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Newsletter de IngCH Engineers Shape our Future

NR. 43, MARS 2011

Promotion de la relève - un investissement pour l’avenir EDITORIAL Jürg Schmidli Vice Président, Alstom SA

Promouvoir la relève, c’est investir pour l’avenir. Mais pour pouvoir encourager la progression de la relève, il faut d’abord qu’il y en ait une: cela signifie qu’il est nécessaire de susciter très tôt l’intérêt des jeunes pour le métier d’ingénieur. Cela se passe p. ex. dans le cadre des divers événements organisés dans les écoles du degré secondaire supérieur, tels que les jours et les semaines techniques auxquels participent activement des ingénieur(e)s, et où de potentiel(le)s étudiant(e)s sont soutenus lors de leur futur choix professionnel. Cette démarche se fait aussi dans les hautes écoles: des places de stage attractives créent une situation gagnant-gagnant aussi bien pour les étudiant(e)s que pour l’entreprise. L’étudiant obtient un aperçu du quotidien professionnel et peut se proposer pour un futur engagement, l’entreprise gagne un collaborateur/trice très motivé qui participera à son développement et à ses innovations. La promotion à proprement parler des ingénieurs commence avec l’engagement au sein de l’entreprise.

Personnellement, je suis sceptique vis-à-vis des programmes spéciaux destinés aux jeunes diplômés qu’on prétend être les plus talentueux. Les étapes les plus diverses sont parcourues en un court laps de temps, sans que le ou la jeune ingénieur n’acquière la profondeur requise ou, au sens positif, ne puisse laisser ses marques. Un débutant devrait travailler deux, trois ans dans le même cadre. D’une part, cela lui permettrait de se faire remarquer et d’autre part, il aurait la possibilité de cerner l’orientation à donner à sa carrière professionnelle. Pendant cette phase, il est extrêmement important pour le développement des jeunes que ceux-ci reçoivent un feedback spontané sur leurs performances et leur comportement. Un tel dialogue peut faire avancer les jeunes recrues d’une manière plus rapide et ciblée que les cours spéciaux. Les années qui suivent doivent être utilisées pour compléter l’expérience, les connaissances et le savoir-faire par une formation continue dans un domaine technique et/ ou managérial. Dans une entreprise internationale, il est recommandé de travailler dans un autre pays, si possible dans une autre aire culturelle. Les cinq à sept premières années révèlent le niveau de performance d’un collaborateur. Chez Alstom, nous offrons aux plus talentueux des programmes de promotion appropriés. On peut noter que les formations continues en management ont nettement perdu en attractivité, comparées aux programmes techniques. Le but de ce programme d’expertise échelonné est de faire progresser les collaborateurs, de sorte qu’ils aient un niveau d’excellence mondiale à l’atteinte de l’échelon le plus élevé dans leur domaine technique. Parce que les technolo-

gies évoluent en permanence, la promotion doit être continuelle. Malheureusement, dans le secteur industriel, cela ne reste souvent qu’au niveau de l’intention. L’explication la plus fréquemment donnée est que les affaires courantes sont plus importantes que l’investissement dans la formation continue. Mais depuis que nous avons introduit le bilan intermédiaire il y a quelques années et développé une culture d’entreprise adéquate, nous atteignons enfin cet objectif: dans le programme d’expertise, un pourcentage à deux chiffres du temps de travail est investi dans la formation continue. Le développement - des jeunes recrues de demain ou des professionnels actuels - est toujours un investissement. Bien planifié, c’est un investissement rentable qui ne doit pas être entravé par d’éventuelles fluctuations dans la marche des affaires.

Contenu Editorial

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Les robots sont passionnants!!!

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Mission: Impossible

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D’Uzwil à la Chine

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10. Dialogue EPF-Economie sur l’avenir

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Action conjuguée de la mécanique et de l’informatique

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Autres activités

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IngCH EN route

Les robots sont passionnants!!! Une nouvelle exposition itinérante en Argovie introduit la fascination de la technique dans les écoles bs Se plonger dans un passé lointain à l’aide de lunettes 3D et découvrir le camp romain de Vindonissa. Conduire le Hubretter des sapeurs–pompiers de Wettingen - du moins dans une simulation d’entraînement. Comprendre comment fonctionnait la première machine à calculer de Leibniz et suivre le chemin parcouru jusqu’aux calculatrices actuelles. Faire soi–même partie d’un jeu vidéo et s’adonner à une partie de Pong, le classique des jeux vidéo. Les élèves des écoles secondaires argoviennes ont pu faire ces expériences pendant l’automne 2010, dans le cadre de l’exposition itinérante «Achtung Technik Los!» (en français: «A vos marques, prêts pour la technique, partez!») Avec la participation d’institutions de formation de renom établies en Argovie comme la FHNW Hochschule für Technik de Brugg-Windisch, la ABB Technikerschule et les Lernzentren LfW (Centres de formation des apprentis pour l’économie) de Baden, sous la supervision de IngCH et NaTech Education, avec le soutien de Swissmem et Swisslos, l’exposition itinérante «Achtung Technik Los!» a été lancée pour faire vivre des expériences techniques fascinantes à des jeunes au sein des écoles. Dans un premier temps, les écoles secondaires de Aarau, Baden, Zofingue, Mutschellen et Lenzbourg ont été visitées. Pendant une journée riche en activités, les élèves ont été sortis de leurs cours habituels et catapultés dans le monde passionnant de la technique. Lors de l’exposition, ils ont pu s’informer sur les divers domaines d’application de la technique et recevoir quelques pistes de réflexion. Comment évoluera notre mobilité? Quels avantages peut–on tirer des simulations sur ordinateur? D’où viennent les nouvelles impulsions pour la production d’énergie? Car, après tout, ce sont ces adolescent(e)s qui réaliseront nos innovations techniques futures.

«On peut apprendre tellement de nouvelles choses. Je recommanderais l’exposition «Achtung Technik Los!» surtout aux filles, vu que la technique ne les enthousiasme pas tou­jours. Leur disposition envers la technique changerait positivement.» (élève de Lenzburg)

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Les panneaux multicolores de l’exposition ne font en fait que compléter les stands et démonstrations pratiques et intéressants de la FHNW Hochschule für Technik. Le jeu interactif «Active Pong» a reçu un accueil particulièrement favorable dans chacune des écoles visitées. Il a été programmé par l’apprenti Julian Fisch, qui le présentait lui–même dans le cadre de l’exposition «Achtung Technik Los!». Pour les jeunes élèves, il est surtout captivant de voir la quantité de savoir et de créativité que les apprentis informaticiens apportent, bien que ceux–ci n’aient que quelques années de plus qu’eux. «J’ai été agréablement surprise d’apprendre qu’un apprenti a pu développer ce jeu», a affirmé une élève de Baden. Mais même pour le développeur de jeux Julian Fisch, l’expérience «en live» dans les écoles en vaut la peine: «Pour moi, c’est une grande confirmation quand je vois le plaisir que les élèves prennent à jouer à Active Pong.»

Drôle et informatif Après la visite de l’exposition, les élèves se sont rendus dans divers ateliers animés par les enseignants et apprentis de l’ABB Technikerschule, des Centres de formation LfW, du Centre de formation professionnelle Baden BBB et de l’Association argovienne des formateurs professionnels en informatique AG-I (Aargauische Lehrmeistervereinigung für Informatik AG-I). Ils ont ainsi pu créer une page Web personnelle, faire leurs premiers pas dans la programmation, guider un robot ou construire des calculatrices mécaniques. Là aussi, la motivation des apprentis était contagieuse. Les élèves ont été ravis d’expérimenter la technique de manière pratique - aussi parce que les apprentis «étaient des gens sympa et on voyait qu’ils avaient beaucoup de plaisir.»

Les élèves s’accordent sur le fait qu’ils ont beaucoup appris lors de la Journée de la technique et ont eu un aperçu sur un champ d’activités captivant. Ou bien, comme l’a formulé un élève de Lenzbourg: «C’est tout simplement cool!» Et si c’est cool, ce ne sera certainement pas mal comme futur métier.

En 2011, l’exposition «Achtung Technik Los!» sera à nouveau en route dans cinq écoles en Argovie.


Projet de baccalauréat

de Pius Theiler

Mission Impossible Le défi d’un inventeur! Le héros de l’histoire qui va suivre n’est pas Tom Cruise, mais Pius Theiler, élève au Lycée St-Antonius de Stans. Son défi: comme travail de maturité, développer une protection intermédiaire mobile pour alpinistes. Malgré des conditions des plus difficiles, il a accompli sa mission et inventé le Cam. Mais laissons le héros parler! Mon travail de maturité « Cam» décrit l’invention d’un nouvel outil d’escalade pour alpinistes. Les protections intermédiaires mobiles sont utilisées lors de l’escalade là où il n’y a que peu ou pas d’ancrages fixes préinstallés. Les clameaux se servent des aspérités de rocher saillantes comme points de fixation. C’est d’une totale nouveauté comparé aux coinceurs mécaniques existants, car jusqu’alors seules les fissures pouvaient être utilisées comme points de fixation. Dans l’escalade moderne, il y a en principe deux philosophies de protection. Si on choisit la voie du plaisir standard, on fixe un piton à expansion dans le rocher environ tous les deux mètres, pour que l’alpiniste puisse s’y raccorder. Lors de l’escalade propre, par contre, le rocher doit être laissé tel qu’on l’a trouvé. C’est pourquoi il n’y a pas de points d’ancrage préinstallés dans le rocher et l’alpiniste est lui-même responsable de sa protection. C’est pour cette raison que le sportif transporte des coinceurs mobiles sur lui, afin de pouvoir les fixer sur le rocher. Les coinceurs utilisés aujourd’hui ne peuvent être insérés que dans des fissures. Le second de cordée enlève toutes les protections qui peuvent à nouveau être utilisées et ne laissent aucune trace sur la paroi rocheuse. En cas de chute, un mécanisme veille à ce que le coinceur s’ancre dans le rocher et empêche ainsi la dégringolade du grimpeur.

«Tout le monde me disait que cela ne marcherait jamais» Lorsqu’on regarde la paroi rocheuse, elle n’est pas vraiment lisse. Des fissures et des structures inégales la caractérisent. Il y a deux ans environ, j’ai essayé d’escalader une structure inégale. J’aurais dû poser une protection intermédiaire depuis longtemps, mais il n’y avait tout autour aucune fissure dans laquelle j’aurais pu insérer un coinceur. Je me suis cramponné de toutes mes forces à une poignée de serrage jusqu’à ce que je glisse. Accroché à la corde, je me suis demandé pourquoi il n’y avait pas d’outil qui pouvait se cramponner à un rocher comme ma main à une poignée. Comme je n’avais plus envie de tomber si loin, mon but est devenu clair: je voulais créer un outil qui comble ce manque et se fixe aux lapiaz à cannelure, aux parois des concrétions calcaires et dans une certaine mesure aux écailles et aux arêtes. Cela ne marchera jamais, m’a-t-on dit! Mais d’après Einstein, les inventions naissent ainsi: tous savent que quelque chose ne marchera pas, puis vient quelqu’un qui ne le sait pas et qui découvre tout simplement la solution.

Après avoir examiné à fond l’aspect physique du problème, j’ai élaboré une douzaine de solutions possibles. Parallèlement, j’ai établi un cahier des charges spécifiant toutes les exigences à remplir par l’outil, ainsi que les possibilités de développement. Finalement, j’ai suivi une posEngagement de Cam sibilité de solution. En collaboration avec des apprentis de RUAG Aerospace et plus tard avec M. Müller Martini, j’ai pu concevoir et tester des prototypes. L’appareil fonctionnait certes, mais était trop lourd avec un poids de 2,5 kg. Des alpinistes ne traîneraient sûrement pas avec eux un machin aussi volumineux et lourd.

«Les tests ont montré que l’outil a du potentiel» Après avoir donc résolu le problème de la fonction, je me suis consacré au plan de régime du Cam. Il fallait économiser du matériau sur l’outil et garantir en même temps une charge de 12kN (cela équivaut à une masse de 1,2 tonne). Un peu de persévérance et d’optimisme furent nécessaires. Diverses optimisations de la structure et l’emploi de matériaux composites renforcés aux fibres de carbone ont permis de réduire le poids du second prototype de 650 g. Une fois ce dernier fabriqué, j’ai pu démontrer par une épreuve de chute et un test d’utilisation sur des sites d’escalade que l’outil fonctionnait en principe et résistait à la chute de masses importantes. Quelques points devaient encore être améliorés, mais malgré cela je pouvais déjà déposer un brevet. Les tests ont montré que l’outil a du potentiel.

«Les études de génie mécanique sont faites pour moi» Actuellement, le troisième prototype est en phase de planification, il sera le stade préliminaire à la production industrielle. Je bénéficie du soutien de divers spécialistes, car grâce à mon travail de maturité, j’ai pu établir de nombreux contacts intéressants. Où le projet me mènera encore, je n’en sais rien. Je me suis d’abord jeté à l’eau, puis j’ai appris à nager. Par conséquent, je sais maintenant avec certitude que les études en génie mécanique sont faites pour moi!

Pius Theiler participera au 45e concours national de «La science appelle les jeunes» qui se tiendra cette année du 28 au 30 avril.

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formation professionnelle

D’Uzwil à la Chine La formation professionnelle engagée encourage aussi la compréhension interculturelle mw Qu’il s’agisse de promotion de la compréhension interculturelle, de projets interdisciplinaires, de participation aux Olympiades professionnelles ou de solutions de transition après la formation, Bühler AG à Uzwil offre des opportunités intéressantes aux apprentis. Avec un grand engagement, les responsables s’investissent dans de nouveaux projets et montrent que, dans la formation professionnelle, l’esprit d’entreprise et la responsabilité sont essentiels quand on veut faire bouger quelque chose. Les centres de formation, les ateliers et entreprises d’apprentissage ont une grosse responsabilité, car ils apportent une contribution aussi bien économique que socioculturelle à notre société. En plus de la compétence professionnelle, les apprentis doivent acquérir de nombreuses autres compétences qui ne figurent pas dans le programme de formation, mais sans lesquelles on ne pourrait réussir dans la vie professionnelle d’aujourd’hui. Les centres d’apprentissage interentreprises et les ateliers d’apprentissage de grandes entreprises offrent assez souvent une palette diversifiée de programmes passionnants dans lesquels ces compétences-là sont transmises aux apprentis. L’exemple de l’entreprise industrielle d’Uzwil Bühler SA, spécialiste mondial et partenaire du transfert des technologies pour les installations de transformation des produits céréaliers et alimentaires, ainsi que de fabrication de matériaux de grande qualité, l’illustre bien.

la Fondation Enterprise et l’Institut fédéral des hautes études en formation professionnelle IFFP. Le projet primé comprend la «promotion de la compréhension interculturelle chez Bühler SA, Uzwil». Dans un groupe industriel multinational, il est très important que les collaborateurs possèdent des compétences dans ce sens. Depuis 2008, un groupe sélectionné d’apprentis motivés se voit offrir la possibilité de découvrir une culture complètement différente pendant un séjour de deux mois en Chine. A travers cette expérience, les apprentis développent la capacité de créer des contacts internationaux et acquièrent de la confiance dans d’autres cultures. Avec le soutien des Centres de formation professionnelle et continue d’Uzwil, ils sont préparés de manière optimale pour leur séjour à l’étranger. Au vu du grand succès rencontré, Bühler prévoit d’accroître la durée des séjours à l’étranger, ainsi que le nombre d’apprentis et de destinations. En octobre 2010, le directeur de la formation professionnelle de Bühler SA, Andreas Bischof, a personnellement visité le groupe en Chine et a pu se faire une idée sur place. «La mentalité chinoise est très différente de la mentalité européenne. Pour les entreprises internationales comme Bühler, il est important d’avoir des collaborateurs aptes à la compréhension interculturelle. Je suis très fier de la qualité de l’intégration de nos apprentis en Chine et de l’habileté avec laquelle ils ont su gérer des situations parfois pas très simples.»

«Maintenant, j’ai un tout autre regard sur l’Asie»

Participants au projet en Chine

«La compréhension interculturelle est une compétence essentielle pour les collaborateurs au sein d’un groupe industriel multinational» La formation professionnelle est innovatrice chez Bühler SA. Elle s’est vu décerner un prix qui récompense les projets exceptionnels en matière de formation professionnelle et continue par

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Andreas Bischof va mener le projet à la phase suivante. «Le projet a bien commencé, nous voulons maintenant l’optimiser et l’étendre à d’autres localités en Chine et dans le monde. Cette année, un groupe d’apprentis ira à Londres et un autre en Afrique du Sud», explique-t-il. «Nous aimerions également prolonger la durée du séjour. Deux mois sont presque trop courts. A peine s’est-on un peu acclimaté qu’on doit déjà rentrer. L’organisation de séjours plus longs signifie que tous les protagonistes doivent s’investir un peu plus.» A l’avenir, Bischof prévoit de constituer des groupes interdisciplinaires qui élaboreront ensuite des projets entiers sur place. Ces groupes seront accompagnés de formateurs professionnels et d’anciens participants: afin de garantir une plus grande acceptation dans les exploitations étrangères concernées, des collaborateurs locaux seront intégrés aux équipes d’apprentis. La promotion de la compréhension interculturelle n’est pas le seul projet dont bénéficient les apprentis. Ceux particulièrement intéressés et engagés peuvent participer à un projet interdisciplinaire pendant quatre mois. Les apprentis des domaines de la construction, l’automation, la polymécanique et la construction de machines et d’appareils forment de petits groupes et travaillent sur des mandats réels qu’ils accomplissent de A à Z avec


Extrait d’une interview réalisée avec deux participants du projet juste après leur retour le soutien de Peyman Mehdiaraghi, le formateur professionnel responsable. Il s’agit de projets aussi bien internes qu’externes à l’entreprise. «Le coût de développement est relativement faible. Le client a la garantie de recevoir une solution innovatrice réalisée par une équipe de projet très motivée», affirme Peyman Mehdiaraghi. L’un des mandats externes, dont même Tele Ostschweiz a parlé, était le développement et la construction d’une installation automatique pour la fabrication de ressorts en hélice. Ce produit est utilisé pour le renforcement des nattes d’isolation sur les façades extérieures. «C’était super d’y prendre part de la conception du projet à la production des ressorts, en passant par le développement et le contrôle», raconte Andrea Pinto, apprenti automaticien engagé dans le projet.

«Cette fois peut-être, les constructeurs suisses réussiront à décrocher la médaille d’or aux WorldSkills 2011»

Patrick Bolt et Michèle Höhener ont vécu dans un hôtel avec quatre autres apprentis de Bühler SA. Ils décrivent leur quotidien professionnel comme très structuré. «Un bus nous conduisait chaque matin de l’hôtel à l’usine», raconte Höhener. «Nous commencions à huit heures et devions déjà dîner à onze heures.» «Il n’y aurait pas eu une place pour tout le monde à la cantine, c’est pourquoi nous devions manger par groupes successifs», explique Bolt. Au travail, il n’y avait pas beaucoup de différences. «En fait, les Chinois improvisent beaucoup alors que chez nous, tout se déroule tel que planifié», dit Michèle Höhener. Tous deux parlent avec enthousiasme de ce séjour à l’étranger et veulent à nouveau tenter l’expérience après la fin de leur formation en été 2011. «Je ne serais probablement jamais allé en Chine si ce projet n’existait pas», affirme Patrick Bolt. «Mais maintenant, j’ai un tout autre regard sur l’Asie».

Les apprentis de Bühler sont régulièrement représentés aux championnats professionnels. Pascal Brunner par exemple, futur constructeur en quatrième année d’apprentissage, a remporté le Championnat professionnel suisse dans sa catégorie et décroché ainsi un ticket direct pour les WorldSkills 2011 à Londres. Andreas Bischof commente: «Les constructeurs suisses n’ont pas encore remporté de médaille d’or. Nous sommes donc très fiers de Pascal et lui souhaitons beaucoup de succès!» Chez Bühler, les fluctuations sont très faibles pendant la formation, seuls quelque 5% interrompent leur apprentissage. Pour Andreas Bischof, il est très important que «aucun apprenti ne quitte l’entreprise sans solution de transition. Jusque-là, nous avons toujours atteint cet objectif.» En coopération avec l’ORP, Bühler offre en plus un stage professionnel de jusqu’à six mois aux jeunes sans emploi. Ici aussi, une grande importance est accordée aux solutions de transition.

«Avoir un aperçu du monde réel du travail est utile aux étudiants»

Centres de formation interentreprises des sociétés membres de IngCH

L’entreprise s’engage aussi au niveau universitaire. Chaque année, jusqu’à dix étudiants de l’EPFZ peuvent ainsi accomplir leur stage obligatoire chez Bühler SA. Qu’il s’agisse de construction d’installations et d’appareils ou d’automation, ils bénéficient d’un aperçu de différents domaines professionnels et, en même temps, travaillent en petits groupes sur des projets qu’ils ont eux-mêmes choisis. Ils sont orientés, accompagnés et soutenus par des formateurs professionnels. «Cela fait du bien aux jeunes étudiants de travailler dans des conditions réelles au sein d’une entreprise. Ils se font ainsi une idée du monde extérieur et apprennent à prendre des responsabilités. C’est aussi très utile pour la suite des études», pense Andreas Bischof.

• Centre de formation de l’Oberland zurichois (azo, Ausbildungszentrum Zürcher Oberland), www.azoberland.info • Centre de formation de Winterthur (azw, Ausbildungszentrum Winterthur), www.azw.info • Centre de formation Beruf Zug, www.lehrstellenzug.ch • Centres de formation des apprentis pour l’économie (Lernzentren LfW), www.lernzentren.ch • Wibilea AG, www.wibilea.ch • Centre régional de formation d’Au (RAU Regionales Ausbildungszentrum Au), www.r-au.ch

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ManifestationS

10. Dialogue EPF-Economie sur l’avenir Développement et production: les compétences clés de l’industrie suisse mds. Le 29 octobre 2010, plus de 90 personnalités de choix se sont retrouvées au Center for Global Dialogue de la Swiss Re. Le but du Dialogue lancé en 1999 est d’offrir une plate-forme de discussion sur des thèmes d’importance pour l’avenir des EPF et de l’économie. Au cours de cette édition, l’importance du développement et de la production en tant que compétences clés de l’économie suisse a été examinée.

Performance positive de l’économie suisse Le directeur sortant d’«Avenir suisse», Thomas Held, a esquissé une image essentiellement positive de la situation de l’économie suisse. Dans tous les classements internationaux, la Suisse occupe une position de leader au niveau mondial. Les fondements de cette solidité sont une politique économique raisonnable, la sécurité juridique et la grande stabilité du franc suisse. La formation et la recherche sont considérées depuis des décennies dans notre pays comme un facteur de compétitivité. La qualité de la place économique Suisse n’attire pas que la main d’œuvre hautement qualifiée. Elle attire également de nombreuses entreprises étrangères dans notre pays.

Points faibles Selon les partenaires du Dialogue, il y a cependant aussi des points faibles: l’aversion pour le risque caractérise l’état d’esprit suisse, en partie dans les institutions universitaires et en particulier en politique. Les mécanismes publics d’autorisation trop lents freinent les initiatives et les processus de changement. Aussi bien pour les universités que pour l’économie, il est difficile de faire appel à court terme aux chercheurs et développeurs hautement qualifiés ayant le savoir-faire nécessaire (car rares au niveau mondial et empêchés par les procédures d’admission). L’industrie manque d’aperçu sur les différents domaines de recherche dans le secteur de la nanoet microtechnologie.

Mesures de l’EPF Zurich en 2010 C’est pourquoi l’EPFZ - comme l’a déclaré le président de l’EPFZ Ralph Eichler dans son exposé introductif - évolue dans un environnement stimulant caractérisé par la forte compétitivité de l’industrie établie. Ce qui constitue surtout un défi pour l’EPFZ, c’est le changement ou plutôt le bouleversement que connaît le système universitaire à travers l’Europe. Les mesures suivantes ont par conséquent été prises au cours de l’année écoulée: • La promotion de l’interdisciplinarité dans l’enseignement et la recherche • Le développement d’initiatives stratégiques • La création d’un nouveau département pour les sciences & technologies de la santé («Health Sciences & Technology») avec un nouveau curriculum • La promotion de nouveaux talents • La création de nouveaux liens avec les PME

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Recommandations Dans quatre ateliers parallèles dans les domaines de la technique médicinale, la micro- et nanotechnologie, les sciences des matériaux et l’énergie, des recommandations concernant l’accès aux savoirs ont été élaborées à l’intention des EPF, de la Confédération et des PME. Il s’agit plutôt d’encourager le regroupement des forces, car les universités et centres de recherche ne peuvent résoudre tout seuls les problèmes croissants dans les domaines de l’environnement, de l’énergie et de la compétitivité scientifique. Par exemple, il faut associer plus de spécialistes de l’industrie à la formation et permettre l’accès à la main d’œuvre provenant des pays extracommunautaires. Un appel important lancé aux entreprises suisses concernait la nécessité de maintenir la production en Suisse et de ne plus délocaliser. Car, en plus de l’économie, cela menace aussi les compétences scientifiques des universités. Aussi bien les institutions universitaires que l’économie doivent se focaliser sur les domaines dans lesquels la Suisse est déjà performante, notamment le secteur de la santé, les technologies médicales, l’énergie, la gestion rationnelle des ressources et les techniques de l’environnement. Dans les EPF, une «culture propre à permettre» doit être encouragée; les idées inhabituelles, voire folles, doivent être autorisées. En matière de politique de la recherche, il était intéressant de voir formuler l’exigence, à l’intention du Conseil de la recherche du Fonds national suisse, de ne plus considérer l’excellence scientifique comme seul critère essentiel lors de ses évaluations, mais aussi l’excellence de l’industrie. Dans le domaine de l’énergie aussi, les deux écoles polytechniques doivent remplir leur rôle et leur responsabilité dans la discussion sociale. Les aspects sociopolitiques de la recherche gagnent de plus en plus en importance dans le domaine de l’énergie, mais également dans celui des sciences de la vie. Le 11e Dialogue se tiendra le 28 octobre 2011 à l’EPFL.


Semaines techniques

Action conjuguée de la mécanique et de l’informatique Ingénieur(e) pour un jour La robotique est l’une des technologies en croissance les plus importantes à travers le monde. Aujourd’hui, on retrouve les systèmes automatisés dans presque tous les secteurs de la vie. Le Smartphone en est un bon exemple: sa fabrication se déroule sans la moindre intervention manuelle. La première personne à tenir le portable en main est l’acheteur! Toute la production, avec ses étapes complexes comme l’impression, le montage, le transfert du microprogramme et du logiciel, la vérification des fonctions, l’emballage et l’expédition, se déroule aujourd’hui de manière complètement automatisée. En Suisse, on ne trouve pas de telles chaînes de production pour les téléphones portables, mais le savoir-faire des ingénieurs suisses a certainement été utilisé pour la création de la chaîne de production elle-même. Que cela soit dans le développement de nouvelles technologies ou la construction d’une machine spécifique n’est pas le plus important. Ce qui importe, ce sont les personnes qui appliquent ou élaborent ces savoirs. Et nous devons les intéresser à des études d’ingénieur, en leur faisant découvrir ce monde passionnant.

Programmation d’une chaîne de production Les ateliers journaliers de Festo, qui se sont tenus dans le cadre de la Semaine de la technique organisée par IngCH, s’appuient sur le système d’apprentissage MecLab®. Après une brève introduction théorique, les lycéens peuvent se servir de leurs connaissances en physique et en mathématiques. Le but est que le logiciel et le matériel interagissent de manière optimale au cours de la journée, et que les stations ruban transporteur, Pick & Place et entrepôt de sortie soient automatisées. Si tout fonctionne bien, on passe à la connexion des stations, puis à la chaîne de production. Les jeunes gens apprennent ainsi à se frotter aux problèmes techniques réels.

Raoul Abraham Directeur Learning Systems Festo AG

Des élèves travaillant sur un module

Que font les ingénieur(e)s particulièrement bien à ton avis? Que font-ils moins bien? Élèves de l’Ecole cantonale de Stans Roman: Les ingénieur(e)s savent analyser les situations, reconnaître les problèmes et développer de nouvelles solutions en combinant les connaissances existantes. Cependant, ils risquent de tout réduire à la dimension technique et donc de sous-estimer la portée ou les conséquences des nouveaux développements.

Rahel: Les ingénieur(e)s sont en mesure de résoudre avec succès de nouveaux problèmes par le raisonnement logique et l’établissement de corrélations, ce qui est moins souvent le cas dans les formations professionnelles. Ils réfléchissent d’une manière pratique et spécifique à un problème à résoudre. C’est pourquoi je pense que la réflexion philosophique sur diverses choses compte probablement moins pour eux.

Luca: Je pense que les ingénieur(e)s sont capables de trouver la solution optimale à des problèmes relativement exigeants. Les ingénieurs travaillent dans des domaines très divers, ce qui rend ce métier assez passionnant à mes yeux.

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P.P. 8032 Zürich

AUTRES ACTIVITÉS Rétrospective Semaines Techniques Gymnase de Schadau, BE

Sept. – Nov. 2010

Gymnase de Bugnon, VD

15. – 19.11.2010

Gymnase de Appenzell, AI

22. – 26.11.2010

KS Küsnacht, ZH

7. - 11.02.2011

KS Rämibühl, ZH

7. – 11.02.2011

Perspectives Semaines Techniques KS Gossau, ZH

14. – 18.03.2011

KS Chur, GR

14. – 18.03.2011

KS Heerbrugg, SG

14. – 18.03.2011

KS Romanshorn, TG

26. – 29.04.2011

KS Hohe Promenade, ZH

18. – 21.04.2011

Connaître la technique - le point de vue d’un gymnasien Jeschurun, Ecole cantonale d’Obwalden, participant à la Semaine de la technique 2010 «La semaine de la technique a été l’un des plus intéressants projets que j’ai jamais visités dans le cadre scolaire. Ce n’est malheureusement pas un projet obligatoire dans notre école. J’étais très enthousiaste, même si je ne m’étais inscrit que parce que mes amis l’avaient fait aussi. C’est d’abord avec réticence que j’ai rencontré les enseignants, mais ma réticence s’est vite transformée en enthousiasme. Il y avait toujours plus à découvrir, à tester ou tout simplement à admirer. En une semaine, nous avons découvert la technique de plus près. Et cela ne s’est pas fait sur des feuilles austères - non, nous l’avons expérimentée de très près. La technique au quotidien! Grâce à Festo, nous avons pu programmer une bande de roulement et monter divers modules. Cette expérience pratique nous a rapprochés de la technique. Nous avons suivi des exposés, sur l’ordinateur par exemple. Divers points de vue sur la technique ont été abordés et évalués. On a constamment vu des choses nouvelles. Je me représentais un chercheur comme quelqu’un d’assis dans une petite pièce obscure et tenant divers flacons remplis de liquides pétillants dans les mains. Mais la réalité est complètement différente! L’image que j’ai de la technique a considérablement changé.» Vous trouverez la vidéo faite par Jeschurun sur l’atelier de Festo sous le lien suivant: http://www.youtube.com/watch?v=2XgAqVYTN2w

Plus de informations sous www.ingch.ch

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LES MEMBRES DE IngCH ABB (Schweiz) AG | Accenture AG | ACUTRONIC Switzerland Ltd | AdNovum Informatik AG | Alstom AG | AWK Group AG | Axpo Holding AG | Basler & Hofmann AG | Belimo AG | Bühler AG | Conzzeta AG | F. Hoffmann-La Roche AG | Georg Fischer AG | Hasler Stiftung | Hilti AG | Losinger AG | Nestlé AG | PHONAK AG | pom+ AG | Rieter Holding Ltd. | Siemens Schweiz AG | Sulzer AG | Swisscom AG | Swiss Re AG | UBS AG | Zimmer GmbH

IMPRESSUM Rédaction: Marina de Senarclens (mds), Dr. Andrea Leu (al), Maggie Winter (mw), Barbara Simpson (bs) | Traduction: bureau de traduction Clipper, Zurich | Mise en page, réalisation: Picnic Terminal Visuelle Kommunikation, Zürich | Impression: Kaelin Production AG, Zürich | Tirage: 500 exemplaires | Parution: Deux fois par an | Clôture de rédaction IngFLASH Nr. 44: 31. Juli 2011 | Des propositions et contributions sont les bienvenues.

Klosbachstrasse 107 CH-8032 Zürich T: +41 (0)43 305 05 90 F: +41 (0)43 305 05 99 info@ingch.ch


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