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PRÉLUDE La saison musicale 2013-2014 se décompose en trois temps, trois thèmes ; une trilogie qui se décline en une trentaine de concerts, tout au long de notre nouvelle année culturelle. Le premier volet de la programmation est consacré au « métissage musical », expression qui s’est imposée depuis une trentaine d’années avec l’apparition d’une autre appellation, « musiques du monde », bien au-delà des milieux spécialisés. Au point de devenir un enjeu important pour les musiques du monde arabe, bouleversées depuis plus de trois décennies par un métissage irrésistible, par une mondialisation inéluctable. Mais il faut rappeler que la globalisation n’est pas un phénomène récent et que les mélodies et les rythmes circulent entre les continents depuis fort longtemps. Nombreux sont les exemples qui montrent que les formes artistiques ont toujours voyagé depuis leur foyer initial pour fusionner avec des styles d’autres aires géographiques et culturelles jusqu’à constituer de grands espaces musicaux relativement homogènes, à l’exemple de ceux de la civilisation arabo-islamique. Cependant, ce qui se joue aujourd’hui est d’une autre nature. L’industrialisation de la musique et sa large diffusion par le biais des nouvelles technologies, sa commercialisation planétaire et les migrations intenses des hommes peuvent contribuer à l’anéantissement de certains répertoires musicaux traditionnels. Mais nous constatons actuellement que toutes les musiques qui se mélangent aujourd’hui gardent leur singularité et finalement survivent au sein d’un véritable creuset culturel devenu un symbole formidable de partage et d’enrichissement. Dans ce premier programme de notre trilogie, les musiciens fusionnent leurs arts de trois manières : le métissage de musiques de cultures différentes, le croisement des mélodies d’époques distinctes et, enfin, le mélange inventif de styles divers. Ces fusions peuvent d’ailleurs se recouper. Nombre d’artistes arabes ont opté pour le dialogue de leurs musiques ancestrales avec le jazz, le flamenco, le rock, la pop et autres genres savants ou populaires indiens, européens, africains, sud-américains, etc., pour faire entendre une sonorité musicale féconde et créer des moments et des espaces propices aux échanges culturels. Luth arabe, guitare espagnole, percussions indiennes ou iraniennes, violon indien, conservent ainsi leurs particularités dans la fusion et inventent en même temps un rythme identique, une mélodie commune. Dans le deuxième temps de la trilogie, le programme revient aux sources du tarab arabe, ce concept difficile à traduire, qui n’est pas un genre musical en soi, mais un élément de l’interaction musicale se rapportant à son interprétation. Le tarab désigne à la fois l’émotion poétique et musicale, plaisir et ravissement, bien-être et parfois extase, autant de sentiments éprouvés de concert, si l’on ose dire, par les artistes et leur auditoire. Cette notion se retrouve relativement dans de nombreux autres styles de musique que la musique savante arabe sous des noms différents : le duende en flamenco, le swing propre au jazz, le groove dans le funk ou la soul music, etc. Ce thème du tarab est illustré par la nouba maghrébine présentée dans toutes ses variantes, et par les mouwachchahat syriennes et égyptiennes. D’Alep et du Caire, de Tétouan et de Tlemcen, de Tunis et de Tanger, la musique classique arabe, fondée sur les maqâm, suscite le tarab, ce moment de grâce où le chant et l’exécution instrumentale s’envolent sous l’effet d’une exaltation magique qui saisit les musiciens. Enfin, ce programme s’achève par un ensemble de concerts dédiés aux musiques sacrées et soufies. C’est un contrepoint à l’exposition « le Hajj », organisée par l’IMA pendant la nouvelle saison culturelle. La musique sacrée se déploie par tout un ensemble de configurations musicales : la remémoration (dhikr) à la transe (hadra ou wajd), de nombreuses danses et toute une série de formes vocales et mélodiques ont été créées en vue de contribuer à la quête de Dieu. Chaque culture, chaque confrérie, zaouïa, cultive un riche répertoire de poésies et de musiques liturgiques. Ce sont quelques-unes de ces formes que l’IMA présente à son public, notamment avec les derviches de Damas et leur munshid, leur hymnode, le cheikh Daoud, le ghazal ou l’amour divin avec le cheikh Hafez Saïd d’Égypte, les chants qadiris de la confrérie Madiria dirigée par Papa Djimbira Sow de Dakar. La liturgie chrétienne d’Orient est présente avec les chants sacrés coptes interprétés par les chantres du monastère Deir el-Moharraq et de l’Institut d’Études coptes du Caire. Les Musicales 2013-2014 invitent donc plus de trente groupes, dont certains ne se sont encore jamais produits en France, voire en Europe. Qu’ils interprètent une tradition séculaire ou qu’ils présentent des créations contemporaines, tous ces artistes expriment sur la scène de l’IMA, non seulement leur virtuosité technique et leur richesse culturelle, mais surtout une diversité insoupçonnable de musiques que vivent les peuples du monde arabe et africain, qu’ils soient musulmans ou chrétiens, d’ici ou de là-bas.

101.5 FM

© M. Akiki

Mohamed Métalsi Directeur des Actions Culturelles

Le kanoun a perdu une de ses interprètes les plus talentueuses et les plus virtuoses. Imane Homsy, s’est éteinte le 19 avril 2013 à l’âge de 46 ans. Adieu l’artiste !

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VENDREDI 11 OCTOBRE 2013 | 20H30 | AUDITORIUM RAFIK HARIRI | TARIF A

LES MUSICALES

LES MUSICALES

Chœurs de Cordoue

Algérie/France

Syrie

avec Souad Massi et Éric Fernandez Ils ont en commun la passion de la musique et le goût du métissage. Elle, chanteuse à la voix d’or et au talent étincelant, lui, guitariste à la virtuosité rare et aux compositions éclectiques. Ensemble, ils forment un duo exceptionnel. Aujourd’hui artiste phare de la nouvelle génération algérienne, ayant réussi le parfait cross over, Souad Massi s’inspire de son vécu et notamment de l’exil, pour écrire sur la nostalgie, la liberté et l’espoir. Avec justesse et lucidité, elle propose des textes humanistes, sensibles et poétiques. Sa voix douce et pure explore avec la même aisance la pop, le folk-rock, le chaâbi ou encore la musique arabo-andalouse. Soit un éclectisme qui fait écho au parcours artistique d’Éric Fernandez, reconnu pour sa musique andalouse inspirée du monde entier. Guitariste de génie, il honore et perpétue l’âme flamenca, déjà riche des multiples influences culturelles rencontrées par les gitans pendant leurs voyages. Sa virtuosité est comme une offrande à la musique du monde et à ses origines gitanes andalouses. Accompagnés de trois musiciens, dont le percussionniste Rabah Khalfa, et d’une danseuse, Sabrina Romero, Souad Massi et Éric Fernandez conjuguent leur talent pour une soirée généreuse, sensible, ouvrant grand les stores et ravivant le souvenir de Cordoue la tolérante.

VENDREDI 8 NOVEMBRE 2013 | 20H30 | AUDITORIUM RAFIK HARIRI | TARIF C

Les notes bleues

avec Samih Choukaer

© M. Guillerot

« Nous voici tels une guitare devenue oiseau de violons Pour qu’enfin la musique proclame la vérité Tels un navire au-dessus des vagues Et dont les rames seraient nos âmes criant à la liberté qu’elles espèrent », déclame le Syrien Samih Choukaer dans son texte Jîna (nous sommes venus). Poète, chanteur et musicien, il a débuté sa carrière musicale en 1982, année où l’armée israélienne envahit le Liban pour en chasser les combattants de l’Organisation de la Libération de la Palestine, risquant de mettre le feu à tout le Moyen-Orient. Ce n’est pas pour rien que Samih chante souvent le plus grand poète palestinien contemporain, voire du monde arabe, Mahmoud Darwish (1941-2008), à travers sa dizaine d’albums réalisés après ses études au Conservatoire national d’Ukraine. Un itinéraire qui lui a permis de s’affranchir du cadre de la musique traditionnelle orientale, de créer librement, mais en restant viscéralement attaché à la poésie arabe moderne. Horizons, la création de Samih, est un jazz oriental. C’est-à-dire une attitude de rigueur et de liberté commune à la note bleue et au maqâm. Samih Choukaer épouse son époque, un monde qui se transforme. Voyageur, curieux, Samih est en quête de valeurs nouvelles, universelles, comme la véritable liberté, si peu goûtée dans le monde arabe. Sa poésie parle aussi des petites choses du quotidien, de la beauté de la vie et de l’amour, de thèmes philosophiques, politiques, de soufisme. Sans oublier l’humour et l’innocence des enfants pour qui il a écrit plusieurs chansons.

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VENDREDI 15 NOVEMBRE 2013 | 20H30 | AUDITORIUM RAFIK HARIRI | TARIF B

LES MUSICALES

LES MUSICALES

L’Ouzbékistan au cœur

Ouzbékistan France

Syrie

avec Rodolphe Burger et Yves Dormoy

SAMEDI 16 NOVEMBRE 2013 | 20H30 | AUDITORIUM RAFIK HARIRI | TARIF B

Le chemin du soleil avec Lena Chamamyan

Après les albums Asmar Ellon et Shamat, basés sur des chansons folkloriques réarrangées, Lena a donné de nombreux concerts à travers le monde et a eu la chance de rencontrer différents musiciens et un public diversifié. En 2011, secouée par la souffrance du peuple dans son pays, la Syrie, et le monde arabe, elle a développé un nouvel espace musical, qui transpose ces sentiments d’affliction, et à travers lequel Lena souhaite partager avec le public une énergie nouvelle et positive. Ce projet est le reflet des dernières années d’expérience de Lena, fondé sur un esprit jazz oriental. Un rôle plus important est accordé pour le chant, qui nous invite à découvrir l’harmonie naturelle et mutuelle entre la voix humaine et les instruments acoustiques. La vie, la dignité, l’espoir et l’antiviolence sont les thèmes dominants des nouvelles chansons, dont la majeure partie a été écrite et composée par la chanteuse. Avec ces titres et certains des morceaux précédents, la performance se voudra un message artistique qui s’adresse à l’être humain, loin de toutes les formes politiques. En tant que femme syrienne, Lena a traduit sa propre expérience via plusieurs compositions du projet fortement impliquées dans les questions féminines. Le but principal est de soutenir la construction d’une société civile qui prend soin de l’être humain et surtout des femmes et des enfants. Des musiciennes femmes, de cultures variées, se joindront à Lena pour interpréter ce nouveau projet intitulé Tarik el Shams (Le chemin du soleil), lors de cette soirée unique.

Yves Dormoy, saxophoniste et clarinettiste venant du jazz libre, et Rodolphe Burger, chanteur guitariste, leader de l’ancien groupe rock Kat Onoma, ont inventé en 2003 le projet Planétarium. Une création initiée à la Cité des Sciences de Paris et qui s’est transformée en voyage musical et terrestre au cœur de quelques cultures, le long de quelques routes du monde, comme celles de l’Asie, passant par l’Ouzbékistan, le pays des mosquées bleues de Samarkand, Boukhara ou Khiva, et du shashmaqom, la musique partagée avec le Tadjikistan. Un art savant et populaire issu de traditions préislamiques mêlées au maqâm arabe, qui a envoûté Dormoy et Burger quand ils rencontrent, en 2005, Mamur Zilolov (luth târ), Jamal Avezov (violon, vièle qijak) et Shurat Kholkodjaev (luths tanbûr et sato). Trois musiciens, comme la grande majorité des interprètes actuels, passés par le conservatoire et enseignants aujourd’hui, quand tous les grands maîtres du sashmaqom ont disparu. Notamment le dernier d’entre eux, le fabuleux Turgun Alimatov (1922-2008), mentor de Shurat Kholkodjaev dont l’équipier Jamal Avezov joue auprès de la très populaire chanteuse ouzbek, Ozoda, et participe à diverses fusions musicales, notamment avec le rock. Rock donc, jazz, programmation électronique, du blues aussi et shashmaqom multiséculaire imprègnent cette aventure franco-ouzbek, à cheval sur le passé et le futur, c’est-à-dire actuelle, parce qu’elle parle d’universalité, de métissage, le meilleur antidote face l’uniformisation culturelle, la mondialisation.

© Studio CuiCui

voir aussi http://www.flight-deck.fr

© Maher Sabra

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Maroc/France

LES MUSICALES

DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2013 | 17H00 | AUDITORIUM RAFIK HARIRI | TARIF C

Section d’assauts cuivrés

Égypte

avec Anti-Rubber Brain Factory & Hmadcha C’est une « drôle » de fabrique que cette Anti-Rubber Brain Factory (ARBF), un collectif dirigé par Yoram Rosilio rassemblant jusqu’à une vingtaine d’expérimentateurs qui sillonnent les scènes parisiennes depuis 2008 et usinent de multiples rythmes. Ils sont essentiellement souffleurs (saxophones, trompettes, tuba, clarinette, bugle) et frappeurs, épaulés par une contrebasse et un vibraphone, et vagabondent en des territoires musicaux apparemment éloignés, free jazz, noise music, musique contemporaine, traditions. Les Hmadcha, eux, pratiquent un répertoire mystique, riche de quatre siècles d’existence. Celui de l’ordre des Hmadcha, fondé par Sidi Ali Ben Hamdouch au Maroc à la fin du XVIIe siècle et depuis répandu dans tout le Maghreb. À Essaouira, débouché maritime de Marrakech, leur confrérie regroupe une cinquantaine de membres actifs dans ce sanctuaire. Les Hmadcha sont aussi souffleurs (hautbois ghaïta, flûte layra) et percussionnistes (t’bal, herraz, taârija, bendir), soutenus par un oud ou un gumbri. Entre voyages d’étude, tournées et résidences au Maroc, l’ARBF a trouvé chez la confrérie des Hmadcha d’Essaouira la troupe traditionnelle qui partage un même esprit d’ouverture et d’expérimentation. Bref, une créativité où l’extase divine, la transe multiséculaire qui rapproche de Dieu se fond avec les improvisations profanes, une communion déjà futuriste.

à écouter

VENDREDI 29 NOVEMBRE 2013 | 20H30 | AUDITORIUM RAFIK HARIRI | TARIF B

Virtuosité en partage

avec Mohamed Abozekry et HeeJaz Extended Mohamed Abozekry (oud), Guillaume Hogan (guitare), Hugo Reydet (contrebasse), Anne Laure Bourget (percussions), Ludovic Yapoudjian (piano), Benoît Baud (saxophone), Abdallah Abozekry (saz) En 2009, à dix-huit ans à peine, l’Égyptien Mohamed Abozekry a été lauréat du concours de Damas du meilleur joueur de luth du monde arabe. Il faut dire qu’à quinze ans, il en est déjà le plus jeune prof du sultan des instruments arabes à ce jour, formé par le maître irakien Naseer Shamma à Beit al oud (la Maison du luth) du Caire. C’est dans la capitale égyptienne, sa ville natale, que le prodige du Nil rencontre en 2007 Guillaume Hogan, un jeune guitariste français. Une rencontre décisive entre le oud et la guitare qui s’élargit aux percussions (derbouka, tabla, dôf, cajón) d’Anne-Laure Bourget et à la contrebasse d’Hugo Reydet. C’est la création du HeeJaz, formation affichant vingt-six ans de moyenne d’âge actuellement. Les répertoires habituels de Mohamed Abozekry et du trio français en sont transformés. Les quatre jeunes gens inventent leur fusion où la musique arabe, et plus largement orientale, croise jazz, blues, musiques gitanes de l’Europe de l’est comme de l’ouest, et autres rythmes du monde. Après avoir enchanté l’Institut du monde arabe en septembre 2011, le quartet y revient dans une nouvelle formation, une orchestration élargie à un pianiste, un saxophoniste et le petit frère de Mohamed, Abdallah Abozekry, enseignant lui-même de saz turc à Beit al oud. Un brassage où les racines musicales de chacun se fructifient avec les apports de l’autre, car il s’agit d’abord de dialogues culturels, d’échanges de savoirs rigoureux, cultivant, dans l’allégresse, l’improvisation, la liberté, le plaisir de jouer ensemble et de le partager avec d’autres.

© Jean-Michel Coureau

LES MUSICALES

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LES MUSICALES

Zanzibar

VENDREDI 6 ET SAMEDI 7 DÉCEMBRE 2013 | 20H30 | AUDITORIUM RAFIK HARIRI | TARIF B

LES MUSICALES

Les sultans du swing

De Séville à Tunis

Tunisie/Espagne

avec Kithara de Zanzibar dans le cadre du Festival Africolor

Il y a là l’as du kanoun, Rajab Suleiman, la somptueuse chanteuse Saada Nassor, le prestigieux chantre MakameFaki… Ils sont, au total, une dizaine de musiciens à former Kithara, dont une bonne partie est issue du Culture Musical Club, l’orchestre le plus célèbre de Zanzibar, riche de plus d’un demi-siècle d’existence et dédié au taarab. Cet étrange entraînement de musique orientale et de rythme noir africain né à la fin du XIXe siècle au sein de la bonne société de l’île tanzanienne, quand son sultan y faisait venir des orchestres et des enseignants de musique du Caire et d’Istanbul. Un mélange qui a conquis Pemba, l’autre île de Tanzanie, la côte de Mombasa, au Kenya, des régions longtemps marquées par les échanges avec les boutres des marins d’Oman. Cela a développé les clubs de musiciens et d’amateurs de taarab réunis aussi par un fort lien social, l’entraide, où le soufisme a aussi sa part. Kithara porte cet esprit de société solidaire qui aime les descriptions de l’amour courtois, les joutes de séduction, les ornementations poétiques sur des musiques aux allures symphoniques, une orchestration inspirée des comédies musicales égyptiennes avec violon, oud, derbouka, flûte nay, mais aussi contrebasse occidentale, bongos latino-américains ou les tablas qui témoignent de l’influence indienne. Mêlant langueur océane et frénésie continentale, le taarab de Kithara est un brin modernisé avec des arrangements incisifs, moins méditatifs et plus prenants.

avec Syrine Ben Moussa

Musicologue, Syrine Ben Moussa est aussi une des rares femmes interprètes solistes du malouf, la variante arabo-andalouse que se partagent l’est algérien, la Tunisie et la Libye. Originaire de Testour, un des bastions tunisiens du style hérité de la communauté juive et musulmane de Séville, la jeune chanteuse renoue à sa manière ce lien musical qui a rattaché pendant des siècles l’Ibérie et le Maghreb. Lien que l’artiste tunisienne sublime avec son inspiration captivante d’Abenámar, fameuse romance du dialogue entre Juan II, roi de Castille, et Abenamar Yûsuf IV, émir de Grenade, en 1431, un demi-siècle avant la fin de l’Andalousie musulmane. Syrine créé aussi une passerelle à la fois robuste et délicate entre l’art de l’Andalousie arabe et le flamenco qu’élaboreront dès le XVIIIe siècle des nomades venus d’Orient avec leur sensibilité mêlée aux diverses cultures qui s’y sont épanouies au fil du temps. Le timbre velouté, le chant habité par l’histoire, entre Kanoun, guitare, percussions, contrebasse, violon, Syrine Ben Moussa réussit à introduire judicieusement dans les noubas mauresques, le plus souvent contemplatives, les déchirements de la douleur du cante jondo et le chant profond gitan de Rosa Ángeles García Clavijo. Deux manières marquées par les arabesques, les fioritures acrobatiques qui font leur magie, alors que les gestes résolus et les pas énergiques de la danseuse de Cordoue, Melisa Calero Caro, leur impriment une chorégraphie impressionnante.

à écouter

© Wissem Triki

à écouter

SAMEDI 30 NOVEMBRE 2013 | 20H30 | AUDITORIUM RAFIK HARIRI | TARIF A

© Werner Graebner

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Liban

VENDREDI 13 DÉCEMBRE 2013 | 20H30 | AUDITORIUM RAFIK HARIRI | TARIF B

LES MUSICALES

Partition oriental jazz

France/Palestine

avec Gilbert Yammine et Elie Maalouf Fondamentalement, Gilbert Yammine est joueur de kanoun, Elie Maalouf, pianiste. Ces deux amis libanais de Paris, partenaires dans plusieurs créations musicales, présentent un projet où se rencontrent leur héritage arabe et le jazz, mais aussi quelques amours d’autres musiques savantes européennes et populaires latinoaméricaines. Leurs kanoun et piano sont entourés de violon, violoncelle, bouzouk et percussions pour des mélodies échevelées, reconnaissables et indéfinies à la fois. On peut appeler musiques du monde, ou plutôt de leur monde, leurs improvisations hybrides et charmeuses. Étudiant le kanoun dès ses dix ans, Gilbert Yammine devient, en 2000, musicien de l’Orchestre national du Liban pour la musique arabe, puis, dès 2003, professeur de son instrument de prédilection au Conservatoire de Beyrouth, fortement influencé par la méthode turque, le jeu à dix doigts pour les initiés, et que la joueuse de kanoun libanaise Imane Homsy fut la première à introduire dans la technique arabe. Elie Maalouf, lui, a commencé comme pianiste autodidacte, avant de sentir le besoin de se former techniquement de Beyrouth jusqu’à Paris, à l’American School of Modern Music, en passant par les conservatoires de Toulouse et d’Etampes, depuis son installation en 1989 en France. En quête de connaissance et de maîtrise, il suit les leçons de fameux pianistes jazz, tel le défunt Michel Petrucciani ou le cours de Bernard Maury, fondateur de la Bill Evans Piano Academy. Aujourd’hui, avec Gilbert Yammine, il forme un duo de haute volée où il conjugue avec une facilité déconcertante son savoir subtil et sa soif de liberté, c’est-à-dire l’improvisation.

à écouter

SAMEDI 14 DÉCEMBRE 2013 | 20H30 | AUDITORIUM RAFIK HARIRI | TARIF B

Musiques sans frontières avec Kamilya Jubran  et Sarah Murcia

Une Palestinienne et une Française. La première chante et joue du luth, la seconde de la contrebasse. Ces deux remarquables musiciennes forment, actuellement, un duo de récital, soutenu par Catherine Debroucker au violon, Marion Brizemur à l’alto et Christine Krauz au violoncelle. Elles présentent des compositions intimistes, oniriques, des rêves qui s’affranchissent des frontières musicales. Leurs arrangements musicaux croisent la musique arabe et occidentale contemporaine et invitent à un dialogue musical entre le maqâm arabe, jazz, art savant occidental et improvisation populaire. Un style qu’elles appellent « Nhaoulou » (métier à tisser en arabe), et un nom repris pour leur récent disque, paru sur le label Accords Croisés. Une musique qui se nourrit de la complicité exceptionnelle ainsi que des parcours tout aussi rares des deux artistes. Kamilya, née en Galilée d’un père, Elias, joueur d’oud, qui reçoit ses élèves à la maison. Un milieu où elle commence à apprendre dès ses quatre ans le répertoire classique égyptien, à la voix puis aux kanoun et oud. À 19 ans, elle rejoint, et ce jusqu’en 2002, Sabreen, jeune groupe palestinien de l’époque, se produisant dans de nombreux pays, avant de s’installer en France et se rendre souvent en Suisse pour travailler avec Werner Hasler, créateur de musique électronique. Sarah Murcia, elle, a d’abord étudié le piano à Boulogne, le violoncelle puis la contrebasse, a accompagné quelques noms de la variété française, des musiques du monde et du jazz, et a composé des bandes originales de films. Avec Kamilya, Sarah joue une musique acoustique qui appartient à la fois à différents styles et à aucun en particulier, comme si les deux complices souhaitaient se nourrir de leurs héritages personnels pour créer un répertoire commun.

© Emanuel Rioufol

LES MUSICALES

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LES MUSICALES

Tunisie

VENDREDI 20 DÉCEMBRE 2013 | 20H30 | AUDITORIUM RAFIK HARIRI | TARIF C

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SamSa, entre jazz, pop et latino

Algérie

avec Sana Sassi : chant et Skander Guetari : chant et guitares accompagnés de Khalil Chekir : kanoun, Kais Melliti : piano, accordéon, oud, Nicolas Derolin : percussions, Iyadh Labbene : violon, Emrah Keptan : basse, Benjamin Farrugia : batterie

à écouter

Née en France, ayant grandi à Sousse, Tunisie, Sana Sassi est marquée par le double signe des cultures orientale et occidentale. Elle chante Oum Kalsoum et s’attache au jazz, vient de soutenir une thèse de doctorat sur la littérature française du Moyen Âge et reprend une grande figure de la chanson populaire tunisienne du XXe siècle, le modernisateur Hédi Jouini (1909-1990). Bref, Sana ignore les frontières, sensible à la seule beauté où qu’elle se trouve. Docteur en informatique, Skander Guetari, lui, est d’abord fou de rock et de pop, formant très jeune des groupes en la matière, se produisant sur diverses scènes parisiennes, avant d’être captivé par la musique traditionnelle tunisienne. Un patrimoine qu’il marie au jazz dans un album, Heyma, qu’il réalise pour Abir Nasraoui et l’Institut du monde arabe. Pour lui aussi, seul compte le charme d’un art, d’où qu’il vienne. Sana et Skander devaient fatalement, naturellement, croiser leurs parcours. Ils forment leur duo en 2005. Sana y écrit et interprète ses propres textes, d’une voix émouvante. Skander compose et arrange des mélodies à la fois nomades, indéfinies mais discernables. SamSa est un voyage hors des sentiers battus, un univers où s’entrelacent mystérieusement les sentiments musicaux de ses auteurs. Des chants et des rythmes mosaïques qui vont au cœur du raffinement latino et de celui de la pop anglaise, par exemple. Quelle que soit la culture inspirée, SamSa trouve toujours, entre des musiques apparemment éloignées, des passages secrets. SamSa vous invite à un voyage coloré avec sa formation rencontre entre pop occidentale (batteur, bassiste et guitariste) et takht oriental (kanoun, violon, percussion orientales et oud)

à écouter

VENDREDI 10 JANVIER 2014 | 20H30 | AUDITORIUM RAFIK HARIRI | TARIF C

Raffinement de Tlemcen avec Lila Borsali et son orchestre

Née à Tlemcen, ville historique algérienne proche de la frontière marocaine et haut lieu de la musique arabo-andalouse héritée de Grenade – appelée, en arabe, gharnati– et du hawzi (chant des faubourgs), Lila Borsali a acquis une solide formation en milieu associatif dans sa ville natale puis à Paris, où elle séjourne plusieurs années, et enfin à Alger. Elle fait son entrée comme soliste dans le monde professionnel de la musique arabo-andalouse avec l’enregistrement, en 2009, de son premier CD dans le genre, Fraklahbab (« séparation des bien-aimés »). Le thème porte sur l’exil et la séparation. Elle y trouve une parfaite harmonie entre l’émotion des textes et leur délicate interprétation. Rattachée à l’école gharnatie de Tlemcen, Lila Borsali consacre sa mélodieuse voix à l’interprétation de textes qui chantent l’Andalousie heureuse, contemplant la beauté de la nature, magnifiant la grâce de la femme aimée, mais sublimant aussi la déchirure de la séparation qu’elle a interprétés en divers festivals internationaux. Maîtrisant les noubas andalouses, Lila a le regard entièrement tourné vers tout ce qui peut valoriser un patrimoine raffiné, ancestral, mais qui a aussi besoin d’une pointe de modernisation dans son interprétation et ses arrangements, tout en gardant leur force poétique et leur musique à la fois ancestrales et actuelles. Ce n’est pas pour rien que la musique arabo-andalouse, malgré plusieurs siècles d’existence, est encore une musique d’aujourd’hui.

L’album est en vente sur www.samsaworld.bandcamp.com

© Zied Ben Cheikh

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LES MUSICALES

Maroc

LES MUSICALES

VENDREDI 24 JANVIER 2014 | 20H30 | AUDITORIUM RAFIK HARIRI | TARIF C

Sensualité arabo-andalouse

Maroc

avec Ihsan Rmiki et l’ensemble Zaman Al Wasl sous la direction de Thami Belhouat

Nuances andalouses tangéroises

avec l’ensemble Layali Ennagham sous la direction d’Abdeslam Khaloufi et avec la participation de Abderrahim Abdelmoumen

C’est un riad où s’écoule une fontaine, se répandent les parfums de ses orangers et jasmins et pépient les oiseaux, sous les rayons du soleil derrière sa grande porte en bois sculptée. Ihsan Rmiki trouvait là, à Ksar El Kébir, au sud de Tanger, une petite Alhambra à la mesure de sa taille d’enfant. Une ville qui a accueilli les réfugiés juifs et musulmans d’Andalousie et d’Algarve, mystiques et érudits, fuyant la reconquête chrétienne. Ihsan est ainsi née sous le signe de leur héritage culturel, la musique arabo-andalouse. Art qu’elle apprend à chanter au conservatoire de sa cité natale et à celui de Marrakech, alors qu’elle grandit aux rythmes des samaâ et madih, les invocations soufies dont son père est un adepte notoire, lui qui est un membre influent de la confrérie tijaniya de sa région. Depuis, Ihsan n’a eu cesse de mettre la pureté et la sensualité de sa voix au service de ses deux cultures, la sacrée et la profane, celle du mouwachah. Une composition poétique savante aux rimes et mètres multiples, née au XIe siècle en Andalousie et étendue aujourd’hui jusqu’aux rives du Golfe, qui induit la création, la subtilité de l’interprétation dont se délecte Ihsan, influencée aussi bien par Oum Kalsoum que par le grand maître syrien du genre, Sabah Fakhri. Ihsan Rmiki a fondé Zaman Al Wasl, un orchestre (kanoun, oud, ney, violon…) avec lequel elle parcourt les scènes du monde pour lui faire partager une passion qu’elle a exprimée aussi à Grenade, la terre des jardins de l’Alhambra.

Au Maroc, comme dans le reste du Maghreb, la musique arabe venue d’Andalousie a plusieurs bastions où elle se perpétue depuis des siècles, épousant souvent le tempérament des cités où elle a pris souche, donnant de grands interprètes, maîtres d’« écoles » différentes en la matière, de courants nuancés tels ceux de Tanger. Ainsi, en émerge Abdeslam Khaloufi, un talent exceptionnel qui synthétise toutes les subtilités arabo-andalouses de sa ville. Né en 1965, professeur de langue et littérature arabes, virtuose du oud à la voix chaleureuse et captivante, Abdeslam a derrière lui un parcours impressionnant. Une longue liste de participations, depuis sa sortie du conservatoire de Tanger au début années 1980, à des festivals, à des événements en Espagne, en Grèce ou en France et des collaborations musicales ou des enregistrements pour les télévisions marocaine et espagnole pour lesquelles il a présenté des émissions sur sa musique de prédilection. Lauréat, en 1986, du Prix national du festival de musique andalouse de Chefchaouen, autre sanctuaire, dans le Rif montagneux, du raffinement arabo-andalou, Khaloufi a appris son art auprès de célébrités du genre tels Ahmed Zitouni, Mohamed Larbi Lamrabet ou Moulay Driss Cherif D’Ouezzane, dont il intègre les orchestres. En 1985, il fonde son propre groupe sous le nom de Layali Ennagham. Une formation qu’Abdeslam Khaloufi élargit à d’autres cultures, comme le soufisme, les musiques populaires du nord marocain ou le melhoun, cette poésie populaire écrite en arabe maghrébin, commune depuis le XVIe siècle au Maroc et à l’Algérie.

© Paola Crociani

à écouter

SAMEDI 25 JANVIER 2014 | 20H30 | AUDITORIUM RAFIK HARIRI | TARIF B

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LES MUSICALES

Palestine

VENDREDI 31 JANVIER 2014 | 20H30 | AUDITORIUM RAFIK HARIRI | TARIF C

LES MUSICALES

Le chant dévoilé

Maroc

avec Moneim Adwan « Si j’étais chanteur Doublé d’un poète J’aurais fait habiter Des gens dans mes rimes Et je rêve d’une patrie Ressemblant à une patrie Qui réveille le temps ».

C’est d’une voix grave, profonde et rare que Moneim chante sa terre martyrisée, la Palestine. Armé de son oud, inspiré par les anciennes gloires du Moyen-Orient, ce fils d’une famille religieuse de Gaza a d’abord appris la cantillation coranique. À 17 ans, il part se perfectionner dans le chant profane, en Libye, où un professeur égyptien l’initie aux finesses du maqâm, les suites arabes savantes, et aux improvisations (taqasim) au luth qui filent aux amateurs l’extase, quand leur interprète est un maître de la rime et de la métrique. Un art que Moneim Adwan a déjà fait goûter aux publics de quelques pays arabes, d’Espagne, d’Italie, de Hollande, de Belgique ou de France où il s’est finalement installé, alors qu’il a longtemps refusé de quitter son pays, où il ne pouvait exprimer pleinement sa virtuosité et sa liberté dans un territoire politiquement instable, hostile à toute expression profane, poussant ses artistes à l’exil. Aujourd’hui, avec Safwan Kenani au violon, Jean François Merlin à la contrebasse et Samir Homsi à la percussion, Moneim chante, entre véhémence et accalmie, la nostalgie du pays délaissé, le patrimoine oriental sans contrainte, l’amour qui ensorcelle et Mahmoud Darwish (1941-2008), le poète de la Palestine crucifiée et du monde arabe en quête de liberté.

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SAMEDI 1ER FÉVRIER 2014 | 20H30 | AUDITORIUM RAFIK HARIRI | TARIF B

Le souffle de Tétouan

avec l’Orchestre Temsamani sous la direction de Mohamed Amine El Akrami Né à Tanger, Mohamed Ben Larbi Temsamani fut le directeur et fondateur, en 1956, du conservatoire de musique de Tétouan, autre et proche bastion de l’art arabo-andalou dont il fut l’un des plus grands maîtres au Maroc. Il a consacré sa vie à l’unification de la çan’a (littéralement, métier), un style également développé par l’école andalouse d’Alger. On lui doit l’introduction de voix féminines dans une musique jusqu’alors dominée par les hommes, et la promotion de jeunes virtuoses, tel Mohamed Amine El Akrami qu’il a découvert en 1968, à ses 13 ans, lors d’une soirée de la télévision marocaine, et à qui il a ouvert les portes de son conservatoire de Tétouan. Ainsi, dès 1974, le petit prodige du oud, Mohamed Amine, issu d’une famille religieuse, entre dans l’orchestre du maître, aux côtés d’autres grands ténors comme Abdessadak Chekara, Ahmed Chentouf ou Mokhtar Mfarej, parcourant les scènes du monde arabe, d’Espagne, de France, d’Angleterre ou de Russie. Lauréat, en 1995, d’un certificat d’excellence de musique andalouse, délivré par son mentor, celui-ci le nomme premier responsable de son orchestre. À la disparition de son protecteur, El Akrami devient naturellement le directeur officiel de la troupe de son professeur avec la même volonté de promouvoir les jeunes talents et les voix féminines, donnant un charme particulier à sa musique, où il célèbre la passion de son père pour le samaâ et le madih soufis.

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LES MUSICALES

Tunisie

LES MUSICALES

VENDREDI 7 FÉVRIER 2014 | 20H30 | AUDITORIUM RAFIK HARIRI | TARIF B

BO de films arabes

Maghreb

avec l’ensemble Attarab

La formation Attarab a été lancée, en 1992, par des étudiants tunisiens en écoles d’ingénieurs, installés à Paris et passionnés de musique arabe, avant de muer en association, en 2002, et devenir un ensemble qui réunit une chorale et de multiples instrumentistes. Soit un collectif d’entraide que soutiennent de généreux donateurs, partageant le même amour musical, des établissements mettant gracieusement leurs salles à sa disposition, lui permettant de quitter les caves abritant les répétitions de ses débuts. Aujourd’hui, la troupe s’est élargie à d’autres musiciens venus du Maroc, d’Algérie ou de Syrie, enrichissant son répertoire avec des patrimoines locaux. C’est-à-dire, qu’outre reprendre les légendes du chant et de la composition égyptiens tels les disparus Oum Kalsoum, Sayed Darwish, Mohamed Abdel Wahab, Riadh Sunbati ou la vaillante libanaise Fayrouz, le groupe reprend également d’autres artistes modernisateurs comme le défunt tunisien Ali Riahi et le toujours actif marocain Abdelwahab Doukkali. Attarab déploie un registre musical à la fois populaire et savant, tel le mouwachah, art musical et vocal élaboré au XIe siècle en Andalousie. Quand l’interprète saisit son auditoire avec ses arabesques acrobatiques, il le mène jusqu’au tarab, l’extase, l’émoi, en arabe. Et Attarab a déjà prouvé cette maîtrise, avec des arrangements modernistes, sur diverses scènes de France et d’autres pays européens ou arabes. L’ensemble intègre actuellement des membres issus des cultures turque, française, américaine ou vietnamienne. Lors de cette soirée, il donnera la part belle à de grands standards connus à travers les BO de films cultes arabes.

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à écouter

SAMEDI 15 FÉVRIER 2014 | 20H30 | AUDITORIUM RAFIK HARIRI | TARIF A

Arabesques andalouses

avec l’ensemble El Mawsili sous la direction de Farid Bensarsa

Is’haq el Mawsili (767-850) était, au VIIIe siècle, maître de musique à la cour abbasside de Haroun ar-Rachid, le plus renommé des califes. On dit que, jaloux de la virtuosité phénoménale de son élève Ziryab (777-852), il poussa celui-ci à l’exil à Cordoue, où le disciple élabora les bases de ce qui deviendra la musique arabo-andalouse. Voici pour l’histoire et la légende. Pour l’actualité, l’association El Mawsili, fondée, en 1991, à Saint-Denis (SeineSaint-Denis), par une huitaine de praticiens, compte aujourd’hui plus de trois cents inscrits, enfants, adolescents et adultes, attachés à un patrimoine savant et populaire, riche de plusieurs siècles d’existence et d’évolutions, bien après la fin de l’empire arabo-musulman. Mené par l’un de ses créateurs, Farid Bensarsa, l’ensemble qui en est issu, El Mawsili, regroupe une cinquantaine de chanteurs et d’instrumentistes (kanoun, luth, kouitra, mandole, rebec, r’bab, violon, mandoline, nay, derbouka, tambourin târ, bongos) connaissant, sur le bout des doigts, des répertoires intégrant toutes les nuances et subtilités maghrébines, longtemps perpétués de manière orale. Ils sont deux ou trois générations de passionnés qui interprètent, avec délice et délicatesse, les thèmes de prédilection de la tradition arabo-andalouse sur plusieurs scènes de France et du monde. Une poésie qui chante l’amour courtois, la séparation déchirante, l’amitié indispensable, contemple la beauté de la nature, déplore l’exil et cultive la nostalgie.

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LES MUSICALES

Tunisie

SAMEDI 1ER MARS 2014 | 20H30 | AUDITORIUM RAFIK HARIRI | TARIF C

L’empreinte du malouf

avec Mâlouf tunisien

LES MUSICALES

VENDREDI 7 MARS 2014 | 20H30 | AUDITORIUM RAFIK HARIRI | TARIF B

Turquie

Chants de la Sublime Porte

avec l’ensemble féminin Şelale sous la direction d’Aylin ŞengünTaşçı

Récemment inscrite à Créteil, Val-de-Marne, l’association, et groupe, Mâlouf tunisien a tout simplement pris comme nom l’appellation, en Tunisie, Libye et dans le Constantinois algérien, de la multiséculaire musique arabo-andalouse. Une culture qui a puisé dans le fonds musical du Maghreb et du Machreq et s’est développée en Andalousie, avant d’être à son tour influencée, lorsqu’elle arrive avec les réfugiés andalous sur les terres nord-africaines, par la richesse des rythmes locaux, prenant des noms divers. Ainsi, au XIIIe siècle, 8 000 juifs et chrétiens andalous fuient la Reconquista chrétienne vers la Tunisie où ils apportent leur patrimoine culturel. La dernière mémoire et légende du malouf tunisien, le chanteur et oudiste KhemaïsTernane (1894-1964) est issu d’une famille andalouse immigrée en Tunisie. Il est l’un des professeurs et fondateurs, en 1934, de La Rachidia, la plus prestigieuse école andalouse tunisienne et l’une des plus importantes au Maghreb. Parmi ses élèves figurent le célèbre Salah el Mahdi et la chanteuse Saliha, l’une des rares femmes solistes en la matière. En Tunisie, au fil de l’histoire, le malouf s’est aussi enrichi d’apports turcs (notamment le mode bachraf), quand le pays devient province ottomane dès la fin du XVIe siècle. Aussi, c’est tout cet héritage que tente de préserver et de diffuser en France l’association Mâlouf tunisien, avec une rigueur toute professionnelle, et surtout un amour d’une culture qu’il sait faire apprécier et surtout partager.

Ce spectacle est coproduit avec le BoZar de Bruxelles. Elles se sont réunies en 2012 pour former Şelale (« cascade »), un groupe où chacune apporte son expérience de musicienne professionnelle. Aux côtés de la chanteuse Aylin Sengün Tasçı, Safinaz Rizeli (kanoun), Pelin Degirmenci (oud, luth, tanbur), Neva Gülses (vièle kemençe), Dilek Yüzlüer (violoncelle) et Sezen Özmen (percussions) apportent, dans leur interprétation de la tradition turque, leur sensibilité féminine. Leur esthétique court sur des siècles d’arts savants et populaires, musique classique ottomane, litanie des bardes asik ou compositions plus contemporaines. D’ailleurs, l’ensemble féminin Şelale, à travers son riche répertoire, accorde une large place à une quinzaine de compositrices turques, notamment aux mélodies de l’une des toutes premières, Dilhayat Kalfa. Les six musiciennes reprennent également les œuvres de compositrices de la Turquie post-ottomane, telles les fameuses Neveser Kökdes et Leyla Saz. En fait, l’ensemble Şelale conçoit son répertoire comme un voyage dans l’histoire de la musique traditionnelle turque, à travers ses différents styles, de ses racines profondes à ses évolutions récentes, entre influences d’ailleurs et nouvelles créations. Un patrimoine dont les titres sont interprétés en en respectant scrupuleusement le contexte historique et en en sublimant les sentiments, partagés entre enthousiasme et mélancolie. Une virtuosité qui a déjà séduit Istanbul et d’autres villes turques et part maintenant à la conquête du public international.

© Jacques Wekemans

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SAMEDI 8 MARS 2014 | 20H30 | AUDITORIUM RAFIK HARIRI | TARIF A

Espagne

Flamenco vivo

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Syrie

avec Aire Gitano

VENDREDI 14 ET SAMEDI 15 MARS 2014 | 20H30 | AUDITORIUM RAFIK HARIRI | TARIF A

Le rossignol d’Alep avec Hamam Khairy

Alep, cité du nord de la Syrie, était considérée pendant des siècles comme « l’oreille » du monde arabe pour la qualité et l’exigence de son public mélomane. Au fil de l’histoire, les Alépins ont réussi à préserver un patrimoine musical qui a survécu à la décadence de l’empire arabo-musulman et a su résister à l’emprise de l’empire ottoman. Jusqu’à aujourd’hui, tout chanteur ou musicien syrien subit l’examen informel des mélomanes alépins pour être reconnu comme artiste complet. Hamam Khairy a subi cette épreuve pour devenir l’une des grandes voix de la tradition d’Alep. Il est virtuose du mouwachah, art né en Andalousie musulmane et propagé jusqu’aux confins de la Chine, où il excelle par ses variations vocales et son sens de l’improvisation. Hamam fut d’abord choriste au sein de l’ensemble d’un autre Alépin, celui du défunt et fameux Adib al-Dayikh, fils d’un grand récitant du soufisme, tout étant nourri par les grandes voix du z. Il a longtemps écouté celles du regretté muezzin de la grande mosquée d’Alep, SabriMoudallal, et de l’octogénaire Sabah Fakhri, le roi actuel du chant savant moyen-oriental, formé au conservatoire alépin. Depuis une dizaine d’années, Hamam Khairy marche sur leurs traces tout en développant sa propre technique, matérialisée par une interprétation immodérée et moderniste d’une tradition typiquement alépine, les qudud, anciens chants religieux transformés au fil du temps en chansons d’amour.

Inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’humanité depuis 2010, le flamenco, musique et danse, a fait ses premiers pas au XVIIIe siècle, si l’on ose dire, dans le sud-ouest de l’Andalousie, plus exactement dans le triangle formé par les villes de Cadix, Séville et Jerez de la Frontera. C’est de cette dernière qu’est issu le groupe Aire Gitano. Ou plus précisément de ses barrios San Miguel et Santiago, les quartiers gitans des clans mythiques du chant profond andalou, ceux des Terremoto, el Sordera, la Piriñaca, el Borrico, la Tia Juana la del Pipa, Manuel Morao. C’est de là qu’ont émergé les chanteurs David Carpio et Felipadel Moreno, les danseurs Saray Garcia et Miguel Angel Heredia, le guitariste Manuel Valencia, qui forment le groupe Aire Gitano. Ils perpétuent une tradition née des diverses cultures qui s’épanouirent au fil des siècles en Andalousie. Notamment à Jerez, la cité considérée comme la véritable capitale du flamenco, qui fut d’abord un simple chant a cappella, ensuite soutenu par des palmas (les claquements des mains), puis enrichi par baile (la danse), les castagnettes, la guitare et la percussion. Aire Gitano représente donc «  l’école  » de Jerez, célèbre pour son interprétation parfaite de tous les palos, les styles du flamenco, qu’ils soient doloristes ou festifs, les soleares, bulerías, tangos, fandangos, martinetes ou seguirillas. Une culture que le groupe, issu d’une ville remarquable par le nombre exceptionnel de ses peñas ou tablaos, clubs de flamenco, anime avec une ferveur qui mêle émotion, ferveur et enthousiasme.

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VENDREDI 21 MARS 2014 | 20H30 | AUDITORIUM RAFIK HARIRI | TARIF B

LES MUSICALES

Voix kurde en Breizh à l’occasion de Newroz

avec Wirya Ahmad et Gaby Kerdoncuff un spectacle coproduit par le KRG (Représentation du Gouvernement Régional du Kurdistan d’Irak) et le Festival Interceltique de Lorient Un Kurde breton et un Breton kurde, ça n’existe pas, ça n’existe pas ? Et pourtant !... Par la grâce de la musique, Gaby Kerdoncuff et Wirya Ahmed en font une réalité. Le premier est trompettiste et joueur de bombarde ; le second, poète, chanteur et joueur de oud. C’est lors d’une tournée au Kurdistan, en 2006, peu après la chute de Saddam Hussein, qu’ils font connaissance, en découvrant avec émerveillement d’étranges et séduisantes similitudes entre les danses bretonnes et kurdes ! Wirya Ahmed, véritable institution au Kurdistan irakien, longtemps exilé en Europe, s’est produit en Allemagne, en Belgique, en Hollande, en Suisse et en France. Pour Gaby Kerdoncuff, le Kurdistan n’est pas une terre inconnue. Grand amateur de métissages musicaux les plus improbables, notre Breton a longtemps accompagné le chanteur Erik Marchand, avant d’être l’initiateur de la formation Al Wasan, avec les frères Khoury de Jordanie. « Le pari, dit-il, est de faire fusionner deux univers jusquelà étrangers l’un à l’autre : la poésie bretonne de la Gwerz et des sonioù, qui a gardé des caractéristiques micro-tonales proches des musiques orientales, et celle des lawket hayran des Kurdes du sud ». Pour mener rondement cette création artistique inédite, les deux complices se sont entourés de musiciens de haut niveau : Hedi Djabar et Éric Menneteau au chant, Azad Xeilani aux instruments à vent, Sherwan Saedi au tambur et au saz, Jean Le Floc’h à l’accordéon micro-tonal et Yves-Marie Berthou aux percussions.

Comores

Les mélodies de l’Archipel

à écouter

Alors que l’on nous avait annoncé la sortie du premier film de femme dans l’histoire du cinéma saoudien, voilà que l’on nous apprend que Nawal est « la première femme musicienne de ces îles à se produire en public », alors qu’elle chante depuis deux décennies ! Franco-comorienne, Nawal s’applique à revisiter le fonds comorien (musiques et danses) avec la ferme volonté de le promouvoir en patrimoine mondial : se produisant sur les scènes de tous les continents, elle est, à elle seule, une émanation de l’Unesco pour les Comores, un peu ce que fut Francis Bébey pour le fonds musical du Cameroun. Et voilà que notre « Unescomorienne » s’est mis en tête de nous concocter un spectacle complet, avec Les Femmes de la Lune, toute une fresque de chants et de danses du terroir, portée par un souffle mystique, celui d’un soufisme rayonnant en… archipel. Son objectif : tirer de l’oubli « ces musiques et danses en voie de disparition afin que les artistes d’aujourd’hui puissent s’en inspirer pour de nouvelles créations. » Chanteuse, guitariste, en solo ou en trio, marraine d’opérations humanitaires (les Marensti, signifiant les enfants laissés pour compte), elle vient, avec six autres femmes de son Archipel, nous ouvrir les portes de l’archipel des Comores (dénomination dérivée du mot arabe qamar : lune, par lequel les navigateurs arabes désignaient cet ensemble d’îles), avec des chants liturgiques, et sur des textes inspirés de la littérature arabe des XIIe-XIVe siècles, chantant la paix intérieure et l’universelle humanité.

© Christian Rivoalen

© Sylvie Hamon

SAMEDI 22 MARS 2014 | 20H30 | AUDITORIUM RAFIK HARIRI | TARIF B

avec Nawal et les Femmes de la Lune

© Christian Rivoalen

Bretagne/ Kurdistan d’Irak

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Égypte

VENDREDI 28 ET SAMEDI 29 MARS 2014 | 20H30 | AUDITORIUM RAFIK HARIRI | TARIF SPECIAL

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Chantres coptes d’Égypte

Algérie

avec les chantres de l’Institut Didymos d’Assiout et de l’Institut d’Études Coptes du Caire

VENDREDI 4 AVRIL 2014 | 20H30 | AUDITORIUM RAFIK HARIRI | TARIF C

Extases andalouses de la çan’a d’Alger avec Omar Benamara et son ensemble

Un spectacle coproduit par l’Institut du monde arabe et la Maison des Cultures du Monde dans le cadre du 18e Festival de l’Imaginaire Parler de « Coptes d’Égypte », c’est déjà risquer un pléonasme : les deux mots sont issus du grec Aigyptos par lequel les Anciens désignaient le pays. Avec ces chants, l’Institut Didymos et l’Institut copte du Caire nous offrent un « aperçu » de l’authentique tradition musicale d’une des principales Églises d’Orient, telle qu’on la pratique aujourd’hui, loin des mystères pharaoniques dont elle fut souvent entourée. Le chant occupe une place essentielle dans la liturgie copte orthodoxe et se décline en plusieurs genres : les hymnes, aux formes textuelles et mélodiques simples, les cantillations des grands textes et les incantations du prêtre, les madih et les tassabih (louanges aux saints). Tous ces chants sont en arabe ou en copte. Les uns, syllabiques, sont rigoureusement scandés, le chantre pouvant rester de longues minutes sur une seule et même voyelle ; les autres sont librement ornementés. Interprétées souvent a cappella, les vocalises sont parfois accompagnées de percussions, principalement cymbales et triangle, entre les mains des diacres et du chantre. L’Institut Didymos du Caire a été fondé en 1893, par le pape copte Cyrille V, afin d’assurer une fidèle transmission. Les futurs chantres y sont formés au chant, aux disciplines théologiques et à la langue copte. Près d’un siècle plus tard, un second s’ouvrait dans un monastère des environs d’Assiout. Créé en 1954, l’Institut d’Études Coptes marque le désir des chrétiens d’Égypte de faire valoir la spécificité de leur patrimoine.

à écouter

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Dans le paysage musical classique actuel, Omar Benamara a effectué un des parcours artistique les plus originaux de sa génération. Issu de la pure tradition musicale algéroise, il poursuit sa carrière aussi bien dans le domaine de la musique occidentale que dans celui de la la musique traditionnelle. Il a débuté sa carrière en 1980 au Théâtre Musical du Châtelet, en participant aux séries d’opérettes, puis aux fameuses saisons « Verdi, Rossini, Russes, Strauss » ainsi qu’à l’Opéra comique et au Théâtre des Champs-Élysées. Il est alors l’un des premiers artistes invités par l’Institut du monde arabe nouvellement créé. Concertiste, il est programmé dans divers festivals et manifestations culturelles. En 2003, il interprète la Noubet Ghrib à l’IMA, dans le cadre de l’Année culturelle de l’Algérie en France. En 2008, il fait partie de la tournée de l’Opéra National de Paris au Japon. Cette même année, il dirige, à l’IMA, le chœur de l’armée française et les solistes de l’opéra dans Le désert, ode symphonique de Félicien David. Par ailleurs, il effectue un important travail de collecte, de transcription et d’interprétation du patrimoine de la musique arabo-andalouse, en particulier la çan’a (métier, tissage), rattachée à l’école d’Alger. L’implication du luthiste Noureddine Aliane, dans cette représentation, est un autre gage de qualité et d’authenticité. Les autres musiciens, des valeurs sûres et reconnues, ont participé à d’innombrables enregistrements et concerts en France et à l’étranger.

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Syrie

SAMEDI 5 AVRIL 2014 | 20H30 | AUDITORIUM RAFIK HARIRI | TARIF A

LES MUSICALES

VENDREDI 11 ET SAMEDI 12 AVRIL 2014 | 20H30 | AUDITORIUM RAFIK HARIRI | TARIF SPECIAL

La ronde des derviches de Damas

Sénégal

Chants des Khadres soufis

avec Cheikh Hamed Daoud (chant)

avec Papa Djimbira Sow

accompagné par Julien Jalal Eddine Weiss (kanoun), Ziad Kadi Amin (flûte nay), Jamal Al Sakaa (percussions), les choristes Dia Eddin Daoud et Mohama, Naji Al-Rais et les derviches tourneurs Maher al-Jamal, Hatem al-Jamal et Mahmoud Al-Taier

un spectacle coproduit par l’Institut du monde arabe et la Maison des Cultures du Monde dans le cadre du 18e Festival de l’Imaginaire Né au sein d’une famille peule, dans le nord-ouest du Sénégal, Papa Djimbira Sow chante pour maintenir vivante la tradition familiale. Comme son grand-père et son oncle maternel avant lui, il est chanteur dans la tradition des « Khadres », terme désignant, au Sénégal, la confrérie de la Qadiriya. Fondée à Bagdad au XIIe siècle par un soufi, le Cheikh Abd al Qadir al-Jilani, la Qadiriya a joué un rôle majeur dans l’introduction de l’islam en Afrique subsaharienne, avec l’appui des marchands arabes et des savants de Tombouctou. C’est au cours du XVIIIe siècle que Cheikh Bou Kounta introduit cette confrérie au Sénégal. En 1917, Cheikh Mohamed Djimbira, le grand-père de Papa Djimbira, se voit offrir deux tabalas(percussions) faits spécialement pour lui par les deux filles du cheikh Saadbou, l’une des grandes figures de la confrérie, afin de le remercier pour le taureau qu’il avait offert lors de la cérémonie du huitième jour du décès de son guide spirituel. Ces tabalas, baptisés Maïmouna et Riskham, servaient à annoncer l’apparition du croissant de lune pour les fêtes de Tabaski (l’aïd), ou le mouled (anniversaire de la naissance du prophète). C’est Cheikh Mame Mory Djimbira, l’oncle maternel du petit Djimbira Sow qui introduit les tabalas qui accompagneront désormais les chants, pratique aussitôt adoptée par toute la confrérie. C’est encore lui qui initie le jeune Djimbira, alors qu’il avait à peine 13 ans. Son intérêt pour les chants khadres ne l’empêche pas d’avoir une scolarité régulière. Après son baccalauréat, il décroche un diplôme de technicien, tout en approfondissant sa maîtrise des textes sacrés et en chantant dans tous les rassemblements de la confrérie où il a gagné le respect des anciens.

Plusieurs contes mystiques attribuent une origine divine à la musique et rapportent que l’âme, de nature céleste, refusa de s’incarner ; mais elle fut séduite par la voix d’un ange qui, commandé par Dieu, s’était installé dans le corps afin de l’y attirer. Emprisonnée dans le corps, l’âme conserva la nostalgie de son origine. C’est ce que le grand mystique Djalâl al-Din al-Rûmî a merveilleusement exprimé dans son célèbre poème  La plainte du nây :  Écoute la flûte de roseau et sa plainte, comme elle chante la séparation : on m’a coupé de la jonchaie, et depuis lors ma lamentation fait gémir l’homme et la femme.[…] Tout être qui demeure loin de sa source aspire au temps où il lui sera uni. Ainsi les soufis chantent-ils cette séparation de la source originelle et leur désir ardent de la retrouver. Quand la musique, le chant et la danse vibrent à l’unisson, l’émotion s’installe ou fuse jusqu’à faire oublier un moment la tragique actualité… Voici, donc, une occasion exceptionnelle de rencontrer musiciens et danseurs fabuleux venus de Syrie pour une tournée en Europe. C’est en 1983 que Julien, dit Jalal Eddine, qui fut l’élève du célèbre Mounir Bashir, fonde l’ensemble Al-Kindi, conçu comme un takht (orchestre de chambre). Il fait appel aux meilleurs musiciens de Syrie, de Tunisie ou d’Irak, et aux plus grandes voix des répertoires classiques traditionnels. Pour ses créations, il a collaboré avec de grands poètes arabes, tel que Mahmoud Darwish. Avec les derviches tourneurs de Damas, il parvient au sommet de son art, l’ensemble déployant « une fabuleuse alchimie, à la fois mystique et sensuelle (…) dans une étourdissante montée en grâce ».

© Sabine Châtel

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Proche-Orient

SAMEDI 26 AVRIL 2014 | 20H30 | AUDITORIUM RAFIK HARIRI | TARIF B

LES MUSICALES

L’art du maqâm parfums et poésie d’Orient

Tunisie

Sacrée voix pour voie sacrée avec Fawzi Ben Gamra

avec Aïcha Redouane, Habib Yammine et l’ensemble Al-Adwâr

à écouter

VENDREDI 9 MAI 2014 | 20H30 | AUDITORIUM RAFIK HARIRI | TARIF B

Il fut, à partir de 1994, la star incontestée du mezwad (du nom d’une cornemuse), genre sulfureux, voisin du raï, aux thèmes à dominante crument sociale et à la rythmique fougueuse. Ses concerts, sous forme de shows bien réglés, attiraient des milliers de spectateurs. En 2001, au grand dam de ses nombreux fans, il décide d’arrêter sa carrière et de se tourner vers une vie pieuse. Certains lui reprocheront cet attrait soudain pour la chose religieuse et une rumeur prétend même qu’il voulait faire effacer tout ce qui relevait de son ancienne discographie. Fawzi Ben Gamra s’en défend et revendique un islam de la tolérance : « Pendant huit ans, j’ai pratiqué la méditation et surtout profité de ma famille et mes enfants, que je voyais très peu auparavant, en raison de tournées interminables. Je n’ai jamais interdit la vente de mes albums du passé et je suis quelqu’un qui adore écouter toutes les musiques, regarder un match de foot et rigoler avec mes amis. J’ai toujours refusé la logique du halal et du haram ». En 2009, Fawzi effectue son retour vers la chanson à travers Joyaux de la chanson sacrée, un opus renfermant des chants de louange à Allah et à son prophète, rappelant à la fois une vieille tradition liturgique tunisienne et un style mystique proche de celui de la confrérie Soulamiya. Il reprend son bâton de pèlerin pour parcourir la Tunisie et de nombreux pays européens, où il donne interviews et concerts. Il est également à l’affiche de nombreuses représentations dédiées à l’art soufi, le tout en s’investissant dans des actions humanitaires. Ben Gamra a certes changé de registre, mais la voix reste magnifique et ses chants, finement arrangés, ne dérogent pas à la règle moderniste de ses débuts, comme le confirment ses deux derniers albums à succès, parus en 2010 et en 2013.

« Vestale du chant arabe », Aïcha Redouane offre au monde, depuis plus de vingt ans, les chefs-d’œuvre de l’art du maqâm et du chant soufi. Franco-marocaine, Aïcha est compositrice et pédagogue. Son expérience lui a fait connaître plusieurs styles, en passant par la tradition amazighe, le chant classique occidental, le jazzblues ; elle est une référence majeure de la tradition du maqâm arabe. Sa rencontre avec Habib Yammine lui a permis de se spécialiser dans l’art de la composition et de l’improvisation. Une bourse du ministère de la Culture l’a aidé à élargir son univers, au Caire comme à Paris, où elle a également suivi une formation de cantillation (tajwîd) du Coran. D’origine libanaise, Habib Yammine est percussionniste, ethnomusicologue et compositeur. Lauréat du programme Lavoisier du ministère des Affaires étrangères, maître du riqq, du daff et de la derbouka, il enseigne à l’Université de Paris VIII et à la Cité de la Musique. En 1991, il fonde, avec Aïcha Redouane, l’ensemble Al-Adwâr, dans la lignée des cheikhs de la Nahda (renaissance culturelle arabe du XIXe au XXe siècles). Ensemble, ils ont enregistré plusieurs albums dont Égypte, distingué d’un « Choc de la Musique » et d’un « Diapason d’or », et ont mis en musique les grands poètes mystiques comme Ibn Arabi, Ibn al-Fârid et Râbi’a al-‘Adawiyya à qui ils ont consacré leur récent album « Maqâm d’Amour ». Ils se sont produits sur les plus grandes scènes : Paris, Bruxelles, Bakou (Azerbaïdjan), Fès, Rabat, Berlin, Genève, Utrecht, New York, Ottawa, Abu Dhabi...

© Lhabib Hmima

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Maroc

SAMEDI 10 MAI 2014 | 20H30 | AUDITORIUM RAFIK HARIRI | TARIF B

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Bonheur soufi

Algérie

avec Karima Skalli

à écouter

VENDREDI 16 MAI 2014 | 20H30 | AUDITORIUM RAFIK HARIRI | TARIF B

Un « zéphyr » passe avec Nassima Chabane

Pour la voix, on l’a comparée à Asmahan, la star syro-libanaise des années 19301940. Aujourd’hui, dans son pays (le Maroc), plus qu’une voix et plus qu’un nom, Karima Skalli est tout un patrimoine. Ses admirateurs ne se comptent plus, même à l’étranger  : Beyrouth, Damas, Le Caire, Tunis, Fès, Beiteddine, Oman, Cordoue, Doha, Amman, Abu-Dhabi, Dubaï, Paris, Vienne, Sarajevo, San Diego, Los Angeles, Michigan, Washington... Sensibilisée dès l’enfance au melhoun (poésie, finement ciselée, des faubourgs), elle se frotte très tôt aux répertoires d’Oum Kalsoum et de Mohamed Abdel Wahab, avant d’établir le sien : du classique arabo-andalou avec des passerelles heureuses vers le genre soufi. Auparavant, cette ancienne élève d’une école supérieure de commerce et de comptabilité avait dû laisser tomber les notes scolaires pour d’autres notes, celles du solfège et des cours de chant au Conservatoire Ziryab de Marrakech. Remarquée lors d’une émission de la télévision marocaine, Muzika, où elle décroche le Prix d’excellence, elle imposera son nom à partir de 1999. Le récital de cette soirée sera mystique et présentera des poèmes empruntés aux grands maîtres soufis comme Ibn Arabi, Ibn Al Farid ou encore Shoushtari. Une composition de Rachid Zeroual selon les règles de l’art du samaa marocain. Karima Skalli sera accompagnée par Rachid Zeroual à la flûte nay, YildanErgüzel au kanoun, Youness Al Khazan au violon et Khalid Kouhen aux percussions.

à écouter

Plus qu’une voix d’or, Nassima est désormais la voix de l’Âge d’or du chant arabo-andalou. Son prénom porte déjà cette « petite brise », ce « zéphyr » qui, jadis, soufflait des rives du Guadalquivir aux terrasses de l’Alhambra… La fille de Blida, la « Ville des roses » célébrée par Camille Saint-Saëns (Rêverie du soir à Blida), a fait son conservatoire à l’âge où ses copines fredonnaient des berceuses à leurs poupées de chiffons. Sur le chemin de l’adulte devenue artiste, il y a toujours un maître inspiré qui repère chez l’enfant le don que ses propres parents ne sont pas en mesure de voir ou de promouvoir. Dahmane Ben Achour fut pour Nassima ce que fut Monsieur Germain pour Albert Camus : le pédagogue et le parrain. Tout comme l’immense Cheikh Sadek Abdjaoui, papa spirituel « couveur », ou Hamidou Djaïdri, conseiller artistique à la radio algérienne. Nul n’étant prophète en son pays, il aura fallu ses succès à l’étranger, et jusqu’au célèbre Carnegie Hall de New York, pour que l’Algérie officielle, à la traîne du public, se mette à son écoute. Lorsqu’en 1994, Nassima fuit une Algérie, meurtrie et endeuillée par les violences terroristes, pour s’installer à Paris, le répertoire arabo-andalou était encore en quête de la diva qui devait le revivifier et l’ouvrir au monde. Vingt ans après, la mezzo-soprano ne compte plus les hommages. C’est dans l’univers mystique du soufisme qu’elle s’épanouit et confirme la maîtrise de son art, en faisant revivre les poèmes de l’émir Abdelkader (« Je suis à la fois l’Amour, l’Amant et l’Aimé/ Je suis l’Amoureux Aimé /Secrètement au grand jour ») ou, plus anciens et plus mystiques, ceux d’Ibn Arabi et d’Ibn Hazm. Il suffit, pour s’en convaincre, d’écouter Voie soufie, voix d’amour (Institut du monde arabe /harmonia mundi), un album qu’elle dit avoir conçu comme sa « réponse à la diabolisation de l’islam ». Elle a fait sienne, également, cette jolie formule du berbère Saint-Augustin : « La mesure de l’Amour est d’aimer sans mesure ».

© Jad Rifari

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LES MUSICALES

Égypte

VENDREDI 23 ET SAMEDI 24 MAI 2014 | 20H30 | AUDITORIUM RAFIK HARIRI | TARIF B

Du Ghazal soufi à la Nahda

avec Cheikh Said Hafez et Takht Attourath

Abderrahman Kazzoul et Takht Attourath réactualisent l’héritage de trois traditions séculaires en Islam : la musique savante, d’origine byzantine et persane, la poésie arabe et la mystique soufie. Ces trois courants majeurs s’allient ici pour œuvrer à une même élévation de l’âme. Ils constituent une expression du samaâ (littéralement : « écoute, audition »), un temps de partage et de haute spiritualité, durant lequel le public peut se sentir aussi impliqué par une écoute participative que les artistes eux-mêmes… À travers la beauté du chant ou de la mélodie, les artistes conçoivent leur art comme une invitation à saisir une autre beauté plus profonde, inscrite au cœur de tous les êtres : celle menant à l’extase et à la transcendance. Ils évoquent la nostalgie de Layla, l’être aimé, l’ivresse de l’amour qui transporte et transforme les âmes, suscitant soif et désir. Disciple du maître Georges Abiad, violoniste de l’illustre Mohamed Abdel Wahab, Abderrahman Kazzoul, fondateur de Takht Attourath, a su réunir autour de lui des musiciens renommés (soutenus par une chorale représentant différents pays arabes) : les percussionnistes Adel Shams Eddine et Miloudi Benslimane, le cithariste Imad Ben Ammar, le violoniste Salem Benoni et le violoncelliste Samih Souissi, le flûtiste Bachir Zaïd et le luthiste Fadhel Messaoudi. Takht Attourath convie cette fois Cheikh Said Hafez, une voix formée à la cantillation coranique au Caire, particulièrement prisée pour ses ibdihalat (improvisations), et qui, tous les vendredis, investit les ondes égyptiennes.

Alors, on danse…

« Qui dit étude dit travail/Qui dit taf te dit les thunes/Qui dit argent dit dépenses/Qui dit crédit dit créance/Qui dit dette te dit huissier…/ Alors on sort pour oublier tous les problèmes / Alors on danse… ». Ces rimes crûment réalistes de Stromae pourraient trouver aisément une incarnation charnelle à travers certaines créations chorégraphiques proposées au cours de ces nouveaux rendez-vous de la danse. Le cru 2013/2014 s’annonce très urbain, autant sur la forme que sur le fond, et mettra en relief la danse dans son éclatante diversité, ponctuée par un grand clin d’œil au hip hop et au contemporain, et une gestuelle entre rage et grâce. Passées de la rue, ou du terrain vague, aux scènes nationales, les acrobaties hip hop, amorcées dans les années 1980, ne relèvent plus du marginal et ont dépassé le spectaculaire pour devenir un objet chorégraphique. Cependant, il faut souligner que cet art, issu du bitume, de l’asphalte et du béton gris-terne des cités et défini comme une contre-culture nécessaire, n’a pu gagner la reconnaissance et sortir de la performance et des lieux underground que par la volonté d’ouverture affichée par certains de ses plus brillants représentants, à l’image de Fouad Boussouf, auteur du spectacle Transe. Beaucoup d’entre eux ont suivi une formation de danse contemporaine et replongé dans leurs souvenirs d’enfance musicaux (les mélodies écoutées par les parents)pour créer des chorégraphies en harmonie avec leurs premières prestations au pied des tours. Cela a souvent abouti sur une danse d’auteur comme l’on qualifie le cinéma du même nom. Ils n’en hésitent pas moins à bousculer quelques codes trop rigides à leur goût, histoire de ne pas perdre le fil avec les « battles »(compétitions de danses), souvent remarquables de spontanéité. D’autres « concerts corporels » poussent l’audace de franchir le seuil du contemporain pour cueillir en chemin, outre des bouquets hip hop, un peu d’élégance flamenca et du standard oriental, au sens le plus large du terme (Parfums de Perse et À corps et à cris en sont de magnifiques illustrations). La poésie, celle d’Abou El Kacem Chebbi ou de Mohamed Abdel Wahab, occupe une place particulière dans ce cycle et le flamenco, dans ses envolées les plus folles, également. Dénominateur commun ? Le jeu sur les contrastes et les nuances entre des mondes différents et le beau rôle tenu par « le festif ». Alors, on danse ? Rabah Mezouane 36

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LES RENDEZ-VOUS DE LA DANSE

SAMEDI 5 OCTOBRE 2013 | 20H30 | DIMANCHE 6 OCTOBRE 2013 | 17H | AUDITORIUM RAFIK HARIRI | TARIF A

LES RENDEZ-VOUS DE LA DANSE

Je saoule la tristesse de mes chants

À Corps et à Cris

une création contemporaine en hommage au poète Abou El Kacem Chebbi Compagnie METAtarses avec Sandra Abouav et Mounir Troudi

une création arabo-afro-jazzy-contemporaine et hip hop de Lamia Safieddine

© Sylvain Lefeuvre

LES RENDEZ-VOUS DE LA DANSE

À Corps et à Cris est une pièce chorégraphique de Lamia Safieddine dans laquelle elle nous invite à cheminer à travers le parcours d’un groupe d’individus, hommes et femmes, issus d’horizons divers et différents. Ils se rencontrent dans un espace urbain, lieu moderne par excellence, où ces êtres vont se juxtaposer et s’entrechoquer, avant de se révéler sous une autre dimension qui leur permettra de s’accorder, de trouver la voie de l’harmonie et de découvrir que la beauté de soi est souvent révélée par l’autre. Il s’agit là, sur fond de musiques d’Oum Kalsoum, Janis Joplin, Angélique Ionatos, Toufik Farroukh, Steve Reich ou Tuxedemoon, d’un condensé de scènes de vies dans une Cité mère, mère de toutes les migrations. Une célébration joyeuse de la vie, des couleurs. Lamia Safieddine, chorégraphe et danseuse, est considérée, dans l’univers de la gestuelle inventive, comme une des artistes les plus importantes du monde arabe contemporain. Elle a su promouvoir une danse arabe du présent, libérée et loin des stéréotypes, réussissant de cette façon un pari, et pas des moindres, celui de réconcilier la danse arabe avec son histoire et avec le monde, donc le présent. Ainsi sa danse est celle des voyages, des migrations, des mélanges généreux entre les cultures, une danse arabe citoyenne du monde. Le journal Le Monde note que « Le voyage dont il est question est une plongée dans la pluriculturalité de la danse de l’Orient… » Les passagers qui embarquent avec Lamia ne manquent pas de références non plus. Danseur, chorégraphe et enseignant, Bouba est une grande figure du hip hop, classé dans le Top 10 des meilleurs danseurs du monde. BiñoSauitzvy, danseur contemporain, a contribué à la création de nombreux spectacles, travaillant notamment avec Farid Azzout et Denis Detournay. Fanny Coulm, professeur de danse, est une parfaite pluridisciplinaire, allant du jazz au contemporain, tout en s’enrichissant de la danse arabe contemporaine.

© Mejdi Bekri

LES RENDEZ-VOUS DE LA DANSE

Transe

avec la Compagnie Massala et Fouad Boussouf Création 2013 pour 7 danseurs - Danse hip hop et contemporaine Chorégraphie : Fouad Boussouf

© Charlie Abad

Née d’une rencontre entre Sandra Abouav, formée au classique dès l’enfance, et Mounir Troudi, chanteur populaire tunisien et compagnon de route musicale d’Erik Truffaz, cette création se veut d’abord un hommage au majestueux poète tunisien Abou El Kacem Chebbi (1909-1934). Le titre du spectacle est d’ailleurs tiré d’un de ses poèmes les plus prémonitoires où il dit, notamment : « Je sens bouillonner dans mon cœur/Le sang de la jeunesse/Des vents nouveaux se lèvent en moi/Je me mets à écouter leur chant… » Au cours d’un dialogue immémorial, la danse de Sandra et la musique et la voix entêtante de Mounir se voient et s’entendent comme une invitation à l’extase de se tenir simplement debout, à une époque où se dresser, faire face, s’apparente de plus en plus à un acte de résistance. Troudinous convie à un périple, mélodique et vocal, jalonné de motifs traditionnels et d’explorations électroniques, tandis qu’Abouav propose une danse résolument contemporaine, mais comme jaillissant du fond des âges. Dans la lignée des Oum Kalsoum et Ahmed Hamza, figure emblématique de la chanson tunisienne, ils ont unifié leurs talents respectifs pour nous entrainer dans une performance où toutes les fulgurances sont permises. SAMEDI 11 JANVIER 2014 | 20H30 | DIMANCHE 12 JANVIER 2014 | 17H AUDITORIUM RAFIK HARIRI | TARIF A

L’invitation à la fête

une création de Bernard Abitbol et Anne Benveniste sous la direction musicale d’Adel Shams El Din

SAMEDI 19 OCTOBRE 2013 | 20H30 | AUDITORIUM RAFIK HARIRI | TARIF B

Dans cette création, les principaux protagonistes viennent de l’univers du hip hop et du contemporain afin, souligne le chorégraphe Fouad Boussouf, « de mieux cerner le propos  ». Le tout rehaussé par des sonorités orientales pour lui octroyer une dimension plus tribale. Sur l’ensemble du spectacle, Fouad fournit une explication des plus convaincantes : « Toute mon enfance, j’ai été baigné par les grands classiques de la musique arabe du siècle dernier, du Maghreb au Moyen-Orient. Teintée de nostalgie, cette musique me renvoie à un imaginaire construit de souvenirs aussi doux qu’innocents, en total contraste avec mon adolescence, rythmée par la musique et la danse hip hop. Aujourd’hui, j’ai envie de questionner cette double culture, un héritage à la fois sociétal, linguistique et musical, en confrontant sur scène deux identités qui me constituent, à travers mon écriture chorégraphique. Les événements récents regroupés sous le nom de « printemps arabe » ont été déclencheurs dans ce choix. Il s’agit d’aborder la question de la métamorphose sans parler nécessairement de révolution». Cette Transe « lancinante, envoutante et ronde par essence, emmène les danseurs vers un état de corps poussé à son extrême, ancré au sol mais si proche des cieux ». Le texte, à travers un poème de Mahmoud Darwich, Le lanceur de dés, déclamé en arabe, prend toute sa place dans cette pièce.

SAMEDI 9 NOVEMBRE 2013 | 20H30 | AUDITORIUM RAFIK HARIRI | TARIF B

© B. Abitbol

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Il s’agit là d’un prétexte pour se livrer à des chants festifs,issus du Maghreb ou d’Égypte, et teintés d’influences arabo-andalouses, judéo-espagnoles. Pour ce spectacle, Bernard Abitbol a réussi à convaincrela très talentueuse tunisienne Khadija El Afrit, musicienne d’exception, musicologue, virtuose du kanoun, qui n’aspirait guère à une carrière de vocaliste, de chanter à nouveau. Les spectacles précédents, Terres Mêlées, De l’Andalousie à l’Égypte, et Nuit d’Égypte, avaient déjà révélé sa voix vibrante, chargée d’émotions, que le public avait beaucoup aimée et n’avait cessé de réclamer. Côté chorégraphie, Anne Benveniste s’est inspirée de l’histoire de sa famille venue d’Andalousie et installée depuis des générations en Égypte pour nourrir ses créations. Sa passion pour la danse égyptienne traditionnelle (raqs charqi) et son attirance pour les influences espagnoles dans la musique orientale octroient à sa gestuelle un caractère particulier qui n’a fait que s’affirmer. Formée à la danse depuis des années, elle est enseignante et chorégraphe. Une approche exigeante du corps et une recherche du mouvement l’amènent à élargir et à renouveler constamment son répertoire chorégraphique. Les liens qu’elle a tissés, au fil des représentations, avec les musiciens qui l’entourent de leur virtuosité, ont permis une complicité étroite propice à une osmose remarquable de la musique et de la danse. Emplie de nostalgie, l’Invitation à la fête, idéalement orchestrée par Adel Shams El Din, une référence majeure de la percussion arabe, entend raviver les moments heureux et les souvenirs de joie liés à nos traditions les plus festives. 39


ACTIONS EDUCATIVES LES RENDEZ-VOUS DE LA DANSE

SAMEDI 8 FÉVRIER 2014 | 20H30 | AUDITORIUM RAFIK HARIRI | TARIF B

Parfums de Perse

avec Rana Gorgani et ses musiciens Compagnie L’Œil Persan

© Ting Ting

LES RENDEZ-VOUS DE LA DANSE

Artiste chorégraphe iranienne, membre du Conseil internationalde danse de l’UNESCO, Rana Gorganiest diplômée du conservatoire d’art dramatique de Paris, formée au jeu d’acteur et à la mise en scène. Originaire de Gorgân, dans le nord de l’Iran, kurde du côté paternel, Rana a été initiée, dès l’enfance, aux danses persanes, en découvrant les danses du riz, propres à cette région du bord de la Mer Caspienne. Amoureuse de ce patrimoine méconnu, elle entreprend différentes recherches, en collaboration avec des ethnologues et des sociologues, afin de mieux connaître l’art raffiné des différentes danses, ainsi que des voyages qui l’ont mené dans de nombreuses ethnies et régions d’Iran. Des mouvements subtils des danseuses de cour à l’époque Qajar, aux cérémonies de transe Bandari, en passant par les tours de la danse afghane, le monde des danses persanes est aussi riche et mystérieux que l’est l’Iran en peuples et influences, croyances et rites. Le travail exigeant de Gorgani sur la gestuelle, la symbolique des costumes et bijoux, combiné à sa formation dramatique, l’ont emmenée sur le chemin d’une création chorégraphique complète, dans laquelle s’expriment à la fois l’héritage de siècles de traditions dansée set sa propre personnalité. L’art de la danse ne pouvant être considéré sans son interaction avec les autres aspects de la culture persane, Rana fonde, en 2009, sa compagnie, L’Œil Persan, afin de présenter diverses formes de spectacle, où se mêlent théâtre, danse, poésie, images et musique. Aujourd’hui artiste internationale, dépositaire d’un héritage précieux, elle est invitée aussi bien dans des festivals et salles de spectacles prestigieuses que dans les écoles et associations, où elle anime des conférences et ateliers sur la danse, en Europe et dans le monde. SAMEDI 22 FEVRIER 2014 | 20H30 | DIMANCHE 23 FEVRIER 2014 |17H AUDITORIUM RAFIK HARIRI | TARIF A

Vientos del sur (Vents du sud) une création flamenca de Diana Regaño

© Catherine Larviere

Née à Madrid, la danseuse Diana Regaño a d’abord appris et pratiqué les danses classique et contemporaine. Cependant, très liée à la culture andalouse, elle se passionne pour le flamenco et entre à l’école Amor de Dios, pilier pédagogique de la danse flamenca à Madrid, où elle se forme auprès des maîtres Belén Fernández, « La Tati », Manuel Reyes et « La Truco ». Elle fait ses débuts à Paris, en 1998, au Théâtre Mogador, avec la compagnie Cécile Apsâra, puis elle intègre le groupe Arte Flamenco. En 2008, Diana rejoint le groupe Candela Flamenca et devient peu à peu une référence en matière de flamenco traditionnel et fusion. C’est ainsi qu’elle se produit avec le guitariste Raphaël Faÿs, reconnu mondialement. En 2011, elle obtient le premier prix à la meilleure interprétation féminine au 2e Festival Flamenco du court-métrage de Madrid (Fflac) pour son rôle de danseuse et comédienne dans The Red Shoes, du réalisateur Lorenzo Recio. Sur scène, dans un style unique et une interprétation tout en finesse, son baile et ses zapateados révèlent toute leur puissance. Vientos del sur est une création originale qui donne à voir et à entendre ce flamenco né dans le sud, au cœur des civilisations andalouses et arabomusulmanes. Un flamenco symbole d’une grande richesse musicale et rythmique, à travers lequel s’expriment les sentiments les plus profonds de l’être humain : souffrance, désespoir, mais aussi allégresse et joie de vivre. Vientos del sur est aussi, et surtout, un voyage au bout des cultures, où les styles s’entrechoquent et les mélodies s’interpénètrent. Puisant dans ce mélange généreux d’arts, une grande variation de couleurs et de tonalités sera au rendez-vous, pour la plus belle des rencontres, de celles qui retrouvent une unité de tons, de sons de guitare, de claquements de mains et d’harmonies. Olé ! 40

LE PLAISIR DE LA MUSIQUE EN FAMILLE Ateliers de danse pour les adolescents de 13 à 16 ans

Voici une occasion pour les adolescents de découvrir la danse par la pratique. Pendant deux heures, ils expérimentent, guider par les artistes, les mouvements, les techniques, la chorégraphie. Danser, bouger… est exigeant mais ô combien réjouissant.

Pratique de danse Hip-Hop : Compagnie Massala de Fouad Boussouf Dans cet atelier, la musique fait fusionner les sonorités orientales, la musique occidentale et les chants soufis. L’objectif est de les apprivoiser et d’y inclure le mouvement dansé entre techniques Hip-Hop et danse contemporaine. (voir page 38) Le samedi 19 octobre 2013, de 15h à 17h– Atelier niveau -1

Introduction à la danse flamenca avec Diana Regaño

La danseuse Diana Regaño invite à la découverte de quelques secrets de la danse flamenca : la technique des rythmes frappés avec les mains, palmas et avec les pieds les zapateados, les mouvements des bras, brazeos. Les participants travailleront la coordination et l’expression du mouvement dans la danse flamenca. (voir page 40) Le samedi 22 février 2014, de 15h à 17h – Atelier niveau -1 15 participants maximum Tarifs :10 € (8 € Adhérents de l’IMA)

Concerts-découverte : La musique en famille

Des spectacles spécialement conçus pour les familles avec enfants, les concerts-découverte sont l’occasion de donner, de manière vivante et ludique, les clés des musiques du monde arabe. Pendant une session d’une heure et à moment de la journée adapté aux grands comme aux plus jeunes, les artistes jouent leur répertoire et ponctuent leur concert, au fil de l’écoute, d’explications et d’anecdotes inédites.

Nhaoul’

La chanteuse et oudiste Kamilya Jubran et la contrebassiste Sarah Murcia, dans un concertdécouverte d’une heure, font dialoguer le luth arabe et la contrebasse. Elles mêlent subtilement leur musique comme la chaîne et la trame d’un tapis, sur le métier à tisser, nhaoul’, du nom de leur spectacle. (voir page 13) Le dimanche 15 décembre 2013, de 15 h à 16 h- Salle du haut conseil

Découverte de la musique arabe par le chant et les rythmes,

avec Aïcha Redouane et Habib Yammine, c’est la découverte de la musique classique arabe, de ses modes par le chant et les rythmes. Une rencontre joyeuse et enlevée. (voir page 32) Le samedi 26 avril 2014, de 15h à 16h- Salle du haut conseil Tarifs Moins de 26 ans : 5 € (3,50 € Adhérents de l’IMA) Adultes : 8 € (6,50 € Adhérents de l’IMA) Réservation tél : 01 40 51 38 14

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Constitué d’un formidable florilège de styles et de genres - musiques traditionnelle, savante, populaire, sacrée, profane : chant courtois, chant soufi, malhûn, chant andalou, chant berbère, chaabi, raï… et toutes les formes actuelles des musiques urbaines et des musiques de variété – disparate en apparence, le patrimoine musical arabe témoigne d’une authentique pratique d’ouverture et d’une métissage culturel avant l’heure. Tirant avantage de sa programmation de spectacles vivants pour enregistrer chaque troupe d’artistes, l’Institut du monde arabe a constitué peu à peu une remarquable collection d’une soixantaine de CD en se fixant quatre orientations principales : témoigner de la richesse et de la diversité de cet univers musical, partager le plaisir d’une rencontre né lors d’un concert avec le plus grand nombre d’auditeurs, sauvegarder un patrimoine en péril et permettre la découverte de nouveaux talents. Les aventures du Prince Ahmed est le premier long-métrage d’animation de l’histoire du cinéma inspiré des contes des Mille et Une Nuits. En découvrant ce film muet avec la nouvelle musique des frères Khoury, une évidence s’impose au spectateur, comme si ces deux univers étaient voués à se rencontrer. L’utopie véhiculée par le film et le mélange culturel dans la musique ne font qu’un. En effet, ces frères jordaniens d’origine palestinienne n’ont cessé de voyager comme le prince Ahmed, et leur musique n’a pas de frontières. Nourries de la tradition de la musique arabe, leurs notes se teintent de flamenco, de swing, de musique classique, de jazz, soutenues par un quintet. DVD+CD Quelque part entre deux mondes, entre le rêve et la réalité, entre la mer et la terre, entre l’absolu et le relatif ou entre la vie et la mort… se trouve une zone de sentiments que le langage populaire syrien désigne par halât ar-rûh, états de l’âme. Cet enregistrement a puisé dans cette sphère émotionnelle. « Ce oud qui crie, ce oud qui chuchote et qui murmure, est-il seulement fait de bois et de cordes ? », s’est interrogé Khaled Aljaramani en enregistrant Athar (Traces).

Informations pratiques

La musique joue un rôle social et culturel prépondérant dans le monde arabe en transgressant tant les frontières de la géographie que celle de l’imaginaire…

Directeur des Actions Culturelles Mohamed Métalsi

Président Jack Lang Directrice générale Mona Khazindar

Chargés de programmation et de production Dorothée Engel, Rabah Mezouane

Secrétaire général David Bruckert

Assistantes de production Saïda Fellache, Malika M’sahel

TARIFS Tarif plein

Tarif-10%

Tarif-20%

Strapontin

-26ans

Tarif A

26 €

23,40 €

20,80 €

14 €

12 €

Tarif B

22 €

19,80 €

17,60 €

14 €

12 €

Tarif C

20 €

18 €

16 €

14 €

12 €

Un tarif spécial sera appliqué pour les spectacles organisés dans la cadre du Festival de l’Imaginaire : voir pages 28 et 31. 22 € (plein tarif), 16 € (réduit et abonnés) et 11 € (moins de 26 ans, demandeurs d’emploi) Tarif –10 %

Membres de la Société des amis de l’IMA, demandeurs d’emploi. Tarif – 20 %

Adhérents IMA, comités d’entreprise et associations (à partir de 10 personnes pour un même spectacle), groupes d’amis (à partir de 6 personnes pour un même spectacle) Abonnement individuel : à partir de 5 spectacles différents à choisir parmi toute l’offre proposée en musique et en danse. COMMENT RESERVER ? Sur place du mardi au dimanche de 10h à 17h et le jour même des spectacles de 19h à 20h30 Par téléphone 01 40 51 38 14 du mardi au dimanche de 10h à 17h Par Internet www.imarabe.org

L’œiL du cœur Abdellatif Laâbi Naziha Meftah

d’Abdellatif ventail de l’art formances même élan de ois généraans la culture

LES MUSICALES, C’EST AUSSI UNE COLLECTION DE DISQUES

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PROGRAMMATION DES SPECTACLES

L’œiL du cœurAbdellatif Laâbi driss EL Maloumi Naziha Meftah

À la fois récital et concert, L’Œil du cœur, construit autour de l’univers poétique d’Abdellatif Laâbi, voit se déployer les créations musicales de Driss El Maloumi, ainsi que l’éventail de l’art lyrique de Naziha Meftah. Parole nue du poète, textes portés par le chant et performances musicales se prêtent attention, dialoguent, s’aimantent jusqu’à s’unir dans un même élan de plénitude créatrice. Né d’une vraie complicité entre des artistes appartenant à trois générations différentes, L’Œil du cœur est une création unique en son genre, ancrée dans la culture marocaine vivante et participant de l’universel.

Par correspondance Institut du monde arabe – Service réservation spectacles 1, rue des Fossés Saint-Bernard, Place Mohammed-V, 75236 Paris Cedex 05 Un délai de 15 jours est requis pour le traitement des demandes. Dans les magasins FNAC, Carrefour, Géant

LIEU

driss EL Maloumi

1, rue des Fossés-Saint-Bernard Place Mohammed-V, 75005 Paris Métro : Jussieu, Cardinal Lemoine, Sully-Morland Bus : 24 – 47 – 63 – 67 – 86 – 87 – 89 Parking public : au 39, boulevard Saint-Germain

Les disques sont en vente à la Librairie-Boutique de l’IMA. La page internet – en construction – en offre un aperçu. http://www.imarabe.org/page-sous-section/la-collection-de-cd-en-vente-la-librairie. À PARAÎTRE : Aïta, ou l’appel de l’Atlas avec les Ouled Bouazzaoui ; Souffle et cordes avec le duo Hazem Shahine (oud) et Naïssam Jalal (flûte) ; Itinéraires soufis en Egypte ; La voix du Hedjaz avec Muhammad Aman

Le placement numéroté n’est plus garanti après le début du spectacle. Les portes de la salle seront fermées dès le début du concert. Les retardataires ne pourront être placés qu’à la faveur d’une interruption de spectacle. Merci de vous présenter à partir de 20h.

POUR EN SAVOIR PLUS www.imarabe.org Rejoignez l’IMA sur les réseaux sociaux

Assistante de production et programmation stagiaire Anouk Perruche COMMUNICATION Direction Philippe Cardinal Chargée de communication Aïcha Idir Ouagouni Tél : 0140513956 Presse arabe Salwa Al Neimi Tél : 0140513982 RESPONSABLE DU MÉCÉNAT Adèle Parrilla DEVELOPPEMENT DU PUBLIC ET DE L’ACCUEIL Chef de service Soufiane Bencharif En collaboration avec Alexandra Bounajem-Hattab Olivier Hountchégnon MEDIATION NUMERIQUE Chef de service Yannis Koïkas BROCHURE Rédaction Bouziane Daoudi, Salah Guemriche, Rabah Mezouane Coordination Dorothée Engel en coll. avec Anouk Perruche GRAPHISME www.sansblanc.com CREDITS PHOTOS Sauf mention contraire, 39 © DR pour toutes les photographies


Dimanche 6 octobre 2013 | 17h A corps et à cris | Lamia Safieddine

LES MUSICALES Vendredi 11 octobre 2013 | 20h30

BO de films arabes | Ensemble Attarab

LES RENDEZ-VOUS DE LA DANSE Samedi 8 février 2014 | 20h30

Chœurs de Cordoue | Souad Massi & Éric Fernandez

Parfums de Perse | Compagnie L’Œil Persan, Rana Gorgani & ses musiciens

ATELIER DE DANSE Samedi 19 octobre 2013 | 15h00 à 17h00

LES MUSICALES Samedi 15 février 2014 | 20h30

Pratique de danse Hip-Hop | Compagnie Massala & Fouad Boussouf LES RENDEZ-VOUS DE LA DANSE Samedi 19 octobre 2013 | 20h30

Transe | Compagnie Massala & Fouad Boussouf

LES MUSICALES Vendredi 8 novembre 2013 | 20h30

Les musicales et les rendez-vous de la danse de l’IMA Programme de la saison 2013-2014

LES MUSICALES Vendredi 7 février 2014 | 20h30

Arabesques andalouses | Ensemble El Mawsili, dir. Farid Bensarsa ATELIER DE DANSE Samedi 22 février 2014|15h00 à 17h00

Introduction à la danse flamenca|Diana Regaño

LES RENDEZ-VOUS DE LA DANSE Samedi 22 février | 20h30 & Dimanche

Les notes bleues | Samih Choukaer

23 février 2014 | 17h00 Vientos del sur (Vents du sud) | Diana Regano

LES RENDEZ-VOUS DE LA DANSE Samedi 9 novembre 2013 | 20h30

LES MUSICALES Samedi 1er mars 2014 | 20h30

Je saoule la tristesse de mes chants | Compagnie METAtarses, Sandra Abouav & Mounir Troudi LES MUSICALES Vendredi 15 novembre 2013 | 20h30

L’empreinte du malouf | Ensemble Mâlouf tunisien LES MUSICALES Vendredi 7 mars 2014 | 20h30

L’Ouzbékistan au cœur | Rodolphe Burger & Yves Dormoy

Chants de la Sublime Porte | Ensemble féminin Şelale, dir. Aylin ŞengünTaşçı

LES MUSICALES Samedi 16 novembre 2013 | 20h30

LES MUSICALES Samedi 8 mars 2014 | 20h30

Le chemin du soleil | Lena Chamamyan

LES MUSICALES Dimanche 17 novembre 2013 | 17h00

Section d’assauts cuivrés | Anti-Rubber Brain Factory & les Hmadcha LES MUSICALES Vendredi 29 novembre 2013 | 20h30

Virtuosité en partage | Mohamed Abozekry & HeeJaz Extended LES MUSICALES Samedi 30 novembre 2013 | 20h30

Les sultans du swing | Ensemble Kithara de Zanzibar LES MUSICALES Vendredi 6 et Samedi 7 décembre 2013 | 20h30

Flamenco vivo | Aire Gitano

LES MUSICALES Vendredi 14 mars & Samedi 15 mars 2014 | 20h30

Le rossignol d’Alep | Hamam Khairy

LES MUSICALES Vendredi 21 mars 2014 | 20h30

Voix kurde en Breizh | Wirya Ahmad & Gaby Kerdoncuff LES MUSICALES Samedi 22 mars 2014 | 20h30

Les mélodies de l’Archipel | Nawal & les Femmes de la Lune LES MUSICALES Vendredi 28 mars & Samedi 29 mars 2014 | 20 h30

De Séville à Tunis | Syrine Ben Moussa & ses musiciens

Chantres coptes d’Egypte | Institut Didymos d’Assiout & Institut d’Études Coptes du Caire

LES MUSICALES Vendredi 13 décembre 2013 | 20h30

LES MUSICALES Vendredi 4 avril 2014 | 20h30

Partition oriental jazz | Gilbert Yammine & Elie Maalouf CONCERT-DECOUVERTE Dimanche 15 décembre 2013 | 15h00 à 16h00

Nhaoul’ Kamilya Jubran & Sarah Murcia

LES MUSICALES Samedi 14 décembre 2013 | 20h30

Musiques sans frontières | Kamilya Jubran & Sarah Murcia LES MUSICALES Vendredi 20 décembre 2013 | 20h30

SamSa, entre jazz, pop et latino | Sana Sassi & Skander Guetari LES MUSICALES Vendredi 10 janvier 2014 | 20h30

Extases andalouses de la çan’a d’Alger | Omar Benamara & son ensemble LES MUSICALES Samedi 5 avril 2014 | 20h30

La ronde des derviches de Damas | Cheikh Hamed Daoud & l’ensemble Al-Kindi LES MUSICALES Vendredi 11 avril et Samedi 12 avril 2014 | 20h30

Chants des Khadres soufis | Papa Djimbira Sow

CONCERT-DECOUVERTE Samedi 26 avril 2014 | 15h00 à 16h00

Raffinement de Tlemcen | Lila Borsali & son orchestre

Découverte de la musique arabe par le chant et les rythmes avec Aïcha Redouane, Habib Yammine et l’ensemble Al-Adwâr

LES RENDEZ-VOUS DE LA DANSE Samedi 11 janvier | 20h30 &

LES MUSICALES Samedi 26 avril 2014 | 20h30

dimanche 12 janvier 2014 | 17h00 L’invitation à la fête | Bernard Abitbol & Anne Benveniste, dir. musicale d’Adel Shams El Din LES MUSICALES Vendredi 24 janvier 2014 | 20h30

Sensualité arabo-andalouse | Ihsan Rmiki & l’ensemble Zaman Al Wasl, dir. Thami Belhouat LES MUSICALES Samedi 25 janvier 2014 | 20h30

L’art du maqâm : parfums & poésie d’Orient avec Aïcha Redouane, Habib Yammine et l’ensemble Al-Adwâr LES MUSICALES Vendredi 9 mai 2014 | 20h30

Sacrée voix pour voie sacrée | Fawzi Ben Gamra LES MUSICALES Samedi 10 mai 2014 | 20h30

Bonheur soufi | Karima Skalli

Nuances andalouses tangéroises | Ensemble Layali Ennagham, dir. Abdeslam Khaloufi , avec la participation de A. Abdelmoumen

LES MUSICALES Vendredi 16 mai 2014 | 20h30

LES MUSICALES Vendredi 31 janvier 2014 | 20h30

LES MUSICALES Vendredi 23 et Samedi 24 mai 2014 | 20h30

Le chant dévoilé | Moneim Adwan

LES MUSICALES Samedi 1er février 2014 | 20h30

Le souffle de Tétouan | Orchestre Temsamani, dir. Mohamed Amine El Akrami

Un « zéphyr » passe | Nassima Chabane

Du Ghazal soufi à la Nahda | Cheikh Said Hafez & Takht Attourath

www.sansblanc.com

LES RENDEZ-VOUS DE LA DANSE Samedi 5 octobre | 20h30 &


Les musicales et les rendez-vous de la danse de l'IMA, 2013-2014