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SOMMAIRE ➤

Photo de la page couverture LMI – Daniel Pouplot Sentier de la Pointe-de-l’Islet

Carte détachable Sentier Le Montagnard-Est (Québec) Tronçon du Sentier national

Été 2013, volume 24, numéro 4

RÉCITS – DÉCOUVERTES 14

Sur les pas des huguenots

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Mer et montagne

18

Parc national de l’Île-Bonaventureet-du-Rocher-Percé

Festival de la marche

19

Parc régional Obalski

INFO-SENTIERS

20

Le Rallye des rivières

22

Parc national du Canada de la Mauricie

24

Parc de la rivière Batiscan

25

Les sentiers du Mont-Bélanger

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Le banc de sable de Portneuf

4

MOT DE LA RÉDACTION

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FÉDÉRATION

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On gagne à être membre

12 L’ENVERS DU DÉCOR Parc national du Mont-Mégantic 36 ÉQUIPEMENT Les boussoles – Conseillères en orientation

SOMMAIRE

Les jumelles – Pour observer la nature de loin

40 TECHNIQUE Des cartes pour GPS gratuites 41 SANTÉ Notre environnement est-il dangereux ?

Se régaler en camping

Capsules-santé

PAYSAGE DU QUÉBEC 28

Lac aux Chevaux

DESTINATIONS 30

Randonnées en étoile

46 ENVIRONNEMENT Le Nord pour tous 48 FLORE Plantes exotiques envahissantes 50 LÈCHE-VITRINE Trouvailles et nouveautés

30

50 À LA RESCOUSSE Crise cardiaque ? 51 LECTURE

19

46 Été2013 – MARCHE RANDONNÉE – 3


Photo : LMI - Daniel Pouplot

➤ Mot de la rédaction

Marche et vacances, un beau mariage !

P

our une grande majorité d’entre nous, l’été est la saison idéale pour prendre des vacances. Encore cette année, nous serons nombreux à partir sur les routes du Québec, munis d’un Guide touristique officiel d’une des 21 régions touristiques. Au fil des ans, ces petits livrets sont devenus incontournables dans l’organisation de nos vacances. Ils sont LA référence en tourisme. Or, un autre guide incontournable a également fait sa place au fil des années : le Répertoire des lieux de marche au Québec. Que l’on soit adepte de promenade, de randonnée pédestre ou de longue randonnée en montagne, il est LA référence. Certains le surnomment « la bible des sentiers ». La 8e  édition, parue ce printemps, présente 763 lieux de marche, totalisant 11 600 km de sentiers et parcours pédestres. Pour chaque lieu, on donne une description et une fiche technique détaillée; on mentionne même s’il est permis d’amener son chien. En plus, on affiche un code QR (pouvant être lu par un téléphone intelligent ou une tablette) qui indique le point d’accès. Guide touristique officiel et Répertoire des lieux de marche au Québec se complètent merveilleusement bien et sont d’excellents compagnons de voyage dans la découverte du Québec. Ils renferment tant de suggestions que vous aurez du mal à choisir. Pour vous y aider, ce numéro de Marche-Randonnée vous propose, entre autres, des randonnées en étoile. Rassurezvous, il ne s’agit ni de balades nocturnes, ni de raids dont vous êtes le héros. Il s’agit plutôt de sentiers situés à courte distance d’un point d’hébergement, et que vous pouvez parcourir en peu de temps. Ainsi, vous pourrez randonner légèrement chargé d’un petit sac à dos et, en fin de journée, rentrer dans le confort de votre chambre d’hôtel ou de votre tente de camping.

4 – MARCHE RANDONNÉE – Été2013

MarcheRandonnée MARCHE-Randonnée est publiée quatre fois par année par la Fédération québécoise de la marche, organisme sans but lucratif œuvrant au développement de la marche sous toutes ses formes au Québec.

Siège social 4545, avenue Pierre-De Coubertin Montréal (Québec) H1V 0B2 Téléphone : 514 252-3157 – 1 866 252-2065 Télécopieur : 514 252-5137 Internet : www.fqmarche.qc.ca Courriel : revuemarche@fqmarche.qc.ca MARCHE-Randonnée est réalisée grâce à la collaboration précieuse de bénévoles.

Éditeur Ce numéro vous suggère aussi de découvrir – ou redécouvrir – plusieurs parcs comme le Parc national de l’ÎleBonaventure-et-du-Rocher-Percé et le Parc national du Canada de la Mauricie, de grands classiques toujours très appréciés, ainsi que le Parc régional Obalski et celui de la rivière Batiscan, qui ne cessent de gagner en popularité. Vous êtes invités également à sillonner les sentiers du Mont-Bélanger, arpenter le banc de sable de Portneuf et participer au Rallye des rivières, trois façons bien différentes de pratiquer la marche. Pour ajouter au plaisir de la randonnée et des vacances, boussole et jumelles sont deux accessoires bien utiles. Si vous prévoyez vous en procurer, on vous donne quelques conseils d’achat. On vous propose aussi des menus pour vous régaler en camping, et on vous rassure sur les « dangers » de l’environnement. Ce numéro présente également d’autres sujets en lien avec la marche, qui ne manqueront pas de vous intéresser. Qu’elle s’intègre dans un voyage ou qu’elle fasse partie d’une excursion du dimanche, la randonnée procure un bienêtre extraordinaire, tant physique que mental. Elle permet de passer du temps avec ceux qu’on aime, de prendre un peu de répit du traintrain quotidien, de perdre quelques kilos, de s’instruire sur la faune, la flore, la géologie et l’histoire, de contempler des paysages aussi extraordinaires que variés… « Nul ne connaît mieux son pays que celui qui l’a marché » disait le sage. C’est donc à pied que je vous invite à visiter la région que vous aurez choisie pour vos vacances estivales. Nicole Blondeau Rédactrice en chef

Daniel Pouplot

Rédactrice en chef Nicole Blondeau

Membres du comité de la revue Pierre Duff, Mathieu Gélinas, Annie Leblond

RéviseureS/correctriceS Monique Duguay, Annie Leblond

Graphiste Simon Fortin – www.samourai.ca

Cartographe Marc Létourneau

Responsable de la publicité Mathieu Gélinas 514 252-3000 poste 3436 mgelinas@fqmarche.qc.ca

Collaborateurs Julie Aubé, Mylène Bergeron, Claude P. Côté, Pierre De Sève, David Desjardins, Cécile Gladel, Claudine Hébert, Jean-Paul Lahaie, Marie-Josée Landry, Camille-Antoine Ouimet, Anne Marie Parent, Julie Poirier, France Rivet, Audrey Roussin, Sabica Senez, Mario Simard

IMPRIMEUR Regroupement Loisir et Sport du Québec La direction laisse aux auteurs l’entière responsabilité de leurs textes. Poste-publications No de convention : 40069242 Dépôt légal Bibliothèque nationale du Québec Bibliothèque nationale du Canada ISSN-1495-687x

Prochain numéro Parution : 6 septembre 2013 Les récits et les découvertes que vous lisez dans Marche-Randonnée sont fournis gracieusement par des personnes qui souhaitent partager leurs expériences pédestres. Vous êtes invités à le faire aussi, que vous soyez promeneur du dimanche ou randonneur chevronné. Faites-nous part de vos découvertes, expériences et aventures à revuemarche@fqmarche.qc.ca.


FÉDÉRATION ➤

On gagne à être membre !

Une collaboration

Tirage de 250 $ tous les 3 mois

Ê

tre membre de la Fédération québécoise de la marche, c’est soutenir le développement de la marche, de la randonnée pédestre et de la raquette. C’est aussi profiter de nombreux avantages dont la liste se trouve à la page  52 de la présente revue. Mais c’est également courir la chance de gagner un chèque-cadeau de 250 $, échangeable en produits ou en services dans tout parc national, réserve faunique ou centre touristique géré par la Sépaq. Tous les trois mois, la Fédération procède au tirage parmi tous ses membres en règle. Chaque membre a donc quatre chances par année de gagner.

Erratum

Une erreur s’est glissée dans le numéro du printemps 2013. À la page 32, dans l’article LA MONTAGNE NOIRE – UNE RANDONNÉE CAPTIVANTE, il aurait fallu lire : « Aujourd’hui, ce sentier fait partie de l’Inter-Centre et est entretenu par les bénévoles du Sentier de grande randonnée des Laurentides. »

Le dernier tirage a eu lieu le 19 avril dernier. La personne gagnante est madame Anne-Marie Bourassa, de Chicoutimi. Félicitations ! La Fédération procèdera au prochain tirage le 5 juillet 2013. Le résultat sera publié dans le prochain numéro de Marche-Randonnée. Adhérez à la Fédération québécoise de la marche ! • En ligne : www.fqmarche.qc.ca • Par téléphone : 514 252-3157 – 1 866 252-2065 • Coupon à poster : page 52

Les règlements du tirage sont disponibles auprès de la Fédération québécoise de la marche.

Écrivez-nous !

Vous avez découvert un lieu de marche qui vous a charmé ? Vous avez participé à une activité pédestre qui vous a enchanté ? Vous avez vécu une expérience que vous souhaitez partager ? Vous désirez émettre un commentaire au sujet de la revue, transmettre une nouvelle concernant un sentier ou communiquer une information qui pourrait intéresser nos lecteurs ? Écrivez-nous à courrierdulecteur@fqmarche.qc.ca.

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FÉDÉRATION ➤

Photo : Alain Dumas, parc de la Rivière-du-Moulin

Photo : Fabrice Tremblay, Parc national du Fjord-du-Saguenay, Sépaq

Festival de la marche À Saguenay, le 13 octobre 2013

C

'est à Saguenay que le grand rendez-vous annuel des randonneurs aura lieu, le dimanche 13 octobre prochain. Plusieurs parcours aux caractéristiques variées seront offerts à tous les types de marcheurs. Venez découvrir la nature en ville en sillonnant les sentiers du parc de la Rivière-du-Moulin, ou parcourir le cap à l’Ouest et profiter des vues imprenables sur la baie des Ha ! Ha !, ou encore côtoyer le majestueux fjord du Saguenay. Il y en aura pour tous les calibres et tous les goûts ! Le lieu de rassemblement est le parc de la Rivière-du-Moulin, où se tiendront les inscriptions, la cérémonie d’ouverture, les départs des navettes et l’animation. La Ville de Saguenay et ses partenaires vous attendent à bras ouverts !

➤ Parcours 1 : CHEMIN DES RIVAGES Parc de la Rivière-du-Moulin Ce parcours commence par le chemin Papawétish, puis se poursuit de l’autre côté de la rivière où vous aurez la chance de circuler sur une partie de l’ancien lit de la rivière, tel qu’il était avant le déluge de 1996. Niveau : débutant Longueur : 5 km Dénivelé : boucle Durée : 2 h 2 : CHEMIN DES CHUTES ET SENTIER DU MOULIN Parc de la Rivière-du-Moulin En début de parcours, dans un champ rempli de jeunes plantations, se cache l’œuvre artistique de Bill Vazan. Vous reviendrez par un sentier qui cache les trésors du parc : trois chutes. Niveau : débutant-intermédiaire Longueur : 6 km Dénivelé : boucle Durée : 2 h 3: SENTIER DU MOULIN JUSQU’À L’EMBOUCHURE Parc de la Rivière-du-Moulin Il s’agit du seul parcours 100 % rustique. Vous longerez la rivière sinueuse et vous découvrirez tous ses caprices et ses attraits. Niveau : intermédiaire Longueur : 10 km Type : aller-retour Durée : 4 h 4 : SENTIER EUCHER Cap à l’Ouest On pourrait aussi l’appeler « le sentier des récompenses », car le randonneur y trouvera constamment des vues imprenables sur la baie des Ha ! Ha ! et sur l’entrée du Fjord. Niveau : avancé Longueur : 8 km Type : aller-retour Durée : 3 h

5 : SENTIER DE LA STATUE Parc national du Fjord-du-Saguenay Côtoyez le Fjord en faisant l’ascension du cap Trinité. À l’approche de la statue de Notre-Dame-du-Saguenay, qui surplombe les falaises depuis 1881, laissez-vous charmer par le paysage saisissant. Niveau : intermédiaire-avancé Longueur : 7 km Type : aller-retour Durée : 4 h

Frais de participation

Avant le 9 sept.

Après le 8 sept.

Souper (TAXES ET SERVICE inclUS)

Non-membre FQM

12 $

15 $

25 $

Membre FQM

10 $

12 $

25 $

Gratuit

Gratuit

15 $

Enfant (12 ans et -)

Inscriptions En ligne, par téléphone ou par la poste, auprès de la Fédération québécoise de la marche : www.fqmarche.qc.ca 514 252-3157 – 1 866 252-2065 « Préfestival » Ce 16e rassemblement annuel sera précédé d’un « préfestival », le samedi 12 octobre, qui offrira aux intéressés deux magnifiques parcours dans le parc national des Monts-Valin : • Le Pic-de-la-Tête-de-Chien : 8 km aller-retour, dénivelé de 340 m, 3 h • Le Pic-du-Grand-Corbeau : 12 km aller-retour, dénivelé de 590 m, 4 h

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➤ INFO-SENTIERS

BAS-SAINT-LAURENT Parc national du Lac-Témiscouata Ouverture officielle Créé officiellement en 2010, le parc accueillera enfin ses premiers visiteurs dès la fin de semaine de la Saint-JeanBaptiste. Les amateurs de randonnée pédestre pourront parcourir cinq sentiers, totalisant plus de 27 km, pour découvrir les plus beaux coins du parc. Plusieurs autres activités de plein air seront également offertes. 418 855-5508 – www.parcsquebec.com Sentiers de Saint-Pacôme Rénovés L’automne dernier, Le sentier de l’Île et Le Brise-Culottes ont été complètement rénovés. Pont suspendu, belvédères et escaliers permettent d’obtenir différents points de vue sur la rivière Ouelle et les environs. Une carte des sentiers est disponible dans le site Web de la Municipalité. 418 852-2356 – 418 856-5040 – www.st-pacome.ca Sentier pédestre de Saint-Eusèbe Nouveau Ce sentier éducatif et écologique, d’une longueur de 3,5 km, se dirige vers la montagne tout en vous faisant admirer plus de 100 variétés de végétaux, dont plusieurs arbres ont été parrainés par des particuliers. Vous aussi pouvez parrainer un arbre du sentier. Il sera identifié à votre nom, par une affichette. 418 899-0403 – www.sainteusebe.ca

CANTONS-DE-L’EST Centre d’interprétation de la nature du lac Boivin Constructions Trois nouveaux abris ont été construits le long des sentiers, soit deux sur La Randonnée, et un sur Le Marécage. Rappelons que l’an dernier, les sentiers ont été entièrement rénovés, de même que le pavillon d’accueil. Un tarif d’accès aux sentiers est désormais en vigueur pour les non-résidants de Granby. 450 375-3861 – www.cinlb.org L’île du marais de Katevale Fermeture temporaire Les randonneurs sont priés de prendre note que ce lieu, situé à Sainte-Catherine-de-Hatley, sera fermé temporairement. On procédera à la construction de 52 passerelles, afin de permettre un meilleur accès à l’île. Au moment de mettre sous presse, la date de réouverture n’était pas encore connue, mais on prévoyait que le lieu serait à nouveau accessible avant la fin de juin. 819 868-3085 – www.iledumarais.org Parc national de Frontenac Nouveautés Un tout nouveau chalet EXP pour quatre personnes, situé au lac des Îles, sera disponible à partir du 21 juin. Ce nouvel

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hébergement au design épuré comprend deux chambres, une cuisinette toute équipée, une aire de détente et une salle de bain. De plus, deux nouvelles tentes Huttopia seront ajoutées dans le secteur Saint-Daniel, ce qui totalisera dix tentes dans ce secteur du parc. Dans le secteur Sud, le sentier Les Passereaux sera fin prêt à accueillir les randonneurs et les cyclistes. Traversant les forêts des collines et de la cuvette, ce sentier multifonctionnel permettra de nombreux arrêts pour découvrir la faune ailée qui s’y trouve. Dans le sentier L’Érablière, des randonnées pédestres guidées seront offertes. En compagnie d’un gardeparc, vous découvrirez les écosystèmes du massif de Winslow, traverserez différents milieux forestiers et aurez accès à plusieurs milieux humides. D’autres activités, toutes plus intéressantes les unes que les autres, seront offertes tout l’été. 418 486-2300 poste 270 – 1 800 665-6527 – www.parcsquebec.com Station touristique du mont Owl’s Head Nouvelle boucle

Photo : Frank Ruiz

NOUVELLES DES RÉGIONS

Un nouveau sentier pédestre, s’adressant aux randonneurs de niveau avancé, sera ouvert dès la mi-juillet. Ce sentier conduira sur le flanc est de la montagne, donnant accès à des points de vue superbes sur le lac Memphrémagog et les montagnes environnantes. On estime à trois heures le temps pour effectuer ce parcours en boucle. 450 292-3342 – 1 800 363-3342 – www.owlshead.com

CHARLEVOIX La Traversée de Charlevoix Sentier du mont Eudore Fortin Un nouveau sentier de courte randonnée a été inauguré dans le secteur du point de départ du raid, soit à la Zec des Martres, au km 26,8 de la route 381 : le sentier du mont Eudore Fortin. Le parcours en boucle, long de 5,9 km, passe par le sentier des Sommets et le sentier du Mont du Lac à l’Empêche. Il mène à un superbe point de vue sur la montagne officieusement nommée « mont Eudore Fortin », en l’honneur du fondateur de La Traversée de Charlevoix. La Zec demande 11 $ par voiture pour se rendre au stationnement du Lac-à-l’Écluse, tandis que La Traversée demande une contribution volontaire pour l’utilisation des sentiers. Avec ce nouveau sentier, le réseau de courtes randonnées totalise maintenant 70  km. Trois chalets et un refuge peuvent accueillir les randonneurs qui voudraient passer quelques jours dans ce coin enchanteur. 418 639-2284 – www.traverseedecharlevoix.qc.ca


INFO-SENTIERS ➤

Parc régional du Massif du Sud Ajout de deux parcours Le parcours des Éoliennes, un aller-retour de 14,8 km et 350 m de dénivelé, a été aménagé pour conduire le randonneur en bonne forme physique jusqu’au pied d’une éolienne, ainsi qu’à un point de vue spectaculaire sur l’ensemble du parc éolien, qui compte 75 éoliennes. Sur le parcours, on traverse des écosystèmes forestiers impressionnants et variés, et on rencontre des vestiges historiques de la drave dans le parc. Le parcours de Géants, une boucle de 18,2 km et 470 m de dénivelé, s’adresse également aux randonneurs avancés. Il donne accès à tout ce que le parc a de plus grand : arbres tricentenaires colossaux, énormes orignaux, éoliennes immenses, ainsi qu’au sommet le plus haut de toute la région, le mont Saint-Magloire, qui culmine à 917 m d’altitude. Le parc offre également un nouveau stationnement pouvant accueillir jusqu’à 100 véhicules. 418 469-2228 – www.massifdusud.com Parc Ultramar – Les Écarts Accès au stationnement Des travaux importants sont en voie de réalisation pour faciliter l’accès au parc. À partir de la rue Charles-Rodrigue, une nouvelle rue est en construction et permettra d’avoir accès à un nouveau stationnement durant l’été. Présentement, une déviation sur terre battue permet d’accéder au stationnement original. 418 833-3312

Photo : Jean-Claude St-Hilaire

Sentier des Campions Nouveau lieu de marchE Inauguré en septembre dernier, ce nouveau lieu de marche se situe dans le village de SaintPierre-de-Broughton, à une vingtaine de kilomètres de Thetford Mines. Le réseau totalise 2,25  km et compte trois sentiers : Whetstone, le

Petit Cap et les Campions. Ils sillonnent un boisé mixte, très diversifié en essences d’arbres et de végétaux. Des panneaux d’interprétation sur les oiseaux et la flore sont placés tout au long des sentiers. Le début du sentier Whetstone longe la très jolie rivière du même nom. Des aires de pique-nique et des bancs agrémentent le parcours, ainsi qu’un belvédère offrant un beau panorama. Le point d’accueil se situe sur la rue SaintPierre, au centre du village. 418 424-3572 – www.ville.st-pierre-de-broughton.qc.ca

GASPÉSIE

Photo : Ville de Sainte-Anne-des-Monts

CHAUDIÈRE-APPALACHES

Sentier de la Fée À Tourelle Situé à 9 km du centre-ville de Sainte-Anne-des-Monts, dans le secteur Tourelle, ce sentier en boucle de 1 km est tracé entre la route 132 et la mer. Ce site géologique exceptionnel présente un monolithe de roc de 15 m de hauteur, menacé par l’érosion. On peut admirer également diverses formations rocheuses uniques et faire l’observation des baleines. Un belvédère et une aire de pique-nique agrémentent le parcours. 418 763-2502 – 418 763-3309 www.villesainte-anne-des-monts.qc.ca

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➤ INFO-SENTIERS

Le Barachois Impraticable Les randonneurs sont priés de prendre note que le sentier Le Barachois est fermé jusqu’à nouvel ordre. Les ponceaux ont été enlevés et l’accès y est strictement interdit pour des raisons de sécurité.

LAURENTIDES La Montfortaine Sentier Mauve

Photo : MRC des Pays-d’en-Haut

S'ajoutant aux quatre boucles déjà existantes, ce nouveau sentier d’interprétation forestière consiste en une boucle de 2 km environ. Surnommé « Mauve », le sentier a été créé dans le but de mettre en valeur la forêt et les pratiques forestières. Sept panneaux d’interprétation traitent des objectifs de récolte forestière, des espèces d’arbres qui se trouvent dans le sentier, de l’habitat faunique, des méthodes forestières et des impacts visuels d’une récolte. 450 226-2428 – 450 226-7898 – rogerponce@sympatico.ca Parc régional de la Rivière-du-Nord Un beau projet Situé dans la pointe sud de son territoire, à proximité de l’île des Frères, le projet prévoit l’aménagement d’un sentier sur une passerelle de 105 m, qui traversera un milieu humide de 3,1 hectares. Ancien marais créé à l’origine par un barrage de castors, dont la population a disparu de ce secteur désormais fortement urbanisé, ce milieu évolue naturellement en un marécage arbustif d’une riche biodiversité. Le nouveau tronçon de sentier prolongera un sentier existant, ce qui permettra la réalisation d’un circuit pédestre en boucle. Cet écosystème est un endroit privilégié pour l’observation d’une grande variété d’organismes, plus particulièrement d’oiseaux. Il est également un milieu de choix pour l’installation de nichoirs destinés au Canard branchu. On trouvera sur le parcours divers panneaux d’interprétation portant sur

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l’avifaune ainsi que sur les écosystèmes riverains, leur rôle, leur fragilité et l’importance de leur préservation. 450 431-1676 – 1 877 731-1676 – www.parcrivieredunord.ca

MONTÉRÉGIE Cidrerie Michel Jodoin Rafraîchissement Un nouveau belvédère, entièrement réaménagé, offre un très beau panorama sur les vergers environnants. De plus, de nouvelles balises seront installées sous peu. 450 469-2676 – www.micheljodoin.ca Refuge faunique Marguerite-D’Youville Plate-forme de nidification On a procédé à l’installation d’une plate-forme de nidification pour le Balbuzard pêcheur, un oiseau de grande taille présent dans la région tous les printemps. Un de ces oiseaux avait construit, l’an dernier, un nid sur une grande bouée de navigation située au centre du lac Saint-Louis. Pour une raison inconnue, le nid a disparu. C’est pourquoi une plate-forme de nidification a été installée sur l’île Saint-Bernard, un terrain en friche entre le verger et le secteur le Grillon. Elle se trouve à quelques mètres seulement du lac Saint-Louis, site principal d’alimentation de l’oiseau. Cette structure de nidification s’ajoute aux nombreux aménagements fauniques qu’Héritage Saint-Bernard a mis en place au fil des ans. 450 698-3133 – www.ilesaintbernard.com Photo : Dominic Gendron

ÎLES-DE-LA-MADELEINE

Réserve nationale de faune du Lac Saint-François Remise à neuf Le sentier de la Digue aux aigrettes a été refait d’un bout à l’autre. C’est donc une longueur de 4 km qui a été entièrement nivelée. De plus, on prévoyait y ajouter plusieurs bancs de repos et d’observation, ainsi que des aires de pique-nique. Sur le sentier Piasetski, il était prévu de restaurer le trottoir de bois, pour la sécurité de tous. Le tout devrait être terminé pour le début de l’été. 450 264-5908 – www.amisrnflacstfrancois.com


info-sentiers ➤ Parc de la Voie maritime – Saint-Lambert Accès difficile Ce parc, aménagé en bordure du Fleuve, offre un sentier multifonctionnel. Celui-ci sera difficile d’accès pendant les périodes estivale et automnale, car la rue Riverside, par laquelle on accède au parc, subira une réfection majeure. 450 466-3890

QUÉBEC Parc linéaire de la Rivière Saint-Charles Nouveautés Ce printemps, on a procédé à l’ouverture d’une nouvelle halte de service, dans le secteur du lac Saint-Charles, et on a construit une passerelle cyclo-pédestre, dans le secteur de l’estacade, près du barrage Saint-Jacques. Une autre passerelle semblable sera construite au courant de l’été, dans le secteur des îlots. Dans ce même secteur, un circuit Vitalité a été implanté. 418 691-4710 – 418 641-6010 www.ville.quebec.qc.ca/parclineaire Parc naturel régional de Portneuf Nouveau lieu Situé dans la partie nord-ouest de la région de Portneuf, ce nouveau lieu de marche comporte plusieurs attraits géomorphologiques, dont les principaux sont les majestueux lacs Long et Montauban. Plusieurs activités de plein air y sont possibles, dont la randonnée pédestre. Parmi les sentiers

offerts, celui de la Montagne de la Tour et celui des Sommets conduisent à de superbes points de vue en hauteur. D’autres sentiers font découvrir des lacs et d’autres attraits. 418 284-4232 – www.natureportneuf.com

SAGUENAY–LAC-SAINT-JEAN Parc de la Rivière du Moulin Deux sentiers s’ajoutent Le sentier des Moulins longe la rivière du même nom. C’est un vieux sentier qui a été signalisé et restauré de façon rustique. Le départ s’effectue au pavillon du parc et se rend, pour le moment, à la chute des Sables. Il est possible de revenir par le chemin des Chutes, un sentier semi-urbain. Ce printemps, il était prévu d’ouvrir un autre sentier semi-urbain, le chemin de la Pinède, une boucle de 2,8 km. 418 698-3235 – 418 698-3200 www.revolution-saglac.com/prdm.html Parc national du Fjord-du-Saguenay Nouveau sentier Situé dans le secteur de Petit-Saguenay, le sentier de la Pinède prend son départ à L’Anse-Saint-Étienne, longe le Fjord et permet d’accéder à une magnifique pinède de pin rouge et de pin blanc. Au sommet, il est souvent possible d’apercevoir au loin des troupeaux de bélugas. Il faut compter 3 h environ pour faire l’aller-retour de 8 km. Le sentier sera accessible aux randonneurs dès le 21 juin. 418 272-1556 – 1 800 665-6527 – www.parcsquebec.com

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➤ L'ENVERS du décor... dans les parcs nationaux du québec

Parc national du Mont-Mégantic Texte et photos : Camille-Antoine Ouimet

5 ANNÉES de métamorphose ➤ En 2014, le parc national du Mont-Mégantic fêtera ses 20 ans. Malgré cela, il s’agit d’un parc relativement jeune dans le réseau des parcs nationaux québécois. L’arrivée à l’âge adulte de ce parc des Cantons-de-l’Est coïncide avec la réalisation de plusieurs projets importants de mise en valeur. Ainsi, à l’image du papillon lune, animal emblématique du parc, une métamorphose est en train de se produire.

E

n effet, depuis cinq ans, d’importants travaux ont été réalisés afin d’aménager un nouveau secteur du parc, le secteur de Franceville, et de rehausser l’état de plusieurs sentiers existants. L’objectif : devenir l’une des cinq meilleures destinations de randonnée du Québec méridional.

Du ski de fond... à la randonnée La quantité exceptionnelle de neige que le parc reçoit lui vaut, dès les années 1960, la réputation d’être un lieu de prédilection pour le ski. Les orientations de mise en valeur du territoire sont ainsi envisagées, et le ski de fond demeure, jusque dans les années 1990, l’activité vedette du parc. Ce n’est que vers le milieu des années 1990 que la mise en place d’un réseau de randonnée pédestre est entreprise. Par exemple, le très populaire sentier du Mont-Saint-Joseph voit le jour en 1994-1995. Le grand retour de la raquette au début des années 2000 confirme, quant à lui, la popularité des sentiers de randonnée quatre-saisons. Le virage « rando » Par ailleurs, au moment de la deuxième grande phase d’aménagement du territoire, une importante réflexion s’engage afin de décider des orientations en matière d’activités de plein air. C’est à ce moment que l’on décide de prioriser l’aménagement de sentiers de randonnée et d’investir les ressources nécessaires à la mise à niveau des sentiers existants. Les raisons derrière cette décision sont multiples. La première concerne l’expérience de découverte du milieu naturel par le visiteur. En effet, quelle meilleure façon de découvrir la nature que de marcher en montagne ou en pleine forêt ? La seconde raison, tout aussi importante, a trait aux impacts des projets de développement sur le milieu naturel. Tout projet d’aménagement comporte évidemment des effets sur le milieu dans lequel il s’inscrit. Cependant, étant donné leur taille modeste, les corridors de sentiers de randonnée ou de promenade minimisent les impacts environnementaux. 12 – MARCHE RANDONNÉE – Été2013

De la Terre aux étoiles Une autre facette incontournable du développement et de la consolidation d’un réseau de randonnée pédestre est de bien connaître l’esprit du lieu. Quelle est la « personnalité » du parc ? Quels sont les éléments du milieu naturel qui devraient être mis en valeur tout en respectant les éléments plus fragiles ? Quelles sont les ambiances et les atmosphères incontournables ? Où sont les zones d’ombre et de lumière, quels sont les vents dominants ? Que recherche le randonneur en visitant le parc ? Ces questions, et plusieurs autres, doivent être approfondies avant d’aborder les éléments plus concrets de la planification des travaux. Comme le suggère sa devise – De la Terre aux étoiles –, l’expérience nature du parc national du Mont-Mégantic passe par le contraste entre le relief (crêtes spectaculaires et vallées) et le ciel (vues aériennes et voûte étoilée). Ces éléments fondamentaux ont donc jeté les bases des différents projets de mise en valeur. Viser des aménagements pérennes Lorsque l’on aborde les aspects plus techniques de la planification, il ne faut pas perdre de vue le grand paradoxe des sentiers : plus on les aime, plus ils souffrent. En effet, victimes de leur popularité, les sentiers aménagés « à la légère » supportent difficilement les milliers et les milliers de pas des visiteurs enthousiastes. Tous les randonneurs connaissent des portions de sentier où les bottes de randonnée pourraient être remplacées par des cuissardes de pêche… Quoiqu’il soit peu invitant de randonner dans des étangs de boue, l’élargissement et la multiplication des sentiers parallèles engendrent des impacts négatifs bien réels pour le milieu naturel. Même s’il n’est pas toujours question de problèmes d’accumulation d’eau, on se retrouve souvent avec une problématique d’érosion, où l’accélération de l’eau dans les pentes trop fortes creuse des « dalots » sur plusieurs dizaines de centimètres de profondeur. Au premier abord, cette problématique peut sembler moins grave aux randonneurs, étant donné que la surface s’assèche entre deux épisodes de pluie, mais, à long terme, la dégradation (mise à nue


L'ENVERS du décor... ➤ des racines des arbres, sédimentation dans les petits cours d’eau limitrophes, etc.) est facilement observable. En regard des problématiques potentielles précédentes, et compte tenu du fait que le parc national du Mont-Mégantic a la chance d’accueillir chaque année plus de dix mille randonneurs, la décision d’aménager un nouveau sentier ne peut être prise à la légère. Au départ, il faut prévoir des aménagements adéquats pour ne pas se retrouver dans des sentiers labourés. Le nœud est donc là : comment aménager des sentiers durables tout en réalisant des infrastructures qui s’intégreront le plus harmonieusement possible à l’environnement ? Une pause pour regarder le chemin parcouru Après cinq années de travaux, il est intéressant de s’arrêter un moment et de se questionner sur le travail accompli. Depuis 2008 : plus de 300 000 $ investis dans les projets de sentiers, plus de 3 000 jours-personnes de travail et plus de 4 000 km parcourus au total par les travailleurs des équipes de sentiers pour se rendre... sur leur lieu de travail ! Il faut ici souligner la contribution extraordinaire des employés ayant fait partie des différentes équipes. C’est sans relâche, sous la pluie ou le soleil de midi, à travers les nuées d’insectes que des heures et des heures de creusage, d’essouchage, de bêchage, de nivelage et « d’entêtage » ont été réalisées. C’est grâce à ce travail acharné que de nouveaux parcours ont pu voir le jour ou que d’anciens ont été rajeunis. Le travail réalisé depuis cinq ans est colossal, au point que les randonneurs sont souvent incrédules devant la taille des roches déplacées ! Les techniques développées (levier, poulies, palan, etc.) permettent en effet de pratiquement... déplacer des montagnes. Ces roches en viennent même à avoir des surnoms… L’utilisation de la roche est souvent plus énergivore que l’utilisation de bois, mais le résultat est beaucoup plus robuste à long terme. De plus, la roche se pare de la patine particulière de l’usure des semelles d’année en année. Pas à pas : nouveautés et améliorations La vedette des travaux de sentiers pédestres des dernières années est sans contredit le sentier des Cimes, situé dans le secteur de Franceville et ouvert en 2011 aux randonneurs après trois ans de labeur (de 2009 à 2011). Ses affleurements rocheux spectaculaires, ses points de vue aériens sur le massif du mont Mégantic et sa mirifique forêt caractérisent cette randonnée appelée à devenir un classique. Pour se rendre au départ du sentier, il faut emprunter la promenade du Ruisseau, un sentier de marche gravelé réalisé en 2009 et accessible à tous. On peut y admirer les miroitements des eaux vives du ruisseau de la Montagne ainsi que ses méandres surprenants, tout en s’activant pour la montée à venir. Au retour du sentier des Cimes, la nouvelle promenade des Cascades et ses magnifiques chutes

permettent cette fois de s’arrêter un moment pour observer les œuvres rocheuses sculptées par les rapides. De plus, une autre nouveauté significative est le sentier de raquette reliant les deux secteurs du parc, soit ceux de Franceville et de l’Observatoire. Inauguré à l’hiver 2012-2013, il sera également éventuellement ouvert aux excursions en sentier pédestre. Ce trait d’union symbolique entre les deux secteurs permet désormais de réaliser une traversée complète du parc et d’accéder à des zones d’arrière-pays auparavant inaccessibles. Du côté des projets de rehaussement, un nouveau sentier de promenade a vu le jour en 2008 dans le secteur de l’Observatoire : la portion du sentier du Mont-Mégantic entre l’accueil et le refuge de la Petite-Ourse. Cet itinéraire longe de belles cascades et permet, pour les randonneurs plus aguerris, de poursuivre la randonnée vers le mont Mégantic. Le sentier du Mont-Mégantic a d’ailleurs bénéficié de plusieurs améliorations depuis cinq ans. D’abord, en 2009, la transformation d’un tronçon de sentier de raquette en sentier pédestre a permis de compléter le lien emblématique entre l’accueil du secteur de l’Observatoire (et l’ASTROLab) et le sommet du mont Mégantic (et les deux observatoires astronomiques). De plus, en 2012, d’importants travaux d’amélioration de la surface de marche et du corridor de sentier ont été menés à plusieurs endroits. L’année 2012 a aussi été celle du sentier du Mont-SaintJoseph. Les problématiques d’érosion sont maintenant choses du passé et notre sentier le plus réputé est aujourd’hui doté de plusieurs nouveaux points de vue exceptionnels. Comme il était important dans ce cas de conserver le caractère montagneux du sentier et son niveau de difficulté, les aménagements ont été réalisés le plus possible dans cet esprit. Cependant, à plusieurs endroits, les pentes étaient tout simplement trop fortes pour être aménagées. Dans ce cas, il n’y a eu d’autre choix que d’utiliser la technique des lacets. Ces passages nouvellement créés ont de plus permis de mettre en valeur de très jolis attraits invisibles auparavant (falaises, blocs erratiques, etc.). Et ce n’est pas fini ! Cette première phase de travaux a donc permis d’améliorer de manière notable le réseau de sentiers de randonnée du parc. Il reste cependant beaucoup à faire pour atteindre le niveau de qualité souhaité pour devenir l’une des principales destinations de randonnée au Québec... Les prochaines années devraient réserver de belles surprises. Les nombreux commentaires positifs des visiteurs nous encouragent grandement à poursuivre les efforts. D’ailleurs, il ne faut surtout pas hésiter à s’arrêter un moment pour échanger quelques mots avec les artisans des sentiers.

Camille-Antoine Ouimet est responsable du Service de la conservation et de la sécurité au parc national du Mont-Mégantic, Sépaq.

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➤ RÉCIT

Sur les pas des huguenots Un nouveau chemin de randonnée de 1 600 km

Texte : Mario Simard — Photos : Suzanne Gordier ➤ En 1598, Henri IV signe l'édit de Nantes, qui reconnaît la liberté de culte aux protestants, mettant fin ainsi aux guerres de religion qui ont ravagé la France. (En passant, Henri IV, c'est le chanceux qui a été marié à Isabelle Adjani, alors connue sous le nom de Reine Margot.) En 1685, Louis XIV révoque l’édit de Nantes et les persécutions reprennent contre les protestants, aussi appelés huguenots. Quelque 200 000 d'entre eux cherchent refuge en terre protestante.

U

n nouveau tracé de randonnée pédestre de 1 600 km retrace cet exil. Le sentier Sur les pas des huguenots débute du côté français, dans la région Rhône-Alpes, au sud-est de Lyon, et se rend jusqu'au nord de l'Allemagne en passant par la Suisse. Un embranchement retrace aussi la fuite des vaudois dans le Piémont italien. Pour plus de détails : www.surlespasdeshuguenots.eu/ Ce sentier a piqué notre curiosité, car nous savions que les ancêtres de ma conjointe, Suzanne, étaient des huguenots réfugiés en Allemagne. Par la suite, ils se sont retrouvés en Angleterre avant d’immigrer dans l'État de New York. Étant loyaux à la Couronne britannique qui les avait accueillis, ils ont fini par venir s'installer dans le Haut-Canada à la suite de la révolution américaine. Tout ça pour que Suzanne et moi finissions par nous rencontrer.

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Pendant deux semaines, nous avons parcouru les premiers tronçons du sentier, entre Poët-Laval et Les Nonnières (ils ont de ces noms, les Français...). Il s'agissait d'un parcours pas très difficile, d'une quinzaine de kilomètres par jour en moyenne. Après avoir visité le musée du protestantisme à Poët-Laval, un charmant village perché, considéré comme un des plus beaux villages de France (nous en croiserons d'autres en cours de route), nous suivons la vallée de la Drôme. Lavande, oliviers et fines herbes sont partout présents au cours des premiers jours, cette région étant située tout juste au nord de la Provence. Apaisant... Après avoir franchi quelques petits cols, le paysage change cependant à l'approche des Préalpes, et on traverse de belles forêts de hêtres et de chênes. Rafraîchissant...


RÉCIT ➤

Un dimanche, l'itinéraire prévu doit nous amener en forêt, mais c'est l'ouverture de la chasse cette journée-là. Ça pétarade et ça aboie allègrement dans le bois; de quoi stresser le plus indolent des sangliers. Nous optons donc plutôt pour une randonnée en boucle aux Trois Becs, trois pointes rocheuses en demi-cercle auxquelles on accède en gravissant un grand pré anormalement incliné, qui se termine abruptement par des falaises vertigineuses. Tout un point de vue ! Après une semaine, nous arrivons à Die, une petite ville qui était à 95 % huguenote et par où ont transité des milliers de réfugiés protestants. L'hôtel où nous logeons est vieillot, mais il y règne une atmosphère bon enfant, occupé en grande partie qu'il est par des randonneurs et, surtout, par de nombreux cyclistes venus ajouter quelques cols à leurs répertoires. Des motards aussi... deux solitudes... Nous sommes maintenant rendus au sud du massif du Vercors, en moyenne montagne. La région est dominée par le Glandasse, un impressionnant rocher qui forme un mur culminant à plus de 2 000 mètres. Les montées à venir seront plus exigeantes. Au fur et à mesure que nous franchissons certains cols, le paysage alterne entre un environnement sauvage et rocailleux, et des plateaux verdoyants dédiés à l’élevage et à la culture. Gare aux patous ! Pour protéger les troupeaux des loups, on utilise des patous, de gros chiens qui naissent et vivent avec les moutons, et s’identifient à eux. Les randonneurs sont parfois avertis qu’il vaut mieux faire le tour du troupeau. Curieusement, bien que nous soyons maintenant plus en altitude, la vigne est beaucoup plus présente que dans la première partie du trajet. Plusieurs petits vignobles produisent en effet la Clairette de Die, un vin pétillant très légèrement sucré, que nous recommandons fortement après une bonne journée de marche. Pour l’organisation du circuit, nous avons retenu les services de l’agence Safran, qui a vu aux réservations et au transport des bagages. Le carnet de route qu’elle nous a fourni décrivait le parcours à suivre de manière remarquablement précise. www.safrantours.com/fr/randonnee-itinerante-drome-sur-lespas-des-huguenots En plus des jolis villages et des paysages attractifs (comme on dit là-bas), l’aspect historique et culturel du séjour rehausse l’expérience. Les maisons d’hôtes et les petits hôtels dans lesquels nous logions en demi-pension étaient charmants. Inutile de dire que nous avons très bien mangé, la région se vantant d’être la plus « bio » de France. Été2013 – MARCHE RANDONNÉE – 15


➤ RÉCIT

MER ET Texte et photos : Pierre De Sève

MONTAGN

➤ Bonnes vacances ! C’est le cri de joie de ma conjointe Francine pour célébrer le début de mon congé annuel tant attendu. L’itinéraire choisi aura pour thème : mer et montagne. En effet, nous nous dirigerons vers quelques plages du sud de l’État du Maine, en plus de la partie sud des montagnes Blanches du New Hampshire. Ces lieux permettront des randonnées pittoresques. La mer Après plus de sept heures de route incluant le passage à la douane américaine, la jolie et petite ville d’Ogunquit nous accueille vers 16 h. Nous stationnons notre campeur près de la plage municipale et, excités par l’odeur saline et le bruit des vagues, nous franchissons rapidement le pont piétonnier et les dunes de sable. La vue sur la mer est tout simplement magnifique ! Comme la marée est à son haut niveau, notre première marche sur la plage sera pour demain matin, à la marée basse. Ainsi, la plage se dévoilera complètement, avec un intéressant pronostic de la météo : beau et très ensoleillé. Au matin, nos pas s’impriment sur le sable humide, comme ceux de plusieurs autres marcheurs. L’avantage de marcher sur la plage est le choix de porter des sandales ou des espadrilles, ou tout simplement de rester pieds nus. Nous choisissons cette dernière option pour apprécier la sensation directe du sable et de l’eau salée, tout en profitant de la rare occasion que nous avons d’effectuer ce genre de marche. Nos regards se posent souvent sur la mer et les vagues incessantes, mais aussi sur les nombreuses résidences présentes. Plusieurs de ces propriétés possèdent des devantures parées de grandes fenêtres et de revêtements en bardeaux de

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cèdre. La couleur généralement grisâtre de ces derniers convient tellement bien en ces lieux ! Acquérir une de ces maisons exige un processus souvent long et onéreux, car les propriétaires proviennent habituellement de familles qui possèdent un passé historique impressionnant et une volonté de patrimoine immuable. Notre plaisir de les admirer nous suffit donc et nous continuons notre balade jusqu’à l’amoncellement de pierres annonçant la fin de la plage. Avec nos pieds rougis par le soleil et l’eau de mer, nous touchons les roches pour souligner le but atteint. En entamant le retour, nous remarquons un peu plus les mouettes et les nombreux pluviers. Ces petits oiseaux marcheurs, souvent regroupés en bandes, courent sans cesse après les dépôts de sédiments et d’organismes laissés par les vagues. C’est un marathon sans fin pour leur survie jusqu’au crépuscule, chaque jour. Le lendemain matin, nous déjeunons dans le stationnement de la plage de Pine Point, avec un lever du soleil réconfortant. Autant que les résidents, nous en profitons pleinement. Cette plage est, en fait, la partie nord de la réputée plage d’Old Orchard. D’une dizaine de kilomètres de longueur, ce lieu très connu des Québécois offre une des meilleures randonnées maritimes de l’Est


RÉCIT ➤

GNE

américain. À  marée basse, sa largeur exceptionnelle et sa pente quasi nulle expliquent sa popularité. Tout en nous dirigeant vers le fameux Pier démarquant le centre-ville, nous remarquons les récents condominiums et les nouvelles propriétés côtoyant les villas, les hôtels et les très nombreux motels. Nous reconnaissons certains d’entre eux, jadis fréquentés par nos familles lors des voyages d’été. Que de souvenirs à jouer des journées entières sur la plage ! Les châteaux de sable, les cerfs-volants, les frisbees et les ballons de football sont toujours aussi populaires. Après plus d’une heure de marche rapide, le long quai est atteint. Le retour progressif de la marée haute nous invite à une baignade. La température de l’eau est fraîche, mais assez agréable pour nous amuser dans les vagues. Le souper de homards termine bien la première partie de nos vacances.

La montagne En quelques heures seulement, nous franchissons l’État du New Hampshire pour atteindre le massif des montagnes Blanches. Sa partie sud se révèle avec la ville de Conway et la passe Kancamagus (nom d’un ancien chef indien renommé pour son effort de prodiguer la paix). Ce lieu est moins fréquenté par les randonneurs, car les montagnes y sont moins hautes que celles situées près du mont

Washington. Une montagne attire quand même les bons marcheurs, soit celle nommée Chocorua. Incluse dans les monts Sandwich, elle est sans doute la plus photographiée de toute la Nouvelle-Angleterre. Avec son sommet rocheux de forme pyramidale, elle attire tous les regards et elle offre, en prime, une plate-forme exceptionnelle pour contempler, entre autres, les plus hauts sommets de la chaîne présidentielle. Comme le sentier Champney Falls y donne accès, nous nous établissons dans l’un des nombreux sites de camping situés à proximité. La randonnée étant de 12,3 km, nous planifions la commencer le matin suivant, vers 9 h. Le sentier Champney Falls monte lentement, et la première jonction vers les chutes est atteinte en moins de 30 minutes. Nous continuons vers le sommet et, 300 mètres plus loin, le deuxième accès aux cascades se découvre. Ces dernières, plus impressionnantes au printemps ou après une forte pluie, sont quand même attirantes pour la baignade. L’ascension se poursuit et les longs lacets du tracé facilitent la montée. Après 5 km, un panneau indique la direction vers la crête dénudée et convoitée. Un petit point de vue confirme notre arrivée imminente aux premières parois rocheuses du grand sommet dénudé. Comme on se trouve dans une zone alpine fragile, des traits jaunes, peints sur les pierres, guident les randonneurs afin de minimiser l’impact sur la végétation, déjà rare. Vers les 11 h 30, notre conquête de la cime est faite. La vue sur la région et les autres sommets est vraiment étonnante, malgré une altitude modeste de 1 059 mètres. Le mont Washington est celui qui attire le plus notre regard et nous prolongeons le plaisir de la découverte en dînant. Comme nous, de nombreuses personnes et quelques chiens se reposent avant d’entamer le retour. Une fois rentrés au campement, nous achevons notre séjour américain de mer et de montagne, ponctué de promenades et de randonnées captivantes, par un repas de pâtes et un bon vin.

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➤ DÉCOUVERTE

Parc national de l’Île-Bonaventureet-du-Rocher-Percé

➤ Situé à l’extrême est de la péninsule gaspésienne, le parc national de l’Île-Bonaventure-et-du-Rocher-Percé est divisé en trois secteurs : RocherPercé, Charles-Robin et Île-Bonaventure. Texte et photos : Pierre Duff

L

e rocher Percé offre peu de possibilité de randonnée, car il est fortement déconseillé de s’en approcher à cause des dangers bien réels causés par les chutes de pierres. Celles-ci se détachent continuellement du rocher, en tout temps de l’année ou de la journée, et peuvent frapper tout randonneur qui s’aventure au pied du rocher. Pour le visiter, on conseille plutôt de gravir le petit mont Joli, où la vue est superbe et permet d’en apprécier toute la splendeur. Le secteur Charles-Robin est situé en ville, près du quai. C’est là que vous pourrez visiter le centre de découverte du parc ainsi que d’autres bâtiments d’interprétation. De l’autre coté de la rue du Quai, vous aurez le choix entre quelques bateliers qui vous emmèneront à l’île. Tous vous proposeront le même itinéraire, soit de longer le rocher et son célèbre trou, de faire le tour complet de l’île pour observer les falaises et leurs innombrables oiseaux, et de vous débarquer au seul quai de l’île. À votre arrivée sur celle-ci, vous serez accueilli par un guide-naturaliste qui vous donnera quelques consignes à respecter. C’est le temps d’enfiler votre sac à dos. L’île comprend quatre sentiers, tous vous menant à la colonie de fous de Bassan. Le plus connu et le plus utilisé est le sentier des Colonies, qui y mène directement. Mais nous vous conseillons plutôt de faire le tour complet de l’île en utilisant le sentier des Mousses et le Chemin-du-Roy. Cet itinéraire, admissible au Certificat du randonneur émérite québécois, est celui qui vous offrira les plus beaux paysages, bien qu’il demande plus de temps, avec ses 8,2 km. Prévoyez de quatre à cinq heures sur l’île si vous voulez profiter de tout ce qu’elle a à offrir et pour passer un peu de temps à observer la faune. La première partie du sentier des Mousses traverse l’île au complet, mais environ 30 minutes après votre départ, vous serez déjà rendu de l’autre coté, au-dessus de la falaise. En longeant celle-ci, vous arriverez à la colonie de fous de Bassan, non sans

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l’avoir entendue et humée bien avant d’y arriver. Il y a quelques années, avec ses 60 000 couples nicheurs, c’était la plus grande colonie au monde; mais on a dénombré un déclin de 21 % des couples nicheurs depuis deux ans. L’une des causes possibles est le déversement de pétrole dans le golfe du Mexique en 2010, lieu d’hivernage de 25 % de la population de l’île. Plusieurs guides-naturalistes sont sur place durant la journée; n’hésitez pas à discuter avec eux. Vous apprendrez ainsi plein de faits sur la vie des fous de Bassan, des choses étonnantes, et même émouvantes. Vous apprendrez qu’un oisillon qui s’éloigne du nid, ne serait-ce que de quelques mètres, ne pourra pas y revenir. Ses propres parents l’en empêcheront, car il sera alors considéré comme un intrus. Donc, si vous voyez – et vous en verrez – un bébé seul sur le sentier ou dans la forêt, vous saurez qu’il est condamné à mourir de faim : dure loi de la nature. Le Chemin-du-Roy est la continuité du sentier précédent. Il longe la colonie au complet, offrant plusieurs points de vue ainsi qu’un belvédère. Vous entrerez ensuite dans une forêt de « fantômes », celle-ci ayant subi, comme plusieurs endroits sur l’île, des épidémies d’insectes. Un peu plus loin, vous aurez accès à la mer en utilisant l’escalier qui mène à la baie des Marigots. C’est un excellent endroit pour casser la croûte. En revenant du coté ouest de l’île, vous sortirez de la forêt pour parcourir une longue prairie. Chemin faisant, vous aurez les plus belles vues du rocher Percé avec, au premier plan, des champs d'épilobes roses à perte de vue. En prenant vos photos, écoutez bien les cris qui viennent de la mer et approchez-vous doucement du bord. Si vous y êtes en août ou en septembre, il y a de fortes chances que des dizaines de phoques gris soient tout juste à vos pieds. Les deux derniers kilomètres vous ramèneront au quai où vous attendra le bateau. www.parcsquebec.com


DÉCOUVERTE ➤

Parc régional Obalski

Un paysage forgé par les feux de forêt

➤ « Les bleuets seront nombreux encore cette année ! », me lance madame Simard, la toute première marcheuse que je croise lors de ma randonnée sur le sentier Kiwanis dans le parc régional Obalski à Chibougamau. Originaire du Lac-Saint-Jean, mais devenue Jamésienne depuis quelques décennies, madame Simard ose même me faire une confidence : « Ils sont meilleurs que ceux du Lac-Saint-Jean ». Texte et photos : France Rivet

N

otre rencontre, en ce matin du début de juin, survient au moment où je m’apprête à traverser un brûlis. Madame Simard m’explique que ce brûlis est celui de 2005, durant lequel l’incendie a ravagé près de 50 % de la forêt du parc régional Obalski et s’est dangereusement approché de Chibougamau. « Heureusement que le vent soufflait en direction opposée », continue-t-elle en me pointant les toits de la ville, qui sont à moins d’un kilomètre derrière moi. « La région est sujette aux feux de forêt du fait qu’il y a très peu de pluie au printemps. Le sol est donc très sec et un rien risque d’allumer un feu. Je me réjouis de voir que la forêt de conifères qui était ici se transforme tranquillement en forêt de feuillus. Juste un peu plus bas j’ai repéré de belles talles de bleuets. J’y reviendrai faire la cueillette », termine-t-elle avant de repartir en direction de la ville, et moi, en direction du brûlis.

Les panneaux d’interprétation qui ont été installés le long du sentier me permettent d’apprendre que le feu de 2005 a été causé par un incendiaire, a détruit 1 288 hectares de forêt, et a nécessité 20 jours pour qu’on puisse l’éteindre. Huit ans plus tard, la vie a repris son cours. Les sentiers ont été nettoyés et une coupe de sécurité de 20 mètres a été faite afin d’enlever les arbres qui représentaient un danger pour les usagers du parc. Un total de 40 000 mètres cubes de bois brûlé a été récolté. Les mêmes espèces de conifères ont été plantées et de nouvelles ont été introduites afin de créer une diversité dans le parc. Une bande coupe-feu a également été établie

en plantant deux espèces de feuillus. Je déambule le long du sentier où, d’un côté comme de l’autre, le vert tendre des feuilles des arbres feuillus qui s’installent tranquillement offre un fort contraste avec la noirceur des troncs calcinés qui témoignent encore du passage du feu. Puis, j’arrive à un point d’observation qui offre une vision frappante de l’ampleur du feu, lui qui est passé partout où mon regard se porte. De cet emplacement, je crois repérer l’endroit où madame Simard a vu les plants qui lui fourniront les bleuets de ses futures tartes. Je m’y dirige et m’y arrête quelques instants pour remarquer qu’en plus des bleuets, le thé du Labrador y abonde. Chanceuse ! Madame Simard pourra également y cueillir les feuilles du thé qui accompagnera ses desserts. Arrivée aux abords du Petit lac Gilman, j’en profite pour casser la croûte à l’aire de repos. La présence du lac n’a pas arrêté la progression du feu, ses deux rives ayant été incendiées sur au moins les deux tiers de sa longueur. Presque 4 km des 9,4 km du sentier Kiwanis traversent le brûlis situé dans le secteur sud-ouest du parc. Les panneaux d’interprétation qui y ont été installés nous permettent de mieux comprendre le rôle que jouent les feux dans le cycle de la forêt boréale et l’importance qu’ils ont pour tous les organismes qui y vivent. Chaque été, nous entendons parler des feux qui font rage au nord dans la forêt boréale. Cette promenade, qui s’est étirée sur près de six heures, était ma première véritable opportunité d’en constater les conséquences de visu lors d’une randonnée pédestre. Un autre des grands intérêts du sentier Kiwanis fut qu’après m’avoir fait découvrir la forêt boréale dévastée et en régénération, le secteur est du sentier m’a menée à la découverte de deux autres stades de la forêt boréale : une forêt mature et une forêt ancienne. Le moment culminant de ma promenade fut de découvrir, du belvédère qui mène vers le lac Stevenson, la vue sur le lac Gilman, Chibougamau et la forêt boréale dans toute sa splendeur. Le réseau des sentiers a été certifié par la Fédération québécoise de la marche. Été2013 – MARCHE RANDONNÉE – 19


➤ DÉCOUVERTE

Le Rallye des rivières

Pour découvrir les secrets de la rivière des Mille ÎleS ➤ Le 4 juin 2012, le Centre d’interprétation de l’eau (C.I.EAU) inaugurait le Rallye des rivières, une toute nouvelle activité récréotouristique visant à permettre au public de découvrir les diverses facettes de la rivière des Mille Îles. Pour ce faire, treize bornes ont été réparties dans six municipalités, et ce, sur une distance totale de 65 km. Sept bornes sont situées à Laval, du côté sud de la rivière, les six autres se trouvent du côté nord, dans les municipalités de Saint-Eustache, Boisbriand, Rosemère, Lorraine et Terrebonne. Texte et photos : France Rivet

L

’emplacement de chaque borne a été établi de façon à permettre aux participants de se familiariser avec un aspect environnemental, social ou historique propre à la rivière des Mille Îles ou à certains de ses tributaires. Chaque arrêt permet donc de découvrir une aire de conservation, un lieu de détente, un moulin ou barrage, une plage, un milieu humide, une station d’eau potable et d’eaux usées, ou encore un événement historique. Cinq circuits, variant de 30 à 65 km, sont proposés et peuvent être effectués en voiture, à vélo ou à moto. Les développeurs du rallye ont également pensé aux randonneurs pédestres que nous sommes en proposant un circuit de 18 km reliant cinq de ces bornes. C’est donc munie de mon carnet du randonneur, recueilli au C.I.EAU dans le Vieux-Sainte-Rose, que j’ai entrepris, en une journée de canicule du mois de juin, d’effectuer ce trajet. La première section, entre la Berge des Baigneurs à Laval et le Marécage Tylee à Rosemère, étant de 2,5 km, je devais, selon Google Maps, pouvoir la parcourir en 30 minutes environ. Cela dit, j’ai eu la surprise de constater qu’en réalité, j’y avais mis trois fois plus de temps, soit une heure et demie. La raison était bien simple : à peine avais-je entrepris ma marche que, le long du sentier récréatif menant au pont du boulevard Curé-Labelle, j’ai croisé une famille de canards branchus ainsi que des tortues qui se faisaient dorer au soleil. Évidemment, je n’ai pu m’empêcher de m’attarder à prendre des photos. Puis, une fois rendue au Marécage Tylee, le site était tellement agréable que j’en ai profité pour parcourir les passerelles et les sentiers, lire les panneaux d’interprétation et essayer de répondre aux questions apparaissant sur la borne et dans le carnet du randonneur. Après tout, l'objectif recherché par ce rallye est que les gens s'arrêtent aux divers endroits pour apprécier le décor, s'instruire et être sensibilisés aux enjeux auxquels nos rivières font face. À ce rythme, il est vite devenu évident que je complèterais le circuit bien après le coucher du soleil ! Avec la chaleur accablante qui sévissait, j’ai conclu que ce n'était tout simplement pas la bonne journée pour relever le défi de ce long trajet à pied. J’ai donc opté pour 20 – MARCHE RANDONNÉE – Été2013

revenir sur mes pas et relier les quatre bornes restantes en voiture. Cette approche me permettrait de passer plus de temps à découvrir chacun des points d’intérêt proposés. Je n’ai pas regretté ma décision. La troisième borne, située à la rivière aux Chiens à Lorraine, se trouvait à environ 4 km à l’est du Marais Tylee. J’y ai fait une autre belle découverte : un trottoir de bois sur pilotis permet de longer cette rivière sur une distance d’environ 600 m. Trois belvédères et pavillons avec vue sur la rivière des Mille Îles offrent la possibilité de s’arrêter pour profiter de ce milieu boisé. De plus, tel que nous le fait remarquer la borne du rallye, dans cet environnement typique d’un confluent, on voit la différence de couleurs entre les deux cours d’eau qui s’y rencontrent, soit la rivière aux Chiens et la rivière des Mille Îles. En route vers la quatrième borne, la station d’épuration des eaux d’Auteuil, je me suis permis de faire un arrêt à la Berge Perron, un parc de la municipalité de Bois-des-Filion. Ce parc est situé en plein quartier résidentiel et longe la rivière des Mille Îles entre la 47e Avenue et le pont Athanase-David. Les panneaux d’interprétation nous y apprennent que nous nous trouvons là où jadis des plages attiraient de nombreux villégiateurs et baigneurs. Toutefois, les fréquentes inondations que subissaient les riverains ont forcé, dans les années 1970, la création des digues sur lesquelles nous marchons aujourd’hui. De retour en voiture, quelques minutes plus tard, j’étais de retour sur la rive sud de la rivière des Mille Îles. Après un arrêt à la station d’épuration d’Auteuil, je me suis dirigée vers la cinquième borne, celle des Berges Jacques-Cartier et Idéale. Ici aussi, le calme de l’endroit donne peu d’indication sur l’intense activité de villégiature de jadis alors que des milliers de baigneurs et d’amateurs de fête venaient profiter des foires, de la salle de danse et du casse-croûte. Lors de ma visite, les abords de la rivière étaient vacants, sauf pour un pêcheur qui y taquinait le poisson et un héron bleu qui attendait patiemment que son prochain repas passe tout près.


DÉCOUVERTE ➤

Sentiers du Marais Tylee

Berges Jacques-Cartier et Idéale

profiter de sites enchanteurs tout en prenant Le dernier tronçon du parcours qui conscience de l’importance de protéger nos ramène au point de départ, la Berge des cours d’eau et de consommer l’eau de façon Baigneurs, s’avère le plus long avec une responsable. distance de 5,4 km. Bien que je l’aie franchi Même si j’ai parcouru moins de la en voiture, j’ai malgré tout remarqué qu’il moitié des bornes intégrées au Rallye constitue la partie la plus « sauvage » des rivières, ma curiosité a néanmoins du parcours et n’offre aucun point de été piquée et j’entrevois avec plaisir l’idée ravitaillement. Donc, si vous comptez faire de retourner découvrir les autres points ce rallye entièrement à pied, avant de d’intérêt. Je verrai en temps et lieu quelle vous engager sur l’avenue des Terrasses, Tortue se faisant dorer au soleil sera la formule idéale pour me déplacer assurez-vous d’avoir suffisamment d’eau. d’une borne à l’autre mais, une chose est Il vous faudra également redoubler de prudence puisqu’il n’y a pas de trottoir sur une bonne partie de certaine, je vais me réserver suffisamment de temps pour bien explorer chaque site en marchant. ce tronçon. De retour au point de départ, si ce n’est déjà fait, pourquoi ne pas visiter le C.I.EAU pour découvrir le monde de l’eau et Pour en savoir plus sur le Rallye des rivières : démystifier la production de l’eau potable et le traitement des www.cieau.qc.ca/CIEAU_RR-accueil.html eaux usées ? C’est un beau complément à cette journée entière à Coût du carnet du randonneur : 5 $

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➤ DÉCOUVERTE

Parc national du Canada

de la Mauricie

La Maurice version nature

Texte et photos : Claude P. Côté

➤ S’il est un lieu de nature dont la réputation n’est plus à faire, c’est bien celui du parc national du Canada de la Mauricie. Son relief accidenté et ses nombreux lacs en font une représentation magistrale de l’héritage laurentien. Point de rencontre entre la forêt du sud et celle du nord, le parc forme une aire préservée de 536 km2, représentative des régions les plus méridionales du bouclier canadien.

B

ien que l’endroit soit largement reconnu pour ses activités de canot-camping, la randonnée pédestre n’en constitue pas moins l’activité la plus populaire du parc. Avec ses 14 sentiers totalisant plus de 100 km de parcours, le parc national du Canada de la Mauricie ne manque pas d’attraits pour l’amateur de marche, quel que soit son niveau.

Le réseau des sentiers est partagé en deux secteurs principaux, aux extrémités est et ouest du parc. Les visiteurs du secteur ouest ne manqueront pas les parcours avoisinants le lac Wapizagonke, dont le sentier des Falaises (3,7 km) et ses splendides points de vue embrassant cette longue étendue d’eau, qui se déploie sur plus de 16 km. Du côté est, adossé à la rivière Saint-Maurice, le secteur de la Rivière-à-la-Pêche est au cœur du plus vaste réseau de sentiers du parc. Le sentier Mékinac (11 km) longe les terrasses d’argile de la rivière Saint-Maurice, vestige de la mer de Champlain. Un long 22 – MARCHE RANDONNÉE – Été2013

pont flottant permet de franchir les eaux calmes de l’imposante embouchure du ruisseau Bouchard, un spectacle inusité avec la couverture de nénuphars en bordure du pont. Les plus hardis profiteront du sentier des Deux-Criques (17 km) qui, en récompense de ses montées ardues, propose d’accéder à des crêtes panoramiques en haut des plus hauts sommets du secteur. En supplément, ce sentier vous propose les extravagantes cascades du ruisseau du Fou. Bien qu’on ait fermé le sentier Laurentien l’an dernier, une rude randonnée de 75 km dans l’arrière-pays, voici que trois nouveaux circuits se sont ajoutés au répertoire des parcours du parc. Ces sentiers tout neufs sont de belles boucles de niveau intermédiaire et ils débutent tous derrière le pavillon de services de Rivière-àla-Pêche. Les circuits Lac-solitaire (5,5 km), Ruisseau-Bouchard (8,3 km) ou Lac-du-Pimbina (13 km) mènent à des sites d’une grande beauté et aux panoramas saisissants. Chaque tracé fait découvrir des plans d’eau magnifiquement encavés entre les montagnes. Riche de nombreux trésors naturels, le parc national du Canada de la Mauricie ne demande qu’à être découvert ou redécouvert par les amateurs de plein air. Une équipe de naturalistes chevronnés propose des activités fort instructives sur la faune et la flore du milieu. Pour s’y rendre Entrée est : autoroute 55, sortie 226 en direction de Saint-Jeandes-Piles / Entrée ouest : autoroute 55, sortie 217 en direction de Saint-Mathieu-du-Parc Renseignements 819 538-3232 www.parcscanada.gc.ca/mauricie


Été2013 – MARCHE RANDONNÉE – 23


➤ DÉCOUVERTE

Parc de la rivière Batiscan ➤ Avec un réseau de plus de 25 km de sentiers disposés de part et d’autre de l’une des plus importantes rivières en Mauricie, le parc de la rivière Batiscan a de quoi ravir les visiteurs désireux de s’imprégner de ce coin de pays.

Texte et photos : Claude P. Côté

S

itué à la rencontre des formations géologiques du bouclier canadien et des basses terres du Saint-Laurent, le relief tourmenté de la rivière Batiscan a largement contribué à la réputation de cet affluent. Il suffit d’emprunter les sentiers qui le côtoient pour être envoûté par ses multiples cascades et ses nombreuses chutes. Après avoir parcouru les sentiers riverains du secteur de l’accueil Saint-Narcisse, poursuivez votre randonnée jusqu’au sentier Le Buis; vous apprécierez la quiétude de ce grand bassin formé par la retenue des eaux du barrage hydroélectrique. En amont, la nature indomptée de la rivière refait abruptement surface pour offrir toute une cascade de tumultueux rapides : un spectacle qui vaut qu’on s’y arrête, plus particulièrement dans le secteur de la chute des Ailes, qui mérite à lui seul le détour. Plus haut sur le turbulent cours d’eau, un pont costaud relie les deux rives de l’ancien village Murphy, un hameau aujourd’hui disparu. La nature a si bien reconquis ce territoire qu’il est difficile d’imaginer qu’une agglomération de 60 habitations s’élevait jadis en ce lieu. Ce village ouvrier fut complètement déserté lorsque la compagnie Price, en 1899, ferma l’unique moulin à scie pour le déménager à Batiscan. Les sentiers sont, dans l’ensemble, bien balisés, à l’exception du secteur de l’entrée de Sainte-Geneviève où la signalisation est déficiente. En dehors de son réseau de sentiers, le parc ne manque pas d’attraits. Le visiteur sera saisi d’étonnement en pénétrant à l’intérieur d’une marmite de géant vieille de 11 000 ans, un phénomène géologique captivant. Il est possible aussi de visiter les vestiges de l’ancienne centrale hydroélectrique construite en 1897, une des trois plus vieilles au Québec. On ne saurait manquer l’exposition d’interprétation du territoire, au pavillon

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d’accueil du secteur du barrage. On peut poursuivre en visitant le site du papillon monarque et la maternité de chauves-souris, une colonie qui peut compter jusqu’à 6 000 spécimens. Les adeptes d’adrénaline apprécieront les défis de la « Via Batiscan » avec sa via ferrata, ses parcours d’arbre en arbre et ses tyroliennes. Pour bien profiter de l’endroit, il est donc réaliste de prévoir y séjourner plus d’une journée. Sachez que le parc dispose de 180  emplacements de camping (rustiques, semi-aménagés ou avec services) répartis en trois secteurs distincts. Il est possible aussi de dormir en tente prospecteur ou en yourte. Mentionnons finalement que le parc de la rivière Batiscan a remporté plusieurs lauréats régionaux au cours des dernières années, que ce soit comme site d’hébergement de camping, site de plein air ou pour l’excellence de ses services. Renseignements : 418 328-3599 – www.parcbatiscan.com Le réseau des sentiers a été certifié par la Fédération québécoise de la marche.


DÉCOUVERTE ➤

Les sentiers du

Mont-Bélanger

Au-dessus des éboulis, une forêt ancienne ➤ C’est un art de tracer un sentier qui sait mettre en valeur les particularités à la fois de la végétation et des paysages. Situés dans la région de Mégantic, dans les Cantons-de-l’Est, les sentiers du Mont-Bélanger en font une démonstration éloquente. Cette destination surprenante vaut assurément le détour par Saint-Robert-Bellarmin. Texte : Audrey Roussin Photos : André Piette

C

’est dans un écosystème d’une grande richesse que se dresse le mont Bélanger, à 920 m d’altitude. Il s’agit d’une initiative de la Municipalité, qui désirait rendre à la population l’accès à ce joyau naturel dans l’arrière-pays montagneux de Saint-Robert-Bellarmin. C’est ainsi qu’on inaugurait, en juin 2011, au grand bonheur des randonneurs, ce nouveau et charmant lieu pédestre. Les sentiers du Mont-Bélanger comptent au total 19 km et invitent à la découverte d’attraits très variés : lac, marais, érablière, éboulis, affleurements rocheux et forêt ancienne. Vous aurez l’occasion d’y créer votre propre parcours, selon vos intérêts. D’abord, le sentier suit la berge du lac Émilie sur 2 km, d’où vous aurez une vue sur le lac et les marais, pour ensuite aboutir dans une magnifique érablière en exploitation. Saviezvous que la région de Mégantic est l’une des régions québécoises où l’on trouve le plus grand nombre d’entailles au Québec ? Après le Sentier de l’Érablière, le Sentier des Éboulis mène, comme son nom l’indique, à des éboulis spectaculaires à la frontière états-unienne. Arrêtez-vous un instant; peut-être aurez-vous la chance d’y observer des rapaces, tels que des urubus, des aigles et des faucons. Le parcours se poursuit sur le Sentier de la Face de Singe, d’une longueur de 5 km. La montée est abrupte, mais conduit à deux saisissants points de vue. Le premier vous donnera un coup d’œil imprenable sur les éboulis, sur les monts Sainte-Cécile (887 m) et Mégantic (1 105 m), de même que sur les nombreuses montagnes du Maine, au loin. Le second offre un panorama éblouissant sur le lac Émilie, sis au creux de la vallée et derrière laquelle se dissimulent le mont Mégantic et le parc éolien de Saint-Robert. Au loin, les quarante éoliennes installées depuis l’été 2011 ne choquent surtout pas; elles habillent plutôt délicatement le paysage. Puis, vers le sud, ce sont les sommets du Maine qui s’imposent, dont les monts Katahdin (1 606 m), point culminant du Maine, Sugarloaf (1 295 m) et Bigelow (1 263 m). Après avoir savouré pleinement ce moment, arpentez le sentier de fougères, d’où vous aurez le choix de partir en direction du sommet pour un aller-retour de 7 km, ou de vous diriger directement vers la forêt ancienne où un troisième point de vue panoramique vous attend. La forêt ancienne du Lac-Émilie, écosystème forestier exceptionnel qui fut créé en 2005, couvre 4,6 km². Une forêt ancienne est une forêt qui n’a jamais subi de perturbations majeures et dans laquelle vivent de très vieux arbres. Dans ce cas-ci, les arbres atteignent 200 ans. On y trouve l’épinette blanche, le bouleau jaune et le sapin baumier. Attardez-vous au sous-bois qui camoufle des espèces intéressantes, telles que l’oxalide des montagnes, le pigamon pubescent, la salsepareille, la trientale boréale, de même que la viorne d’aulnes. Le parcours se termine sur le Sentier de la Passe, où il ne vous reste que 3,7 km avant de revenir à l’accueil. Faites-y une halte à la roche pleureuse, une jolie cascade. ➤A  ccès : pour s’y rendre, il faut emprunter la route 204 jusqu’à Saint-Robert-Bellarmin et suivre les indications pour Les sentiers du Mont-Bélanger. Le lieu est ouvert gratuitement au public de la mi-mai à la mi-septembre. — Les sentiers du Mont-Bélanger font maintenant partie du tracé alternatif de la Route des Sommets, circuit thématique d’une longueur de 157 km, situé en plein cœur de la première Réserve internationale de ciel étoilé et où les sommets sont à l’honneur. Huit autres sommets sont accessibles à pied, dont deux en véhicule. www.routedessommets.com ➤ Hébergement : sur place, on trouve une tente prospecteur pouvant accueillir une dizaine de personnes, cinq emplacements de camping rustique à proximité du lac Émilie et deux emplacements supplémentaires en altitude, tout près du sommet du mont Bélanger. Le coût est de 15 $ par nuitée. — Pour trouver un autre type d’hébergement dans la région, consultez www.tourisme-megantic.com. Profitez de votre passage dans la région pour faire un arrêt au tout nouveau Centre d’interprétation de l’érable, « L’Érable à son meilleur », pour y déguster des produits du terroir, dont des boissons alcoolisées à base de sirop d’érable… Un délice ! Été2013 – MARCHE RANDONNÉE – 25


➤ DÉCOUVERTE

Le banc de sable Texte et photos : France Rivet

➤ « Oui ! Oui ! Ces photos ont bel et bien été prises au Québec. C’est le banc de sable de Portneuf, sur la Côte-Nord, à mi-chemin entre Tadoussac et Baie-Comeau », dois-je expliquer à des amis incrédules devant les photos qu’ils croient provenir de plages américaines.

D

’une longueur de 4,5 km et d’une largeur moyenne de 250 m, le banc de Portneuf était, à l’origine, trois îles. Avec l’action des vagues et des courants, tant du fleuve Saint-Laurent que de la rivière Portneuf, ces îles se sont vues transformées en une flèche littorale. Le meilleur point de vue sur le banc est sans contredit celui du belvédère du Mériscope, Centre d’étude sur les mammifères marins, situé au sommet d’un promontoire. Du haut des 208 marches qui y donnent accès, nous obtenons une vue d’ensemble exceptionnelle sur la géographie du site : l'embouchure de la rivière Portneuf, la pointe des Fortin (plage de sable située du côté est de la rivière), le banc de sable (situé du côté ouest), les marais salés et, bien évidemment, le fleuve Saint-Laurent.

La plage de la pointe des Fortin

Dans un premier temps, puisque nous ne disposons que de deux heures, nous décidons de descendre l’escalier donnant accès à la pointe des Fortin, un milieu dunaire qui s'avance de 500 m dans l'estuaire du Saint-Laurent et dont la plage de sable de 13 km mène jusqu’au village voisin, Forestville. Ayant aperçu un nuage de bécasseaux virevolter à l’extrémité de la pointe, nous tentons notre chance en nous dirigeant dans leur direction. Les bécasseaux sont partis avant notre arrivée, mais nous réussissons à repérer la multitude de traces qu’ils ont laissées dans le sable. En fait, la présence d’une vingtaine d’espèces d’oiseaux de rivage est l’un des attraits principaux du banc de sable de Portneuf. 26 – MARCHE RANDONNÉE – Été2013

Elle en fait un des hauts-lieux ornithologiques du Québec, plus spécifiquement lors de la migration automnale. Le banc est également considéré d'importance mondiale puisque certains oiseaux de rivage y atteignent ou dépassent le seuil de 1 % de la population mondiale lors de leur passage. C’est le cas du pluvier argenté, du bécasseau minuscule, du bécasseau sanderling, du bécasseau à croupion blanc, du bécasseau semi-palmé et du tournepierre à collier. Sur le chemin du retour, nous en profitons pour longer les falaises de sable qui caractérisent la pointe des Fortin. Le sable qui compose le banc de Portneuf proviendrait en partie de ces falaises qui subissent une forte érosion. Cette dernière est suffisamment importante pour que les responsables du Mériscope aient déjà commencé à planifier le recul de certaines de leurs installations. Quelques jours plus tard, voici l’heure venue pour nous de parcourir les 4,5  km du banc de sable. Pour y accéder, nous nous rendons au kiosque d’accueil, dans le village de Portneufsur-Mer. Notre promenade débute en empruntant la plage, puis, arrivés à la hauteur du premier de trois îlots boisés, nous décidons de bifurquer et de longer le marais situé entre le village et le banc de sable. Notre espoir d’apercevoir quelques espèces d’oiseaux s’amenuise jusqu’à ce que nous apercevions une cache fabriquée avec des branches d’arbres. Dissimulés derrière cette structure temporaire, nous observons les limicoles qui vont et viennent aux abords du marais. Puis, déjà, l’heure de continuer notre route a sonné. La randonnée vers l’extrémité est un peu plus longue que prévue puisque le trajet côté marais s’avère plus sinueux que celui côté plage. À deux reprises, nous devons même retirer nos souliers pour traverser des étangs d’eau et ainsi éviter de grands détours. Il y a aussi les quelques arrêts pour photographier les multiples plantes de rivage qui caractérisent le banc de sable qui nous ralentissent quelque peu. Finalement, nous arrivons à l’extrémité du banc après trois heures de marche. Nous prenons le temps de nous asseoir sur un gros tronc d’arbre et manger les quelques provisions emportées, puis nous revoilà repartis sur le chemin du retour, cette fois-ci empruntant le côté plage.


de Portneuf

DÉCOUVERTE ➤

Un patrimoine naturel unique

Vue du belvédère du Mériscope

Les oiseaux limicoles sont en plus grand nombre de ce côté-ci alors que la marée est montante. Nous nous plaisons à les observer s’alimentant dans le sable balayé par les vagues. Certains oiseaux sont si bien camouflés que leurs mouvements nous surprennent alors qu’ils sont tout près de nous. C’est le cas, entre autres, de trois pluviers semi-palmés. Je prends la chance de m’asseoir sur un tronc d’arbre pour les observer. À ma surprise, les trois oiseaux en font autant. Ils s’écrasent bien confortablement dans un nid d’algues séchées, puis ils m’observent. Intéressant ! Après 10 minutes, je dois reprendre ma route. Un jour, il me faudra revenir dans le but spécifique de prendre ces sympathiques oiseaux en photo. À mi-chemin, nous croisons un canard noir qui est au bord de l’eau et qui semble blessé. Nous nous approchons tranquillement de lui. Il agite la tête et le cou et ouvre son bec bien grand, mais aucun son ne sort. A-t-il une aile brisée ? Une patte brisée ? Nul

ne le sait, mais on comprend que notre présence le stresse. Que devrait-on faire ? Essayer de le remettre à l’eau ? L’abandonner sur la plage ? Nous décidons de continuer notre route. Quelques instants plus tard, nous apercevons un contenant en plastique sur la plage. Une fois bien nettoyé, nous le remplissons d’eau, puis retournons en direction du canard qui est toujours immobile. Le soleil plombe fort aujourd’hui. Nous espérons que l’arroser d’eau le rafraîchira quelque peu. Mais dès qu’il reçoit les premières gouttes, peu importe son problème, il réussit à trouver suffisamment de force pour se lever et, en une fraction de seconde, il est de retour sur l’eau. L’eau est probablement un milieu plus sécuritaire pour lui. Enfin, nous l’espérons. Notre randonnée, d’une durée de cinq heures, nous aura permis de croiser moins d’une douzaine de personnes. Ce sont sans contredit les clins d’œil que la faune aviaire nous a faits qui resteront gravés dans notre mémoire.

Été2013 – MARCHE RANDONNÉE – 27


Lac aux Chevaux Le sentier du Lac-Solitaire et celui du Ruisseau-Bouchard font un bout de chemin ensemble pour conduire le randonneur à ce point de vue, un des joyaux du Parc national du Canada de la Mauricie. Serti dans un écrin de verdure, le lac aux Chevaux accroche le regard et séduit quiconque passe sur ce promontoire rocheux. On a envie de rester sous son charme, à l’ombre des pins, à le contempler pendant des heures.

Photo : Claude P. Côté 28 – MARCHE RANDONNÉE – Été2013


PAYSAGE DU QUÉBEC ➤

Été2013 – MARCHE RANDONNÉE – 29


Photo : LMI – Daniel Pouplot

➤ Destinations

Par Nicole Blondeau

RANDONNÉES EN ÉTOILE Sentier du Réflecteur

Photo : LMI – Daniel Pouplot

Camp de base : Rouyn-Noranda

Sentiers pédestres Opasatica

Photo : LMI – Daniel Pouplot

➤ En couple, en famille ou entre amis, la randonnée fait de plus en plus souvent partie des vacances, car elle marie merveilleusement bien activité physique, découverte et contact avec la nature. Certains partent pour une, deux, voire plusieurs semaines, transportant dans leur sac à dos tout ce qu’il leur faut pour se loger et se nourrir. D’autres préfèrent les excursions d’une journée, car elles exigent moins d’organisation et permettent de randonner sans porter un lourd sac à dos. Les suggestions qui suivent vous offrent l’opportunité de faire plusieurs jours de randonnées, tout en logeant au même endroit. Que vous séjourniez en auberge ou en camping, à la fin de chaque excursion, vous pourrez retourner à votre « camp de base ».

Abitibi-Témiscamingue

Capitale et cœur urbain de la région, Rouyn-Noranda offre tous les types d’hébergement, du plus rustique au plus luxueux. On y trouve toutes les commodités, activités et attractions d’une grande ville, avec de beaux grands espaces naturels à proximité, comme par exemple le Parc national d’Aiguebelle, Les collines d’Alembert et le Parc-Aventure Joannès. Parmi les autres lieux de marche, voici deux suggestions : Sentier du Réflecteur : c’est le plus populaire de tout le réseau pédestre des Collines Kékéko. Après avoir marché pendant une quinzaine de minutes sur un large chemin gravelé, on emprunte un étroit sentier qui grimpe sur 615 m de dénivelé pour atteindre le Nid de l’Épervier, une tour d’observation offrant un panorama de 360 degrés. ➤ Longueur : 2,4 km aller seulement ➤ Accès : suivre la route 391 sur 12 km environ. Le stationnement est sur la droite. ➤ Info : 819 797-3195 www.cegepat.qc.ca/sitekekeko Sentiers pédestres Opasatica : les sentiers sillonnent la crête d’une bande de terre qui s’avance dans le lac Opasatica. Plusieurs belvédères et points de vue offrent de magnifiques panoramas sur le lac et les environs. Les sentiers sont ornés de lichens et de mousses. On y rencontre aussi des dalles et des affleurements rocheux, ainsi qu’une grotte qui peut servir d’abri. ➤L  ongueur : réseau totalisant 14 km ➤ Accès : suivre la route 101 sud. À la jonction de la route 117, continuer sur la route 101 sur 6,3 km. Tourner à droite sur le chemin de la BaieVerte et faire 1,6 km pour atteindre le stationnement. ➤ I nfo : 819 797-2803 www.ville.rouyn-noranda.qc.ca 30 – MARCHE RANDONNÉE – Été2013


DESTINATIONS ➤ Complexe récréotouristique Baie-des-Sables

Photo : Marc-André Bédard

Camp de base : Lac-Mégantic

Magnifiquement située en bordure du vaste plan d’eau du même nom, la ville de Lac-Mégantic est entourée d’espaces naturels aussi variés qu’invitants. Les amateurs de randonnée en montagne apprécient particulièrement le Parc national du Mont-Mégantic, Les sentiers du Mont-Bélanger et le secteur du mont Gosford des Sentiers frontaliers. Pour des randonnées plus faciles, mais quand même intéressantes et jolies, voici des suggestions :

Photo : Municipalité de Marston

➤ Longueur : réseau totalisant 18,3 km ➤ Accès : prendre la route 161 nord, tourner à gauche sur la route 263 sud et faire 1 km. Tourner à gauche sur le chemin du Lac et continuer jusqu’au no 2370. ➤ Info : 819 583-3965 poste 2 – 819 583-3969 www.baiedessables.com

Le sentier Un lac au sommet

Le sentier Un lac au sommet : par ce sentier, on découvre plusieurs points de vue de la petite municipalité de Marston. On peut voir, entre autres, le lac Mégantic ainsi que le lac à Jos-Gilbert, entouré de curieuses crêtes. Un belvédère offre un bel endroit pour pique-niquer, et on traverse la rivière Victoria par une jolie passerelle suspendue peinte en rouge. ➤L  ongueur : 4,2 km, aller seulement ➤A  ccès : prendre la route 161 nord, tourner à gauche sur la route 263 sud et poursuivre jusqu’au stationnement Sports et Loisirs de Marston. ➤ I nfo : 819 583-0435 poste 101 www.munmarston.qc.ca

Photo : François Villemaire

Cantons-de-l'Est

Complexe récréo-touristique Baie-des-Sables : le lieu compte sept sentiers pédestres, jalonnés de panneaux d’interprétation de la nature, qui parcourent une belle forêt mixte à l’ombre bienfaisante lors des journées chaudes de l’été. Le Complexe offre également une panoplie d’activités, dont la baignade, ainsi que plus de 300 emplacements de camping, des chalets et des chambres.

Les sentiers du Clocher de Piopolis

Les sentiers du Clocher de Piopolis : un réseau de sentiers conduit dans la forêt et le marais. Au cours de la balade, on peut entendre sonner les cloches à chaque heure, d’où le nom des sentiers. On peut également voir des dessins et lire des textes de poètes de la région. Un trottoir de bois conduit à la découverte du marais et des bancs permettent de prendre une pause en contemplant le paysage. ➤L  ongueur : réseau totalisant 3 km ➤A  ccès : Piopolis est accessible par la route 263. Trois accès aux sentiers se trouvent le long de la rue Principale, au cœur de Piopolis. ➤ I nfo : 819 583-3953 – 819 583-3080 www.piopolis.ca

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Camp de base : Parc régional de la Forêt Ouareau

Sentier du Massif

Avec sa superficie de 150  km2, son relief montagneux et la rivière Ouareau qui le traverse, ce parc a tout pour séduire l’amant de la nature. Pour un hébergement rustique, le Parc offre camping, abris à trois faces (lean-to) et refuges. Les personnes qui préfèrent plus de confort trouveront auberges et gîtes dans les charmantes petites villes des alentours. Parmi les nombreuses possibilités de randonnée, voici trois suggestions :

Photo : LMI – Daniel Pouplot

➤ Destinations

Sentier du Murmure

Photo : LMI – Daniel Pouplot

Sentier du Mont-Ouareau

Photo : LMI – Leslie Gravel

Lanaudière

Sentier du Massif : on peut accéder à ce tronçon du Sentier national dans le secteur du Pont Suspendu, où il y a aussi un très beau terrain de camping. Le sentier du Massif serpente et ondule dans une belle forêt mixte, et des affleurements rocheux procurent de superbes points de vue sur les environs. On peut apercevoir, notamment, la petite ville de Notre-Dame-de-la-Merci et le mont Tremblant. ➤ Longueur : 26,5 km, aller seulement ➤ Accès : de Notre-Dame-de-la-Merci, prendre la route 125 sud, tourner à gauche sur le chemin du Canard-Blanc et faire 800 m pour atteindre le pavillon d’accueil. ➤ Info : 819 424-1865 – 1 866 484-1865 www.matawinie.org Sentier du Murmure : ce sentier prend son départ au même endroit que le précédent, mais se dirige dans la direction opposée. Il longe la rivière Ouareau qui coule en petites cascades, ajoutant de la musique au paysage, pour une randonnée toute en fraîcheur. Ce sentier est admissible au Certificat du randonneur émérite québécois. ➤ Longueur : 6 km, aller seulement ➤ Accès : de Notre-Dame-de-la-Merci, prendre la route 125 sud, tourner à gauche sur le chemin du Canard-Blanc et faire 800 m pour atteindre le pavillon d’accueil. ➤ Info : 819 424-1865 – 1 866 484-1865 www.matawinie.org Sentier du Mont-Ouareau : cet autre tronçon du Sentier national se situe en dehors du territoire du parc. En le parcourant au complet, on rencontre le lac Lemieux et le refuge Paul Perreault. Il est possible aussi d’effectuer une petite boucle qui conduit à deux très beaux points de vue sur la vaste étendue du lac Ouareau parsemé d’îles et sur les montagnes environnantes. ➤ Longueur : 13,1 km, aller seulement ➤ Accès : à 9 km au nord de Notre-Dame-de-laMerci par la route 125, le stationnement et l’accès se trouvent sur la gauche. ➤ Info : 450 834-5441 – 1 800 264-5441 www.matawinie.org

32 – MARCHE RANDONNÉE – Été2013


DESTINATIONS ➤ Photo : LMI – Sylvain Lavoie

Camp de base : Centre touristique du Lac-Simon

Sentier Iroquois

Renommé pour sa longue plage de sable blond bordant un des plus beaux lacs de la région, ce centre offre plusieurs emplacements de camping rustique, aménagé ou prêt-à-camper, ainsi que chalets et minichalets. On y trouve aussi un réseau de 16,7 km de sentiers pédestres, sillonnant un vaste domaine boisé. Panneaux d’interprétation, belvédères et points de vue agrémentent les parcours. Sentier Iroquois : comme une partie de ce tronçon du Sentier national se trouve sur le territoire du Centre touristique, on peut y accéder directement. En allant vers l’ouest, on rejoint le ruisseau Iroquois qu’on longe sur une bonne distance, puis on atteint les chutes du même nom, qui dégringolent en cascades d’une trentaine de mètres.

Photo : LMI – Sylvain Lavoie

Sentier Julie

Sentier Julie : une petite « grimpette » de 80  m de dénivelé conduit au sommet du mont Kajakokanak, où un vaste panorama s’ouvre sur le lac Gagnon et sa plage, l’île à Raisin et les collines environnantes. En revenant sur ses pas, on peut reprendre le sentier Julie et rejoindre le sentier des Pins, qui mène en haut d’une falaise offrant un autre beau point de vue. ➤ Longueur : 2,8 km, aller seulement ➤ Accès : de Duhamel, prendre le chemin du LacGagnon Ouest et faire 3 km. Tourner à droite sur le chemin du Lac-Gagnon Est et suivre les indications pour le Sentier Julie. ➤ Info : 819 428-7100 poste 226 – 819 428-7971 www.municipalite.duhamel.qc.ca

Sentier Caroline

Photo : LMI – Sylvain Lavoie

Outaouais

➤ Longueur : 6,5 km, aller seulement, du Centre aux chutes. ➤ Accès : au Centre touristique du Lac-Simon ou dans la municipalité de Duhamel. ➤ Info : 819 428-7100 poste 226 – 819 428-7971 www.municipalite.duhamel.qc.ca

Sentier Caroline : situé dans la Réserve faunique de Papineau-Labelle, ce sentier demande, lui aussi, une certaine dose de sueur pour grimper les 120 m de dénivelé permettant d’atteindre le sommet du mont Weskarini. Là-haut, on peut profiter d’une belle vue sur le lac Gagnon et le relief ondulé de la Réserve faunique. Au loin, il est possible d’apercevoir le mont Tremblant. ➤ Longueur : 3,2 km, aller seulement ➤ Accès : de Duhamel, prendre le chemin du LacGagnon Ouest et faire 3 km. Tourner à droite sur le chemin du Lac-Gagnon Est et suivre les indications pour le Sentier Caroline. ➤ Info : 819 428-7100 poste 226 – 819 428-7971 www.municipalite.duhamel.qc.ca

Été2013 – MARCHE RANDONNÉE – 33


Camp de base : SaintFerréol-les-Neiges

Sentier Mestashibo

Sentier des Chutes Jean-Larose

Photo : LMI – Daniel Pouplot

Sentier Mestashibo : ce tronçon du Sentier national, sur presque tout son parcours, longe la rivière Sainte-Anne, encaissée dans un relief accidenté. Le parcours traverse la rivière à deux reprises, grâce à deux longues passerelles suspendues, impressionnantes pour certaines personnes. Au milieu du sentier, une crête rocheuse est aménagée de deux belvédères.

Sentier Sainte-Anne

Photo : LMI – Leslie Gravel

La Côte-de-Beaupré, colonisée dès 1636, regorge d’attraits touristiques patrimoniaux et naturels. Destination de villégiature par excellence, Saint-Ferréol-les-Neiges accueille un grand nombre d’adeptes d’activités de plein air de toutes sortes. Auberges, gîtes, chalets, villas, condos, maisonnettes, camping, on trouve de tout pour s’héberger. Et pour de belles randonnées pédestres, voici trois suggestions :

➤L  ongueur : 12,8 km, aller seulement ➤A  ccès : un des accès se trouve à l’église de Saint-Ferréol-les-Neiges. ➤ I nfo : 418 822-3578 – 1 877 611-6145 www.mestashibo.com

Québec

Photo : LMI – Leslie Gravel

➤ Destinations

Sentier des Chutes Jean-Larose : c’est aux chutes Jean-Larose qu’aboutit le Sentier Mestashibo; mais nul besoin de le parcourir au complet pour les voir. Le Sentier des Chutes Jean-Larose se situe dans la Station MontSainte-Anne. Tout en renseignant sur la faune et la flore, il permet d’admirer l’impressionnante chute à différents niveaux grâce à des escaliers et des belvédères. ➤ Longueur : boucle de 3,9 km ➤ Accès : on accède à la Station MontSainte-Anne par la route 360. ➤ Info : 418 827-4561 – 1 888 827-4579 www.mont-sainte-anne.com Canyon Sainte-Anne : la rivière SainteAnne fait un plongeon de 74 m entre des parois rocheuses vieilles de 1,2 milliard d’années. Elle poursuit sa course en cascades au fond du canyon. Les gouttelettes d’eau qu’elle soulève sont très rafraîchissantes. Trois passerelles suspendues et plusieurs belvédères permettent de l’observer sous différents angles. Une activité d’aventure et des jeux d’énigmes sont proposés aux enfants. ➤ Longueur : réseau totalisant 3 km ➤ Accès : l’entrée se situe sur la route 138, à Beaupré ➤ Info : 418 827-4057 www.canyonsa.qc.ca

34 – MARCHE RANDONNÉE – Été2013


Été2013 – MARCHE RANDONNÉE – 35


➤ ÉQUIPEMENT

LES BOUSSOLLES Conseillères en orientation

Par David Desjardins

➤ Au milieu des bois, le GPS tombe en panne. Le soleil décline rapidement et la température aussi : voici venu le moment où l’on regrette de ne pas avoir emporté carte et boussole avec soi. Un léger recul technologique qui permet de mieux s’orienter en cas d’ennui.

D

ans l’ouvrage culte Traité du zen et de l’entretien des motocyclettes, l’auteur Robert M. Pirsig remarque très justement que notre rapport à la technologie comporte un côté pervers : nous souhaitons nous prévaloir de ses avantages, mais sans en connaître le fonctionnement. C’est ainsi que la plupart d’entre nous ignorons comment effectuer des tâches d’une extrême facilité sur nos véhicules, comme changer l’huile ou les plaquettes de freins. Pire encore, observe l’auteur, quand cette technologie vient à manquer, nous sommes soudainement démunis, comme des enfants qu’on aurait parachutés en pleine nature. Avec l’avènement des GPS, c’est un peu ce qui se produit. Nous plaçons une confiance parfois exagérée en ces gadgets, au demeurant fort pratiques, qui peuvent cependant faire défaut et nous placer en situation de crise. C’est ainsi qu’au milieu de la forêt ou d’un sentier mal balisé, si les piles venaient à flancher, on se retrouverait… comme des enfants parachutés en pleine nature… Il faudrait alors savoir manipuler carte et boussole, et les avoir sous la main. Ralph St-Laurent est technicien forestier et étudiant au baccalauréat en génie forestier, mais il est aussi coureur des bois amateur, et vendeur à temps partiel dans les boutiques Atmosphère. Il utilise la boussole et la carte au travail tous les jours. « Des fois, je pars en forêt, je sais plus ou moins où je suis, alors si jamais le GPS fait défaut – et ça arrive –, j’ai tout ce qu’il me faut. Et puis, la boussole, s’amuse-t-il, ça donne un p’tit côté rustique à l’expérience. » Un jeu d’enfant Non seulement l’apprentissage de l’utilisation de la boussole est facile, mais il est amusant. Ralph St-Laurent en évoque la rusticité, mais chercher ainsi son chemin renvoie aussi à l’enfance, aux cartes au trésor. Autrement, cela nous permet de beaucoup mieux comprendre le territoire sur lequel on évolue. Aussi, il est sage de faire plusieurs essais sous forme de jeu, et de ne pas attendre la panne de GPS pour sortir l’aiguille et son boîtier du fond du sac. On risque même d’avoir des surprises, « parce que souvent, les cartes physiques sont plus détaillées et plus à jour que celles qu’on télécharge dans les GPS », indique St-Laurent. « Au Québec, il y a beaucoup de rivières, de ruisseaux et de montagnes, ce qui facilite aussi l’orientation », ajoute-t-il. En gros, donc, une boussole, c’est une aiguille aimantée qui pointe vers le nord magnétique. Le plus souvent, elle se retrouve 36 – MARCHE RANDONNÉE – Été2013

à l’intérieur d’une capsule dans laquelle on peut retrouver de l’huile pour stabiliser le mouvement de l’aiguille. Le boîtier, lui, diffère d’un modèle à l’autre. Mais il est le plus souvent gradué aux côtés, afin qu’on puisse mesurer les distances sur la carte – grâce à l’échelle –, et serti d’un cadran indiquant les angles, 360  degrés au total, bien sûr. Il est aussi parfois muni d’une visée, ou d’un miroir qui permet de regarder la boussole dans celui-ci en pointant vers un endroit, un objet, une direction qu’on souhaite prendre. « Pour apprendre comment ça fonctionne, il existe des formations, mais YouTube regorge de vidéos explicatives. Il suffit d’une heure pour bien comprendre le fonctionnement de la carte avec la boussole », indique le technicien forestier. À condition, évidemment, de maîtriser ses bases. En sachant, par exemple, que le nord magnétique et le nord géographique diffèrent de quelques degrés, environ 18 au Québec : c’est la déclinaison magnétique. C’est le genre d’information nécessaire, qu’il faut connaître afin de ne pas empirer sa situation en cas d’urgence. Aussi on n’utilise généralement pas les mêmes boussoles dans les deux hémisphères, à moins de se procurer un modèle spécialement conçu à cet effet, et dont l’aiguille n’ira pas frotter indûment à l’intérieur de la capsule. Les conseils Bien qu’il s’agisse d’un objet simple, peu coûteux et plutôt rudimentaire (son fonctionnement a bien peu changé depuis son invention), quelques détails varient d’une boussole à l’autre et peuvent influer sur sa qualité ou son fonctionnement. Et si elle n’a pas besoin d’être plus grosse que quelques centimètres pour bien tenir dans la main, les boussoles minuscules sont déconseillées. « Leur aiguille pourrait être attirée par un bouton de métal sur un vêtement plutôt que par le nord magnétique », expose Ralph St-Laurent. « Je préfère me fier au soleil qu’à ces petits trucs-là », dit-il. Inutile, cependant, d’investir une fortune. Débourser entre 20 $ et 60 $ suffira amplement. Le miroir n’est pas non plus nécessaire si on n’achète une boussole que pour du dépannage, mais il ne nuira pas non plus. « Mais surtout, il faut avoir une bonne carte, qu’elle soit précise, et il faut s’assurer de la conserver au sec afin qu’elle soit utilisable », termine l’aventurier.


ÉQUIPEMENT ➤

Les modèles

Les experts consultés s’entendent : trois compagnies font l’unanimité en matière de boussoles.

➤ D’abord Suunto, qui produit une myriade de modèles, dont la A-10. Parfaite pour l’initiation, son corps de boussole est transparent et permet de voir la carte au travers. Il est gradué pour calculer les distances sur la carte, résistant aux impacts – 15 $

➤ Sa grande sœur, la A-30, est un peu plus grosse, comporte un contour du cadran phosphorescent ainsi qu’une loupe pour mieux distinguer les détails sur la carte – 18 $

➤ Pour ceux qui ne peuvent se refuser de luxe, la Suunto MC-2G détient à peu près tout. Son aiguille montée sur pivot convient aux deux hémisphères, elle est protégée par un boîtier très solide, munie d’un miroir, d’un clinomètre qui permet de mesurer les angles par rapport à la ligne d’horizon (cela permet, entre autres, de mesurer une pente), le contour de son cadran est phosphorescent, de même que le bout de l’aiguille qui indique le nord. On y trouve aussi une loupe et, comme pour les autres, le corps est transparent et gradué – 70 $ ou 50 $ pour le cadran nordaméricain seulement.

➤ Chez Sylva, la boussole de type Guide a ceci de particulier : elle flotte. Son plastique léger est de couleur orange, ce qui la rend facile à distinguer si on l’échappe dans les bois (sauf peut-être l’automne au temps des couleurs). Elle comporte un miroir, un boîtier qui tient dans la poche, et un viseur. Il s’agit d’un modèle d’initiation – 18 $

➤ La Ranger CL, par le même fabricant, comporte un ajustement de déclinaison magnétique qui permet d’obtenir les bons repères au premier coup d’œil. Elle est aussi munie d’un boîtier protecteur, d’un viseur et d’un miroir, comprend un contour de cadran phosphorescent, une loupe, et les habituelles règles et échelle sur le corps qui, contrairement à celui de la Guide, est transparent – 48 $

➤ Chez Brunton, on ne blague pas avec l’orientation. Leur modèle O.S.S. 60M est de calibre professionnel. Son boîtier protecteur ne couvre que le cadran, et dévoile un miroir lorsqu’on l’ouvre. Cela rend l’ensemble plus compact. Sinon, le bidule aligne les détails de base et ceux de luxe, comprenant clinomètre, ajustement de déclinaison magnétique, règle et corps transparent – 50 $

Été2013 – MARCHE RANDONNÉE – 37


➤ ÉQUIPEMENT

LES JUMELLES Pour observer la nature de loin

Texte et photos : Cécile Gladel

➤ Se promener dans la nature, c’est aussi le plaisir d’observer. Si l’appareil photo est un objet devenu presque essentiel, il ne remplacera jamais la puissance d’une paire de jumelles pour voir loin, très loin.

L

es jumelles en randonnée, c’est un appareil indispensable pour pouvoir observer les oiseaux, les animaux, les paysages et tout ce qui est presque invisible à l’œil nu. Offertes en différents formats et à des prix allant de 15 $ à 270 $, il en existe une gamme variée pour toutes les bourses. Cependant, avant d’acheter, il faut les essayer pour choisir la paire qui nous conviendra. « Les jumelles ne sont pas un outil de base, c’est un objet de luxe pour un randonneur. C'est aussi 250 g qu’on ajoute à un sac qu’on tente toujours d’alléger. Il faut en tenir compte alors qu’on fait tout pour alléger sa cuillère », précise Jean-Paul Lahaie, guide pour RandoPleinAir et conseiller à la Fédération québécoise de la marche. Il ajoute que les jumelles sont seulement indispensables lorsqu’on fait des randonnées dans des endroits comme les Rocheuses, pour voir venir les animaux dangereux.

La qualité a un prix Le principe est clair : plus les jumelles sont chères, plus la qualité augmente et plus votre vision s’améliore. « Je ne conseille vraiment pas d’acheter des jumelles à un prix inférieur à 100 $, ça ne vaut pas la peine », lance Jean-Paul Lahaie. Pourquoi le prix influence tant la qualité de jumelles ? « La qualité optique est différente, car plus le prix augmente, plus le matériel utilisé s’améliore. Par exemple, les verres des jumelles moins chères sont en plastique, alors que ceux des plus chères sont en verre », explique Marc Thériault, gérant des produits au magasin Gosselin Photo de Laval. Compact ou intermédiaire ? On oublie les jumelles trop grosses, les scopes (un petit télescope) qui nécessitent un trépied, et les télescopes pour observer les étoiles. « À cause de leur poids plus élevé et de leur grosseur, ce ne sont pas des jumelles pratiques pour la randonnée; on préfère donc un format compact (plus petit) ou intermédiaire », explique Marc Thériault. Le choix se fait donc entre une paire de compactes ou 38 – MARCHE RANDONNÉE – Été2013

intermédiaires. Plus les jumelles sont grosses, plus l’entrée de lumière est grande, ce qui est intéressant si on veut faire de l’observation dans un boisé sombre. On doit en tenir compte si c’est le type de randonnée que l’on pratique. Trois chiffres à équilibrer « Les jumelles, ce sont essentiellement trois chiffres : le grossissement, la lentille frontale et le prix », lance Pascal Briand, conseiller au magasin Mountain Equipment Co-op de Montréal. En effet, sur les étiquettes, le premier chiffre est le grossissement, le deuxième est la luminosité. « Il a des zooms 10-22, mais je ne les conseille pas, car la qualité optique est mauvaise. C’est seulement utile pour la surveillance de chantier », suggère Marc Thériault. Pour calculer la valeur de la sortie de lumière (ou sortie de pupille) en millimètres, on divise le deuxième chiffre par le premier. Plus le chiffre est élevé, plus il y a de lumière qui se rend à l’œil. « Mais une sortie de pupille en haut de 5 mm ne sert à rien, car la pupille ne peut pas aller au-delà », souligne Marc Thériault. L’équation parfaite pour une paire est 10/50, mais ce type de jumelles est trop lourd et gros pour la randonnée. Pascal Briand conseille des jumelles 8/25 pour la randonnée. Les considérations techniques ➤ L’étanchéité : un autre critère important pour des jumelles de randonnée est l’étanchéité. La majorité des jumelles sont étanches, en plus d’être antibuée. Si les jumelles étanches sont plus lourdes, elles sont quand même recommandées à cause de l’humidité et de la pluie que va rencontrer tout randonneur. « Si de la buée entre à l’intérieur des jumelles, le risque est grand que ça laisse des trainées qui seront impossibles à nettoyer », explique Pascal Briand. ➤ Le prisme : comme pour un appareil photo, la lumière joue aussi un rôle important dans l’image transmise aux yeux. Les


Essayer les jumelles ➤ L’ergonomie : on ne peut pas acheter des jumelles sur Internet, car il est important de les essayer comme une paire de chaussures. L’écart entre les yeux, la morphologie du nez, la vue, la longueur des cils influencent le choix. « Il suffit de quelques minutes. On s’aperçoit rapidement de notre préférence, car le confort de la jumelle est moindre, et elle peut nous donner mal à la tête selon le prisme. Ensuite, c’est une question de goût personnel et de confort », explique Marc Thériault. On doit aussi vérifier l’ergonomie des jumelles. Sont-elles confortables ? Glissent-elles ou tiennent-elles bien dans les mains ? ➤ L’ajustement : une fois que les jumelles sont achetées, il faut les ajuster; ce qui se fait en deux temps, pour les deux côtés. On ajuste d’abord l’objectif où se trouve la dioptrie (une marque sur l’œilleton), généralement à droite. Lorsqu’on ajuste un côté, on utilise le bouchon pour bloquer l’autre objectif. Pour faire la mise au point, on choisit un point le plus loin possible. On ajuste ensuite l’autre côté. Si on voit du noir, on réajuste le pont au milieu ou l’œilleton. Il se peut que les cils ou les cernes en soient la cause.

Oeilletons

Oeilletons

Prisme

Prisme

Lentilles frontales

Chemin de la lumière

Prisme poro

Chemin de la lumière

Prisme EN TOIT

Chemin de la lumière

jumelles offrent deux types de prisme (la manière dont la lumière entre dans les jumelles et la réfléchit pour que l’image apparaisse). — Le prisme Porro : la lumière n’est pas directe et se réfléchit — Le prisme en toit : plus dispendieux et moins de perte de lumière ➤ L’oeilleton : par ailleurs, l’œilleton sur lequel on colle notre œil pour regarder est aussi un élément important. On préfère des œilletons qui sont rétractables et ajustables, se collant à toutes les morphologies. C’est aussi plus pratique pour les personnes qui portent des lunettes ou qui ont de longs cils. Les œilletons ajustables sont plus chers. ➤ La mise au point : il faut aussi choisir une mise au point fluide, surtout si on utilise ses jumelles en hiver. Il n’y a aucun risque que ça gèle, mais le bouton sera plus difficile à tourner et à manipuler s’il est moins fluide. ➤ Le transport : finalement, pour éviter d’échapper les jumelles, on les garde attachées. Les modèles compacts sont vendus avec un étui qui s’attache à la ceinture, les intermédiaires se portent au cou. « Les jumelles sont fragiles comme un appareil photo; il faut faire attention aux roches et aux impacts », souligne Pascal Briand. Que l’on choisisse un modèle compact ou intermédiaire, il n’y a pas de grosse différence dans le poids, seulement quelques grammes. Les jumelles compactes seront plus légères à la ceinture.

Lentilles frontales

Chemin de la lumière

ÉQUIPEMENT ➤

Pentax 9/28

Les meilleurs choix de Marc Thériault Modèles compacts ➤ Pentax 9/28 270 $ ➤ Nikon Travelite, 8 ou 10/25, 150 $ à 180 $ (aussi un choix de Pascal Briand pour la meilleure qualité de l’optique de Nikon) ➤ Bushnell Trophy 10/28, 102 $

Nikon Trevelite 10/25

Modèles intermédiaires ➤ Bushnell H20. Un peu limitée pour le prix. 8/42. 128 $ ➤ Pentax 10/36, 240 $ ➤ Bushnell Excursion EX, 10/42, 262 $ Hors catégorie car légère comme une compacte, mais plus longue, donc considérée comme une intermédiaire, la préférée de Marc Thériault, qu’il considère comme la Mercedes des jumelles : Nikon ProStaff 7 10/42, 270 $. Le plus bas prix : Pascal Briand hésite aussi à conseiller des jumelles en bas de 100 $. Une seule remporte la mise : Bushnell 8/32 à 91 $. « Très intéressante et une bonne qualité. C’est ma limite pour une compacte légère et étanche ».

Bushnell Trophy 10/28 Été2013 – MARCHE RANDONNÉE – 39


➤ TECHNIQUE

Des cartes

POUR GPS Gratuites et libres de droits

Par Jean-Paul Lahaie ➤ Vous êtes l’heureux propriétaire d’un GPS, disons de marque Garmin*, pour la randonnée, avec la possibilité d’afficher des cartes en couleurs.

V

ous vous êtes familiarisé avec l’installation sur votre ordinateur de logiciels compatibles avec votre GPS (comme Mapsource ou BaseCamp) et l’interface entre votre ordinateur et le GPS n’est plus un secret. Vous êtes un fervent utilisateur de cet appareil sur le terrain et vous conservez les tracés de vos randonnées. Vous voulez maintenant installer de nouvelles cartes dans votre appareil, surtout que vous voulez faire de la rando dans d’autres pays, mais, ô surprise, les coûts des cartes propriétaires et leur mise à jour s’avèrent parfois dispendieux, et certaines destinations, introuvables. Pour contourner le problème, certains se tournent vers le téléchargement illégal sur Internet. Vous avez bien lu : c’est illégal. Heureusement, une solution vient à votre rescousse dans le génial projet OpenStreetMap : www.openstreetmap.org. Il sert de base à de nombreux projets de cartographie libres, comme ceux de cartes de randonnée avec sentiers et courbes de niveau pour des appareils de type Garmin*. OpenStreetMap s’est fait remarquer lors du grand tremblement de terre en Haïti par sa pertinence et son efficacité : ce furent les seules cartes qui ont été mises à jour quelques jours après la catastrophe. Ce fut d’une grande utilité pour les secouristes. Si vous vous sentez l’âme d’un cartographe amateur, vous pouvez collaborer bénévolement à ce projet. Je vous donne quelques repères qui peuvent aider les randonneurs à trouver des cartes : ➤ Voici une adresse – http://garmin.openstreetmap.nl/ – qui va combler vos attentes en matière de cartes routières navigables pour la planète entière. La précision et les détails vont tout de même varier d’une région à l’autre. Le produit est d’une grande qualité. Une recherche dans Google vous permettra de trouver des ressources pour des GPS de type Magellan ou autres marques pour ceux qui ont ces modèles, cependant plus limitées que pour la marque Garmin. ➤ À cette adresse, http://openmtbmap.org/, vous trouverez le projet de cartes topo le plus abouti au niveau de la marche. Il convient aussi bien au vélo de montagne qu’à la randonnée pédestre. De nombreuses cartes sont disponibles en téléchargement, mais pour certaines cartes et pour une

40 – MARCHE RANDONNÉE – Été2013

plus grande précision pour les courbes de niveau, vous êtes invité à devenir membre de cette organisation (20 euros/an). ➤ Il y a aussi une ressource Web intéressante du nom de Maps‘n Trails, www.mapsntrails.com/en, qui vous réorientera vers des sites de cartes gratuites pour le monde entier.  our un site dédié aux tracés de sentiers de randonnées à ➤P télécharger sur votre GPS, je recommande Wikiloc : http:// fr.wikiloc.com/wikiloc/home.do. La banque de données est gigantesque et vous trouverez de nombreux sentiers québécois. Devenez membre gratuitement et téléchargez vos propres sentiers sur ce site. ➤ Une très bonne initiative provenant d’un projet indépendant du nom de Ibycus, un bénévole qui a monté une carte topo du Canada de très bonne qualité que l’on peut télécharger gratuitement à partir d’un fichier .torrent du réseau de partage BitTorrent : www.ibycus.com/ibycustopo/IbycusTopo40.iso. torrent. Comme la taille de son fichier est de 4 gigaoctets, il n’a pu trouver d’autre moyen pour le donner à la communauté Internet. Il faut connaître les rudiments du téléchargement à l’aide d’un logiciel de partage de fichiers pour réussir l’opération. Prenez note que très peu de ces sites offrent des renseignements en français. Ces sites existent grâce à la contribution de bénévoles généreux, qui mettent leurs connaissances et leur temps au profit de tous. Si certains sites peuvent paraître de type « amateur », l’information qu’on y trouve n’en est pas moins de grande qualité. J’espère que les renseignements fournis seront utiles aux randonneurs et soulèveront l’intérêt de personnes désireuses d’augmenter leur expérience en orientation et cartographie.

Jean-Paul Lahaie est bénévole à la Fédération québécoise de la marche et guide chez RandoPleinAir.

NDLR : Les lecteurs sont priés de prendre note que les renseignements contenus dans cet article ne constituent pas des « recommandations » de la revue MarcheRandonnée, ni de la Fédération québécoise de la marche. Cet article vise à informer les lecteurs et ceux-ci sont libres d’utiliser ou non les sites mentionnés.

*Cette marque est à titre indicatif. Les autres marques de GPS ont moins de ressources disponibles dans Internet.


SANTÉ ➤

NOTRE environnement est-il DANGEREUX ? Photo : LMI – Leslie Gravel

Par Anne Marie Parent ➤ Au Québec, nous ne sommes pas à l’abri des zoonoses, soit des maladies transmises par des animaux, en particulier les tiques et les moustiques dans nos sentiers. Sommes-nous vraiment menacés ? Voici un survol des maladies existantes et des moyens de les prévenir.

R

ester chez soi ou affronter les dangers de la nature québécoise ? Entre les deux votre cœur ne devrait pas balancer : le climat et la latitude du Québec font que l’incidence des maladies transmises par des animaux sont très rares, quoiqu’en progression, en raison du réchauffement de la planète. Mais ce n’est pas une raison pour ne plus fouler les sentiers de notre belle province ! « Une zoonose est une maladie ou infection transmise naturellement entre les animaux et l’homme », selon la définition de l’Organisation mondiale de la santé, citée dans le rapport de Consultation sur l’état actuel de la surveillance des zoonoses au Québec et son adéquation avec les changements climatiques et écologiques, publié en 2012 par la Direction de la santé environnementale et de la toxicologie de l’Institut national de santé publique du Québec et réalisé conjointement avec l’Université de Montréal (accessible dans Internet au lien abrégé : bit.ly/XclE4X). Nous avons interviewé deux collaborateurs à ce document de 169 pages : François Milord, médecin-conseil au Programme des maladies transmissibles à la Direction de santé publique de la Montérégie et membre du groupe d’expertise sur les zoonoses de l’Institut national de santé publique du Québec, et Julie Arsenault, épidémiologiste, du Groupe de recherche en épidémiologie des zoonoses et santé publique et professeure adjointe à la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal. Le docteur Milord nous a fourni un tableau indiquant l’incidence des principales maladies au Québec. « Comme ces maladies sont à déclaration obligatoire, on a accès à des statistiques depuis plusieurs années. Je vous ai sorti celles de 2010 à 2012 », précise-t-il. Nombre de cas de certaines maladies à déclaration obligatoire au Québec Maladies

2010

2011

2012

Giardiase

939

969

970

Infection par le virus du Nil occidental

2

40

132

Maladie de Lyme*

11

32

42

Syndrome pulmonaire à hantavirus (SPH, ou HPS en anglais)

0

1

0

Rage

0

0

0

*À noter que plus de la moitié des cas de maladie de Lyme a été contractée lors de voyages à l’extérieur du Québec.

Nous allons vous présenter chacune des zoonoses avec leur définition et des conseils de prévention : Giardiase « La giardiase est une infection parasitaire des intestins caractérisée par des diarrhées chroniques et d’autres symptômes. Bien que la maladie puisse se transmettre de différentes façons, la contamination par l’eau est la forme la plus fréquente. » Été2013 – MARCHE RANDONNÉE – 41


➤ SANTÉ À surveiller en randonnée : « Les lacs ou les ruisseaux qui peuvent être contaminés par des matières fécales d’humains et d’animaux (les castors ou autres animaux domestiques ou sauvages) peuvent constituer des sources d’infection » (Santé Canada, bit.ly/ZpoO0c). Dr François Milord : « On peut l’attraper partout au Québec. On doit faire attention aux sources d’eau, ne pas boire dans un ruisseau et faire attention quand on met les mains dans la terre pour ne pas être en contact avec des excréments qui seraient contaminés par la giardiase. La contagion se fait par ingestion (en avalant). » Prévention : entretenir une bonne hygiène des mains en les lavant à fond.

Moustique (virus du Nil oriental) – Photo : Robert S. Craig. Courtoisie du Center for Disease Control and Prevention, Department of Health and Human Services, Atlanta, Georgia (É.-U.)

Tique (maladie de Lyme) – Photo : James Gathany. Courtoisie de Michael L. Levin, du Center for Disease Control and Prevention, Department of Health and Human Services, Atlanta, Georgia (É.-U.)

Tique gonflée de sang (maladie de Lyme) Courtoisie de Santé Canada, 2013

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Virus du Nil occidental (VNO) Découvert en 1937 dans la région du Nil oriental au nord de l’Ouganda, le VNO a fait son apparition en Amérique du Nord en 1999. Les premiers cas au Québec ont été recensés en 2002, et 2012 est l’année qui en comptait le plus, avec 132 cas d’infection. Le VNO est transmis par une piqûre de maringouin qui a été infecté au préalable par du sang d’un oiseau contaminé par ce virus. En général, les gens piqués par un moustique infecté ne développent pas la maladie. Dans 20 % des cas, des symptômes légers apparaissent (fièvre, mal de tête, douleurs musculaires, boutons…). Dans moins de 1 % des cas, une maladie grave peut se développer (encéphalite, méningite) et même conduire au décès, surtout chez les personnes de plus de 50 ans et au système immunitaire plus faible (Santé Canada, bit. ly/OFx90C et Portail Santé mieux-être Québec, www.sante.gouv.qc.ca/problemesde-sante/virus-du-nil). Dr François Milord : « Les régions à risque au Québec sont au sud-ouest de la province – Montréal, Laurentides, Montérégie, Lanaudière, Outaouais, Cantons-de-l’Est. Le VNO étant transmis par des maringouins infectés, il faut se méfier même en ville. Le risque est plus élevé en août et septembre, quand les maringouins se sont multipliés tout l’été. » Prévention : protection habituelle contre les moustiques (insectifuge avec DEET, vêtements longs et de couleur claire…). Maladie de Lyme Transmise par la piqûre d’une tique infectée par une bactérie contractée dans le sang d’animaux (souris, écureuils, oiseaux, cerfs…), la maladie de Lyme était présente presque exclusivement aux États-Unis, mais elle remonte chaque année plus au nord. Elle provoque d’abord une éruption de forme circulaire, de trois jours à un mois après la piqûre. Si elle n’est pas traitée (au moyen d’antibiotiques), elle peut causer fièvre, maux de tête, douleurs musculaires et articulaires, palpitations cardiaques, troubles du système nerveux, arthrite chronique et même paralysie, rendue au troisième stade d’évolution (Santé Canada, bit.ly/10BhOQT). Au Québec, la tique à pattes noires se retrouve principalement en Montérégie et dans les Cantons-de-l’Est, mais peu ou pas du tout en montagne, « question de température, car il fait plus frais en altitude, explique le docteur Milord. Contrairement au maringouin qui pique et repart tout de suite, la tique s’accroche à la peau pendant plusieurs jours pour prendre du sang. Si on la retire le jour même, les risques d’infection sont minimes. Au retour d’une randonnée, on s’examine partout – aisselles, aine, nuque, nombril… –, car la tique est discrète et se cherche des endroits peu visibles. Il faut la retirer sans l’écraser, avec une pince à épiler qu’on serre le plus près possible de la peau, pour la détacher au complet sans la briser. Puis on lave la plaie avec de l’eau et du savon. On peut aussi la désinfecter avec de l’alcool à friction » (mode d’emploi pour retirer les tiques : bit.ly/SmSlIx). Pensez à examiner vos animaux de compagnie, s’ils vous ont accompagné en randonnée, ainsi que vos vêtements, où des tiques pourraient s’être accrochées. On les verra mieux si les vêtements sont de couleur claire. Prévention : insectifuge avec DEET, vêtements longs et chaussures fermées. Entrez vos bas de pantalons dans vos chaussettes ! Syndrome pulmonaire à hantavirus (SPH, ou HPS en anglais) Maladie très rare chez les humains, « l’infection à hantavirus se fait par le contact avec l’urine, les déjections ou la salive de rongeurs infectés. Les personnes atteintes ont initialement des symptômes pseudogrippaux, parfois


SANTÉ ➤ accompagnés de nausées et de vomissements » (Santé Canada, bit.ly/10AH2OT). Des cas ont été recensés aux États-Unis, notamment au parc Yosemite en Californie en 2012, mais aucun n’a été observé au Québec l’an passé. Dr François Milord : « Il pourrait arriver qu’en ouvrant un chalet ou un refuge, en début de saison, on balaie des excréments de souris qui se transforment alors en poussière. Si c’était des rongeurs infectés par l’hantavirus, en respirant cette poussière on pourrait attraper le SPH. » Prévention : « On recommande d’humidifier le sol pour ne pas que la poussière monte au nez et de balayer en portant un masque », dit le docteur Milord. Rage, grippe aviaire et campylobactériose Le docteur François Milord rassure les randonneurs : aucun cas de rage n’a été recensé chez les humains depuis plusieurs années. Il faut éviter de nourrir les animaux sauvages, qui pourraient nous mordre et transmettre la rage s’ils en étaient atteints, et de toucher à un animal blessé ou mort, en particulier des oiseaux, pour ne pas attraper la grippe aviaire. Heureusement, le risque est presque nul dans ce dernier cas, puisque cette maladie n’a pas encore été observée au Québec, selon le ministère des Ressources naturelles du Québec (bit.ly/ZbWWgc). Quant à la campylobactériose, autre maladie qui se transmet par des animaux infectés et même des tiques, Julie Arsenault affirme que « c’est la cause no 1 des gastroentérites bactériennes au Canada. On l’attrape surtout au contact de fientes d’oiseaux, qui pourraient se trouver dans des cours d’eau, par exemple. Attention aux tables à pique-nique fraîchement souillées par des oiseaux, quand on les nettoie, il faut ensuite bien se laver les mains avant de manger et ne pas boire d’eau dans les ruisseaux » (ministère

de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, bit. ly/17gt1uU). Tularémie Cette maladie infectieuse est causée par une bactérie présente surtout chez les petits animaux (lièvres, castors, rats musqués et autres petits rongeurs) ainsi que chez les tiques. « Celles-ci contaminent souvent les lièvres qui, par la suite, meurent rapidement. Les humains peuvent aussi contracter la maladie, notamment après avoir manipulé un lièvre infecté. » On peut attraper la bactérie par la peau et développer des ulcères cutanés et des ganglions enflés; par ingestion, causant une inflammation de la gorge, des douleurs abdominales, des vomissements et de la diarrhée; et par inhalation, provoquant des symptômes de pneumonie. Non traitée, la tularémie avec complications peut entraîner la mort (ministère des Ressources naturelles du Québec, bit.ly/16APYI6). Prévention : pour se protéger contre les piqûres de tiques : insectifuge avec DEET, vêtements longs et chaussures fermées. Entrez vos bas de pantalons dans vos chaussettes ! Julie Arsenault recommande aux randonneurs de ne pas toucher à des animaux blessés ou morts. Les trappeurs sont plus à risque de contracter la tularémie et devraient toujours porter des gants de caoutchouc en libérant un animal d’un piège. En conclusion Si on observe les précautions de base, avec le « gros bon sens », on reste dans les sentiers pour ne pas être en contact avec de la haute végétation où pourraient se cacher des tiques, on ne manipule pas un animal ou un oiseau blessé ou mort, on porte des vêtements longs et un chapeau, et on emploie un insectifuge contenant au moins 20 % de DEET (attention, cela peut abîmer les tissus de vos vêtements). Bien équipé, vous devriez survivre à vos randonnées au Québec cet été !

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➤ SANTÉ

Se régaler en camping Par Julie Aubé, Dt. P. Nutritionniste

Q

u’on parte en longue randonnée en nature pendant plusieurs jours ou qu’on demeure en camping fixe aménagé, il y a toujours moyen de se préparer des repas à la fois appétissants et savoureux à souhait ! Dans cet article, je suggère deux menus alléchants adaptés à différents types d’aventures estivales. Menu en longue randonnée ➤ Entrée : grilled cheese de luxe ➤ Plat principal : couscous garni ➤ Dessert : croustade aux pommes

Lorsqu’on campe en pleine nature à la suite d’une journée de belle et longue randonnée, on doit prévoir un repas qui soit bien rechargeant, tout en considérant le poids des aliments et leur conservation. Il faut, en effet, penser qu’on doit tout transporter avec soi, incluant un petit réchaud, les ustensiles de cuisson et un peu de carburant. On peut vite devenir fort chargé, ce qui est moins agréable. Cette suggestion de menu est donc à la fois alléchante et pratico-pratique dans un contexte de camping en pleine nature. ➤ Grilled cheese de luxe : on a besoin de pain tranché de blé entier (on peut également opter pour des pains plats individuels et vendus tranchés sur le commerce). On emporte également un fromage à pâte ferme au choix (cela pourrait être, par exemple, un cheddar québécois vieilli). On ajoute une pomme qu’on taillera en tranches fines et un saucisson sec qu’on coupera également en minces rondelles. Il suffit d’assembler les sandwichs et de les faire chauffer sur le réchaud ou le feu de camp, emballés dans du papier aluminium. On coupe des pointes et on savoure le tout pendant que le couscous se prépare.

Photo : LMI – Daniel Pouplot

➤ Couscous garni : il faut prévoir de la semoule (on en trouve aussi de grains entiers), une conserve de pois chiches, des raisins secs (ou abricots séchés, canneberges séchées), un cube de bouillon déshydraté, des amandes en bâtonnets et un peu de cumin moulu. On choisit également un ou deux légumes qui se transportent bien et qui cuisent relativement rapidement

(ex. : poivron, courgette, etc.). Dans une casserole, faire bouillir de l’eau et y ajouter le bouillon et les fruits séchés. Lorsque l’ébullition est atteinte, fermer ou retirer du feu et ajouter la semoule. Couvrir et attendre cinq minutes. Émietter le couscous à la fourchette et ajouter les pois chiches, le cumin et le poivron ou la courgette. Assaisonner. Si désiré, on peut aussi ajouter au couscous garni des morceaux du saucisson sec qu’on a utilisé dans le grilled cheese de luxe. On fait ainsi d’une pierre, deux coups ! Pour un couscous encore plus garni, on peut également emporter des tomates séchées, des pistaches, une gousse d’ail, ou tout autre ingrédient qui se conserve bien et qui donne du goût sans ajouter trop de poids dans le sac à dos. ➤ Croustade aux pommes : pour conclure ce festin en plein air, pourquoi ne pas déguster une croustade toute fraîche ? Placer des quartiers de pomme sur une grande feuille de papier d’aluminium. Garnir d’un mélange à l’avoine préparé avant le départ (2 parts de flocons d’avoine et 2 parts de cassonade pour 1 part de farine de blé entier, 1 part de margarine non hydrogénée, et de la cannelle moulue, au goût). Fermer la papillote et cuire sur le feu (ou sur un barbecue, selon le cas) environ 30 minutes ou jusqu’à ce que les pommes soient tendres. Menu au camping fixe ➤ Entrée : plateau de nachos garnis ➤ Plat principal : duo de brochettes ➤ Dessert : méli-mélo sucré et fondant Lorsqu’on fait du camping dans un site aménagé, avec la voiture à la portée de la main, on peut prévoir le repas un peu différemment. Il faut toujours, bien sûr, avoir une préoccupation à l’égard de la salubrité des aliments, mais l’éventail d’aliments qu’il est possible d’utiliser est plus grand quand on a une glacière. D’autre part, avec ce type de camping, on a moins à se préoccuper du poids des denrées et du matériel. Ainsi, on peut très bien s’imaginer faire la popote avec un petit poêle à deux ronds et une bombonne de gaz propane, ou encore avec un barbecue portatif.


SANTÉ ➤ En bref, les possibilités de menus sont réellement multiples quand on considère qu’il y a moins de préoccupations reliées au poids des aliments et du matériel, et que la conservation des aliments est plus facile avec une glacière ! Voici une suggestion festive pour célébrer les repas en camping. ➤ Plateau de nachos garnis : pour préparer ces nachos festifs, on utilise soit une grande feuille de papier d’aluminium, soit des assiettes à tarte ou des plateaux en aluminium. On y dépose les croustilles de maïs ou les chips de pita (voir encadré), qu’on garnit de salsa du commerce ou de tomates italiennes fraîches coupées en petits cubes, de fromage râpé, d’oignons verts en rondelles, et d’olives noires ou vertes en rondelles. On chauffe les nachos garnis sur une grille posée au-dessus des braises ou sur toute autre forme de barbecue, jusqu’à ce que le fromage soit fondu. On savoure le tout accompagné de crème sure ou de guacamole si désiré. Pour un plateau de nachos un peu plus nutritif, on peut substituer les nachos par des croustilles de pitas grillés maison. Il suffit de tailler des pitas de blé entier en pointes, puis de les chauffer au four jusqu’à ce qu’elles deviennent craquantes. On les conserve ensuite dans un sac refermable ou dans un contenant hermétique afin qu’elles demeurent craquantes. ➤ Duo de brochettes : dans deux grands plats refermables qu’on place au froid dans la glacière équipée de glace ou de blocs réfrigérants, on laisse mariner pendant tout l’après-midi des cubes de filet de porc (ou autre coupe tendre) dans l’un, et des cubes de tofu ferme dans l’autre. Vous pouvez utiliser n’importe quelle marinade à votre goût, mais en voici une qui est fort savoureuse : 3 parts de miel, combinées à 3 parts de sauce soya, 2 parts de vinaigre de riz et 1 part d’huile de sésame grillé. On ajoute, si désiré, une touche de piquant (sambal oelek, Tabasco ou autre). Pour une note de fraîcheur, on peut prévoir des limes pour en presser des quartiers sur les brochettes avant de les savourer. Avant de les cuire (sur le grill ou à la poêle sur le réchaud), on enfile les cubes en alternance avec des gros morceaux d’oignon, de poivron, de champignon ou de courgette. ➤ Méli-mélo sucré et fondant : cette idée est inspirée d’une suggestion du livre Comme au chalet, de Laurent Godbout, aux Éditions de l’Homme. Le principe est de prévoir une boîte de conserve (vidée, lavée et l’étiquette retirée) pour chaque campeur, et quelques paires de mitaines pour le four. Chaque gourmand remplit sa conserve à partir d’une sélection d’ingrédients, comme par exemple des cubes de gâteau quatre-quarts (pain aux bananes, muffin, etc.), des petits fruits des champs (fraises, framboises bleuets), des morceaux ou des pépites de chocolat, des mini-guimauves et ainsi de suite, selon son inspiration. Tous les campeurs vont ensuite déposer leur

conserve garnie dans le feu ou sur la grille du barbecue, jusqu’à ce que le chocolat et les guimauves fondent légèrement, de façon à obtenir un méli-mélo fondant et succulent ! On déguste le tout avec les mitaines pour le four, car la conserve est chaude ! Bien évidemment, ces menus ne constituent qu’une petite dose d’inspiration pour se régaler joyeusement et gourmandement en plein air ! Soyez créatifs et n’hésitez pas à adapter ces idées à vos goûts et aux aliments frais et locaux disponibles dans les marchés près de chez vous.

Capsules santé Par Julie Aubé, Dt.P. Nutritionniste www.julieaube.com/blogue

Rappel sur le menu équilibré Pour composer un repas équilibré, il suffit d’y intégrer des aliments appartenant à chacun des quatre groupes du Guide alimentaire canadien. Les LÉGUMES ET FRUITS peuvent être frais, en salades, en compote ou séchés. Les PRODUITS CÉRÉALIERS incluent le pain, les céréales comme le riz, l’orge, le couscous, les pâtes alimentaires, le gruau, les céréales à déjeuner, etc. Du côté du groupe LAIT ET SUBSTITUTS, on pense au lait et aux boissons qui peuvent le remplacer comme les boissons de soya enrichies par exemple. Ça peut également être du fromage ou du yogourt. Enfin, il y a les VIANDES ET SUBSTITUTS, pouvant être d’origine animale (bœuf, porc, poisson, fruits de mer, volaille, œufs, etc.) ou d’origine végétale (légumineuses, noix, graines, tofu…). La combinaison d’aliments de chacun des quatre groupes est optimale, puisque ceux-ci fournissent des éléments qui se complètent entre eux afin que le corps obtienne tout ce dont il a besoin.

L’été, l’abondance des produits d’ici

Au début de l’été, c’est le temps des asperges, de la rhubarbe, des radis. Arrivent ensuite les petits fruits (fraises, framboises, bleuets…). Et quand la saison d’abondance bat son plein, les étalages regorgent de laitues, poivrons, tomates, aubergines, choux, melons, carottes, maïs, poireaux, concombres, pommes de terre grelot et d’une foule d’autres produits d’ici. Pour mieux connaître les arrivages des produits du Québec et en profiter pleinement pendant qu’ils sont à leur meilleur, consultez le calendrier ici : www.mapaq.gouv.qc.ca/fr/Publications/ FruitsetLegumesduquebec.pdf

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➤ ENVIRONNEMENT

Le NorD

POUR TOUS

Texte : Mylène Bergeron Photos : CCDMD David Rouault

➤Depuis quelques années, on entend beaucoup parler du Nord québécois. Convoité pour son potentiel hydroélectrique, minier et forestier, ce vaste territoire fait l’envie de plus d’un. C’est pourquoi, aux élections de 2008, le gouvernement Charest annonçait son désir d’ouvrir le Nord à l’exploitation des ressources naturelles en créant le Plan Nord.

S

i, d’un point de vue économique, l’idée du Plan Nord peut paraître stimulante, d’un point de vue écologique, elle l’est beaucoup moins. Ce vaste territoire d’environ 1,2 million de kilomètres carrés possède une biodiversité unique, des réserves d’eau douce d’importance mondiale et un cinquième de la forêt boréale du Canada. Il recèle des écosystèmes fragiles, qui se régénèrent difficilement étant donné la latitude à laquelle il se trouve, et abrite de nombreux réservoirs de carbone, ainsi que de nombreuses espèces menacées, dont le caribou forestier et le carcajou. L’accès potentiel à cette richesse inestimable vient avec une responsabilité énorme : celle de préserver ce patrimoine naturel pour les générations actuelles et futures. Dès l’annonce du Plan Nord, le gouvernement de M. Charest s’était engagé à mettre à l’abri du développement industriel 50 % de ce précieux territoire. Toutefois, de nombreuses inquiétudes demeuraient présentes quant à la façon dont cet engagement serait mis en œuvre : la protection concernerait-elle seulement les portions de territoire sans intérêt pour l’industrie ? Alors que les annonces concernant l’exploitation intensive des ressources naturelles, la création de nouvelles routes et de nouvelles infrastructures sur le territoire allaient bon train, celles concernant la conservation se faisaient attendre. Ces craintes allaient se confirmer en mai 2011, alors que le gouvernement du Québec rendait finalement public son Plan Nord. Le Québec découvrait un mauvais plan, privilégiant l’exploitation effrénée de ressources, pour la plupart non renouvelables; et ce, sans aucune garantie que les redevances pouvaient compenser les investissements publics dans les infrastructures de transport, ainsi que dans les coûts environnementaux et sociaux engendrés par une exploitation des ressources minérales et énergétiques de ce territoire. De plus, on apprenait que la position

46 – MARCHE RANDONNÉE – Été2013

gouvernementale en regard de son engagement de conservation de 50 % de ce vaste territoire était loin de satisfaire la promesse initiale. Les aires protégées stagneraient à 12 % du territoire du Plan Nord. Et, pour les 38 % restants, un nouveau statut de « conservation » verrait le jour, la « réserve de terres de capital nature ». Or, ce nouveau statut ne représente en rien un outil de conservation. Au contraire, il permet la réalisation d’activités industrielles et la modification des limites de cette réserve si un potentiel de développement minier se révèle.

Redéfinir le Plan Nord Avec le changement de gouvernement en septembre 2012, le Plan Nord est devenu le Nord pour tous. Malgré le changement de slogan, aucune vision de développement intégré du Nord n’est, à ce jour, connue. Or, le développement du Nord québécois est un enjeu considérable pour notre société. Il serait important de prendre le temps de le redéfinir afin d’en faire un véritable projet de société, de protéger les écosystèmes les plus précieux et les territoires ancestraux identifiés par les Inuits et les Premières Nations, d’assurer le développement de manière intelligente et dans le respect de l’intégrité du territoire, et surtout de s’assurer que les retombées économiques profitent aux communautés nordiques et aux générations futures.

Planification écologique pour tout le territoire Il arrive trop souvent que le développement se réalise avant la création des aires protégées, confinant la conservation dans les endroits délaissés par les intérêts économiques. Avec le Plan Nord, nous devons faire autrement. Tout d’abord, en mettant en place les outils pour identifier et protéger les milieux naturels les plus


ENVIRONNEMENT ➤ de conservation. Nature Québec et plusieurs organisations ont réclamé que 20 % du territoire soit protégé d’ici 2020 et que l’on maintienne le cap pour la protection à terme de la moitié du territoire. Pour y parvenir, le gouvernement doit mettre en place de véritables mesures de conservation, notamment la création d’aires protégées strictes reconnues par l’Union internationale pour la conservation de la nature. Il ne doit pas faire de discrimination entre la forêt boréale commerciale et non commerciale. Aussi, la création de grandes aires protégées pour la sauvegarde du caribou forestier devrait être au cœur de l’action gouvernementale. Des propositions déjà bien documentées existent pour la vallée de la Broadback et le secteur de la Vallée des montagnes blanches. Le gouvernement doit également maintenir la limite nordique de la forêt boréale commerciale. Jusqu’à maintenant, la forêt située au nord du 51e parallèle était préservée de l’exploitation forestière, car la croissance des arbres y est très lente et la régénération pratiquement nulle. sensibles ou les plus menacés. Puis, en prenant les précautions nécessaires pour garantir que le développement ne se fasse plus au détriment de l’intégrité écologique de ce territoire. C’est ce qu’on appelle la planification écologique, c’est-à-dire une planification de l’aménagement basée sur la connaissance des écosystèmes, de leur potentialité et de leur fragilité, et ce, afin d’assurer une mise en valeur durable du territoire et des ressources naturelles. Cette notion implique qu’une étape d’acquisition de connaissances sur l’ensemble du territoire est nécessaire, tant pour orienter la conservation du territoire que pour orienter son développement. Étonnamment, aucun montant précis ne semble avoir été octroyé pour la planification écologique dans le Plan Nord. Actuellement, le ministère du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs réalise des travaux d’acquisition de connaissances biophysiques du territoire dans le cadre de la préparation de l’Atlas sur la biodiversité nordique. Or, la planification écologique est un concept qui englobe bien plus que les considérations écologiques d’un territoire. Des investissements importants devraient être consentis dans les sciences humaines et sociales afin de compléter les connaissances du territoire. À ce titre, l’expérience ontarienne, dans le cadre de la planification du Grand Nord ontarien, est intéressante. Le conseil consultatif du Grand Nord recommandait en 2009 que le gouvernement ontarien adopte le budget nécessaire à la réalisation de la planification du territoire dans le Grand Nord en prévoyant des investissements de l’ordre de 100 millions de dollars pour une période de cinq ans. Si le gouvernement du Québec veut montrer le sérieux de sa démarche de planification écologique sur le territoire du Plan Nord, il doit donc garantir un investissement similaire.

Conservation sur 50 % du territoire Pour que le Nord pour tous soit un succès, il importe que le nouveau gouvernement prenne des actions concrètes en matière

Implication des communautés nordiques La conservation et le développement durable du Nord ne peuvent se faire sans la participation active de ceux qui y vivent, autochtones et non-autochtones. Au-delà du respect de l’obligation constitutionnelle de consulter les Premières Nations, les Inuits et les communautés nordiques non autochtones, tous ces groupes doivent être partie prenante de la planification écologique, notamment dans l’identification et la gestion des zones de conservation et de développement non industriel d’intérêt. L’implication des communautés nordiques devrait également être au cœur du développement des zones industrielles afin de favoriser la vitalité durable de ces régions. Généralement, le développement industriel en région éloignée implique que des travailleurs du sud du Québec vont travailler en région et reviennent dans le sud une fois le travail terminé : c’est le phénomène du « fly-in fly-out ». Or, pour que le Nord pour tous soit un véritable projet de développement durable, on doit minimiser ce phénomène en mettant en place des programmes de formation permettant aux communautés nordiques d’occuper des emplois intéressants et payants au sein des entreprises qui exploitent les ressources. Le Nord pour tous pourrait avoir le potentiel d’être un véritable projet de développement durable où toute la société québécoise y gagnerait si le gouvernement prenait le temps et les moyens de bien planifier son déploiement, de protéger et de conserver ce qui doit l’être, et de développer, avec une extrême prudence, les ressources naturelles que le territoire possède. N’oublions pas qu’une grande partie de ces ressources est non renouvelable. Pour que le Nord pour tous soit plus qu’un nouveau slogan, c’est à nous tous et à vous, utilisateurs du territoire, marcheurs et randonneurs, d’y voir !

Mylène Bergeron est coordonnatrice aux communications à Nature Québec. www.naturequebec.org

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➤ FLORE

Nerprun

Plantes exotiques

envahissantes

U

ne plante exotique envahissante est une plante provenant d’une autre région ou pays, et dont l’introduction et la propagation menacent l’environnement dans lequel elle s’établit. Que ce soit en ce qui a trait à la biodiversité, à l’économie ou même à la santé humaine, les plantes exotiques envahissantes créent de réels problèmes à l’échelle planétaire. Leur prolifération sur nos territoires a débuté il y a près de 400 ans avec l’arrivée des premiers colons et s’est accentuée au XIXe siècle avec la grande période d’urbanisation. Les voies d’entrée sont multiples. Par exemple, plusieurs spécimens se sont infiltrés au pays de façon non intentionnelle en se mélangeant à de la terre, à des semences importées ou même aux eaux de lest des navires. D’autres ont été introduites intentionnellement, soit à des fins de recherche pour la médecine, pour le secteur agricole ou même dans un but purement esthétique dans le milieu horticole. Bien que cette végétation non indigène représente depuis plusieurs années une menace à grande échelle, les voies d’entrée sont encore aujourd’hui nombreuses. On retrouve dans les écosystèmes du Canada pas moins de 1 229 espèces de plantes exotiques connues, provenant généralement de l’Europe et de l’Asie. De ce nombre, 486 sont considérées comme étant envahissantes. Le Québec, l’Ontario et la Colombie-Britannique sont les provinces où le plus grand nombre de plantes exotiques envahissantes est retrouvé. La prolifération de ces plantes dans les différents écosystèmes de la planète est l’une des plus grandes causes de la perte de la biodiversité à l’échelle mondiale. En s’appropriant l’habitat de plantes indigènes, c’est-àdire qui proviennent du milieu, elles en viennent habituellement à détruire l’écosystème en place en éliminant plusieurs espèces végétales et, du coup, l’habitat et les ressources alimentaires des espèces fauniques s’y retrouvant. C’est le cas, entre autres, du Nerprun bourdaine et du Nerprun cathartique désormais présents sous nos latitudes, dans pratiquement tous les écosystèmes. Ces espèces ont la particularité de croître très rapidement en formant un couvert dense nuisant au développement de la flore indigène et des arbres. 48 – MARCHE RANDONNÉE – Été2013

Salicaire pourpre

➤La prolifération des plantes exotiques envahissantes engendre de graves problèmes à l’échelle mondiale et le Québec n’échappe pas à la règle. Texte : Marie-Josée Landry Photos : Dominic Gendron Le Roseau commun, aussi connu sous le nom de Phragmite, se retrouve en bordure des autoroutes ou dans les milieux humides traversant une grande partie du Québec. Cette espèce est particulièrement combative. Possédant un système racinaire agressif et s’adaptant bien aux écarts de température, le Roseau commun diminue radicalement la valeur des écosystèmes où il est implanté en s’appropriant rapidement l’habitat des espèces végétales et fauniques indigènes. De plus, il est difficile à enrayer en raison de la propagation de ses semences se trouvant dans les plumeaux et de son important système racinaire. Une autre plante ayant résisté à toutes les méthodes d’élimination jusqu’ici est la Salicaire pourpre. Originaire d’Europe et introduite par voie navigable au début du XIXe siècle, elle se retrouve aujourd’hui en bordure de la plupart des cours d’eau du sud du Canada et cause beaucoup de dommage aux écosystèmes. Malheureusement, les jardiniers ont aussi contribué à sa propagation ces dernières années en l’introduisant au jardin pour la beauté de ses fleurs. Bien que son système racinaire soit coriace, que la répartition de ses semences soit très efficace et qu’elle n’ait à peu près pas d’ennemis, la Salicaire pourpre se retrouve encore en vente dans la plupart des jardineries. Un spécimen extrêmement dommageable au Québec et ayant été introduit par le milieu horticole vers la fin des années 1990, est la Châtaigne d’eau. D’abord utilisée pour embellir les bassins d’eau, la Châtaigne d’eau est rapidement devenue une nuisance de premier ordre pour les cours d’eau du Québec. Proliférant de façon exponentielle et n’ayant aucun ennemi naturel, ses semences sont, de plus, en mesure de subsister jusqu’à douze ans dans les sédiments se retrouvant au fond de l’eau. Très rapidement, la plante peut recouvrir complètement la surface d’un cours d’eau sur plusieurs kilomètres. L’épais tapis dense que produit la prolifération de la plante à la surface de l’eau rend impossible la pratique de sports nautiques. Pire encore, ce tapis vert empêche la lumière de pénétrer l’eau et engendre automatiquement une diminution de croissance


FLORE ➤

Roseau commun ou Phragmite

des plantes aquatiques indigènes, produisant alors une réaction en chaîne. La diminution de la présence des plantes aquatiques affectera le niveau d’oxygène dans le cours d’eau, nuisant du coup aux formes de vie en place. La situation peut rapidement s’envenimer et amener à l’eutrophisation complète du plan d’eau, c’est-à-dire à la mort de ce dernier, s’il n’est pas immédiatement pris en main. Certaines méthodes très coûteuses d’éradication de la plante sur plusieurs années existent et semblent porter fruit. C’est, entre autres, le cas de la rivière du Sud, un affluent de la rivière Richelieu. N’ayez crainte, la Châtaigne d’eau habituellement cuisinée dans les mets asiatiques ne provient pas de la même espèce qui envahit nos plans d’eau. Inutile de la bouder ! Une championne en matière de plante exotique envahissante, non seulement au Québec, mais à l’échelle mondiale, se nomme la Renouée japonaise. L’Union internationale pour la conservation de la nature l’a d’ailleurs inscrite sur la liste des 100 pires espèces envahissantes de la planète. En s’appropriant rapidement les milieux qu’elle fréquente, notamment les milieux urbains, elle menace l’équilibre des écosystèmes en s’accaparant de tout  l’espace et en empêchant d’autres espèces de se développer, entre autres, par la libération d’une substance toxique dans le sol. Fréquemment utilisée à titre de haie, il devient pratiquement impossible de s’en débarrasser. Effectivement, une éradication exemplaire et un suivi sur de nombreuses années sont exigés afin de réussir à l’éliminer complètement. La Renouée se reproduit à partir de minuscules fragments de racines ou de tiges qui peuvent demeurer en dormance pendant plus de dix ans dans le sol. Aucun morceau

de la plante ne doit donc être oublié lors de son élimination, ce qui est pratiquement impossible à faire. D’autres plantes peuvent aussi affecter la santé humaine par l’inflammation cutanée ou l’inflammation des voies respiratoires. La Berce du Caucase, surtout présente dans le sud de la Colombie-Britanique et en Ontario, mais aussi aperçue depuis peu au Québec, en est un bon exemple. Également introduite  à des fins ornementales, elle s’est rapidement répandue dans différents milieux grâce à la production d’une grande quantité de graines. Mesurant entre deux et cinq mètres, elle se distingue de sa congénère indigène, la Berce laineuse, par différents aspects, mais surtout par l’inflammation cutanée qu’elle peut provoquer. En réaction avec les rayons du soleil, la sève qui se retrouve sur toutes les parties de la plante peut causer une réaction cutanée sévère pouvant être visible pendant plusieurs années. Il est donc indéniable que les plantes exotiques envahissantes sont la cause de plusieurs problèmes. Même si le Canada s’est doté d’un plan d’action dans la lutte aux espèces exotiques envahissantes, aucune loi ne semble interdire, par exemple, la vente de certaines de ces espèces dans le domaine horticole. La vigilance de tous est alors primordiale afin de contrôler ces envahisseurs. Quelques petits gestes simples peuvent faire une grande différence. Au jardin, préférez les plantes indigènes aux plantes exotiques. Éliminez les plantes indésirables en les brûlant ou en les faisant sécher. Nettoyez toujours vos embarcations et votre matériel de pêche avant d’emprunter un nouveau cours d’eau. Pour en connaître davantage à ce sujet : www.glu.org

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Trouvailles et nouveautés

Un mille à pied, ça n’use pas que les souliers… Par Claudine Hébert

Genou... bionique Vous craignez que vos problèmes d’arthrose aux genoux vous forcent à abandonner la randonnée en montagne ? Bonne nouvelle ! Il existe maintenant une orthèse qui permet de retrouver votre mobilité des beaux jours. Mise au point par l’entreprise québécoise Ergoresearch, l’orthèse OdrA, comme son nom l’indique (l’Orthèse de Distraction et Rotation pour Arthrose) est munie d’un mécanisme unique qui, en diminuant la pression intra-articulaire, soulage la douleur du genou de façon significative. Bye bye anti-inflammatoires. L’appareil peut se porter en moyenne 10 heures par jour… le temps d’une longue randonnée. Discret, vous pouvez le porter sous un pantalon ou à l’air libre. Fabriquée sur mesure, et sur prescription médicale, l’orthèse est vendue 2 450 $ dans les cliniques du pied Équilibre. www.cliniquedupiedequilibre.com

Une orthèse plantaire pour randonneur Si la randonnée vous donne mal aux pieds, aux chevilles, aux hanches, peut-être vous faut-il l’orthèse plantaire Trekking. Pensée et conçue par la clinique du pied Équilibre, cette orthèse faite sur mesure propose une réingénierie active du pied. « Les randonneurs doivent privilégier une orthèse pleine longueur qui offre un bon maintien et stabilise le pied dans les trois phases de la marche; c’est-à-dire l’attaque du talon, l’appui unipodal (lorsqu’un seul pied touche le sol) et la propulsion : ce que fait l’orthèse Trekking », indique Danielle Boucher, fondatrice de la clinique du pied Équilibre. En plus d’offrir une double densité, l’orthèse dispose d’un recouvrement à base de copolymère EVA, ce qui lui permet d’augmenter ses propriétés amortisseuses et antidérapantes. Le produit, qui s’insère dans la botte du marcheur, respire bien, est antifongique et antibactérien. Vendu à partir de 480 $. www.cliniquedupiedequilibre.com

La Un fauteuil roulant… tout terrain Voilà un produit qui fait le bonheur à la fois des personnes à mobilité réduite et des amateurs de randonnée qui doivent s’en occuper. Le fauteuil roulant Hippocampe est conçu pour rouler sur le sable et sur les sentiers rocailleux. Il peut même flotter dans l’eau et glisser sur la neige. En fait, il va partout où un fauteuil conventionnel ne peut aller. Né de l’imagination d’un militaire français devenu paraplégique à la suite d’une chute en planche à neige, ce fauteuil léger de moins de 15 kg dispose de larges roues qui facilitent ses allers et venues. Il se démonte en un clin d’oeil et se transporte aisément. Certains parcs, notamment le parc national d’Oka, en font la location. Vendu 3 975 $ (accessoires en sus) à la Maison André Viger. www.andreviger.qc.ca

➤ À La RESCOUSSE

Crise cardiaque ?

Texte et photo : Julie Poirier Instructeur en secourisme, Croix-Rouge canadienne Directrice adjointe, Atout Plus

« Ça va ? T’as bien l’air blême ? T’es tout en sueurs… » « Je ne file pas, c’est tout. Ça va passer… » Le déni, Photo : Croix Rouge Canadienne c’est un des signes les plus fréquents chez les personnes ayant des problèmes cardiaques. Les autres signes comprennent la peau pâle ou bleutée, froide et moite (sueurs froides), la difficulté respiratoire (sensation d’oppression) et la douleur. La douleur, qui n’est pas toujours présente, est généralement située à la poitrine (serrement), mais peut irradier dans les bras (oui, les 2), le cou, la mâchoire (peut être confondue avec un mal de dent), le dos ou l’abdomen. Certaines personnes ont des symptômes plus subtils, comme un inconfort léger et diffus à la poitrine, à intensité variable et qui peut même toucher plutôt l’abdomen (peut être confondu avec des problèmes digestifs). Ces symptômes sont souvent accompagnés d’une grande fatigue, si bien que la personne peut penser commencer une grippe. Ces symptômes portent à confusion, voilà pourquoi il est important de faire preuve de vigilance et d’obtenir des secours sans tarder. Une fois la personne au repos, si les signes s’estompent à l’intérieur des 10 premières minutes, il pourrait s’agir d’une crise d’angine (douleur temporaire qui indique un problème coronarien qui doit faire l’objet d’un suivi médical). Par contre, la persistance des signes mène à l’hypothèse de la crise cardiaque (séquelles permanentes possibles, surtout si le traitement médical est retardé). Dans tous les cas, la personne devrait avoir recours à un suivi médical immédiat et prendre les médicaments que lui a recommandés son médecin.

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LECTURES ➤

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L’HOMME QUI MARCHE Jean Béliveau – Flammarion Québec – 26,95 $ Jean Béliveau est l’un de ceux, rares, qui ne se sont pas contentés de rêver : il est parti. La crise de la quarantaine et la faillite de l’entreprise ont sans doute fait s’effondrer les derniers obstacles, réels ou imaginaires. C’est à 45 ans qu’il amorce sa longue marche de 75 500 km, parcourant le monde entier avec presque rien. Il aura au préalable rangé « les objets qui [l’]ancraient à [s]on univers fixe »… Il part le 18 août 2000, le cœur rempli de l’amour des siens (son amoureuse, ses enfants, ses parents) et ses quelques bagages rangés dans un petit chariot à trois roues, décidé à ne revenir qu’une fois atteint le bout de sa route, qu’il savait très longue. Voici le très beau récit d’un homme qui marcha durant 4 077 jours. – Sabica Senez, RuedesLibraires.com

LE GUIDE DES RANDONNÉES ET VOYAGES À PIED – TOUS LES BONS PLANS EN FRANCE ET DANS LE MONDE Petit futé – Papier 23,95 $ Numérique (prix non disponible au moment de mettre sous presse) La panoplie des guides de voyage thématiques Petit futé est presque infinie : plongée, mariage, avec son animal, pour personnes vivant avec un handicap, France à cheval, remise en forme et tutti quanti. Bien que très « français » (la moitié des destinations), l’ouvrage propose des circuits « monde » qui vous mèneront à Chypre, en Croatie, en Chine, au Liban, en Équateur, etc. Déclinés en niveaux facile, moyen et confirmé, les itinéraires revêtiront un caractère culturel, de découverte ou d’aventure. On n’oublie pas de vous proposer des randonnées en famille, en fonction de l’âge et des capacités de chacun. Le premier tiers du livre est consacré aux informations et conseils de base. Un bon départ. – Sabica Senez, RuedesLibraires.com

ARBRES Tony Russell – Guide nature, Broquet – 29,95 $ Dix pour cent des espèces d’arbres sont en danger et 40 hectares sont abattus chaque minute sur la planète, apprend-t-on d’entrée de jeu dans ce guide regroupant plus de 500 espèces d’arbres du monde entier. De quoi faire pleurer. Mais c’est le sourire aux lèvres qu’on butine l’ouvrage, avec ses 900 illustrations et photos, et des textes qui sont presque de la grande littérature : « Les fleurs mâles sont groupées en chatons, les femelles sont minuscules et groupées à l’aisselle des feuilles », « L’écorce brun pourpré est d’abord lisse, puis s’exfolie lorsque l’arbre atteint une trentaine d’années ». Cet aspect très sensuel et organique de l’ouvrage laisse cependant toute sa place à l’information scientifique, riche, claire et abondante. – Sabica Senez, RuedesLibraires.com

JE RÉUSSIS MES PHOTOS DE VACANCES Bernard Brault et Stéphane Champagne – La Presse – 29,95 $ Les auteurs, tous deux photographes professionnels de talent, cumulant expérience, prix et publications, nous offrent ce livre pratique de 200 pages, haut en couleur et préfacé par Jean Lemire « pour que vos voyages s’inscrivent dans la mémoire du temps ». Si ce n’est ni le premier ni le dernier guide à l’usage des photographes amateurs, voire débutants, celui-ci nous propose un court chapitre sur le téléphone cellulaire comme appareil photo, « à l’ère du numérique et du virtuel ». Un beau et bon petit livre accessible pour apprendre les notions de base (composition et cadrage, vitesse, lumière, sujets, etc.) adaptées à vos photos de vacances. – Sabica Senez, RuedesLibraires.com

Été2013 – MARCHE RANDONNÉE – 51


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