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Le développement des chauffages à bois modernes en Autriche Autriche

Anton Jonas, Chambre d'agriculture de

Basse Autriche

Les petites communautés de montagne en Autriche ont bénéficié elles aussi de l’évolution de la technologie des chaudières à bois.

Les systèmes économiques du futur doivent être “axés sur la récupération” et doivent se baser sur des matières premières renouvelables. La biomasse est une source d’énergie autochtone, à l’abri de toute instabilité géopolitique, respectueuse de l’environnement, neutre du point de vue des émissions de CO2 et disponible partout en Autriche. L’utilisation de la biomasse permet de valoriser les ressources régionales en créant de nouvelles possibilités d’emploi dans les zones structurellement les plus faibles.

Graphique 1

BOIS ENERGIE N°1/2003 12

Sources d’énergie renouvelables (sans l’énergie hydroélectrique) - Autriche 2000 Total 129 PetaJoule (11% de 1200 PJ/a)

La biomasse, en tant que source d’énergie décentralisée ayant un pouvoir calorifique modeste, représente principalement une ressource énergétique pour les zones rurales. L’exploitation et l’utilisation décentralisées réduisent les transports et améliorent le bilan énergétique et environnemental. La production de matières premières renouvelables se situe en concurrence économique directe avec l’utilisation, aujourd’hui largement répandue, de ressources fossiles. Tant qu’il ne sera pas possible d’imputer aux matières premières de nature fossile leurs “coûts environnementaux”, il sera sans aucun doute difficile de placer les matières premières renouvelables de manière stable sur le marché, en suivant les conditions de base qui dominent aujourd’hui, tout en créant de nouveaux emplois.

F. LARCHER, KÖB

STRATÉGIES MARCHÉS


STRATÉGIES MARCHÉS ÉNERGIE RENOUVELABLE EN AUTRICHE

Évolution des installations automatiques à bois 1981-2001 Augmentation installations de chauffage/an

L’utilisation de la biomasse ligneuse, source d’énergie renouvelable la plus répandue, représente une contribution décisive à l’approvisionnement énergétique en Autriche, en contribuant par ailleurs de manière déterminante à réduire la dépendance par rapport à l’importation. La production continue de biomasse autochtone et l’utilisation d’installations modernes permet de mettre en place en quelque sorte un “circuit fermé” ; ces vingt dernières années, la consommation globale d’énergie en Autriche a augmenté d’environ 20%. Avec une part d’énergie renouvelable (énergie hydroélectrique non comprise) d’environ 11%, l’Autriche se place dans les tous premiers rangs sur le plan international, après la Finlande (17%) et la Suède (14%) mais devant le Danemark, le Portugal et la Suisse. Sur le total de 3,081 millions de TEP (Tonne équivalent pétrole) d’énergies renouvelables, 11% dérivent d’autres sources d’énergie renouvelables, 18% dérivent des déchets de l’industrie du papier et de la cellulose et 61% dérivent des différents types de bois. Si l’on additionne ces deux derniers pourcentages, le bois couvre environ 79% de la part d’énergie renouvelable.

LES CHAUFFAGES À BOIS MODERNES En Autriche, le chauffage au bois possède une longue tradition. Ces quinze dernières années, la combustion du bois a enregistré un véritable saut de qualité en termes : • d’ajustement de la combustion, • de rendement • de réduction des émissions. En effet, les procès-verbaux d’audit

■ plaquettes

de l’institut BLT de Wieselburg le confirment et l’on continue dans tous les cas à œuvrer pour optimiser les processus afin d’améliorer encore d’avantage ces résultats. La forte demande de confort et les bas prix du pétrole ont entraîné au début des années 90 une stagnation de la demande dans le secteur des systèmes de chauffage alimentés par les plaquettes et parallèlement, le nombre de chaudières alimentées au bois de chauffage a diminué de manière sensible. Toutefois, l’augmentation du prix du pétrole en 2000 a provoqué une nouvelle inversion de tendance dans le comportement des consommateurs. Formes de chauffage au bois à plaquettes et granulés C e s c i n q d e r n i è re s a n n é e s , l e s appareils de chauffage à alimentation automatique ont enregistré au c o n t r a i re u n e a u g m e n t a t i o n continue. À la fin de l’année dernière, suivant les données de la Chambre d’agriculture de Basse

■ granulés

Autriche (Section forestière), qui centralise les données au niveau national, comptait plus de 36 900 installations de chauffage de ce type (petites installations jusqu’à 100 kW). En 2001, on a enregistré plus de 7 270 nouvelles installations, dont 2 340 de petite puissance utilisant comme combustible des plaquettes forestières (d’une granulométrie de 30 millimètres), avec alimentation automatique. Une place plus importante est occupée par les installations de chauffage central alimentées par granulés ; d a ns ce r ta i ns ca s, ce s for m e s modernes de chauffage ont pris la place du chauffage au fioul, grâce à une stratégie commerciale ciblée de la part de grosses sociétés qui ont tenté ainsi de pénétrer le marché des petits centres urbains.

Graphique 2 : Évolution des installations à chargement automatique de bois 1981-2001, petites installations jusqu’à une puissance de 100 kW.

Installations de moyenne et grande puissance à plaquettes et écorce L’an dernier, on a enregistré une bonne croissance également dans le secteur des installations de taille

Tableau 1 Nombre d’unités de chauffage au bois, plaquettes et granulés, sur tout le territoire autrichien, 3 catégories de puissance 1987 - 2001 Année

1987-94

1995

1996

1997

1998

1999

2000

2001

Total quantités

Puissance MW

Petites installations

10 293

1 579

2 280

2 452

3 236

4 186

5 615

7 276

36 917

1 309 MW

425

1 323

2 128

3 466

4 932

12 274

(jusqu’à 100 kW)

inst. à granulés Installations moyennes

1 240

172

214

256

280

159

223

301

2 845

795 MW

139

23

34

45

50

42

27

54

414

964 MW

11 672

1 774

2 528

2 753

3 566

4 387

5 865

7 631

40 176

3 068 MW

(plus de 100 jusqu’à 1000 kW)

Grandes installations (plus d’1 MW)

Total

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STRATÉGIES MARCHÉS

Augmentation des performances en MW/an

■ petites installations jusqu’à 100 kW ■ Installations moyennes de plus de 100 kW jusqu’à 1000 kW ■ Grandes installations de plus d’1 MW

moyenne - plus de 301 unités - de même que dans les installations de grandes dimensions (de plus d’1 MW) avec 54 nouvelles unités. D’après les données de la Chambre d’agriculture de Basse Autriche, on comptait fin 2001, plus de 40 000 installations de chauffage alimentées par du combustible renouvelable (bois) en Autriche.

Graphique 3 : Évolution des catégories de performances de 1987 à 2001, partant de 3 068 MW.

Le potentiel de rendement La puissance globale des installations alimentées en plaquettes, granulés et écorce - pour les trois catégories de puissance - a atteint 3 068 MW fin 2001. Le taux de croissance annuel de 397,6 MW est le meilleur qui ait jamais été atteint et se place clairement au-dessus de la valeur maximale enregistrée en 1998. Dans le schéma récapitulatif (gra-

Graphique 4 : Les trois types de chauffage, répartition par Länder, pour les 12 640 nouvelles installations réalisées en 2001.

phique n° 3), les grandes installations appartenant au secteur industriel, comme par exemple l’industrie du papier et de la cellulose, ne sont pas prises en considération. D’après les données en notre possession pour ces installations à chargement automatique de bois et écorce, on peut présumer un besoin annuel en combustible de 3 millions de m3 de bois (plaquettes), granulés et écorce. Dans les installations grandes et moyennes, toutefois, pour des raisons économiques on utilise un mélange de produits combustibles provenant d’assortiments plus avantageux au niveau du prix, comme l’écorce et les sous-produits de scierie; dans les petites installations, on utilise principalement les plaquettes forestières dans une proportion estimée à environ 25 - 30%.

Chauffage à bûches modernes Les systèmes modernes de chauffage aux bûches comportent, outre la chaudière bûches, un ballon d'accumulation. À partir du milieu des années 90, on a observé une dimin u t i o n c o n t i n u e d u n o m b re d e logements chauffés au bois tandis que les systèmes de chauffage au gaz et au fioul consolidaient leurs positions. En m oy e nne , cha qu e an née en Autriche 80 000/85 000 unités de chauffage central sont installées ou converties. D’après une analyse effectuée pour la première fois par la Chambre d’agriculture de Basse Autriche sur les nouvelles chaudières à bois homologuées (chaudières bûches) 5 364 installations de ce type ont été mises en service en 2001. D’après l’association autrichienne des fabricants de chaudières (Öster. Kesselverband), dans l’ensemble, plus de 11 000 chaudières à bois sont vendues et installées en Autriche chaque année. La part des chaudières bûches a considérablement diminué passant de 15 000 unités en 1993 à environ 10 000 unités en 1997. La dernière augmentation des prix du pétrole en 1999/2000 a entraîné toutefois une inversion de tendance également pour ce type de chauffage au bois plus conventionnel. Le graphique 4 détaille la répartition des nouvelles installations en 2001 entre les différents systèmes : bûches, granulés et plaquettes. Réseaux de chaleur au bois Parallèlement au développement des chaudières modernes alimentées par les plaquettes, on enregistre au début des années 80 les premiers réseaux de chauffage urbain à la biomasse en Basse-Autriche et en Styrie.

Quantité

Entre temps, ces installations ont atteint un haut niveau technologique et se diffusent dans toutes les régions d’Autriche. L’Autriche, avec 694 installations de ce type et une capacité d’environ 822 MW, détient une position de leader au niveau européen. C’est ainsi que sont alimentés de façon régulière des villages ou des quartiers entiers de villes.

■ b ûc hes ■ granulés ■ plaquettes

Haute Autriche

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Basse Autriche

Styrie

Salsbourg

Corinthie

Tirol

Burgenland

Voralberg

Wien

Du fait des coûts d’investissement élevés, en particulier pour les réseaux de chauffage urbain, dans l’avenir la réalisation d’installations de plus grande puissance seront plutôt rares.


STRATÉGIES MARCHÉS

De nos jours, on mise davantage sur la réalisation d’installations plus petites, les “micro-réseaux” et les “modèles contracting”. Dans ces installations plus petites, avec des réseaux de quelques mètres linéaires et d’un encombrement réduit, il est possible d’utiliser jusqu’à 100% de plaquettes forestières et avec une modeste subvention publique, une utilisation efficace de la biomasse peut être garantie également dans le futur. À partir de 1999, des critères très rigoureux ont été introduits pour la réglementation thermique. L’ancienne notion usuelle “ charge du réseau ” - puissance en sortie chaudière rapportée à la longueur du réseau - est aujourd’hui remplacée par la notion de “ répartition de la chaleur ”, plus explicite, qui correspond à la quantité de chaleur vendue rapportée à la longueur du réseau. L’objectif à atteindre ou mieux a dépasser serait 1 200 kWh par mètre linéaire. Les exploitants de réseaux de chaleur sont constitués principalement de groupes locaux d’agriculteurs (70% du total - 493 MW). Il s’agit surtout d’exploitants regroupés en associations mais aussi d’entrepreneurs agricoles ou de grosses entreprises forestières (corporations). Ces propriétaires agricoles de forêts ne veulent pas seulement fournir combustible bois mais, quand c’est possible, ils veulent offrir aux consommateurs également le produit “raffiné”, à savoir la chaleur comme prestation de service. Le deuxième groupe est constitué d’entreprises industrielles (à titre individuel ou en association) avec 13% des installations pour un total de 115 MW. Cette catégorie regroupe essentiellement des entreprises de la transformation du bois. Les principales sociétés de production d’énergie (EVU), avec 8% des installations produisent 164 MW (20% de la puissance). La part d’installations de ce type gérées par les communes est de 9% mais leur production n’arrive qu’à 50 MW. Ces installations municipales sont concentrées dans les régions de l’ouest de l’Autriche comme le Tyrol et le Vorarlberg.

VALEURS CUMULEES

autochtone - à l'approvisionnement énergétique du pays, la forêt autrichienne recèle encore sans aucun doute un grand potentiel énergétique. Dans un laps de temps relativement court, on pourrait multiplier par deux l’exploitation du bois de chauffage, évalué actuellement autour de 3 - 3,5 millions de mètres cubes. En plus d’une augmentation considérable de la surface boisée, l’inventaire du patrimoine forestier autrichen met en évidence des réserves considérables au niveau des éclarcies. On compte actuellement environ 60 petites et moyennes entreprises

Quantité ■ Coopératives – exploitations

CONCLUSION

régionales et forestières

■ Entreprises (seules ou regroupées)

travaillant dans la production et la construction d’installations pour l’utilisation de la biomasse, auxquelles il faut ajouter les sociétés d’exploration et les entreprises de construction. Une extension ciblée et une augmentation de l’utilisation de cette source d’énergie autochtone ouvriraient la voie à des investissements considérables, en stimulant la création d’emplois dans les zones rurales. Cela ne pourra se faire toutefois que si la concurrence de l’énergie fossile se fait moins agressive ou est délibérément réduite par une politique énergétique ciblée. 

Graphique 5 : Nombre de réseaux de chaleur au bois jusqu’en 2001.

Graphique 6 : Groupes d’usagers : quantités et puissances.

Puissances ■ EVU (coopération) ■ Communes (offices de construction d’utilité publique)

Malgré la forte contribution de la biomasse - et en particulier du bois

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