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Dimanche 13 juillet 2008, Le Square, Grenoble. Le dimanche, je

rôde autour des hautes vitrines aux rideaux baissés, la librairie Le Square est fermée. Mais je la connais bien, je n’ai qu’à fermer les yeux… Créée il y a plus de cinquante ans, la librairie a été rachetée il y a plus de vingt ans par plusieurs éditeurs, car le fondateur ne trouvait pas de repreneur. Une SARL est montée. Et depuis dix-huit ans, c’est Françoise Folliot qui en est la « directrice fondée de pouvoir ». Lectrice passionnée et chef d’entreprise rigoureuse, Françoise a ouvert Le Square, anciennement librairie universitaire (certains l’appellent d’ailleurs toujours la librairie de l’Université), à un plus grand public, même si les sciences humaines restent un rayon majeur de la librairie et que celle-ci intervient très régulièrement sur le campus lors de colloques en sciences humaines, lettres ou sciences politiques.

La librairie s’est également modernisée, informatisée, agrandie et même refait une beauté. On retrouvera d’ailleurs le bleu de la vitrine et des lampes qui éclairent les tables sur le site Internet, futur nouveau relais des activités de la librairie après La Gazette, éditée tous les deux mois. On y découvre les rencontres hebdomadaires – qui ont lieu dans sa nouvelle salle inaugurée en 2005 –, les coups de cœur de l’équipe et des dossiers thématiques. Hors les murs et tout au long de l’année, la librairie travaille avec le cinéma d’art et d’essai, le Méliès, les salles de spectacle de la ville et de la périphérie et aussi le réseau particulièrement dense des bibliothèques de la ville et du département, notamment lors du temps fort de l’année Le printemps du livre de Grenoble (printempsdulivre.bm-grenoble.fr). Autour d’un thème précis (la famille, la rébellion…), s’enchaînent rencontres avec des auteurs, soirées lectures, dédicaces, salon du livre… c’est toute la ville qui se met aux couleurs du livre et de la littérature. Aujourd’hui,

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Le Square est la première librairie indépendante généraliste de Grenoble et grâce à l’équipe de treize libraires passionnés, elle attire aujourd’hui un nombre toujours plus grand de lecteurs. Fille de libraire, Françoise a fait une école de journalisme, a été professeur de lettres, éducatrice, linguiste pour un projet de traduction assistée par ordinateur, puis libraire. D’abord chez Glénat, éditeur et librairie spécialisée en bande dessinée, puis Le Square. Ce qu’elle préfère dans le métier de libraire : la multitude de tâches qui rythment son quotidien, faire une vitrine, faire ses comptes, préparer une rencontre avec un auteur, gérer de près son stock, conseiller les clients, imaginer de nouveaux projets pour la librairie… Comme, par exemple, l’implantation d’un kiosque au sein de la MC238, ouvert tous les soirs de spectacle et proposant aux spectateurs un fonds en rapport avec la programmation du centre culturel : danse, théâtre, musique. C’est également à la MC2 et en partenariat avec Le Square qu’a eu lieu en septembre 2008 le deuxième Forum Libération. Ou encore le développement d’un rayon de DVD documentaires qui a très vite trouvé son public. Le programme à venir ? Raymond Depardon, Jean-Paul Dubois, Olivier Rolin, Michel Lebris et sûrement une nouvelle expo…

vérifier qu’elles sont toujours là, immobiles et immenses, figées et légères, Entre ciel et terre39, un peu comme les traits de pinceaux de Fabienne Verdier qui s’étalent sur mes genoux. Puis je ferme longuement les yeux sous les rayons du soleil de six heures. Le lendemain, nous rejoignons Arles pour fêter les trente ans d’Actes Sud. Tout l’après-midi, le vent a soufflé fort sur la ville. En me promenant avec Noémie, et quand nous nous prenons en photo dans le jardin du cloître Saint-Trophisme et au bord du Rhône, je dois retenir mon chapeau de paille. Au couché du soleil dans le théâtre antique, le public applaudit longtemps – pourtant, il ne sait pas que c’est la dernière fois qu’il écoute le poète palestinien Mahmoud Darwich40. À minuit, depuis le toit-terrasse du Méjan, on entend les feux d’artifice lancés audessus du fleuve.

Je continue ma balade dans un Grenoble endormi qui me rappelle les dimanches moroses de mon adolescence provinciale, ces dimanches souvent sauvés d’un ennui mortel par quelques heures de lecture… Quand je rentre chez Françoise, le chien et les chats se sont réfugiés dans la fraîcheur du salon. Je prends ce beau livre posé sur le radiateur et je m’installe sur la terrasse qui fait face à la chaîne de Belledone. Je lève régulièrement les yeux vers les montagnes, pour 48

38. www.mc2grenoble.fr

39. Paru chez Albin Michel, 2007. — 40. Poète palestinien, traduit chez Actes Sud. Décédé le 9 août 2008.

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Une librairie, un livre Dezso Kosztolanyi, trad. E. Vingiano de Pina Martins, Viviane Hamy Anna la douce, Viviane Hamy, 1992 (rééd. coll. « Bis », 2007). Un des plus grands livres de l’écrivain hongrois. Dans une famille bourgeoise du début du XXe siècle, la maîtresse de maison a enfin trouvé la bonne idéale. Mais Anna, observant jour après jour ses maîtres, Anna, douce et soumise, va pourtant commettre un crime effrayant. Une critique sociale féroce du monde bourgeois après la chute des « rouges ».

Concrètement Responsable Françoise Folliot Équipe treize libraires Superficie 330 m2 Références 46 000


Mardi 15 juillet, Maupetit, Marseille. Quand j’arrive à Marseille, c’est

presque la fin de l’heure du déjeuner. Je déjeune seule dans une pizzeria près de la librairie. Les serveurs rangent la salle, la musique diffusée par la radio est trop forte maintenant que les clients sont tous partis. Je mange très vite des lasagnes brûlantes et rejoins dare-dare la librairie située dans la partie haute de La Canebière ; on aperçoit, au loin, vers le port, les reflets de l’eau dans le ciel brûlant de soleil. La librairie est assez incroyable : 950 m2 divisés en salles, couloirs, recoins, alcôves sur trois niveaux. La librairie existe depuis 1927, et ça se voit ! Des échelles en bois permettent d’atteindre le haut d’étagères murales, à plus de trois mètres du sol. René Caprioli n’a pas exactement chômé avant de diriger la librairie Maupetit : il crée la librairie de l’Horloge à Carpentras en 1974 (revendue en 1988, elle est dirigée par Françoise Bascou depuis). C’est à cette époque (1977-1978) qu’il rencontre une certaine Françoise Nyssen accompagnée de son père, Hubert Nyssen. Un « déjeuner de Carpentras » s’ensuit au cours duquel beaucoup de questions sont posées de part et d’autre dans la perspective de « faire naître » une maison d’édition en province. Le succès sera au rendez-vous… Puis, nostalgique de séjours en Afrique centrale et occidentale, René s’envole pour la Guyane avec femme et enfants. Cinq ans après, la librairie ne trouve pas sa place dans « ce désert culturel» et René rentre en France pour subir l’opération du cœur à laquelle on l’avait préparé depuis longtemps. Remis sur pied en quelques semaines, et orienté par l’Association pour le développement de la librairie de création (ADELC), René repart sur un autre chantier, à Carcassonne cette fois. En 1998, les éditions Actes Sud dont il est resté très proche le rappellent pour diriger

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la librairie Maupetit. Dix ans après, la librairie compte une équipe de vingt libraires, deux salles d’exposition et d’animation, la salle Nina Berberova mise à disposition d’associations phocéennes et la salle Joseph Conrad. La librairie a ses fidèles et bénéficie de l’idée ancienne, vérifiée et bien répandue suivant laquelle « chez Maupetit, on est sûr de trouver ». La littérature et le scolaire sont en tête, mais la librairie est aussi une librairie universitaire (notamment droit, économie et gestion, dont les pôles d’enseignement se trouvent sur La Canebière). De nombreuses sollicitations extérieures rythment la vie de la librairie : le rendez-vous annuel de Lutte ouvrière (si, si !), les colloques de psychiatrie de la Timone, le Festival de la rue du Tango… Quand la Fnac s’installe en 1983, il y plusieurs grosses librairies indépendantes à Marseille Aujourd’hui, seules restent Maupetit, L’Odeur du temps, Prado Paradis, Arcadia, Regards, l’Histoire de l’œil et d’autres librairies de quartier de plus petite taille. La Fnac a ouvert un second magasin en 2005 dans le sud de la ville, auquel se sont ajoutés un Cultura et un Virgin Megastore, ouvert dans les années 1990. Après notre entretien René doit prendre son tour de caisse. Eh oui, même avec vingt libraires, René tient à être au plus près de la clientèle, un moyen d’être toujours au contact de la « réalité du terrain » et la meilleure façon d’avoir l’œil sur tout !

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La librairie Maupetit : 80 ans d’histoire… Ernest Maupetit, ancien directeur de banque, avait associé un cabinet de lecture à cette librairie de 900 m2 dès 1927. Victor Maupetit, son fils et successeur, le supprimera lors de la reprise en 1947. Pendant vingt à trente ans, la librairie est la librairie de référence de la ville et de la région. Période sombre à partir de 1990 : Victor Maupetit vend la librairie à Plein Ciel et au Grand Livre du mois. Quatre ans plus tard, l’absence de succès les pousse à revendre à un banquier en quête de nouveauté. Nouvel échec, redressement judiciaire en prime. Les éditions Actes Sud sont alors appelées à la rescousse pour sauver cette librairie historique. Et elles-mêmes demandent à René Caprioli d’en prendre les rênes. C’est ce qu’il fait en 1998.


Une librairie, un livre Concrètement Responsable René Caprioli Équipe une vingtaine de libraires Superficie 900 m2 Références 48 227

Joseph Conrad, trad. Odette Lamolle Lord Jim, 1900 (nombreuses rééditions disponibles en poche et grand format).


Mercredi 16 juillet, Au Poivre d’Âne, La Ciotat et Manosque.

Quand on arrive à La Ciotat, le soleil est encore assez haut dans le ciel, c’est la fin d’une belle journée d’été. Des bateaux voguent au large, d’autres sont restés amarrés ou hors de l’eau, rangés dans un garage – un genre d’échafaudage –, comme des chaussettes dans leur tiroir. Je me sens toute bête à pousser des ah ! et des oh !, genre Parisienne engoudronnée, lâchée hors des limites du périph’. J’en rajoute un peu – je trouve ça poli –, mais pas trop : ça me fait vraiment quelque chose, cet assemblage précis et brouillon de rochers, d’oiseaux virevoltants, d’odeur de sel et de bleu jusqu’au loin. Je n’ai pas vu la mer (d’habitude, c’est plutôt l’océan) depuis longtemps, alors oui, je suis heureuse d’être ici. Après un passage chez Valérie, nous redescendons manger une pizza sur le port. Pour attirer les touristes, la mairie organise depuis quelques étés un marché nocturne. Les familles s’y promènent et peut-être, comme nous, finiront par craquer devant ces étalages de colifichets et d’ustensiles sans surprise… Le lendemain matin, je rejoins Valérie après avoir un peu traîné au lit, et profité du calme de son joli appartement à l’ambiance estudiantine. La librairie est la plus jeune de l’association : elle aura deux ans en juin 2009. Elle est au cœur du centre piétonnier, dans une rue perpendiculaire au port, sur 50 m2, et Valérie s’y sent comme un poisson dans l’eau. Elle a monté son projet comme tout ce qu’elle fait, proche de la perfection, et en continuant à travailler à Manosque Au Poivre d’âne, où elle a (presque) tout appris sur la librairie. D’ailleurs, si on lui avait dit il y a quelques années qu’elle serait libraire, elle n’en aurait pas cru un mot. Valérie a toujours eu un sacré caractère ; elle n’a pas passé son bac, mais est partie deux ans en Suisse gagner sa vie et

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s’amuser. En rentrant, elle a travaillé en bibliothèque et a suivi la formation initiale de l’Association des Bibliothécaires Français (ABF). Elle est alors entrée à l’Institut universitaire technique (IUT) information-communication option Métiers du livre à Aix-en-Provence. Diplôme en poche, elle quitte la France pour travailler dans une maison d’édition à Munich au service des droits étrangers. De retour en France, elle a travaillé quelque temps pour les Éditeurs sans Frontières41 puis aux éditions de l’Aube avant sa rencontre avec Jean-Christophe Desfilhes qui l’amène doucement à développer son projet de librairie. Il manquait une librairie à La Ciotat. Valérie s’y est installée sur les conseils de professionnels et après avoir mené une étude de marché. Les chiffres et le sourire de Valérie prouvent que c’était une bonne idée. Elle me raconte avec des étoiles dans les yeux l’excitation d’avoir trouvé le lieu parfait dans le centre-ville de La Ciotat, l’émotion lors de la commande d’implantation, l’énervement aussi pendant le montage des meubles et le soulagement après avoir réglé des petits accrocs de livraison avec son transporteur en but aux contraintes liées au centre-ville piétonnier de La Ciotat. En province, toutes les livraisons sont acheminées via les plates-formes de distribution Prisme42, système encore perfectible : il est encore possible de réduire les délais de livraison, de massifier les envois et de négocier les tarifs auprès des transporteurs de façon groupée. Se déplacer hors les murs est difficile quand on travaille seule. Valérie participe néanmoins à La Cour aux livres, séance de présentation pour les lycéens, et intervient au cinéma après certaines

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41. www.editeurs-sans-frontieres.com — 42. Plates-formes de redistribution situées en Province permettant de mutualiser les flux et les coûts, gérée par la Commission de liaison interprofessionnelle du livre (CLIL).

séances. Les sollicitations affluent, Valérie se donne le temps de pouvoir y répondre dans de bonnes conditions. En revanche, elle reçoit volontiers dans sa librairie : Anne-Marie Garat, Pia Petersen, Jacques Séréna, Karine Giebel, Jacques Gaillard, Dominique Mainard, René Frégni, Joëlle Gardes, Emmanuel Loi, Nestor Ponce, Laura Alcoba, Christian Astolfi et Moussu T – que ce soit avec le soutien de l’association Libraires du Sud ou non. Valérie a elle aussi reçu son e-reader, et là, c’est dit sans détour : elle est plutôt fan ! Lire sur un objet si léger, perfectionné, confortable, elle adore, et elle est déjà prête à se lancer dans l’aventure de sa diffusion. Mais pour l’instant, elle range ses rayons, imagine une nouvelle organisation, notamment à l’avant du magasin et colle des post-it en forme de cœur sur ses lectures favorites. Nous fermons le magasin à midi, c’est Véronique, employée à temps partiel, qui prend le relais cet après-midi. Direction Manosque. Manosque est à une heure de la Ciotat ; et on ne peut pas faire plus « Midi », la place rectangulaire, les terrasses colorées, le puit d’époque, les platanes, les ruelles étroites aux boutiques aguicheuses… un vrai décor. Et, au centre, la librairie de Jean-Christophe, Au Poivre d’Âne, créée dans les années 1980 et à son emplacement actuel depuis 2003. Elle fait aujourd’hui 150 m2, et l’équipe se compose de quatre libraires. En ce moment, on compte aussi un stagiaire belge, « envoyé » par les libraires de Liège (Livre aux Trésors, cf page 29 partie Noël). Au Poivre d’Âne est la librairie principale de Manosque, et Jean-Christophe est de toutes les manifestations culturelles de la ville, en particulier les fameuses Correspondances de Manosque43 dont la prochaine édition 43. www.correspondances-manosque.org

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Concrètement La Ciotat Responsable Valérie Ehrhardt Équipe un libraire Superficie 50 m2 Nombre de volumes 7 000

Une librairie, un livre La Ciotat Karla Suarez, trad. C. Bleton La Voyageuse, Métailié, 2005. Deux Cubaines se rencontrent dans l’avion qui les emmène vers le Brésil pour un séjour autorisé d’études. A la fin de leur visa, elles décident de ne pas revenir et, pour des raisons différentes sans aucun rapport avec la politique, de trouver une place ailleurs dans le monde. Lucia se marie avec Bruno, un homme d’affaires italien et part à Rome, Circé cherche la ville où elle se sentira chez elle.Deux portraits de femmes sensibles, deux facettes de ce que nous pourrions tous porter en nous.


aura lieu du 23 au 27 septembre 2009. Le théâtre de la ville, les places, les cafés accueillent des lectures sur le principe de la rencontre entre auteurs, genres, styles, également entre écriture et musique, qui s’écoutent et se répondent. Autre acteur du livre avec lequel la librairie collabore, Éclat de Lire mène sur l’année un programme d’actions de lecture vers le public jeune avec, entre autres, un festival de littérature jeunesse et un prix littéraire des adolescents. Soucieuce de s’adresser à tous les publics, l’association installe chaque semaine une bibliothèque de rue dans cinq quartiers de la ville, réalise des animations et ateliers de lecture pour les tout-petits dans les crèches, organise un comité de lecture d’albums. Tout au long de l’année, Au Poivre d’Âne travaille de conserve avec le centre Jean Giono44 à l’animation de l’œuvre de l’auteur provençal et organise rencontres, expositions, ateliers… Après Jean Giono, Pierre Magnan et René Frégni, autres auteurs de la région, sont encore et toujours les favoris des lecteurs et les meilleures ventes de la librairie. Jean-Christophe est aussi président de l’association des Libraires du Sud (www.librairie-paca.com), née en 1997 à la suite d’un rassemblement de libraires marseillais. Le regroupement associatif permet aux libraires d’être soutenus par les pouvoirs publics (région, DRAC, etc) et de financer l’organisation de rencontres littéraires dans leurs librairies. Le réseau permet de mutualiser des moyens professionnels : échanges de compétences, site Internet, formations, communication, etc. L’échelle régionale se révèle très adaptée aux tournées d’écrivains et aux échanges professionnels, actions qui complètent celles d’Initiales. Et peut-être est-ce pour cette raison que Jean-Christophe 66

44. www.centrejeangiono.com

est aujourd’hui (tous les jours ?) très occupé. Il s’assied quelques petites minutes, juste le temps d’évoquer son parcours… Jurassien, il fait des études d’agronomie, passe cinq ans en Afrique dans une entreprise équitable de transformation de fruits et légumes. Des soucis de santé l’obligent à rentrer en France. Il se forme au métier de libraire à l’Institut de promotion commerciale (IPC) de Lyon, passe par la librairie de l’Horloge à Carpentras (vous vous souvenez, celle-là même créée par René Caprioli), puis à la librairie Cart à Besançon avant de reprendre Au Poivre d’Âne à Manosque. La concurrence ? Plutôt des librairies spécialisées complémentaires (jeunesse, géographie-voyages), un espace culturel Leclerc45… Et il faut impérativement mentionner une librairie près de Forcalquier, à Banon : Le Bleuet est une rareté, dans un village de moins de 1 000 habitants, cette librairie ne compte pas moins de 100 000 livres et 50 000 titres, une curiosité qui attire touristes français et étrangers en plus des clients de la région. Quand je quitte la librairie, Jean-Christophe est avec un représentant… en produits équitables ! La librairie proposera aussi du café, du chocolat et du thé équitables, une diversification en forme de retour à ses premières amours. Nous reprenons la voiture en fin de journée pour nous enfoncer encore un peu plus dans l’arrière-pays provençal. Valérie me dépose à Oraison où Daniel Chini a ouvert une librairie en 2000. Nous verrons ça demain, c’est pour l’heure le temps de rentrer à Lurs où Viktoria, l’épouse de Daniel, nous attend. 45. Magasins spécialisés en produits culturels, développés par la chaîne de grande distribution française E. Leclerc.

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Une librairie, un livre Manosque Marcel Mazoyer, Laurence Roudart, Histoire des agricultures du monde, Seuil, 1997 (rééd. coll. « Points histoire », 2000).

Concrètement Manosque Responsable Jean-Christophe Desfilhes Équipe trois libraires Superficie 150 m2 Références 15 000

Cet ouvrage analyse le développement des agricultures depuis 10 000 ans. Quelques millions d’agriculteurs mécanisés et spécialisés sont parvenus à des sommets de productivité. Des centaines de millions de paysans sont frappés par la pauvreté. Ce livre montre que la crise actuelle de l’économie agricole s’explique par la mise en concurrence inconsidérée des héritages agraires des différentes régions du monde. Les auteurs (de l’Institut national agronomique de Grignon) proposent une réflexion sur la mondialisation et une stratégie mondiale capable de sauvegarder et de développer l’économie paysanne pauvre, de relancer l’économie et de construire un monde vivable. .


Carnet de voyage en librairies - Chapitre 3