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Christian Moley La recherche d’efficacité énergétique et de confort mais aussi le manque de terrains pour construire des logements incitent à procéder à la réhabilitation ou à la requalification, associée à des extensions, surélévations, etc. Dans ce type d’opérations lourdes, les enjeux architecturaux sont importants, bien que ce champ soit considéré, le plus souvent, comme peu propice à l’ambition créative. Cet ouvrage propose une réflexion théorique et pratique sur la place de l’architecture dans la requalification de l’habitat collectif en rassemblant une analyse détaillée d’environ 200 opérations parmi les plus marquantes. Centré principalement sur l’habitat des Trente Glorieuses (1946-1975), ce bilan critique : − explique les raisons historiques de l’absence de l’architecture lors des opérations de réhabilitation, l’évolution du contexte favorable à la requalification des logements ; − propose une étude comparative de réalisations aux qualités architecturales reconnues, classées par type et niveau d’interventions − de l’immeuble (logement, parties communes) aux abords immédiats (pieds d’immeubles, résidentialisation) jusqu’à l’aménagement urbain dans le cas d’extensions neuves ; − met en évidence des éléments de conception architecturale communs, lesquels permettent de définir les bases d’une théorisation de la prise en compte de l’architecture et d’offrir des outils opérationnels au regard des enjeux visés (agrandissement de logements, création d’annexes extérieures privatives, diversification de l’offre, mixité de l’habitat, etc.)

Christian Moley est architecte et professeur honoraire des Écoles nationales supérieures d’architecture (ENSA). En tant qu’enseignant-chercheur habilité à diriger des recherches et consultant auprès de différents organismes, il s’est consacré en priorité aux questions de l’habitat, en s’intéressant plus particulièrement aux évolutions historiques et tendances contemporaines de sa conception. Il a publié entre autres L’Innovation architecturale dans la production du logement social (Plan Construction, 1979), Les Structures de la maison (POF, 1984), L’Immeuble en formation (Mardaga, 1991), L’Architecture du logement (Anthropos-Économica, 1998), Regard sur l’immeuble privé (Le Moniteur, Architextes, 1999), Les Abords du chez-soi (Éditions de La Villette, 2006). Le Plan urbanisme construction architecture (Puca) est une agence interministérielle qui initie des programmes de recherche incitative, de recherche-action, d’expérimentation et apporte son soutien à l’innovation et à la valorisation dans les domaines de l’aménagement des territoires, de l’urbanisme, de l’habitat, de l’architecture et de la construction. Dans ce cadre, REHA, programme à vocation opérationnelle, soutient des opérations de réhabilitation lourde innovantes, dans une perspective environnementale, économique et sociale, et dans l’objectif d’impulser une nouvelle culture patrimoniale et urbaine.

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Photo de couverture : © Helmutvogler

Ce livre s’adresse principalement aux élus locaux, directeurs des services techniques des municipalités et des départements, services techniques des collectivités territoriales, maîtres d’ouvrage, maîtres d’œuvre (bureaux d’études, architectes, entrepreneurs et artisans) en quête de références concrètes et de points de comparaison en matière d’opérations de requalification de l’habitat collectif existant.

(Ré)concilier architecture et réhabilitation de l’habitat

Christian Moley

(Ré)concilier architecture et réhabilitation de l’habitat

(Ré)concilier architecture et réhabilitation de l’habitat Christian Moley

ISBN 978-2-281-14126-9

01/02/2017 16:21


SOMMAIRE Introduction..................................................................................................................................................................................... 7 Partie 1 – Architecture et réhabilitation............................................................................................................ 9 Chapitre 1 – Handicaps initiaux..................................................................................................................................... 11 Chapitre 2 – Des facteurs favorables à un attrait croissant................................................................. 19 Partie 2 – Études de cas.................................................................................................................................................... 29 Chapitre 3 – Angle adopté.................................................................................................................................................. 31 Chapitre 4 – Requalifier le logement........................................................................................................................ 37 Chapitre 5 – Différents concepts de façade....................................................................................................... 69 Chapitre 6 – Des parties moins communes pour l’immeuble..................................................... 109 Chapitre 7 – Pieds d’immeubles et abords..................................................................................................... 129 Chapitre 8 – Surélévation et densification...................................................................................................... 155 Chapitre 9 – Adjonctions, morphologie urbaine et mixité............................................................. 179 Partie 3 – Vue d’ensemble......................................................................................................................................... 229 Chapitre 10 – Le logement au second plan................................................................................................... 233 Chapitre 11 – Le primat de la façade.................................................................................................................... 239 Chapitre 12 – Concepts architecturaux majeurs de la requalification................................ 247 Chapitre 13 – Théorisation et projet...................................................................................................................... 253 Liste des opérations...........................................................................................................................................................263 Bibliographie............................................................................................................................................................................275 Table des matières...............................................................................................................................................................277


Partie 2

Études de cas

Alternatives à une peau uniforme Dans tous les exemples précédents, la façade-peau en parement brique ou en bardage bois a été traitée sur un mode uniforme, en privilégiant son unité. D’autres codes esthétiques et références peuvent être adoptés par les architectes, notamment pour les immeubles de très grande taille où le choix de l’uniformité pour l’ITE se voit alors souvent rejeté. Le concept d’« animation  » est fréquemment mis en avant par les architectes, en ne relevant que de l’effet visuel. Pour d’autres, l’idée d’une façade animée est à prendre davantage au pied de la lettre, lorsqu’ils la lient à l’expression des jeux de fermerture/ ouverture de volets, qui traduirait la vie à l’intérieur de l’immeuble. Comme le dit l’un des architectes à propos d’une réalisation sur ce principe : « Les volets apportent de la vie graphique »(27). Dans une réhabilitation comparable menée par l’OPHLM de Montreuil en isolation BBC-rénovation, les architectes de Canale 3 ont proposé une protection des loggias existantes en façade sud par des volets coulissants et repliables en aluminium laqué, comme les panneaux de vêture dont ils intègrent le nu. Le jeu de couleurs des volets et panneaux contribuent à cette impression de peau vivante. Il faut souligner que les habitants ont fait évoluer le premier projet, qui privilégiait des saillies de balcons, en demandant des loggias renfoncées et protégées, par crainte des dégats des pigeons qu’ils subissaient auparavant. Résidentialisation et réhabilitation de 259 logements, site Théophile-Sueur, Montreuil (93), OPHLM de la ville, Canale 3 arch., livraison 2014. Photos © Canale 3.

L’opération suivante constitue ainsi une sorte d’hybride visuel entre bardage et écailles, réalisé en lames d’aluminium laqué de différents gris. Une telle volonté d’originalité esthétique(28), si elle se comprend dans l’idée d’atténuer l’impression de gigantisme, peut sembler de l’ordre d’un fardage quelque peu dérisoire face aux enjeux sociaux de la réhabilitation d’une barre de cette taille. Mais ce genre de critique pourrait être attribué à bien d’autres réhabilitations thermiques.

(27) Réhabilitation d’une barre de 251 logements et construction en attique de 8 logements, Fresnes (92), rue Auguste Daix, SA Toit et Joie, RVA arch., 2014-2015. (28) Elle est moins développée par ces mêmes architectes à Tremblay-en-France, où ils ont, également en 2013, utilisé cette technique et ces matériaux de façon plus conventionnelle, pour la réhabilitation de 478 logements de OSICA.

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Différents concepts de façade

Réhabilitation de la barre Tchécoslovaquie (176 logements), quartier Malakoff, Nantes (44), Nantes Habitat, Nomade arch., 2013. Photos © Luc Boegly.

Cet exemple, au même titre que d’autres qui pourraient être cités, semble également traduire un choix architectural qui refuserait l’expression d’une simple peau, lisse, uniforme et continue, c’est-à-dire le principe technique même de l’ITE comme enveloppe sans joints ni ponts thermiques. Bien des architectes lui préférent les façades constituées d’éléments composés selon un strict calepinage et/ou un effet de relief. Cette exigence de l’ordre de l’esthétique architecturale suppose quelques artifices par rapport à la logique habituelle de mise en œuvre de l’isolation thermique. Parmi ces derniers, on note l’emploi de plusieurs ITE pour un même immeuble, lorsqu’il est de grande taille et que l’architecte cherche à varier sa façade trop uniforme par une composition de matières contrastées, assez souvent en suivant plus ou moins une tripartition entre le bas et le haut de l’immeuble. Le mélange d’isolants d’aspect extérieur différent peut avoir des conséquences techniques, par exemple le recours à deux couches d’isolant au lieu d’une, comme le montre l’exemple ci-après. Pour ces immeubles locatifs sociaux très massifs, les architectes ont choisi d’utiliser en couronnement des parties de « panneaux à effet joint debout », c’est-à-dire avec ajout de bandes métalliques à leurs jonctions. On comprend l’intérêt esthétique de ces joints saillants (impression d’épaisseur, ombres et « vibration » à la lumière, rythme vertical et contraste du lisse et du côtelé pour « animer » la façade). En outre, le matériau fait penser à une couverture traditionnelle en zinc. Mais ces panneaux de grande longueur sont en aluminium laqué, comprennent un isolant et sont livrés déjà coupés et prêts à poser aux dimensions définies par le calepinage. Cependant, de tels panneaux ne peuvent avoir une épaisseur suffisante d’isolation eu égard aux normes actuelles et doivent recouvrir une première enveloppe thermique. On a donc une ITE en deux couches sur certaines parties, tandis que d’autres n’en ont qu’une.

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Partie 2

Études de cas

Réhabilitation énergétique des bâtiments H, J, K et L (178 logements), Le Beau Marais, secteur ANRU Gauguin-Matisse, Calais (62), OPH de Calais, IODA arch. (conception des façades), 2013-2015. Photo © Myral.

Dans une opération d’échelle urbaine, le matériau utilisé en soubassement des immeubles (généralement le plus tactile et le plus à caractère domestique, comme la brique de parement) peut venir recouvrir en totalité des typologies plus ponctuelles en situation privilégiée dans la constitution d’un îlot. Réhabilitation et résidentialisation des résidences Cours Toujours (42 logements) et Arcades (104 logements), Chanteloup-les-Vignes (78), OPIEVOY, AIP-3A arch., 2010-2014. © AIP.

Marquage de l’entrée dans l’îlot

Cet exemple montre que le parement de façade n’est pas qu’une question de protection et d’image d’un bâtiment considéré seul, mais qu’il peut aussi contribuer aux qualités de l’aménagement urbain lorsque l’opération porte sur plusieurs bâtiments à la fois. C’est ce qui a été revendiqué explicitement pour une opération de grande taille à Montpellier. Les 536 logements de la Cité Lemasson dans des barres à R+5 dues à Michel Andrault et Pierre Parat (1965) ont fait l’objet de plusieurs tranches de réhabilitation. Dès la première, l’architecte déclare traiter l’isolation des façades avec des « volumes-matières », « matiérage en fonction [du] contexte spécifique : angle, entrée de quartier, attique, socle ». On retouve là des principes de composition verticale et de bornage de l’immeuble, appliqués pour partie et combinés avec un fractionnement plus libre du linéaire. Le bardage du bout, plus élevé, renvoie à celui de l’immeuble d’en face pour signifier une porte de quartier. L’ensemble présente une écriture hybride mêlant références académiques et rupture de celles-ci.

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Différents concepts de façade

1re tranche de réhabilitation, 125 logements, Montpellier (34), Cité Lemasson, OPH de la ville, Nicolas Lebunetel avec Oliver Seidel arch., 2002-2009. Photos © Benoît Wehrlé.

Dans le même ensemble, mais avec d’autres acteurs, on retouve ce genre d’architecture urbaine, avec un peu moins d’hybridation stylistique que précédemment. Une tête d’immeuble plus haute et d’une écriture plus travaillée finit une longue barre dont la scansion par la couleur vise à mieux identifier ses entrées. Le rouge, simple ponctuation à l’angle du pignon, est repris, sur une plus grande surface sans volumétrie terminale particulière, à l’autre bout de l’immeuble qui est ainsi borné et rééquilibré. Réhabilitation de 80 logements, Résidence Lemasson, Montpellier (34), ACM Habitat, Imagine Architecture, 2014. Photo © Marie-Caroline Lucat.

On peut donc retenir que les longues barres, à façade plane sur rue juste isolée sans ajout de balcons, se prêtent à une diversification de l’ITE par fragmentation visuelle, composéee selon les cas et les architectes avec plus ou moins de liberté vis-à-vis des codes classiques et des travées distributives. Pour les plus longues barres sur lesquelles aucun tronçonnement par démolition partielle n’est opéré, une composition d’ensemble ordonnée pourrait difficilement être perçue. D’où la tentation de certains, exemple ciaprès, de « profiter de la rénovation énergétique du bâtiment pour changer l’image de la façade par sa recomposition architecturale », soit en réalité un morcellement. En perception lointaine, il permet par ses couleurs et leur contraste d’établir des connivences avec les teintes et les maisons en pierre à l’entour. En perception proche, seules les cages d’escalier sont exprimées dans leur intégralité, sans coupure visuelle de leur verticalité, ce qui aide à leur repérage. Signalons qu’à l’origine, cet immeuble était entièrement en enduit blanc, purisme ou indigence ignorant nos actuelles préoccupations paysagères.

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Études de cas

Il faut remarquer que la thématique de la transition graduelle, de la voie jusqu’à l’intérieur du hall de l’immeuble, peut apparaître en contradiction avec la résidentialisation généralement prévue, avec l’objectif d’une nette séparation entre le public et le privé, du point de vue tant de la clarification domaniale et gestionnaire que du souci sécuritaire. Une telle démarcation implique la plupart du temps une clôture, qui, si elle n’empêche pas de ménager une transition visuelle, n’en est pas moins antinomique avec l’idée de libre passage. En revanche, si la résidentialisation est juste proposée comme une indication de limite, sans grille de fermeture, elle peut jouer sur des emmarchements, des haies ou murets bas, ou encore des plates-bandes pour, d’une part, créer une séquence d’accès faisant progressivement changer d’échelle et passer du végétal au minéral, et, d’autre part, ne pas établir de barrière entre les résidents et leurs voisins de quartier. Ce genre de résidentialisation refusant le recours aux grilles de clôture se rencontre dans des grands ensembles sans difficultés sociales majeures, et ce plus en province qu’en région parisienne. Nous en verrons des exemples. Mais notons déjà que la question des prolongements résidentiels est traitée, selon les opérations, juste au pied des immeubles ou plus largement sur l’ensemble de leurs abords.

Signaler et équiper les entrées La possibilité de repérer les entrées des barres et d’y accéder aisément est l’un des objectifs les plus fréquents dans la requalification des ensembles. La grande taille et l’uniformité des longues barres ne facilitent pas pour chacun le repérage de loin de sa propre entrée, difficulté accrue pour les visiteurs ou le facteur et ramenée déjà au minimum à une question d’adressage manquant ou inopérant. Créer ou rendre visibles les numéros des montées, en les hypertrophiant et en jouant sur des couleurs vives, relève peu de prime abord de la conception architecturale, mais plutôt de la signalétique. Quelques réalisations en témoignent néanmoins. L’une des façons efficaces de faciliter la perception des numéros est de les apposer sur des saillies de mur en prolongement des entrées, encore mieux indiquées par une couleur vive se détachant d’un socle gris foncé. Avec ce dispositif permettant une vue de profil, il n’est pas nécessaire d’attendre d’être en face d’une entrée pour en identifier l’adresse. On notera par ailleurs sur l’exemple donné qu’il s’agit d’une barre courte, à deux entrées seulement, et isolée dans une rue d’un quartier périurbain. La question n’était donc pas ici celle du repérage au sein d’un vaste ensemble, mais de l’identification d’un habitat social voulant paraître comme une résidence, avec une vraie adresse comme pour les immeubles et pavillons voisins de la rue où il est inséré. Dans cette idée d’insertion, une certaine discrétion d’aspect a été aussi recherchée avec des parois marquant les entrées de même couleur que le gazon et des numéros du même gris que le soubassement. Réhabilitation de la résidence Jacques Duclos, 40 logements, Valenciennes-Métropole (59), opération ANRU de Beuvrages, SA du Hainaut, Philippe Zuindeau arch. 2011-2013. Photo © Philippe Zuindeau.

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Pieds d’immeubles et abords

La question des rampes Dans l’opération que nous venons de voir, le terrain en pente a nécessité, dès l’origine, des marches d’accès aux entrées côté rue, sans permettre de créer aujourd’hui des rampes pour les personnes à mobilité réduite (PMR). Cela a été possible dans l’exemple suivant où la dénivellation était plus faible. L’une des rampes, en plusieurs segments, vient s’appuyer contre un bureau du bailleur ajouté avant d’aboutir à l’entrée de l’immeuble. Elle sert aussi pour partie de palier d’arrivée aux marches extérieures. Réhabilitation et résidentialisation de 223 logements, résidence Les Hauts de Gien, quartier des Montoires, Gien (45), OPAC du Loiret, Virtuel Architecture, Praxys paysagiste, 2008-2012. Photo © Virtuel Architecture.

Mais la plupart du temps, les marches d’accès à l’immeuble sont dues, non pas à un talutage, mais à un vide sanitaire ou à des caves un peu exhaussées pour leur ventilation et éclairage. Elles n’étaient pas complétées à l’origine par des rampes pour PMR, puisque cette norme n’existait pas encore. Leur adjonction dans les requalifications constitue pour l’architecte, comme on vient de le voir sur un premier exemple, un exercice de création plus ou moins aisé, eu égard à leur pente au maximum de 5 % et donc à leur linéaire conséquent. Les architectes optent le plus souvent pour une disposition des rampes en deux volées. Pour les barres bordées par une voie, elle a l’avantage de tenir à l’écart les rez-de-chaussée de la circulation piétonne ou motorisée et de diminuer le linéaire longeant la façade, puisqu’il ne pourrait pas tenir autrement entre deux entrées. La largeur de ces deux volées peut en outre correspondre aux emmarchements, comme on le voit ci-après. Breil-Malville, Le Méliès, Nantes (44), Nantes Habitat, J.-F. Enet arch., 2011. Photo © Samarch.

L’architecte a voulu ici atténuer l’impact visuel de cette double épaisseur de rampes avec la légèreté et transparence très relative de garde-corps à barreaudage métallique. L’effet inverse peut être recherché lorsque ces derniers sont remplacés par des murets affirmant nettement une idée de socle.

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Études de cas

Requalification de la Caserne des Douanes (Serge Ménil arch., 1969), 24 logements dont 6 rendus accessibles aux PMR, Jeumont (59), Promocil, Atelier Charles Renard arch., livraison 2014. Opération REHA-Puca. Photos © ACR et Virginie Thomas.

En raison de caves surélevées et éclairées naturellement, les trois entrées de cet immeuble comportaient chacune à l’origine six marches abritées par un porche incorporé entre deux refends porteurs. Ces emmarchements ont été extraits du bâtiment, tout le long duquel une circulation PMR a été réalisée ; plaquée contre elle, une rampe permet d’y accéder en son centre. Ainsi, six logements PMR ont pu être créés à un niveau qui est devenu un véritable rez-de-chaussée. La circulation extérieure surélevée, sorte de quai, la rampe et les trois emmarchements extraits ont pour rambardes deux murets parallèles en baïonnette et revêtus de briquettes noires, à l’instar du premier niveau de l’immeuble. Il en résulte, avec l’apport de plantes, un véritable socle donnant une assise au bâtiment et formant un espace-tampon avec la voie. On pourrait dire que, fait jugé plutôt rare, une réglementation, en l’occurrence celle relative aux PMR, a eu un effet stimulant pour l’architecture, en amenant la conception à développer une thématique d’ancrage au sol et de parcours graduel de la rue aux logements.

Signalement par une double hauteur Quant à l’opération suivante, elle comporte un immeuble ponctuel, typologie qui n’entraîne pas, contrairement aux longues barres, ce problème d’identification, à distance, des entrées en suite répétitive. Cependant, une tour carrée à quatre façades identiques pose aussi un problème de repérage de son entrée. Cette petite tour marque l’accès à un îlot entrouvert formé par un continuum d’immeubles linéaires et bénéficie d’une position privilégiée justifiant de la traiter comme un signal. Contribue à ce rôle l’adjonction de 19 oriels ainsi nommés, chacun de 7 m² de surface habitable, préfabriqués(5) et de couleur jaune-vert vif. Comme ces oriels ne sont pas systématisés à tous les logements, l’architecte a choisi de les disposer en colonnes interrompues, en particulier au droit de l’entrée, ainsi indiquée de loin et abritée par le surplomb de l’oriel situé à R+2. Sous ce dernier, la reprise de sa couleur en façade souligne la double hauteur du porche d’accès rendu compatible avec l’échelle de l’immeuble. Les deux piliers de la structure métallique produisent un effet d’encadrement de l’entrée, alors que l’arrivée par emmarchement et rampe est latérale du fait de la longueur nécessaire à cette dernière qui est à une seule volée. Le dispositif proposé tient donc plus d’un marquage symbolique d’une porte que de l’aménagement d’une véritable séquence d’accès. On notera enfin que la façade d’entrée n’est pas la seule à présenter ce jeu d’empilement fragmenté en oriels, ce qui relativise son rôle de signalement de l’accès.

(5) Sauf les parquets et plaques de plâtre à poser sur le chantier. En termes de satisfaction, les habitants n’évoquent pas cette dite « pièce en plus », ni l’abri qu’elle crée pour l’entrée de l’immeuble, mais disent surtout apprécier la double porte du hall et sa caméra de surveillance, qui auraient permis selon eux de mettre un terme au trafic de drogue dans les caves. D’après L’Union, 17 novembre 2014.

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Pieds d’immeubles et abords

Réhabilitation d’un immeuble de 44 logements, quartier des Châtillons, Reims (51), Plurial-Novilia, A. Motto arch., 2009-2013. Photos © Alain Motto.

La double hauteur comme mode de repérage des entrées peut être obtenue, non pas par un encorbellement ménageant et abritant un tel vide, mais par le traitement particulier de balcons à l’aplomb au premier étage, avec des allèges pleines et un bandeau repris par un cadre, qui rappelle une grande porte grâce à ses jambages. Ce motif n’est pas isolé, puisque son parement en briques noires est repris par le traitement du soubassement. Dès lors, c’est également la légère saillie de ces porches d’entrée qui permet d’identifier aisément, de loin, les différents accès. Réhabilitation de 189 logements locatifs sociaux, Mantes-la-Jolie (78), Opievoy, Tecnova Architecture, 2012. Photo © Tecnova Architecture.

Faire saillir les halls et leurs annexes Le repérage des accès peut être aussi combiné avec l’adjonction de volumes saillants à rez-de-chaussée, qu’il s’agisse du hall étendu vers l’extérieur ou des locaux annexes (poussettes et vélos, poubelles éventuellement) qui sont liés à l’entrée dans l’immeuble. À l’analyse des exemples recensés, deux façons d’adjoindre ces annexes sont apparues, avec chacune ses avantages : soit accoler des sas d’entrée directement à l’immeuble, soit détacher nettement de la façade un local, de façon à laisser un espace extérieur en intervalle. Dans le premier cas, le principe de la saillie indique une volonté de prolongement du hall et d’ouverture vers l’extérieur. Il n’y a pas de résidentialisation du pied d’immeuble par des limites réelles, mais plutôt symboliques. L’arrivant a l’impression d’une séquence graduelle d’accès, juste matérialisée par un mince auvent et un bac à fleur. Ce dernier, dans l’exemple ci-après, ne sert pas à rendre le rez-de-chaussée plus intime comme c’est souvent le cas, puisqu’il ne comporte pas de logements. Ici, il s’agit plutôt de masquer par de la végétation un mur quasiment aveugle, du fait des caves non en sous-sol, et déjà peint en noir pour diminuer sa présence en donnant l’impression d’un vide.

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Partie 2

Études de cas

figure symétrique que forment les bâtiments construits de 1853 à 1856 par Jacques Hittorf pour la Fondation Eugène Napoléon et aujourd’hui classés à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques (ISMH). Le foyer, désormais plus aux normes et désaffecté, a vu transformer ses chambres initiales en studettes plus grandes, entre 16 et 21 m², ce qui a nécessité de déplacer le couloir central pour créer celles à l’est. Du côté ouest, l’ancienne façade non porteuse a été cassée pour étendre les logements, sur environ 5 m balcon compris, et les diversifier, en sortant de sa linéarité et de la trame répétitive de 2,50 m, par décalage en baïonnette des parties de mur ajoutées. Comme agrandir les chambres en aurait diminué le nombre, ce que ne voulait pas le bailleur, une extension latérale de l’immeuble s’imposait, en restant à R+9. Mais cette hauteur ne pouvait, selon le PLU, s’appliquer uniformément et a dû être diminuée de deux étages dans l’angle sur rue ainsi que d’un sur l’arrière, partie qui s’abaisse ensuite à R+2 en fonction des locaux à créer. À cette formation du volume d’ensemble s’ajoute la demande de l’ABF qui voulait une reprise de l’axe de la symétrie générale mise en place par Hittorf. Elle n’a pu être appliquée qu’à la position et forme données à la salle polyvalente greffée à rez-de-chaussée sur le parc, que les paysagistes ont redessiné un peu plus librement par rapport à cet axe. Le plot existant et ses deux appendices neufs nettement plus bas auraient eu du mal à former un tout visuellement cohérent. L’architecte les a alors englobés dans un même volume unificateur, qui est d’abord sculpté : la façade sur parc de l’ancien foyer a perdu sa platitude au profit d’une ligne légèrement brisée, pour contribuer à varier les studettes et pour amorcer un mouvement général continu liant indistinctement, par son jeu de plis, l’existant et le créé. Ce nouveau volume d’ensemble est ensuite doublé d’une enveloppe  :  une première peau, dans le plan des ouvrants, reçoit l’ITE  ; une seconde peau, dont le pliage ne coïncide pas tout à fait avec le premier, est décollée de la façade interne constituant le clos, de façon à ménager et refermer des balcons-galeries communs. Leurs claustras, de même que les extensions de plancher et de mur, ont été choisis en métal pour des raisons de filière sèche et de flexibilité. Pour la façade, c’est la tôle d’aluminium anodisé qui a servi à fabriquer des cassettes montées sur des rails. Elles tamisent la lumière à la place de stores. Pour bien affirmer son détachement, aux deux sens du terme, par rapport à l’expression des parties anciennes et neuves ainsi que de leurs fonctions, l’enveloppe extérieure présente différentes formes de percement sans correspondance avec celles des ouvrants au second plan en outre varié dans ses couleurs. De plus, elle se prolonge par retournement en sous-face de plafond d’espaces collectifs et dans le mur de clôture sur rue, interrompu par des « fenêtres » sur le parc, à la demande du PLU. Restructuration et extension d’un foyer en résidence de 141 studettes, résidence de jeunes travailleurs « Denis Diderot », Paris 12, RIVP/ALJT, Suzel Brout arch., Agence Nevex-Rouyer paysagistes, 2009-2011. Nommée à l’Equerre d’Argent 2011. Photos © Hervé Abbadie.

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Adjonctions, morphologie urbaine et mixité

Abouter les barres en pignon Si elles ont pu être rencontrées en tissu urbain à partir de deux parcelles contigües, l’une déjà bâtie et l’autre non, les adjonctions latérales ne sont pratiquement le fait que des ensembles sociaux des périphéries quand elles concernent des immeubles-barres. Les additions en pignon de ceux-ci ont commencé dans les années 1980, notamment dans les arrondissements parisiens comportant d’importantes opérations d’habitat social. La longueur et l’orthogonalité des barres au chemin de grue, non adaptées aux tissus faubouriens, ont engendré des vides résiduels entre elles ou avec les voies, que de petits immeubles peuvent combler pour optimiser l’occupation foncière et requalifier la morphologie des rues ou leur carrefour. Parfois même, des barres courbes pouvaient encore compliquer une insertion dans une dent creuse alors peu habituelle. Un cas plus courant était celui du pignon ne pouvant entrer dans l’angle aigu de deux rues. Sur cet exemple, la construction du bâtiment adjoint, totalement indépendant, n’a pas été programmée en même temps que des travaux de réhabilitation qui auraient pu être effectués sur l’immeuble contigu. Leur éventuelle coordination architecturale n’a donc pas pu être envisagée, d’autant qu’à cette époque, la question de l’ITE, qui prédispose à la réflexion sur l’harmonie mutuelle des façades, n’était pas à l’ordre du jour.

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Chapitre 9


Partie 2

Études de cas

Dans une logique d’expression « vériste » et à condition qu’elle ne risque pas de passer pour ségrégative, cette différence entre le réhabilité et le neuf accolé peut être rendue lisible, surtout qu’elle l’est déjà généralement, de par leur écart de taille dû au plus petit nombre de logements de la nouvelle tranche. Dans l’exemple suivant, le décalage des hauteurs provient aussi à la pente du terrain. Le pignon d’appui n’est pas celui de la barre à l’origine, mais résulte, plus en amont, de la démolition de deux cages d’escalier. Réhabilitation de 62 logements avec restructuration de ceux du bas, démolition de deux cages d’escalier (30 logements) pour construction de 13 logements, immeuble Callot B1, ZAC du Vallon des Dervallières, Nantes (44), Nantes Habitat, Jacques Boucheton arch., 2010-2013. © Jacques Boucheton ; photos © Stéphane Chalmeau.

Le volume ajouté, plus bas et sans pignon puisqu’il a trois façades, apparaît sous une échelle plus domestique, qui justifierait alors aussi l’habituelle vêture bois, convenant également bien dans cet environnement arboré. Cette démarcation dans le traitement de façade de ce qui reste un même immeuble, prolongé selon sa linéarité initiale, n’est certes pas à prendre comme l’expression volontaire d’une distinction entre les habitants, ceux de la partie existante et ceux de la partie neuve, mais comme un choix esthétique et technico-économique. Le risque d’une telle perception sociale existe cependant, les balcons filants avec garde-corps en verre le renforçant, puisqu’ils caractérisent encore souvent le bel immeuble en promotion privée. Ces balcons ont cependant été repris pour deux niveaux de la barre existante, pour atténuer l’effet de rupture entre les deux corps de bâtiments. Ils contribuent aussi, associés à l’ossature métal en avant de la partie neuve, à rendre la vêture bois moins visible, donc à unifier l’ensemble des deux tranches. Mais cette unification a été bien plus recherchée sur l’autre façade. Rappelons que la barre, implantée dans la ligne de plus grande pente, a son accès général par le pignon amont, un couloir central desservant toutes les cages d’escalier. Les logements sous le

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TABLE DES MATIÈRES Sommaire........................................................................................................................................................................................... 5 Introduction..................................................................................................................................................................................... 7 Partie 1 – Architecture et réhabilitation............................................................................................................ 9 Chapitre 1 – Handicaps initiaux.................................................................................................................................. 11 Absence de la réhabilitation dans l’histoire de la théorie architecturale....................... 13 Un savoir ni explicité, ni capitalisé........................................................................................................................ 13 De l’auto-réhabilitation à la réhabilitation incitée................................................................................ 14 Un domaine méconnu ou mal perçu................................................................................................................. 16 Une terminologie complexe et confuse....................................................................................................... 16 Une représentation plurielle.................................................................................................................................... 17 Chapitre 2 – Des facteurs favorables à un attrait croissant........................................................... 19 De la réhabilitation à la requalification............................................................................................................. 21 Du bâtiment au quartier................................................................................................................................................. 21 Des changements de regard sur l’habitat existant............................................................................... 22 Typologies et notions de patrimoine............................................................................................................... 23 Des conceptions actuelles variées...................................................................................................................... 24 Nouveaux marchés et spécialisations................................................................................................................ 25 Partie 2 – Études de cas..................................................................................................................................................... 29 Chapitre 3 – Angle adopté................................................................................................................................................ 31 Un état des lieux exploratoire.................................................................................................................................... 33 Des réhabilitations lourdes et des opérations associant l’existant et le neuf......................................................................................................................................................................................... 33 Une approche thématique........................................................................................................................................... 34 Des références pour le projet..................................................................................................................................... 35 Chapitre 4 – Requalifier le logement..................................................................................................................... 37 Lumière, espace et intérieur/extérieur.............................................................................................................. 39 Apport de lumière............................................................................................................................................................. 40 Spatialité..................................................................................................................................................................................... 40 Articulation dedans/dehors...................................................................................................................................... 41 Une volonté d’espace pour les petits logements en immeuble faubourien..................................................................................................................................................................................... 42 Barres minces et barres épaisses en logement social........................................................................ 46

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(Ré)concilier architecture et réhabilitation de l’habitat

Réadaptation interne des surfaces....................................................................................................................... 48 Extension limitée aux logements en pignon ............................................................................................ 51 Contrer la répétitivité des trames constructives..................................................................................... 52 Adjonctions ponctuelles en façades................................................................................................................... 55 Extension en bande continue.................................................................................................................................... 64 Chapitre 5 – Différents concepts de façade................................................................................................... 69 Façade épaisse.......................................................................................................................................................................... 71 Piles et plugs................................................................................................................................................................................ 77 Quelques prémices.......................................................................................................................................................... 77 Des piles plus ou moins diversifiées.................................................................................................................. 79 Des plugs réels ou apparents................................................................................................................................... 81 Façade-gaine.............................................................................................................................................................................. 84 Façade-peau................................................................................................................................................................................ 88 Bardage brique..................................................................................................................................................................... 88 Parement bois....................................................................................................................................................................... 90 Alternatives à une peau uniforme....................................................................................................................... 92 Façades patrimoniales et isolation thermique.......................................................................................... 96 Différencier les façades avant et arrière........................................................................................................... 98 Qualifier les pignons et borner les barres.................................................................................................. 100 Quelques exemples moins habituels........................................................................................................... 100 Création d’ouvertures................................................................................................................................................. 102 Chapeauter, coiffer, couronner............................................................................................................................. 104 Des différences selon les barres........................................................................................................................ 104 Une silhouette pour les tours.............................................................................................................................. 105 Incidence des panneaux solaires..................................................................................................................... 107 Chapitre 6 – Des parties moins communes pour l’immeuble................................................ 109 Éclairer les circulations.................................................................................................................................................. 111 Extraire les escaliers......................................................................................................................................................... 112 Supprimer, maintenir ou créer des coursives ?..................................................................................... 116 Logiques d’un dispositif aux origines multiples................................................................................. 116 Quel destin en réhabilitation ?........................................................................................................................... 117 Des cas de maintien.................................................................................................................................................... 118 Garder les coursives courtes et fractionner les longues.............................................................. 120 Programmes et situations propices............................................................................................................... 121 Enjeux paradoxaux des halls d’entrée........................................................................................................... 126

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Table des matières

Chapitre 7 – Pieds d’immeubles et abords.................................................................................................. 129 Deux cultures architecturales opposées..................................................................................................... 131 Signaler et équiper les entrées............................................................................................................................. 134 La question des rampes........................................................................................................................................... 135 Signalement par une double hauteur......................................................................................................... 136 Faire saillir les halls et leurs annexes............................................................................................................... 137 Conjuguer transition et résidentialisation en pied d’immeuble........................................................................................................................................................ 141 Coordonner et structurer les prolongements de l’habitat........................................................ 145 Le stationnement........................................................................................................................................................... 145 Les abris de jardin.......................................................................................................................................................... 148 Révéler les îlots..................................................................................................................................................................... 151 Chapitre 8 – Surélévation et densification.................................................................................................. 155 Raisons foncières et économiques................................................................................................................... 157 Enjeux techniques et esthétiques..................................................................................................................... 158 Continuité/rupture de la façade et nombre d’étages ajoutés............................................... 162 Adjonction d’un seul étage................................................................................................................................... 162 Deux niveaux supplémentaires......................................................................................................................... 164 Exhaussement important....................................................................................................................................... 166 Atténuer une différence de hauteur entre deux bâtiments.................................................... 167 Des surélévations comme espace collectif et technique de l’immeuble........................................................................................................................................................................ 170 Diversifier le haut des barres.................................................................................................................................. 171 Redans...................................................................................................................................................................................... 172 Maisons de toit................................................................................................................................................................. 174 Écrêtage.................................................................................................................................................................................. 175 Pontage................................................................................................................................................................................... 177 Chapitre 9 – Adjonctions, morphologie urbaine et mixité........................................................ 179 Accoupler l’existant et le neuf en parcellaire urbain....................................................................... 181 Abouter les barres en pignon................................................................................................................................ 193 Tronçonnement de barres......................................................................................................................................... 202 Adjonctions et pieds pour les tours................................................................................................................. 205 Constituer des îlots avec des tours................................................................................................................... 213 Des îlots créés par ajout de plots à des barres...................................................................................... 217 Fréquence des figures parallèles dissymétriques.............................................................................. 224

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(Ré)concilier architecture et réhabilitation de l’habitat

Partie 3 – Vue d’ensemble.......................................................................................................................................... 229 Chapitre 10 – Le logement au second plan................................................................................................ 233 Des transformations architecturales peu présentes........................................................................ 235 Obsolescence et changements d’usage : une absence d’anticipation......................... 236 Chapitre 11 – Le primat de la façade................................................................................................................. 239 De l’isolation à l’image.................................................................................................................................................. 241 Unifier/diversifier................................................................................................................................................................ 242 Des ressemblances avec le neuf....................................................................................................................... 243 Quelle expression du programme ?.............................................................................................................. 244 Chapitre 12 – Concepts architecturaux majeurs de la requalification.......................... 247 Échelle........................................................................................................................................................................................... 249 Continuité.................................................................................................................................................................................. 249 Composition............................................................................................................................................................................ 251 Chapitre 13 – Théorisation et projet.................................................................................................................. 253 Composer avec et hybrider...................................................................................................................................... 255 Hybridation architecturale..................................................................................................................................... 255 Hybridation urbaine.................................................................................................................................................... 256 Critique opératoire, éclectisme et boîte à outils................................................................................. 258 Liste des opérations...........................................................................................................................................................263 Bibliographie............................................................................................................................................................................275

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Christian Moley La recherche d’efficacité énergétique et de confort mais aussi le manque de terrains pour construire des logements incitent à procéder à la réhabilitation ou à la requalification, associée à des extensions, surélévations, etc. Dans ce type d’opérations lourdes, les enjeux architecturaux sont importants, bien que ce champ soit considéré, le plus souvent, comme peu propice à l’ambition créative. Cet ouvrage propose une réflexion théorique et pratique sur la place de l’architecture dans la requalification de l’habitat collectif en rassemblant une analyse détaillée d’environ 200 opérations parmi les plus marquantes. Centré principalement sur l’habitat des Trente Glorieuses (1946-1975), ce bilan critique : − explique les raisons historiques de l’absence de l’architecture lors des opérations de réhabilitation, l’évolution du contexte favorable à la requalification des logements ; − propose une étude comparative de réalisations aux qualités architecturales reconnues, classées par type et niveau d’interventions − de l’immeuble (logement, parties communes) aux abords immédiats (pieds d’immeubles, résidentialisation) jusqu’à l’aménagement urbain dans le cas d’extensions neuves ; − met en évidence des éléments de conception architecturale communs, lesquels permettent de définir les bases d’une théorisation de la prise en compte de l’architecture et d’offrir des outils opérationnels au regard des enjeux visés (agrandissement de logements, création d’annexes extérieures privatives, diversification de l’offre, mixité de l’habitat, etc.)

Christian Moley est architecte et professeur honoraire des Écoles nationales supérieures d’architecture (ENSA). En tant qu’enseignant-chercheur habilité à diriger des recherches et consultant auprès de différents organismes, il s’est consacré en priorité aux questions de l’habitat, en s’intéressant plus particulièrement aux évolutions historiques et tendances contemporaines de sa conception. Il a publié entre autres L’Innovation architecturale dans la production du logement social (Plan Construction, 1979), Les Structures de la maison (POF, 1984), L’Immeuble en formation (Mardaga, 1991), L’Architecture du logement (Anthropos-Économica, 1998), Regard sur l’immeuble privé (Le Moniteur, Architextes, 1999), Les Abords du chez-soi (Éditions de La Villette, 2006). Le Plan urbanisme construction architecture (Puca) est une agence interministérielle qui initie des programmes de recherche incitative, de recherche-action, d’expérimentation et apporte son soutien à l’innovation et à la valorisation dans les domaines de l’aménagement des territoires, de l’urbanisme, de l’habitat, de l’architecture et de la construction. Dans ce cadre, REHA, programme à vocation opérationnelle, soutient des opérations de réhabilitation lourde innovantes, dans une perspective environnementale, économique et sociale, et dans l’objectif d’impulser une nouvelle culture patrimoniale et urbaine.

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Photo de couverture : © Helmutvogler

Ce livre s’adresse principalement aux élus locaux, directeurs des services techniques des municipalités et des départements, services techniques des collectivités territoriales, maîtres d’ouvrage, maîtres d’œuvre (bureaux d’études, architectes, entrepreneurs et artisans) en quête de références concrètes et de points de comparaison en matière d’opérations de requalification de l’habitat collectif existant.

(Ré)concilier architecture et réhabilitation de l’habitat

Christian Moley

(Ré)concilier architecture et réhabilitation de l’habitat

(Ré)concilier architecture et réhabilitation de l’habitat Christian Moley

ISBN 978-2-281-14126-9

01/02/2017 16:21

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