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La Faille HeartBleed décryptée.......................................................Page 02 Augmentation des attaques par déni de service..................................................................................Page 05 Phishing par téléphone....................................................................Page 07 Les Géants du web lancent leurs propres langages de programmation............................................................................Page 08 E-Learning : Interview de Mathieu Nebra (co-fondateur d'OpenClassrooms).................................................Page 11 Reportage : Apérobo spécial ESIEA...............................................Page 1 4 Reportage : Fête de l'Internet..........................................................Page 24 Interview : Jérémy Bellanger (Studio Meruvia)..............................Page 30 .project...............................................................................................Page 36 Événements......................................................................................Page 41


La mise en circulation de la version 1 .0.1 du protocole OpenSSL, en mars 201 2, fut également celle d'une importante faille de sécurité, qui n'affola le monde de l'internet que très récemment. En effet, 28 millions de serveurs utilisent OpenSSL. Ce protocole permet une connexion sécurisée entre un site web et l'ordinateur d'un utilisateur. Seulement, la version 1 .0.1 d'OpenSSL contient une faille de sécurité majeure : un pirate bien informé peut récupérer une très grande quantité de données tout en étant invisible pour le serveur. En date du 8 avril 201 4, la faille a été découverte. Cette version d'OpenSSL était utilisée par pas moins de 600 000 serveurs dans le monde, à commencer par de très grands sites tels que Facebook, Yahoo, Instagram, Amazon et même certaines banques. Absolument tous les services du web peuvent être touchés, des webmails et messageries instantanées jusqu'au réseau Tor et au Bitcoin.

Baptisée Heartbleed, cette faille incroyablement importante n'est pourtant due qu'à une erreur de programmation. Un simple oubli de vérification d'une information qui a conduit à l'exploitation possible de cette brèche. Découverte publiquement le 8 avril 201 4, cette faille existe pourtant depuis deux ans. Durant ce laps de temps, elle a notamment été utilisée par la NSA, National Security Agency – Agence de renseignement des États-Unis, pour collecter une très importante quantité d'informations. De même, il n'est pas exclu que des pirates informatiques aient eu connaissance de l'existence de cette faille. Maintenant que le mal est fait, nous ne pouvons qu'attendre que les sites web se mettent à jour pour corriger cette faille. Nous vous conseillons cependant de changer vos mots de passe sur les sites concernés.


EXPLICATION Il est difficile d'expliquer le fonctionnement d'Heartbleed sans aborder son côté technique. Un court strip du blogueur Randall Munroe permet d'expliquer facilement le problème : OpenSSL fonctionne sur le principe de question-réponse. L'ordinateur de l'utilisateur (que l'on appelle le client) doit toujours savoir si le serveur du site web fonctionne. Le client demande alors au serveur de lui répondre une certaine information, par exemple « Patate », dans le strip. Le client donne également la taille attendue de cette information, 6 lettres en l’occurrence, et ce afin de vérifier s'il y a un problème. Le serveur reçoit la demande et répond au client : « Patate ». (vignettes 1 , 2, 3 et 4). Le problème causé par Heartbleed vient du nombre de vérification. Si on entre un très grand nombre pour la taille de l'information attendue, le serveur va renvoyer trop d'informations sans pour autant vérifier la validité de la requête.


Si le client demande « Chapeau (500 caractères) », le serveur va lui envoyer l'information attendue... ainsi que toutes les informations suivantes, jusqu'à ce qu'il atteigne la limite de 500 caractères imposée par le client. Ces informations non désirées peuvent être par exemple des login ou des mots de passe. Dans le pire des cas, on peut récupérer la clef permettant de décrypter toutes les informations circulant entre le client et le serveur.

Heureusement, OpenSSL étant un protocole libre, un correctif était disponible en ligne moins de 24h après la découverte d'Heartbleed. Si ce protocole était distribué par un organisme privé, le code ne serait pas accessible à la communauté et le correctif serait paru bien plus tard. Cependant, les géants du web, notamment Google, Microsoft, Facebook et IBM, ont récemment décidé de changer la donne. Pendant longtemps, ces grands groupes ont profité du protocole OpenSSL sans pour autant apporter d'aide financière à l’équipe développant le projet. Désormais, ces géants de l'internet se disent prêts à soutenir financièrement les améliorations de sécurité du protocole en réalisant par exemple des audits ou des revues de codes afin d'identifier d'éventuelles failles.

Kévin ROUSSEL


L’attaque par déni de service (DDoS) est une attaque très usitée des pirates informatiques, car elle est extrêmement simple à mettre en place. Il suffit d'un ordinateur, que l'on appellera « ordinateur maître », qui prendra le contrôle d'un certain nombre d'ordinateurs dits « soldats » à l'aide d'un virus. Ainsi, l'armée d'ordinateurs « soldats » enverra une importante quantité de requêtes vers une même cible afin que celle-ci ne puisse plus répondre, inondée d'un trop grand flux d'informations. Il existe même des logiciels permettant de simuler un DDoS, comme le logiciel LOIC (pour Low Orbit Ion Cannon) qui simule un rafraîchissement infini d'une page, afin d'en saturer le serveur.

Illustration d'une attaque par déni de service (Source Wikipédia)


La plus grande attaque DDoS référencée a atteint un flux de plus de 400 Gbit/s : avec ce débit on pourrait télécharger 6 Blu-ray en une seule seconde ! Ce genre d’attaque aurait même la capacité de faire tomber le réseau entier d'un opérateur téléphonique. L’entreprise Akamai Technologies est une société spécialisée dans la mise à disposition de serveurs de cache pour les entreprises, ce qui permet ainsi une économie de débit internet pour les sites à très fort trafic. Fin 201 3, cette société affirme dans son dernier rapport avoir comptabilisé pas moins de 346 attaques DDoS, ce qui représente une augmentation de 75% par rapport à 201 2 à la même période. Les cibles sont essentiellement des sites de grandes entreprises ou des e-commerces. 43 % des attaques viennent de Chine, tandis que 1 9 % émanent des ÉtatsUnis. La plupart des sites pris pour cibles sont d'ailleurs hébergés aux États-Unis. Il faut cependant considérer ces informations prudemment. En effet, les adeptes de ce type d'attaque sont généralement assez prudents car le DDoS est une activité illégale et ont souvent recours à des VPN « Virtual Private Network - réseaux privés virtuels » a minima.

Kévin ROUSSEL


Ces derniers temps, un type d’arnaque a refait surface : Le phishing par téléphone. Cette technique vieille d’au moins 2 ans est pourtant extrêmement simple, voire simpliste, et on peut se demander si ce genre d’arnaque fonctionne vraiment. Une personne, résidant généralement dans un pays en voie de développement, vous appelle en se faisant passer pour le « manager de Microsoft », et ce pour une bonne raison : votre ordinateur a malheureusement un virus qui peut faire de nombreux dégâts ! Heureusement qu’un manager de Microsoft a pris la peine de vous appeler ! ... Il essaye de prouver sa bonne volonté en vous demandant votre CLSID, un numéro de 32 chiffres qui est unique pour tous les ordinateurs sous Windows. La finalité de ce genre d’arnaque est classique : gagner votre confiance afin de vous soutirer des informations personnelles comme des identifiants de comptes par exemple, ou encore vos coordonnées bancaires. On ne le dira jamais assez, il faut rester vigilant quant à ce genre d'appels, surtout lorsque des informations personnelles sont en jeu...

Kévin ROUSSEL


Aujourd’hui tout le monde peut créer son langage de programmation, cependant il en existe déjà des centaines, voire des milliers. Il est donc impossible d’estimer le nombre total de langage existants à ce jour. C'est dans ce contexte que les géants du web ont décidé de rentrer dans la course. Le 11 novembre 2009, Google a lancé son propre langage de programmation : le GO. De type statique, fortement typé, GO est un langage compilé inspiré de C et de Pascal. D'après ses auteurs – Robert Griesemer, Rob Pike et Ken Thompson – il a pour but d’accélérer la programmation à grande échelle. Ce langage vise à pallier un certain nombre de défauts du C++, notamment quant à la lenteur de la compilation, la complexité du langage et des défaillances au niveau de l’outillage. Il est grandement influencé par le C puisqu'un de ses créateurs, Ken Thompson, est à l’origine du langage C. De même, on y trouve une grande influence des langages de Niklaus Wirth – professeur d’informatique et inventeur de plusieurs langages de programmation comme Pascal ou Oberon.


Typé statiquement, GO propose les types de base classiques (entiers, réels flottants, booléens, complexes mais aussi des chaînes, non incluses dans C) ainsi que des pointeurs, des tableaux fixes, dynamiques et associatifs, des fonctions et de nombreuses autres fonctionnalités. Il peut également créer des structures de données appelées struct, à l'instar du C. GO offre un système orienté objet mais à sa plus simple expression : - Un programme est découpé en paquetages et chaque paquetage indique ce qui est visible ou non par les autres paquetages (système public/privé des autres langages). - Les champs d’un struct peuvent être tous visibles, tous cachés ou toute combinaison intermédiaire. - Il est possible d’indiquer qu’une fonction donnée est une « méthode » s’appliquant à un struct particulier. - Le système d’interface permet de regrouper des types proposant tous un certain nombre de méthodes, comme on peut le voir en Java.

En mars 201 4, un nouveau langage de programmation créé par et pour Facebook est né. Conçu comme une amélioration du PHP, ce langage est déjà utilisé par la société de Mark Zuckerberg. Son nom : le Hack.


Le PHP ayant été la base du développement de Facebook, le Hack s'en inspire naturellement et la plupart des fichiers PHP constituent des fichiers Hack valides. Le PHP est un langage de programmation à type dynamique, tout comme le Ruby, c’est-à-dire que le développeur n’a pas à déclarer explicitement le type des variables pour les utiliser. Cependant, cela peut amener à des erreurs. Le PHP s’oppose aux langages de programmation à type statique, comme le C++ ou Java, où la déclaration du type des variables est nécessaire et permet de détecter l’apparition d’éventuelles erreurs avant le lancement du programme. Bryan O ‘Sullivan, le développeur de Hack, présente avec son langage une solution en mélangeant les types statique et dynamique afin de créer un troisième type : un type dit « progressif ». Hack possède ainsi la vitesse du PHP mais permet également d’éviter l’apparition d’erreurs avant le lancement du programme. Confiant quant à son langage de programmation, Facebook a déjà migré la quasi-totalité de ses sites PHP en Hack dans le courant de l’année dernière. Hack s’exécute dans la machine virtuelle de Facebook : HHVM. Facebook ambitionne à terme une compatibilité totale avec PHP 5. Aujourd’hui, la compatibilité est de 98,5%. Avec Hack, Facebook annonce un gain de performance multiplié par dix en temps processeur. La langage Hack est sous licence open source BSD sur GitHub. Pour plus d'informations sur ces nouveaux langages, consultez golang.org et hacklang.org

Valentin THIBAUD


Quel est votre parcours ? J'ai fait un bac scientifique, puis 5 ans à l'EFREI (école d'ingénieurs), et j'ai créé mon entreprise 2 ans avant la fin de mes études (à Bac +3). Le Site du Zéro date de 1 999, alors que j'étais en 4ème année. Je m'en suis toujours occupé en parallèle de mes études.

Pourquoi avez-vous créé le Site du Zéro ? Pour aider des amis qui voulaient apprendre à créer des sites web et qui avaient comme moi des difficultés à trouver des ressources accessibles aux débutants.

Comment expliquez-vous le fait que le Site du Zéro soit devenu une telle référence ? Je pense que c'est la combinaison : - D'un problème que j'ai rencontré et que j'ai voulu résoudre pour des amis : apporter une réponse concrète à une frustration. - De beaucoup d'efforts acharnés pendant de longues années, 1 5 ans déjà!


Pourquoi le Site du Zéro est-il devenu OpenClassrooms ? Quelle est la symbolique derrière ce changement de nom ? Le changement était dans nos têtes depuis des années. L'objectif est d'avoir un nom global, qui puisse être utilisé aussi bien en France qu'à l'international. Par ailleurs, nous ouvrons le site à un plus large public : des personnes débutantes en informatique, d’autres qui veulent créer leur entreprise…, et nous avions besoin d'un nom qui annonce le but du site : l'éducation online.

Qui est derrière OpenClassrooms et comment s'organisent ces personnes ? Nous sommes 25 personnes, 2 associés : Pierre Dubuc et moi-même. Nous avons aussi bien des développeurs, des commerciaux, des chargés de communication que des responsables pédagogiques qui valident les contenus qui nous sont proposés.

La technologie évolue sans cesse. Il y a toujours de nouvelles techniques, de nouveaux langages, de nouvelles plateformes et de nouvelles méthodologies. Qu'avez-vous découvert récemment, et quels sont vos outils de veilles technologiques ? A titre personnel ? J'utilise un agrégateur de flux RSS (netvibes) et je lis beaucoup de sites anglophones : Slashdot, Hacker News... On en découvre tous les jours, il faut évidemment se tenir informé, sans sauter sur tout ce qui bouge non plus !


Écrivez-vous encore du code ? Si oui, dans quelles proportions ? Depuis quelques temps, je n’écrivais plus de code. Puis, depuis peu, j'écris beaucoup de code pour épauler l'équipe technique et "hacker" le site pour expérimenter de nouvelles façons d'enseigner et d'apprendre. Néanmoins je n'ai pas vocation à écrire du code indéfiniment, sauf ponctuellement comme ici pour "hacker" certains fonctionnements et faire bouger plus facilement les lignes.

Quels sont les projets futurs pour OpenClassrooms ? Expansion internationale, nouveaux cours dans de nouvelles matières, formation professionnelle en ligne, certificats... On a de quoi faire !

Où sera Mathieu Nebra dans un an ? Dans 1 0 ans ? Euh toujours sur Terre a priori... Dans un an, je pense qu'on sera encore dans les mêmes bureaux où l’on vient d'emménager il y a 2 semaines. Mais selon les vents et les opportunités, j'aurai peut-être emménagé temporairement à l'étranger, pourquoi pas la Silicon Valley pour quelques temps. J'espère pouvoir continuer à rédiger et créer de nombreux cours, c'est encore là où je me sens le plus utile, et ce même dans 1 0 ans !

Retrouvez plus de 800 cours gratuits sur openclassrooms.com. Maxime LAURET Mathieu Nebra, co-fondateur d'OpenClassrooms)


Le 9 avril 201 4 s'est tenu à l'ESIEA (Grand École d'Ingénieurs) un Apérobo spécial organisé par la DTRE, l'association de robotique de l'école. L'équipe d'IRL 2.0 était sur place. L'Apérobo est un rendez-vous mensuel ouvert à tous les amateurs de robotique. Le deuxième mercredi du mois, tous les passionnés et spécialistes de robots et de systèmes connectés se retrouvent au Dernier Bar Avant La Fin Du Monde afin d'échanger et de présenter leurs productions autour d'un verre. Les membres de la DTRE fréquentent régulièrement les Apérobo et ont souhaité apporter leur contribution à ces rendez-vous en organisant un Apérobo spécial à l'ESIEA. Ce projet, initié par Margot Filleton, membre de la DTRE et étudiante à l'école IN'TECH INFO, a enchanté l'association Caliban, qui organise habituellement les Apérobo, et les participants réguliers de ces événements n'ont pas manqué de venir afin de présenter leurs créations.


De même, plusieurs écoles d'ingénieurs présentant un intérêt pour la robotique ont été invitées par la DTRE à participer au concours de la soirée. Les équipes participants au concours ont eu un délai de six semaines pour fabriquer à l'aide d'une boite de Lego Mindstorms un robot capable de réaliser cinq épreuves (parcours, combat, etc.). Le concours a été remporté par Le Crobe (Club de Robotique) de l'école ESIGETEL, suivi de près par le Labo Robo Troyes de SUPINFO, l'Esig'tronix de l'ESIGELEC et l'Esieespace de l'ESIEE, qui présentait également ses robots sumos sur un stand dédié.

Crédits photos : DTRE


Parmi les différents exposants, Tanguy DEMME, étudiant en deuxième année à l'ESIEA et membre de la DTRE, est venu présenter deux de ses créations. La première des créations de Tanguy est un prototype de bras robotisé. Le bras présenté sur le stand est encore en cours de réalisation, mais plusieurs axes sont déjà fonctionnels. Le bras a notamment eu l'occasion d'échanger plusieurs poignées de main au cours de la soirée. Tanguy a déjà été contacté pour que son bras robotique soit utilisé comme exosquelette de rééducation. Par exemple, une personne ayant été victime d'un accident vasculaire cérébral et souffrant depuis de tremblements incontrôlés pourrait retrouver un usage optimal de ses membres grâce à cet exosquelette. La deuxième création présentée par Tanguy à cet Apérobo est un quadripode. La finalité de ce robot à quatre pattes est d'apprendre à se déplacer. « Je ne veux pas avoir à lui dire : « Pour te déplacer, tu lèves la patte droite et tu avances ». Je veux que le programme apprenne par luimême à trouver la meilleure solution » confie Tanguy. Le quadripode connaît la position de chacune de ses articulations, ce qui lui permet de savoir comment il est incliné. Il possède également deux caméras qui font office d'yeux. Le programme est conçu sur le schéma d'un réseau de neurones qui apprend en fonction de l'environnement extérieur. Quand le robot fait un mouvement, le programme va estimer si ce mouvement a amélioré son déplacement. Auquel cas, la connexion entre les neurones va se renforcer. Dans le cas contraire, la connexion s'affaiblira. Petit à petit, au fur et à mesure des essais, le quadripode est sensé apprendre à se déplacer.


Guy Feuilloley – qui est également connu sous le pseudonyme de VersatileRobot et est un membre actif de l'association Caliban – était également présent pour présenter plusieurs de ses productions. Le premier robot présenté était un robot suiveur de ligne qui avait la particularité de ne se déplacer que par des vibrations. Mais la star du stand de Guy Feuilloley était incontestablement le robot nommé Régis (pour Robot Équilibré par Gyroscope Inertiel Stabilisé) et son modèle réduit : MiniRégis. Régis est un robot unicycle, ce qui lui permet de faire abstraction de la qualité du sol. Peu importe le fait que le sol soit incliné à droite ou à gauche, ou encore qu'il monte ou descende, le robot restera toujours à la verticale. La finalité de ce robot à une roue serait de le faire évoluer dans des endroits relativement confinés. En effet, Régis tenant en équilibre sur un seul point, il n'a pas besoin d'une grande surface pour évoluer. De même, un endroit demandant peu de contamination serait un terrain idéal pour Régis puisqu'il n'a qu'un seul point de contact avec son environnement. Ses caractéristiques physiques en font également un robot idéal pour le milieu proche-humains. Sur une seule roue, il peut pivoter sans utiliser d'avantage de surface, contrairement aux robots qui sont par exemple envoyés sur Mars, dont les roues sont souvent très écartées afin qu'il ne se retourne pas.


Fabien Raimbaud, Président de l'association Caliban ainsi que des sociétés Cybedroïd et France Robotique, était également présent pour représenter ces organismes. La société Cybedroïd est spécialisée dans la conception et la fabrication de robots humanoïdes à taille réelle. La tête d'un robot répondant au nom de Jane était d'ailleurs exposée sur le stand de la société. Cette tête constituait le premier lot du concours de robot organisé par la DTRE lors de l’événement. Les robots humanoïdes de Cybedroïd sont principalement utilisés pour l'événementiel. Personnalisables à volonté, ils sont souvent demandés pour animer des stands ou des soirées. Ils sont également utilisés par des écoles et des laboratoires dans le cadre de la recherche sur les intelligences artificielles.

France Robotique est une société dont l'activité est la distribution de robots et de pièces, qui sont utilisés pour la recherche ou dans un cadre ludique. Apporté pour l'occasion, un robot DARwIn-OP de la société Robotis a su se faire remarquer, en se faufilant entre les jambes des visiteurs pour récupérer sa balle. Le stand exposait également une imprimante 3D de la société A4 Technologies. « Nous avons choisi d'exposer ce modèle d'imprimante 3D car il est très abordable et ses résultats sont extrêmement satisfaisants. Nous l'utilisons d'ailleurs en interne » confie Fabien Raimbaud.


Installé à son stand, Scott Stevenson fait voler ses quadricoptères à travers la pièce. Ce producteur de vidéos web a toujours été passionné par la robotique et l'électronique et s'est intéressé aux quadricoptères lorsqu'il a voulu réaliser des prises de vues aériennes pour ses vidéos. Autodidacte, Scott Stevenson a commencé à fabriquer des petits systèmes électroniques dès 9 ans. Selon lui, n'importe qui peut se lancer dans la robotique. Surtout aujourd'hui, grâce à internet, où l'on peut facilement trouver des projets réalisables, des tutoriels et des retours d'expériences. « On peut également trouver de nombreux schémas et composants open-source, et il est important de partager la technologie, de faire connaître ce que l'on peut faire avec cette technologie, de prouver que ce n'est pas réservé à la recherche et que tout le monde peut y avoir accès. ». Scott Stevenson et la DTRE se sont rencontrés par hasard devant le Dernier Bar Avant La Fin Du Monde, où ont habituellement lieu les Apérobos, alors qu'il faisait voler un de ses quadricoptères en attendant un ami. La DTRE l'a alors invité à venir exposer ses robots à hélices pour cet Apérobo spécial.

Plusieurs modèles de quadricoptères sont exposés sur le stand. Deux modèles attirent particulièrement l'attention, l'un – poids plume – ne faisant que 7cm sur 7cm, et l'autre – jouant dans la catégorie poids lourds – atteignant la taille de 50cm sur 50cm. Le plus petit quadricoptère du stand a d'ailleurs fait sensation en transportant une caméra embarquée que Scott Stevenson contrôle en temps réel depuis son ordinateur.


Concernant l'utilisation de ces quadricoptères, Scott Stevenson déplore que l'on imagine essentiellement une finalité militaire ou de surveillance. « C'est une utilisation très limitée comparée à tout ce qu'on peut faire avec ces robots ! » explique-t-il. Certains quadricoptères, équipés de bras aimantés, ont fait preuve d'une grande dextérité dans la construction de bâtiments miniaturisés, et leur utilité pour réaliser des prises de vue aériennes sur des tournages n'est plus à prouver. Bien évidemment, l'utilisation de drones a soulevé de nombreux problèmes légaux et a poussé les gouvernements à s'interroger sur la question pour réglementer leur utilisation. En France, un arrêté en date du 11 avril 201 2 vient réglementer la circulation des aéronefs civils. En février 201 4, un lycéen de 1 8 ans a par exemple été poursuivi en justice par le procureur de la République du tribunal correctionnel de Nancy pour mise en danger de la vie d'autrui, après avoir filmé la ville depuis le ciel à l'aide d'un drone équipé d'une caméra. De même, l'utilisation de tels systèmes soulève de nombreuses questions quant aux atteintes à la vie privée. Selon Scott Stevenson, ce genre d'utilisations négatives existe depuis longtemps, par exemple en fixant une caméra sur un hélicoptère télécommandé.

L'utilisation des drones tend cependant à se démocratiser. Amazon a par exemple exprimé récemment sa volonté d'utiliser des drones pour effectuer ses livraisons. « Même si cela semble un peu fantaisiste pour l'instant, cela prouve bien qu'une autre utilisation que militaire ou policière est possible » explique Scott Stevenson.


Quand on l'interroge sur ses projets quant à ses quadricoptères, Scott Stevenson fourmille d'idées. Il cherche actuellement à développer encore davantage la liaison vidéo avec ses drones. Il a récemment découvert qu'un quadricoptère faisant environ la taille de la main pouvait approcher les oiseaux de très près sans les effrayer, ce qui serait extrêmement intéressant pour la réalisation de documentaires ou même pour la recherche. « Il y a toujours de nouvelles utilisations à découvrir ! ». Par exemple, un quadricoptère volant à la verticale et effectuant des relevés sur la qualité de l'air permettrait d'obtenir une stratification précise des niveaux de pollution. Inarrêtable, Scott Stevenson est déjà sur un nouveau projet. Chasseur d'éclipses totales, il regrette que les aléas de la météo cachent parfois le passage des éclipses. Il émet donc l'idée d'utiliser un quadricoptère équipé d'une caméra pouvant voler à environ 1 000 mètres, au-dessus des nuages, pour filmer l'éclipse.

Retrouvez la DTRE : - Sur le site officiel de l'association : asso-dtre.fr ou sur Facebook, - Le 1 4 et le 1 5 juin à l'ESIEA : Salon « Once Upon A Tech » ; - Le 28 et le 29 juin au Centre des Conférences de Disneyland Paris : Nuit du Hack ; - Du 2 au 6 juillet au Parc des Expositions de Paris-Nord Villepinte : Japan Expo ; Retrouvez également les participants de l'Apérobo Spécial ESIEA : - Association Caliban : cubernetes.com/caliban - France Robotique : francerobotique.com - Cybedroïd : cybedroid.com - Mecadroid : mecadroid.com - Planète Robots : planeterobots.com - Scott Stevenson : worldscott.com Maxime LAURET


Alexis SOTO, Président de la DTRE : « En France, on ne se dirige pas encore vraiment vers la robotique pure, à l'exception de la robotique industrielle. Cependant, pour ce qui est des prothèses robotisées, de la mécatronique ou encore des objets connectés, il y a un avenir certain. Pour en revenir à la robotique pure, il vaut mieux se tourner vers d'autres pays. Par exemple, Google vient d'ouvrir une nouvelle division entièrement dédiée à la robotique ».

Guy Feuilloley (VersatileRobot), Membre de l'association Caliban : « Je ne suis pas devin, mais il me semble évident que c'est un domaine en plein essor. Les succès sont assez marquants ; on parle souvent du robot aspirateur qui a été un beau succès. Et il y en aura d'autres, ils vont se multiplier au gré de l'évolution de la technologie. Ce qui manque encore pour l'instant, c'est l'intelligence artificielle ; les systèmes sont réactifs, mais encore peu intelligents ».


Fabien Raimbaud, Président de Cybedroïd, de France Robotique et de l'association Caliban : « Je n'imagine pas de futur sans robotique. De tous temps, l'être humain a cherché des preuves qu'il n'était pas seul ; on peut appeler ça Dieu ou les extraterrestres, mais le fait est qu'aujourd'hui, on fabrique des machines qui se rapprochent de plus en plus de nous et qui vont nous permettre de nous soulager aussi bien sur le plan physique qu'intellectuel. Je n'imagine pas de compétition entre humains et machines, mais un partenariat. Comme je le dis souvent : la pince n'a pas pour vocation de remplacer la main, mais de réaliser des choses que la main ne peut pas faire, et vice versa ».

Scott Stevenson : « Je pense que les robots vont s'intégrer de plus en plus dans la vie quotidienne. On le voit déjà avec le robot aspirateur par exemple. Ce n'est pas grand chose, mais c'est très utile. Ce qui est intéressant, c'est que les utilisateurs de ce genre de système ont tendance à leur donner des noms. Cela permet d'ouvrir l'esprit aux gens et montre bien la possibilité d'intégrer les robots dans notre vie quotidienne. Je me souviens d'une histoire : un jeune garçon malade ne pouvait pas sortir de chez lui en raison de son état de santé. Un système robotique avait alors été conçu sur le même système que le Segway et auquel on avait ajouté une caméra. Le garçon restait ainsi chez lui et pouvait contrôler le robot à distance pour sortir et aller en cours. Ce genre d'idées va être de plus en plus adopté. Il en est de même pour l'utilisation des robots comme assistants corporels pour les personnes à mobilité réduite qui – grâce à des exosquelettes robotiques – peuvent se libérer et utiliser leur corps avec une mobilité optimale ! ».


Le 26 avril dernier avait lieu à Ivry-sur-Seine la 1 0ème édition de la Fête de l'Internet, et cette célébration numérique proposait un programme pour le moins alléchant. "Armé de mon nécessaire à interview et de ma machine à twitter, je me suis rendu à l'Espace Robespierre, où se déroulait la dixième Fête de l'Internet organisée par la ville. Cet anniversaire était notamment l'occasion de célébrer l'attribution à la ville de cinq arobases, soit la plus haute distinction du label Ville Internet, et ce pour la huitième fois consécutive. En arrivant à l'Espace Robespierre, j'ai tout d'abord été frappé par le flot de visiteurs présents. On voit souvent le numérique comme un monde assez fermé, une bulle réservée aux initiés, aux techies ou aux geeks. Mais le fait est que le numérique déchaîne les foules ! De même, pourquoi le numérique se devrait-il d'être l'apanage des digital natives, cette génération née avec l'informatique et l'internet ? Les Ivryens l'ont bien compris, et des visiteurs de tous les âges se sont déplacés pour visiter les nombreux stands proposés.


Dès 1 4h, une CartoParty était organisée par l'Association "A Travers". Les cartographes amateurs ont alors arpenté les rues adjacentes afin d'alimenter l'application de cartographie libre et collaborative OpenStreetMap de photos et de relevés. Garé dans la cour de l'Espace Robespierre, le camion Science Tour a ouvert ses portes aux enfants. Ces derniers sont devenus de véritables explorateurs de l'environnement, partant à la chasse aux données (bruit, pollution...) grâce à des capteurs et apprenant à les utiliser dans le laboratoire mobile. Non loin, l'Association Française des Petits Débrouillards initiait les plus jeunes aux objets connectés et leur donnait même la possibilité d'en fabriquer un. Plusieurs stands ont également fait la joie des cinéastes en herbe ; le public présent a pu réaliser un film d'animation grâce au StopMotion de l'Exploradôme, et les enfants ont su s'amuser face à la caméra en découvrant le secret des effets spéciaux du cinéma. Délaissant un temps les stands situés au rez-de-chaussée de l'Espace Robespierre, je me suis rendu à l'étage où deux conférences se sont tenues. La première conférence de l'après-midi avait pour but de sensibiliser la population d'Ivry-sur-Seine à la généralisation des jeux vidéos. Loin de ne considérer que le sujet racoleur de la violence dans les œuvres vidéoludiques, la psychologue clinicienne Vanessa LALO (spécialisée dans les médias numériques et les addictions) a invité les parents d'élèves à comprendre leurs enfants. Le propos tenu par Vanessa LALO était extrêmement renseigné et pertinent, si bien que la conférence a su éclairer les personnes n'étant pas forcément au fait de cette réalité virtuelle.

CartoParty Crédits photos : Mairie d'Ivry


Atelier vidéo Crédits photo : Mairie d'Ivry

L'équipe A.G.E. (Assistant et Guide Éducatif), composée d'étudiants de l’École Supérieure d'Ingénierie Informatique IN'TECH INFO, était également présente pour donner au public une conférence ayant pour thème la sécurité sur Internet, dans la continuité de l'expérience Web Safe. L'an passé, l'équipe du projet Web Safe s'était déplacée dans un collège d'Ivry-sur-Seine pour y expliquer aux élèves les règles élémentaires de sécurité sur internet, comme la sécurisation d'un compte Facebook par exemple. L'expérience eut un franc succès. « Les dépliants résumant le cours de Web Safe sont toujours utilisés par les professeurs et Conseillers d'Éducation du collège pour sensibiliser les équipes pédagogiques et les élèves ! » confie Tristan LETROU, Chef de Projet de l'équipe A.G.E.

La Mairie d'Ivry a alors proposé à l'équipe de Tristan de reprendre les bases de Web Safe et de donner une conférence sur le même thème à destination des parents d'élèves présents lors de la Fête de l'Internet. La conférence avait pour but de donner aux parents les clefs de la sécurité sur internet, afin qu'ils puissent contrôler les agissements de leurs enfants sans pour autant les limiter. « Les gens ne sont pas au courant de ce qu'est Internet » clame Tristan « il y a pourtant une utilité publique à connaître les principes et les lois qui l'organise ! ». La question étant extrêmement vaste, l'équipe annonce disposer d'assez de contenu pour donner des conférences plus poussées, susceptibles d'intéresser les professeurs ou les parents d'élèves souhaitant approfondir la question.


Plusieurs ateliers d'apprentissage étaient également accessibles au public. Ces ateliers donnaient notamment les clefs pour apprendre à monter et démonter un ordinateur. Des opérations simples comme changer un disque dur, des cartes additionnelles ou encore rajouter de la mémoire, qui permettent d'entretenir et d'optimiser son ordinateur. L'atelier Premiers pas sur Internet offrait aux utilisateurs inexpérimentés la possibilité d'apprendre les bases de son utilisation, comme créer une boîte mail ou encore naviguer sur internet. Dans un domaine plus ludique, plusieurs stands de jeux en réseaux étaient proposés au public. Les plus en forme ont pu se déchaîner face à la console à l'aide du capteur Kinect, qui permet de contrôler la console Xbox sans manette et à l'aide de son corps, tandis que d'autres ont pu laisser libre cours à leur imagination sur le jeu de construction Minecraft. Ce dernier stand était d'ailleurs tenu par des élèves volontaires de l'école IN'TECH INFO. De même, l'équipe Level Up!, également composée d'élèves d'IN'TECH INFO et emmenée par Julien BERNARD, a organisé un atelier de jeux en réseau dédié aux MMORPG (M assively M ultiplayers Online Role P laying G ame, jeux de rôle en ligne massivement multi-joueurs). Ainsi, de 1 4h à 20h un stand équipé de six ordinateurs prêtés par la Mairie d'Ivry et sur lesquels étaient installés deux jeux (StarCraft et League Of Legends) ont permis d'inviter l'assistance dans ce monde encore méconnu du grand public. L'atelier prenait une forme assez originale. « Dans un premier temps, l'enfant est aux commandes du jeu, pendant que les parents se voient expliquer ce qu'il y fait » commente Julien BERNARD. « Et durant la deuxième partie de l'atelier, c'est aux parents de prendre le jeu en main, afin d'apprendre et de comprendre cet univers. C'est l'idée de Level Up! : ouvrir les esprits et augmenter la compréhension ! ».


Pendant ce temps, les ateliers ont continué de tourner à plein régime ! Le FabLab d'OpenFactory42 a fait chauffer l'imprimante 3D tout au long de la journée. De la conception à la fabrication de l'objet, de la figurine au bras robotique, l'imprimante 3D a montré toute l'étendue de ses capacités et l'équipe d'OpenFactory42 nous a une fois de plus prouvé que l'imprimante 3D était une des révolutions techniques de ces dernières années. L'esprit encore bouillonnant des prouesses de l'imprimante 3D, les artistes en herbe ont pu laisser libre cours à leur créativité, à l'atelier de dessin et de fabrication de badge « Do It Yourself » pour les enfants, et au « light painting » pour les plus audacieux. Dès 1 5h, les Ivryens ont pu redécouvrir leur ville et son histoire grâce à la Rephotographie ; une balade à Ivry dans le temps au travers de photos de diverses époques : de la carte postale de 1 900 à aujourd'hui en passant par les années 1 960. À 1 7h étaient projetés les films lauréats du 2 ème Festival du Mini-Film organisé par la Mairie. Le premier prix a été attribué au film « Un Métier Comme Les Autres », réalisé par et avec les enfants du centre de loisirs Pierre et Marie Curie.

Conférence A.G.E. Crédits photo : Mairie d'Ivry


L'aventure numérique s'est poursuivie après la fermeture des portes de l'Espace Robespierre, puisque l'équipe Level Up! a investi les locaux de l'école IN'TECH INFO pour une soirée jeux en réseaux, de 21 h à 6h du matin. Félicitations à la Mairie d'Ivry-sur-Seine pour cet anniversaire réussi et on peut d'ores et déjà se donner rendez-vous l'année prochaine pour une nouvelle Fête de l'Internet et toujours plus de numérique !"

Revivez l'événement : - Numériquement vôtre, le reportage vidéo de la Mairie d'Ivry-sur-Seine - Le Mur des Tweets de la journée Et retrouvez les partenaires de la Fête de l'Internet : - A Travers - Le camion Science Tour - Association Française des Petits Débrouillards - L'Exploradôme - IN'TECH INFO - OpenFactory42 Maxime LAURET

Camion Science Tour Crédits photo : Mairie d'Ivry


Le jeu-vidéo est un domaine très prisé des jeunes développeurs. Cependant, peu accèdent à ce Graal. En effet, il s’agit d’un domaine très concurrentiel et se faire une place est loin d’être une tâche aisée. Jérémy Bellanger, créateur des séries vidéo ludiques Wiw’s Adventures et Aron, nous fait part de son expérience et de sa vision des choses. Peux-tu nous parler de ton parcours de développeur, de tes débuts à aujourd'hui ? Je ne sais pas si l’on peut réellement parler de parcours, étant donné que cela ne constitue pas mon activité principale. C’est plutôt un hobby, même si mon studio indépendant est reconnu, puisque j’ai publié quatre jeux sur le Xbox Live et un jeu sur Desura, un site dédié aux jeux indépendants. J’ai une formation Bac + 5, mais je n’ai jamais étudié l’informatique à l’école et encore moins la programmation de jeux vidéo. J’ai donc tout appris en autodidacte, d’abord en programmant ma calculatrice HP-48 en assembleur et en RPL quand j’étais au lycée. Mon premier site web date d’ailleurs de cette période (1 997), alors que le web balbutiait encore et qu'on ne pouvait créer son site qu'avec bloc-notes! Après de longues études, je me suis ensuite remis à la programmation en 2008, en me lançant dans le C avec la SDL, puis le C# avec XNA, tout en testant un peu de C++ et de Java au passage.


Pour quelles raisons t’es-tu lancé dans le domaine du jeu vidéo ? Simplement par passion pour les jeux vidéo et la programmation en général. J’avais envie de créer mon univers et de le maîtriser : aussi bien au niveau de l’histoire que des graphismes ou encore du moteur de jeu, qui est un « moteur maison ».

Il paraît que le jeu-vidéo est un domaine très fermé et qu’il est difficile d'y faire carrière. Peux-tu nous donner ta vision des choses ? Effectivement, je pense que c'est assez fermé, surtout en France d’ailleurs… Il est difficile de se faire connaître. Cela dit, avec des initiatives comme celles de Microsoft et de son XNA (certes, sur le déclin), c’était une formidable occasion d’échanger avec des développeurs du monde entier, certains plus pros que d’autres. A l'époque, j’ai passé un jeu Gameloft en peer review ; vérification du fonctionnement d'un jeu par la communauté du site avant sa sortie. Très enrichissant. Cela dit, il y a aussi beaucoup de compétition entre les développeurs, et de jalousie aussi, ce qui engendre assez facilement des dérives. Il faut parfois avoir le cœur bien accroché quand on lit certaines critiques de son dernier jeu alors que l’on vient tout juste de le sortir après un an à bosser tous les soirs et tous les week-ends dessus… Maintenant, pour faire carrière au niveau indépendant, plus que de créer un bon jeu, il faut être doué en communication, avoir un bon crédit pub et surtout beaucoup de chance ! Plein de jeux indépendants vraiment supers sont méconnus ou ne rapportent quasiment rien. Rejoindre un grand studio peut être plus simple, mais il faut un bon CV qui montre avant tout qu’on a de l’expérience. Et il faut aussi être prêt à s’expatrier… Sinon, là aussi, les équipes tournent rapidement, et il n’est pas rare de se retrouver licencié du jour au lendemain parce que le studio ferme. Pas toujours simple…


Peux-tu nous parler un peu de ton studio : Meruvia ? Quand a-t-il été créé ? Pourquoi ? Quelles sont ses principales activités ? Le studio Meruvia a pris le relais du S&S Laboratory, nom sous lequel je publiais mes jeux HP-48 depuis 1 997. Vers 2009 – 201 0, il y a eu un bref passage où le site s’est appelé RPGamer.fr, mais le nom était déjà pris outre-Atlantique. Son but est simple : créer une entité facilement identifiable pour publier des jeux, mais aussi un site web et des tutoriels, maintenant relativement connus : environ 800 visiteurs uniques / jour. Malheureusement, la création de jeux rapporte pour l’instant bien peu en comparaison du temps de travail passé et des investissements (licence Xbox, matériel informatique, consoles de test, logiciels de dessin / musique, etc.) et depuis 1 an environ, on sent aussi que la vague « Indé » est en train de s’essouffler, avec quelques titres qui tirent leur épingle du jeu pendant que les utilisateurs boudent l’océan de titres indés – de qualité variable il est vrai – qui inondent tous les stores des différentes plateformes. Il faut dire aussi que la crise est passée par là et les gens achètent moins facilement des petits jeux. Je me suis déjà entendu dire que mon jeu était trop cher à 2,99€ ; mais même à 1 €, ce n’est pas forcément mieux, tant la visibilité est quasi-nulle… En revanche, au niveau des tutoriels et de la fréquentation du site, le nombre de visiteurs est en hausse constante. 2 membres du site m’ont rejoint pour la rédaction, ce qui permet de proposer de nouveaux tutoriels plus fréquemment. Cela dit, le site n’est pas non plus rentable, au contraire, les frais d’hébergement coûtent de plus en plus cher. Quant au principe de rentabiliser son site par la pub, c’est de moins en moins possible, car les régies publicitaires ne rémunèrent plus à l’affichage depuis longtemps. Il faut maintenant que le visiteur clique sur la pub, aille sur le site marchand et achète quelque chose pour pouvoir espérer quelques centimes de gains. Avec ce système, je n’ai généré aucun profit alors que j’avais affiché plus de 50 000 pubs ! Heureusement, j’ai pu compter dernièrement sur la générosité de certains membres, sans quoi le site aurait simplement pu disparaître…


Les productions Meruvia sont disponibles sur PC ainsi que sur la plateforme Xbox Indies. Quelles sont les différentes étapes de la production d'un jeu, de l'idée initiale à sa diffusion publique ? Au début, on a une idée générale du genre de jeu que l’on voudrait faire, mais souvent on en est assez loin à l’arrivée ! Au départ, on se définit quand même une plateforme de développement, selon son propre matériel, mais aussi ses capacités à investir ou non dans l’achat d’une licence de développement, qui peut être très prohibitive pour certaines consoles… Ensuite, il y a une phase de découverte et d’apprentissage de la plateforme, le temps de concevoir un moteur de jeu qui tienne le coup. Après, c’est plus simple, même si on continue toujours d’améliorer son moteur en essayant de rajouter les dernières technologies à la mode comme du bloom, des générateurs de particules qui claquent, etc.. Une fois le moteur à peu près terminé, on pense avoir fini et on se rend compte en fait qu’on n’a pas fait un quart du jeu ! En effet, il va maintenant falloir s’occuper des graphismes puis des animations, et ensuite du game design, du level design, des cinématiques (pour un RPG par exemple), de l’histoire, de la musique… Bien sûr, si on bosse en équipe, on peut se partager le travail, mais bosser en équipe en indépendants, en ayant un autre boulot à côté et en ne se contactant que par internet est un pari très difficile. Capture d'écran du jeu Aron Crédits photo : Meruvia


Sinon, on fait tout soi-même. L’inconvénient, c’est qu’on a dix fois plus de boulot, mais on touche à tout et on maîtrise tous les rouages de la création du jeu vidéo, et ça, c’est hyper formateur ! C’est pour cela que je conseille à tous les futurs créateurs de jeu vidéo de venir suivre mon Big Tuto et de s’en servir pour créer leur propre jeu de A à Z. L’étape la plus dure à mon sens, c’est la dernière. Quand le jeu est fini à 99% mais que l'on va passer deux ou trois mois à simplement corriger les derniers bugs, peaufiner tous les détails en essayant de satisfaire au maximum les bêta-testeurs, qui ont tous des avis contradictoires, mais ce sera aussi là qu’il faudra passer les tests de validation pour les plateformes de téléchargement, en intégrant le jeu à leur système et en respectant un cahier des charges parfois assez draconien. Et ce n’est pas tout, car il va aussi falloir vendre le jeu en faisant sa promo avec des screenshots, un trailer à monter, en contactant la presse qui n’en a rien à faire !

Quels sont les projets de Meruvia ? Après avoir créé 6 jeux en 6 ans (Roswyn & The Dragons, Wiwi’s Adventures 1 à 3, Aron 1 et 2), j’ai fait un petit break pour m’occuper un peu plus du développement du site web. Cela dit, un DLC (extension téléchargeable) était en préparation pour Wiwi’s Adventures 3, mais vu les ventes décevantes sur Desura, je pense que ce DLC deviendra un jeu à part entière : Zombius, qui intégrera en bonus les niveaux de Wiwi’s Adventures 2 et 3 remaniés pour l’occasion. Le site indiegamestand.com, que je vous recommande, m’a donné son feu vert pour publier mes jeux, donc je pense m’orienter vers leurs services. Maintenant, que le moteur et les graphismes sont globalement prêts, il ne reste plus qu’à créer les niveaux, à rajouter des effets visuels bien sympas, et à programmer de bons gros boss ! Et ça devrait être pas mal du tout !


Quels conseils donnerais-tu à ceux qui souhaiteraient se lancer dans le monde du jeu vidéo ? A bien parler l’anglais, parce que les studios français n’ont pas l’air bien en forme ces derniers temps (enfin, c’est un peu global, mais pire en France, je trouve – maintenant, je ne connais pas tout le monde non plus). Sinon, il faut être éclectique et toucher un peu à tout. Avoir une bonne culture générale et littéraire aide aussi beaucoup, surtout si on participe à la création même du jeu. Dans le secteur du jeu vidéo, les opportunités sont très variées. On peut bien sûr être programmeur, graphiste, concepteur de niveaux, architecte 3D, commercial, musicien, etc… Voilà pour ce que je peux en dire. Mais tout cela repose sur mon expérience personnelle, et forcément le ressenti d’autres développeurs en France ou ailleurs dans le monde pourra être très différent selon leurs situations personnelles.

Retrouvez l'univers de Jérémy BELLANGER sur meruvia.fr Kévin ROUSSEL

Capture d'écran de Wiwi's Adventures 3 Crédits photo : Meruvia


Tous les mois, la rubrique .project vous présente plusieurs projets réalisés au sein de l'Ecole Supérieure d'Ingénierie Informatique IN'TECH INFO.

Les nouveaux arrivants de l’École Supérieure d'Ingénierie Informatique IN'TECH INFO se sont vus confier dans le cadre de leurs Projets de Formation Humaine la réalisation d'exposés sur le thème Ivry, une ville. Les douze étudiants de premier semestre se sont donc organisés en trois équipes pour traiter respectivement d'Ivry au passé, au présent et au futur. L'équipe du projet Ivry Hier s'est lancée dans des recherches sur l'Histoire de la ville, de la Seconde Guerre Mondiale à nos jours. Les étudiants expliquent axer leur exposé sur la forte période d'industrialisation et sur les monuments importants de la ville. Toute une histoire... L'équipe a eu accès aux archives de la Mairie afin d'apporter d'avantage de contenu à l'exposé.


Une deuxième équipe d'étudiants s'est attachée à raconter Ivry telle qu'elle est aujourd'hui. Ayant pour ambition de bâtir leur exposé sur des témoignages, les étudiants d'Ivry Aujourd'hui se focalisent notamment sur les activités culturelles, sportives et associatives de la ville, ainsi que sur l'urbanisme, la politique ou encore l'économie.

Enfin, l'équipe Ivry Demain étudie les différents projets de la ville pour l'avenir, notamment en matière de politique ou d'environnement. Grâce à Ivry Confluences, les étudiants ont accès à de nombreux projets et maquettes illustrant l'Ivry-sur-Seine du futur. L'équipe a organisé son exposé sous la forme d'interviews d'habitants, de commerçants et de personnalités de la municipalité. Compte tenu de leurs informations, les étudiants voient l'Ivry de demain comme une ville changeante, tendant à se moderniser et à surprendre.

Maxime LAURET


Depuis janvier, l'association Proxité est implantée sur la commune d'Ivry-sur-Seine. Cette association à but non lucratif s'est donnée pour mission d'aider des jeunes âgés de 1 2 à 20 ans en situation de difficulté scolaire, chaque élève étant suivi par un parrain durant toute l'année scolaire. L'antenne d'Ivry est aujourd'hui à la recherche d'élèves pour démarrer son activité, sachant qu'assez de parrains sont d'ores et déjà disponibles pour les aider. Pour aider l'association, une équipe d'IN'TECH INFO s'est lancée dans une action de communication emmenée par Guénolé KIKABOU-KIA-MOUKALA. Le but de cette campagne est de faire connaître Proxité dans les établissements et Maisons de quartiers de la ville, ainsi qu'auprès des associations de parents d'élèves. L'équipe, nommée Prox'ITI, prévoit d'utiliser plusieurs moyens de communication afin d'attirer les élèves. « Notre objectif est notamment d'améliorer la communication sur les réseaux sociaux, qui sont très utilisés par les jeunes » explique Guénolé. De même, la création de fiches de contacts est prévue pour créer un lien sur le long terme avec les intéressés. Les membres de l'équipe souhaitent mettre les parents d'élèves au courant afin qu'ils puissent aider leurs enfants ou même conseiller d'autres parents. « De même, la Fête de la Ville, qui aura lieu au mois de juin, sera une belle occasion de parler de l'association » confie Guénolé.

Suivez l'action de Proxité sur proxite.com Valentin THIBAUD


L'équipe d'IRL 2.0 a rencontré Thomas Barach, étudiant à IN'TECH INFO et Chef du Projet Spot'IT.

IRL 2.0 : En quoi consiste Spot'IT ? Thomas Barach (chef du projet Spot'IT) : Spot'IT est un projet de Semestre 4, filière Systèmes & Réseaux. Il permet de mettre en place un portail captif intégré dans une Raspberry Pi, qui rend la solution portable. Le principe est de brancher via câble Ethernet sur Raspberry Pi qui diffusera le réseau alors en WiFi. Par exemple, dans un endroit où il n'y a qu'une prise ethernet, mais pas de box, il suffit de brancher la solution et elle diffusera un WiFi.

IRL 2.0 : Comment s'organise l'équipe ? Thomas Barach : C'est ma première expérience en tant que Chef de

Projet. En filière Systèmes & Réseaux, on a beaucoup de services à installer en début de projet ; j'ai surtout réparti ces tâches au sein de l'équipe. Si un membre du groupe rencontre une erreur que j'ai déjà rencontré, je le dépanne. Sinon, tout se règle en réunion. Au début du projet, j'appréhendais davantage l'encadrement de l'équipe que la technique. Pousser les autres est parfois plus difficile qu'un problème technique.

IRL 2.0 : Comment vois-tu le projet pour l'avenir ? Thomas Barach : En soi, ce type de solution existe déjà. Mais si on s'en

sort bien, on aimerait la commercialiser. On verra déjà si les entreprises sont intéressées lors du Forum des Projets Informatiques, qui aura lieu le 11 juillet 201 4 à IN'TECH INFO.

Michaël GUNGARAM


Pour fêter la sortie de sa nouvelle version LTS* (1 4.04), la communauté française d'Ubuntu s'installe à Paris pour un week-end entier à l'occasion de la traditionnelle Ubuntu Party. Au programme, plus de trente conférences accessibles au grand public, des démonstrations de la nouvelle version, une dizaine de cours d'initiation à Ubuntu et à d'autres logiciels libres ainsi qu'une douzaine d'ateliers. Aussi vastes que fédérateurs, les thèmes des conférences traiteront notamment de l'histoire et des enjeux du logiciel libre. Plusieurs outils libres et participatifs, tels que l'encyclopédie Wikimedia ou encore l'application de cartographie OpenStreetMap seront également présentés. Enfin, les questions de neutralité du net, de vie privée, de vote électronique et de monnaie libre seront également abordées. Un micro village associatif sera accessible aux visiteurs et un espace jeunesse composé de jeux libres sera ouvert pour les plus jeunes. Si vous voulez tester Ubuntu, des postes en libre accès seront installés, et si vous vous sentez prêts à passer du côté libre de la force, une install party se déroulera en parallèle, où des bénévoles se feront un plaisir de vous aider à installer Ubuntu sur votre machine.

L'Ubuntu Party se déroulera les 24 et 25 mai 201 4 à la Cité des Sciences et de l'Industrie. http://www.ubuntu-paris.org LTS : Long Term Service, version maintenue sur le long terme.

Maxime LAURET


L'école d'ingénieurs ESIEA organise la deuxième édition de l'ESIEA Secure Edition, un rendez-vous incontournable pour les acteurs de la sécurité informatique en France. Pour cette édition 201 4, plusieurs conférences traitant de sujets à la fois pratiques et d'actualités se tiendront lors de cette journée : - Panorama sur la cybercriminalité, présentée par Hervé SCHAUER HSC (HERVE SCHAUER CONSULTANTS) - Retour d'expérience sur le métier de Pentester, présentée par Guillaume LOPES et Thibaud BINETRUY – INTRINSEC - Lockpicking (crochetage) : un état de l'art, présentée par Alexandre TRIFFAULT (aka « Mr. Jack ») – membre de HACKERZVOICE - Maturité de la sécurité et les évolutions constatées, présentée par Jean-Marc BOURSAT – DEVOTEAM - Outil sur les vulnérabilités CSRF, présentée par Paul AMAR, étudiant de l'ENSIMAG - Hacking VoiP, présentée par Maxly MADLON – NES (NETWORK ENGINEERING & SECURITY) L'ESIEA SECURE EDITION 201 4 se tiendra le samedi 7 mai 201 4 de 9h30 à 1 8h00 dans les locaux parisiens de l'ESIEA, au 9 rue Vésale, à Paris 5ème (Métro Les Gobelins). Pour plus d'informations sur l'événement, consultez ese.esiea.fr

Michaël GUNGARAM


Michaël GUNGARAM Maxime LAURET Kévin ROUSSEL Valentin THIBAUD Martin FINKEL Catherine DORIGNAC

CONTACT : irl2_0@intechinfo.fr

/IRL2.0

@IRL2_0


IRL 2.0 : N°1  

IRL 2.0 est un webzine qui a pour vocation de donner aux étudiants et futurs étudiants les clés de l’actualité numérique et de les informer...

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