Issuu on Google+

numéro 5

2013

Bulle!n d’informa!on régional en Educa!on et Promo!on de la Santé

www.polecompetencesante974.re

Editorial Pour ce 5ème numéro du bulle!n d’informa!on du Pôle de compétences en éduca!on et promo!on de la santé de la Réunion, nous avons choisi de traiter un sujet souvent mis en avant comme une difficulté par différents types de professionnels, la santé mentale. Ce sujet a déjà fait l’objet de tables rondes lors des journées de la préven!on et de l’éduca!on pour la santé, un dossier sur les risques psychosociaux est paru dans une édi!on précédente de ce bulle!n (édi!on n° 2). Nous abordons ici une autre dimension de la santé mentale, les troubles psychiques. Qu’est ce que la santé mentale ? Les troubles psychiques, c’est quoi ? Quelle situa!on à la Réunion ? Quelles ac!ons pour promouvoir la santé mentale dans la communauté ? Qui sont les acteurs de ce champ ? Voilà les interroga!ons qui nous ont guidées dans l’élabora!on de ce dossier avec la collabora!on du Dr Benjamin BRYDEN (Médecin psychiatre) et de M. Harry JUAN (Président du GEM) qui ont bien voulu se prêter à l’exercice de l’interview, nous les en remercions. Dans les rubriques habituelles vous retrouverez entre autre dans ce numéro, un zoom sur l’ac!vité du groupe « Appui aux acteurs » du pôle ainsi qu’un focus sur le Disposi!f d’Appui Territorial dans la rubrique « actualités ». Nous présentons dans le volet « campagnes de communica!on » la campagne en cours sur la promo!on du dépistage du cancer colorectal. Enfin retrouvez vos informa!ons pra!ques sur les « docs et ou!ls », le calendrier des ac!vités du pôle etc… Le chiffre mis en avant dans ce numéro concerne la fréquenta!on du site internet du pôle, nous comptons une moyenne de 200 visites mensuelles sur les 6 derniers mois. S’agissant d’un site d’abord dédié aux membres du pôle et aux acteurs de la promo!on de la santé, ce%e fréquenta!on est plutôt correcte, mais il existe une marge de progression évidente. C’est pourquoi dès ce%e année, des améliora!ons vont être apportées au site pour le rendre plus attrac!f, la finalité étant la visibilité des ac!vités du pôle au niveau régional et l’informa!on des acteurs de la promo!on de la santé. Bonne lecture et rendez-vous au prochain numéro.

Dossier spécial La santé mentale dans la communauté

p. 2-11

Actualités Dans ce numéro, nous ferons un zoom sur le conseil méthodologique et sur le Disposi!f d’Appui Territorial. p. 2

Centre de ressources Retrouvez les affiches de la campagne de communica!on sur le depistage du cancer colorectal. p. 12-13

Le chiffre

200

consulta!ons du site internet par mois

personnes au


Actualités

ZOOM sur les ac!vités du groupe «Appui aux acteurs» Le conseiller méthodologique Interview de Mme CLOTAGATIDE Alice, Coordinatrice à REUNISAF (Réseau de Préven!on de l’Ensemble des Troubles Causés par l’Alcoolisa!on Fœtale) / DAT (Disposi!f d’Appui Territorial « Drogues et Dépendances ») Honorine Bernard : Vous avez suivi la forma!on de conseillère méthodologique de proximité et vous êtes aujourd’hui conseiller en méthodologie de projet pour le pôle de compétences en éduca!on pour la santé, qu’est ce que vous a apporté la forma!on ? Alice Clotaga!de : Ce%e forma!on m’a apporté méthode et ou!ls pour conseiller des acteurs de préven!on. Elle interroge sur le fondement même du projet afin de l’op!miser, en veillant à toujours placer le bénéficiaire au cœur du celui-ci. Elle est aussi u!le pour ma propre pra!que professionnelle que pour ma fonc!on de conseillère auprès d’autres acteurs.

HB : En quoi consiste votre travail ? AC: J’ai deux fonc!ons à REUNISAF. Je coordonne des ac!ons de préven!on afin de sensibiliser la popula!on,

et plus par!culièrement les jeunes, à la probléma!que « Alcool et grossesse » et de manière plus large sur les Addic!ons. Je suis également chargée de mission pour le Disposi!f d’Appui Territorial « Drogues et Dépendances », financé par la Préfecture (MILDT), ce qui m’amène à conseiller des acteurs qui mènent des ac!ons de préven!on des addic!ons (montage du projet, recherche de partenariat, mise en place d’ac!on, évalua!on, communica!on…).

Néanmoins, il me semble indispensable, au-delà de la forma!on, d’avoir une pra!que courante dans la concep!on et le suivi des projets pour conseiller d’autres acteurs car les enjeux peuvent être importants pour eux (bénéficier d’une subven!on par exemple). Pour finir, je !ens à souligner la qualité de la forma!on et du suivi des conseillers, qui sont encadrés par le Pôle de compétences en éduca!on pour la santé dans ce%e fonc!on.

HB : Comment s’est passé votre pre- HB : Merci mier conseil méthodologique ?

AC :

AC : Merci à vous

Je me suis sen!e en confiance car je suis au clair avec les objec!fs de l’accompagnement, je maîtrise plutôt bien la théma!que traitée par l’acteur que j’ai conseillé et je sais que le Pôle de compétences en éduca!on pour la santé peut me soutenir en cas de problème.

Plus d’info: h#p://www.polecompetencesante974.re/appui-aux-acteurs/conseil-methodologique/

Le Disposi!f d’Appui Territorial : qu’est ce que c’est ? Pour aider les chefs de projets à relayer sur tout le territoire la stratégie de préven!on voulue par le gouvernement, la Mission Interministérielle de Lu%e contre la Drogue et les Toxicomanies (MILDT) met en place dans chaque région, un disposi!f d’appui. Le Disposi!f d’Appui Territorial (DAT) est une plateforme ressources des!née à appuyer les chefs de projets « Drogues et Dépendances » dans l’élabora!on, le suivi et l’évalua!on du plan MILDT départemental.

Le DAT est également un ou!l au service de tous les acteurs ins!tu!onnels et associa!fs intervenant dans ce domaine ; il par!cipe à la mutualisa!on et au partage des compétences en ma!ère de préven!on des conduites addic!ves et au développement de l’approche interministérielle des enjeux. Impulsé par la MILDT, le disposi!f est placé sous l’autorité du chef de projets régional et bénéficie du portage administra!f de l’associa!on REUNI-

SAF. Ses missions sont : l’aide au diagnos!c et à l’observa!on, l’appui méthodologique et la diffusion d’informa!ons (portée à La Réunion, aux An!lles). Le disposi!f d’appui de La Réunion a été mis en place en Juin 2010. h t t p : / / w w w. d a t 9 7 4 . f r / s p i p . php?rubrique102

GLOBAL, Bulle!n d’informa!on régional en Educa!on et Promo!on de la Santé, numéro 5 - Mars 2013 Directeur de la publica!on : Comité de pilotage du Pôle de Compétences • Rédac!on en chef : Cédric PEDRE • Comité de Rédac!on : Comité de pilotage et Groupe Communica!on du pôle • Concep!on : Yannis KESSORI • Coordonnées : IREPS Réunion - Animateur du pôle -13 rue Roland Garros -97460 SAINT PAUL Tél: 0262 71 10 88 Fax: 0262 71 16 66 - email: contact@polecompetencesante974.re • Mars 2013

1


Dossier spécial

La promo!on de la santé mentale dans la communauté Ce dossier évoque la santé mentale à travers une présenta!on des données de cadrage, des disposi!fs existants et des interviews d’acteurs à La Réunion.

La santé mentale : un concept défini par l’OMS La santé mentale est une composante essen!elle de la santé. L’OMS définit la santé comme «..un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité». Ce%e défini!on met en avant que la santé mentale n’est pas que l’absence de troubles ou de handicaps mentaux. La santé mentale est un état de bien-être dans lequel une personne peut se réaliser, surmonter les tensions normales de la vie, accomplir un travail produc!f et contribuer à la vie de sa communauté. Dans ce sens posi!f, la santé mentale est le fondement du bien-être d’un individu et du bon fonc!onnement d’une communauté.

La santé mentale comporte trois dimensions : · La santé mentale posi!ve, discipline qui s’intéresse à l’ensemble des déterminants de santé mentale conduisant à améliorer l’épanouissement personnel. · La détresse psychologique réac!onnelle qui correspond aux situa!ons éprouvantes et aux difficultés existen!elles. · Les troubles psychiatriques qui se réfèrent à des classifica!ons diagnos!ques renvoyant à des critères, à des ac!ons thérapeu!ques ciblées et qui correspondent à des troubles de durée variable plus ou moins sévères et handicapants. Source : OMS et Plan psychiatrie et Santé Mentale 2011 -2015

Les déterminants de la santé Stratégies et interven!ons mentale Des facteurs sociaux, psychologiques et biologiques mul!ples déterminent le degré de santé mentale d’une personne à un moment donné. Ainsi, des pressions socio-économiques persistantes sont des facteurs de risque reconnus pour la santé mentale des individus et des communautés. Les données factuelles qui l’a%estent le mieux sont les indicateurs de pauvreté, notamment les faibles niveaux d’instruc!on. Les problèmes de santé mentale sont également associés aux éléments suivants : changement social rapide; condi!ons de travail éprouvantes; discrimina!on à l’égard des femmes; exclusion sociale; mode de vie malsain; risques de violence ou de mauvaise santé physique; et viola!ons des droits de l’homme. Par ailleurs, certains profils psychologiques et certains traits de personnalité prédisposent aux troubles mentaux. Enfin, les troubles mentaux peuvent être dus à des causes biologiques, notamment à des facteurs géné!ques et à des déséquilibres chimiques du cerveau.

La promo!on de la santé mentale passe par des ac!ons tendant à créer des condi!ons de vie et un environnement qui favorisent la santé mentale et perme%ent d’adopter et de conserver un mode de vie sain. Il existe ainsi un large éventail de mesures visant à augmenter la probabilité de voir plus de gens jouir d’une bonne santé mentale. Un contexte garan!ssant le respect et la protec!on des droits civils, poli!ques, socioéconomiques et culturels fondamentaux est indispensable pour promouvoir la santé mentale. Sans la sécurité et la liberté apportées par ces droits, il est très difficile de conserver

une bonne santé mentale. Les poli!ques na!onales de santé mentale ne se limitent pas aux troubles mentaux. Elles reconnaissent et prennent en compte les facteurs plus généraux qui favorisent la santé mentale. Il s’agit notamment d’intégrer la promo!on de la santé mentale dans les poli!ques et programmes des secteurs publics et privés concernant l’éduca!on, l’emploi, la jus!ce, les transports, l’environnement, le logement et la protec!on sociale, ainsi que dans ceux du secteur de la santé. La promo!on de la santé mentale repose pour une large part sur des stratégies intersectorielles.

2


Dossier spécial

Le classifica!on des troubles psychiques La CIM-10, Classifica!on inter-na!onale des troubles mentaux et du comportement dresse la liste complète des troubles mentaux et du comportement. Pour une défini!on plus précise, on peut également consulter les critères diagnos!ques pour la recherche. Ces documents, applicables indépendamment du contexte culturel, ont été établis d’après le chapitre V (F) de la Dixième Révision de la Classifica!on sta!s!que interna!onale des maladies (CIM-10) et reposent sur une synthèse de la li%érature scien!fique, sur l’avis de spécialistes du monde en!er et sur un consensus interna!onal. Le chapitre V de la CIM-10 est en!èrement consacré aux troubles mentaux et du comportement. Il nomme les maladies et troubles, comme les autres chapitres, mais comprend aussi des descrip!ons cliniques et des direc!ves pour le diagnos!c ainsi que des critères diagnos!ques pour la recherche. La CIM-10 classe les troubles mentaux et du comportement dans les catégories suivantes : • Troubles mentaux organiques, y compris les troubles symptoma!ques. Exemples : démence de la maladie d’Alzheimer, delirium. • Troubles mentaux et du comportement liés à l’u!lisa!on de substances psychoac!ves. Exemples : u!lisa!on d’alcool nocive pour la santé, syndrome de dépendance aux opioïdes. • Schizophrénie, troubles schizotypiques et troubles délirants. Exemples : schizophrénie paranoïde, troubles délirants, troubles psycho!ques aigus et transitoires. • Troubles de l’humeur [affec!fs]. Exemples : trouble affec!f bipolaire, épisode dépressif. • Troubles névro!ques, troubles liés à des facteurs de stress et troubles somatoformes. Exemples : anxiété généralisée, troubles obsessionnels-compulsifs. • Syndromes comportementaux associés à des perturba!ons physiologiques et à des facteurs physiques. Exemples : troubles de l’alimenta!on, troubles du sommeil non organiques. • Troubles de la personnalité et du comportement chez l’adulte. Exemples : personnalité paranoïaque, transsexualisme. • Retard mental. Exemple : retard mental léger. • Troubles du développement psychologique. Exemples : troubles spécifiques de la lecture, au!sme infan!le. • Troubles du comportement et troubles émo!onnels apparaissant habituellement durant l’enfance et l’adolescence. Exemples : troubles hyperkiné!ques, troubles des conduites, !cs. • Trouble mental, sans précision. Le rapprot sur « la santé dans le monde de 2001 – La santé mentale : Nouvelle concep!on, nouveaux espoirs» met l’accent est mis sur une série de troubles qui cons!tuent un handicap sévère s’ils ne sont pas correctement soignés et qui font peser un lourd fardeau sur la collec!vité, à savoir : les troubles dépressifs, les troubles liés à l’u!lisa!on de substances, la schizophrénie, l’épilepsie, la maladie d’Alzheimer, le retard mental et les troubles de l’enfance et de l’adolescence. Certains troubles mentaux et du comportement et troubles neurologiques sont réunis sous l’appella!on « troubles neuropsychiatriques ». Il s’agit de la dépression majeure unipolaire, du trouble affec!f bipolaire, des psychoses, de l’épilepsie, de la dépendance alcoolique, de la maladie d’Alzheimer et autres démences, de la maladie de Parkinson, de la sclérose en plaques, de la pharmacodépendance, de l’état de stress post-trauma!que, des troubles obsessionnels-compulsifs, du trouble de panique, de la migraine et des troubles du sommeil.

Source : Site de l’Organisa!on Mondiale de la Santé : h%p://www.who.int/whr/2001/chapter2/fr/index1.html

3


Dossier spécial

L’enquête « Santé mentale en popula!on générale à l’île de la Réunion» L’etude « santé mentale en popula!on générale»a été réalisée à l’île de la Réunion en 1998, nous vous proposons ici un résumé. Depuis les années 90, l’Organisa!on Mondiale de la Santé (OMS), l’Ins!tut Na!onal de la Santé et de la recherche Médical (INSERM), l’Etablisseemnt Public de Santé Mentale ( EPSM) de Lille ont mis en place des études sur la santé mentale. L’objec!f de ce%e recherche est double : décrire les représenta!ons liées aux maladies mentales, aux malades mentaux et aux différents modes de soins et évaluer la prévalence des principaux troubles mentaux dans la popula!on générale. Ce%e enquête a été réalisée en 1998 à l’île de la Réunion, voici les principaux résultats issus d’une étude de la DRASS de la Réunion* de février 2005. Le «fou» est plutôt considéré comme une personne dangereuse, violente, qui transgresse la loi. Les personnes interrogées déclarent que le fou est quelqu’un qui délire ou est halluciné (37 %), qui a un dis-

cours dénué de sens (31%) , ou qui a un comportement bizarre (24 %). Selon 28 % des Réunionnais, ce sont les conduites addic!ves qui rendent «fou», 45 % disent que la maladie mentale a des origines physiques. Globalement, les Réunionnais es!ment que le «fou» et le malade mental ne sont pas responsables de leur état (85 % à 90 %), pas responsables de leurs actes (80% environ), pas conscients de leurs états pour une très large majorité (82% pour le «fou», et 60 % pour le malade mental).

chiatrique pour soigner un «fou». Le passage du MINI (Mini Interna!onal Neuropsychiatric Interview) montre que près de 30 % de la popula!on interrogée en popula!on générale présente au moins un trouble psychique, au sens de la CIM 10, classifica!on des maladies mentales de l’OMS. Les troubles anxieux sont prédominants, représentant près de 20 % de la popula!on, avec une prévalence féminine significa!ve.

Près de 60 % des «fous» sont exclus de leur famille alors que le malade mental ne l’est que dans 40 % des cas. De 65 à 70 % des sondés pensent qu’on peut soigner et qu’on doit soigner même s’il ne le veut pas un fou, un malade mental et aussi un dépressif. A La Réunion, 22 % des personnes sondées connaissent un autre lieu que l’hôpital psy-

* DRASS : Direc!on Régionale des Affaires Sanitaires et Sociales.

LA PREVALENCE DES TROUBLES MENTAUX A LA REUNION Les troubles anxieux L’anxiété généralisée Les troubles dépressifs Dont épisodes dépressifs Les troubles dysthymiques

20% 10 % 11 % 6,7% 1,9%

Sources : enquête SMPG Réunion 1998

4


Dossier spécial

Les disposi!fs de promo!on de la santé mentale dans la communauté Il existe différents disposi!fs dans le champ de la santé mentale qui perme#ent aux usagers, aux professionnels, à la popula!on de mieux appréhender ce sujet et de s’y inves!r.

Les Groupes d’entraide mutuelle Les groupes d’entraide mutuelle (GEM) sont des structures de préven!on et de compensa!on de la restric!on de par!cipa!on à la vie en société, ils peuvent concerner tout type de troubles psychiques. Les GEM ne cons!tuent pas des structures médico-sociales. Leur organisa!on et leur fonc!onnement se différencient à plusieurs !tres des établissements et services médico-sociaux. Ainsi, les GEM ne sont pas chargés d’effectuer, comme ces structures, des presta!ons mises en œuvre par des professionnels (ou par des permanents, comme dans les lieux de vie) et n’ont pas pour mission la prise en charge des personnes. Le GEM, qui peut se définir comme un collec!f de personnes animées d’un même projet d’entraide, doit s’efforcer d’être une passerelle perme%ant aux personnes qui le fréquentent de retrouver une vie sociale sa!sfaisante le cas échéant, de recourir à des soins et à un accompagnement adapté. A la Réunion, il existe 3 Groupes d’entraide mutuelle, : - Saint Paul : GEM de Saint Paul : 11, rue de l’hôpital 97460 Saint-Paul 02 62 45 67 73 - Saint Pierre : GEM du Sud : 73 Quater, chemin Casabona 97410 Saint Pierre 02 62 38 10 18 - Saint Denis : GEM Passerelle : 8 rue St Jacques 97 400 Saint Denis 02 62 20 49 88

Interview de Harry JUAN, président du Groupe d’Entraide Mutuelle (GEM) de Saint Paul Honorine Bernard: Bonjour, Harry JUAN, vous êtes président du GEM de Saint Paul ? En quoi consiste le GEM ? Harry JUAN : Le GEM, c’est un organe sous forme associa!ve, qui a pour mission d’accueillir les gens présentant des troubles psychiques ou des fragilités sociales en les faisant par!ciper à une structure associa!ve. On essaye de leur perme%re une par!cipa!on à la vie citoyenne, pour un résultat personnel voire une inser!on professionnelle, et une améliora!on des rapports avec leur environnement familial. Le GEM possède une maison à Saint Paul sous le viaduc.

HB : Quelles sont les ac!vités que vous faites au sein du GEM et à l’extérieur ? HJ : Le GEM c’est comme un ou!l pour accomplir ce%e mission. Nous faisons des jeux de société, nous discutons,

nous avons une bibliothèque, une salle de musique et la possibilité de faire des créa!ons ar!s!ques (peinture, dessins,…). Nous faisons aussi des sor!es à l’extérieur pour le lien entre nous, avec des personnes présentant les mêmes problèmes. HB : Quelles sor!es par exemple à la Réunion ? HJ : un pique nique au Maido, des sor!es dans le sud , dans l’est.... HB : comment fonc!onne le GEM ? il y a un Conseil d’Administra!on, un animateur ? HJ : Le GEM est sous le mode associa!f, une organisa!on d’une associa!on classique avec un parrainage de l’ARFAMHP- (associa!on Réunionnaise des Familles et Amies de malades et d’Handicapés Psychiques). Les membres du conseil d’administra!on sont des personnes présentant une faiblesse d’adapta!on sociale. En 2012, nous avions 65 adhérents. Le conseil d’administra!on est composé d’un président, 2 vice présidents, une

secrétaire, une secrétaire adjointe, un trésorier et un trésorier adjoint. Il y a aussi un animateur salarié pour cadrer tout cela. HB : Quels sont les projets du GEM ? HJ : Les projets du GEM, sont ceux de notre mission, on con!nue l’existant. Ce%e année on va essayer de par!ciper à la Semaine d’informa!on sur la santé mentale (SISM) en mars. On a organisé en février un tournoi de dominos entre les GEM de la Réunion, car il existe un GEM à Saint Pierre et un GEM à Saint Denis, le GEM Passerelle. HB : Merci et bonne con!nua!on

GEM de Saint-Paul

Arrêté du 13 juillet 2011 pris pour l’application de l’article L. 14-10-5 du code de l’action sociale et des familles et fixant le cahier des charges des groupes d’entraide mutuelle mentionnés aux articles L. 114-1-1 et L. 114-3 du même code

5


Dossier spécial

Les disposi!fs de promo!on de la santé mentale dans la communauté La Semaine d’informa!on en santé mentale La Semaine d’Informa!on sur la Santé Mentale (SISM) est une manifesta!on annuelle coordonnée par un collec!f de seize partenaires réunis dans un Comité de coordina!on. On doit sa créa!on à l’Associa!on Française de Psychiatrie (AFP) en 1990. Son Comité de coordina!on est animé depuis 2005 par le Centre collaborateur de l’Organisa!on Mondiale de la santé pour la recherche et la forma!on en santé mentale (CCOMS). A par!r du thème choisi et diffusé chaque année par le Comité, chacun peut prendre l’ini!a!ve d’organiser une manifesta!on répondant aux objec!fs de la SISM.

Les objec!fs de la SISM 1.CONVIER aux événements de la SISM un public qui n’est pas habituellement sensibilisé aux ques!ons de santé mentale, dans un double but de pédagogie et de dés!gma!sa!on.

5.FAIRE connaître les lieux, les moyens et les personnes pouvant apporter un sou!en ou une informa!on de proximité. Ce%e année le thème dela SISM est «Ville et Santé Mentale».

2.INFORMER à par!r du thème annuel, sur les différentes approches de la santé mentale.

h#p://semaine-sante-mentale.fr/ 18 au 24 mars 2013

3.RASSEMBLER par cet effort de communica!on, acteurs et spectateurs des manifesta!ons, professionnels et usagers de la santé mentale.

A la Réunion, consultez le programme sur le site de l’IREPS Réunion à la rubrique A la une. www.irepsreunion.org

4.AIDER au développement des réseaux de solidarité, de préven!on et de soins en santé mentale.

Les Conseils locaux de santé mentale Les objec!fs opéra!onnels des conseils locaux de santé mentale sont variables d’un territoire à l’autre, mais on retrouve, de manière quasi systéma!que parmi les priorités visées, l’accès aux soins et la lu%e contre l’exclusion des personnes ayant des troubles de la santé mentale.

Un conseil local de santé mentale fonc!onne avec un comité de pilotage (parfois assor! d’un comité technique), une assemblée plénière et des groupes de travail théma!ques ou par projet, sur un territoire infracommunal, communal ou intercommunal.

Les conseils locaux de santé mentale pilotés ou co-pilotés par les municipalités, sont conçus en général comme des plateformes de concerta!on, dont l’objec!f est de définir sur un territoire, les priorités en terme de santé mentale, d’élaborer des projets en réponse aux probléma!ques locales.

L’un des premiers travaux des conseils locaux de santé mentale est d’établir un « tableau de bord » des besoins prioritaires : concrètement, il s’agit d’effectuer une observa!on locale grâce à des ressources internes (observatoire local de santé, service santé de la ville, atelier santé ville) ou externes (consultants, travaux de

chercheurs universitaires, d’observatoires de la santé, etc.) pour produire un diagnos!c local de santé, une recherche-ac!on spécifique, une étude de faisabilité, expérimenter un disposi!f interprofessionnel de coordina!on, approcher des problèmes de santé d’une popula!on en appelant à la par!cipa!on d’un collec!f d’habitants. Ils sont dévelopés en Métropole mais pas encore à la Réunion.

Recommandations pour l’élaboration d’un Conseil Local de Santé Mentale (Clsm), CCOMS, Novembre 2012 http://www.ccomssantementalelillefrance.org/sites/ccoms/files/RecommandationsClsmNov.pdf

6


Dossier spécial

Les disposi!fs de promo!on de la santé mentale dans la communauté La bibliothèque vivante En 2000, une ONG Danoise « Stop the violence » a imaginé le concept de bibliothèque vivante, l’idée était de proposer un ou!l « de lu%e contre la discrimina!on ». Plus exactement cela devait consister «à proposer une rencontre pacifique, posi!ve et distrayante avec précisément les pires de leurs préjugés et stéréotypes en partant du principe que personne n’en est exempt. ». Concrètement, le grand public peut rencontrer et échanger avec une personne en parlant de son vécu quo!dien, ce%e personne appartenant à un groupe confronté à des stéréotypes et des préjugés (handicapé, sans emploi, homosexuel, immigré..). Pour cela, le concept est le suivant : les personnes s!gma!sées incarnent des livres, représentant une personne s!gma!sée (ex : une personne handicapée, ou ayant des caractéris!ques physiques perçues comme différents, ou vivant avec une maladie). Chaque lecteur venant à la bibliothèque vivante peut consulter un de ces livres « vivants » pendant 20 minutes. Le livre échange sur son histoire de vie avec le lecteur. Pour avoir accès aux livres, des bibliothécaires assurent l’accueil et le fonc!onnement de l’ac!on, ce sont en principe les organisateurs de l’ac!on qui remplissent ce rôle. Ce%e ini!a!ve est soutenue par le conseil de l’Europe depuis 2005, avec notamment la créa!on du guide de l’u!lisateur de la Bibliothèque Vivante (BV), ou!l indispensable à tout porteur de projet similaire. Ce guide présente les expériences déjà menées à l’étranger, explique les éléments organisa!onnels de l’ac!on de la concep!on à l’évalua!on. Les illustra!ons perme%ent aux lecteurs de mieux comprendre le fonc!onnement. Ce type d’ac!on a pu être mis en place dans d’autres pays en Europe, et même exporté en France depuis peu.

La mise en œuvre d’une bibliothèque vivante va perme%re en fonc!on des projets, de répondre à plusieurs objec!fs pour des popula!ons s!gma!sées tels que: • Réduire la distance sociale (Stuart, 2003), • Diminuer des préjugés et des stéréotypes dont souffrent certains groupes sociaux ; • Sensibiliser le grand public sur une théma!que précise (violences, troubles psychiques…) ; • Valoriser ses connaissances et ses compétences ; • Redonner une place de citoyen au cœur de la société. Les bibliothèques vivantes sont des démarches innovantes et originales. Elles perme%ent à travers un moyen ludique de sensibiliser une popula!on sur un sujet pas toujours évident à aborder. Bien sûr en fonc!on des objec!fs recherchés par les organisateurs, la démarche, le sujet et le lieu différeront. L’ini!a!ve est arrivée en France en 2007, en Meurthe-et-Moselle grâce au Conseil Général et au GEM Espoir 54, qui ont souhaité proposer une bibliothèque avec des personnes concernées par des troubles psychiques. Ce%e ac!on a eu lieu au Forum de la Fnac de Nancy dans le cadre de la semaine « Egalité, fraternité, Agissez ! ». Leur argument était « Osez : le livre ouvert, faire tomber les préjugés ». Depuis 2010, la Maison des Usagers du Centre Hospitalier Sainte-Anne à Paris (MDU) organise une bibliothèque vivante dans le cadre de la semaine d’informa!on de la santé mentale. Ce%e bibliothèque a lieu à la Cité de la santé située à la Cité des Sciences durant deux heures dans l’après midi, quatre livres sont proposés aux lecteurs : Les livres sont soit des usagers « stabilisés », soit des proches (famille,

amis) d’usagers. En amont de l’ac!on, ils se réunissent avec la coordinatrice de la MDU afin de bien préparer et cadrer les interven!ons et la posture de « livre vivant ». Il y a quatre bibliothécaires, dont aussi une bénévole d’associa!on d’usagers. Elles ont plusieurs rôles : interpeller le public, accueillir le public, gérer les temps d’échanges, gérer l’espace de convivialité et enquêter les lecteurs après la lecture pour recueillir leurs avis et impression. Deux autres bibliothèques vivantes ont été organisées en 2011 et 2012. En résumé, une bibliothèque vivante est composée : -De livres : des personnes s!gma!sées, choisies en fonc!on du sujet de la bibliothèque de livres vivants (personnes souffrantes de troubles psychiques, personnes discriminées, personnes peu connues de la société et/ ou d’un public) -De lecteurs : ce sera le public présent sur les lieux de l’événement, soit ciblé (école,..) soit plus large (fes!val, bibliothèques) -De bibliothécaires : qui peuvent être les organisateurs de l’ac!on, mais pas seulement dans certains cas ce sont des livres aussi. Leurs missions sont de gérer les lectures, les livres, les espaces d’accueil et d’échanges. Le nombre de livres et de bibliothécaires variera en fonc!on du lieu de l’ac!on et de l’envergure du projet.

Ci- contre, le logo utilisé par la Maison des usagers de de l’hôpital de Sainte Anne, Paris, dans le cadre de leur bibliothèque vivante. http://www.ch-sainteanne.fr/site/centrhosp/ usagers/maison.html

7


Dossier spécial

Les acteurs de la santé mentale à la Réunion Interview du Docteur Benjamin BRYDEN Psychiatre responsable du Service de Réhabilita!on et de Réinser!on de l’EPSMR Honorine BERNARD : vous êtes psychiatre Réhabilita!on et de SMR, en quoi consiste

Bonjour, docteur BRYDEN, responsable du service de Réinser!on (S2R) de l’EPvotre travail au quo!dien ?

Dr Benjamin BRYDEN : C’est un travail pluridisciplinaire, pluri professionnel qui vise à perme%re à des personnes souffrant de troubles psychiques sévères avec une importante répercu!on en terme d’inser!on sociale, d’accéder à leur niveau op!mal d’autonomie dans la communauté. Le processus de réhabilita!on est un processus dynamique dans lequel l’usager est accompagné dans des choix. Au quo!dien, il va s’agir dans un premier temps d’évaluer l’impact fonc!onnel de la pathologie et de repérer les compétences de l’usager. Ensuite et après contractualisa!on entre l’usager et les professionnels, vont être u!lisés des ou!ls de mise en situa!on dans la communauté. Il s’agit ici d’appartement associa!f à visée thérapeu!que et d’accueillants familiaux temporaires formés dans une orienta!on de réhabilita!on. Dans le même temps, les professionnels vont accompagner l’usager dans la cons!tu!on d’un réseau étayant non psychiatrique (accès au médecin traitant et à l’infirmière libérale, monde associa!f, accès au travail, aux loisirs etc…). L’objec!f général est de perme%re à l’usager d’accéder à un réseau sanitaire et social dans lequel la psychiatrie est inclut sans être l’unique partenaire de l’usager. HB : Pouvez vous nous expliquer en quoi il est important et essen!el de pouvoir travailler au sein de vos services avec des professionnels différents, infirmière(s), psychologue(s), éducateur(s) ?

HB : Selon vous quelles sont les préoccupa!ons à La Réunion au sujet des troubles psychiques ? Dr BB: A la Réunion, comme partout ailleurs dans le monde, les troubles psychiques sont encore trop souvent associés à la violence et à la dangerosité. L’évolu!on actuelle de la Réunion met à mal les sou!ens familiaux et communautaires (grande urbanisa!on, logement individuel..) et renforce les risques d’exclusion et de s!gma!sa!on des personnes souffrant de troubles psychiques. HB : Selon vous, quelles ac!ons de préven!on peuvent être conduites à la Réunion ? Dr BB: Les ac!ons de préven!on peuvent se déployer à tous les niveaux. Dans les cas de la schizophrénie, dont les liens avec le cannabis sont maintenant bien étayés, il apparait que la préven!on de la consomma!on de ce produit psycho ac!f soit à favoriser. Il apparait également important de mieux informer la popula!on sur les modes de présenta!ons de différents troubles psychiques afin de favoriser un diagnos!c précoce souvent garant d’une meilleure évolu!on. Enfin, il apparaît primordial de par!ciper à la modifica!on des représenta!ons sociales néga!ves liées aux troubles psychiques car ils renforcent un vécu de s!gma!sa!on chez les personnes souffrant de ces troubles. HB : Merci

Dr BB: La dimension de pluri professionnalité est inhérente aux pra!ques de réhabilita!on tel que déployées au S2R. Chaque usager est accompagné par une infirmière coordinatrice, un médecin, un psychiatre, un psychologue, un éducateur spécialisé, une assistante sociale, une aide soignante, qui interviennent de façon complémentaire dans leur champ de compétences. Le projet de réhabilita!on est issu de ces différents échanges et il est signé par l’usager sous forme d’un contrat.

8


Dossier spécial

Les acteurs de la santé mentale à la Réunion Les rencontres psychosociales : Créa!on d’un lien entre le sanitaire et le social afin de « décomplexifier» des situa!ons difficiles L’Equipe Mobile Spécialisée en Psychiatrie (EMSP) est une Unité fonc!onnelle du Service de Réhabilita!on et de Réinser!on (S2R) elle-même ra%achée au Pôle Intersectoriel de l’Etablissement Public de Santé Mentale de La Réunion (EPSMR). L’EMSP est composée de deux infirmiers, une psychologue, une animatrice réseau et un psychiatre coordonnateur. Sa zone d’interven!on est ainsi représentée par les secteurs Ouest, Nord et Est de l’île de la Réunion. L’EMSP a pour mission de faciliter l’accès aux soins pour les personnes souffrant de troubles psychiques ou de souffrance psychique cliniquement significa!ve et en situa!on de précarité. Elle propose également, par des ac!ons de proximité, de par!ciper à un meilleur repérage des situa!ons de souffrance psychique ou de troubles psychiques par les professionnels de première ligne, ainsi qu’à la lu%e contre la s!gma!sa!on des personnes souffrant de troubles psychiques.

sonnes vers le soin de droit commun.

L’EMSP se fonde sur la mise en œuvre d’ac!ons cohérentes et complémentaires entre les champs sanitaire et social. Les interven!ons dans le champ du social se déroulent sous couvert de conven!ons avec des structures œuvrant dans l’aide sociale à la précarité, ainsi la Croix-Rouge, la fonda!on Abbé Pierre, des CHRS, des CCAS, des associa!ons d’accueil pour les personnes démunies, des Missions locales sont partenaires. Le principe fondamental sur lequel nous nous sommes appuyés pour construire le cadre d’interven!on de l’EMSP est le suivant : la mise en place de l’équipe mobile spécialisée en psychiatrie n’a pas pour voca!on d’être une équipe de soin psychiatrique spécifique pour les pauvres. Construire un cadre à contrario viendrait renforcer la dynamique d’exclusion de ces personnes. Elle a au contraire pour fonc!on d’insérer/réinsérer ces per-

Force est de constater, que depuis la créa!on de l’EMSP en 2009, de nombreuses personnes ont été prises en charge par un service sanitaire de droit commun mais certains n’adhérent ni à un suivi sanitaire, ni à une prise en charge sociale. Effec!vement, autour des personnes en situa!on de précarité se déploient de nombreux disposi!fs d’aide. Certaines personnes vont entamer des prises en charge parallèles proposées par différentes structures, et finalement ne pas réellement s’y engager, s’y inves!r. Nous pouvons l’expliquer comme des conduites d’évitement liées à une grande souffrance psychique et à une es!me de soi défaillante. Mme L. en hébergement temporaire est accompagnée par le travailleur social dans des démarches de réinser!on professionnelle, mais entame également un suivi avec un conseiller d’inser!on sociale d’une mission lo-

L’équipe mobile a pour mission : d’intervenir auprès des personnes remplissant les trois condi!ons suivantes - être en situa!on de précarité sociale et d’exclusion - être en souffrance psychique - ne pas avoir accès à des soins (rupture). La volonté d’ « aller-vers » se traduit par un décentrement par rapport au disposi!f psychiatrique, avec la mobilisa!on des infirmiers en première ligne sur les structures partenaires conven!onnées. Des ac!ons directes auprès des personnes en situa!on de précarité sont réalisées : dépistage et accompagnement vers les soins par les infirmiers de l’EMSP. Les ac!ons indirectes prennent la forme d’éclairage de situa!ons et de sensibilisa!ons autour de forma!ons théma!ques concernant la santé mentale et la précarité sont assurées par la psychologue.

cale. Deux projets sont amorcés mais finalement n’abou!ssent à rien de concret. La connaissance de ces deux suivis apparaîtra grâce à l’interpella!on de l’équipe mobile spécialisée en psychiatrie suite à une iden!fica!on de troubles à la fois par le conseiller mais aussi par le travailleur social. D’autres personnes font sans cesse des va et vient entre hospitalisa!on et la rue, sans réussir à accrocher à un suivi con!nu sur des services ambulatoires. Ainsi, M. F revenait stabilisé dans ses troubles suite à une hospitalisa!on, une prise en charge sociale pouvait alors débuter mais très vite en rupture de soins, une rupture se faisait également dans le projet social.

Coordonnées : EPSMR 42, chemin Grand Pourpier 97460 Saint Paul Tel : 02.62.45.35.45

9


Dossier spécial

Les acteurs de la santé mentale à la Réunion Les rencontres psychosociales : Créa!on d ‘un lien entre le sanitaire et le sociale afin de « décomplexifier» des situa!ons difficiles L’EMSP peut venir se posi!onner comme interface entre le champ du sanitaire et le champ du social lors de situa!ons complexes communes. Il se construit alors un travail de lien avec les intervenants de terrain. Des rencontres psychosociales sont pensées à par!r de la no!on de clinique psychosociale, qui « vise à décrire des processus psychiques, intrapsychiques et intersubjec!fs ». Selon Furtos et Colin. Les rencontres psychosociales ont pour visée de « décomplexifier» ces pra!ques en perme%ant aux différents intervenants de se rencontrer et d’échanger autour d’une situa!on. Ainsi, l’EMSP organise des rencontres avec tous les partenaires œuvrant autour de la situa!on afin d’unifier les différentes prises en charge engagées autour de la personne.

Les objec!fs de ces rencontres sont de: - reconnaitre, iden!fier derrière «le masque de l’exclusion et de la précarité» les troubles psychiques avérés ou iden!fier des troubles psychosociaux en rapport direct avec la situa!on de précarité et d’exclusion. - élaborer conjointement une stratégie d’accompagnement psychosocial. -travailler l’ar!cula!on entre les différents intervenants autour de la personne présentant des troubles psychiques et étant en situa!on de précarité et d’exclusion psychosociale.

des situa!ons abordées ont pu évoluer vers une meilleure accroche des disposi!fs de droits communs (social et sanitaire). Ainsi, pour Mme L., ce%e rencontre a clarifié les interven!ons de chacun autour d’elle. Pour M. F, sa difficulté dans les repérages tempo-spa!aux a été iden!fiée, expliquant une mauvaise con!nuité des soins, les travailleurs sociaux ont ainsi accompagné M. F dans le repérage du CMP le plus proche de son lieu d’errance, et les IDE de l’EMSP en lien avec le secteur psychiatrique lui rappelle ses rendez-vous mensuels.

Ces rencontres venant d’être introduites dans le fonc!onnement, nous n’avons pas encore la possibilité d’évaluer de manière certaine la per!nence de ce disposi!f, mais le constat est d’observer que la majorité

Camille PREVOST, Psychologue clinicienne pour l’équipe mobile de psychiatrie.

Projet expérimental : «Gagne une case à Saint Paul» Le projet «Gagne une case à Saint Paul», est un disposi!f expérimental et innovant d’accompagnement sur la commune de Saint Paul. Il s’adresse à une popula!on en situa!on de grande exclusion, souffrant de troubles psychiques et sans abri sans condi!ons. La philosophie du projet de «Gagne une case à Saint Paul», se décline de manière générale en référence à la no!on de rétablissement, et de façon liée, il s’agit pour l’équipe dédiée au projet d’appréhender les personnes sans « chez soi », comme ayant des compétences et des capacités à faire valoir, en tant que citoyens à part en!ère, pouvant se prendre en charge et retrouver une autonomie, y compris en présence de probléma!que d’ordre psychiatrique. Le service est composé d’un directeur, d’un psychiatre, d’un assistant social, de deux éducateurs spécialisés et d’un technicien. L’associa!on Allons Déor travaille en partenariat avec la Croix Rouge, l’associa!on AGIR, l’équipe mobile, le CARUD, la permanence d’accès aux soins de Santé, la Mission Intercommunale de l’Ouest et le CCAS de Saint Paul, avec lesquels des conven!ons sont signées. Ces structures assistent aux réunions du comité de pilotage du projet. Ce partenariat permet à tous d’élaborer et de me%re en synergie nos compétences, sa créa!vité et mener nos ac!ons plus stratégiques avec les personnes de la rue. En externe, un travail de communica!on est toujours nécessaire auprès des partenaires afin d’expliquer les différences dans les postures de travail très per!nent pour un public avec une maladie mentale sévère. Pierre CASTAGNE, Educateur spécialisé pour l’Associa!on Allons Déor Coordonnées : Associa!on ALLONS DEOR 11 rue de l’hopital 97866 Saint Paul Cedex 02 62 59 02 64 allons.deor@orange.fr

10


Dossier spécial

Pour aller plus loin : Sources : Roelandt J.-L., Caria.A. S!gma !. Vaincre les discrimina!ons en santé mentale, L’informa!on psychiatrique, n° 83 (8), 2007: p. 645-648 La percep!on des problèmes de santé mentale : les résultats d’une enquête sur neuf sites, version revue et corrigée, DRESS, Etudes et Résultats n°116, mai 2011, 7p Troubles mentaux et représenta!ons de la santé mentale, premiers résultats de l’enquête Santé mentale en popula!on générale, DRESS, Etudes et Résultats, n°347, octobre 2004 : 12p Girard V. Dés!gma!sa!on : comment rendre la lu%e effec!ve ? L’informa!on psychiatrique, n°83 (10), 2007 : p 848-50 Abergel R., Rothermund A., Titley G., Wootsch P. La couverture ne fait pas le livre ! Le guide l’organisateur de la Bibliothèque vivante, Strasbourg : Edi!ons du Conseil de l’Europe, 2006, p. 72 Loubières C. La bibliothèque vivante : un ou!l de sensibilisa!on et de lu%e contre la s!gma!sa!on en santé mentale, Mémoire pour le Diplôme Inter Universitaire « Santé Mentale dans la communauté : Etudes et applica!ons » 2011 La santé de l’homme, n°413, 2011 Tableau de bord de la maladie mentale à La Réunion, DRAAS 2005 Site internet : - Psychom75 : h%p://www.psycom75.org/ - L’informa!on psychiatrique : h%p://www.infopsy.fr/ - Info déprssion : h%p://www.info-depression.fr/ - Troubles bipolaires : h%p://www.troubles-bipolaires.com/ - AFTOC : h%p://a+oc.org/index.php?op!on=com_frontpage&Itemid=1 - France Dépression : www.france-depression.org

Les acteurs à l’île de la Réunion : - L’Etablissement Public de Santé Mentale de la Réunion : h%p://www.epsmr.org/ - Groupe Hospitalier Sud Réunion (Saint-Pierre) : h%p://www.chr-reunion.fr/spip.php?rubrique1 - Clinique des Flamboyants Sud : h%p://www.clinique-flamboyants-sud.com/page/pagedetail?pageid=60 - Clinique des Flamboyants Ouest : h%p://clinique-flamboyants-ouest.com/page/pagedetail?pageid=32 - ALEFPA : h%p://www.alefpa.asso.fr/carteFrance.php?ID=73 - IMP Claire Joie - Fonda!on Père Favron : h%p://www.favron.org/ - APAJH : h%p://www.apajh.re/

11


Ouvrages et brochures Jeu : La Fotoki : des images pour en parler - Crips Ile de Le guide de l’allaitement maternel Groupe de travail pluridisciplinaire dans le cadre du PNNS - Public : Parents et France professionnels « La Fotoki » est un support pédagogique de type photoexpression. Il con!ent 38 photographies en couleur pour travailler avec un groupe de 8 à 20 personnes sur les représenta!ons de la santé. Il est exploitable auprès du tout public et peut-être u!le dans le cadre de forma!ons ou d’interven!ons de préven!on, de promo!on de la santé. Cet ou!l permet d’aborder différentes théma!ques, comme la santé, les usages de drogues, le bien-être, etc. Il est u!lisé dans le cadre de l’exposi!on Drogland, portée par l’associa!on Civisme et démocra!e (Cidem), qui sillonne la France depuis novembre 2005 h#p://www.irepsreunion.org/pedagotheque/product_info.php?products_id=225

Jeu : Pouce Pousseleschez Pâtesl’enfant au beurre L’évolu! on du langage : de la difficulté au Le jeu « Pouce Pousse » réalisé par l’Associa!on pour la Préven!on Promo!on de la trouble Santé Psychique et son lieu d’accueil «Les Pâtes au Beurre» est un jeu de 7 familles pleines d’humour pour se familiariser avec la santé psychique et des no!ons telles que la confiance en soi, l’es!me de soi, la capacité à aimer, à donner, à transme%re… C’est un jeu de préven!on à partager en famille et dans tous les lieux qui accueillent des enfants. h#p://www.irepsreunion.org/pedagotheque/product_info.php?products_id=211

Guide : Troubles «dys» de l’enfant Ce%e brochure s’adresse aux parents d’un enfant chez qui un trouble cogni!f vient d’être diagnos!qué (dyslexies, dysphasies, dyscalculies, dyspraxies, dysorthographies, troubles de l’a%en!on?). Elle leur apporte des points de repères pour accompagner l’enfant dans sa scolarité et présente les différentes structures d’accueil et les professionnels du champ. h#p://www.irepsreunion.org/docou!ls/product_info.php?products_id=465

CDROM: Vie affec!ve et sexuelle des personnes vivant avec un handicap mental. (Programme régional) Instance régionale d’éduca!on et de promo!on de la santé Pays de la Loire, IREPS Antenne Mayenne Ce cédérom présente la démarche du programme régional « Vie affec!ve et sexuelle des personnes vivant avec un handicap mental » mis en place depuis 2006. Ce support interac!f retrace l’origine du programme, son objec!f et ses principaux axes (ac!ons auprès des professionnels, des personnes en situa!on de handicap et des parents) à travers le témoignage de professionnels, la présenta!on d’ac!ons éduca!ves auprès de jeunes déficients, l’explicita!on des concepts et le témoignage de financeurs. h#p://www.irepsreunion.org/pedagotheque/product_info.php?products_id=302

12


Centre de ressources

Campagne de communica!on

« MARS BLEU, mois du dépistage du cancer colorectal » Pour la 6ème année consécu!ve, le mois de mars sera l’occasion de sensibiliser la popula!on sur l’importance du dépistage du cancer colorectal, le 3ème cancer le plus fréquent en France. Les acteurs de La Réunion se mobilisent : L’Agence de Santé Océan Indien (ARS OI), la Caisse Générale de Sécurité Sociale (CGSS) et le Régime Social des Indépendants (RSI) invitent les personnes âgées de 50 à 74 ans à par!ciper au dépistage gratuit qui leur est proposé par RUNDEPISTAGES, tous les 2 ans.

Structure de ges!on des dépistages organisés à La Réunion :

Run Dépistages 17, rue Amiral Decaen 97400 Saint-Denis 02 62 30 90 90

13


Agenda

En bref

Agenda 2013

La commission de labélisa!on « ou!l péi» s’est réunie le 22 février 2013, l’ou!l de préven!on «Tek Tek la perd lèr» a reçu le label dans le cadre d’une u!lisa!on pédagogique.

Rencontre ou!ls sur le thème l’éduca!on affec!ve et sexuelle : Vendredi 29 mars 2013 Plus d’informa!ons : Karine BIJOUX Documentaliste : 02 62 71 10 88

Kfé communautaire «La prise en compte de la santé dans la construc!on des quar!ers à la Réunion» Vendredi 24 mai 2013 Plus d’informa!ons : Honorine BERNARD , chargée de projets : 06 92 85 31 22 Plus d’informa!on : http://www.polecompetencesante974.re/centre-de-ressources/labelou!l-pei/

Ce bulle!n peut par!ciper, en fonc!on de la place disponible, à la diffusion des actualités des acteurs du Pôle de Compétences (manifesta!ons, forums, concours, conférences, …). Il suffit pour cela de faire parvenir vos documents (affiches, flyers, communiqués …), à l’adresse email suivante: communica!on@ polecompetencesante974.re.

Vous souhaitez par!ciper à ce%e plateforme de ressources, contactez l’IREPS de la Réunion pour obtenir la charte d’adhésion. Pôle de Compétences IREPS Réunion Animateur du pôle 13 rue Roland Garros 97460 SAINT PAUL Tél: 0262 71 10 88 Fax: 0262 71 16 66 contact@polecompetencesante974.re

14


Bulletin d’information régional en Education et Promotion de la Santé 5