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Nippon no Haikyo Vestiges d’un Japon oublié


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廃墟 Nippon no Haikyo Vestiges d’un Japon oublié


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Un soir d hiver Prologue

P

ar une nuit glaciale de l’hiver 1999, avec Max et Toine, les complices de mes années adolescentes, nous décidons de visiter le parc aquatique local, Aqualand, qui est fermé pendant la saison hivernale. Après maintes hésitations, nous sautons par-dessus la barrière de sécurité, traversons le parc et grimpons sur les attractions remplies d’eau sale. Avec mon petit appareil photo numérique de 4 mégapixels, je mitraille du haut du plus grand des toboggans. Par peur d’être repérés par le gardien, nous quittons rapidement les lieux. Sans le savoir, je venais de vivre ma première exploration urbaine, une expérience que je renouvellerai dix ans plus tard… Au Japon.

J’ouvre un blog en 2005 et je photographie mes voyages et mes découvertes avec de petits compacts. En 2010, je m’offre mon premier reflex numérique et je décide de renouveler ma première expérience d’exploration urbaine mais cette fois-ci dans mon pays d’adoption, le Japon. Je deviens rapidement insatiable. Au Japon, ce hobby rassemble une communauté unique, pleine de secrets et de fantaisies. Le monde du haikyo est un véritable univers parallèle. Je vous propose dans ce livre le résultat de mes aventures : des photos, des histoires et surtout, je l’espère, beaucoup d’émotions.


Nippon no Haikyo Sommaire

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Vestiges d un Japon oublié

— Introduction

Chapitre 01 —

Écoles

p.10 p.14 p.18 p.22 p.26

p.34

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L’école des sciences L’école Satsuka L’école Namezawa L’école d’Ashigawa Écoles nord-coréennes

Loisirs — Chapitre 02

Western village Pachinko Musée du sexe Clubs de strip-tease Glucks Kingdom Le bowling Nara dreamland Une vache bien seule

p.98

p.08

p.36 p.42 p.46 p.50 p.56 p.58 p.62 p.78

Chapitre 03 —

l île d Hashima — Chapitre 04

Hôtels p.82 p.86 p.90 p.94

p.80

L’hôtel Maya L’hôtel Kuroshio Le Queen Château L’hôtel Fuurin


Chapitre 05 —

Friches industrielles p.130 p.134 p.136 p.142 p.144

p.146

p.128

Les mines de Kamioka La Dodge abandonnée Les mines de Shiraichi Centrale électrique La mine d’or

Bases militaires — Chapitre 06 Base de Fuchu p.148 Negishi p.150

Chapitre 07 —

p.210

Hôpitaux — Chapitre 08

La clinique Blanche La clinique du Fantôme L’hôpital des lumières La clinique de la petite cervelle La clinique de Nichitsu La cabane du Docteur La clinique de Zed

p.250

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Maisons et appartements p.166 p.170 p.176 p.182 p.186 p.190 p.192

La maison du Docteur La villa Rouge Le dortoir de Seikai La maison du Kimono Nakagin Capsule Tower La maison de la liberté La maison Royale

p.212 p.216 p.224 p.228 p.232 p.236 p.240

Paroles d haik yoïstes —

Carte des haik yo p.248

p.164


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学校 Écoles abandonnées chapitre 01

L

e Japon est victime depuis plus de 50 ans d’un exode rural particulièrement soutenu. Les villages disparaissent et les petites villes se vident peu à peu. Quand on visite le pays, il n’est pas rare de traverser de tristes centres-villes vidés de leurs commerces et de leurs habitants. Le vieillissement de la population semble inexorable, malgré les mesures prises par le gouvernement, devenant un réel problème économique. La pyramide des âges s’est inversée et les prévisions démographiques ne sont guère optimistes. Aujourd’hui, les petites écoles locales ferment les unes après les autres, au fur et à mesure que la présence des

jeunes dans les villages s’affaiblit. Ces écoles construites en bois datent pour la plupart d’avant-guerre, parfois même de l’Ère Meiji. L’État japonais ne semble pas vouloir les conserver. Toutefois, certaines sont sauvées par les habitants ou par des séries télévisées qui les réutilisent comme décor. On retrouve ces bâtiments aux allures de cabanes en bois par milliers au Japon. Peu dangereuses et facilement accessibles, elles sont devenues les haikyo favoris des explorateurs à qui elles rappellent agréablement le passé. Elles sont le berceau de l’âme japonaise.


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遊園地 ,

Parcs d attractions, loisirs, musées chapitre 02

A

u début des années 80, le Japon vit une période équivalente à nos Trente Glorieuses. Le pays relance son économie, les prêts sont facilités et les Japonais touchent un salaire en moyenne 35 % plus élevé que les Européens. La classe moyenne a désormais soif de divertissements et de nombreux parcs d’attractions sortent de terre, ainsi que des hôtels, terrains de golf et autres lieux de loisirs parfois insolites. Un grand nombre de parcs à thème voient le jour, répliques

de village du Far West, villages russes, néo-zélandais, allemands, chinois, italiens… Les Japonais qui ont peu de jours de congés pour voyager se consolent en visitant ces parcs. Cette période faste s’arrête le 29 décembre 1989 : les indices boursiers japonais entament une chute libre qui ne prendra fi n qu’en 2003. Un grand nombre de parcs d’attractions ne tiennent pas le choc de la crise et ferment les uns après les autres. Ils sont abandonnés en l’état et attendent encore aujourd’hui une démolition que personne ne veut payer.


Clubs de strip-tease 湯原観光劇場 & 明野劇場

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I

l n’y a pas si longtemps, tout bon village à onsen (bain thermal naturel) se devait d’avoir son club de strip-tease à proximité pour parfaire la détente des clients. C’est le cas du village de Yubara et de son club de strip-tease fermé en 2001. Lors de ma visite, il est extrêmement difficile d’imaginer qu’à une époque ce pouvait être un lieu de plaisir. La décoration et les couleurs sont hideuses, le bâtiment est une sorte de préfabriqué en métal plus proche de la cabane de chantier que d’un lieu de la nuit.

À l’autre bout du Japon, je visite un autre club de striptease, le Akeno Gekijo, dont l’atmosphère est complètement différente. Ce lieu de joie situé à proximité de love-hotels a été ravagé par les flammes dans les années 90. La lumière du soleil perce à travers la structure en tôle désossée. Ses sièges nous feraient presque croire à l’intérieur d’un cinéma, mais le spectacle que venaient voir les salarymen était bien différent. Seule la scène située au milieu de la pièce nous rappelle dans quel genre de lieu nous sommes véritablement.


Nara dreamland 奈良ドリームランド

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N

ara Dreamland est un parc d’attractions construit en 1961. Il était supposé être une copie du tout premier Disneyland en Californie mais après un différent juridique avec la firme américaine, il n’a jamais pu porter le nom de “Disneyland” et a donc dû créer sa propre identité. Ma première visite de ce parc d’attractions abandonné remonte à 2010. À l’époque, je n’avais aucun plan pour m’y infiltrer. La veille, je décide de faire un tour du parc en voiture et de rouler doucement afin de repérer une entrée discrète. Soudain, alors que je pense avoir trouvé une solution, une voix criarde jaillit d’un haut-parleur. Dans le silence du soir le message me glace, mais heureusement, c’est une voix préenregistrée. J’apprendrai plus tard qu’il s’agissait d’un avertissement destiné aux personnes qui déposent leurs

ordures le long des grilles du parc. Le lendemain, je saute tout de même par-dessus l’une des barrières qui entourent le parc. Ce n’est pas la façon la plus simple de rentrer mais elle me permet d’éviter le détecteur de mouvement et le gardien qui est des plus actifs. L’exploration peut commencer. C’est un sentiment extraordinaire que de traverser l’avenue principale “Main Street USA” qui ressemble étrangement à celle de Disneyland, avec en fond, le Château de la Belle au Bois Dormant. Dans les magasins et les restaurants aux fenêtres éclatées, on trouve encore quelques tables et chaises, mais rien de spécial, les commerçants ont pris soin de tout emporter. On trouve aussi un magasin “Mon Voisin Totoro” mais là non plus, plus de peluches ni de produits dérivés, dommage !


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ホテル Hôtels chapitre 03

O

n peut classer les hôtels abandonnés en deux catégories. La première, des hôtels construits pendant l’essor économique et qui ont fermé au moment où la santé fi nancière du Japon a commencé à décliner. Ils se situent souvent dans des zones reculées mais touristiques telles que la région des lacs du mont Fuji ou encore la péninsule d’Izu. Ils ne présentent pas un grand intérêt, sont truffés d’amiante et seuls les chats semblent s’y plaire.

La deuxième catégorie d’hôtels n’a pas la même fonction, ce sont des hôtels appelés “love-hotels”. Facilement accessibles en voiture, on les trouve souvent à l’extérieur des villes ou dans des quartiers discrets. Ils permettent aux jeunes couples qui vivent encore chez leurs parents de pouvoir prendre une chambre pour quelques heures. Ces hôtels sont également très prisés pour des rencontres extraconjugales.


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端島 ,

Hashima-l île fantôme chapitre 04

C

onfortablement installé au fond de mon siège dans un cinéma de Tokyo, je retiens mon souffle… À l’écran, un beau voilier navigue vers une île abandonnée au milieu de l’océan. Capturé par des cyberterroristes, James Bond, menotté, se dirige nonchalamment vers un bâtiment aux allures de forteresse délabrée… Je m’étouffe presque avec mon pop-corn : mais…! Je connais cet endroit ! C’est l’île de Gunkanjima ! Et cette façade devant laquelle James Bond déambule n’est pas l’entrée principale mais la cour intérieure du Block 65, l’une des plus imposantes constructions en béton de l’île. Je parviens facilement à discerner les plans authentiques fi lmés sur l’île, des plans tournés en studio dans des décors

en carton-pâte. Je connais cet endroit presque par cœur : j’ai eu la chance de me rendre à plusieurs reprises ces dernières années sur cette île mythique. Gunkanjima, de son vrai nom Hashima, petite île située à une vingtaine de kilomètres au large de Nagasaki, est la reine des haikyo. Et comment ne le serait-elle pas avec son histoire riche et son architecture incroyable ? Je vous propose une visite à travers son dédale infernal de rues, de passerelles et de blocs de béton rongés par le sel et l’inexorable passage du temps…


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La Dodge abandonnée ¬ Préfecture de Yamanashi


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Maisons-appartements chapitre 07

À

Tokyo et dans les grandes villes, il n’est pas rare, et le contraste est saisissant, de voir de vieilles maisons abandonnées et recouvertes de végétation, coincées entre des gratte-ciel flambant neufs. Parfois, un promoteur immobilier rachète un pâté de maisons entier et les anciens propriétaires sont invités à déménager. Ces groupes de maisons restent endormis pendant plusieurs années, attendant que la phase de démolition et de reconstruction ne commence. À l’inverse, des propriétaires ne voulant céder à aucun prix leur maison la laissent abandonnée pendant que les quartiers

continuent à se construire et se moderniser. Les habitations abandonnées suite à de grandes catastrophes telles que les tsunamis, les séismes ou encore la radioactivité, ne sont pas à proprement parler des haikyo. Les maisons haikyo sont fascinantes tant la cause de leur abandon n’est jamais facile à déterminer. Il faut mettre en place un vrai travail d’investigation, chercher des indices au milieu des traces de vie restantes (calendriers, photos, objets personnels, courriers…). Ces enquêtes me permettent de replonger, le temps de ma visite, à l’époque où ces maisons étaient encore des lieux de vie.


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La maison Royale 華麗なる一族

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U

ne maison au fond des bois n’est pas sans rappeler les aventures d’Hansel et Gretel. Celle-ci n’est malheureusement pas de pain d’épices, mais avec un peu de chance, on y rencontrera peut-être une vieille sorcière qui nous racontera des histoires abracadabrantes. Bienvenue à la maison Royale, plus connue au Japon sous le nom de Karei Naru Ichizoku (華麗なる一族 : Une Famille Grandiose). La localisation de cette maison est gardée très secrète afin de protéger les artefacts qu’elle contient de la curiosité de personnes peu scrupuleuses, mais aussi des antiquaires japonais qui n’hésitent pas à piller ce genre d’endroits remplis de souvenirs.

À première vue, la demeure semble abandonnée depuis une bonne dizaine d’années. Le garage s’est écroulé et le rez-dechaussée est en piteux état, seul l’étage semble être encore épargné, mais vu le délabrement de la structure, nul doute qu’il s’effondrera aussi sous peu. Plusieurs arbres sont tombés, détruisant les fenêtres et une partie de la toiture. Depuis, l’humidité s’est infiltrée partout : le bois, qui constitue l’essentiel de la structure, est devenu très spongieux, les murs se sont couverts de moisissures, donnant à l’ensemble des allures de maison hantée. Mais sous cette décrépitude, un riche passé ne demande qu’à être découvert.


La porte d’entrée résiste ; passons par une fenêtre. C’est ici que l’aventure commence, partons à la découverte de l’histoire de cette maison et de ses habitants. Dès le rez-de-chaussée, une lourde odeur de bois et de passé me saisissent. La salle à manger est une découverte incroyable : sur le plancher défoncé, entre les luxueux sofas défraîchis, des tas d’objets sont éparpillés parmi lesquels deux vieilles télévisions, une poupée en kimono, une énorme peluche de panda au crâne déchiré… La cuisine est dans un état plus précaire encore.

196 ¬ 197

J’y aperçois une troisième télévision, un modèle de 1968 de la gamme Trinitron de Sony. Je tente quelques pas mais m’enfonce brutalement de 50 centimètres dans le plancher vermoulu. Impossible d’avancer plus sans mettre en péril la structure de la maison entière. Dommage, j’aurais bien aimé jeter un œil dans le réfrigérateur, il y restait peut-être des aliments, des dates de péremption, autant de précieux indices d’une vie passée.


200 ¬ 201

, L étage L’étage est un peu moins encombré, on peut s’y déplacer sans problème et il va se révéler particulièrement riche en indices pour faire revivre la mémoire des habitants de ces lieux. En haut des escaliers, je tombe nez à nez avec le portrait encadré d’une vieille Japonaise, vraisemblablement la maîtresse des lieux, qui semble m’inviter à poursuivre mon investigation. Appelons-la “Okasan” (mère en japonais). La première pièce ressemble à un bureau. Difficile d’y voir clair, la forêt autour de la maison est tellement dense que malgré trois grandes fenêtres, la pièce est très sombre. Une boîte étrange, entourée d’un papier cadeau provenant de l’hôtel Okura, est posée au sol. Sur le message qui l’accompagne, on apprend qu’il s’agit de la maison d’un oiseau nommé Po-Pochan et qu’il est décédé en 1979.

Appuyée contre un mur, la photo encadrée d’un vieil étranger – nous le nommerons “le Gaijin” (l’étranger en japonais) – me surprend. Un verre de vin et un cigare à la main, il semble me souhaiter la bienvenue. Qui est-il ? Vivait-il ici lui aussi ? Les tiroirs du bureau sont riches en souvenirs : cartes postales, lettres, relevés, photos, documents… On y trouve de tout. En cherchant au hasard parmi les dizaines de photos, j’en trouve une particulièrement étonnante : le Gaijin en compagnie de la Reine d’Angleterre Elizabeth II ! Dans le couloir se trouve une autre photo de notre Gaijin, plus jeune, en acteur ou en homme d’affaires, il a l’allure d’un homme qui a indéniablement réussi.


La clinique Blanche I病院

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e petit complexe de trois bâtiments en bois entouré d’un jardin est un paradis pour les mauvaises herbes et les moustiques-tigres. La clinique Blanche a été construite en 1932. Difficile de croire aujourd’hui qu’elle était totalement blanche mais quelques traces de peinture complètement écaillées persistent sur l’un des bâtiments. Autour de la clinique, on retrouve les classiques panneaux “Interdiction d’entrer”. On peut lire aussi un autre message : “Danger d’effondrement”. Les bâtiments abandonnés en bois ne sont pas à l’épreuve du temps, humidité et tremblements de terre ont souvent raison d’eux. Malgré les mises en garde, nous commençons l’exploration. Nous visitons d’abord la salle d’attente. Les murs sont décorés de certificats, de prix et de calendriers, le dernier date de 1992. Passé la porte de droite, nous entrons dans le cabinet

du docteur. Son matériel est encore là : stéthoscope, microscope, des centaines de seringues et une armoire qui contient un nombre incalculable de médicaments : si les explorateurs sont victimes de maux de tête, ils pourront déguster une excellente aspirine millésimée ! Au sol, je trouve le sac du docteur avec un portefeuille contenant d’anciennes pièces de monnaie et de vieux billets. Je suis toujours surpris de voir des objets de valeur ainsi abandonnés. L’hôpital est bien endommagé et pas loin de s’écrouler : l’escalier qui mène à l’étage s’effondre, il est sur le point d’emporter la vieille bâtisse avec lui dans sa descente aux enfers. Nous faisons une dernière trouvaille curieuse : un animal empaillé difficilement identifiable… Le maître des lieux se prenait-il parfois pour le docteur Frankenstein ?


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Nippon no Haikyo Vestiges d’un Japon oublié

H

ôpitaux, hôtels, maisons, villages, parcs d’attractions et même îles abandonnés, le Japon regorge de lieux en ruine appelés haikyo. Ces endroits, souvent laissés intacts, témoignent d’une époque révolue. Explorez 38 lieux plus incroyables les uns que les autres, dont l’île fantôme de Gunkanjima, rendue populaire par Skyfall, le dernier James Bond. L’auteur nous livre des photos incroyables à l’atmosphère mystérieuse ainsi que des récits retraçant l’histoire de ces vestiges oubliés du Japon. Jordy Meow vit et travaille à Tokyo depuis 5 ans. Spécialisé dans la photo d’exploration urbaine, il visite des centaines de lieux insolites abandonnés au Japon et en Europe. Il est le créateur du site internet haikyo.org qui fait référence en la matière. Très actif dans la communauté japonaise des photographes urbex, son travail est régulièrement cité sur internet. Il s’est, entre autres, rendu trois fois pour des reportages sur l’île interdite de Gunkanjima.

9 782954 312538

ISBN 978-2-9543125-3-8

29,95 €


Ceci est un extrait du livre “Nippon no haikyo» 256 pages 23x29cm

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Nippon no haikyo - Vestiges d'un Japon oublié