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// 50 ANS POUR L’OCÉAN

RECHERCHE ANTIPOLLUTION FACILITER LE TRAVAIL DES BACTÉRIES AMBIANTES…

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Ph. IOPR

Éclair

ENTRETIEN AVEC LE DR YVAN MARTIN DIRECTEUR DE LA RECHERCHE À L’INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE PAUL RICARD (1995-2012)

Dans son apprentissage de chercheur, alors qu’il prépare une thèse de spécialité sur l’élevage expérimental de mollusques bivalves, Yvan Martin découvre le monde des bactéries et la microbiologie marine. Une jeune discipline, pour laquelle il se passionnera pour devenir – d’une thèse d’État à un Grand prix de l’Académie des Sciences –, un expert reconnu au plan international. Son domaine ? La recherche de solutions concrètes contre les impacts de certaines pollutions marines : rejets d’eaux usées et « marées noires ». Jean-Luc Bonnefont, docteur en biologie cellulaire, l’accompagnera dans ses travaux. Puis, il lui succéde à la direction de la recherche de l’Institut océanographique Paul Ricard, devenant aussi un grand spécialiste de la microbiologie marine.

DOCTEUR YVAN MARTIN, QUELS ONT ÉTÉ VOS PREMIERS PROGRAMMES CONTRE LA POLLUTION DES REJETS D’EAUX USÉES EN MER ? Dès 1979, dans le cadre d’un programme conjoint avec le ministère de l’Environnement et le CNEXO, puis avec le Centre d’études techniques de l’Équipement-Méditerranée (CETE), nous nous sommes intéressés, avec Jean-Luc Bonnefont, à la capacité de survie des bactéries fécales d’un effluent urbain en milieu marin. Dans des dispositifs expérimentaux, l’étude visait à évaluer le temps nécessaire à la disparition de 90 % des effectifs de la population initiale de germes présents dans l’effluent, ce que l’on appelle le T 90.

CES ÉTUDES ÉTAIENT-ELLES EN POINTE ? Bien sûr, car on ignorait quel était réellement le devenir des bactéries entériques humaines et animales rejetées près des côtes, et dont certaines avaient un pouvoir pathogène.

Les bactéries coliformes, comme Escherichia coli (15), dont la présence dans l’eau de mer témoigne d’une contamination fécale, sont systématiquement recherchées. Elles sont souvent associées à d’autres espèces bactériennes qui sont dangereuses pour la santé. Contrats et campagnes scientifiques se sont enchaînés jusqu’en 2002 : d’abord, plusieurs missions en mer réalisées dans le cadre du Programme Rejets urbains, de l’Institut français pour l’exploitation de la mer (Ifremer), à partir de 1986, dans la baie de Toulon. Puis, un programme national d’océanographie côtière (PNOC), et son volet Microbiologie sanitaire, était lancé en 1993, avec de grands instituts et laboratoires français comme l’Ifremer, l’Institut Pasteur de Paris, l’INSERM de Nice, les universités de Rennes, Nancy, Nantes… Et la Fondation océanographique Ricard. Ce programme portait encore sur le devenir en pleine mer des bactéries continentales d’origine entérique – Escherichia coli et Salmonella –, au niveau d’un rejet urbain après traitement dans la station d’épuration de Toulon-Est. Et cela, avant que l’usine de dépollution actuelle – Amphitria – ne soit mise en service, au cap Sicié, en 1997. >>

50 ans pour l’océan - Hors-série à La Lettre d’information - n°15 - 2017

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Profile for Institut océanographique Paul Ricard

Hors série : 50 ans pour l'Océan  

Bâtisseurs de conscience

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