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EDITO

SOMMAIRE

Les années se suivent et se ressemblent. Comme tous les ans, IVV fait son grand come back dans la joie et la bonne humeur d’un numéro de rentrée. Baptisé pour l’occasion Guide de Survie, ce nouvel opus remet à jour l’habituel guide de rentrée, avec pour ambition d’éclairer le naïf étudiant de Sciences Po (pardon SciencesPo.®), qui va devoir apprendre à naviguer entre la médiocrité intellectuelle des associations étudiantes, des syndicats, d’une administrationpanoptikon toute puissante (Descoings soit loué). Mais tous ces conseils n’aboutiront finalement à rien, puisque entre deux chocosuisses, l’étudiant aura déjà eu le temps de prendre sa carte au BDE, à l’AS, et à Nouvelle Donne (BDA, RSP et UNEF pour ceux qui sont passés - mais pas trop - de l’autre côté de la Force). Ce numéro est aussi l’occasion de revenir sur la vie et l’œuvre du Petit Père des Peuples de Sciences Po, le grand timonier Richie qui est à l’honneur dans un mini Livre Rouge - gracieusement offert en supplément - sur sa pensée (dont IVV s’est fait durant l’année précédente le zélé apôtre).

Les sites délocalisés

p. 3

Le campus de Paris

p. 4

Les lieux remarquables

p. 6

La cour du roi Richard

p. 8

Vassaux, doctes savants etc.

p. 11

La (non) pensée Sciences Po

p. 12

Traité de savoir vivre etc.

p. 14

L’histoire de Sciences Po

p. 16

Syndicats, -cats, -cats !

p. 18

Le merveilleux monde associatif

p. 19

10 bonnes raisons de ne pas etc.

p. 22

Un peu de sérieux dans ce journal, pour réaffirmer une fois de plus la liberté (d’initiative diront certains) qui nous anime. Car sans cette liberté d’expression, point d’IVV dans vos mains excitées, et à l’heure de concentration inquiétante de la presse et de la chasse aux sorcières qui fait rage dans les titres les plus « irrévérencieux », il nous semble important de rappeler ce point de détail. La liberté d’expression n’est pas discutable, n’en déplaise aux soit-disant libéraux tenant d’une critique molle du type Bayrou. Un dernier mot pour annoncer en avant première la disparition du master Finance & Stratégie, après le suicide de tout son effectif, corps enseignant compris. « Je l’avais dit », nous ont laissé en guise de testament Patrice Vial et Jean-Paul Fitoussi. Bonne crise des subprimes à tous.

LES MEMBRES DE LA REDACTION Denis Carlier Mauvais caractères

Sébastien Chavigner Girondin pas girond

Dans la roche, pour nos familles et nos proches

Antoine Caullet Je cueille des pommes

Naïke Desquesnes Directrice de la publication

Nathanel Amar Amarchy in the PRC

Samuel Andre-Bercovici Bercovini, vidi, vici

Dominique Albertini Apple-tiny

Boubker Alphonseville Partouze pour tous

Louis Moulin Cool... ben ouaip petit canaillou

Hugo Momus R2 dreadeux

Le bébé de Rachida Dati In Vitro Veritas

Nedal Jounaidi Youkaïdi, youkaïda

Béatrice Cointe Coin-Cointe

Le bébé de Rachida Dati De paires inconnues

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Viviane Gravey


LES SITES DÉLOCALISÉS Le Havre

Nancy

Au Havre, il pleut, c’est moche et c’est la honte d’être là pour étudier l’Asie. Tu auras beau te défendre que le centre-ville est entré au patrimoine mondial de l’UNESCO, ça reste du gros béton. Et puis quand on se bourre la gueule sur les quais de Seine, on pisse et on gerbe aussi sur du patrimoine de l’UNESCO, donc pouèt-pouèt. Un conseil, évite de jamais mentionner que tu viens du Havre, OK ?

Dijon

“Jonc !” C’est dans la capitale bourguignonne que se trouve le cycle Europe centrale et orientale. En gros, the place to be pour faire fortune dans le trafic de voitures volées en Roumanie ou la traite de prostituées tchétchènes. On peut aussi y boire du kir jusqu’à plus soif (nous recommandons évidemment le Communard) ou s’y enduire frénétiquement de moutarde dans des orgies indicibles.

Nancy est le plus vieux et le plus développé des centres délocalisés. On y parle la langue de Goethe, mais on y bidouille tout autant ses exposés. Nancy a aussi vu le début de la carrière florissante du très regretté Laurent Bigorgne, et de son compère Cédric Prunier, l’un abandonnant la Maison mère, l’autre s’y confortant doucement. Mais il ne faut pas trop plaindre les Nancéiens : après visionnage d’un merveilleux fruit de projet co, le film de propagande court “Le Lion, le Renard, et le reste…” (http://www.franco-allemand.sciencespo.fr/PagesF/FilmCT.html), on découvre avec stupeur que les locaux sont en bon état, qu’ils ont des casiers, et pire, un babyfoot ! Sans parler de soirées qui commencent à dix heures ! Ce n’est plus de la survie a ce train là !

FNSP

Un peu comme SPQR, voilà le sigle qu’on retrouve partout sans vraiment savoir ce que ça veut dire. La FNSP est la fondation qui donne à Sciences Po un statut bâtard entre public et privé, et c’est sa seule utilité. C’est en effet la direction qui décide tout ce qui se passe. Pour toutes ces raisons, Descoings a décidé de la mettre au second plan avec l’apparition du nouveau logo l’an dernier, occasion de faire de “Sciences Po” le nom de référence de toutes les entités de l’établissement.

Nantes

Richard Descoings l’a affirmé le 10 janvier dernier, “un campus délocalisé, qui s’intéresserait aux pays en développement, aux relations Sud-Sud et Nord-Sud est à l’étude. Il serait situé à Nantes.” Avant d’ajouter que le choix du lieu se faisait “pour des raisons historiques évidentes”. Après tout, le commerce triangulaire est une relation Nord-Sud comme une autre…

Poitiers

Non, ce n’est pas là qu’est le cycle “Monde Arabe”. A Poitiers, c’est le cycle Amérique Latine, Espagne, Portugal et brandade de morue. Le lieu parfait pour les apprentis révolutionnaires et les FARC en herbe (hallucinogène, évidemment). Même s’il n’y a pas grand chose à y faire hormis aller au Futuroscope (joies de la prospective), Poitiers a été classée “ville la plus agréable pour les étudiants” par le magazine L’Etudiant. S’ils le disent…

Menton

EN 2008 APRÈS JC, RICHARD DESCOINGS A LA GAULE.

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Menton est la capitale des kékés, du citron et du peigne dans le maillot moule-b. C’est aussi le site du cycle Moyen Orient. Avantage : c’est juste à la frontière italienne, l’idéal pour se recharger en clope et en alcool à peu de frais. Inconvénient : ton voyage de 3e année en Syrie t’empêchera à vie de rentrer aux Etats-Unis (déjà avec ton teint basané, t’aurais eu du mal), et donc tu ne pourras pas faire ta carrière d’avocat international pour la World Company. Enfin, bienvenue à la destination préférée des pourris de syndicaleux en campagne électorale tous frais payés !


LE CAMPUS DE PARIS Le campus de Paris s’étale dans un triangle délimité par les métros Rue du Bac, Saint-Germain et Sèvres-Babylone. Même qu’il y en a qui appellent ça le “triangle d’or”. Nous on préfère appeler ça “la part de pizza”. Cowabunga ! La Bibliothèque

Trop peu appréciée pour son jardin calme et très peu peuplé. Contre toute attente, elle contient des livres. Vous pourrez découvrir avec bonheur la lutte pour la survie dans cet espace par trop étroit. Les antiques salles du 27 seraient agrandies dès l’été prochain si ces conservateurs (de bibliothèque) de la Mairie de Paris n’opposaient comme fallacieux prétexte l’absence de sortie de secours. Comme si en cas d’incendie, les livres allaient sortir tous seuls.  Voir aussi IVV n°12

Rue du Bac

Le 27

Boulev ard RASPAI L

Le bâtiment de Sciences Po, rue Saint-Guillaume. Site des principaux amphis pour profs amphigouriques. L’administration y compte ses principaux ministres. On peut même poser son cul à l’étage de la direction, per directum du dit rectum.  Voir aussi pages 6-7

9 rue de la Chaise

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D E U R

RE V E S

Sèvres-Babylone

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Le “9”, aussi connu sous le nom plus officiel de “bâtiment C” est un petit peu l’enfant pauvre de la vénérable institution qui nous abrite tous pour notre plus grand bonheur. Tandis que notre pieuvre de Maison s’étend vers la Seine et la rue de l’Université, tandis que le 27 et la bibliothèque se couvrent de sky rouge eh bien le 9, lui, reste dans son coin, avec sa jolie cour pavée, ses toilettes sans aérations ou prolifèrent de temps en temps les drosophiles et sa majestueuse porte qui s’écaille misérablement. Le tout pour arriver dans un abri anti-atomique éclairé au néon. Et pourtant, c’est par cette porte là qu’on entre pour la première fois à Sciences Po, lors des inscriptions administratives. Souvenirs, souvenirs… Et quelle belle première impression ! Mais rassurez vous on y revient, pour le secrétariat des langues qui a du s’exiler ici après un douloureux divorce avec et pour une tripotée de conf’ et d’oraux qui s’y déroulent.


Le 199

13 rue de l’Université

Au 199, il faut se méfier de la sonnerie de 21h15. Pour signifier la fin des cours (et obliger des les étudiants à fuir les lieux au plus vite) retentit un crissement potentiellement fatal aux personnes cardiaques. On murmure que René Rémond y aurait erré peu de temps avant que… La bibliothèque de recherche a aussi élu résidence au 199. C’est une sorte de caverne mystérieuse, protégée par un lecteur de cartes, accessible uniquement aux quelques initiés du Master Recherche, qui peuvent s’y adonner aux joies du stupre et de la luxure loin des regards indiscrets.

Anciens locaux de l’ENA, il aura coûté 60 M€ et une dette sur 50 ans à Coin-coin pour expulser ceux qui squattaient déjà autrefois notre 56. Le jardin est sympa, les machines à café ultramodernes, et la combinaison des deux permet de s’adonner au fameux “lancer de caillou en gobelet de plastique.” Ce faisant, on peut admirer la façade côté jardin, qui vaut aux lieux le surnom d’Etoile Noire, tout comme le look défraîchi et soyeux digne des années 70, qui nous rapelle opportunément que nous sommes dans un bâtiment nommé “René Rémond”. Attention charmante : les amphis ont des noms de préfets assassinés (Claude Erignac et Jean Moulin). Note spéciale pour ce dernier : donner le nom d’un résistant à un amphi souterrain, c’est une blague de très mauvais goût.Sinon c’est dans cette “étrange et proche” (c’est à dire de l’autre côté du boulevard Saint-Germain) qu’a émigré la DAIE.

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Le 56

Le 56, c’est un peu l’autre facette du glamour, le revers de la médaille, le côté obscur de Sciences Po. Le bâtiment accueillait l’ENA avant que celui-ci n’effectue sa première reculade dans la rue de l’Université, et à vrai dire on doute parfois qu’il y ait eu des travaux depuis. C’est là que se trouve le laboratoire des langues, c’est vous dire la déconne. Et surtout, le 56 est un véritable labyrinthe, nécessitant un an de pratique avant de parvenir à s’y repérer. Prix spécial pour le machiavélique deuxième étage fantôme et l’amphi Goguel au style alsacien inimitable.  Voir aussi pages 6-7

Le bâtiment signé Garnier (oui, le même que l’opéra), a abrité pendant longtemps le Cercle de la Librairie, sorte de corporation des éditeurs. Aujourd’hui, ce sont les aspirants journalistes ou communicants qui squattent les lieux. La façade bling-bling et l’escalier que l’on peut surnommer à loisir “1848” ou “1917” (car à double révolution) donnent au bâtiment une classe certaine. La ventilation laisse cependant à désirer et achève généralement vite de transformer les salles de cours en étuves. C’est aussi ici, au soussol, que se trouve le studio de radio des étudiants de Sciences Po (et pas uniquement de RSP, même s’ils ne veulent pas que ça se sache). A noter qu’il se retrouve régulièrement envahi de caca, la faute à une canalisation voisine un peu fragile. Ce qui met RSP dans la merde, pour notre plus grand bonheur.

La Banlieue Terra Incognita Au delà du périph’ (Créteil, Villetaneuse, Arcueil, Nanterre ?). Pour le moment le projet en est au point mort. Dommage pour Créteil, de nouveaux objets d’études auraient été sûrement au menu le club de foot local des Lusitanos, avec comme profs Lio et Linda da Souza. Des cours “Carrelage et identité européenne”, “La morue fondement de l’identité atlantique” ou “Introduction à l’épilation laser par Zumeo de M6” seraient déjà prévus… Une seule certitude, l’annonce de l’ouverture de ce nouveau campus a déclenché les cris d’orfraie de certains pensionnaires du confortable 7ème arrondissement. Ne serait-ce que pour ça, on est vachement pour ce nouveau campus !

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LES LIEUX INCONTOURNABLES Boulevard Saint Germain

Souterrains de Sciences Po

Le Bizuth

Plusieurs accès à ce mystérieux dédale : sous le perron du jardin, dans la cour de la rue de la Chaise, au 27 rue des SaintsPères dans l’escalier. Ces couloirs sombres façon Poudlard ne mènent on ne sait trop où, la poussière s’y accumule depuis des années… Il y aurait un projet d’aménagement des sous-sols du 56, mais nul doute que c’est là un écran de fumée pour masquer les terribles secrets qui se cachent sous l’école.

Le Basile, en pire. Salades branchées à 15€, lunettes Prada et Gucci en terrasse, portecigarette conseillé : le Bizuth est le lieu de ceux qui en ont et qui veulent le montrer. Un espoir : il passe parfois des poids-lourds boulevard Saint-Germain et un accident est si vite arrivé…

L’Abbaye

Pour ceux qui ne supportent pas la pression des cours, l’Abbaye en offre une bien meilleure, éventuellement aromatisée pour les petites natures. Y traine la lie(-bertaire) de Sciences Po, ceux que tu vois bronzer dans le jardin quand tu vas à ton amphi tout pourri. Certes l’UNEF vient parfois s’encanailler, mais comme les petits cons du lycée privé d’à côté cherchent aussi à s’incruster, la force de l’habitude fait qu’on arrive à survivre. On préfère alors continuer tranquillement sa partie de cartes et on reprend une bière. A noter que l’Abbaye propose des pintes à 3€ toute la journée (et la soirée) le mercredi, et qu’il vaut donc mieux éviter d’avoir des cours importants (ahah…mouais) ce jour-là. Attention à Réda, le barman : il a une facheuse tendance à offrir un coup de rhum arrangé juste avant les exposés. Outre cette qualité, il a le mérite d’éloigner les lycéens de Saint-Thomas d’Aquin à grands coups de mots doux et de menaces physiques. Réda est moitié marocain, moitié sicilien. Réda est un ancien légionnaire. Réda est votre ami. On ajoutera, par souci d’exactitude, que l’Abbaye tend progressivement à perdre son côté “QG des gauchistes” depuis que les masters finance, droit éco et autres semblent désormais trouver l’endroit suffisamment pittoresque pour ne plus craindre de s’y pointer en Prada. Sans doute le fait que Basile ferme tôt y est-il aussi pour quelque chose.

La librairie

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Conçue pour vendre les bouquins édités à perte par la FNSP. “L’œuvre” de Coin-Coin est toujours exposée bien en vue.

Rue de Grenelle

Portes du 27

“Rentrer à Sciences Po n’est pas donné à tout le monde” Massives et extrêmement lourdes, ces portes probablement en fonte sont l’adjuvant parfait d’un meurtre déguisé en accident. Pour des utilisations plus classiques, comme entrer dans Sciences Po, il faut attendre que quelqu’un passe devant vous, pousse la porte, que le battant revienne vers vous, et profiter de l’élan pour à votre tour pousser la porte très facilement.

L’infirmerie

Derrière une petite porte de la péniche, il n’y a plus rien depuis un an.  Voir aussi IVV n°12

Les chiottes

Qui entre dans un nouveau lieu doit immédiatement repérer deux choses : les chiottes et la sortie. Et dans le cas de Pipo, on aurait tort de se priver. Les chiottes de Pipo sont un des endroits ou la vie étudiante et associative est la plus élevée. En effet, sur les portes intérieures fleurissent de peu originales inscriptions, mais surtout des petites annonces (vente de Samuelson et Nordhaus, sous-location en prévision d’une 3A au bout du monde, etc.). Notons les bonnes blagues des toilettes hommes du 56. Par contre, n’attendez pas d’y trouver un quelconque distributeur de préservatif, la contraception n’étant définitivement pas l’affaire de l’administration…

Le Basile

“Basile, allez vous coucher !” (Le Barbier de Séville, Beaumarchais) L’endroit que les gens sains d’esprit cherchent à éviter. Sa décoration du plus mauvais goût est aussi détestable que les gens qui le fréquentent. Pauvres s’abstenir.

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La reprographie

Local associatif

Enfouie dans les profondeurs de René Rémond (le bâtiment), éclairée à la lumière des néons, la reprographie est un des lieux les plus ingrats de l’école. C’est pourtant là qu’est imprimé à peu de frais votre journal préféré, tout comme les nettement moins utiles et beaucoup plus onéreux recueils de textes.

Pièce mise à la disposition de toutes les associations reconnues pour y déposer matériel en tout genre (tract, banderole, costume, nourriture, alcool, on y a même aperçu un pavé). Quand il ya trop de bordel, Julien Palomo pousse une gueulante et tout est stocké dans la petite remise du fond. Jusqu’à ce que tout revienne peu à peu coloniser la salle principale. Le local assoc’ peut être réservé pour y organiser des réunions, des répétitions de la chorale ou des siestes, à condition de s’y prendre 8 jours à l’avance.

Péniche

Local syndical

Sexe masculin en portugais. Hall principal du 27, appelé ainsi en raison de son banc central en forme de péniche (ah ?). Lieu où l’on croise des tracteurs – comprendre “personnes dévouées à une cause jusqu’à passer plusieurs heures de leur journée plantées devant la porte pour donner des bouts de papiers photocopiés à d’autres personnes qui s’empressent ensuite de les utiliser pour remplir les poubelles” – servant des causes diverses, des vendeurs de gâteaux servant des causes diverses, des syndicalistes de bords divers servant donc des causes diverses, des membres d’IVV vendant des journaux (et servant des causes diverses), et des élèves ne servant aucune cause du tout. On peut, à des heures stratégiques, y apercevoir des professeurs dévoués à la cause, et, mais c’est plus rare, s’y empiffrer de petits fours servis à l’occasion de festivités en l’honneur de causes variées.

Local de l’UNEF A Sciences Po on se fout tellement des syndicats étudiants qu’on les met tous dans le même local. On imagine avec amusement la même chose à Nanterre… Malgré l’installation de la clim’, le confort y reste sommaire. Il y trône toujours dans un coin une armoire de SUD-CNT, éventrée par ses membres qui avaient oublié le code du cadenas. Sinon, un ordinateur “commun” qui permet d’espionner ses petits camarades quand ils oublient de se déconnecter.

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Cafèt’ fumeurs/Gymnase

Cela fait quelques temps que la cafèt’ fumeurs ne l’est plus, mais elle le restera toujours dans notre cœur. Heureusement, l’expérience nous a appris que la fumée n’était même pas nécessaire pour bouter le bourgeois en dehors. Peut-être estce le wi-fi qui leur fait préférer leur insupportable Gymnase surchauffé, ou bien la proximité avec les gens hype des BDE/ AS… La cafèt’ fumeurs reste donc ce bon vieux lieu crade et mal famé dans lequel nos cul se sont si longtemps usés pendant que tu étais bêtement à ton cours magistral.

Amphi Boutmy

Selon les récits de ceux qui s’y aventurent, est célèbre pour ses bancs hémorroïdogènes, autoproclamés monument historique. Pas la peine de s’y déplacer, récupère donc à la fin de la session les cours tapés à l’ordinateur d’une bonne tête studieuse qui y va chaque semaine.

Ascenseurs du 56

Le jardin

Autrefois hautement symbolique (et non fumeur) lorsque l’ENA occupait encore le bâtiment du 56 (ie. jusqu’en 1975). Réussir le concours revenait à « traverser le jardin » ; aujourd’hui traverser le jardin se résume à se réfugier dans l’ancienne cafétéria fumeur. Il s’agit bien du lieu de prédilection des glandeurs, qui peuvent y apercevoir leurs camarades en cours magistral dans l’amphi Boutmy tout en jouant au tarot ou en répétant pour la chorale syndicale. Quoiqu’on y roule beaucoup de choses, personne n’a encore mis a profit sa pente pour un concours de roulades. L’élément perturbateur et terrifiant du jardin reste les pigeons. Tels une horde de hyènes, ceux-ci s’appliquent à vous harceler en permanence pour picorer vos mégots.

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Ceux qui entrent dans ces machines diaboliques ne savent pas s’ils en sortiront vivants, ni à quel étage. La chaleur et le stress y sont vos compagnons. Mais vous ne pouvez pas les voir, la lumière est en panne. Prenez donc l’escalier, et ne gardez en tête l’ascenseur que pour inventer des excuses à vos retards (attention : seulement valable au 56 !). Exemple : “Désolé, il y a eu une rupture de câble, l’ascenseur a chuté et explosé, alors j’ai dû monter à pieds. Par contre Roger-Pierre de la Moule d’Argent ne pourra pas venir aujourd’hui, il était dedans”.


LA COUR DU

ROI RICHARD

“Jamais cour n’a eu tant de belles personnes et d’hommes admirablement bien faits ; et il semblait que la nature eût pris plaisir à placer ce qu’elle donne de plus beau, dans les plus grandes princesses et dans les plus grands princes.” (Mme de Lafayette, La Princesse de Clèves) Ou pas.

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1 - Richard Descoings

Le gominé du 27, affamé des médias qui le lui rendent bien, est un mégalomane fini. Tout bon étudiant doit avoir une photo de lui accroché au dessus des toilettes, là où sont rangés tous ses bouquins. Il faut bien sûr lire son blog quotidiennement, lui laisser des messages sur son Facebook (“Richard, ça te dirait de créer un site délocalisé à Conchy-les-Pots ?”). Et de plus, il est obligatoire de connaître par cœur sa biographie officielle (http://richarddescoings.net/index.php?parcours). C’est ça, l’esprit 27 !

2 - David Colon

“Je suis un austère qui se marre” (Lionel Jospin) Contrairement à ce que peut laisser penser son nom, ce n’est pas un personnage de sketch de Dieudonné. Ce n’est pas non plus un rectum, plutôt la rectitude faite homme. Ancien de la conf’ Olivaint passé de l’autre côté de la barricade pour devenir chargé de mission à la direction des études et de la scolarité. Il espionne toutes les manifs étudiantes (même les occupations sauvages comme Gare du Nord pendant le mouvement du CPE) pour une thèse que l’on attend toujours. N’est officiellement pas impliqué dans l’affaire du Rainbow Warrior.

surtout autour d’une clope. Julien Palomo a la particularité d’être le seul être masculin de l’administration à porter une queue de cheval, et depuis peu à assumer une moustache. C’est peut être pour ça qu’il est enfermé dans le bureau le plus mal foutu de l’école.

8 - Jean-Claude Casanova

Remplaçant de René Rémond à la tête de la FNSP, il est donc marionnette en chef de Descoings. Et comme il se veut centriste, on sait au moins qu’il excelle dans l’art de la compromission.

9 - Michel Pébereau

Michou est le véritable parrain de Sciences Po, président du Conseil de direction depuis 20 ans (bon anniversaire !). Il assure son boulot de faire passer toutes les lubies de Descoings en échange d’une implantation toujours plus grande de la BNP, dont il a été PDG et reste président du CA.

10 - Richard Collins

3 - Hervé Crès

aka. Richard II l’anglophone Responsable du terrible département des langues, il est en conséquence le seul de Sciences Po à parler correctement anglais, sa langue maternelle qu’il tente d’inculquer par tous les moyens aux étudiants (y compris les biclasses, c’est dire !). N’aime pas qu’on lui dise “file, Collins !”, ni “qu’il a ri, Collins”.

4 - Cyril Delhay

Bruno Latour n’est pas le Bruno qui fasse le plus parler de lui dans la Maison. Et pourtant, il semblerait bien que bon an mal an, ce soit bien ce Bruno là qui ait la plus grande influence (et folie). En bref, une personnalité, qui, chose rare au 27, a un minimum d’originalité tout en ayant un max de responsabilits. Incroyable ? Le cher monsieur est après tout directeur adjoint. Il est aussi (surtout peut être) directeur scientifique. Latour, éminent professeurs aux Mines avant de rejoindre nos augustes rangs essaie ainsi, tant bien que mal, d’amener un peu de science dans le saint des saints du pipotage. Si vous rêvez d’ethnographier le conseil d’état, de cartographier des mammouths cybernétiques ou de suivre des débats politiques suisses, Latour est l’homme à suivre, en premier cycle comme en master. Depuis son arrivée à Sciences Po, le bon Bruno n’a fait que s’arracher les cheveux au sujet du manque de moyens et de savoirs informatiques à la portée des élèves… Souhaitons que l’Administration se meuve avant qu’il ne s’arrache le dernier !

Descoings est vraiment le roi de la débauche ! Pour remplacer Laurent Bigorgne au poste de directeur adjoint et de directeur des études et de la scolarité, il est allé dégotter Hervé Crès, ancien directeur de la grande école HEC. De Crès, on peut au moins dire qu’il partage une caractéristique de son prédécesseur : la tête de premier de la classe. Pour le reste, les nouvelles en provenance d’HEC ont l’air bonnes. Hervé Crès n’a jamais tenu longtemps aux poste qu’il a occupés, où il s’était fait à chaque fois, apparement, beaucoup d’amis. Comme on murmure qu’il ne porte pas non plus la vie associative dans son coeur, il est en bonne place pour devenir un de nos nouveaux grands copains !

“En 1923 [sa] grand-mère avait 12 ans”. Il fait du théâtre pendant les vacances et parle de “bite dans le cul” dans son bouquin. On comprend donc comment il a pu s’introduire à Sciences Po. Cyril Delhay est aussi responsable des Conventions éducation prioritaire, surnommée par les mauvaises langues “l’arabe qui cache la forêt”.

5 - Nadia Marik

Directrice adjointe, directrice du développement et des relations avec les entreprises. Et avec Richie, puisqu’ils se sont mariés le 27 mai 2004. Nous écrivions l’an dernier que c’était la Cécilia de l’institution. Rupture oblige, nous voilà forcés de dire que c’est la Carla… Quoiqu’on ne l’ai jamais vue avec une guitare, elle a déjà le look de rock star avec ses pantalons de cuir et sa chevelure de tigresse. Rrrrr !

6 - Cédric Prunier

Insignifiant à première vue. Et même à bien y regarder. Mais peut-être le plus dangereux de tous. S’abstenir de lui chatouiller les prunes, ça pourrait secouer.

7 - Julien Palomo “Reprographie-moi sauvagement Juju” Palomo est notre censeur préféré, chargé de donner son bon pour impression avant que le journal ne parte à la reprographie. Mais l’ultime relecture consiste surtout pour Julien à se marrer avant tout le monde. Quand il ne nous relit pas, Julien Palomo est chargé des relations entre l’administration et les associations, et de la propagande officielle en direction des élèves (la Newsletter, en clair). Vous devez passer le voir pour faire agréer ce que vous affichez dans Sciences Po (sauf si vous êtes une association reconnue), ou alors pour réserver une salle pour un événement. En dehors de tout ça, le dialogue est facile avec le bougre,

11- Bruno Latour

12 - Laurent Bigorgne

Le roux est mort : la créature mi-homme, mi-bigorneau nous a quitté pour la London School of Economics. Quand on lui a parlé de “perfide Albion”, Laurent s’est de suite senti séduit. En plus personne ne se moquera plus de sa rousseur là-bas. “Laurent n’aime pas l’avion”, nous apprenait Richie Con-Con dans son larmoyant message d’adieux. Il faut dire que Laurent aime bien peu de choses, et surtout pas les étudiants. Mais ne te réjouis pas, et tremble plutôt, compagnon, car son successeur Hervé Crès promet d’être un sacré cas lui aussi.

13 - René Rémond

Sacré Immortel par l’Académie, le contrat était visiblement truqué. En compensation, on a donné son nom au bâtiment rue de l’Université, où on a aussi accroché un portrait géant façon Betancourt. Que ceux qui n’ont pas eu l’honneur de le voir de son vivant se consolent : tout bon maître de conférence se doit de mettre au moins un de ses bouquins en biblio.

14 - Emile Boutmy

Le vieux dont tout le monde entend le nom, mais personne ne sait vraiment ce qu’il a fait. Ne pas confondre avec René Rémond. Boutmy, c’est celui qui a fondé l’Ecole libre des sciences politiques.

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VASSAUX, DOCTES SAVANTS ET MISERABLES ROTURIERS

Sont présentés ici quelques autres spécimens qui rôdent dans les méandres de Sciences Po. Evidemment ce n’est pas exhaustif, mais vous pouvez toujours nous envoyer vos suggestions pour le guide de l’année prochaine. Olivier Duhamel Bruno Patino Directeur de l’école de journalisme. Il était président de Télérama et du Monde Interactif mais il a annoncé son départ au mois de septembre dernier, pour se voir promu à la tête de France Culture malgré sa revendication de 30 000 €/mois (son ancien salaire) qui a semblé poser problème. Jamais réticent à occuper un nouveau fauteuil, il vient d’être bombardé directeur du pôle multimedia des Etats Généraux de la presse. Invisible du côté de Sciences Po. Enfin, à part aux apéros coca-chips organisés tous les premiers lundi du mois à l’école de journalisme qui lui ont valu son surnom de “Capitaine Guacamole”.

Bernard Volker

Directeur adjoint de l’école de journalisme, il y joue le rôle de “caution-télé-prestige-à-mèche”. Ancien de TF1, il a dépassé l’âge de la retraite (étant né outre-Rhin en 1942) et aurait monté sa propre boîte pour pouvoir se faire embaucher à Sciences Po. En tous cas, il a du flair : en 1968, il décide de se barrer de Prague juste avant l’intervention soviétique, avec cette phrase prophétique: “il ne se passera rien”. Il serait surtout parti pour ne pas se faire piquer sa femme mais en a aussi profité pour piquer la place de tous les journalistes de l’ORTF virés après mai : “la vie est une compétition”, comme il l’a glissé dans un mail aux aspirants journaleux l’année passée…

Alain Genestar

Professeur vieux-beau à l’école de journalisme, Alain Genestar a été viré de Paris-Match, comme chacun sait, pour avoir rempli sa mission d’information pipole (sic) en publiant la photo de l’amant de la femme de l’ami de son patron en une. Revenant sur ces événements, il déclarait en juin dernier se sentir plus libre à présent car “la fréquentation du pouvoir fait que vous vous mettez à comprendre le pouvoir, à [l’]excuser”… Beau et involontaire résumé de la philosophie de l’enseignement à Sciences Po.

Louis Chauvel

Jamais sans son écharpe rouge, Chauvel aime les blagues. Hélas, ses étudiants n’ont pas vraiment les mêmes goûts que lui dans ce domaine. Gentil gnome à lunettes, la figure de proue de l’OSC (Observatoire Sociologique du Changement) est d’ailleurs le prof le plus objet de moquerie. Il a même subi l’humiliation suprême en se voyant supprimer son cours au bout d’un semestre il y a de cela quelques années. Incontestablement, Chauvel est, vous l’avez compris, l’un des plus grands sociologues français contemporains.

Jean-Paul Fitoussi

Parle anglais comme une vache espagnole, pratique l’économie de la même manière.

Vincent Tiberj

Chargé de recherche au CEVIPOUF, spécialiste de l’extrêmegauche et des méthodes quantitatives, Vincent Tiberj (prononcez “Tibéri”…) se repère facilement parmi les profs grâce à ses cheveux longs. Cet ancien élu SUD Etudiant au Conseil de Direction (le seul de toute l’histoire interplanétaire) est aussi l’auteur d’un travail sociologique de référence sur les étudiants de Sciences Po, où on découvre avec stupeur qu’ils sont généralement issus de milieux privilégiés. Son accent anglais sent plus le camembert que le cheddar, et ce bien qu’il ait fait un passage à Stanford. Mais que fait Richard Collins ?

Professeur de droit constitutionnel, respecté dans la discipline des analyses triviales. A raté sa carrière dans le théâtre de boulevard.

Etienne Mougeotte

“Oh putain, les jeunes !” (Plantu, apprenant la présence de Mougeotte à l’école de journalisme) Le meilleur souvenir qu’on a d’Etienne à Sciences Po c’est tout de même la conférence sur les médias donnée en Boutmy il y a deux ans : au cours de celle-ci, quelques vilains trublions avaient déployé depuis le balcon une banderole “TF1, la Voix de son Maître”; et, à la fin de l’acte, un assistant avait conclu son intervention en venant déposer aux pieds de celui qui était alors vice-président du susnommé canal une bouteille d’un célèbre breuvage US, auquel son compaing Patrick Le Lay s’était vanté de vendre du temps de cerveau disponible. Il faut croire que tout cela n’a pas dégoûté Tinou, puisque le voilà désormais “professeur associé” à l’Ecole de journalisme de Sciences po : à ce titre, il “participe pleinement à la vie de l’école”. L’an dernier, il était notamment présent aux conférences de rédaction du matin, et dans un cours sur l’actualité politique : l’occasion sans doute pour lui de développer sa vision d’un vrai journalisme, fermement engagé dans la recherche de la vérité, indépendamment de toute pression politique ou économique.

Dominique Colas

Domi-Ni-Colas Docte professeur, tout droit sorti d’une BD de Tardi. Son cours de philosophie politique de 2e année s’apparente plus à une autocritique de ses idées passées... la seule chose qui le rattache encore au maoïsme.

Appariteurs

L’appariteur, c’est celui qui apparaît quand tu te dis “oh merde, elle est où la salle XC-22 ?” ou alors quand tu es désespéré parce que tu as perdu ton super laptop à 4 000 € avec lequel tu voulais frimer et qu’il te le redonne comme si c’était naturel. Traite le donc avec respect. D’autant qu’en l’absence d’apparitrice, l’espèce est vouée à la disparition à long terme.

Infirmière Cherchez-la  Voir IVV n°12

CROUS-girls

Certes en général pas très CROUStillantes, au moins sympathiques et souriantes même face aux bourgeois qui pestent contre le service public en achetant leur chocosuisse. La cafèt’ est par ailleurs un lieu idéal pour la CROUSe, si tu es adepte de la reproduction sociale. Et puis, leur CROUStaille n’est pas si dégueu, donc de quoi se plaint-on ?

Vacataires

Les statutaires sont bien peu à Sciences Po. Ton so called “maître de conférence” n’en a même pas officiellement le nom puisqu’il est un vacataire. Mais écrire “Vacataire à Sciences Po” sur le 4e de couverture de son bouquin, c’est moins vendeur. Et moins flatteur.

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LA (NON) PENSÉE SCIENCES PO

Jeune novice, tu pénètres dans l’espace de ta formation aux forces obscures du capitalisme financier. Nous allons t’apprendre à en maitriser les arcanes mais pour cela tu dois d’abord faire le vide dans ton esprit, selon les méthodes exposées ici. Courage Intellectuel

Forme de courage revendiquée par les lâches. Saisis-en toi donc ! Il suffit de dire ce que tes interlocuteurs veulent entendre en se prétendant à contrecourant. Synonyme : retournement de veste.

Penseurs approuvés

- Vaut-il mieux avoir tort avec Sartre ou raison avec Aron ? La question ne se pose plus puisqu’il a été décidé par l’élite universitaire que ce dernier avait définitivement raison. Pour rester au dessus de la moyenne, abstiens-toi donc dans tes travaux de le critiquer. - Le conseil vaut aussi bien sûr pour Hannah Arendt. C’est aussi ça, l’honnêteté intellectuelle. Elle a raison, il y a démocratie libérale et tout le reste c’est le totalitarisme. - Tocqueville, c’est Zi intellectuel qu’on cherchait pour contrer le méchant Marx. Raymond Aron et François Furet ont mis en valeur la richesse de cette oeuvre injustement délaissée jusqu’alors. Tu as donc intérêt à le citer au moins trois fois par exposé. - Friedrich Hayek et Milton Friedman sont tes principaux amis en économie, ils ont compris que J.-M. Keynes n’était qu’un sale communiste. Le résultat est aujourd’hui le néolibéralisme dont tes parents tirent toutes leurs thunes.

Sondage

Nouvelle lubie du grand gominé : les sondages à plusieurs dizaines de milliers d’euros chacun. Les diplômés, la bibliothèques, les langues, bientôt l’arrangement des arbustes dans le jardin… Syndrome de la démocratie sondagière comme mirage de démocratie directe, l’équipe de la direction nous propose - en exclusivité ! - de taper 1) si on préfère le bleu ou 2) si on préfère le rouge pour les couloirs du 56 (choisis le bleu, c’est plus tranquille pour l’esprit). Ou alors nous demande à sec quelle part du budget environ devrait prendre les chips du bureau de la direction. Reconnaissons là à Nouvelle Donne une victoire dans la mise en place de leur conception du syndicalisme.

Entreprises

L’entreprise est vitale pour toi, petit gars. Sciences Po, n’est pas un vieux machin poussiéreux pour réfléchir, c’est une beeznessckool ! Tu croyais que t’allais bosser toute ta vie dans un bureau ? Eh bien oui, mais un bureau cool ! Et tu n’auras même pas à choisir ton entreprise puisque tu iras comme tout le monde à la BNP, la banque où tu as ouvert un compte à tarif préférentiel, qui finance les soirées et qui dirige l’école via Pébereau. Enfin ça c’est pour les weenèrz, les loozèrs ils vont à la Société Générale. Et puis si t’es un vieux guy-que, t’iras chez Microsoft, et pis c’est tout.  Voir aussi IVV n° 9

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Pragmatisme

Consiste à faire ce qui est humainement inacceptable au nom de l’intérêt de la Nation (comprendre “des élites”). On a donc le droit d’envoyer des gens se faire tuer à la guerre, d’organiser une chasse à l’immigré à l’échelle du territoire ou de torpiller la notion de service public. Et surtout d’en être fier. Qui n’est pas pragmatique est doté d’un esprit obtus et est adepte de la pensée unique.


CERVEAU HÉMISPHÈRE DROIT(E) Apolitique

Comprendre “de droite”. Cf. “Nouvelle Donne”.

Euphémisme

Pipo

Dit aussi ”Sciences Pute”, “Sciences Popo”, Essentiel à maîtriser. Forger ta propre “Sciences Pot-de-vin”, “Sciences Papa”, novlangue sera l’une de tes grandes ces prochaines “Sciences Pot”, “Sciences Pine”, “Sciences préoccupations Pébereau”, “Sciences Politburo”, “Sciences années. Un travail en retard ? “Un Palomo”, “Sciences Pographie”, “Sciences approfondissement du sujet, monsieur”. Coko”, “Sciences Bédo”, “Sciences Figaro”, Une récession ? “Un ralentissement de la “Sciences Parisot”, “Sciences Peau-de-zob”, croissance, citoyens”. Une déconvenue “Sciences Possédé-(cons)”, “Sciences Pabô”, sexuelle ? “Une nouvelle expérience, les filles”. “Sciences Pipi”, “Sciences Porno”, etc. Appellation commune de notre cher établissement, symbole de la méthode Sciences Po : beaucoup SciencesPo. de concepts, de noms propres, LE gros débat parmi les enculeurs de mouches mais surtout, surtout, rien qui ne soit qui peuplent notre bel IEP a été la question du banalité. Si tu ne devais retenir qu’un nouveau logo. La hausse continuelle des frais est conseil, ami lecteur, pour réussir en effet un sujet qui concerne plus papa-maman. dans la vie, ce serait d’arrêter dès Des batailles rangées ont donc eu lieu dans le jardin à présent de réfléchir. Laisse ça sur la question de la couleur rouge, du nouveau dessin, de sa lisibilité, du point en fin de nom, de aux médiocres. la suppression de l’espace entre “Sciences” et “Po”, etc. La révolte étudiante s’est heureusement calmée quand quelqu’un a proposé une tournée de chocosuisses. Coin-Coin précisera, dans un esprit rassembleur, que l’ancien “était défaillant d’un point de vue technique” (sic). Voir aussi IVV n° 9 et 12 et le Petit Coin Coin illustré

Le 27

Digne successeur de Sciences Politan. Le BDE nous offre une fois encore la preuve de son inconséquence intellectuelle. Après avoir investi vos nuits avec les soirées BDE, votre espace visuel avec leurs affichages omniprésentes, le BDE vous présente leur nouvelle publicité sur papier glacé pour successivement Largardère, BNP, Total, Facebook, etc...

Elève

Terme incorrect pour désigner un étudiant de Sciences Po. Son emploi correspond à des visées bien précises : - Une différenciation corporatiste entre l’élève de Sciences Po (d’une grand établissement) de l’étudiant de l’université. - Souligner la passivité de l’élève, passif dans son apprentissage, de l’étudiant qui est lui censé être actif. - Eteindre in fine les velleités d’autonomisation des étudiants.

Calomnication

Machiavel

Essentiel pour briller en société lors des dîners en ville. Tu pourras ainsi expliquer à tes compagnons de tablée la présence du lion (la force) et du renard (la ruse) sur le logo de Sciences Po. Être qualifié de machiavélique doit également être l’une de tes principales ambitions. Par contre, inutile de lire Le Prince, il y a bien trop de mots dedans.

Répartie

Capacité à clouer son adversaire lors d’une féroce joute verbale. Le concours d’éloquence organisé chaque année par le BDE est censé la mesurer. Un vrai spectacle où défilent de brillants encravatés aux dents longues, que l’on regarde comme on se délecte d’un authentique nanard sur RTL9.

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En marketing, on aime les mots-valises, donc IVV t’en propose un gratos pour t’expliquer comment agir en société. Le principe est simple : la com’ doit se faire en C2C, sans aucun intermédiaire, sur le principe de ce qu’on appelle en rigolant “téléphone arabe”. En fait, c’est exactement la même chose, mais maintenant qu’il y a des arabes à Sciences Po, on peut plus les traiter d’arriérés, ils sont devenus gentils. Tu dis du mal dans le dos de quelqu’un qui fraternise alors avec toi, te confie des secrets que tu peux alors ressortir à d’autres gens pour développer ton réseau. En avoir sur des profs marche si l’histoire implique au moins un-e étudiant-e. Passer par Facebook marche aussi mais laisse des traces écrites compromettantes (une erreur de calomnication et c’est foutu !). Le mieux enfin c’est d’en inventer pour être sûr que l’histoire est inédite. Exemple : “Tu connais Hugo M. ? Hé ben il a couché avec Cyril Delhay !”


TRAITÉ DE SAVOIR VIVRE À L’USAGE DES JEUNES GÉNÉRATIONS

La survie à Sciences Po, c’est un peu l’histoire de Lemmiwinks. Fiers de jouer dans cette histoire le rôle de Poisson Sacha et de tous ses amis, c’est avec joie que nous vous fournissons quelques conseils pour contourner les lois d’airain de l’école. Penseurs désaprouvés

- Karl Marx est responsable de la mort de 80 millions de personnes (Stéphane Courtois l’a dit !), soit 1,23 million par année de vie, ou 1,95 si l’on commence le décompte à ses premiers écrits ; pas besoin dès lors de se pencher dans son œuvre, tu pourrais être pris d’une folie meurtrière. Pire, tu pourrais vouloir attaquer des forces vives de l’économie. - Pierre-Joseph Proudhon est un antisémite donc ses travaux sont à éviter de lire. De toute façon, même Marx le trouve bête, mais tu n’as pas le droit de le savoir puisque tu n’as pas lu Marx. - Michel Foucault était homosexuel, Dieu l’a puni et il est donc mort du SIDA. Ses concepts de biopolitique et de gouvernementalité sont des mots qui ont l’air compliqués, donc ils sont à utiliser, sans bien sûr trop réfléchir à ce qu’ils signifient. Sinon Dieu pourrait te tuer aussi. - Pierre Clastres cumule les handicaps : il est anthropologue, ce qui ne sert à rien ; il est un auteur de génie, ce dont il faut se méfier ; en effet, il est anarchiste. A la poubelle ! - Pierre Bourdieu est certes un sociologue plus que brillant, mais il a critiqué la reproduction sociale (sans parler des médias). L’évoquer avec la plus grande distance, et sans l’avoir lu.

Aide informatique

L’informatique peut être une précieuse alliée à Sciences Po. Moins que l’alcool, certes, mais voici tout de même quelques trucs numériques bons à savoir. - ENTG : obscur acronyme pour désigner la boîte mail officielle de l’école, histoire de se la péter avec son adresse mail @sciences-po.org. Le problème c’est que ça plante très régulièrement et qu’on y reçoit décidément beaucoup trop de mails corporate de Jean-Baptiste Nicolas. Pour atténuer le premier désagrément, nous ne saurions que te conseiller de rediriger tes mails vers Gmail. C’est simple : 1/ Une fois loggué sur l’ENTG, clique sur “autres outils” (au centre de la page, en bas) 2/ Sur la nouvelle page qui apparaît, clique sur “Mon compte” 3/ Sur la nouvelle page, en haut à gauche, dans la catégorie “Compte”, clique sur la deuxième ligne “Rediriger votre courriel” Pour le reste, l’appel au meurtre est puni par la loi… - Inscriptions pédagogiques : la concurrence, il n’y a que ça de vrai. A Sciences Po on organise à chaque début de semestre une cérémonie en l’honneur de ce saint dogme. Ca s’appelle les inscriptions pédagogiques, et ça consiste en gros à appuyer en communion sur la touche F5 de son ordinateur pendant des heures. Pour les élus, la cérémonie se poursuit par une procession à la porte du secrétariat pédagogique. - Les 20€ qui ne valent rien : votre compte d’impression est crédité au début de l’année de 20 €. Mais quand il est vide, il suffit d’envoyer un mail à helpdesk. informatique@sciences-po.fr en spécifiant votre nom de connection (nom.prénom) et en mettant comme sujet “objet de la demande : recharge du porte-monnaie virtuel” pour retrouver 20 nouveaux euros gratuitement. Ce processus de création monétaire audacieux serait à l’origine de la crise des subprimes. - Sciences-po.fr : la façade a été refaite mais les fondations sont toujours aussi pourries. Un peu comme quand l’UMP s’est substituée au RPR. - Wikipédia : Mode d’emploi : CTRL + C = Copier CTRL + V = Coller MAJ F7 = Dictionnaire de synonymes

Plagiat

Voir aussi “Courage intellectuel” et “Wikipédia” Le plagiat à Sciences Po est officiellement banni, c’est pourquoi nous ne saurions que trop le recommander. On nous explique chaque année que telle catégorie de travaux sera désormais numérisée et que Sciences Po a créé un programme informatique spécial pour repérer les fraudeurs. L’IEP fait aussi de la prévention et apprend systématiquement aux nouveaux arrivants que le plagiat, c’est pas bien. Histoire d’éviter que les étudiants en échange ne se fassent virer d’Harvard en troisième année et que le prestige de la maison n’en souffre. Mais comme le dit Lautréamont (plagié par Debord) : “Le plagiat est nécessaire. Le progrès l’implique. Il serre de près la phrase d’un auteur, se sert de ses expressions, efface une idée fausse, la remplace par l’idée juste.”

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CERVEAU HÉMISPHÈRE GAUCHE Drogues

Cours et conférences

Une sociologie de la consommation de drogue à Sciences Po mériterait d’être effectué par les nombrilistes quantitativistes du CEVIPOUF. Du joint fumé dans le jardin au rail de coke snifé dans un bureau du 2e étage du 27, chacun a son péché. On raconte que nos propres enseignants se drogueraient à la pensée de Tocqueville. Quel modèle pour la jeunesse ! Entre autres substances psychotropes présentes sur le campus : - Chocosuisse : le chocosuisse est la drogue la plus consommée de Sciences Po, fournie par les dealeurs du CROUS. Des cures de désintoxication sont offertes sous la forme d’un séjour à l’étranger, en 3e année. La crise des subprimes a affecté le prix du chocosuisse de manière éhontée : 1€ au lieu des 90 cents il y a deux ans. - Cigarettes : deux modèles de fumeurs coexistent à pipo : d’une part les gens biens avec leurs Dunhill ou Bensons & Hedges, voire (interdit de rigoler) des Vogue Menthol, de l’autre les irréductibles parias, avec leurs roulées dégueulasses, avec ou sans filtre suivant le découvert. Au milieu, il existe certes quelques fumeurs de clopes normales, mais ce sont des petits bourgeois et il suffit de lire Marx pour imaginer ce qu’il adviendra de leur consommation.

La présence aux cours magistraux n’est obligatoire que pour ceux qui ne sont pas dans les grands amphis. Mais là encore il suffit qu’une personne se sacrifie et coche comme il se doit la feuille de présence qui circule dans les rangs. La conférence est obligatoire, et il faudra donc supporter 2 heures d’insipides exposés en deux parties, deux sous-parties. Heureusement, il y a le wi-fi. Mais prend quand même quelques précautions : coupe le son, et puis évite de te mettre juste devant le miroir qui fait que le prof voit tout ce que tu fais sur ton écran.

Jeux

Pour survivre à la glande sur la pelouse ou à l’Abbaye, quelques suggestions : : le jeu roi, bien sûr. La variante étudiante de la “parole” est à bannir chez les gens sérieux. Le décompte des points est par contre plus que facultatif. Suivant les goûts, le tarot à 4 ou à 5 : loin d’être aussi compliquée qu’à première : variante du Trou-du-cul avec des cartes spécifiques (12 cartes de 12, 11 de 11, etc.) et dans l’ordre inverse, le 1 étant le grand Dalmuti. A l’avantage de pouvoir se jouer à beaucoup. : deux formes pareilles et il faut être le premier à se saisir d’un symbole phallique pas tabou. Naïké D. y révèle parfois ses talents de connu aussi sous le nom de “Biskit” (rien à voir avec Limp Bizkit). On jette des dés et on : à pratiquer toute l’année. Consiste à crier “Duhamel !” dès qu’un débat politique devient de l’enculage de mouche. L’adversaire peut contrer avec un “Carcassonne !” s’il s’en sent la force, mais : basketball de poche, ne se

Graffitis politiques

utiles pour compter quels cours on peut laisser tomber, en fonction du plancher à atteindre pour valider son année.

tarot dans le jardin.

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Déjà qu’on ne parle pas politique à Sciences Po, on ne va pas se mettre à taguer les murs. Ca arrive pourtant, mais tout est bien vite effacé. Dire qu’en mai 68 la Péniche était recouverte de slogans, mais du genre Pipo évidement : “il y a 36 000 communes en France, Paris en est à


L’HISTOIRE DE SCIENCES PO Heureusement, il y a eu quelque chose avant Sciences Po. Mais le professeur CoinCoin n’est pas venu pour te parler de ça. Il va te raconter la glorieuse histoire de son école avec tout plein d’illustrations. Tu es heureux, hein, petit canaillou... Salut les zélites de demain ! Aujourd’hui on va voir ensemble l’histoire de Sciences Po, et donc du monde !

Avec ses zamis tous plus conservateurs les uns que les autres, comme Taine ou Renan, BouBout’ décide à partir de 1872 de former les zélites dans une nécole privée, à l’abri des dangereux Répub’icains qui menacent l’équilibre millénaire qui garantit la survie de la France ! Le vil Jules Ferry menace d’ailleurs la Nécole libre des sciences popolitiques d’être récupérée dans les griffes du méchant Nétat. Alors, les directeurs qui se suivent font semblant d’être d’accord avec les Répub’icains !

1 La réaction de l’UNI a été proche de celle de mon zami, ils ont voulu me bloquer parce que c’était zillégal. Mais bon j’ai dit aux zélites formées zici “votez moi cette loi !” et du coup c’est devenu possible.

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Vous savez, je n’ai pas toujours été le meilleur directeur de l’histoire de notre nécole. Avant je n’étais que numéro deux ! En 1995, heureusement, j’organisai une rérévolution, les nélèves se soulagèrent la vessie sur le vieux Lancelot et je m’appropriai sa place encore humide.

Alors du coup j’ai eu une autre idée. J’aime pas les zIEP de province, et puis j’ai décidé qu’on devait faire une forme d’Anschluss, question de Lebensraum quoi. Alors j’ai créé les cycles délocalisés. D’ailleurs j’ai fini par inviter mon ami waciste à Menton, il était au bord du malaise cardiaque.

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Depuis, j’ai plein de projets dont les zidées me viennent après un rail de… hm, dans le train. Tenez, par exzemple, dans une soirée échangiste, vers l’an 2000 un zami s’exclamé “c’est super, Richounet, y a pas un zarabe dans ton nécole !” Alors moi, comme je suis un zhumaniste, j’ai dit qu’il allait en voir des zarabes ! Donc j’ai créé les procédures Convention zéducation prioritaire.

Heureusement arrivent les Zallemands. Ils avaient déjà inspiré la méthode d’enseignement, et il zarrivent en Zhéros pour permettre aux conservateurs de reprendre la place méritée. Le grand Maréchal Pépétain est nommé Président d’honneur du Conconseil d’administration.

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4 Mais la France éternelle perd la guéguerre et les bolchéviks du PCF demandent le couteau entre les dents que l’horrib’ Nétat nous étouffe ! Heureusement, le pouvoir décide dans l’intérêt des zélites de nous laisser écrire la loi de nationalisation. Depuis ce jour là, les zélites que notre belle nécole a formées ont fait plein de lois pour leur ancienne nécole !

1871 : nous sommes dans des temps hostiles… Le peuple s’imagine qu’il peut prendre des décisions sans les zélites (vous) ! Le Thiers Nétat arrive à s’en sortir de justesse, mais c’est clair que les zélites ont raté quelque chose, libérales comme elles étaient à ce moment là ! C’est là qu’arrive le très brave Emile Boutmy !

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5 Vous croyez que je m’ennuie maintenant que j’ai fait ces projets géniaux ? Oh que non ! J’ai plein d’autres idées incwoyables ! Je vais monopoliser toutes les zélites, interdire les autres zIEP, manger du pied de porc, vaincre la pauvreté dans le monde, annexer le Pérou…

hahahah...

Moua

 Voir aussi IVV n° 8 pour une version détaillée de l’histoire de Sciences Po

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SYNDICATS, -CATS, -CATS !!! C’est bien connu, on est “un peu des fouille-merde”. Et quand on parle de matière fécales, le local syndical n’est jamais vraiment loin. Alors pour se donner une image du riant paysage syndical de Sciences Po, rien de tel que d’en faire les poubelles. Nouvelle donne

L’appel du vide a parfois des effets désastreux. L’UNI était considérée comme trop à droite ; le mouvement du CPE a foutu une claque aux bourgeois frustrés de pipo, qui se devaient de revendiquer leur droit à la domination ; l’appétit de pouvoir rendait nécessaire la création d’une nouvelle structure. Le problème, quand est d’accord avec tout ce que veut la direction, c’est qu’on ne sert à rien, et les revendications s’arrêtent donc à des considérations de très basse cogestion, sur des sujets aussi importants que la marque des écrans géants en amphi. Nouvelle donne est donc l’une de nos cibles privilégiées. Voir aussi IVV n° n°5 et 11

Interzaide-Facverte

Mariage oxymorique entre Interzaide, corporation d’étudiants internationaux fondée par un royaliste, et Fac Verte, organisation écologiste classée à gauche. Le résultat en est une caricature de ce que peut donner le centrisme, avec aucune capacité de prise de position. Si tu es écolo-bobo et que tu espère faire des choses, va plutôt voir PAVéS.  Voir aussi IVV n°5 et 11

SUD

Syndicat à boire. Les dangereux gauchistes de Sciences Po font rire tout le monde, à commencer par eux-mêmes. Le propos n’est pas inintéressant mais les actions peinent à suivre. Sud c’est un peu le bordel permanent, un syndicat tellement “autogéré” qu’ils ne votent pas pour eux aux élections du CROUS. Mais quand on sait que plusieurs rédacteurs d’IVV en sont, on comprend tout…  Voir aussi IVV n°5 et 11

Confédération étudiante

Constitue un peu l’aile droite de l’UNEF, organisation en crise d’adolescence, applaudie par les patrons à défaut des étudiants. Si tu as de l’ambition, coco, préfère l’original à la copie. L’UNEF t’ouvre les bras !  Voir aussi IVV n°5 et 11

Instances de direction

Au plan formel, Sciences Po est géré par plusieurs conseils : * Le Conseil de direction, gère des sujets de politique générale, comme les voies d’admission ou le système de notation. Il est tenu d’une main de fer par Michel Pébereau. Personne n’irait contester la volonté du roi Richard. * La Commission paritaire se penche sur les sujets plus communautaires, de vie étudiante, etc. Dans les faits, la distinction n’est pas toujours très claire. Ce qui n’est pas important puisque la CP n’a comme le CD aucun pouvoir de décision réel. * Le Conseil scientifique concerne les politiques scientifiques, comme son nom l’indique. Il se réunit une ou deux fois par an, et ne sert à rien. * Le Conseil de l’école doctorale, tout nouveau (2006), est un machin interne à l’école doctorale, dont le pouvoir est donc plus que microscopique. Tu l’as compris, intelligent que tu es, toute décision est prise par le seul Richard Descoings, dans sa clairvoyance et son autorité naturelles. Le seul intérêt des conseils est donc d’être un minimum informé de ce qui va se passer. Les vraies décisions se font dans les bureaux et la fellation y reste le meilleur argument pour y grappiller quelques amendements.  Voir aussi IVV n°5 et 11

UNI

Section ringarde de l’organisation pourtant directement affiliée à l’UMP. La section était par trop à droite, même pour le commun des enfants de bourgeois. On n’est plus aux origines d’extrême droite (http://web.archive.org/ web/20050204030953/cnud. ouvaton.org/article.php3?id_ article=25), et depuis c’est à peu près kif-kif avec Nouvelle Donne. Mais bon, si tu es de droite, que tu es un arriviste aux dents longues, tu sais où aller.  Voir aussi IVV n°5 et 11

Elections syndicales

Usine à magouilles. Chaque année amène son lot de coups de couteau dans le dos. On se plairait presque à regarder ça si des intérêts étudiants n’étaient pas en jeu. Majoritaire à Sciences Po, se complait au petit jeu des négociations de couloir. Décroche des promesses, rarement des concrétisations, mais a toujours un bilan à présenter. Se transforme en relais de la Sainte Inquisition dès que nous avons le malheur de parler d’eux dans nos colonnes.  Voir aussi IVV n°5 et 11

A Sciences Po, on étudie la politique. Bien. Mais quant à avoir une opinion politique, il ne faudrait pas exagérer. Les élections syndicales sont à ce titre le meilleur baromètre de l’apathie politique de l’institution : 25% de participation. C’est, celà dit, déjà bien plus que la moyenne des universités françaises. La faute peut être à une campagne où tracts rédigés dans un français approximatifs, fausses promesses et vrais coups de pute se succèdent à un rythme soutenu. Ou au pouvoir tout théorique des syndicats à Sciences Po…  Voir aussi IVV n°5 et 11

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LE MERVEILLEUX MONDE ASSOCIATIF “D’un point de vue individuel, l’engagement associatif s’inscrit tout à fait dans l’esprit du projet éducatif de Sciences Po” nous apprend le site web, qui consiste donc à se regarder le nombril, enrichir son CV à peu de frais et laisser parler l’ambition.

DANS LA FAMILLE...

I RENT

APP

UMP Sciences Po

Selon nos informations, section aux ordres du Centre SaintGuillaume. Ils diffusent par ailleurs des tracts où l’on retrouve beaucoup la photo de ce qui semble être leur messie, un certain Nicolas Sarkozy. Seraient-ils schismatiques ?

Modem / Nouveau Centre

“On a mis le Modem dans le Guide ? Non parce que c’est typiquement le truc qui s’oublie facilement.” Louis M. lors d’une relecture du guide de rentrée.

Section PS / Mouvement des jeunes socialistes

Personne à l’extérieur de la sphère dite socialiste ne connait la différence réelle entre le MJS et la section PS de Sciences Po. Mais les membres s’en fichent pas mal aussi puisque l’important pour eux est leur carrière politique future. Comme à l’UMP, mais un opportunisme de gauche, se défendront-ils.

D

CAR I T I L PO lapéniche.net

APPREN

TI

Le très lisse webzine des étudiants de Sciences Po, ses méthodes fleurent souvent plus la communication que le journalisme. On ne peut lui enlever sa réactivité, avec les travers qui l’accompagnent et la recherche parfois ridicule du “scoop”. On regrette aussi que les limites de son audace soient fixées aux reportages dans les soirées de l’AS ou du BDE, celles des ses enquètes à des (bons) compte-rendus de conférences, celles de son engagement à la neutralité la plus pâle. Le nouveau site a réussi à allier le fond et la forme : il est tout moche.

RSP

Radio Sciences Pute, pour les intimes L’année passée, organe d’auto-promotion pour jeunes loups aux dents longues voulant faire carrière dans le management de médias. RSP c’est aussi un paradoxe absolu : avoir du fric mais pas d’auditeurs. On les aime bien quand même, ils ne feraient pas de mal à une mouche (à merde). Et surtout pas à la direction.

In Vodka Veritas

Si tu n’as pas compris que c’est le journal que tu tiens entre tes mains, ami lecteur, il est temps de te poser de sacrées questions. Pour te rattraper tu peux consulter les quelques pages que nous nous sommes modestement concédées en fin de numéro. Et tu peux retrouver les anciennes éditions sur le site Internet (enfin mis à jour !) : www.invodkaveritas.com

The Paris Globalist

Comme son nom l’indique, le journal a un écho planétaire : un numéro par an lu par la demi-douzaine de rédacteurs.

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JOURN

ALEUX


Association pour le maintien d’une agriculture paysanne (AMAP)

R

FUTU

Un truc d’écolo-bobo qui permet de manger autre chose que des pizzas et d’essayer la soupe ou le navet aux topinambours. L’idée: livraison chaque semaine de fruits et légumes frais, de saison et bio par un agriculteur du coin dans la cour du 56. Ca fait deux ans que PAVéS bataille dur contre une administration qui fait sa tête de chou et raconte des salades. Finalement, les barrières ont été levées: ça commence cette année. Avec interdiction de laisser tomber les pommes de terre dans les salles de cours…

Ecocampus

Voir “Apolitique” Le joli projet où tout le monde est d’accord, même bien sûr la direction, mais seuls quelques écolo-guérilléros se battent pour que les choses avancent. Ont fait une “Green Night” hyper déficitaire avec gobelets en carton l’année précédente.

ATTAC

Association altermondialiste, ils ont un tract en réponse à chaque question que vous vous posez. Leur plus demandé reste “Vous savez où sont les toilettes ?”

PAVéS

Association séquelle du CPE regroupant moult jeunes rebelles tendance alter-écolo-jusdetomatebio. Pas mal de projets accomplis en deux ans avec pêle-mêle : de nombreuses conférences sur le travail ou l’immigration, le nettoyage du jardin avec étalage des détritus dans le hall, des expositions de photo, etc. L’association espère encore faire du rez-de-chaussée du 13 rue de l’Université une cafèt’ autogéré et surtout d’implanter une AMAP (voir plus haut) à Sciences Po.

SIONÉ

LU L I S É D Nabrabogo

Rien à voir avec Nanabozo ni Nana Mouskouri, Nabuchodonosor est une association sur le Burkina Faso. A fait une chouette conférence sur Thomas Sankara et sa Renault 5.

POUM

Dernière section survivante du POUM de la guerre d’Espagne, se présente épisodiquement aux élections du BDE pour proclamer l’autogestion de Sciences Po et empaler les membres de la direction. De viles rumeurs questionnent son indépendance et le rattachent à SUD.

Adala

Adala sur mon bidet… L’association à Sciences Po qui pose la question du conflit israélo-palestinien. Elle propose des voyages dans les territoires occupés pour ceux qui veulent se rendre compte par eux-même ou sont à l’Hamas, et essayent de lutter contre la Fatah-lité.

Sciences Po Monde Arabe

Mariage contre-nature entre le neveu d’un ex-néo glaoui tunisien et un David colon.

Plug’n’Play

Existe par intermittence suivant les années. Sorte d’équivalent LGBT du BDE, avec un soupçon de revendications. En gros, plus besoin de se déplacer jusqu’au GAP de la rue de Rivoli pour choper des numéros désormais.

entre Saint-Guillaume vs Groupe biblique universitaire

Groupe biblique universitaire et Centre Saint-Guillaume sont deux instances de bigots qui adorent un charpentier masochiste mort il y a 2000 ans. N’essayez pas de comprendre. Les sièges du GBU (rue Serpente) et du CSG (rue de Grenelle) sont inclus dans les “parcours pipis blasphématoires” de toutes les bonnes agences de voyage.

Union des étudiants juifs de France

Contrairement à des rumeurs insistantes, ne constitue pas un lobby surpuissant qui contrôle tout ce qui se déroule à Sciences Po. Et les doigts et nez de ses membres ne sont ni si longs ni si crochus que ça, un huissier a pu le constater. Par contre, la malédiction qui repose sur le peuple de Judas fait naître les hommes sans prépuce, selon nos sources. Les femmes non plus, d’ailleurs.

Samovar

L’association franco-russe porte le nom d’une théière, allez savoir pourquoi.

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Bureau des élèves

Le BDE est notre cible préférée, donc on s’est dit qu’on pourrait en dire du bien pour une fois. Mais non, on a beau chercher, on trouve pas. Ne les regarde pas quand tu passes devant leur local au Gymnase, ça flatterait par trop leur ego. Par contre, si tu es adepte de la reproduction sociale, tu peux toujours aller choper dans leurs soirées. L’équipe du BDE est renouvelée chaque année avec les mêmes personnes ou presque, sauf en cas de guerre de clans au sein de l’équipe sortante ; mais un jour la liste POUM l’emportera !

Week-end d’intégration

A prononcer “Waïïïïï” Idéal pour te forger dès le début de ta première année une réputation qui te colle aux basques toute ta scolarité. Conduit à une explosion des ventes de tests de paternité neuf mois après.

Bureau des arts

Pas beaucoup d’artistes au BDA, mais beaucoup d’amateurs qui se veulent éclairés par leur boboïsme difficilement supportable. Pas de politique non plus, voyons, la culture n’est ni de gauche ni de droite, et puis comment avoir une bonne carrière dans la culture sinon ? Proposent toutefois quelques bonnes initiatives (cours de théâtre, concours de nouvelles, etc.), donc abstiens toi de leur cracher dessus dès le premier jour.

Journée des dédicaces

De mauvais auteurs signent des bouquins de merde, les fans s’y bousculent donc en masse. Chacun se congratule et s’imagine avoir écrit quelque chose de bien pour mériter d’être dans un cadre aussi “prestigieux”.

APPREN

TI

Association sportive

Passage obligé pour les activités sportives (2 crédits, pensez-y !). Les vrais, les durs, vont faire de la pétanque aux Tuileries. Les autres se rabattent sur le foot ou le basket, les nuls. L’équipe est du même calibre que celle du BDE, mais on doit bien faire avec si l’on veut aller au Crit’.

Sciences Po Avenir

CORPOR

La semaine des arts (SDA pour les intermittents) est un bel exemple de l’immense capacité corruptrice du BDA. En théorie, c’est une excellente idée: mettre les arts (musique, photo, peinture, arts urbains, etc.) en valeur à Sciences Po pendant une semaine, gratuitement, et partout dans l’école. Mais voilà : les gens du BDA ne sont pas comme nous. Il leur faut des sponsors. De la hype. Bref, de l’exhib, et des goûts de chiotte. Autrement dit, la SDA consiste généralement en une accumulation de panneaux publicitaires et de manifestations ridicules (ah! le slam de l’an dernier!), le tout dans une ambiance franchement bruyante et carrément gênante ). Le vrai problème de la SDA, c’est donc qu’elle soit dépendante du BDA, ce qui garantit que toutes les décisions “artistiques” soient prises par des gens convaincus (sérieusement!) que s’habiller en fluo et boire de l’eau japonaise sont les trucs les plus cools du monde. Quant aux concerts, ils sont a) confidentiels b) médiocres c) gênants. Décidément.

ATISTE

Sciences Po No Future C’est le gentil organisme qui trouve des stages non payés pour les étudiants de la vénérable école. Ils se sont distingués il n’y a pas si longtemps que ça par une gestion catastrophique de leurs finances dont on ne sait pas s’ils s’en sont encore relevés. Vous pouvez donc avoir totalement confiance en leur sérieux.

Association des Sciences-Po

Pour développer ton réseau de relation entre gens de bonne situation, rien de mieux que l’association des anciens. C’est tellement vrai que tu peux devenir un ancien junior (ou un junior ancien) dès cette année ! Un peu comme si tu commençais à vendre du shit et que le parrain t’invitait à prendre le thé. Si c’est pas la classe !

Conférence Olivaint

Organise des projections gratos, mais ne compte pas y voir The Dark Knight avant 30 ou 40 ans. Un film ne devient “de qualité” qu’après la mort de son réalisateur, donc le suicide de Heath Ledger ne suffit pas.

Semaine des arts

Crit’

En plus long “critérium interIEP”. Beuverie géante qui prend pour excuse des rencontres sportives entre les neuf IEP. La prochaine aura lieu en mars prochain à Lyon.

Ciné-club

Notre Skull and Bones à nous, fondé en 1875. Ils ont infiltré jusqu’à la direction avec David Colon, ancien président. Leur passé anti-communard, puis anti-socialiste et même ouvertement maurrassien n’est pas des plus attrayants. Mais qu’on se rassure, les Jésuites qui tenaient le machin ont été virés après 1968 (enfin ils ont créé le CSG au passage en 1941, les salauds), et maintenant c’est trop cool, la conférence est rentrée dans le moule centrisme fade. Comme toutes les associations, la conférence invite des gens re-nom-més. Comme toutes les associations, elle est a-po-li-tique. Et comme toutes les associations, il s’agit souvent de branlette sur pas grand chose.

Tribune pour l’animal

Non Cyril, ce n’est pas une association zoophile. Juste une bande d’illuminés adorateurs du Grand Steak de Soja aux Fines Herbes.

Les autres

Trois associations européennes bon teint, trente associations mortes-nées et autant de think tanks auto proclamés pour l’autopromotion de prophètes reconstructeurs du PS. Ah, et toutes les associations corpo de masters, évidemment...

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10 BONNES RAISONS DE NE PAS ACHETER IN VODKA VERITAS Si vous lisez ces lignes, il est peut-être déjà trop tard. Vous avez succombé, vous avez acheté In Vodka Veritas. Dans le souci permanent du pluralisme et de l’objectivité qui nous caractérise, nous avions pourtant mitonné un petit argumentaire en dix points qui vous aurait évité de financer cette dangereuse publication subversive qui pervertit la jeunesse. Ou comment se présenter sans avoir l’air de. 1) Il n’y a pas de prix ! « C’est combieeen ? » entend-on souvent lorsqu’IVV tient table en péniche pour vendre sa dernière fournée de papier et d’encre. « Prix libre ! » répond aussitôt Louis M. avec un empressement qui ne peut masquer la petite fierté qui se dégage à chaque fois. « Heu, oui mais c’est combieeen alors ? ». Et merde, encore un à qui il va falloir expliquer… Le prix libre, c’est un concept pourtant simple : chacun donne une obole selon ses moyens, son envie, le prix qu’il attribue lui-même au journal. Il n’y a qu’à déposer l’offrande dans le gobelet en plastique qui fait généralement office de tronc – oui, c’est moins classe qu’un vrai tronc, mais n’est pas l’Eglise catholique romaine qui veut. Le problème, c’est que le prix libre défie à la fois la loi de l’offre et de la demande et les concepts aussi obscurs que « la bonne gouvernance d’entreprise », « les comptes prévisionnels » ou « l’équilibre budgétaire ». Alors on nous demande aussi souvent « Mais ça vous revient à combieeen de faire un numéro ? ». Et c’est là que tout s’éclaire : souvent à quedalle (voir ci-dessous). Pour résumer : le prix libre, ça permet de s’acheter une conscience morale à peu de frais, surtout qu’à Sciences Po, la définition de la « petite contribution » connait des amplitudes parfois impressionantes. Oui, on a déjà essayé de nous filer 5€…

sans les attaques et la satire ? Ben non. Déjà ça serait moins drôle. Et puis on vous connait, petits canaillous, la méchanceté vous aimez ça. Prenons la Chronique de l’Ambition Ordinaire tiens : combien d’entre-vous nous ont soufflé un nom discrétement, en attendant que notre poing vengeur s’abatte sur la victime expiatoire ? Il parait aussi qu’on ne parle que de ce qui ne va pas. C’est à dire que le créneau “louanges de l’administration et du consensus mou” est déjà bien occupé aussi… Donc oui, ce n’est pas gentil de se foutre de la gueule des apprentis-politicards de la Toile, ce n’est pas gentil de se payer lapéniche.net, RSP, le BDE, le BDA, l’AS, les syndicats et consorts. Mais ce faisant nous leur rendons service : nous leur apprenons ce que c’est que le revers de la médaille. 4) Ils sont trop gentils ! IVV est un journal mou. Tel un soufflé au fromage sorti du four, la mi-molle du matin ou le Modem, il se dégonfle à vue d’oeil. On le sait, même Descoings nous l’a dit. Hélas. Si nous sommes pour certains le summum de la contestation et de l’impertinence, il faut regarder la réalité en face : nous n’écrivons qu’un dixième de ce qui pourrait être dit. Déjà il y a la loi. Mais en bons voisins de Tapie, on sait qu’on peut toujours s’en arranger. Ensuite il y a l’administration, mais hormis quelques pressions et notre absence devenue systématique de la Newsletter, on ne peut pas parler de censure. Dommage, ça conforterait notre posture. Non, le complice de la mollesse, c’est l’autocensure !  Voir aussi IVV n° 6

2) Ils n’ont pas besoin d’argent ! In Vodka Veritas se porte bien. Quoiqu’à la merci du moindre trader breton ou procès venu, les finances du journal sont relativement abondantes. Le secret “Tu ne liras pas ce journal impie !” de cette bonne santé comptable qui nous vaut les honneurs des Echos et du Particulier ? On répondra, tel le PDG qui délocalise sa production en Asie pour faire produire 5) Le journal est gratuit sur internet ! dix fois plus pour dix fois moins à des enfants estropiés, que C’est vrai ça, pourquoi on irait acheter un truc qu’on trouve nous avons su gérer avec rigueur la question des coûts de gratuitement sur internet ? Légalement qui plus est. Et en production. Point de travail des enfants à Sciences Po (du moins couleurs. A croire qu’à IVV on n’a aucun sens du business. C’est nous n’avons pas encore réussi à le prouver), mais un Julien pas faux. Cela dit, la centaine d’exemplaires papier qui sort à Palomo. Qui, par amour de la presse libre et indépendante (ou chaque numéro se vend à chaque fois comme des chocosuisses. pas)ou par ce qu’on le fait rire des fois, permet à IVV de bénéficier Peut-être parce que nous ne sommes pas les seuls à rester des crédits photocopies non-consommés par certaines assos amoureux du papier. Peut-être aussi parce que c’est plus étudiantes au cours de l’année. Et donc au journal d’être imprimé pratique à lire en amphi, en conf’, dans le métro ou les toilettes. aux frais de l’administration en nous évitant de devoir fonder cinq Et puis il faut reconnaître que l’année passée, entre problèmes ou six associations satellites. Que le lecteur scandalisé par de de serveurs et site web à refaire, ça n’était pas si simple de nous telles pratiques, dignes de la gestion du Crédit Lyonnais, se lire en ligne. Mais invodkaveritas.com est enfin de retour. Pour rassure. Non seulement il nous arrive quand même d’imprimer nous lire gratuitement. Légalement. Et en couleurs. des numéros à nos frais hors de Sciences Po, mais en plus la trésorerie exédentaire d’IVV on la boit à la fin de l’année au cours 6) C’est un “torchon néo-communiste” ! (sic) d’une soirée des lecteurs sans prix d’entrée, sans dress code et D’après lapéniche.net, nous sommes un journal “satyrique” (sic) sans classe. Un anti-gala en quelque sorte. “clairement orienté à l’extrême-gauche” (ah ?). Pour d’autres qui s’embarassent de moins de pincettes, tel cet étudiant croisé un 3) Ils sont trop méchants ! jour en péniche, nous sommes un “torchon néo-communiste”. Il IVV n’est pas un journal respectable : ils ne fait rien qu’à cracher ya de ça, quoique surtout torchon en fait. Rendez-vous compte dans la soupe, égratigner les gens, se moquer. Bref, c’est un du scandale : un journal qui affiche ouvertement ses convictions, journal bête et méchant. Ben ouaip. On ne pourrait pas faire pareil qui assume une ligne éditoriale engagée (si peu), qui rigole

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aux mots “neutralité” et “objectivité” dont se gargarisent les médias dominants ! Un journal qui n’est pas dans la fadeur et l’apolitisme hypocrite ! Un journal qui affirme avoir des amis et des ennemis ! Pour certains étudiants de Sciences Po, cela suffit à nous discréditer et à faire de nous une publication indigne d’être lue. C’est bien, il y a une table rien que pour eux à l’entrée, où ils prennent généralement un panel large et pluraliste qui va du Figaro au Wall Street Journal. Et puis il y a les autres : les potes, les vilains gauchistes qui partagent le fond et les gens capables d’écarter un peu leurs oeillères. Et puis franchement, à côté de nombreux fanzines (de qualité) anars, trostkos, cocos, écolos, féministes, antifa, notre prétendu engagement est une bagatelle. 7) C’est mal imprimé. Photos trop sombres, trop claires, papier blanc ou coloré : l’impression de chaque nouvelle édition d’IVV est un peu une loterie. On ne va pas s’en plaindre. Déjà parce que ça met un peu de piment dans nos vies qu’il faut imaginer tristes et grises, frustrés que nous sommes. Ensuite parce que les gens de la reprographie bossent dans des conditions à la con (spéciale cass-dédi au lumpen prolétariat de Sciences Po). Après c’est aussi un choix : on pourrait avoir une impression couleur, voire du papier glacé, comme d’autres publications de l’école. Mais ça coûte cher, et ce n’est pas notre genre d’aller lécher des culs à droite à gauche pour choper subventions ou sponsoring. C’est ce qui nous évite les pubs de l’Armée de Terre ou des Casinos Partouche (suivez notre regard). … 8) On ne sait pas qui signe les articles. IVV est un journal irresponsable : la preuve, ses auteurs n’assument pas la paternité de leurs articles puisqu’ils ne les signent pas. Evidemment c’est faux : IVV est une oeuvre

collective et ses auteurs sont solidaires de tout le contenu publié. Les articles sont anonymisés par souci de protection, les représailles sont donc forcémment collectives (et s’apparentent alors à une gigantesque vendetta dans tout Sciences Po, c’est quand même plus rigolo). Il n’y a pas de hiérarchie dans le journal, seul poste officiel existant, celui de “directeur de la publication” parce que c’est la loi qui veut ça (et qu’il faut bien quelqu’un pour répondre aux coups de téléphone de David Colon à 7h50 le matin). Pour le reste, les noms des joyeux turlurons qui écrivent dans le journal sont généralement en page 2.  Voir aussi IVV n° 11 9) “A quoi vous servez ?” (sic) La question revient parfois, souvent dans la bouche irritée (rien à voir avec des pratiques sexuelles que la morale réprouve) de contempteurs blessés. Et la réponse est claire : “à rien” et on “vous chie au nez”. En plus c’est vraiment le cas : quand bien même on pourrait se flatter du besoin démocratique de la presse, du quatrième pouvouâââr, de la nécessité impérieuse d’informer, les faits prouvent le contraire. Qu’on nous prête un pouvoir de nuisance -à tout hasard auprès de l’administrationfait plaisir (et renforce notre posture), mais en fait, non, l’administration s’en fout. Au mieux elle se marre.  Voir aussi IVV n° 6 10) On peut faire bien mieux de son argent ! Un chocosuisse : 1.10€, un hot-dog : 2€10, un demi : 2.50€, un grec : 4.50€, un paquet de clopes : 5.50€, une vignette à la Fête de l’Huma : 17€, un “dix-keus’” : dix-keus, une défonçeuse : 86,95€, un coussin péteur : 1,50 € , un costume de sumo gonflable : 46,99€, un vibromasseur aux couleurs de Sciences Po : 29€, etc.

UNE BRÈVE HISTOIRE D’IN VODKA VERITAS Quand on n’a plus rien à dire, on se met à resasser le passé, tel les personnes en fin de vie dans les hospices. Et au passage, ça permet de régler des comptes. Bref, Père Castor, raconte nous une histoire... - La nuit du 22 au 23 avril 2006. Dans la foulée de la mobilisation contre le CPE, une joyeuse bande de SciencesPotes participe sur un coup de tête au festival Expresso de la presse jeune. Le journal naît à cette occasion, se remplit d’articles sur les thèmes imposés par le concours et remporte la catégorie “18-25 ans”. - Juin 2006. Le numéro 2 sort, c’est le premier numéro à Sciences Po. C’est aussi la première grosse polémique avec la révélation des irrégularités lors des élections du BDE. C’est aussi là qu’on a essayé de berner Julien Palomo en lui présentant la couverture du premier numéro au lieu de celle du numéro 2 pour obtenir son bon d’impression. Finalement le lion passera tout seul dans le renard. - Octobre 2006. Sortie de notre premier guide de rentrée (numéro 3). A l’occasion on expérimente pêle-mêle les pressions de Laurent Bigorgne sur la couverture (qui passera toute seule elle aussi), les menaces de procès d’Annick Steta à propos de notre entrée “DSK” et les modifications de ces déconneurs de l’UNEF sur leur entrée après qu’ils aient réussi à accéder à notre wiki. - Janvier 2007. Des gens d’IVV se présentent sur la liste SUD aux élections syndicales. Ils en font de même en 2008. C’est précisé dans nos colonnes lorsque nous relatons lesdites

élections, et ça ne nous empêche pas, en général, de chier aussi sur SUD. Et à SUD de se chier dessus aux élections. - 5 avril 2007. Le Pen vient à Sciences Po en pleine Semaine des Arts, la rédaction d’IVV est à l’avant-garde de la résistance. Et oublie au passage le tournoi de tarot qu’elle devait organiser ce jour-là. La vie est une question de priorités. - Avril 2007. Un frustré de Nouvelle Donne entend s’attaquer à notre insubmersible journal via son directeur de publication de l’époque, par un retentissant (?) mail anonyme puis des menaces physiques très peu suivies d’effet. Matthieu Creux reste une de nos cibles préférées. - Octobre 2007. Sortie du deuxième guide de rentrée, avec son lot de gourmandises : David Colon exige qu’on précise bien qu’il n’a pas officié dans la Wehrmacht, l’UEJF nous traite d’antisémites (“vous êtes plus gentils avec Adala qu’avec nous”, c’est dire si le conflit israélo-palestinien les hante), et l’UNEF râle, comme d’hab’. - Mars 2008. Dans notre numéro 12, nous osons une brève à peine méchante sur Jean-Baptiste Prévost, le nouveau président de l’UNEF au national. Evidemment, nos bureaucrates préférés nous tombent dessus. Sur d’autres infos, ils nous somment de réveler nos sources (ben voyons) et n’hésitent pas à lancer une chasse aux sorcières dans leurs rangs. Ambiance... - 14 juin 2007. Première fête d’In Vodka Veritas, intitulée sobrement (!) “Liquidons nos profits” : approximativement 20 litres de vin et autant de bière et d’alcools forts auront été éclusés.

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S E L R CHA I ? HENR

In Vodka Veritas n°14  

In vodka numéro 14

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