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INTERf@ce > ACTEUR


éDITO

le magazine économique

caribéen

Directeur de la Publication : Patrick Saint-Prix Directrice d’édition & DVP : Rania Souhlal dg@interface-medias.com Journalistes & Pigistes : Marie-France Grugeaux-Etna, Caroline Baer, Romain Cruse, Mr et Mme Parissier, Roger Nifle, Mylène Colmar, Le Global Beat : Pascale d’Astros (P.d.A.). Attachée de Rédaction : Audrey Hauteville contact@interface-medias.com Crédit Photos : D.R., Mylène Colmar, davidchampagne.ca, EDF, Orange, ICFC, Chronopassion, ministère de l’outre-mer, FIJM © Jean-F.Leblanc, Frédérique Ménard-Audin, Denis Alix. Régie Publicitaire & Abonnement : dg@interface-medias.com Site web :

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Maquette/Création Graphique : Emphase : denis.leclerc75@gmail.com Impression : U.E. éDITEUR : Medias Invest S.A.R.L Centre d’Affaires Agora Z.A.C Etang Z’abricot Bât. A, 4 e étage 97200 Fort-de-France - Martinique Tél.: + (596) 596 56 66 90 Fax : + (596) 596 54 27 34 Email : dg@interface-medias.com

éditori@l Histoires d’Hommes La réussite, tel est le fil conducteur de cette nouvelle édition d’Interf@ce, dont l’invité exceptionnel est Victorin Lurel, Ministre des Outre-mer depuis mai dernier et réélu député dès le premier tour, en juin.

L

’homme, connu pour sa détermination, a confié à Interf@ce sa vision et ses ambitions pour assumer ses engagements politiques au sein du nouveau gouvernement français. En ces temps de changement politique en France, doublé de crise économique mondiale, innover, conquérir de nouveaux marchés, se lancer à l’international, apparaissent comme des solutions intéressantes pour les entreprises. Cependant, encore fautil avoir des exemples comme sources d’inspiration et de motivation !

Voilà pourquoi Interf@ce s’est attaché à couvrir des événements internationaux comme le salon SMART destiné aux professionnels du tourisme et qui vient de boucler sa 11ème édition à Saint-Martin. Une des questions phares abordées lors de cette manifestation : comment atteindre les Tours Opérateurs en provenance de l’étranger et surtout les intéresser quand on est une toute petite structure hôtelière sur l’île de Sainte Eustache, d’Anguilla, de Saint-Kits, de Saint-Barth ou d’ailleurs dans la Caraïbe ? ISSN : 2117-9476 & CPPAP en cours Marque déposée à L’INPI N°013126312

En aucun cas Médias Invest ne peut être tenu pour responsable des textes, photos ou publicités qui lui sont confiés par des tiers ; leur envoi traduit l’accord de leurs auteurs pour publication. Médias Invest se réserve tous droits d’utilisation du contenu de ce magazine Interf@ ce, marque déposée à L’INPI N°01 3 126 312. Nous remercions l’ensemble des partenaires et annonceurs pour leur confiance et leur soutien dans l’élaboration de ce magazine.

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Dans ce magazine, sont relatés les parcours et les initiatives inédites d’entrepreneurs et d’institutions publiques.

Ainsi, pour la première fois, sept Martiniquais ont présenté leurs projets lors de la Convention Internationale sur l’investissement à Dubaï avec le soutien de la Maison Martinique de Paris. Le PDG des Éditions Néopol, filiale canadienne du groupe Petit Futé, a lui fait le choix de quitter la France pour s’installer au Québec, avec raison, vu sa réussite. D’autres misent sur le Brésil qui, en 2011, non seulement a fort bien résisté à la crise, mais a affiché une santé insolente et une croissance de 7,5%. Interf@ce est aussi allé à la rencontre de celle qui, à Chiang Mai en Thaïlande, garde la main mise sur le marché de la soie. Elle réalise 60% de son chiffre d’affaires grâce aux touristes français, même si la concurrence des autres pays asiatiques est rude. Vouloir conquérir de nouveaux marchés conduit à se poser de multiples questions parmi lesquelles : comment adapter son offre de produit et de service en tenant compte des niveaux de complexité du marché visé ? Des spécialistes en marketing international vous présentent une méthodologie dans notre rubrique Enjeux. Enfin, histoire de succès encore : l’Université des Antilles et de la Guyane a remporté le premier prix « MCE Awards 2012 » dans la catégorie « Relations avec les entreprises ». Sa volonté affirmée de tisser des liens avec le monde du travail, de séduire les entreprises aux niveaux caribéen et international, est ainsi récompensée… Bonne lecture. » Rania Souhlal Directrice d’édition.

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INTERF@CE NUMéro 9

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L’INTERFACE 06 . Revue de presse : Brèves nationales et internationales 09 . invité : Rencontre avec Victorin Lurel, Ministre des Outre-mer 12 . INITIATIVE : L’uag se positionne auprès des entreprises 16 . FOCUS : SMART, RENDEZ-VOUS PRISÉ DES PROFESSIONNELS DU TOURISME

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ACTEURS 20 21 22 25

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. Des entrepreneurs martiniquais à Dubaï . Francophone décideur : LE PARCOURS MONTRÉALAIS DE JONATHAN CHODJAÏ . THAÏLANDE : LES FRANçAIS SÉDUITS PAR LA SOIE . PROTÉGER SES DONNÉES INFORMATIQUES

Juillet/septembre 2012

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38 . FRANCE/BRÉSIL, GAGNANT-GAGNANT 42 . L’ORANGE BUSINESS TOUR AUX ANTILLES

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32 . Zone côtière : des scientifiques et citoyens préoccupés

. Projet de société par Roger Nifle . Coopération régionale : Coordination et compromis . news caraïbe

ENJEUX 52 . COMMENT CONQUÉRIR LE MARCHÉ INTERNATIONAL

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FORMATION & éducation

ENVIRONNEMENT

CARAIBES 44 47 48

TENDANCES 56 58

26 . LE COACHING SCOLAIRE COMME SOLUTION 28 . DESTINATION QUÉBEC 30 . EDF MARTINIQUE SOUTIENT H2EAUX

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RéGION

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. Idées pratiques, tendances, design & innovation . chronopassion : La sélection de montres

CULTURE 62 . LA SUCCESS STORY D’EUZHAN PALCY 64 . Festival International de Jazz de Montréal 66 . Christian Roland : peintre de l’intériorité de l’être

w w w . i n t e r f a c e - m e d i a s . c o m


REVUE DE PRESSE

« Brèves Nationales et Internationales »

Brèves

Nationales et Internationales

fronts : l’union bancaire, l’union budgétaire, l’union politique. Pourtant Angela Merkel s’est montrée très ferme affirmant que cela n’avait pas de sens d’opposer croissance et rigueur budgétaire et qu’il était hors de question de pallier les déficits de compétitivité des uns en établissant des transferts permanents au détriment de ceux qui avaient fait les efforts nécessaires.

ALLEMAGNE Baisse de moral des investisseurs

Le moral des investisseurs allemands accuse le coup de la résurgence de la crise de la dette en zone euro, et le baromètre ZEW qui le mesure a plongé à -16,9 points en juin, contre +10,8 points le mois dernier, sa plus forte baisse depuis octobre 1998. Les analystes interrogés par Dow Jones Newswires tablaient sur une chute de nettement moindre ampleur, et un indice ZEW à +2,8 points. L’institut ZEW note que la dégradation de la situation des banques espagnoles et l’incertitude autour des élections en Grèce ont certainement contribué à la chute, la plupart des entretiens ayant été réalisés avant les élections du 17 juin. (Source les Échos)

Ce constat concerne plus particulièrement les firmes qui n’apparDe son côté, François Hollande tiennent pas déjà à un groupe multravaille depuis son élection à ren- tinational. Autrement dit, l’impact forcer la position française via ses positif de l’implantation à l’étranger rencontres bilatérales avec Mariano pourrait essentiellement provenir Rajoy, Mario Monti, et, les dirigeants d’un contact étroit avec les clients, du SPD. Toutefois, ni l’Allemagne, ni les fournisseurs et la concurrence la France n’ont les moyens d’être en étrangère. désaccord. (Source Alternatives économique)

IRLANDE

L’Irlande va mieux L’excédent commercial de l’Irlande s’est accru de 10% de mars à avril suite à un recul des importations (- 23 %) plus rapide que celui des exportations (-  9  %), selon de premières estimations officielles. L’excédent a atteint 3 432 milliards d’euros en données CVS.

FRANCE

La délocalisation renforce l’économie

Pramex International (cabinet de conseil, Groupe BPCE ) et l’Université Paris–Dauphine ont noué en 2008 un partenariat de recherche sur l’impact du développement international des entreprises françaises et notamment des PME sur l’activité et l’emploi en France.

La France et l’Allemagne condamnées à s’entendre À la veille du Conseil Européen, François Hollande et Angela Merkel vont devoir trouver un compromis pour avancer parallèlement sur trois

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plantent à l’étranger pour la première fois, connaissent, durant les trois années qui suivent leur investissement, une croissance plus rapide de leurs ventes (13%), de leur valeur ajoutée (30%), de leurs effectifs (8%) et de leurs exportations que les firmes qui décident de rester sur le territoire national.

Cette note porte sur l’impact d’une première implantation à l’étranger. Elle démontre que les entreprises industrielles qui investissent à l’étranger créent de la valeur en France. En effet, les primo-investisseurs, c’està-dire les entreprises qui s’im-

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Grèce

La Grèce dit Oui à l’Euro

L’arrivée en tête aux élections grecques du parti de la Nouvelle Démocratie repousse le spectre d’une sortie du pays de la zone euro, avec sa cohorte de risques en cascade pour les autres partenaires de la monnaie unique. Mais la prudence reste de mise, car la crise politique a fait prendre à la Grèce encore plus de retard pour faire passer l’immense train de réformes structurelles exigé par les Européens et malgré tout, 40 % de la population a voté pour les partis anti-austérité. Face à cette réalité, les Européens, sont prêts à renégocier à la marge le plan de réformes comme donner un an ou deux de plus à la Grèce pour appliquer le programme qui lui est imposé en échange du soutien financier.


tions commerciales des remous des marchés financiers. Les BRICS vont « lancer des études pour créer un fonds virtuel de réserves de façon à pouvoir réaliser des échanges de devises entre eux  » a déclaré le ministre des Finances brésilien, en marge du sommet du G20 à Los Cabos (Mexique). « Les ministres de l’Économie et présidents de banques centrales vont étudier la manière d’instituer ce fonds de réserve virtuel », a-t-il ajouté. Les principaux échanges de Le G20 adopte un plan devises se font pour le moment entre d’action pour relancer les États-Unis et le reste du monde la croissance et l’emploi pour obtenir des dollars. Or, «  le À l’issue du G20, le texte final des ré- même type d’échanges entre des solutions indique que « les membres puissances commerciales montantes de la zone euro du G20 doivent pourrait donner plus de dynamisme à prendre des mesures de politiques né- l’économie internationale ». Ce projet cessaires pour sauvegarder l’intégrité devrait voir le jour en avril 2013. et la stabilité de la zone, améliorer le (Source AFP) fonctionnement de leurs marchés financiers (...) ». Les Européens devront également casser la spirale négative qui s’est instaurée entre les banques et les États souverains. En clair : recapitaliser les établissements financiers et améliorer les finances publiques. D’une manière générale, les leaders du G20 se montrent satisfaits des mesures prises par les Européens en particulier le plan de recapitalisation des banques en Espagne, l’adoption du traité budgétaire ainsi que les projets d’une meilleure intégration Les BRICS alimentent économique et budgétaire devant le FMI conduire à une réduction des coûts La Chine a proposé, lors du dernier d’emprunts des États. L’établisse- G 20, de fournir 43 milliards de dollars ment le 1 er juillet du Mécanisme Eu- (environ 34 milliards d’euros) pour ropéen de Stabilité (MES) financière renforcer les moyens d’action du est salué comme un pas important Fonds Monétaire International (FMI) pour le renforcement du pare-feu face à la crise des dettes souvefinancier au niveau régional. Enfin, le raines dans la zone euro. La Russie projet de communiqué devait appe- s’est pour sa part engagée à fournir ler les Européens à coopérer avec le 10 milliards de dollars (près de huit nouveau gouvernement grec dans le milliards d’euros). Ces engagements but de maintenir le pays au sein de la répondent à la décision annoncée zone euro. (source les Échos) par les cinq puissances émergentes, les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine Les Brics envisagent et Afrique du Sud) d’accroître leurs des accords d’échangeS contributions au FMI, mais avec des de devises conditions. Les dirigeants de ces Les économies émergentes des pays n’ont pas tous précisé quel BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine montant ils comptaient verser au FMI, et Afrique du Sud) vont étudier la qui cherche 430 milliards de dolfaisabilité d’accords d’échanges de lars de ressources supplémentaires. devises pour protéger leurs rela- Les BRICS ont en outre souligné que

INTERNATIONAL

www.INTERface-medias.com > REVUE DE PRESSE

leurs contributions seraient assorties de conditions relatives à leur utilisation et qu’elles dépendraient de réformes donnant aux économies émergentes un droit de regard plus important au sein du FMI. « Ces nouvelles contributions sont faites dans l’attente de voir toutes les réformes convenues en 2010 pleinement mises en œuvre en temps utile, y compris la réforme d’ensemble des droits de vote et la réforme des quotas ».

Le FMI obtient 456 milliards À l’occasion du G20, le FMI a obtenu l’ensemble des 456 milliards de dollars supplémentaires de la communauté internationale. Les nouvelles ressources promises « seront mises à disposition de l’ensemble des membres du FMI, et non réservées à une région particulière ». Cet effort montre l’engagement de la communauté internationale pour prendre les mesures nécessaires afin de sauvegarder la stabilité financière mondiale.

CANADA

Les syndicats tiennent le Québec Le Québec est la région où l’on retrouve d’année en année les plus forts taux de présence syndicale, révèle un rapport du ministère du Travail du Québec. « Ainsi, de 1999 à 2008, les taux se sont maintenus aux alentours de 40% au Québec comparativement à plus ou moins 30% en Ontario et dans le reste du Canada. Quant aux États-Unis, leur taux de présence syndicale se situe en dessous de 15% ».

RUSSIE

L’industrie accélère

La production industrielle en Russie a enregistré une progression de 3,7% en mai par rapport au mois équivalent de 2001, a  indiqué hier le service fédéral des statistiques Rosstat. En avril, cet indicateur avait augmenté de 1,3%, après 2% en mars. Parmi les principaux secteurs d’activité du pays, l’automobile a vu sa production augmenter de 37%. » » Marie-France Grugeaux-Etna

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INTERf@ce > ACTEUR


Invité

« Rencontre avec Victorin Lurel, Ministre des Outre-mer »

Les grandes priorités pour l’Outre-mer,

selon le ministre Victorin Lurel Victorin Lurel, à la tête du ministère des Outre-mer depuis mai, est plein d’ambition pour ses territoires en proie à de multiples difficultés. L’homme fort de la gauche ultramarine a accepté de dresser la liste des actions et projets qu’il entend mener. Interview. INTERF@CE : Le tourisme en Gua- INTERF@CE : L’éducation est un deloupe et en Martinique souffre problème majeur, le taux d’illetencore de la crise sociale de 2009 et trisme est élevé, la violence scodes aléas climatiques, le médiateur laire en augmentation. Plus de 50% de l’hôtellerie a rendu son rapport des jeunes guadeloupéens de 18 à et les dossiers sont en cours de trai- 25 ans sont sans emploi et dans tement, quels sont vos projets pour de nombreux secteurs, les salariés soutenir le tourisme et le ramener à manquent de formation professioson meilleur niveau ? nnelle. Comment comptez-vous L e tourisme constitue l’un des sec- remédier à ces problèmes aux Anteurs potentiellement les plus pro- tilles-Guyane en particulier ? metteurs pour les départements François Hollande a pu mesurer, lors d’Outre-mer. Cela est vrai pour la de ses nombreux déplacements aux Guadeloupe et pour la Martinique et Antilles et lors de sa visite en Guyane, cela vaut aussi pour la Guyane qui à quel point il était pertinent de faire peut développer des activités tou- de la jeunesse de ces départements ristiques axées sur la découverte de une priorité. Sur ces territoires, la nature et de la biodiversité. Aux plus encore qu’ailleurs, la Antilles, le tourisme a plutôt bien priorité doit être donredémarré depuis 2011, notamment née à l’éducation et sous l’impulsion des régions, mal- à la formation mais gré une conjoncture économique l’emploi des jeunes internationale et nationale difficile. La priorité doit être donnée Toutefois, le po- à l’éducation et à la formation tentiel est encore mais l’emploi des jeunes doit i nsuffisa mme nt aussi être privilégié. exploité et de nombreux emplois peuvent encore doit aussi être priêtre créés dans le secteur. Pour cela, vilégié. Dans des déil importe de continuer à accompa- partements comme la gner la construction ou la rénovation Guadeloupe et la Marde structures d’hébergement. Les tinique où le nombre collectivités locales ont élaboré, en de seniors augmente, concertation avec les professionnels, le contrat de génération des schémas de développement et qu’il a proposé au niveau d’aménagement touristiques. L’Etat national trouve toute sa doit mieux accompagner les collecti- signification même s’il doit vités, sans pour autant se substituer être adapté à la taille des à elles. Notre objectif est clair : une entreprises, qui constituent le île comme la Barbade réalise 20% tissu économique ultramarin. de son PIB grâce aux activités touristiques, la Guadeloupe, pour ne citer qu’elle, atteint 5%. Il nous faut donc créer les conditions pour faire progresser cette part du tourisme dans la valeur ajoutée locale, car c’est un vrai gisement d’emplois directs et indirects. www.INTERface-medias.com > invité

INTERF@CE : Faut-il encourager par des mesures, notamment fiscales, les investisseurs étrangers sur ces territoires français de l’Outre-mer ? Quels en sont les freins aujourd’hui ? Les investissements extérieurs, qu’ils soient français ou étrangers, sont les bienvenus outre-mer dès lors qu’ils concernent des activités s’inscrivant dans nos priorités, qu’ils soient pourvoyeurs d’emplois, en particulier d’emplois locaux, et qu’ils respectent l’environnement. Si ces conditions sont remplies, ces investissements doivent être encouragés.

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INVIté

« Rencontre avec Victorin Lurel, Ministre des Outre-mer »

INTERF@CE : Dans les différents INTERF@CE : Le problème de l’in- bénéficier des instruments européens programmes européens depuis 1990 tégration des RUP (Guadeloupe, d’action extérieure (comme le FED), et surtout depuis 1994, la priorité a Guyane, Réunion et Martinique) comme de cohésion (fonds structutoujours été de soutenir l’investisse- dans leur environnement régional, rels) et par une meilleure complémenment des entreprises et la formation passe par les mécanismes insti- tarité entre nos investissements dans à travers des programmes comme le tutionnels pour obtenir un droit de ces collectivités et ce que peut et doit FEDER et le FSE (115 millions d’aide réciprocité des échanges. Comment faire l’UE. aux entreprises guadeloupéennes imposer aux pays de la Caraïbe, les entre 2007-2013) afin de rendre le mêmes règles que l’U.E. impose à Cette meilleure intégration, cette tissu local plus « marchand ». Force la Guadeloupe et à la Martinique ? meilleure prise en compte des spéciest de constater que l’objectif n’est Comment équilibrer les échanges ficités des RUP, notamment dans leur pas atteint dans les Antilles fran- commerciaux avec la Grande Ca- accession à ces fonds, doivent perçaises. Quelles sont les intentions du raïbe (32 états) et les départements mettre de cibler notre aide vers des gouvernement sur ce dossier ? français ? Actuellement la balance dépenses d’avenir et de renforcer Les fonds européens constituent commerciale est déficitaire de la compétitivité des départements une contribution importante pour le 230 millions d’euros. Le Président d’Outre-mer. développement des départements ne considère-t-il pas ce chantier d’Outre-mer. Malheureusement, l’in- comme prioritaire ? Nous ne pouvons effectuer cela qu’en tervention de ces fonds a trop sou- Nous considérons que l’Union euro- étroite coordination avec les RUP et vent servi de prétexte à un désenga- péenne doit prendre davantage en leurs élus. En ce domaine comme gement symétrique de l’Etat. C’est compte les intérêts et les priorités dans tant d’autres, le gouvernement ainsi que depuis 10 ans, le budget des RUP, qu’il s’agisse d’avantages précédent a beaucoup promis sans du ministère de l’Outre-mer a forte- c o m m e r c i a u x agir : c’est cela ment diminué à périmètre constant. ou de quesqui explique la Les investissements De plus, les objectifs de Lisbonne tions de mobisituation éconoextérieurs, qu’ils soient qui réservent l’utilisation des fonds lité, lors de la mique que vous français ou étrangers, européens à des secteurs d’interven- n é g o c i a t i o n décrivez.Les sont les bienvenus tion spécifiques ne permettent plus des accords engagements du outre-mer. de consacrer les financements de partenariat président de la nécessaires aux investisse- conclus entre l’Union européenne République et du gouvernement sont ments publics dont nous et les pays voisins de ces collectivi- en tout cas très clairs : permettre de avons encore besoin en tés. Mais de façon plus générale, il faire davantage rayonner la France outre-mer. faut que les RUP puissent davantage et les DOM dans leur environnement s’intégrer dans leur environnement régional. C’est dans cette direction régional dans les Caraïbes, l’Océan que je souhaite m’engager. indien ou le Pacifique. Cela passe par un travail leur permettant de mieux

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INTERF@CE : Le projet guadelou- INTERF@CE : Au moment de la péen qui œuvre dans un cadre pro- campagne, le candidat Franpositionnel à la fois économique, çois HOLLANDE a présenté une social, éducatif, environnemental plate-forme de 30 propositions et politique va-t-il servir de sup- à l’adresse des territoires ultraport à tous ces changements ? Il marins. Avez-vous d’ores et déjà est prévu de lancer un référendum une première batterie d’actions à à toutes les communes. Si la popu- mettre en œuvre et un calendrier lation guadeloupéenne dit oui à ce indicatif ? Pouvez-vous nous préprojet guadeloupéen, le candidat, senter certaines de ces actions et sera-t-il contraint de s’y appuyer leur impact sur les DFA ? pour amorcer des changements ? Nous avons des priorités et nous Le président de la République a an- avons cinq ans pour les mettre en noncé l’élaboration de contrats de pro- œuvre. La première d’entre elles, jet entre l’Etat et chaque collectivité c’est la lutte contre la vie chère qui d’Outre-mer. A est un enjeu crucette occasion, il cial partagé dans Le logement figure reviendra à cha- également parmi nos priorités, tous les Outrecune de ces colmer. J’ai nommé car il manque dans tous lectivités de fià mon cabinet un les Outre-mer environ xer ses priorités. conseiller spécia100 000 logements. S’agissant de la lement en charge Guadeloupe, les élus des deux princi- de ce dossier, ce qui est un changepales collectivités ont décidé d’élabo- ment par rapport au gouvernement rer dans la concertation la plus large précédent, et j’ai mis mes services au un projet de société. Il est clair que ce travail dès ma nomination aussi bien projet devra être pris en considération sur les prix des lors de la négociation de ce contrat. carburants,

de la grande distribution, de la téléphonie mobile, des tarifs bancaires, du fret ou encore du transport aérien. Le logement figure également parmi nos priorités, car il manque dans tous les Outre-mer environ 100 000 logements. Le gouvernement précédent n’a pas mis en œuvre de plan de rattrapage, faute d’avoir sanctuarisé les crédits de la ligne budgétaire unique. Dès avant ma nomination, j’avais mesuré l’ampleur de la tâche, ainsi que l’étroitesse de nos marges de manœuvre. Nous sommes désormais au travail. INTERF@CE : Vous envisagez de créer un nouvel acte de décentralisation pour donner plus de responsabilités aux Régions en matière de développement économique, d’emploi et de formation et renforcer la cohésion territoriale, par quels moyens et sous quel délai pour les DFA ? Ce nouvel acte de décentralisation est un engagement fort du président de la République. Il est nécessaire, particulièrement dans les Outre-mer où il faut à la fois une clarification des compétences entre les différentes collectivités et une remise à plat des finances locales. Les réformes menées par la droite se sont toutes traduites par une perte d’autonomie fiscale, surtout pour les régions. Nous aurons à revenir sur cela et nous avons, là encore, le quinquennat pour mettre cela en œuvre. INTERF@CE : La situation économique et financière de la France et l’obligation d’assainir les comptes publics ne vont-elles pas pas conduire le gouvernement à renoncer à abroger la loi de décembre 2011 sur la réforme des collectivités territoriales qui prévoit l’instauration d’une seule assemblée délibérante en 2014 (seul la Réunion et la Guadeloupe sont concernées) ? Il n’y a pas de lien à établir entre le redressement des comptes publics que nous comptons mener et la réforme territoriale. Le président de la République a été clair : la réforme territoriale sera bien abrogée. »» Propos recueillis par Rania SOULHAL

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INITIATIVE

« L’UAG se positionne auprès des entreprises »

Pascal Saffache, président de l’UAG

Objectif :

Répondre aux besoins des entreprises

Pascal SAFFACHE, le Président de l’Université des Antilles et de la Guyane.

L’Université des Antilles et de la Guyane (UAG) a remporté le premier prix dans la catégorie « Relations avec les entreprises » du concours Ma Chaîne Etudiante (MCE) Awards, le 19 mars dernier. Pascal Saffache, président de l’UAG depuis janvier 2009, revient sur cette victoire inattendue et évoque les partenariats tissés avec les entreprises. Pourquoi avez-vous décidé de présenter la candidature de l’UAG à ce concours ? L’idée de cette candidature est venue de Gilyse Cazimir, la chargée de mission au Bureau d’Aide à l’Insertion Professionnelle de l’UAG. J’ai accepté car mon objectif était de prendre date ; jusqu’alors l’université n’avait participé à aucun concours de ce niveau. Je me suis dit que, même si nous n’étions pas primés cette fois, le jury se souviendrait de cette première participation.

Quels sont les autres éléments du dossier de l’UAG qui ont plu au jury ? Nous avons mis en place sur chacun des trois territoires de l’université ce qu’on a appelé en Martinique, la Pour ce prix, vous étiez notamment Conférence des Acteurs du Déveen concurrence avec l’université pari- loppement Universitaire et Territorial sienne Panthéon Assas. Qu’est-ce qui, (CONADUT), qui a pour but de réunir selon vous, a fait la différence ? autour de l’université l’ensemble des Cela fait maintenant trois ans et partenaires économiques qui partidemi que nous ne parlons pas seu- cipent au développement. lement de rapprochement avec les entreprises, mais que nous agissons L’intérêt est de questionner ces parréellement en ce sens. tenaires sur leurs désirs, leurs besoins, de façon à ce que l’université Quelques semaines après le dépôt Outre la Fondation UAG-GBH (voir puisse y répondre réellement, ce qui de notre dossier, nous avons appris encadré) que nous avons créée, ne se faisait pas auparavant. que l’UAG avait été retenue parmi les nous avons signé des partenariats 12 nominés, alors qu’il y avait une avec de nombreuses entreprises et Maintenant, à côté des enseignesoixantaine de candidatures. non des moindres : la CMA CGM, ments académiques que nous disl’Agence Française de Développe- pensons, grâce à la formation contiPour moi, le contrat était déjà rem- ment, Orange, etc. Et il ne s’agit nue, nous disons aux entreprises : pli. Puis, j’ai eu la bonne surprise pas d’opérations de communication, vous avez des besoins spécifiques, d’apprendre que l’UAG avait rem- mais de vrais partenariats. Avec nous sommes prêts à y répondre, à porté le premier prix. Cela représente chacun d’entre eux, nous avons former les cadres qui dirigeront deune très belle récompense d’autant vraiment essayé d’aller jusqu’au main vos entreprises. qu’elle intervient dans une période bout de la démarche.

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sensible à l’UAG. Comme je suis en fin de mandature, les tensions sont exacerbées, car il y a déjà beaucoup de prétendants à ma succession.

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La Plateforme d’Accompagnement À propos des partenariats signés avec pour la Réussite de I’Insertion (PARI), les entreprises par l’UAG, quel bilan lancée fin 2011 par l’UAG, a sans tirez-vous ? doute également contribué à cette Nous avons des résultats très convictoire ? crets. L’entreprise Blandin a financé Effectivement, PARI a beaucoup pesé une thèse de doctorat sur un sujet dans la balance, car c’est une pla- très spécifique en mathématiques teforme numérique interactive où, dont elle avait besoin. Le Port Autonotamment, les étudiants peuvent nome de Guadeloupe a aussi finandéposer leurs CV cé une thèse et les entreprises de doctorat de L’UAG a remporté le leurs offres de mathématiques, premier prix pour ses formation et d’em- « relations avec les entreprises ». dont le résultat ploi (voir encadré). une nouvelle équaActuellement, nous avons une qua- tion - leur était très utile. De plus, rantaine de groupes ou entreprises avec un partenariat tel que celui partenaires qui alimentent en an- signé avec le groupe CMA CGM (voir nonces le site et nous aimerions en encadré), les étudiants se voient avoir beaucoup plus. notamment proposer des offres de stages. Grâce au MCE Award et au travail que nous avons fait ces dernières D’autres partenariats locaux sont-ils années, l’université a une meilleure en préparation ? image auprès des entreprises. Avec Notre objectif, pour l’instant, n’est plus de communication, nous espé- plus tellement de nouer de nourons encore plus la faire connaître. veaux partenariats locaux, mais de consolider les partenariats existants.

Par contre, à l’international, nous souhaitons effectivement développer plus de partenariats, mais surtout avec d’autres universités qui possèdent leur propre réseau d’entreprises et que nous espérons de cette manière atteindre. Concernant cet objectif, quelles sont vos grandes satisfactions ? Nous avons très fortement consolidé les liens que nous avons avec nos partenaires caribéens. Par exemple, nous formons énormément de mathématiciens cubains, nous avons aussi des professeurs qui enseignent à l’Université des West Indies. Nous avons renforcé également nos liens avec les universités Nord-Américaines - Madison, Ottawa, Moncton, etc. Nous travaillons aussi avec des universités d’Amérique latine - Colombie, Vénézuéla, Brésil. Ces partenariats donnent lieu à des échanges de professeurs et/ou d’étudiants. L’UAG compte d’ailleurs près de 900 étudiants étrangers de 70 nationalités différentes. »» Propos recueillis par Mylène COLMAR

Zoom sur PARI Page d’accueil de PARI.

Le 16 novembre 2011, l’UAG a officiellement lancé sa Plateforme d’Accompagnement pour la Réussite de I’Insertion (PARI), un site internet mettant à disposition de multiples outils à destination des étudiants actuels et anciens, enseignants et

entreprises. Selon Pascal Saffache, « les étudiants sont très satisfaits, car ils n’ont plus à se déplacer pour trouver des offres de formation et de stage, mais aussi parce que l’UAG met en ligne des outils pour leur faciliter la création de leur CV, lettre de motivation ». Mylène Colmar

Le Campus de Fouillole, en Guadeloupe.

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INITIATIVE

« L’UAG se positionne auprès des entreprises »

ConventioN UAG-CMA CGM

Rencontrer des compétences

Le groupe de transport maritime CMA CGM a signé une convention de partenariat avec l’UAG, au mois de février dernier. Son directeur des ressources humaines Antilles-Guyane, Gérald Ivaldi, en définit les objectifs. Pourquoi la CMA CGM a-t-elle décidé de devenir un partenaire actif de l’UAG ? La CMA CGM est une entreprise reconnue en Guadeloupe, en Guyane et en Martinique. De ce fait, elle se doit de participer à des actions sociétales afin d’aider autant que possible les principaux acteurs économiques, particulièrement dans le domaine de l’emploi.

Quels sont les objectifs de ce Guyane et à l’international) dans des partenariat ? départements où le taux de chômage Le partenariat avec l’UAG permettra est plus important que la moyenne de développer des projets communs, nationale. La CMA CGM souhaite, au notamment en matière de formation, travers de ce partenariat, rencontrer et de rapprocher les étudiants avec le des compétences qui correspondent monde du travail (NDLR : Selon l’un à ses métiers. La plateforme PARI des axes de la convention, la CMA l’aidera sans aucun doute à satisfaire CGM proposera aux étudiants des ses besoins. » » Propos recueillis stages, contrats de professionnalisapar Mylène Colmar tion, d’apprentissage aux Antilles, en

Fondation UAG-GBH

Favoriser l’employabilité des étudiants En 2009, l’UAG et le Groupe Bernard Hayot (GBH) ont créé la Fondation « Agir ensemble pour la formation et l’emploi ». Catherine Bois-Caberty, responsable du développement des Ressources Humaines de GBH et administratrice de la Fondation, revient sur ce partenariat. Quelles étaient au départ les attentes de GBH en devenant un partenaire de l’UAG ? En tant qu’acteur économique et donc employeur, il est de notre responsabilité d’aider les jeunes à se bâtir un destin professionnel sur nos territoires. Nous étions déjà partenaires de certaines écoles et classes préparatoires en Martinique et en Guadeloupe. La proposition de Pascal Saffache de créer une Fondation partenariale nous permettait d’aller plus loin en touchant potentiellement 13 000 étudiants. Cela nous semblait être un outil novateur et majeur de rapprochement entre le monde de l’entreprise et celui de l’université.

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Quel bilan tirez-vous de ce partenariat ? La Fondation UAG-GBH a permis un véritable rapprochement de ces deux mondes, qui contribue à professionnaliser les formations des étudiants et favoriser leur employabilité. Nous avons notamment organisé en octobre 2010 et 2011 trois forums métiers en Guadeloupe, en Guyane et en Martinique.

également participé à la mise en place d’un Diplôme Universitaire de Manager de Rayon (DUMAR), de niveau Licence, adapté aux besoins réels du secteur de la grande distribution aux AntillesGuyane. En 2011, 15 des 20 étudiants de la première promotion ont obtenu leur diplôme ; 14 sont en poste dans des entreprises de GBH.

Il s’agissait de rencontres interactives entre étudiants, enseignants de l’UAG et cadres d’entreprises afin d’apporter des informations concrètes sur différents métiers, sur les moyens d’y accéder et les débouchés. Pour chaque édition, près de 100 professionnels des cadres de GBH et d’autres entreprises se sont mobilisés pour toucher plus de 1 000 jeunes. Nous avons

La deuxième promotion est en cours, et nous menons actuellement des réflexions pour mettre en place ce type de formation pour d’autres métiers comme ceux liés à l’informatique, et pour fédérer toujours plus d’entreprises sur ces actions de rapprochement.

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» » Propos recueillis par Mylène Colmar


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FOCUS

« SMART : Rencontre des professionnels de l’industrie du tourisme à Saint-Martin »

SMART,

RENDEZ-VOUS PRISÉ DES PROFESSIONNELS DU TOURISME

Du 16 au 18 mai dernier s’est tenue la 11ème édition du salon SMART (Saint-Martin Annual Regional Tradeshow), le salon des professionnels du tourisme. 53 exposants, 703 rendez-vous quotidiens, préprogrammés avec les délégations d’au moins 25 pays.

L

e salon SMART de Saint-Martin/Sint-Maarten est dédié aux professionnels du voyage. Devenu une institution au fil des ans, il est porté par les deux offices de tourisme et les deux associations d’hôteliers (l’AHSM et la SHTA) de l’île. Par sa longévité, il s’est imposé auprès des professionnels comme un événement majeur et une occasion unique de découvrir ou de redécouvrir ces destinations et leurs capacités d’hébergement.

nouveaux contacts, laissant envisager des perspectives de partenariat. Ce salon donne aux opérateurs qui souhaitent programmer Saint-Martin et les îles environnantes comme destinations, l’opportunité de rencontrer sur place à la fois les partenaires institutionnels et l’ensemble des prestataires, notamment ceux qui ne possèdent pas un réseau de représentation internationale. Les petites structures hôtelières ont ainsi l’opportunité de se faire connaître.

Cette manifestation accueille l’ensemble des professionnels du territoire franco-néerlandais, mais également des îles du Nord - Anguilla, Antigua, Barbuda, Dominique, Guadeloupe, Montserrat, Saba, SaintEustache, Saint-Barthélemy, SaintKitts et Nevis - pour élargir l’offre et mettre en relation hôteliers et touropérateurs en provenance de la Caraïbe, d’Amérique du Nord et du Sud, et d’Europe.

Un système de rendez-vous planifiés entre les 53 exposants et les délégations de plus de 25 pays est mis Expedia.com et hotels.com, qui étaient en place en amont afin de permettre représentés par la société Demetrius aux exposants et aux acheteurs de Canton, viennent au salon depuis se rencontrer et de préserver du 5 ans : « Cet hiver a été très fructemps pour visiter et approfondir leur tueux pour nous. Nous avons bien connaissance de l’île. vendu la destination. Et quand nous gagnons, les hôtels gagnent. L’été Les nouveaux venus c’est un autre challenge. Nous Si cette année, les représentants sommes ici entre autres pour trouver du continent nord-américain étaient des stratégies communes ». présents comme à leur habitude, des pays comme l’Argentine, le Brésil, la Une autre compagnie suédoise, nouRépublique Dominicaine, l’Allemagne, vellement arrivée, justifie sa présence la Martinique, le Mexique, l’Espagne, par le fait que Saint-Martin et les l’Angleterre et le Venezuela ont éga- îles environnantes ne sont pas bien lement pris leur marque. Selon May- connues en Suède : « Les rendez-

Et si la distance avec l’Europe reste un handicap, cette année, les organisateurs ont constaté que ses représentants étaient nombreux à avoir fait le déplacement pour trouver de

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Ling Chun du bureau du tourisme de Sint-Maarten, les échanges furent porteurs, notamment auprès de nouveaux T.O. européens désireux de vendre Saint-Martin. Pour Rita Kunert, directrice d’un tour opérateur allemand, rien ne vaut le contact direct. « Je suis arrivée quelques jours avant le début de la manifestation et j’en ai profité pour visiter plusieurs hôtels. Ma compagnie s’est spécialisée dans les petites îles de la Caraïbe pour répondre à une attente de notre clientèle. Selon moi SaintMartin est une base fantastique ».


Ce salon, telle une vitrine, est l’occasion de montrer les infrastructures, le potentiel, la méthode, le professionnalisme, les atouts et les avantages des deux hémisphères de l’île, tout en proportionnant sa diversité culturelle, technique et professionnelle.

vous étaient parfaitement orchestrés. Plus de 12 par jour, sans compter les rencontres informelles et au final quelques bons contacts. Nous espérons réussir à attirer l’attention sur cette île dans les pays scandinaves ».

Deux territoires, un même destin

Pour sa part, Robert Dubourcq le coordinateur du salon, est ravi de constater le nouvel engouement de l’Europe pour sa destination. Si on demande à Robert Dubourcq, comment sont mesurables les retombées de SMART, il répond que c’est une question difficile, mais à titre d’exemple, il rappelle que le taux d’occupation pour novembre prochain est supérieur à celui de l’année dernière, à la même période.

S’il est juste de parler de deux destinations entre les deux parties de l’île, il s’agit bien d’une même communauté de destin et d’une promotion globale à destination des « Dans tous les cas, nous devons Quant aux représentants des îles marchés extérieurs par rapport aux poursuivre SMART pour obtenir des voisines comme Saint-Barth, Saint- principaux acheteurs, comme aime retombées. Si nous ne faisons rien, Eustache ou Anguilla, ils se disent le rappeler Philippe Thévenet, Vice- nous n’obtiendrons rien ». » » Marie-France Grugeaux-Etna enthousiastes face aux personnalités Président de l’Association des Hôteliers de Saint-Martin. rencontrées.

SMART, le rendez-vous incontournable des hôteliers des îles du nord Rencontre avec l’organisateur du salon SMART Êtes-vous satisfait de la dernière édi- Quelles sont les nouvelles tendances que vous avez pu constater ? tion SMART ? Satisfait et impressionné. Ma pre- Sans aucune hésitation, l’origine des vimière impression fut celle d’une réelle siteurs. Beaucoup de nouveaux visiteurs dynamique sur les stands, dans les viennent d’Europe et plus spécialement allées avec une volonté de communi- de Suisse, de Hollande et d’Allemagne. quer et d’échanger. C’est certes la vo- C’est mon premier constat. D’autres cation de ce salon et c’est le cas pour pays étaient aussi là pour la première chaque édition, mais cette année, j’ai fois comme le Pérou. Naturellement, ressenti encore plus de volontarisme l’essentiel de nos visiteurs est toujours chez les participants. D’ailleurs mon originaire du Canada et des États-Unis, impression a été confirmée par des c’est notre fonds de commerce. Mais chiffres récupérés à l’issue du salon. ces nouveaux venus risquent de chanNous avons réalisé, en comparaison ger les tendances si leur présence se avec l’édition précédente, 38% de renforce. rendez-vous quotidiens en plus pour les exposants. Pour être plus concret, Tenez-vous à perpétuer l’idée d’invice salon a donné lieu à 700 prises de ter systématiquement les îles du nord rendez-vous par jour, sur la globalité de la Caraïbe ? des participants, contre 508 pour le Sans aucun doute. Elles amènent de SMART précédent. C’est un indicateur la diversité et élargissent l’offre. C’est aussi très important pour les profesfiable et explicite. www.INTERface-medias.com > FOCUS

Robert Dubourcq.

sionnels de Saint-Martin et Sint-Maarten d’être en contact avec elles pour travailler ensemble. Rien ne vaut les rencontres physiques pour resserrer les liens. A contrario, ces îles souhaitent être présentes à ce salon. Que pensez-vous du changement de gouvernement au niveau français ? Vous savez business et tourisme sont très liés tout comme l’export et l’import. Dans les îles du nord, sur nos petits territoires toujours très dynamiques, tout le monde doit penser ainsi. Tous ces secteurs dépendent les uns des autres. Quant à savoir si ce nouveau gouvernement va s’engager sur de nouvelles voies pour Saint-Martin, il est trop tôt pour en parler. » » Propos recueillis par Rania SOUHLAL

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FOCUS

« SMART : Rencontre des professionnels de l’industrie du tourisme à Saint-Martin »

Regard sur Saint-Martin Devenue collectivité d’Outre-mer en 2007, l’île de Saint-Martin est depuis toujours confrontée à l’étroitesse de son territoire et aujourd’hui à la baisse de ses fonds publics. Philippe Thévenet, vice-président de l’Association des Hôteliers de Saint-Martin (ASHM) s’exprime sur des amorces de solutions et sur ses requêtes à destination du pouvoir en place. Le salon SMART qui s’est déroulé avec laquelle nous avons gardé d’excel- Au niveau de l’état français, notre rassemble les deux parties de l’île, lentes relations depuis notre passage souhait est simple : il doit maintenir mais aussi des professionnels des îles au statut de Collectivités d’Outre-Mer sa présence à Saint-Martin dans les environnantes. Ne pensez-vous pas (COM), il serait plus facile de cibler nos domaines majeurs et renforcer la prise que ces territoires sont trop similaires investissements. Mais nous devons tra- en compte de nos particularités à tradans leurs offres touristiques pour vailler sur trois continents pour établir et vers des décrets pour nous tailler « un réussir à êtres complémentaires ? maintenir notre présence sur les mar- costume sur mesure ». Nullement. Un de nos thèmes actuels chés sud-américains, nord-américains, de promotion pour Sint-Maarten et et européens. Et quelles sont vos attentes auSaint-Martin c’est de découvrir les près du nouveau président de la deux îles pour le prix d’une. Pourquoi Comptez-vous aussi sur les touristes COM ? ne pas reproduire l’exemple pour guadeloupéens et martiniquais ? Les problématiques sont déjà an3 ou 4 destinations, en le faisant intel- Nous avons courtisé cette cible avec ciennes, liées à la fois à la fiscalité loligemment, c’est-à-dire en valorisant succès. Laquelle n’hésite pas à venir cale et aux coûts de fonctionnement, pour chacune sa personnalité et ses en basse saison. Nos prix sont meil- comme le prix de l’eau ; baisser son particularités. leurs et nous, nous assurons un taux prix est une décision exclusivement de remplissage. Il y a aussi l’excellent locale. Il faut revenir à des normes Comment faites-vous face à la baisse relationnel que nous entretenons du de fonctionnement normales notamdes fonds publics pour soutenir vos fait d’une culture quasi commune. ment sur les prélèvements. Je pense investissements ? aux problèmes d’infrastructures, de L’étroitesse du territoire impose aux Mais la difficulté promotionnelle ne sécurité, d’écologie, de présentation hôteliers d’assumer déjà de lourdes vient pas des îles françaises voisines, et de mise en valeur de la destination dépenses commerciales. Il reste peu de sinon il n’y aurait plus de difficulté. au niveau local. En matière d’équipebudgets pour mettre en place d’autres Nous voulons faire reconnaître aux ment du territoire, les exigences de actions notamment avec l’office de autorités compétentes que renforcer la clientèle se renforcent sans cesse, tourisme. Aujourd’hui, l’ensemble du notre promotion c’est renforcer l’éco- comme sur la qualité des services secteur hôtelier dépense environ 5 à nomie générale de l’île de Saint-Martin. publics et imposent aux produits tou6 fois ce qui est investi par le secteur ristiques directs comme l’hôtellerie, public au niveau de la promotion de Quelle serait la question essen- de suivre ce mouvement. » » Propos recueillis l’île. Si nous n’avions qu’un marché tielle à poser au nouveau gouverpar Rania SOUHLAL franco-français comme la Guadeloupe, nement ?

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ACTEURs

« Des Entrepreneurs Martiniquais à Dubaï »

Convention internationale sur l’investissement Opération séduction à Dubaï

à l’initiative de la Maison de Martinique, sept entrepreneurs ont participé pour la première fois à la Convention internationale sur l’investissement à Dubaï, du 1er au 3 mai. Pascal Fardin, chef du Pôle Economie de la Maison de Martinique, revient sur cette première. à cette Convention qui attire 2 300 visiteurs internationaux rentre dans la démarche de développement économique souhaitée par Serge Letchimy.

pu mesurer combien la Martinique reste un territoire attractif. Les populations du Moyen Orient sont plus habituées manifesté un vif intérêt pour la Martinique.

Dites-nous en plus sur cette délégation ? La délégation comptait huit membres : Bien qu’elle soit très sollicitée, nous sept entrepreneurs accompagnés avons eu le plaisir de recevoir la par Karine Roy-Camille. Les projets visite de Sheikha Lubna Bint Khalid présentés concernaient les secteurs Al-Qassimi, la Ministre du Commerce Pascal FARDIN, chef du Pôle Economie de la Maison de Martinique. des nouvelles technologies, de la extérieur de Dubaï, qui s’est fortetransformation ment intéressée à Pourquoi la Maison de Martinique a t- agro-alimentaire, notre destination. La Martinique reste elle pris cette initiative ? du bâtiment, du Enfin, nous avons un territoire attractif. Cette initiative a été prise en dé- tourisme. Mme eu une dizaine cembre 2011 par la Présidente de la Roy-Camille a exposé les atouts de de contacts potentiels avec lesquels Maison de Martinique, Karine Roy-Ca- la Martinique sur le thème « Évaluer nous échangeons régulièrement pour mille, qui souhaitait rechercher des les perspectives et financer les oppor- aboutir à la réalisation de projets de partenariats financiers permettant de tunités » et présenté des simulations développement économique. mettre en œuvre plusieurs opérations d’investissement notamment pour un » » Propos recueillis par Mylène Colmar du projet de réforme touristique voté projet hôtelier sur le port de plaisance en juillet 2011. De concert avec le du Marin et pour la zone d’aménagePrésident du Conseil Régional, Serge ment de l’Étang Z’abricots. Letchimy, il a été décidé d’associer des entrepreneurs martiniquais inté- Quel bilan tirez-vous de cette preressés par cette démarche. mière participation ? Nous sommes très satisfaits, car les Dès lors, il a paru évident que ce pro- projets de la délégation ont reçu un jet devait être porté par le Pôle Eco- accueil très positif de la part des nomie de la Maison de Martinique, participants à cette Convention. Ces dont l’une des missions est de veiller derniers ont apprécié la fiabilité des à la réussite des projets des entre- projets, les taux de rentabilité intéLe stand de la Maison de Martinique preneurs martiniquais, en Martinique ressants, la cohérence des montages lors de cette Convention à Dubaï. et à l’extérieur. Notre participation financiers. De plus, nous avons aussi

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ACTEURS

« Francophone décideur : Jonathan Chodjaï, PDG des éditions Néopol »

FRANCOPHONE DÉCIDEUR :

LE PARCOURS MONTRÉALAIS DE JONATHAN CHODJAÏ

Jonathan Chodjaï, en compagnie de Delphine Folliet, la directrice d’Immigrant Québec.

Le Président Directeur Général des Éditions Néopol, filiale canadienne du Groupe Petit Futé, est un Français nommé Jonathan Chodjaï, âgé de 34 ans. Retour sur son parcours montréalais réussi.

Secteur de l’édition à la baisse. Le marché numérique nous « Au Québec, comme ailleurs dans la ouvre cependant des possibilités intéfrancophonie, l’édition est un secteur ressantes pour renforcer notre positionqui a vécu de gros changements ces nement vers la francophonie et nous ne dernières années, notamment du fait ménageons pas nos efforts pour être de la concentration entre les principaux des acteurs majeurs sur ce marché ». acteurs du domaine. L’arrivée des nouvelles technologies dans cette activité Monde de l’entreprise Jonathan Chodjaï. fait évoluer le modèle d’affaires, et si le « Les Québécois travaillent certes une nombre d’ouvrages édités reste élevé, quarantaine d’heures par semaine de Direction le Québec les tirages sont plutôt à la baisse. Pour cinq jours, mais les heures supplémenJonathan Chodjaï a quitté la France s’y retrouver, les éditeurs ont dû investir taires sont rares, assure Jonathan Choen 1998 pour intégrer l’école de et s’adapter aux nouvelles contraintes, djaï. D’autre part, dans les relations de Hautes Études Commerciales (HEC) qu’il s’agisse de rendre les livres dis- travail, la hiérarchie est bien moins forte de Montréal. Trois en plus tard, son ponibles en version numérique ou qu’en Europe. Il y a moins d’échelons diplôme de marketing et gestion d’offrir des ouvrages plus spécialisés », et donc de rigidité ». Autre différence internationale en main, il est recru- indique Jonathan Chodjaï. majeure : « Les entreprises au Québec té par Les Éditions Néopol comme peuvent licencier les gens sans proconseiller en publicité. Il y gravit Projets blème, avec 15 jours de préavis. Les norapidement les échelons et devient, des Éditions Néopol tions de contrats à durée déterminée ou à partir de 2004, directeur général « Nous entendons poursuivre sur notre indéterminée n’existent pas. Le contrat et copropriétaire de l’entreprise : lancée, avec une intégration accrue est forcément à durée indéterminée « Je suis gestionnaire d’une PME qui des nouvelles technologies dans nos et on peut être licencié ou quitter son emploie cinq personnes et une ving- activités, une offre sans cesse renou- emploi sans difficulté. Les employeurs taine de collaborateurs externes. Je velée et un effort accru quant au choix ont moins peur d’embaucher et c’est des thématiques a- donc plus facile de trouver un emploi ». suis en charge de la supervision des On peut être licencié bordées, pour antici- De plus, selon Jonathan Chodjaï, « il per et accompagner y a un réflexe de fidélité à l’entreprise guides Petit Futé ou quitter son emploi les besoins de notre moins présent qu’en Europe » pour des rédigés au Québec, sans difficulté. marché. Nous ne pré- raisons sociétales : « Ici, on ne rentre au Canada, pour le marché francophone, et des guides voyons pas de nous développer sur pas dans une entreprise par la petite thématiques destinés aux Québécois. le marché anglophone, car il est déjà porte pour progresser petit à petit. La J’ai aussi un rôle d’interface entre très engorgé, avec des acteurs histo- meilleure façon d’obtenir un meilleur ma compagnie et ses partenaires ». riques très implantés et une tendance poste est de changer d’entreprise ». www.INTERface-medias.com > ACTEURs

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ACTEURS

« Francophone décideur : Jonathan Chodjaï, PDG des éditions Néopol »

Réussite Jonathan Chodjaï préside aussi Immigrant Québec, une association qu’il a cofondée en 2006 et qui informe les nouveaux venus dans la Belle Province. L’association publie chaque année un Guide de l’immigration au Québec téléchargeable gratuitement en ligne qui contient nombre d’informations sociétales, touristiques et pratiques. Inauguration du SIIQ 2012. Marie Michel, Ahmed Benbouzid, Charlotte Poirier, Sylvain Trottier, Jonathan Chodjaï, Abdelghani Amara, Bruno Clerc, Delphine Folliet.

Il comporte, entre autres, un chapitre intitulé « Travailler et créer son entreprise ». Par ailleurs, Immigrant Québec a organisé les 18 et 19 mai derniers le premier Salon de l’Immigration et de l’Intégration au Québec (SIIQ), à Montréal. « Notre salon (NDLR : Qui comptait 94 exposants) a reçu 7 000 visiteurs, ce qui est le signe qu’il y avait un réel besoin ».

1 er Salon de l’immigration et de l’intégration au Québec, à Montréal, 2012.

» » Mylène COLMAR

THAÏLANDE : LES FRANçAIS SÉDUITS PAR LA SOIE

Plus de 60% de son chiffre d’affaires, l’icône de la soie à Chiang Mai, en Thaïlande, le réalise avec des Français. Nithinan Damrongwonganant a su séduire cette clientèle, mais surtout les tours opérateurs qui, en retour d’un pourcentage sur ses ventes, s’arrêtent dans sa petite unité de production de tissage. Une pratique courante au pays du sourire. de Sankampaeng. L’un des sites qui recèlent la plus grande concentration de productions artisanales du nord. Ici, depuis une trentaine d’années se côtoient les fabriques d’ombrelles, de poterie Céladon, d’argent, de jade, de coton, de bois et bien sûr de soie. Nithinan Damrongwonganant dans son show room à Chiang Mai où se presse une clientèle majoritairement française.

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ourire réservé, mais volontaire, l’expression résume à elle seule, la personnalité de Nithinan Damrongwongnant, directrice manager de Thaï Silk Village.

à l’origine, la jeune femme et sa famille gravitaient dans le monde du tourisme, principalement sur la région de Chiang Mai dans le nord de la Thaïlande. Parmi les attractions majeures : une journée sur la route

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C’est ainsi que l’idée leur est venue d’ouvrir une unité de production de brocart, devant l’enthousiasme des visiteurs et leur frénésie d’achat sur ces produits en particulier. En 1996, sur les conseils et le soutien d’un ami Français, Nithinan et son mari se lancent dans cette nouvelle activité. La dénomination de leur société sera française : « Le Bombix », du nom du ver à soie. Par la suite, ils changeront d’appellation, car trop « frenchy », pour devenir le Thaï Silk Village. D’ail-

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leurs à l’origine, il ne s’agit que d’une modeste structure en comparaison avec les diverses activités touristiques du groupe familial. Seulement, la société prend rapidement de l’expansion. L’empire familial est alors découpé et le couple « hérite » de la fabrique de soie, selon son souhait.

Le guide, personnage incontournable Sur le plan local, la compagnie devient vite une référence où les guides aiment s’arrêter. Le « deal » est simple : entre 20 et 30% du produit des ventes est reversé à l’accompagnateur. Cette pratique s’est généralisée à tous les magasins de la zone, au fil des années. Voilà pourquoi, il est indispensable pour les commerçants de séduire les professionnels qui choisissent les arrêts et déversent leur compagnie de touristes. Thaï


Silk Village s’y est employé avec acharnement. Et c’est l’époux de Nithinan qui gère cette facette commerciale, auprès des T.O.. Seulement, le couple voit grand et projette ses ventes sur l’étranger. En 1998, il commence par exposer leur production à la très fameuse foire de Bangkok « Maison et objet ». Et là ils rencontrent leurs premiers acheteurs internationaux. Ils enchaînent avec les foires de Paris et de Tokyo et élargissent leur carnet de commandes. Mais la Chine vient jouer les troubles-fêtes avec une qualité médiocre certes, mais des prix extrêmement bas sur la soie.

Que serait Sankampaeng sans les touristes Français ? Aujourd’hui, les pays où Thaï Silk Village exporte majoritairement sont le Japon et l’Espagne. Toutefois la vente à l’étranger n’est plus une priorité. La chef d’entreprise s’est recentrée sur la Thaïlande et cherche à conquérir de nouveaux marchés, notamment ceux des hôtels de charme, dans le sud du pays. Elle a, dans cette optique, élargi sa gamme avec des articles de décoration en soie. Une activité qui représente déjà 10% de son chiffre d’affaires. Elle travaille également sur sa ligne de vêtements.

Elle choisit ses modèles sur catalogue et les fait réaliser en magasin. Pour la fabrication des tissus en revanche, seule une petite part est produite sur place, pour la démonstration. L’essentiel provient de la région d’Issan, au nord-est du pays, l’une des zones les plus pauvres. Chaque famille possède un métier à tisser et vit principalement de cette activité.

maîtrisent parfaitement le Français et commentent dans la langue de Molière la visite de l’unité de fabrication. Il est vrai que le village artisanal de Sankampaeng c’est d’abord une histoire Franco-Thaï. Ils furent les premiers clients, voilà 25 ans, de ces petites unités artisanales qui depuis ont connu un bel essor. »» Marie-France Grugeaux-Etna

Actuellement, la matière première étant plus rare, Thaï Silk Village se charge d’envoyer les fils de soie aux villageois, avec les motifs et les couleurs souhaités. En retour, les tissus réceptionnés sont 100% de fabrication artisanale. Chaque jour, selon la saison, défilent entre 300 et 700 touristes dont une majorité de Français, qui reste sa cible privilégiée, avant les Espagnols et les Hollandais. D’ailleurs plusieurs vendeuses

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ACTEURS

« Protection des données informatiques »

PROTÉGER

SES DONNÉES INFORMATIQUES

La société Wooxo innove dans le domaine de la protection des données informatiques et tente désormais de gagner les marchés francophones à l’étranger. Avec toujours le même souci pour les responsables : se protéger des pertes ou des vols de leur informatique. «

L

e constat est simple : une en- fort numérique, ignifuge, étanche, treprise qui perd ses données antichoc et antivol. Cette boîte noire informatiques perd du même peut contenir jusqu’à 9 000 Go de coup son patrimoine numérique, et données. Et en cas de sinistre l’enpeut aller jusqu’à remettre en cause treprise s’engage à une remise en sa pérennité. service dans les heures qui suivent.

Marie-France Grugeaux-Etna

Cette réalité a tout naturellement Boîte noire ouvert le marché de la protection et cherche connexion de la sauvegarde des données infor- à l’étranger matiques. Wooxo, basée à Rous- Wooxo cible principaleset en France, est allée plus loin ment les TPE, les PME, en proposant une véritable « boîte mais pas seulement et acnoire » afin de contrer tous les types tuellement lorgne du côté d’agression informatique aussi bien de l’international. les catastrophes naturelles, les vols, La société met en place la cybercriminalité… des accords avec les opéLa palette aujourd’hui est suffisam- rateurs télécoms en France ment large pour que ce risque soit et à l’étranger et depuis réellement pris en compte. Le sys- quelques mois tente de tème de sauvegarde et de restaura- s’implanter sur les marchés tion des données est implanté dans francophones. les locaux. Les zones ciblées sont Le SecurityBox Allroad est en fait réputées à risque, notamment un serveur de sauvegarde qui se par leur instabilité politique comme connecte directement sur le serveur certains pays du Maghreb ou encore de la société. Il analyse, crypte et par la menace de risques naturels stocke les données dans un coffre- comme dans les Caraïbes. www.INTERface-medias.com > ACTEUR

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FORMATION/éducation

« Coaching scolaire »

LE COACHING SCOLAIRE

COMME SOLUTION

Les enfants ne sont pas égaux devant l’apprentissage du savoir. De multiples raisons peuvent occasionner un décrochage scolaire ou une incapacité à travailler au rythme demandé. Une prise en charge globale devient alors nécessaire et le coaching scolaire fait partie des nouvelles réponses.

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vec un travail personnalisé, les découvert que bien souvent se cachait effets bénéfiques sont rapide- derrière une simple demande d’aide ment perceptibles et mesu- au travail, une aide méthodologique et rables, explique Sarah Acelor, entraî- psychologique. neuse scolaire, en profession libérale depuis un an. Le coaching est un accompagnement personnalisé qui permet de mettre en évidence le potentiel de chaque élève et de définir avec lui des objectifs réalisables et motivants. « Pour aider un enfant à réussir, il faut le connaître dans sa globalité, précise Sarah Acelor. Comment est-il considéré dans sa famille ? Quelles sont ses conditions de travail à la maison  ? Sarah acelor. Son hygiène de vie  ? Que veut dire  pour lui travailler et réussir  ? Comment est-il Un enfant bien en classe  ?... Je dois connaître ces dans sa tête L’école idéale serait celle où chaque réponses avant de commencer à travailler avec lui ». Après 19 ans à enfant pourrait apprendre à son rythme. officier dans le soutien scolaire clas- Mais elle n’existe pas. Dans une classe, sique, cette mère de deux enfants a il y a ceux qui ont besoin de temps pour

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intégrer les informations, et ceux qui à l’inverse comprennent trop vite et s’ennuient. En clair, de nombreux enfants rencontrent des difficultés d’apprentissage en raison de pédagogies non adaptées à leurs besoins. Régulièrement des médecins et des pédiatres dirigent de jeunes élèves qui sont déprimés, découragés, qui ont trop de stress et de pression, vers « madame coaching » ; une alternative qui peut changer leur vie. Cet accompagnement passe aussi par un rôle actif des parents. Très souvent, ils se questionnent sur leur rôle et leur place. « C’est dans cet objectif, poursuit Sarah Acelor, que nous trouvons ensemble des solutions d’accompagnement. Ainsi la notion d’éducation prend toute sa dimension et permet de rétablir un équilibre, un bien-être au sein de la famille ». Plus d’informations sur cet article : contact@interface-medias.com» » » Marie-France Grugeaux-Etna


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FORMATION/éducation

« Des Ultramarins au Québec »

DESTINATION QUÉBEC

Depuis quelques années, de plus en plus de Guadeloupéens choisissent le Québec pour débuter leur carrière. Ils y sont encouragés par la Région Guadeloupe qui a signé, en 2007, avec l’Office Franco-Québécois de la Jeunesse (OFQJ ), une convention avantageuse pour eux.

Frédérique Bouyx.

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ttirés par la bonne réputation du Québec, son économie dynamique et sa proximité avec leur région natale, beaucoup de Guadeloupéens décident de partir travailler dans cette province canadienne. Pour ce faire, certains optent pour la convention signée par la Région Guadeloupe et l’OFQJ en décembre 2007, qui leur permet de partir dans de bonnes conditions effectuer des stages en entreprise de 12 semaines.

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Frédérique Bouyx, la chargée de projets Emploi et Insertion Professionnelle de l’OFQJ, explique : « La Région Guadeloupe est consciente qu’il n’y a pas de possibilités d’emploi pour tous sur son territoire. À l’époque (NDLR : de la signature de cette convention), la mobilité professionnelle était pour elle une bonne option face au constat de ce manque et le choix du Québec était pertinent, car c’est une région nord-américaine et francophone. En plus, la Région Guadeloupe avait déjà signé plusieurs partenariats avec des collèges d’enseignement général et professionnel québécois (NDLR : Niveau équivalent au Diplôme Universitaire de Technologie) ». Grâce à cette convention, les Guadeloupéens âgés entre 18 et 35 ans ayant décroché un stage au Québec ne versent que 150 euros pour un package comprenant notamment un billet d’avion aller-retour, l’accueil et la première nuit d’hôtel sur place, l’assurance rapatriement-hospitalisation. De plus, ils peuvent conserver leurs indemnités s’ils sont demandeurs d’emploi ou toucher un montant maximum de 175 euros par semaine.

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Cependant, le nombre de Guadeloupéens recourant à cette convention reste encore faible - 11 en 2011, 18 jusqu’à présent pour l’année en cours, sur 30 places disponibles. « La convention reste peu connue en Guadeloupe. Notre relais principal est Cynthia Rollé, la responsable du Pôle Emploi international. Les demandeurs d’emploi sont donc bien informés. Mais les autres catégories de population ne la connaissent pas bien à cause d’un manque de communication », affirme Frédérique Bouyx. Selon Cynthia Rollé, ce faible nombre s’explique aussi par la concurrence avec les candidats des régions françaises signataires de conventions similaires, concernant les annonces de stages mises en ligne sur le site de l’OFQJ. « Même si les Guadeloupéens présentent un dossier, ils ne sont pas forcément choisis pas les employeurs du Québec. Cependant, depuis 2009, on parle de l’excellence guadeloupéenne au Canada », assure-t-elle. » »Mylène COLMAR


Du nouveau pour les Ultramarins

L

es Régions de Martinique et de Guyane n’ont pas signé de convention avec l’OFQJ. Cependant, les Martiniquais et Guyanais intéressés par un stage au Québec peuvent bénéficier de conditions

similaires aux Guadeloupéens. En 12 semaines dans la Belle Province mars dernier, l’Agence de l’Outre- ou des missions de 6 à 12 mois au mer pour la Mobilité (LADOM) et sein des Alliances Françaises dans l’OFQJ ont signé une convention per- l’espace Caraïbe. Pour bénéficier mettant à 40 jeunes Ultramarins de de ce dispositif, il faut s’inscrire à réaliser des stages en entreprise de LADOM. » » Mylène COLMAR

Profils internationaux

LIONEL FRETI, 24 ans

Amandine Sauvage, 27 ans

Ce Guadeloupéen, titulaire d’un Bac +5 maîtrise de l’énergie, effectue actuellement un stage au sein du Conseil Régional de l’Environnement et du Développement Durable de l’Outaouais, à Gatineau. « De retour en Guadeloupe après mes études, j’ai découvert cette convention en regardant un reportage sur RFO en octobre 2011, qui parlait des Guadeloupéens qui partent de plus en plus à l’étranger pour se former. Cynthia Rollé y

Informée de l’existence de cette À l’heure du bilan, elle assure : convention par Cynthia Rollé, Aman- « Cela s’est très bien passé. Je faisais dine Sauvage choisit de partir en partie de l’équipe de communication stage de février à mai 2012, à Mon- du plus important salon alimentaire tréal, après avoir été diplômée d’un d’Amérique du Nord. Master de Communication : « Mon contrat de professionnalisation dans Cette expérience a été très enrichisle cadre de mes études s’était achevé sante d’un point de vue professionen août 2011 et je n’avais pas trouvé nel, mais aussi personnel ». de travail depuis. Je me suis donc dit que c’était l’occasion rêvée pour réaliser ce type de projet ». Diplômée d’un Master 2 en Expertise Économique et Projets Internationaux à Créteil, Rachel Dorcas Lecointe a effectué un stage en entreprise à Montréal, d’août 2010 à janvier 2011.

Rachel Dorcas Lecointe 27 ans

était interviewée et j’ai décidé de la contacter. Je voulais une expérience à l’étranger, je ne me sentais pas prêt à rentrer de suite sur le marché du travail, je voulais plus de compétences pour accroître ma confiance en moi ». Le jeune homme qui termine son stage en juillet assure : « Ça se passe très bien. Je dois gérer un projet de A à Z, on me fait totalement confiance alors que je suis si jeune. C’est terriblement gratifiant ».

ment économique en Asie » raconte-telle. Durant son stage, la jeune femme a collaboré « avec des conseillers en affaires internationales pour les relations économiques du Québec avec le reste du monde » :

« Je voulais travailler en Guadeloupe sur des projets en lien avec les terri- « Cela a été très instructif et formatoires environnants, mais les options teur. On m’a fait confiance dans mon n’étaient pas nombreuses. Lors de travail, on a valorisé mon apport. J’ai mon inscription au Pôle Emploi en été formée par des personnes de haut Guadeloupe, j’ai rencontré Cynthia calibre, parmi les meilleurs dans leur Rollé qui m’a parlé d’une opportunité domaine dans la province ». proposée par l’OFQJ de travailler au »» Propos recueillis Québec sur des projets de développepar Mylène COLMAR

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FORMATION/éducation

« EDF Martinique & H2EAUX »

EDF Martinique SOUTIENT H2Eaux

L’association H2Eaux propose de nombreuses activités sportives aquatiques, de navigation ou de pleine nature aux jeunes martiniquais.

E

DF soutient H2Eaux dans sa volonté de profiter des sports nautiques pour favoriser la découverte et le dépassement de soi. Par le sport, l’association encourage l’insertion sociale dans le respect de l’autre et sensibilise les sportifs à la préservation de la nature. Ce partenariat se traduit par la mise en place de nombreuses actions : développement de structures de handisport, organisation d’activités kayak et de randonnées nautiques dans la mangrove.

Un événement en particulier a été un grand succès cette année. Grâce à l’ « École des Pagaies », les élèves de 8 à 10 écoles des quartiers prioritaires de Fort-de-France se sont investis dans un cycle de formation de 10 séances en kayak. S’en est suivi une excursion sur un site inoubliable de la Martinique. Chaque kayakiste a ensuite fourni un reportage sous forme de diaporama parlant de son expérience. Découvrez l’association H2Eaux sur internet : www.h2eauxmartinique.org Retrouvez les engagements d’EDF sur le site martinique.edf.com

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Environnement

« Conférence internationale des zones côtières au Canada »

Zone côtière :

des scientifiques et citoyens préoccupés

en développement régional, social et territorial à l’Université du Québec à Rimouski (UQAR), explique : « La Conférence s’est tenue en deux temps. D’abord, il y a eu ce forum ouvert, les 9 et 10 juin. Le premier jour, les jeunes et citoyens ont évoqué leurs préoccupations, en discutant de deux questions : qu’est-ce qui nous rassemble, nous les citoyens des zones côtières et quel est notre avenir en zone côtière ?

Pour sa 10ème édition qui se déroulait du 9 au 14 juin dernier, à Rimouski, au Québec, la Conférence internationale Zone côtière Canada a accueilli plus de 200 participants, en majorité des scientifiques, mais aussi des citoyens. Ils ont échangé sur les défis et problématiques de la gestion des océans et des milieux côtiers et exposé leurs préoccupations.

L

’Association Zone Côtière Canada (AZCC), organisatrice de cette conférence biennale, a innové pour cette nouvelle édition en créant un Forum des jeunes et des citoyens. Steve Plante, co-président de l’événement et professeur

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Le lendemain, ils ont pu écouter les présentations de personnes travaillant pour des agences de transformation du territoire, qui ont notamment évoqué l’importance de la participation des citoyens ». « Avant les grands problèmes d’érosion, d’hydrocarbures et autres, les citoyens ont d’abord exprimé leur plaisir de travailler et/ou de vivre en zone côtière, leur désir de transmettre à leurs enfants le goût d’y résider. Et seulement ensuite, ils ont fait part de leurs préoccupations », assure Steve Plante. Le forum s’est d’ailleurs conclu par l’élaboration d’une note mentionnant ces préoccupations, qui a été présentée le lendemain aux participants de la conférence principale qui se tenait du 11 au 14 juin.

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Une déclaration sur 5 thèmes Cette dernière a attiré quelque 230 personnes pour la plupart des scientifiques universitaires ou fonctionnaires, des gestionnaires, des organisations non gouvernementales venues de différentes provinces du Canada, mais aussi de l’international (France, Angleterre, Mauritanie, Indonésie, Sénégal, États-Unis, Australie, etc…). Elle a abouti à la mise en exergue de cinq grands thèmes exposés dans une déclaration que l’AZCC a prévu de diffuser largement dans les prochains jours. « Le premier porte sur les préoccupations soulevées à propos de la tendance actuelle du Canada à prendre de la distance vis-à-vis de ses obligations et responsabilités nationales, internationales. Le suivant concerne les changements perpétuels dans les océans qui causent un déclin des ressources et la détérioration des conditions environnementales des océans et des côtes. Le troisième thème est la valeur de la société civile et des sociétés autochtones pour réaliser un monde viable : il faudrait encourager les gens à contribuer, à trouver des solutions


pour répondre aux défis posés », par la présence de trois conférenciers détaille Steve Plante qui poursuit : de renom invités par l’AZCC. Le pre« Le 4 ème, c’est l’importance de mier était Jean-Eudes Beuret, promaintenir un acfesseur et directeur cès libre et ouvert du laboratoire de Plaisir de travailler aux données et Développement ruet/ou de vivre en aux résultats de ral d’Agrocampus zone côtière... recherches scienOuest en France. tifiques afin d’assurer la pérennité En binôme avec Hélène Raymond, des dispositifs de recherche. De journaliste de la chaîne audiovisuelle plus en plus de chercheurs de cer- publique Radio-Canada, il a exposé tains ministères ne peuvent pas dif- l’importance d’une gestion intégrée fuser leurs résultats, parce que ce des zones côtières. n’est pas bon idéologiquement. Cette démarche consiste à mobiliEnfin, nous avons reconnu les ser des moyens et outils pour gérer grandes avancées technologiques et au mieux ces espaces, à aborder de méthode au Canada qui permet- les problèmes avec une approche tront de faire face aux défis auxquels globale. Le lendemain, les particile Canada est confronté ». pants ont pu assister à une conférence portant sur l’Adaptation aux Trois sessions plénières changements climatiques faite par Cette déclaration constitue l’aboutis- Nicolas Beriot, le secrétaire général sement d’un colloque riche, marqué de l’Observatoire national sur les

effets du réchauffement climatique et responsable du pôle « Adaptation au changement climatique » du ministère français de l’Écologie, du Développement durable. Il a présenté, entre autres, l’état d’avancement de la réflexion de la France sur cette problématique. Le 14 juin, la parole était donnée au dernier conférencier invité, Alain Retière, consultant international en changement climatique, chef d’équipe du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) et qui a fondé, dans ce cadre, une plateforme nommée Climsat. « S’appuyant sur son expérience onusienne, Mr Retière nous a montré l’importance de toutes les échelles de prise de décision, à la fois au niveau local, régional, national, international et comment on revient toujours à des préoccupations territoriales, comment on les intègre dans des plans d’envergure », rappelle Steve Plante.

Les citoyens ont pu faire part de leur avis lors d’un Forum de deux jours.

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INTERf@ce > ACTEUR


Environnement

« Conférence internationale des zones côtières au Canada »

Alimenter la réflexion

permis à l’assistance d’évoquer la Outre ses trois sessions plénières, gestion intégrée des zones côtières, la conférence comportait égale- mais aussi les problèmes liés au toument des ateliers participatifs et risme et aux hydrocarbures. La derinteractifs sur quatre thèmes. L’un nière thématique portait sur les outils des plus abondamment traités a été et dispositifs permettant de se parle défi des comtager les espaces munautés côtièet les ressources Faire face aux res, sous l’angle naturelles. Les indéfis auxquels le Canada des risques océatervenants ont noest confronté. niques et côtiers. tamment discuté En plus des approches scientifiques de « planification de l’aménagement traditionnelles et de la présentation par exemple pour les activités pord’outils et de nouvelles techniques, tuaires ou touristiques, de valorisales participants ont été amenés à tion des ressources, de l’intégration réfléchir sur la manière dont ces po- de nouvelles activités économiques ». pulations peuvent intégrer les changements climatiques et contribuer Un contexte au mécanisme de prise de décision. politique inquiétant Autre question abordée : la protection Selon Steve Plante, lors de cette du patrimoine mondial, avec l’impor- conférence, ce qui a particulièrement tance de conserver la biodiversité. retenu l’attention des scientifiques est « Le troisième thème était la gestion « tout le contexte politique québécois, et la coordination des usages, qui a canadien, car l’État est en train de

couper dans tous les programmes qui concernent la protection du littoral. Par exemple, le gouvernement fédéral a récemment adopté la loi C-38 qui affecte 871 lois, dont celles sur les études environnementales, sur les pêches. Ce sont des lois que les gens n’ont pas eu la chance de discuter et qui affectent la capacité du Québec, du Canada, à faire un suivi des grands enjeux environnementaux. Il y a eu aussi des coupures au niveau des centres de recherches, de connaissances, qui sont fondamentales si on désire avoir une vision claire de l’état du fleuve Saint-Laurent, de son golfe. Cela inquiète beaucoup de gens ». Steve Plante affirme que le gouvernement avance des motivations économiques comme explications, mais que « la population pense que les raisons sont idéologiques ». » »Mylène COLMAR

La zone côtière, quésaco ?

«T

rès souvent, on parle uniquement du trait de côte (NDLR : La frontière entre l’espace terrestre et la mer) pour évoquer la zone côtière, alors que ce n’est pas vrai. La zone côtière, c’est aussi la mer et les communautés qui vivent le long des cours d’eau et des rivières », assure Steve Plante.

Les coprésidents de la Conférence, Gilles H. Tremblay et Steve Plante, en compagnie du recteur de l’UQAR, Michel Ringuet.

Un littoral exceptionnel

S

elon l’organisme Ressources naturelles Canada, « le littoral du Canada, qui englobe les côtes de l’Atlantique, du Pacifique et de l’Arctique ainsi que les berges de grandes étendues d’eau douce telles que les Grands Lacs », est « le plus long au monde ».

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région

« France/Bresil »

France/Brésil

GAGNANT-GAGNANT

Le Brésil a fait preuve d’une forte résistance à la crise financière et économique internationale. Mieux, en 2010, il a affiché une santé insolente avec une croissance économique de 7,5 %. Stabilité de l’emploi et augmentation du pouvoir d’achat des plus défavorisés ont largement contribué à ce résultat. Plus que jamais les investisseurs français lorgnent de ce côté de l’Amérique latine, comme vers un nouvel eldorado.

A

ccroître le potentiel de pro- premières entreprises mondiales duction grâce aux investis- sont établies au Brésil sous forme de sements reste l’objectif du filiales ou de joint-ventures. Plan d’Accélération de la Croissance, le « PAC », lancé par le Président Lula France/Brésil : en janvier 2007. Il s’est agi de déve- des accords prometteurs lopper les infrastructures par des La France, qui a enregistré une auginvestissements en y associant l’État mentation de ses exportations de fédéral, les entreprises publiques 135 % au cours des cinq dernières et privées, pour un montant de 180 années avec le Brésil, devrait consoMds d’euros. Les résultats ont été lider ses parts de marché (2,7 %) probants, puisque la croissance est et sa position de 4 ème investisseur passée de 5,9 % en 2008 à 7,5 % en matière de stocks détenus au Brésil, derrière en 2010. Le PAC 2 a l’ambition Les échanges commerciaux les États-Unis, le Luxembourg et de mobiliser de franco-brésiliens ont retrouvé les Pays-Bas. Fait nouveaux inves- une dynamique de forte croisplus significatif, tissements, sur sance en 2010 (+ 28 %). le stock d’IDE la période 20112014 (durée du mandat présidentiel), (Investissements Direct à l’étranger) d’environ 400 milliards d’euros. Le français au Brésil dépasse très netBrésil doit aussi améliorer son sys- tement les stocks d’IDE de la Russie, tème éducatif et réformer les circuits de l’Inde, de la Chine et de l’Afrique. de financement de l’économie. Quoi Dans le domaine de la finance, les qu’il en soit, ces efforts portent leurs deux pays ont décidé de prendre des fruits auprès des investisseurs étran- initiatives conjointes. La France et le gers. Aujourd’hui, 850 des 1 000 Brésil ont signé une convention ten-

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dant à éviter les doubles impositions et à prévenir l’évasion fiscale (en matière d’impôts sur le revenu). Le Brésil, qui a remboursé par anticipation en décembre 2005 la totalité de son encours avec le FMI, soit 15,5 Mds USD, et procédé début 2006 au remboursement anticipé de sa dette au Club de Paris, soit 2,6 Mds USD, ne rechigne plus à recourir aux bailleurs de fonds multilatéraux. Ironie de l’histoire, le Brésil est désormais créditeur vis-à-vis du FMI, à l’issue du prêt de 10 Mds USD qu’il a accordés à cette institution courant juin 2009.

+46% d’exportations françaises En 2010, les importations ont explosé avec +44 %, soit 182 Mds USD (États-Unis 14,9 %, Chine 11 % et Argentine 7,7 %). Les exportations au cours de la même année ont progressé de + 32 %, soit 202 Mds USD (États-Unis 14 %, Argentine 8,9 % et Chine 8,3 %).


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région

« France/Bresil »

Le solde commercial en 2010 fut contribue toutefois qu’à 0,86 % de de + 20 Mds USD. La France repré- nos flux commerciaux totaux, mais sentait 2,6 % de l’ensemble de ces nos échanges bilatéraux progressent échanges commerciaux. Le com- trois fois plus vite qu’entre la France merce extérieur du Brésil a continué avec le reste du monde (28 % contre de progresser de façon remarquable 11,4 %). en 2010 (+ 37 %), contre 16 % pour Les secteurs porteurs la moyenne mondiale.

pour la France

Le Brésil a même rééquilibré ses flux d’exportations en accroissant la part de ses nouveaux marchés : les exportations vers la Chine ont été multipliées par quinze en valeur, entre 2000 et 2008 et ont progressé de 75 % entre 2007 et 2010. Les échanges commerciaux franco-brésiliens ont retrouvé une dynamique de forte croissance en 2010 (+ 28 %). Les exportations françaises vers le Brésil sont en hausse avec + 46 % passant à 3,3 Mds Euros (source : Douanes françaises). Cette hausse se concentre sur les matériels de transport (avions, automobiles) et le poste des équipements industriels, tirant profit du dynamisme de l’économie brésilienne. Par ailleurs, Le Brésil constitue depuis plusieurs années une priorité pour les deux constructeurs Français, Renault et PSA, qui nourrissent des ambitions importantes pour ce pays, où ils ont implanté des usines dès 1996 pour Renault et 2001 pour PSA, dans l’État de Rio de Janeiro. à l’inverse, les importations en provenance du Brésil vers la France progressent moins rapidement (23 %), pour atteindre 3,4 Mds Euros. Le solde de nos échanges reste donc légèrement déficitaire. Néanmoins, le Brésil est notre 19 ème client et notre 25 ème fournisseur. Ce pays ne

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tional, tramway de Santos et Brasília, plates-formes multimodales, mise en concession d’autoroutes, grands complexes hydro-électriques, relance du programme nucléaire, développement de l’éolien, gestion intégrée des déchets, gestion déléguée des réseaux de collecte et traitement d’eaux usées, etc… Enfin, la classe moyenne représente aujourd’hui 95 millions de consommateurs.

Le transport aérien commercial continue d’enregistrer une croissance soutenue de + 7 %. On notera que la TAM est un excellent client pour Les entreprises Airbus et Azul pour ATR. Il existe des françaises au Brésil opportunités d’affaires pour les entre- Il existe près de 500 entreprises prises françaises, dont les compé- françaises au Brésil, employant envitences dans le secteur aéronautique ron 450 000 personnes (les 20 prene sont plus à prouver, aux différents miers employeurs français au Brésil niveaux de la filière : construction, en emploient à eux seuls 245 000). matériaux composites, avionique 65 % de ces filiales se situent à São embarquée, ingénierie, équipements, Paulo et 18 % à Rio. 35 des commaintenance, navigation, contrôle, pagnies du CAC 40 ont au moins etc… Du côté de la sidérurgie bré- une filiale dans ce pays. Dans bien silienne, les projets représentent un des cas, il s’agit d’investissements investissement de 28,9 Mds USD. industriels lourds qui font de ces Les débouchés sont donc importants entreprises des acteurs « brésiliens » pour les fabricants français d’équi- majeurs voire des leaders dans leur pements, ainsi que pour les sociétés propre secteur. Si l’investissement spécialisées dans le contrôle des pro- français se caractérise par une forte cess et la maintenance. Le Français présence de nos grands groupes, un Vallourec & Mannesmann est un ac- nombre croissant d’entreprises de teur important au Brésil. Lequel souffre taille moyenne a aussi fait le choix d’un immense déficit d’infrastructures d’une implantation. dans les domaines du transport, de Ces sociétés tirent parti de l’imporl’énergie et de l’environnement. tance du marché local, mais aussi du Dans ces secteurs, les entreprises rôle croissant que joue le Brésil en françaises ont des positions à tant que plate-forme d’exportation défendre, des technologies et un dans la zone, malgré des coûts de savoir-faire à valoriser (TGV, tram- production en baisse. Chaque année, way, nucléaire, éolien, concessions, c’est une vingtaine de nouvelles etc…) et des équipementiers à filiales françaises qui vient s’instalproposer : ligne TGV Rio-São Paulo, ler, avec une accélération très nette métro et trains de banlieue de São depuis 2 ans. Paulo, métro de Curitiba, liaison » » Sources Ubi France » » Marie-France Grugeaux-Etna rapide São Paulo/aéroport interna-

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région

« Le tourisme des valeurs »

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région

« Orange Business Tour Caraïbes »

L’ORANGE

BUSINESS TOUR AUX ANTILLES

André Dupic, Directeur d’Orange Caraïbes.

L’Orange Business Tour, qui en est à sa troisième édition dans l’hexagone, a eu lieu pour la première fois cette année dans les Départements Français d’Amérique, en mars dernier. Les participants ont pu découvrir de visu les technologies d’Orange et de ses partenaires à destination des entreprises.

A

près la Guyane et la Martinique, l’Orange Business Tour a fait étape en Guadeloupe, à l’hôtel Créole Beach, le 21 mars dernier. S’étalant sur une matinée, la manifestation comportait deux volets : un showroom de démonstration et des mini-conférences.

Ils ont pu se renseigner sur les outils et offres d’Orange concernant la visio-conférence, mais aussi le cloud computing, ce service qui permet aux utilisateurs d’accéder aux données de leur entreprise sans que ces dernières soient installées sur leur ordinateur, par un procédé de virtualisation.

sa tablette, Blackberry et ses appareils de communication. Outre ces ateliers, le public a assisté en nombre aux trois conférences organisées dans le cadre de la manifestation. C’est donc à une salle comble que les professionnels d’Ucopia et de Netasq ont expliqué pourquoi il est indispensable que les entreprises sécurisent leurs équipements informatiques et leurs réseaux de données.

Parmi la centaine de personnes ayant Orange a aussi consacré un atefait le déplacement figurait Maud Ga- lier à sa Room TV, grâce à laquelle tibelza, la responsable informatique les établissements de tourisme et d’une compagnie pétrolière : « Je suis de santé peuvent proposer à leurs « La cybercriminalité touche toutes les venue pour me tenir au courant des « clients » un contenu multimédia. entreprises. En France, nous avons nouveautés technologiques, mais ausune victime toutes les trois secondes », si afin de me renseigner sur les équi- Des partenaires de l’opérateur de té- a affirmé Marc Ziach, de Netasq. pements proposés. Je suis satisfaite ». lécommunications tenaient les autres ateliers : Netasq et Ucopia pour leurs Les deux autres conférences portaient Les participants ont eu la possibilité outils de sécurité, Plantronics et ses sur le fonctionnement des services de de rencontrer plusieurs profession- micros-casques, Aastra, TWP et Algo- visio-conférence et de cloud compunels venus présenter leurs produits ria pour leurs solutions de visio-share ting d’Orange. » » Mylène COLMAR dans le cadre d’ateliers pédagogiques. et de travail collaboratif, Samsung et

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Marc Ziach de l’entreprise Netasq a répondu aux questions des participants • Thierry HALBZAJT, Directeur de l’Agence Entreprises Caraïbes d’Orange • L’atelier pédagogique de Blackberry a remporté un franc succès.

Thierry Halbzajt, Directeur de l’Agence Entreprises Caraïbes

« Un succès au-delà de nos espérances »

Thierry Halbzajt, le directeur de l’Agence Entreprises Caraïbes, avait le sourire au moment de livrer ses conclusions sur la première édition de l’Orange Business Tour Caraïbes.

ou collaboratif, la sécurité des réseaux d’entreprises et les enjeux favorisant le cloud computing. Pour répondre à leurs attentes, nous avons privilégié un format d’échanges autour d’ateliers avec des démonstrations en temps réel et des miniconférences animés par nos experts et nos partenaires.

Thierry Halbzajt Directeur de l’Agence Entreprises Caraïbes Quelles sont les raisons qui ont motivé l’organisation de l’Orange Business Tour Caraïbes ? Nos clients attendent des solutions innovantes qui répondent aux particularités des départements d’Outre-mer. Notre contexte géographique nécessite de simplifier l’accès aux applications essentielles au développement des entreprises tout en rapprochant leurs sites, collaborateurs et leurs clients grâce aux technologies. Nous voulions faire découvrir à nos clients en un même lieu nos solutions et les réponses à leurs problématiques concernant la visio-conférence, le nomadisme, le travail à distance et/ www.INTERface-medias.com > région

Quel bilan tirez-vous de cet événement ? L’Orange Business Tour Caraïbes a remporté un succès audelà de nos espérances. Nous avons accueilli entre 80 et 100 décideurs en Guadeloupe et un peu plus de 130 en Martinique. Nous avons enregistré un très fort taux de présence sur l’intégralité de la manifestation, mais aussi une grande participation aux conférences. De plus, nous avons vu beaucoup de clients heureux de découvrir les réponses et les solutions apportées par Orange. Nos clients nous ont fait parvenir des retours très encourageants. Cela me fait dire que nous avons bien préparé cette manifestation et bien élaboré nos offres caraïbes pour répondre aux spécificités des entreprises et collectivités locales de nos trois départements.

Des participants ont évoqué des difficultés techniques - notamment la faiblesse de la capacité de bande passante, les interruptions de service - et des coûts élevés de certaines offres d’Orange. Que leur répondezvous ? Nous sommes conscients des particularités liées à la vie dans des départements, situés à plus de 7 000 km de l’hexagone. Nous proposons donc à nos clients des solutions qui peuvent être intégrées chez eux ou hébergées chez nous, dans notre réseau. Avec le cloud computing d’Orange, ils sont assurés de bénéficier d’un service à haute disponibilité et de la garantie juridique liée au droit français. Notre accompagnement va audelà des technologies, nous sommes là aussi pour les aider à mesurer les gains en termes d’amélioration de performance, de productivité, de simplicité et d’efficacité, qui sont des données essentielles à intégrer dans le coût d’une solution. » » Propos recueillis par Mylène Colmar

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CARAïBE

« Projet de société par Roger Nifle »

Un projet de société pour la Caraïbe, le modèle Caraïbéen

Caraïbe ou Caraïbes ? Un projet, une société là où le pluriel se conjugue au singulier ; là où une singularité commune donne sa cohérence à la multiplicité ; là où la communauté rassemble toutes les singularités. Pourquoi un projet de société ? Pour construire un devenir commun, celui de chacun dans le mouvement de tous. Un projet réclame un sujet, une identité commune, une volonté partagée, une compétence collective pour construire, orienter et poursuivre une histoire commune. Une société c’est l’organisation de la vie en commun mais pour les hommes vivre c’est devenir.

La « normalitude » Sans doute celle qu’Édouard Glissant stigmatisait. L’universel patenté par l’exception culturelle et justifiée par une (la) raison supérieure. La norme s’impose comme règle, structure, forme, dogme, avec sa vertu de conformité. Le vice c’est l’a-normalité, c’est-à-dire la différence. Le Même doit s’imposer à tout Autre. Tous les domaines de la vie commune sont structurés selon le dogme de la a multiplicité des terres, des rationalité universelle : juridique, adorigines, des cultures, des reli- ministrative, scientifique, éducative et gions, des monnaies, des his- son identification à la vertu. Le confortoires, des langues, des modes de misme l’emporte sur toute créativité. vie, tel est le quotidien de la Caraïbe. Égalitarisme normatif ou étatisme ne Ce n’est pas sans rapport avec la sont pas loin. créolisation qu’un Édouard Glissant situait comme une singularité d’inté- La « bloc attitude » rêt universel dans le monde qui vient. Il s’agit de faire corps contre l’adversité. Tous soudés par une passion, une « La pensée unique frappe partout où pulsion ou des mécanismes compulelle soupçonne la diversité » disait-il. sifs de rejet, de refus, de dénonciaMais il n’y a pas qu’une seule pen- tion. L’action collective c’est « tous sée unique, en voici des caricatures ensemble contre », la lutte comme principe moteur, le sentiment fusionnel explicites qui aussi se conjuguent. Roger NIFLE, Philosophe, Ingénieur en développement.

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comme liant de solidarité où les différences se fondent en se confondant. L’exclusion comme méthode de combat contre l’exclusion. Quelle société cela produit ? Totalitarisme.

Le « chacun pour moi » La généralisation des privilèges et des droits, sans limite commune sinon par la querelle des égos. La souveraineté revendiquée, exigée, par chaque groupe, chaque particularité, chaque individualité ne compose pas une mosaïque, mais un champ d’arrangements opportunistes aux configurations variables, utilitaires. Des coalitions d’intérêts, toujours provisoires. Individualisme profiteur et revendicatif.

La communauté caribéenne en projet, l’alternative du paradigme communautaire Les communautés humaines sont des communautés de personnes et des communautés de communautés. Les personnes sont parties prenantes de


plusieurs communautés, héritées ou choisies, petites et grandes, organisations, associations, sociétés, communes, groupes, régions, nations... Les communautés sont le seul lieu de la condition humaine où se joue le devenir de chacun et de tous.

Les principes

la communauté caraïbe en passant par toutes les communautés qui la composent et tous les ensembles qui la structurent. S’il est centré sur la communauté, le champ de l’économie n’a pas de frontières pour autant. C’est un nouveau modèle économique qui doit être inventé avec le rattachement de la valeur des biens et services aux valeurs communautaires et ces derniers au Sens du bien commun pour les évaluer.

de l’apprentissage de compétences collectives avec un nouveau type de gouvernance démocratique. Reste à l’entreprendre, mais pour cela il faut des entrepreneurs. Cet article vous a plu, contactez-nous : contact@interface-medias.com

La communauté caribéenne est d’une culture d’archipel, une communauté de singularités dont l’autonomie dépend de celles qui la composent. Un premier enjeu de tout projet de La méthode société c’est l’autonomisation ou em- Les principes et les articulations popowerment communautaire qui ne va sés, la méthode de l’Humanisme Mépas sans celui des personnes. Identi- thodologique commence par l’idenfier et différencier les communautés tification des communautés parties par leur originalité, leurs potentiels, prenantes et l’analyse des cohéc’est un premier travail de reconnais- rences culturelles. L’identification sance indispensable. Cultiver les po- du Sens du bien commun et des tentiels identifiés, tels sont les enjeux valeurs et potentiels associés en du projet de développement commu- est le résultat. La démarche se nautaire. C’est comme cela qu’une poursuit par l’ébauche d’un projetcadre, d’une ambisociété se construit tion qui exprime le par l’édification de La multiplicité Sens du bien comtoutes ses parties des terres, des origines, prenantes. Encore des cultures, des religions, mun selon lequel chacun pourra se faut-il reconnaître des monnaies, des retrouver et auquel les richesses huhistoires, des langues, contribuer. Ensuite maines, de compédes modes de vie, vient le temps de la tences, de caractel est le quotidien participation active tère, de sociabilité, de la Caraïbe. des acteurs pour de spiritualité, pour pouvoir les cultiver. Un modèle de construire dans leur domaine les gouvernance multi communau- projets qui s’inscrivent dans le cadre taire est certainement une des précédent établi par leurs représenoeuvres majeures à accomplir ici. tants. Ce processus est celui d’une Repenser l’économie comme éco- mise en mouvement et d’une partinomie communautaire, des com- cipation, progressives et structurées. munautés les plus petites jusqu’à Il est aussi celui d’une maturation et

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CARAïBE

« Coopération régionale »

Coopération régionale

Coordination et compromis indispensables

Cherté du transport, insécurité, manque de coordination, telles sont les problématiques abordées par Sally Yearwood, la directrice de l’Action Caraïbe Amérique Centrale, lors de la conférence-débat sur les « défis et perspectives pour la coopération régionale dans la Caraïbe et l’Amérique centrale », le 26 avril, à l’Espace régional, en Guadeloupe.

Sally Yearwood à l’extrémité droite, en compagnie de Lydia Barfleur et Alain Salzedo, respectivement directrice et trésorier de l’ICFC.

P

our animer cette conférence qu’il organisait sous l’égide de la Région Guadeloupe, l’Institut de Coopération Franco-Caraïbe (ICFC) a invité Sally Yearwood, la directrice de l’Action Caraïbe Amérique Centrale (ACAC), une organisation non gouvernementale, basée à Washington, qui encourage le développement du secteur privé dans cette zone.

Elle « facilite les actions porteuses de développement durable dans les pays, en accroissant les échanges commerciaux, mais en garantissant surtout que les règles sociales et environnementales internationales soient respectées », a précisé Alex Falémé, le président de l’ICFC.

Lors de son discours de présen- miques et leur réticence historique tation, Mme Yearwood a pointé du à renoncer à leur contrôle concerdoigt la cherté et le manque d’effi- nant certaines décisions politiques », cacité du transport maritime, pour- a assuré Sally Yearwood. Par ailleurs, elle a insisté sur « la nétant si important pour cessité d’une approche l’intégration régionale et La nécessité coordonnée pour lutter le commerce caribéen. d’une approche contre l’insécurité », en Selon elle, ces problémacoordonnée. nette augmentation dans tiques s’expliquent notamment par le fait que les gouverne- cette zone et qui représente une mements de cette zone soient encore nace pour l’industrie du tourisme et réticents à privatiser les infrastruc- l’économie. tures portuaires, d’où un manque de compétitivité et de modernisation, Se référant à l’agenda prévu par la par l’insuffisance de partenariats Communauté Caribéenne (CARICOM), entre les entreprises de transport Mme Yearwood a qualifié de « lent » et de coopération entre les ports de le processus de coopération régioces territoires. Or, les régions cari- nale, dont les obstacles majeurs béennes devraient recevoir dans les restent la grande différence de situaannées à venir encore plus de mar- tion économique entre les territoires chandises, du fait du projet d’exten- et l’absence d’une volonté politique sion du Canal de Panama, avec la claire des gouvernants. construction en cours d’une voie de passage la fin des travaux étant pré- Ndlr : Action Caraïbe Amérique Centrale (ACAC), traduction française de Caribbean vue pour 2014.

Défi de taille

Central American Action (CCAA). » » Mylène COLMAR

« Développer une politique commerciale coordonnée entre les territoires caribéens requiert des compromis, ce qui constitue un défi de taille vu leur différence de priorité, la diversité de leurs structures écono-

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CARAïBE

« News Caraïbe »

News caraïbe

COLOMBie FARC

« durant cinq décennies les FARC ont été totalement vilipendées, déformées et manipulées au niveau médiatique, et maintenant elles considèrent qu’il est temps de mettre les choses sur la table ». Cet enlèvement s’est produit à peine trois mois après l’annonce par les FARC de la fin des enlèvements à des fins économiques. Aucune rançon n’a été exigée. Le journaliste espagnol Loic Ramirez écrivait dernièrement à propos de cette affaire : « la France, si ce n’est lorsque l’un de ses ressortissants est retenu prisonnier (comme Ingrid Betancourt à l’époque, Roméo Langlois) ne traite quasiment jamais de l’actualité du pays andin.

Les Forces Armées Révolutionnaires Colombiennes (FARC) ont annoncé publiquement détenir le journaliste français Roméo Langlois, journaliste à France 24, au début du mois de mai 2012. Mr Langlois a été détenu suite à un accrochage entre le front XV des FARC et l’unité militaire que le journaliste français suivait. Le groupe a annoncé souhaiter un débat public sur la place des journalistes dans le conflit colombien et sur la liberté d’informer comme préambule avant toutes négociations pour relâcher Roméo Langlois.

Combien sont-ils à connaître les racines de cette insurrection paysanne de plus de 50 ans ?

Les FARC reprochent en effet à raison à certains groupes de journalistes de servir exclusivement à relayer la propagande d’État sur le conflit colombien, plutôt que d’en expliquer les enjeux et les raisons profondes. Le journaliste colombien Jorge Enrique Botero a déclaré dans une interview à Radio Nederland être favorable au questionnement du traitement médiatique de la guerre :

Guyane

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Combien savent ce qu’il en a coûté à ces femmes et ces hommes en armes d’emprunter les voies démocratiques en 1985 sous le drapeau de l’Union Patriotique ?

en forêt, à proximité de la frontière du Venezuela, à l’Ouest, et de celle du Surinam, à l’Est, pour éviter aux mineurs d’avoir à voyager sur plusieurs centaines de kilomètres pour pouvoir revendre le minerais extrait. Outre les problèmes liés à la violence (meurtres, vols, etc.), le gouvernement cherche à empêcher les orpailleurs guyaniens de passer illégalement la frontière du Surinam pour aller y revendre l’or trouvé dans les sous-sols du Guyana. Le pays voisin ne taxe en effet que très peu cette activité et le gouvernement du Guyana estime que près de 11 tonnes d’or sont ainsi perdues chaque année au profit du Surinam avec lequel les différents territoriaux sont nombreux. Ce volume équivaut au volume annuel extrait légalement au Guyana d’après le ministère (10,4 tonnes).

Combien, lorsque Roméo Langlois rentrera en France, se pencheront sur le sort des syndicalistes et dirigeants de gauche assassinés par les groupes paramilitaires ? »

Or

Le ministre des Ressources Naturelles et de l’Environnement du Guyana, Robert Persaud, a annoncé le 18 mai les nouvelles mesures mises en place par son gouvernement pour améliorer la gestion du secteur de l’orpaillage. Le ministre a annoncé l’ouverture de bureaux d’achat d’or

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JAMAÏQUE Cash for Gold

Après le gouvernement de la Jamaïque, celui de la Barbade s’attaque au délicat problème du « Cash for Gold ». Il s’agit à la base d’un commerce légal visant à racheter les bijoux en or inutilisés par des particuliers.


Ce commerce très en vogue s’est étendu dans la Caraïbe à beaucoup d’autres métaux comme le cuivre et le plomb. Par conséquent, de nombreuses îles doivent faire face au vandalisme de revendeurs peu scrupuleux qui n’hésitent pas à s’attaquer aux édifices et aux canalisations, publics et privés, pour se fournir en métaux à revendre.

une condamnation suite à une arrestation en possession de cocaïne en 2002 avant le début de sa carrière d’artiste. Il aurait depuis été recherché par la police des États-Unis. L’auteur du hit « nah go a jail again » (« je ne retournerai pas en prison ») aurait fui le pays à cette époque pour revenir en Jamaïque où il débuta alors sa carrière musicale.

Le gouvernement jamaïcain a tout simplement choisi d’interdire ce commerce fin 2011 ; celui de la Barbade a annoncé au mois de mai 2012 prendre des mesures législatives importantes pour mettre un frein aux dégradations relevées ces derniers mois dans l’île.

Indépendances La Jamaïque s’apprête à célébrer ses 50 ans d’indépendance à la fin du mois de juillet 2012. Le gouvernement jamaïcain sponsorise pour l’occasion le « Respect Jamaica 50 », une semaine de concerts avec à l’affiche les plus grandes célébrités du reggae et du dancehall jamaïcain (Damian Marley, Jimmy Cliff, Shaggy, Junior Murvin, Mutabaruka, Tarrus Riley...). L’indépendance, toute relative, des îles de la Caraïbe sera aussi le sujet d’une conférence internationale organisée à La Havane par l’Université Cubaine, l’University of the West Indies, et le Centre d’étude de la Caraïbe Puerto-Ricain, au mois de Septembre 2012.

Busy Le célèbre artiste jamaïcain Busy Signal, de son vrai nom Glendale Gordon, a été arrêté en Grande-Bretagne à la suite d’une tournée de promotion, puis transféré à la Jamaïque le 21 mai 2012. « Busy » est accusé d’avoir voyagé en Europe avec un faux passeport. Il a été arrêté à l’aéroport de Kingston par une équipe de la police spéciale jamaïcaine accompagnée de Marshalls des États-Unis et de responsables de l’ambassade de Grande Bretagne.

RéP.DOMINICAINE Bateyes

Les politiques migratoires de la République Dominicaine à l’encontre des travailleurs migrants haïtiens changent progressivement. Depuis plus d’un demi-siècle, des travailleurs clandestins haïtiens sont en effet employés dans les secteurs de l’agriculture et de la construction pour le plus grand bénéfice des employeurs de ce secteur et avec la complicité de l’État.

Des réseaux de trafic d’êtres humains ont opéré depuis plusieurs dizaines d’années avec la complicité de l’armée pour amener ces travailleurs depuis la frontière haïtienne. Les travailleurs migrants continuent aujourd’hui encore à vivre dans des bidonvilles Les universitaires caribéens comme sordides, les bateyes, dans des condile Barbadien Tennyson Joseph sou- tions proches de l’esclavage. lignent de manière de plus en plus ouverte le très faible degré d’indé- Pour remédier à ce problème, le goupendance de la Caraïbe, réclamant vernement dominicain a mis en place une « seconde révolution d’indépen- depuis janvier 2012 de nouvelles mesures obligeant les employeurs dance » pour la région. de ces secteurs à des déclarations plus strictes de leurs employés. Ces derniers demeurent tout à fait réticents face à ce qu’ils présentent comme une forte augmentation de leurs coûts de production : les travailleurs haïtiens représentent entre 60 et 80% des travailleurs dans les champs de riz et de bananes pour ne citer que ces deux exemples.

Une demande d’extradition à son nom avait en outre été déposée par Anancy Story le gouvernement des États-Unis de- L’Anancy Festival, célébrant la culture puis quelques mois et l’artiste aurait caribéenne, se déroulera à partir du 9 Juin 2012 à Kingston, Jamaïque, depuis lors été introuvable. ainsi qu’à Fort Lauderdale, WashingL’artiste jamaïcain, qui possède une ton et New York, USA. Le détail comcarte de résident aux États-Unis, ne plet du programme est disponible sur se serait pas présenté devant un tri- le site du festival : bunal du Minnesota (États-Unis), pour www.anancyfestival.com www.INTERface-medias.com > caraïbe

Ces évènements se produisent dans un contexte de très fort racisme à l’encontre des Haïtiens, et plus généralement des populations noires, dans le territoire hispanophone. La communauté de résidents haïtiens est estimée à plus d’un million de personnes en République Dominicaine.

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CARAïBE

« News Caraïbe »

Recensement Les résultats du dernier recensement (2010) viennent d’être publiés en République Dominicaine. Ils montrent une augmentation de 71% de la population urbaine, qui dépasse aujourd’hui les 7 millions de personnes, soit 74% de la population totale. Moins de 2 millions de personnes vivent aujourd’hui encore dans les campagnes de République Dominicaine, la plupart des ruraux étant attirés par les emplois miséreux des zones franches de la capitale Santo Domingo et du secteur touristique de la côte caribéenn.

HAÏTi

Lors du conseil des ministres durant lequel il a pour la première fois réapparu en public, Hugo Chavez a Toussaint souligné l’échec cuisant de la cam- La série télévisée Toussaint, diffupagne électorale de l’opposition, dont sée en deux épisodes sur la chaîne le candidat stagne à 20 points de française France 2, a récolté en retard depuis 4 mois. Chavez a an- début d’années plusieurs récomnoncé lors de ce conseil des ministres penses, notamment au festival de le lancement son programme nommé film et d’art panafricain (http://2012. paff.org) et au Africa Movie Acadela « transition vers le socialisme ». my Awards (considéré comme les « Oscars » africains). La série regardée par plus de 3 millions de personnes durant sa diffusion dépeint l’histoire de Toussaint Louverture et de la glorieuse révolution haïtienne, considérée par bien des auteurs, dont Aimé Césaire, comme un acte fondateur de la Caraïbe contemporaine.

MEXIQUE

Naufragés

Deux pêcheurs jamaïcains de 21 et 26 ans ont été retrouvés sains et saufs, sur les côtes mexicaines, après une longue dérive de 28 jours Réserve naturelle sur leur embarcation de pêche de la Sierre Caral à travers la Mer des Caraïbes. Tuer des journalistes Une nouvelle réserve naturelle vient Poussé à partir en mer malgré de ne peut pas tuer la vérité mauvaises conditions météorologi- Plus de 5 000 manifestants ont pro- de voir le jour sur les rives cariques en raison de leur situation testé devant les bureaux de la com- béennes du Guatemala, autour de financière, l’équipage a perdu de mission des droits de l’Homme dans la Sierra Caral. Cette réserve abrite vue le navire principal dans le mau- la capitale du Honduras contre les une biodiversité exceptionnelle en raison de la convergence de faune vais temps et s’est finalement perdu assassinats de journalistes. et de flore d’Amérique du Nord et en mer, à cours de carburant. Deux des trois naufragés ont survécu au Depuis que le président Manuel d’Amérique du Sud. Par ailleurs, la périple en se nourrissant d’oiseaux Zelaya a été renversé le 28 Juin protection de cette zone est cruet de poissons pêchés en mer. Après 2009 par un coup d’État militaire, ciale pour la préservation de ce que avoir été interceptés par les autori- une vingtaine de journalistes ont été les biologistes nomment le « couloir du jaguar » : une zone de forêt tés mexicaines et avoir été soignés assassinés au Honduras. vierge centre-américaine permetà l’hôpital de Cancun pendant trois tant à de nombreuses espèces anijours, les deux survivants ont été males (oiseaux, couguars, etc…) de renvoyés sains et saufs en Jamaïque Earl Lovelace continuer à migrer de manière saile 19 mai. L’écrivain trinidadien Earl Lovelace sonnière entre les deux Amériques. (The dragon can’t dance, Salt, etc…) Plus de 70 000 hectares de forêts a remporté le 29 avril 2012 le prix disparaissent chaque année au Bocas de littérature caribéenne Guatemala en raison de pratiques pour son 6 ème ouvrage : « Is Just a économiques prédatrices. » » Romain CRUSE Movie ». Bien qu’écrivant en anglais, Lovelace est connu pour son style très proche de celui des écrivains créoles francophones, avec une langue vivante faisant large part au Hugo Chavez créole local. Le président vénézuélien Hugo Chavez est réapparu pour la première Ses livres décrivent l’histoire du fois à la télévision vénézuélienne pays à travers les portraits de perà la fin du mois de mai 2012, 15 sonnages et de paysages locaux. jours après son retour de Cuba où Les juges du festival basé à Port of il avait subi une seconde phase de Spain ont décrit son ouvrage comme radiothérapie. « intensément poétique et lyrique ».

HONDURAS

TRINIDAD

VENEZUELA

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GUATEMALA


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enjeux

« Développer ses produits à l’international »

Comment

CONQUÉRIR LE MARCHÉ INTERNATIONAL

Une entreprise qui voit ses produits appréciés pour leur qualité sur son marché domestique peut être tentée d’essayer de les vendre sur des marchés internationaux. Les exemples illustratifs de cette stratégie sont légion, pour les petites entreprises et leurs marques spécifiques, comme pour les grands groupes et leurs marques internationalement reconnues.

A

insi par exemple, ce sont près de 100 000 PME (Petites et Moyennes Entreprises) françaises, 200 000 PME allemandes et 170 000 PME italiennes qui sont actuellement engagées à l’international et nombreux sont les responsables de ces entreprises qui imputent leur succès, à la fois au caractère innovant de leur offre de produit ou de service, mais aussi à une bonne préparation de cette offre aux marchés visés.

En effet, il semble que l’adaptation soit plus appropriée dans le contexte des produits de consommation courante (exemples : alimentation, textile) que dans celui des produits industriels (exemples : industrie mécanique ou électronique) où les gestionnaires cherchent davantage à bâtir leur performance sur la standardisation de leur offre et sur des économies d’échelle.

jugement des responsables de l’entreprise. Il est ainsi possible d’identifier 4 niveaux différents dans l’adaptation d’un produit sur un marché étranger s’imbriquant graduellement l’un dans l’autre, du niveau « 0 » au niveau « 3 » :

Être vigilant sur l’adaptation légale et réglementaire

(niveau « 0 »)

La pratique de l’adaptation de Certains dirigeants font preuve de l’offre aux marchés étrangers, soit myopie dans leur vision stratégique Ainsi, les dirigeants de trois PME l’ensemble des modifications volon- internationale en pensant que leur interrogés en mars 2012 sur les rai- taires apportées au produit ou au produit peut être commercialisé « tel sons de leur succès à l’international service pour le commercialiser hors quel » à l’étranger. ont unanimement insisté sur « l’im- du marché domestique, revêt en Ainsi, ils peuvent commettre des portance de préparer son produit ou effet des formes diverses. erreurs lourdes de conséquences son service à l’internationalisation et également aux différents contextes Ces dernières s’étirent graduelle- en estimant par exemple que si leur locaux » . ment sur une échelle bipolaire allant produit passe sans problème les des amendements réglementaires douanes, il sera au niveau « 0 » de Même si les spécialistes en mar- obligatoires (exemples : étiquetage l’adaptation et pourra être mis en keting international s’accordent ou mention de certains ingrédients) marché immédiatement. Hélas, les sur le fait que toute offre commer- jusqu’aux modifications de produc- contre-exemples sont nombreux. ciale destinée à l’exportation doit tion ou de nature marketing et comtenir compte des particularités lo- merciale décidées volontairement Par exemple, au Canada les services cales des pays visés, force est d’ad- pour mieux écouler le produit dans frontaliers des douanes sont très mettre que la réalité du monde des un contexte socioculturel spécifique vigilants pour les produits alimenaffaires contraint les entreprises à (exemples : nom de marque, embal- taires « frais » (fromage ou foie gras concilier cette nécessaire adaptation lage, conditionnement). Ces niveaux frais par exemple), mais beaucoup avec des contraintes de coût, de ren- d’adaptation se distinguent dans le moins sensibles pour les produits en tabilité et de performance. sens où certains sont obligatoires conserve ou embouteillés. alors que d’autres sont laissés au 52

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Ainsi un pot de confiture pourrait S’ouvrir aux particul’emballage. Lorsque des différences passer les frontières assez facile- larités de la langue plus profondes de consommation ment et se retrouver en épicerie tout et de la culture du existent, des adaptations de niveau en ayant un emballage illégal (par pays visé « 2 » doivent être opérées s’avérant exemple, car il aura été omis de pré- (niveaux « 1 » & « 2 ») plus coûteuses. Par exemple, les ciser sur l’étiquette la présence de Les particularités de la langue du habitudes de vie et d’achat des substances allergènes). Une livrai- pays, telles que le vocabulaire géné- Canadiens les amènent à faire des son pourrait donc entrer au Cana- ralement utilisé ou le sens spéci- achats moins fréquents que les da tout en ne répondant pas à la fique donné à certains mots dans le clients européens, plus éloignés de législation en vigueur, et en consé- langage courant, sont essentielles leurs foyers, parfois dans de grandes quence, être déclarée impropre à la pour travailler sur la problématique surfaces de type entrepôt. de l’adaptation de niveau « 1 ». Par commercialisation. exemple, même si au Québec la De ce fait, les produits français exLa non-prise en compte de l’adapta- langue couramment utilisée est le portés devront être vendus dans des tion légale des produits à leur mar- français, il existe des différences formats individuels plus volumineux ché peut s’avérer coûteuse (frais notables dans l’usage et le sens de qu’en métropole par exemple. d’avocats, stockage puis retour des certaines expressions pourtant comproduits impropres à la commercia- munes en apparence avec le « fran- Faire une offre spécifique (niveau « 3 ») lisation ou destruction des produits). çais de France ». Enfin, le niveau « 3 » consiste en la Cette vigilance doit également con- Par exemple, une boisson gazeuse création d’une gamme ou d’une offre cerner le secteur des services. Par appauvrie en sucre est désignée totalement pensée et adaptée à un exemple, au Québec, les conseillers comme étant « diète » au Québec marché. en orientation (qui sont, par exemple, alors que nous parlons en France les personnes habilitées à faire pas- d’un produit « light » (exemple : Pepsi Pour illustrer notre propos, nous ser des tests psychologiques pour « diète » au Canada et Pepsi « light » évoquerons l’exemple de l’indusune meilleure orientation profession- en France). Pour ne prendre qu’un trie touristique et de la manière nelle des individus) font partie d’un seul autre exemple, plus cocasse dont certaines îles des Antilles celui-ci, un produit pour enfants ne (Cuba et République Dominicaine ordre professionnel . pourra jamais être présenté au Qué- par exemple) commercialisent leur Un consultant venant de l’étranger, bec comme un produit « pour les offre en sol canadien et québécois et qui souhaiterait exercer ce métier gosses », le sens québécois de cette sous une forme particulière nommée « le tout inclus ». de conseil en orientation au Québec expression étant tout autre ! (nous sommes dans un cas d’exportation d’une prestation de service) La plupart des adaptations de niveau Annuellement, entre décembre et avril, serait en position illégale s’il n’ap- « 1 », essentielles en marketing, ne environ un sixième de la population partenait pas à l’Ordre, quelles que seront pas majeures en terme de québécoise (soit presque un million soient sa compétence, son expertise coûts, car elles affectent seulement de personnes) va prendre une semaine ou ses expériences hors des fron- les attributs externes du produit de vacances « dans le Sud » selon tels que son nom ou les couleurs de l’expression consacrée. tières de la Belle Province.

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enjeux

« Développer ses produits à l’international »

Frédéric et Catherine Parissier.

(1) « L’international, trop loin pour les entreprises françaises ? », S. Bourcieu, www.lemonde.fr, 13 février 2012.

Les températures hivernales étant extrêmement basses au Québec sur une période de près de 6 mois, les habitudes font qu’une part importante de la population prend une semaine de congés à la recherche surtout et avant tout de soleil, de plage et de température chaude. La plupart de ces voyages se font en petit groupe (deux couples ou une famille) et la formule du « tout inclus » est incontournable. L’offre touristique qui séduit assez facilement les touristes de métropole en demi-pension ou en hôtel ne sera pas en mesure de satisfaire les goûts du public québécois et, faute de s’y adapter, elle ne rejoindra pas ou peu cette cible de clientèle. Vouloir vendre à l’étranger exige un minimum de compréhension du contexte réglementaire en place et des particularités de consommation et de comportement des acheteurs ciblés. Une réflexion sur l’adaptation de l’offre

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(2) « Les clés du succès pour 3 PME françaises qui ont tenté l’international : « préparer, investir, savoir, s’entourer et se faire accompagner », http://www.itrmanager. com/articles/130563/cles-succes-3-pme-francaisesont-tente-international.html, consulté le 9 juin 2012. (3) «Stratégie d’adaptation du produit et performance à l’export ; Effets du secteur d’activité et des caractéristiques internes de l’entreprise », Ben youssef zghidi Afef et Zaiem Imed, XXème conférence de l’AIMS, juin 2011, Nantes http://www.strategie-aims.com/. (4) D’après « Marketing International ; un consommateur local dans un monde global », C. Croué, Éditions De Boeck Université, 2006, p.382-383. (5) http://www.hc-sc.gc.ca/fn-an/label-etiquet/allergen index-fra.php consulté le 9 juin 2012. (6) http://www.orientation.qc.ca/

s’impose donc, mais en identifiant de manière raisonnée le niveau ou encore l’intensité requise de cette nécessaire adaptation, selon une logique marketing, mais aussi de rentabilité. Vous êtes intéressé par cet article, contactez-nous : contact@interface-medias.com

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(7) http://fr.wikipedia.org/wiki/ Lexiquedufran%C3%A7ais_qu%C3%A9b%C3%A9cois consulté le 9 juin 2012. (8) Le lecteur intéressé pourra par exemple visualiser les gammes de produits alimentaires vendus dans la chaine Costco (http://www.costco.ca/Browse/Product.as px?Prodid=10353319&whse=BCCA&Ne=2000000&eC at=BCCA|20418&N=2001943&Mo=17&No=15 Nr=P_ CatalogName:BCCA&cat=22782&Ns=P_Price_fr|1||P_ SignDesc1_fr&lang=fr-CA&Sp=C&topnav=) consulté le 9 juin 2012.


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TENDANCES

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TENDANCE

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TENDANCE

« Chronopassion »

Hublot SKULL BANG Elégante et anticonformiste tout en étant sport, la Classic Fusion Skull Bang 45 mm nous rappelle tous les jours qu’il faut saisir chaque in tant de la vie. En full céramique noire arborant une belle tête de mort stylisée sur son cadran, elle fait déjà figure de collector. Limitée à seulement 100 exemplaires dans le monde, elle a été développée spécialement par Hublot pour son ami et partenaire parisien de longue date Laurent Picciotto, un génie de l’horlogerie. Il a en effet été parmi les premiers à croire en Hublot en ouvrant la première boutique de la marque horlogère suisse au monde en 2007 au 271 Rue Saint Honoré dans le 1 er arrondissement, où la Classic Fusion Skulln Bang sera vendue exclusivement et en série limitée (100 exemplaires numérotés de 0/100 à 100/100). Tél.: 01 47 03 39 99 En vente exclusivement au 271 Rue Saint Honoré 75001 Paris

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CULTURE

« Euzhan Palcy »

« Dans la vie,

on a une mission »

Egérie pour certains, femme incontournable du 7ème art pour tous, le parcours de la Martiniquaise Euzhan Palcy est jalonné d’œuvres engagées et de rencontres avec de grands humanistes qui ont marqué sa vie et sa carrière. un tremplin pour Paris, afin de pour- La mémoire des suivre ses études cinématographiques. Antillais portée à l’écran « La veille de mon départ, j’ai rencontré Euzhan fait ses études de cinéma à Aimé Césaire, alors maire de Fort-de- Louis-Lumière et de littérature à la France, juste pour lui dire bonjour et Sorbonne, tout en travaillant comme merci pour m’avoir tellement inspirée. assistante réalisatrice sur quelques J’ai vécu un très grand moment. Et lui, il films. Puis se lance dans son premier ne m’a plus lâchée, passionné par mes court métrage « l’Atelier du Diable », Euzhan PALCY. projets cinématographiques et mes un conte initiatique. Il est alors temps ambitions de jeunesse. Il est vrai qu’il pour elle d’aller au bout de son rêve, ien à l’origine ne prédestinait n’existait pas de cinéaste martiniquais et d’adapter le roman de Joseph la petite Euzhan à devenir une professionnel avant moi. Je pense que Zobel « La Rue Cases-Nègres ». grande dame du 7ème art. Née cette idée l’a réellement intéressé et Un défi colossal ! Le combat d’une dans un petit village de Martinique, il s’est proposé de m’aider. Ce qu’il grand-mère dans les années 30 pour elle découvre, avec enchantement, ses fera puisqu’il a largement financé la permettre à son petit-fils d’accéder premiers films à la salle paroissiale, à réalisation du film Rue Cases-Nègres ». à l’éducation. Non seulement c’était dix ans. Elle est tout simplement fasci- Juste retour des choses, en 1994, le premier film du genre, sur fond de née. Une passion qui ne devait plus la Euzhan Palcy lui consacrera un très colonialisme, ponctué de dialogues en quitter. Petite fille turbulente, sa mère beau documentaire : « Aimé Césaire : créole, mais réalisé par une femme lui impose la lecture du livre-culte et Une voix pour l’histoire ». « Césaire cinéaste, jeune et noire. Naturellement, autobiographique de Joseph Zobel m’a apporté beaucoup de nourriture ce fut un parcours semé d’embuches et « La Rue Cases-Nègres ». L’histoire spirituelle et humaine. S’il n’avait pas il lui fallut plus de trois ans pour en venir d’une grand-mère, une sorte de mère existé dans ma vie, je ne sais pas si je à bout. Une fois encore, une rencontre courage, se tuant à la tâche pour que me serais consacrée à ce type de films ». décisive va orienter son destin, celle son petit-fils José puisse réussir ses de François Truffaut, qu’elle considère études et échapper à la misère. Nous comme l’un de ses maîtres en matière sommes dans les années 30. « J’ai de création cinématographique. Intrigrandi avec ce livre, il m’a fait rire, gué par sa personnalité et sa passion pleurer et j’ai su que j’en ferai un film ». du cinéma, Truffaut devient son parrain. Mais avant tout, il lui faut apprendre. Il la conseille sur l’écriture du scénario A 17 ans, elle réalise son première et lui monte son équipe technique. Elle moyen métrage « La messagère » qui aura aussi le soutien du producteur « Lucinda Messager ». sera diffusé à la télévision antillaise ; Claude Nedjar (« La Guerre du Feu »).

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« Les Mariées de l’Isle Bourbon ».

En 1983, le film « Rue Cases Nègres » connaît la consécration à la Mostra de Venise avec ses cinq prix dont le Lion d’Argent et le prix d’Interprétation Féminine. Il rencontre l’adhésion unanime des critiques et du public français. Il remporte également le César 1984 de la Meilleure Première Œuvre de fiction ainsi que 17 prix internationaux. Plus important, avec « Rue Cases Nègres », Euzhan Palcy mettra les Antilles sur la carte mondiale du 7ème art. Robert Redford, figure emblématique du cinéma américain, est enthousiasmé. Il appelle la jeune Martiniquaise et lui propose de participer aux ateliers de mise en scène de Sundance. Elle le considère du reste après Césaire et Truffaut comme son troisième parrain. C’est la première cinéaste française à être reçue par Sundance. A cette même époque, le studio Warner la contacte en vue de réaliser des films pour eux. Une occasion unique pour la jeune femme, même si Hollywood n’est pas vraiment sa tasse de thé. Mais c’est elle qui imposera son choix : elle veut mettre en scène le roman d’André Brink, « Une saison blanche et sèche ». L’histoire d’un enseignant blanc, qui au nom de sa dignité d’homme va s’ériger contre l’apartheid.

Robert Redford, Marlon Brando et les autres La Warner accepte et développe le projet pendant deux ans et demi mais le met au fond d’un tiroir aussitôt que le film de Richard Attenborough « Cry Freedom » sort. Peu importe, plus décidée que jamais, en 1989, Euzhan propose son projet à la MGM. Marlon Brando impressionné par ses engagements en faveur des droits des minorités se propose de l’aider et va jusqu’à interpréter gracieusement l’un des rôles principaux. Première réalisatrice noire à être produite par un studio d’Hollywood, elle reçoit le prix Orson Welles pour l’importance et

la qualité cinématographique de son travail. Roger Ebert, le plus grand critique de cinéma des Etats-Unis dit d’elle : «  Euzhan Palcy s’est imposée à moi comme preuve que de grands réalisateurs peuvent venir de n’importe où, mais qu’ils doivent savoir qu’ils sont grands et croire en eux  ». Quelques années plus tard, en 1995, Nelson Mandela recevra la réalisatrice, en reconnaissance à tout ce travail de mémoire envers les Noirs. En 1992, Euzhan Palcy revient en France pour réaliser son 3ème long métrage : « Siméon ». Un conte musical fantastique qui se déroule aux Antilles et à Paris. Puis elle décide de taquiner le documentaire : toujours dans la mise en valeur de la culture et de l’histoire des populations d’Outremer. En janvier 1999, retour aux USA où la presse américaine honore son film « Ruby Bridges ». Cette œuvre est pour la cinéaste, l’occasion de mêler ses talents conjoints de réalisatrice et de productrice dans une fresque historique, relatant la bataille d’une enfant de cinq ans pour à bas mettre les barrières de la discrimination raciale dans les années 1960. Quelques mois plus tard, la 20thCentury Fox la sollicite pour concevoir et écrire un long métrage d’animation dont l’action se déroule en Afrique de l’Ouest, 2 000 ans avant J.C. En 2001, elle réalise pour Paramount et Showtime Pictures « The Killing Yard », avec Alan Alda et Morris Chestnut : un drame inédit sur la mutinerie de la prison d’Attica, dans l’Etat de New-York, en 1971, et sur la répression et les implications judiciaires de cette tragique rébellion.

« dissidents » par l’amiral Pétainiste Robert, maître absolu des îles. « J’ai voulu faire ce film témoignage pour réparer une injustice (l’oubli par la Nation) et laisser des traces de ce pan important de l’histoire de France et de notre histoire, laquelle est toujours dite par d’autres et donc déformée. Ceux qui sont partis combattre étaient tous des gamins. Ils ont attendu 64 ans pour une reconnaissance nationale ». C’est en juin 2009 que cet honneur leur a enfin été rendu, lors d’une visite en Martinique et en Guadeloupe de Nicolas Sarkozy. « J’ai réussi enfin à obtenir cette reconnaissance. Dès 2004, j’ai hanté les bureaux de l’Elysée et je me suis fâchée, estimant qu’ils méritaient tous la Légion d’honneur », qu’elle même a reçu, en 2004 de Jacques Chirac. En 1995, François Mitterrand l’avait nommé Chevalier de l’Ordre National du Mérite et en 2000, la Martinique baptise un collège de son nom.

Défendre des valeurs universelles

En 2006, elle tourne, une série pour France 3 (« Les Mariées de l’Isle Bourbon ») tournée à la Réunion. Cette fiction télévisuelle de trois heures, est une grande fresque historique sur le peuplement de l’île au 17ème siècle. Il fallait leur L’année dernière, à l’occasion du 64ème festival de Cannes, un vibrant homrendre cet hommage En 2005, elle réalise « Parcours de mage lui a été rendu, avec son film dissidents », un film documentaire « Rue Cases-Nègres ». Sa diffusion fut pour France 5, avec la voix de son ami une fois de plus un succès. « ProbaGérard Depardieu. Ce documentaire blement parce qu’il parle de valeurs qui débute par « J’ai eu peur mais je universelles comme l’identité, la lutte devais donner l’exemple parce que sociale, l’amour, la mort, l’espoir etc… j’avais trop lu Corneille…Horace », Je pense que c’est la même démarche lève le voile sur la participation de que celle d’un Césaire quand il parle jeunes Antillais (filles et garçons), à la de négritude ; il se bat certes pour défense et libération de la France du- les Noirs, mais aussi pour tous les rant la Seconde guerre Mondiale, aux opprimés de la Terre. Moi, avec ce film, côtés du général De Gaulle. Au cœur je mène une lutte contre toutes les des Amériques, à 7 000 km de l’Hexa- formes de discriminations ». gone, ils entendent l’appel du 18 juin, www.euzhanpalcy.co se mobilisent et décident de partir. » »Marie-France Grugeaux-Etna Ils sont alors traqués et traités de

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CULTURE

« Festival International de Jazz de Montréal »

C’est à montréal que bat le cœur de LA Planète JAZZ !

ORGONE au Festival International de Jazz de Montreal © FIJM Jean-F.Leblanc

La 33ème édition du Festival International de Jazz de Montréal a connu un record cette année, celui du bonheur ! Avec une programmation d’une qualité renversante, les assoiffés de musique sont encore étourdis par ce tourbillon de musique qui a brassé Montréal du 28 Juin au 7 Juillet 2012.

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onsacré par le Guinness World Records comme le festival de jazz le plus important de la planète, le Festival International de Jazz de Montréal est, depuis plus de 30 ans, synonyme de passion musicale. La métropole francophone d’Amérique devient ainsi chaque année, pendant une dizaine de jours le lieu de rendez-vous

Laurent SAULNIER, ALAIN SIMARD © FIJM Frédérique Ménard-Aubin

des amateurs de toutes les musiques Le tout sur un site unique au monde, liées au jazz. Le festival compte la ouvert de midi à minuit (les concerts et présence de près de 30 pays, 3 000 soirées en salles continuent jusqu’aux musiciens et amuseurs publics, 1 000 petites heures) et conçu pour répondre concerts, activités et animations – dont à tous les besoins des festivaliers, au les 2/3 gratuits – une quinzaine de beau milieu d’un centre-ville fermé à scènes intérieures et une dizaine exté- la circulation automobile. Bref, pendant rieures, et reçoit plus de 2 millions de ces semaines magiques, c’est à Monvisiteurs ! tréal que bat le cœur de la planète jazz !

puisqu’il est devenu le plus grand festival au monde. Il apporte une notoriété à la ville car le Festival de Jazz est devenu un symbole de Montréal, c’est la principale attraction touristique cela génère au delà de 100 millions de dollars de retombées économiques dans la métropole, et une grosse couverture de presse internationale.

Alain SIMARD

Que répondez-vous à ceux qui ne Président-Fondateur du FIJM connaissent pas encore, disant « le Comment a commencé cette aventure ? jazz, ce n’est pas trop mon style » ? J’organisais des concerts, à l’époque Avec plus de 2 millions de visiteurs c’est des festivals pop il y a plus de 30 ans, un festival très grand public, avec toutes j’étais hippie et je rêvais de faire un les musiques du monde, le public fait grand festival. J’ai choisi le jazz parce beaucoup de découvertes. La majorité que le jazz n’avait pas de langue, avec des concerts sont gratuits, il n’y a que les une influence de toutes les musiques grands noms en salles qui sont payants. du monde. Cela m’a pris quelques an- Alors justement c’est l’occasion idéale nées avant de réussir à faire lever ce d’ouvrir ses horizons musicaux, et parfestival, qui existe maintenant depuis fois le jazz peut être très bon, même pour 33 ans et connaît un succès étonnant quelqu’un qui n’aime pas le jazz.

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En termes de sponsors et de financement, est-ce que ceux-ci vous suivent d’année en année ou devezvous travailler sur le montage financier pour chaque édition ? Comme l’évènement est très populaire, nous avons des contrats de plusieurs années avec les sponsors, et comme presque tous les spectacles sont gratuits, c’est très gratifiant pour les sponsors parce que les spectateurs sont conscients que ces spectacles là leur sont offerts par les sponsors, cela représente 44% du budget. C’est valorisant pour leur image, l’image du Festival de Montréal est très positive, et ce qui est important pour nous ce ne sont pas les records d’affluence, de ventes, ou de chaleur, mais le record de bonheur, car c’est ce qui reste avec chacun. » » P.d.A


« Plus de 2 millions de visiteurs, 1 000 concerts, 30 pays, 250 000 touristes, 400 journalistes, 10 scènes extérieures, 14 salles de concert, 100 millions $ retombées économiques ».

Norah JONES © FIJM Denis ALIX

I

mpossible de citer tous les artistes présents cette année, de Stanley Clarke à Liza Minelli, Seal, Norah Jones, James Taylor, Souad Massi, Nina Attal etc... Récompensé de plusieurs prix, bête de scène à la musique incandescente, citons le Montréalais d’origine Haïtienne, Wesli : « Notre 3ème participation au FIJM, c’est exceptionnel, c’est toujours une expérience particulière, le public est souvent très mélangé, beaucoup de cultures différentes, répondant à ce que nous attendons avec le WesliBand, nom du groupe, un collectif basé sur un artiste. Notre musique est un mélange de néo-world, reggae root, afro-beat, avec aussi l’influence de la musique Haïtienne, c’est du world beat, tout le monde peut se retrouver dans ma musique et je l’envoie au monde entier » !

SEAL © D.R

En terme de retombées, c’est vraiment un moment exceptionnel dans ma carrière, le Festival de Montréal me fait confiance une 3ème fois, c’est très prestigieux, quand on a la confiance de ce festival là, on est satisfait parce que le public est là, l’organisation est là, tout est exceptionnel ici. J’enregistre mes disques surtout à Montréal et en Haïti, le son d’Haïti me tient à cœur, je l’emmène tout le temps dans ma musique. C’est aussi une musique engagée, je me bats pour la liberté d’expression, la liberté des femmes, la liberté anti-colonisation, sans parler de la politique mais plutôt de l’aspect économique, par exemple en Haïti il y a 10 millions de personnes, et c’est à peine si 2 millions peuvent manger à leur faim, alors que nous sommes en 2012 ! Il y a beaucoup de messages qui passent dans ma musique, cette musique là pour moi c’est une musique qui appartient au monde, c’est un son que je vais chercher en Haïti, avec des sons africains, montréalais, mon album est enregistré partout dans le monde. Nous préparons la tournée en Europe pour 2013. La suite sur le festival de Montréal 2012 et focus artistes dans le prochain numéro d’Interf@ce. » P.d.A

Tout le site est animé de spectacles de qualité (gratuits) pour petits et grands © FIJM Jean-F.Leblanc

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Laurent SAULNIER Vice-Président Programmation et Production depuis 13 ans « Avec plus de 1 000 concerts sur 10 jours, il y a de la marge pour faire autre chose que du jazz pur et dur. Pour inviter des artistes il faut que leur musique soit apparentée au Jazz, des musiques cousines, voisines, qui ont influencé le jazz, ou qui ont été influencées par le jazz. Par exemple le reggae et le jazz s’influencent mutuellement (cette année entre autres Wesli et Danakil), le fameux guitariste Jamaïcain Ernest Ranglin, réputé pour être l’inventeur de la guitare reggae, a commencé par le jazz. On s’aperçoit rapidement que le jazz peut mener à tout ou presque. Que les amateurs visitent le site internet, et vous verrez la liste éclectique d’artistes, pour tous les goûts. Un festival de cette envergure ne peut pas se faire n’importe où dans le monde, ici le festival s’est enraciné géographiquement, culturellement, financièrement, le contexte est essentiel, il faut que les racines prennent ». » P.d.A. Rendez vous pour la 34 ème édition, du vendredi 28 Juin au dimanche 7 Juillet 2013. www.montrealjazzfest.com

WESLI © FIJM Jean-F.Leblanc

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CULTURE

« Christian ROLAND »

CHRISTIAN ROLAND

Peintre de l’INTÉRIORITÉ de l’être

L’intérêt (…) des peintures de Christian ROLAND réside dans la complexité de l’espace littéral représenté, fragmenté et multiple dans lequel se mélangent morceaux de corps ou de figures, symboles, et parfois, matières diverses (…). La présence permanente de la courbe et contre courbe évoque sensualité et douceur. Roland reprend ce postulat à son compte « les formes rondes sont humaines ». Nous sommes confrontés à l’intériorité de l’être : le secret, le caché, l’intime. Les œuvres de Christian Roland mettent en lumière le côté sombre de la personne humaine, son inquiétude face au monde (…).

Une peinture METAPHYSIQUE et SYMBOLIQUE

Les créations picturales de Christian Roland peuvent paraître énigmatiques et incompréhensibles au premier abord et semblent nécessiter des clefs. Le titre de l’œuvre est l’une de ces clefs. L’artiste, côté chez Drouot, fait appel au regardeur et laisse libre cours à la vision de ce dernier. Il s’agit de contempler l’œuvre tout simplement. La peinture de Christian Roland impose une double distanciation. Cet écart est

proposé par l’artiste lui-même pour la surréalisme est manifeste sur le plan mise à distance du désordre intérieur stylistique. Dali disait « la différence préalable à l’acte de peindre. Malgré entre un fou et moi est que je ne des contrastes chaud/froid maîtrisés suis pas fou ». Dans le travail de Dali et l’utilisation de dégradés subtils, il la différence réside dans le fait de y a une certaine froideur dans les livrer (...) partiellement les rêves ou toiles comme si l’artiste, par pudeur, les visions tels qu’ils apparaissent à n’avait pas tout livré. Cette froideur l’artiste. Dans la peinture de Roland, met de la distance également entre dans l’équilibre des contrastes utilicelui qui regarde et l’œuvre. En sés, rêves et visions intérieures se parallèle il y a dans les productions tiennent. de Christian Roland un côté paisible et apaisant, invitant à la méditation. Références : Gilles Girard, ancien La référence à Salvador Dali et au élève de l’école du Louvre.

Une Composition - 130x98 • Le Tibétain - 120x120 • Le Voyage vers l’art - 120x120 • Le Musicien - 116x89.

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INTERf@ce > ACTEUR

Interf@ce N°9  

Le magazine économique caraibéen

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