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5INQ ÂGES DE LA VIE


LE 5INQUIÈME ÂGE

L’ ÉQUILIBRE


blancs, mais entassés dans le désordre, choisis pour leur caractère éclatant et inapproprié, son apparence était néanmoins ostentatoire. En dépit du mois de novembre bien avancé, qui à Hambourg prend souvent des allures froides et pluvieuses, mon visiteur n’avait sur lui qu’un habit de lin taillé à l’italienne, parsemé d’étoffes multicolores d’origine mongole, russe ou autrement orientale. Il portait par dessus son épaule un sac de marin blanc azur en toile étanche et était coiffé d’un tout petit bonnet en fourrure dorée qu’il ôta courtoisement de sa main vêtue d’un gant en peau de daim dès que j’ouvris la porte me trouvant face à lui, l’air perplexe. C’est précisément ce geste courtois, décrivant un arc élégant, qui me convainquit que la personne devant moi n’était point un vagabond ou un voyou mais quelqu’un de bien élevé, au comportement civilisé.

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Les frappes rythmées se poursuivirent et je ne pus plus leur résister, quoique résolu, je le répète, à consacrer cet après-midi là à l’écriture. Je me levai enfin, boutonnai mon gilet couleur gris-olive que je préfère laisser ouvert lorsque je suis assis derrière mon bureau, pour éviter la pression sur mon ventre et les brûlures d’estomac dont je pourrais me passer, et je m’approchai de la porte pour l’ouvrir. Devant moi apparut un monsieur que, par son teint foncé, je pris d’emblée pour un Africain, mais une observation plus assidue m’amena à conclure que mon invité surprise n’était point un résident de cet ancien continent si peu exploré. Les Africains sont en effet dotés d’un teint qui, en fonction de leur région d’origine, varie d’un brun clair, jaunâtre et presque maladif des habitants du Sahara, aux nuances violet foncés et ébène des résidents du cœur du continent. Le teint de mon visiteur était, à contrario, complètement noir. Si noir que les traits de son visage et même de sa physionomie tel le nez, les yeux et les oreilles, se perdaient et disparaissaient, créant l’impression, dont je peux jurer qu’elle soit fausse, que sa tête n’était qu’un plateau noir et ovale, une fissure envoutée de la réalité, dans laquelle on aurait pu voir toutes sortes de choses si seulement nous avions le temps d’adapter nos pupilles à l’obscurité totale. Outre sa physionomie hors du commun, ses habits n’étaient pas non plus monnaie courante dans les rues de Hambourg – la ville qui m’a vu naître, que j’aimais et dans laquelle j’ai choisi de demeurer. Loin d’être vêtu, tel les Africains susmentionnés, de morceaux d’habits généralement portés par les

Lorsque, de surcroît, il m’adressa la parole en bon allemand, quoique dépourvu de l’accent typique, je décidai, intrigué je l’avoue par son apparence inhabituelle, de l’inviter à entrer, lui offrant du cognac et un cigare. - Je vous suis hautement reconnaissant pour votre hospitalité, Monsieur Mann, me dit le jeune homme, car son âge ne laissait guère de doute : il ne pouvait avoir qu’à peine la moitié des années que j’avais laissées derrière moi. -  Et ne craignez point que je vous prenne trop de temps  ! Je vous rends visite car l’autochtone, pour ainsi dire, et l’homme instruit que vous êtes pourrait sans doute m’aider à résoudre une affaire de moindre importance. Flatté par ses paroles, je répondis que je ferai de mon mieux pour l’aider quoique, à, mon avis, n’importe quel autre Hambourgeois aurait pu lui prêter une telle ou meilleure assistance. - Vous êtes modeste et cette modestie vous honore, répondit mon visiteur dont j’appris au préalable qu’il se nommait – La Bête Noire.  J’avoue avoir d’emblée pris peur en entendant ce nom. Je songeai qu’une Némésis secrète était arrivée à ma porte pour s’en prendre à moi, mais j’en fus rapidement dissuadé par la courtoisie du jeune homme, qui m’informa brièvement au sujet de sa famille, en ajoutant quelques anecdotes sur l’origine de son nom. - Pour ma part, je suis convaincu que vous êtes précisément l’homme dont j’ai besoin. En effet, je suis en quête d’un appartement.


Je crus que mon visiteur voulait louer une chambre et que quelqu’un l’avait orienté vers moi par erreur. En effet, je ne loue pas de chambre car, pour écrire, j’ai besoin de la tranquillité dont je ne pourrais pas bénéficier avec un co-locataire. C’est exactement ce que je lui dis d’un ton poli et avec regret. Mon visiteur étira un sourire et m’expliqua que mes présomptions étaient fausses. Ce dont il était à la recherche était, à vrai dire, un appartement très particulier nommé Barbara Celarent Darii. - Elle n’était encore que Barbara lorsque je l’ai vue pour la dernière fois, ajouta mon ami, et elle n’était encore que garde-robes. J’ai ouï dire qu’elle s’est maintenant transformée en appartement, qu’elle a ajouté deux noms au sien et qu’elle demeure quelque part dans Hambourg. Puisqu’il s’agit d’une vieille et bonne amie, il serait discourtois de ma part de ne pas lui rendre visite, alors que je suis de passage en ville. Je donnai mon plein accord sur cette question au jeune-homme. Ayant fait la connaissance de la demoiselle quelques mois auparavant, je pus vanter sans restreintes ses nouveaux locaux avec vue sur le port. La Bête Noire était très content d’entendre ces nouvelles, surtout lorsqu’il apprit que mademoiselle Barbara comptait y ajouter un balcon et qu’elle avait déjà choisi un nouveau prénom qu’elle souhaitait s’approprier: Ferio ! – C’est formidable, jubilait le jeune homme. Ferio ! Formidable ! Je lui décrivis brièvement comment se rendre au plus vite chez mademoiselle Barbara et je le priai de lui transmettre mes salutations les plus cordiales, ce qu’il me promit de faire volontiers. Je me levai pour l’accompagner vers la sortie, lorsque soudain il aperçut, par la porte entrouverte de mon bureau, le manuscrit sur lequel je travaillais. Il s’y intéressa vivement et je dus lui expliquer qu’il s’agissait d’un zeitroman que j’écrivais depuis près d’une douzaine d’années et que j’espérais finir prochainement. La Bête Noire me souhaita bonne chance et exprima son impatience à lire le roman une fois que sa rédaction serait terminée. Il plaisanta qu’achever un roman serait plus facile si on l’entamait par sa fin, et que tous les chapitres préalables, mais rédigés à posteriori, résonneraient d’une toute autre manière en connaissance de leur déroulement et de la fin. Ce trait d’esprit me fit sourire et je répondis que ce serait effectivement le cas, mais que je n’avais pas l’intention de passer encore douze années à écrire le même roman à rebours. Le plus que je pus lui promettre, ajoutai-je, était de demander aux lecteurs de

relire l’ouvrage, l’effet devant en être semblable. Mon visiteur acquiesça et ajouta une sentence si typique de la jeunesse : - Si un jour quelqu’un décide d’écrire un roman sur moi, j’aimerais bien qu’il le commence par la fin, fit-il, suite à quoi nous nous quittâmes. La Bête Noire partit ensuite à la rencontre de mademoiselle Barbara. Quand à moi, je me consacrai à mon roman que j’allais effectivement bientôt finir. Je me rappelai souvent de ma rencontre avec ce visiteur extraordinaire et je songeai parfois à incarner son personnage dans un roman à chronologie inversée, mais comme avec tant d’autres choses, le manque de temps m’en empêcha et je n’eus par ailleurs jamais l’occasion de lui rendre son petit bonnet doré qu’il avait oublié dans le fauteuil sur lequel il était assis lors de sa visite. Thomas Mann Passage des notes inédites, 194?


JE NE LE CROIS PAS ! 401 !

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ON ME L’A VENDU COMME ÉTANT LA POINTE DE LA TECHNOLOGIE, ALORS UNE PANNE EN PLEIN HIMALAYA EST HORS DE QUESTION !

PAS DE PANIQUE, DANS L’HIMALAYA ON SAUVE QUELQU’UN TOUS LES JOURS ! 120 SAUVETAGES RIEN QU’AU DERNIER TRIMESTRE.

HEUREUSEMENT QU’IL Y A 700 CHAÎNES DE TÉLÉ. REGARDE-LES EN ATTENDANT QUE L’ON VIENNE NOUS SECOURIR. JE CROYAIS QU’ON ALLAIT FINALEMENT RETROUVER LA BÊTE.

J’EN ÉTAIS PRESQUE SÛR!

JE NE PANIQUE PAS. JE M’APITOIE !

ALLEZ, ON VA REGARDER UN DRAME POUR SE REMONTER LE MORAL !

ET QU’EST-CE QU’ON Y RACONTE ? MA VIE ?

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PENDANT UN INSTANT, J’AI EU L’IMPRESSION D’AVOIR ÉTÉ FRAPPÉ PAR UNE BALLE DE BASEBALL...

JE NE LE CROIS PAS !

C’EST PAS FAUX.

FRAPPE PAR UNE BALLE DE BASEBALL EN PLEIN HIMALAYA ?

402 !

SANS DOUTE UN JEU DES SECOURISTES PENDANT LEUR PAUSE ?

QU’EST-CE QUE C’EST QUE ÇA ? DES TRACES DE DENTS ?

QUOI ENCORE ? POURQUOI ME REGARDES TU COMME-ÇA ?

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TU N’AS JAMAIS VU UNE BALLE DE BASEBALL ?


TU AS TROUVÉ LA BALLE ?

AH ! TU ES ARRIVÉ, BÉBÉ !

ET OUI ! BRAVO !

MERCI.

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ATTRAPE !


MONSIEUR LA BÊTE !

QUELLE BELLE MAISON VOUS AVEZ LÀ ! ELLE EST DIVINE !

10 ELLE VOUS PLAÎT ? MERCI, JE L’AIME BIEN AUSSI !

JE NE LE CROIS PAS !


403.

ELLE EST FOR-MIDABLE !

ET, NON ! ELLE EST IMPOSSIBLE ! COMMENT TOUT CELA SERAIT-IL POSSIBLE ? AU DIEU DES VENTS ?

OUI. IL AVAIT DES PROBLÈMES, VOUS SAVEZ, AVEC SES VENTS ET...

J’AI AUTREFOIS RENDU SERVICE AU DIEU DES VENTS. C’EST SA RECOMPENSE.

EH BIEN, ON NE DIT JAMAIS...

MAIS JE BABILLE, ET LE VOYAGE A SÛREMENT DÛ VOUS ÉPUISER. PUIS-JE VOUS OFFRIR QUELQUE CHOSE ?

“NON” À UN PETIT EN-CAS ! J’AI DÉJÀ DIT ÇA, MOI ? 232 FOIS.

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MESSIEURS...


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BIENVENUE CHEZ MOIÂ !


ATTENDEZ UN PEU... ÇA AUSSI, ÇA A UN RAPPORT AVEC LES DIEUX ? EST-CE YGGDRASIL? L’ARBRE DE BOUDDHA ? L’ARBRE DE LA CONNAISSANCE... ?

OUPS ! JE ME CITE MOI-MÊME ! MAUVAISE HABITUDE, EXUSEZ-MOI !

C’EST VOTRE FAMEUSE CHANSON !

C’EST UN SIMPLE PRUNIER, POUR CHASSER LES IDÉES NOIRES ! “ET SI, POUR EN FINIR, VOUS ME PERMETTIEZ...”

“DE ME COUCHER DANS L‘ OMBRE D‘UN PRUNIER !”

OH ! VOUS VOUS SOUVENEZ DE ÇA ? POURQUOI AVOIR PLANTÉ UN PRUNIER ICI ?

ET COMMENT ! ÇA ASSURE AUTANT QUE LES BEATLES !

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MERCI, MAIS VOUS SAVEZ, LE MÉRITE N’EN REVIENT PAS QU’À MOI...

PUIS-JE VOUS DEMANDER... ?

POUR FAIRE DE L’OMBRE.


ET POUR LES PRUNES, BIEN ÉVIDEMMENT. J’AVAIS D’ABORD SONGÉ Y METTRE UN PARASOL, MAIS UN PARASOL AURAIT FAIT UNE PEU BIZARRE DANS UN SALON, VOUS NE TROUVEZ PAS ?

DE L’OMBRE ?

JE NE LE CROIS PAS !

404.

QUELQUE CHOSE À GRIGNOTER !

MERCI !

PAS DU TOUT ! LES GENS PASSENT ME VOIR SANS ARRÊT. VOYEZ ?

VOUS NE VOUS DEMANDEZ PAS CE QU’ON FAIT ICI ?

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EXCUSEZ-MOI, J’ARRIVE TOUT DE SUITE... DÉCIDÉMENT, MON PASSÉ NE ME LAISSE NUL RÉPIT!

VOTRE VIE A VRAIMENT ÉTÉ TRÈS RICHE, MONSIEUR LA BÊTE !

VOUS AVEZ L’AIR DE DIRE QU’ELLE EST TERMINÉE !

NON, PAS DU TOUT ! EXCUSEZ-MOI ! CE N’EST PAS CE QUE JE VOULAIS DIRE ! JE VOULAIS JUSTE... JE VEUX DIRE, VOUS ÊTES QUAND MÊME UN HOMME D’UN CERTAIN ÂGE !

MAIS... JE NE SUIS PAS UN HOMME.

JE SUIS UNE BÊTE.

JE ME SUIS SOUVENT POSÉ LA QUESTION.

15 ET ALORS ?

EUH... OUI. OUI, BIEN SÛR...

C’EST QUOI AU JUSTE, UNE BÊTE ?

JE N’AI JAMAIS TROUVÉ LA RÉPONSE.


VOUS N’ÊTES DONC PAS L’UNIQUE BÊTE ?

ABSOLUMENT PAS ! NOUS SOMMES NOMBREUX ! TOUTE MA FAMILLE MATERNELLE ET PRESQUE TOUTE MA FAMILLE PATERNELLE...

EXCUSEZMOI !

MOKKADER ? ÇA VA ? T’ES OÙ LÀ ?

ÉCOUTE, JE PASSERAI TE VOIR PLUS TARD, J’AI DES GENS EN CE MOMENT...

À PLUS !

C’ÉTAIT BIEN MOKKADER ?

EH, OUI... CE BON VIEUX MOKK !

...POURQUOI LE COMBINÉ N’EST-IL PAS BRANCHÉ ?

LE MOKKADER ?... CELUI AVEC QUI VOUS AVEZ SAUVÉ LE MONDE ?

PARDON, MAIS...

À QUOI ÇA SERVIRAIT ? IL N’Y A RIEN DEHORS POUR CONNECTER LE TÉLÉPHONE !

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405 !


OU EST-CE QUE J’EN ÉTAIS ? AH OUI... MOKKADER !

C’ÉTAIT UNE PÉRIODE PASSIONNANTE ! NOUS ÉTIONS TRÈS, TRÈS JEUNES À L’ÉPOQUE, PLUS NAÏFS ET MOINS EXPÉRIMENTÉS... NOUS TENIONS BEAUCOUP À SAUVER LE MONDE...

JE ME SOUVIENS ! VOUS AVEZ ÉTÉ LES PREMIERS À OUVRIR UNE AGENCE DE SAUVETEURS DU MONDE !

APRÈS, TOUT EST DEVENU ROUTINE !

EXACT. QUOI QUE...

AH ! EST-CE LE FAMEUX BONNET DE LA VILLE SECRÈTE ? PUIS-JE L’ESSAYER ?

ATTRAPEZ-LE !!!

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AH ! C’EST BON, VOUS NE POUVIEZ PAS SAVOIR !

REGARDEZ CE QUE VOUS AVEZ FAIT ! GEORGES S’EST ÉCHAPPÉ. ON VA ENCORE AVOIR DES ENNUIS !

JE... JE SUIS DÉSOLÉ...

MOKK ? C’EST LA BÊTE.

TU PEUX APPELER PÉNÉLOPE ?... PARFAIT. OUI, GEORGES S’EST ENCORE ECHAPPÉ. IL FAUT FAIRE QUELQUE CHOSE !

EXCUSEZMOI UN INSTANT !

JE SAVAIS QUE ÇA ALLAIT TE METTRE DE BONNE HUMEUR ! OUI, D’ACCORD ! BON, À BIENTÔT !!

ENCORE UNE FOIS, PARDON. C’ÉTAIT URGENT.

DITES-DONC, C’EST DELICIEUX, ÇA !

C’EST EXCELLENT ! INCROYABLEMENT BON ! VOUS ME DONNEZ LA RECETTE ?

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BIEN SÛR ! VOUS LA VOULEZ TOUT DE SUITE ?


STANISLAW, CITROUILLE, CANNELLE, EAU DE LA FONTAINE DE JOUVENCE ...

IL FAUT Y METTRE DU FROMAGE - DE PRÉFÉRENCE DU STANISLAW - ENSUITE VOUS Y AJOUTEZ DE LA CITROUILLE ET DE LA CANNELLE. VOUS PLONGEZ LE TOUT DANS DEUX LITRES D’EAU DE LA FONTAINE DE JOUVENCE...

ATTENDEZ UN PEU !!

BIEN SÛR. C’EST ÇA QUI DONNE CE GOÛT SPECIAL AU FROMAGE, COMME S’IL ÉTAIT ENCORE À L’INTERIEUR DE LA VACHE !

MAIS, OÙ PEUT-ON TROUVER CETTE EAU DE LA FONTAINE DE JOUVENCE ?

D’EAU DE LA FONTAINE DE JOUVENCE ?!? OÙ ? AH OUI, J’AI OUBLIÉ QU’ELLE N’EST PAS DISPONIBLE POUR TOUT LE MONDE.

MAIS VOUS, VOUS L’AVEZ ?

BIEN SÛR ! VENEZ ! JE VAIS VOUS EN REMPLIR UNE BOUTEILLE !!

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ET VOILÀ !

DANS LA BAIGNOIRE ?

OUI ! VOYEZ, TROIS ROBINETS : CHAUD, FROID ET JOUVENCE.

CHAUD, FROID ET JOUVENCE ?

OUI. SERVEZ-VOUS.

MERCI BIEN.

JE NE L’AI PAS DIT !

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PEUT-ÊTRE FAUDRAIT-IL Y AJOUTER LA VIEILLESSE, POUR ETABLIR L’ÉQUILIBRE. C’EST IMPORTANT L’ÉQUILIBRE.

406.

TU T’APPRÊTAIS À LE FAIRE. JE TE CONNAIS.


Y A-T-IL AUTRE CHOSE QUE JE PUISSE FAIRE POUR VOUS ? À VRAI DIRE... OUI.

FIGUREZ-VOUS QUE NOUS ÉTIONS OBLIGÉS DE VENIR.

ÇA FAIT DES ANNÉES QUE NOUS SOUHAITONS VOUS RENCONTRER. VOUS REPRÉSENTEZ ÉNORMEMENT POUR NOUS !

VOUS ÊTES PRESQUE DEVENU UNE OBSESSION. ON NE POUVAIT PLUS ATTENDRE.

ET MAINTENANT QUE NOUS SOMMES ICI, NOUS SOMMES TELLEMENT CONTENTS D’Y ÊTRE !

VOUS INCARNEZ TOUT CE QU’IL EST POSSIBLE D’ESPÉRER !

VOUS ÊTES ENTIÈREMENT POSITIF, AIMABLE ET MERVEILLEUX...

VOUS REMERCIER.

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BREF, NOUS VOULIONS...


MERCI DE NE PAS NOUS AVOIR DÉÇU !

JE... JE NE SAIS QUE DIRE... JE N’AI JAMAIS PENSÉ QUE...

NOUS NE VOULIONS PAS VOUS EMBARRASSER.

CE N’EST PAS GRAVE... À VRAI DIRE, JE SUIS TRÈS FLATTÉ.

ET NOUS SOUHAITONS DONC...

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QUE VOUS ÉTIEZ NOTRE DERNIÈRE LUEUR D’ESPOIR !

QUE LES IDÉAUX NE SONT PAS CONDAMNÉS À DISPARAÎTRE !

NOUS VOULIONS JUSTE VOUS DIRE...

QUE LES RÊVES PEUVENT PERDURER, QUE L’ÂME PEUT RESTER ENFANTINE.

MERCI À VOUS.

VOUS OFFRIR CETTE PETITE DANSE !

NOUS L’AVONS IMPROVISÉE NOUS-MÊME !


ELLE EST UN PEU BIZARRE, MAIS ELLE NOUS PLAÎT BIEN !

ÇA FAIT COMME ÇA...

C’ÉTAIT MERVEILLEUX ! JE N’AI JAMAIS VU QUELQUE CHOSE D’AUSSI BEAU !

MERCI ! NOUS SOMMES TRÈS CONTENT... OUFFF !...QUE ÇA VOUS AIT PLU !

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COMMENT ÇA S’APPELLE ?

NOUS L’AVONS INTITULÉE : “LE MONDE EN NOIR ET BLANC”.

LE MONDE TEL QUE VOUS L’INCARNEZ À NOS YEUX !

UNE RÉFÉRENCE À LA SIMPLICITÉ, VOUS COMPRENEZ ? LES DIVISIONS CLAIRES, L’ABSENCE DE DOUTE...

MOI AUSSI. C’EST PLUTÔT EMBÊTANT POUR TROIS ADULTES. AÏE ! JE VAIS FONDRE EN LARMES SI ÇA CONTINUE COMME ÇA !

C’EST TOI, BÉBÉ ! TU AS RAMENÉ LA BALLE ?

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DEUX ADULTES ET UNE BÊTE !

C’EST COMME SI VOUS M’AVIEZ VU JOUANT TOUT NU DANS LA NEIGE !


ALLEZ ! ATTRAPE !

COUÇI-COUÇA. GEORGES S’EST ECHAPPÉ !

QUOI DE NEUF CHEZ TOI, TARAMANYNTA ?

ÇA VOUS DIRAIT DE DÉPOSER TARAMANYNTA ?

JE SUIS EN TRAIN DE TRAVAILLER SUR MON DOUZIÈME DOCTORAT. ET TOI ? ÇA VA ?

VOLONTIERS, MAIS NOTRE PLANEUR EST TOMBÉ EN PANNE !

C’EST QUEL MODÈLE ? HM... JE VAIS DEVOIR EN INFORMER MON PEUPLE. PEUX-TU TROUVER UN MOYEN DE ME TRANSFÉRER ?

JE PEUX LE RÉPARER ! J’AI PASSÉ MON DOCTORAT EN MÉCANIQUE DE PLANEURS.

CELUI DE L’ANNÉE DERNIÈRE. COULEUR DIAMANT.

C’EST CELUI-LÀ ?

DOCTORAT EN DÉDUCTION, AUSSI ?

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SUR CES ENGINS, LES PANNES SONT PROGRAMMÉES À L’AVANCE. POUR QUE LES GENS ACHÈTENT UN MODÈLE PLUS RÉCENT !

OUAIS, C’EST BIEN CE QUE JE PENSAIS...

MAIS, SI ON SAIT COMMENT CONTOURNER LA PROGRAMMATION...

VOILÀ ! MAINTENANT, ÇA DEVRAIT MARCHER ENCORE AU MOINS UN SIÈCLE.

407 !

BONNE CHANCE AVEC TON DOCTORAT !

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LA CHANCE EST POUR CEUX QUI NE CONNAISSENT PAS LA MAGIE !

BON VENT, LA BÊTE !

AU REVOIR !

JUSTE UN DÉTAIL, AVANT DE NOUS QUITTER !


C’EST VRAIMENT UN BRAVE MEC, LUI !

ÇA VOUS A PLU ? SUBLIME !

EH, NON...

TRÈS SOPHISTIQUÉ !

C’EST UNE BRAVE BÊTE !

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LE 4UATRIÈME ÂGE

LA FOLIE

La Bête Noire - Chapitre 1  
La Bête Noire - Chapitre 1  
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