Page 1

318 Couv_Mise en page 1 12/09/11 10:56 Page1

GRAND FORMAT

SUPPORTS TOUT TERRAIN NUMERO 318 AOÛT - SEPTEMBRE 2011 / 15 EUROS. E - C O M M E R C E / F I N I T I O N / C H A M PAG N E

318


318 Couv_Mise en page 1 12/09/11 10:56 Page2


318 Couv_Mise en page 1 12/09/11 10:56 Page3


318 Couv_Mise en page 1 12/09/11 10:56 Page4


02-05 Sommaire 318_Mise en page 1 12/09/11 11:36 Page3

03

5 PICTOGRAMMES POUR IDENTIFIER LES MARCHÉS IMPRESSION NUMÉRIQUE GRANDFORMAT

IMPRESSION DELABEURET SEMI-LABEUR

PRESSE QUOTIDIENNE

IMPRIMÉS DEGESTIONÉDITIQUE

ÉTIQUETTES &EMBALLAGE

PAGES

07 08

ÉDITO IMPRIBUZZ Evénements, nominations, récompenses… : pour ne rien manquer de l’actualité des arts graphiques

14

IMPRISCOPE L’agenda pour vous aider à organiser vos déplacements sur les salons français et internationaux

08

14

SOMMAIRE 16

ÉVÉNEMENT E-commerce et catalogues papier. L’accélérateur de trafic web

24 26

CHIFFRES CLÉS INVESTIR Photo grand format. Une suite logicielle pour créer des négatifs. Finition. Une pelliculeuse en ligne avec vernissage jet d’encre à UV sélectifs. Consommables. Un kit générique pour remplacer les toners d’origine. Polyvalence. Multi-supports et multi-formats. Numérique couleur. Ricoh lance trois systèmes de production. Offset à la demande. Impression et façonnage instantanés.

32

CRÉER Typo. Julien Priez. Le Montreuil : city typo. Édition. L’Alphabet de Raymond Queneau. Grand format. La carte trompe-l’œil.

38 EN COUVERTURE Grand format : Supports tout terrain

ANTICIPER Data Mining. Apprendre le jeu des données. 32 3 questions à… : Laurence Seguy et Quentin Nichini, directrice des opérations et chef de projet web senior d’Alterway. _318 AOÛT - SEPTEMBRE 2011


02-05 Sommaire 318_Mise en page 1 12/09/11 11:37 Page4

NUM


02-05 Sommaire 318_Mise en page 1 12/09/11 11:37 Page5

05

SOMMAIRE

40 DOSSIERS

Grand format. À la croisée des technologies Finition numérique. La fin justifie les moyens

54

INTERVIEW Clément Ganier, responsable marketing des champagnes Bollinger. « Le fournisseur m’est souvent imposé par le matériau »

54

58

REPORTAGE Iropa. À faible empreinte, forte impression

62

REPORTAGE Imprimerie Chauveau. Stratégies au Centre

64

GÉRER 3 questions à… : Jean-Marc Heissat, président de l’imprimerie Point 44.

66

NUM.

318

INDEX

TOUS LES ENJEUX DE L’IMPRESSION WWW.FRANCEGRAPHIQUE.COM

NUMÉRO 318 / AOÛT - SEPTEMBRE 2011 / 15 EUROS

Revue éditée par ETAI : Antony Parc 2 – 10, place du Général-de-Gaulle – BP 20156 – 92186 Antony Cedex – Tél. : 01 77 92 92 92 – Fax. 01 77 92 98 20 – www.groupe-etai.com • Directeur de la publication : Christophe Czajka • Directeur général adjoint pôle presse spécialisée et salons professionnels : Gilles de Guillebon • Pour joindre vos correspondants, composez le 01 77 92 suivi des deux chiffres entre parenthèses après chaque nom • Rédacteur en chef : Guillaume Bregeras (96 06) ; gbregeras@etai.fr • Rédacteur en chef adjoint : Rodolphe Pailliez (96 05) ; rpailliez@etai.fr • Rédactrice : Bakhta Jomni (93 60) ; bjomni@etai.fr • Secrétaire de rédaction : Philippe Abgrall (96 13) ; pabgrall@etai.fr • Directeur de la publicité : Véronique Durègne de Launaguet (96 59) ; vduregne@etai.fr • Assistante : Martine Fourment (96 56) ; mfourment@etai.fr • Responsable studio : Thierry Michel (96 30) ; tmichel@etai.fr • Rédacteur graphiste : Maxime Perlemoine • Conception graphique : samourai.fr • Directeur de la promotion et de la diffusion : Jean-Baptiste Alline ; jballine@infopro.fr • Directrice de la promotion : Marie-Sophie Leprince ; msleprince@groupe-etai.fr (98 08) • Directrice des abonnements : Patricia Rosso ; prosso@gisi.fr • Responsable des abonnements : Marie-Christine Soyeux (97 99) ; mcsoyeux@groupe-etai.fr • Abonnement : 1 an : 6 numéros et 22 E-magazine (France : 71 euros). Autre pays et CEE : nous consulter • Impression : Corlet Imprimeur – 14 110 Condé-sur-Noireau – Tél. : 02 31 59 53 00 – Fax : 02 31 69 41 29 • Commission paritaire : 0714 T 81968 • ISSN : 0015-9565 • Dépôt légal : août - septembre 2011 • France Graphique est édité par ETAI Antony Parc 2 – 10, place du Général-de-Gaulle – BP 20156 – 92186 Antony Cedex • SAS au capital de : 47 111 184 € • Code APE 221E • N° SIRET 806 420 360 00117 • Autres publication du groupe ETAI : Double Liaison ; Galvano-Organo ; La Revue du Jouet ; Formes de Luxe ; Info Chimie Magazine ; Industrie Pharma Magazine ; Table & Cadeau ; Stores & Fermetures ; Auto Infos ; Chimie Pharma Hebdo ; Informations Fleuristes ; Plastiques & Caoutchoucs Magazine ; Décision Atelier ; Pétrole & Gaz Informations ; L’Automobile & l’Entreprise. • Toute reproduction ou représentation intégrale ou partielle de la revue, par quelque procédé que ce soit, est illicite et constitue une contrefaçon. • Ce numéro est imprimé sur Sappi│Magno™ Satin 200 g/m² (couverture) et Sappi│Magno™ Satin 115 g/m² (intérieur). Sappi est notre producteur de papier qui respecte les principes du développement durable. • Ce numéro comporte un encart jeté L’Usine Nouvelle.

_318 AOÛT - SEPTEMBRE 2011


07 Edito 318_Mise en page 1 12/09/11 11:38 Page6


07 Edito 318_Mise en page 1 12/09/11 11:38 Page7

ÉDITO

L’ÉDITO DE GUILLAUME BREGERAS

07

LE COMPTE À REBOURS A COMMENCÉ

L

a rentrée scolaire 2011 n’est pas une rentrée comme les autres. Nous venons d’entrer dans la dernière ligne droite avant deux échéances majeures pour l’avenir de notre pays et de notre industrie. La première aura lieu en deux temps, le 22 avril puis le 6 mai 2012, et permettra d’élire un nouveau président de la République. Quelle que soit son étiquette politique, il ou elle devra affronter le déficit budgétaire avec fermeté, mais lucidité aussi, pour ne pas plomber la dynamique des PME, qui représentent 80 % des imprimeries en France. Selon le sixième baromètre Companeo / Salon des microentreprises / TNS Direct, les deux tiers des petites entreprises ont observé une politique d’achat stable en 2010. Avec une hausse notable des achats de matériel informatique et de solutions télécoms, et un ralentissement des budgets consacrés au marketing et à la communication. Cette étude prouve l’intérêt

croissant des entrepreneurs français pour les technologies de l’information au détriment de la communication. Si l’on applique ce schéma aux industries graphiques, la conclusion est à double tranchant. Avec, d’un côté, une volonté de s’approprier les nouvelles technologies et devenir plus compétitif. Et de l’autre, la capacité de se passer, à long terme, des moyens de communication traditionnels. La seconde échéance démarrera le 3 mai pour s’achever treize jours plus tard. Cette drupa est déjà au cœur des interrogations : le numérique dépasse-t-il l’offset ? Les pays émergents seront-ils présents en plus grand nombre que les pays occidentaux? Et surtout, est-ce que les Français arriveront enfin, comme dans d’autres industries, à tirer leur épingle du jeu? Que ce soit en nombre de fournisseurs ou de visiteurs, les chiffres à moins de dix mois de l’événement ne démontrent pas un intérêt grandissant… ■ https ://twitter.com/francegraphique

_318 AOÛT - SEPTEMBRE 2011


08-13 Impribuzz 318 M3_Mise en page 1 12/09/11 11:38 Page8

En bref

08 IMPRIBUZZ Les participants à l’assemblée générale 2011 d’ImpriClub.

ImpriClub œuvre pour une mutualisation des compétences Après avoir fêté en janvier dernier ses vingt ans d’existence, le groupement ImpriClub s’est retrouvé début juin à El Jadida (Maroc) pour tenir son assemblée générale sous la présidence de Nicolas Dematté. Cette année 2011 a démarré pour ImpriClub sous les meilleurs auspices qui soient avec l’arrivée de cinq nouveaux adhérents : les imprimeries Maugein (19), Peau (28), Ouest Imprimerie (56), PPA Mahé (93) et NPC (87). Ce qui porte à 52 le nombre des sociétaires et à 31 celui des filiales. La plupart étaient présents au Maroc auxquels s’étaient joints un certain nombre de fournisseurs associés, soit au total quelque 130 personnes. « En l’espace de deux ans, le groupement a enregistré 20 % d’adhérents en plus. Depuis quinze ans, nous n’avons connu aucun turn-over à l’exception d’une seule défection », s’est félicité Nicolas Dematté. Déjà membre de Culture Papier, ImpriClub devrait rejoindre prochainement les rangs de l’Observatoire du Hors Média (OHM) et de l’organisme certificateur FSC. La participation, au printemps 2012, de tous les adhérents du groupement à la Semaine du développement durable via une journée portes ouvertes figure parmi les projets. L’adhésion des sociétaires au Pacte mondial, démarche créée à l’initiative des Nations Unies et qui a pour objectif de promouvoir la responsabilité civique des entreprises, est également envisagée. « La mutualisation des ressources humaines des entreprises, des besoins en for-

_318 AOÛT - SEPTEMBRE 2011

mation ainsi que les questions de motivation et de sensibilisation font partie de nos priorités », précise Marise Dematté au nom de la commission Communication et développement durable. Enfin, ImpriClub poursuit sa présence sur le terrain à travers des réunions régionales qui traduisent « l’émulation qui existe entre les différents sociétaires ainsi que l’envie d’être ensemble ».

Nicolas Dematté, président d’ImpriClub, le 3 juin dernier, à El Jadida.

UN GUIDE DES BONNES PRATIQUES

À l’instigation de la commission Communication et développement durable du groupement ImpriClub animée par Marise Dematté (Pure Impression), Thierry Pomes (Imprimerie Delort) et Pascal Duvivier (Imprimerie Moderne), un « Guide des bonnes pratiques de l’imprimeur modèle » a été publié. En dix-sept points, celui-ci passe notamment en revue les « + » qui permettent de mettre en œuvre de bonnes pratiques. Que ce soit en matière de papier, d’encres et vernis, de fabrication et d’achats ou bien encore de dialogue social, de santé et de sécurité, etc. « Être imprimeur au XXIe siècle, cela suppose donc que nous soyons capables de conjuguer performance économique, démarche responsable en faveur de l’environnement sans oublier, parce que c’est le chaînon essentiel de la performance industrielle, que nous nous engagions à mettre en œuvre dans nos entreprises un modèle socialement équitable », est-il souligné dans la préface de ce guide. Celui-ci peut être personnalisé par chaque sociétaire du groupement et constitue pour les clients des imprimeurs un document permettant de disposer d’un certain nombre de points de repère quant à la responsabilité de leurs fournisseurs en matière d’impression et d’imprimés. Aujourd’hui, 99 % des imprimeurs faisant partie d’ImpriClub sont labellisés Imprim’Vert, 68 % sont certifiés PEFC et 40 % FSC, 29 % disposent de la certification 14001 et environ 25 % ont réalisé leur Bilan Carbone.

France Graphique est imprimé sur Sappi│Magno™ Satin 115 g/m².


08-13 Impribuzz 318 M3_Mise en page 1 12/09/11 11:39 Page9


08-13 Impribuzz 318 M3_Mise en page 1 12/09/11 11:39 Page10

En bref

10 IMPRIBUZZ

VEILLE PARTAGÉE : UN OUTIL ANTI-CRISE

Les participants à l’assemblée générale 2011 d’ImpriFrance se sont retrouvés pour une soirée de gala à l’abbaye de Fontmorigny.

ImpriFrance mise sur une politique de consolidation Une centaine de personnes ont fait le déplacement à Nevers (58) le week-end du 17 au 19 juin pour l’assemblée générale d’ImpriFrance. « Notre groupement se porte bien et l’activité des sociétaires est meilleure que l’an dernier, tout comme celle de nos fournisseurs. Tout le monde va un peu plus vers le numérique. Certains sociétaires se sont récemment équipés et on sent une certaine accélération », a déclaré Christian Devambez, président d’ImpriFrance, à l’issue de l’assemblée générale. Le groupement compte aujourd’hui 56 sociétaires, son chiffre record. Aucun nouvel entrant n’a été intégré cette année, ImpriFrance préférant miser sur une politique de consolidation. « Nous ne souhaitons pas être trop nombreux et préférons réfléchir davantage avant de solliciter de nouvelles recrues », a précisé C. Devambez. Deux demandes sont néanmoins en cours d’étude. Trois nouveaux administrateurs ont été nommés cette année : Jacques Fauchille – CIA Bourgogne – (Nevers), Xavier Rozé – Imprimerie Marie – (Honfleur) et Olivier Venien – Micro Lynx – (Rennes). Un effort particulier sera désormais porté sur la communication externe. ImpriFrance souhaite en effet davantage se faire connaître du grand public. Des campagnes de communication par voie de presse seront prochainement lancées avec une première salve au printemps et à l’automne. Une commission de la communication externe a d’ailleurs été créée spécialement dans ce cadre. Le logo du groupement a été repensé ainsi que son slogan qui est désormais le suivant : « ImpriFrance la garantie de l’excellence. » L’an prochain, l’assemblée générale aura lieu à Nantes (44) et sera organisée par Chantal Aboudeine, directrice de l’École des métiers de l’imprimerie. En septembre, une convention réunira les sociétaires et leurs conjoints en Espagne à Barcelone et Ibiza, pour un moment alliant travail et convivialité. Christian Devambez, président d’ImpriFrance, entouré de Jacques Fauchille (Imprimerie CIA Bourgogne) et de son épouse Marie-Noëlle, qui ont pris en charge l’organisation du week-end du 17 au 19 juin. _318 AOÛT - SEPTEMBRE 2011

ImpriFrance, qui fédère 56 imprimeries sur tout le territoire français, applique depuis sa création, en 1986, la veille partagée: un véritable outil anti-crise où chacun bénéficie au quotidien de l’expérience et de l’expertise d’un confrère. Pour ce faire, plusieurs outils de partage de la connaissance ont été développés par le groupement. Ils sont utilisés aussi bien par les dirigeants comme aide à la décision stratégique que par les collaborateurs pour optimiser leurs savoir-faire ou développer leurs compétences. Une plateforme web permet d’échanger en temps réel entre les membres de la communauté ImpriFrance. Les informations concernent essentiellement le quotidien de l’entreprise et son fonctionnement. Des rencontres thématiques sont régulièrement organisées tout au long de l’année en région. Ces réunions entre dirigeants permettent d’aborder et d’approfondir un ou plusieurs sujets spécifiques: gestion de crise, création d’un nouveau produit ou service, évolution des technologies, etc. Des missions de veille spécifique sont également régulièrement lancées afin de répondre à un besoin exprimé par la communauté. L’émergence ces dernières années du tout numérique dans le secteur des arts graphiques, a ainsi été l’occasion de lancer des études sur les nouveaux matériels, produits et services à développer. L’ensemble de ces actions résument la philosophie du groupement ImpriFrance et de ses imprimeurs: être plus forts ensemble.

IMPRIFRANCE EN CHIFFRES • 56 imprimeurs présents sur 44 départements. • 250 millions d’euros de chiffre d’affaires cumulé. • 2 100 salariés. • 43 imprimeurs « chaîne de contrôle » PEFC. • 34 imprimeurs « chaîne de contrôle » FSC. • 47 imprimeurs certifiés Imprim’Vert. • 3 imprimeurs ont déjà réalisé leur Bilan Carbone et 10 se sont engagés dans sa mise en œuvre.


08-13 Impribuzz 318 M3_Mise en page 1 12/09/11 11:39 Page11


08-13 Impribuzz 318 M3_Mise en page 1 12/09/11 11:39 Page12

En bref

12 IMPRIBUZZ

BERNHARD SCHREIER EST NOMMÉ PRÉSIDENT DE LA DRUPA 2012

Le SIN et l’avenir de la profession Le Symposium 2011 du Syndicat de l’impression numérique et des services graphiques (SIN) a permis, le 23 juin dernier, de dresser un panorama des différentes opportunités de création de valeur offertes par les marchés de l’impression numérique. Une réflexion à laquelle ont participé fournisseurs et imprimeurs du secteur réunis autour de plusieurs tables rondes. Ce symposium a également été l’occasion de présenter, en avant-première, la nouvelle étude conduite à l’initiative du SIN et réalisée par Gilles Biscos et Interquest sur le marché français de l’impression numérique. Elle doit paraître dès cet automne et fait suite à celle menée en 2002 sur « La reprographie à l’ère du numérique. »

À huit mois du début du salon qui se déroulera du 3 au 16 mai 2012 à Düsseldorf (Allemagne), Bernhard Schreier vient de prendre la présidence de la drupa 2012 et du comité consultatif des exposants. Il succède à ce poste à Martin Weickenmeier, PDG de Körber PaperLink GmbH, qui occupait ces fonctions depuis l’édition de 2008. Confronté actuellement à la réorientation stratégique de l’activité papier de Koerber AG, il a préféré démissionner de ses fonctions au sein de l’organisation de la drupa 2012. Âgé de 57 ans, Bernhard Schreier, président du groupe Heidelberger Druckmaschinen AG, se réjouit de présider aux destinées de la prochaine édition du salon. « Je suis ravi d’accepter ce rôle et cela à un moment particulièrement passionnant et important pour notre industrie », a notamment déclaré celui qui dirige le groupe Heidelberg depuis 1999.

LE CIRQUE ET LE MEXIQUE À MONTREUIL

ColourLink rassemble les acteurs du numérique Le 22 juin dernier, le groupement ColourLink France s’est réuni dans les locaux d’Océ à Montévrain (77) pour faire le point sur l’année écoulée. Créé en 1999 par des reprographes, ce groupement d’imprimeurs numériques compte actuellement 23 membres actifs soit 190 collaborateurs et 22 millions d’euros de capital. Deux nouveaux membres ont été accueillis en 2011 : Burs à Besançon (25) et Ecritec à Metz (57). ColourLink avait par ailleurs convié deux imprimeurs, postulants éventuels, Évreux Dupli Services à Évreux (27) et Eurhode Business Services à Ingersheim (68). Le groupement a pour objectif de mettre en commun des idées et des moyens lors de rencontres régulières, fréquemment hébergées par des fournisseurs désireux de faire connaître leurs nouveaux produits. _318 AOÛT - SEPTEMBRE 2011

Le Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis, qui se déroulera du 30 novembre au 5 décembre prochains à Montreuil (93), propose de nouvelles explorations pour sa 27e édition. Outre une escale pour découvrir les littératures mexicaines et une grande exposition sur le thème du cirque, cette nouvelle édition mettra en avant sept pôles thématiques (BD, livres d’art et d’activités, cinéma d’animation, romans ados, édition numérique et théâtre). www.salon-livre-presse-jeunesse.net


08-13 Impribuzz 318 M3_Mise en page 1 12/09/11 11:39 Page13


14-15 Impriscope 318 M1_Mise en page 1 12/09/11 11:39 Page14

14 IMPRISCOPE

Preview

La communication visuelle sous toutes ses formes.

VISCOM PARIS 2011

La chaîne graphique de A à Z

L

’édition 2011 de Viscom Paris devrait marquer une nouvelle étape dans le développement de ce salon international de la communication visuelle, « à l’image de l’économie d’un secteur qui redémarre », indique Annabelle Serres, directrice de la manifestation. Pour preuve, l’intégralité de la chaîne graphique sera désormais représentée et l’espace dédié aux démonstrations sera étoffé. La première nouveauté de Viscom Paris 2011 vise à couvrir la chaîne graphique de A à Z. Pour ce faire, le salon s’agrandit et ouvre un secteur dédié aux éditeurs de logiciels. Ces derniers seront accueillis sur un espace spécialement conçu pour eux. « L’intégralité de la chaîne graphique sera ainsi représentée », se félicite Annabelle Serres. « De la création d’image via les logiciels présentés à la découpe de l’objet final, en passant par son impression, le salon devient la référence des solutions de l’industrie graphique. » Réunir en un seul lieu toutes les solutions et les innovations en impression numérique grand format, enseigne, signalétique, communication sur textile ou sur écran, telle est

_318 AOÛT - SEPTEMBRE 2011

la volonté des organisateurs de Viscom Paris. L’objectif est plus que jamais de s’adresser aussi bien aux transformateurs de communication visuelle qu’aux professionnels des arts graphiques, aux annonceurs et prescripteurs qu’aux agences de communication, aux concepteurs et réalisateurs opérationnels qu’aux donneurs d’ordres. Pour ce faire, le salon a ouvert le spectre de son offre DU 27 AU 29 permettant de trouver désorSEPTEMBRE mais toutes les solutions et 2011 applications pour la réalisation de campagnes de communication visuelle ou publicitaire. Mais également les nouveaux matériaux, process et nouvelles machines des fabricants/distributeurs du marché international en vue d’une optimisation de la productivité des entreprises opérant sur le secteur, sans oublier les offres d’images, de contenu et de design visant à personnaliser les différents supports de communication visuelle. Autant de priorités inscrites également dans le programme de conférences et d’ateliers techniques en charge d’aborder les problématiques majeures du marché. ■ France Graphique est imprimé sur Sappi│Magno™ Satin 115 g/m².

PRATIQUE

ÉVÉNEMENTS

• Date : du 27 au 29 septembre 2011. • Horaires : de 9 h 30 à 18 heures les 27 et 28 et de 9 h 30 à 17 heures le 29. • Lieu : Paris Nord Villepinte, Hall 8. • Organisateur : Reed Expositions France. www.viscomparis.com

Le principal événement marquant de Viscom 2011 sera constitué par la tenue de « Imag’in the City », une ville au cœur du salon pour découvrir nouveautés et innovations. Sur une zone dynamique de plus de 300 m2, les visiteurs pourront découvrir l’ensemble des nouveautés de la communication visuelle urbaine : abribus, affichage, colonne Morris, covering, mobilier urbain, enseignes lumineuses, écrans LED, etc. Par ailleurs, pour la deuxième année consécutive, le grand prix SignalEtiq, placé sous le signe de l’innovation au service du respect environnemental, sera décerné. Un prix sera remis à un produit et un autre à une démarche.

OFFRE MÉTIERS Au fil des éditions, l’offre de Viscom Paris s’est étoffée pour réunir désormais l’intégralité de la chaîne graphique en ouvrant, en 2011, un secteur dédié à la création d’image. L’offre exposants couvre désormais les métiers suivants: enseigne, signalétique, impression grand format, sérigraphie, signalétique dynamique, affichage publicitaire, image, design/ création, découpe, gravure, marquage et finition. En 2010, l’offre exposants était essentiellement concentrée entre l’impression numérique (33 %), l’enseigne & signalétique (32 %), la découpe, la gravure et le marquage (14 %), la finition et la sérigraphie (14 %) et la signalétique dynamique (7 %).

RETOUR SUR 2010 Lors de sa dernière édition, Viscom Paris a accueilli 200 exposants, dont 30 % d’internationaux, et plus de 500 marques. Quelque 12 000 professionnels ont fréquenté le salon et plus de 500 personnes ont participé aux conférences.


14-15 Impriscope 318 M1_Mise en page 1 12/09/11 11:40 Page12

IMPRISCOPE 15

Agenda SEPTEMBRE 2011 D

L

M

M

28 28 SEPTEMBRE – 1 OCTOBRE BRUXELLES LABELEXPO EUROPE** ER

L’occasion unique de découvrir toutes les nouveautés et les dernières tendances dans le domaine de l’industrie des étiquettes et

J

29

V

30

S

31

dans celui des impressions en laize étroite. En 2009, lors de la précédente édition, Labelexpo Europe a réuni près de 550 exposants et attiré quelque 25000 visiteurs. www.labelexpoeurope.com

6 – 10 OCTOBRE PARIS SALON DE LA PHOTO* Le plus grand événement européen du marché de la photographie est en plein boom : 48 739 visiteurs en 2007 et 76 932 en 2010 ! Cette édition 2011 sera notamment marquée par la quatrième saga des affiches du salon lancée en 2008. Le visuel de cette année a été réalisé par Chrisma Lan. www.salonde-la-photo.com

10 – 15 OCTOBRE VIENNE (AUTRICHE) WORLD NEWSPAPER WEEK* Une semaine au Reed Messe Wien, parc d’exposition et de congrès renommé de la capitale autrichienne pour tout savoir sur l’univers des journaux. Avec trois événements distincts mais complémentaires : l’IFRA Expo du 10 au 12 octobre, le 18e World Editors Forum du 12 au 15 octobre et, enfin, le 63e

Newspaper Congress, également du 12 au 15 octobre. Trois manifestations organisées par l’Association mondiale des journaux et des éditeurs de médias d’information (WAN-IFRA). www.wan-ifra.org

18 – 20 OCTOBRE LILLE GRAND PALAIS VAD 2011* Le salon VAD e-commerce, à travers trois zones d’exposition (multicanal, digital, innovation), va réunir tous les prestataires présentant des

solutions multicanal nécessaires pour vendre à distance. Un objectif : fédérer en proposant une vision du commerce d’aujourd’hui et de demain et répondre aux problématiques des entreprises via des solutions concrètes et innovantes. www.vadecommerce.com

15 – 17 NOVEMBRE LYON EUREXPO EUROPACK – EUROMANUT* ** Salon des solutions et équipements d’emballage, de conditionnement,

de marquage et de manutention pour la distribution. Plus de 300 exposants et 12 000 visiteurs ont participé en 2009 à cette manifestation organisée en Rhône-Alpes, au cœur d’un tissu industriel fort et diversifié. www.europackonline.com

(*) Actu INDUSTRIES GRAPHIQUES (**) Actu PACKAGING


16-23 Evenement 318_Mise en page 1 12/09/11 12:07 Page16

16 ÉVÉNEMENT

E-COMMERCE ET CATALOGUES PAPIER

L’accélérateur de trafic web Le E-commerce est le nouveau Graal pour toutes les enseignes. Qu’elles soient considérées comme historiques ou de pure-players, elles bataillent ferme pour prospecter et fidéliser des clients sur ce canal. Dans ce nouvel arsenal marketing, le catalogue papier peine à trouver sa place. Mais loin d’être relégué aux bons souvenirs d’un XXe siècle déjà si lointain, il peut dans bien des cas impacter positivement le retour sur investissements.

Par Guillaume Bregeras


16-23 Evenement 318_Mise en page 1 12/09/11 12:08 Page17

ÉVÉNEMENT 17

«

La vente en ligne est comme un fax de luxe. C’est pratique pour l’acte d’achat, mais le désir est né ailleurs. » La formule choc de Stéphane Claret, PDG de PageOnDemand, à le mérite de résumer les différents enjeux liés à l’utilisation du papier par les acteurs de E-commerce, pure-players en tête. Car dans le domaine, les idées reçues ont la peau dure. Quelle qu’en soit la raison, le catalogue papier demeure pointé du doigt lorsqu’il s’agit de l’insérer dans une approche multicanal de la communication. On le regarde de côté, avec dédain, comme si l’on n’avait plus rien à apprendre du plus constant des médias modernes. Pourtant, il suffit de se pencher sur les nombreuses études pour rapidement s’apercevoir de la supercherie. ComStore, citée par United States Postal Service en juillet 2010, révèle par exemple que les acheteurs sur Internet qui ont reçu un catalogue dépensent en moyenne 163 % de plus que ceux qui n’en reçoivent pas. Ils achètent également 28 % d’articles

France Graphique est imprimé sur Sappi│Magno™ Satin 115 g/m².

en plus… Certes, cet exemple nous vient des États-Unis. Mais en la matière, « ils sont la référence et gardent toujours un temps d’avance », comme l’explique André Delbecq, spécialiste de la VAD et ancien directeur international de l’enseigne Damart. « Nous sommes sortis de la phase d’expérimentation, poursuit-il. Les acteurs ont compris la nécessité d’une politique multicanal. »

Focus

LES VRAIES RAISONS DE LA BAISSE Pourtant, ceux qui réalisent des catalogues, rotativistes en tête, souffrent. Les volumes s’épuisent, les donneurs d’ordres confient plus facilement leurs jobs à l’étranger. Du côté des éditeurs, on assiste à une baisse des grammages, du nombre de SUITE >

• 31 milliards d’euros ont été dépensés en ligne (+ 24 %) pour un panier moyen de 91 euros.

LES FRANÇAIS ET LE MUTLICANAL Les Français sont de plus en plus connectés : • 38 millions d’internautes (+ 10 % en un an) ; 15 millions de mobinautes (+ 35 %). • Le cyberachat continue de progresser en 2010 avec 82 000 sites marchands (+ 28 %), 27,7 millions de cyberacheteurs (+ 14 %) et le boom des « silver surfers ».

• On compte déjà près de 3 millions de M-Acheteurs (mobile). Source : 7e baromètre FEVAD-Mediametrie//NetRatings.

Les acteurs ont compris la nécessité d’une politique multicanal.

André Delbecq, spécialiste de la VAD et ancien directeur international de l’enseigne Damart


16-23 Evenement 318_Mise en page 1 12/09/11 12:08 Page18

18 ÉVÉNEMENT

❷ pages et d’exemplaires, jusqu’à la fréquence de parution dans certains cas. Pour Gérard Colombani, directeur général de Haléco, enseigne de VAD spécialiste des produits hygiène, sécurité et environnement, la raison principale est purement budgétaire : « Le Web est un choix efficace et économe. Il requiert de nouvelles ressources et rogner sur le print libère simplement des budgets pour le Web. » Ce constat mécanique est partagé par l’ensemble des acteurs. André Delbecq va plus loin : « Sur Internet, il faut rémunérer Google, concevoir et envoyer des emailings, muscler ses équipes pour le référencement… Et pour séduire les clients présents sur le Web, il faut en plus constamment améliorer et rénover son site Internet. Cela impacte directement les catalogues papier, mais on ne peut pas dépasser la limite atteinte. » Dans le même temps, le conférencier cristallise la

difficulté à trouver le bon équilibre avec le papier : « Attention aussi aux catalogues généralistes qui sortent une fois par an et qui sont en déclin, notamment dans la mode. Du coup, nous nous dirigeons vers une périodicité plus fréquente et une qualité accrue. » Autre menace, bien réelle, celle des téléphones mobiles. « L’offre arrive à grand pas, prévient Philippe Bindels, directeur de Hello Agency. Les bases de données des clients s’enrichissant, les outils digitaux pour les exploiter risquent de continuer à être favorisés de plus en plus. D’autant que les budgets des clients ne sont pas extensibles et qu’il faut désormais intégrer cette nouvelle dimension. » OPTIMISER LA PROSPECTION POUR PROVOQUER L’ACHAT L’arrivée d’un nouveau média n’a jamais tué le précédant. Toute l’indus-

1. Les entreprises de E-commerce travaillent déjà avec des contenus numérisés. Leur conversion vers des ordinateurs portables, type iPad, est donc plus naturelle. Elle va se renforcer avec le développement des applications pour téléphones mobiles. 2. L’accélération de la périodicité et de la personnalisation des catalogues devrait profiter aux imprimeurs spécialisés dans le traitement des bases de données et l’impression numérique.

Toutes les études montrent qu’entre 90 et 98 % des consommateurs sont sensibles au média papier.

Alain Guinberteau, président de A3 Distrib _318 AOÛT - SEPTEMBRE 2011

trie s’accroche à cet adage qui se vérifie encore malgré l’irruption d’Internet, des mobiles et autres moyens de communication. D’autant que pour déclencher l’achat, le print préserve là aussi toute sa valeur, selon Alain Guinberteau, président de A3 Distrib qui établit une base de données sur les prospectus : « Toutes les études montrent qu’entre 90 et 98 % des consommateurs sont sensibles au média papier ». Une fois que ce constat est fait, une analyse plus fine permet de profiler deux types de consommateurs, notamment aux États-Unis, en avance sur la question du multicanal. « Il existe deux profils distincts, explique Gérard Colombani. C’est pourquoi il faut optimiser la prospection avec des bases de données importantes. Elles doivent permettre d’indiquer si le consommateur est convaincu par un message web ou papier. » André Delbecq souhaite dépasser ce débat. Pour lui, « tous les catalogues imprimés doivent se mettre au service de la marque, et du Web. Le papier devient un générateur de trafic. » N’oublions tout de même pas que l’imprimé publicitaire, dont le catalogue fait partie, reste toujours attractif pour les Français, selon une étude TNS Sofres datant de 2009. 82 % d’entre eux considéraient alors qu’aller chercher leur courrier publicitaire était un moment agréable et 92 % d’entre eux déclaraient lire les imprimés publicitaires reçus. 74 % des interviewés se sont déplacés en magasin et 68 % ont effectué un achat suite à la réception d’un imprimé publicitaire. LES PURE-PLAYERS S’APPROPRIENT TIMIDEMENT LE PAPIER Pour les enseignes de VAD non historiques, que l’on qualifie de pureplayers, Stéphane Claret pointe le doigt sur leur besoin de s’instal- SUITE >


16-23 Evenement 318_Mise en page 1 12/09/11 12:08 Page19


16-23 Evenement 318_Mise en page 1 12/09/11 12:08 Page20

20 ÉVÉNEMENT

Focus TOP 20 DES SITES JUGÉS ATTRACTIFS PAR LES FRANÇAIS 1- Amazon 2- Yves Rocher 3- Vente Privée 4- Fnac.com 5- Decathlon 6- iTunes 7- Darty 8- Créateurs de Beauté 9- eBay 10- Price Minister 11- La Redoute 12- Sephora 13- Cdiscount 14- Pixmania

ler dans les boîtes aux lettres aux États-Unis : « Le catalogue reste un outil de vente à distance majeur làbas. À force de dématérialiser les messages, les consommateurs perdent les valeurs de la marque. » C’est pourquoi on peut noter de nombreux exemples outre-Atlantique de jeunes sociétés de E-commerce publiant leurs propres catalogues papier. C’est le cas de l’Américain Zappos, un marchand de chaussures par Internet créé en 1999. Son chiffre d’affaires a atteint 1 milliard de dollars en 2008 et a choisi d’éditer un catalogue papier en 2007. Celui-ci est envoyé à plusieurs millions de prospects quatre fois par an. Jeanne Markel directrice des départements Casual lifestyle et Performance de Zappos, le définit comme un

player souhaitait notamment garder un contact avec 350 000 de ses clients qui avaient une commande mais refusaient de recevoir les messages par courriel. Désormais trimestriel, ce catalogue de 16 pages a une double vocation : réactiver en e-mail les nombreux clients qui se sont désinscrits, mais également pour prospecter. On ne compte plus ces exemples d’enseignes aux États-Unis qui, pour des raisons à chaque fois spécifiques, se tournent vers le print. André Delbecq, citait il y a quelques mois sur son blog « Faites des catalogues », le cas des restaurants Morton’s. Cette chaîne présente dans 66 villes nordaméricaines a créé un catalogue papier envoyé à 750 000 personnes qui n’avaient pas la possibilité de se déplacer, mais pouvaient être suscepti-

15- Marionnaud 16- Kiabi 17- 3suisses 18- Nocibe 19- Rueducommerce 20 - Galeries Lafayette.

x Le print préserve toute sa valeur pour déclencher l’achat.

Alain Guinberteau, président de A3 Distrib

Source : 7e baromètre FEVAD-Mediametrie//NetRatings.

magalog : « C’est un mélange entre un magazine et un catalogue. Des articles enrichissent la présentation des produits, c’est une extension de nous-mêmes. » Cette tendance très aboutie n’est pas la plus représentative de ce qui se passe chez les pureplayers. Express.com, une enseigne de vêtements pour hommes et femmes vient de se lancer dans le print en éditant son premier catalogue. Confectionné pour présenter sa collection automne 2011, il compte 48 pages et est adressé à 8 millions de ses clients. Ce catalogue plus classique comporte des coupons de réductions valables en ligne ou dans les magasins. Dernier exemple avec Onlineshoes.com, un revendeur de chaussures par Internet. Ce pure-

_318 AOÛT - SEPTEMBRE 2011

bles de commander leur steak cuisiné à domicile. Les acteurs français sont beaucoup plus frileux. Ce qui n’empêche pas certains de tirer leur épingle du jeu, comme Rue du Commerce qui éditait un catalogue en deux millions d’exemplaires l’année dernière. Ou Pixmania et ses catalogues de tendances distribués près des transports en commun lors du lancement de leurs boutiques. André Delbecq souligne toutefois les limites du média papier pour ces acteurs: « C’est une question de maturité et de taille d’entreprise. L’évolution du business model est primordiale et il faut une certaine taille critique pour se lancer. Là le papier peut les aider à prospecter, fidéliser… C’est une arme additionnelle permettant d’accélérer son expansion. » SUITE >


16-23 Evenement 318_Mise en page 1 12/09/11 12:08 Page21


16-23 Evenement 318_Mise en page 1 12/09/11 12:08 Page22

22 ÉVÉNEMENT

Focus PRÉPARATION DES ACHATS

2% 4%

9%

22% 72%

2% - Les opportunistes : s’informent dans les magasins mais achètent sur Internet. 4% - Les pionniers font tout sur Internet. 22% - Les conservateurs font (encore) tout en magasin ou via prospectus / catalogues. 72% - Préparent sur Internet. ils s’informent en ligne sur les produits et les prix mais achètent en magasin. Source : Proposition Index 2011 Survey - Online retailers, OC&C analysis.

PLUS DE RÈGLES ET POURTANT… La seule règle est qu’il n’y en a aucune! Ce postulat qui ne déplairait pas au personnage incarné par Al Pacino dans Scarface, s’applique également aux catalogues papier dans la vente à distance. « Les schémas sont très différents en fonction du type d’entreprise, de son histoire, de sa cible et de son secteur d’activité. Chez Haléco, la sortie du catalogue général continue d’avoir un impact très fort sur le niveau des commandes. En revanche, je ne pense pas qu’il en serait de même pour une enseigne comme Spartoo, dont les mécanismes sont très différents… », explique Gérard Colombani. Alain Guinberteau met en avant un point intéressant, mais rarement évoqué, celui du temps de disponibilité des consommateurs: « Le temps passé devant son ordinateur est devenu supérieur à celui passé devant la télévision et les consommateurs n’ont plus le temps d’aller chercher des affaires ailleurs que sur les sites internet qu’ils connaissent déjà. Le papier est très intrusif et émerge beaucoup plus facilement. Il doit donc être utilisé! » Si Alain Guinberteau prêche légitimement pour sa paroisse, d’autres analyses tendent à tordre le cou aux raccourcis trop évidents. Parmi eux, celui du profil des internautes. Pour beaucoup, il paraît évident que les plus jeunes ne manifestent aucun intérêt pour le média papier… « L’idée du catalogue est de déclencher une visite sur un site web marchand puis une commande. Il faudrait donc mesurer l’impact du catalogue sur le trafic web pour avoir une idée précise. Mais

x Outre Internet, l’autre menace, bien réelle, est celle des téléphones mobiles.

_318 AOÛT - SEPTEMBRE 2011

concernant les populations les plus jeunes, si elles sont rompues à l’exercice de la commande sur Internet, elles seront davantage attentives et séduites par le média papier en amont. » Par ailleurs, les patrons d’entreprise continuent de compter sur le catalogue papier, selon une étude réalisée par actionco.fr et Pitney Bowes en 2009. 53 % des entreprises européennes et 58 % des entreprises américaines pensent que la suppression du courriel promotionnel de leur mix marketing au profit des médias électroniques tels que le Web, l’e-mail, les SMS ou encore via les réseaux sociaux, nuirait considérablement à leurs activités de prospection. LE RÔLE DES IMPRIMEURS On vous le dit, plus aucune règle ne peut s’appliquer de manière stricte. La fin du dogme est une bonne nouvelle pour les imprimeurs. Stéphane Claret souligne la difficulté à réaliser des catalogues papier pour les éditeurs: « Attention, il est complexe de les concevoir, mais les pure-players sont bien armés avec des bases de données images et textes déjà très fournies. » Les nouveaux outils de conception et d’impression permettent le versionning. Ce qu’a notamment mis en place Gérard Colombani pour Haléco: « Nous avons la possibilité de sortir des catalogues personnalisés en petites quantités sur les gammes de produits qui intéressent tel ou tel client. Moins développée en Europe qu’aux États-Unis, cette pratique pourrait se généraliser dans les mois à venir avec l’accélération du cycle des promotions et du renouvellement des gammes. Des pratiques qui pourraient également générer de nouveaux types d’imprimés, totalement personnalisés, à l’image de Botanic qui, grâce à son système de cartes de fidélité, est capable d’enrichir sa base de données. Et de l’exploiter dans toutes ses dimensions, print y compris! ■


16-23 Evenement 318_Mise en page 1 12/09/11 12:08 Page23


24-25 Chiffres cles 318 M2_Mise en page 1 12/09/11 11:56 Page24

24 CHIFFRESCLÉS OFFSET : CHUTE DES VENTES EN FRANCE

Groupes offset y compris vernis 35 x 52 (2 poses) 52 x 74 (4 poses) 70 x 100 (8 poses) 100 x 140 120 x 160 Total

2010

2009

2008

59 241 260 13 5 578

100 311 320 7 31 769

227 460 477 38 17 1 219

Source : Syndicat national des fournisseurs d’équipements pour les industries papetières et graphiques (SIPG) – commission impression offset feuilles.

330 C’EST, EN MILLIONS, LE NOMBRE DE CARTES POSTALES ET DE CARTES DE VŒUX VENDUES CHAQUE ANNÉE EN FRANCE POUR UN CHIFFRE D’AFFAIRES DE 402 MILLIONS D’EUROS. LES FRANÇAIS ACHÈTENT 7 CARTES PAR AN CONTRE 54 POUR LES BRITANNIQUES.

24,2 C’est, en heures, le temps passé en moyenne par les Européens sur Internet*. Les Néerlandais sont les plus assidus et les Autrichiens sont les moins friands. Les Français sont dans la moyenne avec 24,9 heures. * Source : Comscore.

13 3000 C’est, en milliards d’euros, le chiffre d’affaires que devrait réaliser en 2015 le commerce sur téléphone mobile, y compris les ventes d’applications mobiles. Selon le cabinet conseil Xerfi, ce chiffre était de 500 millions d’euros en 2010.

_318 AOÛT - SEPTEMBRE 2011

C’est le nombre de nouveaux mots renfermés dans l’édition 2012 du Petit Larousse Illustré auxquels viennent s’ajouter 60 nouvelles personnalités.

France Graphique est imprimé sur Sappi│Magno™ Satin 115 g/m².


24-25 Chiffres cles 318 M2_Mise en page 1 12/09/11 11:56 Page25

CHIFFRESCLÉS 25

11 076 5,3 C’est le nombre de visiteurs qui, au mois de juin, ont fréquenté la treizième édition du Salon Graphitec, un chiffre en progression de 4 % par rapport à la précédente édition.

C’est, en milliards, le nombre d’abonnés à la téléphonie mobile dans le monde en 2010*. La zone Asie-Pacifique arrive très largement en tête avec 2,65 milliards d’abonnés. * Source: International Telecommunication Union (ITU).

2 12,20 C’est, en euros, le prix moyen d’un livre numérique, soit 21,3 % de moins que celui d’un livre papier. Source : Observatoire du livre et de l’écrit en Ile-de-France (Motif).

Comme le nombre de nouvelles librairies/maisons d’édition inaugurées le 15 juin dans le 5e arrondissement de Paris (quartier Latin). En 2000, 225 librairies y étaient recensées. En 2010, leur nombre était tombé à 124.

80000 C’est environ le nombre de livres papier disponibles aujourd’hui en version numérique contre 70000 il y a un an. Source : Observatoire du livre et de l’écrit en Ile-de-France (Motif).

_318 AOÛT - SEPTEMBRE 2011


26-31 investir 318 M1_Mise en page 1 12/09/11 13:39 Page26

26 INVESTIR PHOTO GRAND FORMAT

Une suite logicielle pour créer des négatifs

L

a firme américaine HP vient de lancer une nouvelle suite logicielle pour l’imprimante photo HP Designjet Z3200. Gratuite et téléchargeable, elle permet aux photographes professionnels d’imprimer un négatif numérique provenant d’un film numérisé, d’un fichier ou d’une capture numérique sur substrat transparent. Ce négatif pourra ensuite servir de source pour la production de tirages photos argentiques noir et blanc grand format grâce à un procédé par contact. La taille du tirage final étant identique à celle du transparent, elle permet à un négatif original de 35 mm d’atteindre la taille d’une impression de 44 pouces.

Disponible dès le mois de septembre, la suite logicielle Négatif photo grand format inclut un paramètre prédéfini pour papier pour la série d’imprimantes photo HP Designjet Z3200. Elle peut être utilisée avec des papiers argentiques, notamment de gradation fixe ou variable, ou pour produire des tirages grand format d’images 35 mm, agrandir des images à partir de négatifs anciens ou endommagés, ou archiver des fichiers numériques sur un support physique comme le film ou le papier. ■ PLUS D’INFOS SUR :

www.hp.com/go/digitalnegative www.hp.com/go/designjet

La nouvelle application lancée par HP permet aux photographes professionnels de créer des négatifs photo en grand format pour des tirages argentiques en noir et blanc de haute qualité.

FINITION

Une pelliculeuse en ligne avec vernissage jet d’encre à UV sélectifs

A

utobond vient d’équiper l’imprimerie Sense Creative (Grande-Bretagne) de sa première pelliculeuse en ligne avec unité de vernissage jet d’encre UV sélectif. Le constructeur estime que les vernis UV sélectifs sont majoritairement appliqués sur film mat au moyen de presses sérigraphiques traditionnelles, ce qui en fait un procédé trop cher et lent pour des tirages courts. Autobond espère donc, grâce à sa nouvelle pelliculeuse, intéresser autant les imprimeurs numériques que les offsettistes en produisant un éventail de travaux, allant de brochures haut de gamme à des couvertures de livre en courts tirages. La 36 SUV d’Autobond intègre des lampes à séchage sous

_318 AOÛT - SEPTEMBRE 2011

DEL, qui ne produisent pas d’ozone et utilisent environ le cinquième de l’énergie requise par des lampes UV classiques. Elles demeurent froides, ce qui réduit par ailleurs le risque d’incendie. « Nous pouvons produire

Autobond espère intéresser autant les imprimeurs numériques que les offsettistes avec la 36 SUV.

de manière rentable une carte de visite, en tirage aussi petit que 25 exemplaires, avec pelliculage et vernis UV sélectif sur une face et film magnétique sur l’autre, et elles seront même découpées au format spécifique », précise-t-on chez Creative Sens. « En ajoutant, au moyen de la ligne Autobond, un vernis chaud sur des feuilles chaudes, nous obtenons un effet brillant fabuleux, de loin supérieur à tout ce qui peut être produit sur une presse sérigraphique. Le vernis coule comme un rêve, tout simplement. La vitesse est également phénoménale. Les clients nous envoient des travaux au format PDF, nous les convertissons au format BMP et les dirigeons sur la 36 SUV en dix secondes environ. » ■ France Graphique est imprimé sur Sappi│Magno™ Satin 115 g/m².


26-31 investir 318 M1_Mise en page 1 12/09/11 13:39 Page27


26-31 investir 318 M1_Mise en page 1 12/09/11 13:40 Page28

28 INVESTIR CONSOMMABLES

Un kit générique pour remplacer les toners d’origine

K

atun Corporation, spécialiste des pièces et consommables génériques dédiés à la bureautique, vient de mettre sur le marché un kit de toners sous le nom de Katun® Business Color et à destination des imprimantes et copieurs numériques Toshiba e-Studio 2500C/ 3510C. Ces toners sont compatibles avec les toners d’origine de la marque Toshiba et peuvent être installés avant ou après, sans entraîner aucune dégradation de la qualité de la copie. Katun propose également de nouveaux toners monochromes pour les imprimantes/copieurs numériques Ricoh Aficio de la série 1022/3025/MP2510/MP3350. « Ce toner a été développé pour fournir une performance équivalente au

produit d’origine. Cela va de la qualité d’impression, la densité de l’image, la reproduction des demiteintes, les niveaux de fond, les rendements d’impression/copie, et la performance d’adhésion/de fusion du toner », précise Bob Moore, viceprésident du secteur développement des produits. « Non seulement vous bénéficiez des économies

Ces toners reconditionnés fournissent une qualité d’image et une reproduction des couleurs excellente.

réalisées et de l’augmentation de la marge de profit, mais vous pouvez également y parvenir sans sacrifier la performance d’impression ». Ces toners existent par ailleurs pour les systèmes d’impression Canon iR 5050/5055/5065/5075. Ils ne sont disponibles que par le biais du catalogue en ligne sur www.katun.com. ■

POLYVALENCE

Multi-supports et multi-formats

D

estinée au marché des arts graphiques et tout naturellement aux imprimeurs offset, la nouvelle presse numérique Meteor DP8700 XL est présentée par le constructeur français MGI Digital Graphic Technology comme la plus polyvalente du marché. D’un format qualifié d’unique en feuille (jusqu’au 330 x 1020 mm), la Meteor DP8700 XL est en mesure de traiter une vaste gamme de supports standards non traités tels que les papiers (de 70 à 350 g), les plastiques (de 100 à 400 microns) et les enveloppes aux formats C5, DL et C4, mécanisables ou non et avec ou sans fenêtre. Pilotée par un RIP incluant 20 trames régulières et 5 trames stochastiques,

_318 AOÛT - SEPTEMBRE 2011

La Meteor DP8700 XL a été présentée en première mondiale lors du Salon Graphitec qui s’est déroulé au mois de juin dernier à Paris.

elle offre une qualité d’impression jusqu’à 3600 dpi (270 lpi). Équipée d’un chargeur pneumatique offset de grande capacité et d’une nouvelle table de marge automatisée, elle peut produire jusqu’à 600000 pages par mois. Elle dispose en outre d’un système infrarouge intégré permettant de conforter cette productivité et, en

option, un nouveau margeur à enveloppes pour une production à la demande. « Cette presse permet aux imprimeurs traditionnels de produire des travaux de qualité équivalente à l’offset avec une mise en œuvre simplifiée pour les courts et moyens tirages. Une solution qui leur apporte une plus forte réactivité, tout en leur permettant d’améliorer leurs marges », indique Laurent Boumendil, directeur de la communication de MGI. Enfin, parmi les autres spécificités de cette nouvelle presse, il convient de mentionner un RIP Fiery de dernière génération, un spectro-densitomètre fourni en standard pour une calibration colorimétrique qualifiée de « professionnelle », ainsi qu’une table lumineuse intégrée. ■


26-31 investir 318 M1_Mise en page 1 12/09/11 13:40 Page29


26-31 investir 318 M1_Mise en page 1 12/09/11 13:40 Page30

30 INVESTIR NUMÉRIQUE COULEUR

Ricoh lance trois systèmes de production Ces nouveaux systèmes constituent des solutions rentables pour les entreprises désireuses d’étoffer leur offre en moyens et courts tirages.

R

épondre aux demandes du marché d’impression de production couleur pour les courts et moyens tirages, tel est l’objectif des responsables de la division Production Printing de Ricoh avec le lancement de sa nouvelle gamme de systèmes d’im-

pression numérique couleur. « Avec les Ricoh Pro C651EX et C751EX (versions avec scanner) et le Ricoh Pro C751 (version imprimante), nous entendons conforter notre position comme acteur majeur de l’impression de production de documents en moyens et courts tirages », précise

Pierre-Antoine Huré, directeur de la division Production Printing de Ricoh France. Ces nouveaux systèmes mettent en œuvre la technologie VCSEL (Vertical Cavity Surface Emitting Laser) permettant une résolution de 4800 x 1200 dpi, et font appel aux nouveaux toners polymérisés PxP alliés à une technologie sans huile. Équipés du nouveau serveur d’impression EFI Fiery E41A, ils sont en mesure de supporter des cadences d’impression élevées: de l’ordre de 65 et 75 pages par minute, soit 3900 et 4500 pages par heure, selon les responsables de Ricoh. Acceptant une grande diversité de supports (jusqu’à 300 g/m2), ces nouveaux Ricoh Pro produisent un large éventail d’applications telles que des brochures, des flyers, des mailing, des rapports, des albums photo, des livres à la demande, avec un large choix de finitions en ligne. ■

OFFSET À LA DEMANDE

Impression et façonnage instantanés

P

ouvoir enchaîner impression et façonnage sans délai, tel est l’objectif de la nouvelle technologie H-UV développée par Komori. Celle-ci met en œuvre un certain nombre de dispositifs du constructeur conçus autour du concept KHS-AI – système intégré de contrôle de l’impression – auxquels viennent s’ajouter une lampe de séchage H-UV sans ozone et des encres sensibles. En dehors du fait d’offrir aux imprimeurs commerciaux tous les bénéfices d’un séchage instantané, les responsables de Komori mettent notamment en avant la réduction du coût initial par rapport à un système UV standard, la réduction du coût des lampes et de la consommation électrique ainsi que le très faible dégage-

_318 AOÛT - SEPTEMBRE 2011

Démonstration de la technologie H-UV sur une presse LS-529H.

ment de chaleur et l’élimination de l’ozone. Ce nouveau système exclusif de Komori permet de ce fait un séchage rapide sans poudre, réduisant les besoins en surfaces de séchage et les temps d’attente afférents. il répond ainsi aux exigences de délais serrés. Autres avantages

soulignés par le constructeur japonais : la réduction de la gâche papier et les problèmes de réimpression mais également un impact moindre sur l’environnement par une réduction des émissions de CO2. En termes de résultats d’impression, les atouts également ne manquent pas. « Ce système offre une liberté de création sur tous les types de supports même avec des aplats et permet des choix de couleurs faciles et immédiats dans la mesure où les phénomènes de réduction du brillant par séchage n’existent plus », reconnaît Sébastien Monin, directeur commercial de Komori France. Fruit d’un développement commun entre Komori et des fabricants d’encres et de lampes, le système H-UV ouvre la voie à l’offset à la demande. ■


26-31 investir 318 M1_Mise en page 1 12/09/11 13:40 Page31


32-35 Creer typo 318 M1_Mise en page 1 12/09/11 13:33 Page32

32 CRÉER Cela fait maintenant deux ans que cette rubrique Créer Typo est dévolue à des créateurs typographiques contemporains. De tous ceux auxquels un portrait a été consacré, Julien Priez est le plus jeune et l’un des plus talentueux de sa génération. Comme quoi la valeur n’attend pas toujours le nombre des années…

LES LANGAGES DE LA TYPO Par Rodolphe Pailliez

a ville constitue pour la lettre en général et pour la typographie en particulier un champ d’exploration, un terrain d’appropriation et d’instigation à nul autre pareil. La densité, la contagion et la puissance des différents signes se transforment en un véritable et formidable kaléidoscope. Aux différentes formes d’écritures correspondent de multiples supports d’inscription. Omniprésente au sein de l’espace urbain, la typographie est bien vivante. La lettre dans la rue intègre la notion de spatialité tandis que la polyvalence et la diversité des écritures urbaines sont autant de thèmes de réflexion qui replacent la rue au cœur même de la problématique. Le second Printemps de la typo organisé au mois de mai dernier à Paris par l’École Estienne sur le thème « Écrire la ville »(1) a été l’occasion de réfléchir sur le sens et le rôle des écritures en milieu urbain. Cette manifestation a également été l’occasion pour Julien Priez, sorti un an plus tôt de l’établissement du boulevard Blanqui par la grande porte avec un Diplôme supérieur des arts appliqués en design typographique en poche, de présenter son travail sur « Les caractères de Montreuil ». L’objet même de son sujet de diplôme déjà exposé lors des prestigieuses Rencontres internationales de Lure en 2010.

L

_318 AOÛT - SEPTEMBRE 2011

D’EUGENIE-COTTON À ESTIENNE La ville de Montreuil a joué et continue de jouer un rôle important dans la vie et le travail de Julien Priez même si celui-ci vit désormais dans la commune voisine de Bagnolet. C’est à Montreuil qu’il est né et c’est là, au lycée Eugénie-Cotton, qu’il s’est familiarisé d’abord avec les arts appliqués, puis ensuite avec la communication visuelle et ses différentes composantes: le graphisme, la publicité, l’édition. De cette période qui remonte au milieu des années 2000, émerge le nom de Stéphane Darricau. Cet ancien élève d’Estienne et professeur

agrégé d’arts appliqués, enseigne la communication visuelle, l’histoire de l’art et celle de l’imprimé à Eugénie-Cotton. « Après l’avoir eu comme professeur d’histoire de l’art pendant les deux années où j’ai préparé mon bac en Arts appliqués, j’ai eu envie de continuer mes études avec lui et c’est comme cela que j’ai préparé un BTS en Communication visuelle », confie Julien Priez. « Tout jeune, je voulais être dessinateur, c’est ainsi que je me suis tourné vers les arts appliqués. Par la suite et grâce à Stéphane Darricau, j’ai découvert le graphisme, la typographie, l’histoire de l’im- SUITE >

Focus La ville en mouvement L’Institut pour la ville en mouvement (IVM) a fêté en 2010 ses dix ans d’existence. Créé en juin 2000 par le groupe PSA Peugeot Citroën, il a pour mission de développer des actions internationales innovantes et des expérimentations sociales, organisationnelles, scientifiques, techniques et culturelles. Recherches, actions et partage des connaissances ont balisé cette dernière décennie. L’IVM a été conçu comme un carrefour international où se rencontrent ceux qui pensent la ville, ceux qui la font et ceux qui la vivent. À noter, parmi les contributions à cette réflexion, « La rue est à nous tous! », livre-catalogue de l’exposition organisée par l’IVM et publié par les Éditions Au diable vauvert. www.ville-en-mouvement.com

France Graphique est imprimé sur Sappi│Magno™ Satin 115 g/m².


32-35 Creer typo 318 M1_Mise en page 1 12/09/11 13:35 Page33

CRÉER 33

Focus JULIEN PRIEZ • 1986 : naissance le 14 janvier à Montreuil (Seine-Saint-Denis). • 2004 : obtient le Bac STI Arts appliqués au lycée Eugénie-Cotton (Montreuil). • 2005 (juin-juillet) : suit un stage à l’imprimerie Franck Renard (Montreuil). • 2006 (juillet) : obtient un BTS Communication visuelle, graphisme, publicité, édition au lycée Eugénie-Cotton. • 2007 (juin-septembre) : graphiste au sein de NKB Archi à Hanoï (Vietnam). • 2008 (juillet) : obtient un Diplôme des métiers d’art (DMA) en typographisme à l’École supérieure Estienne (Paris). • 2009 (février-mai) : étudiant Erasmus Sint-Lucas Beeldende Kunst à Gand (Belgique). • 2010 (juin) : obtient le Diplôme supérieur des arts appliqués (DSAA) Création typographique, mention excellent à l’unanimité du jury, à l’École supérieure Estienne. • 2010 : graphiste et typographe au sein de l’Atelier Pierre di Sciullo (Montreuil). • 2010 : participation aux Rencontres internationales de Lure sur « Les caractères de Montreuil ». • 2010 (novembre) : anime une conférence sur « Les caractères mobiles » à l’Ecole de design de Nantes Atlantique. • 2011 : graphiste et typographe freelance, professeur de calligraphie pour l’association Ductus. • 2011 (janvier) : participation au groupe de recherche Hypertexte sur les écritures hypertextuelles. • 2011 (mai) : anime une conférence dans le cadre du Printemps de la Typo à l’Institut national du patrimoine (Paris). www.julienpriez.com


32-35 Creer typo 318 M1_Mise en page 1 12/09/11 13:35 Page34

34 CRÉER

primé et des techniques d’impression. C’était un enseignement riche et on était très soutenu », se souvient-il. Le prolongement de ces années Eugénie-Cotton se fait tout naturellement en direction de l’École Estienne même si, à l’époque, tout cela lui paraissait un peu inaccessible. Vient alors le temps de la maturité. « Il fallait prendre du recul, intégrer et digérer le vocabulaire et les différents codes graphiques », souligne-t-il. Le Diplôme des métiers d’art (DMA) en typographisme est pour lui l’occasion de découvrir la calligraphie et le dessin des lettres tandis que le graphisme est mis entre parenthèses. Il a notamment comme professeurs, Franck Jalleau(2) et Michel Derre. De son côté, le Diplôme supérieur des arts appliqués (DSAA) en design typographique permet de « réconcilier » ou tout au moins de mixer graphisme et typographie. Les caractères de Montreuil, sujet du diplôme obtenu avec la mention excellent, sont là pour en témoigner. MIXITÉ ET DIVERSITÉ DE LA VILLE L’originalité du caractère le Montreuil n’a d’égal que la profondeur de la démarche entreprise comme l’explique le jeune créateur. « Ce système typographique a été conçu afin d’actualiser la communication de la ville de Montreuil et signifier la mixité et la diversité socioculturelle de celle-ci », indique-t-il sur un plan général avant d’entrer dans les arcanes de son élaboration. « La manipulation de cette typographie s’inspire du système de composition des claviers de téléphones portables. C’est-à-dire qu’il n’y a pas qu’une seule lettre, par exemple, dans la touche « a » du clavier de l’ordinateur. Ainsi, le graphiste peut-il choisir le signe, le module qu’il souhaite, en tapant plusieurs fois sur les touches de son clavier. »

_318 AOÛT - SEPTEMBRE 2011

Caractère modulaire et ludique, au système de composition puissant et un peu fou, pour reprendre ses propres termes, le Montreuil se veut un caractère à l’image de la ville: vital, mobile, multiple et structuré. « Tous les signes, modules et lettres sont dessinés pour être combinables. Il est alors possible d’agir directement sur le dessin des lettres, de tout mélanger pour créer des lettrages originaux; d’écrire le mot « vélo » ou de dessiner un vélo », précise-t-il en guise de « mode d’emploi ». INVESTIR ET HABILLER LA VILLE Étant né et ayant fait une partie de ses études à Montreuil, Julien Priez trouve tout naturel de s’être penché sur l’identité de cette ville. « J’ai voulu développer un lettrage qui renvoie à la fois au côté humain et au patrimoine de cette ville à laquelle je suis attaché. C’est une ville riche avec une histoire et un passé industriel », souligne-t-il. Le désormais résident à Bagnolet aime inscrire son travail dans l’environnement urbain. « Que ce soit par le biais d’affiches ou de graphismes, c’est une façon de pouvoir habiller la ville, de l’investir. » Caractère mono-chasse qui ne se soucie pas de respecter les bonnes approches entre les lettres, le Montreuil est selon lui une idée « toute bête », ludique et qui s’apparente à un jeu de construction aux combinaisons multiples, voire à l’infini. Au fil de la conversation, il dévoile certaines de ses sources d’inspiration. Comme les inscriptions figurant au fronton de l’ancienne usine Dufour située boulevard Chanzy à Montreuil, site référencé au sein de l’inventaire du patrimoine industriel en raison de son architecture remarquable. Sur la façade de ce bâtiment témoignant du passé industriel de la ville, figurent des inscriptions (« MACHINES OUTILS MODERNES – MÉCANIQUE de PRÉCISION G. DUFOUR ») dont le tracé l’a

interpellé avant de peut-être l’influencer. Même s’il estime qu’il faut bien évidemment « créer ses propres outils, son propre vocabulaire. » UN AUTO-APPRENTISSAGE PERPÉTUEL Les travaux de Julien Priez sont extrêmement variés. Si l’ordinateur portable n’est jamais très loin, il en va également de même pour ces carnets à la couverture noire dans lesquels ils consignent ses recherches en matière de calligraphies, d’écriture. « Si, au bout du compte, les résultats peuvent sembler variés, j’aime les allers et retours entre réalisations classiques et plus expérimentales. C’est un auto-apprentissage perpétuel. J’essaie de créer tous les jours car, dans ce métier, il faut pouvoir montrer des projets en permanence et pas toujours les mêmes », souligne-t-il tout en reconnaissant que ses carnets de calligraphie constituent pour lui la partie la plus importante de son travail. Pour ce faire, il multiplie les expériences, comme la création de l’identité visuelle d’une pizzeria de Bagnolet qui allie une forme typographique traditionnelle faisant référence aux enseignes des restaurants et l’esprit des graffitis de la ville réputée précisément pour son festival Graffiti Kosmopolite. D’ici à la fin de l’année, il verra un de ses caractères figurer sur le catalogue en ligne du Bureau des affaires typographiques – BAT(3), dont certains des membres sont diplômés d’Estienne et ont leur atelier à Montreuil. Le Jimmy créé pour le secteur de l’édition côtoiera alors le Francesco de Franck Jalleau, son ancien professeur à l’École Estienne, lequel ne tarit pas d’éloges sur celui qui s’efforce, chaque jour, de mettre sur son blog une nouvelle affiche ou calligraphie! ■ (1) France Graphique n° 317 (juin/juillet 2011). (2) France Graphique n° 316 (avril/mai 2011). (3) France Graphique n° 311 (juin 2010).


32-35 Creer typo 318 M1_Mise en page 1 12/09/11 13:35 Page35


36-37 Creer produits 318 M1_Mise en page 1 12/09/11 13:36 Page36

36 CRÉER ÉDITION

L’Alphabet de Raymond Queneau Cette année marque le trente-cinquième anniversaire de la mort de l’auteur de « Zazie dans le métro ». Découvrir un inédit du fondateur de l’Ouvroir de littérature potentielle (Oulipo) est toujours un plaisir rare. À un texte original répond une création typographique de très grande qualité.

1

Focus LE CONTEXTE De l’ouvrage « Exercices de style » (récit décliné en une centaine de styles) à « Cent mille milliards de poèmes », véritable livre-objet permettant au lecteur de combiner lui-même des vers afin de composer des poèmes, en passant par le groupe de recherche littéraire Oulipo, Raymond Queneau a fait de l’expérimentation un des axes de la construction de son œuvre, non sans humour parfois.

LA RÉALISATION

2

« Alphabet » est un texte inédit et spirituel de Raymond Queneau sur l’origine de l’alphabet. La première édition a été imprimée à 90 exemplaires en 2001. Celle, présentée ici, est une version qualifiée de grand public.

QUI A FAIT QUOI ? Éditions de la Goulotte : implantées à Vézelay (Yonne), elles sont à l’origine de la première édition et proposent des livres d’artistes linogravés et imprimés à la main, tirés à quelques exemplaires. La nouvelle édition est co-éditée avec les Éditions Findakly (Paris). Claude Stassart-Springer : directeur des Éditions de la Goulotte, il est l’auteur des 14 planches linogravées. Imprimerie Clerc : entreprise familiale créée en 1878, elle a réalisé cet ouvrage. Imprimerie de labeur implantée à Saint-Amand-Montrond (Cher), elle est entrée dans le groupe Qualibris en 2007.

3 La technique : les textes sont composés en linogravure, type de gravure dite en « taille d’épargne » où l’encre se pose sur les parties non retirées. C’est une technique proche de la gravure sur bois.

1

_318 AOÛT - SEPTEMBRE 2011

Le format: l’ouvrage – au format carré (20,5 x 20,5 cm) – est constitué de quatorze planches/séquences correspondant aux quatorze lettres du prénom et du nom de Raymond Queneau.

2

La présentation: livre broché, « Alphabet » est présenté sous reliure cartonnée libérant les quatorze séquences qui se déplient en accordéon. L’ensemble constitue une fresque typographique longue de près de trois mètres.

3


36-37 Creer produits 318 M1_Mise en page 1 12/09/11 13:36 Page37

CRÉER 37 GRAND FORMAT

La carte trompe-l’œil Focus LE CONTEXTE

LA RÉALISATION

QUI A FAIT QUOI ?

À la suite du déménagement du siège central de la banque à Villejuif (Val-de-Marne), LCL a lancé la rénovation de l’un de ses plus beaux fleurons situé au 19 boulevard des Italiens dans le neuvième arrondissement de Paris. L’objectif est de rendre à ce bâtiment sa vocation première, c’est-à-dire accueillir à nouveau les clients. Dès la fin 2011, l’Hôtel des Italiens sera dédié à la clientèle Banque Privée et Entreprises.

Afin de masquer les opérations de rénovation des façades et de réaménagement, l’ancien siège central de LCL est, depuis la mi-juin et pour une durée de quatre mois, habillé d’une immense toile mettant en scène un décor rappelant les maquettes de ville en carton. Le trompe-l’œil ainsi réalisé simule de façon saisissante l’utilisation de papier mâché, de carton, de dessins, de scotch, etc. Cette mise en scène de 2 000 m2 a été installée en cinq jours.

Athem : agence spécialisée dans la mise en scène de marques sous forme de communication très grand format. Paragrammme : agence de communication institutionnelle et publique (conception éditoriale, rédaction, conception et réalisation graphique).

_318 AOÛT - SEPTEMBRE 2011


38-39 Anticiper 318 M2_Mise en page 1 12/09/11 13:42 Page38

38 ANTICIPER DATA MINING

Apprendre le jeu des données

Nick Craig Waller, directeur marketing de l’Ipex.

L

’année dernière, Rollin Ford, directeur des systèmes d’information chez Wal-Mart, a déclaré dans The Economist: « Chaque matin je me lève et je me demande comment je peux obtenir un meilleur flux de données, mieux les gérer et mieux les analyser? ». Les fournisseurs de services d’impression peuvent tirer un enseignement de l’obsession de Rollin Ford pour les données. Le flux, la gestion et l’analyse des données sont des compétences essentielles pour les fournisseurs d’impression d’aujourd’hui. Les données numériques ne sont pas une nouveauté dans l’impression. En effet, l’industrie connaît une réelle révolution du numérique depuis plus de 30 ans, depuis l’apparition à la fin des années 1970 des premiers systèmes de composition de pages électroniques. Cependant, l’expérience du traitement des données de production n’implique pas automatiquement la réussite des fournisseurs d’impression sur le marché du numérique.

_318 AOÛT - SEPTEMBRE 2011

EXPLOITER PLEINEMENT LES STATISTIQUES Les données peuvent se trouver au mauvais endroit, par exemple, dans un département informatique non conscient de leur valeur pour le marketing. Ou encore, la société peut ne pas disposer des ressources requises pour analyser les données, une possibilité soulignée par l’économiste en chef de Google, Hal Varian, qui a déclaré au New York Times: « Je ne cesse de clamer que le job le plus sexy dans les dix prochaines années sera celui de statisticien. Et je ne plaisante pas. » Il a développé son point de vue dans un article de Wired, en soulignant l’écart entre des données « omniprésentes et bon marché » et la rareté de compétences analytiques pour les exploiter pleinement. Alors, quel est le rapport avec l’impression? Le futur de l’impression repose sur l’intégration avec les autres médias numériques. Selon une étude récente réalisée par Fusion Communications, 27,5 % des mercaticiens sont déjà impliqués dans des campagnes de marketing intégré, incluant l’impression, le marketing numérique et les procédures analytiques, et 66 % pensent qu’il est probable que ces campagnes se développent. Un grand magazine spécialisé dans le commerce inter-entreprises, a rapporté des niveaux similairement élevés d’intérêt dans ces campagnes « inter-médias », avec 57 % des acheteurs et des mercaticiens prévoyant d’intégrer l’impression à l’e-mail, aux SMS et au Web dans leurs futures opérations de marketing. Jusqu’à aujourd’hui l’industrie est restée hésitante concernant les nouveaux moyens de communication. Bien sûr, les sites web des fournisseurs de services d’impression se sont beaucoup améliorés ces dernières années, et poursuivront leurs efforts alors que les workflow du webto-print deviennent un phénomène

courant. Toutefois, la grande majorité des fournisseurs de services d’impression n’est pas convaincue que la toute dernière révolution des communications que sont les médias sociaux soit essentielle à leur futur ou ne soit qu’une distraction passagère. Cependant, quoi que pensent les fournisseurs de services d’impression des médias sociaux, les mercaticiens qui achètent de l’impression développent presque assurément des présences sur Facebook, Twitter et LinkedIn, et envisagent aussi probablement ceux qui sont relativement nouveaux venus comme Groupon. Alors impossible de les ignorer. CONSTRUIRE UNE COMMUNAUTÉ DYNAMIQUE La force d’Ipex World repose sur sa façon d’exploiter les données complètes générées avant, pendant et après Ipex 2010 pour fournir les fondations d’une communauté réellement internationale au sein de laquelle toutes les parties (fournisseurs de services d’impression, fabricants, associations, éditeurs, consultants) peuvent interagir, communiquer en réseau et résoudre leurs problèmes. Grâce à ces ressources de start-up, Ipex World a déjà réalisé beaucoup. À l’avenir, la réalisation de son potentiel dépendra de la contribution de l’industrie dans son ensemble, parce que comme pour toute communauté, elle ne pourra prospérer que si ses membres sont engagés dans son développement. Le fait d’aider à construire une communauté de réseau dynamique est la meilleure preuve pour leurs clients que les fournisseurs de services d’impression comprennent l’importance des réseaux sociaux. Il est impossible de les ignorer alors autant apprendre à les exploiter dès maintenant. ■ Nick Craig Waller, directeur marketing de l’Ipex

France Graphique est imprimé sur Sappi│Magno™ Satin 115 g/m².


38-39 Anticiper 318 M2_Mise en page 1 12/09/11 13:42 Page39

ANTICIPER 39

3 QUESTIONS À…

Laurence Seguy et Quentin Nichini Directrice des opérations et chef de projet web senior d’Alterway Par Bakhta Jomni

L’agence Alterway a publié un livre blanc des tendances web & design 2011/2012. Conçu comme un outil de communication mais également comme un guide des grandes tendances du webdesign, ce document éclaire le lecteur sur les axes permettant de réaliser un site web au goût du jour et rappelle que les codes graphiques régissant le Web diffèrent de ceux du print.

1

Dans quel contexte est né votre ouvrage sur les tendances du webdesign? Nous avions fréquemment des demandes sur les tendances de la part de clients pour lesquels nous réalisions des sites web. Or ce type de document n’existait pas. Nous avons donc eu l’idée de lancer cet outil, en nous inspirant des tendances publiées chaque année pour les couleurs et motifs de la mode. Ce produit n’est pas destiné à être vendu mais offert. La communication web est un métier relativement nouveau. Cet outil est donc la concrétisation de huit ans de travail puisque l’agence est née en 2006. L’objectif était de créer de la notoriété et d’occuper le terrain. C’est une mise en bouche de ce que nous proposons mais nous ne donnons bien entendu pas toutes les recettes. Nous sommes opérateur de services Opensource. Nous avons donc une forte culture du partage. Nous avons préféré le mettre à disposition en format PDF que de le faire imprimer. Le livre blanc a été téléchargé plus de 800 fois en deux mois via notre site.

2

Quel intérêt un imprimeur ou un chef de fabrication peuvent-ils y trouver ? Le Web a récemment pris le pas sur le print en termes de créativité. Il y a un ou deux ans encore, c’est le Web qui copiait le print. Notre outil pourra être utile à un imprimeur où un chef de fabrication dans la mesure ou il présente les codes spécifiques au Web. L’arrivée des smartphones a modifié les modes de lecture, ce que le print n’a pas forcément anticipé. Les jeunes qui « surfent » ont acquis certains réflexes qui conditionnent leur lecture. Sur support imprimé, cette dernière est linéaire, et va de haut en bas avec une attirance pour les intertitres et les encadrés. En revanche, les pages web sont très rapidement scannées par le lecteur et le regard effectue un mouvement en croix. Il en découle donc forcément des différences. On peut d’ailleurs constater des évolutions, notamment pour les grands titres de presse, qui ne calquent plus leur ergonomie web sur le support papier. Le print s’oriente de plus en plus vers les codes graphiques du Web.

3

Quelles sont les grandes tendances de 2012 ? Le « multiplateforme » est la première tendance importante. Il faut être capable d’adapter son contenu à chaque support et à chaque public. La deuxième grande tendance est l’utilisation de polices non navigateurs. Jusqu’à récemment, il était nécessaire pour certaines polices d’utiliser des images. Seulement, le poids de ces dernières posait problème. C’est donc une révolution technique qui va servir la créativité. Après une longue période pictos, la typographie est véritablement dans l’air du temps. La cartoonisation est aussi très en vogue. Le troisième élément à prendre en compte est l’année présidentielle. Les couleurs de l’année seront probablement le bleu, blanc, rouge. Martine Aubry a d’ailleurs déjà récupéré les codes graphiques (rouge et bleu) de la campagne Obama sur son site. La campagne présidentielle aura des retombées sur le graphisme avec des codes rétro, de style « affiches », ou même de « propagande » et pour le coup, le Web s’inspirera du print. 2012 risque d’être une année de guerre graphique. ■

_318 AOÛT - SEPTEMBRE 2011


40-47 Dossier 318 M1_Mise en page 1 12/09/11 12:03 Page40

40 DOSSIER

GRAND FORMAT

À la croisée des technologies Par Bakhta Jomni

Est-il aujourd’hui possible d’innover dans le grand format? Les supports destinés à la communication visuelle grand format semblent orienter notamment leur évolution vers plus d’écologique et de prêt à l’emploi. Les stratégies des spécialistes du secteur ne sont néanmoins pas uniquement tournées vers l’utilisation de produits dernier cri et chacun essaie d’innover selon ses moyens.


40-47 Dossier 318 M1_Mise en page 1 12/09/11 12:03 Page41

DOSSIER 41

es supports destinés à la communication visuelle grand format varient en fonction de leur utilisation mais surtout de leur traitement. Les supports rigides imprimables sur tables à plat se distinguent des supports souples destinés à l’impression sur bases aqueuses, solvants, écosolvants et latex. Dans un cas, comme dans l’autre, de nombreux supports et matériaux semblent être plébiscités par les spécialistes.

L

LES SUPPORTS EN VOGUE « Sur le rigide, les matériaux le plus souvent utilisés sont le Forex, le Dibond et le PVC », déclare Thierry Griselin, directeur commercial France d’Antalis. Perle Peyny, chef de projet au Comptoir de l’image, note que des développements considérables ont été réalisés sur des supports comme le Dibbond. « Cette matière a été proposée avec des effets bois, miroir, acier brossé et l’intérêt est que l’on peut imprimer, découper, rainurer par la suite », relève-t-elle. Chez Agfa, le Diboard, du carton très rigide, est la tendance du moment. « Nous avons installé beaucoup de machines pour

x Les adhésifs sont de plus en plus transparents et faciles à poser.

Thierry Griselin, directeur commercial France d’Antalis

imprimer sur ce support car il peut être utilisé dans la décoration avec des LED intégrées », souligne Thierry Beaudouin, ingénieur commercial chez Agfa Graphics. « Nous travaillons beaucoup avec Esko sur ce type de support pour faire de la découpe, puis imbriquer et constituer, par exemple, des meubles pour la PLV », souligne-t-il. Le fournisseur Océ pointe de son côté trois autres supports rigides très en vogue. Le support magnétique en rouleau offre une couche imprimable sur le recto et une couche magnétique sur le verso. Utilisé avec une imprimante à plat et une table de découpe, il permet d’imprimer et de découper toutes sortes d’objets allant des magnets aux mini-calendriers personnalisés, en passant par toute une gamme de créations exclusivement destinées à la publicité par l’objet. Les supports PVC épais, qui s’utilisent également en impression table à plat, permet- SUITE >

Focus D’AUTRES MOYENS D’ATTIRER L’ŒIL

Innover par le support n’est pas le seul moyen de susciter l’intérêt du chaland. Ainsi, Europcar s’est démarqué grâce à un dispositif installé par JC Decaux à Londres. La marque a diffusé les messages d’internautes envoyés sur le réseau social Twitter et donnant leur point de vue sur un nouveau service d’Europcar.

600 m² de toiles imprimées ont été nécessaires pour décorer les structures d'accueil du départ du Tour de France. Pour l’occasion, ces bâches ont été conçues sans solvants grâce à un procédé d’impression numérique à base de latex et posées en moins d’une semaine par les équipes d’Ad’Hoc Media.

France Graphique est imprimé sur Sappi│Magno™ Satin 115 g/m².

_318 AOÛT - SEPTEMBRE 2011


40-47 Dossier 318 M1_Mise en page 1 12/09/11 12:03 Page42

42 DOSSIER

tent la mise en valeur par rétro-éclairage de photos ou d’image d’art. Enfin, le Fresking – restauration de fresque – est une impression à plat sur un dépôt encore frais de béton et de chaux associé à une plaque de Dibond standard. « Dans le souple, les innovations sont plutôt sur les zones d’application. MACtac propose, par exemple, des adhésifs pour les sols alors qu’hier encore il était impossible de les poser sur du béton ou un mur. Les adhésifs sont également de plus en plus transparents et faciles à poser », observe Thierry Griselin. Anthony Boulé, responsable production numérique chez Ad’Hoc Média confirme le développement des supports « qui peuvent être collés en intérieur pour éviter la taxe sur la publicité. Nous développons des supports sans colle microperforés qui seront laminés avec un double-face spécifique apposé sur la totalité de la surface », détaille-t-il. Existant depuis 2008 chez Agfa, le film

polyester Synaps a été nettement amélioré. Antistatique mais pas antifeu, il est disponible en format ou en rouleaux, est indéchirable, et contient 99,5 % de polyester et 0,5 % d’air. « C’est un support recyclable avec une opacité certaine, que l’on peut l’utiliser pour faire du backlit », avance Thierry Beaudouin, ingénieur commercial chez Agfa Graphics. « Il peut remplacer beaucoup de choses et sera plus intéressant financièrement que le PVC. Il résiste au froid (– 45 °C) et au chaud (+ 90 °C) et a été amélioré avec des versions brillantes et mates adhésives et dans tous les cas double-face. Il peut être utilisé selon les versions avec des encres UV ou grasses », présente-t-il. Il note par ailleurs le développement dans les boutiques et les stations essence, des oriflammes. « Il existe une dizaine d’acteurs en France, cela vole au vent, c’est joli et c’est facile à ranger. Cela coûte peu et peut se renouveler facilement », note-t-il.

Sur le rigide, les matériaux le plus souvent utilisés sont le Forex, le Dibond et le PVC.

Thierry Griselin, directeur commercial France d’Antalis

Le dispositif mis en place par Light Air place Belcour à Lyon a couru de juillet 2010 à 2011 avec un changement tous les mois. Chacune des réalisations représentait deux faces de 500 m2 chacune.

_318 AOÛT - SEPTEMBRE 2011

Olivier Bellanger, directeur général de Publi24, travaille énormément avec de la bâche commandée chez Ferrari et France Roll. Il vient de réaliser de grandes bâches perforées pour Audi à l’occasion des 24 Heures du Mans. Pas de grands changements à noter selon lui pour ce support qu’il plébiscite souvent, si ce n’est « des systèmes de tension plus performants et qui évoluent continuellement ». Chez Diatechnologies, la grande nouveauté est la gamme TopDeco, une tentative de remédier au Tyvek de Dupont de Nemours, « qui comme toujours, lorsqu’il y a un monopole, reste cher », observe Johann Gaucher, directeur général. La gamme se décline pour les encres aqueuses et pour les encres à solvants. « Notre première version était un non tissé dont la qualité n’était pas suffisante au niveau de l’indéchirabilité. La dernière version sur une base polyester est plus solide et moins chère. Ce produit s’adresse à ceux qui veulent faire de l’affichage courte durée pour trois ou quatre semaines en outdoor. Ce n’est ni du vinyle ni de la bâche donc cela ne fonctionne pas pour de plus longues durées », détaille Jahann Gaucher. « Ce support est uti-

Publi24 a réalisé une bâche pour Audi dans le cadre des 24 Heures du Mans.


40-47 Dossier 318 M1_Mise en page 1 12/09/11 12:03 Page43

DOSSIER 43

lisé par de nombreux supermarchés et notamment par les magasins de bricolage qui ont beaucoup de matériel en extérieur. Pour les promotions de courte durée, le Tyvek était moins avantageux financièrement pour ces supermarchés », plaide-t-il. Le Tyvek, ce support indéchirable imitant le parchemin, connaît néanmoins une très forte progression sur des applications arts graphiques selon Océ qui l’imprime sur sa presse ColorWave 600. LE VENT NOUVEAU APPORTÉ PAR LA DÉCO ET L’ARCHITECTURE D’INTÉRIEUR L’autre axe de développement des supports est celui lié à l’influence grandissante de la décoration et de l’architecture d’intérieur. « En ce moment nous investissons beaucoup en R&D,

La grosse tendance consiste à aller de plus en plus vers des supports utilisables sur tous types de machines. pour du papier peint que l’on peut imprimer de façon personnalisée en jet d’encre grand format », déclare Johann Gaucher, directeur général de Diatechnologies. « On le vendra à des acteurs spécialisés dans la décoration de restaurants, de salles de conférences… ou dans la mise en état de vieilles tapisseries de châteaux », poursuit-il. La société Le Comptoir de l’image, qui a débuté son activité en 1992 avec du laminage, de l’impression sur bois, puis plus récemment de l’impression numérique rigide, souple et de la finition (encadrement, tension

de toiles, etc.), a créé en 2009 un département composé de six personnes pour la décoration et la signalétique intérieure. Il vise principalement les secteurs de l’hôtellerie et de la décoration d’intérieur. « Pour la décoration, nous travaillons sur des matériaux plus spécifiques et plus coûteux. Nous sommes plus libres et les budgets sont moins serrés que dans l’événementiel », précise Perle Peyny, chef de projet. « Nous travaillons beaucoup avec des cabinets d’architectes qui sont à la recherche de nouveaux supports. Ainsi, SUITE >

_318 AOÛT - SEPTEMBRE 2011


40-47 Dossier 318 M1_Mise en page 1 12/09/11 12:03 Page44

44 DOSSIER

pour une collaboration avec un hôtel, nous avons trouvé une alternative à l’ardoise en utilisant du stratifié ardoise moins cher, plus simple à poser et sur lequel on peut travailler sur découpe », illustre-t-elle. Dans ce cadre, son département fait appel à des fournisseurs de papiers peints comme Tec Tex ou à des sociétés de textile dont les gammes larges et texturées apportent une valeur ajoutée au produit fini. « Nous travaillons sur beaucoup de choses en ce moment: du carrelage décoratif pour faire des frises, en petites séries personnalisées, par exemple. Ou encore, c’est l’impression sur cuir ou simili-cuir que nous cherchons à développer depuis trois ans sans avoir pu la commercialiser pour l’instant », expose Perle Peyny soulignant au passage que d’adaptation grandissante des supports à l’impression numérique élargit la gamme de possibilités offertes à son département. Jean-Baptiste Aguettant, directeur commercial et co-associé chez Light Air, spécialiste en communication grand format, montre un intérêt grandissant pour « le milieu du textile car il

semble que cela bouge beaucoup. Il y a plus d’innovation et pour les applications intérieures, dans les hôtels, par exemple, c’est moins vulgaire que de la bâche ». Thierry Beaudouin, ingénieur commercial chez Agfa Graphics note par ailleurs que le polyester est plus facile à recycler que la bâche. « On peut ainsi imprimer des kilomètres de polyester en encre aqueuse à sublimation pour faire de très grands décors », assure-t-il. Outre des produits de plus en plus déco comme les papiers peints ou les laminations avec effet cuir, Thierry Griselin, directeur commercial France d’Antalis, note une influence grandissante de la décoration de véhicule, qui apporte au secteur ses effets high-tech. L’AXE DU DÉVELOPPEMENT DURABLE Chez Light Air, l’utilisation des bâches prend tout son intérêt dès lors que ces dernières sont recyclées grâce aux programmes de Mehler et de Ferrari (Texiloop). En revanche, « les bâches recyclées ne sont pas des matériaux assez stables pour le moment pour

Le polyester est plus facile à recycler que la bâche.

Thierry Beaudouin, ingénieur commercial chez Agfa Graphics

_318 AOÛT - SEPTEMBRE 2011

La rigidité du support cartonné Lightboard permet des réalisations telles que le mobilier de présentation en magasins.

qu’on puisse les utiliser. Nous préférons donc imprimer écologique que d’imprimer sur des supports recyclés », argumente Jean-Baptiste Aguettant, directeur commercial et co-associé. Chez Ad’Hoc Média, « on essaye de plus en plus d’utiliser des supports sans PVC, de faire plus de textile et de développer le polyester. Nous imprimons écolo avec des encres à latex et sans retraitement de cartouches. Nous essayons aussi d’utiliser de l’adhésif sans PVC, pour la décoration et les applications sur vitres », note Anthony Boulé, responsable production numérique. Thierry Griselin, directeur commercial France d’Antalis s’est engagé à développer des produits développement durable, certifiés recyclés et qui peuvent remplacer le PVC et l’acrylique aluminium. Le Lightboard, utilisé auparavant dans l’industrie pour les cloisons et protections et lancé il y a huit mois pour le secteur en est une illustration. « Nous avons travaillé aussi à l’adaptation de produits offset pour des machines tables à plat. Nous avons donc mis des cartons sérigraphiques en format 150 x 200 et 160 x 260. C’est très en vogue car respectueux de l’environnement. Nous avons aussi adapté d’autres produits comme des Priplaks 100 % recyclés dans des formats qui passent dans des tables à plat », argumente-t-il. La grosse tendance consiste d’ailleurs, selon lui, à aller de plus en plus vers des supports utilisables sur tous types de machines : « Nous avons mis en place un programme avec un panel de clients grand format en France pour discuter avec eux des possibilités d’utilisation croisée des produits, et de leur adaptation à différentes machines », précise-t-il. Les frontières de métiers devenant de plus en plus floues dans le secteur des arts graphiques, la palette des supports et des applications devrait donc continuer à s’élargir de manière transversale. ■


40-47 Dossier 318 M1_Mise en page 1 12/09/11 12:03 Page45


40-47 Dossier 318 M1_Mise en page 1 12/09/11 12:04 Page46

46 DOSSIER

1.

PORTFOLIO

Donner des idées aux utilisateurs finaux

A

fin de contribuer au développement de la communication visuelle et de donner de nouvelles idées aux utilisateurs finaux de ses supports, le spécialiste de l’adhésif MACtac organise une compétition européenne mettant en lice diverses créations d’affichage grand format. La septième session européenne des MACtac Worldwide Awards s’est déroulée à Bruxelles (Belgique) en mars dernier. Plus de 200 finalistes ont été mis à l’honneur parmi des milliers de candidatures. Un jury composé d’experts techniques, de publicitaires, de créatifs et d’éditeurs de magazines du secteur du marquage a départagé les travaux

_318 AOÛT - SEPTEMBRE 2011

d’imprimeurs, d’applicateurs et d’utilisateurs finaux des quatre coins de l’Europe. Quatre catégories étaient proposées : le projet le plus surprenant, innovant et original ; l’application la plus exigeante du point de vue technique ; le meilleur design intérieur non promotionnel et le projet le plus monumental. Le prix du projet le plus innovant a été remporté par le Britannique The Keyboard Group (1) pour une vitrine de magasin Harrod’s animée grâce à une combinaison de vinyles découpés au plotter, d’images imprimées et d’une utilisation dynamique d’éclairage LED. Grâce à un logiciel gérant l’éclairage, un effet de pulsation permet de créer l’impression

2.

1• Une combinaison de six couches de vinyle et de LED. 2• Un film adhésif en vinyle adapté à une pierre poreuse. 3• Un jeu de séparation entre fenêtres extérieures et lumière intérieure. 4• Un projet réalisé pour la publicité d’une compagnie d’assurance. 5• La surface à décorer représentait 900 m2. 6• Décoration en trompe-l’œil et design abstrait.

visuelle du sang qui circule dans le corps. Le Français Abiway (2) a été primé pour l’application la plus technique. Le temps d’un festival d’été, l’entreprise a décoré le tympan et les stèles de l’ancienne cathédrale de Riaux-Volvestre (31) avec des graphiques autoadhésifs enlevables. L’allemande Inès Hock (3) a été récompensée pour le meilleur design intérieur non promotionnel. Sa création consistait en des formats multicolores animant l’espace visuel d’une cantine scolaire. Le projet le plus monumental a quant à lui été réalisé par Icon Display Ltd (4) au Royaume-Uni. Il a mis en scène les photos des clients d’une compagnie d’assurance sur les bâtiments des conteneurs mari-


40-47 Dossier 318 M1_Mise en page 1 12/09/11 12:04 Page47

DOSSIER 47 5.

3.

4.

6. times et du théâtre national. Grâce notamment à l’information transmise par les distributeurs MACtac, le fournisseur a pu décerner également des prix régionaux. Trois prix ont ainsi été remis à la France pour des réalisations. Le premier prix a été décerné à ATC Groupe (5) pour la décoration d’un silo de raffinerie de sucre grâce à une œuvre d’art abstrait originale de l’artiste chinois Tsang Kin Wah. Les deuxième et troisième prix ont été remis à la société Faits d’images (6) pour une décoration en trompe-l’œil sur une structure triangulaire ainsi que la décoration des murs d’une galerie avec un design abstrait inspiré des tableaux d’artistes. ■

Focus Une méthodologie pour l’affichage environnemental Dans le cadre du Grenelle II, le ministère de l’Écologie a mis en place un affichage environnemental des supports imprimés, encore à l’état d’expérimentation. Plusieurs organisations professionnelles et entreprises des secteurs de l’édition et de la communication imprimée se sont rassemblées autour d’un groupement intitulé Scoredit. Ce dernier a pour objectif de mettre en place une méthodologie commune baptisée Impact écologique. L’Union nationale de l’imprimerie et de la communication (Unic), Altavia, Gutenberg networks, le groupe Jouve, Mayence, le Syndicat national de l’édition (SNE), UPM ou encore Vertaris. Coordonné par l’Unic, le groupement a conçu une étiquette environnementale à apposer sur les produits imprimés afin de sensibiliser les lecteurs aux impacts environnementaux des supports édités. Les indicateurs retenus sur cette étiquette, parfois agrémentée d’un QR Code, sont les émissions de gaz à effet de serre, la consommation de ressources non renouvelables et la pollution photochimique.

_318 AOÛT - SEPTEMBRE 2011


48-53 Dossier 318 M1_Mise en page 1 12/09/11 12:05 Page48

48 DOSSIER

FINITION NUMÉRIQUE

La fin justifie Par Rodolphe Pailliez

les moyens

Qu’elles soient en ligne, hors ligne ou proches de l’outil d’impression (in-line, off-line, near line), les opérations de finition revêtent plus que jamais une importance primordiale. Outre le fait d’apporter de la valeur ajoutée au document et de la personnalisation, elles permettent de réduire les temps et les coûts impartis à la production.


48-53 Dossier 318 M1_Mise en page 1 12/09/11 12:05 Page49

DOSSIER 49

’avènement des technologies d’impression numérique a incontestablement contribué à créer, en matière de finition, de nouvelles exigences spécifiques auxquelles fournisseurs et prestataires de services s’appliquent à répondre. Objectif : offrir des solutions qui, d’une part, confortent la valeur ajoutée des produits réalisés et, d’autre part, permettent de produire ceux-ci dans des conditions optimales d’efficacité et de rapidité. Michel Dumarché, directeur commercial de Pitney Bowes, estime qu’il existe deux grandes tendances bien distinctes dans ce secteur. « Il y a tout d’abord les imprimeurs et reprographes numériques qui utilisent la technologie du feuille à feuille avec des équipements certes performants et dotés d’une bonne qualité de définition mais limités en termes de vitesse d’impression », indiquet-il, tout en rappelant que l’on se trouve dans ce cas précis en présence de travaux divers (rapports, catalogues, livres, flyers, étiquettes, etc.). « La profession est ensuite constituée de prestataires et imprimeurs spécialisés qui sont plus tournés vers des équipements bobine/ bobine ou bobine/coupe et finition avec des presses qui atteignent des vitesses de plus en plus élevées », précise le directeur commercial de Pitney Bowes. Dans ce deuxième cas de figure, on retrouve les marchés du livre et des documents à la demande – avec éventuellement de la personnalisation – pour des volumes plus conséquents. « Que l’on soit en présence de solutions automatisées ou semi-automatisées, en ligne ou hors ligne ; que ce soit en offset ou en numérique, la finition constitue un poste aussi important que l’impression », souligne Victor Abergel, directeur général de MGI. « C’est elle qui permet au pres-

L

France Graphique est imprimé sur Sappi│Magno™ Satin 115 g/m².

Que ce soit en offset ou en numérique, la finition constitue un poste aussi important que l’impression.

Victor Abergel, directeur général de MGI

tataire de services d’apporter de la valeur ajoutée au document et de la rentabilité à sa propre activité. »

LA RECHERCHE DE VALEUR AJOUTÉE C’est en quelque sorte le dénominateur commun de tous les développements propres aux fournisseurs de systèmes et de toutes les démarches entreprises les prestataires de services. « Sur des marchés hautement compétitifs, les imprimeurs et reprographes recherchent des solutions qui leur permettent d’augmenter leur productivité en offrant à leurs clients des solutions à forte valeur ajoutée », indique Joël Tourneix, directeur général de CP Bourg France. « La finition fait souvent la différence entre la prestation correcte et le petit plus », souligne pour sa part Pierre Coquard, président d’Industria, société SUITE >

La finition permet au prestataire de services d’apporter de la valeur ajoutée au document et de la rentabilité à sa propre activité.

_318 AOÛT - SEPTEMBRE 2011


48-53 Dossier 318 M1_Mise en page 1 12/09/11 12:05 Page50

50 DOSSIER PANORAMA

De multiples solutions de finition Multiples et variés, les systèmes de finition couvrent une large gamme de solutions à la mesure des nombreux besoins dans ce domaine. Voici une sélection de nouveautés développées récemment.

EFFET VERNIS BRILLANT L’U-Coater du fabricant japonais Uchida assure une finition valorisante du document par un « effet vernis brillant » via un film de transfert thermique. Primée lors du dernier Salon Graphitec par le comité Graphitec’Xperts, cette nouvelle machine met en œuvre une technologie propre « sans chimie » permettant de réaliser un vernissage brillant complet ou semisélectif (en brillant ou doré) pour les documents imprimés avec du toner. L’Uchida U-Coater est distribuée en France par Clementz Euromégras.

spécialisée dans l’impression offset et numérique. Avec sa société sœur Louyot et une présence sur Paris (75) et Ivry-sur-Seine (94), elle emploie 45 personnes dont 13 affectées aux opérations de finition. À personnel polyvalent, machines polyvalentes ! « La véritable valeur ajoutée, c’est celle perçue par le client. Elle varie à la fois selon les marchés et les compétences présentes dans l’entreprise », ajoute-t-il. LE SERVICE AVANT TOUT C’est incontestablement, avec la recherche de valeur ajoutée, l’un des objectifs prioritaires, tant du côté prestataires de services que du côté fournisseurs de solutions. Si comme le rappelle Michel Dumarché, le déclin

SIX MODÈLES DE PLIS La plieuse PF-40L du constructeur Horizon constitue une nouvelle solution compacte destinée aux entreprises ou services numériques ayant besoin d’une plieuse polyvalente. Au format 320 x 630 mm, elle est dotée de deux poches automatisées et d’un calibrage automatique des cylindres de pliage. Quatre formats papier standard et six modèles de plis sont préprogrammés (simple, parallèle économique, roulé, accordéon, fenêtre et accordéon décalé). Elle conserve dix jobs en mémoire ainsi que les paramétrages associés. Horizon est distribué en France par Pitney Bowes.

des façonniers remonte à une dizaine d’années, Victor Abergel estime que le rapatriement des travaux effectués chez les spécialistes du façonnage vers les imprimeries constitue pour ces dernières « une opportunité de ramener du chiffre d’affaires et de la rentabilité », tout en élargissant ainsi la palette des services proposés à leurs clients. L’exemple de la société Copy-Media est à ce titre assez significatif d’une évolution qui privilégie une offre « packagée » la plus complète possible. Véritable centre d’impression numérique et de façonnage au service du livre, Copy-Media a démarré son activité il y a une quinzaine d’années, principalement autour de la copie service étudiant. Après le rachat

La finition fait souvent la différence entre la prestation correcte et le petit plus.

Pierre Coquard, président d’Industria

_318 AOÛT - SEPTEMBRE 2011

d’une maison d’édition, elle s’est spécialisée dans le document façonné et en particulier le livre. « Nous dégageons désormais plus de marge en réalisant un produit complexe associé à des services tels que la composition de couverture, la mise en page, l’impression avec pelliculage et le façonnage, l’encollage PUR, Wire’O, l’expédition, etc. », reconnaît Pierre Picard, directeur de Copy-Media qui fabrique aujourd’hui plus d’un million de livres par an. À l’avenir, cette entreprise d’une vingtaine de salariés implantée dans la région bordelaise et qui figure parmi les principaux acteurs français dans son domaine, entend développer encore plus fortement tout un ensemble de services à valeur ajoutée avec des façonnages divers. Côté fournisseurs, la notion de service s’exprime notamment à travers des opérations de maintenance. « La surveillance à distance des machines permet non seulement d’assurer les opérations de maintenance mais éga-


48-53 Dossier 318 M1_Mise en page 1 12/09/11 12:05 Page51

DOSSIER 51

COLLAGE EVA OU PUR Disponible en collage EVA ou PUR, le thermorelieur BB3002 de CP Bourg mise sur ses automatismes pour réduire les temps de mise en route et de changement de format. Développé pour répondre aux besoins du marché sans cesse grandissant du livre à la demande, il rend possible la réalisation de livres uniques dans des formats différents avec une intervention manuelle limitée. L’intégration de lecteurs de codes barres permet quant à elle une vérification de la cohérence couverture/corps d’ouvrage.

PLIAGE AUTOMATISÉ La plieuse à poches T 535 Efficiency Automatic de MBO met en œuvre une automatisation des poches et des cylindres de pliage et intègre la commande MBOVARIO-Control avec écran tactile ainsi que les nouveaux moteurs d’entraînement. Conçue pour répondre également aux exigences des imprimeries passées au numérique ou aux entreprises devant produire de petits tirages souvent changeants, elle est équipée d’un margeur à pile plate à commande électrique de la hauteur.

lement de suivre les niveaux de production afin de planifier automatiquement les commandes de consommables et les visites de maintenance préventives. Elle fournit également des rapports détaillés d’analyse de la production, permettant notamment d’identifier les besoins éventuels en formation des opérateurs », indique Jean-Pierre Ruelle, directeur des ventes arts graphiques au sein de Duplo France. PETITES SÉRIES ET PRODUITS INNOVANTS « La tendance est de plus en plus aux petites séries et aux produits innovants entraînant la réalisation de plusieurs types de finition », reconnaît Jean-Pierre Ruelle. Et de poursuivre : « Dans bon nombre d’entreprises, les opérateurs sont de plus en plus polyvalents. Il arrive même que certains assurent l’ensemble des tâches (du prépresse jusqu’aux expéditions) ». D’où l’impor- SUITE >

_318 AOÛT - SEPTEMBRE 2011


48-53 Dossier 318 M1_Mise en page 1 12/09/11 12:06 Page52

52 DOSSIER

tance de pouvoir travailler en temps masqué comme le souligne David Delaigle, responsable marketing et communication de Duplo France. « Contrairement à ce que l’on peut observer en offset, il est possible en numérique de travailler en temps masqué avec des opérations qui peuvent se dérouler en parallèle, se chevaucher en quelque sorte. Plus on travaille en temps masqué et plus on a des chances de réaliser des profits », indique-t-il. « Sur un même produit, il n’est pas rare de trouver trois, quatre ou cinq finitions différentes. Celles-ci doivent pouvoir être réalisées sur un seul et même matériel et par un seul et même opérateur », confie Jean-Pierre Ruelle pour qui la polyvalence des opérateurs et le cumul des opérations sont les deux facettes d’une même tendance. EXPLOITER L’EXPÉRIENCE OFFSET Profitant de son expérience dans le domaine de l’offset et de la palette

_318 AOÛT - SEPTEMBRE 2011

de solutions inscrites au sein du groupe (Ehret, Herzog + Heymann, Palamides, etc.), MBO entend à l’avenir conforter encore un peu plus son offre en direction du secteur du numérique tout en reconnaissant par la voix de Philippe Perreaux, directeur général de la filiale française, que le groupe est d’ores et déjà en mesure de proposer des solutions industrialisées et automatisées der-

VERNISSAGE UV Destinée aux marchés du numérique et de l’offset, la vernisseuse UV « Fullmatic » de Komfi (distribuée en France par Pitney Bowes) est adaptée pour le vernissage intégral de nombreux produits imprimés tels que les photos, les couvertures de magazines, les dépliants, les affiches, les cartes postales, les couvertures de livres, les brochures, les posters, les cartes de visite, les menus, etc. Présentant un nouveau design, cette vernisseuse au format 52 x 74 cm permet l’application de tout type de vernis UV, brillant ou mat.

rière des presses numériques toner ou jet d’encre, feuilles ou bobines, et ce sous forme de systèmes in-line ou off-line. « Il convient de proposer des lignes évolutives qui permettent de faire évoluer dans le même temps les applications », précise celui qui a pris la direction de MBO France il y a quelques mois. Prenant l’exemple de solutions pour des produits bien spécifiques tels

© Duplo

VERNIS UV SÉLECTIFS Autobond propose sur sa nouvelle pelliculeuse 36 SUV (Spot UV) une unité de vernissage jet d’encre sélectif. Une alternative aux solutions de vernis UV sélectif réalisées sur des presses sérigraphiques traditionnelles considérées comme trop chères et trop lentes pour la réalisation de courts tirages. Cette nouvelle pelliculeuse intègre des lampes à séchage sous LED. Cette pelliculeuse est destinée aussi bien aux imprimeurs numériques qu’aux offsettistes et permet de produire aussi bien des brochures haut de gamme que des couvertures de livres en courts tirages.

FINITION TOUT-EN-UN Le massicot raineur DC-745e de Duplo se présente comme un système multifinitions pour l’impression numérique couleur moyen et haut volume. Les outils standards permettent jusqu’à six refentes sur la longueur de la feuille, 20 coupes transversales et 15 rainages. Pour étendre sa polyvalence, une variété de modules optionnels est disponible: refente, outils rotatifs, perforation transversale. La solution de maintenance à distance e-tandem permet d’enregistrer en continu les données de fonctionnement et d’utilisation de la machine.

Des solutions de finition multiples et variées.


48-53 Dossier 318 M1_Mise en page 1 12/09/11 12:06 Page53

DOSSIER 53

CONFORT D’UTILISATION La nouvelle gamme « Pro » de matériels de façonnage du constructeur Morgana (raineuse-plieuse Digifold, plieuse Autofold, raineuse Autocreaser et ensemble de finition Documaster) entend combiner productivité accrue et plus grand confort d’utilisation. Parmi les modifications apportées à ces différents systèmes : un écran tactile de 7 pouces en couleurs et une possibilité de mémoriser un nombre illimité de programmes.

que les notices dans les secteurs de la pharmacie, du luxe ou dans le domaine technique (automobile, etc.), il ne manque pas de souligner toute la complexité de certaines opérations. « On ne soupçonne pas tous les développements technologiques qui sont derrière le façonnage et qui nécessitent une connaissance approfondie d’autres domaines tels que l’impression bien évidemment mais aussi tout ce qui touche à l’imposition, par exemple. Plus que tout autre, il s’agit là d’un sujet qui doit être abordé de façon rigoureuse », rappelle-t-il. Avant que de reconnaître que : « Le façonnage n’est pas toujours facile à vendre mais c’est pourtant là que les imprimeurs peuvent gagner en productivité. » UNE « COMMUNUAUTÉ » DE MODULES « En matière de finition, il faut éviter les solutions dédiées et les systèmes mono-fonctions et privilégier plutôt les solutions offrant le maxi-

ENCARTAGE – PIQUAGE Pour répondre aux nouveaux marchés de l’impression numérique jet d’encre polychrome (journaux, magazines, brochu res et autres ouvrages à couverture souple ou rigide), Müller Martini propose une nouvelle solution d’encartage – piquage baptisée Primera Digital. Cette solution peut intégrer différentes configurations incorporant plusieurs systèmes (dérouleur, massicot, plieuse, margeurplieur, bloc piqûre, etc.). Cette solution peut également être intégrée au système global SigmaLine de Müller Martini.

LIVRES À LA DEMANDE Dans le cadre de ses conceptions modulaires de solutions de finition, Müller Apparatebau (Mesys en France) propose une mécanisation du processus de transformation des feuilles A3+ imprimées sur les presses numériques en blocs de feuilles constituant un livre. Suppression de toute intervention humaine dans le processus, simplification de la tâche des opérateurs de dos carré collé et élimination des intercalaires et des clicks qui vont avec sont quelques-uns des avantages de ce système à même d’évoluer en fonction des besoins du marché.

mum de flexibilité », souligne Pierre Lapeyrie, PDG de la société Mesys représentant en France le constructeur allemand Müller Apparatebau. Évoquant la notion de « communauté de modules », il prône une approche modulaire, seule capable d’offrir selon lui la meilleure réponse aux attentes du marché. « Il faut pouvoir mutualiser les ressources, faire en sorte que chaque élément puisse s’associer et s’assembler pour travailler en commun. Il s’agit de jouer au Lego en permanence, de pouvoir changer de braquet si le besoin s’en fait sentir techniquement ou économiquement », précise-t-il. Cette approche modulaire doit également s’accompagner d’un changement de mentalité. « La réflexion doit en priorité porter sur les véritables demandes du marché. Compte tenu des besoins, le façonnage doit désormais aller beaucoup plus loin que de simples solutions packagées. Les réponses apportées doivent renvoyer à des prestations

complètes prenant en compte tout un ensemble d’éléments tels que la gestion des flux mais également tout ce qui gravite autour de la notion de services », souligne-t-il. « Il y a pour certains imprimeurs un pas psychologique à franchir. Il faut tourner le dos à des schémas technologiques identiques, proches du copier/ coller. » Au-delà de la diversité des équipements et des versions, les attentes portent aujourd’hui sur l’intégration d’automatisation ainsi que sur la polyvalence des équipements « avec à la clef une mise en œuvre rapide et facile », souligne le directeur commercial de Pitney Bowes. Et cela jusqu’à atteindre une productivité en augmentation pour les courts, les moyens et les longs tirages, tout en réduisant au maximum la gâche papier. Résumant le sentiment général, un des acteurs majeurs du secteur estime que la finition doit être à la fois « intelligente, automatisée, précise et polyvalente ». ■

_318 AOÛT - SEPTEMBRE 2011


54-57 Interview 318 M1_Mise en page 1 12/09/11 13:38 Page54

54 INTERVIEW Le champagne Bollinger et sa cuvée R.D. ont fait le tour du monde grâce à leur apparition aux côtés de James Bond. La marque, née en 1829 dans le village d’Aÿ en Champagne, a néanmoins gardé les pieds bien ancrés dans son terroir. Une philosophie qu’elle applique à sa communication et ses packagings, en misant sur une image institutionnelle inscrite dans la durée.

Clément Ganier Responsable marketing des champagnes Bollinger Propos recueillis par Bakhta Jomni

France Graphique : Quel est votre parcours professionnel ? Clément Ganier : J’ai toujours travaillé dans le champagne. Après une école de commerce à Reims dont je suis sorti en 2003, j’ai fait mes premiers pas chez Lanson en tant qu’assistant chef de produit. En 2004, je suis passé chef de produit puis chef de marché secteur traditionnel en 2005. J’étais en charge des marques Lanson et Besserat de Bellefond. En 2007, j’ai été accueilli dans la famille Bollinger en tant que responsable marketing. Tandis que chez Lanson, mon activité concernait le marché français uniquement, chez Bollinger, c’est un travail à l’international. J’ai des représentants dans différents pays et Bollinger fait d’ailleurs 85 % de son chiffre à l’export. F. G. : Pouvez-vous nous présenter la maison Bollinger ? C. G. : Bollinger est un des fleurons du champagne. La maison est petite par sa taille mais pas par sa renommée et son travail qualitatif. Notre

volume de production reste raisonnable, aux alentours de deux millions et demi de bouteilles, sachant que certains de nos confrères produisent 250 millions de bouteilles. C’est une maison familiale et indépendante et il n’en reste que trois en champagne. Nous sommes 130 dans l’entreprise, 50 en caves et 30 dans les bureaux. Notre vignoble s’étend sur 163 hectares et nous sommes auto-suffisants à 60 %. Tous nos vins sont travaillés dans des petits fûts de chêne. Notre particularité réside dans le temps accordé à l’élaboration de nos cuvées, au vieillissement. Les magnums de réserve constituent également un moyen de nous différencier. Nous nous devons de préserver nos goûts. Nous avons donc 600 000 magnums de réserve, qui constituent à la fois le contenant idéal pour lisser le goût de la vendange et une bibliothèque d’arômes. Nous pouvons ainsi piocher dans nos crus sur une trentaine d’années pour reconstituer les goûts de nos bruts sans année (les bruts d’assemblage).

Une entreprise qui refuse la modernité va à sa perte. _318 AOÛT - SEPTEMBRE 2011

F. G. : Quelle est votre fonction au sein de cette maison ? C. G. : Je réfléchis avant tout à la stratégie de développement de la marque. Les aspects plus opérationnels de mon métier m’amènent également à m’occuper de la communication, des relations publiques, du packaging et d’une partie des ventes. Je propose aussi des adaptations aux besoins de différents marchés. À mon arrivée chez Bollinger, nous avons par exemple refondu tous les habillages. Nous ne sommes pas une marque qui fait du yoyo et de l’événementiel. Nous sommes plutôt statutaires et institutionnels et les pieds dans notre terroir. Nous ne changeons donc pas de packs tous les quatre matins mais essayons de faire des choses pérennes. Bien entendu, nous devons aussi évoluer avec le temps en modifiant nos design, le choix de nos agences, nos fournisseurs… F. G. : Comment choisissez-vous vos fournisseurs? C. G.: Cela se fait généralement par le bouche à oreille. Il peut aussi s’agir de relations anciennes ou historiques de Bollinger. Nous attendons surtout que nos partenaires répondent à nos briefs, à nos délais et aux prix du marché. Cela viendra aussi par des lectures ou des participations à des

France Graphique est imprimé sur Sappi│Magno™ Satin 115 g/m².


54-57 Interview 318 M1_Mise en page 1 12/09/11 13:38 Page55

«Le fournisseur m’est souvent imposé par le matériau »

CV express Août 1977 : naissance à Reims. 2003 : achève son école de commerce à Reims. 2003 : assistant chef de produit chez Lanson. 2004 : promu chef de produit. 2005 : devient chef de marché pour le secteur traditionnel. 2007 : intègre Bollinger en tant que responsable marketing.


54-57 Interview 318 M1_Mise en page 1 12/09/11 13:38 Page56

56 INTERVIEW

Nous sommes un champagne de qualité. Nous nous devons de proposer une forme de perfection dans nos packagings.

salons. Nous faisons partie du Comité Colbert qui réunit des grandes marques du luxe. Cela me permet de rencontrer des gens de chez Hermès ou Guerlain avec lesquels on peut échanger sur les bonnes pratiques à adopter ou d’élargir mon réseau de contacts. Pour le packaging seul, je travaille avec une vingtaine de fournisseurs. Le fournisseur m’est souvent imposé par le matériau. Nos agences sont également habilitées à nous informer sur les nouveautés. De nombreux fournisseurs viennent par ailleurs nous présenter leurs technologies à domicile. C’est ainsi qu’en faisant imprimer un carton d’invitation, j’ai découvert l’impression holographique. F.G.: Où en êtes-vous en ce qui concerne le développement durable? C. G. : Nous sommes assez regardants mais ne sommes pas non plus des ayatollahs du développement durable. Je ne suis pas obligé de travailler avec un fournisseur qui soit certifié. Ce qui m’intéresse avant tout c’est sa réactivité, la confiance que nous pouvons lui accorder, les services rendus, des prix adaptés à ceux du marché et la qualité du travail final. Nous sommes un champagne de qualité. Nous nous devons donc de proposer une forme de perfection dans nos packagings. F.G.: Vers quelles tendances s’est orientée votre communication ces dernières années? C. G. : Nous sommes très sensibles aux tendances du marché et aux codes couleurs. Cela fait dix ans, par exemple, que nous utilisons la couleur aubergine, très en vogue actuellement, pour nos rosés. Une entreprise qui refuse la modernité va à sa perte. Nous ne sommes pas du tout passéistes. Toutes les nouvel les « Spécial Cuvée » ont une couleur rouge Bollinger qui a évolué,

_318 AOÛT - SEPTEMBRE 2011

moins vermillon qu’il y a 20 ans. Nous revenons actuellement vers des design très années 50. Tout n’est cependant pas bon à prendre. Les verts Granny Smith du moment, par exemple, ne nous correspondront pas car peu adaptés aux produits alimentaires. Nous assistons également à un retour au bois et aux matériaux nobles. Nous avons de la chance car nous n’avons jamais renié ce type de matériaux nobles. Nous préférons faire moins, mais moins cheap. F. G. : Comment choisissez-vous les moments clés pour renouveler votre image ? C. G. : Les besoins du marché sont notre point de repère. Notre étui a été fait il y a cinq ans et va changer. Notre coffret de grande année change aussi cette année, au bout de cinq ans. Pour les 100 ans de la « Spécial Cuvée », nous avons fait un packaging événementiel avec un coffret laqué rouge gainé de cuir blanc que j’ai moi-même imaginé. Nous faisons souvent des petits concours d’agences pour ce type de packagings. L’agence choisie me fournit des fichiers et éventuellement une recommandation sur un fournisseur mais c’est nous qui ferons le choix final et le suivi de production. F. G. : Comment est née votre relation avec James Bond ? C. G. : Nous sommes présents dans la série de films depuis le premier James Bond, en 1973. Il n’y a jamais eu aucune sollicitation de notre part dans la mesure où nous ne faisons pas de placement de produits. Par la suite, un « gentleman agreement » a été passé entre la famille Broccoli qui produit les films et la famille Bollinger. Et c’est une histoire qui dure puisque Bollinger sera encore de la partie pour le James Bond n° 23, qui sort en 2012.

F. G. : Comment vous distinguezvous des autres marques de champagne ? C. G. : Notre élément distinctif, c’est d’abord notre vin. Puis c’est une pérennité dans le style, des lignes pures. L’évolution de nos packagings se fait lentement et sans bling-bling. F.G.: Avez-vous recours à l’impression numérique? C. G. : L’impression numérique ne permet pas d’avoir la même qualité que l’offset quadri mais nous y avons recours pour des petites séries. Cela nous dépanne. F. G. : Êtes-vous victimes de contrefaçon ? C. G. : Cela nous est arrivé. Mais une traçabilité de nos bouteilles sera prochainement offerte à nos consommateurs via un QR code apposé sur nos étiquettes et nos étuis. Cela nous permettra de vérifier que les lots sont conformes. Proposer à la fois de la transparence et de l’information via ce procédé sera une première en Champagne. Cela devrait suffire à nous protéger, en parallèle du choix de nos papiers et de notre qualité d’impression qui sont des éléments d’authentification suffisants pour décourager les plus malveillants. F. G. : Adaptez-vous vos packagings en fonction des pays ? C. G. : Les étiquettes et contreétiquettes bénéficient de mentions légales différentes en fonction des pays, comme le logo de la femme enceinte ou la mention « contains sulfites ». Mais nous essayons d’avoir une offre la plus globale possible et n’adaptons pas nos emballages aux pays. Le produit doit être reconnaissable et clairement identifiable C’est pourquoi nous refusons la personnalisation des bouteilles et tablons sur une marque forte. En revanche, nous pourrons jouer sur les packagings comme c’est le cas au Japon où la demi-bouteille fonctionne très bien, notamment vendue en coffret avec deux verres. ■


54-57 Interview 318 M1_Mise en page 1 12/09/11 13:38 Page57


58-61 Reportage 318 M1_Mise en page 1 12/09/11 13:46 Page58

58 REPORTAGE Créé en 1976, le groupe Firopa compte 18 unités industrielles en France et plus de 500 salariés. Ces dernières ont toutes pour point commun d’être restées à taille humaine et de disposer d’une autonomie totale. C’est le cas de l’imprimerie Iropa, qui se distingue néanmoins par sa démarche environnementale exemplaire et son installation sur le premier site industriel certifié HQE. Par Bakhta Jomni Photos : Pascal Guittet

IROPA

À faible empreinte

D

epuis juillet 2010 Iropa, Ingénidoc et TNI (Tag Notices Impression) forment le premier site industriel HQE en France. Rassemblées sur un même site en SeineMaritime, à Saint-Etienne-du-Rouvray, ces trois entreprises appartenant au groupe Firopa ont pris leurs quartiers à l’été et l’automne 2010. Elles sont désormais parfaitement installées dans ces nouveaux locaux. Iropa a profité du déménagement pour faire une campagne d’investissements. L’imprimerie est ainsi passée en plaques thermiques directes sans développement et sans alcool Kodak. Elle a également rentré deux Komori 29 deux couleurs recto et 2 couleurs verso en une seule passe et une Komori 40. Ces presses

sont équipées de motoréducteurs et sont donc moins énergivores. Elles disposent de la technologie KHS-AI, une intelligence artificielle avec mise en couleur et calage rapide. Deux autres presses Komori ont pu bénéficier de cette technologie en retrofit. Toutes les machines ont une densitométrie embarquée. Pour être autonome sur sa partie numérique, l’imprimerie a choisi une Kodak Nexpress 2100 mais passe la main à sa voisine Ingénidoc dès qu’il s’agit de données variables. Ingénidoc à pour sa part rentré une Xerox Igen 4 format XL, la deuxième sur le plan national. Tag Notices Impression a quant à elle investi dans une plieuse MBO LG1. Sa clientèle se compose principalement d’entreprises pharmaceutiques et de laboratoires

FICHE D’IDENTITÉ •Date de création : 1890. •Nombre d’employés : 70 salariés. •Chiffre d’affaires : 8 millions d’euros. •Marchés : impression offset feuilles pour les secteurs bancaire, institutionnel, les éditeurs, etc. •Territoire commercial : France. •Certifications : HQE, PEFC, FSC ISO 12647-2, Imprim’Vert, Bilan Carbone, ISO 14001 (en cours).

_318 AOÛT - SEPTEMBRE 2011

Une atmosphère de travail assainie La chaleur émise par les cinq presses est récupérée grâce à une hotte puis l’air est purifié grâce à un système de filtres de dépoussiérage sur la toiture. Les locaux du CtP et de la Nexpress sont climatisés. Un système d’humidification permet de gérer l’hygrométrie, d’empêcher la déformation du papier après impression, de réduire l’électricité statique et, par la même occasion, de réduire les rhumes chez le personnel. Pour le confort acoustique et l’isolation thermique, le plafond alvéolé a été renforcé avec des laines de roches. Les charpentes sont en bois PEFC et les bureaux et les sièges sont équipés de mousses recyclables.

France Graphique est imprimé sur Sappi│Magno™ Satin 115 g/m².


58-61 Reportage 318 M1_Mise en page 1 12/09/11 13:46 Page59

REPORTAGE 59

inte, forte impression cosmétiques. Plus de 200 millions de notices sont produites chaque année par l’entreprise. La particularité de TNI réside non pas dans le matériel utilisé mais dans l’organisation du travail et la séparation des postes mise en place pour éviter tout mélange. Le port de charlotte sur les cheveux et l’insectocuteur sont par ailleurs de mise. Les trois entités sont totalement centrées sur le développement durable. Les aspects environnementaux sont bien entendu pris en compte mais également la dimension humaine et le processus de fabrication des différents produits imprimés. Chaque entité peut par ailleurs se targuer de posséder une technologie dernier cri permettant de réduire considérablement les consommations de papier, d’eau, de

déchets, etc. Le bâtiment certifié HQE est conçu, lui, pour une réduction de 30 % de la consommation énergétique. Cette économie est possible grâce à une attention portée à différents points comme l’isolation thermique et phonique mais aussi l’ergonomie ou la biodiversité. Cette dernière se matérialise notamment par un choix de plantes spécifiques pour absorber les hydrocarbures, ainsi qu’un grand nombre d’acacias et de châtaigniers sur lesquels ont été accrochés de nombreux nids pour les oiseaux. Leurs fleurs sont par ailleurs destinées à occuper les abeilles des cinq ruches surplombant le bâtiment. Le choix s’est porté volontairement sur une espèce en voie de disparition, les abeilles noires de Normandie. ■

Une expérience de terrain Laurent Crevel, directeur général du site, a suivi en 1985 une formation d’opérateur en offset à l’Association pour la formation dans l’imprimerie (AFI). Il devient commercial en 1994 dans le secteur de l’imprimé. Ayant un très bon contact et réalisant de bons chiffres, il est rapidement remarqué. La même année, il est donc sollicité pour diriger une première imprimerie. Laurent Crevel a rejoint Iropa suite au rachat de la société Eure offset à laquelle il appartenait.

L’environnement sécurisé de TNI Les clients de Tag Notices Impression sont très exigeants au niveau des formats des notices. Deux salles en surpression avec une plieuse Herzog+ Heymann sont même uniquement réservées à la très stricte production japonaise. Le papier recyclé n’est pour l’instant pas utilisé. L’azurant optique du papier blanc est en effet nécessaire pour détecter les notices dans les emballages sans les ouvrir. Début 2011, l’entreprise a fait l’acquisition d’une MBO LG1 pour la notice collée 80 pages. Seules deux plieuses de ce type sont à ce jour utilisées sur le territoire français.

_318 AOÛT - SEPTEMBRE 2011


58-61 Reportage 318 M1_Mise en page 1 12/09/11 13:46 Page60

60 REPORTAGE La concrétisation d’une démarche environnementale La première réunion de chantier pour le site HQE a eu lieu en février 2008. Grâce à ce projet, Iropa devient un acteur incontournable de la région bien que l’entreprise n’ait reçu aucune subvention. C’est en effet le groupe Firopa qui a pris en charge le coût du bâtiment. Le surcoût financier lié a sa construction devrait être amorti sur 30 ans, notamment grâce à l’aspect moins énergivore de la bâtisse, qui amène à 30 % d’économies d’énergie. Construite en bordure de forêt et surplombée par des ruches abritant 350000 abeilles, la structure d’ensemble a été pensée avec des paysagistes. Pour les plus sportifs, une piste cyclable a même été prévue ainsi qu’un chemin de randonnée pédestre.

Ingénidoc : l’indispensable complémentarité La filiale numérique d’Iropa possède un parc composé essentiellement de machines Xerox. La dernière acquisition (une IGen 4) est arrivée en mars. Avec 6600 pages à l’heure, elle a permis d’ouvrir à l’entreprise le marché des plaquettes à trois volets en petites séries jusqu’ici sous-traitées en offset par Iropa, donc plus coûteuses. Depuis l’installation sur le nouveau site, Ingénidoc a également fait l’acquisition de trois machines Samed Innovazioni by Rebord machinery pour le pelliculage mat et brillant. Iropa, qui sous-traite le pelliculage, lui confie donc ses petites séries.

Rien ne se perd… Les trois entreprises du site HQE séparent les papiers, le coton, les films, les plastiques durs ou le tissu de lavage. Les fûts d’encre sont réutilisés pour les eaux usées. Veolia se charge de la récupération des matériaux divers tandis que CMS Hightech se charge des encres. Même les eaux de pluie sont collectées pour les sanitaires. Par ailleurs, les déchets industriels sont stockés dans une gigantesque armoire appelée DSI (déchets souillés industriels). Enfin, les enseignes et les portails sont activés grâce à l’énergie collectée par le biais d’une installation photovoltaïque.

_318 AOÛT - SEPTEMBRE 2011


58-61 Reportage 318 M1_Mise en page 1 12/09/11 13:46 Page61


62-63 Reportage 318 M1_Mise en page 1 12/09/11 13:48 Page62

62 REPORTAGE Reprise il y a trois ans par Jean-Luc Bonnet, l’entreprise d’Eure-et-Loir créée il y a un peu plus d’un quart de siècle par Claude Chauveau a, depuis 2008, largement investi dans de nouveaux matériels et développé une politique environnementale lui permettant de combiner productivité et développement durable. Par Rodolphe Pailliez

FICHED’IDENTITÉ •Date de création : 1985. •Nombre d’employés : 37. •Chiffre d’affaires : 4 millions d’euros. •Marchés : dépliants, brochures et revues, livres, chemises à rabats, etc. •Certifications : Imprim’Vert, PEFC, ISO 14001 niveau 1 (octobre 2011). •Territoire commercial : 50 % en Ile-de-France, 50 % en région Centre.

IMPRIMERIE CHAUVEAU

Stratégies au Centre

I

mplantée au Coudray, commune d’environ 4 000 habitants jouxtant la ville de Chartres, l’Imprimerie Chauveau est le premier imprimeur d’Eure-et-Loir et l’un des principaux de la région Centre. Cette position a été encore confortée depuis l’arrivée à sa tête, en 2008, de Jean-Luc Bonnet. Deux priorités ont alors été privilégiées : le développement d’une politique d’investissement avec l’acquisition d’un nouveau CtP sans développement Kodak Magnus 800, d’un massicot Schneider Senator à grande ouverture (115 cm), d’une machine de mise sous film Sfere Emballage et, enfin, d’une presse offset grand format 5 couleurs + vernis acrylique de Komori. En attendant l’arrivée d’une nouvelle plieuse courant 2012.

La productivité liée à ces nouveaux matériels a encore été confortée par le passage en 3x8 pour deux des quatre machines d’impression et pour l’ensemble de l’atelier de façonnage. Les résultats ne se sont pas fait attendre avec une progression du chiffre d’affaires de 5 % en 2010 et de près de 10 % pour le premier semestre 2011. Dans le même temps, un effort extrêmement important a porté sur l’approche environnementale de l’entreprise. L’imprimerie est d’ailleurs engagée dans la certification ISO 14001 niveau 1. Cette démarche a été effectuée avec l’aide d’une jeune ingénieur en master Génie environnement de l’Université de Metz qui a réalisé un semestre de stage au sein de l’imprimerie.

Une activité multiproduits L’entreprise se veut résolument multiproduits: flyers, dépliants, brochures et revues, livres, chemises à rabats, etc., pour une clientèle basée soit en région Centre, soit en Ile-de-France. Les collectivités locales et les mutuelles, d’une part, ainsi que le milieu associatif, d’autre part, constituent une partie importante des interlocuteurs de l’imprimerie. Chaque commande est dès le départ prise en charge par un binôme deviseur/fabricant et commercial.

_318 AOÛT - SEPTEMBRE 2011

France Graphique est imprimé sur Sappi│Magno™ Satin 115 g/m².


62-63 Reportage 318 M1_Mise en page 1 12/09/11 13:48 Page63

REPORTAGE 63

e

De l’étiquette à l’offset édition Collectivités locales, associations et mutuelles telles que MMA, la GMF ou bien AG2R La Mondiale font aujourd’hui partie des principaux clients de l’Imprimerie Chauveau. « Chartres est une ville de préfecture où l’on ne trouve pas à proprement parler d’activités économiques ou industrielles très développées », rappelle Jean-Luc Bonnet. Les entreprises de la Cosmetic Valley, par exemple, font partie de la stratégie de développement. Des possibilités de croissance externe soutenues par Oséo ne sont pas non plus exclues par le président de l’Imprimerie Chauveau. « Si nous cherchons à nous développer, ce sera sur un plan régional, dans un rayon de 100 à 150 kilomètres maximum autour de l’entreprise », précise-t-il. Implantée en bordure de l’autoroute

L’Océane (A11), l’Imprimerie Chauveau dispose à ce titre de grandes facilités de liaisons. « Des opportunités en matière d’impression offset demi-format et numérique feraient bien évidemment partie pour nous des axes stratégiques à privilégier », ajoute-t-il. Comme pour les investissements réalisés au cours de ces trois dernières années, la stratégie est une fois de plus mûrement réfléchie. « Si le projet de rachat de l’Imprimerie Chauveau n’avait pas été extrêmement structuré au départ, la crise économique qui a suivi peu de temps après aurait pu être fatale. Dans le cadre de nos stratégies futures, la cohérence et la prudence devront également être au rendez-vous », ne manque pas de rappeler Jean-Luc Bonnet. n

Les premiers pas de Jean-Luc Bonnet dans le monde des arts graphiques remontent à 1988 lorsqu’il crée Estampille, une société spécialisée dans la production d’étiquettes haut de gamme notamment pour le secteur des parfums et cosmétiques. Après avoir revendu celle-ci en 2002, il se porte acquéreur de la société Indica, imprimerie offset pour travaux d’édition implantée dans les Hauts-de-Seine dont l’activité est désormais intégrée au sein de l’Imprimerie Chauveau qu’il a reprise en juin 2008.

Cinq couleurs et vernis acrylique Installée au mois de juin dernier, la nouvelle presse offset Komori LS40 au format 70 x 102, 5 couleurs + vernis acrylique constitue une nouvelle étape dans le programme d’investissements initié depuis plusieurs mois. L’entreprise, grâce à cette quatrième presse du constructeur japonais, est en mesure de réaliser des ors et argents offset ou d’imprimer une cinquième couleur. Cela devrait lui permettre de toucher de nouveaux clients et marchés, à savoir le pôle de compétitivité Cosmetic Valley présent notamment dans la région Centre.

Environnement et bonnes pratiques Après avoir obtenu le label Imprim’Vert en 2008 et la certification PEFC l’année suivante, l’Imprimerie Chauveau s’est engagée dans la certification ISO 14001. Elle devrait obtenir le niveau 1 cet automne, en attendant le niveau 3 en 2012. La réalisation du Bilan Carbone est également envisagée. Dans un autre domaine, l’entreprise a signé il y a peu le Pacte mondial des Nations Unies et adhéré au « Guide des bonnes pratiques de l’imprimeur » initié par le groupement ImpriClub dont elle fait partie. Un engagement citoyen résolument tourné vers l’avenir.

_318 AOÛT - SEPTEMBRE 2011


64-65 Gerer 318 M1_Mise en page 1 12/09/11 13:50 Page64

64 GÉRER

3 QUESTIONS À…

Jean-Marc Heissat Président de l’imprimerie Point 44 Par Rodolphe Pailliez

Nouveau président de Point 44 et du studio de création Créaset implanté à Champigny-sur-Marne (94), Jean-Marc Heissat revient sur les tenants et aboutissants de cette reprise réalisée via l’association CRA (Cédants & repreneurs d’affaires).

1

Quand est née l’idée de faire l’acquisition d’une entreprise? Ingénieur Sudria + ICG, j’ai commencé ma carrière chez Schneider Electric comme ingénieur d’affaires dans les automatismes industriels et j’ai ensuite travaillé pendant neuf ans chez Leguay Emballages (groupe LGR), spécialiste du packaging pharmaceutique. J’y ai occupé successivement les postes de responsable de production, de directeur d’usine puis de directeur général. Je suis ensuite entré chez Alliora (groupe Iléos) où j’ai occupé le poste de directeur industriel avec comme objectif, la remise à niveau industriel de cette entreprise spécialisée dans le packaging de luxe. L’arrivée de la crise a entraîné un ralentissement de l’activité ainsi que l’annulation d’un certain nombre d’investissements. J’ai quitté ce groupe il y a deux ans, à l’été 2009 avec, en tête, l’idée de reprendre une PME ; idée qui avait déjà germé dans mon esprit auparavant dans la période comprise entre mon départ de Leguay Emballages et mon arrivée au sein d’Alliora.

_318 AOÛT - SEPTEMBRE 2011

2

Après avoir quitté Alliora, que recherchiez-vous comme profil d’entreprise et comment s’est déroulée votre adhésion à l’association CRA? Mes aspirations allaient vers une PME d’une cinquantaine de salariés dans le secteur des arts graphiques. Après six mois de recherche et d’étude de dossiers qui n’ont pas abouti, je perdais la confiance et la dynamique indispensables pour réussir un tel projet. C’est alors que j’ai décidé d’adhérer au CRA. Après une formation de trois semaines, j’ai pu organiser ma recherche et analyser les affaires avec plus d’efficacité. J’ai également rejoint un groupe de repreneurs afin de garder une bonne dynamique. Le CRA m’a présenté le groupe composé de Point 44 et de Créaset en juin 2010. Ce qui m’a séduit en premier lieu, c’est l’implication de Créaset dans la création packaging, et les synergies à développer avec Point 44. Par la suite, j’ai découvert une entreprise moderne du point de vue technologique, et bien organisée pour répondre aux besoins de ses clients. Je me suis également senti proche des valeurs, de l’analyse et de la réflexion d’Yves Haudiquet, le fondateur de Point 44.

3

Yves Haudiquet vous a accompagné durant six mois avant de prendre définitivement sa retraite. Comment s’est déroulée la transition? La cohabitation s’est bien déroulée et je peux d’ores et déjà dire qu’il n’y aura pas de rupture ou de révolution dans le management de l’entreprise. Il existe des fondamentaux sur lesquels il va être possible de bâtir un projet. Créaset va intégrer d’ici à la fin de l’année les locaux de Point 44, d’ailleurs voisins de quelques mètres seulement. C’est un rapprochement géographique et non une fusion qui va permettre non seulement de réaliser quelques économies, mais surtout d’augmenter les synergies entre les deux unités. Il me semble que Point 44 doit encore plus s’appuyer sur l’outil constitué par Créaset. Par ailleurs, en matière de production, nous allons développer encore un peu plus les stratégies multicanal. Un certain nombre de choses ont déjà été faites dans ce domaine au cours des derniers mois comme lors des ateliers organisés encore récemment dans nos locaux sur les QR codes. Je pense qu’il faut continuer dans ce sens. ■ France Graphique est imprimé sur Sappi│Magno™ Satin 115 g/m².


64-65 Gerer 318 M1_Mise en page 1 12/09/11 13:50 Page65


66 Index 318_Mise en page 1 12/09/11 14:29 Page66

66 INDEX ■ Entreprises et institutions citées A3 Distrib . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .18 Abiway . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .46 Ad’Hoc Média . . . . . . . . . . . . . . . . . . .42, 44 Agfa . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .41, 42, 44 Alliora . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .64 Alterway . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .39 Antalis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .41, 44 Association pour la formation dans l’imprimerie (AFI) . . . . . . . . . . . . . . .59 ATC Groupe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .47 Athem . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .37 Autobond . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .26, 52 Bilan Carbone . . . . . . . . . . . . . . . .08, 10, 63 Bollinger . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .54, 55, 56 Bureau des affaires typographiques . . . . .34 Burs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .12 CP Bourg . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .49, 51 Canon . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .28 Cédants & repreneurs d’affaires (CRA) . . .64 Certification ISO 14001 . . . . . . . . . . . .08, 62 CIA Bourgogne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .10 ColourLink . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .12 Comscore . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .24 Copy-Media . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .50 Culture Papier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .64 Créaset . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .08 Diatechnologies . . . . . . . . . . . . . . . . .42, 43 Duplo . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .51, 52 École des métiers de l’imprimerie . . . . . .10 École Estienne . . . . . . . . . . . . . . . . . .32, 34 Ecritec . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .12 Éditions Au diable vauvert . . . . . . . . . . . . .32 Éditions de la Goulotte . . . . . . . . . . . . . . .36 Éditions Findakly . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .36 Estampille . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .63 Eure Offset . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .59

Eurhode Business Services . . . . . . . . . . . .12 Évreux Dupli Services . . . . . . . . . . . . . . . .12 Faits d’images . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .47 Firopa . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .58, 60 FSC . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .08, 10 Haléco . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .18, 20 Herzog+ Heymann . . . . . . . . . . . . . . . . . .59 Horizon . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .50 HP . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .26 Iléos . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .64 ImpriClub . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .08, 63 ImpriFrance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .10 Imprimerie Chauveau . . . . . . . . . . . . .62, 63 Imprimerie Clerc . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .36 Imprimerie Iropa . . . . . . . . . . . . . .58, 59, 60 Imprimerie Maugein . . . . . . . . . . . . . . . . .08 Imprimerie Marie . . . . . . . . . . . . . . . . . . .10 Imprimerie Moderne . . . . . . . . . . . . . . . . .08 Imprimerie NPC . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .08 Imprimerie Peau . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .08 Imprimerie Point 44 . . . . . . . . . . . . . . . . .64 Imprim’Vert . . . . . . . . . . . . . . . . . .08, 10, 63 Indica . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .63 Industria . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .49 Ingénidoc . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .58 Institut pour la ville en mouvement . . . . . .32 International Telecommunication Union (ITU) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .25 Interquest . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .12 JC Decaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .41 Katun Corporation . . . . . . . . . . . . . . . . . . .28 Kodak . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .58, 62 Komfi . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .52 Komori . . . . . . . . . . . . . . . . . .30, 58, 62, 63 Lanson . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .54 Le Comptoir de l’image . . . . . . . . . . .41, 43

Leguay Emballages . . . . . . . . . . . . . . . . . .64 Light Air . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .44 MACtac . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .42, 46 MBO . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .51, 52 Mesys . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .53 MGI . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .28, 49 Micro Lynx . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .10 Morgana . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .53 Müller Apparatebeau . . . . . . . . . . . . . . . . .53 Müller Martini . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .53 Observatoire du Hors Média (OHM) . . . . .08 Observatoire du livre et de l’écrit en Ile-de-France (Motif) . . . . . . . . . . . . . .25 Océ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .41, 43 Ouest Imprimerie . . . . . . . . . . . . . . . . . . .08 Paragramme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .37 PEFC . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .08, 10, 63 Pitney Bowes . . . . . . . . . . . . . . . .49, 50, 53 PPA Mahé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .08 Publi24 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .42 Pure Impression . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .08 Qualibris . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .36 Ricoh . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .28, 30 Schneider Senator . . . . . . . . . . . . . . . . . .62 Scoredit . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .47 Sfere Emballage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .62 Syndicat de l’impression numérique et des services graphiques (SIN) . . . . . . .12 Syndicat national des fournisseurs d’équipements pour les industries papetières et graphiques (SIPG) . . . . . . . .24 Tag Notices Impression . . . . . . . . . . . .58, 59 Toshiba . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .28 Uchida . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .50 Xerfi . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .24 Xerox . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .58

■ Table des annonceurs ABONNEMENT DE FRANCE GRAPHIQUE . . . . . . . . . . . . . . . . .57 AGFA . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .13 ATF FLEXO . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .19 ASAHI . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .51 BOBST . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .4e de couv. BUSINESS TOUR DE FRANCE GRAPHIQUE . . . . . . . . . . . . . .31 CLIP . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .25

_318 AOÛT - SEPTEMBRE 2011

DUPLO . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .15 ECOFOLIO . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .29 EMPLOI PRO . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .65 FERAG . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .37 FSC . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .11 FUJIFILM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .9 GOSS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .43 HEIDELBERG . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .4 IFRA . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .23

KBA . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .6 MADE IN COM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .35 OLYMPIADES DES MÉTIERS . . . . . . . . . . .45 PORTUCEL SOPORCEL . . . . . . . . .2e de couv. REPORTERS SANS FRONTIÈRES . . . . . . . .61 RENZ FRANCE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .21 SITE INTERNET DE FRANCE GRAPHIQUE . . . . . . . . . .3e de couv. VISCOM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .27

France Graphique - N°318 Août / Septembre 2011  

Grand Format : Supports tout terrain

Read more
Read more
Similar to
Popular now
Just for you