dans le transport, tout le monde n’avait qu’une seule préoccupation : les élections. Les électeurs se sont levés tôt, ce qui a occasionné de longues files d’attente le matin. Dans les bureaux de vote, aucun incident remarqué. Que ce soit du côté matériel ou humain, tout était prêt dès six heures du matin. Les mandataires politiques ou ceux envoyés par les associations étaient visibles sur la plupart des bureaux de vote. Mais le parti Cndd-Fdd était majoritaire dans tous les bureaux de vote.

« Ce n’est pas comme les élections précédentes, il n’y pas a eu de bousculade sur les files d’attente’’, a souligné Gaspard rencontré sur le bureau de vote de l’école fondamentale de la Paix à Magarama. Même les membres de la CECI n’avaient pas eu des tâches lourdes. ‘’Ils viennent avec des documents en ordre. Seulement, certains se trompent des bureaux parce qu’ils n’avaient pas lu sur la carte d’électeur dans quel bureaux ils vont voter ‘’, a fait savoir la présidente du bureau de vote a Yoba. « Nous n’avons pas constaté des irrégularités jusqu›à présent  »,

a déclaré un mandataire de la coalition Amizero y ‘Abarundi du bureau de vote de Gataba à Giheta.

Les autres activités au ralenti Les magasins, les cabarets étaient fermés. Les commerçants qui s’étaient précipités dans les bureaux de vote en vue de continuer leurs activités habituelles après ont été déçus. ‘’Le marché est fermé, les gardiens du marché m’ont signifié qu’ils avaient reçu l’ordre de ne laisser personne y entrer »,a déploré un vendeur de souliers au marché central de Gitega. Cette interdiction de faire d’autres activités n’était pas seulement dans la ville de Gitega. Même dans la commune de Giheta, le mot d’ordre semblait le même. Malheurs aux voyageurs qui avaient l’habitude de descen-

Sur le bureau de vote à l’Ecole Fondamentale de Gataba en commune Giheta, à midi de ce jeudi.

dre à Bujumbura avec un régime de bananes ou du charbon de bois achetés sur l’itinéraire Bujumbura-Gitega. La place était déserte. ‘’Ils sont allés voter, peut-être qu’ils reviendront dans l’aprèsmidi’’, a indiqué une femme à un

chauffeur d’une camionnette qui voulait prendre un sac de charbon de bois à Giheta. Tout le long de cette journée, tout était calme à Gitega, la population surtout citadine forme ici et là de petits groupes en attendant la proclamation. Jean-Noël Manirakiza

Les habitants du sud de la capitale ont répondu massivement De la zone Kanyosha à celle de Kinindo en passant par Musaga, contrairement à l’échéance électorale de 2015, toute la commune Muha s’est mobilisée pour le rendez-vous.

du moins ceux engagés dans ce référendum, tels que la fontaine Isoko, la Codip, le ministère de l’intérieur, etc. Mais aussi et surtout les mandataires politiques de tous les partis politiques.

Une première à Kinanira

sur 550 inscrits, la moitié a déjà voté. La particularité : sur ce centre, s’observent presque tous les observateurs de la société civile,

D’habitude réticents à voter, les gens de la zone Musaga ont répondu présent pour ce referendum. Vers 11h, l’Ecofo Kinanira est bondée. Parmi l’électorat, des jeunes de 18 ans. « Contrairement aux élections de 2010 et 2015, c’est une preuve que la population attendait avec engouement ce rendez-vous  », affirme Charles Bitoke, membre du Cndd-Fdd. Pour lui, peu importe l’issue du vote. L’essentiel est que les citoyens auront accompli dans le calme leur devoir civique. Toutefois, parmi les électeurs, il y a ceux qui ne vont voter que par peur. « Je vais voter juste pour que lors

permettront d’avoir droit aux cartes d’électeurs. Des électeurs font la queue devant les bureaux de vote. Ils sont nombreux. Pas d’incidents à signaler. A l’Ecole fondamentale du quartier 4. C’est dans la même zone de Ngagara, le vote a com-

mencé à 6h45. Ce centre est constitué de 5 bureaux de vote. 2536 électeurs y sont attendus. A 10h45, 1273 ont déjà voté. Les électeurs ne sont pas aussi nombreux qu’au quartier 7. A Ngagara quartier 5, le vote débute 6h40. Les électeurs vien-

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h30, sur la colline Ruyaga, dans la zone Kanyosha, au centre de vote sis à l’église St Emmanuel, le vote bat son plein. Sur 590 électeurs attendus dans les 2 bureaux de vote prévus ,273 ont déjà voté. Même cas de figure qu’a l’Ecofo Nyamutenderi où des observateurs de la Cacedebu et ADC se remarquent. Sur les 1859 électeurs inscrits, 530 se sont acquittés de leur devoir civique. Un écho largement entendu par les habitants du quartier Kamesa I et les ménages environnants. Au centre Wallis, tout près de

Les électeurs à l’Ecofo Nyamutenderi.

la gare des bus empruntant la RN1, de longues files d’attente s’observent même à l’entrée. Rien que dans le bureau de vote n°1,

d’une perquisition, je ne sois pas fichée comme une récalcitrante», dit une femme affichant la quarantaine. L’on remarque aussi la présence de tous les partis politiques Une situation aux antipodes de l’Ecofo Kinindo. Les seuls mandataires présents sont ceux du parti au pouvoir. Mais le calme et la sérénité y règnent en maître. Aux environs de 12h, sur 4136 votants inscrits dans les 8 bureaux de vote, 2152 électeurs ont déjà voté. Autre chose à signaler, c’est la méconnaissance des gens à propos de la procédure de vote. Un désagrément qui a fait que certains bulletins de vote soient nuls. Signalons qu’au regard de l’affluence des électeurs, tous les présidents des bureaux de vote du sud de la capitale s’accordent à dire que si rien ne change d’ici 15h, les électeurs devraient avoir terminé de voter. Hervé Mugisha

Commune Ntahangwa

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gagara quartier 7. L’opération de vote commence à 6h30 dans les enceintes du Lycée central Saint Gabriel. Ce centre est constitué de 6 bureaux de vote. 3.361 électeurs sont attendus. Les militaires et les policiers votent en premier lieu.

Ceux-ci sont nombreux et possèdent des armes lourdes. Certains élèves de moins de 18 ans se sont présentés avec leurs récépissés. Cependant, ils ne vont pas voter. Ils ont les récépissés dans la perspective des élections de 2020. Ce sont ces derniers qui leur

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nent au compte-goutte. Le centre de vote comprend 5 bureaux de vote. Le nombre d’électeurs attendus est de 2640. Jusqu’à 11 heures, 1270 ont glissé leurs bulletins dans l’urne. Les électeurs sont sereins. Deux électeurs enregistrés à Ngozi se voient


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refuser de voter. Ils se sont fait inscrire dans cette province pendant qu’ils y effectuaient leur stage. Ils ne se sont pas déplacés pour retirer leurs cartes. Ils n’ont pas de pièces justificatives de leur stage à Ngozi, ils ne sont pas autorisés de voter. Ils n’ont présenté que des récépissés. Ils sont frustrés. Contrairement au quartier 7, il n’y a pas une présence policière impressionnante. Dans le quartier Mutakura. Une bonne partie d’électeurs vote à l’église Kibanguiste. Le centre de vote est constitué de 10 bureaux de vote. 5408 électeurs y sont

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Des électeurs font la queue devant les bureaux de vote au centre de l’église Kibanguiste.

attendus. A 10h40, plus de 2000 ont déjà voté. Les militaires et

policiers y sont nombreux. 14 mandataires du parti au pou-

voir, 5 de l’Uprona et un de la Coalition Amizero y’Abarundi sont présents. 4 observateurs de l’Association Fontaine-Isoko sont aussi sur place. Le vote se déroule dans le calme. A la 14ème avenue du quartier et zone Cibitoke. C’est au nord de la capitale. Les électeurs dirigent leurs pas au lycée Don de Dieu. Sept bureaux de vote y ont été prévus. Ces derniers ont ouvert les portes depuis 6h30. Le nombre d’électeurs attendus est de 3363. A 10h50, 2249 avaient déjà voté. Beaucoup de militaires et

policiers assurent la sécurité. 14 mandataires du parti au CnddFdd, 2 de la Coalition Amizero y’Abarundi et 5 du parti Uprona sont là. Il n’y a pas de files d’attente. Chaque bureau de vote a une marge d’ajouter 50 électeurs supplémentaires au nombre prévu des inscrits. Ceux-ci constituent une liste additionnelle. Ce sont notamment des militaires, des policiers, des superviseurs et journalistes. En plus, ils peuvent autoriser le vote par procuration à 20 personnes. Parfait Gahama

Commune Mukaza

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ans les centres de vote de la zone Bwiza, Nyakabiga et Buyenzi, les bureaux sont ouverts dès 6h du matin. Les électeurs font la queue. Les analphabètes ont du mal à trouver les bureaux de voter où ils doivent exercer leur droit civique. Ils vont s’en sortir après avoir fait recours aux autres électeurs. Un bon nombre de mandataires sont du parti Cndd-Fdd. A titre d’exemple, à l’école fondamentale de Buyenzi, constituée par 9 bureaux de vote, sur 24 mandataires, 14 sont du parti au pouvoir, 6 de la coalition Amizero y’Abarundi et 2 sont du parti Sahwanya Frodebu Nyakuri. Deux ne veulent pas révéler les formations politiques qu’ils représentent. Le même cas se présente au centre de vote situé au lycée communal de Buyenzi comptant 8 bureaux de vote. Sur 25 mandataires présents, 17 sont du parti au pouvoir, 4 sont de la coalition Amizero y’Abarundi, 3

du Sahwanya Frodebu Nyakuri et un de l’Uprona. Certains présidents de bureau de vote ne donnent pas des informations aux journalistes présents. Notamment sur le nombre d’électeurs inscrits et ceux qui ont déjà voté. La Commission électorale communale indépendante (Ceci) leur a interdit de livrer de telles informations aux journalistes. Au centre de vote de la 9ème avenue de la zone Bwiza, les isoloirs ne sont pas suffisants. Ce centre compte 5 bureaux de vote. Chaque bureau de vote possède un seul isoloir. Normalement, chaque bureau doit avoir deux isoloirs. En conséquence, les électeurs passent beaucoup de temps en attente sur les files. Certains se plaignent. D’autres rentrent. Ils vont retourner dans l’après-midi. Vers 10h, les bureaux de vote sont désengorgés. Les agents de la Ceni amènent d’autres isoloirs.

A 10h, les agents de la Ceni montent des isoloirs au centre de vote de la 3ème avenue de la zone Bwiza.

A l’Université du Burundi campus Mutanga en commune Mukaza, quatre bureaux de vote ont été ouverts à 6h. Un certain

nombre d’étudiants n’ont pas été autorisés à voter, leurs noms n’ayant pas été retrouvés sur les listes. Les agents du bureau de

vote leur ont demandé d’aller vérifier sur les autres bureaux de vote. Au Tribunal de résidence Bwiza, le vote a débuté à 6h. Il y a 6 bureaux de vote. A 10h45, 1544 électeurs avaient déjà voté sur 2966 attendus. Des mandataires du Cndd-fdd et ceux de la coalition Amizero y’Abarundi étaient sur les lieux. Toujours à Bwiza, juste à quelques mètres de là, à l’Université paix et réconciliation, l’opération de vote a débuté à 6h. Vers 11h, les gens viennent au compte-goutte. Il y a 4 bureaux de vote. Dans certains bureaux, des agents attendent les électeurs. A cette heure-là, 834 électeurs ont déjà voté sur 1389 attendus. Les mandataires de la coalition Amizero y’Abarundi, Cndd-fdd et Uprona supervisent le déroulement du scrutin. Pierre-Claver Banyankiye

Muramvya : Des arrestations Dans cette province du centre du pays, les élections se sont bien déroulées, mais des irrégularités n’ont pas manqué.

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l est 6h moins 5 minutes, le soleil pointe à l’horizon. Devant l’Ecole fondamentale de Muramvya (Ecofo) II, à quelques mètres de la route goudronnée Muramvya-Gitega, de longues files d’attentes s’observent. Les gens ont répondu massivement au rendez-vous. Des agents de la Ceni s’activent. Ils vident les urnes pour montrer qu’elles sont vides. Ils installent les isoloirs, …. Toutefois, ils n’ont pas encore reçu le formulaire pour prêter serment de fidélité. A 6h 05, la présidente du centre de vote donne la consigne. Ils doivent commencer sans prêter serment. «Tout est question de consentement. Ils savent la tâche qui leur est confiée », indique-t-elle.

mêmes. Au même centre, deux personnes ont déchiré leurs bulletins de vote. L’un d’eux, un jeune homme, a été arrêté par la police. « L’autre est une vieille femme. Elle l’a peut-être fait par ignorance », signale la présidente du centre. Au centre de vote Muramvya I et au Lycée Muramvya, les activités ont commencé à 7 h. Ce retard est dû au manque de certains matériels comme le cachet et le tampon.

Les mandataires de l’opposition en petit nombre

Les électeurs font la queue au centre de vote de Muramvya II.

Au centre de vote de Muramvya III, la même situation s’observe.

Eux ont opté pour la récitation d’un texte composé par eux-

Seul le parti CNDD-FDD a réussi à envoyer des représentants dans tous les centres de vote. La coalition Amizero y’Abarundi n’en avait que dans certains centres. Tout comme l’Uprona. Sur 8 centres de vote visités, seuls deux avaient les observateurs de la société civile du Codip et Acopa.

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Dans certains centres de vote de la commune Muramvya, il n’y avait pas de stylos dans les isoloirs. Les membres des bureaux nous ont dit qu’ils n’ont pas mis ces stylos suite au manque de corde pour les attacher. Dans les centres de la commune Muramvya où on a passé vers midi, plus de 60 % des électeurs avaient déjà voté. Au centre de vote du Lycée communal Murambi, sur 829 votants attendus, 577 avaient déjà voté soit 69,6%. Au centre de vote de Muramvya II, sur 2116 personnes attendues, 1345 soit 63.5 %. Au centre de votre de l’Ecofo Murambi, sur les 777 personnes attendues, 473 avaient déjà voté soit 60.3 %.

Arrestation de quatre personnes Quatre personnes ont été arrêtées. Elles ont été accusées de


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perturber le référendum. Patrick, la trentaine, a été arrêté le matin de ce jeudi au centre de vote du Lycée Muramvya. Après avoir voté, le jeune homme a déchiré le bulletin de vote en deux morceaux et avant de le déposer dans les urnes, les agents de vote ont appelé la police

qui l’a immédiatement arrêté. Une autre vieille femme a commis le même forfait mais n’a pas été arrêtée. «Peut-être qu’elle l’a fait par ignorance», a déclaré madame le président du centre de vote. Une autre femme a été arrêtée au bureau du Lycée Muramvya,

elle a également été accusée de déchirer son bulletin de vote. Au centre de vote de Mwegera dans la commune de Mbuye, une autre personne a été arrêtée. Elle a été accusée de prêcher « Non » aux personnes alignées pour voter. Une autre personne a été arrê-

tée tôt le matin (1h du matin) au centre de vote de Kiganda. Alors qu’il était engagé comme agent de vote sur ce centre (Kiganda), la police l’a intercepté vers 1h du matin à l’intérieur de la salle. Le président du centre de vote qui, jusque dans l’après-midi ignorait où il se trouvait, l’a remplacé

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par un autre agent le matin. Des sources disent que tous ceux qui ont été arrêtés appartiennent à la coalition des indépendants Amizero y’Abarundi. Le commissaire provincial, Isidore Ryakiye, confirme ces arrestations mais ne précise pas leurs appartenances politiques. Bella Lucia Nininahazwe

Bubanza

La population a répondu au rendez-vous à temps

A

6 heures du matin, de longues files d’électeurs s’observaient déjà devant les bureaux de vote dans différentes communes de la province Bubanza. Aux centres de vote situés dans les communes de Bubanza, Mpanda et Musigati, le vote a commencé à l’heure. Des irrégularités ont été constatées notamment dans la commune Musigati. Au centre de vote situé au Lycée Musigati, un électeur qui a présenté un récépissé n’a pas pu voter. Les agents de la CENI ont expliqué que le récépissé ne porte pas de numéro d’enregistrement. L’électeur a dû attendre l’autorisation venu de la CENI.

Une autre irrégularité est que des stagiaires à l’Hôpital de Mpanda avaient été interdits de voter à Mpanda parce que ils ne se sont pas faits enregistrer à ce centre de vote. Après avoir exhibé des preuves qu’ils sont réellement venus à Mpanda pour des raisons de travail, ils ont été autorisés à voter.

A mi-journée, la moitié des électeurs attendus avait déjà voté Alors qu’il s’observait de longues files sur différents centres de vote dans les heures de 6 heures et 7heures du matin, la situation a changé par après. A 8 h passée, les gens arrivaient

au compte-goutte. Aux centres de vote Bubanza II, au centre de vote situé au Lycée Gisovu et au centre de vote paroisse Musigati, il n’y avait plus de longues files. Plus de la moitié des électeurs attendus avait déjà voté selon les chiffres communiqués par les agents de la Ceni. Signalons que sur la plupart des centres de vote, les mandataires politiques étaient majoritairement composés des membres du parti Cndd-Fdd et ceux de la Coalition Amizero y’Abarundi. On a également constaté des observateurs en provenance des organisations de la société civile comme Fontaine Isoko et Codip. Christine Kamikazi

Des électeurs sur les files d’attente à Musigati.

Cndd-Fdd : Tout est bien qui finit bien Au dernier jour de sa campagne référendaire, le lundi 14 mai, le parti au pouvoir était dans la ville de Bujumbura. Pour cette occasion, il s’est érigé en seul parti responsable de la mise en œuvre de l’Accord d’Arusha.

C

ercle hippique, le lieu choisi par les bagumyabanga pour assister à l’épilogue de la campagne référendaire. Tout avait été mis en selle pour la réussite de la clôture de la dernière journée. Groupe de danse folklorique, tambourinaires et la chorale « Komeza Gusenga  » étaient mobilisés pour la fin du marathon.  La radiotélévision nationale n’était pas en reste. Elle avait déployé toute une armada d’équipement pour couvrir cet évènement à temps réel. Sous des airs musicaux aux allures prophétiques de la chorale Komeza Gusenga, les hauts cadres arrivaient un à un.  L’ambiance était bon enfant. Comme lors de l’ouverture à Bugendana, des représentants du corps diplomatique étaient présents. On pouvait voir les délégations de la Russie, Afrique du sud, Kenya, Gabon, Egypte, Mali et Cote d’Ivoire. Des militants venus de tous les coins du pays arboraient des fanions aux couleurs du parti au pouvoir. L’aigle avait remplacé le cheval sur la pelouse. Fidèle à l’un de ses

« Que personne ne vous dise que le Cndd-Fdd n’adhère pas à l’Accord d’Arusha »

slogans plaçant en avant le tout puissant, c’est par la prière que les cérémonies ont débuté. Les diverses confessions religieuses se sont succédées sur l’estrade implorant au Tout-puissant de bénir les festivités.

S’en est suivi la démonstration des groupes de danses des bagumyabanga de différentes provinces. L’effervescence a atteint son paroxysme quand le tube « wakoroni  »a été balancé. Tous les dignitaires se

sont levés et ont commencé à esquisser des pas de danses. L’originalité de ce morceau en swahili réside dans les paroles. En effet, l’auteur de cette chanson pointe du doigt les colonisateurs comme étant les sources de

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tous les maux. «  Wambie wa koloni saa imeeneya  » («  Allez dire aux colonisateurs que leur temps est révolu ») dit l’un des passages de cette chanson. Elle est reprise en chœur par tous les bagumyabanga. C’est sur la cadence de ce morceau que le secrétaire général du parti quitte la tribune d’honneur pour rejoindre le podium. Et là, Evariste Ndayishimiye délivre un discours énergique parfois agressif à l’encontre de ceux qu’il a appelés les «  colonisateurs  » et leurs acolytes du « PDC » assimilés aux militants du non. Pour rappel, le parti démocrate-chrétien était opposé à l’indépendance immédiate du Burundi. Ces personnes vont essuyer des salves de condamnation tout le long de son discours.

Le Cndd-Fdd sensible à l’accord d’Arusha « Il est grand temps que les Burundais prennent leur destin en main et qu’ils jouissent de toute leur indépendance effective,» a proclamé M. Ndayishimiye. Et d’ajouter que le moment est


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L'ÉVÉNEMENT

plus que favorable pour passer à un nouveau cap. Soutenant que la période des régimes autoritaires est révolue et qu’il est temps d’embrasser des lendemains qui chantent. Evoquant les accords d’Arusha, le secrétaire général du CnddFdd a adopté un ton élogieux envers son parti. Il a affirmé que son parti a été l’instigateur de la mise en application de l’Accord

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d’Arusha. « Les autres politiciens ne se souciaient que du partage des postes politiques, ce n’est qu’à notre arrivée en 2005 que les burundais ont pu bénéficier des dividendes de cet accord  »a-t-il martelé. Pour étayer ses propos, il a cité la refonte des corps de défense nationale, la mise en place de la Commission des terres et autres biens ainsi que la Commission vérité et réconciliation. Selon lui,

tout cela n’a pu être réalisé que grâce à la volonté inébranlable du Cndd-Fdd de bâtir une nation prospère. « Que personne ne vous dise alors que notre parti n’adhère pas à l’Accord d’Arusha, » a tonné le secrétaire général du parti au pouvoir. Il n’a pas été du tout tendre envers les partisans du « Oya » au référendum. Il a estimé qu’ils sont à la solde du colonisateur, donc

des traîtres. « Ceux qui envisagent le non au vote veulent nous attirer des malheurs  » a-t-il averti. En outre, elle a expliqué que le « Oya » est synonyme de mépris. Malgré son absence, le président de la République n’a pas été oublié. M. Ndayishimiye l’a encensé pour son leadership exemplaire. Il a affirmé que« Partout au monde, c’est le gouvernement qui organise des campagnes référendaires, mais

pour le cas de notre pays, notre président a permis aux partis politiques d’y prendre part ». L’ancien ministre de l’Intérieur a terminé son plaidoyer en demandant aux bagumyabanga d’implorer le Saint esprit pour qu’il investisse les âmes égarées. Et pour que le jour J, le oui l’emporte sur une écrasante victoire de 100%. Arnaud Igor Giriteka

«Soyez vigilants, le jour du vote !» A quelques jours de la clôture de la campagne référendaire, la coalition Amizero y’Abarundi a battu campagne, vendredi 11 mai, dans la commune Kabezi de la province Bujumbura et en mairie de Bujumbura. Agathon Rwasa a exhorté ses partisans à la vigilance afin que les élections ne soient pas truquées.

S

ur la colline Kabezi, les militants d’Amizero y’Abarundi commencent à affluer timidement. Les préparatifs du meeting vont bon train. Des chansons à la gloire de la coalition, surtout d’Agathon Rwasa, résonnent à partir des haut-parleurs installés dans une camionnette. Jeunes, vieux et même des écoliers arrivent à compte-goutte. Certains s’approchent de l’estrade. D’autres restent à l’écart. « Nous jugeons d’abord la situation ». Les militants chargés de la sécurité commencent à se positionner de chaque côté. 10h45. Les partisans d’Amizero y’Abarundi commencent à se rassemblent. Un défilé est prévu. Il part des bâtiments du parquet de Kabezi, où se tient le meeting jusqu’à la route BujumburaRumonge (RN3). La camionnette avec les haut-parleurs ouvre la voie. Les militants suivent. « Tora Oya, Tora Oya, Abarundi Tora! » (Votez non ! Tous les Burundais, votez non!), scandent-ils, aux pas de la course. Une vieille femme d’une soixantaine d’années court péniblement. Elle essaie de suivre le mouvement. « Tora Oya turwanye agacinyizo», (« Votez non pour lutter contre l’oppression »), lance-t-elle aux badauds massés tout le long de la route. Ces derniers éclatent de rire. Sans se démonter, elle continue son chemin. Arrivés sur la route goudronnée, les voix redoublent d’intensité. Ils venaient de voir un groupe important de militants du parti au pouvoir qui se préparaient à partir dans un meeting prévu dans une autre localité. 11h30. Une longue file de voitures arrivent de Bujumbura. Des cris s’élèvent dans la foule. C’est Agathon Rwasa, président de la coalition Amizero y’Abarundi, qui arrive avec sa délégation. Les militants encerclent la voiture de leur leader. « Rwasa président! Rwasa président! » On

Agathon Rwasa : «Soyez vigilants le jour du vote !»

se croirait dans une campagne présidentielle. Au rythme des chansons principalement à la gloire de Rwasa, ils refont le même trajet pour se rendre au lieu du meeting.

truqués. «Il ne faut pas quitter les bureaux de voter avant la

fin du décompte des voix.» Le président de la Coalition

«Ce projet à une valeur nulle!» En prenant la parole, Agathon Rwasa pose une question aux militants  : «On dit que ce projet de Constitution est votre émanation. Est-ce vrai  ou ce sont des mensonges?» Et les militants de répondre  que ce sont des mensonges. «Sur ce, il faut voter ‘’non’’ car ce projet de Constitution a une valeur nulle». Agathon est revenu sur la tentative de révision de la Constitution de 2014 : «L’objectif de cette tentative était la cherche d’un mandat de plus. C’est la même chose aujourd’hui.» Il a demandé à ses militants d’être vigilants car, d’après lui, les résultats risquent d’être

Les militants de la capitale se disent déterminés à voter non.

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Amizero y’Abarundi a énuméré plusieurs raisons qui poussent sa formation à battre campagne pour le « non  ». Entre autres, Agathon Rwasa a indiqué que le président de la République devait d’abord consulter le bureau de l’Assemblée nationale et du Sénat avant d’appeler les Burundais à s’exprimer sur ce projet de Constitution. Ce qui, à ses yeux, est une violation de la loi. «Je peux vous assurer que depuis que je suis dans ce bureau, nous ne nous sommes jamais assis avec le président de la République pour discuter des questions qui regardent les Burundais.» De plus, ajoute-il, certains articles de ce projet viennent diviser le Burundi comme au temps de l’Apartheid en Afrique du Sud. Après Agathon Rwasa, c’est l’ancien Premier viceprésident de République, Yves Sahinguvu, qui a pris la parole. Il a démontré l’importance de l’Accord d’Arusha. Pour lui, ce qui est urgent à faire est de créer un climat propice pour que les Burundais en exil puissent rentrer.


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Des militants inquiets pour leur sécurité Les militants buvaient ces paroles religieusement, mais certains avaient peur de l’après meeting. «Venir ici à Kabezi était un parcours de combattant», confie un militant venu de la commune Mutambu. D’après plusieurs d’entre eux, des Imbonerakure les ont interceptés, depuis le matin. «Nous avons pris la décision de ne pas venir en masse afin de déjouer leurs plans.» Une femme d’une cinquantaine d’années, venue de la commune

Nyabiraba, se demandait s’ils ne seront pas attaqués pendant la nuit. Les autres ont essayé de la rassurer. La plupart était plus que déterminé. «Personne ne peut nous arrêter. Nous avons Agathon Rwasa dans nos cœurs ». A 13h, la délégation d’Amizero y’Abarundi  prend la route vers la mairie de Bujumbura au rythme des chansons d’Amizero y’Abarundi. Tout au long de la route, des badauds composés d’adultes et d’enfants criaient «Tora Oya!» (Votez non !). D’autres criaient «Tora Ego! »  (Votez oui!).

Les militants de la capitale déterminés à voter non Le meeting était prévu au terrain «Tempête». Les gens arrivaient timidement. Certains se tenaient à l’écart. Ils ne voulaient s’approcher. «Nous allons nous approcher quand les gens seront plus nombreux», disaient-ils. Sont arrivés en premiers et en groupe, les étudiants de l’Université du Burundi. Avec de petits drapeaux où étaient écrit «Tora oya!», ils ont galvanisé la foule en faisant le tour du terrain aux rythme des chansons d’Amizero y’Abarundi.

Les taxis-vélos et autres personnes qui étaient restés à l’écart se sont rapprochés de l’estrade. Aux environs de 15h30, Agathon Rwasa est arrivé avec sa délégation au milieu des cris de ses partisans. Les autres hauts cadres de cette coalition, comme Evariste Ngayimpenda, Yves Sahinguvu et Tatien Sibomana, étaient aussi présents. M. Rwasa a prononcé son discours, presque le même que celui de Kabezi, devant un public prêt à défendre ses droits, «malgré des menaces.» Ils se disent détermi-

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nés à voter « non ». «Aujourd’hui, toutes les libertés sont bafouées, nous allons voter ‘’non’’ pour changer tout cela», indique un des militants.  « En plus, on ne voit pas l’utilité de réviser la Constitution de 2005», renchérit un autre. Après le meeting, les militants d’Amizero y’Abarundi ont fait le tour de certaines avenues de la ville de Bujumbura en scandant «Tora Oya ! Abarundi Tora Oya !». Fabrice Manirakiza

Clôture de la campagne du « Non »

Gitega a brillé de toutes ses couleurs Commencé par un long défilé de plus de 5 km, des membres de la coalition Amizero y’Abarundi s’affichaient rassurants pour la victoire du « non ». Ils ont traversé les quartiers en chantant à la gloire de leur leader devant une population étonnée.

I

ls étaient des milliers à Gitega ce lundi 14 mai. Venus de plusieurs coins, ils ont convergé vers le lieu du rendez-vous, non loin de la Cour d’Appel de Gitega. Hasard ou pas, ce lieu est connu par les Bagumyabanga, membres du parti au pouvoir, comme une place de souvenir où ils avaient dédié leur parti et le pays à Dieu. T-shirt blanc où est dessiné un spécimen du bulletin de vote pour le référendum du 17 mai, casquette vissée sur la tête, ils criaient à qui veut l’entendre que la victoire est proche et qu’elle sera décisive. Comme un seul homme, même les femmes, réputées faibles à parcourir de longs kilomètres, ont maintenu le rythme jusque sur la colline de Zege sur les hauteurs de la ville de Gitega. L’ambiance de chants et de danses s’est poursuivie jusqu’ à l’arrivée d’Agathon Rwasa, leur leader. C’était 14h30. Accompagné par Léonce Ngendakumana du Frodebu et Evariste Ngayimpenda de l’Uprona non reconnu par le gouvernement, Agathon Rwasa n’a pas ménagé le parti au pouvoir. « Ils ont longtemps caché ce projet de révision de la

Au pas de course, les sympathisants d’Amizero se dirigent vers Zege, lieu du meeting.

Constitution jusqu’à même écarter les membres du gouvernement. Je l’ai aperçu pour la première fois à la fin du mois d’avril. Que veulent-ils en le gardant secret alors qu’ils déclarent partout que c’est le peuple burundais qu’il a demandé ? »

Les Burundais appelés à voter pour le « non » Enumérant plusieurs raisons qui l’incitent à refuser la révision de la Constitution actuelle,

Agathon Rwasa s’est illustré en défenseur de l’Accord d’Arusha qui, selon lui, a permis aux Burundais de retrouver la paix après plusieurs années de guerre civile. « Ces gens qui nous dirigent aujourd’hui n’auraient jamais quitté les camps de réfugiés s’il n’y avait eu cet accord qu’ils veulent à tout prix jeter dans les oubliettes de l’histoire. Nous refusons de cautionner ces magouilles d’un individu ou d’un petit groupe

de gens qui veulent s’éterniser au pouvoir en discriminant d’autres Burundais. » Tout en continuant de disséquer le projet de la révision de la Constitution « voulue par quelques individus », il a demandé au peuple burundais épris de paix et de justice de s’exprimer par le vote du « non. » «  Allez dire à ces gens que le non les libérera de cette dictature imposée par un seul individu. Votez non pour montrer à ce groupe que nous voulons vivre en paix. En

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choisissant non, vous permettrez à ces gens d’être libres car l’histoire nous a déjà montré que les régimes totalitaires et dictatoriaux n’ont pas d’amis. » A la fin de la soirée, la journée s’est terminée comme elle avait commencé, les danses et les chants ont clôturé les activités de cette campagne référendaire. Jean-Noël Manirakiza


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L'ÉVÉNEMENT

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Bilan de fin de campagne référendaire : Avis partagés Amizero y’Abarundi. Ce groupe parlementaire déplore aussi le fait qu’un certain Révérien Nimenya ait illégalement tenu une conférence de presse et des meetings au nom d’Amizero y’Abarundi, sans être reconnu au sein de cette coalition, pour appeler les Burundais à voter « oui » à la révision constitutionnelle

Le référendum a lieu ce jeudi 17 mai dans un contexte d’absence de mission internationale d’observation et une campagne référendaire mouvementée.

Aucune mission internationale d’observation

L

e parti Cndd-Fdd, le parti Uprona et d’autres partis pro-gouvernementaux se disent plutôt satisfaits du déroulement de la campagne électorale. Ils saluent la bonne coopération de l’administration et de la police. Un avis contraire de la coalition Amizero y’Abarundi qui tire la sonnette d’alarme. Dans un communiqué de presse, le groupe parlementaire de cette coalition dénombre une personne tuée dans la province Kirundo. 59 militants de la coalition arrêtés dans 10 provinces du pays durant la période de la cam-

La population vote massivement au référendum constitutionnel.

pagne référendaire. Ce groupe parlementaire précise que 18 militants sont dans un état grave

parmi les 70 passés à tabac ou victimes de jet de pierres. Il fait également état d’actes et de mes-

sages d’intimidation à l’endroit de ceux qui se sont présentés dans les meetings de la coalition

La Ceni a indiqué qu’aucune mission étrangère d’observation n’a sollicité d’accréditation concernant le référendum en cours. Le chargé de la communication et affaires publiques au sein de la Communauté est-africaine a, quant à lui, indiqué qu’en raison de circonstances imprévues, l’EAC n’enverra pas de mission d’observation au Burundi. Richard Owora a, néanmoins, tenu à indiquer que « l’EAC souhaite au gouvernement et au Burundi un référendum pacifique. » Agnès Ndirubusa

Réactions • La commission de l’Union africaine : « Le référendum va encore aggraver la crise» , le président de cette commission a adressé une correspondance au président de l’EAC qui assure en même temps la médiation dans le dialogue burundais. La commission déplore que le dialogue ne progresse pas et indique que le référendum va encore aggraver la crise dans laquelle le Burundi est plongé et compromet véritablement la voie pacifique de résoudre la crise. Selon Moussa Faki, des conséquences négatives de la révision de la Constitution affecteront le Burundi ainsi que la sousrégion. Moussa Faki a demandé au président ougandais, Yoweri Museveni d’agir, pour faire face à la situation en tant que garant de l’Accord d’Arusha.

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Moussa Faki

• Suisse préoccupée

Ce pays européen indique que le référendum constitutionnel a lieu dans un climat d’intimidation, de tension politique. Il reconnaît la souveraineté du Burundi et reste engagée aux côtés de la population burundaise. La

fédération helvétique constate que la médiation menée par l’EAC est au point mort. Elle en appelle à la volonté de toutes les parties de reprendre le dialogue et à Bujumbura de respecter l’esprit et la lettre de l’Accord de paix d’Arusha. Ce pays déplore des signes d’un affaiblissement croissant des libertés fondamentales au Burundi. Il s’agit notamment de la récente suspension des radios VOA et BBC, du contrôle exercé sur les journalistes, des arrestations arbitraires ainsi que du durcissement en cours du Code de procédure pénale.

Une machine bien huilée pour quel résultat ? Le référendum a lieu malgré les contestations de l’opposition. La plateforme de l’opposition en exil ainsi que la société civile ont, à plusieurs reprises, protesté contre l’inaction de la communauté internationale et demandé de sanctions fortes contre Bujumbura pour le contraindre à abandonner son projet de révision de la Constitution. Le pouvoir en place qui semble narguer tout le monde au nom de « la souveraineté » est resté droit dans ses bottes. Surtout qu’il n’y a pas eu vraiment de pression majeure de la part de la communauté inter-

nationale en générale, ni celle de la communauté Est africaine. A part quelques déclarations faisant état de la « préoccupation » des occidentaux… Bref, rien qui aurait pu faire reculer Bujumbura. Dans la sousrégion, la médiation/ facilitation dans le dialogue interburundais sont aux abonnés absents. Au moment où nous mettons sous presse, la machine référendaire, bien huilée, tourne à fond. Les résultats du vote référendaire ne sont pas encore connus. Tout en évitant toute spéculation, ce que l’on sait déjà, c’est la participation massive des votants. L’appel au

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boycott de la classe politique et de la société civile en exil n’a pas été suivi. Reste donc à savoir le choix des Burundais. S’ils ont voté « Ego » ou «  Oya ». Enfin, last not least, signalons l’absence des observateurs internationaux. On peut déjà imaginer que la communauté internationale va contester la crédibilité du scrutin. «  Dans ce contexte, le référendum contesté risque d’être remise en cause,» indique un analyste sur place.

A.N.


ÉCONOMIE

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Transparence budgétaire

Le Burundi dans le peloton de queue appelé à mener une série de mesures pour améliorer l’accès des citoyens aux informations relatives au budget et renforcer le contrôle du budget. Il est recommandé au gouvernement d’organiser des audiences législatives sur la formulation du budget annuel au cours desquelles des membres du public ou des organisations de la société civile peuvent témoigner.

Avec le score de 0 sur 100, le Burundi ne fournit au public aucune opportunité de participer au processus budgétaire. Pour le gouvernement, la société civile n’est pas organisée pour y participer. La Parcem dénonce le manque de volonté du gouvernement.

L

e Burundi met à la disposition du public très peu d’informations budgétaires », peut-on lire dans l’enquête sur le budget ouvert publié tous les deux ans par l’International Budget Partnership (IBP). Les résultats présentés par le Centre Universitaire de Recherche pour le Développement Economique et Social (CURDES), mercredi 9 mai, classent le Burundi parmi les derniers pays au monde en matière de transparence budgétaire. Il fait partie des pays fournissant une information minimale. Le Burundi occupe la 87ème place sur 105 pays, avec un score de 7 points sur 100. Le score est largement inférieur au score moyen global qui est de 42. Au niveau régional, il se place loin derrière l’Ouganda, Kenya, Rwanda et la Tanzanie ayant des scores respectifs de 60, 46, 22 et 10 sur 100. Il est suivi par le Soudan du sud avec un score de 5 sur 100. Signalons que le Burundi a participé dans ce rapport pour la première fois. Pour être transparent, le gou-

vernement doit fournir au public huit principaux documents. Il s’agit du rapport préalable au budget, projet de budget de l’exécutif, budget approuvé, budget des citoyens, rapports en cours d’année, revue de milieu d’année, rapport de fin d’année et rapport d’audit. Parmi ces derniers, indique cette enquête, seuls le budget approuvé et le rapport d’audit sont mis à la disposition du public. En ce qui concerne le rapport préalable au budget, le projet de budget de l’exécutif, le rapport en cours d’année et le budget des citoyens, ils sont produits à des fins internes uniquement. Cette enquête déplore également que deux documents essentiels n’ont jamais été publiés. Il s’agit de la revue de milieu d’année et du rapport de fin d’année.

« La participation des citoyens est nulle » La transparence seule n’est pas suffisante pour améliorer la gouvernance. La participation du public dans la budgétisation est

Le gouvernement promet d’améliorer la transparence, mais….

Faustin Ndikumana « Nous dénonçons sans cesser que les citoyens ne participent pas dans l’élaboration du budget.»

vitale pour atteindre les résultats positifs associés à une meilleure transparence budgétaire. Sur ce chapitre, le score de 0 sur 100 enregistré par le Burundi indique que les possibilités offertes au public de participer au processus budgétaire sont nulles. En la matière, la moyenne globale est de 12. L’enquête sur le budget ouvert examine aussi le rôle que jouent

Encadré Budget Ouvert :

L’Enquête sur le Budget Ouvert est une enquête analytique complète qui évalue si les gouvernements centraux du monde procurent au public un accès aux informations concernant leur budget ainsi que la possibilité de participer au processus budgétaire. Elle constitue la seule enquête indépendante et transnationale sur la transparence budgétaire dans le monde. Depuis 2006, cette enquête bisannuelle est menée en partenariat avec des chercheurs indépendants de la société civile issus de chaque pays. Afin de mesurer facilement l’engagement général des pays étudiés envers la transparence et de permettre les comparaisons entre pays, l’IBP a créé l’Indice sur le Budget Ouvert (OBI) à partir de l’Enquête. L’OBI attribue une note à chaque pays en fonction des informations qu’il met à la disposition du public tout au long du processus budgétaire.

Documents budgétaires clés :

-Le Rapport préalable au budget communique les para-

mètres larges des politiques budgétaires d’un pays préalablement au Projet de budget de l’exécutif ; il décrit les prévisions économiques du gouvernement ainsi que les recettes, les dépenses et la dette prévues. -Le Projet de budget de l’exécutif est soumis par l’exécutif à l’approbation de l’Assemblée législative ; il décrit en détail les sources de revenus, les allocations aux ministères, les changements de politiques proposés, ainsi que d’autres informations importantes pour la compréhension de la situation financière d’un pays. -Le Budget approuvé est celui qui a été adopté par l’Assemblée législative. -Le Budget des citoyens est une version plus simple et moins technique du Projet de budget de l’exécutif ou du Budget approuvé, spécifiquement conçu pour diffuser des informations essentielles auprès du public. -Les Rapports en cours d’année contiennent des informa-

tions sur les recettes réelles perçues, les dépenses réelles effectuées et le niveau de la dette à différentes périodes de l’année budgétaire. Ils sont publiés sur une base mensuelle ou trimestrielle. -La Revue de milieu d’année contient une mise à jour complète de l’exécution du budget dès le milieu de l’exercice fiscal, y compris un examen des hypothèses économiques qui sous-tendent le budget et une prévision actualisée des résultats budgétaires. -Le Rapport de fin d’année : présente la situation des comptes de l’État à la fin de l’exercice budgétaire et comprend, dans l’idéal, une évaluation des progrès accomplis vers la réalisation des objectifs de la politique économique. -Le Rapport d’audit : est publié par l’Institution supérieure de contrôle du pays. Il certifie la solidité financière et l’exhaustivité des comptes de fin d’année du gouvernement.

P-C.B.

le corps législatif et les institutions supérieures de contrôle dans le processus budgétaire. Et dans quelle mesure ils assurent un contrôle efficace du budget. Concernant le contrôle, le Parlement et la Cour des Comptes ont obtenu la moyenne de 22 sur 100. Ce faible score est dû à plusieurs obstacles, précise cette enquête. Elle explique que le corps législatif ne débat pas officiellement de la politique budgétaire préalablement à la présentation du projet de budget de l’exécutif. De plus, les commissions législatives n’examinent pas et ne publient pas en ligne les rapports sur leurs analyses du projet de budget de l’exécutif. Elle a aussi relevé que le projet de budget de l’exécutif n’est pas remis aux législateurs dans les deux mois au moins précédant le début de l’année budgétaire. En outre, la Cour des Comptes assure un contrôle budgétaire faible. En vertu de la loi, indique cette même enquête, elle dispose de toute latitude pour procéder à des audits. En outre, bien que le responsable de l’institution supérieure de contrôle ne puisse pas être démis de ses fonctions sans l’approbation du corps législatif ou du système judiciaire, il n’est pas désigné par le corps législatif ou le système judiciaire, ce qui remet en question son indépendance. Enfin, l’institution supérieure de contrôle est dotée de ressources insuffisantes pour remplir son mandat, et ses processus d’audit ne sont pas évalués par une agence indépendante. Pour l’International Budget Partnership, le Burundi est

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Ainsi, le Burundi doit fournir plus d’efforts notamment en ce qui concerne la publication du rapport préalable au budget, du projet de budget de l’exécutif, des rapports en cours d’année et du budget des citoyens en ligne. Enfin, il doit s’assurer que l’institution supérieure de contrôle dispose de suffisamment de fonds pour remplir son mandat, tel que défini par un organisme indépendant. Aussi, il doit envisager de mettre en place une institution financière indépendante. A propos de ces recommandations, Adonis Niyongabo, directeur général du Budget et de la politique fiscale, promet que le gouvernement va améliorer la transparence en mettant en ligne les documents déjà produits. Il affirme que le gouvernement va aussi améliorer progressivement la participation du public. « Mais ce n’est pas facile de faire participé le public dans le processus budgétaire. La société civile burundaise aussi n’est pas suffisamment structurée pour être un interlocuteur », explique-t-il. Faustin Ndikumana, président de Parcem, balaie du revers de la main les raisons avancées par Adonis Niyongabo. Cet activiste de la société civile soutient qu’il fait des plaidoyers chaque année. « Nous produisons régulièrement des rapports trimestriels. Nous dénonçons sans cesse que les citoyens ne participent pas dans l’élaboration du budget ». Pour Faustin Ndikumana, il y a un manque de volonté du gouvernement d’associer la société civile. Il fait savoir que le ministre des Finances et la Parcem étaient invités par le Fonds Monetaire !nternational (FMI) dans un séminaire de transparence budgétaire qui se tenait à Yaoundé en 2016. Mais la participation du Parcem dans cette formation était conditionnée à l’aval du gouvernement. « Mais la Parcem n’y a pas participé car le gouvernement n’avait pas donné son accord », déplore Faustin Ndikumana. Pierre-Claver Banyankiye


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ÉCONOMIE

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Baisse de production ou spéculation ? Le prix de l’huile de palme a augmenté de plus 50 % au cours de ces quatre derniers mois. Les consommateurs s’inquiètent. Les producteurs évoquent la spéculation des commerçants.

U

n litre d’huile de palme s’achète à 3 mille Fbu contre 2 mille Fbu au début de l’année. Les consommateurs préfèrent aujourd’hui, l’huile de coton. Alice Ndayisaba, rencontrée à Bujumbura City Market (BCM), témoigne que le prix de l’huile de palme augmente du jour au jour : « Une bouteille de 1,5 litre d’huile de palme est passée de 3 mille Fbu à 4 500 Fbu, soit une augmentation de 50 % en deux mois.» A Gihosha où elle habite, 1,5 litre d’huile de palme s’achète à 5 mille Fbu. Face à cette augmentation, raconte-t-elle, elle a abandonné cette denrée alimentaire. Elle consomme l’huile de coton dont le prix a baissé. Une bouteille de 1,5 litre d’huile de coton s’achète à 6 mille Fbu contre 8 mille Fbu à la fin de l’année dernière. De surcroît, elle assure qu’elle est de meil-

leure qualité que l’huile de palme. Pascal Butoyi, un domestique croisé au BCM, fait savoir que l’augmentation du prix de l’huile de palme leur cause des soucis. «Souvent, nos patronnes n’acceptent pas que les prix des denrées alimentaires ont augmenté. » La semaine dernière, confie-t-il, ma patronne m’a exigé de lui remettre 500 Fbu alors que je les avais dépensés.

Les commerçants s’en lavent les mains François Miburo, grossiste de l’huile de palme au BCM, assure que les commerçants n’ont aucune responsabilité dans l’augmentation des prix : «  Ils fixent les prix de vente en fonction des prix de revient.» Si ces derniers augmentent, explique-t-il, les commerçants augmentent automatiquement les prix de vente. M. Miburo indique, par ail-

Des palmeculteurs filtrent l’huile de palme dans une unité de transformation artisanale à Rumonge.

leurs, que les prix de l’huile de palme ont considérablement augmenté sur les marchés d’approvisionnement, notamment à Nyanza-Lac, Rumonge, et à Musenyi en province Bubanza. Aujourd’hui, un bidon de 25 litres s’achète entre 65 mille Fbu et 70 mille Fbu alors qu’il s’achetait à 45 mille Fbu, il y a deux mois. Selon lui, la hausse du prix de l’huile de palme est due à la diminution de la production au cours de ces deux dernières années.

« La pluie a été insuffisante. La demande locale et extérieure a aussi considérablement augmenté ». En plus de la société Savonor qui achète une plus grande quantité, l’implantation d’une nouvelle unité de transformation de l’huile de palme à Kagongo a entraîné l’augmentation des prix. De surcroît, Savonor n’utilise plus ses propres matières premières. Ciza Festus, président de l’association des palmeculteurs du Burundi, soutient que

l’augmentation du prix de l’huile de palme s’explique en grande partie par la spéculation des commerçants. « Ces derniers privilégient leurs intérêts aux dépens des consommateurs et des producteurs.» Ils achètent un litre de l’huile à 2 mille Fbu pour le vendre à 3mille Fbu. Mais M.Ciza reconnaît que la production de l’huile de palme n’a pas été bonne au cours de ces deux dernières années. Et pour cause, la pluviométrie n’a pas été bonne au cours de cette période. Il souligne également que l’absence de la règlementation du secteur des palmeculteurs favorise le désordre et ouvre la voie à la spéculation. « Aujourd’hui, chacun fixe les prix comme il veut ». Le président de l’association des palmeculteurs du Burundi demande au gouvernement de mettre en place un organe chargé de la fixation et de la réglementation des prix des produits dérivés des palmiers à huile. Et de proposer que le prix d’un kilo d’huile de palme soit fixé en fonction des moyens dépensés par les palmeculteurs. Parfait Gahama

ANNONCE

Oxfam est une organisation globale pour le développement qui mobilise le pouvoir des personnes contre la pauvreté. Nous sommes une organisation activiste qui lutte contre la pauvreté et les inégalités et qui travaille sur les causes des injustices. Souhaitez-vous rejoindre notre équipe ? Nous recherchons un/e Responsable Action Humanitaire pour notre mission au Burundi placé/e hiérarchiquement sous le Directeur Pays (DP) Objectifs du poste La/le Responsable Action Humanitaire (RAH) est le responsable du programme humanitaire d’Oxfam au Burundi. Elle/Il est le référent programme de l’organisation au cours de l’urgence. Sa mission est de prévoir, contrôler, définir, proposer et diriger les défis humanitaires d’Oxfam dans le pays, en analysant le contexte et en proposant un programme et des projets pertinents. Il/elle agit de manière réactive et efficace et assure une réponse humanitaire basée sur le droit, le genre et le respect des populations et des exigences des différents organismes donateurs et bailleurs de fonds. En ayant comme guide le Plan Stratégique d’Oxfam 2013-2019 (OSP 20132019), le mandat humanitaire d’Oxfam et les codes éthiques et techniques souscrits par Oxfam et en lien avec la stratégie du pays 2015-2016, les priorités humanitaires de la région HECA, le/la RAH assurera une gestion inté-

grale des crises humanitaires, avec la finalité d’atteindre le plus grand nombre possible de personnes en situation de risque et/ou de crise. Compétences techniques, expérience et connaissances Essentielles • • • • •

• •

Etre de nationalité Burundaise ; Avoir un diplôme universitaire ; Engagement à la mission et aux objectifs d’Oxfam, y compris l’égalité de genre ; Connaissance et engagement avec les principes humanitaires et l’idéologie d’Oxfam ; Connaissances du Droit International Humanitaire (DIH), des plans de contingence, de réponse humanitaire, de préparation et réduction des risques de catastrophe ; Au moins 5 ans d’expérience dans le secteur des ONG(I)s ; 2 ans minimum d’expérience sur le terrain dans la gestion de programmes humanitaires, dans des postes de responsabilité ; Expérience dans la réalisation des missions exploratoires, formulation, suivi et évaluation des projets humanitaires ;

Esprit d’équipe, capacité de leadership, capable de développer des relations de collaboration solides et de confiance avec les collègues, ainsi que de transmettre aisément ses connaissances ; • Réactivité, sens de l’initiative, rigueur dans l’exécution de ses tâches quotidiennes, mais flexibilité et autonomie dans son organisation ; • Bonne gestion du temps de travail et capacité à travailler sous pression ; • Connaissance des zones d’intervention du projet et volonté de réaliser des mission dans le Pays ; • Habileté à représenter l’organisation et négocier en son nom ; • Capacité d’adaptation à des contextes changeants ; • D’excellentes compétences de communication en français et en anglais (orales et écrites) ; • Informatique : connaissance au niveau utilisateur, bonne connaissance d’Excel. Souhaitées •

Formation complémentaire en Action Humanitaire ;

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Expérience souhaitable de travail avec des partenaires humanitaires nationaux ; • Expérience en gestion et développement de personnes. Conditions •

Lieu de travail : Basée à Bujumbura, Burundi ; avec déplacement (environs 15% du temps) dans les provinces. Comment postuler ? Les personnes intéressées peuvent envoyer leur curriculum vitae et lettre de motivation en anglais avec mentionne de 3 références, à l’intention de Directeur Pays Oxfam Burundi, numéro de référence BUR/ RAH/04052018 à  l’adresse email jobsburundi@oxfamnovib.nl ,  jusqu’au  25/05/2018 a 17h00. Une description de poste détaillée peut être demandée à la même adresse email. Veuillez noter que seul les candidats présélectionnés seront contactés. Oxfam souscrit au principe de l’équité, de la diversité et de l’inclusion dans les recrutements.


SÉCURITÉ

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Carnage de Ruhagarika

La population toujours traumatisée Une semaine après le massacre de 24 personnes sur la colline Ruhagarika, commune Buganda en province Cibitoke, les habitants de cette localité veulent la lumière sur ce carnage. Ces derniers sont toujours traumatisés et demandent plus de sécurité sur la frontière burundo-congolaise.

mes en train de travailler avec le gouvernement congolais et cela se présente bien. Je peux affirmer sans me tromper qu’il y a déjà eu des arrestations ». Et de conclure que le gouvernement restera aux côtés des familles.

Toujours des questions

L

’enterrement des victimes a eu lieu mardi 15 mai 2018. C’était un moment de vives émotions. Les cercueils sont arrivés au cimetière de Ruhagarika à 14h. C’était une vision horrible pour les familles des victimes. Certains ont voulu se jeter sur les cercueils. D’autres se jetaient par terre. Enfants, femmes, hommes pleuraient à chaudes larmes. C’était insupportable. L’assistance était tétanisée. La Croix-Rouge avait été mobilisée pour aider les familles. Toutefois, elle a été débordée car la douleur était trop forte. La police a été obligée de donner un coup de main. Certains membres des familles des victimes ont perdu connaissance. La Croix-Rouge a été obligée de les évacuer à l’hôpital. Le gouvernement avait dépêché plusieurs personnalités. Il s’agit du président du Sénat burundais, Révérien Ndikuriyo, du ministre de l’Intérieur, Pascal Barandagiye, du ministre de la Défense, Emmanuel Ntahomvukiye, du ministre de l’Energie et des Mines, Côme Manirakiza, du ministre de l’Enseignement Supérieur, Gaspard Banyankimbona, du secrétaire général du parti Cndd-Fdd, Evariste Ndayishimiye, et du patron du Service national de renseignement (SNR), Etienne Ntakirutimana. Certains ambassadeurs accrédités au Burundi, entre autres l’ambassadeur des Etats-Unis, le Coordonnateur résident du Système des Nations unies au Burundi, le Nonce apostolique,

Les victimes ont été inhumées au cimetière de Ruhagarika.

l’ambassadeur de la République de Russie, l’ambassadeur du Kenya, étaient présents. Aussi des partis et formations politiques, comme la Coalition Amizero y’Abarundi et Sahwanya Frodebu Nyakuri.

Retour sur le carnage Dans la nuit du 11 mai 2018, un groupe d’hommes armés a lancé une attaque sur la colline Ruhagarika. C’était aux environs de 22h. «J’ai entendu beaucoup de coups de fusils. Je me suis terré dans la maison. Je n’ai pas osé sortir», raconte Sylvane Ntako n k i b i g i r a . Selon les témoignages, ces assaillants ont passé porte par porte pour massacrer les gens. «Ils ont utilisé des fusils. Ils avaient aussi de l’essence qu’ils ont utilisé pour brûler certains cadavres.» Les habitants assurent que ce groupe d’assaillants a traversé la rivière Rusizi, après ce carnage, pour s’enfuir en RDC. Le premier bilan annoncé fut de 26 morts et 7 blessés. Parmi les victimes, on déplorait alors 11 enfants de 3 mois à 14 ans (3 fillettes et 8 garçons), 5 femmes, 5 hommes ainsi que 5 jeunes filles de 19 ans à 23 ans. D’après les témoignages, la population avait remarqué, vers 18h, des hommes suspects qui rôdaient dans les environs. «Ils

« Selon les témoignages, ces assaillants ont passé porte par porte pour massacrer les gens. »

portaient les anciennes tenues militaires et se comportaient d’une manière bizarre», confie un habitant de Ruhagarika. Ces habitants affirment qu’ils ont alerté la position militaire qui se trouve à une centaine de mètres de la localité. «Ce qui nous fait très mal, c’est que nous n’avons pas été secouru.» D’après eux, l’intervention a été faite par des forces de l’ordre venues du chef-lieu de la province. La population demande plus de positions militaires pour sécuriser la zone.

« Il y a déjà eu des arrestations » Dans son discours, le jour de l’enterrement, le gouverneur de la province Cibitoke a remercié le

gouvernement de l’honneur qu’il a réservé aux victimes. Quant au ministre de l’Intérieur, Pascal Barandagiye, il a condamné lui aussi ce massacre. « Le groupe qui a fait cela n’est pas un mouvement rebelle. C’est un groupe terroriste. Que personne ne cherche à le qualifier autrement. Un groupe rebelle ne tue pas des enfants.  » C’est le moment, poursuit-il, de dire aux Burundais et à la communauté internationale que le Burundi n’est pas en guerre. « Le pays est en paix. Que personne ne fuie ». M. Barandagiye a fait savoir que le gouvernement ne ménagera aucun effort pour traquer et traduire devant la justice ce groupe terroriste. «  Nous som-

Chez la population du village, l’émotion est toujours là. Les rescapés se posent des questions. Dans toutes les conversations revient l’attitude de la position militaire qui n’a pas secouru la population lors de l’attaque. «On se pose jusqu’à maintenant la même question», répond un rescapé. «On aimerait avoir une réponse un jour», renchérit un autre.  Le représentant des familles des victimes a demandé à ce que les forces de l’ordre soient multipliées sur la frontière burundocongolaise.  «  Nous sommes toujours traumatisés par cette attaque. Quand arrive le soir, nous avons peur ». D’après les informations à Ruhagarika, les habitants craignent toujours une nouvelle attaque. «Les enfants ont peur quand ils voient des militaires. Ils pensent que ce sont les mêmes gens qui reviennent pour attaquer». Signalons que le procureur général de la République, Sylvestre Nyandwi, a mis en place une commission d’enquête judiciaire pour identifier les commanditaires et les auteurs de ce massacre. Un délai d’un mois lui a été accordé.

Les ambassadeurs accrédités au Burundi étaient présents aux funérailles.

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Fabrice Manirakiza


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Au coin du feu

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Avec Paul Ngarambe

V

otre plus beau souvenir ? Des souvenirs, j’en ai plusieurs ; j’ai donc l’embarras de choix. Mais le plus beau de tous est le jour, dimanche le 29 août 1977, où j’ai rencontré celle avec qui, plus tard, nous avons fondé un foyer.

Directeur pour les accompagner dans leur recherche après avoir terminé la deuxième licence il y a 10 ou 20 ans. Le cas le plus heureux pour moi est celui d’un mémorand sous ma direction qui va bientôt présenter son mémoire de licence alors qu’il était en deuxième licence pendant l’année académique 19871988, il y a 30 ans !

Votre plus triste souvenir ? Le jour, mardi le 16 août 2016, où des gens m’ont kidnappé pour aller me mettre à mort !

Votre plat préféré ? Umutsima w’imyumbati nkawukoza isombe n’utudagara tukiri dutoto, hanyuma nkanywa agakawa koroshe n’amazi menshi.

Quel serait votre plus grand malheur ? De faire du mal à quelqu’un et ne pas pouvoir réparer. Le plus haut fait de l’histoire burundaise ? Le passage du monopartisme au multipartisme. Ce processus commencé vers les années 1990 se poursuit toujours …

Votre chanson préférée ? L’Hymne à la Création : « Par les cieux devant toi, splendeur et majesté, par l’infiniment grand, l’infiniment petit, et par le firmament, ton manteau étoilé, et par frère soleil, je veux crier  ; Mon Dieu, tu es grand, tu es beau, Dieu vivant, Dieu très haut, tu es le Dieu d’Amour, Mon Dieu, tu es grand, tu es beau, Dieu vivant, Dieu très haut, Dieu présent, en toute création ».

La plus belle date de l’histoire burundaise ? L’indépendance du Burundi. Ce processus commencé vers les années 1960 se poursuit toujours … La plus terrible ? Les multiples et stupides guerres menées sur le sol burundais par les Burundais euxmêmes contre d’autres Burundais. Malheureusement les leçons de l’histoire ne semblent pas avoir été comprises. Le métier que vous auriez aimé faire ? Pourquoi ? Etre éducateur et enseignant, cela me plaît beaucoup et c’est ce que je fais. Votre passe-temps préféré ? Lire, marcher, faire la cuisine. Votre lieu préféré au Burundi ? Ku gatumba, là où je suis né.

Quelle radio écoutez-vous ? Radio Maria. RFI. VOA. ISANGANIRO. Radio nationale. Avez-vous une devise ? Faire le bien partout et toujours.

Le pays où vous aimeriez vivre ? Pourquoi ? Au Burundi, mon pays natal. C’est un pays d’avenir. Le voyage que vous aimeriez faire ? Israël et environs ; Chine et environs  ; Brésil et environs  ;

Afrique du Sud et environs ; pays de l’Afrique de l’ouest  ; pays d’Europe. Mais j’ai déjà fait ce voyage et j’aimerais le refaire. C’est pour rafraîchir mon expérience en vue de la contribution pour le développement du Burundi.

Votre rêve de bonheur ? Voir les autres heureux et contribuer à leur bonheur. Mais j’ai une joie dont je voudrais vous faire part : avoir contribué à la solution au problème des mémorands de l’ancien système à l’Université du Burundi qui ne trouvaient pas facilement un

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Votre souvenir du 1er juin 1993 ? Victoire de la démocratie au Burundi. Votre définition de l’indépendance ? Avoir la gestion de notre pays pour le bien du Burundi et des Burundais aujourd’hui, demain et après-demain … Votre définition de la démocratie ? Avoir la présentation de diverses


Au coin du feu

Vendredi, 18 mai 2018 - n°479

options de gouvernance, avoir la possibilité d’en débattre afin de choisir ce qui est le meilleur pour nous présentement. Votre définition de la justice ? Equité pour tous dans le respect de la loi, à commencer par la loi fondamentale. Si vous étiez ministre de l’éducation, quelles seraient vos deux premières mesures ? Préparer les conditions les meilleures pour les enseignants de la maternelle à l’université pour qu’ils donnent le meilleur d’eux-mêmes dans les formations à dispenser. Mettre en place les meilleurs programmes de formation de la maternelle à l’université eu égard aux besoins et ressources du pays, dans la perspective de rendre les lauréats compétitifs au sein de l’East African Community, en Afrique et dans le monde. Si vous étiez ministre de l’environnement, quelles seraient vos deux premières mesures ? Préparer et diffuser des programmes d’information et de

sensibilisation sur l’importance de l’environnement Mettre en place des programmes de protection du Lac Tanganyika, de la Kibira et des marais. Croyez-vous à la bonté naturelle de l’homme ? Non. L’homme penche naturellement vers le mal : il a constamment besoin d’être redressé. Pensez-vous à la mort ? Oui. C’est le passage vers notre destinée ultime, et ce passage est personnel pour chacun. La vie devrait être une préparation à réussir ce passage. Si vous comparaissez devant Dieu, que lui direzvous ? Me voici mon Dieu, je viens parce que Tu m’as appelé. C’est une Bénédiction et un Honneur pour  moi de me trouver en Ta Présence. Daigne me faire part de Ta Volonté, et donnemoi la force de l’accomplir avec joie pour Ta Plus Grande Gloire. Propos recueillis par Chanelle Irambona

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Bio express

P

aul Ngarambeest originaire de la commune Busiga, province Ngozi où il est né le 11 mars 1951. Il est titulaire d’un doctorat en Langues et Littératures Africaines de l’Université Nationale du Zaïre (UNAZA) – Campus de Lubumbashi en 1981, actuelle Université de Lubumbashi en République Démocratique du Congo (RDC). Il a une spécialisation en Techniques Modernes d’Education. Il est porteur du Certificat du Mérite Civique octroyé, le 1er mai 2006, par le Président de la République du Burundi après la conduite, en qualité de Président de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) de septembre 2004 à décembre 2005. Il est professeur des cours suivants à l’Université du Burundi (Faculté des Lettres et Sciences Humaines, Département de Langues et Littératures Africaines) : Théorie de la littérature et des Genres littéraires ; Littérature traditionnelle du Burundi (Genres lyriques et chantés) ; Stylistique du Kirundi

et création littéraire ; Sémantique du Kirundi ; Métiers du livre et de l’édition. En plus des cours et de l’encadrement des recherches, il accompagne les étudiants pour leur stage professionnel. Il a exercé plusieurs fonctions, notamment : Chef de Département (1981-1985) ; Doyen de Faculté (1985-1989) ; Vice Président de la Commission Constitutionnelle du Burundi (1991-1992) ; Président du Conseil d’Administration de l’Université du Burundi (19921994) ; Chargé de Programme Education au Bureau de l’UNESCO au Burundi (Bujumbura) de 1994 à 2013 ; Président du Conseil d’Administration des Publications de Presse Burundaise (PPB) de 1998 à 2017). En sa qualité d’ancien Président de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) de septembre 2004 à décembre 2005, il a été cité parmi 50 Personnalités qui ont marqué les 50 Ans de

l’Indépendance du Burundi (1962-2012) : Lire le Magazine N° 7 du Groupe IWACU – Les voix du Burundi, sous le titre : 50 Ans, 50 Personnalités, juin 2012, page 12 (Site : www. iwacu-burundi.org). Il a également été cité parmi 10 intellectuels Burundais dont les contributions ont été publiées dans Le Magazine N° 15 du Groupe IWACU – Les voix du Burundi, sous le titre : Sortir de la crise, « M. le Président (de la République), inspirez-vous ! », avril 2013, pages 6-8 (Site : www.iwacu-burundi.org). Il est auteur de plusieurs articles dans le domaine des langues et littératures africaines ; il a également inspiré et accompagné une quinzaine d’études dans le domaine de l’éducation pendant qu’il était Chargé de Programme Education au Bureau de l’UNESCO au Burundi (Bujumbura) de 1994 à 2013. Ces études sont en cours de relecture en vue de leur publication. Il a un ouvrage à paraître prochainement dans le domaine du discours traditionnel au Burundi.

SOCIÉTÉ

Statu quo sur le rapatriement Plus de 26 mille réfugiés burundais en Tanzanie sont déjà rapatriés, depuis le lancement de la campagne, en septembre 2017. Mais plusieurs défis sont observés tant dans le rapatriement que dans la réintégration.

B

udget insuffisant pour le rapatriement, capacité insuffisante des centres de transit, insuffisance de l’assistance, difficultés d’accès à la propriété, manque de perspectives pour une intégration réussie sont parmi les principaux défis du rapatriement relevés par le HCR Au moment où le HCR évoque, entre autres défis, la dépossession des terres, des maisons… des rapatriés, le gouvernement affirme que ce problème n’a jamais existé. Selon Térence Ntahiraja, assistant du ministre de l’Intérieur, aucun rapatrié, ayant quitté le pays depuis 2015, n’a été dépossédé de ses terres. « L’Etat les a bien gardées pour eux ».

Des rapatriés burundais depuis la Tanzanie.

En mars 2018, une réunion tripartite entre les gouvernements burundais et tanzanien et le HCR a conclu que 2 mille réfugiés seront rapatriés par semaine, depuis le 5 avril jusqu’à la fin de cette année. Ce qui donnera environ 72 mille rapatriés à la fin de l’année. Cependant, Térence Ntahiraja affirme que le rapatriement a dû être suspendu, pour deux semaines, en avril. Il évoque

notamment le débarquement des anciens réfugiés de Kamanyola qui a perturbé l’opération. Le rapatriement a donc commencé le 19 avril au lieu du 5. Ce chiffre de 2 mille rapatriés par semaine n’est pas souvent atteint, selon Bernard Ntwari, chargé de la communication au HCR. Il évoque notamment la capacité d’accueil insuffisante dans les centres de transit. « Nous sommes en train de mobiliser des ressources pour faire

des extensions afin d’accueillir les rapatriés dans le respect des standards ».

Un bémol : « le HCR n’apporte pas les moyens » Rapatrier le plus de Burundais possible est le souci du gouvernement, d’après l’assistant du ministre de l’Intérieur. Mais d’après lui, le HCR constitue un obstacle pour atteindre totalement cet objectif.  «Le HCR

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n’apporte pas les moyens nécessaires.» Il fait remarquer que c’est lui qui est chargé de transporter les rapatriés jusque dans leur pays. «De notre côté, nous sommes prêts en ce qui nous concerne. » Et de déplorer que plus de 20 mille réfugiés en Tanzanie, qui se sont inscrits depuis l’an dernier, ne sont pas encore rentrés. D’autres défis du rapatriement : les enfants nés en asile sans certificat de naissance, l’accès à l’éducation et à la santé limité, etc. Le ministère de l’Intérieur assure que le gouvernement assiste autant qu’il peut les rapatriés. De nouveaux demandeurs d’asile s’observent dans les pays limitrophes, d’après une source anonyme du HCR. Il parle de plus de 900 personnes à destination de la Tanzanie, depuis la semaine dernière. Les chiffres ne sont pas encore connus pour les autres pays. D’après cette source, ces réfugiés disent fuir les persécutions par des Imbonerakure, dans le cadre de la campagne référendaire. Signalons que le Japon vient d’octroyer au HCR une somme d’1.5 millions USD pour le rapatriement des réfugiés burundais. Clarisse Shaka


AU CŒUR DU PAYS

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Région Centre

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Gitega

Les enfants de la rue sont de retour tout en me montrant les cicatrices d’un coup de gourdin qu’il aurait reçu de la part de ces oncles. A en croire les propos de ces enfants de la rue, la plupart n’avaient pas choisi la rue par conviction, ils ont été forcés. Si ce n’est pas la fureur des parents, c’est la pauvreté qui les a contraints à fuir la campagne. ‘’Je mange une fois par jour et là aussi je dois aller travailler dans les champs des voisins ou travailler comme manœuvre sur un chantier’’, ajoute un autre plus âgé que lui.

Chassés manu militari dans toute la ville ainsi que dans les quartiers, il y a quelques semaines, les enfants de la rue reviennent un à un. Ils sont souvent visibles le soir tombé Ils affirment que ce qui les a poussés à quitter le toit familial est toujours là. De notre correspondant Jean-Noël Manirakiza

‘’ Chassez le naturel, il revient au galop !’’

imidement, mais sûrement, ils reviennent. Les uns réoccupent leurs anciennes positions, les autres recherchent les nouveaux coins loin des patrouilles de la police. Pendant la journée, ils sont pourtant invisibles. ‘‘Nous avons fait un repli tactique pour ne pas être attrapés. J’ai retrouvé mes anciens camarades, mais ils ont peur’’, souligne un de ces enfants rencontré au

Pour ces enfants qui cherchent leur survie dans la rue, les conditions sont dures. Néanmoins, pas mal d’entre eux déclarent qu’ils ont un léger mieux par rapport à leur situation dans la famille. ‘’Qu’ils nous laissent tranquilles ! Nul ne choisit sa famille. Nous sommes des victimes de la société. J’aurais préféré vivre chez moi, avoir une maison et des parents et frères qui m’aiment’’, peste une fille en train de faire la manche non loin du marché central de Gitega.

T

Région Ouest

Un des enfants de rue qui sont retournés en ville

centre-ville à 21h . A la question de savoir pourquoi ils ne veulent pas rester prés de leurs familles, ce petit garçon qui se surnomme Nduwayo souligne qu’il avait fui sa marâtre qui le maltraitait et qu’il n’est pas question de vivre le même cauchemar. ‘‘Beaucoup pensent que nous sommes des bandits qui ont quitté

leurs parents de bon gré, mais ils n’imaginent pas que certains ont été chassés par ces mêmes familles. Pour ma part, je suis orphelin de père et de mère. Mes oncles paternels m’ont signifié qu’ils me tueront une fois revenir à la maison de peur que je sois un obstacle pour se partager toute la propriété de mon père défunt’’, a-t-il indiqué

‘’Qu’ils m’embarquent s’ils le veulent mais je ne peux pas retourner à Karusi . Mais, je reviendrai’’, a-telle répondu aux passants qui lui montrent une camionnette de la police qui passait par là. Selon Ladislas Niyongabo, coordinateur régional de l’association SOJEPAE à Gitega, il ne serait pas étonné si ces enfants de rue reviennent une fois arrivés chez eux. D’après lui, la réalité est en fait beaucoup plus complexe. Ce travail de retirer ces enfants dans la rue devait être fait en synergie, sinon ce problème persistera toujours. ‘‘Pour réussir dans cette politique de réinsertion, il faut que tous les acteurs qui travaillent pour la protection des droits de l’enfant soient associés. Après le retrait vers les centres d’hébergement, il faut une rééducation et un encadrement appropriés. » D’après lui, une fois arrivé chez lui ou dans une famille d’accueil, il doit y avoir un suivi et une communication permanents avec ces acteurs qui militent en faveur des droits de l’enfant.

Cibitoke/Rusizi

La population passe la nuit à la belle étoile Depuis la récente attaque meurtrière à la colline Ruhagarika, la population riveraine de la Rusizi ne dort plus dans les maisons. L’administration et les forces de l’ordre tranquillisent. De notre correspondant Jackson Bahati

A

partir de 18 heures, les sources sur place dans les communes de Buganda et Rugombo observent un mouvement des hommes, des femmes et des enfants vers l’axe principal localisé à peu près à 2 km de leurs ménages. Ces familles viennent de la localité de Ruhwa,Rusiga commune Rugombo et Nyamitanga, Ruhorwe à Buganda et de tous les centres proches de la rivière Rusizi qui sont frontaliers avec la République Démocratique du Congo. Certaines de ces familles rescapées du crime récent qui a eu lieu à la colline Ruhagarikaen commune Buganda ne sont pas rassurées que la sécurité est garantie à cet endroit. Cela malgré les séances de sensibilisation qui

ont par suite été organisées par les autorités administratives en collaboration avec les forces de l’ordre dans la province Cibitoke. Dieudonné Ndayizeye ne cache pas ses sentiments de peur. « Pendant cette période du référendum, personne ne peut me rassurer que la situation sécuritaire est calme », estime ce trentenaire, père de 6 enfants.  Cet habitant de la 9ème avenue à la colline Busiga, située à presque 300 mètres de la rivière Rusizi, croit toujours au retour de ces malfaiteurs qui auraient traversé le Congo. Selon les habitants, même si l'effectif de forces de l'ordre a été majoré, ils doutent de la garantie de la paix et la sécurité ces jours des élections.

La quadrilogie à l’œuvre Ceux qui ne se dirigent pas vers la route principale, vont directement passer la nuit aux chefs-

Après le carnage de Ruhagarika, la population riveraine de la Rusizi ne dort plus dans les maisons

lieux des communes, chez leurs parentés. D’autres, chez les amis et voisins résidant à quelques distances de leurs collines. C’est le cas de Jean-Marie Nsanzamahoro. Il habite à la transversale 5 de Ruhogwe à la colline Kaburantwa. Lui et sa famille passent la nuit au chef-lieu de la commune craignant des attaques éventuelles. Les habitants de la colline

Ruhagarika sont pétrifiés de ce crime et aucun d’eux ne veut dormir dans la maison car les scènes de cette attaque sont toujours gravées dans leurs mémoires. Ils demandent ainsi à l’administration et aux forces de l’ordre de renforcer la sécurité. Les autorités policières, militaires et administratives indiquent que les mesures de sécurité ont été bien prises pour

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ne pas mettre en danger la vie de la population. Les responsables provinciaux demandent le renforcement de la quadrilogie (administration, forces de l’ordre, justice et population). Ils demandent à la population de dénoncer tout mouvement suspect à la police. Entretemps, les responsables de la province continuent les réunions de sensibilisation et de renforcement de sécurité.


SPORT

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Football

Eliminatoires CAN U20 : Le Burundi face à son destin… Tenue en échec, samedi 13 mai au stade Urukundo(Ngozi), contre le Soudan (1-1), la sélection nationale des moins de 20 ans, pour se qualifier, ne doit ni perdre ni faire un match nul et vierge.

C

oûte que coûte, ramener un résultat .C’est la mission qui attend les jeunes Intamba, ce samedi 20 mai, à Khartoum. Après un match nul vaillamment négocié à domicile, les ouailles de Joslin Bipfubusa, le coach, conservent des chances de se qualifier. « C’est à nous d’être plus réalistes devant le but. Nous devons marquer ce but à l’extérieur pour nous mettre à l’abri d’un retournement de situation», analyse le coach. Au regard de la bonne presta-

Les jeunes Intamba dans l’obligation de gagner samedi prochain.

tion de ses milieux relayeurs et ailiers, c’est une tâche largement à sa portée. « Sans doute qu’ils voudront marquer les premiers. A nous d’être réactifs, presser haut d’entrée de jeu et les priver de prendre le jeu à leur compte ». Pour ce, en plus de densifier le milieu, Joslin envisage d’associer Bienvenu Shaka avec un autre attaquant.  «  Nul doute que la

présence d’un Jospin pourrait apporter plus de punch à notre attaque ». Au match-aller, son entrée en jeu a inversé le cours de la rencontre. La circulation du ballon est devenue de plus en plus fluide, les ailiers trouvant plus d’espaces dans les couloirs. Malgré ce besoin de faire le jeu, plusieurs fans convergent sur un

fait. «  Il faut que nos joueurs se montrent tactiquement disciplinés et évitent d’inutiles pertes de balles. Sinon, ils peuvent s’exposer à de vilaines contre-attaques.», observe Hassan, un fan.

Mettre le paquet Outre le fait de ne pas évoluer à domicile, la sélection nationale aura à son désavantage la

chaleur de Khartoum, dépassant souvent les 50 degrés Celsius. « Une vraie fournaise », témoigne C.M., un ancien joueur de Vital’o. Il craint que les joueurs burundais n’arrivent en deuxième mitemps émoussés. Le staff redoute « plutôt le sale coup qu’ils ont fait au club Olympique Star en programmant la rencontre le soir.» Le sélectionneur assure qu’ils ont pris en compte ces conditions climatiques, ils s’entraînent même le soir. Autre inquiétude : le gabarit des Soudanais. Dominateurs dans le jeu aérien, Joslin avoue que procéder par de longs ballons leur a semblé difficile. Toutefois, c’est une tactique qu’il exclut d’abandonner  :  «  Le danger, ce sont les coups de pieds arrêtés, sinon jouer derrière leur dos, sur des contre-attaques, reste possible ». Signalons qu’en cas de victoire, le Burundi affrontera le vainqueur entre la Zambie et le Rwanda pour le 3ème tour. Hervé Mugisha

Judo Championnat d’Afrique cadets/juniors: Le Burundi s’en est bien sorti Du 10 au 13 mai, le Burundi a accueilli la 18ème édition de cette compétition. « Une vraie réussite », s’accordent à dire tous les pays participants.

Encadré Voici le classement par catégorie :

10. Zimbabwe : 1 médaille en argent.

9. Burundi : 2 médailles en bronze.

Cadet individuel :

11. Côte d’Ivoire: 1 médaille en bronze.

10. Côte d’Ivoire : 2 médailles en bronze.

12. RDC : 1 médaille en bronze.

11. Gabon : 1 médaille

1. Algérie : 6 médailles en or, 3 en argent et 5 en bronze. 2. Maroc : 3 médailles en or, 1 en argent et 1 en bronze. 3. Égypte : 2 en or, 3 en argent et 8 en bronze. 4. Burundi : 1 en or, 3en argent et 3 en bronze.

Un judoka burundais à la lutte.

P

ari gagné pour la fédération nationale de Judo. En organisant le championnat d’Afrique cadets/juniors, le Burundi peut se targuer de désormais figurer dans le gotha continental des pays judokas. « Nous avons prouvé que ce ne sont pas seulement les pays maghrébins en mesure d’abriter pareils rendez-vous », se félicite Phocas Mpezindagano, secrétaire général de la fédération burundaise de Judo. Troisièmes chez les cadets en compétition par équipes, les

judokas burundais ont démenti les pronostics, surprenant même en individuel les supposés favoris maghrébins. « Au début, la mission semblait impossible, mais on a pris de l’assurance au fil des combats », raconte Fleury Nihozeko, médaillé d’or dans la catégorie des plus de 90kg. Dans un fraîchement rénové dojo national, le public venu massivement n’a pas caché sa joie. Un soutien qui a permis aux judokas burundais de se surpasser et de faire perdurer le suspense jusqu’à la dernière journée. Sur

32 judokas en lice, 16 se sont hissés jusqu’en quarts de finale. Sept ont pu atteindre le dernier carré, décrochant même des médailles (3 en argent et 3 en bronze et 1 en or). Ces 18ème championnats ont été une opportunité pour nombre d’entraîneurs nationaux de valider leurs diplômes d’arbitres continentaux. Pour rappel, les médaillés participeront aux Jeux Africains prévus en octobre à Alger. H.M.

5. Madagascar : 1 médaille en or et 3 en bronze. 6. Tunisie : 1 médaille en or. 7. Zambie : 1 médaille en or. 8. Afrique du Sud: 3 médailles en argent et 2 en bronze. 9. Gabon : 1 médaille en argent et 1 en bronze.

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Junior individuel : 1. Algérie : 8 médailles en or, 5 en argent et 1 en bronze.

Cadet équipe : 1. Égypte. 2. Algérie. 3. Burundi. 4. Gabon.

2. Tunisie: 4 médailles en or et 1 en bronze.

5. Afrique du Sud.

3. Égypte : 2 médailles en or, 7 en argent et 4 en bronze.

Junior équipe :

4. Maroc: 1 médaille en or, 1 en argent et 2 en bronze.

6. Madagascar. 1. Algérie. 2. Égypte. 3. Afrique du Sud. 4. Sénégal. 5. Burundi.

5. Sénégal : 1 médaille en or, 1 en argent et 1 en bronze.

6. Gabon.

6. Mozambique : 1 médaille en argent. 7. Zimbabwe : 1 médaille en argent.

décrocher de médailles.

8. Afrique du Sud : 3 médailles en bronze.

La Gambie, le Kenya, le Djibouti et le Mali, à la peine durant la compétition, n’ont pu

H.M.


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ANNONCES

Vendredi, 18 mai 2018 - n°479

REPRESENTATION SUISSE AU BURUNDI AVIS D’APPEL D’OFFRES PUBLIC

COMMUNIQUE DE PRESSE Journée Mondiale des Oiseaux Migrateurs. Le 10 Mai de chaque année, le monde célèbre la Journée Mondiale des Oiseaux Migrateurs( JMOM). L’Association Burundaise pour la protection de la Nature « ABN » en sigle se joint aux autres organisations qui œuvrent dans la protection des oiseaux pour célébrer cette journée. Pour des raisons pratiques, cette journée sera célébrée le 26 mai 2018 à l’ABN. Le thème retenu pour cette année est “ Unissons nos voix pour la conservation des oiseaux”. Au programme des activités, un mot sur le changement climatique sera prononcé en vue de comprendre les enjeux de l’heure liés à l’environnement.

La Représentation suisse au Burundi lance un avis d’appel d’offres pour la vente d’un véhicule de service, en l’état, non dédouané : TOYOTA LAND CRUISER PRADO Caractéristiques du véhicule • Marque : Toyota Land Cruiser Prado • N° de châssis : JTEBK29J600031369 • Numéro moteur : 5L-6059754 • Année de fabrication : 2007 • Boite de vitesse : manuelle • Index kilométrique : 73 343 km • Couleur : blanche • Carburant : diesel • Puissance : 16 CV • Prix de base minimum : 35 000 000 FBU hors taxe. L’acheteur devra s’acquitter, sauf s’il est exonéré, des droits de douane et taxes du véhicule, et obtenir l’immatriculation avant d’en prendre possession. Jours et heures de visite  Le véhicule peut être visité au Bureau de la Coopération suisse, 18 boulevard P. Lumumba (ex-immeuble Sabena) sur rendez-vous, les jours ouvrables entre 09h et 12h jusqu’au 30 mai 2018. Présentation des offres

Sous l’encadrement des spécialistes ornithologues, les participants à la journée auront un moment privilégié d’observer ces visiteurs qui nous viennent de loin. Ce sera également une occasion de sensibiliser les jeunes et les moins jeunes sur les dangers encourus par ces oiseaux au cours de leur migration et sur l’intérêt de leur protection et préservation par la conservation.

Les offres, sous plis fermé, avec mention « Offre de prix pour l’achat véhicule Toyota Land Cruiser, Confidentiel – ne pas ouvrir » sont à déposer au secrétariat du Bureau de la Coopération suisse jusqu’au 30 mai 2018. Une caution d’un million de francs burundais (1 000  000 FBU) est exigée. La caution est déductible du prix pour le soumissionnaire gagnant et restituée pour le soumissionnaire non gagnant. Par contre, la caution est non remboursable pour le soumissionnaire gagnant qui se désistera. Annulation de l’offre

Les activités marquant l’événement comprendront aussi une animation télévisée et des jeux- concours à l’endroit des clubs environnementaux dans différentes écoles de Bujumbura.

La Représentation suisse au Burundi se réserve le droit d’annuler l’appel d’offres sans en donner la raison et sans préjudice pour quiconque. Résultat

Pour plus de précisions, Veuillez contacter : Joseph Bizimungu Directeur Exécutif de l’ABN Tel : 22 24 94 71 Mobile : 79 984 242 E-mail : bizijos4@yahoo.fr

Le soumissionnaire gagnant sera notifié par écrit avec précision des dates limites de paiement. • Contact pour rendez-vous : +257 22 25 55 30/ +257 22 24 49 32 • Mail : bujumbura@eda.admin.ch

PROJET D’APPUI COMPLEMENTAIRE A LA FORMATION PROFESSIONNELLE ET TECHNIQUE (ACFPT)

AVIS DE MARCHE

1. Nature et objet du marché Travaux de réhabilitation et extension des infrastructures au centre d’enseignement des métiers (CEM) de Bwoga au Burundi. 2. N° de référence de publication : BDI/897 3. Pouvoir Adjudicateur : Agence belge de développement (Enabel)

AVIS DE RECRUTEMENT Dans le cadre de la mise en œuvre des activités du Programme BDI_C_ UNDP_CRB de lutte contre le VIH/SIDA et la Tuberculose, volet communautaire, financé par le Fonds Mondial, la Croix-Rouge du Burundi désire recruter un assistant nutritionniste pour la région Nord. Les candidats intéressés par ce poste peuvent visiter les Termes de Références sur le site de la Croix-Rouge du Burundi : www.croixrougeburundi.org. Le dossier de candidature doit comprendre une lettre de motivation adressée à Monsieur le Secrétaire Général de la CRB qui devra comprendre trois personnes de référence des derniers employeurs avec leurs numéros de téléphone de contact, un curriculum-vitae détaillé et mis à jour, une copie ou des copies de diplômes certifiés conforme à l’original ou d’autres attestations et/ou certificats en rapport avec le poste, des attestations des services rendus dûment signées par les employeurs précédents, l’adresse complète du candidat avec un numéro de téléphone de contact, une copie de la carte nationale d’identité et un extrait du casier judiciaire. Les dossiers de candidature, sous plis fermé portant la mention « CANDIDATURE AU POSTE DE D’ASSISTANT NUTRITIONNISTE  » seront adressés au Secrétaire Général de la Croix-Rouge du Burundi et déposés à la réception sise à Rohero I n° 18, avenue des USA, B.P. 324 Bujumbura, Tél (+257) 21 8871, Fax : (+257) 211101, E-mail : croixrougebi@ yahoo.fr au plus tard le 29 Mai 2018 à 12 heures. Les dossiers déposés ne seront pas remis. Seuls les candidats présélectionnés seront informés et invités pour les tests de sélection.

4. Publication du CSC Le Cahier Spécial des Charges est publié sur le site Web de l’agence belge de coopération (www.enabel.be). Un avis de marché est également publié dans le journal IWACU 5. Informations Les autres documents complémentaires du marché peuvent être envoyés sur simple demande au projet ACFPT. Une réunion d’information à l’endroit des candidats intéressés est prévue le 30/05/2018 à 15 h00, dans la salle de réunion du projet ACFPT. 6. Les questions seront posées par écrit au plus tard, le 24/05/2018 à 17 h 00 à : • •

Karine Guillevic, Expert Infrastructures/Projet AFPT, E-mail : karine.guillevic@enabel.be(suivi technique) ou à Philibert Nduwayezu, Gestionnaire des marchés publics/Projet ACFPT, E-mail: philibert.nduwayezu@enabel.be, (suivi administratif et procédures).

7. Date de remise des offres •

Les candidats-soumissionnaires intéressés à concourir pour ce marché sont invitées à déposer leurs offres (un original et trois copies) au projet d’appui complémentaire à la formation professionnelle et technique (ACFPT). La date limite de remise des offres est fixée au 08/06/2018 à 10 h 00 (heure locale), à l’adresse ci-après:

Projet d’Appui Complémentaire à la Formation Professionnelle et Technique (ACFPT) sise au 74, Boulevarddu 1er Novembre, Quartier Asiatique, Commune Mukaza, Ex-immeuble ABUTIP, 1er étage, Bureau n° 120, BP 6708 BUJUMBURA.

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RECRUITMENT ANNOUNCEMENT Famili Health International (FHI 360) is a non-profit human development organization dedicated to improving lives in lasting ways by advancing integrated, locally driven solutions. We are seeking suitably qualified candidates for the positions below for the upcoming USAID-funded TUBITEHO Health Activity project.

15. Human Resources Manager 16. Purchasing & Logistics Manager 17. Administrative Officer 18. Data Analyst 19. Monitoring &Evaluation Officers

1.

Senior Reproductive, Maternal, Newborn and Child Health (R/MNCH) Advisor

2.

Senior Family Planning Advisor

3.

Nutrition Officer

4.

Gender Specialist

5.

Laboratory Officer

6.

Contracts & Subvention

7.

Senior Quality improvement Advisor

8.

Data Manager

9.

Program Technical Officers

20. Senior Malaria Advisor Eligibility: All positions are local hire. To be eligible, applicants must have Burundi citizenship, permanent residence or current valid work authorization. Where to find the Job Descriptions? http://www.intercontactservices.com/ interhuman/poste/avis-de-recrutement-24/ & http://www.intercontactservices.com/interhuman/poste/senior-malaria-advisor/ Closing date: May 23rd, 2018  NB: Only applications sent by e-mail with the job title and location(s) clearly indicated in the subject line will be considered. Only short-listed candidates will be contacted. FHI 360 is an equal opportunity and affirmative action employer. FHI 360 is an equal employment and affirmative action employer whereby we do not engage in practices that discriminate against any person employed or seeking employment based on race, color, religion, sex, sexual orientation, gender identity, national or ethnic origin, age, marital status, disability, veteran status, genetic information or any other status or characteristic protected under applicable law

10. Health Services Strengthining Advisor 11. Senior Social Behavior Change Officers 12. Quality Improvement Officers 13. Finance Officers 14. IT Manager

THINK EAST AFRICA désire recruter un(e) Comptable. Son profil est tel qu’il ait de très bonnes connaissances comptables et financières, compétences analytiques, souci du détail, capacité de travailler efficacement sous pression, très forte capacité à influencer les collaborateurs, esprit d’équipe, individu proactif et capacité à offrir un encadrement structuré, la capacité de s’assurer que les bonnes priorités sont établies, une expérience éprouvée de la formation en finances et en personnel non financier, la maîtrise de l’anglais et d’Excel et d’autres logiciels de comptabilité.

APPEL D’OFFRE

Les conditions requises pour ce poste sont: •

Licencié en comptabilité, finance ou équivalent.

Au moins 5 ans en tant que Comptable ou expérience équivalente.

De 5 à 10 ans d’expérience dans la gestion financière, la budgétisation, la comptabilité, les rapports financiers, la gestion des subventions / contrats et la gestion d’entreprise dans les pays en développement.

Expérience dans les ONG.

Les candidats (es) intéressé(es) sont priés de déposer leurs dossiers au Bureau de THINK EAST AFRICA sis à la Galerie la Perle, Bureau No5. OU Soumettre dans notre boîte postale au P.O. Box 1690 Bujumbura. •

Seul (e)s les candidat (e)s présélectionné(e)s seront contacté(e)s.

La date limite de dépôt des candidatures est le 30/5/2018.

L’ONG THINK EAST AFRICA est à la recherche d’une propriété pour bâtir ses bureaux dans les quartiers périphériques du centre-ville. La parcelle désirée serait entre 35-75 Ares, idéalement non bâtis. Veillez passer à nos bureaux sis à la Galerie La Perle, derrière la station Engen, au Bureau No5 pour récupérer les termes de référence. La date limite est le 30/5/2018, et nous vous communiquerons notre décision au mois de Juin.

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Merci

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AVIS DE RECRUTEMENT Titre du Poste I Durée  Lieu du poste  Type de poste 

CONTEXTE FHI 360 met en œuvre l’activité d’amélioration des résultats chez les adolescentes et jeunes femmes (AGYW) pour réduire le risque d’infection au VIH, de grossesses non désirées, de sexe transactionnel, et de violence sexiste chez les adolescentes vulnérables (âgées de 10 à 18 ans) dans la province de Kayanza. Conformément à la preuve et aux stratégies associées à l’initiative PEPFAR déterminée, résiliente, habilitée, sans SIDA, encadrée, et sécuritaire à l’intention des femmes (DREAMS), l’activité aura pour but d’améliorer les résultats éducatifs, économiques, psychosociaux et de santé sexuelle et reproductive (adaptés à l’âge et à la situation) en faveur des filles. Cette activité contribue à atteindre cet objectif grâce à trois résultats intermédiaires : (i)Amélioration de l’accès à des services de haute qualité du VIH et de planification familiale chez les adolescentes vulnérables et les jeunes femmes ; (ii)Amélioration des actifs humains et économiques chez les adolescentes vulnérables et les jeunes femmes pour soutenir leur transition vers l’âge adulte, et (iii)amélioration du soutien familial et des actifs sociaux des adolescentes vulnérables et des jeunes femmes.

Fonctions professionnelles essentielles : Fonctions et responsabilités Techniques •

• •

Suivre la performance et évaluer les résultats ; surveiller la collecte, la qualité et l’analyse des données ; rendre compte des résultats à l’équipe dirigeante du projet et aux autres parties prenantes ; Définir, mettre en œuvre et surveiller les principaux indicateurs de performance du projet (KPI) tout au long de la durée des projets ; Diriger la conception et la mise en œuvre de la référence du projet, la recherche formative, et/ou les études rapides/spéciales s’inscrivant dans les domaines de Santé sexuelle et reproductive (SSR) ainsi que la dynamique de genre—toutes les parties de l’approche intégrée de développement du projet ; Veiller à ce que les résultats du projet soient atteints et que l’apprentissage/les données axées sur les résultats du projet servent à ajuster la stratégie du projet au besoin ; Visiter régulièrement sur site les partenaires / programmes et veiller à ce que des données significatives de bonne qualité soient obtenues en temps opportun pour les intégrer dans la prise de décision de gestion ; Mener un Audit régulier de la qualité des données, et suivre la mise en œuvre régulière des recommandations de l’audit par les partenaires/programmes ;

Gérer la base de données de « case management » du projet et s’assurer que les partenaires l’utilisent correctement suivant les procédures correctes sur base des données recueillies. Apporter un Soutien au staff technique pour examiner que des rapports de qualité sont transmis à temps pour cette subvention / programme. Examiner et analyser les rapports afin d’identifier les causes des goulots d’étranglement potentiels dans la mise en œuvre du projet et améliorer leur qualité. Soutenir les efforts d’apprentissage sur les faits qui relient les composantes du programme y compris les éléments de l’éducation des filles, la santé sexuelle et reproductive, les moyens de subsistance, l’engagement communautaire et les changements sociaux et comportementaux.

1.

Expérience d’au moins 3 ans dans la formation/ animation

2.

Capacité de travailler sous pression avec délais serrés.

3.

Compréhension de la recherche formative largement acceptée, des prétests et des méthodologies de suivi et évaluation pour des interventions de SBCC efficaces, notamment l›utilisation des technologies mobiles pour la collecte et l›analyse des données.

Travailler avec le personnel du projet et les partenaires pour gérer leurs indicateurs, suivre et évaluer les progrès ainsi que l’impact des AGYW ; Fournir un soutien de formation et d’assistance technique continu de S&É aux partenaires/programmes, notamment dans la révision/conception des outils de gestion des données ; Effectuer des formations périodiques en S & E avec les partenaires ;

De solides compétences d’analyse quantitative et qualitative et capacité à diffuser clairement et efficacement des informations techniques à un public à la fois technique et non technique. Souci du détail et Capacité de réflexion logique. Avoir une passion pour les calculs et être capable d’en effectuer avec complexité. Possibilité de créer et de maintenir des relations de travail efficaces avec les partenaires, les donateurs et les autres parties prenantes. De solides compétences interpersonnelles, écrites et de présentation orale en anglais. Capacité à travailler de façon autonome et à gérer un flux de travail volumineux. De solides compétences dans l’utilisation de MS Excel, Word, PowerPoint et Access, et dans l’utilisation d’au moins un programme de gestion des données (Stata, SAS, SPSS, etc.).

Formation •

Description du poste Le chargé de suivi et évaluation (S&É) dirigera la coordination de la composante S&É du programme AGYW et travaillera en étroite collaboration avec le Directeur de projet et le personnel technique. Le poste sera basé à Bujumbura et sera sous la supervision direct du Directeur de projet avec le soutien étroit du Gestionnaire de programme basé à WASHINGTON DC. (Il sera nécessaire de voyager très fréquemment au niveau des provinces ou le projet est mis en œuvre).

: Chargé(e) de Suivi-Evaluation (M&E Officer) : Une année renouvelable : Bujumbura : Local

• •

• • •

Rapportage •

• •

Assurer la responsabilité de la saisie des données dans la base de données DATIM PEPFAR conformément au calendrier requis et que toutes les informations signalées sont suffisamment accompagnées de données sources qui ont été vérifiées par l’agent de S & E. Préparer des présentations de données dans Excel / power point pour le Gestionnaire de programme sur une base mensuelle pour les besoins de PEPFAR et travailler en étroite collaboration avec la COP sur tous les besoins en matière de rapportage. Jouer un rôle de premier plan dans la compilation des rapports trimestriels, semestriels et annuels de l’USAID. Préparez et former les partenaires dans la préparation des « Success Stories » à utiliser par le projet.

Exigences minimales standards : •

• • •

Qualification tertiaire dans la santé, la santé publique, les sciences sociales, les sciences du comportement, statistique, programmation ou dans un domaine connexe Très bonnes compétences de S & E : expérience prouvée de la mise en place et de la mise en œuvre des systèmes de S & E (conception et mise en œuvre du cadre logique - définition des résultats, indicateurs, sources de données, outils de collecte de données, conception et mise en œuvre de la Stratégie de S & E) Formation formelle en S&É Expérience de 3 à 5 ans dans la gestion des données relevant du VIH/SIDA, notamment la vérification/l’assurance qualité des données Expérience de 3 à 5 ans dans le S&É d’un programme de VIH/SIDA

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DEPOT DE CANDIDATURES Les candidat(e)s intéressé(e)s sont prié(e)s de : Option 1 : Envoyer leur dossier de candidature composé d’un Curriculum Vitae, une photocopie des diplômes/certificats certifiés conformes à l’original par le notaire ainsi qu’une lettre de motivation à l’adresse email suivante  : RecruitmentBurundi@ fhi360.org en mentionnant le titre du poste dans la ligne d’objet. Option 2  : Déposer le dossier de candidature à l’adresse suivante : Bujumbura, Rohero II, Boulevard de l’Uprona N.59 a l’attention du Directeur Pays de Family Health International en mentionnant le titre du poste sur l’enveloppe. La date limite de dépôt des candidatures est fixée au Mercredi 30 Mai 2018 à 17h00. Date de début de fonction : Aussitôt le processus terminé.

N.B : 1. 2.

L’option 1 est la plus recommandée. Seul(e)s les candidat(e)s présélectionné(e)s seront invité(e)s à passer les épreuves de recrutement. Les candidatures féminines sont très encouragées.

Fait à Bujumbura, le 15 Mai 2018 Clément Niyonsaba Directeur Pays, FHI 360 Burundi


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Notre Ref: EAC / SRVCS / 17-18 / 00083 APPEL D’OFFRES POUR : Lot No 1 : LA FOURNITURE D UNE ASSURANCE MÉDICALE AUX MEMBRES DU PERSONNEL DE LA COMMUNAUTE EST AFRICAINE Lot No 2 : L’APPROVISIONNEMENT DE SERVICES DE GESTION IMMOBILIÈRE

La Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC) est une organisation régionale mandatée par les gouvernements du Kenya, de la Tanzanie, de l’Ouganda, du Rwanda, du Burundi et du Soudan du Sud pour mener le programme d’intégration économique, sociale et politique de l’Afrique de l’Est. Le Traité portant création de la Communauté de l’Afrique de l’Est a été signé en novembre 1999 et est entré en vigueur en juillet 2000. Le Secrétariat de la Communauté Est Africaine souhaite appeler les soumissionnaires à présenter des offres d’assurance médicale et des sociétés à présenter leurs offres des services de gestion des biens immobiliers pour l’exercice 2018/19. Ces offres sont renouvelables une fois après exécution satisfaisante. CONDITIONS DE SOUMISSION: 1. Les soumissionnaires fourniront les informations suivantes: nom de la société, personne à contacter, numéro de téléphone, numéro de portable et adresse électronique, adresse physique et postale, licence de commerce actuelle, certificat d’enregistrement / constitution, numéro d’identification fiscale et certificat fiscal. Les informations ci-dessus comprendront également les états financiers vérifiés pour les trois dernières années, le profil de l’entreprise, la licence d’entreprise, les références fiscales / numéros, certificat de conformité fiscale, accord de consortium et la lettre d’autorisation (uniquement si c’est pertinent), enregistrement auprès d’une autorité de réglementation des assurances dans la région de la Communauté Est Africaine en tant qu’ASSUREUR (applicable seulement pour les sociétés d’assurance médicale) pour l’année en cours et une copie de la licence actuelle devra être soumise comme preuve ainsi qu’une une offre correctement signée. En outre, les détails bancaires doivent être inclus : Nom du compte de la société, numéro de compte, nom de la banque et toute autre information pertinente. 2. Les offres sont libellées en dollars Américains (USD) et doivent indiquer clairement la TVA au cas échéant. Les prix indiqués resteront les mêmes pendant toute la durée du contrat. (C.-à-d. une (1) année et renouvelable au cas où que les résultats seraient satisfaisants) 3. Le Secrétariat ne paiera ou ne remboursera aucune dépense engagée par une entité ayant l’intention de soumissionner en réponse à cette offre. 4. L’offre doit être valide pour un minimum de trois mois à compter de la date de clôture de la soumission, sauf indication contraire. 5. Toute demande de clarification doit parvenir à la Communauté par écrit au moins dix jours avant la date limite de soumission des offres. 6. Des lettres d’autorisation des fabricants devraient être produites pour les fournisseurs de services qui représentent le fabricant des produits spécifiques. 7. La date de clôture est lundi le 25 juin 2018 à 11 heures, heure locale, suivie d’une ouverture publique pour les soumissionnaires ou les représentants qui choisissent d’y assister.

8. Veuillez noter que la Communauté n’est pas tenue d’accepter la soumission la plus basse ou toute autre offre et toute sollicitation sera utilisée comme motif de disqualification. 9. Seuls les soumissionnaires des États partenaires de la Communauté d’Afrique de l’Est sont autorisés à soumissionner. 10. Jusqu’à la signature, l’EAC peut soit abandonner le marché ou annuler la procédure d’attribution et dans ce cas, les candidats ou les soumissionnaires n’ont pas droit à une quelconque indemnisation. Cette décision doit être motivée et les candidats ou les soumissionnaires doivent être avisés. 11. Les soumissionnaires sont priés de soumettre deux (2) copies plus l’original et de sceller séparément la proposition financière et la proposition technique. Les offres sous pli scellé doivent être soumises en un original et deux copies dans une enveloppe simple clairement identifiée Lot1) «APPEL D’OFFRES POUR LA FOURNITURE D’ UNE ASSURANCE MÉDICALE AUX MEMBRES DU PERSONNEL DE L’EAC» Lot 2) APPEL D’OFFRES POUR L’APPROVISIONNEMENT DES SERVICES DE GESTION IMMOBILIÈRE et envoyées à l’ adresse suivante: SECRÉTAIRE, COMITÉ D’APPROVISIONNEMENT COMMUNAUTÉ DE L’AFRIQUE DE L’EST P. O. BOX 1096 ARUSHA EAC HEADQUARTERS COMPLEX AFRIKA MASHARIKI RD / EAC CLOSE, E-mail- eac@eachq.org Fax: + 255 27 250 4455 Tél: + 255 27 2162100 Pour télécharger le document d’appel d’offres, vous pouvez visiter le site Web de l’EAC www.eac.int- Link «Appels d’offres» ou contactez-nous au + 255 27 2162100 ou par courrier électronique à: eacprocurement@eachq.org.Les clarifications ou changements ou modifications seront communiqués sur le site Web de l’EAC. Le site internet sera mis à jour régulièrement et il est de la responsabilité des soumissionnaires de vérifier les mises à jour et les modifications pendent la période de soumission.

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ANNONCES

Vendredi, 18 mai 2018 - n°479

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Coopération pour le développement au Burundi La Fondation des Caisses d’Épargne pour la Coopération Internationale (SBFIC) est spécialisée dans le développement du secteur de la finance. Pour nos projets au Burundi, au Rwanda et en Tanzanie nous cherchons régulièrement des:

Consultants Junior

Pour une période de 6 mois. Conjointement avec notre équipe permanente le consultant junior est principalement stationné à Bujumbura. En tant que partie prenante de nos activités de l’éducation financière vous allez voyager dans les zones rurales du Burundi.

Description de poste : Les Juniors Consultants assistent nos experts de l’équipe permanente et les partenaires locaux de la Fondation des Caisses d’Épargne de la Coopération Internationale. Notre projet au Burundi inclus les composantes suivantes : • Améliorer les formations professionnelles des employés des institutions de microfinance par la fondation d’une académie de

la microfinance pour le secteur de la microfinance mais aussi des entrepreneurs en général au Burundi ; Renforcer institutionnellement les associations de microfinance au Burundi et les fournisseurs des formations professionnelles, entre autres la maitrise et l’amélioration des systèmes d’information et des gestions des institutions de microfinance membre du Réseau d’Institution de Microfinance (RIM) ; Renforcer l’accès aux services financiers en améliorant la compréhension des questions financières par la conduite des campagnes de l’éducation financière et des formations en Management Game. Appuyer dans la mise à jour des Systèmes d’Informations et de Gestion tout en accompagnant l’inclusion financière par la finance digitale.

personnelle sur la gamme vaste des tâches différentes. Par exemple, vous allez préparer et diriger des séminaires et tables rondes, compiler des documents conceptuels relatifs, organiser et participer à des séances de formation et différentes autres tâches.

Vos qualifications minimales •

• •

Selon vos qualifications et vos intérêts, vous allez assumer une responsabilité

Avoir un diplôme de baccalauréat/ licence en gestion, affaires bancaires, finance, économie, politique de développement ou autres diplômes jugés équivalents. Alternative : formation professionnelle combiné avec des études dans un domaine d’études pertinent. L’expérience de travail est un avantage ; Grandes capacités analytiques et de conception combiné avec l’aptitude de travailler de manière autonome et responsable ; Compétences en communication, relationnelles et interculturelles excellentes ; Parler couramment le kirundi et le français ; l’anglais est un avantage.

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Nous offrons: • • • •

Des tâches variées et intéressantes, avec un haut degré de responsabilité ; Expérience de travail dans une organisation de développement bien structurée ; Travailler dans une équipe internationale engagée dans la coopération et le développement. Une rémunération fixe et mensuelle.

Votre candidature : Fournissez votre CV détaillé, une lettre de motivation et des copies du diplôme et d’autres documents pertinents (compris un relevé des notes) indiquant votre compétence, votre expérience, votre motivation et votre qualification pour cet emploi à Application.EastAfrica@sparkassenstiftung.de au plus tard le 24 Mai 2018. Pour plus d’informations, n’hésitez pas à nous contacter par E-Mail ou suivez nous à : www.facebook.com/SBFIC. EastAfrica and www.sparkassenstiftung.de

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Chers lecteurs, Retrouvez le journal de la semaine. A la une, les élections sur le référendum..

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