Issuu on Google+

www.formule-verte.com

12FV 00 COUV BAT_Mise en page 1 03/12/12 16:17 Page1

12

DÉCEMBRE 2012

VITRINE VERTE

Des produits «verts» pour les Fêtes BIORAFFINERIE Un outil clé pour le développement de la

bioéconomie

Dossier AGROCOMPOSITES Une structuration nécessaire de la filière en France

BIODIVERSITÉ

L’Oréal anticipe la réglementation

JEUNE SOCIÉTÉ INNOVANTE

Ecoat rend les peintures plus durables


12FV 00 COUV BAT_Mise en page 1 03/12/12 16:17 Page2


12 FV 03 EDIT0 BAT_Mise en page 1 03/12/12 16:28 Page3

Éditorial

Biologie de synthèse

Est-ce l’avenir de la chimie ?

A

vant l’exploitation du pétrole et le développement de la pétrochimie, tous les produits du quotidien étaient issus de matières premières naturelles ou renouvelables. Les produits cosmétiques et les détergents existaient déjà, de même qu’il y avait une médecine par les plantes. Puis est arrivée la pétrochi-

mie. En un siècle, elle a balayé les trois quarts des produits que l’on avait coutume d’utiliser pour imposer le tout-fossile. Mais à force de surexploitation de nos ressources fossiles, on a fini par dégrader notre climat. Et l’héritage que l’on s’apprête à léguer aux générations futures est un accroissement de 2 à 6 °C de la température moyenne terrestre d’ici à 2050, tandis que les puits de pétrole et de gaz seront quasiment taris. Voilà pourquoi le retour à la case végétale paraît inéluctable. Contrairement au domaine de l’énergie qui peut utiliser le soleil, le vent ou les marées pour répondre à ses besoins, les produits chimiques réclament du carbone que l’on ne pourra puiser que dans le recyclage ou le vivant. Ce retour vers le végétal n’aura toutefois rien d’un retour en arrière. Car pendant que la chimie peaufinait la mise au point de ses catalyseurs et ses voies réactionnelles, une nouvelle science est née : la biologie de synthèse. Cette discipline, qui remonte à une trentaine d’années, vise à créer de nouveaux objets biologiques (enzymes, brin d’ADN…). Et si certains apprentis sorciers cherchent ni plus ni moins à recréer d’autres formes de vie en allant jusqu’à modifier les bases constitutives de l’ADN, d’autres préconisent cette technologie à des fins plus terre à terre pour la production de produits chimiques à partir de sucres d’origine végétale. Et

Sylvie Latieule Rédactrice en chef slatieule@etai.fr

L’Unafic* n’a pas hésité à jeter ce pavé dans la mare lors d’un grand dîner-débat.

c’est tout le savoir-faire de ces nouvelles start-up qui modifient le métabolisme de microorganismes pour leur faire produire de façon massive un composé en les nourrissant de sucres. Avec cette méthode, Global Bioenergies propose d’accéder à de grands intermédiaires comme l’isobutène et peut-être le propylène, tandis que Metabolic Explorer travaille sur le butanediol ou le propanediol. Pour le moment, toutes les substances ne sont pas éligibles à cette technologie. Mais le potentiel est là. Les produits chimiques issus de la biologie de synthèse pourraient représenter 50 % du marché de la chimie à la fin du 21e siècle,

selon Bernadette Bensaude-Vincent, philosophe des sciences, qui débattait du sujet à l’occasion du dîner annuel de l’Unafic*. Quant à Bruno Jarry, membre de l’Académie des technologies, il a expliqué que cette approche gagnait du terrain tant du côté académique que de sociétés de biotech. « Reste à trouver les industriels de la chimie qui voudront les utiliser. C’est aujourd’hui l’un des grands soucis de la chimie verte, a-t-il déclaré. Même si de nouveaux acteurs de la production sucrée s’intéressent à ces procédés fermentaires, cela leur prendra du temps pour devenir des DSM ou BASF ». Alors si la biologie de synthèse doit devenir une technologie aussi importante que la chimie pour fabriquer nos grands produits de demain, pourquoi les industriels de la chimie n’investissent-ils pas massivement dans le domaine ? Certains répondent que la technologie n’est pas mature, d’autres soulèvent des problèmes d’éthique liés à l’utilisation du vivant… En attendant, *Union Nationale des Associations françaises d'Ingénieurs chimistes

3

la biologie synthétique grossit ses rangs. Ira-t-elle jusqu’à balayer les produits d’origine fossile pour imposer son nouveau monopole ? FormuleVerte - N°12 - Décembre 2012

3


12 FV 04 SOMMAIRE BAT_Mise en page 1 04/12/12 09:38 Page4

Sommaire

N°12 - Décembre 2012

32 Dossier

Verte 06 Vitrine

AGROCOMPOSITES Une structuration

nécessaire de la filière en France © Souts

© LCDA

Avec 169 000 tonnes de lin et chanvre cultivées chaque année, la France possède des atouts dans le domaine des agrocomposites. Producteurs de fibres, transformateurs et industriels d’application, les acteurs de la filière se mobilisent pour développer une offre structurée.

08 Repères BIORAFFINERIE Un outil clé pour le développement de la bioéconomie ©

DR

MATÉRIAUX BIOSOURCÉS La DGA, proactive dans la substitution

BIODIVERSITÉ L’Oréal anticipe la réglementation

& 28 Recherche 38 Focus Développement PRIX

PEINTURES BIOSOURCÉES

La chimie verte à l’honneur à Poitiers

Un marché émergent

POLYAMIDE RÉSINES

FERMENTATION EN MILIEU SOLIDE De nouveaux équipements de R&D pour Soufflet

Ecoat rend les peintures plus durables

BIOMASSE MARINE

16 ACTUALITÉS Metabolic Explorer en difficulté BASF et CSM créent leur coentreprise Deux projets de croissance pour Solazyme

Un procédé novateur d’extraction de la chitine

© DR

ACTUALITÉS Thanaplast veut réinventer l’industrie des plastiques

FormuleVerte - N°12 - Décembre 2012

41 Équipement AMS suit la fermentation

43 Carnet / Agenda

Nominations Formations/Manifestations

44 Index

Un centre de R&D de Bostik à Compiègne 4

L’EcoPaXX compatible avec les achats publics américains

Liste des sociétés Ce numéro comporte deux encarts jetés ADEME et CPE LYON FCR ainsi qu’une surcouverture recto verso Novasep.

Photo de couverture:LCDA (photo de chanvre).


12 FV 04 SOMMAIRE BAT_Mise en page 1 04/12/12 09:38 Page5


© Rossignol

12 FV 06 VITRINE BAT_Mise en page 1 03/12/12 16:42 Page6

Des skis éco-conçus ■ Si la neige est au rendez-vous, pourquoi ne pas aller skier « ecofriendly » ? Rossignol a développé une gamme de skis pour femme et de fixations éco-conçues. Les skis Attraxion 3S Echo et Attraxion 8 Echo allient bois de

peuplier issu de forêt de culture contrôlée et fibre de lin qui représente 10 % des fibres utilisées. Le fabricant a réduit la consommation d’encre de 50 % et mis au point une semelle de ski composée de 25 % de matière recyclée. Pour sa fixation

Xelium Saphir 110S, Rossignol a remporté le prix IPSO du meilleur produit éco-conçu. La production annuelle de ce système permet de réduire les émissions de CO2 de 34 % par rapport à une fixation traditionnelle, selon le fabricant.

Vitrine ■ Le lin s’invite dans les arts de la table.

surprendre le Père Noël, une lampe de poche s’avère indispensable. Lexon a développé une lampe de poche à base d’ acide polylactique (PLA) et de bambou. Dans une démarche de développement durable, cette lampe de 3 Led fonctionne à l’énergie solaire. Cette gamme alliant plastique à base d’amidon de maïs et bambou contient également une radio rechargeable par dynamo, un stylo, une calculette, un réveil, etc. Le PLA a conquis Lexon qui a également développé une autre gamme en PLA.

Le bureau d’étude Ecodeep a reçu, pour son textile de lin non tissé, un prix Eco-conception lors des journées annuelles Développement durable et entreprises à Lille, début octobre. À partir de ce textile, Ecodeep a décliné une gamme d’arts de la table composée de nappes en rouleau, serviettes et chemin de table. L’objectif est de « remplacer

6

FormuleVerte - N°12 - Décembre 2012

© D.R

■ Pour les enfants qui voudraient

© Ecodeep

Dresser une table de lin

© Lexon

Bambou et PLA éclairent la nuit

.

Le sapin ne sera pas la seule note « verte » des fêtes de fin d’année. Les produits biosourcés investissent la table et le pied du sapin.

les non tissés en plastique ou en ouate venant d’Asie, d’Europe du Nord et du Canada ». Dans une logique de réduction du bilan carbone, Ecodeep a mis en place une chaîne d’approvisionnement locale. La société souligne par ailleurs que ces produits ne contiennent pas de colle et sont compostables.


12 FV 06 VITRINE BAT_Mise en page 1 03/12/12 16:42 Page7

Une charentaise « verte » sous le sapin

L’Occitane adopte le PE de Braskem avec la Crème lavante mains 300 ml de la ligne Bonne Mère de L’Occitane. Le fabricant de produit de soins a fait appel à Promens pour la fabrication des flacons en polyéthylène vert de Braskem. La production par Promens sur son site de Roche-sur-Foron (Haute-Savoie) des flacons de Crème lavante mains et de Douceur de douche 600 ml s’inscrit dans le programme Green Cube adopté en 2009 par le plasturgiste. Il vise à réduire l’impact environnemental de son activité et de ses produits. Dans cette démarche, le flacon « Douceur de douche » a été développé dans un format familial contenant trois fois la quantité d’un gel douche de 200 ml, tout en nécessitant seulement deux fois la quantité de plastique pour la fabrication du flacon. Les deux sociétés rappellent que le PE de Braskem est résistant, protège la formule et est recyclable dans le flux du polyéthylène issu de ressources fossiles.

Du maïs pour trinquer ■ La société Vegware spécialisée dans les emballages alimentaires compostables commercialise des verres à vin fabriqués en farine de maïs ! D’après le fabricant, ces verres de 185 ml offrent une alternative à la vaisselle jetable en plastique issu du pétrole. Ils sont composés de deux parties emboîtables. Vegware cite ainsi une empreinte carbone de son verre à vin réduite de 77 % par rapport à un produit similaire en PET. Et à la fin du repas, le verre accompagne les déchets végétaux au compost et se dégrade en moins de 12 semaines.

©  Vegware

©  L’Occitane

■ Avant le dîner du réveillon, n’oubliez pas de vous laver les mains

Un cadeau signé Starck ■ Comment épater à Noël ? Avec un cadeau biosourcé signé Starck. Le designer de renommée mondiale a dessiné une poubelle de bureau pour la société Elise, spécialisée dans le recyclage du papier. La poubelle EliseByStarck est conçue à partir du matériau Gaïalène de Roquette. Les plastiques végétaux fabriqués à partir d’amidon de maïs composent cette gamme de poubelles de différents coloris. Cette poubelle ainsi que la gamme de Roquette ont reçu un prix Eco-conception lors des journées annuelles Développement durable et entreprises à Lille, début octobre.

Z O O M Une huile végétale pour travailler les métaux La société Molydal, membre du pôle de compétitivité IAR, lance une gamme innovante d’huile végétale pour le travail des métaux et plus spécifiquement pour le profilage de l’acier, inox, échangeur thermique, bardage… Baptisé Solester 77, cet assemblage d’huiles estérifiées 100 % d’origine végétale est biodégradable et conçu sans aucune restriction environnementale (exempt de molécules nocives, sans COV).

© Molydal

© Souts

« verte » grâce à sa semelle en résine végétale. La marque française a pour objectif de concevoir, fabriquer et commercialiser des chaussures originales à base de matériaux issus de ressources renouvelables locales. La société s’est tournée vers la gamme Advanced green tefabloc TPE de CTS pour les semelles de ces charentaises. Ce matériau intègre les résines Gaïalène de Roquette. Cette gamme de thermoplastiques combine souplesse, toucher agréable et translucidité, selon CTS. Le compounder souligne également sa mise en œuvre sans étuvage, ce qui assure un gain de temps et d’énergie.

© Roquette

■ Si la charentaise de Souts se décline en plusieurs couleurs, elle n’en reste pas moins

Information sélectionnée par le site www.agrobiobase.com FormuleVerte - N°12 - Décembre 2012

7


12 FV 8-10 ARTREP BIORAF BAT_Mise en page 1 03/12/12 17:14 Page8

Repères [RÉFLEXION] ©

BIORAFFINERIE

Un outil clé pour le développement de la bioéconomie Pour le pôle IAR, le remplacement du carbone fossile par le carbone vert passe par le développement de bioraffineries qui valorisent la plante entière. Pour donner toutes ses chances à ce modèle, le pôle a consulté des experts internationaux.

A

© Roquette

près un siècle de suprématie des ressources fossiles, le retour à la bio-économie paraît inéluctable pour faire face dans les prochaines années aux grands défis énergétiques et environnementaux de la planète. Mais dans un contexte où il faudra aussi gérer un accroissement important de la population mondiale, est-il envisageable d’utiliser la ressource végétale disponible à des fins autres qu’alimentaires ? La bioraffinerie apporte probablement une réponse crédible à cette question. Ferment défenseur de ce modèle, le professeur Daniel Thomas, vice-président du pôle IAR, a initié en novembre 2011, avec Bruno Jarry, membre de l’Académie des technologies, une vaste concertation sur ce thème

8

FormuleVerte - N°12 - Décembre 2012

dans le cadre des premières Rencontres IAR. Ces rencontres qui se sont tenues à Chantilly ont accueilli quarante experts mondiaux pour débattre autour de questions stratégiques sur le développement de la bioraffinerie en Europe et plus particulièrement en France. Puis, le 21 octobre 2012, ces rencontres ont donné lieu à une journée de restitution à Reims, au cœur du domaine de Pommery. Une occasion pour le pôle IAR de diffuser quelques messages clés pour donner à de nouvelles bioraffineries toutes les chances de succès. Un recueil de recommandations a même été édité, co-signé par Daniel Thomas et Bruno Jarry. La bioraffinerie de Roquette à Lestrem est considérée comme la plus grande d’Europe.

À la tribune le 21 octobre à Reims, Daniel Thomas a expliqué, qu’à l’image d’une raffinerie qui transforme toutes les fractions du pétrole, la bioraffinerie est une usine qui a vocation à transformer de la biomasse pour recueillir à la fois des denrées alimentaires et non alimentaires. Elle peut ainsi donner accès à quatre familles de produits : des produits alimentaires, des biomolécules, des matériaux (agromatériaux et biopolymères) et de l’énergie (biocarburants ou déchets d’incinération). Il existe déjà des bioraffineries industrielles où la biomasse est d’origine végétale ou forestière. Bientôt, cette biomasse pourra être d’origine marine, animale, urbaine… Pour Daniel Thomas, le maître mot est la flexibilité, tant en entrée (avec le traitement de différents types de biomasse), qu’en sortie avec un mix produits répondant au mieux aux attentes du marché. En France, il existe déjà plusieurs bioraffineries industrielles. On peut citer, celle de Roquette à Lestrem (59), considérée comme la plus importante d’Europe. Elle raffine du maïs, mais aussi du blé, pour des valorisations alimentaires et non alimentaires. Le site de Pomacle (51), en Champagne-Ardenne, est un autre exemple de bioraffinerie, avec en son cœur une sucrerie (voir encadré). Sofiprotéol à Compiègne (60) opère une installation à base d’huiles végétales et de graisses. Tembec à Tartas (40) est un exemple de bioraffinerie forestière, mais elle ne produit pas de denrées alimentaires. Au plan européen, il y aurait 22 bioraffineries industrielles auxquelles s’ajoutent 26 projets pilotes ou de démonstration, selon les données du projet européen Star-

DR


12 FV 8-10 ARTREP BIORAF BAT_Mise en page 1 03/12/12 17:14 Page9

[RÉFLEXION]

Repères

DR

POMACLE-BAZANCOURT : UNE BIORAFFINERIE EN CROISSANCE

© Jean-Marc Lisse 

À POMACLE-BAZANCOURT, AURÉLIE DUREUIL

Le site agroindustriel de Bazancourt ne cesse de se déployer depuis 1983.

Colibri. Christophe Luguel,  responsable international au pôle IAR, a rappelé que dans le cadre du 7e PCRD et de l’appel à projets exceptionnel sur les bioraffineries, Start Colibri a permis de dresser les grandes lignes d’une vision pour l’Europe. En ce qui concerne l’implantation géographique des bioraffineries, deux modèles s’affrontent entre les bioraffineries de ports et les bioraffineries de champs ou territoriales. Le premier modèle vise à construire des installations de petites tailles de

quelques milliers de tonnes de capacité, à proximité de ports, en vue de traiter des biomasses indifférenciées venues du monde entier. Il en existe déjà à Rotterdam (Pays-Bas) et à Gand (Belgique). Dans le second modèle, les bioraffineries sont installées en zones rurales. Elles traitent par an quelques centaines de milliers de tonnes de biomasse qui est produite localement. Elles ont pour vocation de créer un lien harmonieux avec les producteurs agricoles qui seront alors en mesure d’adapter leurs

cultures à la stratégie de la bioraffinerie. Il va sans dire que le pôle IAR et les régions Picardie et Champagne-Ardenne qui le soutiennent prônent le développement de bioraffineries territoriales. Seule option susceptible de recréer de l’activité économique et de l’emploi sur des territoires, tout en introduisant la notion de métabolisme industriel où la science et la technologie entrent en interaction avec le monde agricole et les demandes de la société. Pour réussir cette transition vers la bioécoFormuleVerte - N°12 - Décembre 2012

9


12 FV 8-10 ARTREP BIORAF BAT_Mise en page 1 03/12/12 17:14 Page10

Repères [RÉFLEXION]

nomie, de lourds investissements de R&D restent à prévoir, en particulier dans le développement des biomolécules qui visent à concurrencer certaines molécules issues de la pétrochimie. « Ils doivent être réalisés en recherchant un équilibre entre valeur économique et impact environnemental », souligne le rapport, citant déjà deux procédés vertueux. Le procédé de production de méthionine développé par Roquette et Metabolic Explorer transforme le glucose par fermentation en une seule étape au lieu de 5 étapes de synthèse pour la voie chimique traditionnelle. De même, DuPont est parvenu à produire de façon plus rentable du propanediol par fermentation du glucose. Néanmoins, laisser le développement des biotechnologies aux seules forces du marché ne suffira pas. Alfredo Aguilar, chef de l’unité biotechnologies à la direction générale de la recherche de la Commission européenne, est justement venu témoigner à Reims des programmes européens mis en place. Le 7e PCRD se termine l’année prochaine et déjà se prépare le 8e PCDR couvrant la période 2014-2020. Deux programmes autour de la bioéconomie et des biotechnologiques vont prendre en compte cette thématique des bioraffineries. M. Aguilar a également évoqué la probable création en 2014 du « PPP biobased for growth  ». Il s’agit de mettre en place des partenariats publics privés dans une stratégie européenne élaborée avec les pouvoirs publics. En contrepartie, on parle d’un financement à hauteur de

10

FormuleVerte - N°12 - Décembre 2012

© Tembec 

La bioraffinerie de Tembec à Tartas est basée sur l’exploitation du bois.

2 milliards d’euros d’ici à 2020 pour faire avancer la bioéconomie. Tous ces efforts ne sauraient aboutir sans des améliorations au niveau des plantes et la recherche de nouvelles terres. « En Europe, le discours de décroissance de la production agricole véhiculé depuis 25 ans a sans doute poussé à une réduction des budgets de recherches dans le domaine de l’amélioration de la plante. Mais aujourd’hui, ce discours change et ce nouveau paradigme devrait permettre à des organismes comme l’INRA de reprendre les recherches sur la plante en général et notamment sur les racines », souligne le rapport. Toutes les technologies disponibles, y compris les OGM, devront alors être examinées. Ce thème fondamental de la ressource sera à l’honneur lors des prochaines rencontres IAR prévues pour 2013, a dévoilé Dominique Dutartre, président du pôle IAR.

Compétition des usages Étant donné que les bioraffineries actuelles produisent à la fois des produits alimentaires et non alimentaires à partir de plantes vivrières, le débat sur la compétition de ces deux usages a forcément été abordé lors des entretiens de Chantilly et des éléments de réflexion ont pu être rapportés. Déjà, on peut dresser le constat que cette compétition a toujours existé. Avant la révolution industrielle, les exploitations agricoles consacraient en moyenne 30 % de leurs surfaces cultivées pour des applications non alimentaires : alimentation des animaux utilisés

pour le transport, colorants (garance), tissus (lin), cordages (chanvre)… D’autre part, il a été rappelé que si les carburants de 1e génération, tant décriés, n’avaient pas existé, il n’y aurait jamais eu de deuxième génération ! Olivier de Bohan, président de Cristal Union, n’a pas manqué de préciser que ces biocarburants de 1e génération ont eu des conséquences positives en termes d’investissements et de création d’activité économique sur notre territoire. Quant à Daniel Thomas, il a affirmé que le débat était dépassé avec l’avènement de la deuxième génération. Il a rappelé qu’une plante est une association de molécules de réserve (amidons, huiles, protéines…) et de polymères de structure (lignocellulose, lignine…). Les molécules de réserve, qui sont par définition faciles d’accès, ont trouvé en toute logique des applications, tant dans l’alimentation que pour des usages industriels. En revanche, les polymères de structures ont été sélectionnés au cours de l’évolution pour leur propriété de résistance. D’où la difficulté des travaux dits de deuxième génération qui visent à convertir ces polymères, tant en biocarburants, qu’en nouvelles molécules pour ne plus détourner les molécules de réserve de leur vocation alimentaire. En France, l’horizon est fixé autour de 20162018, pour la production de biocarburants de deuxième génération. Pour les produits chimiques biosourcés de seconde génération, l’histoire s’écrira probablement sur la prochaine décennie. ■ À REIMS, SYLVIE LATIEULE


12 FV 12-13 ART REPERES DGA BAT_Mise en page 1 03/12/12 17:20 Page1


12 FV 12-13 ART REPERES DGA BAT_Mise en page 1 03/12/12 17:20 Page12

© DGA

Repères [STRATÉGIE] Les équipes du département matériaux de la Défense effectuent une veille active afin d’aider au développement des technologies et matériaux issus du végétal pour leur utilisation au service de l’armée mais aussi du civil. Rencontre avec Pierre-François Louvigné, architecte Système combattant et innovation matériaux de la direction technique de la Direction Générale de l’Armement.

MATÉRIAUX BIOSOURCÉS

La DGA, proactive dans la substitution

© DGA-Vegeplast 

Comment est organisée la comme la discrétion infraDGA dans la recherche de rouge. Depuis 4 ans, nous nouveaux matériaux ? avons commencé à mettre Pierre-François Louvigné : en place plus précisément La DGA a trois missions  : des actions de soutien aux préparer le futur des matériaux biosourcés. systèmes de défense, équiAujourd’hui, l’axe qui nous per les forces armées et paraît le plus pertinent promouvoir les exportaconcerne les plastiques. tions. En 2011, la DGA a Nous allons regarder ce que consacré 724 millions d’eunous pouvons substituer par ros pour des travaux de des résines biosourcées ou recherche et technologie. biodégradables. Afin de préparer le futur, cinq leviers d’action sont Quels sont les types de déterminés  : définir avec Les colliers auto-serrants biodégradables de Vegeplast équipent depuis 2011 matériaux que vous les armées les systèmes les ensembles de parachutage du combattant (EPC). recherchez ? futurs, détecter les technoloP.-F. L. : Nous distinguons les gies émergentes, orienter l’effort d’investismatériaux fabriqués par l’homme de ceux d’efficacité énergétique et d’énergie renousement de recherche, identifier les issus de bioressources. Depuis 2007, l’utilivelable. capacités technologiques et industrielles sation de matériaux biosourcés est inscrite clés et développer les coopérations. Dans ce dans nos directives.  Il s’agit donc d’une Quelles ont été les actions mises en cadre, nous avons un département matémotivation très forte pour remplacer les place depuis 2007 ? riaux qui travaille sur tous les matériaux matériaux fabriqués par l’homme par des P.-F. L.  : Dans un premier temps, nous qui vont servir dans les domaines de la produits biosourcés. Nous n’allons pas cheravons mis la priorité sur la réduction de défense et un département plus spécifiquecher à avoir de nouvelles propriétés mais à l’impact environnemental des programmes ment concerné par les aspects environobtenir des matériaux avec les propriétés d’armement. Nous avons également nementaux. Nous avons développé de spécifiques à nos usages. Aujourd’hui, nous travaillé sur les peintures dans le cadre de fortes relations entre ces deux départesommes proactifs sur ce sujet. Nous n’allons Reach pour remplacer toutes les peintures ments. Depuis 2007, le ministère de la pas attendre que les choses se fassent pour avec solvant par des systèmes de peinDéfense publie son Plan d’action environsaisir les opportunités. Nous voulons soutetures plus respectueux de l’environnement. nement avec des objectifs généraux en nir ces technologies et les aider à se déveCela a été un travail important car nos matière d’émissions de gaz à effet de serre, lopper. Plusieurs mécanismes de peintures ont des propriétés fonctionnelles

12 FormuleVerte - N°12 - Décembre 2012


12 FV 12-13 ART REPERES DGA BAT_Mise en page 1 03/12/12 17:20 Page13

[STRATÉGIE] LES MÉCANISMES DE SOUTIEN DE LA RECHERCHE

financement existent dans ce sens, notamment les Rapid et Astrid (voir encadré). Les mécanismes d’aides concernent essentiellement les PME. Pourquoi cet intérêt pour ces sociétés ? P.-F. L. : Notre motivation c’est l’innovation. Elle se trouve en particulier dans les PME. Le potentiel qui existe dans les PME, nous ne

voulons surtout pas le négliger. C’est pourquoi nous voulons faire connaître les moyens de financement dont nous disposons. La résine de la société Vegeplast est un exemple de ces projets. Cette solution est validée et qualifiée par le ministère. Ils ont développé des colliers auto-serrants biodégradables pour les ensembles de parachutage du combattant (EPC). Ces produits

Repères

équipent les EPC depuis 2011 en remplacement des liens en polyamine. Cependant, les volumes de production s’avèrent encore trop faibles pour concurrencer les colliers en polyamine. Pour les projets que nous soutenons, les applications potentielles doivent autant que possible concerner aussi le domaine civil pour lequel les volumes sont plus importants. Le volume de production est un peu la clé du succès. Comment analysez-vous l’offre de matériaux biosourcés ? P.-F. L. : Aujourd’hui, l’offre n’est clairement pas mature. Il s’agit d’une offre émergente et non structurée, mais nous possédons toutes les compétences en France pour pouvoir la structurer. Les industriels avec qui nous travaillons savent ce qu’ils font. Quand nous avons un discours technique, ils savent nous répondre. Je suis assez confiant. Il y a vraiment un potentiel en France. Aujourd’hui, les résines font l’objet de plus de travaux. Le développement de cette filière paraît évident. Nous sommes présents pour soutenir cette innovation. ■ PROPOS RECUEILLIS PAR AURÉLIE DUREUIL

13


©M atte o

Repères [ENTRETIEN]

L’Or éal R &

I

12 FV 14 ART REP OReal BAT_Mise en page 1 03/12/12 17:25 Page14

BIODIVERSITÉ

© Alain Buu L'Oréal R&I

L’Oréal anticipe la réglementation Le 11e Sommet mondial de la biodiversité s’est tenu à Hyberabad en Inde du 8 au 19 octobre. Rachel Barré, du département Recherche environnementale et développement durable de la division Recherche et innovation de L’Oréal, était présente. Elle nous détaille les implications pour l’innovation et le sourcing des matières premières renouvelables.

Quelle est l’implication de L’Oréal au Sommet mondial de la biodiversité ? Rachel Barré : Cette conférence biannuelle est l’organe directeur de la Convention des Nations Unies pour la Biodiversité. Sa mission : faire progresser la mise en œuvre des objectifs internationaux pour la conservation de la biodiversité par des prises de décision politiques entre pays signataires. De grands protocoles y ont été adoptés. En 2010, ce fut le protocole de Nagoya au Japon. Il vise à améliorer l’accès aux ressources génétiques et à permettre un partage plus équitable des avantages tirés de l’utilisation de ces ressources par les utilisateurs. Ce cadre aura nécessairement un impact sur les conditions d’accès à certaines matières premières d’origine végétale et donc sur la manière d’innover à partir de la biodiversité. C’est pourquoi, nous avons participé à une table ronde sur ce thème, organisée en marge du Sommet. Nous avons apporté notre témoignage d’entreprise privée sur les enjeux d’innovation liés à l’application de ce protocole. Quels sont les impacts de l’application du protocole de Nagoya sur le sourcing chez L’Oréal ? R. B.  : Le protocole de Nagoya établit de grandes règles. D’abord, chacun des pays signataires devient « propriétaire » de ses ressources génétiques et des connaissances traditionnelles associées. De ce fait, les pays doivent mettre en place des mécanismes d’accès à leurs ressources et définir des modèles de partage justes et équitables des avantages liés à leur valorisation. Le premier point implique que chaque utilisa-

14 FormuleVerte - N°12 - Décembre 2012

teur devra solliciter l’accès à la ressource auprès du pays. Cet accès sera délivré sur la base de contrats de partage mis en place pour des applications données. Le concept de partage des avantages vise à une répartition équitable de la valeur et dans l’idéal doit contribuer à préserver la biodiversité. Les négociations pour l’accès à certaines matières premières porteront donc sur des compensations financières ou non financières. Cette étape viendra compléter nos pratiques actuelles de sourcing durable. Pour continuer à innover à partir de la biodiversité, il faudra que ce type de règles n’en bloque pas l’accès mais à l’inverse promeuve un sourcing durable. Où en sont les pays dans la ratification du protocole de Nagoya ? R. B. : Le travail est plus ou moins avancé en fonction des pays. Depuis l’adoption de la Convention biodiversité en 1992, un certain nombre de pays ont mis en place des règles. Ces États sont parfois en train de les revoir pour les remettre à jour en fonction du protocole de 2010. Les autres ont plus de travail pour l’implémenter. Aujourd’hui, moins d’une dizaine de pays ont ratifié ce protocole mais tous se préparent pour une ratification d’ici à 2015. L’Europe et ses membres n’ont pas encore ratifié ce texte, mais un projet de règlement a été proposé en octobre. Aujourd’hui, quelle est la politique du groupe en termes d’approvisionnement en matières d’origine végétale ? R. B. : Dès 2005, pour l’approvisionnement en matières premières renouvelables, L’Oréal a pris des engagements anticipant

les grandes lignes du protocole de Nagoya. Ces engagements visent, bien sûr, à respecter les réglementations des pays qui en ont adoptées, mais plus largement à mettre en place des filières d’approvisionnement respectueuses d’un juste retour dans l’ensemble des pays. En parallèle, L’Oréal s’est engagé à accroître l’utilisation de ressources renouvelables, en appliquant par exemple les principes de la chimie verte ou encore en développant les biotechnologies. Pour toutes les matières d’origine v��gétale, nous nous assurons que les ingrédients soient totalement durables et responsables. Pour cela, nous utilisons une approche «  cycle de vie  » que nous complétons avec des analyses biodiversité sur les aspects à la fois écologiques et sociétaux. Les études portent sur toute la chaîne d’approvisionnement. Quelle est la part de matières d’origine végétale dans le sourcing de L’Oréal ? R. B. : Depuis 2005, le groupe s’est engagé à augmenter la part des matières premières d’origine végétale dans son portefeuille. En 2011, 55 % des nouvelles matières premières utilisées par le groupe étaient d’origine végétale. Plus spécifiquement pour les polymères, 70 % des nouvelles références étaient d’origine végétale en 2011. Certains polysaccharides viennent, par exemple, en substitution de certains polymères traditionnels. Pour le packaging, nous étudions également la possibilité d’utiliser des bioplastiques mais aucune substitution n’a encore eu lieu. ■ PROPOS RECUEILLIS PAR AURÉLIE DUREUIL


12 FV 15 ARTREP SOUFFLET BAT_Mise en page 1 03/12/12 17:31 Page15

[REPORTAGE]

Repères

FERMENTATION EN MILIEU SOLIDE

De nouveaux équipements de R&D pour Soufflet Le groupe agroindustriel a inauguré 3 400 m2 d’installations dédiées à la R&D. Elles vont permettre de soutenir l’innovation dans le domaine de la fermentation en milieu solide et de mettre au point des produits dans différents secteurs d’applications.

D

recherche et d’innovation Soufflet (CRIS), il s’étend sur 1 400 m2 et quatre étages, chacun étant dédié à une activité précise. Le premier étage est destiné à la FMS et abrite 7 types de fermenteurs d’une taille de 10 kg. Le deuxième niveau du bâtiment héberge les activités autour de la fermentation liquide, et est chargé de tester les biocatalyseurs produits par FMS en application. Pour cela, il est équipé de huit fermenteurs d’une capacité de 1,5 à 13 l. Le troisième étage abrite le laboratoire physico-chimique, qui a pour mission d’analyser les échantillons et l’activité (enzymatique, physique, chimique, etc.) des souches sélectionnées, et également de mener des tests applicatifs. Enfin, le dernier niveau est affecté au criblage des souches. Comprenant une souchothèque, un laboratoire de microfluidique et un autre de mutagénèse, cet étage est notamment chargé de cribler des microorganismes en milieu solide à l’aide de technologies avancées comme la microfluidique et la microcompartimentation. © Soufflet

evenir un acteur incontournable de l’innovation. C’est dans cette optique que le groupe agro-industriel Soufflet a inauguré des équipements de recherche flambant neufs sur son site de Nogent-sur-Seine (Aube). Ayant coûté 112 millions d’euros, ils se composent d’un laboratoire de recherche et d’une halle technologique, qui emploieront environ 70 chercheurs. « Ces deux outils constituent un ensemble unique au monde pour la recherche dans le domaine de la fermentation en milieu solide », avance Jean-Michel Soufflet, président du directoire du groupe Soufflet. La fermentation en milieu solide permet de produire des complexes enzymatiques riches à travers la culture de microorganismes. «  La FMS utilise des microorganismes capables de produire beaucoup plus de types d’enzymes, permettant de mieux fermenter la biomasse via une meilleure hydrolyse des substrats difficiles  », explique Jérôme Souppe, directeur de la recherche en biotechnologie chez Soufflet. Avant d’ajouter : « Le défi de Soufflet est de maîtriser cette technologie prometteuse ». L’objectif de Soufflet étant de développer des matières premières fermentées adaptées aux applications cibles, selon le principe des 3S correspondant aux différents axes de recherche : les souches, les substrats et les systèmes (procédés). La halle technologique de recherche (HTR) de 2 000 m2 comprend une salle de sporulation et une salle de fermentation. Cette dernière abrite un outil de mélange et de prétraitement des matières premières, deux fermenteurs pilotes d’une capacité de 300 kg et de 1,2 tonne ainsi qu’une ligne de conditionnement. Quant au centre de

Les équipements de R&D inaugurés vont aider Soufflet à maîtriser la technologie de fermentation en milieu solide.

Ces installations vont permettre de soutenir les nombreux projets de R&D auxquels le groupe participe. Parmi eux, le programme Osiris qui cherche à mettre au point des produits innovants dans quatre différents secteurs d’applications : la protection des plantes, l’alimentation animale, la santé et les biocarburants. Dans le domaine de la protection des plantes, l’objectif de Soufflet est de développer des protections naturelles phytosanitaires, en accord avec le plan Ecophyto 2018. Soufflet se focalise notamment sur la lutte contre la fusariose, une maladie fongique affectant les cultures céréalières. En alimentation animale, le groupe travaille à la valorisation des coproduits céréaliers et à l’amélioration de l’assimilation des rations par les animaux. Dans le domaine de la santé, le programme Osiris cherche à créer des ingrédients ayant des propriétés bénéfiques pour la nutrition. Enfin, le projet vise à accroître le rendement de production de bioéthanol, en limitant l’utilisation de céréales, notamment grâce à l’utilisation de biocatalyseurs. Outre le programme Osiris, le groupe agro-industriel participe à quatre programmes de recherche biotechnologiques régionaux. Ils visent entre autres à développer des solutions dans le domaine de biofertilisation des sols (projet Optisol), la production de bioémulsifiants (programme Catalip), l’amélioration du rendement de production lactique (Novopoly) ou encore l’élaboration de produits céréaliers contenant des probiotiques (Panitaste). Avec tous ces programmes de recherche, nul doute que les équipes de R&D du groupe utiliseront bien les nouvelles installations fraîchement inaugurées… ■ À NOGENT-SUR-SEINE, DINHILL ON FormuleVerte - N°12 - Décembre 2012

15


12 FV 16-19 REPER Actu BAT_Mise en page 1 03/12/12 17:34 Page16

Repères [ACTUALITÉS] PROPANEDIOL Le groupe de Clermont-Ferrand a annoncé un important retard de son programme malaisien et de sérieuses coupes dans ses effectifs.

Metabolic Explorer en difficulté a situation et les projets du groupe français rencontrent des difficultés. Metabolic Explorer a dû annoncer un report de son projet d’unité de production en Malaisie ainsi qu’un projet de réorganisation. Ce dernier porterait sur la réduction de plus de 35 % de ses effectifs, lesquels seraient réduits à terme à 75 employés contre environ 120 actuellement. Metabolic Explorer évoque la nécessité de « faire face à la nouvelle donne économique et à des conditions de marché qui ont évolué depuis le début de l’année ». En parallèle, Metabolic Explorer a annoncé que son partenaire Bio-XCell, promoteur du futur parc biotechnologique éponyme à Nusajaya, en Malaisie, a décidé de « modifier l’approche technique retenue pour le conditionnement du terrain, nécessaire à la reprise de la construction de l’usine ». Ce pro-

an de 1,3-propanediol (PDO) qui devait initialement être mise en service fin 2012 et pour laquelle des extensions de capacités jusqu’à 50 000 t/an à l’horizon 2017 étaient entrevues. Si le projet accuse du

retard, il ne serait toutefois pas du tout remis en question, affirme Metabolic Explorer. D’autant que le groupe a engagé des discussions avec d’autres partenaires dans la région pour d’autres projets locaux de production de PDO obtenu à partir de glycérine issue d’huiles végétales et non dérivé de matières pétrochimiques. En attendant la fin des problématiques liées au conditionnement du terrain, le contrat avec Bio-XCell vient d’être renégocié, et une « étape de redéfinition de certaines conditions contractuelles » est également envisagée fin février 2013. Déjà, Bio-XCell a restitué au groupe clermontois la garantie bancaire de 5,5 M€ qu’il avait versée. D’ici sept mois, Metabolic Explorer devrait verser une nouvelle garantie « qui ne mobiliserait pas sa trésorerie disponible », précise-t-il. ■JULIEN COTTINEAU

lène glycol quand elle aura atteint sa pleine capacité. Elle utilisera comme matières premières de la canne à sucre et des déchets de canne à sucre. Les détails financiers de ce projet n’ont pas été communiqués. Il permettra à CocaCola d’avancer son objectif d’utiliser la technologie PlantBottle pour toutes ses bouteilles en plastique à l’horizon 2020. Cette technologie a été introduite sur le marché en 2009. Depuis, elle est utilisée dans plus de 24 pays dans le monde pour une variété de

produits de Coca-Cola. Cette nouvelle unité permettra aussi à JBF d’étendre ses positions géographiques. Spécialiste de produits à base de polyester, il dispose actuellement de capacités de production de polyéthylène téréphtalate (PET) en Inde, à Singapour et aux Émirats Arabes Unis. Il prévoit également de construire une unité de PET en Belgique. En dehors du PET, JBF s’est lancé, cet été, dans la mise en œuvre d’un complexe d’acide téréphtalique purifié (PTA) à Mangalore, en Inde. ■ A.F.

© Metabolic Explorer

L

blème du conditionnement du terrain est évoqué depuis les premiers retards annoncés dès mars dernier. Aux dernières nouvelles, les étapes prévues devraient entraîner un retard d’un maximum de sept mois pour relancer la construction de cette usine de 8 000 tonnes par

Metabolic Explorer doit réduire son effectif de 35 %.

ÉTHYLÈNE GLYCOL

e groupe indien JBF Industries se tourne vers la chimie verte. Dans le cadre d’un partenariat avec CocaCola, il s’apprête à mettre en place « la plus grande unité d’éthylène glycol biosourcé au monde ». Ce produit est un ingrédient clé dans la fabrication de bouteilles PlantBottle de Coca-Cola à base de polyéthylène téréphtalate biosourcé. L’unité sera implantée à Araraquara, dans l’État de São Paulo, au Brésil. Les travaux de construction devraient démarrer à la fin de

L

16 FormuleVerte - N°12 - Décembre 2012

© Coca-Cola

JBF construit une usine au Brésil

Coca-Cola souhaite utiliser sa technologie PlantBottle pour toutes ses bouteilles.

l’année et durer 24 mois. L’usine sera capable de produire 500 000 t/an d’éthy-


12 FV 16-19 REPER Actu BAT_Mise en page 1 03/12/12 17:34 Page17

[ACTUALITÉS]

Repères

PROPYLÈNE

Global Bioenergies met au point une voie métabolique métaboliques », ajoute le groupe. Plusieurs demandes de brevets ont d’ores et déjà été déposées. Global Bioenergies dispose des droits d’exploitation exclusifs. Par la suite, l’ingénierie d’enzymes plus actives et leur intégration dans des microorganismes seront au programme. Cela aboutira à la mise au point d’un prototype du procédé, qui sera ensuite industrialisé. Pour cela, le groupe sollicitera de l’aide extérieure. « Nous prévoyons de collaborer avec de grands industriels pour développer le procédé propylène à partir de nos actifs métaboliques actuels », confirme en effet Marc Delcourt, p-dg de la société. ■ A.F.

© Global Bioenergies

nitialement spécialisé dans l’isobutène vert, Global Bioenergies cible également d’autres oléfines. En témoigne cette avancée dans le domaine du propylène. Le groupe français vient de valider expérimentalement une voie métabolique permettant de convertir biologiquement des ressources renouvelables en propylène. Un projet ambitieux car le propylène est la deuxième molécule la plus importante de la pétrochimie et représente un marché de 93 milliards de dollars (72 M€). Il est principalement utilisé pour fabriquer du polypropylène, un plastique destiné à l’industrie de l’emballage et de l’automobile. Mais la mise au

I

Global Bioenergies ouvre une voie métabolique vers le propylène.

point d’un procédé de fabrication de polypropylène biosourcé n’est pas aisée car « aucune voie métabolique menant au propylène n’est connue chez les microorga-

nismes », explique la société Global Bioenergies, basée au Genopole d’Évry. « Créer un procédé de bioproduction directe de propylène requerrait donc le design d’une voie artificielle reposant sur des activités enzymatiques inédites et de nouveaux intermédiaires

DÉRIVÉS DE CELLULOSE

Evonik opte pour la voie fermentaire

Une coentreprise entre Ensyn et Fibria

’ ici à 2014, le groupe alle-

D

© DR

mand Evonik envisage d’investir 350 millions d’euros pour développer son activité Biolys qui vise à produire de la L-lysine par fermentation à partir de ressources renouvelables, comme le maïs ou le blé. La L-lysine étant un acide aminé principalement utilisé en alimentation animale. Le programme d’investissement

Le maïs peut servir de matière première à la production de lysine.

comprend la construction d’unités de L-lysine au Brésil et en Russie capables de produire près de 200 000 t de produit chacune.  Il inclut également une augmentation de capacité réalisée sur le site de Blair aux États-Unis et qui affiche désormais 280 000 t/an de production. Chez Evonik, la recherche sur les acides aminés est abritée à Halle-Künsebeck dans le Land Rhénanie-du-Nord/Westphalie. Depuis 30 ans, les experts de ce centre développent des acides aminés pour l’alimentation animale, ainsi que pour la production de polymères, d’ingrédients actifs pour la cosmétique… Ils sont aussi à l’origine des acides aminés ThreAMINO (L-thréonine) et TrypAMINO (L-tryptophane). ■ S.L.

a société canadienne Ensyn, spécialisée dans les combustibles et produits chimiques renouvelables, a noué un partenariat avec le producteur brésilien de pâte à papier Fibria. L’alliance inclut la création d’une coentreprise dédiée à la production de combustibles liquides et de produits chimiques issus de la cellulose. Fibria investira 15 millions d’euros dans ce projet, ce qui lui permettra de prendre 6 % supplémentaires de parts dans le capital d’Ensyn qui comptait déjà le groupe brésilien dans ses actionnaires. Pour atteindre cet objectif, Fibria mettra à profit son expérience dans la production de fibres, son stock de ressources ainsi que sa forte présence au Brésil.

L

© Ensyn

L-LYSINE

La coentreprise utilisera comme matière première la cellulose du bois.

De son côté, le groupe canadien apportera son savoir-faire technique, notamment le procédé Rapid thermal processing (RTP) qui permet de transformer le bois et la biomasse non alimentaire en combustibles et produits chimiques liquides renouvelables. ■ A.F FormuleVerte - N°12 - Décembre 2012

17


12 FV 16-19 REPER Actu BAT_Mise en page 1 03/12/12 17:34 Page18

Repères [ACTUALITÉS] ACIDE SUCCINIQUE

ACIDE ACÉTIQUE

ASF et Purac, filiale du Néerlandais CSM, annoncent la création de leur coentreprise dans l’acide succinique vert. Nommée Succinity et basée à Düsseldorf, en Allemagne, elle opèrera une unité de production sur un site appartenant à Purac situé à Montmélo, près de Barcelone (Espagne). Les partenaires sont actuellement en train de convertir une unité de fermentation existante dans cette usine, afin qu’elle soit capable de produire de l’acide succi-

© BASF

© BASF

B

Le procédé utilise la bactérie Basfia succini producens.

nique. Celle-ci devrait être opérationnelle fin 2013 et possèdera une capacité annuelle de 10 000 tonnes d’acide succinique. Par la suite, une deuxième unité d’une capacité de 50 000 t/an pourrait voir le jour. « La décision finale d’investissement pour cette unité interviendra suivant le succès de l’introduction sur le marché », précisent cependant les deux groupes. Ce projet de coentreprise, qui avait déjà été évoqué en août 2011, résulte d’un accord de recherche entre les groupes, initié en 2009 dans le domaine de l’acide succinique. BASF et Purac ont depuis développé un procédé de production basé sur les microorganismes. Il utilise plus particulièrement la bactérie Basfia succini producens, qui est capable de transformer une variété de matières premières renouvelables en acide succinique. ■ A.F.

CHARBON ACTIF

Biogenic innove dans le charbon d’origine végétale a société américaine Biogenic Reagents vient d’achever la construction d’une unité industrielle qui produira du charbon actif à partir de matière première renouvelable. Cette unité qui représente un investissement de 30 millions de dollars a été installée à Marquette dans le Michigan et va permettre la création de plus de 40 emplois directs et 100 emplois indirects, notamment dans le secteur forestier local et dans

L

18 FormuleVerte - N°12 - Décembre 2012

le transport. Elle traitera 300 000 t/an de biomasse. Ce charbon actif trouvera comme principale application le contrôle des émissions de mercure dans les centrales électriques au charbon, en remplacement de grades d’origine fossile plus largement utilisés. Hormis cette application dans les centrales électriques, Biogenic cherche désormais à déloger les charbons d’origine fossile dans toutes leurs applications. ■ S.L.

Une alliance entre Petronas et LanzaTech e géant malais Petronas amorce un projet dans la chimie verte. Il va combiner son expérience dans l’industrie pétrolière à celle de LanzaTech, une société néo-zélandaise spécialisée dans les procédés de production de biocarburants. Dans le cadre d’un accord conjoint de développement, les partenaires plancheront sur la conception et la commercialisation de technologies permettant de concevoir des produits chimiques durables à partir de dioxyde de carbone (CO2) et de gaz naturel. LanzaTech a déjà mis au point un procédé de fermentation qui

L

convertit le monoxyde de carbone des gaz rejetés par les industriels en biocarburants et en produits chimiques. Les deux groupes vont maintenant étendre ce procédé au CO2 contenu dans différentes sources de gaz afin de produire de l’acide acétique. Ce composé chimique possède des applications sur les marchés des polymères et des matières plastiques. Les partenaires ne sont pas inconnus puisque Petronas Technology Venture, une filiale du groupe malais, avait déjà investi dans le capital de LanzaTech début 2012 dans le cadre d’un tour de table. ■ A.F.

AMINES

Clariant et Wilmar s’associent réer un groupe leader sur le marché des amines et de ses dérivés : c’est ce que visent le Suisse Clariant et le groupe agricole singapourien Wilmar. Dans ce cadre, les deux sociétés vont former une coentreprise 50-50 spécialisée dans la production et la vente d’amines et de dérivés. Celle-ci devrait être opérationnelle au printemps 2013. Elle disposera alors d’un siège social à Singapour et de filiales mondiales de ventes, de production et de distribution. Le chimiste suisse mettra ainsi à disposition les activités de vente dédiées aux amines et dérivés de sa business unit Industrial & Consumer Specialties (ICS). Le groupe suisse intégrera également ses deux unités allemande et brésilienne de production d’amines à cette coentreprise.

C

© DR

BASF et CSM créent leur coentreprise

L’huile de palme envisagée comme matière première.

De même, la société commune reprendra une unité chinoise de Wilmar. Le groupe singapourien apportera son expertise dans le secteur oléochimique, notamment l’accès aux matières premières, puisque Wilmar est l’un des plus importants producteurs d’huile de palme en Asie. ■ A.F.


12 FV 16-19 REPER Actu BAT_Mise en page 1 03/12/12 17:35 Page19

[ACTUALITÉS]

Repères

HUILES RENOUVELABLES

Deux projets de croissance pour Solazyme a société américaine Solazyme intensifie sa production d’huiles renouvelables aux Amériques. Elle vient de signer un accord de fabrication et de développement avec son compatriote Archer Daniels Midland (ADM). Ce dernier mettra à disposition son unité de fermentation située à Clinton, dans l’Iowa (États-Unis). Solazyme y produira des huiles dérivées de microalgues. Le réaménagement de l’unité a déjà démarré et la production devrait débuter début 2014. Les capacités

L

initiales s’élèveront à 20 000 t par an. À terme, l’unité devrait produire 100 000 t/an d’huiles dérivées de microalgues. Ces produits seront principalement distribués sur les marchés industriel et agroalimentaire en Amérique du Nord. « Cet accord avec Solazyme nous permet de redéployer de façon rentable des équipements de production à l’échelle mondiale qui était auparavant utilisés pour la production de PHA (polyhydroxyalkanoates, ndlr) et qui étaient inactifs depuis

janvier 2012 », explique Mark Bemis, vice-président et président de l’activité Maïs d’ADM, évoquant l’arrêt de Telles, une co-entreprise avec Metabolix. En parallèle, Solazyme a renforcé sa coentreprise avec le Mexicain Bunge, démarrée en avril 2012. Dans ce cadre, les partenaires construisent actuellement une unité de production d’huiles renouvelables à Moema, au Brésil. Celleci est adjacente à une usine de canne à sucre opérée par Bunge. Prévue pour être mise en service au quatrième

trimestre 2013, l’unité produira 100 000 t/an. Et Solazyme et Bunge ne vont pas en rester là puisqu’ils vont étendre les capacités de leur coentreprise à 300 000 t/an à l’horizon 2016. Les volumes additionnels seront produits au sein d’une usine brésilienne de Bunge, dont la localisation n’a pas encore été dévoilée. Les deux groupes ont également prévu d’enrichir le portefeuille d’huiles produites dans le cadre de leur société conjointe ainsi que leurs champs d’application. ■ A.F.

Nexira rachète Tournay Biotechnologies ■ Le groupe Nexira rachète Tour-

2,3-BUTANEDIOL, UN ALCOOL À HAUT POTENTIEL

© Wilkipedia

nay Biotechnologies, expert européen de l’extraction de principes actifs végétaux destinés aux marchés de la nutraceutique et des compléments alimentaires. Société familiale créée en 1992, Tournay Biotechnologies produit des extraits naturels de haute qualité tels que : cranberry, café vert, thé vert. L’unité industrielle située près de Bordeaux est certifiée ISO 22000. Elle est reconnue pour son savoir-faire en matière d’extraction et de purification, son expertise et ses capacités d’innovation technologique.

Formule du 2,3-butanediol.

Arkema et CJ avancent dans la bio-méthionine ■ Arkema et son partenaire sud-

S.L.

coréen CJ (Cheil Jedang) ont posé la première pierre de leur complexe de bio-méthionine à Kerteh, sur la côte est de la Malaisie. Ce projet de 450 M$ (environ 350 M€) est financé à parts égales. Il comprend une plateforme de thiochimie et une unité de Lméthionine bio-sourcée. FormuleVerte - N°12 - Décembre 2012

19


12 FV 20-21 REPER Actu BAT_Mise en page 1 03/12/12 17:39 Page20

Repères [ACTUALITÉS] POLYBUTYLÈNE SUCCINATE

Mitsubishi et BioAmber en partenariat avec Faurecia vec la nécessité de réduire le poids des véhicules et les contraintes d’utiliser de plus en plus de matériaux recyclables, le marché de l’automobile cherche des solutions plus vertes. Sixième équipementier automobile mondial, le Français Faurecia vient ainsi de se rapprocher des groupes Mitsubishi Chemical et BioAmber pour le développement et la fabrication en grande série de plastiques 100 % biosourcés pour les systèmes d’intérieur automobile. L’accord signé avec Mitsubishi Chemical porte sur le développement d’un biopolymère utilisable pour la production de bandeaux de porte, d’inserts structurels de planche de bord et de console, de conduits d’air structurels, ou encore de médaillons de panneaux de portes. Plus précisément, les partenaires vont s’attacher à modifier le polybutylène succinate (PBS) biosourcé développé par Mitsubishi. Le géant japonais a mis au point un procédé pour la production de PBS

tier automobile à industrialiser un plastique 100 % biosourcé », se félicite Nicolas Pechnyk, vice-président Ingénierie de Faurecia Systèmes d’intérieur. L’équipementier produit déjà des gammes utilisant des plastiques partiellement biosourcés, qui utilisent des résines pétrochimiques avec des fibres naturelles. Faurecia produit ainsi « plus de 10 000 t/an de pièces à base de fibres naturelles », indique un porteparole. Il cite des planches de bord pour Smart, composées de 50 % de polypropylène et de 50 % de fibres de lin, de porteurs de panneaux de portes en fibres de bois pour plusieurs modèles de Mercedes Benz, ou de médaillons de porte en fibres de bois pour des modèles des constructeurs Citroën et Ford. Faurecia a aussi démarré l’industrialisation de pièces basées sur un plastique composite en polypropylène et fibres végétales qui équiperont un véhicule de grande série mi-2013. ■ JULIEN COTTINEAU

© Faurecia

A

utilisant comme matière première de l’acide succinique biosourcé. Spécialiste du domaine, BioAmber fournira l’acide succinique vert requis pour ce projet à travers le partenariat conclu avec Mitsubishi il y a un peu plus d’un an dans le but de devenir le fournisseur exclusif d’acide succinique biosourcé pour une future unité de PBS en Thaïlande. Cette usine, prévue pour entrer en service en 2015 disposera de capacités de 20 000 t/an de PBS, et sera opérée par la coentreprise PTT MCC Biochem Company déte-

Faurecia veut introduire des produits biosourcés à l’intérieur des véhicules.

nue à parts égales entre Mitsubishi Chemical et le Thaïlandais PTT. Faurecia, qui disposera des droits exclusifs d’exploitation de ce PBS dans les applications automobiles, et ses deux partenaires estiment que les pièces 100 % bioplastique issues de leur projet pourraient être mises sur le marché dès 2015. « Cet accord stratégique avec Mitsubishi Chemical permettra à Faurecia de se positionner comme le premier équipemen-

MARCHÉ

uropean Bioplastics annonce que les capacités de production mondiales des bioplastiques vont quintupler en cinq ans, passant de près de 1,2 million de tonnes en 2011 à environ 6 millions de tonnes d’ici à 2016. Ces chiffres résultent de la mise à jour d’une enquête annuelle entre European Bioplastics et l’Institut des bioplastiques et biocomposites de Hanovre. La plus forte croissance émanera de

E

20 FormuleVerte - N°12 - Décembre 2012

loin de biopolymères non biodégradables. En particulier, de solutions dites « drop-in » qui proposent des versions biosourcées de matières plastiques existantes comme le PE ou le PET. À l’horizon 2016, le PET devrait atteindre 80 % de la capacité totale de production de bioplastiques, à raison de 4,6 millions de tonnes. De leur côté, les plastiques biodégradables afficheront également une croissance

conséquente, de l’ordre de 70 % d’ici à 2016. Les principaux contributeurs de cette croissance seront le PLA et le PHA, pour atteindre respectivement des capacités de 298 000 t (+60 %) et 142 000 t (+700 %) en 2016. L’Europe et l’Amérique du Nord resteront des zones de R&D et de consommation. En revanche, c’est en Amérique du Sud et en Asie que seront implantées les unités de production. ■ S.L.

© Novamont

La production de bioplastiques va quintupler en cinq ans

Application des biopolymères de Novamont dans l’emballage cosmétique.


12 FV 20-21 REPER Actu BAT_Mise en page 1 03/12/12 17:39 Page21

[ACTUALITÉS] PLASTIQUES TECHNIQUES

POLYOLS

Emery construit une unité aux États-Unis ■ Emery, joint-venture 50/50

e groupe néerlandais DSM a posé la première pierre d’un centre de recherche dédié aux nouveaux matériaux sur le campus de Chemelot à Sittard-Geleen, aux Pays-Bas. Prévu pour ouvrir ses portes en 2014, ce centre permettra l’embauche d’environ 420 salariés. Il profitera de la présence sur le campus de Chemelot d’autres entreprises, de start-up et d’instituts de recherche et de formation pour travailler en « open innovation ». DSM investit massivement dans les polymères pour tenter de développer de nouveaux produits à l’image de deux polymères innovants : EcoPaXX (polyamide biosourcé) et Arnitel Eco (copolyester thermoplastique partiellement biosourcé). Ce

© DSM

DSM construit un centre de R&D aux Pays-Bas

L

Repères

Theo Bovens (gouverneur de Limburg), Atzo Nicolaï (DSM Pays-Bas), Nico Gerardu (DSM) et Roelof Westerbeek (president DSM Engineering Plastics).

centre sera le plus important site de R&D de la division DSM Engineering Plastics dans le monde. Ce projet fait partie d’un investissement global

entre le Thaïlandais PTT Chemical et Sime Darby Plantation, spécialiste malaisien de l’huile de palme, va augmenter la capacité de son site américain de Cincinnati (Ohio). Selon la presse américaine, Emery Oleochemicals pourrait investir 50 M$ (38,6 M€) sur son site de Winton Hills pour construire une unité de polyols biosourcés, à destination des marchés de l’automobile, des biens d’équipements et des appareils électriques. L’unité devrait être mise en service au quatrième trimestre 2014 avec la création de 30 postes, sur un site comprenant déjà 250 salariés. Spécialisé dans les produits à base d’huiles végétales et de graisses animales, Emery se renforce progressivement à l’international.

d’environ 100 millions d’euros qui comprend la construction de trois centres de R&D à Sittard-Geleen et à Delft (PaysBas). L’an dernier, DSM avait aussi ouvert un centre de R&D spécialisé dans les sciences des matériaux et les applications automobiles à Shanghai, en Chine. ■ S.L.

BIOPLASTIQUES

BIOPOLYMÈRES

a société de chimie verte Carbios, chef de file du projet collaboratif Thanaplast (voir p.31), a reçu une aide de 549 K€ du Conseil régional d’Auvergne via le Fonds d’investissement Auvergne durable (FIAD). Ce soutien va contribuer à accroître le potentiel innovant de Carbios en renforçant la structuration de sa R&D, notamment par le recrutement de nouveaux effectifs hautement qualifiés et la sécurisation de son innovation. À l’occasion de sa visite dans les locaux de la société à Limagne, René Souchon, président du Conseil régional d’Auvergne, a déclaré : « Carbios entre parfaitement dans notre stratégie de soutien aux PME

L

innovantes et nous sommes d’autant plus heureux d’aider cette jeune entreprise innovante dont le projet s’inscrit dans une démarche respectueuse de l’environnement en matière de performance industrielle. Ce soutien démontre également l’implication forte de la région pour des projets favorisant le dynamisme économique local ». JeanClaude Lumaret, directeur général a ajouté : « nous sommes fiers de participer à la compétitivité de la région Auvergne. Ce soutien de la région va contribuer à l’accélération de nos projets innovants et créateurs de valeur mais aussi renforcer notre ancrage en Auvergne.» ■ S.L.

L

faire l’acquisition de 100 % de la société Biotec, basée dans le nord de l’Allemagne. Sphere qui détenait 50 % de Biotec vient d’acheter les parts restantes auprès de son partenaire, le Britannique Biome Technologies, pour un montant de 5,2 millions de livres (6,4 M€). Le groupe Biome, spécialiste des bioplastiques, a commenté cette opération en déclarant que cette cession était une étape importante pour la société. Sa division bioplastiques pourra désormais se consacrer exclusivement au développement et à la commercialisation de produits propriétaires nécessitant différentes technologies de production. Biotec est avant

© Sphere

Carbios reçoit 549 K€ du Conseil Sphere muscle sa production régional d’Auvergne e Français Sphere vient de

Sphere est connu pour ses sacs poubelles en PE biosourcé de Braskem.

tout un outil de production dédié aux bioplastiques. Il serait parmi les plus importants au monde, selon Biome. ■ S.L. FormuleVerte - N°12 - Décembre 2012

21


12 FV 22 REPER Actu BAT_Mise en page 1 03/12/12 18:54 Page22

Repères [ACTUALITÉS] ADHÉSIFS

a filiale de Total spécialisée dans les technologies d’adhésifs et de mastics de haute performance va investir 10 millions d’euros à Compiègne, dans l’Oise. Le projet de Bostik est plus précisément de construire un centre d’excellence de R&D sur le parc d’activité du Bois de Plaisance de Venette. Ce futur centre sera le troisième pilier de Bostik en matière de R&D dans le monde, aux côtés des centres d’excellence implantés à Milwaukee, aux États-Unis, et à Shanghai, en Chine. Ce projet poursuit aussi deux autres objectifs. Il s’agira d’abord de « conserver le potentiel humain du centre de R&D actuellement implanté sur le site de Bostik à Ribécourt »,

L

voisin d’une quinzaine de kilomètres. Concrètement les effectifs de R&D de Ribécourt seront intégralement transférés à Compiègne. Actuellement, ces effectifs se portent à une centaine de personnes, une vingtaine de chercheurs ayant rejoint l’équipe en seulement un an. Bostik prévoyant un total de 150 chercheurs dans son futur centre d’excellence, le projet préfigure ainsi des créations de postes d’ici à 2014. Deuxièmement, le choix de Compiègne permettrait de « bénéficier de synergies » avec des acteurs locaux de recherche et d’enseignement dans les domaines de la chimie verte et des agroressources, notamment avec

© Bostik

Un centre de R&D de Bostik à Compiègne

Bostik est un spécialiste des colles thermofusibles.

le pôle de compétitivité Industries et Agro-Ressources (IAR), l’Institut d’excellence Pivert, et des écoles d’ingénieurs dont l’Escom. La société a fait de l’innovation une de ses priorités de développement. Ces cinq

NUTRITION

DSM en discussions exclusives avec Cargill es deux groupes sont entrés en discussions exclusives concernant la vente par Cargill de ses filiales Cultures et Enzymes à Royal DSM. Inclues dans l’activité de fabrication d’agents de texture, ces filiales « ont permis de développer et consolider tout un portefeuille de nouveaux produits autour de trois piliers : la culture d’éléments permettant de donner de la texture, une solution d’acidification rapide destinée à améliorer la production de fromages et des systèmes de saveur », selon le groupe américain. Ces activités affichent des ventes annuelles d’environ 45 millions d’euros. Les sites de production du Wisconsin (États-Unis) et de La Ferté-sousJouarre (Seine-et-Marne) qui

22 FormuleVerte - N°12 - Décembre 2012

© DR

L

DSM Food veut renforcer son portefeuille de produits pour l’agroalimentaire.

emploient 200 personnes sont concernés par cette cession. Le site français notamment produit une quarantaine de souches microbiennes lyophilisées, réparties en trois grandes catégories : les moisissures, les levures et les bactéries. Cette opération permettrait au groupe américain de

« recentrer son activité autour d’agents de texture et de se concentrer sur les gammes de produits voisins de ses activités principales, ainsi que dans les secteurs où il lui est possible d’occuper une position de leader ». De son côté, DSM se félicite de l’opportunité de combiner ces activités avec DSM Food Specialties, afin de créer « un acteur mondial solide ». ■ A.D.

prochaines années, Bostik a prévu de doubler ses dépenses de R&D et souhaite que d’ici 2013, ses innovations datant de moins de 3 ans puissent représenter 10 % de son chiffre d’affaires, contre 8,3 % en 2010. L’an dernier, les ventes globales s’étaient portées à 1,43 Mrd €. ■ J.C.

Production européenne de fluides diélectriques ■ Cargill prévoit de construire des installations de fluides esters ou de renforcer un site existant en Europe de l’Ouest d’ici mi-2013. Par la suite, Cargill a l’intention de développer ses fluides esters dans le monde entier. Ce projet fait suite à l’acquisition de la marque de fluides diélectriques Envirotemp auprès de son compatriote Cooper Power Systems, comprenant des grades renouvelables.

DuPont renforce sa R&D en Inde ■ Selon le site Internet The Hindu Business Line, DuPont pourrait agrandir son centre de R&D de Hyderabad, ouvert quatre ans plus tôt, pour 50 M$. Il deviendrait le plus grand centre de DuPont (hors États-Unis).


12 FV 22 REPER Actu BAT_Mise en page 1 03/12/12 18:54 Page23


12 FV 24-26 REPER Actu BAT_Mise en page 1 03/12/12 17:59 Page24

Repères [ACTUALITÉS] BIOCARBURANTS CELLULOSIQUES

Beta Renewables et Novozymes s’associent eta Renewables, coentreprise entre le chimiste italien Mossi & Ghisolfi et l’Américain TPG Biotech créée l’an dernier, s’est associée au spécialiste danois des enzymes Novozymes. Les partenaires vont combiner deux technologies respectives : les enzymes Cellic de Novozymes (lignée permettant de convertir de la biomasse en éthanol) et le procédé de conversion des sucres fermentables Proesa, développé par Beta Renewables. Cette offre sera proposée à des clients souhaitant produire des biocarburants issus de résidus agricoles, de plantes et d’autres matières cellulosiques. Elle devrait « contribuer à diminuer le risque financier et

© Novozymes

B

technologique d’un projet de biocarburant », explique Guido Ghisolfi, p-dg de Beta Renewables. « Cela rendra les projets de biocarburants profitables et accélèrera la commercialisation à grande échelle de cette

La paille pourrait être la matière première des carburants du futur.

industrie », ajoute-t-il. Dans le cadre de cet accord, le groupe Novozymes déboursera environ 90 millions d’euros pour

VALORISATION DE LA BAGASSE

deniq, une entreprise américaine spécialisée dans les biomatériaux et les biocarburants, a commencé l’ingénierie et la construction d’un démonstrateur qui convertira de la bagasse, coproduit fibreux du traitement de la canne à sucre, en sucres cellulosiques sur le site du producteur brésilien de sucre et d’éthanol Usina Vale, dans l’État de São Paulo.  Ces sucres cellulosiques seront ensuite convertis en éthanol cellulosique sur le site. L’usine, financée à parité par les deux partenaires, traitera jusqu’à 20 tonnes par jour de bagasse. Edeniq et Usina Vale ont collaboré à l’étude de faisabilité qui a permis d’évaluer la possibilité d’intégration des technologies d’Edeniq dans l’usine

E

24 FormuleVerte - N°12 - Décembre 2012

© DR

Production d’éthanol en démonstration au Brésil

Le traitement de la bagasse peut conduire à la production de sucres.

Usina Vale. La technologie brevetée d’Edeniq a la particularité de traiter efficacement la biomasse pour libérer les sucres cellulosiques qui peuvent être convertis en éthanol ou en d’autres produits. Edeniq exploite déjà une installation pilote de ce type

entièrement intégrée de deux tonnes par jour à Visalia, en Californie, en partenariat avec Technologies Logos. Elle transforme de la matière première cellulosique en sucres, puis en éthanol cellulosique. La clé du processus est baptisée Cellunator, une technologie de pré-traitement mécanique de la biomasse, à laquelle sont associés des catalyseurs biotechnologiques. L’usine brésilienne utilisera également un réacteur de conception exclusive pour la conversion enzymatique en continu de la biomasse en sucre. ■ S.L.

prendre 10 % de parts dans le capital de Beta Renewables, détenue majoritairement par M&G. L’opération devrait être bouclée à la fin du mois. Novozymes deviendra alors le principal fournisseur d’enzymes de Beta Renewables, ce qui lui donnera accès à de nouvelles opportunités de croissance. Le groupe danois estime en effet que Beta Renewables devrait obtenir 15 à 25 contrats pour la construction d’unités de production de biocarburants cellulosiques au cours des trois à cinq prochaines années. Ce qui représenterait un potentiel annuel de ventes pour Novozymes de plus d’un milliard de couronnes danoises (134 M€). ■ A.F.

Enerkem entre dans le Global Cleantech 100 ■ La société canadienne Enerkem, spécialisée dans les biocarburants et produits chimiques verts, annonce qu’elle a été nommée à l’édition 2012 du palmarès Global Cleantech 100, dressé par la société Cleantech Group. Cette liste met en lumière le potentiel de sociétés privées du secteur des technologies propres partout dans le monde. Surtout, elle se concentre sur les sociétés qui sont les plus susceptibles d’influencer le marché au cours des cinq à dix prochaines années. Outre la société Enerkem, les spécialistes des biocarburants et biomolécules mis à l’honneur pour cette édition 2012 sont : Avantium, BioAmber, EdeniQ, Genomatica, Joule, LanzaTech, LS9, OPx Biotechnologies, Renmatix, ZeaChem.


12 FV 24-26 REPER Actu BAT_Mise en page 1 03/12/12 17:59 Page25

[ACTUALITÉS] ÉTHANOL CELLULOSIQUE

Repères

BIOCARBURANTS

a société américaine ZeaChem vient d’achever la construction d’une bioraffinerie de démonstration, produisant 250 000 gallons par an (750 tonnes par an) d’éthanol cellulosique à Boardman dans l’Oregon. Et il estime que sa technologie hybride (biochimique-thermochimique) apporte un net avantage en termes de coût de production. Le projet a respecté les budgets et le démarrage de la production est programmé pour la fin de l’année. Par la suite, Zeachem compte proposer de façon intégrée de l’acide acétique et de l’acétate d’éthyle, qui sont deux intermédiaires de son procédé de production d’éthanol, et qui pourraient

L

trouver de larges applications notamment pour le marché du revêtement. Côté biomasse, Zeachem explique qu’il a pu travailler sur des sources locales, de type bois ou paille de blé, grâce à une aide de 25 millions de dollars du DOE américain (U.S. Department of Energy) dans le cadre du programme bioraffineries intégrées. ZeaChem vient par ailleurs de finaliser un troisième tour de table de 25 M$. Parmi ses nouveaux investisseurs, il cite le Japonais Itochu ou la banque d’investissement australienne Macquarie. Pour les séduire, ZeaChem a joué la carte de la flexibilité de la matière première et de la diversité de son portefeuille ■ S.L.

près un accord initial conclu début septembre et limité à l’Amérique du Nord, Aemetis a signé un accord élargi de licence avec Chevron Lummus Global, coentreprise 50/50 entre Chevron Products Company et Lummus Technology, et avec Applied Research Associates (ARA), une société d’ingénierie, pour l’utilisation du procédé Biofuels Isoconversion dans les bioraffineries d’Aemetis et celles de potentielles coentreprises dans le monde. Ce procédé de Chevron Lummus Global englobe une technologie d’hydrothermolyse catalytique développée par ARA pour la production de substituts de kérosène et de diesel dérivés de plantes et d’algues. L’accord de licence prévoit une extension de la bioraffinerie qu’Aemetis détient à Kakinada, sur la côte orientale de l’Inde. Ce site indien d’une capacité de

A

DIESEL

Neste Oil convertit des résidus industriels et agricoles e groupe finlandais Neste Oil vient d’inaugurer un premier pilote de production d’huiles obtenues par transformation microbienne de déchets et de résidus, à Porvoo, en Finlande, représentant un investissement de 8 M€. ÒÒCes résidus constituent une nouvelle matière première pour la production du diesel renouvelable NExBTL de Neste Oil. « Accroître l’utilisation des déchets et résidus de la production de diesel renouvelable NExBTL est un de nos objectifs principaux », explique Lars Peter Lindfors, vice-président Technologie de Neste Oil. « L’usine permettra de tester comment différents résidus de

© Neste Oil

L

© AemetisIndia

ZeaChem termine sa bioraffinerie Aemetis signe avec Chevron de démonstration Lummus Global

Aemetis produit déjà du biodiesel en Inde.

190 millions de litres par an opère aujourd’hui trois unités distinctes pour la production de biodiesel, de glycérine et d’huiles comestibles à partir d’huiles naturelles non comestibles. L’usine indienne recense 45 salariés d’Aemetis, soit un peu moins de la moitié de la centaine que compte le groupe dans le monde. Une seconde bioraffinerie est implantée à Keyes, en Californie (États-Unis, 208 Ml/an) pour la production de bioéthanol. ■ J.C.

RÉDUCTION DU TAUX D’INCORPORATION DES BIOCARBURANTS

Neste Oil produit de l’huile par fermentation microbienne.

l’industrie agricole et forestière peuvent être convertis en huiles à l’aide de microbes. » Ce pilote est le fruit d’une collaboration avec l’Aalto University School of Chemical Technology depuis 2007. ■ S.L.

A.F.

FormuleVerte - N°12 - Décembre 2012

25


12 FV 24-26 REPER Actu BAT_Mise en page 1 03/12/12 17:59 Page26

Repères [ACTUALITÉS] BIOKÉROSÈNE

Sinopec et Airbus unis pour une filière chinoise

L

© Airbus

e géant pétrolier et pétrochimique chinois a sélectionné le constructeur aéronautique européen pour le développement d’une filière de biokérosène intégralement chinoise dédiée à l’aviation commerciale chinoise. Sinopec a déjà mis au point un carburant d’origine renouvelable, le “1# bio-jetfuel” produit à partir de biomasse, qui a obtenu la certification du gouvernement chinois. Le groupe finalise actuellement la construction à Hangzhou, non loin de Shanghai (Chine), d’une raffinerie pour la production à grande échelle de biokérosène issu de biomasse et d’huiles usagées.

Le biokérosène est une alternative pour abaisser l’empreinte carbone de l’industrie aéronautique.

L’association de Sinopec et d’Airbus vise à mettre en place une « chaîne de valeur pour les carburants alternatifs durables en Chine, en vue d’accélérer

RÉCOMPENSE

leur commercialisation, et d’utiliser 100 % des ressources nationales et des capacités de raffinage », rapporte l’avionneur qui œuvre déjà en ce sens en Amérique latine, en Europe, au Moyen-Orient et en Australie. ■ J.C

ENI convertit une raffinerie en bioraffinerie ■ Le géant énergétique italien va investir 100 M€ à Venise, en Italie, pour convertir une raffinerie en bioraffinerie. ENI estime qu’il s’agit du premier projet au monde de ce type. Pendant ce temps, la raffinerie continuera de produire des carburants traditionnels. Dès le 1er janvier 2014, ENI entend démarrer ses productions de biocarburants et construire de nouvelles infrastructures pour une pleine production entrevue au premier semestre 2015. Le groupe italien utilisera son procédé Ecofining, développé avec UOP pour ces productions de « Green diesel ».

ÉTHANOL CELLULOSIQUE

Fermentalg lauréat d’Aquitaine BP abandonne son projet en Floride Océan 2012 ermentalg, spécialiste des microalgues, vient de recevoir le prix Aquitaine Océan 2012 assorti d’une dotation en fonds propres de 1 million d’euros. Le prix a été remis à Pierre Calleja, fondateur et pdg de Fermentalg, par Alain Rousset, président du Conseil régional d’Aquitaine, à l’occasion des 8es Assises de l’économie maritime et du littoral, © Fermentalg

F

La production de biocarburants entre dans le champ d’application de microalgues.

26 FormuleVerte - N°12 - Décembre 2012

organisées à Biarritz. Le prix Aquitaine Océan récompense des projets innovants dans l’exploitation des ressources marines, le transport maritime, la construction navale, le nautisme, les activités portuaires, la sécurité en mer ou les éco-industries marines…  Cette année, Fermentalg a été retenu parmi une cinquantaine. À l’origine de ce prix, deux partenaires dont l’IRDI qui est un acteur français du capital investissement régional, avec plus de 100 M€ sous gestion. Le second financeur est le fonds Atalaya géré par ACE Management et dédié à la filière maritime. Ce dernier a surtout retenu le potentiel de Fermentalg dans les biocarburants, même s’il s’inscrit dans un horizon plus lointain que la production de bioproduits. ■ S.L.

P renonce à son projet d’usine d’éthanol cellulosique à Highlands County, en Floride. Annoncé dès 2008, ce projet semblait pourtant solide en 2009 lorsque BP s’était associé à Verenium dans le cadre d’une coentreprise. Puis en 2010, BP avait même racheté les actifs de la société dans les biocarburants cellulosiques. L’objectif était alors de construire une unité d’une capacité de 136 millions de litres par an, via un investissement estimé entre 250 et 300 millions de dollars. Programmée initialement pour entrer en service en 2012, l’usine devait même pouvoir ajouter des capacités, et la coentreprise projetait de construire une seconde unité dans le Golfe du Mexique. Ces projets n’aboutiront finalement pas. Aux États-Unis, BP

B

se concentrera sur son complexe de R&D de San Diego (Californie) et sur son unité de Jennings, en Louisiane, pour continuer de développer des technologies liées à l’éthanol cellulosique et d’attribuer des licences. En termes de production, le groupe se focalisera sur son usine au Royaume-Uni, à Hull, dont la construction vient de s’achever et qui devrait entrer en service d’ici la fin de l’année. Le projet est mené en coentreprise avec DuPont. BP poursuivra aussi ses développements industriels au Brésil. Il y a un peu plus d’un an, le groupe avait mis la main sur Companhia Nacional de Açúcar e Alcool (CNAA), un producteur brésilien de sucre et d’éthanol détenant trois unités d’éthanol obtenu à partir de canne à sucre. ■ J.C.


12 FV 24-26 REPER Actu BAT_Mise en page 1 03/12/12 17:59 Page27


12 FV 28 R&D Poitier BAT_Mise en page 1 03/12/12 18:08 Page28

& Recherche Développement [PRIX] PARTENARIAT PUBLIC/PRIVÉ

La chimie verte à l’honneur à Poitiers Cette année, la Division de chimie industrielle de la Société chimique de France a choisi la ville de Poitiers pour remettre son prix de la chimie durable. Deux projets touchant à la chimie du végétal ont été primés. investir dans un premier pilote dans son e prix 2012 de la Division de centre de recherche de Lacq (64), pour chimie industrielle de la construire ensuite un pilote industriel de Société chimique de France 400 t/an, actuellement en fonctionnement (DCI-SCF) a été remis le jeudi 8 à Mont (64). Cette nouvelle installation a été novembre à Poitiers par Jacques Kervennal, développée en vue d’utiliser de l’éthanol président de la DCI-SCF, en présence de d’origine agricole comme matière Ségolène Royal, présidente de la première au lieu d’un éthylène région Poitou-Charentes. Ce prix a fossile. Patrice Gaillard, qui dirige ce récompensé deux projets menés programme chez Arkema, explique dans le domaine de la chimie duraque la stratégie d’Arkema vise à ble. Le premier concerne la mise au construire des petites unités de NTC point par la société Colas, spécialiste au plus près des transformateurs de de la construction routière, des matières plastiques, et que l’on biofluxants Vegelux. Christine Deneuapprovisionnera en éthanol, déshyvillers, directrice technique de la draté en éthylène dans une société Colas, a expliqué que ces première étape. Une stratégie produits sont des solvants qui ont alternative aurait consisté à pour vocation d’abaisser la viscoconstruire une unité indussité des bitumes. Ils offrent une trielle de très grande taille à alternative non volatile aux proximité d’un vapocrasolvants lourds précédemqueur pour s’alimenter au ment utilisés. Cette technotuyau en éthylène. Avec le logie permet en outre risque de ne jamais avoir d’abaisser sensiblement les une bonne adéquation températures d’application entre la production et la des bitumes. Ce biofluxant a demande. par ailleurs la particularité ARKEMA EST d’être biosourcé, puisqu’il est RÉCOMPENSÉ POUR SES Ségolène Royal a félicité les NANOTUBES DE lauréats, considérant que leurs obtenu à base d’huile végétale CARBONE OBTENUS À modifiée. Ces travaux résultent PARTIR DE BIOÉTHANOL. projets sont des « symboles de la révolution écologique dans l’ind’une collaboration entre la dustrie chimique ». «  La région Poitousociété Colas et la plateforme de recherche Charentes a fait le choix de la croissance privée Valagro, installée à Poitiers et spéciaverte depuis plusieurs années avec des aides lisée dans le remplacement de carbone à l’inventivité et à la créativité. Cette innovafossile par du carbone renouvelable. tion sera le ressort de la croissance de Un second prix a été décerné à Philippe demain », a-t-elle ajouté. Serp, du laboratoire LCC de l’Ensiacet à Joël Barrault, directeur de recherche au Toulouse. Depuis 12 ans, ce laboratoire laboratoire de catalyse en chimie orgamène une collaboration avec la société nique LACCO, a confirmé que l’histoire de Arkema afin de développer des nanotubes la chimie durable à Poitiers remonte à de carbone (NTC) à l’échelle industrielle. 1966, avec la création de son laboratoire par Grâce à ces travaux, la société Arkema a pu ©A

rkem a

L

28

FormuleVerte - N°12 - Décembre 2012

Raymond Maurel. Tandis que les premières compétences en agroressources ont été amenées en 1978 par Jacques Barbier, devenu directeur du LACCO entre 1990 et 2000. Puis, il a contribué à la création de la plateforme Valagro en 1998, du pôle des éco-industries en 2005. Et en cette fin d’année 2012, du tout nouvel « Institut de la chimie verte en Poitou-Charentes  ». Cet établissement est destiné à promouvoir les compétences des centres de recherche régionaux pour répondre aux industriels de la chimie en région dans leur démarche de chimie durable. « Notre région mérite d’être connue et reconnue dans ce domaine de la chimie verte car nous y travaillons depuis 35 ans. Nous n’avons pas créé un centre exnihilo, sans disposer de compétences », a justifié Jacques Barbier.

Des collaborations fructueuses Les deux projets primés à Poitiers témoignent en outre de l’importance d’instaurer des partenariats de recherche publics-privés pour conduire au succès. Invité à la tribune, Pierre Gohar, directeur de l’innovation et des relations avec les entreprises au CNRS, a confirmé que le département de chimie au sein du CNRS était un très gros producteur de résultats de recherche et de brevets. Il a ajouté que l’objectif de son institution était de faciliter le transfert vers des entreprises, en particulier vers les PME qui sont encore trop peu adossées au monde académique. Des domaines prioritaires ont même été identifiés pour faciliter ces transferts dont les matériaux biosourcés et biodégradables, les nanomatériaux et le stockage de l’énergie. En Poitou-Charentes, les besoins de l’industrie chimique devraient être importants. Frédéric Fournet, directeur de l’usine Solvay de la Rochelle et président de l’UIC locale, dénombre 113 établissements en région, employant 3300 personnes. Dans leur grande majorité, ce sont des TPE/PME très innovantes, mais les mesures d’accompagnement ne manqueront pas de stimuler encore davantage leur développement. ■ À POITIERS, SYLVIE LATIEULE


12 FV 29 R&D JSI ECOAT BAT_Mise en page 1 03/12/12 18:10 Page29

Recherche

[JEUNE SOCIÉTÉ INNOVANTE] Développement & RÉSINES

Ecoat rend les peintures plus durables La start-up grassoise Ecoat commercialise des résines pour peintures et revêtements à faible impact environnemental. Très impliquée en R&D, elle souhaite à terme révolutionner l’industrie des peintures et des revêtements.

avec des partenaires académiques. «  Les différents partenaires nous apportent des compétences de R&D dans différents domaines  : l’Université de Nice pour les matériaux, l’Université Lyon I pour les synthons végétaux, et l’école d’ingénieur Itech pour l’analyse de peintures végétales », détaille Olivier Choulet. Avant de continuer : « Il ne s’agit en aucun cas d’un consortium fermé. Des sociétés voulant se joindre à nous peuvent intéendre accessible la grer ce consortium ». En termes chimie verte au de R&D proprement dite, la plus grand nombre start-up grassoise cherche d’industriels. Tel est notamment à élaborer des le souhait de la jeune société résines utilisant des acides gras innovante Ecoat. Basée à Grasse beaucoup moins insaturés qui (Alpes-Maritimes), cette startn’ont pas d’usage alimentaire. up commercialise des additifs Ecoat a pour ambition de deveet des résines à base de matières nir un acteur de la chimie du premières renouvelables pour végétal en étant une force d’inle secteur des peintures et des novation pour ses clients. «  Le revêtements. L’histoire de sa fait que nous soyons issus de la fondation commence quelques chimie traditionnelle des polyannées auparavant au sein du L’ÉQUIPE D’ECOAT DÉVELOPPE ET COMMERCIALISE DES RÉSINES POUR mères nous permet de proposer groupe chimique Dow/Rohm & PEINTURES À BASE DE MATIÈRES RENOUVELABLES. un point de vue différent en R&D Haas. À cette époque, Olivier clients. La gamme Secoia devrait être complépar rapport aux sociétés du secteur de la Choulet et Pierre Chevallier, alors respectitée très prochainement par cinq ou six chimie verte  », soutient Olivier Choulet. vement directeur commercial et responsaautres produits en fonction des applications Preuve de son caractère innovant, Ecoat ble des ventes au sein de la division de peinture  », indique le président de la vient juste d’être désigné lauréat de la troiMatériaux pour peintures et revêtements start-up. Avant d’ajouter : « Les produits de sième édition du prix ChemStart’Up pour pour la zone Europe/Moyen-Orient/Afrique la gamme Secoia sont fabriqués à partir ses polymères biosourcés. chez Dow, ont eu l’idée de fonder une d’oléagineux comme le soja ou le tournesol Bien que la création de la société soit toute entreprise spécialisée dans l’innovation et de tall oil ». En ce qui concerne les caparécente, son activité n’a pas cessé de se durable. « Nous nous sommes lancés dans cités de production, la jeune société affirme développer, comme en témoigne Pierre cette aventure en nous appuyant sur notre pouvoir d’ores et déjà répondre au marché Chevallier, directeur commercial : « Nous longue expérience au sein d’un grand groupe français de la peinture issue du végétal. « À comptons aujourd’hui une équipe de huit dans le domaine de la chimie des polymères », terme, nous souhaitons subvenir au marché ingénieurs-chercheurs pour un chiffre d’afraconte Olivier Choulet, actuel président de européen et international à l’aide de partefaires d’environ 550 000 € en 2011, et au vu la jeune entreprise innovante. La société nariats », avance Olivier Choulet. de la tendance du début d’année, nous Ecoat vit ainsi le jour en 2011, hébergée au prévoyons 1 à 1,5 million d’euros de ventes sein de l’incubateur pépinière Innova La R&D comme moteur en 2012  ». Et la tendance devrait encore Grasse et financée par l’incubateur Paca-Est. s’accentuer dans les années à venir, puisque Elle commercialise deux séries de produits : Outre les produits pour peintures, Ecoat a la start-up prévoit prochainement une des produits “ecofriendly“ de la marque développé grâce à sa capacité d’innovalevée de fonds, ce qui permettra d’investir Inokem qui comprend notamment des tion un procédé breveté de réticulation au niveau de la R&D et de l’industrialisation résines alkydes à base d’eau, et des produits chimique, permettant d’augmenter les de la production. Des investissements qui biosourcés de la marque Secoia. « En juin performances des peintures sans l’usage de l’aideront à atteindre son objectif d’internadernier, nous avons lancé au sein de cette catalyseurs contenant des métaux lourds. tionalisation. ■ gamme une résine pour peintures biosourPour être performant en R&D, Ecoat a dévecées à 97 %, qui a eu un très bon accueil des loppé un important consortium de R&D DINHILL ON © Ecoat

R

FormuleVerte - N°12 - Décembre 2012

29


12 FV 30 R&D Chitine BAT_Mise en page 1 03/12/12 18:12 Page30

& Recherche Développement [MÉTHODE] BIOMASSE MARINE

©

.hu sxc

Un procédé novateur d’extraction de la chitine une enzyme capable d’être active en milieu acide. « Nous avons trouvé par criblage une protéase industrielle, la pepsine, capable d’hydrolyser en présence d’acide phosphorique à un pH inférieur à 4 », précise JeanPascal Bergé. Avant d’ajouter : « Nous avons également découvert d’autres types d’enzymes capables de travailler à un pH compris entre 2,5 et 4. Nous  travaillons actuellement à optimiser (qualitativement et quanplus écologique et permet d’obtenir une titativement) le procédé d’extraction chitine xtraire la chitine des crustacés chitine de qualité qui, à l’avenir, pourrait cherchant la meilleure combinaison de manière plus écologique s’avérer compétitive », explique Jean-Pascal enzyme/acide ». Le procédé mis au point fait pour des applications dans Bergé. l’objet d’un brevet national en copropriété l’industrie de la cosmétique avec le CNRS et l’université de Nantes, ou de la nutrition… C’est ce qui pourrait Une enzyme pour optimiser étendu récemment à l’international. découler des travaux d’une équipe du labol’extraction En termes de perspectives, l’équipe du laboratoire Science et technologie de la ratoire STBM étudie actuellement un biomasse marine (STBM) de l’Institut franHabituellement, l’extraction de la chitine moyen de transposer leur procédé à l’échelle çais de recherche pour l’exploitation de la s’effectue en deux principales étapes : une du pilote. «  À partir du 1er janvier 2013, mer (Ifremer). En effet, les chercheurs de phase de déprotéinisation par hydrolyse cette équipe ont mis au point une méthode basique et une autre de déminéralisation nous allons démarrer une étude en phase d’extraction de la chitine issue de coproduits par hydrolyse acide, avec entre elles pilote avec l’aide d’un industriel, qui cherche de crevettes (têtes et carapaces) par hydroplusieurs opérations de lavage. Ce procédé à valoriser ses coproduits pour des applicalyse enzymatique en milieu acide. «  Au d’extraction peut, selon le besoin, être tions en agroalimentaire et en cosmétique », départ, nous avons travaillé sur un moyen complété par une étape de décoloration. Les confie Jean-Pascal Bergé, sans dévoiler de récupérer la fraction protéique des têtes travaux réalisés par le laboratoire de Jeanl’identité de la société. En outre, le laborade crevettes pour les valoriser en alimentaPascal Bergé ont permis de réaliser les toire STBM recherche un partenariat industion animale », se souvient Jean-Pascal étapes de déminéralisation et de déprotriel pour essayer de mettre en place un Bergé, directeur du laboratoire STBM. Avant téinisation en une seule, en employant projet pour développer un procédé de de continuer : « Nous nous sommes production de chitine totalement rendu compte que sous certaines condi“vert“, ou un autre de covalorisation de tions, il y avait la possibilité de récupéla chitine et des protéines de crustacés. rer non seulement ces protéines mais En ce qui concerne la R&D, le laboraégalement des éléments constitutifs toire cherche un moyen d’intégrer la de la carapace, dont la chitine  ». La production de chitosan directement au chitine est un polysaccharide à partir procédé d’extraction. « À ce jour, nous duquel il est possible d’élaborer du n’avons pas trouvé d’enzyme capable chitosan via une désacétylation. Cette d’enlever le groupement acétyle de la molécule présente un intérêt pour chitine en milieu acide », indique Jeandes formulations dans divers secteurs Pascal Bergé. Une autre piste de industriels : en alimentation, en nutrarecherche concerne l’extraction des ceutique, en cosmétique, dans les pigments des carapaces de crustacés, biotechnologies, etc. « L’essentiel de la tels que l’astaxantine. «  Ce pigment production de chitine se passe en Asie, pourrait bien trouver des applications notamment en Chine et Inde, via un dans l’industrie agroalimentaire et LES CARAPACES DE CREVETTES RENFERMENT DE LA CHITINE, procédé très polluant. Le procédé d’ex- PERMETTANT DE PRODUIRE DU CHITOSAN NOTAMMENT POUR cosmétique », estime le directeur du traction que nous avons développé est DES APPLICATIONS COSMÉTIQUES. laboratoire. ■ DINHILL ON

Une équipe de l’Ifremer a découvert un procédé d’extraction de la chitine plus respectueux de l’environnement à partir de coproduits marins. Il pourrait permettre la production de chitine de qualité pour les secteurs de l’alimentation et de la cosmétique.

© Ifremer

E

30 FormuleVerte - N°12 - Décembre 2012


12 FV 31 R&D ACTU BAT_Mise en page 1 03/12/12 18:14 Page31

Recherche

[ACTUALITÉS] Développement & RECYCLAGE L’enjeu est de concevoir des plastiques compétitifs avec une durée de vie parfaitement contrôlée.

a jeune société Carbios vient d’annoncer le lancement du consortium Thanaplast dont elle sera le chef de file. L’enjeu est de « créer une véritable valeur industrielle à partir des matériaux plastiques en fin de vie, en développant des technologies innovantes capables de produire, transformer et recycler un très grand nombre de plastiques à partir de procédés brevetés utilisant des enzymes ». Doté d’un budget de 22 M€ sur 5 ans, ce projet sera financé à hauteur de 9,6 M€ par Oseo, dans le cadre du programme d’aide aux projets ISI (Innovation Stratégique Industrielle). C’est Carbios qui portera l’essentiel du budget à hauteur de 15 M€, mais il recevra un financement de 6,8 M€ par Oseo (sur les 9,6 M€). Les autres partenaires sont le groupe Barbier, Ulice (groupe Limagrain), Deinove, le CNRS,

L

© Deinove

Thanaplast veut réinventer l’industrie des plastiques

Les bactéries déinocoques pourraient contribuer à dégrader les bioplastiques.

l’Université de Poitiers et l’INRA. Dans la pratique, le consortium ambitionne de relever trois défis, à commencer par la création d’une nouvelle génération de plastiques biodégradables à la demande. « Certains plastiques biosourcés sont biodégradables, mais ont des coûts encore trop élevés et une durée de vie non adaptée à l’usage (trop courte ou trop longue), ce

qui freine leur exploitation à grande échelle. Thanaplast veut offrir une réponse à cette problématique industrielle de technicité des matériaux en inventant des plastiques compétitifs dont la durée de vie sera parfaitement contrôlée », explique la société Carbios. Le deuxième objectif est de créer un système de recyclage performant des plastiques ; Thanaplast ambitionne d’offrir aux industriels une technologie de recyclage efficace d’un très grand nombre de déchets plastiques permettant de retrouver les formes et propriétés d’origine, en évitant les tris sophistiqués en amont. Le troisième objectif vise à développer une nouvelle technologie compétitive de produc-

PROTÉINES VÉGÉTALES

mpliqué depuis 2011 dans le programme de recherche Proteov, dédié au développement de solutions protéiques à haute valeur nutritionnelle et fonctionnelle à partir de pois, le groupe Roquette annonce le lancement dans les prochaines semaines de nouvelles solutions pour les secteurs de la nutrition. Ces produits seront le fruit de travaux de recherche menés à Lestrem et qui ont permis aux équipes d’approfondir des compétences dans la carac-

I

© DR

Roquette s’engage dans Proteov

Le pois est une source de protéines végétales.

térisation des protéines sur les plans analytiques, sensoriels, nutritionnels et fonctionnels. « Le programme Proteov a pour

but d’offrir à nos clients une gamme de protéines végétales répondant à leurs attentes en termes de bénéfices fonctionnels et nutritionnels, d’alternatives aux protéines animales et solutions plus respectueuses de l’environnement »,  a expliqué Anne Cortier, directrice des programmes Nutrition et Santé. Selon Roquette, le marché des protéines végétales a connu une  croissance moyenne annuelle en volume de 5 % sur les 3 dernières années. ■ S.L.

tion de biopolymères. Les polymères d’origine biologique ou issus de ressources renouvelables étant aujourd’hui 2 à 4 fois plus chers que les plastiques issus de la pétrochimie. Ces 3 volets sont indépendants aussi bien en termes d’enjeux, de défis technologiques que de calendrier. À noter que dans le cadre de ce projet, Deinove, spécialiste des bactéries déinocoques, est entré au capital de Carbios à hauteur de 2,45 %. Jean-Claude Lumaret, directeur général de Carbios, a déclaré : « Nous allons introduire une véritable rupture technologique dans l’univers de la plasturgie. Demain, nous n’aurons plus besoin de nous soucier de la fin de vie de ces matériaux plastiques, ils se dégraderont par eux-mêmes au moment voulu ou serviront pour en créer de nouveaux aussi performants. » ■ SYLVIE LATIEULE

Le Royaume-Uni investit en biologie synthétique ■ Le gouvernement britannique va investir 6,5 millions de livres (8,1 M€) pour encourager le développement industriel d’applications dans le secteur de la biologie synthétique. Cette initiative fait partie du programme du Conseil stratégique et technologique pour les technologies et industries émergentes. Elle vise notamment à réaliser des études démontrant la faisabilité d'utiliser la biologie synthétique à l'échelle commerciale. FormuleVerte - N°12 - Décembre 2012

31


12 FV 32 DosAGRO BAT_Mise en page 1 03/12/12 18:24 Page32

Dossier AGROCOMPOSITES

Une structuration nécessaire de la filière en France

© LCDA

Avec 169 000 tonnes de lin et chanvre cultivées chaque année, la France possède des atouts dans le domaine des agrocomposites. Producteurs de fibres, transformateurs et industriels d’application, les acteurs de la filière se mobilisent pour développer une offre structurée.

«

Aujourd’hui, les matières naturelles représentent environ 1 % des volumes de fibres utilisées dans les composites », s’est réjoui Frédéric Reux, directeur des rédactions JEC Composites, lors d’une journée sur les agrocomposites organisée à Paris début octobre. Les projections sont également encourageantes. Ainsi, en 2020, ce taux devrait atteindre 22 %. « Tous les secteurs sont concernés », s’est félicité Frédéric Reux. La journée organisée conjointement entre le JEC Composites et la Confédération européenne du lin et du chanvre (CELC) a été l’occasion de citer plusieurs exemples d’utilisation

32 FormuleVerte - N°12 - Décembre 2012

d’agrocomposites, notamment dans l’industrie automobile. Selon Frédéric Reux, le développement des biocomposites fait partie des tendances qui devraient porter le marché des composites, ces prochaines années. Déjà, le marché des composites se porte bien. « Plus les pays sont développés, plus la consommation de composites par habitant est importante ». Alors que les industries du transport, de l’aérospatial et de la construction représentent 60 % des utilisateurs, « les projections à 2015 révèlent que la croissance en volume viendra de l’Asie », a indiqué Frédéric Reux. Une zone géographique qui représente actuellement 31 % des

AVEC LE LIN, LE CHANVRE EST PRÉSENTÉ EN REMPLACEMENT DES FIBRES DE VERRE ET DE CARBONE.


12 FV 32 DosAGRO BAT_Mise en page 1 03/12/12 18:24 Page33

[AGROCOMPOSITES] Dossier

La France produit 80 % des fibres européennes Aujourd’hui, pour l’industrie des agrocomposites, le lin et le chanvre tirent leur épingle du jeu. Et dans ce domaine, la France a des atouts à faire valoir. « L’Europe est le 2e bassin de production de fibres végétales dans le monde. Et la France produit 80 % des fibres européennes, soit 169 000 tonnes de lin et chanvre. Cela représente l’équivalent d’environ deux tiers de la production de fibre de verre », indique Pierre Bono, directeur général de Fibres recherche et développement (FRD). La société créée en 2007 compte onze actionnaires, producteurs de fibres et acteurs majeurs de la valorisation des agro-ressources, « qui investissent ensemble pour la valorisation de leurs matières végétales. Ils produisent 15 % de la totalité des fibres naturelles en France à partir de lin, lin oléagineux, chanvre, miscanthus et bois », souligne Pierre

DISPONIBILITÉ DE LA RESSOURCE : UNE QUESTION DÉPASSÉE ! Fibres recherche et développement (FRD) est à l’origine, avec l’Ademe, de la réalisation d’une Évaluation de la disponibilité et de l’accessibilité des fibres végétales à usages matériaux en France, publiée en 2011. « À l’époque, nous avons éprouvé le besoin de lever un certain nombre d’idées préconçues. La question de la disponibilité de la ressource étant une question récurrente quand nous avons créé FRD en 2007. Aujourd’hui, la question ne se pose plus en matière de volume disponible car la

Bono qui précise que le secteur des matériaux utilise essentiellement du lin et du chanvre. Pour ces végétaux, les surfaces cultivées en France sont respectivement de 75 000 et 8 000 hectares par an en moyenne au cours des 10 dernières années. Autour de cette production, les acteurs agricoles se sont mobilisés pour diversifier les débouchés et ainsi adresser le marché des composites. À l’exemple de la Chanvrière de l’Aube (LCDA). « Nous sommes une coopérative agricole spécialisée sur la production et la transformation du chanvre, créée en 1974. Notre première activité a été et demeure la fourniture de fibres pour le marché des papiers spéciaux. Notre souci permanent est de valoriser l’ensemble des constituants de la plante tout en développant notre production et en adaptant notre outil industriel aux besoins du marché », détaille Benoît Savourat, président de LCDA. La coopérative qui représente près de 330 producteurs et un tiers de la production européenne de chanvre s’est mobilisée pour diversifier ses débouchés. D’abord en proposant la partie « bois », appelée chènevotte, qui représente 50 % de la plante, pour le bâtiment (bétons de chanvre), les litières pour animaux et le paillage pour la production des sols. « C’est sur la fibre qui représente environ 30 % de la plante que nous avons fait les plus gros efforts de R&D. Il nous a fallu adapter notre production de fibres pour permettre des utilisations dans l’isolation et les composites », indique Benoît Savourat. LCDA a par ailleurs été à l’ori-

ressource est là. Elle porte maintenant sur la stabilité et la reproductibilité de la ressource disponible pour approvisionner au quotidien les industriels d’application ». Une tendance que confirme Benoît Savourat, président de LCDA. « L’augmentation des surfaces de production et les investissements industriels ne poseront pas de problème. Si nous avons une visibilité sur les marchés et les débouchés, nous saurons produire », s’engage-t-il.

« Créer un outil structurant d’envergure nationale permettant à chaque maillon de la chaîne de valeur de détailler ses propres besoins et attentes »(pôle IAR). d’eper

© FRD

ventes en valeurs (24 Mrds €) et 43 % des ventes en volumes (3,7 Mt). L’Amérique du Nord arrive en tête avec 36 % des ventes en valeur (27 Mrds €) devant l’Europe (26 Mrds €, 33 %). En volume, l’Europe est en retrait avec 2 Mt (22 %) derrière l’Asie et l’Amérique du Nord (3 Mt, 35 %). Frédéric Reux souligne que les acteurs européens ont « leur carte à jouer sur les produits à forte valeur ajoutée ». Les principales tendances qui devraient porter le marché des composites d’ici à 2015 sont le développement des thermoplastiques, les procédés d’injection, le développement de l’éolien, le taux de pénétration et le développement des agrocomposites. Ces développements reposent sur l’utilisation de fibres végétales. « Il existe 4 000 plantes à fibres sur la planète », indique Christophe Baley, enseignantchercheur au Laboratoire d’ingénierie des matériaux de Bretagne (Limatb). Pourtant, toutes ne sont pas utilisables dans les agrocomposites. Le chercheur rappelle ainsi que le lin possède des fibres très régulièrement dispersées, ce qui présente un intérêt pour l’industrie des composites, contrairement au coton par exemple.

>

UNE QUALITÉ CONSTANTE DES FIBRES EST REQUISE DANS LES APPLICATIONS D’AGROCOMPOSITES. FormuleVerte - N°12 - Décembre 2012

33


12 FV 32 DosAGRO BAT_Mise en page 1 03/12/12 18:24 Page34

© FRD

Dossier [AGROCOMPOSITES]

gine de la création de FRD, afin « de mutualiser les moyens pour disposer d’une cellule de R&D pérenne et pertinente », et Agro-fibres technologie Plasturgie (AFT Plasturgie), qui développe et produit des compounds renforcés par des fibres naturelles. Ce développement sur une partie de la chaîne de valeur s’inscrit dans la volonté de se structurer pour l’industrie des composites.

Les acteurs de la chaîne de valeur unis dans un projet Ces sociétés sont d’ailleurs impliquées dans le projet Sinfoni. Ce projet structurant des pôles de compétitivité (dans le cadre des Investissements d’avenir) est labellisé par les pôles Industrie et agro-ressources (IAR), Fibres, Up-Tex et Techtera. Présenté le 22 novembre dernier, il regroupe des acteurs de l’amont avec la Chanvrière de l’Aube (chanvre) et la Calira (lin fibre), des acteurs de la première transformation qui mettent en forme la fibre tels qu’AFT Plasturgie, Ecotechnilin et Eyraud, des industriels d’application avec Lafarge, Soprema, Faurecia et Bombardier et des centres techniques. « Ce projet a pour objectif de structurer une filière d’excellence

34 FormuleVerte - N°12 - Décembre 2012

d’approvisionnement en fibres techniques végétales de lin et de chanvre. À l’image d’une symphonie, il s’agit de mettre en musique différents acteurs complémentaires de la chaîne de valeur », témoigne Pierre Bono, dg de FRD et porteur du projet. « Il était urgent de créer un outil structurant d’envergure nationale permettant à chaque maillon de la chaîne de valeur de détailler ses propres besoins et attentes. C’est essentiel pour l’émergence et la pérennisation de cette filière », ajoute Guillaume Jolly, responsable agromatériaux et formation du pôle IAR. Quand les producteurs de fibres demandent une contractualisation des commandes pour pouvoir anticiper sur leur production et proposer des coûts stables des matières, les industriels utilisateurs détaillent leurs attentes en termes de qualité de la ressource par exemple, et les transformateurs se positionnent sur l’adaptation des préformes de fibres au cahier des charges d’application. La production de fibres doit être anticipée par campagne de production. « Dès juin 2012, nous avons donné les engagements aux producteurs pour une matière qui sera produite en 2013 et mise sur le marché en janvier 2014 »,

LES FIBRES SONT TISSÉES EN FONCTION DES APPLICATIONS FINALES.

© Lineo

>

indique le président de LCDA. Si la question de l’approvisionnement ne se pose plus en termes de quantité (voir encadré), les questions en termes de qualité font l’objet de nombreuses réflexions. Les industriels utilisateurs ne peuvent pas se permettre de produire des pièces avec des qualités aléatoires en fonction de la fibre utilisée. « Le problème de la variabilité du lin existe depuis que la fibre est utilisée par l’homme. Pour les composites, comme pour le textile, il faut un produit homogène. Les industriels de la filière du lin ont résolu le problème depuis longtemps par des mélanges de cultures et de récoltes », indique François Vanfleteren, dirigeant de Lineo. Il s’agit de stocker les récoltes et d’ensuite transformer ensemble des lots qui viennent de producteurs différents et d’années différentes, pour ainsi obtenir une homogénéité des préformes (des semiproduits comprenant la matrice de fibres associée à une résine et prêts à être mis en forme par l’industriel d’application), d’année en année. Côté prix, si la filière chanvre mise sur la contractualisation afin d’éviter les fluctuations, la filière lin n’a pas toujours ce réflexe. Comme le constate Karim Behlouli, directeur général d’Ecotechnilin : « Le projet Sinfoni vise à créer les conditions d’utilisation à grande échelle de ces


12 FV 32 DosAGRO BAT_Mise en page 1 03/12/12 18:25 Page35

[AGROCOMPOSITES] Dossier AVANTAGES ET INCONVÉNIENTS DES FIBRES VÉGÉTALES

LES AGROCOMPOSITES SONT DÉJÀ UTILISÉS DANS LE SPORT ET LES LOISIRS.

la transparence aux ondes, utilisée dans les équipements militaires. Néanmoins, les fibres de lin et de chanvre ne sont pas parfaites et certaines de leurs caractéristiques posent encore problème dans les applications techniques. Les travaux doivent notamment porter sur l’absorption de l’humidité et la tenue au feu. Et certaines connaissances manquent encore. « Nous devons améliorer nos connaissances des agrocomposites à hautes performances sous contraintes ferroviaires. Notamment la réponse en fatigue des pièces structurelles », souligne Véronique Andries, senior expert éco-conception du groupe Alstom.

lin en pré-imprégné. «  Nous nous sommes attachés à développer des produits utilisables par les industriels des composites sans remettre en cause leur process de fabrication », indique François Vanfleteren, dirigeant de Lineo. La société a travaillé notamment avec Décathlon pour l’introduction de fibre de lin dans les articles de sport. « Dans le secteur des sports et des loisirs, il faut compter 3 ans en moyenne pour aboutir au passage en production », souligne le dirigeant de Lineo qui a participé à la mise au point des raquettes de tennis Artengo. La société est impliquée actuellement dans plusieurs projets avec des industriels de l’automobile, de l’aéronautique et a obtenu le soutien de la DGA et de la DGCIS pour mener des développements ayant pour but des applications civiles et militaires. Ces secteurs semblent être très actifs sur le sujet. Ainsi, PSA-Peugeot Citroën multiplie les projets de développement, notamment pour alléger les véhicules, grâce à l’introduction de fibres de lin dans des pièces de plus en plus techniques. Le projet Flaxpreg qui implique Faurecia vise à réduire le poids de 50 % pour un plancher de coffre tout en maintenant les performances. « Les temps de cycles et le coût des matières premières doivent être en ligne avec les contraintes de la grande série automobile », ajoute Arnaud Duval, responsable innovation acoustics & soft trim

© Molydal

Le remplacement de la fibre de verre et de la fibre de carbone par des fibres végétales ne répond pas seulement à des actions de développement durable des entreprises. Les fibres végétales de lin et de chanvre permettent d’alléger les pièces composites. « Une fibre végétale peut apporter un gain de poids de 10 à 25 % sur pièce finie », indique Pierre Bono de FRD. Un allègement qui est apprécié de l’industrie des transports notamment. Ces fibres possèdent également des propriétés mécaniques, d’amortissement des vibrations, et d’isolations thermique et phonique. Pierre-François Louvigné de la DGA cite aussi

© Lineo

matières et ceci passera obligatoirement par une structuration des volumes et des prix. Jusqu’à présent, la filière chanvre n’a pas connu de variation importante grâce à une contractualisation sur 5 ans. Nous tentons de l’appliquer à l’ensemble de la filière fibres naturelles française afin de bien calibrer le prix moyen. Le but étant de ne léser personne. Aujourd’hui, certains producteurs de lin l’ont compris et se positionnent sur le long terme ». Un travail nécessaire alors que les projets des industries aval se multiplient. « Quand les applications pour de grandes séries comme l’automobile vont arriver à la production, la variation du coût des matières premières devra être prise en compte pour établir des stratégies industrielles pérennes. L’augmentation des quantités devrait par ailleurs entraîner une baisse des charges des industriels et, par conséquent, des prix de revient. Cela rendra le lin plus compétitif par rapport à la fibre de verre. Aujourd’hui, nous sommes plus proches de la fibre de carbone », détaille François Vanfleteren. Du côté des transformateurs, les entreprises se positionnent en développant des préformes adaptées aux attentes des utilisateurs finaux. À l’exemple de Lineo. Créée en octobre 2006, la société a pour objectif de développer de nouveaux marchés pour les préformes de

division au service recherche et innovation de Faurecia. « Nous faisons beaucoup de recherches à travers des consortiums, indique Frédéric Rousseau, chargé d’étude innovation à la direction de la recherche et de l’ingénierie avancée de PSA-Peugeot Citroën. Nous allons marier plusieurs consortiums dans lesquels nous travaillons ». Si l’industrie automobile semble bien avancer au travers de plusieurs projets, l’industrie aéronautique se penche également sur la question. François Vanfleteren de Lineo confie ainsi travailler sur un projet financé par l’Europe pour la mise en œuvre de la production industrielle de panneaux sandwich pour Boeing. Dans le secteur ferroviaire, Véronique Andries, senior expert écoconception d’Alstom souligne « la culture du métallique  », le groupe s’intéresse néanmoins aux agrocomposites « depuis peu de temps ». Alstom est impliqué dans plusieurs projets et étudie les possibilités d’applications. Petit à petit, les agrocomposites conquièrent de nouveaux secteurs d’applications potentielles. Alors que les projets de R&D vont peu à peu aboutir, les fibres végétales devront passer à l’étape de production industrielle d’agrocomposites. La structuration de la filière devra être achevée afin de lever les inquiétudes sur les questions de la quantité, de la qualité et du coût. ■ AURÉLIE DUREUIL FormuleVerte - N°12 - Décembre 2012

35


12 FV 36 PUBLI ACdV BAT_Mise en page 1 03/12/12 18:27 Page36

Publi-information Cinq ans d’initiatives, de projets, de succès ; retour sur un très beau parcours avec ses membres fondateurs. Gardons le chiffre 5 car à l’origine du projet, ils sont 5 ; deux industriels et trois institutionnels. Roquette et Rhodia (devenu Solvay) d’une part, USIPA, IAR sans oublier l’un de ses piliers, l’UIC.

Bon anniversaire ! L’ACDV a 5 ans, 5 ans déjà… ucun d’entre eux n’aurait pu imaginer les résultats auxquels, collectivement, ils ont su arriver. L’ACDV, c’est une aventure d’hommes et de femmes qui ont réussi à converger vers une même direction avec une implication bénévole qui porte aujourd’hui ses fruits. « En 2006/2007, nous avons ressenti un besoin fort de construire ensemble une association dédiée à la promotion de la chimie du végétal. Même si du chemin reste à faire, on peut dire qu’aujourd’hui, l’unité de notre groupe témoigne déjà d’un vrai succès ! », déclare Jean-Luc Pelletier, Délégué Général d’USIPA. Un succès qui aurait été impossible sans une mobilisation collective et une écoute forte. « Aventure humaine, espace de dialogue, qui nous a permis par nos échanges réguliers de construire un vrai discours autour des vertus et des potentiels des produits biosourcés », ajoute Thierry Stadler, Directeur Général du Pôle IAR. Il faut reconnaître qu’associer au sein d’une même association deux cultures industrielles différentes ne relevait pas d’une démarche élémentaire et pourtant, « on a appris à travailler ensemble et ceci, entre personnes issues de secteurs bien distincts », constate Guy-Noël Sauvion, Responsable des Évaluations Economiques et Environnementales chez Solvay. Les chiffres et les faits sont en effet là ; près d’une cinquantaine d’adhérents associant l’ensemble des acteurs de la filière, - agroindustriels, chimistes, utilisateurs, clients -, une organisation transversale sans équivalent dans d’autres pays, des groupes de travail qui mobilisent près de 70 personnes, l’organisation à Paris du 1er congrès de la chimie du végétal et là encore, des chiffres ; 450 participants dont 30 % venant de l’étranger. « Sans oublier une maturité financière atteinte », souligne aussi JeanLuc Pelletier. En effet, démontrer rapidement la capacité à atteindre l’équilibre financier était aussi l’un des objectifs de l’Association vis-à-vis des pouvoirs publics. C’est aujourd’hui chose faite pour son fonctionnement quotidien. Autre point de fierté, la réussite pour les grands groupes à avoir su accueillir et asso-

36 FormuleVerte - N°12 - Décembre 2012

© Aqualuna

A

cier des PME au profit d’une dynamique commune. « Nous sommes heureux de voir à quel point, dans nos groupes de travail, les PME développent une participation active voire motrice ! », indique Guy-Noël Sauvion. Le dynamisme dont fait preuve l’ACDV est aujourd’hui reconnu au-delà de nos frontières ; « à quand une ACDV Européenne ? » demande-t-on souvent à Christophe RuppDahlem, son Président et Directeur des Programmes Chimie du Végétal au sein de Roquette. Cette question à elle-seule démontre les attentes et le champ d’expression pour ce type d’association. Au-delà de cette implication humaine et de ces résultats, il faut aussi noter, relève Daniel Marini, Directeur des affaires économiques internationales à l’UIC, « que nous avons su rapprocher deux maillons de la chaîne de valeurs mais aussi, bien poser les enjeux que pouvait représenter la chimie du végétal au sein même de la chimie ». Et c’est incontestablement l’une des grandes réussites de l’ACDV. L’ACDV est aujourd’hui reconnue comme une référence incontestable. Elle le doit d’une part à l’engagement dès la première heure d’entreprises comme Rhodia, Roquette ou Sofiprotéol, elle le doit aussi à des initiatives abouties ; citons la création

- en complément de l'indicateur carbone végétal - du 1er indicateur sur la teneur réelle en biomasse, un pilote européen sur cet indicateur testé et validé pour sa robustesse et sa fiabilité par SGS. Citons encore la participation à de nombreuses études Ademe dont notamment celle des ACV et celle des emplois de la chimie du végétal. La liste ne s’arrête pas là. Mais alors demain ? « Demain, nos efforts doivent porter sur toutes les actions permettant d’accélérer le soutien des pouvoirs publics », indique Christophe Rupp-Dalhem. « Il y a effectivement un chaînon manquant », précise Jean-Luc Pelletier, « celui qui est situé entre le pilote de démonstration et la première unité commerciale ».

Autre effort à porter, celui de l’exemplarité L’association est devenue en quelques années un interlocuteur fiable et crédible auprès de l’Ademe, d’Oseo et des ministères concernés, mais ce n’est pas suffisant, ajoute Daniel Marini ; « la chimie du végétal doit être exemplaire, elle doit appliquer les 12 principes de la chimie durable. Disposer de carbone vert, c’est bien mais ce n’est pas suffisant ; c’est l’ensemble du cycle de vie qui doit être pris en compte ». L’objec-


12 FV 36 PUBLI ACdV BAT_Mise en page 1 03/12/12 18:27 Page37

PLANT BASED SUMMIT 2013

© Ariane Boixière-Asseray

L’ÉVÈNEMENT DÉDIÉ À LA CHIMIE DU VÉGÉTAL EN 2013

tif est bien de développer une chimie du végétal durable qui intègre les critères environnementaux et économiques. Et c’est là que les indicateurs et les chiffres sont attendus. Pour asseoir définitivement sa crédibilité, l’ACDV ne pourra donc pas faire l’économie de données chiffrées, économiques et environnementales, incontestables. Revenons au soutien de l’État, il se traduit par des IEED comme PIVERT, IFMAS, ou encore IDEEL. Autre enjeu de taille pour l’association : favoriser l’ancrage des premières unités industrielles innovantes en France avec les conséquences vertueuses que cela peut avoir sur l’emploi. Position soutenue par Thierry Stadler qui rappelle les longueurs d’avance dont la France dispose en matière d’ancrage territorial réussi ; « La bioraffinerie illustre parfaitement les vertus d’un ancrage territorial contribuant à réindustrialiser nos régions », explique-t-il, « en résumé, nous trouvons au sein de l’ACDV le prolongement naturel de toutes les actions d’innovation que nous menons au sein du Pôle ». « C’est pour cela, poursuit-il, que nos efforts doivent maintenant porter au plan européen et favoriser l’implantation des 1es unités industrielles en France ». La bioraffinerie territoriale française qui, certes, oppose un modèle portuaire à un modèle local, mais où la ressource végétale est au cœur d’un débat bien plus large ; celui de la ressource au niveau mondial. « l’ACDV dispose d’une crédibilité suffisante pour sortir d’une approche parfois encore trop hexagonale, estime Guy-Noël Sauvion, les enjeux sont définitivement mondiaux et après tout, pourquoi ne pas imaginer d’exporter ce concept de bioraffinerie ?», s’interroge-t-il. Une fois de plus, on attend de

contact@chimieduvegetal.com

l’ACDV qu’elle prenne une autre dimension ; elle en a les moyens. Enfin, Jean-Luc Pelletier et Guy-Noël Sauvion citent une nouvelle étape à franchir; celle qui consisterait à se rapprocher bien plus de l’industrie aval, d’essayer d’apporter une contribution à l’égard d’un grand public de plus en plus sensibilisé à tous ces sujets. En un mot, créer un lien fort avec le grand public, lien encore inexistant. À suivre donc. Cet anniversaire ne serait pas complet sans un salut unanime pour le travail accompli par Valérie Lucas, Déléguée générale de l’ACDV, et Aurore Friès, en charge des relations avec les adhérents. 5 ans à assurer la bonne marche de l’Association, à coordonner des personnes, des sujets, des Conseils, des rencontres et à analyser toutes sortes d’opportunités. 5 ans enfin sur tous les

terrains de la communication en veillant à la cohérence du discours et les événements d’une association qui n’a cessé de grandir. La preuve ? L’ACDV passe dès la fin 2013 à une vitesse supérieure : dans la lignée du succès du 1er salon de septembre 2011, elle organise Plant Based Summit, événement international qui permettra à chaque utilisateur de trouver des réponses grâce à toutes les solutions végétales et acteurs de la filière présents lors de ce salon. Nouveau challenge ? Non, une action d’envergure de plus au service de l’ensemble de la filière chimie du végétal et de sa cinquantaine d’adhérents. Mais, d’ici là, ils seront plus nombreux. On peut en être sûr ! ■

Rejoignez-nous !

www.chimieduvegetal.com FormuleVerte - N°12 - Décembre 2012

37


12 FV 38 FOCUS AXELERA BAT_Mise en page 1 03/12/12 18:30 Page38

© sxc.hu

Focus [PRODUITS] PEINTURES BIOSOURCÉES

Un marché émergent Le pôle Axelera a réuni, le 16 novembre, une quarantaine d’adhérents pour s’interroger sur l’intérêt de faire basculer le secteur des peintures vers un sourcing végétal. es quinze dernières années, le domaine des peintures a connu d’importantes mutations. Elles ont d’abord été dictées par des évolutions réglementaires comme la directive COV, issue du protocole de Kyoto de 97. On a ainsi fait la guerre aux solvants organiques avec un passage à l’eau ou à la poudre. Puis, Reach est arrivé avec l’objectif de vérifier l’innocuité de toutes les substances chimiques présentes sur le marché. Aujourd’hui, nous abordons une nouvelle étape avec la raréfaction programmée des ressources pétrolières et la réduction de l’empreinte carbone des produits dans la perspective du facteur 4. Cette étape incite à substituer des ingrédients pétrochimiques par des ingrédients biosourcés dans tous les domaines, notamment celui des peintures. Pour discuter de cette problématique, le pôle Axelera a organisé à Lyon, le 16 novembre dernier, un atelier sur les peintures et vernis biosourcés. Plusieurs fournisseurs d’ingrédients et de peintures ont pu témoigner qu’il existe déjà une offre de peintures partiellement ou totalement biosourcées. Même si les parts de marchés sont encore très faibles. Alain Lemor, délégué scientifique chez Novance, a rappelé que parmi toutes les catégories de résines utilisées dans les peintures, les résines alkydes sont déjà partiellement biosourcées (50 à 60 %). L’enjeu consiste à les proposer dans une version 100 % biosourcée. C’est ainsi que Novance a lancé VG Tech Hydro à destination des marchés de la décoration et des vernis. A. Lemor estime que pour les autres grandes familles de résines (acryliques, polyuréthanes, vinyliques, polyesters) des opportunités se dessinent avec le développement

C

38 FormuleVerte - N°12 - Décembre 2012

de nouveaux monomères (diacides, diamines, diols). Olivier Choulet, président-directeur général de la jeune société Ecoat, s’est également attelé à ce challenge des résines alkydes, en proposant d’abord des alkydes en émulsion dans l’eau. « La résine alkyde est la grande perdante du passage à l’eau, contrairement aux acryliques  », a-t-il rappelé. Parallèlement, sa société a développé la gamme de résines Secoia à base d’oléagineux comme le soja ou le tournesol et le tall oil. Elle est désormais proposée dans une version à 100 % biosourcée, avec une amélioration de la couleur et de la brillance, qui reste l’un des points faibles des gammes biosourcées. Fondateur de Neoformula Consulting & développement, Claude Stock a estimé qu’un formulateur peut trouver quelques ingrédients dans leur version biosourcée : liants, pigments, agents dispersants, agents mouillants, antimousses, épaississants… On pourrait y ajouter les agents anticorrosion Vegerust de la société Labema. « En revanche, les agents de coalescence sont peu performants et il n’y a pas de biocides », a estimé Claude Stock. De même, les agrosolvants pêchent par leur faible volatilité qui ralentit le séchage. De son côté, la PME familiale Derivery est venue présenter sa gamme de peintures 100 % minérale ou végétale, commercialisée depuis 2006 par Laboratoires Natura. À l’origine de ces produits, un brevet sur les émulsions à base d’huiles. Cette mutation vers le biosourcé existe aussi dans les peintures et vernis photoréticulables. Philippe Ciceron de Sartomer (Arkema) est venu parler du projet Sarbio qui vise à développer la part de biosourcé dans ces

résines qui s’appuient sur une chimie des acrylates et des méthacrylates. Dans le domaine du coil coating, le sujet du biosourcé est plus émergent. Murielle Moneron, responsable développement et innovation chez Beckers group, a fait état d’un début de partenariat avec un grand client. Mais c’est son seul projet. « Notre problème est qu’il n’y a pas tellement de produits biosourcés disponibles », estime M. Moneron. Un besoin de labels Les produits biosourcés ont aussi la réputation d’être plus chers de 20 à 50 %. D’où l’importance de disposer de labels pour éviter le greenwashing. Francis Viez a souligné la confusion qui commence à s’installer entre naturel et biosourcé, compte tenu de l’utilisation de charges minérales. Mais si l’Ecolabel ou la Norme NF environnement ne permettaient pas de trancher, les acteurs des peintures disposent désormais du label Pure. Certifié par Ecocert, il renseigne sur le pourcentage de matières premières renouvelables dans la formulation. Les participants ont aussi convenu de l’importance de l’ACV, un outil qui doit cependant s’améliorer pour permettre les bons arbitrages. Quant à la mesure du carbone 14, méthode retenue aux États-Unis, elle permet de mesurer le % de carbone renouvelable. Mais l’Association chimie du végétal (ACDV) a voulu aller plus loin en proposant un indicateur sur le contenu biosourcé d’un produit prenant en compte le carbone et les autres éléments de la biomasse (oxygène, soufre, azote…). Ce label est en passe de devenir la référence en Europe. À noter enfin l’intervention de Philippe Brunet, responsable technique et réglementaire à la Fipec. Il a regretté que la chimie du végétal telle qu’on la conçoit aujourd’hui par déconstruction totale de la biomasse reproduise le schéma de la pétrochimie. « Il faut changer de raisonnement. La nature nous offre des produits prêts à l’emploi, extractibles par des procédés physiques. Il y a des milliards de molécules, il faut trouver celles qui nous intéressent. » ■ À LYON, SYLVIE LATIEULE


12 FV 39-40 FOCUSPROD BAT_Mise en page 1 03/12/12 18:32 Page39

[PRODUITS]

Focus

POLYAMIDE Le label « Certified Biobased Product » de l’USDA est le nouveau Sésame pour commercialiser des produits biosourcés sur le marché américain.

rois grades de polyamides EcoPaXX (PA-4,10) de la société DSM viennent de recevoir un label  « Certified Biobased Product » de la USDA, l’équivalent d’un ministère américain de l’Agriculture. Il s’agit des grades 150MS, QHG6 et Q-HGM24 qui ont été mesurés avec un contenu de 70% de matières biosourcées, sachant que les 30 % restants sont constitués par des renforts de type fibre de verre ou fibre minérale. Pour effectuer cette mesure, c’est le test ASTM (D6866) qui a été retenu. Il est basé sur une analyse de la teneur en carbone 14. Il permet donc de dater l’âge du carbone contenu dans le produit qui peut

T

© DSM

L’EcoPaXX compatible avec les achats publics américains

Les graines de ricin sont à l’origine du polyamide EcoPaXX.

atteindre plusieurs centaines de millions d’années dans le cas d’un produit réalisé à partir de carbone d’origine fossile. DSM souligne par ailleurs que l’EcoPaXX a la particularité d’être à 100% « carbone neutre », du berceau

à la tombe. Ceci signifie que le dioxyde de carbone généré pendant le procédé de production du polymère est totalement compensé par la part de dioxyde de carbone absorbée pendant les phases de croissance des graines de ricin, qui

SUCCINATE DE DIMÉTHYLE

Du DMS biosourcé pour des applications plus durables © DSM

es sociétés Proviron et Reverdia viennent d’annoncer le lancement de Provichem 2511 Eco, un succinate de diméthyle (DMS) biosourcé. Ce produit utilise comme matière de l’acide succinique biosourcé, de marque Biosuccinium, fourni par Reverdia (société commune entre Roquette et DSM). Cet acide sera produit dans la première installation de taille industrielle au monde d’acide succinique biosourcé, à Cassano Spinola, en Italie, qui démarrera sa production d’ici à la fin de l’année 2012. Des échantillons sont cependant disponibles. De son côté,

L

Signature entre Wim Michiels de Proviron, à gauche, et Will van den Tweel de Reverdia, à droite.

Proviron assurera la production de Provichem 2511 Eco dans des installations en Belgique. Des volumes commerciaux sont également disponibles. Ce nouveau DMS biosourcé vise des applications dans de nombreux domaines, tels que les pigments, les stabi-

lisateurs UV, les solvants, les arômes et les parfums. « Les caractéristiques uniques des pigments à base de DMS en font des solutions idéales pouvant être intégrées à un grand nombre de produits, notamment des encres, des revêtements, des plastiques, des textiles et même des peintures. Les solvants fabriqués avec du DMS ont de bonnes propriétés de décapage et représentent une alternative durable aux solvants à base d’esters dibasiques (DBE) ou d’autres solvants issus de matières fossiles », estiment les partenaires. ■ S.L.

fournissent l’huile nécessaire à la fabrication du polyamide. Le groupe rappelle que le ricin est une plante tropicale qui n’a pas de vocation alimentaire. Avec cette certification, l’EcoPaXX apparaît désormais dans le « Biopreferred Catalog » (www.biopreferred.gov) du gouvernement américain qui liste des produits biosourcés agréés pour des achats publics. « Cette certification est une initiative du gouvernement américain, mais les clients de toutes les régions du monde pourraient en bénéficier dans leur choix de matériaux et de procédés », ajoute Wim Koetsier, à la tête du programme « Product Stewardhip » (gestion des produits) chez DSM. ■ S.L.

Helm distribuera le Biosuccinium ■ Reverdia, le j-v entre DSM et Roquette, a signé un accord avec l’Allemand Helm pour la distribution en Europe de son acide succinique biosourcé, Biosuccinium. Depuis 2010, il est produit à raison de 300 t/an à Lestrem, chez Roquette. En fin 2012, début 2013, une unité basée à Cassano Spinola, en Italie, délivrera des capacités industrielles.

DRT sur le marché de l’anéthol ■ Lors du salon de la parfumerie IFEAT de Singapour, DRT a présenté l’anéthol. Naturellement issu de la badiane chinoise, l’anéthol donne son goût à l’anis ou au fenouil. Composé organique de la famille des phénylpropènes, DRT le propose désormais par extraction de la térébinthe de pin. FormuleVerte - N°12 - Décembre 2012

39


12 FV 39-40 FOCUSPROD BAT_Mise en page 1 03/12/12 18:32 Page40

Focus [PRODUITS] PLASTIFIANT BIOSOURCÉ

ranel, filiale de DRT, vient de se voir attribuer la certification ISO 22000 pour ses résines colophanes entrant dans la composition des gommes pour chewing-gums. Cette certification de niveau international, relative à la sécurité des denrées alimentaires, couronne une démarche HACCP (Hazard Analysis Critical Control Point) sur laquelle l’ensemble de Granel s’est mobilisé. De son côté, sa maison-mère DRT a choisi de longue date de s’engager dans une démarche qualité. Son usine de Lesperon (Landes) qui produit ces gommes est certifiée ISO 9001

G

© DRT

Des résines végétales pour chewing-gum ISO 22000

Le pin, matière première de DRT.

depuis 20 ans et ses extraits naturels, notamment utilisés pour les compléments alimentaires et l’alimentation fonctionnelle, sont certifiés ISO 22000. ■ S.L.

COSMÉTIQUE

Succès des actifs de Minasolve inasolve affirme connaître un succès inattendu comme fournisseur alternatif d’éthyl hexyl glycérine avec le MinaCare Hexcine. « En ces temps de crise, de nombreux clients étudient attentivement des solutions pour réduire leurs coûts matières sans pour autant compromettre la qualité, ce que propose Minasolve », explique la société. Minasolve a également lancé un agent rafraîchissant, le

M

MinaCare Fresh’in, qui ne fait pas partie de la famille des menthols. Minasolve explique que de nombreuses sociétés sont en train de tester ce produit à travers le monde afin de répondre à la demande grandissante des consommateurs pour ce type d’actifs, permettant de « ressentir » l’efficacité du produit, sans pour autant subir les nouvelles contraintes règlementaires associées au menthol. ■ S.L.

Altuglas Rnew remarqué par R&D magazine ■ L’Altuglas Rnew est l’une naires de l’année. Altuglas Rnew des 100 plus belles innovations technologiques mises en place sur le marché dans le courant de l’année. C’est en tout cas le point de vue de la publication américaine, R&D magazine, qui, depuis 1963, identifie les 100 innovations les plus révolution-

40 FormuleVerte - N°12 - Décembre 2012

est un produit proposé par Altuglas International, filiale du groupe Arkema. Il consiste en une synergie de deux polymères totalement miscibles : le PMMA Altuglas et un biopolymère. et fait l’objet de nombreuses applications.

Nouvelle référence pour PolyOne e groupe américain PolyOne vient d’annoncer le lancement de son nouveau bioplastifiant reFlex 300, dernier-né de sa gamme de solutions durables pour l’industrie. Dérivé de « matières premières rapidement renouvelables » et avec un contenu certifié à 99 % biosourcé, ce produit constitue une alternative aux plastifiants à base de phtalates pour les formulations de matériaux vinyliques flexibles. « Ce nouvel additif a été développé pour aider nos clients à remplir leurs objectifs de durabilité avec des produits qui ne sont pas des phtalates, tout en proposant une alternative biosourcée », précise PolyOne.  Parmi les applications possibles, PolyOne évoque le secteur de la santé à travers la fabrication de tubes et de

L

raccords, le secteur électrique, le bâtiment ou la construction, les équipements de bureaux, le calfeutrage ou des produits de grande consommation (jouets, chaussures…). Cette nouvelle technologie aide notamment les fabricants et propriétaires de marques à satisfaire les exigences de la Consumer Product Safety Improvement Act (CPSIA), qui interdit certains phtalates dans les produits utilisés par les enfants aux États-Unis. Certifié à 99 % d’origine biosourcée par l’USDA BioPreferred program, le Reflex 300 peut en outre permettre à ses utilisateurs de prétendre à la même certification. Le bioplastifiant reFlex 300 est le second produit résultant d’une collaboration entre PolyOne et Archer Daniels Midland (ADM). ■ S.L.

CARTON ALIMENTAIRE

Du PE biosourcé adapté au couchage roduit sur le site de groupe papetier Stora Enso à Skoghall en Suède, le carton d’emballage CKB est maintenant disponible avec un couchage en polyéthylène (PE) biosourcé. Ce couchage est obtenu par l’utilisation d’un film polyéthylène biosourcé Triogreen, développé par la société suédoise Trioplast. Cette dernière utilise pour la fabrication de ce film du polyéthylène biosourcé de la société brésilienne Braskem, obtenu à partir de canne de sucre  « À plus long terme, il n’est pas déraisonnable d’imaginer la fabrication de polyéthylène à partir d’une matière première poussant

P

dans les forêts nordiques », a déclaré Pär Wik, responsable marketing. Le polyéthylène (PE) est utilisé dans les cartons d’emballage pour ses propriétés barrière anti-humidité ou anti-graisse. Le bio-polyéthylène de Braskem possède les mêmes performances que le PE traditionnel mais sans provenir d’une origine fossile. ■ S.L © Stora Enso

DÉRIVÉS TERPÉNIQUES

Emballage réalisé avec un couchage en PE biosourcé.


12 FV 41 ACTU FOURNIS BAT_Mise en page 1 03/12/12 18:35 Page41

[NOUVEAUTÉS] Fournisseurs CHROMATOGRAPHIE La société a développé un appareil de mesure multivoie dédié au suivi de la fermentation.

AMS France suit la fermentation

A

MS France présente le

© AMS France

iCinac, son analyseur multivoie dédié au suivi de fermentation. Basé sur le Cinac, initialement développé pour les industries du lait, le iCinac en améliore les capacités de mesures grâce notamment à une sonde multiparamètre. Cette sonde spécifique à technologie ISM (gestion intelligente des capteurs) convertit les signaux mV en signaux numériques. Elle permet de mesurer simultanément et en temps réel le pH, la température et le potentiel redox d’un ou de plusieurs échantillons. Le iCinac peut gérer jusqu’à 32 voies de mesures. Outre la sonde, l’instrument bénéficie également de développements hardware et software. Le iCinac possède un ordinateur à écran tactile. Plus besoin d’un câble de

Le iCinac d’AMS France s’intègre dans les fermenteurs.

connexion entre le PC et l’instrument. De plus, l’appareil intègre un module de sorties dont l’interface peut gérer jusqu’à 16 canaux analogiques et 32 canaux logiques, ce qui autorise toutes sortes de combinaisons. Le iCinac bénéficie de développements logiciels tels qu’une interface utilisateur optimisée pour faciliter sa prise en main par des opérateurs et techniciens mêmes novices, un

MESURE / TEST

Un testeur d’humidité pour biomasse solide

© Domosystem

■ Étalonnages et sondes pour différentes biomasses solides, l’humidimètre Humitest de Domosystem permet de mesurer bois rond, plaquettes, sciure, granulés de bois, balles de foin, de paille et de cellulose. Qu’elles soient transformées en énergie ou en matériau, ces biomasses sont à caractériser pour optimiser leur valorisation et déterminer leur prix. Teneur en eau et température sont deux grandeurs clés à mesurer : elles influent sur le rendement énergétique, la résistance mécanique et thermique, la conservation ou encore l’aspect. L’échantillon, sa représentativité, ainsi que l’appareil de mesure sont importants. Conçu pour des mesures instantanées et fiables sur le terrain, l’Humitest spécial

écran tactile intuitif et de nombreuses améliorations graphiques. Ces dernières fournissent un large panel d’applications afin de répondre à n’importe quel besoin (compensation en température, suivi de consigne, pilotage et régulation, calcul de descripteurs, sauvegarde de données en temps réel, création et gestion de bibliothèques, etc.). Le iCinac se destine au suivi, au contrôle et à la régulation des process de fermentation de nombreuses industries pour, par exemple, la régulation et le contrôle d’actionneurs ou de systèmes de chauffe. A.D.

L’Humitest permet de caractériser les biomasses.

bois, paille, foin commercialisé par Domosystem est étalonné suivant la méthode par séchage à l’étuve. Différentes sondes sont disponibles en option. A.D.

FormuleVerte - N°12 - Décembre 2012

41

DOSAGE

Pompe doseuse de haute précision ■ La série Dartec (pour Dosage automation robot technologie) de Beinlich Pumpen GmbH a été conçue pour des applications où la répétabilité et la précision de dosage sont essentielles. La pompe Dartec, avec sa structure légère d’environ 700 g, est optimale pour les appareils de manipulation et les robots. En effet, plus les masses embarquées sont restreintes, et plus la dynamique du mouvement est élevée. Les paliers, graissés à vie et complètement isolés du fluide pompé, permettent un rendement total optimisé. Les pertes par frottement dans les paliers, l’échauffement du fluide pompé ou les réactions indésirables dues à la composition chimique du fluide ne sont plus d’actualité. Les cylindrées vont de 0,1 à 6,0 cc/tr, la plage de vitesse de 1 à 400 tr/min (selon les viscosités). A.D.


12 FV 41 ACTU FOURNIS BAT_Mise en page 1 03/12/12 18:35 Page42


12FV 43 CARNET AGENDA BAT_Mise en page 1 03/12/12 18:39 Page43

Carnet /Agenda [NOMINATIONS] MINAFINI

Nomination de deux directeurs Minafin a annoncé deux nominations, en ligne avec la mise en place de sa nouvelle activité Minathiol. Dans ce cadre, Jeroen Van Overbeek a pris la direction générale du pôle Marchés utilisateurs. Ce dernier regroupe trois activités : Minakem Custom (chimie à façon pour l’industrie pharmaceutique), Minakem Generics (principes actifs pharmaceutiques génériques) et Minasolve (ingrédients pour l’industrie cosmétique). J.Van Overbeek a occupé plusieurs postes de directeurs dans la chimie et l’industrie des ingrédients avant de rejoindre Minafin. De même, Dale Fannina été promu à la tête du pôle Technologies et arbres

produits, dédié à la chimie verte (Pennakem) et à la chimie fine du soufre (Minathiol). D. Fannin était jusqu’alors directeur de Pennakem. Les directeurs ont aussi intégré le Comité exécutif du groupe.

le 30 septembre des suites d’une longue maladie, le Conseil d’administration de Naturex a approuvé la nomination de Thierry Lambert en tant que p-dg. Ce dernier assurait provisoirement la direction de la société depuis septembre.

[FORMATIONS] CPE LYON FORMATION CONTINUE Valérie Thoraval Tél : 04 72 32 50 60 contact@cpe-formation.fr

AQUITAINE CROISSANCE VERTEI

Pierre Calleja

SOLAZYMEI

20-22 MARS, LYON

Président Pierre Calleja, fondateur et présidentdirecteur général de Fermentalg, a été nommé président d’Aquitaine Croissance Verte. Créée cet été, celleci est une association regroupant les acteurs industriels aquitains des filières vertes.

Jean-Marc Rotsaert

Inhibition enzymatique : de la théorie à la conception de molécules bioactives Public : Techniciens supérieurs, chercheurs ou tout personnel de laboratoire ayant des connaissances théoriques ou pratiques en enzymologie

NATUREX

Thierry Lambert Président-directeur général Suite à la disparition de son président fondateur Jacques Dikansky, décédé

Directeur des opérations Jean-Marc Rotsaert a rejoint le producteur américain de bioproduits Solazyme et prend la fonction de directeur des opérations. Il était jusqu’alors p-dg de la filiale américaine d’AAK, un fournisseur d’huiles végétales et de graisses de spécialité. Auparavant, il a occupé plusieurs fonctions à responsabilité pour des groupes du secteur alimentaire et des boissons, comme Campbell’s Soup, Pepsico et Coca-Cola.

3-7 JUIN, LYON Fermenteurs et fermentations Public : Ingénieurs, pharmaciens, techniciens supérieurs

26-28 JUIN, LYON

[MANIFESTATIONS] 29-31 JANVIER, LEIPZIG, ALLEMAGNE TerraTec 2013 : 13e édition de la convention d’affaires sur les solutions durables pour l’environnement www.leipzigermesse.de/LeMMon/terratec_web_eng.nsf/

28 FÉVRIER-2 MARS, CRÉMONE, ITALIE Bioenergy Italy 2013 : salon de l’agro-énergie, de la biomasse et des énergies renouvelables www.cremonafiere.it/modulemContent-view_pagelayoutid_pagelayout-842.phtml

12-14 MARS, PARIS JEC Composites Show : salon mondial des composites www.jeccomposites.com/eve nts/jec-europe-2013

17-19 MARS, KARLSRUHE, ALLEMAGNE 6e atelier sur l’utilisation des lipides et des huiles comme matière première

renouvelable dans l’industrie chimique http://abiosus.org/kit-workshop-2013.html.en

18-20 MARS, SAN FRANCISCO, ÉTATS-UNIS Cleantech Forum San Francisco 2013 : Salon des nouvelles technologies propres et des opportunités d’investissement www.cleantech.com/

19-22 MARS, PADOUE, ITALIE SEP Europe 2013 : salon des technologies pour l’environnement 3-4 AVRIL, DAEGU, CORÉE DU SUD Green Energy Expo 2013 : Salon des énergies renouvelables : photovoltaïque, piles à combustible et hydrogène, biomasse, marine, etc. www.energyexpo.co.kr/eng/

8-10 AVRIL, MINNEAPOLIS, ÉTATS-UNIS International Biomass Conference 2013 : salon sur les technologies et les produits issus de la biomasse www.biomassconference.co m/ema/DisplayPage.aspx?pag eId=Home

21-24 MAI , LA ROCHELLE e

ISGC-2 : 2 édition du symposium sur la chimie verte, le carbone renouvelable et les procédés éco-efficients

http://isgc2.conference.univpoitiers.fr/

28-29 MAI, CHÂLONS-ENCHAMPAGNE Sinal exhibition : salon international du non alimentaire

Chimie blanche et verte Public : Ingénieurs, techniciens supérieurs, techniciens

UNIVERSITÉ DE STRASBOURG Sandra Grisinelli Tél : 03 68 85 49 98 s.grisinelli@unistra.fr

22-24 MAI, STRASBOURG Matériaux bio-sourcés et bioplastiques Public : Techniciens, techniciens supérieurs et cadres souhaitant acquérir des notions sur les approches très récentes utilisées par l’industrie chimique pour produire des matériaux biosourcés par une chimie verte, plus respectueuse de l’environnement et moins dépendante des ressources fossiles.

www.sinal-exhibition.eu/

3-5 JUIN, STRASBOURG

30-31 MAI, PARIS Forum Plasturgie Composites 2013 : événement fédérant l’ensemble de la filière plasturgie et composites

Chimie verte Public : Techniciens, techniciens supérieurs et cadres souhaitant acquérir des notions sur le concept et les applications de chimie verte ou chimie pour un développement durable.

www.forum-plasturgiecomposites.com/ FormuleVerte - N°12 -Décembre 2012

43


12 FV 44 INDEX BAT_Mise en page 1 03/12/12 18:37 Page44

Index [SOCIÉTÉS] Liste des annonceurs ANNONCEURS PAGE ABONNEMENT FORMULE VERTE 42 ACDV 36 - 37 CRODA 11 DRT 2ème COUV GROUPE NOVASEP SURCOUV. ISO INGENIERIE 41 POLE IAR 4ème COUV

POLE IAR 23 PRESSE PRO 3ème COUV PRODUITS NATURELS BIOSOURCES 13 SIA/NOVANCE 5 SYRAL / TEREOS 27 ENCARTS NON FOLIOTES ADEME ENCART CPE LYON FCR ENCART

Entreprises et organismes cités dans ce numéro A AAK p 43 ACDV p 38 ACE Management p 26 ADM p 19 Aemetis p 25 Airbus p 26 Alstom p 31 Altuglas International p 40 AMS p 41 ANR P 13 Aquitaine croissance verte p 43 ARD p 9 Arkema p 19, 30, 38, 40 Avantium p 24 Axelera p 38

B Barbier p 31 BASF p 3, 18 Beckers Group p 38 Beta Renewables p 24 Bio-XCell p 16 BioAmber p 20, 24 BioDémo p 9 Biogenic p 18 Biome Technologies p 21 Biotec p 21 Boeing p 31 Bostik p 22 BP p 26 Braskem p 7, 40 Bunge p 19

C Campbell’s Soup p 43 Carbios p 21, 31 Cargill p 22 CELC p 32 Chamtor p 9 Chevron Lummus Global p 25 Citroën p 20 CJ p 19 Clariant p 18 Cleantech p 24 CNAA p 26 CNRS p 30, 31 Coca-Cola p 16, 43 Colas p 30 Cooper Power Systems p 22

44 FormuleVerte - N°12 - Décembre 2012

CPE Lyon p 43 CRIS p 15 Cristal Union p 9, 12 Cristanol p 9 CSM p 18 Cultures p 22

D Dartec p 41 Decathlon p 31 Deinove p 31 Derivery p 38 DGA p 12, 31 DGCIS p 31 DOE p 25 Domosystem p 41 Dow p 29 DRT p 39, 40 DSM p 3, 21, 22, 39 DuPont p 10, 22, 26

E Ecoat p 29, 38 Ecodeep p 6 EdeniQ p 24 Emery p 21 Enerkem p 24 ENI p 26 Ensiacet p 30 Ensyn p 17 Enzymes p 22 Escom p 22 European Bioplastics p 20 Evonik p 17

F, G Faurecia p 20 Fermentalg p 26 FIAD p 21 Fibria p 17 Fipec p 38 Ford p 20 FRD p 33 Futurol p 9 Genomatica p 24 Global Bioénergies p 3, 17 Granel p 40

H,I Helm p 39 IAR (pôle) p 8, 22 Ifremer p 30 Innova p 29 INRA p 10, 31 IRDI p 26

J,L,M JBF p 16 Joule p 24 Laboratoires Natura p 38 LACCO p 30 LanzaTech p 18, 24 LCDA p 33 Lexon p 6 Limagrain p 31 Limatb p 33 Lineo p 30 LS9 p 24 Mercedes Benz p 20 Metabolic Explorer p 3, 10, 16 Minafin p 43 Minasolve p 40 Mitsubishi p 20 Molydal p 7 Mossi&Ghisolfi p 24

N,O Naturex p 43 Neoformula Consulting&développement p 38 Neste Oil p 25 Nexira p 19 Novance p 38 Novozymes p 24 Occitane (L’) p 7 OPx Biotechnologies p 24 Oréal (L’) p 14 Oseo p 31

P, Q Pennekem p 43 Pepsico p 43 Petronas p 18 Promens p 7 Proteov p 31 Proviron p 39 PSA-Peugeot-Citroën p 31

PTT Chemical p 20, 21 PTT MCC Biochem Company p 20

R, S Renmatix p 24 Reverdia p 39 Rohm&Haas p 29 Roquette p 7, 8, 10, 31, 39 Rossignol p 6 Sartomer p 38 SCF p 30 Sime Darby Plantation p 21 Sinopec p 26 Solazyme p 19, 43 Soliance p 9 Solvay p 30 Soufflet p 15 Souts p 7 Sphere p 21 Starck p 7 STBM p 30 Stora Enso p 40

T,U Technologies Logos p 24 Tembec p 8 Thanaplast p 31 Total p 22 Tournay Technologies p 19 TPG Biotech p 24 Transparency Market Research p 19 Trioplast p 40 UIC p 30 Ulice p 31 Unafic p 3 USDA p 39 Usina Vale p 24

V,W,Z Valagro p 30 Vegware p 7 Verenium p 26 Wheatoleo p 9 Wilmar p 18 ZeaChem p 24

Revue éditée par ETAI Antony Parc II - 10, place du Général de Gaulle BP 20156 - 92186 ANTONY Cedex Tél. : 01 77 92 92 92 Site internet : www.formule-verte.com Pour joindre vos correspondants, composez le 01 77 92, suivi des quatres chiffres indiqués après chaque nom. Pour leurs adresser un e-mail, taper l’initiale du prénom, le nom puis @etai.fr (ex. : pdupont@etai.fr)

Directeur de la publication : Christophe Czajka Directeur du pôle magazines spécialistes : Pierre-Dominique Lucas Rédactrice en chef : Sylvie Latieule (95 87) Secrétaire de rédaction : Ariane Boixière-Asseray (95 85) Rédaction : Aurélie Dureuil (95 81), Dinhill On (95 80), Julien Cottineau (95 86), Audrey Fréel (95 83) (Chimie Pharma Hebdo) Responsable Studio Magazines : Thierry Michel (96 30) assisté de Christian Le Coz (96 31) Premier rédacteur graphiste : Thierry Meunier (96 29) Publicité : Sandrine Papin (directrice de publicité Pôle Industrie - 96 43), Eric Leuenberger (directeur - 96 37), assistés de Martine Szuba (assistante technique - 96 44) Représentants : – Rhône-Alpes : Become, Eric Bechetoille, 19/21 chemin de Montauban, 69005 Lyon, Tél./Fax : 04 72 00 04 14, Mobile : 06 80 68 44 00 – Allemagne / Suisse / Autriche : Axelle Chrismann (Responsable Commerciale) - Tel. : +33 (1) 77 92 92 59 Email : achrismann@infopro.fr Thomas HUGUES (Chef de Publicité) Tel. : +33 (1) 77 92 95 36 - Email : thugues@infopro.fr – Italie : Piero Tomassi (Responsable Commercial) Tel. : +33 (1) 77 92 96 90 - Email : ptomassi@infopro.fr – USA : Trade Media International corp., 421 Seventh Avenue, New York, NY 10001-2002 USA Tél. : (1.212) 564-3380 - Fax : (1.212) 594-3841 Marketing, diffusion, abonnements : Directeur : Jean-Baptiste Alline Diffusion et Marketing clients : Laurence Vassor - lvassor@infopro.fr Promotion : Isabelle de Goüyon Matignon idegouyonmatignon@infopro.fr Pour s’abonner :

: abo@etai.fr  : 33(1) 77 92 99 14 - lundi au vendredi (9h à 12h - 14h à 17h / 16h vendredi)

 : 33(1) 77 92 98 15  : INFOPRO Communications (GISI - ETAI) -

Service Abonnements - Antony Parc II BP 20156 - 92186 Antony Cedex 1 an, France : 107,64 € TTC (dont TVA 19,6 %) Etudiants, étranger : nous consulter Vente au n° : (anciens n°, annuaires) : www.librairie-gisi.fr –  : 33(1) 77 92 97 75 Dépôt légal : Décembre 2012 CPPAP : 0914 T 91487 Achevé d’imprimer sur les presses de Corlet Imprimeur - ZI, route de Vire BP 86 - 14110 Condé-sur-Noireau ISSN 2117-4172 SAS au capital de 47 111 184 euros Siret : 806 420 360 00117 - Code APE : 5814Z


12FV 00 COUV BAT_Mise en page 1 03/12/12 16:18 Page3


12FV 00 COUV BAT_Mise en page 1 03/12/12 16:18 Page4


Formule Verte n°12