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06 BAROMÈTRE

29 RECHERCHE

32 SOCIÉTÉ INNOVANTE 46 FOCUS

Stratégie

Liquides ioniques Effluents

Vannes

Axyntis se bat sur le terrain de la compétitivité

Profiter de la chimie verte pour se développer

KSB cultive la vanne papillon en Aquitaine

Innoveox se prépare à déployer sa technologie

50e Année Janvier 2013

N°516 31 €

DOSSIER EFFICACITÉ ÉNERGÉTIQUE

Le secteur de la

chimie continue à se mobiliser


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La chimie au cœur du débat énergétique

Sylvie Latieule, rédactrice en chef

Les gaz et huiles de schiste sont venus jouer les troublions.

Chimie et énergie. Voilà deux sujets indissociables. Sans énergie pas d’industrie chimique. C’est de loin le secteur le plus gourmand en énergie, engouffrant près du quart de ce qui est alloué à l’industrie, loin devant la sidérurgie, l’agroalimentaire ou l’industrie papetière. Car il faut de l’énergie pour activer les réactions chimiques, pour agiter les milieux réactionnels, pour refroidir ces réactions lorsqu’elles sont exothermiques. Sans parler du transport de fluides dans des kilomètres de tuyauteries. Mais sans chimie, pas d’énergie. Surtout, pas de transition énergétique. « Tout va se jouer avant 2050. Nous devons mettre le système énergétique sur une trajectoire avec un mix décarboné. S’il n’y a pas cette transition énergétique, le réchauffement climatique sera plus important que prévu et aura des conséquences sur nos sociétés » expliquait l’économiste Patrice Criqui, à l’occasion d’un colloque organisé en novembre dernier par la Fondation de la Maison de la chimie et la Fédération Française pour les sciences de la Chimie (FFC). Bernard Bigot, président de la Fondation, a ensuite expliqué que les leviers d’actions se résumaient en sobriété énergétique dans les transports et dans l’habitat, et en développement des énergies décarbonées (renouvelable et nucléaire). Mécaniquement, le poids des énergies fossiles se trouverait diminué. Mais prenons-nous vraiment le chemin de la transition énergétique, comme le laisse entendre ce grand débat lancé par le gouvernement ? En tout cas, la chimie a joué le jeu et n’a jamais été aussi verte et innovante. De la cellule photovoltaïque aux batteries,

INFO CHIMIE MAGAZINE N° 516 - Janvier 2013

des piles à combustible à l’utilisation de la biomasse, elle a su se placer au cœur de toutes ces technologies. Mais c’était sans compter sur l’arrivée des gaz et huiles de schistes venus jouer les troublions. Aux antipodes de tout ce que l’on aurait pu imaginer il y a à peine 2 ou 3 ans, une nouvelle ère d’abondance énergétique est en train de démarrer. Ce retour en force du fossile pourrait même se traduire par un effondrement du prix du pétrole après celui du gaz, selon des observateurs avertis. Les pays, qui profiteront de cette manne des gaz et huiles de schiste, seront bien entendu ceux qui en produiront. La démonstration étant apportée par les Etats-Unis, pionniers de l’exploitation de ces gaz de schiste, et qui s’acheminent vers une indépendance énergétique en 2030. Alléché par cette perspective, le gouvernement britannique vient de donner son feu vert à la reprise de « forages exploratoires ». Tandis qu’en France, la pression exercée par les industriels en mal de compétitivité n’a jamais été aussi forte. Le renouveau des énergies fossiles gaz de schiste, mais aussi charbon n’est pas une très bonne nouvelle pour tous les grands projets autour des énergies renouvelables et de la transformation de la biomasse, chimie du végétal incluse, et au delà pour le réchauffement climatique. Mais encore une fois, si le problème est le CO2, la chimie peut proposer des solutions, comme sa séquestration, ou mieux encore son utilisation comme matière première. Au final quels que soient les choix, la chimie est partout et de nature à apporter un peu plus de sérénité à ce vaste débat.

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JANVIER 2013 - N ° 516 BAROMÈTRE

ETI Axyntis se bat

sur le terrain de la compétitivité COMPÉTITIVITÉ

L’UIC décrypte le contenu du «pacte de croissance » ENERGIE Les gaz de schiste

refont surface 12

16

Actus Chimie

25

STRATÉGIE Le groupe Dow resserre les rangs VINYLIQUES Petronas se désengage du secteur SILICES PRÉCIPITÉES Evonik

accroît ses capacités mondiales SILICE HAUTEMENT DISPERSIBLE

Solvay investit à Collonges-auMont-d’Or

BASF

6

ISOCYANATES BASF acquiert une

partie de l’activité TDI de Ciech RESTRUCTURATIONS Kemira ferme

deux usines en France CATALYSEURS Clariant augmente ses capacités aux Etats-Unis

HSE

Actus chimie verte

PARTENARIAT PUBLIC/PRIVÉ

La chimie verte à l’honneur à Poitiers NANOPOUDRES Nanomakers

démarre sa première unité de production BIOBUTADIÈNE Global Bioenergies progresse avec Synthos

PESTICIDES Un rapport du Sénat

juge des risques REACH La demande

36

d’autorisation réclame une approche stratégique

Efficacité énergétique

29

Le secteur de la chimie continue à se mobiliser

Innovation

LIQUIDES IONIQUES

La gestion de l’énergie constitue une thématique prédominante du secteur de la chimie. Alors que de nombreuses actions peuvent d’ores et déjà être menées, l’industrie chimique essaie d’aller toujours plus loin.

© BASF

© Solvay

Profiter de l’essor de la chimie verte pour se développer

de carbone pour la chimie ? TRAITEMENT DE DÉCHETS

Innoveox se prépare à déployer sa technologie AUTOMOBILE Des ailes en

plastique pour le crossover Outlander Crédit couverture : Photothèque Rockwool Technical Insulation. Ce numéro comporte un encart jeté :

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Actus fournisseurs

RÉACTEURS De Dietrich Process Systems réorganise ses activités en France CHAUDRONNERIE Sanel Plastimarne déménage SÉCURITÉ Bayer maîtrise

ses risques d’explosion grâce à Fike

46

Focus

51

Focus

Vannes TECHNOLOGIE KSB

Échangeurs CONJONCTURE Une année

développe la culture de la vanne papillon en Aquitaine

2012 soutenue par l’international

© KSB

CO 2 Une nouvelle source

Carnet 57 Agenda 56



Liste des annonceurs

CPE Lyon

4

N° 516 - Janvier 2013 INFO CHIMIE MAGAZINE


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BAROMÈTRE Créée en 2007 à partir du rachat de cinq unités de production basées en France dans les activités de la chimie fine et des colorants, Axyntis témoigne de la résistance des entreprises de taille intermédiaire face à l’érosion de l’emploi industriel. David Simonnet, son président, milite pour un soutien public de ce type d’entreprises dont le développement pourrait contribuer au redressement productif.



ENTREPRISE DE TAILLE INTERMÉDIAIRE Axyntis se bat sur le terrain de la compétitivité pourrait apporter à Axyntis quelque 700 000 euros de trésorerie supplémentaire. C’est un levier qui va nous permettre d’accélérer nos projets d’investissement dans de nouvelles technologies de chimie.

© Axyntis

À la tête du groupe Axyntis, ETI de près de 350 personnes, vous vous êtes engagé dans le débat de la compétitivité, bien avant l’annonce du rapport Gallois. Le quotidien Les Echos a même publié votre tribune sur le sujet. Quelle en était la teneur ? En Europe, nous vivons une inflation de normes qui vont dans le sens du progrès en matière de qualité, d’hygiène, de sécurité et d’environnement. Mais dans le même temps, nous permettons à des pays émergents qui pratiquent la dévaluation monétaire et la dévaluation normative, de commercialiser librement leurs produits. Les conséquences de cette situation sont graves dans la mesure où elles entraînent une perte de parts de marché de nos entreprises à la fois à l’export et sur notre propre territoire. Ce diagnostic de perte de compétitivité s’impose désormais à tous. On peut même parler de guerre économique dans la mesure où l’un des objectifs des pays émergents qui la pratiquent est de contrôler les produits industriels stratégiques indispensables à la puissance d’une nation. D’où la nécessité de mettre en place une politique industrielle forte dans notre pays pour inver-

David Simonnet est le présidentfondateur d’Axyntis.

© Axyntis

ser la tendance ; je proposais d’ailleurs dans cette tribune la création d’un crédit impôt industrie.

Malgré la crise, Axyntis a augmenté ses dépenses de R&D de 50 %. 6

Aujourd’hui, avec la publication du rapport Gallois et les déclarations du Premier ministre Jean-Marc Ayrault, pensez-vous que l’on soit sur la bonne voie ? Cela fait maintenant plusieurs mois que l’on ressent un vrai changement avec la découverte de l’importance des PME et des ETI. La France compte 1300 ETI qui représentent près du tiers de l’activité industrielle. De par leur agilité, elles sont une source de création d’emplois sur le territoire national plus importante que les grands groupes. Mais cette foisci, le gouvernement est allé plus loin avec des mesures phares comme la création d’un crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) ou l’élargissement du crédit impôt recherche. En année pleine, le CICE

D’où vous vient cet engagement sur le sujet de la compétitivité, alors que diriger une ETI est déjà une activité très accaparante ? Défendre les intérêts d’Axyntis passe aussi par la défense de la compétitivité de la chimie, et plus largement, de l’industrie en insistant sur les vertus des ETI. C’est la raison de ma participation récente, en tant qu’administrateur, au Sicos-Biochimie et à Polepharma ou, comme adhérent, à la CGPME ; organisation dans laquelle je compte m’impliquer encore davantage. La défense d’intérêts privés n’a pas de sens si elle ne s’inscrit pas dans une logique de défense de l’intérêt général. C’est une conviction forgée au cours des vingt années passées au service de l’industrie française mais également à travers des expériences parallèles d’officier, de magistrat ou d’enseignant. Aujourd’hui, cet engagement est encore plus radical. Nous sommes de nombreux dirigeants d’ETI à avoir investi tout notre patrimoine dans nos entreprises en France et avons ainsi développé des stratégies anticrise différentes de celles menées par des dirigeants salariés. Elles s’illustrent par l’intérêt porté aux composantes de la compétitivité hors coût : la défense des savoir-faire et donc de l’emploi qualifié dans les territoires où nos entreprises sont implantées et des visions de long terme. Il faut que cela se sache ! Notamment au niveau des pouvoirs publics. Comment votre entreprise fait-elle face à cette guerre économique ? Notre entreprise a connu d’importantes difficultés en 2009. Elle s’est retrouvée

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BAROMÈTRE

Quels types de mesures ont permis le redressement d’Axyntis ? Les deux mots clés sont l’innovation et la diversification à la fois des applications et des zones géographiques. D’une part, l’innovation n’est pas réductible à la seule R&D. L’excellence de la maind’œuvre, des savoir faire et des processus industriels sont aussi essentiels. Tous les salariés du groupe en ont été les principaux promoteurs. D’autre part, la démarche de diversification que nous avions déjà entreprise dès 2007, sous la houlette de François Baduel, désormais directeur général adjoint, a été fortement accélérée. Nos activités traditionnelles couvraient les marchés de la pharmacie, des colorants et de l’électronique. Nous nous sommes ouverts à de nouveaux marchés dans la photographie, les cosmétiques, l’agrochimie et les polymères spéciaux, tout en garantissant une exclusivité à nos clients sur ces marchés. Nous remontons avec eux la chaîne de valeur vers la chimie aval. En termes géographiques, nos ventes se répartissent désormais à parts égales entre la France, l’Europe et le grand export. Nous avons récemment signé un contrat avec le Japonais Fujifilm et nous venons de finaliser deux autres contrats pluriannuels en dehors de la pharmacie et à l’export. Par ailleurs, pendant que nos concurrents chinois et indiens pratiquent l’inflation de leurs prix, nous nous sommes engagés vis-à-vis de nos clients stratégiques à travailler à coûts fixes sur une période de 2 ou 3 ans. Cela a été rendu possible grâce à la signature d’accords responsables avec nos syndicats sur le passage en 5x8 sur All Chem, la poly-

© Axyntis

prise en étau entre la crise économique - avec l’effondrement des marchés dans l’électronique - et la raréfaction des financements, à l’exception notable de ceux d’Oséo, et la guerre économique menée par les pays émergents qui affaiblissait nos parts de marché traditionnelles. Aussi, dès fin 2009, avons-nous mis en place un plan d’actions défensives et offensives avec le soutien de notre actionnaire principal, ArgosSoditic, de nos clients et de quelques fournisseurs partenaires. De toute évidence, nous avons réussi à actionner les bons leviers, puisque depuis 2011, nous avons retrouvé le chemin de la croissance et depuis septembre dernier, nous dépassons nos niveaux de production et de résultats d’avant crise, avec en rythme annuel un chiffre d’affaires supérieur à 70 M€et un EBE supérieur à 13 %. Nous terminons donc un cycle défensif qui s’est étalé sur la période 2009-2012. Nous entrons dans un cycle plus stratégique sur la période 2013-2016. Orgapharm est un site inspecté FDA, situé à Pithiviers dans le Loiret.

valence en production chez Steiner ou la mise en place d’un plan de productivité au sein d’Orgapharm. Nous avons pratiqué une politique salariale modérée et en contrepartie, nous n’avons pas réalisé de plans de licenciements collectifs, contrairement à beaucoup de nos concurrents français. Vous avez aussi renouvelé le management… Nous avons cherché à renouveler notre équipe dirigeante avec l’intégration de jeunes managers qui avaient une culture de l’international. Aujourd’hui, nous comptons des anciens de 3M, Mitsui, Novasep, Unipex ou Isochem. Nous avons donné à une vingtaine de cadres la possibilité d’investir dans l’entreprise pour qu’ils envisagent leur métier dans une démarche entrepreneuriale. Nous avons également engagé des programmes de formation continue pour permettre à des femmes cadres d’accéder à des postes de direction. … Et vous n’avez pas renoncé à la R&D ? Bien au contraire, malgré la crise, nous avons augmenté de 50 % nos dépenses de R&D en réallouant des économies de frais de structure. Nous avons développé nos moyens propres, tout en faisant appel à des CRO innovantes comme Provence Technologies ou Holis. Nos principes actifs ou nos intermédiaires de synthèse doivent intégrer une forte composante immatérielle par la recherche de davantage de qualité et d’innovation.

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C’est ce qui explique l’augmentation actuelle de notre valeur ajoutée. Pour la période 2013-2016, vous vous apprêtez à entrer dans un cycle plus stratégique. Qu’est-ce que cela signifie ? Notre ambition n’est plus de participer à la consolidation du secteur de la chimie fine en France, comme nous avons pu l’envisager en 2007. Ce type de stratégie conduit inévitablement à la recherche de synergies qui passent par des fermetures de capacités et des pertes de compétences. Ce sont des opérations négatives. Aujourd’hui, notre stratégie vise à réaliser des partenariats ou des acquisitions avec des sociétés de plus petite taille, mais avec un fort contenu technologique, par exemple dans le domaine de la chimie analytique ou de la sous-traitance de R&D. Ce sont des opérations à synergies positives dans la mesure où nous offrirons à ces sociétés la possibilité de développer leurs activités, en profitant notamment de notre réseau commercial et de nos moyens industriels. Nous avons déjà identifié plusieurs cibles potentielles sur le territoire français. Parallèlement, nous sommes en négociation avec un groupe japonais en vue de créer une joint-venture qui nous permettra de déployer dans les prochains mois une nouvelle activité de chimie sur le site de Pithiviers. La France demeure une terre industrielle : nous devons renforcer sa compétitivité et donc son attractivité.  Propos recueillis par Sylvie Latieule 7


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BAROMÈTRE Du rapport Louis Gallois sur la compétitivité des entreprises, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault a tiré un pacte de croissance, décliné en 35 mesures. Analyse de ce document par le prisme de l’industrie chimique.



COMPÉTITIVITÉ L’UIC décrypte le contenu du « pacte de croisssance » our l’industrie chiobserve Daniel Marini, mique en France, le directeur des affaires écorapport de Louis nomique et internatioGallois sur la compétitivité nales à l’UIC, il aurait fallu de l’industrie française a vu aller jusqu’à 3,5 fois le juste. Au lendemain de sa Smic ». Par ailleurs, la chipublication, le 5 novembre mie est une industrie qui dernier, l’Union des n’est pas une grande Industries Chimiques (UIC) consommatrice de maina déclaré qu’elle partageait d’œuvre. Du coup, le poids entièrement le constat fait de la masse salariale dans par ce rapport, ayant ellela valeur ajoutée est à Daniel Marini est même alerté les pouvoirs peine supérieur à 55 %. directeur des affaires publics sur une perte de Selon Daniel Marini, le économiques et compétitivité de l’industrie bénéfice de cette mesure chimique en France, il y a internationales à l’UIC. ne dépassera pas les 150 à quelques mois. En effet, ce 200 millions d’euros, alors secteur a perdu, en 10 ans, 4 points de qu’elle sera financée par une hausse de marge (ratio EBE/VA) et a régressé dans la TVA, mais surtout par de la fiscalité sa contribution aux exportations de proenvironnementale qui ne manquera pas duits chimiques de l’Union européenne de toucher l’industrie chimique. Au bilan, (UE 27), passant de 13 à 11 %. si certaines entreprises en aval pourront En revanche, l’industrie chimique se tirer avantage du CICE, il n’en sera pas montre plus dubitative sur « le pacte pour de même pour l’amont : la chimie, fortela croissance, la compétitivité et l’emploi » ment capitalistique et qui emploie moins du Premier ministre Jean-Marc Ayrault, de main-d’œuvre. Dans ce secteur déjà traduction gouvernementale du rapport Gallois. Certes, il y a des mesures qui vont dans le bon sens, en particulier dans le soutien à l’innovation, l’aide à l’exportation, la simplification réglementaire, la formation et l’apprentissage ou encore au renforcement des filières. L’UIC rappelle que la plupart d’entre elles avaient déjà été exprimées par la Conférence nationale de l’Industrie (CNI) et les Comités stratégiques de filières (CSF). En revanche, l’industrie chimique s’interroge sur le bien-fondé du Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi ou CICE qui est pourtant la mesure phare du programme de JeanMarc Ayrault. Pour rappel, cette mesure prévoit d’alléger de 20 milliards d’euros par an, avec une montée en charge progressive sur trois ans, les coûts des entreprises. Cependant, dans le calcul du montant du CICE, ne sera intégrée que la masse salariale brute des employés qui perçoivent entre 1 et 2,5 fois le Smic. Or « l’industrie chimique est un métier de La chimie de base réclame surtout des haute technicité où la répartition de la mesures sur le coût de l’énergie. masse salariale est relativement élevée,

fragilisé par une forte concurrence internationale qui bénéficie de coûts préférentiels d’accès à l’énergie et à la matière première, il est peu probable que les revenus du CICE compensent l’augmentation de la facture environnementale.

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© LyondellBasell

© UIC

L’énergie oubliée Plus inquiétant encore, dans ce pacte pour la croissance, il n’y a aucun mot sur l’énergie, souligne Daniel Marini. Pourtant, Louis Gallois avait évoqué le sujet dans sa proposition n°5 préconisant de « mener les recherches sur les techniques d’exploitation des gaz de schiste ». Or la chimie est une industrie énergie-intensive. Elle consomme 40 % du gaz et 25 % de l’électricité de toute l’industrie. Pour elle, les sujets de l’énergie et de la compétitivité sont intimement liés. « L’avantage que nous avons en matière de prix de l’énergie électrique pourrait disparaître avec la baisse du pourcentage du nucléaire dans le mix énergétique », estime Daniel Marini. « Les énergies renouvelables vont nécessiter un effort de recherche extrêmement important, sans certitude de disposer à terme d’une énergie compétitive. Quant au gaz naturel, il est actuellement 4 à 5 fois plus cher en France qu’aux États-Unis, ce qui ne va pas manquer de poser rapidement un problème de compétitivité pour nos industries ». Pendant ce temps, l’Allemagne tend à diminuer le coût de l’énergie pour ses industries énergieintensives par le jeu de la redistribution du produit des quotas de CO2, observe Daniel Marini. Quant aux gaz de schiste, l’UIC continue de marteler que leur exploitation constituerait une manne pour la chimie en France, tant en termes de matière première que de source d’énergie. « Par le jeu de décisions politiques, on peut gagner ou perdre un avantage en matière de coûts de l’énergie », résume Daniel Marini, ajoutant que l’UIC souhaite poursuivre avec les pouvoirs publics une concertation étroite sur le sujet pour que le coût de l’énergie reste un atout en France.  Sylvie Latieule

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BAROMÈTRE

ÉNERGIE Les gaz de schiste refont surface Les industriels ne cessent de réclamer la réouverture du dossier sur les gaz de schiste. Des signaux laissent entrevoir une possible avancée. e dossier des gaz de schiste n’est peut-être pas complètement enterré. Des signaux politiques récents semblent soutenir une possible réouverture du dossier. Minovembre 2012, le Sénat a saisi l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) d’une demande d’étude des solutions alternatives à la fracturation hydraulique, technique proscrite en France, pour l’exploration et l’exploitation des gaz de schiste. Le 28 novembre, Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, affirmait au sujet du gaz naturel qu’il valait « mieux le produire ici plutôt que de l’importer », et qu’il fallait travailler à « imaginer une nouvelle génération de technologies propres » pour l’extraction des gaz de schiste. Enfin, le lendemain, lors de l’ouverture du débat natio-

© Schlumberger

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Selon les spécialistes, les risques liés à la production peuvent être maîtrisés.

Julien Cottineau et Dinhill On

● L’Union des industries

Le Centre national de documentation pédagogique de l’Éducation Nationale (CNDP) vient de lancer un site Internet grand public sur la chimie, épaulé par la Fondation internationale de la maison de la chimie, EDP Sciences, le Village de la chimie, l’UIC et la revue L’Actualité Chimique. Nommé Mediachimie (www.mediachimie.org), il s’adresse aux élèves (collège à enseignement supérieur), parents et enseignants. Il aborde divers thèmes comme l’agriculture, l’environnement, l’énergie, la qualité de vie, la santé, les analyses et imagerie.

chimiques (UIC) a signé le 20 novembre 2012 un accord de partenariat avec l’Association pour l’emploi des cadres (Apec) pour améliorer l’emploi dans le secteur de la chimie. L’accord comporte deux volets. Le premier vise à développer une bonne connaissance des métiers et du marché des industries chimiques et à « favoriser l’adéquation entre les besoins des entreprises et les compétences des cadres ». Dans ce cadre, l’UIC et l’Apec « s’engagent à étudier et mettre en œuvre les moyens facilitant la mise en relation entre ces deux publics ». Le second

© ENSTBB

EMPLOI L’UIC partenaire de l’Apec

Un site grand public dédié à la chimie

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pour déterminer d’abord le potentiel du sous-sol français, jugé prometteur, avant de voir plus loin. Comme l’ensemble de l’industrie chimique, le Syndicat de la chimie organique de base (Scob) plaide en ce sens. D’autant qu’il juge intéressante la possibilité de profiter de l’éthane issu des gaz de schiste en Europe pour

nal sur la transition énergétique, Delphine Batho, ministre de l’Écologie et de l’Énergie, lançait que « toutes les idées pourront être défendues », comme celle de « l’exploitation des gaz de schiste ». Ces signaux devraient satisfaire les secteurs industriels qui ne cessent de réclamer la réouverture du dossier

réduire la facture énergétique. Le Scob n’entrevoit toutefois pas les gaz de schiste comme une piste pour alimenter des vapocraqueurs en France, comme c’est le cas outre-Atlantique. D’une part, car les volumes ne seraient peut-être pas suffisants, d’autre part, car les vapocraqueurs actuels sont essentiellement sur base naphta, d’où des coûts lourds pour de possibles conversions. Les pétroliers ne relâchent pas non plus la pression. « Quand bien même nous sommes dans un contexte de transition énergétique, le mix prévu à l’horizon 2035 sera constitué à 75 % d’énergies fossiles. L’exploration est donc nécessaire au regard du taux de renouvellement des réserves de ressources fossiles », déclare ainsi Pascal Baylocq, président du comité Gaz de schiste au sein du Groupement des entreprises pétrolières (GEP-AFTP). Le GEP-AFTP affirme que l’exploitation des gaz et huiles de schistes « présente des risques mais qui peuvent être maîtrisés ». 

Le partenariat vise à favoriser l’insertion des jeunes.

volet de l’accord porte sur l’insertion professionnelle des jeunes. Le dispositif Tremplin jeunes de l’Apec, qui offre un accompagnement renforcé et se concentre sur la mise en relation des jeunes avec les sociétés, sera ainsi déployé

dans les entreprises chimiques. L’UIC diffusera auprès de son partenaire des offres d’emplois cadres dédiées à des jeunes tandis que l’Apec tâchera de « répondre aux demandes de mises en relation émanant des entreprises concernées » et de leur fournir éventuellement « des listes de candidats ». Chaque année, environ 10 000 emplois sont renouvelés dans les industries chimiques en France, sur un total de 160 000 emplois directs et 500 000 indirects, rapporte l’UIC. Fin 2012, 700 postes n’étaient pas pourvus par manque de J.C. candidats. 

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BAROMÈTRE

La production chimique en France en déclin

Feu vert pour l’utilisation des 44 tonnes

● L’Union des industries chimiques (UIC) prévoit une baisse de 1,2 % de la production, en volume, pour 2012, et n’anticipe qu’une croissance de 0,6 % en 2013 à condition d’une reprise lente européenne et du soutien des pays tiers. Le constat s’est nettement dégradé par rapport à la prévision de croissance de 1,8 %, annoncée début 2012. Les industriels confirment la « dégradation des perspectives à court terme », notamment en raison d’un « alourdissement des stocks de produits finis et d’un bas niveau pour les carnets de commandes ». Par segment, seule la chimie minérale serait en progression (+3,5 %) grâce à une bonne orientation de la production d’engrais. Le segment des savons, parfums et produits d’entretien serait à 0 % avec la baisse de consommation des ménages et des secteurs industriels. Les spécialités chimiques afficheraient une décroissance de 1 %, via la

● À partir du 1er janvier 2013, le transport de produits chimiques pourra s’effectuer via des 44 tonnes à 5 essieux. Cette autorisation fait suite à la publication, le 6 décembre 2012, d’un décret ministériel généralisant l’utilisation des 44 tonnes. Cela constitue une « évolution majeure » pour l’Union des industries chimiques (UIC). Elle souligne en effet que le transport et la logistique représentent en moyenne 10 % du chiffre d’affaires de l’industrie chi-

faiblesse de la demande dans l’industrie et la construction via les peintures, vernis et adhésifs. Une chute modérée par les phytosanitaires. Le segment le plus touché reste celui de la chimie organique (-4,5 %) en raison de la faiblesse des marchés de l’automobile, de l’électronique, des biens de consommation et de la construction. Du côté de la balance commerciale, l’UIC pointe deux tendances. Dans la zone euro, les exportations sont en recul sur neuf mois (-1,9 %), consolidant un solde déficitaire. Hors zone euro, la croissance est de 4,7 %, en bénéficiant de la dépréciation de l’euro, mais affiche des signes de ralentissement. L’UIC souligne que « la demande extérieure devrait cependant constituer le principal soutien à l’activité en 2012 et au total, le solde de la balance commerciale de l’industrie chimique devrait rester positif cette J.C. année ». 

DÉGRADATION EUROPÉENNE

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e Cefic a annoncé en décembre 2012 un recul de 2 % de la production chimique européenne pour 2012. Soit 8 % en dessous des niveaux précrise de 2008-2009. C’est la troisième fois en un an que la fédération abaisse sa perspective. Fin 2011, elle annonçait 1,5 %, puis 0 % en juin, avant -1,5 % en septembre. Pour 2013, la prévision s’est réduite à 0,5 %, contre 1 % annoncé en septembre 2012.

À l’origine de cette dégradation, la morosité dans l’automobile et la construction, les programmes d’austérité, la volatilité des prix du naphta et du pétrole. Le Cefic estime que les exportations, notamment vers les émergents, demeureront un vecteur de croissance. Mais le ralentissement de la croissance chinoise et les risques de rechute de l’économie américaine sont autant J.C. d’ombres au tableau.

L’UFCC lance un CD d’auto-formation sur le risque Afin de faciliter la tâche des industriels de la chimie dans leur gestion des risques chimiques, L’Union française du commerce chimique (UFCC) a conçu un CD-Rom d’auto-formation. Celui-ci est organisé sous plusieurs modules comme les risques produits, le chargement et déchargement de colis, le stockage, le conditionnement, etc. Il est vendu 290 euros H.T. INFO CHIMIE MAGAZINE N° 516 - Janvier 2013

TRANSPORT CHIMIQUE

© Total

ÉCONOMIE

mique. Elle prévoit que « 15 % des flux de camions actuels de produits chimiques pourront basculer en 44 tonnes dès 2013 ». Cette mesure très attendue permettra aussi de réduire le nombre de véhicules par kilomètre et les consommations de carburant. Le passage aux poids lourds de 44 tonnes à 5 essieux a déjà été adopté par d’autres pays européens comme la Belgique, le Royaume-Uni, l’Italie et les Pays-Bas. Une mesure que l’UIC souhaite étendre à toute l’UE. « Il convient désormais d’obtenir un cadre réglementaire communautaire permettant la circulation de ces poids lourds sur tout le marché intérieur de l’UE », recommandeLe passage aux 44 tonnes réduira le A.F. t-elle.  nombre de camions sur les routes.

Le bilan 2012 d’Axelera est positif PÔLE DE COMPÉTITIVITÉ

● La fin de l’année est l’occasion pour le pôle de compétitivité lyonnais dédié à la chimie et à l’environnement de faire un point sur 2012 et ses perspectives. Fin octobre 2012, Axelera comptait 263 adhérents, dont une majorité de PME, soit une progression de 9 % par rapport à décembre 2011. 7 sur 10 sont basés en région Rhône-Alpes. Trois projets de R&D ont été clôturés en 2012. Il s’agit de Duramat (durabilité des matériaux, porté par Rhodia), Lumisurf (apport des nanomatériaux dans l’éclairage et les surfaces innovantes, porté par Philips Éclairage) et Altereco (valorisation énergétique des rejets à basses

températures, porté par Arkema). Deux autres projets ont été validés par l’État : Bionicomp et Valenthin. Début 2012, l’État a lancé l’évaluation de la phase 2 des pôles de compétitivité (période 2008-2011). Axelera s’en est bien sorti, classé parmi les 20 pôles jugés très performants (sur 71). À l’avenir, le pôle souhaite concentrer ses efforts sur l’innovation et le développement des entreprises, notamment des PME. Il poursuivra son expansion géographique via l’organisation d’événements internationaux, la mise en place d’une veille au Brésil et la participation à des projets A.F. de R&D en Europe.  11


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PESTICIDES Un rapport du Sénat juge les risques Une centaine de recommandations concernant tous les maillons de la chaîne devraient être débattues en janvier. a Mission d’information du Sénat sur les pesticides a rendu son rapport « Pesticides : vers le risque zéro ». Lequel dresse plusieurs constats et formule une centaine de recommandations qui feront l’objet d’un débat en séance plénière en janvier. À l’origine, des études sur des maladies touchant les agriculteurs et liées aux pesticides ont déclenché cette investigation. La mission sénatoriale a toutefois élargi son enquête à l’impact des pesticides sur les fabricants, les utilisateurs, leurs familles et les riverains de ces activités. Le rapport estime que « les dangers et les risques présentés par les pesticides étaient sous-évalués et que la protection contre les pesticides n’était pas proportionnée aux dommages éventuels », que ce soit dans les pratiques industrielles, commerciales et agricoles. Il constate également que le suivi des produits une fois introduits sur le marché

© DR

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L’UIPP regrette une « cacophonie générale au sujet des pesticides ».

n’est « qu’imparfaitement assuré », ou que le plan Ecophyto 2018 doit être renforcé car l’usage de pesticides a augmenté en France alors que ce plan est censé réduire de 50 % l’utilisation de pesticides d’ici 2018. Le rapport préconise des recommandations « concernant aussi bien les industriels, les agences d’évaluation, les coopératives et le négoce, les agriculteurs, les

professionnels de la santé, les collectivités territoriales que les particuliers ». Ces recommandations visent à proposer des solutions pour améliorer notamment la procédure d’autorisation de mise sur le marché des pesticides, la vigilance sanitaire, ainsi que la recherche, la formation et l’information relatives à ces produits et à leurs impacts sur la santé. La publication de ce rapport

n’a pas manqué de susciter la réaction de l’Union des industries pour la protection des plantes (UIPP), qui regrette une « cacophonie générale au sujet des pesticides : conférence environnementale, point à mi-parcours du plan Écophyto, plan de développement durable de l’apiculture et les multiples annonces issues d’organismes officiels ». Une cacophonie qui ne fait que « renforcer la peur dans l’esprit des consommateurs et la stigmatisation des acteurs de la filière ». L’UIPP, qui estime que de nombreuses recommandations du rapport sénatorial sont déjà mises en œuvre par ses adhérents à travers différentes initiatives, demande aujourd’hui « davantage de cohérence et de lisibilité dans les actions menées afin d’aider chaque acteur impliqué et mieux comprendre les objectifs du gouvernement ». Surtout, l’UIPP réclame un dialogue plus constructif avec les pouvoirs publics, avec une meilleure prise en compte de ses avis et une meilleure reconnaissance des efforts du secteur.  J.C.

TERRORISME L’UE veut limiter l’accès à certains produits chimiques au grand public ● L’Union européenne sou-

© Bruno Biasutto/DICoD

haite limiter l’accès à des produits et substances chimiques susceptibles d’être utilisés pour la fabrication de bombes et engins explo-

Le plan Vigipirate vise à surveiller et protéger les lieux publics, des risques terroristes notamment. 12

sifs artisanaux. Le Parlement européen a voté à une très forte majorité (595 voix pour, 12 contre et 14 abstentions) un ensemble de règles pour réduire le risque que des terroristes puissent avoir accès à de tels produits précurseurs, comme des engrais ou des pastilles de nettoyage de piscine, sur le marché européen. Actuellement, le Parlement note que certains États membres disposent déjà de règles à l’échelon national, et souhaite désormais une harmonisation. La mesure phare des règles proposées concerne l’attribution de

licence d’achat, justifiant un besoin légitime, aux acheteurs de produits chimiques à haut risque contenant des concentrations importantes. Toutefois, le Parlement autorise une certaine souplesse. Trois produits chimiques courants, utilisés comme agents de nettoyage dans les piscines ou comme engrais, ne nécessiteraient pas de licence : le peroxyde d’hydrogène, l’acide nitrique et le nitrométhane. Les vendeurs devront toutefois enregistrer toutes les ventes pour ce type de produits. Selon le Parlement, « les pays européens, tels que l’Allemagne, qui enregistrent

déjà les ventes mais qui n’obligent pas les consommateurs à disposer d’une licence, pourront maintenir leurs propres systèmes ». D’autres produits contenant des substances à risque mais pour lesquelles des seuils de concentration ne peuvent être fixés resteront en vente sans restriction. Ce règlement devra recevoir l’approbation du Conseil européen. Une période de mise en œuvre de 18 mois est ensuite envisagée. Au total, le Parlement estime que ce règlement pourrait entrer en vigueur dans un délai de trois ans après son J.C. adoption. 

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des émissions pour l’UE

assez valorisés en France

● La Commission européenne soumettra prochainement une proposition sur les gaz fluorés au Parlement européen et au Conseil européen. La Commission propose de réduire d’ici 2030 de deux tiers les émissions de gaz fluorés par rapport au niveau actuel, sachant qu’elles ont augmenté de 60 % depuis 1990 alors que le « potentiel de réchauffement est jusqu’à 23 000 fois supérieur à celui du dioxyde de carbone », et que les émissions de « tous les autres gaz à effet de serre ont diminué » depuis 20 ans. La Commission propose aussi d’interdire l’utilisation des gaz fluorés dans certains équipements neufs. Les ventes dans l’UE du principal groupe de gaz fluorés, les HFC, seraient réduites progressivement à partir de 2015, via une réduction forcée, pour être ramenées à un cinquième de leur niveau actuel d’ici 2030. Cette proposition remplacerait le règlement en place aujourd’hui relatif aux gaz à effet de serre fluorés « qui impose aux entreprises une série de mesures destinées à réduire les fuites provenant des équipements qui contiennent des gaz fluorés et à récupérer les gaz lorsque les équipements sont parvenus au terme de leur durée de vie utile. Le règlement en vigueur prévoit également des exigences en

● L’association européenne des producteurs de plastiques Plastics Europe a fait un point sur la filière de valorisation et de recyclage des déchets plastiques. Sur les 25,1 millions de tonnes de produits post-consommation collectés sur le territoire européen en 2011, le volume en France atteint près de 3,3 millions de tonnes, provenant principalement du secteur de l’emballage (62,9 %). La France se place à la 10e position européenne avec un taux de valorisation de 60,9 % (41,7 % par l’énergie et 19,2 % par le recyclage), contre 59,1 % dans l’UE. À titre de comparaison, le top 9 incluant la Suisse, l’Allemagne, ou encore la Belgique culmine à plus de 92 % de déchets plastiques valorisés. En France, la valorisation est très disparate selon les secteurs indus-

Des formations sont organisées sur la manipulation des fluides frigorigènes.

ce qui concerne la formation et la certification du personnel intervenant dans l’entretien des équipements, l’étiquetage des équipements contenant des gaz fluorés et la communication d’informations relatives à la production, aux importations et aux exportations de gaz fluorés, ainsi que certaines interdictions dans un petit nombre de domaines spécifiques. Toutes ces exigences sont maintenues et/ou renforcées dans la nouvelle proposition », précise la Commission. Cette proposition devrait permettre l’émergence et le développement de substituts plus favorables à l’environnement, ce qui génèrerait de la croissance. Elle s’inscrit dans la volonté européenne d’encourager une action internationale pour réduire la consommation et la production mondiales de HFC dans le cadre du protocole de J.C. Montréal. 

© Sita/Suez

RECYCLAGE Les plastiques ne sont pas

© Apave

GAZ FLUORÉS Réduction drastique

La France ne valorise que 60,9 % de ses déchets plastiques.

triels. « En appliquant un scénario “zéro déchet” dès aujourd’hui, nous pourrions valoriser près de 80 millions de tonnes de plastique d’ici 2020 », souligne Michel Loubry, directeur général Europe de l’Ouest de Plastics Europe. Ce scénario pourrait prendre la forme d’actions restrictives à la mise en décharge, obligeant les acteurs à faire un proD.O. grès significatif. 

4,1 M$ d’amende pour Roquette aux États-Unis Roquette America, filiale américaine de Roquette, va payer une amende de 4,1 millions de dollars (3,2 M€) pour mettre fin à des poursuites liées à une pollution du fleuve Mississippi. Le groupe français est accusé d’avoir violé la loi sur la qualité de l’eau (Clean Water Act). Il aurait aussi enfreint le permis du

National Pollutant Discharge Elimination System (programme qui contrôle les rejets polluants dans l’eau aux États-Unis) au niveau de son usine de transformation des graines de Keokuk, dans l’Iowa (États-Unis). En plus de l’amende, Roquette devra aussi fournir 17 M$ pour des mesures de protection des eaux du Mississippi.

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HSE CHIMIE RESPONSABLE Deux UIC régionales

● Après l’interdiction d’uti-

récompensent des sociétés

©

Do die

liser du bisphénol A (BPA) dans les biberons et les contenants alimentaires, place aux collerettes de tétines et aux anneaux de dentition pour nourrissons. La commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale a voté le 28 novembre 2012 en faveur de leur interdiction, via un amendement au texte sur la suppression du BPA dans les contenants alimentaires. Deux autres amendements ont également été votés. Le

L’Assemblée nationale vote de nouvelles interdictions.

premier prévoit de bannir l’utilisation du BPA dans les biberons ayant le statut de dispositif médical en établissement de santé. Le second vise, lui, à proscrire l’ensemble des tubulures pour les perfusions, la nutrition ou tout autre usage médical, contenant du diéthylhexylphtalate DEHP (phtalates utilisés comme plastifiant). En parallèle, l’interdiction générale du BPA dans les contenants alimentaires début 2015 a aussi été adoptée le 28 novembre par l’Assemblée nationale en deuxième lecture. Elle n’a pas pris en compte les modifications du Sénat, qui proposait, entre autres, de reporter l’entrée en vigueur au 1er juillet 2015. L’interdiction d’employer du BPA dans les conditionnements alimentaires pour enfants de moins de trois ans sera, elle, effective en 2013, dès promulgation du A.F. avec AFP texte. 

PLASTICS EUROPE VEUT QUE L’UE INTERVIENNE DANS LE DOSSIER

S

elon Chemical Week, Plastics Europe désapprouve les mesures qui s’apprêtent à être votées en France, mais aussi en Belgique et en Suisse, contre le BPA. Elle s’inquiète notamment des conséquences financières « négatives » qu’elles entraîneraient

au sein de l’Union européenne (UE). Dans ce cadre, elle a demandé à l’UE de s’assurer « que ses états membres respectent les règles et procédures existantes au sein de l’UE concernant les matériaux en contact avec les aliments ».

La proposition 37 sur les OGM rejetée en Californie Les électeurs de l’État de Californie ont rejeté, le 6 novembre, par 53 % des voix la proposition 37. Ce projet prévoyait d’imposer un étiquetage spécifique sur les produits alimentaires qui contiendraient des ingrédients génétiquement modifiés. Les mois précédant ce vote, une véritable bataille s’était engagée entre les partisans de cette mesure et les

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opposants, qui regroupent de nombreux industriels. Ces derniers ont d’ailleurs mis les moyens pour obtenir gain de cause. Une campagne publicitaire de 46 M$ qui insistait sur le fait que cette législation risquait d’augmenter les prix alimentaires et de créer des confusions pour les agriculteurs et épiciers a notamment largement été diffusée.

A.F. avec Reuters

© UIC

SUBSTANCE Le BPA banni des tétines

Les trophées Chimie Responsable s’inscrivent dans la démarche Responsible care. ● L’Union des industries

chimiques (UIC) du Centre et l’UIC d’Île-de-France ont organisé, le 13 novembre, la remise des trophées « Chimie Responsable ». Ceux-ci s’inscrivent dans la démarche « Responsible Care ». Ils étaient ouverts à toutes les entreprises adhérentes des UIC Centre et Île-de-France. Ils visent à récompenser les actions menées dans quatre catégories : la santé (des salariés, du site, impact des produits, etc.), la sécurité (des salariés, des riverains, des installations…), l’environnement (impact de

l’entreprise, de son activité, de ses produits) et l’intégration locale (ancrage du groupe au sein de sa commune, région). La société Isochem (basée à Pithiviers, dans le Loiret) a remporté les deux trophées Intégration locale et Sécurité. Le trophée Santé a été décerné à PPM Chimirec (La Roche Clermault, Indre-et-Loire) et Chryso (Sermaises du Loiret, dans le Loiret). Par ailleurs, PPM Chimirec et Chryso ont respectivement reçu la mention spéciale du jury et le trophée A.F. Environnement. 

SUBSTANCES DANGEREUSES Greenpeace milite

pour des vêtements non toxiques ● Greenpeace épingle une

nouvelle fois de grands noms de l’habillement. L’ONG a réalisé une nouvelle enquête pointant les substances toxiques utilisées par différentes marques pour fabriquer leurs vêtements. Nommé « Les dessus toxiques de la mode », le rapport livre les résultats de tests conduits sur plus de 140 produits textiles dans 27 pays. Les conclusions sont sans appel : la présence d’éthoxylates de nonylphénol (NPE) aurait été détectée dans 89 articles,

soit 63 % des produits analysés. Ceux-ci sont commercialisés par une vingtaine de marques de prêt-à-porter. « D’autres substances dangereuses ont également été retrouvées dans certains vêtements, tels que des colorants azoïques et des phtalates toxiques », précise Greenpeace. Pour limiter cette pollution, Greenpeace demande aux marques concernées d’exclure l’ensemble des produits chimiques dangereux de leurs chaînes de production d’ici A.F. à 2020. 

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BAROMÈTRE

EcoMundo pointe du doigt la difficulté de monter un dossier d’Autorisation pour continuer d’utiliser une substance inscrite dans l’annexe XIV. D’où l’importance d’adopter une approche stratégique pour avoir une chance d’aboutir.



REACH La demande d’Autorisation réclame une approche stratégique Dr. Olivier Le Curieux-Belfond Chef du Département Tox-Ecotox EcoMundo

elon l’article 55 de Reach, l’Autorisation vise à « assurer le bon fonctionnement du marché intérieur tout en garantissant que les risques résultant de substances extrêmement préoccupantes seront valablement maîtrisés et que ces substances seront progressivement remplacées par d’autres substances ou technologies appropriées, lorsque celles-ci sont économiquement et techniquement viables ». L’Autorisation n’est donc pas comparable à une « simple » procédure d’enregistrement Reach où il « suffit » de décrire les caractéristiques de la substance. Chaque entreprise doit l’inscrire dans une véritable stratégie à court, moyen et long termes. On peut trouver facilement les explications officielles de la procédure d’Autorisation Reach, en commençant par le site de l’ECHA. Il convient pour chaque entreprise de l’aborder comme une question stratégique préalable à tout choix et à la rédaction du dossier. En effet, une demande d’Autorisation Reach implique des décisions prises à différents niveaux de l’entreprise : 1) les risques identifiés et les possibilités de les maîtriser, 2) la R&D en cours ou programmée sur la substitution de la substance identifiée comme extrêmement préoccupante, 3) les enjeux « socio-économiques, quantifiés par une analyse socio-économique (coût/bénéfice) de la substitution.

S

Une approche stratégique face à un dossier « à risque » En pratique, si un industriel souhaite utiliser ou continuer à utiliser une substance inscrite à l’Annexe XIV de Reach, il devra en faire la demande à l’ECHA via un dossier au « format Annexe XV », et cela avant une date précisée pour chaque substance (« Sunset date »). Ce dossier est difficile à réaliser parce qu’il

requiert des informations détaillées sur la substance, sur ses usages par l’entreprise et sur le plan de substitution, le tout dans un format relativement strict. Ainsi, deux grands risques incitent à la vigilance et à l’adoption d’une approche stratégique : 1) dès le début de l’instruction du dossier par l’ECHA, celui-ci peut être considéré non conforme, avant même son évaluation, 2) suite aux conclusions du comité d’évaluation des risques et du comité d’analyse socio-économique de l’ECHA, la demande d’Autorisation peut être refusée, malgré la conformité du dossier. Il est crucial de se poser les bonnes questions pour réaliser les bons choix. La demande a-t-elle des chances d’aboutir ? L’investissement est-il rentable ? Puis-je m’associer à d’autres demandeurs, et si oui, comment ? Doisje baser le dossier sur la démonstration d’un risque maîtrisé ? Comment réduire dans ce dossier des risques avec les mesures adéquates ? Comment décrire mes solutions alternatives à moyen et long termes ? Comment bâtir un argumentaire socio-économique ? Au vu des enjeux et des risques, EcoMundo recommande d’aborder un dossier d’Autorisation sous un angle stratégique. EcoMundo y voit l’opportunité pour l’entreprise d’analyser en

même temps certains de ses potentiels d’innovation. En pratique, il s’agira d’approfondir l’analyse du cycle de vie d’un produit comme base pour mieux comparer non seulement les impacts, mais également les coûts. Une même personne, ou même une seule entité de l’entreprise, réunit rarement toutes les compétences requises pour la réalisation d’un dossier aussi complexe que celui d’une demande d’Autorisation Reach. L’opportunité et la capacité de coordonner ces compétences ensemble sont aussi relativement rares. Ainsi les expertises – et cette liste n’est pas exhaustive - « risques », « gestion des risques », « R&D, innovation », « écoconception, analyse de cycle de vie » et « analyse socio-économique » dialoguent rarement ensemble et ont encore plus de difficultés à réellement interagir, collaborer et à mettre en place une stratégie commune. Une demande d’Autorisation peut être faite par un producteur, un importateur, un utilisateur aval ou une combinaison de ces acteurs. Elle peut, de plus, concerner un ou plusieurs usages, une substance ou un groupe de substances. Le demandeur d’Autorisation doit avoir à sa disposition des capacités d’analyse stratégique et de management de projet aux niveaux technico-scientifique et réglementaire. 

LE CONTENU D’UNE DEMANDE D’AUTORISATION 1) Un rapport de sécurité chimique (« Chemical Safety Report », CSR) décrivant les risques considérés comme extrêmement préoccupants, 2) une analyse des alternatives (« Analysis of Alternatives », AoA), de leur disponibilité, de leurs risques et de leur faisabilité technique et économique, ainsi que la R&D en cours et envisagée, 3) un plan de substitution (« substitution plan », SP), planifiant les actions proposées.

Ainsi, ce dossier atteint une certaine complexité non seulement parce qu’il réunit des jeux de données issus de domaines très différents, mais surtout parce qu’il est nécessaire de donner une logique d’ensemble à la demande. Un dossier ne devrait pas être considéré seulement comme une démarche administrative hautement experte, mais également comme un projet d’entreprise à défendre correctement pour convaincre les autorités compétentes.

EcoMundo est le spécialiste de la réglementation REACH pour l’enregistrement et l’accompagnement des industriels dans leur mise en conformité. EcoMundo est également un acteur clé de l’éco-conception intégrée à la supply chain. www.ecomundo.eu

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[ CHIMIE ] Le groupe américain lance un vaste plan de restructuration qui pénalise surtout les actifs européens. e groupe américain Dow a annoncé un plan de restructuration pour parer à la dégradation de ses ventes et de ses bénéfices. Il supprimera 2 400 postes, soit près de 5 % de ses effectifs mondiaux, et fermera une vingtaine d’unités dans le monde, ces deux prochaines années. « La réalité est que nous opérons dans un environnement de faible croissance à court terme. Même si ces actions sont difficiles, elles démontrent notre détermination à gérer rigoureusement nos opérations, surtout en Europe », justifie Andrew

© Dow

STRATÉGIE Le groupe Dow resserre les rangs

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Andrew Liveris, le p-dg de Dow, évoque des difficultés sur le sol européen.

Liveris, le p-dg. L’objectif est de réduire les coûts opérationnels de 500 millions de dollars (environ 390 M€) par an à partir de fin 2014. Le groupe prévoit également de réduire ses dépenses d’investissements en se détournant de ses projets

non prioritaires dans le contexte économique actuel. C’est principalement en Europe que Dow réduira la voilure de ses actifs. À Tessenderlo (Belgique), il fermera une unité de polyéthylène haute densité. À Delfzjil (Pays Bas), il stop-

LyondellBasell étudie des capacités additionnelles aux États-Unis ● Lors de la présenta-

© LyondellBasell

ÉTHYLÈNE

tion des derniers résultats trimestriels du groupe, Jim Gallogly, le p-dg, a évoqué des possibilités d’investissements plus conséquents qu’initialement annoncés pour augmenter un peu plus les capacités de production d’éthylène de LyondellBasell aux LyondellBasell investit massivement à Channelview (Texas). États-Unis. Les projets supplémentaires à l’étude concernent deux encore plus important qu’à sites majeurs du groupe. Channelview. Par ailleurs, D’abord sur son gigantesque LyondellBasell continue complexe de Channelview, d’étudier la possibilité de au Texas, où il est désormais s’allier à des partenaires question d’ajouter des capapour construire un vapocracités de près de 115 000 queur de plain-pied sur le tonnes par an courant 2015. sol américain. Fin 2011, en Ensuite sur celui de Corpus raison de l’éthane bon marChristi, toujours au Texas, ché disponible et qui le sera où le renforcement des à l’avenir avec l’exploitation capacités envisagées serait grandissante des gaz de 16

schiste, LyondellBasell avait déjà annoncé de fortes extensions de ses capacités de craquage. Le groupe avait prévu alors d’augmenter de 385 000 t/an ses capacités actuelles d’éthylène de son site de La Porte (Texas) et de les porter à plus de 1,15 Mt/an d’ici 2014. À Channelview, le groupe prévoyait d’ajouter déjà 230 000 t/an, sans compter la construction d’une unité pour augmenter également de 230 000 t/an ses capacités de propylène. À ce jour, « tous ces projets sont en cours selon le calendrier prévisionnel », affirme J.C. Jim Gallogly. 

pera ses activités de borohydrure de sodium. Sa division Formulated Systems (mousses polyuréthanes et solutions époxy) se passera de ses unités de Ribaforada (Espagne) et de Birch Vale (Royaume-Uni). Celle de Solon dans l’Ohio (ÉtatsUnis) fermera également. Une autre unité américaine est condamnée, à Midland (Michigan), pour la production de spécialités pour les filtres à particules de moteurs diesel. Enfin, Dow arrêtera de produire des résines époxy à Kina Ura, au Japon, et se retirera de la coentreprise Dow Kokam, aux côtés du Groupe Dassault et TK Advanced Battery, dans les batteries lithium-ions. D’autres unités plus petites, notamment dans le domaine des solvants oxygénés, sont sur la sellette.  Julien Cottineau

Innospec jette l’éponge sur TPC Fin du feuilleton. Le groupe TPC a accepté l’offre réévaluée des fonds SK Capital Partners et First Reserve Corporation. Après avoir donné son aval, le conseil d’administration avait vivement conseillé à ses actionnaires d’accepter l’offre, ce qu’ils ont fait le 5 décembre, lors d’une assemblée générale extraordinaire à Houston (Texas). L’offre initiale de SK Capital Partners et First Reserve Corporation, de l’ordre de 40 dollars par action, avait été réévaluée à 45 $/titre, soit une valorisation de 890 M$ (environ 680 M€), suite à la contreoffre de 47 $/action de Blackstone et d’Innospec qui avait ensuite retiré son offre. Malgré ses efforts et l'opportunité que l'opération incarnait pour ses activités, ce dernier a déclaré qu'il n'était pas parvenu à trouver un plan d'intégration suffisant pour l'absorption de TPC.

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[ CHIMIE ] Petronas se désengage du secteur

● Le géant malais veut optimiser son portefeuille chimique. Dans une annonce à la Bourse de Kuala Lumpur (Malaisie), Petronas a indiqué en détail sa sortie du domaine des produits vinyliques, avant le 1er janvier 2013. Quatre critères principaux ont motivé cette décision. Petronas estime d’abord que la « performance de son activité Vinyliques n’a pas été satisfaisante par rapport à ses autres activités ». Une conséquence notamment liée à la faible intégration des actifs existants. En amont, les 320 000 tonnes par an de dichlorure d’éthylène (1,2-dichloroéthane ou EDC) nécessaires aux productions vinyliques de Petronas sont essentiellement acquises

© Petronas

VINYLIQUES

Comme Arkema, le Malais Petronas choisit de se désengager des vinyliques.

auprès d’intermédiaires, seulement 90 000 t/an d’éthylène provenant des propres capacités du groupe. L’activité souffre également de la cyclicité du

marché de l’EDC. Enfin, les unités vinyliques actuelles nécessiteraient des capitaux et de la maintenance supplémentaires pour accroître leur efficience opérationnelle. Industriellement, trois unités sont concernées. En Malaisie sont condamnées les unités de chlorure de vinyle monomère (VCM), d’une capacité de 400 000 t/an, et de polychlorure de vinyle (PVC), d’une capacité de 180 000 t/an, implantées au cœur du complexe pétrochimique de Petronas à Kertih, dans le Nord-Est de la partie continentale du pays. Ces deux unités sont détenues aujourd’hui par la filiale Vinyl Chloride Malaysia du groupe. La troisième unité concernée est celle de la

filiale Phu My Plastics and Chemical Company, dont Petronas détient 93,1 % du capital. Implantée au Vietnam, cette unité de PVC, d’une capacité de 100 000 t/an, est entièrement alimentée en VCM par Vinyl Chloride Malaysia. L’actionnaire minoritaire, Vung Tau Shipyard (6,9 % du capital) ne se désengagerait pas du projet, mais devra trouver des partenaires prêts à reprendre les parts de Petronas et trouver d’autres sources d’approvisionnement en VCM.Ce désengagement aura aussi un impact financier. Le groupe prévoit une charge exceptionnelle de 560 millions de ringgits (141,4 M€) dans les comptes de son quatrième J.C. trimestre 2012. 

PTT orchestre sa croissance à l’international

Sasol investira en masse aux États-Unis

● L’investissement pourrait atteindre les 28,7 milliards de dollars (22,2 Mrds €). Le géant pétrochimique thaïlandais envisage les choses en grand au Vietnam, selon la presse vietnamienne et thaïlandaise. PTT Global Chemical a soumis aux autorités du Vietnam une étude de pré-faisabilité pour construire à Nhon Hoi une vaste raffinerie et un complexe d’aromatiques intégré. Aucun détail n’a filtré, mais selon Reuters, il s’agirait déjà d’une des plus grandes raffineries à être construites dans la région Asie-Pacifique. La construction pourrait démarrer en 2016, avec une mise en service entrevue en 2019. Le groupe thaïlandais réfléchirait à la possibilité de construire d’autres complexes intégrés raffinage/pétrochimie dans plusieurs pays du Sud-Est asiatique, selon le Bangkok Post. Des études auraient même été menées au

● Un an après l’annonce de ses intentions d’expansion aux États-Unis, Sasol s’engage désormais et va lancer l’ingénierie d’avant-projet détaillé pour un complexe intégré Gas-to-liquids (GTL)/vapocraqueur sur son site pétrochimique de Lake Charles, en Louisiane. Or le groupe a revu ses ambitions à la hausse par rapport au projet initial. Les capacités seront plus imposantes et un budget colossal de 16 à 21 milliards de dollars (entre 12 et 16 Mrds €) est désormais annoncé. Pour la seule partie pétro-

PÉTROCHIMIE

Cambodge, en Indonésie, en Malaisie et au Myanmar (Birmanie). Investir à l’international est un axe stratégique fort pour PTT, dont le dispositif industriel est essentiellement implanté en Thaïlande. Il dispose néanmoins d’actifs dans certains pays d’Asie du Sud-Est, ainsi qu’en Europe et aux États-Unis. Ce besoin de croissance à l’international est d’autant plus prononcé depuis la constitution en 2011 de PTT Global Chemical. Le chimiste thaïlandais est devenu un leader asiatique de la chimie et un des grands acteurs de la scène mondiale. En 2011, PTT Global Chemical (3 454 salariés et des capacités chimiques de plus de 8 Mt/an) avait enregistré un chiffre d’affaires de 500,3 milliards de bahts (12,6 Mrds €), ce qui le place dans le top 30 de la chimie mondiale, au niveau d’acteurs émergents comme le J.C. Brésilien Braskem. 

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PÉTROCHIMIE

chimique, Sasol va engager entre 5 et 7 Mrds $. Le futur complexe comprendra un vapocraqueur sur base éthane, d’une capacité non pas de 1 à 1,4 million de tonnes par an, comme envisagé initialement, mais de 1,5 Mt/an, ainsi que plusieurs unités en aval. Le vapocraqueur et ses unités pourraient être opérationnels courant 2017. Outre les 7 000 emplois nécessaires à la construction, le futur complexe à Lake Charles permettra la création de 1 200 postes J.C. permanents. 

Dow augmente ses capacités de propylène glycol en Allemagne Le géant américain a annoncé la mise en service de 10 000 t par an de capacités supplémentaires de propylène glycol sur son site de Stade, au nord de l’Allemagne. Cette montée en puissance résulte d’une optimisation secondaire des extensions achevées en août 2010, explique Dow. Désormais, le site allemand dispose de capacités installées de 290 000 t/an. Au niveau mondial, Dow compte cinq usines et 900 000 t/an de capacités. Le réseau s’étendra dès l’an prochain avec la mise en service d’une unité de 150 000 t/an en Thaïlande.

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[ CHIMIE ] SILICES PRÉCIPITÉES

Evonik accroît ses capacités mondiales

● À mi-parcours d’un pro-

Thomas Haeberle, responsable du segment dédié à l’efficacité des ressources.

© Evonik

gramme d’extension mondiale de ses capacités en silices précipitées, Evonik relève ses objectifs. Annoncé en 2010, le projet visait l’augmentation, à l’horizon 2014, de 25 % des volumes existants pour ce type de produits, principalement en Europe et en Asie. Désormais, les capacités devraient être augmentées de 30 % et non 25 % en 2014. L’investissement total se porte à une dizaine de millions d’euros. « Actuellement, nous sommes à mi-chemin », se réjouit Thomas Haeberle, responsable du segment dédié à

l’efficacité des ressources d’Evonik. « Nous avons déjà renforcé les usines dédiées à nos silices précipitées des marques Ultrasil et Sipernat

Une fusion entre Potash Corp et ICL ? Le producteur canadien d’engrais Potash Corp a entamé des discussions avec le gouvernement israélien dans le cadre d’une fusion avec Israël Chemical (ICL), spécialisé dans les engrais et les produits chimiques de spécialité. Cette information a été confirmée par les deux groupes. ICL est actuellement détenu à 52,3 % par la holding Israël Corp et à 13,85 % par Potash Corp. Le reste du capital est coté à la Bourse de Tel Aviv.

SILICE HAUTEMENT DISPERSIBLE Solvay investit

à Collonges-au-Mont-d’Or ● Le chimiste belge vient

© Rhodia

d’inaugurer l’extension de son usine de silice hautement dispersible située à Collonges-au-Mont-d’Or (Rhône). Il a aussi finalisé la modernisation d’un atelier de R&D sur ce site. Ce dernier a été acquis par Solvay, suite à la reprise de Rhodia en 2011. Cette extension fait

À Collonges, Solvay exploite un ancien site de Rhodia. 18

suite à deux projets similaires opérés, à l’époque, par Rhodia. Le groupe français avait d’abord démarré fin 2010 une usine de silice hautement dispersible de 72 000 t/an à Qingdao, au nord-est de la Chine. Un an plus tard, il avait ajouté 16 000 t/an de capacités sur son site américain de Chicago Heights. Le montant global de ces trois investissements s’élève à 74 M€. Ils permettent à Solvay d’atteindre aujourd’hui des volumes de production de plus de 400 000 t par an de silice hautement dispersible. En dehors de la France, des États-Unis et de la Chine, Solvay fabrique ce type de produits en Italie et A.F. en Corée du Sud. 

en Asie et en Europe », ajoute Johannes Ohmer, responsable de la business unit Matériaux inorganiques. Et le groupe prévoit aussi

d’élargir le programme à d’autres zones géographiques. « Nous avons initialement perçu une augmentation de la demande en Europe. Maintenant, l’Asie et l’Amérique du Nord emboîtent le pas. D’autres régions suivront », confirme Johannes Ohmer. Evonik produit actuellement des silices précipitées sur dix sites de production, localisés dans neuf pays. En dehors de l’expansion de ses volumes industriels, le groupe investit actuellement dans un centre de développement à Wesseling, en Allemagne, qui se focalisera sur les silices et A.F. les silanes. 

GAZ INDUSTRIELS Air Liquide met la main

sur Lentechgas ● Le spécialiste français des

gaz industriels poursuit son expansion en Europe de l’Est, et plus particulièrement en Russie. Il vient de finaliser l’acquisition de Lentechgas, basé à SaintPétersbourg. Ce dernier « dispose d’une importante part de marché dans les gaz liquéfiés et conditionnés en bouteilles et est aussi un acteur majeur de la santé ». Il opère cinq unités de séparation des gaz de l’air (ASU) toutes situées à Saint-Pétersbourg. D’un effectif de 200 salariés, Lentechgas a généré des ventes de 10 millions d’euros en 2011. En ligne avec cette acquisition, Air Liquide a également

annoncé qu’il allait investir 40 M€ dans la construction d’une ASU à SaintPétersbourg. D’une capacité de 200 tonnes par jour d’oxygène et d’azote liquides, celle-ci sera opérée par Lentechgas en tant qu’entité d’Air Liquide. « Cette opération illustre notre stratégie qui consiste à focaliser notre expansion géographique sur les principales régions en croissance. Les économies en développement sont l’un des leviers de croissance du groupe », souligne Guy Salzgeber, directeur Europe du Nord et centrale d’Air Liquide. Ces cinq dernières années, Air Liquide a investi plus de A.F. 350 M€ en Russie. 

Air Products démarre son ASU avec Sibur Le gazier américain a inauguré début décembre une unité de séparation des gaz de l’air (ASU) en Russie. Un projet annoncé en 2010. Implantée sur le site de la filiale Voronezhsynthezkauchuk de Sibur à Voronezh, dans le Sud-Ouest de la

Russie, cette ASU dispose de capacités globales de 166,4 M m3 par an. Elle produira avant tout de l’azote gazeux et de l’air sec comprimé destinés aux productions de caoutchoucs synthétiques et de latex de Voronezhsynthezkauchuk.

N° 516 - Janvier 2013 INFO CHIMIE MAGAZINE


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[ CHIMIE ] BASF acquiert une partie de l’activité TDI de Ciech

ASF a signé un accord avec le groupe chimique polonais Ciech pour acquérir en partie ses activités de TDI pour un montant de 43 millions d’euros. Cette acquisition pourrait être effective au premier trimestre 2013. Dans le cadre de cet accord, l’ogre allemand ne mettra pas la main sur la seule usine de production de TDI du chimiste polonais située à Bydgoszcz, dans le Nord de la Pologne. Cette usine, gérée par la filiale Zachem de Ciech, dispose de capacités installées de 75 000 t par an et devrait les porter à 90 000 t/an à l’horizon 2014. L’accord porte seulement sur le transfert du portefeuille client, le savoir-faire et la propriété intellectuelle de l’activité Isocyanates de Ciech. Le TDI, qui a représenté 10,2 % des ventes de Ciech l’an dernier (CA de 4,17 Mrds de zlotys, soit

B

© BASF

ISOCYANATES

Production d’isocyanates sur le site de BASF à Shanghai.

1,02 Mrd €), est un marché en souffrance pour le groupe polonais. Lequel juge que les prix ont atteint un niveau historiquement faible l’an passé alors que les matières premières étaient historiquement élevées. D’ailleurs, cette activité a vu ses ventes fondre de 19,2 % entre 2010 et 2011. Ciech, qui détient 30 % de part du marché polonais du TDI, qui exporte 90 % de ses productions et qui est le

seul producteur dans le pays, s’inquiète de plus en plus de sa marge de manœuvre à l’international. Le marché mondial serait surcapacitaire, avec des capacités installées de 2,5 Mt/an, qui devraient être augmentées de 50 % d’ici 2015 si tous les projets récemment annoncés allaient à terme. BASF, n°2 mondial du TDI derrière Bayer, a par exemple annoncé en début d’année

un vaste projet de 1 Mrd € pour implanter des capacités de 300 000 t/an à Ludwigshafen, en Allemagne. Le projet sera opérationnel fin 2014, et devrait permettre au géant allemand de passer ses capacités mondiales de 560 000 à 780 000 t/an puisque dans l’intervalle il devrait fermer son unité allemande de 80 000 t/an à Schwarzheide. En s’adossant à un géant du secteur, Ciech trouve ainsi le moyen de sécuriser son activité de TDI tout en cédant une partie. D’autant que du point de vue de BASF, le marché reste prometteur. « Nous nous attendons à ce que le marché mondial du TDI croisse plus vite que le PIB, ces prochaines années, notamment dans les pays d’Europe centrale et de l’Est, au Moyen-Orient et en Afrique », confie un porteJ.C. parole du groupe. 

Sibur double des capacités en Russie

Evonik redémarre ses productions à Marl

● Le pétrochimiste russe a inauguré sa seconde ligne de polystyrène expansible (EPS) sur son site russe de Perm. Cette ligne d’une capacité de 50 000 tonnes par an permet à Sibur de doubler ses capacités locales en les portant à 100 000 t/an. Le groupe a investi 4,1 milliards de roubles (environ 101 M€) depuis le démarrage du site pour ses capacités de production d’EPS. Les deux lignes en service produisent un EPS sous la marque Alphapor, tiré d’une technologie du groupe austro-norvégien Sunpor. En matière d’isolation des bâtiments, cet EPS réduirait la consommation d’énergie de 40 %, selon Sibur. Se revendiquant n°1 en Russie de l’EPS, le pétrochimiste russe écoule ces productions sur les plus grands marchés

● Huit mois après l’explosion de l’unité de cyclododécatriène (CDT) et le violent incendie survenus le 31 mars 2012 sur son site allemand de Marl, Evonik peut reprendre ses productions. Le chimiste allemand a annoncé avoir reçu en novembre le feu vert du gouvernement du district de Münster pour cette reprise, et que tous les systèmes de production de l’unité avaient été remis en service fin novembre. La production devrait reprendre ces prochains jours. Le redémarrage de la production de CDT, matière première essentielle au lactame, le monomère du polyamide 12, permettra aussi à Evonik de reprendre ses productions de ce polymère, avec des premières livraisons attendues en janvier prochain. Ce qui est de bon

© Sibur

POLYSTYRÈNE EXPANSIBLE

Sibur se revendique n°1 de l’EPS en Russie.

mondiaux pour ce type de polystyrène, à savoir les États-Unis, la France, l’Italie, l’Allemagne et la Pologne. Au total, Sibur a investi 8,6 Mrds de roubles dans son site de styréniques, à Perm. Le complexe dispose également d’unités de production de styrène (135 000 t/an) et d’éthylbenJ.C. zène (220 000 t/an). 

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POLYAMIDE 12

augure pour d’autres producteurs de polyamide 12, à commencer par le Français Arkema, client d’Evonik pour son CDT, après plusieurs mois de tension sur ce marché stratégique, notamment pour les applications du polyamide 12 dans l’automobile. Le redémarrage de l’unité, initialement prévu pour fin 2012, était particulièrement attendu. Concernant la catastrophe, qui avait causé la mort de deux salariés, le groupe allemand a précisé que l’enquête n’était pas encore close. Les premiers rapports font état qu’un surdosage de catalyseur pourrait être à l’origine du drame. Evonik a annoncé, sans les détailler, que des mesures supplémentaires de sécurité ont été ajoutées sur l’unité de CDT aujourJ.C. d’hui restaurée.  19


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[ CHIMIE ] PVDF

Les filiales d’Air Liquide et d’Arkema ont amorcé une collaboration de recherche et de développement à long terme dans le domaine des polymères. Dans ce cadre, les partenaires travailleront sur la mise au point de polyacrylates et polyuréthanes hydrosolubles pour le secteur de la cosmétique. Ils seront produits par Coatex tandis que Seppic se concentrera sur leur commercialisation à l’échelle mondiale.

● Le projet d’un investisse-

DSM construit un centre de R&D aux Pays-Bas DSM a posé la première pierre d’un centre de recherche dédié aux nouveaux matériaux sur le campus de Chemelot à SittardGeleen, aux Pays-Bas. Prévu pour ouvrir ses portes en 2014, cette unité permettra l’embauche d’environ 420 salariés. Elle représentera le plus important centre de R&D de la division DSM Engineering Plastics dans le monde. Le nouveau centre apportera également des ressources en R&D à d’autres unités du cluster DSM Materials Science, comme DSM Dyneema spécialisée dans les fibres, ou encore aux matériaux biosourcés et au biomédical.

BASF accroît sa production de polyuréthanes Le site de Lemförde de BASF, situé dans le NordOuest de l’Allemagne, va accroître sa production de polyuréthanes. Le groupe allemand prévoit d’édifier un complexe additionnel. L’investissement s’élève à plusieurs dizaines de millions d’euros. Cinq bâtiments seront construits pour des lignes de production prévues pour démarrer fin 2014. Une vingtaine de postes devrait être créée.

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ment de 70 millions d’euros en France d’Arkema n’est plus à l’ordre du jour. Il visait à doubler les capacités de polyfluorure de vinylidène (PVDF) sur le site de Pierre-Bénite. Il devait aussi permettre de moderniser et pérenniser un site jugé fragile par la direction car déficitaire. En amont, le site de Saint-Auban (Alpes-deHaute-Provence) devait aussi connaître des réorganisations pour ses productions de trichloroéthane (T111) indispensables à la production de PVDF. Le projet avait déjà fait grincer des dents la CGT à l’hiver 2012, qui contestait les réorganisations envisagées, notamment la suppression d’une vingtaine de postes, en l’occurrence des départs à la retraite non compensés. Malgré un accord en Comité d’entreprise extraordinaire en septembre, la CGT a déclenché un second mouvement qui a entraîné pendant trois semaines consécutives un blocage partiel du site de Pierre-Bénite, jusqu’au 15 novembre, suite

© Arkema

Le projet d’Arkema retiré à Pierre-Bénite

Seppic et Coatex partenaires en R&D

Le site de Pierre-Bénite passe à côté d’un investissement de 70 millions d’euros.

au mécontentement des salariés sur les mesures de réorganisation des équipes et des activités prévues. L’échec des concertations a conduit la direction d’Arkema à retirer ainsi le projet. Et remet donc grandement en question sa mise en œuvre, avec même la probabilité que ce plan d’investissements soit finalement déployé sur les deux grands sites mondiaux de PVDF d’Arkema, à Calvert City aux États-Unis ou à

BASF étend ses capacités aux États-Unis ÉMULSIONS POLYMÈRES

● Le chimiste allemand

renforce une nouvelle fois ses capacités d’émulsions polymères OutreAtlantique. Après avoir récemment annoncé la construction d’une unité pour ce type de produits à Freeport (Texas), BASF va augmenter les volumes de production de son site de Chattanooga, dans le Tennessee. Actuellement, cette usine produit des émulsions polymères de styrène butadiène. Via cette extension, BASF pourra fabriquer des émulsions polymères de styrène acrylique début 2014. Ces produits sont utilisés dans les secteurs du papier, du car-

ton et des tapis. Ni les capacités de production ni le montant investit dans ce projet n’ont été dévoilés. Il permet à BASF de consolider son réseau industriel pour ce type de produit en Amérique du Nord. En plus de Chattanooga, le groupe allemand produit actuellement des émulsions polymères à Monaca (Pennsylvanie), et Altamira, au Mexique. En dehors des Amériques, BASF a récemment démarré des unités pour ce type de produits en Afrique du Sud en septembre et en Chine, en novembre. Il construit également une unité de ce A.F. genre en Inde. 

Changshu, en Chine. Aujourd’hui encore, « tout est possible », selon un porte-parole du groupe, et rien n’est encore définitif mais ce vaste investissement en France est désormais très hypothétique, surtout si le dialogue ne se renoue pas avec les salariés. En cas d’échec, il faudra aussi concocter, avec d’autres projets, un plan pour restaurer la compétitivité du sitre de PierreJ.C. Bénite. 

Indorama construira dans le Tamil Nadu Le géant thaïlandais du polyéthylène téréphtalate construira son complexe indien dans l’État du Tamil Nadu, dans le Sud de l’Inde, selon Chemical Week. Ce projet de 700 millions de dollars avait été annoncé en janvier dernier. L’objectif d’Indorama est de construire un complexe intégré de taille mondiale disposant d’unités d’acide téréphtalique purifié (PTA), de PET et de fibres découpées de polyester. Début novembre, la filiale Indorama Synthetics India aurait informé la Bourse indienne avoir signé un protocole d’accord avec le gouvernement du Tamil Nadu pour ce projet.

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[ CHIMIE ] Kemira ferme deux usines en France

● Les deux unités chimiques de Kemira implantées en France sont en passe d’être rayées de la carte. Annoncé à l’été 2012, le projet mondial de Kemira baptisé « Fit for growth », qui prévoit la suppression de 600 postes sur un total de 5 181 salariés, se déploie en France. L’usine de Sausheim (Haut-Rhin) cesserait ses activités de fabrication de produits anti-mousse notamment pour l’industrie papetière - et de dispersants, fin juin 2013. Ces productions seraient transférées en partie sur des sites de Kemira à Swiecie, en Pologne, à Vaasa, en Finlande, et à Botlek, aux Pays-Bas. 19 emplois industriels de la branche Kemira Chimie et trois postes commerciaux de la division Kemira France seraient supprimés. Une poignée de

© Kemira

RESTRUCTURATIONS

Le groupe finlandais sacrifie deux usines françaises.

postes administratifs ou commerciaux seraient conservés. La seconde unité menacée est également alsacienne. À Lauterbourg (Bas-Rhin), les activités de production seraient graduellement arrêtées entre le premier trimestre et la fin 2013. Ces productions de coagulants minéraux pour le traitement de l’eau et d’émulsions pour le collage

CATALYSEURS Clariant augmente

ses capacités aux États-Unis

© Clariant

● Le chimiste suisse va injecter une dizaine de millions de francs suisses dans son usine de Louisville, dans le Kentucky (ÉtatsUnis). L’investissement lui permettra d’augmenter ses capacités de production de catalyseurs de déshydrogénation commercialisés sous la marque Houdry. Les volumes additionnels commenceront à être produits en septembre 2013. Les catalyseurs de la

Le siège de Clariant Catalysis & Energy est basé à Munich.

gamme Houdry sont utilisés dans l’industrie pétrochimique pour convertir des paraffines légères en oléfines en C3 et C4. Le renforcement de capacités permettra de faire face à la demande croissante pour ce type de produits, notamment guidée par la flambée de la production d’éthylène. Clariant produit aussi deux autres technologies de ce genre : les catalyseurs Catofin (déshydrogénation du propane ou de l’isobutane en propylène ou isobutène) et Catadiene (déshydrogénation du butane en propylène et butadiène). Ces catalyseurs sont intégrés à la business unit Catalysis & Energy, qui regroupe les anciennes activités de Süd-Chemie. Basée à Munich, en Alle magne, elle possède 16 sites de production de catalyseurs dans le monde.  A.F.

INFO CHIMIE MAGAZINE N° 516 - Janvier 2013

du papier seraient transférées sur un site de Bayer à Dormagen, en Allemagne, pour bénéficier d’une intégration en acide chlorhydrique. Les 14 postes du site seraient intégralement voués à disparaître. Au total, environ 35 salariés de Kemira en France, sur les 80 recensés actuellement, seraient remerciés. « Fit for growth » est avant tout destiné à améliorer la profitabilité de Kemira, lequel vise une marge d’Ebit (résultat d’exploitation) de plus de 10 %, et une croissance supérieure à 3 % dans les marchés matures et au-dessus de 7 % dans les émergents. D’ici à 2014, son plan, estimé à 85 M€, devrait permettre de réduire ses coûts annuels de 60 M€. L’amélioration de son dispositif industriel, qui contribuerait à hauteur de 50 %

des économies de coûts, se concentrera essentiellement en Europe. Chez les salariés français, l’incompréhension et le sentiment de gâchis dominent. Selon eux, ces deux usines sont « viables », affirme Nicole Santoni, déléguée du personnel FO de Kemira Chimie. « Nous ne comprenons pas la stratégie du groupe, ces usines sont parfaitement rentables, avec des salariés qui disposent de la connaissance des produits et des marchés », contrairement à certains sites prévus pour accueillir ces productions, poursuit-elle. De source syndicale, Sausheim et Lauterbourg présentent de bons bilans comptables : respectivement 13 M€ et 10,6 M€ de chiffre d’affaires, pour des marges brutes de 5 M€ et 3,6 M€, et des frais fixes de 1,5 M€ et 1,8 M€ J.C. prévus en 2012. 

Evonik va investir 200 M€ en Amérique du Sud STRATÉGIE

● Le groupe allemand prévoit d’investir environ 200 millions d’euros en Amérique du Sud sur trois projets distincts. À Americana, dans l’État de São Paulo au Brésil, Evonik s’est lancé dans la construction d’une unité de production d’ingrédients pour le marché des cosmétiques. Elle s’élèvera à 50 000 t/an. En 2014, il y produira des spécialités oléochimiques, essentiellement des tensioactifs, mais aussi des agents de conditionnement, des émollients, des émulsifiants, des agents d’assouplissement... Le montant de l’investissement pour ce seul projet s’élèvera autour de 50 M€. Toujours au Brésil, Evonik a démarré la construction de son unité de 100 000 t/an de Biolys (L-lysine) sur le site de l’Américain Cargill à Castro dans l’État du Paraná. Ce projet s’inscrit également dans la stratégie d’expansion

du groupe dans le domaine des acides aminés et de la nutrition. Evonik a prévu une enveloppe de 350 M€ pour augmenter ses capacités de L-lysine d’ici à 2014, via sa future usine brésilienne, l’augmentation des capacités de celle de Blair, aux États-Unis (280 000 t/an de capacités désormais), et la construction d’une unité de 100 000 t/an en Russie. Le troisième projet sud-américain porte sur la construction d’une usine de catalyseurs destinés à la production de biodiesel à Puerto General San Martin en Argentine. Nécessitant un investissement de quelques dizaines de millions d’euros, ce projet devrait aboutir mi2013 avec des capacités installées de 60 000 t/an. Il viendra compléter le dispositif industriel mondial de production pour ce type de catalyseurs (Allemagne et J.C. États-Unis).  21


516 ICM 21-22 actCHIM2 BAT_ACTU CHIMIE 18/12/12 15:21 Page22

[ CHIMIE ] URÉTHANES DE SPÉCIALITÉ Lonza cède

complexe en Pologne

une activité à Monument Chemical

● BASF annonce un inves-

tissement de 150 millions d’euros pour un complexe de catalyseurs pour véhicules lourds et légers en Pologne. À ŚŚroda Śląska, une zone économique spéciale à proximité de Wrocław, dans le sud-est du pays, BASF construira une usine qui s’étendra sur un site de 40 000 m2. Les travaux devaient débuter avant la fin de l’année 2012 pour une mise en service au premier trimestre 2014. Cette première tranche nécessitera un investissement de 90 M€ et devrait être complétée par une seconde tranche d’environ 60 M€ pour l’extension des capacités de production. BASF prévoit de produire à pleine charge d’ici 2016 et d’employer plus de 400 personnes. Cela lui permettra de plus que doubler ses capacités européennes pour

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© BASF

CATALYSEURS AUTOMOBILES BASF construit un

● Le Suisse vend ses uré-

Catalyseurs à structure nid d’abeille pour la dépollution automobile.

ce type de catalyseurs dont la croissance est tirée par les réglementations continentales de plus en plus strictes afin de réduire les émissions des véhicules. Le groupe dispose d’un seul site en Europe à Nienburg, en Allemagne, pour ces productions. Site qui fait d’ailleurs l’objet de travaux pour moderniser et étendre ses capacités de production J.C. de catalyseurs. 

thanes de spécialité et ses composés organiques, comme annoncé fin octobre. Lonza a signé un accord définitif avec l’Américain Monument Chemical afin de lui céder cette activité. Dans ce cadre, Monument Chemical mettra la main sur une usine de production située à Brandenburg, dans le Kentucky (États-Unis). « Alors que le portefeuille uréthanes de performance ne fait pas partie des activités clés de Lonza, la cession de ces actifs permet au site de Brandenburg de continuer à

croître et s’étendre », se réjouit Richard Ridinger, p-dg de Lonza. La société suisse avait repris cette activité l’an dernier, dans le cadre du rachat d’Arch Chemicals. Cette division d’Arch Chemicals fournit depuis plus de 40 ans des uréthanes de spécialité et des composés organiques. Ces produits sont utilisés dans plusieurs applications, comme les produits pour les revêtements, les adhésifs, les produits d’étanchéité, les mousses flexibles et rigides, les liquides de refroidissement et les solvants.  A.F.

ChemCor intègre Altana Le chimiste allemand de spécialités va mettre la main sur ChemCor, un producteur américain de cire aqueuse et d’additifs de spécialité (résines, émulsions de polyéthylène, de polypropylène,

produits détergents, etc.). ChemCor génère des ventes annuelles d’environ 17 millions de dollars (13 M€). Il est basé à Chester (NewYork), où il opère un site de production.

N° 516 - Janvier 2013 INFO CHIMIE MAGAZINE


516 ICM 23 actCHIM BAT_ACTU CHIMIE 18/12/12 15:22 Page23

[ CHIMIE ] Minafin se renforce avec Pressure Chemical

● Le groupe français de chimie fine vient de prendre le contrôle de Pressure Chemical Company (PCC). Dans le cadre d’une transaction dont le montant est resté confidentiel, Minafin a mis la main sur 75 % du capital de la société américaine et dispose d’une option pour acquérir les 25 % restants. Larry Rosen, actionnaire principal de PCC avant l’opération a, pour le moment, conservé une participation minoritaire. Basé à Pittsburgh, en Pennsylvanie (États-Unis), PCC est focalisé sur la « mise au point de procédés et leur transposition industrielle ainsi que la fourniture de produits chimiques de niche à haute valeur ajoutée pour les industries de la cosmétique, de l’aérospatiale, de

Frédéric Gauchet, président de Minafin.

l’électronique ou des revêtements spéciaux », indique Minafin. Créé depuis une cinquantaine d’années, PCC, qui génère un chiffre d’affaires annuel d’environ 10 millions de dollars (7,7 M€) et qui recense 41 employés, possède un site unique à Pittsburgh abritant un laboratoire industriel pour les petites productions et la mise au

point de ses procédés. Son arrivée au sein du groupe Minafin et un rattachement au pôle Technologies & arbres-produits lui permettront de mieux répondre à la demande lorsque ses procédés visent des productions à grands volumes. Minafin peut ainsi proposer un relais industriel dans ses usines de Memphis (États-Unis), de Leuna (Allemagne) et de Dunkerque (Nord). L’intérêt de Minafin provient des procédés complexes de PCC, notamment dans le domaine des réactions sous haute pression, organométalliques ou de polymérisation. Selon Frédéric Gauchet, président de Minafin, cette acquisition va apporter au groupe « des savoir-faire dans la chimie

Isochem rachète la société britannique Wychem

● C’est la première opération de croissance externe d’Isochem depuis son rachat par le fonds Aurelius en 2010. La société de chimie fine vient de faire l’acquisition de l’entreprise britannique Wychem qui emploie 18 personnes pour un chiffre d’affaires de l’ordre de 3 millions d’euros. Basée à Newmarket en Angleterre, Wychem dispose d’un catalogue de produits « maison » de plus de 1 500 références dont les procédés ont été développés en interne au cours de ses 50 années d’existence. Ces produits sont principalement des intermédiaires à destination du marché pharmaceutique. Ils sont proposés dans des quantités de 1 à 1 000 kg, Isochem étant positionné sur de plus grosses échelles. L’intégration de cette entreprise va donc permettre à Isochem d’élargir sa gamme d’intermédiaires notamment dans les dérivés aromatiques, de proposer à ses clients une continuité de services et de capacités

© Isochem/Vert-le-Petit

KILOLAB

© Minafin

CHIMIE FINE

Par cette acquisition, Isochem espère apporter des capacités supplémentaires à ses sites français.

allant du kilogramme à la centaine de tonnes et de disposer d’une nouvelle unité « kilobab » pour le développement. Wychem, qui va devenir une filiale d’Isochem, conservera une certaine autonomie de fonctionnement. Selon Björn Schlosser, président d’Isochem, les synergies devraient être réalisées à court terme : « Wychem a immédiatement besoin de capacités de production plus importantes pour certains produits dont les volumes atteignent leurs limites de capacité. Isochem lui apporte

INFO CHIMIE MAGAZINE N° 516 - Janvier 2013

ses capacités de production, lui permettant ainsi de suppléer aux besoins croissants de ses clients. Enfin, l’addition des réseaux commerciaux permet immédiatement une diffusion accrue de l’offre respective. » Rappelons qu’Isochem est un groupe de 100 millions d’euros de chiffre d’affaires pour un effectif de 500 personnes. La société, qui opère quatre sites de production en France, à Gennevilliers, Vert-le-Petit, Pithiviers et Pont-de-Claix et un site en Hongrie, en comptera désorS.L. mais un de plus. 

haute-pression et la polymérisation qui devraient à terme permettre à nos filiales Minakem, Pennakem et Minasolve de développer des produits jusqu’à présent inaccessibles. En particulier, les savoir-faire de polymérisation peuvent conduire à développer des produits intéressants pour la cosmétique ou l’ophtalmologie. La haute pression ouvre la porte à une nouvelle génération de conservateurs “verts” pour la dermo-cosmétique, par exemple ». De quoi permettre à Minafin d’agrandir ses horizons, notamment en dehors du domaine de la chimie pharmaceutique, sa filiale Minakem comptant aujourd’hui pour environ 70 % des 120 M€ de chiffre d’affaires annuel.  Julien Cottineau

DSM investit en Alsace Le groupe hollandais initie un investissement de 30 M€ pour la modernisation et l’augmentation de sa production de caroténoïdes de synthèse (pigments, colorants ou additifs) à VillageNeuf (Haut-Rhin). Dédié aux produits formulés, le nouvel atelier entrera en service en 2014. Sa production a été portée à 13 700 tonnes en 2012 et devrait dépasser 15 000 tonnes en 2013. Annoncé le 20 novembre 2012, le nouvel investissement augmentera encore les volumes les années suivantes, à un niveau non communiqué. Il devrait créer entre 25 et 30 emplois.Le site de Village-Neuf a intégré la division Nutritional Products de DSM, à quelques kilomètres du siège de celle-ci à Kaiseraugst près de Bâle (Suisse). Il en constitue l'une des dix unités de production dans le monde. Il compte également une équipe de recherche pour des applications dans la nutrition et la santé animales.

Christian Robischon 23


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[CHIMIE VERTE ]  Cette année, la division de Chimie industrielle de la Société chimique de France

a choisi la ville de Poitiers pour remettre son prix de la chimie durable. Deux projets touchant à la chimie du végétal ont été primés.

© Arkema

e prix 2012 de la division de Chimie industrielle de la Société chimique de France (DCI-SCF) a été remis le jeudi 8 novembre à Poitiers par Jacques Kervennal, président de la DCI-SCF, en présence de Ségolène Royal, présidente de la région PoitouCharentes. Ce prix a récompensé deux projets menés dans le domaine de la chimie durable. Le premier concerne la mise au point par la société Colas, spécialiste de la construction routière, des biofluxants Vegelux. Christine Deneuvillers, directrice technique de la société Colas, a expliqué que ces produits sont des solvants qui ont pour vocation d’abaisser la viscosité des bitumes. Ils offrent une alternative non volatile aux solvants lourds précédemment utilisés. Cette technologie permet en outre d’abaisser sensiblement les températures d’application des bitumes. Ce biofluxant a par ailleurs la particularité d’être biosourcé, puisqu’il est obtenu à base d’huile végétale modifiée. Ces travaux résultent d’une collaboration entre la société Colas et la plateforme de recherche privée Valagro, installée à Poitiers et spécialisée dans le remplacement de carbone fossile par du carbone renouvelable. Un second prix a été décerné à Philippe Serp, du laboratoire LCC de l’Ensiacet à Toulouse. Depuis 12 ans, ce laboratoire mène une collaboration avec la société

Arkema est récompensé pour ses nanotubes de carbone obtenus à partir de bioéthanol.

Arkema afin de développer des nanotubes de carbone (NTC) à l’échelle industrielle. Grâce à ces travaux, la société Arkema a pu investir dans un premier pilote dans son centre de recherche de Lacq (64), pour construire ensuite un pilote industriel de 400 t/an, actuellement en fonctionnement à Mont (64). Cette nouvelle installation a été développée en vue d’utiliser de l’éthanol d’origine agricole comme matière première au lieu d’un éthylène fossile. Patrice Gaillard, qui dirige ce programme chez Arkema, explique que la stratégie d’Arkema vise à construire des petites unités de NTC au plus près des transformateurs de matières plastiques, et que l’on approvisionnera en éthanol, déshydraté en éthylène dans une première étape. Une stratégie alternative aurait consisté à construire une unité industrielle de très grande taille à proximité d’un vapocraqueur pour s’alimenter au tuyau en éthylène. Avec le risque de ne jamais avoir une bonne adéquation entre la production et la demande. Ségolène Royal a félicité les lauréats, considérant que leurs projets sont des « symboles de la révolution écologique dans l’industrie chimique ». « La région Poitou-Charentes a fait le choix de la croissance verte depuis plusieurs années avec des aides à l’inventivité et à la créativité. Cette innovation sera le ressort de la croissance de demain », a-t-elle ajouté. Joël Barrault, directeur de recherche au laboratoire de catalyse en chimie organique LACCO, a confirmé que l’histoire de la chimie durable à Poitiers remonte à 1966 avec la création de son laboratoire par Raymond Maurel. Tandis que les premières compétences en agroressources ont été amenées en 1978 par Jacques Barbier, devenu directeur du LACCO entre 1990 et 2000. Puis, il a contribué à la création de la plateforme Valagro en 1998, du pôle des éco-industries en 2005. Et en cette fin d’année 2012, du tout nouvel « Institut de la chimie verte en Poitou Charentes ». Cet établissement est destiné à promouvoir les compétences des centres de recherche régionaux pour répondre aux industriels de la chimie en région dans

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© Colas

PARTENARIAT PUBLIC/PRIVÉ La chimie verte à l’honneur à Poitiers L Colas améliore ses revêtements routiers grâce à la chimie durable.

leur démarche de chimie durable. « Notre région mérite d’être connue et reconnue dans ce domaine de la chimie verte car nous y travaillons depuis 35 ans. Nous n’avons pas créé un centre ex-nihilo, sans disposer de compétences », a justifié Jacques Barbier.

Des collaborations fructueuses Les deux projets primés à Poitiers témoignent en outre de l’importance d’instaurer des partenariats de recherche publics-privés pour conduire au succès. Invité à la tribune, Pierre Gohar, directeur de l’innovation et des relations avec les entreprises au CNRS, a confirmé que le département de chimie au sein du CNRS était un très gros producteur de résultats de recherche et de brevets. Il a ajouté que l’objectif de son institution était de faciliter le transfert vers des entreprises, en particulier vers les PME qui sont encore trop peu adossées au monde académique. Des domaines prioritaires ont même été identifiés pour faciliter ces transferts dont les matériaux biosourcés et biodégradables, les nanomatériaux et le stockage de l’énergie. En Poitou-Charentes, les besoins de l’industrie chimique devraient être importants. Frédéric Fournet, directeur de l’usine Solvay de la Rochelle et président de l’UIC locale, dénombre 113 établissements en région, employant 3300 personnes. Dans leur grande majorité, ce sont des TPE/PME très innovantes, mais les mesures d’accompagnement ne manqueront pas de stimuler encore davantage leur développement.  À Poitiers, Sylvie Latieule 25


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[CHIMIE VERTE ]

NANOPOUDRES Nanomakers démarre sa première unité de production Nanomakers développe des nanopoudres de carbure de silicium pour accroître la résistance mécanique, thermique et chimique de différents types de matériaux.

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© Nanomakers

a jeune pousse Nanomakers franchit une étape stratégique dans son développement. Spécialisée dans les nanopoudres de carbure de silicium (SiC), la PME vient d’inaugurer sa toute première unité de production à Rambouillet (Yvelines), dans des anciens locaux de Continental. L’investissement se porte à environ deux millions d’euros. Pour le moment, elle dispose d’un seul réacteur chimique avec un laser qui pyrolyse en continu les matières premières (sable et carbone) introduites sous forme de mélange gazeux. Mis en service en janvier 2012, celui-ci possède une capacité de 10 tonnes de nanopoudres par an. Mais le groupe ne compte pas en rester là puisque les

du chiffre d’affaires de 2011 (100 000 €) qui y est généré. Le groupe possède d’ailleurs une filiale commerciale au pays du Soleil levant. Les autres clients sont volumes devraient essentiellement améridoubler dès mi-2013. cains, mais la société Le site est aussi est également en dimensionné pour contact avec des indusaccueillir d’autres triels européens et modules, ce qui perfrançais. Fondée en mettrait d’atteindre 2010, la jeune entre100 à 200 t/an à terme. prise découle d’une « Cette capacité ne sera technologie développas atteinte avant plupée en laboratoire, il y sieurs années, cela a 25 ans, par le CEA. dépendra de la Depuis sa création, demande des clients », Nanomakers a levé tempère tout de près de 3,5 M€, notammême François ment auprès de la Ténégal, directeur société de gestion A général et scientifique Plus Finance et du CEA de la société. Les À terme, le site de Rambouillet produira 100 à 200 t de nanopoudres. Investissement. Le nanopoudres de SiC groupe compte aujoursont produites par sieurs secteurs comme les d’hui 10 salariés (dont 3 au Nanomakers à des hauts semi-conducteurs, l’aéroJapon), un chiffre qui pourniveaux de pureté et permetnautique, l’aérospatial, l’aurait considérablement augtent d’accroître la résistance tomobile et le bâtiment. Le menter en fonction de son mécanique, thermique et chiJapon représente le premier développement futur.  mique de différents types de À Rambouillet, Audrey Fréel marché, avec environ 80 % matériaux. Elles servent plu-

Metabolic Explorer confirme la suppression de 35 postes RESTRUCTURATION

clermontoise spécialisée dans le développement de procédés de production par voie biologique va bien lancer un plan de réorganisation, dont le projet avait été évoqué en octobre. Dans ce cadre, elle vient de finaliser la procédure d’information/consultation. Metabolic Explorer supprimera 35 postes, ce qui ramènera l’effectif de l’entreprise à 76 personnes. « Sur ces 35 postes, trois sont des CDD qui ne sont pas renouvelés et neuf postes seront proposés en reclassement interne », informe le groupe. Cette décision intervient suite à des conditions de 26

© Metex

● C’est confirmé. La société

POLYMÈRES BIOSOURCÉS

MetEx est installée près de Clermont-Ferrand.

marché difficiles, qui ont notamment « restreint les sources de financement qui auraient permis d’éviter cette réorganisation » et « ralenti les prises de décisions ». Ce remaniement permettra notamment à la société de disposer d’une visibilité financière jusqu’à 2015.  A.F.

● Carbios, une jeune pousse française spécialisée dans la chimie verte, vient de boucler un tour de table de 3,3 millions d’euros auprès de Truffle Capital, acteur européen du capital-investissement. Depuis sa création en 2011, Carbios a sécurisé 4,8 M€en fonds propres. La première levée de fonds a été réalisée auprès de la Holding Incubatrice Chimie Verte Série 1, qui détenait jusqu’alors 100 % de la jeune entreprise innovante. Cette dernière développe actuellement des bioprocédés industriels visant à améliorer les performances techniques, économiques et environnementales des polymères biosourcés. Pour cela, elle s’appuie sur les

Carbios lève 3,3 M€ propriétés biologiques des enzymes, qui permettent de convertir de la biomasse en polymères. Dans un premier temps, Carbios ciblera le marché de la plasturgie et plus particulièrement de l’emballage. Un choix stratégique puisque selon PlasticsEurope Market Research Group, plus de 280 millions de tonnes de plastiques ont été produites en 2011 dans le monde, dont 40 % pour l’emballage (un marché estimé à 196 Mrds $ par Visiongain). Par la suite, la jeune société pourra s’étendre à d’autres secteurs, qui sont « déjà à l’étude ». Carbios est implantée sur le biopôle Clermont-Limagne, à Saint-Beauzire (Puy-deDôme). Elle compte pour le moment huit salariés.  A.F.

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[CHIMIE VERTE ] Global Bioenergies progresse avec Synthos

● Le groupe français a franchi une étape importante dans le cadre de son partenariat avec le Polonais Synthos, un spécialiste du caoutchouc synthétique. Signée en 2011, l’alliance entre les groupes porte sur le développement d’un procédé de production de butadiène biosourcé. Global Bioenergies vient de boucler la première phase, qui consistait à valider une voie métabolique artificielle permettant de convertir des ressources renouvelables en butadiène par fermentation gazeuse. Une découverte qui lui a permis d’empocher 1,5 million d’euros, conformément aux termes de l’accord. Plusieurs demandes

de brevets ont d’ores et déjà été déposées. Le programme débute maintenant son étape de développement, dans laquelle Synthos injectera plusieurs millions d’euros sur trois ans. « Après l’isobutène en 2010, et plus récemment le propylène, le butadiène est la troisième molécule pour laquelle nous obtenons une validation expérimentale », se félicite Marc Delcourt, p-dg de Global Bioenergies. Par ailleurs, Thomas Kalwat, président du groupe polonais, se réjouit de l’avancée du projet qui « permettra la fabrication d’une nouvelle génération de caoutchoucs et offrira à Synthos un avantage compétitif clair ». Une

FERMENTATION Soufflet renforce sa R&D

© Soufflet

● Via un investissement de 112 millions d’euros, le groupe agro-industriel spécialisé dans la transformation de céréales a renforcé ses moyens de recherche sur son site de Nogent-surSeine (Aube). Soufflet a ajouté un laboratoire de 1 400 m2 et une halle technologique de 2 000 m2. « Ces deux outils constituent un ensemble unique au monde pour la recherche dans le domaine de la fermentation en milieu solide », avance Jean-Michel Soufflet, président du directoire. La fermentation en milieu solide permet de produire des complexes enzymatiques riches à travers la culture de micro-organismes. Ces ins-

Soufflet est un expert de la fermentation en milieu solide.

tallations vont soutenir les nombreux projets de R&D auxquels le groupe participe, comme le programme Osiris. Celui-ci vise à mettre au point des produits innovants dans différents domaines. Dans le cadre du plan Ecophyto 2018, l’objectif de Soufflet est, par exemple, de développer une protection naturelle phytosanitaire contre une maladie fongique, la fusariose. À Osiris s’ajoutent quatre programmes de recherche biotechnologiques régionaux, qui visent à développer des solutions dans le domaine de biofertilisation des sols, la production de bioémulsifiants, l’amélioration du rendement de production lactique ou encore l’élaboration de produits céréaliers contenant des probiotiques. Le groupe Soufflet emploie près de 3 900 collaborateurs et a généré un chiffre d’affaires de 4 milliards d’euros en 2011 dont 54 % à l’export. L’activité Biotechnologies du groupe compte 127 em ployés, et affiche des ventes de 13 M€. I À Nogent-sur-Seine, D.O.

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L’édition 2013 du Prix Pierre Potier est lancée

fois le procédé en phase d’exploitation, Global Bioenergies percevra de la part de Synthos des redevances sur le butadiène biosourcé utilisé pour fabriquer du caoutchouc. La société française conservera les droits exclusifs pour les autres applications du butadiène comme le nylon, le latex et certains plastiques. Actuellement, 10 millions de tonnes de butadiène sont fabriquées chaque année à partir du pétrole, dont 7 Mt servent à la production de caoutchouc et 3 Mt pour celles de nylon, de plastiques et de latex. Selon Global Bioenergies, le marché mondial du butadiène s’évalue à A.F. plus de 20 Mrds $. I

L’appel à candidatures pour l’édition 2013 est lancé. La Fédération française pour les sciences de la chimie (FFC) et l’UIC initient la 8e édition du Prix scientifique et technologique Pierre Potier : « L’innovation en chimie en faveur du développement durable ». Associé à ce prix, le Prix ChemStart’Up 2013 a pour thème « le soutien au développement industriel de la chimie innovante en faveur du développement durable ». Les règlements et dossiers de candidature de ces deux prix doivent être adressés avant le 15 avril 2013. Ils sont disponibles sur le site de la FFC (www.ffc-asso.fr).

DuPont muscle son projet de bioraffinerie ETHANOL CELLULOSIQUE

● DuPont avance son projet de bioraffinerie à Nevada (Iowa, États-Unis), dont il a démarré la construction. D’un investissement de 200 M$ (153,1 M€), l’usine permettra la création de 60 postes. Elle devrait être mise en service mi-2014. Un délai rallongé puisque le groupe prévoyait, en juillet 2011, de débuter la production à l’horizon 2013. Pleinement opérationnelle, la bioraffinerie sera capable de fabriquer 30 millions de gallons d’éthanol cellulosique par an (soit 113,6 millions de litres). L’éthanol cellulosique sera produit à partir de résidus de maïs, en l’occurrence des tiges et des feuilles. DuPont se fournira auprès de 500 agriculteurs locaux qui lui délivreront

© Novozymes

BUTADIÈNE BIOSOURCÉ

Les résidus de maïs comme matière première.

plus de 375 000 t de résidus par an. Ce projet découle d’une coentreprise formée en 2008 entre DuPont et Danisco nommée DuPont Danisco Cellulosic Ethanol. Celle-ci avait conduit à la construction d’une unité pilote à Vonore, dans le Tennessee. DuPont a ensuite mis la main sur 100 % des parts de la coentreprise, suite au rachat de A.F. Danisco en 2011. I

Fermentalg change d’échelle La société girondine, spécialisée dans la production de molécules d’intérêt à partir de microalgues, vient de réussir une production préindustrielle dans un fermenteur de plusieurs mètre-cubes sur un site partenaire. Auparavant, les plus gros volumes de production avaient été réalisés dans des fermenteurs de quelques centaines de litres. Fermentalg a ainsi réussi une montée en échelle d’un facteur dix.

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[CHIMIE VERTE ] POLYBUTYLÈNE SUCCINATE Mitsubishi et Bioamber en partenariat avec Faurecia réduire le poids des véhicules et les contraintes d’utiliser de plus en plus de matériaux recyclables, le marché de l’automobile cherche des solutions plus vertes. Sixième équipementier automobile mondial, le Français Faurecia vient ainsi de se rapprocher des groupes Mitsubishi Chemical et Bioamber pour le développement et la fabrication en grande série de plastiques 100 % biosourcés pour les systèmes d’intérieur automobile. L’accord signé avec Mitsubishi Chemical porte sur le développement d’un biopolymère utilisable pour la pro-

modifier le polybutylène succinate (PBS) biosourcé développé par Mitsubishi. Le géant japonais a mis au point un procédé pour la production de PBS utilisant comme matière Faurecia veut introduire du plastique première de biosourcé dans les véhicules. l’acide succinique biosourcé. duction de bandeaux de Spécialiste du domaine, porte, d’inserts structurels Bioamber fournira l’acide de planche de bord et de succinique vert requis pour console, de conduits d’air ce projet à travers le partestructurels, ou encore de nariat conclu avec médaillons de panneaux de Mitsubishi il y a un peu plus portes. Plus précisément, les d’un an pour devenir le partenaires vont s’attacher à fournisseur exclusif d’acide

© Faurecia

● Avec la nécessité de

succinique biosourcé pour une future unité de PBS en Thaïlande. Cette usine, prévue pour entrer en service en 2015 disposera de capacités de 20 000 tonnes par an de PBS, et sera opérée par la coentreprise PTT MCC Biochem Company détenue à parts égales entre Mitsubishi Chemical et le Thaïlandais PTT. Faurecia, qui disposera des droits exclusifs d’exploitation de ce PBS dans les applications automobiles, et ses deux partenaires estiment que les pièces 100 % bioplastiques issues de leur projet pourraient être mises sur le marJ.C. ché dès 2015. I

de croissance pour Solazyme

Une alliance entre Petronas et LanzaTech

● Le producteur américain

● Le géant malais Petronas

Solazyme intensifie sa production d’huiles renouvelables aux Amériques. En premier lieu, il vient de signer un accord de fabrication et de développement avec son compatriote Archer Daniels Midland (ADM). Ce dernier mettra à disposition son unité de fermentation située à Clinton, dans l’Iowa (États-Unis). Solazyme y produira des huiles dérivées de microalgues. Le réaménagement de l’unité a déjà démarré et la production devrait débuter début 2014. Les capacités initiales s’élèveront à 20 000 tonnes par an. À terme, l’unité devrait produire 100 000 t/an d’huiles dérivées de microalgues. Ces produits seront principalement distribués sur les marchés industriel et agroalimentaire en Amérique du Nord. « Cet accord avec Solazyme nous permet de redéployer de façon rentable des équipements de production à l’échelle mondiale qui étaient auparavant utilisés pour la production de PHA (polyhy28

droxyalkanoates, ndlr) et qui étaient inactifs depuis janvier 2012 », explique Mark Bemis, vice-président et président de l’activité Maïs d’ADM. Ce partenariat permet aussi à Solazyme de se rapprocher de clients « cibles » aux États-Unis et de profiter des ressources d’ADM aussi bien au niveau de la production que de la recherche. En parallèle, Solazyme a renforcé sa coentreprise avec le Mexicain Bunge, démarrée en avril 2012. Dans ce cadre, les partenaires construisent actuellement une unité de production d’huiles renouvelables à Moema, au Brésil. Celle-ci est adjacente à une usine de canne à sucre opérée par Bunge. Prévue pour être mise en service au quatrième trimestre 2013, l’unité produira 100 000 t/an. Et Solazyme et Bunge ne vont pas en rester là puisqu’ils vont étendre les capacités de leur coentreprise à 300 000 t/an à l’horizon 2016. Les volumes additionnels seront produits au sein d’une usine brésilienne de A.F. Bunge. I

ACIDE ACÉTIQUE

amorce un projet dans la chimie verte. Il va combiner son expérience dans l’industrie pétrolière à celle de LanzaTech, une société néozélandaise basée dans la région d’Auckland et spécialisée dans les procédés de production de biocarburants. Dans le cadre d’un accord conjoint de développement, les partenaires plancheront sur la conception et la commercialisation de technologies permettant de concevoir des produits chimiques durables à partir de dioxyde de carbone (CO2) et de gaz naturel. LanzaTech a déjà mis au point un procédé de fermentation qui convertit le monoxyde de carbone des gaz rejetés par les industriels en biocarburants et en produits chimiques. Les deux groupes vont maintenant étendre ce procédé au CO2 contenu dans différentes sources de gaz afin de produire de l’acide acétique. Ce composé chimique possède des applications sur les marchés des polymères et des matières plastiques. Les par-

© DR

HUILES RENOUVELABLES Deux projets

Le CO2 est regardé comme une future matière première pour la chimie.

tenaires ne sont pas inconnus puisque que Petronas Technology Venture, une filiale du groupe malais, avait déjà investi dans le capital de LanzaTech début 2012 dans le cadre d’un tour de table. Créé en 2005, LanzaTech possède une usine de production à l’échelle pré-commerciale implantée sur le parc technologique de Zhangjiang en Chine. Celle-ci utilise les gaz rejetés d’une aciérie pour produire de l’éthanol. Les opérations commerciales devront démarrer à A.F. l’horizon 2013. I

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[ ATELIER ] Le groupement de recherche national Biomatpro a organisé une journée thématique sur les liquides ioniques. L’occasion de faire un point sur l’état d’avancement du secteur et des perspectives qui lui sont offertes par l’essor de la chimie verte.



LIQUIDES IONIQUES Profiter de l’essor de la chimie verte pour se développer C

© BASF

onnus depuis plus d’un siècle, les car ils sont à l’origine d’un relargage de lose à température ambiante ». D’autres liquides ioniques ont été récem- composés tels que le brome, le lithium travaux sont également menés sur la ment redécouverts pour leurs ou le chlore dans le milieu réactiondissolution de la biomasse. « L’un des multiples propriétés en tant que sol- nel. « De plus, les liquides ioniques sont problèmes rencontrés lors d’un procédé vants, potentiellement intéressantes peu privilégiés dans le secteur pharmade bioraffinage, c’est la séparation des difpour des applications industrielles. ceutique ou chimique car ils s’évaporent férentes fractions de la biomasse (ndlr : Preuve de l’intérêt croissant de ces sels difficilement », complète François lignine, hémicellulose et cellulose)», possédant une température de fusion Malbosc. avance Simon Desset, chercheur au inférieure à 100 °C, le groupement de laboratoire de catalyse et de chimie du recherche national (GDR) Biomatpro de Les liquides ioniques solide de l’université de Lille 1. Les l’Inra et du CNRS leur a consacré une pour dissoudre la cellulose liquides ioniques permettraient d’extrajournée thématique en octobre dernier. En revanche, les liquides ioniques font ire sélectivement les parties de la bioLe liquide ionique est constitué de l’as- l’objet de nombreux travaux de masse et ainsi récupérer les molécules sociation d’un cation organique avec un recherche, notamment pour des applid’intérêt pour la bioraffinerie (cellulose, anion, généralement inorganique. cations dans la chimie verte et les bioet hémicelluloses). Cependant, l’utilisaCes produits présentent plusieurs avan- raffineries. Par exemple, François tion des liquides ioniques dans ces protages par rapport à des solvants “clas- Jérôme, chercheur à l’Institut de chimie cédés de bioraffinage n’est pas encore siques“, comme le détaille Mireille des milieux et des matériaux de Poitiers au point à ce jour, comme l’explique Turmine, maître de conférences au labo- travaille les liquides ioniques dérivés de Simon Desset : « L’emploi de liquides ratoire Interfaces et systèmes électro- la choline. « Nos travaux portent sur la ioniques pour le traitement de la biomasse chimiques de l’université Pierre et Marie dissolution de la cellulose par l’ajout d’un fait actuellement face à deux principaux Curie : « Ils constituent de bons solvants, mélange d’acétate de choline et chlorure verrous : l’inhibition par ces produits des que ce soit pour la dissolution de compo- de 1-butyl-3-methylimazolium ([BMIM]Cl). cellulases et leur coût ». Outre le prétraisés organiques ou inorganiques, et offrent Nous arrivons à dissoudre jusqu’à 6 % tement de la biomasse, les liquides une bonne stabilité thermique et chimique. de cellulose, que nous récupérons via l’emioniques peuvent être utilisés pour la Leur pression de vapeur est négligeable, ploi d’éthanol comme antisolvant », synthèse de matériaux, comme en ce qui leur confère leur caractère non vola- explique François Jérôme. Avant d’ajoutémoigne des travaux effectués par tile, limitant ainsi les problèmes de pollu- ter : « En utilisant un solvant commutable l’équipe d’Éric Leroy du GEPEA dans le tion lors de l’évaporation d’un solvant. comme le DBU (ndlr : 1,8-diazabicycadre du projet collaboratif Limponan. Enfin, ils sont modulables au niveau de clo[5.4.0]undec-7-ene), il est même posCe programme de recherche démarré en leurs propriétés physico-chimiques, ce qui sible de dissoudre jusqu’à 15 % de celluoctobre 2011 vise à élaborer des matépermet de bénéficier d’une riaux innovants à base fenêtre électrochimique d’amidon et de liquides large ». Néanmoins, ils ioniques biodégradables. présentent des inconvéDans ce cadre, l’équipe nients, comme l’indique d’Éric Leroy a démontré François Malbosc, p-dg qu’il était possible d’utide Solvionic, société spéliser les liquides cialisée dans la formulaioniques comme cotion de liquides ioniques : plastifiants pour élabo« Ces produits peuvent rer des biopolymères. présenter une toxicité si Les applications potenleur chaîne carbonée est tielles des liquides longue, facilitant le pasioniques en chimie verte sage des barrières cellune manquent donc pas. laires. Cependant, ils ne Cependant, des travaux sont pas encore enregisde recherche sont trés par Reach car ils ne encore nécessaires pour sont ni cancérigènes ni lever les différents vermutagènes ni reprorous rencontrés pour toxiques ». En outre, leur une éventuelle transpointérêt est limité, notamsition de procédés à ment dans la synthèse en Les liquides ioniques possèdent un important potentiel dans la chimie l’échelle industrielle.  À Reims, Dinhill On pharmacie ou en chimie verte, notamment pour le prétraitement de la biomasse.

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[ CONFÉRENCES ] Est-il bien raisonnable de capter du gaz carbonique, le purifier pour simplement l’injecter dans le sous-sol pour des temps géologiques ? Les chimistes pensent que le CO2 est une molécule comme les autres qui peut réagir et générer de nouveaux matériaux et produits.



CO2 Une nouvelle source de carbone pour la chimie ? L e récent rapport de la banque mondiale “Turn down the heat“ mentionnait des émissions de 35 Gt (milliard de tonnes) de gaz carbonique cette année, de 41 Gt en 2020. En attendant les effets de mesures d’efficacité énergétique, du développement d’énergies renouvelables non émissives de gaz carbonique, la voie privilégiée pour infléchir la progression de la concentration atmosphérique de ce gaz est le captage stockage du gaz carbonique (CCS). Il s’agit de récupérer le gaz carbonique contenu dans les fumées des grosses installations de combustion, cimenteries et haut-fourneaux, quitte à regrouper les émissions de plusieurs sites, comme envisagé au Havre. L’extraction réalisée, le gaz est purifié avant injection dans des formations géologiques adaptées. Pour avoir un effet sensible sur la teneur atmosphérique, ce captage devra concerner plusieurs milliards de tonnes (l’Agence internationale de l’énergie envisage 20 % de

CO2, MATIÈRE PREMIÈRE : UN SUJET QUI MONTE oup sur coup, fin septembre et mioctobre 2012, deux conférences ont mobilisé des scientifiques et les principaux chimistes sur le thème de l’utilisation du CO2. À Lyon, CPE organisait le Forum CO2 pour la deuxième fois et rassemblait 250 participants de 26 pays. À Essen, les 10 et 11 octobre, le Nova Institut organisait pour la première fois sa conférence Carbone Dioxide as Feedstock for chemistry and polymers, rassemblant 180 participants de 25 pays. Un succès pour l’organisateur Michael Carus, qui annonçait en fin de congrès la reconduction de cet événement pour 2013, probablement sur trois jours. On notait le recouvrement partiel des communications entre les deux colloques. Un peu de cohérence européenne serait bienvenue pour ces colloques.

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http://co2forum.cpe.fr/ http://www.co2-chemistry.eu/

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diminution des émissions). Selon l’AIE, les émissions en 2050 atteindraient 58 Gt/an, si l’on ne fait rien (+ 6 °C de température) ou seulement 16 Gt/an (+2 °C) avec des mesures très énergiques de tous les pays. Dans l’éventail des solutions pour abaisser les émissions (efficacité, renouvelables, etc.), le CCS compterait pour 17 % soit plus de 7 Gt/an à capter et injecter dans le sol. Une quantité faramineuse ! Un des douze principes de la chimie verte est l’économie d’atomes. Pourquoi ne pas utiliser le CO2 comme source de carbone (et d’oxygène), précurseur de synthèses d’autres molécules et matériaux. « Vu comme le climate killer N°1 dans la décennie 1990, lorsqu’on ne voyait que les risques sur l’effet de serre, le CO2 pourrait participer à la flexibilité des ressources dans une vision plus constructive », déclarait Christian Patermann, ancien responsable du programme Environnement à la DG Recherche à Bruxelles, lors de la Conférence “CO2 as chemical feedstock“ à Essen, mioctobre. On évite l’importation de ressources fossiles, et en fin de vie, ce carbone est recyclable. Processus gagnant-gagnant ! À long terme, l’extraction directe du CO2 de l’atmosphère est envisagée. Ce qui mettrait en parallèle du cycle naturel du carbone par la photosynthèse un cycle anthropogénique chimique. Ces points sont à moduler. Certes, la consommation de CO2 par la chimie éviterait une partie des émissions mais sans effet sensible sur le réchauffement climatique : les ordres de grandeur ne sont pas là ! Le carbone pour toute la chimie mondiale correspond à 0,5 % des émissions annuelles de CO2. L’utilisation chimique du CO2 ne sauvera pas le climat ! Un point opportunément rappelé par Sophie Jullian, directeur scientifique IFP Énergies nouvelles lors du Forum CO2 qui s’est tenu à Lyon, mi-septembre. L’autre question soulevée est celle de la réactivité de la molécule. Formée par réaction spontanée avec l’oxygène, son niveau d’énergie est très bas. Pour utiliser ce CO2, il faut disposer de composés très réactifs (qui ont consommé de

l’énergie pour leur synthèse) ou disposer d’énergie électrique à très bas coût. Sophie Jullian insiste sur la disponibilité effective du CO2 pour son utilisation dans un cadre économique : « il faut connaître l’état du CO2, physique (température, pression) et chimique (nature des impuretés), l’importance quantitative et qualitative de la source de CO2 (concentration), la distance entre son captage et son utilisation. Le CO2 est utilisable sous plusieurs formes : sans conversion (solvant supercritique, récupération assistée d’hydrocarbures, industries diverses), ou en le faisant réagir. Mais pour obtenir quoi ? des précurseurs de synthèses (méthanol, acide formique etc), des carburants liquides, des matériaux. Là encore, plusieurs voies sont possibles : chimique, biochimique, photochimique, électrochimique, qui sont à des degrés d’avancement divers. » Du CCS on passe au CCS-U, U pour Utilization. La valorisation effective du CO2 sera une alchimie entre possibilités thermodynamiques, types de conversion, facteurs économiques locaux et globaux (marché du carbone), investissements à réaliser… Il faut faire de la modélisation multiéchelle pour bien évaluer à un moment donné la pertinence d’une voie de valorisation.

Des applications chimiques et énergétiques Le problème devient plus complexe avec l’intrication possible du CO2 avec les schémas énergétiques. Si l’on dispose d’hydrogène en abondance à faible coût, on peut synthétiser du méthane (procédé Sabatier). D’autres envisagent le méthanol carburant comme Paul Wuebben de Carbon Recycling International (Islande)- ou le DME, diméthyl éther, comme le suggérait le professeur SangEon Park de l’université Inha en Corée. Certains se montrent très sceptiques sur le réel futur du méthanol et du DME comme carburants. C’est une véritable économie du CO2 qui se met en place, comme l’expliquait Michael Carus du Nova Institut (organisateur de la conférence d’Essen). Elle se décline en cinq axes. Power to gas

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[ CONFÉRENCES ]

© Bayer

consiste à utiliser les BASF), à des alcanes énergies renouvelables pour la synthèse d’aldéet le CO2 pour produire hydes aliphatiques ou du méthane ; en phase être utilisé en fermentade “surproduction“ d’étion cétonique (projets nergie électrique, on proEvonik) et dans d’autres duit de l’hydrogène puis synthèses, à condition de du méthane ; c’est une disposer de catalyseurs manière de stocker adaptés (Institut Leibniz l’énergie transitoirede catalyse). ment, ce méthane sert en La valorisation du CO2 directe sans l’étape de retour à produire de séparation/purification l’électricité à la demande est très regardée. RWE, dans des centrales à comme d’autres, explore cycle combiné. Obstacle : la voie biologique au trale coût de l’hydrogène vers des microalgues qui devrait être de l’ordre (photobioréacteurs) et la de 0,01 €/kWh. C’est le biotechnologie dans une projet CO2RRECT CO2 Reaction using Regene- Bayer cherche à insérer du CO2 dans la structure de ses polyuréthanes. coopération avec Brain rative Energies and AG (bioréacteurs) pour la Catalytic Technologies où l’on trouve Cette réaction CO2- époxy est utilisée production de différents composés chiRWE, Bayer, Siemens, et 10 partenaires pour produire du carbonate de polypromiques. LanzaTech vise directement académiques avec le soutien du ministère pylène PPC, ou d’éthylène PEC, ainsi on l’utilisation de fumées pour produire des allemand de l’Éducation et de la peut incorporer 43 % en masse de CO2 produits chimiques par des biocatalyRecherche (BMBF). Polymères et produits dans le PPC et 50 % dans le PEC. seurs natifs ou synthétiques. Projets déjà chimiques à partir du CO2 est le deuxième Novomer s’est spécialisée dans les catabien avancés avec une usine précomaxe. Le troisième consiste à utiliser le CO2 lyseurs pour ces réactions. La société merciale démarrée début 2012 chez pour les biotechnologies industrielles. commercialisera début 2013 ses preBaosteel en Chine. La société travaille Le quatrième est la photosynthèse artifi- mières productions en petit tonnage de plus largement sur les déchets fermencielle : ce sont les travaux du Caltech et polyols PPC pour la fabrication de tescibles et la biomasse comme source Suncatalytix. Le cinquième est la fixation mousses PU, de thermoplastiques PU, de carbone, notamment pour la producdirecte du CO2 atmosphérique. d’adhésifs et de vernis. tion de 2,3 butanediol. L’ingénierie enzyLors de la conférence d’Essen, Dennis matique et les procédés fermentaires en Kremer de la Dechema a fait le tour des Effervescence dans le domaine continu produiront d’autres molécules projets allemands collaboratifs soutenus des polymères de base dans les années à venir selon par le ministère allemand de la BASF a déjà une production de carboSean Simpson de Lanzatech. Recherche (BMBF) : Sur la période 2009- nate de polypropylène PPC. Ce polyQuel sera l’impact réel, global, de l’uti2017, le budget atteint 100 M€, répartis mère est destiné à entrer dans des lisation du CO2 pour la chimie ? Evonik est sans doute la société la plus avancée sur de nombreux projets. Tous ces pro- mélanges, par exemple avec du PLA et dans la réflexion, comme l’expliquait à jets bénéficient du réseau CO2NET du autres biopolymères. La société mise Lyon Benjamin Schäffner qui mène égaBMBF afin d’assurer une bonne circula- beaucoup sur ce PPC applicable dans de lement le projet H2ECO2, un groupe de tion des informations, leur dissémination nombreux secteurs. Ces réactions CO2scientifiques universitaires et industriels. et dégager des synergies, sans oublier les époxyde prennent leur origine en 1969 Il faut viser des molécules d’intérêt comcollaborations internationales, notam- avec les travaux d’Inoue utilisant des catalyseurs à base de zinc en phase mercial certain, obtenues par des voies ment au sein de Suschem. réactionnelles présentant un réel avanEn restant purement dans la chimie, hétérogène pour la production de cartage écologique. Le groupe a mis au l’utilisation du CO2 comme matière pre- bonate de propylène au laboratoire. Les mière s’apparente à un rêve… d’où le recherches se sont développées et contipoint une méthodologie complète et alinom des projets Dream Reactions et nuent à l’être pour améliorer les catamenté une base de données très vaste Dream Productions menés par Bayer. Le lyseurs, passer en catalyse homogène et (données thermodynamiques, environpremier sur la période 2009-2012, le en procédé continu. Il faut aussi créer les nementales etc) pour réaliser une anasecond démarré en mai 2010 avec pour époxydes intéressants : l’Institut lyse de cycle de vie la plus complète. objectif la production industrielle dès Fraunhofer IGB travaille à cela et Inutile d’utiliser tel ou tel composé appa2015 de mousses polyuréthanes dont la notamment sur l’époxydation des terremment avantageux sur un point dont fraction polyol sera en partie issue de pènes par des lipases pour créer de noule bilan carbone est au départ déplogaz carbonique. Il provient d’une cen- veaux polycarbonates. DSM en collarable. Le groupe tient compte par trale électrique au lignite de RWE. Une boration avec l’Université technique exemple du changement d’affectation partie du CO2 est récupérée et envoyée d’Eindhoven et le DPI Dutch Polymer des sols et de l’utilisation éventuelle chez Bayer Technology Services qui le Institute travaillent sur des produits d’engrais pour obtenir une huile végéconvertit en polyol polyether polycarbo- comparables pour des peintures et revêtale “naturelle“. nate, repris par Bayer Material Sciences tements poudre. Norner en Norvège Une chose est sûre : la réutilisation du qui produit une mousse polyuréthane prévoit pour 2014 une unité en continu CO2 est bel et bien lancée et s’inscrit dans un schéma plus large d’empreinte par réaction avec de l’isocyanate. La pour la production de PPC utilisable en carbone nulle, ce qui ne signifie pas la réaction décisive est l’action du CO2 sur mélange avec du PP ou du PE. un époxyde en présence d’un catalyseur Le CO2 peut être couplé à l’éthylène et disparition des composés carbonés.  À Essen et à Lyon, Pascal Lyon conduire à l’acide acrylique (projet original à base de zinc. INFO CHIMIE MAGAZINE N° 516 - Janvier 2013

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[ JEUNE ENTREPRISE ] Créée en 2008 sur la base de brevets du CNRS, la société Innoveox s’apprête à signer ses premiers contrats. Ils prévoient l’installation sur des sites chimiques de skids de traitement de déchets, fonctionnant selon une technologie d’oxydation hydrothermale à énergie positive.



TRAITEMENT DE DÉCHETS Innoveox se prépare à déployer sa technologie ’oxydation hydrotheravion, pour le grand export. la récupération des métaux tels que le plamale supercritique ou « Les échantillons envoyés par tine peut présenter un intérêt », commente OHT est en passe de nos prospects viennent de loin. J.-C. Lépine. Les produits azotés, quant à devenir une réalité indusPour l’heure, nous réalisons les eux, sont principalement transformés en trielle dans le traitement des essais dans l’unité de Lacq. ammoniac qui reste dissout dans l’eau, déchets et des effluents. Mais demain, notre objectif voire en N2. Dans tous cas, il n’y a pas de formation de NOx. Quant au CO2 formé, C’est en tout cas l’objectif serait de réaliser ces essais à il peut aussi être capturé et valorisé. que s’est fixé Jeanproximité de nos prospects et Selon Innoveox, le bien fondé de la techChristophe Lépine en 2008 clients, sur de plus petites uninologie a déjà pu être validé par des lorsqu’il a créé Innoveox. La tés. Ainsi, nous envisageons essais menés avec succès sur une quinstart up a bâti ses fondations d’installer 1 ou 2 unités de zaine de familles de produits chimiques sur la base de brevets CNRS petite taille en Europe, et 1 par Jean-Christophe organiques. déposés par le professeur grande région du monde, à Lépine, présidentFrançois Cansell, directeur commencer par l’Amérique du fondateur Un procédé à énergie positive de l’École Polytechnique de Nord et le Qatar », explique d’Innoveox. À noter que le procédé fonctionne en Bordeaux. Brevets qui Patrick Lemaitre, directeur des continu, sans bruit ni dégagement avaient fait l’objet d’un premier pilotage opérations. d’odeurs. En bout de chaîne, l’eau superde 2004 à 2006, sur un financement Le procédé d’oxydation hydrothermale critique qui a atteint les 600 °C doit d’une dizaine de millions d’euros entre exploité par Innoveox consiste à oxyder repasser dans le préchauffage autour de autres de la région Aquitaine. de la matière organique dans de l’eau à 300 °C. Du coup, l’énergie excédentaire Puis, grâce à une première levée de l’état supercritique (pression de 221 bars peut être valorisée.Voilà pourquoi le préfonds auprès d’investisseurs privés de et température de 374 ° à 600 °C), en président d’Innoveox n’hésite pas à parler 2,1 millions d’euros dont 0,4 M€ finan- sence d’oxygène. Cette matière orgade procédé d’oxydation hydrothermale cés par l’Ademe, Innoveox a pu nique est alors convertie majoritaireà énergie positive. construire une unité industrielle sur le ment en gaz carbonique et en eau. Pour l’heure, les principales industries site de Lacq pour réaliser des essais « Le Supercritique, c’est l’avenir », assure ciblées par Innoveox sont celles de la clients, avec un outil dimensionné pour J.-C. Lépine. « L’eau supercritique est le chimie, en particulier le raffinage, la une capacité de traitement de déchets solvant le plus puissant que l’on puisse pétrochimie, la chimie organique et la de 100 l/h ou 1000 t/an, entièrement imaginer. Elle dissout et oxyde instantapharmacie, pour traiter des pesticides, automatisé et certifié Atex niveau 2. nément la matière organique. On récupère du pyralène, des huiles et solvants usaInnoveox compte aujourd’hui 15 colla- ensuite de l’eau propre qui peut être recygés, des déchets pétroliers… Mais borateurs répartis sur trois sites : le siège clée ou rejoindre les réseaux d’assainisPatrick Lemaitre entrevoit également parisien, le laboratoire de recherche tou- sement, des métaux et matières inorgades opportunités dans la cosmétique, le jours abrité dans les locaux de l’ICMCB, niques qui sont retenus sur des filtres. Les nucléaire, les chemins de fer, l’industrie mais qui s’installera bientôt dans de métaux sont récupérés sous forme d’oxyde papetière ou l’agroalimentaire. Ces nouveaux locaux à Mérignac dans la et peuvent être revendus s’il s’agit de industries ont traditionnellement recourt banlieue de Bordeaux, et le site indus- métaux stratégiques. Dans la pétrochimie, à l’incinération. Mais certriel de Lacq. Début 2013, tains déchets s’avèrent l’unité industrielle coûteux à traiter en incinéconstruite sur un skid, et ration, parce qu’ils sont entièrement mobile, sera trop dilués ou parce qu’ils néanmoins déplacée de contiennent des polluants quelques kilomètres pour nécessitant des traitements rejoindre le site de la de fumées complexes au Sobegi à Mourenx où elle niveau de l’incinérateur. À traitera en particulier les cela s’ajoute la délicate prodéchets de la plateforme blématique du transport de spécialisée en chimie fine. déchets dangereux dont Dans un avenir proche, la l’industriel conserve la ressociété Innoveox devrait se ponsabilité juridique tout doter d’un nouvel outil au long du transport. d’essai de plus petite taille L’unité de Lacq va bientôt déménager sur la plateforme Sobegi à Aussi pour contourner ce (10 l/h), transportable par Mourenx. © Innoveox

© Thierry Samuel

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problème, Innoveox propose d’installer des unités sur les sites industriels. La jeune société innovante prend alors à sa charge l’ingénierie, la construction de l’unité puis en assure l’exploitation et la maintenance, moyennant la rémunération du service calculée en fonction de la quantité de déchets traitée. Il existe déjà quelques unités concurrentes d’OHT dans le monde pour le traitement de déchets organiques. Mais aucune d’entre elles ne récupère de l’énergie en bout de process. Le CEA a également des brevets qu’il cherche à valoriser. Pour J.-C. Lépine, c’est surtout en Asie, notamment en Corée, que le domaine de l’eau supercritique explose. Innoveox reste néanmoins dans le peloton de tête avec des contrats en passe d’aboutir avec 3 ou 4 industriels, et qui devraient être signés en cette fin année ou au début de l’année prochaine. « Avec la crise, le temps des prises de décisions se dilate », déplore Patrick Lemaitre pour expliquer le retard pris dans les projets annoncés en 2011. Mais en cette fin d’année, Innoveox vient de recevoir un soutien de poids d’Air Liquide, le numéro un mondial du gaz industriel. Les deux entreprises ont signé un contrat de collaboration technologique et commerciale. Air Liquide apportera notamment son savoir-faire et ses compétences dans le domaine de l’injection d’oxygène très haute pression et dans la maîtrise des réactions d’oxydation avancées pour le traitement des effluents, ce qui permettra d’ouvrir le champ de la technologie. Par ailleurs, Air Liquide est déjà implanté chez les clients visés par Innoveox, à travers la fourniture d’oxygène ou d’autres gaz. Ce qui devrait ouvrir des portes à Innoveox. À terme, la technologie pourrait avoir de nouvelles applications. Par exemple, le laboratoire Fluides supercritiques de l’ICMCB-CNRS, partenaire d’Innoveox, s’intéresse à la récupération de fibres de carbone dans les composites, ou à celle du silicium dans les panneaux photovoltaïques. Une opportunité se dessine également dans le traitement de sols pollués par le biais de l’utilisation de végétaux plantés pour capter les métaux lourds. La biomasse polluée serait ensuite traitée par un procédé OHT en vue de récupérer des métaux lourds oxydés. Pour aborder sereinement sa phase d’industrialisation et ces nouveaux développements, Innoveox se prépare dans les prochaines semaines à un second tour de table auprès de fonds et d’industriels. Une opération qui s’annonce pour le moment sous les meilleurs ausSylvie Latieule pices.  INFO CHIMIE MAGAZINE N° 516 - Janvier 2013

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[NOUVEAUX PRODUITS ]

Le constructeur japonais Mitsubishi préfère le plastique à l’acier pour fabriquer les ailes d’un nouveau modèle de véhicule. a division Innovative Plastics de Sabic a annoncé que Mitsubishi Motors Corporation (MMC) avait choisi sa résine Noryl GTX 989 pour fabriquer les ailes avant de son crossover Outlander Sport 2013. Ces ailes sont les premières à être produites par moulage par injection en 2 empreintes avec cette résine, ce qui permet à MMC de réduire la durée de cycle et de diminuer les coûts d’outillage. Le matériau SABIC présente d’autres avantages, notamment une réduction de poids par rapport à l’acier (3 kg), ce qui lui permet d’offrir des économies de carburant et des avantages en termes de durabilité. Cette application tire profit des performances mécaniques améliorées du matériau, un mélange conducteur de polyamide (PA) et de polyphénylène éther modifié (PPE). La résine Noryl GTX 989 offre une amélioration de 10 °C en termes de tolérance thermique, ce qui facilite son utilisation sur les lignes de peinture en série à haute

© Sabic

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Le crossover Outlander Sport 2013 de Mitsubishi a des ailes en plastiques.

température. Elle offre également une réduction du coefficient de dilatation thermique linéaire (CLTE) de 10 % en vue d’une amélioration de la stabilité dimensionnelle et de la gestion du jeu et de l’affleurement, ce qui permet de fabriquer des panneaux de carrosserie de plus grandes dimensions. MMC a pleinement profité de cette liberté de conception pour intégrer des supports d’absorbeurs d’énergie dans le garde-boue afin d’améliorer la protection des piétons. Des études de validation ont indiqué que le

risque de blessure à la tête (HIC) avec l’aile en résine Noryl GTX était inférieure de 25 % à celle d’une aile en acier comparable. Selon le label Produit Responsable de Sabic, agréé par GreenOrder, l’utilisation de la résine Noryl GTX 989 à la place de l’acier sur les panneaux de carrosserie peut entraîner une baisse de 45 % de la consommation d’énergie et une réduction de 47 % des émissions de dioxyde de carbone (CO2) par aile tout au long du cycle de vie du véhicule. 

EMBALLAGE Le PET part à la conquête du marché vinicole ● Le syndicat de l’emballage souple Ellipso rapporte que de plus en plus de producteurs de vin utilisent des bouteilles en PET en vue de réduire leurs impacts environnementaux et leurs coûts de transport. Ces nouvelles bouteilles s’adaptent tout particulièrement à la conquête de nouveaux débouchés à l’international. Les bouteilles en PET présentent des atouts, à commencer pour une bonne imperméabilité à l’oxygène, 34

au dioxyde de carbone et au dioxyde de soufre pendant plus de deux ans. Le PET multicouche optimise en outre la protection contre les UV et la lumière, ce qui permet d’améliorer la conservation. Tous types de vins sont susceptibles d’être conditionnés dans des bouteilles PET. Des tests analytiques et organoleptiques réalisés à l’aveugle sur différents vins rouges ont démontré qu’il n’était pas possible de différencier des

antirouille passent en phase aqueuse ● À l’occasion du dernier

salon Eurocoat à Barcelone, Omnova Solutions, fabricant de résines de spécialités, a dévoilé son nouveau liant Pliotec HDT 12, destiné à la formulation de laque antirouille en phase aqueuse. Il utilise la technologie « HDT » (Hydrophobic Dispersion Technology), développée par Omnova, permettant d’atteindre des propriétés inégalées d’adhérence et de résistance à l’eau. Le procédé de fabrication permet alors d’obtenir un polymère fonctionnalisé, à caractère hydrophobe, et à très faible teneur en surfactants libres. Les peintures antirouille contenant la résine Pliotec HDT 12 présentent ainsi une très faible perméabilité à l’eau et une excellente résistance à la corrosion, même sans ajout de pigments inhibiteurs. Ces peintures en phase aqueuse sont idéales pour la finition ou la rénovation de portails, ferronneries. Elles constituent une alternative aux laques antirouille solvantées encore très présentes sur le marché. Des applications indoor ne sont pas excluses. Ce liant présente une faible teneur en COV conforme aux réglementations de qualité de l’air intérieur.  © DR

AUTOMOBILE Des ailes en plastique pour le crossover Outlander

RÉSINES Les laques

La cave Lugny ose déjà le PET.

vins en fonction de leur emballage. Reste à vaincre des réticences culturelles, même si les Scandinaves et les Japonais se sont déjà montrés favorables à ce type d’emballages, moins lourds et plus facilement recyclables. Selon la revue professionnelle Shuhan

News, déjà 30 % du beaujolais nouveau acheminé au Japon en 2011 avait été conditionné dans des bouteilles en PET. 

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[NOUVEAUX PRODUITS ] REVÊTEMENTS Des aciers prélaqués contre

protègent du feu et du froid

les graffitis

de grande hauteur, et aux applications murales dans les constructions à ossature bois. Elles limitent ainsi la propagation des flammes entre les étages sur l’enveloppe externe du bâtiment. À noter que la technologie n’utilise pas de retardateur de flamme halogéné, mais un agent contenant du phosphore, afin de stimuler la formation d’une couche « étanche » en surface, en cas de contact avec une source de combustion. Cette fine couche de polymère carbonisé est très résistante aux flammes et forme une barrière, ralentissant le contact des matériaux inflammables avec les flammes. « Nous sommes très fiers de cette innovation qui reflète parfaitement une valeur clé de la vision de DuPont, qui est d’exploiter son expertise scientifique et technologique pour créer des produits qui contribuent à rendre la vie plus sûre », a déclaré Patrick Mousel, Product Manager Enveloppes du bâtiment, EMEA et AP, DuPont Building. I © DuPont

● Le groupe DuPont vient de développer de nouvelles membranes respirantes, vendues sous la marque DuPont Tyvek FireCurb, pour augmenter la sécurité dans le domaine du bâtiment. Elles ajoutent la performance de retardateur de flamme aux nombreuses propriétés des membranes DuPont Tyvek pour le bâtiment, telles que la protection à long terme, la diffusion efficace de vapeur, et une contribution significative à l’efficacité énergétique et le confort intérieur. Disponibles sur le marché européen depuis l’automne 2012, ces membranes sont adaptées aux façades ventilées des immeubles

La membrane DuPont Tyvek FireCurb intègre un retardateur de flamme sans halogène.

© DR

BÂTIMENT Les membranes DuPont

Le graffiti, cauchemar de la RATP. ● Sans cesse à la recherche de systèmes de revêtements innovants et durables, Arval, branche construction d’ArcelorMittal dédiée aux solutions acier de façade, toiture, plancher pour le marché non résidentiel, a mis au point un acier prélaqué unique sur le marché : Flontec. Ce nouveau revêtement, appliqué avant profilage sur les profilés et panneaux, assure aux façades une protection durable contre les graffitis et permet un nettoyage facile sans solvant. Issu d’un procédé préindustrialisé, Flontec est un vernis PVDF transparent appliqué en amont directement sur les bobines d’acier galvanisé pré-laqué avant le profilage (15 microns de

FLUIDE FRIGORIGÈNE DuPont défend le HFO-1234yf ● Ce devait être une alternative incontournable à tous les fluides frigorigènes utilisés dans l’industrie automobile, comme le R134a, et suspectés de détruire la couche d’ozone. Le nouveau HFO-1234yf (2,3,3,3Tetrafluoropropène) présente en effet un potentiel de réchauffement climatique de 4, alors que la nouvelle directive européenne MAC (Mobile Air Conditioning) fixe la barre jusqu’à 150. C’était sans compter sur une légère inflammabilité du produit entraînant des critiques face au risque de formation de

produits très toxiques comme l’acide fluorhydrique. Mais DuPont se défend. « Nous avons rencontré Daimler afin de bien comprendre les méthodes de test utilisées et les résultats obtenus, et nous en avons conclu que ces tests n’apportent pas de nouvelles informations », explique Diane Iuliano Picho, responsable mondial Fluides Frigori gènes Opteon (nom de marque du HFO-1234y également appelé R-1234y). « Des tests d’inflammabilité approfondis ont été réalisés par des laboratoires indépendants mondialement

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reconnus. De multiples analyses de risque menées par les acteurs industriels, y compris Daimler, ont minutieusement évalué l’inflammabilité de ce produit, et montré que le HFO-1234yf ne présente aucun risque supplémentaire notable. » DuPont propose aujourd’hui son expertise technique auprès des constructeurs automobiles pour résoudre les questions soulevées par le HFO1234yf qui peut être utilisé en toute sécurité si l’on respecte les normes et pratiques industrielles pour la conception, la production et l’entretien des véhicules. I

primaire et 35 microns de finition et vernis PVDF). Pour éliminer toute trace de graffiti ou de marqueur, sans dommage pour le support, il suffit d’une éponge et d’eau claire, d’une brosse douce ou d’un nettoyeur haute pression à froid, selon la nature et la taille de la façade. Les graffitis doivent être retirés le plus vite possible (dans les 72 h) car l’exposition aux UV accélère l’adhésion du graffiti sur l’acier prélaqué. Des démonstrations en situation réelle sur des bardages réalisés en Flontec sont possibles sur le site de ArcelorMittal Construction à Haironville. Ce produit est homologué par la RATP. I

Altuglas Rnew remarqué par R&D Magazine L’Altuglas Rnew est l’une des 100 plus belles innovations technologiques mises en place sur le marché en 2012, selon la publication américaine, R&D magazine, qui depuis 1963 identifie les 100 innovations les plus révolutionnaires de l’année dans des secteurs industriels aussi variés que les télécommunications, l’énergie, les logiciels, l’industrie et la biotechnologie. Altuglas Rnew est un produit d’Arkema. Il consiste en une synergie de deux polymères miscibles : le PMMA Altuglas et un biopolymère.

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EFFICACITÉ ÉNERGÉTIQUE Le secteur de la chimie continue à se mobiliser ● La gestion de l’énergie constitue une thématique prédominante du secteur de la chimie. Alors que de nombreuses actions peuvent d’ores et déjà être menées, l’industrie chimique essaie d’aller toujours plus loin avec la mise en place de projets d’amélioration de son efficacité énergétique. elon une enquête annuelle sur les consommations d’énergie de l’industrie (EACEI) de 2010 réalisée par l’Insee et le service des enquêtes et études statistiques du ministère de l’Agriculture (Agreste), la consommation brute d’énergie dans l’industrie française s’est établie à près de 34,7 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep) en 2009. Ces dernières années, les politiques environnementales et la flambée des coûts de l’énergie ont poussé les industriels à entamer des démarches pour mieux utiliser les ressources nécessaires à leur activité. En tête des secteurs industriels les plus consommateurs figure l’industrie chimique, qui représente plus du quart de la consommation brute d’énergie selon les chiffres de l’EACEI en 2010. Cette forte dépendance énergétique a obligé l’industrie chimique à se mobiliser sur cette thématique. « Du fait de leurs besoins

© Solvay

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importants en énergie, la grande majorité des acteurs de l’industrie chimique avec lesquels nous travaillons possède d’ores et déjà une politique de réduction de consommation d’énergie », indique Ruben Gil, directeur conseil aux entreprises en Europe chez Aspentech. Une mobilisation qui s’est faite en plusieurs phases, selon le type de chimie concerné, comme le note Jean-Francis Spindler, du pôle de compétitivité Axelera et directeur de recherche Europe chez Solvay : « La chimie lourde s’est intéressée à l’efficacité énergétique il y a près de 10 ans, tandis que la chimie de spécialités s’y est focalisée il y a environ 5 ans. Le driver était avant tout économique à la base, dès lors que la facture énergétique représentait un coût significatif dans le coût final du produit (entre 5 et 15 % du coût) ». À cela s’ajoutent d’autres facteurs, comme la réglementation ou encore le contexte économique et industriel. Parmi les acteurs à avoir engagé une politique énergétique interne, nous

Solvay a mis en place son programme d’efficacité énergétique Solwatt sur son site allemand de Bernbourg. 36

retrouvons le chimiste belge Solvay. Dès 2006, il s’est engagé à réduire sa consommation énergétique et son empreinte carbone de 20 % sur l’ensemble de son groupe à l’horizon 2020. Ce vaste programme est constitué de deux approches complémentaires.

Travailler sur différents leviers D’une part, réduire la consommation énergétique sur les outils existants, et d’autre part, profiter des meilleures technologies disponibles pour les outils de production, pour lesquels le fait d’investir se justifie sur un plan industriel. « Par exemple, sur notre site de production de chlore à Tavaux, nous avons remplacé un procédé d’électrolyse à mercure par une technologie de membrane. Cela nous a permis à production identique d’économiser 20 % d’énergie », détaille Alain Michel, responsable des programmes d’efficacité énergétique chez Solvay. En outre, le groupe Solvay a initié depuis début 2011 un projet portant sur l’efficacité énergétique dénommé Solwatt. « L’objectif de ce programme est de travailler sur chaque site du groupe et d’identifier les différents leviers afin de réduire la consommation énergétique et à opérer un procédé de manière optimale », précise Alain Michel. Avant de continuer : « Cela pourra consister en la sensibilisation d’opérateurs à des paramètres clés (température, vitesse à programmer sur une machine) ou à changer certains équipements et installer des variateurs de vitesse à bon escient ». Le programme Solwatt s’appuie sur une équipe dédiée, répartie tout autour du globe. « Nous avons mis en place une équipe de 12 personnes à plein temps pour travailler sur nos sites en Europe. À cela s’ajoute une équipe de

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L’automatisation et le pilotage à distance peuvent permettre de réduire la consommation d’énergie des procédés.

6 collaborateurs en Asie, une autre de 3 en Amérique du Sud, et nous sommes en train de mettre en place une équipe pour la région nord-américaine », indique Alain Michel. « Depuis le début du programme, nous avons accompli des travaux d’amélioration d’efficacité énergétique sur 13 sites sur lesquels nous avons pu réaliser un gain de 10 % en énergie, et il en reste une centaine à

faire. Nous prévoyons que d’ici 2015, nous aurons couvert l’intégralité des sites ». Et les améliorations apportées ne nécessitent pas d’investissements si lourds qu’imaginés. « Un tiers des économies d’énergies sont réalisables sans investissement, tandis qu’un autre tiers est possible avec un investissement rentabilisé en moins d’un an (par exemple avec de l’instrumentation ou de

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l’automatisation). Le dernier tiers d’économies concerne des financements dont le retour sur investissement peut s’effectuer sous deux ans, par exemple pour des équipements d’échange de chaleur ou des variateurs de vitesse », explique Alain Michel. Le groupe Solvay vise à pérenniser la démarche Solwatt, en continuant à chercher des améliorations sur le plan technique, en organisant des actions de sensibilisation à l’énergie (formation, communication) et en favorisant l’energy management en développant des indicateurs clés pilotables par les opérateurs (température, débit, etc.). « La grande majorité des industriels de la chimie optimise leurs postes de dépenses d’énergie, et ce, malgré l’absence de contraintes réglementaires. Les seules contraintes qui existent aujourd’hui s’appliquent aux constructeurs d’équipements », souligne Alain Michel. Pour améliorer leur efficacité énergétique, l’une des premières démarches à effectuer pour un industriel est d’analyser sa consommation énergétique. « Cela passe par un audit, qui permet d’identifier quels sont les postes de consommation énergétique à considérer en vue de mener des actions », précise Vincent Masztalerz, directeur Process Automation au sein du sec-

© Aspentech

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EFFICACITÉ ÉNERGÉTIQUE Le secteur de la chimie continue à se mobiliser qui permet de visualiser et d’optimiser la balance entre fourniture et consommation énergétique, et ainsi mieux la gérer », explique Ruben Gil. D’autre part, il y a les logiciels permettant un contrôle avancé du process de production. « Cette technologie permet de réduire la variabilité du procédé, et ainsi de travailler plus près des limites du procédé et de réduire la consommation d’énergie », affirme le directeur conseil des entreprises d’Aspentech. Enfin, le troisième niveau de contrôle possible proposé par Aspentech concerne la gestion sur un parc entier d’usines, via l’optimisation de la supply chain. « Cette solution est adoptée de plus en plus souvent car elle permet d’aborder le problème d’un point vue holistique (coût de l’énergie pour la production et la distribution du produit) et cela permet d’obtenir pas mal de réduction de coût et d’énergie », commente Ruben Gil. La forte consommation d’énergie au sein de l’industrie chimique provient du type d’outils de production qu’elle utilise. « Au sein de l’industrie chimique, les principaux postes de dépense énergétique résident dans les cycles de chauffage/refroidissement tout au long des procédés, et dans les opérations d’agitation/mélange », affirme JeanFrancis Spindler (Axelera). « Les industriels de la chimie utilisent généralement pour leur production des moteurs de forte puissance à vitesse fixe, Ces gros entraînements représentent un potentiel d’économie important et nous avons constaté une activité en progression pour le contrôle commande par des variateurs de vitesse dans la chimie », soutient quant à lui Vincent Masztalerz (Siemens). De son côté, la société Aspentech a observé des ten-

dances différentes quant à la gestion de l’énergie par logiciel selon le type de production chimique. « Au sein de la pétrochimie ou la chimie de base, nous avons constaté une forte demande pour réduire les coûts énergétiques. En chimie des spécialités, la priorité de réduction des coûts énergétiques est moins marquée car le focus est de se différencier par une production flexible selon la demande du marché », avance Ruben Gil (Aspentech). Le secteur de la chimie se caractérise également par la possibilité de produire de l’énergie lors de ses activités, comme l’affirme Vincent Masztalerz (Siemens) : « L’un des avantages de l’industrie chimique, comparé à d’autres secteurs comme l’industrie automobile ou manufacturière, c’est qu’il s’agit d’une industrie “exothermique“. Il y a donc la possibilité de récupérer de l’énergie ». Une affirmation illustrée par une des actions menées par le groupe Solvay sur un de ses sites, comme le cite Alain Michel : « Nous avons par exemple installé un procédé de cogénération d’une capacité de 12 MW sur notre site de La Rochelle pour l’alimentation énergétique de nos activités ».

D’importants projets de R&D en cours Bien que l’efficacité énergétique soit déjà un axe de travail présent chez les industriels français, elle fait l’objet de plusieurs projets de R&D qui ont pour but d’accentuer le mouvement. Parmi ces projets, il y a “Plate-form(E)3“ porté par IFP Énergies nouvelles (IFPEN). Financée par l’Agence nationale de la recherche (ANR) dans le cadre du programme SEED 2012

teur Industry de Siemens France. Pour ce faire, Siemens a créé un centre de services pour l’efficacité énergétique (CS2E). « Les industriels peuvent solliciter le CS2E via le web ou un numéro vert, pour réaliser un prédiagnostic énergétique ou pour bénéficier de conseils. C’est aussi un moyen pour Siemens de recueillir des informations et de générer des contacts », indique Vincent Masztalerz. Une fois identifiés les postes de consommation énergétique sur lesquels il est possible de travailler, l’industriel peut mener des actions qui peuvent très bien prendre la forme d’actions simples au niveau du bâtiment et des utilités (éclairage basse consommation, calfeutrage des tuyaux, chauffage, etc.), tout comme des actions au niveau des procédés de production en eux-mêmes. « Il y a ensuite deux types d’actions sur les postes de consommation au niveau du procédé à faire : en hardware et en software », ajoute Vincent Masztalerz. Pour la partie hardware, cela peut par exemple consister à remplacer des moteurs par des moteurs à haut rendement ou en l’installation de variateurs de vitesse intégrant des fonctionnalités d’efficacité énergétique (hibernation, mode éco). En ce qui concerne la partie software, les procédés peuvent se voir équipés de fonctions de pilotage et d’automatisation. Par exemple chez Aspentech, société commercialisant des logiciels pour l’optimisation des procédés de production, les clients se voient proposer des solutions logicielles sur trois niveaux. D’une part, au niveau de l’optimisation du design d’un procédé existant. « Il s’agit en fait d’un outil de modélisation du procédé,

Les principaux secteurs industriels consommateurs d’énergie brute (source: Insee et Agreste, EACEI 2010) Secteur

Consommation en ktep

Part en 2009 (en %)

Variation 1996-2009 (en %)

Variation 2008-2009 (en %)

1996

2008

2009

Industrie chimique*

9 756

10 883

9 350

26,96

- 4,2

-14,1

Sidérurgie

6 920

7 248

5 651

16,29

-18,3

-22,0

Agroalimentaire

4 800

5 166

4 930

14,22

2,7

- 4,6

Industrie du papier et du carton

2 748

3 914

3 425

9,88

24,6

-12,5

Production de minéraux (plâtres, ciments, chaux)

2 073

2 460

2 165

6,24

4,4

-12,0

Fonderie et travail des métaux

1 935

1 937

1 516

4,37

- 21,7

- 21,7

*Fabrication de matières plastiques et de caoutchouc synthétique, parachimie et industrie pharmaceutique, fabrication d’engrais, autres industries de la chimie minérale et de la chimie organique de base

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EFFICACITÉ ÉNERGÉTIQUE Le secteur de la chimie continue à se mobiliser

© Siemens

(Systèmes énergétiques tout potentiel partenaire efficaces et décarbonés), la (laboratoires, collectivités ou première phase de ce projet industriels) souhaitant partiambitionne de développer ciper au projet, que ce soit un prototype d’outil d’aide sous forme de fourniture de à la décision, afin d’optimidonnées, de mobilisation de ser la consommation énercompétences, ou de financegétique et de réduire l’imment », souligne Laurent pact environnemental de Forti. l’industrie et des territoires. De son côté, le pôle Axelera « À terme, ce projet vise à a engagé plusieurs projets favoriser l’amélioration de sur la thématique de l’effil’efficacité énergétique et envicacité énergétique. En plus ronnementale sur trois axes : d’avoir initié ou labellisé difau niveau du composant, des férents programmes de procédés, et du territoire R&D (comme Altereco, Paco, industriel », précise Laurent EnercoLT, ou StocKPac) sur Forti, responsable du proplusieurs briques technologramme Procédés éco-effi- Les logiciels de modélisation et de gestion de la giques (pompes à chaleur, cients chez IFPEN. Avant de consommation d’énergie sont de plus en plus employés stockage d’énergie, etc.), il développer : « Au cours de par le secteur chimique. a vu récemment son projet cette première phase et en structurant Valenthin nous appuyant sur les outils et fatales, qui se termine en 2013. Outre accepté par l’État. Ce programme vise méthodes existants, nous souhaitons les partenaires directs (Armines CEP, à développer une filière technologique notamment définir un référentiel pour CETIAT, EDF R&D, la Fédération française pour récupérer, valoriser, modéliser les flux d’énergies et de Charles Hermite (CRAN, LORIA- stocker et transporter les rejets basses matières, développer une méthodologie INRIA), le nouvel IEED lyonnais Ideel températures des procédés industriels applicable à l’échelle du territoire indus- et le LEMTA), de nombreux industriels (inférieurs à 200 °C). Il est doté d’un triel et démonter son intérêt au travers ont déjà manifesté leur intérêt pour le budget global de 15 M€, regroupe 14 d’un outil numérique prototype ». Le projet Plateform(E)3 et pourront y partenaires industriels et acadéprojet Plate-form(E)3 fait suite au pro- contribuer au travers du club parte- miques, des concepteurs de technolojet Ceres-2 sur la récupération et la naires et des phases suivantes du pro- gies et de solutions des bureaux valorisation des pertes de chaleur jet. « Ce club est complètement ouvert à d’étude et des ingénieristes intégrateurs de ces solutions ainsi que des prestataires pour les audits, la mise en œuvre et l’exploitation. « Selon les premières estimations, les rejets thermiques basses calories représentent au niveau national un gisement récupérable de 40 à 80 TWh », précise Isabelle Harter, ingénieur sur les projets Usine du futur et Procédés éco-conçus chez Axelera. Une logique forte d’intégration territoriale a également été prise en compte, se traduisant par l’initiation avec le Grand Lyon du projet Valchim. Il a pour objectif d’effectuer une analyse du territoire industriel et d’identifier les flux d’énergie fatale sur la Vallée de la chimie. Les projets de R&D sur la performance énergétique de l’industrie ne manquent donc pas. Et face à la hausse de la facture énergétique, ces dernières années, nul doute que l’industrie française, et en particulier les acteurs du secteur de la chimie, seront très attentifs au moindre développement pour réduire leur consommation d’énergie. « Une meilleure performance énergétique contribuera à restaurer l’attractivité du territoire industriel national, et par conséquent la compétitivité de l’industrie française », conclut Laurent Forti (IFPEN). I Dinhill On 40

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[ FOURNISSEURS ]

RÉACTEURS De Dietrich Process Systems réorganise ses activités en France e fournisseur d’équipements en acier vitrifié pour les industries chimique et pharmaceutique a présenté un plan de réorganisation de son activité en France. De Dietrich Process Systems prévoit de supprimer 39 postes sur les 390 présents sur son site de Zinswiller (Bas-Rhin), principalement des fonctions support et administratives. Ces suppressions s’effectueront selon un plan de départs volontaires, ainsi que neuf départs en retraite en 2013 qui ne seront pas compensés. Cette opération s’explique par la chute des ventes du groupe pour les secteurs de la chimie et de la pharmacie de 25 % par rapport à 2008, et par « les perspectives de marché, à l’échelle internationale, qui restent incertaines » entre « l’atonie du marché européen » et « le ralentissement de l’économie chinoise»,

L

© De Dietrich

Le fournisseur d’équipements en acier vitrifié supprime 10 % des effectifs de son site de Zinswiller. Une implantation qui bénéficiera de 5 M€ d’investissements dans les trois ans à venir.

De Dietrich Process Systems emploie 1 300 salariés dans une quinzaine de pays.

indique De Dietrich. En outre, le groupe a planifié le transfert de son site de R&D d’Évry (Essonne) vers celui de Zinswiller, ce qui concernerait 12 ingénieurs et techniciens. Le site alsacien avait fait l’objet d’une restructura-

tion en 2005 avec la suppression de 58 postes. En parallèle de cette restructuration, De Dietrich va investir près de 5 millions d’euros étalés sur trois ans pour le site de Zinswiller. Cet investissement vise à

STOCKAGE Odfjell s’implantera au Port du Havre ● Le stockeur et transpor-

teur maritime norvégien de produits chimiques Odfjell Terminals devrait commencer à s’implanter mi-2013 sur le périmètre du Grand Port maritime du Havre (GPMH) en SeineMaritime. Filiale du groupe norvégien Odfjell SE, Odfjell Terminals est en effet le lauréat de l’appel d’offres lancé en novembre 2011 par le GPMH pour doubler les capacités de stockage de produits chimiques du port. « Nous sommes en négociations exclusives avec Odfjell Terminals pour son implantation, commente un porteparole du port de la BasseSeine, le groupe doit encore 42

réaliser une étude de faisabilité avant que le conseil d’administration du port ne valide son implantation. Celle-ci devrait débuter au second semestre 2013 par la construction d’un nouveau terminal de vracs liquides chimiques sur un terrain de 30 hectares, le long du Grand Canal. Ce site en bord à quai, à la fois maritime et fluvial, permettra l’arrivée des produits par bateau, et pour une partie d’entre eux, leur livraison par barge ». Les travaux se dérouleront en deux phases. La première verra l’installation d’un stockage de 150 000 à 200 000 m3, et représente un investissement de 110 à 150 millions

d’euros. « Si le marché est au rendez-vous, la capacité du site pourra être portée à 450 000 m3 sur le site », affirme le porte-parole. Adossé financièrement depuis septembre 2011 à l’investisseur américain Lindsay Goldberg, Odfjell Terminals compte des terminaux dans 20 ports du monde pour une capacité de stockage de 4,4 M m3. En s’implantant au Havre, le groupe complète son implantation dans les grands ports du fronton Nord-Ouest européen où il est déjà présent à Anvers (Belgique) et Rotterdam (Pays-Bas).  Akela Sophia

moderniser les installations, et à créer une plateforme logistique dédiée notamment à la gestion des pièces de remplacement. Par ailleurs, De Dietrich annonce que « des embauches d’opérateurs de production sont prévues sur 2012 et 2013 ». Le groupe justifie ce projet par la volonté de permettre au site alsacien « d’acquérir plus de souplesse dans ses modes de fonctionnement pour s’adapter aux nouvelles exigences du marché ». Cette annonce intervient alors que De Dietrich avait renforcé sa présence en Inde l’année dernière avec l’acquisition de la division Glass-Lined de l’Indien Nile. L’Asie constitue une zone privilégiée de croissance pour le groupe, qui y prévoit une progression de son chiffre d’affaires en 2013. Fort d’un effectif de 1 300 salariés dans plus d’une quinzaine de pays, De Dietrich Process Systems envisage un chiffre d’affaires 2012 de 144 milDinhill On lions d’euros. 

Foster Wheeler décroche deux contrats Le groupe américain a annoncé la signature d’accords pour l’ingénierie de deux installations. Le premier a été conclu avec Lanxess pour le management de projet (EPCM) de son usine de production de caoutchouc polybutadiène néodyme (Nd-PBR) située à Singapour. Cette unité devrait entrer en service en 2014. Le deuxième contrat a été signé avec Sadara, coentreprise entre Dow et Saudi Aramco formée en 2011, pour l’ingénierie d’un centre logistique à Jubail (Arabie Saoudite), prévu pour entrer en service au deuxième semestre 2014.

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[ FOURNISSEURS ] activités à Blanquefort ● Le distributeur américain de produits chimiques a redémarré les activités sur son site de Blanquefort (Gironde) à la suite d’un programme de rénovation de 2 millions d’euros. Annoncés en 2011 dans le cadre d’un vaste plan d’investissement d’Univar en France, ces travaux avaient été menés après la survenue d’un incendie sur ce site en 2009, endommageant plusieurs réservoirs de stockage. Le site s’étend sur une

surface de 18 000 m2 dédiés au stockage, au conditionnement et à la distribution de solvants, de minéraux et de produits de spécialité. Le parc de stockage a été entièrement automatisé avec des jauges de niveau, des vannes et des pompes pilotées par ordinateur. Fort d’un effectif d’environ 7 600 collaborateurs sur 260 sites dans le monde, Univar a généré un chiffre d’affaires de 9,7 Mrds $ (7,48 Mrds €) en 2011.  D.O.

© Univar

Univar a investi 2 M€ à Blanquefort.

UN ACCORD AVEC DOW PERSONAL CARE

L

’Américain a signé un contrat avec Dow, étendant la commercialisation de produits pour le marché de l’hygiène personnelle en Allemagne, en

Espagne et au Portugal. Univar y fournira les produits de spécialités hérités de Rohm and Haas, notamment des polymères, des tensioactifs ou des opacifiants.

UTILITÉS Une usine d’eau pour

les industriels en Basse-Seine ● Située au cœur du bassin pétrochimique de la BasseSeine, la Communauté de communes Caux Vallée de Seine (CVS) va investir avec l’Agence de l’Eau SeineNormandie 22 millions d’euros dans la construction d’une usine d’eau industrielle prévue pour fin 2014. « Construite à Norville en Seine-Maritime, cette nouvelle usine remplacera celle qui y fonctionne actuellement mais qui n’est plus adaptée », précise Fabrice Poignant, le responsable du service eau

de la CVS. Parmi les plus importants clients de l’usine d’eau, ExxonMobil avec son complexe pétrochimique de Notre-Dame-deGravenchon consomme aujourd’hui à lui seul 45 % des 150 000 m3 d’eau traités quotidiennement. L’autre client majeur étant la Communauté d’Agglomération du Havre, qui revend cette eau à des industriels de la zone industrialo-portuaire havraise. 

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Akela Sophia

CHAUDRONNERIE Sanel Plastimarne déménage ● Après huit mois de construction, le spécialiste de la chaudronnerie plastique a inauguré son site de Fismes (Marne), qui abrite son nouveau siège social et une usine de production de cuves de stockage en plastique. Ces produits sont destinés à l’industrie chimique notamment. Implantée sur une surface de 1,36 ha, l’usine de Sanel Plastimarne s’étend sur plus de 5 000 m2 couverts et abrite une tour de 13 m de hauteur pour la réalisation de cuves de stockage (50 m3) de grands volumes, ainsi qu’un espace de stockage de 4 000 m2 pour les produits de négoce (tubes, raccords, vannes, armoire de dépotage, etc.). Le choix de ce site a été motivé par des critères géographiques car « Fismes offre de bonnes infrastructures

© Usine de Fismes Sanel Plastimarne

COMMERCE CHIMIQUE Univar reprend ses

Sanel Plastimarne emploie 46 personnes.

routières et ferroviaires ». En outre, un des éléments décisifs a été la possibilité de bénéficier de toutes « les aides à l’implantation proposées par la Région, le Conseil général et la ville de Fismes ». Employant 46 collaborateurs, Sanel Plastimarne affiche un chiffre d’affaires de 6 M€ en 2012 dont 5 % à l’export. Le groupe prévoit une hausse de son chiffre d’affaires de 5 % en 2013.  D.O.

MÉTALLURGIE Manoir Industries cède deux

divisions à Yantai Taihai ● Le groupe français de métallurgie a annoncé la cession de ses activités Pétrochimie et nucléaire et Spécialités à la filiale française du Chinois Yantai Taihai, spécialisé dans le nucléaire civil et la transformation de métaux. Comptant environ 1 700 collaborateurs sur huit sites industriels (dont cinq en France), ces divisions représentent respectivement 26 % et 38 % de l’activité du Français, et affichent un chiffre d’affaires annuel de 220 millions d’euros. Le groupe chinois ne compte pas s’arrêter là, puisqu’il prévoit « d’investir de manière significative dans

chacun des sites français dans le cadre d’un programme d’investissements de 60 M€ de 2013 à 2016, un doublement de l’effort de R&D et l’embauche de 30 à 40 collaborateurs ». Cette cession intervient alors que Manoir Industries avait investi en février dans un nouveau centre d’usinage à Pitres (Eure) pour ses activités pétrochimiques et nucléaires. Avant cette cession, Manoir Industries employait un effectif de près de 2 700 personnes et exploitait 13 sites à travers le monde. Lors du dernier exercice 2011, le métallurgiste français a affiché un chiffre d’affaires de 340 M€.  D.O.

Emerson inaugure une usine en Hongrie L’Américain a annoncé l’ouverture d’une usine de production à Székefehérvar en Hongrie. Cette installation de 6 000 m2 est dédiée à la production d’actionneurs de la gamme Bettis, utilisés dans l’automatisation des vannes. Selon le groupe, ce site hongrois va réduire les délais de livraison de 25 % pour les industriels d’Europe, du Moyen-Orient et d’Afrique.

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516 ICM 44 FOURNISS BAYER BAT_FOURNISSEURS 18/12/12 16:03 Page44

[ FOURNISSEURS ]  Le chimiste allemand a choisi les systèmes Epaco de Fike pour limiter les risques d’explosion

sur son site de Villefranche-Limas. Un choix qui s’inscrit dans une volonté d’exemplarité concernant les exigences en matière de sécurité et d’environnement.

SÉCURITÉ Bayer maîtrise ses risques d’explosion grâce à Fike réserver l’intégrité de travailler en atmosphère de l’environnement inerte en installant une et de ses travailleurs : unité de production d’azote. tel est le credo du site En outre, tous les filtres des industriel de Bayer de installations bénéficient Villefranche-Limas (situé d’un dispositif limitant les à Villefranche-sur-Saône risques d’explosion de dans le Rhône). S’étendant poussières. « Le principe de sur 28 ha, cette usine d’ensubstitution de produits n’est viron 300 collaborateurs est pas possible en raison du dédiée à la formulation et fait que les produits que au conditionnement de nous fabriquons sont homoproduits phytosanitaires. logués et doivent être élabo« L’activité sur le site se divise rés conformément aux dosen trois domaines. D’une siers d’homologation. Nous part, nous avons les fongiavons donc opté pour des cides qui représentent près systèmes de captation locale de 56 % de notre production. des poussières inférieures à D’autre part, les herbicides et 100 µm de diamètre », les insecticides correspondétaille Gabriel Monlon. dent respectivement à 31 % et Les équipements utilisés 13 % de notre activité », en zone Atex présentant un indique Marie-Aude Baylé, risque électrostatique sont chargée de communication conducteurs ou antistadu site. Avant d’ajouter : « Il tiques et reliés à la terre. s’agit d’un site stratégique de Répondre en tous Bayer CropScience pour l’acpoints aux exigences tivité de formulation ». de sécurité L’usine de VillefrancheSur son site rhodanien, Limas héberge 9 ateliers de Bayer ne se soucie pas seuformulation, 10 lignes de lement des risques d’exploconditionnement, et un sion mais également de la entrepôt de stockage d’une sécurité dans son ensemble. capacité de 14 000 m2, soit 11 000 emplacements. Le groupe a mis en place un « Notre site est classé Seveso Sur son site de Villefranche-Limas, Bayer a installé la solution Epaco système basé sur le recueil II Seuil haut, du fait de la de Fike principalement sur des dépoussiéreurs. d’informations et l’analyse quantité et de la classification des accidents, presque accides produits stockés », précise Marie- industriels du site de Villefranche- dents ou incidents. Il résulte en une Limas. Avant de continuer : « Notre site émission de « fiches incidents », concerAude Baylé. Pour se protéger des risques d’explo- étant multiproduit, nous ne pouvions nant plusieurs domaines : qualité, sion, l’usine rhodanienne a équipé six opter pour des évents d’explosion car ces risques industriels, environnement, dispositifs ne sont calibrés que pour un hygiène et sécurité. En outre, l’ensemble dépoussiéreurs, un mélangeur et un pilote de tour d’atomisation, par des sys- seul type de produit ». « Ces systèmes du personnel du site s’est engagé dans tèmes de suppression d’explosion Epaco répondaient bien aux recommandations le projet « Sécurité attitude », qui précode Fike (voir encadré), entre 2002 et de la DREAL. De plus, ils sont adaptés à nise le retour d’expérience et vise ainsi 2012. « Nous avons choisi ce système car des particules de poudre inférieures à à renforcer la sécurité de l’usine. La il permet de confiner l’explosion tout en 3 µm et ayant une faible énergie minimale volonté de prévention des incidents de supprimant les rejets dans l’environne- d’inflammation (EMI) », complète Bayer se traduit également par la mise ment. De plus, la conception compacte de Abderazak Bezzayer, technicien assaien place de dispositifs complémentaires. ce dispositif permet de gagner de la nissement - service « procédés ». Pour Par exemple, le site possède un bassin place », justifie Gabriel Monlon, res- prévenir les risques d’explosions dans de sécurité d’un volume total de 6 500 m3 ponsable Environnement et Risques ses tours de granulation, le site a choisi pour la rétention d’une éventuelle pol© JPC

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516 ICM 44 FOURNISS BAYER BAT_FOURNISSEURS 19/12/12 10:16 Page45

[ FOURNISSEURS ] LA SOLUTION EPACO DE FIKE e système permet de détecter en amont le début d’une explosion et de l’arrêter en quelques millisecondes via l’injection d’un agent extincteur (généralement du bicarbonate de sodium). Ce système s’appuie sur l’emploi de capteurs, reliés à un module de contrôle EPC et à un conteneur de poudre (de 2,5 à 50 litres) coudé et pressurisé à 62 bar. Lors de la détection d’un départ d’explosion, l’agent extincteur est injecté massivement à travers un disque de rupture à l’aide d’une buse de dispersion dans le compartiment pour arrêter la déflagration. « Une fois mis en place, il s’agit d’un système complètement autonome disposant de sa propre alimentation en énergie », précise Eric Jacquot, directeur de Fike France. Avant d’ajouter : « Il permet de protéger des équipements ayant des volumes allant jusque 1 000 m3 ».

© Bayer

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Le site de Villefranche-Limas de Bayer produit des fongicides, des herbicides et des insecticides.

lution aqueuse. « Nous avons également un bassin d’orage de 5 000 m3 requis par la Communauté de Communes pour recueillir les eaux en cas de fortes pluies. Il a été conçu de telle sorte qu’il peut aussi être utilisé comme bassin de rétention complémentaire », explique Gabriel Monlon. Grâce notamment à la conduite de ces actions, le site Bayer de VillefrancheLimas a pu être certifié ISO 14001 pour le respect de l’environnement et OHSAS 18001 / ILO OSH2001 pour la prise en compte des risques dans les domaines de l’hygiène, de la santé et de la sécurité au travail. I À Villefranche-sur-Saône, Dinhill On INFO CHIMIE MAGAZINE N° 516 - Janvier 2013

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516 ICM 46 LEADER ksb BAT_focus 18/12/12 16:19 Page46

[ VANNES ] Le spécialiste allemand de la robinetterie a ouvert les portes de ses sites aquitains de Gradignan et de La Roche-Chalais dédiés aux vannes papillon. L’occasion de faire part de sa vision du développement d’un produit depuis la R&D et jusqu’à la production.



TECHNOLOGIE KSB développe la culture de la vanne papillon en Aquitaine C faction de gaz (ndlr : terminaux méthaniers, ASU) », précise Philippe Bagard, directeur des opérations de production Robinetterie de KSB France. Tout commence au centre de R&D de Gradignan, où tous les produits de robinetterie à papillon sont développés : vanne papillon à manchette élastomère ou polymère, vanne cryogénique entièrement conçue en métal, etc.

Modéliser pour rendre les vannes plus étanches En ce qui concerne la conception des vannes papillon, ce site possède une équipe chargée de modéliser les prototypes, afin d’étudier et d’optimiser leur comportement en termes de propriétés mécaniques, de rémanence (capacité à se déformer), ou encore de vieillissement. « L’intérêt de la modélisation,

© KSB

himie, pétrochimie, gaz, peintures, papeterie, etc. Les vannes papillon sont utilisées dans de nombreux secteurs industriels, pour assurer la bonne régulation du débit de transfert de fluides dans les procédés. Chez le groupe allemand KSB, ces produits sont développés et fabriqués sur trois sites dans le monde. Deux de ceuxci sont situés en France, à La RocheChalais (Dordogne) et à Gradignan (Gironde), héritage de l’acquisition par KSB de la société française Amri, experte des vannes papillons, en 1989. « Sur le site de La Roche-Chalais, nous fabriquons des gammes de vannes spécifiques à chaque secteur industriel tels que les robinets à papillon Ke avec manchette en téflon pour les procédés chimiques ou encore les vannes cryogéniques Danaïs et Triodis pour les applications de liqué-

Les robinets cryogéniques Triodis sont tous testés sur le site à l’aide d’azote liquide. 46

c’est que cela permet de minimiser le couple de manœuvre, de comprendre le comportement des manchettes, d’optimiser sa géométrie et ses systèmes de fixation, et de connaître les phénomènes de fatigue et les limiter », explique Jérôme Fouque, responsable du bureau de calcul du site de Gradignan. Cette méthode de modélisation est en particulier très utile pour l’élaboration et l’étude d’une manchette élastomère. Les critères de qualité selon KSB résident notamment dans l’élasticité, la durabilité, un bon coefficient de frottement, la compatibilité chimique avec les fluides en contact, et le non-vieillissement aux conditions environnantes. « Chez KSB, nous faisons en sorte que l’arbre ne soit jamais en contact avec le fluide transporté », ajoute Pierre Philippe Susset, directeur du management des produits de la Business Unit Vannes chez KSB. Avant de compléter : « Par conséquent, la manchette élastomère doit être capable non seulement d’être étanche, mais également de résister à des produits corrosifs, par exemple lors d’applications impliquant des engrais ou de la saumure ». Une autre particularité de KSB, c’est qu’il formule lui-même des élastomères dont il a besoin pour produire les manchettes de ses vannes papillons. « La manchette constitue la pièce maîtresse pour l’étanchéité pour une vanne papillon à manchette élastomère. En effet, elle constitue 10 % du prix de la vanne mais plus de 90 % de la performance d’étanchéité », indique Pierre Philippe Susset. Avant d’ajouter : « Nous commandons les matières premières chez des fournisseurs ou directement chez des chimistes, et nous les formulons selon nos besoins ». D’ailleurs, le centre de recherche de Gradignan est le centre de référence du groupe allemand en matière d’élastomères. Il est constamment en quête de nouvelles formulations pour ses caoutchoucs. « Nous cherchons à mettre au point de nouvelles substances pour optimiser les propriétés mécaniques, de frottement ou de vieillissement à l’aide de nouveaux additifs ou élastomères. Nous essayons aussi d’adapter nos formulations aux différentes exigences régle-

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516 ICM 46 LEADER ksb BAT_focus 18/12/12 16:19 Page47

mentaires (REACH, potabilité, etc.) et clients, tout en élargissant les limites de température d’applications des manchettes. Nous étudions également la possibilité de réaliser des manchettes à l’aide de substances biosourcées », développe Pascal Vinzio, responsable R&D de KSB. Avant de compléter : « À plus long terme, nous souhaiterions mettre au point un élastomère intelligent, capable d’indiquer les conditions de service, le nombre de cycles ou encore leur composition de fin de vie, par exemple ».

© KSB

[ VANNES ]

Une gamme de produits adaptée à la cryogénie Le groupe KSB produit également sur son site de La Roche-Chalais sa gamme de vannes Triodis, destinée notamment aux applications cryogéniques, comme par exemple le transfert de fluides liquéfiés dans les unités de séparation de gaz. « Pour mettre au point ces robinets à papillon triple excentration, il a fallu un important travail de développement pendant quatre ans pour régler le problème de l’étanchéité non seulement en milieu cryogénique mais aussi en “sécurité feu“ », explique Loïc Boussault, responsable Produits cryogéniques chez KSB France. « La technologie du papillon à triple excentration nous permet d’utiliser les joints durs tels que le métal et le

Le groupe KSB formule ses propres caoutchoucs pour réaliser ses manchettes de vannes papillon.

téflon », poursuit Laurent Benoît-Barné, responsable de l’unité de production des vannes cryogéniques du site de la RocheChalais de KSB. Avant d’ajouter : « Toutes nos vannes subissent un test de résistance de l’enceinte, et également des essais d’étanchéité amont/aval. Sans oublier les tests en cryogénie à l’aide de trois fosses remplies d’azote liquide à -196°C ».

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Les vannes papillon ont donc un bel avenir au sein du groupe KSB, porté notamment par un véritable savoir-faire et un effort de recherche constant. Preuve que l’activité se porte bien, le groupe prévoit d’étendre prochainement ses capacités de production sur le site de À Gradignan et La Roche-Chalais.  à La Roche-Chalais, Dinhill On

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516 ICM 48 NT Vannes BAT_focus 18/12/12 15:58 Page48

[VANNES ]

L’ o f f r e m a t é r i e l s e t s e r v i c e s

© descote

● Sur la base de ses gammes de robinets manuels et automatiques pour service sur fluides critiques, le fabricant français descote a développé une gamme spécifique de régulation. En plus de leur performance en termes de régulation, ces robinets offrent un design et des matériaux de construction assurant une fiabilité optimum sur les fluides corrosifs, gaz liquéfiés chimiques, hygroscopiques et dangereux (A-HF, A-HCL, HCN, NH3, UF6, etc.). Cette gamme a obtenu la certification Eurochlor et répond aux exigences les plus sévères de qualité de fonderie (contrôle radiographique) et de sélection des matériaux. Ce robinet est disponible dans un large

Le robinet de régulation de descote est conçu pour les applications de fluides critiques.

choix de matériaux : aciers au carbone, aciers inoxydables et Duplex, alliages de Nickel (Inconel, Hastelloy, Monel, ...). I info@descote.com

Vannes à boisseau sphérique métalliques

© Gemü

● D’une technologie robuste et fiable, les vannes à boisseau sphérique types 711, 728 et 751 de Gemü répondent parfaitement aux applications de traitement de l’eau, systèmes de filtration, circuits de lubrification ou de refroidissement, ins-

Les vannes à boisseau sphérique 711, 728 et 751 de Gemü. 48

tallations de chauffage ou d’échangeurs thermiques, aux circuits auxiliaires (utilités), à la galvanisation ou toute autre utilisation du secteur industriel en général. Il s’agit respectivement de vannes à commande manuelle, motorisée et pneumatique. Disponibles du DN 8 à 100, elles se distinguent par un débit élevé pour des pressions de service jusqu’à 63 bars et supportent des températures jusqu’à 180°C. Les vannes Gemü types 711, 728 et 751 offrent une longue durée de vie grâce à une triple étanchéité de l’axe. L’étanchéité conique de l’axe, ainsi que l’ensemble des joints ont été spécialement étudiés pour limiter tout risque de fuite lors des manœuvres et le niveau d’usure, même après une utilisation prolongée. I www.gemu-france.fr

Soupape de sécurité proportionnelle ● La soupape de sécurité pour une fiabilité HPRV commercialisée par accrue. Certifié du Parker Hannifin a été niveau supérieur de conçue pour les applicacatégorie IV de la tions hydrauliques et de directive PED, le contrôle de gaz. Possédant produit permet un siège anti-éjection une exactitude de résistant aux 3 % par rapport à la impuretés, elle pression de tarage. est dotée d’un Pour son ouverture, mécanisme de la soupape HPRV sécurité Tru-Loc évinécessite une prestant toute manipulasion comprise entre tion dangereuse, pour une 0,7 et 414 bar. La fersécurité renforcée. Son fil meture de la soupape de verrouillage lui peut, quant à elle, s’efpermet d’être pro- Parker propose fectuer à 15 % de la sa soupape de pression de tarage. I tégée contre la pression de tarage, sécurité HPRV. parker.france@parker.com ©Parker

Robinet de régulation à soupape à soufflet

Robinet Double block and bleed ox Le fabricant français de -In éca © M robinetterie industrielle Basés sur la Meca-Inox propose une série 3-pièces vanne type PS4, ils sont Double Block disponibles en & Bleed, pour diamètre du accroître la DN10 au sécurité des DN80. Il est La vanne Double conçu pour installations. Block & Bleed Par exemple, fonctionner à de Meca-Inox. lors des opérations de des plages de maintenance, elle est utilipressions allant sable pour isoler et purger de PN40 au PN100, et à une des réacteurs chimiques. température comprise entre L’ensemble double-vannes -50 °C à +280 °C. Selon le garantit la sécurité de la ligne besoin de l’utilisateur, le par la double étanchéité et la robinet peut être constitué double manœuvre en un en acier inox 316L, 304L, seul lieu du site. Les leviers 904L ou matériaux de haute sont cadenassables afin de tenue à la corrosion (Superconsigner l’installation dans Duplex, Alloy22, etc.). I infos@meca-inox.com la bonne configuration.

Vannes cryogéniques ● La société Bürkert présente sa gamme de vannes cryogéniques Element, destinée notamment aux applications de séparation d’air ou de liquéfaction de gaz. La nouvelle ligne permet des performances élevées dans les domaines de processus de lavage, et en offrant des possibilités de contrôle de pointe comme le contrôle décentra-

lisé électro-pneumatique, et comprenant des systèmes de communication de type fieldbus. Dotées des fonctionnalités disponibles comme des écrans rétroéclairés graphiques et des indicateurs LED, ces vannes robustes sont de construction robuste pour répondre aux exigences strictes de l’industrie cryogénique. I www.burkert.com

N° 516 - Janvier 2013 INFO CHIMIE MAGAZINE


516 ICM 48 NT Vannes BAT_focus 18/12/12 15:58 Page49

© Asco Numatics

[VANNES ]

© Parker

● Asco Numatics propose une nouvelle tête magnétique compacte dont le mode de protection Ex e mb répond aux plus récentes règles de l’Atex, permettant ainsi son utilisation en zones explosibles gaz et poussières 1-21. Équipée sur des électrodistributeurs taraudés ou à plan de pose, elle intervient dans toutes les applications de pilotage de vannes, particulièrement dans les industries chimiques et pétrochimiques. Sa grande résistance aux ambiances explosibles ou agressives lui provient de l’ensemble des

La vanne 290 commercialisée par Asco Numatics.

clignotantes ou fixes. La mise en service et la maintenance sont facilitées car le fonctionnement de la vanne ne nécessite ni compresseur, ni filtre, ni tube. Développée pour véhiculer tous types de fluides, la vanne électrique d’Asco Numatics subvient aux besoins de diverses applications de process et de leur contrôle comme sur les réseaux et traitement d’eau ou la pulvérisation de produits pour le secteur de l’agriculture. . I webmaster.asconumatics.fr@ Emerson.com.

Bobine antidéflagrante pour électrovanne ● Parker Hannifin lance sa nouvelle bobine antidéflagrante Lucifer 37 mm avec insert métallique. Cette nouvelle bobine peut être utilisée pour la commande d’électrovannes à installer en zones dangereuses 1/21 et 2/22 dans les secteurs de la chimie, de la pétrochimie, du raffinage, des process, du pétrole et du gaz. Alliant légèreté et compacité, la bobine est hautement résistante à la corrosion : toutes les parties métalliques sont en acier inoxydable et le reste de la bobine est fabriqué à partir de matériaux plastiques techniques robustes. La bobine peut être montée ou

Tête magnétique pour le pilotage de vannes

déposée aisément et sans délai de refroidissement, ce qui facilite l’entretien et La bobine réduit le antidéflagrante stock pour Lucifer 37 mm l’utilisateur de Parker final. La bobine Lucifer 37 mm est compatible avec les presseétoupes métalliques ATEX «d», ce qui permet la mise à la terre directe du câble armé. Cette nouvelle gamme de bobines est compatible avec toutes les électrovannes équipées d’un actionneur 9000. Ce sont les seules bobines plastiques ATEX disposant d’un mode de protection «d mb» disponibles sur le marché. I parker.france@parker.com

INFO CHIMIE MAGAZINE N° 516 - Janvier 2013

Asco Numatics présente une nouvelle tête magnétique pour piloter les vannes.

parties métalliques externes (visserie et borne de masse) en inox 304, du joint en FPM et d’un thermofusible (en CA/CC) noyé dans la bobine. I webmaster.asconumatics.fr@ Emerson.com

Vannes à boisseau sphérique

©Richter CT

Asco Numatics a lancé sa vanne électrique 290 qui fonctionne sans air comprimé. Elle offre un temps de réponse inférieur à 3 secondes par cycle, ainsi qu’une bonne compacité avec son opérateur d’un diamètre de 67 millimètres. Cela permet ainsi d’obtenir un encombrement réduit de 40 à 200 %, à diamètre nominal identique. La vanne 290 fournit une durée de vie supérieure à un million de cycles par an, ainsi qu’une consommation réduite de seulement 6 W pendant l’ouverture/fermeture. Le produit est conçu pour fonctionner avec des fluides d’une température allant de -10 °C à +90 °C et d’une viscosité maximale de 600 cSt. La vanne est capable de supporter des pressions de 6 bar pour la DN10, de 5 bar pour la DN15 et de 4 bar pour la DN20. Le contrôle des mouvements ou des états de la vanne s’effectue par visualisation à 360° par des LEDs

© Asco Numatics

Vanne électrique ●

Richter CT commercialise des vannes à boisseau sphérique pour le transport de produits chimiques. ● Richter ChemieTechnik a lancé ses gammes de vannes KN et KK pour les applications de transport de produits chi-

miques liquides. Adaptables sur les camions-citernes, ces vannes à boisseau sphérique sont revêtues PFA. Ce revêtement en plastique fluoré présente de nombreux avantages. Il est bien plus résistant que le duplex, Hastelloy, PVDF, ETFE, voire le titane et le nickel. Il est antiadhésif, résistant au vide, facile à nettoyer sur place (CIP, Clean In Place) et convient aussi aux fluides de grande pureté ou chargés de particules solides dans une plage de températures de -60 °C à +200 °C. I richter-info@richter-ct.com

Contrôleurs et positionneurs pour actionneurs pneumatiques ● Le groupe alleavec signalisation de mand KSB a lancé position que la régulases contrôleurs et tion indépendante de positionneurs polyla conduite du process. valents pour le piloL’interface VDI/VDE tage des actionneurs entre le positionneur et 1/4 de tour et des actionl’actionneur permet le neurs linéaires pneumontage direct sur des matiques Amtronic et actionneurs 1/4 de tour. Smartronic. Leurs De plus, le nombre de fonctionnalités persources d’erreurs évenLes produits Amtronic tuelles et le mettent aussi bien un contrôle et Smartronic de KSB risque de fuites peuvent aider au tout ou rien d’air comprimé contrôle de robinets d’un robinet sont réduits. I www.ksb.com à papillon. pneumatique

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THERMOCLEAN_Mise en page 1 18/12/12 16:15 Page1

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516 ICM 51 FOCLEADECHANGE BAT_focus 19/12/12 09:32 Page51

[ ÉCHANGEURS ] Les fournisseurs d’échangeurs thermiques ont connu une année 2012 relativement bonne. Avec des résultats dans le secteur de la chimie principalement portés par l’export.



CONJONCTURE Une année 2012 soutenue par l’international L

© Barriquand

’ export permet aux fourPar exemple, la société Barriquand s’en revanche, l’Angleterre et l’Irlande se nisseurs d’échangeurs de cha- est plutôt bien sortie en 2012 au regard démarquent, avec la reprise des invesleur de s’en sortir. du contexte économique incertain, avec tissements en chimie fine. Quant au C’est le constat qui a été réalisé par plu- une prise de commandes s’évaluant à 26 reste du monde, Mersen confirme une sieurs équipementiers. En effet, les don- millions d’euros. « Les commandes en chi- croissance très soutenue de ses activités neurs d’ordre investissent peu sur de mie se sont stabilisées et représentent sur le continent nord-américain, comme nouvelles unités sur le territoire natio- 11 M€. L’export, qui concerne 80 % de l’explique Laurent Trably : « Cette croisnal, alors qu’elles fleurissent à l’étran- notre activité en chimie a connu une forte sance est portée par l’essor du gaz de ger. Le marché français semble porté par progression. Ces achats ont notamment schiste générant un redémarrage des les renouvellements et l’optimisation concerné des usines basées sur les procé- investissements sur le segment de la chid’unités. Comme en témoigne Claude dés HPPO (ndlr : oxyde de propylène à mie (particulièrement le PVC) ». La diviLavenant, responsable Marchés pétro- partir de peroxyde d’hydrogène) », pré- sion Génie chimique est très présente cise Jean-Yves Lachaize, ingénieur tech- en Asie, où de nombreuses unités de chichimie, raffinerie et chimie inorganique sur le secteur des échangeurs ther- nico-commercial chez Barriquand. Avant mie organique et minérale sont miques d’Alfa Laval : « Le marché en d’ajouter : « En ce qui nous concerne, le construites, ou encore dans la zone France est essentiellement basé sur de marché français est constitué pour moitié MENA (Middle-East & North Africa). l’optimisation, de l’extension ou de la de renouvellement d’installations exis« Le Moyen-Orient se positionne en aval tantes et pour l’autre moitié de nouveaux dans la chaîne de valeur du pétrole et mulmodernisation d’installations existantes, avec un retour d’investissement inférieur projets ». tiplie les projets de complexes chimiques à deux ans ». Sur les neuf intégrés. L’Afrique du Nord, premiers mois de 2012, le et plus particulièrement le fabricant suédois d’équipeMaroc, axe sa croissance sur ments a connu des résultats de nombreux investissements en progrès d’environ 6 % par dans le domaine des engrais », rapport à 2011. Un bilan tiré détaille Laurent Trably. notamment par le secteur Les fournisseurs d’échande la chimie, comme le geurs ont une vision difféconfirme Claude Lavenant : rente des perspectives du « Nous avons connu une marché en 2013. « Nous bonne année en 2012, n’avons aucune visibilité sur puisque nous avons réussi à le futur. Cela dépendra si les doubler notre chiffre d’afcommandes passées en 2013 faires », dans ce domaine. concernent des projets à Les échangeurs thermiques court ou plus long terme », fournis par Alfa Laval sont avoue Jean-Yves Lachaize notamment utilisés pour la (Barriquand). Alfa Laval production de chlore-alcali : veut continuer à se déveloples échangeurs sont intégrés per sur les axes qui ont fait à des unités de concentra- Les fournisseurs d’échangeurs ont observé un maintien voire son succès en 2012 (engrais tion de soude caustique, qui une progression de leur activité en chimie. et soude caustique). « Nous ont pour but de séparer la souhaitons également renbase du chlore-alcali. « En termes Pour l’activité de Mersen sur les échan- forcer nos ventes dans le secteur de la d’usages, nos produits sont également geurs de chaleur en chimie, l’année 2012 pétrochimie. Mais vraisemblablement, a été en ligne avec les objectifs, voire au- cette progression ne se fera pas en employés pour des unités de production d’engrais, en France et en Afrique du delà des prévisions au niveau mondial. France », confie Claude Lavenant. Nord », développe Claude Lavenant. « Par rapport à notre exercice précédent, Mersen se montre confiant pour l’actiAvant d’ajouter : « Nos échangeurs tubu- notre mix de commandes a changé, por- vité échangeurs dans le secteur de la laires sont également utilisés dans les uni- tant davantage sur de gros contrats d’in- chimie, et table sur une croissance des génierie ou d’investissement significatifs commandes. « Cette progression sera très tés de production d’éthylène ». de clients finaux », indique Laurent contrastée sur les différentes zones géoUn marché principalement porté Trably, directeur commercial et marke- graphiques mais nous sommes confiants, par l’export ting de l’activité pour Mersen. Le groupe compte tenu de notre gamme étendue Le marché français étant peu propice à constate que l’activité Échangeurs de d’échangeurs adaptés à de nombreuses des commandes d’envergure, le salut des chaleur s’est ralentie en Europe, avec un applications de la chimie organique ou fournisseurs d’échangeurs thermiques marché atone en France, et un business minérale », prévoit Laurent Trably.  Dinhill On passent par leurs contrats à l’étranger. en repli en Espagne et en Italie. En

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[ ÉCHANGEURS ]

Les principaux acteurs de l’échange thermique* Créé en 1948, ACM est un constructeur français d’appareils à pression, d’échangeurs de chaleur, ainsi que d’équipements chaudronnés complexes pour les marchés de la chimie, du pétrole, du nucléaire, de la santé et des industries de recherche. Outre la conception et la fabrication, ACM propose également des prestations de réparation, notamment dans les échangeurs. ACM est certifié ISO 9001 et ISO 3834. Il détient des qualifications avec les principaux acteurs du nucléaire (RCCM), de la chimie (Codap et ASME) et de la pharmacie (FDA).

Vincent Perrot, v.perrot@acm.fmcf.fr www.acm-acr.com

Actini Le Français Actini conçoit, construit et installe des équipements de traitement thermique en continu basés sur la technologie tubulaire. Ses principaux marchés d’application sont l’agroalimentaire et la biopharmacie. Actini emploie 80 personnes dont 20 en bureau d’étude. ●

ticulièrement des « condenseurs tête de colonne » qui s’installent directement sur la colonne à distiller. Ces appareils peuvent fonctionner de deux manières différentes : à reflux, ce qui limite la vitesse à l’intérieur du faisceau de plaques pour ne pas entraîner les gouttelettes dans la sortie des gaz inertes ou du vide, et à flux tombant pour une meilleure efficacité en raison d’une vitesse plus élevée. Ces appareils peuvent fonctionner avec un vide poussé et avec une perte de charges minimale. La construction se fait « sur mesure », suivant la spécification du client. Jean-François Le Maout, jean-francois.lemaout@barriquand.com www.barriquand.com

CIRC ● Le Français CICR se partage entre une activité de chaudronnier et de tuyauteur. Dans le domaine de l’échange thermique, il propose une prestation de constructions suivant des plans ou dimensionnée selon des fiches process.

www.cicr.fr

www.actini.com

Funke

Alfa Laval

● Alfa Laval est un groupe suédois qui fournit des équipements spécialisés et des solutions globales d’ingénierie en s’appuyant sur ses propres technologies. Dans l’échange thermique, la société propose différentes technologies, notamment des échangeurs à plaques, des échangeurs à air, des échangeurs spiralés et des échangeurs à surface raclée. Ces solutions s’adressent aux secteurs agroalimentaires, chimiques, pétrochimiques, pharmaceutiques, de traitement de l’amidon, du sucre et de l’éthanol. En France, Alfa laval compte une société commerciale, cinq sites de production et emploie environ 900 salariés.

Audrey Mabru, audrey.mabru@alfalaval.com www.alfalaval.com

Barriquand ● La société française Barriquand conçoit et réalise des échangeurs à plaques soudées Platulaire, et plus par-

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Depuis plus de trente ans, le groupe allemand développe, fabrique et commercialise des échangeurs tubulaires, à plaques et joints, à plaques brasées, aéromobile ou encore électrico-tubulaires. Ces différentes technologies, en accord avec les normes et standards en vigueur, couvrent l’ensemble des demandes et permettent de proposer aussi bien du sur-mesure, que du standard.

Thierry Ritzmann, ritzmann@funkeechangeurs.com www.funke.de

plus tard, la société est passée sous la coupe du Néerlandais Bloksma puis de l’Allemand GEA. Bruno Debauge, bruno.debauge@geagroup.com www.bloksmafryer.com

Mersen ● Le groupe français Mersen (ex Carbone Lorraine) conçoit et fabrique une large gamme d’échangeurs de chaleur, quels que soient les matériaux ou la technologie. La gamme de ses échangeurs comprend des échangeurs de chaleur à blocs de forme cylindrique ou cubique en graphite ou SiC, des échangeurs de chaleur à tubes de type Calandre & tubes, baïonnettes, serpentins en graphite, métaux ou métaux nobles, des échangeurs de chaleur à plaques de forme cylindrique ou cubique, plaques soudées ou jointes en métaux ou métaux nobles.

Sophie Bach, sophie.bach@mersen.com www.mersen.com

Quiri ● Depuis 1876, Quiri Échanges Thermiques est un des principaux fabricants français d’échangeurs multitubulaires et d’appareils à pression. Toutes ses activités sont basées à Schitigheim près de Strasbourg et couvrent une large gamme de produits dont des échangeurs multitubulaires, des échangeurs à gaz, des réchauffeurs électriques, des modules complets pour l’échange thermique ou « skids »…

Xavier Burgun, xavier.burgun@quiri.com www.quiri.com

SAG

GEA Bloksma-Fryer ● La gamme de produits de GEA Bloksma-Fryer comprend des échangeurs liquide/liquide, des condenseurs de vapeurs, des réfrigérants liquide/eau, des réchauffeurs de liquides, des réfrigérants d’air et gaz, des faisceaux tubulaires sur mesure et de la réparation d’échangeurs. GEA Bloksma-Fryer puise ses origines en France, avec l’exploitation de brevets de M. Fryer vers 1860. Plus d’un siècle

● La société belge fabrique des échangeurs de chaleur industriels (échangeurs tubulaires, aéroréfrigérants, échangeurs à plaques…). De l’ingénierie à la fabrication de matériel neuf, en passant par le reconditionnement, la construction de pièces de rechange, et l’assemblage d’équipements sur châssis, SAG propose une gamme complète de services et une étendue de produits adaptés aux exigences thermiques et aux cahiers des charges de ses clients.

David Laurent, sag.laurent@hotmail.fr www.sag.be

ACM

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516 ICM 52 ÉCHANGEURS BAT_focus 18/12/12 16:22 Page54

[ ÉCHANGEURS ] SGL Carbon

● Le groupe allemand SGL Carbon conçoit et fabrique des échangeurs thermiques en graphite pour des applications en milieu très corrosif. La société propose des échangeurs à faisceaux tubulaires, des échangeurs à blocs, ainsi que des échangeurs à plaques développés en partenariat avec le groupe Alfa Laval. En France, le groupe dispose d’installations à SaintMartin-d’Hères, depuis le rachat en 1995 de l’ex-division graphite de Vicarb.

www.sgltechnic.fr

S.I.S.E.

Thermoclean

Thermowave

Ce sous-traitant belge est spécialisé depuis plus de 20 ans dans le nettoyage de pièces de production issues des industries « plastiques et pétrolières » telles que : échangeurs de tous types… Son système breveté de fours à pyrolyse à taux d’oxygène contrôlé, de grandes dimensions (Lg 7600 x lg 2600 x h 2700, charge + de 20 t) permet de détruire sans altérer le support métallique, tout produit organique par « gazéification et hors flamme »: plastiques, hydrocarbures, en programmant une température adéquate, le tout réalisé dans le respect environnemental en vigueur par décret préfectoral.

● Le groupe allemand est un spécialiste d’échangeurs de chaleur à plaques et joints. Ces systèmes, qui sont proposés en version standard ou sur mesure, se caractérisent par leur grande flexibilité. À tout moment, les surfaces d’échanges peuvent être étendues ou diminuées en fonction de nouveaux besoins, préservant ainsi l’investissement initial. Plusieurs types de joints sont proposés, mais en cas d’utilisation de fluides trop corrosifs, Thermowave a développé une gamme à plaques soudées, qui assure une parfaite étanchéité.

Le Français offre une large gamme de thermorégulateurs (ex Parmilleux) pour les applications Eau et Huile, avec des puissances de chauffe s’échelonnant de 6 à 200 kW en standard pour des températures de 95 à 160 °C (Eau) et jusqu’à 350 °C (Huile). S.I.S.E. réalise également des skids sur spécifications client. La société est un des leaders mondiaux des applications Très Haute Température et Très Haute Pression de type TPC (Tube à passage de courant).

Pierre Vivet, pierre.vivet@thermoclean.com www.thermoclean.com

Philippe Monnet, pmonnet@sise.fr www.sise.fr

Michaël Knittel, michael.knittel@thermofin.de www.thermofin.de

TLV

Thermofin L’Allemand s’appuie sur une gamme d’échangeurs de chaleur ailetés. Ils sont essentiellement utilisés dans des lignes frigorifiques et climatiques dans le stockage et le traitement alimentaire dans des supermarchés, des installations frigorifiques et des centres logistiques.

www.quiri.com 46, route de Bischwiller 67304 SCHILTIGHEIM Cedex - France Tel : +33 3 90 20 04 56 Fax : +33 3 88 81 20 32

Georges Pichard, g.pichard@thermowave.de www.thermowave.de

● TLV est un groupe japonais spécialisé dans les produits et services liés à l’ingénierie de la vapeur. Dans le domaine de l’échange thermique, la société propose la gamme TLV PowerTrap qui contribue à éviter le blocage dans les échangeurs tubulaires lorsque la pression du process vapeur descend en-dessous de la contre-pression du système. Ces produits aident à obtenir une régulation stable de la température, à éviter les coups de bélier, et à réduire les frais d’entretien résultant de dégâts ou d’une corrosion des faisceaux tubulaires.

Ginevra Psaltopoulos, g.psaltopoulos@tlv-france.com www.tlv.com

Ziemann

QUIRI Echanges Thermiques Concepteur / Fabricant o o o o o o o o o o

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Echangeurs multitubulaires Liquéfacteurs Réchauffeurs / Refroidisseurs Vaporiseurs Réchauffeurs électriques Modules complets d'échanges thermiques ou "skids" Réservoirs Faisceaux / boîtes et composants de rechange Appareils à pression Batteries d’aéroréfrigérants

● Ziemann est un groupe chaudronnier allemand qui construit notamment des échangeurs de chaleur de haute performance. Il propose une technologie brevetée d’échangeurs à plaques soudées offrant une puissance maximum échangée avec une perte de charge minimale, le tout dans un encombrement réduit. La conception prévoit une inspection aisée ainsi qu’un nettoyage mécanique sur les deux fluides. Pour les process à hautes températures (jusqu’à 1 000 °C), Ziemann propose des échangeurs à plaques spécifiques et des colonnes de quench.

Dominique Martinez, dominique.martinez@ ziemann-france.com www.ziemann-France.com

* cette liste n’est pas exhaustive

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516 ICM 56 CARNET BAT_Carnet 18/12/12 16:30 Page56

Ron Nersesian Président et directeur des opérations ● Ron Nersesian, 53 ans, a été promu président et directeur des opérations d’Agilent Technologies. Il sera sous la responsabilité directe de William Sullivan, p-dg. Il occupait jusqu’alors le poste de vice-président et directeur des opérations du fournisseur d’équipements de laboratoire depuis novembre 2011. Il continuera à chapeauter les présidents des divisions dédiées aux analyses chimiques, aux sciences de la vie, aux mesures électroniques et au traitement des commandes. R. Nersesian a démarré sa carrière chez HewlettPackard en 1984. Puis, il a rejoint Agilent où il a occupé divers postes à responsabilité dont président de l’activité mesure électronique de 2009 à 2011. LANXESS

Wolfgang Heuchel

depuis juillet 2011. Il a rejoint Clariant début 2011, suite au rachat de SüdChemie pour lequel il travaillait depuis 2007 en tant que responsable de la business unit dédiée aux technologies catalytiques. Il a démarré sa carrière professionnelle chez BASF, où il a notamment occupé le poste de responsable de l’activité relative à la catalyse en AsiePacifique.

BAYER

Liam Condon

Président CropScience

● Liam Condon, 44 ans, a été élu président du Comité exécutif et du Conseil d’administration de Bayer CropScience, division du géant allemand Bayer. Cette nomination est effective depuis le 1er décembre 2012. Il succède à Sandra Peterson qui quittera le groupe le 30 novembre pour rejoindre la société pharmaceutique américaine Johnson & Johnson. Depuis janvier 2010, L. Condon occupait la fonction de directeur général de Bayer Vital (la division allemande de Bayer HealthCare) et de responsable de l’activité Bayer Pharma en Allemagne. Entre 2007 et 2010, il a aussi

© Bayer

AGILENT

NATUREX

Thierry Lambert été directeur général de Bayer HealthCare et Bayer Pharma en Chine. Fort d’une carrière de 20 ans dans l’industrie pharmaceutique, il a aussi exercé plusieurs postes à responsabilité au sein de Schering, qui a fusionné avec Bayer en 2006.

depuis le 1er juin 2008, le poste de responsable régional de la région Asie Pacifique pour l’activité résines échangeuses d’ions de Lanxess.

est une association regroupant les acteurs industriels aquitains des filières vertes.

BASF

Ralf Spettmann Vice-président Pigments & résines en Europe

Directeur de l’usine de la Madeleine

Président-directeur général

● Gilles Schaff, directeur du site de La Madeleine de Novacarb, situé à Laneuveville-devant-Nancy (Meurthe-et-Moselle), a passé le relais à François Borca, suite à son départ à la retraite. Gilles Schaff avait rejoint l’usine en 1977, à l’époque où elle appartenait au groupe Rhône-Poulenc. Il était en charge des questions de retraite, prévoyance et recrutement. Il a ensuite géré le service administratif, juridique et achats, avant de devenir directeur des ressources humaines et directeur administratif de Novacarb, puis directeur de l’usine. Avant de rejoindre Novacarb, son successeur François Borca a occupé différentes fonctions chez Viskase, de chef d’atelier extrusion à directeur d’usine. François Borca est diplômé de l’ENSIC de Nancy.

Pierre Calleja Président ● Pierre Calleja, fondateur et président de Fermentalg, a été nommé président d’Aquitaine Croissance Verte. Créée cet été, celle-ci

© Azelis

© Lanxess

56

AQUITAINE CROISSANCE VERTE

François Borca

Hans-Joachim Müller

● BASF a promu Ralf

● Wolfgang Heuchel, 57 ans, est directeur de Lanxess en Europe centrale et orientale depuis le 1er janvier 2013. Il est basé à Bratislava, en Slovaquie et succède à Flemming Bjørnslev, qui occupait cette fonction depuis janvier 2008. Ce dernier a été nommé directeur général de Lanxess aux États-Unis. W. Heuchel a démarré sa carrière en 1981 chez Bayer, dans des fonctions de ventes et marketing au sein de plusieurs divisions. Il a ensuite rejoint Lanxess en 2004 et occupe,

● Suite à la disparition de son président fondateur Jacques Dikansky, décédé le 30 septembre des suites d’une longue maladie, le Conseil d’administration de Naturex a approuvé la nomination de Thierry Lambert en tant que p-dg. Ce dernier assurait provisoirement la direction de la société depuis septembre. NOVACARB

AZELIS

Directeur Europe

Spettmann, 47 ans, en tant que vice-président senior de la business unit Pigments & résines en Europe. Avant cette nomination, il occupait la vice-présidence de l’activité Carburant et lubrifiant. Il succède à Jan-Peter Sander, qui est devenu responsable de l’activité Produits de soins en Europe.

Président-directeur général

● Hans-Joachim Müller est devenu p-dg du distributeur de produits chimiques Azelis, en remplacement de Joris Coppye. H-J Müller était jusqu’alors membre du Comité exécutif de Clariant, groupe qu’il a quitté fin juin. Il était responsable de la sécurité environnementale et des affaires sanitaires, de l’innovation ainsi que des business units Catalyse et énergie, Émulsions, Détergents et intermédiaires et Oil et mining services

N° 516 - Janvier 2013 INFO CHIMIE MAGAZINE


516 ICM 57 AGENDA BAT_Mise en page 1 18/12/12 16:32 Page57

Manifestations JANVIER 24 JANVIER, PARIS Les plastiques « bio », réalités et perspectives : colloque organisé par la société française des ingénieurs des plastiques et Plastics Europe www.sfip-plastic.org/ pdf_prog/SFIP_programme-77.pdf

31 JANVIER, PARIS Forum Horizon Chimie 2013 : forum annuel réunissant étudiants et industriels du secteur de la chimie www.horizon-chimie.fr

FÉVRIER 19-22 FÉVRIER, ANAHEIM, ÉTATS-UNIS Informex USA 2013 : événement réunissant les fournisseurs et utilisateurs de chimie à haute valeur ajoutée www.informex.com

26-28 FÉVRIER, SHANGHAI, CHINE CAC 2013 : salon chinois international de l’agrochimie et de la protection des cultures www.agrochemshow.com/qt/f

MARS 12-14 MARS, PARIS JEC Composites Show : salon mondial des composites www.jeccomposites.com/eve nts/jec-europe-2013

17-19 MARS, KARLSRUHE, ALLEMAGNE e

6 atelier sur l’utilisation des lipides et des huiles comme matière première renouvelable dans l’industrie chimique http://abiosus.org/kit-workshop-2013.html.en

19-22 MARS, PADOUE, ITALIE SEP Europe 2013 : salon international de la lutte contre la pollution et de la protection de l’environnement www.sepeurope.org/

20-22 MARS, PARIS International Rubber Conference 2013 : événement international fédérant l’ensemble de la filière caoutchoucs et polymères

Salon Sinal 2013 : rencontres professionnelles dédiées aux nouvelles valorisations des agroressources

30-31 MAI, PARIS

www.irc2013.com

20 MARS, HELSINKI, FINLANDE

www.forum-plasturgiecomposites.com

http://web.finnexpo.fi/Sites3 /ChemBio/en/Pages/default. aspx

27-28 MARS, LYON* PCH Meetings 2013 : 9e édition du rendez-vous d’affaires des industries pharmaceutique, chimique et pétrochimique

2-4 avril, Lyon Effets des solvants en synthèse et de milieu – Nouvelles alternatives en synthèse organique

www.sinal-exhibition.eu

Forum Plasturgie Composites 2013 : événement fédérant l’ensemble de la filière plasturgie et composites

Chembio Finland 2013 : salon des équipements de laboratoire, des biotechnologies, de l’industrie chimique

biologiques, biotiques…) : méthodes d’extraction en vue de l’analyse

28-29 MAI, CHALONS-ENCHAMPAGNE

22-24 mai, Lyon Introduction à la rhéologie des polymères – Polymères fondus et additifs polymères TECHNIQUES DE L’ I N G É N I E U R Tél : 01 53 35 20 25 formation@technig.com

Formations

12-13 mars, Paris Formation pour gérer ses déchets dangereux

M AT É R I O Tél : 01 40 41 51 15 info@materio.com

19-20 mars, Paris Formation : rédiger une FDS

5 février, Paris Nouveaux matériaux, tour d’horizon

27-28 mai, Paris Formation sur la physicochimie pour la prévention du risque chimique

19-20 mars, Paris Éco-matériaux : préjugés durables

www.pchmeetings.com

AVRIL 10-11 AVRIL, PARIS Salon de l’analyse industrielle 2013 : 26e édition du rendezvous annuel des professionnels de la mesure à l’émission et de la détection industrielle, de la règlementation, du contrôle de process, des risques industriels, de l’instrumentation et de la micro-analyse www.analyse-industrielle.fr/

C P E LYO N FORMATION CONTINUE Valérie Thoraval Tél : 04 72 32 50 60 Mail : contact@cpe-formation.fr

ICSI Tél : 04 78 42 30 94 Formation.continue@icsieu.org

22-25 janvier, Paris Législation des installations classées

25-29 mars, Lyon Génie chimique pratique – Hydraulique pratique : écoulement, transport et pompage des liquides

28-31 janvier, Toulouse Systèmes instrumentés en sécurité Quali-SIL, ingénieur en sécurité fonctionnelle suivant la norme IEC 61511

25-29 mars, Lyon Techniques de purification de matrices complexes (environnementales,

20 mars, Lyon Accroître votre culture sécurité : partage de bonnes pratiques

MAI

ue Chaqdi lun

13-16 MAI, PÉKIN, CHINE Achemasia 2013 : 9e exposition-congrès international du génie chimique et biotechnologique www.achemasia.com

INFO CHIMIE MAGAZINE N° 516 - Janvier 2013

RETROUVEZ

l’essentiel de la chimie et de la pharmacie 4

2

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Tél. : 01 77 92 97 99 57


516 ICM 58 index BAT_ 456_BASE_ACTU_BAT 18/12/12 16:45 Page58

Table des annonceurs PAGE

PAGE ABONNEMENT FORMULE VERTE . . .

3ème COUV

LECHLER. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

ABONNEMENT INFO CHIMIE . . . . . . .

24

MERSEN . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

53

ALFA LAVAL. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

55

PLANT BASED SUMMIT . . . . . . . . . . . .

2ème COUV

ARKEMA . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

4ème COUV

AVEVA . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

41

BÜRKERT . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

37

CELSIUS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

40

ELIT . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

39

45

PRODUITS NATURELS BIOSOURCES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

22

QUIRI . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

54

RED ON LINE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

9

THERMOCLEAN RHONE-ALPES . . . .

50

ZIEMANN FRANCE . . . . . . . . . . . . . . . . .

13

EXPO PERMANENTE . . . . . . . . . . . . . . .

5

FICHIER SPECIAL USINES . . . . . . . . . .

45

ENCARTS NON FOLIOTES

GEA BLOKSMA FLYER . . . . . . . . . . . . . .

47

CPE LYON FCR . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

KSB SAS. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

33

Pour joindre vos correspondants, composez le 01 77 92, suivi des quatres chiffres indiqués après chaque nom. Pour leurs adresser un e-mail, taper l’initiale du prénom, le nom puis @etai.fr (ex. : pdupont@etai.fr)

ENCART JETÉ

Index des entreprises citées dans les rubriques et articles de ce numéro

a

e f

ACM p. 52 Actini p. 52 Ademe p.32 Agence Internationale de l’Energie p. 30 Agilent p. 56 Air Liquide p. 18, 20, 33 Air Products p. 18 Alfa Laval p. 5, 52 Altana p. 22 Apec p.10 Arcelor Mittal p. 35 Archer Daniels Midland p. 28 Argos-Soditic p.7 Arkema p. 17, 20, 25, 35 Asco Numatics p. 49 Aspentech p. 36, 38 Aurelius p. 23 Axelera p. 11, 36, 38, 40 Axyntis p. 6 Azelis p. 56

EcoMundo p. 15 EDP Sciences p.10 Ellipso p.34 Emerson p. 43 Ensiacet p. 25 Evonik p. 18, 19, 21, 30 Faurecia p. 28 Fermentalg p. 27 Fike p. 44, 45 Fondation internationale de la Maison de la chimie p. 10 Foster Wheeler p. 42 Funke p. 52

b Barriquand p. 51, 52 BASF p. 19, 20, 22, 30, 56 Bayer p. 30, 44, 45, 56 Bioamber p. 28 Bunge p. 28 Bürkert p.48

c Carbios p. 26 CEA p. 26 Cefic p. 11 CGPME p. 6 CGT p. 20 ChemCor p. 22 Chryso p. 14 Ciech p. 19 CIRC p. 52 Clariant p. 21 CNRS p. 25, 29, 32 Coatex p. 20 Colas p. 25 CPE Lyon p. 30, 57

d Danisco p. 27 Dassault p.16 DCI-SCF p. 25 De Dietrich p. 42 Dechema p.30 Descote p. 48 Dow p. 16, 17, 42, 43 DSM p. 20, 23, 30 DuPont Danisco Cellulosic Ethanol p. 27 DuPont p. 27, 35

58

g h GEA Bloksma-Fryer p. 52 Gemü p. 48 GEP-AFTP p. 10 GEPEA p. 29 Global Bioenergies p. 27 Greenpeace p.14 Holis p.7

i j k ICMCB p.32 IFP Energies Nouvelles p. 30, 38, 40 Indorama p. 20 Innospec p. 16 Innoveox p.32 Inra p. 29 Institut Fraunhofer p. 30 Isochem p. 7, 14, 23 Israël Chemical p. 18 Kemira p. 21 KSB p. 46, 47, 49

l m LACCO p. 25 Lanxess p. 42, 56 LanzaTech p. 28, 30 Lentechgas p. 18 Lonza p. 22 LyondellBasell p. 16 3M p.7 Manoir Industries p. 43 Meca-Inox p. 48 Mersen p. 51, 52 Metabolic Explorer p. 26 Minafin p. 23 Minakem p. 23 Minasolve p. 23 Mitsubishi p. 28, 34 Mitsui p.7 Monument Chemical p. 22

n o p Nanomakers p. 26

Novacarb p. 56 Novasep p.7 Odfjell Terminals p. 42 Omnova Solutions p. 34 Oseo p. 7 Parker Hannifin p. 48, 49 Pennakem p. 23 Petronas p. 17, 28 Plastics Europe p.13, 14, 26 Polepharma p. 6 Potash Corp p. 18 PPM Chimirec p. 14 Pressure Chemical Company p. 23 Provence Technologies p.7 PTT Global Chemical p. 17, 28

q r s Quiri p. 52 Richter CT p. 49 Roquette p.13 Sabic p.34 SAG p. 52 Sanel Plastimarne p. 43 Saoudi Aramco p.42 Sasol p.17 Scob p.10 Seppic p. 20 SGL Carbon p. 54 Sibur p. 18, 19 Sicos-Biochimie p. 6 Siemens p. 38 SISE p. 54 SK Capital Partners p. 16 Sobegi p.32 Solazyme p. 28 Solvay p. 18, 36, 37 Solvionic p. 29 Soufflet p. 27 Synthos p. 27

t u Thermoclean p. 54 Thermofin p. 54 Thermowave p. 54 TK Advanced Battery p.16 TLV p. 54 TPC p. 16 UFCC p. 11 UIC p. 8, 10, 11, 14, 27 UIPP p. 12 Unipex p.7 Univar p. 43 Université Lille 1 p. 29 Université Pierre et Marie Curie p. 29

Magazine édité par ETAI Antony Parc II - 10, Place du Général de Gaulle BP 20156 - 92186 Antony Cedex Tél. : 01 77 92 92 92 Site internet : www.infochimie.com

Directeur de la publication : Christophe Czajka Directeur du pôle magazines spécialistes : Pierre-Dominique Lucas Rédactrice en chef : Sylvie Latieule (95 87) Secrétaire de rédaction : Ariane Boixière-Asseray (95 85) Rédaction : Aurélie Dureuil (95 81), Dinhill On (95 80), Julien Cottineau (95 86), Audrey Fréel (95 83) (Chimie Pharma Hebdo) Responsable Studio Magazine : Thierry Michel assisté de Christian Le Coz Premier rédacteur graphiste : Thierry Meunier Publicité : Sandrine Papin (directrice de publicité Pôle Industrie - 96 43) ; Eric Leuenberger (directeur - 96 37) assistés de Martine Szuba (assistante technique 96 44) Représentants : - Rhône-Alpes : Become, Eric Bechetoille, Tél./Fax : 04 72 00 04 14, Mobile : 06 80 68 44 00 - Allemagne / Suisse / Autriche : Axelle Chrismann Tél. +33 1 77 92 92 59 - Email : achrismann@infopro.fr Thomas Hugues Tel. : +33 1 77 92 95 36 - Email : thugues@infopro.fr - Italie : Piero Tomassi Tel. : +33 1 77 92 96 90 - Email : ptomassi@infopro.fr - USA : Trade Media International corp., 421 Seventh Avenue, New York, NY 10001-2002 USA, Tél. : (1.212) 564-3380 - Fax : (1.212) 594-3841 Marketing, diffusion, abonnements : Directeur : Jean-Baptiste Alline Diffusion et Marketing clients : Laurence Vassor lvassor@infopro.fr Promotion : Isabelle de Goüyon Matignon idegouyonmatignon@infopro.fr Pour s’abonner :  : www.infochimie.com  : abo@etai.fr  : 33(1) 77 92 99 14 - lundi au vendredi (9h à 12h 14h à 17h / 16h vendredi)  : 33(1) 77 92 98 15  : INFOPRO Communications (GISI - ETAI) Service Abonnements - Antony Parc II BP 20156 - 92186 Antony Cedex 1 an, France : 259 € ttc (dont TVA 2,10%) Etudiants, étranger : nous consulter Vente au n° : (anciens n°, annuaires)  : www.librairie-gisi.fr ,  : 33(1) 77 92 97 75 Dépôt légal : Janvier 2013 Commission paritaire n° 0217 T 78667 Achevé d’imprimer sur les presses de Corlet Imprimeur - ZI, route de Vire BP86 - 14110 Condé-sur-Noireau ISSN 1286-0921 SAS au capital de 47 111 184 euros Siret : 806 420 360 00117 APE : 5814Z

w z Wychem p. 23 Ziemann p. 54

N° 516 - Janvier 2013 INFO CHIMIE MAGAZINE


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Info Chimie n°516