Page 50

La classe prépa, au-delà des concours Contrairement à une idée reçue, l’objectif d’une classe préparatoire ne se limite plus à la réussite aux concours d’entrée aux Grandes Écoles. Il est, ou devrait être, triple : délivrer une formation d’excellence, garantir l’accès à de Grandes Écoles et réussir un cycle de licence. Car le passage dans une classe préparatoire doit servir tout au long de la vie en dotant l’étudiant de bases solides et d’une large ouverture d’esprit.

Marie-Fabienne Mas, directrice en charge du développement de la communication et des partenariats de l’ISTH

À l’heure des choix d’orientation dans le supérieur, les futurs bacheliers doivent pouvoir opter pour un cursus d'études en classe préparatoire dont la finalité va au-delà de l’accès aux Grandes Écoles. Le temps des classes prépa « bêtes à concours » institutionnalisées par les palmarès semble révolu. Choix d’orientation, construction de parcours ouverts sur des objectifs d’intégration de très Grandes Écoles, accréditation de licence pluridisciplinaire en Sciences Humaines et Sociales (SHS), sont autant d’atouts à cultiver dans le cadre d’une classe préparatoire moderne et différente.

Le modèle traditionnel n’est pas une voie possible pour tous les futurs bacheliers. Depuis 2007, les plans « Réussite en licence » se suivent et se ressemblent. Malgré de nombreuses tentatives (introduction de disciplines « transversales », multiplication des TD, offres de tutorat), les effectifs restent importants : l'encadrement universitaire nécessite une grande autonomie. Cette autonomie se traduit par une capacité concrète à organiser ses temps de travail et ses modalités d’apprentissages dès la première année. Or, les statistiques du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche indiquent, pour les cinq dernières années, des taux d’échec très inquiétants, malgré les efforts déployés par les différents gouvernements pour inverser la tendance.

50

IONISMag #22 - Été 2013

Au niveau national, les chiffres parlent d’eux-mêmes : 58 % des étudiants de licence 1 ne passent pas en licence 2, 27 % des étudiants en échec redoublent à l'université, 23 % se réorientent et 8 % « décrochent ». Au final, seuls 35 % des entrants en L1 seront diplômés trois ans plus tard. Nos classes préparatoires sont une alternative réelle en réponse à ce constat.

Les classes préparatoires classiques offrent des choix « fermés », sans possibilité de passerelles en cas d’erreur ou d’échec. Avec l’expérience, nous constatons que peu de bacheliers de l’année sont déterminés sur leur choix d’écoles dès leur première année d’études supérieures. Contrairement aux années 1960, le choix de filières sélectives en France, en Europe, à l'International, est immense sous l’effet de la mondialisation. Or, les classes préparatoires classiques proposent toujours et d’entrée de jeu des accès par filière (S, ES, L, T…) et par objectifs de concours (BEL, BCE, Ecricome, Fesic…). Les élèves de terminale que nous recevons en entretien n’ont pas toujours pu ou su définir ou arrêter leurs choix d’orientation. Nombreux sont ceux qui ne sont pas décidés, ou qui tout simplement ne savent pas « ce qu’ils peuvent faire » ou « ce qu’ils veulent faire ». Ces élèves ne souhaitent pas s’impliquer trop tôt dans un canal ambitieux, certes, mais lourd

IONIS Mag #22  

Le magazine d’information du Groupe IONIS.

Read more
Read more
Similar to
Popular now
Just for you