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M A G A Z I N E

P R O F E S S I O N N E L

D ’ I N F O R M A T I O N

M É D I C A L E

N° 44 - MAI 2012

Dr OUA O OUALID UALI UA UALI LID ID AM AMRI, AMRI, AMR Président de la Fédération nationale des syndicats des pharmaciens du Maroc.

Dispensé de timbrage, Autorisation n° 1397 - www.doctinews.com

« Aujourd’hui, la pharmacie est malade et nous avons besoin de mesures d’accompagnement pour sortir de cette situation de crise. »

INSUFFISANCE CARDIAQUE COMPRENDRE POUR TRAITER FONDAMENTAUX THÉRAPIE COGNITIVO-COMPORTEMENTALE DES INDICATIONS MULTIPLES


Editorial

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SOINS PALLIATIFS

L’URGENCE D’UN PROGRAMME NATIONAL u’il s’agisse des priorités sanitaires du nouveau gouvernement, de la généralisation du Ramed, ou encore, récemment, de l’autorisation de la recherche biomédicale -la liste n’est point exhaustive- l’actualité de ces derniers mois a été largement consacrée à la santé.

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Face à ce dynamisme, qu’en est-il des soins palliatifs et de la prise en charge de la douleur ? Voilà une question trop longtemps restée otage du non entendu et du non reconnu, alors que, sous d’autres cieux, l’intérêt qui lui est accordé constitue l’un des critères d’évaluation de la qualité des soins offerts aux malades. En fait, au Maroc, avec la mise en application du Plan national de prévention et de traitement des cancers, initié par l’Association Lalla Salma de lutte contre le cancer, le chemin menant à la qualité requise vient tout juste d’être emprunté. Quant au Centre national d’évaluation de soins palliatifs et de traitement de la douleur, créé en 2005 -le premier du genre en Afrique-, il aurait probablement pu effectuer un important saut qualitatif et quantitatif s’il avait été doté des moyens humains et matériels nécessaires. Triste constat pour ce projet ! Pourtant, une stratégie nationale de la santé efficiente ne peut se concevoir sans l’inscription effective et concrète des soins palliatifs et de la prise en charge de la douleur dans l’organisation des soins. Cette démarche doit entrer dans le cadre d’un programme national spécifique dont l’une des priorités serait de débarrasser ces soins de certaines croyances, dont celle consistant à faire admettre aux malades que la douleur est inexorablement collatérale à la maladie et à certains soins et, en tant que telle, on ne peut lutter contre. Outre la formation de compétences humaines qualifiées et spécialisées, ce programme, qui doit assurer une meilleure accessibilité aux médicaments adéquats contre les douleurs sévères, s’impose avec acuité. Pour cela, une révision intégrale des contraintes administratives, notamment relatives à la prescription de la morphine, est indispensable. Autres volets à développer, les approches non médicamenteuses, comme les techniques psycho-comportementales qui ont toute leur place dans ce domaine. À un professionnel de la santé aussi chevronné que l’actuel ministre de la Santé, le Professeur El Houssaine Louardi, nous n’apprendrons rien de nouveau. Objet de tous les espoirs, le nouveau gouvernement est vivement appelé à remédier au profond désarroi dans lequel se débattent des milliers de patients -et leurs proches- face à la douleur. Car, s’il est impossible de suspendre le temps pour éviter cette « douloureuse » épreuve, il est toujours possible de le prendre pour la soulager !

POUR ASSURER UNE MEILLEURE ACCESSIBILITE AUX MÉDICAMENTS CONTRE LA DOULEUR, UNE RÉVISION INTÉGRALE DES CONTRAINTES ADMINISTRATIVES, NOTAMMENT RELATIVES À LA PRESCRIPTION DE LA MORPHINE, EST INDISPENSABLE. Par Ismaïl BERRADA


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Sommaire

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INTERVIEW 52 DR OUALID AMRI, Président de la fédération nationale des syndicats des pharmaciens du Maroc

INTERVIEW

FONDAMENTAUX 30 VACCIN ANTI-PNEUMOCOCCIQUE 13-VALENT Une priorité pour les programmes nationaux

ALTERNATIVE 60 THÉRAPIE COGNITIVO-COMPORTEMENTALE Des indications multiples

INSTITUTIONNEL 56 COLLÈGE SYNDICAL DES MÉDECINS SPÉCIALISTES PRIVÉS Salle comble pour l’Assemblée générale

42 DOSSIER INSUFFISANCE CARDIAQUE Comprendre pour traiter

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VACCIN ANTI-PNEUMOCOCCIQUE 13-VALENT

PHARMACOVIGILANCE 62 BEREZTEM ET SÉVÉRITÉ DU CARCINOME UROTHÉLIAL Un lien avéré

FLASH SANTÉ 14 MALADIE DE PARKINSON Entre 30 000 et 50 000 malades au Maroc

UNIVERS PHARMA 38 PHARMACIENS DU SUD S’unir et être solidaires

GLOSSAIRE 40 TRAITEMENT DE L’INSUFFISANCE CARDIAQUE

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SÉLECTION THÉRAPIE COGNITIVO-COMPORTEMENTALE

64 « L’ACCOMPAGNEMENT PSYCHOLOGIQUE DES ENFANTS MALADES » Un guide pour les parents et les soignants

Directeur de publication et de la rédaction, Ismaïl BERRADA - Consultante à la Rédaction, Maria MOUMINE - Rédactrice en chef, Corinne LANGEVIN - Journalistes, Elise RODRIGUEZ et Chafik ETTOUBAJI - Secrétaire de rédaction, Amina LAHRICHI Design et infographie, Yassir EL HABBI - Direction commerciale, A. BERRADA - Chef de publicité, Leila BAHAR Impression, Idéale - DOCTINEWS est édité par Prestige diffusion, 81, avenue Mers Sultan, 5e étage, CP 20100, Casablanca. Tél. : +212 5 22 27 40 46/69 - Fax : +212 5 22 27 40 32 - E-mail : contact@doctinews.com - Site : www.doctinews.com Dossier de presse : 08/22 - Dépôt légal : 2008 PE0049 - ISSN : 2028 00 92 - DOCTINEWS est tiré à 25.000 exemplaires M A G A Z I N E P R O F E S S I O N N E L D ’ I N F O R M AT I O N M É D I C A L E


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Flash Santé

INFORMATIQUE MÉDICALE

Pr. Mohammed BENNANI OTHMANI, président de la SMIMS.

CONGRÈS PIONNIER À CASABLANCA « En 1997, l’informatique médicale se limitait à l’utilisation d‘un ordinateur. Désormais, les champs d’application de cette discipline se sont diversifiés et les professionnels de la santé perçoivent les systèmes d’information hospitaliers comme utiles à la santé individuelle et au système de santé dans sa globalité », a déclaré le Professeur Mohammed Bennani Othmani, président de la Société marocaine d’informatique médicale et santé (SMIMS), lors du 1er congrès national en la matière, les 6 et 7 avril derniers à Casablanca. Un congrès pionnier au cours duquel de nombreux intervenants ont pu faire part d’expériences variées de l’outil informatique au service de la santé, de ses promesses et de ses limites. Venu pour l’occasion des Etats-Unis, le Docteur Omar Bouhaddou a exposé la situation du système de santé américain, l’exemple spécifique de la Veterans Affairs (département ministériel consacré à la santé des anciens combattants et reconnu comme l’un des meilleurs systèmes de santé au monde), et le rôle qu’y joue le développement de l’informatique médi-

cale. « L’outil informatique a pris l’aspect d’une étape essentielle dont la base est le dossier médical informatisé et interopérable, avec la sécurisation de l’ordonnance, le partage des données et le sommet qu’il nous faut atteindre, à savoir l’aide à la décision. » Cette dernière fonction de l’informatique médicale a spécifiquement été traitée par le Professeur Marius Fieschi, président de l’Association française d’information médicale. « L’aide à la décision exige que le contexte soit propice à son intégration dans un système d’information global. Parmi les conditions nécessaires à ce développement, des infrastructures interopérables au niveau national, avec des architectures évolutives et ouvertes, la promotion de standards, la créativité, grâce à de multiples expérimentations et l’intégration au processus métier vont permettre d’éviter les erreurs médicales, de faciliter l’accès aux soins et d’améliorer la communication entre les différents acteurs de la santé. » Cette rencontre historique a permis à la SMIMS d’émettre un certain nombre de recommandations, telles que l’institutionnalisation de cette discipline cli-

nique (reconnue comme telle en 2008) à l’échelle nationale, l’intégration hospitalière, le travail collaboratif, la formation continue et l’encouragement incitatif de la recherche. Selon le président de la société savante, « les perspectives pour le Maroc seraient la création de services d’informatique médicale comme tout autre service clinique, ainsi que la mise en place d’un programme national de performance de l’informatique médicale ».

RDV-MEDECIN.MA

L’INTERNET AU SERVICE DE LA SANTÉ Par le biais de la plateforme rdvmedecin.ma, les patients peuvent désormais prendre directement rendez-vous avec leur médecin. Plus de 9 200 médecins généralistes et spécialistes pratiquant 63 spécialités utilisent déjà ce site internet qui permet à n’importe quel patient

de fixer l’heure et la date de visite souhaitée, en toute simplicité, selon les disponibilités du médecin. De façon confidentielle et sécurisée, les patients choisissent, modifient ou annulent leur rendez-vous et peuvent consulter une rubrique questions-réponses destinée

à l’information, le conseil et la prévention médicale. www.rdvmedecin.ma, mis à jour en temps réel, offre également une fonction de rappel par mailing pour éviter les oublis, les retards et les erreurs. Un outil pratique pour le patient et le médecin.

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les nfections exuellement ransmissibles sont parmi nous ...

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SEMELLES EN DÉCLIVE DE 8 DEGRÉS

POUR RENFORCER LE RETOUR VEINEUX

Dr Philippe BLANCHEMAISON, phlébologue et médecin vasculaire.

« L’un des moyens de soutenir et de renforcer les parois des veines consiste à garder une bonne musculature au niveau des jambes et des mollets. Les semelles en déclive 8° permettent de stimuler ces muscles et de renforcer ainsi le retour veineux », a expliqué le Dr Philippe Blanchemaison, phlébologue et médecin vasculaire, directeur d’enseignement à la Faculté de médecine de l’Université Paris V. Organisé par BDM Pharma et les Laboratoires Royal Thermes le 12 avril dernier à Casablanca, le séminaire animé par le Dr Philippe Blanchemaison a porté sur « l’intérêt thérapeutique de la semelle en déclive 8° et de la contention sur le retour veineux ». L’utilisation de ce type de chaussures est particulièrement recommandée pour les personnes souffrant d’une insuffisance veineuse, de gonflements au niveau des chevilles, ou de jambes lourdes. Pour favoriser davantage le retour veineux, ces chaussures peuvent être associées à la contention. Cette technique thérapeutique consiste à porter des chaussettes élastiques de contention qui permettent de soutenir les veines et de compenser la fragilité de leurs parois lorsqu’elles sont très sollicitées.

CONGRÈS DE NEUROCHIRURGIE

AU CŒUR DES PROGRÈS La 21e édition du congrès annuel organisé par la Société marocaine de neurochirurgie (SMNC) à Marrakech a accueilli 200 participants, marocains et étrangers, du 5 au 7 avril derniers. « Le programme riche et diversifié a abordé des sujets qui connaissent d’importants progrès, tant sur le plan diagnostique et thérapeutique que dans le domaine de la recherche scientifique », a déclaré le Pr Saïd Hilmani, secrétaire général de la SMNC. Parmi les thèmes proposés, la prise en charge neurochirurgicale des épilepsies a bénéficié d’un workshop

mêlant théorie et pratique. Les tables rondes, autour des adénomes à prolactine, du spondylolisthésis et du médulloblastome ont permis aux intervenants de débattre autour des modalités thérapeutiques. « La création d’un comité de suivi et de préparation d’un protocole national de prise en charge du médulloblastome a d’ailleurs été proposée », précise le professeur. En somme, un congrès inscrit dans l’actualité et de grande qualité, qui a réuni des experts nationaux, mais aussi quelques figures venues de France, de Belgique et de Turquie.

MALADIE COELIAQUE

ENTRE 150 000 ET 300 000 MALADES AU MAROC Organisée le 7 avril dernier, à Rabat, la journée de printemps de la Société marocaine des maladies de l’appareil digestif a été dédiée aux pathologies liées aux allergies alimentaires, notamment la maladie coeliaque. De l’avis des participants à cette journée scientifique, cette pathologie digestive est encore mal connue et sous-estimée au Maroc. Sa prévalence serait de 0,5 à 1 % de la population générale, soit 150 000 à 300 000 personnes. Cette forme d’allergie alimentaire, provoquée par une fraction particulière du blé appelée ‘gluten’, engendre une réaction inflammatoire chez les sujets génétiquement prédisposés et conduit progressivement à la destruction de la muqueuse intestinale, jusqu’à l’atrophie complète. Elle entraîne une malabsorption responsable de plusieurs carences alimentaires. Afin d’améliorer sa prise en charge thérapeutique, les spécialistes ont émis lors de cet événement une série de recommandations, dont la nécessité de mettre en place un registre national dédié à la maladie coeliaque pour suivre son évolution. Ils ont insisté sur l’importance de lancer des études prospectives multicentriques qui permettront, entre autres, d’évaluer le taux d’observance du régime sans gluten et l’impact de ce dernier sur l’évolution de la maladie.

P d je A IP u re n -T g tr H p sa e E to q a e d d p


Flash Santé

PROGAST

Oméprazole 20 mg

PROGAST® (oméprazole) est un inhibiteur spécifique de la pompe à protons H+ K+ ATPase de la cellule pariétale gastrique. Grâce a son mécanisme d’action (action au niveau de la phase terminale de sécrétion): PROGAST® diminue la sécrétion d’acide, quelleque soit la nature de la stimulation. La prise quotidienne unique de 20 mg de PROGAST® provoque une inhibition rapide et efficace de la sécrétion acide gastrique. PR

PROGAST® procure une diminution maintenue moyenne d’environ 80% dés les premières 24 heures.

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Principales indications : - Œsophagite par RGO. - Ulcère duodénal. - Ulcère gastrique. - Prévention et traitement des lésions gastroduodénales induites par les AINS.

boîte de 7 gélules

boîte de

14 gélules

PROGAST 20mg gélules, Oméprazole composition : chaque gélule contient : Oméprazole (DCI)….. 20 mg. Excipient : saccharose, amidon de maïs, mannitol, carboxyméthylamidon de sodium, laurylsulfate de sodium, povidone, hypromellose, phtalate d’hypromellose, huile de soja partiellement hydrogénée, talc q.s .p. La gélule est constituée de : gélatine, oxyde de fer rouge/ jeune /noir (E-172), dioxyde de titane (E- 171). FORMES PHARMACEUTIQUES ET PRESENTATIONS : microgranules en gélule, chaque étui contient un flacon de 7, 14 ou 28 gélules. Activités : Oméprazole agit par inhibition de la pompe à protons de la cellule pariétal gastrique, réduisant ainsi la quantité d’acide produite par l’estomac. TITULAIRE : laboratoires IPHARMA, km 4, ancienne route de l’aviation Tanger, Maroc. INDICATIONS : adulte : - En association à une bithérapie antibiotique, éradication de Helicobacter pylori en cas de maladie ulcéreuse gastroduodénale. - Ulcère duodénal évolutif. - Ulcère gastrique évolutif, - Œsophagite érosive, ou ulcérative symptomatique par reflux gastro-œsophagien. –traitement symptomatique du reflux gastro-œsophagien associé ou non à une œsophagite, en cas de résistance à la posologie de 10 mg d’oméprazole par jour.- Traitement d’entretien des ulcères duodénaux chez les patients non infectés par Helicobacter pylori ou chez qui l’éradication n’a pas été possible. – traitement d’entretien des œsophagites par reflux gastro-œsophagien.- Syndrome de Zollinger-Ellison. -Traitement des lésions gastroduodénales induites par les anti-inflammatoires non stéroïdiens lorsque la poursuite des anti-inflammatoires est indispensable. – traitement préventif des lésions gastroduodénales induites par les anti-inflammatoires non stéroïdiens chez les patients à risque (notamment âge supérieur à 65 ans, antécédents d'ulcère gastroduodénal) pour lesquels un traitement anti-inflammatoire est indispensable. Enfants à partir d’un an: - Œsophagite érosive ou ulcérative symptomatique par reflux gastro-œsophagien. CONTRE-INDICATIONS : Hypersensibilité à l’oméprazole ou à tout autre composant du médicament. PRECAUTIONS D’EMPLOI : ce médicament vous a été prescrit pour un traitement précis. Il ne faut pas ni le prendre pour un autre traitement sans avis médical, ni le conseiller à d’autres personnes même en cas de symptômes similaires. LISTE DES EXCIPIENTS A EFFET NOTOIRE : saccharose, mannitol, huile de soja partiellement hydrogènée. MISE EN GARDE : grossesse et allaitement : L’usage de ce médicament chez la femme enceinte ou allaitante ne doit être envisagé que si son administration est jugée indispensable et après avis de votre médecin. Sujets âgés : Les indications et les posologies sont les mêmes que celles recommandées chez l’adulte. Enfants : les données sur l’expérience de l’usage de ce médicament chez l’enfant sont très reduites. INTERACTIONS : Avant de commencer le traitement, signaler à votre médecin la prise de tout autre médicament. - L’administration de l’oméprazole peut influencer l’effet de certains médicaments tels que Diazépam, Warfarine, ou phénytoine, raison pour laquelle il peut s’avérer nécessaire que votre médecin réduise la posologie. – la prise d’anti-acides est possible pendant le traitement. - Le traitement n’est pas affecté par l’administration conjointe avec des anti-inflammatoires, des aliments ou d’autres médicaments. POSOLOGIES USUELLES, VOIE ET MODE D’ADMINISTRATION : Ce médicament doit se prendre de préférence le matin en avalant les gélules en entier ou avec un peu de liquide. Toutefois, les patients qui présentent des difficultés de déglutition peuvent ingérer le contenu des gélules ou le mettre en suspension dans un liquide tel que jus de fruits, yaourt, ou lait caillé (la suspension devra être prise avant 30 min). - Ulcère duodénal, ulcère gastrique, œsophagite par reflux : en fonction de la gravité de l’ulcère ou de l’inflammation, la dose recommandée est de 20- 40 mg (1-2 gélules) par jour pendant 2 à 8 semaines. En traitement d’entretien de l’ulcère duodénal ou de l’œsophagite par reflux, la dose est de 20 mg par jour pendant 6 à 12 mois. - Reflux gastro-œsophagien symptomatique : la dose conseillée est de 20 mg (1 gélule) une fois par jour. - Ulcères gastriques, duodénaux ou lésions gastro- duodénales

boîte de

28 gélules

associées à un traitement anti-inflammatoires non stéroïdien (AINS) : la dose recommandée est de 20 mg ( 1 gélule) 1 fois par jour, pendant 4 - 8 semaines. – syndrome de Zollinger-Ellison : la dose initiale recommandée est de 60 mg (3 gélules) par jour. Le médecin adaptera la dose selon les besoins et établira la durée du traitement. L’administration d’une dose dépassant 80 mg (4 gélules) doit se faire en 2 prises par jour. - Ulcère duodénal et/ou gastrique associé à Helicobacter pylori : la dose habituelle est de 40 mg (2 gélules) une fois par jour, ou de 20 mg ( 1 gélule) 2 fois par jour à prendre en même temps que les antibiotiques suivants : Oméprazole plus 2 antibiotiques : Oméprazole plus amoxicilline et clarithromycine, les deux, 2 fois par jour pendant une semaine, ou bien, oméprazole plus clarithromycine et métronidazole ( ou tinidazole) les deux 2 fois par jour pendant une semaine, ou bien, oméprazole plus amoxicilline et métronidazole, les deux, 3 fois par jour, pendant une semaine. Oméprazole plus 1 antibiotiques : 40-80 mg d’Oméprazole (2-4 gélules) par jour plus amoxicilline deux fois par jour, durant deux semaines. Ou bien, 40 mg d’Oméprazole (2 gélules) par jour, plus clarithromycine 3 fois par jour pendant deux semaines. Dans le cas où les symptômes persistent après la fin du traitement, le médecin devra évaluer la nécessité de répéter ou de changer celui-ci. Enfants : 1 mg/kg/jour. Sujets âgés : L’ajustement de la dose n’est pas nécessaire. Altération de la fonction rénale : L’ajustement de la posologie en cas d’altération de la fonction rénale n’est pas nécessaire. Altération de la fonction hépatique : Une dose de 10 à 20 mg par jour est généralement suffisante du fait de l’augmentation de la bio-disponibilité et de la demi-vie plasmatique de l’oméprazole. Effets indésirables : L’Oméprazole est généralement bien toléré. Les effets indésirables sont généralement bénins et disparaissent à l’arrêt du traitement. Les effets indésirables suivants ont été enregistrés bien qu’aucune relation de cause à effet n’ait été établie : Maux de tête, diarrhée, constipation, douleur abdominale, nausées/vomissements et flatulence. Rarement ont été observés les cas suivants : Eruptions cutanées, démangeaisons, urticaire, sensation d’étouffement/fourmillement/engourdissement, malaises, insomnie, somnolence, vertige et malaise général. Des cas isolés de ‫ﺍﻠﻤﺨﺗﺑﺮﺍﺖ‬ photosensibilité, alopécie, faiblesse musculaire, douleur des articulations, confusion, agitation, dépression et hallucinations .‫ﻢ‬.‫ﺵ‬ ‫ﺍﻠﺼﻳﺪﻠﻴﺔ‬ (principalement chez les patients gravement malades), sécheresse buccale, inflammation buccale, infections fongiques gastro-intestinales, difficulté d’orientation/confusion/chute de conscience chez les patients souffrant de maladies hépatiques préexistantes, inflammation hépatique avec ou sans ictère, insuffisance hépatique, gynécomastie, troubles hématologiques (leucopénie, thrombocytopénie, agranulocytose et pancytopénie), gonflement, fièvre, sensation de malaise générale, oppression Laboratoires pharmaceutiques thoracique, inflammation rénale, augmentation de la sudation, trouble de la vision, altération du goût. SIGNALEZ A VOTRE KM 4, ANCIENNE ROUTE DE L’AVIATION, TANGER, MAROC. MEDECIN OU A VOTRE PHARMACIEN L’APPARITION DE TOUT EFFET NON SOUHAITE ET GENANT QUI NE FIGURE PAS SUR CETTE LISTE. CONSERVATION : Maintenir le produit dans son flacon d’origine soigneusement fermé. Ne pas dépasser la date limite d’utilisation indiquée en clair sur l’étui.Les médicaments doivent être maintenus hors de portée des enfants.

PHARMA


Flash Santé

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LUTTE CONTRE LE SIDA

RÉDUIRE DE 50 % LES NOUVEAUX CAS D’INFECTION À L’HORIZON 2016

Pr El Houssaine LOUARDI, ministre de la Santé.

« Le nombre estimé des personnes infectées par le VIH à fin 2011 au Maroc est de 29 000, dont 10 000 nécessitent un traitement antirétroviral. Aujourd’hui, nous ne traitons que 4 000 cas, soit 40 % de cette population », a affirmé le Dr Omar El Menzhi, directeur de l’épidémiologie et de la lutte contre les maladies au ministère de la Santé , lors de la cérémonie de lancement du Plan stratégique national 2012-2016 de lutte contre le Sida, le 3 avril dernier à Rabat. Les chiffres détaillés, présentés en présence de plusieurs ministres et représentants d’institutions internationales chargées de la lutte contre le Sida, révèlent que la prévalence générale du VIH dans la population générale est de 0,15 %. Le nombre de cas notifiés a atteint 6 453 en 2011, dont 4 169 personnes au stade Sida et 2 284 porteurs asymptomatiques du VIH. Les adultes jeunes, âgés entre 25 et 44 ans, concentrent 71 % des cas, et la proportion de femmes s’élève à près de 50 %. Ce fléau touche essentiellement les populations les plus exposées au risque de l’infection telles que les professionnels du sexe et usagers de drogues injectables qui constituent la priorité de ce nouveau plan élaboré par le ministère de la Santé. « Grâce à ce plan, en 2016, nous comptons réduire de 50 % les nouvelles infections par le VIH, baisser la mortalité des personnes vivant avec le VIH et optimiser la gouvernance et la gestion de la riposte nationale face à cette maladie », a expliqué le Dr El Menzhi. D’autres objectifs ont été assignés à ce plan, notamment l’extension de la couverture par le traitement antirétroviral pour atteindre 80 % des personnes infectées et la création de 30 nouveaux centres de dépistage. Pour atteindre ces objectifs, le plan prévoit, entre autres, la réalisation de deux millions de tests de dépistage auprès des personnes les plus exposées aux risques d’infection, notamment les consommateurs de drogue. « Nous comptons toucher 8 000 usagers de drogues injectables à l’horizon 2016 en les dotant de kits jetables. Près de 2 000 d’entre eux seront pris en charge dans le cadre d’un programme visant à réduire le risque d’infection à travers la création de nouveaux centres et unités mobiles spécialisées. Ce plan nous permettra, en outre, d’étendre le traitement de substitution par méthadone à tous les sites de consommation des drogues », a à nouveau précisé le Dr El Menzhi. Ce plan devrait aussi permettre de diminuer les risques de transmission mère-enfant à travers le renforcement du dépistage chez les femmes enceintes dans le cadre de la consultation prénatale et au niveau des maternités hospitalières. Le budget nécessaire à la réalisation des différentes actions présentées par le ministère est estimé à 810 millions de DH sur 5 ans. 46 % du budget seront pris en charge par l’Etat, 41 % par le Programme Fonds mondial et 13 % assurés par d’autres sources de financement, notamment les Nations Unies.

RÉÉDUCATION FONCTIONNELLE

SPÉCIALITÉ HOLISTIQUE ET TRANSVERSALE RECONNUE Officialisée en 1968 par l’Organisation mondiale de la santé et exercée au Maroc depuis 1979, la médecine physique et de réadaptation (MPR) n’a obtenu le statut de spécialité médicale à part entière qu’en 1994. Souvent associée à un dérivé de la kinésithérapie, la discipline reste néanmoins sous-estimée par l’ensemble de la communauté médicale, d’autant que la rareté des infrastructures adaptées ne participe pas au développement de sa pratique. « Ils sont 71 médecins rééducateurs à pratiquer sur le territoire marocain. Faute d’infrastructures au Maroc, 120 MPR, qui ont étudié leur spécialité à l’étranger, continuent d’exercer dans des centres MPR européens », déplore le Dr Nourredine Oudghiri Idrissi, président de la SOMAREF (Société marocaine de médecine physique de rééducation et de réadaptation fonctionnelle). « Le Maroc compte aujourd’hui 1 MPR pour 450 059 habitants, alors même que le besoin de soins en rééducation fonctionnelle augmente. En témoignent les 1,5 million de Marocains en situation de handicap », souligne le médecin. Les demandes d’aide de la SOMAREF pour développer des plateaux techniques aux normes, avec lits d’hospitalisation dédiés à la MPR pour la prise en charge des pathologies lourdes, dans les secteurs hospitalier et privé ont obtenu de maigres réponses de la part du ministère. Le Centre hospitalier universitaire (CHU) de Casablanca dispose néanmoins d’un service récemment construit avec infrastructure adéquate, et prend en charge la formation de médecins résidents en médecine physique et de réadaptation (MPR). De plus, lors d’une réunion scientifique organisée à la faculté de Médecine de Fès à l’ocasion de la journée nationale des handicapés, « tout le corps enseignant de l’université de Fès a présenté la spécialité de MPR comme étant une spécialité holistique et transversale, a introduit cette spécialité au CHU comme cela a été le cas au CHU de Casablanca, et va intégrer par ailleurs des modules de MPR dans le cursus universitaire de médecins généralistes ». Une bonne nouvelle que le président a annoncé lors du 13e congrès SOMAREF, organisé à Casablanca, le 21 avril dernier, sous le thème « Sport et santé ». L’événement a également permis aux participants de faire un tour d’horizon à propos des diverses pathologies liées au sport et des pratiques de la MPR dans le domaine ainsi que d’organiser une conférence à destination du grand public pour diffuser des conseils pratiques aux personnes souffrant de diabète, d’asthme ou encore d’obésité.


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PSYCHOTHÉRAPIE ET NEUROSCIENCES

DES DISCIPLINES COMPLÉMENTAIRES

Pr Kamal RADDAOUI, président du congrès.

Les thèmes de la neuroscience et de la psychothérapie ont été largement débattus au cours du congrès mondial régional de psychothérapie. Organisé à Marrakech du 29 au 31 mars, cet événement a réuni près de 200 praticiens issus de 20 pays. « Nous avons tenté de confronter durant ce congrès la psychanalyse avec les neurosciences. Aussi éloignées qu’elles puissent paraitre, ces deux disciplines ont beaucoup de connexions », a affirmé le Pr Kamal Raddaoui, président du congrès mondial régional de psychothérapie. « La psychothérapie agit sur la biologie du cerveau tel un médicament et modif ie le fonctionnement cérébral grâce à la neuroplasticité. Aujourd ’hui, nous assistons à un rapprochement entre les techniques biologiques basées sur la prescription des médicaments et les psychothérapies », a-t-il ajouté.

LUTTE CONTRE LE CANCER

JOURNÉES SCIENTIFIQUES ET SOCIALES À DAKHLA Au cours de ses troisièmes journées scientifiques et sociales, organisées du 13 au 15 avril dernier à Dakhla, la Société marocaine de cancérologie du secteur libéral (SMCSL) a encore une fois démontré sa volonté de contribuer à la lutte contre le cancer par la formation continue postuniversitaire et la sensibilisation du grand public. Un volet scientifique a été consacré

à l’analyse des dernières avancées techniques, diagnostiques et thérapeutiques dans la prise en charge de maladies cancéreuses particulièrement fréquentes au Maroc (cancer du sein, du rectum et du col utérin), et au partage d’expériences entre spécialistes nationaux et étrangers. Parallèlement à cette manifestation, soutenue par le ministère de la

Santé et les laboratoires Roche, la SMCSL a souhaité participer à l’amélioration de l’accessibilité aux soins par l’organisation d’une caravane de dépistage des cancers du sein et du col de l’utérus. En 2011, la même action avait permis de dépister 300 patientes et de soigner les malades gratuitement dans les cliniques membres de la SMCSL.

MALADIES LIÉES À LA VIEILLESSE

UN NOUVEAU CENTRE À CASABLANCA Les personnes âgées atteintes de maladies liées à la vieillesse et vivant à Casablanca peuvent bénéficier d’une meilleure prise en charge médicale grâce au nouveau centre d’accueil Al Baraka inauguré le 31 mars dernier au quartier Inara. Cette nouvelle structure, créée grâce à la contribution de l’Initiative Nationale pour le Développement Humain (INDH), a pour mission d’offrir une prise en charge multidisciplinaire aux personnes

âgées souffrant de pathologies handicapantes graves, telle que la maladie d’Alzheimer. Le centre prodigue à cette population plusieurs services, notamment des séances de kinésithérapie et un suivi diététique adapté à leurs besoins nutritionnels. Des excursions et des activités physiques en plein air sont également prévues dans le programme de ce centre. Ces services sont gérés par l’association de gérontologie Espoir AGE, constituée d’une équipe

multidisciplinaire spécialisée dans le domaine de la gérontologie, qui fournit l’équipement nécessaire à la mise en place des différentes activités et services proposés aux patients. Dans un premier temps, le personnel du centre Al Baraka est composé essentiellement de bénévoles parmi lesquels un gériatre, quatre kinésithérapeutes, une diététicienne, une psychologue, une psychomotricienne, une orthophoniste et une assistante sociale.


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MALADIE DE PARKINSON

ENTRE 30 000 ET 50 000 MALADES AU MAROC

Pr Wafae MESSOUAK, présidente de l’Amicale «Les amis du mouvement anormal»

« En 2012, la maladie de Parkinson, une priorité de santé publique au Maroc », tel est le slogan de la journée organisée par l’amicale « Les Amis du mouvement anormal », le 10 avril dernier, à Rabat, à l’occasion de la Journée mondiale de la maladie de Parkinson. « Selon les estimations

épidémiologiques, il existe aujourd���hui entre 30 000 et 50 000 parkinsoniens au Maroc et, chaque année, 4 000 nouveaux cas sont enregistrés », a affirmé le Dr Alaoui Mustapha Faris, professeur de neurologie et de psychiatrie à l’université Mohammed V de Rabat, lors de cette journée. «  Ce chiffre pourrait croître significativement durant les prochaines années, compte tenu de l’augmentation de l’espérance de vie des Marocains », a-t-il ajouté. Cette pathologie neuro-dégénérative atteint généralement les hommes âgés de plus de 50 ans et se manifeste par des tremblements au repos, des troubles du tonus et une akinésie. Elle affecte également l’élocution et le «langage corporel». Bien que la maladie de Parkinson soit chronique et évolutive, il existe des traitements qui permettent de diminuer ses symptômes. Les spécialistes préconisent deux types de médicaments dans la prise en charge thérapeutique de cette pathologie. Il s’agit des médicaments agonistes dopaminergiques qui potentialisent l’action de la dopamine en agissant sur les récepteurs de la substance

noire et des médicaments dopaminergiques à base de L-dopa qui se transforme au niveau du cerveau en dopamine et dont la production est réduite dans la maladie de Parkinson. Pour améliorer les effets antiparkinsoniens de la L-Dopa, certains traitements associent désormais deux autres molécules, la Carbidopa (inhibiteur de la dopadécarboxylase) et l’Entacapone (inhibiteur de la Catéchol-OméthylTransférase), une combinaison disponible au Maroc depuis quelques mois. Cependant, « les médicaments prescrits pour le traitement de la maladie de Parkinson coûtent entre 300 et 900 DH par mois, voire plus, et bon nombre de patients ne peuvent pas les acheter. Le Ramed tombe à point nommé pour leur permettre de bénéficier de ces traitements et améliorer leur qualité de vie », a expliqué le Pr Alaoui qui a par ailleurs annoncé qu’une association dédiée à la maladie de Parkinson verrait bientôt le jour. Cette dernière aura comme objectif de mettre en place des réseaux de soutien aux malades dans les différentes régions du Maroc.

AUTO-FORMATION ET AUTO-ÉVALUATION

PRIMÉES LORS DU CONGRÈS DE LA SMSM Le Dr Rokia Cherkaoui a remporté le premier prix des communications orales du congrès de la Société marocaine des sciences médicales (SMSM), le 9 mars dernier. Une récompense attribuée pour son travail axé sur

l’expérience du groupe de pairs dont elle fait partie. Ce groupe est composé de huit médecins installés à Salé qui se réunissent chaque mois autour d’une méthode d’auto-formation et d’auto-évaluation de leurs pratiques en

médecine générale ambulatoire. Les Dr Khadija Aboulkassim, Farida Elalami, Aicha Ghroud, Sanae Hassouni, Rajae Kabbaj, Rajae Naji, Nawal Lagdali et Rokia Cherkaoui en sont les membres actuels.

IIIe CONGRÈS FRANCOPHONE D’UROLOGIE

LES NOUVEAUTÉS CHIRURGICALES DÉCORTIQUÉES Organisé du 5 au 7 avril à Marrakech, le IIIe congrès Francophone d’Urologie a permis aux urologues marocains et étrangers de découvrir les dernières nouveautés en matière de prise en charge chirurgicale des pathologies de l’appareil urinaire. Plusieurs techniques ont été présentées, notamment

la prostatectomie totale. Cette intervention chirurgicale indiquée dans le traitement du cancer de la prostate localisé ou localement avancé consiste en l’ablation de la prostate, soit par la technique de la prostatectomie laparoscopique, soit par la chirurgie robotique. Elle permet d’éviter certaines

complications fonctionnelles telles que l’incontinence urinaire et la dysfonction érectile. D’autres thèmes ont été abordés lors ce congrès, notamment le traitement mini-invasif de l’hypertrophie bénigne de la prostate et la lithiase urinaire, enrichi de tables rondes, de symposiums et de workshops.


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CONJONCTIVITE

PAS DE TRAITEMENT SANS DIAGNOSTIC TROUBLES OCULAIRES FRÉQUENTS ET EN GÉNÉRAL BÉNINS, LES CONJONCTIVITES NE SONT PAS TOUTES DE MÊME NATURE. PAR CONSÉQUENT, LA CONSULTATION D’UN SPÉCIALISTE EST REQUISE POUR POSER UN DIAGNOSTIC PRÉCIS ET ORIENTER LE PATIENT VERS LE TRAITEMENT ADAPTÉ. Avec la collaboration du Dr Nadia LAOUISSI, Professeur en ophtalmologie.

L

a rougeur de l’œil, due à l’élargissement des vaisseaux sanguins de la conjonctive, est le symptôme caractéristique de la conjonctivite. Il s’accompagne d’une sensation d’inconfort, de brûlure et de démangeaison, d’une sensibilité à la lumière, d’un larmoiement et de sécrétions. Cette inflammation de la conjonctive est souvent due à une infection virale ou bactérienne. Toutefois, une substance chimique irritante, un traitement oculaire traditionnel ou une allergie peuvent aussi bien la provoquer.

Conjonctivites infectieuses Lorsqu’elle est d’origine virale, la conjonctivite est particulièrement contagieuse. La rougeur apparaît d’abord dans un œil et s’accompagne de sécrétions claires, avant de s’étendre au second. À l’examen, le patient présente un œil rouge (ou les deux), sécrétoire, avec parfois une tuméfaction des paupières. L’hygiène et les habitudes de prudence sanitaire sont indispensables

car cette pathologie peut prendre une prélèvement lacrymal peut être prescrit forme épidémique lorsque les micro- afin de permettre d’identifier préciséorganismes responsables sont l’en- ment la bactérie en cause. Certaines térovirus ou l’adénovirus. L’infec- conjonctivites sont en effet provoquées tion, qui peut durer entre une à par des bactéries du genre chlamydia et deux semaines, disparaît sponta- nécessitent un traitement spécifique. nément sans traitement à condition de respecter des mesures Allergies et irritations d’hygiène simples telles que le la- Certaines allergies se manifestent par vage systématique des mains. Pour une conjonctivite assez caractéristique nettoyer l’œil, il est conseillé d’utili- avec larmoiement, prurit important et ser des compresses stériles imbibées bien souvent présence d’un oedème des d’une solution de lavage paupières et d’une rhinite oculaire. La gravité de allergique. Le traitement cette conjonctivite virale repose sur le nettoyage à adénovirus réside dans des yeux à l’aide d’un l’atteinte de la cornée sérum oculaire avant En cas de sous forme de nodules l’instillation d’un collyre conjonctivite, sous-épithéliaux responantihistaminique et, si l’hygiène et sables d’un flou visuel. possible, l’éviction de l’alles habitudes Les conjonctivites bactélergène. L’herbe, le pollen, riennes sont caractérisées les animaux ou encore les de prudence par des sécrétions puruacariens figurent parmi sanitaire sont lentes responsables des les agents allergènes les indispensables. yeux collés au réveil. Elles plus courants. La fumée, se limitent plus souvent les cosmétiques, le chlore à l’atteinte d’un seul œil utilisé dans les piscines, bien que les deux peuvent être touchés. l’eau de mer, la poussière sont à l’origine Les rougeurs conjonctivales, qui sont de conjonctivites irritatives rapidement diffuses et surtout présentes dans le cul- soulagées par un lavage oculaire. de-sac conjonctival inférieur, s’accompagnent souvent d’une tuméfaction des Un mal commun, mais jamais paupières. Dans une grande majorité anodin des cas, les germes à Gram positifs, type Si la maladie est fréquente et que les streptocoque ou staphylocoque, sont en complications graves sont rares, la prise cause. Il est donc nécessaire de pres- en charge d’une conjonctivite n’est pas crire une antibiothérapie locale à l’aide à prendre à la légère pour éviter toute d’un collyre à large spectre, complétée complication. Le traitement sera adapté par l’application d’une pommade anti- au type de conjonctivite et associé à des biotique. Dans de rares cas, lorsque la mesures d’hygiène pour éviter tout risque conjonctivite résiste au traitement, un de contamination.


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MYCOSES SUPERFICIELLES

DES AFFECTIONS A TRAITER ABSOLUMENT LES MYCOSES SUPERFICIELLES, APPELÉES ÉGALEMENT MYCOSES CUTANÉES, SONT DES INFECTIONS DE LA PEAU PROVOQUÉES PAR DES CHAMPIGNONS MICROSCOPIQUES FILAMENTEUX ET PAR DES LEVURES. ELLES SONT FAVORISÉES PAR LA CHALEUR, L’HUMIDITÉ ET LE MANQUE D’HYGIÈNE, ET LEUR PRISE EN CHARGE THÉRAPEUTIQUE REPOSE ESSENTIELLEMENT SUR DES TRAITEMENTS ANTIFONGIQUES.  Avec la collaboration du Pr Tam El OUAZZANI, dermatologue.

L

es mycoses superficielles peuvent se manifester à la suite d’un affaiblissement du système immunitaire (en cas d’infection par VIH par exemple, de diabète ou de maladies du sang). Elles peuvent aussi être déclenchées par des traitements à base de corticoïdes ou d’immunosuppresseurs. Les plis de la peau, le cuir chevelu, les organes génitaux ou encore les ongles sont autant de zones qui peuvent être touchées par ce type d’affection dermatologique. Outre la gêne esthétique occasionnée,   les mycoses superficielles provoquent souvent des démangeaisons qui favorisent l’infection des zones touchées.

Des micro-organismes pathogènes Les spécialistes distinguent plusieurs types de micro-organismes responsables des mycoses superficielles, notamment les dermatophytes et les levures. Les

dermatophytes sont des champignons un échantillon de tissu trempé dans une filamenteux kératinophiles caractéri- solution d’hydroxyde de potassium à 20 % sés par la production de différents afin de permettre la détection du chamspores (microconidies, macroconi- pignon responsable de la mycose. Les dies, et chlamydospores) et ayant traitements préconisés pour venir à bout un tropisme préférentiel pour les des mycoses sont des antifongiques, une phanères et la couche cornée. Ils classe de médicaments qui agit au niveau sont à l’origine de plusieurs lé- de la membrane cellulaire du champisions de la peau glabre, des ongles, gnon, rompt son intégrité et entraîne des plis et du cuir chevelu, appelées sa mort. Ils se présentent sous plusieurs dermatophytoses. Le pied d’athlète formes, notamment des pommades, des (tinea pedis) compte parmi les der- crèmes, des lotions et des sprays. Cette dernière forme est utilimatophytoses les plus sée, entre autres, dans le répandues. Il s’agit d’une traitement des mycoses infection qui touche la du pied. En fonction de peau située entre les Les la complication et de orteils et provoque des l’étendue de l’affection, le démangeaisons et des antifongiques médecin prescrit la forme rougeurs. Les levures sont suffisent la plus appropriée. Les une autre forme de microgénéralement antifongiques suffisent organismes responsable à traiter les généralement à traiter de mycoses superficielles. mycoses les mycoses cutanées, à Elles sont représentées cutanées. condition toutefois de par le genre candida, une respecter la durée du trailevure naturellement prétement allant de deux à sente dans la bouche, sur la peau, dans le système digestif et la flore quatre semaines. Celle-ci dépend du type vaginale qui peut entraîner différentes de mycose et doit être scrupuleusement affections dermatologiques, notamment respectée pour éviter les rechutes. Si les des érythèmes fessiers, des candidoses traitements locaux se révèlent inefficaces, le praticien peut prescrire des antifonbuccales et génitales. giques par voie orale, couplés à des antiUn traitement à base septiques locaux pour traiter la surinfecd’antifongiques tion des lésions. D’autres médicaments Le diagnostic des mycoses superficielles peuvent être envisagés pour compléter repose sur l’examen des lésions. Le mé- cette prise en charge, mais leur efficacité decin peut recourir à des prélèvements est toutefois faible. C’est le cas des vernis de squames et toujours à une biopsie à ongles destinés à traiter les onychomycutanée lorsque le diagnostic se révèle coses et dont le taux de succès ne dépasse difficile à établir. Ce test est effectué sur guère les 10 %.


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Terbinafine

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COMPOSITION: Principe actif : Terbinafine sous forme de chlorhydrate… 1g Excipients Cétomacrogol 1000, Propyléneglycol, Ethanol à 96%, Eau purifiée… q.s.p 100g FORMES ET PRESENTATIONS : Solution pour pulvérisation cutanée.Flacon de 30 ml avec dispositif de pulvérisation. INDICATIONS THERAPEUTIQUES: ONIFINE® 1% Solution est indiqué dans le traitement:• Dermatophyties cutanées • dermatophyties de la peau glabre • intertrigos génitaux et cruraux • intertrigos interdigito-plantaires • Pityriasis versicolor. POSOLOGIE ET MODE D’ADMINISTRATION: Posologie Une à deux applications par jour pendant une semaine selon le champignon en cause :Dans le cas des dermatophytes: 1 application par jour pendant une semaine. Dans le cas du pityriasis versicolor: 2 applications par jour pendant une semaine.Mode d’administration :Voie cutanée Appliquer ONIFINE® 1% Solution 1 à 2 fois par jour selon l’indication. Après avoir nettoyé soigneusement et séché la zone concernée, appliquer une quantité suffisante de produit afin que toute la peau lésée et la zone périphérique soient recouvertes et traitées. DANS TOUS LES CAS SE CONFORMER STRICTEMENT A L’ORDONNANCE DE VOTRE MEDECIN.CONTREINDICATIONS: Hypersensibilité connue à la terbinafine ou à l'un des excipients. En l’absence de données de sécurité et d'efficacité suffisantes l'utilisation de ONIFINE® 1% Solution n'est pas recommandée chez l'enfant. EN CAS DE DOUTE NE PAS HESITER A DEMANDER L’AVIS DE VOTRE MEDECIN OU DE VOTRE PHARMACIEN. MISES EN GARDE ET PRECAUTIONS D’EMPLOI :• ONIFINE® 1% Solution est limitée à l'usage externe. •ONIFINE® 1% Solution doit être utilisée avec précaution sur les lésions qui pourraient être irritées par l'alcool. • Ce produit peut être irritant pour les yeux ; en cas de contact accidentel avec les yeux, rincer abondamment les yeux avec l'eau courante.• ONIFINE® 1% Solution doit être tenue hors de la portée des enfants.• En cas d'inhalation accidentelle, consulter un médecin si des symptômes se développent et persistent.• Ne pas appliquer sur le visage.• En raison de la présence de propylène glycol, ce médicament peut provoquer un eczéma de contact. GROSSESSE ET ALLAITEMENT Grossesse L’utilisation d’ONIFINE® 1% Solution ne doit pas être envisagée pendant la grossesse qu’en cas de nécessité.Allaitement ONIFINE® 1% Solution ne doit pas être utilisée pendant l’allaitement. Les nourrissons ne doivent en aucun cas être mis en contact avec la peau traitée incluant les seins.EN CAS DE DOUTE NE PAS HESITER A DEMANDER L’AVIS DE VOTRE MEDECIN TRAITANT OU DE VOTRE PHARMACIEN. EFFETS INDESIRABLES :Occasionnellement, un érythème, des démangeaisons ou des sensations de picotement ont été observés au site d’application : cependant, ces symptômes peu sévères ont rarement entraîné un arrêt du traitement. Ces symptômes doivent être différenciés des réactions allergiques telles que prurit, éruption cutanée, éruption bulleuse et urticarienne qui, bien que rares, imposent l’arrêt du traitement. En raison de la présence d’alcool, risque de réactions allergiques locales.IL EST CONSEILLE DE MENTIONNER TOUT EFFET INDESIRABLE A VOTRE MEDECIN OU A VOTRE PHARMACIEN . INTERACTIONS MEDICAMENTEUSES :Afin d’éviter d’eventuelles interactions entre plusieurs médicaments, il faut signaler systématiquement tout autre traitement en cours à votre medecin ou à votre pharmacien. SURDOSAGE: Aucun signe de surdosage n'a été observé à ce jour avec ONIFINE® 1% Solution. Cependant, une ingestion accidentelle de ONIFINE® 1% Solution pourrait entraîner des effets indésirables similaires à ceux observés avec un surdosage de ONIFINE comprimé tels que céphalées, nausées, douleurs gastriques et vertiges, En cas de surdosage, contacter le Centre Anti-Poison du Maroc (05 37 68 64 64).CONSERVATION: A conserver à une température ne dépassant pas 25°C Ne pas mettre au réfrigérateur. Ne pas congeler. Après la première ouverture, ne pas conserver au-delà de 12 semaines. Ne laisser ni à la portée ni à la vue des enfants. Tableau C (Liste II)Janvier 2011

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PRISE EN CHARGE DE LA DOULEUR

DES RECOMMANDATIONS ADAPTÉES AUX PAYS DU MAGHREB Pr Mati NEJMI, chef de service de réanimation de l’Institut National d’Oncologie de Rabat, Président de la Société marocaine de soins palliatifs et de traitement de la douleur.

Le Pr Mati Nejmi, chef de service réanimation de l’Institut national d’oncologie de Rabat et président de la Société marocaine de soins palliatifs et de traitement de la douleur, vient de publier dans la revue « Douleurs  » (éditée par Elsevier Masson) une mise au point sur la prise en charge des douleurs neuropathiques. En voici le résumé : « Au cours des trois dernières années, l’adaptation des recommandations internationales sur le diagnostic et le traitement des douleurs neuropathiques (DN) à des régions spécifiques se multiplie. Notre groupe interdisciplinaire a émis récemment des recommanda-

tions adaptées aux pays du Maghreb francophone (Maroc, Tunisie, Algérie). Notre expérience clinique suggère que les étiologies les plus fréquentes à l’origine des DN dans nos pays sont le diabète, le zona, les lombalgies chroniques et le cancer. Le groupe d’experts s’est réuni afin d’élaborer le présent article qui rappelle synthétiquement les recommandations émises et applicables à toutes les DN, quelle que soit leur cause, et les complète à l’intention des médecins spécialistes exerçant au Maghreb en y ajoutant des spécificités concernant les quatre pathologies précitées. Les présentes recommandations par étiologie de DN s’inscrivent également dans une volonté de promouvoir le diagnostic et le traitement des DN, via une démarche de prise en charge globale des patients. » Comme précisé dans cette introduction, cette publication présente l’intérêt de proposer des recommandations adaptées aux pays du Maghreb.

PRISE EN CHARGE DU DIABÈTE

337 MÉDECINS À MARRAKECH Issus de 21 pays d’Asie du SudEst, du Moyen-Orient et d’Afrique centrale, australe et du Nord, 337 médecins se sont réunis le 14 avril dernier à Marrakech pour participer au 20e Global Premix Summit, manifestation scientifique périodique consacrée au diabète. Organisé par les laboratoires Novo Nordisk, l’événement a permis de dresser un état des lieux de la situation et du traitement du dia-

bète de type 2 dont l’évolution de la prévalence et le risque de complications inquiètent les spécialistes. L’échange d’expériences et d’expertise a ouvert des pistes de réflexion sur de nouvelles stratégies thérapeutiques et a été l’occasion de faire le point sur les bonnes pratiques à suivre pour une meilleure prise en charge telles que l’insulinisation précoce et l’intensification thérapeutique.

HTA RÉFRACTAIRE

UNE NOUVELLE PISTE THÉRAPEUTIQUE « Une hypertension artérielle est considérée comme réfractaire lorsque la tension artérielle du patient n’est pas conforme à l’objectif thérapeutique cible et ce, malgré la prescription d’une trithérapie à base de diurétique thiazidique, associé à un inhibiteur de l’enzyme de conversion ou à un antagoniste des récepteurs de l’angiotensine et un antagoniste calcique aux doses thérapeutiques maximales tolérées chez un patient dont l’observance est confirmée », a expliqué le Dr Nacer Chraibi, cardiologue à Casablanca. Le président de la Société marocaine d’hypertension artérielle intervenait lors des XVIIIe Journées nationales d’hypertension artérielle organisées à Casablanca du 13 au 14 avril derniers. Cet événement scientifique a été l’occasion de mettre en lumière cette pathologie cardiologique ainsi que les perspectives de traitements préconisés. De nouvelles techniques sont en effet en cours d’essai qui pourraient améliorer sa prise en charge thérapeutique. La plus innovante est celle de la dénervation rénale. Elle consiste à monter un cathéter dans l’artère rénale et, par une technique de fulguration en basse énergie, à brûler les terminaisons des artères afférentes et efférentes du rein. Deux études cliniques, baptisées Simplicity HTN-1 et Simplicity HTN-2 ont démontré que cette nouvelle technique permettait d’obtenir une baisse significative de la tension artérielle chez les patients. Des études de validation sont toutefois nécessaires pour évaluer l’efficacité à court, moyen et long terme de cette technique, sa tolérance et les complications éventuelles. « La dénervation rénale reste pour l’instant réservée à des patients sélectionnés, ne répondant pas à une polythérapie bien conduite. Ils doivent aussi présenter des conditions anatomiques au niveau des artères rénales compatibles avec l’intervention », a précisé le Dr Chraibi. 


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BIOSIMILAIRES

« PLACER LA SÉCURITÉ DU PATIENT AVANT TOUTE AUTRE CONSIDÉRATION » « LE CADRE RÉGLEMENTAIRE DES MÉDICAMENTS BIOSIMILAIRES* », TEL A ÉTÉ LE THÈME DE L’INTERVENTION DU PR SYLVIE HANSEL-ESTELLER, PROFESSEUR DE PHARMACIE CLINIQUE AU CHRU DE MONTPELLIER, LORS DU CONGRÈS DE LA SOCIÉTÉ MAROCAINE D’HÉMATOLOGIE ET D’ONCOLOGIE PÉDIATRIQUE QUI S’EST DÉROULÉ DU 19 AU 21 AVRIL. UN SUJET CAPITAL POUR LA SOCIÉTÉ SAVANTE QUI APPELLE À UNE RÉGLEMENTATION RIGOUREUSE DES BIOSIMILAIRES AU MAROC. Pr Sylvie HANSEL-ESTELLER, professeur de pharmacie clinique au CHRU de Montpellier.

biologique. Les procédés de fabrication et la matière première utilisée diffèrent complètement. Le plan de développement du biosimilaire est en outre plus complet alors que pour le générique, une simple étude de bioéquivalence suffit pour obtenir une autorisation de mise sur le marché.

Doctinews. Quelles sont les spécificités de fabrication des médicaments biosimilaires et en quoi différent-ils des médicaments génériques ? Pr Sylvie Hansel-Esteller. Les biosimilaires sont des produits bien spécifiques. Leur structure est complexe car il s’agit de protéines de haut poids moléculaire, fabriquées en général par biotechnologie. Les modalités de production et les procédés de fabrication de ces médicaments sont propres à chaque produit, tout comme leurs caractéristiques, en particulier les profils d’impureté. La production d’un biosimilaire passe par plusieurs étapes. Si les caractéristiques du produit sont modifiées durant l’une de ces étapes, cela aura des répercussions tant sur son activité biologique que sur son profil de tolérance. Chacune de ces étapes doit donc être validée et contrôlée. Le maintien de l’intégrité moléculaire de la protéine d’intérêt tout au long de ce processus résulte de la maîtrise complète par le fabricant des différentes étapes de sa production. Pour ce qui est des différences entre un médicament générique et un biosimilaire, il est important de préciser que le premier se réfère à un médicament chimique, alors qu’un biosimilaire est similaire à un produit

Qu’en est-il de la réglementation de cette catégorie de produits ? Il existe des recommandations européennes pour le développement et l’enregistrement d’un médicament biosimilaire dont des recommandations sur la qualité des biosimiliaires qui tiennent compte des dernières évolutions en matière de biotechnologie (elles ont été révisées en 2011). La démarche, pour un fabricant qui souhaite mettre un biosimilaire sur le marché, consiste tout d’abord à établir la comparabilité du biosimilaire avec un médicament biologique de référence. Le profil similaire du nouveau produit doit être démontré en tenant compte de trois paramètres, à savoir la qualité, la sécurité, et la tolérance. En termes de qualité, le fabricant procède à une analyse comparée des différentes propriétés sur le plan physicochimique et biologique. Ensuite, il effectue des tests pharmacodynamiques et toxicologiques pour évaluer la sécurité du produit. Enfin, il réalise des études cliniques pour évaluer l’efficacité et la tolérance de son nouveau produit. Les recommandations européennes exigent actuellement de tout fabricant de biosimilaire d’évaluer le profil immunogène en comparaison avec le profil du produit de référence en se basant sur une approche plurifactorielle. Il doit ainsi déterminer les mécanismes immunitaires en jeu, les facteurs qui risquent d’influencer l’immunogénicité du produit et le niveau d’expression des anticorps tant

* Un médicament biosimilaire est la forme similaire d’un biomédicament dont le brevet a expiré.

au niveau des essais cliniques que des études d’immunogénicité qui suivent la mise sur le marché du produit. Existe-t-il des mesures supplémentaires pour garantir davantage aux biosimilaires la qualité, la sécurité et l’efficacité exigées ? En Europe, les plans de gestion des risques sont obligatoires pour les biosimilaires et associés à leur mise sur le marché. Il s’agit d’un outil d’évaluation permanent de la balance bénéfices/risques du biosimilaire mis sur le marché. Ces plans permettent de vérifier la sécurité du médicament dans des conditions réelles, de mieux caractériser un risque identifié, mais non confirmé lors des essais cliniques ou encore d’obtenir des informations manquantes, par exemple chez les populations qui n’ont pas été incluses dans les essais cliniques. D’autres mesures permettent d’optimiser l’efficacité et la sécurité des biosimilaires. Il est ainsi recommandé de ne pas changer fréquemment les traitements pour ne pas augmenter le risque de réponse immunologique et de tracer tout changement de traitement pour pouvoir ensuite assurer la surveillance des patients. À votre avis, quelle alternative adopter en l’absence d’une législation spécifique à la commercialisation de ces produits au Maroc ? Il faut placer la sécurité des patients avant toute autre considération. Seule une réglementation peut garantir la qualité, la sécurité et l’efficacité des biosimilaires. En l’absence de cette dernière, il est recommandé de n’utiliser que les médicaments sûrs disposant déjà d’une autorisation de mise sur le marché dans des pays de référence, notamment en Europe ou aux Etats-Unis.


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DOCUMENTAIRE

LA PASSION D’UN RHUMATOLOGUE Dr Bouchaib EL MESSAOUDI, Rhumatologue.

Cinéphile de longue date et président du Festival international du film documentaire de Khouribga, le Dr Bouchaib El Messaoudi, rhumatologue, vient de publier un ouvrage intitulé « Le documentaire, origine du cinéma ». Ce livre retrace l’histoire du film documentaire, expliquant qu’elle se confond avec celle du Septième art. Le cinéma est d’ailleurs né « documentaire », précise le Dr El Messaoudi, puisque les premiers

films tournés à la fin du XIXe siècle capturaient des scènes de la vie quotidienne et étaient dépourvus de décor, d’acteurs ou de scénario. Toutefois, la définition selon laquelle « un film documentaire est une œuvre dépourvue d’acteurs, de scénario et de décors » est incomplète, selon le Dr Bouchaïb El Messaoudi. En effet, même si le film documentaire reflète la réalité sans artifice, il n’en demeure pas moins que chaque réalisateur la reproduit selon sa propre sensibilité artistique et sa vision du monde. L’auteur note, par ailleurs, que si le film documentaire constitue l’origine du cinéma, il est aussi son présent et son avenir.

POLYARTHRITE RHUMATOÏDE

UN PLAN NATIONAL EN ATTENTE D’APPLICATION D’après les estimations, près de 300 000 personnes souffrent de polyarthrite rhumatoïde (PR) au Maroc. En l’absence de couverture sociale pour les patients, cette pathologie, qui touche essentiellement les femmes à partir de 40 ans, au Maroc, n’est pas correctement prise en charge. « La prise en charge globale de la PR associe des traitements symptomatiques (antalgiques, anti-inflammatoires non stéroïdiens ou stéroïdiens) et des traitements de fond ainsi que des thérapeutiques locales, des mesures de réadaptation fonctionnelle, une prise en charge psychologique et, parfois, des gestes chirurgicaux », a expliqué l’Association marocaine de lutte contre la polyarthrite rhumatoïde lors d’une conférence de presse le 19 avril dernier. Des traitements coûteux qui, cependant, permettent de freiner l’évolution de la maladie, d’interrompre l’inflammation et ses conséquences destructrices sur l’articulation. Ces traitements sont disponibles au Maroc et l’association demande la mise en application du plan national signé récemment ainsi que ses recommandations pour permettre une prise en charge adéquate des patients.

FORUM NATIONAL DES MÉDECINS

LE 8e CONGRÈS CONSACRÉ À LA SANTÉ DE LA FEMME « Cette 8e session a regroupé près de 600 médecin des secteurs public, universitaire et privé, toutes spécialités confondues, venus de tout le Maroc et même du Portugal », relate le Dr Mostafa Chanaoui, président du Forum national des médecins, à propos du 8e congrès national qui a eu lieu à

Marrakech, du 19 au 22 avril. Sous le titre « Les femmes et la santé », sujet pour le moins vaste, de nombreux thèmes ont été développés, de la gynécologie à la nutrition en passant par la cancérologie et les pathologies plurielles. Les ateliers aussi bien que les conférences ont systémati-

quement donné lieu à des débats animés, prouvant le réel intérêt des nombreux participants. Un symposium, organisé par Nestlé et animé par Laure Jolly-Zarrouk, nutritionniste, a traité de l’importance du petit-déjeuner et de ses bénéfices avérés pour la santé, études à l’appui.


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CONGRÈS SMORL

« UN SUCCÈS ÉCLATANT »

De g. à d. : M. Mohamed SKALI, DG d’IdexPharme/Biocodex, le Pr Abdelali CHEKKOURI IDRISSI, Chef de service d’ORL au CHU Ibnou Rochd, Hôpital 20 août, le Pr Zine El Abidine NOURALLAH LARAQUI, Président de la SMORL et le Dr Moulay Ismail AFIF, récipiendaire du Prix National d’ORL, Pr Mustapha ESSAADI – Hôpital 20 août.

« Le XXXVe congrès de la SMORL a connu, de l’avis de tous, un succès éclatant », annonce le Pr Zine Elabidine Nourallah Laraqui, président de la Société marocaine d’ORL et de chirurgie cervico-faciale. Organisée à Marrakech du 6 au 8 avril

2012, cette importante manifestation a réuni près de 400 participants de diverses nationalités et proposé un programme d’une rare qualité autour de l’histoire de l’ORL marocaine, des sténoses laryngo-trachéales, des tumeurs naso-

sinusiennes, du cholestéatome… « Cette année, nous avons mis l’accent sur les ateliers animés par des sommités internationales telles que le Pr Patrice Tran Bahuy, le Dr Philippe Romanet ou le Dr Pierre Bertholon. Certains ont même été reproduits pour qu’un maximum de personnes en bénéficient », note le président. Pour encourager les jeunes médecins et redynamiser l’événement, la SMORL a remis des prix pour les communications orales en otologie, rhinologie, chirurgie cervicale, cancérologie et chirurgie maxillo-faciale, avec, à la clef, la possibilité d’assister au prochain congrès français qui se tiendra à Paris. Partenaire de l’événement et dans le cadre de son soutien continu à la recherche, IdexPharme, en collaboration avec la SMORL, a offert, quant à lui, le prix national d’ORL 2012. D’un montant de 1  000 euros, ce prix a récompensé le travail du docteur Moulay Ismail Afif pour sa communication affichée sur la «  Prévention des l’ostéoradionécrose des maxillaires ».

PRIX MAGHRÉBIN DE PÉDIATRIE

LE PR CHAWKI KADDACHE RÉCOMPENSÉ Le Prix Maghrébin de Pédiatrie 2012 a été décerné au Pr Chawki Kaddache du service de pédiatrie du CHU Blida en Algérie pour son travail « Etude virologique des infections respiratoires aiguës basses chez des enfants hospitalisés dans un service de pédiatrie ». Ce prix, d’un montant de 6 000 euros, a été remis par les laboratoires Biocodex lors de la soirée de gala du Congrès maghrébin de pédiatrie. Organisé du 20 au 22 avril à Alger, le Congrès maghrébin de pédiatrie a connu la participation d’une trentaine de pédiatres marocains venus de différentes villes du royaume pour animer des tables rondes et des conférences. Ils ont abordé plusieurs thèmes ayant trait aux pathologies

De g. à d. : Dr Pascal AGRICOLE (Biocodex) ; Jean PASCAL (Biocodex) ; Pr Chawki KADDACHE (Algérie) ; Pr Amina SAAD (Maroc) ; Pr Isselmou OULD KHALIFA (Mauritanie) ; Pr Mohamed DOAGI (Tunisie) ; Pr Rachida BOUKARI (Algérie).

pédiatriques, notamment le syndrome de Turner chez l’enfant, la prévalence de l’asthme chez

l’enfant dans la région de Safi et le traumatisme crânien léger chez l’enfant.


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SEMAINE NATIONALE DE LA VACCINATION

CÉLÉBRÉE À L’ÉCOLE ABDELMOUMEN

Le Dr Hassan AFILAL, à gauche, s’est prêté au jeu des empreintes avec autant d’enthousiasme que les enfants et les autres adultes présents.

Les enfants de l’école Abdelmoumen garderont vraisemblablement un excellent souvenir de la semaine mondiale de la vaccination 2012. À l’initiative de la Fédération marocaine de pédiatrie, prési-

dée par le Dr Hassan Afilal, et de l’Association des parents d’élèves de l’école, de nombreux artistes sont venus les rejoindre dans l’enceinte de leur école le 25 avril dernier. Après quelques mots prononcés par

le Dr Hassan Afilal sur l’importance de la vaccination, ils ont chanté en compagnie des artistes avant de laisser l’empreinte de leurs mains aux côtés de celles de ces derniers sur la banderole symbolisant la semaine nationale de la vaccination et dont le slogan « La protection, c’est leur droit ! » est sans détour. « La vaccination est l’un des plus grands progrès de la médecine », a affirmé le président de la fédération de pédiatrie. « La célébration de cette semaine mondiale initiée par l’Organisation mondiale de la santé permet de rappeler à tous, grand public et professionnels de la santé, que la vaccination sauve chaque année entre deux et trois millions de vies. Dans ce domaine, le Maroc est bien placé. Grâce à nos partenaires, les laboratoires, nous avons à disposition pratiquement tous les vaccins qui existent dans le monde. Ceux que tout le monde connaît comme les anti-rougeole, rubéole, oreillons… et d’autres plus récents comme le vaccin anti-pneumococcique, par exemple. Ces initiatives nous permettent de mener à bien notre mission. »

SURDITÉ DE L’ENFANT

UNE PRISE EN CHARGE MULTIDISCIPLINAIRE Le handicap de la surdité de l’enfant est une problématique capitale de santé publique au Maroc. Consciente de cette réalité, l’Université internationale de Casablanca (UIC) a organisé une table ronde autour du thème de « la prise en charge de la surdité de l’enfant », le 19 avril dernier, à l’initiative de Sanaa Fassi Fihri, responsable de la Filière Orthophonie de la Faculté des Sciences de la Santé de l’UIC. Le dépistage précoce et la pluridisciplinarité de la prise en charge ont été largement évoqués à cette occasion. « Le test d’Oto-Emissions Acoustiques (OEA) est rapide, à moindre coût et peut se faire systématiquement dans les maternités, le 2e jour de la vie », a expliqué le Dr Rachid Bennouna, pédiatre. Lorsqu’il est détecté, ce handicap à étiologies diverses peut être pris en charge grâce à des techniques d’implants ou

De g. à d. : Mme Sanaa FASSI FIHRI, UIC, Mme Oumama BELFQUIH, Audiotec, Dr Rachid BENNOUNA, pédiatre et Pr Mustapha DETSOULI, ORL.

des appareillages spécifiquement destinés aux enfants. Pour aider les enfants appareillés dans l’apprentissage oral, il

existe également des techniques de rééducation orthophonique qui donnent d’excellents résultats.


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Actu produits

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SPIBAC® UNE NOUVELLE SPÉCIALITÉ À TRÈS LARGE SPECTRE BACTÉRIOLOGIQUE Les laboratoires Steripharma viennent de mettre sur le marché une nouvelle spécialité à base de Spiramycine : Spibac. Ce macrolide particulièrement adapté aux infections courantes de type angines, surinfections de bronchites aigues, sinusites et pneumonie atypique offre un spectre bactériologique très large, allant du mycoplasme au staphylocoque. Spibac® est également indiqué dans les infections tissulaires les plus profondes, surtout en stomatologie et gynécologie. Grâce à son pouvoir de diffusion tissulaire, Spibac®a la

NOUVELLES PRESENTATIONS

Les Laboratoires Laprophan viennent de mettre sur le marché deux nouvelles présentations de leur spécialité LEVAMOX : ■ Comprimés effervescents 1 g/125 mg en boîte de 24 (PPM : 224,00 Dh) ■ Comprimés effervescents 500 mg/62,5 mg en boîte de 24 (PPM : 175,50 Dh) En extension des présentations déjà commercialisées : ■ Comprimés effervescents 1 g/125 mg en boîtes de 12 et 16 ■ Comprimés effervescents 500 mg/62,5 mg en boîte de 12 ■ Suspension buvable 100 mg/12,5 mg par ml en flacon de 30 ml nourrisson ■ Suspension buvable dosée à 100 mg/12,5 mg par ml en flacon de 60 ml enfant Cette nouvelle présentation en boîtes de 24 comprimés effervescents est particulièrement adaptée aux pathologies nécessitant une antibiothérapie à fortes doses et/ou au long cours. Les comprimés effervescents de LEVAMOX® sont conditionnés en tubes en polypropylène obturés par une capsule en polyéthylène munie d’un dessicateur. Ce conditionnement garantit une excellente stabilité de LEVAMOX®tout au long de sa durée de validité et dans les conditions normales d’utilisation (plusieurs ouvertures/fermetures) et permet à LEVAMOX® de maintenir ses propriétés physicochimiques, indispensables à son activité antibactérienne et donc à son efficacité thérapeutique, à des températures allant jusqu’à 30°C, faisant de LEVAMOX® la seule association amoxicilline/acide clavulanique pouvant supporter une telle température de stockage.

propriété de stériliser rapidement les foyers infectieux. Deux présentations sont disponibles : Spibac® 1,5 MUI boîte de 16 comprimés : 45,00 Dhs Spibac®3 MUI boîte de 16 comprimés : 91,00 Dhs

NOUVEAU DOSAGE À 50 MG POUR LES FORMES ORALES Les laboratoires LAPROPHAN viennent de mettre sur le marché, un nouveau dosage à 50 mg de leur spécialité DI-INDO® en deux formes : ■ Comprimés dispersibles dosés à 50 mg en boîte de 15 (PPM : 53,00 Dh) ■ Comprimés effervescents dosés à 50 mg en boîte de 15 (PPM : 58,00 Dh) En extension des présentations existantes : ■ Comprimés dispersibles dosés à 25 mg en boîte de 30 ■ Comprimés effervescents dosés à 25 mg en boîte de 30 ■ Gélules dosées à 25 mg en boîte de 30 ■ Suppositoires dosés à 50 mg en boîte de 10 ■ Suppositoires dosés à 100 mg en boîte de 10 Le nouveau dosage à 50 mg des formes orales permet de les adapter aux posologies préconisées, et facilite ainsi l’observance du traitement. DI-INDO® 50 mg est indiqué chez l’adulte (plus de 15 ans) dans : ■ Le traitement symptomatique au long cours de : - Rhumatismes inflammatoires chroniques, notamment polyarthrite rhumatoïde, spondylarthrite ankylosante ; - Certaines arthroses invalidantes et douloureuses. ■ Le traitement symptomatique de courte durée des poussées aiguës des : - Rhumatismes abarticulaires (périarthrites scapulo-humérales, tendinites, bursites) ; - Arthrites microcristallines ; - Radiculalgies sévères ; - Arthroses. Pour rappel, l’Indométacine Calcique Pentahydrate est une découverte et innovation moléculaire issue de la recherche pharmaceutique des Laboratoires Laprophan, ayant fait l’objet d’un brevet international.


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FONDAMENTAUX

VACCIN ANTI-PNEUMOCOCCIQUE 13-VALENT

UNE PRIORITÉ POUR LES PROGRAMMES NATIONAUX DÉSORMAIS CITÉ EN EXEMPLE, LE PROGRAMME NATIONAL DE VACCINATION MAROCAIN N’A CESSÉ DE S’AMÉLIORER, ÉLARGISSANT AINSI LA PROTECTION DES ENFANTS DE TOUT LE ROYAUME. PARMI LES DERNIÈRES AVANCÉES, L’INTÉGRATION DU VACCIN ANTI-PNEUMOCOCCIQUE 13-VALENT ET DU VACCIN ANTIROTAVIRUS, JUGÉE PRIORITAIRE SELON LES RECOMMANDATIONS DE L’ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTÉ (OMS).

D

epuis 1987, le programme national d’immunisation (PNI) s’est étoffé. Grâce à l’implication du gouvernement, il protège désormais 95 % des enfants marocains de nombreuses pathologies telles que le tétanos, la diphtérie, la rougeole, la coqueluche, la poliomyélite, la rubéole ou l’hépatite B. L’introduction du vaccin anti-pneumococcique complète cette couverture, en protégeant l’enfant de l’ensemble des infections dues à la bactérie Streptococcus pneumoniae, également désignée pneumocoque.

La pneumonie, 1ère cause de mortalité infantile Particulièrement dangereux chez les enfants de moins de 5 ans, les sujets immunodéprimés, les fumeurs et les personnes âgées, le pneumocoque est un germe redoutable qui peut provoquer des septicémies, des bactériémies, des affections invasives telles que la péritonite, l’arthrite infectieuse ou l’ostéomyélite. Il peut être à l’origine de plusieurs maladies comme l’otite moyenne aiguë (OMA) ou la sinusite. Le pneumocoque est la cause majeure de la méningite bactérienne. Selon l’OMS, la pneumonie est par * Statistiques mondiales OMS 2006.

ailleurs la première cause de mortalité nourrisson. Dans les cas les plus graves, chez l’enfant, avec 20 % de décès, soit un les difficultés à respirer pour les enfants en million d’enfants de moins de 5 ans par an. bas âge peuvent provoquer un tirage sousElle fait ainsi plus de victimes que le sida, costal. Le nourrisson peut aussi présenter des convulsions, une le paludisme et la rougeole perte de conscience, réunis. une hypothermie, une Enfin, la pneumonie à léthargie et des problèmes pneumocoque représente la pneumonie pour s’alimenter. environ 95 % des épisodes est la première La rapidité d’action graves de pneumococcie spécifique au et près de 90 % des cause de pneumocoque nécessite décès imputables au mortalité chez une prise en charge pneumocoque (Source : l’enfant, avec rapide -dans les 24h00« Vaccins et vaccination : la 20 % de décès, et ce, quelle que soit la situation dans le monde  » soit un million localisation de l’infection, - Troisième édition 2010 d’enfants de au risque de provoquer OMS, Unicef et Banque le décès ou de causer de mondiale). moins de 5 ans graves séquelles allant Au Maroc, elle tue 4 000 par an. de la perte de l’ouïe à enfants* de cette tranche d’importants troubles d’âge chaque année. neurologiques (difficultés Cette maladie se définit comme une infection respiratoire aiguë d’apprentissage, retard d’élocution ou affectant les poumons, dont les alvéoles même paralysies). remplies de pus et de liquide limitent l’absorption de l’oxygène. Respiration Bénéfices de l’intégration du rapide ou dyspnée, toux, frissons, vaccin anti-pneumococcique céphalées, anorexie, fièvre et respiration au PNI sifflante constituent les symptômes Ces tristes statistiques suffisent les plus courants chez l’enfant et le amplement à justifier l’introduction du


FONDAMENTAUX

vaccin conjugué anti-pneumococcique à 13-valent dans le calendrier national de vaccination en 2010, et sa mise à disposition gratuite pour tous les enfants vaccinés dans les différents centres de santé du Royaume. Administré en trois doses à 2 et 4 avec un rappel à 12 mois, le vaccin offre une couverture élargie contre le pneumocoque. Alors que son prédécesseur ne contenait que 7 sérotypes pneumococciques (4, 6B, 9V, 14, 18C, 19F et 23F), le nouveau vaccin anti-pneumococcique en a ajouté 6 (1, 3, 5, 6A, 7F et 19A) de manière à mieux protéger les enfants contre ces nouveaux sérotypes les plus fréquents au Maroc.

Un progrès majeur qui a reçu un accueil favorable des médecins, puisque la vaccination constitue le meilleur moyen d’éradiquer la maladie. La preuve en est que l’inclusion de la vaccination anti-pneumococcique dans les programmes nationaux de vaccination de plus de 50 pays a été suivie d’une réduction significative de l’incidence des infections pneumococciques graves (notamment des méningites et des pneumonies). Aux Etats-Unis, l’adoption du vaccin conjugué a permis de faire reculer de 94 %, en l’espace de trois ans, les pneumococcies invasives dues aux différents sérotypes de

pneumocoque chez les enfants vaccinés, mais elle a aussi suscité un phénomène d’« immunité collective » et de réduction de la transmission chez les non-vaccinés, notamment les personnes âgées. En outre, l’utilisation massive du vaccin contribue à lutter contre la résistance du pneumocoque aux antibiotiques, mécanisme fréquent chez certaines souches de pneumocoque au Maroc. Ces résultats prouvent le bien-fondé de la priorité donnée par l’OMS à l’inclusion du vaccin anti-pneumococcique aux programmes de vaccination nationaux, et le Maroc peut se féliciter de cette avancée médicale et sociale.

DEUX QUESTIONS AU PR AZIZ BOUSFIHA, RESPONSABLE DE L’UNITÉ D’IMMUNOLOGIE CLINIQUE, SERVICE DES MALADIES INFECTIEUSES, HÔPITAL POUR ENFANT ABDERRAHIM HAROUCHI.

Doctinews. Pourquoi était-il nécessaire d’introduire le vaccin anti-pneumococcique au programme national d’immunisation au Maroc ? Pr Aziz Bousfiha. Pour réduire la mortalité infantile au Maroc, point essentiel des objectifs du millénaire pour le développement. En effet, le pneumocoque est le microbe qui tue le plus d’enfants de moins de 5 ans dans le monde. Au Maroc, cette dangereuse bactérie reste responsable d’un grand nombre de décès par pneumonie, méningite purulente et septicémie, notamment au cours de la première année de vie. En 2008, une étude

chez les enfants de moins de 5 ans, réalisée dans le service des maladies infectieuses pédiatriques de Casablanca, en collaboration avec le laboratoire de microbiologie du CHU Ibn Rochd, a montré que 90 % des pneumocoques ont été isolés dans les méningites purulentes des nourrissons âgés de moins de 1 an. Dans cette vulnérable tranche d’âge, le pneumocoque était à l’origine de plus de 56 % des méningites avec une mortalité de 20 %, et de nombreuses séquelles...

Depuis que le vaccin antipneumococcique 13-valent a été introduit au Maroc, a-t-on constaté une diminution des infections dues à ce germe ? Oui, nous avons constaté une diminution des infections invasives dues au pneumocoque. L’évaluation précise de l’impact de ce vaccin est en cours car il n’a été introduit dans le PNI qu’au dernier trimestre 2010. Cependant, les études épidémiologiques marocaines

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prévoient un très bon impact de ce vaccin, au moins comparable à celui de tous les pays qui l’ont utilisé. Ainsi, le centre français de référence des pneumocoques a rapporté en 2008 que le vaccin 13-valent avait permis de réduire les infections pneumococciques invasives de 73 %, les otites moyennes aiguës compliquées de 79 % et les pleuropneumopathies de 79 %. Au Maroc, une excellente étude a été réalisée entre 2006 et 2010 au CHU de Casablanca qui avait permis de connaître les sérotypes et la résistance aux antibiotiques des pneumocoques responsables d’infections invasives chez 102 enfants marocains âgés de moins de 5 ans. Cette étude a montré que le vaccin 13-valent couvrait 92 % des sérotypes des pneumocoques à sensibilité réduite à la pénicilline contre 78 % pour le 10-valent. Ceci est en grande partie dû au fait que seul le 13-valent protège contre le sérotype 19 A qui a une sensibilité réduite à la pénicilline de l’ordre de 80 %.


UNIVERS PHARMA

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PROGRAMME PREVENT

DES RÉSULTATS CONCLUANTS LES TRAUMATOLOGUES QUI ONT PARTICIPÉ AU PROGRAMME « PREVENT » SE SONT RÉUNIS LE 31 MARS DERNIER, À RABAT, POUR PRÉSENTER LES RÉSULTATS DU PROGRAMME OBSERVATIONNEL, INITIÉ PAR LES LABORATOIRES SOTHEMA, ET MENÉ AUPRÈS DE 139 PATIENTS AYANT REÇU UNE PROTHÈSE DU GENOU OU DE LA HANCHE. Pr Adnan REMMAL, Professeur de pharmacologie moléculaire à l’Université de Fès.

L

e programme «  Prevent  » (Programme sur la prophylaxie des évènements thrombo-emboliques en traumatologie), qui s’est déroulé entre novembre 2009 et mai 2010 dans quatre CHU du Royaume, visait à évaluer l’efficacité et la tolérance de Novex chez les personnes qui ont subi une intervention orthopédique au niveau de la hanche ou du genou. Novex est un médicament générique à base d’Enoxaparine sodique, préconisé, entre autres, pour le traitement prophylactique des événements thrombo-emboliques veineux en chirurgie, notamment la thrombose veineuse profonde et l’embolie pulmonaire chez cette catégorie de patients.

Une efficacité démontrée Selon le Pr Tarik Fikry, chef de service de traumatologie à l’hôpital Ibn Tofail de Marrakech, ce programme a révélé l’efficacité du traitement à base de Novex chez ces patients. « Il s’agit d’un programme prospective qui a concerné

139 cas, répartis sur les CHU de Casablanca, Rabat, Fès et Marrakech, avec un cahier des charges et une fiche d’exploitation bien précis  », a-t-il expliqué. «  Nous avons pris en compte plusieurs paramètres cliniques, notamment l’indice de masse corporelle, la prise de pilule, ainsi que les facteurs de risque thromboembolique chez les patients qui ont pris part à ce programme. Compte tenu des résultats concluants, je peux affirmer que ce traitement a révélé son efficacité », a-til poursuivi. Un traitement qui présente un autre avantage, son coût plus abordable, puisqu’il s’agit d’un médicament générique. «  Il faut savoir que la durée du suivi de ces malades varie de 30 à 45 jours après la mise en place de la prothèse. Durant cette période, ils doivent suivre un traitement prophylactique qui coûte assez cher et bon nombre d’entre eux n’ont pas les moyens de l’acquérir. Le nouveau traitement devrait donc améliorer grandement la prise en charge de ces patients », a ajouté le Pr Fikry.

LE BIOMÉDICAMENT, MÉDICAMENT DE L’AVENIR Issus du même procédé technologique que les biomédicaments, les biosimilaires proposent la même efficacité thérapeutique à moindre coût. « Les biomédicaments sont les médicaments de l’avenir. Nous sommes en phase de remplacer progressivement les médicaments de chimiothérapie par ceux issus de la biotechnologie et ce, dans tous les champs disciplinaires de la médecine », a expliqué le Pr Adnan Remmal, professeur de pharmacologie moléculaire à l’Université de Fès. « L’avantage des biomédicaments est de permettre une action ciblée. En effet, contrairement à un médicament de chimiothérapie qui va être distribué dans tout l’organisme sans distinction, le biomédicament se fixe spécifiquement sur sa cible, sans provoquer d’effets secondaires sur d’autres organes ». Toutefois, le développement de ce type de médicaments se heurte, au Maroc, à la problématique de la recherche clinique, encore embryonnaire. « Nous sommes un pays qui possède une bonne industrie pharmaceutique, mais malheureusement, nous n’encourageons pas les recherches cliniques. Cette situation constitue un handicap pour l’industrie et les cliniciens marocains et un manque à gagner énorme en termes d’investissement pour le pays », a noté le Pr Remmal, avant d’ajouter : « Aujourd’hui, les laboratoires marocains doivent effectuer leurs recherches cliniques à l’étranger et payer des millions de dollars alors qu’ils pourraient les réaliser au Maroc. Notre pays a tout à gagner à développer ses propres biosimilaires et offrir à ses citoyens des médicaments de ce type à un prix abordable. En plus, la dynamique de fabrication des biosimilaires au Maroc représentera un levier de développement de la Biotechnologie avec tout ce que cela représente en termes de création de richesses, d’emplois qualifiés et de notoriété pour le Maroc de la modernité et de l’innovation. »


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Boîte de 16 comprimés PPM : 65,20, Dhs

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Formes pharmaceutiques et présentations : BI-ORAGIN 1,5 MUI/250 mg Comprimés pelliculés sécables – Boîte de 16 comprimés sous plaquettes thermoformées PVC/Alu. Composition unitaire : Spiramycine (1,5 MUI) + Métronidazole (250 mg) et excipients QSP 1 comprimé. Indications : Elles procèdent de l'activité antibactérienne et des caractéristiques pharmacocinétiques de ce médicament. Elles tiennent compte à la fois des études cliniques auxquelles a donné lieu le médicament et de sa place dans l'éventail des produits antibactériens actuellement disponibles.Traitement curatif : Les indications sont limitées aux infections stomatologiques aiguës, chroniques ou récidivantes : *abcès dentaires, phlegmons, cellulites périmaxillaires, péricoronarites, *gingivites, stomatites, *parodontites, *parotidites, sous-maxillites. Traitement préventif : Traitement préventif des complications infectieuses locales postopératoires en chirurgie odontostomatologique. L'efficacité dans la prévention de l'endocardite infectieuse n'a pas été démontrée. Il convient de tenir compte des recommandations officielles concernant l'utilisation appropriée des antibactériens. Contre-indications : Absolues : * Hypersensibilité aux imidazolés, à la spiramycine et/ou à l'un des excipients. * Enfant de moins de 15 ans. Relatives : * Disulfirame, alcool et médicaments contenant de l'alcool. Mode, voie d’administration et posologie : Traitement curatif : Enfant de plus de 15 ans et adulte : 2 à 3 comprimés par jour en 2 ou 3 prises, au cours des repas (soit : 3 à 4,5 M UI de spiramycine et 500 à 750 mg de métronidazole). Dans les cas sévères, la posologie peut être portée à 4 comprimés par jour. Traitement préventif des complications infectieuses locales postopératoires en chirurgie odontostomatologique : Enfant de plus de 15 ans et adulte : 2 à 3 comprimés par jour en 2 ou 3 prises, au cours des repas. Mises en garde et précautions d’emploi : Mises en garde : *La survenue, en début de traitement, d'un érythème généralisé fébrile associé à des pustules, doit faire suspecter une pustulose exanthématique aiguë généralisée; elle impose l'arrêt du traitement et contre-indique toute nouvelle administration de spiramycine seule ou associée. * Éviter les boissons alcoolisées : effet antabuse. *Interrompre le traitement en cas d'ataxie, de vertiges, de confusion mentale. *En raison de la présence de métronidazole, tenir compte du risque d'aggravation de l'état neurologique chez les malades atteints d'affections neurologiques centrales et périphériques sévères, chroniques ou évolutives. Précautions d'emploi : De très rares cas d'anémie hémolytique ayant été rapportés chez les patients ayant un déficit en glucose-6-phosphate-déshydrogénase ; l'utilisation de la spiramycine dans cette population de patients n'est pas recommandée. En cas d'antécédents de troubles hématologiques, de traitement à forte dose et/ou de traitement prolongé, il est recommandé de pratiquer régulièrement des examens sanguins, particulièrement contrôle de la formule leucocytaire. En cas de leucopénie, l'opportunité de la poursuite du traitement dépend de la gravité de l'infection. En cas de traitement prolongé, surveiller l'apparition de signes évocateurs d'effet indésirable à type de neuropathies centrale ou périphérique (paresthésies, ataxie, vertige, crises convulsives). Interactions médicamenteuses : Liée à la spiramycine : A prendre en compte : *Lévodopa (associée à la carbidopa) : inhibition de l'absorption de la carbidopa avec diminution des concentrations plasmatiques de la lévodopa. Surveillance clinique et adaptation éventuelle de la posologie de la lévodopa. Liées au métronidazole : Déconseillées: *Disulfirame : bouffées délirantes, état confusionnel. *Alcool : effet antabuse (chaleur, rougeur, vomissements, tachycardie). Éviter la prise de boissons alcoolisées et de médicaments contenant de l'alcool. Nécessitant des précautions d'emploi : Anticoagulants oraux : augmentation de l'effet de l'anticoagulant oral et du risque hémorragique (diminution de son métabolisme hépatique). Contrôle plus fréquent du taux de prothrombine et surveillance de l'INR. Adaptation de la posologie de l'anticoagulant oral pendant le traitement par ce médicament et 8 jours après son arrêt. A prendre en compte : *Fluoro-uracile : augmentation de la toxicité du fluoro-uracile par diminution de sa clairance. *Examens paracliniques : Le métronidazole peut immobiliser les tréponèmes et donc faussement positiver un test de Nelson. Problèmes particuliers du déséquilibre de l'INR : De nombreux cas d'augmentation de l'activité des anticoagulants oraux ont été rapportés chez des patients recevant des antibiotiques. Le contexte infectieux ou inflammatoire marqué, l'âge et l'état général du patient apparaissent comme des facteurs de risque. Dans ces circonstances, il apparaît difficile de faire la part entre la pathologie infectieuse et son traitement dans la survenue du déséquilibre de l'INR. Cependant, certaines classes d'antibiotiques sont davantage impliquées : il s'agit notamment des fluoroquinolones, des macrolides, des cyclines, du cotrimoxazole et de certaines céphalosporines. Grossesse et allaitement : Grossesse : L'utilisation de ce médicament peut être envisagée au cours de la grossesse si besoin quel qu'en soit le terme. Métronidazole : En clinique, l'analyse d'un nombre élevé de grossesses exposées n'a apparemment révélé aucun effet malformatif ou foetotoxique particulier du métronidazole. Toutefois, seules des études épidémiologiques permettraient de vérifier l'absence de risque. Les études chez l'animal n'ont pas mis en évidence d'effet tératogène du métronidazole. Spiramycine : L'utilisation de la spiramycine peut être envisagée au cours de la grossesse si besoin. En effet, l'utilisation large de la spiramycine au cours de la grossesse n'a pas révélé, à ce jour, d'effet malformatif ou foetotoxique de cette molécule. Allaitement : Le métronidazole et la spiramycine passant dans le lait maternel, éviter l'administration de ce médicament pendant l'allaitement. Conduite et utilisation de machines : II convient d'avertir les patients du risque potentiel de vertiges, de confusion, d'hallucinations ou de convulsions et de leur recommander de ne pas conduire de véhicules ni d'utiliser de machines en cas de survenue de ce type de troubles. Effets indésirables : Liés à la spiramycine : Système gastro-intestinal : Gastralgies, nausées, vomissements, diarrhée et très rares cas de colites pseudo-membraneuses. Peau et annexes :*éruptions, urticaire, prurit ; *très rarement oedème de Quincke, chocs anaphylactiques ; *très rares cas de pustulose exanthématique aiguë généralisée. Système nerveux central et périphérique : Paresthésies occasionnelles et transitoires. Manifestations hépatiques : Très rares cas d'anomalies des tests hépatiques. Lignée sanguine : De très rares cas d'anémie hémolytique ont été rapportés. Liés au métronidazole : Système gastro-intestinal : *troubles digestifs bénins (douleurs épigastriques, nausées, vomissements, diarrhée) ; *glossite avec sensation de sécheresse de la bouche, stomatite, goût métallique, anorexie ; *exceptionnellement, cas de pancréatites réversibles à l'arrêt du traitement. Peau et annexes :*bouffées congestives, prurit, éruption cutanée parfois fébrile ; *urticaire, oedème de Quincke, exceptionnellement choc anaphylactique. Système nerveux central et périphérique : *céphalées ; *neuropathies sensitives périphériques ; *convulsions, vertiges, ataxie. Troubles psychiatriques : Confusion, hallucinations. Lignée sanguine : Très rares cas de neutropénie, d'agranulocytose, et de thrombopénie. Manifestations hépatiques :Très rares cas d'anomalies réversibles des fonctions hépatiques et d'hépatites cholestatiques. Divers : Apparition d'une coloration brun rougeâtre des urines due à la présence de pigments hydrosolubles provenant du métabolisme du produit. Surdosage : Il n'existe pas d'antidote spécifique pour la spiramycine ni le métronidazole. En cas de surdosage, le traitement est symptomatique. Troubles liés à la spiramycine : II n'y a pas de dose toxique connue pour la spiramycine. Les signes attendus à forte dose sont digestifs : nausées, vomissements, diarrhée. Des cas d'allongement de l'intervalle QT régressifs à l'arrêt du traitement ont été observés chez des nouveau-nés traités à de fortes doses de spiramycine et après administration intraveineuse de spiramycine chez les sujets à risque d'allongement de l'intervalle QT. En cas de surdosage en spiramycine, un ECG est donc recommandé pour mesure de l'intervalle QT, ce d'autant qu'il existe d'autres facteurs de risque associé (hypokaliémie, allongement congénital de l'intervalle QTc, association aux médicaments prolongeant l'intervalle QT et/ou donnant des torsades de pointes). Troubles liés au métronidazole : Des cas d'administration d'une dose unique jusqu'à 12 g ont été rapportés lors de tentatives de suicide et de surdosage accidentel. Les symptômes se sont limités à des vomissements, ataxie et légère désorientation. Pharmacodynamie : Classe pharmacothérapeutique : association d'antibactériens (code ATC : J01RA). Ce médicament est une association de spiramycine, antibiotique de la famille des macrolides, et de métronidazole, antibiotique de la famille des nitro-5-imidazolés, réservée à la pathologie infectieuse buccodentaire. Spectre d'activité antimicrobienne : Spiramycine : Les concentrations critiques séparent les souches sensibles des souches de sensibilité intermédiaire et ces dernières, des résistantes : S <= 1 mg/l et R > 4 mg/l. La prévalence de la résistance acquise peut varier en fonction de la géographie et du temps pour certaines espèces. Il est donc utile de disposer d'informations sur la prévalence de la résistance locale, surtout pour le traitement d'infections sévères. Ces données ne peuvent apporter qu'une orientation sur les probabilités de la sensibilité d'une souche bactérienne à cet antibiotique. Lorsque la variabilité de la prévalence de la résistance en France est connue pour une espèce bactérienne, la fréquence de résistance acquise en France (> 10 % ; valeurs extrêmes) est indiquée entre parenthèses. Espèces sensibles : *Aérobies à Gram + : Bacillus cereus, Corynebacterium diphteriae, entérocoques (50 - 70 %), Rhodococcus equi, staphylococcus méti-S, staphylococcus méti-R* (70 - 80 %), streptococcus B, streptococcus non groupable (30 - 40 %), Streptococcus pneumoniae (35 - 70 %), Streptococcus pyogenes (16 - 31 %). *Aérobies à Gram - : Bordetella pertussis, Branhamella catarrhalis, campylobacter, legionella, moraxella. *Anaérobies : actinomyces, bacteroides (30 - 60 %), eubacterium, mobiluncus, peptostreptococcus (30 - 40 %), porphyromonas, prevotella, Propionibacterium acnes. *Autres : Borrelia burgdorferi, chlamydia, coxiella, leptospires, Mycoplasma pneumoniae, Treponema pallidum. * la fréquence de résistance à la méticilline est d'environ 30 à 50 % de l'ensemble des staphylocoques et se rencontre surtout en milieu hospitalier. Espèces modérément sensibles (in vitro de sensibilité intermédiaire) : *Aérobies à Gram : Neisseria gonorrhoeae. *Anaérobies : Clostridium perfringens. *Autres : Ureaplasma urealyticum. Espèces résistantes : *Aérobies à Gram + : Corynebacterium jeikeium, Nocardia asteroides. *Aérobies à Gram - : acinetobacter, entérobactéries, haemophilus, pseudomonas. *Anaérobies : fusobacterium. *Autres : Mycoplasma hominis. La spiramycine possède une activité in vitro et in vivo sur Toxoplasma gondii. Métronidazole : Les concentrations critiques séparent les souches sensibles des souches de sensibilité intermédiaire et ces dernières, des résistantes : S <= 4 mg/l et R > 4 mg/l. La prévalence de la résistance acquise peut varier en fonction de la géographie et du temps pour certaines espèces. Il est donc utile de disposer d'informations sur la prévalence de la résistance locale, surtout pour le traitement d'infections sévères. Ces données ne peuvent apporter qu'une orientation sur les probabilités de la sensibilité d'une souche bactérienne à cet antibiotique. Lorsque la variabilité de la prévalence de la résistance en France est connue pour une espèce bactérienne, la fréquence de résistance acquise en France (> 10 % ; valeurs extrêmes) est indiquée entre parenthèses. Espèces sensibles : *Aérobies à Gram - : Helicobacter pylori (30 %). *Anaérobies : Bacteroides fragilis, bifidobacterium (60 - 70 %), bilophila, clostridium, Clostridium difficile, Clostridium perfringens, eubacterium (20 - 30 %), fusobacterium, peptostreptococcus, porphyromonas, prevotella, veillonella. Espèces résistantes : *Aérobies à Gram + : actinomyces. *Anaérobies : mobiluncus, Propionibacterium acnes. Activité antiparasitaire : Entamoeba histolytica, Giardia intestinalis, Trichomonas vaginalis. Synergie : la moyenne des CMI des deux produits isolés et associés montre qu'il existe une synergie pour inhiber certaines souches bactériennes sensibles. Sur Bacteroides fragilis, il suffit donc d'environ 16 fois moins de spiramycine et 4 fois moins de métronidazole. Pharmacocinétique : Bi-Oragin est un comprimé deux fois plus dosé en principes actifs (spiramycine, métronidazole) que Oragin, comprimé. Spiramycine : Absorption : L'absorption de la spiramycine est rapide, mais incomplète. Elle n'est pas modifiée par la prise d'aliments. Distribution : Après administration per os de 6 M.U.l., la concentration sérique maximale est de 3,3 μg/ml. La demi-vie plasmatique est voisine de 8 heures. La spiramycine ne pénètre pas dans le LCR. Elle passe dans le lait maternel. La liaison aux protéines plasmatiques est faible (10 %). Il existe une excellente diffusion salivaire et tissulaire (poumons : 20-60 μg/g, amygdales : 20-80 μg/g, sinus infectés : 75-110 μg/g, os : 5-100 μg/g). Dix jours après l'arrêt du traitement, il reste 5 à 7 μg/g de principe actif dans la rate, le foie, les reins. Les macrolides pénètrent et s'accumulent dans les phagocytes (polynucléaires neutrophiles, monocytes, macrophages péritonéaux et alvéolaires). Les concentrations intraphagocytaires sont élevées chez l'homme. Ces propriétés expliquent l'activité des macrolides sur les bactéries intracellulaires. Biotransformation : La spiramycine est métabolisée dans le foie, avec formation de métabolites inconnus chimiquement mais actifs. Excrétion : *urine : 10 % de la dose ingérée ; *élimination biliaire très importante : concentrations 15 à 40 fois supérieures aux concentrations sériques ; *la spiramycine est présente en quantité non négligeable dans les fèces. Métronidazole : Absorption : Après administration orale, le métronidazole est rapidement absorbé, 80 % au moins en une heure. Les pics sériques obtenus après administration orale sont similaires à ceux obtenus après administration intraveineuse de doses équivalentes. La biodisponibilité par voie orale est de 100 %. Elle n'est pas significativement modifiée par l'ingestion simultanée de nourriture. Distribution : Environ 1 heure après la prise unique de 500 mg, la concentration sérique maximale atteinte est, en moyenne, de 10 μg/ml. Après 3 heures, la concentration sérique moyenne est de 13,5 μg/ml. La demi-vie plasmatique est de 8 à 10 heures. La liaison aux protéines sanguines est faible : inférieure à 20 %. Le volume apparent de distribution est important aux environs de 40 l (soit 0,65 l/kg). La diffusion est rapide et importante, avec des concentrations proches des taux sériques, dans : les poumons, les reins, le foie, la peau, la bile, le LCR, la salive, le liquide séminal, les sécrétions vaginales. Le métronidazole traverse la barrière placentaire et passe dans le lait maternel. Biotransformation : Le métabolisme est essentiellement hépatique. Par oxydation, deux composés principaux sont formés : *le métabolite « alcool », métabolite principal, ayant une activité bactéricide sur les bactéries anaérobies d'environ 30 % de celle du métronidazole, et une demi-vie d'élimination d'environ 11 heures ; *le métabolite « acide », en faible quantité, et ayant une activité bactéricide d'environ 5 % de celle du métronidazole. Excrétion : Forte concentration hépatique et biliaire. Faible concentration colique. Faible élimination fécale. Excrétion surtout urinaire puisque le métronidazole et les métabolites oxydés, excrétés dans les urines représentent environ 35 à 65 % de la dose administrée. Diffusion dans la sphère buccodentaire : Les deux constituants de ce médicament se concentrent dans la salive, le tissu gingival et l'os alvéolaire. Désignation des listes : Liste I. Fabriqué par les Laboratoires NOVOPHARMA

Laboratoire Novopharma Zone Industrielle I2 Tit Mellil, Province Mediouna Tél.: 05 22.51.10.00 (LG)- Fax: 05 22.51.18.83 E-mail : labo.novopharma@menara.ma


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UNIVERS PHARMA

PRISE EN CHARGE DE L’HYPERTENSION ARTÉRIELLE

« NE PAS AVOIR PEUR DE TRAITER AVOIR L’OBJECTIF PRINCIPAL DU CONTRÔLE TENSIONNEL » PREMIÈRE MALADIE CHRONIQUE DANS LE MONDE, L’HYPERTENSION ARTÉRIELLE (HTA) EST AUSSI À L’ORIGINE DE GRAVES COMPLICATIONS CARDIOVASCULAIRES ET RÉNALES, ALLANT JUSQU’AU DÉCÈS. LA TRAITER EST UNE NÉCESSITÉ ET LE PROFESSEUR JACQUES BLACHER, SPÉCIALISTE FRANÇAIS DANS LE DOMAINE, A RÉPONDU À L’INVITATION DES LABORATOIRES MSD POUR FAIRE LE POINT SUR LES DERNIÈRES TENDANCES THÉRAPEUTIQUES.

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elon l’OMS, 7,5 millions de décès dans le monde sont dus à l’HTA, ce qui représente 13 % des décès annuels », a déclaré le professeur Jacques Blacher, responsable de l’unité HTA du centre de diagnostic et de thérapeutique de l’Hôpital Hôtel Dieu de Paris, lors d’une conférence organisée par les laboratoires MSD le 19 avril dernier, à Casablanca. Un chiffre étonnant face aux progrès des moyens thérapeutiques existants, mais qui s’explique par un manque de contrôle des personnes concernées. « Des données françaises récentes nous indiquent que la moitié des hypertendus ne sont pas traités pour différentes raisons : soit ils ne sont pas dépistés, soit le médecin a décidé de ne pas les traiter, soit les patients ne veulent pas prendre le traitement anti-hypertenseur », a expliqué le professeur.

Intérêt grandissant pour les sartans Les principaux médicaments indiqués dans le traitement de l’hypertension artérielle englobent les diurétiques thiazidiques, les bêtabloquants, les inhibiteurs calciques, les inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC) et les antagonistes des récepteurs de l’angiotensine II (ARA II) appelés aussi sartans. Ces dernières années, cette dernière classe de médicaments antihypertenseurs a suscité l’intérêt des différents acteurs de l’HTA, chercheurs, médecins et laboratoires, qui ont vu le taux de prescription des sartans doubler entre 2000 et 2006. Un succès justi-

fié, selon le spécialiste français. « Lorsque bénéficieraient encore plus d’un traitement le système est bloqué par un inhibiteur de antihypertenseur à base de losartan. Une l’enzyme de conversion, l’angiotensine II, information intéressante pour le Maroc vaso-constricteur au centre des processus qui dont la population compte 6 à 8 % de diagénèrent l’HTA, est tout de même sécrétée bétiques ». par d’autres voies notamment tissulaires. Alors qu’en prescrivant un antagoniste des La bonne tolérance permet un récepteurs AT1 de l’angiotensine II, l’action dosage élevé sera potentiellement plus importante au Autre moyen de mesurer à la fois niveau tissulaire. D’autre part, les effets l’efficacité et la tolérance d’un produit, délétères de l’angiotensine II, c’est-à-dire le concept de persistance qui consiste à l’épaississement de la paroi artérielle, la pré- observer si un traitement est modifié ou sence de fibres de collagène et la raréfaction s’il est interrompu dès la première année. de l’élastine, sont partiellement inversés par « Les antihypertenseurs les plus mauvais, en le sartan  », a-t-il argumenté. Les études termes de persistance, sont les diurétiques, les fondamentales, ainsi que meilleurs sont les ARA2, l’excellente tolérance de non pas forcément pour cette classe antihyperleur efficacité, mais parce Une métatensive, expliquent cet qu’ils sont mieux tolérés. » analyse d’essais engouement des presCet avantage lié à la cripteurs. tolérance permet de thérapeutiques Plusieurs études ont prescrire de fortes doses a montré qu’il également démontré la de sartans pour de fallait donner trois réduction de la morbimeilleurs résultats, sans médicaments mortalité cardiovascucraindre d’effets adverses antihypertenseurs laire et rénale avec, par dose-dépendant. par patient, en exemple, une diminuNéanmoins, des avis tion marquée de l’incicontradictoires existent moyenne. dence de néphropathie et la forte posologie diabétique, ou sur la n’est pas toujours base de critères de jugement classiques en recommandée. De manière générale, « en néphrologie comme le risque de double- associant un deuxième médicament à la ment de la créatinine (réduit de 25 %) et monothérapie, le patient est mieux contrôlé de mise en dialyse (réduit de 28 %) chez qu’en augmentant la dose du premier ». des patients diabétiques et atteints de Pourtant, certaines études témoignent néphropathies. L’intervenant a remar- du fait que « l’augmentation de la posologie qué que « l’analyse en sous groupe de l’étude participe à l’amélioration des paramètres LIFE laisse supposer que les diabétiques artériels comme la largeur et l’élasticité de la


UNIVERS PHARMA carotide. Donc, sauf s’il existe des problèmes de tolérance, il faut donner la dose maximale pour un maximum d’effets artériels », affirme le médecin.

INTERVIEW DU PROFESSEUR JACQUES BLACHER

Associer pour mieux traiter Une fois le système bloqué, l’objectif est de normaliser le patient avec, en priorité, la baisse de la pression artérielle. Selon le Pr Blacher, « dans la majorité des cas, une monothérapie, même à pleine dose, ne suffit pas. Une méta-analyse d’essais thérapeutiques dont l’objectif tensionnel était relativement bas a montré qu’il fallait donner trois médicaments antihypertenseurs par patient, en moyenne. L’association d’un diurétique thiazidique au losartan a montré, dans une population porteuse de néphropathie protéinurique, une valeur additive, à la fois sur la pression artérielle, mais aussi en matière de protéinurie, c’est-àdire de préservation de la fonction rénale ». Reste encore à choisir l’association de médicaments adéquate pour passer à une bithérapie ou une trithérapie efficace, véritable lieu de débat. « Sur une population très particulière, avec des cas sévères sur le plan métabolique et cardiovasculaire et 60 % de diabétiques, l’étude Accomplish a prouvé une supériorité indiscutable de l’association IEC + antagonistes calciques, versus IEC + diurétiques thiazidiques  ». Si les autorités sanitaires anglaises (groupes NICE et BHS) ont axé sur cette étude leur algorythme de prise en charge HTA, pour tout patient sans distinction, le professeur français préfère les recommandations canadiennes qui préconisent l’association d’un bloqueur du système rénine-angiotensinealdostérone à un antagoniste calcique à longue durée d’action, spécifiquement chez certains patients à risque élevé, sachant que l’association d’un bloqueur du système rénine-angiotensine-aldostérone avec un diurétique thiazidique garde toute sa place dans ces recommandations. «  Il existe d’autres associations potentielles, mais les études se font attendre », a ajouté le spécialiste avant de conclure : « Si vous donnez un bloqueur de système rénineangiotensine-aldostérone, il n’y a pas lieu de donner de faibles doses. De même qu’il faut rapidement passer à la bithérapie, puis à la trithérapie si nécessaire pour normaliser le patient hypertendu. Et, surtout, n’ayez pas peur de traiter l’HTA. »

Doctinews. Professeur, vous avez cité les recommandations anglaises et canadiennes en matière de prise en charge de l’HTA. Quelles sont les recommandations françaises dans ce domaine ? Professeur Jacques Blacher. Après la suspension des recommandations 2005 de la HAS (Haute autorité de santé), un groupe de travail chargé de rédiger de nouvelles recommandations a été constitué. Elaborer des recommandations représente un travail important ; ces recommandations ne seront pas disponibles avant, au mieux, l’année prochaine. En attendant, la Société française d’hypertension artérielle a décidé de publier ses propres petites recommandations. En décembre 2011, nous avons produit un texte concernant les « Mesures de la pression artérielle pour le diagnostic et le suivi du patient hypertendu » et nous travaillons actuellement sur des recommandations ciblant l’aspect thérapeutique. Comme pour les nouvelles recommandations de la HAS, le but de ce travail a été de produire des recommandations pragmatiques, opérationnelles. Ces recommandations auront un caractère innovant à savoir qu’elles s’adresseront à la fois aux prescripteurs et aux patients hypertendus. Elles seront lisibles aussi bien par des spécialistes, des médecins non spécialistes et des patients dont l’éducation et l’information permettent d’améliorer la prise en charge.

Parmi les éléments qui expliquent le manque de contrôle des patients hypertendus, vous avez cité le problème de l’observance. Comment y remédier ? L’observance est effectivement un élément essentiel. Le médecin doit essayer de savoir si le patient suit bien son traitement. Certaines personnes ne veulent pas d’un traitement de longue durée. D’autres s’imaginent que l’HTA est une maladie de stress, liée à la fatigue, à la pression et décident d’interrompre le traitement parce qu’ils ne savent pas qu’il s’agit d’une maladie des artères à soigner absolument. D’autres oublient tout simplement. Parmi les alternatives pour améliorer l’observance, il est conseillé de réduire le nombre de comprimés. Les associations fixes doivent être privilégiées avec une prise de préférence le matin, période qui obtient une meilleure observance. Enfin, pour s’assurer d’une bonne adhésion du patient, il est indispensable de l’inclure dans la démarche thérapeutique et de prendre en considération les problèmes de tolérance ou d’accessibilité.

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UNIVERS PHARMA INTERVIEW HÉMOPHILIE

S’INVESTIR POUR PRÉVENIR LE HANDICAP SELON L’ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTÉ, PLUS DE 3000 PERSONNES SOUFFRENT D’HÉMOPHILIE AU MAROC. UN NOMBRE ENCORE INSUFFISANT POUR QUE LA MALADIE SOIT RECONNUE PRIORITAIRE PAR LE SYSTÈME SANITAIRE MAROCAIN. POURTANT, SANS PRISE EN CHARGE ADAPTÉE, L’HÉMOPHILIE DEVIENT RAPIDEMENT UN HANDICAP ET UN VÉRITABLE CALVAIRE POUR DES FAMILLES ENTIÈRES.

Houssam Hamid, président délégué de l’AMH et président du comité régional de Casablanca. Hémophile, type A majeur. Doctinews.Trois mille Marocains seraient hémophiles selon l’OMS, mais seulement 1003 cas ont été recensés parmi ces derniers. Comment expliquez-vous cet écart ? Houssam Hamid. Plusieurs éléments le justifient. D’abord, l’insuffisance d’information et de sensibilisation du grand public, mais aussi du corps soignant. De fait, l’hémophilie mineure n’est pas toujours diagnostiquée, le malade vit normalement jusqu’à ce que survienne un problème. Il n’existe pas de registre national, donc pas de vrai recensement. Et puis l’éloignement des centres hospitaliers en régions rurales explique aussi cet écart. Nous essayons de résoudre ce problème par une meilleure couverture du territoire grâce aux comités régionaux.

Que pensez-vous du rôle de l’Etat dans le combat des hémophiles ?

De g. à d. : M. Hassan MRANI ALAOUI, président du bureau de l’AMH de Fès, M. Jawad CHBIBI, président de l’AMH, Pr Habiba HADJ KHALIFA, membre du comité fondateur de l’AMH, Dr Hicham BERRI, ministère de la Santé et M. Houssam HAMID, président délégué de l’AMH.

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aladie génétique qui touche une naissance mâle sur 3  000, l’hémophilie est un déficit plasmatique, dû à une anomalie du chromosome X qui provoque des troubles hémorragiques plus ou moins intenses. Le degré de gravité, mineur, modéré ou majeur, varie selon le taux de déficience en facteur de coagulation 8 (pour les hémophiles de type A) ou 9 (hémophiles de type B).Dans les cas les plus sérieux, les saignements incontrôlés n’apparaissent pas seulement lors d’opérations chirurgicales ou de traumatisme, mais peuvent se déclencher spontanément, particulièrement au niveau des muscles et des articulations. Celles des genoux, des coudes et des chevilles sont le plus souvent sujettes aux hémarthroses qui, à répétition, entraînent des séquelles (destruction cartilagineuse et amyotrophie) et

évoluent en arthropathie hémophilique. L’hémophilie devient alors une maladie orthopédique, dont l’aggravation ne peut être évitée ou retardée que par un traitement chirurgical, lourd et coûteux.

Connaître l’hémophilie et prévenir le handicap Les complications de la maladie sont particulièrement impressionnantes et le danger réside dans la méconnaissance de cette pathologie. Rarement abordée dans les cursus de formation, elle est peu connue des professionnels de la santé et encore moins du grand public. Or, la prise en charge médicale d’un hémophile requiert d’importantes précautions et le suivi d’un protocole précis. En outre, cette maladie hémorragique est héréditaire et peut donc toucher plusieurs membres d’une même famille qui se retrouvent

Il faut admettre que l’Etat a participé activement au combat. Depuis 2005, nous avons travaillé avec le ministère pour installer des structures de soins dans différentes régions. En 2008, le gouvernement a acheté les premiers facteurs anti-hémophiliques et nous a accordé 7 millions de dirhams, puis 10 millions. Pour cette année, le budget a été porté à 15 millions. Nous sommes passés de 0.03 unités de facteurs anti-hémophiliques per capita à 0.4 unités. Le nouveau ministre, le Pr El Houssaine Louardi, compte s’inscrire dans la continuité de ces projets, notamment dans le cadre du plan 2012-2016 pour la lutte contre l’hémophilie et d’autres troubles de l’hémostase. Je tiens à remercier le ministère de la Santé pour tout ce qu’il a fait jusqu’à ce jour, mais il faut encore intensifier les efforts pour arriver à 1 unité per capita.

Quels sont les autres objectifs de l’AMH ? La disponibilité du traitement passe avant tout, la formation du personnel de santé et la sensibilisation du public sont également indispensables pour améliorer la qualité de vie des hémophiles. Nous souhaitons aussi informer les patients sur le Ramed (Régime d’assistance médicale), former les comités régionaux, maximiser la vaccination des hémophiles contre l’hépatite et élargir les campagnes de circoncision à travers tout le royaume. Le but étant que toute personne hémophile reçoive les soins nécessaires à l’endroit où elle se trouve.


UNIVERS PHARMA en situation de handicap physique et d’isolement socioprofessionnel. Pourtant, une prise en charge correcte et précoce pourrait aider ces personnes à vivre le plus normalement possible. La stratégie prophylactique primaire représente la meilleure alternative car elle permet d’éviter les complications dont la prise en charge est plus coûteuse que le traitement préventif. Celui-ci, qui s’inscrit dans la durée, consiste à perfuser les facteurs antihémophiliques déficitaires en prévision de tout saignement. La prophylaxie par dose unique offre une prévention temporaire, à utiliser, par exemple, avant une activité sportive. La prophylaxie secondaire est réalisée à la demande, en cas de saignements répétés, afin de rompre le cycle hémorragique.

Des traitements inaccessibles Qu’ils soient plasmatiques ou recombinants, le coût des facteurs antihémophiliques est particulièrement élevé et le budget à consacrer à un traitement préventif est conséquent. Raison pour laquelle, au Maroc, les traitements ne sont dispensés qu’en cas d’urgence. Par ailleurs, 90 % des hémophiles ne bénéficient pas de couverture médicale et les budgets alloués par le ministère de la Santé pour l’achat de facteurs anti-hémophiliques ont été dépensés en facteur 8, destinés aux hémophiles de type A. Par conséquent, les hémophiles de type B (15 à 20 % de la population hémophile) non couverts par une assurance maladie sont soignés avec du plasma congelé, relativement efficace, mais exposant aux risques d’infection, de surcharge et d’allergie. Plus difficile encore, la situation de certains hémophiles dont l’organisme développe des inhibiteurs anti-facteurs 8 et 9. Seule solution au phénomène, l’utilisation d’un facteur VII activé d’origine recombinante, le NovoSeven®. Ce produit, qui agit comme amplificateur de la coagulation au niveau du site hémorragique, se trouve plus rarement disponible encore que les deux autres facteurs, laissant cette population d’hémophiles sans possibilité de traitement..

JOURNÉE MONDIALE DE L’HÉMOPHILIE UN ÉVÉNEMENT RICHEMENT CÉLÉBRÉ Une journée marquée par la joie, le rire et la bonne humeur.

À l’occasion de la Journée mondiale de l’hémophilie, l’Association marocaine des hémophiles, avec le soutien des laboratoires Novo Nordisk, a organisé, entre le 20 et le 22 avril, plusieurs manifestations destinées aussi bien à informer et à sensibiliser les professionnels de santé et le grand public qu’à offrir des moments forts de joie et de bonheur aux enfants atteints d’hémophilie. S’adressant aux infirmières, un atelier de formation dédié aux spécificités de la prise en charge des patients hémophiles, dispensé par le Dr Azzedine Mouhssine El Alaoui, a inauguré l’événement à Rabat. L’hématologue de renom a ensuite animé la conférencedébat qui a suivi, autour du thème « Combattre le handicap chez l’hémophile : handicap physique et socioprofessionnel ». Devant une assistance nombreuse et en présence du Dr Hicham Berri (du ministère de la Santé), les intervenants ont présenté la maladie et son évolution vers le handicap, ainsi que les moyens de prévention recommandés. Le Pr Mohammed Andaloussi, chef du service de chirurgie orthopédique et de traumatologie pédiatriques au centre hospitalier Ibn Rochd de Casablanca, a notamment fait le point sur la prise en charge de l’arthropathie chronique et les traitements chirurgicaux existants. Le Dr Nisrine Khoubila, spécialiste en hématologie clinique, a rendu compte des recommandations liées à la prévention de cet handicap, à savoir le soutien psychologique et matériel, le suivi médical régulier en dehors des urgences, la formation indispensable des patients et de leur entourage, et l’entretien physique par le biais de la kinésithérapie et de la rééducation fonctionnelle pour renforcer les muscles et les articulations. A l’issue d’une discussion animée, un hommage émouvant a été rendu au professeur Habiba El Hadj Khalifa, membre du comité fondateur de l’AMH et chef du service d’hématologie pédiatrique du CHU Ibn Rochd de Casablanca avant son départ à la retraite. A l’issue de ce programme scientifique, les hémophiles du comité régional de Fès ont présenté, à Rabat et à Casablanca, une pièce théâtrale mise en scène par Hassan Mrani Alaoui, lui-même hémophile. Une expérience riche en émotions pour le public comme pour les enfants qui ont appris, grâce à la théâtrothérapie, à exprimer l’hémophilie avec poésie et humour. Pour clôturer l’événement et au grand bonheur des enfants, le week-end a été consacré au divertissement, grâce à l’implication de Novo Nordisk. Dans des cadres exceptionnels (Espace Dar Taquafa de la Wilaya de Rabat et Club équestre de Casablanca), de multiples activités ont été déployées lors des kermesses, ainsi que des ateliers de peinture, des spectacles et des jeux animés par des clowns, suivis de la distribution de nombreux cadeaux. Ce qui a permis aux jeunes hémophiles d’oublier la gravité de leur maladie et de retrouver un peu d’insouciance le temps d’une belle journée. Cette célébration a encore une fois fait preuve de l’engagement de l’Association marocaine des hémophiles et des laboratoires Novo Nordisk pour cette cause ainsi que de la solidarité qui unit les familles venues de tout le royaume.

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PHARMACIENS DU SUD S’UNIR ET ÊTRE SOLIDAIRES « Le Conseil régional des pharmaciens d’officine du Sud tend la main à toutes les instances pour réfléchir et trouver des solutions adéquates aux problèmes que rencontre la profession », a introduit Ahmed Marmech, président du Conseil à l’occasion de la Journée nationale de la pharmacie organisée par l’instance le 21 avril dernier. S’unir et être solidaires est d’ailleurs l’un des messages fort transmis lors de la séance inaugurale qui a réuni Ahmed Marmech, Abdelghani El Guermaï, président de l’Association marocaine de l’industrie pharmaceutique (AMIP), Abdellah Lahlou Filali, secrétaire général de l’AMIP, le Dr Moulay Saïd Afif, secrétaire général du Collège syndical des médecins spécialistes privés, Lahoussine Jamal Alaoui, secrétaire général du CROPS et

De g. à d. : Abdellah LAHLOU FILALI, Ahmed MARMECH, Abdelghani EL GUERMAÏ, Lahoussine JAMAL ALAOUI, Moulay Saïd AFIF et Khalid ZOUIN.

Khalid Zouin, ex-président du syndicat de Meknès. Articulée autour de thèmes d’actualité tels que « l’Avènement du Ramed, ce qu’il faut savoir… », « Partenariat public/ privé : levier efficient du droit à la santé ? »

ou « l’Industrie pharmaceutique nationale face aux défis de la globalisation », la manifestation a également été l’occasion de rendre hommage au professeur Moha Jana et à Abdellah Lahlou Filali.

INFECTIONS À PNEUMOCOQUES « LES VACCINS, ÉLÉMENTS CLÉS DE LA LUTTE » joignent pour inciter à la prévention efficace qui passe par l’introduction et la poursuite des programmes de vaccination. Car, si plusieurs classes d’antibiotiques sont actives contre les infections à pneumocoques, la bactérie Streptococcus pneumoniae responsable de ces infections est de plus en plus résistante aux traitements. À titre d’exemple, le Dr Adnan Al-Lahham, professeur assistant au German-Jordian University, a cité une étude réalisée auprès d’enfants atteints de pneumonie qui a révélé jusqu’à 91,8 % de cas de résistance aux antibiotiques, notamment à la pénicilline.

Des vaccins toujours plus élaborés De g. à d. : M. Amgad GAMIL, Pfizer ; Dr Sami AL-HAJJAR, Université d’Al Faisal ; Dr Adnan AL-LAHHAM, German-Jordian University.

Dubaï a accueilli, les 28 et 29 mars derniers, le troisième sommet annuel contre le pneumocoque de la région Afrique et Moyen-Orient. L’accent a été mis sur le fléau que constituent les infections à pneumocoques (pneumonie, méningite, otite…), aujourd’hui encore responsables de près de deux millions de décès d’enfants dans le monde, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). « L’infection pneumococcique continue d’être une réelle menace pour la vie de nos enfants au Maroc et à travers l’Afrique et le Moyen-Orient », a déclaré le Dr Sami Al-Hajjar, professeur de pédiatrie à l’Université d’Al Faisal en Arabie Saoudite lors de son intervention à l’occasion du sommet. Au Maroc, 14 % des décès d’enfants de moins de cinq ans sont imputés aux infections à pneumocoques, dont la pneumonie, la plus mortelle, et la méningite, mortelle dans 10 % des cas ou à l’origine de complications telles que la surdité ou la paralysie. Les experts de la recherche, du diagnostic, du traitement et de la prévention de ces infections réunis lors de ce sommet se re-

Les progrès de la science ont permis de développer des vaccins efficaces contres les souches les plus courantes de cette bactérie. « Les vaccins qui offrent la couverture de sérotypes la plus large sont l’élément clé dans la lutte contre la maladie pneumococcique et la pneumonie », a assuré le Dr Sami Al-Hajjar, un avis partagé par les nombreux intervenants présents lors du sommet. L’OMS recommande d’ailleurs la vaccination des enfants avant l’âge de cinq ans, de préférence. Il existe plusieurs générations de vaccins dont les plus récentes offrent une couverture plus large et protègent d’un nombre plus important de souches de bactéries. Pour le Dr Catherine Weil-Olivier, Professeur de pédiatrie à l’Université Paris VII et ancien membre du Comité technique des vaccinations à la Direction générale de la santé en France, un enfant qui a reçu un vaccin de première ou de deuxième génération peut effectuer ses rappels avec un vaccin de dernière génération. Il recevra une dose supplémentaire pour assurer la couverture des souches nouvellement visées. Au Maroc, le vaccin anti-pneumococcique Prevenar 13 (vaccin pneumococcique de dernière génération conjugué à 13 sérotypes) est inclus dans le programme national d’immunisation depuis octobre 2010.


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GLOSSAIRE

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TRAITEMENT DE L’INSUFFISANCE CARDIAQUE ANTAGONISTES ADRENERGIQUES Appelés également bêtabloquants, les antagonistes adrénergiques ont de nombreuses indications mais leurs effets sont essentiellement cardiovasculaires. Le recours aux bêtabloquants dans le traitement de l’insuffisance cardiaque constitue un réel progrès pour les patients. Une surveillance étroite est préconisée lors du démarrage du traitement.

CARVEDILOL Présentation / PPM (en dirhams) DESIGNATION

LABORATOIRES

DCI

6,25MG BTE 28CPS

6,25MG BTE 30CPS

25MG BTE 28CPS

25MG BTE 30CPS

DILATREND

ROCHE

CARVEDILOL

83,65

194,45

CORONAT

AFRIC-PHAR/TECNIMEDE CARVEDILOL

49,50

116,90

DILOVAC

AFRIC-PHAR

CARVEDILOL

31,20

72,80

XEDILOL

SOTHEMA

CARVEDILOL

47,00

95,00

CARDIX

PHI

CARVEDILOL

44,00

89,00

BISOPROLOL HEMIFUMARATE DESIGNATION

LABORATOIRES

Présentation / PPM (en dirhams)

DCI

CARDENSIEL

COOPER PHARMA

BISOPROLOL HEMIFUMARATE

DETENSIEL

COOPER PHARMA

BISOPROLOL HEMIFUMARATE

2,5MG BTE 30

5MG BTE 30

77,80

77,80

10MG BTE 30

72,00

AUTRES IVABRADINE Traitement symptomatique de l’angor stable chronique chez l’adulte coronarien en rythme sinusal normal. mal. L’ivabradine est indiquée : chez les adultes présentant une intolérance ou une contre-indication aux bêta-bloquants ou en association aux bêtabloquants chez des patients insuffisamment contrôlés par une dose optimale de bêtabloquants, et dont la fréquence cardiaque reste supérieure à 60 bpm. DESIGNATION CORALAN

LABORATOIRES SERVIER

Présentation / PPM (en dirhams)

DCI IVABRADINE

5MG BTE 28CPS

5MG BTE 56CPS

7,5MG BTE 28CPS

7,5MG BTE 56CPS

380,00

723,00

380,00

723,00

DOBUTAMINE Ce sympathomimétique à effet bêta-1 adrénergique est prescrit pour les syndromes de bas débit cardiaque, tels que les chocs cardiogéniques, les valvulopathies et cardiomyopathies non obstructives en poussée de décompensation, l’état de choc septique, l’infarctus du myocarde et les embolies pulmonaires graves.

DESIGNATION LABORATOIRES

250MG/20 ML BTE 1 SOL.INJ. CARDIJECT

PHI

DOBUTAMINE

DOPAMINE Il s’agit d’une amine endogène indiquée pour la correction des troubles hémodynamiques de l’état de choc (cardiogénique, septique et hypovolémique) et les syndromes de bas-débit cardiaque.

DCI

Présentation / PPM (en dirhams) 126,00

Présentation / PPM (en dirhams) DESIGNATION LABORATOIRES DOPAMINE

MAPHAR

DCI

SOL. INJ. 50MG/10ML BTE 50

SOL. INJ. 200MG/5ML BTE 20

DOPAMINE

521,4

737.00

Afin d’éviter de publier des informations erronées, les produits des laboratoires n’ayant pas répondu à notre demande ne figurent pas dans cette liste.


IVALEN C

41

BI

E

BI O

E

GLOSSAIRE

O

U EQ

UIVALEN EQ C

210 200

Valeur systolique Hypertension sévère 180 mm Hg ou plus Hypertension moyenne 160 - 179 mm Hg Hypertension légère 149 - 159 mm Hg

190 180 170 160 150 140

Valeur diastolique Hypertension sévère 110 mm Hg ou plus Hypertension moyenne 100 - 110 mm Hg Hypertension légère 90 - 99 mm Hg

S A P U A E V U O N N U FRANCHIR

A T H ' L E D T N E M TE I A R T E L D A NS

130 120 110 100 90 80 70

60 50

40 30

Boîte de 30 comprimés. PPM = 34,20

Sodrix 1.5 mg LP

Sodrix 2,5 mg

Comprimé pelliculé IDENTIFICATION DU MEDICAMENT DENOMINATION SODRIX 1,5 mg, comprimé pelliculé à libération prolongée. COMPOSITION QUALITATIVE ET QUANTITATIVE Indapamide (DCI)…………………1,5 mg Excipients : Lactose monohydrate, Povidone K30, Stéarate de magnésium, silice colloïdale, HPMC K30M, HPMC K4M, Hydroxypropyl méthylcellulose, Macrogol 400 et Dioxyde de titane. FORME PHARMACEUTIQUE ET PRESENTATION Boîte de 30 comprimés pelliculés à libération prolongée. CLASSE PHARMACOTHERAPEUTIQUE DIURETIQUE DU SEGMENT CORTICAL DE DILUTION. NOM ET ADRESSE DU FABRICANT Laboratoire SYNTHEMEDIC DANS QUEL CAS UTILISER CE MÉDICAMENT ? Ce médicament est préconisé dans le traitement de l’hypertension artérielle essentielle. INFORMATIONS NECESSAIRES AVANT DE PRENDRE Sodrix 1,5 mg, comprimé pelliculé à libération prolongée NE PAS PRENDRE Sodrix 1,5 mg, comprimé pelliculé à libération prolongée dans les cas suivants : - Allergie connue à ce médicament ou aux sulfamides, - Insuffisance rénale, - Atteinte hépatique grave, - Hypokaliémie (baisse anormale du taux de potassium dans le sang). EN CAS DE DOUTE, IL EST INDISPENSABLE DE DEMANDER L’AVIS DE VOTRE MEDECIN OU DE VOTRE PHARMACIEN. PRENDRE DES PRÉCAUTIONS PARTICULIÈRES AVEC Sodrix 1,5 mg, comprimé pelliculé à libération prolongée. L’administration du produit doit être interrompue en cas d’atteinte hépatique. En raison de la présence de lactose, ce médicament ne doit pas être utilisé en cas de galactosémie, de syndrome de malabsorption du glucose et du galactose ou de déficit en lactose (maladies métaboliques rares). Utiliser ce médicament AVEC PRECAUTION en cas de : - Troubles de l’équilibre hydroélectrolytique, diabète, goutte, troubles rénaux. Votre médecin peut être amené à vous prescrire des examens de laboratoire pour la surveillance de votre traitement. SPORTIFS attention ! Cette spécialité contient un principe actif pouvant induire une réaction positive des tests pratiqués lors des contrôles antidopages. EN CAS DE DOUTE, NE PAS HESITER A DEMANDER L’AVIS DE VOTRE MEDECIN OU DE VOTRE PHARMACIEN. GROSSESSE – ALLAITEMENT L’utilisation de ce médicament est déconseillée pendant l’allaitement. D’une façon générale, il convient, au cours de la grossesse et de l’allaitement de toujours demander l’avis de votre médecin ou de votre pharmacien avant de prendre un médicament. CONDUITE ET UTILISATION DE MACHINES Des réactions individuelles en relation avec une baisse de la pression artérielle peuvent survenir chez certains patients. Par conséquent, l’aptitude à conduire des véhicules ou à utiliser des machines peut être diminuée. LISTE DES EXCIPIENTS À EFFET NOTOIRE Lactose. PRISE OU UTILISATION D’AUTRES MEDICAMENTS Veuillez indiquer à votre médecin ou à votre pharmacien si vous prenez ou avez pris récemment un autre médicament, notamment le lithium, même s’il s’agit d’un médicament obtenu sans ordonnance. COMMENT UTILISER CE MEDICAMENT ? POSOLOGIE Un comprimé par jour. DANS TOUS LES CAS, SE CONFORMER STRICTEMENT À LA PRESCRIPTION DE VOTRE MEDECIN. Si vous avez l’impression que l’effet de Sodrix 1,5 mg, comprimé pelliculé à libération prolongée est trop fort ou trop faible, consultez votre médecin ou votre pharmacien. MODE ET VOIE D’ADMINISTRATION Voie orale. Le comprimé doit être avalé entier avec de l’eau, et ne doit pas être croqué. FREQUENCE ET MOMENT D’ADMINISTRATION Une seule administration par 24 heures, de préférence le matin, compte tenu de l’effet diurétique de ce médicament, afin d’éviter d’éventuels réveils nocturnes. DUREE DU TRAITEMENT Se conformer à la prescription de votre médecin. SI VOUS AVEZ PRIS PLUS DE Sodrix 1,5 mg, comprimé pelliculé à libération prolongée que vous n’auriez dû Consultez immédiatement votre médecin ou votre pharmacien. SI VOUS OUBLIEZ DE PRENDRE Sodrix 1,5 mg, comprimé pelliculé à libération prolongée Ne prenez pas de dose double pour compenser la dose simple que vous avez oubliée de prendre. EFFETS INDESIRABLES EVENTUELS Comme tous les médicaments, Sodrix 1,5 mg, comprimé pelliculé à libération prolongée est susceptible d’avoir des effets indésirables : - Sensation de fatigue (asthénie), Maux de tête, - Fourmillements des extrémités, - Manifestations de type allergique, rares cas d’éruption cutanée, - Sensation de vertige lors du passage de la position couchée à la position debout, - Risque de déshydratation majorée chez les personnes âgées et chez les insuffisants Cardiaques. - Nausées, constipation, bouche sèche. - Il est possible que se produisent des variations des paramètres sanguins, notamment une perte excessive de potassium plus particulièrement chez les personnes âgées ou dénutries. Votre médecin peut demander de faire pratiquer des examens de laboratoire afin de contrôler ces paramètres. Si vous remarquez des effets indésirables non mentionnés dans cette notice, veuillez en informer votre médecin ou votre pharmacien. CONSERVATION Pas de précautions particulières de conservation. Ne laisser ni à la portée ni à la vue des enfants. Ne pas utiliser après la date de péremption figurant sur la boîte.

Comprimé pelliculé IDENTIFICATION DU MEDICAMENT DENOMINATION Sodrix 2,5 mg, Comprimé Pelliculé COMPOSITION QUALITATIVE ET QUANTITATIVE Indapamide (DCI)………………..2,5 mg Excipients : Lactose atomisé, Stéarate de magnésium, Cellulose microcristalline (Avicel PH 102), Croscarmellose Sodique (type A), Hydroxypropyl méthylcellulose 15cp, Macrogol 400 et Dioxyde de titane (E171). FORME PHARMACEUTIQUE ET PRESENTATION Boîte de 30 comprimés pelliculés. CLASSE PHARMACOTHERAPEUTIQUE Antihypertenseur Diurétique (C : Système Cardio-Vasculaire). NOM ET ADRESSE DU FABRICANT Laboratoire SYNTHEMEDIC DANS QUEL CAS UTILISER CE MEDICAMENT ? Ce médicament est préconisé dans le traitement de l’hypertension essentielle. ATTENTION ! DANS QUELS CAS NE PAS UTILISER CE MEDICAMENT ? Ce médicament NE DOIT PAS ETRE UTILISE dans les cas suivants : - Allergie connue à ce médicament ou aux sulfamides, - Insuffisance rénale sévère, - Atteinte hépatique grave, - Hypokaliémie (baisse anormale du taux de potassium dans le sang). Sauf avis contraire de votre médecin, ce médicament ne doit pas être prescrit en association avec le lithium, avec certains médicaments pouvant entraîner des troubles du rythme cardiaque (astémizole, bépridil, érythromycine IV, halofantrine, pentamidine, sultopride, terfénadine, vincamine.) MISE EN GARDE SPECIALES L’administration du produit doit être immédiatement interrompue en cas d’atteinte hépatique grave. PRECAUTION D’EMPLOI Prévenir votre médecin en cas de : Diabète, goutte, troubles rénaux maladie du foie Votre médecin peut être amené à vous prescrire des examens de laboratoire avant ou pendant le traitement. INTERACTIONS MEDICAMENTEUSES ET AUTRES INTERACTIONS AFIN D’EVITER D’EVENTUELLES INTERACTIONS ENTRE PLUSIEURS MEDICAMENTS, IL FAUT SIGNALER SYSTEMATIQUEMENT TOUT AUTRE TRAITEMENT EN COURS, A VOTRE MEDECIN OU A VOTRE PHARMACIEN, en particulier le lithium et certains médicaments pouvant entraîner des troubles du rythme cardiaque (astémizole, bépridil, érythromycine IV, halofantrine, pentamidine, sultopride, terfénadine, vincamine.) SPORTIFS attention ! Cette spécialité contient un principe actif pouvant induire une réaction positive des tests pratiqués lors des contrôles antidopages. EN CAS DE DOUTE, NE PAS HESITER A DEMANDER L’AVIS DE VOTRE MEDECIN OU DE VOTRE PHARMACIEN. GROSSESSE – ALLAITEMENT Prévenir votre médecin en cas de grossesse, désir de grossesse, d’allaitement. D’UNE FAÇON GENERALE, IL CONVIENT, AU COURS DE LA GROSSESSE ET DE L’ALLAITEMENT, DE TOUJOURS DEMANDER L’AVIS DE VOTRE MEDECIN OU DE VOTRE PHARMACIEN AVANT DE PRENDRE UN MEDICAMENT. LISTE DES EXCIPIENTS À EFFET NOTOIRE Lactose. Glycérol CONDUITE ET UTILISATION DE MACHINES Des réactions individuelles en relation avec une baisse de la pression artérielle peuvent survenir chez certains patients. Par conséquent, l’aptitude à conduire des véhicules ou à utiliser des machines peut être diminuée. PRISE OU UTILISATION D’AUTRES MEDICAMENTS Indiquer à votre médecin ou à votre pharmacien si vous prenez ou avez pris récemment un autre médicament, notamment le lithium, même s’il s’agit d’un médicament obtenu sans ordonnance. COMMENT UTILISER CE MEDICAMENT ? POSOLOGIE DANS TOUS LES CAS, SE CONFORMER STRICTEMENT À LA PRESCRIPTION DE VOTRE MEDECIN. MODE ET VOIE D’ADMINISTRATION Voie orale. FREQUENCE ET MOMENT D’ADMINISTRATION Une seule administration par 24 heures, de préférence le matin, compte tenu de l’effet diurétique de ce médicament, afin d’éviter d’éventuels réveils nocturnes. DUREE DU TRAITEMENT Se conformer à la prescription de votre médecin. CONDUITE À TENIR EN CAS DE SURDOSAGE Contactez votre médecin CONDUITE A TENIR AU CAS OU L’ADMINISTRATION D’UNE OU PLUSIEURS DOSES A ETE OMISE Contactez votre médecin, ne prenez pas de double dose le lendemain de votre oubli.EFFETS INDESIRABLES EVENTUELS - Sensation de fatigue (asthénie) surtout en début de traitement. - Plus rarement nausées, sécheresse de bouche, constipation, maux de tête, anomalie de la perception des sensations de toucher. Fourmillements des extrémités. - Manifestations de type allergique, rares cas d’éruption cutanée chez les sujets prédisposés aux manifestations allergiques et asthmatiques. - Sensation de vertige changements de position. - Risque de déshydratation majorée chez les personnes âgées et chez les insuffisants cardiaques. - Il est possible que se produisent des variations des paramètres sanguins, notamment une perte excessive de potassium, de sodium, plus particulièrement chez les personnes âgées ou dénutries, une élévation du taux de l’acide urique, du sucre, du calcium ou des modifications de la formule sanguine. Votre médecin peut demander de faire pratiquer des examens de laboratoire afin de contrôler ces paramètres. SI VOUS REMARQUEZ DES EFFETS INDESIRABLES NON MENTIONNES DANS CETTE NOTICE, VEUILLEZ EN INFORMER VOTRE MEDECIN OU VOTRE PHARMACIEN. CONSERVATION Ne pas dépasser la date limite d’utilisation figurant sur le conditionnement extérieur.

SYNTHEMEDIC


DOSSIER

DOS DOSSIER DOS OSSIER IEER R

42 42

INSUFFISANCE CARDIAQUE

COMPRENDRE POUR TRAITER

L’INSUFFISANCE CARDIAQUE EST UNE PATHOLOGIE ASSEZ MAL CONNUE ET SA PRISE EN CHARGE ENCORE PEU MAÎTRISÉE. DES ÉTUDES MENÉES EN EUROPE LE PROUVENT. CINQUANTE POUR CENT DES PATIENTS INSUFFISANTS CARDIAQUES NE SERAIENT PAS TRAITÉS ET 50 % DE CEUX TRAITÉS LE SERAIENT DE MANIÈRE INADÉQUATE. OR, CETTE MALADIE EST MORTELLE ET LES TRAITEMENTS PERMETTENT AUJOURD’HUI D’AUGMENTER L’ESPÉRANCE DE VIE ET D’ASSURER AU PATIENT UNE MEILLEURE QUALITÉ DE VIE. D’OÙ LA NÉCESSITÉ, DÈS SUSPICION D’UN RISQUE, D’ADRESSER LE PATIENT À UN SPÉCIALISTE.


NP4 : MA/120 2027 524/201203

Remboursé par l’AMO


DOSSIER

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INSUFFISANCE CARDIAQUE COMPRENDRE POUR TRAITER Avec la collaboration du Dr Ahmed BENNIS, Professeur en cadriologie.

Une pathologie mal connue

L’

insuffisance cardiaque est une maladie grave qui nécessite une prise en charge étroite et rigoureuse. Une étude menée pendant une durée de 15 ans auprès de patients en insuffisance cardiaque clinique, l’étude Framingham, a montré que le taux de survie à cinq ans était de 25 % chez l’homme et de 38 % chez la femme avec un taux de mortalité à un an des patients en stade IV de 40 % (voir encadré sur la classification NHYA p 48). Parallèlement, le nombre de cas augmente, d’une part, parce que l’espérance de vie s’allonge et, d’autre part, parce que les patients atteints de syndrome coronarien aigu ou d’hypertension artérielle, deux causes fréquentes d’insuffisance cardiaque, vivent plus longtemps grâce aux progrès de la médecine. Un véritable paradoxe avec pour conséquence un problème croissant de santé publique, un coût pour la société qui ne cesse d’augmenter et une qualité de vie qui se détériore pour le patient au fur et à mesure de la progression de la maladie. D’autant que, si les études cliniques mettent en évidence une amélioration significative du pronostic sous traitement, d’autres études évaluent à 50 % seulement le nombre d’insuffisances cardiaques diagnostiquées, et donc traitées.

l’espérance de vie de certains malades soit Cette pathologie reste en effet dif- considérablement raccourcie par l’emploi ficile à diagnostiquer, surtout au de méthodes de diagnostic peu fiables ou cours des premiers stades où elle inappropriées et par la prescription de peut se révéler asymptomatique. médicaments inadaptés », est-il précisé De plus, lorsqu’ils sont traités, 50 dans la « Charte du patient insuffisant % des patients le sont de manière cardiaque » SHAPE. inadéquate. L’étude SHAPE (Study group on Heart failure L’âge n’est pas le seul facteur de risque Awareness and Perception in Europe - groupe d’étude sur la sen- L’insuffisance cardiaque, qui se défisibilisation à l’insuffisance cardiaque nit par une moindre capacité du coeur et sa perception en Europe) menée à assurer, dans des conditions norauprès de 8 000 personnes, 3 000 mé- males, un débit sanguin nécessaire aux decins généralistes et 4 000 médecins besoins métaboliques et fonctionnels spécialistes dans neuf pays européens des différents organes, est plus fré(France, Allemagne, Italie, Pays-Bas, quente chez les patients à partir de 65 Pologne, Roumanie, Espagne, Suède ans. L’étude de Framingham note une et Royaume-Uni) est révélatrice à incidence annuelle de 3/1000 chez les cet égard. Trente cinq pour cent des personnes âgées de 35 à 64 ans, pormédecins généralistes interrogés tée à 10/1000 entre 65 et 74 ans avec considéraient que le traitement à base une augmentation conséquente dans d’enzyme de conversion la tranche d’âge des de l’angiotensine (IEC) 85-94 ans. En France, pouvait aggraver la mala Haute autorité de la ladie alors que la Société santé (HAS) évalue l’âge européenne de cardiomoyen de survenue de En Europe, logie le recommande l’insuffisance cardiaque jusqu’à 50 % en première intention. à 73,5 ans, sachant que des patients Chez les médecins spéles patients de plus de 65 insuffisants cialistes, d’importantes ans représentent environ cardiaques ne disparités dans la prise 90 % des patients diagnostiqués. Entre mai en charge de l’IC ont bénéficient 2006 et janvier 2011, été mises en avant selon pas des l’Unité de traitement de qu’il s’agisse de médecins traitements l’insuffisance cardiaque internes, gériatres ou optimaux. (UTIC) du Centre hoscardiologues. « À l’heure pitalier Ibn Rochd de actuelle, jusqu’à 50 % des Casablanca a suivi 1 578 patients insuffisants cardiaques en Europe ne bénéficient pas patients atteints d’insuffisance cardes traitements optimaux tels qu’ils sont diaque chronique. L’âge moyen de ces préconisés dans les recommandations de patients était de 64,82 ans (à plus ou la Société européenne de cardiologie. En moins 12-14 ans) dont une proportion conséquence, nombre de patients pen- de 65 % d’hommes. Si l’IC ne peut sent à tort que les médicaments récents être considérée uniquement comme ne permettent pas de traiter efficace- une pathologie de la personne âgée, ment l’insuffisance cardiaque. Mais ce son incidence croît indéniablement qui est plus préoccupant encore, c’est que avec l’âge et ses symptômes ne doivent


PRÉSENTATION : Coralan 5 mg : comprimé pelliculé sécable ; Coralan 7,5 mg : comprimé pelliculé. Boites de 28 et 56 comprimés. COMPOSITION : chlorhydrate d’ivabradine (5,390 mg ou 8,085 mg) et excipients (q.s.p 1 comprimé). INDICATION : Traitement symptomatique de l’angor stable chronique chez l’adulte coronarien en rythme sinusal normal. L’ivabradine est indiquée : - chez les adultes présentant une intolérance ou une contre-indication aux bêta-bloquants, - ou en association aux bêtabloquants chez des patients insuffisamment contrôlés par une dose optimale de bêtabloquants, et dont la fréquence cardiaque reste supérieure à 60 bpm. POSOLOGIE ET MODE D’ADMINISTRATION* : La posologie initiale habituellement recommandée est de 5 mg d’ivabradine 2 fois par jour par voie orale. Après 3 à 4 semaines de traitement, la posologie peut être augmentée à 7,5 mg d’ivabradine 2 fois par jour, selon la réponse thérapeutique. Une posologie de 2,5 mg 2 fois par jour peut être envisagée si la fréquence cardiaque de repos descend en dessous de 50 bpm. Les comprimés doivent être pris par voie orale en deux prises quotidiennes (matin et soir) au cours des repas. Population particulières (cf RCP complet). CONTRE-INDICATIONS : Hypersensibilité connue à la substance active ou à l’un des excipients; Fréquence cardiaque de repos < 60 bpm avant le traitement ; Choc cardiogénique ; IDM ; Hypotension sévère (< 90/50 mm Hg) ; Insuffisance hépatique sévère ; Maladie du sinus (’’sick sinus syndrome’’); Bloc sino-auriculaire ; Insuffisance cardiaque des classes NYHA III-IV ; Patient pacemaker-dépendant ; Angor instable ; BAV III ; Association à des inhibiteurs puissants du cytochrome P450 3A4 tels que les antifongiques azolés (kétoconazole, itraconazole), les antibiotiques de la famille des macrolides (clarithromycine, érythromycine per os, josamycine, télithromycine), les inhibiteurs de protéases (nelfinavir, ritonavir) ou la néfazodone ; Grossesse ; Allaitement. MISES EN GARDE SPÉCIALES* : arythmie cardiaques; BAV II ; bradycardie ; Association avec inhibiteurs calciques réduisant la fréquence cardiaque (vérapamil/diltiazem) ; insuffisance cardiaque chronique ; AVC ; fonction visuelle. Précautions particulières d’emploi : Hypotension ; FA ; QT long ; galactosémie. INTERACTIONS* : Associations contre-indiqués : inhibiteurs puissants du CYP3A4. Associations déconseillées : Inhibiteurs modérés du CYP3A4 : diltiazem/vérapamil ; Médicaments allongeant le QT. Associations nécessitant des précautions d’emplois : autres inhibiteurs modérés du CYP3A4 (jus de pamplemousse) ; Inducteurs du CYP3A4. GROSSESSE ET ALLAITEMENT* : L’ivabradine est contre-indiqué. EFFETS INDÉSIRABLES* : Très fréquents : Phosphènes ; Fréquents : Céphalées, sensations vertigineuses, vision trouble, bradycardie, BAV I. Peu fréquentes : Hyperuricémie, éosinophilie, syncope, élévation de la créatininémie, palpitations, extrasystoles supraventriculaires, nausées, constipation, diarrhée, vertiges, dyspnée, crampes musculaires, angio-œdème, asthénie, syncope, hypotension, malaise. Rares : rash, érythème, prurit, urticaire, malaise. Ces effets peuvent disparaitre pendant ou à l’arrêt du traitement. PROPRIÉTÉS* : ATC: C01EB17. L’ivabradine agit en réduisant uniquement la fréquence cardiaque par inhibition sélective et spécifique du courant pacemaker If qui contrôle la dépolarisation diastolique spontanée au niveau du nœud sinusal et régule la fréquence cardiaque. LISTE I. CORALAN 5 MG : 21DMP/21/NCI (28 cp) ; 20 DMP/21/NCI (56 cp). CORALAN 7,5 MG: 23 DMP/21/NCI (56 cp) ; 22 DMP/21/NCI (28 cp). * Avant de prescrire ce médicament veuillez consulter les mentions légales complètes du produit. Servier Maroc. Espace Jet Business Class. La Colline – Casablanca 20190. Tél:0522974849/Fax:0522972901.


DOSSIER

46

INSUFFISANCE CARDIAQUE COMPRENDRE POUR TRAITER

pas passer inaperçus d’autant que, dès l’apparition des premières manifestations cliniques, la capacité du cœur à pomper le sang a déjà diminué et les mécanismes de compensation sont déjà installés. Or, nombreuses sont les personnes âgées à considérer l’essoufflement ou la fatigue comme des manifestations normales de l’avancée en âge alors qu’ils sont les signes révélateurs de l’IC. Les patients présentant une pathologie coronarienne ou une hypertension essentiellement systolique et, d’une manière plus générale, une maladie cardiaque ou un diabète, doivent également être suivis avec une attention particulière car il est admis que ces facteurs sont des causes fréquentes d’IC.

Des symptômes difficiles à déceler L’essoufflement ou la gêne respiratoire à l’effort, associé à la fatigue sont donc les symptômes caractéristiques de l’insuffisance cardiaque, facilement repérables par le patient. Mais ils ne suffisent pas à poser un diagnostic. Une dyspnée qui ne se majore pas à l’effort a peu de chances d’être en rapport avec une insuffisance cardiaque. À l’examen clinique, le praticien recherchera d’autres symptômes tels que des signes cardiaques (une tachycardie, un bruit de galop B3 et/ou B4, un pincement de la pression artérielle), des signes congestifs pulmonaires (la toux qui traduit une accumulation de fluides dans les poumons, des râles pulmonaires crépitants aux bases…), des signes congestifs périphériques (une prise de poids liée à la rétention d’eau ou des oedèmes des membres inférieurs…). Cependant, certains signes cliniques (bruit de galop, élévation de la pression jugulaire…) sont difficiles à déceler. En cas de suspicion d’insuffisance cardiaque chez un patient, il est donc préférable de l’adresser à un cardiologue.

Des examens nécessaires au diagnostic

en post-infarctus et à tous les stades de l’insuffisance cardiaque. Les Des examens complémentaires diurétiques, prescrits en association viendront renforcer le diagnostic, avec les IEC, permettent d’éliminer les parmi lesquels l’électrocardiogramme, oedèmes et les bétabloquants agissent la radiographie du thorax, des examens sur l’amélioration de la fonction de laboratoire (formule sanguine, ventriculaire. De nombreux autres chimie sanguine et examens urinaires) traitements (digitaliques, inhibiteurs et, surtout, l’échocardiographie, afin calciques, anti-arythmiques...) d’évaluer la fonction ventriculaire dépendant notamment de l’âge gauche et des valves, et de rechercher du patient, de ses symptômes, du une hypertrophie du ventricule gauche. type d’insuffisance cardiaque, de la Ces examens de routine pourront tolérance… peuvent être prescrits. être complétés par un cathétérisme Mais, dans tous les cas, ces traitements cardiaque, une coronographie et spécifiques sont à administrer sous un test d’effort. À la lumière des étroite surveillance et doivent être résultats obtenus, le associés à une éducation praticien pourra mettre hygiéno-diététique en place une stratégie adaptée au profil du thérapeutique associant patient. Le régime En cas de le traitement de hyposodé conseillé, soit l’insuffisance cardiaque 2 à 4 g par jour, sera suspicion et le traitement de limité à 2 g par jour d’insuffisance son étiologie si elle en cas d’insuffisance cardiaque est identifiée (maladie cardiaque sévère. La chez un coronarienne, HTA, pratique de l’exercice patient, il est obésité, infection, physique, indiquée chez préférable de anémie…). La les patients stables, est thérapeutique n’a pas inadaptée en période l’adresser à un pour effet de guérir de décompensation. cardiologue. le patient, mais elle La consommation permet d’augmenter d’alcool et de tabac est son espérance de vie, totalement déconseillée, d’améliorer sa qualité de vie et d’éviter voire interdite pour certains patients les complications. Les traitements et la vaccination anti-grippe et préconisés peuvent être associés et anti-pneumocoque vivement modifiés avec le temps et l’évolution recommandée. Le patient doit être de la maladie. encouragé à se peser régulièrement et à consulter en cas de prise de poids Des traitements à moduler rapide qui traduit une accumulation Actuellement, les inhibiteurs de de liquide dans les tissus. Enfin, il est l’enzyme de conversion (IEC) sont indispensable d’informer le patient considérés comme le traitement de base sur sa maladie, ses risques mortels et la de l’insuffisance cardiaque chronique nécessité d’observer scrupuleusement (liée à un dysfonctionnement la prescription médicamenteuse. Car, systolique du ventricule gauche). dans l’opinion publique, l’insuffisance Ces vasodilatateurs améliorent les cardiaque est perçue comme moins symptômes et réduisent la mortalité. mortelle que le cancer alors que le taux Des études ont montré leur efficacité de survie y est inférieur !


DOSSIER

48

INSUFFISANCE CARDIAQUE COMPRENDRE POUR TRAITER

CLASSIFICATION DE L’INSUFFISANCE CARDIAQUE LES QUATRE CLASSES DE LA NYHA (NEW YORK HEART ASSOCIATION)

CLASSIFICATION NYHA Classe I

Patient porteur d’une cardiopathie sans limitation de l’activité physique. Une activité physique ordinaire n’entraîne aucun symptôme.

Classe II

Patient dont la cardiopathie entraîne une limitation modérée de l’activité physique sans gêne au repos. L’activité quotidienne ordinaire est responsable d’une fatigue, d’une dyspnée, de palpitations ou d’un angor.

Classe III

Patient dont la cardiopathie entraîne une limitation marquée de l’activité physique sans gêne au repos.

Classe IV

Patient dont la cardiopathie empêche toute activité physique. Des signes d’insuffisance cardiaque ou un angor peuvent exister, même au repos.

QUESTIONNAIRE D’AIDE À LA CLASSIFICATION NYHA

Réponses du patient sans hésitation ?

Classe III

OUI

NON

OUI NON

3b Le patient est-il obligé quand il s’habille de s’arrêter ? OU A-t-il des symptômes quand il mange, quand il est debout, assis ou allongé ?

Classe II

OUI

Classe III

Classe I

Classe III

NON

NON

3a Le patient peut-il prendre une douche sans s’arrêter ? OU peut-il marcher d’un pas tranquille sur un terrain plat (500m) ? OU Peut-il… faire son lit ? passer la serpillière ? étendre le linge ? laver les carreaux ? jouer aux boules ? (pétanque) jouer au golf ? pousser la tondeuse à gazon ?

2b Le patient peut-il monter un étage d’escaliers en portant un enfant d’un an ou plus (-10 kg ou plus) ? OU Peut-il porter en terrain plat une bouteille de butane pleine (35 kg) ou un objet plus lourd ? OU Peut-il faire du jogging ? (1/2 heure), faire des travaux extérieurs comme bêcher la terre ? S’adonner à des loisirs tels que le ski alpin, le vélo, le football, le tennis ?

OUI

2a Le patient peut-il monter un étage d’escalier sans s’arrêter ? OU marcher d’un pas alerte sur terrain plat (500m) ? OU Peut-il… jardiner, ratisser, désherber, danser (slow) ?

NON

NON

OUI

OUI

1- Le patient peut-il descendre un étage sans s’arrêter ?

Classe IV


DOSSIER

50

INSUFFISANCE CARDIAQUE COMPRENDRE POUR TRAITER

SUIVI ET TRAITEMENT DU PATIENT COMMENT L’OPTIMISER ? Tableau 1 : Profil des patients à l’admission

Graphique 1 : Comparaison des prescriptions avec les études SHIFT et MERIT-HF

Graphique 2 : Evolution de la DE après traitement

L’Unité de traitement de l’insuffisance cardiaque du CHU Ibn Rochd, la seule unité de ce type en Afrique, a mené, entre mai 2006 et janvier 2011, une étude baptisée «  Profil Epidémiologique, Prise en charge et Evolution de 1578 patients avec Insuffisance Cardiaque Chronique ». L’objectif visait à octroyer des soins médicaux de qualité, un encadrement et un soutien interdisciplinaire aux patients insuffisants cardiaques sur une base ambulatoire avec accessibilité aux soins en médecine de jour. Les résultats de cette étude montrent de prime abord que le profil des patients insuffisants cardiaques au Maroc est similaire à celui identifié par les grandes études de référence telles que SHIFT (Systolic Heart Failure Treatment with the If Inhibitor Ivabradine Trial) et MERIT-HF (Métoprolol CR/ XL Randomized Intervention Trial in congestive Heart Failure)(voir tableau 1 : Profil des patients à l’admission). L’âge moyen des patients

était de 64,82 ans, en majorité des hommes (65 %). Les facteurs de risque cardiovasculaire les plus fréquemment retrouvés ont été l’HTA (26 %), le tabac (22 %), le diabète (21 %), la sédentarité (13 %), la dyslipidémie, l’obésité et la ménopause (6 % chacun). A l’admission, 58 % des patients se trouvaient en classe II (NYHA), 28  % en classe III, 10 % en classe I et 4 % en classe IV. Quarante neuf pour cent avaient une fréquence cardiaque supérieure à 80 battements par minutes, 76 % des QRS fins à l’électrocardiogramme et 24 % des QRS larges. La majorité, 60,18 %, présentait une fraction d’éjection du ventricule gauche inférieure à 35 %. Enfin, l’étiologie de l’insuffisance cardiaque était ischémique dans 55,67 % des cas. L’équipe, qui a pris en charge ces patients en hôpital de jour, a prescrit des IEC dans 89 % des cas, des bétabloquants dans 80 % des cas, de la spironolactone dans 50 % des cas

et des diurétiques dans 40 % des cas. Ces chiffres prouvent que les recommandations internationales ont été bien suivies puisqu’ils s’inscrivent dans la moyenne des prescriptions des études SHIFT et MERIT-HF (voir graphique 1 : Comparaison des prescriptions avec les études SHIFT et MERIT-HF). Par ailleurs, en ce qui concerne les bétabloquants, 50 % des prescriptions ont atteint 50 % de la dose cible et le reste a atteint la dose cible. L’évolution de l’état des patients est remarquable puisque grâce au traitement et au suivi proposés, 53,5 % d’entre eux sont passés en classe I, contre 10 % seulement à l’admission (voir graphique 2 : évolution de la DE après traitement). De plus, au test de la marche de 6 minutes, la moyenne de mètres parcourue est passée de 121 à 365 et la fréquence cardiaque moyenne, qui s’élevait à 80,13 (à plus ou moins 17,24) initialement, est descendue à 64,12 bpm (à plus ou mois 15,04).

A l’issue de cette étude et compte tenu des résultats probants, l’équipe a formulé des recommandations destinées à optimiser le suivi et le traitement du patient.

Optimiser le circuit du patient

■ Développer les structures de prise en charge (hôpital de

■ Mise en place d’un suivi spécifique ; ■ En lien avec la médecine de ville ;

■ Travailler en ou avec un réseau ;

jour, consultations spécialisées) ;


INSUFFISANCE CARDIAQUE COMPRENDRE POUR TRAITER

■ Planifier la prise en charge dès l’hospitalisation initiale

ou le diagnostic.

Savoir s’entourer ■ Travailler avec un gériatre ! ■ Chercher à faire prendre en charge chaque comorbidité ; ■ Laisser œuvrer le médecin traitant et veiller à ce que le

Optimiser, c’est une posture ■ Viser la dose maximale tolérée ; ■ Toujours réessayer une introduction « ratée « de béta-

bloquants ;

patient se fasse suivre.

■ Profiter de toute amélioration tensionnelle ou de

Outils d’aide pour le suivi du patient/optimisation thérapeutique

fréquence cardiaque (post PM, etc.) pour tenter de majorer les traitements ; ■ Espacer les paliers, donner des doses filées mais… MONTER.

■ Formation aux recommandations ; ■ Identification des facteurs limitants « réels » ; ■ Réalisation régulière de registres d’analyse ; ■ Logiciels experts d’aide à la prescription :

Avoir les moyens de ses ambitions ■ Ne rien modifier, c’est simple ; ■ Un vrai suivi patient nécessite des moyens ;

- De suivi réel (rappel systématique des patients) ; - Permettant de faire face aux demandes des patients et correspondants ; - Proposant une alternative entre la consultation (démunie) et l’hospitalisation (coûteuse) ; ■ Avec des outils d’aide à la prescription.

- « Neutres » ; - Basés sur des référentiels indiscutables ; - Faciles à utiliser ; - Disponibles.

Impliquer davantage les patients et leurs familles ■ Par l’éducation thérapeutique du patient vis-à-vis de

sa maladie, de son traitement et des signes d’alarme ; ■ Formation des proches ; ■ Formation des aides de vie ; ■ Être convaincant… sans quoi le patient ne sera pas

convaincu ! Il faut surveiller la compliance, car une thérapeutique non prise n’est pas efficace et placer le patient au centre de la prescription.

PRISE EN CHARGE RÉSUMÉ DES RECOMMANDATIONS EUROPÉENNES Les recommandations formulées par la Société Européenne de Cardiologie (SEC) préconisent que : ■ Le diagnostic d’insuffisance cardiaque

doit être confirmé par des examens objectifs, notamment fondés sur l’échocardiographie et le dosage des marqueurs sériques spécifiques (peptides natriurétiques). ■ Chez les patients atteints d’insuffisance cardiaque, il y a lieu de prescrire un IEC (inhibiteur de l’enzyme de conversion de l’angiotensine) en traitement de première intention et d’associer

d’emblée un bêta-bloquant, s’il s’agit de patients symptomatiques. Les antagonistes de l’aldostérone doivent également être utilisés chez les patients insuffisants cardiaques présentant une maladie plus évoluée. ■ Le recours aux IEC, aux bêta-bloquants et aux antagonistes de l’aldostérone est considéré comme impératif, car ces médicaments améliorent la survie et réduisent la morbidité. ■ Chez les patients tolérant mal les IEC,

il y a lieu de prescrire un antagoniste des récepteurs à l’angiotensine. ■ Chez les patients présentant une insuffisance cardiaque de stade avancé, il conviendra de recourir aux approches non pharmacologiques, telles que la pose d’un stimulateur cardiaque spécifique (traitement de resynchronisation cardiaque) associé ou non à un défibrillateur implantable, en plus de la prescription d’un traitement médical.

Source Shape « Charte du patient insuffisant cardiaque »

DOSSIER

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INTERVIEW INSTITUTIONNEL

« AUJOURD’HUI, LA PHARMACIE EST MALADE ET NOUS AVONS BESOIN DE MESURES D’ACCOMPAGNEMENT POUR SORTIR DE CETTE SITUATION DE CRISE » DR OUALID AMRI, PRÉSIDENT DE LA FÉDÉRATION NATIONALE DES SYNDICATS DES PHARMACIENS DU MAROC


INTERVIEW

Oualid AMRI

PRÉSIDENT DE LA FÉDÉRATION NATIONALE DES SYNDICATS DES PHARMACIENS DU MAROC DEPUIS LE MOIS DE DÉCEMBRE 2011, OUALID AMRI VIENT D’ÊTRE RECONDUIT À LA PRÉSIDENCE DU SYNDICAT DES PHARMACIENS DE CASABLANCA POUR UN MANDAT DE DEUX ANS. POUR CE PHARMACIEN D’OFFICINE, « ÊTRE PRÉSIDENT EST JUSTE UN TITRE » CAR LE TRAVAIL EST AVANT TOUT ACCOMPLI PAR UNE ÉQUIPE, UN BUREAU SOUDÉ QUI A LA MÊME VISION POUR L’AVENIR DE LA PROFESSION. IL EST LÀ POUR DÉFENDRE LA PROFESSION ET CONSIDÈRE QUE SON SEUL PARTI POLITIQUE, C’EST L’OFFICINE ET SON AVENIR, COMME IL AIME À LE DIRE.

Doctinews. Avant d’être président de la Fédération nationale des syndicats des pharmaciens, vous êtes d’abord pharmacien d’officine. Pouvez-vous nous décrire les spécificités de ce métier au Maroc ? Oualid Amri. Le pharmacien d’officine joue un rôle très important dans la société marocaine à plusieurs niveaux. Bien sûr, il dispense des médicaments. Mais il est d’abord là pour conseiller, accompagner le citoyen, le patient. Il joue un rôle d’éducateur social très important, souvent méconnu et peu valorisé et il participe à de nombreux actes de la vie quotidienne bien au-delà de la dispensation des médicaments. Ensuite, et surtout, les pharmaciens forment à eux tous une grande entreprise de microcrédit pour les citoyens dont le pouvoir d’achat est faible et qui achètent leurs médicaments à crédit en attendant le remboursement d’un organisme de prévoyance ou le versement de leur salaire. Une pharmacie d’officine accorde en moyenne entre 50 à 60 000 dirhams de crédit mensuel gratuit (parfois jusqu’à 200 000), alors qu’elle est déjà dans un état de précarité, son rôle est donc social et multiple. En qualité de président de la Fédération, quelle est votre vision à propos de son rôle ? La fédération est l’émanation d’une cinquantaine de syndicats. Son rôle est très important car elle défend l’avenir de la profession, le quotidien de l’officinal. Nous sommes là pour donner notre avis et défendre à tous points de vue l’avenir de la profession par rapport à la politique générale de notre ministère de tutelle et du gouvernement en général, donner notre avis, notre vision et nos attentes par rapport à notre profession et par rapport au médicament au Maroc. Cependant, la fédération est composée d’une quinzaine de membres de divers horizons représentant toutes les régions du royaume, y compris nos provinces sahariennes, donc une bonne répartition des représentants des

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syndicats au niveau de la fédération. Nous avons conscience que chaque région a ses spécificités dans l’exercice du métier de pharmacien. Pour avoir une vision globale et construire une stratégie pour la profession, nous avons besoin de connaître les doléances de chacun, aussi convient-il de nous enrichir des idées de tous. La fédération, qui est là pour exercer ce rôle, doit être accompagnée de toute l’intelligence qui forme la profession. Nous ne voulons plus travailler en situation de crise. Nous voulons définir une vision à court, moyen et long terme qui soit celle de la profession dans son ensemble. Nous allons nous inspirer des expériences d’autres pays, apprendre d’elles pour ne pas répéter les mêmes erreurs de ces pays et essayer de trouver les meilleures solutions pour sauver ce secteur hautement stratégique dans le système de santé et de soins dans notre pays, tout en tenant compte de nos propres spécificités. La fédération, avec le conseil national de l’Ordre des pharmaciens, vient d’élaborer un projet de texte relatif à l’Ordre des pharmaciens. En quoi l’implication de la fédération était-elle nécessaire? Lorsque nous avons rencontré notre nouveau ministre de tutelle, le professeur Louardi, nous avons exposé nos doléances. Parmi ces dernières figuraient la régionalisation et la refonte des textes de loi du conseil de l’Ordre. On nous a demandé de présenter un projet. Depuis des années, rien n’a bougé dans ce sens. La profession est régie par un conseil de l’Ordre par intérim en attendant des élections, une situation qui dure depuis quelques années maintenant. La fédération est l’émanation de cette population pharmaceutique. Nous représentons les syndicats qui exercent quotidiennement dans leur ville et qui sont à l’écoute et plus proches du pharmacien de la base que ne l’est le conseil de l’Ordre tel qu’il fonctionne aujourd’hui. Donc, nous avons invité toutes les parties à participer à la refonte du texte car il s’agit de l’avenir


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INTERVIEW INSTITUTIONNEL

de la profession. Même si une chaise est restée vide, toutes les parties ont participé à ce travail : fédération, Cnops, pharmaciens universitaires, du secteur public, etc. Nous avons travaillé à partir d’une ébauche de texte, préparée à l’époque où feu Abderrahim Harrouchi était ministre de la Santé, laquelle, depuis, est restée en l’état. Aujourd’hui, nous avons transmis ce projet à tous les syndicats, à nos consoeurs et confrères afin qu’ils donnent leur avis avant de proposer le texte au ministère.

Des critiques se font déjà entendre, notamment en ce qui concerne la représentativité des pharmaciens d’officine au sein du conseil et du vote par correspondance dont il n’est pas fait mention. Souhaitez-vous répondre sur ces points ? Je voudrais dire deux choses à ce propos. Tout d’abord, la critique est positive et permet d’avancer à condition qu’elle soit constructive. Ensuite, ce projet de texte relatif au conseil de l’Ordre n’appartient pas à la fédération. La fédération a juste eu le Quelles sont les principales innovations courage de travailler sur le projet et d’inviapportées au texte en vigueur et ter tout le monde à participer pour pouvoir pourquoi ? avancer. Aujourd’hui, personne ne pourra Nous avons introduit la notion de section se permettre de dire ce projet m’appartient car les intérêts de chacun diffèrent. Au- ou non. Il appartient aux 12 000 pharmajourd’hui, par exemple, dans le texte pro- ciens du Maroc, officinaux, industriels, du posé, les industriels auront secteur public… grâce leur section, les répartià qui le conseil existe. Il teurs la leur. Aujourd’hui, s’agit d’un projet d’avenir ils sont représentés par pour la profession que personne ne peut s’accaparer. un seul conseil, alors que IL FAUT SAVOIR À propos de la représenleurs contraintes et leurs QUE DEPUIS tativité des pharmaciens attentes ne sont pas forDIX-SEPT ANS, d’officine qui était décecément les mêmes. Les vante, le projet a été revu. pharmaciens du secteur LE PRIX DU En ce qui concerne les public, et ceux universiMÉDICAMENT modalités de vote qui n’ont taires, n’ont aucun statut N’A PAS pas été mentionnées dans alors qu’ils ont droit à une AUGMENTÉ D’UN le texte qui, je le rappelle, représentation, au même CENTIME. n’est pas définitif, il est titre que les autres, à trahors de question d’instauvers une section. Ce mode de fonctionnement perrer le vote par corresponmettra au conseil de jouer pleinement son dance. La démocratie passe par les urnes. Il rôle d’interlocuteur vis-à-vis des autorités, faut que les pharmaciens se déplacent pour de garant des intérêts, de régulateur… pour leur avenir, pour défendre leur profession. l’ensemble de la profession. Nous avons également introduit le principe Il s’agit d’un projet. Combien de de la régionalisation pour une plus juste temps faudra-t-il pour qu’il soit mis en représentativité. Actuellement, le conseil application ? régional de l’Ordre des pharmaciens Nous ferons ce qui est possible pour qu’il soit du nord siège à Rabat et celui du sud mis en place rapidement. La régionalisation à Casablanca. Le pharmacien d’Oujda prendra peut-être un peu de temps, mais est représenté par une instance établie à nous espérons organiser des élections dans Rabat, celui de Dakhla par une instance les plus brefs délais pour avoir un conseil établie à Casablanca. La régionalisation national très fort, émanant des urnes et, surpermettra une meilleure compréhension tout, d’un scrutin démocratique. et la gestion des difficultés quotidiennes grâce à une meilleure maîtrise de la réalité Actuellement, quel est votre chantier de terrain. Tout ceci est un projet sur lequel prioritaire ? a travaillé une commission représentant La viabilité du secteur d’officine. Je prends les différentes parties et nous attendons un exemple : le gouvernement et, à travers les remarques des uns et des autres pour lui, le ministère de la Santé, a une nouvelle pouvoir doter les pharmaciens de textes et vision de la politique du médicament. Nous d’un conseil à la hauteur de leurs attentes. sommes preneurs, mais il faut savoir que

cette politique ne doit en aucun cas mettre en péril le secteur de l’officine. Il n’est pas concevable de mettre en place une politique du générique sans impliquer le pharmacien. Je prends un autre exemple : la baisse des prix du médicament princeps. En un an, les prix de 400 spécialités ont diminué. Cette mesure, certes positive pour le citoyen, a eu des répercussions sur notre chiffre d’affaires et aucune mesure d’accompagnement n’a été prévue pour le pharmacien. Prenons le cas d’un pharmacien d’officine qui a démarré son activité en 1995. Depuis 17 ans, le prix du médicament n’a pas augmenté d’un centime. Il faut le savoir. De plus, de 2 000 officines en 1995, nous sommes passés à 12 000 aujourd’hui. En 1995, le chiffre d’affaires d’une officine s’élevait à 2,5 millions de dirhams en moyenne. Aujourd’hui, il est de 600 000 dirhams et, durant tout ce temps, le coût de la vie a explosé. En principe, cette pyramide aurait dû être inversée. Nous assistons à une paupérisation de la population des pharmaciens d’officine. Aujourd’hui, certains ne gagnent même pas le Smig et beaucoup d’entre eux vont finir par s’inscrire au Ramed si des solutions ne sont pas mises en place. Le Ramed, justement, peut-il avoir des conséquences négatives sur l’activité de l’officine en général ? Nous sommes pour le Ramed, mais nous sommes aussi pour la dispensation du médicament dans la pharmacie. Chacun a son rôle à jouer. L’hôpital soigne, le pharmacien met à disposition le médicament. Quitte à trouver un moyen pour rémunérer le pharmacien dans le cadre de la liste de médicaments dédiée au Ramed. Dans d’autres pays, les patients se font soigner à l’hôpital et obtiennent leurs médicaments dans une pharmacie sur présentation d’une ordonnance. N’oublions pas non plus que les pharmaciens dans le secteur public sont en sous-effectif. Pourront-ils répondre, à eux seuls, à la demande de l’ensemble des bénéficiaires du Ramed ? Cette situation n’est-elle pas amenée à évoluer ? Nous allons demander un partenariat public/privé comme les médecins le font pour le Ramed. Nous sommes prêts et ouverts à la discussion. Nous réfléchissons à des solutions qui permettraient de préserver les intérêts de tous -malades, pharmaciens et


INTERVIEW Etat. Peut-être faudra-t-il créer une agence de régulation susceptible de faire appliquer les règles qui seront définies. La mise en place de l’AMO (Assurance maladie obligatoire) a-t-elle eu des conséquences positives sur l’activité de l’officine ? Aucune, et je suis prêt à défier quiconque dira que la pharmacie en a profité. Comment l’expliquez-vous ? Même si l’on considère que l’AMO offre une couverture médicale à 25 % de la population, ce dont je ne suis pas certain, ce régime s’est substitué à un autre (CNSS ou assurances privées). Nous ressentirons les effets de l’AMO lorsque la tranche de population qui n’a aucune couverture basculera vers ce régime, soit actuellement entre 30 à 40 % de la population. Il s’agit des professions libérales (médecins et pharmaciens compris), des travailleurs indépendants, des commerçants… Ici, et ailleurs, le mode de rémunération des pharmaciens fait débat. Quelles sont les orientations préconisées par la fédération pour améliorer le niveau de vie des pharmaciens ? Le pharmacien peut espérer plusieurs niveaux de rémunération en fonction du service qu’il rend ou de son activité. Tout d’abord, la rémunération de l’acte pharmaceutique. Prenons l’exemple d’une caisse d’assurance qui réalise des économies grâce à la substitution. Ne pourrait-elle pas répercuter une partie de cette économie sous forme de rémunération au pharmacien ? Il faut également introduire un statut pour les médicaments OTC (Over The Counter). Dans d’autres pays, par exemple, certains médicaments ont un prix prescription et un prix hors prescription. La caisse de prévoyance définit un prix de remboursement, mais ces médicaments sont vendus plus cher en automédication. Même principe lors des gardes. Le paracétamol, qui coûte par exemple 2,30 euros, est dispensé à près de 5 euros par les pharmacies de garde. Au Maroc, le médecin, l’infirmier, l’agent de police… tous sont rémunérés pour leur garde. Sauf le pharmacien qui se rend disponible 24h/24 toute l’année. À ces modes de rémunération, il me semble important d’ajouter la formation continue et l’instauration d’un diplôme universitaire

pour la fonction soignante qui permettrait au pharmacien d’effectuer certains actes de soins au quotidien. Le pharmacien pourrait ainsi augmenter ses revenus et jouer pleinement son rôle de proximité pour accompagner le malade dans ses soucis de santé quotidiens. Il ne s’agit pas de se substituer au médecin, mais d’exercer une fonction soignante dans un cadre de compétences reconnues.

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Il semblerait que le ministère réfléchisse à la mise en place de nouveaux critères d’autorisation d’ouverture des officines (démographie et volumes des dépenses en médicaments). Qu’en pensez-vous ? Le 300 mètres vol d’oiseau est un acquis et nous ne pouvons plus faire marche arrière. Nous sommes trop nombreux au Maroc. L’OMS (Organisation mondiale de la santé) préconise une pharmacie pour 5 000 habitants, le Maroc en compte une pour 3 000. S’il s’agit d’ajouter le numerus clausus, cela aurait dû être mis en place depuis une quinzaine d’années. Je pense qu’il faut orienter les futurs pharmaciens vers l’exercice de la profession en milieu hospitalier, dans les entreprises agro-alimentaires…

Le développement de l’activité de la parapharmacie ne représente-t-il pas une opportunité pour augmenter le revenu de l’officine ? Les pharmaciens devraient développer davantage cette activité qui profite à d’autres car, excepté dans les cinq plus grandes villes du Maroc, la parapharmacie est absente de Le nouveau gouvernement a conscience l’officine. Et même à l’intédes difficultés auxquelles rieur de ces villes, le pourest confrontée la centage du chiffre d’affaires profession. Il n’a lié à cette activité ne dépasse pas hésité à qualifier pas 10 à 20 %. Pour aider au d’obsolète le code des LE développement, les automédicaments et de la GOUVERNEMENT rités doivent instaurer plus pharmacie actuellement VEUT DIMINUER de contrôle sur les produits en vigueur, à remettre de parapharmacie, objets en question l’existence LE PRIX DES de contrebande, et obliger de pharmacies au sein MÉDICAMENTS, tous les commerçants à de cliniques… Comment QU’IL LES recruter un pharmacien qui se sont déroulés les EXONÈRE TOUS engagerait sa responsabilité échanges que vous avez DE LA TVA. sur la vente de ces produits. pu avoir jusque-là ? Dans un autre registre, il Nos échanges sont très est également urgent de constructifs, le ministre publier l’arrêté qui permettra aux officines connaît bien le secteur et est très au de proposer des dispositifs médicaux et courant des problèmes que rencontre la des produits stériles, comme le veut la loi, profession. Il souhaite nous accompaet de veiller au respect du circuit de distri- gner et il a conscience que la loi 17-04 bution des médicaments. Aujourd’hui, des comporte des aberrations. Maintenant, industries et des grossistes jouent le jeu de nous sommes dans l’attente d’actions la transparence et du respect. Ceux qui ne concrètes car tout est lié et conditionle font pas encore doivent savoir qu’il n’est né à des négociations avec d’autres jamais trop tard pour bien faire. organismes, ministères… Mais nous ne pourrons pas attendre longtemps. Comment avez-vous accueilli la décision Aujourd’hui, la pharmacie est malade et d’allonger la liste des médicaments nous avons besoin de mesures d’accomexonérés de TVA (diabète, hypertension, pagnement pour sortir de cette situation asthme…) ? de crise (mesures fiscales et d’accompaSi une TVA a été supprimée sur certains gnements économiques). Nous sommes médicaments, j’applaudis. Mais j’aimerais face à de nombreux challenges, l’exercice qu’elle disparaisse pour tous les médica- de notre métier évolue, la profession ments. Il est inconcevable de pénaliser par doit s’investir, participer aux débats et une taxe un malade déjà pénalisé par sa aux tables rondes, s’impliquer davanmaladie. Le gouvernement veut diminuer tage dans les élections des organismes le prix des médicaments, qu’il les exonère professionnels… Elle doit s’unir pour construire son avenir. tous de la TVA.


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INSTITUTIONNEL

COLLÈGE SYNDICAL DES MÉDECINS SPÉCIALISTES PRIVÉS

SALLE COMBLE POUR L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE LE 30 MARS DERNIER, LE COLLÈGE SYNDICAL NATIONAL DES MÉDECINS SPÉCIALISTES PRIVÉS (CSNMSP) A TENU SON ASSEMBLÉE GÉNÉRALE FACE À UNE SALLE COMBLE. À L’ORDRE DU JOUR, L’AMO (ASSURANCE MALADIE OBLIGATOIRE) ET LA QUESTION DE SON AVENIR, LE RAMED (RÉGIME D’ASSISTANCE MÉDICALE) ET LA COUVERTURE MÉDICALE DES MÉDECINS.

Dr Abdelouahed AMBARI

Dr Saâd AGOUMI

Dr Moulay Saïd AFIF

Dr Rachid BENNIS

Dr Farouk IRAQUI

COUVERTURE MÉDICALE ET RETRAITE DES MÉDECINS « L’AMO nous tient à cœur et nous aurions souhaité que les pouvoirs publics acceptent enfin que les médecins puissent bénéficier de cette couverture sociale. Il n’est pas normal que ceux qui prodiguent les soins soient ceux qui s’en voient privés lorsqu’ils sont malades », a introduit le Dr Abdelouahed Ambari, président du conseil de l’Ordre des médecins de la région centre. Pour intégrer les médecins au régime de l’AMO, la loi 65-00 doit subir quelques aménagements. Entre la décision gouvernementale, l’élaboration du projet de loi et son adoption, deux à trois ans seront nécessaires. « Nous y arriverons », a indiqué le Dr Saad Agoumi, président du Collège.

Mais en attendant, l’organisme représentatif continue de prospecter pour offrir à ses membres une couverture adaptée. Deux propositions sont à l’étude, l’une émanant de la couverture médicale de France et l’autre de la CMIM (Caisse marocaine interprofessionnelle mutuelle). « Nous avons remis un cahier des charges à la couverture médicale de France et nous attendons l’offre financière », a expliqué le Dr Saâd Agoumi. En ce qui concerne la CMIM, il ne manque que la dérogation du ministère pour finaliser le dossier. « La CMIM a réaffirmé sa disponibilité à nous prendre en charge bien que nous ne soyons pas salariés. Nous avons rencontré le secrétaire

général du ministère des Finances pour obtenir une dérogation. Il va transmettre notre dossier au bureau des assurances du ministère ». Un dossier bien avancé contrairement à celui de la retraite pour lequel le pessimisme est de rigueur. «  À ce jour, nous n’avons aucune proposition de la part des caisses de retraite. La CIMR n’a même pas voulu nous recevoir », a regretté le président du Collège qui, par ailleurs, a tenu à rappeler l’obligation qui sera bientôt faite à la profession de souscrire une assurance responsabilité civile. « Seuls 15 % des médecins sont assurés à ce titre. La situation est dangereuse », a-t-il conclu.

besoins. Ils seront rémunérés à l’acte, au tarif établi entre l’AMO et les hôpitaux publics, soit une consultation à 100 dirhams. « La loi est prête, mais le décret d’application n’a pas été signé par l’ancien ministère des Finances qui nous opposait une f in de non recevoir », a déclaré le Dr Saâd Agoumi avant d’an-

noncer : « Le décret vient d’être signé par le ministre des Finances ». Une bonne nouvelle, conditionnée toutefois par la défiscalisation. « Nous avons demandé que cette rémunération soit entièrement déf iscalisée à la source », a poursuivi le président. La commission de la fiscalité du ministère étudie le dossier.

PARTENARIAT PUBLIC/PRIVÉ « En 2008, nous avons signé un partenariat public/privé permettant aux médecins du secteur privé d’accéder aux hôpitaux », a rappelé le Dr Saâd Agoumi, président du Collège. Ce partenariat doit permettre aux médecins spécialistes du secteur privé d’exercer dans les hôpitaux publics en fonction des


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INSTITUTIONNEL

AMO ET MÉMORANDUM D’ENTENTE Le Dr Moulay Saïd Afif, secrétaire général du Collège syndical national des médecins spécialistes privés, a rappelé les dispositions figurant dans le mémorandum d’entente signé par les ministres de la Santé et de l’Emploi de l’ancien gouvernement et les différents partenaires « Ce mémorandum stipule l’instauration de deux conventions séparées, une pour les médecins et l’autre pour les cliniques, pour arriver à une séparation au niveau des

honoraires », a-t-il détaillé. D’autres dispositions, telles que la revalorisation de la consultation, de la réanimation… sont inscrites au mémorandum. Jusque-là, elles n’ont pas été appliquées. « Pour que le mémorandum soit respecté », a poursuivi le secrétaire général du collège, « des adaptations réglementaires de la loi 65-00 sont nécessaires, particulièrement celle permettant au ministre de la Santé d’imposer les tarifs. Nous avons demandé une réunion avec

toutes les parties : ministère de la Santé (l’Anam est sous la tutelle du ministère de la Santé), ministère de l’Emploi (la Cnops et la CNSS sont sous la tutelle du ministère de l’Emploi) et ministère des Finances, pour faire avancer le dossier. Nous voulons une séparation des conventions et nous avons demandé au ministre d’instaurer un secteur 2 avec un dépassement de 50 % ». Le collège a également demandé une application stricte de la nomenclature.

la négociation, comme le salariat du médecin auquel nous étions opposés ». Si le Collège a accueilli favorablement la possibilité de former des cabinets de groupe dans un cadre juridique défini et s’est inscrit positivement dans la démarche de répartition des compétences médicales pour combler le déficit en ressources humaines dans certaines régions, il s’oppose, en revanche, à l’autorisation d’exercice qui pourrait être donnée aux médecins étrangers dans un pays ou l’offre de soins dépasse la demande. Il émet également d’importantes réserves quant à l’ouverture du capital des cliniques aux non médecins. « Nous sommes convaincus de la nécessité, avant toute ouverture du

capital, de définir des textes qui protègent les valeurs déontologiques de notre métier, en particulier l’indépendance professionnelle du médecin responsable devant son malade. Nous défendons le secret médical, le libre choix du médecin par le patient et, pour éviter toute subordination du médecin, nous insistons pour que les honoraires des médecins soient versés séparément des cliniques. Enfin, il nous semble nécessaire de définir quelles seront les relations entre le médecin et le capital, quelle place aura le médecin dans le conseil d’administration, quel sera son pouvoir de décision pour l’équipement de la clinique, l’exercice de la médecine dans la clinique… », a indiqué le Dr Rachid Bennis.

EXERCICE DE LA MÉDECINE Le projet de réforme de la loi 10-94 a fait l’objet de nombreuses négociations durant de longs mois, portant notamment sur l’ouverture du capital des cliniques aux non médecins, le salariat des médecins, l’association des médecins dans le cadre de cabinets de groupe, la carte sanitaire et la question de l’autorisation d’exercice pour les médecins étrangers. « Au cours de ces négociations, le Collège a été ouvert à la concertation, à la discussion », a indiqué le Dr Rachid Bennis , secrétaire général adjoint du Collège. « Or, nous avons été surpris de voir que le projet qui a été déposé au secrétariat général du gouvernement par l’ex-ministre de la Santé remettait en cause certains aspects de

POSITION DE L’ASSOCIATION NATIONALE DES CLINIQUES PRIVÉES (ANCP) « Mon intervention sera la réponse officielle de l’ANCP au débat sur la refonte de l’exercice de la médecine », a précisé d’emblée le Dr Farouk Iraqui, président de l’ANCP.  Notre motivation première consiste à sauvegarder les acquis de nos patients, à les renforcer et à les étendre. Dans le débat qui est ouvert aujourd’hui, il s’agit de poser les bonnes questions afin d’aboutir à une réforme globale qui bénéficie de l’approbation de la majorité des médecins, voire de l’ensemble du corps médical, et je suis convaincu que c’est possible. Ce qui sera décidé dans les jours ou les semaines qui viennent va influer à jamais sur notre pratique quotidienne (...) Afin que notre réflexion commune puisse aboutir à des réformes législatives viables et profitables à nos patients, il est nécessaire, de notre point de vue, d’expliquer le pourquoi de cette réforme et les avantages qu’elle est censée apporter à la santé au Maroc. Les médecins veulent comprendre

ce qui va changer pour eux et pour leurs patients (...) La question posée, à savoir l’entrée dans le capital des non médecins, peut sembler anodine, voire même attractive si elle est prise isolément par rapport aux autres propositions de réforme. Mais placée dans le contexte de la réforme telle que soumise à notre réflexion, elle livre toutes les facettes de ses insuffisances si elle venait à être dissociée des autres réformes (...) L’offre de soins au Maroc dépasse la demande d’où la question : la réforme consiste-t-elle à construire de nouvelles structures ou tout simplement à céder celles qui existent ? L’une de nos craintes est que les premiers lésés seront les médecins. Quelle garantie leur sera donnée pour le maintien de leurs honoraires et pour leur liberté d’action ? (...) Sommes-nous prêts à sacrifier notre indépendance et à subodorer à des réalités purement commerciales et spéculatives ? Si les médecins continuent à investir dans ce secteur, c’est tout simplement

parce qu’ils n’ont pas le choix pour exercer leur métier. Notre relation patient/médecin revêt un caractère humanisé que nous ne souhaitons pas perdre au profit du seul rendement financier. Notre équilibre budgétaire est fragile et demandez donc à nos gestionnaires d’assurance s’ils ne vont pas être déstabilisés eux-mêmes par cette réforme ? Organiser l’entrée du capital non médical ne date pas d’aujourd’hui. Les exemples foisonnent et sont marqués par un échec. Allons-nous généraliser une pratique qui a montré ses limites ? Notre position est motivée en premier lieu par l’intérêt de nos patients et, accessoirement, par nos intérêts propres. Nous ne ferons jamais de la résistance de principe et du conservatisme, mais nous exprimons clairement notre point de vue. Nous sommes réceptifs et constructifs pour toute réforme qui mettra en avant l’intérêt du patient et son libre choix et qui sauvegardera l’autonomie du médecin. »


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THÉRAPIE COGNITIVO-COMPORTEMENTALE

DES INDICATIONS MULTIPLES LES PSYCHOTHÉRAPIES SONT DES MÉTHODES DE TRAITEMENT PSYCHOLOGIQUE SE FONDANT SUR LA COMMUNICATION AVEC UN THÉRAPEUTE FORMÉ À LA TECHNIQUE DE PSYCHOTHÉRAPIE QU’IL PRATIQUE. LA THÉRAPIE COGNITIVO-COMPORTEMENTALE EST UNE PSYCHOTHÉRAPIE BASÉE SUR L’APPLICATION DE LA MÉTHODE EXPÉRIMENTALE À LA PSYCHOTHÉRAPIE. Avec la collaboration du Dr Nadia KADIRI, Professeur de psychiatrie.

S

elon la perspective cognitivocomportementale , l’être humain vient au monde riche de tout un ensemble de bagages génétiques et physiologiques sur lesquels il pourra s’appuyer pour interagir avec son environnement et effectuer les apprentissages nécessaires à la gestion des situations auxquelles il sera confronté. Trois outils principaux lui permettent d’être en relation avec son environnement : les cognitions, les émotions et les comportements. Le terme « cognition » regroupe les pensées, les images, les souvenirs qui permettent à la personne de penser le monde qui l’entoure, de l’appréhender par la raison, de lui donner un sens, de décoder les informations qui lui en parviennent et de les traiter. Le terme « émotion » regroupe les affects de la personne (angoisse, peur, tristesse, colère, joie, plaisir, etc.) et ses sensations physiologiques (accélération du rythme cardiaque, bouffée de chaleur, nœud dans l’estomac, boule dans la gorge, etc.). Le terme comportement correspond à ce

que fait l’individu (acte, action motrice), ce sions de son fonctionnement psychique qu’il dit (discours, comportement verbal), et comportemental, afin de l’amener à les ce qu’il exprime par ses attitudes, ses modifier de façon progressive et rationnelle. regards, la position de son corps, le ton En France, selon un rapport publié en 2004 de sa voix, etc. (comportement non par l’Institut national de la santé et de la reverbal). cherche médicale (INSERM), l’efficacité de Ces trois niveaux « cognition/ la thérapie cognitivo-comportementale a été émotion/comportement » sont en cliniquement prouvée dans le traitement de constante relation et s’influencent 15 troubles mentaux sur 16. les uns les autres : il n’est pas pos- Ses bénéfices ne sont plus à démontrer. Elle sible qu’une cognition apparaisse sans est utilisée aujourd’hui avec succès dans la qu’une émotion ne soit éprouvée (aussi prise en charge de plusieurs troubles mendiscrète soit-elle) ou qu’un comportement taux. La dépression (unipolaire et celle en(aussi peu visible soit-il) ne soit adopté. trant dans le cadre d’un trouble bipolaire) L’émotion éprouvée entraîne à son tour et les troubles anxieux (trouble panique, des modifications cognitives et comporte- agoraphobie, phobie sociale, phobie simple, mentales qui produiront, trouble obsessif compulsif, en réaction, une nouvelle anxiété généralisée et synmodification dans les autres drome de stress post-trauniveaux et ainsi de suite. matique) en sont les indicaLa thérapie cognitivotions majeures. l’efficacité de comportementale (TTC) Elle est aussi indiquée dans la TCC a été est appliquée de manière la prise en charge de percliniquement collaborative et socratique. turbations psychologiques prouvée dans Elle est basée sur l’établiscomme les troubles de l’esle traitement sement d’une compréhentime de soi, le manque de sion partagée entre patient confiance en soi et l’affirmade 15 troubles et thérapeute du problème. tion de soi, qui constituent mentaux sur 16. À travers cette thérapie, des facteurs de risque pour le thérapeute et le patient les troubles mentaux. Le identifient le problème, le champ d’application de la mode de son installation, de déclenchement TCC comprend également les dépendances et de maintien. Le thérapeute propose des psychologiques, comme la toxicomanie et méthodes pour changer ce fonctionnement, l’addiction aux jeux vidéo. Les méthodes le patient les met en pratique. Ils évaluent les issues de cette thérapie ont aidé les patients à résultats afin de les généraliser. rompre le cycle de la dépendance et à retrouver leur liberté. Un champ d’application très vaste Par ailleurs, les prévalences élevées de la déBasée sur des expérimentations cliniques, pression, de l’anxiété ou des idées suicidaires la thérapie cognitivo-comportementale survenant lors d’affections somatiques chroconsiste à repérer avec le patient les distor- niques ou graves soulignent l’importance de


ALTERNATIVE la prise en charge psychologique et sociale des patients présentant ce genre de pathologies. Certains traitements psychothérapiques se révèlent efficaces pour réduire l’anxiété, les symptômes dépressifs et la douleur chez les sujets cancéreux. Plusieurs études ont même montré qu’ils prolongeraient leur survie, sans que le mécanisme physiologique impliqué, endocrinien ou immunologique, n’ait été élucidé. Aussi, l’expérience acquise en matière de prise en charge des patients a permis d’apprécier l’importance du volet psychologique et du contexte socioculturel à toutes les étapes du processus de soins. La médecine comportementale et cognitive est l’application des sciences du comportement à la compréhension et au traitement des problèmes médicaux. Ses objectifs sont la mise en évidence et la modification des relations existant entre des comportements observables, des variables émotionnelles et cognitives, des stratégies d’ajustement de l’individu, le fonctionnement physiologique et la maladie. Cette discipline a permis le développement de techniques et de stratégies où les principes du changement comportemental et de la modification cognitive sont appliqués au traitement et à la prévention de maladies physiques. Elle représente aujourd’hui un vaste domaine interdisciplinaire où se retrouvent toutes les spécialités médicales, la médecine du travail, la psychiatrie et la psychologie. Ainsi, la TCC trouve aussi son indication dans les maladies cancéreuses, chroniques, douloureuses ou psychosomatiques, les somatisations chez des patients avec des signes fonctionnels importants, alors que les examens physiques et paracliniques restent normaux et les troubles psychologiques survenus suite à des événements traumatiques naturels (tremblements de terre, inondations…) et non naturels (actes de terrorisme, accidents de la voie publique, noyade, guerre…). Enfin, les TCC trouvent des indications parmi des populations non malades, dans le cadre du coaching individuel et d’entreprise et dans les processus de développement personnel.

Déroulement de la thérapie La thérapie cognitivo-comportementale est structurée en plusieurs étapes. D’abord, le praticien effectue une analyse fonctionnelle qui lui permet de comprendre la nature du trouble à traiter. Il s’appuie sur différentes

techniques de diagnostic utilisées en psychiatrie telles que l’échelle d’auto-évaluation et l’auto-enregistrement. Ensuite, il définit avec le patient les objectifs à atteindre. Il s’agit d’un « contrat » qui porte sur le but du traitement et les tâches à accomplir durant les différentes étapes de la thérapie. Vient alors l’étape de mise en œuvre du programme de traitement. Elle consiste à appliquer le programme de la thérapie, tout en tenant compte des capacités d’assimilation du patient. Enfin, le thérapeute évalue avec le patient les résultats obtenus au terme du traitement. Le suivi est d’au moins un an après la fin de la thérapie pour prévenir les rechutes. À la différence des autres types de thérapie, la relation praticien/patient dans le cadre d’une TCC n’est pas fondée uniquement sur les cinq composants non spécifiques de la psychothérapie, à savoir l’empathie, l’authenticité, le professionnalisme, la confiance mutuelle et l’acceptation du patient. Elle est également basée sur une relation de collaboration empirique ainsi que sur une attitude scientifique qui consiste à tester les différentes hypothèses thérapeutiques établies en commun. La TCC privilégie une démarche basée sur l’analyse fonctionnelle, elle-même basée sur une compréhension partagée du problème et une remise en question permanente de l’hypothèse d’origine. Une thérapie cognitivo-comportementale se déroule en plusieurs séances (10 à 25). Certains troubles mentaux, notamment les troubles de la personnalité, nécessitent toutefois une prise en charge plus longue (de 1 à 3 ans). Les techniques utilisées par les psychothérapeutes varient en fonction du type de trouble mental dont souffre le patient. Chaque séance de TCC, qui dure en moyenne une heure, est structurée en plusieurs étapes. Les techniques utilisées sont par ailleurs expérimentales et collaboratives.

Des techniques adaptées aux troubles L’exposition, qui compte parmi les méthodes les plus utilisées par les thérapeutes, est surtout préconisée pour le traitement des phobies, qu’elles soient spécifiques ou sociales : phobie des araignées, des avions, du sang, etc. Cette technique consiste à exposer le patient graduellement aux situations provoquant chez lui une anxiété. Les spécialistes en thérapie cognitivocomportementale ont recours à d’autres

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techniques pour aider leurs patients à retrouver un fonctionnement psychique normal, notamment la restructuration cognitive, le façonnement, la relaxation et, surtout, l’entraînement aux compétences sociales. Cette méthode, pratiquée le plus souvent en groupe, est indiquée pour les phobies sociales. À travers des jeux de rôles, le thérapeute aide le patient à mieux exprimer ses sentiments. À l’issue de la thérapie, le patient doit être en mesure d’affirmer davantage ses choix dans des situations réelles, en tenant moins compte des opinions négatives de son entourage. De part son très vaste champ d’application et ses techniques variées, la TCC constitue donc une alternative intéressante pour les personnes souffrant de troubles anxiodépressifs ou de phobies. C’est, en outre, une thérapie dynamique, ouverte à différents courants scientifiques et philosophiques. Pour preuve, les spécialistes en TCC ont adopté depuis quelques années des exercices de méditation issus du bouddhisme, ce qui ouvre de nouvelles perspectives de traitements pour les malades.

TCC ET SEVRAGE TABAGIQUE La TCC a été utilisée avec succès dans l’aide au sevrage tabagique. La thérapie vise à désapprendre au cerveau le réflexe du tabac déclenché par certaines émotions. Elle modifie progressivement le comportement du cerveau face à un stimulus de même nature, en l’incitant à créer d’autres connexions neurologiques qui facilitent le sevrage. Stress ne rime plus alors avec cigarette, mais serait plutôt associé au jogging ou au vélo. La TCC aide par ailleurs le fumeur à anticiper les situations « à risque » comme le stress, ou les situations de conflits. Pour qu’elle soit efficace, la thérapie cognitivo-comportementale doit être toutefois complétée par des traitements médicamenteux. Les rechutes ne sont pas rares, mais elles font partie du processus de sevrage. Le praticien réévaluera avec le patient la démarche suivie et lui proposera éventuellement une nouvelle technique de thérapie avec des traitements médicamenteux.


62 EN DIRECT DU CENTRE NATIONAL DE PHARMACOVIGILANCE

BEREZTEM ET SÉVÉRITÉ DU CARCINOME UROTHÉLIAL

UN LIEN AVÉRÉ LE CENTRE NATIONAL DE PHARMACOVIGILANCE VIA SON UNITÉ DE PHYTOVIGILANCE, LA SOCIÉTÉ MAROCAINE DE PHARMACOVIGILANCE, ET L’ASSOCIATION MAROCAINE DE FORMATION ET DE RECHERCHE EN ONCOLOGIE MÉDICALE, ONT ORGANISÉ UNE JOURNÉE SCIENTIFIQUE SUR LA TOXICITÉ DE LA PLANTE ARISTOLOCHIA LONGA.

L

es plantes du genre Aristolochia, auquel appartient la longa (appelée bereztem au Maroc), contenant des acides aristolochiques, principes toxiques de ces plantes, induisent des néphrotoxicités et des mutagénécités entraînant l’interdiction de leur utilisation dans plusieurs pays (France, Belgique, Taiwan, Canada, USA). La prise chronique de ces plantes est un facteur de risque dans le développement du carcinome urothélial. Il existe une corrélation positive entre la dose cumulée de l’acide aristolochique dans l’organisme et la sévérité du carcinome. Cette problématique constitue un problème de santé publique au Maroc vu la large utilisation de cette plante chez les patients cancéreux justifiant largement qu’une journée scientifique soit consacrée à la toxicité du bereztem.

cers, est très fréquente, souvent pour des considérations économiques mais aussi comme espoir de guérison. Il existe un vide juridique quant à la réglementation des plantes médicinales avec absence de textes de loi qui régissent les différents volets de la médecine traditionnelle au Maroc, à savoir l’exercice de la fonction d’herboristerie et la commercialisation des plantes médicinales. En effet, les plantes sont considérées par la population, comme des produits de santé à part entière, elles doivent obéir par conséquent, à des règles strictes comme pour les médicaments. Les professionnels de santé face à ces dangers, doivent attirer l’attention des patients sur les risques encourus suite à l’utilisation non rationnelle des plantes médicinales.

Une plante toxique en vente libre

Renforcer la pharmacovigilance des plantes médicinales ou phytovigilance

Au cours de cette manifestation, il a été établi que Bereztem ou Aristoloche, plante très dangereuse pour la santé, est disponible en vente libre chez les herboristes au Maroc, bien que le Dahir du 27 février 1923 (10 rejeb 1341) précise qu’il est spécialement interdit aux herboristes de mettre en vente toute plante vénéneuse ou toxique. Bereztem est une plante toxique  et sa vente doit être interdite. Son utilisation comme seul remède ou en association aux autres thérapeutiques contre les différents can-

Le Centre National de Pharmacovigilance est également un centre d’information sur les produits de santé, dont les plantes médicinales. Une équipe compétente est disponible 24h/24 pour recueillir les cas d’effets indésirables et répondre aux questions relatives à l’usage de ces produits. Une pharmacovigilance des plantes médicinales ou une phytovigilance performante doit être soutenue par l’autorité nationale de réglementation (grande faille du système national). Les profes-

sionnels de la santé et le patient sont invités à collaborer avec celle-ci, par la notification spontanée de tous les cas d’effets indésirables liés à l’usage des plantes médicinales. Les herboristes, partenaires du système national de phytovigilance, doivent cesser de vendre cette plante, considérée par l’OMS comme cancérigène par le biais de ses acides aristolochiques.


Sélection

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« L’ACCOMPAGNEMENT PSYCHOLOGIQUE DES ENFANTS MALADES »

UN GUIDE POUR LES PARENTS ET LES SOIGNANTS DEPUIS PLUSIEURS ANNÉES, LA PSYCHOLOGIE PÉDIATRIQUE EST DEVENUE UN CHAMP D’INVESTIGATION ET DE PRATIQUE À PART ENTIÈRE. DE NOMBREUSES CONTRIBUTIONS ONT DÉMONTRÉ SON UTILITÉ DANS LA PRISE EN CHARGE DES ENFANTS MALADES. L’OUVRAGE PRÉSENTÉ RASSEMBLE EXPLICATIONS ET RECOMMANDATIONS POUR MIEUX ACCOMPAGNER LES JEUNES PATIENTS ET L’ENTOURAGE DANS LEUR LUTTE CONTRE LA MALADIE.

L’ Titre : L’accompagnement psychologique des enfants malades   Auteur : Nady Van Broeck Jacques Van Rillaer Editeur : Odile Jacob ISBN : 9782738127426 Nombre de pages : 234

accompagnement psychologique est un élément désormais intégré à la prise en charge des enfants malades. Son apport évident dans l’amélioration de l’adhésion au traitement et dans la gestion de l’angoisse et de la douleur est aujourd’hui utilisé dans le traitement de maladies chroniques, de maladies graves ou de traumatismes. «  L’accompagnement psychologique des enfants malades » se présente donc comme un outil, à destination des parents comme du personnel soignant pour offrir un meilleur soutien psychologique à l’enfant. Partant du principe qu’un enfant malade reste un enfant et que la prise en charge de sa maladie doit tenir compte de l’ensemble de son existence, avec ses particularités, son milieu familial, son degré de maturité et son niveau de développement, les auteurs, Nady Van Broeck et Jacques Van Rillaer, professeurs de psychologie à l’université de Louvain (Belgique) abordent tout d’abord la psychologie pédiatrique d’un point de vue plus général, afin d’offrir des repères au lecteur profane. Les stades de développement cognitif, affectif et social de l’enfance sont ainsi expliqués, pour ensuite situer l’enfant dans sa relation avec le milieu

familial et la perception qu’il peut avoir des concepts de la santé, de la maladie et de la mort. Les chapitres de l’ouvrage s’arrêtent sur les points essentiels de l’accompagnement psychologique de l’enfant malade, tels que l’adhésion au traitement et la gestion de l’angoisse et de la douleur, et distinguent les maladies chroniques des maladies aigües et du stress post-traumatique. La présentation lisible et structurée des chapitres permet de distinguer le niveau des contenus pour répondre aux attentes de chaque lecteur. Ce guide s’adresse en effet aux parents comme aux professionnels, sans toutefois les confondre. Les théories générales et les exemples situationnels conviennent particulièrement aux parents qui les utilisent comme repères et y trouvent aussi une forme de soutien. De même que les informations plus pointues sur la pédiatrie comportementale, la psychologie pédiatrique et les recommandations issues des recherches scientifiques des trente dernières années relèvent plutôt de la formation continue, utile à tous les professionnels de la santé impliqués dans la prise en charge des enfants malades. Un ouvrage à lire et à recommander pour aider les enfants à lutter contre la maladie.

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Agenda

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British Gynaecological Cancer Society Annual Meeting Londres

Casablanca

www.somachir.ma

JUIN

14 au 17 juin 2012 19 Journées Nationales de l’Association Marocaine de Cardiologie Agadir es

2e Congrès National de Médecine Générale

www.amcar.ma

15

Rabat www.mgmaroc.net

31 mai au 2 juin 2012 25e Congrès National d’Ophtalmologie

JUIN

2e Congrès National de la Société Marocaine d’Hygiène Hospitalière Casablanca

www.smo.ma

JUIN

CONGRÈS D’ AILLEURS

Journées Pharmaceutiques de Tanger Tanger

8 au 9 juin 2012 Le X Congrès National de la Société Marocaine d’Endoscopie Digestive Rabat e

www.somachir.ma

7 au 14 juillet 2012 14th Annual Europe Asia Medical & Legal Conference Lipari, Italie

09

JUILLET

9 juillet 2012 ICAO 2012, 3rd International Congress on Abdominal Obesity Québec

JUIN

18

JUILLET

18 au 21 juillet 2012 2012 European Conference on Health Economics Zurich

1er au 2 juin 2012

08

JUILLET

www2.kenes.com/icao2012

Marrakech

01

07

http://www.conferences21.com

15 juin 2012

MAI

JUILLET

5 Congrès sur la Prédisposition Héréditaire aux Infections

14 MAI

05

5 juillet 2012

e

26 au 27 mai 2012

31

JUIN

11 au 12 juin 2012

CONGRÈS D’ ICI

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11

www.eche2012.ch

02

JUILLET

2 au 5 juillet 2012

19

JUILLET

19 au 21 juillet 2012

Physiology 2012 - BPS and Physiological Society Joint Symposium Edimbourg

16th World Congress on Controversies in Obstetrics, Gynecology & Infertility (COGI)

http://www.physoc.org/p12/

www.congressmed.com/cogisingapore/

Singapour



Numéro 044 Mai 2012