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R AP P ORT D’A CT IVIT E 2 011 INST IT UT L OUIS B A CHE L IE R


1. Le Message du Président Après deux ans d’existence, l’Institut Louis Bachelier - Centre d’Innovation Financière - a répondu aux attentes de ses fondateurs et a trouvé sa place dans le monde de la recherche en Banque/Finance/Assurance, tant académique que professionnel. Avec le précieux soutien du Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie et de la Caisse des Dépôts, les équipes de la Fondation du Risque et de la Fondation EIF ont été regroupées au Palais Brongniart et renforcées par des moyens propres à l’ILB, sous la direction de Jean-Michel Beacco. Dans le cadre du Pôle de compétitivité mondial Finance-Innovation, l’ILB a aujourd’hui le projet de développer son action sur le thème « Redonner du sens à la finance ». Quelques éléments sur le bilan 2010/2011 : • l’ILB aujourd’hui organise annuellement plus de 80 évènements scientifiques en collaboration avec les chaires de recherche, • initie le lancement de nouveaux programmes de recherche, 25 chaires et initiatives de recherche fonctionnent à ce jour, • soutient la diffusion de la recherche au plus grand nombre via les Cahiers de l’ILB et du site e-fern.org, qui deviendra « finXchange.org » en septembre 2011 avec des fonctionnalités de réseau social étendues. Pour les années à venir, l’ILB poursuivra son action pour « Redonner du sens à la finance », avec le soutien de ses partenaires académiques et professionnels, et l’appui des pouvoirs publics. Qu’ils soient encore remerciés, tant les institutions que les très nombreux chercheurs, enseignants et professionnels engagés dans les réalisations actuelles et dans les projets lancés au service du développement français. 1


TABLE DES MATIERES 1. Le Message du Président ............................................................ 1 2. Rapport de gestion 2010............................................................. 5 3. Introduction ............................................................................. 12 4. L’Institut Louis Bachelier : une structure au service de la recherche en Banque/Finance/Assurance ..................................................... 14 4.1 L’ILB en 12 chiffres clés.........................................................................14 4.2 Organisation de l’ILB ............................................................................16 4.2.1 Comité de direction ............................................................................................................. 18 4.2.2 Bureau scientifique.............................................................................................................. 19 4.2.3 L’équipe opérationnelle....................................................................................................... 21

4.3 Hébergement ...........................................................................................21

5. Lancement de nouveaux programmes de recherche .................. 23 5.1 Chaire de recherche « Economie du Climat »........................................23 5.2 Initiative de Recherche « Prix et marchés de carbone »........................24 5.3 Initiative de Recherche « Agriculture, Forêt, Alimentation » ................25 5.4 Initiative de Recherche « Mobilité dans une société bas carbone » ......25 5.5 Initiative de Recherche « Risque de Crédit dans le cadre d’une chambre de compensation » ....................................................................................26 5.6 Initiative de Recherche « Allocation d’actifs à long terme » .................27 2


5.7 Initiative de Recherche « Evaluation des Modèles Mathématiques utilisés en Finance »...................................................................................28 5.8 Initiative de Recherche « les avancées dans la modélisation des produits exotiques de taux de deuxième génération ».............................................29

6. Candidatures aux Investissements d’Avenir............................... 31 6.1 L’Initiative d’Excellence PSL*................................................................31 6.1.1 Une « Research University »................................................................................................ 33 6.1.2 La puissance et le dynamisme d’un potentiel scientifique.................................................. 34 6.1.3 Une offre de formation globale, intégrée du L au D............................................................ 36 6.1.4 PSL* partenaire du monde économique ............................................................................. 38 6.1.5 Un savoir à la disposition de tous........................................................................................ 39 6.1.6 Une organisation réactive servie par une gouvernance efficace ........................................ 39

6.2 L’Equipement d’Excellence D FIH..........................................................41 6.2.1 Une Equipe de renom.......................................................................................................... 42 6.2.2 Pourquoi D-FIH ?.................................................................................................................. 43 6.2.3 L’Equipex D-FIH, un projet d’envergure historique ............................................................. 47

6.3 Institut de Recherche Technologique Finance et Croissance Durable....51 6.3.1 Chaires et initiatives de recherche rattachées à l’IRT FCD .................................................. 53 6.3.2 L’IRT : outil d’animation de la R&D des partenaires en finance .......................................... 54 6.3.3 L’IRT porteur d’ambition et de structuration de la R&D en finance.................................... 55 6.3.4 Présentation synthétique des programmes ........................................................................ 56

7. Diffuser la recherche au plus grand nombre .............................. 59 7.1 Semestres Thématiques .......................................................................59 7.1.2 Longevity Risk (Janvier 2011- Octobre 2011) ...................................................................... 62

7.2 Ateliers Thématiques ...........................................................................71 3


7.2.1 Séminaire Parisien « Validation des Modèles Financiers » ................................................. 71 7.2.2 Pour une régulation compétitive du marché du CO2 (22 octobre 2010)............................ 75 7.2.3 Forum de la Gestion Institutionnelle et Epargne de long terme (16 et 17 mars 2011) ...... 76 7.2.4 Comment la sphère financière prend-elle en compte le changement climatique ? (11 mai 2011)............................................................................................................................................. 78

7.3 Scientific Morning Conference de l’Institut Europlace de Finance (EIF).79 7.4 Les Cahiers de l’ILB ...............................................................................80 7.5 La Journée des Chaires ........................................................................81 7.6 FinXchange.org.....................................................................................82

8. Partenariat............................................................................... 84 8.1 Média-Web ..........................................................................................84 8.1.1 AGEFI.................................................................................................................................... 84 8.1.2 Math-fi ................................................................................................................................. 84

8.2 Le pôle de compétitivité mondial Finance Innovation ..........................85 8.2.1 Groupe de travail « Finance Environnementale »............................................................... 86 8.2.2 Groupe de travail « Formation » ......................................................................................... 86

9. Les prochains défis de l’Institut Louis Bachelier ......................... 88 9.1 Création de nouveaux programmes de recherche ................................88 9.2 Accompagner l’insertion professionnelle des doctorants .....................88 9.3 FinXchange.org : plateforme de référence............................................90

10. Annexes.................................................................................. 91

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2. Rapport de gestion 2010 Ce rapport présente les activités de l’Institut Louis Bachelier (ILB) sur un exercice de 12 mois : du 1er janvier 2010 au 31 décembre 2010, date de l’arrêt des comptes. L’ILB est une association dont l’activité principale consiste à soutenir la recherche en Banque/Finance/Assurance et gestion des risques. Créé par deux fondations de recherche en finance (l’Institut Europlace de Finance et la Fondation du Risque), l’Institut Louis Bachelier favorise les échanges entre professionnels et académiques, à l’instar de l’Institut Henri Poincaré pour les mathématiques et du centre interuniversitaire Cirano au Québec (Canada). Afin de répondre aux préoccupations et besoins exprimés par le monde académique et professionnel, l’Institut Louis Bachelier s’engage pour la recherche de haut niveau via quatre axes stratégiques :

Diffusion de la recherche au plus grand nombre

Espace de réflexion et de débats à l’échelle européenne et internationale

Insertion professionnelle

Lancement de programmes de recherche d’excellence

En 2010, les faits marquants sont les suivants :

• Contribution au lancement de nouveaux programmes de recherche à travers ses fondations. • Amorçage de plusieurs partenariats avec des institutions académiques et des entreprises privées afin de répondre en 2011 aux appels à projets des Investissements d’Avenir. 5


Activités de l’Institut I. Ressources En 2010, l’Institut Louis Bachelier a bénéficié du soutien financier de ses membres fondateurs historiques :

• La Caisse des Dépôts et Consignations a financé l’Institut à hauteur de trois cent mille euros. • Le Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie a attribué une dotation d’un montant d’un million d’euros.

Par ailleurs, l’Institut Louis Bachelier a collecté auprès de ses partenaires des ressources supplémentaires :

• 143 614 € dans le cadre de l’organisation d’événements et de séminaires dont 63 314 € au titre des remboursements de frais avancés à des prestataires extérieurs (traiteurs, etc.). • 96 690 € par la mise à disposition de locaux. Le placement de la trésorerie a généré des ressources financières à hauteur de 9 944 €. Enfin, les sommes reçues au titre du paiement des cotisations par les membres de l’ILB se sont élevées pour l’exercice 2010 à 18 000 €. L’Institut compte 6 membres en 2010 (pour seulement 3 en 2009). Le total des ressources de l’exercice s’élève donc à 1 568 248 €.

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II. Emplois En 2010, plusieurs nouveaux projets ont été initiés en cohérence avec les axes stratégiques définis. Les dépenses de l’Institut Louis Bachelier, qui s’élèvent à 1 194 269 € ont été réparties de la manière suivante :

1. Frais de fonctionnement pour un montant de 904 573 € Les frais de fonctionnement incluent :

a. les charges de personnel et prestataires Un délégué général, une chargée de mission, un chargé de projets et un secrétaire général pour un montant total de 411 342 €. La chargée de mission fut principalement en charge de coordonner les manifestations organisées par les chaires de recherche. Elle fut responsable de la facturation et des relations avec les fournisseurs. Le chargé de projets a été dédié à la valorisation des travaux de recherche : organisation des manifestations scientifiques, mise à jour des sites web, cahiers de l’ILB … Le secrétaire général a pour mission de coordonner l’ILB et ses fondations avec les différents organes de gouvernance. Il fut également en charge d’accompagner les projets stratégiques de l’ILB et de lever des fonds privés dans le cadre des manifestations organisées par l’Institut.

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En contact permanent avec les entreprises et les chercheurs, le délégué général a fédéré autour de l’ILB 30 partenaires académiques et industriels afin de présenter des projets dans le cadre des candidatures aux Investissements d’Avenir. Le délégué général a contribué à lever des fonds privés pour des chaires et des initiatives de recherche et a représenté l’ILB dans les manifestations internationales. Enfin, l’ILB a fait appel à des prestataires de différentes natures : soutien juridique, accompagnement au lancement etc.

b. la location de locaux : au Palais Brongniart, 28 place de la Bourse 75 002 Paris, pour un montant de 201 600 € charges, entretien et assurance comprises. Dès 2008, l’Institut Louis Bachelier a choisi d’installer ses bureaux et son siège social au Palais Brongniart situé en plein cœur de Paris. Ce lieu est particulièrement pratique d’accès pour les chercheurs et les professionnels qui sont dispersés en région parisienne (La Défense, Palaiseau, …). Par ailleurs, le Palais Brongniart représente un lieu hautement symbolique pour la finance. L’ILB loue dorénavant 329 m² (56 m² supplémentaires par rapport à 2009) afin de pouvoir

disposer

d’espaces

disponibles

pour

accueillir

des

manifestations

scientifiques (salles de séminaire et de réunion) et aussi permettre à des chercheurs de passage de travailler dans des conditions adaptées. Depuis le courant de l’année 2010, l’ILB héberge en permanence les chercheurs de la chaire Economie du Climat et de la chaire Transitions Démographiques, Transitions Economiques.

c. Achat de matériels, Services informatiques, Poste et télécommunications et Services administratifs, pour un montant de 186 955€. Ces dépenses incluent les dépenses liées à la comptabilité et CAC, à l’achat des fournitures administratives, à la maintenance informatique et aux réceptions.

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d. Frais d’étude Des frais d’étude de différentes natures ont été engagés : 34 654 € dédiés à l’accompagnement du cabinet Mazars pour la construction du dossier déposé dans le cadre des Investissements d’Avenir. 70 022 € ont été engagés pour financer l’accompagnement de la mise en place de la plateforme en ligne. Une étude de marketing stratégique et une étude technique ont été menées avec des experts afin de disposer du cahier des charges fonctionnelles. Ce document servira de support à l’appel d’offre pour identifier le prestataire en charge du développement technique (Q1 2011).

2. Projets mis en œuvre pour un montant de 287 866 €

a. Organisation de manifestations scientifiques L’Institut Louis Bachelier organise ou est partenaire de plusieurs manifestations scientifiques. En 2010, l’ILB a organisé le 3ème « Financial Risks International Forum», un semestre thématique lié à la dépendance des risques (« Risk Dependencies », S1 2010) et un semestre thématique lié à la microstructure des marchés (S2 2010), plusieurs séminaires sur la validation de modèles et un atelier sur la régulation du marché du carbone (octobre 2010). Ces postes ont coûté 179 240 €.

b. Visibilité internationale L’Institut Louis Bachelier participe, par la présence de son délégué général, à des « road show » dans plusieurs places financières internationales afin de favoriser la visibilité de l’Institut et de faire émerger des partenariats avec les centres de recherche de plus haut niveau. Des discussions avancées sont en cours avec Cirano au Québec, et des centres de recherche en Inde et à Singapour. Le budget dédié pour ce poste est de 53 326 €. 9


c. Cahiers de l’ILB L’Institut Louis Bachelier a lancé en décembre 2010 le premier numéro des cahiers de l’ILB. Cette collection vise à faire présenter les résultats des travaux de recherche dans un langage accessible à un large public (entreprises, pouvoirs publics, journalistes …) intéressé par le secteur Banque/Finance/Assurance. Le coût de ce projet est de 27 688 €.

d. Plateforme auto-administrable Afin de faciliter la diffusion des manifestations scientifiques et de valoriser le contenu de ces événements, l’Institut Louis Bachelier a fait développer un outil propriétaire qui permet de générer automatiquement des sites web standardisés pour les manifestations de l’ILB. Ces sites permettent aux organisateurs de gérer facilement les inscriptions et aux participants de retrouver les documents de la conférence (PowerPoint, vidéo). Le budget qui a été dédié à ce poste est de 19 136 €.

e. Plaquette Pour un montant de 8 476 €, l’Institut Louis Bachelier a mis à jour sa plaquette qui présente notamment une liste mise à jour des différents programmes de recherche. Conclusion : Le résultat d’exploitation est de 365 863 €, et après un résultat financier de 9 940 € et une perte exceptionnelle de 1 830 euros, le résultat net de l’exercice s’élève à 373 978 €.

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III. Perspectives 2011 1. Plateforme en ligne L’Institut Louis Bachelier a entrepris en 2010 la refonte de sa plateforme en prenant en considération les attentes des professionnels et des chercheurs, et en lançant une étude marketing et technique. En 2011, l’Institut Louis Bachelier passera à la phase de développement de la plateforme en ligne qui permettra de valoriser les travaux, de créer des passerelles entre les disciplines et diffuser la connaissance auprès du plus grand nombre. 2. Pérenniser les cahiers de L’Institut Louis Bachelier Les cahiers de l’ILB font découvrir quelques-uns des travaux de recherche des chaires coordonnés par les fondations de l’ILB. L’Institut Louis Bachelier ambitionne pour 2011 de lancer 4 nouveaux numéros dont un dédié à la chaire Economie du Climat afin de devenir la collection de référence pour la vulgarisation de la recherche. 3. Manifestations Scientifiques A travers le sponsoring de plusieurs manifestations scientifiques,

l’Institut Louis

Bachelier entend continuer en 2011 à renforcer les liens entre professionnels et académiques.

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3. Introduction L’Institut Louis Bachelier a été créé par l’Institut Europlace de Finance (EIF) et la Fondation du Risque (FdR) en 2008 afin d’assurer le rôle d’une structure de moyens au service des programmes de recherche d’excellence dans les domaines de la Banque/Finance/Assurance et gestion des risques hébergés au sein des fondations. Son rôle s’est renforcé au fil du temps, l’Institut Louis Bachelier est dorénavant un acteur central dans la diffusion des connaissances et contribue significativement au lancement de nouveaux programmes de recherche. Le 18 novembre 2010, la Direction Générale du Trésor et l’Institut Louis Bachelier ont signé un second avenant à la convention du 2 décembre 2008 (Annexe 1). Ce nouvel engagement témoigne du soutien significatif des pouvoirs publics en faveur des projets de recherche en Banque/Finance/Assurance. Ce document définit les objectifs généraux de l’association pour les années à venir. Ces objectifs sont les suivants :

Assurer le lancement et le financement de projets de recherche d’excellence.

Favoriser la promotion des travaux de recherche par différents canaux.

Renforcer les échanges entre académiques et professionnels.

Ces objectifs sont en ligne avec la feuille de route initiale de l’Institut Louis Bachelier. En outre, l’année 2010-2011 a été marquée par la mise en place et la poursuite de plusieurs projets structurants :

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• l’embauche

de

nouveaux

collaborateurs

afin

de

renforcer

l’équipe

opérationnelle existante, et de contribuer aux activités de diffusion de la recherche, • le dépôt de différentes candidatures au bénéfice des Investissements d’Avenir pour lesquelles l’ILB a réuni 33 partenaires académiques et industriels, • deux semestres thématiques ont été organisés en collaboration avec les professionnels et les scientifiques sur les thèmes de la microstructure des marchés et de la longévité, • le lancement de 8 nouveaux programmes de recherche hébergés au sein des fondations coordonnées par l’ILB, • la mise en place de projets de diffusion de la recherche : finXchange.org, les cahiers de l’ILB, • et toujours l’organisation de nombreuses manifestations scientifiques.

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4. L’Institut Louis Bachelier : une structure au service de la recherche en Banque/Finance/Assurance 4.1 L’ILB en 12 chiffres clés

• Un écosystème de 240 scientifiques représentant 40 laboratoires de recherche issus d’institutions académiques d'horizons et de disciplines très variés. • Des actions au service de la recherche représentant 80% de son budget. • La coordination de 25 chaires et initiatives de recherche créées en lien direct avec l’industrie financière pour un montant total de plus de 35 millions d’euros sur cinq ans. (Annexe 2) • Plus de 1 000 articles publiés ou en cours de publication à travers les programmes de recherche coordonnés. • Le financement de 80 programmes de recherche destinés à être publiés dans les meilleures revues spécialisées. • L’organisation

annuelle

de

plus

80

évènements

scientifiques

et

multidisciplinaires dont le Financial Risks International Forum ainsi que les Ateliers et Semestres Thématiques. 14


• L’attribution, chaque année, de 3 distinctions destinées à encourager les chercheurs à publier dans les meilleures revues internationales spécialisées. Il s’agit du : o Prix du meilleur jeune chercheur en finance o Prix du meilleur article de recherche en finance o Prix du meilleur article de recherche en finance sur un sujet d’actualité • L’animation du premier réseau communautaire dédié à la recherche en Banque/Finance/Assurance, e-fern.org , dans lequel se retrouvent les acteurs de tout premier plan du monde bancaire et financier. Ce réseau compte plus de 2 300 membres et réunit plus de 25 000 articles de recherche. • La mise à disposition de 329 m² en accès libre dans le cadre du prestigieux Palais Brongniart situé au cœur de Paris : o Salle de séminaire de 70 places équipée de matériel audio/vidéo o Salle de réunion et de rencontre de 25 places o Salle de discussion de 10 places o Bureaux de passage o Espace informatique (connexion wifi, audioconférence, etc.)

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4.2 Organisation de l’ILB L’Institut Louis Bachelier (ILB), association loi de 1901, a été créé le 1er septembre 2008 à l’initiative de l’Institut Europlace de Finance (EIF) et la Fondation du Risque (FDR), deux fondations reconnues d’utilité publique qui apportent des financements privés pour la recherche académique. Les membres fondateurs de l’ILB sont :

la Caisse des Dépôts et Consignations

la Direction générale du Trésor

l’Ecole Nationale de la Statistique et de l’Administration Economique (ENSAE ParisTech)

l’Ecole Polytechnique

la Fondation du Risque

HEC Paris

l’Institut Europlace de Finance

l’Université Paris-Dauphine

L’ILB a vocation à constituer un pôle de recherche et d’innovation financière au sein du pôle de compétitivité mondiale Finance Innovation et, à ce titre, à abriter, animer et promouvoir internationalement les activités de la Place de Paris en matière de recherche financière.

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L’ILB est plus précisément un centre de services dédié à la recherche en Banque/Finance/Assurance

qui

facilite

les

échanges

entre

académiques,

professionnels et leurs institutions, favorise l’éclosion de programmes de recherche d’excellence, assure et promeut la diffusion des travaux de recherche ainsi que leurs résultats. Dans le cadre de ces missions d’envergure, l’ILB s’appuie sur une organisation concrète, articulée autour de diverses instances de gouvernance détaillées ci-après.

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4.2.1 Comité de direction Le comité de direction, composé de personnalités qualifiées de la recherche et de l’industrie financière, définit les moyens à mettre en œuvre pour atteindre les objectifs de l'association. Parmi les pouvoirs du comité de direction figurent notamment la définition des orientations stratégiques de l’association et des actions à entreprendre ainsi que le contrôle de la situation administrative et financière. Le comité de direction est présidé par M. André Lévy-Lang, Président de l’Institut Louis Bachelier. Il comprend: • Jean-Michel Beacco, Délégué général de l’ILB • Jean Berthon, Fondation du Risque • Jean-François Boulier, Aviva Investors • Arnaud de Bresson, Institut Europlace de Finance, Trésorier de l'ILB • Nicole El Karoui, Université Paris 6, Vice-Présidente du bureau scientifique de l'ILB • Elyès Jouini, Institut Europlace de Finance, Université Paris-Dauphine • Alain Leclair, Association Française de Gestion • Edouard-François de Lencquesaing, Paris Europlace

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4.2.2 Bureau scientifique Le bureau scientifique est chargé d’assister le comité de direction dans l’élaboration, le suivi et le contrôle des orientations stratégiques de l’Institut. Il est notamment composé de personnalités qualifiées, de chercheurs et professionnels de la finance, ainsi que de membres des conseils scientifiques des deux fondations d’utilité publique, tous bénévoles. Depuis le 1er juin 2011, le rôle du bureau scientifique a été renforcé afin d’accompagner plus étroitement l’ILB dans la mise en place de projets scientifiques. Dès lors, les prérogatives qui incombent au bureau scientifique ont été élargies. Il dispose désormais d’un avis consultatif sur l’ensemble des actions menées par l’ILB et ses fondations, et plus particulièrement dans l’organisation de manifestations scientifiques. Le bureau scientifique est chargé de choisir et ou de valider les thèmes de recherche présentés lors des manifestations scientifiques labellisées et/ou financées par l’ILB. Il est le garant de l’excellence scientifique des 25 programmes de recherche abrités par l’ILB. A ce titre, il est consulté lors de la mise en place de nouvelles chaires et initiatives de recherche suscitées par les fondations ou des parties extérieures et labélisées par l’ILB. Le bureau scientifique émet également un avis sur la production des rapports scientifiques intermédiaires et finaux des divers programmes de recherche. Afin de mener à bien les résolutions évoquées ci-dessus, le bureau scientifique a été resserré autour d’une quinzaine de personnes proactives et dynamiques se réunissant sur un rythme mensuel dans le but de créer une structure opérationnelle et réactive aux besoins de l’ILB.

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Dans la continuité de cette ambition, la composition du bureau scientifique a été modifiée. Christian Gourieroux a été élu Président du bureau scientifique le 1er juin 2011 en remplacement de Nicole El Karoui. Nicole El Karoui devient Vice-Présidente du bureau scientifique. Le nouveau bureau scientifique comprend: • Frédéric Abergel, Ecole Centrale Paris • René Aïd, EDF R&D • Jean-Michel Beacco, Délégué générale de l’ILB • Michel Crouhy, Natixis • Nicole El Karoui, Université Paris 6 • Christian Gourieroux, CREST, Université de Toronto • Stéphane Gregoir, EDHEC Business School • Monique Jeanblanc, Université d’Evry-Val-d’Essonne • Elyès Jouini, Université Paris-Dauphine, Institut Europlace de Finance • Christophe Pérignon, HEC Paris • Nizar Touzi, Ecole Polytechnique • Stéphane Villeneuve, Toulouse School of Economics / Institut d’Economie Industrielle • Bertrand Villeneuve, Université Paris-Dauphine

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4.2.3 L’équipe opérationnelle L’équipe opérationnelle est en charge de mettre en œuvre les orientations et inflexions stratégiques de l’ILB et de veiller au bon fonctionnement de l’association au quotidien. L’équipe opérationnelle de l’ILB est composé de : • Jean-Michel Beacco, Délégué général • Stéphane Buttigieg, Secrétaire général • Cyril Armange, Responsable projet et communication • Jessica Fassin, Aide-comptable • Cristina Herfort, Partenariat international • Loïc Herpin, Chargé de projet • Christelle Thomas, Chargée de mission

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4.3 Hébergement Dans le cadre prestigieux du Palais Brongniart, l’Institut Louis Bachelier met à disposition de ses chercheurs des locaux et du matériel informatique. Les chercheurs bénéficient de bureaux, de salles de réunions « clefs en mains », puisque les services généraux sont mutualisés (Internet, téléphone, accueil, photocopieuse, entretien, ménage, distribution du courrier, maintenance, accessibilité sécurisée 24h/24 et 7j/7). Ces services ont permis de créer une communauté de scientifiques entreprenante, hébergée au sein du Palais Brongniart, et de favoriser les échanges, les partages d'expériences, les interactions, voire même les partenariats. Cette configuration permet donc d’organiser, dans des conditions optimales, de multiples

manifestations

scientifiques,

des

colloques,

des

séminaires,

des

conférences, associant académiques et professionnels, tout en s’appuyant sur les nombreuses chaires et initiatives de recherche accueillies par les deux fondations.

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5. Lancement de nouveaux programmes de recherche L’Institut Louis Bachelier favorise l’éclosion de projets de recherche d’excellence en lien direct avec l’industrie financière : 25 chaires et initiatives de recherche ont été créées sous l’égide de ses fondations de recherche depuis 2007 pour un montant total de plus de 7 millions d’euros par an. En 2010, huit programmes de recherche ont été créés sous l’égide de l’Institut Louis Bachelier: une chaire et sept initiatives de recherche (une initiative de recherche se différencie d’une chaire par un format plus court et des thèmes de recherche plus appliqués).

5.1 Chaire de recherche « Economie du Climat » En octobre 2010, l’Institut Louis Bachelier a lancé la chaire « Economie du Climat » (CEC) sous la direction de Christian de Perthuis en partenariat avec l’Université Paris-Dauphine et CDC Climat. La CEC développe des programmes de recherche appliquée, appelés « initiative de recherche », destinés à faire émerger une connaissance nouvelle des liens entre changement climatique et fonctionnement des systèmes économiques. L’approche de la chaire s’inscrit dans la tradition française de l’économie positive, en favorisant l’analyse et l’évaluation empirique des politiques et instruments économiques dans le domaine du changement climatique. La CEC contribue à la diffusion de la recherche scientifique par l’organisation de colloques et rencontres ouverts aux professionnels et aux chercheurs. Elle a, par exemple, constitué un réseau de partage des connaissances entre chercheurs : les 23


Friday Lunch Meetings (FLM) qui ont lieu tous les vendredis dans les locaux de l’Institut Louis Bachelier. Les chercheurs de la CEC participent à des activités d’enseignement, notamment au sein du master Energie, Finance, Carbone de l’Université Paris-Dauphine et du master Economie du Développement Durable, de l’Environnement et de l’Energie. Par ailleurs, la chaire constitue également une structure d’accueil de stagiaires et de doctorants. La chaire Economie du Climat est articulée autour de trois initiatives de recherche :

5.2 Initiative de Recherche « Prix et marchés de carbone » (Lancée au dernier trimestre 2010) L’initiative de recherche « Prix et marchés du carbone » fait suite au programme de recherche sur l’évaluation du système européen des quotas de CO2 ayant abouti en 2010 à la publication d’un ouvrage de référence sur la tarification du carbone en Europe (« Pricing Carbon: The European Union Emission Trading Scheme », by Denny Ellerman, Franck Convery, Christian de Perthuis, Cambridge University Press, February 2010). Elle constitue un nouveau programme de recherche sur trois ans, destiné à évaluer les impacts du prix du carbone et les conditions de son extension dans le monde. Seront étudiés le fonctionnement du système européen d’échange de quotas, les nouveaux marchés du carbone, avec une priorité placée sur les avancées aux EtatsUnis et en Chine, les mécanismes de projets domestiques et internationaux et la mise en place de taxes carbone en complément des systèmes de marché. Ce programme s’appuie notamment sur le développement du modèle Zéphyr (simulation du prix du quota sur le système européen d’échange de quotas).

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Les sponsors de l’initiative de recherche « Prix et marchés de carbone » sont : Amundi, BlueNext, EDF, HSBC, Orbeo, Total, et Véolia.

5.3 Initiative de Recherche « Agriculture, Forêt, Alimentation » (Lancée au premier trimestre 2011) L’agriculture et la forêt sont jusqu’à présent restées en marge des instruments économiques dédiés aux problématiques du changement climatique. Ce programme de recherche analyse les conditions d’utilisation de ces instruments dans le secteur agricole et forestier en intégrant la dimension alimentaire. Une attention particulière sera portée aux mécanismes de la REDD+. Les sponsors de l’initiative de recherche « Agriculture, Forêt, Alimentation » sont Danone.

5.4 Initiative de Recherche « Mobilité dans une société bas carbone » (Lancée au premier trimestre 2011) Le transport est l’un des secteurs où les émissions de gaz à effet de serre (GES) augmentent le plus rapidement. Il échappe largement aux instruments économiques existants. L’initiative de recherche analyse les conditions requises pour concilier la mobilité des hommes et des marchandises avec une réduction drastique des émissions de GES. Michelin est sponsor de l’initiative de recherche « Mobilité dans une société bas carbone ».

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Les dix-sept chercheurs de la chaire Economie du Climat et des initiatives de recherche qu’elle porte sont hébergés au sein de l’Institut Louis Bachelier.

5.5 Initiative de Recherche « Risque de Crédit dans le cadre d’une chambre de compensation » (Lancée au dernier trimestre 2010) Dans le processus de développement d’une activité de compensation du marché du crédit d’une chambre de compensation, lancée à la demande de la Banque de France et de l’AMF sur les « Credit Default Swaps », se pose une question nouvelle qui est l’analyse du risque de crédit requise pour l’évaluation des appels de marge (margin calls) lors d’une transaction et , d’autre part, la situation de redressement judiciaire (insolvency) potentielle de la chambre de compensation. Ces deux problématiques exigent, dans le même temps, une analyse quantitative des risques pris par la chambre de compensation en cas de défaut d’un ou plusieurs de ses membres ainsi qu’une modélisation approfondie de la dynamique des « spread » de crédit nécessaire à la quantification de ces risques. La problématique de « wrong way risk » et de sa prise en compte sera également abordée. Il s’agit du risque d’une exposition des positions d’un membre augmentant conjointement avec le risque de défaut du même membre. En dernier lieu, il sera investigué la pertinence des modèles utilisés dans le monde « CDS indices » comparés au monde « CDs single names » dans l’optique d’une soumission à l’autorité de contrôle prudentiel. LCH Clearnet soutient la création des projets de recherche en liaison avec les grands projets de développement des banques européennes, notamment en ce qui concerne les problématiques relatives au risque de crédit dans le cadre d’une chambre de compensation. 26


5.6 Initiative de Recherche « Allocation d’actifs à long terme » (Lancée au dernier trimestre 2010) Les partenaires de l'initiative de recherche "Allocation d'actifs à long terme" ont la volonté de : • développer la recherche scientifique dans les domaines de la régulation, de la gestion et de la valorisation des risques bancaires et financiers dans une perspective de développement durable des marchés, à partir d'une nouvelle approche économique intitulée "Allocation d'actifs à long terme", • contribuer à la détection et la formation au plus haut niveau de spécialistes dans le domaine de l'analyse des risques bancaires, rompus aux nouvelles méthodes de prévention et de gestion qui découleront des travaux, • diffuser la connaissance sur des nouvelles approches de gestion et de valorisation dans le secteur bancaire et financier. Le Collège de France souhaite développer un programme de recherche fondamentale autour des problématiques de l'allocation d'actifs à long terme, et souhaite l'articuler avec son programme de finance et d'économie, en liaison avec les autres disciplines concernées, notamment mathématiques, afin d'accroître son rayonnement international au travers d'un partenariat avec une entreprise du secteur bancaire et financier, soucieuse de cette dimension. CNP Assurances et la Caisse des Dépôts considèrent la question de la recherche et de la formation dans le domaine du risque et de l'allocation d'actifs à long terme comme l'une des préoccupations majeures pour un développement durable des investissements à long terme, et souhaitent contribuer aux progrès dans ce domaine 27


par le développement d'approches quantitatives et financières innovantes portées par des équipes prestigieuses tant au niveau français qu'international.

5.7

Initiative

de

Recherche

« Evaluation

des

Modèles

Mathématiques utilisés en Finance » Lancée au premier trimestre 2011 L'initiative de recherche "Evaluation des Modèles Mathématiques utilisés en Finance" a la volonté de développer la recherche scientifique dans le domaine de la modélisation des risques bancaires et financiers. L'utilisation des modèles mathématiques s'est fortement développée au cours des vingt dernières années. Conçus dans un premier temps pour évaluer les risques des actifs des modèles financiers les plus liquides, ces modèles ont également servi, dans la période récente, à fabriquer des actifs financiers nouveaux, dont le prix et donc les risques devaient être, à défaut d'une liquidité suffisante, calculés par les modèles. Un contrôle de qualité scientifique, comparable à celui que pratiquent les industries traditionnellement consommatrices de modèles mathématiques (aéronautique, travaux publics, assurance classique), n'ayant pas été mis en place, ces modèles ont révélé, dans la grande crise financière récente, des défauts de rigueur mathématique dont le coût a été parfois considérable. L'objectif de la présente initiative de recherche est de contribuer à la correction de cette défaillance, en conduisant, sur plusieurs années, un travail de revue et d'évaluation des principaux types de modèles utilisés par la finance de marché moderne, en vue de vérifier la validité scientifique de leurs méthodologies, de définir les limites de leur pertinence et de qualifier les hypothèses implicites mobilisées pour parvenir à des conclusions exploitables. 28


Sur ces bases, des travaux complémentaires de recherche seront entrepris afin d'améliorer les outils de modélisation, et donc le calcul de l'impact de ces modèles en termes de gestion et de besoin en fonds propres. Le Collège de France souhaite développer un programme de recherche fondamentale autour de l’économie industrielle du risque et de la liquidité, en mobilisant ses compétences mathématiques, afin d’accroître son rayonnement international au travers d’un partenariat avec une entreprise du secteur bancaire. Crédit Agricole SA considère que l’amélioration de la qualité de la modélisation quantitative des activités financières est un enjeu majeur, tant du point de vue de la connaissance et de la maîtrise de ses propres risques que de la stabilité collective du système financier.

5.8 Initiative de Recherche « les avancées dans la modélisation des produits exotiques de taux de deuxième génération » (Lancée au troisième trimestre 2010) L’objet de cette initiative de recherche est de soutenir 3vFinance dans l’élargissement de sa gamme de produits à évaluer pour ses clients et la remise à nouveau de l’existant en termes de modélisation. En effet la crise, en révélant des scenarios de marché encore inconnus, a entraîné une remise en cause des consensus autour des modèles qu’il s’agisse de la simple courbe de taux et sa façon de l’interpoler jusqu’aux produits de corrélation (CMS spread options) en passant par les produits inflation qui attirent de nouveau une grande attention dans le contexte présent.

29


L’ILB accompagne donc 3vFinance dans la compréhension de l’univers des dérivés exotiques et indirectement dans la formation de ses clients locaux, principalement collectivités locales et trésoreries d’entreprises françaises.

30


6. Candidatures aux Investissements d’Avenir L’Institut Louis Bachelier a déposé trois candidatures au titre des Investissements d’Avenir. Ces projets permettent de renforcer les relations entre les partenaires existants de l’ILB mais aussi de créer de nouveaux liens avec des institutions d’excellence

dans

des

domaines

complémentaires

de

ceux

du

secteur

Banque/Finance/Assurance.

6.1 L’Initiative d’Excellence PSL L'appel à projets « Initiatives d'excellence », doté de 7,7 Mds €, doit permettre de faire émerger en France 5 à 10 pôles pluridisciplinaires d'excellence, d'enseignement supérieur et de recherche capables de rivaliser avec les plus grandes universités du monde.

De la loi de 2006 sur la recherche jusqu’au programme « Investissements d'Avenir », en passant par la loi LRU, la Stratégie Nationale de Recherche et d’Innovation (S.N.R.I.) et le plan Campus, l’État a exprimé clairement une volonté : mettre l’économie de la connaissance au cœur de la croissance et de la compétitivité de la France. Il a désigné un objectif : faire émerger des champions français de la 31


recherche et de l’enseignement supérieur sur la scène internationale. Il a promu une méthode : inciter les acteurs à proposer les solutions. Le projet PSL prend toute sa place dans cette évolution. Il crée une université de recherche fondée sur une vision partagée par les établissements partenaires, autour de quatre objectifs clés : • développer, améliorer et renforcer les performances de recherche et d’éducation grâce aux synergies entre établissements, • convertir les atouts français en matière d’éducation et de recherche en force d'innovation, • promouvoir la formation par la recherche à tous les niveaux et pour tous les objectifs de formation, et susciter de la sorte un effet d’entraînement pour tout le système d’enseignement supérieur français, • renforcer les interactions entre la recherche académique et les besoins socio un moteur de croissance économique et économiques, afin de faire de PSL d'innovation sociale.

Les 13 membres de PSL  Collège de France, École Normale Supérieure (ENS), École Nationale Supérieure de Chimie de Paris (Chimie ParisTech), École Supérieure de Physique et de Chimie Industrielles (ESPCI ParisTech), Observatoire de Paris, Institut Curie, Université ParisDauphine (UPD), Institut Louis-Bachelier (ILB), Fondation Pierre-Gilles de Gennes (FPGG), École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs (ENSAD), École Nationale Supérieure des Beaux-Arts (ENSBA), Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique (CNSAD), Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris (CNSMDP), CNRS, INSERM, INRIA.

32


6.1.1 Une « Research University » PSL regroupe 14 000 étudiants, dont 70% aux niveaux Master et Doctorat, et 2 500 enseignants-chercheurs. Sa structure et sa taille sont comparables aux meilleures universités internationales, qui comptent en moyenne 15 000 étudiants (selon les classements internationaux). PSL présente les caractéristiques d’une « université de recherche » au sens international du terme : orientation systématique vers la recherche, fort taux d'encadrement des étudiants, importance des études doctorales, ampleur des champs disciplinaires couverts (sciences de la vie, sciences exactes, droit, sciences humaines et sociales, arts), enfin diversité des finalités professionnelles (chercheur et enseignant, mais aussi ingénieur, artiste ou cadre d’entreprise). Dotée d’une signature unique, PSL aura rapidement une forte visibilité dans les classements internationaux. À un moment de transformation profonde du paysage français de l'enseignement supérieur et de la recherche, PSL propose ainsi un modèle original de formation, de recherche et d’innovation en phase avec les besoins de notre temps. La diversité des établissements qui la composent ainsi que des modes de recrutement, des formations, des parcours et des débouchés sera un atout pour servir cette ambition. L’unité et le succès de PSL reposeront sur différents éléments, et notamment sur : • le développement de programmes trans-établissements pour l’enseignement et la recherche, • des appels à projets et le développement de chaires qui assurent le dynamisme interne des équipes et l’ouverture aux collaborations extérieures, • une politique de formation et une vie étudiante communes,

33


• l’adoption de procédures communes pour le recrutement, l’allocation des moyens, l’évaluation et le suivi des projets, • une gouvernance lisible et efficace.

6.1.2 La puissance et le dynamisme d’un potentiel scientifique PSL compte près de 2 500 chercheurs et 1 800 doctorants soigneusement sélectionnés. Ce dynamisme de la recherche se traduit par une position de leader en matière de publications scientifiques : en témoignent 12 000 publications entre 2005 et 2009 (ISI Web of Knowledge) et plus de 35 contrats ERC (European Research Council) en cours dans le périmètre d'excellence. Ce dynamisme souligne l’autonomie de PSL dans ses activités de recherche.

Distinctions et médailles des enseignants-chercheurs en activité sur le campus 4 médailles Fields 2 Prix Nobel 4 médailles d’or du CNRS Plus de 35 contrats ERC Plus de 40 membres d’Académies françaises et étrangères • 6 grands Prix de l’Académie des Sciences

• • • • •

PSL jouit d’un fort soutien de la part des principaux organismes de recherche français (CNRS, INSERM, INRIA), pour lesquels PSL constitue un partenaire stratégique. Dans le cadre de l’initiative d’excellence, la recherche reposera sur trois piliers fondamentaux : 34


• Les axes de recherche disciplinaires. Le potentiel de recherche de PSL sera structuré autour du développement des axes de recherche, qui s’appuieront notamment sur les 11 Laboratoires d’excellence (Labex) et les 7 Équipements d’excellence (Equipex) sélectionnés par l’État. • Les axes de recherche transdisciplinaires. La tradition de collaboration entre disciplines au sein de PSL sera étoffée par la mise en œuvre de trois programmes transversaux : (1) environnement, énergie, univers ; (2) interface sciences

dures/sciences

du

vivant

et

santé ;

(3)

plateforme

humanités/sciences. Des réalisations emblématiques seront portées par PSL comme l’Institut de l’Environnement et l’Institut d’Ingénierie Chimique. • Les procédures de gestion et de transfert des connaissances. Afin de soutenir la recherche au sein des disciplines et entre elles, PSL adoptera un ensemble d’instruments communs pour la gestion des connaissances, la valorisation et l’évaluation ainsi que le partage et la promotion des bonnes pratiques. Effet transformant dans le domaine de la recherche (dès janvier 2012) • Signature commune pour tous les chercheurs de PSL • Lancement des recrutements communs pour les étudiants et les professeurs • Adoption de procédures unifiées pour l’évaluation et le suivi des projets de l’IDEX • Lancement d’initiatives de recherche trans-établissements

35


6.1.3 Une offre de formation globale, intégrée du L au D PSL est une université intégrée de la Licence au Doctorat, en phase avec le « LMD ». Elle est sélective et axée sur la recherche et la formation au niveau graduate. PSL s’attache à structurer et compléter son offre de formation afin de contribuer à transformer le potentiel scientifique français en une force d’innovation et un moteur de la croissance. Grâce au suivi personnalisé des étudiants, PSL développe un modèle pédagogique qui encourage les étudiants à l'innovation et à la prise de risque, forme l’esprit critique et leur donne les ressources intellectuelles pour s’adapter rapidement à de nouveaux domaines. Cette

offre

tire

pleinement

parti

des

compétences

complémentaires

des

établissements partenaires. D’ici à 2015, PSL aura développé une offre complète au niveau Licence, appuyée sur différents piliers : • la mise en place d’un cycle original de Licence pluridisciplinaire, qui entend formuler une offre originale qui correspond à une réelle demande des étudiants d’aujourd’hui et qui se situe hors de l’alternative grandes écoles/universités, • la structuration d’une Licence de sciences formelles ainsi que d’une Licence en économie et sciences sociales, à partir des programmes existants à l’Université Paris-Dauphine et à l’École Normale Supérieure (ENS), • la mise en place d’un diplôme de Licence pour les élèves ingénieurs (ESPCI ParisTech et Chimie ParisTech), 36


• à partir d’un travail de concertation avec les classes préparatoires, le développement d’une offre de Licence en sciences humaines d’une part ; en sciences expérimentales d’autre part. L’ambition éducative de PSL est de construire un projet commun associant les procédures de sélection et l’expertise de formation de l’ENS, Chimie ParisTech et l’ESPCI, et celles des formations universitaires et des centres de recherche de haut niveau. PSL propose un nouveau modèle dans le paysage de l’enseignement supérieur français, dominé jusqu’à présent par le clivage entre grandes écoles et universités, contribuant ainsi à une meilleure lisibilité internationale. Le niveau Graduate (M et D) est d’une importance extrême pour l’université de recherche qu’est PSL. L’offre de formation s’attachera à développer les programmes trans-établissements, à organiser une forte mobilité étudiante entre les établissements partenaires, et à renforcer le soutien aux étudiants avec l'ouverture d’un « Graduate Centre » qui leur offrira des ressources complémentaires pour faciliter leur orientation et leur insertion professionnelles. Les diplômes des étudiants de PSL auront tous le label et l’affiliation PSL. La mise en place d’un programme original de doctorat (SACRe) à destination des élèves des écoles supérieures d’art et de création consacrera la dimension interdisciplinaire de PSL. Au-delà de la formation initiale, PSL entend renforcer et compléter son offre de formation à destination des entreprises. L’éventail des propositions de formation continue sera enrichi et les modalités de validation des acquis de l’expérience seront mieux adaptées aux demandes spécifiques du secteur privé. En support à cette politique ambitieuse, PSL  met à disposition de sa communauté 37


étudiante un environnement numérique dédié couvrant la recherche documentaire, la diffusion des enseignements ainsi que de nombreux services, gages de la qualité de la vie étudiante sur le campus PSL . L’appartenance à cette communauté sera marquée par la carte unique internationale d’étudiant PSL . Effet transformant dans le domaine de l’éducation (dès septembre 2012) • Majorité des diplômes labellisés PSL  et carte d’étudiant commune • Constitution d’une offre complète à tous les cycles (L-M-D)  • Organisation de la mobilité étudiante au niveau de PSL

6.1.4 PSL partenaire du monde économique PSL est une université de recherche ouverte aux partenariats : • Son conseil d'administration (CA) est paritaire : la moitié des membres sont externes. • Son programme d'Executive education offre aux entreprises et à leurs cadres une large gamme de formation continue. • Ses étudiants seront initiés à l’entreprenariat et ses doctorants recevront une formation au développement de l'innovation. • Elle met la valorisation de la recherche au rang de ses priorités : elle développera ses activités de transfert technologique ; un fonds d’amorçage sera créé ; elle s'appuiera sur ses acquis pour aider à l'incubation des projets innovants, notamment dans le domaine de la santé et le domaine industriel. 38


6.1.5 Un savoir à la disposition de tous Les institutions de PSL partagent la volonté de mettre à la disposition de tous les publics leurs ressources numériques, documentaires et patrimoniales. Ils mèneront ensemble des actions de médiation scientifique vers le grand public et la société, notamment grâce à un portail web commun et un nouvel espace muséal.

6.1.6 Une organisation réactive servie par une gouvernance efficace Une organisation cohérente et efficace constitue la clé du succès du projet de PSL, qui s'est doté d’une gouvernance claire et solide. L’organisation de PSL est fondée sur 3 niveaux de décision : • Les décisions stratégiques sont proposées par le Président au CA et validées

par

ce

recommandations

dernier. d’un

Les

comité

délibérations d’orientation

du

CA bénéficient

stratégique

composé

des de

scientifiques de renommée internationale. Une assemblée académique composée de personnels des institutions aura un rôle consultatif en matière de stratégie. Le conseil PSL assurera le lien régulier entre les établissements et le CA. • La proposition et l’exécution des décisions seront confiées à un Président élu par le CA, et qui ne pourra pas être l’un des chefs d’établissement. Il sera secondé par un Vice-Président et un Directeur général des services. • La mise en œuvre opérationnelle s’appuiera sur trois départements, dotés chacun d’un Directeur : Département de la Formation, Département de la Recherche, Département de la Valorisation.

39


La gouvernance mise en place garantira la concentration des moyens de l’IDEX sur le périmètre d’excellence, grâce à une évaluation systématique de la qualité des projets proposés, s’appuyant sur une expertise extérieure.

Avec PSL, l’Institut Louis Bachelier et ses douze institutions partenaires proposent une perspective originale, riche et innovante, capable d’offrir des modèles structurants d’enseignement supérieur et de recherche, d’attirer les talents du monde entier et de contribuer ainsi à l’attractivité de notre pays et à son rayonnement international.

40


6.2 L’Equipement d’Excellence D FIH

L'abréviation Equipex, pour « équipement d'excellence », désigne en France des projets financés par le grand emprunt et destinés à améliorer les équipements des laboratoires de recherche scientifique français. Les 52 équipes lauréates (parmi 336) de la première vague ont été rendues publiques par Valérie Pécresse le 20 janvier 2011. Dans ce cadre prestigieux et pionnier, le projet de l’Equipex D-FIH (Données Financières Historiques) porté principalement par l’Ecole d’Economie de Paris ou Paris School of Economics (PSE) et l’Institut Louis Bachelier, avec le GIS Quetelet et le Pôle de compétitivité Finance Innovation a été primé. L’Equipex D-FIH a pour vocation la constitution d’une base de données exhaustive, harmonisée et documentée sur les marchés boursiers français depuis 1793 qui sera étendue dans un second temps aux autres pays européens. D-FIH rassemblera les informations boursières relatives à tous les instruments financiers, actions obligations. Elle constituera la base de données boursières de longue période la plus complète du monde.

41


6.2.1 Une Equipe de renom L’Ecole d’économie de Paris apporte l’expertise scientifique en matière de données financières historiques, autour de Pierre-Cyrille Hautcoeur, qui coordonne une équipe composée de chercheurs (de PSE et associée à PSE pour cette opération, en particulier A. Riva, P. Lagneau, A. Rezaee et plusieurs doctorants). L’Institut Louis Bachelier apporte l’organisation logistique permettant de mettre en œuvre le projet. Le Pôle de compétitivité Finance Innovation prendra la responsabilité de l’articulation avec les bases de données financières contemporaines grâce à l’ « Agrégateur de données » qu’il met en place, et de la diffusion vers le monde de la finance. Le Centre Quetelet se chargera de la diffusion des données vers le monde de la recherche économique et historique. Le conseil scientifique est composé de 6 membres au moins, dont au moins un tiers d’étrangers, spécialement membres du groupe Eurhistock. Parmi les membres pressentis figurent B. Biais (Toulouse School of Economics), F. Buelens (responsable de la base SCOB à l’U. d'Anvers), C. Burhop (Max Planck I. Cologne), D. Chambers (Judge Business School, Cambridge U.), G. Gallais-Hamonno (U. d'Orléans, ancien président de l'Association française de finance), W. Goetzman (Yale U.), J. Imbs (PSE-Ecole d'économie de Paris), J.-M. Lasry (Crédit Agricole et Université Paris-Dauphine). Le conseil scientifique discute en particulier le cahier des charges que PSE-Ecole d'économie de Paris doit réaliser à destination de l’ILB, et évalue régulièrement l'état d'avancement du projet. L'équipe opérationnelle comporte Jean-Michel Beacco, Délégué général de l'ILB, Cristina Herfort, chef de projet, et Angelo Riva, qui est aussi le responsable de la cellule de conception.

42


6.2.2 Pourquoi D-FIH ? La carence en base de données suffisamment riches et cohérentes en France et en Europe a pour conséquence un déficit de projets de recherche axés sur les spécificités du développement financier européen et de son articulation avec son environnement

économique,

légal,

social

et

politique.

L’hétérogénéité

organisationnelle et réglementaire des marchés financiers européens rend la constitution de ces bases plus difficile et coûteuse qu’aux USA. Pourtant, la tâche n’est pas impossible. Son accomplissement dépend d’un effort organisationnel et de coordination avec le monde académique européen ainsi qu’avec les professionnels de la finance. Certes, les USA ont pris une avance remarquable dans ce domaine, mais un projet fédérateur tel que celui que nous présentons peut rapidement combler la distance et assurer à l’Europe, et notamment à la France qui s’imposerait comme référence, un avantage qui provient précisément de la maîtrise de cette hétérogénéité d’expériences qui représente aujourd’hui à la fois une difficulté et un avantage, dans la mesure où elle permettra de répondre à un grand nombre de questions irrésolues. Du fait de la position dominante des USA dans la production de données et des études que cette production suscite, on considère fréquemment et implicitement les marchés financiers américains comme « représentatifs » ou « normaux », en inférant de leurs comportements des leçons sensées être applicables partout en générant de nombreux biais. La recherche empirique en finance sur séries de long terme et l’histoire financière sont en fait, depuis 50 ans, dépendantes d’une source de données unique : le Center for Research in Security Prices (CRSP) de l’Université de Chicago. Comme l’affirme par exemple Tyler Shumway: “Academic researchers, investment professionals and government analysts all use the stock return data base maintained by the Center for Research in Security Prices” (Shumway, 1997). A titre de comparaison, si la France a d'excellents chercheurs en finance, ils sont souvent condamnés à utiliser les données agrégées européennes ou les données 43


américaines (Altman, Levasseur & Jacquillat, 1974; Jacquillat & Solnik, 1978; Solnik, 1973a, 1973b, 1977, 1983) et, depuis qu'ils ont obtenu la disponibilité des données d'Euronext depuis 1977, des données françaises de qualité mais de profondeur temporelle limitée (Jacquillat & Gresse, 1998 ; Jacquillat & Hamon, 1992). En Europe, si des expériences plus ou moins abouties ont été lancées dans certains pays européens, les bases de données financières longues constituées jusqu’à aujourd’hui sont loin d’être comparables car, construites en vue d’objectifs spécifiques, elles reflètent les particularités de chaque cas d’étude sans prévoir d’éventuelles analyses diachroniques ou comparatives, ce qui les rend peu réutilisables. Divers indices boursiers (principalement pour les actions) sont certes disponibles pour la plupart des pays (cf. Dimson, Marsh et Staunton 2002), mais ils sont construits selon des méthodologies variées qui rendent les comparaisons délicates (Hautcoeur, 2006 ; Hautcoeur & Le Bris, 2010). Même quand elles ont été construites récemment, les données individuelles qui leur ont servi de base ne sont en général pas disponibles. Malgré l’intérêt montré par la communauté scientifique pour la construction cohérente de données harmonisées, il manque un centre fédérateur qui puisse offrir une plateforme adaptée pour coordonner et harmoniser les efforts. Dans le reste de l’Europe, de l’Italie à la Finlande, d’autres initiatives, en large partie individuelles, ont vu le jour, en général seulement pour étudier les actions (par exemple, Baia Curioni, 1995, 2000; Borodkin & Konovalova, 2009). Indépendamment

des

recherches

en

finance

sur

longue

période,

des

macroéconomistes ont eux aussi construit des bases de données à partir de sources boursières : celles-ci portent principalement sur les dettes souveraines et les taux de change. C’est le cas des séries chronologiques longues du National Bureau of Economic Research, et de celles réunies par Bordo, Eichengreen et Portes, Obstfeld et Taylor ou Flandreau et Zumer (Bordo, Cavallo & Meissner, 2010; Bordo & 44


MacDonald, 2005; Bordo Meissner & Stuckler, 2010; Bordo & Rockoff, 1996 ; Eichengreen & Portes, 1986; Obstfeld, Shambaugh & Taylor, 2004; Obstfeld & Taylor, 1998, 2003, 2004 ; Flandreau & Zumer, 2004). Malheureusement, elles sont généralement réduites à un titre par pays, considéré comme représentatif, ce qui néglige l’impact souvent non négligeable de caractéristiques techniques (duration, options, cf. Klovland 1994, Hautcoeur & Sicsic, 1999, Vaslin, 1999). Elles demandent donc à être complétées, y compris dans une perspective de recherches macroéconomiques. A ces exceptions près, qui restent elles-mêmes limitées, les bases de données financières construites jusqu’à présent en Europe l'ont été ponctuellement, pour étudier des problématiques spécifiques, sans objectif systématique d’analyse comparative et diachronique, et sans souci de pérennisation et de cumulativité. L’implémentation de ces bases dépend souvent des agendas de recherche et des disponibilités d’individus, et parfois, malgré les programmes, elles se volatilisent à la suite d’un changement du centre d’intérêt du chercheur qui les construisait. La communication de ces données relève souvent du service personnel. En conséquence,

en

l’absence

d’un

équipement

pérenne

et

d’une

équipe

spécifiquement dédiée, ces données sont trop souvent perdues pour la communauté scientifique. Etant donné la fragmentation et l’incomplétude des bases construites par la communauté scientifique, les professionnels des marchés utilisent fréquemment les données réunies par des sociétés commerciales spécialisées, les « vendeurs de données », dont l'abondance et la mise à jour continue font le grand attrait, indépendamment d'un excellent marketing. Néanmoins, les séries longues contenues dans ces bases commerciales sont inadaptées à une recherche scientifique rigoureuse. Souvent très mal documentées et fautives – parce que reprenant des séries anciennes depuis corrigées –, elles peuvent induire des erreurs sérieuses. D’ailleurs, ces vendeurs, dont Datastream, Bloomberg, Reuters-Thomson, 45


ne sont pas intéressés à attirer une clientèle académique peu ou pas rentable pour eux. En France, la construction de bases de données longues souffre des mêmes limites que dans les autres pays européens. Les nombreuses initiatives mises en place ont amené à la production de bases ponctuelles et – à elles seules – incomplètes construites séparément pour chaque projet de recherche, ni réunies ni harmonisées. Malgré ces nombreuses initiatives, les bases construites demeurent strictement privées et les données qu’elles contiennent ne sont pas diffusées, à l’exception de celles de Pierre-Cyrille Hautcoeur disponibles via son site internet. Ces bases historiques sont donc perdues pour la communauté scientifique, sans qu’un processus d’accumulation des expériences et des savoirs se mette en place. Certes, les séries agrégées sont en général disponibles : c’est le cas d’un grand nombre de celles mentionnées ci-dessus ainsi que de données individuelles très ponctuelles dans un CD-Rom inséré dans un ouvrage collectif récemment dirigé par Georges Gallais-Hamonno (2007). A ce stade, il s’agit pourtant d’une diffusion de données partielles, en général seulement sous forme agrégée, donc nettement insuffisante pour la recherche académique. Cette situation notamment détourne nombre d’utilisateurs potentiels qui n’ont pas le temps, les compétences, l’argent pour construire les bases dont ils auraient besoin, et donc se contentent des données longues américaines.

46


6.2.3 L’Equipex D-FIH, un projet d’envergure historique L’Europe, et la France en particulier, ont un énorme potentiel de recherche en économie et finance qui s’appuie sur une tradition d’excellence en mathématiques et statistiques. Néanmoins, ce potentiel ne s’épanouit pas réellement du fait de l’insuffisance des travaux empiriques. La crise financière récente a encore souligné la faiblesse des fondements empiriques des modèles d’analyse économique et financière qui sous-tendent les anticipations des acteurs, l’innovation financière, et les régulations. Une des raisons de cette faiblesse est la rareté des données financières de long terme disponibles pour tester les modèles théoriques, en particulier concernant les transformations structurelles qui sont cruciales pour évaluer l’impact des régulations financières, les causes des fluctuations conjoncturelles, et les interactions entre changement économique, voire

démographique ou social, et système financier.

Cette lacune est particulièrement criante dans une perspective européenne. La plupart des projets de recherche européens en finance s’appuient par défaut sur des bases de micro données financières américaines, seules existantes et adaptées à la recherche. La base la plus utilisée provient du CRSP (Center for Research in Security Prices), plateforme de production gérée par l’université de Chicago, qui contient les prix et dividendes des actions cotées en bourse de New York depuis 1926. Ceci empêche la compréhension des spécificités des marchés européens, et freine l'élaboration de modèles analytiques et professionnels ainsi que des produits financiers qui leur seraient adaptés. La mise en place de bases de données financières de qualité pour l’Europe représenterait un progrès considérable, et potentiellement le moyen d’un renouvellement important du savoir actuel sur les marchés financiers. La demande pour des bases de données structurées permettant d’appréhender la logique et le comportement des marchés européens sur la longue période, que ce soit les 47


marchés boursiers, le marché des entreprises, de l’épargne, des fonds, est forte. Aucun acteur privé ne souhaite ni ne dispose des compétences pour les mettre en place seul, tant un tel bien est à la fois coûteux à créer et aisé à copier, caractéristiques classiques d’un bien public. Ce projet vise à développer une base de données exhaustive sur les marchés boursiers français depuis 1800, qui sera étendue aux autres pays européens dans une seconde phase, déjà en cours d’élaboration. L’ambition est donc bien de répondre au besoin d’une infrastructure de référence, d’abord en France et puis en Europe, nécessaire au développement d’une recherche de qualité ainsi qu’au service de l’industrie financière, et appuyée sur des échanges concrets entre chercheurs et professionnels. Pour la France, plus précisément, cette infrastructure rassemblerait les informations boursières relatives à tous les instruments financiers, actions et obligations (publiques et privées), émises par des émetteurs français ou étrangers, négociées sur les diverses bourses du territoire, sur une base hebdomadaire (prix comptant et à terme, opérations sur titres, dividendes et coupons, caractères des émetteurs tels que le type d’émetteur, la nationalité, et, pour les émetteurs privés, siège, secteur d’activité, administrateurs et éléments de bilans-, etc..). Il s’agirait de la base de données boursières de longue période la plus complète au monde, bien supérieure à la base CRSP quant à la période couverte, à la quantité et à la qualité des données contenues, dans la mesure où – audelà d’une couverture plus fine des actions – l’équipement que nous proposons contiendrait pour la première fois dans le monde les données longues relatives aux titres étrangers, aux obligations publiques et privées et aux produits dérivés, tous produits qui représentent aujourd'hui comme au XIXe siècle l'essentiel des transactions mais restent les parents pauvres des recherches financières (Biais & al. 2006). Le porteur scientifique de ce projet, Pierre-Cyrille Hautcoeur, travaille depuis deux ans avec les meilleurs spécialistes européens de la finance historique à un projet de constitution de bases de données financières intégrées au niveau européen. Le coup d’envoi de ce projet de dimension européenne, et susceptible de déboucher sur une 48


réponse à un appel d’offre dans le cadre du VII Programme Cadre de l’Union Européenne, sera donné à l’Ecole d'Economie de Paris en avril 2011 dans le cadre de la conférence EURHISTOCK 3. Le démarrage rapide du présent projet et son ancrage dans le monde des professionnels de la finance assureraient à la France une position de leadership européen – et même mondial – dans les bases de données financières sur longue période, et donc dans la recherche qui y est liée. La valorisation du contenu de cet équipement repose sur son utilité pour le monde de la recherche et pour celui de la finance professionnelle. Dans le monde académique, le succès est garanti par la frustration accumulée du fait du monopole des données du CRSP (qui donnent lieu à plusieurs milliers d'articles par an) et par les nouvelles possibilités ouvertes par une base plus riche. La communauté des utilisateurs probables est si large que l'équipe de l’Ecole d'Economie de Paris réunie autour de ce projet n'en représente qu'une part infime. Les liens de cette équipe avec des partenaires scientifiques européens et américains en finance, économie, et histoire financière, assurent néanmoins la diffusion de l'usage

de la base, la fertilisation croisée des

expériences de recherche et la multiplication des travaux comparatifs et internationaux. D’autres sciences sociales (comptabilité, sociologie, business history et géographie) devraient

rapidement

être intéressées par cet équipement et contribuer à

l’enrichissement de la base au-delà de son premier achèvement. C'est dans ce but qu'un partenariat de diffusion est également établi avec le GIS Quetelet – consortium universitaire de diffusion de données pour les sciences sociales. Celui-ci permettra en effet aussi l'articulation de cette base avec les développements scientifiques complémentaires qui pourront être réalisés dans différentes disciplines. En ce qui concerne les professionnels, le partenariat avec l’ « Agrégateur » au sein des instances de la place financière parisienne assure la meilleure visibilité possible ainsi que la pérennisation et l’implémentation de l’outil (ces dernières étant facilitées par les recettes qu’il générera).

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Le programme de travail est conçu à cette fin, compte tenu des conditions spécifiques de réalisation de bases de données historiques. L’incertitude documentaire et l’importance primordiale de la jonction avec les bases de données modernes imposent que le travail se fasse dans l’ordre chronologique inverse (à rebours), en commençant par la bourse officielle de Paris et par l’année précédant la première année disponible dans les bases de données d’Eurofidai (1977), pour passer ensuite aux autres marchés parisiens et aux bourses de province « par bloc », c’est-à-dire en suivant la chronologie classique des XIX-XXe siècles (1945-1976, 1914-1944, 1870-1913, 1800-1869). Pour chaque bloc, les tâches à accomplir sont les suivantes : numérisation des documents, saisie des informations contenues sur feuilles de calcul par une société spécialisée, organisation des informations contenues sur ces feuilles dans une base de données par une équipe « productrice » de professionnels de bases financières. L’expertise cumulée par l’équipe scientifique et le professionnalisme de l’équipe productrice suggèrent que l’équipement dans une première forme finie peut être achevé en trois ans.

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6.3 Institut de Recherche Technologique Finance et Croissance Durable

Un Institut de Recherche Technologique (IRT) est un outil d'excellence, dont la finalité première est le développement industriel et/ou de services par le regroupement et le renforcement des capacités de recherche publiques et privées. Il suppose une masse critique suffisante de moyens et de compétences situées sur un même lieu (de préférence) et couvre l'ensemble du processus d'innovation, jusqu'à la démonstration et le prototypage industriel. Un IRT pilote des programmes de recherche couplés à des plates-formes technologiques, effectue des travaux de recherche et développement (R&D) expérimentaux au meilleur niveau international et veille à la valorisation économique de ses travaux.

L'IRT doit permettre d'assurer la visibilité internationale de thématiques d'excellence et de se positionner sur de nouveaux marchés.

L’ambition de l’IRT Finance & Croissance Durable (FCD) est de fédérer l’ensemble des partenaires académiques et économiques impliqués dans le projet autour d’un objet social d’actualité : redonner un sens pérenne à une communauté financière au service d’une croissance durable. L’IRT FCD vise tout autant à capitaliser et à renforcer le savoir-faire de l’industrie financière française pour lui permettre de rayonner encore davantage sur le plan des résultats et des pratiques, qu’à favoriser le développement d’un ensemble de projets innovants sur le territoire français. Dans cette perspective, l’IRT structure les projets de R&D et anime les équipes de chercheurs autour d’une chaîne de valeur vertueuse, capable de dynamiser l’ensemble de l’écosystème de la recherche en finance. 51


Les programmes de R&D s’appuient sur le travail de l’ensemble des chaires et initiatives de recherche rattachées d’une part à l’Institut Louis Bachelier au travers de la Fondation du Risque et de la Fondation Institut Europlace de Finance, et d’autre part à la Fondation Paris-Dauphine. Ces chaires font collaborer un ensemble d’acteurs académiques, représentés dans le schéma ci-dessous : *

Partenaires académiques fondateurs de l’ILB Université de Paris Dauphine* ENSAE ParisTech École Polytechnique ParisTech

Réseau de partenaires académiques des chaires**

École des Ponts Institut d’Économie Industrielle

Centre d’Études Actuarielles EDHEC

HEC

Université Évry Val d’Essonne

Collège de France*

* L’Institut Louis Bachelier, l’Université Paris Dauphine et le Collège de France participent au groupement IDEX PSL*2020 dans lequel s’inscrit l’IRT. Les autres acteurs académiques du groupement sont : ENS, ENSCP, ESPCPI, Observatoire de Paris, ENSAD, ENSBA, Institut Curie, CNSAD, Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris. ** Les chaires contribuent à la création d’Initiatives de recherche qui élargissent le réseau des collaborations académiques: Par exemple l’Institut universitaire européen de Florence, la Duke University, le MIT, l’University College Dublin et l’Universitat de València sont impliquées dans l’Initiative « Prix et marchés du carbone »

Positionnées au cœur de la chaîne de valeur de l’IRT, ces chaires et initiatives de recherche alimentent de leurs travaux les quatre programmes (ou axes scientifiques) retenus dans le cadre de l’IRT FCD : • « Finance et Développement Durable » (Programme N°1) ; • « Finance

des

transitions

démographiques

et

économiques »

(Programme N°2) ; • « Risques et Régulation » (Programme N°3) ; • « Finance comportementale » (Programme N°4). 52


6.3.1 Chaires et initiatives de recherche rattachées à l’IRT FCD

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6.3.2 L’IRT : outil d’animation de la R&D des partenaires en finance En cohérence avec les stratégies de recherche et de développement du Pôle de Compétitivité Finance Innovation et de l’Institut Louis Bachelier, l’IRT FCD contribuera à entretenir et à stimuler la dynamique scientifique portée par cet ensemble d’acteurs académiques et économiques en :

mettant à disposition des équipes de recherche, des moyens techniques supplémentaires, notamment grâce aux partenariats (ex : puissance de calcul de la technologie Hypercube capacité d’expérimentation et de modélisation des comportements du Dauphine Survey Experimental Laboratory…),

• pérennisant le financement de la recherche et en créant un levier pour la levée de fonds, • démultipliant les opportunités d’échanges, de rencontres, de partenariats et de collaborations, • nourrissant la recherche en finance et en assurance d’une mise en perspective permise grâce à un échange et une confrontation avec les sciences sociales, • renforçant la capacité des équipes de recherche à capter les attentes des acteurs économiques et les enjeux de régulation comme d’autorégulation de la finance, au service de l’économie réelle, • proposant pour les chercheurs un cadre d’accompagnement, d’animation et d’incitation au développement et à la création d’entreprises.

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6.3.3 L’IRT porteur d’ambition et de structuration de la R&D en finance S’appuyant sur ses programmes de R&D, l’IRT FCD ambitionne de: • créer un effet de levier et jouer un rôle structurant sur l’ensemble de l’écosystème de la recherche publique et privée individuelle comme collaborative en finance, • créer une dynamique vertueuse et porteuse de sens et visant à aboutir à des résultats et services appliqués.

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6.3.4 Présentation synthétique des programmes L’IRT FCD a ainsi pour ambition d’éclairer ces enjeux post-crise de la recherche en finance,

par

la

constitution

d’équipes

et

de

partenariats

véritablement

pluridisciplinaires, un recentrage des efforts de recherche et une concentration des moyens sur quatre thématiques prioritaires. Programme n°1 : Axe de recherche « Finance et Développement Durable » Cet axe de recherche interdisciplinaire a pour objectif de proposer les outils intellectuels et scientifiques permettant de penser l’enjeu du développement durable et de faciliter la transition vers une finance responsable. Une place particulière sera donnée aux approches quantitatives et à l’économie industrielle pour traiter des questions environnementales (économie du climat, du carbone et de l’énergie, question des ressources épuisables, assurance des risques climatiques dans les secteurs agricoles, industrielles et habitat). Au-delà des questions environnementales placées au cœur des recherches, seront également abordées les questions liées à la valorisation des externalités dans une perspective intergénérationnelle, les problématiques qui se posent aux fonds souverains en tant qu’investisseurs de long terme à but non uniquement lucratif, le rôle des marchés financiers dans la responsabilisation sociale des entreprises, l’évaluation extra-financière et la responsabilité sociale et environnementale des entreprises. Programme n°2 : Axe de recherche « Finance des transitions démographiques et économiques » Cet axe de recherche se consacre aux nouveaux équilibres microéconomiques et macroéconomiques qui peuvent et doivent émerger des mutations actuelles de la société, qu’elles soient démographiques (vieillissement de la population des pays développés, immigrations), économiques (recherche des leviers de développement) ou sociétales (remise en question des mécanismes de solidarité issus de l’Etat 56


providence, réduction des solidarités intra-familiales). Il vise, par exemple, à proposer de nouvelles solutions publiques ou privées de couverture pour faire face à des risques émergents (Longévité, Dépendance, Santé) et comprendre l’impact de ces mutations sur les déterminants économiques (croissance, productivité, marchés financiers, prix des actifs, stratégie d’accumulation du capital humain). Seront aussi étudiés les moyens pour maintenir un financement suffisant pour les entreprises et la croissance dans un contexte de réduction de l’épargne nette longue. Le programme contribuera ainsi à la définition des circuits et produits d’assurance sociale publics comme privés adaptés aux différentes situations géographiques, culturelles et temporelles des transitions démographiques et économiques. Programme n°3 : Axe de recherche « Risques et Régulation » Les travaux conduits dans le cadre de cet axe ont pour objectif de mieux comprendre et d’éviter les risques systémiques et idiosyncratiques nés sur, ou véhiculés par, les marchés financiers. Il ambitionne de revisiter les approches de la modélisation en finance, tirant les leçons de la crise financière de 2008, ainsi que les hypothèses structurelles sous-jacentes à ces modèles. Il a aussi pour objet de fournir les outils de régulation pertinents de la finance de demain, par exemple en contribuant à la définition de normes de qualité et de robustesse en matière d’algorithme et de modélisation financière, de standardisation des produits et des systèmes d’information financiers ou encore de normes prudentielles et comptables. Ayant vocation à irriguer l’ensemble des acteurs privés et publics des marchés financiers, les travaux s’inscriront largement en rupture par rapport aux projets de recherche existants. Enfin, ce programme visera à fournir des outils de régulation pour les assurances, les professionnels et les services en charge du risque santé.

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Programme n°4 : Axe de recherche « Finance comportementale » Ce programme entend améliorer la compréhension des comportements réels, et non supposés, des agents financiers et se veut avant tout transversal par rapport aux objectifs de l’IRT. Il s'agit de mieux comprendre la perception des risques et son évolution, la prise de décision, les tensions individuelles ou les phénomènes collectifs. Les disciplines concernées sont l'économie expérimentale, la psychologie, la sociologie de la décision, la psychologie sociale, les sciences cognitives. Le caractère hétérodoxe de ces approches n'interdit ni la modélisation, ni la mise en oeuvre pratique, ni les réflexions sur la régulation. C'est au contraire leur incorporation rigoureuse qui assurera les avancées. Les applications concernent notamment la conception de produits financiers. Un exemple : quelles sont les difficultés que les particuliers rencontrent pour s'engager dans une stratégie de prévoyance ou d'assurance (méconnaissance, hésitation, procrastination, regrets), et comment y répondre ? D’autres applications portent sur des questions de santé publique, où la compréhension des comportements à risque (tabac, obésité) est essentielle pour développer des actions de prévention.

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7. Diffuser la recherche au plus grand nombre Porté par les universités, les grandes écoles et les pouvoirs publics, l’Institut Louis Bachelier permet d’accueillir au centre de Paris, des conférences, des séminaires et des séances de travail. Il permet ainsi l’échange d’informations sur les programmes scientifiques, il favorise les interactions autour de sujets professionnels ayant un intérêt académique, il fait naître des synergies et des opportunités entre chercheurs et entreprises.

7.1 Semestres Thématiques A sa création, L’Institut Louis Bachelier s’est fixé d’emblée certains objectifs en termes d’activité. L’un d’entre eux est l’organisation de semestres thématiques rassemblant, sous un format similaire à ce qui est pratiqué à l’Institut Henri Poincaré pour les mathématiques, des chercheurs et des praticiens pour travailler sur un thème d’actualité, chacun apportant ses connaissances et son approche du problème. Organisés sous forme de conférences, de séminaires et de cours, les semestres thématiques visent à favoriser les échanges entre académiques et professionnels sur une thématique commune.

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7.1.1 Market Microstructure : Confronting Many ViewPoints (6 au 10 décembre 2010) Présentation Le trading optimal est un domaine récent qui établit un lien entre une stratégie d'investissement au sens large et l'état de l'offre et la demande sur un marché électronique. Il permet par ce biais une meilleure compréhension d'un type de risque jusque-là peu exploré, en conjuguant des résultats de mathématiques appliquées et de finance quantitative avec une forte expertise en modélisation de processus discrets sur de larges échantillons. Comprendre les enjeux de cette activité est essentiel pour les acteurs de l’industrie financière. Comité d’organisation • Frédéric Abergel, Ecole Centrale Paris • Jean-Philippe Bouchaud, Capital Fund Management • Thierry Foucault, HEC Paris • Charles-Albert Lehalle, Credit Agricole Cheuvreux • Mathieu Rosenbaum, Ecole Polytechnique

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Site Internet http://market-microstructure.institutlouisbachelier.org

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7.1.2 Longevity Risk (Janvier 2011- Octobre 2011) Présentation L’augmentation régulière de l’espérance de vie en Europe et aux Etats-Unis depuis 1960 représente un grand risque pour les fonds de pensions et les assureurs, conduisant à la nécessité de développer un marché de la longévité. En résumé, le marché est "short" de longévité. Pour créer de la liquidité et attirer les investisseurs, des transferts "d’annuités" doivent se faire de l’assurance vers les marchés de capitaux sous différentes formes, la titrisation en particulier, mais aussi des bonds ou swaps de longévité... Il y a besoin d’attirer les investisseurs en payant une prime de risque contre une baisse excessive de la mortalité. L’ampleur des montants en jeu permettent de penser que le risque de longévité semble pouvoir satisfaire aux conditions qui permettent de développer un marché avec succès. Du point de vue du marché financier, il y a plusieurs problèmes à résoudre : • comprendre les risques associés à la longévité, à travers des modèles plus riches que ceux actuellement considérés, • comprendre les besoins effectifs associés à ce transfert de risque, en isolant en particulier le risque de taux long terme, • créer et développer un indice représentatif du risque de base, mais suffisamment transparent et fiable, • proposer des produits qui correspondent à des couvertures efficaces, tout en étant attractifs,

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• définir des méthodes de pricing et de couverture en rapport avec le peu de liquidité attendue, • modéliser les taux long terme avec plus de réalisme qu’actuellement, • trouver des solutions pour modéliser et réduire le risque de base. Ce semestre mobilise avec une ampleur plus ou moins grande au moins 4 chaires financées soit par la Fondation du Risque, soit par la Fédération Bancaire Française (FBF). L'Institut Louis Bachelier (ILB) apporte un soutien logistique appréciable et apprécié. Voilà un bel exemple du rôle fédérateur de l'ILB. Comité d’organisation • Pauline Barrieu , London School of Economics • Nicole El Karoui, Université Paris 6 • Christian Gourieroux , CREST/University of Toronto • Caroline Hillairet, CMAP, Ecole Polytechnique • Stéphane Loisel, ISFA • Jean-Hervé Lorenzi, Université Paris-Dauphine • Esterina Masiello, ISFA • Christian-Y.Robert, CREST • Yahia Salhi, ISFA

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Cours, Conférences, Colloques 1. Forum

de

la

chaire

« Transitions

Démographiques,

Transitions

Economiques » (24-25 novembre 2010) La chaire Transitions Démographiques, Transitions Economiques a pour objet de recherche d'examiner les opportunités que présente le vieillissement de la population pour nos sociétés développées - défis majeurs du XXIe siècle, afin de faire des recommandations et de proposer des solutions innovantes pour structurer et orienter le débat public vers une prise de conscience des potentialités de ce phénomène. Ce premier forum a réuni des académiques et des professionnels. Il a porté sur les transitions démographiques et les opportunités de croissance. Les travaux de ce forum tenteront de définir les conditions d'un développement durable de nos sociétés occidentales face aux mutations économiques et sociales qu'engendre le vieillissement des populations. Ce dernier est par trop souvent perçu comme un fardeau économique, alors que ses effets sur les facteurs de croissance tels que la santé, le niveau d'éducation, la productivité ou l'épargne sont controversés. En réinterrogeant les relations économiques entre le vieillissement et la croissance à travers les grandes questions emblématiques de la productivité (capital humain, innovation, etc.), de l'immigration (politique d'intégration, etc.), de l'épargne (produits, flux et intermédiation, etc.), du rôle des institutions (protection sociale, marché du travail, etc.), nous espérons que ce forum aura permis de mettre en exergue les conditions pour continuer à créer de la richesse dans les sociétés vieillissantes. Site Internet http://longevite.institutlouisbachelier.org

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2. Les Cours Bacheliers (7,14, 21 et 28 Janvier 2011) Ces cours ont mis notamment en exergue les concepts généraux du risque de longévité ainsi que les problématiques sous-jacentes liées à ce risque. Par ailleurs, les derniers développements sur la Modélisation du risque de longévité ont également été abordés par les intervenants, de même que les enjeux de la gestion de ce risque pour l'industrie assurancielle et financière. Ces séances de cours ont été assurées collectivement par l'équipe de recherche sur le risque de longévité de la chaire Dérivés du Futur. (a) Session 1 : Introduction (b) Session 2 : Variable annuities (c) Session 3 : Modélisation du risque de longévité (d) Session 4 : Transfert du risque de longévité et problématiques de design et d'évaluation Site Internet http://bachelier.ensae.fr 3. Conférence on Longevity and Pension Funds (03 et 04 Février 2011) Cette conférence de deux jours a porté sur le risque de longévité (modélisation, évaluation, couverture, transfert) et ses implications sur le marché de l'assurance et sur les fonds de pension plus particulièrement. Intervenants : Daniel Bauer, Enrico Biffis, Andrew Cairns, Hua Chen, Theo Nijman, Ragnar Norberg.

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4. 4th Financial Risks International Forum : Long Term Risk (10 et 11 Mars 2011) Le Financial Risks International Forum est une manifestation annuelle réunissant professionnel et académique du monde entier sur les thèmes d'actualité de l'industrie Banque/Finance/Assurance et de la recherche académique. Plus de 500 participants, dont les plus grands scientifiques des universités européennes, américaines et asiatiques participent à cet évènement. L'objectif est de présenter les meilleurs travaux de recherche internationaux, à l'occasion de tables rondes animées par des professionnels ou d'ateliers nourrissant le dialogue entre chercheurs et acteurs financiers de terrain. Site Internet http://risk2011.institutlouisbachelier.org

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5. Conference on Longevity risk models : an inter-disciplinary approach (30-31 mai 2011) Le but de cette conférence internationale de deux jours est de confronter les points de vue de différents domaines (démographie, actuariat, statistique, génétique, médecine, épidémiologie, dynamique des populations...) sur la modélisation de la longévité humaine. Site Internet http://longevity-modeling.institutlouisbachelier.org

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6. Des séminaires professionnels en collaboration avec l'Institut des actuaires et la Fédération Bancaire Française (avril-mai 2011) Les programmes des principales manifestations scientifiques, organisées dans le cadre des semestres thématiques, sont disponibles dans l’annexe 3 de ce rapport.

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7.2 Ateliers Thématiques Les ateliers thématiques répondent à la volonté de confronter les chaires de recherche de l’Institut à une problématique de la profession. Ces ateliers trimestriels concourent à initier de nouveaux programmes de recherche répondant aux préoccupations immédiates de l’industrie financière.

7.2.1 Séminaire Parisien « Validation des Modèles Financiers » Le séminaire "Validation des Modèles Financiers" a pour objectif de réunir des chercheurs universitaires et des professionnels du milieu financier et bancaire autour du thème de la validation des modèles financiers. Le séminaire se réunit sur une base trimestrielle autour de deux communications, l’une d’un chercheur académique et l’autre d’un praticien des marchés. Un temps d'échange entre les participants clôture chaque séance. Fondé en 2009 par La Banque Postale, Zeliade Systems et l'Institut Télécom, plusieurs membres organisateurs ont rejoint les fondateurs: l'Institut Louis Bachelier, Finance Concepts et l'Euria (Université de Bretagne Occidentale). Le projet de recherche En juillet 2009, le comité de Bâle a promulgué une directive demandant aux établissements bancaires de quantifier et provisionner le «risque de modélisation». Le comité précise qu'il s'agit de prendre en compte le risque lié à l'utilisation de modèles erronés pour valoriser les produits financiers complexes, et celui lié à une erreur dans la calibration de ces modèles. Ce risque impactera la dotation en capital « Tiers I ». La directive doit être mise en œuvre pour la fin décembre 2010. L'objectif du projet EUCLIDE est de concevoir une méthodologie et de développer un environnement informatique de validation et de mesure du risque des modèles 71


financiers. L'ambition est d'éclairer la problématique par un travail théorique, pour apporter des réponses concrètes à la directive du comité de Bâle. Le projet s'articule en trois volets: • Préciser la notion de « robustesse » d'un modèle et définir une métrique du risque de modélisation, sur laquelle pourrait s'appuyer le calcul prescrit par le comité de Bâle. Face à la complexité du problème, le but est de définir une mesure normalisée du risque de modélisation, cohérente, intuitive et relativement simple à mettre en œuvre, • Développer un outil de validation sur une plateforme logicielle ouverte et distribuée, • Expérimenter un nouveau type de production scientifique, fondé sur la publication des protocoles expérimentaux, permettant ainsi une reproduction des résultats et une validation par des pairs.

Un aspect innovant du projet est de structurer la démarche autour d'une plate-forme informatique qui permettra de formaliser et de partager des protocoles complets de validation, facilitant ainsi la constitution d'une communauté scientifique sur ce thème. A notre connaissance, il s’agira là de la première plate-forme de test de modèles financiers, collaborative, ouverte et librement disponible.

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Les Séminaires « Validation des Modèles Financiers » Session I (15 mars 2010) • Bespoke model validation, Alberto Elices (Grupo Santander) • Measuring model risk, Rama Cont (CNRS - Université de Paris VI & Finance Concepts)

Session II (27 mai 2010) • The cost of hedging in illiquid markets, Etienne Koehler (Barclays Capital) • Recent Advances in modeling central counterparty risk, Marco Avellaneda, R. Cont, S. J. Zhang (Finance Concepts)

Session III (22 septembre 2010) • Model risk of Exotic FX derivatives, Pascal Gibart (Crédit Agricole) • Discounting, Credit Valuation Adjustments and model risk, Jeroen Kerkhof (VAR Strategies)

Session IV (3 février 2011) • Model Evolution, Adil Reghai (Natixis) • Session V (6 Mai 2011)

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• VaR model risk, Carol Alexander (ICMA Centre, The Henley Business School)

• A Unified Approach to Risky Investment Evaluation: The Maximum Certainty Equivalent Excess Return (and Equivalent Risk Adjusted Performance Measures), Jacques Pézier (ICMA Centre, The Henley Business School)

Session VI (23 juin 2011 (Annexe 4)) • Measuring Similarity between Models, Patrick Henaff (Institut d'Actuariat, UBO)

• Validation of internal models the example of the Comprehensive Risks Measure for credit correlation trading, Jérôme Brun (Société Générale)

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7.2.2 Pour une régulation compétitive du marché du CO2 (22 octobre 2010)

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7.2.3 Forum de la Gestion Institutionnelle et Epargne de long terme (16 et 17 mars 2011) Les 16 et 17 mars 2011, s’est tenu à Paris le Forum de la Gestion Institutionnelle et de l'Epargne de Long Terme (Forum GI). Evénement incontournable de l'industrie financière en France depuis 2005, ce forum réunit tous les ans, pendant 2 jours, les acteurs principaux de ce marché en France et constitue un rendez-vous riche et attendu. L'Institut Louis Bachelier s'est associé à cet évènement, plus précisément à l'Agora Recherche, afin d'offrir aux chercheurs de ses deux fondations (Institut Europlace de Finance et Fondation du Risque) un point de rencontre entre recherche académique, innovation technologique et applications opérationnelles. Cette ambition prend appui sur les nouvelles initiatives prises récemment par les relais institutionnels et Institutions financières (création de chaires de finance, partenariats universités, grandes écoles et entreprises) pour apporter aux experts et praticiens une réflexion nouvelle sur la connaissance des mécanismes financiers. Site Internet http://www.forumgi.com/?IdNode=15279&CurrentNode=15221&Lang=FR&KM_ Session=6dfd0c66b937f4067e27335d12bac790

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7.2.4 Comment la sphère financière prend-elle en compte le changement climatique ? (11 mai 2011) Cet événement a été organisé par l'ADEME et OTC Conseil avec le soutien de l'Institut Louis Bachelier à l'occasion de la publication de la lettre d'information "ADEME & Vous - Stratégie et Etudes" offrant une synthèse des résultats de l'étude "Valorisation des enjeux climatiques dans l'analyse financière : Risques/opportunités, outils et stratégie des acteurs financiers" réalisée en 2010 par OTC CONSEIL pour l'ADEME. Animation de la table ronde Christian de Perthuis, Professeur associé à l'Université Paris-Dauphine, Président du Conseil Scientifique de la chaire « Economie du Climat ». Intervenants • Franck Jesus, Chef du service Economie et Prospective - ADEME • Philippe Zaouati, Directeur Général Délégué en charge du développement NATIXIS Asset Management • Pierre Valentin, Directeur Général Crédit Coopératif • Stéphane Voisin, Responsable de la Recherche ISR - Crédit Agricole Cheuvreux

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7.3 Scientific Morning Conference de l’Institut Europlace de Finance (EIF) Les Scientific Morning Conference de l'EIF ont pour objet de faire le point sur les derniers développements de la recherche en finance à travers les projets de recherche soutenus par l'Institut Europlace de Finance (EIF).Ce petit-déjeuner d'étude scientifique s'adresse à tous les acteurs du secteur financier : professionnels, émetteurs, investisseurs, intermédiaires, universitaires et chercheurs.

Date

Thème de recherche

Intervenant

Mercredi 18 mai 2011

Modélisation du Risque Systémique Measuring Herding Intensity, A Hard Task

Rama Cont, CNRS et Université Pierre et Marie Curie Raphaël Bellando, Université d'Orléans-CNRS - Pierre-Cyril Hautcoeur, Paris School of Economics –EHESS - René Garcia, EDHEC Business School - Alexander Guembel, Toulouse School of Economics (IDEI,CRM) Massimo Massa, INSEAD

Mercredi 29 juin 2011 Mardi 27 septembre 2011

Liquidity Session

Mercredi 26 octobre 2011

The role of International Institutional Investors and Banks in the Transmission of Financial Crises

Mercredi 16 novembre 2011

Market Role and Organisation Session

Mercredi 7 décembre 2011

Trading Fees and Efficiency in Limit Order Market

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Hélène Rainelli-Weiss, IAE Paris Bruno Biais, Toulouse School of Economics (IDEI/CRM-CNRS) Sophie Moinas, Toulouse School of Economics (IDEI/CRM) Thierry Foucault, HEC Paris

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7.4 Les Cahiers de l’ILB Les Cahiers de l’ILB font découvrir quelques-uns des travaux de recherche développés dans le cadre de ses fondations : la Fondation du Risque et l’Institut Europlace de Finance. Les chercheurs y présentent leurs résultats dans un langage accessible à un large public intéressé par le secteur Banque/Finance/Assurance. L’objectif de ces cahiers est de faire partager les enjeux de la recherche en finance en français et en anglais. a- Cahier ILB n°1: Fondation du Risque b- Cahier ILB n°2 : chaire Economie du Climat (Annexe 5)

c- Cahier ILB n°3 : chaire Risques Financiers

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7.5 La Journée des Chaires Depuis 2007, de nombreuses chaires et initiatives de recherche ont été lancées au sein des fondations de recherche, l’Institut Europlace de Finance et la Fondation du Risque. Elles ont peu à peu mis en place des structures de travail et ont commencé à produire des travaux de recherche d’excellente qualité. Ces travaux sont maintenant suffisamment avancés pour pouvoir être présentés à une audience plus large que celle formée par les seuls membres des programmes de recherche. Par ailleurs, les professionnels sont confrontés à de nombreuses questions qui sont à ce jour sans réponse, mais qui pourraient certainement gagner à être formulées selon un langage scientifique. Pour concilier ces deux points, l’ILB organise, chaque année, une Journée des Chaires au cours de laquelle les académiques présenteront leurs approches et leurs réponses face aux questions que peuvent se poser les professionnels de la finance et de l’assurance. Cette manifestation favorise donc les interactions et les synergies entre les différentes chaires qui travaillent souvent sur des sujets identiques mais avec une approche différente. En 2010, nos responsables scientifiques et leurs équipes de recherche ont présenté leurs travaux sur les quatre thématiques suivantes (Annexe 6) : • Longévité • Entreprise et Responsabilité Sociale • Gestion de la liquidité • Economie du changement climatique

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7.6 FinXchange.org L’Institut Louis Bachelier a lancé dès 2009 le site internet « e fern.org » dédié à la diffusion

des

connaissances

académiques

dans

le

domaine

Banque/Finance/Assurance. Ce site est doublé d’une lettre d’actualité envoyée chaque semaine aux abonnés. Le site web présente la plupart des manifestations scientifiques de la sphère économique et financière, les chaires et leurs sujets de recherche, les articles de recherche ainsi que l’actualité de l’Institut Louis Bachelier et de ses fondations. Apres un retour d’expérience de plusieurs mois et une enquête menée auprès des scientifiques, il est apparu que le site était principalement consulté pour identifier les manifestations scientifiques dans le domaine BFA et que les autres sections étaient moins visitées. L’Institut Louis Bachelier a mené une étude (Annexe 7) afin d’identifier les axes à renforcer : • L’ergonomie peut être améliorée: le contenu pourrait être mis plus en valeur si l’architecture du site était pensée différemment, • Le graphisme peut être plus attractif : les couleurs et la charte graphique ne soulignent pas suffisamment le contenu, • Les travaux de recherche pourraient être « enrichis » de contenu à forte valeur ajoutée : synthèses, vidéo …

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Enfin, nous avons constaté que si les travaux de recherche étaient connus par la communauté scientifique, ils n’étaient généralement pas diffusés à un public auprès des professionnels ou des pouvoirs publics, pourtant intéressés par les sujets traités par les scientifiques. Cela s’explique par le fait que ces papiers techniques et denses sont peu accessibles à un public de non experts. L’Institut Louis Bachelier, dont l’objectif est de créer des liens entre les deux communautés, doit donc concevoir un projet en ligne qui veillera à être didactique et pédagogique pour les publics non experts. C’est sur la base de ce constat que finXchange.org sera lancé au troisième trimestre 2011. Un appel d’offres a été lancé afin de sélectionner l’équipe qui sera en charge de développer la nouvelle plateforme. Les critères de sélection des partenaires ont été l’expérience de projets internet collaboratifs et leur capacité à proposer une solution qui prend en considération le cahier des charges de l’ILB. En plus d’une ergonomie ludique et intuitive, le succès du projet sera assuré par le contenu de qualité qui sera mis en ligne sur le site et par la visibilité de la plateforme. L’Institut Louis Bachelier a donc initié plusieurs démarches auprès de partenaires presse et médias afin de veiller à ce que les travaux des chercheurs puissent être diffusés dans un format adapté.

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8. Partenariat 8.1 Média-Web

8.1.1 AGEFI En collaboration avec l'Institut Louis Bachelier, l'AGEFI (l’Agence Economique et Financière) a mis en ligne, au début de l’année 2010, un portail intitulé "Recherche en Finance” dans une double perspective de valorisation des travaux de recherche et d’animation de la communauté financière. Ainsi, ce portail assure la diffusion de nombreux travaux de chercheurs en donnant accès à certains de leurs articles dans leur intégralité (sous format PDF), accompagnés d’une interview de présentation et d’explication du thème abordé. Rubrique

"Recherche

en

Finance":

http://www.agefi.fr/dossiers/recherche-

finance.aspx

8.1.2 Math-fi L’ILB a également noué un partenariat web avec le site Math-fi dans le but d’échanger des annonces d’événements et d’emplois. Ce partenariat contribue notamment à améliorer la visibilité des manifestations scientifiques axées sur la finance mathématique et à favoriser l’employabilité de jeunes doctorants.

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8.2 Le pôle de compétitivité mondial Finance Innovation L’Institut Louis Bachelier entretient des liens étroits avec le pôle de compétitivité mondial Finance Innovation. Des collaborations sont en cours à différents niveaux: • Présence de l’ILB au comité de labellisation : Le Délégué général de l’Institut Louis Bachelier fait partie du comité de labellisation des projets innovants et collaboratifs du pôle. Il accompagne les projets. • Présence de l’ILB au comité de sélection « Paris Incubateur Finance ». • Expertise sur les projets « Risque et Marché », « Finance et Développement Durable »,

« Financement

des

Transitions

Economiques

et

Démographiques ». L’Institut Louis Bachelier est régulièrement sollicité pour prononcer un avis sur les projets innovants relatifs à ses domaines. • Groupes de travail. Les groupes de travail organisés sous l’égide du pôle Finance Innovation associent PME, chercheurs et Grands Comptes, visent à faire émerger des projets industriels et de recherche à haute valeur ajoutée, afin d’améliorer le positionnement de la place financière parisienne au niveau européen. L’Institut Louis Bachelier joue un rôle actif au sein de deux groupes de travail.

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8.2.1 Groupe de travail « Finance Environnementale » Le groupe de travail « Finance Environnemental » traite des sujets en lien avec la finance carbone et le changement climatique. L’Institut Louis Bachelier est actif dans la coordination de ce groupe à travers l’interaction qu’il permet entre professionnels et chercheurs dans ce domaine : chaire « Economie du Climat », chaire « Finance et Développement Durable ».

8.2.2 Groupe de travail « Formation » Depuis juin 2011, l’Institut Louis Bachelier et le Pôle Finance Innovation mettent à disposition des acteurs professionnels et académiques une cartographie référençant les Masters et les Doctorats en Banque/Finance/Assurance. Cette plateforme répond à un triple enjeu : • Pour les entreprises, il s’agit d’un centre d’information sur les formations en finance en vue de recruter des jeunes diplômés compétents dans les domaines visés. • Pour les universités et grandes écoles, c’est un moyen de faire connaître plus largement leurs offres de formation aux étudiants qui se prédestinent à des carrières en finance au sens large. • Pour les étudiants, c’est un lieu d’information, qui se veut le plus exhaustif et le plus qualitatif possible, centralisant en un point des formations qui les intéressent, et offrant un accès à toutes les informations relatives aux admissions. Site Internet http://www.finance-innovation.org/cgi-bin/masters/base 86


8.3 Partenariat à l’international Ouvrir la recherche française à des coopérations avec des universités et centres de recherche européens, américains, asiatiques sur des acteurs financiers (émetteurs, investisseurs, banques, sociétés d’assurance, professions auxiliaires, français et internationaux) est l’une des prérogatives de l’Institut Louis Bachelier. En collaboration avec Paris-Europlace, organisation en charge de promouvoir la Place financière de Paris, l’ILB s’emploie en effet à tisser un réseau structuré de chercheurs internationaux de très haut niveau. Ainsi, tous les trois mois environ, l’ILB participe aux Rencontres Financières Internationales de

Paris Europlace afin

d’établir des liens pérennes avec d’autres centres de recherche internationaux et échanger

sur

les

nouveaux

thèmes

porteurs

de

la

recherche

en

Banque/Finance/Assurance (Finance carbone /Climat, Finance islamique, etc.).

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9. Les prochains défis de l’Institut Louis Bachelier 9.1 Création de nouveaux programmes de recherche Dans la continuité de ses activités, l’ILB a pour ambition de poursuivre le rythme soutenu de lancement de programmes de recherche d’excellence. Pour rappel, l’ILB a contribué à l’éclosion de huit programmes de recherche pour l’année 2010-2011, dont une chaire et sept initiatives de recherche, en lien direct avec l’industrie financière. L’émergence de nouveaux projets de recherche, afin de répondre aux nouveaux enjeux de la sphère économique et financière, constitue pour l’ILB un objectif primordial. Celui-ci étant, à terme, de doubler le nombre de chaires et initiatives de recherche, sous l’égide de ses deux fondations d’utilité publique, en vue de multiplier les interactions entre professionnels et académiques, fédérer les acteurs d’excellence de la recherche en finance, accroitre le nombre de partenaires privés, et enfin, élargir le périmètre de la recherche en Banque/Finance/Assurance.

9.2 Accompagner l’insertion professionnelle des doctorants Depuis sa création en 2008, l’Institut Louis Bachelier entend se situer au cœur des enjeux de la formation doctorale notamment via son Job Market européen en finance et comptabilité, co-organisé avec l’Institut Europlace de Finance (EIF). Cette manifestation a pour objectif de rapprocher les jeunes doctorants, postdoctorants ainsi que les entreprises en créant une dynamique de marché de l’emploi 88


qui vise à faire se rencontrer une offre et une demande. L’ambition de cet événement est de multiplier les conventions de partenariats. Si les résultats obtenus les années précédentes sont très encourageants, grâce notamment à la forte mobilisation des institutions académiques, l’ILB a pour objectif de renforcer la dimension professionnelle et internationale du Job Market afin d’accompagner au plus près l’insertion professionnelle des jeunes doctorants. A cette occasion, l’ILB a réalisé une étude en collaboration avec Béatrice Guynamant (CDO Management, conseil en développement des organisations) sur l’employabilité des jeunes docteurs en France comme à l’étranger. Cette étude, effectuée à la fin de l’année 2010, révèle qu’il existe de nombreux freins à l’embauche de jeunes doctorants. Aussi, d’après les statistiques révélées lors de cette étude, seulement une trentaine de doctorants par an se dirigent vers une entreprise dont la moitié à l’étranger. En réponse à cette analyse, l’ILB a pour ambition d’apporter un véritable soutien à l’insertion professionnelle des doctorants en finance, se traduisant notamment par la mise en place d’un espace de valorisation de jeunes chercheurs français et internationaux sur le réseau communautaire en ligne ainsi qu’un espace dédié aux offres d’emploi des entreprises à destination des doctorants. A ce titre, l’ILB a également un rôle à jouer auprès des entreprises du secteur Banque/Finance/Assurance. En collaboration avec le pôle Finance-Innovation, une stratégie de sensibilisation au CIR (Crédit Impôt Recherche) et aux contrats CIFRE a été mise en place depuis cette étude ; d’autant que cette dernière a mis en exergue l’importance des contrats CIFRE comme étant un facteur d’employabilité des jeunes docteurs.

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Enfin, le Job Market européen pourrait être adossé à un séminaire international dans le but de renforcer sa dimension professionnelle et internationale, ce qui permettrait aux doctorants de rencontrer des employeurs potentiels de tout pays. L’étude complète sur l’employabilité des doctorants est disponible en annexe de ce rapport (Annexe 8).

9.3 FinXchange.org : plateforme de référence L’Institut Louis Bachelier ambitionne de renforcer la visibilité en ligne des travaux scientifiques notamment en s’adressant à un public plus large que celui de la communauté scientifique. Ainsi, à travers le lancement de finXchange.org prévu au troisième trimestre 2011, l’Institut Louis Bachelier a pour objectif de devenir à l’horizon 2012-2013, la référence en termes de diffusion des travaux de recherche en ligne. Pour ce faire, des partenariats seront mis en place avec les institutions académiques, les professionnels, les médias et les centres de recherche.

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10. Annexes

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1. Avenant de la Direction générale du Trésor

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2. Liste des 25 chaires et initiatives de recherche de l’ILB Chaires de Recherche Assurance et Risques Majeurs

Chaîne de Valeur, Marchés Financiers et Banque d’Investissement Dérivés du Futur Economie du Climat Finance d’Entreprise Finance Durable et Investissement Responsable

Direction Scientifique Christian Gourieroux Pierre Picard Bruno Biais

Nicole El Karoui Nizar Touzi Christian de Perthuis Pierre-André Jouvet Edith Ginglinger Ulrich Hege Christian Gollier Patricia Crifo

Finance et Développement Durable, approches quantitatives

Pierre-Louis Lions Jean-Michel Lasry

Les Particuliers face au Risque: Analyse et Réponse des Marchés

Elyès Jouini

Marchés des Risques et Création de Valeur

Christian Gollier Stéphane Villeneuve

Produits Structurés et Produits Dérivés Risque de Crédit

Lionel Martellini

Transitions Démographiques, Transitions Economiques

Jean-Hervé Lorenzi Hélène Xuan

Risques Financiers

Nicole El Karoui

Santé, Risque, Assurance

Brigitte Dormont

Monique Jeanblanc

Partenaires Académiques Université Paris-Dauphine ENSAE ParisTech Ecole Polytechnique IDEI (Institut d’Economie Industrielle) Ecole Polytechnique Université Paris-Dauphine HEC Université Paris-Dauphine IDEI (Institut d’Economie Industrielle) Ecole Polytechnique Université Paris-Dauphine Ecole Polytechnique

Université Paris-Dauphine ENSAE ParisTech CEA (Centre d’Etudes Actuarielles) Université Paris-Dauphine IDEI (Institut d’Economie Industrielle) EDHEC Université d’Evry-Vald’Essonne Université Paris-Dauphine ENSAE ParisTech Ecole Polytechnique Ecole des Ponts ParisTech Université Paris-Dauphine Ecole Polytechnique ENSAE ParisTech

Partenaires Economiques AXA

Fédération Bancaire Française (FBF) Fédération Bancaire Française (FBF) CDC Climat Fédération Bancaire Française (FBF) Association Française de Gestion Financière (AFG) CACIB Caisse des dépôts et Consignations (CDC) EDF Groupama

SCOR

Fédération Bancaire Française (FBF) Fédération Bancaire Française (FBF) CNP Assurances Malakoff Médéric Institut Montparnasse Société Générale Allianz

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Initiatives de Recherche

Direction Scientifique Christophe Nicklaus

Collège de France

Economie Industrielle du risque et de la liquidité : évolution vers la finance de l’après-crise Evaluation des Modèles Mathématiques utilisés en Finance

Olivier Guéant

Collège de France

Partenaires Economiques CNP Assurances Caisse des dépôts et Consignations (CDC) Natixis

Pierre-Louis Lions

Collège de France

CACIB

Agriculture, Forêt, Alimentation

Chaire Economie du Climat

Université Paris-Dauphine INRA

Danone

Mobilité dans une Société Bas-Carbone

Chaire Economie du Climat

Université Paris-Dauphine

Michelin

Prix et Marchés du Carbone

Chaire Economie du Climat

Université Paris-Dauphine Duke University Institut Universitaire Européen de Florence Université de Valencia

Fonds Souverains

Chaire Finance et Développement Durable, approches quantitatives Chaire Finance et Développement Durable, approches quantitatives Chaire Finance et Développement Durable, approches quantitatives

Collège de France

BlueNext HSBC Orbéo EDF Amundi Total Véolia CACIB Amundi

Allocation d’actifs à long terme

Microstructure des marchés

Protection financière des agriculteurs

Partenaires Académiques

Université Paris-Dauphine

Crédit Agricole Cheuvreux

Université Paris-Dauphine

Pacifica

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Programmes de Recherche Finalisé Les avancés dans la modélisation des produits exotiques de taux de deuxième génération Le risque de crédit dans le cadre d’une chambre de compensation programme de recherche

Direction Scientifique

Partenaires Académiques

Partenaires Economiques

Jean-Michel Beacco François Dezorme

3v Finance

Jean-Michel Beacco François Dezorme

LCH Clearnet

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3. Programmes des principales manifestations scientifiques organisĂŠes dans le cadre des semestres thĂŠmatiques 2010-2011

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Financial Risks International Forum

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4. Programme du séminaire parisien « Validation des Modèles Financiers » du 23 juin 2011

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5. Les Cahiers de l’ILB n°2, numéro spéciale : Economie du Climat

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6. Programme de la « Journée des Chaires » de l’ILB

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7. Etude : plate-forme en ligne de l’ILB

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8. Etude : Job Market ILB

Etude réalisée par Béatrice Guynamant en novembre 2010 Démarche : - 30 responsables de banques d’investissement et de sociétés financières rencontrés - 2 responsables de la formation de docteurs en finance (ECP et ENSAE) - Des contacts pris via Linkedin : Quant Finance Group - 1 questionnaire envoyé à 400 personnes en Europe (Banque, Assurance) Analyse des données obtenues : - Le marché français est très petit, estimé à 30 docteurs par an qui se dirigent vers l’entreprise, la moitié d’entre eux part à l’étranger (Londres, NY, HK) ; les banques anglosaxonnes sont plus ouvertes - Les formations reconnues : doctorants Dauphine et Jussieu, de préférence après une Grande Ecole, au UK : Imperial College, Cambridge, Oxford, UCL ; les universitaires purs sont desservis par le manque de stages dans leur CV - Les postes offerts : R&D, quants et risque, puis structuration voire trading - Les compétences appréciées : capacité à « faire du quant intelligent », esprit critique, rigueur, adaptabilité, autonomie, imagination - Les freins à l’embauche : faible niveau d’anglais, peu d’aisance relationnelle et parfois de sens pratique, difficulté à travailler sous contrainte et à délivrer en urgence des solutions, parfois l’impatience en terme de carrière - La greffe prend très bien si l’on est très attentif lors de la sélection à l’entrée et si le collaborateur s’est ouvert au-delà de son thème de recherche et a cherché à comprendre les tâches des autres départements et à s’intéresser au développement de l’offre produit (l’idéal est de proposer un stage, un contrat CIFRE / collaboration enseignant-chercheur ou un VIE pour tester) Mes recommandations : - Pour les jeunes docteurs Avoir une première expérience en entreprise durant la thèse via des contrats CIFRE ou des collaborations enseignant / chercheur (possible depuis 2009) Faire un passage en Ecole ou Université hors de France (au moins 6 mois) pour optimiser ses chances de recrutement (niveau d’anglais, ouverture internationale) - Pour l’ILB La valeur ajoutée que l’ILB peut apporter aux entreprises peut se décliner à quatre niveaux : 1. L’ILB pourrait tenir à jour sur son site internet des listes de jeunes chercheurs internationaux dotés de compétences dans le domaine de la finance. Ces listes apporteraient un CV détaillé pour chaque chercheur : études, expériences professionnelles, publications… 2. L’ILB pourrait mettre sur son site les offres des entreprises à destination des doctorants / jeunes docteurs en matière de stages, contrats CIFRE, collaborations enseignant/chercheur

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3. Le prochain Job Market pourrait se tenir à Londres pour donner une dimension internationale a cette journée. On pourrait y inviter deux patrons de R&D à intervenir (dont un non-français) et une personnalité du monde académique. 4. On pourrait profiter de la tenue d’un séminaire international à Paris et organiser le Job Market en marge de ce séminaire, ce qui permettrait aux candidats français de rencontrer d’autres employeurs potentiels que les employeurs français (ex : the 17th Annual Global Derivatives Trading & Risk Management Conference en avril prochain à Paris)

ANNEXE : questionnaire envoyé Quels sont les profils des chercheurs que vous recrutez : âge, nationalité, doctorants de quelles universités, double formation Grande Ecole + doctorat ou universitaires purs, juniors ou expérience professionnelle préalable ?

Quels postes sont généralement offerts à ces profils (R&D, risque, structuration, quant, trading, …) ?

Combien de chercheurs avez-vous recruté en 2009/2010 ; quelle évolution par rapport aux années précédentes ?

Quelles compétences (techniques et humaines) vous attirent chez ces profils ?

Quels éléments peuvent au contraire constituer un frein pour le recrutement de ces profils ? Comment y remédier ?

Parmi les chercheurs que vous avez recrutés, considérez-vous que la greffe avec le monde professionnel a bien pris ? Pourquoi ?

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9. Plaquette institutionnelle de l’ILB, 2011

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RA ILB 2011