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et Rock & Roll

Révolution, Vodk

ÉDITION CORRIGÉE

Iи Vодка Veritas

N°2

www.invodkaveritas.com Les monologues du vagin : être féministe en 2006 p.5

plathelminthes forever p.13

Élections du BDE : Vodka mène l’enquête en profondeur p.6 à 10 Le radicalisme est un humanisme, p.4

Ciné-Vérité p.11

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La révolution à paillettes p.14


L’alcool…jusqu’au de la nuit ?

Alcool toujours, mais cette fois ci à travers l’art et l’humour des Adbusters… Ces « casseurs de pubs » US, se voulant internationaux, ont en ligne de nombreuses campagnes de détournement de pubs. Une des dernières en date porte sur un produit fétiche de la rédaction : l’Absolut. La meilleure peut-être, « Absolut Impotence » présente une bouteille du liquide chéri, avachie, avec comme sous-titre cette citation fort a propos de William Shakespeare : "Drink provokes the desire but takes away the performance". A bon entendeur…

Édito La démocratie à Sciences-Po ?

Vaste sujet maintes fois débattu dans « les murs de la Maison » (une majuscule suffit-elle ?). Démocratie participative, démocratie estudiantine, mais pour quelle participation ; quels étudiants ? Après avoir voté il y a peu sur des sujets éminemment politiques (CPE quand tu nous prends…), les élèves s’apprêtent à choisir l’équipe du BDE. Cette « actualité brûlante », nous nous en sommes saisi pour vous présenter les différentes listes, et surtout revenir sur le long processus de démocratisation du BDE. Mais la politique n’est qu’une mamelle de la rédaction. BDE, BDE… A travers le prisme, au combien déformant, du cul de bouteille de vodka, le sujet de notre deuxième (espérons pas seconde) édition peut prendre aussi une toute une autre envergure (plus terre à terre, soit). En effet, la démocratie, c’est bien joli, mais les élections BDEsque sont à replacer dans le contexte épineux des relations alcool/étudiant. Fêtes du BDE, haut lieu de débauche estudiantine, le seront-elles encore l’an prochain ? Plus sérieusement (si si) le BDE est, dans tout établissement d’enseignement supérieur une articulation nécessaire entre les élèves et l’administration. Chargé du bien-être des élèves, de leur accueil, de leur intégration, le BDE a une importance notable, et son élection permet, comme tout processus démocratique, de juger du bilan de l’équipe sortante, de choisir soit de la prolonger (ce qui va être dur vu la scission en son sein), ou soit de choisir une réelle alternance. Ce numéro, à consommer sans modération, accompagné des tracts de chaque équipe, vous fournira, on l’espère, un cadre d’analyse (quel grand mot) de cette élection haute en couleur. Mais, trêves de « sérieuseries », revenons à l’essentiel, et lançons un bruyant « Aux urnes sciences-posiens, votre liberté de boire est en danger ! » Pendant ce temps-là, au BDA : L'élection pour le renouvellement du BDA s'organise dans la discrétion la plus totale. les personnes intéressées peuvent déposer leur liste jusqu'au 19 juin et les élections auront lieu le 22 juin.

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bout

http://adbusters.org/spoofad s/alcohol/absolutimpotence/

Le Blaireau des Élèves « L’été approche, les jupes se raccourcissent, les jours rallongent, y’a pas qu’eux dit l’obsédé de la rue Tartarin » (Pierre Desproges). Cette fin d’année s’annonce également pleine de réjouissance, puisque c'est le moment des élections de notre cher Bureau des Elèves. Qu’est-ce qu’un BDE me demanderez-vous, vous qui ne fréquentez pas le local 100% autogéré situé dans la cafet’. Hé bien, le BDE s’occupe de la vie étudiante de Sciences-Po, des relations entre les élèves, leur faciliter l’accès au logement et à un job. Mais non, malheureux, je plaisante ! Notre cher BDE est un club privé réservé à l’élite bourgeoise de Sciences-Po, qui s’y auto-reproduit (pendant les soirées). Des soirées qui coûtent cher, qui n’amusent que les membres du BDE qui se dandinent sur de l’électro accroupis sur des podiums. Pour ce numéro pendant les élections du BDE, In Vodka Veritas consacre quelques pages sur cette institution sacré qu’est le BDE. Bonne lecture, et bon vote !


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Voyage au cœur de l’extrémisme de centre-droit. « Un spectre hante l’Europe : le radicalisme. » Toujours plus loin, toujours plus fort, Vodka a décidé de mener l’enquête au sein d’un parti méconnu en France, mais qui commence à faire trembler les dirigeants partis de droite comme de gauche, j’ai nommé le Parti Radical de Droite. Deux courageux rédacteurs de Vodka se sont portés volontaires pour aller suivre un séminaire de ce parti de l’extrême centre-droit. Le discours de son leader le plus charismatique, Jean-Louis Borloo, constitua l’acmé de cette glorieuse célébration. La salle, surchauffée, attendait avec impatience que le vieux gros ait fini de parler, pour applaudir avec insistance le petit homme fougueux qui sauta de son fauteuil. Il passa sa main dans ses cheveux négligemment ébouriffés, et commença à haranguer la foule avec véhémence. Il savait comment s’y prendre, le bougre ! Chaque phrase était suivie d’applaudissements nourris. Mais le Parti Radical, ce sont aussi des positions qui fâchent, contestées et empreintes de cet esprit sans concession qui souffle sur le radicalisme. Ce sont des phrases choc, comme « l’Etat, c'est la rébellion ». Une phrase qui en dit long sur l’état d’esprit de nos amis radicaux, qui voient en l’Etat la lutte permanente, une lutte entre un peuple opprimé et ses affameurs, que l’Etat doit punir pour rétablir le lien social. Ce lien social, M. Borloo l’a exprimé en filigrane tout au long de son discours, lui qui veut la libération des masses de la tutelle des doctrines liberticides qui emprisonnent l’individu dans un carcan.

Un homme en colère. Mais J-L B (comme l’appellent ses intimes), c'est aussi un homme en colère. Contre son temps, contre les mœurs dépravées, et contre les injustices sociales. Sa colère se sent dans la voix déterminée de Jiji (comme le surnomme sa grand-mère) qui arrive à faire passer ses convictions à des auditeurs médusés. Jean-Louis fera plus de sept fois référence à la France comme une « communauté de destins », afin de rappeler son engagement dans la solidarité interpersonnelle. Être radical, selon M. Borloo, c'est avant tout « refuser le passé couleur sépia », une référence explicite à la nécessité de faire du passé une table rase. Mais Jean-Louis ne s’arrête pas là ! Le radical en sueur ajoute qu’il faut « agir pour ne pas subir, pour que reverdisse l’espoir ». Les lendemains qui chantent ne sont pas loin. M. Borloo n’hésite pas à attaquer avec véhémence un Parlement qui « ne peut être un lieu de débat que s’il est représentatif ». Alors que M. Bayrou hésite encore entre loyauté et rébellion, le divorce de M. Borloo avec la majorité est consommé, lorsqu’il affirme que « le dialogue social a repris, malgré une difficulté il y a quelque mois », en référence au Premier ministre Dominique de Villepin. Le ministre de l’intérieur n’est guère épargné, puisqu’à son égard M. Borloo dit que « l’autorité ne s’impose jamais, elle est consentie ». L’homme n’en peut plus, à bout de souffle, il lâche : « le Radicalisme c'est la République, la République c'est la France ». Tout d’un coup, la Marseillaise retentit, toute l’assemblée se lève comme un seul homme et entonne les paroles du chant de la révolution. L’assemblée quitte avec silence la salle, et chacun rentre chez soi dans sa Renault Velsatis, garée en face de la Maison de la Chimie, satisfaits du travail accompli.

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faut coller aux pages de Glamour et de Biba. Prête à se perdre en amour, elle réactualise La Femme rompue. Décidemment, la femme de 2006 ferait un peu rire Simone de Beauvoir.

Monologues du Vagin 2006, l’année des femmes ? Consécration de Paris Hilton comme chanteuse pop adulée, candidature de Ségolène Royal à l’investiture du PS. Le “deuxième sexe” de Simone de Beauvoir semble enfin s’émanciper, entre luttes contre l’oppression et indépendance, du joug trop longtemps exercé par une société patriarcale. La femme de 2006 a arrêté de brûler ses soutiens-gorge et de porter des jeans unisexes. La femme de 2006 sait tout faire : mère accomplie, cadre dynamique, maîtresse de tous les fantasmes. Mais qui est vraiment cette femme ? La femme de 2006 en sait beaucoup plus que son aînée. Sa puissance réside dans la connaissance de plus en plus précise de son corps, de ses possibilités sociales et de la place qu’il lui faut briguer. Katha Pollitt, chroniqueuse féministe américaine, se félicite de l’indépendance de plus en plus effective des jeunes femmes. Aujourd’hui, les femmes sont plus susceptibles de finir leurs études, de devenir docteur en physique nucléaire si ça leur plaît, de faire un bébé toutes seules, de gagner leur vie, de se révolter contre la violence, d’affirmer haut et fort qu’elles sont lesbiennes. Aujourd’hui, la femme a conscience d’avoir un clitoris et elle sait enfin s’en servir. L’affirmation de la femme dans la société est réelle. Malheureusement, la femme moderne est prise entre deux idéologies : le poids des luttes de leurs mères pour le droit des femmes et une ironie de la vie. La femme des années 1950 était soumise dans son foyer. La femme de 2006 reste encore soumise sexuellement. Mais à l’inverse de la situation de 1950, on a fait croire à la femme de 2006 que là résidait sa véritable liberté. Que penser de ces jeunes pré-pubères qui laissent dépasser leur string du pantalon ? Que penser de la ménagère de moins de cinquante ans qui prend des cours de strip-tease pour séduire son mari ? Que penser de la presse féminine qui fait ses unes sur des sujets racoleurs : « Comment l’exciter en dix mots ou moins ? » ? Alors même que certaines jeunes filles prônent avec passion et avec une conviction presque religieuse leur virginité, elles ne se rendent pas compte qu’il s’agit d’un carcan imposé par des désirs masculins. La femme de 2006, trop contente de sa nouvelle émancipation, est une beauté figée dans l’uniformité des standards de séduction. Prête à tout pour séduire, elle se fait plastifier le corps pour avoir le sein plus gros, la lèvre plus juteuse, la fesse plus ferme. Dictature de la ressemblance, il

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Heureusement, les féministes ne sont pas mortes ! Heureusement, le mouvement français pour le planning familial existe encore. Et plus que jamais, le planning familial lutte pour faire avancer les droits des femmes mais aussi la société tout entière. Comme le souligne la secrétaire générale du Mouvement Français pour le Planning Familial (MFPF), Maïté Albagly : « Le droit de la santé sexuelle et reproductif est un droit fondamental de la femme, les autres droits viennent après ». Il est temps de le répéter, il est temps que la société en prenne conscience, il est temps que les femmes le revendiquent haut et fort. Après Sohane brûlée vive, la création de Ni Putes Ni Soumises, la multiplication des violences conjugales et des mariages forcés, la femme de 2006 a encore à se battre : « Il y a des nouveaux droits qui étaient complètement laissés de côté et qu’il faut défendre. Il faut être vigilantes : l’avancée de ces droits là ne doit pas revenir en arrière ». Car les régressions existent dans le pays des droits de l’Homme. De plus en plus, les médias rendent compte d’affaires de mariage forcé. Bête noire pour les associations de défense des femmes : « Les mariages forcés sont beaucoup plus flous. Il y a des femmes qui disent « oui » devant le maire. Il y a tout un travail à faire pour recueillir des informations sur le jeune couple. M. Sarkozy est friand de ces affaires car s’il peut dire que tout mariage mixte est un mariage blanc, comment ne pas se faire manipuler par ce tout sécuritaire et ce tout franco-français ? ». Plus encore, le cloisonnement dans les cités sciemment voulu par nos décideurs est le symbole vivant de cette régression des droits de la femme. La jeune fille obligée de porter un jogging informe pour ne pas se faire traiter de putain ne peut pas être complètement libre. Une jeune femme qui demande une réfection d’hymen est une femme opprimée, torturée. Alors, les filles, debout ! Il faut rester vigilantes. Surtout, il ne faut pas tomber non plus dans le piège du relativisme. Tout le monde s’accorde pour trouver intolérable ces femmes devenues des fantômes sans droit, vêtues d’un tchador mais personne n’est là pour défendre la condition des femmes en France sous prétexte de relativisme culturel. Le MFPF prend position : « Le voile, c’est pour nous, dans ce qu’il signifie, une répression de la sexualité des femmes ». Plus encore, tant que les femmes toucheront des salaires inférieurs à ceux des hommes, le problème des discriminations subsistera ; car au moment d’avoir un enfant, c’est bien le salaire le plus faible qui s’arrête de travailler, et c’est bien le salaire le plus faible qui accepte à n’importe quel prix de reprendre un travail trois ans plus tard. La lutte continue. Mais elle s’appuie sur des alliés de poids. Alors que la société leur demande de bander toujours plus, de ne jamais pleurer et de faire du chiffre, les hommes ont tout intérêt à accompagner cette chasse aux droits féminins. Pour Maïté Albagly, il est certain que « c’est avec eux qu’on changera la société ». La femme de 2006 est encore à l’aube de son devenir : on ne naît pas femme, on le devient.


Édition spéciale : élection de la nouvelle équipe du BDE Année

Participation

2001 N'JOY de Delphine Brun (4A) Nuls Blancs 2002 1er tour annulé Sciences Connexion Oasis de Jérôme Batout (4A) Nuls Blancs 2e tour Sciences Connexion Oasis Nuls Blancs 2003 Eole (Jean-François Brunet) Oxygène Nuls Blancs 2004 Playlist Poum – Société Civile (2) Nuls Blancs 2005 Psychédéliste Poum – Société Civile 2006 : 5 listes

6,66% (85 votants / 1276 inscrits) 67 suffrages exprimés 11 7 17,91% (182 votants / 1016 adhérents) 90 voix 89 voix 1 2 25,98% (262 votants / 1016 adhérents) Environ 127 voix 137 voix ? ? Environ 20% (« plus de 1000 » sur environ 5000 étudiants) Environ 600 voix (60,4% des voix) Environ 400 voix ? ? 6% de participation, soit 333 votants 75,6% soit 252 votes 24,3% soit 81 votes ? ? 5% de participation environ, soit 313 votants 81% soit 254 votes 19% soit 59 votes Super Nova, La Dolce Lista (sic), Poum (3), Looping, La liste au pays des merveilles

Cette deuxième version du dossier prend en compte dans la mesure du possible les remarques qui nous ont été amenées de manière construite et argumenté. Un ancien membre du BDE qui regrette comme nous l’opacité dans la gestion de l’association souhaite que nous ne faisions aucun amalgame entre le BDE actuel et ceux des années précédentes qui ont connu des fortunes diverses. L’avertissement est passé. Les élections au BDE ou la démocratisation hésitante (titre © Olivier Duhamel 1) :

Si on se reporte au tableau de données établis par nos soins, peut-on affirmer qu’il y a eu depuis 2001 une progression démocratique dans la tenue des élections au BDE ? Malgré des affirmations passées de Jacques Chirac sur la question de savoir si la démocratie est liée au nombre de candidats (sa réponse était « non bien sûr, regardez mes amis présidents et démocrates africains que je reçois à l’Elysée »), on serait tenté de dire que oui, avec 5 listes au lieu de 2. Les élèves sembleraient donc prendre conscience de certains enjeux. Mais attention, car il y a bien des nuances à apporter à cette affirmation… En effet, le tableau a été construit à partir des informations qu’on peut recueillir sur Internet. Jusqu’en 2002, les scores officiels sont donnés dans la newsletter officielle de Sciences Po2 . Mais, pure coïncidence, après l’annulation pour fraude des élections cette année là, il semble que les résultats n’aient pas été communiqués les années suivantes, du moins ils n’apparaissent pas dans les archives de Sciences Po, et les archives des newsletters du BDE ne sont tout simplement pas disponibles en ligne, comme les statuts du BDE, d’ailleurs (voir l’encart transparence). Les données post-2003 ne relevaient dans la première édition que d’estimations approximatives, à partir d’estimations lues sur le forum non officiel de Sciences Po3 . Elles ont été corrigées à partir des chiffres spécialement fournis par Pierre Pigeon, vice-président du BDE.

Olivier Duhamel qui a donc décidé de soutenir officiellement la liste sortante du BDE, la Dolce Lista, puisqu’il parraine rien de moins que le tournoi de pétanque organisé pour la campagne le mardi 12 juin. Annick Steta a quant à elle arboré un t-shirt bleu Dolce Lista (attention, déteint en machine) lors de l’amphi d’économie de Dominique Strauss-Kahn. Ahh... si les profs pouvaient voter... 1

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http://www.sciences-po.fr/presse/sciencespo_infos/archives/archives.htm

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http://forum-scpo.com/forum-scpo/viewtopic.php?id=3753

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On peut toutefois noter que malgré un nombre « record » de 1000 votants en 2003 4, la participation n’a depuis cessé de baisser. Le but de la réforme mise en place en 2002/2003 par le BDE de Jérôme Batout était d’élargir le public des votants en déclarant tout étudiant de Sciences Po membre de droit du BDE, donc électeur et pouvant candidater lors du renouvellement de la direction. Comment se fait-t-il alors que ces élections se retrouvent en 2005 avec un taux de participation inférieur à avant l’élargissement de l’électorat ? 5 Les scores élevés de participation à certaines élections (celle de 2003) peuvent être expliqué par une volonté forte de “sortir” le BDE en place. La campagne consistant en un achat massif de procurations n’y est sans doute pas pour rien (voir la partie sur le financement de la campagne), ainsi que, comme cela a déjà été dénoncé à de multiples reprises, le manque d’enjeux en dehors de plus de soirées, plus d’alcool et plus de fausse branchouillitude pour un même public élitiste parisien des beaux quartiers (voir la partie branchouillitude)6 . Malgré la branchouillitude du BDE, celui-ci présente un point commun avec la période soviétique, si éloignée pourtant des spotlights de la cybercafèt’ : une candidature officielle lors du renouvellement de ses dirigeants. C’est cette année la Dolce Lista (les bleus), mais avec également Looping (les roses), une demi liste officielle, ie. qui n’a pas pu utiliser tous les réseaux du BDE pour récolter des sponsors mais qui prépare quand même les élections depuis Pâques. Toutes deux sont menées par deux anciens vice-présidents du BDE, Thomas Costberg pour les bleus et Michael Dupuis pour les roses. À ce propose, le vice président du BDE a évoqué devant la sous-commission des libertés politiques et syndicales en présence de Laurent Bigorgne le fait que les sponsors du BDE téléphonaient à l’avance pour se renseigner sur le vainqueur de l’élection. Les sponsors participent pleinement à l’hypocrisie des élections. Revenons donc quelques instants sur ce qui ne convient pas dans l’intégrité des élections... Le système électoral retenu par le BDE est un scrutin majoritaire plurinominal à un tour, ou plutôt ici à plusieurs listes7. Le SMP est le système retenu pour les élections par des pays aussi démocratiques que les Philippines, le Laos ou la Jordanie. Il favorise l’équipe sortante, puisqu’un seul tour de signifie uniquement une semaine de campagne, donc peu d’occasions pour les nouvelles listes de faire connaître leur programme. La gestion administrative des élections est du premier ordre pour leur assurer un semblant de crédibilité. La transparence doit être assurée, sans conflit d’intérêt entre l’équipe responsable de l’organisation et une quelconque liste en lice. Oserait-on penser ici qu’une candidature officielle (ie. la Dolce Lista) ne correspond pas à cet esprit ? Tous les participants doivent d’autre part pouvoir déléguer des observateurs pour vérifier l’impartialité du scrutin, ce qui est heureusement le cas (acquis minimal !). Last but not least, l’information délivrée aux concurrents doit l’être de manière ouverte. Et c’est là que le bât blesse. Car depuis le début de la campagne, tout est affaire d’asymétrie d’information. Les informations délivrées par la newsletter annonçant les prochaines élections était plutôt succinct : - une liste de 8 à 12 membres pour former le CA (Conseil d’Administration) du BDE - cent signatures de soutiens étudiants à déposer avant le 9 juin - une campagne de 6 jours (!), du lundi 12 au samedi 17 juin - tous les coups sont permis pour avoir des procurations - on a le droit de signer des accords d’exclusivité avec des sponsors pour une fois élus, mais on n’a pas le droit de le dire8

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http://www.sciences-po.fr/presse/sciencespo_infos/archives/NL2003_05_30.htm

Pierre Pigeon, vice-président du BDE, trouve lui aussi hallucinant que seulement que seulement quelques centaines de personnes se déplacent pour les élection. 5

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ou imitation parisien des beaux quartiers. Amis de la jet-set, méfiez-vous des contrefaçons, elles sont plus nombreuses qu’on ne le croit.

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ce qui revient techniquement au même puisque le scrutin se fait à la majoritaire

le fait que les sponsors du BDE soient aussi bien souvent les sponsors de la liste officielle implique un contrat, même implicite, de pérenniser et consolider le « partenariat ». donc c’est ouvertement du foutage de gueule. La liste Supernova invite fortement la direction, les observateurs étudiants et le président étudiant de la commission paritaire à interroger la Dolce Lista sur ce point, comme le prévoient pour ce dernier les statuts. Cette situation nous semble entièrement incompatible avec les statuts du BDE et même invalidante pour la liste. 8

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- un observateur de chaque liste est délégué pour surveiller la bonne marche des élections Rien par contre sur donc les statuts du BDE (dont nous reproduisons ici à titre de document l’article 9 sur l’organisation des élections 9), sur les conditions de financement, sur le scrutin en lui-même, le lieu où il se tient, sur la possibilité pour les étudiants de donner leur soutien à plusieurs listes lors de la procédure des signatures, etc. C’est pourtant bien le rôle de l’organisation que d’informer les électeurs potentiels, car si les candidats malins s’y mettront tous plus ou moins pour essayer de démêler les informations de la jungle du web, sans des initiatives d’information comme ce dossier10 (dont l’impact ne sera pourtant que relatif on le sait d’avance, tant tout est fait pour désintéresser les électeurs potentiels), combien d’étudiants passeront à côté des enjeux réels de telles élections et délègueront leur vote sur un principe proche de « une fellation = une procuration » ? On peut affirmer sans grand risque de se tromper qu’il y a eu rétention d’information : les deux listes issues de l’ancien BDE (La Dolce Lista et Looping) étaient déjà formées depuis les vacances de Pâques, alors que la procédure de reconnaissance des listes candidates n’a été annoncée que 2 semaines avant la deadline (voir l’encadré sur la fracture rose/bleu). On imagine la bonne ambiance au BDE ces dernières semaines, mais bien plus grave, l’impossibilité physique de monter un projet et une équipe, de démarcher des sponsors… de manière efficace. Un mois de délai pour laisser l’opportunité aux outsiders de monter leur liste, c’est un minimum vital qui ne saute pas aux yeux de listes qui pourtant demandent un changement net par rapport au passé. Après réunion de la sous-commission des libertés politiques et syndicales le vendredi 16 juin, chacune des listes s’est engagée à convoquer une Assemblée Générale Extraordinaire pour améliorer les conditions et les statuts du BDE. Le BDE connaît également – est-ce normal ? – les soutiens des différentes listes, puisque c’est lui qui entérine la participation à la campagne après qu’elles ont recueilli les 100 signatures requises. Peu de risque que le KGB vienne reprocher aux gens d’avoir signé, mais question choix libre et anonyme de sa liste favorite ça fait un peu tache. Et, subtilité suprême, c’est au BDE en place qu’il faut adresser ses questions sur la procédure de vote. Normal, dira-t-on. Mais ça ne consiste jamais qu’à donner à la liste concurrente déjà favorisée des informations supplémentaires sur la liste et sa stratégie de campagne. En résumé, comme le faisait à haute voix un membre de l’administration, on peut s’interroger sur les chances de succès d’une liste quelconque face à une liste directement issue du BDE, tant celle-ci est favorisée. Des deux listes, il semble fortement probable que les bleus de la Dolce Lista, soutenus par le staff du BDE actuel l’emportent par rapport à Looping. Mais le principe des pronostics d’avant scrutin, c’est qu’on est voué à se tromper, donc attendons… Et puisque nous disposons d’une tribune pour encore quelques jours, nous membres de Supernova, liste indépendante qui refuse de jouer le jeu des procurations-fellations offrons aux deux listes principales en lice de se saisir de ses idées pour une vraie réforme du BDE, preuve que pour nous il ne s’agit pas d’une histoire de personnes. Les différents points qui suivent vous en détaillent quelques uns éléments.11

Financement de la campagne :

Après remise des listes, le 9 juin, le BDE décide d’allouer à chaque liste la même somme pour financer sa campagne, en fonction officiellement des fonds qui restent à disposition. Alors que commence ce lundi 12 juin la campagne officielle, la somme n’est toujours pas annoncée officiellement, avec une estimation donnée oralement par Pierre Pigeon lors de la remise des listes d’environ 200 €. Ce montant nous a été confirmé le vendredi dernier : la campagne et nos dépenses en ont été considérablement réduites nous n’avons donc pas pu utiliser les possibilités offertes pour ces subventions. Pour avoir une idée de ce que représentent ces 200 €, il faut savoir que le BDE brasse annuellement entre 200 000 € et 250 000 €. Pour la première application de cette toute nouvelle règle de financement l’an dernier, peut-être à cause de la présence de Poum (2), 0 € avait été débloqué pour financer des briques de jus d’orange12 . Les finances étaient effectivement au plus bas, ce qui n’empêcha pas lors de la commission paritaire de septembre 2005 13 le nouveau président et ancien trésorier du BDE Florian Ingen-Housz d’annoncer fièrement une trésorerie d’ouverture de 25 000 €… Quant à mettre les listes sur un plan d’égalité, on sait bien que la liste sortante dispose d’un énorme avantage, puisqu’en plus de disposer du listing de ses adhérents à jour de cotisation (et même des autres), elle a la main sur le réseau de contact du BDE, et donc sur une masse de sponsors potentiels à qui elle peut promettre monts et merveilles, arguant qu’elle a toutes les chances de rester en place. Ce qui n’était pas faux jusqu’ici, 9

Les statuts complets sont disponibles ici http://theplaylist.free.fr/STATUTSBDE.doc

Clément Evroux, représentant de Poum 3 - société civile a fait mention d’un comportement plus que contestable de certains qui tentent de convaincre les étudiants de ses débarasser du fardeau d’aller voter, ce dont il a personnellement été l’objet. 10

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le site de Supernova avec le clip de Champagne Supernova d’Oasis à l’adresse http://supernova-bde.blogspot.com/ les recense également

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Poum s’était rattrapé en distribuant à la sauvette de la bière dans le jardin. Pour info, les frais de Poum s’élevaient à 20 ou 40 €

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http://www.sciences-po.fr/formation/cd_cp/cp2005/cr/septembre_2005.pdf


mais la configuration électorale a bien changé cette année avec 5 listes dont 2 listes « BDE ». La validité d’une grande quantité de procurations est remise en cause par certains, avec, entre autres fraudes, l’échange d’une signature contre une barbe à papa / un verre de coca / des bonbons 14 , quand la procuration ne doit pas être vendue par l’électeur, mais concédée. Il ne s’agit pas d’une nuance mais d’un rapport de force totalement opposé. Plus loin que cela encore, en concédant sa procuration, l’électeur ne donne pas son vote à la liste, mais une consigne de vote à un autre électeur. La logique élémentaire voudrait que les procurations soient à retirer au BDE. Devant un tel déni de démocratie, une question simple se pose : à quand la fin des procurations, qui ne sont pas prévues dans les statuts mais seulement par un aménagement bâtard de 2001 ? Un certain nombre de personnes qui sont sûres de ne pas voter lundi prochain et que le scrutin ne concerne pas ont lancé un mouvement assez spontané qui consiste à donner des procurations à plusieurs listes afin de les invalider. Supernova, bien sûr, ne saurait encourager à une telle pratique d’obstruction… 15 Pour le plaisir, revenons rapidement sur les séances de septembre et d’octobre 2002 de la commission paritaire… A l’automne 2002 donc, après réexamen des comptes en commission paritaire à la demande expresse du nouveau CA dirigé par Batout, la commission paritaire a du se rendre à l’évidence : les comptes ne concordaient pas avec la réalité. La fraude comptable semblait ne pas avoir gêné le moins du monde l’administration, alors qu’au lieu d’un bénéfice de 76 000 €, les comptes accusaient un déficit de 9712,71 €, soit 85 712,71 € de différence !! Le compte-rendu du CR d’octobre 2002 l’exprime d’ailleurs noir sur blanc : « c’est la première fois que le BDE présente à la Commission paritaire des comptes aussi honnêtes et clairs », aveu à peine voilé du laisser aller général des années précédentes (cautionné par la direction ?!?). Depuis on nous promets que les comptes seront épluchés. On aurait justement aimé examiner les comptes de l’année dernière avant la publication de ce numéro pour apprécier la progression dans la transparence, mais hélas nous regrettons de ne pas les encore avoir reçu… Sans toutefois bien sûr remettre en cause la bonne foi de la direction actuelle du BDE… Pierre Pigeon, vice-président du BDE a été ainsi particulièrement à notre disposition.

Branchouillitude :

Tout d’abord, une définition comme une autre du terme branché : branché (part. passé, adj.) : [En parlant d'une pers.] Qui est pendu à un arbre, à une potence. Il y avait là force gens branchés (BANVILLE, Gringoire, 1866, p. 29); le gibet où ils seront branchés (T. GAUTIER, Le Capitaine Fracasse, 1863, p. 469). Chacun aujourd’hui semble dire avec Magdelon « Souffrez que nous prenions un peu haleine parmi le beau monde de Paris, où nous ne faisons que d'arriver. »16 Pourtant, certains évoquent encore un temps béni d’avant le BDE de Jérôme Batout, où les choses au BDE se faisaient à la cool, sans le besoin de se prétendre d’une quelconque jet-set. La direction du BDE doit se faire au service des étudiants, et pas uniquement dans le but de rajouter une ligne au CV. Quand les considérations de pouvoir et de personnes l’emportent, on est en droit de penser que le service rendu ensuite en pâtira. Et dès qu’il est question d’argent… Le BDE doit dépasser son statut et son public actuels. Le but n’est bien sûr pas de supprimer les soirées. Si les étudiants y vont, c’est bien qu’il y a une demande. Mais il faut voir les choses comme elles sont : ce sont des soirées où on va en groupe, où on reste en groupe ; le BDE vise aussi l’intégration des étudiants et ce n’est pas avec ce genre de soirées qu’elle a lieu. Il y a certes le week-end d’intégration (le WEI ou « Waï »), pour ceux qui peuvent se permettre d’y aller. Et les lendemains de cuite, difficile de se souvenir avec qui on s’est intégré (ou si on s’en souvient, difficile d’oublier…) A côté de ces soirées, souvent bénéficiaires sur le plan financier17 , la liste Supernova se serait bien proposé de travailler à la mise en place de plusieurs types d’événements touchant une plus large part des étudiants de Sciences Po, si seulement le fonctionnement des élections nous avait permis d’être compétitifs : - la tenue d’un concert caritatif comme ça s’est déjà fait dans le passé, idéalement dans le jardin de Sciences Po.

rayez les mentions inutiles. Michaël Dupuis, tête de liste de Looping été durant la réunion de la sous-commission prêt à produire un témoignage écrit à ce sujet. 14

15

« L’embêtant avec l’ironie, c’est que les gens ne saisissent pas toujours », Francine Noël

16

Molière, Les Précieuses Ridicules, sc. IV

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De source BDE, le bilan de cette année est équilibré : bénéfices et pertes s’équilibrent

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- une soirée spécial Noël pour les nombreux 3A qui reviennent en France à cette époque - des dîners de promotion qui auraient lieu respectivement pour les 1A-2A et les 4A vers l’intersemestre, en complément du gala de fin d’année pour les 5A. - la mise en place de promotions dont le nom serait choisi selon une procédure informelle (ie. sans passer par l’administration), ce qui donnerait lieu à plusieurs propositions et un vote - un WEI commun avec les cycles délocalisés Mais bon, les choses sont comme elles sont sont… Il faudra apprendre à vous en passer. Enfin, à quand une véritable démarche prospective du BDE pour les petites annonces et les propositions de job ? « Social » semble un gros mot à Sciences Po. Aller d’une manière volontaire chercher les logements à bas prix et les petits boulots ne fait pas vraiment partie des priorités affichées. La contribution de 2€ pour les boursiers a été baissée cette année « généreusement » baissée à 1€ suite à 25 000 € de bénéfice de l’année précédente, comme le notait Florian Ingen-Housz lors de la commission paritaire de l’automne dernier. Un geste symbolique, certes, nous voilà bons ! Pour ce que ça rapporte, autant les mettre gratuites. Et des gestes vis-à-vis des boursiers pour les événements du BDE ne coûteraient pas non plus très chers. Après demande auprès de Pierre Pigeon, le nombre d’adhérents varie entre 1000 et 1100. Malgré 13€ de cotisation cette année, une adhésion rapporte en moyenne (ie. en tenant compte des boursiers) environ 9,5 €. Soit un peu plus de 3000 €, une miette rapportée au budget total (200 000 à 250 000 € donc) qui fait que le BDE n’a pas eu besoin de négocier un remboursement de la différence (13 – 1 = 12 €) par la FNSP, comme l’a fait l’AS (les montants de cotisation ne sont pas les mêmes bien sûr).

Transparence

Un sujet avec lequel les listes « BDE » (qu’elles l’assument ou non, c’est un fait) semblent satisfaites, c’est le fonctionnement interne du BDE. Chacun propose plus de soirées pour moins cher, avec plus d’alcool, plus d’hédonisme, plus de petit déj’ gratos. Super ! Demain on rase gratis. C’est juste oublier un point qui saute aux yeux : l’organisation interne du BDE qui tient du foutage de gueule. Et ce n’est pas l’overdose et la débauche de moyens déployés par les listes sur la campagne qui va y changer quelque chose. La liste Supernova réclame donc dès septembre la publication en ligne des statuts de l’association, soit le minimum vital, plus la publication des comptes détaillés et pas seulement un examen très discret en commission paritaire dans un document powerpoint dégueu accompagné des statistiques d’adhésion sur l’année. Une approximation des subventions en nature devra également être faite pour le quitus moral du BDE sur l’année. De même, les réunions du CA se doivent d’être publiques, avec un compte-rendu officiel. Des élections un minimum transparentes nécessiteraient : - une ligne de budget spécifique chaque année, à répartir suivant le nombre de listes, 2 000 € par exemple (1% du bugdet annuel environ) - à partir de 3 listes, un deuxième tour doit être organisé - les procurations doivent être limitées à deux par personne, avec photocopie datée et signée de la carte d’étudiant, pour éviter comme le regrettaient a posteriori de vendre une procuration contre un chewing-gum. Il suffit d’ouvrir les yeux pour voir les yeux pour voir les dizaines d’irrégularités. Entre les procurations achetées, arrachées contre la prétention qu’il n’y a pas de votation, si la direction du BDE comme de Sciences Po veut se montrer impartiale et assurer des conditions d’égalité, elles doivent décider d’annuler purement et simplement les procurations pour cette année. La direction a eu raison de se montrer inflexible et de réclamer la fin des procurations. Les responsables enseignants de la sous-commission et Laurent Bigorgne se sont montré particulièrement effarés de la tournure que prenaient les choses, et le BDE a pris la bonne décision en annulant les procurations pour cette année. - l’organisation des élections doit être de la responsabilité de la direction tant on voit l’incapacité des directions successives du BDE à assurer l’impartialité. - le règlement complet des élections doit être communiqué à tous les votants, comme dans une élection normale. - les sources de financement de la campagne doivent être divulguées de manière publique - un plafond de financement au-delà des aides de campagne du BDE doit être adopté pour éviter les débordements et l’orgie actuels qui mènent à la multiplication des irrégularités.18 à ce titre, une attitude inflexible de la direction est nécessaire, et toute clémence ne marquerait que le cautionnement d’un système pourri de l’intérieur qui ne veut pas voir la tumeur qui le dévore 18


- le nombre de signatures doit être réduit pour permettre à chacun de pouvoir exprimer sa conception du BDE. La présence du 2nd tour le rend tout à fait possible - le délai de formation des listes et de recueil des soutiens doit être allongé à un mois minimum - Pierre Pigeons suggère, et nous l’approuvons, le recours à une procédure de vote électronique. Enfin, définir plus clairement les missions du BDE dans un document disponible facilement, car tout cela est assez flou pour un étudiant intégrant Sciences Po et cela nuit aux adhésions. Tous les avantages d’une adhésion apparaissent souvent postérieurement à celle-ci, ce qui est dommage.

La ligne de fracture rose/bleu, une question d’iPods ?

De folles rumeurs courent dans Sciences Po sur la ligne de fracture entre les deux listes. Pierre Pigeon tient à démentir Parmi les quelques rumeurs les plus amusantes (ce qui ne signifie pas toujours qu’elles les rumeurs sur les relations soient fausses), une dispute sur la répartition des iPods. Explications. conflictuelles avec l’AS, puisLes membres du BDE n’ont pas le droit de toucher une rémunération en argent pour leur qu’une soirée commune a été a activité au sein de l’association. Mais rien n’empêche les sponsors de les rémunérer en eu lieu et que pour les événenature, avec des cadeaux. Les sponsors peuvent l’être dans le cadre d’un événement spéments respectifs des deux cial (typiquement le gala), de ce qui est semble-t-il pudiquement appelé « entente cordiaassoc’ des échanges de place le » (on est prié de ne pas rigoler), et enfin, Apple, puisque c’est celui qui nous intéresse ont lieu. Le relations avec le ici, possédait le privilège particulier de financer les « dépenses courantes », soit 20 000 € BDA tiennent de la coexistence de subventions environ dans l’exercice 2003/2004, mais cela n’a pas été le cas cette anpacifique. Le calendrier des née, ni l’an dernier. Le fin mot de l’histoire c’est que, selon une source proche du BDE, l’an événements est négocié entre dernier, le BDE n’avait réussi à obtenir d’Apple que quelques iPods, gagnés par les étules trois associations. diants durant les festivités organisées par le BDE. Qui croire ? Sont-ce de bêtes querelles de personnes ? Des divisions politiques comme la DL (les bleus) semble vouloir le montrer en accusant Looping (les roses) d’être de sales gauchistes 19 ? L’histoire jugera ! Notre conclusion, après une brève enquête auprès du BDE est qu’il s’agit surtout d’un problème d’ambitions personnelles. La conséquence en a été que Pierre Pigeon s’est retrouvé seul à porter à bout de bras l’organisation de l’élection (puisque le président du BDE est en stage à Lazard Paris) ce qui témoigne d’un sens des responsabilités relatif quand on touche à l’ambition, de la part de certains membres d l’équipe dirigeante. Tout ceci n’est pas pas pour rien dans la non-information et dans l’escalade nauséabond dont la campagne a été le théâtre.

L’affaire des 300€ :

Lors de la première édition de ce deuxième numéro d’In Vodka Veritas, il nous a été entre autres reproché d’avoir fait mention de « l’affaire des 300€ ». Pour des raisons qui nous sont propres, nous avions pourtant décidé de ne pas en parler. Cependant, l’affaire se faisant plus pressante et le fait que la direction comme les listes et une partie des élèves le savent, nous précisons quelques éléments. En effet, l’application du concept de fusion-acquisition à des listes électorales à de quoi étonner. La campagne des élections n’avait même pas commencé que la liste Dolce Lista avait proposé de racheter pour 300€ une liste concurrente (qui ne s’est d’ailleurs pas présenté alors qu’il ne lui manquait que 10 signatures et à cause de divisions internes). Une tentative honteuse, inutile d’autant que cette liste, Happy Tree Friends, était composée uniquement d’élèves de deuxième année partant à l’étranger. Nous dénonçons cette pratique, ainsi que la campagne électorale, qui s’est faite au mépris des règles les plus élémentaires de la démocratie. Mécontents du dossier de 5 pages qui a nécessité un travail de documentation et de synthèse importants, des membres de la Dolce Lista nous ont successivement reproché des accusations d’homophobie à leur égard, d’être à l’origine d’un mail insultant (que nous condamnons fermement) et ont aussi tenté de nous subtiliser tous les exemplaires de notre journal. Ce qui n’a pas empêché la tête de liste Thomas Costerg d’affirmer devant Laurent Bigorgne et les membres de la sous-commission des libertés politiques, syndicales et culturelles que « les membres de sa liste ne se sont jamais attaqués aux supports de communication des autres listes », sans sembler en ressentir la moindre gêne. Au-delà de toutes les agitations qui ont marquées la semaine de la campagne et qui ont touchés au pathétique, à tel point qu’un texte commun à toutes les listes a du être rédigé, nous avons été à titre individuels réellement écoeurés par de pareils agissements qui représentent tout ce que nous dénonçons… Supernova appelle tout simplement en protestation contre une campagne indigne à voter blanc. Non pas un blanc d’indécision ou même d’apaisement, mais un blanc plus blanc que blanc d’un honneur à laver.

Parce qu’ils sont en rose ? Pourquoi pas des sales homos tant qu’on y est ? Les accusations de soutien de la part de l’UNEF ont été démentis avec véhémence avec une explication devant un membre de la direction. 19

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Cinéma-Vérité Hubert Sauper est comme son film : vif, percutant, dérangeant. Le réalisateur du Cauchemar de Darwin semble tout de même accablé par des mois de tempêtes médiatiques autour de son œuvre. Ce documentaire qui filme la petite ville de Mwanza entre pêche, vies misérables et trafic d’armes, fait sensation partout dans le monde et réalise un nombre d’entrées record pour un film du genre. Quelques temps plus tard, le réalisateur bascule dans le cauchemar du contre feu médiatique : après l’emballement, la fustigation française. Le premier coup est assené par Les Temps Modernes et son historien, François Garçon qui reproche au cinéaste de n’avoir montré qu’une partie de la Tanzanie, d’avoir omis de filmer les yachts, d’avoir manipulé les images, de verser dans les clichés liés à l’Afrique ; d’avoir menti. Mauvais marketing, non respect du film de l’auteur ont contribué à envenimer le débat. Bandes annonces et affiches françaises qui revendiquent l’équation simpliste : perche du Nil + avions = trafic d’armes ont contribué à enfoncer le cinéaste dans un flot continu de critiques virulentes. L’ultime coup de poignard porté est l’ajout d’une voix off –absente de la version originale- afin de commenter certaines scènes. Hubert Sauper a d’ailleurs claqué la porte au nez d’ARTE suite à la diffusion lors de la soirée spéciale Sauper de cette version. Son film lui échappe et on peut reprocher à Sauper d’avoir laissé aux mains de spécialistes de la communication la présentation au public de son œuvre. Cependant, François Garçon et tant d’autres oublient qui est Hubert Sauper : un cinéaste, un artiste. Le Cauchemar de Darwin est un film culte. Il s’inscrit dans la ligné des manipulateurs engagés de l’image : Dziga Vertov et son ciné œil, Eisenstein et son montage. Ici, Hubert Sauper disparaît derrière sa caméra, fait tout pour ne pas gêner « ses personnages ». Des mois d’enquête sont en effet nécessaires pour que le cinéaste devienne un élément de la vie des hommes qu’il filme et non pas un intrus comme peut l’être le reporter d’Envoyé Spécial. Plus encore, Hubert Sauper nous montre une réalité engagée, qui sert un propos. En pratiquant l’art de l’ellipse qui lui vaut des critiques accablantes, Sauper crée un montage choc, destiné à percuter le public, à le faire sortir hors de lui-même. Quand il filme Raphaël, le gardien du centre de recherche sur la perche, Sauper nous transmet sa fascination : cadrage très serré, lumière filtrée, la voix énigmatique du gardien à l’arc nous envoûte. Les images touchent bien plus les gens que des discours vibrants. L’écriture que choisit Sauper est bien plus efficace qu’un reportage journalistique classique ou qu’un documentaire démagogique comme ceux de Michael Moore. L’image des asticots sur les pieds de la femme qui fait sécher les poissons provoque en nous des réactions immédiates là où une explication statistique, froide et extérieure résonnerait en nous comme une image du journal de 20h. Sauper éveille notre conscience et acère notre regard sur un continent laissé à l’abandon. En effet, Sauper dérange car il dit tout haut ce qu’il se passe là-bas : sida, prostitution, trafics, vies inhumaines. Le film suggère plus qu’il ne dévoile : il est insoutenable. Confession du pilote, rencontres avec les prostitués de l’hôtel, moment en compagnie des enfants des rues drogués à la colle. A-t-on besoin de preuves plus manifestes ? Ses détracteurs armés de chiffres refusent une réalité qui est présente tous les jours dans les émissions d’informations : politique de l’autruche persistante en France. Pourtant un film récent reprenant la même thématique n’a pas fait tant de vagues. Lord of War avec Nicolas Cage est acclamé par les critiques comme un des films engagés de l’année. Lord of War se classe dans la catégorie fiction et ne trouble pas les consciences pensantes qui cherchent à oublier l’Afrique. En cela, Sauper nous rappelle à nous même que nous mettons entre les mains des enfants des armes, que la misère d’en face est une réalité. Sauper dérange encore plus car il ne peut pas être affilié à certains alter mondialistes hystériques, ni à une tendance politique particulière. Un citoyen du monde comme les autres finalement. C’est peut-être pour cela, qu’à court d’idées, ses détracteurs lui rappellent sans cesse qu’il est autrichien.


L’équipe de Vodka s’étant grillé à mort sur ce numéro, nous recherchons activement un conseiller juridique pour nous aider dans toutes nos démarches judiciaires. Prenez contact avec nous :

D’autres plans d’organisation sont possibles! Ouvrir les yeux sur le monde qui nous entoure, sur cette biodiversité dont on nous parle partout, voilà le but de cette rubrique, scientifique et ludique : aujourd’hui, les plathelminthes. D’abord, situons nos amis sur l’arbre du vivant. Ce sont des eucaryotes, opistochontes, choano-organismes, eumétazoaires , bilateriens, protostomiens. 20 000 espèces sont décrites, qui prennent des formes libres (telles les planaires, ravissants petits vers plats qu’on rencontre en milieux aquatique) ou parasitaires (comme le ténia ou le schistosome responsable de la bilhariose). Leur particularité est qu’ils ont un tube digestif fichtrement complexe, avec un seul, oui un seul, orifice. Tout rentre, rien ne sort. Leur cavité gastrique est leur meilleur amie, elle amène les aliments à toutes les cellules, l’animal se passant ainsi d’un système circulatoire. En fait, ces charmantes bestioles sont avantageusement dotées d’un énorme tube gastrique extrèmement ramifié - même si elles possèdent, et c’est la moindre des choses, des gonades leur permettant de donner naissance à plein de petits plathelminthes tous mignons (et ce, d’autant plus que ces bestioles sont dioïques, c’est-à-dire qu’elles ne sont pas hermaphrodites). Leur vie consiste donc pour l’essentiel a se nourrir et à se reproduire. A travers cet exemple (que nous vous déconseillons d’imiter, même si cela peut sembler très attirant, car notre plan d’organisation diffère par trop du leur), nous voyons bien que notre conception intuitive du vivant et de l’animalité demande à être revue et corrigée, et nous espérons que cela vous aura ouvert l’esprit sur les merveilles que recèle notre univers.

invodkaveritas@gmail.com

et sur notre site internet: www.invodkaveritas.com

Nous sommes aussi à la recherche de sponsor. Comme nous nous sommes également grillé avec la BNP, Apple, Durex, Ciné-Live, Thalys et autres, nous recherchons un sponsor qui, si possible, n’a pas encore investi Sciences-Po. Heineken et Kroenembourg ont dors et déjà été contactés.

L’équipe de Vodka revend également le Ipod vidéo et le voyage à Amsterdam (consommations dans les coffee shop offertes) qu’elle a gagnée durant la campagne du BDE. Nous acceptons tout moyen de paiement, même (surtout?) en nature

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La révolution à paillettes C’est une révolution qui est sensée s’être produite dans les années 1970 en Angleterre. En réalité le glam rock n’a pas vraiment réussi sa révolution, mais imaginez… un Londres repeint en rose, les gens qui marchent tous avec des talons compensés… c’est pour cela que le film Velvet Goldmine est monumental, parce qu’il se permet d’imaginer. Ca veut dire quoi ? Ca veut dire que la moitié du scénar’ a été fait par Oscar Wilde, que les mecs sont pas des mecs et les filles sont pas des filles, que les homos sont des hétéro et vice versa, bref « tout le monde est bisexuel » (d’accord dit par une rock star ressemblant à David Bowie ça a plus de classe). Autre chose importante à savoir pour apprécier ce navet : « la vie d’un homme c’est son image », donc il n’y a que l’image, rien que l’image, toute l’image, et ton cerveau le cherche pas il est dans ton maquillage.

Alien : le mot extraterrestre aurait été plus approprié, mais la lettre E était déjà prise… Le saviez vous ? Les glam star, à commencer par Oscar Wilde, ont des origines surnaturelles ; le succès est apporté par une mystérieuse pierre verte déposée sur la terre avec Oscar Wilde. Cul : quel est le point commun entre Freud et le glam rock ? C’est la place accordée au cul : il est présent partout, est à l’origine de tout, le comportement de chacun est guidé par le sexe. Ce qui fait l’homme c’est le sexe. David Bowie : inutile de présenter le grand monsieur. Ce qui est important, ce sont les nombreuses références à lui dans Velvet Goldmine : le personnage de Brian Slade en est directement inspiré, du point de vue vestimentaire certes, mais aussi de son œuvre (Ziggy Stardust and the Spider from Mars deviennent Maxwell Demon and the Venus in Furs), et de ses petites histoires (Angie Bowie racontait qu’elle avait surpris son mari au lit avec Mick Jagger, dans le film la femme de Slade le surprend avec un pseudo Iggy Pop). Ewan Mac Gregor est beau, tout le monde est d’accord là-dessus. Maintenant, imaginez son personnage, Curt Wilde : des cheveux longs, un petit air de Kurt Cobain, un comportement à la Iggy Pop, un pantalon en cuir moulant, des chaussures à talon, en train de chanter TV eye… ça se passe de commentaires tellement c’est énorme. Fringues : elles sont asexuées, hommes et femmes mettent les mêmes. La tenue type du glameur pourrait être un costard, qui soit d’une couleur vive et qui brille beaucoup, dont le bas du pantalon soit un peu pattes d’éph, ses chaussures seraient bien entendu des chaussures à talon compensé. Si vous n’aimez pas cette tenue, vous pouvez aussi choisir la combinaison ultra moulante à la Bowie ou à la Brian Slade.

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Grande Bretagne : c’est de là que viens le glam, encore un sale coup des roast-beefs, après le swinging London des mods les glameurs ont redécoré Londres avec du rose et des paillettes, du moins dans le film, parce que en vrai, Londres était à cette époque en train de se transformer en réservoir à vieilles dames promenant leur chien dans un Carnaby street investit par les fringues multinationales. Hippie : les hippies n’aimaient pas les glameurs et vice versa. Dans le film la génération hippie est considérée comme hypocrite, elle a des grands principes de tolérance et autre, mais voir un type chanter en robe c’est trop pour eux… et la futur star devient dans leur bouche la « tantouze de Birmingham ». Iggy Pop : là encore un personnage connu. Velvet Goldmine évoque l’histoire légendaire de l’Iguane : loup transformé en humain qui subi durant son adolescence plusieurs mois d’électrochocs pour avoir fait une petite sucette à son grand frère. Jonathan Rhys Meyers : le héros du chef d’œuvre. Il joue Brian Slade, la star charmante et un peu provoc’, qui débute un irrésistible déclin lorsqu’il se sépare de l’homme de sa vie, Curt Wilde. Il devient alors odieux, égoïste, et surtout accro à l’héroïne : the rise and fall of a rock star. New York Dolls : un groupe très vulgaire… je ne parle pas de leur musique bien sur, mais de leurs fringues. Ils se travestissent en pétasses, s’habillent de façon kitschissime : énormes talons avec mini jupe, mini haut (mais pas de fausse poitrine ni d’épilation du torse), et bien sur maquillage à outrance Oscar Wilde : c’est en quelque sorte le dieu du glam. En effet le glam c’est avant tout du dandysme et un certain goût pour la provoc. Wilde choquait les biens pensants de son époque (« oh mon dieu, un homo !! »), et rien a changé dans les années 1970… un homme avec des talons est traité de vulgaire tapette. Paillettes : tout ce qui brille est glam rock, tout ce qui brille est bi… Les paillettes sont ce qui permet de dire qu’un chanteur est glam rock ou non, beaucoup plus que la musique elle-même. Révolution : la révolution pailleté est un concept très simple, il s’agit tout simplement d’instaurer une dictature glam : musique dans la rue 24h/24, obligation de bisexualité et ne s’habiller qu’avec des couleurs vives sont les caractéristiques principales de cette dictature. Sodomie : moyen essentiel de communication des glameurs. T-Rex : la plus grande glam star, il n’avait même pas besoin des paillettes pour l’être… son physique efféminé faisait tout. Qui d’autre pourrait se vanter d’être à la fois un beau mec et une belle fille ?


Gentils participants de ce journal.

Denis Carlier Homme à tout faire : enquêteur, pigiste, ramasseur de détritus...

Sabine Dobry Révolutionnaire à paillette

Jésus Un pote

Laure Alazet Monologue de Darwin

Nathanel Amar Celui qui lit ça est un con

Damien XVI Futur pape?

Viviane Gravey Plathelminthes lover

Arnaud Iss Joueur de guitare

Hasta la Lista Baby! La liste BDE alternative. Une fellation = une procu

Béatrice Cointe Another plathelminthe is possible

Naïké Desquesnes Contre la censure de la presse

Le Général Rondot Service des renseignements

Nous n’avions déjà pas beaucoup d’amis, mais avec ce numéro, nous allons nous faire beaucoup d’ennemis. Pourtant, notre devoir est d’informer, et peu importe les conséquences. Car si une barbe à papa peut acheter votre voix, jamais elle ne pourra acheter notre liberté d’expression - ou alors si la barbe à papa est vraiment grosse. Alors pour rendre cette nouvelle inimitié plus intéressante, nous organisons nous-mêmes, pour les gens que nous aurions blessé, une chasse à l’homme géante dans les couloirs de Sciences-Po. Bonne chance !

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In Vodka Veritas n°2  

Le deuxième numéro d'IVV

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